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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 08:00
Pour faire plaisir à ce bon PAX les photos du père et la tribune de la fille « Ce mortel ennui qui me vient… »

Ce mortel ennui qui me vient quand je suis avec toi

Ce mortel ennui qui me tient et me suit pas à pas

Le jour où j'aurais assez d'estomac et de toi

Pour te laisser choir ce jour-là oh oui ce jour là

Je crois, oui je crois, que je pourrais voir…

 

C’est du Gainsbourg.

 

Notre cher Pax ne porte guère le petit gars fils d’un vinaigrier de Jarnac dans son cœur :

 

J'ai beaucoup de mal à m'intéresser aux histoires de coeur du bonhomme dont j'ai du mal à croire qu'en écrivant ses lettres il ne se regardait pas écrire, pour la postérité.

 

Bref, comme disait l'autre, je n'ai pas de glande pour ce genre de type.

 

Moi non plus mais, ayant servi comme matelot sur le porte-avions dont il était le pacha, Rocard n'étant qu'un quartier-maître je me dois d’assumer ces années.

 

Mais comme j’aime titiller PAX, surtout le dimanche, je lui offre quelques friandises :

 

 

Mazarine Pingeot au sujet des nouveaux combats féministes : « Ce mortel ennui qui me vient… »

TRIBUNE

Mazarine Pingeot

Autrice

La romancière dénonce le nouveau féminisme qui, selon elle, se complaît dans la morale au lieu d’agir de façon politique.

Publié le 28 juillet 2020

Ce mortel ennui qui me vient, devant la victoire d’extrémistes de la médiocrité au nom de « l’éthique », discréditant les combats féministes : ceux qui luttent pour l’égalité des droits, l’égalité des chances, avec à l’horizon une véritable révolution anthropologique. Combats politiques et non moraux !

 

Aujourd’hui, les femmes sont assez puissantes pour mener ce combat politique, pourquoi s’en tiendraient-elles à occuper la seule place du ressentiment et de la vengeance, de la délation et de la vindicte ? Est-ce cela, la place naturelle de la femme ?

 

Ce mortel ennui qui me vient, devant une certaine jeunesse sans désir mais pleine de colère, ces jeunes femmes mieux loties que leurs mères et leurs grands-mères, qui ont mené la lutte pour elles, déblayé le terrain pour leur laisser en héritage de continuer le combat : les unes se sentent insultées quand un homme, de sa violence ancestrale, ose un compliment – et c’est comme une gifle en plein visage, certaines appellent ça un viol, au mépris de celles qui en ont vraiment été victimes ; les autres se déguisent en putes pour imiter les danseuses des clips de rap qui vantent l’argent facile et l’amour monnayable.

 

Elles ne se connaissent pas, elles cohabitent. Il y a les pauvres, celles qui pensent que cacher un bifton dans leur string est le comble de la classe ; il y a les riches, les pourvues socialement et culturellement, qui identifient tout acte évoquant leur corps sacré comme un viol – réveil la nuit, manifestation du désir, expression du vivant.

 

Ce mortel ennui, devant les générations à venir, qui en seront réduites à des relations tarifées ou contractuelles. Devant les enivrés de haine, qui ne considèrent pas l’intelligence comme un atout et ont décidé plus que de s’en passer, de la piétiner systématiquement.

 

Qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Devant le règne de la bêtise, du mimétisme, de la libération des pulsions de haine, et, pire que tout, de l’exaltation narcissique de croire appartenir à la morale, s’en revendiquer, en être le bras armé. Mais qu’est-ce qu’une morale adossée à la haine ?

 

Ce mortel ennui devant ce qui était l’arme des révolutionnaires – l’indignation – devenue la monnaie courante de tous les frustrés de la terre, des médiocres, de ceux qui veulent exister mais n’ont d’autres moyens que de vomir des insultes, de confondre les plans, l’opinion, la justice, la rumeur, les faits, d’invoquer un nouvel ordre moral au lieu de faire de la politique.

 

Ce mortel ennui devant ces combattants des réseaux, qui prennent le risque suprême de descendre dans la rue masqués – le Covid-19 aura au moins fourbi les armes de la lâcheté – pour hurler des approximations et des contresens, avec le but avoué de détruire psychiquement et socialement des cibles qui sont toutes masculines, blanches et d’un certain âge, n’importe qui fera l’affaire. L’homme blanc occidental a exploité tant de monde, de cultures, et même la nature. L’homme blanc n’est pas un concept, puisqu’il est incarné par tous les hommes blancs, indistinctement. Le concept n’a plus lieu d’être, le symbolique est déchiré, anéanti, il n’y a plus de commun, pour ne pas dire d’universel, ce gros mot honni par les partisans identitaires.

 

Ce mortel ennui devant ces gens fiers d’eux, sûrs de leur bon droit, et qui crient. Crient pour tout, contre tout, enfonçant des portes ouvertes.

 

Devant les contempteurs de la domination masculine, blanche et occidentale, qui ont comme seul projet de renverser la domination, non pour un monde plus égal et construit sur un autre paradigme, mais bien pour substituer une domination à une autre.

 

Et l’art, dans tout ça ?

 

Ce mortel ennui devant l’orgasmique onanisme d’une colère pseudo-féministe, quand des femmes sont encore excisées, quand des femmes sont encore lapidées, quand des femmes sont exploitées, quand des femmes gagnent moins bien leur vie que les hommes, se battent sur tous les fronts… Il faut respecter les différences culturelles, diront les nouveaux révolutionnaires, et reconstruire des murs. On se régale d’avance à la perspective de la convergence des luttes qui, à ce compte, ne peut aboutir qu’à de nouvelles frontières. Ennui mortel devant l’inconséquence des nouveaux maccarthystes.

 

Et que deviendra l’art, dans tout ça ? Des livrets de vertu qu’on distribuera au seuil des nouvelles églises ? Des éditoriaux pleins de bons sentiments mâtinés de haine rance de vieilles filles ? Des imprécations béni-oui-oui de néoromantiques exaltés par les combats sur Facebook ? Des œuvres théâtrales où l’on dira le catéchisme, le mal contre le bien, dont on voit vite les incarnations ? Des tableaux respectant la parité, homme, femme, Noir, Blanc, vieux, jeunes, handicapés, dans des champs de blé bio et des plants de tomates en permaculture ?

 

Mortel ennui. Et où mettra-t-on donc les déviants ? Car ils risquent de devenir très nombreux. Si la police des mœurs s’exerce comme l’appellent de leurs vœux les nouveaux parangons de vertu. Reste l’autocensure, l’intériorisation de l’interdit. Un nouveau vocabulaire est à disposition, et, pour les écrivains, on pourra toujours fournir un dictionnaire officiel des mots acceptables. La morale a aussi son mot à dire sur la culture. Dieu merci, morale et culture sont des substantifs féminins…

 

Avant même de mourir du réchauffement climatique, nous risquons de mourir d’ennui. Car nous avons prévenu nos enfants qu’ils auraient à se battre pour sauvegarder la planète. Mais leur avons-nous glissé qu’ils auraient aussi à affronter le mortel ennui qui s’abat sous le drapeau brandi d’une morale de la haine ? L’idée même de combat politique risque d’y succomber.

 

Mazarine Pingeot est agrégée de philosophie et autrice. Elle a notamment écrit « La Dictature de la transparence » (Robert Laffont, 2016) et « Se taire » (Julliard, 2019).

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:00

Truman Capote : l'enfant terrible de la littérature américaine ...

Qui n’a pas lu à 50 ans De sang-froid de Truman Capote a raté sa vie !

 

Amazon.fr - Truman Capote - De sang-froid - traduit par Raymond ...

 

Dans le cadre d’un été résolument culturel je vous offre une réflexion sur la vérité romanesque, dans Cercueil sur mesures, Capote a poussé le bouchon un peu loin, mais peu m’importe ça m’est égal car il a atteint un degré de vérité incomparable.

 

Après le succès phénoménal remporté par De sang-froid, Capote avait délaissé le genre romanesque pour revenir à ses premières amours : la nouvelle. Le recueil Musique pour caméléons, publié en 1980, réunit 7 textes, dont un, en particulier… sous-titré Récit véridique non romancé d’un crime américain, Cercueils sur mesures décrit une série de 7 meurtres ayant frappé une petite ville américaine du Midwest, que Capote prétend ne pas pouvoir nommé, pour ne pas interférer avec le processus de la justice.

 

Amazon.fr - Cercueils sur mesure - Capote, Truman - Livres

 

Enquête faite, Capote a produit un faux plus vrai que nature.

 

Truman Capote : «De sang-froid», le livre d'une vie | Télépro

 

Rappelons que Capote, en 1959, voit son attention attirée par le meurtre d’une famille de fermiers du Kansas. Il se rend sur les lieux. Les deux vauriens Dick Hickock et Perry Smith sont rapidement arrêtés et passent aux aveux. Capote conçoit alors le projet d’un livre à mi-chemin entre la réalité et la fiction : la réalité parce qu’il va rencontrer tous les protagonistes de l’affaire ; la fiction parce qu’il devra reconstituer de nombreuses scènes auxquelles il n’a pas assisté. On a parlé pour décrire le résultat de « roman non-roman » ou de « roman-vérité »

 

« A new understanding of the différence between what is true and what it really true. »

 

Dans Cercueils sur mesures, les victimes présentent deux points communs : elles ont siégé au sein d’une commission ayant voté le détournement d’un cours d’eau arrosant le ranch d’un riche fermier du nom de Quinn et elles ont reçu, peu avant leur mort, un cercueil miniature en bois. Les assassinats sont autant d’œuvres d’art : un couple d’avocats périt sous les piqûres de serpents à sonnettes préalablement dopés aux amphétamines qui ont été placé dans leur voiture ; les victimes trois et quatre meurent carbonisées dans leur maison à laquelle on a mis le feu après avoir scellé les issues par des parpaings ; le conducteur d’une décapotable est décapité par un filin invisible tendu à travers de sa route ; un médecin est empoisonné ; une professeure se noie dans de mystérieuses circonstances. Le facteur, se sachant sur la liste, décampe à Hawaii, tandis que le dernier membre de la commission, le seul à avoir voté en faveur du fermier, est épargné. Car il ne fait pas de doute pour personne que Quinn est à l’origine de l’hécatombe. Il ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour démentir la rumeur. Par bravade – à moins que ce ne soit par courtoisie – il accepte de rencontrer Capote. Les entrevues glaçantes entre les deux hommes et leurs parties d’échecs constituent le point d’orgue de la nouvelle.

 

Quel régal que ces nombreuses métaphores : Elle était bâtie comme Poncho Villa et portait des pantalons de cow-boy avec une braguette à glissière … Tempérament aussi bouillant qu'un tamale au poivre rouge … Plus saoul qu'une tribu d'Indiens en train de danser dans les maïs.

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 06:00
Je suis d’accord avec Philippe Ridet « Lands of Murders » : une copie mais pas du toc

Dimanche, première sortie dans une salle de ciné depuis leur réouverture.

 

 

J’ai choisi « Lands of Murders », film allemand de Christian Alvart. Avec Trystan Pütter, Felix Kramer, Nora von Waldstätten (2 h 08), pour deux raisons, une fois n’est pas coutume j’ai fait confiance à un critique, en l’occurrence Philippe Ridet du Monde, et parce que j’avais beaucoup aimé La Isla Minima (2014), film du réalisateur espagnol Alberto Rodriguez.

 

Le MK2 bibliothèque, j’aime bien ce complexe avec ses longues passerelles et c’est 15 mn de chez moi à vélo.

 

 

Je choisis la dernière séance 22h 50.

 

 

Je dîne frugalement, la bouffe des food-trucks du parvis du MK2 n’est pas très alléchante.

 

Je prends mon billet dans la petite machine à billets, y’a plus de guichets.

 

Je suis masqué bien sûr.

 

Salle 9, en bas, 90 places.

 

Je descends, 2 personnes sont déjà en place, une tout en haut et l’autre tout en bas. Je me place au milieu de l’avant-dernière rangée.

 

Nous serons 10 en tout, démasqués.

 

La présentation des futures projections est interminable, plus d’un quart d’heure.

 

Le générique de « Lands of Murders » apparaît enfin.

 

Lands of Murders | STREAMINZ.COM

 

Un flic de l’Ouest, Patrick Stein, propre sur lui et bien mis, un flic de l’Est, Markus Bach, alcoolique et ancien membre de la Stasi. Nous sommes en 1991 ; le mur de Berlin est tombé depuis deux ans. A Görlitz, un bled collé à la frontière polonaise, des gamines disparaissent. Ils ne seront pas trop de deux pour démêler les fils de ces crimes sordides. Et si l’Allemagne unie pouvait triompher du mal ?

 

« J’ai comme une impression de déjà-vu », pourront se dire certains spectateurs de ce film glauque et aquatique. Lands of Murders est le décalque presque parfait de La Isla Minima (2014), film du réalisateur espagnol Alberto Rodriguez. Même scénario, mêmes dialogues parfois, mêmes paysages lagunaires, même opposition politique. Espagne des années 1980 ou Allemagne des années 1990 : deux prétextes pour évoquer la difficile construction d’une identité commune.

 

Mépriser ce film qui emprunte un scénario, comme un rôti déjà bardé et prêt à enfourner ?

Ou applaudir cette transposition du soleil de plomb de l’Andalousie à l’hiver de la Saxe, où le jour et la nuit se confondent ?

Fable politique et vrai thriller, Lands of Murders est peut-être une copie mais pas en toc. Patrick et Markus vont-ils se réconcilier au fil de leur enquête ou rester seuls avec leurs mystères et leur défiance réciproque ?

Philippe Ridet

 

« Lands of Murders », film allemand de Christian Alvart. Avec Trystan Pütter, Felix Kramer, Nora von Waldstätten (2 h 08).

 

Après 2 h 08 de séance je suis reparti ravi, ce film tient bien la route, rythmé, nulle impression de déjà vu, 6 ans après La Isla Minima je mettais mes pas dans les pas des deux flics : Patrick Stein, un peu falot, propre sur lui, insignifiant, et Markus Bach, l’ancien de la Stasi, poilu, lourd, bâfreur, pissant le sang, qui crève l’écran.  

 

À voir, pour se plonger dans l’ambiance de la RDA déchue, en voie de paupérisation…

 

Je rentre dans un Paris désert...

 

 

« La Isla Minima » : guerre civile froide sur les rives du Guadalquivir

 

Achat La Isla mínima en Blu Ray - AlloCiné

 

Le polar efficace d’Alberto Rodriguez met aux prises deux policiers dans les années qui suivirent la mort de Franco.

Par Franck Nouchi Publié le 10 juillet 2015

 

Tout commence d’en haut. De très haut même, quelques plans tournés à partir de photos aériennes du photographe Hector Garrido. Des séquences fascinantes en forme de coupes de cerveau ou de lames d’histologie qui permettent de découvrir une partie peu connue de l’Andalousie : les rives marécageuses du Guadalquivir. Spectaculaire entrée en matière pour un film étonnant : La Isla Minima est à la fois un polar de bonne facture et une passionnante plongée dans l’Espagne de l’immédiat post-franquisme ; autrement dit, la période dite de la « transition démocratique », ces sept années allant de la mort de Franco, le 20 novembre 1975, à l’arrivée au pouvoir de Felipe Gonzalez, en 1982, durant lesquelles se joua le sort du pays.

 

Il y a là deux flics représentatifs de ces deux Espagne qui depuis des décennies ne cessent de s’opposer. Le plus vieux, au passé trouble, formé dans les rangs de la police politique de Franco, semble a priori le plus sympathique, le plus gentil des deux. L’autre, plus grand avec son physique à la Sean Penn, est caractéristique de ces Espagnols pressés d’arrimer son pays à l’Europe démocratique. Ambitieux et efficace, bien décidé à en découdre avec la moindre résurgence du franquisme honni.

 

Il sera servi. S’il est là ce soir-là, avec son collègue, dans l’hôtel miteux d’un petit village, c’est que deux jeunes filles ont mystérieusement disparu à bord d’une Citroën. Et qu’apparemment nul ne sait ce qui s’est passé.

 

Où chercher ? Qui interroger dans ces paysages désespérément plats, où la culture du riz semble être la seule activité un tant soit peu lucrative ? Enquête d’autant plus compliquée qu’en ces lieux inhospitaliers, le mutisme semble être la règle numéro un.

 

Alberto Rodriguez, le réalisateur, dit s’être inspiré pour l’écriture de son scénario de 2666, l’extraordinaire roman de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Ce dernier s’était beaucoup intéressé à la série d’assassinats de femmes commis à partir de 1993 à Ciudad Juarez, dans le nord du Mexique.

 

Bien évidemment, il est impossible de voir La Isla Minima sans penser immédiatement à Memories of Murders de Bong Joon-ho. Deux flics, un tueur en série, des femmes assassinées, des rizières… : le cousinage est évident, même si, in fine, l’un (le film coréen) est un chef-d’œuvre, tandis que l’autre est juste un bon polar.

 

Retour en Andalousie. A mesure que l’enquête avance, émergent çà et là quelques lourds secrets de l’Espagne franquiste. Dans ce coin reculé entrecoupé de canaux, règne une loi du silence où criminalité et politique se confondent. Franco est mort, mais persistent des poches de résistance à la démocratie naissante qui inquiètent d’autant plus le plus jeune des deux policiers que le passé de son collègue semble également des plus douteux.

 

De temps à autre, comme si elle finissait, elle aussi, par étouffer dans cette atmosphère moite, la caméra reprend son vol. Prise de recul nécessaire. Changement d’axe. Là-bas, tout en bas, des hommes et des femmes savent mais ne disent rien. Complicité ? Terreur ? Les policiers ne vont plus tarder à découvrir la terrible vérité des disparues du Guadalquivir.

 

Présenté au festival de San Sebastian en 2014, grand triomphateur des derniers Goya (l’équivalent des Césars en Espagne) avec pas moins de dix récompenses, La Isla Minima est le sixième film d’Alberto Rodriguez (qui réalisa, en 2005, Les 7 Vierges). Raúl Arélavo (découvert dans Les Amants passagers, de Pedro Almodovar) et Javier Gutiérrez (très populaire dans son pays depuis qu’il a tourné dans la série Aguila Roja – L’Aigle rouge) symbolisent parfaitement l’affrontement perpétuel entre les deux Espagne.

 

Avec "La Isla minima", l'Espagne tient son "True Detective" | LCI

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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 06:00

Aimer c'est mourir : Gabrielle Russier et Christian Rossi - Bababam

Ma chronique à 6 ans, publiée le 18 janvier 2014, hier matin a capté l’intérêt de 1500 lecteurs.

 

ICI 

 

Gabrielle Russier s’et suicidée le 1er septembre 1969 par le gaz dans son appartement marseillais de la Résidence Nord. Ses obsèques sont célébrées par le pasteur Michel Viot. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise (26e division), à Paris.

 

Extraits de ma chronique :

 

Quel crime avait commis Gabrielle pour être jetée, pour 8 semaines, à la fin du printemps 69, dans une cellule sordide de la prison des Baumettes ?

 

Aimer un grand jeune homme, qui aurait pu être moi, c’est tout, alors qu’en ces temps gris, Papon fut, lui, le préfet de police de Paris, le Ministre du Budget du madré de Montboudif, avec du sang sur ses belles mains d’administrateur impitoyable.

 

Crime suprême, leurs corps s’étaient mêlés, enflammés, Christian avait empli cette « vieille » femme de sa jeune sève. Ils avaient jouis. Condamnée, le 12 juillet – mon jour anniversaire – à 12 mois de prison avec sursis et 500 francs d’amende, le Parquet jugeait la condamnation trop faible et faisait appel a minima, et Gabrielle ouvrait le 1er septembre le robinet du gaz. Exit la femme de mauvaise vie, celle qui avait détourné l’innocence vers les infâmes plaisirs de la chair. Bouclé dans une maison de repos par les psychiatres de service, Christian, lui, grâce à la protection de ses parents, allait enfin voir s’ouvrir une sacré belle vie.

 

Lorsque le 22 septembre, notre normalien de Président, questionné par Jean-Michel Royer, sur ce qu’il était maintenant de bon ton d’appeler « l’affaire Russier », allait convoquer Paul Eluard pour jeter un étrange voile sur Gabrielle, délivrer, une brève et ambiguë, oraison funèbre : « Comprenne qui voudra… » lance-t-il.

 

En exergue de son poème, Eluard avait écrit : «  En ce temps-là pour ne pas châtier les coupables, on maltraitait les filles. On allait jusqu’à les tondre. »

 

Gabrielle, dans le quartier de Montmartre, à Paris, en juillet 1967, après avoir été reçue à l'agrégation de lettres modernes.

 

A l’aide de témoignages et de documents inédits, « Le Monde » retrace le destin de cette enseignante dont l’histoire d’amour avec l’un de ses élèves fit scandale au tournant des années 1960-1970.

 

« L’affaire Gabrielle Russier » : une professeure unique

Par Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard

Publié le 26 juillet 2020

 

« Je vous rappelle qu’il est interdit de fumer dans les couloirs, dit le pion en lui tapotant l’épaule.

 

– Même pour les profs ?

 

– Ah, pardon. Je ne vous avais pas reconnue au milieu des élèves. »

 

Gabrielle Nogues, née Russier, tire sur sa Gauloise bleue. Elle a 30 ans. Trois mois plus tôt, elle a brillamment réussi l’agrégation de lettres modernes. Ce 14 septembre 1967, elle effectue sa première rentrée comme professeure de français et de latin au lycée Nord de Marseille.

 

Un coup de pouce de dernière minute de sa tante Suzanne, qui connaît du monde au ministère, lui a permis d’échapper à une nomination dans un lycée de jeunes filles à Nîmes. L’immense paquebot qui domine la rade de Marseille, sacré « lycée le plus moderne d’Europe » par le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique, Nikita Khrouchtchev, lors de sa visite en 1960, lui convient bien mieux. Un lycée mixte, le seul des quartiers nord de Marseille, qui rassemble les élèves des barres HLM de Saint-Louis, Saint-Henri, la Cabucelle, Saint-Antoine ou Saint-André, ceux qui grimpent depuis les petites maisons de l’arrière-port de Mourepiane ou qui quittent chaque jour, dans la voiture de leurs parents, les belles villas lovées dans ce coin de « campagne » que sont alors l’Estaque, la Gavotte, Verduron ou Bouc-Bel-Air. Un brassage de fils et filles d’ouvriers ou d’employés, de pieds-noirs rapatriés depuis peu, de commerçants, de bonne bourgeoisie marseillaise et même deux des héritiers de Norodom Sihanouk, chef d’Etat du Cambodge.

 

La suite ICI (c’est une chronique réservée aux abonnés) 

Mourir d'aimer

La professeure de français et le lycéen, l’amour interdit qui passionna la France de Pompidou ICI

 

La romance de Gabrielle Russier et Christian Rossi a agité une France déjà bouleversée par les évènements de Mai 68. Elle était professeure dans un lycée, il était son élève… Cet amour, aux conséquences tragiques, a fait s’interroger médias, politiques et tout un pays sur les ravages de la passion.

Publié le MERCREDI, 29 AOÛT 2018

par Pierrick Geais

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 06:00

 

Le sigle A0C, qui fut longtemps dans le monde symbole d’une France de l’excellence, préservant la singularité de ses vins de, a doublement sombré : juridiquement en s’européanisant AOP ; politiquement en l’octroyant à presque tout le monde. S’y ajoutant les fameuses IGP qui, elles aussi revendiquent une origine, le terroir est devenu une commodité de langage, nous sommes dans la géographie, loin du projet originel. René Renou, avec son enthousiasme communicatif, tenta le dernier sauvetage du paquebot, une fois disparu ses fidèles soutiens revinrent à leur tambouille petit bras.

 

AOC est aujourd’hui un sigle annexé par les intellectuels qui peuvent s’en donner à cœur joie en tartinant leurs hautes pensées en direction de leurs pairs, la quintessence de l’entre soi : Analyse Opinion Critique.

 

 AOC : l'ambitieux nouveau média qui met l'écrivain à la place du journaliste ICI 

 

Bien évidemment je n’en suis pas !

 

Alors, qui donc  est cette nouvelle AOC ?

 

Ce sont les initiales de l’élue démocrate  de New-York Alexandria Ocasio-Cortez qui a vertement recadré, jeudi 23 juillet, un élu républicain accusé de lui avoir lancé une insulte sexiste. L’élu de la Chambre des représentants Ted Yoho s’était « excusé » la veille, lui aussi dans l’hémicycle, pour le ton « abrupt » adopté lors d’un bref échange lundi avec sa consœur démocrate.

 

Sa réponse est absolument remarquable, écoutez-là, ça me réconcilie avec le personnel politique.

 

Cliquez sur ce lien ICI la vidéo avec traduction est dans l’article du MONDE

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 06:00

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Après avoir titillé Steiner, au risque de me voir basher par ses adorateurs, voilà t’y pas que je ressors de ma musette un vieux serpent de mer gaulois : les droits de plantation, au risque cette fois de me voir traité d’ultra-libéral par les chefs sioux du vignoble, en proposant de les jeter à la mer.

 

Mon raisonnement est d’une simplicité biblique : lorsque les AOP-IGP, Bordeaux en tête distillent, ce n’est pas que l’effet crise mais le résultat d’une inadéquation entre le potentiel viticole et les besoins du marché, donc la régulation professionnelle de ce potentiel via les plantations est un échec.

 

« Osons parler d'arrachage ! » a lancé Bernard Farges lors de l'Assemblée générale de l'interprofession à Bordeaux.

 

Si l’on arrache il faut laisser l’initiative des nouvelles plantations à ceux qui savent vendre leurs vins et non aux organisations professionnelles qui distribuent les droits de plantation sur des critères plus politiques qu’économiques.

 

Libérons les droits de plantation !

 

Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ainsi on ouvre grande la porte à des gros investisseurs qui vont couvrir notre beau terroir de vignes à haut rendement, étranglant ainsi nos vignerons indépendants, c’est jouer à se faire peur pour maintenir un système obsolète. Les investisseurs ne s’intéressent qu’aux GCC et aux pépites qui s’exportent, la grosse cavalerie n’offre aucun retour juteux.

 

Rappel de l’histoire récente des droits de plantations.

 

Les droits de plantation furent, au temps de notre Sarko je faisant le ménage des régulations de la PAC, abolis, la délégation française votant pour.

 

Le Conseil des ministres en avril 2008, adopta une nouvelle organisation commune du marché (OCM) vitivinicole

 

Publiée au Journal officiel. «Les changements qui seront mis en œuvre permettront d’équilibrer le marché vitivinicole, d’éliminer les mesures d’intervention sur les marchés et leur cortège de coûteux gaspillages, et de réorienter le budget au profit de mesures plus positives et plus proactives de nature à renforcer la compétitivité des vins européens.» Dans ce sens, il est donc prévu d’abolir les droits de plantation avant la fin de 2015. Ceux-ci pourront être maintenus au niveau national jusqu’en 2018. Dès le 1er janvier 2019, tout le monde pourra donc planter de la vigne n’importe où dans l’Union européenne. »

 

Merci cher Michel Barnier de nous avoir libéré de tous ces carcans bureaucratiques, vive l’air cinglant du grand large ! Par bonheur après votre brillant passage au 78 rue de Varenne vous fûtes libéré de vos attaches nationales pour occuper au sein de la Commission de l’UE le prestigieux poste de Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services. Comment chacun le sait cette grande maison est le temple de la dérégulation alors vous devriez vous y sentir à l’aise. Oui mais, patatras, la crise ou les crises bancaires et financières sont passées par là, et il est de bon ton d’entonner des hymnes à la régulation, surtout pour un ex-responsable politique français.

 

Machine arrière toute, sous la pression des chefs du vignoble, champenois en tête, réveillés sur le tard, la France réclame à cor et à cri le maintien des droits de plantation et le Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, grand libéral, avale son chapeau tout en bottant en touche en confiant à Madame Vautrin, députée de la Marne, une mission sur « les voies et moyens d’une nouvelle régulation » a remis l’ouvrage sur le métier.

 

Vignes/Droits de plantation : « Libéraliser les droits engendre ...

 

Je fus le porte-plume de madame Vautrin, nous auditionnâmes le ban et l’arrière-ban de la foultitude des zinzins du vin. Ce fut la chambre des lamentations, pas la queue d’une proposition et, lorsqu’il fallut rédiger le rapport de mission je fis part à la missionnaire, qu’en dépit de mon immense capital de créativité juridique, je n’étais pas en mesure de sortir de ma besace un substitut au droit de plantation, soit il y a un droit, soit il n’y en a pas ! Abandonné à mon triste sort de porte-plume je rédigeai un gloubiboulga dont je n’étais guère fier et le confiai à madame Vautrin qui le posa sur sa pile et l’oublia. Je partis en Corse au mois d’août, un après-midi alors que je crapahutais dans des gorges mon foutu téléphone sonna. Du côté du 78 on s’affolait car le Ministre réclamait le rapport de la missionnaire. Ma réponse fut lapidaire : demandez-lui ! Ce qu’ils firent. Catata, la dame constata l’ampleur du désastre et chercha à m’en faire porter le fardeau, sauf que la messagerie démontrait son incurie. Cet épisode me valut d’être plus encore considéré comme un vilain petit mouton noir. Par bonheur mon nom n'apparaît nulle part sur ce document.

 

 

Tout ça abouti à ça :

 

29 septembre 2012

Le nouveau système de gestion des plantations de vignes dans l’UE : une nouvelle usine à gaz qui ne produira qu’un rideau de fumée ICI  

 

9 mai 2014

Sous la défense du maintien des droits de plantation se cache un corporatisme dès plus rétrograde ICI 

La CNAOC interpelle le Président de la République : « la viticulture boit la tasse. La soutenir, c’est investir… » ICI

Le rapport de Catherine VAUTRIN prône le maintien des droits de plantation et leur gestion par les Interprofessions. ICI

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 08:00

 

EL PAÏS

 

DIOS SALVE AL DESAYUNO INGLÉS

MARIA SANAHUJA  09/07/2020

 

Es calórico, sabroso, grasiento, variado y absolutamente maravilloso: ahí va nuestro homenaje a la muy británica combinación de salchichas, huevos, pan y judías en salsa de tomate.

 

Un repas « calorique, savoureux, gras, varié et absolument merveilleux », dont l’histoire est retracée, dans l’article, de l’époque edwardienne jusqu’aux tables de la série télévisée Downton Abbey.

 

« Enfin », jubile Jane Shilling. L’honneur culinaire de la Grande-Bretagne est rétabli. Partiellement, du moins. Après avoir laissé les moqueries prospérer à propos de « sa nourriture horrible », le pays peut désormais relever la tête, assure cette chroniqueuse du Daily Telegraph. Pour preuve, insiste-t-elle, « l’un de nos voisins européens admet que nous excellons dans un domaine, le petit déjeuner » ICI  

 

Il n’en fallait pas plus à Jane Shilling pour s’engouffrer dans la brèche. « Selon l’essayiste Walter Benjamin, le manque d’envie à l’idée de prendre son petit déjeuner est le signe d’une réticence à se plonger dans la journée qui s’annonce. Alors que les bienfaits du petit déjeuner sont universellement reconnus, il est curieux que seuls les Britanniques sachent rompre le jeûne avec style, souligne-t-elle, un brin provocatrice. »

 

Le repas le plus sexy de la journée  ICI 

 

 

La tradition du petit-déjeuner anglais a d’abord commencé avec la Gentry, avant d’être adoptée par les Victoriens qui ont raffiné la tradition en une forme d’art. Puis sont arrivés les Édouardiens qui ont normalisé les ingrédients, nous donnant le petit-déjeuner anglais que nous mangeons la plupart du temps aujourd’hui et, ce faisant, ont créé une véritable tradition nationale du petit déjeuner et une icône de la culture culinaire britannique.

 

Les Splendides Petits Déjeuners de la Gentillesse Anglaise

 

L’idée du petit déjeuner anglais comme plat national remonte au XIIIe siècle et à une institution anglaise appelée la noblesse, qui se considérait comme les gardiens du mode de vie traditionnel de la campagne anglaise et qui se considéraient comme les héritiers culturels des Anglo-Saxons.

 

L’histoire du petit déjeuner anglais commence dans les maisons de campagne de la noblesse anglaise, avec leur notion de ce qui constituait un petit déjeuner anglo-saxon et leur tradition d’hospitalité sociale.

 

La noblesse était considérée comme une classe sociale distincte, composée de ceux qui avaient « un sang noble et distingué », de propriétaires terriens et de familles « distinguées » de longue descendance, cette couche privilégiée de la société comptait également dans ses rangs des membres supérieurs du clergé et des parents de familles titrées.

 

L’english Breakfast, le petit déjeuner anglais ICI

Le petit-déjeuner britannique traditionnel (« full English breakfast ») est typique des pays anglophones. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il permet de « dé-jeûner », c’est-à-dire de rompre le jeûne de la nuit !

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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 06:00

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Nos journalistes gaulois passent bien plus de temps sur Twitter ou à bavasser sur les plateaux TV qu’à pisser de la copie pour leurs journaux qui partent à vau-l’eau, ils sont sur le Titanic et ils papillonnent…

 

03/09/2018

La semaine dernière, le Ministère de la Culture a jeté un pavé dans la mare en publiant une étude sur les recettes publicitaires des éditeurs et des régies : Etude sur les Médias et la publicité en ligne – Transfert de valeur et nouvelles pratiques. Sans surprise, il y est question de l’irrésistible croissance des supports numériques. ICI 

 

La presse est-elle condamnée ? Par Isabelle Jouanneau -28/05/2019

 

Conseiller des principaux groupes médias français et européens, ce grand expert de la presse ausculte l’avenir d’un secteur stratégique, en proie à un profond bouleversement. Jean-Clément Texier est également président de Ringier France et de la Compagnie financière de Communication (Coficom).

 

Comment va la presse ? ICI 

 

À qui appartient la presse française ?

 

10 milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français

 

Qui sont ces 10 milliardaires ?

 

Ils sont 5 à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France :

 

Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien),

 

Serge Dassault (Le Figaro),

 

François Pinault (Le Point),

 

Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC),

 

Vincent Bolloré (Canal+).

 

S’ajoutent :

 

Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, décédé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

 

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1.

 

La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann, est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,…

 

Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours,

 

Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment).

 

La famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. 

 

Le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

 

​​​​​​​

 

Je suis abonné en numérique au Monde, Courrier International, Le Temps, Ouest-France, Télérama (papier et numérique) je n’achète plus guère de papier surtout glacé. Ainsi, je sélectionne mes sujets de prédilection pour les lire sans m’encombrer.

 

Tout ça pour vous dire que bien souvent j’apprécie bien plus le trait des cartoonistes ou certaines photos qui en disent bien plus long que le fatras des mots des pisses-copies.

 

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Dessin de Dr Meddy, Tanzanie

 

 

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 06:00

Le projet initial de couverture du «Lotus bleu», dessiné par Hergé en 1936. Artcurial

Lors de la « Journée mondiale Tintin » le très sérieux docteur Jean-François Lemoine sur le site pourquoi docteur ? écrit :

 

« Dans un site qui classe les célébrités par popularité, le célèbre reporter est en 4e position, et premier des personnages de fiction. Un héros mondial qui inspire des thèses, des débats et des réflexions toujours aussi vives, en particulier sur sa sexualité : hétérosexuel, homosexuel, homme ou femme… ou tout simplement asexué, comme 1% de la population mondiale ?

 

ICI 

 

Les Tintin, je les ai tous lus, sous le comptoir à tissus, de mon grand-père Philbert Gravouil, le père de ma mère, et, eu égard à mes connaissances sur la sexualité des humains, proche de zéro, en revanche du côté des animaux de la ferme j’étais un as, je ne me suis jamais interrogé sur celle de Tintin.

 

Jeudi dernier, en feuilletant électroniquement Le Temps, je découvre un titre qui accroche mon attention : Cher Tintin, gai mystère

 

 

Précision, chaque jeudi de l'été, «Le Temps» adresse une lettre à un personnage public pour discuter la brûlante question de la masculinité.

 

Pour le deuxième épisode de cette chronique estivale, c’est Tintin un intrépide reporter à l’intimité discrète.

 

Cher Tintin,

 

Petit, je voulais être comme toi : traverser la jungle, parcourir des dunes à dos de dromadaire, atteindre la Lune dans un suppositoire carrelé et explorer les abysses dans un requin. Tu es courageux, trompe-la-mort diraient certains, tu uses régulièrement de tes poings: ébouriffant. Mais que recèle ton jardin secret? A part un éclat de rire ou une larme occasionnelle, tu demeures secret, on en sait peu. Cependant, certaines théories circulent.

 

Selon Hugo Rifkin, journaliste au Times, pas de doute: «Tintin est gay. Demandez à Milou.» Dans une chronique de 2008, le Britannique est catégorique: «Un jeune androgyne au toupet blond qui emménage dans le château de son meilleur ami, un marin entre deux âges, qui est dévoué à son fox-terrier et dont les autres proches sont un couple de détectives aux chapeaux melon et une diva: n’est-ce pas évident?» Tintin ne montre de plus aucun intérêt pour la gent féminine, ajoute-t-il.

 

Il faut dire que sur plus de 300 personnages, tes aventures ne comptent que huit femmes. Pourquoi si peu? Dans une interview de 1979, Hergé indique simplement «ne pas être à l’aise pour les dessiner». Et puis Tintin n’a que 15 ans (!), dit-il. Trop jeune pour que se profile ton orientation sexuelle? «Tintin, c’est moi», rétorque ton créateur, ajoutant: «Lorsque je me suis lancé dans l’aventure [le premier Tintin date de 1930], je sortais du scoutisme. Les filles étaient un monde différent. C’était très séparé, on voyait les cheftaines de loin.»

 

Sans enfants, ton père Hergé s’est marié deux fois. Dans un ouvrage de 2012, le bédéiste Laurent Colonnier pense cependant qu’il avait un secret: Tchang. Otage du yéti dans ton aventure au Tibet, le Chinois n’est pas qu’un personnage fictif. Etudiant aux Beaux-Arts de Bruxelles en 1934, c’est lui, Tchang Tchong-jen, qui aidera le Belge à se documenter pour Le Lotus bleu. Et comme tu as soulevé des montagnes pour localiser ton ami disparu, Hergé s’est acharné quarante ans à retrouver le sien, qu’il n’a revu qu’en 1981.

 

Tchang, l'ami de Hergé : héros de Tintin ou agent double ?

Or, affirme Laurent Colonnier, il y avait davantage que de l’amitié entre les deux hommes. Pour preuve, dit-il : Hergé a qualifié d'«histoire d’amour» ta relation avec Tchang. Est-ce la vérité? Je ne suis pas sûr que tu me répondras. Toutefois, dirait notre ami Haddock, là n’est pas l’important. Homos, hétéros ou bisexuels, nous autres coloquintes à la graisse de hérisson et macchabées d’eau de vaisselle ne sommes au fond que des bougres de sous-produits d’ectoplasmes. Le reste importe peu.

 

Affectueusement,

 

TINTIN: COLORIAGE TIBET "TCHANG" - carte postale 12.4 x 17.5 cm ...

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:00

Ce que Sartre doit à un cocktail à l'abricot - Le Point

Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. 

Selon une jurisprudence bien installée, dès qu’une idée de chronique maraude dans ma tête j’ai un gros problème : il y a de grandes chances que j’en eusse pondue une sur le sujet…

 

Ainsi je lis dans l’excellent journal Le Temps

L’abricot, cette pomme précoce ICI 

 

 

On l’aime nature, en confiture, pour accompagner une viande, ou encore en eau-de-vie. Mais quoi? L’abricot, évidemment! Originaire de Mandchourie, il est probablement arrivé en Asie mineure et dans nos régions grâce aux Romains qui l’appelaient malus praecox, soit «pomme précoce», parce qu’il fleurit tôt.

 

En Suisse, il constitue bien une spécialité valaisanne: 95% des abricots du pays en proviennent, avec plus de 700 hectares de surface cultivable. La culture des abricots est donc un des piliers de l’agriculture du canton, qui rapporte en moyenne un tiers du revenu brut du secteur des fruits et légumes.

 

Je pioche dans mes Archives et j’y découvre

 

2 août 2015

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ? ICI 

 

 

La plage des Sables-d’Olonne

 

En attendant l’heure de la baignade, fixée par nos intransigeantes mères à moins 3 heures après la fin de notre déjeuner, nous exercions nos talents de cantonniers, creusant des trous, érigeant des murailles, bâtissant des châteaux de sable… Notre proximité de la pendule nous permettait de contrôler le compte à rebours. Nous ne savions point nager mais nos mères nous laissaient aller au bain sans grande inquiétude, la plage était si plate, la mer si calme, le drapeau était vert et les CRS musclés nous protégeaient. De ces baignades maritimes j’ai gardé le goût de l’eau salée et un grand désintérêt pour celle des piscines.

 

Mais le bain ça donne faim !

Et, bien sûr, suit une tartine sur l’abricotier.

 

Que faire ?

 

Je pioche du côté des écrivains :

 

Le noyau d'abricot et autres contes - broché - Jean Giono - Achat ...

 

  • Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, JeanPaul Sartre et Simone de Beauvoir.

 

  • Alexandre Soljenitsyne, La Confiture d’abricots et autres récits, Fayard, août 2012, 410 pages, 22 €
  •  

La confiture d'abricots et autres récits - Babelio

 

  • Sérotonine de Michel Houellebecq

Sérotonine

 

Son héros, Florent-Claude, est un ingénieur agronome travaillant comme contractuel au ministère de l'Agriculture. Il produit des notes qui sont censées alimenter les positions françaises au sein de la Commission de Bruxelles où se discute à la fois la PAC (politique agricole commune) et où la direction générale du commerce exerce, au nom des 28 États membres, le mandat de conclure des accords commerciaux avec les pays tiers.

 

Comme dans Extension du domaine de la lutte pour construire son histoire, Michel Houellebecq emprunte quelques éléments à sa propre biographie : il est lui-même passé par l'Institut national agronomique Paris-Grignon et, plus tard, a effectivement travaillé pour le ministère de l'Agriculture, mais après avoir bifurqué vers l'informatique.

 

À la recherche des abricots argentins

 

Voici ce qu'il écrit : « J'étais en effet parti avant d'avoir remis ma note de synthèse sur les producteurs d'abricots du Roussillon, dégoûté par la vanité de ma tâche, dès que les accords de libre-échange actuellement en négociation avec les pays du Mercosur seraient signés, il était évident que les producteurs d'abricots du Roussillon n'auraient plus aucune chance, la protection offerte par l'AOP abricot rouge du Roussillon n'était qu'une farce dérisoire, le déferlement des abricots argentins était inéluctable, on pouvait d'ores et déjà considérer les producteurs d'abricots du Roussillon comme virtuellement morts, il n'en resterait pas un, pas un seul, même pas un survivant pour compter les cadavres. »

 

Ce passage fait référence à la négociation d'un accord de libre-échange en cours entre la Commission européenne et les 4 pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Mais, petit problème : les Argentins, pas plus que les trois autres pays, ne sont des producteurs d'abricots. L'Amérique du Sud tout entière ne représente pas plus de 2 % des abricots dans le monde, selon les données de 2011. Le bassin méditerranéen est le premier producteur mondial (48 à 50 %) devant l'Asie proche (30 à 34 %).

 

Pan sur la plume de Houellebecq, ancien ingénieur agronome, les abricots argentins, si tant est qu'ils parviennent en nombre jusqu'en Europe, ne sont en aucune façon concurrents des abricots français du Roussillon puisque les cycles saisonniers entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud sont... inversés ! Quand ceux du Roussillon sont mûrs et débarquent sur les marchés, ceux d'Argentine n'ont pas encore poussé, et réciproquement. On ne voit pas comment les abricots argentins pourraient tuer jusqu'au dernier les producteurs du Roussillon puisqu'ils ne seraient éventuellement commercialisés qu'en hiver...

 

Les arguments de mauvaise foi, quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, l'écrivain a publiquement pris position en faveur de la sortie de l'Union européenne, ne servent pas une cause, le bon argument pour rejeter l’importation de fruits de l’hémisphère Sud c’est son coût carboné, mieux vaut consommer local de saison.

ARMÉNIE, LE MEILLEUR ABRICOT DU MONDE ICI

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4. la douceur de l’abricot, c’est aussi la nostalgie du doudouk

 

Lorsque Karen Hakobyan, musicien et fabriquant de flutes, prend son doudouk, un film pourrait s’enclencher. Un paysage mental.  Il y aurait beaucoup de nostalgie, mais surtout de la douceur. Sans doute vient elle du souffle de Karen,  sa mélancolie (de sa jeunesse). Mais aussi du bois d’abricotier dont est fait cette petite flûte au bec de roseau percée de neuf trous.

L’abricot, appelé pomme d’Arménie, est , dit-on, le meilleur au monde. il est partout dans les préparations pâtissières, soupes, pilafs, confits ou sec. Et même dans le drapeau national, où il ne viendrait à personne l’idée de dire que après le rouge et le bleu, la troisième couleur serait orangé (or). Après quelques mélopée, on réalise alors que l’abricot d’Arménie n’aura plus jamais le même goût…

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