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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 06:00

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Avant les réseaux sociaux y’avait les bistrots.

 

Les bistrots sont « des endroits où le quotidien s'égrène doucement au rythme de l'horloge biologique d'un quartier, du café de six heures et de la découverte des nouvelles dans le canard plié derrière le comptoir, près du compteur du téléphone, aux premiers blancs secs lorsque le bourguignon ou la blanquette commencent à mijoter en cuisine. Pour les apéros, par strates successives, les menus ouvriers à midi, le plat du jour, le digestif de quinze heures, l'accalmie de quatre heures. Les cafés, les chocolats à la sortie de l'école. Et cette longue zone de flou du soir qui s'éternise pour ceux qui, par solitude ou par goût, repoussent à plus tard le retour vers chez eux.

 

Voilà ce qu'est un bistrot. Un concentré de l'âme d'un quartier. »

 

Extrait de Au vrai zinc parisien de François Thomazeau et Sylvain Ageorges.

 

Le bistrot à la française, modèle d’authenticité locale souple et adaptable, est-il en train de disparaître ?

 

17 janvier 2008

Ode à un bistrot pas encore défunt ICI 

 

21 avril 2012

Les Cosaques s’y précipitaient en criant bistro, bistro ! s’en jetaient un et repartaient en courant… ICI 

 

4 août 2015

Le bistrot à la française, modèle d’authenticité locale souple et adaptable, est-il en train de disparaître ? ICI 

Au bistrot après minuit
Joseph Roth
Pierre Deshusses (Préfacier)
Pierre Deshusses (Traducteur)

« Paris est une vraie ville internationale. Vienne l’a été pendant un temps. Berlin en sera une un jour. La vraie métropole est objective. Elle a des préjugés comme les autres, mais elle n’a pas le temps de les appliquer. »


Entre Roth et Paris, c’est une véritable histoire d’amour. Envoyé en 1925 dans la capitale française comme correspondant du Frankfurter Zeitung, il est séduit par cette ville et décide de s’y installer définitivement à l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Il vit à l’hôtel, dans un petit établissement, rue de Tournon, à deux pas du Sénat. Quand ce vieil hôtel est démoli, il emménage dans celui d’en face, au-dessus du bistrot qu’il décrira avec un humour mélancolique. Miné par l’alcool dont son ami Sefan Zweig a vainement essayé de le détourner, Roth meurt en 1939.


Bien que devenu entre-temps un écrivain reconnu, Roth continue à écrire des articles pour différents journaux allemands. Chacun des treize articles consacrés à Paris qui constituent ce recueil raconte une petite histoire. Ce qui l’enthousiasme, c’est moins les grands boulevards que l’atmosphère des petites rues, de Montmartre au Quartier Latin, quand vient la nuit. C’est aussi la liberté qu’offre encore Paris aux gens venus des quatre coins du monde, les exilés et les bannis.

Le facteur un homme fluet aux jambes fringantes, comme il convient à sa profession, commence :

 

- Je vous le dis, ça va mal finir, si tout le monde continue comme ça. Regardez un peu, on est là à boire et on ne sait même pas si on pourra le faire dans un an.

 

- Bien sûr que si, dit un homme qui ressemble à un comptable, sûr de sa retraite, de son modeste compte en banque et pourtant taraudé par une vague peur, celle que tout pourrait soudain partir en fumée. Son optimisme n’était en quelque sorte pas la conséquence de ses certitudes mais une conjuration de ses craintes. « Maintenant, tout va se calmer. Je n’ai pas peur. »

 

- Moi, j’ai peur, rétorqua le machiniste. J’ai peur de la mort. On ne pourra plus s’installer au comptoir et boire un coup. Mais j’ai encore plus peur de la vie. Oui, j’ai même peur de cette heure, là maintenant, on est tous joyeux devant ce comptoir. J’ai l’impression que ce n’est pas vrai qu’on est joyeux. Si vous étiez machiniste comme moi, vous auriez sans doute la même impression. Il y a une part de théâtre dans notre vie. Le troisième acte peut-être. Monsieur B. peut vous le confirmer. »

 

B., un acteur de théâtre où travaillait le machiniste, dit « Oui » sans conviction. Il n’avait pas écouté. Il se figurait être le chouchou du public. Il croit donc qu’un seul »Oui » de sa bouche, prononcé sans conviction pour ne pas dire expiré, aurait nettement plus de poids que tous les discours des autres réunis. C’était peut-être la seule raison pour laquelle il était un peu vexé : parce  que les autres avaient trop parlé. Il était en effet entièrement plongé dans sa propre vacuité intérieure dont il écoutait seulement les voix sourdes.

 

« Oui, dit le serveur de nuit, mais qu’est-ce que vous appelez le monde en fait ? Le monde dont vous parlez n’est composé que d’une poignée d’individus. Ils dirigent les destinées du monde. Le monde est leur proie. Qui sait quels sont les intérêts privés de chacun d’entre eux ? Un ministre n’est pas seulement ministre après tout ! C’est aussi un homme. Il a une femme, une maîtresse, un fils. Qu’est-ce qui l’a poussé à prendre telle ou telle décision ? »

 

Les deux policiers robustes et bien enrobés, on aurait dit qu’ils allaient faire sauter les coutures de leur uniforme, déclarèrent d’une même voix : « Tel est le monde. Mais il ne faut pas le dire. » Là-dessus ils se commandèrent encore un café avec un kirsch. (Ils bénéficient d’une ristourne, en quelque sorte)

 

- Pas de politique, dit le monsieur qui ressemblait à un comptable. Il paya et voulut partir. Mais à la porte il tomba nez à nez avec notre vieux chauffeur de taxi, qu’il détestait. Et pour ne pas montrer qu’il le détestait, il fit demi-tour.

 

E chauffeur vient tous les soirs dans notre bistrot. S’il ne comptait pas autant d’années, on pourrait dire qu’il est l’enfant chéri de la maison. Il ne « compte plus les années », on peut dire à son endroit qu’il « compte déjà les journées. » Il a longtemps été conducteur de fiacre. Mais quand l’ère humaine, la période d’humanité des chevaux fut terminée, il est devenu chauffeur de taxi. Et c’est un miracle qu’il puisse l’être encore. Car comme il avait sans doute l’habitude de le faire autrefois, laisser boire ses chevaux à chaque fontaine, il avait maintenant pris l’habitude, peut-être en souvenir et par nostalgie de ses bêtes depuis longtemps équarries, de s’arrêter dans tous les bistrots devant lesquels il passait au fil de ses courses. C’était vraiment un, miracle qu’il puisse encore arriver chez nous à cette heure tardive de la nuit. Mais, c’était un miracle coutumier et déjà quotidien. Comme d’habitude, il prit tout de suite la parole et dit :

 

- Ne vous perdez pas en petites considérations ! Ne me parlez pas de politique ! Moi je sais d’où vient tout le malheur du monde, parce que je suis un cocher. La conscience, messieurs, la conscience a disparu. Elle a été remplacée par l’autorisation. Autrefois tout un chacun avait sa conscience. Il était responsable devant elle. Mes chevaux eux-mêmes avaient encore une conscience. Aujourd’hui, voyez-vous, pour vous donner un petit exemple tiré de notre profession : si un individu traverse en dehors des clous que l’on a disposés sur la chaussée, on a le droit de l’écraser. Quand, à la frontière, un douanier tire d’un compartiment un passager clandestin ou tout paralysé pour le soumettre à une investigation, aucune trace de conscience chez ce fonctionnaire des douanes. Il a non seulement l’autorisation mais en plus il a l’autorité. Et pourtant ce douanier est aussi un être humain. Le ministre à la permission de négocier pour le peuple. L’autorisation tue la conscience. Pour ce qui est des dictateurs, la soi-disant énigme de leur existence tient dans le fait qu’ils se donnent eux-mêmes l’autorisation. Ils ne veulent pass simplement estourbir la conscience, ils veulent aussi la tuer. Les messieurs démocrates ne veulent que l’estourbir. Ce qu’ils ont fait d’ailleurs !  Avec une autorisation après coup. Je connais les chevaux. Messieurs ! Tous les chevaux hésitaient quand un individu traversait la rue. Mon taxi n’hésite pas ! Mes chevaux avaient une conscience. Mon moteur à l’autorisation. Voilà la différence que je vois en toute chose. à mon époque, quand j’étais encore cocher, même un diplomate avait une conscience. Aujourd’hui que je suis chauffeur de taxi, même un député n’a plus que des droits. Fini la conscience du monde ! Fini les chevaux !

 

C’est ainsi qu’il termina son petit discours – et tout le monde se mit à rire. Ils se disaient qu’il était ivre, et il l’était effectivement. Cela correspond d’ailleurs bien aux gens de cette époque qui évitent entre autres la vérité en se fondant sur le fait que celui qui l’énonce cette vérité ne peut raconter que des balivernes puisqu’il est saoul, alors qu’ils sont eux-mêmes saouls. Les deux policiers bien enrobés partirent. Deux heures sonna à l’horloge du Sénat. La patronne dit : « Maintenant on va se coucher. » Et elle commença à mettre les chaises à l’envers sur les tables. On aurait dit que les chaises se préparaient à une cavalcade pour la nuit.                    

 

 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:00

En ce temps-là Libération dans sa rubrique Idées publiait  REBONDS, j’en découpais certains, dont celui-ci que je classais. Dans mon grand ménage je viens de retrouver : Cuisine et Création par Christian Conticini.

 

 

Le Paris-Brest qui, comme son nom l’indique, s'inspirait d'une très vieille classique de la petite reine : le Paris-Brest-Paris créée en 1891 par Pierre Giffard du Petit Journal (elle défuntera en 1951 faute de participants). Elle avait lieu tous les 10 ans et comptera en tout et pour tout 7 éditions (interruption pendant le 2d conflit mondial, reprise en 48).

 

 

 Le gâteau, créé lui en 1910, est censé représenter une roue de bicyclette avec des rayons en pâte à pain (certains pâtissiers, dit-on, perpétuent la tradition des grands Paris-Brest, si vous en connaissez faites-le savoir). Ceux de maman, fine cuisinière et excellente pâtissière, dans mon souvenir, avaient de 35 à 40 cm de diamètre. Pour faire simple le gâteau consiste en une couronne de pâte à choux garnie d’amandes effilées, garnie d’une crème au beurre ou d’une crème mousseline pralinée.

 

 

Revisité par Conticini « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » (Portion individuelle ou pour 4). Les deux sont, pour les amateurs du péché de gourmandise, à se damner.

 

 

Si vous souhaiter lire mes chroniques sur Conticini, renseigner son nom dans la case en haut à droite du blog : RECHERCHE.

 

 

Si je publie ce point de vue c’est que je viens de terminer la lecture du livre de Bruno Verjus : L’ART de Nourrir, qui lui prône une cuisine de produits. Je tenterai de chroniquer sur ce livre.

 

L'art de nourrir de Bruno Verjus - Editions Flammarion

 

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 06:00

 

Longtemps j’ai déjeuné le mercredi, assis au bar de Giovanni Passerini, et puis un soir de passage dans le quartier, heureux hasard, j’ai traversé la rue, poussé la porte d’ICI MÊME qui, à cette époque, portait deux casquettes, cave à manger et galerie. Bien m’en a pris, ce fut une soirée mémorable, j’y découvris, grâce à Claire, une brassée de pépites de vin nu.

 

 

ICI MÊME, me séduisit, une belle cave de quartier, près du marché d’Aligre, 68 rue de Charenton dans le 12e arrondissement, des vins en liberté, en toute sincérité, bar à vins en soirée où il fait bon se retrouver entre amis autour d’une belle bouteille, se régaler, pour refaire le monde, tailler des bavettes, causer cépages, découvrir des vins nature.

 

 

À Paris, comme ailleurs, nous avons connu avec la Covid 19 l’extension des terrasses, où, enfin démasqués, à l’air libre, certes un peu pollué, il était enfin possible de pratiquer notre sport national : casser du sucre sur le dos des gouvernants, avec une cible majeure : notre jeune président.

 

 

À ICI MÊME la terrasse existait déjà, avec la bénédiction et une rétribution à la mairie, sous un bel auvent bleu marine, les déconfinés ont pu grâce à Angel se mettre à l’heure espagnole en savourant des patatas bravas.

 

 

Les patatas bravas seraient nées à Madrid dans les années 1960 lorsque deux bars ont décidé de proposer une version peu chère et savoureuse d’un plat de pommes de terre arrosé d’une sauce rouge. Le succès a tout de suite pris et très vite. Depuis 2008, les patatas bravas sont un des nombreux plats traditionnels de l’Espagne qui figurent au classement établi par l’Unesco. Ça ne plaisante pas !

 

Les patatas bravas sont peut-être le plus moderne des plats typiques de Madrid et, probablement, le seul dont l'origine soit véritablement indigène à la capitale du royaume, en plus d'être l'un des plus populaires et l'un des plus répandus, avec les plus grands ou moins fidélité à la recette originale, pour le reste de la péninsule.

 

Curieusement, il n'y a pratiquement aucune documentation sur le sujet, et la première référence au terme « patatas bravas » dont nous avons la preuve date de 1967 lorsque Luis Carandell   dans son livre « Vivre à Madrid » et dans le chapitre consacré au bavardage écrit : « Las patatas bravas, que l'on appelle dans certains endroits ' patates a lo poor ', ce sont des pommes de terre sautées à la sauce piquante, comme on imagine que les pauvres mangeraient des pommes de terre, c'est-à-dire tartiner du pain sur la sauce »

 

La pomme de terre a toujours été considérée comme un aliment de base de la paysannerie et du prolétariat industriel. Il n'apparaît pas dans les livres de cuisine classiques et dans les livres modernes il fait l'objet de réticences, ils le décrivent comme « un légume bon marché et vulgaire qui protège les gens de la faim ». D'où les fameuses pommes de terre aux pauvres que l'on mangeait dans le Madrid du  XIXe siècle. En accord avec cela, Angel Muro en 1893 a écrit :

 

« ... n'importe quelle sauce, n'importe quelle vinaigrette, connue ou à connaître, convient aux pommes de terre, [...] même au suif et au safran, c'est ainsi que les pauvres de Madrid les dépensent. »

 

Angel, est espagnol, né à Segorbe, en castillan (Sogorb en valencien), commune d'Espagne de la province de Castellón dans la Communauté valencienne. Elle est le chef-lieu de la comarque de l'Alto Palancia. Après un premier job en cuisine au Lavinia-Défense  (chef Etienne Berg)  il part à Lyon à la brasserie Georges puis « remonte » à Paris pour une formation vin, en alternance à ICI MÊME, puis une embauche.

 

 

La recette des patatas bravas est simple, pour être “bravas”, les “patatas” doivent être accompagnées d’une sauce rouge et piquante, ce qui les rend “braves, courageuses” (d’où le nom). C’est là que les choses se compliquent car selon où vous vous trouvez en Espagne, la recette de la sauce va changer : l’ingrédient principal sera différent, la sauce sera plus ou moins piquante, plus ou moins élaborée, plus ou moins liquide etc. Pour simplifier, on peut dire qu’il y a deux grands courants : les partisans de la sauce “brava” élaborée avec de la tomate (Madrid), et ceux qui la préparent avec du poivron rouge (Valence, la Catalogne)

 

Angel est de la province de Valence, donc pas de tomates dans la sauce.

 

 

Préparation de la sauce

 

Dans une poêle faire revenir à feu doux dans de l’huile d’olive un oignon émincé, lorsqu’il est blond saupoudrer de piments poudre AOP Vera (le piquant 1 cuillerée à café, le doux 2 cuillerées à café), ils ne doivent pas roussir : les mélanger à l’oignon avec une cuillère en bois. Ajouter une cuillérée à café de farine, faire un roux blond, verser un verre de fond de poulet tiède, réduire pour obtenir une texture épaisse. Mixer. Passer au chinois.

 

Pour les pommes de terre deux méthodes : cuisson à l’eau ou au four 180°

 

 

Angel conseille de boire avec ses patatatas bravas un pinot noir alsacien

 

 

Le Bleu Pinot Noir 2020 Litre

Brand & Fils

Alsace - Année 2020

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 06:00

 

Retour en force du Taulier sur le vin…

 

Au tout début de juin 2006, en une nuit, une belle nuit douce et étoilée, partout en France, dans les villes et villages, sur les chariots d'hyper et de super, même de hard, aux grands carrefours, aux portes des usines et des bureaux, des affichettes et des sticks : La FRANCE en ROSE ? Coup éclair, affichage sauvage, les autorités se taisent. Bien sûr la presse régionale et nationale suppute, les journaux télévisés subodorent un coup médiatique d'une étoile montante de la galaxie politique, les correspondants étrangers alertent leurs rédactions. Tout le monde en parle...

 

Huit jours plus tard même offensive éclair, les affichettes et les sticks proclament : le ROSE est mis ! Dans le même temps, à Londres, une grande campagne d'affichage couvre les murs : sur fond blanc : The ROSE ! La leur, celle qu'ils arborent sur les maillots de leur équipe nationale de rugby. Là, tout le monde des médias s'emberlificote, ne sait plus quoi penser mais ça ne les empêche pas d'écrire ou de causer. Un grand magazine titre : un coup royal ! En voyant une alliance entre le Poitou et Tony Blair. Tout le monde en parle : d'Ouzbékistan aux Iles Vierges...

 

Trois jours après sur les murs de Paris, des grandes villes de France, aux abords des hypers et des supers, des usines et des bureaux, à Londres, une belle affiche : le ROSE est la couleur des Rosés de France. Et dans le même temps dans les cafés, les restaurants, les pubs le ROSE est mis dans de beaux verres sur des ronds de verre et...

 

C'était une campagne initiée par "SANS INTERDIT" qui n'a trouvé aucun écho auprès de ceux qui pourraient s'unir. Ils préfèrent choisir la couleur du papier peint de la salle de réunion, de la taille de la bassine, faire leur petite campagne perso ou prospecter les marchés porteurs du Vietnam ou des Galápagos... Pour ma part, comme l'avait fait Michel Laroche - que je salue car il est abonné - et son équipe à Vinexpo, pour une journée du Rosé, je vais me contenter d'arborer une chemisette type Lacoste ROSE en prenant le risque qu'on me dise que je fasse de la politique. Ainsi va la France mes chers lecteurs, les présidents y sont plus nombreux que les fromages et nous regardons passer les trains. Bon Pont et diffusez l'info... Soyez réactifs !

 

ICI 

 

 

15 avril 2009

Supplément saumon de Vin&Cie sur « l’affaire du rosé pur »

 

Dans ma chronique du 27/03: « On ne nous dit pas tout… », une source bien informée me dit des choses inavouées sur le « mesclun » des rosés ICI je m’efforçais de mettre sur la table des éléments objectifs d’information. Depuis, l’affaire suit son cours normal à la française : On pétitionne pour sauver la pureté du rosé ; On sonde les Français : vive l’opinion publique ! ; On tente d’informer : Bernard Burtschy courageusement s’y colle dans le Figaro ; On tonne : Périco Légasse s’y colle avec sa finesse coutumière…

 

Moi je ne pétitionne jamais ; j’adore les sondages qui ne veulent rien dire sauf ce que les commanditaires veulent leur faire dire ; j’aime les gens courageux qui font leur métier même à contre-courant ; j’ai un « faible » pour la grosse mauvaise foi en béton armé de Périco Légasse.

Enfin, parce que j’adore mettre mon grain de sel dans le potage : tout à la fin je fais une suggestion de valorisation des vrais rosés.

 

ICI

 

La vie en rose

 

« Tout commence en 1945 quand Édith rejoint, à la terrasse d’un café, Marianne Michel, une bonne copine elle aussi chanteuse qui se plaint auprès de son amie de ne pas rencontrer le succès. Marianne n’est pas venue seule. Elle est avec son nouveau fiancé qui tape tout de suite dans l’œil d’Édith. Pour consoler Marianne, Piaf griffonne sur un coin de table : « Quand il me prend dans ses bras/ qu’il me parle tout bas / je vois les choses en rose. » Marianne lui fait remplacer « les choses » par « la vie ». Quelque temps plus tard, Édith lui donne la chanson qu’elle trouve trop mineure pour son répertoire et lui pique son fiancé. Mais Marianne fait un tabac dans les cabarets avec cette Vie en Rose… Vexée de son erreur de jugement, la môme lui reprend son cadeau et l’enregistre le 9 octobre 1946. Quant au fiancé, l’histoire ne dit pas si elle l’a rendu… »

Le rosé est tendance, Brad Pitt, Angelina Jolie, Georges Clooney, Sacha Lichine, John Malkovich, George Lucas, Début 2021, la maison Chanel a fait parler d'elle en achetant un deuxième domaine sur l'île de Porquerolles. En face, le géant du luxe LVMH a acheté en 2019 un des 18 crus classés de Provence, château du Galoupet à La Londe-les-Maures.

 

Sur une carte, Mme Maligne situe quelques-uns des chefs d'entreprise qu'elle a installés: l'horloger de luxe Richard Mille en 2019, le cachemirier Eric Bompard en 2014, le fondateur du prestataire télécoms Itancia Yan Pineau en 2011 ainsi que le milliardaire britannique spécialisé en immobilier de bureaux Mark Dixon.

 

Son confrère a sa propre liste de grands patrons atterris dans le vignoble: l'industriel de la charcuterie Michel Reybier (Cochonou, Aoste et Justin Bridou) qui a repris en 2020 un domaine au magnat américain Tom Bove, le producteur TV Stéphane Courbit en 2019, le roi des chips William Chase (Tyrells Crisps).

 

Dans cette course aux hectares, les professionnels du vin ne sont pas en reste. Les champagnes Bruno Paillard ont ouvert la marche en 1995 à Saint-Antonin-du-Var, avant que ne débarquent des géants du négoce viticole comme Castel, Chapoutier, Mora, Magrez, Béjot, Aegerter, etc. Dans le monde agricole, LVMH inquiète même: « Si demain Bernard Arnault s'étend encore, il va définir le cours du vin », frémit un vigneron qui préfère garder l'anonymat.

Angelina Jolie et Brad Pitt se lancent dans le vin - L'Express Styles

Bref, les murs de la GD sont de plus en plus rosés, et les gens du Monde par l’odeur alléchés ce sont mis à 4 pour proposer une SÉLECTION

 

Des rosés de qualité, alliant légèreté et acuité du goût, des bulles rosées, des pétillants naturels… L'été se prête aux dégustations entre amis. Voici les bouteilles sélectionnées par « M ».

 

Lunettes-001.JPG

 

Je signale aux 4 beaux nez que le Clairet bordelais n’est pas un rosé :

 

28 novembre 2012

 

À Bordeaux le Clairet de château Massereau des Chaigneau fait le miel du Taulier

 

Le taulier est fou du Clairet mais les Bordelais emboitant le pas  à la tendance se sont mis dans la tête de faire du « rosais » comme ces marauds de Provençaux. Grand bien leur fasse mais, tout même, lorsqu’on a le privilège de pouvoir élaborer du Clairet on en fait un must, parole de Taulier. Je sais le Clairet n’est pas du rosé mais pour une fois qu’une ambiguïté linguistique concernant une dénomination d’un de nos vins, à Bordeaux de surcroît, est le fruit de nos amis anglais, si prompt à nous moquer pour les subtilités de nos AOC, je ne résiste pas au plaisir de chroniquer. Claret, clairet, sont des héritages so british, et dans son chapitre 4 Jane Anson conte avec détails et précisions l’histoire des New French Clarets dès les années 1660, « où Arnaud III de Pontac s’était aperçu qu’il ne suffisait pas de faire un grand vin, il fallait le vendre… » et il envoya son fils, François-Auguste, accompagné d’un de ses maître-queux,  à Londres en 1666 à la fin d’une épidémie de peste bubonique et le grand incendie de la ville…

 

ICI 

 

MON CHOIX EST TRÈS CLAIRE ICI MÊME

 

 

 

Vins rosés : la sélection du « Monde »

ICI

 

Isabella Cotier pour M Le magazine du Monde

VINS ROSÉS

 

Beaujolais

 

Maison Jean Loron, Jean, beaujolais, 2020

Dans la famille beaujolais, ce gamay rosé, en pressurage inerte pour éviter toute oxydation et conserver une belle fraîcheur au jus, est bien séduisant. Des petits fruits rouges, groseilles
et framboises, une touche de fleur d’acacia. Simple et efficace pour accompagner l’été, pâtes au pesto, côtes d’agneau au grill, salade
de fruits rouges…7 €. loron.fr

 

Bordeaux

 

Château La Freynelle, bordeaux clairet, 2020

 

Ce clairet conçu par Véronique Barthe est éminemment sympathique, avec sa robe soutenue, un nez puissant et très aromatique. On est loin des typicités provençales souvent marquées par le pamplemousse. Ici, le fruit, fraise et framboise, est bien mûr avec des touches acidulées qui confèrent à l’ensemble une belle fraîcheur. Haute valeur environnementale (HVE). 7 €. vbarthe.com

 

Château Peybonhomme, Rosita Bomba, 2020

 

Voici une des dernières trouvailles de Rachel Hubert, un rosé de pressée, à base de merlot (70 %) et de cabernet franc (30 %). Outre l’étiquette qu’on adore – référence à Anita Bomba, l’héroïne de la BD d’Éric Gratien et de Cromwell –, ce rosé est goûtu, avec un fruit incroyable, des fraises et de la grenadine. C’est un vrai vin charnu et ample. Biodynamie. 12 €. hubert-vigneron.com

 

Clos Dubreuil, Clara, bordeaux clairet, 2019

 

Cette jolie propriété classée grand cru à Saint-Émilion produit un clairet d’une élégance remarquable. Avec la robe rose sombre qui sied à ce type particulier de rosé, un nez intense de framboise et de cerise, il démarre avec beaucoup d’ampleur et de gras en bouche mais s’affine sur la longueur, ce qui évite toute lourdeur au palais. A servir à table. 17 €. closdubreuil.fr

 

Corse

 

Yves Leccia, E Croce, corse patrimonio, 2020

 

Fraîcheur et minéralité caractérisent souvent les blancs et les rosés de patrimonio, AOC sous influence maritime dont les domaines s’épanouissent au pied du cap Corse. C’est le cas de cette cuvée, composée à 80 % de nielluciu et de 20 % de grenache. Légèrement épicé, mais d’une jolie tension, cet E Croce possède une précision qui est souvent la signature des vins d’Yves Leccia. 16 €. Yves-leccia.com

 

Languedoc-Roussillon

 

Domaine Cazes, Le Canon du maréchal, côtes-­catalanes, 2020

 

Véritable institution du Roussillon, possédant le plus grand vignoble en biodynamie de France (220 ha), le Domaine Cazes partage sa production entre vins doux mutés (banyuls, rivesaltes) et vins secs. Plus fruitée, souple et friande que les Clos de Paulilles, la gamme du Canon du maréchal (les vignes ont appartenu au maréchal Joffre) se distingue en particulier en rosé, grâce à une bouche riche en fruits rouges et bonbons anglais. 8 €. Cazes-rivesaltes.com

 

Domaine de la Sapinière, malepère, 2020

 

C’est le genre de rosé qu’il faut boire bien frais, sur la facilité et la légèreté. Couleur saumon très pâle, il est conçu pour être bu rapidement, presque comme pour se désaltérer. Un style estival et décontracté totalement assumé. 10 €. domainedelasapiniere.com

 

Lanye Barrac, Le Cochon lunatique, saint-chinian, 2020

 

Enorme coup de cœur pour ce rosé aussi atypique qu’irrésistible, à la robe d’un rose franc. Au nez, c’est un jus de fruits explosif de fraise gourmande, de framboise, de grenadine. Aucune sucrosité en bouche pourtant, il a la tonicité qu’il faut, et même une petite amertume qui rappelle le pamplemousse et lui donne de l’allant. À base de grenache (60 %) et de cinsault, il n’est ni filtré ni collé, et ne contient qu’une infime dose de soufre. Certifié biodynamie, label Vin méthode nature. 11 €. lanye-barrac.fr

 

Loire

 

Domaine de Lachaux, La Vigne de Nicolas, côtes-d’auvergne-corent, 2020

 

Sur le terroir basaltique de ce petit domaine (6 ha) du Puy-de-Dôme, entre parc naturel des volcans d’Auvergne et du Livradois-Forez, Yolande et Thierry Sciortino produisent, entre autres, du corent, une dénomination n’existant qu’en rosé. D’un exceptionnel rapport qualité-prix, cette bouteille assemblant avec un fruité légèrement poivré gamay (80 %)
et pinot noir (20 %) régalera sur tous les barbecues de l’été. 6,50 €. Tél. : 06-64-18-48-84.

 

Château de Minière, bourgueil, 2020

 

Essentiellement rouge, comme il se doit à Bourgueil, le répertoire de ce domaine cultivé en bio se partage entre cabernets francs charpentés (issus de vignes centenaires) et d’autres plus fruités, à boire dans leur jeunesse. C’est dans ce dernier registre que s’illustre ce rare rosé, friand à souhait, avec ses notes de pêche et d’agrume, s’affirmant à petit prix comme une belle alternative à ses cousins provençaux. 8,50 €. Tél. : 02-47-96-94-30.

 

Château de la Grille, chinon, 2020

 

Cépage roi de bien des rouges de Loire, le cabernet franc produit aussi quelques rosés se prêtant avec une bienveillante légèreté aux jeux estivaux. Tout en fraîcheur et fruits rouges, ce chinon du Château de la Grille, exploité, depuis 2009, par le tandem Baudry-Dutour, sera un idéal compagnon d’apéro en bord de Vienne, avant un dîner mettant en vedette légumes et poisson. 11 €. Chateau-de-la-grille.fr

 

Jean-Michel Sorbe, La Muse, reuilly, 2020

 

A base de pinot gris, ce reuilly dévoile rapidement ses touches délicates et fruitées de pêche de vigne. Les arômes fleuris ne sont pas absents, avec des roses fraîches, des pivoines qui composent un rosé disponible pour tout le repas, salades, charcuteries, mets exotiques… HVE. 12 €. josephmellot.com

 

Henri Bourgeois, Les Bonnes Bouches, sancerre, 2020

 

Dans son fief de Chavignol, la famille Bourgeois fait surtout rayonner le sauvignon dans une gamme multiple de blancs, souvent de haut niveau (La Côte des Mont Damnés, La Bourgeoise…). Mais pour un pique-nique dans les coteaux vallonnés du Sancerrois, ce rosé de pinot noir, tout en gourmandise florale et acidulée, fera merveille avec les charcutailles, un poulet froid, un chavignol pas trop sec et quelques fraises. 16 €. henribourgeois.com

 

Provence

 

Bastide de Blacailloux, Saint-Probace, vin de pays du Var, 2020

 

Pas moins de cinq cépages composent ce rosé franc et gourmand. D’une robe couleur incarnat, il a un goût de cerise, fraise et framboise, mais sans sucrosité. Croquant, équilibré et frais, on l’aime à l’apéritif avec des beignets de crevette. 7,70 €. bastide-de-blacailloux .com

 

Château Beaulieu, Basalte, by Beaulieu, coteaux-d’aix-en-provence, 2020

 

Parce qu’il naît sur le terroir volcanique d’un ancien cratère, ce rosé porte le nom de la typicité de son terroir. Composé de fossiles, son sol contribue à une finesse minérale étonnante. Du coup, ce rosé singulier offre un toucher cristallin, frais, structuré. 8,95 €. chateaubeaulieu.fr

 

Château La Verrerie, côtes-de-provence, 2020

 

Grâce à ses arômes fleuris quasi guillerets, ce rosé inspire l’élan, la joie et le partage. Fond sur une belle matière, née de grenache et de cinsault, il reste classique dans sa texture. Une perle, certifiée bio. 11,50 €. chateau-la-verrerie.com

 

Château de Sannes, 1603, luberon, 2020

 

L’assemblage de cépages rouges (syrah et grenache) et blancs (vermentino et ugni blanc) en fait un rosé clair à l’œil et frais en bouche. Ses saveurs citronnées sont vives et se déploient vers des notes de pamplemousse. Du coup, la cuisine asiatique lui va bien. Un ensemble délicat et équilibré, certifié bio. 12 €. chateaudesannes.fr

 

Domaine de la Navicelle, côtes-de-provence, 2020

 

Le joli domaine sis au Pradet (Var), au pied du massif de la Colle-Noire, profite du littoral et des cépages qui s’y épanouissent. Tels le tibouren et le mourvèdre qui composent, avec le grenache, cette très belle cuvée. Ses notes aromatiques de fruits jaunes, de melon, un peu de fenouil et quelques épices séduiront les amateurs de rosé frais et de gastronomie. Bio. 15 €. domainedelanavicelle.com

 

La Bastide Peyrassol, côtes-de-provence, 2020

 

Ce domaine, qui régale autant les yeux (avec sa stupéfiante collection d’art contemporain) que les papilles, a créé cette nouvelle cuvée, qui exprime clairement son fruité, notamment grâce à sa dominante de grenache. Un nez de fraise des bois, une bouche aérienne, une certaine tendresse en finale. Pour l’apéritif ou pour une cuisine estivale, légère. 15 €. vignobles-austruy.com

 

 

Château Maïme, Héritage, côtes-de-provence, 2020

 

Fidèles de nos rendez-vous estivaux et rosés, les vins de Pierre-Jean Sibran et Jean-Michel Garcia continuent de séduire. Tel cet Héritage (qui se décline aussi en blanc et en rouge), qui propose ses notes gourmandes d’agrumes légèrement acidulés. Disponible pour un agneau (provençal, évidemment), des sushis, une salade de fruits rouges… 15,80 €. chateau-maime.com

 

Jean-André Charial, L’Affectif, les Baux-de-provence, 2020

 

Le nom de cette cuvée si éloquent traduit bien l’identité de ce vin. « Affectif », certes, mais cela n’empêche pas la précision. Ce rosé surprend par son équilibre parfait, sa texture bien enrobée et sa tendresse. Finale sur des notes acidulées de fraise des bois et de groseille. Il est certifié en biodynamie. 16 €. laffectif.com

 

Château Crémade, palette, 2019

 

Cette minuscule appellation d’Aix-en-Provence recèle des trésors. Comme ce rosé enchanteur, né de l’assemblage de 12 cépages locaux, parmi lesquels le durif, le castet, le brun-fourcat, le manosquin, et de vieux muscats noirs. Dans le verre, voici un vin à la couleur saumonée qui se révèle épicé, vineux, à mille lieues des vins stéréotypés de Provence. On le sert à table, sans hésiter, avec par exemple un loup (un bar hors de la région) cuit au four. 16 €. chateaucremade.fr

 

Ultimate Provence, Up, côtes-de-provence, 2020

 

Voici un rosé aux saveurs étonnantes par ses notes de citron mûr qui feraient penser à un vin blanc. Il serait amusant de le goûter dans le noir pour savoir si on pense à un rosé. Toujours est-il que ce sont bien des cépages rouges qui le constituent : syrah, cinsault, grenache, avec néanmoins un peu de rolle, qui est blanc. Ensemble très harmonieux et légèrement épicé. 16,50 €. ultimateprovence.com

 

Château La Gordonne, La Chapelle Gordonne, côtes-de-provence-pierrefeu, 2020

 

Propriété de Vranken Pommery, cet immense domaine (plus de 300 ha), s’étalant sur les coteaux schisteux de Pierrefeu-du-Var, élabore des vins d’une élégante ampleur. À l’instar de cet assemblage de grenache, syrah et cinsault, équilibrant joliment fraîcheur d’agrume et une voluptueuse longueur en bouche, qui fit mouche, l’autre soir, sur des rougets poêlés au beurre d’anchois. 18 €. lagordonne.com

 

Château Romanin, les baux-de-provence, 2020

 

C’est l’un des plus beaux rosés de l’été, qui s’impose toujours par sa densité régulière. Ses nuances se dévoilent peu à peu. Un rosé qui ne dit pas tout dès le premier verre, c’est rare. Salivant, celui-ci délivre ses notes peu à peu, des herbes aromatiques aux fruits exotiques, en passant par des fleurs délicates. Certifié en biodynamie. 18 €. chateauromanin.fr

 

Minuty, Prestige, côtes-de-provence, 2020

 

Château Minuty a lancé, à côté de la production « maison », des vins de marque issus du négoce. Franche réussite avec ce vin, d’une superbe finesse, floral au nez, et qui n’est pourtant pas dénué de longueur. À apprécier très simplement, sous la chaleur de l’été. 18,50 €. minuty.com

 

Château d’Estoublon, les baux-de-provence, 2020

 

Aussi réputé pour ses vins que pour son huile d’olive, ce château, repaire de l’œnotourisme au cœur des Alpilles, propose un rosé (certifié bio, comme tous les vins de l’AOP les baux-de-provence) qui s’épanouit les yeux fermés sur la gamme des spécialités méditerranéennes – des tians de légumes à l’anchoïade, des brochettes d’agneau aux poissons grillés à la plancha… En équilibre parfait entre fraîcheur et complexité. 19,50 €. Estoublon.com

 

Domaine La Courtade, La Courtade, côtes-de-provence, 2020

 

Bercé par les influences de la Méditerranée, puisque le domaine se trouve sur l’île de Porquerolles, ce rosé a profité d’une tempérance (relative) qui lui confère élégance et puissance. L’assemblage de grenache (50 %), de mourvèdre (30 %) et de rolle (20 %) est juste bien dosé et vinifié en barrique de 400 litres pour apporter des touches fines de pêche et de brioché en même temps. Un régal. Bio. 24,50 €. lacourtade.com

 

Château Saint-Maur, Excellence, côtes-de-provence, 2020

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? L’assemblage de huit cépages procure à ce vin sa puissance, sa longueur en bouche sans compromettre une vivacité et une fraîcheur de bon aloi quand le soleil réchauffe l’atmosphère. Les fruits y composent une véritable symphonie, qu’ils soient agrumes, exotiques, blancs ou rouges. Un plaisir toujours au rendez-vous. 25 €. chateausaintmaur.com

 

Château Léoube, Le Secret de Léoube, côtes-de-provence, 2020

 

Le superbe domaine de Bormes-les-Mimosas propose une gamme fournie : pas moins de quatre rosés et deux effervescents dans cette couleur. Allons plutôt sur Le Secret, qui allie tension et complexité. Discret au nez, il s’ouvre vite sur des arômes minéraux, fruités et floraux. Il faut le laisser venir et sa finale délicate se prolongera longtemps en bouche. 26 €. leoube.com

 

Rhône

 

Château d’Aqueria, tavel, 2020

 

Ce vin est un véritable cocktail aromatique, fruits rouges, blancs, un peu d’épices, le tout dans un bel équilibre. C’est sûrement grâce à l’assemblage de huit cépages, des grenaches, de la clairette et du cinsault pour 80 %, mais aussi de la syrah, du mourvèdre, du bourboulenc et du picpoul. Bravo, donc, pour cette complexité et cette précision. 12,20 €. aqueria.com

 

Domaine de la Mordorée, Reine des bois, tavel, 2020

 

La robe est d’un rose soutenu, les arômes sont complexes, faisant la part belle aux fruits rouges, fraises et framboises. Pas de doute, on est bien à Tavel, la « capitale du rosé », dans le beau domaine tenu par Madeleine Delorme. Le vin est précis, long en bouche et fera honneur à la table. Chaque année, on aime. En biodynamie. 16,90 €. domaine-mordoree.com

 

Sud-Ouest

 

Domaine Le Roc, Ninette, fronton, 2019

 

Il y en a, mais pas seulement : la fameuse négrette, le cépage typiquement frontonais, est bien présente dans cette cuvée. Mais elle est assemblée avec de la syrah, ce qui apporte souplesse et rondeur à l’ensemble. C’est donc un rosé qui possède un vrai caractère, plutôt épicé et persistant, qui peut accompagner des plats consistants. 8 €. leroc-fronton.com

 

Nicolas Carmarans, Minimus, vin de France, 2020

 

Si l’Aveyron est parfois considéré comme le nouveau pays de cocagne des vins naturels, il le doit en particulier à Nicolas Carmarans, ancien bistrotier parisien (le Café de la nouvelle mairie, près du Panthéon) revenu dans son Aubrac familial travailler des vignes dominant la Truyère. Ses rouges domptent avec élégance le rustique fer servadou qui, en rosé non filtré et presque sans soufre, s’écoule en un fluide gouleyant et léger (11,5°). 17 €. Cavistes.

 

BULLES ROSÉES

 

Alsace

 

Wolfberger, crémant d’Alsace, brut, 2019

 

Issues de pinot noir, ses bulles sont légères (même en alcool, avec 11,68°, pour être précis !) et évidentes en été. On apprécie ses notes acidulées très fraîches, et sa gourmandise généreuse. Sa robe soutenue aux reflets framboise prouve que ce crémant s’impose avec aisance et équilibre. Une belle découverte, certifiée bio. 8,50 €. wolfberger.com

 

Bestheim, Grand Prestige, crémant d’Alsace, 2019

 

Ce crémant, un assemblage de rosés de saignée et de pressurage, aux bulles délicates, est d’une grande fraîcheur. Le pinot noir y révèle ses arômes de fruits rouges, cerises et framboises, et l’équilibre entre gourmandise et persistance tanique est parfaitement trouvé. 15 €. bestheim.com

 

Champagne

 

Champagne Alfred Gratien, brut

 

Tout est fin et délicat dans ce champagne à la robe pâle, aussi bien ses bulles que ses saveurs. Issu de chardonnay en majorité (56 %), de pinot noir et de pinot meunier, il exhale des arômes de lilas et de muguet avant d’exprimer en bouche des saveurs d’abricot. On aime sa complexité raffinée et sa finale longue et vive. 37,95 €. alfredgratien.com

 

Champagne Drappier, brut nature

 

Cette « saignée » de pinot noir a forcément une robe d’une forte intensité colorante : son rosé est profond. L’absence de dosage en fait un champagne léger et digeste. Non filtré, non décoloré et non dosé, donc, il offre des saveurs intenses de fraise et de mandarine, relevées d’une pointe élégante de poivre blanc. 41 €. champagne-drappier.com

 

Champagne Billecart-Salmon, Elisabeth Salmon, brut, 2008

 

Le rosé version luxe, le voici avec ces bulles uniques et rares. Billecart-Salmon est l’une des premières maisons de Champagne à avoir produit des bulles rosées. Les siennes sont devenues emblématiques, reconnaissables à leurs nuances chatoyantes. Cette cuvée 2008 est sortie des caves en avril 2021, après une longue garde qui ajoute au raffinement de l’ensemble. Un grand vin complexe, issu de chardonnay et de pinot noir. Finale puissante et pleine d’étoffe. 190 €. champagne-billecart.fr

 

Rhône

 

Jaillance, La Rosé, 2020

 

Idéal compagnon d’un été chaud, cet effervescent, assemblage de muscat à petits grains et de gamay, séduit par sa fraîcheur et ses délicats arômes de litchi et de griotte. L’étiquette qui indique « fruité » ne ment pas, et ce vin conçu par la coopérative Jaillance, sur les contreforts du Vercors, est facile à boire, désaltérant, et très bon marché. 5,95 €. Bio. jaillance.fr

 

PÉTILLANTS NATURELS

 

Maison Crochet, Pet Native, vin de France, 2020

 

À travers ses cuvées plus classiques, ce domaine de Bulligny (dans le Toulois, en Lorraine) nous avait déjà apporté la preuve de la qualité de ses vins. Même si celle-ci semble plus rock’n’roll, avec sa capsule et son étiquette sauvage, elle abrite un pet’ nat’ très droit, fruité mais surtout vif et rafraîchissant. Qui se boit sans même y penser. Majorité de gamay, complété de pinot noir et d’auxerrois. 12 €. maisoncrochet.fr

 

Domaine Philippe Gilbert, L’Emoustillant, vin de France, 2020

 

On aime beaucoup les vins de ce petit domaine, une référence de la biodynamie, sis à Menetou-Salon. Et, dans sa gamme, on goûte bien cette particularité pétillante de pinot noir, gourmand et désaltérant. Et si la bouteille est sous capsule, telle une bière, on a bien affaire à un beau vin bien travaillé. 20 €. domainephilippegilbert.fr

 

Rémi Barroux

 

Stéphane Davet

 

Laure Gasparotto

 

Ophélie Neiman

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 06:00

"Dans le lit, le baiser" par Henri de Toulouse-Lautrec, 1892"Dans le lit, le baiser" par Henri de Toulouse-Lautrec, 1892 Crédits : Wikimedia Commons​​​​​​

« Faire l’amour »

 

 

Si vous interrogez la Toile, les réponses sont prioritairement médicales et « sportives » : les positions, en littérature classique, je veux dire hors l’érotique, décrire cet acte demande beaucoup, si je puis dire, de doigté, si l’on ne veut pas verser dans la pornographie.

 

 

Je vous propose de lire cet extrait qui y réussit ; ce n’est que mon avis…

 

Livres romantiques : 15 histoires d'amour à lire absolument - Elle

 

Elle mit alors A Bird In A Gilded Cage, ils ne dansaient plus vraiment, ils se serraient l’un contre l’autre en se balançant doucement. Avant la fin du disque, ils finirent de se balancer et échangèrent un baiser jusqu’à ce que la musique se taise.

 

 

Elle fit un pas en arrière et le regarda dans les yeux, les flammes de la cheminée se reflétaient dans ses pupilles. Puis elle défit le nœud de son ruban et laissa tomber ses cheveux en une cascade éclatante.

 

 

Les fantasmes qu’ils avaient entretenus s’avérèrent bien pauvres en comparaison de le réalité que lui offrit l’heure qui suivit. Sa nudité à la lumière des chandelles, la chaleur et le parfum de sa peau, sa langue sur la sienne, sur sa poitrine, sur ses reins…Son visage dans sa chevelure luxuriante, ses lèvres sur ses tétons, dans le nid épicé de son sexe. Ils étaient face à face, puis il se retrouvait derrière elle, au-dessus, en-dessous. On entendait leurs halètements dans tout l’appartement, leurs gémissements, le bruit de la peau qui frappait la peau. Il se sentait armé d’un gourdin, il s’étonnait de l’ampleur de son appétit, de son désir sans cesse renouvelé. Au bout d’un certain temps, elle le mena du lit jusqu’au fauteuil sans bras et le chevaucha en lui tournant le dos. Le fauteuil faisait face à une psyché et ils se regardèrent tandis qu’ils se livraient à leurs ébats. Son visage derrière le sien, ses mains sur ses seins.

 

Pages 255-256 Vies et Morts de Stanley Ketchel.

 

 

 

 

 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 06:00

 

 

La question m’est régulièrement posée, par des lectrices et des lecteurs, dans le lieu de débauche où, en dépit de mon grand âge, certes pas encore canonique, servi par une jolie taulière aux yeux bleus d’azur, je me shoote au vin nu.

 

 

Question fort embarrassante mais justifiée, puisque mon enseigne originelle et officielle est Vin&Cie l’espace de liberté et que j’affiche ma volonté de participer à l’Extension du domaine du vin ... et que je chronique de moins en moins sur le vin…

 

 

Que répondre ?

 

 

16 ans.

 

 

8000 chroniques publiées.

 

 

4 174 321

Visiteurs uniques

 

 

6 827 528

Pages vues

 

 

L’usure du temps, une forme de lassitude, pas envie de finir comme Butane&Degaz ou ce pauvre Saverot, de côtoyer les faiseurs notes, pas envie de dézinguer les dégustatrices de la presse nationale qui font de la promo pour les annonceurs, de sulfater ceux, qui accrochés à leur siège comme les moules sur le bouchot, se prétendent les représentants des vignerons, fuir l’entre soi des nouveaux papes des vins nature, ouvriers de la vingt-cinquième heure...   

 

 

Ouvrir la focale, aborder tous les sujets, ne pas vivre sur le fonds de commerce d’un rapport vieux de 20 ans, le confinement a accéléré ce souhait d’étendre mon espace de liberté.

 

 

 

Bref, même si ne le suis guère, j’ai 3 fiertés qui me poussent à écrire chaque jour que Dieu fait :

 

 

- Être lu par Jean-Paul Kauffmann

 

 

- Avoir, via Pierre Jancou, converti Pax au vin nu…et de le compter comme chroniqueur ciné… en sus de ses commentaires réguliers.

 

 

- Compter, depuis l’origine, sur un socle de lecteurs réguliers qui n’ont pas décroché en dépit de la nouvelle orientation du blog.

 

 

Merci pour votre fidélité…

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 06:00

 

Je comprends enfin pourquoi nos autorités ont collé un Q à l’INAO : cet antique organisme, passé des Champs Elysées à Montreuil-sous-Bois, est dorénavant chargé de gérer des Foires aux Questions.

 

 

 

Explication de cette importante mission.

 

 

La République Française est très bonne fille, elle offre, presque gratuitement, les services de ses agents, fonctionnaires ou para-fonctionnaires, pour guider les candidats à la consécration de « grands crus classés » et de « premiers grands crus  classés » de l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion  grand cru »

 

 

Faut dire que ça tient du labyrinthe cette affaire, et justifie une FOIRE AUX QUESTIONS dont vous pourrez apprécier la substantifique moelle ci-dessous.

 

 

Tout a commencé le 16 Mai 2020 par un arrêté conjoint du ministre de l’économie et des finances et du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, cosignés au nom des dits ministres par la sous-directrice des produits alimentaires et marchés agricoles et alimentaires et le directeur général adjoint de la performance économique et environnementale des entreprises.

 

 

Jean-Marie Aurand présidera la commission de classement de Saint-Émilion 2022, composée de Philippe Brisebarre, Michel Bronzom, Philippe Costem, Yves Dietrich, François-Régis de Fougeroux et Cyril Payon.

 

 

Jean-Marie Aurand a dirigé de 2014 à 2018 l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV), après avoir occupé une succession de postes à responsabilités au Ministère de l'Agriculture (négociant la politique agricole commune, étant tutelle de l’INAO et l’ONIVINS, participant à la réforme de l’Organisation Commune du Marché Vitivinicole, l’OCM vin…). Originaire de Lozère, Jean-Marie Aurand avait pris à son départ de l’OIV la direction par intérim de l’Office National des Forêts (ONF).

 

 

Bonne lecture : c'est du LOURD...

 

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16 mai 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 100 

Décrets, arrêtés, circulaires  TEXTES GÉNÉRAUX  

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE ET DE L’ALIMENTATION  

Arrêté du 14 mai 2020 relatif au règlement concernant le classement des « premiers grands crus  classés » et des « grands crus classés » de l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion  grand cru »  

NOR : AGRT2005594A  

Le ministre de l’économie et des finances et le ministre de l’agriculture et de l’alimentation,  Vu le règlement (UE) no 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant  organisation commune des marchés des produits agricoles et notamment son article 105 ;  Vu le code de la consommation ;  

Vu le code rural et de la pêche maritime et en particulier son article L. 641-7 ;  

Vu le décret no 2011-1779 du 5 décembre 2011 relatif à l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion grand  cru » ;  

Vu la proposition du Comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées et  des eaux-de-vie de l’Institut national de l’origine et de la qualité en date du 6 février 2020,  

Arrêtent :  

Art. 1er. – Le règlement concernant le classement des « premiers grands crus classés » et des « grands crus  classés » de l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion grand cru », annexé au présent arrêté, est homologué.  

Art. 2. – L’arrêté du 6 juin 2011 relatif au règlement concernant le classement des « premiers grands crus  classés » et des « grands crus classés » de l’appellation d’origine contrôlée « Saint-Emilion grand cru » est abrogé.  

Art. 3. – Le présent arrêté sera publié au Journal officiel de la République française.  Fait le 14 mai 2020.  

Le ministre de l’agriculture  

et de l’alimentation,  

Pour le ministre et par délégation :  

Le directeur général adjoint  

de la performance économique  

et environnementale des entreprises,  

P. DUCLAUD  

Le ministre de l’économie  

et des finances,  

Pour le ministre et par délégation :  

La sous-directrice des produits alimentaires  

et marchés agricoles et alimentaires,  

A. BIOLLEY-COORNAERT  

ANNEXE  

RÈGLEMENT CONCERNANT LE CLASSEMENT DES « PREMIERS GRANDS CRUS CLASSÉS » ET DES  « GRANDS CRUS CLASSÉS » DE L’APPELLATION D’ORIGINE CONTRÔLÉE SAINT-ÉMILION  GRAND CRU  

Article 1er  

Objet  

En application du 2o b du point XII du chapitre Ier du cahier des charges de l’appellation « Saint-Emilion grand  cru » homologué par le décret no 2011-1779 modifié susvisé, le présent règlement a pour objet de fixer les  conditions requises pour pouvoir bénéficier de la mention « grand cru classé » ou « premier grand cru classé ».  

16 mai 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 100 

Article 2  

Commission de classement des crus classés de l’appellation « Saint-Emilion grand cru »  Une commission de sept membres dite commission de classement des crus classés de l’appellation « Saint Emilion grand cru » est nommée par le Comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux  boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), ou par  délégation par sa commission permanente. Les membres composant cette commission, choisis en fonction de leur  compétence, sont soit des membres du comité national, soit des personnalités extérieures à ce comité. La perte de  qualité de membre du Comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et  des boissons spiritueuses n’entraîne pas la perte de qualité de membre de la commission de classement, à  l’exclusion des cas limitativement énumérés à l’article R. 642-21 alinéa 2 du code rural et de la pêche maritime.  

Cette commission est chargée d’organiser les travaux liés au classement et de proposer au Comité national des  appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses la liste des  « grands crus classés » et des « premiers grands crus classés » en vue de son approbation par ledit comité, et avant  homologation par arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture et de la consommation.  

Le président de la commission de classement est nommé par le comité national susvisé.  Les membres de la commission n’ont pas d’intérêts audit classement.  

La commission ne délibère valablement qu’en se réunissant collégialement dans un même lieu avec un minimum  de cinq membres. Le président de la commission peut néanmoins décider l’organisation de délibération au moyen  d’une conférence téléphonique ou audiovisuelle. La commission de classement fonctionne selon les règles  applicables aux commissions d’enquête fixées dans l’article 10 du règlement intérieur de l’INAO. La mission de la  commission de classement prend fin à la date d’homologation du classement.  

Article 3  

Dépôt des candidatures  

Tout propriétaire ou toute personne habilitée à cet effet par le propriétaire faisant acte de candidature doit  déposer un dossier auprès du site de Bordeaux de l’Institut national de l’origine et de la qualité.  

Les candidatures sont déposées :  

– en « grand cru classé » ;  

– ou en « grand cru classé » et « premier grand cru classé ».  

Les exploitations candidates à la mention « premier grand cru classé » doivent déposer deux dossiers : un en  « grand cru classé » et l’autre en « premier grand cru classé ».  

Le dépôt d’une candidature est soumis au paiement de frais de dossier et de procédure dont les montants sont  fixées par la directrice de l’INAO, conformément à l’article R. 642-30 du code rural et de la pêche maritime.  

La date limite du dépôt des candidatures et le montant des frais de dossier sont fixés par une décision de l’INAO  et font l’objet d’une publicité au moins deux mois avant la date limite du dépôt :  

– par voie d’affichage dans les neuf mairies de l’aire géographique de l’appellation d’origine après avis dans le  recueil des actes administratifs de la préfecture de Gironde ;  

– par voie de presse locale ;  

– par diffusion sur le site internet de l’INAO.  

Le délai de deux mois court à partir de l’accomplissement de la dernière de cette modalité de publicité.  

Article 4  

Composition du dossier et recevabilité de la candidature  

Le dossier est constitué du formulaire retiré auprès du site de Bordeaux de l’Institut national de l’origine et de la  qualité et dûment complété et des éléments suivants :  

– un inventaire de l’assiette foncière actuelle de l’exploitation ainsi que des modifications qui y ont été  éventuellement apportées lors des dix dernières années, et du descriptif des terroirs concernés ;  – un engagement à ne pas modifier pendant les dix années à venir, sauf raison dûment justifiée et accord  préalable du comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des  boissons spiritueuses de l’Institut national de l’origine et de la qualité, l’assiette foncière du vignoble dont sont  issus les vins présentés sous le nom du cru classé ;  

– avoir et s’engager à utiliser des chais exclusivement réservés à la vinification et à l’élevage des vins issus de  l’assiette foncière précitée ;  

– un document exposant la notoriété de l’exploitation, les modes de distribution des vins, les volumes corrélés  aux prix de commercialisation constatés, les cotations, la mise en valeur du site (les actions de promotion, les  dossiers de presse, les actions liées à l’œnotourisme, l’accessibilité des installations au public,…) auxquels  sont annexés tous les justificatifs ;  

16 mai 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 100 

– la liste des volumes produits ou commercialisés en appellation d’origine « Saint-Emilion grand cru » par  marque attachée à l’exploitation des dix dernières années pour les « grands crus classés » et les quinze  dernières années pour les « premiers grands crus classés » ;  

– un document présentant un descriptif des chais, des méthodes culturales et des mesures environnementales de  l’exploitation ;  

– un chèque correspondant au montant des frais de dossier, libellé au nom de l’agent comptable de l’INAO.  Les exploitations doivent remplir les conditions suivantes :  

– répondre au cours des dix dernières années pour les « grands crus classés » et des quinze dernières années  pour les « premiers grands crus classés » à une utilisation régulière du nom du cru pour lequel le classement  est revendiqué ;  

– avoir produit durant cette période sous le nom du cru revendiqué un minimum de 50 % en moyenne des vins  issus de l’assiette foncière figurant dans le dossier de candidature.  

Article 5  

Examen de la complétude du dossier et de la recevabilité des candidatures  

A partir de la date limite de dépôt des candidatures, l’INAO examine sa complétude et contrôle que les  conditions de recevabilité sont remplies.  

A défaut de demande complémentaire de la part de l’INAO dans un délai de deux mois, les dossiers sont réputés  recevables. Dans ce délai, les services de l’INAO peuvent demander aux candidats des précisions sur le respect des  conditions de recevabilité et les inviter à compléter leur dossier. Les candidats disposent d’un délai de quinze jours  à compter de la réception du courrier de l’INAO pour présenter leurs observations ou compléter leur dossier. A  l’issue, la décision définitive de l’INAO leur est notifiée dans le délai de deux mois à compter de la réponse du  candidat ou en l’absence de réponse à l’expiration du délai de 15 jours.  

Article 6  

Examen des candidatures  

Les dossiers de candidature recevables sont transmis à la commission de classement.  Le choix des millésimes prélevés, identiques pour tous les candidats, est laissé à l’appréciation de la  commission, sur une période maximale des dix dernières années pour les candidats en « grand cru classé » et des  quinze dernières années pour les « premiers grands crus classés ». Chaque millésime se traduit par le prélèvement  de quatre bouteilles de 0,75 l chez les candidats.  

Toute absence d’un millésime conduira à la délivrance d’une note de dégustation de 0 pour le millésime en  question.  

La commission se réserve la possibilité de vérifier la traçabilité des échantillons notamment en faisant réaliser  des contrôles analytiques à partir de prélèvements sur les lieux de vente. Elle peut demander aux services de  l’Institut national de l’origine et de la qualité, à l’ODG, au candidat ou à toute autre personne intéressée tous  renseignements complémentaires qu’elle juge utiles.  

Les critères et pondérations retenus par la commission pour fixer la note des candidats sont les suivants :  – Pour la mention « grand cru classé » :  

1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés par dégustation des échantillons (50 % de la note finale) ;  la note de dégustation la plus basse n’est pas prise en compte dans le calcul de la moyenne de dégustation ;  2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale ou internationale du vin de l’exploitation, de la  mise en valeur du site (les actions de promotion, les dossiers de presse, les actions liées à l’œnotourisme,  l’accessibilité des installations au public) et des modes de distribution (20 % de la note finale) ;  

3. Caractérisation de l’exploitation appréciée à partir de l’assiette foncière, de l’homogénéité de ou des entités  culturales et de l’analyse topographique et géo-pédologique (20 % de la note finale) ;  4. Conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’œnologie appréciée en tenant compte  de l’encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification  et des conditions de vinification et d’élevage (10 % de la note finale) ;  

Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 14 sur 20 est proposé au classement « grand cru  classé ».  

– Pour la mention « premier grand cru classé » :  

Ne sont examinées en premier grand cru classé que les candidatures des exploitations admises en « grand cru  classé ».  

1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés à partir de l’excellence des résultats de la dégustation et  de l’aptitude au vieillissement (50 % de la note finale) la note de dégustation la plus basse n’est pas prise en  compte dans le calcul de la moyenne de dégustation ;  

16 mai 2020 JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Texte 22 sur 100 

2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale ou internationale du vin de l’exploitation, de la  mise en valeur du site (les actions de promotion, les dossiers de presse, les actions liées à l’œnotourisme,  l’accessibilité des installations au public) et des modes de distribution (35 % de la note finale) ;  3. Caractérisation de l’exploitation appréciée à partir de l’assiette foncière, de l’homogénéité de ou des entités  culturales et de l’analyse topographique et géo-pédologique (10 % de la note finale) ;  4. Conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’œnologie appréciée en tenant compte  de l’encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification  et des conditions de vinification et d’élevage (5 % de la note finale).  

Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 16 sur 20 est proposé au classement « premier grand  cru classé ».  

La commission peut décerner la distinction A ou B aux vins proposés pour la mention « premier grand cru  classé » compte tenu de leur notoriété et de leur aptitude au vieillissement.  

L’examen des candidatures se fait par la commission de classement à partir des dossiers et des résultats de la  dégustation effectuée sur les échantillons des vins des candidats. Cette commission s’appuie notamment sur les  travaux d’un ou plusieurs organisme(s) tiers et indépendant(s) en charge respectivement, d’une part, de  l’organisation de la dégustation des vins prélevés et, d’autre part, d’assister la commission, à sa demande,  notamment pour effectuer des contrôles sur pièces et sur place ; cet/ces organisme(s) tiers est/sont désigné(s) par la  directrice de l’INAO. Cet/ces organisme(s) réalise(nt) ses/leurs travaux en partenariat avec les services de l’INAO.  La dégustation des vins est assurée par un jury de dégustateurs-experts désigné par l’organisme tiers en charge de  l’organisation de la dégustation. Les protocoles et les procédures de(s) (l’)organisme(s) sont validés par la  commission de classement.  

Article 7  

Notification des résultats et recours  

Les propositions de la commission de classement visée à l’article 2 sont adressées aux candidats par les services  de l’INAO. Les candidats disposent d’un délai de quinze jours à compter de la réception du courrier pour solliciter  un nouvel examen de leur dossier, sans toutefois que les vins ne soient dégustés une nouvelle fois. Ils peuvent, à  leur demande, être entendus par la commission.  

La commission de classement statue dans un délai maximal de trois mois à compter de la réception de la  demande de réexamen.  

Les propositions finales de la commission de classement sont soumises au comité national des appellations  d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées, et des boissons spiritueuses, en vue de leur adoption.  La liste des « grands crus classés » et des « premiers grands crus classés » adoptée par ledit comité est transmise  aux ministres chargés de l’agriculture et de la consommation en vue de son homologation par arrêté. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 06:00

 

25 avril 2011

Éric Zemmour le Jean Nocher ou la Geneviève Tabouis du PAF : il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire, un côté Destop bien utile. ICI 

 

Le dit Zemmour, exploitant le fait qu’il n’est pas plus con que la moyenne de ses confrères, cultive son petit fonds de commerce avec la pugnacité et la constance de mes 2 épiciers tunisiens du boulevard Saint Jacques ouvert jusqu’à 2 heures du matin. Il besogne, normal pour une pute !( Au dire de Philippe Caubère, Zemmour fait la pute dans une émission de France 2 On n’est pas couché), ou avec son compère Éric Naulleau, Il se situe dans la tradition de la Droite Nationale de l’entre deux-guerres, le talent en moins. Il défend ces français qui sifflaient Karembeu, trop kanak à leur goût et qui avait le culot d’être l’homme de la blonde Adriana. Il sait tout, il a des opinions sur tout, et pour lui tout est de la faute de l’intégration européenne. Tel Candeloro il dévide ses figures imposées et, parfois, lorsque sa dialectique se heurte à la réalité il se risque à un double axel ou une triple boucle piquée.

 

 

Je ne fais pas partie de ceux qu’il irrite car je trouve qu’il a une fonction salutaire, j’ose même écrire sanitaire : il a un côté Destop bien utile. Bref, en dépit de ses frêles épaules, il porte le poids des non-dits d’une frange de la classe politique, et de sa bouche aux lèvres fines il délivre un message qui plaît à une partie de la France. Je l’écoute de temps en temps en me régalant de ses mimiques et de sa gestuelle car j’adore ce genre de type qui de sa chaire, sans avoir jamais rien fait d’autre de ses dix doigts – c’est démago j’en conviens, mais j’attaque là le polémiste pas le journaliste qu’il fut – se fait le héraut du petit peuple en endossant un discours un peu trop ample pour lui.

 

 

En 10 ans le petit Éric a fait son petit bonhomme de chemin, grâce à la nouvelle télé poubelle C.News du tout-puissant patron de Canal +  Vincent Bolloré, il surfe sur la vague populiste, profite de la vacuité du discours des partis politiques, dit de gouvernement, qui ne gouvernent plus depuis que le Macron les a assassinés, pour lui, il l’a dit et écrit, « Marine Le Pen a toujours été de gauche ». Éric Zemmour, qui aura 63 ans cet été, se réclame d’une tradition gaulliste et bonapartiste, mais s’affiche plus nettement à l’extrême droite, sur une ligne bien plus radicale que Marine Le Pen. Il popularise volontiers la thèse du « grand remplacement » de l’écrivain Renaud Camus, a participé en septembre 2019 à la « convention de la droite » organisée par les amis de Marion Maréchal et a été condamné à trois reprises – en 2011, pour provocation à la discrimination raciale, en 2018 et 2020, pour provocation à la haine envers les musulmans.

 

 

Le 21 avril, il a signé une chronique dans Le Figaro sur Jacques Bainville. L’académicien monarchiste regrettait, au soir de sa vie, « de ne pas avoir participé à la vie politique de manière plus active », de ne pas avoir abandonné le journalisme et de ne pas avoir osé se lancer franchement dans l’action politique.

 

« Pourquoi si bien prévoir et pouvoir si médiocrement ?, écrivait Bainville. J’ai toujours eu le tort de ne pas viser assez haut. Excès de fausse modestie, fausse fierté ! Méfiance exagérée de soi-même, sentiment d’impuissance. »

 

Marine Le Pen, a estimé, le dimanche 6 juin, qu’une candidature à l’élection présidentielle de 2022 du journaliste du Figaro et éditorialiste star de C.News risquerait d’affaiblir « le camp national » à ce scrutin.

 

« Je suis profondément attachée à la démocratie (…), cela ne me pose qu’une interrogation : quel est l’intérêt de cette candidature ? » Selon la présidente du RN, « objectivement, c’est une candidature qui peut aider Emmanuel Macron à arriver en tête à l’élection présidentielle, ce que les sondages ne lui accordent pas pour l’instant ».

 

Elle n’a pas tort la Marine, après la veste des Régionales l’irruption du trublion Zemmour, même s’il est crédité d’un petit 5,5 % d’intentions de vote dans une enquête IFOP publiée par Le Point début juin, n’est pas une bonne nouvelle pour elle.

 

Et puis en sortant de chez moi vendredi dernier sur les panneaux qui bordent la ligne du métro aérien j’ai vu des affiches avec sa tronche de cake. J’étais pressé, je n’ai pas pris une petite photo, les affiches ont été détournées, pas par moi.

 

 

Bref, je me fous comme de ma première chemise de Zemmour, sa candidature à la Présidentielle n’est que le dernier avatar du cirque médiatique, mais elle est aussi le symptôme le plus parlant de la dégradation du fonctionnement de notre démocratie représentative.

 

Macron, Bigard, Zemmour, Raoult, Philippe de Villiers. Cherchez l'intrus...  - AgoraVox le média citoyen

 

Zemmour Président !

 

Dans ma Vendée crottée, au temps de ma jeunesse, le député Boux de Casson, Indépendants&paysans, déclarait sans rire « Si je présentais mon âne, ils voteraient pour lui… » Il fut balayé en 1958 par la vague gaulliste. J’aime beaucoup les ânes je ne ferai donc pas l’honneur à Éric Zemmour de le comparer à ce charmant animal. Zemmour n’est pour moi qu’un petit coq gaulois, dressé sur ses petits ergots foulant le tas fumier, agressif, couard, il chante faux, se rêve roi de la basse-cour, alors que, comme tant d’autres démagogues, il finira au fin fond des poubelles de l’Histoire…

 

Mais le petit Éric ne semble pourtant pas pressé de se lancer. Il faut dire qu’une candidature le priverait de l’audience conséquente de son émission sur C.News.

 

Et puis, les choses sérieuses vont se pointer :

 

  • Les signatures à collecter…

 

  • Le pognon à collecter…

 

Affaire à suivre…

Valeurs actuelles 4113 zemmour president livre choc une elction ordinaire  geoffroy lejeune | Rakuten

1- La campagne d’affichage en faveur d’Eric Zemmour, nouvelle pierre sur le chemin d’une candidature à la présidentielle ICI

 

Des affiches « Zemmour président » ont fleuri sur les panneaux électoraux après la fin des régionales, à l’initiative de la galaxie de soutiens du polémiste, qui est en pleine structuration.

 

Par Samuel Laurent

Publié le 30 juin

 

L’opération de communication est réussie : lundi matin 28 juin, un peu partout en France, des passants ont pu découvrir des affiches « Zemmour président » collées sur les panneaux précédemment réservés à l’affichage électoral. De quoi interpeller médias et opinion, à moins d’un an d’une présidentielle pour laquelle le polémiste de la chaîne CNews affiche un appétit grandissant et au lendemain d’une élection marquée par le recul du Rassemblement national (RN).

 

Derrière cette initiative, des centaines de jeunes militants d’un collectif informel baptisé « Génération Z », du nom du serveur qui les réunit sur l’application de discussion Discord. « Ce sont 500 militants qui ont collé 10 000 affiches dans 86 départements », explique fièrement Stanislas Rigault, responsable de Génération Z. S’il se définit comme « de droite, mais pas d’extrême droite », ce jeune militant catholique, également fondateur d’un mensuel baptisé L’Etudiant libre, est passé par les bancs de l’Institut de formation politique (IFP), un organisme « libéral-conservateur » inspiré de groupes de réflexion privés républicains américains, qui se donne pour mission de former de jeunes cadres de droite.

 

 

Vieux de seulement trois mois, Génération Z réunit en ligne des fans d’Eric Zemmour, excités à l’idée d’une candidature du polémiste, plusieurs fois condamné pour provocation à la haine, à la présidentielle de 2022. « Il y a des profils très variés, des néomilitants qui ne s’étaient jamais intéressés à la politique mais aussi des jeunes issus des Républicains [LR] ou de l’UNI [syndicat étudiant de droite] qui ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle », explique M. Rigault.

 

« Zapéros » devant « Face à l’info »

 

Génération Z déploie son énergie sur les réseaux sociaux, à coups de « mèmes » (images humoristiques virales) à la gloire de son champion, mais organise également des « Zapéros », où les militants se retrouvent pour regarder ensemble « Face à l’info », le rendez-vous quotidien d’Eric Zemmour sur la chaîne CNews.

 

 « C’est assez fabuleux de voir des jeunes qui se structurent eux-mêmes », s’enthousiasme Antoine Diers. Ce directeur de cabinet à la mairie du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) est le porte-parole de l’association Les Amis d’Eric Zemmour, qui a financé l’impression des affiches ensuite confiées aux militants de Génération Z. Une opération financée par le mouvement grâce aux dons. Ils affluent, assure le jeune homme, pour qui « l’opération visait à montrer qu’il y a une galaxie Zemmour qui existe ».

 

De fait, la « galaxie Zemmour » commence à monter en puissance, essentiellement sur les réseaux sociaux, où elle est poussée par quelques militants bien connus des sphères de droite. Parmi eux, un autre ancien de l’IFP, Samuel Lafont, vétéran des campagnes numériques de François Fillon ou du Printemps français, une branche radicale du mouvement antimariage entre personnes de même sexe La Manif pour tous. Ces dernières semaines, les comptes consacrés à l’auteur du Suicide français (Albin Michel, 2014) ont fleuri, d’un mystérieux « Les femmes avec Zemmour » aux comités Zemmour de diverses régions.

 

« La galaxie Zemmour, une auberge espagnole »

 

Une partie de ces comités, qui avaient déjà organisé des campagnes d’affichage en faveur d’Eric Zemmour, ont une autre origine : ils sont nés dans le sillage du maire d’Orange (Vaucluse), l’ex-Front national Jacques Bompard, lui aussi favorable à une candidature du polémiste qu’il appelle de ses vœux depuis des mois. Il est également derrière une liste régionale « Zou », menée par la conseillère de Provence-Alpes-Côte d’Azur Valérie Laupies, dont l’une des trois propositions était explicitement d’appeler Eric Zemmour à se porter candidat. Elle a réuni à peine plus de 19 000 voix, soit 1,6 % des suffrages.

 

 « Pour l’instant, la galaxie Zemmour est une auberge espagnole », reconnaît M. Diers, qui se prend à rêver d’une union des droites entre « militants orphelins » des courants souverainistes, catholiques, républicains… et déçus du RN. Parmi les derniers visuels lancés par Génération Z, on trouve de nombreuses variations autour de ce thème : mieux vaut soutenir Eric Zemmour que Marine Le Pen. Le polémiste a d’ailleurs multiplié les piques envers cette dernière, qui, en retour, le presse de se déclarer candidat.

 

M. Zemmour, crédité d’un petit 5,5 % d’intentions de vote dans une enquête IFOP publiée par Le Point début juin, ne semble pourtant pas pressé de se lancer. Il faut dire qu’une candidature le priverait de l’audience conséquente de son émission sur CNews.

 

« Peut-être qu’il faut passer à l’action »

 

« Il est très occupé par son livre », justifie aussi Antoine Diers. Cet ouvrage, à paraître, ne sera pas publié par Albin Michel, son éditeur historique. Selon Gilles Haéri, directeur général de la maison d’édition, la décision est justifiée par le fait que M. Zemmour lui a annoncé « son intention de s’engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément-clé de sa candidature ».

 

« Le Z », comme le surnomment ses fans, se contente pour l’instant de faire des allusions indirectes à une candidature. « Peut-être qu’il faut passer à l’action », a-t-il ainsi lancé début juin lors d’un entretien à la chaîne YouTube Livre noir, fondée par l’ex-LR et proche de Marion Maréchal, Erik Tegnér.

 

Mais, selon M. Diers, une petite équipe constituée autour de Sarah Knafo, jeune énarque qui joue les conseillères politiques du polémiste, suit de très près les initiatives en cours. Outre Mme Knafo, un noyau dur d’une petite dizaine de personnes est ainsi à la manœuvre, parmi lesquelles François Miramont, un chef d’entreprise venu du centrisme, ou encore Pierre Meurin, ancien directeur des études de l’Institut de sciences sociales économiques et politiques, l’école fondée par Marion Maréchal.

 

Samuel Laurent

Les Femmes Avec Zemmour (@FemmesZemmour) | Twitter

2- JEUNES LOUPS, COLLECTIFS... QUI SONT LES PERSONNALITÉS QUI PRÉPARENT LA CANDIDATURE ZEMMOUR?

Robin Verner

Le 08/07/2021

 

Il ne s'est pas encore officiellement déclaré mais de plus en plus d'incides laissent à penser que le polémiste Éric Zemmour se rêve en président de la République, ou à tout le moins en candidat à l'élection de 2022. Et il ne s'avance pas comme un homme seul.

 

On le sait, Éric Zemmour est une impressionnante machine médiatique. Entre les émissions de Zemmour & Naulleau sur Paris Première, ses heures quotidiennes sur CNews, ses livres - tous des succès de librairie qui ouvrent bien sûr à d'autres invitations audiovisuelles -, l'ancien chroniqueur de Laurent Ruquier enchaîne les passages télévisés comme autant de tribunes. Cette caisse de résonance n'a pu prendre qu'une profondeur supplémentaire ces dernières semaines alors que l'aspiration d'Éric Zemmour à se présenter à la présidentielle 2022 n'en finit plus de gagner en crédit.

 

Les dossiers et unes consacrés à sa possible candidature se succèdent dans la presse. C'était L'Express il y a un mois. Ce sont Valeurs actuelles et Paris Match ce jeudi. De ce binôme, le premier prétend en couverture éventer "les secrets d'un candidat", tandis que la manchette du second assure "Oui, il est candidat", ses pages intérieures proclamant même "il saute le pas".

 

 

Mais considérer Éric Zemmour comme une créature médiatique ou un homme seul, projeté sur l'avant-scène d'une certaine droite en désespoir d'une figure providentielle, au moins depuis que l'étoile du général Pierre de Villiers semble avoir pâli, serait une erreur. Sa proto-campagne présidentielle s'appuie au contraire sur des réseaux originaux, des personnages bien introduits - dont certains très connus des Français - le tout articulé par des petites mains et des chevilles ouvrières. On peut décomposer cette "galaxie Zemmour" en cercles concentriques.

 

Les "jeunes loups"

 

À tout seigneur, tout honneur. Au premier rang de l'équipe rapprochée d'Éric Zemmour, on remarque d'abord la présence de Sarah Knafo. Elle a d'abord passé une tête dans l'enquête dédiée par L'Express à l'essayiste début juin. Il faut dire qu'elle est la première pièce de son dispositif. Cette énarque de 26 ans est conseillère politique, désormais magistrate à la Cour des Comptes, après être sortie dans la "botte" (traduire, dans les meilleurs) de la célèbre école d'administration.

 

Ses tâches auprès d'Éric Zemmour sont aussi multiples et essentielles qu'officieuses. Elle l'accompagne dans ses déplacements, les organise le cas échéant. Comme en septembre 2019 où elle avait co-organisé la Convention de la droite, événement publique lors duquel le journaliste avait pris une nouvelle dimension, plus verticale, assumant cette fois de se placer derrière un pupitre pour développer ses positions, ses analyses, sa vision de l'avenir du pays.

 

Le compagnonnage entre celle qui était, en 2016, la responsable des "Jeunes avec Henri Guaino" et l'ex-chroniqueur de 20h10 Pétantes et On n'est pas couché est donc déjà ancien. Elle lui apporte un ultime coup de main, cardinal: au domicile de la jeune femme se tiennent des réunions lors desquelles elle le met en contact avec de jeunes enthousiastes, désireux de rejoindre le mouvement.

 

Est-ce au cours de l'une d'entre elles que Samuel Lafont a pris place à bord du train? Paris Match et Valeurs Actuelles mentionnent tous deux cet homme âgé de 34 ans. Ce spécialiste des réseaux sociaux, ex-membre de l'UNI - syndicat étudiant de droite -, a d'abord émargé à "La Manif pour Tous".

 

Longtemps militant au sein de la principale famille politique de la droite, il a ensuite participé à la campagne de François Fillon, avant de créer Damoclès, un site mixant articles d'opinion - au contenu parfois nébuleux - et pétitions. Désormais, il "anime la mobilisation en ligne", selon les termes qu'il a employés auprès de Paris Match. C'est-à-dire qu'il gère les comptes Tiktok, Instagram ou encore Twitter de son champion.

 

Pierre Mourin s'affirme comme un autre artisan de cette équipée qui s'annonce. Le jeune homme de 31 ans est en tout cas cité dans le numéro de Valeurs actuelles de cette semaine comme l'un des maillons les plus éminents du "staff" d'Éric Zemmour. Il est l'ancien directeur des études de l'Issep, l'école de sciences politiques lancée par Marion Maréchal. L'un des nombreux éléments démontrant d'ailleurs l'existence de passerelles entre le clan Zemmour et l'entourage de l'ex-députée FN élu dans le Vaucluse.

 

Il est décrit comme le responsable des campagnes d'affichage associées à Éric Zemmour.

 

Les "associatifs"

 

Ces campagnes ne sont pas seulement théoriques. Elles ont même connu une première application spectaculaire le 29 juin quand des petites mains ont collé des affiches "Zemmour président" à Paris, comme dans de nombreuses autres villes de France. Ce happening était l'œuvre du collectif "Génération Z", initialement élaboré il y a trois mois environ sur les réseaux sociaux. Celui-ci est chaperonné par Stanislas Rigault, 22 ans, ancien étudiant en droit, et chargé de mission à l'Institut de formation politique, comme le note Valeurs actuelles.

 

Ce dernier a estimé à "500" le nombre des fidèles de sa "Génération Z" auprès du Monde, en dressant une rapide typologie, évoquant des "néo-militants" mais aussi des "jeunes issus de LR et de l'UNI". Là encore, la photo de famille appelle à l'élargir. Car les affiches remises à "Génération Z" et collées par ses soins ont été imprimées aux frais d'un autre collectif: "Les Amis d'Éric Zemmour", reconnue depuis le 1er juillet en tant qu'association de financement de parti politique par la Commission des comptes de campagne.

 

Antoine Diers, 32 ans, en est le porte-parole. Cet expert en communication et ancien candidat de la droite aux municipales à Dunkerque en 2014 est aujourd'hui directeur de cabinet du maire du Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine. C'est ce nordiste qui a poussé Éric Zemmour à faire le déplacement jusqu'à la maison de la famille De Gaulle à Lille, le 18 juin dernier, d'après Valeurs actuelles. Onze jours plus tard, sur notre plateau, il expliquait le sens de son engagement:

 

"Éric Zemmour, aujourd’hui, est soutenu par des électeurs de la droite normale, la droite qui dit : ‘Nous, on est de droite, on a toujours voulu la sécurité, juguler l’immigration, une justice qui soit ferme et forte’. Éric Zemmour répond à ça."

 

Si ces personnalités, sans y être centrales, s'inscrivent donc dans le paysage d'une droite plus ou moins traditionnelle, on trouve auprès d'Éric Zemmour des visages sortis d'un autre sérail. Ainsi, le 19 mai dernier, Benjamin Cauchy, 41 ans, ex-gilet jaune ayant ensuite rejoint le Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan, posait entre lui et l'ex-RN Jean Messiha lors de la manifestation parisienne des policiers. Sa compagne a, de surcroît, pris la tête d'un groupe appelé "Les femmes avec Éric Zemmour", signale encore Valeurs actuelles.

 

· Les "cadors"

 

Parmi les proches d'Éric Zemmour, on remarque des trajectoires plus expérimentées, à l'exemple de Charles Gave, entrepreneur et économiste. Il est le président du think-tank "Institut des libertés". Ce libéral, proche par ailleurs de la droite dure, dîne régulièrement avec Éric Zemmour selon l'hebdomadaire conservateur.

 

Le profil de Pierre-Édouard Stérin est également cité par Paris Match pour ses affinités avec l'auteur pressenti pour la course suprême de 2022. Cet homme de 47 ans est le président du site La Fourchette et est à l'origine de la Smartbox. Il n'a pas de mission précise auprès du polémiste mais lui accorde une attention soutenue, selon l'hebdomadaire.

 

Le polémiste côtoie des personnalités davantage habituées au combat politique. C'est le cas au premier chef de Paul-Marie Coûteaux, 64 ans, ce personnage toujours marginal mais jamais hors du jeu qui aura fait du souverainisme sa seule ligne conductrice. Ancien conseiller au cabinet de Jean-Pierre Chevènement dans les années 1980, il a été élu député européen sur la liste de Charles Pasqua en 1999, le demeurant dix ans. Il s'est ensuite rapproché de Philippe de Villiers, avant de faire de même avec le FN (il a d'ailleurs présenté Florian Philippot à Marine Le Pen).

 

Paul-Marie Coûteaux et Éric Zemmour discutent en continu, selon Paris Match qui souligne que le premier a martelé au second qu'il se devait de porter une cravate dorénavant à la télévision, et surtout, qu'il relit le manuscrit du prochain livre du probable futur candidat. Ce même livre qu'Albin Michel a renoncé à publier.

 

Il a établi, pour le magazine, la cible électorale visée par Éric Zemmour, pointant: "Les deux Français sur trois qui croient en la France qui tiennent à l’autorité de l’Etat, qui pensent que la famille c’est un père, une mère, des enfants, et qui, pour cela, jugent nécessaire l’union des droites".

 

Cette union des droites, par-delà un schisme, selon lui, artificiel imposé de l'extérieur par François Mitterrand au RPR dans les années 1980 pour inhiber la droite vis-à-vis du lepénisme et le handicaper dans les urnes, est en tout cas l'une des idées les plus fréquemment répétées par Éric Zemmour durant ses interventions. Et celui-ci d'affirmer que la droite serait mieux inspirée d'abandonner ce complexe pour imiter justement François Mitterrand dans sa capacité à conclure une alliance avec un puissant et encombrant allié (alors le Parti communiste) pour mieux l'étouffer.

 

L'héritage puisé par le journaliste historique du Figaro à la source mitterrandienne ne s'arrête pas là: il attire même certains des anciens favoris du seul détenteur d'un double septennat présidentiel. En effet, Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG de la société Elf et de la SNCF, condamné pour abus de biens sociaux pour ses agissements à la présidence de la première, l'assiste également à sa manière. Le dirigeant issu de la sociale-démocratie rédige des notes à son intention, déjeune avec lui, les deux hommes profitant de la collation pour parfaire les connaissances économiques d'un Éric Zemmour qui revendique depuis longtemps le colbertisme comme doctrine économique.

 

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 06:00

 

9 juillet 2021

 

Evelyn Nesbit l’objet des fantasmes de Stanley Ketchel boxeur légendaire ICI 

 

Evelyn Nesbit: The world's first supermodel - BBC Culture

 

Suite pages 251 à 253

 

« Il sortit une bouteille d’absinthe et le visage d’Evelyn s’éclaira.

 

- Oh, Wilson ! Quel amour !

 

Mizner remplit trois verres fins au quart, sur un petit bar le long du mur. Le parfum évoqua la réglisse à Ketchel. Evelyn prit un des verres et le leva devant la flamme d’une bougie. L’alcool étincela comme une émeraude fondue.

 

- La fée verte, dit-elle en français.

 

Le visage impassible de Ketchel trahissait son ignorance de cette expression.

 

Elle la traduisit pour lui.

 

- N’est-ce pas un nom charmant pour désigner l’absinthe ? Oscar Wilde disait qu’un verre d’absinthe est aussi poétique qu’un coucher de soleil.

 

Ketchel songea qu’Oscar Wilde devait être bourré comme un coing pour s’imaginer un coucher de soleil vert, mais il garda cette réflexion pour lui.

 

Mizner remarqua que personnellement il préférait l’expression « ruine bleue », pour le gin, qui avait parfois été employée dans les éditoriaux des journaux et pas toujours en guise de plaisanterie.

 

- Mais par respect pour notre charmante hôtesse, je suis prêt à risquer ma santé mentale en cette occasion.

 

- J’ai toujours admiré l’audace, répondit Evelyn.

 

À quoi ressemble une cuillère à absinthe ? - absinthemuseum.auvers-sur-oise

 

Elle reposa son verre. Ketchel observa avec un vif intérêt Mizner qui mettait un morceau de sucre sur une cuillère perforée qu’il tenait au-dessus du verre, puis il décantait doucement de l’eau glacée, quelques gouttes à peine chaque fois, sur le sucre.

 

Evelyn effleura l’oreille de Ketchel de ses lèvres comme si elle allait lui révéler un grand secret et elle murmura :

 

- C’est pour atténuer l’amertume.

 

[…]

 

Mizner leur servit à chacun un verre plein aux trois quarts. Evelyn leva son verre et admira le liquide opaque.

 

- Les Français utilisent le mot « louche », dit-elle. Quel mot ravissant pour parler d’indécence. Ça veut dire quelqu’un qui voit double…

 

Mais d’où viens-tu Pernod ?

 

 

 

« Son histoire remonte à la fin du XVIIIème siècle quand deux sœurs, les demoiselles Henriod, vendent à Couvet (Suisse) un élixir d’absinthe de leur composition.

 

 

La formule comporte quatre plantes, absinthe, anis vert, fenouil et hysope, infusées dans de l’eau-de-vie de vin. Sa consommation est alors recommandée par le docteur Ordinaire, un médecin français réfugié après la Révolution française, en Suisse, à Couvet.

 

 

Afin de donner à la liqueur l’essor industriel qu’elle mérite, les deux sœurs cèdent leur formule au major Daniel-Henri Dubied, négociant en dentelles, qui fonde, en 1798, une distillerie à Couvet sous la raison sociale Dubied père et fils.

 

 

Ignorant tout du métier de la distillation, il s’adjoint les compétences d’Henri-Louis Perrenod (1776-1851, fils d’Abram-Louis Perrenoud dont le nom se transformera en Perrenod).

 

 

 

Fort du succès de cet élixir, ce dernier crée sa propre fabrique, Henri-Louis Perrenod, et s'associe avec un des fils Dubied.

 

 

Souhaitant étendre son activité en France et pour éviter les droits de douane, il installe, en 1804, une distillerie à Pontarlier (Doubs) sous le nom de Perrenod fils qui devient Pernod Fils en 1805.

 

 

 

Marié une première fois en 1797, Henri-Louis Perrenod, devenu veuf, se remarie en 1807 avec Emilie Dubied, la fille du major. De sa première union naîtra Edouard Pernod, à l'origine des branches Gempp-Pernod et Legler-Pernod en plus de la distillerie de Couvet confiée par son père en 1829.

 

 

 

Son fils Louis, né de son deuxième mariage, le seconde à celle de Pontarlier. Les territoires sont bien délimités : Edouard 1 exporte aux Amériques quand Henri-Louis vend en France et dans les colonies particulièrement depuis que l'armée française, partie conquérir l'Algérie, emporta dans ses bagages les bouteilles Pernod Fils.

 

 

 

A la mort de Henri-Louis Pernod, le 8 décembre 1851, quatre ans après son fils Louis, Emilie reprend l'affaire, aidée de ses deux petits-fils, Fritz et Louis Alfred qui font faire de la distillerie l'une des premières de France avec une production de 25 000 litres d'absinthe (à 72°) par jour en 1896 contre 16 litres en 1805.

 

 

 

La société se singularise par la création, en 1873, d'un fond de retraite alimenté par une participation aux bénéfices de l'entreprise et par la création d'un système d'assurance contre les accidents et la maladie.

 

 

 

Fritz, décédé en 1880, Louis Alfred reste seul aux commandes, soutenu par la banque Veil-Picard de Besançon à qui il cède la société en 1888.

 

 

 

Avec ce nouvel actionnaire, la société affiche une grande prospérité au point de devenir, au début du XXème siècle l'une des premières marques d'apéritifs du monde. La création de dépôts régionaux dans plusieurs villes de France permet une diffusion plus large sur tout le territoire.

 

 

 

Un grave incendie, déclenché par un orage le 11 août 1901, jour de la fête des pompiers pontissaliens, n'aura pas raison de l'entreprise qui fête son centenaire en 1905.

 

 

 

Au cours du XIXème siècle, l'absinthe devient très vite la reine de l'apéritif.

 

 

 

Le Parlement accuse l'absinthe de tous les maux et, sous prétexte qu'elle est antinationale, en interdit la fabrication et la consommation par le décret-loi, le 16 mars 1915 (prohibée en Suisse dès 1910).

 

 

 

L'usine Pernod Fils, dont l'activité est mono produit,est transformée en hôpital militaire, puis ferme définitivement ses portes en 1917 avant d'être vendue à la chocolaterie Peter, Cailler, Kohler.

 

 

 

Par chance, une autre société, la maison A. Hémard, fondée en 1871 par Ariste Hémard à Montreuil et réputée pour l'Amourette, reprend, à la demande de la société Veil-Picard, la marque Pernod Fils en 1926 (2).

 

 

 

Une société est créée qui a pour nom Les Etablissements A.Hémard et Pernod Fils réunies.

 

 

 

Les apéritifs à base d'anis dont la teneur en alcool peut atteindre 40° étant autorisés depuis 1922, la maison, dirigée depuis 1905 par André Hémard, le fils du fondateur, lance un Anis Pernod à la marque Pernod Fils. Reste que cette marque est déposée depuis 1918 par la société Pernod Père et Fils !

 

 

 

Pernod ? Il s'agit d'un homonyme, celui de Jules-François Pernod. Sa société, Les Etablissements Jules Pernod, fabrique depuis 1860, à Montfavet près d'Avignon, une teinture rouge par distillation des racines de garance, destinée aux pantalons militaires.

 

 

 

Jules-François Pernod change son fusil d'épaule en 1876 en transformant son usine en distillerie d'alcool, puis en fabrique d'absinthe à la marque Jules Pernod en 1882.

 

 

 

L'entreprise devenue Société Pernod Père et Fils en 1916 dépose en 1918 la marque Anis Pernod, puis Pernod et Un Pernod en 1921, monopolisant ainsi le nom Pernod pour tous les anisés qui pourraient être créés ultérieurement.

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11 juillet 2021 7 11 /07 /juillet /2021 06:00

J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Alain, c’est Alain Vauthier, fidèle lecteur de ce blog.

 

Selon, le sieur Dupont du Point : « le premier grand cru historique (classé A) ne participera pas au nouveau classement décennal. La clôture des dépôts de candidature était fixée au 30 juin et Ausone n’a pas remis de dossier. Déjà en 2012, la famille Vauthier, propriétaire de ce bijou, avait eu quelque hésitation face au règlement du concours qui faisait la part belle à la communication au détriment de la qualité du terroir. Le nouveau règlement ne diffère guère du précédent (toujours contesté en justice). »

 

Si la dégustation des millésimes depuis 2005 compte pour 50 % de la note finale, la notoriété selon l’arrêté du ministère de l’Agriculture (qui reprend les propositions de l’INAO) compte pour 35 % et la « caractérisation de l’exploitation appréciée à partir de l’assiette foncière, de l’homogénéité de ou des entités culturales et de l’analyse topographique et géopédologique » seulement pour 10 %. Tandis que la « conduite de l’exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l’œnologie appréciée en tenant compte de l’encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d’élevage » n’entre que pour 5 % dans cette appréciation… » ICI 

 

L’ancien directeur de l’INAO, Jean-Luc Dairien, avant son départ à la retraite m’avait confié que plus jamais l’INAO ne monterait sur cette galère du classement à la sauce Hubert.

 

Madame Marie Guittard, la nouvelle directrice a cédé, à qui je ne sais, son ADN politique de gauche à Matignon, sous Ayrault puis Valls, l’a sans doute rendue sensible aux souhaits du petit peuple de Saint-Emilion de gravir les barreaux de l’échelle sociale. Je plaisante, bien sûr.

 

Quant aux professionnels du Comité National Vins, ils ne connaissent qu’une position : couchée.

 

L1010574.JPG

Le Figaro

Château Ausone et Château Cheval Blanc renoncent au classement de Saint-Emilion ICI 

En sortant du classement des Crus de Saint-Emilion, Ausone et Cheval Blanc donnent un électrochoc au petit milieu des grands crus de la rive droite bordelaise.

Par Stéphane Reynaud 

 

Je rappelle ma position :

21 janvier 2013

 

Je persiste et je signe : il faut privatiser le classement de Saint-Emilion ICI 

 

Je vous en livre la conclusion : « L’INAO n’a rien à faire dans cette galère. L’Institut doit être le garant des règles fondamentales de nos appellations non la caution d’une compétition dont le résultat pèse sur la valeur du vin. C’est donc au Conseil des Vins de Saint-Emilion de remettre l’ouvrage sur le métier, de proposer une nouvelle procédure se fondant sur un contrat privé auxquels les compétiteurs souscriront s’ils souhaitent participer à la compétition et surtout de prévoir en cas de conflits ou de contestations une procédure d’arbitrage, plus réactive et plus rapide, dont les décisions ne seront pas susceptibles de recours au contentieux. La puissance publique n’a pas à s’impliquer dans des procédures qui ont pour résultat d’influer sur le cours économique des choses. Sans doute va-t-on m’accuser d’être totalement iconoclaste et de m’occuper de ce qui ne me regarde pas mais ce n’est que mon point de vue, il n’engage que moi mais une véritable rénovation juridique de ce type de procédure s’impose. Nous qui donnons des leçons à la terre entière, avec un soupçon d’humilité et de pragmatisme, en nous engageant sur cette voie, nous nous épargnerions de nous faire taxer d’inventer des usines à gaz qui accouchent de situations aussi incompréhensibles qu’inextricables et de pénaliser les entreprises qui se retroussent les manches pour porter plus haut leur vin et ainsi l’appellation toute entière. »

 

Je reviendrai sur le sujet, avec plus d’éléments étayant les raisons de ce refus de concourir…

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