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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 06:00

ANCIEN CHAUFFE PIEDS À  CHARBON

Envié et redouté, dédaigné et sollicité, parfois célèbre et aussitôt oublié, tel est le journaliste. « Si le Français aime son journal, il n'aime pas les journalistes », a écrit un jour Louis Gabriel-Robinet.

 

Il est même allé plus loin, et on a pu lire sous sa plume, dans un livre de souvenirs, une page douce-amère de variations sur cette malsonnante épithète de « Robinet d'eau tiède » dont il fut souvent gratifié. Ce médiocre calembour, exposait-il, en s'interrogeant sur les avantages comparés des robinets d'eau brûlante et d'eau glacée, traduit l'ironie que s'attire l'homme du juste milieu qu'il avait toujours voulu être.

 

Signé PIERRE VIANSSON-PONTÉ ICI 

 

En mes jeunes années je lisais le Figaro-littéraire. Le Figaro était la propriété de Jean Prouvost. En 1975, le journal est racheté par Robert Hersant, un copain de Mitterrand. Le supplément du week-end Le Figaro Magazine, est lancé en 1978, Le Canard enchaîné l'appelle Le gai FroMage nazi, anagramme très polémique, en raison de la présence de nombreuses plumes proches de l'extrême droite intellectuelle. Robert Hersant rachète dans ce début des années 1980 ce qui subsiste du groupe Boussac : le quotidien L'Aurore. Le nom de ce journal, puissant dans les années 1950-1970, figure toujours associé à celui du Figaro. En 1985, L'Aurore est en effet complètement intégrée dans Le Figaro. Ce titre survit un temps dans celui de l'édition sans supplément du samedi Le Figaro - L'Aurore. Ce second titre disparaît pour cette édition en  2012. En juin 2004, le groupe Dassault (GIMD) est autorisé à prendre le contrôle de la Socpresse, maison mère du Figaro  FOG, transfuge du Nouvel-Observateur en mal de notoriété et de blé, devient de 1998 à 2000, directeur des rédactions et membre du directoire du Figaro. Il quitte ses fonctions en septembre 2000, et entre à l'hebdomadaire Le Point en tant que directeur. Depuis, une indépendance éditoriale qui suscite un débat.

 

Paris-Match, le poids des mots, le choc des photos, un rédac-chef Bruno Jeudy sponsorisé par ses godasses de coureur à pied, grand amateur de plateaux télé, celui du dénommé Gilles Martin-Chauffier qui en 1980 y est entré comme journaliste, y gravissant peu à peu les échelons de la rédaction. Depuis plusieurs années, il est le responsable du cahier « Culture » et l'un des rédacteurs en chef de l'hebdomadaire.

 

En décembre 1973, la baisse du tirage de Paris-Match est telle que Jean Prouvost fait acheter par la société propriétaire du Figaro les parts (49 %) que détenait encore Ferdinand Béghin dans Paris-Match et Marie-Claire, pour 35 millions de francs. Hachette rachète en juin 1976 Télé 7 jours et Paris-Match, cédé ensuite à Daniel Filipacchi, qui fut photographe à Paris Match au début de sa carrière, pour 20 millions de francs. En 1980, Matra présidée par Jean-Luc Lagardère prend le contrôle de Hachette et du groupe de presse de Daniel Filipacchi, donnant naissance à Matra Hachette. En 2019, Paris Match intègre le pôle news du groupe Lagardère nommé « Lagardère News » rejoignant ainsi Le Journal du dimanche et Europe 1.

 

Les destins d’Europe 1, de « Paris Match » et du « JDD » et les tractations entre Lagardère, Arnault et Bolloré ICI 

 

Arnaud Lagardère n’exclut pas de vendre son pôle médias. A l’approche de la présidentielle de 2022, le sort de ces médias intéresse et inquiète, jusqu’à l’Elysée.

 

Et pendant ce temps-là, le pépère LMC, le petit réchaud, verse dans la petite provocation à 2 balles contre le vélo et, bien sûr Anne Hidalgo.


 

 

Une urgence : interdire le vélo à Paris ICI 

Paris Match | Publié le 15/03/2021

 

La chronique de Gilles Martin-Chauffier

 

« L'air du temps », la chronique hebdomadaire de Gilles Martin-Chauffier dans notre magazine.

 

Vous devriez venir faire un tour à la Bastille. Je vous préviens : c’est à vos risques et périls. Ce n’est plus une place, c’est devenu un vélodrome. Casqués et profilés vert fluo, des courants d’air à écouteurs filent en tous sens. Franchement, il leur faudrait des Klaxon. Mais sauraient-ils seulement s’en servir ? Je me demande si leur QI atteint vraiment deux chiffres. Les règles de la vie en ville sont pourtant simples : trottoirs pour les piétons et chaussée pour les autres. Tout le monde l’a compris, sauf les cyclistes. Les environs sont nervurés de pistes à leur intention mais les vélos les négligent. Naturellement, personne ne dit rien. On a bien compris que remonter les rues en sens interdits, envahir les trottoirs, griller les feux et affoler les grands-mères rend service à la planète. On ne s’attaque pas à des bienfaiteurs de l’humanité. Surtout qu’ils ont l’air d’être en pleine forme. Ils n’ont plus de jambes, ils ont des roues et ils font des « rides ». Seraient-ils dopés à l’EPO ? Sans doute pas. Je dirais plutôt à l’air du temps.

 

La suite ICI 

 

En tant que vieux cycliste, 40 ans au compteur, celui que loue le chauffe-pied « La bonne vieille bicyclette a vécu. Des objets roulants non identifiés parcourent les rues. » Je concède à l’outré des beaux quartiers :

 

 

1- Que c’est depuis l’irruption des néo-cyclistes du Covid 19, les Vélibistes avaient ouvert le bal, sur les pistes cyclables concoctées à la hâte par les nuls des services de la ville : l’enfilade Bastille-rue de Rivoli est plus qu’une caricature, c’est le grand foutoir, le chacun pour soi, l’incivilité portée à sa quintessence, quand je les emprunte je planque mes abattis.

 

2- En dépit de mon lourd passé de boomers-68 hard-socialo-communiste tendance Rocard, je n’ai guère d’atomes crochus avec l’équipe verts-rouges-socialos de notre maire et je ne manque aucune occasion de le l’écrire.

 

 

En revanche, le redresseur de torts LMC est pour moi totalement discrédité et ce pour 5 raisons :

 

  • Les bagnoles dans Paris sont une calamité, les SUV en particulier (rien à voir avec une aigreur de classe), leurs spécialités : klaxon à tous les étages, passer à fond la caisse lorsque l’orange a viré au rouge (en moyenne 3 ou 4 autos, je les compte, portière ouverte sans s’aviser si je vais la prendre dans la gueule, stationnement en double-file ou pire carrément sur la piste cyclable lorsqu’elle est non protégée, rouler à fond les ballons dans des rues 30 km, ignorer la priorité à droite pour les cons de cyclistes… j’en passe et des pires, certains sont des meurtriers en puissance ! Qu’en dit notre ulcéré ? Rien !

 

  • Les gros scoots, montés par des gros lards, genre je suis bon du poignet pour mettre les gaz, qui vous double à droite, passe eux aussi au rouge, empruntent, comme certains cyclistes, les trottoirs qu’ils encombrent de leur stationnement sauvage, leur boucan infernal, leurs doigts d’honneur, qu’en dit le chauffe-pied ? Rien !

 

 

  • Les piétons, scotchés à leurs Smartphones, traversant fièrement les passages alors que le petit bonhomme est rouge, se baladant au milieu des pistes cyclables, sont aussi cons que les cyclistes qui traversent les grands carrefours au péril de leur vie. En effet, dans Paris piétons et cyclistes ne bénéficient d’aucune protection carénée.

 

  • Beaucoup de chauffeurs de VTC, comme de taxis, et certains chauffeurs de la RATP, vouent je ne sais pourquoi une haine pour les cyclistes, ça ne date pas d’aujourd’hui. Sans doute enrage-t-ils de nous voir rouler en toute liberté en prenant soin de nos abattis.

 

  • Quant aux forces dites de l’ordre, les gardiens de la paix, elles sont bien loin les hirondelles à vélo, leur inertie face aux incivilités de toutes natures, de la part de tous les usagers de la chaussée, est stupéfiante. Verbaliser, bordel ! Les parigots comme les franchouillards y’a que la peur des pandores qui les calme.
  •  

https://www.leparisien.fr/resizer/aTIHrgY76tzeKm3-pShe6Du1LA0=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/LO7K2DTRMY3GZXME66IVZBNTGU.jpg

 

Voilà, sieur Chauffier, moi cycliste par tous les temps, 40 ans, longtemps en costard, 73 balais, pas Vert pour 2 sous, vous me faites chier, vos vapeurs du plus pur style bourgeois de NAP ne valent pas mieux, à mes yeux, que celles des bouffeurs de carottes et de navets, ces bobos que vous exécrez, vous feriez mieux de vous inquiéter du sort des pauvres cyclistes de Deliveroo, qui suent sang et eau, pour livrer la bectance à des biens lotis, oui mais, m’objecterez –vous ce sont des autoentrepreneurs, la nouvelle économie  qui les extrait de leurs banlieues pourries. Et comme vous faites dans la page CULTURE, au lieu de nous gonfler avec vos petits mots sur les vélos, je vous recommande la lecture de Tous complices de Benoît Marchisio Éditeur : LES ARÈNES (06/01/2021)

 

Tous complices par Marchisio

 

Allez à 8 ième minute de la vidéo !

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 08:00

 

© Crédit photo : Gallimard

… Rome porte en elle une ivresse particulière qui brûle les souvenirs. Plus qu’une ville, c’est un repli secret de soi, une bête sauvage dissimulée. Avec elle, pas de demi-mesures, ou bien c’est le grand amour ou bien il faut s’en aller, car la tendre bête exige d’être aimée. C’est le seul péage qui vous sera imposé, d’où que vous veniez,  des routes vertes et escarpées du Sud, des lignes droites vallonnées du Nord ou des abîmes de votre âme. Aimée, elle se donnera à vous comme vous le désirez et vous n’aurez qu’à vous laisser aller aux douces vagues du présent, flottant à deux doigts de votre bonheur légitime. Et il y aura pour vous des soirées estivales percées de lumières, de vibrants matins printaniers, des nappes de cafés comme des jupes de filles agitées par le vent, des hivers acérés et des automnes interminables où elle vous apparaîtra sans défense, malade, exténuée. Et il y aura les escaliers éblouissants, les fontaines tapageuses, les temples en ruine et le silence nocturne des dieux révoqués, si bien que le temps ne sera plus qu’un élan puéril qui fait trotter les horloges. Insi vous aussi, attendant jour après jour, vous deviendrez une part d’elle. Ainsi vous aussi vous nourrirez la ville. Jusqu’au jour ensoleillé où, humant le vent venu de la mer et regardant le ciel, vous découvrirez qu’il n’y a plus rien à attendre.

 

Le dernier été en ville Gianfranco Calligarich roman Gallimard page 18-19

 

 

Découvert par Natalia Ginzburg, ce premier roman de Gianfranco Calligarich, Italien né à Asmara, en Érythrée, en 1947, connut un joli succès à sa sortie en 1973, puis disparut. Fort de son statut de livre culte, il reparut en Italie en 2010, puis en 2016, et fut traduit dans de nombreux pays. «Petit bijou», «chef-d’œuvre»: la presse italienne s’extasie, et nous lui donnons raison.

 

Paru en 1973 et resté inédit en France, ce roman de l’écrivain et scénariste italien met en scène un héros mélancolique dans sa quête vaine de sens. Une maestria confondante.

 

Bien que la France soit l’un des pays au monde à se montrer depuis des années le plus remarquablement prolixe en matière de traductions, il n’en demeure pas moins que parfois, de loin en loin, certains mystères intriguent. Ainsi de la sortie ces jours-ci du premier roman de l’écrivain, journaliste et scénariste italien Gianfranco Calligarich

 

Nous sommes à la fin des années 1960 et Leo Gazzarra, le narrateur de ce très beau roman, est un jeune Milanais qui s’est installé à Rome dans l’espoir de vivre de sa plume. Des mois plus tard, il continue à enchaîner les piges sans intérêt et autres boulots alimentaires pour la chaîne de télévision Rai.

 

Vieille Rue De Trastevere à Rome, Italie Banque D'Images Et Photos Libres  De Droits. Image 41693655.

 

Dans ses moments de liberté, il erre dans Rome et boit pour oublier on ne sait quoi. Dès les premiers mots – “Du reste, c’est toujours pareil” –, son monologue est teinté d’une tonalité désenchantée qui ne le quitte pas.

 

Ainsi Gianfranco Calligarich nous entraîne dans de longues et magnifiques déambulations nocturnes dans Rome, à la suite de son antihéros et ses amis, vieil écrivain ou jeunes snobs aussi égarés que lui. Une fille, Arianna, le fascine, mais leur incapacité à communiquer n’a d’égale que leur difficulté à entreprendre la moindre action concrète dans leur vie.

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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 06:00

 

10 corbillards d'enfer ! - Blog Autosphère

Ce dernier jeudi, il ventait très fort sur Paris, mon balcon, tel la passerelle d’un cargo, essuyait de violentes rafales, j’étais fort contrarié car j’avais programmé des semis de fleurs pour gazon japonais, de Lupin, d’Ipomée, de Cobée grimpante bleu violet, de Capucine grimpante.

 

Face à l’adversité du ciel je dus faire retraite à l’intérieur. Après avoir pondu quelques chroniques, je me suis dit : et si tu écoutais sur nibuniconnu L'interview de @EricMorain  sur l'INAO.

 

  • La Loi peut-elle protéger le Terroir ? L’INAO doit-elle se mêler du goût ? A-t-elle su choisir entre la valorisation du patrimoine et la protection d’intérêts financiers considérables ?

 

  • Lien vers le podcast : ICI  

 

Ce que je fis.

 

N’attendez pas que je commente cette interview par de gentils et braves pioupious, je ne suis plus dans le coup et surtout, pour moi,  l’INAO a passé l’arme à gauche en même temps que son ancien président réformateur René Renou.

 

20 juin 2006

Rupture sans préavis

 

René Renou est mort. En cette circonstance, moi qui les aime tant,  je n'aime pas les mots : ils sont trop petits ou trop boursouflés, je leur préfère le silence du recueillement. Alors ce matin je m'incline devant ton courage face à la maladie René, je salue en connaisseur ton anticonformisme : nous nous sommes tant côtoyés à la tribune, je m'associe à la douleur et à la peine des tiens, je me permets de t'offrir la chanson du bougon enterré dans le cimetière marin de Sète les copains d'abord  et le premier vers d'une tragédie de Sophocle « C'est une vérité depuis longtemps reconnue des hommes, que nul ne peut savoir, pour aucun mortel, avant l'instant de sa mort, si la vie lui fut douce ou cruelle » Adieu René, avec ceux qui t'aimaient bien nous lèverons nos verres car la vie continue et nous essayerons de faire fructifier ton héritage...

 

Je me trompais lourdement, avec la reprise en mains de la Droite-RPR, commencée avec Hervé Gaymard, le complexe agricolo-politique personnifié par la FNSEA de Jacques Gravegeal allait mettre la main sur les AOC devenue AOP, fourguer ses IGP, porter sur le pavois le dénommé Despey ex-président du CNJA et vice-président de la FNSEA. Les syndicats d’appellation trépassaient pour laisser aux ODG où les vignerons sont obligés d’adhérer, la maison INAO, devenue INAOQ, se dépouillait au profit des professionnels des contrôles (contrôleur-général je fus chargé d’auditer les organismes de contrôle, 15 jours après le directeur de cabinet du Ministre de l’Agriculture  intimait l’ordre à mon chef de corps de m’exfiltrer, je dérangeais), cette vieille maison n’était plus que le bras de l’administration. Comme le dit plaisamment Me Morain, une tranche supplémentaire du millefeuille bureaucratique.

 

L’INAO subsiste mais comme nous le disions à propos du vieux crabe stalinien  Althusser : Althusser à rien !

 

Je l’ai dit avant son départ à la retraite à un Jean-Luc Dairien fort mari de mes positions sur le classement de Saint-Emilion (il fut conseiller technique au cabinet dont j’étais le directeur)

 

La nouvelle directrice de l’Institut, Marie Guittard, celle qui m’a dit après la première lecture de mon rapport : « on ne va pas publier ça ! », et ce fut publié sur le Net sans une virgule de changée, qui a tenu le quinquennat de Hollande à Matignon comme conseillère agricole, bis repetita, est allé se fourvoyer à nouveau dans cette galère, sans doute sous l’amicale pression de la conseillère du Président.

 

La notion d’appellation d’origine est morte par dilution, je ne vais pas entonner mon éternelle chanson. Ça fait un bail que les GCC de Bordeaux s’en sont exonérés, le nom de leur château est une marque bien plus puissante que l’AOP et, il est assez cocasse, de voir le bel Hubert de Boüard, et son Angelus, jouer les vierges effarouchées quant à son rôle au Comité National de l’INAO pour la genèse des règles du dit classement.  

 

Par ailleurs je ne vois le bénéfice pour les vignerons de vin nu de s’être pliés aux désidératas de l’INAO et de la DGCRF, pour leur syndicat des vins méthode nature. Pour l’heure, je n’ai encore jamais croisé chez les cavistes de vin nu, un flacon estampillé du logo.

 

L’INAO est verrouillé par le complexe politico-professionnel, et sans vouloir jouer les rabat-joie je ne vois pas qui, le rapport de force est bien trop inégal, sera en capacité de le réformer en ouvrant grandes ses portes et ses fenêtres afin que les minoritaires aient voix au chapitre. À quoi bon user son énergie dans un combat sans issue.

 

L’issue, elle existe, elle est sous nos yeux de consommateurs, c’est à nous consommateurs d’imposer nos choix, nos goûts, en acceptant de nous tourner vers des vins qui nous agréent, en étant conscient que les contraintes, auxquelles se soumettent les vignerons pour nous proposer des vins nu, ont un coût qui doit se répercuter dans le prix des vins, nul besoin de label pour nous rassurer, nous réassurer – l’AOC des pères fondateurs n’en était pas un – à quoi bon se blottir sous le pavillon d’une maison qui estampille la masse des AOP-IGP à deux balles vendus dans les tristes rayons de la GD ?

 

Dans Cap 2010 nous avions osé lancer un pavé dans la mare : le vin de France territoire d’un espace de liberté, beaucoup de vignerons s’y sont engouffrés, se sont fait un nom, une notoriété, ont créé un lien de confiance avec leurs clients, une proximité qui a déjoué les railleries des prescripteurs patentés, c’est une brèche que les conservateurs n’ont pu colmater, que les politiques devront prendre en compte. Patience et longueur de temps valent mieux que force et que rage. Foin des ayatollahs des deux bords, ils calcifient le débat, font le lit de l’immobilisme. Marquons l’INAOQ à la culotte face à ses velléités uniformisatrices, enterrons la typicité air de famille, laissons les barbons des OPA faire leur petite tambouille dans leurs vieux pots.  

 

L’avenir est là, les petits ruisseaux peuvent vivre leur vie loin des grands lacs de vin, et comme je suis un provocateur-né j’affirme que les vins nu seront les GC de demain et je veux bien aller à Montreuil sous les fenêtres de l’INAOQ chanter le Dies Irae…

ou mener à la baguette comme Désiré Dondeyne dirigeant L'Orchestre des gardiens de la paix

 

La Grande Symphonie funèbre et triomphale

 

d'Hector Berlioz.

 

Image associée

7 avril 2019

Que voulez-vous, je suis accroc de cette symphonie qui pète, pardon, les cuivres, les percussions, caisses claires, timbales, cymbales. J’aimerais qu’on me porte en terre en la jouant mais ce n’est pas très discret et je n’ai pas les moyens de m’offrir plusieurs centaines de  musiciens : instrumentistes et choristes.

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 08:00

 

Les enterrements, à la Mothe-Achard, c’était l’après-midi des jours dit ouvrables, ce qui, pour mon statut d’enfant de chœur, était une aubaine : sécher l’école pour la cérémonie, ha, le Die Irae !, puis aller de l’église au cimentière, ouvrir le cortège, en portant la croix encadré de deux enfants de chœur – le curé-doyen ne lésinait pas sur le petit personnel –précédant le corbillard tiré par un cheval étique. C’était l’occasion de troquer la soutane rouge pour la noire et de garder nos godasses. Nous passions devant le logis familial du Bourg-Pailler puisque le cimetière était situé à l’entrée du bourg sur la route de la Roche.

Le rituel, l’encens, l’eau bénite, les cordons du poêle, le fossoyeur au bord du trou fraîchement creusé, le cercueil sur les tréteaux, les familles éplorées, et pour nous, je l’avoue : la routine.

Mon rêve c’est d’être enterré en musique, joyeusement !

Michel Gautier dans son dictionnaire de Vendée, la lettre E n’accueille que les Enterrements.

Je laisse de côté le rituel des enterrements modernes pour revenir à l’important : être vu par la famille.

« Il faut que l’hommage que vous rendez au mort soit vu de la famille qui occupe les premiers rangs de l’assemblée. Le défilé dure plus ou moins longtemps selon l’importance de l’assistance. Je me souviens qu’autrefois on sonnait les cloches « à l’offrande » On baisait la croix* présentée par le prêtre et on déposait une offrande en argent*. Beaucoup n’entraient à l’église que pour ce moment-là et en sortaient dès le rite accompli, pour retrouver le bistrot d’où ils étaient partis. L’important était de montrer à la famille et à la communauté qu’on était-là, qu’on avait laissé l’ouvrage qui pourtant n’attend pas, pour venir rendre hommage au disparu. »

Caractéristique d’une société paysanne où chacun pouvait s’accorder des libertés.

*La croix était fixée  sur une plaque que le curé essuyait après chaque baiser (geste barrière déjà)

*À la droite du curé je tenais la gamelle en fer blanc où les paroissiens déposaient leur offrande, ça tintait pour les pièces alors que pour les billets même pas un froissement. Bien sûr, je notais dans ma tête le niveau de générosité de mes concitoyens.

Les enterrements civils causaient scandale…

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 08:00

 

Je ne regarde plus la Télé, mais l’exception confirmant la règle par la vertu du confinement, du couvre-feu je me suis mis à suivre – L’info du vrai, l’émission de décryptage de l’actualité animée par Yves Calvi chaque soir en clair sur Canal+.

 

 

 

 

Sur le Covid 19 qui faisait l’objet de la quasi-totalité de ses émissions, les invités experts étaient souvent de très bonne qualité, par exemple Vincent Maréchal ICI  ils m’ont aidé à décrypter l’actualité. Même le bougon barbu docteur-journaliste JF Lemoine trouvait grâce à mes yeux, quant à Moreau-Chevrolet il me faisait rigoler avec son anti-macronisme primaire et ses tenues ringarde, j’admirais aussi le look très classe de la psy Marie-Estelle Dupont, toujours tiré à 4 épingles, ongles peints, jamais la même tenue,  qui depuis ses consultations en son cabinet du XVIe se faisait la porte-parole des fêlés de la France entière. Du côté des journalistes politiques ça penchaient plutôt à droite, une droite convenable. Bref, du journalisme pépère à la Calvi que j’ai fréquenté au temps du rapport dans C’dans l’air où je me confrontais avec un futur aigle de la politique : le Périco Légasse passé de la fourchette aux fourches caudines.

 

La décision de ne pas reconduire « L’Info du vrai » d’Yves Calvi la saison prochaine est liée notamment à ses audiences, à peine plus de 200 000 fidèles. Maxime Bruno

 

INFO “TÉLÉRAMA” – “L’info du vrai”, l’émission de décryptage de l’actualité animée par Yves Calvi chaque soir en clair sur Canal+, s’arrêtera à la fin de la saison, après quatre années d’antenne. Le groupe veut concentrer ses investissements sur CNews, sa chaîne d’infos en continu, où, à la même heure, Éric Zemmour réunit deux fois plus de téléspectateurs.

 

Yves Calvi inaugure-t-il le mercato télé ?

 

Selon nos informations, la direction de Canal+ a tranché : son émission de décryptage et de reportages L’info du vrai, à l’antenne depuis le 4 septembre 2017, s’arrêtera à la fin de la saison. Exit aussi sa partie culturelle, à 20h10, Le mag, présentée par Isabelle Moreau.

 

Cela fait plusieurs mois que l’avenir du programme est sujet à discussions. Revigoré en audiences au printemps dernier par la crise du coronavirus, L’info du vrai avait alors gagné un sursis d’un an. Mais pas un de plus. À quelques mois de la campagne présidentielle, le groupe veut concentrer ses investissements sur CNews, sa chaîne d’infos en continu, dont l’audience a plus que doublé en un an (1,8 % de PDA), au prix d’une ligne éditoriale controversée. Canal+ ne devrait pas remplacer L’info du vrai par un autre programme d’informations, et devrait laisser à CNews tout le volet « news ».

 

Un nom et une image

 

Entre Yves Calvi et le groupe Bolloré, tout avait pourtant commencé par une lune de miel. Lorsqu’il le débauche de LCI en septembre 2017, avec son fidèle producteur, Jérôme Bellay, Vincent Bolloré s’achète un nom et une image : celui de l’animateur des matins de RTL, dont la crédibilité journalistique doit servir la marque ternie de la chaîne.

 

Le journaliste, qui fait alors figure de transfert de l’année, hérite d’une tranche en déperdition, sur les cendres du Grand journal de Canal+, tombé à 100 000 téléspectateurs. Il ambitionne de faire de L’info du vrai un « rendez-vous de référence », mais sans jamais renouer avec l’impact de son ancien programme emblématique, C dans l’airqu’il a fondé et incarné sur France 5 pendant quinze ans.

 

Canal+ lui laisse du temps pour s’installer. Mais l’émission, avec ses reportages soignés et ses enquêtes à l’international, coûte cher et ne parvient pas à s’imposer dans ce carrefour d’audience concurrentiel, où le 19/20 (France 3), les talk-shows C à vous (France 5), Quotidien (TMC), Touche pas à mon poste ! (C8) se taillent la part du lion. D’autant que depuis 2019 un petit nouveau s’est frayé un chemin : Éric Zemmour, le rival maison, avec Face à l’info, sur CNews. Le polémiste y réunit en moyenne 700 000 téléspectateurs chaque soir à 19 heures (3,3 % du public présent devant la télévision), quand Yves Calvi sur Canal+ peine à atteindre les 300 000 (1,1 %).

 

Matinale de RTL

 

Contactée, la direction de Canal+ confirme l’information et salue le « sérieux » apporté par Yves Calvi. « Nous avons été heureux de collaborer avec lui. C’est l’un des meilleurs intervieweurs de France. Il nous a permis de stabiliser cette tranche horaire, mais nous nous recentrons sur nos piliers historiques que sont le cinéma, les sports et la culture », indique Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes et des programmes de la chaîne.

 

Avant la présidentielle de 2022, d’autres chaînes approcheront-elles Yves Calvi, ou se concentrera-t-il sur la matinale de RTL, qu’il anime depuis 2014 ? Il n’a pas donné suite à notre demande d’interview. La vingtaine de salariés de l’émission devra retrouver du travail. Selon nos informations, le producteur Jérôme Bellay pourrait, lui, rester dans le groupe Canal+, qui lui a officiellement proposé de nouvelles missions. Bellay, créateur de France Info et de LCI, mais surtout ancien directeur général d’Europe 1 de 1996 et 2005… Cela tombe bien : Canal+ lorgne depuis plusieurs mois sur la radio du groupe Lagardère, qu’elle verrait bien dans son giron avant l’été.

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 06:00

Napoléon Ier sur son lit de mort à Sainte-Hélène, le 5 mai 1821 by Charles  Auguste Guillaume Steuben on artnetMort de Napoléon, 1829, peinture de Charles de Steuben (1788-1856) réalisée à la demande d'Hortense de Beauharnais. Arenenberg, Napoleonmuseum

L’année Napoléon commence sur les chapeaux de roues et les controverses vont déjà bon train ICI 

 

Le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte soulève déjà polémiques et divisions. Rétablissement de l'esclavage et guerre en abondance entachent l'héritage du personnage historique préféré des français.

 

Que célébrer et comment le 5 mai 2021 ?

 

Et, dans ma petite Ford d'intérieur, une petite musique s'insinue et ne me quitte plus : Jean-Paul Kauffmann&Napoléon Bonaparte... 

 

  •  2016 lors de la publication d’« Outre-terre » Julie Clarini dans le Monde notait :
  •  

Amazon.fr - Outre-Terre - Kauffmann, Jean-paul - Livres

 

À l’époque, pourtant, son affection pour Napoléon ne s’est pas encore déclarée. Cela viendra plus tard, à l’occasion d’un voyage à Sainte-Hélène et du livre subséquent, La Chambre noire de Longwood (La Table ronde, 1997). Le 17/12/2020

 

La chambre noire de Longwood

  • Jean-Paul Kauffmann : « Napoléon est le Petit Poucet de l'Europe »

 

ENTRETIEN. L'écrivain Jean-Paul Kauffmann a raconté deux lieux napoléoniens. Il avoue s'être fait posséder par l'homme d'Eylau et de Sainte-Hélène.

 

Comme me le dit Raphaëlle, du haut de ses 6 ans, lorsqu'elle sollicite une histoire, une partie de dames, un tour à vélo : j'aimerais...

 

Oui, j'aimerais que J.P.K...   

 

Pour l'heure, je lui dédie cette chronique qui ne me doit presque rien puisque je puise mes sources dans l’article  d’Antoine Flandrin publié dans Le Monde du 10 mars.

 

25 mars 1802

La paix d'Amiens ICI 

 

Le 25 mars 1802, à Amiens, l'Angleterre, la Hollande, l'Espagne et la France signent un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France. C'est un triomphe pour le Premier Consul Napoléon Bonaparte qui a pris le pouvoir en France 30 mois plus tôt.

 

 

L’exposition « Napoléon » à Paris écorne le mythe Bonaparte en présentant deux actes officiels sur l’esclavage

 

A travers deux documents originaux de 1802, présentés pour la première fois, la grande exposition sur Napoléon reviendra sur le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe et son maintien dans les colonies par la France, qui l’avait pourtant aboli en 1794.

Par Antoine Flandrin

 

 

C’est un texte court : une « minute d’arrêté » de quelques lignes, rédigée à la plume. Bonaparte n’y emploie pas un ton autoritaire, comme il le fera plus tard dans ses messages impériaux. Dans cet arrêté du 16 juillet 1802, le premier consul se contente de charger son ministre de la marine et des colonies, Denis Decrès, de rétablir les lois qui étaient en vigueur en Guadeloupe en 1789. Autrement dit, il lui ordonne de rétablir l’esclavage dans l’archipel. Cette page sombre de l’histoire coloniale de la France sera présentée, pour la première fois au public, à l’occasion de la grande exposition sur Napoléon qui doit se tenir à La Villette, du 14 avril au 19 septembre.

 

Une page d’autant plus sombre qu’elle effaçait les effets du décret d’abolition de l’esclavage du 4 février 1794. Cinq ans après le début de la Révolution française, alors que la Guadeloupe était aux mains des troupes anglaises, Victor Hugues fut envoyé par la Convention pour mettre fin à l’esclavage. « En juin 1794, il propose aux esclaves de l’île de s’affranchir en rejoignant le corps expéditionnaire français. Blancs, Noirs et métis se battent ensemble pour reconquérir l’île aux esclavagistes anglais. L’idéal républicain devient une réalité jusqu’au rétablissement de l’esclavage en 1802 », explique l’historien du droit Jean-François Niort.

 

Anomalies juridiques

 

Longtemps, cet arrêté fut cité par les historiens, mais sa trace avait été perdue. Au terme d’une recherche entre Paris, Aix-en-Provence et Basse-Terre, trois chercheurs – Jean-François Niort, Jérémy Richard et Frédéric Charlin – l’ont retrouvé, aux Archives nationales, en 2007.

 

A la suite de cette découverte, ils ont décelé plusieurs anomalies juridiques.

 

  • La première : le mot « esclavage » n’apparaît pas dans l’arrêté. Alors consul à vie, Bonaparte emploie cette précaution pour ne pas renforcer l’opposition au durcissement du régime et ne pas susciter de rébellion dans les colonies.

 

  • Seconde anomalie : cet arrêté n’a pas été publié au Bulletin des lois de la République – comme il aurait dû l’être –, car Bonaparte tient à ce que cette mesure reste secrète. 

 

  • « Enfin, le premier consul n’a pas la compétence pour prendre cette décision, parce que la constitution qu’il a lui-même mise en place en 1799 prévoit que les colonies doivent être régies par des lois et non par des arrêtés », note Jean-François Niort.

 

 

Un texte fondé sur une légalité pour le moins contestable, donc.

 

Ses motivations sont d’ordre idéologique, économique et géopolitique« Imprégné de préjugés racistes et manipulé par le lobby esclavagiste, Bonaparte pense que la Guadeloupe est à feu et à sang – ce qui est faux – et que la restauration de l’ordre passe par le rétablissement de l’esclavage. Il est aussi convaincu que l’esclavage dans les colonies assurera la prospérité de la France », analyse Jean-François Niort.

 

Un autre document signé par Bonaparte sera présenté lors de l’exposition : le décret-loi du 20 mai 1802, qui maintient l’esclavage là où il n’avait pas été aboli (en Martinique, à l’île Maurice, à La Réunion…). Avec ces deux mesures, des centaines de milliers de personnes furent ainsi maintenues dans l’esclavage jusqu’à son abolition, en 1848. L’exposition reviendra sur les répercussions mondiales de la politique coloniale de Napoléon. Les coorganisateurs, la Réunion des musées nationaux et la Grande Halle de La Villette, épaulés par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, entendent ainsi contrebalancer le récit de l’épopée napoléonienne.

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 06:00

Vue depuis l’avenue Pierre-Mendès-France. Laurent Thion/Ecliptique pour «Le Monde»

Pendant la Covid 19 les journalistes s’ennuient, ils ne peuvent aller à Orly voir décoller les avions, y’a plus d’avions, ni traîner dans les bars, surtout ceux à vins, ni se régaler dans les restos food, ils sont fermés, alors ils errent comme des âmes en peine à la recherche du sujet saignant, clivant, qui les fera remarquer par leur rédac-chef.

 

Et soudain, entre les derniers pavés de Paris, émerge, grâce aux génies de la technocratie, une petite pousse, les commerces essentiels en cas de confinement, les librairies ont rejoint peloton, les cavistes eux y étaient déjà. Alors ils se ruent, tels des morts de faim, crachent vite fait bien fait sur le gaz un article, la frêle pousse s’avère être du chiendent.

 

J’ai glané 3 articles dans Le Figaro, Le Parisien et Télérama.

 

Dans les deux premiers les journalistes ont puisé à une source syndicale : Nathalie Viet, déléguée générale du syndicat des cavistes professionnels (SCP), la boutique du bon père Yves Legrand d’Issy-les-Moulineaux dont font partis, horreur-malheur, les cavistes franchisés (Nicolas, Nysa, Le Repaire de Bacchus, Les Domaines qui montent…)

 

Celui de Télérama, lui, est militant, les deux compères sont des redresseurs de torts – c’est l’ADN de Télérama, la morale des curés à fait place à une bien-pensance genre insoumis – ils trient le bon grain de l’ivraie, même que dans le bon ils pointent ceux des cavistes qui se vouent corps et âme à la satisfaction des licheurs du vin nu. N’empêche qu’ils ont un côté Bettane/Desseauvien : ils font la promo des copines et des copains, tancent les moutons noirs qui margent comme des vulgaires prédateurs, saignent aux quatre veines les vignerons.

 

Qu’en savent-ils ?

 

Rien !

 

Rien que des rumeurs qui courent dans le Mondovino cher à l’abominable Pousson, des approximations chères à leur copain, qui se prend pour le gourou des vins nus, Antonin Iommi-Amunategui. Ont-ils analysés les comptes des cavistes indépendants pour étayer leurs insinuations malveillantes ? La réponse est non ! Bien installés dans leur statut de salarié ils sont exigeants vis-vis-à-vis d’une population qui ne roule pas sur l’or, ils ignorent le pouvoir des agents, les allocations qui alourdissent les stocks, leur désir de vins nu abordables en prix montre qu’ils se contrefichent de ce qui va vraiment dans la poche du vigneron. Tous  des moines à leur service : cavistes, vignerons, l’important c’est tout pour leur gueule. C’est le degré zéro du journalisme.

 

Ça me fout en rogne de lire dans :
Vin nature : nos dix cavistes essentiels à Paris ICI

 

« Alors que les cavistes parisiens appliquent bien souvent des coefficients multiplicateurs de 2,5 ou 3 (sur le prix hors taxe des bouteilles achetées chez les vignerons), Agnès ne dépasse jamais le « fois 2 ». C’est peut-être un détail technique pour vous mais pour nous qui visitons pas mal de cavistes, ça veut dire beaucoup. Ça veut dire d’abord qu’Agnès respecte le travail et les efforts des vignerons pour sortir des vins accessibles et qu’elle refuse la surenchère de certains collègues, toujours prompts à justifier leurs tarifs exorbitants à cause des loyers parisiens... Réputée pour payer ses fournisseurs à la commande (et pas après avoir revendu leurs bouteilles, comme le veut une certaine tradition...), Agnès est de fait a-do-rée par les vignerons. Et bien sûr par sa fidèle clientèle, dont elle connaît les goûts et les prénoms. Bref, Agnès, c’est le bon accueil, le bon prix et le bon conseil. »

 

Ma pomme, qui visite, autant de cavistes que les duettistes moralisateurs, j’ai acheté du vin Au bon vingt lorsque j’allais m’approvisionner en légumes à Veni Verdi, j’ai pris la peine de comparer ses prix avec d’autres cavistes où je m’approvisionne, et j’ai constaté que ces derniers se situaient sur la même ligne. Et pourtant les loyers de Paris Centre sont plus lourds que dans le 20e ou à Ivry chez l’ami Paco qui fait un superbe boulot de caviste. Quant aux délais de paiement les salariés de Télérama déconnent à plein tube, il y a des délais légaux que pratiquent la grande majorité des cavistes, certes il y a comme dans toute profession, chez les restaurateurs aussi, des mauvais payeurs, ils sont connus des vignerons.

*18 juillet 2015 « Rien ne m’arrête, même pas le cagnard qui tape, je passe la Seine pour me rendre sur les hauteurs du 20e où les jardinières des toits de Veni Verdi ont planté leur étal chez Agnès Barraco la tenancière d’Au bon Vingt 52, rue de Bagnolet.

 

Ça grimpe, fait chaud !

 

Je suis venu acheter un pot de miel des abeilles du 20e et 2 rosés pas faciles à trouver ceux du domaine de la Paonnerie du côté d’Ancenis. » ICI

 

De plus, je me gondole grave avec le titre car ces 10 cavistes ne proposent pas que des vins nu stricto sensu, les vins bio ou biodynamique ne sont pas forcément des vins nature, alors de grâce arrêtez de nous faire chier avec une militance à 2 balles de bien lotis.

 

Je suis vieux, j’ai du pognon, dans mon budget les vin nu, les livres, l’alimentation de proximité occupent une large place, je suis donc un « grand souteneur » des cavistes indépendants, des libraires du même cru, des producteurs agricoles respectueux de la nature, alors je n’ai nul besoin des nouveaux Bettane&Desseauve pour me fourguer leur camelote morale.

 

De plus, leur bel hebdo se gave de publicité en provenance des négociants champenois, bordelais ou autres qui ont les moyens de se les payer, alors à camp les actes conforment aux belles paroles ?

 

Suis abonné à Télérama depuis une éternité, j’avoue que c’est de ma part une forme de masochisme, ils me font chier ces nouveaux curés du groupe Le Monde (je suis aussi abonné au Monde et au Courrier International logé dans le même immeuble et dont les actionnaires sont bien évidents la crème des gens chers à Mélenchon : Pigasse et Niel.

  

 

Au Bon Vingt (Paris XXème), le 18 février 2021.Au Bon Vingt (Paris XXème), le 18 février 2021. Arthur Crestani pour Télérama Sortir

«Les ventes ont explosé » : à Paris, la pandémie profite aux cavistes ICI

 

Jérémie Couston, Jean-Baptiste Roch

Publié le 03/03/21

 

Avec les bars et les restaurants fermés, les cavistes ont tiré leur épingle du jeu en bénéficiant du statut de commerce essentiel. Portrait d’une profession à part qui se donne pour mission de vendre de la convivialité.

 

« Pendant le premier confinement, on a tous grossi ! » observe, amusée, Élodie Cadiou, la tenancière d’Et si Bacchus était une Femme (Paris, 5e). Si son constat ne s’appuie sur aucune autre méthode statistique qu’un tendre coup d’œil à la silhouette de ses clients, après des mois de réclusion et de petits plats faits maison, la caviste ne remet pas en cause le french paradox, ce concept anglo-saxon un peu fumeux qui pointe la contradiction apparente entre un régime français riche en gras et en alcool et la relative bonne santé de la population. Comme tous ses collègues, Élodie Cadiou a bénéficié d’un autre paradoxe hexagonal : le fait que le vin et les cavistes aient été définis comme un bien et un commerce essentiels, au contraire des fleuristes, libraires, cinémas ou artistes de la Comédie-Française…

 

Le confinement ? Une aubaine...

 

Rares sont les Français à trouver satisfaction dans les confinements et couvre-feux à répétition. Mais durant cette sinistre période, le plébiscite en faveur des commerces de proximité à Paris et dans sa banlieue a permis à certains de tirer leur épingle du jeu. Pour beaucoup de cavistes, et surtout les indépendants, la fermeture de la plupart des magasins a agi comme un accélérateur de notoriété. « On cherche l’origine du virus sur un marché chinois, mais ne le répétez pas : il a été inventé par les cavistes ! » plaisante Agnès Baracco, l’heureuse propriétaire d’Au Bon Vingt, qui abreuve depuis dix ans les habitants du 20e arrondissement en quilles de joie à prix modérés. « Le confinement m’a offert une visibilité que je n’aurais jamais eue autrement », raconte Sandrina Saymard, qui a ouvert Aux Libres Buveurs, près du canal de l’Ourcq (19e), il y a à peine deux ans. Même constat d’aubaine chez Sophie Nézet, à la tête du Ravitailleur (12e), fondé moins d’un an avant le premier confinement : « Avec les grèves de décembre 2019, les manifs, j’ai connu des débuts très difficiles. Mais à partir du 13 mars 2020, les ventes ont littéralement explosé. » Une embellie constatée par une majorité de cavistes parisiens, à la différence de leurs confrères d’autres régions, plus rurales et moins peuplées, « où la casse est bien plus répandue », rappelle-t-on du côté du Syndicat des cavistes professionnels.

 

La récente ruée chez les cavistes de quartier est d’autant plus remarquable que, depuis des lustres, le vin s’écoule surtout dans la grande distribution et à bas prix. En France, ce beau pays où le « repas gastronomique » est considéré depuis 2010 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, huit bouteilles sur dix sont vendues en supermarché et les deux tiers ne dépassent pas les 3 euros. Un tarif introuvable à la cave du coin, bien évidemment, et incompatible avec une agriculture durable. Mais la limitation des déplacements due aux confinements et aux couvre-feux a logiquement favorisé les petites enseignes : la moitié des 5 800 cavistes hexagonaux sont implantés dans les centres-ville, et sur le bon millier que compte la région parisienne, 500 sont situés intra-muros. La partie était pourtant loin d’être gagnée. Contrairement aux idées reçues, la consommation d’alcool en France décroît inexorablement depuis les années 1960. Et au niveau mondial, en 2020, la baisse a avoisiné les 8 %. Mais le vin reste un produit à part. « Avec le confinement, la vie des Français s’est ralentie : on a réappris à vivre en famille, à mieux manger, à mieux boire », estime Élodie Cadiou.

 

Ne dites plus Cubi, dites BIB, c’est plus chic

 

Le stress des visioconférences enchaînées du matin au soir, le désœuvrement des travailleurs indépendants ou des intermittents soudain privés de commandes ou de cachets, la gestion des enfants et du conjoint à la maison au quotidien : les motifs pour lever le coude ne manquaient pas au printemps dernier. « Les gens voulaient des bouteilles pour les apéros Zoom, puis pour les apéros tout court avec les voisins, se souvient Sandrina Saymard. Tout le monde s’est remis à la cuisine, et grâce à la convivialité du repas, le vin a fait l’objet d’une nouvelle curiosité. » La virée chez le boulanger, le caviste ou le boucher est devenue un rituel pour échanger, sociabiliser ; souvent la seule sortie de la journée autorisée, avec attestation dûment remplie. Alexis Zaouk, qui a ouvert en juin 2019 La Cave d’Alex, à Nanterre, n’a guère vendu de bouteilles de son « remède miracle contre la dépression » (la Chartreuse !) : « J’avais plutôt des clients qui cherchaient des vins légers et digestes pour le déjeuner, afin de ne pas s’endormir devant leur écran à la réu de 14 heures. Tous éprouvaient le besoin de parler. »

 

« Le vin est souvent meilleur quand on connaît le nom du vigneron qui l’a mis en bouteille et celui du caviste qui nous l’a vendu. »

 

Avec les vins « glouglou » (faciles à boire et pas trop chers), l’autre grand gagnant du coronavirus est le BIB, ou Bag-in-Box, appellation moderne du bon vieux Cubi, avec son petit robinet et son goût de reviens-y. Vincent Baverel, créateur de Let it BIB, le premier site de vente en ligne consacré exclusivement au vin en BIB, confirme la tendance et le changement de mentalité : « Plus écolo, plus économique, plus pratique, le BIB a moins mauvaise presse qu’à une époque. Ma clientèle est encore essentiellement parisienne, mais elle se diversifie avec le temps. J’ai aussi bien des jeunes de 25 ans qui sortent de la sempiternelle vodka que des petites dames de 70 ans. »

 

 

Privé de voyages, de sorties, de restos et de bars, le Français a eu plus d’argent pour ses besoins « essentiels ». Bruno Legembre, de La Vinothèque de Saint-Denis, le seul caviste indépendant dans cette ville de 110 000 habitants, a bien profité de la crise, en plus de la pression immobilière qui a fait refluer les familles parisiennes dans sa commune de Seine-Saint-Denis. « Le client qui achetait d’habitude une bouteille à 10 € repartait plus volontiers avec trois bouteilles à 15 € et parfois avec un carton. » La prise de conscience des enjeux environnementaux et la remise en question de la société de surconsommation qui ont émergé pendant le confinement ont incité les néophytes à pousser la porte de leur caviste. « Le vin est souvent meilleur quand on connaît le nom du vigneron qui l’a mis en bouteille et celui du caviste qui nous l’a vendu », explique Antonin Iommi-Amunategui, auteur et éditeur d’un des rares livres sur le sujet (Cavistes. 100 prescripteurs de vins d’auteurs, éd. Nouriturfu, 2019).

 

 

Un appétit de découvertes que satisfait avec joie Sophie Nézet : « C’est notre travail de commerçants de proximité de susciter et de répondre à la curiosité. On est loin du supermarché, où, n’ayant pas les connaissances nécessaires pour s’y retrouver dans les vins, le client est perdu. » Et pour faire face à une demande et à une situation exceptionnelles, les cavistes se sont vite adaptés. Lors du premier confinement, Agnès Baracco a ressorti son vieux bicloune pour livrer les clients confinés qui passaient commande par un coup de fil ou par un SMS. « Pas un chat dans la rue, météo au beau fixe : les conditions étaient idéales pour faire du vélo dans Paris, se souvient la caviste reconvertie dans la livraison à domicile. Il y avait l’angoissée qui demandait de laisser le carton au pied de l’immeuble et balançait un chèque par la fenêtre, le soignant qui descendait avec une paire de masques en cadeau, à une époque où ils étaient introuvables. » Le Nanterrien Alexis Zaouk a, lui, transformé sa page Internet en site commercial et livrait lui-même en voiture dans les communes alentour (Rueil, Colombes, Suresnes, Chatou…).

 

Des rendez-vous tous les quarts d’heure

 

À la différence des cavistes franchisés (Nicolas, Nysa, Le Repaire de Bacchus, Les Domaines qui montent…), les indépendants, souvent gérés par une seule personne, ont pu modifier leurs horaires et réagir avec plus de souplesse. Institution de la banlieue est, La Cave d’Ivry a connu deux semaines de fermeture au printemps dernier, avant de se réinventer. Fournisseur régulier de bon nombre de théâtres et de restaurants parisiens qui lui ont confié l’élaboration de leur carte des vins, son patron, Paco Mora, a dû trouver d’autres débouchés pour maintenir son activité. Comme ailleurs, les clients ont répondu présents dès le début du confinement, faisant parfois la queue deux heures avant de pouvoir entrer dans la boutique un par un. « Très vite, explique le caviste, j’ai mis en place un système de rendez-vous tous les quarts d’heure, comme chez le médecin, pour éviter l’attente. Et je faisais des livraisons gratuites dans toute l’Île-de-France. L’A86 était déserte, je mettais vingt-cinq minutes au lieu des deux heures habituelles. » Mais pour Élodie, Agnès, Sandrina, Vincent, Paco et les autres, dont la vie repose sur les rencontres, les dégustations, le partage et les joyeux débordements que le vin parfois procure, le plus important n’est pas le chiffre d’affaires en hausse. Tous disent leur impatience de revoir, un jour, sous les yeux qui brillent, la possibilité d’un sourire.

 

Malgré la crise, les cavistes se maintiennent en bonne forme

 

Empêchés de se rendre au restaurant ou dans des bars, les Français se sont tournés vers ces professionnels de proximité qui connaissent en moyenne une hausse de leur chiffre d’affaires.

Par Coline Vazquez

 

En 2020, plus de huit cavistes sur dix ont dit avoir augmenté leur chiffre d’affaires de l’ordre de 10 à 20 %. Pixabay

 

 

À défaut de pouvoir boire un verre de vin ou un cocktail en terrasse, les Français se tournent vers leurs cavistes pour déguster de bons crus. La profession a en effet été mise en lumière par la crise sanitaire qui maintient fermés bars et restaurants.

 

 « Il y a une tendance générale qui s’est accélérée avec la crise qui consiste à se reconnecter à son environnement proche. Les cavistes ont donc plutôt consolidé leur rôle en soignant la relation humaine avec leurs clients », explique au Figaro Nathalie Viet, déléguée générale du syndicat des cavistes professionnels (SCP). Un phénomène qui se traduit par une hausse moyenne de leur chiffre d’affaires sur l’année 2020. Selon une enquête de la Confédération générale de l’alimentation en détail (CGAD), sur les commerces alimentaires spécialisés de proximité, plus de huit cavistes sur dix ont dit avoir augmenté leur chiffre d’affaires de l’ordre de 10 à 20 % contre un peu moins d’un commerce sur deux pour le reste des établissements de proximité interrogés par l’enquête. « Il y a une vraie bonne santé des cavistes sur la fin de l’année ce qui est logique puisque c’est une période de fête », analyse Nathalie Viet. Ces bons résultats se poursuivent en 2021 puisqu’en janvier un peu plus de sept cavistes sur dix connaissaient une activité stable ou en hausse par rapport à l’année précédente.

 

Les cavistes de province en difficulté

 

La déléguée générale du syndicat des cavistes tient toutefois à nuancer cette bonne forme générale soulignant des « situations disparates ». Selon elle, si les grandes villes comme Paris ont bénéficié d’un report de la consommation des bars et restaurants et du besoin de retrouver du lien social par le commerce de proximité, les cavistes de provinces sont, eux, plus en difficulté. « Ils ont souffert de l’impossibilité des rassemblements entre amis ou familiaux » qui s’est moins ressentie dans les grandes villes. « Le caviste est un commerce de province et très réparti sur le territoire. Ceux de la capitale ne représentent que 20 % des 5800 points de vente », rappelle Nathalie Viet. Les professionnels situés dans les zones touristiques ont eux aussi accusé le coup.

 

En ce qui concerne 2021, le syndicat des cavistes professionnels veut rester optimiste. Même si bars et restaurants rouvrent leurs portes, le secteur compte sur « la fidélisation de ces clients qui ont découvert les cavistes ». D’autant que même si les Français voudront sortir de chez eux et consommer dans ces établissements, « certains ont pu goûter ces derniers mois de très bonnes bouteilles qu’ils n’osaient pas s’offrir au restaurant et qui sont à des tarifs plus abordables chez nous », ajoute Nathalie Viet. Sans compter que bon nombre de cavistes avaient pour clients bars et restaurants et attendent donc leur réouverture avec impatience.

 

Quant à la filière viticole, elle a été lourdement touchée par la crise mais aussi par les taxes douanières imposées par Donald Trump sur plusieurs pays européens, dont les vins français. Mais elle vient d’enregistrer une première victoire. Début mars, l’administration Bien a décidé de suspendre pour quatre mois la surtaxe imposée par son prédécesseur

 

Confinement, couvre-feu... Avec les restrictions, les cavistes connaissent un très bon cru

Les vendeurs de vins, champagnes et spiritueux connaissent, depuis la mise en place des restrictions de déplacement, une croissance à deux chiffres. Ils profitent de la fermeture des bars ou restaurants et du retour en force des commerces de proximité

Par Elie Julien 

Le 10 mars 2021 

 

«On se demande d’où ça sort! Chaque jour on a des surprises, c’est inespéré. Les gens boivent mieux.» Comme l’explique Baptiste Léger, caviste chez Nicolas dans le XVIIIe arrondissement de Paris depuis novembre 2014, le secteur a connu «une explosion du marché depuis décembre 2020». Sur ces dernières semaines, le groupe Nicolas, qui rassemble 500 magasins dans toute la France, dont 320 en région parisienne, observe une hausse des ventes de vins, spiritueux et champagnes de 20 à 25 %.

 

Selon la direction du groupe qui fêtera son bicentenaire l’an prochain, il y a des décennies que l’entreprise n’avait pas connu un tel début d’année. La secrétaire générale des 5800 cavistes professionnels, Nathalie Viet, confirme une hausse nationale de 10 à 20%.

 

Chez Baptiste, la hausse de fréquentation est de 15% en février et 19% en janvier (par rapport à l’an dernier). «Maintenant, on a du monde toute la semaine. Même le week-end, cela augmente avec 150 à 200 ventes le samedi», apprécie le caviste. Outre la fréquentation, le panier moyen a lui aussi grimpé: «on est passé de 20 euros à 25-27 euros», assure Baptiste. Un regain d’activité qui s’explique par plusieurs facteurs.

Bars et restaurants remplacées par des soirées à domicile

 

Au premier rang des causes de cette hausse, on retrouve bien entendu la fermeture des bars et restaurants. Un report mécanique dont auraient davantage bénéficié les cavistes que la grande distribution. Selon la Fédération du Commerce et de la Distribution, en janvier, les ventes de vins ont augmenté de 9,5% par rapport à décembre 2020, un mois favorable aux vins. Sur un an, la hausse «n’est que» de 2%. «Cette dernière se tourne elle aussi vers nous pour commander», dévoile Christopher Hermelin, directeur communication et marketing chez Nicolas.

 

Mais la vraie hausse tient plutôt aux rassemblements organisés à domicile, souvent au grand dam du gouvernement et des recommandations à limiter les repas et apéritifs collectifs. Les cavistes sont les premiers témoins de ces organisations de soirées, en hausse alors que certaines régions du pays entament leur vingtième semaine de restrictions (confinement et couvre-feu) consécutives.

 

«Lorsque l’on a une commande de livraison de 24 bouteilles un vendredi soir, notre client ne nous cache pas qu’il organise une fête à neuf ou dix, admet Baptiste. Mais ils ne faut pas les blâmer. La plupart du temps, ce sont des soirées à six maximum», assure le confident de nombreux parisiens. Dans sa rue, un petit cheminement entre sa fromagère voisine et lui révèle le succès des raclettes et autres fondues. «Des plats que l’on partage rarement à deux», s’amuse Baptiste.

 

Mais outre ces rassemblements, qui remplacent les repas ou verres entre amis au bar après le travail, les fameux «after-work», le caviste observe un autre phénomène. «J’ai des commandes pour des repas d’affaires à domicile. Ces clients, qui ont un bon budget, prennent un repas à emporter dans un restaurant et viennent chercher du vin ici. Ils se rendent compte que l’on fait moins de marge que les restaurants, donc ils achètent même des très bons vins». Les livraisons et commandes sur Internet ont aussi connu une hausse de 20%, comme dans de nombreux secteurs.

 

Licenciée en août à cause du Covid, Pauline Minier, 25 ans, ne pouvait rêver meilleur départ pour sa société Caviste en Ligne. Lancée il y a trois mois, elle a vu le nombre de livraisons de ses vins bio à Paris croître exponentiellement avec jusqu’à sept livraisons par jour le week-end.

Télétravail et isolement

 

La mise en place d’un service de conseil et commande par téléphone, lancé pendant le premier confinement par le groupe Nicolas, a connu un réel succès. «Beaucoup de personnes sont isolées depuis des mois. Le contact humain des cavistes est clairement recherché. Sans oublier que certains ont peur, sanitairement, de sortir de chez eux», observe Christopher Hermelin, la patron de la communication.

 

Une tendance accélérée par le confinement et le couvre-feu. Un aspect sociétal que veut rappeler Nathalie Viet. «Ces achats ne se limitent pas a un produit. Le vin, ce n’est pas que de l’alcool. C’est aussi du goût, qui rassure dans notre société, qui fait du bien au moral et à l’estomac lorsque l’on est en perte de sens», fait-elle remarquer. Le vin comme valeur refuge, en somme.

 

Le télétravail, parfois difficile pour certains, a aussi été l’occasion de prendre des initiatives absente lors de repas en entreprise ou avec les collègues. «Beaucoup de Français ont besoin et envie de se faire plaisir. Il n’est pas rare que nos clients nous confient boire un verre en déjeunant le midi chez eux, ce qu’ils ne faisaient pas avant », assure Christopher Hermelin.

 

C’est le cas d’Aby, une pétillante habitante du XVIIIe arrondissement de Paris. «Cela m’arrive, reconnait la trentenaire. Je vais de plus en plus chez le caviste depuis un an, mais cela reste majoritairement pour des soirées chez des amis. Mon caviste connait mes goûts et ça compte». Elle achète ainsi deux bouteilles à 10-15 euros par semaine. «Au supermarché, on ne sait pas ce qu’on achète. On fait souvent en fonction du prix en se disant que c’est gage de qualité», raconte celle qui travaille en immobilier d’entreprise.

La filière vin reste en grande difficulté

 

Si cette cliente fidèle continuera à soutenir son commerce de proximité, l’avenir est toutefois brumeux pour le secteur. Qu’en sera-t-il à la réouverture des bars et restaurants? «Pas d’euphorie» confie-t-on chez Nicolas, qui, comme la représentante de la filière, ne s’attend pas à une année de croissance en 2020.

 

«Peut-être que nos prix, nos conseils, la qualité de nos produits vont faire rester les nouveaux clients, souvent des jeunes. Sinon, ils reprendront leurs habitudes...», n’ose pas se mouiller Baptiste. «Les clients séduits par la proximité vont rester. Mais les cavistes ont souffert de l’annulation de mariages, de la chute du tourisme, la fermeture des restaurants routiers...», tempère Nathalie Viet, du syndicat des cavistes.

 

D’ailleurs, la hausse de ces ventes chez les cavistes ne se ressent du côté des producteurs. Selon le Comité national des interprofessions du vin (Cniv), la seule fermeture des restaurants et bars en 2020 a généré 1,5 milliard d’euros de perte. Ce à quoi il faut ajouter la taxe Trump - que vient de supprimer Joe Biden- et qui a coûté 400 millions d’euros à la filière l’an dernier. Sans oublier le quasi-arrêt des exports... FranceAgriMer calcule une perte d’un milliard d’euros (-11% en volume) après cinq années consécutives de croissance.

 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 08:00

 

Dans le cadre de ma semaine de la paresse je sollicite le soutien de La Montagne le journal de feu Alexandre Vialatte je vous offre l’histoire d’un vieux dicton d’Issoire.

 

21 novembre 2009

«Une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps». ICI

 

Issoire - Cpa Issoire - INSEE 63178 - " Souvenir d'Issoire " - Bon vin à  boire, belles filles à voire. V D C - Carte postale ancienne et vue d'Hier  et Aujourd'hui - Geneanet

Issoire - CPA 63 ISSOIRE. bon vin à boire. belles filles à voire.

Bon vin à boire, belles filles à voir" : le vieux dicton d'Issoire (Puy-de-Dôme) est-il devenu ringard ?

 

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, nous nous sommes intéressés au vieux dicton d’Issoire (Puy-de-Dôme), « Bon vin à boire, belles filles à voir ».

 

À son histoire, à ses usages et à la place qu’il accorde aux femmes.

 

« Je l’ai toujours entendu ! On le disait pendant les fêtes. Ça nous flattait parce qu’on était d’Issoire. La jeunesse est passée à autre chose maintenant et ce n’est plus tellement dans le vent », raconte Simone, retraitée issoirienne de 85 ans.

 

Ce sont huit mots et une rime qui ont marqué plusieurs générations, mais savent-elles seulement d’où vient le vieux dicton « Bon vin à boire, belles filles à voir » ?

 

En 1531, l’Italien Donato Rigeto fait un voyage en France, en Basse-Auvergne, « un jardin délicieux où le printemps fait son séjour ordinaire ». Il parle d’« Yssoire » comme d’une petite ville où « sont les plus belles dames de toute la France ».

Vertu et morale

 

Selon Stan Surowka, collectionneur issoirien passionné par l’histoire de sa ville, une mention du dicton figurerait dans la chanson du siège de la prise d’Yssoire, en 1577 précisément, à la 13e strophe :

 

« O pauvre ville d’Yssoire, Qu’avait acquis le renom ; Le meilleur vin du pays boire ; Et des filles le parangon ; Las ! Où sont-elles ? »

 

À cette époque, c’est donc la vertu et la morale dont il est question.

 

Le dicton connaît ensuite de nombreuses transformations. Les phrases en patois peuvent se traduire ainsi :

 

Ni pour moudre (le blé) ; Ni pour cuire (le pain) ; Il ne faut pas sortir d’Yssoire ; Ni pour de bon vin boire ; Ni de jolies filles voir.

 

Encerclée mais dotée de fours à pain, de moulins et de vins dans les caves, Issoire vivait en autarcie pendant les guerres de religion. En somme, inutile d’aller voir ailleurs.

 

Plus tard, les Limousins et les Marchois auraient même importé un quatrain sur la ville :

 

« Qui bon vin veut très bien boire ; Doit s’en aller à Issoire ; Qui à belle fille veut parler ; A Issoire doit aller ». Sa version abrégée est devenue la plus courante avec « Bon vin à boire, belles filles à voir ».

 

Un bonnet de bergère « les coiffait si gracieusement »

 

La première partie fait référence aux vignobles qui entouraient la cité de Saint-Austremoine avec des récoltes exceptionnelles comme celles de 1893, avant que le phylloxéra ne s’installe, deux ans plus tard. La légende raconte que les Issoiriennes portaient un bonnet de bergère qui « les coiffait si gracieusement », fabriquaient des ornements pour les Parisiennes et en profitaient pour s’habiller élégamment, elles aussi.

 

Il y a quelques années encore, le dicton s’affichait sur des cartes postales, pas toujours très élégantes. Qu'en reste-t-il aujourd’hui ? Des souvenirs « festifs » dans les esprits des anciens et des moins anciens, tandis que les plus jeunes ne le connaissent pas forcément. Emma, 20 ans, le découvre : « Je ne le soutiens pas du tout. Il est sexiste et reflète bien l’idée de femme-objet, qui est uniquement là pour le décor et dans ce cas, mettre en valeur une ville. Les mentalités ont évolué alors j’espère qu’il n’est plus utilisé… », s’agace la militante féministe issoirienne.

 

Quelques références existent sur internet, notamment sur le site de la Ville d'Issoire pour clore de longs chapitres consacrés à l'histoire de la cité : « Cela montre bien que notre site est peut-être bien un peu ancien... », répond, un peu gêné, le maire Bertrand Barraud. 

 

Alors, c'est une question lancée comme un pavé dans le plan d'eau du Mas : citer « Bon vin à boire, belles filles à voir » pour promouvoir Issoire ne serait-il pas complètement dépassé, au XXIe siècle ?

 

Et le dicton devenu ringard ?

 

La suite ICI 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 08:00

 

85 c’est la Vendée, ma Vendée crottée !

 

La ferme de mes parents se trouvait dans le fond du village : aucun véhicule à moteur ne pouvait y accéder. Quand il y eut des morts, et j’en connus au moins deux, mon père et ma grand-mère maternelle, le corbillard tiré par un cheval ne risquait pas de s’embourber comme la voiture automobile du médecin à laquelle il fallut atteler une paire de bœufs.

 

Signé Michel Gautier

 

 

Docteur en littérature française et promoteur de la langue régionale, l’auteur Michel Gautier publie son dictionnaire consacré au département de la Vendée. Il nous raconte.

 

  • Qu’est-ce qui vous a incité à publier ce dictionnaire de Vendée, qui n’est pas votre premier ouvrage ?

 

ICI 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 06:00

 

 

Au temps d’Hubert dig, ding, dong, dans ma première chronique sur son livre Vino Business, j’ai qualifié Isabelle de gourgandine.

 

Aujourd’hui, c’est pétroleuse.

 

 

Les pétroleuses est le nom données aux femmes accusées d’avoir employé du pétrole pour allumer des incendies, en 1871, lors de l’écrasement de la Commune de Paris par les Versaillais. On affubla de ce terme, particulièrement après l’incendie de l’Hôtel de ville de Paris, les femmes qui avaient pris part aux combats armés, faisant d’elles les boucs émissaires du vandalisme survenu pendant la Semaine sanglante.

 

Isabelle met le feu, c’est incontestable et, comme je suis une vieille canaille, la référence à l’Hôtel de Ville est une petite pique à ce qu’écrit Albert Mestre sur « ses choix déroutants entre deux listes) lors des municipales de 2020 à Paris » de Gaspard Gantzer à Cédric Villani

 

Comme je suis allergique à ce que les vieux dénommaient de mon temps l’étrange lucarne ICI, je ne suis pas ses boutades aux Grandes Gueules sur Radio Monte Carlo (pour Pax : non, je n’ai vu monter personne), parfois j’en glane une sur Twitter.

 

Mais je suis un abonné du Monde et, bien sûr, je suis tombé sur ce gros titre :

 

Un apéro avec Isabelle Saporta : « A gauche, je me sens de droite. A droite, je me sens d’extrême gauche » ICI 

 

La chroniqueuse des « Grandes Gueules » et éditrice chez Fayard se revendique « poujado de gauche ».

Par Abel Mestre

Publié le 06 mars 2021

 

Qu’allais-je faire ?

 

J’ai réuni dare-dare une conférence de rédaction avec moi-même d’où il est ressorti :

 

  • Le titre de la chronique

 

  • Une interrogation le chablis de l’apéro était-il un chablis naturiste du style de la cave des Papilles qui est à deux pas de chez Isabelle ?

 

  • Du jamais vu depuis Mai 68. L'occupation du grand amphi, commencée lundi soir avec une centaine d'étudiants, s'est poursuivie la nuit suivante puis mardi toute la journée. La grève générale était finalement votée hier soir à main levée par 1.000 étudiants environ. A l'entrée, le nom de l'amphi, Boutmy, est remplacé par Farinelli, le castrat auquel «on a coupé les bourses». ICI 

 

  • La décision au nom du côté « poujado de gauche » d’Isabelle de s’asseoir sur le copyright et de publier l’intégralité de l’article. Les tribunaux, Isabelle et moi, nous connaissons.

 

Isabelle Saporta dans son bureau des éditions Fayard, à Paris, le 11 février.

Isabelle Saporta dans son bureau des éditions Fayard, à Paris, le 11 février. 

 

Lorsque l’on a proposé à Isabelle Saporta de prendre l’apéro avec nous, il y eut comme une hésitation. La nouvelle directrice littéraire de Fayard respecte scrupuleusement les règles pour contrer la pandémie de Covid-19 : « Mais à quelle heure ça se fera ? On a le droit de le faire après le couvre-feu ? » Il a fallu insister un peu, expliquer que les exceptions étaient possibles, attestation de l’employeur à l’appui. Rendez-vous est donc pris cinq jours plus tard, dans les locaux de la maison d’édition, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, en plein 6e arrondissement de Paris. L’ambiance est détendue : chablis et petits biscuits salés que l’on suppose bio : « C’est réveillon, ce soir ! Je finis tous les jours à 18 heures, normalement. »

 

Impossible d’entrer immédiatement dans le joli bureau tout en longueur, encombré – évidemment – de livres, mais surtout doté d’une petite terrasse : la séance photo n’était pas terminée. Pour cela aussi, Mme Saporta avait besoin d’être rassurée : non, elle n’aurait pas un tuyau d’arrosage entre les mains, comme dans son portrait paru dans Libération. Non, elle n’aurait pas une pose martiale devant des plantes, comme souvent lorsqu’il s’agit de photographier des écolos. « Il y aura juste un verre de vin », lui a-t-on tout de même reprécisé. Pas de problème.

 

Dans l’ombre

 

« Je suis encore une sans-bureau-fixe, mais je nous ai installés ici, il y a de la place », lance-t-elle avant de s’asseoir et de jongler entre son masque en tissu noir, les fameux biscuits et le chablis. Sa nomination est, en effet, toute récente, elle date de janvier. Avec son côté rentre-dedans, la chroniqueuse aux « Grandes Gueules » sur RMC promet de « bousculer » l’auguste maison et de la sortir de l’entre-soi. « Je continue de faire ce que je fais déjà : chercher des profils atypiques, repérer ceux qui ne sont pas du petit milieu, débusquer les talents qu’on ne voit pas ailleurs », explique l’autrice d’un pamphlet contre la technocratie, publié à la rentrée : Rendez-nous la France ! En finir avec la caste qui paralyse notre pays (Fayard, 2020).

 

Etrange de la part d’une fille de médecin et de psychologue, biberonnée au Monde (son père organisait des débats familiaux pour vérifier que le journal vespéral avait été bien lu), elle-même issue de Sciences Po, titulaire d’un doctorat, qui a par la suite embrassé la carrière de journaliste. « J’assume mon côté poujado, c’est un vrai truc de gauche. Redonner les moyens aux fantassins sur le terrain, et pas aux technos. On réarme les services publics, on s’intéresse aux catégories populaires », nous avait-elle expliqué lors de la sortie du livre.

 

Il y a plusieurs paradoxes chez Isabelle Saporta : elle veut dénicher les nouvelles voix atypiques, mais édite aussi Christophe Barbier (Les Tyrannies de l’épidémie, Fayard, 198 pages, 15 euros). Elle fuit le monde politique, dégoûtée de ses expériences infructueuses (et ses choix déroutants entre deux listes) lors des municipales de 2020 à Paris, de la violence de ce milieu, mais tout ce qu’elle entreprend se veut politique : son travail d’éditrice, donc, mais aussi ses enquêtes sur l’agriculture intensive (notamment Le Livre noir de l’agriculture, Fayard, 2011) ou même sa présence aux « Grandes Gueules », où elle serait une sorte de guerrière solitaire de gauche dans un environnement de droite. « Il faut aller dans les émissions populaires et porter une autre parole. Soit on reste dans l’entre-soi, soit on essaye de comprendre ce qu’il se passe. »

 

Et puis, surtout, il y a cette autre difficulté, plus intime, que l’on devine aussi plus douloureuse : les conséquences de sa relation avec Yannick Jadot, candidat à l’investiture verte pour l’élection présidentielle de 2022.

 

Longtemps, Isabelle Saporta est restée dans l’ombre, contribuant à écrire les discours de l’homme fort des écologistes, le conseillant discrètement. Même ceux qui ne l’apprécient pas au sein d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) reconnaissent qu’elle est fondamentale au député européen dans sa manière de savoir prendre la température du pays, d’aller écouter les râleurs de tous poils, les sans-grade, parfois ignorés par des écologistes apparaissant comme urbano-centrés.

 

« A gauche, je me sens de droite. A droite, je me sens d’extrême gauche. Mon problème, c’est que je n’entre pas dans les cases. Défendre la ligne du parti, si elle est contraire à mes convictions, je n’y arrive pas. »

 

Mme Saporta est apparue au grand jour le soir des résultats des élections européennes de 2019. La liste emmenée par son compagnon venait de créer la surprise avec une troisième position et 13,5 % des suffrages, derrière le Rassemblement national et La République en marche. Elle est évidemment présente à la soirée pour fêter ce résultat. Il y a aussi les journalistes de Paris Match. S'ensuivra un shooting du duo en mode « couple présidentiel » qui agacera beaucoup. « J’ai toujours été en retrait. Ce soir-là, Yannick me dit : “Je veux vivre ça avec toi.” Je n’ai jamais caché que j’étais avec lui, mais quand il était à 6 % dans les sondages, il n’intéressait personne, rappelle-t-elle. J’ai appris à me foutre de ces polémiques. Plus ça va, moins on m’embête avec ça. »

 

Certes. Mais, entre-temps, il y a eu une blessure, une « vraie injustice », selon Isabelle Saporta : quand elle a dû quitter RTL, où elle tenait une chronique dans la matinale, à cause de son couple. « On croit que je suis incapable de penser par moi-même. Vos neurones ne disparaissent pas quand vous êtes en couple avec un politique ! Désormais, on me prend comme je suis ou tant pis. Je ne fais pas semblant d’être neutre, personne ne l’est. » A prendre ou à laisser. C’est peut-être cela qui braque autant les politiques, le côté entier et insaisissable de la dame. « A gauche, je me sens de droite. A droite, je me sens d’extrême gauche. Mon problème, c’est que je n’entre pas dans les cases. Je me sens profondément anar, avance-t-elle ainsi. Défendre la ligne du parti, si elle est contraire à mes convictions, je n’y arrive pas. »

 

Sophie de Closets approuve. La grande patronne de Fayard est un peu l’invitée surprise de cet apéro. Elle a passé une tête pour voir ce qu’il se passait dans ce bureau. « Viens boire un verre avec nous ! » propose sa nouvelle recrue de 44 ans, qui vient de signer son premier CDI. Sophie de Closets arrive en chaussettes. Tout de suite, on comprend pourquoi les deux femmes s’entendent aussi bien. Elles ressemblent à deux copines de lycée, deux « BFF » (best friends for ever, « meilleures amies pour toujours »), la petite brune et la grande châtain : même humour trash, mêmes convictions et une aptitude à jurer assez impressionnante.

 

Convictions républicaines

 

Entre deux blagues, Mme de Closets écoute pourtant attentivement ce que dit Isabelle Saporta, qui continue à dérouler son rapport conflictuel à sa famille politique, la gauche. Elle lui reproche tant de choses. Surtout sa pusillanimité et son abandon des classes populaires. « Ils sont effrayés. Ils naviguent à vue, ils sont dans le court terme, l’indignation immédiate. » C’est pourtant en son sein que l’éditrice a commencé à militer.

 

A Sciences Po, au mitan des années 1990, elle prend sa carte à l’UNEF, puis passe chez SUD-Etudiant quand le syndicat est fondé. « Je n’étais pas un fer de lance, hein, mais ça m’amusait. On avait lancé une grève sur la question des bourses. On avait rebaptisé l’amphi Boutmy amphi Farinelli”. Pour qu’on ne coupe pas les bourses des étudiants. » Un trait d’esprit qui la fait encore beaucoup rire, aujourd’hui. Saporta vendait également Charlie Hebdo dans le hall de la rue Saint-Guillaume. D’ailleurs, elle reste toujours Charlie, aujourd’hui, avec des convictions républicaines très ancrées et ne s’en cache pas : elle publie ainsi le président du Printemps républicain (association qui défend avec véhémence une conception stricte de la laïcité), Amine El Khatmi.

 

Cette volonté de garder le moins possible d’attaches politiques pourrait lui causer bien des soucis dans les mois à venir. La campagne présidentielle va commencer et, si Yannick Jadot remportait la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts prévue en septembre, tout pourrait (encore) se compliquer pour elle. En finissant la bouteille de chablis, la question arrive : que ferait-elle si elle devenait première dame ? Eclats de rire. Puis : « Etre une potiche et fermer sa gueule, non, merci ! Mais les pièces jaunes, j’adorerais. » Et elle conclut : « En tout cas, première dame, ça ferait un bon livre. » Sa patronne valide d’un hochement de tête.

 

Abel Mestre

 

 

5 octobre 2019

Le mystère du petit sécateur du jeune Hubert de Boüard offert par son père enfin élucidé. ICI 

Château Angélus, premier grand cru classé A de Saint-Émilion : cette distinction constitue-t-elle humainement un aboutissement dont tu as toujours rêvé ?


Je ne pensais pas, quand mon père m’a offert ce sécateur, qu’Angélus deviendrait un premier grand cru classé A. J’ai commencé à penser très tôt au fait que je voulais être œnologue. J’ai appris à tailler avec les vignerons d’Angélus. Je montais sur les tracteurs. J’ai toujours été fasciné par ce côté pratique, plein de bon sens paysan. J’ai vécu avec eux. Je suis né au milieu des vignes. Ma vie n’est pas un hasard. Quand on ne sait pas, on est à la merci de ceux qui savent et vous pilotent. Je ne supporte pas d’être piloté. Je ne suis sous domination de personne. C’est peut-être prétentieux, mais c’est comme ça. Je suis comme saint Thomas. Il faut que je voie pour croire. Je suis un homme heureux car j’ai fait ce que j’ai plus ou moins voulu. En réalité, j’ai commencé à penser au classement quand Émile Peynaud est venu me voir, dans les années 1980. Quand il a dégusté des 1953, il m’a dit : « Il y a un terroir, il faut que vous fassiez quelque chose. » Il y a eu des articles de presse puis le classement de grand cru classé B. J’y ai cru. Aujourd’hui, mon bonheur est entier.

 

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