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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 08:00

 

Le 12e se gentrifie, il  « compte parmi ceux qui ont été très chamboulé entre 1960 et 2000. Ont disparu la gare de Vincennes, les entrepôts de Bercy, les lieux que fréquenta Dora Bruder dans son enfance. »

 

 

 

 

À la SVF j’ai connu les derniers jours de Bercy où nous avions des vins entreposés en tiré-bouché*

 

11 avril 2007

Les soigneurs du vin

 

« Nous l'avons vu, Bercy, desservi par la Seine et le chemin de fer, se trouve dans une situation privilégiée pour ses arrivages et ses expéditions. Les wagons-réservoirs amènent jusqu'au seuil de ses magasins les vins de toutes les régions vinicoles. Ces wagons sont vidés au moyen de pompes mues électriquement, et la transfusion dans les cuves des magasins réceptionnaires s'opère par le canal de tuyaux de cuivre étamé extra-fin. Les vins sont reçus dans des fûts, des cuves verrées ou des foudres en bois dont le nettoiement s'opère méticuleusement par des lavages et des brossages intérieurs pour les foudres et les cuves ; par l'échaudage et l'étuvage à la vapeur pour les fûts. [...]

 

Logés dans les magasins, abrités sous les arbres, les vins, aux Entrepôts de Bercy, se trouvent dans les conditions les plus favorables à leur conservation. [...]

 

Les vins de consommation courante, comme les vins vieux destinés à la mise en bouteille, reçoivent les mêmes soins méticuleux. [...] »

 

La suite ICI 

 

 

12 mars 2015

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…

 

Au tout début de ma carrière, les Finances, le gratin des hauts-fonctionnaires c’était Rivoli, mais en dépit de la résistance de Balladur celui-ci fut « déporté » à Bercy dans un navire-amiral de style post-soviétique, œuvre de Paul Chemetov. ICI

 

 

Aujourd’hui Bercy c’est tout à la fois un Palais des Sports où l’on chante aussi et la grande cabane abritant ce qui se veut encore la fine fleur de l’Administration Française

 

La suite ICI 

 

Fleurs de ruine - broché - Patrick Modiano - Achat Livre | fnac

 

Mais c’est dans Fleurs de Ruine que j’ai découvert La Gare de la Bastille.

 

« J’ai connu encore cette ligne au début des années soixante avant […] que la gare de la Bastille ne soit détruite pour laisser la place à un Opéra. La voie courait sur le viaduc de l’avenue Daumesnil dont les arches étaient occupées par des cafés, des dépôts et des commerces. »

 

« En juin-juillet 1943, les parents de Patrick Modiano séjournent quelque temps à la Varenne-Saint-Hilaire. Empruntent-ils la « ligne Vincennes » dont la gare de la Bastille était le terminus ? Située là où s’élève l’Opéra Bastille, elle permettait de relier la capitale à Marles-en-Brie via Brie-Comte-Robert. Le dimanche, ses trains aux voitures vertes emmenaient les parisiens vers les guinguettes de Nogent-sur-Marne ou de Joinville-le-Pont.

 

 

La gare de la Bastille fut la dernière gare parisienne à être desservie exclusivement par des locomotives à vapeur… qui ne manquaient pas d’enfumer généreusement les premiers et deuxièmes étages des immeubles longeant le viaduc. Fin 1969, un calicot fut accroché au-dessus  de la Porte : « ATTENTION, le 14 décembre 1969, fermeture de cette gare au service voyageurs. Report de la tête de ligne à la station RATP NATION. » Désaffectée, la gare accueillit diverses expositions jusqu’à sa démolition, en 1984 »

 

SOURCE : Paris dans les pas de Patrick Modiano - broché - Gilles Schlesser ...

 

©R. Gouault/Coll. D. Leroy

IL Y A 50 ANS… DISPARAISSAIT LA GARE DE PARIS-BASTILLE ICI
 12 mars 2020
- -

Opéra Bastille | Agence-ai.com FR

La décision de la construction

Le président François Mitterrand décide en 1982, sur proposition de son ministre de la culture Jack Lang, la construction d’un nouvel opéra dans Paris, considérant l’opéra Garnier trop petit en jauge et dépassé en matière technique. Il veut un opéra « moderne et populaire ». Pour les besoins de l’époque, on crée en 1983 l'établissement public Opéra-Bastille (EPOB).

L’emplacement de la gare de Paris-Bastille, situé entre la rue de Lyon et la rue de Charenton et au niveau de la place de la Bastille, est choisi. Les travaux débutent en 1984 avec la démolition de la gare de Paris-Bastille, ouverte en 1859 et fermée le .

 

Le concours d'architecture

Un concours pour désigner l’architecte de ce nouvel opéra est lancé en 1983. 1 700 cabinets d'architecte du monde entier y participent. Carlos Ott, un architecte uruguayen et canadien qui remporte le concours le 

 

 

La détérioration de la façade
 
L'opéra Bastille, derrière la colonne de Juillet, vu de la rue Saint-Antoine.

L’État a par ailleurs engagé un procès pour malfaçon en 1991 contre les entrepreneurs en raison de la dégradation très rapide de la façade du bâtiment. Une dalle était tombée en 1990 et avait nécessité la pose de 5 000 m2 de filets de sécurité pour 530 000 euros. Une polémique, de nombreux audits et études vont faire durer pendant de nombreuses années la détermination des torts, la part des assureurs et les montants financiers d’autant plus que les études vont révéler de nouveaux problèmes. Cependant la seule pierre qui soit tombée était collée et non attachée. L’urgence de la livraison pour être prêt pour le bicentenaire de la révolution a conduit à des raccourcis coûteux pour la suite. L’État va finalement gagner ce long procès en 2007 : les constructeurs ont été condamnés à payer neuf millions d’euros pour le remplacement des 36 000 dalles en pierre calcaire de 90 cm × 90 cm. Les études ayant été faites en 2005-2006, les travaux ont pu commencer durant l’été 2007 et ont duré 2 ans.

Avec la vétusté due au temps, les besoins du bâtiment pour les mises aux normes, notamment incendie, sont évalués à hauteur de 12 millions d’euros sur cinq ans jusqu'en 2011 selon un rapport d'information sénatorial.

 

L'extension de l'opéra

En 2016, l’Opéra de Paris obtient 60 millions d’euros pour la construction d’une salle modulable destinée aux répétitions, pouvant aussi accueillir 800 spectateurs. L’emplacement de 1 400 m2 existe dès l’origine mais les travaux ont été continuellement reportés. De plus un nouveau lieu de stockage et de construction des décors sera construits sur le « terrain des délaissés », une zone laissée en jachère entre l'opéra et le viaduc des arts. Les travaux devraient être achevés à l’horizon 2022-2023.

L’espace libéré à cette occasion aux ateliers Berthier, où l’Opéra disposait d’une salle de répétition, d’un atelier pour les peintures de grand format, de stockages pour les costumes et accessoires et d’une zone de réparation de décors, permettra de créer une Cité du théâtre, à l’image de la Cité de la musique du parc de la Villette

Projet opéra Bastille

L'opéra Bastille sera parachevé par un architecte danois ICI 

CARMEN

OPÉRA Georges Bizet

 

Opéra Bastille - du 16 au 31 décembre 2020

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 06:00

Peter Beard - image 2 https://weekend.lesechos.fr/medias/2020/04/20/2340067_photographie-les-mondes-sauvages-de-peter-beard-web-tete-0603067868484.jpg

Vendredi 12 au petit matin je décide de publier, comme chaque jour, dans ma story de Face de Bouc, une photo du grand photographe américain Peter Beard.

 

Dans la seconde qui suivit le robot censureur a frappé :

 

« Vous ne pouvez ni publier ni commenter pendant 24 heures

 

Votre publication ne respectait pas nos Standards de la communauté concernant la nudité ou les actes sexuels »

 

Amoureux fou de la savane kényane et de ses animaux, le photographe américain Peter Beard, décédé, fin avril, à 82 ans, laisse des clichés exceptionnels de la destruction de la vie sauvage en Afrique. L’aventurier défraya aussi la chronique pour ses images des plus belles femmes de son époque.

 

Agnes d’El Molo Bay, Loyangalani, Lake Rudolf, Kenya, 1968-2002.

 

Un beau livre, Peter Beard, éditions Taschen, coll. « xl », 770 pages, 100 €, retrace son parcours.

 

« Laissez Beard seul quelques minutes et les femmes se matérialisent autour de lui comme des champignons après la pluie », une journaliste de « Vanity Fair »

Photo : les mondes engloutis de Peter Beard

Par Stéphanie Chayet

ICI 

 

Deux remarques pour les hypocrites de Face de Bouc :

 

1- Depuis le confinement je reçois sur mon compte des sollicitations de « jeunes femmes » au profil physique très accrocheur, légèrement vêtue, me proposant leurs services : là pas de censure, le biseness est le biseness pour le sieur Zuckerberg qui censure l’œuvre d’un de ses compatriotes photographiant la réalité.

 

Connaissance du monde - Cergy

 

2- Les premiers seins nus que j’ai vus sont ceux des Africaines dans les films projetés par le curé au patronage dans Connaissance du Monde fondée en 1945 par Camille Kiesgen. Le tout premier des conférenciers n'était autre que Paul-Émile Victor. Il relatait son expédition sur la traversée du Groenland en février 1943. Après le succès médiatique de cette première conférence salle Pleyel à Paris, de très nombreux grands noms de la découverte et de l'aventure vinrent raconter leurs voyages sous l'égide de « Connaissance du Monde ». Parmi eux : le commandant Cousteau, Maurice Herzog, Louis Lachenal, Haroun Tazieff, Alain Bombard, Marcel Isy-Schwart, Arnaud Desjardins, Jean Raspail, René Vernadet, Maurice et Katia Krafft, Vitold de Golish, la famille Mahuzier, Jacques Villeminot, Antoine, Olivier Föllmi, etc.

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 06:00

Modèle du virus SARS-CoV-2 en 3D, proposé par le studio Visual Science, le 11 mai.

Et si le fameux système, perverti par le serpent de mer du « néo-libéralisme », gonflé comme un soufflé par une débauche de mondialisation sauvage, d’externalisation à tout va, de consommation effrénée de produits importés de Chine, Vietnam, Bangladesh…, enserré  par le FMI dans une stricte discipline financière, ligoté par  des plans d’austérité aux effets contre-productifs, cache-sexe pour nous gaulois de nos faiblesses, de nos renoncements et de nos mauvais choix, venait d’être sauvé par la crise sanitaire qui oblige les dirigeants à jeter aux orties les outils forgés par des économistes dont l’art consiste à se planter systématiquement.

 

 Souvenirs :

 

VIVE LA CRISE !  Le sous-titre étonne : La grande mutation des années 80, racontée par Yves Montand. ICI 

 

 

C'était un dimanche ensoleillé d'avril de 2007, à un grand vide-greniers de la rue de Flandres, le numéro spécial de "Libération" Antenne 2 de février 1984, à même le sol, perdu dans une marée d'objets hétéroclites, me sautait aux yeux. Quel bonheur que de se retrouver projeté 23 années en arrière !

 

J'achetais bien sûr.

 

THE BIG SHORT: LE CASSE DU SIÈCLE", BANDE-ANNONCE - Planète Cinéphile

Puis il y eu la fameuse crise des subprimes en 2008

 

Bernard Madoff

 

Arrêté fin 2008 pour escroquerie, il a été condamné à 150 ans de prison pour avoir monté la plus gigantesque chaîne de Ponzi de l'Histoire. L'ex maître-nageur sauveteur à Long Island a fini par couler de nombreux investisseurs avec une escroquerie (estimée à près de 50 milliards de dollars) révélée par la crise financière de 2008. « Bernie » est devenu une star - incarné par Robert de Niro dans le téléfilm The Wizard of Lies sur HBO - en prison. Et il n'aurait pas perdu la main. Un journaliste a en effet révélé qu'il a monopolisé la totalité du chocolat en poudre pour le revendre plus cher dans la cour de la prison. Ce qui ne l'empêcherait pas d'être vu comme un « héros » par ses codétenus. Selon un ancien compagnon de cellule, quand il ne spécule pas sur la poudre (en chocolat), « Bernie » écouterait du rap et passerait son temps à la bibliothèque pour lire des livres de finance, mais aussi l'histoire du Petit Lord Fauntleroy.

 

« Ils savaient que les contribuables les renfloueraient. Ils n'étaient pas stupides, ils s'en foutaient ».

The Big Short : Le casse du siècle (2015)

 

Histoire vraie tirée du bestseller The Big Short: Inside the Doomsday Machine (À l’intérieur de la machine de la fin du monde), le cynisme et l’amoralité d’une certaine finance est encore plus marquée. On suit un trio de jeunes financiers interprétés brillamment par Brad Pitt, Christian Bale, Ryan Gosling. Ils découvrent la faiblesse du système de financement immobilier aux États-Unis.

 

Anticipant à plus ou moins long terme la crise des subprimes, ils vont parier sur la faillite du système. Les autres banques les regarderont agir sans y croire, tandis que leurs propres clients s’inquiéteront de ce pari. Alors qu’une partie du monde sera ruinée, les trois financiers feront fortune. « C'est un très bon film », estime l'investisseur Steve Eisman, qui a inspiré l’un des personnages, et dont le portefeuille est passé de 700 millions de dollars à 1,5 milliard durant la crise.

 

2020, la crise du Pangolin !

 

Billets de banque de différents pays ou régions. — © JASON LEE/REUTERS

 

La dette explose. Et alors?

 

Les gouvernements n’ont guère eu d’autres choix que d’avancer des dizaines de milliards pour éviter une catastrophe économique. Beaucoup craignent un endettement qui pèsera sur les prochaines générations dans les pays occidentaux. A l’inverse, il pourrait leur offrir une croissance plus durable

Mathilde Farine

 

Publié jeudi 11 juin 2020 ICI 

 

Rarement, en temps de paix, les gouvernements ont à ce point ouvert les vannes budgétaires. Les uns après les autres, à coups de dizaines de milliards de francs, d’euros, de dollars, les Etats ont injecté des liquidités dans des économies qu’ils ont eux-mêmes dû mettre provisoirement à l’arrêt.

 

Vertigineux?

 

Peut-être, mais c’est une bonne chose:

 

«Ils ont vite réagi, cela montre qu’ils ont tiré les leçons de 2008 où, en Europe surtout, ils avaient fait une erreur de diagnostic, en pensant que l’économie allait rebondir d’elle-même rapidement et fortement», une fois la tempête passée, assure Mathilde Lemoine, cheffe économiste à la banque Edmond de Rothschild.

 

Les chiffres sont spectaculaires.

 

En absolu et ramenés aux économies de chaque pays. Juste en dessous de 10% du PIB en Suisse, juste en dessus aux Etats-Unis, plus de 30% en Allemagne. Pourtant, ils le sont moins lorsqu’on les compare aux trous béants créés par la crise sanitaire: «Le Seco avance une perte de PIB de 25%. Les mesures prises, même si elles sont impressionnantes, ne la compensent pas», nuance Mathilde Lemoine, qui s’attend à une deuxième phase de relance.

 

Début de la phase deux

 

Le creusement des déficits n’est donc peut-être pas fini. Parce qu’après avoir paré au plus pressé pour éviter des faillites et un chômage de masse, s’être assuré que la machine reparte dès que possible, il faut maintenant se concentrer sur l’investissement, qui créera les conditions de la croissance, ajoute Valentin Bissat, économiste chez Mirabaud Asset Management.

 

Si les emprunts n’évoquent a priori rien de positif, c’est en partie le fait de préjugés. Ou d’exemples de pays où la gestion financière a mal tourné, de fiascos historiques qui ont laissé des traces dans la mémoire collective. Or la crise n’est pas inéluctable. D’abord, elle est rarement le fait de la seule dette elle-même. Ensuite, les exemples d’endettements massifs, résorbés avec le retour de la croissance, existent aussi. Enfin, si les montants asphyxient une économie, des solutions existent et ne cessent d’être inventées.

 

Les emprunts, en soi, ne sont donc pas mauvais. S’endetter est même nécessaire pour des pays comme la Suisse, guetté par le vieillissement de la population et dont la croissance potentielle est faible: «L’augmentation de la croissance en Suisse ces dernières années avait résulté de la hausse de la population. Or cette dernière, qui compensait la productivité faible, est stabilisée. Donc pour que le soufflé ne retombe pas, il faudrait investir dans les infrastructures et encourager l’investissement privé», reprend Mathilde Lemoine.

 

Financer la transition énergétique

 

A défaut, la Suisse et nombre de pays européens auront un problème: «Des dépenses publiques qui n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la crise de 2008, couplées à un sous-investissement privé ont entraîné un vieillissement du stock de capital [le patrimoine non financier d’une économie, ndlr]. Or si cela continue, le potentiel de croissance va encore diminuer et rendra plus difficile le remboursement des dettes qu’elles soient publiques ou privées.»

 

Dans ce sens, ce n’est pas la dette qu’il faut craindre, mais le manque de dette qui trahirait de trop faibles investissements. Et qui empêcherait par exemple de financer la transition énergétique que de nombreuses personnes appellent de leurs vœux.

 

D'ailleurs, «le Fonds de relance européen « Next generation EU » change la donne. En investissant plutôt qu’en voulant gérer les dettes du passé, les chefs d’États et de gouvernement européen évitent un nouveau déclassement de la zone euro et son risque d’éclatement», ajoute Mathilde Lemoine.

 

Peur psychologique

 

Si on craint autant la dette, c’est en partie parce qu’on l’associe à un boulet qui freinera la croissance future, nourrira l’inflation ou l’hyperinflation.

 

Qu’on a ainsi créé une «peur inconsciente» exagérée. Pendant des décennies, le Fonds monétaire international (FMI) a imposé une stricte discipline financière pour fournir des prêts, arguant que trop de dette freinerait la croissance.

 

2 experts de renommée mondiale l’ont même théorisé, Kenneth Rogoff et Carmen Reinhart, avant de se rendre compte qu’une erreur avait faussé tous leurs calculs, qui avaient établi à 90% du PIB un endettement qui freine la croissance. «Tout comme la zone euro avait fixé la limite à 60% du PIB, parce que c’était la moyenne au sein des pays membres avant l’introduction de la monnaie unique, pas parce que la théorie économique le recommandait», rappelle Valentin Bissat. On a utilisé ces théories lors de la crise de l’euro, avant de se rendre compte que les plans d’austérité avaient un effet contre-productif.

 

En outre, on raisonne, à tort, comme des ménages, déplorent les tenants de la théorie monétaire moderne toujours plus en vogue et incarnée par la professeure d’économie à New York Stephanie Kelton. Pour elle, on est tombé dans un piège linguistique en assimilant le vocabulaire des ménages qui doivent par exemple «se serrer la ceinture» à un Etat : rapportés à un individu, les «déficits» deviennent quelque chose à éliminer, alors que l’Etat, lui, ne fonctionne justement pas de la même manière. L’économiste se met en porte-à-faux avec l’idée que, pour dépenser, il faut d’abord savoir comment payer. Le marché obligataire et la banque centrale sont là pour veiller à ce que la pompe ne se tarisse pas. La contrainte budgétaire n’existant tout simplement pas, la vraie limite se trouve ailleurs: lorsque les dépenses publiques risquent de provoquer une surchauffe économique et de l’inflation.

 

La réaction à cette crise sanitaire s’apparente d’ailleurs déjà à une application de cette théorie, relèvent des économistes de Pictet dans une étude. Au moins dans une forme adoucie: les gouvernements empruntent, les banques centrales rachètent les créances et maintiennent les taux d’intérêt à des niveaux bas, évitant ainsi que le paiement des intérêts ne devienne ingérable.

 

Il faudra donc peut-être s’habituer à cette présence, finalement pas si menaçante, d’une montagne de dette. Et accepter que sa réduction doive prendre des décennies pour ne pas entraver la croissance. Dans une hypothèse de taux bas pendant une longue période, schématiquement, «les jeunes générations, qui ont tendance à consommer ou emprunter davantage, s’en sortent dans ce contexte mieux que les plus âgés, dont l’épargne stagne», souligne Valentin Bissat. Ils s’en sortiront d’autant mieux si ces emprunts servent à stimuler une croissance plus durable, plus verte.

Une dette publique à 120 % n’est « pas en soi une catastrophe », juge le président de la Cour des comptes ICI 

 

Dans un entretien à « L’Opinion », Pierre Moscovici, qui a pris ses fonctions le 3 juin, argue que « quand la dépense est justifiée par des raisons exceptionnelles, économiques ou sociales, quand elle est bien utilisée, elle est légitime ».

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 06:00

Fricandeau à l'oseille de Didier - France 3 - 05-06-2020

La Mothe-Achard se situe à équidistance entre le chef-lieu du département : La Roche-sur-Yon, au nom fluctuant, et Les Sables d’Olonne, sous-préfecture balnéaire.

 

De mon temps, pendant les congés payés d’été les voitures des vacanciers défilaient devant le Bourg-Pailler et nous nous amusions à les décompter selon leurs marques et leurs cylindrées. Au carrefour de la pharmacie Mignen, à gauche pour les Sables d’Olonne, les riches, à droite pour Saint Gilles Croix de Vie pour les plus modestes.

 

C’est fini, la nationale n’est plus qu’une minable départementale, à la manière de Jean Yanne qui haïssait les départementales, les bagnoles filent à toute vapeur sur l’autoroute.

 

Pour aller à la plage nous prenions le car Citroën en provenance de Nantes.

 

Les michelines pour les Sables d’Olonne faisaient haltes en gare de la Mothe-Achard maintenant les TGV du grand escogriffe de Villiers pour les Sables d’Olonne ne s’arrêtent plus à la gare de La Mothe-Achard.

 

Nous allions au ciné Au Modern sis sur le remblai.

 

Les marins Chaumois avinés foutaient le bordel dans les bals.

 

J’ai suivi ma terminale Philo à l’Amiral Merveilleux du Vigneau…

 

Mon oncle Gilbert, dit Gomina, marié à Agnès la sœur de ma mère, a pris sa retraite à La Chaume, de l’autre côté du port des Sables d’Olonne.

 

Mon copain d’enfance, Dominique Remaud, le fils de Louis et de Madeleine Remaud les boulangers, a terminé sa brillante carrière de pharmacien à La Chaume ; il a fait un peu de politique municipale.

 

Ça fait un bail que je n’ai mis les pieds aux Sables d’Olonne…

 

Mais voilà t’y pas que l’ancien maire des Sables-d’Olonne, Didier Gallot, ancien juge, à l’origine du festival consacré à Georges Simenon aux Sables-d’Olonne, fan de Fillon, vient de passer de la cuisine politique aux fourneaux pour l’émission de France 3 les Carnets de Julie qui consacre un numéro à la cuisine de Georges Simenon.

 

Découvrez Maigret et son mort de Georges Simenon sur NousLisons.fr

 

Point de banquette de veau si chère à Maigret au menu pour l’ancien maire des Sables-d’Olonne.  Didier Gallot a préparé un fricandeau à l’oseille : une fricassée de veau associée à de l’oseille et mélangée à des épinards. Ce plat apparaît dans plusieurs romans, notamment « Maigret et son mort».

 

« Et si nous allions à la Brasserie Dauphine. C’est le jour du fricandeau à l’oseille me semble-t-il. »

 

 

Double crime aux Sables-d'Olonne : La Dernière enquête du commissaire Grasset de Didier Gallot

 

L’émission « A la table de Simenon » a été tournée en début d’année à Fontenay-le-Comte. Elle a été diffusée le samedi 6 juin 2020 à 16 h 15 sur France 3

Maigret -1- Maigret et son mort

Maigret et le marchand de vin - Georges Simenon - Babelio

L'affaire Maigret. Les 10 vins et spiritueux du commissaire ICI

Suivre les enquêtes de Jules Maigret, c'est s'aventurer dans tout ce que la France produisait comme alcools et vins dans les années trente à soixante.

 

Publié le 

 

 

Jules Maigret, fils d'un régisseur de château du côté de Moulins, devenu le flic le plus célèbre de France grâce à Simenon, possédait un lever de coude à provoquer un tennis-elbow et une descente qu'aucun cycliste n'aurait souhaité remonter. Déjà en temps « normal », il passe facilement du sauvignon au calvados, sans oublier l'étape demi de bière pour faire descendre les sandwichs les soirs d'interrogatoire. Mais, quand il s'enrhume, alors là, c'est l'enfer. C'est le cas dans « Maigret et le marchand de vin », où le fin limier tousse, mouche et dépasse les 38° de température. La méthode de soins façon Maigret est assez radicale : deux verres de marc avec le père de la victime, un grog bien tassé côté rhum, un cachet d'aspirine et au lit.

 

La suite ICI 

 

Et on pourrait ainsi faire défiler muscadet, sancerre : Maigret, qui devait pour sa retraite se retirer en Touraine, avait un petit penchant pour les vins de Loire, sans pour autant bouder toutes les autres richesses alcoolisées dont la France s'enorgueillissait au temps où Georges Simenon faisait vivre le personnage. Tellement présent dans la ville et dans le quartier proche du Quai des Orfèvres, où se trouvait la PJ collée au palais de justice, qu'à la pointe de l'île de la Cité, entre Pont-Neuf et place Dauphine, Robert Cointepas, qui tenait le bistrot à vins La Taverne Henri IV, avait fait poser sur une des tables une plaque signalant qu'il s'agissait de celle du commissaire Maigret…

Maigret et le marchand de vin (1978)

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 06:00

Pont de Pirmil - Wikiwand

La seconde partie de bac en poche direction la Faculté de Droit de Nantes, simple annexe à l’époque de la prestigieuse Faculté de Droit de Rennes, les profs des matières prestigieuses étaient tous Rennais, les bâtiments étaient en préfabriqués nichés dans la verdure de la Jonelière aux bords de l’Erdre.

 

Je logeais rue Noire au rez-de-chaussée d’une maison de ville dont l’étage était occupé par une vieille dame glavioteuse qui bouffait des gâteaux secs devant sa télé en noir et blanc ; le loyer était modeste car je devais assurer le service de la chaudière à charbon située dans ma cuisine qui donnait sur un petit jardin.

 

La ville de Nantes avait, comme beaucoup de ville, mis au rencart ses tramways. Le 29 janvier 1958, le tramway nantais cesse de fonctionner ; à partir de cette époque, les dessertes seront effectuées par des autobus jugés plus rentables. (3)

 

Je me rendais donc à la Fac à vélo.

 

Tous les week-ends je rentrais à la Mothe-Achard. J’aurais pu prendre le train Nantes-La Roche-sur-Yon changement pour Les Sables d’Olonne avec arrêt à la Mothe-Achard, mais j’étais plus fauché que les blés donc je pratiquais l’auto-stop.

 

Nantes, toue de pêche à l'alose, pont de Pirmil

NANTES avant & en 39/45: NANTES pont de Pirmil Dynamitage du pont de Pirmil le 16 août 1944 | Nantes, Nantes ... Pont du bras de Pirmil à Nantes - Marc Mimram

 

Nantes est une ville à ponts.

 

Passer le pont de Pirmil, Rezé, pour aller me poster aux Sorinières pour tendre le pouce : Saint-Philbert de Bouaine, Rocheservière, Les Lucs-sur-Boulogne, Belleville, La Roche-sur-Yon… arrivée au Bourg-Pailler…

 

Lorsque j’eus acquis, avec mes petits sous gagnés, la 2 CV du curé, le parcours n’était pas le même je passais aux abords du Lac de Grandlieu pour rejoindre les Sorinières, mais j’allais buter sur un bras de la Loire qu’il fallait enjamber au pont de Pirmil.

 

Le pont de Pirmil fut pendant longtemps le seul accès possible à la ville de Nantes par le sud. Elément primordial de la première ligne de ponts, il permet de traverser le bras de Pirmil, le plus large et tumultueux des bras de la Loire.

 

La date de construction du premier pont de Pirmil est inconnue néanmoins selon les historiens on peut la situer entre le IXe et le XIe siècle. Les matériaux alors utilisés pour sa construction sont inconnus, mais on sait que le pont était un édifice essentiellement fait de pierre au XIVe siècle.

 

Seule voie d'accès à la cité depuis la rive sud de la Loire, le pont de Pirmil fut un édifice majeur pour Nantes du point de vue économique et militaire. C'est pourquoi l'entrée sud du pont fut fortifiée au milieu du XIVe siècle sur ordre du duc de Bretagne Jean IV. Une forteresse y fut élevée afin d'en commander l'accès, elle prouva son efficacité à plusieurs reprises notamment en 1793 lors de l'avancée des armées vendéennes. Elle fut démolie en 1849. ICI  

 

Sur l' pont de Nantes un bal y est donné.

Sur l' pont de Nantes un bal y est donné.

 

La belle Hélène voudrait bien y aller.

La belle Hélène voudrait bien y aller.

 

Ma chère mère m'y laisserez-vous aller?

Ma chère mère m'y laisserez-vous aller?

 

Non, non ma fille vous n'irez point danser.

Non, non ma fille vous n'irez point danser.

 

Monte à sa chambre et se met à pleurer.

Monte à sa chambre et se met à pleurer.

 

Son frère arrive dans un bateau doré.

 

Alors ce matin, je vous offre ce beau texte d’Aurélien Bellanger : La LOIRE

 

On tombe parfois, dans les faubourgs de Nantes, sur des petites maisons blanches de plain-pied recouvertes de tuiles. Ce sont des maisons vendéennes. Si elles sont majoritaires, dans les quartiers pavillonnaires du sud de la Loire, on en trouve ainsi quelques-unes, égarées, sur l´autre rive, où elles côtoient des maisons plus bretonnantes : les maisons nantaises traditionnelles, avec leurs cuisines à l’étage et leurs balcons ceints d’une mantille de ferronnerie noire, et ces grandes maisons à pignons pointus, à murs blancs et à bossages granitiques qui viennent rappeler que la Bretagne est toute proche et que le catholicisme, cette grande religion triste et digne, n’est pas si éloignée encore.

 

C’est cela, la Loire, à Nantes : une typologie binaire du bâti pavillonnaire. Ardoise et tuile, morgue armoricaine au nord et simplicité marécageuse au sud, une dualité encore accentuée par la présence, au-delà des faubourgs de Nantes, de l’austère Châteaubriant au nord et de l’italianisante Clisson au sud.

 

Nantes de nouveau capitale

 

Nantes, capitale déchue de la Bretagne, se retrouve là en position de capitale — la capitale des deux Frances, celle du Nord de la Loire et celle du Sud.

 

Il n’existe pas en France de frontières plus profondes et Nantes est à peu près le seul endroit où elle est aussi immédiatement visible.

 

La Loire est le reste du temps plus ouverte et plus vague.

 

Elle est l’été presque à sec, comme un long désert de sable, et elle disparait chaque hiver dans les remous qui noient ceux qui tentent de la traverser à la nage pour le changement d’année.

 

C’est le seul fleuve entièrement français, apprenait-on autrefois à l’école, le seul fleuve dont aucun des affluents ne dépasse les frontières sacrées de l’hexagone.

 

Au temps des Valois le fleuve aura même servi de capitale indécise à la France.

 

Comme Paris, en comparaison, a l’air vissé à son sol : crocheté pierre à pierre dans le calcaire lumineux du lutétien, remonté à la main des profondeurs de ses catacombes, réassemblé comme une gigantesque serrure à combinaison — Paris comme un sablier qui remonterait le temps, le sable aggloméré de son sol jaillissant par les trous d’homme des anciennes carrières jusqu’aux boucles de convection de sa visqueuse cathédrale. 

 

La suite ICI 

 

« Remonter la Loire depuis Nantes oblige à réformer son image mentale de la France.

 

Le fleuve, dont on avait fini par accepter les caprices, allant même jusqu’à entrevoir une solution mathématique de son cour en spirale — une suite de Fibonacci (1) quasi parfaite —, le fleuve enfin, près de sa source, hésite une dernière fois et dessine une boucle à l’envers, un crochet vers l’est, vers l’extérieur du Massif Central nourricier, comme s'il cherchait à s’enrouler autour de la cheminée volcanique bizarrement préservée du Mont Gerbier de Jonc — un objet presque plus exotique encore qu’une de ces longères vendéennes (2) qu’on aurait laissé construire, dans un moment de distraction, au nord de Nantes. Ou qu’une Unité d’Habitation corbuséenne qu’on aurait laissé s’échapper par-dessus les toits en terre cuite de la rive sud. »

 

L'Afrique et les fractales : une extraordinaire épopée | Suite de ...

 

(1) La suite de Fibonacci doit son nom au mathématicien italien Leonardo Fibonacci qui a vécu au XIIème et XIIIe siècle. Il est connu pour avoir introduit et popularisé en Europe et en Occident la numérotation indo-arabe qui a remplacé pour les calculs la notation romaine peu pratique aux opérations arithmétiques.

 

Mais il est aussi connu pour avoir mis en évidence une suite mathématique qui porte désormais son nom. Dans la suite de Fibonacci, il n’est pas nécessaire de mémoriser chacun des termes ou nombres de la suite (qui est d’ailleurs infinie). Il suffit de se rappeler sa règle de construction: à l’exception des deux premiers, chaque terme de la suite est égal à la somme des deux termes qui le précèdent immédiatement, dit autrement il s’agit d’une suite de nombres dans laquelle tout nombre (à partir du troisième) est égal à la somme des deux précédents:

 

1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89,…

 

Il suffit de prendre deux nombres de départ. Les ajouter donne le troisième, puis le deuxième + le troisième donne le quatrième et ainsi de suite. Les termes de cette suite sont appelés nombres de Fibonacci. ICI 

 

(2) La longère est, en architecture rurale, une habitation étroite, à développement en longueur selon l’axe de la faîtière, aux accès généralement en gouttereau (mais parfois en pignon). Répandues dans de nombreuses régions françaises, les longères étaient de manière générale l'habitat des petits paysans et artisans.

 

La longère de la Thébine - Les Brouzils - Gites & Chambres d'Hôtes ...

La longère de la Thébine - Les Brouzils

 

(3) L'exploitation commerciale du premier tramway nantais débuta le 13 décembre 18792 avec des motrices à air comprimé qui reliaient Doulon (à l'est) à la Gare Maritime (à l'ouest). Le tramway était alors surnommé le « Péril jaune »

 

 

 

 

 

Le réseau fut ensuite électrifié à partir de 1911 jusqu'en 19172, année qui vit la disparition des tramways Mékarski à air comprimé. Puis, il se densifia progressivement allant jusqu'à compter 20 lignes desservant 14 itinéraires bien distincts dans les années 19303. Les bombardements durant la Seconde Guerre mondiale provoqueront de sérieux dégâts au réseau et entamera le début du déclin pour le tramway

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 06:00

 

Au temps du confinement, chaque soir tombait le décompte des morts du Covid 19

 

Le GORAFI

En pleine pandémie, il déçoit tout le monde en décédant de mort naturelle

Publié le 31/03/2020

 

Laval – Denis Delaunay, un retraité de 78 ans, est mort paisiblement dans sa maison, alors même que la pandémie de coronavirus fauche des centaines de vies chaque jour dans le pays. Une mauvaise surprise pour son entourage.

 

« Honnêtement, on l’a quand même mauvaise » déclare Annie, 51 ans, la fille aînée de Denis, décédé dans la nuit. « Il est mort dans son lit, tranquillement, sans même une mauvaise toux ou une montée de fièvre. On ne pourra pas dire que le coronavirus l’a emporté, et que c’est la faute des Chinois ou du gouvernement. Je suis un peu dégoûtée ». Son frère René, 49 ans, partage cet avis et nous livre ses impressions : « Il respectait scrupuleusement le confinement, il se lavait les mains 10 fois par jour, alors forcément il l’a pas attrapé… On aurait bien aimé que la télé vienne nous filmer quand même, pour qu’on témoigne, mais même ça, il nous l’a pas laissé ».

 

La déception est palpable chez toute la famille, et le caractère prudent de Denis agace. Antoine, son petit-fils n’en revient toujours pas : « Il a même rédigé un testament pour répartir équitablement son héritage, pour qu’il n’y ait pas d’histoires entre nous. Là encore, c’est vraiment dommage. Je pensais vraiment qu’il y aurait des surprises, et qu’on aurait pu découvrir une maîtresse ou un fils privilégié. On a vraiment l’impression d’être une famille banale ». Sylvie la fille cadette ajoute alors « Banale de chez banale ! » ce qui n’apporte rien au débat mais nourrit encore la rancune que la famille a aujourd’hui contre Denis.

 

L’enterrement aura lieu après-demain au cimetière communal, mais déjà certains membres de la famille ont déclaré qu’ils « boycotteront l’évènement »

 

Francis Blanche

 

« Les huîtres meurent dans le citron, les truites dans le court-bouillon, les langoustes au fond d’un chaudron, les dindes dans les marrons, la rascasse dans l’aïoli, les maharadjas dans le patchouli, les doux  dingues dans la folie et les généraux dans leur lit. Mais quand sonne leur heure, les escargots meurent debout, debout dans l’ail et le beurre. »

 

 

Revenons aux choses sérieuses :

 

Michel Piccoli est mort le 12 mai à 94 ans a annoncé sa famille des suites d'un accident cérébral à Saint-Philbert-sur-Risle, dans l'Eure.

 

Jean-Loup Dabadie est mort, le 24 mai, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, d’une autre maladie que le Covid-19, a précisé son agent. Il avait 81 ans

 

Nicolas et Victoria Bedos, les deux derniers enfants de Guy Bedos, ont annoncé la mort de l’artiste en fin d’après-midi, jeudi 28 mai. Il était âgé de 85 ans. Jérôme Garcin, qui lui a rendu hommage dans un texte bouleversant. Il y révèle que Guy Bedos était atteint de la maladie d’Alzheimer. 

 

« A la fin, il avait tout oublié. Jusqu’à son inscription prémonitoire au comité d’honneur de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité. Frappé par la maladie d’Alzheimer, Guy Bedos ne reconnaissait plus les siens, ni lui-même », écrit-il dans l’Obs. Et d’ajouter : « Il n’eut pas davantage l’occasion de pleurer, le 24 mai, la disparition de son indéfectible complice Jean-Loup Dabadie, qui lui avait écrit tant de sketches, parmi lesquels Bonne fête Paulette ou le Boxeur, mais dont le visage de prince italien ne lui disait plus rien. »

 

Édouard Limonov, en 2011, lorsqu’on lui demande de quoi il a peur, il répond : «  De mourir dans mon lit. »

 

Le diable est mort Édouard Limonov a rendu les armes à 77 ans, d’un cancer dans un lit d'hôpital en Italie. Le diable aimait aussi le soleil.

 

«Personne ne peut réellement traiter de la mort qu’il n’a pas connue ; de la souffrance, oui».

 

Selon Ivan Illich [1926-2002]

 

«Dans toute société, l'image dominante de la mort détermine la conception de la santé». Partout où a pénétré la civilisation médicale des pays avancés, une nouvelle image s'est implantée. C'est celle de la «mort technique» ou de la mort inopportune. Elle succède à celle de la «mort naturelle » ou de la mort opportune, qui, elle a succédé à la «mort primitive». La «mort primitive» résulte de l'intervention d'un agent surnaturel ou divin. C'est un idéal relativement récent que celui de la «mort naturelle», c'est-à-dire d'une mort devant survenir chez des êtres médicalement «suivis», bien portants et avancés en âge. L'auteur se préoccupe, dans le présent chapitre de la Némésis médicale, de l'image de cette mort naturelle et de son évolution durant les quatre siècles où elle fut commune aux civilisations occidentales.

 

La suite ICI 

 

La distinction entre mort naturelle et mort violente remonte à Aristote et présente d’emblée un paradoxe, puisque, de façon exceptionnelle dans le système péripatéticien où ce qui est naturel s’identifie au bien, la naturalité de la mort ne l’empêche pas d’être un mal, pour l’homme, dès lors qu’elle est dépassée par une naturalité plus forte : car les hommes se caractérisent par leurs «appétit d’éternité», « et c’est à cette fin que visent toutes leurs actions lorsqu’elles suivent la nature [1]

 

Manifestant une remarquable pérennité, cette distinction, engageant d’autres paradoxes, organise encore aujourd’hui l’univers du droit, qui ajoute cependant la catégorie de mort suspecte, laquelle semble devoir se dissoudre, une fois l’enquête médico-légale menée, dans l’une ou l’autre catégorie. Toute définition juridique est par essence dans un sens figée, et en même temps ouverte, puisque c’est à la justice que revient la qualification ultime. En l’occurrence, ce qui paraît une mort naturelle – un cancer de la plèvre – peut devenir, après enquête et jugement, une mort violente, avec responsabilité délictuelle et dommages et intérêts : exposition d’un travailleur à des éléments cancérigènes sur les lieux de travail.

 

Ce n’est pas le travail des légistes que de s’intéresser philosophiquement à la mort, et d’une certaine façon la biologie semble être mise au premier plan, puisqu’ils sont des médecins, pour pouvoir mieux reculer. Cette spécialité médicale singulière est étroitement liée à la justice, tout en étant totalement autonome par rapport à elle. C’est elle qui fait parler la mort, dans la mesure où elle accole à la mort un de ces trois qualificatifs, naturelle, violente ou suspecte, si bien que la qualification par des adjectifs arrache la mort à la mort, c’est-à-dire renvoie la mort à des causes ; comme si tout le monde savait que la mort en tant que telle n’est rien, selon l’antique pensée, exprimée par exemple dans le vers 636 des Troyennes, « le non être est égal à la mort ».

 

L’adjectif marque la volonté, pour les vivants, que la mort soit tout de même quelque chose, quelque chose qui arrive à celui qui était vivant, comme à ceux qui lui survivent et continuent de parler de la mort. La nécessité d’attendre que la justice passe refroidit considérablement la mort ; il est insupportable pour ceux qui restent (les parents, amis, etc.) que la violence d’une mort criminelle soit alignée avec la violence d’un accident. Les différentes sortes de violence qui organisent la catégorie de mort violente (accident, catastrophe naturelle, délit, crime, suicide) sont-elles si différentes qu’il conviendrait de transformer le droit pour répondre à la subjectivité des victimes et de leurs ayants-droit ?

 

Toute mort est violente, toute mort est naturelle

 

La mort est pour celui qui meurt simplement la fin de sa vie. La simple distinction entre mort naturelle et mort violente ne fait pas grand sens, non plus que celle entre la mort et le mourir : si la mort est ce qui précède le mourir comme conscience de la fin de vie inéluctable et ce qui lui succède comme l’absence de vie, point n’est besoin, pour méditer sur l’inéluctabilité de la mort, de pouvoir anticiper les conditions du mourir.

 

Ces oppositions – mort violente et mort naturelle, la mort et le mourir – créent une scission au sein d’un événement qui est en fait un et le même, pour celui qui le vit. Du reste, hormis le cas du suicide, dans les traditions religieuses, le destin du sujet après sa mort n’est pas déterminé par les conditions de sa mort, qui ne comptent pas, mais par son comportement dans sa vie. Tout au plus, dans une conception superstitieuse ou mythique, le contenu de son existence peut déterminer sa mort : ainsi d’Empédocle, penseur du feu et « naturellement » mort dans les fournaises de l’Etna, interprété par Gaston Bachelard (chapitre ii de la Psychanalyse du feu) ou de la prétendue action d’un dieu vengeur que réfute du reste par exemple Jésus-Christ avec le cas de l’effondrement de la tour de Siloé (Évangile de Luc, 13). Assurément dans les mentalités primitives, on imputait à une faute de l’homme le déchaînement de la nature, réputée douce sans l’homme – ainsi du déluge qui aurait détruit l’humanité s’il n’y avait eu Noé.

 

L’événement de la mort est fondamentalement un : il est un par la certitude de la mortalité et par la façon dont cette conclusion révèle l’absurdité de la vie. À l’aune de l’absurdité de l’existence, une aune qui nous éloigne de la biologie, comme le voulait déjà Aristote par la mise en avant du désir d’éternité, une catégorie autre que la mort naturelle serait plus judicieuse à opposer à la mort violente, en tout cas plus explicite : la mort non motivée.

 

La sagesse du droit : mort naturelle, mort violente, mort suspecte

Sylvie Taussig dans Le Philosophoire 2016/1 (n° 45), pages 73 à 83

La suite ICI 

Amazon.fr - Mort ou est ta victoire - ROPS DANIEL - Livres

« MORT OU EST TA VICTOIRE ? » UN MAUVAIS FILM SUR UN BON ROMAN

Par H. F. Publié le 02 décembre 1963

 

L'Office catholique international du cinéma a présenté en avant-première aux pères du concile un film d'Hervé Bromberger tiré du roman " Mort où est ta victoire ? ", de Daniel-Rops.

 

De cette œuvre de jeunesse de l'académicien français, nous avions gardé un excellent souvenir. Il a été singulièrement abîmé par la Lande projetée à Rome. Sauf quelques rares séquences, ce film nous a paru trahir le livre par sa psychologie rudimentaire, son caractère officiel et surtout terriblement prétentieux.

 

Le rôle du prêtre est exécrable. C'est de la contre-apologétique.

 

PASCALE AUDRET GABRIELE FERZETTI MORT OU EST TA VICTOIRE ? 1964 ...

 

Pascale Audret joue de son mieux les situations abracadabrantes qui ne semblent guère la concerner. Qu'est allée faire dans cette galère une actrice d'une féminité si émouvante ?

 

Les pères du concile n'ont vraiment pas de chance. Déjà " le Cardinal "... Espérons qu'ils ne seront pas tentés de juger le cinéma moderne sur des projections aussi médiocres qui croient échapper au genre " patronage " en tombant dans le drame à bon marché.

Mort, où est ta victoire ? - Film (1964) - SensCritique

Médecine Légale – Les différents types de mort ICI 

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 08:00

 

Chaîne de montage de la 2CV dans l’usine Citroën de Levallois (vers 1981).

Pour qui, comme moi, a vécu mai 68, à 20 ans, au cœur de la Commune de Nantes, le livre de Robert Linhart, L'établi, aux Editions de Minuit, éclaira ma lanterne sur ces intellectuels qui s’embauchèrent comme simple OS dans les usines. Pour peu de temps pour la plupart, ce fut le cas de Robert Linhart.

 

Amazon.fr - L'établi - Robert Linhart - Livres

 

« Dans cet ouvrage étincelant comme une pièce d’usinage, net et précis, l'intellectuel proche de Louis Althusser raconte son expérience de manœuvre à l’usine Citroën de la Porte de Choisy, en 1968. Tout y est dit de la pénibilité des tâches, de la violence du management, du racisme décomplexé, de l’anéantissement de la volonté individuelle ou encore de la psychologie de la grève. Ce témoignage, le fondateur du mouvement maoïste français a mis dix ans avant de l’écrire. »

 

« Robert Linhart étant toujours en vie, il fallait l’interroger. Or depuis une tentative de suicide, en 1981, le philosophe s'est réfugié dans le silence. Dans l’intimité, comme l’a raconté sa fille Virginie dans le passionnant Le jour où mon père s’est tu (Editions du Seuil, 2008), mais aussi dans la vie publique. Une seule fois, Laure Adler l’a convaincu de se confier à elle pour son émission Hors Champs, sur France Culture; allait-il la recevoir une nouvelle fois, lui que la maladie bipolaire tient à l'écart de la société ? Ce fut encore oui.

 

D’une voix affaiblie, l’homme raconte comment, tant d’années après, il continue de rêver de la cadence de production, qu’il « n’arrive pas à suivre ». Entre deux souvenirs, les silences paraissent longs comme le passé. Quand il s'agit de tirer les enseignements de ses années militantes, les affirmations se font chancelantes.

 

« Est-ce que vous pensez que la révolution était une illusion ? » le bouscule Laure Adler, cruelle malgré elle.

 

« Oui, enfin bon, répond dans un murmure l’ancien militant de la Gauche prolétarienne. La révolution… Y avons-nous cru vraiment ? Je ne sais pas. » Un aveu qu’on dirait sorti d’un songe...même si, il y a près de 50 ans, ce rêve lui semblait bien réel. »

 

Robert Linhart intègre Normale Sup de la rue d'Ulm en 1963, adhère à l'Union des Etudiants Communistes l'année suivante et y anime le cercle des ulmards. Il est exclu de l'UEC pour ses positions prochinoise et ses critiques virulentes à l'égard du révisionnisme du PCF.

 

Il créé alors l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes. UJCML veut mener une lutte intransigeante contre l'idéologie petite-bourgeoise et son complice révisionniste, particulièrement l'idéologie pacifiste, humaniste et spiritualiste… Elle doit créer une université rouge qui pourra se mettre au service des ouvriers avancés, de tous les éléments révolutionnaires.

 

À l'été 68, l'UJCML se scinde et Robert Linhart rejoint la Gauche prolétarienne, fondée à la fin de l'année par Benny Lévy. Séduit par le mouvement des établis, il entre comme ouvrier spécialisé chez Citroën.

 

© Pascal Ito/Flammarion

 

Virginie Linhart avoue qu’elle s’est longtemps retenue d’écrire, empêchée par la figure paternelle — « Mon père est un grand écrivain, que j’admire énormément. Comment pouvais-je me comparer à lui ? »

 

Oui, certes Robert était, comme le confiait à Virginie ses ex-camarades gauchistes, « intellectuellement le plus fort de nous tous, celui qui parlait le mieux, celui qui réfléchissait le plus vite, celui qui comprenait tout avant tout le monde » mais Robert « au temps de sa gloire de grand timonier de l’UJC (ml) alors que les barricades s’érigeaient au Quartier Latin et que les « émeutiers » s’affrontaient avec les mobiles et les CRS et qu’il campait à Ulm dans son splendide et orgueilleux isolement, comme à l’habitude consistait en un ramassis de ragots de fond de chiottes et d’analyses foireuses. Il en ressortait tout de même que notre homme ne dormait plus, vivait dans une excitation extrême car, déjà, la réalité échappait à ses schémas théoriques. Lui qui rêvait debout de la jonction des étudiants avec le prolétariat assistait au dévoiement d’un puissant mouvement par des « petits bourgeois ». C’était infantile. Il enrageait. Voir des non-organisés confisquer le grand élan de la révolution populaire, la transformer en un happening violent, à coups de pavés, de manches de pioches, dans les quartiers bourgeois, le plongeait dans un abime d’incompréhension. Lui et ses amis prochinois avaient beau distribuer un tract « Et maintenant aux usines ! » pour exhorter les étudiants à migrer vers la banlieue, là où vivent et travaillent les larges masses, ils sont à côté de la plaque. Hors la vie, comme toujours. La garde rapprochée de Robert, même si certains sont ébranlés, comme Roland et Tiennot, par la spontanéité et la force de la rue, ne réfute en rien sa dialectique impeccable. La force des avant-gardes, ce noyau dur, d’acier trempé, est d’avoir raison contre tous. Personne n’ose l’interrompre, il sur l’Olympe, sourd dans sa bulle d’exaltation »

 

Amazon.fr - L'établi - Linhart, Robert - Livres

 

Déjà chez Citroën « je pressentais en lui tout le capital d’intransigeance des hommes d’appareil, sûr d’eux-mêmes, de leurs implacables analyses, imperméables à tout ce qui n’était pas la cause, insensibles aux petitesses de la réalité. Et pourtant, à l’atelier, sur les chaînes, dans le système Citroën, la vie de tous les jours ne collait pas avec les attentes de cet intellectuel en mal de contact avec les prolétaires. Loin d’être comme un poisson dans l’eau, mon Robert se retrouvait sur du sable sec, privé de son élément naturel, incapable d’agir selon ses schémas, soumis comme les autres à la chape du boulot, de la fatigue extrême, de la routine des gestes, de la connerie des petits chefs, de la suffisance des impeccables, de la soumission et parfois même du stakhanovisme de beaucoup de collègues, du temps qui file, des soucis familiaux, de la peur des nervis, de la débrouillardise et de la bonne humeur de ces damnés de la terre. Ici on survit. On s’économise. Parfois, comme une houle soudaine, la masse s’anime pour protester contre un temps de pause écourté. On court tout le temps après le temps. Tout n’est que parcelle, les conversations, les pauses, la cantine, l’embauche, la fin de la journée. On s’égaille. Les « larges masses » ne sont que des escarbilles, aussi grises que les poussières de l’atelier de soudure, qui flottent sans jamais vraiment prendre en masse. Je voyais bien que Robert était désemparé. »

 

Robert Linhart, comme tant d’autres ultras, les frelons de la Gauche Prolétarienne de Benny Levy, l’Althusser à rien, ont raté mai 68. Ils étaient « trop intelligents »

 

Virginie Linhart, la fille de Robert, a donc d’abord dit nous :

 

« L’histoire de son père, plutôt que de s’en emparer frontalement, Virginie Linhart en a nourri il y a douze ans un documentaire, 68, mes parents et moi (éd. du Seuil, 2008), et un récit, Le jour où mon père s’est tu, pour lesquels elle était allée rencontrer des hommes et des femmes nés comme elle dans les années 1960, et élevés dans l’effervescence post-Mai 68 par des parents engagés dans le combat politique — et bien moins investis dans l’éducation de leurs enfants, qui grandirent plutôt solitaires, livrés à eux-mêmes. De la même façon, dans le film Après les camps, la vie (2010) et l’ouvrage La Vie après (2012), la parole des survivants du génocide que Virginie Linhart a interrogés semblait pallier le silence obstiné de ses grands-parents paternels sur ce sujet : « C’est derrière les autres, à travers eux, que j’arrive à raconter les miens. »

 

La documentariste Virginie Linhart, en 2012.

 

Dans L’Effet maternel, publié le 5 février par Flammarion Virginie Linhart, passe  au nous :

 

L'effet maternel - Virginie Linhart - Babelio

 

Nathalie Crom dans Télérama note :

 

« Pour raconter sa vie au « je », et non plus au « nous ». Est-ce cette mise en avant d’elle-même qui la rend fébrile, intense autant que nerveuse, ce jour de janvier où on la rencontre, pour l’écouter évoquer la genèse de ce beau livre ? Une œuvre littéraire d’une spectaculaire franchise, qui fera sans doute frémir d’exaspération les contempteurs de la littérature intimiste, réputée narcissique… »

 

Dans L’Effet maternel, c’est donc de sa mère, sans prénom dans le livre, alors autant que je m’en souvienne elle se prénommait Nicole, seule voix discordante s’élevant pour contester le n°1, l’interrompre. Crime de lèse-majesté, cette femelle osait lui balancer que les choses ne se passaient plus ici, dans ce huis-clos surréaliste, mais dans la rue. Le maître l’avait viré sans ménagement, avec un argument d’autorité : « elle n’avait pas le droit de parler dans ce Saint des saints des détenteurs de la vérité révolutionnaire. »  dont parle Virginie Linhart

 

« À travers sa personnalité et ses choix, je voulais dire comment, dans les années 1970 et 1980, grâce au féminisme et à la révolution sexuelle, nos mères se sont émancipées de l’asservissement dans lequel étaient tenues leurs propres mères. Certes, notre histoire familiale est particulière, mais il me semble néanmoins qu’elle rencontre l’expérience commune des femmes. Même en écrivant à la première personne, ça ne m’intéresse pas de juste dérouler ma propre vie. J’ai besoin qu’elle soit universalisée, cela la rend à la fois plus commune et plus intéressante à mes yeux. »

 

Pour autant Virginie Linhart ne rejoint pas les contempteurs de ce mai 68, les procureurs de la permissivité mère de toutes les dérives libertaires de notre temps : « Certes, c’était une période excessive, mais nous, les enfants des années 1970, serons perpétuellement nostalgiques de ce moment, de la liberté qui régnait alors. Bien entendu, il ne m’est rien arrivé d’aussi dramatique qu’à Vanessa Springora, dont le livre m’a beaucoup touchée. Mais il ne faut pas tout  mélanger, tout confondre. Ces années ont été une ère de liberté et d’expérimentation, et la pédophilie a pu bénéficier alors d’un certain libéralisme. L’enfant était considéré comme autonome très jeune, parfois beaucoup trop jeune. Aujourd’hui, on sait qu’il doit être défendu contre les adultes, mais à l’époque, cette idée n’allait pas de soi. »

 

« L’histoire centrale est celle d’une jeune femme amoureuse et enceinte qui, abandonnée par l’homme qu’elle aime, décide néanmoins de garder l’enfant qu’elle porte, explique-t-elle. C’est, du moins, l’idée initiale. Cela m’est arrivé il y a vingt ans, et j’ai été bouleversée alors de découvrir combien notre société était encore patriarcale, archaïque, et jugeait sévèrement les jeunes femmes qui ont un bébé toutes seules. Je ne m’y attendais pas. Désormais, les choses ont enfin changé, mais je peux attester du fait qu’à l’aube du XXIe siècle encore on vous regardait bien différemment qu’aujourd’hui. » Pour résumer ce qu’elle ressentit alors, Virginie Linhart, la cinquantaine -juvénile et la parole rapide, a cette jolie formule : « J’avais le sentiment d’être au XIXe siècle, dans un roman de Maupassant, alors que j’ai été élevée dans un film d’Agnès Varda ! »

 

Tout ce qui concerne cette mère divorcée, indépendante, aux mœurs très libres et jalouse jusqu’à l’égoïsme de son indépendance nouvellement conquise et sourde au désarroi de sa progéniture m’a laissé de marbre, Virginie Bloch-Lainé dans Libération, note que « le récit manque d’air, d’universel et de distance pour toucher vraiment le lecteur. Comme si elle restait dans la bulle où ses parents se sont enfermés, et où ils l’ont enfermée. »

 

Mais si sa mère je la trouve moche, ce qui m’a bouleversé et ému dans ce livre c’est la relation de Virginie Linhart avec la maternité, à partir de la page 123 je n’ai pu décrocher de la narration de sa grossesse apocalyptique.

 

Bouleversant, bouleversé, j’ai refermé le livre tout chamboulé…

 

Pourquoi ?

 

C’est mon secret, ma part d’intime, mon présent partagé avec quelqu’un qui, comme l’écrit page 45 Virginie Linhart « Fidèle à une ligne de conduite, dont j’ai encore aujourd’hui du mal à me départir, plus on est odieux avec moi, plus je m’excuse et demande pardon. »

 

Ce livre est dérangeant, si vous n’aimez pas être dérangés ne faites pas l’acquisition de L’Effet maternel, de Virginie Linhart, éd. Flammarion, 240 p., 19 €

 

L'effet maternel - Virginie Linhart - Babelio

Le sucre et la faim par Linhart Le jour où mon père s'est tu - Virginie Linhart - Babelio

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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 06:00

 

L’ami Lilian Bauchet a posté sur mon mur Face de Bouc : Une émission pour toi Jacques

 

La bicyclette : résurgence d'une liberté ?

Bonne Pioche Lilian, en effet lorsque je débarquai dans Paris en 1975 pour y travailler, le Ministère de l’Agriculture, j’ai choisi aussi d’y vivre avec ma famille 3 personnes, même si vu mon salaire de contractuel qui ne pesait pas lourd c’était dans un minuscule appartement rue Mazarine.

 

La raison en était que je ne voulais pas être soumis à la dictature des horaires de la banlieue : voir les gens courir dans le métro, surtout les femmes qui bien sûr son astreinte à l’élevage des enfants, le matin comme le soir afin d’attraper le bon train. Paris n’était pas encore une ville chère, on y trouvait des logements à des loyers raisonnables.

 

Très vite, afin de découvrir le Paris profond pendant les week-ends  j’ai compris que le vélo serait le meilleur outil de cette liberté d’exploration et, par extension rien ne m’empêchait de m’en servir pour aller au travail.

 

J’ai donc opté pour un vélo de ville, un hollandais, un Royal Batavus, trois vitesses au moyeu, freinage par rétropédalage, chaîne carénée, selle Brooks, le nec plus ultra, indestructible : pour preuve il est toujours là, fringant, vaillant, admiré de tous.

 

 

Choix de vie, autonomie et liberté, ce fut fondateur.

 

Au travail on m’a traité de snob, puis les bonnes âmes m’ont dit d’un air contrit que c’était dangereux, je suis passé outre et, en costume-cravate été comme hiver je me suis rendu au travail à vélo et, bien sûr, j’ai sillonné Paris juché sur mon beau destrier noir.

 

Il n’y avait pas en ce temps-là de pistes cyclables, et dans certaines rues affleuraient encore les rails du tramway mais je n’ai jamais chuté. Souvenir d’une réunion très officielle où je suis arrivé trempé comme une soupe, mon costume pendouillait comme une serpillière, sous le regard stupéfait de mes collègues.

 

Les premières pistes cyclables dans Paris nous les devons à Jean Tiberi qui, avec Xavière, savait si bien faire voter les gens du village que Dieu avait rappelé au royaume des cieux. Hommage lui soit rendu, Jacques Chirac, lui, nous avait dotés des motos-crottes.

 

JACQUES CHIRAC, BOUILLONNANT MAIRE D'UN PARIS PROPRE ! UNE ENQUÊTE ...

 

Et puis, mai 81 vint. Nous passâmes aux dires de Jack Lang « de l’ombre à la lumière », pour ma part après la marée rose je rejoignais l’hôtel de Lassay, siège de la Présidence de l’Assemblée Nationale, où, je venais d’être nommé conseiller technique du Président en charge des dossiers de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.  

 

Mon arrivée à vélo au poste de garde de l’entrée de l’hôtel  de Lassay fit sensation ; le factionnaire m’indiqua que le règlement de l’AN ne me permettait pas de circuler juché sur mon haut destrier noir mais que je pouvais pédestrement le pousser jusqu’au perron. Ce que je fis. Quelques jours plus tard le chef de cabinet du Président levait l’oukase pour le plus grand bonheur d’un administrateur lui-même cycliste.

 

Les socialos nous faisaient bosser jusqu’à pas d’heures, nous enfilions les séances de nuit comme un charcutier les saucisses ; revenir dans mon treizième arrondissement au cœur de la nuit à vélo était un vrai bonheur. Ce fut le cas un dimanche, où l’on avait infligé à ce pauvre Rocard de défendre le budget de son Ministère du Plan face à une assistance bien maigre. Il me passa une avoinée justifiée, je ne pus lui répondre que je n’y étais pas pour grand-chose et que j’en étais désolé. Ce lundi-là au petit matin, sur mon grand Batavus, je ruminais ma colère.

 

Et puis, en 1986, grand saut dans le privé, me voilà embauché à la SVF (Société des Vins de France n°1 du jaja devant Castelvin) dont le siège social se situait sur le charmant port de pêche de Gennevilliers. J’ai dû remiser mon Grand Batavus et traverser Paris Sud-Nord puis Nord-Sud tous les jours ouvrables. L’horreur absolu de la bagnole qui me fit migrer à Courbevoie.

 

 

1988, retour au 78 rue de Varenne, voiture de fonction avec chauffeur, le vélo c’était pour le week-end.

 

4 août 2009

La nuit du 4 août : abolition des privilèges, sauf le mien

 

En cette nuit du 4 août j’avoue tout : oui dans mes fonctions « ministérielles » me faire conduire fut toujours pour moi un vrai bonheur. ICI 

 

Pour conclure, j’ai découvert dans le numéro 16 /17 de la revue « Médium » un texte de Régis Debray « Pauvres riches » qui m’a ravi. Je vous offre l’extrait sur son goût prononcé pour la voiture avec chauffeur.

 

«  Le seul attribut du richard qui peut donner des aigreurs au Parisien surveillé et canalisé, recru de PV et d’embouteillages, c’est la voiture avec chauffeur. Le dernier luxe, la rente qui me fait rêver. Parce qu’elle part aux contredanses, autorise le travail continu sans rupture de charge et permet d’aller le soir voir des pièces d’avant-garde, au fond de ces ténébreuses et labyrinthiques banlieues qui découragent d’avance le cycliste que je suis. Rien que pour s’éviter la sinistrose des temps morts, gaspillés dans les couloirs de la station Montparnasse ou Châtelet, sans lecture ni téléphonage possible – je comprends qu’on puisse faire des bassesses dans les antichambres élyséennes. Quand j’entends qu’un ami a été nommé président de ceci ou directeur de cela (les bons emplois à la disposition du gouvernement permettent de rejoindre les milliardaires sur la question stratégique du véhicule confortable, gratuit et toujours à portée de voix), mon premier mouvement, noble, est de compassion, aussitôt tempéré par un second, moins reluisant : « Le salaud, avec ses deux chauffeurs attitrés (35 heures obligent) et ses vitres fumées, il va gagner deux ou trois heures par jour sur le bipède ordinaire (distorsion de concurrence), plus dans les 1000 euros par mois (tickets de stationnement et contraventions en moins). Injuste. Odieux. Pourquoi pas moi ? ». Il faut bien un exutoire au moche. De loin en loin. Ça purge les vilains sentiments. Par le bas »

 

Et puis, la vie normale a repris son cours, j’ai vécu un temps dans les bois du côté d’Ermenonville tout en restant fidèle à mon grand Batavus.

 

J’ai fait un Vinexpo à vélo.

 

Et puis un jour on m’a volé mon grand Batavus.

 

Triste, lorsqu’il s’est agi de remplacer mon vieux destrier je me suis tâté : allais-je pousser l’inconscience de ma vieillesse indigne jusqu’à acheter un vrai fixie ?

 

J’ai opté pour un compromis, un vélo caréné comme un fixie mais avec changement de vitesse à la poignée.

 

Deux raisons m’ont fait pencher vers le classicisme :

 

  • tout d’abord Paris n’est pas plat et l’absence de changement de vitesses, ce dont était pourvu mon Grand Batavus (3), est redoutable pour relancer la bête au bas de la pente de Ménilmontant ;

 

  • ensuite, comme je suis un garçon qui fait ses courses, l’absence de portebagages s’avérait un handicap majeur.

 

Bref, j’achetai à « En selle Marcel » un vélo Cooper que l’on me vola devant le Lapin Blanc ; fâché j’optai pour un modèle Zandvoort qui me valut des compliments de tous mes collègues cyclistes. Un bijou. C’est avec lui que j’ai pris ma première gamelle, il n’y était pour rien, j’étais en roue libre mais un ralentisseur Hidalgo bloqua mon cale-pieds et je valdinguai. 15 jours d’hosto.

 

1 an après j’ai opté pour l’assistance électrique

 

3 août 2018

Il beau mon nouveau vélo de bobo californien Electra LOFT GO ! 8i plus besoin de pédaler ou presque…  ICI 

 

 

Résumé :

 

Plus de 40 ans de vélo dans les rues de Paris ; 5 engins, le premier un vélo anglais qui n’a pas fait long feu, volé dans la cour du Ministre au 78 rue de Varenne, oui, oui, en ce temps-là on y entrait encore plus facilement que dans un moulin. Le second qui a eu la plus longue vie un Grand Batavus old Dutch avec freinage par rétropédalage, indestructible, volé lui aussi ; le troisième acheté chez En selle Marcel un Cooper Oporto, volé après un an ;  le quatrième toujours acheté chez En selle Marcel un Cooper Zandvoort, un vrai urban-cycle, léger, un bijou.

 

 

En 2008 je notais déjà :

 

À vélo, dans la ville, hormis que pour y survivre face à la horde motorisée – qui ces dernières années avec le boom des scooters est devenue quasi-sauvage – et l’indiscipline des piétons, on apprend la civilité et le calcul de la bonne trajectoire en partant du principe que pour les maîtres de la chaussée, les impérieux à moteur, le cycliste est un importun. Comme me le faisait remarquer finement, lors d’un déjeuner en ville, le gros Gérondeau, passé de la Sécurité Routière au tout pour la bagnole – c’est plus juteux – « le vélo n’a pas sa place à Paris… »

 

Il est vert de rage le Gérondeau avec le succès du Vélib mais ça ne l’empêche pas de vociférer contre l’arrogance des néo-cyclistes qui, entre nous soit dit, sont assez cons pour mettre leur vie en danger et, en plus, de faire réélire Delanoë. Même Bernard Arnault s'y met, chez Louis Vuitton les abonnements à Vélib (29 euros/an) sont pris en charge par la maison.

 

 Dans la ville les « sauvageons » en col blanc sont légions : sus aux feux rouges, pas de rémission, la rue est aux astucieux insoucieux des règles du code de la route et de la bienséance, insultes, bras d’honneur, même ces dames s’y mettent.

 

Mon drame c’est que ce sont eux qui donnent le « la » : le néo-cycliste est trop souvent un automobiliste à vélo. Les gardiens de l’ordre, eux, majoritairement automobilistes dans l’âme, sont beaucoup plus préoccupés par la fluidité du trafic, la verbalisation aveugle mais juteuse, le rodéo hurlant, que par la protection des usagers les plus faibles. La rue c’est la jungle, le vert en moins, les gaz d’échappement en sus !

 

Reste, les derniers aristos du vélo, dont je suis, soucieux de leur vie et de celle des autres, qui survivent dans cet univers impitoyable.

Un vélo électrique nouvelle génération et made in France ICI

 

Depuis le déconfinement, la pratique du vélo a le vent en poupe. SEB, le spécialiste français d’électroménager devient partenaire industriel d’une start-up de vélos électriques. Les vélos Angell, ultra connectés et portés par Marc Simoncini, seront assemblés dans l’usine historique du groupe SEB, à Is-sur-Tille en Côte-d’Or et les premiers vélos sont programmés pour l’été.

 

La pratique du vélo devient un nouveau geste barrière, car il permet de respecter la mesure de distanciation. Depuis le déconfinement du 11 mai, la fréquentation des pistes cyclables a augmenté de 44% et de nombreuses villes ont même aménagé des pistes cyclables temporaires “Spécial Covid”.

René Dumont - Une vie saisie par l'écologie - Ecologie - Sciences ...

À propos d’écologie : qui se souvient de René Dumont ?

 

«Avons-nous le droit de jouer sur des paris l’avenir de l’humanité ?»

 

Quarante après la première candidature écologiste à la présidentielle, et la parution de son livre-programme, les intuitions et avertissements de René Dumont sont toujours d’actualité.

 

René Dumont a eu un parcours multi-facettes dans le XXe siècle : pour paraphraser le titre du mathématicien Laurent Schwartz (1915-2002), on pourrait parler d’ « un agronome aux prises avec le siècle ». Jean-Paul Besset, journaliste puis député européen du parti écologiste, a consacré à Dumont une riche et nécessaire biographie. Une constante dans son parcours est la forte désillusion envers le colonialisme, dès les années 1930 où il est jeune ingénieur agronome en Indochine, réalisant sur le terrain que le système colonial français n’est guère adapté à la formation et à la montée en compétence des peuples autochtones, par exemple en agriculture qui est son domaine ; cette analyse le conduira à son premier best-seller, L’Afrique noire est mal partie (1962) . Plus lente est son évolution vers l’écologie : il est sous Vichy un expert du productivisme agricole, et reste jusque dans les années 1960 dans une mouvance productiviste, assez favorable aux engrais chimiques et aux pesticides, dans l’objectif, lié à sa passion du développement du tiers-monde, de lutte contre la faim dans le monde. C’est à la fin des années 1960 que Dumont achève sa mutation, véritable « révolution copernicienne » selon Besset, vers une écologie militante, consciente des limites nécessaires à une croissance tous azimuts et d’une préservation de la planète.

 

La suite ICI 

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 06:00

Cardinal de Richelieu (1640) sur une toile de Philippe de Champaigne conservée à la Chancellerie des Universités de Paris

Pour faire l’intéressant je pourrais écrire en parodiant l’incomparable Pierre Vassiliu « C'était un pauv' gars / Qui s'appelait Armand / Y n'avait pas d'papa /  Y n'avait pas d'maman… » mais ce serait faire injure à Louis François Armand de Vigneron du Plessis, duc de Richelieu, destiné au métier des armes, mais contraint d'entrer dans les ordres afin de conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon, le plus crotté de France.

 

 

 

 

Luçon, c’est le sud du Bocage vendéen, situé au centre de la grande plaine, Luçon et sur la bordure du Marais poitevin. j’y suis allé gamin, contraint par le grand inséminateur des vocations à faire une retraite au Grand Séminaire, puis adolescent y jouer au basket-ball. Du côté évêque je fus confirmé par  MGR CAZAUX - UN COMBAT POUR DIEU ET POUR L´ÉCOLE LIBRE, à qui nous refilions chaque année un sac de blé pour ses séminaires (la Vendée était recouverte de séminaires)

 

Mais je ne suis pas là pour bavasser sur moi mais pour tresser des lauriers à une jeune pousse, à la tête bien faite, rencontré au temps du Lapin Blanc. Inclassable, même si il est totalement sinistra, intello border line qui rêve pourtant du poireau (le Mérite Agricole), esprit brillant, Jérémie Ferrer-Bartomeu est un grand moissonneur de correspondances (ça pourrait peut-être lui valoir le poireau), si vous souhaitez tout savoir de lui c’est ICI

 

Émigré en Suisse à l’Université de Neufchâtel

 

Le 6 juin sur Twitter il a publié une lettre de Richelieu

 

Dans les papiers de Richelieu, la lettre qui suit le renouvellement du serment de fidélité au jeune roi Louis XIII après l'assassinat de son père Henri IV est adressée à Madame de Bourges pour lui demander ce que vaut le vin dans Paris.

 

 

 

Moi qui suis beaucoup plus terre à terre je me suis contenté de chroniquer sur le duc de Richelieu à qui l’on lui doit le nom de la recette de la « mahonnaise »

 

Le duc de Richelieu, aimait les plaisirs de la chair mais aussi la bonne chère, il ne faut pas le confondre avec, son grand-oncle, Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu, cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac. Pair de France, ministre du roi Louis XIII, destiné au métier des armes, mais contraint d'entrer dans les ordres afin de conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon, le plus crotté de France.

 

Notre Richelieu de la mayo « connu la Bastille dans son jeune âge en raison de son trop grand empressement pour Mademoiselle de Noailles, puis sous la Régence pour une affaire de duel et un complot bien mal ficelé. » nous dit Jean Vitaux.

 

Académicien à 24 ans en dépit d’une orthographe désastreuse il fut un homme de guerre heureux, contribuant à la victoire de Fontenoy, prenant Fort-Mahon le 28 juin 1756 à Minorque aux Baléares contre les perfides anglais.

 

C’est là, avec ses troupes d’occupation (jusqu’en 1763) que son cuisinier, sans doute inspiré par l’excellence de l’huile d’olive de l’île, l’une des meilleures du bassin Méditerranéen, aurait inventé la Mahonnaise.

 

La suite ICI

 

*« L’État à la lettre. Institutions de l’écrit et configurations de la société admin. durant les guerres de Religion » ICI 

 

L'épiscopat contesté de Mgr Antoine Cazaux ICI

 

Qui est Antoine Cazaux ?

 

C'est le nouvel évêque du diocèse de Luçon. Il est nommé le 11 octobre 1941, en remplacement de Mgr Gustave-Lazare Garnier décédé un an et demi plus tôt, le 30 janvier 1940. À 44 ans - il est né le 13 juin 1897, à Pouillon, près de Dax -, Mgr Cazaux est alors le plus jeune évêque de France. Il a la réputation d'être dynamique et fougueux.

Certains historiens, comme Michel Gautier, critiquent les positions très « maréchalistes » du prélat. « Le culte de la personnalité, le culte de la terre : les célébrations maréchalistes et leurs rituels ont reçu la bénédiction de l'évêque de Luçon, note Michel Gautier. Pendant toute l'Occupation, il ne se prive pas de dire en public tout le bien qu'il faut penser du nouveau régime. Dans un de ses discours, il évoque même le ''miraculeux maréchal''. »

Mais c'est surtout le « silence assourdissant » de Mgr Cazaux sur la question juive qui dérange Michel Gautier. « Alors que d'autres prélats, comme Mgr Gerlier, archevêque de Lyon, ou Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, condamnent sans équivoque les exactions contre les Juifs, l'évêque de Luçon ne dit rien. Il ne proteste pas, lorsqu'en janvier 1944, des Juifs, enfants, femmes et hommes, seront enfermés dans une salle paroissiale de La Roche-sur-Yon avant d'être déportés. »

 

 

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 06:00

 

Le nœud de Conway sur une porte du département de mathématiques de l'Université de Cambridge.

 

Où est «Poutine tête de nœud»? Très haut dans le ciel, parmi les autres étoiles ICI 

 

Il existe désormais dans le ciel une étoile qui s’appelle «Poutine tête de nœud». Grâce à l’organisation WhiteDwarf, il est possible, pour dix dollars, d’adopter et de baptiser une étoile observée par le télescope de Kepler (les profits sont reversés à la recherche).

 

Enthousiasmés par l’opportunité d’immortaliser leur haine de Poutine, des astronomes et militants ukrainiens se sont donc mis d’accord pour nommer l'étoile KIC 9696936 «Poutine Khouïlo».

 

Khouïlo veut dire pénis ou tête de nœud, et «Poutine Khouïlo» est déjà une insulte historique notable.

 

« Il ne faudrait tout de même pas nous prendre pour des poires, hé, tête de nœud », écrivait Blaise Cendrars « Main coupée », 1946.

 

Si une tête de nœud signifie un imbécile, on a du mal à saisir l'image. C'est que le nœud désigne en argot... le sexe masculin ! Une métaphore qui fait sans doute référence au nœud du bois, partie très dense et dure à l'intérieur d'un arbre. Par extension, un nœud s'est mis à désigner un abruti. Ainsi, le fameux neuneu trouve son origine dans la même étymologie.

 

Selon Pierre Merle, auteur d'un « Petit Traité de l'injure » (Points), une tout autre explication est plausible. Tête de nœud serait une déformation de l'expression tête d'eunuque, tout aussi peu flatteuse.

 

Il est aussi possible de lancer « À la mords-moi le nœud ! » à propos de la bataille, plus exactement au « sac de nœuds », à propos de l’hydroxychloroquine, Raoult le druide et la faillite de Lancet !

 

Bref, le nœud doit être respecté, qu’il fut de cravate, des lacets, marin, gordien ou de Conway

 

 

En effet, il a fallu moins d'une semaine à une étudiante fraîchement diplômée pour découvrir la nature d'un nœud mathématique étrange, pourtant découvert il y a plus d'un demi-siècle. ICI

 

Depuis plus de cinquante ans, les mathématiciens se disputaient autour d'un problème complexe, connu sous le nom du nœud de Conway. L’une de ses représentations orne même les portes de l'Institut Isaac Newton pour les sciences mathématiques de la prestigieuse Université de Cambridge (États-Unis).

 

Et alors que sa nature est débattue depuis des décennies, une jeune diplômée de l'Université du Texas, Lisa Piccirillo, a réussi à en découvrir le secret. Et ce, en moins d’une semaine, révèle le magazine Quanta ce 19 mai 2020.

 

 

Une révélation publiée dans les Annals of Mathematics cette même année.

 

Ce nœud est-il une « tranche » ?

 

Ce problème était l'un des mystères de longue date de la théorie des nœuds, un domaine de la topologie. La discipline n’a d’ailleurs pas qu’un intérêt mathématique, puisqu’elle a aidé les chercheurs à améliorer notre compréhension de la forme potentielle de l’Univers ou encore de celle de l’ADN, par exemple.

 

Mais de quoi s’agit-il plus précisément ?

 

En fait, en mathématiques, un nœud est similaire à un simple nœud physique, à la différence notable que ses deux extrémités sont reliées l'une à l'autre. Ces nœuds en question ressemblent donc à des boucles enchevêtrées, puisqu'ils ne possèdent pas de bouts.

 

Alors que la plupart d’entre nous pensent qu’un nœud existe dans un morceau de ficelle avec deux extrémités, les mathématiciens pensent que les deux extrémités sont jointes, donc le nœud ne peut pas se défaire. Au cours du siècle dernier, ces boucles nouées ont contribué à éclairer des sujets allant de la physique quantique à la structure de l’ADN, en passant par la topologie de l’espace tridimensionnel

 

Le nœud de Conway est ainsi un nœud mathématique à 11 croisements, découvert par le scientifique qui porte le même nom, John Horton Conway. La question qui a longtemps subsisté — jusqu’à cette année — était, en simplifiant, de savoir s’il s’agissait d’une “tranche”. C’est-à-dire, si ce nœud pouvait être obtenu en coupant une sphère nouée dans un espace à 4D, où le temps est donc inclus.

 

Afin de le résoudre, elle s'est appuyée sur le fait que certains nœuds possèdent des « frères mutants », dont les croisements sont inversés par effet miroir.

 

Or ils ont le même statut : s’il l’un est une “tranche”, l’autre également.

 

Elle a donc reproduit la mutation moins capricieuse (mais plus compliquée) du nœud de Conway, le nœud de Piccirillo. Et il s’est finalement avéré qu’il n’était pas une “tranche”.

 

Pour en savoir plus sur la résolution de cette énigme vieille de cinquante ans, n'hésitez pas à en consulter les détails, communiqués par le magazine Quanta. ICI 

 

La preuve de Piccirillo a été publiée dans Annals of Mathematics en février. Ce document, combiné à ses autres travaux, lui a valu une offre d’emploi à durée indéterminée du Massachusetts Institute of Technology qui débutera le 1er juillet, soit 14 mois seulement après la fin de son doctorat

 

Les nœuds tranchés « constituent un pont entre les histoires tridimensionnelles et quadridimensionnelles de la théorie des nœuds », a déclaré M. Greene.

Le problème du noeud de Conway résolu

Un profil de l’étudiante diplômée qui a résolu le problème de longue date du nœud de Conway en une semaine ICI
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