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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 06:00

 

Au premier tour, j’y suis allé, constatant que les exigences sanitaires étaient respectées j’ai donc voté.

 

Le maintien de ce premier tour, à la veille du grand confinement fut l’un des premiers sujets de polémique : fallait-il ou ne fallait-il pas ? Les responsables politiques de tout bord se sont alors illustrés par leur pusillanimité, Larcher&Jacob en tête suivis de près par le couple improbable des ultras. L’important était d’ouvrir la chasse au Macron.

 

À Paris, le mode de scrutin, en permettant des alliances, aurait pu faire bouger les lignes mais la rigidité intellectuelle des Verts officiels ne l’a pas permis. Isabelle Saporta a perdu son pari et je le regrette. Elle  se retire du jeu, elle ne sera pas du second tour.  ICI 

 

L’échiquier du second tour est si prévisible que je ne vois pas ce que j’irais faire dans cette galère.

 

En effet, notre maire, qui déjà accueille dans son giron ce qu’il reste du PCF en la personne du médiatique Ian Brossat, va agglutiner les Verts, ceux qui lui étaient restés fidèles et ceux qui ont fait joujou avec Belliard au premier tour en roulant des biscotos. Il faut que tout change pour que rien ne change.

 

En face, madame Dati, réélue dès le premier tour dans le 7e arrondissement, elle aussi va recoller les morceaux en trouvant un accord dans le crucial 15e arrondissement, celui qui envoie le plus d’élus au Conseil de Paris : sa candidate, Agnès Evren, y fera liste commune avec le dissident Philippe Goujon.

 

Entre les deux le désert du parti présidentiel, qui pratique, avec constance, l’art raffiné de se vautrer dans le choix de ses têtes de liste, a accumulé les  : le mode de désignation digne d’un vote arrangé par l’ex-rocardien Alain Richard aboutissant au choix du fade Griveaux et à l’exclusion de Villani, l’atterrissage sur le ventre de Griveaux suivi par l’irruption abracadabrantesque du ministre de la santé, en pleine crise sanitaire, pour le remplacer

 

Agnès Buzyn, la troisième femme de cette élection a disparu du paysage. Au premier tour, elle avait pourtant réuni 17,3 % des suffrages. Le parti présidentiel est donc en mesure de se maintenir dans la totalité des seize arrondissements où aura lieu un second tour. Des triangulaires opposants la gauche, la droite et LRM sont donc en vue partout, à l’exception du 16e arrondissement, où la gauche n’a pas passé le seuil des 10 %.

 

Mais en pratique, LRM a fait une croix sur Paris.

 

« Surréaliste »

 

Les troublantes confessions de la candidate après le premier tour, son silence depuis, la désunion persistante au sein des macronistes ont abouti à une situation grandguignolesque le 26 mai, à un mois du second tour des élections municipales, Agnès Buzyn devait cesser d’être la candidate fantôme de la Macronie et sortir du silence dans lequel elle se mure depuis deux mois pour s’entretenir en visioconférence avec les seize têtes de liste de la majorité présidentielle.

 

« Agnès Buzyn est déterminée, et nous sommes déterminés à porter ensemble un projet pour Paris », confiait encore lundi matin le délégué général de La République en marche (LRM), Stanislas Guérini, comme s’il voulait convaincre encore la candidate de ne plus hésiter, comme elle le fait depuis plusieurs jours.

 

Mais lundi soir, à 23 h 12, son directeur de campagne, Paul Midy, a adressé via WhatsApp ce message laconique aux colistiers de Mme Buzyn :

 

« Bonsoir à tous, désolé pour le changement de dernière minute, la réunion de demain matin est décalée. Nous reviendrons vers vous demain dans la journée pour caler un nouveau créneau. Bonne soirée à tous. »

 

Que dit Le Monde sur le sujet :

 

Il faut dire que l’ex-ministre avait vécu la fin de la campagne du premier tour comme un « cauchemar », a-t-elle confié au Monde. D’un côté, pour l’hématologue, la conscience aiguë de l’épidémie qui montait, et de ses possibles ravages meurtriers ; de l’autre, l’obligation de faire comme si les deux tours allaient pouvoir se dérouler normalement. Au soir du premier tour, Agnès Buzyn avait ensuite obtenu un résultat sans éclat : 17,3 % des suffrages, au troisième rang, loin derrière la maire socialiste sortante, Anne Hidalgo (29,3 %), et sa concurrente Les Républicains (LR), Rachida Dati (22,7 %).

 

Dès le lendemain, elle avait stoppé net sa campagne. Au Monde, elle confiait, à propos de l’épidémie due au coronavirus, avoir alerté dès janvier le président de la République et le premier ministre, Edouard Philippe, du « tsunami » à venir, et n’avait rien caché de ses regrets : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. » Des propos utilisés aujourd’hui contre elle, notamment dans plusieurs plaintes auprès de la Cour de justice de la République, et que ne manqueront pas de lui rappeler les commissions d’enquête parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale, qui entament leurs auditions fin juin, et qu’elle doit préparer.

 

Deux options restent sur la table.

 

La première : Agnès Buzyn, définitivement découragée, angoissée par la violence à laquelle elle risque fort de se trouver exposée, abandonne sa candidature à la Mairie de Paris, et laisse le parti chercher un nouveau chef de file apte à reprendre la campagne au pied levé. « Mais juridiquement, elle ne peut pas disparaître complètement, elle doit au moins rester candidate dans le 17e arrondissement, sauf en cas de fusion avec une autre liste », analyse un macroniste parisien.

 

Autre hypothèse : elle choisit de demeurer la candidate de LRM. C’est la solution que lui conseillent notamment le président du MoDem, François Bayrou, et son bras droit, Marielle de Sarnez, indique un proche du dossier. A défaut de remplacer Anne Hidalgo à l’Hôtel de Ville, elle peut alors espérer limiter la casse si les maires sortantes des 5e et 9e arrondissements, d’ex-LR ralliées à Emmanuel Macron, sont réélues, et si les macronistes restent assez nombreux pour former un groupe au conseil de Paris.

 

Mais il lui faudra avant s’expliquer devant la presse sur sa gestion de l’épidémie et son départ du ministère de la santé. Et aussi participer au débat d’entre-deux-tours prévu avec Anne Hidalgo et Rachida Dati sur BFMTV – un rendez-vous que Mme Buzyn semble redouter par-dessus tout.

 

Première échéance : le dépôt des listes, d’ici au 2 juin.

 

La semaine qui s’ouvre va donc être consacrée à négocier d’éventuelles fusions entre les listes présentes au premier tour.

 

C’est couru d’avance, alors même si je suis plutôt pécheur que pêcheur je n’irai pas déposer mon bulletin dans l’urne le dimanche 28 juin, madame Hidalgo sera reconduite maire de Paris à la tête d’une majorité non renouvelée : PS-PC ne sont que des partis croupions, les Verts qui auraient pu peser s’ils étaient moins cons en seront réduit à ce qu’ils préfèrent : faire de la surenchère !

 

Ce sera la seconde fois dans ma vie de citoyen, je me suis abstenu lors du referendum instituant le quinquennat qui en faisant coïncider l’élection présidentielle et celle des députés, plus précisément de n’envisager l’élection des députés qu’une fois connue le nom du nouveau Président ce qui renforce le caractère présidentiel du régime. Le septennat non renouvelable ouvrant la porte à une cohabitation aurait redonné des couleurs au Parlement.

 

Désolé, j’avais raison. (1)

 

Anne Hidalgo: le vrai visage de la reine-maire de Paris

 

 

Conclusion provisoire :

 

Notre cher Président, en étant incapable de propulser la candidature d’un poids lourd à Paris – mais en disposait-il d’un ? J’en doute – puis par une gestion calamiteuse du conflit Griveaux-Villani, puis par la fausse bonne idée de propulser Buzyn, ministre de première ligne, en pleine crise sanitaire, pour remplacer ce pauvre Griveaux, enfin en maintenant le premier tour, a réussi l’exploit de se fabriquer une future candidate de gauche, genre gauche unie, à la prochaine présidentielle, Anne Hidalgo étant la seule personnalité du PS subclaquant de taille à y aller, en plus c’est une femme.

 

N’est pas Mitterrand qui veut !

 

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

Marianne libérée de ses chaînes grâce au général de Gaulle (détail d'une affiche pro-«oui» au référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la Ve République).

 

(1)

 

Le 7 juin 2000 a été approuvé en Conseil des Ministres un projet de loi constitutionnelle réduisant de sept à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Ce projet a été débattu au Parlement au cours du mois de juin et voté sans modification par l'Assemblée nationale et le Sénat.

 

Le Président de la République a fait savoir le 6 juillet que le texte ainsi adopté en termes identiques par les deux assemblées ferait l'objet d'un référendum le 24 septembre 2000.

 

C'est la première révision constitutionnelle soumise au référendum en application de l'article 89 de la Constitution. Quatorze révisions sont intervenues avant ce référendum. D'autres sont en cours.

 

Les résultats du référendum ont été proclamés par le Conseil constitutionnel le 28 septembre 2000.

 

Le oui a été majoritaire (73 % des suffrages exprimés), mais les abstentions (70 % des inscrits) et les « blancs et nuls » (16 % des votants) ont atteint des niveaux sans précédent.

 

La loi constitutionnelle sur le quinquennat ainsi approuvée par le suffrage universel a été promulguée le 2 octobre 2000 par le Président de la République et publiée au Journal officiel du 3 octobre 2000 (page 15582).

La candidate de La République en marche pour les élections municipales à Paris, Agnès Buzyn, lors d\'un meeting à Paris, le 15 mars 2020. 

Municipales : à Paris, une première alliance entre les macronistes et Les Républicains

Dans le 5e arrondissement, la maire sortante Florence Berthout, ralliée à Emmanuel Macron, prévoit de fusionner sa liste avec celle de la droite.

Par 

 

Dans le 5e arrondissement de Paris, La République en marche (LRM) et le parti Les Républicains (LR) feront en principe liste commune au second tour des municipales, prévu le 28 juin sauf reprise de l’épidémie de Covid-19. Un accord vient d’être conclu en ce sens, indiquent des sources convergentes. Il devrait être officialisé sous peu. C’est la première alliance passée par le parti présidentiel dans la capitale en vue du second tour.

Cet accord en annonce-t-il d’autres ? A Paris, les partisans d’Emmanuel Macron vont-ils s’allier globalement avec Rachida Dati, la candidate LR, en vue d’empêcher la réélection de la maire socialiste Anne Hidalgo ? La réponse n’est pas claire. Après des semaines de suspense, Agnès Buzyn a certes annoncé mardi 26 mai à son équipe qu’elle avait décidé de rester la candidate de LRM à la Mairie de Paris. Mais sa ligne politique reste à préciser.

 

Ces dernières semaines, tandis que l’ancienne ministre de la santé hésitait à repartir au combat, ses chefs de file dans les arrondissements ont, chacun séparément, commencé à examiner les alliances possibles. Et ils ont parfois entamé des négociations.

C’est le cas de Florence Berthout, la maire sortante du 5e arrondissement, qui y menait la liste LRM au premier tour. Le 15 mars, elle est arrivée première, mais avec seulement 28,5 % des suffrages. Pour elle, le rapport de forces est délicat. Ensemble, les socialistes et les écologistes ont obtenu 36,8 % des voix, tandis que la candidate LR Anne Biraben en a recueilli 17,3 %. « S’il y a une triangulaire gauche-droite-macronistes, Florence Berthout est cuite, et l’arrondissement bascule de droite à gauche », analyse un élu parisien.

Aucun accord global en vue

Cette perspective, Florence Berthout souhaite d’autant plus l’éviter qu’avant de rejoindre tardivement le camp macroniste, elle a dirigé le groupe LR au conseil de Paris. Ces dernières semaines, elle a donc discuté avec ses anciens amis de la droite, et trouvé un accord. Les deux listes vont en principe fusionner. Arrivée en tête au premier tour, Florence Berthout occupera la première place sur la nouvelle liste, et Anne Biraben, la troisième. Compte tenu des résultats du premier tour, les trois premiers candidats de la liste fusionnée pourraient être élus, le quatrième siège au conseil de Paris revenant à la gauche.

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Cette alliance servira peut-être d’exemple ailleurs. « Il y a un tel délitement de La République en marche à Paris que nous sommes approchés par certains de leurs candidats », confie-t-on dans le camp de Rachida Dati. Sans aller jusqu’à fusionner, certains ont imaginé des désistements réciproques, pour éviter que d’autres arrondissements ne passent à gauche. « Ce scénario existe », confirme une tête de liste macroniste.

Aucun accord global ne paraît cependant en vue. Une alliance à l’échelle de Paris enverrait en effet un message de virage à droite que les responsables de LRM ne souhaitent probablement pas. En outre, dans plusieurs arrondissements, les têtes de liste penchent à gauche, ou du moins n’envisagent pas de se rapprocher d’une sarkozyste pure et dure comme Rachida Dati. Ils préféreraient souvent s’entendre avec Cédric Villani, même si le mathématicien exclu de LRM n’a obtenu dans la plupart des arrondissements qu’un score de 6 % à 7 %.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 06:00

 

 

Transport artisanal de "Jack fruit", au Sri Lanka. - © LAKRUWAN WANNIARACHCHI - BELGAIMAGE

 

Non, je ne fais pas le Jacques (1)

 

C'est l’AFP qui le dit : Comment le jacque, ce fruit du pauvre, est devenu le nouvel aliment à la mode Par Abhaya SRIVASTAVA

 

Et bien sûr, toute la presse brode là-dessus, alors pourquoi pas moi ?

 

Le jacque est le plus gros fruit du monde, ça va permettre à mes détracteurs d’ironiser sur celle de mon ego et de mes chevilles.

 

Originaire d’Inde, le fruit du jacquier, (Artocarpus heterophyllus) est un arbre portant des fruits pouvant peser jusqu'à 40 kilos, le jacque, jackfruit en anglais, avec sa texture fibreuse et sa chair ferme au goût sucré est en passe de devenir un aliment tendance. Il est notamment prisé par les consommateurs végétariens et végétaliens comme substitut à la viande. Ça ne va pas plaire à Pousson qui exècre les vegan.

 

Le jacquier serait apparu dans la forêt humide de l'Inde occidentale et au Bangladesh, il s'est par la suite répandu dans toute l'Asie tropicale, l'Afrique avec les Arabes. Il arrive aux Antilles et donc en Martinique en 1782, mais l'odeur musquée de son fruit mûr répugne. Il ne connaîtra pas le succès de l'arbre à pain !

 

Il existe 3 variétés de jacque : le jacque dur dont les fruits restent fermes à maturité, le jacque sosso aux fruits à chair plus molle et le jacque miel à jus très sucré.

 

dizaine de jacques accrochées au tronc du jacquier

 

Plus petit que l'arbre à pain, le jacquier est un arbre avec des feuilles entières ovales à elliptiques et avec des énormes fruits pouvant peser jusqu'à 50 kg. Le jacque peut naître à la fois sur des branches ou encore sur le tronc.

 

jacque prête à être dégustée

 

La peau du fruit, coriace, est constituée de protubérances devenant jaunâtre à maturité. Sa pulpe jaune ou de saveur sucrée, ferme ou molle selon la variété renferme des graines ovales brunes.

 

Les graines brunes sont bouillies ou grillées et mangées comme des châtaignes. Elles sont parfois mélangées à des plats traditionnels. Crues, elles ne sont pas comestibles.

 

La colle jacque à savoir le latex contenue dans toutes les parties du jacquier était autrefois utilisée pour ses propriétés adhésives et piéger les oiseaux.

 

Le bois du jacquier peut être utilisé en construction (BTP) ou la construction de meubles.

 

À noter qu'à la Réunion, le jacque est cuit avec du lard fumé pour préparer la fameuse recette populaire du ti'jaque boucané.

 

Boucané Ti Jacques - Photo de Le Petit Randonneur Restaurant ...

 

Là, Pousson jouit !

 

Intégré au régime alimentaire des régions méridionales indiennes depuis des siècles, le fruit du jacquier était si abondant et banal qu’il a longtemps été consommé surtout par les plus modestes. Chaque année, des tonnes de jacques étaient détruites.

 

Le jaque, le fruit qui remplacera le blé? | Radio-Canada.ca

Des enfants au Bangladesh transporte des jaques.

PHOTO : REUTERS

 

 

 

Mais l’Inde, le premier producteur mondial de ce fruit à la peau hérissée de piques et pesant en moyenne 5 kg, surfe désormais sur la popularité croissante de ce polydrupe hautement nutritif, aujourd’hui promu par des chefs de Londres à San Francisco.

 

« J’ai beaucoup de demandes de l’étranger, raconte à Varghese Tharakkan dans son verger de jaquiers de l’État du Kerala (sud-ouest de l’Inde). Au niveau international, l’intérêt pour le fruit du jaquier a été multiplié. »

 

Mûr, le jacque peut être mangé frais ou utilisé pour confectionner des gâteaux, des jus, des glaces ou des chips. Encore vert, on peut l’utiliser dans des currys, le faire frire, l’émincer et le faire revenir. En Occident, le jacque émincé est devenu une option populaire pour remplacer le porc effiloché et est même utilisé comme garniture de pizzas.

 

« Jacquepot »

 

Dans les seuls États indiens du Kerala et du Tamil Nadu (sud-est), la demande pour le fruit du jacquier est aujourd’hui de 100 tonnes par jour pendant la haute saison et génère un chiffre d’affaires d’environ 20 millions de dollars par an, selon S. Rajendran, professeur d’économie au Gandhigram Rural Institute. ICI 

 

Ce n’est pas un scoop car Loïc Chauveau en 2014 (le 20.06.2014)  dans SCIENCES&AVENIR  affirmait Le jaque, un aliment prometteur

 

Ce fruit géant pourrait contribuer à résoudre les problèmes de malnutrition dans nombre de pays tropicaux. ICI   

 

  1. L'expression date de 1880, et vient de la dénomination péjorative des paysans prétendus lourds et nigauds. Elle signifie se conduire stupidement, faire l'idiot. Elle a inspiré leur nom de scène aux Frères Jacques.

Lifestyle

Jacque : guide complet sur ce « fruit du pauvre » ICI
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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 08:00

10-daladier-bonnet-accueillis-au-bourget

Face à Hitler et Mussolini, Chamberlain et Daladier paraphent les accords de Munich le 30 septembre 1938 un « compromis ». Dès le lendemain, les troupes du Reich annexent les Sudètes. À Paris, le soulagement domine. Encore sur la passerelle, plein d'appréhension et de honte rentrée, Édouard Daladier, le taureau du Vaucluse, Président du Conseil radical, contemplant la foule assemblée sur le tarmac qui l'acclamait, il confia, les dents serrées, à Alexis Léger qui l'accompagnait : « Ah, les cons… S'ils savaient ! »

 

Alexis Léger, le poète connu sous le nom de Saint-John Perse, était au moment des Accords de Munich, en Septembre 1938, secrétaire général du Ministère des Affaires Étrangères. C'est à ce titre qu'il accompagnait le Président du Conseil Daladier dans ces négociations restées synonymes à jamais de complaisance, d'aveuglement, d'abandon et de lâcheté.)

 

Le même jour, le Premier Ministre britannique Neville Chamberlain, lui aussi signataire des Accords pour le Royaume-Uni, rencontrait de retour à Londres un accueil triomphal. Le comte de Clarendon, envoyé du roi George VI, lui remettait une lettre du monarque l'assurant de la gratitude de l'Empire. Le lendemain, la presse unanime le gratifiait du surnom de « peace maker ».

 

 

Les Tchécoslovaques n'ont donc pas leur mot à dire et ne sont pas conviés à la conférence de Munich en septembre 1938, tout comme l'Union soviétique qui était un allié de la Tchécoslovaquie. Hitler souhaite poursuivre l'expansion de son "espace vital", et pour lui faciliter la tâche, la France devait rompre son alliance avec la Tchécoslovaquie où vivaient, minoritairement, les Allemands des Sudètes. La sanction n'a pas tardé, puisque les accords de Munich sont signés le 30 septembre et que la région des Sudètes est immédiatement annexée par l'Allemagne.

 

LA FIN DE LA TROISIEME REPUBLIQUE

 

Les diplomates français et britanniques pensent œuvrer pour la paix, mais ces accords suscitent de vives réactions, à l'image de Winston Churchill qui déclare à l'encontre de la démarche entreprise : « Nos concitoyens dévoués et courageux [...] devraient savoir que nos défenses ont été singulièrement négligées et qu'elles souffrent de faiblesses ; ils devraient savoir que nous avons subi une défaite sans guerre, dont les conséquences nous accompagneront loin sur notre chemin. [...] Les Français avaient le choix entre le déshonneur et la guerre, ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre. »

 

Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ... Accords de Munich (1938): la Tchécoslovaquie sacrifiée sur l'autel ...

Disons-le tout de go: La Jungle est le livre le plus déprimant que j’ai lu. Vous trouvez Zola un peu misérabiliste? Et bien, sachez que Zola c’est Marc Lévy en comparaison d’Upton Sinclair. J’ai retrouvé une sensation perdue depuis des années: à la moitié du livre, l’ouvrir est devenu est une forme de torture. Je me posais à moi-même des dilemmes: «Tu préfères changer la litière du chat ou continuer de lire La Jungle La litière n’a jamais été aussi propre.

La règle d’Upton Sinclair : bonne définition des conflits d’intérêt de nos toutologues

 

« Il est difficile de faire comprendre quelque chose à quelqu’un quand son salaire dépend précisément du fait qu’il ne comprenne pas. »

 

 

Un livre peut-il changer le monde? ICI 

 

Titiou Lecoq — 26 décembre 2016 à 8h34

Upton Sinclair a modifié une partie du fonctionnement de la société grâce à un seul roman. C’est exceptionnel. Pourtant, il en gardera un regret éternel.

«Je voulais toucher le cœur du public et par accident j’ai touché son ventre».

Petit Larousse illustré 2020 - Larousse - 9782035938510 -

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Avec plus de 63500 mots, 125000 sens et 20000 locutions, 28000 noms propres. Et aussi : 1500 remarques de langue ou d'orthographe. 2000 régionalismes et mots de la francophonie. 4500 compléments encyclopédiques. 5500 cartes, dessins, photographies, schémas et planches. Avec une carte d'activation pour bénéficier d'un accès privilégié au Dictionnaire Internet Larousse 2020 contenant plus de 80000 mots, 9600 verbes conjugués et des dossiers encyclopédiques sur les notions clés de la culture générale. Le plus de l'édition 2020 : une couverture moderne et raffinée. 150 nouveaux mots, sens et expressions et 50 nouvelles notices de personnalités.

 

 

GRETA THUNBERG Stockholm, 2003. Militante écologiste suédoise. À 15 ans, elle devient le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique, à travers ses interventions ou ses actions, notamment auprès des jeunes (grève scolaire pour le climat depuis 2018). 

DÉGAGISME Attitude d'insoumission et de rejet prônant l'éviction, par la voie des urnes ou la révolte, des détenteurs du pouvoir sans nécessairement vouloir prendre leur place.

 

ILLIBÉRAL Qui est opposé au libéralisme, à ses principaux fondements, tels que la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice, l'État de droit et les libertés individuelles.

 

REMONTADA (de l'espagnol, « remontée »). 1. Sports. Remontée de score inattendue permettant à l'équipe qui perd d'emporter la victoire dans un match de football, alors qu'il y avait un grand écart de points entre les deux équipes ; par extension, victoire inespérée d'une équipe ou d'un joueur lors d'une compétition, quelle qu'elle soit. 2. Fam. Retour au premier plan, victoire spectaculaire d'un parti ou d'un homme politique, après une défaite électorale, une traversée du désert, etc.

 

ICI 

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24 mai 2020 7 24 /05 /mai /2020 06:00

 

Shimon Peres and his cousin, Lauren Bacall. Photo by the legendary David Rubinger.

Ce Kris Kraus est vraiment un drôle de zèbres, dans sa Fabrique des salauds il tricote avec l’Histoire, une maille à l’endroit, une maille à l’envers, avec un goût immodéré pour la provocation.

 

La Fabrique des salauds par Kraus (II)

 

Le « héros », le narrateur de l’histoire, est arrivé en Israël, l’année 1955, sous une fausse identité, celle d’un juif allemand, Himmelreich. C’est un agent secret du réseau Ghelen, il est convoqué à l’ambassade américaine à Tel-Aviv.

 

Au premier étage on le conduit dans une pièce « composée presque exclusivement d’huiles de présidents américains qui fixaient une table de conférence en forme d’ellipse. »

 

« L’homme qui présidait la table donnait l’impression de le savoir (ndlr. Qu’elle était l’objet de la réunion). Il avait beau être le plus jeune de l’assemblée, il hocha la tête comme un vieux druide. »

 

« Le jeune gentleman en face de moi croisa les bras sur la table, me toisa avec une moue ironique – les commissures de ses lèvres vaguement écœurées formaient un triangle isocèle avec la mignonne fossette de son menton. Rarement quelqu’un m’avait autant rappelé Humphrey Bogart.

    

« Quand tout le monde sut comment chacun s’appelait ou prétendait s’appeler, Bogart se tourna vers moi.

 

  • Je suis le secrétaire d’État Shimon Peres, dit-il simplement en passant la main dans ses cheveux de jais. Je représente le Premier ministre et ministre de de la Défense, M. Ben Gourion.

 

Il eut un sourire charmeur. Loin d’être affectée, son assurance était parfaitement naturelle, il était encore plus éblouissant que Bogie – comme si Bogie avait en prime joué au tennis comme un dieu – et dans ses mouvements on devinait aussi la grâce âpre de Lauren Bacall, l’épouse de Bogart, ce qui n’avait rien d’étonnant.

 

Car bien des années plus tard, lorsque je rencontrai la Bacall lors d’un dîner de gala à New-York, elle me raconta que Shimon était son cousin, le neveu de son père – un salopard qui l’avait abandonnée à l’âge de dix ans pour aller sauter une shiksa de Brooklyn à la place de sa mère, oui, voilà comment s’exprimait The Look quand elle avait un coup de bourbon dans le nez. Parce qu’elle méprisait son père, elle ne portait pas le nom de Peres comme Shimon mais celui de Weinsten comme sa mère, et quant à la raison pour laquelle on l’appelait Bacall, c’est une autre histoire de l’Hollywood antisémite que vous devinerez sans peine – mais là je m’égare. »

 

 Shimon Peres: Are you curious about who that is?

 

Peres: Lauren Bacall was 'not an easy woman' | The Times of Israel

 

Shimon Peres l'un des pères fondateurs d'Israël, décédé le 28 septembre 2016 à l’âge de 93 ans, ancien Premier ministre et président israélien, a été le fer de lance des négociations avec les Palestiniens qui lui ont valu le Nobel de la Paix en 1994.

 

Il était né en 1923 à Vichnyeva, dans ce qui était alors la Pologne et qui appartient désormais à la Biélorussie.

 

Benyamin Netanyahou, dont les idéaux politiques sont très éloignés de ceux de  Shimon Pérès

 

« Shimon a dédié sa vie à la renaissance de notre peuple. C’était un visionnaire tourné vers l’avenir. C’était aussi un champion de la défense d’Israël dont il a renforcé les capacités de multiples manières »

 

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a également salué « un partenaire courageux pour la paix ». Dans une lettre de condoléances envoyée à la famille de M. Pérès, il le décrit comme un homme ayant « mené des efforts soutenus et ininterrompus pour parvenir à la paix depuis Oslo et jusqu’à son dernier souffle ».

 

Depuis la bande de Gaza, Sami Abou Zouhri, un porte-parole du Hamas, qui contrôle l’enclave, a a contrario salué la mort de l’ancien président israélien. « Le peuple palestinien est heureux de la mort de ce criminel. Shimon Pérès était l’un des derniers fondateurs israéliens de l’occupation, sa mort signe la fin d’une époque dans l’histoire de l’occupation israélienne », a-t-il affirmé.

 

Shimon Peres remembers 'very strong, very beautiful' relative ...

 

Peres a raconté que Bacall avait cherché à le rencontrer après avoir appris qu’ils partageaient le même nom de famille, Perski.

 

« En 1952 ou 1953 je suis allé à New York et les gens savaient que mon nom de famille était Perski », a-t-il déclaré. « Lauren Bacall m’a appelé, elle a déclaré qu’elle voulait me rencontrer, et nous nous sommes rencontrés. Nous sommes assis et nous parlé d’où nos familles venaient et nous avons découvert qu’on était de la même famille ».

 

Le père de Bacall, William Perske, était apparenté au père de Peres, Yitzhak Perski, mais la nature de ce lien n’est pas claire.

 

Malgré les réserves apparentes au sujet de sa parente, il semble avoir été charmé par son mari, Humphrey Bogart.

 

« Je pense qu’à un moment j’ai vu son mari, Humphrey Bogart », raconte Peres de sa rencontre brève avec Bacall. « Il était plus beau dans la vraie vie que dans ses films et c’était un homme très agréable ».

 

LAUREN BACALL

 

Humphrey Bogart et Lauren Bacall se rencontrent sur le tournage du "Port de l'angoisse" d'Howard Hawks et tombent instantanément amoureux.

 

Baby,

 

Je t'aime si tendrement et je ne veux jamais, jamais te faire souffrir ou te rendre malheureuse, je veux que tu aies la vie la plus merveilleuse que mortelle ait jamais eue. Cela fait si longtemps, ma chérie, que je n'ai pas éprouvé un sentiment aussi profond pour quelqu'un, je ne sais pas quoi dire ni quoi faire. Je peux seulement t'affirmer que j'ai sondé au plus profond de mon coeur durant ces deux semaines et je sais que je t'adore de tout mon être et je sais que je te veux pour moi seul. Mais nous devons attendre, car tout ce que nous pourrions faire en ce moment provoquerait un désastre.

 

[Une semaine plus tard :]

 

Baby je ne me serais jamais cru capable d'aimer de nouveau, il m'est arrivé tant d'histoires, je ne voulais plus entendre parler d'amour. Ça peut être si douloureux.

 

Slim chérie, tu es apparue dans ma vie, tu es venue dans mes bras, dans mon coeur et tout l'amour dont je suis capable t'appartient et maintenant j'ai peur que tu ne comprennes pas et que tu t'impatientes, car alors je te perdrais - mais même si cela devait arriver, je ne cesserai pas de t'aimer car tu es mon dernier amour et je t'aimerai jusqu'à la fin de mes jours, et je veillerai sur toi et je serai toujours prêt à t'épauler si tu avais besoin d'aide.

 

Tout ce qui peut m'arriver d'agréable l'est tellement moins sans toi. Cent fois par jour, je me dis, 'Si Slim pouvait voir ça' ou bien 'Je voudrais tellement que Slim entende ça : Je veux refaire ma vie avec toi, je veux que tous les amis que j'ai perdus fassent ta connaissance et t'aiment autant que je t'aime. Je veux revivre grâce à toi, car ces dix dernières années ont été terriblement dures, et j'ai vraiment failli devenir fou. Tu seras bientôt avec moi, Baby, et ta présence m'apportera tout ce qui importe en ce monde pour moi.'

 

Chérie, l'idée d'être injuste envers toi, la perspective de te faire trop attendre me sont parfois insupportables. Tout plutôt que de te causer le moindre tort. T'aimer comme je t'aime quand j'avais depuis si longtemps cessé de croire à l'amour, cela tient du prodige... Slim chérie, si je pouvais me retrouver avec vingt ans de moins, être libre, sans responsabilités, avec la perspective de longues années heureuses ensemble, alors que nous devrons peut-être nous contenter de beaucoup moins."

 

Les deux amants se disent "oui" en 1945, avant de se partager l'affiche de trois autres longs-métrages : "Le Grand sommeil" en 1946 pour lequel ils sont de nouveau dirigés par Hawks, "Les Passagers de la nuit" de Delmer Daves en 1947, et "Key Largo" de John Huston en 1948. Ils resteront ensemble jusqu'au décès de Bogart, en 1957, d'un cancer de l'œsophage.

 

Biographie Lauren Bacall Lauren Bacall, femme fatale et actrice sublime, mourait il y a 5 ans

 

Lauren Bacall, de son vrai nom Betty Joan Perske, est née le 16 septembre 1924 à New York. Ses parents, Natalie Weinstein-Bacal et William Perske, des immi­grés juifs polo­nais, appartenaient à la même famille que l’ancien président israé­lien Shimon Peres – il était son cousin. Elle grandit aux côtés de sa mère après le divorce de ses parents en 1929. Adolescente, elle rêve de faire du cinéma mais n'a pas les moyens de se payer des cours d'art dramatique. Entre deux cachets à Broad­way, elle pose pour des magazines et la couverture du Harper’s Bazaar en 1943 tape dans l'oeil de l'épouse d'Howard Hawks. Le réalisateur la fait tour­ner dans son premier film, Le port de l'angoisse. Derrière l'assu­rance de son person­nage à la voix grave, Lauren Bacall, est telle­ment impres­sion­née par son partenaire, Humphrey Bogart, qu'elle baisse son regard bleu profond face à la caméra: cela devient sa marque de fabrique et lui vaut le surnom de « The Look ».

 

Les deux stars partagent l'affiche de plusieurs films, Le grand sommeil, du même Howard Hawks (1946) Les passa­gers de la nuit (1947) de Delmer Daves et Key Largo de John Huston (1948). Celle qui a pris comme nom de scène celui de sa mère, tourne notam­ment sous la direc­tion de Jean Negu­lesco (avec Mari­lyn Monroe, dans Comment épou­ser un million­naire en 1953, Les femmes mènent le monde, en 1954 et La femme que j'aimais, en 1958), Vincente Minelli (La toile d'arai­gnée, 1955, La femme modèle, 1957) Sydney Lumet (Le crime de l'Orient-Express, 1974), Robert Altman (Prêt-à-porter, 1994), ou même Lars von Trier (Dogville en 2002 puis Mander­lay en 2005). Elle renoue avec les planches dans les années soixante-dix à l'affiche de plusieurs pièces de théâtre; Cactus Flower, Wonderful Town ou encore Applause. En 2009 elle reçoit un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Elle continue les tournages avec parcimonie et prête sa voix pour des films d'animation (Le château ambulant en 2004, Scooby Doo et la créature des ténèbres en 2008).

 

Lauren Bacall a une liaison avec Franck Sinatra avant de se remarier en 1961 avec l'acteur Jason Robards, dont elle a eu un fils, Sam (né le 16/12/1961). Malheureusement le couple se sépare et leur divorce est prononcé en septembre 1969. Le 12 août 2014 l'actrice décède, à l'âge de 89 ans, victime d'un accident vasculaire cérébral.

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 06:00

 

Ce titre un peu tiré par les cheveux, normal au temps du confinement où les merlans éaitnt en cale sèche, mais il m’est venu du prénom du père d’Henry-Pierre : Alfred et du souvenir du film les Malheurs d’Alfred de et avec Pierre Richard.

 

LES MALHEURS D ALFRED

 

Le grand Alfred travaillait à la perception place de l’église, alors qu’il était un « laïcard », et habitait un joli pavillon sis à la montée de la gare. Avec mon père Arsène il siégeait au Conseil Municipal présidée par une femme Marthe Régnault, sage-femme, celle qui avait accouché de son petit dernier, moi, ma mère Berthe au Bourg-Pailler. Joie du panachage, papa avait fait un score soviétique sur la liste de l’ancien maire, Antoine Morrison de la Bassetière, 33 ans aux manettes, Inspecteur des finances comme Baumgartner, balayée par les rénovateurs de Marthe Régnault dont Alfred Troussicot faisait partie. Papa fut adjoint aux travaux, chemins ruraux… pour Alfred je ne sais pas mais vu son job au ramassage des sous, contrôleur du Trésor, il devait s’intéresser aux finances de la commune qui étaient saines vu que le père de la Bassetière était un vieux grippe-sous.

 

 

 

 

Alfred TROUSSICOT (1917-2001) avait épousé Helene GIRAUDEAU (1918-2009) qui lui avait donné que des garçons, dont deux étaient mes copains, avec le Dominique Remaud, le fils aîné du boulanger me p’tit Louis, Gervais et Jack…

 

Alfred TROUSSICOT Helene GIRAUDEAU

 

Bref, l’aîné, le Henry-Pierre, c’était un grand et nous ne nous sommes guère connus mais c’est ce blog qui nous a réunis. C’est le vivant portrait d’Alfred son père.

 

photo henry-pierre troussicot vient de publier son quatrième livre. © ouest-france

 

La Roche-sur-Yon. Henry-Pierre Troussicot sort un nouveau roman

 

Le peintre et graveur yonnais est aussi écrivain. La Vigne maudite du Pont-Charrault est son quatrième ouvrage.

 

La vigne maudite du Pont-Charrault - Editions Ex AEquo

 

Les Yonnais le connaissent comme peintre et graveur. Henry-Pierre Troussicot écrit aussi des livres. La Vigne maudite du Pont-Charrault est son quatrième ouvrage après Ceux des bords de l’Auzance , Le Crime de l’Hermitière et Le Secret de l’Hermitière .

 

Ce roman plante son décor dans la région de Chantonnay, à Saint-Philbert-du-Pont-Charrault, à l’approche des années 1950. Le sujet, une « pure fiction », évoque le monde des « carroulets », les gens du voyage . « Quand j’étais gamin, ils stationnaient près de la rivière. Les enfants venaient à l’école et j’étais très curieux de ces camarades », explique-t-il.

 

Il évoque une communauté qui « fait toujours l’objet de la stigmatisation ». Son intrigue fera éclater la vérité sur des méfaits injustement attribués aux « bohémiens », et confronte une « société égoïste, étriquée et souvent inculte ». L’auteur fait le lien avec l’actualité récente, celle des violences subies par des Roms en région parisienne.

 

Résultat de recherche d'images pour "henri pierre troussicot le crime de l'hermitière"

 

Le crime de l'Hermitière est plus une chronique qu'un polar, dont l'action se situe dans un bourg vendéen (probablement entre La Mothe-Achard et Les Sables-d'Olonne) en... 1921 ! La Première Guerre mondiale est finie, le monument aux morts se construit, on éclaire à la bougie, on entend le forgeron battre l'enclume dès potron-minet.

 

 Peut-être que cette histoire, qui a probablement existé, aurait mérité quelques dizaines de pages en moins pour la rendre plus percutante encore, comme un Frédéric Dard ou un Simenon. Henry-Pierre Troussicot se distingue par la reconstitution de l'ambiance de l'époque, évitant tout anachronisme, avec des dialogues, où resurgit le caractère de cette population rurale, jusqu'à l'enjomineur de La Roche-sur-Yon et le juge sablais. Troussicot écrit comme il peint, en mettant des couleurs autour de clairs obscurs à la Rembrandt. Ce roman devient superbe et le procès révèle encore mieux les haines, les ragots et les « sorcelages » de ces paysans rugueux, parfois retors.

 

NDLR : ça se passe à la Célinière, et ça parle de mes ancêtres...

 

"La mare de la Vinière" EF + Aquat 15 x 20 cm

 

Henri-Pierre est sur Face de Bouc et pendant le confinement il fait des gravures de confinement :

 

Ma gravure de confinement.

Tirage hier, porte ouverte, par un temps magnifique... "Le halo" EF+Aquatinte +burin sur zn. 20 x 25 cm sur Arches France 300 gr 12 ex.

 

À tous,

 

Voici le texte éponyme que ma gravure "Le halo" a inspiré à mon ami poète Jacques Braud. Encore merci Jacques.

 

Vous êtes nombreux à avoir commenté, fait le lien entre cette percée d'espoir dans le ciel sombre du confinement.

 

Je ne vais pas vous dire qu'il ne faudrait pas pour autant se précipiter sur les achats inutiles, sur les routes pour aller  nulle part, dans les airs pour "faire comme tout le monde" lorsque nous aurons libéré nos chaînes... Je ne dis pas ça, mais je ne me fais pas d'illusion... Notre frénésie consumériste risque fort de reprendre le dessus, à moins que nous ayons pris conscience que les choses les plus simples  de la vie sont les plus belles ?

 

Non, je ne vous le dis pas, ne veux pas entendre " t'est pas plus fin que les autres" comme aurait dit ma chère mère !

 

Savourez ce beau texte, à l'ombre, avec une petite gorgée et surtout...

 

PORTEZ-VOUS BIEN, y a du bon dans la réclusion !

 

Amitiés.

 

HPT

 

La Mothe Achard - LA MOTTE ACHARD FAUBOURG DES ESSAYS ROUTE DE ST ...

 

LE HALO

 

   La grande plaine est blanche, immobile et déserte. La neige étouffe tous les bruits, tous les sons. Aucun aboi de chien en maraude ne vient troubler le silence nocturne. La vie semble s'être retirée du monde. Le Bonhomme Hiver rôde dans un ciel sombre au-dessus de ce qui semble un village endormi, à peine visible à l'horizon lointain sous la lumière pâle dispensée chichement par la lune. Discrète,  craintive peut-être, elle s'est abritée derrière un halo que diffractent les  cristaux de givre en suspension dans l'atmosphère glacée, comme une belle  se voile d'un foulard diaphane pour cacher sa timidité ou pour accentuer son mystère. Elle n'éclaire pas  le paysage comme lorsque, à son plein, gonflée de prétention, elle se prend pour le soleil au zénith. Joue-t-elle les timides ou bien, avare de ses rayons, se réserve-t-elle pour une occasion plus importante à ses yeux ? Sait-elle seulement qu'elle ne fait que réfléchir les rayons de son modèle ? Peu importe. Laissons-la croire à son fantasme et  profitons  de la clarté diffuse qu'elle jette parcimonieusement sur le paysage tout en le magnifiant.

 

    Sous les arbres dénudés, on a éradiqué la haie dont ne subsistent que quelques longs rejets de ronces lancées à la recherche de futurs marcotages, pour la remplacer par une clôture de  barbelés. À qui donc ces  fils griffus distendus sur de noirs piquets encapuchonnés de blanc veulent-ils faire obstacle ? Il fait un temps à ne pas laisser un troupeau dehors. Le promeneur  qui aurait l'intention de franchir l'échalier qui lui tend les bras risquerait de s'égratigner douloureusement aux épines d'acier ou d'y laisser quelque lambeau de ses pantalons. Mais qui serait assez audacieux ou assez fou  pour s'aventurer ainsi dans cette nuit glaciale ?

 

 Un amoureux ? … Peut-être, mais transis, c'est sûr, et fou probablement.

 

                                                                J.B. Le 11/04/2020

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 06:00

 

Longtemps je me suis rendu à Caen dans le turbotrain brinquebalant, précisément pendant 5 ans, pour présider le BNICE, dit bureau du Calvados, que j’ai transformé en une interprofession du cidre, du Calvados, du poiré dotée d’un affreux acronyme IDAC. (Les cidres d'appellation Pays d'Auge et Cornouailles, Calvados, Calvados Pays d'Auge, de Domfront, Pommeau de Normandie et de Bretagne, Poiré)

 

Étrange présidence, je n’avais aucune légitimité professionnelle, ne possédant ni pommier ni poirier, n’étant point élaborateur ni qui que ce soit d’ailleurs, mais du côté des cidriers la première fracture était une frontière entre les bretons et les normands, la seconde entre les industriels Ecusson (CCLF) et Loïc Raison (CSR ex du groupe Pernod-Ricard) et les fermiers. Deux interprofessions qui mettaient les fonctionnaires du Ministère de l’Agriculture en transes. De plus l’ombre du puissant groupe Pernod-Ricard, il possédait la marque Busnel.

 

JEU DE 54 cartes Père Magloire Calvados- complet-a servi-bon état ...

 

Il leur fallait à la fois un médiateur et un défenseur de leur indépendance face à la voracité des grands groupes.

 

J’ai accepté.

 

publicité pour le Calvados | Poster retro, Affiche

 

Un mot sur le fameux Calva :

 

« Dans tous les bistrots bretons et normands ouverts de bon matin, les hommes de la terre et ceux de la mer puisaient souvent leur courage avec, au fond de leur tasse à café, une eau-de-vie de pomme rude et bien corsée. Cette odeur de café-calva, que, pour une raison qui m’échappe, on appelle ici mic, reste gravée au fond de ma mémoire, tout imprégnée de celle, plus âcre et râpeuse du tabac gris à rouler. Quels récits, quels voyages, quelles aventures partageaient-ils ?

 

J’ai tenté de comprendre dans mes rêves à quel moment cette rencontre entre le café du lointain port de Moka et l’eau-de-vie de pomme du pays a pu se faire. Cette histoire est probablement proche de l’Irish coffee… »

 

Université populaire de Caen — Wikipédia

 

À l'époque mon intérêt pour Michel Onfray se résumait à ce que me disait de lui une de mes amies qui le fréquentait. Rien lu de lui mais je savais qu’il officiait à Caen dans son Université Populaire.

 

Lors d’un déjeuner j’abordai la question avec un Caennais qui me balança ironique :

 

« Avec son « université populaire » pleine de vieux retraités de la fonction publique et de commerçants qui ont toujours rêvé d'être franc-mac...

 

« Le mec dit s'impliquer dans la vie sociale de son département en faisant venir tout un tas de vieux bourgeois dans sa maison de campagne de l'Orne pour donner des cours de cuisine géants.... Il ferait mieux d'aller dans nos quartiers difficiles faire du soutien scolaire comme je le faisais quand j'avais le temps. »

 

Alors je me suis renseigné sur les origines du bonhomme qui n’était pas encore un monstre médiatique, pour constater que la pierre angulaire de la démarche de Michel Onfray reposait à la fois sur ses origines : fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage et sur son statut professionnel originel : professeur en lycée technique.

 

Docteur en philosophie, Michel Onfray enseigne en classe terminale au lycée technique de Caen. Il démissionne de l'Education Nationale en 2002 pour créer l'Université Populaire de Caen, afin d'y enseigner une "contre-histoire" de la philosophie.

 

Valeurs Actuelles, le JO de la Droite Dure dans sa présentation de la dernière trouvaille de l’omniprésent Michel :   

 

Fils d'ouvrier agricole et ancien professeur en lycée technique, le philosophe du “petit peuple” s'est imposé au fil des années comme l'un des meilleurs bretteurs de la bataille culturelle. Avec sa nouvelle revue, Front populaire, il est en passe de devenir une nouvelle icône du populisme français…

 

« Agir, c'est combattre », disait Pierre-Joseph Proudhon. Voilà une maxime qui pourrait décrire l'état d'esprit avec lequel Michel Onfray se prépare aux grandes crises du “monde d'après”. Le mercredi 15 avril, au plus sombre de la débâcle sanitaire, le philosophe annonçait avec fracas la création de sa nouvelle revue, Front populaire, une « machine de guerre pour la plèbe ».

 

« Michel Onfray est né en 1959 d’un père ouvrier agricole et d’une mère femme de ménage. Il passe une partie de son enfance, de 1969 à 1973, dans un pensionnat catholique à Giel qui fait office d’orphelinat et qu’il décrira dans la préface d’un de ses ouvrages, La puissance d’exister (Grasset, 2006) »

 

La puissance d'exister : Manifeste hédoniste / Michel Onfray ...

 

« Dans le prolétariat, le vrai destin c’est le destin du manuel auquel on oppose l’intellectuel. L’intellectuel c’est vaguement un homosexuel, on doute un peu de sa puissance ou de sa force. »

 

« L’intellectuel c’est un peu une malédiction dans un couple d’ouvriers. »

 

« C’est Zola, l’orphelinat en 1969. Je me retrouve dans un milieu d’enfer, un milieu infernal : violence, pédophilie, saleté. »

 

« Entre le silence paternel et l’abandon maternel. Pourtant, l’enfance du philosophe n’a pas toujours été facile. Avec "un père qui ne parle pas" et n’a jamais témoigné de son amour ou de sa fierté envers son fils, même si toute parole était "d’or", "une promesse". "J’ai longtemps été dans cette idée que si l’on ne dit pas ses sentiments, c’est qu’on n’avait pas de sentiments". Alors, à dix ans, "je ne comprends pas plus le silence de mon père que le comportement de ma mère", se souvient Michel Onfray.

Cette mère, femme de ménage, a abandonné devant un orphelinat ce gamin "intellectuel". "Un intellectuel, c’est une malédiction. On se dit ‘qu’est-ce qu’on va faire de lui ?’". Elle-même avait été une enfant abandonnée : "Une mère douloureuse pour elle-même, pour moi aussi. Elle était en colère contre l’humanité tout entière." Mais "la paix a été faite" entre elle et moi, a indiqué Michel Onfray, semblant apaisé. »

 

Pour moi, enfant de pas très riches, qui, comme je le faisais remarquer à mes Ministres « s’était lavé le cul dans une bassine d’eau froide » jusqu’à l’âge de 16 ans, le viatique de ses origines et de ses choix originels ne constitue pas un vaccin immunisant d’une dérive en des marais boueux et nauséabonds.

 

Download Le crépuscule d'une idole Ebook {EPUB} {PDF} FB2 - video ...

 

En ce temps-là le Michel me laissait indifférent, il tartinait comme un malade et lorsqu’il dézingua Freud en 2010 Le Crépuscule d'une idole, j’imaginais un dialogue entre Sigmund et moi :

 

Freud le réprouvé d’Onfray m’adjurait :

 

-         Cherchez la femme vous trouverez l’homme !

 

-         ...

 

-         Prenez BHL, le col blanc, il ne sort jamais dans le monde sans son Arielle...

 

-         Le baril ? 

 

-         Mais non crétin sa moitié qui a un si beau popotin : la Dombasle... 

 

-         Pardonnez-moi Sigmund, ce n’était qu’une plaisanterie à deux balles...

 

-         Epargnez-moi vos Colucheries, je cherche une rombière...

 

-         Avec une guêpière comme l’Arielle ! 

 

-         Allons Berthomeau, sachez qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui... 

 

-         Ce n’est pas de vous... 

 

-         Je sais, Desproges est maintenant mon voisin de chambrée... 

 

-         Alors vous vous offrez un petit week-end à Paris ? 

 

-         Oui je fais un extra pour le St Esprit. 

 

-         Vous auriez dû aller en Normandie ! 

 

-         Au club du 3ième  âge de Caen de mon ami Michel...  

 

-         L’archange ?

 

-         Décidément vous n’êtes pas sérieux...

 

-         Et vous Sigmund, si j’en crois l’Onfray, vous êtes aussi habillé pour l’hiver... vous un imposteur docteur... 

 

-         Mais je n’ai pas dit mon dernier mot... 

 

-         Et quel est votre dernier mot ? 

 

-         Le premier ! 

 

-         Vous plaisantez... 

 

-         Jamais !

 

-         Alors dites

 

 Et c’est alors que Sigmund m’a dit « Ce Onfray, qui est le Delly de la philosophie à 2 balles, a-t-il, comme BHL, son Arielle Dombasle ? »

 

 Et il est reparti.

 

Et moi je me suis dit « Fais quelque chose pour répondre à cette brûlante question. La face du monde en sera changée. Pensez-donc, dans le petit monde des lettres parisien, la grande nouvelle c’est qu’au hit-parade de l’intellectuel médiatique l’Onfray d’Argentan, le fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, qui fait passer le temps aux retraités désœuvrés, qu’est pote avec Mélenchon, a détrôné l’héritier des bois exotiques, le BHL qui achète ses chemises blanches chez Charvet rue de la Paix.

 

Je m’aperçus aussi que le Michel  s’intéressait au vin 2 novembre 2010

« L’heureuse ivreté » de Michel Onfray déclinée par un amateur-philosophe venu au vin sur la tard « le vin est cathartique »  ICI mais qu’il était d’un conservatisme rance mais c’était son droit et y’avait déjà un léger parfum de la terre qui ne ment pas.

 

« Les pierres qui font les vins sont roturières pour la plupart. Mais toute sont mêmement chargées de magnétisme : brûlées par le soleil, fendues et fondues par la foudres, polies par les sacs et ressacs, lustrée par l’entropie des vents violents et brefs ou doux et longs, elles eurent pour destin moins les palais et les chefs princiers que les ornières des champs, les fondrières des chemins. On ne les vit pas serties sur un chaton à la main d’une belle, ni pendues autour du cou d’une courtisane, scintillantes de tous leurs feux, en représentation et habits d’apparats, mais révélées à la lumière par le soc d’une charrue, mélangées à la terre et offertes à l’œil par l’acier tranchant d’une araire, ou tout simplement irradiant dans la main de l’homme de l’art qui l’aura extraite de la glèbe qu’il travaille quotidiennement. »

 

Mylène Farmer - L'étoile polaire avec Michel Onfray - Mylene.Net

 

24 Août 2015 le Michel se pâmait pour Mylène Farmer

 

Sur Radio Classique en avril dernier, le philosophe, qui boit, mange, se pâme aussi « Je trouve qu’il y a chez Mylène Farmer une voix extraordinaire, une sensualité, une volupté. Mylène Farmer c’est aussi un corps, une mise en scène, c’est aussi une façon d’être dans le système. Elle n’est pas du tout au-devant de la scène, elle est un peu secrète, discrète, on ne sait pas grand-chose. Et j'aime assez que les gens produisent leur art et soient sur scène puis disparaissent et n'exploitent pas le filon de leur vie privée. »

 

La dérive a commencé sous le règne de Flamby pour s’amplifier en 2017, lors de la campagne présidentielle, où il passait aux invectives

 

Benoit Hamon est le "roi crétin" et le "piège à con". Jean-Luc Mélenchon est "Robespierre le petit". Pourquoi "petit"? Réponse, sans rire du philosophe : "Il n'est pas la hauteur". Quant à François Hollande, c'est « Sphincter Ier », parce qu'il "ne se retient pas, il se répand partout "…

 

Onfray est une vedette de télévision, qui a bâti sa réputation médiatique sur le ridicule intellectuel de ses postures, dont la dernière livraison est emblématique. Onfray est un " bon client " de la télé, qui a compris l'intérêt commercial qu'il y avait à accepter de se produire à On n'est pas couché et Les Grandes gueules. Et de " bon client " de la télé, Onfray est devenu " bon client " pour le papier. Il a ainsi pu enclencher, avec beaucoup de talent, le cercle vertueux qui procure la plus grande des surfaces médiatiques. Il passe à la télé parce qu'il est à la une des magazines, il est à la une des magazines parce qu'il passe à la télé, et ainsi de suite, à l'infini…

 

Michel Onfray, le penseur qui pense à la place de monsieur et de madame tout le monde, imbu qu’il est de son immense succès médiatique et commercial

 

Mais ce n'est pas tout. Désormais tribun de la plèbe réactionnaire, Onfray est aussi le formidable vecteur qui permet aux différentes factions du Vieux monde qui meurt de réfuter la victoire démocratique de Macron et des valeurs qu'il emporte avec lui. En théorisant un vaste complot qui aurait confisqué la démocratie, Onfray apaise les consciences qui prophétisaient que la France 2017, saisie par l'insécurité culturelle, viendrait prendre place aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis, entre Trump, Brexit, et soumission à l'ordre mondial de Poutine. De même, il explique aux orphelins de la Vieille maison PS et de la rue de Solférino que la victoire de Macron relève d'une trahison inscrite dans le grand complot, dont Hollande et une partie du PS ont été les complices.

 

Pour les partisans du Vieux monde, de gauche et de droite, de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la vision complotiste et délirante d'Onfray est rassurante. Les uns et les autres y trouvent matière à réconfort en ce qu'ils peuvent conclure que ce ne sont pas leurs idées qui ont perdues, mais que ce sont des tricheurs et comploteurs qui ont porté Macron au pouvoir. Cette explication du monde est apaisante, et leur convient. Onfray est le philosophe de l'époque qui traque les Forces occultes qui détournent la démocratie. Onfray est partout.

 

Le terminus d'Onfray

 

Philosophe médiatique et furibard, Michel Onfray crée une revue qui s’appellera Front populaire. Référence à vrai dire trompeuse : rien à voir avec l’été 1936, Léon Blum ou le socialisme réformiste. «Il faut lire séparément "Front" et "populaire"», dit Onfray, ce qu’on comprend très vite.

 

Il s’agit en fait de réunir les «souverainistes des deux rives», lesquelles – cliché habituel – ne signifient plus rien, puisque le «binarisme» droite-gauche, pour Onfray, est artificiel. Deux gros poissons ont mordu à cet hameçon rouillé, Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers. Le premier donne un article, mais reste distant, le deuxième a l’air plus enthousiaste. But de l’opération : mettre en lumière, par un travail intellectuel, le «vrai clivage» entre élites européistes d’un côté, et peuple enraciné de l’autre, entre mondialisme sans âme d’un côté et souverainisme charnel et démocratique de l’autre, le tout assaisonné d’un proudhonisme censé montrer que l’opération reste issue de la gauche populaire.

 

A vrai dire cette nouveauté n’a rien de neuf. Alain de Benoist, en son temps, avait proclamé la même ambition, puis divers personnages tout aussi proches de l’extrême droite, tel Florian Philippot. Marine Le Pen avait, elle aussi, lancé des lignes dans cette direction pour pêcher au-delà de son étang. On trouve des précédents historiques dans le boulangisme de la fin du XIXe, ou bien dans les années 30 chez Déat, Doriot et quelques autres, sous une forme nettement plus virulente.

 

Rhétorique vindicative, nationalisme à peine déguisé, dénonciation du cosmopolitisme, de l’islam, du libéralisme réel ou supposé des adversaires, rejet d’une «pensée unique» dont on se proclame le martyr, etc. Comme d’hab, Onfray s’avance en opprimé des médias, lui qu’on voit dès qu’on allume un écran ou qu’on ouvre un magazine. La figure de style est inusable.

 

Avec toujours le même problème. Cette coalition souverainiste a tout du pâté d’alouette (un mélange de viande de cheval et de chair d’alouette) : un cheval de la droite dure, une alouette de gauche. Pour une raison simple : la gauche est par nature universaliste, la rengaine identitaire la tient à l’écart. La règle se vérifie encore une fois : une enquête du Monde montre que les soutiens d’Onfray se recrutent avant tout dans les eaux identitaires, puisque à Philippe de Villiers s’ajoutent, comme auteurs ou comme contributeurs empressés, le même Alain de Benoist, Elisabeth Lévy, Ivan Rioufol, Robert et Emmanuelle Ménard, l’identitaire breton Yann Vallerie, le patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias, Claude Chollet, mais aussi Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, membre du bureau national du Rassemblement national (RN). Avec, en prime, quelques gilets jaunes tirant sur le brun et l’inévitable professeur Raoult armé de ses cartouches de chloroquine. Quelle bande !

 

On avait naguère rompu des lances avec Onfray qui tenait déjà des propos proches des thèses du RN. La philosophe avait failli casser ses lunettes rectangulaires en hurlant à l’amalgame scandaleux. Aujourd’hui, il confirme lui-même le tropisme qu’on avait détecté à l’époque. C’est le sort de toutes ces entreprises d’hybridation : elles sont toujours tombées du côté où elles penchaient, à la droite de la droite. Proudhon avait écrit un livre intitulé Philosophie de la misère. Marx avait répondu : «Misère de la philosophie.»

 

LAURENT JOFFRIN

 

Avec sa nouvelle revue « Front populaire », Michel Onfray séduit les milieux d’extrême droite

 

La revue, qui doit être lancé en juin, entend réunir les « souverainistes de droite et de gauche ». Parmi ses premiers soutiens, l’on compte de nombreuses figures de la droite de la droite.

 

Par Lucie Soullier et Abel Mestre Publié le 19 mai 2020

 

Débattre du souverainisme en 2020 avec Jean-Pierre Chevènement et Philippe de Villiers. L’affiche poussiéreuse pourrait presque faire sourire. Au temps du « nouveau monde », du « dégagisme », du besoin de renouvellement dans le personnel politique… Le prolifique Michel Onfray annonce le lancement, en juin, d’une revue intitulée Front populaire réunissant l’ancien ministre socialiste et le souverainiste de droite.

 

Objectif affiché par le philosophe : « Fédérer les souverainistes de droite, de gauche et, surtout, d’ailleurs – à savoir ceux qui ne se reconnaissent pas dans le jeu politique bipolarisé, donc manichéen. Nous voulons contribuer au débat d’idées qui n’existe plus depuis des années, explique au Monde Michel Onfray. Nous souhaitons faire de telle sorte que des notions comme “peuple”, “populaire”, “nation”, “souverainisme”, “protectionnisme” ne soient pas des insultes mais des prétextes à débattre. »

 

« La pensée dominante traite toute opposition sur le mode du mépris, de la caricature ou de l’invective. » Michel Onfray

 

D’autant que la crise liée au coronavirus est passée par là, redonnant le goût de la thématique souverainiste à presque toutes les lèvres politiques. Et Michel Onfray a le sens du timing, comme du marketing. Parmi ses recrues emblématiques : le professeur Didier Raoult, très contesté dans le monde médical pour son traitement à l’hydroxychloroquine et nouvelle égérie des pourfendeurs du « système » de tous bords. Ce qui ne pouvait que plaire à Michel Onfray. « La pensée dominante ne respecte pas ce qui n’est pas elle et traite toute opposition sur le mode du mépris, de la caricature ou de l’invective. La “reductio ad Hitlerum” fait la loi. On insulte, on caricature, on déforme, on méprise, on censure, on falsifie, on présente comme intox des infos et comme infos des intox… Nous souhaitons faire entendre une voix alternative », martèle-t-il.

 

Une « voix alternative », devenue sa marque de fabrique depuis quelques années. Front populaire n’est ainsi qu’une déclinaison de plus de la galaxie Onfray. Son logo arbore d’ailleurs les petites lunettes de l’enseignant, comme le site personnel regroupant l’ensemble de ses productions. Son associé, le producteur de télévision Stéphane Simon (qui a travaillé notamment pour Thierry Ardisson) a quant à lui une expérience dans les « médias engagés » : c’est lui qui produit la webtélé RéacnRoll où s’illustrent les figures de la réacosphère Elisabeth Lévy, Ivan Rioufol, Barbara Lefebvre et Régis de Castelnau. Ces deux derniers seront également « auteurs » au sein de Front populaire, dont la ligne éditoriale séduit à l’extrême droite.

 

Des personnalités de la droite radicale émargent ainsi parmi la liste des « contributeurs » (c’est-à-dire les nouveaux abonnés ou donateurs, qui sont à ce jour, plus de seize mille). Entre autres : Alain de Benoist, le fondateur du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) – cette structure de l’autoproclamée « nouvelle droite » à mi-chemin entre le club de pensée et l’association politique, élitiste, antiégalitaire, antidémocratique, qui a toujours eu pour objectif de réarmer idéologiquement la droite et l’extrême droite, et a fait office d’école de formation, à la fin du XXe siècle.

 

On y croise aussi Patrick Lusinchi, l’un des dirigeants d’Eléments, la revue de ce courant ; l’identitaire breton Yann Vallerie (à qui M. Onfray a accordé un entretien pour le site Breizh-Info) ; Claude Chollet, patron d’un observatoire (d’extrême droite) des médias ; Robert et Emmanuelle Ménard, respectivement maire de Béziers et députée, chantres de « l’union des droites », ou encore Philippe Vardon, ancien du Bloc identitaire, désormais membre du bureau national du Rassemblement national (RN).

 

« Initiative excellente »

 

Alain de Benoist résume l’accueil bienveillant à droite de la droite : « C’est une initiative excellente. Je trouve seulement que le terme de “souverainistes” est un peu limitatif. J’espère que Front populaire tiendra la promesse contenue dans son titre : qu’il soit un lieu d’échanges pour tous ceux qui regardent la notion de peuple comme plus importante encore que celle d’Etat ou de nation. » Même attente concernée du côté de l’identitaire Philippe Vardon, candidat du parti lepéniste aux municipales à Nice : « J’ai trouvé l’initiative intéressante, alors j’ai mis 30 ou 50 euros. Si ça peut participer à décloisonner le débat, c’est très bien. »

 

Près de vingt ans après avoir lancé l’Université populaire de Caen pour contrer les idées de Jean-Marie Le Pen, Michel Onfray se voit même adoubé par son héritière, Marine Le Pen, laquelle est allée jusqu’à écrire un tweet félicitant une « initiative (…) positive » qui « ne peut que [la] réjouir ». Un hommage parmi d’autres, se défend le philosophe, qui prend soin de se détacher des figures des partis.

 

« Il y a plus de seize mille personnes qui saluent [le lancement de Front populaire], elle en fait partie, très bien, déclarait-il sur Sud Radio, le 17 mai. Mais on a fait savoir qu’on ne roulerait pas pour elle, ni pour Mélenchon ni pour Philippot… »

 

Ces soutiens venus de la droite radicale sont toutefois loin d’être surprenants pour l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec. « Il faut se méfier du déshonneur par association, mais sa dérive droitière est de plus en plus accentuée, alors elle pousse forcément certains à s’agglutiner autour de lui », analyse le directeur de recherche émérite au CNRS et signataire d’une tribune dénonçant « la haine des universitaires » de Michel Onfray, publiée dans L’Humanité.

 

Et c’est peu de dire que M. Onfray aime jouer avec les ambiguïtés. « Populiste » et « anarchiste proudhonien », selon ses propres termes, il aime provoquer sur des thèmes ultrasensibles comme la race ou les religions. Quitte à écrire des lignes très loin de la gauche libertaire dont il se réclame. Ainsi, en 2015, dans Le Point, il consacre un petit texte à son éditeur, Jean-Paul Enthoven.

 

Il y décrit l’amitié et l’estime qui lient deux hommes aux antipodes. « Il est urbain et parisien, je suis campagnard et provincial ; il est à l’aise dans le monde des gens de lettres, j’y suis comme un sanglier ; il est un juif libéral cosmopolite, je suis un descendant de Viking enraciné. » Une opposition autour de l’enracinement qu’il reprend dans sa préface au livre Pierre-Joseph Proudhon. L’anarchie sans le désordre, de Thibault Isabel (Autrement, 2017), pour différencier l’anarchiste français « issu d’une lignée de laboureurs francs » de Karl Marx « issu d’une lignée de rabbins ashkénazes ». Thibault Isabel qui n’est d’ailleurs autre que l’ancien rédacteur en chef de Krisis, la revue théorique de la Nouvelle Droite. Et l’un des principaux auteurs de Front populaire.

 

« Zemmour de gauche »

 

Critique des religions en général – comme en témoigne l’un de ses best-sellers, Traité d’athéologie (Grasset, 2005), dans lequel il s’attaque aux trois monothéismes – c’est sur l’islam que le courroux de Michel Onfray se focalise depuis plusieurs années, jusqu’à affirmer, le 18 mai, dans une interview à Causeur, que l’islam serait donc la religion la « plus à craindre » et à voir dans Soumission, de Michel Houellebecq (Flammarion, 2015), une prophétie. En 2015, juste après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, il s’interrogeait déjà en ces termes sur France 2 : « La question qu’on devrait pouvoir poser sans être assimilé à Marine Le Pen, c’est : est-ce qu’il y a une différence de nature entre un musulman pacifique et un terroriste ou une différence de degré ? »

 

Des positions qui, selon ses adversaires, signent son passage à la droite de la droite. « Michel Onfray, qui vient soi-disant de la gauche pure, est devenu l’idiot utile d’une pensée réactionnaire qui a pour point de jonction une obsession anti-islam », juge ainsi Alexis Corbière, député La France insoumise, qui ferraille avec l’enseignant depuis plusieurs années.

 

Et les premiers « contributeurs » issus de l’extrême droite ne s’y sont pas trompés. La colonne vertébrale du Grece historique s’est entichée de cette personnalité venue de la gauche. « Le discours d’Onfray est plaisant chez certains d’entre nous. Quand tu le vois les bousculer sur BFM-TV, c’est assez jouissif. Il a un côté Zemmour de gauche. Il n’est pas de notre ligne, mais les gens l’ont trouvé sympa après son interview à Eléments [en 2016] », raconte Patrick Lusinchi. Lui s’est abonné à Front populaire quand « Alain de Benoist [lui a] dit que c’était possible ».

 

Pas une « catapulte à candidat »

 

« C’est logique, depuis le début la Nouvelle Droite cherche à agir dans le domaine métapolitique et à influer sur le cours des idées. Et elle retrouve une partie de son logiciel dans celui de Michel Onfray », analyse le directeur de l’observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, Jean-Yves Camus. Reste à connaître le véritable débouché de ce Front populaire souverainiste, poursuit le chercheur : « Si c’est une entreprise éditoriale, le paysage médiatique est déjà assez encombré sur cette ligne ; et s’il y a l’idée d’un débouché politique, la question du rapport avec le RN va se poser. »

 

Michel Onfray, lui, se défend de toute intention politicienne. Pas de « cache-sexe pour couvrir des ambitions de politique politicienne » ni de « catapulte à candidat » derrière Front populaire, serine-t-il. « C’est un procès d’intention », insiste-t-il. Ce qui n’empêche pas les autres d’être à l’affût, comme certains proches de Marion Maréchal ex-Le Pen ne résistant pas à voir là une énième plate-forme pour (re)lancer leur favorite.

 

Dans la famille officielle de Michel Onfray, les soutiens se font plus timorés : ceux qui viennent de la gauche mettent autant de distance que possible avec le projet. « Le front populaire ne fait pas partie de mes préconisations par les temps qui courent, dit même Jean-Pierre Chevènement. J’ai été sollicité pour une contribution sur l’Europe et la démocratie, où je prends soin de me définir comme républicain plutôt que comme souverainiste. »

 

Georges Kuzmanovic, ancien porte-parole de La France insoumise, qui a fondé son petit parti, République souveraine, tient à préciser qu’il « ne rejoint rien », mais contribue simplement à un média naissant : « On nous a contactés, car on représente cette souveraineté nationale et populaire. J’écris un papier sur la souveraineté sanitaire. Ce n’est pas un mouvement, et je n’ai pas créé la revue ni coécrit un article. »

 

« Un mythe des années 1990 »

 

Au fil du temps, M. Onfray s’est d’ailleurs fait un certain nombre d’adversaires à gauche, son opposition aux jacobins, hérissant notamment les partisans de Jean-Luc Mélenchon. « Il manque de rigueur. Il participe à une entreprise de démolition de la Révolution française. Il a une logique vendéenne », affirme M. Corbière, professeur d’histoire dont la spécialité est 1789. Et d’ajouter que Michel Onfray « appelle sa revue Front populaire, alors qu’il le critiquait dans son livre Décoloniser les provinces ». Dans cet ouvrage de 2017 (Editions de l’Observatoire), M. Onfray écrit en effet : « Chaque fois que la gauche est au pouvoir, elle fait preuve de son impéritie : le 13 février 1937, le Front populaire déclare une pause dans les réformes, bientôt l’Assemblée nationale de cette majorité vote les pleins pouvoirs à Pétain. »

 

Autre historien engagé à gauche, Thomas Branthôme est lui aussi « très en colère » contre le philosophe. « Avec sa surface médiatique, il va salir l’idée de souveraineté. L’idée de réunir les deux rives est un mythe des années 1990. Une telle alliance annihile l’idée d’une gauche républicaine antiraciste », assure l’enseignant à l’université Paris-Descartes.

 

L’historien spécialiste de l’extrême droite Nicolas Lebourg va même plus loin. Pour lui, à chaque fois que la question des « nouvelles convergences » s’est posée depuis la seconde guerre mondiale, elle s’est conclue par une alliance à l’intérieur de l’extrême droite. « C’est finalement assez habituel, dit-il, ces gens-là [comme Michel Onfray] refusent de voir qu’ils ne font pas des convergences, mais qu’ils se rallient. »

 

Lucie Soullier et Abel Mestre

 

Après avoir annoncé le lancement de sa revue trimestrielle Front Populaire, dont le premier numéro est prévu juin 2020, le philosophe Michel Onfray a évoqué la possibilité de créer un parti politique si ses lecteurs le désiraient : « Je n'ai pas ça dans l'esprit à priori mais s'il y a un désir des gens, autour de notre revue, de constituer un parti politique, pourquoi pas ». Michel Onfray a également ajouté qu’ « il faut être compétent pour être président de la République et je n'ai pas cette compétence », excluant ainsi la possibilité de le voir se présenter en 2022.

 

Concernant sa vision de la politique, Michel Onfray a affirmé être "un homme de gauche" et "un socialiste libertaire". Le philosophe explique qu'il n'est pas "un défenseur du parti socialiste ni des Robespierristes de la France Insoumise" mais qu'il est d'une "gauche libre, capable de dire qu'une idée de droite est bonne, si elle me semble bonne". "Je ne veux pas réunir les gens en commençant par dire que je vais les écarter" a-t-il ajouté.

Frédéric Dupin @f_dupin

Philosophie, Education populaire, Doliprane

 

Il y avait un problème dès le départ avec Onfray. Jusque dans son projet d'éducation populaire. Je pourrais en parler es qualité (prof de philo engagé dans l'éducation populaire depuis une douzaine d'années), je vais me limiter à quelques anecdotes.

 

Il y a une bonne quinzaine d’années je suis nommé au lycée Camille Desmoulins du Cateau Cambrésis, jeune prof de philo qui descend du TER. Dans les premiers jours, le concierge du lycée me tombe souvent dessus. Il est passionné par la philo.

 

On discute.

 

Qu’est-ce que je peux lire ? Moi - ouvrez l’Apologie de Socrate (pas très original)  par exemple l’échange avec Mélétos sur ce qu’est une bonne éducation…– ah non, il me répond, Platon c’est le totalitarisme et le mépris du corps. »

 

« Ouvrez Descartes, le Discours de la méthode, la morale par provision par ex… - ah non, Descartes, c’est la raison moderne, c’est la source de tous nos problèmes aujourd’hui ! Pas question ! »

 

« La métaphysique des mœurs de Ka… - Mais enfin Kant, c’est le nazisme ! l’obéissance aveugle ! Vous ne voulez pas que je le lise quand même ! »

 

Au bout d’un moment je lui dis « mais vous avez l’air de savoir plein de choses en fait, difficile de vous conseiller… - ah oui, il me répond, j’ai lu tout Michel Onfray, c’est autre chose que vos vieux bouquins réactionnaires ! »

 

Il y a un problème là. Vulgariser, ce n’est pas fermer l’accès au savoir en y substituant des opinions vaguement accréditées. Un professeur n’est pas là pour transmettre ce qu’il faut savoir sur Platon ou sur la morale. Il doit aider à y accéder

 

En ce sens il n’y a pas de vulgarisation possible. Pas de "demi savoir" pour "demi-esprit". Seulement un travail partagé de pédagogie, d’explications et d’efforts. Il faut travailler pour comprendre, malheureusement !

 

Mais il est plus facile de présenter les philosophes comme à la parade (Platon en 1h, allez ouste) et plus facile encore de s’en débarrasser en jouant sur des anecdotes biographiques

 

Le déboulonnage d’idole s’adresse justement au vulgaire, qu’il ne s’agit pas de considérer autrement puisque n’importe quel lecteur un peu préparé voit tout de suite l’escroquerie

 

Dans mon association, j’ai conduit une lecture suivie de la République de Platon en soirée, gratuite, pendant presque 6 ans (les archives sont là ICI  

 

Un des auditeurs, qui avaient l’habitude de prendre sa moto pour aller à Caen écouter Onfray me dit un soir. « Ben je pensais pas que Platon soit aussi subversif » et naïvement « .. et c’est en vente libre comme ça ? personne n’en fait rien ? »

 

C’était un vrai étonnement de sa part et une belle récompense pour le boulot qu’on faisait ensemble

 

Onfray commet quotidiennement des bourdes et des contre-sens qui colleraient n’importe quel étudiant de licence. Mais il suffit de faire passer sa négligence pour une courageuse provocation

 

Celui qui objecte est cloué par des adresses ad hominem (« universitaire », « de droite » « conformiste » etc.) C’est substituer la posture verbale au travail de réflexion. Ce n’est pas de l’éducation

 

Le lien avec l’extrême droite est logique. Edith Fuchs a bien montré comment l’affirmation d’un style indifférent au travail et à la vérité a en philosophie participé de la montée du nazisme en Allemagne

 

S’il suffit de mesurer la qualité d’une pensée au bruit des insultes d’un auteur, le premier brouillon ambitieux venu est « philosophe ». Et ce terme anoblit toutes les démissions intellectuelles

 

Si vulgariser c’est donner au peuple un ersatz parce qu’on le juge incapable de travailler pour comprendre par lui-même et assimiler des choses belles et difficiles, inutile de se dire démocrate. On est pour l'esclavage.

 

Je ne vais pas répondre à tout. Juste quelques précisions et compléments. Sur les effets de la « vulgarisation » sur l’instruction du peuple, cette magnifique page de Simone Weil : ICI  

 

Sur le « nazisme », je n’affirmai évidemment pas que Onfray est néo-nazi. Je faisais allusion à un très beau livre de philosophie qui montre fort bien qui tire en général les marrons du feu lorsqu’on joue de postures « destructrices » en philosophie :

 

Sur « l’esclavage ». Aristote regarde l’esclave comme celui qui « par nature » est incapable d’une pensée libre (détachée du calcul économique pour le dire vite). L’esclavage n’est donc pas tant un statut social, qu’une servitude du jugement (1).

 

Si vous considérez a priori que quelqu’un n’est pas capable de comprendre quelque chose d’exigent, vous le traitez en esclave en un sens. Fournir aux gens curieux d’apprendre des résumés simplistes et qui les enferment plus qu’ils ne les élèvent, c’est au moins les mépriser (2).

 

Alain développe très bien cette idée dans ses Souvenirs sans égards, où il critique du reste le « hussard noir ». « Nul ne veut instruire le peuple », etc (3).  ICI 

 

Enfin, sur Onfray, il faut lui reconnaître d’avoir ouvert la voie. Quand je faisais le tour des bureaux de la mairie de Paris et de celle du 11ème entre 2007 et 2008 pour lancer mon projet d’Université populaire, on me répondait « ah oui comme Onfray, super !

 

Je ne passais pas mon temps à expliquer que c’était différent. Qu’il ne s’agissait pas de conférences ponctuelles devant deux cent personnes, mais d’ateliers de lectures en petits groupes. Qu’on y venait se former et s’instruire, pas écouter quelqu’un etc.

 

J’ai complétement cessé de m’intéresser à lui après son bouquin sur Eichmann et Kant, qui est, au-delà de ses lacunes, un scandale. Il s’agit de prendre au mot un assassin nazi pour expliquer un des plus grands esprits de l’humanité : ICI 

 

Le refus de « l’histoire officielle » de la philosophie est difficilement autre chose qu’un positionnement marketing et une manière de flatter ceux qui achètent ainsi rapidement le droit d’ignorer les classiques.

 

En outre, prétendre comprendre Condillac ou La Mettrie sans avoir saisi d’un peu près ce que Descartes ou Locke entendent par mécanisme ou sensation, là encore, c’est faire passer la charrue avant les bœufs.

 

Qu’est-ce que des « convictions libertaires » ont à voir là-dedans ?

 

Expliquer Descartes en classe ne m’a jamais empêché d’y distribuer des textes de Proudhon ou de Victor Serge.

 

Il y a en outre plus de critique de la religion dans une page de Kant que dans l’œuvre entière d’Onfray ; voyez le chapitre « Sur l’incroyance » des leçons d’éthique. Kant ne fait pas de l’esbroufe. Il risque sa place par ses propos, lui qui est sans autre fortune que son métier.

 

Je me fiche un peu de la personne d’Onfray. Ce qui m’intéresse c’est le statut de l’enseignement philosophique. La France compte des milliers de professeurs qui s’adressent à tous, tous les jours, dans de nombreuses classes de philosophie.

 

Ce sont eux les passeurs, les initiateurs. Ils ne « vulgarisent » pas, ils essayent de former des lecteurs. C’est un travail assez ingrat et qui s’exerce le plus souvent dans des conditions difficiles.

 

Personnellement, il me suffit de rendre disponible gratuitement à chacun quelques échantillons de ce travail. C’est le but de ce site :  ICI 

 

Superdupontpleure La gauche s’aperçoit que Michel Onfray s’inscrit dans la tradition rouge-brun avec son « front populaire ». C’est tardif: dès 2006, je dénonçais son souverainisme réactionnaire identique à celui de l’extrême droite. Mais à l’époque, fallait pas

Aux racines du "non" ICI 

(MISE À JOUR : )

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 06:00

 

Au premiers temps du confinement nous avons frôlé la cata, les œufs avaient disparus des rayonsICI ça me rappelait mon séjour à Constantine où régulièrement c’était « y’a plus de patates… y’a plus de pâtes… y’a plus de bouteilles de gaz… », même si souvent y’en avait dans la soupente pour faire grimper les prix, Il faut dire que l’oeuf est bon marché et peut se conserver assez longtemps. Il se consomme en moyenne 28 jours après la date de ponte. Et puis, ça s’est stabilisé.

 

NATURE MORTE AUX ŒUFS ,FERNAND GUERY-GOLAS

 

En temps ordinaire je suis un assez gros consommateur d’œufs sous toutes ses formes, œufs à la coque, œufs mimosas, omelette, base de la carbonara, pâtisseries… Pendant le confinement ce fut un stock stratégique que j’ai bien géré.

 

Les chefs, les chroniqueurs gastronomiques, nous ont inondés de recettes, soi-disant faciles à réaliser, sauf que très souvent ces grands et beaux esprits y incorporaient des ingrédients introuvables en temps de confinement.

 

Et puis, Blandine Vié vint, elle republiait sur un site un article publié le 11 janvier 2019 : Elle a beau être un de nos petits plats quotidiens, réussir une omelette c’est tout un art !

 

Les Oeufs, Claude Monet 1907, 73x92cm

Les Oeufs, Claude Monet 1907, huile sur toile 73x92cm, collection particulière Etats-Unis

 

Le journaliste gastronomique Francis Amunategui (1898-1972) disait d’elle : « L’omelette est le fourre-tout de la cuisine, c’est le plat le plus accueillant du monde. » Qu’elle se présente plate comme une crêpe, épaisse comme une tortilla, souplement roulée ou rebondie façon chausson, ce petit plat du quotidien passe même pour être trop banal. Oui mais… elle n’est pas pour autant si facile à réussir ! ICI

 

Excellent article à lire pour tous les novices des fourneaux et des plaques chauffantes, je ne citerai pas de noms afin de ménager certaines susceptibilités, chez beaucoup de nos concitoyens « ne pas savoir faire cuire un œuf… » est génétique. Alors, leur demander de se faire une omelette équivaut pour eux d’affronter l’Everest en tongs.

 

Quand j’étais gamin au Bourg-Pailler j’étais préposé à la recherche des œufs, les poules de mémé Marie jouissaient d’une liberté totale, ce qui faisait marronner mon père car ces dames fientaient joyeusement sur ses belle machines agricoles, et elles pondaient dans des lieux improbables. Parfois, je découvrais dans le creux de la paille des nids œufs punais, très vieux, pourris, qui sentent mauvais, puant  lorsqu’on brise la coquille et Dieu sait s’ils nous arrivaient parfois d’en balancer sur des murs pour faire les marioles.

 

Qu'est-ce qui empêche mes poules de pondre ? | Blog conseils Ferme ...

 

L’omelette faisait partie des menus du soir au Bourg-Pailler, agrémentées d’oignons et de lard frits et accompagnée d’une salade du jardin.

 

À ce stade de ma chronique je me dois de faire un coming-out un peu humiliant : très souvent les hommes, lorsqu’ils raillaient entre eux quelqu’un, disaient : « C’est une Hommelette ! » moi phonétiquement j’entendais « Omelette ! » et je ne voyais pas le rapport. Comme dans aucun texte à l’école il n’était question d’Hommelette je suis resté un bon moment face à ce mystère, j’étais trop fier pour demander une explication.

 

Hommelette, substantif féminin, péjoratif : « Homme qui n'a rien des qualités et des vices de l'homme » (Delvau 1883).

 

Et puis, en griffonnant cette chronique, mes neurones déconfinés se sont souvenus que j’avais dû commettre une chronique sur l’omelette.

 

Bonne pioche, c’est ICI 

 

Nos voisins d’au-delà des Pyrénées, qui ne portent pas forcément les Français dans leur cœur, revendiquent la paternité de l’omelette comme l’indique cette anecdote rapportée dans un livre que je suis en train de lire « Aujourd’hui caviar, demain sardines » aux éditions de l’Épure :

 

Le problème c’est que vous autres, les étrangers (ndlr en l’espèce des Uruguayens), vous croyez que tout ce que font les Gaulois, c’est le meilleur du monde. Et en fait, la vérité, c’est qu’ils s’approprient tout ce qui nous appartient, même l’omelette française est espagnole ! Regardez, regardez là – dit-elle en me montrant un livre qui, si j’en crois l’usure, doit être sa bible : le manuel de cuisine régionale de la section féminine de la Phalange –, c’bien clair, là, la recette de l’omelette française a été inventée par un cuisinier de Philippe II qui l’appela l’ « omelette de la Cartuja ». 

 

Au XVIIe « faire une omelette » signifiait déjà « casser des choses fragiles ». Au milieu du XIXe, l’expression évolua et veut dire que l’on n’arrive à rien sans prendre de risques et qu’il faut savoir accepter et assumer les dommages collatéraux qui découlent de toute entreprise humaine.

 

 Cette locution proverbiale devenue expression française fut vulgarisée par Balzac dans Scènes de la vie privée…  

 

- Voulez-vous arriver ? s’écria le grenadier. ​

 

- Au prix de tout mon sang !... Au prix du monde entier !... répondit le major.

 

- Marche !... On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs !...

 

J’y proclamais : viva la frittata di maccheroni !

 

Sauf que mon oeuvre était un peu cramée, j’ai donc décidé de la refaire...

 

LES OMELETTES AUX FRAISES 

 

LES FRAISES , JOSEPH BOUCHOR , 1853-1937.

ICI

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 06:00

 

Henri de La Rochejaquelein dans la bataille de Cholet, Paul-Emile Boutigny, 1899

 

Se moucher, l’irruption du Covid 19 dans notre vie quotidienne a fait de ce geste mécanique lorsqu’on est enrhumé un geste barrière contre la diffusion de la maladie.

 

Tousser dans son coude aussi, l’injonction des mères « mets ta main devant ta bouche si tu éternues » proscrite. Aux USA, il est de tout temps Interdit de tousser dans ses mains, sous peine de passer pour le gros dégoûtant de service : là-bas, on tousse dans son coude – ce qui donne l’impression qu’on embrasse son biceps. Pour les débutants, attention à ne pas rendre la manche de votre pull un lieu où fourmillent les bactéries en tous genres.

 

Comme j’adore les expressions surannées, je vous livre celle-ci qui colle parfaitement à la cohorte des toutologues sévissant sur les plateaux  des chaînes de télé en continue « Ne pas se moucher du pied, du coude… »

 

Donc, mon interrogation du jour : comment se mouchait-on avant l’apparition du mouchoir ?

 

Publié en 1530, en pleine Renaissance, le manuel de civilité d'Erasme, De civilitate morum puerilium dédicacé à Henri de Bourgogne, qui a fait référence pendant plusieurs générations dans nombre de pays européens, déconseille fortement :

 

  • de « se moucher avec son bonnet ou avec un pan de son habit »,

 

  • de même que de « se moucher dans sa main pour l'essuyer ensuite sur ses vêtements. »

 

« Si l'on se mouche avec deux doigts et qu'il tombe de la morve par terre, il faut poser le pied dessus. [...] »

 


Jean Avalon, Comment se mouchaient nos aïeux, in Aesculape, mars 1931 

 

Guitard Eugène-Humbert

Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1931 

 

« Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le mouchoir n’est pas, comme la chemise, par exemple, une création de l’hygiène moderne. Il existait dans l’antiquité grecque, sous le nom de sudarion, èmitubion, èmicratès, et les élégants avaient coutume de le parfumer et de le porter avec ostentation.

 

À vrai dire nous ne savons pas si ces carrés d’étoffes luxueuses étaient utilisés par les Grecs comme nous utilisons les mouchoirs. Il est certain que le peuple se mouchait avec les doigts, et il semble que les élégants eux-mêmes, n’agissaient pas autrement, leur sudarion leur servant à éponger la sueur et probablement à s’essuyer après mouchage. Peut-être auraient-ils jugé répugnant de souiller ce linge comme nous le faisons.

 

Dans la Rome impériale qui, on le sait, avait hérité des mœurs grecques, le sudarium, appelé aussi orarium ou selabis, était aussi un complément indispensable de la toilette des jolies femmes, mais elles s’en servaient plus discrètement encore que les Athéniens ; la bienséance leur interdisait de se moucher en public et de quelque façon que ce soit.

 

Plusieurs textes du Moyen Âge démontrent que le mouchoir était, à cette époque, un objet de luxe ; en revanche il servait déjà comme aujourd’hui à recevoir le trop plein des narines. Au XVIIIe il commença à se démocratiser, ou, tout au moins à s’embourgeoiser, et c’est la mode du tabac à priser qui le mis entre toutes les mains : un refrain populaire au début de la Révolution, et que M. Avalon aurait pu citer, commençait par les mots : « Ton mouchoir, belle Raymonde. »

 

« Chez les Grecs  et les Romains, on ne connaît pas le mouchoir : on se mouche dans les doigts. Paysans et seigneurs du Moyen Âge se servent, eux, du revers de leur veste. Mais à la cour du Japon, au IXe siècle, les dames utilisent déjà des mouchoirs en papier de soie. Le mot « mouchoir » est cité pour la première fois en France  en 1559 dans L’Heptaméron, un recueil de nouvelles. En 1748, un décret fixe leur forme carrée  et même leurs dimensions, sous « peine de confiscation et d’amende » !

 

La France des normes et des amendes ne date pas d’aujourd’hui !

 

Ha, les mouchoirs de Cholet du pépé Louis et sa manière sonore de se moucher !

 

Ils étaient immenses… ça m’impressionnait…

 

En 1900, le chanteur Théodore Botrel se fait connaître grâce à son interprétation du « Mouchoir rouge de Cholet ». Il y met en lumière l’épisode marquant des Guerres de Vendée.

 

«…Fit de l'autre une cordelette

Pour pendre son sabre au poignet

Fit du troisième une bouclette

Sur mon cœur, ma mie Annette

... Et tout le jour les Bleus visaient

Le petit mouchoir de Cholet !»

 

Lors de la bataille de Cholet en 1793, Henri de La Rochejaquelein l'un des chefs de l'armée catholique et royale au cours de la guerre de Vendée, se bat avec une bravoure hors du commun portant trois mouchoirs sur lui : un sur son couvre-chef, un sur le cœur figurant le cœur vendéen, et un autour de la taille. Nul dans son armée ne devait le perdre de vue, et tous devaient savoir qu’il était en première ligne sur le front, fidèle à son ordre lancé aux troupes : « Si j’avance, suivez-moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs vengez-moi! ».

 

Blessé dans la bataille, le mouchoir se teinte de pourpre, le sang du futur martyr des royalistes dans leur quête de sauvetage de la monarchie. Symbole tragique d’une mort annoncée qui survient le 28 janvier 1794 à proximité de Cholet. Le mouchoir gardera une empreinte rouge indélébile de cette journée macabre, qui le fera entrer dans l’Histoire.

 

le_mouchoir_de_cholet

 

Léon Maret, un industriel choletais, a découvert cette chanson dans un cabaret parisien. Il décide alors de lancer la fabrication du mouchoir tel qu’il est décrit dans la chanson. Coup de pub de l’époque, Léon Maret en envoie à Théodore Botrel pour qu’il en distribue partout où il passe. L’effet « boule de neige » se produit, ainsi naît le mouchoir rouge et blanc, Cholet devient la capitale du mouchoir.

 

Les mouchoirs n’ont pas toujours ressemblé à ceux d’aujourd’hui.

 

Leurs couleurs avaient toutes une signification et permettaient de reconnaître leur utilisation.

 

Le mouchoir de vendange -> violet

Le mouchoir de travail -> foncé

Le mouchoir tabatou - servant à « chiquer » le tabac -> jaune ou marron

 

« En 2003, Turpault, le dernier fabricant des fameux mouchoirs rouges de Cholet, met la clé sous la porte. »

 

 

« Mais en 1924, c’est la révolution, l’entreprise américaine Kimberley-Clark invente le Kleenex, un mouchoir carré de papier destiné au démaquillage qui va être détourné par le consommateur pour se moucher. Les premiers paquets de mouchoirs jetables apparaissent huit ans plus tard. ICI 

 

 

En 1966, en Alsace, le Français Ferdinand Béghin (à l’origine aussi de la marque de sucre Béghin-Say) transforme une ancienne cartonnerie en usine de mouchoirs en papier et lance la marque Lotus. ICI

Ferdinand Béghin, au début des années 60, est alors propriétaire d’une petite cartonnerie à Kunheim, en Alsace. D’un voyage en Floride, où les produits en papier sont monnaie courante, lui vient l’idée de transformer son usine pour fabriquer des mouchoirs en papier jetables. En 1966, Lotus est lancé. Ferdinand Béghin aurait choisi ce nom en référence à la douceur que lui évoquait la fleur de lotus. Aux mouchoirs, vient s’ajouter le papier toilette.

 

« Une révolution. À l’époque, les Français utilisaient du papier de soie marron ou du journal déchiré », explique Véronique Blot, responsable marketing papier toilette Europe du Sud chez SCA, propriétaire de Lotus depuis 2012.

 

Et même si Lotus appartient au géant suédois leader de l’hygiène en Europe, la marque reste 100% française. « L’usine de Kunheim est toujours en activité. C’est d’ailleurs ici qu’est basé le centre de R & D mondial de SCA pour le papier toilette », déclare Véronique Blot. Les produits Lotus sont aussi fabriqués dans deux autres usines françaises de SCA, à Gien et à Hondouville. Les trois sites emploient environ 1 500 collaborateurs. « 15 millions de mouchoirs sont fabriqués chaque jour à Kunheim. L’usine de Gien produit, elle, 2 millions de rouleaux de papier toilette par jour », ajoute la responsable marketing. »

Le 3 avril 2020
Les petits secrets des mouchoirs en papier ICI 

Pour en finir avec cette histoire de mouchoir, je dois vous avouer que lorsque naquit l’idée de cette chronique j’ai fait un nœud à mon mouchoir pour m’en souvenir :

 

  • Garçon, mon tabac ?

 

  • Ah ! pomme-de-reinette, je l'ai oublié… attendez, je vais faire un nœud…

 

  • Mais il y en a déjà un !

 

  • Le second est pour me rappeler le premier…

 

Source : 1854. Deux profonds scélérats (pochade)

 

Connaissez-vous l'origine de l'expression "Moucher une chandelle ...

 

Dans mon labeur d'enfant de chœur j'adorais moucher les cierges entre mon pouce et l'index...

 

Moucher une chandelle = éteindre la lumière

 

Cette expression date du XVIe siècle et plus particulièrement de l'époque baroque. Durant cette période, le principal mode d'éclairage était la bougie, mais aussi la chandelle : une mèche de tissu trempant dans du gras de mouton et de boeuf. Cette "lampe" pouvait ainsi durer plusieurs heures et pour l'éteindre, la mouchette (ciseaux à réservoirs) était indispensable.

 

La Nausée

- La citation titre est de Sartre, La Nausée, 1938, p.8

Image

Manger vos crottes de nez, c'est bon pour votre santé et voici pourquoi ICI
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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 06:00

Il y a 10 ans 1 petit viticulteur métayer du Beaujolais m’écrivait : son père lui disait « le Beaujolais est perdu »  Qui sauvera le beaujolais ?

Que le secteur du vin, comme beaucoup de secteurs économiques, ait souffert à la fois du confinement de la population et de la fermeture des restaurants, à signaler tout de même que la GD est restée ouverte et que la plupart des cavistes ont assuré le service, je le reconnais sans peine.

 

Que les TPE du vin bénéficient d’un plan de soutien au même titre que les autres entreprises c’est logique.

 

Un point m’interroge : pourquoi distiller, avec aide de l’État, un volume très important d’AOP-IGP ? On avance le chiffre de 3 millions d’hl ce qui équivaut à 400 millions bouteilles de 75cl.

 

Les vins AOP-IGP, comme tous les vins sont stockables, je crois même que pour parer aux mauvaises récoltes l’INAO et les ODG ont prévu des réserves permettant aux vignerons d’alimenter régulièrement leurs circuits commerciaux.

 

On va me rétorquer qu’il s’agit de faire rentrer des liquidités dans les trésoreries asséchées et de libérer les cuves pour la prochaine récolte (le mythe de l’AOP-IGP en bouteilles en prend un coup sur la casquette.

 

Sans vouloir jeter la pierre à Bordeaux, je rappelle ce que j’ai écrit :

 

4 décembre 2019

Le repli subventionné des Bordeaux et Bordeaux Sup en VSIG c’est de la concurrence déloyale ! Faudra songer, comme le Midi rouge l’a fait, à une solution plus radicale…  ICI 

 

J’en reste là pour deux raisons : tout d’abord je n’ai nulle envie de me faire traiter de nantis par l’intersyndicale des vins, je leur signale à toute fin utile que je suis un client-consommateur et un contribuable conséquent, ensuite, tenant l’actuel Ministre de l’Agriculture pour ce qu’il est, il n’est pas de saison de tirer sur les ambulances on aurait plutôt tendance à les applaudir.

 

Je vais me permettre de sortir de la naphtaline comment on gérait les excédents au temps des vins de table.

 

Jean Pinchon, le normand producteur de cidre et de calvados, ancien directeur de cabinet d’Edgar Faure Ministre de l’Agriculture, homme de l’ombre chez Louis-Dreyfus, propulsé à la tête de l’INAO par Michel Rocard afin de mettre fin au monopole de Bordeaux, aimait les discours et, lorsqu’il recevait la Ministre, il ne manquait pas de lui rappeler que, contrairement aux vins de table, les AOC ne coûtaient pas un rond à la République et lui rapportaient beaucoup.

 

16 février 2015

Comment nomme-t-on un Président de l’INAO ? Le fait du Prince ! ICI 

 

En effet, le règlement de l’OCM vin était exclusivement tourné vers la gestion du marché des vins de table structurellement excédentaire du fait de la chute de leur consommation.

 

 

La mécanique, entièrement prise en charge par le budget européen, elle était généreuse cette Europe aujourd’hui vouée aux gémonies, était une petite merveille :

 

1° sitôt la récolte un petit coup de distillation préventive : exit le picrate pas très présentable !

 

souscription de contrats de stockage à court et long terme pour tenir le prix du marché.

 

3° en fin de campagne pour les vins stockés à long terme : distillation des vins stockés à long terme à un prix rémunérateur, ça s’appelait la garantie de bonne fin.

 

Bien sûr, mes éminents collègues œuvrant au 78 rue de Varenne n’ont pas la queue d’un souvenir de ce temps préhistorique où la chaudière des distillateurs fumait, que le Service des alcools était l’un des lieux de pouvoir de la République, Montredon : 2 morts, qu’en 1981 les CAV versaient du mazout dans le pinardier Ampélos à Sète, qu’à  Bruxelles le chargé du vin s’appelait Chiappone, qu’il a fallu instaurer la distillation obligatoire dans les accords de Dublin pour pouvoir acter l’entrée de l’Espagne dans le Marché Commun, qu’il a fallu arracher des milliers d’ha de vigne pour faire entrer le Midi rouge dans la modernité…

 

Bref, la réalité nous revient en pleine poire, les AOP-IGP grand bassin déversoir de tous les espoirs des viticulteurs en quête de la reconnaissance, exit le jaja populaire nous sommes tous des vignerons auteurs de petites cuvées étiquetées, que nous soyons VIF ou coopératifs, laissons aller les rendements la grande éponge de la GD et des Chinois réunis absorbera !

 

Et puis patatras, la conjonction d’un désamour baptisé Bordeaux-bashing, des excentricités du blond dans le vent Trump qui taxe et de l’essoufflement de l’économie chinoise du souriant Xi Jinping, de la crise sanitaire… revoici revenu le temps des excédents.

 

Pure conjoncture ?

 

Les grands chefs proclament : repartons à l’offensive sur notre marché intérieur !

 

Pure illusion, celui-ci qu’il soit domestique ou européen ne va donner beaucoup de marges de manœuvre.

 

Alors il va bien falloir se résoudre à réfléchir sérieusement à la gestion des excédents structurels des AOP-IGP, ce sera douloureux pour les beaux esprits de la CNAOC et de l’INAO, mais l’histoire nous a appris qu’à trop tarder, à tergiverser, ça se termine par des arrachages.

Consultée par Vitisphere, une lettre envoyée à l’exécutif demande de gonfler le paquet d’aides envisagé pour que le vignoble surmonte la crise sanitaire du coronavirus.

 

Après la montée de l’insatisfaction dans le vignoble, les revendications tombent sur les ministères. Envoyant une réponse au plan gouvernemental d’aides sectorielles présenté ce 11 mai, les principales organisations viticoles* signent ce 14 mai une lettre précisant leurs demandes aux ministres de l’Agriculture et de l’Economie, soit Didier Guillaume et Bruno Lemaire. Remerciant l’exécutif pour ses « premières annonces », les représentants du vignoble soulignent que « ce plan est très insuffisant et n’est pas à la hauteur de ce que représente la filière viti-vinicole pour la France (600 000 emplois sur le territoire et 12 milliards d’euros à l’export) ».

 

Le gouvernement ayant prévu une clause de revoyure, la filière précise ses demandes, notamment sur la gestion des volumes invendus pesant sur les marchés. A l’enveloppe gouvernementale de 140 millions € pour la distillation de 2 millions d’hectolitres de vin (un prix moyen de 70 euros par hectolitre), le vignoble français confirme un besoin de 260 millions € pour désormais 3,5 millions hl d’excédents (avec un prix de 80 €/hl pour les AOP/IGP et de 65 €/hl pour les VSIG, ainsi qu’une aide de 20 millions € pour les distillateurs). « Le dispositif ne doit comporter ni contingentement par région, ni contingentement par segment » ajoute le courrier aux ministres, ne souhaitant pas plafond en volume pour la distillation, mais évoquant le souhait d’« une réduction linéaire des volumes engagés identique pour toutes les souscriptions en cas de dépassement des demandes par rapport à l’enveloppe ». Ce mécanisme incitatif étant complété par une menace de « sanction financière en cas de non-livraison de la totalité ou d’une partie des volumes accordés après réfaction ».

 

"Vins conservés plutôt que distillés"

 

Jugeant injuste l’utilisation de 80 millions € du programme national d’aide pour financer toute distillation, la filière demande au gouvernement de maintenir la pression pour que Bruxelles débloque de l’argent frais. Afin de financer les mécaniques de gestion des excédents, y compris le stockage privé, auquel les vignobles septentrionaux sont plus enclins. En la matière, le courrier indique qu’« une aide de 10€/hl/12 mois serait précieuse pour les vins qui peuvent être conservés plutôt que distillés ».

 

50 à 100 % d’exonération de charges sociales

 

Les modalités d’éligibilité à l’exonération de charges sociales suscitant l’incertitude la plus complète dans le vignoble, les représentants viticoles fournissent au gouvernement des « précisions sur le mode de fonctionnement de nos filières de manière à dimensionner le dispositif » afin de redimensionner l’enveloppe (trois fois inférieure aux cotisations nationales pour un trimestre selon la MSA). Si les metteurs en marché enregistrent depuis mars une chute brutale de leurs ventes depuis le confinement, les opérateurs sous contrats avec des négociants ou adhérant à une cave coopérative ne ressentent pas encore commercialement les conséquences de la crise du coronavirus.

 

« Pour ces différentes raisons, nous vous proposons le dispositif suivant : une exonération de charges de 50 % systématique pour toutes les exploitations, toutes le caves coopératives et leurs unions quelle que soit leur taille, ainsi que les groupements d’employeurs » propose la filière. Ajoutant qu’« au-delà de 50% de pertes de chiffre d’affaires, nous souhaitons 100% d’exonération de charges ». Dans le premier cas, la filière propose de simplifier la mesure avec une application automatique de l’exonération par la MSA. Dans le second cas, les entreprises devraient poser un dossier justifiant de leur perte d’activité (celui de la cave coopérative pour les viticulteurs apporteurs). Dans tous les cas, il s’agirait d’une exonération des charges sociales et patronales concernant l’année 2020.

 

Fin des demandes de distillation le 20 juin

 

N’oubliant pas de relancer les demandes de fonds de compensation aux mesures de rétorsion américaines (ou de résolution diplomatique du conflit aéronautique), de « demande de prise en charge des intérêts d’emprunts en cas de négociation d’année blanche avec les banques », de réduction de la TVA en CHR pour les boissons alcoolisées (ce qui est le cas en Corse) et d’allégement de la fiscalité sur les stocks (mécaniquement à la hausse), la filière vin rappelle que le temps presse. Avec une adoption des mesures de gestion des excédents prévue ce 3 juin, lors d’un conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, la réception des souscriptions à la distillation devrait s’achever « au plus tard le 20 juin ». Après le temps des revendications, celui des négociations s’ouvre.

 

* : Soit la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux de vie de vin à Appellations d'Origine Contrôlées (CNAOC), les Vignerons Coopérateurs de France (CCVF), la Confédération des vins IGP (Vin IGP), les Vignerons Indépendants de France (VIF), l’Association Générale des Producteurs de Vin (AGPV) et la commission viticole de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA).

" Vous avez de tout temps inscrit bien haut, au fronton des appellations d'origine, l'exigence de la qualité. Il faut que par-delà les proclamations l'on retrouve dans chaque bouteille vendue sous le cachet de l'authenticité de l'appellation un produit irréprochable. Dans d'autres domaines certains producteurs ont payé et payent encore très cher les libertés qu'ils ont pris avec les exigences qualitatives.

 

En termes simples : surveillez les rendements, n'admettez pas facilement les dérogations, ne tolérez plus très longtemps mes délimitations imparfaites ou absentes, soyez exigeant lors de l'accession à l'appellation d'origine.

 

Je salue volontiers volontiers votre orientation vers plus de rigueur, mais permettez-moi d'attendre un peu les résultats pour vous transmettre les félicitations. Bien sûr je ne suis pas là pour distribuer des bons ou des mauvais points mais pour encourager vos efforts..."

 

Extraits du discours de Michel Rocard, Ministre de l'Agriculture, devant la session itinérante du Comité National de l'INAO, le 17 mai 1984 à Montpellier.

FranceArchives: Portail National des Archives de France

En faisant des recherches je suis tombé sur cela :

 

Les archives de M. Jacques Berthomeau, conseiller technique au Cabinet du ministre de l'Agriculture Michel Rocard, puis Henri Nallet de 1984 à 1986, ont été versées aux Archives nationales sous protocole de versement en date du 20 mars 1986.
 
Monsieur Berthomeau a été chargé, au moment de sa nomination, d'assurer le suivi des dossiers vins, alcools, productions végétales, fruits et légumes.
 
Les archives inventoriées ci-après reflètent ces activités. Les articles 43 CAB 1 à 26 sont constitués de dossiers concernant les problèmes de production et de marchés dans les secteurs suivants : céréales, viticulture, fruits, légumes. Les articles 43 CAB 27 à 32, ayant trait à l'organisation des marchés agricoles, concernent les offices d'intervention (ONIFLHOR, ONIPPAM) ainsi que l'élargissement de la communauté économique européenne à l'Espagne.
 
Enfin, l'article 43 CAB 33 contient des projets de contrats de plan Etat/régions préparés dans le cadre du IXème plan.
 
Conformément aux dispositions du protocole cité ci-dessus, ces archives seront librement communicables au terme d'un délai de trente ans.

 

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 06:00

 

Comparaison n’est pas raison mais nous, les gaulois, depuis Vercingétorix à Alésia aimons les perdants magnifiques, le brave Poulidor toujours derrière Anquetil, les défaites de Glasgow et Séville en football, le « naïf » Rocard face au « manœuvrier » Mitterrand, la dernière charge des cuirassiers  à Reichshoffen en 1870…

 

FR-TUL - Histoire de France - Les Gaules de Jules César et de ...

 

« Alésia ? Connais pas ! »

 

La formule bien connue du chef Abraracourcix, dans les albums d'Astérix, demeure plus que jamais d'actualité.

 

Le siège d'Alésia se conclut aux alentours du 27 septembre de l'an 52 av. J.-C. par la reddition des Gaulois et de leur jeune chef Vercingétorix.

 

Le vainqueur est le général romain Jules César. Il clôt ainsi, non sans peine, la guerre des Gaules, entamée sept ans plus tôt.

 

Jules César vs Vercingétorix : une stratégie romaine implacable

 

Bien que le rapport de force soit largement en défaveur des Romains, ces derniers ont obtenu la victoire finale à la bataille d'Alésia grâce à leur maîtrise de l'art de la guerre. En effet, 82.000 Romains ont vaincu 328.000 Gaulois.

 

Les deux versions de la rencontre entre Vercingétorix et César :

 

César écrit : «César ordonne que les armes soient rendues, que les chefs soient conduits à lui. Lui-même s’assied dans le retranchement, devant le camp. Les chefs y sont conduits. Vercingétorix se rend. Les Eduens et les Arvernes furent mis à part, pour le cas où il pourrait, grâce à eux, reprendre des villes. Les autres captifs sont distribués à toute l’armée comme butin, à raison d’un prisonnier par personne».

 

Astérix, toute une histoire | Metro

 

C’est plus romanesque chez Plutarque (Vie de César) et c’est cette image que l’on a conservée : «Les assiégés, après s’être donné bien du mal à eux-mêmes et en avoir donné beaucoup à César, finirent par se rendre. Vercingétorix, qui avait été l’âme de toute cette guerre, fit parer son cheval, prit ses plus belles armes et sortit ainsi de la ville. Puis, après avoir fait caracoler son cheval autour de César, qui était assis, il mit pied à terre, jeta toutes ses armes et alla s’asseoir aux pieds de César où il se tint en silence, jusqu’au moment où César le remit à ses gardes en vue de son triomphe».

 

 

Le 6 août 1870, lors de la bataille de Reichshoffen* (ou Froeschwiller-Woerth) a lieu un événement qui va rentrer dans les annales héroïques de l’Armée française. Les cuirassiers français chargent pour l’honneur les troupes prussiennes, quasiment quatre fois supérieures en nombre.

 

Lors de cette dernière charge perdue d’avance mais menée avec panache, c’est toute la cavalerie lourde française qui meurt - et sa doctrine d’emploi.

 

 

LA CHARGE DES CUIRASSIERS ICI  

 

La 4ème division (général Lartigue) est alors en grande difficulté. Mac-Mahon demande au général Michel, commandant les 8ème, 9ème régiment de cuirassiers et deux escadrons du 6ème régiment de lanciers, d’attaquer les Prussiens autour de Morsbronn afin de donner de l’air à la 4ème division.

 

Les quelques Prussiens embusqués dans les vignes et les houblonnières près du village sont vite bousculés par les cavaliers lourds français, qui entrent dans le village par le Nord.

 

L’ennemi occupe les maisons et tire depuis les fenêtres. Les cavaliers français arrivent alors à une bifurcation ; certains partent à gauche vers la route de Woerth, et la plupart s’engagent à droite, dans la rue principale de Morsbronn. Ils se rendent compte trop tard que la rue, menant à l’église, se rétrécit. Les cuirassiers sont alors des cibles faciles pour les soldats prussiens qui les abattent à bout portant. Derrière, les lanciers arrivent à leur tour et font la même erreur.

 

Devant le bruit de la fusillade, le général Michel, encore en dehors de Morsbronn, récupère les derniers cavaliers valides et leur déclare :

 

« Camarades, on a besoin de nous, nous allons charger l’ennemi ; montrons qui nous sommes et ce que nous savons faire, vive la France ! »

 

Les cavaliers du général Michel chargèrent pour aider leurs camarades pris dans Morsbronn. Mais arrivés devant le village, ils se heurtèrent à des bataillons prussiens. Après avoir subi de lourdes pertes, ils réussirent à encercler le village. Une autre charge du 9ème cuirassier parvint à dégager Morsbronn, sous la forte pression des troupes prussiennes.

 

Ils durent évacuer le village, et seule une cinquantaine de cavaliers réussit à rejoindre les troupes françaises à Saverne. Le 8ième cuirassier, lui, eut moins de chance : seuls 17 cavaliers en réchappèrent.

Emmanuel Macron honore de Gaulle, 80 ans après la Bataille de France

 

Le président de la République commémorera, ce dimanche, la bataille de Montcornet. Une défaite célèbre de la France lors la Seconde Guerre mondiale où Charles de Gaulle s’est illustré en tentant une contre-attaque contre l’armée allemande, le 17 mai 1940.

 

C’est une première. Jamais un président de la République en exercice ne s’était rendu dans ce village de l’Aisne, qui plus est pour célébrer cette défaite fondatrice du mythe gaullien: la bataille de Montcornet. Ce dimanche, Emmanuel Macron consacre son premier déplacement hors covid-19 à la commémoration de cette contre-offensive menée par le colonel de Gaulle le 17 mai 1940.

 

Montcornet: pourquoi Macron célèbre cette défaite du colonel De Gaulle? ICI 

À Montcornet, Macron honore de Gaulle et célèbre «l'esprit français»

Dans l’Aisne, Emmanuel Macron cherche à s’inspirer de « l’esprit de résistance » du général de Gaulle ICI 

Le chef de l’Etat a présidé dimanche la commémoration de la bataille de Montcornet, le 17 mai 1940, quand Charles de Gaulle, à la tête de la 4e division cuirassée, parvint à freiner l’avancée allemande.

Par  

La bataille de Montcornet – 2e GUERRE MONDIALE

Le colonel Charles de Gaulle au côté du président de la République, Albert Lebrun, en visite à Goetzenbruck, le 23 octobre 1939. 

Source : Yves Buffetaut, De Gaulle chef de guerre, 39-45 magazine, supplément au n°50, éditions Heimdal, Bayeux, juin 1990, pp. 20-25

 
 

Présentation

Ce document administratif brut présente Charles de Gaulle, en soldat professionnel, technicien de la chose militaire, connaisseur de la guerre des blindés. Il a reçu une mission et des moyens pour la remplir, notamment des chars d’assaut dont il s’est fait le chantre dans Vers l’armée de métier, publié en 1934.

 

 

Se battre militairement pour Montcornet 16-17 mai 1940 ICI

Le Département de l'Aisne lance un concours pour la conception d ...

Montcornet, une victoire en trompe-l’œil  ICI  

 

FIGAROVOX/ANALYSE - Célébrée par Emmanuel Macron ce dimanche 17 mai, la bataille de Montcornet est restée dans la mémoire collective comme la seule victoire française de mai-juin 1940, sous le commandement du colonel De Gaulle. La réalité fut tout autre.

 

Par Jean-Robert Gorce

Publié le 15 mai 2020 

 

Le 17 mai 1940, dans la petite bourgade de Montcornet, dans l’Aisne, la 4e division cuirassée du colonel De Gaulle attaque le flanc gauche des troupes blindées allemandes qui foncent vers la Manche. Dans la mémoire collective, cette «bataille» est devenue un moment clé de la guerre de 1940: la seule victoire obtenue par l’armée française durant les terribles mois de mai et juin.

 

La réalité est pourtant tout autre et, à aucun moment, les troupes de De Gaulle n’ont inquiété les Allemands. Quelle est la vérité sur cette action? Comment le mythe de Montcornet est-il né et comment a-t-il pu perdurer?

 

Un simple colonel

 

Le 24 avril 1940, le colonel De Gaulle, qui commande alors les chars de la 5e armée en Alsace, est convoqué par le général Gamelin qui lui annonce qu’il a décidé de créer deux nouvelles divisions cuirassées et qu’il compte lui donner le commandement de la dernière d’entre elles.

 

A ce moment, De Gaulle, pourtant simple colonel, n’est pas tout à fait un inconnu. Son livre, Vers l’armée de métier, paru en 1934, était un réquisitoire contre la doctrine en vigueur à l’époque dans l’armée française. Il y avait composé un vibrant plaidoyer pour la constitution d’un puissant corps de bataille cuirassé, fort de 100 000 hommes, tous des soldats professionnels. De Gaulle y reprenait, pour l’essentiel, les idées développées au début des années 1920 par le général Estienne, mais sans réellement en maîtriser les aspects tactiques et pratiques. L’auteur utilisait en effet des formules vagues, qui ne donnaient jamais le «mode d’emploi» du char. Il énonçait quelques caractéristiques comme: «l’arme blindée s’avance à la vitesse du cheval au galop» ou encore «les tanks gravissent des talus de trente pieds de haut». Jamais il ne rentrait dans les détails techniques et logistiques. Surtout, De Gaulle n’y abordait que très superficiellement le rôle de l’aviation et des transmissions.

 

Vers l’armée de métier, tenait ainsi plus de l’essai littéraire, que de la définition précise du concept d’emploi du char au combat. Les principes de guerre cuirassée proposés par De Gaulle étaient, partant, assez éloignés de ceux qui étaient au même moment prônés en Allemagne par le général Guderian ou, en France, par le général Flavigny. Ces derniers privilégiaient la rapidité et la manœuvrabilité, alors que le futur homme du 18 juin ne parlait quasiment que de la puissance de feu supplémentaire apportée par la nouvelle arme.

 

Mais, s’il ne maîtrise pas l’emploi de l’arme blindée, ou du moins pas plus que la plupart des théoriciens militaires de son époque, De Gaulle avait sur eux un gros avantage: il avait perçu avant eux le rôle de la communication. Pour arriver à ses fins, il avait convaincu du bien-fondé de ses thèses des journalistes comme Jacques Chabannes de Radio-Paris, et utilisé un de ses amis, l’avocat Jean Auburtin, pour se faire présenter à des hommes politiques influents, notamment Paul Reynaud. De Gaulle s’était ainsi donné les moyens de diffuser sa pensée dans les cercles des hommes de pouvoir et de décision. Cette technique de la communication, De Gaulle la maîtrisera parfaitement, de juin 1940 à mai 1968. C’est la raison pour laquelle, après avoir adhéré aux concepts d’emploi de l’arme blindée d’hommes aux compétences infiniment supérieures, il en est devenu le vecteur médiatique.

 

France, 17 mai 1940

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LA BATAILLE DE MONTCORNET ICI

L’année 2020 marque un triple anniversaire pour le général de Gaulle, celui de sa naissance il y a 130 ans, de son décès il y a 50 ans et de l’appel du 18 juin 1940. En novembre dernier, l’Élysée avait annoncé que le président Macron marquerait le coup par « trois événements destinés à célébrer, à travers de Gaulle, l’esprit de résistance, l’esprit de la République et l’esprit de la Nation  », un message plus que jamais d’actualité dans le contexte actuel de pandémie de Covid-19.

 

Dimanche 17 mai, le chef de l’État se rendra ainsi à Montcornet, Dizy et dans la commune de La Ville-Aux-Bois-Lès-Dizy, dans l’Aisne, quatre-vingts ans jour pour jour après la bataille de Montcornet à laquelle prit part le colonel de Gaulle, commandant la 4e division cuirassée. L’armée française, qui avait lancé une contre-offensive, avait pris plusieurs points stratégiques avant d’opérer un repli face à la Wehrmacht allemande.

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