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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 06:00
Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

Après le déjeuner, sur la place des Halles, nous prenions le car Citroën, parti de Nantes, pour aller à la plage des Sables-d’Olonne, il ne s’arrêtait qu’à Saint-Mathurin. Je tenais à la main ma pelle et mon seau. Le long mufle du car, sous lequel le moteur cliquetait, m’impressionnait. En blouse grise et casquette, le chauffeur délivrait, avec une drôle de petite machine à manivelle, les tickets. Nous allions nous asseoir sur la banquette du fond, où, à genoux, le dos tourné au sens de la marche, pendant toute la durée du trajet, notre seule préoccupation consisterait à observer l’impatience des conducteurs qui essayaient de nous doubler. Le double virage de la Cossonnière, marquant le passage à niveau de la ligne de chemin de fer, faisait tanguer la lourde carcasse du car, à la sortie le moteur vrombissait. Le skaï de la banquette collait à nos genoux dénudés. Je portais des va-nu-pieds, un short et sweet-shirt blanc. Afin de ne pas subir l’ire de nos mères nous évitions de crier nous contentant de faire grimaces et gestes pour nous moquer des malheureux qui peinaient à nous doubler. Nous étions en vacances mais nous n’allions pas tous les jours à la plage comme les estivants.

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

Avant d’arriver à la plage nous passions par la ville où nos mères léchaient les vitrines de mode. Nous étions impatients. Lorsqu’enfin nous débouchions sur le remblai, magnifique arc plein sud, petite promenade des anglais, bordée de belles demeures, j’étais toujours émerveillé par l’harmonie du lieu. Nous nous posions, devant les tentes blanches, tout près de la grande horloge. Tout au bout du remblai, à notre droite, la masse imposante du Grand Casino représentait pour nous un vrai mystère, on y jouait, dansait, buvait, des plaisirs pour nous inconnus. La marée dictait sa loi sur la plage des Sables-d’Olonne, immense territoire de sable fin lorsqu’elle était basse, mince ruban lorsque les eaux clapotaient aux pieds des escaliers.

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?
Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

En attendant l’heure de la baignade, fixée par nos intransigeantes mères à moins 3 heures après la fin de notre déjeuner, nous exercions nos talents de cantonniers, creusant des trous, érigeant des murailles, bâtissant des châteaux de sable… Notre proximité de la pendule nous permettait de contrôler le compte à rebours. Nous ne savions point nager mais nos mères nous laissaient aller au bain sans grande inquiétude, la plage était si plate, la mer si calme, le drapeau était vert et les CRS musclés nous protégeaient. De ces baignades maritimes j’ai gardé le goût de l’eau salée et un grand désintérêt pour celle des piscines.

 

Mais le bain ça donne faim !

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?
Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

Alors venait notre délice de gourmandise : un beignet à l’abricot constellé de sucre que nos mères achetaient au jeune homme, qui allait et venait sur un territoire imparti, un grand panier suspendu sur son ventre, en huchant : « beignets aux abricots… ils sont beaux mes beignets aux abricots… » Ils les tendaient enveloppés dans du papier soie blanc. Nous les mangions religieusement. La confiture d’abricot nous tapissait la bouche et le sucre nous faisait des moustaches.

 

Manger un beignet à l’abricot ça donne soif !

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

Alors, avant de reprendre le car, nos mères nous offraient un Pschitt citron ou orange sur une terrasse, nous nous prenions pour les rois du monde, ce nous étions.

 

Aussi bizarre que ça puisse paraître en ce temps-là, le milieu des années 50, ne poussant pas dans nos jardins, l’abricot du Roussillon n’était pas encore arrivé jusqu’à nous et comme les confitures étaient faites maison, celle d’abricot pour nous était un must…

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ?

L’abricotier : « natif de Chine aussi bien que de l’ouest de l’Asie… Sing, comme on le sait bien, est l’abricot (Prunus Armeniaca)… le Shan-hai-King dit que plusieurs Sing croissent sur les collines. En outre, le nom de l’abricot est représenté par un caractère particulier, ce qui peut démontrer qu’il est indigène à la Chine. »

 

Le Shan-hai-King est attribué à l’empereur Yü, qui vivait en 2205-2198 avant Jésus-Christ.

 

L’origine du mot « abricot » est intéressante à plus d’un titre. Les Romains le surnommaient praecocum c’est-à-dire « précoce », sans doute en raison de sa floraison très tôt dans le printemps. Le terme « abricot » s’est ensuite forgé tout au long de ses pérégrinations autour du Bassin Méditerranéen : praikokion pour les grecs, al barq pour les arabes, albaricoque pour les espagnols, puis al-Bercoc en catalan.

 

Originaire de Chine donc, l’abricotier s’est parfaitement adapté au climat du Bassin Méditerranéen et ce, depuis l’Antiquité. Il faut cependant attendre le XVIIIe pour que sa culture se développe en France. Cultivé depuis 2 000 ans, il se diffuse à travers le Moyen puis le Proche-Orient. On relate ainsi la culture de l’abricotier en Iran et en Arménie (d’où son nom savant) à partir du premier siècle avant notre ère. Il parvient ensuite jusqu’aux Grecs et aux Romains. Cultivé depuis 2 000 ans, il se diffuse à travers le Moyen puis le Proche-Orient. On relate ainsi la culture de l’abricotier en Iran et en Arménie (d’où son nom savant) à partir du premier siècle avant notre ère. Il parvient ensuite jusqu’aux Grecs et aux Romains.

 

L'abricotier aurait été introduit en France par deux voies :

 

- d'une part en provenance d'Italie par la vallée de la Loire. Le roi René d'Anjou (1409-1480) qui hérita du royaume de Naples en 1435 ramena d'Italie ce fruitier dans sa région natale, où il prit le nom d'abricotier vers 1560.

 

- d'autre part en provenance d'Espagne par le Roussillon. On ne sait pas quand l'introduction s'est faite mais probablement entre le moment où Narbonne fut occupée par les Sarrasins (en 715) et celui où le Roussillon fut rattaché à la couronne de France (en 1659).

 

Mais c’est avec le Roi-Soleil que l’abricot prend réellement son essor en France. Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste La Quintinie, jardinier du gourmand Louis XIV, effectue de nombreuses plantations dans le Potager du Roi. Dès le siècle suivant, le développement à grande échelle de la culture des abricots dans l’Hexagone est lancé. Celle-ci ne cessera plus de se développer.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 06:00
Ciel elle a apporté 1 Mouton-Cadet pour une fête dans un fief naturiste ! La politesse c’est l’art de vivre ensemble en soignant les apparences plutôt que les rapports de forces…

À Paris, pour les fêtes organisées entre amis, les bourses étant assez plates, chaque invité apporte à boire et à manger en fonction de ses possibilités. Comme vous le savez je fréquente une belle floppée de naturistes et très souvent apparaissent des flacons qui donnent des boutons aux purs et durs des vins nus. Mais jamais, au grand jamais, qui que ce soit ironise, se moque, chacun a le droit d’aimer ce qu’il aime ou le plus souvent de ne pas être un consommateur pour qui le vin est une boisson parmi d’autres et peu au fait des chamailleries du microcosme. C’est la moindre des politesses. Au mieux, on fait goûter à l’arrivant(e) ce que l’on aime pour lui faire apprécier.

 

Tel fut le cas l’autre soir lors d’une fête dans la cantine d’altitude où les tenancières sont addict des vins nus. L’irruption d’un flacon de Mouton-Cadet ne provoqua aucune vague, il fut ouvert, bu par ceux qui l’ont voulu. Bref, rien que du savoir-vivre.

 

Pour rire, provoquer les réseaux sociaux j’ai posté sur mon Mur :

 

« Mouton Cadet au Lapin Antonin transgression absolue »

 

Les commentaires furent dans l’ensemble plutôt rigolards.

 

Le lendemain matin je me suis dit que j’allais faire un test en postant ceci :

 

« Juste une petite histoire de Mouton-Cadet

 

Que faites-vous lorsqu’un (e) invité (e) se pointe chez vous lors d’une petite fête avec une bouteille de Mouton-Cadet ?

 

- Vous vous moquez ?

 

- Vous le remerciez et vous vous gardez bien de l’ouvrir ?

 

- Vous le remerciez, vous l’ouvrez et vous le goûtez ?

 

Merci pour vos réponses, courtoises bien sûr…

 

C’est ce qui nous est arrivé hier au soir au Lapin »

 

Tout au long de la journée les commentaires ont chauffé : 43 en tout avec des réponses croisées. Dans l’ensemble ce fut, à quelques exceptions notables, courtois.

 

Cependant dans les pros et les antis vins nus je sentais une réelle envie d’en découdre, d’excommunier, d’exclure et surtout une absence réelle de politesse sous prétexte d’une pratique d’un humour un peu lourd très en cour sur Face de Bouc.

 

Alors je me suis souvenu d’André Comte-Sponville qui eut il y a une quinzaine d’année une grande notoriété avec notamment son « Petit traité des grandes vertus » ce qui lui valut des volées de bois vert de Pierre Marcelle, journaliste à Libération, qui juge les propositions de Comte-Sponville « indigentes » et ses propos « venteux » que son « omniprésence de penseur consensuel est censée légitimer. Jacques Bouveresse, philosophe français, ne lui conteste pas son statut de philosophe mais lui reproche de faire partie de ces confrères contemporains devenus des « obligés du pouvoir ».

 

« Politesse », par André Comte-Sponville

 

Après vous. » Dans cette formule de politesse, Levinas voyait l’essentiel de la morale. On comprend pourquoi : c’est mettre l’égoïsme à distance et court-circuiter la violence par le respect. Tant que ce n’est que politesse, l’égoïsme reste pourtant inentamé ; le respect, presque toujours, n’est que feint. Peu importe. La violence n’en est pas moins évitée, ou plutôt elle ne l’est que mieux (s’il fallait respecter vraiment pour la faire disparaître, quelle violence presque partout !).

 

C’est dire, sur la politesse, l’essentiel : qu’elle n’est que l’apparence d’une vertu, pour cela aussi socialement nécessaire qu’individuellement insuffisante.

 

Positivité de l’apparence. Être poli, c’est agir comme si l’on était vertueux : c’est faire semblant de respecter (« Pardon », «S’il vous plaît », « Je vous en prie »…), de s’intéresser (« Comment allez-vous ? »), de ressentir de la gratitude (« Merci »), de la compassion («Mes condoléances »), de la miséricorde (« Ce n’est rien »), voire d’être généreux ou désintéressé (« Après vous »)…

 

Ce n’est pas inutile. Ce n’est pas rien. C’est ainsi que les enfants ont une chance de devenir vertueux, en imitant les vertus qu’ils n’ont pas encore. Et que les adultes peuvent se faire pardonner de l’être si peu.

 

Le mot, contrairement à ce qu’on croit souvent, ne vient pas du grec polis (la Cité) mais du latin politus (« lisse, propre, ce qu’on a pris le temps de polir »). Aussi la politesse a-t‑elle moins à voir avec la politique qu’avec une certaine façon de se frotter les uns aux autres : c’est l’art de vivre ensemble, mais en soignant les apparences plutôt que les rapports de forces, en multipliant les parades plutôt que les compromis, enfin en surmontant l’égoïsme par les manières plutôt que par le droit ou la justice.

 

C’est « l’art des signes », disait Alain, et comme une grammaire de la vie intersubjective. L’intention n’y fait rien ; l’usage y est tout. On aurait tort d’en être dupe, mais plus encore de prétendre s’en passer. Ce n’est qu’un semblant de vertu, moralement sans valeur, socialement sans prix.

 

Dictionnaire philosophique

André Comte-Sponville

1654 définitions. 1120 pages. 29 €

© Éditions PUF, 2013

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 06:00
Éloge du porc par Philippe Sollers, Manifeste du cochon libre,Porc d'attaches

Crise de l’élevage : non !

 

Faire l’amalgame entre les difficultés des éleveurs de porc, des éleveurs de bovins du troupeau viande et celles des producteurs de lait relève du raccourci journalistique et d’une méconnaissance des réalités de ces productions.

 

Je retiens ma plume car je ne suis plus dans le coup et je n’ai pas envie de faire le ramenard mais ça me démange.

 

Pour les éleveurs de bovins du troupeau allaitant le mal est ancien et endémique, ils ont toujours été les parents pauvres de la paysannerie française et les tendances de la consommation sur le marché domestique ne vont pas arranger les choses…

 

Pour les producteurs de lait, jusqu’ici plus ou moins protégés par les quotas laitiers, c’est depuis le démantèlement des mécanismes de régulation de la PAC, la seconde bourrasque engendrée par la volatilité des prix. Ce n’est qu’un début…

 

Pour le cochon, c’est une vieille histoire que j’ai vécu depuis ma thèse de doctorat sur le porc tout au début de la montée en puissance du modèle hors-sol breton. Celui-ci est pris à son propre jeu, dépassé par le rouleau compresseur allemand.

 

Je n’en dirai pas plus.

 

Je me contenterai de vous aiguiller vers d’anciennes chroniques cochonnes :

 

« Manifeste du cochon libre : de la liberté de mettre un cochon en pension pour notre consommation personnelle. »

 

« J’en appelle à Gérard Oberlé, pour le Manifeste du Cochon libre : vive la saint Cochon ! »

 

Éloge du porc par Philippe Sollers 

 

Contrairement à sa légende impure, le porc est une merveille de netteté, de charme et de complétude. Sade, en prison, a envie d'en manger, il écrit donc à sa femme en l'appelant « porc frais de mes pensées ». Mozart était très amateur de « carbonade », et c'est peut-être l'une d'elles qui l'a empoisonné à Vienne. Claudel, enfin, dans son apologie Le Porc, n'oublie pas de rappeler que le sang de porc « sert à fixer l'or ».

 

Le dictionnaire nous dit que « porc », appliqué à un être humain, veut dire « homme sale, débauché, glouton ». Quelle erreur ! La viande de porc est la variété et la délicatesse mêmes. Voilà un animal alchimiste qui transforme toute ordure en or. Le comportement pig est un ratage de ce processus d'une finesse extrême. J'ai peu à peu abandonné le bœuf pour le porc, en ne gardant, comme viandes, que la tête et le ris de veau. D'une certaine façon, j'allais vers la Chine qui, comme on sait, a son Année du Cochon.

 

Le porc, cette perle. Tout est bon, chez lui, rôti, côtelettes, jambon, jambonneau, saucisson, saucisses, travers, pied. Le féminin de porc, «truie», ne convient pas. Il faut dire porce. Dans Une saison en enfer, Rimbaud dit qu'il « a aimé un porc ». Je peux exprimer, sans me vanter exagérément, que j'ai aimé bien des porces, je veux dire des femmes vraiment mangeables, ce qui n'est pas si courant.

 

Demandez à ma femme, Julia Kristeva, de vous préparer une palette de porc, avec des rondelles d'ananas et des clous de girofle. Ce plat est une splendeur. Vous buvez en même temps un margaux, et la perfection est là. Le rôti de porc, selon moi, doit se manger froid, et le choix de la moutarde compte. Pour les amateurs impénitents de mayonnaise, c'est le moment de l'employer savamment.

 

Le saucisson va avec le whisky, ils s'appellent.

 

Et maintenant vous allez nous dire que vous aimez la choucroute en hiver ?

 

Évidemment.

 

Avec le porc, vous êtes d'emblée dans la grande culture occidentale, en France, en Allemagne, en Espagne, en Italie. Comment ne pas évoquer le jambon très fin (le San Daniele), et le mot d'entrée, prosciutto, avant le dîner? Le jambon de Parme vous fait penser à Stendhal ? Vous avez raison. Le porc, enfin, se marie on ne peut mieux avec les pâtes : goûtez-moi cette carbonara.

 

On m'a compris : le porc est rejeté ou haï à cause de son infini. Je garde quand même le poulet, mais il faut qu'il soit préparé, une fois par an, dans l'île de Ré, par Valérie Solvit. Sinon, poisson, et encore poisson.

 

Mais ceci est une autre histoire.

 

 

Porc d'attaches
JACKY DURAND 

 

Ça fait un siècle que t’as disparu, et pourtant, samedi matin, on a cru te revoir. On était dans la queue du supermarché. Celui que tu as toujours abominé, tu disais qu’il était sinistre et sale, qu’il sentait le fruit pourri et la transpiration. Nous, on s’en foutait, alors on s’y fadait les courses de PQ, de café et de liquide vaisselle. Tu disais qu’on était le chasseur quand on revenait, chargé comme un camion de pastèques dans la haute vallée de l’Euphrate. Après que tu sois partie, on a arrêté les frais : désormais, on va au ravitaillement chez Amar, qu’est ouvert jusqu’à point d’heure et qu’a toujours du saucisson à l’ail pour aller avec la Seize. Et puis, au moins, lui, il nous cause, c’est pas comme les bagnardes du supermarché terrorisées par leur gérant. Tiens, ce julot casse-croûte là, on aurait dû lui faire bouffer un rouleau de Sopalin avec un fût de Coca, ça lui aurait fait gonfler encore un peu plus sa connerie.

 

La suite ICI

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:00
Alain Vauthier d’Ausone fait du Frédéric Dard « Les lauriers sont tellement plus à leur place dans le civet de lièvre que sur la tête d’un glorieux. »

Bernard Burtschy, qui sait tout, annonçait sur son mur Face de Bouc le 15 juillet à 19 h 08 qu’« alors qu'Angelus et Pavie mettent leur tout nouveau classement de premier cru classé « A » sur l'étiquette de leur 2012, avec bouteilles spéciales pour l'occasion, château Ausone fait disparaître la mention de son étiquette… »

 

Sans tambour, ni trompette, ni communiqué de presse, la famille Vauthier épure son étiquette…

 

Exit la mention du classement félon taillé sur mesure par un expert en la matière, cinéphile au rabais, amateur de bottes en son chai, jeune manieur de sécateur, globe-trotter, collectionneur de présidences, tout à fait bling ding dong…

 

Je m’en doutais !

 

J’apprécie la beauté du geste…

 

« Pourquoi chercher avant tout une étiquette, et par là se mettre à la hauteur des choses que l’on vend dans les bazars. » ironisait Claude Debussy.

 

«Avec ce nouveau classement, on ne rejoint pas seulement Ausone et Cheval-Blanc à Saint-Emilion. On atteint aussi le même niveau que Mouton Rothschild, Yquem ou château Margaux. Les gens ne vous regardent pas de la même manière: on fait désormais partie des dix propriétés les plus recherchées dans le monde.»

 

En rupture avec la tradition bordelaise, Gérard Perse n’a pas peur de parler d’argent. Il souligne «s’être donné dix ans pour que Pavie atteigne les mêmes prix que les plus grands noms du Médoc». En primeur, la bouteille de 2012 a été mise en vente à un peu plus de 200 francs, contre plus de 300 francs pour Haut-Brion ou Margaux. «Le prix, c’est une finalité, juge celui dont la fortune est estimée à 380 millions d’euros. Si quelqu’un est prêt à mettre plusieurs centaines d’euros pour un seul flacon, c’est que cela représente quelque chose de très fort pour lui. On ne vend pas seulement du vin, mais aussi du rêve.»

 

« La famille Perse ne laisse rien au hasard. Pour répondre au mieux aux critères fixés par la commission de classement et accéder au rang de premier grand cru classé «A», elle a lancé d’importants travaux en 2011 afin de donner un nouveau visage à Pavie. Investissement: 17 millions de francs. «Je ne l’ai pas fait pour me faire plaisir, précise le patron. Il s’agissait de pouvoir bien recevoir la presse et les visiteurs. On a fait quelque chose de somptueux. L’objectif est de faire rêver les gens. Quand ils repartent il faut qu’ils se disent: c’était un grand moment.»

 

C’est signé Pierre-Emmanuel Buss dans le journal suisse Le Temps 

 

Comme le note avec pertinence Guillaume Deschamps « On peut ne pas désirer être membre de certains clubs »

 

Tournez, tournez les hélicos, sur la piste bétonnée vous attendent de charmantes hôtesses pour vous guider en des chais pharaoniques où elles vous vanteront la gloire du terroir qui donne moins de points dans le classement que la longueur de leurs jupes.

 

Alors acceptons la dérision de Sylvain Jamet « Parce que classé A ne veut rien dire, ça ne marche que pour les frigos et l'andouillette! A moins qu'ils aient des ambitions écologiques... A++ AAAAA »

 

Et comme le disait Frédéric Dard « Les lauriers sont tellement plus à leur place dans le civet de lièvre que sur la tête d’un glorieux. »

 

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 06:00
Anne, sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? Non je ne vois aucune start-up du vin dans le lointain…

Le 11 avril 2014 dans Challenges Chloé Dussapt nous faisait saliver, avoir l’eau à la bouche quoi, en titrant 5 start-up qui révolutionnent la consommation du vin.

 

« Tous sont partis de plusieurs constats: de la difficulté de choisir une bouteille de vin quand on est seul devant un rayonnage de supermarché garni de flacons aux étiquettes plus obscures les unes que les autres ; d'accorder mets et vins ; et pour les plus volontaires, de décrypter les encyclopédies sur l'œnologie onéreuses, assommantes et bien souvent imbuvables pour qui voudrait chercher à boire plus intelligemment. Face à un monde pas très facile à aborder, 5 start-up ont décidé de démocratiser et de faciliter l'approche des grands et moins grands crûs avec des solutions toutes innovantes… qui feront peut-être grincer des dents les spécialistes.

 

Les voici: 

 

 

 

  • Le "Nespresso du vin appliqué au monde du vin"

 

  • Les fondateurs de Vinocasting ont créé un outil permettant de découvrir son profil et de choisir le breuvage le plus adapté à ses goûts. "Il suffit de déguster les six vins très typés qui sont vendus en coffret pour 50 euros sur notre site, et de les noter, suivant qu'on les a aimés ou non

  • Tous les mois, le Petit ballon livre, par la Poste, une valisette en bois contenant deux bouteilles de vin sélectionnées par Jean-Michel Deluc, maître sommelier et ancien chef sommelier du Ritz

  • Du vin en cannette d'une contenance équivalente à un quart de bouteille. C'est ce que propose Winestar avec son concept innovant mais qui doit faire hurler les puristes.

  • Quel amateur de vin n'a jamais eu envie de créer sa propre cuvée ou de voir son nom afficher sur l'étiquette. C'est désormais possible… du moins virtuellement. « Vinoga est un jeu social où on s'amuse à gérer un domaine viticole, et à la fin, on peut acheter la bouteille qu'on a produite virtuellement »

À l’époque ça ne m’avait pas vraiment fait sauter au plafond mais bon garçon je me disais que parfois c’est dans les vieux pots qu’on fait le bon beurre.

 

Un an après où en sont-elles ces start-up ?

 

Je n’en sais rien et, comme je ne dispose d’aucun moyen d’investigation, j’aimerais bien que Chloé Dussapt aille les ausculter à nouveau. Merci par avance.

 

Je laisse de côté les joyeux lurons de Vinocamp pour m’intéresser à l’incubateur bordelais de start-up du vin en lisant l’article de Sylvain Arnulf « Bordeaux veut devenir la capitale mondiale des start-up dédiées au vin à la gastronomie et au tourisme » 

 

Pour ne rien vous cacher j’en suis resté sur le cul, ça vaut le détour :

 

« Tout commence par un "boot camp", avec les forces spéciales françaises, sur un camp militaire. « L'idée est de resserrer les liens, obliger les start-up à penser en équipes, et aussi créer des synergies entre elles, explique Vincent Pétré. Nous ne voulons pas que les projets se voient comme des concurrents ». Ensuite, le premier mois confronte les start-up à leur marché potentiel, le deuxième les voit se concentrer sur leur produit, et le troisième est axé sur la préparation au pitch, la façon de vendre le projet à des investisseurs... »

 

Jusqu'à ce crucial "démo day" où les porteurs de projets doivent tenter de convaincre un public exigeant d'investisseurs français et étrangers. "C'est le point culminant du programme, résume Clément Staquet, responsable de communication. Les entrepreneurs doivent convaincre que leur projet a été métamorphosé en trois mois. »

 

« Quel que soit le destin des quatre premières start-up accélérées, 33entrepreneurs nourrit de grandes ambitions et veut devenir une référence dans son domaine. Et la structure s'en donne les moyens. Pour se faire connaître et attirer les meilleurs projets émergents, son équipe produit des études sectorielles pointues et parcourt le monde, à la rencontre des écosystèmes locaux. »

 

C’est beau comme un beau discours d’officine de conseils.

 

J’avoue, vieux con que je suis, j’en suis resté à la méthode Mark Zuckerberg

Chronique du 3 avril 2010 Mais d’où sort donc ce Facebook dont on nous rebat les oreilles ?

 

Extrait

 

« Un type de notre promo a gagné un milliard de dollars en créant le site Internet Facebook. Il s’appelle Mark Zuckerberg. En première année, il habitait avec un bon ami à moi. Dans leur pièce commune, Mark avait le bureau du coin et, à chaque fois que je venais, je le trouvais en jogging, penché sur son clavier ergonomique en train de taper des lignes de code. Il portait souvent un kit mains libres. Au début, on ne savait pas trop avec qui il parlait au téléphone. De gros capitalistes, disait la rumeur, des nababs de la Silicon Valley, dont certains étaient passés par Harvard.

 

Le coloc de Mark aussi portait tout le temps un jogging, mais il ne téléphonait pas à de gros capitalistes. Sam n’était pas millionnaire, il était noir et champion de triple saut – un jour, il a battu le record de Harvard en sautant 16,34 mètres. Comme la plupart des athlètes de la fac, il portait un jogging gris marqué dHa, le sigle du département d’athlétisme de Harvard. On appelait ça des «dhas», et dans certains milieux (les filles qui se tapaient des sportifs, les parents fiers), ils étaient très demandés. On ne pouvait pas plus les acheter qu’une place dans l’équipe de squash, de foot, de course à pied ou dans un club, pas plus qu’on ne pouvait payer pour échapper à une accusation de viol, à la mobilisation pendant la guerre du Vietnam, à une condamnation pour possession de coke, ou pour entrer dans la culotte d’une fille ou changer une note éliminatoire. Mais en fait, si, c’était possible.

 

Sam et Mark étaient très différents, mais ils se trouvaient certaines affinités – c’est d’ailleurs un des principes de Facebook. On peut naviguer d’un profil à l’autre, page après page, un peu comme si l’on observait des gens dans la même pièce. Ou des colocs. Sauf qu’il peut y avoir des différences énormes entre les profils. Certains affichent leur photo de mariage et une citation de Martin Luther King, tandis que d’autres écrivent « Je t’emmerde » en quatre langues pour déconner. « Religion : Emilio Estevisme ». L’un à côté de l’autre, ces gens peuvent être amis sur Facebook.

 

Mais aussi différents que soient les profils, on retrouvait certaines constantes. En cliquant sur le profil d’un musicien, on faisait assez vite le tour de l’orchestre de Harvard. En cliquant sur le profil d’un étudiant noir, on rencontrait rapidement toute la communauté noire de Harvard. Évidemment, on n’était pas tous violonistes et on ne dormait pas tous dans la même chambre qu’un Noir, comme Mark pendant sa première année. Malgré tout, d’une certaine façon, on était tous reliés.

 

Au fil des ans, j’ai entendu beaucoup de gens dire « Merde, si seulement j’avais partagé ma chambre avec Mark en première année, j’aurais investi dans Facebook dès le départ et je serais devenu riche. » Mais, bien sûr, Sam n’est pas devenu riche. Du moins pas encore. Mark a abandonné la fac et déménagé à Palo Alto avant la fin de la deuxième année. Maintenant, Sam est en fac de droit à Georgetown. »

 

Étant sur la Toile depuis plus de 10 ans je ne suis pas comme Saint Thomas je crois qu’elle peut-être un terreau formidable pour les innovateurs mais je suis très dubitatif face aux effets d’annonce avant toute forme de résultat.

 

En 1985, alors au cabinet de Michel Rocard, je reçus 2 anciens cadres de Perrier qui avaient pour projet de mettre du vin en canettes alu dont ils maîtrisaient parfaitement le process à Vergèze dans le Gard. Je leur fis part de mon scepticisme eu égard au conservatisme des buveurs de vin. Foin de mes remarques le Conseil Régional Languedoc-Roussillon proclama le projet exemplaire et le finança en l’arrosant de subventions. Quelques années plus tard, ayant rejoint la SVF, nous rachetions pour le franc symbolique la société qui avait mis la clé sous la porte.

 

Dans le secteur du vin, les pépites viendront non de celles qui recycleront les vieilles idées commerciales mais de celles qui innoveront dans la vigne pour promouvoir des méthodes en phase avec l’inéluctable progression de l’interventionnisme minimal.

 

Affaires à suivre, j’en suis certaines…

 

33entrepreneurs révèle les futures stars de l’alimentaire et du vin

 

Vente-privee.com : « Sur le vin, on essaie de réinventer les choses »

 

[Interview exclusive] A l’occasion de Vinexpo 2015, nous avons eu l’occasion rencontrer Emmanuel Imbert, Sales Team Manager et coordinateur Europe du pôle vin, champagne, bière et spiritueux de du site vente-privee.com, qui apporte son regard sur les tendances du vin et les projets d’un site devenu une référence dans la vente de vin en ligne.


 

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 06:00
Coup de pompe sur le Tour de France : un petit coup de rouge et l’échappé repartait en sens inverse…

C’était le 28 juillet 1950, vu mon jeune âge : 1 an depuis le 12 juillet et, en dépit de mon extrême précocité, je ne suivais pas encore les résultats des étapes du Tour de France. La grosse TSF posée sur le vaisselier en cerisier dispensait pourtant chaque soir les Informations chères à mon père.

 

Ce jour-là, sur la 13e étape du Tour de France qui partait de Perpignan pour gagner Nîmes, le cagnard faisait régner une atmosphère d’enfer sur un parcours tourmenté égrenant les vignobles du Midi Rouge, du gros rouge bien sûr.

 

Deux larrons de l’équipe d’AFN (l’Algérie est alors française et le Tour se courrait par équipes nationales et régionales) Marcel Molinès (dossard 114) et Abdelkader Zaaf (dossard 115) attaquaient et prenaient une large avance : jusqu’à 16 minutes et leur échappée semblait les mener à joindre l’arrivée où la victoire se disputerait au sprint.

 

Zaaf lâchait Molinès mais, « assoiffé, se saisissait d’un bidon tendu par un spectateur. Malheureusement pour lui celui-ci contenait du vin. Coup d’assommoir pour le coureur qui, après s’être désaltéré, légèrement titubant, reprenait son vélo et repartait en sens inverse. » C’est donc Marcel Molinès qui ralliait Nîmes en vainqueur avec 4 minutes 30 d’avance sur le peloton comprenant Stan Ockers et le futur vainqueur le suisse Ferdi Kubler.

 

Légende que tout cela ? 

 

La chaleur, la fatigue et surtout l’ingestion d’amphétamines Zaaf a été victime d'un malaise et il s'est écroulé au bord de la route. Des vignerons qui se trouvaient là l'ont adossé contre un platane  et comme ils n'avaient pas d'eau sous la main l'ont aspergé avec du vin.

 

De plus Zaaf en bon musulman pratiquant ne buvait pas de vin ça ne l'empêchait pas de poser avec un verre de St Raphael à la main). Ayant retrouvé ses esprits, ou presque, enfourchait son vélo mais repartait en sens inverse.

 

L’organisation étant ce qu’elle était à cette époque, on ne sait trop comment il se retrouvait nez à nez avec la voiture-balai. Sans doute le peloton était passé devant son platane pendant son malaise. Il empestait la vinasse d’où cette histoire qui fit le bonheur des salles de rédaction. Bonne pioche, devenu populaire il fut invité à de nombreux critériums d’après-Tour. Et comme en 1951 il s’octroyait la lanterne rouge du Tour Abdelkader Zaaf entrait dans la légende de celui-ci.

 

Chronique du 24 juillet 2010 :

La légende du Tour : la « fameuse cuite » Abdelkader Zaaf et sa lanterne rouge en 1951

Coup de pompe sur le Tour de France : un petit coup de rouge et l’échappé repartait en sens inverse…
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:30
Photo Armand Borlant ®

Photo Armand Borlant ®

En paraphrasant Antoine de Saint-Exupéry sache, mon cher Lincoln, que « lorsque je regarderai le ciel, la nuit, puisque tu habiteras dans l'une d'elles, puisque tu riras dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire ! »

 

Nous nous sommes croisés la première fois au 104 le 19 novembre 2009 à Autrement Vin, de suite ton humour teintée d’une ironie légère, ton franc sourire, ton regard pétillant, ton chapeau australien, ton solex que tu avais laissé à Sablet, tes questions taquines pertinentes ou impertinentes avec ta pointe d’accent, m’avait séduit.

 

Amis, oui… alors puisque tu viens de t’éloigner des routes goudronnées, cher Lincoln, et que je ne suis pas sûr que tu aurais apprécié que je te couvre de fleurs posthumes je préfère ressortir de la naphtaline une chronique que tu avais beaucoup apprécié.

 

« Le Solex, les ronds-points et les vignerons stars : tu seras œnotouriste mon petit-fils ! » 

 

Le solex

 

Celui de Tati, qui a retrouvé sa pipe, bien sûr, mais aussi celui d’Alain Duhamel le chroniqueur politique que le monde entier nous envie. Quel spectacle que de voir un si petit moteur traîner un homme aussi rond lové dans un imperméable Burberry antédiluvien : on eut dit un de ces petits ânes du Maghreb trottinant allègrement en dépit du poids des poussahs qui les montent ! Le mien aussi, un solex d’occasion acheté aux Puces de Montreuil, un des origines qui, lors du déménagement de la SIDO s’est vu embarquer par les préposés aux paquets pour leur propre compte comme le marbre des cheminées d’ailleurs : y’a pas de petit trafic ! En dépit de mes braiements mon collègue Olivier Drège, DG de l’Office des Céréales, n’a jamais voulu faire jouer les assurances : le solex étant considéré par lui comme un vieux jouet de bobo. Quel manque de goût !

 

En effet, que lis-je dans la presse bourgeoise ?

 

Que Lincoln Siliakus, ancien avocat, journaliste du vin, résident à Sablet, a été désigné comme œnotouriste de l’année 2009 par le magazine Winetourisminfrance.com…

 

Bonne route Lincoln, attention aux cumulo-nimbus et à la Grande Ourse, ce sont les ronds-points du ciel, et comme ton Solex va maintenant fonctionner à l’hydrogène, soit prudent car nous nous retrouverons dans quelques temps…

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 06:00
« Les morts ne portent pas de costards » de la disparition de Charles Pasqua aux moutons d’Uber les accros des réseaux sociaux alimentent les poubelles

Je n’avais aucune sympathie particulière pour Charles Pasqua, dont j’ai suivi le parcours politique depuis plus de 30 ans, et je n’ai aucune sympathie pour la grande majorité des chauffeurs de la corporation des taxis parisiens mais j’avoue que la médiocrité et la petitesse des écrits de certains accros de Face de Bouc et de Twitter me donne la nausée.

 

Que des minables procureurs, des juges autoproclamés, qui se servent des réseaux sociaux pour déverser leur acrimonie, le vide de leur vie, l’inanité et la pauvreté de leur pensée.

 

Si dans le film loufoque « Les morts ne portent pas de costards » de Carl Reiner, sorti en 1982(Dead Men Don't Wear Plaid) le héros Rigby Reardon interprété par Steve Martin constate que cette affirmation « Les morts ne portent pas de costards » ne veut rien dire, moi je la reprends à mon compte à propos de la disparition de Charles Pasqua.

 

L’infatigable graphomane Bruno Roger-Petit écrit dans Challenges :

 

« La gauche n’est pas à l’aise avec Charles Pasqua. Entre fascination et répulsion. Charles Pasqua, le Ricard, le SAC, les réseaux et surtout, Malik Oussekine. A peine la nouvelle de la disparition de l’ancien ministre tombait, qu’un élu communiste parisien lançait l’une de ses polémiques dont les réseaux sociaux ont le secret. »

 

Pour ma part, alors que je n’ai aucune sympathie pour le défroqué mitterrandiste Mélanchon, je suis sur la même longue d’ondes que lui « Sans doute plus sensible au poids de l’histoire, tribunal du monde, Jean-Luc Mélenchon (sur France Info) tout en évoquant le cas Oussekine, se montre plus équilibré sur le bilan Pasqua : « Dans ma génération, son souvenir est surchargé par la mort de Malik Oussekine. Et par l'enfer qu'il a créé pour les gens qui sont comme moi nés en Afrique du Nord puisque nous sommes des suspects chaque fois qu'on change de papiers d'identité (...) Mais je ne voudrais pas résumer à ça sa vie ».

 

Résumer la vie d’un homme, la compresser en quelques signes sur Twitter ou en quelques lignes assassines sur son mur Face de Bouc, voilà bien la triste réalité de notre temps asservi à l’instantanéité.

 

Le silence n’est plus de mise.

 

Le petit peuple des moutons bêle, laissons le bêler, hormis le petit cercle des « amis » qui se congratule, like, ce ne sont même pas des scories de l’histoire qui seront charriées dans l’oubli.

 

L’Histoire, connaît pas chez ces gens-là !

 

Charles Pasqua y entrera avec sa part d’ombre mais aussi sa part de lumière… Laissons faire leur travail aux historiens, gardiens du temps long…

 

Pour en revenir à l'enquête loufoque et incompréhensible du film, « Les morts ne portent pas de costards » beaucoup de répliques sont hilarantes et j’adore le comique de répétition comme lorsque Rachel Ward suce les plaies par balle de Steve Martin pour récupérer entre ses dents le projectile… (voir la vidéo ci-dessous) 

 

C’est jouissif !

 

Tout ça pour vous dire que face à cette médiocrité crasse nous ne pourrons être sauvés que par le rire et l’intelligence.

 

Et j’en reviens à UBER : « Raphaël Enthoven démonte la mécanique Uber » 

 

Uber et le mouton

 

« Uber joue sur le développement de l’autonomie, sur le sentiment qu’avec Internet et l'essor de l’économie collaborative, chacun va avoir le sentiment de se construire lui-même sa petite vie. C’est une illusion. Cette célébration de l’autonomie va de pair avec une uniformisation des comportements. En réalité, plus les individus veulent être l'origine radicale de leur petite existence, plus ils adoptent les comportements de tout le monde, plus la prestation qu’ils reçoivent et qui leur semble spécifiquement destinée est une prestation absolument standardisée. Et c’est ce double mouvement qui est intéressant chez Uber, on flatte l’individu en vous, mais c’est le mouton qu’on caresse.

 

Pour finir j'avoue adorer dans la même brassée :

 

  • Les révoltés de comptoir qui dans le même mouvement glorifient UBER et conchient la dérégulation du monde mondialisé…

  • Les ardents défenseurs, communistes français et compagnons de route, du référendum grec, sommet de démocratie. Moi je veux bien, mais pourquoi ne pas l’avoir aussi ardemment demandé aux camarades Brejnev, Honecker and Co pour que les peuples asservis puissent disposer d’eux-mêmes. C’est le syndrome des alcooliques repentis…
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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 06:00

 

Le plus difficile fut de vider mon bureau, de remettre le nez dans les dossiers sanglés, de trier cet amoncellement de papiers et puis, d’en jeter la grande majorité. Aucun regrets, rien que des scories d’une part de ma vie professionnelle. Ce qu’il en est resté, les dossiers de mes missions, Vins doux naturels, Cognac, Châteauneuf-du-Pape…, de la Journée Nationale du Cheval que j’ai créé, le chrono de mes correspondances en temps de Directeur de Cabinet va être ensilé aux archives nationales.

 

J’ai gardé par devers moi, quelques coupures de presse, mon dossier Corse, un dossier avec 1 gros tampon SD, et mon premier rapport datant de mon premier séjour en 1977 au Ministère de l’Agriculture, à mon retour du service national comme coopérant en Algérie à Constantine.

 

RAPPORT SUR LA LIMITATION DES ÉLEVAGES HORS SOL

 

60 pages

L’heure de ma sortie a sonné en ce 1er juillet et j’ai exhumé mon premier rapport qui n’était pas très UBER POP…

J’ai relu mes conclusions :

 

Voici l’ultime « Un des mérites essentiels d’une mesure de limitation serait son rôle de « butoir » : ce butoir permettrait d’éviter certains conflits d’intérêt entre les agriculteurs et de puissantes firmes extérieures à l’agriculture.

 

  • Les firmes intégratrices aliments du bétail plus particulièrement en aviculture…

 

Mais l’enjeu est tout autre. Il s’agit en fait d’un choix entre deux modes de développement économique : les productions hors-sol doivent-elles demeurer une activité agricole ou au contraire doivent-elles tendre à s’intégrer au secteur industriel ? Le principe de la limitation tranche sans équivoque en faveur du premier terme de l’alternative. »

 

Rapport d’un chargé de mission contractuel de 29 ans à Bernard Auberger Directeur de la Production et des Échanges, Inspecteur des Finances, Christian Bonnet étant Ministre de l’Agriculture jusqu’au 30 mars 1977. C’est Pierre Méhaignerie qui lui succédera.

 

Deux Ministres bretons, donc en premier ligne sur ce sujet important.

 

J’écrivais aussi que « la limitation peut favoriser la protection de l’environnement en empêchant le développement de sources de pollution trop importantes (…)

 

Je soulignais que ce qui comptait le plus en la matière « c’est la densité géographique que la taille des ateliers. Il est plus efficace de contrôler cette densité. Il est certain néanmoins que la taille des ateliers est facteur d’accroissement de la densité. Signalons qu’une mesure imposant l’épuration des effluents, sous certaines conditions de dimension de densité géographique pourrait avoir un effet limitant puisqu’elle contribuerait à accroître le coût de production des élevages concernés. »

 

Comme vous pouvez le constater j’étais un affreux interventionniste, pas un poil UBER POP

 

Adieu vaches, cochons, couvées, dérèglementer c’est desserrer les liens, exit quotas laitiers, ça donne dans un premier temps de l’air, une forme de liberté, puis vient le temps où les plus forts, les plus résistants, prennent le dessus sur la piétaille et le produit devient un « minerai ». Certains, évoquerons la régulation pour retrouver une nouvelle forme de protection mais sans outils de régulation il ne peut y avoir de régulation.

 

Bonne journée à vous…

L’heure de ma sortie a sonné en ce 1er juillet et j’ai exhumé mon premier rapport qui n’était pas très UBER POP…
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 06:00
Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot

Éléonore Colin de Télérama est formelle « Sauvé de la misère industrielle dans laquelle il était tombé, le mythique jambon-beurre s’affiche, à nouveau divin, chez les esthètes de la capitale. »

 

« Vingt-cinq centimètres de plaisir répartis entre deux tranches de baguette bien fraîche, un authentique jambon de Paris et une belle couche de beurre... C'est l'anti-burger. L'un des plus grands symboles de notre patrimoine gastronomique. Dans l'univers de la street food, l'irréductible jambon-beurre reste, contre toute attente, le sandwich chouchou des Français. En 2014, près de 1,3 milliard d'unités se sont même laissées croquer. Cocorico ! Ces dernières années pourtant, on ne donnait pas cher de sa croûte. Pilier de comptoir et des halls de gare parisiens, il faisait globalement peine à voir. Une vraie débandade. »

 

La suite ICI 

 

Dans le palmarès des 6 adresses parisiennes où l’on peut déguster, selon elle, 1 excellent jambon-beurre, ceux des chefs étoilés Alleno et Fréchon font monter l’addition à 1 niveau qui n’est pas à la portée des bourses populaires : 8 € et 7,50 € pour du petit calibre c’est beaucoup trop cher.

 

Reste celui de Chez Aline. 4,50 € « Cette ancienne boucherie chevaline du 11e, reconvertie en « take away » à l'ancienne, a fait du jambon-beurre son plat signature. Dorée à souhait, la baguette tradition vient de la maison Landemaine ; le jambon en chiffonnade, estampillé Prince de Paris et subtilement iodé, fond sous la langue ; sans parler du beurre demi-sel de la ferme normande Borniambuc. Simplissime, mais divin. A chaque bouchée, son choc gustatif. »

 

Et le mien bien sûr :

  • 1 baguette Tradition de chez Laurent Duchêne rue Wurtz : 1,15 € on fait 3 beaux sandwiches avec ou 1 baguette traditionnelle 0,95€ qui donne 5 sandwiches.

 

  • 1 tranche de jambon de Paris fait maison par la charcuterie Pellé 213 rue de Tolbiac 22 € le kg soit 1,80 € pour une belle tranche

 

  • Du beurre de baratte salé (pas du demi-sel) acheté chez Quatrehomme rue de Tolbiac ou chez Androuet rue Daguerre. 3,30 € les 250g

 

  • Des cornichons 2 coupés en deux, ils sont gros, de la Maison Marc cultivés, cueillis et conditionnés à Chemilly-sur-Yonne 7,80 € les 250 g en ligne

 

Vous tranchez la baguette, vous embeurrez abondamment les 2 faces, vous posez la tranche de jambon pliée en 3, vous déposez vos 2 cornichons et le tour est joué.

 

Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot
Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot
Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot

Faites vos comptes :

 

  • 35 c de pain + 30 c de beurre + 1,80 € de jambon + 2 cornichons à 40 c ça vous fait le sandwiche à 2,85 €. Ce n’est pas donné mais la bonne matière première se paye.

 

  • On peut, en jouant un ton au-dessous, avec une baguette traditionnelle se le faire autour de 1,50-1,60 €. C’est toujours mieux qu’un Mac Do.
  •  

Et avec ça vous pouvez vous payez un très bon verre de Marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot. Normal d’accompagner la renaissance du mythique jambon-beurre avec vin à la hauteur !

 

Bon appétit et large soif !

Le meilleur jambon-beurre-cornichons bas-bourguignons de Paris c’est le mien arrosé d’1 marsannay 2011 clos du roy du domaine Bizot
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