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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 07:00
Raphaelle Bacqué ‏@RaphaelleBacque   Rocard, décoré de la grand croix de la légion d'honneur, répond au président. Fait rare. La voix n'a pas changé

Raphaelle Bacqué ‏@RaphaelleBacque Rocard, décoré de la grand croix de la légion d'honneur, répond au président. Fait rare. La voix n'a pas changé

Je vous ai rencontré, façon de parler, dans les pages de Témoignage Chrétien, alors que je voyageais dans l’autorail omnibus reliant Nantes à la Roche-sur-Yon, seul chef-lieu de département, avec Saint-Brieuc, à donner des scores significatifs au PSU lors des élections municipales. Le docteur Morineau notre candidat était le prototype même du catho de gauche honni par la vieille garde de la SFIO.

 

1968 était passé par là et vous avez été le premier à structurer mon engagement, depuis je ne vous ai plus quitté jusqu’au jour où je vous ai eu, un soir de l’hiver 1981, furibard, au téléphone, la vieille garde mitterrandiste ayant encore frappée pour reléguer votre budget du Ministère du Plan à des heures où tout le monde dort, un samedi. Avec panache et pugnacité vous avez plaidé jusqu’au petit matin et lorsque je suis rentré chez moi, sur mon grand Batavus, à l’aurore si les SMS avaient existé j’aurais écrit : « chapeau »

 

Et puis, un beau jour de juillet 1983, par le fait du Président, vous débarquez au 78 rue de Varenne pour pacifier le terrain bien mal labouré par Edith Cresson. Ce furent les fameux quotas laitiers vilipendés par tous, le dossier miné du vin languedocien dernier avatar d’un Midi rouge hors réalité, la négociation de l’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal, le dossier épineux de l’enseignement privé agricole avec l’ami Guy Carcassonne…

 

Et je vous ai rejoint sur le dossier du vin et des fruits&légumes, j’étais dans mes petits souliers alors, dès mon arrivée, j’ai commis une longue note, vous aimez les notes cher Michel, vous l’avez lue, abondamment annotée et m’avez dit « je vous suis, mais vous allez d’abord aller leur expliquer… »

 

J’y suis allé. Vous aimiez ce dossier. Nous sommes allés au charbon. À la table des négociations, où nous n’étions que 10, vous étiez écouté et nous y sommes arrivés en dépit des réticences du Président. Les accords de Dublin ont marqué le grand virage du vignoble languedocien vers son renouveau.

 

Vous êtes mon seul Ministre que j’ai toujours vouvoyé, une forme de respect qui n’entamait en rien la liberté de nos discussions.

 

Vous avez dit dans une longue interview que vous aviez passé au Ministère de l’Agriculture les plus belles années de votre vie publique. Moi aussi, et comme vous n’étiez pas du genre à propulser vos collaborateurs dans des postes enviés, je prends votre compliment avec une légitime fierté, cher Michel Rocard : « J’ai eu une chance de plus, celle d’avoir effectivement un cabinet fabuleux. Il y a des hasards de carrière partout. J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques-unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ici Bernard Vial, Georges Beisson, Bernard Candiard, Jean Nestor, Jacques Berthomeau et François Gouesse, parmi d’autres. »

 

Et puis dans la nuit du 4 avril 1985, Bernard Vial m’a annoncé une nouvelle que nous pressentions : votre départ du 78 rue de Varenne. Nous étions triste mais confiant en votre devenir.

 

Entre 1986 et 1988 je suis parti faire des travaux pratiques à la Société des Vins de France, et j’ai le souvenir d’une dégustation de Côtes-du-Rhône que j’organisai à Chatenay-Malabry dans un foyer social de la mairie de JF Merle.

 

Vint la France Unie, et vous voilà le Premier Ministre de Mitterrand. Mon téléphone sonne et je rejoins à nouveau le 78 rue de Varenne. Souvenir de mon voyage en Nouvelle-Calédonie, sitôt les accords Matignon, accompagnant le Ministre de l’Agriculture sur ce territoire à peine pacifié ; fierté de participer au Comité Interministériel sur la Corse avec les éléphants. Vous résistez aux chausse-trappes de la vieille garde mitterrandienne et nous, les rocardiens estampillés encore nombreux à l’Agriculture nous bénéficions de votre sésame du «parlé vrai» et croyez-moi ça comptait.

 

Lorsque Louis Mermaz, mitterrandien du premier cercle que je connaissais bien, fut nommé à l’Agriculture vous me dites « Berthomeau, restez ! » Alors je restai et lors d’une séance à l’Assemblée vous lui déclarez « C’est un beau Ministère, Louis… »

 

Ce que j’ai toujours trouvé extraordinaire c’est que tous ces éléphants, bouffant du Rocard à toute occasion, s’empressaient de vous inviter lors de leurs meetings électoraux pour défendre leur pré-carré en danger. Et vous, militant de toujours, vous accouriez.

 

« Vous quittez l'hôtel Matignon avec une popularité que beaucoup pourraient vous envier aujourd'hui » a déclaré François Hollande lorsqu’il vous a remis l'insigne de Grand-croix de la Légion d'honneur.

 

Il n’a jamais été des nôtres même si au temps des transcourants j’ai été des signataires à ses côtés d’un texte rassembleur au grand courroux de mon cher Ministre.

 

Le Président de la République a trouvé les mots qu’il faut pour vous rendre hommage : « Ce qui fait votre caractère, c'est cette capacité à vous élever, c'est ce qui a fait l'éclat de votre vie publique. Vous avez servi l'intérêt général, quitte parfois à sacrifier le vôtre »

 

« Vous avez changé l’Etat, vous l’avez rendu moins centralisé, plus juste. Vous avez cherché à apaiser la société et réformer la France. Nul besoin de rupture pour réformer. C’est l’apaisement qui produit la réforme et c’est la réforme qui produit l’apaisement. »

 

« Vous rêviez d’un pays où l’on se parle de nouveau, d’une politique qui serait attentive à ce qui est dit et non à qui la dit. C’est toujours d’actualité, et j’ajouterai : hélas ! »

 

Dans une procédure inhabituelle voulue par le Président vous avez plaidé, dans un discours également très actuel et long : 30 mn, pour le « retour de la parole et du dialogue »

 

« A la différence de toute autre force de gauche partout en Europe, la gauche française est née d’un accoutrement étonnant, unique, entre le marxisme et le jacobinisme »

 

Oui, cher Michel, vous êtes un « rêveur idéaliste et un réformiste radical » et je suis fier d’avoir travaillé à vos côtés. Même qu’un jour vous m’avez dit « j’espère que ça ne vous a pas gêné… »

 

C’est vrai qu’à vos côtés, comme on dit vulgairement, nous en avons pris plein la gueule de la part de nos amis politiques, mais avec le recul du temps, avec vous nous sommes restés fidèles à nos valeurs et l’exemplarité de votre parcours est un vrai bonheur pour qui croit encore aux vertus de l’exemplarité.

 

Vous n’avez pu vous présenter à la présidentielle car nous avons toujours été minoritaires dans ce Parti sans colonne vertébrale, faute sans doute de nouer des alliances d’opportunité, mais face au désarroi de beaucoup d’électeurs et au discrédit de la classe politique, je suis de ceux qui pensent que votre discours de vérité se serait heurté à celui de la facilité si doux aux oreilles de nos concitoyens.

 

Alors nul regret, simplement continuez cher Michel Rocard à faire entendre votre singularité.

 

Prenez soin de vous, nous sommes beaucoup à tenir à vous.

 

Avec mon amitié sincère.

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 06:00
Ronald Searle

Ronald Searle

Même si je suis vieux, un vieil homme indigne qui aime les filles, je sais encore marcher sur des œufs pour aborder, sans gants ni fioritures, les sujets qui fâchent à peu près tout le monde sans souci aucun de ménager les copains et les coquins qui « s’aiment » hypocritement sur Face de Bouc.

 

J’assume depuis toujours mes nombreuses contradictions, ça m’a aidé à vivre.

 

Pour écrire ce que je vais écrire j’ai décidé de prendre mon temps.

 

J’observe, je lis, je vis, je me marre sous ma barbe blanchie en observant le jeu de rôles d’une microscopique bataille entre les Anciens et les Modernes du vin.

 

Une de mes belles amies, crapahutant dans le marigot du vin, me faisait remarquer lors de notre dernier dîner que les joutes du petit monde du vin étaient bien dérisoires mesurées à l’aune des graves problèmes de notre Monde.

 

D’un côté, la vieille garde qui se meurt – elle n’aura pas besoin de se rendre, elle est sur une très mauvaise pente, celle qui conduit au cimetière des éléphants.

 

De l’autre, les chevau-légers (c’est la bonne orthographe), qui eux, comme les poneys sauvages, vont là où l’herbe est verte et l’horizon illimité.

 

Joute verbale et scripturale, le combat semble bien inégal entre les gros bataillons des convenus et les petites bandes de farfelus adorateurs des vins nus.

 

Remake de la lutte des classes ou simple guerre en dentelles ?

 

Je ne sais !

 

Mais ce que je sais c’est que face à un rapport de forces quantitativement très disproportionné, y opposer une forme de bras de fer sur le terrain même de ses adversaires relève au mieux de la naïveté, au pire d’un goût immodéré pour le martyr.

 

Et pourtant le jeu vaut pourtant la chandelle, et je suis joueur, joueur de GO, jeu dont le but est de former des territoires, ensembles d'intersections vides contrôlés par le joueur.

 

Le premier de ces territoires est celui de la vigne car c’est là que tout commence, et où presque tout se joue.

 

Là, se situe l’essentiel du combat à mener et c’est là qu’il faut concentrer le tir, bander toutes les forces pour exiger auprès des tenants de l’immobilisme, des aquoibonistes, de décrocher la lune, c’est-à-dire obtenir l’impossible.

 

Au XVIe siècle, l'expression était « prendre la lune avec ses dents », alors face à l’invariante réponse des tenants d’une pratique dite conventionnelle : « ce que vous nous demandez est impossible », je pourrais citer le mot de Napoléon « Ce n’est pas possible, m’écrivez-vous : cela n’est pas français », mais je ne le ferai pas.

 

Je me contenterai de leur répondre : « Donnons-nous les moyens de décrocher la lune et nous la décrocherons ! »

 

Beau défi à relever pour un pays qui se gargarise chaque matin au terroir !

 

Supposons que dans les années qui viennent nous ayons décroché la lune pour la santé de nos sols et de nos vignes aurons-nous pour autant parcouru tout le chemin ?

 

Je ne le pense pas mais chaque chose en son temps, la façon de faire le vin n’engage pas l’avenir de notre planète même si, d’une certaine manière, les tenants du vin nature et leurs frères posent un acte de résistance à la standardisation fruit du système alimentaire mondial global «contrôlé par les multinationales qui font claquer comme un fouet la chaîne de distribution. », et à l’appauvrissement des saveurs et la standardisation du goût.

 

Est-ce là un acte révolutionnaire comme le proclament certains naturistes ? Cette pratique va-t-elle servir de détonateur à une nouvelle révolution verte de l’agriculture mondiale ?

 

En l’occurrence, non, ici en effet c’est la bataille du goût qui est engagée et je pense qu’il faut savoir hiérarchiser les urgences, ne pas à plaisir tout mélanger pour tirer parti de l’essentiel qui se situe dans la vigne.

 

Si l’appellation Révolution culturelle n’avait pas été pourrie par ce gros variqueux de Mao, j’écrirais que c’en est une. Mais, au risque de me répéter, ne tombons pas dans le travers de l’ambigüité chère aux tenants de l’AOC pour tous.

 

Mettons les choses au clair ainsi les consommateurs pourront choisir en toute connaissance de cause.

 

D’ailleurs, lorsque je parcours les allées des salons de vins à poils ou les travées des échoppes de cavistes alternatifs, la ligne de partage entre bio, biodynamie et nature est bien floue.

 

L’important, au-delà des postures, de se la jouer le bon, la brute et le truand sur les réseaux sociaux, c’est de convaincre le plus grand nombre de décrocher la lune. Ensuite, ou plus exactement, dans le même temps il faudra aussi convaincre les buveurs, bien au-delà des petits cercles où l’on débat entre soi en se regardant le nombril, de changer leurs habitudes.

 

Ceci dit, comme l’écrivait Audiard « j’aime les gens fêlés parce qu’on voit au travers… ». Ce sont eux qui veulent décrocher la lune.

 

Je les préfère aux pharisiens et à leurs zélotes qui suintent un ennui et une uniformité si peu en rapport avec leur discours sur la convivialité du vin.

 

Que la fête commence !

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 06:00
À défaut de me mettre dans la peau de John Malkovich, j’ai rencontré son vin sous les dessous de Ginette…

Mon rapport avec John Malkovich est étrange, nous ne nous sommes jamais croisés, donc n’avons jamais échangés, mais depuis qu'un jour - que je ne sais plus situer précisément dans la première décennie des années 2000 - à Paris, sur mon vélo, sanglé dans un imperméable mastic, alors que j'étais arrêté au feu rouge, deux américaines s'exclamèrent : « Waouh ! John Malkovich... » N'en déplaise à mon ego surdimensionné j'aurais bien du mal à me glisser dans la peau du grand John même si, pendant la semaine que j'ai passé dans un Riad à Essaouira, Vikash Dorassho qui y séjournait en famille, me gratifiait, à chaque fois que nous nous croisions, d'un « comment va notre John Malkovich ? »

 

Depuis ce jour, avec une étrange régularité, mes amis peuvent en témoigner, on me refait le coup, « vraiment vous ressemblez à… » et moi je n’arrive toujours pas à me glisser dans la peau de John Malkovich.

 

D’abord c’est un gamin, il a 5 ans de moins que moi, mais en laissant de côté le physique, et bien sûr le talent, ce cher John et moi avons des amours en commun : les chiffons et le Luberon.

 

Je l’écrivais dans une chronique du 20 août 2007 Dans la peau de John Malkovich 

 

« Bien m'habiller, c'est une manière de bien contrôler la situation. » ou « Faire des vêtements, c'est peut-être une façon de s'en guérir ».

 

À l’heure où resurgit le vieux clivage agressif de la guerre froide : Aigle américain-Ours russe dans les milieux souverainistes de droite et de gauche, John, qui s'exprime parfaitement dans la langue de Molière, mettant ainsi « les interprètes au chômage » comme le relève Pascal Mérigeau, en 2007, à la question de savoir « s'il se sentait encore américain depuis qu'il a choisi de vivre en France ? » répondait :

 

« Pour moi, être américain, c'est être international avant tout... Etre américain, ce n'est pas être pour ou contre Bush, c'est défendre une certaine capacité à savoir s'adapter à toutes les circonstances de sa vie. »

 

Moi ça me va très bien, se sentir chez soi partout, loin de tous les replis identitaires, citoyen du monde et tout de même né quelque part.

 

John est éclectique acteur, réalisateur, producteur, metteur en scène et même de scénariste trouve également le temps de concevoir sa propre marque de vêtements, Technobohemian et de produire du vin dans sa propriété du Luberon.

 

Et lorsqu'on lui demande où il puise l'envie de toucher à tous ces domaines, il répond: « La vie est brève et j'ai eu énormément de passions depuis mon enfance. Mais je n'ai jamais vraiment eu assez de temps pour les assouvir. Donc j'ai envie d'apprendre et d'étudier, de toucher à des domaines éloignés de mon métier, de nourrir ma curiosité. »

 

Du côté chiffon j’ai acquis je ne sais plus quand dans un magasin éphémère une veste en laine siglé Technobohemian très confortable, mais du côté vin je n’en avais jamais vu la couleur.

 

 

Jeudi dernier, sortant d’un rhume carabiné soigné avec succès avec des remèdes de bonne femme, cédant aux violons d’une bonne amie, je me suis rendu en métro à un pince-fesses dans le bar les dessous de Ginette…

 

IGP du Vaucluse, pas très sexy comme dénomination mais dans ma petite Ford d’intérieur je me disais peut-être bien que je vais y rencontrer le Piton du Luberon. Pour être clair j’étais un peu bougon au sortir de la ligne 12, l’une des pires, à la station Lamarck-Caulaincourt avec son ascenseur à bestiaux. Pas à prendre avec des pincettes le vieux, mais bon à la guerre comme à la guerre : quand faut y aller, faut y aller.

 

Muni d’un verre, outil du dégustateur que je ne suis pas, d’une tablette pour prendre des notes que je ne prends jamais, j’errais entre les bouteilles. Tout de même, tout au fond, une étiquette m’accrochait l’œil par son graphisme épuré. Original, me disais-je pendant qu’une voix derrière moi, comme en écho, m’indiquait « c’est le vin de John Malkovich ! »

 

 

LQLC : Les Quelles Lacoste, John a acquis une propriété de 8 ha, dont 6 plantés de vignes, Cabernet-Sauvignon, Pinot noir et bientôt Carménère, sise dans la commune de Goult au lieu-dit Lacoste.

 

L’étiquette est de sa main mais le vin est de celle d’un vigneron de Bonnieux, je l’ai goûté, c’est un rosé sympathique, bien fait, mais si je puis me permettre, cher John, il va falloir y glisser un supplément d’âme.

 

Je suis prêt à échanger sur le sujet John…

 

Pas toujours simple d’aborder certains sujets, pas vrai sieur Piton du Luberon mais bon, nul ne pourra me changer il faut toujours que je ramène ma fraise même sur les IGP…

 

Bref, l’accueil était fort sympathique et j’étais entouré que de filles, ce qui n’était pas pour me déplaire. Étrange, mais où sont passés les garçons remarquai-je auprès d’elles ? Réponse ironique : « y’a foot à la télé… » J’ai donc papillonné, un peu goûté, écouté et même fait des affaires.

 

L’IGP Vaucluse c’est l’ex-vin de pays du Vaucluse. Les vins de pays de département ont toujours eu bien de la peine à se faire une place au soleil aux côtés de dénomination plus suggestives telle Coteaux des Baronnies.

 

En Vaucluse elles voisinent avec les vins des Côtes-du-Rhône aux déclinaisons parfois prestigieuses comme Châteauneuf-du-Pape, et les vins du Luberon, il n’est donc pas très simple pour elles de se faire une place dans l’offre.

 

Et pourtant il y en a une et les IGP me semblent être un bon contrepoids au tout AOP cher au cœur de beaucoup de vignerons. Mais pour aborder le sujet il faut se débarrasser d’une approche purement règlementaire charriant tous les codes traditionnels des vins dit de qualité.

 

En parlant clair et simple : comment faire dans des conditions économiques acceptables pour les vignerons des gentils vins, agréables, à des prix abordables ?

 

C’était le défi qu’avait lancé Cap 2010, je ne suis pas sûr qu’il ait été relevé, nous en restons encore à une gestion du vignoble d’une autre époque et, sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, nous nous préparons des lendemains qui ne chanteront pas forcément.

 

Le sieur Michel-Edouard Leclerc dit MEL qui a du pif pour humer la tendance déclare dans son style racoleur à l’emporte-pièce « La demande évolue, et plutôt rapidement, un effet « bobo » s'est emparé de l'univers du vin, il est sorti de son image un peu figée et souvent élitiste. Les nouveaux consommateurs sont préconisateurs, ils achètent l'armoire à vin avant la voiture, c'est culturel, statutaire, et on note une véritable objectivation de la consommation qui passe par le goût, plus que par l'étiquette et le nom prestigieux. »

 

Il y a donc une place pour des vins simples et populaires mais encore faut-il qu’ils ne donnent pas l’impression d’être tous sortis du même moule uniforme et d’être les petits cousins de tous les vins produits dans le monde uniformisé.

 

Pas simple, mais ça mérite réflexion. Le buveur amateur que je suis, qui croise chaque jour ces étranges petites bêtes que sont ces nouveaux consommateurs, qui ne sont pas tous des bobos loin s‘en faut, qu’évoque MEL, se doit de le dire même si ça ne plaît guère.

 

 

Alors, cher John Malkovich, pour ce Luberon que vous aimez tant, sans forcément jouer la partition d’Angelina et de Brad, avec le vin de votre propriété qui, je le souhaite sera de plus en plus le vôtre, vous pouvez contribuer à la notoriété du petit peuple des sans-grades de cette belle région.

 

Tout commence au cep et fini chez nous tout au bout, dans nos verres : écoutez-nous !

 

Merci au président et aux animateurs de l’IGP Vaucluse de m’avoir invité même si j’ai la fâcheuse tendance à la ramener. J’ai passé une bonne soirée en très bonne et belle compagnie.

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:00
« Premiers Crus » 1 Parker français qui a réussi se fait naturiste pour sauver le domaine familial qui part en couilles du côté de Corton

Ça part fort, imaginez 1 jeune mec trentenaire, ratiches aiguisées, mâchoire carrée, regard désabusé, débitant dans un palace, à la tronçonneuse, des commentaires et des notes de dégustation que sa collaboratrice transcrit sur un carnet. Black is black, grosse BMW, appart dans le cercle d’or parisien, ça douille sec pour le faiseur de guide vins. Y’en a dès que je connais qui vont être jaloux.

 

Du côté père c'est ronchon bourguignon, barbu bouchonné, et c’est la débandade, le domaine familial part en quenouille… en couilles si vous préférez.

 

Rajoutez à la sauce une NKM bourguignonne, fille du domaine d’en face, le meilleur forcément, « Mon royaume pour un cheval ! », des amphores, la découverte qu’il faut goûter le raisin pour savoir s’il faut vendanger, du foulage à la Derain en plus soft, et vous avez le film de Le Maire – pas le Bruno – mais Jérôme : « Premiers Crus »

 

Toujours dévoué à la cause du vin bourguignon je suis allé voir ce film au plus près de chez moi, à l’UGC-Gobelins, à la séance de 10H, c’est moins cher : 6,90 euros tout de même que le Président du BIVB devrait me rembourser. Bref, nous étions 6 dans une salle genre trou à rats.

 

 

Après la première séquence je me suis dit j’allais faire comme le Parker français qui a réussi : « Manque d’acidité, lourd, court… Mauvais 5/20.

 

Et puis je me suis ravisé.

 

Certes on ne fait pas un bon film avec de bons sentiments et des tonnes de clichés mais, par brefs instants, le réalisateur touche à une parcelle d’humanité. Tout n’est pas bon à jeter mais l’intrigue est bien convenue, le dialogue besogneux, la musique pompeuse et le happy end très américain. Gérard Lanvin a de la gueule et la mère de la NKM est bien campée.

 

Pourquoi me suis-je ravisé ?

 

Tout bêtement parce que le grand public, abreuvé de séries télévisées, peut trouver du charme à ce film tendance Harlequin, les sagas familiales ça plaît bien au peuple cher à Michel Onfray.

 

Et puis, ce que j’aimerais bien connaître c’est l’opinion du vigneron bourguignon : se reconnaîtrait-il dans ce film ?

 

Moi, ce qui me plairait c’est que le BIVB organise une projection à laquelle seraient invités que des vignerons suivi d’un débat avec le réalisateur. Ça aurait plus d’intérêt que les écrits laudateurs de la presse dite du vin et des critiques féroces de la Presse Parisienne.

 

Merci au Président et au Vice-Président de bien vouloir me répondre.

 

Moi j’ai fait le boulot à eux de faire le leur…

 

NB. L'un des grands moments de poilade du film est l'arrivée au domaine, en Porsche Cayenne noire, du staff d'un jeune négociant bordelais, habillé croque-mort tendance, sortis de l'INSEEC, pour acheter le stock... 

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 06:00
Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »

Dieu sait que des estrades j’en ai foulées : sont-elles le meilleur lieu pour échanger entre lecteurs et écrivains ?

 

À l’Espace du Fresne de Savennières pour « Terres à Livres » le plateau était beau sous la houlette souriante de Danièle Sallenave de l’Académie française, auteur du Dictionnaire amoureux de la Loire, Jean-Paul Kauffmann et Patrick Deville y étaient invités à dialoguer avec une assistance nombreuse et attentive.

 

 

Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »
Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »

Ils l’ont fait, fort bien fait et ce fut très intéressant.

 

Mon propos de vieil homme indigne, grand fouleur en son temps d’estrades en tout genre avec micro rétif et étiquette sur tapis vert, va se concentrer sur la forme de ce genre d’exercice.

 

Pourquoi si haut ?

 

Pourquoi cette distance ?

 

Pourquoi cette gentille pompe avec plantes vertes au bas de l’estrade ?

 

Le dialogue a un besoin de proximité pour s’instaurer, et si je puis dire pour se réchauffer, prendre une tournure plus simple et conviviale.

 

Le demi-cercle enveloppant les invités, sans doute légèrement surélevés pour qu’on puisse mieux les voir, me paraît être la bonne disposition pour donner à l’exercice un côté veillée au coin du feu.

 

Ensuite, la technologie permet d’équiper les intervenants de micro-cravate qui leur permettrait, comme dans l’échange, de pouvoir s’y insérer avec plus de liberté et de souplesse. Un peu de désordre, sans aller jusqu’au foutoir de Droit de Réponse de Michel Polac en son temps, de spontanéité ne sauraient nuire à l’échange.

 

Quant aux intervenants du public, il leur suffit de se lever, de se présenter – l’organisatrice l’avait d’ailleurs demandé mais nul ne s’y ai plié – et de lancer ou relancer le dialogue. Mais c’est là où, comme souvent dans ce genre d’exercice, le bât blesse, certains intervenants pratiquent l’art du monologue en de longs tunnels et la conversation s’enlise.

 

Voilà, c’est écrit, c’était la minute de l’ancien 68 hard, blanchi sous le harnois des débats échevelés et enfumés. J’espère que l’on m’absoudra de ces quelques remarques sur la forme et que pour pénitence on ne me privera pas des gorgées du chenin des Gueules de Vignerons d’Anjou que j’aime bien.

 

Rassurez-vous j’ai passé un excellent après-midi, je n’ai pas vu le temps passer, j’ai même pris des notes sur un petit carnet, j’ai acheté des livres à crédit au libraire présent Librairie Lhériau 10, place de la Visitation à Angers, j’ai invité Danielle Sallenave à venir s’encanailler avec les vins nus du Lapin Blanc et je suis allé à pied boire des canons chez l’ami Patrick.

 

C’est charmant Savennières, j’y reviendrai, et son festival Terres à Vins, Terres à Livres ne peut qu’intéresser le vieil amoureux de livres que je suis. Longue vie à lui avec un petit zeste de folie en plus pour faire venir à lui les générations Y.

 

En attendant pour vos futures longues soirées d’hiver je ne saurais trop vous recommander de lire, c’est la meilleure thérapie douce que je connaisse pour combattre l’esprit morose de notre temps.

 

Daniele Sallenave - Bibliographie - Bibliothèque nationale

 

Jean-Paul Kauffmann Biographie et informations 

 

Patrick Deville Biographie et informations 

 

Et puis, puisqu’ici c’est Vin&Cie je vous conseille d’acheter pour mettre dans les petits souliers de ceux que vous aimez le magnifique ouvrage : Vignerons d’Anjou Gueules de Vignerons du photographe Jean-Yves Bardin avec des textes de Patrick Rigourd.

Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »

Dans sa préface, Étienne Davodeau, l’auteur de la BD culte Les Ignorants écrit qu’en Anjou, comme ailleurs, « depuis quelques années une révolution discrète » et qu’un « dialogue plus fécond s’est instauré entre le ciel d’Anjou, ses terroirs et ses cépages. »

 

Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »

 

« Une aventure qui, comme toutes les aventures ne supporte guère la demi-mesure… »

 

Ils prennent des risques mais les assument, et ce n’est pas forcément la nature qui les menace mais plutôt les carcans d’un système dominant.

Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »
Gueules de Vignerons d’Anjou, Histoire de femmes et d’hommes « qui ont fait de leur métier plus qu’un métier, de leur activité plus qu’un marché. »
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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 06:00
L’écrivain n’est pas maître dans sa maison selon Henri Michaux mais tous les chenins d’Anjou mènent aux livres…

J’écris beaucoup, trop diront certains, mais je ne suis pas un écrivain, au mieux un chroniqueur stakhanoviste, au pire rien qu’un poseur de mots qui a fait sienne la conception de Vialatte, l’inventeur de la chronique en tant que genre littéraire « une chronique il faudrait la faire pousser comme une herbe dans les fentes d’un mur, dans les pierres de l’emploi du temps ».

 

Souvent, il m’est posé la question : « pourquoi n’écris-tu pas un roman ? »

 

C’est simple, je peux vivre que d’amour et d’eau fraîche mais je ne peux me passer de livres et plus je lis plus je me dis que je n’ai pas l’étoffe d’un écrivain.

 

De plus je suis un ramier, un promeneur, un flâneur qui n’écrit que sous l’empire de la nécessité et, en dépit de mon incommensurable orgueil, ou peut-être à cause de lui, celle-ci ne m’a jamais poussée dans mes derniers retranchements.

 

J’ai pourtant prêté ma plume, comme l’ami Pierrot, à des pointures, fait le nègre pour des discours qui sont stockés dans l’ombre des cartons des Archives Nationales.

 

Mais avec moi il ne faut jamais dire jamais, un jour peut-être, sur le tard, je me jetterai à l’eau et besogneux et obstiné je tirerai des lignes en acceptant de ne plus être maître dans ma maison.

 

Que Sera Sera…

 

En attendant je tire des bords sur les rivages des gens que j’aime ça suffit à mon bonheur.

 

Patrick Baudouin fait partie de cette poignée d’amis fidèles et sincères. C’est un initiateur, de ceux qui, bien avant que la cohorte des récupérateurs ne s’empare du dernier sujet tendance, ont rament dans une toute petite barque sous les quolibets des bien assis.

 

 

 

Mon esprit d’escalier associe la barque à l’île de Behuard.

 

Dans mon petit roman du dimanche j’ai écrit « Ils avaient 20 ans en 68, ils partaient de Nantes, et ce furent de bien beaux jours dans leur vie pour aller à Béhuard-sur-la Loire… »

 

« Elle lui a dit « Imagine-nous sur les routes désertes – c’était les derniers jours d’un mois de mai en 68 – filant vers Paris, la capote de notre deuche découverte, cheveux au vent. Non, toi seulement. Moi, je me mettrai un foulard noué derrière le cou, très Jan Seberg. Aux carrefours nous passerons sous les regards étonnés des pandores. « Bonjour, bonjour les hirondelles... » Nous serons les rois du monde. »

 

J’avais promis à Patrick d’aller déjeuner aux Tonnelles, sur cette île, chez Gérard et Catherine à Behuard mais, sans doute contaminé par mon séjour prolongé auprès des politiques, je n’ai pas tenu ma promesse. La faute aussi à mon cœur d’artichaut.

 

Mais le Patrick me pardonne tout, ou presque, et alors que je filais sur l’Océane vers «Terre de Vins » « Terre de livres » le festival littéraire de Savennières où il a déposé ses affaires, sur l’aire de la Poêle Percée je lui ai demandé « où pourrais-je manger avant d’aller penser ? »

 

Et la réponse est venue sur l’écran de mon grillon moderne : « Va déjeuner sur une Île à Angers ! C’est là que Gérard et Catherine se sont installés depuis qu’ils ont quitté Behuard… »

 

Toujours avec l’aide de mon grillon qui sait tout faire et qui cause « dans 200m au prochain giratoire prenez la 3ième sortie… » j’y suis allé sans me tromper – parigot tête de veau que je suis devenu je suis perdu dès que je saute le périphérique… »

 

 

Calme et volupté de la douceur angevine, j’ai déjeuné à satiété, celle du jour, légère et savoureuse ; bu un verre d’un Chablis de mes amis Olivier et Alice de Moor. Avant de partir, Catherine m’a tracé sur l’échine de l’addition un chemin des écoliers pour joindre Savennières.

 

 

Ça réconforte, merci pour tout.

 

Suis donc passé par des petites routes bocagères avant d’arriver à Savennières pour jouer à Tintin reporter avec mon petit Leica en bandoulière.

 

Faisait très beau, j’ai fait quelques photos et me suis tranquillement installé au flanc de l’estrade pour écouter.

 

Comme je suis un petit cachotier je ne vous ai pas de suite mis au parfum qu’à ce festival littéraire de Savennières, mêlant terroir de vins et terreau de livres, les organisateurs avaient invité un écrivain qui aime le vin, un amateur, Jean-Paul Kauffmann.

 

JPK et moi nous sommes rencontrés qu’une seule fois dans un TGV qui nous menait en Bourgogne, depuis le lien qui s’est tissé entre nous est le fruit de la lecture de ses livres et de mes petites chroniques déposées chaque matin dans sa boîte électronique.

 

Nous correspondons sans nous écrire, sans échanger de lettres, ce qu’écrit Jean-Paul Kauffmann me permets, comme il le dit lui-même à propos de la dégustation des vieux millésimes de remonter « le sens interdit du temps… », de toujours aller vers l’origine, de savoir se mettre à nu avec pudeur, de chercher la bonne distance… et peut-être un jour, comme lui, de me faire écrivain.

 

La suite de cette chronique demain… en attendant je vous propose la lecture ou la relecture de mes chroniques kauffmanniennes :

 

29 janvier 2008 Trois questions à Jean-Paul Kauffmann... 

 

4 mai 2009 Le vin a-t-il encore une âme ? la réponse de Jean-Paul Kauffmann 

 

16 novembre 2011 « J’ai toujours eu un faible pour les sciences inexactes… » de l’art de la dégustation par Jean-Paul Kauffmann… 

 

8 août 2012 Jean-Paul Kauffmann « j’ai toujours aimé l’entre-deux. Tous les mondes que j’ai visités étaient flottants, situés à la limite.» 

 

12 février 2013 J’ai remonté la Marne avec Jean-Paul Kauffmann jusqu’à ce qu’elle se désincarcère de sa chape urbaine, que la ville recule… 

 

4 avril 2013 À Sainte-Hélène les anglais ne servaient que du bordeaux à Napoléon alors qu’il avait une prédilection pour le bourgogne

 

12 août 2013 Il n’y a que Jean-Paul Kauffmann pour aller boire un côtes-de-provence au val Travers sur l’île de la Désolation

 

3 juin 2014 « Il n’y a qu’un seul endroit au monde pour conserver le bordeaux, ce sont nos caves de Champagne… » réédition opportune de 2 livres de Jean-Paul Kauffmann en 1 seul. 

 

11 juin 2015 Le GO des vins des Riceys qui c’est ? Demandez à JP Kauffmann qui a le sens de la géographie humaine… 

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 06:00
Afin de ne plus travailler le dimanche, ce qui est péché, aujourd’hui je vous conte la Sainte-Enfance avant d’aller descendre ma chopine de blanc

Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, sœur de mémé Marie, veuve de guerre 14-18, veillait avec un soin constant et intransigeant à ce que les hommes arrivassent à la grand-messe dominicale à l’heure. Avant de partir, fort en avance, précaution inutile car nous avions un banc, elle rappelait que la pendule montait vers 10 heures, ce qui signifiait dans son langage : le compte à rebours entre dans sa dernière ligne droite.

 

Pour ne rien vous cacher, les hommes s’en fichaient pas mal mais ils ne mouftaient pas. La messe pour eux c’était une figure imposée qui se terminait au café pour taper le carton, aluette ou belote, et descendre des« fillettes de blanc». (0,35 cl)

 

La première friction entre elle et mon père vint avec l’irruption dans les champs de la moissonneuse-batteuse : ne pas travailler le dimanche relevait, en cas de beau temps, d’un mépris pour la conscience professionnelle. Le débat fut vite tranché : les moissonneuses-batteuses allèrent aux champs le dimanche.

 

Je dois avouer que le débat sur le travail du dimanche, dans les 2 camps, les pour et les antis, ne m’a jamais passionné. J’ai toujours travaillé le dimanche.

 

Bref, maintenant que je n’en fous pas une rame 7 jours sur 7, je n’ai plus envie de travailler le dimanche, alors ce matin j’ai décidé de vous parler des œuvres de la Sainte-Enfance qui font référence à mon passé d’enfant de chœur (servir la messe du dimanche c’était bosser pour le curé)

 

Le 23 février 2007 j’écrivais :

 

Quand j'étais enfant, et enfant de chœur, une fois par an, nos très chères sœurs de Mormaison et nos très chers frères de St Louis Grignon de Montfort, nous costumaient pour la journée des œuvres de la Sainte-Enfance. Ainsi, je quêtais, moi le petit chrétien, habillé en petit mandarin pour sauver un petit païen.

 

Cette œuvre, qui existe toujours, sous l'appellation : œuvres de l'Enfance Missionnaire, a été créé pour la propagation de la foi, en 1843 par Mgr Forbin-Janson. La première cible d'évangélisation fut la Chine. Cette oeuvre connut une expansion prodigieuse, d'abord en Europe, puis en Amérique. Aujourd'hui elle est présente dans 150 pays dans le monde.

 

Si vous allez ICI vous pourrez admirer 6 petites illustrations qui ont trait aux boissons.

Afin de ne plus travailler le dimanche, ce qui est péché, aujourd’hui je vous conte la Sainte-Enfance avant d’aller descendre ma chopine de blanc
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 06:00
Le charme désuet et rassurant des maisons de confiance est-il à jamais disparu ?

Tout fout le camp ma bonne dame, mon brave monsieur, après que les vaches soient devenus folles à force de bouffer des farines animales les raviolis ont été fourrés au minerai de cheval, et voilà que les coccinelles allemandes, voitures cultes des bobos de la Côte Ouest, trichent à plein pot catalytique et que nos salades bodybuildées sont aromatisées au DDT…

 

Et pourtant nous avions confiance, car c’est beau, même très beau, la confiance car elle peut être admirable, aveugle, candide, filiale, fraternelle, ingénue, mutuelle, naïve, profonde, sereine, touchante… absolue, sans bornes, sans limites, sans réserve.

 

Naïfs comme nous sommes nous étions bien incapables d'imaginer que des maisons ayant pignon sur rue, de « belles et anciennes marques » puissent abuser de la nôtre par tromperie, trahison ou incompétence.

 

Eh ! bien si, force est de constater que les maisons de confiance sont à remiser au rang des vieilleries, des colifichets pour gogos, et que leur réputation de sérieux bien établie qui impressionnait favorablement la clientèle n’est plus qu’un lointain souvenir.

 

Cocus nous sommes, trompés certes mais n’avons-nous pas dans ces affaires une part plus ou moins large de responsabilité ?

 

Victimes nous sommes mais aussi parfois des victimes bien consentantes, attirées par les lucioles des slogans publicitaires gobés à la télé, des fanfreluches du marketing, des beaux emballages, des belles bouteilles emplis de 2 sous de matière première.

 

Si les maisons de confiance ont tiré leur rideau de fer c’est que beaucoup d’entre nous les ont désertées leur préférant les grands et hideux temples païens du bord des villes où l’on se rend dans sa voiture diesel qui pue un max pour pousser des caddies que l’on empli jusqu’à la gueule de tout ce que l’on dit avoir besoin.

 

Faut arrêter de chouiner braves gens vous ne recevez là que la monnaie de votre pièce. Tant que vous achèterez les yeux fermés des produits à deux balles fabriqués n’importe où de par le monde par des petites mains payées dix fois moins que 2 balles, ne vous plaignez pas lorsque vous êtes les dindons de la farce.

 

La confiance ça se mérite et pour faire confiance à une personne physique ou morale il est nécessaire que se tissent des liens de réciprocité entre elle et nous : ça se nomme la confiance mutuelle comme dans un couple. Ça nécessite une forme de proximité qui n’existe plus dans une relation avec des entreprises mondialisées obsédées par le seul profit, la compétitivité, dirigées par des managers interchangeables et rémunérés pour leur performance financière. Le produit qui nous est vendu n’est plus qu’un véhicule sur lequel on a accolé une marque mais dont le contenu est interchangeable en fonction des coûts du minerai. Les marques de distributeur en sont des exemples frappants.

 

Le capital de confiance accumulé au cours des années peut se dilapider, s’évaporer, éclater comme les bulles financières, c’est ce qui vient d’arriver à Volkswagen et plus largement à la motorisation diesel.

 

Alors à qui donc pouvons-nous faire confiance si tout le monde ment à tout le monde et que de surcroît nous nous mentions à nous-même ?

 

 

 

« Un employé raconte son travail à la sociologue du travail Marie-Anne Dujarier : «Si je respecte la procédure qualité au moment de la réception des palettes de viande congelée, les poulets ont le temps de décongeler. Alors je fais mon travail, et après, je m’occupe de leurs papiers.» C’est-à-dire mettre les poulets au congélo avant de remplir le formulaire D32 ! Ainsi, le salarié désobéit, fausse les procédures de reporting… mais pour le bien du client.

 

La réflexion de ce restaurateur, la chercheuse l’a trouvée typique des stratégies de dissimulation qui ont envahi, selon elle, le monde du travail. «Combien de fois j’ai entendu un salarié me dire : "Qu’on nous laisse bosser !" Dans toutes les grandes organisations, on demande à chacun d’atteindre des scores et des objectifs chiffrés - qui ont un impact sur l’avancement, les augmentations, la fermeture d’un service entier. Les salariés sont donc incités à fabriquer des chiffres conformes à ce qu’on attend d’eux : un travail en soi, qui vient en plus de leur "vrai" travail.»

 

 

Nouvel exemple de la façon dont des économistes font la « une » des médias avec de la « gonflette », ici spectaculaire, sur les coûts. Il s’agit du « coût social des drogues en France » (lien vers l’étude ). Chiffre choc dans la presse : près de 250 milliards d’euros par an, tel serait le coût social en 2010 de la consommation de tabac et d’alcool (dites « drogues légales », environ 120 milliards chacune), et des drogues illégales (8,7 milliards).

 

Comme l’écrit Le Monde du 11 septembre, « à trois jours du début de l’examen du projet de loi de santé au Sénat, [ces chiffres] tombent à point nommé pour la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui s’apprête à faire face à de nouveaux assauts parlementaires contre la loi Evin ou la mise en place du paquet de cigarettes neutre ». Au fait, qui a financé l’étude ? Marisol Touraine, via la Direction générale de la santé.

C’est pourtant une étude « sérieuse » (au regard des théories économiques dominantes fondant les « analyses coûts/bénéfices »), bourrée de références, appuyée sur des choix méthodologiques transparents. Mais vous auriez tort de la prendre au sérieux, de la prendre au mot, ou au chiffre. Voici pourquoi, à vous de juger ensuite si mes arguments vous semblent recevables ou non.

 

La suite ICI 

 

La défiance est au coeur du mal être des Français car elle détruit notre lien social. La société française est refermée sur elle-même et la défiance par indifférence réciproque s'entretient d'elle-même...

 

Ce manque de confiance collectif en nous-même ouvre la porte aux peurs, nous sommes craintifs, repliés sur nous-mêmes et c’est du pain béni pour les vendeurs d’illusions, les charlatans qui guérissent les écrouelles par des promesses mirifiques…

 

Que faire alors ?

 

«Allez avec confiance dans la direction de vos rêves! Vivez la vie que vous avez imaginée» – Henry David Thoreau

 

Le poète à toujours raison…

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 06:00
Les alcoologues, les addictologues français drivés par l’ANPAA se shootent aux conflits d’intérêts : comment leur faire confiance ?

Les noms sont dans le livre Baclofène la fin de notre addiction les alcooliques ne sont plus anonymes…

 

« Fin 2004, le professeur Olivier Ameisen publiait dans la presse scientifique le succès thérapeutique obtenu par le baclofène à hautes doses sur sa dépendance à l’alcool. En 2008, il publiait Le Dernier Verre (lire ma chronique du 3 novembre 2008 « Le Dernier Verre » du Dr Olivier Ameisen : un témoignage qui dérange… ), qui a popularisé cette découverte. Depuis, plusieurs publications scientifiques ont rapporté les effets favorables de ce traitement sur de larges cohortes de patients, alors que les résultats obtenus par les autres méthodes thérapeutiques sont largement inférieurs […]

 

« … C’est un fléau social (l’alcoolisme) de grande ampleur qui touche non seulement mes patients alcoolodépendants, mais aussi également leur entourage. Alors qu’il existe un médicament susceptible d’aider une large proportion des patients alcoolodépendants, les pouvoirs publics font preuve d’atermoiements et freinent la mise à disposition de ce traitement pour tous ceux qui en auraient besoin. L’agence nationale de sécurité sanitaire doit autoriser une recommandation temporaire (RTU) dans les plus brefs délais en attendant l’Autorisation de mise sur le marché (AMN).

 

Il faut mettre un terme aussi rapidement que possible à ce retard aux conséquences graves pour les malades qui seraient sensibles au baclofène. »

 

Tribune « Cents morts par jour ça suffit » signée par des personnalités médicales reconnues dont le Pr Didier Sicard Pt d’honneur du comité national consultatif d’éthique, le Pr Jean-Roger Le Gall membre de l’Académie de Médecine, le Pr Debré.

 

Qui freine, qui fait pression sur les Pouvoirs Publics : l’ANPAA au premier rang.

 

« Moins de soins, moins d’argent, il n’est donc pas vraiment étonnant que dès le départ, l’ANPAA et ses dirigeants aient été de farouches opposants à l’utilisation du baclofène. Cette association ayant même, selon certaines sources, interdit la prescription de ce médicament à ses membres. »

 

« L’ANPAA est une grosse association, très ancienne et très influente […] Elle est animée par des bénévoles et 1500 professionnels. Son financement provient des sommes et des subventions qu’elle perçoit de l’Assurance maladie, de l’État et des conseils généraux. Pour être précis, en 2013, plus de 76 millions d’euros ! »

 

Mais ce n’est pas tout, les alcoologues et les addictologues sont vent debout : touche pas à mon fonds de commerce !

 

Ceux-ci ont un système de pensée basé sur quelques paradigmes simplistes :

 

  1. Pour s’en sortir il faut de la volonté, de la souffrance, des efforts ;

 

2. ​Il faut analyser les causes de cette alcoolisation, pourquoi on s’alcoolise, trouver les causes du mal-être etc. ;

 

3. ​Pour s’en sortir, une abstinence totale et définitive est indispensable.

 

Résultat : peu de patients s’en sortent, la récidive est la règle.

 

Mais ce n’est pas tout, face au baclofène il y a une nouvelle forme de baclofène «Financé par un laboratoire français, Ethypharm, leader européen de l’innovation galénique, qui espère obtenir l’ANM […] ça sent le conflit d’intérêts à plein nez.

 

Fin 2012, l’ANSM, éclaboussée par l’affaire du Médiator, autorise un deuxième essai en double aveugle : Alpadir. Il est coordonné par les membres hauts placés de la FFA, SFA et ANPAA qui jusqu’à présent se montraient très réticents à l’égard de cette molécule. Dirigé par le professeur Reynaud (Pt de l’ANPPA), son protocole est pour le moins étrange. »

 

Bref, tout ce petit monde : ANPAA, SFA (Société Française d’addictologie) et la FFA (Fédération Française d’addictologie) craint de voir ses pratiques menacées par ce nouveau médicament.

 

« Le baclofène effraie les professionnels de l’addictologie par la menace qu’il représente sur leur profession. Si des médecins se laissent séduire, c’est le désastre. »

 

« Une bonne partie des prises en charges coûteuses risque fort de devenir inutile. Plus personne n’aura besoin d’enchaîner cure sur cure, ni sans doute ne sera obligé des années en psychothérapie à rechercher les raisons de la prise d’alcool. »

 

« Et puis, si le baclofène supprime vraiment la dépendance, les malades guériront au lieu de rester captifs à vie, un malade guéri, c’est un client de perdu. »

 

« La remise en cause du dogme de l’abstinence dérange également énormément […] Les alcoologues sont soutenus sur ce point par tous les groupes d’entraide de type Alcooliques Anonymes. Ceux qui ont souffert pour se mettre à l’abri de l’alcool voient sans doute d’un très mauvais œil que d’autre y arrivent sans en baver des années durant. Et ils n’arrivent pas à admettre que la dépendance puisse être vaincue et qu’un malade puisse guérir. »

 

« L’alcoolisme une maladie ou un péché ? Ne faut-il pas expier ses fautes dans la douleur… »

 

Tout ce beau monde moralisateur emmené par une ANPAA, association sans véritables adhérents, vivant de fonds publics, voudrait nous donner mauvaise conscience, nous terroriser en harcelant des malheureuses campagnes de promotion. C’est à la fois minable et lamentable. Pour être respecté, messieurs, il faut être respectable et sur le dossier du Baclofène vous avez fait la démonstration de votre degré de nuisance à l’égard des patients qui vous sont confiés.

 

Le Dr Renaud de Beaurepaire peut écrire : « Une affaire Mediator à l’envers, voilà ce qui attend l’AFSSAPS. »

 

Lire «Les alcoologues sont un peu comme ces maris ou femmes trompés depuis des années… » à propos du livre du Dr Ameisen

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 06:00
Les Grands crus, les Grands corps : et si Macron avait raison de se poser des questions qui fâchent ?

Un Ministère sans Grand Corps c’est comme un vignoble sans Grand Cru ou un lait sans crème, une boutique n’ayant pas pignon sur rue, disons plutôt sur une belle avenue, genre celle de Montaigne à Paris où crèchent les Grands couturiers.

 

Au 78 rue de Varenne, lorsque j’officiais, nous en avions un, sûr de lui et dominateur, le corps des IGREF : Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, une fort belle appellation, des têtes bien pleines, même que certaines comme NKM provenaient direct de l’X, Polytechnique. Au-dessous, la plèbe qui lorgnait sur le beau pactole des RIP, revenus d’Ingénierie publiques, petits travaux rémunérés pour les communes rurales. Eux-mêmes ne rêvaient que du statut des Ingénieurs d’en face, ceux de l’Équipement, le puissant Corps des Ingénieurs des Ponts et des Chaussées, qui leur faisaient la honte avec une fin de carrière plus reluisante que la leur. De haute lutte ils sont arrivés à leurs fins, les voilà devenus Ingénieur des Ponts, des Eaux et des Forêts : IPEF, appellation plus poussive où nos Ingénieurs ont perdu leur Génie Rural alors que les autres n’ont laissé de côté que leurs Chaussées (z’auraient pu mettre et de rond-points).

 

Ce sont les gens d’en-haut, souvent compétents, ayant pour la plupart un sens bien ancré du Service Public, de bons cadres supérieurs, à mon sens surdiplômés pour les missions qui leur sont attribués. Certes ils sont moins emblématiques que leurs collègues issus de l’ENA et sortis dans la botte : les Inspecteurs des Finances, les Conseillers d’État et ceux de la Cour des Comptes, mais ils font partie du même grand charroi qui gouverne l’État. Les Ministres passent, les hauts-fonctionnaires restent et bataillent ferme pour investir les fameux cabinets ministériels à chaque alternance.

 

Une remarque très personnelle fondée sur mon vécu : avons-nous encore besoin d’une haute justice administrative pléthorique et d’une Cour des Comptes, jamais en reste de donner la leçon aux autres mais fort coûteuse et sourcilleuse de ses avantages ?

 

Se poser la question n’est pas attentatoire à l’idée que je me fais d’une gauche réformatrice, soucieuse de déverrouiller le fameux ascenseur social en panne. Il n’y a pas de vaches sacrées, sauf que l’essentiel du haut personnel politique, de gauche comme de droite, est issu de ces crémeries de luxe bien barricadées.

 

Tout ce beau monde, tout comme le petit fonctionnaire de catégorie A, B ou C, est protégé par le fameux Statut de la Fonction Publique égratigné par cet empêcheur de tourner en rond d’Emmanuel Macron.

 

Et c’est là que le bât blesse, et où pour moi Macron a raison, faut-il traiter de la même façon, au nom de l’égalitarisme, le haut-fonctionnaire et l’attaché d’administration centrale ou l’instituteur ?

 

Pour moi, et depuis toujours, la réponse est : NON !

 

Au temps où je passais de longues heures, au nom de mes Ministres qui n’en avaient rien à cirer, à recevoir et à écouter patiemment les syndicats catégoriels du Ministère, moi qui n’étais pas fonctionnaire mais un contractuel, je me suis forgé une conviction forte : il faut aérer, dépoussiérer, la haute-fonction publique de notre pays, l’exposer bien plus qu’elle ne l’est.

 

Deux attitudes sont fort commodes : soit taper systématiquement sur les fonctionnaires en général, soit se draper dans les grands principes dit de gauche pour proclamer ne touchez pas au statut des fonctionnaires !

 

« Qu'un ministre de l’Économie, chargé de remettre un pays fatigué en route, se pose des questions sur les moyens de le faire, devrait donc, au minimum, être accueilli, avec bienveillance, quitte à le renvoyer dans les cordes en cas de dérapage objectif. Après tout, la Suède et la Suisse, qui ne passent pas pour des contrées de sauvages sous-administrés, recrutent leurs fonctionnaires comme les entreprises privées et leur appliquent le même statut contractuel. »

 

Moi, ça ne me choque pas et je reste dubitatif en entendant les ébraiements unanimes des hiérarques du PS, de la gauche de la gauche et des syndicats qui réclament la tête du trublion. Le vannes de la droite sont tout aussi risibles vu leurs brillants états de service sur ce sujet.

 

Il ne s’agit pas d’aimer ou de ne pas aimer Macron, de savoir s’il est de gauche ou de droite, mais de se poser la question de notre conformisme, de notre conservatisme, de notre goût mêlé d’un égalitarisme de façade et d’un penchant affirmé pour les privilèges, et en définitive d’un immobilisme qui fige tout et préserve les avantages de catégoriels.

 

Qu’on ne vienne pas m’accuser de cracher dans la soupe, je n’ai jamais été fonctionnaire – ça m’a été proposé à de nombreuses reprises, même dans un grand corps – mais contractuel de l’État pour 60% de ma carrière, le reste étant passé dans le privé comme en attestent mes 5 caisses de retraite.

 

Nulle acrimonie non plus, mes émoluments n’ont rien eu à envier à ceux des grands corps de ma maison, et ils auraient été bien plus élevés si j’étais resté dans le privé. J’ai fait le choix de mettre mes pas dans ceux de mon mentor, Michel Rocard, et je ne le regrette pas.

 

Ce que je regrette profondément c’est la domination des révolutionnaires en chaise-longue, qui piapiatent en long en large et en travers, courent les plateaux de télévision, refont le monde bien à l’abri sur Face de Bouc en s’accrochant farouchement à leurs avantages petits ou grands, au détriment de ceux qui se mettent les mains dans le cambouis. C’est sale le cambouis, faut utiliser du Briochin pour avoir les ongles propres chez Ruquier.

 

 

Souvenir d’une remarque inscrite dans mon rapport en 2001 à propos des réticences françaises à la réforme :

 

« Dans notre beau pays il y a beaucoup d’architectes, de généralistes, très peu de maçons qui acceptent de se colleter aux tâches d’apparence peu gratifiantes. On ne fait pas évoluer les mentalités par décret. Si l’on souhaite que la puissance publique pèse sur les évolutions, joue un rôle de catalyseur, pas pour faire mais aider à faire, il faut avoir le courage, en période de crise, de prendre sa part de responsabilités, d’écouter, de comprendre, pour ensuite proposer, expliquer, convaincre pour enfin être en capacité de mener des politiques de moyen terme avec l’appui du plus grand nombre. »

 

« Le poisson pourrit par la tête »

 

Érasme pense que cet adage « emprunté aux gens du commun », concerne « les mauvais princes dont la contagion infecte le reste de leur peuple. »

 

Nous y sommes nos Princes, les partis dits de gouvernement, sont massivement rejetés par une part de plus en plus grande de l’électorat qui s’abstient ou qui se tourne vers les partis extrêmes de gauche ou de droite, dit protestataires. Les premiers préfèrent la rue aux lieux de pouvoir mais font des scores médiocres ; le second, dans la grande tradition de l’extrême-droite française drague dans le vivier des déboussolés en prônant le repli et l’exclusion pour se hisser au pouvoir. La dernière fois que c’est arrivé, ce fut l’État Français du vieux Maréchal avec des ralliés populistes dit de gauche comme Doriot et Déat.

 

« Le sortez les sortants » de Pierre Poujade le papetier de Saint-Céré, qui a fini sa vie dans les fourgons du Mitterrand de 1981, la vrai gauche selon Onfray « Pour ma part, je n’ai pas renoncé à la gauche, celle du 10 mai 1981 », est le dernier avatar des démagogues.

 

C’est risible : le couple Mitterrand-Marchais, la vraie gauche qu’il vénère avec le tombé du ciel Chevènement…

 

« Mon refus de ceux qui, chez elle, relèvent du canal historique du FN, ainsi que mon dédain de toutes les classes politiques dont elle fait partie, tout cela fait que Marine Le Pen n’est pas plus ma tasse de thé que Hollande ou Mélenchon, Sarkozy ou Bayrou. Qu’ils s’en aillent tous comme dirait l’autre. Je suis devenu et resterai abstentionniste. »

 

C’est toujours de l’hyper-médiatique Onfray.

 

Tout ça pour vous dire que, oui il faut réformer le statut de la haute fonction publique d’État mais aussi la territoriale, car c’est une caste endogame qui, depuis l’avènement de la Ve République, tient entre ses mains la destinée de ce pays.

 

Plutôt que de mettre tous les fonctionnaires dans le même grand sac, de les conchier en permanence, d’en faire de commodes bouc-émissaires, de se moquer, si l’on commençait par faire bouger les lignes en haut, chez ceux qui gèrent leurs carrières plutôt que le personnel dont ils ont la responsabilité, chez ceux qui se mettent en disponibilité pour aller dans le privé ou faire de la politique et revenir, chez ceux qui se permettent même de donner des leçons sur la nécessité d’une France plus économe, bref contractualisons l’emploi des nouvelles compétences dont le gouvernement a besoin pour redonner du sens à ce qu’on nomme encore le Service Public. L’embauche de CDD sur la base d’une convention collective n’est pas forcément symbole de précarité.

 

Mais c’est à ce stade que le débat se politise en agitant le symbole de l’emploi à vie des fonctionnaires, les journalistes en raffole, alors que certains sont des salariés quasiment à vie sous la protection de la clause dites de conscience. Dans les grandes industries, beaucoup de cadres et d’employés ont faisaient toute leur carrière dans la même entreprise sans que cela n’empêche celles-ci de prospérer.

 

Non, le rêve de ces post-thatchérien c’est le dégraissage opéré par des sièges anonymes pour plaire aux marchés. C’est leur religion, ça les fait bander aux Échos, ils ânonnent une bien-pensance qui en rajoute à l’insécurité sociale, celle qui alimente le Front National. Les mêmes versent des larmes de crocodiles sur les laissés-pour-compte du monde rural dont le tissu n’était pas fait que de paysans mais aussi de PME aujourd’hui balayées par la mondialisation.

 

Attention, le statut de la fonction publique n’englobe pas les salariés des grandes entreprises publiques, la SNCF par exemple.

 

Ces fameux fonctionnaires, recrutés sur concours, les enseignants, les policiers, les juges, les militaires, qui forment les plus gros bataillons doivent avant tout avoir à leur tête des cadres exemplaires, responsables et jugés sur leur compétence. Qu’il faille réajuster les effectifs en fonction de l’évolution des missions de l’État est une évidence combattue par les extrémistes des 2 bords. C’est très Français cette solidarité des extrêmes.

 

C’est un grand chantier auquel nul politique ne s’attellera préférant soit utiliser des règles mécaniques stupides comme le non-remplacement systématique des partants ou un statu quo frileux qui préserve les privilèges de la haute fonction publique.

 

J’ai toujours soutenu ce point-de-vue d’un recrutement plus diversifié, plus fluide pour la haute fonction publique, sans grand succès quelle que soit la couleur politique du Ministre. La réponse à toujours été : courage fuyons les emmerdements !

 

Glané sur Twitter hier sous la plume d'un journaliste qui aime le vin :

 

 

dit ce qu'il pense. Pire: il aimerait faire ce qu'il dit. Qu'on soit d'accord ou pas, c'est assez rare pour être signalé.

 

Un jour où je serai face à l'angoisse de la page blanche je vous conterai l'histoire du Tour de Bête cher au chef de Corps des IGREF pour le tableau d'avancement. Un grand moment de solitude et de stupéfaction pour moi...

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