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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 00:05

Je ne vais pas jouer les chochottes, j’y suis comme un type qui fait du stop sur l’autoroute. Où me direz-vous ? Sur Facebook bien sûr : chaque matin j’y référence ma chronique du jour. J’y suis, en dehors de cette publication, passif. J’ai 237 amis et je suis bombardé de demandes pour devenir fans de tout et de rien. Bref, je ne vais pas vous raconter ma vie sur Facebook puisque je n’y passe pas ma vie, mais je vous propose de lire deux textes de Nick Mc Donnell tiré de « Guerre à Harvard » chez Flammarion publié en 2004. Comme le dit la 4ième de couverture « il dresse le portrait percutant d’une jeunesse nourrie à Fox News et aux jeux vidéo qui tente d’oublier la guerre au risque de s’oublier elle-même. » L’inventeur de Facebook y occupe la place centrale : à lire absolument si on veut mieux comprendre les States.  

 

« Un type de notre promo a gagné un milliard de dollars en créant le site Internet Facebook. Il s’appelle Mark Zuckerberg. En première année, il habitait avec un bon ami à moi. Dans leur pièce commune, Mark avait le bureau du coin et, à chaque fois que je venais, je le trouvais en jogging, penché sur son clavier ergonomique en train de taper des lignes de code. Il portait souvent un kit mains libres. Au début, on ne savait pas trop avec qui il parlait au téléphone. De gros capitalistes, disait la rumeur, des nababs de la Silicon Valley, dont certains étaient passés par Harvard.

 

Le coloc de Mark aussi portait tout le temps un jogging, mais il ne téléphonait pas à de gros capitalistes. Sam n’était pas millionnaire, il était noir et champion de triple saut – un jour, il a battu le record de Harvard en sautant 16,34 mètres. Comme la plupart des athlètes de la fac, il portait un jogging gris marqué dHa, le sigle du département d’athlétisme de Harvard. On appelait ça des « dhas », et dans certains milieux (les filles qui se tapaient des sportifs, les parents fiers), ils étaient très demandés. On ne pouvait pas plus les acheter qu’une place dans l’équipe de squash, de foot, de course à pied ou dans un club, pas plus qu’on ne pouvait payer pour échapper à une accusation de viol, à la mobilisation pendant la guerre du Vietnam, à une condamnation pour possession de coke, ou pour entrer dans la culotte d’une fille ou changer une note éliminatoire. Mais en fait,  si, c’était possible.

 

Sam et Mark étaient très différents, mais ils se trouvaient certaines affinités – c’est d’ailleurs un des principes de Facebook. On peut naviguer d’un profil à l’autre, page après page, un peu comme si l’on observait des gens dans la même pièce. Ou des colocs. Sauf qu’il peut y avoir des différences énormes entre les profils. Certains affichent leur photo de mariage et une citation de Martin Luther King, tandis que d’autres écrivent « Je t’emmerde » en quatre langues pour déconner. »Religion : Emilio Estevisme ». L’un à côté de l’autre, ces gens peuvent être amis sur Facebook.

 

Mais aussi différents que soient les profils, on retrouvait certaines constantes. En cliquant sur le profil d’un musicien, on faisait assez vite le tour de l’orchestre de Harvard. En cliquant sur le profil d’un étudiant noir, on rencontrait rapidement toute la communauté noire de Harvard. Évidemment, on n’était pas tous violonistes et on ne dormait pas tous dans la même chambre qu’un Noir, comme Mark pendant sa première année. Malgré tout, d’une certaine façon, on était tous reliés.

 

Au fil des ans, j’ai entendu beaucoup de gens dire « Merde, si seulement j’avais partagé ma chambre avec Mark en première année, j’aurais investi dans Facebook dès le départ et je serais devenu riche. » Mais, bien sûr, Sam n’est pas devenu riche. Du moins pas encore. Mark a abandonné la fac et déménagé à Palo Alto avant la fin de la deuxième année. Maintenant, Sam est en fac de droit à Georgetown. »

 

« En quatrième année, pas mal de gens s’étaient inscrits sur Facebook. Mon ami qui habitait avec Mark Zuckerberg en première année était convaincu que les publicitaires, peut-être même le gouvernement, pouvaient consulter les informations qu’il avait entrées sur le site et le traquaient, alors il d’est désinscrit. Comme beaucoup, mon ami craignait sue Facebook ne soit vendu au département de la Sécurité Intérieure.

 

Ça paraît insensé mais, à mesure que Mark commençait à apparaître dans le New York Times et le Wall Street Journal, les histoires incroyables à son sujet devenaient vraisemblables. Sans rire.

 

Par exemple, on racontait qu’un investisseur potentiel avait invité Mark à dîner pendant les vacances de printemps la première année. Mark, chemise hors du pantalon et jean sale, était en retard. Il a été encore plus en retard quand sa Jeep est tombée en panne. Quand il a fini par arriver à son dîner, il a raconté à son investisseur ce qui s’était passé. Le lendemain Mark a trouvé une Audi A4 toute neuve devant chez lui avec un mot glissé sous l’essuie-glace, l’invitant à prendre la bonne décision.

 

Une autre histoire. Mark avait besoin d’un logo, mais il ne connaissait pas de designer. Il est allé voir un type qui habitait dans le même bâtiment que lui et qui savait dessiner. Il a frappé à sa porte un soir et lui a demandé de dessiner « un genre logo ». « Je te donnerai 1,25% de tout ce que ça me rapportera », a dit Mark. Quarante minutes plus tard, le type avait dessiné le portrait de Mark de trois quarts qui était encore récemment le logo de Facebook. Mark a tenu parole, et l’année dernière le dessinateur a touché pas loin de douze millions de dollars.

 

C’était sans doute un prix raisonnable pour 1,25% de tant de réseaux. Harvard, New York, Kansas : il y en a un nombre infini. Il y a même un réseau Irak sur Facebook, qui compte huit cent vingt et un membres. Les émissions préférées des membres de ce réseau sont 24 heurs chrono, Family Guy, Lost, les Simpson, Scrubs. Les mêmes que dans le réseau Harvard. Par contre, il n’y a presque aucun livre en commun, à part les Harry Potter. La saga est numéro deux en Irak et numéro un à Harvard. Le livre préféré du réseau Iraq est : » Je ne lis pas ».

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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