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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 00:09

Mon séjour dans un pays où de tradition on tue les sciocche sous le châtaignier éveille en moi des sentiments indépendantistes. Dans ma Vendée profonde, comme en  Corse, dans nos campagnes beaucoup élevaient quelques gorets en les nourrissant avec les lavures (eaux grasses de vaisselle), les épluchures et les restes des repas. Au Bourg-Pailler, chez nous aussi, tout près des cabinets, juste avant les clapiers de la mémé Marie, une petite bâtisse cernée d’un enclos rudimentaire abritait un ou deux gorets à l’engrais. Le pépé Louis achetait les porcelets sur le foirail aux gorets des foires de Mothe.

 

Alors lorsque l’ami Henry-Pierre, dans sa nouvelle « On tue le cochon à la Prévaudière », écrit que « deux fois dans l’année, Maurice et Eliane, qui a son avis à donner et que Maurice ne contrarie jamais, se rendent à la Célinière de la Chapelle chez les cousins Gravouil pour y choisir cinq petits gorets pour l’engraissement » des images défilent – même si Henry-Pierre mêle à son gré les lieux et les noms patronymiques – car la Célinière de Saint-Georges-de-Pointindoux c’est là où sont nés mon frère et ma sœur et comme par hasard maman née Gravouil est, elle, originaire de la Chapelle-Achard.

 

Bref, quand il évoque ensuite le sacrifice de celui qui « très rapidement, l’on désigne (…) celui qui sera spécialement engraissé pour le sacrifice domestique dans quelques mois » je sens monter en moi des envies de bras d’honneur aux faiseurs de règlements. Ben oui, sans nostalgie, je me souviens que « tous les ans, après la Toussaint, dans la première semaine de novembre, on tue le cochon acheté en avril » et je me dis pourquoi, nous les urbains, lorsque nous mangeons du saucisson y’a de forte chance que la truie (oui, oui, ce sont les vieilles coches qui font le bon saucisson) dont il est tiré provenait d’un de ces élevages industriels qui puent et enlisent d’azote les terres bretonnes (y’a pas qu’eux d’ailleurs, les champs de maïs pour l’ensilage aussi). photo-cochon.jpg

Pour être sûr de la provenance de la cochonnaille que l’on ingurgite il est possible de s’approvisionner chez un charcutier-artisan qui achète et fait abattre des cochons d’origine et d’élevage fermier, mais y sont pas nombreux. Alors, pour inverser la tendance je propose que nous, les urbains, puissions mettre en pension des petits cochons chez des paysans d’accueil. Tous nos politiques nous bassinent et vont, dans les mois qui viennent, nous bassiner plus encore avec les circuits courts, la proximité pour être carbon neutral, sauver nos campagnes et la sécurité sociale, alors prenons-les au mot : exigeons d’eux la liberté de mettre un cochon en pension pour notre consommation personnelle. En effet, l’abattage hors des abattoirs agréé est admis. L’abattage à la ferme d’animaux des espèces ovines, caprines et porcines ainsi que les volailles et les lapins par les personnes qui les ont élevés et entretenus est admis à condition de réserver la totalité de la viande à la consommation familiale. La tradition de tuer le cochon à la ferme pour la consommation familiale est donc toujours admise. Attention pas question d’abattre à la ferme :

-  des animaux venus d’ailleurs puisque l’intéressé doit avoir effectivement hébergé les animaux de son exploitation pendant une période suffisante pour qu’ils aient acquis certaines qualités telles qu’une augmentation du poids ou un engraissement ;

-  des animaux de l’espèce bovine ;

-  des animaux de toutes les espèces non destinés à la consommation familiale y compris les volailles et lagomorphes (lapins, lièvres, ragondins) dont l’abattage doit être effectué dans des tueries particulières satisfaisant aux conditions d’hygiène. Référence : articles R. 214-67 et suivants du code rural.

 

Les conditions d’abattage L’abattage des animaux hors des abattoirs, autrement dit à la ferme ou dans les tueries particulières doit se faire en respectant la loi relative à la protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort. Avant tout abattage à l’abattoir comme hors de l’abattoir ou à la tuerie, des animaux des espèces caprine, ovine et porcine, il doit obligatoirement être procédé à leur immobilisation et à leur étourdissement. La suspension de ces animaux est interdite avant leur étourdissement ou leur mise à mort. Ces dispositions ne s’appliquent pas aux volailles et aux lapins domestiques, ainsi qu’aux petits gibiers d’élevage dans la mesure où il est procédé à l’étourdissement de ces animaux après leur suspension. Par ailleurs la saignée doit commencer le plus tôt possible après l’étourdissement et en tout état de cause avant que l’animal ne reprenne conscience. Références : articles R. 214-77 à R. 214-79 du code rural.

 

Le petit cochon  à engraisser serait donc notre propriété et l’éleveur l’hébergerait, le soignerait, c’est-à-dire pourvoirait à tous ses besoins dans des conditions définies par contrat, et moyennant finance, puis le ferait passer de vie à trépas dans les règles en respectant la dignité de l’animal dans un minimum de souffrance. L’animal serait découpé sur place et la cuisine du cochon elle aussi serait faite chez l’éleveur. Le tout étant rapatrié par nous en direction de notre domicile dans les conditions de froid ad hoc pour la viande fraîche Bien sûr, chaque éleveur devra se contenter d’accueillir qu’un nombre limité de pensionnaires pour ne pas transformer notre affaire en gros machin qui pue.

 

Concurrence déloyale à l’encontre des artisans charcutiers me dira-t-on ?

 

Oui sans doute un peu mais honnêtement c’est une espèce en voie de disparition et ce serait plutôt les gars de la GD qu’on entendrait gueuler si ça prenait une bonne tournure notre histoire. On va m’objecter qu’aller à la campagne avec sa petite auto pour tuer le cochon c’est pas écolo. Pour répondre à l’objection on pourrait imaginer des « mon-camion-frigo-en-ville » qu’on louerait à plusieurs voisins pour remonter le cochon. De toute façon y’a toujours des solutions à tout avec de la bonne volonté. Le problème n’est pas là, il se niche dans l’incapacité de nos grands systèmes d’hygiène collective à redonner de la responsabilité aux individus. Quand on voit ce qui se passe à propos des steaks hachés je ne vois pas en quoi un système nuirait à la santé publique.

 

Donc, même si certains d’entre vous risquent de juger ma proposition stupide, irréaliste, débile, sans intérêt, inopérante, microscopique je la reformule sans honte : Signez en masse ce Manifeste pour que nous obtenions la reconnaissance dans la loi la liberté de mettre un cochon en pension pour notre consommation personnelle. Se prendre en mains c’est, si je puis dire, faire un premier pas en direction de la reconquête de notre indépendance alimentaire en joignant la convivialité  à un acte concret. Ainsi, nous pourrons relancer une forme d’élevage de porcs alliant la conservation des races, les bonnes pratiques et le goût des choses. Si vous n’en êtes pas convaincus allez voir comment sont élevés les porcs au Danemark, dans certains lands allemands et en Bretagne et que le Leclerc et ses frères de la GD ne viennent pas nous pomper l’air avec ses prix plus bas que bas qui entretiennent le cycle d’un cochon qui n’est plus qu’une machine à transformer à grande vitesse de la protéine.

 

NOM :

Prénom :

Adresse postale :

E-mail :

Je signe le Manifeste du Cochon Libre

 

 

à adresser sur l’adresse jberthomeau@hotmail.com et merci d’apporter votre soutien en commentaire afin de créer l’émulation.  

 

de plus il n’est pas interdit de diffuser l’information par tous les moyens disponibles à votre entourage afin que notre Manifeste du Cochon Libre enfle, déferle, pour alerter tous les pêcheurs de voie à qui nous pourrons dire s’ils nous donnent de bonnes paroles en réponse : cochon qui s’en dédit !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

çasésur 08/09/2011 21:15



@ 20:59 est ce qu'ils deviennent sourds?



Le taulier 08/09/2011 20:59



à propos de dindons vous pouvez vous instruire avec une chronique de 2007 : "masturbateur de dindons en Ardèche " http://www.berthomeau.com/article-13322829.html



çasésur 07/09/2011 22:09



là c'est le monde des bisounours sandrin merci quand même pour votre apport décisif!


 


 



sandrin 07/09/2011 19:11



http://www.un-jour-vegetarien.fr/



Michel Smith 07/09/2011 18:26



Un élevage de dindes, Cétadire, moi ça m'intresse. Depuis le temps que je veux mon harem...



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