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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 07:00
Pendant que l’INAO vérifie avec un pied-à-coulisse la hauteur de l’herbe dans les vignes, à Pomerol on importe sans vergogne du terroir dans les vignes.

À Pomerol on est toujours à la pointe de la défense du terroir, pensez-donc l’ancien champ de courses de Libourne, par un tour de baguette magique, grâce à la SAFER, est passé du statut de support de crottins à parcelles d’AOC.

 

INAO : Amen !

 

Il faut dire qu’il fallait bien tenter de mettre de l’huile dans les rouages après la déculottée infligée , par deux fois, par le Conseil d’État à l’affaire des sans-chais.

 

INAO : Amen !

 

 

Il est de coutume d’affirmer pour défendre le régime des AOC-AOP-IGP qu’ainsi nos beaux terroirs sont protégés des appétits de certains nouveaux venus : elles ne sont pas délocalisables ! À Pomerol, et ce n’est pas propre à cette appellation, à Bordeaux comme ailleurs, le terroir est importable. Il suffit d’une pelleteuse, d’un camion-benne et joyeusement on étend de « la grave » avant la plantation. À ce régime-là pourquoi les chinois, nouveaux prédateurs plein de pognon, se priveraient de ce type de pratique pour dupliquer nos beaux terroirs que le monde nous envie. C’est de l’extension du domaine des terroirs.

 

INAO : Amen !

 

L’INAO, est aux abonnés absents, ses agents se terrent, la direction s’en lave les mains, mais alors que font-ils : ils font une fixette sur la hauteur de l’herbe, et lancent leurs limiers pour traquer, munis d’un pied-à-coulisse, ce sont des gens précis, chaque centimètre compte, ces odieuses brindilles qui défigurent nos beaux paysages viticoles.

 

Avec le Roundup, pas de problème, c’est morne plaine façon Mars, les gars peuvent se friser les moustaches ils ne recevront pas de papier bleu.

 

Du pain béni que tout ça pour Me Morain et ses frères, ça va décaniller dans les prétoires, à la sulfateuse…

 

L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant.

René Char

 

Les 2 photos m'ont été expédié par Loïc Pasquet sans indication d'auteur, il m'est dit qu'elles seraient de Nicolas Lesaint... alors va pour Nicolas Lesaint...

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 07:00
Faites-vous donc tirer le portrait chez Bettane&Dessauve ça amusera la galerie de vos amis sur Face de Bouc, Pax en premier…

Dans l’ancien monde tu ne recevais par le courrier que la presse à laquelle tu t’étais abonnée ; dans le nouveau, celui de la Toile, tombent comme à Gravelotte des trucs et des machins à qui tu n’as rien demandé. Ouais mais c’est gratuit. Certes, certes, je le sais ce sont les annonceurs qui font bouillir la marmite.

 

Faut les choyer ces braves gens, les bichonner, les inviter à un pince-fesses, par exemple pour fêter le lancement du Guide des vins Bettane+Desseauve 2019, tous les lauréats les réunir au Pavillon Ledoyen, temple du chef triplement étoilé Yannick Alléno, pour une soirée de dégustation.

 

Et, bien sûr, leur tirer le portrait.

 

Ce n’est ni du Cartier-Bresson, du Doisneau, du Riboud ou du Depardon, tout juste le niveau du reportage de mariage ou la photo du localier de Corse-Matin.

 

Au regard de mes réflexions ironiques vous en déduisez, à juste titre, que ces portraits n’ont pas été immortalisés par mon petit Leica, « j’étions » point invité tout comme cette brave  Ixchel Delaporte du journal l’Humanité, nous ne sommes pas en odeur de sainteté.

 

Si je vous rapporte cet évènement c’est que le magazine papier glacé En Magnum possède une version électronique à laquelle on m’a abonné. Sans doute son grand rédacteur-chef qui me voue un amour immodéré.

 

 

Alors pourquoi diable en faire la publicité sur mon espace de liberté si impertinent avec ce couple que le monde entier nous envie.

 

2 raisons :

  • Le groupe Bettane&Dessauve étend son domaine « Ce fut l’occasion d’annoncer la tenue du Grand Tasting Spirit les 8 et 9 février 2019 au Carreau du Temple, à Paris et l’association de Bettane+Desseauve avec les fameux Guides Lebey. « Le vin fait partie, avec la gastronomie et les spiritueux, d’un art de vivre gourmet qu’il nous paraît essentiel de défendre et de faire partager en France et dans le monde entier. », a expliqué Thierry Desseauve.

 

  • Pour faire retrouver le sourire à mon cher lecteur Pax qui trouvait hier que je sombrais dans le misérabilisme

 

Tout le reportage photo ICI 

 

NDLR. Je publie 2 photos sans autorisation mais, puisqu’on me les a expédié sans la mienne, ce n’est qu’un simple retour à l’envoyeur. Ce que je regrette c'est l'absence d'une photo plan large sur la foule des invités.

 

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 07:00
Éric Holder, dans Bella Ciao : « Pour vivre, il trouve un contrat de 100 jours chez Franck Pottier qui « fournit depuis 1968 le prestigieux domaine de M, en carassons, des piquets de vigne. » dans le Médoc

Les Pottier sont aussi propriétaires du château Cantara un « cru artisan » qui ambitionne à la qualification de « cru bourgeois »

 

Myléna en avait assez. Je n’ai pas attendu qu’elle me largue, c’est moi qui suis parti. Au bord de l’océan, pour en finir. Quand j’ai repris pied sur le rivage, j’étais dessoûlé, nu comme une bête et ne possédais plus rien. Passé un rideau de pin, on voyait des vignes. J’y ai trouvé un emploi d’ouvrier agricole. Franck ne m’a pas épargné, avec lui on ne prend guère de gants. Les mains deviennent comme des pelotes d’aiguilles. J’ai continué à boire. J’ai appris cependant à travailler sans relever la tête. Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Oui, s’il y a un espoir au bout. Le mien était de regarder mes enfants en face. Et de reconquérir ma belle.

 

 

C’est une vieille chronique du 2 octobre 2009

 

Les mots du travail de la vigne : les oubliés de la vigne ... qui me semble aller comme un gant avec la précédente.

 

« Sur les carassons, ou échalas, courent des fils de fer tendus, le maillage sur lequel la vigne va croître. Autrefois en vaillant bois d’acacia, à présent en pin, les piquets doivent être souvent remplacés. C’est par milliers que chaque année, au milieu de l’automne, la vendange achevée, le domaine de M. en commande à Franck. »

 

« Franck me montra la Renault Express qu’il me confiait, un véhicule utilitaire chargé d’une brouette, d’un tas d’outils d’où dépassait le manche d’une pelle, et des centaines de pieds de vigne à complanter.

 

Complanter, c’est remplacer, dans les allées, les ceps qui, pour une raison ou pour une autre, ont péri. Beaucoup de cabernet sauvignon, un peu de merlot, du petit verdot, voilà un des secrets du château Cantara.

 

« La vigne est constituée d’un réseau de fil de fer à plusieurs niveaux, dans lequel nous enfouissons les mains, le maillage, donc. On a vu la foudre, empruntant ce chemin, griller l’employé comme tranche de lard dans la cheminée »

 

« Les parcelles de vigne, parfois situées à des kilomètres les unes des autres, portent des prénoms de femmes. Laurence, Béatrice, Marlène... »

 

« Une autre fois, il me montre un aste (courson) élevé en arceau. Des feuilles nouveau-nées, rose fuchsia, translucides, le transforment en diadème barbare, scintillant dans l’humidité de l’aurore. »

 

« Franck a trois autres ouvriers. J’entends qu’il leur dicte des ordres, sur son portable. Certains taillent – nous sommes fin février –, un autre acane, c’est-à-dire attache, avec des liens blancs, les astes au maillage. Ce boulot est réservé aux filles, qui ont des doigts plus fins. Je trouve dans les vignes des traces de leur activité, sans les croiser cependant. 

 

-         Moi aussi, j’aimerais bien tailler...

 

-         Laisse tomber, dit-il avec tant de fermeté que je comprends qu’une partie de la récolte serait compromise »

 

« Dans la vigne est venu le moment d’espourguer, d’épamprer, un travail minutieux qui consiste à ôter des astes les bourgeons prétentieux. Les quelques-uns que nous laissons, à certains emplacements, s’appellent des cots. Ils pousseront en branches »

 

« À l’automne précédent, après la vendange, ont été descendus les deux fils de fer sous lesquels le raisin poussait. Avec l’apparition du feuillage et de minuscules grappes, il faut les remonter, les tendre entre eux au moyen d’agrafes. L’opération est appelée « relevage »

 

« Nous relevons côte à côte, alternativement à droite et à gauche, chacun s’occupe de deux rangs. Eux finissent toujours les premiers. Quoi que je fasse – tâchant d’imiter leurs gestes sûrs, l’autorité avec laquelle ils ramassent d’un coup le feuillage sur les fils –, je patauge en arrière. Ils terminent chaque fois mes rangs, s’en excuseraient presque »

Simple, la langue d’Eric Holder reste toujours empreinte d’une grande poésie qui fait doucement rentrer son lecteur « dans une dimension différente du temps, celle de trouver des formes aux nuages, d’isoler des chants d’oiseaux, de poursuivre une rainette, tandis que les villes vont au train qu’on leur connaît ». Il a ce talent de faire naître tout un monde, une atmosphère, d’un détail, un coin de ciel « délayé de lait », le motif d’un foulard « cher aux peintres préraphaélites anglais » ou une odeur « d’enfants aimés, de mimosa, de vanille, de lys ».

 

Parfois un peu trop elliptique et souffrant par moment d’un léger manque d’aspérités, Bella Ciao reste néanmoins le très élégant et court récit d’un morceau de vie en forme de résurrection. Fut-elle à la dure.

 

ICI

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 07:00
Que faire lorsqu’1 auteur et son éditeur vous envoient la dédicace suivante « Nous vous présentons notre dernier ouvrage… Nous serions heureux de savoir ce que vous en pensez »

Les services de presse me causent parfois du souci, recevoir un livre sans l’avoir choisi et payé ça équivaut à ce que les agences de communication raffolaient au début de mon blog : me faire porter des boutanches gratuites ou à me faire rincer la dalle dans un restaurant en mal de notoriété. Je n’ai jamais goûté à ce pain-là alors que faire pour les livres ?

 

Les lire !

 

Certes, c’est ce que je fais et, si ça me plaît, je chronique, mais, le seul bémol à cette manière de faire, c’est lorsque l’auteur ou l’éditeur se fend d’une dédicace écrite de sa blanche main. C’est une forme d’imploration que je comprends aisément, eu égard à mon immense pouvoir d’influence, qui me touche, flatte mon ego, mais ça ne me fait pas fléchir.

 

Mais pourquoi diable évoquer mes états d’âme ce matin ?

 

Tout simplement parce que rentrant de mon séjour en Corse j’ai rangé, pour la énième fois, mes piles de bouquins en instance et je suis tombé sur un opus, envoyé en service de presse, par un petit éditeur que je connais bien et que j’avais oublié.

 

Cet oubli, je dois l’avouer, n’étant pas tout à fait innocent, le livre mal foutu, m’était tombé des mains, mais un peu honteux je me suis dit « fait un petit effort, c’est un petit éditeur, je ne connais pas l’auteur, feuillette, cherche, tu vas bien trouver un petit bout sur lequel tu vas pouvoir pondre une chronique… »

 

Les thèmes abordés étant classés par ordre alphabétique j’ai donc pioché sans pouvoir tomber sur une quelconque pépite. Bien au contraire, soit c’était chiant, soit sans grand intérêt pour moi car je suis à cent lieues des centres d’intérêt de l’auteur, ce qui ne signifie en rien que ceux-ci ne soient pas dignes d’intérêt mais, comprenez-moi, même si je suis tout prêt à tout comprendre je n’ai pas le cœur à donner un quelconque avis sur des sujets qui ne m’intéressent pas. Son monde du vin n’est pas le mien, je n’ai ni à m’en excuser ou à m’en glorifier, chacun sa route, chacun son chemin, la culture du rétroviseur sur la base d’anecdotes, de souvenirs personnels, n’apporte rien à l’histoire du vin. Je trouve cette « littérature vineuse » d’une ringardise absolue. Le vieux monde n’est toujours pas derrière nous.

 

Mais, je dois vous concéder que j’étais encore prêt à faire un petit effort, pour le petit éditeur qui rame pour survivre, lorsque je suis tombé sur une tirade qui m’a fait bondir « … les fiers vignerons su Bugey Cerdon en Savoie, producteur d’un pétillant rosé anecdotique et sucrailleux, heureusement produit en quantité infime, aussi inintéressant que traditionnellement barbant. Les montagnards ont un argument massue : le Die rosé n’est pas traditionnel, n’a pas d’histoire, c’est contraire aux principes de l’AOC qui reposent sur des usages et des pratiques historiquement éprouvés. Vous noterez, qu’éprouvés ne finit pas par deux e, mais un seul, car le masculin l’emporte sur le féminin, ce qui défrise beaucoup nos consœurs en un seul mot, qui voient le mâle partout, comme à Bugey. »

 

La messe est dite :

 

  • Touche pas à mon Cerdon, ducon ! ICI et ICI

 

  • Le Bugey est dans l’Ain pas en Savoie mec qui sait tout !

 

  • Le Conseil d’Etat a eu raison ducon, l’INAO reconnaîtrait une AOP du Sahara si celuici faisait encore parti de notre vieux pays aux terroirs que le Monde entier nous envie.

 

  • Quant à l’impertinence avancée dans le titre elle patauge dans le grivois et le gras.

 

  • Je dirai au petit éditeur de mieux choisir ses auteurs…

 

Voilà, je viens de réussir l’exploit de pondre une chronique sur un livre que vous ne trouveriez même pas en librairie si je vous en avais donné le titre.

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 06:00
© Joaquín-S. Lavado (Quino) Agence Litteraire Caminito

© Joaquín-S. Lavado (Quino) Agence Litteraire Caminito

« Penser qu’avec tous ces personnages intéressants sur la scène politique, personne n’achète de billets ! »

 

« La vérité sort de la bouche des enfants » dit-on, ça n’a jamais été vérifié et je pense que c’est de moins en moins vrai, la naïveté et l’innocence me semblent en régression. En revanche, nos enfants nous questionnent de plus en plus sur nos problèmes d’adultes. MAFALDA, l’héroïne de Quino, née d’une commande publicitaire en 1963 est de cette pâte là.

 

A l’origine, Mafalda devait servir de support à une publicité subliminale commandée par la société Siam Di Tella, afin de doper les ventes de sa nouvelle gamme d’appareils électroménagers de la marque Mansfield. L’entreprise Agens Publicidad, sur recommandation de Miguel Brascó, commande donc la bande dessinée à Quino. Les noms des personnages devaient commencer par la lettre M et un appareil électroménager de la marque en question devait figurer dans le dessin.

 

Nous sommes en Argentine. « Quand les journaux ont commencé à la publier, je me suis rendu compte que j’avais à faire à un personnage dont j’ignorais ce qu’il serait » note le dessinateur qui ajoute qu’il va prendre une revanche en s’évadant des premières bandes dessinées et faire de MAFALDA une gamine contestataire et engagée.

 

Tout comme moi, pour sa conclusion, Quino  avoue « J’aurais aimé avoir une sœur, parce que je me sens beaucoup plus à l’aise avec les femmes qu’avec les hommes. »

 

Mais son père, directeur d’un bazar, et sa mère, maîtresse de maison, sont morts trop tôt : elle, en 1945, quand Quino avait près de 14 ans ; lui en 1947, quand il en avait 17. Il ne termine pas ses études secondaires. Il commence les beaux-arts, puis vient à 18 ans battre le pavé de Buenos Aires, avec quelques pesos que lui a prêtés son frère aîné. Il rentrera trois semaines plus tard à Mendoza, sans argent et sans travail.

 

© Joaquín-S. Lavado (Quino) Agence Litteraire Caminito

 

Tous ses dessins étaient des chrysalides silencieuses.

 

C’est encore parfois le cas aujourd’hui. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à regarder les dessins de Quino où les personnages ne parlent pas. Le secret est dans leurs yeux : de simples points. Et c’est avec des points que, depuis quarante ans, il exprime la colère, l’amour et autres arghh, sniff et pouah.

 

« C’est un petit point de rien du tout, mais parfois on obtient l’expression voulue, et parfois non. »

 

 « J’ai arrêté Mafalda au bout de dix ans, parce que je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de mal à ne pas me répéter, je souffrais à chaque livraison. Quand on cache la dernière vignette d’une bande et qu’on connaît déjà la fin, c’est le signe que quelque chose ne va pas. Alors, par respect pour les lecteurs et pour mes personnages, mais aussi pour ma manière de sentir le travail, j’ai décidé ’abandonner cette série, tout en restant fidèle à l’humour que je n’ai jamais cessé de pratiquer. »

 

Quino, sur son site web : www.quino.com.ar

 

Quino, a rejeté jeudi 19 juillet 2018 l’utilisation de sa légendaire Mafalda par le mouvement qui s’oppose à la légalisation de l’avortement en Argentine, en plein débat parlementaire. « Je ne l’ai pas autorisée, cela ne reflète pas ma position », a écrit Quino dans une déclaration sur l’usurpation de sa célèbre fille irrévérencieuse qu’il a créée il y a plus de cinquante ans.

 

Quino, qui vient d’avoir 86 ans, a expliqué que « des images de Mafalda portant le foulard bleu symbolisant l’opposition à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse [avaient] été diffusées. Je n’ai pas donné mon autorisation, cela ne reflète pas ma position et je demande qu’elles soient retirées ».

 

« J’ai toujours suivi les causes des droits humains en général et les causes des droits des femmes en particulier, et je leur souhaite bonne chance dans leurs revendications. »

 

 

Umberto Eco établit le parallèle entre Charlie Brown le héros nord-américain « qui appartient à un pays prospère, à une société opulente à laquelle il cherche désespérément à s’intégrer en mendiant bonheur et solidarité » et Mafalda la sud-américaine qui « appartient à un pays plein de contrastes sociaux, qui ne demande pas mieux que de l’intégrer et de la rendre heureuse. » mais elle s’y refuse et repousse toute avance. Eco ajoute qu’elle est un « héros de notre temps » car elle est révélatrice des mœurs d’une époque. Bien sûr, pour beaucoup des générations Y ou pré-quadra les années 70 c’est aussi loin que l’Antiquité même si leurs références musicales y puisent l’essentiel. Quitte à passer pour un VC impénitent je persiste à penser que l’on ne se construit pas dans la pure immédiateté qu’il est indispensable de puiser dans l’Histoire des enseignements.

 

Nous les baby-boomers, post-soixante-huitard, avons été vilipendés par les héros de la nouvelle droite morale, libérale et nationale depuis, comme étant les corrupteurs de nos propres enfants alors que nous avons, trop sans doute, épousé notre temps en tournant la page des vieilles idéologies qui nous avaient nourries, structurées et en définitive bâties. Faire de nous un paquet compact, indifférencié, est une sottise qui est le signe le plus évident du niveau du débat actuel. Plus personne ne s’adresse plus à personne mais ceux qui tiennent le haut du pavé se contentent de délivrer du prêt à penser via les médias de masse qui déversent sur nous des images, du bruit, de l’absence de sens... Et quel prêt à penser ! J’aimerais qu’il ait une Mafalda qui surgisse pour railler ces postures de cour de récréation de prétendus grands de ce monde.

 

C’est à pleurer ! En ce moment, je l’avoue : pour la première fois de ma vie j’ai honte de nous…

 

Parents, offrez à vos adolescents scotchés sur leur tablette, bouffant des réseaux sociaux à longueur de journée, les albums de Mafalda !

 

© Joaquín-S. Lavado (Quino) Agence Litteraire Caminito

 

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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 07:00
L’e-cuisine du Taulier en sur l’île de Beauté : spaghetti au brocciu arrosé de Memoria 1 patrimonio d’Antoine-Marie Arena

« Qui n’en a pas goûté ne connaît pas l’île » affirme Émile Bergerat dans son livre Souvenirs d’un enfant de Paris 1887.

 

Le brocciu ou encore broccio est une « friandise » qui se consomme tout au long de son vieillissement. Frais, il se prête à toutes les fantaisies, nature ou agrémenté de sucre, d’eau-de-vie, de fruit ou de confiture sur une belle tranche de pain. Avec l’âge, il s’affermit et son goût s’affirme, et alors le brocciu s’allie avec tous les moments du repas, chaud, froid, frit : entrées, légumes, pâtes, poissons, viandes, œufs et, bien sûr, desserts.

 

Art venu du fond des âges, l’élaboration du brocciu par les bergers, tour de main précis et délicat, relève d’une forme de magie où, avec le même corps de règles, chaque produit est unique. . Indifféremment confectionné à partir de lait de chèvre ou de brebis, le brocciu se trouve sur les marchés lors de la période de lactation des chèvres et des brebis (de septembre à juillet). Son goût évolue en fonction des conditions d’alimentation des animaux. Pour les puristes, le brocciu confectionné avec du lactosérum de chèvre et de lait de brebis est le meilleur.

 

 

Dans Bergers Corses, Georges Ravis Gordiani, décrit avec la précision de l’ethnologue la confection du brocciu par les bergers du Niolu.

 

Photo extraite ICI 

 

« Il reste à faire le brocciu avec le petit-lait recueilli soit avant la mise en fattoghje (fromage de chèvre), soit à la suite de l’égouttage des fromages. On fait chauffer ce petit-lait dans un chaudron de cuivre étamé – paghjolu – ; le feu est ici la grande affaire. Il y faut un bois sec, non résineux (hêtre, chêne, aulne), en aucun cas le pin qui donnerait une flemme trop vive et ferait « attacher » le brocciu au fond du chaudron.

 

Quand le petit-lait atteint la température de 30° environ, le berger avec un ballet de bruyère, enlève la scurza, sorte de dépôt qui se forme au fond du paghjolu. Quand le petit-lait atteint une chaleur suffisante (environ 60°), que le berger apprécie à la main, on y jette le lait entier (u purriciu) qu’on a réservé à cet usage, et un peu de sel, et on règle le feu de telle manière que les flammes ne touchent plus le fond du chaudron. À cette phase de l’opération, la réussite dépend de la surveillance constante du feu et du mélange que le berger tourne lentement avec un bâton pour assurer la fusion du lait entier et du petit-lait.

 

C’est à partir de ce mélange que se fait la coagulation de la caséine du purriciu qui monte à la surface en emprisonnant toutes les matières grasses résiduelles du petit-lait. Elle forme alors une sorte de masse blanchâtre et tendre. On dit que le brocciu vene (vient). Quand, quelques instants plus tard, il s’ouvre laissant voir le jaune du petit lait, il faut enlever sans tarder le chaudron du feu. On doit alors « essuyer » (asciuvà) la surface du brocciu, lui enlever son écume et les impuretés (cendres, poussières) que la proximité du feu y a fait voler. Le berger le fait délicatement, avec une cuillère, jusqu’à ce que la masse du brocciu, à la fois compacte et souple, soit parfaitement blanche. Alors seulement il le ramasse avec une écumoire en fer (a paletta) et le dépose délicatement dans des moules en jonc. Comme le fromage, il redouble (appicia) les brocci. Au Niolu, un brocciu pèse rarement moins de 2,5 kg. »

 

Bien sûr le problème du brocciu c’est qu’il est bien difficile de s’en procurer hors de l’Île de Beauté mais, si vous avez un bon fromager, ce n’est pas totalement mission impossible de lui demander d’en « importer » du Niolu. Bref, la recette qui suit est pour moi un de ces plaisirs d’été dont je souhaite vous faire profiter.

 

Elle est simple

 

Des tomates mûres, de l’ail, du basilic, des spaghettis n°7 et bien sûr du brocciu.

 

Dans un saladier vous découpez vos tomates en cubes, vous y ajoutez l’ail coupé en lamelles et le basilic cisaillé grossièrement. Versez sur la préparation de l’huile d’olive. Mélangez et laissez reposer.

 

Dans un plat creux coupez le brocciu en cubes moyens.

 

Pour les spaghettis : cuisson al dente puis égouttage et arrosage à l’eau froide.

 

Ajoutez-les au mélange tomates-ail-basilic-huile d’olive.

 

Versez le tout dans le plat creux et opérez le mélange avec le brocciu.

 

 

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 07:00
On me dit que Bordeaux a retrouvé le goût de son vin alors que moi je n’ai voulu mettre dans mes bagages « Le Goût retrouvé du Vin de Bordeaux »

Actes Sud doit m’aimer – est-ce compromettant ? Je n’ai pas de mezzanine sauvage dans mon appartement – j’ai droit à des services de presse. Ainsi, tout à la fin du mois d’août dans ma boîte aux lettres matérielle – c’est tout de même mieux que de recevoir un e-mail dans lequel une ou un gratte-papier vous dévide des éléments de langage sur un bouquin – le facteur a déposé un paquet renfermant « Le Goût retrouvé du Vin de Bordeaux » écrit par Jacky Rigaux et Jean Rosen aux éditions Actes Sud. 

 

Fort bien me dis-je, mais, dans la mesure où j’avais pris deux décisions radicales à propos de mon séjour annuel en Corse : bagage minimal et pas de bouquins sur le vin – cure de désintoxication – cet opus prit place dans la pile en attente.

 

Pour être totalement honnête avec vous je me dois d’ajouter que lorsque j’entends parler de goût retrouvé j’ai des doutes qui se lèvent dans mon esprit caustique de non-dégustateur : en effet que savent-ils du goût d’avant ces deux éminents spécialistes, dont l’un baigne dans la néo-science dénommée dégustation géo-sensorielle ?

 

Pas grand-chose !

 

Mais que voulez-vous le monde du vin n’aime rien tant que de se payer de mots et, par les temps qui courent en ce domaine, c’est le prélèvement à la source qui est à l’ordre du jour.

 

Et puis, alors que je petit déjeunais sur la terrasse, face au splendide golfe de la Liscia, l’écran de mon ordinateur portable affichait : « Le Goût Retrouvé du Vin de Bordeaux » : le livre qui pourrait faire bouger les lignes ? publié par Jean-Pierre Stahl le 04/09/2018 à 07 : 47 :11.

 

Putain me dis-je, faire bouger les lignes, rien que ça !

 

 

Faire bouger les lignes : « Agir afin de changer les choses, rompre avec d'anciennes pratiques. »

 

Une quasi-révolution à Bordeaux, ça m’ébourifferait !

 

Bref, j’ouvre et je lis.

 

C’est long.

 

C’est élogieux.

 

Même qu’on sort le Stéphane Derenoncourt figure de Bordeaux et de Saint-Emilion, qui conseille une centaine de domaines dans le monde et signe la préface de ce livre : « c’est une mission bien singulière à laquelle s’accroche avec acharnement Loïc Pasquet », c’est presque un moine-soldat au service du terroir, qui a pourtant eu des déboires suscitant jalousies et vacheries comme avoir rasé ses pieds de vigne. (Une plainte avait été déposée aussitôt).

 

Ouille, ouille Jacquouille tu n’es pas dans le coup, ton silence va te priver de prendre la roue de ces révolutionnaires dont je ne soupçonnais pas l’engagement quasi-naturiste.

 

« D’emblée les auteurs précisent que « le but de ce livre n’est pas de lui faire une publicité dont il n’a nul besoin, mais de démontrer que, en dehors des pratiques actuelles, sans l’apport d’intrants plus ou moins nuisibles au vigneron, au consommateur et à la planète, et sans le secours de l’œnologie, le nouveau vigneron pourra non seulement faire parler son terroir et produire de l’excellent vin en pratiquant une autre viticulture, mais aussi y gagner sa vie correctement. »

 

Alors, démuni, nu, avant d’aller rendre visite aux poissons de la baie, je prenais deux décisions :

 

  • La première de poster un lien sur la chronique de Jean-Pierre Stahl ICI 

 

  • La seconde de vous livrer des citations extraites de la chronique :

 

« Ce sont des cépages qu’on a retrouvé dans des conservatoires nationaux ou dans les vieilles parcelles, ces cépages constituent Liber Pater ; pour les rouges on a 11 cépages assemblés et pour les blancs 3 cépages », Loïc Pasquet.

 

« L’idée, c’est de retrouver le goût du lieu ! Ces cépages-là étaient associés à un lieu typique…Quand on remet la vigne franche de pied sur son terroir qui l’a vu naître, on retrouve le vin du lieu, le cépage sert simplement de fusible qui exprime le terroir », Loïc Pasquet

 

« Ce vin là aujourd’hui, c’est vrai qu’on va plutôt aller le vendre sur des marchés américains, russes, asiatiques, et pourquoi pas le faire découvrir à ceux qui en ont envie : le tout est de trouver les amateurs qui ont envie de redécouvrir un vin tel qu’il était produit, c’est vrai que c’est une histoire, quelque chose de différent et c’est cela qui m’a plu dans cette histoire », Fabrice Bernard PDG de Millésima.

 

« Le goût du consommateur a évolué, les vignerons, et le climat, ont évolué, c’est une évolution perpétuelle et ce dont je suis sûr c’est que la qualité des vins de Bordeaux est bien meilleure qu’il y a 10 ans, il y a 20 ans et encore plus qu’il y a 50 ans » Christophe Chateau CIVB.

 

 

 

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 07:00
Mais qui donc est ce Jean-Guy Talamoni qui s’interroge sur la corsité de Paul Valéry ?

Sur la 4e de couverture il est indiqué que Jean-Guy Talmoni est avocat – donc un cher collègue Me Morain très amoureux de la Corse et des vins nus – et enseignant chercheur en droit et en littérature à l’université de Corse.

 

Pourtant ce patronyme et ce double prénom me disent quelque chose alors je fouine, je farfouille sur la Toile et, bien évidemment, je trouve.

 

8èmes rencontres Cap Lecture d’Erbalonga: « L’île que nous savons…» Jean-Guy Talamoni éditions Sammarcelli

09/08/2018 Stefanu Barbagelata Attualità, Cultura

 

Les 28 et 29 juillet derniers se tenaient les 8e rencontres « Cap Lecture » d’Erbalonga.

 

À l’occasion de ce rendez-vous littéraire, Jean Guy Talamoni présentait un essai sur Paul Valéry, intitulé « L’île que nous savons… » selon les mots du poète lui-même.

 

Au travers de ce titre évocateur transparaît toute la complexité des rapports du grand écrivain avec la Corse, faits, entre autres, d’un éloignement qui n’empêche ni la présence dans la pensée, voire dans l’inconscient, ni une certaine influence dans l’expression et l’écriture.

 

Jean Guy Talamoni, de manière méthodique et concise, rassemble, au fil de quelques 46 pages, les éléments qui permettent de se « réapproprier   ce qui nous revient » de la « corsité » d’un auteur qui, lui-même, au gré de ses correspondances, s’y réfère plus ou moins directement: « Né d’un Corse, j’ai souvent senti en moi le sang de notre race ; j’en ai senti souvent l’esprit dans ma pensée et dans mon coeur ; esprit que je n’ai pas puisé directement dans l’île, mais dont j’ai reçu l’émanation, la tradition par l’exemple de mon père corse et par l’éducation qu’il m’a donnée… »

 

La suite ICI 

 

Fort bien mais ça ne m’en dit pas plus sur ce Jean-Guy Talamoni.

 

Alors, je puise à nouveau dans le tréfonds de la Toile et je trouve

 

Entre littérature et politique : un peu de temps à l’état pur

 

Quelle étrange correspondance que celle que nous proposent les éditions Gallimard avec ces lettres échangées du 30 décembre 2013 au 29 avril 2017, entre deux corses très connus, la romancière Marie Ferranti et l’homme politique Jean-Guy Talamoni. A priori, deux personnalités très éloignées l’une de l’autre, puisque la première est l’une des plus éminentes représentantes de la production romanesque corse des vingt dernières années, dont une dizaine de romans, récompensés pour certains par le Grand prix F. Mauriac de l’Académie française comme Les femmes de San Stefano (1995) ou La princesse de Mantoue, Grand prix du roman de l’Académie française (2002). Une écrivaine reconnue au plan national dont beaucoup de livres se situent dans une Corse violente, comme le dernier publié, Histoire d’un assassin (2018). Et le second, un militant connu pour ses prises de position en faveur de l’indépendance de la Corse, personnalité iconoclaste, aux propos tranchants (« La France pays ami » !), considéré comme un dur dans le camp nationaliste.

 

La suite ICI 

 

Mais « … Bon Dieu mais c’est bien sûr » comme le disait Raymond Souplex, alias le commissaire Bourrel, dans les 5 dernières minutes… ce Jean-Guy Talamoni c’est aussi président de l’Assemblée de Corse.

 

« Talamoni parle aussi de ses amis, de Michel Rocard, du rôle de l’écrivain dans la société : assez curieusement l’homme politique semble s’ennuyer en politique et la romancière se passionner pour la politique. La romancière parle de politique et Talamoni fait de la critique littéraire. »

 

« Marie Ferranti et Jean-Guy Talamoni ont en partage une passion pour la lecture et l’écriture. Cela sauve de tout. Talamoni pose, au passage, le problème de la place de l’artiste dans la société actuelle avec la victoire des nationalistes et le risque de voir les acteurs culturels devenir des artistes officiels. Tous deux pensent que l’art donne du talent aux politiques. »

 

Revenons un instant sur la question de la corsité de Paul Valéry « Né à Sète, le 30 octobre 1871. D’ascendance corse par son père et génoise par sa mère… »

 

Alors que l’écrivain, « si l’on excepte la visite de 1929, s’est finalement, jusqu’au terme de sa vie, tenu à distance de la Corse. » peut-on pour autant affirmer qu’il fut indifférent à ses origines insulaires ?

 

Jean-Guy Talamoni, ne « tente pas ici d’ « annexer » artificiellement, au bénéfice de la Corse, une personnalité de premier plan. », il fait le point très honnêtement, sur la base d’éléments objectifs, son petit livre est passionnant.

 

Une seule citation, elle m’a profondément car elle me correspond :

 

L’insularité de Valéry

 

Valéry explique ainsi, en 1881, ce qu’est son « état d’insularité » :

 

« … j’ai dû commencer vers l’âge de neuf ou dix ans à me faire une sorte d’île dans mon esprit, et quoique d’un naturel assez sociable et communicatif, je me réservais de plus en plus un jardin très secret où je cultivais les images qui me semblaient tout à fait miennes, ne pouvaient être que miennes… »

 

 

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 07:00
Les bonnes sœurs… « Quel mignon petit garçon, propre comme un sou neuf ! »

Je n’ai aucun souvenir de ma rentrée en maternelle, le clan des femmes du Bourg-Pailler a toujours soutenu que je n’avais pas pleuré, même que j’étais tout heureux d’y aller.

 

En revanche, ce que dont je me souviens c’est de sœur Marthe, mon institutrice, une petite sœur de Mormaison, congrégation des Sœurs des Sacré-Cœurs, elle dut être mon premier amour.

 

Comme je ne suis pas chez moi je n’ai pas accès à ma banque de photos je ne puis vous montrer sœur Marthe qui était jolie femme, affichait un beau sourire, elle était douce et compréhensive.

 

Sur la photo-titre, les 4 bonnes sœurs ont des visages plus rébarbatifs mais vous pourrez ainsi mieux suivre la description qui est faites par Philip Roth dans son superbe livre Le complot contre l’Amérique.

 

 

« J’attendis le bus devant l’église, en compagnie de deux religieuses disparaissant sous l’étoffe lourde et grossière de ces volumineux habits noirs que je n’avais jamais eu l’occasion d’étudier d’aussi près. À cette époque, une robe de nonne tombait jusqu’aux pieds, et ce détail – ainsi que l’arceau de tissu empesé, d’un blanc étincelant, qui encadrait sévèrement leurs visages en leur interdisant toute vision latérale, guimpe rigide enserrant le crâne, les oreilles, le menton et la nuque, et elle-même assujettie à un sous-voile blanc – faisait des religieuses en costume traditionnel les créatures à l’aspect le plus moyenâgeux qu’il m’ait été donné de voir, plus déconcertantes encore que les prêtres aux lugubres allures de croque-morts. En l’absence de poches et de boutons, on ne pouvait pas deviner comment s’agrafait cette armure multicouches, comment on la retirait, à supposer qu’on la retirât, d’autant que, double touche finale, il y avait la grande croix de métal au bout d’un long sautoir d’énormes perles luisantes comme des agates accroché à une ceinture de cuir noir, et, fixé, à la guimpe, un vaste voile noir qui s’élargissait dans le dos et retombait jusqu’à la taille. À part la toute petite zone dégagée du visage banal, sans fard, dans son cadre, rien de doux, rien de flou nulle part.

 

« … je n’étais pas assez raisonnable pour brider mon imagination, et je ne cessais de me perdre en conjectures sur les mystères de leur corps féminin dans ses fonctions les plus humbles, toutes conjectures au caractère passablement salace. Malgré la gravité de ma mission secrète, cet après-midi-là, malgré ses enjeux, j’étais incapable de me trouver à proximité d’une nonne, et à fortiori de deux, sans me vautrer dans des pensées plutôt crapuleuses de petit juif. »

 

« Comme elles passaient devant moi pour descendre, la plus grande des deux nonnes me jeta un regard, et, avec une vague tristesse dans sa voix douce, peut-être à l’idée que le Messie était passé sans que je le sache, elle dit à sa compagne : « Quel mignon petit garçon, propre comme un sou neuf ! »

 

Tout moi quoi, sauf que malheureusement je ne suis pas Philip Roth !

 

Un roman de Philip Roth

Cauchemar nazi aux Etats-Unis

Avec « Le Complot contre l’Amérique », l’écrivain américain Philip Roth met en lumière, à contre-courant des idées reçues, les virtualités fascistes de son pays. Il imagine ce qui se serait passé si les Etats-Unis, en 1940, s’étaient ralliés à Hitler. Son nouveau roman est beaucoup plus qu’un livre de politique-fiction : une exploration de ce qui ronge la démocratie américaine.

 

ICI

 

Religieuses de Mormaison : 178 ans de présence ICI 

 

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 06:00
Le Manège enchanté du Taulier : tournicoti tournicoton, lisons, buvons… c’est bon pour la santé !

J’achète mes livres comme mes bouteilles, au feeling, à l’instinct, je baguenaude dans le petit commerce, on me dit « si vous avez besoin… n’hésitez pas… », ça c’est plutôt chez les cavistes, je réponds « pour l’instant, non, merci… », tournicoti tournicoton je continue de marauder, je m’arrête, j’hume, parfois je touche, je fais retraite dans ma petite Ford d’intérieur, là où sont stockés tous mes secrets, mes envies, mes coups de cœur, et puis soudain, saisis par une irrésistible attraction, je fond, j’empoigne, le choix est toujours une douleur mais je n’ai jamais de regrets même si parfois l’objet de ma soudaine passion ne se révèle par à la hauteur des espoirs placés en lui. C’est rare mais on tire toujours un profit de ses erreurs.

 

Les critiques, connais pas ! Pas celles à mon endroit mais les écrits de ceux dont la profession est d’orienter les choix, les guides, les notateurs. Je respecte, mais j’ai du mal à mettre mes pas dans les pas de gens que je ne connais pas, pourquoi auraient-ils les mêmes goûts que moi ? C’est surtout vrai pour les livres, dans le monde du vin, où je les croise, à une exception près, et elle n’est pas critique mais totalement addict aux vins nus, Dupont est hors concours, je me dis, mais je ne vous le dirai pas, ce serait féroce.

 

Donc ce matin, alors que beaucoup d’entre vous avez repris le collier, alors que moi salaud de retraité privilégié je m’adonne au farniente sous le soleil corse, j’ai décidé de vous livrer, comme dans les AMAP, mon panier de livres et de bouteilles…

 

Sans commentaires !

 

 

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