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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 06:00
21 août 1968 : la Vie brève de Jan Palach, le destin d’Alexandre Dubcek agent technique des eaux et forêts, Waldeck Rochet le bourguignon issu de la paysannerie, Aragon la Tchécoslovaquie le « Biafra de l'esprit… »

« Au-delà des malentendus, c’est aussi de la postérité différente des mouvements de 1968 qu’il s’agit. Celle du Printemps de Prague, c’est d’abord l’échec de la réforme à l’intérieur du régime communiste, qui a discrédité définitivement la perspective « révisionniste » dubcekienne à l’Est, tout en inspirant l’Eurocommunisme à l’Ouest (auquel tenta tardivement d’accrocher son wagon le PCF, en quête de crédibilité pour son adhésion au « Programme commun » – qui sera la référence des partis de gauche pendant les années soixante-dix).

 

Ce qui reste de l’échec de 1968 à Prague, c’est « la mort clinique du marxisme en Europe » (Kolakowski) et la perestroïka de Gorbatchev, arrivée vingt ans trop tard. Il reste aussi cet autre Printemps 1968, celui du renouveau de la société civile et de la « citoyenneté retrouvée », évoqué par Vaclav Havel « La citoyenneté retrouvée », introduction.... Ivan Svitak résumait ainsi « l’autre » programme de 1968 :

 

« De la dictature totalitaire vers la société ouverte, la liquidation du monopole du pouvoir, le contrôle effectif de l’élite du pouvoir par une presse libre et une opinion publique. De la gestion bureaucratique de la société et de la culture par les ‘coupe-gorge de la ligne officielle’ (terme de C. Wright Mills) vers l’application des droits de l’homme fondamentaux. » 

 

 

La Tchécoslovaquie, était sous la botte soviétique depuis 1948, Alexandre Dubcek le premier secrétaire du PC entend donner au socialisme « un visage humain ». Le «Printemps de Prague», commence en janvier 1968 et trouve un grand écho au sein de la population. En témoigne le « Manifeste des 2000 mots », en juin 1968, signé par 70 personnalités qui réclament la liquidation de l'ancien régime. Alexandre Dubcek supprime la censure, autorise les voyages à l'étranger et fait même arrêter le chef de la police.

 

Les gérontes du Kremlin craignent que l'aventure tchèque du « socialisme à visage humain » fasse tache d’huile et corrompe les autres « républiques démocratiques » du bloc soviétique. Dès le mois de juillet, Brejnev exige le rétablissement de l'ordre et surtout l'abolition du pluralisme politique tout juste restauré.

 

Au matin du 21 août 1968, les Européens se réveillent en état de choc. Des troupes blindées d'un total de 300.000 hommes ont envahi dans la nuit la Tchécoslovaquie sur décision de l'autocrate soviétique Leonid Brejnev. Des dizaines de milliers de parachutistes ont aussi atterri sur l'aéroport de Prague.

 

Les agresseurs appartiennent à cinq pays du pacte de Varsovie, dont fait partie la Tchécoslovaquie elle-même (URSS, Pologne, Bulgarie, Allemagne de l'Est, Hongrie). Ils prétendent intervenir à l'appel de responsables locaux en vue de sauver le socialisme dans ce pays d'Europe centrale où il a été imposé vingt ans plus tôt par l'Union soviétique à la faveur du «coup de Prague».

 

Dans la nuit du 20 au 21 août afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque il envoie les troupes du Pacte de Varsovie afin d'écraser le mouvement tchécoslovaque. Le PC tchécoslovaque tient un congrès extraordinaire clandestin dans les usines CKD, près de Prague, et reconduit Alexandre Dubcek dans ses fonctions. Pendant ce temps, celui-ci a été jeté manu militari dans un avion et transféré en Union soviétique. Le 23 août, il est fermement convié par ses hôtes soviétiques à signer un texte de capitulation. Après trois jours de pressions et de brutalités, il se résigne enfin.

 

Le 27 août, de retour à Prague, abattu et défait, il présente ce texte à ses concitoyens. Il y est question pour la première fois de «normalisation». C'en est brutalement fini du «Printemps de Prague» et de l'illusion d'un «socialisme à visage humain». Devenus inutiles à l'occupant, Alexandre Dubcek et les autres responsables du pays sont rapidement isolés et remplacés.

 

Les premiers jours, la population décide de résister pacifiquement à l'intervention soviétique. Les manifestations sont nombreuses, notamment à Prague. Les manifestants, surtout des étudiants, assiègent les chars. Les forces du Pacte de Varsovie ont l'ordre de réprimer la contestation. En quelques jours, les affrontements font un peu plus d'une centaine de morts et des milliers de blessés dans tout le pays. À l'automne, ce sont les ouvriers qui se mobilisent. La répression fait toutefois faiblir le mouvement, jusqu'à son épuisement en janvier 1969.

 

Désespéré, un étudiant, Jan Palach, s'immole par le feu le 16 janvier 1969 sur la place Wenceslas, à Prague. Des centaines de milliers de personnes assisteront aux funérailles de celui qui est devenu la figure légendaire de la contestation étudiante en Tchécoslovaquie.

 

Croyez-moi Jan Palach je ne l’ai pas oublié et si vous visionnez la vidéo ci-dessous  vous comprendrez ce que liberté veut dire. (désactivez le son pour lire la chronique)

 

Alexandre Dubcek  pendant des années vécut dans un faubourg de Bratislava comme agent technique des eaux et forêts. Dans une longue lettre qu'il adressa le 28 octobre 1974 au Parlement tchécoslovaque figure une esquisse d'autoportrait : « Le bouleau, bien qu'il soit un arbre délicat, fait montre d'une grande résistance et d'une capacité de vivre dans des conditions difficiles.»

 

La Vie brève de Jan Palach

SITRUK Anthony

ICI 

 

L’Histoire, « avec sa grande hache », prend tour à tour tous les visages, ceux d’un général à lunettes noires ou d’un gouvernement endimanché à la placidité rondouillarde, d’un survivant au corps raclé jusqu’à l’os par la famine et la mort ou du badaud qui regarde passer le train-train des événements, ivre d’indifférence. Le 16 janvier 1969, l’histoire tchécoslovaque n’a qu’un visage, celui, défiguré, calciné, de Jan Palach, étudiant praguois de vingt ans dont l’immolation publique, accomplie en protestation contre l’occupation « fraternelle » des forces soviétiques, vient de sidérer l’Europe. Il existe bien des moyens d’afficher son refus de l’asservissement et son désir de liberté, beaucoup optent pour le comptoir ou le mégaphone, le papier et la colle, Palach, lui, a choisi sa peau et le feu, passant en un éclair des partiels à l’Histoire. C’est l’histoire de ce geste qu’Anthony Sitruk, au fil d’un essai-reportage précis et fervent, nous narre avec une précision de témoin. Histoire d’un enfant parmi d’autres, d’un adolescent qui ne fait pas de vague, d’un étudiant moyen, histoire d’un Tchèque parmi beaucoup d’autres Tchèques qui soudainement, à l’issue d’une maturation lente et d’une volonté forcené, sort du lot pour se faire la Torche n°1, celle qui, espère-t-il embrasera le pays. D’autres suivront, d’un éclat égal, donnant à cette résistance l’allure d’une confrérie kamikaze d’« exaltés véridiques ». Médaillée, muséographiée, devenue icône de l’histoire tchèque, la figure de Jan Palach, c’est ce que nous montre cette enquête, résiste à l’embaumement, gardant après un demi-siècle sa véhémence tragique et sa fraternelle proximité.

 

              

Dans son livre “Communistes en 1968, le grand malentendu”, enrichi de nombreuses archives internes du PCF, l'historien Roger Martelli analyse l'attitude du “grand parti de la classe ouvrière” en Mai 68. S'il montre bien que le PCF a méprisé le mouvement étudiant, il réévalue son rôle moteur, via la CGT, dans la grève des travailleurs. Entretien. ICI

 

Un autre événement préoccupe le PCF en 1968 : le printemps de Prague, et la menace de son écrasement par l’URSS. Quelle a été son attitude à cet égard ? A-t-il loupé une occasion de montrer qu’il était moderne, en soutenant ce mouvement de libéralisation ?

 

  • Tout à fait. Quand se déclenche le printemps de Prague, le PC hésite dans un premier temps. Début avril, la direction condamne un responsable communiste, Paul Noirot, très favorable au printemps de Prague. Deux jours après, il fait volteface et le soutient, sans en faire un modèle, car ça revalorise en France l’image du monde socialiste. Mais il garde une attitude ambiguë. Il ne veut surtout pas en faire un modèle avant la crise de l’été. Puis, quand le PC voit la situation se crisper avec l’URSS et les dirigeants du bloc, il tente d’éviter le pire. En juillet, il veut jouer le rôle de médiateur entre les Tchécoslovaques et les Soviétiques, mais cela échoue. Le 21 août les Soviétiques interviennent militairement en Tchécoslovaquie. Pour la première fois de son histoire, le PC condamne l’intervention soviétique. Pour les militants c’est un choc mental, un cataclysme.

 

Le PC condamne, mais il veut éviter la rupture irréversible à l’intérieur du mouvement communiste mondial. Il espère déboucher sur une solution pacifique. Le 27 août, les dirigeants tchécoslovaques arrêtés une semaine plus tôt signent un accord de “normalisation”. Mais ce terme pouvait être entendu de deux façons : la normalité de la paix civile, ou la mise à la norme. Le PCF veut entendre le premier sens, donc il s’en réjouit, mais ne voit pas le second aspect. Or la “normalisation” se traduit par l’éviction de Dubcek [premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque en 1968-1969 et figure de proue du Printemps de Prague, ndlr], et le démantèlement de l’œuvre réformatrice de 1968. Le PCF ne prend pas de distance suffisamment forte avec la mise à la norme qui envahit hélas la société tchécoslovaque. Il ne voit pas que la force propulsive du soviétisme est terminée. En 68, sa position le range du côté de ce monde de l’Europe de l’Est qui révèle de plus en plus son obsolescence, voire même sa nécrose.

 

  • L’année 1968 met en lumière le rôle joué par un secrétaire général du PCF un peu oublié, Waldeck Rochet. Pourquoi n’estil pas retenu ?

 

Il mérite plus de considération que le sort que l’histoire lui a réservé. Il est porté à la tête du PC par Thorez lui-même. C’est un communiste à l’ancienne, un kominternien [de Komintern, Internationale communiste, ndlr], pour qui l’Union soviétique est le pivot de toute avancée démocratique. Mais en même temps c’est un homme très réservé, pas un doctrinaire, ni un violent. En 1956, il accepte de soutenir l’intervention soviétique en Hongrie, mais il le fait en des termes incomparablement plus mesurés que d’autres dirigeants politiques comme Thorez. Quand il devient secrétaire général du PC, officiellement en 1964, quelques mois avant la mort de Thorez, il impulse un aggiornamento prudent mais déterminé. Ça conduit le PC à peaufiner sa stratégie d’alliance, à mettre au centre la question de l’union de la gauche, revalorisée par la bipolarisation du conflit politique. Waldeck porte ce changement.

 

Mais en 1968, cet homme discret et distrait est confronté à deux chocs. En mai-juin, bon an mal an, il arrive à rester dans le jeu. Mais la fin du Printemps de Prague est encore pire à gérer pour lui. Il ne parvient pas à éviter le drame, il doit condamner l’Union soviétique, ce qui pour lui est une fracture mentale absolue, une fracture existentielle. De ce fait, à la fin de l’année il craque et entre dans une maladie neurovégétative qui le fait disparaître brutalement de la vie politique, laissant la place au seul qui donne l’apparence d’être un homme fort dans le parti : Georges Marchais.

 

Waldeck Rochet était issu de la paysannerie, il avait l’accent bourguignon, et ce n’était pas un tribun ni un homme de média. C’est un modèle de dirigeant politique hors du temps, qui a conduit un mouvement prudent mais déterminé de rénovation communiste, mais qui a butté devant ce double malentendu. Le PC n’a pas vu que la crise tchécoslovaque avait sonné le glas de l’expérience soviétique, en faisant la démonstration que décidément, soviétisme et liberté ont du mal à se conjuguer.

 

Propos recueillis par Mathieu Dejean.

 

Communistes en 1968 – Le grande malentendu, de Roger Martelli, éd. Sociales, 304 p., 22 €

 

PRAGUE 1968 : LE SOCIALISME PERD SON VISAGE HUMAIN

Lundi, 25 Août, 2008

Le témoignage de Roland Leroy ICI

 

La réaction du Parti communiste français se voulait sans équivoque. Réprobation vigoureuse de l'intervention soviétique, réaffirmation d'une conception unissant de façon absolue le socialisme et la démocratie, indépendance nationale des pays socialistes. Sans équivoque, mais limitée. Limitée par la volonté de ne pas rompre le « front anti-impérialiste », limitée par la conception du rôle pour le moins prééminent de l'Union soviétique, limitée aussi par une conception du rapport des classes sociales, conception retardant sur la réalité comme l'avaient déjà montré nos difficultés à saisir le sens nouveau des mouvements étudiants et universitaires français de Mai 68. D'ailleurs, ce qui se passa ensuite dans le Parti communiste français en témoigne. Le Comité central du Parti communiste français, en une sorte de balancement que nous appelions depuis longtemps déjà « lutte sur les deux fronts », fut amené à relever de leurs responsabilités Roger Garaudy et Jeannette Vermeersch ; le premier condamnant sans nuance l'attitude soviétique, la seconde tentant de la justifier. Mais, pour le plus grand nombre de communistes, cette épreuve fut douloureuse, à la fois source de déception par rapport à l'idée de la réalité soviétique, source de déchirement pour choisir entre la solidarité avec l'URSS et le respect de nos propres principes et engagements.

 

Nous ne sommes pas allés au bout de notre prise de position avec la conscience de ne pas devoir, de ne pas pouvoir aller plus loin. L'illustration la plus éloquente et sans doute la plus émouvante de cette attitude est donnée par Aragon. Il approuva avec vigueur la prise de position de son parti contre l'intervention. Il l'illustra de façon retentissante par sa magnifique préface à l'oeuvre de Milan Kundera la Plaisanterie : « Je me refuse à croire qu'il va se faire là-bas un Biafra de l'esprit... »

 

Aragon, interrogé sur 1968 en Tchécoslovaquie, explicita clairement cette, notre, position : « En1968, l'entrée à Prague des chars de divers pays socialistes a posé une grave question devant nous. On connaît à cet égard la position qui a été celle du Parti communiste français, et il ne l'a jamais reniée, ce qui n'implique pas que, par là, nous ayons l'intention d'aller au-delà de cette position comme on cherche par-ci par-là à nous le faire faire. Par exemple en niant l'existence du socialisme dans les pays socialistes ». Quarante ans plus tard, il semble évident que nous aurions dû, à ce moment, non seulement condamner l'intervention soviétique, ce que nous avons fait ; mais, plutôt que de préconiser une sorte de prudence, soutenir les efforts de ceux qui, en Tchécoslovaquie comme ailleurs, cherchaient une voie démocratique de transformation de la société.

L’été 68: après Prague, la rébellion d'Emil Zatopek

Une fois la Tchécoslovaquie envahie, le célèbre coureur de fond demande une action forte du CIO juste avant les Jeux olympiques de Mexico. En vain
Publié vendredi 24 août 2018 

Les sportifs sont «en colère» et les Jeux olympiques de Mexico «compromis», annonce la Gazette de Lausanne du 24 août 1968. C’est que la flamme olympique a été «solennellement allumée» la veille, «selon le rite antique aux rayons du soleil d’Olympie». Mais le quotidien vaudois se demande «si elle éclairera le 12 octobre le stade olympique de Mexico», car «une vaste campagne se déclenche en vue d’exclure des Jeux les sportifs soviétiques et les représentants des pays» qui prennent part «à l’occupation armée de la Tchécoslovaquie» depuis trois jours.

Rien de tout cela ne se concrétisera. Malgré le contexte politique extrêmement tendu avec Mai 68, les assassinats de Martin Luther King et de Bob Kennedy, l’invasion de la Tchécoslovaquie, la guerre du Vietnam, le génocide du Biafra, le massacre de Tlatelolco par l’armée mexicaine, commis quelques jours avant la cérémonie d’ouverture – et l’on en passe – les JO auront bien lieu, avec leur célèbre scène de protestation contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis par des sympathisants des Black Panthers.

Les athlètes soviétiques, au nombre de 312, y remporteront 91 médailles, juste derrière les 377 Américains, avec 107 médailles. Sans compter les résultats, brillants aussi, des alliés de Moscou dans l’affaire tchécoslovaque: Hongrie, Allemagne de l’Est et Pologne, notamment. Avery Brundage, le président du CIO de 1952 à 1972, n’avait pas remis en cause le déroulement des Jeux, qui auront finalement lieu dans une atmosphère pesante. Et avec des médias mexicains sommés d’évoquer le moins possible les remous estudiantins et la répression militaire, afin de ne pas «saboter» les JO.

La Locomotive gronde…

 

A l’époque, il fallait aussi compter avec l’aura des athlètes tchécoslovaques – 13 médailles à Mexico, 7es au classement des nations. Voilà pourquoi, adulé du monde entier, Emil Zatopek(1922-2000), le spécialiste des courses de fond (du 5000 mètres au marathon), dit «La Locomotive tchèque», se fâche. «Dans une édition spéciale clandestine du journal sportif Stadion affichée sur les murs de Prague», il demande que «les sportifs soviétiques», au même titre que les Sud-Africains, «ne soient pas admis à concourir aux Jeux olympiques de Mexico en raison de la situation tragique créée par l’occupation illégale de la Tchécoslovaquie».

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 07:00
À l’attention de Me Morain, le naturiste en robe noire, qu’est devenu le brie de Meaux Roi des Fromages et Prince des desserts ?

C’est du Talleyrand qui le sacra « Roi des Fromages » lors du Congrès de Vienne de 1815 devant les ambassadeurs de 30 nations, et parmi 50 fromages !

 

 

Me Éric Morain, qui fait ses courses à Terroirs d’avenir, mais qui va aussi à Monoprix, qui ne liche que des vins nus, vendredi dernier sur Twitter plantait une nouvelle flèche dans le flanc de son ennemi préféré : l’INAO :

 

« Quand on vous dit que nos Appellations d'Origines ne valent plus grand chose.

Merci @Monoprix de nous rappeler que #Meaux est en Espagne. »

 

 

Bien évidemment pour l’érudit que je suis, oui, oui, quand on évoque Meaux c’est à Jean-Bénigne Bossuet, Évêque de Meaux, prédicateur et écrivain, « le plus grand orateur que le monde ait connu » pour certains, que je pense puisqu’il fut surnommé l’aigle de Meaux.

 

 

Mais comme le virus de la politique ne m’a pas encore quitté je m’empresse d’évoquer Jean-François Copé, le roi de la Cocoe de l’ex-UMP.

 

 

Pour les petites louves et les petits loups ignares :

 

Le brie de Meaux, appellation d'origine protégée depuis 1980, est un fromage au lait cru de vache, à pâte molle, à la croûte fleurie d'un fin duvet blanc. Il est formé d'un cylindre plat (35 à 37 cm de diamètre, 2,5 cm d'épaisseur), dont la teneur en matière grasse est de 45 %. Le brie de Meaux se distingue par sa pâte jaune paille clair, sa consistance onctueuse, bien souple, mais non coulante, son bouquet développé au nez et, au goût et sa fine saveur de noisette. »

Source : France.fr

 

« Le Brie tout court on peut en faire partout dans le monde (tombé dans le domaine public en 1926) comme le Camembert d’ailleurs. En revanche, le Brie a deux AOC depuis 1980 : le Brie de Meaux (Décret du 29 décembre 1986) et le Brie de Melun Décret du 29 décembre 1980 et il existe aussi le Brie de Nangis, le Brie de Montereau et le Brie de Coulommiers pour lequel le chevalier blanc du lait cru, notre Périco Légasse, a lancé un cri d’alarme en  avril 2009 : « Il faut sauver le brie de Coulommiers », depuis je ne sais pas ce qu’est devenu son titanesque combat et s’il a sauvé le brie de Coulommiers des « griffes de Besnier »

 

L’aire de production du Brie de Meaux s'étend sur tout l'Est du bassin parisien (tout le département de Seine et Marne auquel s'ajoute une partie des départements de l'Yonne, de l'Aube, de la Marne, de la Meuse, de la Haute-Marne). C’est un poids lourd 6 798 tonnes, 1 producteur fermier, 6 fabricants : industriels privés et coopératives.

 

« L’histoire du Brie fermier en Brie va néanmoins de pair avec la diminution du nombre de vaches : 75000 en 1880, 53000 en 1914, 50000 en 1953, 12000 en 1985, avec une industrialisation qui consacre la Seine-et-Marne à la betterave et donc au sucre plutôt qu’aux pâturages (...) En 1914, on évaluait à 900 les producteurs de fromages fermiers en Seine-et-Marne. Ils «étaient encore 500 en 1928, mais en 1955 leur nombre était tombé à 28 »

 

 

Reste pour moi le Brie de Provins®

11 octobre 2011

Quand un Rothschild fait dans le fromage ça fait le brie de Provins ®

Lire ICI 

 

Pour finir, comme Me Morain roule dans Paris avec une petite anglaise je lui offre ce morceau de bravoure so british :

 

« Mesdames, messieurs, la seule notion de "normes minimales d'hygiène" a de quoi glacer le coeur de tout Français normalement constitué ! Je la trouve, quant à moi, terrifiante, comme tous ceux de mes compatriotes qui pensent que la vie ne vaut plus d'être vécue si l'on n'a plus le loisir de savourer les défis à l'hygiène que sont certains produits, créé avec amour par l'humanité - la France surtout - à partir de la planète de Dieu !

 

Dans une société irréprochable sur le plan bactériologique, qu'adviendra-t-il du Brie de Meaux, du crottin de Chavignol, ou du bleu d'Auvergne ? Dans un futur aseptisé, expérimental, génétiquement organisé, quelle place y aura-t-il pour l'archaïque fourme d'Ambert, le gruyère de Comté mal formé ou l'odorant Pont-l'Evêque ? L'obsession de l'homologation, de la catégorisation, de l'homogénéisation et de la pasteurisation viendra-t-elle émasculer les robustes roqueforts, reblochon vacherin et même le sempiternel camembert ? Cela paraît peut-être stupide à dire, mais une part importante de la civilisation européenne réside dans le génie et le savoir-faire que se transmettent d'âge en âge les auteurs de ces illustres concoctions... »

 

Extrait de l'allocution de son Altesse Royale le Prince de Galles pour le 75ième anniversaire de l'association France-Grande-Bretagne le lundi 2 mars 1992. Sacré Charles !

 

Là où Emmanuel Besnier passe le lait cru trépasse !

 

Seine-et-Marne : la Confrérie du brie de Meaux égratigne Lactalis

« Le lobbying de Lactalis […] est très actif auprès de la préfecture et de l’Institut national de l’origine et de la qualité. Leur objectif commun [NDLR : des industriels] est bien d’éliminer la concurrence notamment des deux fromageries familiales implantées en Brie. […] »

 

« On connaît la puissance de frappe [NDLR : de Lactalis] qui lui permet de racheter toutes les fromageries familiales et d’acquérir dans un premier temps une capacité de production de fromage authentique avant d’obtenir, par lobbying, un détournement de la notion d’appellation d’origine protégée (AOP) de produit de terroir. »

 

ICI 

 

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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 06:00
L'ANGELUS DE MILLET REVISITE par Moicani - L'Odéonie

L'ANGELUS DE MILLET REVISITE par Moicani - L'Odéonie

En ce moment je ne suis guère d’humeur guerrière alors lorsque j’ai lu la bafouille d’un certain Emmanuel Ferrand ICI je me suis laisse tomber ce gars-là il a oublié, ou il ne sait plus ce que c’est, les consommateurs. Faut dire qu’il produit des commodités qui servent à engraisser des gorets ou des poulets qui seront le minerai de l’agro-alimentaire, découpés, transformés pour le plus grand plaisir des voraces de la GD.

 

Ce brave homme, outre d’exercer la profession d’agriculteur, est un politique : conseiller régional de je ne sais quel bord, ce qui lui permet de taper sur les affreux jojos de Paris qui n’ont rien compris et de s’en remettre entre les mains « de la Science »

 

C‘est son droit, sa démonstration sur la dangerosité du glyphosate par rapport aux autres poisons est remarquable puisqu’il nous montre, à nous pauvres cons, que c’est une belle brochette de poisons violents. Je ne vous fais pas un dessin, ceux qui les épandent sont équipés comme des cosmonautes.   

 

Mais là où le pépère dérape gravement c’est lorsqu’il nous assène :

 

« Moi je réponds deux choses :

 

  • la première êtes-vous prêts à payer 40% plus chère votre alimentation pour compenser la perte de rendement ou le coût de distorsion économique avec les pays qui utilisent du glyphosate ? y compris dans la restauration collective qui tire les prix vers le bas ?

 

  • Et la deuxième est mais vous êtes où tous ces gens qui veulent nous dicter notre façon de faire alors qu’il y a 50 ans vous avez déserté les petites fermes familiales, la campagne et la nature si parfaite ? pourquoi vous avez fui cette campagne où un agriculteur gagne 350€/mois pour 70h de travail par semaine pour aller vivre en ville et nous demander une alimentation à pas cher ? Pourquoi vous n’êtes pas restés croupir dans les petites fermes mais tellement bucoliques à vos yeux ? Pourquoi plutôt que nous faire la morale vous ne revenez pas reprendre des fermes pour nous montrer comment on peut bien vivre en bio, en permaculture ou autres façons si naturelles et si prometteuses pour faire fortune ?
  •  

Là, je me fâche, du côté des prix dans la GD, l’argument est fallacieux, et les 40% plus cher c’est du grand n’importe quoi. Les mêmes qui, à la FNSEA, braillent, à juste raison, sur les prix de misère qu’on leur paye, sont les premiers à monter au créneau pour défendre le système. D’ailleurs, la GD va chercher son bio ailleurs que chez nous. Bravo les gars !

 

Je suis fils d’agriculteur, le petit dernier, mon frère ainé a repris la petite métairie de 15 ha, j’ai fait l’école d’agriculture de la Mothe-Achard avec un certain Luc Guyau, et si je ne suis pas devenu agriculteur c’est que j’en n’avais pas les moyens. Alors, de grâce, stop à la démagogie, désertion, fuite, rester croupir… faut pas déconner avec ça, relire la Révolution Silencieuse de Michel Debatisse, un auvergnat, président de la FNSEA. Tout ça a été organisé avec les lois d’orientation des années 60 sous l’égide des gouvernements du général. Travestir l’Histoire pour quelqu’un qui s’en remet à la Science en dit plus long qu’un discours de madame la présidente de la FNSEA.

 

 

Je n’ironiserai pas sur les 5 années d’école d’agriculture. Nos écoles ne sont pas des modèles d’innovation.

 

L’argument de la haute valeur gastronomie française liée à l’agriculture survitaminée est du genre boomerang qui vous revient à la gueule : la tendance est au naturel et au local, et pas qu’à Paris bien sûr. Produire de la valeur est notre vocation, pas de faire du grain pour les cochons en batterie.

 

Reste le sommet du « Alors foutez nous la paix !! et faites-nous confiance !! »

 

Eh bien, c’est non. Nous les citoyens consommateurs, mais savez-vous ce que nous sommes, nous vendez-vous directement ce que vous produisez, oui nous sommes en droit d’exiger des politiques, nous les élisons, qu’ils fassent prendre un virage à l’agriculture française qui, pour les grandes cultures, pompe l’essentiel des aides directes de l’UE. Vous êtes peut-être anti-européen camarade ?

 

La chute du texte est de la même hauteur « Mais surtout si un jour vous deviez avoir faim vous qui nous donnez des leçons dans les villes, oubliez-nous et ne venez pas nous chercher comme en 1945 pour vous donner à manger. »

 

Faut pas pousser pépé dans les chiottes, personne n’est allé chercher les agriculteurs en 1945 pour qu’ils nourrissent le peuple des villes affamé. L’irruption du fameux progrès a boosté les rendements, il suffit de lire Grenadou paysan français (chronique à venir) pour mettre à bas cette fable que l’on nous sert et ressert à l’envi. D’ailleurs, pour qui connaît l’Histoire, très vite les excédents sont apparus et sous la IVe République les pouvoirs publics, avec le FORMA, ont forgé les outils de régulation qui serviront à fabriquer les OCM, la fameuse PAC.

 

 

Bref, madame Sepeau Ivaldi ICI enfourchant le même bourrin que son actionnaire nous parle de guerre « C’est ainsi que s’il y a une guerre à mener, c’est celle du déploiement de la technologie et de l’innovation dans les exploitations pour que chaque décisions techniques soient fondées sur un raisonnement scientifique. Et que l’on mette un point final à l’opposition de modèles qui ont chacun leurs versants flamboyants et leurs revers plus sombres. »

 

Et pourtant, monsieur Ferrand, elle écrit dans Vitisphère, et que je sache le vin n’est pas une nourriture indispensable à la vie des humains, bien sûr c’est bon pour le moral et le convivial, alors s’il est un secteur où le glyphosate doit être immédiatement banni c’est dans la vigne.

 

Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est un argument de bobo parisien, la montée en gamme chère à Macron, passe par ce chemin et non, comme continue à le penser le président Farges de Bordeaux, par une viticulture copiant les industriels du Nouveau Monde.

 

Enfin, monsieur Ferrand, arrêtez de présenter ceux qui ne prennent pas les mêmes chemins que vous comme des illuminés, des moins que rien, des minables… Beaucoup d’entre eux vivent bien, exportent des produits de haute valeur, et d’ailleurs, je suppose que vous n’êtes pas dans la tranche des agriculteurs à 350€/mois pour 70h de travail par semaine, qui sont les victimes du système que vous défendez au nom de la Science.

 

PS. Combien touchez-vous d’aides PAC ?

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 06:00
Pendant que Bernard Burtschy en fout plein la musette aux rosés de Provence moi je vous parle de celui du domaine Camaïssette d’Olivier Nasles

Sur face de bouc le 28 juillet Bernard Burtschy  écrivait :

 

« Beaucoup de rosés, de Provence et d'ailleurs, ont atteint un tel niveau de médiocrité qu'il n'est même plus possible de les distinguer des importations à petits prix.

 

Pourtant, il en existe une poignée qui résiste comme celui élaboré par Roselyne Gavoty au domaine éponyme. Et vous pouvez l'oublier plusieurs années en cave, il n'en sera que meilleur.

 

Dans la courte liste, il faut rajouter Château de Roquefort et Sainte Roseline (pas toutes les cuvées) en Côtes de Provence, château Simone à Palette et quelques bandols (Pibarnon, Sorin, Olivette, La bégude, Tempier).

 

Tout le reste ou presque ne vaut pas tripette, même au bord de la piscine. Et quant à la pénurie, vaste rigolade: une "fake news" bien dans l'air du temps. »

 

Et ça foutait le bordel dans le Landerneau des visages pâles, pardon des roses pâles. Moi, vu que le rosé de Provence me laisse aussi froid qu’un glaçon destiné à le rafraîchir,  comme disait Chirac « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre… »

 

Et pourtant, n’étant pas à une contradiction près me voilà qui achète à la file 3 rosés : un nature du Luberon, un Thunevin-Calvet qui mettait Laurence dans tous ses états et enfin un rosé des Coteaux d’Aix-en-Provence du domaine Camaïsette, signé Michelle Nasles.

 

 

Michelle Nasles est la maman d’Olivier Nasles qui signe le vin avec elle sur la contre-étiquette.

 

Souvenirs, c’est l’âge !

 

Je pourrais commencer par écrire qu’Olivier Nasles est une huile puisque je l’ai connu lorsqu’à la SIDO je tentais de réveiller les producteurs d’huile d’olive de notre vieux pays ; dans ce monde de vieux endormis il décoiffait. D’ailleurs il prendra la tête de la jeune interprofession de l’huile d’olive : l’AFIDOL

 

 

Olivier est œnologue voir ICI

 

28 octobre 2008

 

Les 3 mêmes questions à Olivier Nasles œnologue engagé

 

« Il parait qu’il est tombé dans une barrique. 4ème génération d’une famille vouée entièrement au vin, il co-exploite aujourd’hui avec sa mère, présidente des Coteaux d’Aix, le domaine de Camaïssette, exploitation de 25 hectares, en AOC et, aussi, en oliviers, sa dernière passion. Depuis1986, il est patron d’un laboratoire d’œnologie, créé lors de son 25ème anniversaire.

 

C’est bien une huile puisque :

 

« En 2004 il siège au CN de l’INAO et depuis 2007 il est Vice-président du CAC (Conseil Agrément et Contrôle) de l’Institut  devenu National de l’Origine et de la Qualité et il est membre de son Conseil Permanent. »

 

Sa position éminente au CAC me permettait de lui tailler un costard :

9 juin 2008

Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC

Lire ICI 

 

Au JO du 18 Février 2017  

          

M. Nasles (Olivier) à Eguilles (Bouches-du-Rhône) est nommé président du comité national de l'agriculture biologique de l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO)

 

 

Olivier Nasles : « Si elle veut survivre, l’oléiculture provençale est condamnée à se réformer »  ICI 

 

25 juillet 2017

 

« La production française représentant moins de 5 % de la consommation nationale, il faut, selon lui, renouveler la vision du travail des oléiculteurs en prenant compte des nouveaux enjeux économiques et écologiques. « Notre production moyenne est ridiculement basse par rapport à des productions marocaine, espagnole, tunisienne. Là où nous allons récolter 200 à 300 litres d’huile pour un hectare, un oléiculteur marocain va en obtenir 1 000 à 1 200 litres. Pourtant certains paysans français sont capables de produire 700 à 800 litres par hectare ! Je prends leur exemple pour les autres producteurs et les avertis : « Certains peuvent le faire, pourquoi pas vous ? »  clame le président du syndicat. Le problème c’est qu’il y a un manque de professionnalisation du secteur. Nous sommes des agriculteurs compétents mais les oliviers sont un complément de récolte. La plupart des oléiculteurs focalisent leurs efforts principalement sur la vigne, les fruits et les légumes ».

 

Fort bien me direz-vous mais le rosé du domaine Camaïssette qu’en penses-tu Ô grand dégustateur ?

 

Eulala, comme dit ma copine Camille, grande vendeuse de vin nu, je ne me sens pas qualifié et j’ai bien envie de demander à Bernard Burtschy car lui en connaît un rayon du côté des rosés de Provence...

 

Il est bio, normal Olivier préside le comité bio de l’INAO, ça va faire plaisir à ma copine Laurence.

 

Je le trouve un peu pâlichon, il m’a coûté 6 euros 10.

 

Il fait 13°

 

Pour l’heure la bouteille est au frigo, elle attend… Rassurez-vous je la boirai…

 

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 06:00
Entre Jean-Luc Thunevin et moi tout a commencé en janvier 2008 et pourtant je ne suis jamais retourné à Maury en dépit de l’invitation de Marie Calvet.

Le pauvre Jean-Luc que je présentais en janvier 2008 : « ancien ouvrier forestier, disc-jockey, employé de banque et marchand de vin » je l’avais rebaptisé : THUVENIN.

 

Ça l’a fait beaucoup rire. Tout autre que Jean-Luc se serait offusqué mais lui prit la chose du bon côté en soulignant que l’alliance de la thune et du vin suffisait à son bonheur alors que le venin venait d’ailleurs. Après ce contact purement épistolaire Jean-Luc et moi nous avons dû nous rencontrer physiquement, de manière tout aussi pure, au salon de la RVF.

 

 

Lire  ICI  « Autour d’une bouteille » consacré à Murielle Andraud et Jean-Luc Thunevin sobrement titré « le Vin de garage ». C’est chez Elytis. 14€. Le questionneur-dégustateur est Gilles Berdin. Jean-Luc me l’a porté en mains propres à sa descente du TGV de Bordeaux.

 

Même si j’ai viré naturiste, je ne suis de ceux qui renient l’amitié et avec Jean-Luc, les racines sont profondes mais vous n’avez besoin de savoir.

 

Et puis, y’a Maury !

 

Souvenir d’un vendredi soir, lors de ma mission Vin Doux Naturels, où je suis monté avec Jean-Pierre Borie, enfant du pays, à Maury pour une réunion, à la salle omnisports, avec les viticulteurs de Maury, englués dans la crise, piégés par les tenants de l'immobilisme, « rien que du vin doux », le président de la cave coopérative en tête. La salle était pleine, presque tout village. C’était chaud mais sans agressivité, de l’angoisse, de l’écoute. J'en garde un souvenir fort et la conviction profonde que le devoir de vérité est dû à ceux et celles qui, dans leurs vignes, leurs caves, le quotidien de notre viticulture. Rien n'est jamais acquis, rien n'est jamais perdu.

 

Bref, le Jeudi 14 février 2008 via le blog du Jean-Luc j’ai reçu cette lettre :

 

M. Berthomeau,

 

Nous nous rappelons aussi très bien de votre venue à Maury. Vous avez été reçu, vous l’avez dit par une  assistance nombreuse. Ces hommes et ces femmes étaient à l’époque inquiets de la situation, découragés, las. Pire, ils ne croyaient plus en ce qui avait représenté toute une vie pour certains, l’avenir pour d’autres : leur métier, la vigne.

 

C’est dans ces circonstances que vous avez fait connaissance avec Maury.

 

Peu après votre venue, une nouvelle équipe dirigeante a pris la tête de la coopérative. Oh, le changement ne s’est pas fait en douceur, bien qu’une grande majorité des coopérateurs aient donné leur confiance à Paul Armingaud et son équipe. Mais peu à peu, grâce à des décisions justes et une ligne de conduite inflexible, la situation s’est améliorée. Mise en place d’un cahier des charges, lignes de rémunérations différentes en fonction de la qualité des apports, meilleur choix des partenaires commerciaux ont été des stratégies qui ont porté leurs fruits en quelques années. Bien sûr, il y a aussi eu des licenciements, des sacrifices à faire, tant au niveau du personnel que des coopérateurs. Mais aujourd’hui, la situation financière de la cave est assainie et les rémunérations aux coopérateurs ont recommencé à augmenter.

 

Bien qu’ayant quitté la Cave coopérative en 2004, pour poursuivre notre chemin avec Jean-Luc, nous avons gardé avec elle d’excellentes relations, commerciales comme amicales.

 

Il en va de même de nombreuses autres caves particulières. Cette entente entre producteurs est même devenue un atout puisque a été créé en 2007, à l’initiative de la municipalité, La Maison du Terroir et son association regroupant une vingtaine de caves particulières et la Cave Coopérative dans le but de promouvoir les vins de Maury autour d’un bar à vin et d’un restaurant de qualité.

 

Alors bien sûr, aujourd’hui, il y a encore quelques individus (les innommés ..?) qui croyant pouvoir s’exonérer de leurs fautes passées tentent d’enrayer cette mécanique de la réussite qui est en place à Maury et qui n’est pas de leur fait.

 

Mais, le fait est, Monsieur Berthomeau, que si vous reveniez aujourd’hui à Maury (et je souhaite que cela soit possible) vous seriez certainement accueilli par les mêmes personnes qu'il y a quelques années ; la différence, c’est ce que vous trouveriez dans leurs yeux : la fierté ! La fierté de pouvoir faire le métier qu’ils aiment et en vivre.

 

Maury, nouvelle St Emilion du Roussillon ? Le Châteauneuf du Sud ? Nous y croyons !  Nous en avons aujourd’hui retrouvé l’ambition! Parce que des hommes comme vous et comme Jean-Luc Thunevin ont commencé à y croire et à nous convaincre que c’était possible.

 

 Revenez nous voir, Monsieur Berthomeau, Maury a retrouvé son âme. 

 

Marie Calvet

 

Pourquoi cette remontée de souvenir ?

 

Tout bêtement, baguenaudant sur le boulevard Saint-Germain vendredi après-midi je suis entré à La Maison Des Millésimes  37 Boulevard Saint-Germain, 75006 Paris, haut-lieu des GCC, pour faire un peu de provoc en demandant du vin bleu.

 

Plus sérieusement, après avoir causé de tout et de rien avec Thomas le caviste je suis reparti avec une boutanche de la Cuvée Constance 2016 de Thunevin-Calvet. 10 euros.

 

Voilà c’est écrit, et je suis prêt à retourner à Maury si Jean-Luc m’y conduit dans sa Porsche-Cayenne noire – je déconne – nous convierons Isabelle Saporta qui, comme moi, adore Jean-Luc.

 

 

 

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 06:00
Comme un sous-préfet au champs, le dimanche du Taulier dans les festivités vineuses de Châtillon-en-Diois.

La fenêtre de ma chambre donnait sur la place de la mairie et, dimanche, aux aurores, le comité des fêtes de Châtillon s’activait, avec discrétion, autour de la fontaine. Les rues et les viols étaient déserts, la lumière était belle, il me fallait endosser mes oripeaux de petit reporter.

 

En me brossant les dents je pensais au sous-préfet aux champs d’Alphonse Daudet :

 

 

« Le sous-préfet est en tournée. Cocher devant, laquais derrière, la calèche de la sous-préfecture l’emporte majestueusement au concours régional de la Combe-aux-Fées.

 

Pour cette journée mémorable, M. le sous-préfet a mis son bel habit brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d’argent et son épée de gala à poignée de nacre...

 

Sur ses genoux repose une grande serviette en chagrin gaufré qu’il regarde tristement.

 

M. le sous-préfet regarde tristement sa serviette en chagrin gaufré : il songe au fameux discours qu’il va falloir prononcer tout à l’heure devant les habitants de la Combe-aux-Fées :

 

— Messieurs et chers administrés...

 

Mais il a beau tortiller la soie blonde de ses favoris et répéter vingt fois de suite :

 

— Messieurs et chers administrés... la suite du discours ne vient pas.

 

La suite du discours ne vient pas... Il fait si chaud dans cette calèche ! »

 

Ici, le sous-préfet est à Die, je ne l’imagine pas venir, avec son bel habit brodé, sa casquette enguirlandée de feuilles de chêne et de feuilles d'oliviers brodées d'or, couper le ruban tricolore du Festival Arts et Vigne de Châtillon-en-Diois.

 

 

Aujourd'hui le costume de préfet et de sous-préfet comprend désormais trois tenues :

 

  • une tenue de cérémonie, constituée d'un veston croisé avec pattes d'épaules brodées et parements de manches brodés amovibles. Le pantalon comporte une bande de soie noire, la casquette est brodée d'or.

 

  • Les membres féminins du corps préfectoral portent une veste avec une jupe et une toque-tricorne de feutre uni bleu marine.

 

  •  une tenue de cérémonie d'été (notamment pour les préfets exerçant en Outre-Mer), analogue à la précédente, mais blanche

 

  • une tenue de soirée, habit à pattes d'épaules brodées, gilet blanc et pantalon à bande d'or.

 

Les parements de manches comportent pour le préfet des dents de cannetille et deux ramages juxtaposées de feuilles de chêne et de feuilles d'olivier (pour les sous-préfets pas de cannetille et une seule guirlande).

 

Les pattes d'épaules ont deux feuilles de chêne et deux feuilles d'olivier (une seule feuille d'olivier pour les sous-préfets)

 

La casquette comporte deux guirlandes de feuilles de chêne et de feuilles d'oliviers brodées d'or (une seule guirlande pour les sous-préfets)

 

L’heure n’est pas aux rêveries, je descends.

 

La boulangère d’à côté affiche une mine renfrognée, je lui achète un pain au chocolat pour me caler et je pars avec en mains mon petit Leica pour aller m’immiscer dans les méandres des viols voir ICI  où je shoote comme un mort de faim.

 

Je suis en manque de caféine, il est temps d’aller me caler un expresso au café des Alpes, et de lire la presse locale du jour.

 

 

Dans un ciel pur comme de l’eau de roche se plaque un soleil dur, je décide de monter jusqu’au cimetière du village.

 

 

 

« Ce qu'il y a de plus beau dans les cimetières, ce sont les mauvaises herbes. » Francis Picabia

 

Et les mauvaises herbes prospèrent sur les tombes abandonnées. Le contraste entre les tombeaux rutilants et le désastre des stèles avachies, moussues, le fatras rouillé des couronnes  et des fleurs artificielles, montre la vanité des uns et l’oubli des autres.

 

Alors, je rêve qu’on me porte en terre au cimetière Montparnasse, au petit matin comme les comédiens excommuniés, sans fleurs ni couronnes, quelques pelletées de terre, le silence éternel. Aucune plaque, que la petite colline de terre sous laquelle je vais me dissoudre, disparaître. Que les rares amis qui feront avec moi ce dernier voyage aillent boire un verre, dans la joie.

 

 

Pour l’heure, en redescendant jusqu’au village, j’ai le sentiment d’être un poulet rôti.

 

 

Sur la place tout est en place : que la fête commence !

 

En musique !

 

 

Verre à la main, les gens font patiemment la queue pour licher du jaja du coin. Je n’en suis pas, mon naturisme ne me le permet pas. Je liche une bière artisanale en terrasse, puis je me mets en chasse des gens qui se sont mis sur leur 31.

 

Ça creuse de shooter !

 

Direction le café de la mairie car le Jancou a décidé de ne pas cuisiner.

 

 

Légère sieste.

 

Au lever, la place est vide, ils sont tous partis manger je ne sais où ?

 

L’heure est maintenant à l’Art, je me fais toutes les galeries les unes après les autres, comme je suis charitable je ne piperai mot. Je n’ai rien acheté, c’est dire !

 

La journée s’étire, j’ai de nouveau une petite faim alors je décide de m’envoyer un petit jaune chez Pierre accompagné de cochonnailles locales fort goûteuses.

 

 

Y’a de l’ambiance chez le Pierrot, ça cause fort, ça s’envoie du lourd, ça chante, ce n’est pas tous les jours la fête au village.

 

 

Et soudain, le ciel se fâche. Des cordes ! Comme vache qui pisse. Le repli. Suis trempé comme une soupe.

 

Le ciel s’apaise.

 

Je ressors.

 

Croise une mobylette bleue.

 

 

Ce soir Pierre a décidé nous nourrir à la fortune du pot. Je fais la connaissance de Céline, discute avec Aurélien Lefort, de mon idée de boui-boui, de tout et de rien… Je culbute le reste de la bouteille de Raphaël Beysang entamée hier au soir.

 

 

Clap de fin !

 

Je prends le frais sur la terrasse…

 

 

Au-dessous, au café de la Mairie, un orchestre fait de la musique. C’est encore la fête au village…

 

 

J’imagine que le sous-préfet de Die est déjà au lit. Il se nomme Patrick Bouzillard.

 

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 07:00
Je n’ai pas pu compter le nombre de viols à Châtillon-en-Diois !

Sitôt arrivé au village je suis allé garer ma petite auto dans les bas quartiers afin qu’elle ne gêna pas les festivités du dimanche. Alors que je remontais la petite pente pour me rendre au café des Alpes chez l’ami Pierre Jancou, quelle ne fut pas ma surprise de tomber nez à nez avec un viol.

 

L’office du tourisme du village, 550 habitants, rassure les pauvres parigots tête de veau qui pourrait prendre le mot à la lettre :

 

« Si, de nos jours, il ne reste rien du château, le vieux village offre aux visiteurs le charme de ses remparts, de ses ruelles dénommées "viols" (terme local d'origine provençale - découlant du latin via - désignant les ruelles étroites) et de ses fontaines. »

 

Le dimanche matin, à la fraîche, j’ai parcouru les méandres des viols Châtillonnais pour prendre quelques petites photos. Désolé, j’ai parfois tendance à pencher à gauche.

 

 

8 juin 2018

Châtillon-en-Diois (4) : Au fil des "viols" du village / Balade dans la Drôme

ICI

 

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9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 06:00
Quand André Valadier qui a l’Aubrac au cœur apprenait à dresser les bœufs « Le dresseur joignait une paire et la laissait attachée dans l’étable pendant plusieurs heures. Les bœufs avaient le temps de méditer quand ils ruminaient sous le joug : on considérait qu’ils acceptaient de le porter »

J'ai deux grands bœufs dans mon étable,

Deux grands bœufs blancs marqués de roux ;

La charrue est en bois d'érable,

L'aiguillon, en branche de houx [...]

 

S'il me fallait les vendre,

J'aimerais mieux me pendre,

J'aime Jeanne, ma femme :

Eh ! bien j'aimerais mieux

La voir mourir que de voir mourir mes bœufs...

 

C'était le tube pour noces et banquets du pépé Louis doté d'un bel organe et qui portait beau avec sa moustache à la Foch. L'homme avait des idées très arrêtées, entre autres que le tracteur ne remplacerait jamais ses bœufs charolais sur la base d'un raisonnement qui se tenait : ils ne coûtaient pas cher à entretenir et quand on les remplaçait ils valaient des sous, eux. Quand il entonnait le couplet, je suis persuadé qu'il vivait les paroles. La mémé Marie, femme de devoir, n'en prenait pas ombrage. C'est à lui que je dois ma courte carrière de toucheur de bœufs enjugués. Ce n'est pas aussi simple que ça en a l'air : muni de son aiguillon sur l'épaule il faut tout d'abord appeler les bêtes dans le bon ordre : Jaunet-Blandin, tout en touchant (piquer le cul avec le bout de l'aiguillon qui est muni d'une petite pointe d'acier) le boeuf qui va impulser la bonne direction, soit celui de droite quand on veut virer à gauche par exemple. Fallait pas être pressé. Nous allions avec le tombereau ramasser les betteraves et les choux. Les grandes roues du tombereau creusaient dans la glaise des chemins creux et des chaintres de profondes empreintes. Pour le labour, j'ai un vague souvenir de la charrue Brabant à manchons. Fallait tirer droit, mais c'est mon frère aîné Alain qui prenait les engueulades. Le jour où on a vendu la dernière paire de boeufs à Mougard, le maquignon avec sa blouse noire et son gros portefeuille bourré de billets, le pépé Louis a pleuré.

Une vieille chronique du 18 avril 2007

 

16 juin 2011

Deux hommes et un dessein : l’Aubrac d’abord ! Christian Valette et André Valadier ICI 

 

La période hivernale était également consacrée au dressage des bœufs « Fabriquer des tracteurs vivants sur huit pattes motrices à l’époque où l’énergie renouvelable était une obligation » était un travail exigeant de l’expérience, de la dextérité et de la patience. Il était essentiel dans les fermes de l’Aubrac dont les revenus reposaient en partie sur la vente des bœufs dressés qui représentaient ainsi une plus-value de 20% par comparaison avec des animaux (entre autres, les bœufs vieux) destinés à l’abattoir. André Valadier, appelé à prendre la succession de son père, apprit donc à joindre sous le joug les mâles castrés de deux ans (doublons) et de trois ans (tersons). Les tracteurs étaient rarissimes sur l’Aubrac en 1947-1950 et personne ne songeait alors qu’ils pourraient détrôner les bœufs. Le département de l’Aveyron comptait le 1er janvier 1948 307 tracteurs pour 35 à 40 000 exploitations, ce qui représentait la moyenne d’un par commune seulement. André Valadier découvrit à cette occasion que c’était un art d’apparier les bêtes, de constituer des paires homogènes en s’efforçant d’accorder deux têtes et des cornes après une minutieuse observation de leur comportement. Il apprit beaucoup auprès de son père. Pour les tersons, le dressage débutait toujours pendant l’hiver et les périodes de mauvais temps. « Le dresseur joignait une paire et la laissait attachée dans l’étable pendant plusieurs heures. Les bœufs avaient le temps de méditer quand ils ruminaient sous le joug : on considérait qu’ils acceptaient de le porter. Nous répétions la même opération pendant plusieurs jours. Puis nous les détachions de l’étable et nous les conduisions au dehors. Cette manœuvre demandait la présence de deux hommes équipés de l’aiguillon. Le premier passait devant et les « appelait » puis le second fermait la marche et « poussait » les animaux qui renâclaient à avancer, tête baissée.

 

« Quand ils commençaient à relever la tête, nous les emmenions dans la campagne. Les dresseurs choisissaient  des chemins proches de l’exploitation et bordés de murets de pierre pour que les bœufs ne se retournent pas lorsqu’ils seraient engagés. Redoublant toujours de prudence et pour plus de sécurité, on associait un jeune bœuf – surtout s’il était rebelle – et un animal dressé. Les bœufs s’écartaient facilement pendant le dressage, tentant parfois de s’échapper. C’était dangereux ! Lorsqu’ils s’étaient habitués à l’aiguillon, aux ordres et au joug, ils ne bronchaient pas. Mieux ! Ils ruminaient. Nous disions alors qu’ils étaient « soumis » et dressés. Dans un deuxième temps, on pouvait leur imposer de charrier un traineau chargé de pierres ou d’une grume qui n’était pas équarrie. Les premiers matins, on les emmenait sur des chemins enneigés pour les mettre en confiance : ma neige étouffe tous les bruits. Dans les débuts, on ne les attelait jamais à un tombereau ni même une charrette : le cliquètement des moyeux et le passage des bandages métalliques sur les cailloux du chemin les auraient effrayés. Si nous attendions le printemps pour dresser des bœufs, nous assemblions des fagots de buissons et de traverses pour construire un traîneau que nous appelions alors une clède ramade, alourdi de pierres. Puis on attelait les bœufs pour le amener au travail dans les prés et les devèzes. Grâce aux buissons, ce traîneau permettait d’émietter les mottes de fumier éparpillées dans les parcelles, de rabaisser les taupinières, de ramasser des quantités de feuilles morte tombées des arbres depuis la Toussaint.

 

« Si elle était attelée tous les jours, une paire de bœufs jeunes obéissait après un apprentissage de quatre à cinq semaines. Puis, on pouvait leur confier la herse mais pas une charrue parce qu’ils auraient labouré maladroitement. On patientait souvent quelques mois avant d’accrocher aux retondes (les anneaux de l’attelage) le timon du tombereau, de la charrette, de la faucheuse. Quand les bœufs prenaient seuls l’initiative de tourner à la fin d’un sillon pour repartir dans la direction opposée et s’engager dans un nouveau sillon, c’était une belle promesse pour l’avenir. C’était la preuve que nous étions parvenus à les maîtriser. Nous éprouvions une grande fierté. Les animaux qui ruminaient en travaillant étaient rompus à toutes les tâches : c’étaient les plus forts et les plus dociles. Nous dressions par parfois des taureaux. C’était plus dangereux et difficile mais notre satisfaction était encore plus grande lorsque nous y arrivions : ils étaient plus résistants et plus puissants. Leur utilisation est notamment appréciée lorsqu’il fallait rassembler des quantités de pierres en prévision de la construction d’un bâtiment. »

 

André Valadier conserve des souvenirs précis de ces années où il dressait les bœufs, de l’étroite complicité qui unissait l’homme et l’animal dans l’effort à l’occasion des grands travaux. Il appartient à l’une des dernières générations d’éleveurs – sinon la dernière – qui pratiqua cet art difficile, en s’appuyant sur l’expérience des anciens, avant que la diffusion des tracteurs ne le précipite aux oubliettes et transforme le quotidien des exploitations… »

André Valadier l’Aubrac au cœur Daniel Crozes au Rouergue.

 

 

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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 07:00
Portraits sans retouche de Châtillonnais, Châtillonnaises, en Diois, fêtant le vin…

Me promenant au petit matin, dimanche, dans les rues du village médiéval, mon Leica en main, un des organisateurs du Festival Arts et Vigne de Châtillon-en-Diois, très impressionné me dit « Vous êtes un artiste ? » Gentiment je le détrompe « Je profite de la lumière du matin pour faire des photos… » Lui, pas convaincu, insiste « Vous ferez des photos de la fête, j’espère… » Comme un bon politique, en campagne électorale je dis « Oui… »

 

Chose promise, chose due, je sillonnerai la fête pour mettre en boîte quelques portraits à la volée avec l’assentiment des intéressés.

 

Ce ne sont pas des portraits d’art, n’en déplaise à mon admirateur matinal, mais rien des clichés de villageois en fête, verre à la main.

 

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8 août 2018 3 08 /08 /août /2018 06:00
Brèves de comptoir au café des Alpes : Pierre Jancou prend Racines à Chatillon-en-Diois… Le Taulier toujours le premier !

Il n’y eut aucun avis de recherche et pourtant Pierre Jancou avait disparu depuis des mois des radars de la bistronomie parisienne.

 

« L’absence de son nom dans l’actualité des chefs en cette rentrée des classes culinaires (ndlr 2017) est assourdissante. C’est que Pierre Jancou nous a habitués à faire parler de lui, pour une ouverture ou un projet de restaurant à venir. Depuis la Bocca, son premier bouclard jusqu’à Achille, l’homme âgé de 47 printemps n’a pas cessé de bouger, de créer, souvent avec talent. Mais que devient Pierre Jancou ? »

 

le 28 / 05 / 2018 son ami François Simon titrait :

 

PIERRE JANCOU, LE RETOUR !

 

« On le devinait tourner autour du pot, vouloir revenir, oublier la fin laborieuse d’Achille, mais où ? Il semble que Pierre Jancou ait trouvé son point de chute, le délicieux café de son village de la Drome, Châtillon-en Diois, le Café des Alpes qui ouvrait dès 6h30 pour les locaux et les travailleurs. Il ouvrira à la mi-juillet une formule très simple: salades, sandwiches pour les nombreux randonneurs avant de s’embarquer plus haut dans une salle en cour de rénovation. Pierre Jancou a ouvert son nouveau site  tout en portraits décalés et un poil punk…toujours sur le vin vivant. La meilleure nouvelle du mois. »

 

Fort bien très chers lecteurs fidèles, mais qui donc est allé, avec sa petite auto, sous un cagnard d’enfer de ce mois d’août, faire la première du café des Alpes à Châtillon-en Diois ?

 

Moi, bien sûr !

 

Je ris dans ma barbe de 3 jours de vieux bobo non révisé. Aller se glisser dans les plis et replis de la France profonde (Vidal de la Blache) n’est pas à la portée des abonnés aux étoilés…

 

Pour faire genre, avant de vous narrer mon équipée, quelques précisons pour mieux cerner la quête de Pierre Jancou :

 

Café, bar, caboulot, buvette, bistrot, troquet, rade, bouclard, estaminet, mastroquet, assommoir…

 

C’est un lieu dans lequel on boit. « On ne va pas dans un troquet ou un « bistroquet » pour prendre une coupe de champagne, plutôt un coup de rouge ou de blanc, ou une bière. On ne s’y attarde pas pour le plaisir. On s’y assied rarement. »

 

Les bistrots sont « des endroits où le quotidien s'égrène doucement au rythme de l'horloge biologique d'un quartier, du café de six heures et de la découverte des nouvelles dans le canard plié derrière le comptoir, près du compteur du téléphone, aux premiers blancs secs lorsque le bourguignon ou la blanquette commencent à mijoter en cuisine. Pour les apéros, par strates successives, les menus ouvriers à midi, le plat du jour, le digestif de quinze heures, l'accalmie de quatre heures. Les cafés, les chocolats à la sortie de l'école. Et cette longue zone de flou du soir qui s'éternise pour ceux qui, par solitude ou par goût, repoussent à plus tard le retour vers chez eux.

 

Voilà ce qu'est un bistrot. Un concentré de l'âme d'un quartier. »

 

Extrait de « Au vrai zinc parisien » de François Thomazeau et Sylvain Ageorges.

 

« Ce qui fait le bistrot, le vrai bistrot, c’est sa disponibilité dans le temps : il est ouvert du matin au soir, plus ou moins tôt, plus ou moins tard, mais sans interruption. »

 

Le bistrot, comme le café du coin, en tout lieu, grande ou petite ville, patelin, c’était le peuple qui y allait, le populo, les classes dangereuses, les poivrots, les traîne-lattes, les vas-de-la-gueule, les petits vieux et les mémés solitaires, les poinçonneurs de tickets de tiercé, le facteur, le boulanger, le boucher, les étudiants fauchés, les filles émancipées, les bidasses en goguette…

 

Fermez le ban !

 

 

J’arrive samedi sur la place du Reviron, cœur de la petite cité, la mairie, la fontaine, je gare ma petite auto, je loge chez Véro, une chambre d’hôtes au premier étage au-dessus du café de la mairie. Je me désaltère en terrasse. L’accueil est chaleureux, sans jouer sur les mots. Je m’installe. Je vais ensuite garer ma petite auto dans le bas du village car le lendemain dimanche c’est la fête de la Vigne à Châtillon-en Diois.

 

 

Me voilà chez Pierre, il « essuie les verres au fond du café », de son café des Alpes qui ne paie pas de mine mais c’est Le Café du village, là où se retrouvent les hommes du village, quelques femmes aussi, le café du matin, des lignes de petit jaune à l’apéro, à l’à pic du bar, sur le trottoir, ça cause fort, ça se charrie, des blagues, chacun tient son rang, grand ou petit, un petit confetti de la France des terroirs.

 

Le Diois c’est quoi ?

 

Le Diois cultive d’autres façons de vivre

 

« Tijlbert Vink est un entrepreneur de 36 ans dont le patronyme rappelle les origines néerlandaises. Ses parents ont quitté les Pays-Bas pour débarquer dans la Drôme quand il avait un mois. « J’ai dû voyager dans le coffre d’une 2 CV », raconte-t-il en souriant. Accompagnés d’un couple de compatriotes, ces jeunes urbains diplômés avaient laissé derrière eux Amsterdam pour effectuer un « retour à la terre », comme tant d’autres dans les années 1970.

 

Les Vink ont choisi le Diois, un pays de moyenne montagne constitué autour de la petite ville de Die, nichée entre le Vercors, les Préalpes et les monts de la Drôme provençale. Le climat est doux et la place ne manque pas. Ils y ont élevé des chèvres, puis ont cultivé des plantes aromatiques. Leur « héritier » se trouve aujourd’hui à la tête de l’Herbier du Diois, une entreprise qui réalise 5,4 millions de chiffres d’affaires et emploie 42 personnes, à Châtillon-en-Diois, un village de 560 habitants. »

 

La suite ICI

 

 

Voilà j’ai fait mon devoir.

 

Je bois l’excellente bière que me propose Pierre. Il me parle de son projet, il a l’air apaisé, loin du bruit et des fureurs de la notoriété parisienne, il est dans son élément, bien dans ses baskets qui sont des sandales, toujours un peu inquiet de bien faire, le voilà patron d’un petit boui-boui qui, je le crois, va faire son chemin, son chemin de traverse bien sûr, tranquille, sans esbroufe, simple et de bon goût, se fondre dans le paysage des habitués du café sans pour autant abandonner son identité de découvreur de belles quilles de vins nu. Et de bons produits pour la table ça va sans dire.

 

Ce soir je dîne au bar, souvenir, souvenir, des canons de Pierre bu au bar d’Heimat puis d’Achille…

 

C’est plein !

 

La carte du soir est écrite au blanc d’Espagne sur un tableau plaqué au mur.

 

 

Je confie le choix du vin à Pierre, très bonne pioche :

 

 

Je choisis :

  • Soupe froide de lentilles corail
  • Mijoté d’épaule d’agneau haricots/tomates
  • Clafoutis aux mirabelles

 

 

Le service d’Anaïs au bar et en salle est souriant et prévenant.

 

Pierre est, évidemment, au four et au moulin, et Anezka concocte les bons petits plats.

 

Bien sûr je ne suis pas François Simon, je n’ai pas le bras long, mais sans flagornerie je puis vous assurer que je me suis régalé, la soupe froide, outre d’être la bienvenue, alliait la beauté à la subtilité. J’ai bien mangé, j’ai bien bu, merci Petit Jésus !

 

La satiété !

 

« Mais les femmes caressées à satiété n'ont besoin de rien, ne désirent rien, ne regrettent rien. Elles rêvent, tranquilles et souriantes. »

Guy de Maupassant, Contes et nouvelles, t. 1, Caresses, 1883

 

Rassurez-vous, je ne suis pas liché toute la bouteille au dîner, Pierre l’a rebouchée, je la finirai le lendemain. C’est du bon nature, comme j’aime, celui qui se fait mitrailler par les hargneux et les teigneux de tout poil (ils détestent les vins à poils) qui enragent de voir leur jaja formaté délaissé.

 

Je prends le temps, je prends mon temps, je me laisse aller, sentiment d’éternité…

 

 

Avec la nuit, l’embrasement a fait place à une tiède douceur qui incite à la flânerie dans les ruelles du vieux village. Demain matin je me lèverai tôt pour y faire des photos.

 

C’est ma première sortie de Paris depuis 7 mois, je profite, je goûte avec délectation le plaisir de baguenauder, de m’asseoir en terrasse pour lire, pour rêvasser, aligner des mots sur mon petit carnet, d’espérer… de partager… de perdurer… le dur plaisir de durer… je sèmerais bien des petits cailloux pour aller côte-à-côte sur mon dernier bout de vie.

 

C’est l’heure d’aller dormir, à demain…

 

Notez bien sur votre petit cahier de devoir de vacances : le café des Alpes, le nouveau bouiboui de Pierre Jancou qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour l’extension du domaine du vin sans poudre de perlin-pinpin…

 

Je sais, Mareva Saravane, Isabelle Spiri, Guillaume Nicolas-Brion, je fais des jaloux, ne m’en veuillez pas, si ça vous dit, nous irons de conserve, Mareva sur son vélo tout terrain, Isabelle en stop depuis le Vercors de papa-maman, Guillaume en blablacar, et moi sur mon tacot électrique de vieux bobo, déjeuner, dîner, au café des Alpes lorsque Pierre aura mis un point final à son projet… sur la terrasse pour le plaisir du partage…

 

 

 

 

 

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