Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 décembre 2018 4 27 /12 /décembre /2018 06:30
Fondation Louis Vuitton exposition consacrée à Egon Schiele (1890-1918)

Fondation Louis Vuitton exposition consacrée à Egon Schiele (1890-1918)

ADC : Que pensez-vous de la vogue des vins dits « nature » ?

 

  • Ça n’existe pas ! La nature ne fait pas du vin, mais du vinaigre : le vin est une invention de l’homme. Le vin nature est une offense à l’esthétique, une offense au terroir, car le vin nature exprime rarement le terroir. Sans parler des défauts : oxydation, reprise de fermentation, autolyse des levures… Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le vin qui désoiffe mais celui qui inspire.

 

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés »

 

C’est la cinquième demande du Notre Père que j’ai si souvent rabâché, débité à toute blinde comme on se débarrasse d’une corvée.

 

« Demander le pardon, écrivait Sainte Thérèse d’Avila, c’est reconnaître notre faiblesse, notre péché, nos résistances à l’accueil de l’amour de Dieu, et ainsi nous ouvrir à la grâce. »

 

Je n’ironiserai pas sur le sens de l’esthétique de nos winemakers goulus, ces stakhanovistes de l’extraction, ces mondialistes de vins sans âme, formatés, tripatouillés, maquillés, la quintessence du faux luxe pour les nouveaux riches, les oligarques.

 

C’est la culture Louis Vuitton !

 

Quand à ce pauvre terroir, invoqué, jamais défini, leurre absolu, il est bien plus offensé par tout ce qu’on y balance, avec la complicité des consultants indifférents, depuis des décennies que par l’érection des vins dit nature.

 

Cette charge outrancière, bien plus aigre que ce fameux vinaigre si souvent invoqué par ces pharisiens des chais, c’est le marketing du buzz.

 

Posture, imposture, les plus ardents défenseurs de l’art officiel, celui des grands vins à la mode winemakers, même lorsqu’ils se disent rock-and-roll, ex-mauvais garçon, on peut aimer Tom Waits tout en n’étant guère borderline, ne sont que la queue de comète d’une société d’hyperconsommation où la distinction se mesure à l’épaisseur de son compte en banque.

 

Faut assumer les mecs !

 

115 domaines en France et 19 à l’étranger, des États-Unis à la Syrie, c’est du taylorisme moderne.

 

Votre suffisance est un vrai signe de faiblesse.

 

Remettez votre nez dans vos éprouvettes et laissez-nous le soin d’exprimer nos goûts qui, ne vous en déplaise, sont tout aussi respectables que les vôtres.

 

Vos vins ne m’inspirent pas, sans doute suis-je trop peu cultivé, je n’ai pas fait la LPV, je préfère les vins du défunt Henry-Frédéric Roch à vos vins sans âme, fruit de calculs, photoshopés,  je ne vois pas au nom de quoi vous vous érigez en juge des élégances.

 

Vous l’êtes, si peu, élégants.

 

La nature ne fait rien, même pas du vin, ni du vinaigre d'ailleurs, c’est la main de l’homme qui fait, alors de grâce à l’image de ces confesseurs impérieux listant nos fautes, cessez de nous emmerder avec celle des prétendus défauts des vins nature, bien sûr qu’il y a des vins nature imbuvables mais que dire des vins de faux-luxe assis sur une masse à 2 balles qui peuple les rayons de la GD ?

 

Rien, les œnologues et les marchands de poudre de perlin pinpin, alliés aux marqueteurs, ont  habillé le vin populaire avec les fringues des bourgeois, certains winemakers y posent leurs signatures pour quelques euros de plus.

 

Les affaires sont les affaires, je n’ai rien contre, bien au contraire, mais de grâce ne venez pas du haut de votre chaire nous donner des leçons d’œnologie.

 

On s’en branle de votre tambouille mais n’affirmez pas que vous n’en fassiez pas !

 

Sur votre lisse tout glisse, morne plaine, ennui, vous tentez de nous faire accroire que vous sculptez des vins alors que vous ne faites que des décalcomanies.

 

Comme le Père Noël le vin nature n’existe pas mais, même si ça vous énerve, il est bien présent, se vend, s’exporte, prend place sur des belles tables, fait découvrir le vin à des néo-consommateurs, joie et bonne humeur dans les bars à vin, tout le contraire des airs compassés de vos master-class.

 

Que « Tu parles Charles… » ne vienne pas ramener sa fraise pour me taxer d’aigreur, je ne fais que répondre, avec mesure, à un propos outrancier.

 

Et puis, cerise sur le gâteau, voilà t’y pas que les récupérateurs de tendance, le Grand Gégé en tête, se ruent, comme la vérole sur le bas-clergé, sur la dénomination nature pour fourguer leur jaja de GD.

 

Reste le péché mortel, l’horreur absolue, celui qui te jette dans la géhenne, les affres des feux de l’enfer, mais qui, d’un petit coup de machine à laver plus blanc que blanc, la confession, un acte de contrition, 2 pater et un ave, te remet sur pied, te redonne ta virginité.

 

Il en est ainsi de nos winemakers en transit dans les hubs d’aéroport, c’est leur storytelling, ils sont les rebouteux modernes, ceux par qui les vins bancals remarchent, les vins malades guérissent, les vins mal foutus se refont une beauté pour défiler sur les podiums.

 

C’est un métier, pas un sacerdoce, alors merci de cesser de nous faire la morale. Allons, allons, les gars, y'a pas de filles ou peu,  si le génie se nichait dans la technique ça se saurait depuis le temps.

 

En buvant ce je bois je n’offense ni l’esthétique, ni le terroir, je bois, je me donne du plaisir, je partage, je n’ai à implorer aucun pardon pour mes fautes de goût auprès des gardiens du temple, qui ne sont d’ailleurs que des marchands du temple, je suis un vieil homme indigne vos boulevards ne sont pas les miens, je préfère les chemins de traverse, la nature quoi !

 

 

 
Tom Waits !
 
Une gueule d'enfer, sombre, une dégaine de bagnard sorti du film de Jim Jarmuch Dawn by Law, un déglingué distingué, une voix de gorge, shaker de Rock et de Blues,  remplie d'effluve d'alcool et de tabac Jockey full Bourbon, un déjanté radical, un iconoclaste drôle, un décalé tout droit sorti des Bas-fonds de Chicago, un mec qui chante pour les paumés et les égarés de la vie...
 
 
Waits possède une voix reconnaissable entre tous, décrite un jour par le critique Daniel Durchholz  comme trempée dans un fut de Bourbon séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture. Encore un grand Monsieur du Rock !
 
 

C'est également un grand acteur qui a joué dans Short Cuts deRobert AltmanDracula de Francis Ford CoppolaCoffee and Cigarettes, Down by Law de Jim Jarmush dont il a écrit la bande son qui est une petite merveille  

Partager cet article

Repost0

commentaires

Facile 31/12/2018 09:41

Facile comme papier, et que de raccourcis vous aussi mr B... Car si Derenoncourt fustige les vins natures c est bien ceux dont on reconnait qu ils sont natures avant d être des vins de lieu! J ai moi même pris récemment un St Epine pour une Py de Foillard.. Mais je trouvais cela très bon.

Donc pour info, la société de Derenoncourt conseille 115 domaines en France et 19 à l etranger, ce n est pas lui tout seul! au moins une 10aine de consultants

Dire que les vins sont "sans âme, tripatouillés, formatés, maquillés" c est bien mal connaitre leur travail! vous devez confondre avec le héros de Mondovino...

Et vous connaitriez un peu mieux le monde des vignerons -je ne parle pas des gros négociants fournisseurs de gd-, vous sauriez certainement que mis à part le soufre assez peu d intrants sont utilisés. Je vous imagine déjà brandir le coedex oeno... oui et alors? combien de fonctionnalités utilisez vous sur votre smartphone sur toutes celles qu il contient??? Et sans comptez des Natures dont vous n imagineriez pas que finalement ils "bricolent", et croyez moi il y en a et plus que vous ne pensez, foi de vigneron!

Et l oenologue n est pas forcément le médecin, il est aussi et surtout l oeil exterieur. Bravo aux natures qui on le courage d aller jusqu au bout de leur demarche et de vendre aux vinaigriers au degré/hecto leurs vins daubés, mais encore un croisé récemment qui clamait haut et fort alors qu il vend d habitude 12e ses quilles, "là c est réussi, je le vends 30e"...

Bref si Derenoncourt a peut être été maladroit, il ne cherche pas de polémique et encore moins de "putaclic" comme d autres...

JACQUES BERTHOMEAU 31/12/2018 10:07

une signature vaut mieux qu'un pseudo vous qui croisez beaucoup de monde et qui connaissez si bien les vignerons...

Edouard 27/12/2018 16:45

“Henry-Frédéric Roch” ;-)

Feuilly 27/12/2018 11:09

En rapport avec les vins nommés natures, j'aime à rappeler les propos d'un vigneron alsacien :
"Ceux qui veulent croire que le terroir existe à l'état naturel et spontané se trompent. Le terroir,
c'est l'homme qui taille et laboure. C'est le regard de l'homme qui le fait."
C'est d'André Ostertag, vigneron à Epfig.

pax 28/12/2018 07:19

Tout à fait d'accord. Cette belle profession de foi est à l'opposé des propos de Deiss à Bergheim. Avec ce corollaire que Ostertag produit des vins d'Alsace d'une belle rectitude parmi les plus fins et les plus élégants alors que Deiss, certes avec succès mais pourquoi pas, fait du Deiss.

Masson 27/12/2018 10:11

Il serait intéressant de faire une dégustation à l'aveugle de vins natures et classiques. Mêmes terroirs et années.Mêmes ordre de prix.
Jury à la fois amateurs et pro.

pax 28/12/2018 07:18

Proposition des plus intéressantes mais qui risque de rester longtemps un vieux pieu comme le démontre ce reportage hier lors du JT d’Antenne 2. On nous présentait avec simplicité et rigueur Vincent Couche vigneron de Buxeuil dans la côte des Bar. Il élabore un champagne selon le savoir faire des amateurs de vins natures : passionnant. En finale, une dégustation comparée, à l’aveugle par l’inénarrable… Desseauve *, (seul, sans son bête âne) Arriva ce qui devait arriver : commentaire du bout des lèvres (pour ne vexer personne sans doute) du champagne Couche et commentaire satisfait et gourmand de l’autre champagne Desseauve ayant du mal à cacher son plaisir à se retrouver en pays de connaissance.
* Miraculeusement épargné, nominativement, dans l’amusant et partagé jeux de massacre que constitue la chronique de ce jour.
Proposition

pax 27/12/2018 07:09

Hier le cher Taulier évoquait avec un soupçon de nostalgie une reconversion de patron d'un bouiboui.
Aujourd'hui, c'est une vrai compétence de barman qu'il nous révèle.Quel cocktail que cette chronique !
Tout ensemble : La GD,les winemakers,Louis Vuitton,les pubards,les journaleux,les bons apôtres,les sentencieux (hors de moi pas de salut) . On secoue le shaker , on jongle , avec un sourire de sous entendus et un malicieux clins d'oeil complice on le repose religieusement sur le bar, on l'ouvre et hop,
le contenu dans l'évier. Chapeau l'artiste,bis, ter, encore, encore...
Aigreur ? oui celle des vins avant traitement pour les rendre conformes et buvables pour faire honneur à l'étiquette.
Aigreur ? non, sainte colère ! un point c'est tout. Hugh !

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents