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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 07:00
Pour égayer vos têtes de gondoles payez-vous 1 Master of wine, c’est chic pour vendre des vins à 2 balles.

Master of wine, sûr que ça impressionne madame Michu et tonton Marcel lorsqu’ils poussent leurs caddies chez LIDL pendant la foire aux vins du hard, ça pète comme titre, ça en impose, pensez-donc une peau d’âne dans la langue de Shakespeare c’est tout de même mieux que marchand de vins.

 

Pas sûr, qu’ils vendent du vin d'ailleurs les hardeurs-discounteurs ?

 

Pour ne pas faire de peine aux gaulois rétifs ils leur ont traduit ce titre ronflant : c’est écrit en tout petit : maître œnologue.

 

Là encore Lidl ne s’offre pas de la gnognotte mais un maître œnologue, 246 dans le monde entier, la crème de la crème quoi ! Pas la piétaille des œnologues qui triment dans les chais, non des gars et des filles capables de vous réciter leur bachotage vineux jusqu’à plus soif. Des singes savants.

 

J’aime bien Stéphane Derenoncourt rien que pour ça :

17 novembre 2008

 

Les 3 mêmes questions à Stéphane Derenoncourt ‘’surtout pas œnologue’’

 

ICI 

 

Donc, le dénommé Adam Lapierre égaye les têtes de gondoles de Lidl et ça donne ça : des prix tout riquiqui…

 

 

En cadeau Bonux le spécial Butane&Degaz pour Paris-Match

 

 

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8 septembre 2018 6 08 /09 /septembre /2018 07:00
« Dans le Dupont tout est bon » 20/vin le Spécial vins du Point fait baver d’envie tous les porteurs d’eau de la presse qui courent derrière…

Plus putassier comme titre ça n’existe pas !

 

J’assume !

 

Je le dédie à un ancien acheteur de Monoprix devenu vigneron qui affirmait récemment, pour complaire à ses amis de Face de Bouc, que je n’avais plus tout à fait ma raison depuis que je ne sifflais que des vins nus.

 

Pourquoi tant de mépris ?

 

Les vins qui puent ne sont pas la tasse de thé du Jacques alors je suis dédouané pour chanter :

 

« Ils sont toujours derrière… » les 2 aveugles (sic RMC) Dupont et Bompas…

Inspiré par les paroles de la chanson L'article 214 (elle est toujours derrière) paroles de Charlus.

 

Mais si tout est bon dans le Dupont, ce qui n'y est pas va me permettre de quitter la brosse à reluire pour la paille de fer.

 

En effet, le Jacques veut bien chanter les louanges du bio, à la rigueur de la biodynamie mais le sans intrants, les non-interventionnistes, n’entrent pas dans son champ d’investigation. Comme je ne suis pas sectaire, j’ai toujours vécu avec un statut de minoritaire, ça ne me pose aucun problème, en clair je bois ce que je veux, je ne fais aucun prosélytisme, simplement je me dis que les vins nus vaudraient bien une petite messe, allez rien qu’une messe basse pourquoi pas.

 

Ainsi, j’aurais aimé qu’au moins, dans les deux régions emblématiques des vins nature, l’Alsace et le Jura, une toute petite place fut faite à ces vignerons ou vigneronnes, y'en des bons, des très bons, qui font du très bon vin en ne suivant pas les mêmes routes que les autres. Ce serait un bon coup éditorial, sans pour autant tomber de cheval, tel Paul sur le chemin de Damas, je suis qu'il y a des lecteurs du Point à qui ça plairait bien.

 

Autre argument, même la vieille RVF de Saverot s’y colle et pire, Mélenchon s’est converti, faut dire qu'il est jurassien.

 

Sans tomber dans la liste en petites lettres illisibles sur la contre-étiquette, ce qui se fait au chai n’est pas indifférent à la fameuse expression du terroir, quelques explications ne peuvent nuire, sauf à laisser accroire que ce que l’on rajoute ou ce que l’on retire n’a aucune importance, une forme d’homéopathie, que les marchands d’intrants ne sont que des gens qui sont là pour faire joli. Les chelous de l’UE pointent déjà leur nez, alors au lieu de jouer la partition de la chèvre de Monsieur Seguin – rien à voir avec le tonnelier – il serait souhaitable d’appliquer la bonne vieille maxime des AOC : je dis ce que je fais, je fais ce que je dis.

 

Comme d’habitude, les grands chefs de la vigne et du vin vont me reprocher de mettre les pieds dans un plat qui n’est pas le mien. Certes, mais je me permets de leur rappeler que leur dernier combat, du genre faites-nous confiance, circulez y’a rien à voir, à propos des pesticides, ils l’ont perdu en rase campagne. On peut jouer du pipeau face aux nouvelles demandes sociétales, les trouver excessives, au bout du compte elles s’inscrivent inexorablement dans le paysage.

 

Voilà, j’ai poussé mon petit couplet. Je n’ai rien à ajouter sur l’ensemble du numéro, c’est de l’ouvrage bien faite, les vigneronnes et vignerons choisis sont sympathiques, tout le monde souhaite bien faire, et je suis persuadé que c’est le cas, une nouvelle génération prend les manettes, ouverte sur le monde, plus perméable aux signaux des consommateurs.

 

L’heure n’est plus aux grands débats sur l’avenir du secteur, est-ce bon signe ou est-ce dû à l’épuisement du modèle AOP-IGP ?

 

Je me garderai bien de répondre, ce n’est pas mon job mais j’ai tendance à penser qu’à ne s’intéresser qu’à ce qui se veut la crème le 20% de la règle et à fermer les yeux sur le petit lait, les 80%, qui peuple les rayons de la GD tout au long de l’année, ce n’est pas à la hauteur de l’avenir d’un secteur qui se dit important et majeur. Les foires aux vins de la GD sont les caches-misères d'une GD qui ne sait pas vendre le vin au jour le jour.

 

L’article sur les cavistes indépendants m’a laissé sur ma faim, quant à liste parisienne de ces cavistes elle est aussi courte que les idées du bedeau de Butane&Degaz, qui est con comme un balai – mais au moins les balais en de bonnes mains c’est utile – faudrait sortir un peu plus les gars, Paris est plein de pépites qui mériteraient, comme les vrais libraires indépendants, messieurs les deux aveugles, de faire l’objet d’un vrai recensement.

 

Ils le méritent ces cavistes, ils ne roulent pas sur l’or, mais ils font un boulot formidable pour l’extension du domaine du vin.

 

Moi je suis prêt à me dévouer pour vous faire faire la tournée des grands ducs les gars !

 

Je sais, les retraités c’est chiant, ça ne branle plus rien, ça se fait ratiboiser par la CSG, ça ramène sa fraise pour tout et rien,  ça part en croisière en troupeau, pas moi, ça bois moins, pas moi dans mon cas de vieil homme indigne, je bois, et il ne faudra pas le dire aux prohibitionnistes, depuis que je liche nature, je bois bien plus, alors je ne vois pas pourquoi je ne ramènerais pas ma science qui, comme chacun sait, est un puits sans fond.

 

À propos de Science avec un S majuscule, un des sous-présidents de l’ANPAA, cénacle des laissés pour compte de la médecine, répond à Gernelle, qui dans son édito pourfend les pisses-vinaigres, ICI  que s’opposer à celle de l’étude du Lancet sur les dégâts du premier verre, c’est de l’obscurantisme.

 

Enfin, j’allais l’oublier, le Jacques Dupont, signe en introduction un article sur la bouillie bordelaise : Bio, la bouillie « border line » 

 

Moi j'en suis resté à Bernard Ginestet, les Ginestet furent les propriétaires du Château Margaux (de 1950 à 1977), qui commit, en 1975, un brûlot qui fit grand bruit du côté des Chartrons « Bouillie Bordelaise »

 

Enfin pour faire passer mes critiques de vieux ronchon licheur de vins qui puent, puisque je suis en Corse, j’offre à Jacques Dupont les pêcheurs de perles de Bizet par Tino Rossi.

 

Et bien sûr pour me moquer de la concurrence L'article 214 (elle est toujours derrière) paroles de Charlus.

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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 06:00
« Du sang sur le reblochon » fermier ou laitier ? Dormir chez la dame de Haute-Savoie Et si l’on parlait aussi de l’enclave italienne d’Hautecombe ?

Cette chronique n’a ni queue ni tête, elle mêle sans vergogne, chanson, géographie, histoire, fromage et polar…

Si vous voulez bien me suivre vous serez, si je puis m’exprimer ainsi, moins « con » à la sortie qu’à l’entrée.

 

Francis Cabrel chante :

 

Quand je serai fatigué

De sourire à  ces gens qui m'écrasent

Quand je serai fatigué

De leurs dire toujours les mêmes phrases

Quand leurs mots voleront en éclats

Quand il n'y aura plus que des murs en face de moi

J'irai dormir chez la dame de Haute-Savoie…

 

Mais c’est où la Haute-Savoie ?

 

À la suite du Traité de Turin en 1860, le duché de Savoie est annexé à la France, et deux départements sont créés le 25 juin.

 

L'historien et spécialiste de la période, Paul Guichonnet, à propos du choix des noms des deux départements, précise :

 

« Les noms des départements annexés ont été accordés par l'empereur lui-même, sur la proposition d'un très grand nombre de Savoisiens et, en agissant ainsi, il a donné satisfaction à l'immense majorité de nos compatriotes. La situation n'est plus la même qu'en 1792, où le pays subissait une crise suprême. Aujourd'hui, pas de rivalité avec les départements anciens ; l'esprit de nationalité y est aussi vivace que dans toute autre partie de l'Empire, l’assimilation est complète. Léman ne pouvait convenir, Genève et son littoral n'étant plus français ; Mont-Blanc ne pouvait être appliqué qu'à la Haute-Savoie, et le Mont-Cenis ne pouvait convenir à la Savoie, le Mont-Cenis ayant été laissé, dans la plus grande partie, à l'Italie. Conserver au pays son ancien nom était une idée patriotique et heureuse qu'il faut approuver. »

— La Gazette de Savoie, édition du 22 juin 1860

 

 

« Le Reblochon est un fromage lié à l’identité et à l’histoire des Savoie, où sa zone de production est entièrement située. Ses origines remontent au XIIIe siècle. Les paysans de la vallée de Thônes doivent alors acquitter le droit d’ociège : une taxe payée aux moines ou aux nobles propriétaires d’un alpage, proportionnelle au nombre de pots de lait tirés de la traite quotidienne. Roublards, ils pratiquent une traite incomplète afin de diminuer leur impôt. Dès le départ du contrôleur, ils procèdent à une seconde traitela « rebloche » en patois – dont ils utilisent le lait, très riche en crème, pour fabriquer un fromage onctueux à souhait : le Reblochon.

 

3 races de vaches peuvent être utilisées à la fabrication du Reblochon : l’ Abondance, la Montbéliarde et la Tarine. Elles doivent pâturer au minimum 150 jours  et leur alimentation doit être principalement à base d’herbe et de foin de la zone d’appellation, complétée par une ration de céréales.

 

« 560 producteurs laitiers, rassemblés en coopératives, livrent en lait les 19 fromagers de l’appellation, en charge de l’étape de transformation : le Reblochon laitier, reconnaissable à sa pastille rouge, est issu d’un assemblage de laits provenant de différentes exploitations. Il est produit en fromagerie une fois par jour.

 

130 producteurs fermiers perpétuent la tradition ancestrale du Reblochon fermier : identifiable à sa pastille verte, celui-ci est fabriqué à la main, dans la foulée de chacune des deux traites journalières, à partir du lait d’un même troupeau. 

 

Chaque fromage, laitier ou fermier, est ensuite confié à l’un des 11 affineurs de l’AOP Reblochon qui y veilleront comme à la prunelle de leurs yeux pendant une durée de 18 jours minimum. C’est ainsi, en gardant et en transmettant eux-mêmes la mémoire de ces différents métiers et gestes qui y sont associés, que les hommes et femmes du Reblochon nous transmettent une typicité à la fois familière et singulière. »

 

Reblochon, un fromage savoyard ICI 

 

L’Enclave italienne d’Hautecombe

 

L’abbaye d’Hautecombe est fondée en 1121 sur une combe de la montagne de Cessens, puis elle est transportée vingt ans plus tard sur un promontoire s’avançant dans le lac de Châtillon – aujourd’hui lac du  Bourget –, tout en gardant son nom.

 

Humbert III le Bienheureux, comte de Savoie repose à Hautecombe dès 1189. Quarante-trois de ses descendants vont l’y suivre, faisant mériter au lieu le surnom de « Saint-Denis de la Savoie ».

 

Charles-Félix, roi de  Sardaigne et duc de Savoie, qui découvre en 1824 dans quel état de déréliction est laissée la nécropole de ses aïeux, entame sa restauration. À sa mort, en 1831, Charles-Félix renoue avec l’ancienne tradition en allant reposer à Hautecombe. Sa veuve, la reine Marie-Christine, l’y rejoint en 1849.

 

Lorsqu’en 1860, le roi du Piémont-Sardaigne devient roi d’Italie avec l’aide militaire de Napoléon III, et qu’il cède la Savoie et le comté de Nice, il ne peut se résoudre à perdre complètement l’enceinte sacrée où reposent ses ancêtres. De  ce souci résulte un statut politique sui generis comme savent en concocte les diplomates.

 

Au sens strict, on ne peut parler de « micro-État » : l’abbaye d’Hautecombe ne bat pas monnaie, n’entretient pas de troupe et n’a pas droit de pavillon. Elle possède ses armoiries néanmoins – un écu mi-parti à l’aigle de sable sur fond d’or et aux armes de Savoie – et jouit d’un statut particulier garanti par conventions internationales.

 

L’arrangement du 19 février 1863 en fait une entité à part dont la République, après 1870, respectera l’originalité. Dotée de la personnalité morale et sa vocation religieuse diplomatiquement reconnue, l’abbaye échappera aux décrets de 1880 qui expulsent les congrégations, ainsi qu’à la législation issue de la Séparation.

 

Le 24 mars 1983, la foule se presse autour d’Hautecombe. Plusieurs milliers de curieux sont venus rendre hommage à Humbert II, dernier roi d’Italie. Né en 1904, détrôné par référendum en 1946, le monarque est décédé le 18 mars en son exil genevois. Dans l’assistance, mêlés aux invités des deux Savoie, de nombreux monarchistes italiens. Parmi les hôtes de marque, quelques têtes couronnées : le prince de Monaco, le roi des Belges, le roi et la reine d’Espagne. La dépouille d’Humbert II est déposée dans le tombeau resté vide d’un ancien commendataire, l’abbé d’Estavayer.

 

 

C’est aussi un statut qu’on enterre. Humbert II, en effet, a renoncé par testament à tout ce qui constituait le pouvoir temporel de la maison de Savoie en France.

Source / : Tour du Monde à travers la France inconnue Bruno Fuligni

 

Et dire que cette chronique déjantée est parti de l’achat d’un polar de Terroir dans une gare, mince comme un top model anorexique, Du sang sur le reblochon aux éditions Les Passionnés de bouquins. Ce n’est pas une œuvre impérissable qui figurera un jour dans la collection noire de Gallimard mais c’est comme diraient les bobos parisiens du local.

 

Bonne dégustation !

 

Et avec ce reblochon sanglant on boit quoi ?

 

AUTREMENT BLANC 

 

Marie & Florian Curtet (Jacques Maillet)

AOP Vin de Savoie - Blanc – 2016

 

 

Assemblage des plus belles Jacquère et Roussette du domaine, dans le pendant blanc de la célèbre cuvée Autrement. Belle complexité, de la fraîcheur et beaucoup de finesse sur ce blanc.

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6 septembre 2018 4 06 /09 /septembre /2018 07:00
Ghjulia Boccanera, prononcer Dioulia, c’est particulier… non, c’est corse…

À peine ai-je posé le pied dans l’ancien fief des bonapartistes, Ajaccio, aujourd’hui ville capitale du duo Simeoni-Talamoni, que je me précipite dans ma librairie fétiche : La marge, haut-lieu culturel de l’île

 

Alors je maraude, je flaire, je les repère, je les sens, je les touche, je les achète, je les lis…

 

Cette année une trilogie : Jérôme Ferrari bien sûr, la star locale, sa trombine est affichée partout, prof de philo au lycée Fesch, Goncourt 2012, avec son nouveau roman À son image chez Actes Sud ; puis 1 essai de Jérôme Fourquet, un sondeur de l’IFOP : La nouvelle question corse, nationalisme, clanisme, immigration éditions l’aube ; enfin un polar de Michèle Pedinelli, Boccanera aux éditions de l’aube.

 

J’ai commencé par le dernier, ça se passe dans le vieux Nice, pas celui des paillettes, de l’horrible Ciotti et du motard-maire Christian Estrosi, ce qu’il reste du Nice populaire pas encore croqué par les requins de l’immobilier. C’est un premier roman, enlevé, sans prétention, bien ficelé, crédible, usant des clichés du polar sans y sombrer. C’est efficace, avec ce qu’il faut d'humour, sans le lourd des jugements de valeur.

 

Que disent les éditeurs en 4e de couverture :

 

« Si l’on en croit le reste de l’Hexagone, à Nice il y a le soleil, la mer, des touristes, des vieux et des fachos. Mais pas que. Il y a aussi Ghjulia - Diou - Boccanera, quinqua sans enfant et avec colocataire, buveuse de café et insomniaque. Détective privée en Doc Martens. Un homme à la gueule d’ange lui demande d’enquêter sur la mort de son compagnon, avant d’être lui-même assassiné. Diou va sillonner la ville pour retrouver le coupable. Une ville en chantier où des drapeaux arc-en-ciel flottent fièrement alors que la solidarité envers les étrangers s’exerce en milieu hostile... Au milieu de ce western sudiste, Diou peut compter sur un voisin bricoleur, un shérif inspecteur du travail, et surtout une bonne dose d’inconscience face au danger. » 

 

Extraits

 

« Madame Boccanera ?

 

  • Oui ?

 

  • Comme nous allons nous revoir et nous téléphoner, j’aurais voulu savoir comment se prononce votre prénom… C’est Guejulia ?

 

  • Non. Dioulia.

 

  • C’est… particulier.

 

  • Non, c’est Corse. »

 

Il y a aussi, Joseph Santucci, l’homme de sa vie, beau, intelligent, attentionné, un Corse avec le sens de l’humour, ce qui est suffisamment rare, commandant de police, son ex.

 

« Son visage s’est creusé sous l’effet de la douleur. Évidemment, il ne dit rien, pas la moindre plainte ou le moindre petit gémissement. C’est un homme, que dis-je, c’est un Corse, ert malgré son intelligence, son sens de l’humour et du progrès social, ce bonhomme-là est rattrapé par quelques siècles de traditions mortifères qui empêchent tout insulaire de dire « J’ai mal ». On subit, on endure, on combat, mais on ne perd pas la face en avouant qu’on déguste sérieux. Même lorsqu’on vient de se faire tirer dessus et enlever la rate. »

 

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5 septembre 2018 3 05 /09 /septembre /2018 07:00
« Jamais les Romains n’achetaient d’esclaves corses ; ils savaient qu’on n’en pouvait rien tirer ; il était impossible de les plier à la servitude. » Napoléon

… toujours prêts à se partager en factions, [les Corses] veulent la victoire à tout prix. […] Ennemis dans leur patrie, ils sont, hors de leur patrie, amis comme des frères. Avides de changement, ils préfèrent la guerre à la paix ; s’ils n’ont point d’ennemi étranger à combattre, ils cherchent à faire naître la guerre civile. D’une très grande agilité, d’un esprit turbulent, ce qu’ils estiment le plus, ce sont les chevaux de guerre et les armes. À cheval et à pied, ils sont également bons soldats ; ils aiment la guerre et sont pleins de bravoure… […] Vainqueurs, la gloire leur suffit. […] Les Corses sont une race saine de corps, dure à la fatigue, à la faim, au froid, aux veilles ; toujours prêts à verser leur sang, d’une sobriété sévère et inflexible, ils mangent peu, et leur boisson et leurs aliments sont fort communs ; leur mise est simple et sans recherche. Une partie des Corses cultivent la terre, d’autres élèvent des troupeaux, d’autres enfin se font marins ; le plus grand nombre embrasse la carrière des armes soit dans l’île, soit hors de l’île. Bien peu s’adonnent au commerce, parce que les commerçants sont peu considérés. En effet, aucun noble ne fait le négoce ; les plus instruits s’occupent des affaires publiques et administrent la justice. Comme ils ambitionnent avant tout la gloire et les éloges, ils font peu de cas de l’or et de l’argent ;

 

« […] le vrai noble chez eux est celui qui reçoit beaucoup d’hôtes et qui ouvre sa maison à une foule de personnes de toute condition. Les Corses sont en effet le plus hospitalier de tous les peuples ; […] ils reçoivent avec empressement tous les étrangers et leur accordent la plus large hospitalité […]. Les Corses, élèves de la pauvreté, hôtes de la vertu, se montrent compatissants envers tout le monde ; c’est en restant fidèles aux principes austères de leur éducation qu’ils conservent à la fois leur pauvreté et leur générosité du cœur. En fait d’argent, il n’est guère de Corse qui n’ait des ressources très limitées, et même dans les principales maisons, c’est la maîtresse du logis qui préparent les aliments. Naturellement taciturnes, les Corses sont plus prompts à agir qu’à parler.

De Rebus corcisis, 1506

Pietro Cirneo (1447-1506) historien de son île

 

 

Commentaire de Robert Colonna d’Istria dans Une famille corse 1200 ans de solitude : « Justesse et modernité troublante »

 

« Lorsque, au début de l’ère chrétienne, Strabon déclare son mépris pour les mauvais esclaves corses, qui préfèrent la mort à la servitude, les insulaires n’ont-ils pas là quelque légitime sentiment de fierté ? C’était le sentiment de Napoléon, selon le rapport de Las Cases (propos datés du mercredi 29 mai 1816) : « À Paris, on disait au Sénat que la France avait été chercher un maître chez un peuple dont les Romains ne voulaient pas pour esclave. « Le sénateur a pu vouloir m’injurier, disait l’Empereur, mais il payait là un grand compliment aux Corses. Il disait vrai ; Jamais les Romains n’achetaient d’esclaves corses ; ils savaient qu’on n’en pouvait rien tirer ; il était impossible de les plier à la servitude »

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4 septembre 2018 2 04 /09 /septembre /2018 07:00
Domaine de Tremica  17 mai · 2018

Domaine de Tremica 17 mai · 2018

Déjà, l’an passé, M. Bianchi, chez qui je loge, avait attiré mon attention sur des vignerons, nouveaux venus dans la commune de Casaglione à laquelle est rattachée Tiuccia, Angelica Santoni et Richard Arnaud Le Foulon.

 

Pris bonne note sans pour autant avoir pu trouver un flacon de leur production pour goûter.

 

Campo dell Oro à nouveau, première provision de livres, dont le dernier Jérôme Ferrari, et, en dépit de mes réticences, trop propre sur lui, le magazine In Corsica car, le dit Ferrari, y occupait la page de couverture.

 

 

Je m’attable au café du marché, où il n’y a plus de marché pour cause de fouilles archéologiques, et je jette un coup d’œil sur la page de couverture du magazine papier glacé.

 

Qui vois-je ?

 

Triomphe : Nos vins de femmes…

 

Je me porte page 35 : Le vin Les femmes Une affaire corse.

 

Suis, l’énumération de toutes celles qui ne figurent pas dans la sélection : 15.

 

« Elles témoignent cependant de l’importance de la femme dans l’évolution de la viticulture en Corse. Cet ascendant sur la production vinicole, par le nombre et par la qualité, car les femmes ne sont pas étrangères à l’évolution qualitative des vins de Corse de ces 1à dernières années, est appelé à durer compte-tenu de la moyenne d’âge de ces viticultrices, de leur taux de réussite remarquable, mais encore des modifications comportementales des consommateurs qui sont eux aussi, rejoints par des consommatrices totalement décomplexées. Ainsi le vin, en Corse, est-il en passe de devenir une affaire de femmes. Il se dit déjà que ces femmes sont souvent plus ouvertes d’esprits, plus humbles, plus curieuses que leurs partenaires masculins. On leur accorde beaucoup de sensibilité, de finesse, un  sens de la nuance qui n’appartiendrait qu’à elles. »

 

Ce n’est pas signé.

 

Suis la liste de 5 de ces femmes dans laquelle je découvre Angelica Santoni du domaine Tremica.

 

3 de ces portraits sont signés par des hommes, la révolution féministe n’a pas encore fait une percée significative dans le petit monde des journalistes, mais par bonheur celui d’Angelica Santoni est l’œuvre de Barbarella Paolaggi et les photos d’Élizabeth Tessier.

 

 

Qu’ai-je appris ?

 

Qu’Angelica et Richard Arnaud Le Foulon ont 33 ans, qu’elle est œnologue diplômée à Montpellier et lui titulaire d’un BTS décroché à Saint-Émilion.

 

Ils ont créé leur domaine baptisé Tremica* en 2015

 

Le domaine court sur 4 ha de jeunes vignes et 1 ha de vigne adulte plantée à l’ancienne (en location). Plantation à haute densité : 6000 pieds/ha. Encépagement 100% corse : sciacarellu, vermentinu, nielluciu, mais aussi quelques cépages endémiques dont le carcaghju neru ou le minustellu. »

 

« Angelica est fille d’éleveur, « l’agriculture c’est le monde dans lequel j’ai grandi, et je me suis dirigée naturellement vers l’agriculture. »

 

C’est une révélation, leurs vins sont à la carte du Maquis et des Mouettes 2 étoilés d’Ajaccio.

 

J’oubliais, ils sont dans l’aire de l’AOP Ajaccio.

 

On me dit que le sieur Stromboni du Chemin des vignobles à Ajaccio assure la vente exclusive de leurs vins.

 

Sauf que votre serviteur a acheté la cuvée Dolia Rossa 2016 chez François à Sagone.

 

 

Mais, pour les petites louves et petits loups ignares en géographie, je vais me fendre d’un petit laïus sur la Cinarca là où Angelica et Arnaud se sont installés.

 

La route Ajaccio-Tiuccia j’en connais chaque virage. D’abord tu montes et ensuite, passé le col de San Bastiano, tu plonges et la vallée de La Cinarca s'étend sous tes yeux jusqu'au Golfe de la Liscia aux eaux turquoises. 

 

 

Le chroniqueur Giovanni della Grossa nous rapporte qu’au Moyen Âge, lorsque « le comte Ugo Colonna arriva dans une contrée qu'on appellera ensuite Cinarca, il y vit un beau tertre où se trouve aujourd'hui le Castello qui était alors couvert d'un bois d'oliviers sauvages et cet endroit lui parut si beau qu'il décida d'y construire un château pour son plus jeune fils appelé Cinarco ». 

 

Cinarco donna ainsi son nom à la vallée ainsi qu'à ses seigneurs, les Cinarchesi. Ces derniers tentèrent de rétablir leur domination contre laquelle les populations s'étaient révoltées à partir de 1358. 

 

Le château de Capraja est l'une des dernières demeures des Cinarchesi dont les ruines dominent encore Tiuccia et sa belle petite plage de sable blond où je fais des risettes aux poissons.

 

Le village de Casaglione, très pittoresque avec son architecture typiquement corse aux murs épais et fortifiés de granite et son église romane remaniée, a lui aussi son site archéologique : prenez le petit chemin qui monte sur la gauche après l'église et vous découvrirez le dolmen de Tremica. Ce site montre la sédentarisation des hommes du néolithique et la pratique de l'agriculture comme en témoignent aussi les cupules de broyage et de polissage du monte Lazzu à Tiuccia.

 

 

Voilà, vous en savez un petit bout sur ce jeune domaine, reste à vous dire ce que j’ai pensé de cette bouteille de Dolia Rossa.

 

 

Agréable, vif, frais, flatteur, moderne, un poil trop technologique à mon goût mais ce n’est que le mien et je comprends que ce vin séduise.

 

Une dernière remarque, j’aimerais que nos deux jeunes installés, après les vendanges, la vinification, quand viendra l'hiver,lui dans les vignes, elle au chai, sur leur page Face de Bouc nous expliquent, lui, ce qu’il fait dans les vignes, elle, ce qu’elle fait dans le chai. Le respect de l’environnement et l’approche non intrusive dans l’élaboration du vin intéressent de plus en plus les consommateurs.

 

Les vins corses restent encore très en retrait dans ces domaines et, sans parler de naturisme débridé, pourquoi ne pas rajouter à leur palette de nouvelles nuances qui renforcerait plus encore leur identité, leur différence.

 

Bravo à Angelica Santoni et Richard Arnaud Le Foulon pour leur pugnacité, leur enthousiasme, créer un domaine pour aboutir en si peu de temps à la reconnaissance de leurs pairs n'est pas à la portée de n'importe qui.

 

 

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 07:00
Les vin jaune, orange existent mais le « vin bleu » c’est de la poudre aux yeux même en Corse

C’est une épidémie, à qui mieux mieux tout le monde, ou presque, s’y met.

 

Ainsi, alors que viens juste de poser mes fesses dans l’avion d’Air Corsica – la compagnie insulaire qui gagne du pognon contrairement à Air France avec qui elle est pacsée – je tombe sur un article de Corse-Matin, Oghje in Corsica – depuis que Gilles Simeoni est aux manettes, tout se corsise – qui me fait bondir : Le vin bleu, un cru  corse entre vigne et mer.

 

Le Lucas Bidault, signataire de cet article, enfile les conneries comme des saucisses corses.

 

Un cru corse, pourquoi pas un GCC corse pendant qu’il y ait !

 

Je ne suis pas bégueule mais il ne faut pas pousser pépé trop loin, y’a pas plus de vin bleu en Corse ou ailleurs qu’il n’y a de cheveux sur la tête Matthieu, même si dans la comptine il y en a un.

 

D’ailleurs, les inventeurs de se soi-disant vin bleu, baptisé Imagyne, lui précisent que c’est une boisson à base de vin, motif invoqué la protection de leur procédé. En fait, parce que leur breuvage n’est pas du vin, point à la ligne.

 

Ils innovent, agacent les puristes, disent-ils, les deux frères Milanini, Sylvain et Bruno, moi ça ne me dérangent pas qu’ils bidouillent un breuvage bleu azur mais de grâce qu’ils ne viennent pas surfer sur les codes du vin.

 

  • Comment donner une telle couleur au vin ?

 

  • Les minéraux, les algues et les végétaux…

 

  • Et pourquoi pas de la poudre de perlimpinpin ! (c’est de moi)

 

  • On fait nos vendanges la nuit puis on rince nos raisins à l’eau de mer. Le salin exhausse les fruits et les sucres. On laisse ensuite sécher au froid quelques jours, puis on garde que les cœurs de cuvée. Enfin, on vinifie à base d’algues, de minéraux et de végétaux, dont la fameuse spiruline, une microalgue bleu-vert. »

 

  • Très nature votre bousin (c’est de moi)

 

  • Oui, c’est un véritable vin de mer, avec l’iode en moins. Une grotte sous-marine, à 70 mètres de profondeur, doit maintenant abriter une grande partie des stocks de bouteilles.

 

  • On pourra aller le déguster avec des palmes et de l’oxygène en bouteille, je suppose ? (c’est de moi)

 

  • Ce n’est pas un grand cru de table, c’est un avant-goût d’apéro, fruité, genre rosé…

 

  • Et qui boit ça ? (c’est de moi)

 

  • Les pinzutu des paillottes corses, des plages monégasques et les licheurs dubaïotes…

 

  • Combien de bouteilles ?

 

  • 35 000.

 

Si c’est ça l’innovation moi je veux bien mais pourquoi diable surfer sur les codes du vin ? C’est de la mixologie. J’attends avec hâte le vin vert, genre poireau ou artichaut…

 

 

Patrimonio : les vendanges du vin bleu

ICI

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 07:00
Le style farmer vu par le Bon Marché : c’est 4640 euros sans les chaussettes et le tee-shirt, une paille ! En bonus l’interview d’Augustin Trapenard le précieux ridicule…

À Paris j’ai toujours habité rive-gauche et, tout naturellement, avant qu’il ne se transforme en un temple du luxe à la Bernard Arnault,  je fréquentais Bon Marché qui innovait. Je suis donc en possession d’une carte du magasin ce qui me vaut le privilège de recevoir les catalogues. Je dois à la vérité de vous avouer que je fréquente toujours la Grande Épicerie qui est doté d’un rayon boucherie remarquable et d’une offre fruits et légumes intéressante. Autre lieu fréquenté, la librairie qui, elle aussi, a gardé un parfum que j’apprécie.

 

Bref, dans ma lettre je viens de découvrir : L’Homme Automne-Hiver 2018.

 

D’ordinaire cette plaquette rejoint la poubelle jaune en revenant de la boîte aux lettres, sauf que, cette fois-ci, je l’ai négligemment feuilletée et que je suis tombé sur : ÊTRE ÉLÉGANT… EN FARMER.

 

 

Tiens, tiens, le baratin des mercantis valait son pesant de pédantisme…

 

Mais, poussant plus avant mon observation sous le timbre du créateur THOM BROWNE je découvre les prix de ses oripeaux de campagne :

  • Veste en laine : 2620 euros
  • Pantalon  en laine : 1250 euros
  • Bottines en cuir : 770 euros

Total : 4640 euros.

 

 

J’imaginais ce jeune grelus, avec son côté épouvantail chic, en vadrouille dans nos terroirs profonds, comme aurait dit mémé Marie, l’aurait pas de honte.

 

Ridicule !

 

Poussant plus avant mon feuilletage je suis tombé sur l’interview d’Augustin Trapenard, un gus avec culture incorporée qui cause sur France Inter. Un sommet dans l’insignifiance.

 

 

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 06:00
C’est reparti comme en 14 : le 1 seul verre par jour nuit déjà à la santé alors je ressors 1 chronique de 2009 « Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage : premier verre et cancer »

S’appuyant sur une étude portant sur 195 pays vient mettre à bas le mythe d’une consommation responsable d’alcool qui serait sans danger pour la santé. Les méfaits l’emportent dès le premier verre, pour s’accentuer ensuite, toute la presse : le Figaro-vins en tête – je plaisante à peine, en poussant le raisonnement une action contre ce canard pour incitation à la mise en danger d’autrui serait à envisager – entonne la même ritournelle : Non, boire un verre de vin par jour n’est pas bon pour la santé par  Damien Mascret  le 25/08/2018 

 

C’est une vieille rengaine, s’appuyant sur la Science disent-ils, le 23 février 2009 je commettais une chronique très fouillée : Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage : premier verre et cancer

 

Nos grands experts de Santé Publique, à défaut d’être efficaces, sont de grands communicants. Emmenés par l’inénarrable Didier Houssin directeur d’une DGS, qui s’est illustrée lors de la canicule par son sens de l’anticipation et de l’humanité, suivi de Dominique Maraninchini de l’INCA dont j’espère qu’il tirera moins sur les notes de frais que son prédécesseur David Khayat débarqué en 2006, et d’une soi-disant directrice de recherche de l’INRA Paule Martel, ces maîtres de notre santé nous ont joué leur partition habituelle. « Pas de dose protectrice» pour le premier. « Les petites doses, avec leurs effets invisibles, sont les plus nocives » pour le second. « Toute consommation quotidienne de vin est déconseillée » surenchérit la dame de l’agronomie qui doit sans doute encore porter des pantys.

 

Profitant de la sortie de la brochure : Préventions Nutrition& Préventions des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations  destinée aux professionnels de Santé qui remplace une première édition parue en 2003  intitulée « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ». Ils nous ont refait le coup du premier verre. Le n’y touchez jamais. Bref, sur un sujet aussi sensible dans la population qu’est le cancer ils étaient sûrs de leur effet.

 

 Pour ceux qui en auront le courage je vous propose l’extrait concernant l’alcool. Rien de nouveau sous le soleil. Extrapolations, amalgames, le convaincant et le probable de leurs statistiques amalgamées et invérifiables sont érigés en oukases. Ces messieurs, veulent terroriser le bon peuple. Ils ont tort. La communauté scientifique médicale, que je respecte, ne peut s’ériger ainsi en pouvoir dictant les règles de conduite de la vie des hommes en Société. C’est un abus de pouvoir car il n’y a pas de contre-pouvoir. Les détenteurs de la « Science » se contrôlent entre eux et dans le domaine de certaines études le doute est plus que permis sur leur méthodologie. De grâce revenons à la raison nous sommes déjà dans une société hautement anxiolytique alors n’en rajoutons pas messieurs une couche supplémentaire. 

 

Ils  « s’appuient » sur le rapport du WCRF/AICR « Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer : a Global Perspective »3 qui a été publié en novembre 2007, à l’issue d’une expertise collective internationale de grande envergure, et qui était l’actualisation complète du premier rapport publié en 1997, il fait le point des connaissances dans le domaine des relations entre nutrition et cancers. Ce rapport a été analysé par moi-même aussitôt. Je vous redonne ci-dessous ma chronique de l’époque. Sans vouloir ramener ma fraise je suis en droit de m’interroger sur l’utilité de certains payés pour ça et qui ne sont même pas capable de faire ce travail c'est vrai que c'est plus rigolo de se payer des 4X3 dans le métro...

 

Lisez la suite ICI  c'est très documenté, rien à voir avec les braiements de Denis Saverot... 

 

Les vendanges démarrent, c’est leur cauchemar. Les docteurs Knock de attaquent encore le vin et Le Figaro recopie sans contre-enquête (pages santé). Dénonçons ce lobby hygiéniste gavé d’argent public et de titres ronflants qui veut remplacer le par des médicaments !

 

Jacques Dupont

@Dupont_LePoint

 

Extrait du journal de l’asso des cardiologues

«L’absence de consommation journalière de fruits et légumes, la sédentarité, et l'absence de consommation régulière et modérée d'alcool sont, respectivement responsables de 14 %, 12% et 7% de l'ensemble des infarctus du myocarde. »

 

bernard farges

‏@FargesB

 

Donc 914 buveurs sur 100000 développent des pathologies et 918 non buveurs sur 100000 développent aussi des pathologies.

Coluche ou Desproges se seraient régalés.

 

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 06:00
« Il a passé sa vie à lutter pour le bien commun, sans vanité, sans orgueil déplacé, toujours prêt à servir, comme son maître Pierre Mendès-France » Anne Sinclair me touche avec son portrait de Michel Rocard

Pour les gens de ma génération on ne présente pas Anne Sinclair, elle fut sans contestation une icône de la télé avec à partir de septembre 1984 7 sur 7 dont elle tiendra magistralement les rênes pendant 13 ans.

 

« Ici, le ton se veut résolument moderne : tous les dimanches en première partie de soirée, on va parler de politique autrement, avec des  invités qui s’expriment sur l’actualité de la semaine... et se font bousculer par les questions précises et acérées de la journaliste.

 

Le succès est sans précédent, les pics d’audience atteignent des records (jusqu’à  13 millions de téléspectateurs) et marqueront l’histoire de la télévision, tout comme les yeux bleus et les pulls angora de la présentatrice. »

 

« On se souvient entre autres de Daniel Balavoine qui, sous le coup de l'émotion et de la colère, avait lancé un « J'emmerde les anciens combattants » ou encore de Serge Gainsbourg brûlant un billet de 500 francs sur le plateau de l'émission. »

 

Elle connaissait bien François Mitterrand, « qu’elle n’hésitera pourtant pas à exaspérer au cours d’une interview qui reste encore aujourd’hui un modèle du genre. »

 

«Je ne suis ni une sainte, ni une victime, je suis une femme libre !» déclare-t-elle en janvier 2012 au Parisien, mettant ainsi un terme à des mois de silence après l’affaire du Sofitel.

 

Bref, son portrait ICI 

 

 

Dans le livre Michel Rocard par… le portrait qu’elle dresse de celui-ci qui m’apparaît, même si je ne suis pas le mieux placé pour en juger, teinté d’une réelle empathie, il sonne juste.

 

 

« Le jour de sa mort, beaucoup de gens, bien au-delà du cercle intime, se sont trouvés orphelins. Ce fut mon cas, je l’aimais et l’admirais. Il a compté pour moi et ma génération.

 

Il a passé sa vie à lutter pour le bien commun, sans vanité, sans orgueil déplacé, toujours prêt à servir, comme son maître Pierre Mendès-France. Il a donné de la noblesse à la politique, quand tant de ses congénères l’ont dégradée et rabaissée, plein d’enthousiasme pour faire, plus que pour dire. Que ce soit pour la négociation collective, pour l’agriculture, pour la Nouvelle-Calédonie, pour l’Afrique, pour l’Arctique.

 

Elle rappelle, comme je l’ai déjà écrit ICI, la source de son engagement, lorsqu’il aida, jeune scout de 15 ans, au retour des déportés au Lutétia.

 

« Le « rocardisme », la « deuxième gauche », quelle que soit la façon dont on surnomme le courant de pensée qu’il créa, restera comme une combinaison de fois, de contrat, de conviction et de sens du collectif. Après Pierre Mendès-France, avec lui, comme lui, il incarne le respect de la chose publique et de la parole donnée.

 

Pour l’avoir si souvent interviewé, j’entends encore si bien sa façon de parler. Ce débit rapide et saccadé, avec des inflexions tonitruantes et des points de suspension quand arrivaient les sujets difficiles. Son vocabulaire n’était pas simple et sa syntaxe complètement incompréhensible. Mais on le respectait. Parce que c’était un homme politique créatif (ce deux mots accolés sont si rares !), parce qu’il faisait appel au meilleur de nous-mêmes, parce qu’il était d’une intelligence supérieure, totalement engagé dans sa sincérité, toujours en avance d’une idée et d’une solution. Il chérissait la vérité, même si elle était à contre-courant, il vénérait la franchise, même quand elle coûtait cher, il  pensait sans biaiser, il a eu souvent raison. Il fut peut-être le dernier de cette lignée.

 

[…]

 

« Différent de tous ses congénères, il n’avait pas une once  de vanité personnelle, il avait le sens du travail collectif, il lui importait seulement de servir l’État. »

 

[…]

 

« J’ai eu la joie de le voir quelques semaines avant sa mort. L’entretien, comme toujours avec lui, était tendre, affectueux, amical. Privilégiant l’horizon intelligent sur la basse cuisine, il se demandait avec curiosité ce que l’effervescence intellectuelle de sa génération donnerait dans l’histoire. Ce jour-là, il régalait de ses souvenirs les proches qui étaient présents : l’Algérie, le PSU, Charléty, les grandes et petites heures de la Ve République et des combats qu’il a menés, défilaient en rang serré.

 

Mitterrand aussi, bien sûr. Il restait sévère sur ce qu’on a appelé la « parenthèse »  de 1983, faute pour le pouvoir socialiste d’avoir su nommer le tournant vers une social-démocratie attendue. Plus qu’un épisode, c’était pour lui le grand mensonge des septennats Mitterrand. Il regrettait que le PS soit resté englué si longtemps dans l’éternel complexe d’une gauche qui n’ose pas rompre avec la radicalité empreinte de substrat marxiste. Une gauche qui, depuis Jaurès, reste inhibée par le Parti communiste et la radicalité. »

 

[…]

 

« Il faisait partie de ces optimistes impénitents et de ces pessimistes toujours actifs, qui pensent que le pire n’est pas forcément sûr, et que l’avenir dépend des hommes qui le font. Il a incarné beaucoup d’espoirs en un monde fraternel, collectif, autonome, soucieux du bien commun. Avec lui s’en est allée un part de nous-mêmes. »

 

[..]

 

Le dernier jour où je l’ai vu, c’est sur une note nostalgique qu’il était reparti avec Sylvie, sa femme. J’ai encore dans l’oreille cette phrase faussement désinvolte et vraiment émue, qui dit bien l’amour qu’il lui porta et les déceptions qu’elle lui causa : « Faut se la faire, la France ! »

 

Lire ICI 9 juillet 2016

La fidélité est une valeur sûre parole d’un vieux grognard de Michel Rocard… Joxe, Julliard, Cavada, Chavagneux parlent vrai

 

Mais c’est Pierre Joxe vieux bretteur du mitterrandisme, le seul qui pouvait dire son fait à Tonton, qui met en exergue le Rocard qu’on a oublié, celui qui a motivé mon engagement politique : 

 

 

Évocation de l’« audacieux militant anticolonialiste » et du « talentueux serviteur de l'Etat » que fut Rocard, ce texte sobre et grave est aussi une critique de ceux qui, aujourd'hui, «encensent sa statue mais tournent le dos à son exemple en détruisant des conquêtes sociales pour s’assurer d’incertaines « victoires » politiciennes, contre leur camp, contre notre histoire, contre un peuple qui n’a jamais aimé être trahi ».

 

Michel Rocard, in memoriam

 

A l’annonce de la mort de Michel Rocard, la plupart des réactions exprimées par les hommes politiques au pouvoir - et par ceux qui espèrent les remplacer bientôt - ont été assez souvent purement politiques ou politiciennes.

 

A gauche, l’éloge est de règle. A droite, l’estime est générale.

 

Mais deux aspects de la personnalité de Michel Rocard semblent s’être volatilisés : avant de réussir une grande carrière politique, il a été un audacieux militant anticolonialiste et un talentueux serviteur de l’Etat.

 

Il lui fallut de l’audace, en 1959 pour rédiger son Rapport sur les camps de regroupement en Algérie.

 

Il fallait du talent en 1965, pour être nommé secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la Nation .

 

Je peux en témoigner.

 

Pour la Paix en Algérie

 

Quand je suis arrivé en Algérie en 1959, jeune militant anticolonialiste d’une UNEF mobilisée contre la sale guerre coloniale, le prestige de Rocard était immense parmi nous. C’était comme un grand frère, dont on était fier.

 

Car il avait rédigé – à la demande de Delouvrier, le délégué du gouvernement à Alger – un rapport impitoyable sur les « camps » dits « de regroupement » que les « pouvoirs spéciaux » de l’époque avaient permis à l’Armée française, hélas, de multiplier à travers l’Algérie, conduisant à la famine plus d’un million de paysans et à la mort des centaines d’enfants chaque jour…

 

Le rapport Rocard « fuita » dans la presse. L’Assemblée nationale s’émut. Le Premier ministre Debré hurla au « complot communiste ». Rocard fut menacé de révocation, mais protégé par plusieurs ministres dont le Garde des sceaux Michelet et mon propre père, Louis Joxe.

 

Quand j’arrivai alors à mon tour à Alger, les officiers dévoyés qui allaient sombrer dans les putschs deux ans plus tard me dirent, avant de m’envoyer au loin, dans le désert : « … Alors vous voulez soutenir les hors la loi, les fellaghas, comme votre ami Rocard…? »

 

Je leur répondis, protégé par mes galons d’officier, par mon statut d’énarque – et assurément par la présence de mon père Louis Joxe au gouvernement : « C’est vous qui vous mettez « hors la loi » en couvrant, en ne dénonçant pas les crimes commis, les tortures, les exécutions sommaires et les mechtas incendiées. » J’ignorais alors que ces futurs putschistes allaient tenter un jour d’abattre l’avion officiel où mon père se trouvait…

 

En Janvier 1960, rappelé à Alger du fond du Sahara après le virage de de Gaulle vers « l’autodétermination » et juste avant la première tentative de putsch – l’ « affaire des barricades » –, j’ai pu mesurer encore davantage le courage et le mérite de Rocard. Il avait reçu mission d’inspecter et décrire ces camps où croupissait 10% des paysans algériens, ne l’oublions jamais !

 

Il lui avait fallu une sacrée dose d’audace pour arpenter l’Algérie en civil – ce jeune inspecteur des finances –, noter tout ce qu’il voyait, rédiger en bonne et due forme et dénoncer froidement, sèchement, ce qui aux garçons de notre génération était une insupportable tache sur l’honneur de la France. Nous qui avions vu dans notre enfance revenir d'Allemagne par milliers les prisonniers et les déportés dans les gares parisiennes, nous étions indignés par ces camps.

 

Car en 1960 encore, étant alors un des officiers de la sécurité militaire chargé d’enquêter à travers l’Algérie, d’Est en Ouest, sur les infractions, sur ceux qui désobéissaient aux ordres d'un de Gaulle enfin converti à l’« autodétermination » qui allait devenir l’indépendance, j’ai pu visiter découvrir et dénoncer à mon tour des camps qu’on ne fermait pas ; des camps que l’on développait ; de nouveaux camps… Quelle honte, quelle colère nous animait, nous surtout, fils de patriotes résistants !

 

Pour le progrès social

 

Aux yeux de beaucoup de politiciens contemporains qui ont choisi la politique comme métier – et qui n’en ont jamais exercé d’autre – Rocard devrait être jugé à leur aune : Élu ou battu ? Ministre ou non ? Président ou même pas ?

 

Mais le service de l’Etat, dans la France des années 60 – enfin débarrassée de ses maladies coloniales –, fut une mission autrement exaltante que le service militaire de trente mois que nous avait imposé la politique de Guy Mollet et de ses séides honnis: Robert Lacoste, Max Lejeune et d’autres, aujourd’hui heureusement oubliés.

 

Le service de l’Etat, dans cette France à peine reconstruite, la définition et l’exécution d’une action économique orientée à la fois vers l’équipement, la croissance et le progrès social, ce fut la mission passionnante et mobilisatrice de plusieurs centaines de hauts fonctionnaires économistes, ingénieurs, statisticiens et bien d’autres, qui orientaient tout le service public et ses milliers de fonctionnaires vers les missions d’intérêt général et le progrès. J’ai eu la chance d’y participer.

 

Les chefs de file, nos maîtres à penser, s’appelaient Pierre Massé, Commissaire au Plan ; Jean Ripert, son adjoint ; Claude Gruson, à la tête de l’INSEE ; François Bloch Lainé à la Caisse des Dépôts ; Jean Saint-Geours, au Trésor – bientôt premier Directeur de la prévision. Il y avait aussi, dans leur sillage quelques jeunes individus prometteurs, comme un certain Michel Rocard. Il fut bientôt chargé de la prestigieuse Commission des comptes et des budgets économiques de la Nation, précieux outil d’action publique.

 

Tous ces serviteurs de l’Etat – aujourd’hui disparus – étaient d’anciens résistants animés par trois idéaux : le bien commun, la justice sociale, le patriotisme. Tous étaient plus ou moins imprégnés des idées du vieux courant du « Christianisme social », né au XIXème siècle face aux inégalités croissantes engendrées par le capitalisme et adeptes du « Planisme » du Front populaire. Tous étaient « mendésistes ». Beaucoup étaient protestants, mais les catholiques comme Bloch-Lainé étaient leurs cousins et les francs-maçons… leurs frères.

 

Parmi tous ceux-là, Michel Rocard fut bientôt enlevé, écarté du service public par une urgence politique majeure : rénover, reconstruire le socialisme déshonoré par les années de compromissions politiciennes et les dérives autoritaires nées des guerres coloniales. Avec Savary et Depreux, il créa le PSA, puis le PSU. On connaît la suite.

 

J’ai vécu ces années avec lui mais aux côtés de Mitterrand dès 1965, animé par les mêmes idéaux. Nous avons longtemps participé ensemble à l’action associative [1], puis parlementaire, puis gouvernementale, en amateurs. Non comme politiciens professionnels – car nous avions nos professions, honorables et satisfaisantes – mais en amateurs, comme jadis au rugby. Non pour gagner notre vie, mais pour la mériter.

 

Pour l’honneur

 

Michel Rocard, et beaucoup d’autres serviteurs de l’Etat, nous avons été conduits à la politique par nécessité civique. Non pour gagner notre pain, mais pour être en accord avec notre conscience, nos idées, nos espoirs.

 

Les exemples contemporains de programmes électoraux trahis, oubliés ou reniés, de politiciens avides de pouvoir, mais non d’action, « pantouflant » au besoin en cas d’échec électoral pour revenir à la chasse aux mandats quand l’occasion se présente, tout cela est à l’opposé de ce qui anima, parmi d’autres, un Rocard dont beaucoup aujourd’hui encensent la statue mais tournent le dos à son exemple en détruisant des conquêtes sociales pour s’assurer d’incertaines « victoires » politiciennes, contre leur camp, contre notre histoire, contre un peuple qui n’a jamais aimé être trahi.

 

Pierre Joxe, 7 juillet 2016.

 

 

[1] Notamment dans la pépinière de l’ADELS (Association pour la démocratie et l’éducation locale et sociale) créée en 1959.

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