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13 octobre 2018 6 13 /10 /octobre /2018 06:00
En attendant toujours Godot parlons tête de veau et de l’art de ficeler pour faire plaisir à Franz-Olivier Giesbert et aux vegan

J’ai vécu de l’intérieur plusieurs remaniements, certains avec changement de tête à Matignon, les membres du cabinet du Ministre, tels des poussins, se regroupent, un peu inquiets, autour du directeur de cabinet, ils ne sont que CDD et si le boss passe à la trappe il leur faudra dare-dare faire leurs cartons.

 

Dans le cabinet Rocard Ministre de l’Agriculture, le chargé des relations avec le Parlement, un MRG tendance cassoulet, possédait un réel talent d’imitateur et il nous régalait en appelant certains députés de sa connaissance pour leur conseiller de ne surtout pas quitter leur bureau, les téléphones cellulaires n’existaient pas, afin de ne pas rater l’appel du nouveau Premier Ministre. Son exploit le plus marquant fut de faire remonter de sa circonscription un député. Pas très charitable sans doute mais ça nous occupait.

 

Le dernier remaniement que j’ai vécu comme directeur de cabinet fut le remplacement de Louis Mermaz par Jean-Pierre Soisson dans le dernier gouvernement de l’ère Mitterrand, Pierre Bérégovoy tentant de sauver les meubles. Mermaz relégué aux relations avec le Parlement était furax et campait dans son bureau. Dès sa nomination le Jean-Pierre m’appelle pour me demander de rester. Je lui réponds que mes cartons son déjà faits. Il me rétorque : attends, j’arrive ! J’ai ainsi vécu une journée entière avec Jean-Pierre Soisson installé derrière mon bureau, au téléphone en permanence, nous avons déjeuné ensemble dans un restaurant-chic du 7e, je n’ai pas cédé et bien sûr je ne l’ai pas regretté. De ma vie entière je n’ai jamais vu un type mentir avec autant d’aplomb.

 

7 février 2014

Jean-Pierre Soisson : « je traitais la CFDT au chablis… » ICI 

 

Alors imaginez la tronche des membres de cabinet des éminences qui vont passer à la trappe du prochain remaniement qui, depuis plus d’une semaine marine dans leur jus. Comme vous êtes de bons français je suis sûr que ça ne vous tire la moindre larme.

 

Mais tout ça vaut bien une chronique se raccrochant au MRG de mon collègue farceur, « le veau sous la mère », et au goût très prononcé de Jean-Pierre Soisson pour la tête de veau arrosée de pot de chablis. Cerise sur le gâteau : les vegan terrorisant les bouchers-charcutiers !

 

C’est tiré de l’art de ficeler aux éditions de l’épure par Patrick Cadour ICI 

 

 

Tête de l’art

 

« Désosser une tête de veau est tout aussi compliqué que de couper ce cordon émotionnel (ndlr. l’auteur fait référence au cordon ombilical du veau sous la mère). Il faut la poser bien à plat, se munir d’un désosseur très aiguisé, et l’entailler depuis l’os du front jusqu’aux naseaux. Puis ensuite, on décolle la chair et la peau en suivant le contour de l’os, un peu comme le paletot d’une volaille. On fait le tour d chaque côté, jusqu’à qu’il ne reste que l’os quasiment nu.

 

C’est bien plus expressif qu’une carcasse de volaille, vous devrez vous décarcassez avec les joues, les oreilles et le museau, tout en étant contemplé par les yeux de la bête : pas franchement un regard mort d’amour. Enlevez les peaux blanches en périphérie, et les poils des naseaux s’ils vous dérangent vraiment.

 

Une fois cette opération réussie, il vous reste encore un peu de bricolage sur la planche : il vous faut déboîter la mâchoire pour extraire la langue, et scier puis casser l’arrière du crâne pour récupérer la cervelle. Cela reste toutefois plus aisé que de monter des étagères en kit avec une notice allusive.

 

Il vous est alors possible de la cuire ainsi, puis ensuite de la couper en dés pour la mouler en un pâté de tête, mais c’est moins bon que de la pocher une fois roule, avec en son sein la langue pelée et coupée en deux dans sa longueur, tandis que la délicate cervelle est cuite à part. Vous composez deux rouleaux avec une tête.

 

La manipulation est un peu délicate avec une simple ficelle de boucher, il faut en effet maintenir le plus élégamment possible l’ensemble, après avoir roulé la demi-tête autour de la demi-langue, tout en laissant dépasser l’oreille. Le résultat doit ressembler à un portrait de Monsieur Spock, la frange étant facultative.

 

Les professionnels disposent d’un dispositif spécial, consistant en un tube dans lequel on insère le rouleau de tête, et grâce auquel on l’enferme dans un filet élastique. Si vous comptez manger très souvent de la tête de veau, investissez ; sinon, demandez à un proche de vous aider d’abord en serrant le morceau dans sa longueur grâce à deux ficelles, puis avec des liens bien serrés noués à chaque centimètre. »

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11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 06:00
Des restaurateurs bordelais pratiquent le Bordeaux-bashing : moi ça ne m’étonne pas…

Alors que tout le cheptel journalistique fait le pied de grue en attendant Godot… dans la cité d’Alain Juppé Le directeur de l'office de tourisme de Bordeaux, Nicolas Martin, signe un manifeste pour dénoncer les restaurateurs bordelais qui ne servent aucun vin local à leur carte...

 

L'office de tourisme dénonce une tendance de plus en plus forte de la part de restaurateurs bordelais qui évitent soigneusement les vins du cru. Il y aurait en effet à Bordeaux « entre 10 et 20 % » de restaurants qui ne servent absolument aucun vin local.

 

L'interprofession partage cette indignation, et estime que les restaurateurs devraient proposer au moins 50% de Bordeaux.

 

Nicolas Lascombes, qui exploite huit établissements en Gironde, défend aussi le vin local, mais demande à ce que tout le monde fasse des efforts pour sauvegarder le patrimoine bordelais.

 

Des quotas, des quotas, dans la capitale d’un vignoble qui exporte le plus de vin.

 

C’est ridicule et stupide.

 

« Ce qui agace par-dessus tout le directeur de l’office de tourisme, c’est que « ces établissements se gargarisent de concocter une cuisine élaborée à partir de produits locaux et de saison, et curieusement ne proposent pas de vin local, trouvant plus "branché" sans doute de servir des vins d’Australie, d’Argentine ou du Languedoc ». Il précise qu’il ne « demande pas aux restaurateurs de ne servir que du bordeaux ». Mais, « quand on est à Bordeaux, on se doit de proposer un minimum de vin local. Pourquoi faire venir du vin de Nouvelle-Zélande en avion, alors qu’on en produit ici ? Il y a des enjeux écologiques et économiques derrière cette démarche. »

 

« Un avis largement partagé par le CIVB. « Chaque restaurant a sa stratégie, concède Christophe Chateau, mais s’interdire de faire du vin local dans la plus grande région viticole au monde, il faut que l’on m’explique quel est l’intérêt ? » Il considère qu’un restaurateur bordelais devrait proposer « au minimum 50 % de Bordeaux. »

 

À une époque pas si lointaine, lorsque j’allais à Bordeaux, les restaurants ne proposaient que du Bordeaux, si aujourd’hui le vent a tourné c’est que la clientèle, y compris locale, n’y trouve pas son compte. Le désamour, que les grands chefs baptisent : Bordeaux bashing, est une remise en cause du produit lui-même, une distorsion qui ne date pas d’aujourd’hui entre les vins dit prestigieux, inabordables, et les vins plus communs qui ne sont plus au goût du jour.

 

Pendant trop longtemps les dirigeants interprofessionnels bordelais ont eu un comportement, sûr d’eux et dominateur, qui ne prédispose guère ni à l’anticipation des tendances, ni à des remises en cause. Ils le paient cash et l’initiative d’un manifeste de ce type prend des allures de sauve-qui-peut.

 

Le grand bouzin qu’est le CIVB, qui possède des moyens financiers non négligeables, en dehors de pondre des plans avec des noms affriolants : Bordeaux Demain, Bordeaux, ambitions 2025, n’a pas produit, pour ne pas fâcher ses mandants, des réflexions et des propositions qui secouent le confort de cette appellation connue dans le monde entier.

 

Le client a toujours raison, ou presque, même si l’on estime que ce ne sont pas les bonnes, alors plutôt que de geindre, de réclamer des quotas aux restaurateurs du cru, les technocrates privés ou publics feraient mieux de s’intéresser aux mouvements de fond de la consommation du vin dans notre vieux pays et dans le monde.

 

Bien évidemment, les grands critiques, et les moins grands, ou présumés tels, vont m’objecter qu’il existe d’excellents Bordeaux à des prix raisonnables. Je n’en disconviens pas mais la question n’est pas là. Ne leur en déplaise, pour la plupart leur pouvoir d’influence sur les consommateurs, hormis les grands amateurs, est très faible. La nouvelle génération de buveurs glane ses informations sur la Toile, et, même si c’est regrettable, Bordeaux dans le domaine de la communication n’a pas brillé pour se donner une image plus sympathique, moins hautaine.

 

CONSOMMATION Le directeur de l'office de tourisme de Bordeaux, Nicolas Martin, signe un manifeste pour dénoncer les restaurateurs bordelais qui ne servent aucun vin local à leur carte... ICI

 

Mickaël Bosredon

Publié le 08/10/18

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 06:00
Monsieur le Pt de la République et son 1er Ministre si vous cherchez un Ministre de l’Agriculture qui a de la bouteille j’en connais un à qui ça irait comme 1 gant de peau de Millau

Remontant du terrain comme le disent vos élus, un vieux terrain de vignes où l’on fait encore de la politique à l’ancienne, prononcez « paulitique » qu’entends-je ?

 

Que le remaniement ministériel allait se faire en profondeur, des têtes vont tomber, un petit jeu de chaises musicales va se mettre en place, bref d’un côté ceux qui ont très envie de couper leur téléphone pour ne pas apprendre la mauvaise nouvelle, de l’autre ceux qui guettent la moindre sonnerie pour entendre la bonne nouvelle.

 

Si y’a un gars qui connaît le 78 rue de Varenne, sans me vanter, c’est bien moi. Aussi bien son administration que la cotriade des représentants professionnels dont certains que j’ai connu de mon temps et qui sont encore là. Ça conserve la terre, le terroir.

 

Je me suis donc dit, bon citoyen, je vais envoyer via la Toile une petite bafouille à Emmanuel et à son 1er Ministre pour leur suggérer un gars à qui ça irait comme un gant, pas une mitaine, un gant de peau de Millau.

 

Faites comme le François de Jarnac, lorsqu’il a voulu exfiltrer Edith Cresson de la rue de Varenne, nommez quelqu’un qui ne pense pas comme vous, en l’occurrence c’était bien au-delà Mitterrand détestait et même méprisait Michel Rocard.

 

La bonne nouvelle c’est que le Michel s’en est excellemment tiré jusqu’au jour où il a tiré sa révérence nuitamment pour cause de proportionnelle intégrale.

 

Le Tonton a récidivé avec la « France Unie » en nommant Rocard à Matignon.

 

L’horreur, en dépit des bâtons dans les roues de la vieille garde Mitterrandienne, le Rocard ne s’en tirait pas si mal jusqu’au jour il fut viré sans préavis pour laisser sa place à Edith Cresson.

 

Dans votre première fournée ministérielle vous vous êtes plantés en plaçant rue de Varenne un vieux cheval de retour du PS, de Martine Aubry à Emmanuel Macron faut le faire.

 

Donner des médailles aux fidèles, aux soutiens de la première heure, je ne suis pas contre, mais leur confier des maroquins importants c’est une faute politique surtout lorsque l’on proclame que l’ancien monde est derrière vous.

 

Alors qui ?

 

Dévoiler ici son patronyme et son prénom serait le griller, je vais donc me contenter de vous indiquer quelques traits importants du personnage :

 

  • Comme il est retraité, un retraité aisé, il refusera d’être payé pour la fonction.

 

  • Il refusera aussi le chauffeur et la voiture de fonction car il préfère faire du vélo.

 

  • Il aura un cabinet réduit à 2 ou 3 personnes car il travaillera en direct avec ses directeurs d’administration centrale.

 

  • Il continuera de faire ses courses et la cuisine.

 

  • Il servira des vins nature à la table du Ministre

 

  • Il déjeunera tous les mercredis au bar de Giovanni Passerini.

 

  • Il rentrera coucher chez lui.

 

  • Il continuera d’aller passer ses vacances en Corse.

 

  • Y’a de forte chance qu’il refuse de porter une cravate.

 

  • Il a mis une très mauvaise note à la loi Alimentation.

 

  • Il a quelques idées sur la méthode à utiliser pour faire prendre au secteur le grand virage dont il a besoin.

 

  • Il a un très grave défaut il est encore rocardien. (lire Rocard et son cabinet fabuleux… « J’ai bénéficié, dans un cadre de carrière, de quelques-unes des meilleures cervelles du monde agricole français et disponibles à ce moment-là. Je tiens à citer ICI … » 

 

Voilà c’est dit je ne vous garantis pas qu’il soit intéressé, je ne l’ai pas consulté.

 

Si vous le contactez ne dites surtout pas que c’est moi qui vous ai soufflé son nom il serait très fâché.

 

Bien à vous, inutile de me remercier, recevez mes salutations citoyennes.

 

J.B.

 

PS. Je signale au citoyen Pax que mes chroniques vont devenir des biens rares… très rares...

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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 07:00
Le mystère du message de mon répondeur : « Je suis dans mes vignes… »
  • T’as des vignes, toi ?

 

  • Ben oui, je suis un propriétaire de vignes !

 

  • Où ça ?

 

  • Secret d’État, il ne faudrait pas que les limiers du fisc me repèrent…

 

  • Alors, c’est en Bourgogne ?

 

  • Calmos ce n’est pas écrit François Pinault sur mon front…

 

  • T’es chiant avec tes mystères !

 

  • C'est mon côté élevé par les curés mais ce n’est un mystère que pour ceux qui ne sont pas fidèles lecteurs de mon blog depuis ses origines.

 

  • Qu’est-ce-que tu es susceptible, tu écris tellement…

 

  • Si tu n’es pas capable d’écrire une ou deux chroniques par jour c’est que tu n’as pas réussi ta vie !

 

  • Je n’ai pas le temps…

 

  • Ha, le temps, le prendre, le gaspiller, l’user jusqu’à la corde, lâcher face de bouc et twitter, vivre quoi !

 

  • Moi je travaille !

 

  • Moi aussi camarade, disons que dans ma vie je me suis toujours occupé alors je continue sur la lancée.

 

  • Tes vignes sont en fermage ?

 

  • Disons qu’elles sont en amitié !

 

  • Beau geste je te le concède…

 

  • Rassures-toi elles me rapportent…

 

  • Quoi ?

 

  • De beaux flacons.

 

  • T’as fait du crowdfunding ?

 

  • C’était un temps où l’on s’en tenait aux vieilles recettes, le GFA…

 

  • Je crois que j’ai trouvé…

 

  • Alors boucle-là camarade ce matin je suis dans le train pour Lunel, via Nîmes, je vais à l’AG…

 

  • Dans tes vignes ?

 

  • Bien sûr, je vais voter les comptes en compagnie des copropriétaires, disons des porteurs de parts, puis manger et boire de bons coups…

 

  • Tu me raconteras ?

 

  • Voici le programme :

 

Ouverture en trompette, oui, oui en trompette, car ce GFA compte de nombreux talents, celui de Jean-François en l'occurrence.

 

Pour les agapes : Régis nous prépare une mouclade, Philippe et Sylvie un rougail de saucisse. Votre contribution est bienvenue pour l'avant (apéro) et l'après (dessert).  Nous serons une trentaine.

 

Climat : les soirées d'octobre n'étant pas celles de juin, prévoir une petite laine. Les météos croisées disent : nuageux à très nuageux, 20° selon l'une, 18° selon l'autre. En cas de pluie (ce serait moche, car depuis le temps qu'on l'attend), nous nous replierons dans la cuverie.

 

  • T’apportes quoi toi ?

 

  • Du Ganevat, naturiste un jour naturiste toujours…

 

 

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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 06:00
Suis d’accord avec ce ramenard Michel-Édouard Leclerc : Stéphane Travers est 1 politicard de première, Nestlé&consorts des prédateurs, Christiane Lambert est sœur Thérésa… mais…

Le fils de l’Édouard de Landerneau a un grand clapoir, c’est d’ailleurs son boulot, il n’est à la tête d’aucun magasin Leclerc, il est depuis 2006 président de l’Association des centres distributeurs Leclerc.

 

Il communique le MEL, il fait le beau sur les plateaux, laissant aux adhérents le cambouis des magasins et à la centrale d’Achat : le GALEC le soin de plumer les perdreaux. ICI 

 

En 2005, il met en ligne le blog « De quoi je me M.E.L » ICI 

 

Tout n’est pas à jeter dans les propos du MEL, il faut trier, contrer son astucieuse dialectique, la démonter...

 

Stéphane Travert « est un politicard de première », a dénoncé Michel-Edouard Leclerc, PDG de E. Leclerc, ce mardi sur France info.

 

Lundi, le ministre de l’Agriculture estimait que Michel-Édouard Leclerc, prenait « les consommateurs en otage »

 

MEL qui s’oppose « en partie » à la nouvelle loi agriculture et alimentation s’est défendu :

 

« Qu’est-ce qu’il veut faire ? À côté de la loi sur l’agriculture, il veut que les distributeurs augmentent les prix des articles de grandes marques comme Vittel, Perrier, Nutella… Sous prétexte que ça va m’enrichir en tant que distributeur, ça va ruisseler sur les agriculteurs. Mais c’est du délire ! »

 

« Vous imaginez le conseil d’administration d’Intermarché ou de Carrefour dire à ses salariés et à ses actionnaires 'non, ce n’est pas pour vous, c’est pour les agriculteurs français' ».

 

Stéphane Travert a assuré que l’objectif de cette loi, qui doit être votée définitivement ce mardi à l’Assemblée nationale, était avant tout d’agir sur « les marges des distributeurs ». « Nous demandons que les distributeurs puissent diminuer leurs marges sur les produits agricoles, tout simplement pour mieux rémunérer » les agriculteurs, a précisé le ministre de l’Agriculture, en exhortant aussi les acheteurs à sortir de « la logique déflationniste » lors des prochaines négociations commerciales entre les acteurs.

 

Vaste débat que celui sur le niveau des marges des distributeurs :

 

Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires

Rapport 2017 de l'Observatoire de la formation des prix et des marges ...

ICI 

 

La fonction d’un observatoire c’est d’observer, de cette observation les pouvoirs publics n’ont jamais pu ou voulu tirer des moyens d’action, et la nouvelle loi ne change rien. La commission de la concurrence veille à ce que toute action concertée soit sanctionnée et les agriculteurs passent sous cette toise. Tout le reste n’est que discours de comices agricoles. J’ai toujours défendu que les grandes interprofessions agricoles pour les produits « minerais » devaient pouvoir fixer un prix minimal d’achat. Ça ne plaît pas à la Commission Européenne mais le système a bien fonctionné sans qu’il ait des effets inflationnistes.

 

Suis d’accord avec MEL :   Stéphane Travert est un « politicard de première  »

 

Deuxième saillie de MEL cette semaine toujours sur France-Info :

 

Loi alimentation : "La p'tite dame [Christiane Lambert (FNSEA)] se fait passer pour la mère Theresa des pauvres de l'agriculture et qui est co-responsable de la politique agricole, il faut qu'elle voit comment on re-répartit les subventions" affirme Michel Edouard Leclerc

 

Christiane Lambert rétorque que « les « alliances locales » du groupement Leclerc, c’est un cache-misère. C’est lilliputien, même pas 10 % de ses achats à l’agriculture française.» Quant à la hausse du seuil de revente à perte, « oui, elle obligera Leclerc à cesser de vendre le Nutella à prix coûtant alors qu’il prend 40 % de marge sur des pommes Royal gala. Michel-Edouard Leclerc devrait vraiment se demander s’il veut continuer à détruire l’agriculture française.»

 

Là encore, hormis la p'tite dame, je suis d’accord avec MEL : Christiane Lambert joue à bon compte les sœurs Thérésa, son syndicat a cogéré la PAC avec les pouvoirs publics, pour le plus grand bénéfice des grandes cultures, touche pas à mes aides directes, j’en ai été le témoin, elle a fait le lit, avec les grands groupes coopératifs, d’une économie où le pouvoir des agriculteurs compte pour du beurre.

 

En revanche, le MEL amuse la galerie, comme ses frères ennemis de la FCD,  avec ses alliances locales, c’est l’arbre qui cache la forêt. Dans le secret des soi-disant « négociations commerciales annuelles » dans sa centrale d’achat, comme les autres de la GD, c’est tu signes en bas de la page ou tu prends la porte.

 

Du côté du vin, pour le vin à deux balles, c’est idem, sauf que le rayon vins les gars de la GD ils n’en ont rien à péter, ce qui les intéressent ce sont les foires aux vins, où certains bons amis des petits cavistes vont faire des ménages, faut bien vivre mon bon monsieur et prendre le blé là où il est…

 

Si l’on veut vraiment que les agriculteurs vivent il faut leur redonner les moyens de prendre leur destin en main et, croyez-moi, si c’était simple ça se saurait. Ça commence du côté des consommateurs par un changement radical de leurs méthodes d’achat, le contenu des caddies de la fameuse classe moyenne déborde de confortables marges de produits prêt à l’emploi. C’est le ticket de caisse qui est le marqueur du pouvoir d’achat.

 

Les fameuses assises de l’Alimentation étaient structurellement condamnées à accoucher d’une souris. Les intentions affichées étaient bonnes mais il n’y avait pas de pilote dans l’avion mais c’est normal il n’y a pas de cabine de pilotage.

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5 octobre 2018 5 05 /10 /octobre /2018 10:32
photo empruntée à Marc Vanhellemont

photo empruntée à Marc Vanhellemont

Mes œuvres sont méconnues : je suis l’accoucheur de l’IDAC, interprofession des Appellations Cidricoles, je n’ai jamais aimé ce nom mais mes électeurs en ont décidé ainsi. J’enterrais par la même occasion le vieux Bureau National Interprofessionnel du Calvados et je succédais à un monument national, armoire normande : Jean Pinchon, à côté duquel Éric Boschman aurait fait figure d’un petit poussin.  

 

Bref, chaque semaine je prenais le turbo-train partant de la gare Saint-Lazare, toujours en retard, brinqueballant, pour Caen où mon directeur venait me chercher. Cette jeune interprofession était normando-bretonne, c’est l’une des raisons pour lesquelles les professionnels m’avaient sollicité. Le p’tète bien oui, p’tète bien que non des normands n’est pas une légende, les faire accoucher d’une décision relevait.

 

Après une période au cours des fameuses 30 glorieuses où le Calvados du petit matin, le Calva, coulait à flots, la pente des ventes étaient savonneuse. Fini le Festival du film américain de Deauville repris en mains, la honte, par les gens du Cognac.

 

Restait comme événement phare : le Calvados Nouvelle Vogue.

 

C'était encore très chic...

 

Et puis le 18 janvier 2006 j’écrivait :

 

Ne me dites pas...

 

Ne me dites pas : et pour moi ce sera un Calva... Même si c'est pour me faire plaisir, je n'aime pas ça car ça sonne la condescendance avec une petite pointe de mépris : du genre ça sent la bouse des vaches normandes et la rincette du pépé dans la tasse de café. Bien sûr je n'ai rien contre la rincette et le trou normand mais entre nous ce n'est pas avec de telles images qu'on se fait une petite place dans l'univers impitoyable des spiritueux. Alors dites-moi : et si prenions un Calvados !

 

Le Calvados j'en préside l'interprofession depuis 5 ans et si ce matin je consacre ma chronique à cette belle eau-de-vie d'appellation c'est que j'ai le sentiment du devoir accompli. La maison est en ordre et, grand bonheur, après de longs palabres, mes chers professionnels se sont mis d'accord pour que l'un d'entre eux se présente à ma succession. C'était mon souhait. Il a fallu du temps, mais comme aimait le dire un président de la République : il faut laisser le temps au temps...

 

Si je tiens tant à ce que l'on nomme par son nom le Calvados c'est parce que depuis qu'il a quitté le zinc des comptoirs il se cherche un second souffle et, même si ce n'est pas facile tous les jours, le produit a un bel avenir, surtout à l'exportation qui représente déjà la moitié des ventes. Alors permettez-moi amis du vin de vous conseillez de ne pas opposer alcool fort et vin, car ce sont les usages que l'on fait du produit qui peuvent conduire à l'addiction.

 

Voilà c’est dit et je passe la plume au vrai belge des 5 du Vin Marc Vanhellemont, dit Marco comme Verratti.

 

Pour vos cocktails, pensez Calvados…

 

L’essor du marché des cocktails, qui voit fleurir de nouveaux bartenders à chaque coin de rue, entraîne un engouement pour les alcools parfois bien supérieur à celui qu’on les amateurs pour le vin. Déjà, bartender a remplacé barman, je ne sais pas pourquoi, si quelqu’un sait, cela nous éclairera sur : pourquoi changer un anglicisme par un autre?

 

Les gins se comptent aujourd’hui par milliers, les rhums ne sont guère en reste, les vodkas, n’en parlons pas, de même que les tequilas et autres eau-de-vie, distillats et cie. Mais le positif de l’histoire, c’est la recherche de l’originalité. Quand on veut briller derrière son comptoir, il faut innover. Et comment innover ? En trouvant un cocktail avec un alcool moins usité par ses confrères.

 

La suite ICI 

 

C’est tout à la gloire du sieur Éric Boschman qui ne liche pas que de la glace…

 

Au fait de qui ce cocktail a-t-il le nom ?

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 07:00
AVRIL

Il ne va pas nous faire tout le calendrier !

 

Rassurez-vous, rien à voir avec le mois ni avec ça ICI  et  ICI 

 

Moi mon avril c’est 1 petit AVRIL

 

C'est un vin de France œuvre de Vincent Avril le propriétaire du Clos des Papes à Châteauneuf-du-Pape.

 

C’est le fils de Paul Avril que j’ai bien connu lors de ma mission à Châteauneuf-du-Pape. Il fut, à la suite d’un petit règlement de comptes via le cabinet de Jean Glavany, alors Ministre de l’Agriculture, Président  du Comité Vin de l’INAO, succédant à un autre Castel Papal Jérôme Quiot.

 

14 juin 2007

Châteauneuf-du-Pape vaut bien une messe

 

Dallas, la saga des Ewing, JR et Bobby, Sue Ellen et Pamela... un univers impitoya...able...

 

Lorsque je débarquais du TGV à Avignon-ville, lesté d'une lettre de mission lourde des sacs de nœuds de cette belle appellation qu'est Châteauneuf-du-Pape qui est aussi un village : déviation, POS, dégustation, classification et aussi une chicayas sur la bouteille écussonnée, et que j'allais, d'un bon pas, rejoindre la DDA où l'on me confiait la pet ’ite auto d'un ITA, je ne savais pas que, par-delà les treize cépages, on m'attendait au virage du village.

 

Faut dire qu'en ce temps-là, Elizabeth Guigou guignait Avignon et, que bien sûr, le préfet - qui aujourd'hui fait rouler le métro de Paris - me recevait avec tout le cérémonial dû à mon rang pour me dire, sur un air de bien entendu, de dénouer ce sac de nœuds, au mieux. Quant au maire, le rond Jean-Pierre Boisson, il m'attendait au virage tout en laissant le soin à ses affidés de m'enfumer. Faut dire que c'était un homme fort occupé par ses présidences multiples.

 

Alors, ni une, ni deux, je m'immergeais dans les archives de l'appellation ; puis, je prenais ma plus belle plume et j'écrivais à tous les vignerons pour leur donner mon sentiment sur la situation ; puis j'attendis. J'aimais bien prendre le TGV pour Avignon. J'écoutais de l'opéra sur mon walkman. Je lisais. Je dormais. On me téléphonait. Y'avait les pour, les contre et les ni pour ni contre. Je baguenaudais. On me parlait. On se confiait. Je sentais que j'énervais les pour, que j'étonnais les contre et que les ni pour ni contre commençaient à se dire que, pour un parisien, j'étais peut-être moins con que j'en avais l'air.

 

La suite ICI 

 

Je pourrais écrire un roman sur Châteauneuf-du-Pape mais qui ça intéresserait-il ?

 

Ça fait un bail que je n’y suis pas allé.

 

C’est tout à fait par hasard que suis tombé sur le petit vin d'Avril.

 

 

J’ai acheté.

 

Pas encore goûté.

 

Alors je laisse le soin à un cireur de pompes, patenté et sur le déclin, le soin de vous livrer ses commentaires de dégustation en 2016 :

 

« Un vin de coquin à souhait qui reste envoûtant par ses arômes frais et surtout par sa magnifique buvabilité. A base de marselan, un croisement entre le cabernet sauvignon et le grenache noir, ce vin possède tous les atouts pour se faire plaisir à prix doux tout en ayant un vin issu de raisins biologiques, fruité, parfaitement équilibré et capable de rivaliser avec beaucoup d’autres vins.

 

Très floral avec de belles notes de myrtilles et de fruits noirs. Moyennement dense, frais, vif pour une bouche juteuse, élégante, suave et des notes de café et de fleurs en finale. Parfait pour les repas entre amis et le bonheur de l’instant. »

 

Le gars nous dit que cette petite merveilles proviens de parcelles « mal placées », tiens il y aurait des lopins de l’aire de Châteauneuf indignes de faire du Châteauneuf-du-Pape, étonnant non comme le dirait Jean-Michel Apathie !

 

Lavinia est plus précis : « un vin provenant de parcelles déclassée de Châteauneuf-du-Pape à proximité du Rhône. Ce Clos des Papes, Petit Avril »

 

J’adore la référence au Clos pour promouvoir le petit…

 

Un autre site de vente en fait des tonnes avec le même souci ICI 

 

Caramba je suis miro Le petit vin d’Avril à moi il est blanc.

 

  • Je refais le film avec d’autres goûteurs patentés :

 

A la vigne :

 

Le terroir et les sols : parcelles situées à proximité du Rhône.

 

Philosophie : Culture Biologique

 

 En cave :

 

 Vinification et élevage : élevé en cuve pendant 5 mois.

 Dans le verre :

 

Ce petit vin d’Avril blanc est une balade printanière le long des rives du Rhône. Les fruits jaunes se mêlent avec délice aux parfums de fleurs printanières, de badiane et d’épices douces. Fraîcheur et onctuosité caractérisent ce vin blanc savoureux et de bonheur simple. 

 

« Ce "Petit Vin d’Avril" porte un nom bien modeste au vu de la qualité de ce cru exceptionnel.

 

Toute l’expression des grands blancs de Châteauneuf exprimée ici dans une ambiance plus croquante et accessible jeune. Nez ultra gourmand sur le brugnon, les fruits secs et les fleurs blanches. La bouche est généreuse et très sexy se concluant par une finale très rafraîchissante sur l’acacia.

 

Un bijou !

 

Je viens de faire la démonstration devant la confrérie des grands goûteurs que je ne suis qu’un imposteur !

 

Désolé…

 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 06:00
SEPTEMBRE

C’est rituel, lorsqu’on me croise en juillet-août dans les rues de Paris on me dit « Quand pars-tu en vacances ? » Je souris avant de répondre : « Je suis en vacances éternelles mes amis mais je pars en septembre en Corse, celle du Sud… » Je me garde bien d’ajouter : « … en septembre les bronze-culs sont repartis sur le continent ou, si vous vous la jouez indépendantiste : en France.

 

Avant le départ, afin de n’avoir rien à faire, je tartine toutes les chroniques qui seront mises en ligne tout au long de mon séjour insulaire.

 

Et puis sitôt arrivé, l’actualité corse m’offre des sujets que je traite au petit matin sur la terrasse juste avant que le soleil pointe son nez au-dessus des crêtes qui enserrent la baie de la Liscia.

 

6 heures, 7 heures, les chroniques tombent dans vos boîtes mail et certains doivent penser que je suis l’enfant naturel de Stakhanov.

 

Détrompez-vous, je suis un gros fainéant mais j’adore me lancer des défis pour me sortir de mon indolence…

 

À mon retour j’aurais pu revenir à mon rythme d’une chronique par jour, eh bien non, je poursuis sur ma lancée corse.

 

Ce qui m’étonne c’est que vous me suiviez avec fidélité.  

 

Face à face de bouc et à twitter le vieux blogueur que je suis survit à la toute-puissance de ceux qui n’écrivent ni ne lisent, j’entends par là qu’ils s’en tiennent au titre, qu'ils réagissent, torchonnent, invectivent, se mettent en scène, cherchent le buzz…

 

Je suis mon petit bonhomme de chemin sans me soucier de faire de l’audience.

 

Et puis, patatras, le 22 septembre je commets en trois coups de cuillère à pot une petite chronique :

 

Pendant que l’INAO vérifie avec un pied-à-coulisse la hauteur de l’herbe dans les vignes, à Pomerol on importe sans vergogne du terroir dans les vignes.

 

Et c’est parti mon quiqui !

 

Ce drainage met-il à sec ou à sac le terroir ? titre Vitisphère le JO de la viticulture.

 

Suscitant le débat et une commission d’enquête, les travaux avant plantation d’une parcelle de 62 ares pourraient mettre son habilitation à la production de l'appellation sur la sellette. Ce qui n'est pas une mince affaire à 1,5 millions €/ha.

 

« Je ne suis pas le seul à faire des travaux de drainage, à devoir apporter des cailloux, à avoir étalé les terres excédentaires… Si historiquement les propriétés de Bordeaux n’avaient pas drainé les sols, il n’y aurait pas beaucoup de vin en Gironde ! » laisse échapper Denis Durantou, le propriétaire du château L’Église Clinet (Pomerol). Entre surprise et incompréhension, le vigneron semble dépassé par la polémique qui enfle, un peu dans le vignoble qu’il travaille et beaucoup sur les réseaux sociaux dont il est absent, au sujet des travaux de drainage qu’il a réalisés début septembre sur une parcelle de 62 ares.

 

Mais à l’ère des téléphones portables et du tout connecté, les photos de ses pelleteuses creusant et terrassant le sol sont rapidement sorties du plateau de Pomerol. Ces clichés ont ouvert le débat plus large sur les limites à fixer aux pratiques de préparation des sols avant plantation. Les critiques se sont focalisées sur un apport de graves, et ont culminé dans un billet du blog de Jacques Berthomeau : « pendant que l’INAO vérifie avec un pied-à-coulisse la hauteur de l’herbe dans les vignes, à Pomerol on importe sans vergogne du terroir dans les vignes » (en référence au manquement à l’AOC Graves du domaine Liber Pater concernant l’entretien de son sol*).

La suite ICI

 

Comme le disait Richard Virenque : c’est arrivé à l’insu de mon plein gré… J’assume mes écrits, d’ailleurs personne n’a protesté, la suite dépasse largement une quelconque volonté de faire le fameux buzz.

 

Bien sûr ça a boosté les statistiques, amené de nouveaux abonnés mais, sans jouer le modeste, ce ne sont pas les gros chiffres qui me motivent.

 

Pages vues :

39 109

Visiteurs uniques :

30 444

 

C’est plutôt ça, reçu, dimanche matin via le formulaire de contact du blog :

 

                Bonjour, Mr Berthomeau, je suis infirmière et je me prépare à partir ce matin à l’hôpital; je viens de lire votre chronique à propos d'A. Camus; c'est un plaisir de vous lire et je peux dire que ma matinée commence bien. Je vous remercie donc.

Bonne journée

Anne

 

Voilà, j’ai fait le tour de la question.

 

À l’instant sur le fil Twitter tombe une bien mauvaise nouvelle :

 

L’auteur de bandes dessinées René Pétillon est mort, dimanche 30 septembre, à l’âge de 72 ans, a annoncé la maison d’édition Dargaud, confirmant ainsi une information publiée par le dessinateur Yan Lindingre sur son compte Facebook.

 

« La tristesse et la douleur de voir disparaître un ami cher ne nous font pas oublier le talent hors du commun de ce dessinateur à l’humour irrésistible et à l’élégance rare », peut-on lire dans le communiqué publié par Dargaud.

 

René Pétillon avait notamment créé le personnage de Jack Palmer, un calamiteux détective dont les péripéties ont été narrées à travers plusieurs albums, publiés entre 1976 et 2014. L’Enquête corse, prix du meilleur album au Festival d’Angoulême 2001 avait été adaptée au cinéma dans un film réalisé par Alain Berberian trois ans plus tard, avec les acteurs Christian Clavier et Jean Reno.

 

René Pétillon fut également lauréat du grand prix de la ville d’Angoulême en 1989 et a collaboré pendant de longues années avec Le Canard enchaîné.

 

 

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 06:00
Mes détestations absolues : le concombre, les ronds-points et le four à micro-ondes
Mes détestations absolues : le concombre, les ronds-points et le four à micro-ondes

« Le concombre est un légume qu’il faut bien émincer, assaisonner avec du poivre et du vinaigre, puis jeter aussitôt, car il ne vaut rien du tout. »

Samuel Johnson

 

 

« Le rond-point ou sens giratoire est une maladie incurable, une épidémie. Comme son nom l’indique, cet espace circulaire apparaît à l’endroit où convergent au moins deux routes suffisamment fréquentées pour justifier son existence. Favorisé par une nouvelle politique européenne de l’urbanisme qui, ces dernières années, a fortement subventionné la suppression des feux tricolores, le rond-point est une particularité des lointaines banlieues et des zones limitrophes (…)

 

Le rond-point est constitué d’un parterre central – presque toujours circulaire, parfois polygonal – autour duquel tourne une route où débouchent d’autres. Dans le parterre inaccessible à pied, nappé d’un brouillard de gaz d’échappement et aussi bruyant qu’une tranchée de la Première Guerre mondiale, personne ne s’arrêtera jamais. Personne ne s’assiéra jamais. Personne ne dormira, ne lira, ne fera l’amour. C’est un parterre d’« apparat ». Encouragés par le architectes et les paysagistes qui sont de mèche avec des pépiniéristes en mal de publicité prêts à distribuer de généreux pots-de-vin, maires et adjoints ont décidé d’y concentrer le plus grand nombre possible de bizarreries afin de montrer à tous les automobilistes combien la ville annoncée et saluée par le rond-point est à la page, moderne, audacieuse et « culturelle » » (…)

 

Ce qui importe avant tout aujourd’hui, dans notre époque de vitesse qui nous bombarde constamment de mille stimulations, c’est d’« impressionner », de « choquer ». À la vue de la sphère métallique trônant sur le rond-point, toute personne de bon sens pensera « c’est absurde » ou « c’est horrible », et donc se sentira en devoir de déclarer que c’est « intéressant comme travail », « une œuvre réussie », « une trouvaille » sans se demander si cette boule annonce un stade de foot, représente une orange ou symbolise le mensonge ou l’exaspération. Seul l’automobiliste qui se garera et, au péril de sa vie, traversera rond-point et parterre pour lire l’écriteau pourra découvrir qu’il s’agit d’un monument à la mémoire des victimes de la Mafia. »

Umberto Pasti Pierre Le-Tan Jardins les vrais et les autres Flammarion

 

 

Le four à micro-ondes : Une invention issue des techniques militaires

 

 

Le 18 septembre 1999, le Dr Percy, expert en électronique, fut admis à titre posthume au National Inventors Hall of Fame (Organisation fondée en 1973 à Akron (Ohio) pour honorer les réalisations des inventeurs), succédant aux frères Wright et à Thomas Edison parmi les précédents lauréats.

 

Sa renommée reposait principalement sur l’invention en 1946 du four à micro-ondes.

 

« L'histoire de l'invention du four à micro-ondes est celle du fabuleux destin de Percy Lebaron Spencer. Malgré une enfance malheureuse et une scolarité interrompue à 12 ans, le jeune Percy, curieux et autodidacte, se passionne pour l'électricité et les communications à distance. Après son service militaire dans la marine (où il apprend la radiotélégraphie), il entre en 1925 chez Raytheon. Cette compagnie oeuvre dans le secteur de la défense et développe des technologies autour des radars. C'est ainsi qu'il se retrouve en 1945 à travailler sur un tube magnétron, un dispositif qui transforme l'énergie électrique en énergie électromagnétique sous forme de micro-ondes. Sa mission est de simplifier le processus de fabrication de cet élément, afin d'améliorer la production de radars destinés aux militaires.

 

« Fondée en 1922 dans le Massachusetts, notamment par Vannevar Bush (1890-1974), l’un des pionniers de l’informatique, s’impose comme principal fournisseur de magnétrons. Ces tubes électroniques équipent les différents types de radars et produisent les ondes électromagnétiques qui sont ensuite détectées, révélant ainsi la présence d’objets à distance. »

 

« Debout à côté d’un magnétron, Spencer s’aperçut soudain que le chocolat qu’il avait dans la poche était en train de fondre. Il confirma le pouvoir chauffant du magnétron en disposant à côté de l’appareil des grains de maïs à pop-corn qu’il regarda gonfler et éclater. Après avoir obtenu du pop-corn, il place un oeuf dans un pot avec une ouverture, devant le tube magnétron. L'oeuf éclate. Il note alors que l'intérieur du pot a chauffé plus vite que l'extérieur.»

 

« L’invention du four à micro-ondes est exemplaire à deux titres. D’abord, elle résulte d’un hasard qui l’a hissée au rang des innovations typiques de ce qu’on appellera par la suite « sérendipité », comme le Post-it ou le Téflon. Ensuite, elle est un pur produit des techniques militaires, en l’occurrence celles qui ont permis l’essor du radar, lequel découle principalement des travaux du physicien écossais Robert Watson-Watt (1892-1973) sur la radioélectricité en 1935.

 

« Plusieurs scientifiques avaient déjà découvert les propriétés chauffantes des micro-ondes. Mais Percy Spencer est le premier à imaginer s'en servir pour la cuisson des aliments. C’est un four industriel fonctionnant sur le principe de l’agitation des molécules d’eau (à un rythme effréné de plus de deux milliards de fois par seconde) présentes dans les aliments sous l’effet de l’énergie électrique d’ondes radio émises à une fréquence de 2,45 gigahertz (domaine des micro-ondes). Il dépose en octobre 1950 un brevet concernant ce traitement des denrées alimentaires par l’effet des ondes électromagnétiques. »

 

Fin 1945, Raytheon dépose un brevet et présente en 1947 le "Radarange". Avec 1 m de haut et près de 30 kg, ce four bien trop cher (3 000 dollars) a peu de succès. »

 

 

« C'est en 1967, deux ans après avoir acheté Amana Refrigeration, que Raytheon lance un four à micro-ondes à usage domestique à 500 dollars qui fera peu à peu son entrée dans les ménages. En 1971, la Food and Drug Administration impose des normes aux constructeurs et, pour la première fois en 1975, les ventes des micro-ondes dépassent celles des fours à gaz. Percy Spencer se voit décerner le titre honorifique de Docteur par l'université du Massachusetts et meurt en 1970.

 

Arrivés dans les années 1980 en Europe, les fours à micro-ondes équipent aujourd'hui plus de 80 % des foyers français, contre 20 % en 1990. - 34 % des fours à micro-ondes vendus sont des combinés, avec fonction de four classique.

 

Des firmes japonaises, puis coréennes et désormais chinoises dominent tour à tour le marché mondial, réussissant à vendre des fours à partir de 40 euros.

 

« Cet appareil est considéré par la population française comme l'un des 10 objets dont on ne peut absolument pas se passer », précise Aurélie Brayet, spécialiste de l'histoire des arts ménagers à l'université de Saint-Etienne. En 2007, selon le Groupement interprofessionnel des fabricants d'appareils d'équipement ménager, 85 % des foyers français en étaient équipés, ce qui correspond à des ventes annuelles de quelque 2 millions d'appareils au cours des cinq dernières années. Pour autant, l'engouement pour le four micro-ondes ne date en France que de la fin des années 1980 - seuls 20 % des foyers étaient équipés en 1990 - largement après les Etats-Unis et le Japon. « Le four à micro-ondes a séduit d'emblée les Américains, toujours en quête de gain de temps, et les Japonais, adeptes de cuisson vapeur de petites portions, explique Aurélie Brayet En revanche, jusqu'aux années 1990, les Français l'ont surtout utilisé comme moyen de réchauffage rapide de liquides. »

 

« Puis, peu à peu, les plats sont passés, comme aux Etats-Unis, du réfrigérateur au micro-ondes. Au milieu des années 1990, les produits surgelés devenus plus abordables ont connu un véritable engouement. " Néanmoins, en France, le développement conjoint des marchés du micro-ondes et des surgelés a d'abord été une spécificité urbaine de familles aisées, précise-t-elle. Le four à micro-onde n'a pénétré les foyers ruraux, pourtant bien plus équipés en vastes congélateurs, qu'il y a moins de dix ans. " Et, au pays de la gastronomie, la véritable cuisine au micro-ondes n'a pris son essor qu'au cours des cinq dernières années, en grande partie grâce à des livres de recettes et à l'instar de chefs qui ont prôné ce mode de cuisson désormais synonyme de qualité. »

 

Sources :

- SONIA PIGNET PUBLIÉ LE 01/04/2008 

 

- Une invention issue des techniques militaires

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26 septembre 2018 3 26 /09 /septembre /2018 06:00
Le plaisir de retrouver ce forban-poète de Pascal Frissant du château Coupe-Roses dans le dernier numéro de Le Rouge&leBlanc

Dans le portrait qu’ils font de Pascal Frissant, les rédacteurs de Le Rouge&leBlanc omettent qu’il fut l’un des leaders emblématiques de la Confédération Paysanne, à ce titre il siégeait au Conseil de Direction de l’ONIVINS devenu Viniflhor.

 

Le 18 juillet 2008 j’écrivais :

 

J'aime bien Pascal Frissant c'est un vigneron poète. Lyrique, avec ce grain de folie qui donne à ses propos des couleurs et des saveurs que l'on ne rencontre plus dans les débats convenus, aseptisés. À la Confpé pure et dure je n’étais pas en odeur de sainteté, lors d’une université d’été à Monbazillac ce fut très chaud, la vieille garde post-gros-rouge m’accusait de solder dans mon foutu rapport la viticulture des gens de peu, les coopérateurs et leur coopé producteurs de minerai. Avec Pascal l'amitié et l'estime ont toujours fait fi des contingences du moment. Débattre avec Pascal fut toujours un plaisir.

 

Et puis, nous nous sommes perdus de vue, j’ai rencontré Françoise Le Calvez, son épouse, lors de dégustations. « Françoise est une femme de caractère, qui s’exprime de façon franche et directe », je confirme.

 

La relève est assurée par leurs enfants avec Mathias, titulaire d’un DNO, qui a rejoint le domaine en 2015 et plus récemment Sarah, DNO , qui fait le commerce.

 

Je note avec plaisir que Mathias a pour objectif des vins encore plus naturels. Bravo ! Avec mes encouragements.

 

Les 3 dégustateurs, dont Sonia Lopez-Calleja, écrivent  que « les deux cuvées dégustées collégialement ont révélé un terroir magnifié par « les tripes du vigneron » comme le disait Jacques Puisais. »

 

Pour ces retrouvailles à distance je sors de mes archives :

 

18 juillet 2008

 

La lettre ouverte de Pascal Frissant au président et au directeur de Viniflhor où il donne les raisons de sa démission du Conseil de Direction de Viniflhor.

 

Monsieur le Président, Monsieur le Directeur,

 

J'ai le regret de vous adresser ma démission aux sièges que j'occupe au titre de la Confédération Paysanne, à compter de ce jour.

 

J'ai eu de l'honneur et du plaisir à représenter une partie du monde vigneron "à Paris" suivant l'expression ancienne.

 

Je suis assez heureux du travail de rédaction et de publication de la brochure "les frontières du vin" pour laquelle votre aide fut essentielle. Nous avons amorcé un débat sur les limites de l'usage du mot vin, sur la dangerosité de la perspective de la commercialisation de fractions de vin, sur l'aspect non purement marchandise mais éminemment sémiotique * du vin. L'appel ultime contre les naufrageurs du vin donna une dimension particulière à ce débat.

 

Enfermés dans une vision du monde et de la consommation ne laissant pas de marge de manœuvre à ceux qui veulent se détacher des dogmes des grands marchands, mes collègues responsables professionnels n'ont pas pu rentrer dans la question : qu'est-ce que le vin ?

 

La question reste pour moi la même depuis longtemps :

  • pourquoi boit-on encore du vin

 

  • pourquoi cette boisson archaïque gagne-t-elle en universalité ?

 

Le redéveloppement des exploitations viticoles, des installations et de l'emploi à la production dépend du statut du vin et de la régulation des marchés autour de cette définition. La fuite en avant dans la régulation et la fabrication du breuvage "vin" amorce une nouvelle vague de faillites paysannes, de situations de douleur et d'échecs, de destruction des tissus ruraux.

 

Nous ne parvenons pas à mesurer certains mécanismes lourds.

 

Il y a d'abord celui de la mort du producteur dans les vins de marque et de la mort du Vin par le développement des techniques correctives. La fraude précède généralement la légalisation comme le prouve le développement actuel de l'offre d'arômes exogènes et de la pratique du mouillage.

 

La déconstruction du substrat "moût" ou "vin" "sont suivie d'une reconstruction matérielle qui pourrait bien aboutir à des vins prémix. Il y a également l'offensive permanente des moines-soldats de l'hygiénisme qui trouveront dans ce vin mort l'évidence de ses fonctions d'imprégnation alcoolique dépourvues de toute modération culturelle.

 

La casse du vin va s'amplifier avec le productivisme. L'augmentation des rendements est présentée comme seul horizon possible pour le maintien d'une recette/ha. Nous connaissons le lot d'aberrations écologiques accrochées à cette orientation : la gaspille de l'eau, l'augmentation de la fragilité des plantes, l'usage accru de pesticides... On peut comprendre le raisonnement au niveau du guidon dans une entreprise ; je comprends moins l'absence de travail culturel sur le vin, l'absence de réflexion sur l'impact négatif des techniques mises en oeuvre à la production, sur le mécanisme de construction de la valeur symbolique du vin et des vignerons qui soutient pourtant l'ensemble de son économie actuellement.

 

L'absence s'un temple de la vigne et du vin à l'image du Futuroscope de Poitiers, la quasi-absence de chaire d'Histoire du vin, de géographie viticole ou de techniques d'investigations archéologiques et historiques permettant de travailler sur les dimensions quasi-universelles du vin sont autant d'éléments qui donnent la mesure de la pauvreté culturelle de la représentation professionnelle. C'est un tapis rouge pour le cynisme des marchands.

 

Après le règne de l'idéologie des marchands qui jettent des cailloux aux poètes, eux qui jadis en étaient les mécènes, viendra celui des citoyens du monde dotés d'un revenu. Ils chercheront la vérité agronomique des mets, des vins et de notre relation à la nature et aux autres.

 

Les difficultés sont grandes dans nos exploitations. Des pères de famille sont humiliés par leur impossibilité à résoudre leurs problèmes financiers. Un voisin vient de vendre à 42 euros l'hl un vin de pays à 13,4° qui eut pu être Minervois. Notre village est à 56 hl/ha en moyenne !

 

Le temps passe. La nouvelle régulation semble être celle du prix comprimé même en période de déficit de production. Nous sommes passés d'une régulation qui protégeait les vignerons à une régulation qui garantit des bas prix au négoce.

 

Cette situation nous décime.

 

Je pense que l'obsession du contrôle politique de la filière et les restes de physiocrates** qui poussent à refuser de reconnaître une valeur à la demande sociale "de la ville" nous jettent dans des difficultés de fond et participent à cette nouvelle régulation. Les analyses de résidus de pesticides publiées récemment sont un avant-goût des problèmes que la sporulation corporatiste veut nous faire ignorer depuis vingt ans.

 

Dans des conditions meilleures peut-être travaillerons-nous dans le futur.

 

Je continue à œuvrer pour la défense du vin et des paysans vignerons, pour la solidarité avec les paysans pauvres du monde et pour que mes enfants puissent s'installer.

 

Merci de bien accueillir mon successeur.

 

Salutations.

 

Pascal Frissant.

 

·        La sémiotique est la théorie des signes culturels.

 

·        la physiocratie (le pouvoir de la nature) est une doctrine économique qui considérait l'agriculture comme source essentielle de la richesse.

 

29 août 2010

Pascal Frissant Vous êtes membre de la commission nationale viticole de la Confédération Paysanne : comment avez-vous réagi à cette action anti-OGM ?

 

« L'Inra de Colmar est une station que nous connaissons bien. Ses chercheurs sont très sérieux et planchent sur des sujets primordiaux, tels que la sélection de nouvelles variétés de vigne. Nous sommes bien sûr opposés à l'usage d'OGM dans la viticulture, mais nous faisons confiance aux scientifiques œuvrant pour mieux connaître ces organismes. Le problème, c'est qu'il existe au sein de la Confédération un petit noyau d'activistes qui n'a pas compris la différence entre viticulture et céréales. Or cibler l'Inra, outil où les spécialistes ont quand même pas mal d'indépendance, est à mes yeux une grosse connerie. On sent une volonté d'en découdre : je ne peux que condamner ce type d'attitude idiote.

 

Quel a été selon vous l'élément déclencheur de ce coup de force ?

 

« Il y a eu sans aucun doute la visite sur le site de Colmar du ministre de l'Agriculture, qui a annoncé à tort que ces plans de vignes transgéniques seraient rapidement commercialisés. Il cherchait sans doute à rassurer les exploitants inquiets à cause du court-noué : cette opération politique fondée sur une information erronée a servi de prétexte à ce groupe de faucheurs volontaires qui attendait l'occasion de passer à l'acte. Il n'empêche que leur action relève d'une sorte de dérive sectaire, semblant dictée par une poussée limite obscurantiste. Ça commence quand même à m'inquiéter un peu. »

 

 

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