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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 06:00
Les mariés ne m’ont pas invité au vin d’honneur du mariage des Achards

« 2 OUI pour 1 NOM » me dit-on.

 

Pour moi, à l’annonce de ce mariage, ce fut un choc !

 

Je perdais d’un coup un bout de mon identité.

 

Sur mes papiers, vous savez : nom, prénom, date et lieu de naissance, les yeux fermés j’écrivais : né à la Mothe-Achard.

 

Et puis, voilà t’y pas que les élus ont décidé de la fusion de la Mothe-Achard et de la Chapelle-Achard pour donner naissance à une commune nouvelle :

 

« LES ACHARDS ».

 

Et maintenant que vais-je faire ?

 

Je suis perdu, dépossédé de mon lieu de naissance : le Bourg-Pailler à la Mothe-Achard.

 

Est-ce bien un mariage entre égaux ?

 

Je m’explique :

 

La Mothe-Achard c’était de mon temps un chef-lieu de canton : 2940 habitants, un canton dont faisait partie sa petite voisine La Chapelle-Achard : 1995 habitants. Pour la famille Berthomeau les liens entre les deux communes existaient déjà depuis que mon père Arsène, né à Saint-Georges de Pointindoux, avait épousé Berthe Gravouil, né à la Chapelle-Achard.

 

Mon frère Alain et ma sœur Marie-Thérèse sont nés à la Célinière commune de Saint-Georges-de-Pointindoux. Je suis le seul enfant de la famille né à la Mothe-Achard, ça me donne des droits tout de même.

 

Quelques repères géographiques : le Bourg-Pailler où je suis né est situé à l’entrée du bourg au bord de la nationale venant de la Roche-sur-Yon (depuis la déviation c’est le silence) pour aller aux Sables d’Olonne à gauche ou à Saint-Gilles-Croix-de-Vie à droite. L’été nous comptions les voitures des estivants.

 

La caractéristique du bourg de la Mothe-Achard c’est d’être collé à deux communes : celle de Saint-Georges-de-Pointindoux, la frontière étant la rivière l’Auzance, et la Chapelle-Achard, la frontière se situant juste après la gare SNCF.

 

 

Nous montions à la gare, passions devant la villa des Troussicot, y’avait même un feu d’artifice le 14 juillet à la gare, pour aller voir le pépé et la mémé Gravouil qui tenaient un magasin de tissus et d’épicerie dans le bourg  de la Chapelle-Achard. Le pépé avait une C4 pour aller vendre ses marchandises, toujours malade il buvait de l’eau de Vichy – c’est chez lui que j’ai expérimenté le cocktail eau de Vichy-Vin rouge du pépé – la mémé était fâchée avec la moitié de sa famille, les repas de famille tournaient autour des bisbilles pour des bouts de champs. C’est à la Chapelle-Achard que j’ai lu mes premiers Tintin.

Bref, pour moi la Chapelle-Achard c’était le bled !

 

Je suis assez vénère car Les Achards c’est une commune nouvelle depuis le 1 janvier 2017, il y a eu fusion.

 

Exit La Mothe-Achard !

 

D’un trait de plume toute une histoire pour ce nom est jetée à l’Auzance : à l'origine c’est une motte féodale ancêtre du château fort où règne un seigneur Achard (nom d'origine germanique, Akard) a donné son nom à ce lieu.

 

Au XVe siècle, elle s’est appelée « Brandois » est rattachée à la vicomté de Thouars qui appartient alors à la famille d'Amboise. Le château de Brandois, datant de la fin du XIXe siècle, qui fut le siège de l’école d’agriculture où j’ai fait mes études secondaires. C’est dans ce château, où se situait l’infirmerie de l’école, que j’ai eu la seule grippe de ma vie et que l’aumônier qui logeait lui aussi au château m’a convaincu de préparer l’ENA.

 

 

L’honneur est sauf puisque la mairie des Achards est bien sûr située à la Mothe-Achard ; ça fait 1 maire et deux maires délégués.

 

Il a fallu du temps pour y arriver : « un premier projet de fusion entre plusieurs communes du Pays-des-Achards est esquissé au printemps 2015. En effet, alors que les débats sur le projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Notre) portent sur une élévation du seuil des 20 000 habitants pour les intercommunalités à fiscalité propre, les élus de la communauté de communes réfléchissent à la création d’une commune nouvelle avant le 1er janvier 2017, en anticipant la fusion du territoire (19 401 habitants en 20126) avec le Talmondais et le Pays-Moutierrois. Toutefois, la commune nouvelle et son périmètre de six communes — La Chapelle-Achard, La Chapelle-Hermier, La Mothe-Achard, Martinet, Saint-Georges-de-Pointindoux et Saint-Julien-des-Landes — sont remis en cause à l’automne après l’adoption de la loi NOTRe, alors qu’une fusion de la communauté de communes du Pays-des-Achards avec d’autres n’est plus obligatoire8.

 

Néanmoins, les trois municipalités à l’origine du premier projet de fusion, c’est-à-dire La Chapelle-Achard, La Mothe-Achard et Saint-Georges-de-Pointindoux, songent de nouveau à une commune nouvelle au printemps 2016. En septembre, la fusion est actée, mais sans la commune de Saint-Georges-de-Pointindoux. Le 30 septembre 2016, l’arrêté portant création de la commune au 1er janvier 2017 est officiellement signé par le préfet de la Vendée et par Estelle Grelier, secrétaire d’État chargée des Collectivités territoriales, présente pour l’occasion à La Chapelle-Achard. »

 

Il reste un Berthomeau à l’ex-Mothe-Achard : mon frère Alain maître du Bourg-Pailler.

 

Et le 2 juin dernier ce fut enfin la fête. Ils ne m’ont pas invité. Poirot va être vénère lui non plus.

 

« Les faire-parts ont été envoyés dans tous les foyers de la communauté de communes. Tous les habitants, leurs familles et amis, sont donc conviés à fêter cet événement unique en France.

 

Les Mariés, témoins, garçons et filles d’honneur se retrouveront Place de l’Eglise, quartier de la Chapelle Achard, à partir de 15h30.

 

À 16h, ils prendront place à bord des véhicules anciens qui formeront un cortège pour rejoindre le lieu de la cérémonie.

 

À 16h30, Place de l’hôtel de ville, quartier de la Mothe Achard, le cortège sera accueilli par le maire, les 2 maires délégués et les invités.

 

La cérémonie pourra alors commencer, animé par Jean Robert !

 

À 17h, le cortège, précédé d’une animation guinguette, se dirigera à pied, vers Bibrou.

 

De 18h à 19h, le vin d’honneur sera servi aux convives

 

Des animations sont prévues pour les parents et les enfants

 

À partir de 19h30, les invités pourront profiter du repas champêtre (réservation avant le 31/05 midi)

 

À partir de 21h/21h30,  le groupe SHLAPS animera la soirée, accessible à tous, jusqu’à 1h du matin.

 

À 23h30, le feu d’artifice, signé Jacques Couturier, sera tiré sur le plan d’eau, suivi de la fameuse danse de la Brioche Vendéenne

 

MENU (réservation obligatoire avant le 31 mai) :

 

Salade paysanne (Gésiers, salade verte, lardons, tomates, œuf, pomme de terre, croûtons)

 

Cochon grillé à la broche avec pommes de terre grenaille rissolée et mogettes vendéennes

 

Flan maraîchin

 

Réservez dès maintenant votre repas pour cet événement unique en France !

 

Voilà une page tournée, merci à Aredius 44 de m’avoir informé, HPT lui est resté muet.

 

Enfin, c’est sans doute un signe du destin, vendredi en revenant de chez mon médecin je suis passé à pied rue Mouton-Duvernet et je suis entré dans une fromagerie.

 

Là, que vois-je ?

 

Une gâche vendéenne ?

 

Je demande à la Taulière : « elle vient d’où ? »

 

Réponse : « Je ne sais pas… »

 

Nous zieutons la poche : « L.F.D. La Mothe-Achard »

 

La Fournée dorée 

 

 

J’ai acheté. Par pure charité je ne ferai aucun commentaire de dégustation. Mémé Marie aurait prié la Sainte-Vierge face à ce désastre.

 

Vendée: Témoins, houx, danse de la brioche... Le «vrai-faux» mariage de deux communes

 

ICI 

 

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 06:00
Pour Jack Lang le 10 mai 1981 « le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière » et pour Huguette Bouchardeau «Un parlementaire est sans pouvoir réel. Condamné à faire du lobbying, ce n'est plus un représentant du peuple mais un représentant de commerce.»

Je me souviens du 10 mai 1981, la fête de la victoire socialiste, place de la Bastille, avait tourné court, noyée sous les trombes d'eau d'un orage ! Mais le souvenir des 200.000 personnes qui avaient déferlé, ce soir- là, demeure impérissable. Paul Quilès fut le grand ordonnateur de la fête animée par Claude Villers le célèbre animateur de Radio France qui s’illustrera avec son Tribunal des Flagrants Délires avec Pierre Desproges et Luis Rego. Ce fut un vrai happening,  Anna Prucnal entonnait  l'Internationale en polonais. Premiers arrivés sur les lieux, avec Michel Rocard, le rival malheureux de Mitterrand, et le lamentable Pierre Juquin, communiste « hétérodoxe ». Rocard fit du Rocard, sincère et militant alors que ce pauvre Juquin ressemblait à un ouvrier de la vingt-cinquième heure accroché à une bouée de sauvetage. Vers 23 heures, Huguette Bouchardeau, dans un grésillement de larsen fut interrompue par une énorme cataracte... La fête continua, improvisée et bon enfant sous la haute surveillance du service d'ordre de l'UNEF ID, tenu par les trotskistes de l'Organisation communiste internationaliste, sous la direction de Jean-Christophe Cambadélis. Son obsession ? Juguler les militants de la Ligue communiste révolutionnaire qui prétendaient marcher sur l'Elysée...

 

Ils avaient attendus les résultats dans la grande cour de l'immeuble du « Nouvel Observateur » rue d'Aboukir, autour de Jean Daniel, Mendès France, Delors, Maire, Rocard, Cheysson, Martinet, Badinter, Foucault, Vernant, Le Goff, Le Roy Ladurie, Duvignaud, Morin, auxquels s’était joint une équipe qui comptait Hector de Galard et Serge Lafaurie, André Görtz, François Furet, Mona et Jacques Ozouf, Michel Cournot, Claude Roy Jacques Julliard, Guy Dumur, Pierre Benichou, Jean Lacouture, André Burguière et tant d'autres.

 

Qu'avaient-ils en commun ?

 

Eh bien, pour dire la vérité, le fait d'être presque tous très réservés à l'égard de la personne de François Mitterrand et de se préparer à déplorer une fois de plus la fatalité qui faisait régulièrement échouer la gauche. Lorsque le visage de Mitterrand s’inscrivit sur les écrans de télévision, et que sa victoire fut annoncée d’une voix blanche par Elkabbach, tous ces êtres différents, sceptiques, embarrassés par une Union de la Gauche qui incluait sa frange restée stalinienne, n'ont pu s'empêcher d'exploser de joie et, quand la ferveur populaire se manifesta dans la rue et que Jack Lang proféra l’une de ses premières outrances « que le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière », beaucoup d’entre nous étions attendris et heureux.

 

Du côté des vedettes, on ne parlait pas encore de people, se pressaient les mitterrandophiles pur sucre : Roger Hanin, le beau-frère, en tête avec Barbara, Dalida, dont la tontonmania deviendra célèbre, Claude Chabrol, François Truffaut, Michel Piccoli, Yves Boisset ou Daniel Gélin... puis les compagnons de route du PCF Juliette Gréco, Isabelle Aubret, Jean Ferrat et, ce n’est pas une plaisanterie, Gérard Depardieu. Enfin, les coluchiens Daniel Balavoine, Alain Souchon, Julien Clerc, Jacques Dutronc, Lino Ventura... restaient orphelins. Dans les beaux quartiers du triangle d’or, comme aux Etats-Unis, le bruit métallique des chenilles des chars russes déferlant sur la place de la Concorde résonnait comme dans un mauvais rêve. La peur des cosaques galopant sur les Champs Elysées avant de déferler vers l’avenue Foch serrait le cœur des grandes bourgeoises.

 

La vague rose au Palais Bourbon qui s’ensuivrait, la nomination de Ministres communistes dans le second gouvernement Mauroy Charles Fiterman au Transports, Anicet Le Pors  à la Fonction publique, Jack Ralite à la Santé et Marcel Rigout à la Formation professionnelle, faisaient déborder la coupe. Le pince-sans-rire, Louis Mermaz, compagnon de toujours du nouveau Président, devant un parterre de journalistes assemblés autour de sa table de l’Hôtel de Lassay, résidence du Président de l’Assemblée Nationale, ironisait à propos du retour des communistes au gouvernement après trente-quatre ans d’absence, avant d’assurer que les socialos- communistes savaient fort bien se servir d’un couteau à poissons.

 

NB. J’ai toujours bien aimé Huguette Bouchardeau. Elue secrétaire nationale du Parti socialiste unifié (PSU) en 1979 et candidate à la présidentielle de 1981.

 

« Elle se désiste en faveur de Mitterrand, qui lui revaut cela en 1983, la nommant secrétaire d'Etat, puis ministre de l'Environnement. »

 

 « Nouvelle élue du Doubs en 1986, Huguette Bouchardeau en prend pour cinq ans à l'Assemblée nationale. Son époux, alors un peu seul dans leur ville de Saint-Etienne, observe, dubitatif, la carrière fulgurante de sa femme: «Je constate tout de même qu'elle conduit moins bien que moi et ne sait même pas planter un clou.» Mais Huguette choisit de ne pas se représenter en 1993, en dépit d'une réélection assurée. Elle ne mâche pas ses mots, à l'époque: «Un parlementaire est sans pouvoir réel. Condamné à faire du lobbying, ce n'est plus un représentant du peuple mais un représentant de commerce.» Madame la ministre, madame la députée, en a marre des lambris. «J'ai assez répété que les politiques ne savaient pas décrocher pour ne pas tomber dans le même piège. La politique n'est pas une carrière comme une autre, il n'est pas bon qu'elle vous nourrisse trop longtemps.» Les caciques du PS grincent des dents: «Huguette n'a pas toujours craché dans la soupe. C'est bien le PS qui lui a trouvé une circonscription, sinon elle n'existerait pas.»

 

Lire ICI 

 

La vidéo ci-dessous donne la parole à Bernard Lambert leader paysan, visionnez-là !

 

 

 

 

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2 juin 2018 6 02 /06 /juin /2018 06:00
Faut bien sortir le président de l’interprofession à Montmartre, ça lui fait plaisir…

Puisque j’en suis à évacuer mes souvenirs, dans les premiers temps de mon blog j’ai accepté de faire le parcours du « journaliste vin », sauf pour les voyages de presse. Ce fut pour moi tout à la fois instructif sur les mœurs de mes consœurs et de mes confrères, sur le sérieux des agences de communication, et répulsif face à la désinvolture de certains pique-assiette et les exigences de certains communicants dominants.

 

Un jour, invité dans un restaurant chic, la Truffe Noire, où je constatai que, pour une fois, la fine fleur, le gratin des dégustateurs était présent, les vins du château invitant étaient très nettement au-dessous du niveau de la mer. Autour de la table, tous les beaux esprits se gaussaient. Moi je me taisais. Quelques temps après ce déjeuner je reçus un coup de fil du boss de l’agence organisatrice. Civilités d’usage puis « Alors, tu n’as rien publié… » Silence de mon côté. « Oui les vins n’étaient pas fameux mais tu sais que le château va être repris en mains par HDBDL… » Toujours muet, ça énerve mon interlocuteur qui me menace de ne plus être convié à ses réjouissances. Je le laisse s’époumoner avant de répondre « Que veux-tu que ça me fasse… » et de raccrocher. Blacklisté et soulagé.

 

Suite à ce genre de pression, je pris donc la décision de ne plus répondre aux sollicitations des agences, sauf un jour, pour faire plaisir à une amie, je suis un faible, j’ai accepté de me rendre à l’invitation du président d’une interprofession de fraîche date, genre IGP, dans un bouiboui  de Montmartre, suranné et poussiéreux. Ma bonne amie s’était fait portée pâle. L’assistance se composait essentiellement de deuxièmes couteaux dans mon genre, des influenceurs petits bras, le gotha ne se déplaçant pas pour si peu.

 

Même si certains en doute, je suis poli et civilisé.

 

J’ai fait le tour des vins proposés, des vins de GD, ils étaient d’une banalité à pleurer. J’ai craché.

 

Ensuite, j’ai subi sans broncher le discours pâteux et racoleur du président de l’interprofession, son heure de gloire, un vrai désastre en termes de communication.

 

Enfin, con comme je suis, le président, se souvenant de mon pedigree, me récupéra et m’entreprit. Je l’écoutai, oui, oui, toujours poliment. Et, je ne sais ce qui m’a pris, soudain j’ai fait une grossière faute de quart : « Votre belle région dispose d’un climat favorable au bio, c’est à l’avenir un plus pour vos vins… » dis-je sans jouer les ramenards. J’aurais mieux fait de me taire, j’ai pris une avoinée de première. Tout y est passé, tout particulièrement les bobos parisiens incapables de comprendre les gens qui ont les pieds dans le terroir. J’ai laissé passer l’orage sans moufter, j’ai pris congé sans toucher aux petits fours mais en pensant que notre président avait oublié qu’il était à Paris et que les trop fameux bobos sont de beaux acheteurs de vins. Malheureusement pas les siens. Erreur de casting.

 

Sur le chemin de la sortie j’ai croisé la co-organisatrice des réjouissances qui m’a posé la question rituelle « Ça vous a plu ? » et moi, lâche comme je suis, j’ai émis un petit oui.

 

Plus jamais ça, en rappelant que le bel argent des interprofessions provient des fameuses Cotisations Volontaire Obligatoires, c’est de l’argent collecté auprès de tous les vignerons sous « la menace » du bras de l’Etat. Libre aux dirigeants de l’interprofession de le dépenser comme bon leur semble avec une prédilection pour la communication : les présidents adorent monter à Paris.

 

Bien sûr je n'ai rien écrit à propos des vins présentés, c'est sans doute dommage vu mon immense pouvoir d'influence... Et dire que je continue de recevoir des invitations, qu'on me relance au téléphone, pour un mec lu par sa concierge et sa cousine de province ça commence à bien faire...

 

Et qu'on ne vienne pas me chercher des poux sur la tête pour cette chronique, c'est de l'histoire ancienne et je n'y fait que narrer une erreur de casting : ce genre de pince-fesses se fait plus rare et c'est heureux.

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1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 06:00
13 ans déjà, mettre chaque jour l’ouvrage sur le métier, je ne suis qu’un chroniqueur besogneux…

Tout ça pour du beurre, rien que pour le plaisir d’écrire, de réfléchir, d’avoir des coups de cœur, des coups de sang aussi, de tisser chaque jour des fils avec ses lecteurs – n’en déplaise à certains de mes détracteurs, j’ai de fidèles lecteurs – sans aucune pression ni contrepartie, nul besoin de plaire, d’être révérant.

 

Aucun échange monétaire, simple bouteille à la mer jetée chaque jour sur la Toile, lis qui veut, je n’engage que moi-même et un peu d’argent : le mien, pas celui de la publicité ou de généreux donateurs en mal de communication.

 

Me revient à l’esprit le livre de François Dufour, éditeur de quotidiens pour la jeunesse (Le Petit Quotidien, Mon quotidien, l’Actu…) et co-président des Etats Généraux de la Presse convoqués par le Président de la République, « Les journalistes français sont-ils si mauvais ? » publié chez Larousse en 2009.

 

« Les journalistes français séparent-ils faits et opinions ? Très peu, surtout dans la presse écrite. Séparent-ils information et publicité ? Mal, surtout dans les magazines ou les parties plus « magazines » des quotidiens. Respectent-ils les règles du métier ? Insuffisamment, quel que soit le média. Ecrivent-ils pour leur public ? Très, très peu, notamment dans les quotidiens »

 

« Le dernier grief, c’est le franchissement du « mur » entre les intérêts publicitaires et l’information. Des titres prestigieux sont dirigés par des patrons qui confondent allègrement les fonctions de directeur de la publicité et de la rédaction. Or on ne peut pas diriger à la fois une équipe de journalistes et une régie publicitaire : les conflits d’intérêts sont alors inévitables… »

 

« … on accroît certaines rubriques, comme la mode ou la consommation, dans l’espoir d’amadouer les pourvoyeurs de budgets publicitaires. »

 

Ces pratiques sont tellement entrées dans les mœurs des médias de tout acabit, aussi petit soit-il, qu’oser mettre le doigt là où ça fait mal vous vaut une volée de bois vert de la part  de ceux qui badigeonnent leurs propos sous le grand respect que l’on doit aux experts, à ceux en charge d’informer, de guider les choix des consommateurs.

 

Qu’il m’arrive parfois d’être injuste, inutilement blessant, j’en conviens aisément, la colère est souvent mauvaise conseillère, mais comment rester impassible face aux addictifs des réseaux sociaux qui, en  deux bouts de phrases sur Facebook ou en deux mots sur Twitter, rivent le clou aux gens d’en face, se donnent le beau rôle, jouent les chevaliers blancs ?

 

Le débat sur l’interdiction du glyphosate, qui fait rage en ce moment, met en lumière le rôle sournois des lobbies de l’industrie chimique et celui des groupes de pression : FNSEA en tête, mais n’est-ce-pas là un modus operandi passé dans les mœurs à tous les niveaux de notre société ? Tous les moyens sont « bons » pour arriver à ses fins.

 

Cet amollissement, ce j’m’en foutisme coloré de bonne conscience, me déplaît mais j’ai décidé de ne plus me cailler le lait, de laisser de côté ce petit monde du vin et de la bouffe qui se congratule, qui se renvoie l’ascenseur, et plus encore.

 

Je vais donc continuer mon petit bonhomme de chemin, acheter des livres chez mes libraires préférés pour les lire, acquérir de belles bouteilles pour les boire, être abonné à de grands médias papier, me restaurer à de bonnes tables en payant l’addition, aller au ciné au théâtre, participer à des dégustations de vins nu, aimer, partager…

 

À ceux qui me balancent mon âge à la gueule pour me faire taire je réponds : « Vieillir, c’est encore le seul moyen qu’on ait trouvé pour vivre longtemps » Sainte-Beuve.

 

Allez, un petit effort camarades vous allez y arriver jusqu’aux 70 ballets !

 

Et puis, ne soyez pas masochistes : évitez de me lire, mes sponsors ne s’en offusqueront pas.

 

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

 

Boileau, L'Art poétique

 

 

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 06:00
L’achat d’1 château ou d’1 clos c’est l’ascenseur social des grands patrons et la blague à 2 balles des grands terroirs me fait penser à Roger Dion !

C’est le sieur Dupont, lors de son pince-fesses au Bistrot du Sommelier de Bordeaux pour l’événement du monde du vin : la parution du Guide de Jacques Dupont inséré dans l’hebdomadaire le Point spécial Bordeaux, qui m’a mis la puce à l’oreille : ICI

 

« On fait aussi jouer la nouveauté, quand un vin est noté 15 dans une appellation et qu’il y a un nouveau, on le signale par un coup de cœur. On a aussi tendance à « favoriser l’ascenseur social » avec des jeunes qui démarrent et travaillent très bien, on a tendance aussi à leur mettre un coup de cœur. »

 

« Dans cette dégustation du Point, il y a bien sûr de grands noms de châteaux mais aussi des découvertes fort sympathiques comme le château Vieux Chaigneau en Lalande-de-Pomerol. Charlotte et Valentin Généré Milhade, tous deux 30 ans, ingénieurs agronomes diplômés de Montpellier, ont racheté ce château avec ses 6 hectares en 2014. « C’était une propriété bâtie par un couple avant nous et qui voulaient le transmettre à un autre couple. Ils ne voulaient pas le vendre à un investisseur qui n’aurait pas habité la maison. On s’est marié en 2014 et c’est la même année qu’on a acheté la maison et les vignes, et depuis on s’en occupe tous les deux. » Si le 27 avril 2017, ils ont perdu 50% de leur récolte en une nuit, leurs vignes non touchées leur ont permis de faire un très grand vin, noté 15 et coup de coeur, assemblé à 90% Merlot, 7% cabernet sauvignon et 3% cabernet franc, un millésime assez frais, très équilibré » selon Valentin, « fruits noirs, bouche velouté » selon Jacques Dupont. »

 

La France est un pays de petits vignerons et de gros investisseurs, les premiers s’occupent de leurs vignes et font leur vin, les seconds  achètent en paquet-cadeau les vignes et ceux qui les cultivent, le vin et ceux qui le font.

 

« Le Château Lascombes, second cru classé de Margaux, a été acheté en  2011 par la MACSF, la mutuelle des professionnels de santé, à Colony Capital, un fonds d'investissement américain. « Installé dans le Médoc depuis trente-cinq ans, je déplore qu'il n'y ait presque plus de familles propriétaires, dit Dominique Befve, directeur de Lascombes. On ne voit plus de balançoires et de vélos dans les jardins, tout est léché, impeccable. Heureusement que des groupes comme la MACSF -donnent de la solidité aux châteaux.

 

… Dominique Befve prend les décisions avec les actionnaires : « J'ai les coudées franches, tant sur les bâtiments techniques que sur la vigne. Ma seule obligation est que le vin soit meilleur à l'arrivée. »

 

Dominique Befve aime beaucoup raconter l'anecdote de sa première réunion avec la MACSF : « Ils m'ont demandé ce que ça me faisait de travailler pour des mutualistes après avoir travaillé pour les capitalistes de Colony -Capital. J'ai répondu que je ne travaillais ni pour les uns ni pour les autres, mais pour Lascombes, qui nous survivrait à tous. Ils ont applaudi. Je crois que cette réponse les a influencés à poursuivre le travail engagé. » (Le Monde)

 

 

Comme il se doit, le Point spécial Bordeaux, fait un focus sur les nouvelles fortunes du vin

 

N’étant pas Bordelais je n’ai pas accès au contenu de ce numéro spécial, en revanche, étant abonné au Monde j’ai pu consulter le Monde des Vins publié vendredi : L'envie de châteaux des grands patrons

 

Michel Guerrin et Ophélie Neiman, dans le chapeau nous éclairent sur leur ambition :

 

« Vous êtes peut-être assuré chez Axa ou Groupama, vous avez une mutuelle AG2R La Mondiale, Allianz ou MAIF, vous roulez peut-être en Peugeot, vous vivez dans une maison Bouygues ou résidez dans un immeuble construit par le groupe de BTP Fayat. Vous portez un parfum Chanel, des chaussures Weston, un sac Louis Vuitton et soutenez le club de football de Rennes. Et peut-être, sans le savoir, buvez-vous des vins qui appartiennent à ces marques et entreprises. 

 

Des assurances et mutuelles – les investisseurs institutionnels que l'on surnomme les " zinzins " –, mais aussi des groupes de luxe comme LVMH ou Artémis (Pinault), ou d'autres actifs dans le bâtiment, ont diversifié leurs activités en achetant de beaux raisins. Leur chiffre d'affaires dans le vignoble est souvent mineur par rapport à leur secteur principal, mais ils détiennent un ou plusieurs châteaux, parfois plus d'une dizaine.

 

Standing oblige, les trois quarts d'entre eux sont implantés à Bordeaux, dans une appellation prestigieuse : saint-estèphe, margaux, pauillac, saint-émilion. Certains ont choisi la Champagne, dont le prestige est tout autant intact. Dans des pays étrangers encore, en Argentine notamment, où la terre n'est pas chère mais peut rapporter gros.

 

C'est en France, loin du Bordelais, que les derniers gros achats de propriétés ont fait frémir le vignoble. En Bourgogne, avec le Clos de Tart, vendu en octobre  2017 pour près de 300  millions d'euros à la holding de François Pinault, et cela à la barbe d'autres candidats fortunés, dont le Chinois Jack Ma, patron d'Alibaba, le roi du commerce en ligne. Mais aussi dans la Loire, où les frères Bouygues ont acquis à prix d'or le Clos Rougeard, faisant grimper le prix foncier des vignes aux alentours.

 

Ces investisseurs comptent dans le paysage viticole. Ils permettent à des propriétés prestigieuses, fragilisées lors de successions familiales, de rester sous pavillon français. Ils ont les moyens d'engager des travaux, à la vigne comme au chai, pour produire du vin de qualité.

 

En échange, ils se construisent une belle image, entre élégance et tradition, et possèdent des sites magnifiques (château, chai, vignes) qui peuvent servir de lieu de réception pour l'ensemble du groupe. Et aussi, ils font des profits. Avec l'explosion des prix des grands vins, ce qui était souvent un achat patrimonial se transforme en un défi stratégique similaire à celui d'une marque de luxe.

 

Nous proposons dans ce numéro une cartographie de ces investisseurs et avons enquêté sur leurs motivations. Nous avons aussi goûté leurs bouteilles pour les juger, et, souvent, elles sont bonnes, en sachant que nous n'avons pu déguster certains domaines, les plus illustres, toute la production étant déjà vendue. La rareté n'est-elle pas le plus grand des luxes ?

 

Ensuite Laure Gasparotto et Ophélie Neiman nous éclairent :

 

La vigne, eldorado des investisseurs

 

Du Bordelais à la Nouvelle-Zélande, des groupes du luxe mais aussi des banques et des mutuelles enrichissent leur portefeuille d'un domaine viticole. Un placement qui leur offre du prestige, et parfois même des bénéfices record

 

Ascenseur social je vous avais dit :

 

« Avec les châteaux viticoles, les grands patrons ont trouvé un moyen facile de s'anoblir ", s'amuse Benoist Simmat, auteur d'une chronique et insolente bande dessinée sur le vin, Les Caves du CAC 40 (Vents d'Ouest-Glénat, 2014), qui raconte comment quelques milliardaires français ont -investi dans le vin. »

 

« Faute d'avoir une particule, ils ont au moins le château, raconte l'auteur. Les frères Bouygues confient à leurs intimes qu'ils sont châtelains à Bordeaux une partie de leur temps. Après avoir acheté Château Latour à Pauillac, en  1993, François Pinault disait que, ce qu'il perdait en argent, il le gagnait en image. »

 

Et la blague à 2 balles de la rareté des grands terroirs, Roger Dion reviens !

 

« Parmi les " zinzins ", l'assureur Axa est un poids lourd incontournable. En  1987, Claude Bébéar créait la branche Axa Millésimes. Aujourd'hui, le groupe d'assurances possède sept propriétés viticoles et 455 hectares, le tout chapeauté par Christian Seely" Mon rôle est de définir les besoins de chaque propriété et de faire des recommandations à l'actionnaire. Nos objectifs sont uniquement tournés vers la qualité. "

 

Axa Millésimes a la particularité de posséder en France, au Portugal et même en Hongrie, des châteaux fleurons de leur appellation à faire pâlir de jalousie les acheteurs de grands crus. " Si on regarde le profil de nos châteaux, chacun est assis sur un très grand terroir ", explique le directeur de la branche vin. Logique. Seule la demande pour les grands vins se mondialise et augmente. Ce sera l'enjeu de demain. Les grands terroirs dans le monde entier ne sont pas légion, les belles étiquettes non plus. Autant dire que les prix de ces vignobles, et de leurs vins, n'ont pas fini de grimper. »

 

Grands terroirs ou belles étiquettes ?

 

That is the question?

 

Personne n’y répond, merci de relire Roger Dion Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe siècle

 

« Non, la qualité des vins de France ne tient pas seulement à celle des terroirs, ni à celle des cépages. Elle dépend surtout de la position géographique des vignobles par rapport aux marchés, des goûts et des attentes des clients.

 

Les crus classés de Bordeaux ? Ils doivent leur richesse à la stratégie commerciale des Anglais, qui ont cherché dès le Moyen Âge des produits de qualité pour un marché formé de princes et de négociants. Les grandes appellations de Bourgogne ? Elles s’expliquent par les exigences de la cour des ducs de Bourgogne à Dijon. Le nez frais et ouvert des Côtes-du-Rhône septentrionales, dominé par de subtiles notes épicées ? Il doit son originalité aux attentes de la bourgeoisie lyonnaise. Le succès du Champagne ? Il résulte d’une invention anglaise qui a connu une grande vogue dans la haute société britannique et française. 

 

 

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27 mai 2018 7 27 /05 /mai /2018 06:00
La fête des voisins : ceux de la prison de la Santé relookée et Belle de Jour square Albert Cachot rue Léon-Maurice-Nordmann.

Samedi on me dit que c’est la fête des voisins, moi je veux bien mais je pense que ça devrait être la fête au quotidien comme un simple bonjour…

 

 

Ce matin je ne vais pas vous parler de mes voisins du bâtiment 1 mais d’autres voisins : ceux qui vont réintégrer la maison d’arrêt de la Santé qui vient d’être rénovée et, plus étrange encore, une voisine qui  a peuplé mes rêves d’adolescent : Belle de Jour.

 

Ce  qui m’a mis la puce à l’oreille c’est que le 26 mai 1986, Michel Vaujour s'évadait de la prison de la Santé à bord d'un hélicoptère piloté par son épouse Nadine. Celui-ci se posa sur la pelouse de la Cité universitaire où ma collégienne de fille faisait du sport avec sa classe. Être au cœur de l’actualité ça laisse des souvenirs.

 

Lire plus bas l’histoire !

 

Ironie de l’histoire, j’ai acheté il y a 18 ans un appartement au 9e étage d’un immeuble dont l’arrière donne sur la maison d’arrêt de la Santé. De la fenêtre de ma cuisine, en sirotant mon café noir je pouvais voir des prisonniers aller et venir dans une petite cour surmontée d’un grand filet, souvenir de Vaujour.

 

Et puis un beau jour ce fut le grand silence : « La prison se refait une Santé » titrait une revue spécialisée.

 

« Edifiée de 1861 à 1867, la prison de la Santé (Paris XIVe ) répondait aux critères modernes et progressistes des lieux d’enfermement. Son architecte, Emile Vaudremer, Grand Prix de Rome, conçoit un dispositif parfaitement intégré au site, en quasi-périphérie du Paris de l’époque.

 

Sur ce terrain de 2,8 hectares en forte déclivité, l’architecte conçoit deux bâtiments distincts selon deux concepts : le quartier haut est constitué de plusieurs bâtiments longitudinaux autour de cours, réservés aux condamnés, qui y partagent de nombreuses activités. Le quartier bas accueille un bâtiment en croix, formé de quatre ailes centrées autour d’une rotonde couverte d’un dôme : les prévenus sont à l’isolement quasi total en attendant leur jugement.

 

Plus d’un siècle après, la prison de la Santé devait se remettre aux normes. Au terme de discussions entre le ministère de la Justice, la mairie de Paris et l’architecte des bâtiments de France, le choix s’est porté sur la démolition du quartier haut et la conservation ainsi que la rénovation du quartier bas. En 2013, après un dialogue compétitif avec plusieurs groupements, le maître d’ouvrage a signé un partenariat public-privé avec le groupement Quartier Santé, emmené par GTM Bâtiment. Deux contraintes pesaient sur le site. La première était liée au sous-sol, constitué d’anciennes carrières sur deux niveaux. La seconde tenait à son extrême exiguïté, car l’établissement est bordé de toute part de rues passantes. Ainsi, sous le contrôle de l’Inspection générale des carrières, l’ensemble du site, après avoir été analysé, a été conforté… »

 

Lire la suite ICI 

 

J’ai assisté à la destruction, même que je me suis fait une collection de photos souvenirs, puis à la construction. Les travaux sont terminés, ouverture en juin.

 

 

Mon deuxième voisinage est plus étrange, il était niché dans mes souvenirs d’adolescent, c’était au cinéma le Modern, aux Sables d’Olonne, mon trouble lorsque je découvris Belle de Jour le film de Buñuel, adaptation d'un roman de Joseph Kessel.

 

 

« Séverine, Catherine Deneuve, le personnage principal de Belle de jour, est une jeune bourgeoise mariée à Pierre Sérizy, un brillant chirurgien qu’elle aime mais avec lequel elle est physiquement distante. Sans doute marquée par un souvenir d’enfance qu’évoque Kessel dans le prologue de son roman, elle est tenaillée par un désir de luxure avec des hommes de classes sociales inférieures. Elle se rend un jour chez Madame Anaïs, qui tient une maison de rendez-vous rue Virène, et fait acte de candidature comme pensionnaire en demandant de ne travailler qu’entre 14h et 17h. »

 

Il n’y a pas de rue de Virène à Paris, en revanche, à deux pas de chez moi, la rue Léon-Maurice Nordmann, commence rue de la Santé. J’y passais souvent sur mon vélo.

 

« Cette voie faisait précédemment partie de la rue Broca et avant 1890 de la rue de Lourcine. Un arrêté du 18 décembre 1944 lui donna le nom de l'avocat résistant Léon-Maurice Nordmann (1908 - Mont Valérien, le 23 février 1942), fusillé par les nazis. »

 

Et puis un jour sur Twitter j’apprends que les prises de vues de la maison de passe de madame Anaïs furent tournées dans un bloc d’immeubles de cette rue : square Albin Cachot.

 

Georges Charpak adolescent a vécu avec ses parents dans le square de 1936 à 19451.

 

Plusieurs plans du film Belle de jour de Luis Buñuel ont été tournés dans le square Albin-Cachot, renommé pour l'occasion « cité Jean-de-Saumur » où est situé l'appartement de Mme Anaïs. Catherine Deneuve rentre au no 3 du square, numéroté 11 dans le film. L'appartement est situé au no 3, mais la cage d'escalier est située à un autre numéro. L'appartement utilisé était celui de l'assistant de Buñuel.

 

Clara Malraux a habité dans le square.

 

Alice Sapritch a habité sur le côté droit à l'entrée du square, elle y avait un atelier de couture.

 

La famille Séchan (le chanteur Renaud) a aussi habité le square sur la droite à la deuxième fontaine.

 

Je vous offre mes photos.

 

 

 

 

« Secrétaire, elle travaille «dans les bureaux» à Paris pour 1 500 euros par mois. Exilée, elle habite à la campagne, cultive son jardin et plante des arbres. Fauchée, elle conduit une vieille 205 Peugeot, «250 000 km au compteur». Classique, elle porte une jupe rouge sous le genou, un corsage à fleurs et des chaussures plates. Artiste, elle peint des paysages et dessine des portraits. Elle s'appelle Nadine Vaujour. Il y a vingt ans, elle a délivré son homme de la prison de la Santé, aux commandes d'un hélicoptère. Une évasion hardie qui a fait d'elle une héroïne, incarnée au cinéma par Béatrice Dalle. Modeste et incrédule, pas pasionaria pour un sou, elle concède tout juste avoir «fait un truc gonflé, du jamais vu. C'était quand même pas mal».

 

Fille d'émigrés italiens installés à Reims, père menuisier sur les chantiers, mère représentante en mixeurs, la benjamine passe un CAP de secrétariat. Sténodactylo à 17 ans, les bals du samedi soir, les tournées dans les bars de Reims et déjà le mariage avec un ouvrier. A 20 ans, elle a un enfant. Elle s'ennuie. Il boit. Divorce. C'est par son frangin Gilles qui a «mal tourné», petits casses et mauvais coups, que Nadine a «mis le pied là-dedans, prison, avocats, parloirs, planques...» Secrétaire dans une imprimerie de chéquiers, elle habite avec sa mère à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) et se tient «tranquille» jusqu'au jour de 1980 où un pote de son frère débarque à la maison. «Ce gars-là m'en a imposé, par ce mélange de virilité et de douceur, d'assurance et de délicatesse, troublant», dit-elle. Elle tombe raide amoureuse. Gilles, alors en fuite, la met au parfum. Ce clandestin s'appelle Michel Vaujour, un braqueur recherché pour deux évasions de la prison de Châlons-sur-Marne. «Inconsciente du danger», elle part avec le fugitif. «J'ai 25 ans, on se plaît. Il veut quitter la France, mettre les bouts, sans moi.» Elle l'en dissuade, tombe enceinte, prend la gestion d'une brocante. Ils mènent «une vie de famille d'apparence normale», mais, même «en promenade, Michel ne pouvait s'empêcher de repérer des banques». Il se «barre» parfois plusieurs jours pour monter ses coups. Elle n'aime pas ce «milieu» et ce «métier», «surtout les hold-up avec des armes, je lui faisais des crises là-dessus».

 

En 1981, ils achètent un mas dans la Drôme et trois chevaux. Elle croit que s'il «se tient à carreau, sous sa fausse identité, rien n'arrivera». Elle essaie de «le convaincre d'arrêter». En vain. Michel Vaujour finit par tomber pour un vol à main armée. «Les flics nous embarquent tous comme des enragés, ma mère et moi, enceinte à terme, et ma fille de 7 ans qu'ils ont mise à la Ddass.» Incarcérée, Nadine accouche et garde son bébé à la nursery de Fresnes. «C'est lourd et dramatique, cet enchaînement, et plus tu te débats, plus tu t'enfonces.» Malgré tout, Nadine et Michel s'unissent à la vie, à la mort, à Fresnes le 27 mai 1982. Cadeau : le juge Hümetz libère la mariée le soir même.

 

Secrétaire à nouveau, Nadine reprend le chemin du parloir. Michel l'affranchit d'emblée. Pas question de croupir des années à l'ombre. «Messagère» pour monter l'évasion avec des copains, Nadine décide de devenir actrice. Peu intéressée par les engins masculins («Je sais même pas changer un pneu de voiture»), pas «forcément attirée par les avions», elle propose d'apprendre à piloter. Car elle refuse de braquer des gens pour détourner un hélico : «C'est trop moche, la prise d'otages.» En 1983, elle prend des cours à 2 000 francs de l'heure à Cergy sur un hélicoptère Alouette. Libéré, son frère commence par l'épauler mais meurt brûlé dans une attaque de convoyeurs. «Et nous voilà avec ma mère, deux femmes dans le malheur, à élever les deux garçons de mon frère et les deux miens.» Elle cauchemarde la nuit, se voit «carbonisée dans la carlingue», mais tient «promesse». L'été 1985, elle passe son brevet de pilote à Annecy à bord «d'un vieux coucou rouge coq qui a servi au tournage de Fantomas». La veille du grand jour, elle passe un message codé dans l'émission radio de taulards «Ras-les-murs» : «L'amour donne des ailes.» Elle a imposé à son mari d'utiliser des armes factices, un pistolet en plastique pour lui, et «une maquette de mitraillette» pour elle, «pour éviter le sang».

 

Lundi 26 mai 1986, elle enfile une combinaison kaki, loue un hélico à Saint-Cyr-l'Ecole (Yvelines), traverse le périph, survole Paris, balance dans la cour de la Santé «une canne à pêche télescopique dotée d'un crochet» puis se maintient en vol stationnaire, au-dessus du toit qu'il escalade jusqu'à elle. Elle, l'émotive, ne «tremble pas, ne panique pas». Elle arrache son homme, atterri sur la pelouse de la Cité universitaire. Sans plan de repli, avec 2 000 francs en poche. Elle a été «estomaquée» par le tam-tam médiatique fait autour de son acte audacieux : «Il devait pas y avoir d'actualité.» Et s'étonne encore de sa détermination : «Je n'aurais jamais mobilisé une énergie pareille pour un hold-up. Là, j'ai trouvé une espèce de force pour arriver à une fin heureuse, propre, sans violence. Je montrais à la fois à mes hommes engagés dans une voie sans issue et à la justice avec ses barreaux, ses menottes et ses hauts murs, qu'ils se mettent tous dedans.»

 

Quatre mois de cavale amoureuse dans les Vosges, en Dordogne. Nadine attend un nouvel enfant. Michel tombe lors d'un braquage sanglant à Paris, une balle dans le cerveau. Le voilà hémiplégique et enfermé. Et elle, coffrée dix-huit mois pour l'évasion. Son second enfant avec Vaujour naît en prison, comme le premier. A la sortie, elle retrouve son triste sort de femme de taulard, seule dans une HLM avec trois gosses à nourrir, huit heures de bureau, les centaines de kilomètres le week-end vers les centrales au volant de sa vieille GS qui la laisse en rade. Pour visiter Michel qui veut encore s'évader : «J'ai dit non. J'ai déjà donné. Je veux élever les enfants. A un moment, faut en sortir, mais par la grande porte.» Libérable en 2019, il l'accuse de vouloir l'enterrer vivant. Elle résiste. Il réclame de l'argent pour payer des complices. Elle publie la Fille de l'Air, garde l'à-valoir de 100 000 francs pour vivre puis achète une maison avec les 300 000 francs du film. Ainsi, «plus de liquide pour l'évasion». Il la largue. Un jour, au parloir, Nadine découvre «l'autre femme», qui, en 1993, tentera en vain de l'enlever... en hélicoptère. «Un remake», critique la pionnière, désormais vaccinée contre les hommes.

 

«Vue» à la télé lors de la sortie du film, Nadine Vaujour est «virée par Pasqua» de sa place de secrétaire dans un musée des Hauts-de-Seine. D'où sa discrétion actuelle. Pendant dix ans, elle «tape les textes» de l'écrivain Yann Queffélec. Elle reprend des études, obtient l'équivalence du bac, une licence d'arts plastiques. Elle passe les concours de la fonction publique pour devenir secrétaire administrative. Elle «montre un exemple de vie plus droite» à ses enfants, la trouille au ventre qu'ils ne «deviennent délinquants». «Ce fut une lente remontée de la pente, c'est plus long qu'à la dégringoler.» Elle redescend bien bas, à l'automne 2005, lors de la parution intempestive du livre de Michel Vaujour. Elle ne supporte pas «qu'il se montre à la télé sans prévenir, sans se présenter avant à ses gosses, auxquels il n'envoyait même pas un petit mot aux anniversaires ou à Noël». Pas revancharde mais meurtrie. Toujours fleur bleue, l'antihéroïne «offre», vingt ans après, son envolée dans «ce carré de ciel bleu sous le soleil de mai, à tous les amoureux, car ça, c'était beau».

 

Nadine Vaujour en 9 dates

 

25 mai 1954 : Naissance.

 

1980 : Rencontre Michel Vaujour, braqueur en cavale.

 

Septembre 1981 : Arrestation, prison et naissance de leur fille.

 

27 mai 1982 : Mariage avec Vaujour en prison.

 

26 mai 1986 : Pilote l'hélicoptère pour l'évasion de son mari.

 

1989 : Parution de la Fille de l'air (Michel Lafon).

 

1992 : Sortie du film du même nom.

 

1999 : Secrétaire à Paris.

 

2001 : Licence d'arts plastiques.

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26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 06:00
L’e-cuisine du Taulier : un couple d’enfer, mais glacé, fraises&verveine et Rosé Saignée de Sorbée
L’e-cuisine du Taulier : un couple d’enfer, mais glacé, fraises&verveine et Rosé Saignée de Sorbée

Vaillant, « à cœur vaillant, rien n’est impossible ! » c’était la devise de Jacques Cœur, né à Bourges, homme d'affaire devenu grand argentier du Roi de France Charles VII, je reprends du collier après mon vol plané pour évangéliser les petites louves et les petits loups qui ne savent pas cuisiner.

 

J’ai hésité pour les fraises, je sais c’est encore un peu tôt pour qu’elles soient de plein champ, mais j’étais impatient de faire un galop d’essai. J’ai donc choisi des gariguettes assez goûteuses rue Daguerre.

 

Pour la verveine, n’ayant pu me mettre en chasse de la fraîche, je ne suis pas encore très mobile, j’ai utilisé de la séchée d’origine corse ; ma copine Camille m’en rapportera de la fraîche lorsqu’elle ira draguer des vins nu dans le terroir profond.

 

Le blog « Les mains dans la farine », avec humour, balance : « Si je vous dis « verveine », je suis sûre que vous pensez à « tisane ». Je me trompe ? Non, hein… Bon, on va un peu dépoussiérer cette plante qu’on associe trop souvent aux maisons de retraite et aux boissons relaxantes. »

 

ICI 

 

La verveine officinale, une aromatique aux vertus multiples

 

La verveine officinale (Verbena officinalis ; à ne pas confondre avec la verveine citronnelle) qui appartient à la famille des Verbénacées est une plante aromatique indigène en Europe où elle pousse sur les bords des chemins et dans les prairies. Vivace souvent cultivée comme une annuelle, elle fait de 40 à 60 cm de haut et possède des tiges ramifiées et dressées munies de feuilles ovales et dentées vert foncé dont la surface est rugueuse. De juin à octobre, des épis de fleurs tubulaires violet pâle apparaissent à l’extrémité des tiges.

 

Du côté opérationnel, c’est toujours la même chanson :

 

  • Pour les fraises (pour 6): 350 g de bien mûres que vous réduirez en bouillie et que vous passerez au tamis, puis vous ajouterez le jus d’un d’une orange et celui d’un citron et enfin le sucre : 175 g au maximum. Vous fouetterez ensuite 40 cl de crème liquide bien fraîche jusqu’à ce qu’elle devienne bien ferme. Mélangez avec la purée de fraises, battez légèrement et zou dans la sorbetière.

 

 

  • Pour la verveine (pour 4) c’est encore plus simple : dans une casserole, vous portez 30 cl de lait entier et 20 cl de crème à ébullition. Hors du feu, incorporer la verveine, couvrir et laisser infuser 30 minutes. Dans un saladier, blanchir les 3 ou 4 jaunes œufs avec les 75 g de sucre. Passez le lait au tamis pour ôter les feuilles de verveine puis vous le versez sur la préparation. Vous chauffez doucement en remuant avec une spatule, ça épaissi sans coaguler et zou direction la sorbetière.

 

 

Du côté arrosage j’ai choisi, sur les conseils avisés de Claire d’Ici Même, la Cuvée Rosé Saignée de Sorbée de Vouette et Sorbée

 

 

C’est un champagne issu de Pinot Noir, élaboré selon la méthode de la saignée. Macération carbonique longue, levures indigènes pour la fermentation alcoolique et la prise de mousse. Vinification prolongée en fût de chêne.

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 06:00
La folie des grandeurs : InVivo Wine ou la petite histoire de 2 squales dans le même marigot !

La grenouille et le bœuf c’est l’image la plus ressemblante de l’ambition d’InVivo Wine « détrôner Castel Frères et Grands Chais de France. »

 

L’indéracinable Pierre tremblait, pendant que le père Joseph préparait ses valises, les vieux de la vieille comme moi se marraient.

 

D'un côté des coopérateurs on arbore du chiffres d'affaires alors que les pépères eux font du blé.

 

L'histoire :

 

Vous prenez 2 gus aux ratiches bien longues, Bertrand Girard qui se sent à l’étroit dans un Vinadéis amaigri, ex-Val d’Orbieu qui a mangé l’UCOAR, et Thierry Blandinières le boss d’In Vivo, groupe coopératif bien poussif, qui a la folie des grandeurs, ça donne un remake fascinant de ce que voulu faire Yves Barsalou au temps de sa toute-puissance du boulevard Pasteur, siège de Crédit Agricole SA.

 

Il rêvait du second marché l’Yves après avoir croqué Cordier Mestrezat à Bordeaux en 2015 et ramassé Listel jusqu’ici dans l’escarcelle des Salins du Midi.

 

Patatras, la débandade, on solde !

 

Et Bertrand Girard vint, les génies de Vitisphère et de la Vigne réunis l’élurent  « homme le plus influent de la filière » après qu’il se fut pacsé avec l’ambitieux Blandinières.

 

Je passe sur le baratin flamboyant d’InVivo Wine, les pharaoniques perspectives de croissance, bon bourrage de mou à l’attention des gobeurs d’illusions.

 

Et ce qui devait arriver arriva, « Stupeur et tremblements à la tête du troisième groupe français des vins avec le départ de l’homme fort de Vinadeis. La transition sera assurée par Thierry Blandinières, le directeur général du premier groupe coopératif national »

 

Comme je comprends Marion Sepeau Ivaldi, qui entre nous soit dit devrait ne pas se faire le simple haut-parleur des grands féodaux de la filière, ça fait grosse tache sur le beau tableau.

 

Le communiqué de Thierry Blandinières est à son image, plein empathie et d’humanité :

 

« Je vous informe d'un changement dans l'organisation d'InVivo Wine avec le départ de Bertrand Girard. Je reprends en direct la direction de cette activité pour une période transitoire qui permettra d'accélérer la dynamique du projet vin en France et à l'international »

 

Quitte à se ramasser la gueule vaut mieux accélérer...

 

Bien sûr Bertrand Girard est aux abonnés absents…

 

J’attends sans impatience la suite du feuilleton InVivo Wine, comme l’aurait écrit Gabriel Garcia Márquez, « chronique d’une mort annoncée ». Je ne sais de quel encre sera fait le communiqué…

 

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23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 06:00
C’est le nouveau marronnier de l’été : vers une pénurie de rosé cet été ! « Bonne nouvelle ! »

Un chroniqueur vin ne devrait pas écrire ça…

 

Sont doués les producteurs de rosé pour caser leur camelote, tout le monde s’y mets : les dernières nouvelles d’Alsace, le Bien Public, le Dauphiné, le Progrès, Ouest France, France Soir, les Echos qui a levé le lièvre, le Figaro, tous les médias qui jacassent sur les écrans : c’est une traînée de poudre…

 

J’avoue que ça ne bouleverse pas outre mesure, la seule rareté que je craigne c’est celle des rosés authentiques, les biens nus, les pur jus, gaulois ou d’autres contrées…

 

Le pompon est attribué au Figaro, ça devrait faire hurler les pétitionnaires du vrai camembert AOP au lait cru :  

 

« Véritable vin à la française, le rosé a connu une petite récolte en 2017. L'offre est donc limitée. La demande, quant à elle, est toujours plus élevée.

 

Le rosé est très plébiscité par les Français! Et cette année, l'offre pourrait être inférieure à la demande, révèlent Les Échos. Vingt-quatre millions d'hectolitres - soit 10,6 % des volumes des vins tranquilles consommés dans le monde - ne vont probablement pas suffire à contenter les consommateurs: au total, l'ensemble de la consommation a augmenté de 31% en quinze ans selon l'AOC, et le nombre de pays importateurs a crû de 16%! Le rosé est un véritable succès à la française. La France est le premier producteur mondial de rosé, avec un tiers des volumes. C'est aussi le premier exportateur, avec 32 % des rosés exportés. Mais la France est aussi le premier consommateur: chaque Français en consomme en moyenne une vingtaine par an!

 

Les rosés français sont très diversifiés: 45% d'AOP, 45% d'IGP, 10% de vins de France. Idem pour les expressions déterminées par les cépages et les vinifications... Le succès du rosé commence à rattraper les producteurs. La France commence à manquer de vins, spécifiquement sur le millésime 2017 dont les volumes sont en recul, dans un contexte général de récolte historiquement faible. Et ce, malgré 6,4 millions d'hectolitres produits par an!

 

Le Languedoc, grand producteur de rosé

 

Quels terroirs dominent la production?

 

Le Languedoc produit 320 millions de bouteilles, le double de la Provence et trois fois plus que la Loire. Dans le Languedoc, la production de rosé a crû de 35% en seulement... sept ans, précisent Les Échos. En deuxième position, la Provence. En 2017, la récolte a baissé de 12% selon le Conseil Interprofessionnel des vins du Languedoc Conséquence direct: les prix ont grimpé et la production a compté 20 millions de bouteilles en moins... Fâcheux pour les clients, qui sont fort nombreux! États-Unis en premier lieu, Royaume-Uni, Allemagne... Le rosé made in France a énormément de succès.

 

En dix ans, l'exportation a été multipliée par 6,5 en volume et par 11,5 en valeur. Au total, le marché a généré 226,2 millions d'euros en 2017. Ces chiffres ont engendré - évidemment - une hausse du prix de la bouteille de rosé. En moyenne, il faut compter 4,44 euros. »

 

Le 27 juillet 2013 je rendais déjà une chronique qui fâchait :

 

Les rosés pâles tout comme les pantacourts sont un mauvais compromis… il faut choisir !

 

Le 2 juillet 2015 itou

 

Le rosé est-il un vin moderne ?

 

Je persiste et je signe : suis Anglore à 200 %

 

« Et puis il y a la manière d'Eric Pfifferling, vigneron au domaine de l'Anglore à Tavel, appellation réputée dans cette couleur, "entre le plus jamais blanc et le pas encore rouge", comme il aime à la définir. Chez lui, les raisins sont ramassés à la main et en caissettes mises à refroidir en conteneur frigo à 10°C. Ils sont ensuite manuellement placés en cuve pour une période de macération carbonique (méthode beaujolaise) qui peut aller de 5 à 10 jours et plus. "Goûter les raisins sur le haut de la cuve, ça c'est bonbon." Eric ne s'en prive pas pour décider le moment capital où il va stopper cette macération et passer à l'étape suivante : le pressoir pneumatique, où les grappes encore entières sont à nouveau transportées manuellement. "Il n'y a aucune intervention mécanique pour ne pas traumatiser la vendange." Le "gros coup de feu de la fermentation" a lieu dans des cuves en béton au frais et, "quand elle s'est calmée", le jus est transféré en pièces ou en fût tronconique pour achever sa fermentation alcoolique et enchaîner sur la fameuse "malo" (lactique), qui permet la stabilisation et l'assouplissement du vin. »

 

L'article ICI 

C’est le nouveau marronnier de l’été : vers une pénurie de rosé cet été ! « Bonne nouvelle ! »

L’encre de cette chronique n’était pas encore sèche, alors que je revenais en bus, le 68, bondé, 12 mn d’attente, mais assis, du restaurant les Climats où j’avais savouré une Tête de Veau Maison Vadorin, « En fines tranches assaisonnées d’une sauce Chimichurri. Asperges blanches croustillantes » et une Raie des Côtes Bretonnes, « Raidie au beurre ; fricassée de légumes printaniers et bouillon relevé d’un pesto aux herbes fraiches. » arrosé  d’un Hautes-Côtes de Nuit 2014 de Claire Naudin (je ne suis pas bas-bourguignon mais je carbure à 100% dans son terroir), mon petit insecte goulu des réseaux sociaux affichait : Pénurie de rosé ? Ou prétexte...

 

Un article des « Échos », largement relayé, alerte sur un éventuel manque de rosé cet été et une « mécanique » hausse des prix. Mise au point.

 

PAR JACQUES DUPONT

 

En forme notre bas-bourguignon, faut dire que le rosé n’est guère pissé dans les Climats, que Bordeaux s’échine à en faire alors que le Clairet, qui est un rouge qui à la gueule du rosé, peut-être un must, qu’en Champagne on ne prend pas de gants pour mélanger les raisins blancs et les raisins rouges pour faire du champagne rosé, il sort sa sulfateuse au risque de choquer le petit peuple des insoumis.

 

Le rosé « il est devenu une boisson toute saison, notamment chez les jeunes, à l'apéritif. Le rosé « Mimile » en « cubi » chargé de magnifier les chipolatas charbonneuses du barbecue spécial Patrick Chirac a perdu la partie. Place aux bouteilles « design » qui font parfois ressembler une Saint-Gobain 75 cl à un flacon de chez Chanel. »

 

Je suis taquin, l’article du Jacques est très sérieux, il rassure, avec son compère Bompas ils ont dégustés pour le Spécial vins d'été (sortie 28 juin) quelque 300 rosés de cette région et pas un des producteurs ne nous a spécifié une « quantité limitée ».

Lire ICI http://www.lepoint.fr/vin/chroniques/penurie-de-rose-ou-pretexte-22-05-2018-2220369_582.php#xtor=CS2-239

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 07:00
C’est la triste histoire d’un bon camembert Gillot au lait cru, moulé à la louche, congelé et coincé entre 2 Président dans une armoire de la GD : tout ça pour ça !

Combien de signataires, de la fameuse pétition people qui proclame que le camembert AOP de Normandie vient d’être assassiné, ont-ils mis les pieds dans un magasin de la GD ? Sans être mauvaise langue, certains font faire quelques courses chez Métro mais bien évidemment ils le nient.

 

Si c’était le cas, ils sauraient, que Jort, Moulin de Carel, La Perelle, Gillot, Graindorge, Réaux, Pré Saint Jean, Petite Normande, « petites productions » ne sont pas vendues exclusivement dans les crémeries normandes et parisiennes, et que leur jolie croûte blanche laissant apparaître des ferments rouges est majoritairement maltraitée dans le fond des frigos de la GD.

 

C’est du béton !

 

Lactalis et Isigny représentent plus de 80 % des volumes vendus.

 

Après le retrait de certaines de leurs marques (Lanquetot par exemple pour Lactalis) le tonnage de l’AOP Camembert de Normandie est passé de 13 042 tonnes en 2006 à 5090 tonnes en 2016.

 

Certaines de leurs marques sont toujours au lait cru Moulin de Carel, Jort et Graindorge pour Lactalis qui, avec cette acquisition, est devenu le leader du camembert AOP de Normandie.

 

Il aurait fallu se réveiller avant camarades !

 

Tout ça parce que les ventes de fromages AOP et non AOP sont majoritairement réalisées en hyper et supermarchés (66 % pour les AOP et 71 % pour les non AOP).

 

Bien sûr pour les AOP au lait cru tous ne sont pas enfermés dans des glacières, 62 % sont en libre-service et 38 % à la coupe, c’est-à-dire pour le camembert dans une vitrine plus respectueuse de son état de maturation.

 

Le petit crémier du coin, le BOF, a depuis longtemps plié bagage, surtout dans nos belles provinces, la France ne se réduit pas à Paris et aux grandes métropoles.

 

Le mal est fait !

 

Revenons à Gillot

 

 

 

La fromagerie Gillot plaide pour la transparence

 LES ECHOS | LE 10/05/2017

 

Dans l'Orne, les camemberts Gillot vont au-delà du nouveau cahier des charges. La fromagerie produit aussi du « fabriqué en Normandie ».

 

Son camembert de Normandie AOP fabriqué au lait cru et uniquement en provenance de vaches de race normande est déjà dans les rayons. Sans attendre la mise en oeuvre du nouveau cahier des charges, entré en vigueur le 1er mai dernier, imposant 50 % de vaches normandes dans le cheptel, la fromagerie Gillot, nichée en contrebas du petit village de Saint-Hilaire-de-Briouze (Orne), a anticipé. « Nous allons plus loin que la nouvelle réglementation puisque nous proposons déjà un fromage avec un lait venant à 100 % de vaches normandes », souligne Emilie Fléchard, directrice adjointe chez Gillot. Créée en 1912, l'entreprise a été rachetée par la famille Fléchard en 2006.

 

Même si la fromagerie a perdu sa place de leader de la production de camemberts au lait cru depuis le rachat de Graindorge par Lactalis en 2014, Gillot reste le premier site de fabrication du camembert appellation d'origine protégée.

 

Prix plancher

 

En 2016, elle a accordé à ses producteurs AOP un prix plancher minimum annuel à 290 euros pour l'année, en complément du prix garanti à 340 euros pour 1.000 litres sur 50 % des volumes, accordé en 2015. Soit un prix du lait de base minimum à 315 euros assuré pour l'an dernier. Sans compter les primes AOP de 10.000 euros en moyenne annuelle par exploitation pour 2016. « La fromagerie s'est fixé comme engagement de défendre et pérenniser la filière AOP de Normandie ", affirme la responsable avant d'ajouter « L'important, c'est de garantir l'origine du lait en apportant de la transparence. »

 

Avec 6,5 millions de camemberts AOP par an, soit 1.700 tonnes, le fromage, conforme au label européen, représente 53 % de sa production. Et plus de 80 % de ses produits sont au lait cru.

 

Mais comme d'autres, la fromagerie ne se limite pas à l'AOP. Plusieurs de ses fromages à pâte molle sont aussi fabriqués à partir de lait cru, microfiltré ou pasteurisé (5 % de sa production est au lait bio). « Nous avons besoin de nous différencier mais aussi d'apporter de la diversité. C'est un choix stratégique », ajoute-t-elle.

 

La Fromagerie continue aussi à élaborer des produits « fabriqués en Normandie " qui lui permettent de toucher plus de consommateurs en raison de leurs prix moins élevés. Avec un chiffre d'affaires de 27 millions d'euros et 164 salariés, la fromagerie compte plus d'une centaine de producteurs, dont 96 sont en AOP.

 

Sous le titre choc : Le camembert « moche » ne se cache plus, la fromagerie Gillot (50% des volumes sont des camemberts AOP) fait cause commune avec Carrefour

 

« En novembre 2014, le directeur de  Gillot entend parler de Nicolas Chabanne, le fondateur du collectif Les Gueules cassées, qui promeut la commercialisation de produits dits abîmés pour éviter le gaspillage alimentaire. Immédiatement, la fromagerie est intéressée pour vendre, via Les Gueules cassées, les camemberts non conformes au cahier des charges de l’AOP en raison d’un défaut de forme ou de poids. « Chez nous, environ 10% de la production de camemberts sont “abîmés”. Soit on les revend à des industriels qui les utilisent en tant qu’ingrédients, soit on les commercialise, à un prix plus faible, en GMS, dans un packaging moins prestigieux et sans mention AOP », explique Émilie Fléchard, directrice adjointe de la fromagerie. Si la marque affirme ne jamais jeter de produits, ce partenariat lui permet de valoriser ainsi son image.

 

« Cause commune »

 

En février 2015, Gillot se rapproche donc de Carrefour pour proposer le concept. « Ils ont été séduits et les premiers produits sont arrivés en mai 2015 dans leurs linéaires. Ça n’est plus un simple rapport distributeur-fournisseur, mais une vraie association pour une cause commune », ajoute-t-elle.

 

Voilà une belle entreprise mais j’ai envie de dire lorsque je vois ses camembert AOP au lait cru moulé à la louche massacrés par la GD je ne peux m’empêcher de crier : tout ça pour ça !

 

C’est bien beau, du haut de leurs étoiles, de leurs fromagers préférés, leur petit fonds de commerce médiatique, d’exiger l’AOP camembert de Normandie au lait cru pour tous, mais encore faut-il se préoccuper de là où il est vendu.

 

Camembert, camembert au lait cru outragé ! camembert au lait cru brisé ! camembert au lait cru martyrisé par la GD ! mais camembert au lait cru libéré par Champ Secret !

 

Je verse au procès un article du Monde 16.05.2018 par Charlotte Chabas qui fait la part des choses

 

Le camembert de Normandie va-t-il être « assassiné » ?

 

Le cri d’alarme a des échos cocorico : « Liberté, égalité, camembert ! », s’écrient une cinquantaine de personnalités signataires d’une tribune publiée mardi 15 mai dans le journal Libération, parmi lesquels les chefs étoilés Sébastien et Michel Bras, Anne-Sophie Pic, Arnaud Daguin, ou encore Michel et César Troisgros, ainsi que les vignerons Olivier Cousin et Sylvie Augereau, Nicolas Reau ou encore Alexandre Bain. Tous s’inquiètent de voir le fameux « calendos » normand devenir « une vulgaire pâte molle sans goût ».

                                                

Pourquoi cet appel ?

 

De quoi ces signataires font-ils tout un fromage ? Des conséquences d’un accord, signé le 21 février, qui entend résoudre une guerre économique qui dure depuis dix ans. Jusqu’à cet accord, deux camemberts coexistaient dans les rayonnages de magasin :

 

Les « camemberts de Normandie », certifiés depuis 1986 par l’appellation d’origine protégée (AOP), qui respectent un cahier des charges précis et rigoureux : fromage fabriqué à partir de lait cru, produit dans une aire géographique précise, issu d’un cheptel majoritairement de race normande, moulé en cinq couches successives, pesant au moins 250 grammes.

 

Des camemberts étiquetés « fabriqués en Normandie », pour lesquels il n’existe aucune réglementation ni garantie de qualité, et qui doivent seulement avoir des usines productrices en Normandie. Le lait utilisé, pasteurisé – c’est-à-dire chauffé sans ébullition pour éliminer les agents pathogènes du lait – peut lui, venir de n’importe où.

 

Ce vocable trop proche entraînait la confusion des consommateurs, selon les producteurs de « camembert de Normandie AOP », qui ne représentent que 5 500 tonnes de fromages produits annuellement. Ils dénonçaient une usurpation au profit des industriels, dont le géant Lactalis, qui produit 95 % des 60 000 tonnes annuelles.

 

Qu’est-ce qui va changer ?

 

Au terme d’une bataille juridique d’ampleur, de longues négociations ont été entamées sous l’égide de l’Institut national d’origine et de la qualité (INAO). Les acteurs du dossier se sont accordés sur un compromis : un seul et unique camembert de Normandie AOP à partir de 2021.

 

Pour cela, les défenseurs du lait cru ont fait une concession de taille : ils ont accepté que le camembert AOP puisse être élaboré au lait pasteurisé, tant que ce moyen de traitement du lait est précisé sur l’emballage.

 

C’est cette décision que ne digèrent pas les signataires de la tribune publiée dans Libération. Ils mettent en garde sur le fait que « le véritable camembert de Normandie sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un ersatz fabriqué selon les méthodes industrielles ».

 

Est-ce la fin du camembert au lait cru ?

 

Pour l’association Fromages de terroirs, à l’origine de la tribune, « l’AOP normande s’enfonce inexorablement dans la médiocrité » avec cet accord et a été bien trop coulante sur les conditions requises pour obtenir la certification.

 

Une assertion « simplificatrice et déconnectée de la réalité », pour Patrick Mercier, producteur de camembert au lait cru et président de l’Organisme de défense et de gestion du camembert de Normandie. S’il salue dans cette tribune une « volonté louable de défendre le lait cru », il voit dans cet accord la fin d’une « concurrence déloyale qui faussait toute la filière depuis des années, puisque, depuis vingt ans, la copie d’un produit AOC était vendue dix fois plus que l’original en toute illégalité ».

 

Pour l’éleveur, l’accord ne remet pas en question la production de camembert au lait cru, qui devrait monter en gamme. L’accord prévoit une mention spécifique du type « véritable camembert de Normandie AOP » pour les fromages au lait cru, moulés à la louche. Dans cette version de l’AOP, la part des Normandes serait portée de 50 % à 70 % et le bocage revalorisé (100 m de haies par hectare de pâture). Et l’éleveur de faire la comparaison : « Comme pour le bordeaux, le consommateur aura le choix entre supérieur et grand cru.

 

Y a-t-il des précédents ?

 

Dans leur tribune, les signataires affirment que « tous les fromages d’appellation qui ont choisi la voie de la pasteurisation, donc in fine le volume, ont dégradé la qualité tout en ne réglant rien à la question de la rémunération des producteurs laitiers ».

 

Une affirmation que dément Patrick Mercier, qui a défendu les intérêts des producteurs fermiers au cours de l’accord. Il cite l’exemple du saint-nectaire, qui voit coexister sous une même appellation des fromages au lait pasteurisé (AOP saint-nectaire laitier) et au lait cru (AOP saint-nectaire fermier). Il y a dix ans, la zone vendait plus de fromages pasteurisés produits en laiterie que de fromages au lait cru produits à la ferme (8 000 tonnes contre 5 000). En 2016, 14 000 tonnes de saint-nectaire ont été produites, répartis équitablement entre les deux modes de traitement du lait.

 

Une réussite qui ne doit pas éclipser les difficultés de certains autres fromages AOC. Ainsi, le maroilles, originaire du pays de la Thiérache, près de la frontière belge, est produit à 90 % avec du lait pasteurisé.

 

« Cet accord va permettre justement de développer le lait cru, en créant notamment plus de solidarité entre les producteurs et un meilleur souci du collectif pour pousser tous ensemble dans la même direction », assure Patrick Mercier. En jeu notamment, la sécurisation de la filière, pour réduire les risques de développement de bactérie et retrouver la confiance des consommateurs.

 

Le camembert pasteurisé va-t-il être « sans goût » ?

 

Dans la tribune, les signataires s’inquiètent d’une gastronomie à « deux vitesses », dans laquelle des consommateurs pourront s’offrir le « véritable camembert de Normandie », quand d’autres devront se contenter d’« un plâtre pasteurisé ».

 

Là encore, Patrick Mercier dénonce « une caricature loin de la réalité ». Selon l’accord, les industriels ont accepté des contraintes inédites : au moins 30 % de vaches de race normande dans leurs troupeaux, avec l’obligation pour elles de pâturer en extérieur en Normandie pendant au moins six mois, avec une part d’herbe minimale dans la ration estivale (25 ares d’herbe par vache). L’accord garantit, en outre, le caractère mi-lactique mi-présure qui caractérise le camembert traditionnel, ce qui constitue « un changement de taille », souligne Patrick Mercier.

 

« Il est possible de faire du bon fromage en utilisant du lait pasteurisé, et ces conditions vont de toute façon garantir une hausse de la qualité », précise Patrick Mercier. Lui se réjouit déjà de voir « l’image et les valeurs de la Normandie réhabilitées, avec notamment le retour en force des troupeaux de race normande dans les pâturages ».

 

 

 

Conclusion provisoire :

 

  • C’est bien beau de faire des moulinets, de s’offusquer, après une bataille perdue depuis des années, il aurait mieux valu se battre lorsqu’il en était encore temps ;

 

  • La bataille est certes perdue mais pas la guerre, celle du lait cru passe d’abord par les consommateurs, là où il y a des acheteurs d’un produit qui tient ses promesses l’offre est au rendezvous,  à la condition que le prix du produit permette au producteur de vivre et d’assurer la pérennité de son entreprise.

 

  • Les pétitionnaires people c’est bien mais encore faudraitil que leur engagement ne se limite pas à une éphémère signature.
  • Et si vous, les défenseurs du camembert au lait cru, organisiez entre vous une belle dégustation à l’aveugle d’un échantillon représentatif du marché des camemberts, ça permettrait de vraiment mettre les pendules à l’heure ; souvenir d’un boucher star qui, sur Canal+, avait plébiscité une entrecôte acheté en libreservice en GD en compétition avec celle de sa boucherie.

 

  • Je sais que je prêche dans le désert (en plus un long WE de Pentecôte où les signataires sont à la plage) mais vieux consommateur et défenseur du lait cru j’ai horreur de ceux qui tordent la réalité pour une noble cause ; minoritaire un jour, minoritaire toujours !

 

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