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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 06:00

La cave des Papilles, rue Daguerre, à quelques tours de roue de chez moi, est l’un des hauts lieux des vins nu ; la crème des vignerons naturiste s’y presse pour y faire licher leurs nectars qui puent (appellation contrôlée par les beaux nez amateurs des grands vins). D’ordinaire j’y vais point, trop de monde, trop de blablateurs qui se poussent du col, suis pas un dégustateur patenté, en un mot je suis chiant, un vieux loup solitaire.

 

Comme l’exception confirme la règle lorsque les gars des Papilles m’ont informé qu’ils recevaient Marc Soyard j’ai décidé d’y aller.

 

Pourquoi ?

 

Samedi 13 octobre nous avons le plaisir de recevoir Marc Soyard pour une très belle dégustation de 16h à 20h.

 

Marc Soyard est un grand gaillard à la douceur extrême et à la volonté très affirmée. Jeune vigneron d’une trentaine d’année, formé pendant 6 ans chez Jean-Yves Bizot, il s’est vu confié en 2013 par le Grand Dijon et la Chambre d’Agriculture la gestion d'un domaine de 8 ha de vignes à 10kms à l'ouest de Dijon.

 

Marc est un non interventionniste qui fait des vins fins et sans soufre. Son vœu est d’amener la réputation prestigieuse de la Bourgogne jusqu’à Dijon en produisant des vins hauts de gamme. Et il y réussit parfaitement !

 

Je n’ai pas été déçu du voyage.

 

La cave des Papilles était bourrée, pour accéder jusqu’aux nectars de Marc Soyard fallait jouer des coudes. Comme de bien entendu, un jeune homme propre sur lui, avec la gravité qui sied au dégustateur, pompait l’air du vigneron à propos de la vinification sans soufre. Celui-ci, bon prince, lui expliquait le pourquoi du comment. 

 

 

J’attendais patiemment mon tour, alors que j’ai horreur de faire la queue, ce qui me laissait le temps d’observer ce grand gaillard, costaud, un côté Barberousse le pirate  ICI  version nounours, un regard franc, un mélange de douceur et de volonté.

 

Lorsque j’ai dactylographié, dans le titre de cette chronique, son patronyme Soyard, le correcteur orthographique, qui n’en rate pas une, m’a suggéré Boyard

 

 

Du côté vins, que du bonheur, surtout du côté de ses vins de négoce (et un peu de ses vignes à Villers-la-Faye en Hautes-Côtes-de-Nuits, 15 ares), avec de belles étiquettes dessinées « Le chardonnay, et Ripopée « C’est un copain qui a des raisins dans le Val de Saône. Des vignes qui sont en bio depuis 60 ans ! »

Suis un extrémiste du vin nu !

 

Les Papilles me disent :

 

La Ripopée

 

« Un Bourgogne. C’est un assemblage de 4 cépages et il faut les trouver ! » plaisante-t-il !

 

On donne assez vite notre langue au chat.

 

« C’est gamay, pinot noir, melon de Bourgogne et chardonnay. »

 

« Ah oui ? »

 

« Deux blancs, deux rouges ! 100% grappes entières et élevé 18 mois en fûts de chêne.» Assemblage atypique pour un très joli résultat, avec beaucoup de fruit et une très belle structure.

 

« Tout est en pressurage direct, vinifié en même temps. »

 

« La Ripopée, en fait c’était en fin de soirée tu prenais toutes les bouteilles, tu mélangeais tout et ça faisait une ripopée ! »

 

Mais Marc Soyard c’est surtout le Domaine de la Cras qui lui a été confié en 2014 par le grand Dijon et par la chambre d’agriculture de la Côte d’Or.

 

Vignoble cépage Chardonnay © Grand Dijon

 

En 2013, la ville de Dijon a acheté une propriété agricole de 160 hectares appelée Domaine de la Cras, dans le but de maintenir sa ceinture verte et une agriculture péri-urbaine vivante. Le vaste domaine situé à l'ouest de Dijon, à 10 km du centre-ville

 

L'ancien propriétaire avait déjà construit une cave et planté 8 has de vignes (5 ha en rouge et 3 ha en blanc) sur des terres classées Bourgogne AOC, avec cette possibilité de planter 13 hectares de plus.

 

Un appel à propositions a été organisé pour décider qui prendrait en charge la vinification. Les principaux critères étaient :

 

1. les vignobles cultivés de manière biologique

2. le (la) vigneron(ne) devait être un(e) jeune viticulteur(trice) sans vignoble familial existant

3. Accepter d’ouvrir le domaine au public pour des visites éducatives.

 

En 2014, le « gagnant », Marc Soyard a été choisi. La ville de Dijon lui a donné le loisir de vivre sur le domaine, de s'occuper des vignes, de produire et de vendre ses propres vins. Marc Soyard doit payer une location à la ville de 2000 bouteilles par an. La ville de Dijon a choisi d’autres jeunes agriculteurs pour gérer d’autres projets sur les 140 hectares restants du Domaine de la Cras.

 

Les 8 hectares ont été plantés en 1983 par Jean Dubois, l’ancien propriétaire, un céréalier qui s’était pris de passion pour la vigne au point de suivre l’école de viticulture à Beaune.

 

« Il a l’ambition de produire des vins de Bourgogne vendangés à la main et vinifiés en haut-de-gamme : voilà qui ranimera la réputation des vins de Dijon au sujet desquels le Dr Jules Guyot, écrivait déjà, en 1855 : « il y a un siècle à peine, on eût trouvé sur le territoire de cette commune [de Dijon] des vins d’une grande valeur, appréciés à la fois et dans le pays et dans l’étranger. Aujourd’hui il ne reste plus que quelques hectares cultivés en plants fins (...) et tout annonce que bientôt les derniers bons vins auront disparu de son vignoble ».

 

« À cela une raison : les vins de Dijon présentaient « un feu et une vinosité très grande »: en clair, imbuvables avant « un certain nombre d’années, souvent dix ou huit ans ». Trop long pour le consommateur, déjà pressé à l’époque !

 

Marc, vigneron non-interventionniste et proche nature, veut produire des cuvées haut de gamme, histoire de tirer la couette du prestige Bourguignon vers Dijon.

 

Marc travaille en biodynamie depuis 2016.

 

« Quand j’ai repris en 2014, tout était en chimie. J’ai tout passé en bio. Je laisse de l’air pour que la vie puisse passer dans les sols. Les lombrics commencent à revenir. Il commence à y avoir plein d’insectes partout dans les sols. Ça commence à être sympa comme vignoble. »

 

Je suis reparti avec dans ma petite musette 4 litrons :

 

 

Dedans y a aussi un vin primeur « le Déprimeur ».

Vins de Bourgogne
Domaine de la Cras
21370 Plombières-lès-Dijon – Côte d’Or

Marc Soyard

06 71 68 07 63
domainedelacras@marcsoyard.fr Image associée

 

 

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commentaires

Meric 20/12/2019 10:00

La ripopée était effectivement excellente, avec un gout loin des sentiers battus.
Comme vous je crains la foule, mais au debut de la degustation les particules n'etaient pas trop nombreuses.
Amicalement
M

pax 20/12/2019 06:43

Et une adresse de vigneron de plus à visiter pour l'année 2020 ! Merci Taulier.
Par ailleurs les photos nous révèlent un affable et souriant Taulier en plan américain.A ce sujet, cher Taulier, un p'tit cadeau à tes lecteurs, pour Noël, une nouvelle photo en frontispice *de tes chroniques.
Sans vouloir me payer ta fiole j'irai jusqu'à suggérer, une nouvelle photos par saison. Mais ce que j'en dis....
* Tiens voila le cuistre qui réapparait.Sacré mouche du coche va !

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