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    Vin&Cie,

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Un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes...

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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 00:09

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Je vous rassure de suite, ne participant pas dimanche dernier au pince-fesses de la Bresse  en compagnie du marin d’eau douce, dont le ramage est aussi flamboyant que le plumage, je n’ai fait l’objet d’aucun remaniement-débarquement soudain et par conséquent je ne suis pas au bord de la dissolution me contentant de cohabiter avec moi-même.


N’étant pas amateur des psychodrames dont sont friands nos actuels gouvernants je fuis ceux qui peuplent les murs de Face de Bouc pour me consacrer corps et âme à ma mission : l’extension du domaine du vin. En proférant une telle affirmation je sens poindre chez certains une once de reproche : « Taulier tu ne chronique guère comme tes éminents confrères sur la robe, les fragrances, la bouche du vin. Tu te dérobes à la cérémonie sacrificielle, au rite de la dégustation, pour nous abreuver de tes histoires… »

 

C’est sûr je ne vous désoiffe guère mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, vous avez tout à fait raison, je ne suis pas à la hauteur du sacerdoce inlassable de celles et ceux qui courent de foire aux vins en foire aux vins, se soumettent à de fastidieux déjeuner de presse, usent leur santé en de longs et périlleux voyages de presse, stakhanovistes de l’agitation du verre et de l’absorbé-craché, Paganini des % de cépages, maîtres incontestés d’il n’a pas fait sa malo, chantres inlassables du terroir et adorateurs de la Nouvelle Star Hubert de Boüard pour qui l’amour n’est pas dans le pré mais dans le chais.

 

Et pourtant je continue contre vents et marées, tel notre président sur l’île de Sein, imperturbable, à chroniquer chaque jour que Dieu fait…

Faute avouée étant à demi-pardonnée et pour vous prouver mon dévouement à la cause je vais déguster pour vous et noter l’ensemble de la gamme du domaine du Tariquet.

 

Non je rigole bien sûr, n’ayant aucune vocation à finir comme un martyr brûlé sur le bucher de la Sainte Inquisition des Résistants de salon, ma contribution épluchera un drôle de vin qui affiche « ceci n’est pas un rouge » alors que ce jaja de l’Ensérune une IGP 2013 affiche cette couleur peu prisée à l’UMP et adulée par ce qui reste du PC.


Alors pour éclairer ma pauvre lanterne bien pâlotte je me suis tourné vers notre caviste préféré : j’ai nommé le grand Philippe sis du côté du père Lachaise en un Lieu-dit du vin.


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« Pour Poisson Rouge / Boisson Rouge, nous sommes sur de l'alicante bouschet, cépage teinturier. Un pressurage direct, vinifié en blanc avec léger batonnage, qui amène dans une gamme aromatique à cheval entre rouge et blanc. La bouche, trompé par l’œil croit boire un rouge qui développe des notes de blanc : abricot, fleurs blanches, mais aussi petits fruits... Un régal pour surprendre et pour étonner. Pour les aventuriers du goût, sans a priori... »


Voilà c’est dit et bien dit si vous souhaitez mieux connaître Deborah & Olivier, simplement vignerons allez donc ICI link


La boutanche est signée Deborah Knowland vigneronne exploitante domaine d’O...


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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 00:09

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« Il paraîtrait que la France a beaucoup de chômeurs... Ils ne doivent pas exister au niveau agricole, car c'est presque impossible de trouver de la main-d’œuvre agricole... C'est un des plus gros problèmes de l'agriculture aujourd'hui. Et quand, en plus, on est comme nous en agriculture biologique, le besoin en main-d’œuvre est encore plus crucial. On ne trouve pas de main-d’œuvre et les jeunes viticulteurs ne trouvent pas de terres... »


Michel Chapoutier répond à la dernière question de Jacques Dupont : « Si cela vous semble réalisable, indiquez-nous deux ou trois mesures faciles à prendre que le gouvernement devrait adopter pour doper l'activité viticole en France et à l'export ? À moins que vous ne pensiez que les blocages sont davantage du côté de la production et du négoce... »


Étant retiré des voitures je me garderai bien de commenter la substance des propositions du Président de l’UMVIN mais je dois tout de même confesser une certaine déception.


Bonne lecture link

 

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Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 00:09

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Le bon peuple se gausse de ses politiques qui, après lui avoir vendu des promesses pas fraîches mais soi-disant plus alléchantes que celles de leurs voisins, leur servent des soupes à la grimace au nom du réalisme.


Les atterrissages sur le ventre sont douloureux : à force de semer de l’illusion on récolte de la colère…


Alors, lorsque je lis à propos d’un site de vente de vins en ligne que l’objectif de ses fondateurs, qui par construction sur le Net sont des génies, des innovateurs pointus, des gars qui vont révolutionner la manière de vendre, que leur objectif est de rendre « accessible aux amateurs, des vins habituellement… inaccessibles, soit parce qu'ils sont introuvables ailleurs qu'au restaurant, soit en raison de leur prix. Grâce aux allocations que nombre de vignerons rares ont accepté de leur attribuer, leur site « je te joue du pipeau » propose de réjouissantes pépites. » ça me rappelle étrangement les bonimenteurs de foires qui pour vendre leur presse-purée qui fait aussi de la salade vous noient dans un baratin enjôleur : tout devient possible, tout devient accessible !


Mais alors qu’est-ce donc que l’inaccessibilité ?


Le Larousse qui sème à tout vent répond :


« Dont l'accès est impossible, hors d'atteinte : Une forêt presque inaccessible.


Qui ne peut être atteint, obtenu, réalisé : Se fixer des objectifs inaccessibles.


Qui n'est pas à la portée des facultés intellectuelles ou ne peut être que très difficilement connu, compris : Un ouvrage inaccessible à la plupart des lecteurs.


Avec qui toute relation semble ou est impossible du fait de sa position sociale ou de son comportement : Elle me semblait inaccessible.


Qui est incapable d'éprouver tel ou tel sentiment : Être inaccessible à la compassion. »


Alors, au vu de ces différentes acceptions : existe-t-il des vins inaccessibles ?


La réponse est bien évidemment non, tous les vins sont accessibles à condition d’y mettre le prix et lorsque ceux-ci atteignent des hauteurs stratosphériques leur accessibilité n’est en rien liée à une quelconque petite décote.


Et c’est là où se situe l’entourloupe de ces chers vendeurs en ligne car leurs soi-disant « vignerons rares » sont bien évidemment accessibles par quiconque veut s’en donner la peine et payer le prix. Quant aux fameuses allocations privilégiées qui permettraient de proposer des plus prix alléchants que la concurrence relève de la plaisanterie de garçons de bain.


Les foires aux vins de la GD vont commencer avec la fameuse rentrée, tout ce que le monde du vin compte de critiques a été mobilisé et les commentaires et les notes de dégustation pleuvent sur la base de la sélection opérée par les acheteurs de la GD.


C’est l’automne des bonnes affaires nous dit-on, je n’en disconviens pas mais, n’exagérons pas l’effet d’aubaine pour le consommateur dit amateur qui, en consacrant une grande part de son budget à ces acquisitions, se prive souvent de faire de vraies découvertes au fil de l’année car son porte-monnaie n’est pas extensible.


Alors, lorsque je vois ce site de vente se la jouer GD d’un 3e type je ne puis m’empêcher de  penser à la fable de la Fontaine « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf »

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Mercredi 27 août 2014 3 27 /08 /Août /2014 00:09

Depuis le temps j’en ai connu des présidents du négoce même que j’ai bien connu le dernier, qui a vu éclater en deux morceaux la CNVS, Hervé Bélédin un nantais. Il y eu donc le syndicat des gros robinets de jaja : l’AFED et celui des beaux robinets de grands vins : EGVF qui bien évidemment, à la manière des gars du PS et de l’UMP, passaient le temps à se bouffer le nez. Le premier déclinait doucement et se donnait comme président un gars à la retraite qui tentait vaillamment de canaliser les velléités guerrières de son directeur ; le second, à fort focus bourguignon, en effet les bordelais n’ont guère la fibre syndicale et cultivent leur splendide isolement, surfait sur les succès à l’exportation des grands vins avec une bonne dose de « mépris » pour la piétaille.


Lorsque, prenant mon bâton de pèlerin pour aller ausculter mon patient qui, me disait-on, pétait la santé exception faite des irréductibles rouges du Midi qui adoraient encore tout faire péter, j’ai vécu de l’intérieur ce qu’il faut bien nommer l’impuissance du négoce français à parler d’une seule voix. Lors de l’élaboration de cap 2010 la note stratégique sur les enjeux des vins français ce fut donc courage fuyons ! Mais tout cela relève de l’histoire ancienne, le négoce français a fait son Aggiornamento, uni pour le pire et le meilleur en une Union : UMVIN.


Mieux encore dans la joie des retrouvailles l’Union s’est dotée d’un président de choc : Michel Chapoutier le boss de la maison éponyme qui a la réputation de décoiffer le populo par ses propos iconoclastes. Alors, notre Jacques Dupont par l’odeur du buzz alléché a demandé à Michel Chapoutier, ce qui est une performance le concernant, lui qui ne tient pas en place, de s’étendre sur son diva pour s’analyser.

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martin singer link

 

L’analyse ou le mal français, nous en raffolons, s’étendre, se répandre sur nous-mêmes fait partie de notre ADN national. Nous sommes si intelligents que nous aimons le faire savoir, mais à l’heure des choix c’est la panne d’essence, les propositions d’action sont aux abonnés absents faute, non pas de lieux de concertation qui fourmillent pour drainer les présidents vers Paris, mais de capacité à négocier entre négoce et production, des compromis opérationnels. Le dossier des droits de plantation est l’exemple type du bal des faux-culs entre les 2 parties. J’en sais quelque chose je l’ai vécu au plus près avec madame Catherine Vautrin qui demanda par la suite ma tête à mon Ministre Bruno Le Maire.


J’attends donc sans impatience inutile, sans mettre la pression comme le disent les coachs sportifs, la saison 3 de Michel Chapoutier alléché par la qualité des 2 premiers épisodes de son show.


Chapoutier (1) : «Le mot réforme sonne comme un blasphème !» link

 

 

Chapoutier (2) : «L'Australie a souvent été montrée du doigt !» link

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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 09:00

Être un vieux chroniqueur sur la Toile présente bien des avantages car au fil de l’actualité il est possible, en puisant dans ses archives, d’exhumer les écrits définitifs et sentencieux de nos chers éditorialistes de la presse parisienne.


En l’occurrence aujourd’hui un intermittent de Libération : la girouette Laurent Joffrin.


Dans un numéro spécial Antenne 2 de février 1984 titré  «VIVE LA CRISE!»: La grande mutation des années 80, racontée par Yves Montand, ce cher Joffrin nous offre une superbe tranche de sa pensée à géométrie hautement variable. link


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J’avais chroniqué le 23 mai 2007 en titrant : la pédagogie de la gaffe


« L’ensemble du numéro est très significatif du trouble de cette gauche non communiste qui pensait que le mur de Berlin ne s'ouvrirait jamais et qui n'osait pas renvoyer ses cryptocommunistes à leur passé et aux oubliettes de l'histoire.


 L'ont-ils fait en 2007 ? Je n'en suis pas certain.


 Certains rêvent encore du grand soir.


Guy Mollet a toujours des héritiers : Mélanchon&Co. Je vous offre le papier de Laurent Joffrin, qui ironie de l'histoire, après un détour au Nouvel Obs., est devenu le patron de Libé post-July. Ces Soixante-huitard on les jette par la porte ils entrent par la fenêtre… »


Ce cher Joffrin est ensuite retourné au Nouvel Obs. puis est dernièrement revenu dans un Libé subclaquant ce qui lui permet de gloser sur la vraie gauche qui serait celle du couple Hamon-Montebourg,

 

Au secours la gauche revient ! Le ridicule n’a jamais tué personne ça se saurait  

 

LA PEDAGOGIE DE LA GAFFE

 

Il y a un néo-réalisme français. en dix ans de crise, on a essayé de par le monde toutes les médications possibles. Aucune n'a réussi. Très longtemps pourtant les Français ont refusé de voir la crise en face. Pendant presque une décennie, ils ont cultivé l'illusion du bout du tunnel, refusant toute baisse du pouvoir d'achat, poursuivant leur quête sans fin du bien-être matériel, négligeant l'investissement ; comme si le ralentissement de la croissance et la montée du chômage devaient vite s'évanouir, comme un mauvais rêve économique. Longue, décevante, rebelle aux politiques toutes faites, cette crise aurait bien fini par ramener les plus myopes à la lucidité. Mais il manquait un évènement politique. La moitié des Français, entretenus par une opposition qui répétait de bonne guerre que la crise n'était pas fatale, dans le souci de ne pas exonérer de ses responsabilités la majorité, croyaient de bonne foi les structures économiques et la mauvaise volonté des dirigeants de l'époque responsables du marasme. Une "autre politique", une "autre logique" devaient permettre de libérer la production, de créer des emplois, de sauvegarder le pouvoir d'achat. Y croyaient-ils vraiment? En tout cas, ils voulaient en avoir le cœur net. Ce fut le défi du 10 mai. Une volonté nationale de dire « chiche » à ceux qui piaffaient depuis si longtemps en lisière de l'Histoire.


 

Faute d'avoir mesuré la profondeur de la crise, d'avoir perçu l'ampleur du retournement historique, les socialistes si remplis de certitudes ont raté ce rendez-vous-là. « L'autre logique » s'est brisée non sur le mur de l'argent, mais sur celui de la réalité. Mais ils ont aussi rendu un grand service : la relance ratée, le colbertisme impuissant qui a défini leur politique pendant un an, jusqu'à la volte-face de la rigueur, ont eu le mérite de vacciner l'opinion. L'état de grâce a surtout fonctionné comme une pédagogie de la crise. Une pédagogie par la gaffe : en se trompant avec un constant enthousiasme, mais en ayant quelques mois plus tard le courage de reconnaître- en partie - leurs erreurs, les socialistes ont discrédité pour un temps les potions magiques dont les hommes politiques font leurs programmes. Peut-on espérer que le débat public y gagne en qualité ? Hors des bilans politiques, des plaidoyers et des réquisitoires partisans, ce sera le principal bénéfice de l'alternance.


 

Il y en a un autre : le retour de la société civile. Cette première année de pouvoir socialiste, si néfaste au socialisme, aura été celle d'un étatisme virulent. Quoi qu'il ait fait pendant cette période d'illusion lyrique des jeunes barbes socialistes, le gouvernement s'est contenté de mettre en pratique un slogan hérité de soixante-dix ans de jacobinisme à la sauce Marx : de l'Etat, encore de l'Etat, toujours de l'Etat. Relance, nationalisations, impôts nouveaux, plans industriels : tout allait à l'Etat, tout y revenait. Mais tout a raté, ou presque. Dans les douze mois qui ont suivis cette année illusoire, il a fallu brûler à la sauvette ce qu'on avait adoré. On ne pouvait trouver meilleure réhabilitation de l'initiative et de l'individu. L'Etat était monté sabre au clair à l'assaut de la crise et s'était pris les pieds dans le tapis. Il lui faut bien aujourd'hui céder quelque peu la scène aux vrais acteurs. Car c'est dans la vie quotidienne que la grande mutation se manifeste le plus clairement. Comme ces vieilles forteresses reléguées dans un rôle secondaire par l'évolution de l'art militaire, la masse grisâtre de l'Etat français ressemble de plus en plus à un château-fort inutile. La vie est ailleurs, elle sourd de la crise, par l'entreprise, par l'initiative, par la communication. Ironie d'une histoire qui joue à qui perd gagne. C'est la gauche pétrie de révérence étatique qui en a fait la preuve. »


 

LAURENT JOFFRIN

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Mardi 26 août 2014 2 26 /08 /Août /2014 00:09

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« L'art fait ventre » : une expo de bon goût ? titrait Télérama.


« Quand la nourriture, avec ses progrès, ses excès, ses déviances, alimente l'art contemporain. » link


Le Ventre de Paris roman d’Émile Zola publié en 1873 dont l’action se passe pour l’essentiel aux Halles centrales de Paris, construites par Victor Baltard entre 1854 et 1870. link


« Que savons-nous de notre ventre, cet organe bourré de neurones, que les chercheurs commencent à peine à explorer ? Selon cette captivante enquête scientifique, il semblerait que notre cerveau ne soit pas le seul maître à bord.


Il y a quelques années, les scientifiques ont découvert en nous l’existence d’un deuxième cerveau. Notre ventre contient en effet deux cents millions de neurones qui veillent à notre digestion et échangent des informations avec notre « tête ». Les chercheurs commencent à peine à décrypter cette conversation secrète. Ils se sont aperçus par exemple que notre cerveau entérique, celui du ventre, produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur qui participe à la gestion de nos émotions. On savait que ce que l'on ressentait pouvait agir sur notre système digestif. On découvre que l'inverse est vrai aussi : notre deuxième cerveau joue avec nos émotions. » ARTE voir vidéo.


Et votre Taulier qui est un fouineur patenté vous a dégoté un plat quasiment disparu des tables de la Corse profonde : Le pain au ventre.


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Qu’est-ce donc ?


Un pain de sang !


Du sang de cochon, normal nous sommes au pays où le cochon : « Instituteur à la retraite, Louis Bellini est venu à la charcuterie par l’amour de la belle ouvrage (…) « Heureux comme un porc chez Loulou » devrait être le slogan de tous les producteurs de charcuterie ! Après les avoir élevés en semi-liberté plusieurs mois, Loulou les abats à l’ancienne durant l’hiver. Aidé de quelques amis, il transforme ces bêtes « ni trop grasses ni trop maigres » en spécialités poivrées, aux arômes puissants et profonds, qui seront ensuite vieillis en cave.


Pauline Juillard, de la ferme de Campo di Monte se souvient de sa mère qui de Bastia montait « au village » pour participer à l’abattage de son cochon élevé  « au village ». C’était une affaire de famille !


Pendant que les hommes dépeçaient, salaient et poivraient la viande « les femmes lavaient les boyaux dans l’eau gelée de la rivière, puis les faisaient tremper dans du vin très fort. Dans un énorme chaudron, tripes et cervelles, rehaussées de bettes, de poireaux et d’herbes hachées, cuisaient toute la nuit avant d’être dégustées le lendemain. Arrosés de jus, c’était un pur délice, disaient les anciens. »


Le pain au ventre c’est pages 34-35 du beau livre « Une table CORSE »


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Le ventre: notre deuxième cerveau par JaneBurgermeister

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Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 09:00

Une fois n’est pas coutume, profitant du sujet de ma chronique du jour sur la pintade de la Dombes je vais faire une rapide incursion dans l’actualité politique du week-end qui, comme ça n’a pu vous échapper, s’est concentrée dans la Bresse haut-lieu de l’excellence de notre volaille nationale.


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Je partage sans restriction le point-de-vue de Bruno Le Maire mon ancien Ministre :


« Si Arnaud Montebourg et Benoît Hamon avaient un peu de dignité, ils démissionneraient. Si Manuel Valls et François Hollande avaient un peu d'autorité, ils les renverraient. »


Ce faisant je ne prends pas parti sur le fond du débat car ce n’est pas le lieu mais, face au spectacle lamentable donné par les petits coqs du PS, j’apprécierais que notre cher Président renvoie tout ce petit monde devant les électeurs, ça permettrait de remettre l’ensemble de la classe politique face à la réalité tout comme nous les électeurs à nos responsabilités.


Gouverner c’est choisir !


La cohabitation aurait du bon, elle pacifierait une opinion déboussolée et morose en obligeant nos décideurs publics à assumer leur discours démagogique.


C’est mon opinion et je la partage.


Bonne journée d’automne à vous


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Lundi 25 août 2014 1 25 /08 /Août /2014 00:09

La Pintade de New-York, de Paris, de Berlin, de Madrid, est une femme qui n'a rien d'une bécasse. link


La pintade de la Dombes est une pintade grise ou commune Numida meteagris élevée dans la belle région de la Dombes.


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Sa chair est tendre et maigre, ce qui ne peut que plaire à la pintade urbaine adepte des régimes minceur.


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Elle nous vient d'Afrique où elle vit à l'état sauvage sur une grande partie de ce continent. La pintade de Numidie, ou pintade casquée, est la plus répandue des 4 catégories de pintades, toutes africaines. Elle peuple l'intégralité du continent au sud du Sahara, sous la forme de sous-espèces guère différentes les unes des autres.


À l'état sauvage « pendant les heures les plus chaudes de la journée, elle se repose et ne s'active que lorsque la chaleur diminue. Ses courtes ailes ne lui permettent pas de voler sur de grandes distances ; elle préfère marcher ou courir et vole seulement pour se percher le soir ou bien pour échapper à un danger. »


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La pintade est chiante :


-         Elle cacabe ou craille en permanence ;


-         Elle est farouche : au moindre bruit inhabituel et à la moindre agitation, elle s'enfuie et panique ;


-         Elle est bagarreuse ;


-         Elle vole.


J’adore les pintades !


À la broche, rôtie sans autre adjuvent que leur graisse. Peau croustillante, goût fumé, j’atteins la volupté...


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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 07:00

J’hibernais. Claquemuré dans mon refuge de la Mouzaïa je tentais de faire face à la situation. Il me fallait de toute urgence colmater les brèches qui s’ouvraient de partout. Cette fois-ci je ne pouvais fuir, m’échapper. Le piège s’était refermé. Mes journées s’étiraient, se diluaient en une attente insupportable. Confronté pour la première fois de ma vie avec un manque profond je me laissais aller, me consumais. Il m’arrivait d’en rire. Rire seul, se moquer de soi-même, cruelle ironie de la complaisance, je ne touchais que la monnaie de ma pièce, mon insondable égoïsme. Alors je jeunais. Épuration. Rien n’y faisait, je ne vivais plus que pour l’instant où, au cœur de la nuit, elle se glisserait sous la couette et que ses pieds glacés viendraient capter ma chaleur. Transfusion. Sa jeunesse rayonnante, son allure de reine, ses fêlures aussi, ce je ne sais quoi que je ne pouvais saisir, me renvoyaient à mon impuissance. Émilie ma volute, tu m’échappais, même si tu ne savais où te menait ton destin. Qu’importait ! S’apitoyer sur soi : intolérable orgueil, il me fallait me soumettre et rien que ce mot me glaçait. Toute ma vie j’avais forcé le cours des choses, plié les autres à ma volonté, à mes rêves et mes désirs, le temps était venu de faire mon deuil, de tourner la page : je ne pouvais l’aimer avec un quelconque espoir de retour. Alors je l’aimerais tout court car je l’aimais comme un dingue, de cette folie que je planquais sous mes grands airs, ma soi-disant distance. Allais-je abdiquer, lâcher prise ? Non j’allais grappiller, laisser de côté mon amour-propre, me foutre comme de ma première chemise de mes échecs, de ses rebuffades, me contenter de peu. Ne rien concéder, prendre le risque de me faire jeter, c’était si neuf que ça me perfusait une rage indestructible. Somme toute la vie était belle, j’allais lui dire vous et l’aimer sans me soucier, léger, me glisser auprès d’elle, me fondre dans son paysage, lire et écrire enfin sans me préoccuper du lendemain.


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Janol Alpin, photographe Parisien

 

« À l’écoute de toi tu passes trop de temps » sur mon premier petit carnet de poche c’est ce que j’avais écrit au crayon, et lorsque j’avais saisi la main glacée d’Émilie, qui était un peu pompette, sur ce trottoir en pente de la rue de Ménilmontant, au pic d’une nuit incertaine, c’était un pacte qui s’était scellé, rien ne pourrait plus nous séparer. Elle était la prisonnière de mon cœur. Prison sans barreaux, nulle levée d’écrous pour en sortir. Libre. « C’est dur… une rupture… », trop fraiche, j’acquiesçais, altière elle filait, les taxis, le deuxième étage d’un doux bordel de garçons, joyeuse petite bande, des rires, le Muscadet de derrière les fagots, les spaghetti au piment nous réunissaient, pour quelques gorgées de bière le temps d’étirait plus encore, venait le petit jour sur Laumière, la masse du parc des Buttes Chaumont, un taxi sympa hélé, « les rêves sont les seuls réceptacles de l’intime ». Aimer n’est pas posséder, alors j’allais l’aimer sur le seul terrain qui me restait, l’écriture, mon goût immodéré pour le drame s’évaporait. « Je vais, comme les accros du casino, me faire interdire d’amour… » encore une de mes formules à la con qui marquait mon retour à la surface.  J’assumais enfin !  Quoiqu’il puisse m’arriver maintenant je m’en fichais. Ma provision d’elle me permettait de reprendre la route, apaisé et serein. L’écriture serait désormais mon unique maîtresse. Dans ma pile de livres en attente j’extirpais « Le jour où mon père s’est tu », ce livre me replongerait dans un temps englouti qu’il me fallait raviver, dépoussiérer.


Robert Linhart, le brillant et intransigeant normalien, exclu de l’UEC : l’Union des étudiants communistes, à la tête des étudiants disciples inconditionnels d’Althusser, fonde à la fin de l’année 1966 l’Union des jeunesses communistes, dite UJC (ml), résolument prochinoise, qui recommande l’établissement de ses militants en usine : les fameux « établis », est l’invité avec quelques camarades, du Président Mao . Comme l’écrit Virginie sa fille « Selon la métaphore de l’époque, il faut être prêt à « descendre de cheval pour cueillir les fleurs » Mao, ses gardes-rouges, sa folle Révolution Culturelle. Linhart et ses fidèles vont s’imprégner des bienfaits de la nouvelle phase de la Révolution Chinoise. Le 14 août 1967, il écrit à sa femme depuis la chambre 310 de l’hôtel des Nationalités, à Pékin :

Mon chaton, hier nous avons visité une commune populaire ; j’attendais cela depuis 1964 ; c’est aussi bien que nous l’imaginions. C’est la voie lumineuse que prendront tous les affamés du monde, tous les paysans de la zone des ténèbres et des tempêtes. Nos entretiens avancent et nos rapports avec les camarades chinois sont de plus en plus excellents. Il nous reste deux jours à passer à Pékin, bourrés d’entretien prévus, avant de partir dans l’intérieur (Kharbin, Shanghai, etc.). Nous avons à peine une minute de répit de temps en temps. Embrasse très fort le bébé pour moi. Je t’aime. Je te couvre de baisers. Tu iras en Chine l’année prochaine, je le veux absolument (et nos amis chinois te connaissent déjà).

Robert.


Dominique Grange Les nouveaux partisans par Manonfanunuche

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 00:09

L’image des intellos soixante-huitards larguant les amarres, quittant Paris, s’installant à la cambrousse pour élever des chèvres et vivre du produit de la vente de fromages sur les marchés locaux fait partie intégrante de l’historiographie officielle du fameux mois de mai.


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« Les chèvres de ma mère » le film de Sophie Audier qui retrace le moment délicat où sa mère Maguy, installée dans les années 70 Maguy pour élever des chèvres et fabriquer du fromage sur un plateau du Verdon, transmets son savoir-faire à une jeune agricultrice au moment de prendre sa retraite, montre que ce retour à la terre ne fut pas que folklorique et voué à l’échec. link


Notre jeune gloire nationale, l’économiste Thomas Piketty, né en 1971, a accompagné ses parents lorsque, suite à l’échec à l’élection présidentielle de Mitterrand en 1974, ont tout plaqués pour aller élever des chèvres dans l’Aude.


Dans le très beau livre de Virginie Linhart « Le jour où mon père s’est tu » il raconte :


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« Mes parents se sont connus dans une manifestation, ils étaient extrêmement jeunes : mon père avait dix-sept  ans, il était en première, ma mère en avait dix-neuf ; issue d’un milieu modeste, elle avait dû cesser ses études en 3e et gagnait sa vie comme employée de banque. Elle était militante à Lutte Ouvrière, mon père l’a suivi à  LO et a plaqué le lycée (…) ils se sont très vite sentis ostracisés par leurs compagnons de militantisme : à LO c’était mal vu d’avoir des enfants (ndlr 2) ! Trop bourgeois ! De plus, mon père (ndlr fils d’une famille aisée) subissait des pressions de l’organisation qui voulait qu’il prélève l’impôt révolutionnaire auprès de sa famille(…)


« Avec les chèvres, mes parents vont jusqu’au bout de l’esprit de 68 ; je précise qu’il n’y a aucune origine paysanne dans ma famille de part et d’autre : mes parents sont tous les deux nés dans la capitale ; en vérité, ils n’avaient jamais vu une charrue de leur vie… Je garde une impression homérique de ce voyage pour l’Aude. Mon père ouvrant la route au volant d’un camion rempli de chèvres qu’il venait d’acheter. Nous, suivant derrière, dans une deux-chevaux bourrée à craquer, conduite par ma mère. Je me rappelle très précisément m’être dit à ce moment-là : « Mais qu’est-ce que c’est que cette blague ? » Des années plus tard, j’ai été faire un pèlerinage dans le village où nous vivions ; j’ai été frappé par la beauté du lieu, je ne me souvenais pas que le presbytère de l’église où nous vivions, était si joli… Il faut dire que la difficulté de la vie quotidienne nous occupait complètement. Je garde le souvenir de nos départs à l’aube pour le marché de Perpignan, la voiture bourrée de fromages, je garde également en mémoire l’amertume de nos retours lorsque nous en avions vendu seulement trois. Ce n’est pas si facile de s’improviser fabricant et vendeur de fromage ! C’était pathétique. Très vite les gens du village ont chargé de vendre d’autres choses pour eux au marché, cela permettait de se faire des marges minuscules. Financièrement, c’était vraiment tendu (…)


« Je n’ai aucun souvenir joyeux de cette période. Mes parents n’étaient pas préparés à vivre ces années de chômage, nous vivions dans la précarité. On oublie que 68 a coûté très cher à un certain nombre de gens qui ont tout plaqué du jour au lendemain pour des idéaux, puis se sont fait cueillir par la crise économique des années 70. Comme beaucoup d’autres, mes parents ont adhéré très jeunes, dix-huit ans à peine, à un discours  libérateur, ils en ont payés les pots cassés. Il n’avaient pas fait d’études, ce n’étaient pas des intellectuels, ils avaient rompu avec leur famille… Ils font partie de cette majorité anonyme de post-soixante-huitards dont on ne parle jamais, qui est venue gonfler les rangs des chômeurs à partir du milieu des années 70, sans y avoir été préparée. Je me demande même si ces incidences économiques n’expliquent pas pour partie les discours que l’on a entendus par la suite, ce rejet viscéral des années 68. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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