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               Vin&Cie, l'espace de liberté

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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 00:09

Je suis persuadé que de vous proposer de commencer l’année nouvelle en compagnie de notre Eva, en quasi lévitation sur les sentes de ce qui se fait de mieux dans les Coteaux du Layon, va vous donner un bel élan. Vous n’imaginez pas l’effet que ça va provoquer sur notre Léon de Gaule Sud… Moi si ! Au temps de mes premières lichettes de vin accompagnant le gâteau de Savoie de ma pâtissière de mère deux d’entre eux : le Coteau du Layon et le Monbazillac s’apparentaient pour moi aux sirops contre la toux que la mémé Marie me faisait avaler avec une cuillère à soupe ;  sucraillou en diable je les trouvais lourds et mous. Il faut dire que depuis tout gamin je n’ai jamais apprécié le sucré : mon plus grand plaisir était de manger des feuilles d’oseille crue du jardin. J’adore l’acidulé ! Bref, comme Eva va vous le dire beaucoup mieux que moi, par bonheur des vignerons de cette belle région, les Coteaux du Layon, ont su redonner leur lettre de noblesse à ces vins que l’on qualifiait autrefois de dessert. Belle et douce année avec Eva chroniqueuse avisée et enthousiaste de mon petit espace de liberté. Que du bonheur pour le taulier !

photo Eva     

Voilà, ça y est les fêtes de fin d'année sont déjà passées, avec leur dose de repas plus ou moins gargantuesques et leurs incontournables huîtres-saumon-fumé-foie-gras. Cette année pour Noël, comme depuis quelques années maintenant, ma mère fait son foie gras maison, avec des foies de canard-de-la-ferme-d'à-côté-de-chez-mon-oncle. Cuisson au torchon, ça le rend moelleux et fondant. Le tout étant de savoir l'accorder correctement avec un vin. Par chez moi, on a l'habitude de l'accorder avec un Coteau du Layon. Mais il y a Coteau du Layon et Coteau du Layon. Pendant des années, j'ai été dégoûtée de cette overdose de sucre et de cette lourdeur écœurante en bouche. Je ne voulais plus de ces vins, de cette appellation. Pour y revenir finalement, avec délice, en découvrant des domaines qui subliment le Chenin en moelleux et liquoreux.

 

Mes deux coups de cœurs sont le domaine Philippe et Catherine Delesvaux et le domaine de Juchepie. Des personnes adorables qui font de merveilleux vins, trop peu reconnus dans leur région malheureusement. Nul n'est prophète en son pays parait-il. L'année dernière, j'avais déjà fait partager à ma famille mon émotion autour de la Quintessence de Juchepie, liquoreux du domaine qui a bouleversé ma conception du vin liquoreux. Il avait conquis tout le monde. Ce vin reste une de mes plus belles émotions vins...

 

Autour du foie gras, j'ai donc décidé de revenir vers Juchepie en dégustant cette fois-ci un de leurs deux cuvées de moelleux, les Quarts, qui correspond à une parcelle du domaine. Millésime 2003. 2003, millésime chaud et lourd. Pas ici. Ce vin est incroyablement frais malgré son millésime. Et ce nez, ce nez... Le nez est si complexe que l'on doit se concentrer quelques minutes pour essayer de distinguer les différents arômes qui dansent dans le verre. J'ai toujours beaucoup de mal à parler de ce type de vin, tant leur complexité me charme et me désarme. Les arômes sont ceux de fruits secs, avec des notes presque champignonnés. Mais j'ai senti sur leurs vins des notes uniques, que je n'ai retrouvé dans aucun autre. En bouche, la matière est belle, elle glisse dans le bouche comme de la soie, légère mais remarquable. Un moment de bonheur. Le sucre se fait discret derrière une certaine fraîcheur qui surprend pour un vin de cette année. C'est beau. On en reste bouche bée. La longueur en bouche est telle qu'il nous faut des minutes entières pour apprécier chaque gorgée. Tout le monde aime. Tout le monde est conquis.

 Juchepie-11.jpg 

photoJuchepie.JPG

 

Et sur le foie gras, c'est une merveille. Le foie gras est quelque chose d'assez lourd qui doit à mon sens être accordé avec un vin qui le relève sans être trop sucré, trop lourd. Surtout quand le foie gras introduit un long repas. La douceur des deux s'accorde bien. Et le vin est tellement bon... On se régale ! Le verre se vide trop vite alors on prend le temps d'apprécier chaque goutte. Eddy & Mileine Oosterlinck Bracke font des merveilles. Une fois de plus, ils nous ont mis sur les fesses. Merci à eux.

 

Alors il me reste plus qu'à vous souhaiter à tous une bonne année 2012, tout plein de belles choses et des belles quilles, à partager avec ceux que vous aimez, pour aller un peu au-delà de la morosité ambiante.

 

Domaine Philippe Delesvaux

Les Essards -La Haie Longue

49190 Saint-Aubin-de-Luigné

+33 (0)2 41 78 18 71

dom.delesvaux.philippe@wanadoo.fr

 

DOMAINE de JUCHEPIE

Eddy & Mileine Oosterlinck-Bracke

Les Quarts

49380 FAYE d'Anjou

+33 (0)241 54 33 47

contact@juchepie.com

http://www.juchepie.com

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : le vin du mois d'Eva
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 07:00

Ce nous me plut car il recouvrait un périmètre très flou. J’assurai Octave de mon entière collaboration. Ce serment d’allégeance lui tirait un petit sourire pincé. « Ne jouez pas trop perso sinon je ne vous garantis rien... » Mon air las et désabusé fut ma seule réponse qu’il reçut avec fatalisme. Des garanties, et pourquoi pas des assurances, Lebon jouait dans un registre qui collait mal à la situation. Le Cognac se révélait acceptable. Je me sentais bien. C’est alors que Victorine se pointa simplement vêtue d’un grand pull de laine qui recouvrait ce qu’il devait recouvrir. Lebon ne savais pas quel parti prendre. Je le soulageais. « Vous faites le voyage avec une collaboratrice... » Il transpirait en opinant sans beaucoup de conviction. Victorine s’asseyait à califourchon face à moi. « Tu ne me présente pas ? » Octave bredouillait, s’empêtrait, je volais à son secours « je fais dans l’import-export et je me rends à Milan » Elle me tendait la main. Je la lui serrais. L’encolure en V de son pull avait une forte tendance à glisser sur son épaule gauche dévoilant ainsi un de ses seins. Le Contrôleur Général ne goûtait qu’à demi la tournure prise par les événements mais, privé de sa capacité d’initiative, il rongeait son frein avec superbe. Le petit numéro de Victorine était prévu dans notre scénario : Lebon était ainsi en compte avec moi, madame Lebon, pharmacienne de son état, n’apprécierait que très modérément la place occupée par l’aguichante Victorine. Après avoir bu un soda elle nous quittait en ondulant gentiment de la croupe. Lebon était en nage. « Vous la trouvez comment ? » chuchotait-il en reprenant ses esprits. « Craquante ! » Il soupirait « À mon âge je n’en espérais pas tant... » Je captais dans son regard une supplique. Le train s’ébranlait. « Soyez sans crainte, monsieur le Contrôleur Général, je garderai tout ça pour moi. » Le con soupirait d’aise alors que je lui serrais sa main moite.

 

Qu’en avais-je à foutre au fond de moi des derniers feux d’un vieux flic qui, tout au fond de lui, vivait assez mal de ne jamais avoir occupé des postes de premier plan à la hauteur de ses ambitions ? Pas grand-chose, sauf que je continuais à faire comme si mes faits et gestes avaient un sens. En fait, je continuais d’avancer sans bien savoir où je voulais en venir. Ce n’était pas nouveau mais je commençais vraiment à fatiguer. J’étais las, las de tout à un point que j’en arrivais à souhaiter que tout ça s’arrête sans que j’ai à en prendre la décision. Chien crevé au fil de l’eau j’avais parfois hâte d’arriver à l’estuaire pour me fondre dans l’immensité de mon inutilité. Là où j’allais je pressentais que tel serait sans doute mon destin. Assis sur la lunette des chiottes de mon wagon de 2de je rêvais d’une grande table avec plein de mouflets autour et je n’arrivais même plus à pleurer. La perspective de me retrouver sur le bat-flanc de ma couchette en compagnie des gnards et de leurs parents me déprimait plus encore. Il me fallait de la chaleur. Je graissais la patte au chef de train de la CWLT et j’emménageais dans un single dans le même wagon que Victorine et Lebon. Le train se traînait. Je sortais dans le couloir en caleçon fumer une cigarette. Au dehors l’obscurité absorbait le paysage. Le cœur de la nuit, ces heures que l’on vit rarement éveillé, vides, sans consistance. Je ne l’entendais pas arriver. « J’étais certaine que tu viendrais ». Elle m’entrainait vers la porte ouverte de mon T1. De la chaleur, elle m’en donnait, m’en perfusait, jusqu’à Turin je m’accrochais à son corps pour ne pas couler. Le jour n’étais pas encore levé lorsque je la quittai pour regagner mon wagon pourri.

 

Quand j’entrais dans le compartiment juste éclairé par la veilleuse, assise sur sa couchette, dépoitraillée, la mère donnait la tétée à son bébé. Son homme et les deux aînés dormaient. Je chuchotais des excuses. La femme me souriait. Ses seins gonflés, tendus, restaient haut perchés. Le mouflon s’accrochait au téton goulument. La femme me fit signe de venir m’asseoir près d’elle. Je le fis avec précaution. Sa chemise de nuit retroussée jusqu’aux haut des cuisses laissait voir de belles jambes. Elle surprenait mon regard et sa main se posait dans ma cuisse. Je sursautais à peine. L’enfant imprimait à son corps des boutées soudaines. Je ne pouvais détacher mon regard de ses seins nourriciers. Elle se levait, changeait l’enfant non sans avoir relevé sa chemise pour exhiber un cul aux fesses larges et fermes. Le train brinqueballait. Elle recouchait l’enfant, se réajustait et reprenait place dans sa couchette du bas. Je fis de même en ne la lâchant pas des yeux. Elle se donna du plaisir d’une main habile, en silence, avec une forme de désespoir tranquille, résigné.  J’ôtai mes baskets, m’enroulai dans la couverture et je m’endormis. Lorsque le train entra en gare centrale de Milan une main douce me secoua gentiment. La femme, son enfant en bandoulière, me souriait. Je la trouvais belle et je le lui dis dans mon italien encore hésitant. Elle ébouriffa ma tignasse de ses doigts fermes sans rien dire et s’éloigna d’un pas lourd.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 00:09

Capture-decran-2011-12-22-a-18.jpegAubert Jean-Louis, 56 balais et Charlie Winston 31 printemps, ont récemment chanté ensemble, le 22 décembre, sur RTL « The Last Time » link un vieux morceau des Rolling Stones. Ça tombe bien j’aime beaucoup le Jean-Louis link et je passe en boucle le jeune Charlie, un british très parisien : Like a Hobo, Like a Hobo et Hello alone


Au moins je me dis qu’avec la musique y’a moins danger qu’avec mes chroniques, il suffit de l’écouter ! Ainsi je ne risque pas de me faire allumer par ceux qui les lisent en travers, souvent de travers, et qui me font dire ce que je n’ai jamais écrit. C’est la vie. C’est Noël. Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté…

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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 16:00

8vh3whwp.jpg Rassurez-vous je ne veux pas casser l’ambiance de ce dernier jour de l’année 2011 je ne fais que citer le titre d’un opus du regretté Pierre Desproges qui, lui, aimait citer Peter Ustinov « Je plains les gens petits. Ils sont les derniers à savoir quand il pleut. »

 

Pour l’année qui va s’ouvrir : 2012, une bissextile, il m’apparaît que former des vœux relève de la minute nécessaire de Monsieur Cyclopède. En 1966, l’une des chroniques de la haine ordinaire de Desproges, s’intitulait « Bonne année mon cul »

 

Extraits « janvier est de très loin le mois le plus saumâtre, le plus grumeleux, le moins pétillant de l’année (…)

Et qu’est-ce que le premier janvier, sinon le jour honni entre tous où des brassées d’imbéciles joviaux se jettent  sur leur téléphone pour vous rappeler l’inexorable progression de votre compte à rebours avant le départ vers le Père Lachaise.

Dieu merci, cet hiver, afin de m’épargner au maximum les assauts grotesques de ces enthousiastes hypocrites, j’ai modifié légèrement le message de mon répondeur téléphonique. Au lieu de « Bonjour à tous », j’ai mis « Bonne année mon cul ». C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamement bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire (…)

 

Desproges notait :

-          Le 15, premier coup dur, Balavoine est mort.

-          Et le soir du 31, comme tous les soirs, Joëlle Kauffmann embrasse ses deux garçons. Et elle entre dans sa chambre. Elle est toute seule. Elle ne dort pas très bien. »

 

Pas gai, gai, me direz-vous mais les raisons d’être gai ne sont pas légion. Dans ses fonds de tiroir à DICTONS Desproges notait : « Thierry Le Luron est mort. Coluche est mort. Jamais deux sans trois » alors pour rire je vous offre Les vœux du Président de la République au coin du feu avec Desproges et Le Luron.

                                        

 

                            Allez, j'arrête de décoconner

 

 Bonne Année 2012 à tous sur mes lignes

 

 

et comme le notait Desproges à propos d'In vino veritas dans son dictionnaire superflu : un petit rouge bien tassé... 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 00:09

photoDesproges.jpgNous voguons vers la Saint Sylvestre et dans ma ville capitale pour cette dernière soirée de l’année les restaurants se divisent en deux catégories : les fermés majoritaires et ceux qui sacrifient à la tradition du Réveillon avec addition en relation (l’exception ce sont quelques brasseries connues qui sont prises d’assaut). Je ne vais pas vous faire le coup très en vogue d’affirmer que je hais les fêtes obligatoires, non tout bêtement je n’ai nulle envie d’aller m’empiffrer, m’emmerder au prix fort… Alors adieu foie gras, caviar, bûches et cotillons, j’irai me taper une enfilée de toiles dans des cinés vides. Ainsi je rattraperai mon retard de films car ces derniers temps mes vaches m’ont énormément pris du temps.

 

Cependant, afin de célébrer dignement la nouvelle année qui est bissextile je propose à ceux qui réveillonneront, en guise d’hépatoum, et pour les autres, ceux qui bossent ce soir-là et les gars comme moi, en guise d’exercice des zygomatiques et décalaminage des neurones, une perle de Desproges.

 

À la soupe

 

« Pot au fou dans la bouillon

Grosses cargos de Bourgogne

Tournedos de la chef végétarienne

Camembert dans son boîte en bois

Pinard de Bordeaux et Cie. »

 

C’est le menu d’une auberge « française » à la sortie de Dallas, qui s’appelle : « Ah ! Le grand vin blanc ».

 

Publié dans le journal l’Aurore « gardien des rudes valeurs de la France profonde » sous la rubrique « Bref »

photoBref.jpg 

Celle-ci valut au journal un flot de courrier exigeant la démission de Desproges. En conférence de rédaction un des directeurs s’était déjà inquiété de l’identité de l’hurluberlu chargé de cette rubrique. En effet, Desproges venait de signaler qu’ « un groupe de 19 Écossais ivres morts circulant dans un taxi a été intercepté par la police d’Aberdeen au motif que le chauffeur était noir. »

 

Desproges fut sauvé par une lettre adressée à la direction « Je ne lis pas l’Aurore mais je l’achète chaque matin pour Desproges. » Et c’était signé Françoise Sagan.

 

Desproges noua avec Sagan des liens d’amitié encore renforcés par la non-interview d’anthologie qu’il lui fit subir à la télé quelques années plus tard en posant des questions loufoques et hors sujet… Énorme !

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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 00:09

amphore.jpg Les jeunes, catégorie suffisamment large pour servir de fourre-tout, me dit-on sont en mal de nature tout en tapotant fébrilement sur l’écran de leur Smartphone (les vieux sont pires) trouvent dans le vin un exutoire à leur manque. N’oublions jamais que le vin est le jus fermenté du raisin : vous vendangez, vous pressez, vous entonnez et le tour est joué… Simple non ! Je plaisante : c’est que faisait mon pépé Louis mais je crois que la nature était fâchée avec lui.

 

Plus sérieusement, cet engouement des « jeunes » pour le vin que les vrais spécialistes, ceux qui voient midi qu’à leur porte, constatent chaque jour que Dieu fait, se traduit par un renouveau de la consommation. Foin des affreux chiffres ! En cette fin d’année laissons-nous aller à l’euphorie et aventurons-nous dans le merveilleux passé, au temps où les vignerons de la Gaule du Sud et du Vésuve bichonnaient de merveilleux petits vins d’amphore pour les orgies d’un empire romain pas encore décadent. Imaginez-vous mollement allongé sur un divan, tendant votre coupe à une servante pour qu’elle l’emplisse d’un Baeterrarum Aminéum, ce fameux de Béziers dont Pline écrivait qu’il faisait autorité dans toutes les Gaules. Mais attention au Falerne, vin des environs de Pompéi, assez noir et pétillant, qui provoque des maux de tête jusqu’à la sixième heure du lendemain. Normal la mention : contient des sulfites n’étaient pas obligatoire sur les amphores.

 

Reste les vins aromatisés, sans aucun doute produits par d’affreux négociants transnationaux, très estimés par les bobos romains qui leur  accordaient des vertus aphrodisiaques. La myrrhe mais aussi le nard celtique, du roseau, du bitume, en boulettes jetées dans le moût. Des vins doux aussi avec des roseaux, du jonc, du costus, du nard syriaque, de l’amone, de lacanelle, du cinname, du safran, du palmier, de l’asarum, en boulettes également.

 

Du côté des vins médicinaux, dit pré-Evin, notons le Passum ou hydromel des pauvres car fait avec des raisins secs.

Pour les tarifs de tous ces vins voir les négociants de Pompéi (liste jointe). Les livraisons se faisant par charroi de bœufs ou par patache prière de grouper vos commandes.

 

Amphore de l’Atelier de Narbonnaise (fin du 2ème siècle) en terre cuite d’une contenance de 38 litres, sert au transport du vin de la Gaule du Sud. De cette région, les produits du terroir sont commercialisés grâce aux réseaux routiers et maritimes. Souvent importées d’Italie, d’Espagne ou d’Afrique, les amphores furent également fabriquées en Gaule.

 

Pour l’accord mets-vins vous pouvez vous adresser à l’Interprofession des Vins de la Gaule du Sud à Béziers allée Paul Riquet…

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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 16:00

Majou2008.jpgAu temps où j’étais payé pour délivrer mes puissantes pensées sur le devenir des vins français face à la concurrence des producteurs dit du Nouveau Monde j’avais, pour éveiller les assoupis, osé une opposition frappante entre le vin voulu et le vin subi. La formule eut un certain succès auprès des journalistes toujours à la recherche du truc qui frappe les esprits mais du côté des auditoires qui se pressaient pour écouter ma bonne parole ce fut ce que l’on appelle un succès d’estime. Se remettre en question n’est pas le fort des chefs de tribus. Ils n’aiment rien tant qu’un bel immobilisme gage de réélection dans un fauteuil pour occuper la flopée de présidences dont le monde agricole raffole. Oui, oui, on peut faire carrière dans les zinzins.

 

Mais sous la croûte, par bonheur, se glisse et prospère le meilleur. Nos grands chefs les qualifient d’emmerdeurs puisqu’ils viennent troubler les eaux calmes du lac. Certes ces vignerons sont souvent de foutus individualistes qui n’ont pas leur langue dans leur poche mais ce sont souvent eux qui font bouger les lignes, dans la vigne et dans le chai. Ils ont déjà bien du mal quand ils émergent du cru mais lorsqu’ils arrivent du diable vauvert ils ne sont pas accueillis à bras ouverts. Dans le cas de Luc Charlier je ne sais pas mais, ce que je sais, c’est que notre Léon n’est pas un homme facile, sauf si Francesca se présente… mais c’est une autre paire de manches… Dans son cas j’ai d’abord découvert ses commentaires presqu’aussi longs que mes chroniques avant de boire ses vins. Nous le fîmes  lors d’une « dégustation mystérieuse d’une cuvée ou l’art et la manière de mettre à nu un futur vigneron cul(te) » link 

 

 Et puis Luc Charlier s’exposa link et link

 

Nous n’étions que des relations virtuelles jusqu’au jour où je repris l’avion – l’était devenu tout riquiqui cet avion – pour descendre à Perpignan qui fut ma destination pendant presque deux ans. Bref, notre homme m’attendait dans cet aéroport qui me semblait figé pour l’éternité. Bien sûr je ne vais pas vous révéler les secrets de notre brève rencontre – Christine était là mauvais esprits – en sa maison de Corneilla-la-Rivière mais ce que je puis vous dire c’est que Léon le provocateur est un « sans culotte » sensible et attentionné.

 

Et j’en reviens ainsi au vin voulu. Ceux de Luc sont des vins voulus, réfléchis, bien élevés, tout le contraire de révolutionnaires, ils sont bien mis sans chiqué, polis sans obséquiosité donc agréables en société comme notre Léon. Ils plaisent sans se la jouer les séducteurs gominés. Reste à notre exilé des terres du Sud à bien vouloir pratiquer le plus vieux métier du monde : marchand. Quand on accouche – normal c’est sa formation – des gamins aussi bien dotés pour la vie pourquoi ne pas leur offrir un bel avenir. Voilà donc notre Léon qui s’est enfin décidé à monter à Paris pour honorer les bobos et les bobottes du Grunge Tasting. Alors moi le social-traître je lui crie « Ce n’est qu’un  début continue le combat ! »

 

Voilà, tel la RVF, j’ouvre mes lignes au commerce et je vous propose d'acquérir de beaux et bons flacons du Coume Majou 2008 du Domaine de Coume Majou sans en donner le  prix (rien que pour faire marronner l’ami Denis Boireau qui en l’occurrence le connaît.) Pour plus de renseignements il vous suffit d’aller ici link 

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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 00:09

Les Français dit-on sont très attachés à leur terroir d’origine ? Dans leur tête oui mais dans leurs actes de consommateurs c’est une autre histoire. La mode est au « achetez français ! » et nos candidats en campagne veulent réindustrialiser notre vieux pays et de les voir battre les zones industrielles, charlotte sur la tête, l'air inspiré, cernés de blouses blanches. L’industrie est synonyme de haute technologie alors que les usines alimentaires ça fait trop mal bouffe. Cachez-moi la choucroute en boîte ou le plat cuisiné surgelé, même que chez Leader Price y z’ont sorti papy Coffe de son coffre à vieilleries. Bien sûr, nous voyons tout en grand en France et nos malheureuses PMI et PME, chantées, louées pour leur accroche aux pays profonds sont comme les fonds de sauce destinées à lier les discours de nos candidats.  

 

Donc en ce temps de fête où l’on nous rebat les oreilles des douceurs de nos belles provinces, à la manière d’un Jean-Pierre Pernaut, tendance Houellebecq, je vais vous chanter l’une des nombreuses friandises auxquelles est accolé le nom d’un lieu. Ainsi, les Bêtises de Cambrai, les Madeleines de Commercy, le nougat de Montélimar, les calissons d’Aix, les berlingots de Carpentras, l’Angélique de Niort, les fruits confits d’Apt et beaucoup d’autres qui exhument de l’oubli des cités de nos provinces englouties.

photoMG3.jpg 

Comme nous sommes en fin d’année j’ai bien sûr choisi une friandise très courrue : les marrons glacés. Eux aussi sont nés quelques parts, à Privas, en Ardèche, plus précisément dans le Vivarais, par l’entremise d’un entrepreneur Clément Faugier qui « suite à la fameuse crise de la soie qui avait réduit un grand nombre d’ouvriers au chômage en Ardèche, en 1882, fonda son entreprise et redonna un nouvel espoir » au pays. Exporter ! Clément Faugier fit voyager le marron glacé jusqu’à Zanzibar et en rentrant, constatant qu’il avait bien supporté l’épreuve du dépaysement, des fortes variations de climat, pu se lancer dans le commerce hors l’étroit pays. Bien plus tard, la crème de marrons Faugier accompagna Paul-Emile Victor en Terre-Adélie. 

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Cependant il me faut lever un mystère du vocabulaire : le marron est-il une châtaigne ou inversement ? Marronnier des villes ou châtaignier des champs. En fait le marron est une châtaigne même si c’est lui qui tient pourtant le haut du pavé : marrons glacés, dinde aux marrons, purée de marrons, hormis sur les grands boulevards où le marron chaud s’adresse plutôt au populo. La châtaigne est tout de même princesse Corse : farine, gâteau et maintenant la Pietra, une bière très populaire. Le marron a-t-il conquis sa position par la force puisque dans le langage populaire donner un gnon c’est un placer un marron ? Plus sérieusement le marron est la couleur de la peau de la châtaigne, et est une couleur tout court. Être marron n’est non plus pas très agréable. Quoi qu’il en soit tous deux ont adopté la devise des ducs d'Orléans « Qui s’y frotte s’y pique ! » forts de leur bogue hérisson.

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Deux questions pour la fin : comment un marron devient-il glacé ?

Buoux-079.JPG

 

Et d’où vient aujourd’hui le marron qui va être glacé ?

 

La récolte mondiale de châtaignes est d’environ 1 million de tonnes (FAO 2002).

 

La production française, localisée principalement en Ardèche (26%), en Dordogne et dans le Var, est environ de 12 000 tonnes par an (en 2004, contre 110 000 tonnes en 19457). Cette production ne couvrant pas l'ensemble des besoins nationaux, principalement pour certains produits transformés, la France importe de 13 000 à 14 000 tonnes alors qu'elle exporte près de 2 000 tonnes.

 

En 2006, l'INAO a reconnu l'AOC Châtaigne de l'Ardèche. Un hectare de châtaigniers peut produire de 1 à 4 tonnes de châtaignes par an (selon les variétés) négociable en 2009 par le producteur entre 1 euros et 2,5 euros/kg (selon les variétés).

Production annuelle de châtaignes (en tonnes)

 

Données de FAOSTAT (FAO)

 

Pays      2003      2004

 

Chine                 715 000                69 %      715 000                69 %

Corée du Sud     72 405   7 %         72 405   7 %

Italie                     50 000   5 %         50 000   5 %

Turquie                48 000   5 %         48 000   5 %

Bolivie                 35 000   3 %         35 000   3 %

Portugal              32 856   3 %         33 000   3 %

Japon                  25 100   2 %         25 100   2 %

Russie                 17 000   2 %         17 000   2 %

Grèce                  12 000   1 %         12 000   1 %

France                 10 118   1 %         11 000   1 %

Autres pays         24 022   2 %         24 238   2 %

 

Total                      1 041 501             100 %    1 042 743             100 %

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 18:09

Natalie Portman Miss Dior C’est du tout chaud, tout juste lu, page131, et sitôt en boîte. C’est d’Olivier Bardolle, un essayiste corrosif, dont je suis en train de lire le dernier opus « La vie des jeune filles » où il dissèque et étudie la prolifération de la « jeune-fillisation » de notre société...

 

« Juin 2011 : immense bâche publicitaire sur la façade du Printemps; la petite Nathalie Portman, torse nu, bras croisés, regard aguicheur, fait la pub de Miss Dior. Qui est-elle quand elle fait ça ? L’actrice ? La jeune fille sexy ? La femme libérée ? Qui croit-elle être sur cette image si ce n’est un objet de convoitise ? Qui va-t-elle convaincre de porter le parfum Dior ? Et en vertu de quels principes ? Combien a-t-elle touché pour accepter une telle mise en scène ? Enfin, comment tenir encore après ça des propos sur la dignité de la femme ? Et surtout comment reprocher à toutes les autres, les anonymes, de se déguiser chaque jour en friandises sexuelles lorsqu’elles sont soumises, par le truchement de l’exemple, à de tels modes de fonctionnement ? Sur une telle affiche, banale en apparence, le sexe et l’argent sont réunis pour favoriser le commerce mais aussi la putasserie. Dior n’était pas obligé de dénuder Miss Portman. Ce n’est peut-être pas un crime, mais certainement une faute »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : les afterwork du taulier
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 00:09

J’adore les petits livres et celui d’Étienne Klein et de Jacques Perry-Salkow «Anagrammes Renversantes» Le sens caché du monde chez Flammarion 10€ est d’une insoutenable beauté.

 

Jugez-en !

photo-anagrammes.jpg

Reste qu’un beau flacon n’est pas gage d’ivresse intellectuelle encore faut-il qu’il nous livre un beau millésime d’un grand cru. Les deux larrons des anagrammes, le physicien et le musicien, ont su s’accorder pour « élever », avec malice et loufoquerie, des assemblages – dans le monde du vin on ne mélange pas, on assemble – qui, sur la Rive Gauche, celle de Paris bien sûr, n’ont nul besoin d’un quelconque Parker pour se voir décerner des commentaires de dégustation élogieux.

 

Jugez-en !

 

« L’Origine du monde, Gustave Courbet » ce vagin où goutte l’ombre d’un désir.

« Marie de Tourvel » Vérité de l’amour

« Le marquis de Sade » démasqua le désir.

« Entreprise Monsanto » Poison très rémanent

« Le commandant Cousteau » tout commença dans l’eauBuoux-081.JPGAlors moi, vous ne connaissez, lorsque je lis sous la plumes de nos 2 renversants que « les tripes ne sont pas sans esprit, les morues sans mœurs, le pirate sans patrie, le sportif sans profits et l’étreinte sans éternité » je me suis dit : et moi, et moi…

 

J’ai jeté mon dévolu sur la star du moment : château Lafite et j’ai écrit sur un papier « Baron Élie de Rothschild château Lafite »

 

NB. « Il n’est tenu compte ni des accents ni de la ponctuation »

 

J’ai commencé par jeter des mots sur mon papier : or, Chine puis je suis allé chercher mon jeu de Scrabble et j’ai réécrit «Baron Élie de Rothschild château Lafite » avec les lettres.

  Chateau-Lafite-Rothschild_logo_chateau_width.jpg

Le résultat de ma déconstruction-reconstruction n’était pas à la hauteur de ceux des 2 brillants esprits dont vous allez, sans nul doute, acheter l’opus pour régaler vos neurones. Alors je suis allé sur le site de Lafite et copié-collé cette citation du Maréchal de Richelieu (1755) puis je suis allé me coucher.

 

« J'ai découvert que le vin de Château Lafite est un cordial généreux, délicieux et comparable à l'ambroisie des Dieux de l'Olympe »

 

Comme le disait ma sainte mère «  mets une bonne nuit de sommeil sur ce tu es en train d’apprendre… et demain tout coulera de source… »

 

Voilà le résultat obtenu en fin de matinée sur un coin de table :

 

Tiens, j’ai découvert que l’or de la Chine est comparable à des dieux de l'Olympe, cordial, généreux, délicieux… 

 

Au faîte l’abime tue…

 

sans préjuger de la qualité de mon anagramme, ai-je perdu mon temps à ce jeu « savant et loufoque » ?

 

Réponse d’Étienne Klein le physicien qui fait aimer la science link

 

Ecouter le co-auteur Jacques Perry-Salkow parler de sa passion pour l’anagramme link      

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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