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Mercredi 2 juillet 2014 3 02 /07 /Juil /2014 00:09

Qui, dans sa vie, n’a jamais servi les vêpres après le déjeuner, dans la touffeur de l’été, ne peut se targuer d’être un survivant  d’un temps englouti que beaucoup colorient en carte postale rose pâle.


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L’histoire de La Louve, portée à l’incandescence sous le soleil dur de la Sicile, contée par Giovanni Verga, me fait penser à ma Vendée, certes plus paisible, plus verte, où le péché de chair rodait sous les jupes des femmes. Les hommes, n’étant que les victimes des tentatrices.


Filles mère engrossées et abandonnées, bourgeoises à voilettes qui vont à la messe culbutées par leur palefrenier ou le journalier, incestes dans le secret des métairies…


« Elle ne faisait qu’une bouchée de leurs fils et de leurs maris, avec ses lèvres rouges, et rien qu’à les regarder de ses yeux de possédée, elle les traînait derrière ses jupes, eussent-ils été devant l’autel de Sainte Agrippine… »


La louve « elle était grande, maigre, mais avec des seins fermes et vigoureux de brune, - et cependant elle n’était plus jeune ; elle était pâle comme si elle avait toujours la malaria, et dans cette pâleur, deux grands yeux comme ça, et les lèvres fraîches qui vous mangeaient… »


Je ne vais pas vous conter l’histoire de la Louve qui « un jour… tomba amoureuse d’un beau garçon qui était revenu du service militaire, et qui fauchait le foin avec elle dans les prés du notaire ; mais vraiment ce qu’on appelle amoureuse, à sentir la chair qui vous brûle sous la futaine du corsage, à éprouver, en le fixant dans les yeux, la grande soif qu’on a aux heures chaudes de juin, en bas dans la plaine… »


« C’est toi que je veux ! Toi, qui est beau comme le soleil et doux comme le miel. Je te veux ! »


La Louve se rendait aux champs pour travailler avec les hommes, exactement comme un homme, sarclant, piochant, soignant les bêtes, taillant la vigne, que ce fût sous le vent grec ou sous la bise de janvier ou même en août avec le siroco, lorsque les mulets laissaient pendre leur tête, et que les hommes dormaient à plat ventre  derrière le mur, à  l’abri de la tramontane. Et, à l’heure entre les vêpres et nones, où la femme pure ne se promène pas, gna Pina* était la seule âme vivante que l’on voyait dans la campagne, sur les pierres brûlantes des chemins, parmi les chaumes calcinés, dans les champs immenses qui se perdaient dans la chaleur, au loin, très loin, vers l’Etna, brumeux, où le ciel s’appesantissait sur l’horizon… »


Je sens poindre chez vous une interrogation : pourquoi chroniquer sur cette Louve ?


Trois raisons :


-           La première  de très mauvaise foi : on y parle de la vigne ;


-          La seconde plus sérieuse : j’ai envie de vous donner envie de lire les nouvelles de Giovanni Varga.


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-          La dernière, essentielle pour moi, faire comprendre à certains que la dureté du temps n’est pas la caractéristique la plus marquante de notre monde occidental mondialisée…sauf pour les migrants… ceux que l’on accuse de venir profiter de l’abondance de nos assiettes…


* Prénom de la Louve

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 13:00

Quitte à passer pour un VC, vieux je le suis, con c’est à vous d’en juger, je reste très sensible à la dureté du travail manuel dans les champs, dans les vignes et je supporte difficilement ceux qui l’idéalise, tout comme ceux qui ne s’en préoccupe pas.


C’est dans mon ADN de petit vendéen, souvenir des femmes, ma tante  Valentine, mémé Marie, maman, qui « allaient aux champs » se coltiner les travaux pénibles : bêchage, sarclage ou repiquage ou vendanges… en pleine chaleur link


À l’école d’agriculture de la Mothe-Achard nous avions, tous les matins, été comme hiver, 3 heures de travaux manuels dans notre emploi du temps. Faner à la fourche, tailler la vigne, curer et brosser les vaches, biner dans le potager, ôter les adventices dans les parterres… ce n’était pas pour de rire, c’était dur… j’avais 12 ans … la terre était basse, elle l’est tout le temps…  le froid tranchant, les doigts gourds…  et même si la Vendée n’est pas la Bretagne, la marée y apporte aussi son lot de pluie…


L’évocation de ce temps qui semble englouti n’a pas pour but de faire pleurer dans les chaumières ou les lofts de l’est parisien, mais pour rappeler à ceux qui, à juste raison, désirent trouver ou  retrouver de bons produits authentiques que leur production exige souvent le recours au travail manuel et que celui-ci reste ce qu’il a toujours été : difficile et peu gratifiant.


Pas sûr que beaucoup d’entre nous rêvent de voir leurs enfants prendre le chemin des champs, des vergers ou des vignes, alors qui et à quel prix ?


La pénibilité il en est beaucoup question en ce moment, pas simple mais rien ne sont pires que les bons sentiments pour affronter le sujet des « petits maillons » de la chaîne indispensable mais si peu considérés.


Alors, suite à l’évocation par mon ami Daniele de la cueillette des câpres à Pantelleria link je vous propose de belles photos des mains du cueilleur :


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« Il les récoltait dans le vent…. fort… les câpres

Les mains rapides….

Un changement continue de position… car on a toujours un risque de trop plier son dos…

Et on risque de plier son dos pour toujours…

 

Il me disait que plus personne ne veut le faire… que plus personne veut que ses fils passent la vie à plier leur dos… à risquer de se le casser pour toujours…

 

Ce n’est pas facile lorsqu’on est des guerriers qui défient le vent… de savoir que soi-même et ses fils risquent d’avoir le dos plié. »

 

 

Mieux vaut ne plus faire ça…


« Pour travailler sous le commandement de Tobia* on y laissait non seulement la première peau mais aussi un peu celle d’en dessous, il fallait se maintenir à leur pas à eux trois*, et ces trois-là marchaient comme trois bœufs sous le même joug… » Beppe Fenoglio Le mauvais sort


Chronique « Ce n’est rien, ce n’est que le vin qui est allé le toucher au cœur » link


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Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 00:09

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Mes chers lecteurs,


Catherine est une vaillante, elle de celle qui fait, et elle le fait bien. Femme de plume, excellente journaliste, curieuse et pertinente – c’est dans ce statut où nous nous sommes rencontrés suite à mon rapport de 2001 – elle a décidé de devenir  vigneronne dans le Languedoc. Installée, depuis 2005, elle exploite maintenant 4 ha de vignes à Saint-Drézéry et Montaud.


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Afin de financer d’indispensables investissements, Catherine a créé en 2012 un Groupement foncier agricole (GFA) ce qui lui a permis notamment la plantation de vignes et la construction d’une remise.


Un GFA est une société de propriété foncière (une SCI version agricole) et n’a donc pas d’activité d’exploitation. Le GFA La Carbonelle compte à ce jour 34 associés, dont Catherine qui en est la gérante et la fermière vigneronne, et à ce titre, verse chaque année aux associés, au prorata des parts détenues par chacun, un fermage, c’est-à-dire un loyer, à ce jour converti en bouteilles.

 

Catherine jusqu’ici vinifiait et hébergeait ses vins chez une collègue vigneronne à Saint Mathieu de Treviers. Celle-ci  ayant besoin de toute sa cave pour les vendanges 2015, notre vaillante vigneronne s’est très normalement posé la question : dois-je construire ma cave ?


Comme vous vous en doutez il ne s’agit pas d’une décision que l’on prend à la légère, c’est pour Catherine une haute marche à franchir. Mais, comme bon sang ne saurait mentir, Nicolas, l’aîné de ses fils, prépare un BTS viticulture-œnologie en alternance, la décision relevait de la pure nécessité.


Alors notre Catherine qui n’a pas les deux pieds dans le même sabot s’est démenée pour trouver un terrain afin d’y ériger une cave à son goût.


Le projet existe, bien ficelé et lors de notre AG du GFA du 14 juin Catherine nous a proposé d’accompagner son investissement. J’étais présent.

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J’en suis, bien sûr, mais eut égard à la plus grande surface financière  que représente la construction d’une cave de vinification, il faut recruter de nouveaux associés.


A ce jour, la valeur d’une part est de 500€ et donne droit, tant que l’on en reste propriétaire, à une allocation de trois bouteilles, soit une rémunération de 4,2%.


La rémunération des parts pourra aussi se faire en numéraire au taux annuel de 2,5% à partir de 4 parts.


On peut faire l’acquisition d’une ou plusieurs parts. Les associés du GFA bénéficient par ailleurs de tarifs sur l’achat des vins.

 

Catherine évalue les besoins de financement de ce projet à 150 000€ dont 80 000€ par augmentation du capital, soit 160 parts. Cette ouverture et augmentation du capital financera notamment l’acquisition d’une parcelle (avec vue à 380° sur le Mont Aigoual et le Pic Saint Loup) sur laquelle sera enfoui et construit le bâtiment et plantée une vigne (petite). Le complément viendra par emprunt bancaire que  Catherine remboursera en tant que fermière exploitante et qui viendra en apport en capital.


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Pour mener à bien ce projet, Catherine travaille avec un architecte, un expert-comptable, une structure de soutien aux projets agricoles, Terres vivantes, et le notaire de Sommières, Jean-Louis Daire. Du sérieux, j’ai pu le vérifier le 14 juin.


Mais au-delà des purs aspects techniques et financiers, son projet est en totale cohérence avec la manière dont Catherine travaille ses vignes et ses vins, c’est-à-dire dans le strict respect de l’environnement. Une partie du bâtiment sera enterrée, l’autre largement ventilée afin de réduire au strict minimum la consommation d’énergie et de récupérer au maximum l’eau de pluie.


L’entrée dans le GFA de la Carbonelle est une acquisition foncière, et donc passe par un notaire.


Le GFA lui-même est régi par des statuts que  Catherine  vous transmettra volontiers sur demande.


Le GFA se réunit tous les ans en assemblée générale, laquelle se finit comme dans Astérix, c’est convivial et laisse la place à de larges soifs au milieu des vignes.


Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 juillet 2014. Les fonds seront libérables par étapes, dont 50 000 euros début août afin de financer l’acquisition de la parcelle, l’étude de sol, préalable indispensable au dépôt du permis de construire, et une avance des honoraires de l’architecte et de l’ingénieur structure.


Catherine répondre  bien sûr aimablement à toutes vos questions.

 

Catherine Bernard

Gérante et fermière du GFA La Carbonelle

06 83 03 35 55

courriel : cb.castelnau@wanadoo.fr


Calendrier de l’ouverture et de l’augmentation du capital du GFA La Carbonelle

 

Les pièces et chèques doivent parvenir au notaire au plus tard le 4 août en mentionnant bien GFA La Carbonelle.

 

Le premier appel de fond aura lieu le 13 août à hauteur de 60 000€.

 

Le second appel de fond aura lieu au début de l’année 2015.

 

 

Quelques chroniques du Taulier pour vous permettre de mieux connaître Catherine.


- 3 questions à Jacques Berthomeau par Catherine Bernard link


- L’acidité selon Catherine Bernard « Dans les vignes » link


- Catherine Bernard ne fait rien comme les autres : elle coiffe ses vignes…link

 

Je remercie par avance celles et ceux qui en seront, ça nous permettra de nous rencontrer lors de la prochaine AG du GFA de la Carbonelle...

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 12:25

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Quel beau titre !


Celui d’un roman de l'écrivain autrichien Peter Handke : Die Angst des Tormanns beim Elfmeter (1970) adapté au cinéma par Wim Wenders en 1972.


Ce soir l’équipe de France de football, j’insiste sur ce point : l’équipe, 11 titulaires et leurs remplaçants va être opposée à celle du Nigéria. Je ne sais si l’épreuve des tirs au but sera nécessaire pour les départager, mais ce dont je suis absolument certain c’est qu’en cas de victoire madame et monsieur tout le monde affirmera « nous avons gagnés ! » alors que face à l’échec « ils ont perdus ! »


Le football n’est qu’un jeu, avec des règles qui dans certaines circonstances participent à une réelle dramaturgie à la fin d’une partie.


Qui peut nier que ce fut le cas lors du récent Brésil-Chili.


Le pauvre Mauricio Pinilla « lui qui en cinq minutes avait manqué d'offrir à son pays une victoire inattendue avant de rater son tir au but et d'entraîner le Chili dans sa chute. Lui, l'homme de tant de galères, ancien enfant chéri du Chili, qui a préféré consumer son talent dans les nuits éthyliques de Santiago. Lui qui a plus alimenté les colonnes de la presse à scandale pour ses multiples conquêtes que celles de la presse sportive. »


Mais revenons au coup de pied de réparation, sanctionnant une faute, pour analyser le tir au but qui lui, n’est là que pour départager les équipes et qui met face à face 2 hommes loin de tout.


La loi 14 du football fait partie des lois du jeu régissant le football, maintenues par l'International Football Association Board (IFAB). La loi 14 se rapporte au coup de pied de réparation, communément appelé « penalty » (de l'anglais penalty kick).


Ne doit pas être confondu avec Tirs au but qui est une épreuve st utilisée pour départager deux équipes à la suite d'un match nul.


Dans le cas du Pénalty, le tireur ou tout autre joueur de champ peut tenter à nouveau sa chance en cas d’échec dans la continuité  de l’action.


Pour le tir au but c’est sans appel en cas d’échec du tireur, tir à côté, au dessus ou sur les montants ou arrêt du gardien de but.


Il exista aussi le but en or ou la mort subite « Le but en or sert à départager deux équipes lors des prolongations. La première équipe qui marque durant les prolongations remporte la partie et met fin aux prolongations. Si l'égalité subsiste à la fin des deux périodes de 15 minutes, on a alors recours à une séance de tirs au but. Cette règle fut appliquée pendant les matches éliminatoires de quelques compétitions internationales majeures. L'Allemagne gagna la finale du Championnat d'Europe de football 1996 (le but en or s'appliquait à partir des demi-finales de cette compétition) et la France gagna celle du Championnat d'Europe de football 2000 ainsi que les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 1998 sur un but en or. L'International Football Association Board supprime cette règle le 27 février 2004. »


Voici une chronique de Najib Refaïf en 2008


En analysant 300 tirs de penalty, les chercheurs ont remarqué que lorsque le gardien ne bouge pas et reste au centre de la cage (et donc ne fait rien ou n'agit pas) on obtient une bonne moyenne de réussite.


« On se souvient de ce titre magnifique du roman et film éponyme de l'écrivain autrichien Peter Handke : «L'angoisse du gardien de but au moment du penalty». Tous les amateurs de foot et ceux, plus rares, qui ont parfois tenté l'expérience du gardien à ce moment précis mesureront la justesse et la beauté de ce titre. Il est rare que les artistes s'inspirent de ce jeu entre 22 individus qui courent derrière un ballon rond. Et encore moins de cet homme qui se tient seul et pendant 90 minutes entre trois bouts de bois et se saisit de la balle avec les mains. Pourtant, s'il est un spectacle où l'impondérable est l'enjeu essentiel, où le récit se développe dans le mouvement et s'improvise au fur et à mesure du déroulement de l'action, c'est bien celui d'un match de foot. Le processus dramaturgique de la confrontation se construit dès le coup d'envoi. Les acteurs de l'histoire participent en chœur à l'écriture d'un récit dont nul ne connaît d'avance le «pitch». Ceux qui regardent le spectacle comme ceux qui le font ignorent son dénouement. C'est une des fictions les plus réalistes et c'est ce qui fait, peut-être, la magie et la morale de ce spectacle vivant. 


Mais si des hommes de lettres tels Camus ou Montherlant se sont intéressés au football, comment s'étonner lorsqu'on voit des économistes ou des spécialistes du management investir ce jeu ? C'est le cas, récemment, d'une étude menée par l'économiste israélien Ofer Azar. En effet, selon un article paru dans le supplément Business Day du journal New York Times (repris en anglais par le Monde du 8 mars dans sa sélection hebdomadaire), Azar a étudié le comportement du gardien de but au moment du penalty. »

 

La suite ICI link

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Lundi 30 juin 2014 1 30 /06 /Juin /2014 00:09

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Mon ami Daniele de Michele, dit Don Pasta, est beau, ça c’est à l’attention de mes jeunes amies ; il adore Charly Parker, ça c’est pour mes vieux copains ; c’est le roi de la parmigiana, bien lourde, celle de sa grand-mère qui tenait au corps, ça c’est pour Claire ;  c’est une belle âme, vigoureuse et soucieuse des gens de peu, ça c’est pour les repus de la Toile, bedonnant, pontifiant sur les bons produits paysans authentiques tout en restant le cul sur leur chaise confortable.

 

 

Les 3 photos de Daniele sont signées Lorenzo Cuppini© 


Daniele, dans son récent spectacle pour l’exposition « l’art fait ventre » à l’Espace Cardin, nous a régalés de musique, un trio magique, percutant, habité – les musiciens: Raffaele Casarano au sax et Marco Bardoscia à la contrebasse, et Zamua le chanteur moitié sarde moitié du burundais (voir vidéo) et à la régie vidéo Margot Lançon – de ses extraordinaires dons de conteur. Road-movie d’images, de musique live, de la geste de la main qui fait et du cœur qui dit. Loin de ces affreux gastronomes, de ces diseurs de plat sans âme.


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Hasard de mes lectures, le lendemain, en déjeunant face à la mer (le bassin de la Villette) je découvrais un texte de Giovanni Verga le plus grand écrivain vériste italien qui parle si bien « des vaincus de la vie »


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Dans sa nouvelle Rêverie il fait dire à une belle dame qui, passant en train près d’Aci-Trezza, avait déclaré « Je resterais bien un mois ici ! » et qui n’y était restée que 48 heures :


« Je ne comprends pas comment on peut vivre ici toute une vie. »


Le narrateur impitoyable répond « C’est une chose singulière ; mais peut-être n’est-ce pas un mal qu’il en soit ainsi – pour vous et pour tous les gens de votre espèce. Cette poignée de baraques est habitée par des pêcheurs, « gens de mer », disent-ils, comme d’autres diraient « gens de robe », lesquels ont la peau plus dure que le pain qu’ils mangent, quand ils mangent, car la mer n’est pas toujours aussi aimable que le jour où elle caressait vos gants… Aux jours sombres, en effet, elle écume et gronde,  il faut se contenter de la regarder du rivage, les bras croisés ou couché à plat ventre, ce qui est préférable pour qui a le ventre creux. Ces jours-là, il y a foule à la porte de l’auberge, mais sur le zinc, les grosses pièces ne résonnent pas souvent et les gosses qui pullulent dans la contrée, à croire que la misère est un parfait engrais, poussent des hurlements et se griffent comme s’ils avaient le diable au corps. »


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Autre temps, temps lointain, profondeur de l’Histoire me dira-t-on, mais qui en dit long sur ces femmes et ces hommes « accrochés » à une terre ou à une mer si peu nourricière. Pas si lointain tout de même pour qu’on ne l’oublie, qu’on ne la ripoline pour faire oublier les « horreurs lisses » du monde moderne si propre sur lui.


Plutôt que de gémir, gésir, de regretter, il faut agir, faire que les câpres de Pantelleria de mon ami Don Pasta existent, que ceux pour qui la terre est si basse puisse continuer de vivre debout. Ça ne dépend que de nous !

 

La parole est au poète car le poète à toujours raison :


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Il faut sauver les câpres de Pantelleria… patrimoine d’Italie, du monde…  de tout l’univers…

Car tout le monde sait que ce sont les meilleures…

Mais ces plantes ont gagné avec l’homme la bataille la plus compliquée…

La sélection darwinienne…

De telle sorte qu’une fleur magnifique s’épanouisse pour rendre chaque chose plus belle…

 

Il les récoltait dans le vent…. fort… les câpres

Les mains rapides….

Un changement continue de position… car on a toujours un risque de trop plier son dos…

Et on risque de plier son dos pour toujours…

 

Il me disait que plus personne ne veut le faire… que plus personne veut que ses fils passent la vie à plier leur dos… à risquer de se le casser pour toujours…

 

Ce n’est pas facile lorsqu’on est des guerriers qui défient le vent… de savoir que soi-même et ses fils risquent d’avoir le dos plié.

 

Mieux vaut ne plus faire ça…

 

Personne n’achète plus les câpres!

 

Mieux vaut plier le dos à une économie folle… se plier en deux pour mieux prier le bon dieu qui nous aide à chercher un travail pour nos fils…

 

Mieux vaut que les câpres deviennent  fleur pour un jour …

On se reverra l’année prochain pour un autre jour de beauté...

 

Mais vous savez…

Ces gens connaissent l’élixir pour une longue vie…

Vous savez ce que veut dire garder pour l’éternité la beauté d’une fleur?

 

C’est la métaphore des câpres!


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Câpres de Pantelleria au sel chez RAP link

 

Presque fleurs… on les met dans le sel… on les tuent…

 

Elles resteront toujours amères...

 

Ce n’est qu’après… quand on les posera dans la marmite entre les ingrédients…

Que toute la douceur de la fleur sera dégagée

Toutes ces douceurs gardées dans le temps…

Apparemment perdues… et offertes aux autres…

 

Sacrifice pour la beauté de tous…

 

Voilà pourquoi il faut sauver les câpres de Pantelleria

 

Elle, presque fleur, tuée dans le sel…  pour qu’elle reste fleur toute la vie

 

Métaphore des vies sucrés-salés où il est bien pour chacun d’accepter de vivre…

 

Car la félicité dure juste un instant… la vie, elle, dure une vie entière…

 

Et les douceurs... Il est bien qu’on apprenne à les garder dans le temps…

 

Comme les câpres de Pantelleria

 

Daniele c’est mon ami, lui est né dans les Pouilles, le talon de la botte italienne, il évoque à tout propos sa grand-mère, Nonna Chiarina de Otranto, 90 ans, sa sauce tomate d’ici, son huile d’olive, sa parmigiana ; et moi né dans ma Vendée crottée je vous bassine souvent avec feu ma mémé Marie. Nous sommes frères de cœur et de fidélité.


Pour les petits nouveaux sur ce blog Daniele et moi nous sommes connus grâce à Wine Sound System: Francis Boulard&Nina Simone, Amy Winehouse&Olivier de Moor, Léonard Cohen&Patrick Baudouin link et Vin populaire : un Bag-in-Box de vin naturel de la coopé d’Estézargues pour se chauffer avant un concert de Tom Waits link

 

En prime je vous conseille  :


1-      de visionner la très belle vidéo de la Signora Giovanna c’est en dialecte mais les images parlent d’elle-même, à voir absolument par les fondus de pasta.


2-      D’écouter une valeur sûre qui monte Zamua

 

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Dimanche 29 juin 2014 7 29 /06 /Juin /2014 07:00

Nous vivons, ces temps-ci, en politique une période exceptionnelle, riche, ça grouille dans le terreau en décomposition, le moindre vermisseau, la moindre vermicelle, j’ose tout ce matin, se tortille, s’agite, tente de se frayer  son chemin pour se singulariser, exister. C’est le temps de la médiocrité. Comme le fait remarquer méchamment la grosse enflure lubrique de DSK, à propos de la moitié des ministres du gouvernement Valls, ce sont des « brêles ». Pour avoir  fréquenté le susdit, au temps où il tenait amoureusement par la main Anne Sinclair, sur un canapé de l’hôtel de Matignon, dans le bureau du directeur de cabinet du futur défunt Pierre Bérégovoy, Hervé Hannoun, nous attendions les résultats du  vote sur Maastricht, je me souviens avoir souscrit au jugement sans appel de mon Ministre « C’est un danseur mondain ! » Je n’ai jamais été ébloui par les analyses de DSK, et moins encore convaincu de son sens de l’Etat à l’heure des choix. Grand phraseur, bardé de communicants habiles, mais aussi de brêles, il a su, et il saura encore, profiter de la médiocrité de la concurrence pour renforcer son image de grand expert compétent. DSK, homme habile savait recruter les meilleurs à son cabinet, tel le très catho et intègre François Villeroy de Galhau, pour se nourrir de leurs analyses et les restituer avec le plus bel aplomb en les sauçant de politique. Ce n’est pas une critique, bien au contraire, un bon ministre, homme de passage, de décision, doit savoir faire bosser les autres, en extraire le meilleur, être un bon chef d’orchestre. Pour en revenir aux brêles, l’ex-procureur Bilger, qui  exhibe  une cravate pelle à tarte d’un kitch affirmé, nous livre une analyse que je ne suis pas loin de partager. « Le citoyen passionné par la politique que je suis éprouve en effet l'impression qu'il y a trop d'amateurs pour trop peu de professionnels.


Cette tendance a été amorcée sous Nicolas Sarkozy et il me semble qu'il existe là une étrange et paradoxale continuité entre la droite et la gauche. Sans se pousser du col, il n'était pas outrecuidant de s'estimer hier aussi capable que certains ministres et de se sentir aujourd'hui aussi fiable et compétent qu'une partie du gouvernement.


C'est d'ailleurs l'un des problèmes récents de notre démocratie. Qu'il y ait rien moins qu'un gouffre entre tel ou tel citoyen et plusieurs serviteurs de l'Etat peut apparaître comme l'expression d'une heureuse égalité républicaine mais l'amateurisme au pouvoir de nombre de ceux-ci renforce la dérision, voire le mépris dont la société accable souvent injustement la classe politique.


La quadrature du cercle : les ministres doivent être comme nous et à la fois mieux que nous. On en est de plus en plus loin. »


Cette semaine nous avons eu droit, entre autre joyeuseté, à une belle palette de brêles  de la droite bête, dans le torchonnet de la droite dure, Valeurs  Actuelles (sic) : le  fou du Puy, l’ex-garde des sots, le petit maquereau venu de chez Le Pen et, cerise sur le gâteau, Guaino le fou du roi. J’adore l’entame de Valeurs Actuelles « La droite est morte, vive la droite ! ». Avec un Front national devenu premier parti de France, une gauche aux abois et une UMP en ruines, l’heure est à la révolte. Quatre ténors de l’opposition lancent en exclusivité un appel au sursaut de la droite. Tout y est dans les éléments de langage : des ténors, mieux vaut en rire qu’en pleurer, 4 petits couteaux en déshérence et bien sûr l’exclusivité : qui d’autre que ce torchonnet aurait accepté cet appel au « sursaut », peut-être le Figaro ? La suite vaut aussi son pesant de grandiloquence grotesque « Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre. Ils assistent, impuissants, à la chute vertigineuse de l’UMP, minée par ses divisions et plombée par les affaires. Ils ont vu, au soir des européennes, les mines tristes des ténors de leur parti s’étonner des résultats du FN, tout en appelant à une alliance avec le centre. Ils entendent chaque semaine leurs militants pleurer une droite disparue, incapable d’assumer un projet pour la France. Alors ils se rebellent. »


Des rebelles en peau de lapin : « Rachida Dati, l’ex-ministre qui n’en peut plus de taire son opposition à un projet européen honni par une majorité d’électeurs. Il y a Henri Guaino, cloué au pilori pour avoir critiqué cette ligne « eurobéate », traqué par les juges pour avoir outragé l’un d’entre eux, dernier défenseur d’un gaullisme depuis longtemps abandonné par la droite. Il y a Guillaume Peltier, ostracisé pour avoir défendu, dans la veine de « la France forte » de Nicolas Sarkozy, une Droite forte qui s’assume en ne s’embarrassant plus de ses complexes. Et il y a Laurent Wauquiez, lui aussi passé à tabac par le microcosme médiatique pour avoir tiré des leçons du discrédit européen et proposé le protectionnisme, le retour à l’Europe des Six, la défense des racines chrétiennes de l’Europe et la sortie de l’espace Schengen. » On sent passer un souffle fort face à « l’alliance improbable d’une égérie de l’intégration réussie, d’un poète égaré en politique, d’un jeune loup assoiffé de campagnes et d’un brillant cerveau surdiplômé, qui fut ministre à 35 ans. » Des prêt-à-tout qui ce « sont réunis dans les bureaux de Rachida Dati, à la mairie du VIIe arrondissement. Pour dire leur opposition à une UMP « centrisée », coupée des réalités et fâchée avec ses électeurs. Tous les quatre veulent dessiner les contours d’une vraie révolution de l’UMP. Ils livrent aujourd’hui leur plaidoyer pour une «droite des valeurs». C’est beau comme de l’emphase, que nos quatre brêles se rassurent, ça va faire plouf et puis rien. Même qu’en tant qu’appeaux, ces vermisseaux feraient fuir la fraie qui, qu’ils se rassurent, préfèrera toujours  l’original à ses médiocres copies. Allez, nous partons avec ma chérie au bar de la Marine boire un petit coup à la santé des brêles qui, en bon argot, sont des nuls, des bons à rien, des blaireaux.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Roman
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Dimanche 29 juin 2014 7 29 /06 /Juin /2014 00:09

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Notre Michel l’a bien dit Guy :


« Tu es parti bien vite, en blaguant jusqu’au dernier moment, et sans souffrir. C’est intelligent et ça te ressemble… »


Du Rocard pur sucre.


Yves Colmou, l’homme de l’ombre du Michel et maintenant de notre Premier Ministre a raison :


« … Guy était un joueur. Mais armé du droit, c’était un joueur qui savait construire sa chance


Merci  Guy de tes paroles post-mortem qui te ressemblent tant et qui me vont si bien à moi, ton discret ami, compagnon des nuits de 1981 au Palais Bourbon, nos macarons du petit matin, voisin de bureau galerie Sully au 78 rue de Varenne où toi le parisien revendiqué, au look décalé, tu as si bien réussi. Tes biddies qui ont fait des trous  à mes pulls toujours au même endroit. Ce déjeuner avec Claire et Dominique Lavanant que tu me demandas d’organiser pour les initier au vin.


Merci de m’avoir donné ce billet d’excuse, comme toi je n’ai que peu de goût pour les funérailles et les cérémonies d’hommages.


Toi, grand prof de droit constitutionnel, fidèle à ta Fac de Nanterre, les hommages que t’ont rendu de hautes personnalités, des confrères, lors du colloque tenu au Conseil constitutionnel le 20 avril 2014 tu les méritais grandement.


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J’y étais invité, je n’y suis pas  allé même si j’aurais eu plaisir d’y croiser beaucoup d’amis et tout particulièrement notre Michel. La raison est intime mais je sais que Guy aurait approuvé mon choix car il se fondait sur un clin d’œil à notre complicité.


Car comme toi je suis fidèle, un fidèle.


Comme l’a souligné ton grand ami Olivier  Duhamel : fidélité en politique « il ne s’y inséra qu’avec et pour Michel Rocard. Il la quitta dès que celui-ci perdit toute perspective de revenir au sommet de l’Etat. »


« Guy était de gauche, mais pas égalitariste, liberté oblige. Il était profondément attaché à la méritocratie républicaine, laquelle, bien que déclinante, lui avait donné  sa chance. Qu’une beurette atteigne l’excellence l’enthousiasmait.


Je reviens Guy sur ton texte lu au cimetière de Montmartre le 3 juin 2013 :


« Voici donc réunis les gens que j’ai aimés, sans qu’aucun ne puisse me reprocher ma propre absence, que je serai le premier à regretter. Comme vous savez, j’ai toujours refusé les célébrations dont j’aurais pu être le centre, anniversaires, décoration ou autres, car ça m’aurait mis mal à l’aise. Cette fois-ci, c’est bien autour de moi que vous êtes rassemblés, et j’y suis d’autant plus sensible que je ne peux, pour le coup, en ressentir la gêne.


Certains, sans doute, n’auront pas pu, voire pas voulu, venir. Je le comprends d’autant mieux que j’ai moi-même toujours eu tendance à éluder ce genre de rencontres pour lesquelles je n’avais aucun goût (…) »


« J’ai toujours été chanceux, très chanceux, heureux, très heureux. Ma chance première est d’avoir très tôt perçu, sans trop savoir comment, la vanité et l’absurdité de la vie puis, du coup, de m’être décidé à en profiter au maximum. Plutôt raisonnable par nature, d’autres diraient tiède, j’ai même été à l’abri des passions dévorantes, celles dont on est par définition esclave, des enthousiasmes ou des abattements, excessifs dans les deux cas, ce qui aide à bien vivre (...) »


« Bref, soyez sincèrement contents pour moi. Je suis mort comme j’ai vécu : heureux, et heureux grâce à vous. »


Il ne s’agit que d’un extrait bien sûr mais j’y trouve mes marques et je me dis que chroniqueur sur la Toile je vais m’atteler à un au-revoir tout aussi optimiste.


Pour l’heure je glisse mes lignes dans les mots de Michel Rocard


« Guy mon ami, mon complice de haute proximité, ta trace est forte, bien marquée indélébile. Elle est finalement beaucoup plus imposante que ne pouvait le laisser croire ce personnage gai, plein de drôlerie et de simplicité que nous fûmes nombreux à aimer côtoyer.


En fait tu mettais ton immense science du droit au service de l’art de vivre en commun en humanité. Sur ce chemin la gauche a encore à faire, toute la France au demeurant.


Tu vas nous manquer.


Salut Guy. »


Guy tu étais plus jeune que moi, né en 1951 et tu le resteras éternellement puisque tu nous as quitté à l’âge de 62 ans alors que moi je vais atteindre mes 66 ans dans quelques jours.


Ton ami Olivier Duhamel a eu les mots les plus beaux « Les larmes ne donnent pas d’encre. Quarante ans que nous vivions amis. Amis absolus, à s’appeler jour ou nuit, pour un oui de question juridique, pour un non d’interrogation de vie, ou l’inverse. Nous déjeunions tous les trois une fois par mois, et blaguions sur qui écrirait le premier la nécrologie de l’autre… »


Ta passion de la liberté Guy t’a fait suivre le conseil de Jacques Duhamel – le père d’Olivier qui fut Ministre de l’Agriculture puis de la Culture – de se « doter d’un filet de sécurité garantissant le boire et le manger, juste pour rester libre… »


Professeur d’Université tu étais donc fonctionnaire Guy, et fier de l’être. Permets-moi de dédier cette fierté à la cohorte  des sots qui passent leur temps sur les réseaux sociaux à conchier les fonctionnaires.


Tu étais un bon vivant Guy et oui tu nous manques vraiment…

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 11:38

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André Deyrieux, qui voue sa vie à l’œnotourisme, toujours bien informé, nous alarme « Or, si Edonys TV a, dès le début, reçu nombre de soutiens, ils sont restés moraux. La filière n’a pas su voir quel outil de promotion s’offrait à elle. Aujourd’hui, la petite chaîne s’essouffle financièrement. Et si on parle de « filière », c’est qu’une dernière lettre circulaire a été adressée le 14 mai à tous les « éminents représentants du vin », malheureusement sans aucune réponse à ce jour. »


Suis un peu vénère, eu égard à ma large « surface médiatique », à mes anciennes fonctions de petit rapporteur, de notre passé commun, même si tu fus un temps membre d’un groupuscule néo-mollétiste qui conchiait mon Michel, t’aurais pu me mettre en copie de ta lettre circulaire.


Ceci dit, t’as eu raison d’envoyer une lettre circulaire aux grands mamamouchis du vin ou supposés tels car comme tu le sais mieux que moi : ils tournent en rond, ils tournent en rond, vu que la plupart n’ont jamais vendu le moindre litron. Pour preuve leur énorme plan stratégique à l’Horizon 2025 en 73 mesures.


Je sais que tu n’as pas un goût prononcé pour les fonctionnaires mais ces gars-là, professionnels de la profession, sont pires que les ronds de cuir dont je suis. Rappelle-toi : « le haut-fonctionnaire parisien ». Je peux leur envoyer mon relevé de retraite : 5 caisses…


Bref, mon cher Jean-Michel que j’aime bien, ta chaîne est dans le potage et tu te démènes pour l’en sortir. Je connais ta pugnacité mais si j’ai un conseil à te donner : ne soit pas petit bras, 120 000 €, pour eux c’est l’épaisseur du trait, demande-leur une brique ça les réveillera après leur sieste postprandiale suite au petit banquet de la salle à manger de FranceAgrimer.


Je suis mauvaise langue, je sais mais je les connais comme si je les avais fait, avec l’argent des autres ils sont très bons pour coucher les millions de subventions ou des bonnes CVO.


Vu ma cote élevée auprès de cette coterie je ne te propose pas mes services pour t’en sortir mais sache que je suis, cher Jean Mimi, de tout cœur avec toi.


Ce n’est qu’un début, continuons le combat !


Amitiés


Le Taulier


La chaîne est ici : www.edonys.tv

 

La filière vin enterre sa chaîne link


Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Samedi 28 juin 2014 6 28 /06 /Juin /2014 00:09

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Est-ce l’effet FranceAgrimer Jérôme Despey, depuis sa dunette, nous avait promis un plan de longue vue pour éclairer la stratégie du secteur-clé qu’est le vin.


Cap 2025, ils n’ont pas osé se contentant d’évoquer les perspectives à l’horizon 2025.


La gestation fut longue et difficile, en chambre, veillée comme du lait sur le feu par la fine fleur du monde du vin.


Qui s’en attribuera la paternité et la maternité, je ne sais mais Anne Haller, qui semble être la marraine, nous affirme que « Les débats ont été assez intenses au sein du Conseil Spécialisé, mais on est bien arrivé à un consensus : en mai le plan stratégique a été voté, dans sa rédaction actuelle, à l'unanimité (sans abstention, ni vote contre)


Je n’ai jamais eu beaucoup de goût pour le consensus, souvent mou, tout le contraire de choix clairs qui seuls sont porteurs d’action.


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La stratégie est, et reste, un art militaire qui ne s’accommode pas des petits arrangements entre amis et qui ne supporte bien évidemment pas l’évitement des sujets qui fâchent.


Gouverner c’est choisir !


Tout le reste n’est que piètre littérature qui ne troublera guère les générations futures.


73 mesures, et pourquoi 80, ça nous aurait permis de faire un jeu de mots à  2 balles sur les 4 vins : le rouge, le blanc, le rosé et le nature.


32 pages, Dieu que c’est long ! Confus, sans hiérarchie, ennuyeux. link


Du souffle messieurs !


Ça sent la technostructure, l’externalisation, un plan stratégique n’est pas un catalogue balayant un peu tout pour faire plaisir à tout le monde et ne déplaire à personne, mais un travail sur soi-même permettant d’intérioriser ce qui unit, ce qui rend fort, entreprenant. Se mettre en mouvement, osons le mot gagner ! Gagner ou regagner des parts de marché.


Y z’auraient dû consulter Dédé, notre Deschamps national qui a su coacher sa bande de loustics d’une main de maître, lui faire partager ses choix, ses options stratégiques, mettre les egos dans la poche et retourner les éternels râleurs de Français.


Quel que soit le résultat qu’obtiendra son équipe, et d’ailleurs qu’importe, il a choisi, il a bâti, il a fait que l’avenir soit ce que l’on fait.


« Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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Vendredi 27 juin 2014 5 27 /06 /Juin /2014 18:00

Troisième  et dernier épisode de La fabuleuse histoire des vignobles de la Petite Camargue conté par notre Jacques qui ne confond pas ballets roses et flamands roses car il a connu le président André Le Troquer. Avantage des sages sur les margoulins de la Toile qui n’ont pas un beau cœur d’acier.


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Vue aérienne du Mas Listel. © DR

 

« Passé le Grau-du-Roi, ses plages assez chargées en matériel humain bronzé et son urbanisme tout autant envahissant, on est un peu surpris et désorienté. Plus de beaux immeubles en béton faïencé avec balcon du même métal donnant sur la route menant au rond-point qui conduit au port. Pas loin de la mer, terminées les villas Ker Marcel avec parasol et coin barbecue, nul parking géant où rôtissent les Mégane... »

 

La suite ICI link 


En cadeau Bonus une  dégustation de 4 vins de 4 domaines. Merci Jacques les vignerons t’en sont reconnaissants.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : Billet
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