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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 00:09

Surtout ne pas confondre le Grand Blond avec une chaussure noire qui d’acteur a viré viticulteur avec mon beau Brun à la barbe Fleurie qui est viticulteur et qui a accepté, à l’insu de son plein gré, de faire l’acteur pour le Taulier. Je suppose que vous n’y comprenez goutte à mes circonvolutions ;

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Analyse factorielle :


1-      Le beau Brun c’est un Vin


2-     Fleurie est un cru du Beaujolais


3-     Jean-Paul Brun est un vigneron qui est tombé dans le vin quand il était petit c’est à François  Desperriers qui le dit.



4-    Le  Domaine des Terres Dorées c’est là que Jean-Paul a dit à Bourgogne Live «Moi j’essaie de faire plein de choses, plein de vins différents, pour prouver la qualité du terroir des Pierres dorées [...] En Beaujolais c’est une vinification semi carbonique et moi en fait je fais une vinification bourguignonne. C’est à dire que j’ai une table de tri, on égrappe et on fait une cuvaison d’à peu près trois semaines un mois. En fait le raisin peut donner toutes ses informations du terroir au vin et on peut avoir des vins qui sont vraiment typiques du terroir. »


5-     Jean-Paul Brun comme vous pouvez le constater sur la photo n’est pas doté d’une barbe fleurie et de peu de cheveux aussi  mais il cultive une vigne Grille Midi à Fleurie.


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6-     Le Taulier connaît bien Jean-Paul Brun depuis 2008 suite à la Lettre ouverte aux AA (agréeurs anonymes) pour le renouveau du Beaujolais link 


7-     Le Grille Midi 2010 de JP Brun est un des meilleurs climats de l'appellation Fleurie qui est situé dans un amphithéâtre granitique baigné de soleil, Grille midi est un des meilleurs climats de l'appellation Fleurie.


8-    Notes : Robert Parker 92/100, RVF 17,5/20 et la RVF Les Meilleurs Vins de France 2011 :« Le niveau de maturité et l'épice que le fleurie Grille Midi révèle est impressionnant... »


9-     Le prix c’est autour de 13€ chez les cavistes.


10- C’est du Beau, du Bon, du Bon Brun à consommer avec un bon pied de cochon grillé, ce que qui fait dire au Taulier que boire un Beau Brun c’est le pied !


11-  La Bouteille :


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12- L’étiquette :

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 11:57

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Monsieur le Directeur,


Les rats de cave, façon de parler, ont encore frappé ! Naïvement, après avoir combattu, avec une poignée de vignerons, dont les meilleurs dégustateurs vantent maintenant les vins, la dégustation passoire pour le pire et couperet pour ceux qui n’étaient pas dans le fameux moule de l’air de famille cher aux niveleurs à tout crin, je croyais qu’enfin tout le monde avait compris que l’intérêt bien compris de nos appellations d’origine était de cultiver la diversité au lieu de s’acharner à courir après une typicité indéfinissable et mal contrôlée.


He bien, la réponse est non !


La dernière victime en date est Philippe Gourdon du Château Tour Grise qui, après un parcours du combattant : 3 commissions d’agrément de l’appellation Saumur Puy Notre-Dame pour rien, a vu sa cuvée 253 jetée dans les ténèbres extérieurs du Vin de France pour des motifs qui ne tiennent vraiment pas la route. C’est même à pleurer !


Si je suis affirmatif, monsieur le Directeur, c’est que j’ai dégusté ce vin, comme beaucoup d’amateurs et de vrais professionnels, et il est en tout point remarquable et remarqué. Ne levez pas les bras au ciel avant de vous en laver les mains tout en proclamant votre impuissance face à la toute-puissance d’une poignée d’attardés et je pèse mes mots.


Qu’est-ce donc que cette engeance qui goûte le vin comme le feraient des laborantins ? Une poignée de vignerons à la traîne, qui n’ont rien compris à l’évolution du goût des consommateurs, flanquée de quelques œnologues bien plon-plon. À propos, M. le Directeur, la composition de la commission de dégustation de l’Appellation Puy Notre-Dame est-elle conforme aux textes ? Je n’en suis pas si sûr et vous feriez bien vous, le gardien du respect du Droit, de vous en inquiéter au lieu de fermer les yeux sur de tels manquements. Je suis persuadé, et même sûr, que nos tribunaux donneraient raison à Philippe Gourdon s’il lui prenait l’envie de les saisir. Sans doute a-t-il mieux à faire mais vous M. le  Directeur, qui êtes fonctionnaire de l’État, vous vous devez de faire respecter l’état de droit.


Ne sont jamais en reste d’un mauvais combat ces gens-là, toujours en retard d’une guerre, des acculturés du vin qui laissent passer tous les trains. Ouvrez les yeux que diable, les premiers de la classe, ceux qui font de la notoriété, qui vendent les meilleurs vins, ne sont plus les marginaux qui faisaient la risée des abonnés aux places syndicales. Le vent a tourné, les combats d’arrière-garde n’ont plus court. Ces agrippés au bastingage plombent bien plus que les réprouvés la notoriété des vins Français.


Les 8500 bouteilles de Philippe Gourdon vont donc aller rejoindre le Vin de France avant de se retrouver sur la table de la Grande Cascade ou chez les cavistes de Boston. Je vous mets au défi, M. le Directeur, de me présenter une bouteille siglée du nom de l’un des jurés dégustateurs qui a exclu le vin de Philippe Gourdon de l’AOC Puy Notre-Dame. Pas difficile, ils ne sont pas nombreux sur les quelques 25 vignerons.


Par tempérament je ne me contente pas d’être un pur protestataire mais je tente toujours faire émerger des solutions. Même si je me dois de m’incliner devant les décisions majoritaires il est de mon devoir d’écrire, tout d’abord que la représentativité de certains est plus que douteuse, et qu’ensuite les minorités doivent être reconnues et respectées. Que le succès de ces vignerons, qui ont fait des choix courageux bien avant les autres dérange, je le conçois parfaitement mais je n’admets pas que l’on puisse continuer de les soumettre au diktat de ceux qui en sont restés à une vision calcifiée de la vigne et du vin. Sans manier une ironie facile : que ceux-ci fassent bien attention ces tenants des droits acquis, à force de faire basculer des vignerons, connus et reconnus par les prescripteurs et les consommateurs avertis, dans ce qu’ils croient être le purgatoire : le Vin de France ils vont accréditer l’idée que l’Appellation n’est plus que le refuge de la médiocrité. Pourrons toujours en appeler auprès de vous pour la distiller !


Que faire donc, après 4 années de mise en œuvre d’une réforme qui se voulait dans l’esprit un réel retour aux fondamentaux de l’appellation et qui a pris souvent l’allure d’un simple replâtrage et d’une réelle amplification des pratiques bureaucratiques ? Faire le bilan, certes, mais surtout accepter de diffuser et de discuter les conclusions de la Commission de Travail sur la dégustation  présidée par Gérard Boetch et de faire prendre en compte les réflexions du CAC présidée par Olivier Nasles sur ce thème.


Croyez-moi, M. le Directeur, je ne m’en tiendrai pas à de bonnes paroles et, comme cette fois-ci les gens d’en haut ne pourront pas demander ma tête, je ne lâcherai pas prise. Un peu de courage que diable, arrêtez de vous réfugier derrière une conception purement administrative de votre fonction, faites que la direction de l’INAO retrouve auprès des professionnels un rôle moteur pour que les grands courants qui traversent le monde de la vigne et du vin se traduisent dans le fonctionnement de l’Institution. Enfin, puisque le Comité National Vins et Eaux-de-vie est doté d’un Commissaire du Gouvernement nommé par le Ministre, il serait bon que nos gouvernants s’intéressent de plus près à la politique menée dans ce secteur porteur de notre économie.


Maintenant que mes vaches me laissent du temps libre sachez, Mr le Directeur, que je vais m’intéresser à votre fonds de commerce même si beaucoup estiment que je ne suis pas une personnalité qualifiée qui pourrait siéger dans les instances de votre crémerie. Faut dire, je les comprends qu'il n'ont pas très envie que je mette le doigt là où ça fait mal. Ils ont déjà beaucoup souffert avec moi.


Mes respects et mon meilleur souvenir.

 

Bien à vous.


JB

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 00:09

Pour les fêtes de fin d’année, les réveillons, arriver chez belle-maman et beau-papa ou chez des amis avec, en plus des cadeaux enrubannés, simplement une belle bouteille sous le bras c’est très bien mais l’accompagner d’un sujet de conversation c’est beaucoup mieux. Ça fait genre je lance une nouvelle tendance : l’alliance d’un beau flacon avec un sujet de conversation.


Pour vous convaincre du bien-fondé de sa démarche, si vous voulez bien le suivre dans les dédales de sa nébuleuse et tortueuse pensée, votre Taulier va vous mener sur ses chemins de traverse, ceux qu’il affectionne tout particulièrement.


Tout commence bien sûr par l’acquisition d’un ou plusieurs flacons du Champagne de Francis Boulard Les Rachais brut nature 2006 link, un must déniché depuis belle lurette par votre Taulier et dont Jacques Dupont Merveilleux du vignoble chante les louanges depuis des années « le 2006 nez résine, miel, cire, bouche tendue, ronde, pure, note de grillé, fumé, bonne longueur, belle pureté des saveurs, à boire aujourd'hui. » La bouche tendue de notre Jacques, c’est bien, mais pour pouvoir le placer dans la conversation il faut attendre d’avoir fait sauter le bouchon.


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Grâce au Taulier vous allez pouvoir briller sitôt votre entrée chez beau-papa très conservateur dans ses choix vineux ou chez vos amis qui se piquent d’être œnophiles très nature, en jouant sur le bon tempo l’expert In Vino pour éclairer leur lanterne : « oui, le vignoble du domaine Francis Boulard & Fille est situé en grande partie à Cormicy, au nord-ouest de Reims, dans le Massif de Saint-Thierry surnommé « la Petite Montagne de Reims », sur des terroirs siliceux calcaires… »


Ensuite il vous faudra manier avec habileté l’art du fondu-enchaîné pour broder sur l’une des trames que vous propose le Taulier.


Pour vos amis c’est, il me semble, la trame n°1 qui leur ira le mieux car elle est le fruit de ma première émotion face à ce superbe champagne d’un vigneron de conviction.


 « Ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Cette métaphore traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel.

Dans son flacon de belle facture, cette superbe cuvée est de celle que l'on réserve à des moments dont on veut souligner l'intensité et la rareté. Pour moi, les Rachais sont la touche invisible, le raffinement extrême, la note des hommes élégants qui plaisent aux femmes éternelles : l'Ingrid Bergman de Casablanca, l'Audrey Hepburn de Vacances Romaines, la Catherine Deneuve de Belle de Jour, la Eva Marie-Saint de Mort aux trousses, l'Alida Valli de Senso, la Carole Bouquet de Trop belle pour moi... »


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Du côté de votre beau-père adoptez sans hésiter la trame n°2, qui reprend le premier paragraphe de la trame n°1 mais avec une chute différente, elle devrait éveiller chez lui, même s’il n’est pas un fou de foot, le souvenir du grand Stade de Reims qui fournit, à l’équipe de France ½ finaliste de la Coupe du Monde de 1958 contre le Brésil de Pelé, son ossature avec Dominique Colonna, Robert Jonquet, Armand Penverne, Just Fontaine et ses 13 buts, Roger Piantoni, Jean Vincent… et bien sûr Raymond Kopa qui portait alors le maillot merengue du Réal Madrid. 


« Ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Cette métaphore traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel.


Au soir du 26 mars 1952, en compagnie de son épouse, Nicolas de Staël assiste au Parc des Princes au match de France-Suède et se laisse subjuguer par le spectacle. Quelques jours après, il écrit à son ami René Char : «c’est absolument merveilleux . . . Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles se meut dans l’oubli total d’elle-même mais avec toute la présence qu’exige l’exercice, dans la plus complète invraisemblance »... De retour à son atelier, il se met tout de suite au travail et réalise la même nuit sur une grande toile, sur laquelle il avait commencé une autre composition, le tableau qu’il baptisera Parc des Princes. »


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Certains esprits chagrins vont m’objecter que mes sujets de conversation sont bien loin de l’esprit du vin. J’en conviens mais admettez que les femmes éternelles et le football permettent bien plus de digressions, de controverses, de propos enflammés, que le Chardonnay de l’ami Francis Boulard ou la bouche tendue de Jacques Dupont. De toute façon je suis sûr que le seul sujet qui va animer les conversations du réveillon c’est bien sûr « la fuite de Gégé en Belgique » qui comme le disent pompeusement les chroniqueurs politiques est un sujet bien clivant droite/gauche, donc vraiment français.


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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 00:09

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Christian Chabirand est vigneron au Prieuré La Chaume, à Vix, dans le sud de la Vendée. Avec lui je renoue avec la Vendée que j’aime, simple, vivante, ouverte sur le monde, chaleureuse et fraternelle, loin de celle d’un Jean-Paul Lubot et de son Cercle Vendéen qui n’est qu’un petit zinzin parisien au service de quelques-uns.


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Si vous voulez bien me suivre je vais tenter de vous faire comprendre l’esprit du lieu : Vix en vous imprégnant de mes souvenirs. À l’école primaire de la Mothe-Achard nous avions au programme la géographie de la Vendée. Ce département, pure construction de la Révolution, bâti de bric et de broc à partir d’une partie de la province du Poitou, le Bas-Poitou, de l’Île de Noirmoutier et de 16 communes des Marches Bretagne et de l’évêché de Nantes… La Vendée est donc flanquée de deux Marais, l’un au nord dit breton, l’autre au Sud dit poitevin, mais seuls les habitants du premier étaient qualifiés de maraîchins en opposition à ceux du bocage dénommés les danions. Vers celui du Sud il y avait d’abord la bande plate Plaine qui abritait l’évêché le plus crotté de France, dixit Richelieu, Luçon.  L’autre marais nous semblait être une enclave lointaine et secrète qui nous tournait le dos, une annexe de la Charente voisine où nous déversions notre excédent de population lié à nos familles très nombreuses. Cette césure avait aussi une origine religieuse, nous étions des cléricaux confits de bondieuseries alors que le Sud n’aimait guère les curés : le petit père Combes, l’homme de la séparation de l’Église et de l’État était un charentais d’adoption.


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Le Sud se matérialisait pour moi par l’évêque de Luçon, Mgr Cazaux, qui se pointait pour les confirmations et à qui nous donnions un sac de blé pour ses séminaires, et par nos lointains cousins de Marans. Comme nous n’avions point d’auto nous ne voyagions guère et, de toute façon, l’attraction de la ville de Nantes, de son grand magasin Decré pour les cadeaux de Noël, via la gare SNCF et les cars Citroën nous faisait effectivement tourner le dos au Sud qui prenait pour moi des allures exotiques. Pensez-donc : l’Ile d’Elle, le Gué-de-Velluire, Champagné-les-Marais, Chaillé-les-Marais, Vouillé-les-Marais… des noms qui me faisaient rêver à cette terra incognita dont la part la plus belle répondait, et réponds toujours, au nom de Venise verte.


Christian je l’ai retrouvé au 104 dimanche. J’ai goûté ses vins et nous avons échangé. Tout en parlant avec lui, dans ma petite Ford d’intérieur, un passage du livre de François Bon Autobiographie des objets me trottait dans la tête. En rentrant à la maison je l’ai retrouvé. Les parents de Bon vivait à Saint Michel-en-l’Herm où son père était garagiste et une fois par mois la famille rendaient visite aux grands-parents à Damvix « Dans l’expédition qu’était le dimanche mensuel à Damvix, parents et enfants engouffrés dans la deux-chevaux, ce qui marquait le changement de territoire c’était, un peu avant Vix (où vivait Chaissac, mes grands-parents étaient amis de madame, ils se rencontraient chaque année pour les corrections du certificat d’études, mais Chaissac à Damvix fréquentait le curé, et je crois que c’est un des seuls points de vrai reproche et incompréhension parfaite de ma grand-mère à mon endroit, quand elle apprit que je mettais très haut le peintre – elle qui plaignait tant madame Chaissac d’être mariée à pareil énergumène), un de ces carrefours de campagne à angle droit, avec une auberge qui devient le rendez-vous permanent pour toute transaction et marché, avec un plat du jour et vin au tonneau. Le bistrotier s’appelait Fétiveau… »


Mais enfin va-t-il nous parler des vins de Christian Chabirand ? Oui bien sûr mais VIX, qui fut un village médiéval, homonyme d'un autre, bourguignon link, après avoir été Vicus sous l'occupation romaine, mais surtout l'île de Vicum dans l'ancien Golfe des Pictons. Vix est située sur une butte dans la plaine actuelle, marais asséché et c’est le quatrième Fiefs Vendéens avec Brem, Mareuil, Pissotte. Vix, c'est aussi le village natal de Christian Chabirand, vigneron et œnologue qui,  après avoir roulé sa bosse dans nos belles interprofessions : Touraine, Champagne et du Pays Nantais, de retour au pays a commencé à planter de la vigne, en 1997, sur le domaine « la Chaume » qu’il vient d’acquérir avec Estelle son épouse : 18 hectares, classée pour partie en VDQS Fiefs Vendéens, mais vierge de toute vigne. « Ce terroir, situé à l’extrémité ouest de l’ancienne île de Vix ne semble pas avoir quitté les flots bleus de l’Océan, ceux qui lui léchaient le rivage il y a quelques 2500 ans. »


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Pari un peu fou, mais existe-t-il des paris sans risques, défi aux gens bien assis, que de créer de toute pièce un vignoble, qui plus est, en quittant le giron de ce qui n’était qu’un VDQS depuis le 24 octobre 1984 (je le sais j’étais au cabinet de Rocard Ministre de l’Agriculture et j’ai visé le décret ce qui m’a valu à l’époque une petite notoriété vendéenne alors que bien sûr je n’étais pour rien dans cette reconnaissance) pour l’univers du vin de pays de Vendée. Ténacité, volonté, mais aussi professionnalisme, la passion ne suffit pas il faut déterminer le cap et prendre les voies et moyens d’atteindre le but que l’on s’est fixé. Premiers raisins récoltés en 2000, première vinification en 2003 et mise en bouteille en 2004.


Allez un peu de géologie et de conduite du vignoble : « Planté sur des sols superficiels calcaire à ammonites du Trias, un tiers du terroir est orienté en coteau sud, un autre tiers en coteau ouest plus exposé aux effets marins et enfin un dernier tiers sur plateau. Les sols superficiels sont de texture argilo-limoneuse, caillouteux mais riche en matière organique. Cette virginité de toute culture de la vigne est à l’origine d’une vie microbienne intense qui confère une résistance accrue aux maladies qu’elles soient bactériennes ou cryptogamiques. Totalement enherbé, le vignoble est conduit de façon à entretenir ce potentiel. Une taille courte, une fertilisation organique, des traitements réduits au minimum pour des rendements très modestes de 30 à 35hl/ha en moyenne »


La Chaume : Un terroir unique et original


A l’automne 2008, une équipe de l’unité viticole de l’INRA d’Angers* a mené une série d’études sur les différents terroirs de Vendée. Ce travail descriptif a été conduit à partir de profils pédologiques réalisés sur les principales zones viticoles. Nous avons interrogé Vincent Courtin, pédologue-cartographe et chef de file de l’unité terroir pour nous donner son point de vue sur le profil réalisé à LA CHAUME.


Quelles sont les principales caractéristiques géologiques du terroir de LA CHAUME ?


La géologie du Prieuré La Chaume est constituée d’un calcaire marneux du Jurassique moyen (Callovien-Oxfordien). On parle d’un « calcaire » car c’est une roche riche en carbonate de calcium et « marneux » car on peut observer entre les bancs durs des joints argileux.


En quoi ce terroir est-il classé à « potentiel élevé ou haute valeur viticole » ?


Le milieu physique (coteau versant sud, potentialités agronomiques, et drainage naturel) est très favorable à une viticulture de qualité. La précocité du terroir s’en trouve augmentée, la vigueur et l’équilibre feuille/fruit sont favorables à un bon état sanitaire et à une bonne maturité et enfin les propriétés de la roche mère et du sol favorisent un bon enracinement tant en surface qu’en profondeur.


Au final, qu’est ce qui fait l’originalité de ce terroir ?


Tout d’abord, il s’agit d’un des rares terroirs viticoles vendéens à géologie et pédologie calcaires. D’un point de vue de l’encépagement, ce terroir se trouve favorable à l’implantation de cépages tardifs à cycle végétatif long. Enfin, pour l’alimentation hydrique de la vigne, les qualités du sol et du sous-sol présagent d’une alimentation modérée et continue du système racinaire. Autrement dit, le sol peut réguler l’eau en fonction des besoins de la vigne et des quantités de précipitations.


Vincent Courtin, Dominique Rioux et Sébastien Cesbron, cartographes « système d’information géographique »


Maintenant sacrifions à la minute historique : Le sceau du Prieuré la Chaume.

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« En 1962, il fut découvert à proximité du vignoble un magnifique sceau du XIVe siècle de la vierge à l’enfant marqué à l’effigie de Dame Aynor de Niel, moniale à l’abbaye Notre Dame hors les murs de Saintes. Sans que l’on sache avec précision les raisons de la présence de cette religieuse sur l’île de Vix, on peut supposer qu’en période d’occupation anglaise (guerre de Cent ans), l’abbesse de Saintes dépêchait sur ses possessions, pour surveillance, ses meilleurs sujets. Si au XVIIème siècle, il est fait état de l’existence de deux Prieurés sur la seigneurie, la présence de l’un d’entre eux sur le Domaine n’est que supposé par la tradition orale. De cette longue parenthèse historique naîtra l’identité graphique du domaine avec la reprise comme emblème du sceau de Dame Aynor de Niel. »


Le domaine compte actuellement 14 ha de vignes, pas moins de 8 ha de merlot, notamment sur le coteau plein sud, « au calcaire débordant !... Sur les parcelles situées sur le plateau (en partie seulement en Fiefs Vendéens!), 1 ha de pinot noir (destiné entièrement au blanc!), 2 de cabernet sauvignon, ainsi que 60 ares de négrette. Le reste se compose de chardonnay et d'un peu de chenin. »


Les vins dégustés par le Taulier :


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Prima Donna 2011: 2/3 de chardonnay et 1/3 de pinot noir vinifié en blanc.


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J’ai ouvert le bal au 104 avec cette très belle jeune femme raffinée sans être apprêtée, tendue, pure et droite mais sans rigidité. Exceptionnelle tessiture, parfait équilibre entre une grande vivacité et des rondeurs de prima donna. Ce vin aurait été parfait avec le beurre blanc de maman. Pour voir Taulier son préféré ou pour poursuivre sur la féminité : une superbe plante dont vous goûtez les yeux fermés les talents, donc ma bouteille préférée.


Bel Canto 2009 : De la cuve uniquement pour ce 100% merlot.


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« Cette cuvée rend hommage à Melle Geneviève VIX. Née à Nantes en 1879, cette cantatrice pensionnaire de l’Opéra de Paris, adulée chaque fois qu’elle se produisait au théâtre Graslin de Nantes, s’est rendue célèbre dans l’interprétation du Bel Canto, style chanté, léger et élégant. »


C’est un rouge profond, liseré de violet, du fruit croquant, charnu, goulu,  « comment fais-tu l’amour cerise ? »  plusieurs fois avec moi : en traduction libre c’est du plaisir renouvelé à chaque gorgée. Ce vin plaisir n’en est pas pour autant un vin facile qui file sans laisser de trace, bel Canto avec son croquant craquant initial laisse en bouche de belles et chaudes épices. J’aime les îles.

 

Orféo 2007 : 60% merlot, 25% cabernet sauvignon et 15% négrette.


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Cette cuvée est un hommage à l’œuvre musicale et poétique de Monteverdi inspirée du conte mythologique Grec d’Orphée. Au cours des siècles ce mythe religieux allait se transformer en histoire d’amour et inspirer une œuvre musicale exemplaire. »


« Une cuvée issue d’un élevage long. Celui-ci aura duré dix-huit mois dont sept avec passage en barrique. Pas du fût neuf bien sûr, des barriques bourguignonnes de trois vins provenant des meilleurs chênes de la forêt de Tronçais. »


Très beau et grand vin, raffiné, complexe, souple et puissant, peut encore prendre de l’âge. De la très belle ouvrage marque d’une maîtrise de plus en plus affirmée.


Bellae Domini 2006 : 100% merlot.


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« Une cuvée issue d’une année d’élevage avec un passage en barrique de onze mois précisément. Des barriques bourguignonnes de deux vins, travaillées avec une chauffe moyenne idéale pour conduire une oxydation ménagée sur un vin provenant d’une vendange de merlot très mûr, cueilli à la main. »


Belle complexité, un peu de rigueur encore mais les tannins sont fondus et soyeux, le temps joue toujours pour lui pour qu’il s’épanouisse encore. Si vous souhaitez lui faire un sort pour les fêtes offrez-lui une carafe, laissez-le s’accommoder à la bonne température pour le déguster.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 00:09

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Michel le sait, je suis un poil taquin mais plutôt bon camarade car, fraîchement débarqué dans le monde impitoyable des dégustateurs patentés, je sais reconnaître les talents des vieux routiers et, par contrecoup, mesurer mes lacunes abyssales dans leur art. Pour tout vous dire déguster ça me fait profondément chier : debout face à un vigneron qui après avoir, avec parcimonie, déversé son précieux liquide dans un verre qui a déjà vu passer une cotriade d’autres vins vous débite ses histoires de terroir de micaschistes calciniens, de gneiss du quaternaire ou d’argilo-calcaires spongieux qu’on ne trouve nulle part ailleurs, vous gonfle avec l’âge canonique de ses ceps plantés par l’arrière-grand-père de son grand-père, vous abreuve de sa vinification en long en large et en travers, vous chauffe avec ses barriques de chêne français ou ses demi-muids en noisetier, vous donne le nom de sa jument, de son beau-père et de son importateur aux Iles Vierges tout en insistant sur les jours fruits, la pleine lune et les préparas de bouse de chamelles allaitantes… Mais ce n’est pas tout ce n’est pas tout il faut alors prendre son air le plus inspiré pour tenter d’agiter le précieux liquide sans le faire déborder. Je n’y arrive pas car je tiens mon carnet de dégustation de ma main droite et, comme je suis gauche de la main gauche, mon geste auguste de dégustateur prend des airs d’agitateur de tubes à essais dans le fond d’un laboratoire de la répression des fraudes.  

     

Ensuite, c’est pire, il vous faut sortir le grand jeu des sens, coincé entre de vieux barbons, habillés comme mon pépé Louis, qui ont fait toutes les guerres du vin, sous des éclairages, soit minables ou pire, dignes d’un scialytique de salle d’opération, vérifier si c’est bien du rouge tendance Bordeaux ou tendance Pinot. Ça c’est vite fait. Puis vient l’épreuve du tarin : là tout dépend de la tendance, si vous êtes chez les GCC ça pète, si vous êtes chez les natures ça peut sentir la chaussette et, de temps en temps, tu te dis « tiens, c’est bien, ça sent le vin. » Le gars ou la fille qu’a tendue le bras pour vous aviner vous observe comme si vous étiez un récidiviste en cavale. L’air dégagé il ne faut surtout pas moufter, le silence est la profondeur des grands amateurs. Rester concentré est vital pour rester crédible. Enfin, comme je suis un invétéré buveur, vient le temps de l’ingurgitation. Là je m’y retrouve. Ça gazouille. Je me branle du quand dira-t-on. Je m’amuse. Je suis bon de la gueule. Bon, faut jouer des coudes pour accéder à la bassine de régurgitation car il y a toujours deux ou trois gros cons qui encombrent la trajectoire. Cracher avec élégance sans souiller mes beaux chèches ça je sais très bien faire : à la limite c’est tout ce que j’ai appris depuis que je me suis glissé par inadvertance dans la peau d’un dégustateur patenté.  

 

Donc, tout ça pour vous dire que, sur un blog concurrent, une grosse coopé, les 5 du Vin, dont votre Taulier est l’un des pères fondateurs, le père Smith – au sens des pères blancs évangélisant les braves petits nègres – chaque dimanche que Dieu fait, fait l’amour avec l’amour de sa vie : le Carignan. Il s’agit chez lui d’une addiction grave à une forme obsessionnelle de copulation avec un banni du Languedoc. C’est pour lui un long et lent et lancinant va-et-vient, tout le contraire d’un coït d’éjaculateur précoce. Quel coup de reins ! Tout est dans la profondeur. L'extase. L'épectase. Bravo l’artiste. Jouer chaque dimanche une nouvelle partition sur le même thème c’est l’exemple le plus abouti d’une improvisation maîtrisée. On se dit parfois il va se fatiguer, s’épuiser, mollir, laisser tomber, et non chaque dimanche que Dieu fait notre Michel remet sur le métier son ouvrage. Avec talent il forge le soc pour tracer un nouveau sillon.Le Foll devrait lui attribuer le poireau comme à Lalau.


Que faire face à une telle bête de texte ? Tirer son chapeau : comme j’en porte rarement, contrairement à l’impétrant, c’eut été me contenter d’un geste, certes chevaleresque, mais bien insuffisant. Alors que faire ? Bien tout bêtement faire, c'est-à-dire affronter le ridicule de venir défier le chevalier blanc du Carignan sur son propre terrain. Oser la chronique dominicale vantant les charmes rugueux et puissants du Carignan. Pour ce faire il faut se dégoter une belle armure pour supporter le choc de la comparaison avec le Maître. Votre Taulier est patient, très patient, il a attendu longuement son heure avant de dégainer de son fourreau sa belle lance de tournoi.


Et le preux POUDOU arriva avec son Carignan, sans qu’Annie ne m’eusse prévenu, un Carignan roturier avec un nom d'IGP qui fleure bon la chevalerie : les Coteaux de Peyriac. Et il sait y faire notre Poudou pour donner un bon rang à son Carignan. Il trempe sa plume dans un encre bien sympathique pour nous écrire avec des pleins et des déliés un petit texte bien frappé : « Sur un terroir taillé comme un costume le Carignan change de statut. De raisin légume il devient raisin fruit. » Et comme pour le Port-Salut le CARIGNAN de Poudou c’est écrit dessus. Voilà, j’ai relevé le défi en prenant tous les risques. Maintenant il ne vous reste plus qu’à vous adresser au père Michel pour vous faire l’article sur le CARIGNAN de Marie-Claude et Jean-Louis Poudou. En effet, il vaut toujours mieux s’adresser au bon Dieu qu’à ses saints dit la sagesse populaire… Merci par avance Michel pour une nouvelle contribution à l’extension du domaine du Carignan.www.latourboisee.com  

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 00:09

« Je pète souvent »... a coutume de dire Gérard Depardieu et notre François Morel a préféré, ce vendredi matin, sur France Inter link, cette saillie du néo-Néchinois à une citation de Jean-Paul Sartre ou de Raymond Aron. Ça colle bien au personnage de Gégé, ça nous parle aussi bien que Du vent dans les branches de Sassafras de René de Obaldia, et ça m’a inspiré ce titre qui, avec une once de vulgarité à la Gégé, est une manière de dire à celles et ceux qui se perdent en conjecture à propos d’une information somme toute banale, Robert Parker continue de faire son business en cédant son Wine Advocate à des investisseurs singapouriens, « foutez-lui la paix ! » 


 

Citation pour citation rien que pour faire la nique à François Morel, dans les mains sales Jean-Paul Sartre dit « Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.  » Quel cynisme me direz-vous ? Que nenni, appliqué à Robert Parker ça se traduit par « il a su utiliser les bons moyens, au bon moment, au bon endroit… » j’ajouterai : le tout dans sa langue maternelle qui se trouve être le véhicule universel du biseness. Bref, Robert Parker n’a pas utilisé tous les moyens, au sens de n’importe lesquels, sous-entendus les pires, il s’est contenté d’être lui-même et de se bâtir une notoriété, de devenir une marque en capacité d’imposer au marché ses normes. Que sur le dernier versant de sa vie professionnelle il monnaye au point haut son capital ne me paraît d’aucune manière condamnable.


Que Robert Parker ait exercé, qu’il exerce encore une influence considérable sur l’industrie mondiale du vin, des grands vins dit-on, c’est indéniable mais, que je sache, je ne vois pas au nom de quoi il faille le clouer au pilori. Ce n’est ni un négociant d’armes, ni le gourou d’une secte, mais tout bêtement un critique qui a su monnayer son art. Que l’on ne soit pas d’accord avec sa vision du vin, que l’on condamne sa « mauvaise influence » sur les GCC de Bordeaux, qu’on l’accuse d’avoir « parkérisé » le vin, je le comprends parfaitement mais dans cette affaire il n’a pas agi en terrain conquis il a simplement trouvé un terreau favorable et il l’a exploité, surexploité même. Bien sûr, je comprends que l’on puisse le regretter, désapprouver, condamner, mais s’il n’y avait pas eu la rencontre entre des offreurs, les châteaux et les domaines, et des demandeurs : les acheteurs de grands vins, Parker n’aurait été rien qu’un parmi d’autres c’est-à-dire, n’en déplaise à certains porteurs d’eau, de gentils dégustateurs dans notre petit marigot.


Hanna Agostini, qui ne passe pas pour quelqu’un portant Parker dans son cœur, affirme que Robert Parker est le plus grand dégustateur de tous les temps : « Personne n'est capable de décortiquer un vin comme il le fait. Il peut déguster de 60 à 100 vins par jour, parfois davantage. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il peut à la fin d'une telle journée, lors d'un dîner, identifier la quasi-totalité des vins qu'on lui présente à l'aveugle sans se tromper sur le domaine ni sur le millésime. Derrière le mythe Parker, il y a un palais et un odorat exceptionnels. » Elle explique comment il est devenu le critique le plus puissant de la planète : « Robert Parker s'est imposé par son talent et sa capacité de travail, mais il a aussi bénéficié d'un contexte particulièrement favorable. Son talent s'est révélé avec le millésime 1982, qu'il a porté aux nues dès les premières dégustations et ce contre un bouclier d'avis autorisés. »


Le résultat c’est que tous ceux qui ont suivi ses conseils ont gagné beaucoup d'argent : «À la faveur du millésime 1982, une frénésie acheteuse sans précédent s'est emparée des Américains. Comprenant que les commentaires et surtout les notes de Parker forgeaient la demande aux USA, les Bordelais ont commencé à pratiquer une politique de rétention des vins visant à faire monter les cours. Par exemple, en 1985, la note parfaite attribuée au Mouton-Rothschild 1982 fait quadrupler le prix de la bouteille ! C'est à partir de ce moment-là que la place de Bordeaux est devenue la plus spéculative qui soit. Aujourd'hui, plus que jamais, le négoce et la filière attendent ses notes pour se positionner. Jamais personne n'a eu une telle influence sur le marché. »


Robert Parker s'impose au moment où beaucoup de choses basculent. « On constate dès le début des années 1980 une profonde métamorphose du monde du vin. Robert Parker accompagne et amplifie l'évolution commencée par l'œnologue Emile Peynaud vers des rouges fruités, mûrs, boisés, aux tannins souples. Mais la révolution n'est pas seulement d'ordre technique. Une mode se dessine. Le vin devient un facteur de promotion sociale. Il est de bon ton d'en boire, mais aussi d'en parler. Le vin prend encore une dimension financière à laquelle Robert Parker n'est pas étranger. Les bordeaux, qui demeurent la référence mondiale, lui ont permis d'asseoir sa notoriété. Mais ils lui doivent aussi d'avoir tenu leur rang dans la compétition mondiale. Il suffit qu'un cru soit évoqué par Robert Parker pour que son prix s'enflamme. Même s'il n'a pas voulu la spéculation qu'il alimente, il est aujourd'hui prisonnier de son système. »


La défense du consommateur le cheval de bataille de Robert Parker « il a surtout marqué les esprits en se posant comme un chevalier blanc, comme le plus intransigeant défenseur du consommateur. Il a fait de l'indépendance de la critique par rapport aux professionnels du monde du vin un principe absolu. ».


Mais, il faudrait être naïf en ignorant les réseaux bordelais de Parker « En évoquant ses relations avec l'œnologue Michel Rolland, les négociants Archibald Johnston, Jeffrey Davies, Bill Blatch et Dominique Renard, ses amitiés avec Jean-Bernard Delmas, l'ancien administrateur du grand cru Haut-Brion et la famille Moueix, je ne relate que des choses connues de tous. Loin de moi l'idée de qualifier ces liens. Je veux seulement démontrer qu'il y a un fossé entre son discours et ses pratiques. Comment expliquer qu'il qualifie d'« amis », voire d'« experts en amitié », certains éminents acteurs du monde du vin, tout en martelant par ailleurs qu'il n'a pas d'amis dans ce milieu et rappelant inlassablement l'impérieuse nécessité pour un critique de garder ses distances avec le négoce, sous peine de compromettre la fiabilité de ses avis ? »


La période Parker touche-t-elle à sa fin ? « Il a encore un large auditoire. Il faudra sans doute un peu de temps pour que les consommateurs s'affranchissent des oracles du gourou. Cela étant, les sources d'information sur le vin n'ont jamais été aussi nombreuses et les nouvelles générations sont mieux à même de se forger leur propre opinion. Par ailleurs, Robert Parker délègue de plus en plus : il ne s'occupe plus personnellement que du Bordelais, de la vallée du Rhône et de la Californie. Si la statue du commandeur semble solide, son piédestal vacille. »


C’était en 2007. 5 ans après l’homme ne descend pas de son piédestal, il le vend aux plus offrants sur le marché le plus porteur. Point c’est tout ! Irremplaçable bien sûr, son émergence de nulle part et son parcours atypique font de lui un phénomène non reproductible mais, de la même manière que nul n’aurait parié un kopek sur lui avant son coup de maître qui peut dire aujourd’hui qu’un gus, venu du diable vauvert, ne prendra pas tous les installés à contrepied ? Je n’en sais fichtre rien et pour tout vous dire ça ne m’empêche pas de dormir.


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Je préfère m’intéresser à la petite annonce de Gégé pour mettre en vente son hôtel particulier de la rue du Cherche-Midi, dans le 6e arrondissement de Paris. Une demeure somptueuse qu'il avait achetée en 1994 pour 25 millions de francs payés comptant. Selon les informations du Parisien, elle aurait été mise en vente il y a trois mois pour la bagatelle de 50 millions d'euros. « Propriété de 1 800 mètres carrés habitables comprenant l’hôtel de Chambon construit au XIXe siècle, inscrit aux Monuments historiques, agrémentée d’un jardin et de terrasses. De l’autre côté du jardin, un second bâtiment de type loft, éclairé par un puits de lumière, superbe pièce d’architecture et de design »


L'été dernier, le « gros Gégé » avait fait visiter son gourbi à Serge Kaganski des Inrocks et le « maître » dans son style grandiloquent  avait expliqué son utilisation des lieux :


« J’y habite de temps en temps… Mais je ne sais pas encore ce que je vais en faire. Ce n’est en tous cas pas un lieu pour faire la fête, au contraire, plutôt pour méditer, avoir des conversations. Dans toute maison, il y a un endroit où on lit, où on peut penser. C’est l’espace, l’occupation de l’espace, qui m’intéresse. La fête, c’est fermé, comme un ventre dans lequel tous les vices se forment et se déforment. Là, au contraire, c’est la pureté, c’est affronter cette vérité qui peut sortir de nous, avec nos vices et nos puretés. Le thème qui a guidé ce lieu, c’est le passage du temps. Avant de prendre possession de ce lieu, il faut se connaître et bien s’apprivoiser. Même moi qui suis cuisinier, il m’a fallu du temps pour apprivoiser cette cuisine. Trouver la place d’un objet, d’une pensée, d’une liberté, ça prend du temps. »


Voilà pour moi la messe est dite Robert Parker n’est qu’un amateur à côté de notre Gégé national qui lui n’a jamais été un enfant de chœur mais est devenu vigneron du côté de son château de Tigné et j’ai le souvenir de sa tonitruante arrivée à l’hôtel de Villeroy pour venir quémander auprès d’Henri Nallet, alors Ministre de l’Agriculture des droits de plantations pour sa nouvelle acquisition. Sacré Gégé il a toujours su y faire pour faire du blé avec du vin… comme notre Bob d’ailleurs… deux bons acteurs le Gégé et le Bob…


  


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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 00:09

Toutes les vaches du Taulier sont au pré, façon de parler, bien sûr, je suis enfin arrivé au bout de la tâche qui m’a été confiée voilà plus de 18 mois par mon boss le Ministre de l’Agriculture : retrouver à des éleveurs laitiers du Grand Sud-Ouest des entreprises pour collecter leur lait. L’avantage avec la République c’est que, même si le titulaire d’un poste ministériel change, les affaires continuent, façon de parler toujours. Je ne vais ni vous bassiner avec les détails de cette médiation, ni m’envoyer des fleurs car si je peux enfin poser mon sac c’est que j’ai rencontré des femmes et des hommes de bonne volonté pour faire ce qui devait être fait. Certes il a fallu du temps, de la patience, une part d’inconscience, ce je ne sais quoi d’optimisme qui vous fait croire qu’à tout problème il y a toujours une ou des solutions. Bref, c’est fait et même si je suis un peu vanné, je dois vous l’avouer je suis heureux.


Je n’ai pas écrit satisfait, mais vraiment heureux, très heureux, de l’issue favorable de cette mission qui sera sans doute l’une des dernières que j’aurai accomplie pour le compte de la maison que j’ai servi pendant un morceau de ma vie professionnelle. En dépit des incertitudes, de ce qui par moment me semblait insurmontable, de tout ce temps passé à attendre des réponses qui ne venaient pas, des tensions, de l’angoisse de certains producteurs qui venant aux nouvelles devaient se contenter de ma seule parole, des petits sourires de ceux qui attendaient que je me vautre, cette mission fut l’une des plus passionnante, des plus forte, des plus enrichissante de ma déjà longue carrière.


Pourquoi ?


Tout bêtement parce que je me suis pris en pleine poire la réalité et que je n’avais qu’un seul choix : l’affronter, faire en sorte que les intérêts des uns et des autres convergent vers une solution. Sans tirer de conclusions définitives, générales, sur ce qui pourrait n’être considéré que comme un cas particulier, j’ai pu prendre le pouls de ce fameux terrain dont nos dirigeants, comme leurs opposants, disent qu’ils sont à l’écoute de ses aspirations. Je n’en doute pas bien sûr, mais ce dont je suis sûr c’est qu’à la fois ce qui leur remonte, et les canaux par lesquels transitent leur perception, ne leur permet pas de s’atteler à la mise en œuvre de réelles solutions. Chacun est dans son rôle, sa posture, ses à priori, ses contradictions, et Dieu sait si le jeu social est friand de la complexité, de l’ambiguïté et des discours à géométrie variable.


À ma toute petite échelle, sur mon micro-cas, n’ayant à ma disposition ni carotte ni bâton, je me suis efforcé d’utiliser ce qui fait souvent défaut dans les enceintes officielles de représentation et de négociation, la confiance et le respect des contraintes des parties en présence. Je suis un obsédé du lien social, et malheureusement dans notre pays il est souvent distendu. Bref, mon petit voyage au pays des vaches qui m’a fait toucher cette France des gens qui tiennent le territoire, de ces entreprises qui dans le secteur laitier sont pour quelques-unes de taille mondiale, de ce qui fait que notre pays dans la fameuse mondialisation n’a pas que des handicaps mais aussi ses atouts. Parmi ceux-ci les hommes et c’est cette richesse qu’il faut cultiver avec soin. Tout le monde en parle mais que fait-on réellement pour que ce patient travail de remaillage soit une réalité ? Entre les grandes stratégies des états-majors d’entreprise, les visions législatives des Ministres, les grandes négociations à l’échelle de l’UE, de l’OMC et des grands blocs mondiaux, il y a aussi la place pour l’explication : ne pas se payer de mots, dire les choses telles qu’elles sont au risque de déplaire.


Je me laisse entraîner par mon prêchi-prêcha alors que je m’étais dit que j’allais vous offrir une toute petite chronique, comme ça, pour marquer le coup. Ce qui me ferait vraiment plaisir serait de vous inviter, chers lecteurs, à boire un coup, entre nous, pour arroser ça. Mais vous êtes loin, éparpillés dans la France profonde et même au-delà. Bien sûr j’ai toujours plaisir à croiser certains d’entre vous à l’occasion. Merci de m’avoir aidé, à votre manière, en étant d’une fidélité inoxydable à mes chroniques bi-journalières. C’était d’une certaine manière ma thérapie pour fortifier ma patience, et Dieu sait que je ne le suis guère même si, l’âge aidant, je le suis un peu plus qu’avant.


Enfin, sans les nommer ici je remercie les fonctionnaires, à tous les niveaux, qui se sont mobilisés pour m’aider, qui m’ont suivi sur des chemins qui, au départ, n’étaient pas forcément ceux qu’ils avaient coutume d’emprunter, qui m’ont supporté dans tous les sens du terme. Nous avons de bons fonctionnaires, motivés, qui ne demandent qu’à faire, qu’à bien faire, encore faut-il les placer dans des conditions où ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce fut pour moi un grand plaisir de travailler avec eux. Merci à eux. De même, dans certaines des entreprises, j’ai rencontré des personnes de qualité qui, à leur niveau, m’ont permis de boucler ce dossier : grand merci aussi à eux. Mais, et je l’ai gardé pour la bonne bouche, tout ce chemin n’aurait pu être parcouru par votre Taulier si, dès le départ de sa mission, une personne au cabinet du Ministre ne lui avait pas fait toute confiance en dépit de ses manières de faire et de rendre compte pas toujours très orthodoxes. Merci Véronique Solère de m’avoir permis de vivre ce qui ne fut pas pour moi une expérience mais un vrai morceau de vie, de la vraie vie.     

 

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 00:09

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Vous le savez les fenêtres du hasard m’ouvrent parfois des perspectives que je ne soupçonnais pas. Tel fut le cas samedi où, venu en reportage chez « En Vrac » je suis tombé nez à nez avec Philippe Bornard, vigneron à Pupillin, « digne représentant des vins natures arboisiens. »  Une fois bouclé m’a plongée dans le vrac, m’être restauré, je me suis attaqué à la dégustation des vins du citoyen de Pupillin. D’emblée je lui confesse mon ignorance crasse de tout ce qui touche, de près ou de loin, aux vins jurassiens et que la tâche va être rude. Philippe connais, bien sûr, Olif le terroiriste hédoniste jurassique, la référence, le guide des petites louves et des petits loups parisiens pour la Saint Glou 2012. Vu l’état d’analphabétisme jurassique du taulier z’ont même pas osé l’emmener. Même qu’il me dit qu’Olivier Grosjean bourlingue en ce moment à Paris. J’en ris car moi je suis quasiment dans le Jura. Mais le Jura c’est quoi ? Je passe la plume au chartiste jurrassique.


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Jura: vignoble dont on a fait une montagne. Accessoirement, département immatriculé 39, de couleur plutôt verte. Par ailleurs, bouteille spécifique de forme un peu particulière, destinée à accueillir du vin du Jura, quelle que soit sa couleur, sauf jaune.


Entièrement situé dans le département du Jura, adossé au massif du Jura, le vignoble du Jura est une simple bande de terre de 80 km de long qui s'étend sur les coteaux du Revermont, de Salins les Bains jusqu'à Saint-Amour, aux portes de la Bresse, en passant par Arbois, Château Chalon et Rotalier. Reposant sur des sols argilo-calcaires qui sont à l'origine de certaines de ses particularités, ce petit bout de vigne affiche une sacrée personnalité. Séparé de la Bourgogne voisine par la large vallée de la Saône, il ne craint désormais plus l'ombre portée par le prestigieux voisin.


Les marnes du Lias et du Trias ont permis l'épanouissement de cépages autochtones originaux particulièrement adaptés à ce type de sols, cépages que l'on ne retrouve nulle part ailleurs ou presque. Savagnin, poulsard (ou ploussard, peu importe, l'important, c'est d'en boire) et trousseau résistent bien au développement croissant du chardonnay et du pinot noir, cultivés aussi de longue date, mais vraisemblablement importés de Bourgogne.


La renommée du vin du Jura lui vient en grande partie de l'un de ses produits-phare, le vin jaune. Cet accident œnologique, élevé pendant 6 ans dans un fût en vidange, sous un voile de levures qui le protègent d'une transformation en vinaigre, en ménageant son oxydation, donne un vin hors norme que le néophyte ne sera pas toujours à même d'apprécier à sa juste valeur. Les arômes caractéristiques de noix qu'il dégage font souvent fuir l'amateur de vins non-initié, autant qu'ils attirent comme des mouches ceux qui sont rompus à la dégustation de ce breuvage.


Outre de grands vins, le Jura a également donné naissance à de grands hommes. Le plus célèbre d'entre eux est sans nul doute Louis Pasteur, qui a effectué une grande partie de ses travaux sur la fermentation alcoolique dans la petite ville d'Arbois. On ne le remerciera jamais assez d'avoir considéré le vin comme étant la plus saine et la plus hygiénique des boissons, mais on déplorera tout le mal causé aux fromages au lait cru par la pasteurisation. Le plus injustement méconnu des inventeurs jurassiens est sans conteste Charles Sauria, né à Saint-Lothain, dont l'éclairage fut plutôt bienvenu à l'intérieur des caves, une fois qu’il eût inventé l’allumette à friction.


Les vins du Jura sont fort justement considérés par les Jurassiens comme les meilleurs des vins produits au monde. »


Sans vouloir vanner ce cher Olif, le Louis Pasteur sa citation prenait en référence l’eau qui n’était guère potable à l’époque et que le vin lui doit beaucoup grâce à ses travaux sur la fermentation. Mais bon ? hormis ces remarques subalternes comment voulez-vous que je vous fasse un compte-rendu de ma dégustation des vins de Philippe Bornard sous l’œil du maître ? C’est comme si Marc Lévy donnait une conférence au Collège de France sous le contrôle de de notre dernier Prix Nobel de littérature en 2008 Jean-Marie Gustave Le Clézio. Impensable ! Un carnage, pire que la charge de la Brigade légère ou que celle des cuirassés Français à de Reichshoffen.

 

Que faire ?


Dire tout bêtement que, putain les vins du gars de Pupillin le Taulier il a sacrément apprécié, même le fameux Vin Jaune qu’il ne faut réduire à un vin d’initiés, dont certains ne sont pas des œnophiles mais plutôt des drosophiles, je décoconne bien sûr cher Olif, mais à un vin difficile, au sens contraire de ce que les mâles dominants nomment les femmes faciles. Bon je m’emmêle plus qu’il ne le faut les pinceaux alors pour me rattraper aux sarments je signale que samedi dernier au soir se tenait chez « En Vrac » un dîner à base de saucisses de Morteau au vin jaune et cancoillotte, pommes de terres fumantes, Comté... accompagnés de Vin jaune, Vin de voile et Savagnin ouillé... C’était 25 €, sans le vin. Olif n’a pas pu venir mais moi j’ai contemplé l’opulence de la cocotte jurassienne.


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Un truc incontestable : les étiquettes de l’ami Philippe Bornard semblent être toujours les mêmes sauf qu’il y a un renard de gauche et un de droite selon la couleur mais le problème est toujours le même selon le point de vue de celui qui regarde ou de celui qui est regardé. Si vous n’avez rien compris ça n’est pas grave, je fais tout ce que je peux pour échapper à mes devoirs de dégustateur-imposteur. Le goupil est à gauche pour les blancs et à droite pour les rouges, ce qui  entre nous Philippe est un peu paradoxal sauf à ce que ce soit ma position face au rouquin qui comptât. Ouah, ouah… Je ne m’en sortirai pas.


J’ai donc dégusté dans l’ordre.


1-      La Chamade 2011 Arbois Pupillin Ploussard


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2-     Le Ginglet 2010  Arbois Pupillin Trousseau


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3-     Le Garde-corps 2009 Arbois Pupillin Trousseau (oublié de faire la photo).


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4-     Les Chassagnes 2008 Côtes du Jura Savagnin ouillé


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5-     Les Gaudrettes 2009 Côtes du Jura Chardonnay


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6-     Vin de voile lieu-dit Les Marnes 2007 Côtes du Jura Savagnin


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7-     Vin Jaune 2005 Arbois Pupillin


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8-    Vin de France Vin de Pagaille


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9-    Vin de table de France avec des bulles Ça va bien


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Mes préférés : en rouge c’est très difficile à départager mais puisque dans ce foutu turbin faut toujours ramener sa science je mets un peu au-dessus des 2 autres le Garde-corps 2009. Mon coup de cœur je l’avoue c’est les Gaudrettes 2009 Côtes du Jura Chardonnay. Mention très bien. Mais la surprise vient du vin de voile Les Marnes 2007 Côtes du Jura Savagnin, j’ai vraiment beaucoup apprécié et j’ai aussi bien aimé le savagnin ouillé 2008 les Chassagnes. Quant au vin jaune, dire que je ferais Paris-Lons-le-Saunier retour à vélo pour aller en acheter une caisse que vous ne me croiriez pas ; mais pour autant je ne fuis pas, c’est un vrai must et je comprends très bien qu’il ait de grands adorateurs. Moi qui ne suis qu’un modeste buveur assis, donc avant tout un mangeur qui boit en mangeant il faudra qu’Olif me dresse une ordonnance en vue d’un bon mariage. Reste le vin des copains de Philippe son Ça va bien qui bulle, j’adore !


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Je sais ma copie n’est pas très reluisante et Olif va écrire à l’encre rouge dans la marge : « un peu léger le Taulier » mais qui puis-je ? Sans doute écrire une chronique sur le Comté. Merci à Philippe Bornard pour son accueil, l’authenticité de ses vins, ben oui j’ai bu, et pour sûr que je vais, en dépit de mon côté cossard, explorer le Jura dès que le temps m’en saura donné. Pour l’heure je m’occupe encore de mes vaches mais bientôt l’heure de la retraite va sonner alors je vais me mettre à travailler.

 

Pour tenter d’amadouer l’intraitable terroiriste hédoniste jurassique je rappelle que Pasteur déclarait : « il y a plus de philosophie dans une bouteille de vin que dans tous les livres » en ajoutant « surtout dans les vins du Jura ». Pas mieux Olivier !


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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 00:09

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Le Taulier ne cherche jamais rien tout lui tombe dessus, comme ça, naturellement. La méthode est d’une grande facilité : il suffit de marcher, ou de circuler à vélo, de lever le nez du bout de ses grolles et de glaner ce qui se présente. Le dimanche du 104, pédestrement, alors que le métro venait de le jeter à Marx Dormoy, il prenait en enfilade la rue Riquet et tombait en arrêt, truffe en l’air, face à une étrange inscription « En Vrac ». Verrait ça au retour. Au retour : frustration la crèmerie était fermée. Clac, clac quelques photos pour stocker les infos et le pépère se dit in petto qu’il y reviendrait bientôt.


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Ce qu’il fit samedi dernier mais cette fois-ci en auto car le métro pour cause de Front Populaire ne le menait plus jusqu’à Marx Dormoy. Bordel habituel dans le quartier pour se garer mais le Taulier y est tout de même arrivé. Rassurez-vous, Mélanchon, à défaut de Hénin-Beaumont, n’a pas fait un remake dans le XVIIIe mais c’est la RATP qui prolonge la ligne 12 jusqu’à une nouvelle station : Front Populaire qui sera la 302e, et est située à la limite des communes de Saint-Denis et d'Aubervilliers.

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L’était pas bon à prendre avec des pincettes le Taulier, un peu fatigué. Pour se restaurer il décide de casser une graine et attendant il se fait son petit reportage photo avec l’assentiment de Thierry Poncin le boss du lieu.


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« En Vrac » c’est à l’angle de la rue de l’Olive, au 2, et comme son nom l’indique vend du vin en vrac www.vinenvrac.fr et les photos parlent d’elle-même. Mais ce n’est pas tout, ce n’est pas tout, il propose aussi une sélection de vins en bouteilles : du grand cru au vin naturel, de l’huile d’olive espagnole en vrac, des boîtes de sardines espagnoles, des pâtes de la ferme la Fringale dans l’Yonne, des cidres, des bières etc. Particularité il existe un atelier « faites votre vin vous-même » et on peut louer une cuve pour faire des assemblages at home.


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On ne peut pas dire que le concepteur d’ »En Vrac » manque d’idées, caviste depuis vingt ans, Thierry Poincin « n’a jamais oublié ces moments où, dans une France des années 60 baignée de soleil, il allait chercher du vin en vrac avec son père. Des années plus tard, au hasard d’une promenade automnale, il découvre le marché de l’Olive étincelant, sorti de sa rénovation. A cet instant, il sait que c’est ici qu’il relancera le vin en vrac de son enfance. »

C’est ouvert depuis 3 semaines et j’ai bien aimé l’ensemble avec, bien sûr, une mention particulière pour le cœur de cible : la vente de vin en vrac dont je défends l’idée depuis un bon petit bout de temps.


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Si vous êtes parisiens, franciliens ou pékins montant à Paris, je vous conseille vivement et chaleureusement de mettre le Cap d’abord sur Front Populaire (ligne 12) débarquer à Marx Dormoy et à 2 pas via la rue Riquet aller tirer le Vin en Vrac chez Thierry Poincin. Moi je suis reparti, chargé comme un âne corse bâté et le soir je me suis fait une plâtrée de pâtes de la ferme la Fringale dans l’Yonne. Succulent comme  de vrais sucres lents d’antan. En plus, comme un bonheur n’arrive jamais seul je suis tombé samedi dans les vins de Philippe Bornard : un sacré renard  vigneron à Pupillin… Affaire à suivre sur mes lignes : putain des lichées de Savagnin ça fait du bien et même que le Philippe m’a injecté du vin jaune en intraveineuses et oui, je vous le dit tout à trac il se passe toujours quelque chose chez vins « En Vrac »


Quelques détails pratiques :


Les Vins en Vrac et en bouteilles c’est ICI link

 

Pour le vrac Comment ça marche c’est ICI link 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 00:09

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Fut un temps où j’ai beaucoup fréquenté la Belgique, Bruxelles plus exactement, mais à part nos collègues belges du Ministère de l’Agriculture pas très préoccupés par l’avenir de la vigne du vin, je me colletais surtout à nos amis italiens qui eux nous faisaient un peu chier avec leur picrate des Pouilles et d’ailleurs que nos chers négociants mêlaient avec le jaja du Languedoc pour livrer les derniers arpents des gros buveurs. La mixture se dénommait en sabir communautaire MDVPCE : mélange de vins en provenance de la communauté européenne. Ces flux, qui excitaient le dernier quarteron des cagoulés  des CAV : Comités d’action Viticoles emmenés par le Bougon des Cépages, dont j’admirais les baccantes et les Ray Ban, furent brutalement interrompus en 1986 lorsque les exportateurs italiens eurent la « merveilleuse » idée de renforcer leur gros rouge avec du méthanol (quelques morts dans la Péninsule).


Bref, j’ai fait beaucoup de Paris-Bruxelles-Paris via un TEE et dans les zincs de ce qu’on appelait à l’époque le GLAM. Comme les négociateurs ont la fâcheuse tendance de bavasser jusqu’à pas d’heures, à part les restaurants où nous allions reconstituer notre force de travail avec du solide et du liquide, je n’ai jamais pu vraiment flâner dans Bruxelles. J’y suis retourné une fois en touriste et j’ai beaucoup aimé. Je ne vais pas vous faire le coup de : « j’ai des amis belges » car je n’ai que des amis tout court dont deux, un vrai et un émigré, dans la coopérative que j’ai contribué à fonder : les 5 du Vin. Le dernier en date, le néo-vigneron de Corneilla-la-Rivière, qui sait tout faire, du vin, des commentaires, la cuisine et aussi montrer son cul laiteux. J’ai aussi un paquet de lecteurs en Belgique dont certains sont membres de l’Amicale du Bien Vivre dite des Bons Vivants.


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Xavier Hanotte est un écrivain belge francophone né à Mont-sur-Marchienne le 31 octobre 1960 et il vient de commettre aux éditions Le Castor Astral collection Escales des Lettres un petit opus fort intéressant Soit dit entre nous… Je suis un OURS 12€. La série donne la parole à des auteurs, avec le soutien de brillants illustrateurs, ici Muriel Logist (illustration en tête de ma chronique) pour se livrer de A à Z sans rien cacher.


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J’ai donc choisi pour mes amis belges : F comme Flandre, L comme Langue, V comme Vin et W comme Wallon.


FLANDRE


« Pendant presque vingt-cinq ans, l’Ours wallon que je suis eut la Flandre au bout de son jardin. À deux rues, plus précisément. À cette époque, la frontière linguistique se limitait à quelques panneaux joyeusement peinturlurés par les ancêtres déjà prosélytes de MM. De Wever et Maigain. Des deux côtés, les indigènes trouvaient ça plutôt comique et, sinon propice à l’éclosion de talents artistiques qui trouveraient plus tard à s’exprimer sous forme de tags et autres manifestations ruralisées d’un art dit urbain. Coincé entre la Hulpe et Overijse, le quartier flamand de Malaise (Maleizen en langue de Conscience) nous envoyait, en procession et en mauvais français, laitier, brasseur et autres petites professions itinérantes. Jamais toponyme ne parut si injustifié.


Mais les choses évoluent. La complicité économique a fait place à une réciproque ignorance. Quand je repense aux temps de mon enfance, il me semble que j’évoque une période révolue, que restituent à peine, au fond des boîtes à chaussures oubliées, des collections déteintes de vieilles cartes postales. »


LANGUE


« Je n’ai jamais compris l’idolâtrie dans laquelle il faudrait tenir une langue plutôt qu’une autre. La littérature, pourtant, grouille de zélateurs dithyrambiques qui font de la langue française un idiome supérieur à tout autre par la vertu de ses héritages successifs, qu’ils fussent royaux ou républicains. Quant à la beauté intrinsèque, personne ne pourrait, selon eux, songer à la contester. Combien de fois, par contraste, ai-je entendu professer par les mêmes imbéciles que le néerlandais était un dialecte de bouseux, l’allemand un assemblage austère de sons gutturaux, l’anglais un meccano grammatical simpliste, etc.

Pour moi, toute langue est belle dès qu’on se donne la peine d’en comprendre la musique, et toute langue devient moche, gueulée par un sous-officier dans une cour de caserne.


Le reste relève de nationalismes auxquels aucun ours digne de ce nom ne pourrait souscrire. »

 

VIN


« Entre autres plaisirs bien connus, le vin me fait voyager. En France, bien sûr, mais aussi en Italie, en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Bulgarie, en Afrique du Sud… C’est qu’on a toujours fait du bon picrate ailleurs qu’en Gaule, et depuis bien longtemps. Durant ces années, j’ai collectionné les étiquettes comme je collectionnais les timbres. Elles me rappelaient celles que, déjà, les touristes fortunés ne collaient plus sur leurs malles-cabines en cuir bouilli, célébrant les charmes désuets de grands hôtels et de lointaines rivieras. Puis un jour, pour quelque obscure raison technique, il est devenu impossible de les décoller des bouteilles. Comme les timbres sur les enveloppes.

Pourtant je voyage toujours… »

 

WALLON

 

« On a beau dire, on a beau faire. Même affublés de bérets basques, les ours pyrénéens garderont toujours l’accent de leur natale Slovénie. Quand j’étais un jeune ours crétin, lisant Freud et Kant, auquel le mot terroirfilait de l’urticaire, j’aimais déclarer à mon grand-père, l’air pénétré, un sourcil haussé et la patte au menton, que je me sentais francophone. Wallon, ça faisait décidément trop campagne.


Ça l’ennuyait un peu, mais il ne disait rien.


Il m’a fallu vivre un quart de siècle à Bruxelles pour comprendre que je resterais toujours, par défaut, un ours wallon.


Toutes les patries sont imaginaires.

Je suis donc un Wallon imaginaire.


J’aimerais le dire à mon grand-père.

Ce n’est hélas plus possible »


Bien le bonjour à mes amis belges de la vigne et du vin et d’ailleurs… restez de grands ambassadeurs du jus fermenté du raisin, gaulois ou d’ailleurs… l’important c’est l’extension du domaine du vin…

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