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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 00:09

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Recevoir est un art subtil dont la finalité est d’une grande simplicité : mettre à l’aise ses invités. Le trop de tout écrase, le trop peu sème la gêne, mais alors comment donc atteindre ce subtil équilibre entre le faire plaisir et le ne pas trop en jeter à la vue ? Nulle recette codifiée n’existe même si des règles, jugées parfois désuètes, telles celles de la bible des bonnes manières le Guide du protocole et des usages de Jacques Gandouin, un ancien préfet. Laissons le protocole aux officiels et revisitons les bonnes manières en leur enlevant ce qui les recouvre de poussière. L’ingrédient principal de l’art de bien recevoir est l’attention, être attentionné vis-à-vis de ses invités est souvent le gage d’une réception, d’une fête qui enchante ceux qui y ont participé. Ni intrusion, ni révérence, accueillir, mettre à l’aise, proposer, briser la glace dit-on, converser, échanger et bien sûr se restaurer.


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Le gimmick de Stephan Eicher « Déjeuner en paix » j’ai envie de le revisiter à propos d’un dîner à Oh ! 31 rue des Martyrs auquel nous avait convié le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace. Tu as le code de la porte que tu pianotes en contemplant ton agenda. Tu sonnes : « c’est au premier » te dit dans l’interphone Eva. Dans le hall une jeune mère de famille s’affaire autour de son petit mouflon blotti dans sa poussette de compétition. Elle m’offre un beau sourire. Dans l’escalier tu te dis « j’aurais dû apporter des fleurs… » . Accueil, présentations, le salon est vaste, bien meublé, de grands canapés pour se poser et me voilà bien installé. Je papote, un peu trop sans doute, c’est l’âge Eva, mais déjà je sens que cette soirée va être une bonne soirée car nos hôtes du CIVA, représenté par Thierry FRITSCH, œnologue, ont fort préparé leur réception. 


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Nos amis des marches de l’Est savent bien que Paris est une terre de mission pour leurs vins, ils sont donc dans les starting-blocks soucieux d’être convainquant sans pour autant être pesant. Attentif donc, Thierry lance des ballons d’essai, tâte le terrain, il est précis, habité même, il n’est pas en service commandé, les vins proposés résultent de choix réfléchis, d’une réelle volonté de dépasser les clichés et les idées reçues. Pas aussi simple qu’on ne le croit lorsqu’on se retrouve coincé entre le marteau des petits blogueurs et gueuses, qui n’aiment rien tant que l’individualité, le petit vigneron, la bouteille unique en série limitée, et l’enclume de l’approche collective au service des vins d’une région à forte identité comme l’Alsace.  

 

Ma relation, parfois un peu rude, avec les mécaniques interprofessionnelles me met particulièrement à l’aise pour donner un vrai et un grand coup de chapeau à ce « dîner en paix » bien orchestré par Thierry à la baguette et Eva qui à l’œil à tout et sur tout. Que voulez-vous l’alchimie de l’accueil, des vins, de ce qui nous fut servi, de la vivacité et du rythme de ce qui ne fut pas une dégustation froide mais la chaleur merveilleuse d’une tablée. Je ne me sentais pas ailleurs, et je n’étais pas chez moi, mais vivant un de ces instants d’exception – pas exceptionnel, ce sont certains vins qui le furent – où tu te laisses vivre, le temps est suspendu, c’est un léger parfum d’ivresse qui te réconcilie avec la vie. Moi j’étais bien et même capable d’écrire tout le bien des vins qui nous furent proposés.


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Et c’est que là que les Athéniens s’atteignirent, Thierry FRITSCH a su dresser une large palette de ce que l’Alsace sait faire, bien faire, dans sa diversité, ses belles individualités mais aussi ses caves coopératives. Nous ne sommes que des petits chroniqueurs sur le Net et à simplement nous en tenir à ce que la tendance, nos goûts, nous font aimer et choisir, nous allons verser dans une forme d’élitisme coupé de ceux qui font la consommation de vin. Rien ne m’irrite plus que le discours à la mode « la consommation de vin fout le camp » en référence à des périodes où le gros rouge qui tache et le petit blanc de comptoir formaient les gros bataillons de gros buveurs. « Boire moins, mais boire mieux… » pèse très lourd sur la statistique, alors de grâce réapprenons à compter sur nos doigts : les belles bouteilles se situent à l’extrême pointe de la pyramide et le ventre de celle-ci vaut mieux que notre mépris.

 

Plus sérieusement revenons à la conversation qui a roulée à l'apéritif autour de Saint-Nicolas sont grand saloir mais surtout son père fouettard avec son martinet, parfois même son fouet, qui a mis nos amies bloggueuses dans des états que vous auriez peine à imaginer. 


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Place aux agapes après un apéritif autour d’un Crémant d'Alsace de la Cave d'INGERSHEIM www.geiler.fr (à l’avenir prévoir des seaux à glace ou mieux une jolie petite vasque où l’on couche le cul des bouteilles dans les icebergs pour les frapper, pas avec un martinet ou unnfouet les filles) et un très beau Muscat d'Alsace 2011d’Albert MANN www.albertmann.com j’avoue, je suis peut-être de parti-pris, j’adore les vins d’Albert Mann et comme je ne suis pas très addict du Muscat ici j’en ai repris. Nous sommes ensuite passés à table, une belle table et une très belle tablée, pas trop bruyante : « dîner en paix » mais disons joyeuse et gazouillante, babillante, pardon les filles, photos, tweet et tout et tout : bloguer ce n’est pas bouffer mais capter les accords mets-vins. Je plaisante un chouïa.


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Entame sur des huîtres plantureuses mais goûteuses mariées en première noce avec un Sylvaner 2010 Vérité d’Etienne LOEW www.domaineloew.fr puis en seconde avec un Riesling 2008 Clos Häuserer ZIND-HUMBRECHT www.zindhumbrecht.com. Pour l’accord j’ai penché pour le premier d’une grande pureté même si votre Taulier aurait plutôt choisi le Pinot Gris 2010 Le Fromenteau  JOSMEYER (le fromenteau est l’ancien nom du Pinot Gris en Ile de France. Son nom évoque les champs de froment, la moisson, la terre nourricière, c’est beau) www.josmeyer.com venu plus tard pour sa capacité à chatouiller les papilles, à les exciter par sa vivacité. Le Riesling d’Humbrecht est tout simplement grand quasiment hors concours, au-dessus, je l’ai bu rien que pour lui-même, hors tout.


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Notre chef d’orchestre en bout de table Thierry donnait le la, relançait, questionnait la tablée, faisait le métier comme on dit, avec humour et vivacité, pendant que son premier violon Eva officiait quille à la main. Je ne vais pas pour autant vous décliner tout le menu, je ne suis pas François Audouze, ce serait fastidieux mais vous faire part de mes deux découvertes de la soirée. Que mon ami Jean-Michel se rassure je suis toujours addict de son Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim 2007 www.marceldeiss.com et j’ajoute que Thierry a fait un sans-faute pour expliquer aux petits loups et louves, en phase de devenir des adorateurs des vins d’Alsace, ce qu’était ton superbe méli-mélo de cépages, la complantation et tout le reste de la chanson. Très beau Mont d’Or accompagné de mes deux coups de cœur. En finale, des tartelettes ananas/mangue Gewurztraminer dont les épousailles avec le 2005 Vendanges Tardives de la Maison HUGEL www.hugel.com/fr et un retour sur les bulles fines du Crémant d'Alsace de la Cave d'INGERSHEIM www.geiler.fr

 

Mes découvertes donc :

 

1-       Le  Pinot Noir Alsace 2009 Clos St Landelin René MURÉ www.mure.com

Quelques détails sur le Clos Saint Landelin situé à Rouffach qui est un monopole de la famille Muré. 12 ha à l’extrémité sud du grand cru Vobourg. Culture en terrasses car les pentes exposées sud sont très abruptes. Sol argilo-calcaire avec beaucoup de cailloux et sous-sol de « grès calcaire du Bajocien et de conglomérats calcaires de l’Oligocène » Culture AB. Vignes moyenne d’âge 45 ans, rendement 30hl/ha vinification en barrique.


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Avis du Taulier SGDG : il en a bu avec délice, il en a  rebu avec malice et ce ne serait pas un grand supplice que de lui imposer une semaine de cure intensive de Pinot Noir Saint Landelin. Pour faire dans l’image d’Epinal ce Pinot Noir est à l’image du somptueux pull violet (instagram le transforme en rose mais il est violet) du Taulier : doux et souple comme le mohair, onctueux comme un prélat, relevé je n’ose dire comment sous peine de me voir excommunié, des épices en diable sur du fruit qui croque. Du vin quoi, du vin que l’on boit dans les bras d’une fille qu’on n’a pas…

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2-       Le Riesling Grand Sommerberg 2008 Claude WEINZORN www.alsace-vignoble.net   

Quelques détails sur Le domaine de l’Oriel est établi dans la commune de Niedermorschwihr depuis plus de 3 siècles, et c'est Claude Weinzorn qui tient aujourd'hui les rênes de l'exploitation avec sa femme depuis la disparition de Gérard Weinzorn en 1995 lors d'un tragique accident dans les vignes. Le vignoble couvre 9 hectares. Le domaine se fonde en grande partie sa réputation sur des parcelles  de trois Grands Crus situés dans trois villages différents: Sommerberg à Niedermorschwihr, Brand à Turckheim et Florimont à Ingersheim.

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Avis de l’avis du vin que le Taulier partage : « D'une manière générale, ce couple de vignerons privilégie le travail et la sobriété pour extirper de leurs cuvées le potentiel des terroirs exigeants. Pas d'esbroufe donc, pas de mode, pas de marketing mais de la passion, des traditions et du savoir-faire, qui s'exprime tout particulièrement avec les vins issus du Sommerberg. »


Belle soirée pour le Taulier, merci  à nos hôtes alsaciens, il faudra que vos copains des autres grands zinzins du vin prennent de la graine, de nous avoir offert tout à la fois de la chaleur, du bonheur, de belles découvertes et une convivialité non feinte. C’est si rare de nos jours que le souligner va bien au-delà de la stricte et normale politesse. J’ai promis juré d’aller déguster des asperges d’Alsace, de Sigolsheim plus précisément  www.asperges-clarisse.fr . C’est comme si c’était fait… À bientôt sur mes lignes pour vous narrer ce grand moment…

 

Merci au chef  David Van Laer et pour tous Stéphan Eicher :


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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 00:09

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J’ai reçu dans mon courrier, sans que je m’y sois abonné, ce qui est contraire aux règles de la CNIL - chez moi lorsque madame Michu et monsieur tout le monde s’abonnent mon hébergeur leur envoie un lien pour confirmer leur inscription à éthique, éthique et demie - la charmante bafouille, dite newsletter, ci-dessous.


Je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer le texte de la charte de ce qui est un Agence de Communication. Si je voulais m’amuser, mais je n’ai pas de temps à perdre avec ces broutilles, je pointerais des incongruités étonnantes telle que le fait que ces braves gens ne veulent que des propriétaires classés en AOC Française. Exit les cons de fermiers, de métayers en vignes AOP comme bien sûr en IGP et encore plus en vin de France ils sont indignes d’être traités par cette agence d’un Troisième Type. Je me demande donc si Romain Paire du Domaine des Pothiers, dont tous les blancs élaborés à base de Chardonnay sont des Vins de Pays d’Urfé, en sera-t-il pour autant tricard chez VE2F ?


Bref, si vous avez quelques minutes à perdre je vous invite à me livrer vos impressions sur ce nouveau type de Buiseness pseudo-militant.


Je signale aux vignerons qu’ICI chez le Taulier tous les services sont gratuits. L’espace de liberté est ouvert aux quatre vents, sans ségrégation, de manière équitable, avec des lecteurs à la clé comme dirait mes potes d’ebuzzing link, à tous les vignerons qui veulent se faire connaître sur la Toile. 8 ans d’expérience ce n’est pas si mal. « Le taulier qui n’est pas mou du genou fait une proposition indécente aux vignerons : venez faire de la réclame gratis sur Vin&Cie ! » link 


Je n’ai rien contre ceux qui veulent rendre des services aux vignerons, libre à eux de choisir avec qui ils veulent travailler, avec les critères qui leur semblent bons, mais de grâce prière de ne pas se parer et de s’emparer du mot ÉQUITABLE et de rejeter dans les ténèbres extérieurs mes chers vignerons de la Coopérative d’Embres&Castelmaure ou ceux de la Coopérative d’Estézargues. Merci pour eux.


Je suis un vieil adepte du commerce équitable : Tout ça pour mes Veja...link 


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Bonjour,


 Voici la première newsletter de Vin Equitable de France. Retrouvez tous les 15 jours des informations sur le monde du vin, les nouveaux membres de la communauté mais aussi l'actualité interne de Vin Equitable de France (VE2F).


Nos engagements vis-à-vis du vigneron


Cette charte s’adresse aux vignerons sensibles aux nouvelles technologies de communication et de e-commerce désireux de développer leurs présences sur Internet.


Elle concrétise un engagement pour des valeurs et des objectifs communs et constitue le lien qui unit tous ses signataires vignerons avec Vin Équitable de France.


Elle précise les orientations de notre projet de service dans le but d’une communication et commercialisation plus équitable des vins de terroir qui répondent aux attentes légitimes de la société.


Les signataires, s’engagent au travers de leurs actes à soutenir et privilégier cette dynamique, afin de promouvoir une proximité entre le consommateur et le producteur.


I. Les conditions d’acceptation de la charte :


Être propriétaire récoltant et réaliser la mise en bouteille au domaine.

 

Être producteur dans une des AOC Française.

 

Privilégier les arômes terroirs aux arômes cépages.

 

Cultiver la vigne en respectant l’environnement.

 

Respecter et être solidaire des autres domaines de la même appellation.

 

Être favorable à l’accueil client au domaine (œnotourisme).

 

Tenir à jour son catalogue des vins et ses informations domaine destinés aux Internautes.

 

Fournir des photographies libres de droit afin d'illustrer toutes les rubriques de son espace sur Vin Équitable de France.

 

II. Vin Équitable de France s’engage à :

 

Fournir aux vignerons un outil de communication (Internet), simple d’utilisation, efficace en termes de référencement et de technologie, qui comprend les pages et moteurs de recherche nécessaires pour une communication complète sur le domaine et ses vins.

 

Être à la pointe des technologies internet en termes de communication et e-commerce. (QR code, mobile, réseaux sociaux…).

 

Accompagner le vigneron dans sa démarche internet (création contenu et diffusion).

 

Être réactif et disponible pour le vigneron qui pourra contacter Vin Équitable de France par téléphone ou mail.


Fournir en option un outil sécurisé et fiable pour réaliser des ventes en ligne.

 

Ne pas prendre de commission sur les ventes, mais à préférer une rémunération équitable sur les services apportés.

 

Fournir les mêmes droits d’accès à tous les signataires.

 

Vin Équitable de France est le partenaire privilégié pour la réalisation d’une communication internet et e-commerce optimale avec des vignerons réalisant des vins de terroirs, de qualité et respectueux de l’environnement.

 

Nos engagements vis-à-vis du consommateur

Les consommateurs raisonnables et éclairés sont toujours à la recherche d’informations pertinentes à jour sur les produits qu’ils affectionnent ou sur de nouveaux produits à découvrir.

 

Le vin (AOC) n’est pas un produit comme un autre, c’est un produit plaisir, un produit passion, un produit festif, un produit qui relie les Hommes entre leur savoir-faire, la terre, la plante, le climat et leur savoir-être.

 

Le vin (AOC) est un produit qui mérite une communication la plus précise possible, la plus technique possible, Vin Équitable de France a comme mission de rapprocher par Internet le consommateur du vigneron en le transformant en consom’acteur.

 

I. Vin Équitable de France s’engage à :

 

Veiller à ce que chaque adhérent vigneron respecte ses engagements

 

Veiller que toute l’information soit juste, précise et pertinente.

 

Faciliter les échanges directs entre consommateur et vignerons.

 

Permettre d’acheter en direct ou chez un caviste à partir d’un référentiel de prix justes, sans autres intermédiaires.

 

Faire profitez le consommateur des meilleures cuvées, des meilleurs tarifs consentis par le vigneron.

 

Garantir la démarche équitable du service de Vin Équitable de France.

 

Vin Équitable de France est le partenaire privilégié pour accéder par Internet à de l’information de qualité en toute transparence de la part d’une sélection très représentative et unique des vignerons de 320 appellation française, des vignerons réalisant des vins de terroirs, de qualité et respectueux de l’environnement.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 00:09

Comme je suis un garçon bien élevé, afin de ne pas tomber dans la vulgarité, j’évite de balancer à ceux qui me gonflent, me prennent la tête et que j’ai envie d’envoyer valdinguer « que je m’en tamponne le coquillard » car au sens premier, attesté au XVIe siècle, c’est depuis le Moyen-Âge, le sens de se moquer de quelque chose, n’en avoir rien à faire, mais comme le coquillard est ce que les humains posent sur le trône, la locution a des connotations scatologiques : ça signifie en clair « s’en torcher »


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Cédant sans doute au politiquement correct je préfère m’en tamponner la coquillette… ». Cependant, à bien y réfléchir, ma référence à la coquillette ne relève pas de la simple substitution du son « ard », qui fait penser au lard, par le son « ette », qui fait lui penser à fleurettes, le léger contre le lourd, mais d’un parfum d’enfance qui n’a rien de scatologique.

Dans sa préface à son petit opus « les coquillettes » aux éditions de l’Épure Sébastien Chambru écrit « Tapies dans le fond d’un garde-manger, enfermées dans leur paquet transparent aux crissement indiscrets, les coquillettes, sont ma « madeleine de Proust ». Comme moi, vous vous en êtes certainement délectés un jour ou l’autre. »

photocoquillettes.JPGLes coquillettes pour votre Taulier c’était des Rivoire&Carret dans des paquets en carton (rappelons que Claudius Rivoire et Jean-Marie Carret sont les inventeurs de l’empaquetage des pâtes alimentaires). Coquillettes au beurre des jours de maladie mangées au lit. Comme le disait ma mémé Marie « ça se mange tout seul ». Souvenir donc de ces petits coudes mangés à la cuillère, chaleur, douceur, réconfort et c’est toujours ainsi lorsque, pris d’une faim d’ogre, j’en fais cuire dans une casserole d’eau salée avant de les embeurrer avec du beurre salée. J’adore les manger debout dans ma cuisine.


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Extrême simplicité donc que je vais contrebalancer avec la recette de Sébastien Chambru baptisée Les boulettes de Sonia qui allient mes chères coquillettes avec de la viande hachée bien sûr mais surtout du foie gras : donc plat de Roi qui « pour les très grands soirs », je n’ai pas écrit le Grand Soir dont rêve Mélanchon, peut même voir les boulettes de Sonia s’enrober d’une chapelure de cèpes.

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Avec les boulettes de Sonia moi, rien que pour emmerder les grands faiseurs d’accords, qui sont plutôt des nanas d’ailleurs, je descends du Muscat Sec, ça permets de bien faire couler les boulettes. Et puis, avec une telle étiquette, Cuvée Goutte d’Or, je me réconcilie avec Mélanchon…


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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 12:00

L’histoire du type, père tranquille, sans histoire, qui descend un soir en pantoufles avec le chien pour aller acheter un paquet de cigarettes au bar-tabac du coin et qui ne rentre jamais chez lui m’a toujours fasciné. Pas même un bonsoir, ni de valise, se les mettre, se casser, se tirer, se barrer, se tailler, foutre le camp mettre les voiles, larguer les amarres, s’en aller, partir… pour ne jamais revenir. Filer. S’arracher. S’évanouir. Disparaître. Se fondre dans l’anonymat.

 

Je ne fume plus.


« La poésie c'est toujours le récit d'un retour.


Un peu comme le laboureur au bout du champ qui revient accompagnant un nouveau sillon.


Il y a ceux qui ne reviennent pas. »


Dernier stigmate de mon élevage, j’ai toujours eu et j’ai toujours du mal avec la Poésie avec un grand P car trop souvent elle emprunte les chemins de la grandiloquence, de la Pompe ou pire encore ceux d’un ésotérisme abscons, d’une forme de pré-carré pour initiés, mais les poètes, surtout ceux que l’on croise dans la rue sans les reconnaître, les vrais, sont le sel de la terre.


Enjeu de mots, mots fracassés, concassés, brisés, déchirés, jetés en l’air, crachés, maltraités, la poésie se glisse dans toutes les failles, prospère dans l’aridité, l’abandon, les marges, se moque des hauts lieux, vit, survit, dure, perdure loin des douceurs officielles. Elle est éclat, éclat de voix ou simple murmure intérieur sans avoir besoin de mur pour s’exposer. Chaissac peignait avec des épluchures les poètes d’aujourd’hui en sont réduit eux aussi aux miettes de nos tables opulentes.


Oui, il est des jours où face au bruit, au tintamarre de l’insignifiance de ceux qui tiennent la chaire officielle de la parole, l’envie de prendre son sac s’installe, lancinante, lourde, visqueuse… Pour s’en débarrasser, s’en défaire, je ne connais qu’un seul remède : de la musique, c’est le substrat, l’excipient comme dirait les potards, et les mots des poètes sans statut : vous, moi, lui, l’autre ou Serge Pey.


Ici c’est un discours, je hais les discours mais celui-ci c’est un fleuve en cru. Il a été prononcé par Serge Pey en décembre 1994 lors de la remise de la médaille d'or de la ville de Toulouse par les autorités municipales.


Ce matin comme un voleur j’ai déchiré un tout petit lambeau de l’affiche où les officiels l’avaient imprimé pour la coller sur un mur ladre d’une rue oubliée menant nulle part. C’est le sort de la poésie, c’est le destin des poètes, disparaître, se dissoudre, n’être rien ou si peu.

 

Merci Sylvie.

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Je me souviens d'un graffiti magnifique

rue Peyroliere qu'un jour un passant

avait écrit  hâtivement en gros caractères rouges sur un mur :

 

« J'aime une folle ».

 

Quelques jours après,

 

au-dessous,

 

un autre passant avait ajouté : « Moi aussi ».

 

Je trouvais cette écriture des murs plus fondamentale

 

qu'une page de papier,

 

mais qu'elle ne fut pas ma surprise,

 

un mois après,

 

alors que je passais dans cette même rue

 

pour relire ce poème magnifique

 

de voir un troisième graffiti

 

surajouté au bas des deux premiers

 

et qui disait « Et c'est la même »!

 

Ainsi un poème avait surgi dans l'anonymat de l'amour

 

et qui proclamait

 

« j'aime une folle, moi aussi, et c'est la même » !

 

 

Devient poète celui qui n'existe pas.

 

Le but de la poésie est l'anonymat de sa signature.

 

Serge Pey

 

La chanson de Trenet est belle : l’âme des poètes mais ce jour c’est Dave Brubeck qui aujourd’hui m’arrache un morceau de mes souvenirs… et je n’ai même pas de sac pour mettre les bouts…


 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 00:09

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Il est des jours où votre Taulier, tel un âne bâté, écrasé par les sollicitations de tous ordres, ployant sous les propositions de toutes natures, honnêtes ou malhonnêtes, même que certains ou certaines agitent sous son « muflon » des belles carottes juteuses alors que d’autres, fieffés cons, le menacent de gros bâton merdeux, rêve de la douce chaleur de la crèche de Bethléem où, en compagnie de son gros pote le bœuf, qui lui rumine pour oublier son état – ha les vaches ! –  de la douce et belle Vierge Marie et du charpentier Joseph qui se demande lui ce qu’il fout ici, il se reposerait. Bien sûr viendrait les bergers et leurs moutons, et Dieu sait si les moutons sur la Toile ce n’est pas ce qui manque, puis arriveraient du diable vauvert les rois Mages qui auraient forcés tous les barrages puis sauté le Mur de la honte et enfin, suprême honneur ce serait le temps de porter sur ses flancs la mère du divin enfant pour fuir en Égypte.


Je ne vais pas ici vous dresser la liste de tous ceux qui me demandent de relayer l’information de la naissance de leur  nouveau site de vente sur le web forcément génial, très original, des passionnés, des quasi-mécènes en culottes ou jupes courtes pour braves vignerons. Non, je ne suis et ne serai jamais le BALO (Bulletin d’annonces légales pour les mauvais esprits.)

Je passe aussi sur l’intrusion irritante et constante, les relances de certaines agences pour que je pisse en permanence de la copie conforme à leurs petites exigences. J’ai su manier l’encensoir avec volupté et virtuosité au temps de mes soutanes d’enfant de chœur mais je n’ai nul envie de me transformer en haut-parleur en échange d’un plat de lentilles même cuisiné par un chef étoilé. Les étoiles je les préfère dans le ciel de Bethléem.


Si vous pensez que j’exagère, que je geins pour rien, que je devrais adopter une élégance condescendante à la de Rouyn je vous offre pour la bonne bouche deux sollicitations : l’une vraiment étonnante sans doute liée à ma chronique des Vendredis du Vin de novembre drivés par Olivier Lebaron et l’autre bien plus mercantile conséquence de mon immense et incalculable pouvoir d’influence mesuré chaque mois par ebuzzing.


1-      l’ASSOCIATION POUR LES CERCUEILS ECOLOGIQUES EN CELLULOSE ETAUTRES MATERIAUX NATURELS (ACEC), qui boudée par les pompes funèbres, me demande de faire du lobbying associatif pour le cercueil écolo. Demandez le cercueil écolo !

 

(ACEC). Objet : promotion en France, en Europe et dans le reste du monde, de l’usage des cercueils écologiques en cellulose et autres matériaux naturels (fibres végétales notamment) ; la création d’un réseau d’échange d’informations relatives aux matériaux naturels et d’incitation à leur adoption ; la mutualisation de compétences et de ressources pour encourager la recherche, l’expérimentation et le développement de solutions innovantes en matière de cercueils écologiques naturels ; la formation professionnelle des personnes qui contribuent à l’utilisation des cercueils en matériaux naturels ; la définition des positions et propositions de la profession vis-à-vis des pouvoirs publics, des instances de normalisation et des autres organisations professionnelles. Siège social : 54, route de Mervans, Outre Cosne, 71620 Saint-Martin-en-Bresse. Date de la déclaration : 23 novembre 2012.


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2-     « Les Priceless Soupers » sponsorisés par Mastercard via le Bureau du Fooding

 

Bonjour Jacques,


Je m'appelle … et m'occupe de la communication au Bureau du Fooding. Je me permets de vous écrire afin de vous présenter en quelques lignes « Les Priceless Soupers », une opération qui pourrait intéresser les lecteurs parisiens de votre blog.


Pour résumer: Trop de restaurants sont devenus inaccessibles à moins de s’y prendre des semaines, voire des mois à l’avance. Ou d'être prêt à se présenter bien avant l'ouverture, quand ils ne prennent pas de réservation...


Pour remettre un peu de simplicité et de spontanéité au menu, Le Fooding a créé les Priceless Soupers, un service qui permet aux gastromaniaques de réserver dans les restaurants préférés du Guide (souvent les plus inaccessibles) sans façon et sans logistique infernale, à la dernière minute.


Plus que des simples soupers, les Priceless soupers sont de véritables festins surprise, comme en témoigne le prochain rendez-vous, spécialement dédié aux amateurs de vin :

Le Jeudi 6 décembre,  à l'inénarrable Chateaubriand : un menu en 9 temps accords mets et vins 100% René Mosse, pour lequel le vigneron culte d'Anjou viendra ambiancer la salle en présentant ses vins, avec la complicité de la pop singueuse australienne Nadeah, qui signera là, en live, son premier bistrot-concert.


Donc, pour booker l'imbookable, deux liens : www.priceless-soupers.com  et www.priceless.com/paris

 

Je me tiens bien sûr à votre entière disposition pour tout complément d'information.

 

Merci beaucoup, et à bientôt,

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Priceless Souper #02

Jeudi 6 décembre 2012 à 19h30

Au restaurant Le Chateaubriand

Iñaki Aizpitarte

Nadeah en bistrot-concert + présence du vigneron René Mosse

Menu en 9 temps

120 € par personne avec accord mets & vins (100% René Mosse !)

129, avenue Parmentier

Paris 11 (75011)

MÉTRO : Goncourt, Parmentier

 

Manifeste


C’est peu dire que le sketch du « super resto où il est impossible d'avoir une table » a fini par en épuiser plus d’un. Et le Fooding plus que quiconque, conscient de contribuer à la procréation de ces nouvelles gymnastiques de réservation : « Chez nous on peut réserver maximum 25 jours ouvrés à l'avance. Je vous explique : le 5 du mois, vous pouvez réserver pour le 8 du mois suivant. Puis le 6 pour le 9. Et ainsi de suite. C'est simple non ? Donc il faut juste nous rappeler jeudi en 8 entre 11h et 11h15 et il ne devrait pas y avoir de problème. »

Et si on remettait un peu de simplicité dans tout ça ? Une envie soudaine d'un bon repas, une résa, et en voiture Simone ! Engagés, comme toujours, dans une croisade pour plus de spontanéité, le Bureau du Fooding a donc décidé de mettre son grain de sel dans les flux réservatoires.


Les Priceless Soupers, que nous lançons avec nos chers amis de MasterCard (avantage est donné à leurs détenteurs), vous permettront de réserver dans vos restaurants préférés sans façon et sans logistique infernale. Au dernier moment, ou presque, comme quand l’appétit vous prend. Naturellement, on a quand même demandé à nos chefs préférés d’en profiter pour vous concocter quelques surprises… Bref, guettez lefooding.com et sautez, toutes les deux semaines environ, sur l’occasion qui fait toujours le lardon.

Sincères dégustations,


Le Bureau du Fooding


Voilà un petit morceau de la vie que je vis, petit blogueur de merde, confetti ou con tout court, sur l’immensité d’une Toile où les mercantis badigeonnés aux belles couleurs pastel de la tendance main sur le cœur je suis un défenseur de… voudraient me transformer en homme-sandwich. Désolé, je ne suis pas là pour ça. D’ailleurs, parfois je me demande ce que je fais-là mais tant que je suis là je fais ce que je veux et je dis merde à tous ceux qui viennent me faire la danse du ventre.


Mais comme je ne suis pas pour autant un bonnet de nuit je finis par où j’aurais dû commencer : un courrier de Karène Martel-Dumas co-fondatrice d’In Vino Veritas Agence de voyages2960, rue Huguette Wentworth-Nord, J0T 1Y0 Québec, CANADA. Et, une fois n’est pas coutume le Taulier lui passer les plats pour la seule cause qui vaille ici : l’extension  du domaine du vin.


Bonjour Monsieur BERTHOMEAU,


Je viens tout juste de découvrir votre blog et je vous en félicite. Je sais qu’en tant que bloggeur il y a toujours un tourbillon d’idées dans notre tête en tentant de trouver un sujet à apporter sur la table et de s’exprimer sur celui-ci.


Je tente ma chance en tant que nouveau sujet, peut-être pas nouveau mais chose sûre nouvelles personnes et une nouvelle dynamique pour l’œnotourisme.


Je suis la co-fondatrice de l’Agence de Voyages In Vino Veritas, notre but est de dépasser l’épanouissement «du bon verre de vin», nous voulons faire voyager les gens dans les régions viticoles d’un pays ou même d’un continent. Nous voulons casser les frontières des pays mais aussi casser le mythe que le tourisme viticole est réservé à une certaine élite. Nous travaillons donc à chaque jour pour proposer 3 formules d’hébergements, à 90% dans les vignes, qui conviendront à toutes sortes de budgets.


Nous proposons des séjours déjà préétablis qui sont modifiables sur mesure selon les intérêts de l’amoureux du vin, du néophyte ou bien du débutant.


Nous avons la conviction que ce monde mérite d’être découvert de tous!


Que ce soit pour votre information personnelle, pour vos amis ou pour les gens qui vous suivent à chaque jour, In Vino Veritas est présent pour créer un séjour idéal.


www.invinoveritas.travel

 

Jetez-y un coup d’œil!


Karène Martel-Dumas

 

C’est ce que j’ai fait : cliquez sur www.invinoveritas.travel puis sur Français et voilà un aperçu :

 

1-      Pour Noël, offrez un rang de vignes! (France, région Bordelaise)

— Adoptez un rang de vignes, suivez l'évolution durant 3 ans et dormez au domaine!

Forme de voyage : Libre

Période de l’année : Toute l'année; hâtez-vous seulement 50 rangs de vignes disponibles!

Profitez du temps des fêtes pour offrir tout un rang de vignes et une nuitée au domaine. Suivez l’évolution de votre vigne durant 3 ans!


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2-     Tour des vignobles de la Bourgogne à Vélo ! 4, 6 ou 8 jours


shutterstock_551888111-470x230.jpgVelo-vigne-21-470x230.jpg

 

Et voilà le travail mes chers lecteurs… Comme le dit un slogan affiché sur les murs de Paris pour une enseigne : « On va tout Fêter » Laissez venir à moi nos amis québécois

 

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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 00:00

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Ben oui les petits loups, les louves aussi, le Taulier a passé deux bachots avant de monter à l’étage supérieur et, comme il faut toujours qu’il se distingue, la première partie de ce bachot a été supprimée l’année qui a suivi le passage du jeune et sémillant Taulier.


« Passe ton bac d’abord ! » c’est du Pialat du meilleur cru…


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Donc au fameux bachot, mot d’argot, ce qui comptait d’abord bien sûr c’était de l’avoir mais surtout pour les machines à concours de décrocher une mention.


Assez Bien – de moins de 14 à 12 et +

Bien – de moins de 16 à 14 et +

Très Bien 16 et plus

Les + de 10 c’est Passable


Bref comme votre Taulier aime bien les grosses cotes, les gros coefficients qui vous permettent de passer à l’aise, le défi fut pour lui pour le premier bachot la dissertation de français et pour le second : celle de philo. Mon chiffre magique fut donc 18 sur Vin, pardon sur 20.


Cette mise au point faite j’en reviens au guide de Rémy Poussard Le Grand Classement des Vins de Bordeaux millésime 2008.


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La meilleure note est 17,8/20 pour le château du Gaby link qui aurait mérité de se hisser jusqu’à la note fétiche du Taulier.


Trêve de plaisanteries, en vertu de la grille du bachot français :


1-   60 vins du GCVB ont la mention TB


2-  227 vins du GCVB ont la mention B


3-  263 vins du GCVB ont la mention AB


4-  45 vins du GCVB sont passables


5-   1 seul vin du GCVB est recalé avec 9,2/20


Donc chez l’ami Poussard c’est le bachot pour tous et même plus c’est le bachot avec mentions pour un sacré paquet de prétendants. C’est mieux que Chevènement et Jack Lang pour une fois réunis à notre Éducation Nationale. Bien sûr à Bordeaux tout est grand et tout est beau mais moi cette distribution me chiffonne un chouïa. J’avoue que, l’importance du ventre mou des notes moyennes, 308 vins sur 586 donne de cet ensemble une impression de peloton de porteurs d’eau. Mais bon c’est sans doute la méthode Poussard qui veut cela.


Une dernière remarque mon cher Rémy Poussard : une présentation plus aérée et plus légère ne nuirait en rien à votre Grand Guide qui a un côté sous-sol du Bazar de l’Hôtel de Ville : on y trouve tout mais putain faut s’y coller.


De façon purement arbitraire j’ai extrait 5 lauréats du Top100 de Poussard : 4 mention TB et une B.


J’adore les commentaires ils me laissent songeur. Mais tout de même le pompon c’est sans contestation la « Finale en queue de paon » du Virginie du camarade Jean-Luc vraiment ça vaut son pesant d’érotisme évocateur du style de celui de la célèbre Baronne G


Château Chantegrive Graves n°4 17,4/20 16€ 180 000 bts. www.chantegrive.com


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Robe rubis dense presque noire, avec un halo pourpre. Nez hyper puissant de bois de cèdre, vanille, graphite, suie, torréfaction, anis, myrtilles, iris et mauve. Splendide  bouche ample, puissante aux tanins robustes mais nobles. Matière sur le cuir et des épices orientales, de la mûre, du cassis et des framboises sauvages. Longueur poivrée. Un vin complexe d’une grande complexité aromatique. Finale longue et florale.


1-    Virginie de Valendraud Saint-Émilion n°12 16,9/20 37€  15 000 bts. www.thunevin.com


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Robe rubis à pourpre très dense, limpide et très brillante. Nez hyper expressif de bois de cèdre, boîte à cigares, réglisse, fumé, moka, grillé, marmelade de cassis et fraises des bois. Magnifique bouche ample et charnue concentrée sur le cassis très mûr. Matière immense aux tanins nobles avec de la torréfaction, du pain grillé et des notes toastées. Longueur sur les épices orientales et la vanille. Finale en queue de paon.


2-  Le Clos du Beau-Père Pomerol n°28 16,6/20 35€ 7000 bts. www.thunevin.com


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Robe rubis dense avec halo pourpre. Nez fin et complexe de café, chocolat, torréfaction, vanille, cuir, grillé, humus et suie. Splendide bouche explosive de complexité avec des tanins raffinés, de la torréfaction, du chocolat au lait et du grillé. Matière florale, violette et réglisse. Longueur droite et bien structurée. Finale complexe. Un grand vin.


3-  Château Vray Croix de Gay Pomerol n°57 16/20 44€ 10 000 bts. www.baronneguichard.com


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Robe très sombre, cerises noires avec des refllets tirant vers le bleu foncé. Nez délicat et expressif de fruits noirs avec du café, du chocolat au lait et du cacao. Très jolie bouche s’ouvrant sur de la marmelade de mûres, cassis et pruneaux. Matière toute en finesse avec du grillé, du boisé et des tanins granuleux. Belle longueur fruitée et café noir.


4-  Château Franc-Patarabet Saint-Émilion Grand Cru n° 81 15,7/20 15€ 2500 bts. www.franc-patarabet.com


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Robe rubis dense, limpide et brillante. Nez velouté, fruits rouges et noirs, torréfaction, grillé, vanille, moka, bois et pain grillé. Bouche ferme aux tanins robustes encore en devenir avec de la noix. Matière très épicée avec du poivre et du grillé. Longueur impressionnante un peu chaude

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 00:09

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J’ai hésité entre Roussillon et Catalogne puisque dans ce département des PO certains se se revendiquent catalans mais je trouve que le Roussillon, avec la partie française de la Cerdagne, le Conflent et le Vallespir qui a été rattaché à la France lors du traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659 est géographiquement plus représentatif. En effet, le Roussillon (en catalan : Rosselló) est limité au sud par le massif des Albères, à l'ouest par le massif du Canigou, au nord par les Corbières, à l'est par la Méditerranée.


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Marie-Pierre, le site d’un restaurant La Robe link, la situe très précisément en affichant sa filiation « Le Domaine de Blanes, créé en 1958 par Jean-Pierre et Rose-Marie Bories est repris en partie par Marie-Pierre …. » et elle d’écrire «Tout un symbole à mes yeux car le vin est un chemin, le chemin de la vie. C'est un détour qui, à chaque virage, vous laisse des impressions (...) toujours porteur d'un message.» C’est ainsi que je l’ai rencontré, une seule fois, à dîner chez Rose-Marie et Jean-Pierre Bories à Pézilla-la-Rivière dans les Pyrénées-Orientales. « Après avoir exploré d'autres paysages viticoles (Argentine, Chili, Australie pour Chapoutier), » Marie-Pierre Bories s'est installée en 2000 sur la propriété de ses parents 15 hectares rattachés à une exploitation familiale de plus de 80 hectares. En quelques années, elle a développé un ensemble très cohérent de vins qui expriment sincèrement leur origine et ne cèdent pas aux modes caricaturales qui ont malheureusement cours dans cette région. » c’est la LPV qui le dit donc le taulier est impressionné car il ne peut se targuer, lui, de connaître Marie-Pierre dont il a perçu, lors de ce dîner, la très forte et affirmée personnalité.


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Jean-Pierre, son père, lui je l’ai bien connu lors de ma médiation Vin Doux Naturels puisqu’il était président de l’Interprofession des Vins du Roussillon, les vins secs comme on dit là-bas. En effet, en ce temps-là, à Perpignan siégeaient deux interprofessions : le CIVDN, présidée alors par Bernard Dauré, et l’autre donc. Entre les deux ce n’était le grand amour, les VDN sur le déclin avaient régnés en maître pendant quelques décennies alors que les vins secs du Roussillon restaient dans une modeste confidentialité. Mon but : les fusionner et donc négocier le sabordage du CIVDN et la transformation de l’interprofession des vins secs en interprofession de tous les vins du Roussillon. Ce fut long car les dominions de cette belle région : Banyuls et surtout Maury renâclaient à se fondre dans le pot commun. Bref, comme à son ordinaire le taulier rama dans sa petite barque avec sa petite rame pour arriver à ses fins. Cependant, avec Jean-Pierre Bories, son plus grand souvenir fut leur montée à Maury, un vendredi en fin d’après-midi, pour tenir une réunion publique à la salle polyvalente afin de discuter de l’avenir de Maury : vin sec or not vin sec. Jean-Pierre, natif de Maury, et dont le père Jean-Pierre fut le premier président de la cave je crois, m’épaulait. Je plaidais la cause de la diversification ce qui provoquait l’ire du président de la cave, Jean-Guy Pujol, qui régnait en maître sur Maury en s’appuyant sur sa position de membre du CN de l’INAO.  La suite est connue mais je ne m’accrocherai pas de médailles pour autant, pas vrai Bernard Rouby.


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Fernand Vaquer, le beau-père de Frédérique, lui je l’ai connu, toujours bien sûr au cours de ma mission, lors d’une des réunions publiques que je tenais dans la zone Rivesaltes pour expliquer la situation catastrophique des VDN. C’était dans les Aspres, dans une salle, à Trouillas je crois, une grosse centaine de vignerons. Je logeais moi tout près à Saint-Jean Lasseille dans une propriété du Conseil Général et le président du Syndicat des Vignerons était JR.link Ambiance tendue car « ici on fait le vin doux »le Taulier se voulait convainquant alors, pour détendre l’atmosphère, il se lançait dans une comparaison hasardeuse  avec le rugby à l’ancienne et le rugby moderne en faisant bien sûr allusion à l’USAP. C’est alors qu’au dernier rang Fernand Vaquer s’est levé et à tirer de sa poche de veste une coupure de presse qu’il a déclamé. Il s’agissait bien sûr du JO des PO : l’Indépendant. Si mes souvenirs sont bons Fernand Vaquer s’y insurgeait contre le style de jeu de l’USAP. Grand moment : pour la petite histoire Jacques Séguéla, auteur d’une célèbre campagne pour les VDN, à cette époque avait l’ambition de mettre la main sur l’USAP et je le croisais dans l’avion d’AOM (Perpignan se payait le luxe de 2 compagnies aériennes : AOM et Air Liberté). Bref, je dus par la suite me rendre, un matin, à Tresserre au lieu-dit « Pla del Rey » site de la bataille historique dite du « Boulou » en 1794… afin d’y déguster les vins du domaine Vaquer qui s’illustrait par la mise en bouteille de ses vins secs. Fernand Vaquer était un  précurseur des vignerons du Roussillon. « Le premier millésime date de 1968… nous avons encore quelques bouteilles « collection » de ces vieux vins et ils se goûtent encore de façon très surprenante. A l’époque, il était inscrit sur l’étiquette « Roussillon dels Aspres » et VDQS puisque l’appellation Côtes du Roussillon n’existait pas encore … » souligne Frédérique dans Anthocyanes.


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Frédérique Vaquer, la belle-fille de Fernand, son mari Bernard Vaquer prématurément disparu Frédérique a repris le flambeau,  donne la clé : « Le Domaine Vaquer est un domaine familial depuis 4 générations. Dans cette tradition familiale, je suis « la belle-fille de Bourgogne ». Le domaine a été acheté en 1912 par le grand-père de mon beau-père, qui avait également un commerce de « tartres et lies de vin ». L’année prochaine, nous fêterons donc les 100 ans du domaine! Le père de mon beau-père, Fernand Vaquer (et j’ajoute « 1er » car son fils s’appellera aussi Fernand) s’est occupé de la propriété de son épouse, mais aussi était international de rugby et a été champion de France avec l’USAP plusieurs fois : la dernière fois en 1955 en tant qu’entraineur. Il était surnommé « le maréchal » et est encore très connu dans le département. Je mentionne ce fait comme un clin d’œil, car dans le département, l’équipe de Perpignan a un énorme succès et le nom de « Fernand Vaquer » est immanquablement associé au rugby; mais pour vous c’est un détail qui n’a que peu d’importance au niveau du vin. Au niveau du domaine, « Fernand 1er » a replanté le vignoble à partir de 1947 avec mon beau père… »


Frédérique je l’ai croisée à Bordeaux, lors du dernier Vinexpo, le lundi 20 juin, au Saint-James de Bioulac où à l’initiative d’Hervé Bizeul, une belle palette de vignerons et vigneronnes, majoritairement catalans, présentaient leurs vins. J’ai donc dégusté les vins de Frédérique et je dois le dire, en toute franchise, je les ai apprécié ce qui ne fut pas toujours le cas avec ceux de Fernand II. Bernard et Frédérique se sont rencontrés en Bourgogne à Dijon en 1985  pendant leurs études d’œnologie. « Le couple débute en 1991 et Frédérique se souvient « d’avoir eu les coudées franches » pour mettre en œuvre l’expérience bourguignonne avec des terroirs argilo-siliceux, un climat très chaud et des cépages autochtones. «  Art et passion des vins «  est leur devise. D’une sélection par parcelle, voire par rang de vigne, à l’élevage en barriques, Frédérique allie aujourd’hui le savoir-faire de Fernand et sa volonté de produire des nectars révélant le caractère des coteaux des Aspres. » dixit Anthocyanes


Toujours dans Anthocyanes Frédérique Vaquer : se situe « J’ai la volonté de vinifier des vins reflétant la finesse et l’élégance; le fruit et la structure; enfin des vins qui ressemblent à leur terroir et qui me ressemblent. Je n’aime pas la surmaturité ou la surextraction. C’est pour ces raisons que je privilégie en vinification pour les rouges les remontages doux aux pigeages et que la vendange est toujours totalement éraflée. Dans la mesure du possible, ce sont les levures présentes sur le raisin à la récolte qui assurent la fermentation alcoolique. De même, comme la vinification se fait en cuve ciment non détartrée, ce sont les bactéries lactiques du chai qui assurent la seconde fermentation dite « malo » ; je pense que la cuve ciment garde la « mémoire » du vin de l’année précédente… Pour l’élevage, selon les millésimes, il y a un peu de barriques d’un ou deux vins… rarement de la barrique neuve car je souhaite par l’élevage « ouvrir » le vin aromatiquement parlant et surtout pas le « boiser ».


Le fil de mes souvenirs a été tiré, un soir, dans une banlieue lointaine, Ermont, où les cafés sont fermés dès la nuit tombée comme si la main invisible des tristes avait décrété un couvre-feu de la convivialité, par deux bouteilles côte à côte sur l’étagère du caviste Aux cépages d’Ermont link qui nous accueillait pour une verticale du domaine Milan. J’ai tendu la main j’en ai saisi une, puis j’ai tendu l’autre pour attraper l’autre flacon. Lorsque je les ai posées sur le comptoir je savais déjà ce que j’allais écrire.


C’est fait…

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 00:09

Le taulier est fou du Clairet mais les Bordelais emboitant le pas  à la tendance se sont mis dans la tête de faire du « rosais » comme ces marauds de Provençaux. Grand bien leur fasse mais, tout même, lorsqu’on a le privilège de pouvoir élaborer du Clairet on en fait un must, parole de Taulier. Je sais le Clairet n’est pas du rosé mais pour une fois qu’une ambiguïté linguistique concernant une dénomination d’un de nos vins, à Bordeaux de surcroît, est le fruit de nos amis anglais, si prompt à nous moquer pour les subtilités de nos AOC, je ne résiste pas au plaisir de chroniquer. Claret, clairet, sont des héritages so british, et dans son chapitre 4 Jane Anson conte avec détails et précisions l’histoire des New French Clarets dès les années 1660, « où Arnaud III de Pontac s’était aperçu qu’il ne suffisait pas de faire un grand vin, il fallait le vendre… » et il envoya son fils, François-Auguste, accompagné d’un de ses maître-queux,  à Londres en 1666 à la fin d’une épidémie de peste bubonique et le grand incendie de la ville…


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Dans Bordeaux vignoble millénaire les auteurs écrivent « En 1435,  des paroissiens d’Eysines, Miqueu de Caseras et Peyrona de Neolet, son épouse, versent au chapitre Saint-Seurin, leur seigneur, en guise de cens pour dix tenures en vignes, une demi-pipe de vin clar, bon, pur, noed e maerchant ;une formulation assez commune en Bordelais. On y retrouve le fameux terme gascon de vin clar, anglicisé en « claret » ou « clairet », qui caractérise,  dans l’esprit des contemporains, la production vinicole locale. »


Mais il y a claret et claret, Jane Anson le souligne « Dès leur arrivée sur le marché, ces clarets de premier cru contribuèrent à l’apparition d’une classe de consommateurs plus sophistiqués et plus exigeants que jamais. Le terme New French Claret apparut plus fréquemment dans les catalogues de ventes de vins, se substituant au terme générique de claret. Les prix augmentèrent en conséquence, et l’on commença aussi à décrire les vins selon des critères d’apparence et de goût. La description d’une vente dans la Gazette en 1711 mentionne « de nouveaux clarets bordelais de France issus des meilleurs crus, profonds, brillants, frais et droits. »


« En 1705, une tonne anglaise (954litres) de Pontac (Haut-Brion) s’achetait 60 livres anglaises, tandis que la tonne de claret ordinaire n’atteignait que 18 livres, c’est-à-dire à peu près trois fois moins. »


« Les vins de Haut-Brion, qualifiés « grands vins » dès 1689-1690, faisaient l’objet de soins de conservation attentifs, grâce à des ouillages et des « tirages au fin », c’est-à-dire des soutirages répétés pour éliminer les lies. Rien n’atteste que Pontac se soit particulièrement soucié de sélectionner des cépages, ni qu’il ait discerné les vertus du vieillissement. Sa principale innovation concerne moins la production que la vente. Il fait du haut-brion son « grand cru » soulignent les auteurs de Bordeaux vignoble millénaire.


Ce qui  est remarquable c’est que cet évènement  d’importance, l’apparition des New French Clarets, semble être passé à peu près inaperçu des contemporains tant à Bordeaux que dans les cercles parisiens.


La tendance est lancée : « Le système a si bien fait ses preuves que les propriétaires des autres grands crus vont y recourir : en 1707, la London Gazette annonce ainsi la mise aux enchères d’un lot entier de « New Franch Clarets… being of growths of » Lafite, Margaux  et Latour. Il s’agit de vins de la dernière vendange, expédiés sur lie, sans clarification par soutirage. De ces nouveaux clarets français, l’avis précise l’origine : le mot growth, qui signifie ici cru, prend un sens nouveau. Il se réfère à un terroir particulier et non pas à une appellation générale, telle que graves, palus ou simplement claret. Le terme désigne nommément les trois grands crus médocains qui, ont acquis la notoriété aux côtés de leur prédécesseur des Graves, Haut-Brion. »


Vraiment nos amis anglais y font tout pour embêter avec leur goût pour la complexité. Bien évidemment, en quelques paragraphes, je n’ai pas épuisé le sujet mais l’important c’est qu’en définitive vous vous mettiez bien dans la tête que le Clairet d’aujourd’hui n’est pas un claret d’hier pas plus qu’il n’est un vin rosé de Bordeaux puisque c'est un vin rouge.


L'aire de production du bordeaux-clairet s'étend sur l'ensemble du vignoble de Bordeaux. Bien évidemment il n’y a du Clairet qu’à Bordeaux.


Pour la technique je cite « Pour le bordeaux rosé, la saignée est pratiquée après une macération de 12 à 18 heures alors que pour le bordeaux clairet la macération est couramment de 24 à 48 heures, ce qui donne au vin une intensité de couleur, une vinosité et une richesse de goût plus importantes. »


La Cave de Quinsac qui s’autoproclame capitale du Clairet précise :


« En 1950 Emile Peynaud élabore le Clairet et la Cave de Quinsac devient créateur de l'appellation Bordeaux Clairet et Capitale du Clairet.


Sous cette appellation et selon des critères de qualité spécifiques, nous trouvons, à partir des mêmes cépages que le vin rouge de Bordeaux (Merlot, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon), avec une faible macération entre six et quarante-huit heures, des vins peu colorés, peu chargés en tanins, plus souples et très aromatiques. »


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Bref, jusqu’ici je lichais, lorsque j’en découvrais, du Clairet soit du Château Thieuley, soit du Château Sainte-Marie. Et puis, comme j’ai le goût du paradoxe, le soir du Beaujolais Nouveau, chez Bruno Quenioux, j’ai fait l’emplette  d’un Clairet estampillé Château Massereau 12,60€


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Vraiment c’est du très bon, tout ce que j’aime dans le Clairet, vineux, du fruit de cerise anglaise, les guignes de ma jeunesse que je croquais sitôt cueillies, de la vivacité, de la jeunesse. C’est sans façon, sans chichi, mais ce n’est pas pour autant un vin sans caractère, tout mou, tout clair, light quoi. Alors, une fois n’est pas coutume, je mets ce Claret sur la première marche du podium. Il est mon must et il est évident que ça va avoir un grand écho à Bordeaux mais aussi chez les Parigots têtes de veau et j’ose les Parigotes têtes de vote : « Jean-François et François les mal élus… »


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L1000458Pour vous dire quelques mots sur Château Massereau je passe le stylo à Fleur Godart qui écrit dans Gmag d’avril 2012 : « Philippe et Jean François Chaigneau, jeunes vignerons installés depuis le début des années 2000 au château Massereau, poursuivent un idéal bien singulier depuis la sombre époque du « tout technologique » et l’avènement de la logique de consommation du plaisir immédiat. Ils ont été élevés aux vieux bordeaux et c’est par amour pour ces identités en voie de disparition qu’ils tentent de redonner ses lettres de noblesse à un château Barsacais dans l’aire de bordeaux supérieur, de graves rouges et de barsac. En cherchant bien, ils ont trouvé quelques hectares « à l’abri de la chimie locale » plantés de vieux cépages francs de pied – un peu moins de 10 ha au total – et remplacé les pieds manquants par de jeunes plants en sélection massale.


En sont issus des vins construits, faits pour traverser les années. Mais la traditionnelle structure de cabernets francs, cabernets sauvignons et petits verdots, tout juste arrondie par quelques vieux merlots « à queues rouges », se dévoile difficilement dans sa jeunesse. »


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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 00:09

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Raide dingue de Bashung j’avoue que je n’ai pas pu résister à la tentation de faire « Gaby, oh Gaby, tu devrais pas m'laisser la nuit/ J'peux pas dormir, j'fais qu'des conneries / Gaby, oh Gaby, tu veux qu'j'te chante la mer / Le long, le long, long des golfes / Pas très clairs… »

C’est Rémy Poussard qui m’a poussé à cette extrémité en sortant de derrière les tonneaux de Bordeaux sont GCVB : Grand Classement des Vins de Bordeaux millésime 2008 et en plaçant en number one des 596 vins classés : Cuvée Gaby 2008…du Château Gaby  www.chateaudugaby.com


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Gaby j't'ai déjà dit qu't'es bien plus belle que Mauricette

T'es belle comme un pétard qu'attend plus qu'une allumette

Ça fait craquer, au feu les pompiers…


Le père Poussard et sa bande de dégustateurs aveugles du troisième type lui ont accordé 17,8/20 et un commentaire où mon cher Alain aurait puisé avec gourmandise pour jouer avec les mots : halo violet / grillé / acidulée / cacao / charnue / fruits noirs : bois de cèdre… pour revisiter sa Gaby des origines…


Robe rubis dense avec halo violet. Nez expressif de marmelade de mûrs et cassis avec du  grillé, de la torréfaction, de la vanille, du poivre et du tabac. Bouche à la matière impressionnante de cassis et mûres avec une superbe torréfaction, de la vanille et du grillé. Matière croquante et charnue avec une subtile fraîcheur acidulée. Splendide longueur de bois de de cèdre et cacao. Finale interminable de fruits noirs. Un très grand vin.


Merlot 100% 4500 bouteilles 30€ et 3 coeurs


Notice de Jacques Dupont du Vignoble dans son célébrissime et indispensable guide des vins de Bordeaux sur le Château du Gaby :


16 ha 39


« En 1999 Antoine Khayat, anglo-franco-syrien (financier de la City) et, d’après la rumeur locale « un gars super-sympa » avait acheté du Gaby à la famille Petit. Comme d’habitude : gros investissements, embauche de Damien Landouar, un autodidacte doué et « très chouette », toujours d’après la rumeur locale. Peu à peu il a redonné du sens à cette propriété et la cohérence qu’elle avait perdue.


Malheureusement, Antoine et sa famille se sont un peu lassés du manque d’enthousiasme du marché pour cette appellation. En décembre 2006, David Curl, Canadien anglophone (et financier aussi) a racheté du Gaby. Un gars « sympa » lui aussi (sources déjà citées plus haut).


Il a conservé la même équipe et continue les investissements à un rythme soutenu 

La qualité est bien là et, pour les débouchés il a embauché un autre jeune, Pierre Rebaud, chargé de l’export. Efficace et « très sympa ».


Chronique du blog Webcaviste sur Château Gaby link 


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« Si le Château du Gaby est réputé être l’un des plus beaux lieux des rives de Dordogne, c’est « simple à comprendre » selon Pierre Rebaud, « mais pour le comprendre il faut venir visiter Gaby… la vue, le paysage vallonné, le château dans son environnement ». En effet, depuis le Château du Gaby, vous disposez d’une vue surplombant la Dordogne. Et grâce à son exposition privilégiée, le Château du Gaby vit au gré du temps et des lumières, et bénéficie donc d’une vue en perpétuelle évolution. « Tantôt la brume du matin ou seulement la cime des arbres dépasse, tantôt le ciel noir gorgé d’eau, mais toujours en fond la Dordogne qui nous protège … et de magnifiques couchers de soleil. L’environnement est très vallonné et chaque butte révèle une propriété », estime Pierre. Le Château du Gaby, c’est aussi une philosophie, comme il l’explique, « être simple, rester naturel, au contact du consommateur, à l’écoute, dans la passion et la transmission d’un savoir et le partage ». En d’autres termes, « toujours faire en sorte de faire le meilleur que nous puissions faire »


Bon pour terminer cette revue de presse je découvre sur le blog de Pierre Rebaud, le gars « très sympa » de notre Jacques Dupont,  où le Taulier n’est pas référencé, normal il  ne plaît pas à tout le monde, Miss Glou Glou … Vinexpo … et Gaby… Ophélie elle sait y faire, elle…link


Me reste plus qu’à me pointer au pince-fesses de B&D au Carrousel du Louvre pour me taper Gaby oh Gaby… en toute discrétion bien sûr et sans aucune modération...


En r'gardant les résultats d'son check-up

Un requin qui fumait plus à rallumé son clop

Ça fait frémir, faut savoir dire stop


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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 00:09

Parlons peu mais parlons vin… J’ai participé lundi de la semaine passée, chez l’ami Yves Legrand à Issy, aux assises des cavistes professionnels qui se sont regroupés dans un du tout nouveau syndicat des cavistes : les indépendants, les franchisés, les chaînes, les grands et les petits…


Et puis je lis à la fin de la semaine dans l’excellente revue de presse de Catherine Bernard dans Vitisphère.


« En attendant, nous avons nous Nicolas. Le magazine économique Capital link décrypte dans une enquête fouillée « comment le petit Nicolas est devenu un géant du vin ».


 Le secret du succès repose peut-être dans ce raccourci : « La chaîne se donne des airs de petit caviste. Mais en réalité, ses méthodes imitent celles de la grande distribution». « Chez Nicolas, on ne badine pas avec les consignes. C’est d’ailleurs l’un des secrets du plus célèbre caviste de France: une organisation ultra centralisée, quasi militaire, calquée sur celle de la grande distribution. Et tant pis si cette mécanique bien rodée lui vaut le dédain de bon nombre d’œnophiles et autres amoureux du terroir, qui fustigent ces «supermarchés déguisés en petits marchands de vin».


A 190 ans, la maison n’a plus à faire ses preuves. Avec ses 466 boutiques, Nicolas accapare à lui seul 10% des ventes réalisées par les 10000 cavistes de France. Soit 300millions deuros de chiffre daffaires en 2011 pour un bénéfice opérationnel de 13,6millions ». Propriété du groupe Castel depuis 1988, on apprend que tout comme Leclerc, Nicolas a un père petit commerçant, Louis Nicolas, qui, « le premier, avait eu l’idée de vendre le vin en fûts à une époque où l’on se désaltérait surtout dans les tavernes ». C’était en 1822.


L’enquête d’Emmanuelle Andreani commence à Thiais, siège de l’enseigne, dans le laboratoire où sont sélectionnés les vins : « Pour entrer chez Nicolas, il ne suffit pas d’être bien noté en goût. La maison est très attentive à la typicité du vin, c’est-à-dire au fait qu’il respecte son appellation. «Un bourgogne qui ressemble à du chinon, même s’il est excellent, ne sera pas retenu», explique le DG, Eudes Morgan. La mode des vins biodynamiques et sans soufre attendra: Nicolas privilégie les valeurs sûres ». Elle se poursuit avec la logistique « dune impressionnante précision », et se termine dans les boutiques avec les techniques de vente des cavistes : « pour être embauchés, les apprentis cavistes n’ont nul besoin de connaître la différence entre un volnay et un gevrey-chambertin. Nicolas se fait fort de leur apprendre le b.a.ba de la bonne bibine en seulement un mois. Soit deux semaines de formation au siège et deux semaines en magasin pour s’initier aux cépages et appellations ». La phrase magique apprise au cours de cette formation ? « Oui, il est très bon ce vin, je l’ai bu hier soir avec ma femme ». Rien que du bon sens. »


Je prends bonne note de tout ça mais en ajoutant que ça ne me satisfait pas : la typicité d’une appellation et pourquoi pas celle du camion de livraison qui assure la logistique « d’une impressionnante précision »,. Alors que j’ai entendu chanter lundi, l’amour du vin, le supplément d’âme, et autres antiennes sur le métier de caviste, à juste titre d’ailleurs, ici c’est plutôt : dépotons, dépotons, et j’en arrive à ma petite chanson du titre tirée du film culte : La vie est un long fleuve tranquille d’Étienne Chatilliez  


« Et quand il reviendra sur notre terre (sur notre terre)

Il donnera à manger à tous nos frères (à tous nos frères)

Car comme à Cana, il multipliera

Le pain et le vin sur la terre »


Toujours en fin de semaine, chez un bouquiniste de l’avenue Victor Hugo, par un hasard comme je les aime, je découvre ça :


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Attention, ne vous méprenez pas, je ne remets pas en question la capacité et le savoir-faire de la maison Nicolas à vendre du vin, beaucoup de vin mais je tenais à souligner en petit observateur du petit monde du vin depuis plus de trente ans que je me souvenais de Pierre Boisset l'emblématique acheteur de cette vieille maison. Voici une chronique de Bernard Franck dans le Nouvel Obs. du 14 décembre 1989.


Attention aucune nostalgie chez moi, ni même de regrets, mais lorsque je passe dans la rue Daguerre pour faire mes emplettes sur les 5 cavistes qui se serrent sur les 2 ou 300 premiers mètres, lorsqu’on arrive par l’avenue du Maréchal Leclerc, je cherche souvent l’âme du vin chez certains…C'est froid, commercial au sens péjoratif, des bouteilles des bouteilles, des opérations de promotion, du marketing d'enseigne, c'est lisse, bien rangé, des références, des prix parfois, mais peu de véritables découvertes, de coup de coeur, pas beaucoup d'innovation depuis les petites récoltes. Mais peu importe, je ne suis pas dans le coeur de cible sans doute mais à force de ne pas prendre certains trains on ne capte guère la nouvelle chalandise, les clients de demain. J'ai connu ça lors du grand virage des années 80... Monoprix est plus sexy; la proximité, la concurrence, y'en a pour tous les goûts et toutes les bourses mais reste que dans les 10 ans qui viennent le commerce du vin va devoir se recaler car le gros des consommateurs, les baby-boomer retraités, vont laisser la place à tous ces néo-consommateurs. Libre à chacun de les ignorer et de les négliger comme au bon vieux temps du vin de table dominateur.


« Pendant quarante-deux ans, Pierre Boisset a parcouru cette France profonde qui arrache des trémolos à nos hommes politiques. Exactement de février 1948 à mars 1989. Et sur ces quarante-deux ans, il en a consacré trente-sept comme acheteur-dégustateur en vin de la société Nicolas, dont il s'est séparé en 1984. Assez fraîchement. La maison n'était plus la maison. Mais, rassurez-vous, si vous êtes un habitué de la famille glouglou, quatre ans plus tard « l'entreprise revint dans les traditions du métier lorsque la société Castel reprit l'affaire tout en lui gardant son originalité et ses objectifs ». 84 est généralement considéré par les experts comme une petite année, « avec des exceptions, allez savoir pourquoi, dans les chardonnays de la côte des blancs de Bourgogne et dans les sauvignons de Pouilly et Sancerre, qui» n'ont pas tellement coutume de profiter des mêmes années ».


Pour le compte de Nicolas, Pierre Boisset aurait acheté trois milliards six cents millions de litres de vin. Il n'insiste pas sur ce détail et il a eu bien raison : il y a des chiffres qui tuent jusqu'au plaisir des choses. De peur de tomber malade, on n'ose pas imaginer la cave qu'il nous aurait fallu si ce chiffre aberrant s'était métamorphosé en bouteilles. Nous apprenons que c'est un peu par hasard que Boisset s'est occupé de vin. Ses études ne l'y préparaient pas. Après la guerre, il s'était inscri à l'Ecole coloniale. Rétrospectivement, il frémit à l'idée qu'il aurait pu s'engager dans cette voie où le marché s'est rétréci, les places sont devenues rares. Tout le contraire du vin, qui n'a jamais autant fait parler de lui qu'aujourd'hui. Le vin comme discours, le vin des beaux quartiers de l'existence, le vin des appellations contrôlées est une notion relativement récente. Pierre Boisset a vécu cette révolution au poste et dans la maison qu'il fallait. Au fond, nous l'avons échappé belle : au lieu de ces promenades si savoureuses dans les régions vinicoles du pays, et sans un père dans la profession depuis les années 20 qui lui fit faire un stage de trois semaines qui dura le temps que l'on sait, nous aurions eu le droit à de saumâtres campagnes d'Indochine ou d'Algérie ou pis encore. Nous aurions dû avaler des histoires de défaite au lieu du rouge, du blanc et du rosé de la victoire.


Il y a de l'illustre Gaudissart, le voyageur de commerce de « la Comédie humaine », chez M. Pierre Boisset, mais l'aspect un peu hâbleur de sa nature n'est pas fait pour nous déplaire. Pierre Boisset est français pour Américains, mais je ne donnerais pas cher de l'avenir de ce pays si ce type de Français n'existait plus. Je songe aux garçons de 20 ans qui liront ces carnets, j'imagine leur nostalgie devant une existence aussi libre. Devant cette province française découverte à la fin des années 40 au volant d'une traction avant Citroën sans chauffage. Boisset évoque très bien cette campagne d'hier où, si l'électricité existait dans les trois quarts des maisons, il n'y avait d'eau courante que dans une ferme sur cinq, où les « commodités » se trouvaient au fond du jardin avec leurs portes ajourées « d'un trou en forme de cœur ». En ce temps-là, la carte de pain existait toujours et en 1948, par exemple, la ration quotidienne « venait d'être portée à 250 grammes par jour», ce qui semblait dérisoire, alors qu'aujourd'hui un diététicien considérant ce que nous avalons comme pâtes, riz et pommes de terre nous conseillerait de surveiller nos élans C'était la France des tables d'hôtes dans les auberges. Et si les servantes n'étaient pas forcément toutes accortes, les voyageurs solitaires un peu délurés, et le voyageur de commerce l'est par définition, exerçaient un droit de cuissage.


Il y a un moment très beau dans « Millésimes et campagnes », c'est quand le vieux Etienne Nicolas, avec sa « flottille de livreurs » et son sens de la publicité, décide de reprendre l'édition des catalogues de fin d'année en 1949. Le catalogue de 21 pages était illustré, cette année-là, par Dignimont. On y pouvait trouver à des prix dérisoires deux cent soixante et onze grands crus -de toutes régions. Des bordeaux des années 28, 29, 21, 18, 16 qui semblaient presque des années récentes (ou les quatre grands crus du Médoc étaient présents et mouton-rothschild par huit fois cité), mais également de 1858 à 1900, huit millésimes superbes. Il y avait quatorze millésimes d'yquem, un porto 1848, un jerez qui remontait à 1769. Ne pleurons pas, nous qui allions avoir 20 ans à l'époque : si nous les avions achetés, nous les aurions bus depuis belle lurette et sans doute oubliés, comme j'ai oublié le goût, n'en déplaise à Jean-Paul Kauffmann, de ce lafite-rothschild 1880 bu au château en 1980.11 n'y a pas plus de vin retrouvé que de temps. »


BOISSET Pierre‎ ‎Millésimes et campagnes‎ ‎P. Laffont 1989 1 vol. In-8.. 319pp‎ ‎les carnets d'un acheteur de vins.


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