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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 00:09

Profitant d’une science balbutiante et de l’obscurantisme les médecins gardiens de nos corps et les curés gardiens de nos âmes ont, pendant des siècles, régnés sans partage sur leurs patients et leurs ouailles. De nos jours, l’obscurantisme a toujours cours drainant de nouveaux damnés de la terre vers des mouvements en isme, mais le paradoxe dans nos pays de tradition chrétienne c’est que le déclin des Eglises laisse la place à un nouveau cléricalisme celui des gardiens de notre santé.

Ce sont des 2 en 1, comme aiment l’affirmer les produits ménagers ou cosmétiques, car ils se targuent de soigner aussi bien nos corps que nos âmes. Leur arme favorite est l’agitation de la peur, cette peur qui étreint chaque citoyen noyé dans le nuage numérique – il ne peut plus vivre sans ses attelles immatérielles – et qui réclame qu’on l’entoure de multiples précautions. Nous sommes passés du grand manteau de la Sécurité Sociale à la chape de plomb de la Précaution Sociale. ÉTAT garde-nous à gauche, garde-nous à droite, garde-nous du ciel, de la terre, des océans, du feu, du froid, de l’eau et surtout des autres. Nous voulons tout et son contraire, nous réclamons, nous exigeons, nous formons des chaînes humaines pour protester contre trop de précaution, nous nous proclamons otages au moindre retard des avions...

Je m’égare un peux avant d'en revenir à ceux qui sont à l’origine de ce délire de précaution : la caste médicale, celle qui a tellement failli lors de l’ignoble affaire du sang contaminé. Attention je ne fourre pas tous les médecins dans ce grand sac, je vise essentiellement le complexe médicalo-industriel (pour paraphraser le fameux complexe militaro-industriel) rassemblant la fine fleur des géants de la pharmacie et les Professeurs ayant la haute main sur la Santé Publique. Sa morgue, l’étalage de sa supériorité méprisante, son autisme dans l’incroyable fiasco de la vaccination de la grippe H1N1 ou encore son mépris dans l’affaire du premier verre de vin et le risque de cancer menée par le Directeur Général de la Santé et un quarteron de « scientifiques publics » sont à la hauteur des intérêts qu’ils défendent. Sans vergogne ils profitent de notre incapacité à assumer nos vies, de notre refus d’assumer les risques de la vie, de notre peur de mourir. Alors moi je dis chiche qu’ils nous assurent vraiment contre la mort, qu’ils nous rendent immortels moyennant des primes dont le montant reste à fixer par les actuaires de l'assurance sur la vie. Après tout AXA place ses sous dans les GCC.

Je déraille encore mais comme je vois se dérouler au bas des écrans de télés  le fameux manger-bouger je sors la formule d’un Diafoirus du Moyen-Âge « tout le monde sait qu’on creuse sa tombe avec ses dents » pour vous convaincre que leur entreprise n’est pas nouvelle. Alors las de ces pisses-vinaigres je préfère citer le grand maître Maginus de Milan « ce qui est délectable est meilleur pour la digestion » et vous proposer un mets au nom délicieux : le blanc-manger. Pas n’importe lequel : celui du Grand Taillevent.

 

« Alors, je peux lui préparer du blanc-manger ? s’enquit avec enthousiasme Taillevent. J’ai une excellente recette : je fais bouillir une poule dont je ne garde que les blancs. Je les broie ainsi que des amandes à foison. Je mélange avec le bouillon et je fais épaissir sur le feu jusqu’à ce que le mélange soit bien liant. Je fais frioler une demi-douzaine d’amandes à la poêle que je mets sur le blanc-manger ainsi que des grains de pomme de grenade et je sucre abondement dessus. » in « le souper mortel aux étuves » Michèle Barrière pages 147-48.

 eti_11.jpg

Pour le vin je vous conseille le dernier né de Laurent de Bosredon : un Côte de Bergerac moelleux Château Belingard. Je l’ai goûté à Vinisud. C’est une vendange tardive principalement de Sémillon avec 20% de Sauvignon gris comme support aromatique qui m’a séduit par sa fraîcheur, son acidulé de bonbon anglais. Vous connaissez mon peu de goût pour le sucre et bien là le moelleux de Laurent de Bosredon a la légèreté de la plume d’oie. Il titille joliment les papilles et donne une envie de revenez-y : c’est la tradition revisitée. Comme quoi revenir vers le passé ce n’est pas forcément reculer lorsqu’on lui apporte le meilleur de notre présent savoir. www.chateaubelingard.comvin_11.jpg

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 00:03

« C’est un grand agrément que la diversité /

Nous sommes bien comme nous sommes/  

Donnez le même esprit aux hommes  /

Vous ôtez tout le sel de la société /

L’ennui naquit un jour de l’uniformité. »

La célèbre chute de la fable d’Antoine Houdar de la Motte (1719) fait oublier les vers qui la précèdent. Alors s’il est un thème populaire à l’heure de la globalisation du monde c’est bien celui de l’uniformité liée à la consommation de masse.

Dans le vin existe-t-il aussi un risque d’uniformisation ? Dans leur Atlas mondial des Vins, Raphaël Schirmer et Hélène Vélasco-Graciet répondent à propos de la concentration financière contribuant à l’émergence de groupes vinicoles qui ne raisonnent qu’en termes de marques mondiales « cette concentration financière annonce-t-elle, à terme, une homogénéisation des vins et une inféodation de la production à la sphère financière ? Parions que les mouvements de résistance aux phénomènes en cours grandiront, venant d’une part des interprofessions et des syndicats professionnels, et d’autre part, des entrepreneurs privés anciens ou nouveaux, plus enclins à refuser la production de vins « apatrides ».

Pour ma part, bien plus qu’un mouvement de résistance, surtout de la part des zinzins professionnels, c’est l’évolution de la masse des nouveaux consommateurs, leur demande, qui permettra de préserver la diversité. Dans l’univers impitoyable des marques mondiales le nouveau vieillit vite. La mode est grande consommatrice de nouveauté et l’ancrage sur les valeurs sûres reste la meilleure garantie de la pérennité. Cessons de raisonner sur de courtes périodes, arrêtons de porter sur le passé des regards angéliques, laissons le temps aux nouveaux arrivants d’entrer dans l’univers du vin et de se forger leur culture.

Mais comme le mois d’août se prête plutôt à la légèreté plus qu’à la prise de tête je vous propose de lire un texte de Maurice Des Ombiaux sur « La mode et les vins » c’est rafraîchissant et ça remet quelques idées qui traînent un peu partout à leur juste place : le cimetière  des idées reçues.

 

« Il n’est pas inutile de parler ici de la mode et les vins, car il y a une mode pour les vins comme pour tout ce qui se porte et se consomme. En ce qui concerne les vins, cela s’appelle quelquefois goût au lieu de mode, mais c’est tout comme. Si, pour le champagne, il y a toujours sur les prospectus et les étiquettes : goût russe, goût français, goût anglais, goût américain, la mode a maintenant dépassé l’extra dry pour arriver au brut et au nature.

Il ne faut s’en étonner ni se plaindre, car pour faire ces champagnes, qui sont souvent les champagnes d’années, il faut des grands vins de toute pureté.

Les grands vins n’ont peut-être plus la variété qu’ils avaient autrefois. Ils recherchent davantage une tenue qui les rapproche d’un type bien déterminé.

Ainsi le Volnay et le Pommard, dont parlent les vieux dictons, n’étaient pas du tout les vins que nous connaissons aujourd’hui.

Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle on faisait les bourgognes beaucoup plus légers. On n’ajoutait rien au raisin pour influencer la qualité du vin. Ce n’est que vers 1815 qu’on essaya par l’addition de sucre, d’augmenter la richesse alcoolique du vin.

Sous l’ancien régime, on faisait, dans la Côte d’Or, des vins de paille, des vins cuits et des vin fous.

Le vin fou s’obtenait en mettant dans une futaille bien cerclée de fer, du moût de raisin tiré d’une cuve non foulée. Ce vin faisait toute sa fermentation dans le tonneau, était très capiteux et remplaçait les vins étrangers.

Presque tous les vignerons ou propriétaires faisaient une certaine quantité de vin cuit qu’on désignait sous le nom de Galant depuis le XIIIe siècle. Il se préparait avec des raisins blancs choisis un par un.

En ce temps les vins de Pommard et de Volnay n’avaient qu’une teinte très légère, qu’on nommait œil de perdrix, au lieu du rubis qu’on leur connaît à présent, comme à tous les nectars rouges de la Côte d’Or. Ce n’étaient pas des vins blancs, mais légèrement rosés tout en gardant un reflet verdâtre. Quelle délicatesse de ton pour un peintre !

Pour cela, il y avait dans toutes vignes une partie plantée de pineaux blancs ; et l’on mettait alternativement dans le pressoir un lit de paille et un lit de raisin, dans la crainte que le vin fût encore trop rouge. Et on laissait à peine cuver le vin.

Pezerolle de Montjeu, au XVIIIe siècle, écrit qu’il a été le dernier à faire arracher les raisins blancs qui étaient encore dans la partie supérieure de ses vignes, selon l’ancienne coutume. Il déplore ce changement amené par la mode ; mais puisque, dit-il, l’acheteur préfère la couleur et la durée à la finesse, il faut le contenter autant que le climat peut le permettre.

Ainsi s’explique le vieux dicton, aujourd’hui sans signification, qui renseignait le bourgogne comme vin d’été tandis que le bordeaux était un vin d’hiver.

Traité selon les méthodes actuelles, le bourgogne, de plus en plus corsé, n’a plus rien de particulièrement estival. »

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 00:00

« Il était une fois... », tous les contes d’autrefois commençaient ainsi mais comme aujourd’hui on conte si peu à nos enfants, qui sont le plus souvent scotchés à leurs écrans, ce matin je vais adopter le profil des jeux vidéos en vous offrant des vies pour avancer dans une séquence de jeu à propos du Chablis.

 

Séquence 1 : peut-on aller en train de Paris jusqu’à Chablis ?

 

Séquence 2 : qu’est-ce qu’un chablis ?

 

Séquence 3 : il y a combien de climats à Chablis ?

 

Séquence 4 : égrenez-les moi !

 

Séquence 5 : en 1951 l'INAO a reconnu à un domaine le statut de Grand Cru lequel ?

 

Séquence 6 : celui-ci est à cheval sur 2 climats, lesquels ?

 

Séquence 7 : quelle est la grande maison bourguignonne qui fait naître et élève ce Grand Cru ?

 

Séquence 8 : où c’est-y que Berthomeau à découvert ce Grand Cru ?

 

J’espère que vous n’avez pas triché. Voici les 8 vies

 

Vie n°1 : Non depuis le 31 décembre 1951 où...

 

« ... à 20 h 55, un autorail quitte la gare de Laroche-Migennes. Des drapeaux accrochés par les cheminots flottent au vent. Le convoi arrive à 22 h 55 à la gare de l’Isle-Angely. Il sera le dernier à emprunter cette ligne à voie étroite qui cheminait dans la vallée du Serein. Pendant 64 ans, les locomotives à vapeur, puis les autorails, ont rythmé la vie de cette campagne icaunaise

À l’origine, stations et haltes correspondent à un arrêt obligatoire. Par la suite, certaines haltes deviennent des arrêts facultatifs. Laroche et sa gare d’eau, Seignelay, Pontigny, Chablis (dont le rôle est prépondérant), Noyers, première gare éclairée à l’électricité, Massangis et son pont de levage pour les pierres des carrières, L’Isle-Angely terminus et point de raccordement avec la ligne PLM Avallon-Nuits-sous-Ravières sont les principales stations.

En fait, la petite ligne doit sa longévité exceptionnelle au transport de marchandises. Dès son ouverture, les ciments de l’Isle-Angely, les blocs de pierre des carrières de Massangis et de Dissangis, les bois de mine et de chauffage des exploitations forestières de Noyers-sur-Serein transitent sur la voie Laroche-l’Isle-Angely. Les vins de l’Yonne, notamment ceux de Chablis, empruntent eux-aussi le tacot. Outre les trois trains mixtes, trois ou quatre convois de marchandises circulent quotidiennement. Le fret est ensuite transbordé dans des wagons du PLM ou, pour les marchandises lourdes, dans des péniches. La gare d’eau de Laroche constitue un précieux atout pour les carrières de Massangis. Via la Seine, les produits de l’Yonne remontent jusqu’à Paris voire au Havre. »

 

Vie n°2 : Un chablis (ou chable) est dans un sens restrictif un arbre déraciné sous l'action de différents agents naturels (vent, foudre, neige, chute d'un autre arbre) ou pour des raisons qui lui sont propres (vieillesse, pourriture, mauvais enracinement), sans intervention de l'homme.

 

Vie n°3 : 7

 

Vie n°4 : Bougros, Vaudésir, Preuses, Grenouilles, Valmur, les Clos, Blanchot.

 

Vie n°5 : le Domaine la Moutonne

 

Vie n°6 : Le vignoble de la Moutonne bénéficie d'un statut particulier et unique. Il est situé sur le Chablis Grand Cru " Vaudésir " pour 2 ha 24 ares 18 ca et sur le Chablis Grand Cru " Preuses " pour 11 ares 02 ca.

Sa situation géographique en amphithéâtre lui donne son unité. Les moines Cisterciens de Pontigny en ont été les propriétaires pendant 5 siècles, Simon Depaquit en fit l'acquisition à la révolution.

Moutonne n'est pas un lieu dit cadastral, son nom ne figure pas sur le décret des Grands Crus de 1938 ; c'est en 1951 que l'INAO lui a reconnu son statut actuel de Grand Cru. 

 

Surface en Grand Cru : 2,35 ha

 

Vie n°7 : Albert Bichot www.bourgogne-bichot.com

 

Vie n°8 : au Musée de la Chasse et de la Nature le jeudi 7 octobre lors d’une dégustation des millésimes 2006 et 2009

 

En blancs : Meursault 1ier Cru les Charmes et Chablis Grand Cru Monopole « Moutonne »

 

En rouges : Pommard Clos des Ursulines et Vosne Romanée 1ier Cru Les Malconsorts

 Caillou-9252.JPG

Voici donc la genèse de ma science toute neuve sur Moutonne. Pour ceux qui me suivent patiemment ma semaine semble placée sous le signe du mouton mais passons ! Ce soir-là l’air était tendre et je m’étais vêtu so british : chemise Turnbull&Asser cravatée, veste Old England, richelieu gold, pour être dans le ton du lieu, très club anglais, bois ciré, cuir patiné, bibliothèque précieuse, tableaux de chasse aux murs... Et pourtant rien de guindé, l’avenante simplicité d’Albéric Bichot, laisser le temps au temps, prendre du temps pour apprécier la palette des vins présentés.

J’aurais aimé qu’Andrew Jefford ( voir le buzz sur le blog des 5 du vin) http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/10/07/decanter-pete-les-plombs.html et http://hlalau.skynetblogs.be/archive/2010/10/10/chardonnay-australien-la-reponse-d-andrew-jefford.html ) fût en ce lieu si proche des codes de sa chère et perfide Albion. Ainsi il eut pu tout à la fois me décrotter, moi qui ne suis qu’un dégustateur nonchalant qui n’a pas son talent, et étalonner son échelle mondiale du Chardonnay en goûtant cette belle et fastueuse Moutonne.

Comme vous le savez j’ai à propos de la minéralité des doutes sur sa déclinaison gustative et quand à la tension, chère à Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, le débat reste ouvert. Mes images à moi, celles qui se projettent dans ma tête, sont toujours, lorsqu’une émotion esthétique m’étreint, de même nature, à front renversé, que celles que j’éprouve face à un tableau. Je m’explique : face à un Chaissac, un Pollock ou un de Staël c’est le couple image-émotion alors qu’en présence d’un grand vin c’est le couple émotion-image. Tout le problème ensuite est de mettre des mots sur mes images.

Pour Moutonne la connexion fut immédiate : Estève, le grand Maurice Estève élevé par ses grands-parents paternels. « Cette enfance de petit paysan va le marquer d’autant plus profondément que sa grand-mère est une figure assez exceptionnelle. Totalement illettrée, elle décela très vite la personnalité de son « travail » avec beaucoup de respect, quand il installait sur le carrelage même de la salle de séjour, dès l’âge de huit ans, des objets et des fruits pour les dessiner. » Je vous propose une aquarelle de 1966 et un fusain, crayons jaune et bleu de 1979 du maître si bien mis en valeur à l’Hôtel des Echevins de Bourges.

 img169-Esteve-2-copie-1.gif

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Vous faut-il des mots après ça ? J’en ai bien sûr mais je les trouve soit trop étriqué soit trop pompeux pour ce grand blanc Moutonne 2006. Reste l’or-vert de l’aquarelle qui évoque si bien sa robe limpide et le grisé du fusain à peine souligné de bleu et de jaune qui semble nous entraîner dans le secret de son micro-terroir. Quand aux traits, aux entrelacs des couleurs, sorte de vue du ciel des parcelles, de ces climats, où la main de l’homme a sculpté la nature, l’a épousée sans la domestiquer, l’a magnifiée en lui permettant de tirer la quintessence. L’élégance, la vraie, est toute dans cette simplicité naturelle, dépourvue d’arrogance et de suffisance, si fraîche, si authentique.

 

En bonus pour illustrer ma chronique de lundi http://www.berthomeau.com/article-suis-je-le-clint-eastwood-du-vin-58632296.html une photo ci-dessous envoyée par un lecteur. Merci à lui pour sa contribution.

divocastle.jpg

 

 

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 08:00

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Que voulez-vous il est des jours où je me dis « Berthomeau, prends ton sac et laisse tomber... vis ta vie loin de toute cette insignifiance...» Rassurez-vous ma lassitude n’a rien à voir avec vous chers et fidèles lecteurs mais à des que j’éviterais de nommer. Gésir n’est pas dans ma nature alors lorsque le cours de ma vie professionnelle me revient à la gueule sans mobile apparent, par simple fait du prince, pour me recadrer, je donne le change, je fais comme si, je rentre dans ma coquille et je pense que tout cela est bien vain.

Abandonner ?

Non, sourire, relativiser, prendre du champ, se redresser et repartir comme si de rien n’était.

Dans cette forme de retraite involontaire vous m’êtes d’un grand secours car pour conjurer mes démons, face à mon écran, je m’adresse à vous, je commets comme hier une chronique sous le masque de Clint Eastwood  qui me protège, brouille les pistes, me donne de l’air.

Merci.

Tout ça pour dire à celles et ceux qui ont répondus aux 20 questions de mon Grand Concours de l’été que je n’avais pas vraiment le cœur ces temps derniers à monter sur un tonneau pour tirer au sort les 3 heureux qui graviront les plus hautes marches du podium. J’en suis un peu désolé mais qu’ils se rassurent, qu’ils prennent patience, je vais dès que possible sortir de mon grand sac à malices de quoi satisfaire leur légitime impatience.

Si certains d’entre vous ont des propositions pour l’organisation du tirage au sort je suis bien sûr preneur...

Bonne journée à vous tous et encore merci d’être là...  Morvan-2007-012.jpg

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 00:09

 

Pour ceux qui l’ignoreraient « La nuit blanche » chère aux cœurs des bobos parisiens est un concept inventé par un ex-Vert qui a viré au rose très pâle : Christophe Girard adjoint à la Culture à l’Hôtel de Ville. L’homme fait parti de la maison LVMH qui aime les bulles et le Cognac.

Bref, faire défier un rosé provençal s’affichant « Cuvée Nuit Blanche » par un rosé languedocien se déclarant Mythique m’est apparu de bon aloi.

Pourquoi ?

- Appellation tenante du titre rosé de France contre une Appellation challenger !

- Provence contre Languedoc... des voisins du Grand Sud

- La guerre des roses : un pâle contre un foncé.

- Un duel entre vigneron indépendant et une cave coopé !

J’ose l’écrire : ça va saigner !  Caillou-9243.JPG

D’un côté du ring d’abord le challenger : Mythique qui affiche clairement son appartenance au LANGUEDOC dans un flacon frappé par la croix de cette belle province et se dit élevé dans le respect de la tradition. Son maillot, assez traditionnel lui aussi – je préférais celui de la cuvée Mythique plus contemporain – arbore la chouette pour symboliser le travail des Vignerons de la Méditerranée « dans un environnement sauvage » car elle était l’emblème de « Minerve, déesse qui a appris aux hommes à dompter la nature. » Un telle référence devrait séduire Julien Lepers et tous les accros de « Questions pour un champion »

Caillou-9248.JPG

De l’autre,  Cuvée Nuit Blanche dite L’Arnaude exhibe sur un petit banc trois jeunes donzelles dodues en maillot de bain une pièce très années 30, genre barbotteuses, sur fond de plage. Pour savoir que c’est un Côtes de Provence mis en bouteille au Château de l’Arnaude il faut être doté d’une bonne vue vu que le doré sur tranche se dissout dans le sable (bien plus dans le rayon sous la lumière crue que sur ma photo).  Caillou-9249.JPG

Même millésime 2009, 12° pour le Languedocien et 13° pour le provençal. Dans la bouteille le second est d’un rose si pâle qu’on dirait la peau d’un nordique descendant le premier jour à la plage alors que le premier à la mine d’une petite paysanne russe modèle poupée gigogne.

 

Mon Mythique affiche un n° 34251 mais, comme nous ne savons pas sur combien ça fait, ça fait bien mais ça ne dit rien. En revanche, à la différence de son concurrent qui n’a nul besoin d’exhiber ses papiers car, comme chacun le sait, tout le monde sait quels sont les cépages du rosé de Provence, le languedocien, lui, déclare être un Grenache-Cinsault. Le Mythique à la différence du champion est pourvu d’une contre-étiquette vantant ses éminentes qualités et guidant nos choix des mets avec lequel il s’accorde.

 

Du côté mensurations L’Arnaude est plus élancée, plus légère que Mythique et, sans lui manger de la soupe sur la tête, elle le toise un chouïa.

 

Avant que le combat ne commence, les managers m’ont informé du montant de la bourse des 2 champions, le prix quoi, est de :

7,95 € pour L’Arnaude (bouchon diam 3)

3,74€ pour Mythique (bouchon liège)

Du simple au double donc ! (achetés au Franprix de la rue de la Glacière dimanche)

 

Pour ne rien vous cacher, contrairement aux usages et aux règles habituelles du noble art, le combat se déroulera dans ma cuisine sans l’arbitre ni les 3 juges habituels. Je serai donc tout ce petit monde à moi tout seul. Autre innovation pas de KO ni de jet de l’éponge, le combat se terminera aux points : s’il y a égalité le champion restera champion sinon le challenger s’il est vainqueur aux points sera le nouveau champion. Aucune contestation ne sera admise. Vous pourrez me couvrir de votre réprobation ma décision sera irrévocable.

 

Afin de ne pas biaiser le résultat ma dégustation s’est déroulée ainsi :

- deux verres ont été rempli au 1/3 par une tierce personne ;

- j’ai dégusté dans le noir pour ne pas être influencé par la différence de couleur très contrastée des 2 liquides ;

- seul le nez et la bouche ont joué leur rôle ;

- j’ai procédé à deux ingestion-projection ;

- j’ai délibéré ensuite avec moi-même.

 

Décision Mythique bat assez nettement aux points L’Arnaude mais pour autant je n’irai pas jusqu’à affirmer que ce combat ait soulevé mon enthousiasme. Disons que ce fut une confrontation sympathique, un bon combat de lever de rideau entre 2 vins honnêtes mais il n’en reste pas moins vrai que Mythique peut sans contestation aucune se prévaloir, dans sa catégorie de prix, d’un bon rapport qualité/prix alors que L’Arnaude me semble boxer dans une catégorie qui n’est pas tout à fait la bonne. En effet, pour quasiment 8 euros, soit tout même bien plus de 50 de nos anciennes balles, on est en droit d’exiger bien plus qu’un petit rosé sympathique, certes gentiment emballé mais dont la personnalité me semble bien frêle.

D’accord je ne suis ni Parker, ni l’imposante palette du GJE qu’est d’ailleurs  pas prêt de me réinviter, mais un ancien marchand de vin qui, certains matins, allait fourrer son nez dans les échantillons anonymes du jour... Je vous assure ça vaut ce que ça vaut mais, après tout, monsieur et madame tout le monde, face au dédain de la critique pour tous ces vins de milieu de rayon, en est réduit à sa façon à ce genre de confrontation.  

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 00:09

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C'est la semaine du Goût je crois... Alors, loin de la communication officielle  je verse au dossier un produit de notre terroir profond acccompagné de son histoire. La mimolette est un fromage du Nord, si, si, si, je ne décoconne pas, même qu’on la dénomme aussi « Boule de Lille » et comme vous le savez Charles de Gaulle est né à Lille le 22 novembre 1890, alors rien de plus normal que ce fut son fromage préféré.

 

Entre son « ennemi » intime Winston Churchill et lui nos fromages ont tenu une place gravée dans l’Histoire puisque pendant la seconde guerre mondiale Winston Churchill affirmait, à propos de la  France, avec son humour britannique, qu’«Un pays capable de donner au monde trois cents fromages ne peut pas mourir», ce à quoi le Général de Gaulle rétorquait : «On ne peut pas gouverner un pays qui possède 365 variétés de fromages»

 

Mais revenons à la mimolette dont l’histoire devrait arracher à notre « tambour major » national Périco des accents patriotiques. En effet, si nous produisons ce fromage d’origine hollandaise c’est grâce à Colbert contrôleur général des finances de Louis XIV, qui a interdit, entre autres, l'importation des fromages de Hollande, car nous étions en guerre avec elle, et qui a demandé aux fermiers du Nord de fabriquer de L’Edam et de la Mimolette. Il faudra attendre 1935 pour que la guerre des fromages se termine grâce à un traité de paix autorisant la France à produire de la Mimolette. Certes la mimolette n’est pas l’un de ces fromages au lait cru chers au cœur du père Périco mais rien qu’un fromage à pâte pressée exclusivement fabriqué avec du lait de vache.

 

Notre mimolette nationale, que l'on désigne aussi sous le nom de vieux Hollande dans la région lilloise, a la forme d’une sphère de 20 cm de diamètre environ, qui pèse de 2,5 à 4 kg. Mais attention, en dépit de ce nom la nôtre, avec sa croûte, sèche et dure, de couleur gris à brun, et sa pâte de couleur orangée (couleur du au rocou colorant naturel), avec de rares trous, c’est du naturel ce chez naturel alors que la mimolette hollandaise, elle, est dotée d’une croûte, plastifiée ou paraffinée, de couleur orange. Quelle horreur ! Cocorico Périco !

 

Un seul mauvais point, aux yeux de notre irréductible terroiriste, pour notre brave mimolette ch’ti c’est qu’elle n’est quasiment plus fabriquée dans le Nord-Pas de Calais ; mais en revanche, me dit-on, elle y est toujours affinée. L’un des fabricants de Mimolette française est la Coopérative d’Isigny Sainte-Mère en Normandie.

 

Dans le titanesque combat pour les fromages au lait cru il faut noter :

 

1)     que cette coopérative, ainsi que Lactalis (Lanquetot) face au refus de l’INAO d’autoriser le lait thermisé ou micro-filtré pour fabriquer le camembert AOC de Normandie, ont quitté l’AOC. Comme quoi Périco l’INAO fait aussi son boulot. Comme les 2 fabriquaient 80% des volumes vendus ça laisse aux Jort, Moulin de Carel, La Perelle, ou encore Gillot, petites productions vendues dans les crémeries normandes et parisiennes, une place bien identifiée.

 

2)     Qu’avec les AOC brie de Meaux et de Melun, le camembert de Normandie reste aujourd'hui le seul fromage à pâte molle fabriqué exclusivement au lait cru, alors que pour les livarots, pont-l'évêque, neufchâtels, ou encore l'époisses, le munster ou le maroilles, son utilisation est en option.

 

Mais revenons à notre mimolette pour vous préciser que son affinage peut aller jusqu’à 24 mois pour un « vieux cassant ». Les mimolettes sont testées, entre 8 et 12 semaines, par le maître caviste qui va alors frapper chaque boule d'un coup de en bois pour déterminer sa qualité. Maintenant que les âmes sensibles, les « zirous », ferment les yeux. En effet, un acarien de taille microscopique, le ciron, est alors pulvérisé sur la mimolette. La « bestiole » va grignoter la croûte naturelle et ainsi transpercé sur toute sa circonférence le fromage peut alors respirer. Afin d’éviter que les cirons attaquent toujours au même endroit, la croûte est brossée et la boule est retournée régulièrement, pendant deux mois pour une mimolette française  « jeune » et 18 mois pour une « vieille extra ». C’est une tradition centenaire qui est une véritable déclaration de guerre à Baygon Vert. C’est l’affinage qui confère à ces boules un arôme délicat, légèrement fruité et noiseté.

 

Amateurs de fromage gouteux essayez la mimolette « vieux cassant» et vous m’en direz des nouvelles !

 

Reste pour terminer la grande question : que boire ?

 

Moi j’ai ma petite idée mais comme je suis fatigué je ne vais pas vous la dévoiler.

 

J’ouvre donc la boîte aux grands amateurs « que boire sur une mimolette « vieux cassant» ?

 

En bonus une recette de blinis de pommes de terre à la mimolette...


Blinis de pomme de terre à la mimolette vieille
envoyé par atelier_des_Chefs. - Découvrez plus de vidéos de mode.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:09

«Moi, j'ai dit Zarb, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais-je dit Zarb, bizarre ? ... » Si vous avez compris où je souhaite en venir ce matin : Champagne pour tout le monde ! En toute logique il n’y aurait rien d’anormal que vous n’ayez rien compris puisque comme je suis un peu zarbi c’est à lui que je veux en venir, au champagne bien sûr...

 

J’aurais pu aussi vous le faire dans la veine Boris Vian « J’suis Zarb, encor plus Zarb que tout à l'heure... j’bois du champagne dans l’escarpin de ma compagne... » mais qui connaît aujourd’hui Boris Vian ?

Plus grand monde alors que le monologue de Louis Jouvet dans « Drôle de drame » grâce à la télé presque tout le monde, ou presque le connaît : «Moi, j'ai dit bizarre, bizarre, comme c'est étrange ! Pourquoi aurais-je dit bizarre, bizarre ? ... »

 

J’ai découvert Zarb dans Lyon’ ne le supplément filles de Lyon Capitale de septembre (voir photo ci-dessous) sous le titre « Bullez » avec ces 3 interrogations :

-         au mariage de son ex ?

-         en attendant le bus ?

-         pendant une confession ?

Je maintiens le suspense, même s’il est soutenable, afin de prendre le temps d’éclairer la lanterne à propos de ce Zarb.

 

1° Zarb donc comme Zarbi « ou zarb. Verlan de bizarre. Zarbi figure parmi les verlans les mieux installés dans le langage courant... » Pierre Merle « Dictionnaire du français qui se cause »

 

Zarb encore « O Dieu, donne aux musiciens des doigts de sucre et pour le Zarb, une main de fer ! ». Citation du poète mystique, Djalâl-ud-Dîn Rumî (XIII ème siècle)


« Le Zarb ou Tombak est un tambour en forme de calice (comme un bouchon de champagne ). Celui-ci est creusé dans la masse d’un mûrier ou d'un noyer et parfois fabriqué en terre cuite (Tombak de Zoukhâneh). Sa forme cylindrique s'achève en un pied légèrement évasé en une seule et même pièce.


Ce tambour membranophone est recouvert généralement d'une peau d'agneau ou de chèvre, collée sur le pourtour de l'orifice. Les finitions de cet instrument sont souvent parfaites et dont pour certaines recouvertes de fines marqueteries Perses.


Principal instrument à percussion digitale utilisé dans la musique classique Iranienne dite musique savante de Perse, le Zarb est actuellement aussi bien une percussion d'accompagnement « tombak-é ghrouhnavâzi », qu'un instrument solo « tombak-é taknavâzi ».

 

3° Zarb enfin c’est un Champagne qui se veut décalé, anticonformiste, selon les dires de ses inventeurs néerlandais (voir leur site www.zarbchampagne.com )

Avec le champagne Zarb les vers de Musset « Aimer est le grand point, qu'importe la maîtresse? Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. » s’avèrent obsolète puisque le flacon se veut aux dires de ses promoteurs unique :

-         « par son design : il est habillé par des artistes et seront disponibles sous la forme de « collections » La première série a été créée en collaboration avec le photographe Cornelie Tollens.

-         Par sa confection : les bouteilles Zarb sont artisanales. »  img165-A.gif

Des flacons originaux certes mais le « jus », au sens noble des parfumeurs, compte aussi pour l’amateur. Qu’en est-il ?

 

Réponse des créateurs de Zarb : « Ce Champagne est récolté et élaboré dans les caves de la famille Baron à Charly-sur-Marne » Renseignement pris, il y a 2 Baron à Charly-sur-Marne : le premier, les Baron tout court m’a déclaré que Zarb était inconnu au bataillon, j’en déduis donc que ce sont les Baron-Fuenté. Je cite leur site :

 

« Dès, le 17ème siècle, la famille BARON  possède et cultive la vigne à Charly sur Marne, dans l’ouest du vignoble de Champagne.

C’est en 1966 que Gabriel BARON reçoit de son père, 1 ha de vigne, à l’occasion de son mariage avec Dolorès FUENTE. En 1967, en mémoire de leur union, Gabriel  BARON et Dolores FUENTE fondent la Maison BARON-FUENTE.

 

Les premières bouteilles sont alors produites et commercialisées en directe au caveau. Depuis, notre maison familiale ne cesse de se développer.

 

 Aujourd’hui, Champagne Baron-Fuenté est propriétaire de 35 ha de vigne. La marque Baron-Fuenté est la propriété de la famille Baron-Fuenté, à Charly-sur-Marne et notre  vignoble  est  implanté sur les magnifiques coteaux de la Marne. 

 

Le caractère du Meunier, qui se trouve majoritaire dans nos assemblages, confère une typicité remarquable à l’ensemble de nos cuvées, complétées par la puissance du Pinot Noir et la finesse du Chardonnay. »

 

Pour avoir plus de renseignements j’ai contacté l’agence WelcoMm. J’attends toujours ce qui me permet de vous délivrer son message tel qu'il est imprimé sur la fiche que j'ai sous les yeux :

 

« Champagne Zarb bouleverse, inverse les tendances, change les modes de consommation. Il rompt avec nos habitudes pour mieux correspondre aux attentes actuelles. Le Champagne Zarb n’est plus un lien entre le passé et l’avenir mais entre l’avenir et le passé... »

 

Étant sous le choc de cette chute je ne suis pas en mesure de faire un commentaire. Si ça vous chante faites-le à ma place...

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:09

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« Etre bête à manger du foin ! » l’expression attestée en 1774 n’est pas à mon goût car elle trouve son origine dans l’idiotie supposée, la bêtise d’un animal domestique que j’aime : l’âne.

 

 

 

Lorsqu’au temps d’Henri Nallet, Ministre de l’Agriculture, nous décidâmes de mettre le focus de la présidence française de l’UE sur les AOC et que le dépoussiérage des textes législatifs devint une nécessité, nous découvrîmes, sous la houlette de Marie-Hélène Bienaymé de l’INAO,  dans les mille-feuilles de l’ensemble des AO autres que vinicoles des produits aussi exotiques que le foin de la Crau et la porcelaine de Limoges par exemple.

 

 

 

De plus, la reconnaissance d’une AOC pouvait prendre la forme d’une simple reconnaissance judiciaire : ainsi en 1942, les syndicats de vignerons de Chusclan et de Laudun demandèrent au tribunal d'Uzès une reconnaissance judiciaire de la qualité et de la valeur originales de leurs vins des côtes-du-rhône gardoises. Le procès ayant traîné, les responsables vignerons demandèrent alors de bénéficier des dispositions du décret du 13 juillet 1951 ou législative : la première AOC fromagère française a vu le jour par une loi du 26 Juillet 1925 : il s’agit du Roquefort. La loi du 2 juillet 1990 a généralisé le système des AOC et a consacré la voie unique de reconnaissance : par décret sur proposition de l'INAO.

 

 

 

Rassurez-vous je ne vais pas vous prendre la tête avec mes histoires d’AOC, même si la philosophie de la réforme de 1990 s’est embourbée dans les chemins de traverse des adorateurs des normes, mais vous offrir l’accès a un mets hors-norme : le gigot d’agneau de Christophe, de la Contre-Etiquette, au foin AOC de la Crau. Celui-ci, en vertu du Décret du 31 mai 1997 : modifié le 23 septembre 1999 est devenue une AOC. Pour plus de détails voir sur ICI 

 

 

 

Recette :

 

 

1-     acheter un gigot d’agneau chez votre boucher préféré ;

 

2-   acquérir une balle de foin de la Crau AOC

 

3-    faire revenir dans une sauteuse et dans un fond d’huile le gigot sur toutes ses faces

 

4-   utiliser une cocotte à fond épais type « Le Creuset », y verser un fond d’eau pour pouvoir lancer la cuisson sans accroche, tapisser le fond de la cocotte de foin, y déposer le gigot tel quel, pas de sel ou de condiments, rajouter du foin tout autour et au-dessus pour le recouvrir entièrement ;

 

5-    lancer la cuisson sur un feu très doux pour une durée de 4 heures ;

 

6-   la cuisson peut se faire aussi dans un four à thermostat 5 ;

 

7-    en fin de cuisson, le jus mélange de celui du foin et du fond d’agneau est utilisable mais comme il est très concentré il faut le déglacer au vin rouge ou blanc (celui qui accompagnera le gigot) et l’épaissir un petit peu avec de la Maïzena.

 

 

 

Pour le vin, Christophe confie qu’il avait un petit peu peur, car les parfums du foin sont très exacerbés... mais comme ils le sont dans leur contexte « herbacé », un vin Blanc assez racé, bien « élevé » en fût, et déjà axé sur des notes torréfiées, pourra se marier agréablement avec l'ensemble très fondant...

 

 

-         un Meursault « charmes » 2007 de Fanny Sabre,

 

 

-         ou bien un Pouilly Fumé mademoiselle « M » 2008 d'Alexandre Bain,

 

 

-         ou un Chignin Bergeron « Les Filles » 2008 de Gilles Berlioz seront parfait...

 

 

-         et pourquoi pas en rouge le vin de Catherine Bernard en 2009, ou bien un 1ier  cru de Morey Saint Denis « Aux Cheszeaux » 2007 du domaine Arlaud, ou bien un Fixin 1ier  cru « Les Hervelets » 2007 de Jérôme Galeyrand.... les fruits rouges et bleus s'accordent bien avec l'aspect herbacé et fondant de la viande du gigot d’agneau

 

 

 

Les Photos :

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 00:02

« La Civilisation de la Vigne » par Armand Perrin chez Gallimard dans la fameuse nrf. Que voulez-vous moi je trouve ça très classe, bien plus que tous nos revues papier glacé étalées à la Maison de la Presse de Bénodet  ou chez le marchand de journaux de la Porte Championnet.

Tout ce lisse, sur lequel mon regard glisse, a la froideur du marbre, sa pompe et sa raideur. Le côté art officiel revisité m’ennuie. Comme me le disait un ami à propos de certains peintres contemporains qui se contentent de reproduire à l’infini, avec d'infimes variantes, le même tableau, celui qui a fondé leur notoriété, pourvoyeur de revenus confortables, « leurs tableaux finiront leur vie sur les murs des salles d’attente...». Toujours ce  « faire genre » pour satisfaire un public qui consomme de la notoriété comme des antidépresseurs afin de combler le manque de reconnaissance sociale.

 

J’exagère à peine.

Je généralise un tout petit peu.

La « peopolisation » me gonfle, cette mise en avant systématique d’individus présentés comme des petites stars, des « génies » de ceci ou de cela, des concepteurs de vins châtelains ou furieusement chers ça me saoule un peu beaucoup. 

C’est le temps qui veut cela me rétorquera-t-on, «on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre», il faut séduire. Plaire. J’en conviens aisément mais, toutes ces images, mises bout à bout, me donnent le sentiment d’un esthétisme chichiteux, très « je pète plus haut que mon cul »,  forme bien léchée du vide sidéral, d’absence de profondeur sauf celui du trou de notre propre nombril...

 

Je m’égare sans doute mais ce doit être l'âge... 

  

Bref, « La Civilisation de la Vigne » publiée en 1938 est un ouvrage d’une collection de Géographie Humaine. Comme le dit la 4ième de couverture, cette école de la géographie française aborde « la bataille que les hommes ont menée et mènent encore contre les éléments pour améliorer leur sort et limiter leurs aléas. »

 

Lorsque je lis que le Prince Charles met en cause Galilée, en déclarant « La nature a été totalement objectivée, avec pour conséquence que nous sommes poussés à nous concentrer sur l’aspect matériel de la réalité qui correspond à la vision de Galilée... » les bras m’en tombent. L’intérêt de cette approche c’est qu’elle cherche à montrer « la mécanique de la vie des hommes gravitant autour d’un produit. Cette mécanique entraîne une hiérarchie sociale et même une psychologie : elle est donc un des principaux éléments de distinction entre les hommes. »

 

Alors, ce matin, je ne puis résister à l’envie de proposer à votre lecture le tableau ci-dessous. Comme moi sans doute, vous n’en saisirez pas toutes les subtilités, mais je lui trouve une forme d’aridité poétique, un étrange exotisme, un parfum de cartes postales sépia... qui vaut qu’on le parcours en flânant. Où trouverez-vous ailleurs évoqué le Vignoble de snobisme de l’ancienne Russie.

 

I. Vignobles directs

- Vignobles américains de l’est et du centre

- Vignobles de l’Egée et de l’Egypte anciennes.

- Vignobles du Cachemire.

- Vignobles embryons de Chine et du Japon.

II. Vignobles de conquête et de colonisation

a) directs

-         Vignobles russes du Turkestan et du Don

b) consécutifs

-         Vignobles méditerranéens : grec, romain, vignobles français, suisse, rhénan.

-         Vignoble subcarpathique de l’ouest.

-         Madère.

-         Vignoble péruvien.

-         Vignobles des dominions austraux.

III. Vignobles religieux

-         Vignobles de Californie (1ière étape)

-         Vignobles de Madras.

-         Vignobles du Cap (1ière étape)

-         Vignobles rhénan et plus orientaux.

-         Vignobles ibériques de la « reconquête »

IV. Vignobles dirigés

a)     intervention de l’Etat

-         Vignoble Uruguayen

-         Vignobles californiens (3ième étape)

-         Vignoble impérial mosellan

-         Vignobles du limes romain après Probus (Autriche, Yougo-slavie, Bulgarie, Roumanie)

-         Vignoble roumain de Bessarabie

b)     direction capitaliste : Vignobles algériens, tunisien, marocain ; grands vignobles du midi de la France.

c)      Vignoble de snobisme : vignoble de l’ancienne Russie.

 

V. Vignobles économiques

a) résultants d’émigration

- Vignoble algérien type 1870-75

- Vignoble Rio Grande do Sul

b) résultants de remplacements en crise

- Economique

1- Vignoble californien (2ième stade)

2- Vignoble de Sao Paulo

3 – Vignoble de Sable de Hongrie

- Politique : vignoble chilien

c) par liaisons économiques

- Vignoble argentin

- Vignobles austraux à préférence impériale

- Vignoble autrichien.

d) résultant d’un plan : Vignobles de l’URSS  

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 00:09

L’indigène du 7ième, si je puis qualifier ainsi le résident de l’avenue de Breteuil, c’est l’anti-bling-bling, pour lui l’ostentation est péché mortel, l’exhibition des signes extérieurs de richesse une grave faute de goût. Même si leur maire, adepte du lapsus linguae, détonne un peu dans le paysage avec sa quincaillerie, il n’en laisse rien paraître. La Grande Épicerie du Bon Marché est donc à son image, très Rive Gauche – ne pas confondre avec la Gauche caviar – et, chaque année, le rituel qualifié partout ailleurs dans les Surfaces de basse extraction, Foire aux vins, prend ici une toute autre appellation. En cet automne déjà saisi par la froidure, le frontispice affiche sur fond de flacons une étrange interrogation : Quel âge avez-vous ?  Caillou-9160.JPG

Pour éclairer ma lanterne sitôt j’entre illico dans ce temple de consommation où l’on me propose sur un présentoir le fascicule noir de la maison. Beau, de bon goût, à l’image du terreau social de son territoire de chalandise. Le concept d’âge, se traduit ici par une formule simple « Car, il est en vin comme de toute chose : chaque âge a ses plaisirs » Je laisse aux concepteurs la responsabilité d’une affirmation bien lapidaire, l’intensité et la qualité du plaisir ne m’ont jamais semblé être une question d’âge. Je ne suis pas ici pour philosopher mais pour rapporter.

Que vis-je donc ?

Caillou-9163.JPG

-         L’âge des promesses : « les amateurs de vin le savent : plus on est patient, plus on est récompensé. Voici donc des grands millésimes, à conserver encore pendant une quinzaine d’années. » Sancerre Monts Damnés 2008 Domaine Dagueneau 76,90€

-         Le premier âge : « Voici des vins fougueux, mordants, croquants. Quelle que soit leur région d’origine, ces vins de plaisir, à boire sur la fraîcheur, ont l’humeur à la fois joyeuse et sereine [...] Buvons-les maintenant ! » Nuits Saint Georges « Les Damodes » 2007 36€

-         L’âge tendre : « Evolués, sans défauts, ces vins ont l’insolence de l’élégance. Leur présence est rassurante, ils pourront être débouchés sans risques pour un repas entre amis, un déjeuner de famille ou un dîner chic... » Châteauneuf du Pape/Domaine de la Janasse rouge 2007

-         Le bel âge : « Un flacon, un nom, un millésime : tout ce qui apparaît sur ces bouteilles fait rêver. Et pour cause : ces vins, osons-le dire, sont parfaits. Avec les formidables potentiels de leurs terroirs, ils se sont épanouis avec le temps et, bravant les années ingrates de l’adolescence, sont arrivés à maturité. » Château Palmer 1998/Margaux 120€

-         L’âge de raison : « Voilà de beaux millésimes, des valeurs sûres issues de toutes les régions de France, des crus sympathiques qui ont atteint l’âge de raison. Alors courage, cessez de les regarder, et ouvrez-les ! »Meursault Poruzots 2004 Henri Boillot 46€

-         L’âge d’or : « Pendant des décennies, ces alcools et ces vins doux naturels ont été surveillés, travaillés, bichonnés. [...] Les voici prêts à être découverts dans toute leur richesse, leur plénitude et leur générosité. » Cognac de Grande Champagne N°22 : 488€

 

Voilà c’est dit mais entre-nous soi dit tout cela est un peu tiré par les cheveux, confus un peu comme l’âge du capitaine, la bonne question eut été : Quels âges ont-ils ? Les vins bien sûr et, en ce qui concerne le plaisir, ce sont eux qui nous le donnent et non nous qui le générons. Je cesse de pinailler mais bon mais pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire simple. Un détail : l’âge de raison c’est 7 ans, ni plus, ni moins, mais bon passons aux choses sérieuses.

 

Les choses sérieuses pour moi c’est l’irruption dans ce catalogue de beaux flacons de 12 représentants du Roussillon sur 18 vins de la région Languedoc-Roussillon. Beau retour en force.

Je les cite dans l’ordre du catalogue :

Collioure

  • Domaine de la Rectorie : « Argile » 2008 blanc 2009 22€ et « Coté Mer » 2008 blanc 14,50€ (premier âge)

Côtes du Roussillon

  • Domaine Gardiés « Les Millières » 2008 rouge 11,40
  • Domaine Gauby « Muntada » 2003 rouge 58€ (l’âge de raison)
  • Domaine Gauby « Vieilles Vignes » 2005 rouge 21,50€ (l’âge tendre)
  • Domaine Laguerre « Le 20 » 2009 blanc 8,50€
  • Domaine Olivier Pithon « Laïs » 2009 rouge 16,50€
  • Domaine Vaquer « Les Aspres » 2006 blanc 14€
  • Domaine Alquier « Les Bastides » 2006 rouge 19€

Maury

  • Mas Amiel Vintage 1969 57€ (l’âge d’or)
  • Mas Amiel Vintage 1954 180€ (l’âge d’or)

 

Et pour faire plaisir à l’ami Jean-Baptiste Senat :

Minervois

  • Domaine Senat « Bois des Merveilles » rouge 2008 16,90€ (l’âge tendre)
  • Domaine Senat « Mais où est donc Ornicar » rouge 2009 9,30€

Et encore une étrange appellation qui va faire plaisir au grand Jacques :

Vin de Pays Languedoc

  • Domaine Gauby Vieilles Vignes 2004 21,50

 

Au plan pratique, les vins du catalogue sont exposés sur des présentoirs circulaires ou des tables dans tout le magasin. Cette mise en avant est de bon aloi car ainsi tout un chacun peut être tenté de s’intéresser à une belle bouteille. Ainsi donc, mon catalogue en main, je me la jouais façon inspecteur du Michelin : discrétion, anonymat et patati et patata... lorsque dans mon dos un « bonjour monsieur Berthomeau » me mettait à découvert. L’auteur de cette apostrophe, planté derrière un comptoir de dégustation arborait un large sourire et un tablier noir floqué aux couleurs du Roussillon. Présentation faite, l’homme aux vins du Roussillon était Olivier Raynal le créateur des Caves du Roussillon www.lescavesduroussillon.com . Que je fusse encore un peu connu du côté de Perpignan n’a rien d’étonnant dans la mesure où au temps où j’y jouais les médiateurs ma tronche de cake s’étalait souvent dans l’Indépendant de Perpignan. Donc pas de quoi faire enfler les chevilles.

Olivier se révèle être un excellent ambassadeur des vins du Roussillon et bien sûr me voilà embarqué dans la dégustation des vins du jour : 2, ce qui vous en conviendrai est une quantité à ma portée de dégustateur de petite extraction. Les vins étaient ceux d’Éric Laguerre www.domainelaguerre.com , un blanc : « Le 20 » Cotes du Roussillon 2009 (40% de Vermentino, 20% de Roussane, 20% de Marsanne et 20% de Maccabeu et un rouge « Le 20 » Cotes du Roussillon 2008 (60% Syrah, 30% Grenache et 10% de Carignan). La position géographique de ce domaine dans les Fenouillèdes proche de l’Ariège le place dans une situation qui met mal à l’aise les partisans de « l’air de famille » à l’intérieur d’une appellation, ici en l’occurrence les Cotes du Roussillon. Les vins d’Éric Laguerre peuvent surprendre, surtout le rouge où le fruit prédomine, par leur atypicité par rapport aux canons parfois un peu lourds des Cotes du Roussillon. Sous ma plume ce n’est pas une critique mais plutôt un hommage à la diversité. J’ai commencé par déguster le « Le 20 » blanc qui m’a conquis par son extrême fraîcheur, sa gourmandise acidulée qui pour moi font de lui à la fois un vin que l’on a envie de boire sur une terrasse ensoleillée en lisant un bon livre et un vin compagnon d’un bar au beurre blanc ou d’une sole grillée. Pour 8,50€ c’est un plaisir accessible. Pour « Le 20 » rouge je vais proférer une énormité mais, comme diraient certains, c’est mon ressenti : il a tout d’un vin de Loire et il donne envie d’en boire. Il est gouleyant, plein de fruit, de fraîcheur, de vivacité... un de ces vins qui ne se prennent pas la tête à se poser des questions sur leur adaptation au marché car ils sont adaptés au marché de ceux qui cherchent la simplicité.

 

Pour en finir avec le Roussillon, en plus de sa sélection automnale, dans le « fonds de rayon », c’est l’appellation officielle pas très sexy, à l’année les vins du Roussillon sont assez présents sur les beaux rayons de la Grande Epicerie du Bon Marché : comme par exemple le Château de Jau et les vins d’Hervé Bizeul : Les Petites Sorcières et de battre mon coeur s'est arrêté, Coume del Mas, domaine de Vénus, domaine Roc des Anges et bien sûr les Gauby, Parcé et quelques autres.. Quoi qu'il en soit belle initiative que cette montée à Paris d'Olivier Raynal pour faire déguster à la Grande Epicerie du Bon Marché quelques beaux représentants du renouveau du Roussillon.

 

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