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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 14:00

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N’en déplaise à mon ami Ghislain de Montgolfier, le tout frais président de de l'UMVIN (Union des Maisons et Marques de Vin) qui, en bon champenois qu’il est sait que ce qui est bon pour la Champagne n’est pas forcément bon pour les vins dits tranquilles, le jus produit par le 21 septembre, le Groupe de réflexion à Haut Niveau sur les Droits de Plantation se réunit à Palerme  en Sicile n’est qu’un habillage habile pour faire passer le suppositoire de la suppression du système des droits de plantation.


On enrobe tout d’abord le suppositoire de vaseline « l'idée essentielle est que la gestion des plantations doit largement impliquer les professionnels eux-mêmes ». La Commission Européenne reconnaît ainsi « qu'un système moderne et ambitieux de gestion des plantations ne peut pas être centralisé à Bruxelles. Les pôles de décision doivent se mouvoir vers les territoires concernés, les viticulteurs, les autres acteurs économiques et leurs organisations professionnelles. Ce sont eux qui connaissent le mieux les marchés actuels et futurs. Ce sont eux qui doivent devenir les vrais acteurs de la gestion des plantations. »


Ensuite, on différencie les patients auxquels s’applique la nouvelle posologie : « il faut souligner qu'il y a une différence entre les vins avec indications géographiques et les autres vins de tables ». Le premier outil concerne ainsi la gestion des plantations pour les vins d'indications géographiques protégées (AOP et IGP). Selon Jose Manuel Silva Rodriguez, « il s'agit de transférer aux acteurs économiques des vins AOP/IGP la gestion de leurs surfaces de plantation. Cette gestion pourrait entrer dans le cadre des tâches allouées aux organisations professionnelles (organisations de producteurs, organisations interprofessionnelles...). Toute décision prise dans ce cadre devrait être entérinée par les autorités publiques (nationales ou régionales). 
»


Enfin, pour faire joli, rassurer on érige une usine à gaz qui ne produira que de la fumée « le second outil proposé par la Commission est une clause de sauvegarde évitant « toute expansion rapide de la plantation de vins sans indication géographique. 
Même si nous ne prévoyons pas une explosion de nouvelles plantations en 2019, il faut répondre à certaines craintes que vous avez exprimées. » 
Cette clause de sauvegarde serait activée par les Etats membres, au-delà d'un seuil préétabli, les plantations seraient gelées. Supervisé par la Commission, ce mécanisme préviendrait le déséquilibre entre offre et demande des marchés du vin. Tenant à ne pas aboutir à un outil trop restrictif, la Commission envisagent cependant la mise en place de niveaux de priorités (notamment en faveur des jeunes exploitants) et de critères objectifs (typologie du terrain...). »


C’est le pire des systèmes : d’un côté les routes départementales voire nationales où la vitesse est limitée par les intéressés (rires dans les chaumières) sous la haute surveillance des pandores de Bruxelles et de l’autre une belle autoroute à allemande où les grosses cylindrées pourront faire rugir leurs beaux et fringants chevaux vapeurs.


Je partage le point de vue du Président de la Fédération Européenne des Vins d'Origine, l’italien Riccardo Ricci Curbastro qui a critiqué cette différenciation des vignobles. Pour lui, « il n’y aurait rien de pire que de prévoir un régime différent entre les vins AOC/IGP et les VSIG dont les plantations ne seraient pas régulées. La solution proposée conduirait à un développement incontrôlé de la production de VSIG et à une industrialisation du secteur. Quant aux vins AOC et IGP, ils deviendraient une réserve d’indiens ! »


C’est la prime aux forts.


Comme je l’ai toujours soutenu les 2 branches de l’alternative ne peuvent être que :


-         Plus de droits pour tous les vignobles.

-         Des droits pour tous les vignobles avec une gestion différenciée par catégories.


Dans le premier système la régulation se fera par le marché sans filet. Il est donc clair et évident que, le marché de la grande majorité des vins se régulant par les volumes du bas de la pyramide, toute surproduction entraînera une baisse des prix qui mettra en difficulté le modèle coopératif classique (il l’est déjà) ce qui entrainera la déprise des zones les moins productives au profit des zones de plaine, et par conséquence la diminution du nombre d'exploitations dites familiales (ce qui est une appellation commode qui recouvre une réalité un peu plus complexe). Ce phénomène est connu, il a été vécu par le Languedoc-Roussillon qui a connu un arrachage massif. Ce qui est nouveau c’est que la libéralisation des plantations va, à terme, mettre à mal le système des AOP volumiques. Est-ce souhaitable comme le prônent certains ? C’est la méthode du champ de bataille où l’on ramasse les morts et les blessés à la fin du combat. C’est efficace mais socialement et humainement difficiles pour les 3 vieux pays qui seront touchés : Espagne, France et Italie. C’est un choix politique.


Dans le second système que le bon Ghislain prône, mais qui n’est pas celui de la Commission, la régulation n’est plus un joujou entre les mains des technocrates : «  Sur la question des vins sans IG, l'UMVIN se dit favorable à un encadrement, mais qui serait géré de façon globale avec les autres catégories réglementaires, dans l'idéal en France au sein des interprofessions. Le tout irait dans l'intérêt des négociants, qui pour l'heure sont obligés d'avaliser les décisions des Organismes de Défense et de Gestion en matière de gestion des volumes (plantation, rendement, gestion des réserves) dans la plupart des régions, sauf en Champagne ou ceci se décide collectivement au sein du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC). Un modèle dont l'extension semblerait satisfaire les négociants, qui se disent prêts à développer la pratique des contrats, en échange de plus de partage du pouvoir sur le pilotage collectif des quantités. L'UMVIN se dit aussi favorable à l'existence d'une clause de sauvegarde, qui permettrait aux états membres de geler les plantations en cas de risque de surproduction, sur la base d'indicateurs économiques. »


Mais tout ce que je viens d’écrire c’est en pure perte car la messe est dite « S'il y a inflexion, la Commission ne fait pas pour autant machine arrière. Jose Manuel Silva Rodriguez a bien tenu à préciser « qu’un retour en arrière vers une position conservatrice n'était pas envisageable (...), il n'est pas possible de prolonger indéfiniment un système temporaire voué à disparaître au 1er janvier 2016 ».


Sans instruire un procès en responsabilité, mais en mettant le doigt sur l’inconséquence des responsables professionnels français, nous ne récoltons en ce moment que les fruits du débat avorté qui aurait dû accoucher de la fameuse stratégie Cap 2010. Les défis du Vin Français. Trop Tard messieurs !

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 00:09

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Tout d’abord j’estime que Bercovici vous a un peu escagassé, je ne vous reconnais pas bien sous son trait de crayon cher Ghislain, dans la vie réelle vous êtes bien plus fringant ,votre regard pétille, alors que là vous ressemblez vaguement à un cousin-germain de Guaino matiné de Copé sur le qui-vive. Certes le scénario vous place dans une position fort peu confortable mais lorsque je lis les paroles que Simmat place dans les bulles – des fines bulles, bien sûr, d’une Grande année – sensément suspendues au-dessus ou au-dessous de votre auguste et fière tête je ne retrouve pas votre tête. Ça me gêne un chouïa car j’ai l’impression de visionner une vague doublure et ça me trouble, ce qui pour le champenois que je ne suis pas prend des allures de vin clair (oui je sais un vin clair qui est trouble peut troubler les non-initiés).

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Autre point qui me chiffonne dans la séquence qui vous touche, cher Ghislain,  c’est que face à ce mystère, ce dérèglement du Royal Agreement, voir le Bollinger « champagne officiel de Buckingham depuis la conquête des Indes » jeté dans les eaux troubles de la Tamise et vous « l’héritier Bollinger, figure du vignoble champenois, congédié comme un simple VRP » votre sens aigu de la décision n’ai pas provoqué chez vous un réflexe immédiat : pianoter de suite sur votre IPhone pour joindre le boss de la branche 00 du Secret Intelligence Service (MI6) le dénommé M, et bien sûr Q, le directeur de la section équipement.  Ou, plus efficace encore appelé Bond directement dans son appartement de Kings Road dans le quartier de Chelsea. Vous seriez tombé sur May sa vieille gouvernante écossaise et 007 ce serait fait un plaisir de sauter dans son Aston-Martin et de régler cette affaire en trois coups de cuillère à pot via la couche chaude de quelques donzelles aux appâts plus conséquents que ceux des prudes dames d’Aÿ. Vous imaginez la tête de Simmat et de Bercovici si, les prenant à leur propre piège, vous foutiez en l’air leur beau scénario tout juste entamé. La cata quoi, mais je vous sais trop gentlemen Ghislain, et un peu joueur, alors vous n’avez pas voulu tirer avantage de votre arme secrète.


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Revenons au début de l’histoire, de ce maître Pérignon, en son abbaye d’Hautvillers près d’Épernay, partageant la couche de ribaudes, se faisant tancer par l’archevêque-duc pour sa luxure et ses expérimentations hasardeuses, ça risque de défriser les dames d'Aÿ et d'ailleurs en Champagne, dont j’évoquais l’existence, surtout à la sortie de la messe ou du temple, juste avant de passer chez le pâtissier pour acheter le gâteau du dimanche et se rendre ensuite à la brocante. En soulignant ce fait je ne fais que reprendre ce qu’écrivait sous forme de conseil, un homme autorisé, Jean-Paul Kauffmann, dans  « Voyage en Champagne 1990 » : « tu y passeras aussi tes week-end, sinon tu manqueras l’essentiel : la messe ou le temple, le passage à la pâtisserie et la brocante… » Le mécréant que je suis adore mettre un peu de piment dans les tea-parties de notre belle province. Quant à toi Ghislainn- oui je tutoie pour ça -, comme je ne te trouve pas une tête d’héritier depuis le jour où nous nous croisâmes dans les couloirs de l’INRA de Rungis où tes collègues du  SCECS, laboratoire étudiant le devenir du cochon, exhibaient celui de Reiser sur leurs publications officielles, je pense que tu feras preuve de pédagogie auprès de ces dames aux belles permanentes. Enfin, sans vouloir jouer sur les mots, tu es un Montgolfier et tes ancêtres  Joseph et Étienne inventeurs et constructeurs des montgolfières, ont été d’une certaine manière des précurseurs dans l’art et la manière de s’envoyer en l’air.


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Enfin, pour redevenir un peu sérieux, citant à nouveau JPK, je dois t’avouer mon cher Ghislain mon grand chagrin de constater que la danse est menée, dans la BD de Simmat&Bercovici, pour faire court, par un parisien, certes d’adoption puisque né à Roubaix,  « La nouveauté est que le Great Game* champenois se joue pour une large part à Paris et non plus à Epernay ou à Reims. Ce déplacement du pôle de décision vers la capitale, qu’ont choisi d’habiter les chefs de maison des grands groupes et leurs états-majors, est un objet de préoccupation pour l’avenir. L’absence d’enracinement est un handicap pour un produit issu de la terre. Une marque de champagne a besoin d’être représentée autrement que par un gestionnaire qui sait baisser les coûts et optimiser les stocks. Il entre en effet dans cette fonction une dimension humaine et culturelle impliquant un ancrage solide et durable dans l’environnement immédiat. Poser au milieu du vignoble pour la photo, convier à déjeuner la presse dans les salons désuets de la marque soigneusement entretenus et repartir ensuite pour la capitale constituent les limites de l’exercice. »


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Voilà, cher Ghislain, j’ai fait mon devoir comme le bon petit soldat que je suis qui, à force d’écrire des trucs désagréables sur les droits de plantation chers à la permanentée de Reims qui habiteà Paris, se trouve bien aise de passer la patate chaude à Simmat et Bercovici qui eux, peuvent aligner des vacheries sans le risque de se voir mettre au placard. Bref, ma question initiale reste ouverte, comme une conclusion d’un exposé de Sciences-Po : c’est quoi au juste cette histoire de Dom Pérignon Code ? La réponse est dans la BD susdite : Champagne ! Le Dom Pérignon Code chez 12Bis pour 12€ tout juste le prix d’une bouteille de champagne discountée par les têtes d’œuf de Carrefour ou les terroristes – je n’ai pas écrit les terroiristes – de MEL. Avant d’en terminer avec ma missive, Ghislain, toi le président de l’UMV, je te supplie d’expliquer à un socialo non révisé, tendance Rocard Code, ce que veulent dire les deux larrons de la BD par « marges à deux chiffres » J’avoue ne pas tout comprendre la notion  de « marketing historique » alors, pourquoi ne pas m’inviter en Champagne pour me décrotter. J’ai même lu dans une feuille de choux économique que Bollinger c’était l’une des plus belles marges de la Champagne alors comme tu es très pédagogue Ghislain tu m’expliqueras. J’espère, bien évidemment que la fine fleur des maisons de champagne me fera l’accueil dû à un blogueur influent.


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Dans cette attente, recevez (oui je passe du tu au vous  mais bon je ne peux faire autrement en fonction des circonstances), cher Président de l’UMV, un peu chahuté dans la BD, mon meilleur souvenir, et si ce n’est pas trop compromettant pour toi, l'expression renouvelée de mon amitié fort ancienne.


Bien à toi.


Un Taulier qui a pris de la bouteille.

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 00:09

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Au temps de mes culottes courtes, les filles du patronage, c’étaient les « âmes vaillantes » et les garçons les « cœurs vaillants », je n’en n’ai jamais été me contentant d’être le capitaine de la Vaillante Mothaise, club de basket-ball. Vaillant, voilà un adjectif peu usité mais qui va bien à celles et ceux qui coupent le raisin car il faut être courageux, avoir de l’ardeur au travail, pour affronter dès l’aube les Longues de Grenache parcelle surnommée ainsi par les Guichard « parce que les rangées » leurs semblaient infinies. Isabelle avoue qu’elle n’a « jamais compté le nombre de ceps sur une rangée, mais à y travailler, pour tailler et ébourgeonner, j’ai l’impression de ne jamais terminer, un peu comme Sisyphe et son rocher. Elle force l’humilité… » et elle espère que « les vendangeurs seront en forme. Orientée plein sud avec un dévers certains, les rayons du soleil y semblent plus forts. »


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Ainsi donc, dans l’amoncellement du courrier au retour de mon séjour Corse, j’ai eu le grand bonheur de découvrir un petit opus – je ne sais si Isabelle Guichard lit mes chroniques, mais j’adore les beaux petits livres – des éditions du Rouergue « Recettes de vendangeurs »18€  dont la jaquette m’offrait le spectacle de petites mains triant le raisin. J’avoue avoir un goût très modéré pour les livres de recettes mais là, en feuilletant j’ai découvert un talent d’écrivain ou d’écrivaine, selon l’esprit du temps, de la maîtresse de maison : Isabelle Guichard. Ses textes m’ont rendu l’âme et le cœur vaillants et j’en avais bien besoin en ces temps d’incertitudes. La relation forte avec mon cœur, la pompe, date de l’époque de mon Wolf-Parkinson-White à Lariboisière avec le Pr Leenhardt ; quant à l’âme elle a du mal à être légère. Ce réconfort je le dois à un service de presse et que ceux qui en sont à l’origine en soient vraiment remerciés.


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Mais je me dois aussi de digresser à propos de Guichard. Le premier Guichard que j’ai connu, façon de parler, était fort connu puisque membre du petit cercle des barons du gaullisme, tout en étant lui-même un vrai baron, et se prénommait Olivier. Le second, je ne l’ai jamais connu sauf sous le nom d’un stade, surnommé le chaudron, lui se prénommait Geoffroy et il fonda le groupe Casino sis à Saint-Etienne. Les Verts de la grande époque à Marcel Saupin face à un FC Nantes de rêve, le temps de ma jeunesse. Et puis il eut Daniel, classe 48 comme bibi, La tendresse 1973… le chanteur.  Enfin, dans un raccourci comme l’Histoire les aime, par hasard, par la grâce de mon espace de liberté, je découvrais une nouvelle Guichard cachée sous le nom de son mari : Aline qui se trouvait être la Baronne puisque fille d’Olivier Guichard et ainsi néo-vigneronne en un château, car à Bordeaux il n’y a que des châteaux. Ainsi je croyais  en avoir fini avec les Guichard lorsque du courrier surgissait Isabelle, qui partage avec Aline le même goût pour la cuisine tout en effectuant un chassé-croisé de patronyme Guichard. Reste la vigne, le vin, mais de cela elles s’en expliqueront si elles le souhaitent. www.domaine-guicharde.com et www.baronneguichard.com

Et comme les chroniques font découvrir des liens Arnaud Guichard, le mari d'Isabelle, est l’arrière-petit fils de Geoffroy Guichard.


Me reste plus bien sûr à vous offrir une tranche du livre d’Isabelle, d’abord les superbes intercalaires : ses textes entre les recettes, qu’il faut savourer aussi bien que les plats qu’elle concocte pour sa cotriade de vendangeurs. Il me fallait choisir, alors je suis tombé du côté où je le devais : ce que fait la main… à la cuisine comme à la vigne. Bien sûr j’ai choisi la vigne :


« La taille est peut-être le moment où la main se fait la moins hâtive, la plus mesurée. L’hiver est long, le mistral violent et la pluie battante participe de sa dureté. Le geste est donc moins pressé. Préalable à tout ce qui s’ensuivra, la taille redonne un peu d’ordre à la parcelle. Elle tranche sans faillir dans un enchevêtrement parfois inextricable de sarments, remodèle le cep, lui confère un peu d’allure, un port plus altier, plus austère, parfois même mortifère. Les sarments, coupés et regroupés en tas réguliers le long des rangées, scandent le lopin de terre. La main semble alors dominer la plante en imprimant son empreinte sur le végétal, mais cette apparente suprématie ne dure guère. Les derniers coups de sécateur à peine donnés, les plaies de taille commencent à pleurer, la sève monte à nouveau. Bientôt les premiers bourgeons vont grossir, éclater et de minuscules feuilles d’un vert tendre s’épanouiront. »


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Pour les recettes mon inclination naturelle me fait choisir : la salade de pâtes (des farfalle), l’osso-buco et la salade de pêches blanches à la menthe. Le tout arrosé de la cuvée des petites mains œuvre d’Isabelle. « Élaborer un joli vin sans outrance ni explosion, mais dans la finesse avec un soupçon d’élégance, tel était mon vœu pieux. Pas question d’aller vers la surextraction : nous avons décidé avec Arnaud de piger cette petite cuve deux fois cinq minutes par jour au début de la fermentation alcoolique puis de la laisser faire seule ses premiers pas. »

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 00:09

viewerboeufs.pngLes mannes de mon pépé Louis vont exulter puisque les bœufs reviennent en force dans le paysage agricole et plus précisément viticole. En son temps j’avais chroniqué pour lui rendre hommage « J'ai deux grands bœufs dans mon étable » link et lorsque l’agence de Bernard Magrez m’annonce qu’ « Après avoir été parmi les premiers Crus Classés à remettre au goût du jour les labours des vignes au cheval de trait, le Château Pape-Clément à Pessac Léognan va aujourd’hui plus loin encore dans son travail du terroir avec l’arrivée de Blanc et Marel, deux magnifiques bœufs de 4 ans » je ne peux m’empêcher de me taxer de visionnaire même si la qualification de goût  du jour me défrise un chouïa et que j’eusse aimé, pour un blogueur de mon renom, le Bernard me l’annonçât de sa propre plume d’oie.

 

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Que dit le communiqué de presse – je hais les communiqués de presse mais bon celui-là m’informe alors je mets mon mouchoir sur mon allergie -


« De race gasconne, ces deux bœufs de 400 kg, ont été élevés en Ariège, à la Bastide de Sérou, et n’obéissent qu’à la langue occitane !


Ce n’est pas pour le folklore des labours à l’ancienne que Bernard Magrez a décidé d’avoir recours aux bœufs en plus des chevaux pour les labours. Il y a des raisons techniques précises.


Les bœufs permettent en effet un labour plus performant :


- Ils travaillent plus lentement que les chevaux et sont donc plus précis pour leur travail entre les rangs de vignes,


- Plus puissants, ils développent plus de force, notamment au démarrage. Un bœuf peut tracter et retenir plus de deux fois son poids.


- Ils s’arrêtent quand ils rencontrent une difficulté ou un obstacle, contrairement au cheval qui ne s’arrête pas une fois lancé. Cette attitude permet d’éviter que la charrue n’arrache des pieds de vigne au moment du déchaussage.


Au-delà des avantages environnementaux évidents, la traction animale permet également de protéger le sol des dégradations que provoquent les tracteurs. En effet, l’utilisation des animaux évite le tassement du sol ainsi que les vibrations néfastes au maintien de sa qualité. Par ailleurs, les animaux peuvent aussi atteindre des parcelles difficiles d’accès pour les véhicules. Il s’agit d’un réel progrès qui amène la production du Château Pape Clément une fois encore vers l’excellence, qui est le credo de ce grand cru… »


Toucher les bœufs, les conduire avec un aiguillon ce n’était pas à la portée de n’importe qui et c’était un apprentissage. Cependant, dans le cas de la vigne, comme le montre la photo il ne s’agit plus de bœufs enjugués, les Jaunet, Blandin de mon enfance qu’il fallait savoir faire virer en bout de champ ou conduire sur un chemin de terre mais d’un bœuf quasiment tenu en laisse par un conducteur. Je ne sais comment il est harnaché mais je suis sûr que Bernard Magrez, eu égard à mes hautes compétences bovines, se fera un plaisir, lors d’un de mes passages à Bordeaux, de m’instruire ou de me faire instruire sur la conduite du bœuf unique dans la vigne. Mon titre sur les emplois d’avenir a pu vous paraître provocateur et désinvolte mais il n’en est rien : si les Grands Crus pour toutes les raisons qui sont les leurs veulent bien investir dans l’emploi des jeunes – ils en ont les moyens – je ne vois pas au nom de quoi il faudrait faire la fine bouche. En effet, les 2 bœufs de Bernard Magrez, pur gascon, n’entendant que l’occitan comme leurs compères chevaux ne se remisent pas dans un hangar il faut les entretenir et les nourrir tout au long de l’année.


Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières et je ne plaisante pas avec les emplois d’avenir financés par l’épaisseur du trait des GCC. En son temps, en mai 2007, bien avant que ce fut tendance, j’avais commis un chronique : vin de cheval link alors aujourd’hui grâce à Blanc et Marel – pas très occitan ces patronymes – je pourrai qualifier les vins de Pape Clément de beaux vins. J’attends donc avec impatience le jour où j’irai voir ces deux beaux bestiaux, et même si je ne parle pas l’occitan, je suis sûr que mon patois vendéen sera suffisant pour leur faire lever les oreilles et battre de la queue sur leurs flancs.


 

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 00:09

« La popularité de l'exécutif encore malmenée » titrait il y a 4 jours Libération « Les deux sondages publiés ce jour à propos de l'exécutif ne donnent pas exactement les mêmes chiffres mais convergent sur la tendance : leur  popularité n'est pas au mieux, celle du Président étant, dans les deux cas, inférieure à 50%.


Selon LH2 pour le Nouvel Observateur, 49% des sondés ont une opinion «très positive» ou «assez positive» de François Hollande — une baisse de 4 points par rapport à la dernière vague, réalisée en juillet — contre 43% ayant une opinion «assez» ou «très négative» . Du côté d'Ipsos pour Le Point, l'équilibre est encore plus défavorable: 44% des personnes interrogées portent un jugement «très» ou «plutôt favorable» sur «l'action de François Hollande» contre 49% d'avis «défavorables». Détail qui a peut-être son importance, le premier institut pose la question de «l'opinion» sur Hollande, le second parle de «l'action».

 

Mais qu'est-ce que la popularité au juste?


Le fait d'être connu et aimé du plus grand nombre.


Emile de Girardin estimait que « La popularité est plus communément un écueil qu'une récompense. »


La popularité, c'est comme du vent, ça peut tourner à tout moment et nos politiques qui, démocratie oblige, doivent se soumettre au verdict du suffrage universel sont placés face à un dilemme qui leur est bien difficile de surmonter : pour être élu ils doivent séduire le plus grand nombre, donc être populaire, mais dès qu’ils sont élus placés face à une réalité sur laquelle ils ont de moins en moins de prise ils s’exposent à l’impopularité.


Pour ma part, j’ai toujours eu en exécration la période dite d’état de grâce pour un Président nouvellement élu où, sous prétexte de tenir ses promesses, celui-ci récompense la somme des corporatismes de son camp. Je suis un mendésiste : gouverner c’est choisir et choisir c’est frustrer une partie de ceux qui ont voté pour vous au second tour. Notre mode de scrutin à deux tours, au premier on choisit, au second face aux deux candidats arrivés en tête certains électeurs se rallient, avec plus ou moins, de conviction à celui des deux qui leur paraît le plus proche de leurs convictions. Ça donne des frustrés en puissance, beaucoup de déçus potentiels, bref l’appoint de voix reste ce qui fait basculer l’élection pour l’un ou l’autre camp mais pour autant, sauf alliance gouvernementale, c’est le noyau dur du premier tour qui constitue la base de l’action.


L’obsession de la réélection, certes compréhensible, ne doit pas conduire à des demi-mesures : demande-t-on au capitaine d’un navire affrontant le gros temps d’être populaire ? Non, on lui demande d’être à la manœuvre et d’amener son bateau, ses passagers et son équipage à bon port. Nous les Français avons une fâcheuse tendance à être de grands partisans du changement, de la réforme, à la condition que cela touche essentiellement les autres. Le conglomérat dit de la classe moyenne est un fourre-tout pratique pour que ceux du haut puisse mettre en avant ceux du bas sans oublier ceux du ventre mou entre les deux, pour ne pas prendre sa part à l’effort. J’ai toujours admiré le discours anti 35 heures des cadres (je n’ai jamais soutenu cette réforme et surtout sa mise en œuvre stupide) supérieurs des grandes entreprises, et leur goût très prononcé pour les RTT : cap sur Deauville le vendredi avant la meute dans le 4x4 syndical. Arrêtons de nous voiler la face, la grande majorité d’entre nous avons bénéficié du surendettement de l’Etat ou des régimes sociaux. Je lisais dans le rapport de la Cour des Comptes les économies substantielles que l’on pourrait faire sur les transports des malades : combien de gens qui pourraient utiliser leurs propres moyens préfèrent mobiliser une ambulance car c’est remboursé par la SS ?


Que la couche supérieure des dirigeants des grandes entreprises se soit goinfrée, continue de se goinfrer, je suis bien évidemment le premier à le reconnaître mais la loi du plus grand nombre exige malheureusement que l’assiette de l’effort soit la plus large possible pour espérer inverser la spirale de l’endettement. Reste à faire des économies sur le fonctionnement de l’Etat, des collectivités territoriales, des structures type Chambres Consulaires… Dans un ouvrage paru ce jeudi, le député PS de l'Aisne René Dosière lance des pistes pour faire des économies : c'est auprès des collectivités locales qu'il faudrait gratter : il a trouvé 15 milliards d'euros ce n’est pas rien ! Ce pactole se trouverait même sous nos pieds, ou plutôt entre les couches du millefeuille intercommunal. Dans son dernier ouvrage «L'État au régime», éditions du Seuil, le député apparenté PS de l'Aisne recommande une cinquantaine de mesures pour réduire les dépenses publiques. Et c'est donc dans ce fameux bloc communal, selon lui, c'est-à-dire les communes et les communautés de communes, que le gros des économies est à faire. « En cause, selon l'élu picard, les doublons et les dépenses de personnel inutiles qui auraient explosé ces 15 dernières années. «Lorsque les communautés de communes créent un emploi, les communes n'en suppriment pas, résume René Dosière. Dans une période où l'argent est rare, on doit dépenser moins. » «Gaspiller moins pour dépenser mieux », c'est justement le sous-titre de l'ouvrage du député de l'Aisne.

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Bien sûr, cette baisse de la voilure va faire des mécontents, déclencher des résistances, mais sur le moyen terme, 5 ans au hasard, lorsque les dividendes de l’impopularité tomberont dans l’escarcelle de nos gouvernants, que nous nous serons réellement désendettés, que nous aurons retrouvé des marges de manœuvre pour investir dans les secteurs porteur d’avenir, il me semble que la réélection est plus sûre d’être assurée, alors qu’un parcours à la godille, pour tenter de ne plaire qu’à sa clientèle électorale, sera le gage d’une belle alternance sanction : les Français adore ça, moi pas… Alors « Vive l’impopularité » liée au courage de celui qui affronte les temps difficiles avec détermination

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 14:00

Ce que je vous propose en complément de ma chronique de ce matin ce sont quelques chiffres qui montrent à l’évidence que la volonté de la Commission de l’UE de faire disparaître les droits de plantation reposait plus sur des présupposés idéologiques  que sur un réel besoin économique. En termes budgétaires ce système ne générait aucun coût et, comme les chiffres des réserves le montrent, la marge d’expansion du vignoble de l’UE restait possible. Cette relative modération des plantations nouvelles démontre aussi que les investisseurs, hormis pour les vignobles de prestige, ne manifestent guère d’appétence pour le secteur des vignes d’AOP  ou d’IGP dont le retour sur investissement reste fort modeste. Ce qui démontre aussi que la disparition des droits ne provoquerait pas un raz-de-marée de plantations sur ces zones délimitées même si les ha non plantés sont conséquents. La menace est ailleurs sur les Vins sans Indication Géographique comme l’a souligné fort justement Jean Clavel.

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 00:09

  

 

Pour justifier mon affirmation sans appel je me réfère d’abord à Clemenceau « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission » puis à Daniel Cohn-Bendit qui, avec nous soixante-huitard attardé a proclamé, ou presque, « commissions piège à cons ! »

 

En effet que lis-je dans l’austère RVF ? « S'il rejette l'idée d'un retour en arrière qui annulerait la réforme, Dacian Ciolos reste partisan d'une « nouvelle régulation », a précisé son porte-parole Roger Waite. « Il envisage de faire participer les territoires, les vignobles et les professionnels » à cette nouvelle régulation, a-t-il souligné.


En cas de crise, un garde-fou au niveau européen pourrait prévoir la mise en place pour une période donnée d'une limite maximale annuelle pour la production. Ces pistes seront discutées dans le cadre du groupe de haut niveau, « dont le but est de déboucher sur une forme de consensus positif » de la filière, a précisé Roger Waite. »


C’est à se taper le cul par terre. Déjà il faudra que  ces augustes penseurs à haut niveau m’expliquent comment ils feront participer les territoires et les vignobles à la nouvelle régulation ? Sous forme d’une table ronde des cépages ou d’une assemblée plénière des terroirs je suppose. Se payer de mots c’est très beau mais au bout du compte ça ne rapporte pas lerche. Quand au concensus positif, je frise l'extase. Et puis, le droit de planter c’est le droit d’augmenter son potentiel de production et je ne vois pas comment ces messieurs les gnomes des services européens érigeront à la hâte un garde-fou pour endiguer pour une année la production puisque les vignes plantées pisseront du vin si je puis m’exprimer ainsi. C’est inepte et ceux qui croient en l’efficacité de ce genre de leurres sont soit un peu cons ou nous prennent pour des cons.


En effet, sauf à ériger une jachère de la vigne sous la forme d’un tombé de raisins partiel ou total, les vignes en production produiront et il n’y aura pas de régulation par les volumes. La démonstration en a été faite par l’absurde par nos amis bordelais et charentais qui, avec une profusion de droits de plantations, ont fait exploser leurs volumes jusqu’au point de réclamer des distillations aidées. Moi, vieux briscard du fleuve rouge, inventeur de la distillation obligatoire via Rocard et le compromis de Dublin, je n’aime pas que les cons prennent les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages. Pour illustrer mon propos, et souligner qu’un groupe à haut niveau où je ne suis pas ne peut bénéficier d’une telle appellation – je vais prendre un exemple concret. Soit deux vignerons : un petit Bernard Arnault et un gros Luc Charlier qui souhaitent, afin de répondre à la pression de la demande de leurs clients étendre la surface de leur vignoble. Dans le actuel régime de droits de plantations le premier à tout ce qu’il demande car c’est un petit vigneron nécessiteux, alors que Léon le latifundiaire de Corneilla la rivière attendra le bon vouloir des gars de l’ODG et de l’INAO réunis. Je plaisante à peine mais l’attribution des droits de plantation  est aussi un instrument de pouvoir entre les mains des petites mains  de la profession qui adorent poser leur cul dans les fauteuils de présidents.

 

Plus sérieusement, puisqu’à l’avenir il n’y aura plus de droits de plantation, Ciolos exclut tout retour en arrière, c’est clair, je voudrais que l’on m’expliquât quel substitut juridique va être mis en place. En effet, un droit est un droit, attribué certes avec des règles, une procédure, mais il ne peut exister un droit atténué, un demi-droit, un ersatz de droit ou je ne sais quoi. Le petit Arnault et le gros Léon planteront tout ce qu’ils voudront là où ils voudront sauf bien sûr pour les AOP et les IGP mais là aussi il y a de la marge de progression c’est-à-dire des terres classées non plantées. Moi, si on me dit que j’écris des conneries je suis prêt à faire amende honorable mais pour l’heure la bouillie pour chat proposée par le commissaire Ciolos via le sieur Waite me laisse sur ma faim. Je compatis certes mais je rappelle que ceux qui se sont tus lors du vote de la nouvelle OCM sont ceux-là même qui brament dans les coursives du 78 rue de Varenne. Selon, une tradition bien ancrée tout ce beau monde n’a pas été capable d’anticiper et s’est fait – désolé du terme – enfiler la suppression au nom du libéralisme ambiant de l’époque avec la complicité active de l’administration française.


Alors que faire me direz-vous ? Affronter la réalité soit en portant en terre la disparition des droits de plantation, soit en convaincant le commissaire de faire une proposition qui introduit la liberté de planter en identifiant des exceptions où le droit de planter est régulé par la mise en place de contingents de droits de plantations. Hors cette alternative tout n’est que baratin mou. On ne régule pas un potentiel de production avec des mots : rappelons une nouvelle fois le discours des bordelais pour étendre leur vignoble, mais avec des outils juridiques et dans ce domaine seul l'attribution de droits de planter est relativement efficace car lorsque la vigne est plantée il faut boire le vin ou le détruire. Pour les excités des deux bords je signale que ma chronique n’est ni un plaidoyer pour le retour des droits de plantation, ni une charge contre leur suppression je me contente de mettre le doigt sur la comédie actuelle autour de ce dossier. Sur le fond j’ai déjà donné mon point de vue.link


Merci à Stéphane Le Foll de me communiquer la liste des membres du groupe à haut niveau et ses conclusions pour que je puisse chroniquer encore un peu sur le marronnier des droits de plantations…

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 00:09

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Corte c’est le cœur de la Corse. L’ombre tutélaire de Pascal Paoli plane sur la cité devenue ville universitaire. Je vous conseille d’y aller par le train : le célèbre Ajaccio-Bastia de la Compagnie des Chemins de Fer Corse qui met la bagatelle d’environ 4 heures pour parcourir le 158 km sur une ligne métrique. La toute nouvelle motrice d’origine basque s’arrête quasiment tous les 5mn et il arrive que le conducteur fasse marche arrière car il a oublié une station. Les paysages sont superbes, 104 tunnels dont celui du faîte de Vizzavona long de 3 916 m et le principal viaduc du Vecchio, confié à la société de Gustave Eiffel.


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J’y suis passé un lundi de septembre en fin de journée pour y récupérer des voyageurs en gare de Corte. Le temps était exécrable et en haut des cols nimbés de brume il faisait à peine 10°. Bien sûr j’ai flâné dans la vieille ville où des randonneurs, même des scouts, se réchauffaient en sirotant des boissons aux terrasses des cafés de l’artère principale. J’ai même eu droit à des compliments sur mon chèche jaune de la part d’une Corse d’un certain âge. Comme j’avais envie de m’assoir pour prendre un verre, et que les terrasses ne m’inspiraient guère, j’ai pointé mon nez vers une enseigne rétro de chez rétro La vieille Cave en me disant, dans ma petite Ford d’intérieur, que ce devait être un baise-touriste. J’y suis donc allé sur la pointe des pieds, l’air dégagé et, à ma grande surprise, je me suis retrouvé dans un antre 100% corse. Selon une coutume bien établie lorsque je suis entré les pépères qui sirotaient autour des tonneaux n’ont fait nul cas de mon importante personne. Alors, sous les voutes pleines de toiles d’araignée, j’ai fait mon boulot de taulier, tripotant les flacons, inspectant le matériel, et puis enfin je me suis assis en retrait sur un tabouret. Au bout d’un petit moment, un des pépères s’est levé et s’est enquis de mes désirs. J’ai commandé un verre de Muscat du Cap Corse. Le pépère est allé quérir la bouteille dans une petite armoire réfrigérée et m’a servi. Très vite, deux couples de filles, des étrangères, sans doute des allemandes pour le premier, et des bataves pour le second, sont venues poser leurs fesses sur des tabourets. Le même pépère leur a servi des verres de rouge à la bouteille (je précise car on peut aussi se faire servir des verres au tonneau, donc à la clé). Les nénettes, look rando, étaient aux anges.


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Le bloc des pépères, 8 ou 9, discutaient ferme de vélo, en français. Deux pompaient des havanes (1). L’un des protagonistes tentait de les convaincre d’une nouvelle technologie : un pédalier hélicoïdal, à ce que j’ai compris, mais comme je suis nul en mécanique je n’ai pas tout capté. Bien évidemment le pauvre se heurtait à une incompréhension narquoise : les corses sont très doués dans ce genre de sport. Mon Muscat était bon et je me laissais bercer par la conversation. Au dehors des torrents d’eau se déversaient dans la ruelle. Juste avant l’irruption du déluge, un jeune homme, qui claqua la bise à tous les pépères, avait apporté deux grandes boîtes de pizza. Celui que j’avais repéré comme étant le patron du lieu, et c’était bien lui, cigare au bec, procéda à la découpe et, tel un empereur romain, vint de suite proposer des parts aux deux couples de filles et à moi-même. Proposer est un euphémisme, le choix se résumait à l’acceptation pure et simple. Les étrangères planaient dans une douce euphorie. Le lieu semblait vraiment hors le monde et nos pépères entamaient une nouvelle conversation sur des sujets locaux où ma compréhension était encore plus basse que sur les questions de double-plateau.


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Le temps était venu pour moi de me glisser discrètement dans la conversation. Je demandai au patron la permission de faire des photos et j’embrayais sur le vin, le blog, les vins corses, et plus particulièrement sur ceux du Clos d’Alzeto… Nous bavassâmes, mais je sentais poindre la question rituelle : parisien ? Elle vint d’un des pépères. Mon oui lui tira une affirmation qui me laissait pantois : vous habitez le XIVe ? Mon oui lui tira un large sourire et un : moi aussi. Bref, une belle petite heure passée dans l’antre d’Emmanuel Simonini, qui après avoir tenu deux restaurants sur la place Paoli, s'est retiré dans cette belle caverne bachique.


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Donc si vous faites escale à Corte posez vos fesses à LA VIEILLE CAVE 2, ruelle de la Fontaine tél 04 95 46 33 79 ( le patron à un IPhone) et si ça vous chante lisez le compte-rendu d’une visite en 2010 sur le blog.misselisabeths.com link 


(1)             Déclaration à la sous-préfecture de Corte. CIGARE-CLUB CORTENAIS DE LA VIEILLE CAVE. Objet : regrouper des amateurs de cigares de Corte et centre Corse (Corti-centru di Corsica) ; ces amateurs seront indifféremment des hommes ou des femmes ; partager le plaisir de fumer des cigares de qualité, essentiellement de fabrication manuelle, de provenance cubaine ou non ; contribuer par les échanges d’informations, les rencontres et les voyages à l’éveil du gout aux cigares de qualité. Siège social : La Vieille Cave, ruelle des 4-Canons, 20250 Corte. Date de la déclaration : 17 juillet 2006.

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 00:09

Ce matin je parle vin, de vin géorgien tout à la fin. Ma chronique est dédiée à une toute nouvelle moscovite : Véronique Solère et à ma copine Samia Iommi-Amunategui qui adore les piments et que je verrais bien s’attaquer à la confection d’un khartcho. En plus Antonin sera content car le vin géorgien que je propose à la fin est « Total Nature ».


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 « La Géorgie est une république du Caucase d’environ quatre millions d’habitants, de deux fois la taille de la Suisse, et l’un des plus beaux et de plus anciens pays du monde. Le vin, la musique et la prodigieuse hospitalité des Géorgiens sont légendaires. Le tempérament des Géorgiens et la beauté des Géorgiennes ont inspiré de nombreux contes, poèmes et romans. » c’est signé Walter et Olga Kaminer (voir chronique d’hier)


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Nos deux auteurs sont à un carrefour très fréquenté du centre de Moscou. Madame demande à monsieur : « Tu as envie d’un truc plutôt épicé, chic ou exotique ? » Ils sont paumés car « autrefois, la plupart des restaurants portaient le nom de la république ou de la ville dont ils représentaient la gastronomie. Aujourd’hui, ils sont affublés de noms fantaisistes qui ne laissent rien deviner de leurs pratiques culinaires. » Alors ils choisissent la dernière enseigne, le « Chitto-Gritto » link  et photos link  qu’ils ont aperçus et il se révèle que c’est un restaurant géorgien.


La suite est hilarante « L’agneau n’est pas venu aujourd’hui, nous a annoncé le serveur moustachu en expliquant les menus à la manière typiquement géorgienne. Mais le bœuf est venu et le lapin est venu »


Quelques instants de réflexion.


« est-ce que le vin blanc est venu ? » a demandé ma femme.


Le serveur a haussé les épaules.* »le vin blanc est parti avant-hier, mais le rouge est venu », a-t-il répondu.


Nous en voulions un peu au vin blanc d’être parti sans nous avoir attendus.


« que nous suggérez-vous ? ai-je demandé.


-         Le khartcho, a dit le serveur avec conviction. Le khartcho vien d’arriver.

-         C’est comme à la gare, a remarqué ma femme, ça va et ça vient sans prévenir. »


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Le serveur a ronronné amicalement sous ses moustaches. Nous avons donc commandé du khartcho et du vin rouge. C’était l’heure du déjeuner – en nouveau russe, l’heure du « business lunch » - et le restaurant était presque vide.


À part nous, il n’y avait qu’un couple dans la salle : un homme en costume-cravate accompagné d’une jeune femme brune.


« Prends ce que tu veux a lancé d’une voix forte l’homme en costard, ce qui, au regard du tarif des plats du jour, paraissait plutôt ridicule.

-         Ah, je ne sais pas trop, je vais peut-être boire un café », a dit sans grand enthousiasme le jeune femme en tournant les pages du menu.


Notre khartcho est arrivé en embaumant toute la salle.


Je savais d’expérience que cette soupe pouvait sacrément faire suer. À l’armée, les Géorgiens ne mangeaient pas de pain au petit déjeuner mais du piment que leurs familles leur envoyaient par caisses entières.


L’homme en costard nous a jeté un regard avant de lancer au serveur :

« Est-ce que le khartcho est vraiment bon ?

-         Oui, vraiment bon, a répondu le moustachu, un brin agacé.

-          J’allais souvent à Tiflis autrefois, a dit l’homme en costard d’un ton menaçant.

-         Moi aussi, a dit le serveur en hochant la tête.

-         On y mangeait un de ces khartchos, c’était une véritable bombe ! Quelle patate ça donnait ! »

La jeune femme brune écoutait poliment tandis que le serveur opinait du chef.

« Tout était mieux avant, a-t-il soupiré. Oui vraiment. »

L’homme en costard commençait à nous taper sur le système.

« Ce n’était pas de la soupe, c’était un poème, un poème très pimenté !


Poème, j’aime », a répété le serveur en notant quelque chose dans son calepin.

Au bout d’un moment, alors que nous avions déjà vidé nos assiettes, le serveur a apporté la commande de la table voisine.


« Voilà khartcho, attention très épicé », a-t-il dit.*L’homme en costard a ricané, a pris une cuillérée, puis a sursauté comme s’il voulait bondir de sa chaise. Ce faisant, il a heurté son assiette et une partie de sa soupe s’est renversée sur son pantalon.


« je vous avais prévenu ! » a observé le serveur.


L’homme en costard l’a regardé sans mot dire, la cuillère encore dans la bouche.


Le serveur a disparu un instant, est réapparu avec un gant de toilette et a essayé, en frottant délicatement, de faire partir le khartcho du pantalon du clien. L’homme en costard s’ets ressaisi, et a même réussi à adresser un sourire en coin à son invitée.


« J’aimerais parler au patron, a-t-il dit…

 

Et c’est là que l’histoire commence : 2 options pour savoir la suite


1-     Vous m’invitez à dîner et je la raconte,

2-   Vous achetez le livre « la cuisine totalitaire » c’est page 55 et 56.

 

Je vous livre tout de même : et la conclusion de Walter

-         Est-ce que c’est toujours aussi marrant chez vous ?

-         Oui, Toujours marrant ! a répondu le serveur moustachu.

 

« Nous avons commandé un autre Khartcho. Quand on va manger géorgien, il vaut mieux avoir du temps devant soi. »

 

Et bien sûr la recette du khartcho :

 

Ingrédients :

 

500 g de viande de bœuf

100 g de riz

1 cuillérée à café de graisse

4 oignons

4 gousses d’ail

2 cuillérées à soupe de concentré de tomates

1 cuillérée à café de piment séché

Poivre noir moulu

Poivre rouge moulu

1 feuille de laurier

& cuillérée à café de coriandre hachée

& racine de persil

2 cuillérée à soupe de persil haché

100 g de noix

1 cuillérée à soupe de farine de maïs

1 pincée de safran

1 cuillérée à soupe de basilic

Sel

 

Préparation :


Passer la viande sous l’eau, la couper en cubes de 3 cm environ, et mettre le tout dans une casserole d’eau froide. Faire cuire pendant 30 mn après ébullition. Hacher les soignons et les rouler dans la farine de maïs. Ajouter le riz, les oignons, de la coriandre, la racine de persil, du safran, les épices séchées, le poivre rouge, et porter à ébullition 20 mn. Retirer la casserole du feu. Ajouter les noix hachées, le concentré de tomates, persil, safran, piments séchés et le sel, et laisser frémir 5 mn. Retirer la casserole du feu. Ajouter l’ail écrasé, la coriandre hachée et les feuilles de basilic à la soupe, et laisser infuser 5 minutes à couvert. Servir chaud.


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Comme Walter et Olga Kaminer, avec le khartcho  de Samia nous boirons un Saperavi Akhoebi – 2010 je vais donc me contenter ce matin du petit texte que m’a fourni l’importateur. Je vous communiquerai alors nos appréciations personnelles sur ce nectar peut-être bien sous la forme d’une petite chronique de Samia que, bien sûr, je n’ai pas consulté. Pour mieux éclairer votre lanterne je joins un petit lien (c’est en anglais) link et un autre (c’est le blog à boire et à manger donc en français) link


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« Soliko, Dato, Luca, Irakli, Gocha et Paolo, voilà les artisans, artistes et agriculteurs qui ont mis au monde ce vin fermenté et vieilli en amphores. Jusqu’au-boutiste, elle rend hommage au travail de ces hommes qui n’ont pas hésité à prendre le maximum de risques pour tirer du terroir de Khardanaki et du raisin Saperavi leur substantifique moelle. Le résultat est à la hauteur de leurs ambitions : époustouflant ! »


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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 00:09

Il s’appelle Bernard Arnault (…) Un Français, qui  a quitté l’Hexagone pour les États-Unis lors de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 (…) Personne ne le connaît ou presque. Son père possède une entreprise, Férinel, qui construit des résidences secondaires. Il est originaire du Nord de la France et polytechnicien » Il est né le 5 mars 1949 près de Roubaix. Son père, entrepreneur en bâtiment, a créé une entreprise moyenne mais prospère, qui se spécialise dans les appartements de tourisme avec un slogan « Férinel, propriétaire à la mer ». Nommé directeur de la construction de l'entreprise en 1974, il en devient le directeur général en 1977 avant de succéder à son père à la tête de la société en 1978. « L’homme est ambitieux. Outre-Atlantique, il a tenté sa chance en réalisant quelques opérations immobilières mais sans grand succès. »


Tout ça ne sort pas de la plume du Taulier mais du bouquin de Gabriel Milési publié en octobre 1990 chez Belfond sous le titre Les Nouvelles 200 familles et relooké en 2011 chez Michel de Maule cette fois-ci sous le titre Les Dynasties du Pouvoir de l’argent avec un sous-titre évocateur L’État c’est nous. L’auteur est l’ancien chef du service économique de France Inter et rédacteur en chef à Europe 1donc pas vraiment un adepte du Front de Gauche cher à Merluchon.

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Donc, le petit Bernard fuyant l’hydre socialo-communiste végétait dans l’univers impitoyable du capitalisme étasunien mais « à New-York, il a connu François Polge de Combret. L’ancien secrétaire général de l’Elysée (au temps de Giscard), recruté par la banque Lazard, est en pénitence dans la grande ville américaine. » Alors, comme le jeune homme à des ratiches aiguisées, il flaire le bon coup à propos de ce qu’il est convenu d’appeler le désastre Boussac, l’une des plus importantes affaires industrielles françaises, au printemps 1981 à mis la clé sous la porte. Pierre Mauroy, maire de Lille, s’installe à Matignon et, « Jean-maxime Lévêque, alors président du CCF, farouche adversaire des nationalisations, fait savoir aux frères Willot que sa banque n’est plus disposée à les soutenir. Les quatre propriétaires de Boussac, qui se débattent dans des difficultés financières aiguës, son brusquement interdits de chéquiers. Le groupe est ainsi mis hors-jeu. Un seul recours s’offre à ceux que l’on a baptisés « les Dalton » : demander la mise en cessation de paiement.


Vous imaginez le tableau : les socialo-communistes avec ce bébé sur les bras, et tout ça dans la patrie du nouveau Premier Ministre. Ça chauffe et dans l’hémicycle du Palais Bourbon j’ai le souvenir, lors d’une séance de nuit, de la boutade de Pierre Dreyfus, Ministre de l’Industrie, ancien PDG de Renault, « Il faut faire rendre gorge aux Willot » En dépit de ces paroles vengeresses c’est le bordel, comment sortir de cet imbroglio ? Une mission de conciliation confiée à Georges Plescoff, ancien président de l’UAP échoue car « il faut commencer par démêler les fils de l’écheveau que les Willot, toujours dans la course, embrouillent à loisir. » Plescoff dans un rapport au Premier Ministre conclut qu’il faut liquider Boussac. C’est la panique. « Chez les Willot d’abord. Jusque-là, le temps joue pour eux puisqu’ils restent propriétaires d’une partie de l’affaire que les pouvoirs publics et les différents administrateurs désignés redressent peu à peu. » Panique aussi chez les banquiers qui pensaient faire un bon coup. La seule solution : trouver un repreneur !


Et c’est là que notre Bernard via la banque Lazard va tirer plus vite que tout le monde : Polge de Combret le présente à Michel David-Weill qui l’adresse à Antoine Bernheim. Le bon vieux capitalisme de réseau français se mettait en branle. « Bernard Arnault se rend en septembre 1985 à l’IDI où il rencontre Edouard Silvy. Il promet un accord avec les Willot, qui est indispensable à la solution. D’autres sociétés sont candidates. Boussac ne manque pas d’intérêt. Le groupe possède entre autres un trésor immobilier et un joyau de prix : Christian Dior. Christian Deverloy, le PDG de Prouvost, entouré de Suez et de Bouygues, est sur les rangs ainsi que Bernard Tapie et Maurice Bidermann. » Vous comprenez mieux pourquoi notre sévèrement burné est très au fait des faveurs faites à Bernard Arnault à cette époque. « Pendant quelques semaines va se dérouler un simulacre de négociations au cours desquelles les pouvoirs publics vont donner l’illusion qu’ils se forgent une opinion sur le sérieux de différentes offres.


Lorsque l’offre de Bernard Arnault est retenue, nul ne s’étonne que ce jeune polytechnicien sorti de nulle part triomphe. « N’a-t-il pas proposé le plan le plus avantageux : effectifs légèrement réduits mais sans licenciements et demande d’aide minime à l’Etat ? Et, argument suprême, Bernard Arnault n’a-t-il pas déjà un contrat en poche avec les frères Willot ? Le choisir mettrait donc le gouvernement à l’abri d’éventuelles complications juridiques. » Un question se pose dans le Tout Paris des affaires : « Pour qui roule-t-il ? » Alain Chevalier le patron de Moët et Henri Racamier, qui en 1987, a fusionné la holding Louis Vuitton SA avec Moët Hennessy pour former LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton SA (LVMH), premier groupe de luxe du monde, peuvent répondre : pour lui et rien que pour lui !


Appliquant le bon vieux principe « les promesses ne valent que pour ceux qui les entendent, Bernard Arnault qui a repris le groupe Boussac en bénéficiant d’une aide publique pour en assurer le redressement et la pérennité va, moins d’un an plus trad tourner le dos à ses engagements de ne pas réduire les effectifs. Cela surprend mais tout le monde se tait. « Contrairement à ses promesses de ne pas démanteler Boussac, il taille, coupe, restructure l’empire cotonnier, revend certaines branches. Au bout d compte, il ne conservera que Christian Dior et le Bon Marché. Les 90 millions qu’il a investis pour la reprise de l’affaire vont bientôt se transformer en milliards. Deux ans plus tard, Bernard Arnault annonce son intention de devenir le n°1 du luxe. Ambition démesurée ? On s’interroge. S’il contrôle Dior, il est loin de pouvoir se mesurer au numéro 1 du secteur, LVMH. Se mesurer ? Non. Profitant des querelles entre actionnaires et avec l’aider d’Antoine Bernheim il s’empare du groupe LVMH. »


Voilà, c’est comme ça que le petit Bernard, qui demande la nationalité belge, a commencé à faire sa pelote… Milesi dans son opus revisité en 2011 écrit « sa fortune est aujourd’hui estimée à 22,7 milliards d’euros. Belle performance avec seulement 90 millions de francs (soit quelque 14 millions d’euros) investis dans Boussac. Bravo l’artiste ! » et j’ajoute merci à Pierre Mauroy…

Pour ceux que ça intéresse tout le détail de L'AFFAIRE BOUSSAC 1981-1985 par Gérard Bélorgey qui fut Préfet du Loir-et-Cher et que j’ai connu à cette époque-là en tant que « Monsieur Vin » de ce département. Passionnant link  

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