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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 00:09

Pour les fêtes de fin d’année, les réveillons, arriver chez belle-maman et beau-papa ou chez des amis avec, en plus des cadeaux enrubannés, simplement une belle bouteille sous le bras c’est très bien mais l’accompagner d’un sujet de conversation c’est beaucoup mieux. Ça fait genre je lance une nouvelle tendance : l’alliance d’un beau flacon avec un sujet de conversation.


Pour vous convaincre du bien-fondé de sa démarche, si vous voulez bien le suivre dans les dédales de sa nébuleuse et tortueuse pensée, votre Taulier va vous mener sur ses chemins de traverse, ceux qu’il affectionne tout particulièrement.


Tout commence bien sûr par l’acquisition d’un ou plusieurs flacons du Champagne de Francis Boulard Les Rachais brut nature 2006 link, un must déniché depuis belle lurette par votre Taulier et dont Jacques Dupont Merveilleux du vignoble chante les louanges depuis des années « le 2006 nez résine, miel, cire, bouche tendue, ronde, pure, note de grillé, fumé, bonne longueur, belle pureté des saveurs, à boire aujourd'hui. » La bouche tendue de notre Jacques, c’est bien, mais pour pouvoir le placer dans la conversation il faut attendre d’avoir fait sauter le bouchon.


Boulard-020.JPG

Grâce au Taulier vous allez pouvoir briller sitôt votre entrée chez beau-papa très conservateur dans ses choix vineux ou chez vos amis qui se piquent d’être œnophiles très nature, en jouant sur le bon tempo l’expert In Vino pour éclairer leur lanterne : « oui, le vignoble du domaine Francis Boulard & Fille est situé en grande partie à Cormicy, au nord-ouest de Reims, dans le Massif de Saint-Thierry surnommé « la Petite Montagne de Reims », sur des terroirs siliceux calcaires… »


Ensuite il vous faudra manier avec habileté l’art du fondu-enchaîné pour broder sur l’une des trames que vous propose le Taulier.


Pour vos amis c’est, il me semble, la trame n°1 qui leur ira le mieux car elle est le fruit de ma première émotion face à ce superbe champagne d’un vigneron de conviction.


 « Ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Cette métaphore traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel.

Dans son flacon de belle facture, cette superbe cuvée est de celle que l'on réserve à des moments dont on veut souligner l'intensité et la rareté. Pour moi, les Rachais sont la touche invisible, le raffinement extrême, la note des hommes élégants qui plaisent aux femmes éternelles : l'Ingrid Bergman de Casablanca, l'Audrey Hepburn de Vacances Romaines, la Catherine Deneuve de Belle de Jour, la Eva Marie-Saint de Mort aux trousses, l'Alida Valli de Senso, la Carole Bouquet de Trop belle pour moi... »


nu-nds1.jpg

 

Du côté de votre beau-père adoptez sans hésiter la trame n°2, qui reprend le premier paragraphe de la trame n°1 mais avec une chute différente, elle devrait éveiller chez lui, même s’il n’est pas un fou de foot, le souvenir du grand Stade de Reims qui fournit, à l’équipe de France ½ finaliste de la Coupe du Monde de 1958 contre le Brésil de Pelé, son ossature avec Dominique Colonna, Robert Jonquet, Armand Penverne, Just Fontaine et ses 13 buts, Roger Piantoni, Jean Vincent… et bien sûr Raymond Kopa qui portait alors le maillot merengue du Réal Madrid. 


« Ce champagne est, dans sa structure et son élégance dépouillée, le fils naturel d'une toile de Nicolas de Staël, il allie le trait pur, sous tension, la finesse, à l'allure de  ces hommes qui traversent leur époque avec hauteur et détachement. Cette métaphore traduit la même émotion que celle ressentie face aux compositions du grand Nicolas peintes dans les années 50 dans son atelier de Montparnasse aux hauts murs blancs illuminés par une verrière verticale comme suspendue dans le vif argent du ciel.


Au soir du 26 mars 1952, en compagnie de son épouse, Nicolas de Staël assiste au Parc des Princes au match de France-Suède et se laisse subjuguer par le spectacle. Quelques jours après, il écrit à son ami René Char : «c’est absolument merveilleux . . . Entre ciel et terre, sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles se meut dans l’oubli total d’elle-même mais avec toute la présence qu’exige l’exercice, dans la plus complète invraisemblance »... De retour à son atelier, il se met tout de suite au travail et réalise la même nuit sur une grande toile, sur laquelle il avait commencé une autre composition, le tableau qu’il baptisera Parc des Princes. »


parc_princes_nicolas_de_stael.1280230887.jpg


Certains esprits chagrins vont m’objecter que mes sujets de conversation sont bien loin de l’esprit du vin. J’en conviens mais admettez que les femmes éternelles et le football permettent bien plus de digressions, de controverses, de propos enflammés, que le Chardonnay de l’ami Francis Boulard ou la bouche tendue de Jacques Dupont. De toute façon je suis sûr que le seul sujet qui va animer les conversations du réveillon c’est bien sûr « la fuite de Gégé en Belgique » qui comme le disent pompeusement les chroniqueurs politiques est un sujet bien clivant droite/gauche, donc vraiment français.


Boulard-022.JPG

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Jacques Verpoorten 18/12/2012 10:36


et la différence entre un homme et une femme ????


 la différence " entre" !!!    encore un belge !

Luc Charlier 18/12/2012 09:43


Un autre beau sujet de conversation natale, ce sont les « fines plaisanteries ». Je te livre celle-ci, sans réellement la croire drôle, mais elle a au moins un point commun, l’adjectif, avec ton Dupont et elle met en scène le
« pays » de quelqu’un dont tu apprécies la musique : notre Arno.


Je me lance : « Quel est le lien entre un Ostendais et une Ostendaise ? » demanderas-tu à ton beau-père.
Réponse : - « Un os tendu ».


Bon, elle n’est pas pire que vos histoires belges.

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