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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 00:09

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Imaginez-vous, au petit matin, comme un bon bourgeois se rendant soit à la messe si vous êtes pieux, soit rentrant de chez les filles si vous êtes licencieux. La rue, disons plutôt la ruelle, s’appelle : Bougerue du Pipi, de Basse-Fesse, des Aysances, Sale, Foireuse, du Bourbier, de Merderon, de Merdereau, de Merderet c’est un cloaque pleins de détritus, on y « lasche ses eaues », on y défèque ou, plus poétiquement, on fait ses « aysemens et souillures », ses « vidanges », on crache avec désinvolture. Au Moyen Age on satisfait ses besoins naturels à même le pavé, dans la  rigole appelée, selon les endroits, « esseau, essiau, gazillans, au pied des façades des habitations, dans le caniveau central, à la rencontre des deux inclinaisons.


Pire encore l’usage est de vider par les fenêtres les « pots à pisser », les eaux sales et les détritus, à uriner, ce qui oblige les bourgeois à tenir le « haut du pavé ». Même Saint Louis fut la victime de cette pratique. Se rendant à pied à la messe au petit matin le pieux roi fut aspergé par le jet d’un liquide nauséabond que venait de jeter de son galetas un pauvre étudiant. Comme le note Jean-Pierre Leguay « Le laisser-aller est relayé par le mode de vie traditionnel. Beaucoup de citadins sont d’anciens ruraux, émigrés de fraîche date ou des bourgeois enrichis, investisseurs de capitaux dans la terre, des hommes et des femmes qui conservent ou adoptent des habitudes et des activités rurales, introduisent intra-muros, pour leur provision annelle, du bois, des futailles à vin et à cidre, du foin en attente d’être stockés dans les caves et les greniers et du fumier pour fertiliser les jardins et les courtils omniprésents aux arrières des habitations. Beaucoup de vignobles se trouvent dans les faubourgs de Montpellier ou de Béziers. Les « fiens, terres, tassons et autres ordures » s’ajoutent aux résidus de boutiques et des ateliers.


Dans les villes des centaines de bêtes sont tuées sur place, les « escorcheries », « tueries » ou « tuyeries » ont laissé le souvenir de nom de rues :la rue du massacre à Rouen, « le bourc aux tripes » à Reims, « les chambres à chair » à Elboeuf… « Ce sont donc des litres de sang liquide ou caillé, ces « bouiaulx », « ces tripes et ventres » putréfiés, ces paeaux sanguinolentes, ces flots d’urine et de matières fécales déversées sur le pavé, stagnant et attirant les insectes, les vers et les rats, avant de rejoindre le caniveau central. »


« Les artisans médiévaux restent redoutables pour le voisinage. Faute d’espace, ils travaillent sur la chaussée qu’ils couvrent de noir de chaudière de graisse, de liquides de fermentation. Les moulins es premières papeteries d’Essonnes ou de Troyes produisent une pâte, « la chiffe », à base de chiffons macérés, plusieurs semaines dans l’eau et une affreuse colle associant l’alun et les rognures de peau. »


« Tout se conjugue dans la labyrinthe de rues ou de ruelles de nos cités pour rendre la vie impossible. Les pauvres des quartiers populeux, qui n’ont pas la chance d’habiter à l’abri d’une cour profonde, des frondaisons d’un jardin, sont réveillés à longueur de nuit par des les cris des charretiers, des noctambules, des soldats du guet. De jour, les passants supportent d’être éclaboussés de boue putride, respirent les pires miasmes, sont bousculés par les ouvriers chargés de matériaux, les portefaix, les marchands ambulants, les infirmes « chenus et cassés », les mendiants ou « caymans », les enfants qui jouent dans la rue, les chiens et les porcs en liberté. Ils sont agressés fréquemment par les voleurs à la tire injuriés et, pour les moins chanceux, écrasés par les conducteurs maladroits. Les accidents de la circulation sont fréquents. »


À cela s’ajoutait la crasse individuelle et collective, la puanteur des logements insalubres, les « punaisies » qui s’exhalaient des conduits de cheminées des maisons brûlant du « carbon de terre », de la tourbe ou du lignite…  L’opinion publique considère la crasse comme une protection naturelle, un moyen de combattre les inconvénients de la porosité de la peau. Mieux vaut laisser les corps couverts de croûtes et de vermines que de succomber à la peste proclamaient les farouches adversaires du bain. Avec de tel arguments on pouvait refuser le linge propre et justifier ses mauvaises habitudes. Ainsi le Ménagier de paris recommandait « que les puce soient sans jour et sans air et tenues à l’étroit, ainsi périront et mourront sur l’heure. »


Cracher « par devers soy », se gratter en public est toléré, sauf à table « il est malséant et peu honnête de soi gratter la teste à table et prendre au col ou au dos, pouls et puces et autre vermine et la tuer devant les gens » disaient les mères à leurs enfants dans les bonnes maisons lyonnaises du XVIe siècle.

 

Paris n’a eu son premier véritable collecteur Tracé du grand égout de Paris. qu’en 1356 et on s’était contenté, pendant des générations, de la Seine, des rivières, des fossés et des canalisations sommaires, à ciel ouvert, appelées « ponceaux » et guidées par la déclivité. Le ruisseau de Ménilmontant est connu, dans l’histoire de la capitale, sous le nom de « Grand Egout » et, avec ses dérivations, ses « affluents » comme l’écoulement du Pont-Perrin, il a contribué à incommoder plusieurs quartiers… et l’hôtel Saint-Pol propriété et résidence favorite du roi !

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 00:09

282248_4487065261959_1254206861_n.jpgLa petite maison du taulier qui affiche sur son enseigne : « espace de liberté » crapahute sur la Toile depuis plus de 7 ans sans s’être fait une spécialité de nettoyer les écuries d’Augias. Cependant je me pose souvent la question « Puis-je chroniquer sur tout mais pas sur n’importe qui ? »


Mettre en cause une personne, même avec des documents incontestables, tel l’e-mail de la DO de Jumilla envoyé aux domaines pour le compte de Jay Miller et de son pote Pancho Campo annonçant les tarifs de leurs visites dégustatives pour Wine Avocate publié par Vincent Pousson sur mon blog link ne se fait pas à la légère. Il ne s’agit pas de jeter qui que ce soit en pâture, instruire à charge, prononcer une quelconque sentence sans appel mais demander des explications, des réponses. Les risques juridiques existent mais ils n’entrent pas en ligne de compte dans l’indispensable éthique. Dans le  cas cité le droit de réponse a été publié. La suite nous a donné raison mais nous n’avons procédé à aucune mise à mort des deux larrons simplement permis de mettre fin à des pratiques douteuses.


La séquence sur les pratiques d'un blogueur auto-proclamé critique gastronomique a disparue dans les mailles de la toile.


Et puis Jean-Paul LUBOT est venu. La lecture de la chronique de Bruno Verjus mettant clairement en lumière, sur la base d’un échange d’e-mails entre lui et le restaurateur Pierre Jancou, l’étrange requête d’un patron d’un grand groupe de presse : Marie-Claire propriétaire de la RVF. Pas n’importe qui le gus, pas le genre vieux ramenard à la Orliac, un membre de la nouvelle élite des affaires, chemise ouverte, décontracté, dans l’air du temps le Jean-Paul. Le hasard a fait que je venais d’écrire une chronique sur l’élite de l’apparence selon Olivier Bardolle «Homme d’affaires le jour, écrivain la nuit» et réac assumé link . Très honnêtement je n’en croyais pas mes yeux car le Jean-Pierre Lubot je le connais puisqu’il préside le Cercle Vendéen dont j’étais membre. Pour moi, j’ose l’écrire, c’était une affaire d’honneur (c’est Bardolle qui va être content) et je ne pouvais que l’apostropher séance tenante. Ce que je fis link


La suite vous la connaissez, ce fut la trainée de poudre. Un détail d’importance je n’ai jamais mis les pieds au restaurant Vivant de Pierre Jancou mais sa réputation m’avait été vantée par l’ami Guillaume Nicolas-Brion grand amateur de vins nature. La position de Pierre Jancou était simple et saine. La montée sur ses grands-chevaux de Lubot d’une suffisance époustouflante. Que le DG d’un grand groupe prenne le temps (pas de réfléchir) mais de consacrer son temps qui, officiellement, doit être très précieux, à tancer un simple restaurateur, qui fait honnêtement son métier, dépasse l’entendement, le mien tout particulièrement. Un tel degré de dégradation de la morale publique ne peut être toléré. La vertu de l’exemple, en des temps où l’élite se vautre dans un mépris de la plus simple décence, je suis sans doute vieux jeu, garde pour moi un rôle essentiel dans la Cité.


Bien évidemment, j’ai eu droit à une leçon de morale d’un  anonyme : « Reste que ces procès en ligne, dans lesquels un simple échange de mails suffit à condamner une personne, peuvent filer la gerbe » Je lui propose de lire ce qui suit : « Je regrette sincèrement cette maladresse (…) Mon attitude a été déplacée. Ceci ne correspond absolument pas aux pratiques et aux valeurs de la rédaction de Marie Claire et des autres magazines du groupe Marie Claire. Je prie toute personne affectée par cet incident d’accepter mes excuses», déclare Jean-Paul Lubot. Dans un communiqué le groupe Marie Claire reconnait que son directeur général « commis une erreur personnelle, que nous désapprouvons fermement ». Je peux fournir à ce commentateur sensible une bassine pour qu’il puisse épandre plus facilement ses vomissures. Où était le procès ? Des faits rien que des faits ? Où était le fort ? Où était le faible ? Sans doute faut-il se taire, laisser de tels agissements sous le boisseau. La réponse est non.


Sur Face de Bouc une commentatrice notait « il existe des privilèges abusifs, notoires ou pas, autrement urticants et à la dénonciation desquels j'applaudirais plus volontiers à défaut de pouvoir le faire à leur abolition… » J’en conviens aisément mais à ce tarif, eu égard au développement exponentiel d’une nouvelle catégorie de privilégiés, le petit chroniqueur que je suis, sans pouvoir d’investigation, n’a plus qu’a remiser sa plume. Cependant les petits ruisseaux faisant les grandes rivières se priver de mettre en lumière des comportements inadmissibles est, à mon sens, salutaire. Pour preuve, dans mon courrier ce matin une lettre d’un ami vigneron me citant deux faits le concernant :


-          « Une demande d’échantillons de X…, pour son guide. Je n’ai jamais reçu un courrier duquel suintait un tel mépris. « Nous estimons que votre vin atteignait une qualité suffisante pour pouvoir figurer dans notre guide ». A aucun moment  cet individu ne s’est posé la question de la qualité de son travail, et si moi je l’estimais suffisante pour y associer mon nom. Je lui ai fait savoir, et sa réaction a été la même que celle de JPL. Mais j’ai été plus vindicatif (la jeunesse ?) que M. Jancou, et les échanges ont été plus loin. Si je vous avais connu à l’époque, je me serais fait un plaisir que de vous transmettre les mails.


-          Une lettre à en-tête du Sénat, requérant des bouteilles, offertes bien sûr, pour le club de dégustation de cette institution. La réponse a été envoyée directement au Président du Sénat et au fonctionnaire (énarque, certainement). J’attends toujours la réponse du président, mais le fonctionnaire a passé un coup de fil indigné au domaine. Il est malheureusement pour lui tombé sur ma mère. Je n’en ai plus eu de nouvelles. Mais plus de demande non plus. »


Des broutilles, des petits trucs sans importance, pas de quoi faire une chronique, d’alerter l’opinion, que nenni, moi j’appelle ça des gens qui « vivent sur la bête » sans même avoir la plus petite parcelle de respect pour le travail des autres. C’est de l’impudence, de la grossièreté de la pire espèce, une absence totale de la plus élémentaire politesse. Tous ces petits marquis n’ont pas de honte, leur claquer le bec de temps en temps ne peut que les ramener sur le plancher des vaches, au ras des bouses, à la bonne hauteur, celle qui est la leur, ne leur en déplaise, bien basse.  


Le couple Jay Miller et Pancho Campo nous avaient traités : Vincent Pousson, Jim Budd et moi-même de « petits blogueurs de merde ». Petits blogueurs, certes, c’est un fait, mais pour la merde, en revanche, nous ne pouvions que tenter de ne pas trop nous faire éclabousser par la leur. Sur ce petit  « espace de liberté »  en 3100 chroniques jamais, au grand jamais qui que ce soit n’a été traîné dans la boue, maltraité, calomnié, le ton est parfois vif certes, un peu vachard quand il s’agit d’amis, mais tout un chacun peut prendre la parole, contester mes écrits, dire que j’écris des conneries, m’insulter, à la seule condition de signer ses écrits (l’anonymat, les corbeaux, vont droit à la poubelle). Ici la parole n’est serve ni pour moi, ni pour ceux qui veulent s’y exprimer. Je ne suis pas journaliste mais je fais mienne la phrase de Beaumarchais dans son mariage de Figaro « Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur »

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 00:09

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Dans chaque Ministère il existe un Bureau du Cabinet, service administratif chargé de gérer le flux du courrier adressé au Ministre, des décorations et des parapheurs en provenance des services. Il y a donc un chef du Bureau du Cabinet qui, lorsque j’étais Directeur du dit Cabinet, était une demoiselle dont le nom m’échappe – une jeune fille prolongée – très jugulaire-jugulaire, précise et efficace, qui veillait à ce que les Services ne niaisent pas trop pour que nous ne prenions pas trop de retard pour répondre. Avec l’irruption de l’informatique, des lettres-types d’AR avaient été concoctées  afin de faire prendre patience aux demandeurs. Le procédé n’était peut-être pas très glorieux mais il avait le mérite d’exister et de permettre ensuite de contrôler la diligence des rédacteurs. Sans vouloir chercher d’excuses il faut que vous sachiez que les parlementaires, les élus de tout poil, les organisations professionnelles, les syndicats de fonctionnaires, les pékins ordinaires ça fait vraiment un sacré tas, qui se renouvelle à l’infini, pas facile à manier.

 

Pour la petite histoire la photo qui illustre cette chronique vous montre la face cachée de l'Hôtel de Villeroy qui abrite le Ministre de l'Agriculture et de l'Agrolimentaire : les trois grandes porte-fenêtres sur la droite de la photo sont celles de l'actuel Bureau du Ministre (ce bureau représente quelque chose pour le Taulier... mais ce n'est pas le temps ni le lieu d'en parler)


Mon Ministre, très soucieux de ses administrés et, en bon agrégé d’Histoire, fort pointilleux sur la forme, exerçait une surveillance très assidue et sans relâche sur le courrier qui lui était adressé. Étant, si je puis dire,  son mandataire, tous les soirs que Dieu faisait, passés les 9 heures je me coltinais les piles de parapheurs.  Lire, ne pas se contenter de renvoyer une lettre mal rédigée mais la corriger, ajouter lorsque c’était possible un peu d’empathie en bannissant les « en conséquence de quoi », les leçons de morale dont sont friands certains fonctionnaires, bannir les explications techniques imbitables sur le régime de retraite par exemple, adapter le courrier à chaque type d’interlocuteur, en clair tenter d’humaniser la lourde machine administrative pas forcément formée à l’exercice épistolaire car plus portée sur la rédaction de notes ou la ponte de circulaires en général illisibles par le commun des mortels.  Une fois ce sport particulier du courrier exercé il me fallait ensuite me taper les décrets, les circulaires, tout le cambouis d’une maison riche de plus de 30 000 fonctionnaires, dont plus de la moitié sont des enseignants, éparpillés dans nos belles régions et départements. Et je ne cite pas les établissements publics du type ONF ou Offices Agricoles. Bref, ceux qui pensent que vivre sous les ors de la République c’est prendre du gras se fourrent le doigt dans l’œil très profondément.


La tâche n’est pas aisée mais elle est faisable. Alors j’ai du mal à comprendre le silence, même pas un Accusé de Réception, à la copie de la lettre d’Hervé Bizeul à Pierre Moscovici (je l'ai portée de mes blanches mains à la réception de l'Hôtel de Villeroy) Bien sûr, la bonne excuse serait de dire : elle ne nous était pas adressée, elle aborde des sujets qui ne sont pas de notre compétence, alors nous n’avons pas à répondre. Certes, mais que je sache le vin, dans la grande maison agricole, ce n’est pas tout à fait rien et la vitalité du fameux tissu rural, cher à notre Ministre, est la résultant de la bonne santé économique de cette multitude de TPE vigneronne. À trop penser que l’avenir de ces territoires va dépendre essentiellement des subsides de l’UE, via le fameux second pilier, c’est méconnaître la réalité de notre monde du vin. Je pensais naïvement que la balle serait reprise au bond pour permettre à nos 2 Ministres d’échapper au tête à tête unique avec des représentants professionnels bien amortis et peu pourvus d’imagination. Sans doute suis-je moi doté d’un fort mauvais esprit mais je persiste à croire, comme je l’ai écrit dans ma chronique de lundi, que le monde du vin dans toutes ses composantes a été, reste, et continuera d’être une chance  pour notre pays de par sa vitalité et son inventivité. J’avoue que j’ai peine à comprendre cette indifférence, cette non prise en compte des problèmes posés à ces entreprises, certes de petite dimension, mais qui valorisent nos territoires et ceux qui les peuplent comme nulle autre production agricole.


Cette indifférence j’en ai pris l’habitude depuis plus de dix ans et je pourrais m’en accommoder, préparer mon petit saut dans une nouvelle vie de retraité actif, me contenter de pondre, tel une poule en batterie survitaminée, mes chroniques sur mon espace de liberté.  Je m’y refuse obstinément. Et qu’on ne vienne pas me chanter que je soutien un combat qui ne devrait pas être le mien. Stéphane Le Foll, au sein du groupe Saint-Germain, m’a entendu de nombreuses fois développer cette approche au plus près de cette myriade de TPE qui créent de la valeur. Ceux-là ne vont pas s’expatrier, ils s’accrochent, ils se débattent dans les rets de contraintes administratives multiples, ils sont conquérants, travailleurs, frondeurs ou silencieux, des femmes et des hommes qui assurent à notre économie, depuis des décennies, des résultats à nul autre pareil. Et qu’on ne vienne pas me mettre dans les gencives que ces chiffres ne sont que ceux des GCC, des grandes maisons de Champagne et de Bourgogne ou des 4 Grands du Cognac. Pour avoir bourlingué, trainé mes godasses dans tout le vignoble français, j’ai toujours affirmé qu’il n’y a pas de grand vignoble sans un négoce fort mais qu’en revanche il ne peut y avoir des vins toutes conditions, j’entends par là tous ceux qui sont demandés par le marché, sans de grands vignerons. Cette diversité, cette mixité est notre ADN, notre force, le vecteur de notre notoriété. Alors de grâce, même si ne n’est pas simple, pas facile, cessez de vous en tenir à la seule audition de ceux qui font profession de la représentation. En des temps pas si lointains l’INAO servait de creuset au dialogue entre les vignerons et les administrations de l’Etat, permettait de créer des liens, d’élaborer une législation compréhensible et fondé sur la responsabilité. Ce temps est terminé car les démagogues sont aux manettes. Du fait de leur grand n’importe quoi, de leur laxisme, en réaction, nous sommes entrés dans l’ère des normalisateurs, d’une machinerie administrative coûteuse et irresponsable, à trop externaliser les contrôles on génère une bureaucratie qui vit sur la bête sans apporter de réelles garanties aux consommateurs.


Voilà c’est écrit. Je ne suis qu’un modeste blogueur et les grands maîtres du troupeau pourront m’opposer « Taulier combien de divisions ? » Quand je vois les leurs je prends le partie d’en rire mais, comme je ne crois pas aux majorités dites silencieuses, je leur tends la perche : je suis encore et toujours prêt à servir de porte-voix à celles et à ceux qui souhaiteraient redonner des couleurs à l’action collective, ce qu’au temps de mon père et de mon grand-père on appelait le MUTUALISME, la mise en commun d’intérêts communs. Ce serait l’embryon d’un combat citoyen de gens qui veulent vivre au pays tout en étant de ceux qui donnent un nouvel élan à notre vieux pays. Il ne s’agit pas d’un rêve mais de mettre un contenu tangible à l’avenir. Puisqu’une loi dites d’avenir est en gestation rue de Varenne je souhaiterais que dans l’exposé des motifs il soit inscrit «« J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. » Henri BERGSON 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 00:09

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Pour ceux d’entre vous, et vous devez être nombreux, qui n’avez jamais emprunté l’ancienne nationale reliant la Roche s/Yon aux Sables d’Olonne, qui tranchait le bourg de la Mothe-Achard de part en part, vous n’avez jamais connu la ferme des Mares qui marquait justement l’entrée dans le bourg. Après avoir passé le cimetière, une légère descente vous voyait passer devant le Bourg-Pailler lieu de naissance du Taulier. C’était un ancien relais de poste mais si vous vous arrêtiez c’était pour faire le plein en face à la station BP. Et vous étiez nombreux l’été au temps des congepés à emprunter cette nationale. Enfant, à la fraîche nous regardions passer vos autos et, déjà un peu ramenard, je citais les marques et parfois le nom du département inscrit sur la plaque.

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Maintenant c’est fini, tout en haut du bourg, longeant la gare, où passe le TGV sans s’arrêter, c’est l’autoroute et rare sont ceux qui font un  crochet pour s’arrêter au bourg de la Mothe comme on disait dans ma jeunesse. Sauf les amateurs de cucurbitacées : les courges quoi ! En effet, depuis 1995, au-dessus des Mares, Michel Rialland y a installé son « Potager Extraordinaire » link  Tout est parti de la gourde pèlerine qui n’est pas une fille de la Mothe mais une variété  de cucurbitacée bien connus de nos ancêtres Vendéens. Le Jardin des Plantes de Nantes lui avait offert,  « à la condition d’en faire quelque chose de bien » 320 variétés de de grainnes de cucurbitacées. Bref depuis les Mothais et les Mothaises, et bien sûr tous les amateurs n’en finissent plus de fêter la Citrouille à la Fête de la Citrouille et de concourir aux concours de cucurbitacées. Au début des années 2000, Olivier le fils de Michel a rejoint le Potager Extraordinaire et bien sûr lui insuffle un côté plus commercial : vente aux professionnels et opte pour la conversion « bio ». 19 ha de courges pour tous les goûts : le miam ou la déco. Qui m’eut dit que la Mothe-Achard, connue autrefois pour ses foires et marchés, gros bourg commerçant, deviendrait la reine des courges bio, j’aurais trouvé ça bien rigolo.


Dans cette affaire, hormis le mérite des Rialland, ce qui me branche c’est que tout près des Mares logeait Alcide Robert le caviste du frère Bécot, l’homme des hybrides américains, qui régnait sur les hectares de vignes de l’Ecole d’Agriculture de Notre-Dame de la Forêt où j’ai usé mes fonds de culotes jusqu’en classe de première. En  effet, comme l’ensemble du département de la Vendée, à l’époque finissant son déclin après l'arrachage obligatoire des cépages prohibés en 1955, la commune  de la Mothe-Achard abritait beaucoup de vignes (1). Mon pépé Louis en avait tout près : il fallait prendre le petit chemin en face du cimetière pour accéder aux vignes. J’ai donc connu la taille à l’école d’agriculture, la vendange chez pépé Louis, le pressoir, la cave aux toiles d’araignée avec une futaille que l’on rinçait avec une chaîne dedans sur un vieux pneu de tracteur et que l’on soufrait en abondance. Cependant je n’ai jamais vinifié, faut dire que chez pépé  ça se faisait tout seul et à l’école d’agriculture c’était le royaume d’Alcide Robert. Le vin de la Mothe, celui de mon pépé Louis était une horrible piquette vite submergée de fleurettes mais le vin du frère Bécot, son baco noir tenait la route. Le brave frère, très porté sur la bouteille, profitait du port de la soutane pour  véhiculer des flacons plus goûteux qu’il venait déguster avec mon père. Ses retours sur sa vieux vélomoteur à courroies relevait de l’exploit. Maintenant je ne sais s’il reste la moindre are de vignes à la Mothe-Achard, peut-être que l’ami Henri-Pierre Troussicot pourrait éclairer ma lanterne.

 

(1) « En 1897 paraissait dans l’annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée un article sur « le vignoble vendéen et la crise phylloxérique ». L’auteur Charles Biguet y situait l’importance de la vigne en Vendée avant l’invasion du phylloxéra : 19 000 ha, 570 000 hl, 12 millions de F. au moins « Sans atteindre le chiffre des valeurs que réalisent, d’une part, la culture du blé, d’autre part, les cultures fourragères et le bétail, la production de nos vignes était néanmoins des plus fécondes et des plus rémunératrices ; elle était surtout la plus bienfaisante tant du point de vue de l’hygiène et de la santé publiques qu’au point de vue national et social. » Ouille, ouille, ouille nos hygiénistes blêmiraient mais Biguet ajoutait « La vigne, en effet, occupait à superficie égale cinq à six fois plus de travailleurs que la culture des céréales ; son produit était assez élevé pour que l’exploitant pût supporter cette grande dépense de main-d’œuvre et recueillir encore un revenu moyen qu’on peut évaluer sans exagération, à 8% du capital. »


Pour ceux qui voudraient se lancer dans la culture de la courge il faut qu’ils sachent que les graines doivent être mises en terre au printemps dans un sol chaud et bien sûr il leur faut de l’eau. Si vous êtes bio l’été faut biner et pour les soins soufre et cuivre au besoin. La récolte débute mi-août jusqu’à mis octobre. À cette date il faut tout ramasser à  cause de la fraîcheur. Moi je n’ai pas la main verte alors je me contente de passer chez mon marchand de légumes pour en acheter. Mon goût pour la courge est assez modéré mais si maintenant les chefs la transforment en mets fort appétissants. Ce mésir – mot vendéen – date des soupes de citrouille familiales dont l’odeur fade me levait le cœur et je dois avouer, qu’en dépit des menaces, j’ai toujours refusé d’en manger. Maintenant les courges sont revenues en grâce et qu’elles portent des noms sympathiques : le pâtisson, le patidou, les potimarrons rouges, verts, bleus, les courges spaghettis, butternut, les chroniqueuses gastronomiques peuvent s’en donner à cœur joie et tartiner leurs recettes avec belles photos. Pour ma part, cuisinier d’occasion j’ai accepté d’ingurgiter un velouté  de cucurbitacées le jour où j’y ai adjoint des patates et des poireaux mixés avec une bonne dose de crème fraîche. 


Histoires de Vendée : Les Vignes de Vendée par TVVendee

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 00:09

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À mon palmarès un tiercé gagnant :


-         Mon prénom Jacques par la grâce de mon parrain Alain,

-         Le Saint patron de la paroisse où je fus baptisé : St Jacques le majeur, de Compostelle à la coquille,

-         Le lieu où je réside : le boulevard Saint-Jacques.

 

Qui dit mieux ?


La saison de la pêche à la coquille Saint-Jacques n'est autorisée en France, que du 1er octobre au 15 mai par arrêté ministériel. » Les coquilles mettent deux ans en Manche est et trois ans en Manche ouest et Atlantique pour atteindre leur maturité sexuelle. En revanche, elle est autorisée toute l'année à Jersey, aussi bien à la plongée qu'au dragage. La taille marchande est de 11 cm pour la Manche et de 10,2 cm pour la Manche ouest et les autres gisements. C'est une taille communautaire qui s'applique donc à tous les pêcheurs européens. Pour pêcher la coquille les bateaux doivent disposer d'un PPS (Permis de Pêche Spécial), sur les gisements classés ils doivent aussi détenir une licence de pêche (Saint-Brieuc, baie de Seine). Les pêcheurs français sont les seuls à s'interdire de pêcher l'été. La coquille n'est pas une espèce sous quotas de l'Union européenne. »


« La principale technique employée pour sa pêche est celle de la drague, armature métallique qui permet de fouiller le fond et de déterrer, puis récupérer les coquilles enfouies2. La règlementation du diamètre minimum des anneaux (92 mm en 2004, pour la Manche), permet de limiter la prise de juvéniles. En France, les principaux ports de pêche de la coquille Saint-Jacques sont, sur le littoral du Pas de Calais: Étaples, Boulogne-sur-Mer, sur le littoral normand: Dieppe et Fécamp, Port-en-Bessin, Grandcamp, Saint-Vaast-la-Hougue et Granville. La Normandie représente plus de la moitié de la production française, c'est la première région française de pêche de coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) et elle a obtenu deux labels rouges link : pour la coquille en 2002 et pour la noix en 2009. La moitié environ de la production étant vendue hors criée, de gré à gré. Enfin sur le littoral breton, la baie de Saint-Brieuc avec les ports d'Erquy, Loguivy-de-la-Mer et Saint-Quay représente plus de 6 500 tonnes soit presque la moitié de la production française (16 000 tonnes au total par an). »


Information Ouest-France du 9 octobre 2012 « Une semaine après l’ouverture d’une campagne qui devait être exceptionnelle, les pêcheurs demandent une mesure d’urgence pour éviter que la saison de la saint-jacques ne soit catastrophique. À Port-en-Bessin, notamment, le volume est en baisse et les prix ne parviennent pas à décoller. « Nous demandons une mesure d’urgence pour la préservation de la ressource, explique Richard Brouze, le directeur de l’Organisation de producteurs de Basse-Normandie. Notamment parce que le gisement est constitué de coquilles trop petites. » La présence d’une quinzaine de bateaux britannique qui pêchent la saint-jacques 24 heures sur 24 n’est pas étrangère à cette mesure. « Cela évitera toute forme de pêche à moins de vingt milles des côtes, entre Barfleur et Antifer. » Résignés, les pêcheurs bas-normands attendent maintenant la décision prise par les autorités européennes, pour obtenir cette fermeture temporaire de la coquille. »

 

Document d’archives de l’INA : 10 novembre 1965 la pêche à la coquille Saint Jacques en Bretagne. Des pêcheurs d'Erquy et Brest, principaux ports à la coquille en Bretagne, expliquent leurs conditions de travail et leurs méthodes de pêche. Très intéressant link


La coquille Saint-Jacques peut se manger crue en dessert. Votre Taulier qui est le seul chroniqueur de bouche à se déplacer à vélo vous le prouve ICI linkl ça vaut le détour.


L1010129

Pour la Saint-Jacques cuite laissez de côté la traditionnelle dans sa coquille, bourrative, avec un petit feuilleté sur le dessus pour faire joli, grande spécialité des traiteurs pour privilégier la simplicité :


-         La Saint-Jacques au  beurre blanc si vous êtes tendance Bretagne (1)

-         La Saint-Jacques d’Etretat si vous penchez pour les normands. (2)


Dans les 2 cas achetez vos Saint-Jacques coquillées. Bien sûr faudra vous taper l’extraction de la noix et  du corail ce qui n’est pas coton mais ainsi vous pourrez être sûr de leur fraîcheur. Comme toujours la garantie c’est votre poissonnier, faut le fréquenter avec assiduité pour lier avec lui une relation de confiance.


(1)   Hachez menue vos échalotes, mettez-les dans une petite casserole avec du vinaigre de vin blanc et le vin blanc, sel, poivre. Feu doux, et laissez cuire à petits bouillons jusqu’à réduction. Ajouter le beurre morceau par morceau en battant avec un fouet vivement dans la casserole posée sur un feu très doux. Le beurre blanc est prêt, léger et mousseux. Rapidement dans une poêle avec une noix de beurre faites dorer les noix de Saint-Jacques et le corail. Répartir dans les assiettes et nappez de beurre blanc.


(2)  Hachez menu des champignons de Paris et des échalotes. Fouettez de la crème fraîche et des jaunes d’œufs. Faire fondre du beurre dans une poêle ajoutez les champignons et les échalotes. Mélangez 5 mn sur feu très doux et ajoutez les Saint-Jacques. Faites cuire 30s puis arrosez-les de Calvados et flambez. Réservez les Saint-Jacques. Dans la poêle versez du vin blanc et faites réduire au 2/3 afin d’obtenir une sauce sirupeuse. Ajoutez le mélange crème œufs er remuez sans faire bouillir jusqu’à ce que la sauce soit onctueuse. Allumez le gril du four et répartissez vos Saint-Jacques nappées de la sauce dans des ramequins et faites dorer.


Pour accompagner ces Saint-Jacques, comme je ne peux pas tout faire, d’autant plus que je ne sais pas faire, j’en appelle à mes amis grands marieurs de vins d’être mes ambassadeurs. Donnez-nous notre vin quotidien, du grand blanc évidemment !

 

Mon choix à moi c'est ça :histoireFamilleblanc11.jpg

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 00:09

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Certains vieux routiers de la dalle en pente répondront : « T’es qu’un petit con ou une petite conne ! » mais avouez que ce type de réponse ne va pas pisser loin et que l’extension du domaine du vin pâti largement d’absence de discours audible par une population qui voit dans le vin une boisson de vieux, même de vieux cons, avec ses codes, son langage incompréhensible et sa pédagogie de spécialistes. Attention, je ne verse pas dans le jeunisme, le genre « les pauvres petits choux il faut leur proposer une cellule de soutien psychologique » bien au contraire on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif mais, ayant conduit un âne dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, je sais d’expérience que l’âne est un animal intelligent et que si on instaure avec lui un lien de compréhension le bénéfice sera commun. Comme diraient les pigeons, qui sont aussi des ramiers sur le Net, gagnant-gagnant.


Le pire c’est que ces petits loups et petites louves, pour la plupart, n’ont jamais trempé leurs lèvres dans notre nectar. Comme le vin est une boisson qui, de tout temps, ne s’abordait qu’au seuil de sa vie de jeune homme, la transmission familiale jouait un rôle déterminant. Elle perdure mais elle s’estompe de plus en plus du fait des nouveaux modes de vie et de la transformation radicale de la cellule familiale. On peut se complaire dans le regret du bon vieux temps où l’on teintait l’eau de vin, tempêter contre les hygiénistes, vouloir pendre Evin avec sa loi, s’en prendre aux alcools forts, mais pour autant ce n’est pas avec ça que l’on fera changer l’a priori négatif de certains jeunes face au vin. Alors, que faire ? Les endoctriner ? Les séduire ? Les éduquer ? Par tempérament et par expérience je n’ai pas une âme de prosélyte et je ne supporte pas les communautaristes du vin qui prêchent pour leur seule paroisse en jetant des excommunications sur ceux qui ne pensent pas comme eux. Quant à la séduction pure et simple elle se heurte au mur des moyens que déploient les boissons concurrentes : non alcoolisées ou très alcoolisées (les gens du vin n’ont pas de ronds pour faire de la publicité de masse). Il ne nous reste plus que l’éducation et là c’est coton.


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La question du comment éduquer, de la méthode, de la pédagogie peuvent trouver assez facilement des réponses si tous nos grands experts du vin, qui écrivent des livres, veulent bien se mettre à la portée de quelqu’un qui n’a aucune idée sur ce que c’est que le vin ou qui n’a que des a priori sur lui. Pour avoir au début de ma carrière enseigné à tous les échelons : de la 6iem jusqu’à des classes de BTS puis en 3iem cycle à la Fac, pour intéresser les jeunes à un sujet dont ils se tamponnent la coquillette il n’y  a qu’une seule méthode ne pas leur asséner des vérités première mais les amener par des chemins détournés à s’intéresser à un monde qui n’est pas le leur. C’est un peu la méthode que j’expérimente sur cet espace de liberté en racontant des histoires, en abordant des sujets qui ne sont pas exclusivement centrés sur le vin. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Le plus difficile c’est où ? En quel lieu, en qu’elle circonstance, faire que ces rétifs puissent être mis en situation d’écoute ? Toutes nos manifestations, nos évènements s’adressent, et c’est bien normal, à ceux qui aiment le vin. De plus nous n’aimons rien tant que d’être entre nous pour nous congratuler, nous plaindre aussi de l’ostracisme dans lequel soi-disant on nous tient.


Pour faire en ce moment l’expérience avec une classe du lycée professionnel Jean Lurçat près des Gobelins qui aborde sous une forme ouverte un sujet difficile : les jeunes et l’alcool par le biais d’un film dont ils sont les acteurs sous la houlette d’une réalisatrice, je puis vous dire que c’est par la vigne qu’on peut les prendre par le bon bout si je puis m’exprimer ainsi. Pour leur faire découvrir la vigne je les ai amenés à Issy-les-Moulineaux, un après-midi, découvrir la vigne du chemin des vignes chère à Yves Legrand. Ce fut passionnant. Les questions qu’ils nous ont posées nous ont parfois désarçonnés mais leur attention, au départ un peu molle, fut captée. Leur première découverte fut que derrière les ceps de vigne il y avait des hommes et du travail, ça peut paraître évident pour nous mais pour eux qui ont la tête pleine d’images de pub ce fut une révélation. Le résultat c’est qu’ils ont décidé d’aller à la rencontre d’une vigneronne en Bourgogne pour la vendange. L’un d’eux voulait faire la vendange mais avec tous les règlements qui… ce ne fut pas possible. Tout ceci est filmé nous verrons le résultat lorsque le film sera terminé.


Bon, je suis comme le petit Larousse « je sème à tout vent » mais j’avions point d’argent et je me dis que nos beaux comités nourris de CVO pourraient, sans beaucoup piocher dans leurs finances, soutenir des initiatives de ce type. Comme je suis mauvaise langue j’affirme qu’un voyage de jeunes pousses dans les vignes serait un bien meilleur investissement d’avenir qu’un voyage de presse. Bref, sortir des sentiers battus, ouvrir les portes et fenêtres, écouter et répondre à  des questions qui nous paraissent étranges, aller les chercher sans leur prendre la tête avec nos trucs compliqués, dire les choses simplement. Moi je suis partant pour faire le Gentil Accompagnateur dans l’autocar… surtout si ce sont des jeunes filles qui n’aiment pas le vin que l'on trimballe dans les vignes.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 00:09

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Afin de prévenir les interprétations fantaisistes imprimées chaque année à la même époque dans les gazettes, couper court aux propos insidieux de personnes mal intentionnées qui circulent sur la Toile, après en avoir délibéré au sein des instances supérieures de notre comité, nous avons voté à l’unanimité le communiqué suivant.


Certes :


L’hiver fut glaciaire et venteux.


Le printemps fut exécrable et pluvieux.


L’été fut pourri et brumeux.


L’automne fut absolument calamiteux.

 

Rien ne nous a été épargné sauf les sauterelles et les criquets. Même le président a changé et nous avons de nouveaux députés.

 

Nous n'avons su à quel saint nous vouer.


Et pourtant le millésime 2012 est prometteur, le dernier mois de maturité s’est déroulé sous les meilleurs hospices* avec un bel état sanitaire venu du diable vauvert, la qualité était au rendez-vous. La vendange concentrée et saine a donné lieu à une récolte de qualité et équilibrée, avec un bon potentiel aromatique pour tous les cépages.


Encore une fois, on peut parler de millésime remarquable en notre terroir d’exception, lié essentiellement aux savoir-faire de nos vignerons et plus particulièrement à leur grande adaptabilité et réactivité face aux conditions du millésime.


Ceci écrit, la grande innovation impulsée par notre Comité, sur les suggestions éclairées de notre service de communication, est de vous informer que grâce au brio de nos œnologues-conseil, de la clairvoyance de nos techniciens de surface, du travail acharné des services de la Chambre départementale d’agriculture et de ceux de la chambre régionale bien sûr, des lumières du directeur de l’ODG, des fulgurances des certificateurs en tout genre, de la vaillance des rédacteurs de cahiers des charges, du dur labeur des contrôleurs chargé de contrôler les contrôleurs, nous sommes en mesure de lire dans le marc de raisin.


Ainsi nous sommes en mesure de vous annoncer en exclusivité que le millésime 2013 s’annonce encore sous de meilleurs hospices que le 2012.


Pour les détails du futur communiqué nos services y travaillent d’arrache-pied  hésitant entre « Des vins friands d'une grande finesse et dotés d'une belle complexité aromatique » et « Des vins gourmands d’une belle finesse et dotés d’une grande complexité aromatique » sans avoir encore tranché. Ce que nous pouvons vous assurer, car nous avons pris une assurance auprès de Groupama, c’est que « Les tanins seront fins et parfaitement intégrés, ce qui apportera structure et longueur en bouche. » Quoi qu’il arrive ne vous prenez pas la tête car la qualité, elle, sera bien au rendez-vous ! Tout est sous contrôle nous tenons la barre de l’interprofession d’une main ferme et nos regards sont scotchés sur l’avenir.


Pour les volumes nous mettons des cierges dans tous les lieux prévus à cet effet car les petits volumes du millésime 2012 vont assécher nos précieuses CVO : « que Dieu protège nos CVO » sera le slogan de notre prochaine campagne d’affichage dans le métro. Nous avons confié notre campagne de promotion à Jacques Séguéla qui a récemment déclaré «Maintenant, ce qu'il me reste, c'est Dieu. J'aimerais faire la campagne de Dieu. Une grande campagne sur la croyance ! Directeur de la création, c'est le titre que l'on partage avec Dieu...»

 

La plupart des éléments de langage utilisés par le taulier ci-dessous ne sont que des copié-collé tirés des communiqués expédiés à jet continu par les comités interprofessionnels. Qu'ils en soient remercié sinon comment pourrais-je chroniquer tous les jours.

 

* hospices : j'ai joué et j'ai perdu c'est la faute à François donc auspices pour les bourguignons


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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 00:09

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Le camarade Antonin, dit le Vindicateur, jamais en reste d’une provocation face au mur des vins durs, sans foi ni loi, martyrisés, humiliés qui peuplent les désespérants rayons de la Grande Distribution, toutes les horreurs amassées par les hard-discounteurs, les vins sans âmes de Nicolas et de ses frères cavistes généralistes, a décidé de faire le trottoir pour enquêter sur les quilles bues par ses voisins et se prendre ainsi pour un anthropologue en sandales des dalles en pente de son coin de macadam.link. Bien évidemment, comme le souligne notre basque bondissant sur le mur à gauche, une véritable anthropologie du déchet liquide reste à produire, mais moi, taulier qui ai de la bouteille et qui en prend chaque jour que Dieu fait, je dépasse cette approche au ras du bitume, je sublime, je vais en amont du déchet, je me pose la question du destin du verre perdu.


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Yves Legrand, caviste reconnu, écrit dans « la maison Legrand une fringante centenaire » : Jusque dans les années 1970, le vin en vrac provient principalement des chais de la Halle au Vin, maintenant disparue, située à l’emplacement  de la faculté de Jussieu et les entrepôts de Bercy  dans le 12e arrondissement. Face à la médiocrité grandissante de la qualité des vins des négociants de Bercy, Lucien prend la décision de sélectionner lui-même les vins en parcourant le vignoble.


La réputation des vins vendus  rue de la Banque fait son chemin et la boutique abreuve toute l’intelligentsia parisienne qui découvre alors les vins peu connus dont le cépage grolleau de Pocé-sur-Cisse, le touraine de Nazelles-Négron ou le bourgueil de la région de Jean Carmet.


Mon père et moi sommes les précurseurs de la promotion, entre autres, des vins du Languedoc-Roussillon. Dans  cette région, les produits médiocres laissent leur place progressivement à une production d’une qualité égale et souvent supérieure à d’autres grands crus français, avec pour avantage d’être accessibles.


Le vin acheté en vrac est conditionné en « litre étoilé » par la Maison Legrand sur place, rue de la Banque, dans un espace exigu de l’arrière-boutique. Ainsi un client selon son budget demande un 10° ou un 11° et parfois pour le dimanche, un 12°. Les bouteilles sont consignées, nettoyées et reconditionnées sur place. De l’écologie avant l’heure ou, plus simplement, du non gaspillage ! »


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Qui a tué la consigne? La Grande Distribution qui estimait que récupérer des bouteilles consignées lui coûtait trop cher en main-d’œuvre. Bien évidemment la bouteille consignée n’est pas neutre en terme d’emprunte carbone car elle exige une logistique importante et son lavage est consommateur d’énergie et de produits solvants. De plus, les bouteilles s’usent, se  rayent et pour ceux qui veulent faire de beaux packaging ce type de flacon n’est pas idéal. Pour autant, pour les vignerons qui se situent dans la mouvance du respect de l’environnement, s’ils voulaient un moment quitter leur splendide isolement, ils pourraient peut-être, dans le cadre d’un projet locavore, lié au commerce de proximité, donc avec leurs clients proches, les locaux, envisager une forme moderne de consigne ou d’échange de bouteilles. N’oublions pas que, si le verre perdu peut se recycler, son coût, même s’il peut paraître modeste dans le prix total, est payé par le consommateur à chacun de ses achats. Bien sûr, il va m’être rétorqué que les vignerons sont déjà suffisamment occupés pour ne pas se mettre une nouvelle tâche sur le dos avec mon histoire de bouteille collective durable. J’en conviens mais ce serait peut-être l’occasion, certes autour d’une bouteille vide, mais de verres pleins, d’aborder d’autres sujets communs. À trop confier ses intérêts à de beaux parleurs urbains, qui souvent vivent sur le dos des vignerons, on se retrouve aux pieds de ces ceps, au cul de ses barriques avec le sentiment légitime d’être des ignorés.


Voilà, c’est sans doute une idée farfelue, à la portée infinitésimale car le flux des verres perdus coulera sur nos trottoirs ou dans les bacs prévus à cet effet ce qui permettra à une escouade d’anthropologues du verre perdu dirigé par Antonin d’arpenter les trottoirs des villes et des villages pour déterminer le % des buveurs de vins respectueux de l’environnement.


RECYCLAGE INDUSTRIEL DE BOUTEILLES VIDES


Depuis plus de vingt-cinq ans, nous effectuons link le lavage industriel de tous types de bouteilles vides de 25 cl jusqu'à 1,5 litre.


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Nous disposons au total de 6 lignes de lavage industriel nous permettant de recycler environ 150000 bouteilles aux formes et capacités différentes chaque jour tant a titre de prestation de service pour l'ensemble de nos clients que pour le compte de notre établissement.


Fort de notre expérience et soucieux de répondre aux exigences de nos clients nous effectuons cette prestation de service très rigoureusement. Ceci nous permet de proposer à l'ensemble des utilisateurs la fourniture de bouteilles vides recyclées parfaitement conformes et prêtes à l'emploi sur les lignes d'embouteillage. Nos équipements de reconditionnement de bouteilles en sortie de nos lignes de lavage nous permettent également de trier vos catégories de bouteilles tant par la contenance, la forme, la taille, que la couleur.


Chacune de nos implantations régionales dispose d'une unité de lavage très performante nous permettant de répondre à l'ensemble des exigences de nos clients, et ceci dans les meilleurs délais. Sur ces mêmes sites de production nous possédons un stock important de bouteilles vides, aussi bien neuves que recyclées. Elles sont stockées sous abris et susceptibles de correspondre à votre demande.

 

Le recyclage du verre en Europe


Combien de bouteilles de verre recyclées en Europe ?

68% – Stabilité des chiffres du recyclage  du verre  en 2010


L’utilisation des déchets comme matière première nourrit l’économie circulaire Paris vers laquelle tant de nous espérons nous diriger.


Selon les dernières estimations concernant le recyclage du verre, de mars 2012, et un an avant les données officielles fournies par Eurostat - le taux de recyclage de verre en moyenne dans l’Union européenne reste stable à 68%. Cela signifie qu’environ 25 milliards de bouteilles et pots en verre ont été collectées dans toute l’Union européenne en 2010.


Alors que l’industrie réutilise l’ensemble du verre collecté, le recyclage en boucle fermée apporte des avantages environnementaux importants. En effet, ce recyclage permet de ne pas utiliser de nouvelles matières vierges :

80% des bouteilles et bocaux en verre collectés sont recyclés dans un système de recyclage en boucle fermé.


Les économies réalisées grâce au recyclage du verre, en 2010 dans l’UE :

Plus de 12 millions de tonnes de matières premières (sable, carbonate de soude, calcaire) ont été économisées : c’est l’équivalent de deux pyramides égyptiennes en sable et autres matériaux.


Plus de 7 millions de tonnes de rejets de CO2 ont été évités, ce qui équivaut à 4 millions de voitures sur la route


Le recyclage du verre progresse en France

03/2012

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Recycler le verre est important  


68% – Stabilité des chiffres du recyclage  du verre  en 2010


L’utilisation des déchets comme matière première nourrit l’économie circulaire Paris vers laquelle tant de nous espérons nous diriger.


Selon les dernières estimations concernant le recyclage du verre, de mars 2012, et un an avant les données officielles fournies par Eurostat - le taux de recyclage de verre en moyenne dans l’Union européenne reste stable à 68%. Cela signifie qu’environ 25 milliards de bouteilles et pots en verre ont été collectées dans toute l’Union européenne en 2010.


Alors que l’industrie réutilise l’ensemble du verre collecté, le recyclage en boucle fermée apporte des avantages environnementaux importants. En effet, ce recyclage permet de ne pas utiliser de nouvelles matières vierges :

  • 80% des bouteilles et bocaux en verre collectés sont recyclés dans un système de recyclage en boucle fermé.

Par le recyclage du verre, en 2010 dans l’UE (2) :

  • Plus de 12 millions de tonnes de matières premières (sable, carbonate de soude, calcaire) ont été économisées : c’est l’équivalent de deux pyramides égyptiennes en sable et autres matériaux.
  • Plus de 7 millions de tonnes de rejets de CO2 ont été évités, ce qui équivaut à 4 millions de voitures sur la route. Parce que le verre est recyclable à 100% et à l’infini dans un système en boucle fermée, à chaque fois qu’une bouteille ou un bocal est correctement collecté, recyclé et transformé en de nouveaux emballages, de l’énergie et des matières premières sont économisées et moins de CO2 est émis.

Ces caractéristiques font du verre un cas exemplaire à suivre dans la stratégie ambitieuse de la Commission européenne pour l’utilisation des ressources où le recyclage est le facteur clé de la réduction des déchets et où les déchets sont considérés comme une ressource précieuse.


« La collecte du verre et son recyclage est le composant idéal d’une économie circulaire», et fait partie de la philosophie 3R ou des 4R. »


Comme il y a encore 32% de verre qui n’est pas encore collecté, notre objectif est d’obtenir que cette précieuse ressource retourne dans la boucle fermée du recyclage. Avec l’aide des autorités nationales et de l’UE, des collecteurs et traiteurs, nous voulons augmenter les quantités de verre de bonne qualité collectées afin de recycler davantage dans nos usines.  » explique le président de la Feve. La fédération a travaillé avec l’ACR + (l’Association des Cités et Régions pour le Recyclage et la gestion durable des ressources) afin de promouvoir les bonnes pratiques dans le recyclage du verre en Europe.


Leur rapport souligne que le système de collecte séparé des déchets devrait être largement soutenu si nous voulons bâtir une économie circulaire pour les emballages en verre.

 

Recyclage du verre, la France n’est pas un très bon élève 


Concernant la France, le taux de recyclage atteint, en 2010, 67,59%.

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Le taux de recyclage du verre était de 58,7% en France fin 2010, un peu en dessous de la norme européenne  (60%) et très loin derrière le taux de recyclage allemand, qui s’élève à 70%.


Des progrès ont été réalisés – ainsi 67% des européens recycleraient leur verre en 2009 selon la FEVE (Fédération Européenne du verre emballage) – mais il demeure encore une importante marche à franchir afin de ne plus voir de déperdition énergétique.


La progression du taux de recyclage est le résultat des efforts fait conjointement par les particuliers, les verriers et Eco-Emballages qui se doivent de respecter la loi qui fixe à 75% de taux de recyclage de l’ensemble des emballages. Compte tenu des taux de chaque matériau, l’objectif que se fixe le verre est de l’ordre de 80%.


Recycler le verre, comment ça marche ? 


Le taux de recyclage du verre est de 58,7% en France fin 2010, un peu en dessous de la norme européenne  (60%) et très loin derrière le taux de recyclage allemand, qui s’élève à 70%. Des progrès ont été réalisés – ainsi 67% des européens recycleraient leur verre en 2009 selon la FEVE (Fédération Européenne du verre emballage) – mais il demeure encore une importante marche à franchir afin de ne plus voir de déperdition énergétique.


Lorsque le verre est recyclé, il est trié une première fois par le consommateur (voir plus bas nos conseils). Mais attention, malgré toutes les bonnes intentions du citoyen, il faut de nouveau trier le verre collecté. En effet, tous les déchets de type « verre » ne sont pas recyclables.


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< Le processus de recyclage du verre


Par un tri mécanique, on retire les éléments métalliques

Un tri optique (grâce à un rayon infrarouge) retire les éléments non transparents comme la céramique, qui n’est pas recyclable.

Un souffleur retire les éléments trop légers : bouchons et étiquettes

Le verre est ensuite broyé. En France, la collecte se fait sans distinction de couleur, de sorte qu’avec le verre recyclé, on ne peut faire que du verre coloré.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 00:09

Dans le cadre des 18es Controverses européennes de Marciac. Octobre 2012 proposait au Groupe Local de Réflexion, composé d’acteurs locaux de la Communauté de Communes Bastides et Vallons du Gers et des territoires voisins, de plancher sur les droits que les agriculteurs revendiquent et sur ceux qui ne leur sont pas forcément octroyés, en fonction de résistances au sein de la société ou de leur propre communauté.


« Pourquoi cette demande ? Car au sein de notre société, l’activité de l’agriculteur est l’une des rares activités s’opérant sous le regard de tous. Et ce n’est pas sans conséquence. Ainsi, il y a quelques décennies, dans certaines régions, des paysans se levaient la nuit pour mettre de l’engrais afin de ne pas le faire de jour, au risque d’être critiqués de « jeter l’argent dans la terre.


A l’heure où 70% des agriculteurs français vivent désormais à moins d’une heure de route d’un centre-ville, est-ce que les regards portés ont changé ? Et comment vivent-ils leur inscription dans la société ? »



Gérard Coutant, agriculteur dans le Gers


L’agriculteur a-t-il le droit d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société ? De prendre des vacances, de gagner de l’argent, d’avoir une rémunération horaire, une sécurité de l’emploi, une vie sociale…


Gérard Coutant : L’agriculteur a-t-il le droit d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société ? La réponse est oui. Pourquoi est-il légitime de se poser cette question ? Déjà, on peut se demander pourquoi la société est prescriptrice dans ce domaine.

L’agriculteur faisant partie de la société, il est normal qu’il aspire à la même qualité de vie que l’ensemble des citoyens. Parfois c’est l’inverse : les autres citoyens aimeraient bien avoir la qualité de vie des agriculteurs. Cependant le rapport affectif au métier d’agriculteur implique un rythme de vie particulier. Ce métier étant une passion, l’envie de temps libre n’est pas forcément la même que pour d’autres. Rien n’empêche cependant de se poser la question de la possibilité d’avoir les mêmes aspirations que le reste de la société en terme de temps libre, en terme de rémunération.


Justement, concernant le droit à une rémunération horaire, il y a là deux questions en une : celle de la rémunération horaire et de la rémunération. La rémunération horaire de la main-d’œuvre salariée est un indicateur, un outil de gestion de l’exploitation. Bien souvent, la main-d’œuvre disponible est un facteur limitant dans le fonctionnement de l’exploitation et dans le revenu qui en est dégagé. La rémunération de l’exploitant, elle, est soumise à un grand nombre de contraintes : les aléas climatiques, le coût de l’assurance, les financements des investissements, les choix en termes d’investissement… Au final, la rémunération dépend du temps disponible pour faire fonctionner tel ou tel atelier. Les agriculteurs doivent prendre en compte ce facteur « main-d’œuvre» dans le choix, par exemple, d’un atelier de diversification. Ainsi, la vente directe est une production à forte valeur ajoutée, mais très chronophage.


Et puis, la question de la rémunération est liée à l’implication des agriculteurs dans les filières économiques aval. Par essence, la valeur ajoutée du secteur agricole est assez faible. Les intervenants multiples exercent une pression forte sur la rémunération de l’agriculteur. Enfin, la question d’une rémunération suffisante pour l’agriculteur est posée. En 2011, par exemple, 188 agriculteurs du département des Hautes-Pyrénées ont demandé le RSA. Mais combien n’ont pas demandé cette aide ? Les chiffres doivent être à peu près les mêmes sur le Gers. Cela pose bien la question d’une rémunération suffisante par rapport à un travail et par rapport à un service rendu à la société.


Concernant la question du droit aux vacances, nous sommes confrontés à l’image d’Epinal de l’agriculteur au cul des vaches ou sur son tracteur, 365 jours par an. Il existe aussi un atavisme agricole, surtout chez les générations précédentes, sur le mode : « Il ne faut pas rester sans rien faire ; l’agriculteur qui se repose est un fainéant ». En somme, il existe une pression sociale, autour du fait qu’il faut prendre des vacances, et une pression sociétale émanant d’un des membres de la famille de l’agriculteur, de son conjoint ou de ses enfants, qui sont en demande. Cependant, un certain nombre d’agriculteurs n’éprouvent pas forcément le besoin ou l’envie de prendre des vacances. D’autre part ce n’est pas toujours possible. Les éleveurs, notamment, doivent s’organiser, se faire remplacer, ce qui est un coût supplémentaire. Les céréaliers, eux, peuvent plus facilement libérer du temps. Tous les producteurs ne peuvent pas prendre de congés de la même manière et au même prix.


Finissons par la question du droit à la vie sociale et au temps libre. Vous l’aurez compris, libérer du temps est souvent lié au revenu. Des outils existent, mais encore faut-il dégager suffisamment de valeur ajoutée afin de rémunérer le travail de l’agriculteur et financer soit un équipement, soit de la main-d’œuvre supplémentaire, soit un remplaçant. A la question de la vie sociale, la réponse tient donc en trois points : c’est un besoin, il faut le vouloir et il faut pouvoir. C’est un besoin, une nécessité plus ou moins forte d’échanger. Il faut le vouloir, et le lien social est souvent porté par le reste de la famille. Sauf que l’image de « l’agriculteur » peut mettre de la distance. Enfin, il faut pouvoir, or les contacts et les possibilités d’échanger restent de plus en plus limités au sein des territoires ruraux qui se vident…


Jean-Luc Bongiovanni, éleveur dans les Hautes-Pyrénées


Un céréalier qui est souvent conspué comme pollueur a-t-il le droit de dire qu’il peut être aussi efficace en termes environnementaux ?


Jean-Luc Bongiovanni : Cette question a provoqué de vifs débats au sein du Groupe de réflexion. Depuis quelques années, l’homogénéisation des pratiques environnementales a été imposée par la PAC. Cela permet de dire, à juste titre, que les céréaliers ont une certaine efficacité en terme environnemental. Alors, ont-ils le droit de le dire ? Oui, les céréaliers ont le droit de dire qu’ils sont efficaces pour l’environnement dans la mesure où ils appliquent dans leur activité professionnelle la réglementation environnementale définie par le législateur. Mais le droit de dire est différent de la conviction que l’on peut avoir soi-même d’agir efficacement dans le domaine environnemental.


En effet, au-delà de la réglementation, des pratiques agricoles qui se veulent de plus en plus respectueuses de l’environnement sont souvent réalisées par choix professionnel. Ce choix, en général, a pour cause des convictions diverses : santé humaine, préservation des sols et, aussi, intérêt économique.

L’environnement, quesaco ? Aux côtés des ressources naturelles diverses (eau, sol, air, biodiversité), dont on cherche à profiter durablement tout en limitant leur dégradation, n’y aurait-il pas d’autres éléments à ajouter ? Des éléments naturels déjà façonnés par l’homme (forêts, terres cultivables, estives, cours d’eau, paysages…), des éléments encore plus proches des sociétés liés à l’aménagement du territoire et chers aux citoyens.


Quelle que soit la définition de l’environnement retenue, le fait de privilégier un élément, à un moment donné, peut aboutir à des contradictions qu’il sera ensuite nécessaire de résoudre.


Un exemple : en agriculture biologique, la pratique de multiple binage pour désherber apporte un plus environnemental du fait de la non-utilisation de produits phytosanitaires. Mais cette pratique accroît aussi l’érosion des sols en coteaux. Autre exemple : retarder de trois semaines le broyage des chaumes pour permettre aux cailles de se multiplier est-il vraiment une avancée pour l’environnement et la biodiversité, quand on sait que cela va se traduire par un accroissement de prédateurs, notamment des renards qui auront vite fait de les « liquider»?


Prix, coût, revenu et environnement. Dans une société de marché comme la nôtre, les éléments économiques n’ont-ils pas, souvent, un poids plus fort sur le revenu et l’avenir des producteurs agricoles que les contraintes ou les objectifs environnementaux ? Et la volatilité des prix agricoles n’arrange en rien la chose. Et n’est-ce pas pour cette raison qu’il paraît impératif que la société puisse se fixer des règles environnementales. En outre, ces réglementations n’imposent-elles pas trop souvent des mesures ou investissements qui conduisent à des handicaps économiques supplémentaires pour les exploitations agricoles déjà en difficulté.


Pourquoi, depuis longtemps, les éleveurs ont-ils tendance à privilégier, pour l’apport protéique de leurs ruminants, les tourteaux de soja achetés plutôt que la luzerne cultivée sur leur exploitation ? Pourquoi, en cette année 2012, assiste-t-on à une accélération des arrêts d’ateliers laitiers dans le sud-ouest pyrénéen ? Ce recul ne risque-t-il pas de s’accentuer massivement dans les années à venir ? Et ne met-il pas en péril l’avenir de la filière laitière dans le Sud-Ouest ?


Le bon niveau du curseur. Dans la plupart des cas, l’optimum économique est rattrapé par l’optimum écologique, qui dépasse nos espérances en termes de quantités et de qualité des produits. Comprenez : parfois, quand nous travaillons de façon écologique, les résultats peuvent être meilleurs. Finalement, ce qui pouvait nous paraître comme une contrainte devient un avantage économique et écologique.


Mieux comprendre mieux le fonctionnement des sols, des haies, etc., nous permet d’utiliser moins d’engrais (on utilise mieux la photosynthèse) et de machinisme (grâce à des techniques culturales simplifiées), donc de gagner en autonomie. Controverse environnement et modernité. Le fait que de véritables controverses puissent exister - au travers de confrontations de points de vue, de retours d’expériences et de résultats concrets obtenus par les producteurs agricoles eux-mêmes - n’est-il pas une condition nécessaire pour faire émerger une modernité au sens large.


Une modernité qui ne se limiterait pas au seul aspect quantitatif et technologique, mais qui intégrerait aussi des aspects environnementaux et sociaux. Par exemple, les bandes enherbées au bord des ruisseaux font aujourd’hui le bonheur des promeneurs et des pêcheurs.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 00:09

  Lorsque nous scandions assez connement en 68 « CRS…SS ! » nous faisions l’impasse sur le fait qu’en face de nous, le plus souvent, nous avions des gendarmes mobiles, surtout en province. Le mot gendarme vient de l'ancien français « gens d'armes ». « De la fin du Moyen Âge au début de l'époque moderne, le terme désigne une troupe d'élite de cavaliers fortement armés, de noble naissance, servant dans l'armée française. Cette troupe disparaît à la fin du XVIIIe pour des raisons d'économie. L'expression a acquis une connotation nouvelle après la Révolution française, lorsque la maréchaussée de l'Ancien Régime, qui exerçait les missions de police a été rebaptisée « gendarmerie nationale » en 1791 car elle n'est plus au service du roi mais de la nation. Les révolutionnaires lui suppriment sa fonction judiciaire pour ne garder que sa fonction policière. »

 

Les gendarmes sont des militaires qui vivent dans des casernes et qui sont soumis aux mêmes obligations (la grande muette) que les autres corps de l’Armée. Ils disposent donc de capacités militaires : par exemple, des blindés de transport de troupe ou des blindés lourds avec des canons de 90 mm qui leur permettent d'intervenir avec les autres forces armées. De plus les forces de gendarmerie peuvent également remplir diverses autres missions militaires ou de police : la Gendarmerie nationale est responsable, comme la police nationale, du contrôle des foules et de la répression des émeutes la Gendarmerie mobile, de la lutte contre le terrorisme et de la libération des otages le GIGN, du contrôle et la sécurité des aéroports et aérodromes civils ainsi que la police de la circulation aérienne la Gendarmerie des transports aériens et de la protection du Président de la République le GSPR . Elle assure également la garde des palais nationaux et des services d'honneur la Garde républicaine, le secours en montagne le Peloton de gendarmerie de montagne et de haute montagne, la surveillance et la police maritimes la Gendarmerie maritime, la surveillance des bases de l'armée de l'air la Gendarmerie de l'air, la surveillance des centres de la DGA la Gendarmerie de l'armement ou le contrôle gouvernemental de l'armement nucléaire la Gendarmerie de la sécurité des armements nucléaires. Ils sont donc toujours en uniforme dans l’exercice de leurs fonctions. La Gendarmerie est maintenant rattachée au Ministre de l’Intérieur.

 

Les gendarmes ont été souvent brocardés par la population mais ils restent bien intégrés dans la population : voir la série des Gendarmes avec Louis de Funès et plus récemment l’Affaire corse de Pétillon.


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Mais le gendarme est aussi un petit insecte que vous avez souvent croisé : c'est la punaise d'Europe la plus commune et la plus répandue : on la rencontre dans les zones tempérées d'Europe et dans la zone méditerranéenne, jusqu'à l'Inde, partout sauf en haute montagne. Elle est cependant absente de Scandinavie et des Îles Britanniques (sauf dans le sud). Cette punaise ne sent pas mauvais comme la punaise des bois. Elle est appelé aussi « suisse », « cordonnier », « soldat », « masque-nègres » ou encore « diable cherche-midi » en raison de son attirance pour le soleil au zénith. C’est un insecte hémiptère hétéroptère de la famille des Pyrrhocoridae. Il porte le nom scientifique français de pyrrhocore, soit « punaise rouge ».

 

Mais pour nous gens de gueule le gendarme, landjäger, est une saucisse peu épaisse, longue de près de 20 centimètres, rectangulaire, fripée. « La farce hachée, pressée dans un menu intestin de porc, se compose de poitrine et flanchet de viande bovine et de poitrine de porc, mélangée à des épices et à du sel. Longuement séchées, les frêles saucisses sont ensuite fumées aux copeaux de hêtre, acquérant cette saveur conquérante. Cette spécialité, surtout attachée au sud de l’Alsace et au Haut-Rhin, se déguste telle quelle. Il est possible, toutefois, de la réchauffer dans une eau légèrement salée. Cette étrange saucisse fumée, sans doute inspirée de la Rauchwurst tyrolienne, aurait été introduite par des immigrés helvétiques venus repeupler le sud de l’Alsace après les ravages causés par la guerre de Trente Ans. » F. Zégierman


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De couleur rouge-brun, vendue par paire, cette spécificité explique l'appellation de la charcuterie ; en effet, dans les campagnes françaises et d'Europe centrale du XIXe siècle, le déplacement en binôme des militaires de la Gendarmerie était une convention admise. Si vous voulez surprendre vos invités convoquez à votre table des couples de gendarmes ils opposeront une résistance craquante sous la  dent avant d’exhaler sitôt un puissant goût de viande fumée.

 

Un conseiller alsacien me dit que le « landjäger » est un classique du casse-croûte du bûcheron ou du paysan, on l'aime encore mou ou déjà durci, et qu’il est le complément indispensable du pain paysan et de la moutarde. Certains l'aiment tiédi dans l'eau et croquent avec plaisir dans sa peau craquante. Mais reste que le « landjäger » se plait en compagnie de nombreux vins. Le soir où nous nous sommes tapés un couple de gendarme chez Samia et Antonin, ce fut sans aucune contestation, et pas pour faire plaisir à notre Sonia perdue dans le dédale du métro,  Volcanique Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€. Prononcer : foré et non forèze… pas vrai Antonin !

 

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