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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:00

Dans ma Vendée profonde certains pochtrons hors d’état de garder leur équilibre se voyaient ramenés chez eux en brouette par le plus valide des biberonneurs. Ce petit véhicule à bras qu’il ne faut confondre avec la charrette à bras, d’où vient-il ? En histoire, et surtout en histoire des techniques, il est souvent dangereux de supposer forcément ancien ce qui paraît aller naturellement de soi : l’histoire de la brouette semble s’inscrire dans ce principe. Comme le note Jacques Le Goff dans sa préface « La civilisation n’est pas seulement faites de « grandes inventions » qui enrichissent les niveaux supérieurs de l’économie, de l’intelligence et de la spiritualité, mais elle apporte du nouveau et du meilleur aussi et peut-être surtout dans le domaine de la culture matérielle, du quotidien et des mœurs. »

Le livre de Chiara Frugoni « Le Moyen Âge sur le bout du nez » aux Belles Lettres www.belleslettres.com 25€ recense en une liste à la Prévert toutes les nombreuses améliorations à notre vie quotidienne que nous devons au Moyen âge. Elle est longue et je ne vais pas vous l’énumérer mais s’y retrouvent : les lunettes, le papie, les chiffres arabes, le zéro, les notaires, le nom des notes de musique, les boutons, les culottes et les pantalons, les cartes à jouer, les vitres, la fourchette, les pâtes alimentaires, le Purgatoire et le Père Noël et la brouette…

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Chiara Frugoni prouve ainsi brillamment que le Moyen Âge n’est pas la période des ténèbres, le long temps de souffrances que les humanistes, les hommes des Lumières et beaucoup encore aujourd’hui ont voulu et veulent y voir. Ce fut un temps de progrès et de jouissances. » écrit Jacques Le Goff.

brouette.gif

Transition toute trouvée pour évoquer la position de la brouette et satisfaire les jouisseurs de service « Qui n’a joué à promener sur l’herbe ou sur le sable un camarade dont il soutenait les jambes, tandis que celui-ci s’appuyait sur les mains pour avancer ? La brouette, que je vous propose aujourd’hui, ajoute au jeu de notre enfance le plaisir érotique ! Pour les amateurs de « jardinage amoureux », donc, voici une manière originale de s’unir ailleurs qu’au lit, et - pour vous, mesdames - une façon inédite de visiter les lieux de vos ébats. »

 

Enfin pour faire plaisir mes nombreux lecteurs citoyens du Royaume de Belgique je me dois d’évoquer la « Maison de la Brouette » (Den Cruywagen1 en néerlandais) maison de style baroque située aux numéros 2 et 3 de la Grand-Place de Bruxelles, entre les maisons du Roi d'Espagne et du Sac. Elle fut la maison de la corporation des graissiers (vettewariers en néerlandais) depuis le XVe siècle.

 

Si vous êtes de ceux qui font des cadeaux pour toutes sortes d’occasion, y compris celles qui n’ont rien à voir avec des fêtes du calendrier, je vous recommande en empruntant une nouvelle fois les mots de Jacques Le Goff « le texte savant et brillant, documenté et plein d’humour de Chiara Frugoni » qui « est rehaussé par une illustration en couleur d’une abondance et d’une qualité époustouflantes, d’une grande rareté aussi. »

 

La brouette petite sœur du chariot Moyen-Age-001.JPG

« Pour transporter des petites charges sur un petit parcours on utilisait la brouette, une sorte de petit chariot d’invention médiévale propre à soulager la peine de la traction humaine, alors que les Romains, comme nous pouvons l’imaginer, n’étaient pas très sensibles à la peine endurée par les esclaves au travail. La brouette était d’un usage courant au XIIe siècle, comme l’atteste une belle Bible de cette époque où elle apparaît dans une miniature de la lettrine I qui ouvre le premier chapitre du premier livre d’Esdras (« In diebus Cyri regis Persarum… », « Au temps du règne de Cyrus, roi des Perses…) . La miniature représente la reconstruction du Temple de Jérusalem voulue par le roi Cyrus de perse. Au pied de l’édifice en construction, un jeune maçon, prenant la pose, s’appuie fièrement sur une brouette pleine de briques qu’il tient en équilibre.

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Dans la fresque du château de la Manta au Piémont, une petite scène campe un moment de pause où la brouette, munie de pieds et d’une ridelle placée devant la roue pour pouvoir en augmenter la charge, joue un rôle essentiel. La femme qui est censée pousser la brouette s’est arrêtée pour boire au goulot, sans se soucier des menaces du vieil homme qu’elle transporte, peut-être son mari, visiblement paralysé, qui, assis et s’appuyant sur un coussin, agite un bâton en lui ordonnant de presser le pas vers la Fontaine de jouvence. Le peintre a même ajouté un dialogue. Le vieil homme s’égosille : « Si tu ne me lâches pas la bouteille, je te frappe sur l’oreille » ; et la réponse de la femme goguenarde : « Je ne retirerai pas la bouteille de ma bouche tant que je n’aurai pas bien désaltéré mon gosier. »

 

Un dernier détail pour les petits urbains proche du terroir : une brouette ça se pousse car on si on la tire elle risque de verser. C’était le conseil du jour de papy Jacques…

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 00:09

Chaque année lorsque les feuilles de marronniers roussissent avant de choir tristement sur le macadam de nos villes et que leurs bogues, aux piques pointues comme celles des hérissons – vous tombent sur la tronche, les FAV, les foires aux vins déboulent avec leur lot de chroniqueurs appointés friands de conseils avisés – j’adore la notion de pièges à éviter car je ne savais pas, qu’en plus, le père Leclerc et ses potes de la GD posaient aussi des tapettes dans leurs allées. Ici en Corse le FLNC pose plutôt des trucs qui pètent la nuit à leurs portes –  ou de ceux qui disent qu’il ne faut pas aller dans la GD acheter son picolo. Bref, moi j’ai un poteau qui se nomme Pierre Chanau. C’est un gars du cru, dont je tairai le nom car je n’ai pas envie que des gars d’en haut viennent lui chercher des poux sur la tête, qui me l’a présenté.

 

Comme je suis un stipendié de la GD – ouais, ouais, ouais, j’ai même travaillé avec un certain Jean-Louis Vallet grand mamamouchi des vins de Carrefour pour écrire un truc qui s’est appelé Cap 2010. Le gars qu’était un peu basque sur les bords aimait le vin ça doit-être pour ça que les têtes d’œufs de Carrefour lui ont dit d’aller planter ses choux ailleurs – bien évidemment j’ai alors commis une chronique derechef« Mais qui c’est ce Pierre Chanau ? Pour sûr un gros vigneron qui inonde les foires aux vins ! » link . Bienheureux que je fus car à l’image de son collègue moins connu : Augustin Florent de chez Carrefour, le mammouth qui change de chef et d’enseignes tous les ans, à chaque foire aux vins, tels des morts de faim, des pousseurs de caddies se jettent sur leur souris pour prendre des renseignements sur ce Pierre Chanau.


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Mais comme l’actualité est implacable c’est un petit proprio de Bordeaux qui fait la Une des journaux : un certain Bernard Arnault. Le gars, nous dit-on, veut émigrer comme un vulgaire Roms en Belgique. Drôle d’idée, une fois ! Bernard avance qu’il veut rejoindre son demi-Frère qu’est Baron et copropriétaire avec lui d’un Cheval. L’Albert, pas le Roi mais le Frère dément catégoriquement dans le l’ex JO le Figaro du 11 septembre « Nous n’avons aujourd’hui aucun projet concret... » Un peu faux-frère l’Albert. Bref, tout un pataquès qui permet à Libé de se faire mousser à bon compte pour la plus grande joie d’un autre petit proprio de Bordeaux, un certain François Pinault. Les mauvaises langues disent que celui-ci a sitôt arrosé de publicité pour le nouveau parfum de YSL : « Manifesto » le quotidien du jeune Rothschild. C’est beau l’amour qu’ils se portent Pinault et Arnault mais bon entre un ancien marchand de bois et un ancien petit assureur le baston fait parti de la bibliothèque de gènes. En fait tout ça c’est la faute aux socialos qui ne font rien pour soutenir les petits proprios de picolo car ils préfèrent les Airbus. Franchement le père Le Foll devrait convoquer une Grande Conférence Vin&Propriété pour faire plaisir à Vitisphère qui se plaint du désamour du vin en haut lieu. Pourrait même inviter Claude Evin.

 

Plus sérieusement, dans cette affaire y manquait plus que Nanard le sérieusement burné qui, depuis son yacht le « Reborn » battant pavillon de l’île de Man déclare effaré « Il ne devrait pas faire ça ! »  Ouais, ouais, ouais, notre Tapie en père la morale ça ne manque pas de sel une fois ! Cependant, le Nanard, en matière de Meccano de pognon on ne la lui fait pas, c’est un grand expert, rappelez-vous les Piles Wonder. Que dit le fort en burnes « Je n’arrive pas à le croire, je suis extrêmement surpris. La France lui doit beaucoup, mais il doit également à la France. L’Etat l’a notamment aidé financièrement dans le rachat de l’entreprise Boussac, en 1984. » Et il a raison le Nanard. Qui se souvient des frères Willot ? Moi et dès mon retour sur le continent je vous ferai une petite chronique sur la reprise de cet empire du textile en faillite. Pour la petite histoire en 1984 qui était le premier Ministre du père François de Jarnac ? Tout de même m’sieur Arnault quand on vit du Cognac : Hennessy et qu’un ch’ti t’a mis le pied à l’étrier faudrait pas l’oublier. Avoir la reconnaissance du portefeuille ça devrait être dans les gènes d’un ancien assureur-promoteur (Férinel).

 

Reste, pour en revenir à Pierre Chanau, pourquoi diable ce gros proprio est-il copain du futur expatrié Bernard Arnault qui lui n’a que deux petits châteaux à Bordeaux ? Voilà une super belle question qui va vous émoustiller et vous faire précipiter sur vos souris pour éclairer les foules avides qui fréquentent cet espace de liberté. C’est simple comme une grande fortune donc accessible à un honnête bon vivant. Celle ou celui qui trouvera la bonne réponse pourrait gagner un magnum de la Cuvée Impériale de Moët-Chandon (je suis encore tout à côté d’Ajaccio) don de Bernard Arnault.

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 00:09

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Le Taulier ne voulant pas être en reste avec la concurrence, celle de la vieille permanentée reliftée et du vieux couple B&D tout particulièrement, qui attribue chaque année leur titre de vigneron de l’année. Je simplifie bien sûr car du côté RVF y’a une flopée de diplômes remis en grande pompe dans un grand hôtel parisien avec tout le gratin – j’y étais pour la dernière fournée mais pas sûr que ce soit le cas cette année – alors que chez B&D c’est Michel qui s’y colle pour la désignation – de ce côté-ci, au moins, ils ont résolu le problème avec moi : ils ne m’invitent plus à leur pince-fesses depuis que j’ai dit des gros mots à l’agence qui s’en occupe, mais ça n’a guère d’importance sauf que je croisais dans ce genre de réception quelques vieux copains avec lesquels je pouvais cancaner à souhait. Donc, comme les blogueurs ne sont guère en odeur de sainteté dans ces bonnes maisons, j’ai décidé du haut de mon insigne suffisance de me coller à l’attribution du titre, forcément très envié, de blogueur d’investigation de l’année 2012.

 

L’investigation c’est quoi au juste me direz-vous ? Pour faire simple j’écrirai un truc genre Watergate, des petits gars sans grande notoriété qui, contre vents et marées, ont décidés de mettre à jour des affaires que certains préfèreraient ne pas voir mis en lumière. Des fouineurs donc, des gars qui n’ont pas peur de prendre des mandales, de recevoir des menaces de papier bleu, des types courageux. Sans vouloir être désobligeant avec d’éminents confrères de la presse spécialisée ce n’est pas vraiment le genre de ces augustes maisons bien obligées de ménager la chèvre et le chou afin de ne pas subir les foudres de ceux qui les font vivre. Qu’on ne prenne pas ma remarque pour une condamnation, je ne suis et ne serai jamais juge de qui que soit, mais comme une simple constatation vérifiée et incontestable. À chacun son job et il est évident que la chronique sur le Web permet de mieux coller à l’actualité immédiate, de réagir en temps réel, avec tous les risques que cela comporte bien sûr, alors que le support papier ou même le magazine web a ses pesanteurs. Un tout petit souhait tout de même : que nos confrères, si tant est qu’ils acceptent que nous les désignions ainsi, prennent parfois notre relais pour creuser certaines affaires. Je dois concéder à la RVF le souci nouveau de ce journalisme d’investigation et j’en suis bien aise.

 

C’est dit, ne me reste plus, qu’après avoir délibéré avec moi-même, à vous donner les motivations de mon choix pour 2012.   Elles sont simples et limpides : les deux blogueurs sont proclamés blogueur d’investigation de l’année pour avoir déclenché et nourri le Jumillagate : soit en français Vincent Pousson, qui à l’époque n’avait pas encore ouvert sa crémerie Idées liquides & solides, www.ideesliquidesetsolides.blogspot.com et que j’ai hébergé sur mon espace de liberté – ce qui bien évidemment n’a rien à voir avec sa désignation – et en anglais Jim Budd qui est un cumulard puisqu’il officie sur Jim's Loire blog www.jimsloire.blogspot.com et sur le blog coopératif, dont j’ai été l’un des fondateurs, les 5 du Vin avant de céder ma plume à un autre british David Cobbold, www.les5duvin.com . J’ajoute pour ce dernier : les félicitations du jury pour son excellent travail d’investigation et de dénonciation sur les turpitudes du site de vente 1855

 

Pour ceux qui ignoreraient encore ce que fut le Jumillagate je leur conseille de se reporterICI link 


Comme vous vous en doutez je ne puis offrir qu’une médaille en chocolat aux heureux lauréats mais bien évidemment ils recevront incessamment sous peu une boutanche choisie par le club de mes copines : Eva, Isa, Samia et Sonia.

 

Donc, comme dans toute cérémonie de remise de prix qui se respecte, d'abord je proclame les résultats du haut de ma chaire puis les récipiendaires me rejoignent pour recevoir leur peau d’âne et bien sûr nous faire un petit ou un long speech pour dire combien ils sont heureux et contents, qu’ils remercient leur belle-mère, leur moitié s’ils en ont une, les copains et les copines, peut-être aussi le grand Bob, les confréries vineuses, le sous-préfet, le marchand de clous et de vis du coin, la famille Bettencourt, les membres du comité national de l’INAO, le maire de Losse-en-Gelaisse, le grand et éminent Président PHDM, la reine d’Angleterre, et comme de bien entendu le Taulier...

 

J’attends donc des sieurs Pousson et Budd ces textes qui marqueront à tout jamais d’une pierre blanche l’histoire de la blogosphère. Merci par avance.

 

JimBudd-DWWA12

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 00:09

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Sel, sucre, farine, poivre, riz, pâtesles boîtes en tôle émaillée à damiers rouges… alignées sur le rebord de la cheminée tout près de la grosse cuisinière au Bourg Pailler… gardent toujours pour moi un parfum d’enfance… au petit matin, les yeux encore plein de sommeil, lorsque je prenais mon cacao avec des tartines beurrées avant de partir à l’école elles étaient comme des sentinelles impeccables montant imperturbablement la garde pour me protéger.  Même si ça peut vous faire sourire, comme en ma Vendée reculée, on nous racontait tant d’histoires étranges, auxquelles je croyais, tout ce qui concourrait à me rassurer était le bienvenu.


Lorsque je me suis installé pour un temps dans ma grande maison dans les bois, c’était tout au début de ce qu’on appelait les vides-greniers qui ont bien vite viré à des foires à tout sans intérêt, et je me suis mis à chiner pour la meubler, la décorer, et petit à petit je me suis constitué une véritable batterie de cuisine, casseroles, faitouts, plats, couvercles et bien sûr boîtes en tôle émaillée à damiers rouges absolument superbe. Je ne suis pas un collectionneur mais un fieffé rêveur qui disposait dans sa grande cuisine de toute une armée totalement inutile rien que pour le plaisir des yeux. Lorsqu’il m’a fallu revenir à Paris, où l’espace est bien plus mesuré, j’ai dû me défaire à contrecœur de  mon infanterie en bandes molletières. L’acquéreur, qui a dû l’exporter aux States, a fait une bonne affaire mais qu’importe j’avais joui un temps de ces beaux objets qui avaient traversé le temps sans se faner. J’ai sauvé de ce désastre 5 pots et la boîte à allumettes que vous pouvez voir en photo ci-dessous. (J’ai sans doute des photos papier de mon armée mais elles sont enfouies dans des boîtes)


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Pour les amateurs d’histoire, au XVIIIe siècle, les industriels ont cherché des procédés pour émailler les récipients en fonte afin de les protéger de la rouille, en vain.  Le premier succès a eu lieu vers le milieu du XIXe siècle avec l’apparition d’ustensiles solides, colorés et résistants à l’eau qui ont séduit nos grands-mères. Bien évidement l’inconvénient de l’émail c’est qu’il éclate s’il subit un choc et, comme les ustensiles de cuisines, par définition servaient à faire la cuisine, trouver comme je l’avais fait des pièces en excellent état relevait d’une réelle baraka : le hasard adore les rêveurs. Les pots sont eux, en général, en bon état. Attention, les boutiques de déco, qui adorent le rétro, font fabriquer à la chaîne des boîtes clinquantes qui n’ont aucun charme.

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Maintenant vous comprendrez donc aisément que lorsque ma copine Isabelle la cathodique a exhibé, en la tenant dans sa main aux ongles carminés, sur son mur Face de Bouc, la boîte à Gamay, j’ai immédiatement exigé d’elle : le nom, l’adresse, la profession de son érecteur. La réponse a tardée mais elle venue sous la forme d’un message estival venant tout droit de sa montagne : le domaine de Thulon in the Beaujolais la patrie du Gamay. C’est ICI link Pour l’heure je n’ai pas eu le plaisir de tenir dans mes mains cette boîte à Gamay mais mon informatrice, qui est un fin palais, m’a assuré que c’est du bon. Dès qu’elle me fera livraison d’un flacon je vous ferai rapport…

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 00:09

Comme chacun sait, certains pour le regretter, j’écris beaucoup sur un peu tout. Le seul intérêt de cette prolificité c’est de baliser le territoire parfois bien convenu des gens du vin, de lancer des idées, de faire entendre une petite musique qui rompt avec ce que l’on a coutume de nommer la pensée unique. Ainsi, le 04/09/2008 j’avais commis une chronique Une histoire française : le classement des crus de Saint-Emilion link  . Elle valait ce qu’elle valait mais, avec le recul du temps, elle ne frappait pas hors la cible visée : en effet pour toute compétition un bon classement est celui qui satisfait à la fois les compétiteurs et ceux auxquels il s’adresse. Incontesté et incontestable autant que faire ce peu.

 

Je n’épiloguerai pas plus ni sur le fond ni sur la forme du nouveau classement de Saint-Émilion validé par le Comité National de l’INAO du 6 septembre. Ce classement existe, et s’il n’existait pas il faudrait l’inventer rien que pour le plaisir qu’il procure à l’un de mes amis. En effet, mon propos d’aujourd’hui est strictement amical et, comme pour moi le cercle de mes amis, les vrais, ceux dont je profite de la meilleure part, constitue un territoire inexpugnable rassemblant des êtres fort dissemblables, venant d’horizons très éloignés, creuset de différences, de contradictions, d’apports mutuels, de territoires non partagés, je m’en tiendrai à la joie et au bonheur simple de l’un d’eux : Jean-Luc Thunevin.

 MurielleJean-LucThunevin_byjWyand_jul09-45.jpg

 

Avec Jean-Luc c’est simple comme un coup de fil. Alors que ma messagerie débordait de communiqués de presse émanant d’agences communicantes, d’attachées de presse, vantant les mérites de leurs poulains promus sans même prendre le soin de m’identifier. Je hais ce flux impersonnel, cette sauce quasi-industrielle réchauffée aux micro-ondes – et ces gens-là en plus sont payés pour torcher ainsi l’ouvrage – et que je savourais un petit noir au petit matin à la terrasse du café de la Poste à Petreto-Bicchisano mon joujou à la pomme grelotait. C’était l’ami Jean-Luc. Que du bonheur partagé, simplement. Me faire le plaisir de l’annonce lui-même. Oui je l’avoue ça me touche ce côté locavore amical, cette proximité tant évoquée mais si peu souvent mise en œuvre. Pour moi Jean-Luc c'est la classe A de l'amitié. Je vous rassure, d’autres promus en possession de mon numéro de téléphone n’ont pas pris cette peine. Normal, certains avaient déjà fait fuiter leur promotion à l’attention d’un petit rapporteur encore tout chiffonné de son mauvais classement.

 

Mon titre est volontairement provocateur Jean-Luc, tu n’as pas encore été admis dans le Saint des saints des classés A mais pour moi tu l’es déjà toi qui dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas : « C’est formidable que St Emilion puisse se remettre en question. Moi qui n’ai jamais aimé la rigidité des classements, je suis convaincu que ce remise en question régulière est salutaire pour l’appellation ». Espérant également « voir d’autres châteaux promu car on a un déficit par rapport à la rive gauche. Nous avons besoin de plus de Grands Crus Classés A et le nouveau venu dans les Grands Crus Classés sont toujours intéressants pour notre notoriété ».

 

Même Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble est d’accore avec moi, ou l’inverse « Chapeau à Jean-Luc Thunevin : Valandraud, son domaine, est un ancien "vin de garage", un ces crus qui dans les années 90, à partir de petits terroirs et par effort de concentration, avaient réussi à se vendre aussi cher que les "grands". Devenu un cru sérieux, rangé des voitures si l'on peut dire, il passe de rien du tout à premier grand cru classé. Il est à peu près certain que Thunevin lui-même n'en demandait pas tant. Après avoir pu s'acheter, grâce à son succès, quelques parcelles mieux placées, il nous avait confié au milieu des années 2000 : « C'est tout de même plus facile de faire du bon vin avec un bon terroir. » Sauter une classe, si cela se pratique à l'école primaire, relève de l'exercice rarissime dans la famille des grands crus. »

 

Bravo Jean-Luc, moi je n’aime rien tant que de voir mes amis contents... et puis, comme on dit en ces belles occasions : ça s’arrose !


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Dernière petite indication à propos de classements, celui d’ebuzzing qui a pris la succession de Wikio est un petit joujou pour amuser la galerie. Cette maison qui me suit depuis janvier 2007 – c’est eux qui l’écrivent – déclare « Le classement mensuel des blogs est une référence de l’industrie du Social Media Advertising. Il permet d’identifier dans les 5 principaux pays d'Europe les influenceurs de chaque thématique, mais aussi les tendances naissantes et les social publishers décisifs pour vos campagnes. » Grand bien lui fasse moi je ne suis et ne serai jamais un support à quoi que ce soit alors que voulez-vous que ça me fasse d’être comme je le suis depuis plus d’un an dans le Top 5 d’ebuzzing. Cependant, comme j’aime observer, que je suis un fouineur, un petit indice devrait intéresser tout particulièrement un de ceux qui se lamente de sa soudaine plongée dans les abysses d’ebuzzing. Il se dénomme tout bêtement ·  Ebuzzing score et, si j’étais un annonceur, ce que je ne suis pas et ne serai jamais, je m’y intéresserais de près avant d’engager mes picaillons sur certains sites. Bref, si ça vous chante, pour les blogueurs répertoriés, et les autres aussi, allez donc voir link. Mon   Ebuzzing score: 14.7588, ça me fait une belle jambe mais j’avoue que, comme l’ami Jean-Luc, je me marre doucement dans ma petite Ford d’intérieur. Comprenne qui pourra !

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 00:09

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C’est de l’arithmétique les plus de 60 ans dont je suis :

-         20% de la population française en 1950,

-         Un habitant sur 3 aujourd’hui,

-         La moitié de la population française en 2050.


« À eux le pouvoir d’achat : les dettes sont remboursées, la retraite encore à peu près assurée et par conséquent, les revenus sont disponibles. À eux également, les voyages et les loisirs : ils lisent, regardent la télé et utilisent internet. Côté alimentation, ils dépensent en moyenne 25% de plus que les moins de 50 ans et avalent à eux seuls la moitié du marché alimentaire. »


Lorsque je jouais au basket les catégories, qui valent toujours, étaient les poussins, les cadets, les juniors, les seniors et les vétérans. Alors cette seniorisation par les marchands des presque ou des déjà vieux dont je suis m’énerve un peu car elle ne veut strictement rien dire comme d’ailleurs souvent beaucoup de classification. En effet, l’accélération de la progression de la durée de vie les bouscule et les rend rapidement caduque : le troisième, quatrième âge… apparaissent aujourd’hui comme autant de groupes d’âge aux frontières floues. Le point d’entrée dans cette catégorie est celui qui marque la sortie des individus du monde du travail : c’est l’âge de la mise en retraite. J’insiste sur cette exclusion systématique qui n’a plus grand sens eu égard à l’état de santé des retraités. Certains devraient partir bien plus tôt, d’autres, bien plus tard et enfin un départ à la retraite en pente douce pour les cadres devraient être la règle.


Bref, les typologies basées que sur l’âge me font toujours sourire par leur côté primaire. En voilà une proposée par Stéphane Gouin, enseignant-chercheur à Rennes au département d’économie rurale et de gestion de l’agro-campus ouest, qui vaut ce que vaut ce genre d’exercice où le plus important semble être le nom de baptême des sous-populations.


« Il y a plusieurs moyens de caractériser les seniors, des « jeunes » seniors aux « grands » seniors. Parmi les différentes typologies existantes, l’une d’elles distingue les seniors par tranche d’âge d’une dizaine d’années, les séparant ainsi en quatre groupes. En premier lieu, nous trouvons les 50-60 ans, baptisés les « hédoniques ». Ces derniers sont sensibles à l’authenticité des produits, aux nouveaux services et à la publicité. Le second groupe, celui des 60-70, est qualifié de « vigilants » parce qu’ils sont un petit peu plus attentifs à la qualité des produits et aux marques. Ils se caractérisent également par une forme de méfiance vis-à-vis des arguments marketing mis en avant. Viennent ensuite les personnes âgées de 70-80 ans. Ces « traditionnels », comme nous les qualifions, sont davantage tournés vers les produits de services ou faciles à utiliser. En outre, ils portent leur attention sur des critères de consommation plus classiques où les questions environnementales, sociétales voire d’éthique priment. Enfin, le dernier groupe concerne les plus de 80 ans, que nous désignons sous le terme d’ « ascètes ». Ces derniers consomment des produits dits de sécurité, à usage simplifié et, pourrait-on dire, davantage physiologiques. »


On ne peut pas dire que ça brille par l’originalité mais revenons à cette génération montante. Gouin  met en avant son extrême importance. « Pour vous donner quelques petits repères, un senior naît toutes les 37 secondes Une personne fête ses 50 ans toutes les 37 secondes et une femme fête ses 50 ans toutes les minutes dans le monde ». Public-cible donc qui pour l’instant semble ne passionner que les marchands de lunettes ou d’appareillage pour perte d’audition. Peu de seniors dans les publicités alimentaires. Sans doute ne sont-ils pas suffisamment « sexy »pour faire saliver les consommateurs de leur âge. Plus sérieusement, et là on retrouve la difficulté à cerner les cibles car, comme je l’ai écrit, elles deviennent vite obsolètes : plus les vieux rajeunissent plus les cibles vieillissent vite. Pourquoi ?


La réponse de Stéphane Gouin est intéressante : « Je serais effectivement tenté de dire que les cibles vieillissent. Les seniors d’hier, des années 70, 80 et 90, sont bien évidemment différents de ceux d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que ces seniors-là ont connu les guerres, les époques de disette et de privation, et par conséquent, les époques où l’on ne consommait que ce qu’on pouvait payer. Tandis que de nos jours, avec les facilités d’emprunt, les individus peuvent facilement entrer dans une démarche d’’hyperconsommation. Mais ces "anciennes" générations, puisque tel est leur nom, refusent ce comportement. Ainsi, une typologie très intéressante du CREDOC montre que les personnes qui ont connu la Seconde Guerre mondiale, génération nommée robot-électrique du fait du progrès technique, sont attentifs à ce qu’ils consomment mais d’une façon plus ascétique, plus simple, disons plus physiologique. En revanche, les jeunes seniors, ceux qui ont une cinquantaine d’années, sont entrés dans cette société de consommation au moment de la fin des Trente Glorieuses. Ces individus ont connu, comme beaucoup, le chômage et les périodes d’incertitude. Nous sommes passés d’un modèle de privation à un modèle de consommation de satiété caractérisé par des individus repus. Or ces derniers cherchent surtout des moyens d’éviter de prendre des kilos ou des façons de rester en "bonne" la santé, de bien vieillir. Et ces générations se bousculent un petit peu entre-elles.


Par ailleurs, je serais tenté de dire qu’il y aura dans les dix prochaines années, une très grande évolution d’un point de vue publicitaire concernant les quinquas, les sexas, les septuagénaires et autres pour mettre davantage en avant ce qui va constituer un cœur de cible incontournable : la santé. Comme vous l’avez dit, ces seniors ont les moyens financiers. Ils sont demandeurs de services et veulent manger mieux. Or, les études statistiques montrent bien que cette question de la santé va devenir le fer de lance de demain. Ainsi, 86% des seniors sont préoccupés par les questions de sécurité sanitaire et de santé, 77% d’entre eux affirment consommer des produits sains et naturels et 60% d’entre eux sont adeptes, de façon régulière ou ponctuelle, des produits biologiques. Une manne qui passe par les produits estampillés bio, sous label d’origine ou porteurs de valeurs éthiques, sociétales ou environnementales. En tant qu’industriel, si on trouve le bon créneau et le bon axe marketing, c’est la poule aux « vieux  d’or » pour reprendre votre jeu de mots. »


Intéressant, y compris pour le monde du vin, ne croyez-vous pas ? Et, pour ne pas se cantonner au seul marché domestique français, le vieillissement des populations de la vieille Europe devrait faire l’objet de toute notre attention. Mais, la cécité et la surdité ne sont pas qu’un problème de vieux, elles sont dans l’ADN des gens du vin qui se contentent de projeter le passé pour tenter de comprendre les évolutions à venir. Absence d’anticipation, conservatisme, retard à l’allumage, vieilles lunes, le consommateur de vin est toujours réduit à des stéréotypes anciens qui font tant plaisir au monde du vin.


Un autre point, qui devrait passionner ceux qui vendent le vin aux consommateurs, de la GD aux cavistes, « Les personnes âgées sélectionnent-elles les lieux d’achat ? Ont-elles des préférences pour un circuit de distribution en particulier ? Par exemple, sont-elles plus proches des petites épiceries ou des supermarchés ? »


La réponse de Sylvain Gouin est à étudier et à approfondir « En avançant dans l’âge, ces personnes vont rejeter le modèle de commerce périphérique, c’est-à-dire les supermarchés, les centres commerciaux, les « malls » comme on dit aux Etats-Unis, pour se tourner davantage vers le commerce de proximité. Le temps passé pour les achats quotidiens est multiplié par 3 par rapport aux personnes de moins des 50 ans, ce qui signifie que les seniors prennent le temps d’aller chez les petits commerçants, le boulanger, le boucher, etc. A ce mode d’approvisionnement par les commerces de proximité s’ajoute celui des circuits de distribution directe. Aller faire son marché constitue en effet un moment important pour ces personnes car il offre un lien direct avec le producteur, donc une garantie. En outre, ne négligeons pas ces nouveaux circuits de distribution courts que sont les systèmes coopératifs. Les coopératives biologiques sont véritablement plébiscitées aujourd’hui par les personnes de plus de 60 ans. En définitive, si les seniors se tournent plus volontiers vers des modes d’approvisionnement basés sur la proximité, l’éventail des modes de consommations reste relativement large et divers. Quant aux produits eux-mêmes, ce sont surtout ceux associés aux images de terroir, de naturel, de bien-être et de santé qui sont recherchés. »


Dans le débat qui a suivi l’échange, entre Sylvain Gouin et Valérie Péan dans le cadre de l’émission Ça ne mange pas de pain, une question de Bertil Sylvander me paraît elle aussi très intéressante : »En d’autres termes, il s’agit plus d’une approche en terme de modèle de consommation que d’une approche en terme de produit. Qu’en pensez-vous ? »


SG : Vous avez tout à fait raison. Il s’agit d’un modèle que je définirais de générationnel. Les styles de vie évoluent et nous sommes en pleine redéfinition, évolution plutôt, de ces nouveaux seniors. Il ne s’agit pas seulement d’une question de produits, des attentes que l’on peut en avoir ou des promesses qu’il véhicule. De même qu’il ne s’agit pas non plus uniquement d’une question de nature de la chaîne alimentaire et de modes d’approvisionnement. Ces nouvelles générations de seniors, contrairement à leurs aînés, auront connu l’opulence et porteront de fait un regard différent sur les valeurs associées à l’alimentation. Elles vont être plus attentives aux aspects sociétaux, éthiques et environnementaux. Vous me contredirez si je dis là une erreur mais je crois que le bio a encore de beaux jours devant lui au regard justement des valeurs qui lui sont associés, de son concept comme des qualités intrinsèques des produits.


Nous sommes loin de la loi Evin, des droits de plantation, des conflits de chapelles, s’intéresser aux vrais questions n’est pas un luxe mais ils sont où ceux qui devraient s’atteler à cette tâche ? Aux abonnés absents comme toujours…

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 00:09

S’il est une chronique dont la vitalité reste intacte depuis sa publication en avril 2009 c’est bien Signé Augustin Florent « négociant de nulle part »: avec Carrefour je ringardise…  À chaque Foire aux Vins elle a un pic de lecture et au fil des autres mois elle draine son petit lot de lecteurs même que dernièrement un lecteur me faisait part de sa satisfaction de savoir qui se cachait derrière ce patronyme rassurant.


En recherchant « la cave d'Augustin Florent » je suis tombé sur votre article qui m'a bien plu, même s'il date. Je n'ai pas l'habitude de faire mes courses dans la grande distribution, je suis adepte des marchés de producteurs. J'ignorais que « la cave d'Augustin Florent » était une marque crée par Carrefour.

Si je faisais cette recherche, c'est qu'à l'occasion de mes récentes vacances, je me suis dépanné d'une bouteille de vin d'Appellation Ventoux contrôlée 2011 dans une petite épicerie avec l'étiquette « la cave d'Augustin Florent », bouteille numérotée. Le vin était bouchonné et je voulais faire part de mon désagrément. Eh bien je comprends mieux à présent si c'est préparé pour Carrefour.

 Je me suis promis de ne plus acheter d'Augustin Florent, mais encore plus à présent que je sais qui se cache derrière. »


Lors de la parution de la chronique j’eus droit aux remontrances d’un anonyme belge dans ma boîte mail personnelle que je publiais en commentaires

    Bonjour,

Je viens de lire votre bafouille. Vous vous moquez (certainement à raison) du dérapage marketing de Carrefour. Mais je ris dans ma barbe en lisant votre texte, à certains moments on dirait du très mauvais Céline.

Vous critiquez une chaîne de distribution qui copie, qui pique ses idées chez les autres mais vous-même n’avez aucun style. Avec de surcroît, des fautes d’orthographe à la pelle …

J’ai acheté hier une bouteille de cher Augustin et je l’ai trouvée d’un excellent rapport qualité-prix. Un vin qui correspond tout à fait à l’annonce du groupe commercial.

Votre critique est celle d’un vieux schtroumpf qui regarde dans le rétroviseur. Allez critiquer les grands châteaux de Bordeaux qui sont devenus hors de prix et qui font le bonheur des spéculateurs.

Vous devez être un chouette monsieur mais là, laissez-moi vous dire que vous avez raté votre cible.


Bonne soirée,

Benoit l’épicurien


PS : aujourd’hui, j’ai acheté trois bouteilles de rouge de cher Augustin. Pour votre info, je suis amateur de vin et ai déjà bu quantité de crus classés du Bordelais.

 

La signature et le PS me comblaient d’aise, le défenseur d’Augustin se sentait obligé de justifier un pedigree au-dessus de la norme, quant à la référence à du mauvais Céline elle me laissait de marbre vu que ma prose ne se risquait pas à faire dans le style de ce cher Louis-Ferdinand et pour les fautes d’orthographe je commençais par corriger celle de mon commentateur avant de publier sa réponse. Comme le chantait Jacques Brel on peut être belge et con à la fois car dans ma chronique je ne critiquais que la ringardise du marketing et non le vin qu’il y avait dans les bouteilles.


« Entendez-moi bien, ce que je raille c’est votre prétention à vous parer des plumes de créateurs avec votre approche ringardo-minimaliste de votre « collection de vins de terroir à petits prix ». Ils méritent mieux que votre pseudo-marketing ces vins sans prétention. En les personnalisant, par un patronyme à la con, vous dévalorisez le travail des vignerons des caves où vous achetez vos vins. Pour votre défense vous allez me rétorquer que le patronyme de fantaisie est un grand classique du négoce français. Je sais. En effet, je n’ai jamais croisé à Vinexpo ni le baron de Lestac, ni Jean-Pierre Chenet. En revanche, j’ai salué souvent Marcel Guigal et Gérard Bertrand qui signent des vins achetés chez d’autres vignerons. Ce goût très prononcé des marchands de vie pour des noms fleurant bon le terroir leur a toujours été reproché par les vignerons authentiques. Ça accrédite le soupçon de maquillage qui a produit en France la notion que je ne goûte guère : vins de propriétaires »


Bref, comme depuis lors je n’avais plus jamais mis les pieds dans un Carrefour et que je ne fréquente pas, comme le font en masse mas confrères critiques, les dégustations précédant les Foires aux Vins des Grandes Enseignes (où je suppose d’ailleurs que les vins d’Augustin ne sont pas présents) je n’avais plus croisé Augustin Florent.


photoAugustin2.JPG

Sauf que l’autre jour, à quelques encablures de mon somptueux bureau, cherchant une bricole  et trouvant porte close partout ailleurs je me suis risqué dans un Carrefour market (ex- Champion). Et dans le froid quasi-glaciaire qui régnait dans cette moyenne surface je suis passé à côté de l’affligeant mur de vins qui caractérise ce type de magasin. Ô surprise, tout en haut du rayon : que vois-je ? Une bouteille de Vin de Pays des Coteaux de Peyriac signée Augustin Florent. Toute seule, isolée, sans même une ou deux petites sœurs de la gamme et je me souvenais d’avoir écrit dans ma chronique « J’espère au moins que vos chefs de rayon auront à cœur de présenter un superbe facing de ces « 13 saveurs à découvrir » et non de les disperser dans le mur de vins en fonction des critères traditionnels. » Là, comme disent les jeunes pousses, pas de souci la MDD se la joue : seule sur cette plage pauvre petite fille… riche…


photoaugustin-copie-1.JPG

À mon second passage, derrière un pilier, j’ai tout de même repéré derrière un pilier un Bag-in-Box signé Augustin Florent Vin de Pays de la Cité de Carcassonne. Pour le reste toujours le même foutoir, la même absence de lisibilité de l’offre, alors je me demande pourquoi les grosses têtes de cette enseigne qui recherche désespérément à retrouver son lustre d’antan continue dans ce type de magasin de proximité à traiter ses clients comme dans les hypermarchés ? Pourquoi donc la fameuse signature Augustin Florent, plutôt bien packagée, même si je trouve le recourt au patronyme trompeur,  n’est-elle pas mise en avant, valorisée. Quand on pense que le vin est français est majoritairement vendu par la GD on ne peut que se désoler d’un tel traitement. Où est le service ? Que les cavistes ne prennent pas ombrage de mes remarques aux grands distributeurs car il faut qu’ils sachent que beaucoup de consommateurs ne mettront jamais les pieds dans une boutique spécialisée et que pour faire progresser la vente du vin il faut aussi s’intéresser à ce canal de distribution.


photoAugustin3.JPG

Pour en finir avec mes remarques : j’ai acquis la boutanche de Vin de Pays des Coteaux de Peyriac 2,45€ et je me suis dit que les Foire aux Vins de la GD c’était bien joli pour se la jouer grands crus ou beaux flacons mais que de s’intéresser à la chalandise au jour le jour, dans le rayon vins ne saurait nuire à la cause du vin. Mais là rien n’est fait, tout reste en l’état, alors Augustin Florent ou pas… depuis le temps où, avec Jean-Louis Vallet, nous réfléchissions à l’évolution du rayon vins afin de lui redonner une dynamique mettant en valeur une segmentation de l’offre qui puisse guider le consommateur et dynamiser les ventes de vins d’entrée de gamme… Aujourd’hui tout le monde s’en fout ou presque…

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 10:50

 

HB

L’actualité prime sur le farniente : Hervé Bizeul a un fichu caractère, car il en a beaucoup de caractère le bougre, et nos passes d’armes sur mon espace de liberté ont parfois pris des allures de combats au sabre d’abordage. J’adore la belle castagne, sans coups bas, loyale, où tout à la fin les protagonistes déposent les gants et se serrent la main. Avec Hervé il en a toujours été ainsi et, celles et ceux qui nous croyaient fâchés après nos prises de bec en ont toujours été pour leurs frais. J’ai de l’estime et du respect pour son travail car Hervé est de ceux qui font et, croyez un vieil expert des Pyrénées-Orientales, il fallait de la moëlle et de la pugnacité pour s’implanter et réussir dans ce département en pleine décadence post-vdn.

 

En revanche, je l’avoue, pendant tout un temps, celui où j’étais sous le feu, la RVF, ne m’a jamais paru briller pour son avant-gardisme, sa capacité à capter les nouvelles tendances et à mettre en avant des vignerons border line, son courage dans les débats professionnels où ses rédacteurs étaient le plus souvent aux abonnés absents. Surtout ne pas choquer l’establishment, rester engoncé dans une conception très grands vins prout, prout ma chère, ignorer les vins roturiers, bref une vieille dame digne avec permanente, napperons sous les vases, guéridons enjuponnés et gâteaux secs incorporés. Bref, tout ça était bel et beau mais ne s’adressait plus qu’à un lectorat vieillissant alors, avec la foi des nouveaux convertis, la vaillance des ouvriers de la vingt-cinquième heure, la RVF s’est mise à la mode avec plus ou moins de bonheur. Tant mieux pour la cause du vin même si les gloses de Denis Saverot sur la loi Evin frisent souvent la bonne démagogie et que les blogueurs ne sont guère appréciés de la vieille dame rafraîchie.

 

Alors, je dois avouer que la lecture de l’article d’Antoine Gerbelle m’a laissé un sale petit goût de règlement de comptes à OK  organisateurs de salons en tout genre. Son titre « Peut-on juger en toute sérénité les vins du Roussillon ? » laisserait augurer d’une profonde réflexion de ce cher Antoine sur les évolutions qu’ont connu les vins du Roussillon. Mais tel n’est pas l’objectif du papier, il s’agit essentiellement de river le clou à Hervé, le renvoyer dans ses 18 mètres, lui brandir sous le nez un carton rouge : « Trublion de la blogosphère et figure du Roussillon, le vigneron Hervé Bizeul s’en prend aux commentaires de l’édition 2013 du Guide Vert de La RVF dans sa région. A-t-il raison ou pousse-t-il un peu trop loin le bouchon ? » Est-ce vraiment la bonne question ? J’en doute vraiment à la lecture du papier de ce cher Gerbelle qui après l’évocation des bisbilles avec Hervé se clôt par une bordée de méchancetés. Je cite :


« Mais l’inventeur de La Petite Sibérie vendue à plus de 200 euros la bouteille a suivi depuis une trajectoire difficilement lisible : un temps négociant soit disant équitable pour la grande distribution avec sa marque Walden, puis égaré sur les collines ventées du domaine de La Chique avec de gros volumes de petit vin à vendre, il a fini par manquer d’oxygène au point de céder une large part du capital de son Clos des Fées. Toutes ces péripéties ont fait de lui un homme pressé, qui ne voit dans les critiques qui lui sont adressées que des obstacles à son rêve de devenir le premier golden vigneron catalan. Il le confiait d’ailleurs à La RVF, en mars 2011 : « Il y a trois secrets pour réaliser un grand vin : l’argent, l’argent et l’argent », ajoutant un peu plus loin : « Si je ne bouge pas, je vais vivre pauvrement et mourir riche, comme un paysan. » Espérons pour lui qu’il a fait le bon calcul... »

 

Désolé Gerbelle moi je ne mange pas de ce pain-là. Comment un plumitif, dont je suis moi aussi, peut-il se permettre de juger la trajectoire d’Hervé ? Si elle n’est pas lisible Antoine Gerbelle c’est que tu ne sais pas lire et, qui plus est, de quel droit la qualifies-tu ainsi en alignant des qualifications outrageantes et désobligeantes ? Pour sûr, quand on a simplement le cul assis sur une chaise, ce que je suis moi aussi, on ne risque pas de s’égarer sur des sentiers difficiles. C’est plus pépère pour tailler un petit costar à un gars certes doté d’un sale caractère qui entreprend, se bat et cherche la réussite et la reconnaissance. À chacun sa philosophe mais, que je sache, le groupe Marie-Claire, actionnaire de la RVF, n’est pas à classer dans les tenants d’une économie solidaire pour petits vignerons en sandales : pas vrai le sieur Lubot grand maître du club de la Vendée entreprenante ! Bref, sans prendre parti, car je n’ai aucun parti à prendre dans l’histoire des échantillons du Guide Vert, cette façon de faire me déplaît et je l’écris. Oui, entre la RVF et Hervé Bizeul, en l’espèce j’ai choisi. Ce qui ne m’empêchera pas bien évidemment de titiller Hervé si l’occasion se présente. Du côté de la RVF, ce dont je suis certain, c’est que mes petits bruissements ne les troubleront guère : ils ont mieux à faire !

 

Je pars me baigner !

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 00:09

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Dans notre bas-monde, dans les pays où la propriété privée existe, tout s’achète et tout se vend même les rares châteaux bourguignons. C’est simple comme bonjour. Vous en avez marre de votre chaumière au milieu des vaches : vous vendez ! Vous voulez changer de bagnole vous fourguez la vieille avant d’en choisir une neuve. Vous vous êtes vautrés aux bandits manchots : vous vendez les bijoux de famille ! Bref, pour vendre il faut se dégoter à minima un acheteur mais, si vous vous voulez faire monter les enchères ou tirer un bon prix, le vôtre bien sûr, un peu de concurrence ne nuit pas. Tout dépend de ce que vous avez à vendre : si c’est la pendule de mémé sans doute vaut-il mieux se taper une brocante pour draguer l’acheteur mais si c’est quelques ouvrées en Bourgogne s’adresser à un agence spécialisée dans les transactions viticoles est fortement recommandé pour dénicher les gars prêt à aligner un maximum de blé. Pas la peine de vous faire un dessin les gars de métier, connaissent le marché, les prix, les acquéreurs potentiels.

 

Que vous achetiez un bout vigne de quelques centiares de baco dans le fin fond d’une IGP perdue ou de belles ouvrées d’un monopole bourguignon c’est exactement la même chanson : paroles et musique. Bien évidemment le nombre de zéros à aligner sur le chèque n’est pas le même. Depuis leur érection par Pisani au temps du Général les SAFER (société d'aménagement foncier et d'établissement rural sont systématiquement informées des ventes et elles disposent d'un droit de préemption. Selon la loi « Les Safer ont notamment pour rôle d'acheter des biens agricoles ou ruraux et de les revendre à des agriculteurs, des collectivités, des établissements publics nationaux ou locaux. La loi leur donne la possibilité de disposer d'un droit de préemption et elles sont systématiquement informées des projets de vente par les notaires et peuvent acheter à la place de l'acquéreur initial, pour éviter la surenchère des prix et favoriser le développement local »

 

Les SAFER sont honnies des vendeurs car, sauf dans le cas du château de Gevrey-Chambertin où la vente s’est faite à un Chinois pour la somme record de 8MEUR, normalement l’expertise situait la valeur du bien à 3 à 3,5 millions d'euros. Ça fait unes sacrée différence qui n’a pu être laminée par la Safer Bourgogne/Franche-Comté car celle-ci n’a pu préempter car ce bien était géré en indivision. « en général 95% des transactions se font à l'amiable sauf que la loi ne nous autorise pas à préempter sur des parts de société. Le code rural et la loi ne nous permettent pas de préempter des parts de société et il était donc impossible d'intervenir » a déclaré Daniel Caron le directeur de la dites SAFER. Le domaine était détenu en indivision par 8 ou 9 personnes d'une même famille française. Toujours selon ce cher homme « une vente comme celle-ci cela saborde des années de travail sur la maîtrise des prix, pour qu'on ait des biens à leur valeur réelle et transmissible d'une génération à l'autre ».

 

C’est lui qui le dit, pour une fois qu’une SAFER peut se la jouer populaire je peux comprendre le registre utilisé par son directeur qui, au passage, fout un coup sur les doigts du législateur qui « ne nous a pas donné les moyens d'intervenir » Mais que font ces fégniasses de socialo-communistes, qui sont plutôt d’ailleurs avec le PNR des socialo-verts, pour ériger des barrières juridiques qui bloqueronnt aux portes de la Bourgogne les hordes de barbares colorées ? Sans vouloir la ramener : primo je ne suis pas sûr que cette transaction juteuse pour les vendeurs dérègle le minuscule marché des transactions de la vigne bourguignonne car, comme l’avoue le directeur de la SAFER, « en général 95% des transactions se font à l'amiable », donc ça permet des arrangements locaux (je ne fais pas allusion aux initiés comme pour les ha de l’hippodrome de Libourne transmués par l’INAO en AOC Pomerol et brillamment rétrocédés par la SAFER à des gens bien placés) ; deuxio déjà à sa valeur normale entre 3 et 3,5 millions d’€ (j’adore le delta de 500 000 € de l’estimation de la SAFER, une feuille de papier à cigarettes) je ne vois pas beaucoup de jeunes viticulteurs en capacité de les aligner (sauf papa aisé) pour s’installer car, de plus il semblerait que le château de Gevrey et ses vignes aient besoin d’un bon coup de Ripolin et le Ripolin ça coûte beaucoup de pépettes.

 

Donc dans cette histoire du fin fond du terroir bourguignon, si on veut pousser des cris d’orfraies les seuls qu’il faut éventuellement « blâmer » ce sont les héritiers indivis, pas le « malheureux » chinois Louis Ng Chi Sing qui a  fait beaucoup de sous dans les machines à sous de Macao. L’intermédiaire aussi s’en est mis plein les fouilles car sa commission est un pourcentage du prix de vente. À propos qui c’était ? Moi j’avoue que ça m’a laissé froid, totalement de marbre, même si un ex-agent immobilier reconverti dans le vin m’a fait beaucoup rire en avançant une superbe explication à la mainmise étrangère sur le terroir bourguignon : le peu d’appétence des capitaux nationaux, terrorisés par les khmers verts et les socialo- confiscateurs, à s’investir dans une France sous le joug d’un pouvoir illégitime et spoliateur. Franchement c’est risible puisque le même s’esbaudissait de l’achat d’un château bordelais par une banque mutualiste de l’Ouest. La réalité, toute bête, toute concrète, c’est que les enchérisseurs nationaux, à juste titre, ont estimé que l’addition était trop lourde.

 

Pourquoi n’ai-je pas hurlé avec les défenseurs du terroir bourguignon ? Car le terroir de Bourgogne, comme tous les autres, n’est pas délocalisable alors si un jour les martiens achètent quelques ouvrées de Chambertin ça ne changera rien, le vin produit sera toujours made in Bourgogne. Quand à demander aux pouvoirs publics de mettre leur nez, et pourquoi pas leurs sous, dans cette affaire, franchement c’est du grand n’importe quoi. Est-ce que le fait que la maison Jadot appartienne, depuis un beau paquet d’années à un actionnaire américain, a nui à qui que ce soit en Bourgogne ? Je crois que non. Alors un chinois ou une compagnie d’assurances bien française, la propriété du foncier ne change rien à la bonne marche d’une appellation sauf à ce qu’une vaste razzia des émergeants mettent la main sur la majeure partie du vignoble : ce n’est pas demain la veille en Bourgogne vu le volume des transactions et, n’en déplaise au petit marquis qui veut rester jeune les candidats bien français se bousculeront au portillon dès qu’une bonne affaire va se présenter.  

 

« Aujourd'hui, son rêve se réalise.

La 5e fortune de France, vient d’acquérir une ouvrée (4.28 ares) de montrachet pour le prix astronomique de plus de 1 million d'euros auprès du Château de Puligny-Montrachet.

Il a aussi acheté 2 ouvrées de grand cru bâtard-montrachet aux environs de 900 000 € chaque.

François Pinault est déjà implanté en Bourgogne au travers du Domaine Eugénie (ex Domaine Engel acheté 13 million d'euros en 2006) à Vosne-Romanée, qui exploite 6 hectares dont 2.5 de grands crus et où il a fait bâtir une nouvelle cuverie. »

 

Non je ne crois pas à une quelconque déferlante d’investisseurs étrangers en Bourgogne, avec pour conséquence une flambée des prix du foncier. Pour ce qui concerne le nouveau proprio je note avec plaisir qu’il se prénomme Louis prénom excellemment porté avec un tiret du côté du négoce de Beaune. Plus sérieusement,  « Notre ambition est de restaurer cette ravissante propriété dans son ancienne gloire », a assuré Louis Ng. « Avec le temps, j’espère que mes nouveaux voisins bourguignons viendront eux aussi apprécier ma sincère passion pour les grands vins comme en témoigneront les aménagements positifs que je veux apporter au château de Gevrey-Chambertin », a plaidé cet homme peu disert comme tout chinois qui se respecte. Comme le château de Gevrey-Chambertin est une propriété classée du XIIe siècle il s’est engagé à faire rénover le château par « un architecte français du Patrimoine » et à employer « des entreprises régionales spécialisées dans les bâtiments historiques » Ce cher homme va découvrir aussi les délices de notre bureaucratie française avec un avantage certain puisque la chinoise n’est pas à piquer des hannetons elle aussi.

 

Sans faire de la provocation je préfère que ce soit « un particulier », fusse-t-il chinois, qui ait acquis le château de Gevrey-Chambertin, plutôt qu’un institutionnel, fusse-t-il français, sans visage. D’ailleurs, ce cher Louis, à qui je conseille de prénommer son fils, s’il en a un, Louis-Fabrice, va confier la gestion de son bien à Éric Rousseau, du domaine Armand Rousseau. Jeannie Cho Lee, une œnologue de Hong Kong qui le connaît bien, confirme sa « passion sincère » et déjà ancienne au vin. Louis Ng – qui vit à Hong Kong mais possède également la nationalité portugaise – est un « collectionneur » riche d’une « grande expérience du vin », assure-t-elle. « C’est l’un des collectionneurs les plus passionnés et connaisseurs d’Asie, il aime et il achète du vin depuis plus de vingt ans. »

 

« Pour Jeannie Cho Lee, la méfiance à l’égard des Chinois fait écho à la fraîcheur avec laquelle les Japonais, en leur temps, avaient été reçus dans les chais. « Les Japonais ont été les premiers à s’intéresser au vin dans les années 1980 et 1990. À l’époque, ça avait créé des remous parce que les Japonais commençaient à acheter des propriétés à Bordeaux et à investir dans des domaines en Bourgogne », rappelle-t-elle. « C’est la même chose avec les Chinois aujourd’hui. »


Davis Fong, directeur de l’Institut d’études du jeu à l’Université de Macao, confirme de son côté l’extrême discrétion de Louis Ng, associé de longue date de Stanley Ho dont la société SJM Holdings gère 17 casinos dans l’ancienne colonie portugaise. Le Tycoon a eu la haute main sur l’empire du jeu sur le territoire autonome de Chine méridionale, le seul où cette activité soit autorisée, jusqu’à son ouverture à la concurrence et l’arrivée massive des investisseurs étrangers en 2002. Depuis, Macao, à une heure de ferry de Hong Kong, est devenue la capitale mondiale des jeux d’argent, avec un chiffre d’affaires cinq à six fois supérieur à celui de Las Vegas. M. Ng est plus particulièrement chargé des VIP au sein de SJM, selon M. Fong. « Il est très important, mais ce qu’on sait de lui publiquement est très limité. Je sais seulement que c’est un type qui compte, un décideur », confie-t-il. Louis Ng se définit, chez lui, comme un « ambassadeur des vins français de classe mondiale ».

Que Jean-Michel Guillon, président du syndicat viticole de Gevrey-Chambertin, qui avait mis 5 millions d'euros sur la table avec des partenaires locaux pour acquérir la propriété, évaluée à 3,5 millions, me pardonne mais vraiment il n’y a pas le feu au lac et je prends le pari que Mr Louis sera un partenaire exemplaire, sans doute bien plus que certains bourguignons de souche. Nos belles AOC, syndiquées au sein d’une CNAOC agrippée à ses droits acquis, ont vraiment d’autres chats à fouetter que de touiller dans un nationalisme de mauvais aloi. D’abord, il faudra mettre Mr Louis au parfum pour la chaptalisation, les droits de plantation, les déclarations en tout genre, les contrôles des organismes de contrôles, des douanes, tous les trucs et les machins dont raffolent les petits chefs qu’ils soient pensionnaires de l’Administration ou salariés de la Profession.

 

Pour clore cette chronique une supplique : « merci à l’avenir de cesser de nous gonfler avec les équivalents AIRBUS à propos des scores de notre commerce extérieur Vins&Spiritueux... » en effet si ces joujoux coûteux qui volent ne devaient être vendus qu’à des compagnies bien françaises le succès serait du même tonneau que celui de notre RAFALE financé avec l’argent du contribuable. Bonne pioche, ne pensez-vous pas ! Ce qui m’importe c’est l’extension du domaine du vin pas les petits ou savants calculs de certains qui, sous le couvert de la défense de l’intérêt général, s’en tiennent, et je ne les blâme pas, à la défense des leurs....

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 00:09

Je n’ai pas pu résister : voilà le travail d’un Taulier en congepés d’été, dans l'île de Beauté normalement ses derniers.

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« Concentration aromatique, belle acidité... les premières vendanges sur les cépages blancs laissent augurer de beaux vins de garde. Dans le sud, le sciacarellu souffre tout de même de la chaleur... » À Patrimonio Antoine Arena a dégainé le premier en commençant ses vendanges le 18 août devancé de 48 heurs dans l’extrême sud par un autre pape de la viticulture insulaire Yves Canarelli qui a rentré tout son biancu gentile, le sciacarellu et vermentino. Les caprices du climat devenus des dérèglements de celui-ci affolent le calendrier des vendanges dans notre vignoble le plus méridional : Yves Canarelli le dit « Nous avons vendangé le 16 août. On aurait pu le faire le 15 août mais c’était la Sainte Marie... Il y a 20 ans, lorsque j’ai commencé ce métier on vendangeait autour du 10 septembre. Depuis 2000, nous n’avons plus vendangé en septembre. Auparavant, le plus tôt dans l’année, c’était le 17 août en 2003. »


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Tout ça c’est dans Corse-matin : les vendanges sont un merveilleux marronnier qui permet de meubler une pleine page avec grande photo en Une (toujours ça de pris, la PQR n’aime pas beaucoup l’écrit). Le journaliste Christophe Laurent au patronyme affreusement continental pond une copie qui suit le même scénario que celui de l’année passée. Bien sûr, le couplet sur le millésime est de mise et pour le décrire quoi de plus chic et tendance qu’un « maître sommelier de France » : Patrick Fioramonti du Grand Hôtel de Cala Rossa à Porto-Vecchio (peut-être qu'Emmanuel Delmas, le Du Bellay de la blogosphère , aurait fait mieux? Qu’en penses-tu chère Eva ?) Que nous dit-il cet homme qui ne sert que des bronzés plein de thune ? « Les vignerons que j’ai eus au téléphone me disent que le raisin est magnifique. En quantité ce sera moindre mais en qualité par contre... On aura sans doute de très beaux vins de garde. Il ne faut pas croire que l’épisode climatique va donner un millésime solaire comme 2003 ! Il ne faut pas oublier la pluie, le froid et la chaleur correcte que l’on a eue auparavant. Là, les raisins vont avoir une richesse aromatique, une belle concentration, une superbe acidité. Attention à ne pas vendanger trop tard parce que le degré d’alcool monte en ce moment comme un TGV ! Il faut garder de la fraîcheur à nos vins ! »


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Je n’ironiserai pas sur le fait que notre gars il ne se donne  même pas la peine d’aller mettre son tarin dans le vignoble pour constater lui-même l’état de santé du raisin mais je note la forte utilisation du verbe falloir. En Corse y’a déjà 4 techniciens par agriculteur maintenant si les sommeliers s’y mettent y sont pas sortis de l’auberge nos amis vignerons insulaires. Pour le reste les ingrédients de la sauce sont toujours les mêmes donc reste le saucier qui se fait mousser. Grand bien lui fasse mais il existe tellement de produits de substitution qu’on en vient à se demander qu’avec tous ces conseilleurs, ces guides, a-t-on vraiment besoin lorsqu’on pose ses fesses sur les chaises de luxe d’un resto qui pète aussi haut que son cul d’un sommelier pour te conseiller puisqu’on sait tout ?

 

Sans transition ni commentaire j’en reviens au titre de cette chronique « Il n’y a qu’un guide vraiment valable sur le marché français : celui de Bettane et Desseauve » qui est une pure citation d’un bel encadré de Corse-matin (voir ci-dessous) Pas sûr que leurs petits camarades de la RVF soient être très contents, je vois bien Denis Saverot provoquer en duel Thierry Desseauve, à vélo bien sûr : le Ventoux par exemple ou s’ils poussent jusqu’en Corse la montée vers le Clos d’Alzeto. Du côté de Pierre Guigui je lui conseille un duel à la belote avec Michel Bettane. Pour les autres, le guide Hachette qui n’a pas de visage et au couple Gilbert&Gaillard dont je ne sais qui est le bon G... pour ne pas faire de jaloux je vous donne les références de tous ou presque :


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Le Grand Guide des Vins de France - Bettane & Desseauve

Le Classement des Meilleurs Vins de France - La Revue du Vin de France

Guide Hachette

Guide Gault Millau : Les meilleurs vins de France

Guide des vins en biodynamie - Evelyne Malnic

Bonnes adresses du Vin Bio - Jean-Marc Carité

Guide des Vins Bio - Evelyne Malnic, Georges Lepré, Antoine Pétrus

Guide des vins de Bourgogne

Le guide des vins de Bordeaux - Jacques Dupont

Guide Quarin des vins de Bordeaux - Jean-Marc Quarin

Guide Parker Bordeaux

Les notes Parker des vins de Bordeaux

Guide Parker France

Meilleurs vins à petits prix - Antoine Gerbelle & Ph. Maurange (RVF)

Guide des vins Gilbert et Gaillard

Guide Fleurus des Sommeliers

Les 1001 meilleurs vins à moins de 10 € - Ed. Petit Futé

Vinalies Internationales : 1000 vins du monde

Vins, Vignobles et Vignerons - Guide Ellébore

Guide Solar des Vins Bio

Le petit Lapaque des vins de copains

Le Guide des grands amateurs de vin - Alain Marty

Guide Paumard des grands vins du monde

Les Grands Bordeaux de 1899 à nos jours - Franck Dubourdieu

Les Bons Bordeaux - Franck Dubourdieu

Guide Dussert-Gerber

Guide des Vins Bio

Mes vins préférés à moins de 10 € - Jean-Pierre Coffe

Guide Malesan

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