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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 00:07

Levons de suite le premier mystère : le grand rosé Rose&Or c’est un Château Minuty !

Pour le second : qui donc est ce Laurent ? Ma réponse est limpide : c’est la pure évocation d’un jeune ambitieux qui descendit, confia-t-il au JDD, chercher des croissants en pantoufles du côté de la place des Grands Hommes où la première boulangerie se situait fort loin. En notre beau pays, c'est l'un des deux déplumés qui occupèren les deux plus hautes fonctions de la République et qui ont connu un destin fort cruel : l’oubli.

Pour le troisième : les tongs en macramé après un suspens insoutenable je lève le dernier mystère et, pour ce faire, je puise sans vergogne dans le « ELLE » bis j’ai nommé le Nouvel Observateur qui, dans un numéro récent, sous la houlette de la verbeuse et fumeuse MP Lannelongue*, ex-ELLE, dans un [Spécial Mode Homme] nous inflige 28 pages de babioles, avec des prix à trois zéros d’euros, entrelardées de publicité juteuse de braves annonceurs par l’odeur alléché. Faut bien vivre quoi, c’est la crise donc à gauche comme à droite on surfe sur la fraîche.

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ÉCHELLE DE RICHTER DE LA POMPE DES VA-NU-PIEDS DE SAINT TROPEZ

Degré 7 : en cuir grainé marron Yves Saint Laurent 695 euros (4)

Degré 6 : en macramé et veau ciré rouge Lanvin 460 euros (1)

Degré 5 : en cuir bleu, blanc et bronze Balenciaga 365 euros (6)

Degré 4 : en toile et cuir noirs avec semelle de gomme Dior Homme 295 euros (2)

Degré 3 : en cuir d’agneau marron Boss Black 220 euros (3)

Degré 2 : Modèle marin en cuir Paul Smith 150 euros (5)

Degré 1 : Modèle Artis en cuir noir Atelier André Bichon 99 euros (don du blog Berthomeau voir ci-dessous)

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L'atelier André Bichon fabrique des sandales, tropéziennes et spartiates en cuir pour femmes, hommes et enfants à Noirmoutier. Ses sandales sont faites entièrement à la main, avec du cuir naturel, ce qu'il leur confère une qualité et une solidité à toute épreuve. Consulter le catalogue : http://www.sandales-cote-mer.com/sandales-mer-femmes.php

Pour la petite histoire je possède le modèle Roma cuir naturel huilé en ce moment en promotion 100 euros des sandales de moines d’un chic qui dépasse l’entendement de cette pauvre Marie-Pierre Lannelongue qui ne voit pas plus loin que le bout de son pauvre nez de dénicheuse de marques qui font de la pub dans le Nouvel Obs. Merci Olivennes t’es vraiment top !

·        La nouvelle idole de la Marie-Pierre Lannelongue : Marc Beaugé rubriqueur de mode à « GQ » lire sa prose en jette, exemple « Nous sommes dans la queue de comète des années rock et, logiquement, le point de mire de la mode s’est déplacé de l’Angleterre de Pete Doherty à l’Amérique de Steve Mac Queen. Avec le départ de Slimane – note de moi Hedi Slimane créateur chez Dior de chez LVMH – le cliché des directeurs artistiques en a pris un coup. Les images publicitaires mettent en scène les artisans, c’est peut-être la revanche de l’ouvrier sur le créateur... »

·        C’est beau, hein ! Beau comme du foutage de gueule en barres quand on sait que le % de chance que vous ayez de croiser un ducon fringué comme l’un des top modèles mâles du NO tend vers le zéro absolu même dans ma bonne ville de Paris, p’tète qu’à Saint Trop y’en a mais je ne les vois pas vu que c’est pas ma tasse de thé Saint Tropez sauf pour le rosé Rose&Or du  Château Minuty 

Rose&Or, la dernière création de Jean-Etienne et François Matton, sonne à mes oreilles comme la bibliothèque Rouge&Or qui enchanta mon enfance (Fondée après la seconde guerre mondiale, cette « bibliothèque » a connu une faveur particulière auprès de la génération du « baby boom ».) avec Sans Famille d’Hector Malot ou Michel Strogoff de Jules Verne et bien d’autres grands romans.

Flacon élégant et raffiné, pas bling bling pour deux sous, ce rosé d’expression à 95% de Grenache, joue dans la cour des rosés haut de gamme. Comme les vignes du Château Minuty s’épanouissent sous le soleil de la presqu’île de Saint-Tropez, je n’ai pas résisté au plaisir d’écrire cette chronique un peu déjanté. Comme le Château Minuty n’a nul besoin de moi pour accroître sa notoriété je vous invite à vous rendre sur son site www.chateauminuty.fr pour parfaire vos connaissances sur ce beau domaine de 75 ha.

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Le Rose&Or c’est 20 euros le flacon. Dans la construction de notoriété de la Provence et de son rosé, la démarche de Jean-Etienne et François Matton me paraît très intéressante et, à mon sens, bien plus pertinente que les couplets qu’ont entonné les défenseurs du rosé authentique. S’ils ne veulent pas subir la concurrence par les prix de nouveaux arrivants sur le marché du rosé, se contenter de surfer sur la vague porteuse du rosé, exporter, créer durablement de la valeur, les vignerons Provençaux ont tout intérêt à ce que leur positionnement prix, tout en correspondant à la réalité de leur produit, se structure par le haut et que leur entrée de gamme soit à la hauteur de leur discours d’authenticité. Sinon, quand viendra le temps de la mâturité du marché des rosés bien des illusions se dissiperont.

Pour revenir à mon Laurent et à sa fiancée attentionnée, je note que, comme les filles d'aujourd'hui adorent les blancs, Minuty dans sa ligne Or lui propose un Blanc&Or qui, si ses concepteurs me le permettent, est dans la lignée des propositions de Cap 2010. Pourquoi me direz-vous ? Parce que c'est un Vin de Pays du Var (50% Sauvignon, 35% Roussane, 15% Viognier 15%)... C'est la signature qui prime par la catégorie juridique et c'est heureux...

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:08

Je sens poindre des reproches : c’est bien beau Berthomeau de lancer des appels à la mobilisation pour donner un coup de main aux vignerons du Beaujolais mais faudrait que l’intendance suive ! J’en conviens, mais l’intendance c’est moi et moi seul. Ceux d’entre vous qui ont répondu présent à ma proposition de Task Force s’ils souhaitent me prêter main forte doivent au minimum me faire parvenir des biscuits. Certains ont commencé, d’autres m’ont promis de m’alimenter : j’attends !

 

Bref, ne serais-je qu’un faiseur de coups en mal de notoriété et, pire, rien qu’un arpenteur des beaux terroirs avec mon beau costar ?

Ça se pourrait bien car, comme vous le savez, je suis allé faire mon gandin au Grand Jour de Bourgogne, où j’ai enchaîné la dégustation chez JC Boisset le matin à Nuits et celle du château du Clos Vougeot le soir. Puis, la semaine suivante, je suis allé faire le beau 2 jours dans les châteaux des GCC de Bordeaux sous le prétexte fallacieux de jouer dans la même catégorie que « les longs nez et les gorges profondes » qui hument et se gargarisent au 2009 millésime d’exception dit-on. Pour faire bon poids, même si mon casier vin est déjà aussi épais qu’une histoire de Bigard, voilà t’y pas que mon goût pour la belle table du Laurent ferait dire à de bonnes âmes que j’y tiens table ouverte. Vu mon lourd passé sous les ors de la République tout cela relève de la récidive et je risque fort de finir mes jours chez mes voisins de la rue Messier qui se refond une Santé aux frais de la République.

 

Donc je me suis dit « Berthomeau, ressaisis-toi ! Fais un vrai au retour au terroir. Reviens au terrain ! Retrouve la chaude ambiance catalane de la salle des fêtes de Trouillas, l’accueil distancié à la charentaise de la mairie de Jonzac, l’arrivée au petit matin à la cave coop de Valros dans le bureau de Jeannot... la vraie France donc... celle du bas. T’es pas fait pour te pavaner dans les châteaux mon gars. Coltine-toi les problèmes insolubles. Contente-toi de pester contre les metteurs d’emplâtres sur les jambes de bois ! Si ton ego en a besoin dis-toi qu’on te béatifiera quand t’auras passé l’arme à gauche : dans notre beau pays les tombereaux de fleurs arrivent pour la levée du corps... »  Je m’attendais à des remontrances ou a des silences polis et j’ai eu droit au coup de pied de l’âne.

 

J’adore les ânes, ceux qui me suivent depuis longtemps le savent. Lire « Adieu Modestine » http://www.berthomeau.com/article-3598608.html donc qu’Hervé Bizeul ne prenne pas mal le recours à cette expression à son propos. Tout le monde connaît Hervé Bizeul donc je ne le vous présente pas. Mes écrits sur le caddie de Leader Price lui ont échauffé les sangs. Sa sentence est tombée sans appel « Un article, rayeur*, inutile et partial. » Espace de liberté oblige : Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur alors, comme disent nos ados, qui aiment tant le gel coiffant effet mouillé, pas de soucis. Mais voilà t’y pas que dans son élan bienveillant de releveur de bretelles d’un chroniqueur qui pratique la sociologie à 2 balles et qui gaspille son réel talent à écrire des facilités, notre Hervé se lâche « enfin, tu remarqueras, si tu n'as que deux ou trois produits dans la main, que c'est l'endroit où, systématiquement, on te propose de passer devant... Ce sont peut être des pauvres, tu peux les mépriser à demi mot, mais tu devrais y aller, pour voir. Chiche ? » C’est t’y pas beau ça me voilà, au détour d’une phrase taxé de mépriser à demi mot les pauvres.

 

Là, je me suis dit : mon coco faut que tu consultes en hâte une cellule de soutien psychologique pour encaisser un tel crochet du droit. Et puis, après quelques coups de plume au cul des commentaires de Bizeul, je me suis dit que le jeu n’en valait pas la chandelle. C’était comme si moi j’avais écrit que la « Petite Sibérie » faisait un tabac en Seine-Saint Denis et qu’on m’accusait d’anticommunisme primaire. La meilleure thérapie c’est l’action. Je suis donc revenu à mon auto-mission : le Beaujolais. Je travaille. J’écoute. Je lis ce qui a été proposé : le plan Beaujolais de mon collègue Alain Bolio par exemple...

 

Ce matin, puisque selon mon habitude j’ai longuement digressé, je soumet à votre réflexion deux éléments lourds de la production du beaujolais :

 

 

La part du Vrac : 75% 

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La part des caves coopératives : 30% de la récolte totale qu’elles vendent au ¾ au négoce.

 

 

Ces deux pourcentages montrent que s’en tenir qu’à une approche par le haut, qui bien évidemment est nécessaire pour bâtir ou rebâtir une notoriété pour les crus du Beaujolais, ne se révèle pas suffisante pour traiter au fond le dossier Beaujolais « Grand Corps Malade ».

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 06:05

Vendre du vent peut-être un art, en acheter, et souvent fort cher, relève parfois pour des décideurs censés savoir compter, d’une forme de thérapie pour conjurer l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty. Le foirail fut, au temps des marchés physiques, un haut lieu de ce genre de sport « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes » dit la maxime enseignée par la tradition orale. Dans nos temps postmodernes, où les conseilleurs de tous poils et de toutes obédiences font florès, vendre du vent n’est plus un art mais une industrie. Attention le vent n’est pas du toc car en effet, même si celui-ci sonne le creux, son utilité est avérée : la montre plaquée or n’en reste pas moins une montre. En revanche, l’étude venteuse vous gonfle, vous bourre le mou, car elle est en général boursouflée, pleine d’air du temps, creuse  

 

 Quintessence de vente de vent, force 7, happé dans Vitisphère :

« Depuis une dizaine d'années, l'équipe de recherche « Marchés des vins et des spiritueux » de BEM poursuit les études sur la situation, les stratégies et les positionnements de plusieurs entreprises vitivinicoles bordelaises. La méthodologie de recherche basée sur l'approche cognitive, la méthode des incidents critiques, l'analyse de contenu et la cartographie causale a permis d'identifier les challenges et les opportunités du secteur ainsi que les compétences clés des entreprises. La qualité des vins, la gouvernance du secteur, la viticulture durable et l'évolution du comportement de consommateurs sont le plus souvent évoquée comme des grandes questions stratégiques du secteur. »

 

Aujourd'hui, les consommateurs de vins dans le monde sont de plus en plus curieux, ils aiment tester de nouveaux vins, et le secteur vitivinicole bordelais entre en collision avec de nouveaux concurrents, même sur les marchés traditionnels (Grande Bretagne, Etats Unis, Belgique) qui ont attaché une grande valeur aux vins français. Les perspectives pour les entreprises vinicoles bordelaises ne peuvent pas être considérées comme acquises. Le secteur doit réévaluer la situation et examiner de nouvelles options stratégiques qui pourraient permettre de regagner un avantage compétitif dans un environnement turbulent.

 

Ces études permettent de révéler les opportunités du secteur liées tout d'abord au processus de globalisation du marché du vin et en particulier au développement rapide du marché asiatique, surtout de Hong-Kong et de la Chine (les résultats du marché des Primeurs du mois dernier confirment cette tendance). La viticulture durable étaye à nouveau la question de la qualité : améliorer et harmoniser la qualité des vins de Bordeaux devient primordial; la mise en place d'un nouveau processus d'une certification indépendante (l'initiative d'Alliance des Crus Bourgeois à titre d'exemple) vise le même objectif.

 

Les principales conclusions de nos études sont les suivantes :

 
- le développement stratégique réussi dans le secteur des vins est basé sur les compétences distinctives qui sont des facteurs aussi bien internes qu'externes;


- les compétences environnementales internes sont basées sur les Coûts et sur des Relations Clients;


- les thèmes reliant les facteurs exogènes externes sont Concurrence, Client, Ventes, Tourisme et Marché. Des opportunités externes et des forces internes contribuent au facteur de Qualité du Vin qui reste la Clé du succès. »

 

Fermez le ban ! De la belle ouvrage de vent ne pensez-vous pas ? Franchement, si j’avais fréquenté les bancs de Bordeaux Management School, j’eus pu prétendre à une destinée bien plus juteuse car le vent ça rapporte plus que d’écrire des rapports à la con. Mais je n’ai ni remords ni regrets et comme je ne souhaite pas perdre mon temps à ferrailler contre du vent alors je vous propose de lire une excellente chronique : « à quoi servent les écoles de commerce ? » http://www.berthomeau.com/article-11923168.html publiée sur mon espace de liberté en septembre 2007. Je peux la qualifier d’excellente car elle n’est pas de moi mais de Matthew Stewart (USA) qui dans son ouvrage «  Le mythe du management » se pose la question « Et si l'enseignement de la gestion était une mystification, sans contenu, pédante, abstraite et boursouflée de prétention ? »  

En contre-point : un extrait du petit livre de Jean-Claude Seys « Les Maximes du Management » paru au PUF (ancien PDG de MAAF Assurances et de MMA) 

C'est revigorant.

 

  

                                                           Assurer la vente

 

 

      Ensuite, il faut vendre. L’histoire est caractérisée par une succession de périodes d’abondance, plutôt courtes, et de rareté, voire de pénurie, beaucoup plus longues. Malheur au vendeur en cas d’abondance excessive. « A qui meschet on lui mésoffre »

 

      Dans les périodes de rareté, au contraire, le vendeur est roi et son principal problème est de récupérer son argent. « Achetez à crédit et vendez au comptant. » La rareté des marchandises induit, d’une certaine manière, rareté d’argent ; en termes de technique monétaire, ce n’est pas nécessairement vrai – ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, la monnaie distribuée était importante et la marchandise inexistante – mais, sur un marché libre, la rareté implique une hausse des prix jusqu’à ce que le demande se réduit faute d’argent.

 

       Dans ces circonstances, l’initiative appartient au vendeur : «  qui vend le pot dit le mot ». Il lui faut faire valoir sa marchandise, tout en minimisant ses défauts ou en détournant l’attention du vendeur : « qui veut vendre un cheval aveugle en vante les pattes ». Certains excellent à ce jeu au point de maîtriser « le grand art de vendre du vent ». Pour cela, « il faut savoir appâter le chaland » et « l’homme qui ne sait pas sourire, qu’il n’ouvre pas boutique » ou « main vide n’est pas leurre pour faucon ». Ce qui signifie que convaincre ou séduire un client potentiel ne peut de faire sans y mettre le prix.

 

      Les choses ne valent que ce qu’on les fait valoir « À la boucherie, toutes les vaches sont des bœufs ; à la tannerie, tous les bœufs sont des vaches. » Cet art de faire valoir sa marchandise ne doit pas aller jusqu’à tromper le client, car une activité de long terme se construit sur la confiance. « Il faut être marchand ou larron », les deux ne peuvent être réunis. Le client doit trouver son avantage tout comme le vendeur : « mauvais marché où nul ne gagne ».

 

      Le prix est souvent très important, mais, sur la durée, la qualité seule bâtit la confiance : « le bon marché détrousse le passant » ou « bon marché tire argent de bourse ». Les Indiens partagent ce point de vue, mais sont plus précis : « si c’est cher, l’acheteur pleure une fois ; si c’est bon marché, il ne cessera de pleurer » ou « la qualité crée la confiance » et « l’enseigne fait la chalandise et revenir le client ».

 

      Ne pas brader les marchandises se justifie également par une autre considération, issue d’un sophisme, mais qui imprègne encore fortement les consommateurs modernes : « ce qui est de qualité est cher, donc ce qui est cher est de qualité ». Ce que nos anciens traduisaient par l’expression « ce qui coûte peu s’estime encore moins ».

 

     Le vendeur doit éviter de se situer sur un marché trop concurrentiel où la pression sur le prix réduit le bénéfice : « à chemin battu, il ne croît point d’herbe ». C’est une leçon qui imprègne fortement tous les producteurs et commerçants modernes qui cherchent à différencier leur offre, par l’innovation, d’une part, ainsi qu’à réduire l’offre à force de concentration et d’OPA.

 

      Quand la vente est réalisée, il faut être clair sur la transaction. Un contrat bien rédigé qui précise la nature, la qualité et la quantité du bien, son prix et les conditions de mise à disposition ainsi que tout autre détail pertinent supprime bien des cause de différends : « la stipulation avant le labour évite la dispute sur l’aire ». «  De mauvais contrat, longue dispute », car ce qui n’est pas porté dans un acte est réputé inexistant et, en tout état de cause, beaucoup plus difficile à établir : « ce qui n’est pas dans les actes, n’est pas dans le monde ».

 

       Comme rien n’est parfait et que les hommes – les autres – ne sont pas toujours de bonne foi, il faut parfois se résigner à ester en justice. À l’époque moderne le droit se précise et les causes de discorde se multiplient ; ce qui n’était envisagé que comme un mal inévitable devient banal aujourd’hui : mieux vaut que le chef en ait quelques notions pour ne pas se laisser embarquer par les conseils de spécialistes intéressés. « Au jardin de l’avocat, un procès est un arbre fruitier qui s’enracine et ne meurt pas. »

 

       Il faut d’abord s’assurer que le jeu en vaut la chandelle et ne pas plaider à tout propos : « à plaideur contre un mendiant, on gagne des poux ». Nous voilà prévenus. Une procédure est toujours coûteuse en frais de justice et d’avocat ; elle peut aussi entraver l’action pendant des longues périodes et coûter en disponibilité et opportunités perdues, de sorte qu’ « il y a moins de mal souvent à perdre sa vigne qu’à la plaider ».

 

       À la limite, « il est avantageux de s’accommoder quand on a raison et de plaider quand on a tort », mais il faut savoir que « les causes qui manquent de raison ont besoin de fortes paroles » et être convaincu de les pouvoir prononcer : « un mauvais accommodement vaut mieux qu’un bon procès ». Ce qu’on concède coûte moins qu’un procès et épargne soucis, incertitude et temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 00:09

Les fenêtres du hasard m’offrent souvent des plaisirs que j’apprécie et savoure avec délice. Ainsi samedi dernier sous un soleil enfin ardent je maraudais à vélo et, passant devant Lavinia, boulevard de la Madeleine, je décidai d’aller jeter un œil sur les présentoirs de ce temple du vin. Donc, selon un rituel bien établi, je procédai à mon inspection lorsque soudain dans le rayon Languedoc-Roussillon je tombai en arrêt, tel un Épagneul Breton, sur un étrange flacon frappé d’un coq gaulois dressé sur ses ergots répondant au nom de Carignator 3. Mes neurones toutes élytres dehors me connectait sur Michel Smith l’avocat le plus ardent et le plus talentueux du Carignan.

Ce rouleur de mécaniques (pas Michel le Carignator 3), simple Vin de Table de France, affichant sans complexe son cépage éponyme avec s’il vous plaît son millésime 2007 se payait le luxe d’offrir ses services pour 15 euros 12. Je moulinais déjà ma chronique lorsque mon regard fureteur tombait sur une discrète fille répondant au doux nom de CĂRIGÑĂŤORĂ qui elle proposait ses charmes pour la modique somme (chez Lavinia bien sûr) de 9,50 euros. La belle se disait née en 2008 toujours fille du Carignan mais sans autre indication de ses origines. Le mec gros biscotos et crête de coq se tapait les 13° alors que la donzelle elle se contentait de 12,5°. Le père de ces deux nistons se nomme JM. Rimbert et il est dans le village emblématique de Berlou www.domainerimbert.com

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Le vigneron de Berlou, au cul de sa CĂRIGÑĂŤORĂ, il se fend d’un petit couplet rageur à propos du Carignan qui devrait plaire à notre Michel, vigneron double actif du côté de Tresserre dans les Aspres qu’est, dit-on, le pays des sorcières avec sa  « Festa de les Bruixes ». Je le cite donc avec la rimaille du berlounais qu’est bien obligé de faire du sans IG pour affirmer sa flamme au Carignan :

Attention ! languedocien méchant

                   C’est du Carignan

C’est peut-être un cépage géant

         ou un cépage gênant

            à géométrie variable

         à mettre sur nos tables...

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Me voilà donc, après mon expédition chez Lavinia, en possession de ce couple d’enfer sans trop savoir qu’en faire. Leur faire leur fête ? Je n’aime pas brusquer les choses, comme disait Mitterrand « il faut laisser le temps au temps ! » Mais l’important n’est pas que je dégustasse ces 2 Carignasses car celui qui voue sa vie à ce cépage le fait avec talent sur www.les5duvin.com, un jeune blog qui cherche sa voie sur l’impitoyable toile. Vraiment si vous voulez tout savoir sur le Carignan cliquez sur le lien ci-dessus et reportez-vous au feuilleton Carignan Story qui comporte déjà 9 épisodes. Même que dans le n°4 notre Michel des Aspres il nous fait le portrait de Jean-Marie Imbert le papa de Carignator 3 et de la CĂRIGÑĂŤORĂ « Parmi les aventuriers vignerons ayant posé leur sac dans ces coins reculés du Languedoc il est une figure héroïque. Grand, pour ne pas dire immense, massif, la voix caverneuse et l’accent rocailleux teinté de provençal, le jeu de mots subtil et jovial à portée de langage, aussi allumé qu’illuminé, le bonhomme a débarqué de son Ventoux natal en 1996. Sa devise le résume bien : «Croqueur de plaisir plus que buveur de temps».

Bon, pour vous laissez le temps de potasser votre histoire du Carignan sur le Michel Smith, vigneron intermittent des Aspres, www.les5duvin.com catégorie : Carignan story, je vais en rester là pour ce matin. Attention chers lecteurs je ramasse les copies demain à l’aube. Bonne lecture ! Carignan un jour, Carignan toujours !

Et pour Jean-Marie IMBERT collectionneur de bicyclette un peu de Montand à l'Olympia :  

 

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 00:08

Ce matin je vous livre à l’état brut ce que nos chers journalistes, en mal de formules creuses, baptisent des faits de société.

Tout d’abord les fameux apéros géants des jeunes bretons qui font écrire à Ouest France : « Les invitations sur Facebook font des émules. Après Rennes, voici Brest, Lorient, etc. Ce qui provoque, aussi, des inquiétudes. » Voir aussi http://veilleur.blog.lemonde.fr/2010/04/05/les-aperos-geants-inquietent-les-pouvoirs-publics/  

 

 Plus de 5 000 internautes réunis à Rennes, le 25 mars, pour un apéro géant place du Champ-de-Mars : la fête s'est terminée vers 3 h du matin, les secours ont évacué 19 personnes en état de coma éthylique. Mais l'idée a fait florès.

Dans la foulée, une autre invitation a été lancée sur Facebook, pour ce vendredi soir, à Brest. Plus de 7 000 personnes ont répondu à l'invitation d'une lycéenne brestoise de 19 ans. Malgré les mises en garde de la préfecture du Finistère. L'arrêté préfectoral interdisant la consommation d'alcool, le jeudi soir, à Brest, a d'ailleurs été prolongé jusqu'au 1er juillet 2011. Mais, en l'occurrence, il ne s'applique pas à ce vendredi soir.

Dans le Morbihan, les mises en garde sont similaires. Ce qui a fait reculer les organisateurs de Vannes, qui ont tout simplement décidé d'annuler leur rendez-vous. À Lorient, une grosse pression a également été mise sur l'organisateur, lui rappelant qu'il pourrait être tenu pour responsable d'éventuels débordements. Plus de 5 000 personnes se sont déjà inscrites à cet un apéro géant, prévu le 17 avril.

À noter qu'à Saint-Pol-de-Léon, un autre apéro géant est également prévu, ce samedi. Ainsi qu'à Morlaix, le 22 mai. À moins que tout ne se dégonfle. À Lannion et Auray, le 3 avril dernier, l'événement annoncé n'a finalement pas eu lieu : l'apéro a fait un flop.

Enfin, plus insolite, tout aussi festif (et moins alcoolisé), un... riz au lait géant est, lui, prévu à Henvic (Finistère), les 12 et 13 avril.

Ensuite dans le même temps je lis sur le Post du 13 avril que « Les femmes diplômées boivent plus que les autres ? et que c’est la conclusion (surprenante selon la rédactrice du papier Hélène Decommer) d'une étude de la London School of Economics, l'une des plus prestigieuses institutions au monde pour les sciences économiques et sociales.  « La London School of Economics a étudié les comportements de milliers d'hommes et de femmes de 39 ans, tous nés au Royaume-Uni pendant la même semaine, en 1970. Chez les hommes, le lien entre diplôme et consommation d'alcool existe aussi, mais il est moins flagrant, selon les résultats de l'étude. Alors, pourquoi les femmes diplômées sont-elles plus vulnérables à l'addiction à l'alcool? Et avant tout, cette tendance se retrouve-t-elle aussi en France ? »
Selon le processus classique dans les médias modernes la rédactrice du Post se tourne vers un spécialiste Patrick Fouilland, président de la Fédération française d'addictologie, alcoologue et directeur du centre d'alcoologie du Havre qui lui donne des éléments de réponse qui se résument à une sentence « C'est le modèle de nos sociétés qui conduit à cela » « Le recours à l'alcool, c'est aussi une conséquence de la course à la performance »
Belle découverte monsieur l’alcoologue, il faut dire que vous et vos semblables qui regardiez jusqu’ici toujours le doigt (le flacon) lorsque le sage vous montrait la lune (l’alcoolisme) n’êtes jamais en reste d’à peu près, de formules creuses et surtout de petites phrases insidieuses comme celle-ci, en réponse à pourquoi l’alcool ? « Parce que c'est à la fois un produit festif et un psychotrope. L'alcool a un effet défatiguant, déstressant, désinhibant, etc. C'est un produit qu'il est facile de se procurer et c'est le psychotrope le plus socialement admis » Dieu que le générique alcool, qualifié de psychotrope, est commode pour mettre dans le même sac des réalités très différentes.
Donc, pour revenir à nos apéros sauvages qui, bien sûr, vont rejoindre le grand fourre-tout des faits de société, la bonne question à vous poser messieurs les prohibitionnistes masqués, hygiénistes tristes, aligneurs d’interdits en tous genres est celle-ci: « et si ces apéros monstres, qui inquiètent tant les pouvoirs publics, n’étaient que de gigantesques bras d’honneur à votre endroit ? S’ils n’étaient que l’expression d’une volonté de soulever votre chape de plomb ? » Que ce type de rassemblements spontanés, incontrôlés, monstres : 7000 personnes à Brest, plus de 13000 prévues le 13 mai à Nantes, donne lieu à des débordements, à des excès de boissons alcoolisées, ce n’est pas étonnant mais les réduire à de pures beuveries, à des rassemblements de jeunes pochtrons c’est encore regarder le doigt (l'excès) et non la lune (les raisons du phénomène).
La référence au modèle de société pour expliquer un constat du type de celui fait par l'étude anglaise sur les femmes diplomées, le recours facile aux faits de société pour expliquer aussi bien le caillassage des bus de banlieues chaudes et les débordements des apéros monstres, et les questions bateaux du genre « quel regard portez-vous sur la société actuelle ? » pour sous-entendre que par le passé tout allait bien dans le meilleur des mondes, participent au discours vaseux, sociologisant, psychologisant, qui en met plein la vue aux profanes mais qui permet aux impuissants d’entretenir la confusion sur les causes et les effets. Je m'étonne que la DGS n'est pas imaginé de mettre sur pied des cellules de soutien psychologique pour les organisateurs Fascebookés des apéros monstres !
Et toute cette confusion, ce recours à des soi-disant spécialistes, ça nous donne dans le dernier numéro d’Addictions une Tribune libre « L’alcool tue » signée Dr Michel Marty psychiatre, psychanalyste, président de l’ANPAA 64 qui n’est qu’une diatribe, qu’un discours enflé, enflammé, la démonstration d’une forme de rage impuissante. Que nos jeunes se tuent sur nos routes en état d’ivresse est révoltant, inadmissible, mais écrire que « le dieu alcool a choisi ses victimes » relève de cette incapacité, qu’ont tous les « ...logues » patentés, à comprendre que leur « guerre » contre l’alcoolisme il la mène mal, que leur stratégie est mauvaise, que leur armée est commandée par de piètres généraux, qu’ils ne sont pas sur les vrais théâtres d’opération, qu’ils ne s’attaquent pas aux causes, qu’ils cherchent des coupables, des complices là où il n’y a souvent que des hommes et des femmes qui ne sont pour rien dans le fait que l’alcoolisme perdure, attaque toutes les couches de la société, se renouvelle avec les changements du temps.  
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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 00:12

« Les traîtres sont des divas, Edward. Ils ont des dépressions nerveuses, des crises de conscience et des besoins exorbitants. Les Wolfgang de ce monde le savent. Si vous ne leur menez pas la vie dure, ils ne croiront jamais que vous valez la peine d’être acheté. » Qui plus que le grand John Le Carré a su décrire de l’intérieur le monde étrange des espions qui venaient du froid ? Pas grand monde et son affirmation s’appliquait à merveille à Sacha qui adorait croire que les services du bloc communiste le prissent pour une prima donna diva repérée, ferrée puis engraissée à prix d’or ce qui ne l’empêchait pas de m’abreuver de ses crises de conscience. Pour l’entretenir dans ce perpétuel déséquilibre Chloé cultivait avec un soin de jardinier sa propension cyclothymique en le poussant dans le sens de sa plus grande pente. Pendant la guerre froide les opérations de retournement d’agents, d’un bord ou de l’autre, au profit du camp adverse relevaient de la routine pure et simple mais, dans le cas de Sacha, même s’il avait pris langue avec des émissaires de la RDA, celle-ci se révélait un peu plus difficile car l’oiseau ne correspondait pas au profil classique de l’espion. Il croyait, ou peut-être feignait-il de croire, à ce qu’il professait c’est-à-dire que la cause de la paix passait par son ralliement au camp communiste alors comment en faire l’instrument de l’impérialisme américain qu’il vomissait ?

Pour une fois la réponse à cette question cruciale vint de moi. Sacha vouait aux vins français une passion non feinte. J’en avisai Bob pour qu’il passât une commande de Grands Crus Bordelais, de beaux  fleurons de Bourgogne et de quelques caisses de Krug et de Dom Pérignon. Mon plan, pour ne pas éveiller les soupçons de Sacha, consistait à organiser un pseudo casse dans la cave de la villa des américains pour y faire la razzia de leurs grands vins français. Le tuyau venant, toujours le détail qui crédibilise, de la petite bonne des cow-boys que je venais de séduire récemment. Ainsi fut fait à l’aide d’une camionnette de blanchisseur, soi-disant volée par mes soins, que mes commanditaires avaient mis à ma disposition. Pour corser légèrement notre intrusion, toujours le détail qui crédibilise, Bob fit une petite incursion dans la cuisine pendant que nous opérions en sous-sol. Sacha se liquéfia. Bob repartit en claquant la porte. Sacha alla pisser sur le tas de charbon tout en jurant en allemand. Je lui bourrai les côtes en le charriant ce qu’il apprécia que très modérément. Nous rentrâmes en silence. Sacha fit une crise car Chloé ne nous attendait pas. Je me fâchai tout rouge en le traitant de révolutionnaire en peau de lapin, d’enfant gâté et de couard. À mon grand étonnement il fondit en larmes.

Cet intermède inattendu me permettait de commencer mon travail de sape. Je dégotais des glaçons dans le grand frigo de l’étage des mères  et je déposai un Dom Pérignon 1962 dans un seau en acier galvanisé. Sacha, en boule sur son vieux canapé, ressemblait à un chiot privé de mère. Dans notre razzia, le hasard bien orienté par mes soins nous avait offert un lot de saucissons secs et de saucisses sèches, deux beaux jambons, une grande cagette de fromages français : du Beaufort, du Comté, du Salers, un grand Brie et de la Tomme de Yenne, et deux belles miches de pain. Pour faire bon poids j’avais aussi embarqué un bocal de cerises à l’eau-de-vie et deux bouteilles de Cognac non prévus à l’inventaire. Pour servir le champagne mon imagination palliait l’absence de verrerie adaptée en réquisitionnant deux ciboires qu’un de nos adeptes, dans un moment de rage païenne, venait de voler dans la sacristie d’une église des beaux quartiers. Les bulles ravivèrent le moral de mon futur agent double. Ensuite j’organisai une dînette à la française accompagnée d’un Latour 192ç, d’un Haut-Brion 1948 et d’un Corton-Charlemagne 1962 avec le fromage. L’euphorie aidant je lui parlais de la France patrie des droits de l’Homme et du bien-vivre. Pour une fois Sacha m’écoutait avec une réelle attention. Je le sentais prenable mais, à mon grand étonnement, ce fut lui qui me tendit la perche alors qu’il sirotait un Delamain tout en tirant sur un Puros cubain : « et si tu me servais de relais avec les vrais démocrates français, je pourrais peut-être œuvrer pour l’amitié entre les peuples... »    

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 00:09

L’amour, l’amour, l’amour... être épris de... d’amour espris... je trouve l’expression enlevée, fine, légère, aérienne. Et puis, au souvenir récent de beaux flacons, avec mon esprit d’escalier, que d’aucun trouve bien folâtre, une homophonie est venue subrepticement chanter à mes oreilles. D’ordinaire, en maniant un français un peu suranné, plutôt que de dire d’un quidam qu’il est bourré, on peut dire de lui qu’il est pris de boisson. Ne jamais perdre sa liberté, être pris par la patrouille, toujours garder le contrôle mais laisser éclater sa passion, son grand amour du vin, des belles bouteilles, nobles ou roturières, alors pourquoi ne pas dire ou écrire, qu’un tel ou une telle sont éprise de boisson. Je sais, en qualifiant le vin, surtout les grands, de boisson, je vais me faire morigéner par toutes les confréries d’amateurs patentés « Chez nous monsieur nous ne buvons pas, nous dégustons ! » Vous vous doutez bien que je m’en tamponne absolument.


Restait tout de même pour moi à faire une petite vérification : « cette expression était-elle usitée ? » Dans le grand Robert elle n’est pas citée mais comme je suis un fouineur impénitent alors j’ai trouvé à propos du livre les « Métamorphoses de Tintin » de Jean-Marie Apostolidès ceci : « Puisant à la psychanalyse, à la sémantique et à la critique littéraire, Jean-Marie Apostolidès se livre à une enquête passionnante sur l'histoire de Tintin. D'où vient-il ? A-t-il seulement une famille ? Et des opinions politiques ? Quels sont ses rapports avec les femmes ? Comment Tintin vieillit-il ? A ces questions, et à beaucoup d'autres, ce livre répond, pour le plus grand bonheur des tintinologues de 7 à 77 ans. Où l'on voit se dessiner peu à peu, derrière la figure militante de l'adolescent des années 30, un Tintin plus sceptique et tolérant qui, ayant rétabli la justice au bout du monde, abandonne son obsession du Bien et se retire à Moulinsart en compagnie d'un marin épris de boisson et d'un vieil original qui cultive son jardin... »


« Milles sabords ! » voilà notre capitaine Haddock, grand amateur de whisky, affublé de mon expression. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Qu’importe ! L’important est ce qui va suivre. Lundi de la semaine passée nous étions 5. Après une première avancée apéritive au Dom Pérignon 2000 nous sommes descendus pour une expédition pré-dinatoire à la cave. C’est bien plus qu'une cave c'est une caverne d'Ali Baba et les Quarante Voleurs avec un sésame ouvre-toi digne du Mystère de la Chambre Jaune de Gaston Leroux. J’adore ! Sans grands palabres nous avons y avons extrait les 8 flacons ci-dessous pour agrémenter les excellents mets du repas.


Question simple : suite à ce choix et à l’honneur fait ensuite aux flacons, puis-je écrire sans risque de m’attirer les foudres de la congrégation des hygiénistes : tous les 5, 2 femmes et 3 hommes, étions-nous épris de boisson ? Réponse : Je pense que oui mais nous n’étions point gris n’en déplaise aux gardiens de notre santé, nous étions simplement heureux.


Le plus drôle, dans cette histoire mêlant le sublime à l'agréable, pour les détectives amateurs qui chercheraient à savoir où se situait ces agapes c'est que nous n'avons laissé aucun indice qui les mettraient sur notre piste.


Grand merci à Michel et à son épouse, au maître-queue pour les mets, de ce grand moment de convivialité, de brassage d’idées, de bien manger et de bien boire. Affaire à suivre de très près sur mes lignes et il ne vous est pas interdit de commenter...


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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 00:09

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La guerre des prix fait rage sur nos murs : le Leader Price de notre Coffe national dégaine et se proclame « le moins cher ! », « le 1ier sur les prix » avec un caddie de 49 produits dit « essentiels du quotidien » il inflige un camouflet à ce ramenard de Michel Edouard et au Mammouth endormi qui positive à nouveau. Visuellement pour le passant pressé qui jette un œil sur les panneaux d’affichage : c’est la claque absolue, comme dirait les jeunes pousses : la honte ! Y’a pas photo les pourcentages claquent :

Leclerc : 22% plus cher avec un caddie à 85,16 euros

Carrefour 34% plus cher avec un caddie à 93,59 euros.

Leader Price se la pète grave avec ses 70 petits euros et ses 4 centimes.

Vous me connaissez moi on ne me la fait pas comme ça faut toujours que j’aille fourrer mon tarin là où il ne faut pas, en l’occurrence ici dans le caddie « le moins cher ! » pour savoir ce que sont pour les potes de Jean-Pierre Coffe les 49 produits dit « essentiels du quotidien » ?

Pour le vérifier c’est simple je les énumère :

1et 2 = du beurre doux et ½ sel

3 = crème fraîche

4 à 6 = des desserts (crème au chocolat noir, vanille, yaourts brassés aux fruits

7 à 15 = fromages (Coulommiers, Camembert moulé à la louche, Roquefort AOC, fromage le Délicieux, raclette en tranches, emmenthal râpé, Maasdam de Hollande en tranches, pointe de Brie)

16 à 25 = charcuterie (jambon supérieur avec couenne  par 6 et par 2, blanc de poulet, jambon supérieur découenné, saucisses de Strasbourg, lardons fumés, confits de gésiers, saucisse sèche courbée, saucisson sec, saucisson sec pur porc)

26 à 28 = conserves (maïs doux, tomates pelées, haricots verts très fins)

29 = sauce bolognaise

30 = huile de tournesol

31 à 32 = condiments (flacon d’échalotes et ciboulette)

33 à 36 = petit déjeuner (pain nature américain, brioche tranchée, pains au lait et chocolat, confiture de fraises)

37 à 38 = riz basmati et thaï

39 = crème de cassis

40 = cola

41 et 42 = café pur Brésil et pur arabica

43 = pavés de saumon

44 = steaks hachés 100% pur bœuf

45 = films étirables

46 = liquide vaisselle

47 = disques à démaquiller

48 = déodorant bille

49 = gel coiffant effet mouillé

 

Comme la réponse à ma question titre : « Y-a-t-il une bouteille de vin dans le caddie de JP Coffe « le moins cher du moins cher » chez Leader Price ? » est négative, avant d’y revenir quelques remarques.

La première pour de rire : je comprends que les communicants de Casino n’aient pas mis en avant Jean-Pierre Coffe sur l’affiche car c’eut été la première faille dans la crédibilité de la notion de produits essentiels au quotidien. En effet, le dernier produit : gel coiffant effet mouillé pour ce cher homme est bien évidemment essentiel à sa capillarité.

La seconde pour noter que les fromages et la charcuterie se taillent la part du lion dans le caddie : 19 produits mais pas de pain, sauf de l’américain, et rien à boire avec sauf du Cola. Mais que font les rigolos de la nutrition et du www.manger.bouger voilà de la pure fabrique « d’obèses et de malades ». Mais comme je suis seulement un défenseur du terroir cher à notre Jean-Pierre, pour la beauté du geste je vous communique les prix des fromages dit de qualité dans le caddie de JPC :

-         le camembert moulé à la louche : 1,55 euros (le calendos pur plâtre 1,14 euros)

-         le Roquefort qualifié d’AOC (je ne savais pas qu’il en existât du non AOC) 1,69 euros la part de 150 g

-         la pointe de Brie : 0,95 euros les 200g

La troisième est une question existentielle qui me ronge : peut-on vivre sans film étirable et disques à démaquiller ?

La quatrième est horrifiée pour le consommateur adorateur des pâtes alimentaires que je suis : comment peut-on exclure ce produit du caddie ? Est-ce parce que la compétition des prix eut tourné à l’avantage des 2 concurrents ? Je ne sais mais carton rouge à papy Coffe !

La cinquième et dernière concerne le vin : que celui-ci fusse de moins en moins sur la table au quotidien je veux bien en convenir mais alors pourquoi priver cette pauvre crème de cassis à 3,29 euros, considérée comme essentielle, de son compagnon naturel : le vin blanc ? Mystère ! Ou bien alors est-ce parce qu’il n’existe pas de vin estampillé Leader price ? Je ne sais mais comme me dirons certains la terre ne va arrêter de tourner parce que Coffe a oublié de glisser dans son caddie une boutanche de blanc qualité riquiqui...

Morale de l’histoire : dans le grand royaume du n’importe quoi dans lequel nous vivons ce genre de comparaison sur un supposé caddie représentatif du quotidien des français les as du toujours moins cher que moins cher prennent les consommateurs pour une cohorte de débiles profonds tout juste capable de se faire hameçonner par de gros pourcentages qui tuent. Ce n’est pas l’expression d’une saine concurrence mais celle d’un affaissement complet de l’économie ménagère qui, comme chacun le sait, est la seule économie de proximité qui vaille car elle permet de raccorder le consommateur au citoyen.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 00:02

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Ce n’est pas une légende mais l’histoire d’un jeune homme de 18 ans qui en 1961, après son service militaire, décide de faire le négociant. De le faire pas n’importe où, en Bourgogne s’il vous plaît, et sans la plus petite connaissance de ce métier. Mais notre jeune homme a du nez, une Juva 4 m'a-t-on dit, 4 appellations dans son fond de commerce, un sens inné des affaires et du chemin qu’il faut prendre pour arriver : quelques mois après son installation il achète à crédit 50 ares de terres en friche de Gevrey-Chambertin et les replantent. Parti de zéro, comme on dit dans les sagas américaines, avec sa chemise et une Juva 4, le voilà cinquante ans après premier négociant bourguignon et n°3 français avec 265 millions d’euros de chiffres d’affaires. Dans notre vieux pays qui adore le small is beautiful, et envie la réussite, ça ne déclenche pas la sympathie ou l’admiration de monsieur et madame tout le monde – pour les plumitifs du vin je ne vous dis pas c’est pire que les raisins verts – qui préfère celle de Zidane ou du dernier minet ou dernière pouffette de la Star Academy. Ainsi va la vie dans notre belle France.


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ce n'est pas celle de JCB mais celle de mes souvenirs de petit Vendéen...

 

Moi qui aime bien Jean-Claude Boisset je n’ai qu’un seul reproche à lui faire : de ne pas être devenu le n° 1 du vin français depuis sa base bourguignonne en filant au long du Rhône vers le grand Sud. Certes il l’a fait mais ceci est une autre histoire qui n’a pas été écrite et comme Jean-Claude ne m’a jamais demandé de devenir le DG de sa belle maison – grand bien lui a pris susurreront les perfides – je ne pousserai pas plus loin mes regrets. Nous en reparlerons ensemble, en tête à tête, et je connais la réponse de Jean-Claude Boisset. Pour une bonne part je partage ses analyses mais il n’empêche que dans cette fichue compétition mondiale, sur plan plus global ou au niveau régional, s’exonérer de toute réflexion stratégique, où la mener sans lui donner l’envergure nécessaire, c’est avancer à la petite semaine sans se soucier des grandes lignes de fractures qui se sont ouvertes et qui ne se sont pas près de se refermer. Comme j’ai l’impression de radoter, et que pour beaucoup l’horizon du vin reste borné aux acheteurs de la GD – que je respecte bien sûr – ou au ballet gentil des petits qui certes séduit mais reste et restera de l’épicerie fine.


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Après mes litanies habituelles, genre grand messe chantée, passons aux choses sérieuses : le Fixin Blanc de JCB. C’est du rare : les 3 ha de Chardonnay sont les seuls de l’appellation. 3000 bouteilles à vis, c’est à l’image de la nouvelle orientation impulsée depuis 2002 par la Maison Boisset. Approche « Domaine » avec des approvisionnements par contrats d’achat de raisins sur 40 ha. Du cousu-main, des petites cuvées de sept pièces en moyenne, c’est le domaine d’un jeune homme passionné, le souriant Gregory Patriat. Refléter au plus près le terroir, exprimer les caractéristiques du millésime, faire en sorte que la main de l’homme se fasse discrète et que le bois garde sa fonction originelle, j’aime bien ce dit Gregory « en général, j’aime les vins atypiques, qui bousculent les carcans et les idées reçues. Mes Pommards Premier Cru sont plutôt féminins, tout en dentelle, tandis que mes Savigny sont plutôt rustiques aux tanins mûrs et serrés. Le terroir nous les a offert dans ce style, conservons-le ! S’il est vrai que j’ai un penchant pour les vins très fins plein de fruit, de rondeur j’aime aussi qu’ils puissent défier le temps... »


Que voulez-vous ce a privatif me comble d’aise en jetant dans la géhenne la fameuse typicité mécanicienne des croskilleurs (lire ou relire ma chronique Le CAC 51 : le croskill de la qualité des vins AOC http://www.berthomeau.com/article-20287518.html ). Du haut de ses 35 ans Gregory jette la passerelle entre les 2 rives, innove en respectant la tradition, avance et il faut rendre hommage à Jean-Claude et à ses deux enfants Nathalie et Jean-Charles, de permettre à Gregory Patriat de jouer avec charme et simplicité sa partition sur le meilleur de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.


Mais j’ai gardé, comme toujours dans notre pays de fines gueules, le meilleur pour la fin : le Saint Aubin Premier Cru en Remilly 2008. C’est un Côte de Beaune blanc 100% Chardonnay 65 00 bouteilles. C’est mon chouchou ! Comme dirait ma complice Margot j’en mettrais bien une caisse sous mon lit. C’est vif ! C’est frais ! C’est de la joie à l’état pur ! Moi j’aime ce type de vin droit sans raideur, fin comme un string sur une peau à peine vanillée par les premières caresses du Dieu soleil, tendre comme la caresse d’un zéphyr à la fin d’une chaude journée d’été, aérien comme une libellule et surtout qui sait si bien faire briller les yeux des filles du long des golfes clairs... Je m’emporte mais puisqu’il m’emporte pourquoi réfrènerai-je mes ardeurs épistolaires. Mais comme les bonnes choses ont une fin je ne puis m’empêcher, avec mon mauvais esprit habituel, de souligner que je viens de réaliser la « performance » de faire dans le small is beautiful à propos du numéro 3  du vin français. Mais rassurez-vous je garde dans ma besace un futur papier sur les Crémants Grand Terroir de Louis Bouillot et comme la Maison Mommessin officie dans le Beaujolais mon auto-mission Beaujolais « Grand Corps Malade » me permettra d’y revenir. Je rassure les membres de la Task-force je n’oublie pas le dossier mais je suis un peu charrette en ce moment alors patience et n’hésitez pas à me faire parvenir des munitions entre temps.

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 00:09

Pour tout produit de consommation, y compris le vin, conquérir ou séduire la classe moyenne, constitue un objectif prioritaire tant sur son marché domestique que sur ses marchés traditionnels d'exportation et surtout dans les pays nouvellement consommateurs. C'est la loi des grands nombres. Elle recèle les seules poches de croissance du marché.

La classe moyenne, la middle class, ce groupe social hétérogène et flou qui regroupe près d’un français sur deux, ça fait beaucoup de monde et pour Henri Mendras en 1988, lorsqu’il publie la Seconde Révolution Française, avec « l’émiettement des classes », la sociologie de la France se schématise en forme de toupie. Selon lui « hormis une petite élite (3% de la population) et une frange d’«exclus» (7%), la société française se regrouperait au sein d’un vaste centre. À côté d’une vaste «constellation populaire» rassemblant 50% de la population, H. Mendras dessine une «constellation centrale» (25%) en forte expansion, notamment les cadres. Caractérisée par une mobilité sociale intense, cette constellation serait un lieu d’innovations sociales qui se diffuseraient à l’ensemble d’une société aux frontières entre groupes moins rigides »

La bulle financière puis la crise en cours, sans remettre en cause ce schéma, ont bien évidemment à la fois resserré les frontières du noyau central, fait gonfler la frange des exclus et des précaires alors que l’élite « économique et financière » sortait du coup de torchon sans descendre vraiment de son inaccessible piédestal.

Ce préambule pour souligner que, pour un produit comme le vin, très souvent  considéré comme statutaire, marqueur d’une manière d’être ou de recevoir, l’examen des tendances qui animent ce «groupe central» est primordial et devrait aller bien au-delà des catégorisations simplistes des analyses marketing. En effet, au-delà du clivage pur des Catégories Socioprofessionnelles CSP, des strates de revenus, c’est le sentiment d’appartenance qui clive aussi les classes moyennes soit qu’elles se sentent déclassées ou en voie de l’être, soit qu’elles se surclassent en adoptant ou en copiant les codes des classes dites « supérieures. Les  grands médias : télévision et presse magazine, au travers d’émissions, de reportages ou de la publicité popularisent les signes extérieurs d’appartenance : vêtements, parfum, nourriture, voitures, logement, vacances qui, sous des formes «adaptées» descendent dans la rue. Le fameux positionnement des produits de marques par le prix, constitue le miroir que l’on tend à ceux et celles qui sont en quête d’une forme d’ersatz de reconnaissance sociale.

Tom-7161.JPGFort bien et comme ce qui est vrai pour la France l’est plus encore pour notre perfide voisine anglaise je fonce sur mon objectif quitte à ce que les grands prêtres du vin me traitent de déjanté, de conteur de n’importe quoi. Et oui que voulez-vous voir Kate Moss, au dernier festival de Glastonbury, «chaussée de bottes de chasse qu’on ne voyait autrefois que dans les prés boueux où se déroulent les courses de haies hippiques et qui sont en vente aujourd’hui dans les boutiques à la mode.» m’intéresse. Que le Barbour (blousons huilés ou matelassés des gentlemen-farmers) soit du dernier chic, que le tweed redevienne in, que les nœuds papillons et la moustache canaille reviennent en force chez nos jeunes voisins anglais n’appartenant ni à la gentry, ni à la noblesse, peut paraître dérisoire en ces temps de crise. Je peux en convenir aisément mais, par-delà l’écume de la mode classieuse, ce qui m’intéresse c’est ce qu’écrit dans le Guardian Andy Beckett.

Tom-7156.JPG« D’autres tendance récentes ont œuvré en faveur du renouveau du chic. L’écologisme et la demande de produits locaux ou artisanaux vont plus dans le sens d’un capitalisme distingué et terrien que dans celui de sa version urbaine et industrielle. Le renouveau d’intérêt manifesté par les consommateurs pour les produits typiquement britanniques, depuis les plats traditionnels jusqu’aux marques « patrimoniales », en passant par les vacances ventées au bord de la mer, a amené beaucoup de membres de la classe moyenne, consciemment ou non, à redécouvrir des goûts que les classes supérieures n’ont jamais complètement abandonnés »

C’est l’anti bling-bling mais sous une forme de retour « aux traditions », au terroir, aux confitures bio du Prince Charles grand défenseur des AOC à la française, mais sous une forme à l’opposé des codes bobos qui eux se veulent proches d’un petit producteur fantasmé. D’accord me diront certains mais tout ça se passe dans un pays où, dans la vie de tous les jours et la vie politique, comme l’écrit Andy Beckett « la question de la classe a toujours été une bombe à retardement. Le déclin de l’aristocratie n’a pas été suffisamment complet pour la désamorcer ». Les privilèges de classe et leurs signes extérieurs y ont toujours créé du ressentiment «beaucoup de ceux qui possèdent la terre sont les mêmes qui l’ont toujours possédée».

Certes j’en conviens mais pourquoi diable les tendances qui traversent la middle class british seraient pour nous vendeurs de vins français indignes de notre intérêt. Même si le chic tory n’est qu’une mode passagère chez nos voisins, l’observer, l’analyser, me semble la seule attitude professionnellement correcte. En effet, si nous voulons bien mettre notre mouchoir sur nos petites chapelles et prendre nos consommateurs pour ce qu’ils sont, nos vins de tradition française, en Angleterre tout particulièrement, peuvent redorer leur blason.

Pour illustrer mon propos je prends le cas des Bordeaux lié à l’Angleterre depuis un joli bail. Au lieu de nous bassiner ici avec leurs petits châteaux à 2 balles ne serait-il pas plus intéressant pour eux de lancer une offensive vers cette cible adepte du BCBG rural avec les cadets des grands châteaux du genre du magnifique Alter Ego de Palmer (voir un test comparatif http://test-comparatif.quechoisir.org/F-REF3286-Seconds-vins-de-Bordeaux/?f=_ ) because le prix qui tout en restant chaleureux est abordable pour des bourses moyennement remplies qui veulent se la jouer gentry. Ce serait des Bordeaux de middle class avec un vrai nœud paillon noué à la diable, chic et de bon goût, pas le ringard rigide des pubs des années 90 totalement cheap, style plouc endimanché. Ainsi la connexion, que l’on trouve dans la couture entre la haute et le prêt-à-porter, se ferait entre le grand luxe et le luxe abordable. Aucun de nos concurrents du Nouveau Monde ne dispose de ces atouts mais les stratégies les plus évidentes semblent hors de portée de la France du vin.

« De quoi qui s’occupe celui-là ! » Je m’arrête car je sens que j’énerve mes amis du CIVB. Je publie cette chronique, l'air de rien, après mon petit périple des primeurs, pour voir comme au poker. Et pour terminer ce papier sur une note d’humour bien français « y faut pas confondre les BCBG avec le BCG... »  comme le disait mon cousin Raymond et chez ces gens-là du côté de NAP «on dit merde mais pas mince et jamais bon appétit».

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