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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 00:01

  

En dépit des minauderies de Dick et des efforts de la vieille peau poudrée de riz pour détendre l’atmosphère, celle-ci  restait à couper au couteau. Ce n’était pas pour me déplaire. Paul-André Zavatsky, l’un des as du marché noir du Tout Paris de l’Occupation, antisémite type à la polonaise, plein de morgue et de superbe attendait son heure. Les deux marseillais, chacun dans leur registre, affichaient leur méfiance. Chloé, sans même les consulter, fixait le montant des mises et demandait que chacun des joueurs affiche ses garanties de solvabilité. À ma grande surprise, et plus encore de celle des protagonistes de la partie, elle tirait de son minuscule sac Chanel un lingot d’or qu’elle déposait devant elle avec l’insouciance que seule les femmes de haute volée savent afficher face au gibier de potence qu’elles fréquentent pour assurer la couverture de leurs besoins. Passé l’effet de surprise monsieur Paul et monsieur Albert affirmèrent de concert que pour eux c’était « parole » et qu’ils se portaient garant d’Annabelle. Chloé opina. Restait la raclure aux mains sales. Elle goûtait à demie la plaisanterie sans pour autant en exprimer les symptômes. D’une voix qui se voulait détachée il lâchait enfin « je vous signe une reconnaissance de dette en blanc… »  Chloé toussotait et le toisait « un peu léger cher monsieur mais nous nous en contenterons car nous disposons de bons moyens pour que vous l’honoriez… »

La stratégie de la dissuasion de mon équipière portait ses fruits : ses partenaires de jeu partaient avec un lourd handicap. Pour eux, sans aucun doute, ça sentait le traquenard. Coincés, je les sentais exclusivement préoccupés par la manière de s’en sortir au moindre frais. Les plumeurs de volailles, jamais confrontés à ce type de situation, ne disposaient pas des armes nécessaires. Ils devaient improviser et ce n’était pas leur for l’improvisation. L’entame fut mollassonne, chacun jouait petit bras, on se serait cru dans une banale partie de belotte du samedi soir. Cependant, comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, et que Chloé ramassait à tout coup, ou presque, le pot, le temps jouait contre cette stratégie attentiste. Monsieur Paul engagea le premier la contre-offensive. Intelligemment Chloé le laissa s’enfourner dans ce qu’il croyait une brèche. Zavatsky le suivit. Annabelle avait abdiqué depuis le départ en se contentant du minimum syndical. Seul monsieur Albert, qui affichait un cigare conquérant, semblait avoir pris la mesure de la situation, il attendait son heure et manifestement sa première victime serait le Polack. Dick papillonnait en jouant la fille de la maison. Vers minuit, monsieur Albert demandait une pause d’un quart d’heure pour satisfaire ses besoins personnels. Sans nul doute les deux marseillais allaient se concerter et j’espérais beaucoup de cette pause pipi.

Mon diagnostic se confirma dès la reprise, les deux vautours se ruèrent sur Zavatsky sous le regard narquois de Chloé qui se contentait de se maintenir à flot. En moins de deux heures ils le mirent à poil, sans un. La reddition s’opéra sans aucun échange verbal. Les 10 patates furent portées, d’une main qui se voulait ferme, sur la reconnaissance, par l’ex-roi du marché noir mais, au moment où il voulut porter le nom du porteur, Chloé l’arrêtait « Tu laisses en blanc, maintenant nous allons passer aux choses sérieuses et les dieux du jeu n’ont pas encore choisi. » Zavatsky consultait les deux marseillais du regard. Monsieur Albert virait du jaune au blême pendant que monsieur Paul passait de l’écarlate au cramoisi. Cette péronnelle hautaine commençait à les agacer mais ils ne pouvaient qu’acquiescer. Annabelle voulait jeter l’éponge. Chloé lui accordait du tac au tac son bon de sortie sous condition : ses garants prenaient à leur compte ses intérêts.  La coupe était pleine mais ils la burent jusqu’à la lie sans moufter. Je bichais. Zavatsky voulut s’esbigner. « Tu n’en as pas fini avec nous râclure alors tu poses ton cul et tu attends » Mon ton ne souffrait aucune discussion. La peur s’installait. De perdreaux de l’année nous nous étions mués, Chloé et moi, en redoutables requins, ça les plongeait dans une perplexité proche de l’attrition. D’où sortions-nous ? Qui étions-nous ? Que faisions-nous sur cette croisière de rentiers ? Nous ne correspondions à aucun des profils auxquels ils étaient confrontés dans leur ordinaire habituel. Escrocs de haut vol ou nouvelle génération née de la chienlit récente ou les deux ? L’option barbouze échappait à leur questionnement : nous n’avions pas la gueule de l’emploi.

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 00:01

Maintenant les gamins ne vont plus à l’école le samedi finit la semaine des quatre jeudi. Voilà aussi que le Journal du Dimanche dit JJD paraît le samedi. Depuis des mois nous nous crépons le chignon à propos du travail du dimanche. Moi je ne sors jamais le samedi dans Paris c’est l’horreur. Bref, le samedi est un drôle de jour, creux ou trop plein, je ne sais, y’en a qui on fuit, y’en a d’autres qui font des courses, leurs jardins, la grasse matinée, l’amour, rien, alors pour l’échotier que je suis c’est un vrai casse-tête : que faire pour drainer le chaland déboussolé ? Faire comme les new magazines des titres peoples ? Raconter des histoires salaces ? Publier des ragots ? Non, ne riez pas, j’ai décidé de faire court.

 Question de Serge Gainsbourg à un « grand médecin » :

-         Si je ne bois pas, si je ne fume pas, si je ne baise pas, est-ce que je vivrai plus longtemps ?

-         Ce n’est pas certain. Mais le temps vous paraîtra bien long…

Commentaire de Gainsbourg :

-         J’ai déjà perdu deux cardiologues. Et je continue à fumer…

 

De Jacques Dutronc : « Je suis pour l’augmentation du goût de la vie »

 

Réplique du célèbre chanoine Félix Kir, député de la IVe, maire de Dijon et « propagateur du « blanc-cassis » à un St Thomas qui déclarait ne pouvoir croire qu’à ce qu’il voyait.

«  Vous n’avez jamais vu mon cul… et pourtant il existe ! »

 

Tiré  « Du Tac au Tac » Piques ironiques, répliques cinglantes de Jean-Pierre Colignon chez Albin Michel. 10 euros. Un petit bijou.

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 00:09

Réfléchir ensemble à son avenir, faire bouger les lignes, ne pas s’en remettre à la facilité du statu-quo, choisir, décider de bâtir de nouveaux outils, innover, c’est le Cap qu’a choisi l’équipe dirigeante de la Cave de Florensac, emmené par son Président Thierry Coste. Les temps sont durs, dans le monde du vin en vrac l’économie des échanges est inégal du fait de l’inorganisation des offreurs et de l’économie de cueillette qui prévaut chez beaucoup d’acheteurs. J’ai beaucoup écrit sur ce sujet, prêché dans le désert goguenard de ceux qui s’accommodent du maintien et de l’entretien de rapports de forces d’un autre âge. Des occasions perdues à la pelle qui laissent la porte ouverte aux GCC : les Gros Cons Cagoulés qui vont déposer des bombes au domaine de la Baume à Servian. Geste anonyme, même s’il est revendiqué par le CRAV, lâche, qui ne débouche que sur le fait divers. J’ai connu au temps de mes responsabilités ministérielles, en Languedoc, en Bretagne ou en Corse la rhétorique de la violence, le double langage, les chefs manipulateurs,  pure justification de l’incapacité des groupuscules à affronter les choix nécessaires.

 

Mais revenons aux 260 vignerons coopérateurs de Florensac qui, sur leurs 1100 ha de vignes complantées essentiellement en cépages aromatiques : cabernet-sauvignon, chardonnay, merlot, sauvignon, syrah, viognier, produisent des vins de pays 50% de blancs, 25% de rosé et 25% de rouges vendus à 95% en vrac dans le cadre de contrats de partenariat avec de grands opérateurs. Le choix qu’ils ont fait, courageux, novateur, d’innover, de bâtir une vitrine de leur savoir-faire, alliant mise en avant des vins, proposition d’une gastronomie de qualité et l’accueil d’évènements, en créant Vinipolis doit être salué à sa juste valeur. De plus, ce qui ne gâche rien, la réalisation résolument tournée vers le XXIe siècle, est à la hauteur des ambitions affichées. L’espace Vinipolis m’a de suite plu car il allie le contemporain, la fonctionnalité à la convivialité propre au monde du vin, surtout dans l’espace de restauration. Bien sûr, les anciens ont du se trouver, au départ, un peu dépaysé dans cet univers ludique et colorisé mais, comme il n’y a aucun parti-pris de choquer, je pense que cet espace, ouvert et lumineux, constitue une magnifique passerelle générationnelle qui devrait permettre, ce qui a été trop longtemps négligé, la transmission. De plus, même si la vente reste l’objet principal du lieu, il ne donne pas le sentiment d’un simple temple de mercantis.

Je ne suis pas très fan de l’appellation oenotourisme car elle trop restrictive, sauf pour les accros du vin, mais à Vinipolis l’approche des concepteurs dépasse les limites étroites d’un produit touristique au sens strict. Le 3 en 1 : espace de vente-vins, le Bistrot d’Alex et la salle de réception pour séminaires et réception, permet d’ouvrir le spectre des possibilités de toucher le plus grand nombre et de faire évoluer le produit en fonction des demandes. Vinipolis est un complexe à la fois intelligent et à fort potentiel. Dès l’entrée dans l’espace-vente, qui surplombe un chai à barriques visible grâce à un dallage vitré, ce qui frappe, outre la luminosité, c’est une utilisation simple et ludique des codes couleurs. En un seul coup d’œil la concordance couleur, entre les bornes dites « oenothématiques » et l’offre produit présentée, est simple à saisir. Le côté ludique et interactif, grâce aux écrans, me semble dédramatiser l’exercice de la dégustation. Je n’entre pas dans le détail mais le désir de s’informer du futur acheteur n’est pas ici soumis à une quelconque forme de jugement de valeur. Et puis, pour les nouvelles générations, ça fait parti de leur univers. Le responsable, Hicham Roubal, me faisait remarquer que très souvent, les déjà initiés au mode de fonctionnement des bornes, prenaient à leur compte le processus de découverte et de dégustation. Point intéressant, pour ceux qui ne viennent qu’acheter l’espace est en libre-service.

 

Mais, en dehors de l’approche purement vin, ce qui m’a séduit dans la démarche des concepteurs de Vinipolis c’est que pour les métiers qui ne sont pas les leurs : restauration et réception ils se sont associés avec de vrais professionnels. On ne s’improvise pas restaurateur ou traiteur. Le Bistrot d’Alex, qui est un bel espace, agencé et meublé avec un goût simple et sûr, très tendance, a été confié au chef Alexandre Fabre associé à Jean-Claude Fabre, tous deux ayant fait la réputation de Léonce à Florensac. Je n’ai pu déjeuner car le restaurant était « maintenance technique » mais l’approche produits : ceux de la mer avec des poissons de la criée d’Agde et des coquillages de l’étang de Thau, et ceux de l’Aveyron tout proche : bœuf et volailles à la plancha ou à la rôtissoire, me semble être d’excellente facture. Bien évidemment les vins servis proviennent de l’espace contigu à des prix très doux. Et, cerise sur le gâteau, le bistrot d’Alex est ouvert pour le déjeuner du dimanche ainsi que l’espace-vente. Bravo Vinipolis ! Pour l’espace réception, si je puis me permettre une légère critique, je le trouve encore un peu froid et impersonnel, trop Sofitel, mais, avec l’aménagement de l’espace extérieur de 2 ha et quelques touches de ci-delà : un peu de technologie et de vie aux murs, l’ensemble devrait rejoindre la qualité des deux autres.

La voile latine, aérienne et légère, image de la cave de Florensac, me semble bien appropriée au projet de ses dirigeants. Ils ont pris le bon cap, sans que pour autant la navigation leur soit facilitée. Sans vouloir les faire crouler sous des lauriers je peux me permettre d’écrire et de souligner que, ce qui me semble le plus important dans la démarche stratégique du président Costes, c’est tout d’abord qu’elle a été menée avec ses coopérateurs, qu’ensuite elle a débouché sur des choix clairs et opérationnels et qu’enfin elle a marqué une rupture avec ce qui plombe trop souvent la gouvernance des caves coopératives : l’isolement du couple président-directeur et le mélange des métiers. Dans le grand théâtre languedocien, où les jeux des initiés priment trop souvent sur l’intérêt des vignerons et le bien public, les décideurs politiques et professionnels feraient bien de s’inspirer du professionnalisme de leurs collègues de Florensac. Longue vie à Vinipolis ! Merci à Hicham Roubal pour son extrême gentillesse et surtout sa force de conviction et d’enthousiasme. Et si vous passez du côté de Florensac à l’heure du déjeuner allez donc vous restaurer au Bistrot d’Alex je suis persuadé que vous ne serez pas déçu du voyage.

Rappel : adhérez à l'ABV pour que triomphe le bien vivre à la française : pour les formalités d'adhésion vous reporter à la fin de la chronique "Mon Plan de Relance : investir dans le bien vivre en adhérant à l’ABV" en cliquant sur son titre (colonne de droite du blog). J'y reviendrai car seul un vrai réseau amical et convivial nous permettra de mener à bien le combat contre les sinistres cavaliers de l'Apocalypse de l'abstinence. Et ne me dites pas que vous n'avez pas le temps !

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 00:07

 

 

«  Je m’étais souvent interrogé sur les origines de la tonnellerie. Mais aucun dictionnaire ne m’avait répondu et je pensais vaguement que la tonnellerie était née au Moyen Age sur les bords du Rhin !

Mon ami le poète érudit Fernand Tourret, m’a détrompé et éclairé. Ce sont les Celtes qui ont inventé la barrique en bois, quelques décennies avant l’ère chrétienne. C’est en Gaule que les Romains en ont appris l’usage. Le célèbre tonneau se Diogène n’était qu’une grosse amphore. Les peintures antiques en font foi.

Or, je considère l’invention du fût comme l’une des plus inspirées de tous les temps. Je veux dire l’une des plus inattendues, presqu’une pure création de l’esprit. Une invention qui ne tombait pas sous les sens ; qui relevait de l’imagination, non de l’imitation, puisque la nature n’en donnait aucun exemple (à part, peut-être, la rose dont les pétales resserrés ressemblent quelque peu aux douelles assemblées. Mais la rose existait-elle au temps des Celtes ?). La plus grande partie des inventions humaines figurait déjà dans la nature, sauf la barrique. La maison, c’est la grotte naturelle ; le bateau, c’est le tronc d’arbre qui flotte ; même la roue, c’est le soleil qui roule dans l’espace ; etc. Je dirais aussi que la barrique est une invention loufoque, burlesque, à contre-courant, à contre-raison, à contre-utilité. Comment a-t-on pu imaginer de faire tenir du liquide dans un montage de morceaux de bois difficiles à assembler ? Le récipient naturel, c’est l’amphore, le vase, fabriqués à la façon de l’arbre creux, de la pierre creuse que l’on copie en moulant de l’argile humide ; ou bien c’est l’outre que l’on trouve toute faite en cousant la peau d’un bouc. Les Grecs et les Romains, éminemment rationnels et utilitaires, ne pouvaient pas inventer autre chose. Tandis que les Celtes, peuple de rêveurs, insoucieux du temps et de la vie pratique, imaginèrent le fût qui, comme quelques autres inventions de poètes, s’avéra pourtant plus utile, plus adéquat à son but que tous ses équivalents ; et ils lui donnèrent sa forme définitive dès l’origine, puisqu’il n’a subi aucune modification essentielle au cours des âges.

Du premier coup, le fut est sorti parfait de la main humaine, comme telle déesse du cerveau de Jupiter.

Il y a en effet du divin dans une telle invention. En l’appelant miracle, je ne sollicite pas les faits, je ne tire pas le voile à moi. J’emprunte seulement à la bouteille son épithète rabelaisienne et je ne dis que la « dive barrique » est une invention poétique !

 

In « Célébration de la barrique » par Pierre Boujut éditions Robert Morel

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 00:08

L’heure est aux Oscars, et à leurs petits cousins les César, et comme les français, me dit-on, en ce temps de crise, se réfugient dans les salles obscures, alors ce matin c’est décidé je vais vous faire mon cinéma, un cinéma indépendant, genre Sundance, loin des grosses productions hollywoodiennes, de la pure création coco !

 

Alexis Lichine, dans son Encyclopédie, écrivait « Par comparaison avec le Médoc, riche en manoirs, et le Sauternes où subsistent des forteresses médiévales, Pomerol donne une impression bon enfant. Souvent ses châteaux ne sont que des villas et les parcs y font place à des petits jardins car les vignes nobles occupent presque tout le terrain disponible. » Pas de classification à Pomerol mais un ordre établi où trône la star des stars : le Château Pétrus aux cachets mirobolants. En 1981, à l’Hôtel de Lassay, j’en disposais comme d’une arme de dissuasion massive, à déjeuner, auprès de certains de nos hôtes à peine remis de leurs frayeurs électives. Il est hors classe pour Lichine qui décline ensuite les Crus exceptionnels tels la Conseillante ou l’Evangile, les Grands crus tels Petit-Village et Gazin, les Crus supérieurs tels Nénin et le Clos de l’Eglise et enfin les Bons crus où nous retrouvons notre héros du jour : le Vray Croix de Gay, qui pendant très longtemps fut plutôt du genre Robert Dalban, un troisième couteau sympathique mais qui se contente d’être un simple porte-flingues.

 

Le cinéma français, avec la Nouvelle Vague et des acteurs tels le merveilleux Jean Bouise et l’homme qui aimait les femmes : Charles Denner, a su donner au second rôle ses lettres de noblesse. De la pâte humaine, un je ne sais quoi qui nous ressemble, une réelle proximité, une envie de partager avec eux le pain et le sel et, bien sûr, une bonne bouteille. Bref, ce matin plantons le décor avant de découvrir la révélation, notre Vray Croix de Gay, comme l’écrit Decanter « Une des plus remarquables progressions du millésime 2006 » Avec ses 3,67 hectares en trois parcelles, c’est un confetti mais un confetti aux voisinages illustres sur le haut du fameux plateau – harmonie du vocabulaire – de Pomerol : la plus grande, derrière Petrus, est enserrée par La Fleur, la Fleur Pétrus, le Gay et Hosanna ; la seconde est coincée entre Trotannoy et le Pin ; la troisième touche la Grave et Rouget. Du côté pedigree : 82% de Merlot et 18% de Cabernet-Franc et un âge moyen des vignes de 39 ans.  42 hl/ha en moyenne et seule les raisins des vieilles vignes du haut du plateau entrent dans le 1ier Vin.

 

Mais pour faire du cinéma il faut : un producteur et un réalisateur.

Au générique :

-         les Producteurs : Aline&Paul Goldschmidt (des parigots qui ont débarqué en 2004) Aline au pays des merveilles : la saga de la Baronne Guichard http://www.berthomeau.com/article-19261133.html

-         le réalisateur : Stéphane Derenoncourt Les 3 mêmes questions à Stéphane Derenoncourt « surtout pas œnologue » http://www.berthomeau.com/article-24738275.html

 

Tout cela est bel et beau mais l’heure est venue de passer aux choses sérieuses et, comme je ne suis pas un type sérieux, c’est à des jeunes gens sérieux, mais bons vivants, que j’ai confié le soin de la critique. Métier à hauts risques où il faut se garder de deux travers : le dézingage hautain et systématique et la complaisance mielleuse ou pire mercantile. Mon jury, une fille et trois gars, Flore de Cerval et Erwan Thill déjà présents lors de la dégustation Queen of Syrah et deux nouveaux venus : Matthieu Poirault fondateur de Vinalia et Josélito Franscisco de la Royal Bank of Scotland, a rempli sa mission avec la pertinence et la bonne distance qui doit prévaloir dans ce genre d’exercice.  À noter que la reine Margot, notre banquière d’affaires, surfant sur un Power Point, nous fit, à notre grand désespoir, faux bond.  Votre serviteur, lui, incompétent notoire, jouera le rôle de secrétaire de séance. À ce stade je dois concéder que ma référence aux Oscars ou aux César atteint sa limite car, bien évidemment, mes jeunes pousses ne se sont pas tapé une horizontale des Pomerol. Notre exercice a été plus modeste : 3 Vray Croix de Gay, un 1999 un millésime pré-Goldschmidt, un 2006 et un 2007 des enfants bichonnés par Stéphane Derenoncourt sous l’œil attendri d’Aline et de Paul. Contestable ! Peu me chaut, l’important, bien plus qu’une exhaustivité factice c’est la beauté de la découverte, le coup de cœur : le même que celui que j’ai éprouvé pour Séraphine de Senlis à la sortie du musée Dina Verny. Mais d’où venait donc cette splendeur, ces couleurs, ce raffinement ? D’une humble femme de maison illuminée peignant à quatre pattes avec ses grosses mains crevassées par les travaux les plus humbles. Dieu que Yolande Moreau est une grande et belle actrice : sous la cape du second rôle se cache toujours l’étoffe d’un premier.

 

Le 1999, dans une belle unanimité est jugé d’une sénilité sympathique, sa robe tuilée marque un début d’évolution, son nez encore explosif se referme vite, décline sur des notes animales, en bouche un boisé bien fondu, une belle vivacité mais une finale très courte qui laisse une pointe d’acidité. À boire de suite car garde encore de beaux attributs.

 

Le 2006 ensuite, la robe est d’un grenat intense, très profond, le disque fait ressortir cette profondeur. Matthieu s’interroge sur l’atypisme des fines larmes ce qui me plonge, moi, dans un abime de perplexité. Mes dégustateurs en herbe mais érudits s’attardent sur cette constatation paradoxale. « Les larmes sont un indice de l'alcool et du glycérol contenus dans le vin. L'alcool donne la chaleur en bouche tandis que le glycérol provoque la sensation de gras. Les larmes sont les gouttes qui descendent des parois du verre lorsque le vin est remué dans le verre. » Toute règle a ses exceptions et déjà ce 2006 surprend déjà. Le nez est intense, des parfums de lavande et d’amande, complexe avec des notes d’épices : cannelle et curry. Chaque dégustateur a son système de référence mais en commun les miens trouvent à ce 2006 un nez plus que flatteur, empli de promesses. Mais c’est en bouche que tout se joue : fraîcheur, minéralité, très vineux, un boisé très fondu, des tanins fins avec un équilibre remarquable bois-vin. « On retrouve les notes du nez » Il est gourmand, bien enveloppé comme un de ces chocolats sous papier doré : on ne sait pas ce que l’on va découvrir. Du velours et en finale le côté fruit ressort. « On a envie de finir son verre » souligne Erwan. Ce qui surprend mes dégustateurs c’est que ce jeune millésime est à la fois agréable à boire de suite, avec un carafage, et recèle un potentiel de garde remarquable. Ce Vray Croix de Gay 2006 est un vin moderne, au meilleur sens de la modernité, bien dans ses baskets tout en gardant ses belles racines de terroir. Beau débat que celui-ci : la tradition revisitée, dépoussiérée, forme d’un retour aux sources d’un terroir d’exception. Équilibre fragile, sur un fil, mais si porteur de ce grain de folie qui fait la différence. Flore à le mot de la fin « Ce vin est à l’image de son étiquette : très contemporain, les codes y sont présents avec une pointe de fraîcheur… »

Le 2007, enfin, une robe rubis impressionnante, profonde, insondable ; un premier nez de noix de coco, très Bounty, mais la dominante est celle de fruits noirs compotés avec un bois parfaitement fondu ; en bouche, en dépit de sa jeunesse, on croque dans le fruit, une belle puissance avec une grande finesse des tanins. Ce millésime sera sans aucun doute à boire plus rapidement mais au plan du plaisir celui-ci est identique au millésime 2006. Selon mes dégustateurs il a du être bien placé dans la dégustation en primeurs. Ce qui les frappe c’est le côté soft du bois.

 

À l’unanimité du jury l’Oscar du meilleur second rôle est attribué au Vray Croix de Gay 2006, en quelque sorte le Sean Penn du Pomerol. Comprenne qui pourra l’important c’est que moi je me comprenne tout en laissant planer le suspens. Les curieux peuvent toujours m’interroger par les canaux habituels.

  Rappel : adhérez à l'ABV pour que triomphe le bien vivre à la française : pour les formalités d'adhésion vous reporter à la fin de la chronique d'hier en cliquant sur son titre (colonne de droite du blog). J'y reviendrai car seul un vrai réseau amical et convivial nous permettra de mener à bien le combat contre les sinistres cavaliers de l'Apocalypse de l'abstinence. Et ne me dites pas que vous n'avez pas le temps !

 

 

 

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 00:05

Dans l’avion du Glam, Michel Rocard, comme à son habitude potassait le dossier que je lui avais préparé. Nous allions au charbon : le Midi grondait et menaçait. En bon militant qu’il était, mon Ministre, avouait un faible pour les combats de ce pays. Aller au contact n’était pas pour lui déplaire. Moi j’étais dans mes petits souliers. Lorsque, le Mystère 20 aborda sa phase d’atterrissage de Béziers-Vias nous eûmes le sentiment que nous allions amerrir dans un océan de vignes. Souvenirs, souvenirs, certes, mais aussi un lien entre ce temps officiel où il a fallu, avec un certain courage, tirer un trait sur le passé et un temps, plus souterrain, imperceptible, où se levaient des hommes qui allaient prendre leur destin en mains. En 1974, Prosper et Louis-Marie Tesserenc ont été de ceux-là.

 

Ce dernier, suite à mon rapport, m’avait invité à l’AG des Cotes de Thongue à Valros. Le bougon des cépages était présent, plus bougon que jamais, mais lui aussi c’était le passé alors que mon hôte, lui, avec son regard pétillant d’intelligence et une jovialité communicative, incarnait ce que j’avais essayé de traduire dans les mots de mon rapport : « agir, plutôt que réagir » Bref, depuis cette soirée, comme certains le savent, je suis un addict « Cotes de Thongue » et Louis-Marie Tesserenc fait parti de ces hommes qu’il est important de croiser dans sa vie. Sur mes tablettes, depuis fort longtemps, j’avais inscrit le projet d’une chronique sur le domaine de l’Arjolle. Restait à la sentir, à lui donner la touche d’humanité, à l’écrire. Rien ne vaut pour ça une bonne discussion à bâtons rompus pour tenter de capter les petits riens qui font la différence.

 

Avec la reprise du domaine familial de 40 ha, les deux frères Prosper banquier en Afrique et Louis-Marie l’œnologue vont, comme tous les pionniers, pour relever les défis, chercher l’adéquation entre leur terroir et les cépages, des cépages venus d’ailleurs : sauvignon, viognier, réfléchir en liaison avec l’Agro de Montpellier sur ce qui se fait au Chili. Se tenir en éveil, être mobile, disponible permet de donner à leur liberté de choix du contenu et de saisir les opportunités des nouvelles demandes. L’irruption du fruit, ce raisin mûr et sain, avec plus de sucre et aussi d’alcool constitue pour le Languedoc, hors AOC, une chance à saisir. Les cépages ouvrent les portes des USA, du Japon, du Canada. Les lignes bougent. Ce pays immobile voit débarquer des gens du Nord. La diversité s’installe dans le Languedoc. C’est l’éveil de l’esprit vigneron : retrouver son vin sur une carte de restaurant, redonner du contenu avec le vivre ensemble au travers de l’aventure des Cotes de Thongue loin des traditionnelles oppositions caves particulières-coopératives et des clivages politiques traditionnels. Ouverture aussi avec le jumelage avec le vignoble hongrois proche du lac Balaton. Ce qu’il y a de passionnant dans l’histoire du domaine de l’Arjolle c’est qu’elle est intimement liée à une histoire collective d’un groupe d’hommes et de femmes. Ce n’est pas le chacun pour soi, trop souvent accolé à l’esprit pionnier, mais la conjugaison intelligente, sensible, de l’initiative individuelle et du sens du bien commun.

 

Autre trait qui me plaît à l’Arjolle, car c’est un trait de mon caractère, c’est l’éclectisme, ce goût de la recherche, cette capacité d’ouverture pour aller sur des terrains où d’autres ne se risquent pas. Cultiver sa différence : 40% de vins blancs, du muté sur grains de Merlot, implanter 1 ha de Zinfandel  et bientôt 1 ha de Carmenere, c’est un beau pied de nez aux conservateurs de tous poils. Même si je vais choquer certains, pour moi, les Tesserenc comme le noyau des vignerons des Cotes de Thongue sont en capacité, au travers de l’AOP, de redonner des couleurs et de l’envie à une nouvelle génération de vignerons du Sud. L’excellence c’est aussi cette capacité d’aller vers la modernité sans pour autant galvauder ses racines. Tel était l’esprit des pères fondateurs. Bref, comme à l’accoutumé je m’enflamme mais c’est pour la bonne cause. De plus, l’aventure de l’Arjolle est une aventure familiale, les voilà maintenant, après le départ à la retraite de Prosper, 6 associés : Louis-Marie, bien sûr, Charles Duby et Guilhem de Fozières des beaux-frères depuis 1986, en 1992 Roland le fils de Prosper et à l’aube du XXIe siècle François fils de Louis-Marie et Roch fils de Prosper. 100 hectares cultivés et 80 hectares de vignes en production. Vivre au pays, comme le clamaient ceux que nous rencontrions en 1983 avec Michel Rocard, quelle chance, surtout lorsque c’est pour exporter 80% de ses vins, participer au rayonnement de notre vieux pays et faire que tout autour il y ait des voisins, des gens qui viennent au caveau, qui se parlent, qui vivent quoi messieurs les tristes sires qui veulent nous priver de cet art de vivre, du bien vivre à Pouzolles comme à la terrasse du Daguerre.

 

Comme toujours je suis un peu bavard et certains vont me reprocher de ne pas écrire sur les vins de l’Arjolle. J’en conviens mais pour ma défense je peux vous affirmer qu’ils sont à l’image de Louis-Marie Tesserenc : ils ont du caractère, de la personnalité, du charme et ce je ne sais quoi de convivialité qui fait qu’ils ont un goût de revenez-y. Vraiment je vous invite à aller d’abord faire un petit tour sur le site du domaine pour les découvrir  www.arjolle.com puis si vous passez dans la région à faire un saut jusqu’à Pouzolles pour déguster les vins, bien sûr, mais aussi apprécier l’architecture du chais du domaine. Là aussi le geste traduit l’état d’esprit de pionnier des Tesserenc.



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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 00:05

 

Nommer, désigner son adversaire, dans un « combat », fut-il pacifique, est l’acte fondateur sur lequel doit s'ancrer toute stratégie visant à faire triompher sa cause. Les prohibitionnistes « masqués » ou « déclarés » sont nos adversaires. Ce n’est ni une découverte, ni un fait nouveau, mais une constante du paysage de la Santé Publique dans notre pays depuis des décennies. Ensuite, il est nécessaire d’identifier et d’évaluer les moyens mis en œuvre par l’adversaire : en l’occurrence ici l’arme de la communication pour conditionner l’opinion publique en ciblant le vin qui reste un produit emblématique. Enfin, comme l’art militaire requiert sang-froid, unité de commandement et détermination dans l’exécution, le combat doit être mené par nous en laissant de côté les chefferies et les régionalismes. J’ajoute, et ça devrait aller de soit, que pour mener ce combat il est absolument nécessaire de dégager des moyens à la hauteur des enjeux.


Agitation, gesticulations, cacophonie je n’en finis pas de m’étonner et de m’attrister de la fébrilité qui a saisi le monde du vin à la suite de la dernière action concertée de nos adversaires : « plus un seul verre… » Tout le monde dégaine, on se pousse du col, vitupère, dans le plus grand désordre, la plus parfaite improvisation, certains avec de bons argumentaires, d’autres en menaçant de plaintes devant les tribunaux, mais les grands médias étant ce qu’ils sont le tam-tam du quotidien poussera très vite les infos à la poubelle et c’est le bruit initial qui marquera les esprits. Nos adversaires ont marqué des points dans l’opinion publique. De nouveau nous sommes apparus à ses yeux sur la défensive, comme surpris par la virulence des coups portés. Certains en sont même à découvrir la fameuse méta-analyse publiée pourtant voici plus d’un an. Face à un tel désastre médiatique l’espoir serait, qu’enfin, ceux dont c’est la responsabilité prennent la question à bras le corps en dégageant des moyens financiers conséquents pour que l’action de Vin&Société puisse s’exercer pleinement. J’en doute.


Nous en sommes encore à croire que notre poids politique est conséquent, ce qui est faux. L’hégémonie des élus urbains, même compensée par le découpage électoral et le mode de scrutin, rend l’action parlementaire de plus en plus difficile. Le soi-disant lobby viticole ne pèse pas bien lourd et doit se contenter de ce qu’on lui concède. Entendez-moi bien, l’action parlementaire reste importante puisque la production législative, toujours plus formatée par l’exécutif, y trouve son aboutissement mais tant que nous ne prendrons pas conscience que c’est auprès de l’opinion publique que le travail de fond se fait et les rapports de force se créent nous serons de moins en moins entendus. Dans une période où les fondamentaux de l’économie domestique reviennent, avec la crise financière, sur le devant de la scène, l’un des premiers dossiers à prendre à bras le corps est celui de l’affirmation de l’importance stratégique de notre « industrie du vin ». J’emploie à dessein cette qualification honnie par certains pour bien enfoncer le clou. Tant que nous serons perçus comme un "joyeux" conglomérat allant des châtelains des GCC dont le vin se vend tout seul jusqu’aux braves coopérateurs des Corbières qui vont arracher leurs vignes en passant par quelques médiatiques vignerons stars qui n’ont aucun problème, notre combat restera circonscrit dans nos cercles d’initiés. Sur ce sujet la balle est dans le camp des chefs de tribus. 

 

Alors, me dire-vous : et nous que faire ?

 

Ma réponse est simple, en dehors de faire pression sur les chefs, menez le combat du bien-vivre, dernier rempart de ce qui fait encore le charme de notre vieux pays. Pour ce faire je ressors de derrière les fagots une chronique que j’avais mise en ligne en janvier 2008, où je souhaitais que nous constituions une Amicale des Bons Vivants : l’ABV. Certains y ont adhéré, j’ai la liste bien sûr mais j’avoue que l’intendance n’a pas suivie. Cette fois-ci est la bonne alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.


« J
e vous l’avoue, chers lecteurs, il est des jours où, en me levant, je me dis, range ton clavier, cesse d’élucubrer, de te mettre en scène, de ferrailler, de croire qu’avec tes petits mots, tes phrases de monsieur je sais tout, tu es en position d’influer sur le cours des choses, de faire bouger les lignes, d’être entendu…

Tout le monde s’en fout ! ou presque…

 

Sauf peut-être vous, chers lecteurs, du moins votre fidélité et votre assiduité me le laisse supposer.


Dans notre société où la plage d’indifférence s’étend jusqu’à devenir le territoire essentiel de notre vie commune sur laquelle dégouline le clinquant, le brillant, le paraître, l’inutile, le frelaté, le c’est pas de ma faute, l’émotion en kit programmée et formatée par la télévision, l’amour sur papier glacé, les bons sentiments d’aventuriers au petit pied, les cohortes de défenseurs de prés-carrés, les cotriades d’ayatollahs agitant les interdits sanitaires, sécuritaires ou religieux… Pour le bon peuple les gourous de la communication et des sondages réunis formatent des images soft, propres sur elles, racontent des histoires molles, sucrées en contrepoint d’une réalité violente omniprésente partout, dans le monde lointain et notre proche environnement, comme sur les écrans du monde virtuel cher à nos enfants.


Nous faisons bien plus que consommer, nous boulotons, debout, en marchant, en roulant, dimanche et jours fériés compris, oreillette, vidéo, BlackBerry, flux tendu, tchat, vite, vite, très vite, tout va si vite, trop vite, nous n’avons plus le temps… Le temps de quoi ? De vivre, de vivre ensemble, de nous parler, de converser, de nous entendre, de nous contredire, d’échanger… Course contre la montre, course contre la mort, pédalage dans le vide souvent, en solitaire, course où chaque compétiteur se vit comme le centre du monde. Et pourtant, avec toutes les béquilles technologiques qui ont « adouci », et le travail ménager, et le travail manuel, et qu’en comparaison d’avec la vie d’avant, celle de nos parents et grands-parents, souvent dure au plan matériel, laborieuse, bouleversée par la grande boucherie de 14-18, traumatisée par l’Occupation, mais sous-tendue par l’absolue certitude que la vie de leurs enfants serait meilleure que la leur, cette vie dont nous nous plaignons, qui nous laisse beaucoup de temps pour vivre, recèle  beaucoup d’ingrédients pour passer de bons moments. Et pourtant, avec tout ces loisirs, ces vacances low coast, ces évènements culturels à la pelle, notre confort, nos week-end nous nous complaisons dans la morosité, ce qui, convenez-en, n’apporte aucun soulagement à ceux qui sont dans la difficulté ou la détresse, la vraie matérielle ou spirituelle. Comme j’ai tenté de l’écrire avec un peu de légèreté http://www.berthomeau.com/article-15551182-6.html#comment23568707

mieux vivre ensemble n’est pas quantifié dans le PIB, pourtant notre art de vivre, qui n’a rien à voir avec l’ostentation, le luxe ou la bâfrerie, reste pour moi une valeur sûre.


Alors, délaissant mes ambitions pharaoniques d’assises de la convivialité ou de grand pique-nique qui se heurtent à l’inertie, voire à l’hostilité de ceux qui détiennent le nerf de la guerre : l’argent, j’ai décidé, ce matin de créer : l’Amicale des Bons Vivants : l’ABV ; amicale car ça sonne comme amical, et c’est gentiment désuet ; bon au sens du bon pain ou du bon vin, car l’objet social de la maison c’est un hédonisme simple, sans fanfreluches ou colifichets ; le bien vivre revendiqué et assumé. Et puis l’ABV c’est aussi un clin d’œil un peu provocateur à ceux qui veulent mettre notre vie aux normes…

 
Je vous propose donc d’adhérer à l’ABV :

 
- soit en utilisant tout au bas du blog la rubrique contact (Attention, pour ceux qui n'ont pas l'habitude d'utiliser cette procédure, pour que votre texte soit transmis, avant de cliquer sur envoyer vous devez recopier dans la case prévue à cet effet (juste sous celle où vous aurez transcrit votre adhésion) le texte d'une image un peu alambiquée : par exemple 74Z (attention pour les lettres respecter minuscule ou majuscule)


-         soit en m’écrivant sur berthomeau@gmail.com,

 
- soit en me téléphonant ou en m'envoyant un sms au 06 80 17 78 25.


Aucune cotisation, aucun statut, aucun président, seulement des liens entre nous et la possibilité pour moi, et l'ensemble des adhérents, de proposer via le blog, des rencontres conviviales de toute nature, comme je l'ai fait lors du dernier Vinexpo en organisant un Vin d'Honneur sauvage sur le stand des amis de Sieur d'Arques
http://www.berthomeau.com/article-6796457.html 

Merci de prendre le temps pour adhérer à cette toute nouvelle Amicale. Faites adhérer vos proches, vos amis, créons le mouvement pour de vrai et pour de rire, montrons que notre convivialité affichée et autoproclamée est bien réelle... Si vous voulez que je garde la pêche donnez-moi ce gage de soutien à mon petit combat quotidien. Merci par avance et à bientôt, peut-être à Vinexpo pour notre 1ère rencontre Abévienne...



Bien à vous,


Votre chroniqueur Jacques Berthomeau

Commandeur du Poireau 

 

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 00:03

 

Chloé, à peine maquillée, avec sa coupe Jan Seberg, tailleur pantalon YSL anthracite, chemisier blanc à poignets mousquetaires, escarpins vernis noir à talons d’acier, affichait la couleur exécutive woman. Lorsqu’elle se présentait à moi ainsi, je lui fis remarquer que, si j’appréciais l’ensemble à sa juste valeur Rive Gauche, je trouvais que sa tenue cadrait mal avec son statut officiel d’oie blanche du Berry. Elle éclatait de son grand rire cascadant. « Mon gentil légionnaire crois-tu vraiment que ce que nous allons faire tous les deux « cadre » bien avec la vie tranquille d’Ingrid et de François Dulong, nés et domiciliés à La Mothe-Beuvron ? Les dés sont jetés mon grand, ils ne peuvent plus reculer, alors peu importe ce qu’ils vont penser ces tas de merde ! Moi j’adore aller à la guerre en gants blancs… » Ce grand con de d’Espéruche buvait ses paroles et il opinait tout en préparant la dotation de jeux neufs que nous devions emporter. Notre stratégie bien huilée semblait imparable restait à la mettre en œuvre et je ne pouvais m’empêcher de craindre qu’un grain de sable ne vienne dérégler notre belle mécanique. Certes nos arrières étaient couverts mais je voulais que nous vainquions par nos seules forces. Ma position forcée de spectateur, d’un jeu dont je ne maîtrisais pas la dramaturgie, me plaçait dans une position étrange. Par tempérament j’aime être dans l’action, influer sur elle, me sentir maître de mon destin. Réduit au rôle d’un coach muet j’allais devoir me réfréner.

Annabelle, l’ex-meneuse de revue, peroxydée, anguleuse, caricaturale dans ses manières de demi-mondaine, nous accueillait dans un froufroutement soyeux. Comme le dirait les sportifs, nous jouions à l’extérieur. Les deux marseillais, costumes rayures tennis croisés, l’un bien en chair et jovial, l’autre sec et taciturne, présentés par la suite comme monsieur Paul et monsieur Albert, nous attendaient en éclusant du whisky. Dotés de tous les attributs du sud, gourmettes pesantes et lourdes chevalières en or jaune pétant, et bien sûr d’un accent qui vous donnait le sentiment qu’ils galéjaient même lorsqu’ils vous annonçaient les pires catastrophes, les deux pros ne purent réprimer un léger contentement d’eux-mêmes lorsqu’ils furent présentés à Chloé qui, en l’occurrence, se prénommait Ingrid. Du petit bois ils allaient en faire de cette gonzesse avec ses grands airs. Trop facile ! Opinion que ne paraissait pas partager Annabelle qui, tout en jouant les maîtresses de maison empressées, ne cessait d’observer Chloé d’un air que je trouvais de plus en plus soupçonneux. Jalousie de femme décatie face à la jeunesse triomphante ou inquiétude réelle face à une fille qui ne cadre pas avec ce qu’elle disait être ? Sans doute un peu des deux mais peu importait car elle ne pouvait, à ce stade, influer sur le cours des évènements. Je n’étais pas inquiet mais en revanche l’absence de cette petite gouape de Dick m’intriguait. En attendant de la hacher menu, monsieur Paul, plastronnait devant une Chloé jouant les radasses de luxe à la perfection, alors que monsieur Albert, bilieux type, le genre à se repaître de toutes les formes du malheur, m’entreprenait sur les circonstances de mon accident. J’allais lui répondre lorsque Dick, pour une fois sapé sobre, entrait flanqué d’un type dont la tête me disait quelque chose.

Mon interlocuteur ne pouvait réprimer un rictus mauvais lorsque, flanqué de Dick, le nouvel arrivant se dirigeait vers nous en étalant sur ses lèvres charnues un sourire obséquieux. En m’ignorant il posait, de manière théâtrale, ses mains sur les épaules de mon marseillais atrabilaire : « Quel plaisir de te retrouver mon cher Paul, ça fait un sacré bail que nous nous sommes vus ! C’était le bon temps de la rue Lauriston. Tu t’en es bien tiré, un pied dans chaque camp, une assurance tout-risque…Les idéalistes comme moi… » Cinglant, je le flinguais en plein vol « Pas de gros mots espèce d’étron gominé ! » Un grand blanc se plaquait sur le groupe. Chloé souriait. La grande Annabelle oscillait. Dick, pivoine, semblait en apnée. Monsieur Paul croisait ses grosses paluches sur sa bedaine avec un certain contentement. Albert, lui, ne pouvait réprimer une bordée de hoquets pleins de postillons qui se projetaient sur le plastron du matamore. Celui-ci me toisait d’un air mauvais. Je ne lui laissais pas le temps de contre-attaquer. « Que t’es les mains sales, passe encore, mais que tu oses t’en vanter ce n’est pas tolérable. Tu remballes tes conneries ou tu repasses cette porte illico. Tu saisis ducon… » Le blanc se transformait en sourde hostilité. Mon ton péremptoire troublait l’assemblée. Pour un pécore de la Mothe-Beuvron je ne manquais pas de coffre. Chloé, toujours aussi sagace, gazouillait « l’important petit frère c’est que monsieur, qui ne nous a pas été présenté, puisse être à la hauteur, après tout l’argent propre ou sale n’a pas d’odeur… »   

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 00:03

La maison, ouvre une nouvelle rubrique : « documents d’archives » pour publier des textes, souvent désuets, bien écrits, reflets d’un temps, certes révolu, mais où le vin occupait une place centrale dans la vie des français. Au-delà du simple intérêt historique leur lecture permet de mieux comprendre comment se sont structurées, comment ont évolué aussi bien les ligues antialcooliques, les hygiénistes, la médecine de santé publique que les gens du vin. Le malentendu actuel se fonde sur le poids du vin dans la consommation de boissons alcoolisées, le fameux chiffre de la consommation moyenne, la base des buveurs chère à Sully Ledermann, qui en dépit de sa décroissance vertigineuse et surtout la modification radicale des modes de consommation, reste le socle fondateur des politiques de lutte contre l’alcoolisme. C’est une pure politique du rétroviseur qui ne tient aucun compte du non remplacement des gros buveurs et de la nouvelle hégémonie des occasionnels. Avec cette nouvelle base les risques d’addiction alcoolique sont structurellement minorés et la corrélation amoindrie, mais il est plus facile de vivre en maniant des images d’un autre temps que d’avoir le courage d’affronter la réalité.

 

Texte publié en 1926 sous le titre JUSTIFICATION de la publication de l’ALMANACH du FRANC BUVEUR

 

« Pourquoi publier encore un almanach ? Et pourquoi lui donner ce titre de mauvais ton alors qu’il semble nécessaire, de plus en plus, de plier le genou devant les tenants d’une excessive modération ?

La vague d’imbécillité, qui depuis la guerre nous roule comme des fétus, tend à rejeter bien loin, ur le sable sec des dunes, tous ceux que n’ont pas étouffés les flots d’une jouissance bestiale, ou les tentacules des pieuvres chimiques. Par crainte de se confondre avec les intoxiqués de tous ordres, les hommes sacrifient à l’idole Abstinence. Rééditant Gribouille, ils se privent de la vie pour ne pas risquer de la perdre. Entre les deux camps souffle une cruelle bise de mépris. Il faut être bien solide ou bien couvert pour n’y pas succomber.

Ainsi l’humanité court à sa perte avec le minimum jouissance, car si l’abstinent ne connaît qu’une joie sadique et malveillante, l’ivrogne gâte par sa brutalité les meilleurs plaisirs que puisse légitimement goûter la carcasse humaine.

Dans l’espace immense dégagé par ces deux troupeaux massés vers leurs pôles, nous avons la prétention de nous ébattre librement, goûtant la vie et ses trésors dans la mesure de nos moyens, sans qu’aucun plaisir ne nous impose le refus d’un autre. Vivre sans joie ou dans l’esclavage d’une passion, que les jours soient rares ou nombreux, ce n’est pas vivre, et nous retournons leur mépris à ces ilotes antagonistes annhilés par la bestialité ou par la peur.

Il est entendu que certains abstinents sont hors de cause, ceux dont le régime est exactement conforme au caractère et ne doit rien à une règle formulée ; mais pour les autres, dont l’action stérilisante et funeste pour l’esprit autant que l’alcoolisme pour le corps, mais pour tous ceux qui se sont jetés dans la dévotion, par crainte et par faiblesse, nous ne saurions avoir plus de considération que pour les faibles de l’autre bord, qui du moins n’ont pas menti à leur tempérament. Nous les fuyons tous également, pour vivre avec les hommes capables de vivre sans code, de boire à leur mesure ou à celle de l’occasion, jusqu’à se griser s’il échet, assurés qu’ils sont de reconquérir sans la moindre lutte leur équilibre intégral. »

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 00:06

 

 

* la formule est attribuée par les auteurs à Pierre Le Grand qui boit brutalement « à la cosaque »

Dans l’excellent et très gouteux petit livre de Corinne Lefort et de Karine Valentin : « Grands Palais 2500 ans de passion du vin » Les Idées Claires   www.lesideesclaires.net / 287 pages 27 euros - avec une photo, en première de couverture, géniale : Jacky Kennedy née Bouvier, summum du chic à la française, face au Général en grand habit et lunettes lors de la réception à l'Elysée en 1961, un must absolu - de nos 6 présidents de notre Ve République, seuls, le père fondateur de la nouvelle République : Charles de Gaulle, son successeur Georges Pompidou et leur « éternel » opposant François Mitterrand, y trouvent place. Normal, tous ceux dont il est question dans le livre sont morts. Cependant, si elles  avaient souhaité disserter sur les 3 autres, la tâche n’aurait pas été aisée. Valéry Giscard d’Estaing, bon vivant, qui s’est intercalé entre le président Pompe et Tonton, seul survivant, souffre d’une étrange amnésie de la part des français : beaucoup ont oublié qu’il fut un jeune et fringant président adepte de la marche à pied, des petits déjeuners avec les éboueurs, des invitations chez les français et bien sûr de l’accordéon. Pour Jacques Chirac, grand ripailleur et tâteur de culs des vaches, l’histoire ne retient que son goût pour la bière, même s’il affirmait aimer les bons vins. Pourtant il existe en Corrèze un domaine Chirac qui produit du vin paillé. Pour notre président actuel, hormis une incursion chez Alphonse Mellot à Sancerre pendant la campagne présidentielle, l’univers de notre nectar ne lui semble pas familier mais la nouvelle première dame pourrait bien convertir cet amateur de cigare.

En dehors de nos présidents, ces dames passent en revue de grands hommes, une femme : Colette, et deux autres : Jacky Kennedy et Marie-Antoinette en compagnie de leur homme, de Toutankhamon à Kennedy, en passant par nos grands rois : Charlemagne, François 1ier, Louis XIV, nos grands philosophes : Montesquieu et Voltaire, Mozart, Napoléon et Nelson, Dumas et Hugo, Pasteur bien sûr, Picasso et Buñuel et bien d’autres.   Pour vous mettre en appétit je vous propose des extraits, en sachant que les anecdotes historiques sont de la plume de Corinne Lefort et que les morceaux choisis des dégustations imaginaires : Le vin du retour sont de celle de Karine Valentin. (les titres en gras sont de moi).

 

De Gaulle avant tout un militaire : « Pour Charles de Gaulle, les préoccupations d’ordre culinaire et œnologique étaient secondaires. Que ce soit à l’Elysée, dans sa maison de Colombey-les-deux-Eglises ou lors de ses successifs commandements militaires à l’étranger – Trèves, Istanbul –, son épouse, tante Yvonne, ainsi appelée affectueusement par les français veillait à ce que le table familiale soit substantielle, et le vin une simple présence. »

 

[…] Par contre lorsque Yvonne, en bonne chrétienne, décidait de faire maigre le vendredi et dissuadait ainsi le sommelier de servir du vin blanc au Général, celui-ci tempêtait à son encontre en lui rappelant qu’un militaire pouvait se dispenser de se plier à cette pratique. »

 

Le vin du retour : […] « Que le sixième président de la Ve République française ne boive quasiment pas de vin n’est pas en soi un problème majeur pour l’Etat français. Toutefois, le patrimoine viticole se doit d’être préservé et, en son honneur, les caves de l’Elysée méritent des égards, sous peine de voir la chienlit s’installer dans les régions viticoles […]

De Gaulle souhaite constater par lui-même que la cave de l’Elysée est toujours digne de représenter le vignoble français […]

Le général descend avec Joël Normand et […] pour sceller leurs retrouvailles les deux hommes ouvrent une Cuvée Grand Siècle de Laurent Perrier.

Ce n’est pas celle que le Général préfère mais Joël Normand sait qu’elle lui doit son nom. Lors de sa création en 1957, Bernard de Nonencourt, président de la maison Laurent Perrier, avait demandé à de Gaulle son avis pour la baptiser. On était à la veille de la naissance de la Ve République, la cuvée magnifique était un assemblage des meilleures années et des meilleurs crus de Champagne. De Gaulle répondit « Grand Siècle, Nonencourt, Grand Siècle ! »

 

Pompidou le normalien de Montboudif passé par la banque Rothschild : « Georges Pompidou nous apparaît comme un amateur de bonne chère et de valeurs fleurant bon la France rurale, celle de la gastronomie et des vins qu’ils soient grands crus ou simples vins de terroirs. Il aimait autant les repas pris à la campagne que les dîners mondains. Selon les tables, il s’y montrait en dégustateur averti de grands crus ou curieux des plaisirs gouleyants de vins robustes ou d’appellations régionales […]

 

[…] C’est ainsi que sous sa présidence en 1973, le Château Mouton-Rothschild bouleversera l’ordre immuable du classement de Grands Crus du Médoc en se voyant autorisé à passer au rang de 1er Grand Cru de Pauillac sur arrêté ministériel, signé alors par Jacques Chirac en charge de l’Agriculture. »

Le vin du retour : Moulis-en-Médoc 2005, Château Poujeaux

Je ne vous livre que la chute, mais l’histoire est savoureuse. Elle a pour cadre un compartiment de 1ière classe d’un train partant de Bordeaux : « Il – Pompidou – aimerait allumer une cigarette mais toujours, ce panneau d’interdiction de fumer sur la porte du wagon. Dubitatif sur l’évolution des libertés dans ce XXe siècle naissant, l’homme fort de 68  se rassure en dégustant son poujeaux 2005 : « Au moins, l’interdiction de boire du vin dans les lieux publics ne pourra jamais être instaurée dans la France viticole ! »

 

Mitterrand le fils du vinaigrier de Jarnac élevé chez les bons frères : « François Mitterrand, que l’on peut qualifier de fin gourmet, appréciait il est vrai, la cuisine plutôt allégée et savoureuse. Il buvait modérément, se contentant de quelques gorgées de chablis, de Clos des Mouches de Beaune, de meursault ou encore du puligny-montrachet Clos du Cailleret, sans pour autant prétendre à devenir un connaisseur. Mais son attitude à table dépendait surtout de celui ou de celle qui partageait son repas. Il se comportait alors en modeste ou bien en grand aristocrate […]

Amateur invétéré de crustacés et de poisson, l’ex-député de la Nièvre avait instauré pour ses proches et ses nombreux courtisans un incontournable déjeuner dominical dans un salon privé du chef étoilé Jacques Le Divillec. Confiant dans sa cuisine, il laissait le soin aux sommeliers de lui choisir les meilleurs sancerres ou les vins de Loire pouvant accompagner le fin des fins des saumons, les douceurs des coquilles St Jacques ou le blanc de langoustine au pistil de safran. »

 Le vin du retour : Cuvée Pierrefolle, Pouilly-Fuissé, Château des Rontets

« La discrétion poussée jusqu’au secret laisse l’homme seul, le vigneron s’est retiré, tout juste averti de la venue de cet amateur mystérieux. Il se sert, hume longuement le vin, examine la couleur et boit lentement une gorgée, deux, repose le verre. Le vin concentré, complet, à la finale minérale, le séduit. Il s’adresse au chauffeur d’un air entendu : « Cette couleur, c’est l’ocre des fresques romanes. A la Chapelle aux Moines de Berzé-la-Ville ! »

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