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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 00:09

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Ma mémé se prénommait Marie et j’éprouve pour ce prénom une tendresse infinie. Pour autant, dans mes fonctions d’enfant de chœur comme dans ma petite tête de raisonneur le culte de la Vierge Marie ne m’a vraiment touché. Bien sûr, pendant le mois de Marie, j’ai chanté à plein poumons, accompagné par l’harmonium diabolique de Gégène l’aveugle qui avait de faux-airs de Stewie Wonder rural,

 

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour,

Au ciel, au ciel, au ciel,

J'irai la voir un jour.

J'irai la voir un jour !

Au ciel dans ma patrie.

Oui j'irai voir Marie,

Ma joie et mon amour…

 

J’avoue humblement que c’était là où le bas blessait : l’AMOUR !

 

Dans une  très ancienne chronique, d’avril 2007 vin de messe je donnais la clé de mon scepticisme  « Ce que j'adorais par-dessus tout dans mes fonctions d'enfant de chœur c'était la distribution de la communion. En ces temps reculés les paroissiens venaient s'agenouiller à la sainte-table et je précédais le curé, tenant dans ma main un petit plateau en métal doré que je plaçais sous le menton juste avant que le curé n'enfourna l'hostie ou plus exactement la plaça sur la langue tirée. Pourquoi diable ce plaisir ? Tout simplement parce qu'ainsi je pouvais contempler à souhait les beautés de la paroisse, leurs toilettes, leurs audaces parfois : certaines au lieu de baisser les paupières plantaient leurs yeux dans les miens, leurs lèvres faites - suprême audace - leurs mains jointes emmitouflées dans des gants de dentelles où pour certaines flamboyaient des ongles peints - provocation ultime - , j'ose : leurs poitrines si proches, leur façon de quitter la sainte-table sur leurs talons hauts en balançant leurs hanches et en roulant des fesses. Rien que pour ces pensées impies on aurait dû m'excommunier sur le champs. Mais nul ne pouvait soupçonner mes jouissances intimes sauf qu'un jour, las de la pression d'un recruteur de l'Evêché chargé de peupler les nombreux séminaires de la Vendée ultra-catholique, à sa question sur les raisons de mes atermoiements je lui répondis droit dans les yeux : « j'aime trop les filles... » ce qui le laissa sans voix de la part d'un moutard de 10 ans de la Vendée profonde. 


Cette profession de foi, sans cesse renouvelée, respectée, m’amène en ce jour de l’Assomption de Marie à la célébrer avec une des plus belles chansons d’Adamo « Je voudrais mourir dans tes bras… »

 


 

 

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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 00:09

 

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Cher Hervé Bizeul,


Deux de tes chroniques récentes : « Liberté, Egalité, Fraternité » et « Risque de Burn Out » m’ont interpelé à la fois en tant que citoyen ordinaire et comme rouage de la machine de l’État. Ce statut actuel, salarié de droit public du Ministère de l’Agriculture, pourrait laisser à penser que je ne suis pas le plus qualifié pour me pencher sur les maux générés par la bureaucratie puisque j’en suis. J’assume mon statut et mon parcours professionnel qui m’a conduit à exercer des responsabilités dans le secteur privé, à la SVF tout particulièrement, en tant que travailleur indépendant pendant 5 ans, et dans le public à un niveau décisionnaire au cabinet de Ministre et PDG de la SIDO.

 

La très belle photo d’Hervé est l’œuvre d’Armand Borlant© merci beaucoup Armand


J’aurais pu me contenter de joindre ma voix à toutes celles qui se sont élevées pour te dire « on te comprends… ». La compréhension, tout comme l’acceptation de la situation, ne me vont pas car, comme tu le sais, je cherche autant que je le peux à faire émerger des solutions. Nous nous sommes connus au temps où, médiateur dans la crise des Vins Doux Naturels, je tentais, dans un sac de nœuds indescriptible, à faire prendre conscience aux dirigeants de l’époque que les temps avaient changé. Tu doutais déjà, à juste raison sans doute, de la réussite de ma mission. Depuis ce temps, en dépit du scepticisme de ton environnement, tu as construit une belle entreprise ce qui donne à ta voix, même isolée, une réelle légitimité.

 

Oui tu as raison de proclamer :


-         Que les vignerons ont perdu leur liberté nos chaines « administratives » étant désormais impossibles à briser. Chaque jour, de nouvelles contraintes, que nous suivons, en MOUTONS que nous sommes devenus, dont on ne sait qui les a inventées mais que, si l'on sort du rang, la « justice » fera respecter, sachant, comme disait je ne sais plus qui, « qu'il vaut mieux taper toujours sur les mêmes, afin de mécontenter le moins possible de citoyens... »

 

-         Que sur l'égalité, cela fait longtemps que les jeux sont faits. Il n'y a nulle hiérarchie, dans la notion d'AOC, tout le monde nait, théoriquement, à égalité. Mais voilà, il en y a qui naissent plus égaux que d'autres... C'est du Coluche, je crois. Qui s'est soucié, il y a dix ans, de l'arrivée d'une carrière à Vingrau ? Qui est venu nous soutenir ? Qui viendra, lorsque la nouvelle carrière, en mouvement, viendra lécher les vignes du Clos des Fées ? Personne, bien sûr, parce qu'on se soucie dans les médias bien plus des vignobles à deux millions d'euro l'hectare, pas de ceux à 10 000.... Et quand le TVG mangera hectare après hectare de Fitou, de Corbières, de Roussillon, aucun média ne criera aussi fort que qu'il s'était agi de faire passer l'autoroute par le Médoc ou le TVG à Côte-Rôtie...

 

-         Que sur la fraternité, enfin, la longue lutte que nous avons menée à Vingrau, aujourd'hui oubliée parce que perdue, elle m'a surtout montré que nous avions perdu toute solidarité entre vignerons, et depuis bien longtemps. 1 500 personnes ont signé la pétition à l'heure où j'écris ces lignes. Bien. Combien de vignerons ? Combien de vignerons "star", surtout, prêts à aller s'engager dans une belle manif à Tain ? Sur 23 ou 24 000 caves particulières, si on ne parle que d'eux ? Une poignée de figues... Nous ne sommes plus solidaires, et nous avons de ce fait tant perdu…


Hervé, j’en conviens, le risque de Burn Out est donc là et bien là : « Le burn-out est une sensation d'épuisement qui survient lorsque la personne a le sentiment que ses efforts sont vains, improductifs ou non reconnus. Cette forme de souffrance est fréquente dans les professions socialement ou économiquement sinistrées. » En bon français : un ras-le-bol, un j’en ai plein le cul, la coupe est pleine n’en jetez plus…


Dans ta longue et intéressante chronique link tu dresses une liste kafkaïenne de tracasseries en tout genre qui justifie amplement ton ire désabusée. Les reprendre une à une serait fastidieux. Je vais me contenter d’apporter ma contribution pour mieux cerner le niveau de responsabilités.


Tout d’abord, et là je le vis depuis un an et demi dans ma mission de médiation auprès des producteurs laitiers, « la souffrance sociale » je l’ai eu en direct ou par l’intermédiaire de mon téléphone cellulaire (les éleveurs ayant mon numéro). Oui, Hervé, lorsqu’un dimanche matin, un homme de 50 ans t’appelle pour te dire « je jette l’éponge » il n’est pas facile de trouver les bons mots. Alors, l’écouter te dire sa détresse de vendre ce beau troupeau, son désarroi, sa tristesse… Faire en sorte que les tracasseries administratives, les délais impératifs, les non-réponses lui soient épargnées. Oui, Hervé se glisser dans les plis et les replis de la France dite profonde permet de toucher de très près le silence assourdissant dans lequel sont cernés beaucoup de nos concitoyens. Et, sans vouloir établir une échelle de pénibilité, la production laitière est sans nul doute l’une des plus astreignantes.


Deux chroniques pour mémoire :


-         Et si un instant vous quittiez vos clichés pour vous intéresser un peu à la vie quotidienne des « Fils de la Terre »link 


-         Afterwork du taulier : modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link 


Pour en revenir aux responsables de l’embrouillamini administratif permet-moi Hervé de distinguer 2 niveaux de responsabilités :


-         Celle de la puissance publique stricto sensu : Douanes, Inspection du Travail, FranceAgrimer, Fraudes…

-         Celle des professionnels eux-mêmes : MSA, INAO, ODG, Interprofession…


Sur le premier niveau de responsabilité de la prolifération tatillonne, de l’empilage de contraintes, même si j’ai quitté depuis plus de 15 ans toute responsabilité en ces domaines, il est clair que dans notre pays la déconnection des parlementaires, qui votent des textes de loi sans trop se soucier de leur application, s’en remettant purement et simplement à leur Administration, en est bien la cause. Le problème est que cette Administration n’est pas vraiment dirigée : les hauts cadres et les membres des cabinets ministériels gèrent leur carrière pas leurs fonctionnaires. Ce n’est pas simple, les rigidités sont grandes, la tâche est ardue, peu valorisante, mais il n’empêche que ce travail de dépoussiérage, de nettoyage des textes, de prise en compte des nouveaux outils de l’Internet ne mobilise pas grand monde. Qui aura le courage, au-delà des bonnes intentions, des commissions de simplifications, des rapports de la Cour des Comptes, de machins pilotés par en haut, de se colleter au cambouis. Pas grand monde Hervé, et crois-moi beaucoup de fonctionnaires, qui ont fait des études d’ingénieur, en ont eux aussi ras-le-bol de faire chier le monde avec la paperasse communautaire (UE) mais s’ils ne s’y soumettent pas les contrôleurs de l’UE sanctionneront financièrement la France. Oui, c’est Kafka mais pour avoir subi à la SIDO des audits, contrôles, de fonctionnaires britanniques, suédois ou finnois, je puis t’assurer Hervé que la bureaucratie est un mal largement partagé.


Reste que la paperasse franco-française existe et qu’il est possible et souhaitable de ne pas baisser les bras. Alors comment faire pour ébranler le carcan ? Faire ! Et c’est là que le second niveau de responsabilité : les organisations professionnelles chargés de vous représenter entrent en action ou le plus souvent en inaction. Oui Hervé, comme tu le notes très justement : « vous n’êtes plus solidaires », où est passé le Mutualisme ? Que je sache : MSA signifie Mutualité Sociale Agricole et que les cotisants, salariés comme employeurs élisent des représentants au Conseil d’Administration des Caisses. Si c’est pour du beurre, à qui la faute ? De même l’entraide, qui existe toujours rassure-toi Hervé sous des formes inventées par des agriculteurs, ne doit pas être concédée à l’Administration. Que je sache les dirigeants professionnels qui occupent des postes de responsabilités dans tous ces zinzins n’y sont pas par génération spontanée. Dans une démocratie les pouvoirs publics ont besoin de s’appuyer sur des corps intermédiaires représentatifs pour, si possible, faire fonctionner le mieux possible leur Administration. Et là Hervé que dire, qu’écrire, sur le fossé qui s’est creusé entre les vignerons et leurs dirigeants : pas grand-chose mais tout simplement de noter qu’à trop laisser le champ libre à ceux qui n’ont que cela à faire on s’expose à confier son destin à des gens déconnectés de la réalité. Sans être mauvaise langue, au temps où j’étais face à des délégations je m’amusais à mettre en face des noms une interrogation : vend-il son vin ? Le résultat était calamiteux.


Alors Hervé que faire ? Que puis-je faire ? Moi tout seul pas grand-chose mais je suis partant pour tenter un état des lieux à quelques-uns et ensuite proposer la mise en chantier, non pas de réformes lourdes, mais des ajustements pragmatiques, concrets, facilitant la vie de chacun. C’est modeste, je n’ose pas écrire normal, car le nouveau locataire de l’Elysée te semble bien plon-plon cher Hervé, mais qui trop embrasse mal étreint. Il ne me reste plus qu’une petite année avant que l’on ne me mette au rancart alors, si je peux vous être utile, retroussons-nous les manches et soyons une force de proposition auprès de ceux à qui nous avons, par notre vote, donné le pouvoir de nous gouverner. Pas sûr que les grands maîtres du troupeau nous aident je crains même qu’ils nous mettent des bâtons dans les roues.

 Bien à toi. Bonnes Vendanges.

 

Jacques Berthomeau

 

PS. Dès que les chefs seront rentrés et que j’aurai terminé mon séjour Corse je vais tenter de faire avancer l'idée d'utiliser la dématérialisation de la douane pour pouvoir faire circuler les vins.

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 00:09

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Comme vous le savez sans doute je ne suis pas un adepte du métro mais avec la météo pourrie de cet été où les ondées j’ai dû souvent me résoudre à m’engouffrer sous terre. Départ à Saint-Jacques ligne 6, la plus aérienne, sauf dans la partie qui me mène jusqu’à Pasteur où je change pour la 12 dites ligne des péquenots puisqu’elle conduit à la Porte de Versailles qui donne sur le Salon de l’Agriculture. Je m’arrête à Volontaires pour gagner à pied mon splendide bureau du Conseil Général de l’Agriculture et des Espaces Ruraux. La répartition de ceux-ci, les bureaux, ayant été fait en fonction du degré de proximité des individus avec le pouvoir en place, je croupis au premier étage loin de mes chefs qui eux occupent le troisième. À propos de chef je viens d’en toucher un nouveau le 25 juillet, l’ancien partant à la retraite, et c’est un compagnon de route, lui aussi parqué au premier, Bertrand HERVIEU qui a été Président de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) de 1999 à 2003. Avant, entre autre il avait été Conseiller du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Jean GLAVANY (1998-1999) ainsi que Conseiller Technique du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Louis LE PENSEC (1997-1998).


Bien évidemment la vie de votre Taulier ne va pas pour autant s’en voir modifié, il va continuer de s’occuper de ses veaux, vaches, cochons, couvée, sans trop se préoccuper de la crémière ou de la  fermière, bien que…  Mais loin de l’encens du pouvoir, assis sur un strapontin, mon esprit d’escalier vaguait et énumérait sur le plan placé dans la rame le nom des stations : du beau monde Pasteur, D’Estienne d’Orves, Lamarck, du bucolique ND des Champs, de héroïque Solferino, de l’officiel Assemblée Nationale,  des classiques Concorde et Madeleine, du canaille Pigalle et puis des noms sous lesquels il me fallait chercher une histoire :


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-         au sud Corentin Celton, né en 1901 à Ploaré, est un syndicaliste et résistant communiste, fusillé par les nazis à Suresnes, le 29 décembre 1943.( la station se dénommait Petits Ménages et fut baptisé ainsi le 15 octobre 1945)


-         au nord Jules Joffrin, né à Troyes, en Champagne, le 16 mars 1846 et mort le 17 septembre 1890, est un homme politique français. En 1889, il se présente face au général Boulanger, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Ce dernier obtient deux mille voix de plus, mais son élection est invalidée. Jules Joffrin, est enfin admis à la Chambre après maintes palabres et une discussion enflammée, il continue à être la cible privilégiée des nationalistes.


-         Marx Dormoy est un homme politique français, né le 1er août 1888 à Montluçon (Allier) Socialiste SFIO il consacre principalement ses activités à la lutte contre la Cagoule, laquelle est démantelée à la fin de novembre 1937. Il défend une ligne d'opposition intransigeante face aux régimes fascistes et se prononce contre les accords de Munich. Le 5 avril 1938, lors d'une séance particulièrement houleuse qui se finit en bagarre, et alors que les cris « A bas les Juifs! » se font entendre à l'Assemblée nationale, il rétorque à un député breton antisémite : « Bande de salauds. Et d’abord un Juif vaut bien un Breton !» En juillet 1940, il fait partie des 80 parlementaires refusant de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Le 20 septembre 1940, il est suspendu de ses fonctions de maire de Montluçon, puis emprisonné cinq jours plus tard. Il est incarcéré à Pellevoisin, puis à Vals-les-Bains avant d'être mis en résidence surveillée à Montélimar. Assassiné dans la nuit du 25 au 26 juillet 1941 par une bombe à retardement placée sous son lit par d'anciens cagoulards. Inhumé discrètement, il aura le droit à des funérailles solennelles à Montluçon le 9 décembre 1945. Il est cité à l'ordre de la Nation en 1946 et médaillé de la Résistance française avec rosette en 1947.


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Ainsi donc, samedi dernier, le soleil étant au rendez-vous je me suis dit je vais pousser jusqu’à Marx Dormoy. J’ai gagné à vélo la station rue du Bac pour m’embarquer dans le tube de la ligne 12. Pas beaucoup de monde mais comme y’a des travaux au bout de la ligne nous nous arrêtons à Jules Joffrin. La RATP nous offre le restant du voyage dans un bus à soufflets qui a les couleurs de l’Afrique. En surface c’est fluide et je débarque à Max Dormoy pour mon reportage en terra incognita. Mes antennes se déploient, ne pas déranger, au loin il y a la Porte de la Chapelle où je n’irai pas me recueillir et pourtant. À l’embouchure de la rue de Torcy j’aperçois sur le rivage : un tonneau. Ça fleure bon le nectar. Je m’engouffre. La boutique se détache de son voisinage par son côté soigné, minimaliste. Le 38 Gourmet j’entre.  


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Le lieu est très agréable et a un côté café-épicerie, sagement rangé certes mais qui rompt avec la monotonie habituelle des cavistes. Tout au fond un coin de restauration, fermé en août, et un bar. La jeune tenancière me propose de goûter – à l’aveugle – un vin dont elle vient de déboucher une bouteille. J’accepte tout comme un couple de jeunes. Le breuvage est glacé mais garde un beau nez. Je le réchauffe tout en commençant mon inventaire des nectars exposés. Belle collection de vignerons connus du Taulier, grande diversité avec une pointe de favoritisme pour la naturalité. Qu’importe, si les clients sont contents. Je déguste, plus précisément je savoure le nectar : du fruit, de la structure, du début à la fin il se tient bien. Bien en phase avec la météo du jour : désaltérant certes mais pas comme une lettre à la poste, ce vin laisse à la bouche une belle empreinte. C’est Braucol des Plageoles. La demoiselle explique au jeune couple, le cépage, Gaillac, la singularité de ce vin. C’est bien dit. Votre Taulier se remet au boulot : il lui faut choisir !


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Sur quelles bases, quels critères : les miens bien sûr qui valent que ce que vaut la façon de faire de votre Taulier : un étrange mélange de sentiments, de souvenirs, du présent qui rejoins la passé…


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Volcanique Côtes du Forez rouge 2011 AB O. Verdier J. Logel Marcilly-le-Chatel 42130 8,20€ la raison se trouve ICI modeste contribution au soutien des producteurs de lait de la Fourme de Montbrison (Forez-Fourme)link


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Gros Plant du Pays Nantais sur Lie 2010 Domaine de la Bretonnière Bertrand Cormerais Maisdon s/Sèvre 44 690 5,40€ pour la défense d’un vin modeste de mon pays qui vaut, lorsqu’il est élaboré par de bons vignerons, beaucoup mieux que la réputation que lui ont accolé les faiseurs des dites réputation.


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IGP Pays  de l’Hérault Carignan 2010 Talons Aiguilles L’Ancienne Cordonnerie 10,95€ Yann Le Bouler 34 760 Boujan/Libron pour le fun «  Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie » et comme j’ai l’esprit d’escalier, je relie ces talons aiguilles à Nathalie CAUMETTES du domaine de l’Ancienne Epicerie, présidente du cru Faugères, et l’une des deux femmes du Comité National de l’INAO. Dans l’Hérault, l’ancien fait du neuf  et c’est heureux.


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Voilà, mon choix était fait. J’y ajoutai un autre flacon 13€ (il vous faudra attendre une prochaine chronique pour en découvrir l’identité) et une tranche de Friton de porc moulé Laborie. www.maison-laborie.com/ Ensuite pour transporter non butin j’ai acheté au bazar du coin un petit cabas coloré pour 1,50€ puis j’ai repris la navette africaine puis le métro puis mon vélo. Et pendant ce temps-là les autos tournaient sur le périphérique… ainsi va la vie d’un Taulier qui par les fortes chaleurs, comme Tintin au Pays de l’Or Noir, est sujet aux mirages… black is black…


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Pour ceux que ça pourrait intéresser un bref rappel de l’historique de la ligne 12 :


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La construction de la ligne 12 est proposée à la Ville de Paris par l'ingénieur Berlier. Ce dernier propose de réaliser une ligne tubulaire à grande profondeur à l'image du tube de Londres, à double voie dans deux tunnels parallèles constitués d'une succession d'arceaux métalliques. Cette méthode permet un tracé le plus rectiligne possible, afin de s'affranchir des contraintes de tracé de la voirie et de passer sous les immeubles1. Le Conseil municipal de Paris est tenté par cette expérience. Il accorde le 28 décembre la concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot, la concession prévoit que la construction de la ligne sera à la charge exclusive de la compagnie. Mais dès les premiers sondages, la nature inconsistante du sous-sol parisien, saturé d'eau sous la nappe phréatique, compromet le projet, vu l'impossibilité d'y assembler les tubes métalliques initialement prévus. Établir la ligne à une profondeur encore plus importante devenait excessivement coûteux et rendait la construction des accès bien plus difficile. La ligne est donc finalement établie sous la chaussée, à l'image des lignes de la CMP. Le cahier des charges définitif est ainsi celui du réseau métropolitain existant1. La ligne doit en conséquence se soumettre aux contraintes de la voirie urbaine : elle possède de ce fait un profil particulièrement difficile, avec de nombreuses rampes de 40 ‰ et une multitude de courbes.


    28 décembre 1901 : concession d'une ligne Montmartre - Montparnasse à MM. Berlier et Janicot par la Ville de Paris

    5 novembre 1910 : inauguration du tronçon Porte de Versailles - Notre-Dame-de-Lorette de la ligne A de la Compagnie Nord-Sud

    8 avril 1911 : prolongement au nord à Pigalle

    30 octobre 1912 : prolongement au nord à Jules Joffrin

    23 août 1916 : prolongement au nord jusqu'à Porte de la Chapelle

    1er janvier 1930 : absorption de la Compagnie du Nord-Sud par la CMP

    24 mars 1934 : prolongement jusqu'à Mairie d'Issy

    30 août 2000 : un déraillement, résultant d'un excès de vitesse, entraîne le renversement d'une voiture à la station Notre-Dame-de-Lorette et occasionne 24 blessés

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 00:09

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Mea culpa, mea maxima culpa… j’ai fauté... j’ai péché... je me suis laissé aller à aimer un breuvage d’appellation d’origine contrôlée, un Côtes-du-rhône qui avait fichtrement goût de raisins. Tout ce qu’il me fallait ce jour-là pour, à la fois, me désaltérer et accompagner mon petit mâchon d’été. Mais une fois mon forfait perpétré, alors que je baillais aux corneilles je fus pris soudain de remords : n’étais-je pas en train de commettre un péché mortel  en consommant un vin qui ne répondait pas vraiment aux canons de la loi tels que définit par les détenteurs du savoir du vin : tous ces grands consultants qui donnent le la, juge et partie, qui sillonnent le monde, font du vin pour eux, pour d’autres, j’en connais même un qui siège dans le Saint des saints du Comité national de l’INAO : ne l’appelez pas Hubert il ne vous entendrait pas… En clair, un vin doit avoir goût de vin et non goût de raisins… Bien sûr, dans ma tête de mécréant je minorais ma faute, la qualifiant même de vénielle, puisque le vin bu  avait reçu l’estampille officielle de son appellation. Il était donc jugé typique par les caciques mais… ce goût de raisins, si affriolant, si excitant, n’était-il pas la preuve d’une réelle déviance que je devrais avouer toute honte bue aux juges du bien boire, du boire officiel, tel que défini pour les siècles des siècles.


Si j’allais quémander auprès d’eux le blanchiment de mes fautes en me drapant dans une contrition parfaite, soit la promesse de ne plus recommencer, je ne ferais que ce que je faisais avec le curé en confession : je me soumettrais à une pure parodie. Mais, plus j’y pense plus je me dis que je suis bien con de me faire du mouron car les gardiens des tables de la Loi m’ont déjà excommunié. Boire ainsi, se régaler d’une poignée de raisins c’est démontrer son incapacité congénitale à entrer dans l’univers des grands vins. Je suis un hérétique, un schismatique, pire un acculturé qu’il faut mettre au piquet. Certains vont dire que je décoconne grave avec mon histoire de poignée de raisins, en sont-ils aussi sûr que cela ? Certes, à dessein, j’ai poussé le bouchon aussi loin que possible afin de faire toucher du doigt la ligne de partage entre deux générations de buveurs de vin. Les peintres officiels ont méprisés les nouvelles écoles, les ont rejetés, bannies et puis… les amateurs ont choisis… ainsi va la vie… même dans le monde du vin…

 

Poignée de raisins link


Appellation   Côtes du Rhône Rouge

 

Site :   plusieurs parcelles des plus jeunes vignes du Domaine, situées à Gramenon sur la commune de Montbrison sur Lez.

 

Cépage : Grenache et Cinsault

 

Taille Cordon de Royat et Gobelet

 

Age des vignes :de 5 à 30 ans

 

Rendement : 35 hl/ha

 

Sol : Argilo-calcaire

 

Vinification :            vendange manuelle en caisses avec tri

 

Macération de 10 jours en cuve ciment brut

 

Vendange partiellement éraflée

 

Levures indigènes

 

Elevage 6 mois en cuve

 

Mise en bouteille mars avec un sulfitage à 2g/hl

 

Garde à boire dans les 3 ans

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 00:09

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Quand je lis ce que lis, vois ce que je vois, entends ce que j’entends, je pourrais tomber dans une profonde affliction, me désoler du triste spectacle donné par la représentation viticole sous toutes ses formes face aux dossiers de l’heure mais, confronté à ce degré zéro de la réflexion, à ce concert d’incantations, à ces moulinets ridicules, je préfère chaque jour me féliciter de ne plus en être, de ne plus avoir à subir tout ce beau monde. Vraiment je plains mes petits camarades en charge du secteur de la viticulture. Quant au nouveau Ministre, il ne lui suffira pas de mêler sa voix à ce concert de rases-moquettes pour impulser une nouvelle orientation au secteur.


Fin des Droits de Plantation, fin de l’aide à l’enrichissement par MC et MCR, extension de la chaptalisation : non merci n’en jetez plus même si la coupe est pleine…


Sur la fin des premiers, ceux qui ont été jeté au panier avec le vote de la France, j’ai déjà donné au service d’une parlementaire champenoise soi-disant missionnée par Bruno Le Maire pour trouver un produit de substitution, mais qui ne cherchait qu’à se pousser du col et dont je n’ai perçu ni la valeur ajoutée, ni la capacité à dépasser le stade du copié-collé. Un beau flop dû à une belle contradiction initiale : chercher un substitut aux droits de plantation relevait de la pure gesticulation politique destinée à faire oublier que le pompier était le pyromane.

 

Dans cette affaire je n’étais qu’une plume serve mais comme la manœuvre de diversion a échoué on m’a mis au piquet avec la complicité d’un directeur de cabinet, au nom prédestiné de Viné, adepte de l’à plat ventre et de la suffisance. Le courage n’étant pas l’apanage de ces gens-là me faire porter le chapeau de leurs insuffisances relevait d’une saine conception du brossage des professionnels dans le sens du poil. Que voulez-vous, moi, lorsqu’on met un carcan sur ma plume elle ne fait que transcrire la vacuité de la pensée de qui me dicte le texte. Par bonheur, nulle trace de mon labeur de tâcheron, la dame s’est attribuée tout le mérite d’un ensemble vide. Grand bien lui fasse mais tout ce temps perdu à écouter des professionnels dévider leur revendication simple comme un slogan : rétablir les droits de plantations relevait de l’inutilité.


Alors que fallait-il faire à cette époque ? Voilà une bonne question mais y répondre aujourd’hui n’a plus aucun sens puisque le dénominateur commun de tout le monde sur ce dossier c’est maintenant la RÉGULATION ! Mot quasi-magique utilisé à tout bout de champ ou de vigne, à tort et à travers, et surtout en évitant de prendre en compte tous les éléments constitutifs de cette fameuse régulation. Je rappelle pour les non-initiés que le volume d’une récolte c’est le nombre d’ha (le potentiel de production) multiplié par le rendement à l’hectare. Bref, au royaume des faux-culs et lds hypocrites nos grands défenseurs de la régulation par les droits de plantations sont les rois. Et puis, puisqu’il ne faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages : enrichir ou chaptaliser permet de porter sur le marché des volumes supplémentaires de vin. Voilà de la bonne régulation par les volumes. Avant de braire pourrions-nous un jour balayer devant notre porte.


Oui mais tout ça c’est pour une grande cause : la défense de la QUALITÉ ! À ce stade de la mauvaise foi vous comprendrez pourquoi je rends mon tablier. Personne ne va s’en plaindre je le sais mais ça me fait du bien de mettre certains nouveaux chantres de la régulation le nez dans leur caca. Je m’explique : le vin quel que soit sa dénomination est un produit miscible et, en période de crise ceux de l’étage au-dessus ont une certaine tendance à se siphonner vers l’étage au-dessous : cette délicate opération s’appelle le repli. De proche en proche les volumes excédentaires se retrouvent dans la cuve du bas et, au temps de la distillation des vins de table, la régulation du marché du vin s’opérait par cette destruction de volumes invendables. Le seul frein à se transvasement était la chaptalisation : les vins de table ne pouvant être chaptalisés les VQPRD ne pouvaient s’y replier s’ils avaient été sucrés. Qu’à cela ne tienne : lorsque les Bordeaux se sont retrouvés dans cette fâcheuse position – en dépit d’une gestion « remarquable » de leur potentiel par les droits de plantation – ni une, ni  deux ils ont réclamé la distillation.


Bien sûr ce genre de gestion des volumes passe totalement au-dessus de la tête des grands amateurs qui vivent dans leur bulle et pour qui, tout se  résume aux beaux flacons. Alors, ces braves gens, sont de libéraux forcenés car ils croient qu’ainsi seuls les bons et vrais vignerons auront une place au soleil et que les assistés de tous poils disparaîtront. C’est d’une naïveté et d’une candeur qui force le respect mais ça n’est pas ainsi que les choses se passent dans la réalité. La vraie et seule question qui se pose pour un grand vignoble généraliste comme le nôtre est comment gérons-nous la mixité de nos vignobles ? AOP, IGP et des Vins sans IGP comment gère-t-on le potentiel de production ? Par le marché ou par des mécanismes contractuels entre les producteurs et les metteurs en marché ? Il ne s’agit plus de produire pour produire mais d’être en capacité de répondre à la demande solvable de certains marchés.


Et c’est là où les dirigeants du monde viticole atteignent le degré zéro, aussi bien du côté des producteurs que du négoce en se contentant de leur faux-semblant dans la grande galère de FranceAgrimer et de leurs délégations avec check-list incorporée chez le Ministre. Ça serait risible si ça n’engageait pas l’avenir d’une grande part de notre viticulture. Il ne faut donc ne pas s’étonner que le débat sur la réintroduction des droits de plantations se résume en une confrontation stupide entre le clan des OUI il le faut et le clan des NON il ne le faut pas. Il ne s’agit pas d’un débat de principe : que je sache Angela Merkel qui soutient la position du retour des droits de plantations n’est pas une étatiste forcenée et le petit monde du Champagne et du Cognac des héritiers de la planification soviétique.


Croyez-vous vraiment, au cas où les droits de plantation seraient supprimés à l’échéance, que des investisseurs se précipiteraient comme des morts de faim pour planter à tour de bras dans nos grandes appellations régionales ou dans les IGP du Sud ? Vu la rentabilité actuelle de ces investissements ça me paraît hautement improbable. Le risque, et celui-là il est bien réel, c’est que ces investisseurs aillent placer leurs beaux capitaux dans des vignobles communautaires à fort potentiel afin de produire des vins sans IG de qualité, à des coûts de production moins élevés. Je signale que la Roumanie de Ceausescu était le cinquième producteur mondial de vins.


Et qui croyez-vous que ces vins concurrenceraient sur les marchés en croissance ? Sans aucun doute nos AOC et nos IGP volumiques, celles qui passent par les prix et non par leur origine. Vous avez dit qualité ? Allons, allons, dans cette part basse de la pyramide la qualité c’est ce qui se vend et si l’on veut que ceux qui assurent le sourcing en vivent il est nécessaire que le couple volume x prix d’achat dégage de la rentabilité. Je sais que j’exaspère à la fois les tenants de la bonne ambigüité à la française et les grands amateurs qui n’imaginent pas un seul instant que cette piétaille de vins constitue l’essentiel du marché. Le marché mondial du vrac existe et se développe. Tant que les vins français, avec un négoce qui en est resté au stade de marchand de vin : le prix, le prix, le prix…, et une production en cave coopérative qui ne fait pas correctement son métier de sourceur, nous bricolerons et nous entonnerons tous en cœur : »Non, aux droits de plantations ! »


C’est beau comme une unanimité à la française du sénateur Gérard César en Gironde en passant par Roland Courtaud l’audois de service, pour aller jusqu’au député européen champenois Philippe Martin. Tous ensembles, tous ensembles, pour un beau et grand combat d’arrière-garde, ça évite de poser les vrais problèmes et d’aborder le devenir de notre viticulture des analyses prenant en compte la réalité de notre vignoble, son potentiel, ses forces et ses faiblesses. Mais à quoi bon user ma plume puisque j’ai rendu mon sifflet et que je suis parti planter mes choux ailleurs… et je suis sûr que personne ne s’en plaindra, moi le premier…

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 00:09

Nulle provocation dans ce titre un simple constat qui ne jette en rien le discrédit sur les vignerons qui ont choisi, depuis fort longtemps pour certains, contre vents et marées pour beaucoup, cette voie. Bien au contraire, mon ironie vise essentiellement ceux qui, dans notre Union Européenne, n’ont de cesse de définir, de normer, de mettre dans ces cases carrées ou rectangulaires des processus, des pratiques, qui n’ont eu nul besoin d’eux pour s’épanouir, exister. C’est leur pain quotidien aux fonctionnaires européens, ils n’existent que par cette prolifération règlementaire.

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Le seul problème pour eux c’est que leur petite prose résulte toujours d’un compromis politique lié à un tour de table qui rassemble 27 pays et où il faut assembler des majorités pour transcrire en Règlement les projets des Directions au service de la Commission. Je passe sans insister lourdement sur le poids des lobbies sur tout ce petite monde assemblé en une nouvelle Tour de Babel pour mieux souligner le caractère boiteux, inachevé de définitions, qui se voudraient universelles mais qui ne sont que trop souvent des PPCM, plus petit dénominateur commun. Pour autant je n’ai rien contre la démarche, bien au contraire, mais je la resitue à son juste niveau celui d’un label européen qui se veut concurrent des « organic » du Nouveau Monde ou d’ailleurs. Franchement ça n’a rien d’une Révolution ça ressemble plus à un accouchement dans la douleur d’un bébé pas très bien formé.


L’entrée en vigueur d’un Règlement définissant le « Vin biologique » lui donne une existence officielle : la mention «Vin biologique», assortie du logo européen vert sur fond blanc, supplante celle indiquant «Vin issu de raisins de l’agriculture biologique». Pour le consommateur ce n’est pas un changement sémantique puisque la grande majorité d’entre eux ignoraient la nuance. « Désormais, pour obtenir le label bio, un vigneron devra non seulement utiliser du raisin bio, mais aussi - et là réside le principal bouleversement - des techniques de vinification certifiées bio. Si le producteur ne les respecte pas, il devra retirer l’actuelle mention «AB» (agriculture biologique) de ses bouteilles, et ne pourra afficher le label «Vin biologique» sur les futures cuvées. »


Au risque de cultiver le paradoxe je trouve que les gros sabots européens vont permettre de cliver plus encore le marché de cette catégorie de vins. En clair, puisque les gros faiseurs vont s’engouffrer dans la brèche, ça va faire progresser le vin bio par rapport au vin dit conventionnel et lui faire occuper plus de place en GD. En revanche, les vignerons bios des origines, attachés à des pratiques, dans la vigne comme au chai, bien moins interventionnistes et exogènes, et qui vendent dans des circuits courts ou traditionnels bénéficieront à terme de ce repyramidage. Ceci, à une seule condition, qu’ils puissent mettre en avant leur spécificité, leur différence, par une approche commune expurgée des éternelles batailles de chapelles.


Pour moi, contrairement à ce que pensent les rédacteurs de la revue « le Rouge et le Blanc » ce règlement va servir de révélateur, obliger les soi-disant maîtres du jeu de l’INAO à sortir de leur petite bistrouille de défenseurs des droits acquis. Que le bio soit un nouveau créneau du marché ça n’est pas le fait du nouveau règlement mais un fait de société. Que les consommateurs de vin ne soient pas tous au niveau de connaissance de nos amis du Rouge et le Blanc est un constat que nul ne peut nier. Que ce « bio de masse » qui est, selon eux peu respectueux du caractère « vivant du vin », n’aura que peu d’effet sur les amateurs de vins de haute expression, de terroir, vivants, « naturels »… car par construction ils ne sont pas sensibles aux sirènes et aux prix de la grosse cavalerie fusse-t-elle bio. 


Dans cette affaire les débats franco-français entre les différentes chapelles de vignerons, à propos du soufre tout particulièrement, est pour moi sans grand fondement. Dans le mesure où le consommateur est clairement informé, et il l’est dans le cas des sans soufre qui font de cette absence le point de passage obligé des vins dit naturels, je ne vois pas où est le problème.  Pour moi, comme je l’ai écrit dans une récente chronique « nous sommes très au-delà d’une banale opposition de goût qui se résumerait par tous les goûts sont dans la nature donc laissons à chacun son échelle de sensations. Pour moi c’est un schisme qui menace les fondements de la conception traditionnelle du vin, un mouvement qui s’apparente à la Réforme, à une forme de rejet radical sur la base du refus de dérives, de facilités de la période passée, d’une recherche de pureté originelle, de retour à la simplicité des pères fondateurs. »


En clair, les puristes bios rejettent dans les ténèbres extérieures, comme ils le faisaient pour ceux pratiquant une viticulture dite raisonnée, ces « nouveaux bios » qui n’appliqueront pas dans toute leur rigueur, leur rectitude morale, les règles du « vrai bio ». À quoi bon suis-je tenté de dire ? Les excommunications ne font que figer les radicalités et ne font pas progresser leur cause. Même que, si par un coup de baguette magique, leurs vœux les plus chers étaient exhaussés, le marché serait inondé d’un produit qui ne trouverait pas suffisamment de consommateurs solvables pour l’acheter et, comme au bon vieux temps du Vin de table, il faudrait le détruire, le distiller. Je plaisante à peine, mais ceux qui raillent les créneaux de marché se mettent dans la position très inconfortable de nier la réalité.


Le vin, même paré de tous les attributs jugés obligatoires par certains, est une marchandise proposée, au travers divers circuits, à des acheteurs en capacité de l’acheter. Alors, je ne vois pas en quoi la substitution du nouveau label vin bio avec logo européen va changer radicalement la donne par rapport au vieux logo AB qui certifiait le caractère biologique de la culture du raisin. Sauf à prendre le consommateur ancien ou néo de ce type de vins pour un crétin congénital, ce qu’il n’est pas car sa démarche prouve le contraire, ses critères de choix vont bien au-delà de la simple référence à un logo. Ceux-ci, une fois la volonté de se tourner vers des vins bios, seront les mêmes que ceux des autres consommateurs et ils dépendront largement de facteurs sociologiques et économiques que certains grands prêtres font semblant d’ignorer. Bref, le vigneron, son vin, son prix, resteront les déterminants de l’acte d’achat des amoureux des vins dit vivants.


Le « vin biologique » made in UE existe, ça vaut, comme je l’ai déjà souligné, ce que valent les réglementations européennes, rien de plus, rien de moins. Ça n’est en rien une régression, à peine un progrès, sauf au plan commercial pour l’exportation de ce type de vin sur les marchés exports comme le Canada ou l’Europe du Nord, alors je ne vois pas l’intérêt de dépenser une grande énergie à se battre contre ce bio dit de masse. C’est un combat d’arrière-garde qui ne vaut guère mieux que celui des gens d’en face qui ont moqué la démarche bio. Pour ma part, et j’attends que l’on me démontre le contraire, tout marché est pyramidal, celui des vins bios l’est aussi, et s’appuyer sur une base saine clairement identifiée au plan réglementaire est le gage du développement des strates supérieures. Les tenants du bio des origines ont tout à gagner à terme de cet afflux de nouveaux consommateurs passant par la case « bio de masse ». Générer des nouveaux consommateurs est le b.a.-ba de l’extension des amateurs de vin, de bons vins, à chaque consommateur de se faire sa culture encore faudrait-il que nous lui soyons accessibles et intelligibles. Tel n’est pas le cas en ce moment, nos débats de cornes-culs n’intéressent que nous, et encore…

Vignes : le bio joli nouveau est arrivé Libération  3 août 2012    link

Le nouveau réglement link

 

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Nouveau label européen de vin bio : "le consommateur est le grand perdant" Michel Issaly dans la RVF link
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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 00:09

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Votre Taulier aime, aux beaux jours, si rares cette année, se lever avec le soleil, sortir tranquillement de la brume du soleil en prenant un bon café noir et en écoutant le 5-7 de France Inter pour  découvrir les premières nouvelles du monde. Pendant l’été, cette tranche horaire, est animée par une femme Dorothée Barba – Radio France fait des efforts de parité et c’est heureux – et chaque jour la parole est donnée à un grand quotidien régional (PQR). Vendredi dernier, 3 août, c’était Bernard Stephan, rédacteur en chef adjoint de la Montagne à Clermont-Ferrand et le sujet traité : Côtes d'Auvergne, du pire au meilleur (écouter le podcast link


Bien évidemment, même si je ne suis pas tout à fait ignorant de ce que sont en train de devenir les Vins d’Auvergne, j’ai écouté avec attention cette brève matinale très intéressante. Mais hormis cet intérêt pour un vignoble en plein renouveau je ne puis m’empêcher de penser, à l’évocation  du Journal La Montagne, à Alexandre Vialatte et à ses célèbres chroniques que ce journal à partir de 1952. « Deux colonnes, parfois un peu plus, parfois un peu moins : La Montagne laissait Vialatte vraiment libre, d’une façon qui serait impossible de nos jours, où la maquette s’adapte moins aux auteurs que les auteurs à la Maquette. »


Comme l’écrit Charles Dantzig dans la Préface des Chroniques de la Montagne 1952-1961 Robert Laffont « Vialatte voit et éclaire par petits bouts. Jamais il ne fait de tableau en pied ni de vue panoramique ; au contraire, il prend une série de détails et bondit de l’un à l’autre. À la fin, l’ensemble se dégage. Par exemple, sur le Midi :


Car c’est ici la civilisation de l’olive, de l’huile, du vin,  de la poussière, de la mouche, de la sandale et du moustique, de la terre cuite et du forum. De l’éloquence, des tribuns à belle barbe. Une civilisation qui est morte avec Jaurès. Exténuée de perfection, de poésie, d’expérience, de mariage d’amour avec le sol. Elle avait inventé, à force de sagesse et d’adaptation au climat, ces « persiennes à l’italienne » qui s’ouvrent de trente-six façons pour régler la lumière et la température, le courant d’air, l’angle du jour, la mortalité du moustique et la vitalité humaine. Des barbares, arrivés du Nord, ont apporté la maison de verre. (Prétentieusement !...) Les ustensiles de la kermesse accèdent aux instruments de la civilisation.


« Vialatte tire le fil, le lecteur reconstitue le pull (…)


Que seraient devenus les hommes s’ils n’avaient pas eu de mères ? L’Humanité se composerait d’orphelins.


« Content de lui, le faiseur de bons mots s’arrêterait là. Vialatte passe à la ligne et continue :


Recueillis par l’assistance publique, ils se promèneraient par deux, le jeudi, en longues files, sur des routes mouillées, sous la surveillance tatillonne d’une vieille sœur un peu moustachue. Avec interdiction de fumer. Honteux de leur barbe, de leur ventre, de leurs cinquante ans, de leur calvitie. Coiffés d’un béret basque et vêtus d’une capote de couleur bleu marine, avec des boutons d’or.


« Voilà comment on peut allonger sans être long. Être rapide avec des phrases qui ne sont pas brèves… »


Pour le petit chroniqueur journalier que je suis un horizon inatteignable. « Le merveilleux commence à notre voisin, l’exotisme est à notre porte. Tout le romanesque tient dans un mur mitoyen : c’est une défense de franchir, c’est un défi et une barrière, c’est un mica qui laisse voir, mais s’interpose. »


Reste que je suis le voisin de Vialatte qui, à partir de 1934, habitait face à la Prison de la Santé, au 158 rue Broca « La cheminée de la santé fume à gros bouillons noirs, jamais le drapeau de cette prison n’a été aussi sale. » Appartement qu’il quittera en 1966 pour le 3 rue Méchain qui donnait lui sur l’hôpital Cochin.


Sa citation favorite « Le bonheur est sur l’autre rive » Dante.

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 00:09

Qualifier un vin d’élégant est très courant, même de plus en plus fréquent, mais, si on se donne la peine de réfléchir un instant à la valeur des mots, ce faisant le dégustateur ou l’amateur ne fait que projeter en direction de ceux auxquels il s’adresse sa propre conception de l’élégance. Mais, dites-moi, c’est quoi au juste l’élégance ? Ce n’est jamais un en soi, c’est toujours un pour soi, même si l’on peut, éventuellement, se référer à une forme de code comme on le fait dans le cas de l’élégance vestimentaire. Celle-ci, a eu, et à toujours, une forte connotation sociale, clive les classes, est un marqueur fort. Nul besoin de vous faire un dessin, il suffit d’ouvrir les yeux, dans la rue, de feuilleter des magazines de toute nature, d’aller au cinéma, de regarder la TV ou de surfer sur Internet.


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Laissons de côté la vêture et revenons au vin : ne subit-il pas, lui aussi, les mêmes codes, la même tyrannie de la mode, de la tendance, de la nostalgie, du refus d’une forme de modernité plus ou moins bien maîtrisée ? N’est-il pas, ou est-il de plus en plus, qu’un pur produit d’affirmation de son statut social par son acquéreur, de ce qui se veut une différenciation qui, parfois, se veut identitaire. Et là, dans une échelle sociale de plus en plus clivée, étirée, où se situe l’élégance : dans un classicisme, que certains vont sitôt qualifier de rigide et même de ringarde, ou dans un retour à une naturalité débridée, militante, que d’autres vont taxer de débraillée, de mal foutue, de n’importe quoi ou encore dans un luxe tapageur, clinquant des nouveaux riches séduits par tout ce qui brille, par les paillettes, le bodybuilding, le prix, la notoriété ? Je sais que ce que je viens d’écrire va choquer les esthètes du vin, ceux qui l’aiment vraiment, qui l’apprécient pour ce qu’ils estiment être ses qualités propres, mais pourquoi se mentir à soi-même ?


Si je puis m’exprimer ainsi trop souvent sous l’élégance affichée, du moins déclinée par les juges aux élégances se cache le faux-semblant, une forme de facilité sémantique. Je m’explique, dans le débat, qui n’en est d’ailleurs pas un car l’échange n’existe pas entre les uns et les autres, les tenants d’une nouvelle conception des métiers de la vigne et du vin, opèrent une forme de transfert entre le vigneron et son vin. Le vin devient un emblème, une affirmation forte, il est vécu comme le reflet de l’élégance morale de celui ou celle qui le fait. D’où surgit un paradoxe extraordinaire dans la conception même de l’élégance d’un vin, plus qu’une simple bataille entre les Anciens et les Modernes, c’est un face à face irréductible entre les vins moraux et ceux qui ne le sont pas du tout ou pas assez selon le camp d’en face qui lui ironise sur le caractère grossier, j’oserais même écrire  péquenot mal dégrossi.


Même si certains pensent que j’exagère il n’empêche que nous sommes très au-delà d’une banale opposition de goût qui se résumerait par tous les goûts sont dans la nature donc laissons à chacun son échelle de sensations. Pour moi c’est un schisme qui menace les fondements de la conception traditionnelle du vin, un mouvement qui s’apparente à la Réforme, à une forme de rejet radical sur la base du refus de dérives, de facilités de la période passée, d’une recherche de pureté originelle, de retour à la simplicité des pères fondateurs. Bien sûr nous ne sommes plus au temps des Dragonnades, aucune Saint-Barthélemy n’est en vue, nul risque de voir coucher par l’INAO un nouvel Edit de Nantes mais je persiste à penser que les femmes et les hommes de la vigne France et les vins de France ont mieux à faire que de s’entredéchirer, à se livrer des batailles stériles, à s’excommunier. 


Comme nous sommes au début du mois d’août et que, comme vous tous, j’ai plus envie de me la couler douce que de me prendre le chou, je ne vais pas vous asséner ma posologie de médiateur, mon savoir-faire de soi-disant rebouteux des maux de notre viticulture. Cependant je vais vous faire une confidence qui ne surprendra que ceux qui ignorent tout de mon esprit d’escalier : cette chronique à l’origine avait pour titre le paradoxe des chaussures bicolores : pompes à maquereaux ou le chic british à la Philippe Noiret ?


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Et pour affliger plus encore les rationo-rationnels l’idée de ma chronique m’est venue lorsque je suis passé devant la boutique JM Weston et que j’ai shooté cette photo. Le sujet est incurable docteur… faites-le taire ! Pas tout à fait chers lecteurs je vais vous gratifier  d’un outing : je n’ai jamais pu chausser des chaussures bicolores, des slades shoes, des Two Tones, car, dans ma petite tête, je les assimile à des pompes à maquereaux. Et pourtant, dans les pieds  des jazzmen black je les trouve supers, dans ceux des bootleggers je les estime bien en phase et, bien évidemment, lorsque je croisais Philippe Noiret, rue de Bourgogne, je bavais d’envie face à son absolue élégance qui incluait des John Lobb bicolores, des co-repondant(GB) ou encore des Spectators (USA) sur mesures (John Lobb se prétendait l'inventeur du co-respondent en 1868, comme soulier pour jouer au criquet). Dernier aveu qui vous montre l’étendue de mes contradictions : je trouve les bicolores des golfeurs ridicules. Comme quoi, pour en revenir à l’élégance d’un vin : toute référence à ce qualificatif renvoie à une palette où les sentiments contradictoires ont toutes leurs places. Ainsi, hier, sur les quais, j’ai croisé un jeune mannequin en séance photos, moulée dans un superbe pantalon de cuir fuchsia : suprême élégance sexy ou extrême vulgarité ?


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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 00:09

« Quel bel homme ce Bacchus ! » se serait exclamé Jack Lang en contemplant les tablettes de chocolat de Bacchus dans ses œuvres avec Ariane. Le dieu du Vin et sa belle adoptant une position qui relève du Kâma-Sûtra, violent en cela la loi Evin qui proscrit toute représentation avantageuse des plaisirs du vin. Afin de ne pas tomber sous le couperet d’une incitation à la débauche des jeunes générations je demande à tout mineur pénétrant chez le Taulier de rebrousser immédiatement son chemin.


Et pourtant je ne fais ici qu’évoquer l’histoire de la peinture italienne du XVIe siècle. En effet je vous conte la vie deux frères italiens Agostino Carracci et Annibale Carracci, tous deux peintres, le second étant considéré comme le rival du célèbre Caravage. Ils travaillèrent souvent ensemble ainsi qu’avec leur cousin Ludovico Carracci.


Agostino, que les français appelleront Augustin Carrache, a vécu plutôt dans l’ombre de son frère qui réalisa des œuvres exposées aujourd’hui dans les plus grands musées d’Europe, il se distingua cependant avec des gravures érotiques qui pourraient en faire rougir plus d’un. Il prit un malin plaisir à interpréter les œuvres de son frère à sa manière.


Lorsqu’Annibale réalise une fresque majestueuse au Palais Farnèse représentant « le Triomphe de Bacchus et Ariane », son frère Agostino met en scène les deux protagonistes dans une posture très chaude, Bacchus prenant Ariane dans une position très acrobatique qui tombe, bien évidemment, sous la censure de la loi Evin. Ce sont les conseillers d’Etat qui vont être contents, ça va les changer de leur triste ordinaire.


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De même lorsqu’Annibale réalise un magnifique tableau représentant « Jupiter et Junon », aujourd’hui à la Galerie Borghèse. Agostino illustra alors les deux personnages en train de faire l’amour, la verge de Jupiter sur le point de pénétrer le vagin de Junon.


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Les gravures érotiques, un chouïa pornographiques d’Agostino Carracci démontrent un caractère libertin peu commun à cette époque.


Ainsi il a représenté le poète Ovide pénétrant de son sexe dur et turgescent son amante Corinne allongée sur un lit. Deux libertins précurseurs de DSK puisqu’Ovide collectionnait les conquêtes féminines mais Corinne n’hésitaient pas à faire des infidélités à Ovide.


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Que dire du puissant Hercule prenant debout la belle Déjanire, sa deuxième épouse qui voulut le tuer car elle le soupçonnait d’être infidèle.


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La fidélité ne semble pas une valeur sûre dans les mythologies grecques et romaines.


La douceur avec Enée fils d’Anchise et de Vénus et Didon la première reine de Carthage, préludes amoureux, Enée caressant la vulve bien ouverte de Didon.


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La brutalité d’Achille prend debout la jeune troyenne Briséis qu’il a enlevée pendant la Guerre de Troie, après avoir tué ses trois frères et son mari, le roi Mynès.


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L’exotisme : Antoine initie l’égyptienne Cléopâtre aux joies du sexe romain.


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Le pouvoir : l’impératrice Messaline s’envoyant en l’air dans la loge de Lisisca et ce n'est pas Claude Evin qui tient la chandelle...


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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 00:09

Que les âmes prudes se rassurent le Taulier ne se vautre en rien dans le stupre et la fornication, il se contente de faire la promotion d’un loisir simple : le déjeuner sur l’herbe qui, bien plus que le pique-nique, permet d’allier tous les plaisirs de bouche. Ses ingrédients : une grasse et verte prairie naturelle au bord d’une rivière, où vous pourrez plonger vos bouteilles, l’ombre légère d’un bouquet d’arbres afin de ne pas déjeuner sous le feu du soleil, une grande nappe blanche pour y poser vos victuailles, un panier de pique-nique et, pour la beauté du tableau et la partie de jambes en l’air, une vêture légère pour les femmes et de lin pour les hommes.


  

 

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Le déjeuner sur l’herbe le plus célèbre est bien sûr celui d’Édouard Manet mais  savez-vous qu’i fut d'abord baptisé Le Bain, puis La Partie carrée, provoquant un scandale et controverse lorsque l'œuvre a été exposée pour la première fois au Salon des Refusés en 1863. Et pourtant, ce thème de deux couples se reposant dans un parc ou dans un décor champêtre était un sujet classique de la peinture galante, tel La Partie carrée (1713) d'Antoine Watteau et celle de James Tissot, contemporain et ami de Manet, a peint sa propre version du thème en 1870. Si vous souhaitez visionner une rétrospective de Parties carrées et autres déjeuners sur l'herbe allez ICI link

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Puisque mon propos est avant tout culturel je vous propose de lire le texte d’Émile Zola, à propos du déjeuner sur l’herbe (Édouard Manet, 1867)


« Le Déjeuner sur l'herbe est la plus grande toile d'Édouard Manet, celle où il a réalisé le rêve que font tous les peintres : mettre des figures de grandeur nature dans un paysage. On sait avec quelle puissance il a vaincu cette difficulté. Il y a là quelques feuillages, quelques troncs d'arbres, et, au fond, une rivière dans laquelle se baigne une femme en chemise ; sur le premier plan, deux jeunes gens sont assis en face d'une seconde femme qui vient de sortir de l'eau et qui sèche sa peau nue au grand air. Cette femme nue a scandalisé le public, qui n'a vu qu'elle dans la toile.


Bon Dieu ! Quelle indécence : une femme sans le moindre voile entre deux hommes habillés ! Cela ne s'était jamais vu. Et cette croyance était une grossière erreur, car il y a au musée du Louvre plus de cinquante tableaux dans lesquels se trouvent mêlés des personnages habillés et des personnages nus. Mais personne ne va chercher à se scandaliser au musée du Louvre. La foule s'est bien gardée d'ailleurs de juger Le Déjeuner sur l'herbe comme doit être jugée une véritable œuvre d'art ; elle y a vu seulement des gens qui mangeaient sur l'herbe, au sortir du bain, et elle a cru que l'artiste avait mis une intention obscène et tapageuse dans la disposition du sujet, lorsque l'artiste avait simplement cherché à obtenir des oppositions vives et des masses franches.


Les peintres, surtout Édouard Manet, qui est un peintre analyste, n'ont pas cette préoccupation du sujet qui tourmente la foule avant tout ; le sujet pour eux est un prétexte à peindre tandis que pour la foule le sujet seul existe. Ainsi, assurément, la femme nue du Déjeuner sur l’herbe n’est là que pour fournir à l'artiste l'occasion de peindre un peu de chair. Ce qu'il faut voir dans le tableau, ce n’est pas un déjeuner sur l'herbe, c'est le paysage entier, avec ses vigueurs et ses finesses, avec ses premiers plans si larges, si solides, et ses fonds d'une délicatesse si légère ; c'est cette chair ferme modelée à grands pans de lumière, ces étoffes souples et fortes, et surtout cette délicieuse silhouette de femme en chemise qui fait dans le fond, une adorable tache blanche au milieu des feuilles vertes, c’est enfin cet ensemble vaste, plein d'air, ce coin de la nature rendu avec une simplicité si juste, toute cette page admirable dans laquelle un artiste a mis tous les éléments particuliers et rares qui étaient en lui. »


Mais que boit-on pour un déjeuner sur l’herbe ? Pour moi, sans contestation, du léger, du vif, du frais afin d’accompagner tous les plaisirs de chair sans les annihiler. J’exclus totalement le rouge même l’un des chenapans de la Loire, ça tache ; je tolère à peine les rosés, trop communs ; je suis 100% blanc frizzante… en flacon à vis… (S’il faut que je vous fasse un dessin j’y suis prêt)… c’est coquin, ça émoustille, c’est moins convenu que le champagne même si un extra-brut, pour les âmes ardentes, peut convenir. Mon choix pour un déjeuner sur l’herbe, et plus si affinités, se porte sans aucune hésitation sur ZE BULLE ZérO Pointé  www.latourgrise.com peu alcoolisé 9,5%, tendre et acidulé (du chenin biodynamique) gaz naturel de fermentation. Cerise sur le gâteau la bouteille est belle…


Arbot-020.JPGArbot-019.JPGSeward_Johnson_DejaVu1994.jpgJohn Seward Johnson (artiste américain né en 1930) "Deja Vu" - 1994. Il s'agit en fait d'une sculpture monumentale installée dans un parc à Hamilton (New Jersey)

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