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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 00:09

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L’idée de cette chronique m’est venue lors d’un déjeuner au George V où notre hôte, outre la dégustation de son vin, nouveau promu dans une classification jugée par des esprits moqueurs comme quasi-miraculeuse, nous offrit pour le célébrer un petit concert où fut interprété sur un Stradivarius, baptisé du nom du Château, du Nicolò Paganini. Ce grand maestro italien, compositeur et interprète, est considéré comme l’un des plus grands des musiciens de son époque par sa technique et son aisance parfois jugées diaboliques. Beaucoup de compositeurs, désireux d'écrire pour leur instrument des pièces d'une difficulté comparable, s’en sont inspirés.


L’irruption dans l’univers du vin des œnologues-conseils reconnus, parfois même starifiés, qui signent les vins de propriétaires soucieux de bénéficier de leur aura, pourrait laisser à penser que ce sont, à leur manière, avec leur art, leur technique, leur habileté, des interprètes talentueux pouvant, dans des conditions d’exercice différentes, en des lieux très variés, tirer la quintessence d’un terroir là où d’autres se contenteraient d’exécuter simplement la partition héritée des pratiques ancestrales. Ma question sur la virtuosité de la nouvelle génération des vinificateurs ne semble donc pas totalement dénuée de fondement.


Pour vous en convaincre j’ai déniché une définition très universitaire « La virtuosité, qui dans son acception la plus commune désigne l’adresse d’un exécutant, sa vélocité, son brio technique, peut aussi bien se référer au talent et à l’habileté dans l’élaboration de certaines compositions particulièrement remarquables.


En ce deuxième sens, la virtuosité se développe dans l’invention personnelle dont fait preuve l’artiste sur la base d’un savoir et de techniques communs. Elle distingue alors une initiative individuelle éminemment créatrice des habitudes compositionnelles ou interprétatives. Dans les deux acceptions, le statut de la virtuosité correspond à un besoin de se singulariser et se réfère à une notion d’excellence. »  Victor A. Stoichita


Virtuosité se définit le plus souvent par : Grande habileté, avec pour synonymes : adresse, agilité, brio, dextérité, doigté, habileté, légèreté, maîtrise, savoir-faire, talent, technique.


Au Cabinet de curiosités grand public du Louvre, « la virtuosité se donne – entre mise en scène et pratique musicale réelle – autant à voir qu’à entendre. À Liszt et Paganini répondent en contrepoint Hendrix, la précocité d’une pianiste âgée de quatre ans ou les acharnés de l’air guitar. »


Notre époque aime tout ce qui brille, ce qui est immédiatement agréable, qui procure la fameuse émotion, et la virtuosité semble trop souvent la seule marque du talent. Il est des œuvres difficiles d’accès qui sont ou qui se révéleront avec le temps de véritables chefs d’œuvre. Je ne suis pas de ceux qui assimile les grands vinificateurs, aussi talentueux soient-il, à des artistes, mais à des hommes de l’art en référence à ce que fait la main. Alors, il me semble que la seule maîtrise technique, le savoir-faire, l’habileté, l’adresse, le brio, qui sont la marque surtout des grands interprètes, de ceux qui exécutent, ce besoin de singularité, la virtuosité donc, tiennent plus au niveau de bruit – au sens des communicants – qu’exige le commerce d’un monde mondialisée. Nos vinificateurs-stars sont des marques, tout comme les GCC, et ils se doivent de se différencier, de se mettre en scène, afin de rester sur le devant de la scène.


Qu’on veuille bien me lire, je reconnais tout à la fois la virtuosité, qui est sans contestation la marque du talent, tout en soulignant qu’elle est à la fois, dans sa surexposition le fruit de la médiatisation et qu’elle ne peut être considérée comme la voie unique pour élaborer ce que l’on qualifie parfois hâtivement de grands vins. En clair le talent se niche aussi dans la simplicité, la sobriété, la capacité à maîtriser la complexité. Reste aussi, qu’une certaine forme de virtuosité, le geste pour le geste, produit très vite l’effet inverse à celui recherché : l’uniformité, la répétition, la lassitude. La recherche de voies plus difficiles, moins interventionnistes, où la technique s’efface, se fait discrète, avec une plus grande prise de risque, c’est aussi une forme de virtuosité, discrète, je dirais même furtive. J'aime beaucoup cet forme d'héroïsme du quotidien qui est la marque des esprits forts.


J’en reviens pour finir à la musique en vous proposant deux œuvres qui exigent des virtuoses :


-         Nicolò Paganini : 24 Capricci OP.1  

-         Frantz Liszt : Grand Galop chromatique S.219 


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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:09

  

 

Le vin de tous les jours, le vin du dimanche, le vin des grandes occasions, le vin des privilégiés… le petit vin de table… le solide vin bouché… le petit Bordeaux… le vin d’honneur… les GCC embouteillé au château…  le vin associé au bistrot mais surtout à la table, de tout temps est apparu comme un compagnon du repas, quel que soit la nature ou le statut du repas. Cette sujétion était bien marquée par le titre du magazine : « Cuisine et Vins de France » fondé en 1947. Le vin se tenait à l’ombre du mythe gastronomique français défini par Alain Drouard « comme un récit imaginaire forgé à partir d’un ensemble de croyances et de représentations collectives de la cuisine française, son excellence et sa prééminence séculaire par rapport aux autres cuisines nationales. »


Ce mythe, né après la Révolution française, repose sur un trépied : les critiques, les cuisiniers et les amateurs de bonne chère. « En effet, il n’y a pas de gastronomie sans critiques gastronomiques c’est-à-dire sans discours sur l’art de faire bonne chère et donc sans une littérature gastronomiques faite de guides et de revues gastronomiques. » Mais alors me direz-vous : dans le vin le trépied existe : critiques, vignerons, domaines, châteaux très connus et grands amateurs, alors pourquoi à l’instar du guide Michelin ou du guide Gault et Millau perçu essentiellement comme des guides de bonnes tables, le vin reste perçu par le plus grand nombre de nos concitoyens comme une sorte de ghetto réservé à des spécialistes qui vivent et échangent entre eux. La phrase clé étant pour monsieur et madame tout le monde « moi vous savez en vin je n’y connais rien… » alors que, face à un plat, même d’un chef renommé, nos concitoyens ne développerons pas ce genre de prévention.


Pourquoi donc cette barrière à une généralisation ou à une popularisation de la culture œnophile ?


Elle a pour nom : la dégustation.



Celle-ci a été pendant des décennies une technique professionnelle à l’usage quasi-exclusif des marchands de vin. Ce n’est qu’entre les deux-guerres et surtout dans les années 60 qu’apparaît « une avant-garde œnophile qui milite pour faire de la dégustation un instrument privilégié d’un boire cultivé. » (Fernandez).


À la différence du plat, cuisiné dans l’instant, par un chef ou toute autre personne, le vin est un produit fini : on se contente d’ouvrir la bouteille et de verser le liquide dans le verre. Faire le vin pour le commun des mortels est un acte mystérieux, méconnu, l’acte fermentaire, le rôle des levures décrit par Pasteur dès 1886, relèvent d’une mystérieuse alchimie. Même si ça choque certains la vinification c’est de la chimie et l’apparition de l’œnologie marque le début du pilotage de la chimie de la vinification. « L’œnologie moderne est née et les premiers œnologues sont formés après 1875 dans la génération  des disciples de Pasteur. Ulysse Gayon, qui fut son assistant à l’École Nationale Supérieure, fonde en 1880 à Bordeaux la Station agronomique et œnologique. Un siècle plus tard, Jean Ribereau-Gayon, la double en 1963, d’un institut d’œnologie. » (Garrier)


« Il apparaît cependant que le recours de plus en plus canonisé et professionnalisé à la dégustation ait été une impulsion française. C’est Émile Peynaud – œnologue et ancien étudiant de Jean Ribereau-Gayon – qui commença à réellement approfondir et mettre à profit la dégustation. C’est précisément la transformation de la dégustation en « art rationnel », rigoureux et reproductible qui l’a fait avancer au statut d’ »outil de diagnostic » indispensable à l’œnologie actuelle et perpétrant l’union indissoluble entre œnologie et dégustation si caractéristique des pratiques discursives à partir de la seconde moitié du  XXe siècle. » Rachel Reckinger


« Les œnologues universitaires, dès les années 1960, deviennent des experts consultés par les producteurs de vin – Émile Peynaud qui devient le conseiller de châteaux célèbres du Médoc, ou Max Léglise, directeur de la Station œnologique de Beaune, sont les deux personnages qui incarnent le mieux cette tendance » (Fernandez).


Ces deux personnages ont tous deux écrits des manuels de dégustation à destination d’amateurs « la dégustation, dorénavant établie dans des usages professionnels (scientifiques et pratiques), se doit également d’être diffusée parmi les destinataires non-spécialisés du produit, invité à porter plus d’attention à leurs perceptions et sensations proprement sensorielles.


Cette rationalisation scientifique de la dégustation – non seulement comme mode empirique de connaissance œnologique mais également comme justification et aiguisement esthétique – a connu une diffusion massive à travers l’enseignement dispensé aux cadres et aux professionnels de la vigne et du vin. Cela a impliqué, à partir des années 1980-1990 – dans les métiers aussi différents que celui de viticulteur, œnologue, critique vinicole, sommelier, négociant –, un très large consensus quant à l’adhésion aux mêmes normes de rigueur dégustative et d’appréhension des produits. Certaines figures parmi eux, en contact avec les buveurs de vin, contribuent à propager cette nouvelle oenophilie, conjointement esthétisée et scientifique. » Rachel Reckinger


Bref, comme le dit dans son langage de sociologue Rachel Reckinger « l’oenophilie, c’est-à-dire l’institutionnalisation de la part esthétique du vin, soit si proche de l’œnologie dans ses explications sensorielles de la dégustation. »


Les gens du vin sont donc, c’est incontestable, dotés d’un corpus commun, même si l’irruption des amateurs des vins naturels, les sans soufre ajouté, et autres diverticules, se rebellent et contestent ce discours dominant orchestré par les œnologues-consultants et les sommeliers souvent consultants d’acheteurs d’importance : restauration ou GD. En revanche la diffusion dans le grand public des codes dégustatifs est restée à l’état embryonnaire car et les guides et les revues spécialisées, sous la contrainte de séduire plutôt que d’expliquer, se contentent de notations et de commentaires de dégustations, brefs, parfois sommaires, utilisant un vocabulaire assez limité. Sans vouloir être offensant, les dégustateurs-prescripteurs des revues et des guides comptent essentiellement sur la confiance que certains consommateurs mettent en leur jugement, aussi sibyllin ou peu explicatif fut-il, pour effectuer leur choix. Je ne suis pas persuadé pour autant que lorsqu’ils dégustent ou consomment un flacon recommandé par X ou Y, ils font référence à ce qu’ils ont lu et en général pas intégré. Celui qui a le mieux comprit le système est bien sûr Parker avec sa notation gonflée à l’hélium.  En clair, tout ce qui a été décrit précédemment, ces normes dégustatives, n’ont que peu pénétré dans la masse des buveurs même chez ceux qui se veulent amateurs.


Bien sûr on va me rétorquer que les clubs de dégustation et les cours de dégustation connaissent un grand succès auprès du public jeune ou moins jeune. J’en conviens aisément mais ça reste une démarche du consommateur vers la connaissance et non un souci du monde du vin de diffuser sous une forme simple, je ne dis pas simpliste, les bases de la dégustation. Et c’est à ce stade que je vais placer mon couplet qui va sans doute faire blêmir, et même fâcher les gens de l’art de la dégustation. Si je le fais sans aucune crainte c’est que sur mon blog je ne me livre pas à une forme quelconque de pédagogie de la dégustation. Ce n’est pas mon truc. Comme je le confie à propos du livre d’Ophélie Neiman Le Vin pour ceux qui n’y connaissent rien. « Bref, j’ai avec le vin des rapports si intimes que je n’éprouve nullement le besoin d’évoquer en public leur longueur, leur bouche tendue ou leur finale épicée. Pour autant j’ai toujours plaisir à écouter les vrais et grands dégustateurs, dont je tairais les noms pour ne pas m’attirer les foudres des autres, ça me repose. »


C’est donc le grand muet du sérail du Vin qui s’exprime (Grand s’appliquant à muet et non à ma Grandeur supposée) Pour moi l’irruption des blogs dans l’univers du vin change la donne de la diffusion de la connaissance dégustative. Bien sûr ça part dans tous les sens, y’a à boire et à manger si je puis m’exprimer ainsi, mais cette profusion parfois brouillonne, mais arborescente, même capillaire, pénètre dans toutes les couches de la société, chez monsieur et madame tout le monde, elle irrigue, elle donne envie, elle vulgarise dans le sens premier du terme. La multiplicité des portes d’entrées qu’offre la blogosphère du vin est gage de diversité, d’une certaine forme de réponses à des questions que les experts, les spécialistes, ont tendance à trouver idiotes mais qui lèvent bien des obstacles qui laissent ceux qui voudraient comprendre dans leur éternel « moi vous savez je ne suis pas un connaisseur… » L’ordre, au sens d’intégration de la nécessité de certaines règles, naît toujours d’une forme de désordre initial. La blogosphère du vin doit sans doute apparaître à certains qui règnent – le mot est un peu fort – un grand foutoir peuplé d’énergumènes qui s’autoproclament aptes à porter des jugements sur le vin et que bien des déviances sont au bout du chemin. Tel n’est pas mon sentiment et l’exemple d’une Ophélie Neiman est là pour démontrer le contraire.


L’intérêt de la Toile, blogs, réseaux sociaux, c’est que tous les protagonistes du monde su vin du vigneron jusqu’au consommateur final peuvent y échanger, écrire, se lire, se critiquer, s’écharper, contester, s’accorder… Cette fluidité, parfois même cette trop grande instantanéité, permet de faire progresser ceux qui jusqu’ici étaient ou se sentaient exclus du système très professionnalisé et pour les grands amateurs très élitiste. Ils se greffent, se sentent concernés, cherchent, butinent et emmagasinent. Cet intérêt d’un plus garnd nombre se traduit aussi dans les livres. Jusqu’à ces dernières années les livres sur le vin c’était des beaux livres, de ceux qu’on offre en fin d’année et que l’on range soigneusement dans sa bibliothèque. Depuis quelque temps, moi qui suis un rat de librairie, je constate la sortie de livres « intelligents » sur le vin, je veux dire par là des ouvrages qui abordent des sujets plus de fond. Comme pour illustrer mon propos DUNOD dans sa collection « des idées qui marquent » réédite le livre d’Émile Peynaud « Le vin et les jours » sorti en 1988 chez Bordas. Les éditeurs savent humer l’air du temps, c’est leur job, et lorsqu’ils puisent dans leur fond de spécialistes pour publier dans une collection plus grand public c’est qu’ils estiment qu’une nouvelle demande s’exprime.


Voilà, j’ai lancé le bouchon, certains penseront trop loin, trop fort, mais en vieux routier de la Toile j’estime être un observateur attentif des tendances de fond qui ne sont pas forcément perceptibles si on s’en tient à la surface des choses. Jamais le monde du vin n’a été traversé par autant de courants porteurs de renouveau et, seuls les esprits chagrins vivant dans les vieilles lunes du passé pensent que nous sommes en butte avec une partie de la société. Bien au contraire, jamais l’image du vin n’a été aussi positive et la nouvelle génération y est pour beaucoup. Moi je compte sur elle et j’ai raison : l’extension du domaine du vin est une idée neuve…

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 00:09

  

 

Ne manquait qu’un voiturier au bas des marches du Petit Palais lorsque je me pointais sur mon grand destrier noir ce lundi en fin de matinée pour honorer de ma présence de VIP (c’était inscrit sur le carton d’invitation) une dégustation du millésime 2010 des GCC de Bordeaux (pléonasme). Pour les non parisiens et les non enduit de culture, à quelques encablures, de l’Elysée et des Champs Elysée se dressent des Palais : le Grand et le Petit qui se font vis-à-vis et, même depuis quelque temps pour faire un peu d’argent ils ont posé au flanc du Grand un Mini Palais www.minipalais.com qui fait restaurant-bar-lounge de 10h à 2 h du matin. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même voilà ce que son site dit : « A deux pas des Champs Elysées, dans la partie la plus noble du Grand Palais, le Mini Palais se dresse majestueusement sur l'avenue Winston Churchill. Ses colonnes impériales le rendent reconnaissable au premier coup d'œil. Le Pont Alexandre III nous offre sa plus belle vue, la Seine coule paisiblement à quelques mètres d'ici… Nous sommes au cœur du Triangle d'Or. Dans ce haut-lieu artistique parisien, Le Grand Palais et le Petit Palais existaient déjà pour faire vivre l'art d'hier et d'aujourd'hui. Il ne manquait que le MINIPALAIS pour compléter ce décorum grandiose et proposer un art plus éphémère qui n'existait pas encore dans ce bel ensemble : la gastronomie… »


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Quittant les lisières interlopes de Paris, chères à Patrick Modiano, ce Palais des Congrès de la Porte Maillot digne des congrès des gros betteraviers des plaines du Nord et de l’Est, pour se poser au cœur du Triangle d’Or pour les GCC c’est aussi normal qu’un nez posé au beau milieu de la figure. Pour le Taulier juché sur son destrier c’est plus commode. Gravissant les marches du Petit Palais sur le mode Chaban, l’échine souple, l’œil pétillant, je passais le portique sans couiner pour aller me faire étiqueter avant de me faire scanner par un sbire tirant une gueule de trois pieds de long. Les mecs en noir se la pètent grave dans le style des vendeurs de fripes de luxe de l’avenue Montaigne qui vous toisent comme si vous étiez un Rom parce que vous êtes fringué à votre goût qui n’est pas le leur vu qu’ils n’en ont pas. Ces molosses en fait veillaient au grain protégeant la pile de verres Riedel des pique-verres qui sévissent dans les dégustations. En général le pique-verre est aussi un pique-assiette et il se repère très facilement à sa capacité d’être sur les trajectoires des serveurs.


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Bref, les organisateurs par la grâce de 2 dames, qui ne sont pas des drôles de dames mais de fines lames, avaient mis les petits plats dans les grands via Fauchon. Dans mes propos nulle trace d’ironie cette dégustation était à la hauteur : lieu somptueux où il est aisé d’aller et venir, de converser, y’avait même quelques canapés, de déguster et de cracher. De la lumière ça aide surtout face à l’ampleur de la tâche : Graves, Pessac-Léognan, Saint-Émilion Grand Cru, Pomerol, Listrac-Médoc, Moulis-en-Médoc, Haut-Médoc, Médoc, Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, Sauternes et Barsac , 136 châteaux présentés. Mon défi : déguster ! Les prendre en file indienne, verre tendu et me soumettre sans me démettre à l’exercice dégustatif. Bien sûr je n’ai pas tout dégusté car, avec les blancs secs, une vingtaine, j’aurais atteint mon plafond d’incompétence qui se situe très bas. Petit besogneux j’y suis allé de bon cœur alors que les dégustateurs connus des revues, eux, conversaient montrant ostensiblement ainsi à la piétaille qu’eux n’avait nul besoin de ce type de raout puisqu’ils dégustent en privé. L’important pour ces mini stars c’est de se faire voir et surtout d’être vu de ceux qui comptent et, accessoirement, de se nourrir de l’excellent hachis Parmentier tout en cherchant de s’approcher de la Présidente des GCC. La routine quoi !


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Bien évidemment je ne vais vous livrer toute l’étendue de ma vacuité en exhibant mes notes de dégustation posées sur le carnet ad hoc aussi indemne de toute souillure d’écriture qu’une vierge. En revanche, petit à petit, mes doigts ressemblaient à ceux de Sonia la vinificatrice, tachés par le jeune nectar. Ce que je puis vous dire c’est que la qualité de l’accueil progresse, sans doute sous l’impact de la féminisation, c’est agréable, peu intrusif, l’extension du domaine de l’empathie ne nuit en rien à la haute tenue des GCC. Sur le fond de la dégustation, les enjeux commerciaux et financiers sont tellement grands que je comprends que pour ces châteaux tout doit être sous contrôle, bien bordé, assuré, afin de ne pas se faire décrocher du peloton. Qui se risquerait à prendre des risques ? Qui oserait pousser une nouvelle porte ? Comme une impression générale d’impeccable, de plis bien repassés, de coupes classiques maîtrisées, une crainte viscérale de l’originalité. En soi ce n’est pas de ma part une critique mais comme un regret que cette perfection sous contrainte bride l’imagination. C’est beau et grand comme un immeuble haussmannien fraîchement ravalé mais ça ne fait pas forcément rêver. Plaire sans perdre son âme telle est la question qui taraude l’univers des GCC, être de son temps avec tous les soins portés sous les conseils des consultants omniprésents et parfois encombrants en assumant tradition et histoire est une équation difficile à résoudre. Ceci écrit, sans me placer dans un ailleurs hautain, ces vins se situent bien dans la tendance d’un temps où une certaine forme d’uniformité d’apparence tient lieu d’originalité en confortant le sentiment d’appartenance à un statut privilégié d’une classe moyenne « supérieure » qui lorgne vers le haut sans en avoir les moyens.


Transition toute trouvée, mais non voulue, dans les travées du Petit Palais j’ai été frappé par l’omniprésence des jeunes gens des Grandes Écoles : Polytechnique, HEC, Supélec, Sciences Po, filles et garçons avec encore une prédominance mâle. Ils vont en paquet de 3 ou 4 tels des poussins bien nourris, on les sent appliqués comme de bons adeptes de club de dégustation, attentifs comme de futurs clients de GCC, mais en dépit de leurs codes vestimentaires modernes je les trouve un peu guindés, gênés aux entournures par leur approche du vin très cérébrale. Mettre des mots sur le vin, canaliser ses sensations, se glisser dans la peau d’un expert, cultiver le sérieux de l’expert comme un module supplémentaire, engranger des éléments de discours pour enrichir à la fois son parcours, anoblir son CV. C’est le vin statut, le vin qui pose son homme lui confère une forme moderne de vernis d’excellence qui fait la différence. Sous ma plume nul procès d’intention car je ne dénie pas à ces jeunes pousses la passion mais j’ai rarement vu une passion se développer sans grain de folie. Un peu de couleur dans ce monde gris point ne nuit les amis, je suis même certain que la convivialité est une valeur plus sûre que les placements financiers en GCC.


Que des 2 Rives, la Droite, comme la Gauche, nul ne prennent mes propos toujours un peu ollé, ollé, pour une facilité de chroniqueur en mal d’un quelconque dénigrement, pour une manière de se dédouaner à bon compte, ce serait d’ailleurs une mauvaise manière, pour un biais démagogique en tombant dans le misérabilisme. Si les GCC n’existaient pas il faudrait les inventer. Ils sont des marqueurs de notoriété incomparables, leur valeur patrimoniale est incontestable et dans le grand barnum de la mondialisation tout ce qu’ils font pour garder leur rang, pour le renforcer doit être salué. Je suis de ceux qui le font. Ma relation avec les GCC est très ancienne et très forte : je leur dois un parcours initiatique hors pair. Passer en 1981 de l’Office des Vins de Table au cabinet du Président de l’Assemblée Nationale dont la cave ne recélait, par la grâce de Chaban-Delmas, que des GCC, et de la gérer, ça ouvre la focale, ça débarrasse des idées reçues, ça vous fourbi les papilles et ça vous fait prendre conscience de la nature stratégique de « l’industrie du vin » en France. J’emploie à dessein ce mot honni rien que pour souligner que le monde du vin est un et que la bonne santé de la base de la pyramide constitue un atout pour la classe au-dessus. Mais ça c’est une autre histoire où la place de Bordeaux, au travers de ses représentants à l’INAO, s’est souvent contentée de se considérer, à elle seule, comme la France du vin. La hauteur de vue n’est plus un privilège de naissance mais la capacité de s’extraire des contingences de ses intérêts bien compris. En français ça s’appelle l’intérêt général. J’arrête là sinon je vais me faire sonner les cloches. Comprenne qui pourra, y compris le cardinal archevêque de Bordeaux le bien nommé Mgr Ricard. Amen !


Détail d’intendance : trop occupé à déguster, un verre et un calepin à la main, je n’ai pu faire des petites photos de la dégustation. Mesdames les organisatrices un photographe style Armand Borlant ne serait pas de trop pour faciliter le boulot des petits chroniqueurs fauchés de la Toile. Merci beaucoup. Enfin, j’ai fait plein de promesses aux unes plutôt qu’aux autres de descendre ma vieille carcasse jusqu’à Bordeaux pour crapahuter dans les GCC.

 

à bientôt !

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 00:09

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Jusqu’à ce jour béni où il acquit*, pour la modeste somme de 12,90€, « Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien » de Miss Glou Glou, pour votre Taulier bien aimé le Neiman était un dispositif antivol installé sur la colonne de direction de sa petite Twingo, le genre de truc sophistiqué comprenant 75 pièces différentes miniaturisées, inventé en 1931 par l'industriel Abram Neiman qui créa une entreprise autour de cette invention qu’il popularisa après la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui Neiman appartient au groupe Valeo.


(*) L’acquisition de l’opus de la Miss s’est apparentée à un parcours du combattant dans une rizière de la vallée du Mékong. D’abord je me suis dit un peu feignasse : Amazon, il sera dans ma boîte demain sauf que pour une fois les ricains m’annonçaient un délai de 10 jours style PTT des années 60. Alors je me suis rapatrié sur le site de la FNAC pour voir si le Neiman y était. Bonne pioche mais vu le délai français j’ai pédalé jusqu’à la rue de Rennes. Là, queue de chique : un gentil employé me dit qu’il n’est ni en stock, ni en rayon. Bon alors direction l’Écume des Pages Bd St Germain : rien ! Repli sur la rue des Écoles chez Compagnie où une nana genre porte de prison non révisée me signifie que la librairie ne distribue pas la collection l’Étudiant. Je grogne qu’à 2 pas de la Sorbonne c’est étonnant. La grognarde me lâche en partant « allez donc chez Deyrolles c’est tout près… » Il pleut des cordes ! J’affronte car mon blouson à une capuche et me voilà chez Deyrolles au milieu de bouquins savants et techniques. J’suis au bord de l’épuisement. Je sors et face à moi s’offre un autre Deyrolles art de Vivre. Je m’y rue ! Je m’ébroue et fébrile je plonge dans les piles. Putain s’ils ne l’ont pas je fais la grève de la faim ! Je fouine et soudain, juste derrière l’opus de Myriam Huet, coincé entre un gros bouquin prétentieux dont je tairais le nom et un livre de cave le voili, le voilà, le bouquin d’Ophélie. Je paie le prix syndical. Dehors les seaux d’eau cessent d’asperger la chaussée. Je remonte la rue Saint-Jacques tout guilleret : oui je l’ai mon Neiman…


Bonne transition pour vous avouer que depuis cet achat, dont l’héroïsme ne vous a pas échappé, sous la robe satinée – terme de dégustation bien sûr – de miss Glou Glou le Taulier a découvert le charme d’une jeune femme Ophélie Neiman « au sourire ravageur car c’est une croqueuse de tanins. Avec elle jamais de pépins, même pas besoin d’être un nez fin pour comprendre et apprécier le vin. »  Bien sûr je ne fais que reprendre ici les termes louangeurs du Communiqué de Presse envoyé, par l’attaché de presse de son éditeur, par porteur. Trêve de baratin, Ophélie je la connais depuis un petit bail,  depuis elle ne crache plus le vin au resto et je ne lui ai jamais fait le coup de m’extasier sur son prénom dans le style du mec qui ne cite pas ses sources « t’es pas la fille de Polonius, le chambellan et conseiller du roi, dont Hamlet  est amoureux… » ou plus encore celui qui étale sa culture comme de la confiture en lui faisant le coup du mythe d'Ophélie, qui est toujours représentée au clair de Lune, avec des fleurs, sa chevelure et sa robe étalées autour d'elle, flottant sur l'onde, paisible, semblant plus endormie que morte, comme le notait le bon vieux philosophe Gaston Bachelard.


Bref, même si je suis, comme toujours, un peu long en bouche – terme de dégustation bien sûr – vous aurez tous saisi que pour moi aujourd’hui : un Neiman c’est le nouveau bouquin d’Ophélie. Je puis vous l’assurer – j’ai un petit côté AXA – rien de plus sûr pour débloquer les esprits rétifs aux joies du jaja qu’un bon petit Neiman de derrière les fagots.


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Bien sûr comme les carabiniers d’Offenbach j’arrive un peu après la bataille.


Nous sommes les carabiniers / La sécurité des foyers /Mais par un malheureux hasard / Au secours des particuliers / Nous arrivons toujours trop tard.


En effet ce livre, au titre provocateur « Le vin pour ceux qui n’y connaissent rien » sitôt sorti des presses a déjà été encensé, porté au pinacle, et même proposé au Goncourt, par l’un de mes éminents et forts compétents confrères de la blogosphère : le sémillant Nicolas de Rouyn.


Face au dédain d’Ophélie, lors d’un déjeuner très chic, avec de la musique et la lettre de Lucullus à Sénèque déclamée par un Weber très enveloppé, je lui lançais au-dessus de la table : « Et moi dans tout ça Ophélie je sens le gaz ?»


Réponse de la gredine – pas grenadine, même si Ophélie dégoupille vite – jeune mariée, « je n’ai pas osé te l’envoyer… ». Ce passing-shot de revers aurait pu me laisser cloué sur ma ligne car il est vrai que je m’étais étonné en son temps, voire même offusqué, de l’envoi du livre de Denis Saverot m’assimilant à la peuplade des Nuls.


Mais, tel un Roger Federer au mieux de sa forme, avec élégance, loin d’accepter ce joli mensonge, fleurant bon les parfums de fleurs blanches, très marqué petits fruits rouges avec une pointe d’acidité et une belle tension, je relançais le long de la ligne.


Qu’est-ce à dire chers lecteurs ? Tout simplement sachant notre Ophélie point du tout craintive, même assez culottée, je décidai de lui retourner le compliment en achetant son opus accouché dans les cris et la douleur, selon elle.


En effet, quoi de plus probant, pour le vieux Taulier que je suis, genre laboureur rassemblant ses enfants autour de sa couche, que de soutenir le dur labeur d’un (e) auteur(e) en alimentant ses droits d’auteur. À bon compte le Taulier se la joue magnanime, tuteur il soutient la croissance des jeunes pousses.


Suite à cette magnifique séance d’autopromotion il ne me restait plus qu’à lire mon Neiman !


Ce que je fis dans mon lit et je ne me suis même pas endormi. Bien au contraire je me suis dans ma petite Ford intérieure : « quand t’étais petit mon ami t’aurais bien aimé avoir le p’tit bouquin d’Ophélie en mains pour y connaître quelque chose sur le vin. » Ton premier vin fut la piquette du pépé Louis pleine de fleurettes que tu allais tirer à la barrique dans une cave sombre pleine de toiles d’araignée. Avec de l’eau fraîche ça avait son charme mais le premier vin commercial tu as acheté, une fois marié, c’était un VDQS Saint Georges d’Orques rue de Tolbiac. Bon, tu ne vas pas  continuer de nous raconter ta vie ce serait chiant. Mieux vaut pour vous goûter au plaisir des notes de lecture du « NEIMAN » qui déverrouille les neurones gustatifs de nos ignares têtes blondes.


L’objectif d’Ophélie est affiché d’entrée : « Ce petit livre vous donnera les bases pour bavarder avec un vigneron ou un sommelier, les mots pour briller en société, l’assurance d’un roi pour choisir un vin sur une carte. En bref, il vous conférera la classe internationale devant un verre. »


Ça me met très à l’aise pour vous parler de ce petit livre car je ne parle jamais de vin avec qui que ce soit, avec les vignerons je cause politique ; je ne cause jamais aux sommeliers car je me contente de les écouter ; en société je me contente de parler aux filles de tout et de rien et surtout pas de vin ; au restaurant y’a belle lurette que je me suis déchargé de la lourde tâche de choisir le vin, le plus souvent je me contente de faire la synthèse des opinions en présence. Bref, j’ai avec le vin des rapports si intimes que je n’éprouve nullement le besoin d’évoquer en public leur longueur, leur bouche tendue ou leur finale épicée. Pour autant j’ai toujours plaisir à écouter les vrais et grands dégustateurs, dont je tairais les noms pour ne pas m’attirer les foudres des autres, ça me repose.


Le format du livre 12,5x17,5 est excellent car il peut facilement se glisser dans sa poche ou dans un sac si pour les mecs, comme le Taulier, vous en utilisez un, pour les filles c’est la règle sauf qu’elle n’y trouve jamais ce qu’elle y cherchent.


La présentation est claire sur la base d’un découpage en 4 parties :

-         Je ne sais pas quoi dire (4 chapitres)

-         Je n’y comprends pas grand-chose (8 chapitres)

-         Je choisis au pif (3 chapitres)

-         Je crée ma cave (3 chapitres)


Sur le fond, même si je ne suis pas un grand spécialiste de la question, Ophélie est concise et précise pour expliquer les bases de la dégustation, répondre avec franchise et humour à des questions du type « Et si je n’aime pas je dis quoi ? », à donner des conseils pour confier ou cacher son ignorance à un vigneron ou à un caviste ou mieux encore apprendre à relativiser l’exercice dégustatif. Pour la partie la plus classique, là aussi, Ophélie s’acquitte avec beaucoup de talent dans la synthèse – le format ne permet guère la dilution habituelle des grands experts qui nous assomment –  afin que ceux qui n’y connaissent rien assimilent les fondamentaux.

 

L’objectif est atteint donc le petit NEIMAN constitue un bon ouvrage de référence à offrir à votre jeune cousin qui quitte sa maman pour se mettre en couple, à votre fiancé des deux sexes juste avant de passer devant le maire, à votre copine qui ne fait que vous prendre la tête avec le Pinot Noir parce qu’elle a beaucoup aimé Sideways ou à votre beau-père bobo qui  ne jure que par Mondovino, soit à toute personne de tout âge, de toute condition, attention aux religions, qui soudain pris par la grâce souhaite entrer dans le cercle très fermé des amateurs de vin. Le livre d’Ophélie est consensuel, elle ne joue pas dans la cour de ceux qui sont dans un camp contre un autre ou qui ne s’en tienne qu’à la vulgate dominante : hors de leur chapelle point de salut ! C’est heureux car les néo-consommateurs n’ont que faire des empoignades entre ceux « qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas… » Bien sûr, votre Taulier qui n’aime rien tant que chatouiller la plante des pieds des gens en place, aurait aimé que parfois Ophélie mette un peu plus son grain de sel personnel mais, comme elle est une jeune auteur (e), toute nouvelle dans l’univers impitoyable du vin, attendons sans impatience ses futurs écrits.


Pour l’heure citons-là dans son style bien enlevé « Ah, l’angoisse des immenses rangées de bouteilles, sous l’œil soupçonneux du propriétaire des lieux ! Il y a des cavistes qui font frémir. Entre nous, c’est plus facile d’acheter des chaussures, oon sait en un seul coup d’œil si on les aime ou pas. Impossible de se tromper entre un mocassin en cuir verni et une basket. Après il faudra quand même essayer. Pourtant ce n’est pas si différent. Normalement un bon caviste vous posera quelques quelques questions. Vous n’avez rien à craindre, ce n’est pas un test de connaissance. Le but est de vous guider dans votre choix. Pour que vous ne repartiez pas avec des mocassins vernis pour faire du footing, justement. »


Ophélie est maligne, lorsqu’elle aborde les grandes questions existentielles du vin : « C’est quoi un bon vin ? » ou pire encore « C’est quoi un grand vin ? » elle dégaine son spécialiste.


Denis Dubourdieu « Un bon vin procure presque les mêmes sensations qu’un grand vin ; il est seulement beaucoup moins cher et prestigieux. À l’aveugle, le bon vin n’est pas facile à distinguer du grand. L’amateur, même averti, peut s’y tromper {…} Les bons vins sont difficiles à produire parce que leurs coûts de production sont les mêmes que ceux des grands et leurs prix beaucoup plus bas. » Autrement dit, c’est aussi une bonne affaire, mais ne vous sentez pas obligé e » le clamer à vos convives. Ça c’est Ophélie qui le dit.


Pierre Guigui « Un grand vin, c’est d’abord culturel, il n’y a pas d’universalité. Un grand vin est une référence historique et culturelle, qui se situe au-delà de la dégustation. C’est un icône, comme la Tour Eiffel, c’est beau parce c’est communément admis. Mais personnellement, un grand vin est pour moi singulier : il raconte quelque chose au-delà de l’histoire du vignoble et il est différent des autres. Je pense par exemple à Mas Jullien dans le Languedoc. La vigneron a une approche personnelle du terroir : il cherche à être en harmonie avec son travail, mettre en avant le geste et l’intention, avant le résultat. C’est la différence entre une peinture chinoise faite à la main ou imprimée. Finalement, je préfère ce qui est beau et soigné à ce qui est bon » là Ophélie n’ajoute rien elle doit être d’accord.


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Ce petit livre d’Ophélie, le NEIMAN quoi, et vous savez combien j’aime les petits livres, est un pur produit de ce que la Toile, la blogosphère, peut produire de meilleur en direction des non-initiés. Ophélie avec son côté primesautier balise le chemin qui mène à une vision du vin décomplexée, ludique, sans affèterie et elle œuvre, bien plus efficacement que beaucoup de grands critiques, à l’extension du domaine du vin. En ouvrant des petites fenêtres sur un monde inconnu, adorant le quant à soi, la congratulation entre soi, Ophélie fait passer un souffle de fraîcheur salutaire. Demain je rebondirai sur la nécessaire popularisation de la connaissance du vin en tentant de mettre en perspective l’un des outils de celle-ci : la dégustation.

 

PS. AVIS aux libraires : pour qu’un livre soit acheté chez vous encore faudrait-il qu’il soit bien distribué et mis en valeur, sinon le développement des achats sur le Net va vous couler…


 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:09

Le nonsense, accompagné du bien manger et du bien boire, en ces temps gris et incertains, est la seule thérapie pour échapper au spleen. Démonstration du Taulier.


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Le 31 mai 1940 « l’Os à moelle » se saborde son fondateur écrit « Ce qui m’est arrivé est parfaitement logique. Il est bien connu que l’os à moelle se décompose au contact du vert-de-gris… » Nos amis allemands sont aux portes de Paris, en panzers, et André Isaac, né à Châlons-sur-Marne, dit Pierre Dac, un peu juif sur les bords, sur les conseils d’Henri Jeanson, prend le maquis car il est en tête de liste des personnalités que les nazis veulent arrêter.

 

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Lorsqu’en 1938, le premier numéro paraîtra le 13 mai 1938, Pierre Dac réfléchit pendant un mois à la formule et propose un titre : « l’Os à moelle »


-         Pourquoi lui demande-t-on ?

-         Pourquoi pas, répond-il du tac au tac.


Les jeunes vont représenter l’essentiel de son lectorat, « les 10-18 ans reconnaissent Pierre Dac comme l’un des leurs, même s’il a l’âge d’être leur père. Sa maîtrise du verbe, sa bonne humeur anarchiste qui ne fait de mal à personne amusent aussi parents et grands-parents. » Certains intellectuels se déchaînent contre ce qu’ils appellent une « vulgarité indécente ». Pierre Dac n’en a cure, autour de lui et de son club des loufoques nait, dirait-on aujourd’hui, un véritable mouvement de société à l’heure où la IIIe république entame sa lente décomposition. Tout le monde se défoule autour d’une forme française du « nonsense » britannique.

 

Je vous propose à la fin de cette chronique un des éditoriaux de Pierre  Dac : « Le Droit au Rêve »


Maintenant venons-en aux choses sérieuses : L’os à moelle – un plaisir suprême bon marché ! comme le titrait un critique helvète «Fourchette & Couteau» qui écrivait « Que l’os soit coupé en deux ou en tranches classiques: la moelle osseuse est de retour dans les assiettes suisses et enchante les amateurs de plaisirs carnés authentiques » Le chef de cuisine newyorkais et auteur de livres mondialement connu Anthony Bourdain appelle la moelle le «beurre des dieux».


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L’os à moelle est un os de bœuf  car seuls les os longs de gros bovins contiennent suffisamment de moelle. Les os de veau sont encore trop cartilagineux. Un détail, ne pas confondre la moelle des os et la moelle épinière dont la consommation a été interdite suite à l’ESB. L’os a moelle doit être frais car les os se gâtent rapidement, leur structure est plus poreuse que celle de la viande de muscle (2 ou 3 jours au frigo). Pour la préparation, selon les spécialistes, il faut laisser les os à moelle entre 12 et 24 heures dans de l’eau. Le sang contenu dans la moelle doit pouvoir s’écouler, sinon celle-ci ne serait pas d’une couleur claire comme le beurre mais plutôt grisâtre.


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Erik Hämmerli qui tient à Zurich le restaurant Bederhof présente l’os à moelle, long d’environ 30 centimètres, coupé dans le sens de la longueur, cuit au four. «Il a fallu un peu de temps avant de convaincre mon boucher de scier l’os dans le sens de la longueur», dit-il.

 

Comme vous pouvez le supposer, en me suivant au long de cette chronique, « je suis fou des os à moelle ! » et la sortie du dernier opus de Stéphane Reynaud « Le Livre de la Tripe » chez Marabout 19,90 euros ne pouvait que me faire saliver en pensée, ce qui vous l’avouerez est une performance digne de votre Taulier préféré. Il faut dire que le chef Stéphane Reynaud sait y faire pour exciter mes neurones gustatifs quand, en évoquant les fameux morceaux du boucher, vendus traditionnellement par les tripiers, l’onglet, la hampe, l’araignée, il nous offre des perles rares « qui restent à l’abri  des regards et un sourire charmeur sera nécessaire si l’on souhaite les voir  dans son panier. L’os à moelle, c’est de la douceur animale, ça va vous faire pleurer les papilles ; nature ou en pot-au-feu, il donne cette petite touche de waouh qui fait la différence. »


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M’en tenir là aurait tenu d’un ascétisme quasi-monacal bien étranger à l’ADN  de votre Taulier. La bonne décision vint de suite : convoquer ma copine Isabelle la cathodique, dont l’appétit d’ogresse stupéfie le Tout Paris, pour prendre la direction du 9/3 vers Montreuil-sous-Bois 71 Rue Hoche où Stéphane Reynaud a posé ses pénates à la villa9trois www.villa9trois.com/ lorsqu’il a quitté son « Au 14 juillet il y a toujours des lampions » rue Didot dans le XIVe. Rendez-vous avait été pris par mon ogresse préférée à une heure très parisienne qui n’est que le tout début d’une nuit blanche. Selon une tradition bien établie j’arrivai à la villa en avance, et Isa en retard, moi mon livre sous le bras. Je ne connaissais Stéphane Reynaud qu’en photo mais, je le savais Ardéchois de Saint-Agrève et que son pépé à lui c’était pépé François boucher de son état (le mien c’était Louis avec ses deux grands blancs dans son étable). Bref, nous n’eûmes pas à briser la glace, l’homme est avenant, abord direct et chaleureux ce qui me permis de lui confier mon addiction sans rémission pour l’os à moelle.

 

Alors, avant même que mon ogresse ne pointât le bout de son joli nez, Stéphane Reynaud me fit préparer ceci :


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Sans emphase ce fut l’extase qui aurait pu tourner à l’épectase montreuilloise si votre Taulier, en vieux routier, ne savait maîtriser ses éruptions gustatives. Et ce n’était qu’un début dont la suite vous sera conté sur le bout de ma langue www.leboutdemalangue.blogspot.com la cantine chic et choc d’Isabelle la cathodique. Quand ? Je ne sais mais je vous ferai signe. Ce que je puis vous dire de suite c’est que la villa9trois c’est une adresse à inscrire de suite dans votre carnet d’adresses. Je vais même vous faire une confidence : on y mange ! Oui vous savez : la satiété ce sentiment si rare, si précieux, que l’on éprouve comme disait Ambrose Bierce « pour une assiette après avoir mangé son contenu. » Cuisine sincère, solide, la tradition revisitée, servie dans un cadre agréable et reposant avec une simplicité de bon aloi.


Reste pour moi à vous narrer le bout du bout de mon extase, cette bouche en émoi sous l’onctuosité de ce beurre des dieux, qui appelait, je dirais même exigeait, une purification. Péché de chère (sic) n’a nul besoin de contrition, il vous suffit de boire pour être absout. Boire vif, drainer vos papilles de minéralité, boire un à ligoté d’Alice et d’Olivier, de Moor bien sûr et le tour est joué : une nouvelle salve de plaisir peut être tirée…

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 00:09

Lorsqu’Annie* m’est tombée dessus, via le truc sans fil, pour me faire l’article pour son Poudou, Poudou par ci, Poudou par-là, tu verras, c’est un gars comme ça, et bla et bla et bla, j’ai fini par dire oui car avec Annie c’est toujours ainsi : je dis oui. Pour dire toute la vérité le sieur Poudou, que je ne connaissais pas, mais je connais si peu de monde dans notre petit monde, son patronyme, alors qu’Annie me tenait le crachoir – pro la Annie –, le son de son patronyme me faisait penser au célèbre Saint Antoine de Padoue, chère à ma tante Valentine, qui était bien pratique à invoquer lorsqu’on avait égaré quelque chose auquel on tenait. Par la suite, grâce aux petits papiers d’Annie – pas ceux des sucettes à l’anis – j’appris que son Poudou portait un nom prédestiné puisque Poudou provient du verbe « poudar » : tailler la vigne.


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Donc le jour dit je m’aventurai dans un quartier que je connais bien, puisque j’y ai travaillé au temps de la SIDO, Victor Hugo. Très exactement rue Bugeaud, et comme j’avais le cœur léger, je fredonnais « l’as-tu vu, la casquette, la casquette (bis) du père Bugeaud… » en me rendant d’un pas vif jusqu’au restaurant Les Tablettes de Jean-Louis Nomicos. Fallait que je fasse fissa car j’avais après ces agapes un rendez-vous à la Maison du Lait pas tout près. Donc chrono en tête je me retrouvai face au fameux Poudou tant vanté par Annie. Belle carrure, franc sourire, l’homme est jovial, engageant et pour tout dire de suite bien sympathique. Sans faire de mauvais jeu de mots, pas boisée du tout la langue de Jean-Louis Poudou. Ça sonne juste, sans l’emphase méridionale mais avec un réel amour des mots et aussi de la formule qui frappe.


En plus, ce qui ne gâchait rien au plaisir de la conversation avec le Poudou d’Annie, c’est qu’il fait bon, que du bon : les vins de la Tour Boisée ça chalute plutôt dans le haut du panier. Suprême attention à mon égard le chef avait glissé au beau milieu du menu des macaronis-truffe noire-foie gras-parmesan-jus de veau à damner un saint mais comme je ne suis pas fait de ce bois-là j’ose écrire, paix à leur âme, que « je tuerais père et mère pour des macaronis… » Ceux-là tenaient du don de Dieu, non par le luxe des ingrédients mais par le savoir-faire d’alchimiste du chef. Face à un tel plaisir le vin se doit être à la hauteur : il le fut. Pour autant il pourrait m’être objecté que je fus ainsi acheté, que ma plume chante les louanges du Poudou d’Annie pour un plat de macaronis. Ben non, le Jean-Louis Poudou il m’aurait fait goûter ses vins avec un simple mâchon aux culs de ses barriques que ça n’aurait rien changé au film. Faites passer : c’est moi qui fais le film !


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Comme je ne suis pas « payé » pour vous entretenir de mes extases culinaires je vais vous causer un peu de La Tour Boisée. C’est un domaine familial depuis 1826, 82 ha de vignes, 2500 oliviers, 17 cépages sur un vignoble étendu sur l'une des plus vastes communes de l’Aude : Laure Minervois. C’est donc une affaire de famille. Depuis 1982, Marie-Claude, fille du domaine, a repris avec Jean-Louis les rennes de la Tour Boisée et la nouvelle génération est partie prenante. Cette lignée de vignerons qui vient de loin puisque «  la famille cultivait déjà pour les moines de l’abbaye de St Hilaire les vignes au XIIIe siècle aujourd’hui encore continue de garder sa ligne directrice : « accent sur les cépages traditionnels, travail essentiel sur les sols et, enfin, d’un beau raisin… ». Le passage du raisonné au bio, le millésime 2013 sera certifié, se situe dans cette trajectoire du toujours mieux.


Bien plus que les macaronis du chef des Tablettes ce qui me rend proche de Jean-Louis Poudou c’est qu’il représente pour moi un vigneron dont l'ADN est marqué par la vérité de ce que doit-être une Appellation d’Origine Contrôlée. Celle, si je puis l’écrire, des origines et non ce galimatias normatif élaboré pour camoufler la perte des repères liée à l’extension inconsidérée des superficies d’AOC. L’homme de la vigne et du vin doit être au centre « observation, intuition et expérience », il fixe les enjeux de ses gestes, de ses choix, il les assume loin des faiseurs de règles rémunérés pour contrôler la masse du troupeau. En plus, chez le Poudou d’Annie il y a cette part de folie que les gens sérieux bien assis dans leur fauteuil appellent l’esprit d’aventure, c’est-à-dire oser explorer de nouvelles pistes, se lancer des défis, sortir de la routine, de la sécurité sociale des consultants de tout poil. À force de tout baliser, d’assurer la sécurité plus personne ne prête attention au paysage. Tout se ressemble. C’est morne. C’est triste. C’est la qualité normée. Tout ça fait vivre du monde sur la bête sans rien vraiment apporter au consommateur. Si les AOC veulent retrouver leur lustre elles se doivent de ne pas singer les produits de grandes consommation et accepter à leur lisière des vins qui eux sont produits avec les normes de l’agro-alimentaire. Ambiguïté quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas.


Comme j’avais dû quitter précipitamment les agapes du 9 octobre, pour aller m’occuper de mes vaches qui me nourrissent, je demandai à Annie de pouvoir revoir son Poudou à un autre moment pour pouvoir continuer notre conversation. Ce qui fut fait. Bien sûr j’avais collationné les formules bien ciselées du sieur Jean-Louis « La qualité d’un domaine se mesure au soin que le vigneron apporte à son plus petit vin. » « Sans être rebelles, nous avons des particularités à mettre en valeur : nous sommes entre deux mondes, le cartésien mais aussi le monde des gens qui ont le cœur à la bonne place. Le vin c’est de l’amour et de la paix. Où il y a le vin, il y a la paix. » Déjà j’avais trouvé le titre de ma chronique ce qui chez moi est le facteur déclenchant de l’écriture : besoin de trouver un angle, une accroche : pas simple lorsque les chères collègues d’Annie ne font que me pisser de la copie à copier-coller.


Rendez-vous fut pris par Annie sitôt un déjeuner de grosses pointures toujours du côté du père Bugeaud. Faisait beau, Victor Hugo fleurait bon le sable chaud. Jean-Louis Poudou tenait la forme. Pour faire joli il se définissait comme un gros râleur avant de faire du Nicolas Joly en plus vrai que nature et sincère que le dit : l’origine, les ondes émises par le sol, la main de l’homme, l’énergie tellurique, « le vin c’est de l’énergie » et Jean-Louis a envie de voir des humains avec de l’énergie. Ce costaud qui a le cœur en bonne place pratique l’introspection, se fait petit face à dame Nature, mais face à la tronche du raisin de l’année, il se dit avec ceux qui travaillent avec lui : « et si nous tentions de pousser une porte de plus… » Le doute certes mais celui qui permet de choisir de dire oui ou de dire non sans forcément le crier sur les toits de Laure Minervois. Notre Poudou est un bon politique, espèce rare sous le climat du Grand Sud où l’on cultive plutôt des présidents à la langue boisée. Je le titille un peu pour lui tirer un secret : son vin préféré ? Il essaye d’esquiver mais pas question de ne pas répondre au Taulier. Enfin il lâche : Jardin Secret 2002 car il est très IIIe République œufs mimosas et Vol au Vent. Nous digressons sur le Vol au Vent commandé chez le boulanger, la finesse du feuilleté, le chapeau, et puis bien sûr ce qu’on met dedans. Même Annie se tient coite, ce qui est une haute performance de sa part. J’aime ces instants où l’on se laisse aller à bavarder de tout, de rien, de la vie que l’on vit, des oiseaux, des perdrix et de je ne sais qui.


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Reste que votre Taulier adore voir ses élucubrations anciennes lus et approuvées par un gars de la carrure de Jean-Louis Poudou. Il pratique l’un de mes sports préférés : le mass tige ! Chez lui, à la Tour Boisée sa gamme est une pyramide inversée : la plus petite production est celle des premiers Minervois, la plus importante, celle des grands vins. » Mass comme mass media et tige comme Prestige voilà un réel enjeu pour notre grand pays généraliste du vin savoir allier la quantité et le cousu main. Ce n’est pas à la portée de tout le monde mais sans aucun doute de beaucoup dans le monde des TPE du vin. De grâce, M .le Ministre sortez de vos tête à tête avec les ronds de cuir des OP. En clair, Le Foll vient casser une graine chez Poudou.


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Donc, comme vous l’avez tous compris, je suis en cheville avec Annie, c’est pour ça que je la cite à l’envi. Trêve de plaisanterie car les malintentionnés pourraient me prendre au premier degré. Pour plus de connaissance sur les vins de la Tour Boisée allez sans tarder sur son site www.domainelatourboisee.com moi j’ai pris le parti de centrer ma focale sur le Poudou d’Annie. Pour autant, notre Jean-Louis, en bon sudiste, laisse les femmes à la maison (joke) elles sont pourtant majoritaires sur les étiquettes des vins : je salue donc de loin Marie-Claude, Marielle et Frédérique avant d’avoir le plaisir de les retrouver chez elles sur la route des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle « les collines de Laure ». Comme le dit le jingle de l’Oréal « parce que je le vaux bien… et que je ne coûte pas cher… »

 

* Annie c'est qui ? C'est Annie, tout le monde sait ça !


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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 00:09

 

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À la grande époque du Beaujolais Nouveau ce que j’appréciais tout particulièrement c’était une forme joyeuse de dramaturgie orchestrée par de célèbres ripailleurs bons buveurs qui ne se prenaient pas la tête et qui s’affichaient en public dans les médias sans souci de leur image. On l’attendait comme le Messie le Beaujolais Nouveau dans le monde entier. Une belle saga qui a tourné au vinaigre. Comme chacun sait notre brave Bojolo Nouvo s’est payé une grosse gamelle, entrainant dans sa chute toute l’appellation, et après avoir été adulé il s’est fait méchamment dézinguer. Et plus dure fut la chute, beaucoup d’anciens laudateurs s’empressèrent de retourner leur veste pour rejoindre la nouvelle génération de buveurs qui souhaitaient faire la fête le fameux troisième jeudi de novembre avec un jaja un peu plus authentique, plus nature.


Au temps des fastes du POINT de l’ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble, avant que FOG nous punissent, la réception dans les locaux de l’hebdo, autour de la sortie du Beaujolais Nouveau, démontrait aux pisse-vinaigre que, dans le flot impétueux de la médiocrité pinardière tirée par les gros faiseurs de la GD, surnageaient des vignerons qui faisaient toujours bon. C’était la fête et, comme les occasions de la faire se raréfient, comme s’il fallait se planquer, du fait de la morosité généralisée, ne pas afficher des signes extérieurs de jeunesse, votre Taulier a décidé de s’impliquer à fond dans la promotion du Bojolo Nuovo 2012. Pour ce faire, comme il n’a rien à cacher, contrairement à la campagne officielle qui se veut « modeuse » et habillée, mais qui est un peu mièvre, lui a décidé de mettre à nu tous ses attributs. Je n’en dirai pas plus.

 

Attente insoutenable, insupportable, alors pour faire patienter les fans du Taulier je vous propose deux bons plans en ce jour de chrysanthèmes en pots :


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1-      Contemplez la photo de Berthomeau qui fait le beau chez Renault sur les Champs pour avoir un avant-goût de ce qui vous attend ;


2-     Écoutez la merveilleuse LOU DOILLON qui fait tout elle-même et qui le fait bien



Pour LOU je ne viens pas à la rescousse du grand succès de son premier album ICU que j’ai écouté en Corse sur Deezeer avant sa sortie commerciale et que j’ai de suite aimé. Bonne écoute et à bientôt sur mes lignes…


Capable de tout le Taulier ! La preuve avant la sortie du Beaujolais Nouveau…

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 00:09

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« Il peut le dire… » est une affirmation culte tirée du sketch, non moins culte  Le Sar Rabin Dranath Duval de Francis Blanche et de Pierre Daclink  dont l’un des enregistrement dans sa version audio *, celle qui l'a popularisée - via la radio - auprès du grand public, les deux compères ayant un peu forcé sur le divin nectar avant leur spectacle sont gais, gentiment bourrés, joyeusement déjantés, ce qui donne à leur prestation une saveur inoubliable. Allez sur Google : pierredac.free.fr/sketch01.htm et téléchargez le sketch au format MP3. Un bijou à écouter absolument : le rire franc et massif


Oui, Véronique du Mas Coris, elle aussi « Elle peut le dire… » et, comme elle est une jeune femme moderne, elle vous le dit en images, de belles images en musique, elle nous fait son petit cinéma. Bravo Véro, voilà de la belle ouvrage !


Je lui laisse la plume d’abord:

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« Pour le petit laïus de présentation, je vais faire court…

Les images sont souvent plus parlantes que les mots, je vous invite donc à partager le quotidien de nos dernières semaines lors de nos vendanges en vidéo…

Ce sont nos troisièmes vendanges, donc notre troisième millésime, c'est peu et nous apprenons tous les jours de cette aventure. Sur 3 hectares, en bio, nous vinifions un rosé et 3 rouge.

Notre passion et nos joies grandissent sans cesse, notre étonnement aussi. Etonnement et joie de se dire que quelque part une tablée de copains, d'amis, partage nos vins et se régalent..

Permettre aux gens de se faire de chouettes souvenirs, que demander de plus ?

Pour nous connaitre mieux et en savoir plus sur notre petit domaine, c'est ici avec le lien vers le blog http://mas-coris.com/a-propos »


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 00:09

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Saint-Nazaire n’est pas à proprement parler un petit port de pêche, dans mon souvenir d’enfant son nom a toujours été associé aux chantiers de construction navale, les grands transatlantiques : le Normandie, le France lancé à 16 h 15, une demi-heure avant la pleine mer afin de profiter du courant de flot – le jour avait été choisi en raison de la première marée avec une amplitude suffisante – sa marraine, tante Yvonne, accompagnant le Général, coupait le ruban qui liait la traditionnelle bouteille de champagne, et le France glissait sur les rampes de bois, pénétrait dans l'eau à 33 km/h. Sept minutes plus tard, six remorqueurs le prenaient en charge et l'amenaient vers la forme Joubert, d'où quatre d’entre eux le conduisaient au quai de Penhoët. À 16 h 30, le Géné ral de Gaulle prononçait un discours, qui s'achevait par « Et maintenant, que France s'achève et s'en aille vers l'océan, pour y voguer et servir ! Vive le France, vive la France ! »


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Vous comprendrez donc mieux que dans mon imaginaire trottait la phrase de Jean Giraudoux dans Suzanne et le Pacifique « … des voyageurs retour de Damas, qui partaient pour l’Océanie, regardaient avec émoi, symbole de la vie errante, des mouettes qui n’avaient jamais quitté Saint-Nazaire »


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C’était aussi la base de la Kriegsmarine, et Patrick Deville, enfant, d’écrire, dans une contribution pour le livre dont je vais vous entretenir, «  au début de ce même printemps quarante-deux, l’enfant et les hommes travaillent à la vigne de Noah sur la butte lorsqu’à midi la déflagration leur fait lever des yeux vers l’horizon et Saint-Nazaire et une haute colonne de fumée noire. C’est l’opération Chariot des héroïques commandos anglais et canadiens. Ils viennent de lancer à pleine vitesse le Campbeltown maquillé en navire allemand sur la porte-écluse de la forme Joubert. Les soutes sont bourrées d’explosif. La cale est mise hors d’usage pour toute la durée de la guerre. »  La base sera elle indestructible et l’aviation alliée transformera la ville en un champ de ruines. Les allemands encerclés y résisteront. La Poche tiendra près d’un an après la libération de Paris.


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En 68, c’est à Nantes qu'a lieu à Nord-Aviation la première occupation d'usines, le 14 mai 1968. D'autres occupations d'usines et grèves vont suivre aux usines Renault du Mans ou encore dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. La fièvre monte, la rue est en ébullition « drapeaux rouges et drapeaux noirs flottent désormais régulièrement sur les usines de cette région. On a pu parler d'une "commune de Nantes" dirigée pendant quelques jours par un comité central de grève composé d'étudiants, d'ouvriers et de paysans. La violence, la force de mai 1968 dans les deux régions sont dues certes au rôle des syndicats d'ouvriers, de paysans, d'étudiants mais aussi au développement d'une nouvelle gauche qui regroupe la CFDT, le PSU  ; ces derniers ont attiré à eux les catholiques de gauche, révoltés par les injustices et les inégalités sociales ou régionales. »


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La première fois que je suis allé à Saint-Nazaire c’était pour rendre visite au triturateur d’oléagineux Cargill  et je suis allé dans la base qui à l’époque, en quasi abandon, abritait des silos de soja importés. En 1994, la municipalité de Saint-Nazaire décide de lancer le projet Ville-Port destiné à réhabiliter la zone de la base qui n'est alors qu'une vaste friche industrielle.

Bien avant, « Le quatre septembre 1982 ouvrait la boutique Le Tastevin (87 Rue Jean Jaurès, 44600 Saint-Nazaire, France+33 2 40 66 55 57). En 1987 naissait la Meet (Maison des écrivains étrangers et des traducteurs) Celle-ci mettait à la disposition des écrivains et des traducteurs en résidence un appartement situé au dixième étage « Le Building », sur le port de Saint-Nazaire, extraordinaire belvédère sur l’estuaire de la Loire. »


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Serge Batard et Jean-Luc Danto les cavistes du Tastevin pour fêter les 30 ans de la maison ont eu la riche idée de demander « aux écrivains étrangers avec lesquels –ils – avaient noué des relations les plus amicales, souvent autour de bons repas accompagnés de beaux flacons ligériens, un texte sur la Loire et ses vins. » Pour compléter ces points de vue venue d’ailleurs « deux Ligériens et estuariens » ont été sollicité « pour remonter le temps de la vigne et du vin dans ce département de Loire anciennement inférieure et maintenant Atlantique. »


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Vous pensez bien que votre Taulier, petit Vendéen, né aux lisières du pays des Olonne et de Brem, comme le dirait le jeune Mourat « la Loire méridionale », s’est précipité sur cet opus « De l’autre côté du vin » chez Meet »  15€ www.maisonsdesecrivainsetrangers.com et sa lecture ne l’a pas déçu, loin de là, j’ai beaucoup apprécié certaines contributions. Détail d’importance : les textes sont bilingues : normal nous sommes ici dans une maison d’écrivains et de traducteurs.


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Le lundi 27 novembre, pour le vingt-cinquième anniversaire où « vingt-cinq vignerons venus de toute la France vinicole, parmi les meilleurs, ont fait le voyage vendredi et samedi pour souffler les 25 bougies du gâteau d'anniversaire de son entreprise, et fêter avec lui une réussite singulière et sans tapage fondée sur deux postulats simples : l'exigence et l'excellence. Jean-Luc Danto reconnaît modestement que « bien connaître le vin et les hommes a participé à cette évolution ».


« Il s'en souvient comme si c'était hier. Un de ces instants qui change le cours d'une vie. Jean-Luc Danto était technicien aux PTT à l'époque. Et buveur d'eau. Un jour, son frère, Guy, l'invite au restaurant et commande une bonne bouteille. « Une côte rôtie 1955 Pour moi, cela a été un choc émotionnel. » De ce moment, il a su qu'il deviendrait caviste.


Certitude diffuse qu'il concrétise en 1982 en créant avec son aîné et un ami vigneron, Serge Batard, Le Tastevin. Le commerce du vin est alors à la croisée des chemins. « Les anciens fournisseurs de vin-fuel-charbon disparaissaient du paysage. Et l'heure du renouveau n'avait pas encore sonné, à part pour quelques pionniers comme Jean-Paul Lescluze à Rennes ou Jean-Christophe Estève à Paris. » Coïncidence pour le moins symbolique, il ouvre boutique rue d'Anjou, quelques jours avant Auchan. »


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Bref votre Taulier vous propose donc d’acheter ce livre original et passionnant, si vous hésitez alors attendez les bonnes feuilles que je vais vous proposer dans quelques Afterwork du Taulier.


à suivre donc…

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 00:09

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La petite tempête médiatique soulevée par la revendication du patron, disons le Directeur-Général délégué du Groupe Marie-Claire, JP Lubot, de se faire régaler gratos, en compagnie de je ne sais qui, qui sera vite oubliée, rangée au rang des tempêtes dans un verre d’eau et la défense du susdit par Renaud Revel, élégant rédacteur en chef à l’Express et blogueur d’occasion, tout simplement titrée L’indécent lynchage du DG de Marie-Claire, m’inspire.


« Qui ne dit mot consent » alors afin de lever la suspicion du « tous pourris », des « copains et des coquins », corrupteurs et corrompus, quoi de plus simple de proposer que les restaurateurs adeptes de la méthode Pierre Jancou sortent de ce cloaque pour faire savoir aux cochons de payants ordinaires que les critiques glanées par eux dans la presse ou sur le Net, émanent de gens qui payent leurs additions.


C’est simple comme un engagement : « je certifie que chez moi tout le monde paye son addition… »


Puis-je parler d’un « engagement sur l’honneur » c’est si désuet ?


Oui, je tente afin de redonner des couleurs à ce mot bien galvaudé par « La presse française, (qui) dans sa totalité, publie chaque semaine qui passe et à longueur de colonnes, des kilomètres de reportages vantant des plages paradisiaques, des havres de paix et des circuits de rêve. Et tous ces séjours panoramiques nous sont vantés par des reporters de choc dument invités par des organismes ou des industriels du tourisme. » Dixit le sieur Revel.

 

Bien sûr, le label du taulier n’empêchera pas la dite presse « qui n’a plus les moyens d’envoyer des journalistes au-delà du périphérique parisien… » et qui « a institutionnalisé ce système. », toujours selon le Revel, de barboter dans le caniveau pour appâter les gogos. Tant pis pour eux me direz-vous ! Certes, mais nous les « petits blogueurs de merde » qui tentons de surnager dans cet océan de boue nous souhaitons vraiment ne pas voisiner avec ces ripoux de quatre sous « Il n’est pas une journaliste traitant de la joaillerie dans un grand magazine féminin qui s’imagine acheter un bijou dans une gamme de marques, dont elle a eu à traiter de l’actualité, à son prix réel. C’est ainsi. »


Du côté des critiques de toute condition ne serait-ce trop leur demander d’adhérer à ce type de label en abandonnant, pour certains me dit-on, leur tradition de pique-assiette et de visites accompagnées.


Ma proposition va être jugée bien naïve car elle touche à toute l’économie d’un système et que la frontière n’est pas facile à tracer lorsqu’il s’agit de voyages de presse ou de repas organisés autour de la dégustation des vins d’un propriétaire par exemple. Comme je n’ai pas l’âme d’un quelconque Saint-Just, rien ne me paraît plus simple que de dire à ses lecteurs les conditions dans lesquelles les uns et les autres nous pratiquons notre petite ouvrage. La confiance ça se mérite. Faire appel à l’intelligence de ceux qui nous lisent me semble le moindre des respects que nous leur devons.

 

Je n’aime pas beaucoup le concept de transparence mis à toutes  les sauces car il laisse accroire qu’il y a d’un côté les purs et de l’autres les coquins. Nous avons tous en nous une part d’ombre, nos secrets, nos défaillances, reste qu’il me semble qu’informer dans la clarté ceux qui nous font confiance n'est pas hors de portée : nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraîche (surtout de la seconde). Les tricheurs sont légion, tôt ou tard, ou jamais parfois, ils se font rattraper par la patrouille : pas vrai Lance ! Bref, il me sera rétorqué que le respect de ces engagements est invérifiable donc que mon label sera un truc qui ne servira à rien.


À quoi bon, donc ?


N’étant pas aquaboniste je répondrai simplement : à mettre un peu d’élégance morale dans ce monde d’arrivistes. Corinne Maier vient de commettre chez Flammarion 16€ un opus « PETIT MANUEL DU PARFAIT ARRIVISTE » où elle déclare que nous vivons dans un monde où prospèrent imposteurs, sérial-menteurs, et autre professionnel de la langue de bois.  Le faux règne en maître et comme la mauvaise monnaie chasse la bonne, les gens de peu désespèrent. Comme je les comprends. L’élite de l’apparence brocardée par Olivier Bardolle dans son livre link ne suscite qu’au mieux du mépris, au pire de l’envie.


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Votre Taulier n’a nulle envie, lui, de jouer les supplétifs, le passeur de plats à cette engeance, alors tout en sachant qu’il pisse dans un violon, que sa proposition va tomber dans les abysses du Net, ça lui fait du bien de donner de l’urticaire à celles et ceux qui barbotent dans ce monde de toc et de paraître.


N’ayant aucun talent de graphiste, ni en quoi que ce soit d’ailleurs sauf peut-être la peinture en bâtiment, à la chaux et aux pigments, je délègue au Sieurs Pousson et des Ligneris le soin de concocter l’image de ce nouveau label,  simple et de bon goût bien sûr, tout le contraire de ce dont raffolent les parvenus cible privilégiée de cette presse qui est, nous dit-on, bien malade : l’empire Hersant est à l’encan et la chasse au Google est ouverte. Sachez aussi qu’il est possible de se payer les services d’une Agence pour poster des faux commentaires sur le Net : on n’arrête pas le progrès. Comment des entreprises françaises fabriquent et vendent de faux avis sur le Net link 

 

« En attendant, les internautes qui douteraient désormais un peu plus de la fiabilité des avis peuvent toujours se raccrocher au conseil donné au XIXème siècle par Oscar Wilde : « Quand les gens sont de mon avis, j’ai toujours le sentiment de m’être trompé ». conclut Geoffrey Le Guilcher l’auteur de l’article dans les Inroks.

 

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© Vincent Pousson le grapheur qui graphe plus vite que son ombre

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