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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 00:07

De toute ma vie jamais je n’avais eu de fil à la patte, oiseau du ciel qui ne sème ni ne moissonne j’allais et venais au gré de la nécessité, de mes envies ou de la volonté des autres, et puis voilà que soudain, coup sur coup, si je puis m’exprimer ainsi, j’allais m’en nouer deux des plus solides : l’un de sang et l’autre de pierre. Pendant tout le temps de l’attente de la confirmation de ma paternité l’inflexible Jasmine décréta l’abstinence au motif qu’elle voulait connaître avec précision le jour et l’heure de la « création » de notre enfant. Bien avant l’échéance je dus très vite me rendre à l’évidence : j’allais vraiment être père car Jasmine affichait avec une précocité stupéfiante tous les symptômes traditionnels de la femme enceinte : envies fulgurantes à toute heure du jour et de la nuit, nausées, seins tendus, hyperactivité. Très vite aussi je pris conscience de mon exclusion : tout allait se passer hors de moi, en elle, pour lui, entre elle et lui. Le souvenir des deux cent soixante cinq jours que j’avais passés à couvert dans la tiédeur de ma bulle amniotique me revenait. Baignant dans le ravissement j’y avais coulé les jours heureux d'un fœtus anonyme, béat et ignare, des jours que je croyais éternels. Tel un coq en pâte je me contentais de prospérer, de croître en paix. Fort de l’expérience de mon séjour dans le royaume de ma mère j’adoptais vis-à-vis de Jasmine la bonne distance : disponible, attentionné, aimant mais toujours soucieux de ne jamais empiéter sur son nouveau territoire secret.

 

Sans m’accaparer le rôle éminent de Laurence Pernoud dans le conseil aux futures mères, son livre-culte « J’attends un enfant » trônait déjà sur la table de nuit de Jasmine, mon compagnonnage près de mes nombreuses amies femmes m’avait permis de constater que celles-ci, lorsqu’elles portaient un enfant, même les plus féministes d’entre-elles, opéraient un retour en force sur le nid. J’allais donc m’occuper du nid. Dans un premier temps je baguenaudais dans Paris à la recherche du lieu idéal sans jamais me risquer à pousser la porte d’une agence immobilière car j’ai toujours eu en horreur les intermédiaires. Les jours passaient. Jasmine s’épandait doucement. Tout se fit en une petite semaine. Comment ? Par un enchaînement de hasards heureux qui portèrent jusqu’à moi cette belle maison étrangement située dans un verdoyant passage reliant la rue de la Goutte d’Or à la rue Polonceau. Avant même d’en connaître le prix j’avais dit au propriétaire médusé : « J’achète !» Le pauvre homme, contraint de se séparer de ce bijou pour dénouer un divorce tumultueux, dut avoir des envies de meurtre. Présenté à lui par un ami j’étais son premier visiteur. Ma brusquerie le déstabilisait. Pour l’emporter en force j’enfonçai grossièrement le clou « 20% en sus ce soir entre vos mains, ça vous va ? » Un instant je crus qu’il allait me jeter mais la perspective de soustraire une partie de la vente à la rapacité de son ex-femme et au fisc le ramenait à la raison. Devant lui j’appelais l’emplâtré qui gérait à la banque mon portefeuille « Vendez tout ! » lui avais-je intimé. « Mais ça va encore monter, attendez, faites un prêt relais… » Je l’envoyais balader et je raccrochais.

 

Laissant à Jasmine l’ensemble des pièces bourgeoises je m’installai dans la lingerie, une grande pièce claire donnant sur le jardin. J’y rapatriai tous les cartons que j’avais essaimés un peu partout au temps de mon errance. Dans la journée j’occupais le rôle d’intendant auprès de la future mère et la nuit je me plongeais dans mes archives. Au milieu de ce capharnaüm de coupures de journaux, de photos jaunis, de livres annotés, de petits carnets, de lettres, de documents administratifs, de factures, assis à même le sol, sous le trait blanc d’une grosse lampe d’architecte, je triais, jetais, empilais, en écoutant des galettes de vinyle sur une platine disque hypersophistiquée. Jasmine me portait des brocs de café. Parfois elle s’asseyait en tailleur face à moi pour me regarder faire. Je lui tendais une photo « Tiens, regarde notre nouveau Ministre des Affaires Etrangères au temps des matins blêmes du quartier Latin… » Elle commentait « il semblait éperdu… » Je soupirais en feuilletant un vieux Canard Enchaîné. Jasmine se plaçait à genoux derrière moi et s’appuyait sur mes épaules. Je sentais l’arc tendu de son ventre arrondi. « Il est drôle celui-là, on dirait un gros bébé derrière les barreaux de son parc… » Je me gondolais doucement « Tu as raison Geismar avec sa bouille de joufflu a toujours eu l’air d’un bébé Cadum égaré sur les barricades… »

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 00:00

Alors, ce matin, pour vous reposer de ma prose trop souvent abondante, je vous propose que des photos, des clichés glanés au gré de mes balades. Si vous souhaitez recevoir l'une d'entre elles il vous suffit de la demander, la maison livre gratuitement. Bonne fin de semaine à tous

Celle-ci est pour dimanche soir vu l'inflation des listes et des candidats va y avoir comme dirait l'autre des vestes en pagaille...

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 00:08

 










« Combien de Divisions ? » ironisait le « Petit père du Peuple », cher aux cœurs des tauliers de la Place du Colonel Fabien de la grande époque qui n’aimaient rien tant qu’aller se reposer dans les datchas de la nomenklatura du Kremlin, à propos du Pape de Rome. Au temps où les Papes avaient, comme les Souverains, une Cour, et que la Curie Romaine était au centre des affaires de ce monde du XIIIe siècle aucun grand problème international, d’ordre diplomatique, politique ou bien sûr ecclésial n’échappait à l’attention de Rome, la question ne se posait bien évidemment pas.

Ce matin nous laisserons de côté les grands problèmes de géopolitique du Monde médiéval pour nous intéresser à la vie quotidienne du Pape, de ce qui touche à l’alimentation et à l’organisation de la table à la cour pontificale car c'est révélateur d'une époque méconnue des Français. Pour ce faire, je vous livre quelques extraits du livre d’Agostino Paravicini Bagliani « La Cour des Papes au XIIIe siècle » collection La Vie Quotidienne publié en 1995 chez Hachette, en mettant un focus sur le vin.

Les dîners solennels réunissant le Pape et certains membres de la Curie :

« De même, les bouteillers devaient préparer « tous les vases en verre et en bois nécessaires pour le vin », aussi bien pendant l’année que le jeudi saint. Les jours de fête, ils préparaient le clairet, rouge et blanc, ainsi que le vin « pour tous ceux qui boivent avec lui (le pape) dans la grande salle, comme dans certaines festivités ». Le pape avait en effet l’habitude d’offrir du vin et des petits gâteaux après de telles cérémonies liturgiques… »

Repas festif et pantagruélique :

« Au XIIIe siècle, il est arrivé que des cardinaux – surtout ceux qui avaient une descendance noble – reçoivent le pape avec luxe et magnificence […] Ce texte raconte la réception officielle que la cardinal Annibaldo Annibaldi, descendant d’une grande famille romaine, offrit au pape Clément VI (1342-1352) * »

« Le repas comporta trois fois neuf services, soit vingt-sept, d’une telle variété que je n’ai pas de mémoire à vouloir les décrire… mais en somme il faut penser que toutes les choses ici furent chères, bonnes, meilleures et très bonnes.

[…] Puis vint le cinquième service ; et après cela des hommes amenèrent une fontaine, au milieu de laquelle se trouvait une petite tour, et sur cette tour une colonne d’où giclait du vin de cinq côtés : du premier de la vernaccia *, du deuxième du vin grec, du troisième du vin de Beaune, du quatrième du vin de Saint-Pourçain, du cinquième du vin du Rhin.

« […] La vernaccia, les vins grecs, de la Rochelle *, de Beaune, de Saint-Pourçain et du Rhin furent servis en abondance. C’étaient les vins les plus fins qu’on puisse avoir. »

« […] Le pape s’étant levé de table, il retourna avec joie dans sa chambre accompagné par lesdits cardinaux et les personnes qui avaient dîné avec lui… Le cardinal appela un écuyer et lui dit : « Porte de suite du vin et des épices » Et ainsi fut fait… et on donna du vin et des épices au pape et aux cardinaux et aux autres personnes qui étaient dans la chambre avec lui. Après le vin et les épices, notre seigneur (le pape) se leva de son siège et s’en alla à la fenêtre qui donnait sur le jardin, sur les prés et sur la rivière Sorgue. Le cardinal Annibaldo courut alors vers la porte de la chambre et dit à un écuyer : « Va et cours, et fais en sorte que les personnes passent sur le pont de la Sorgue : si che vi cagiano entro » Ainsi fut fait à la vue du pape, afin qu’il y prît du plaisir. »

La table du camerlingue (responsable de la Chambre apostolique :

« Outre les douze portions de vin habituelles, les bouteillers devaient fournir au camerlingue et aux clercs de la Chambre du « vin meilleur » ou la valeur correspondante en argent (20 sous par jour) ainsi que les fiasques « et tous les vases nécessaires pour servir à la mensa. »

L’intendance :

« Si le blé absorbe 19% des dépenses totales, pour l’achat du vin les sommes sont encore plus considérables. Elles s’élèvent à 44% de l’ensemble du budget de l’Aumônerie. Nous ne savons pas quel type de vin est acheté, mais les quantités sont indiquées de manière précise : environ 1000 litres pour huit personnes, ce qui correspond à un deux litres et demi par jour et par personne. Là aussi, les chiffres correspondent à ce que l’on sait par ailleurs : au Moyen Âge, la consommation du vin est généralement très forte. Le vin est une boisson « hygiénique », à préférer à « l’eau douteuse des fontaines ». Il faut se soucier en outre que les hommes qui travaillent à l’Aumônerie accomplissent tout au long de l’année des travaux lourds, dispendieux en énergie. »

* période avignonnaise
*  Vernaccia des Cinque Terre, en Ligurie
* vin du Poitou

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 00:07

 

Fait beau, fait chaud, le pavé de Paris sent bon le sable chaud, les berges de la Seine sont pleines d’adorateurs du Dieu Soleil, le mois de juin commence bien exception faites que je croise à chaque coin de rue la gueule de Cake du vieux bouffon de la bouffe qui s’étale sur les panneaux Decaux. Faut remplir le frigo mon coco j’me dis en fin d’après-midi alors j’suis parti à Monoprix. Bon je ne vais pas vous refaire le parcours du parfait consommateur que je suis – waouh les chevilles ! – mais vous « offrir » – je suis bon – rien que mon détour par le rayon boissons qui a toujours toute mon attention – toujours sur la brèche le mec !

En période de chaud le passage dans un supermarché équivaut à un séjour dans votre frigo. Tiens, faudra que je le signale aux grands esprits de la DGS pour la prochaine canicule. Bref, j’emplis mes cabas d’osier, même si la caisse verte (pour ceux qui n’utilisent pas les sacs plastiques) est ouverte à tout le monde, de bons produits du terroir. En allant chercher mes œufs je coupe par les mousseux. Je lève le nez. Sitôt mon attention est attirée par une belle étiquette blanche. Que voulez-vous je suis ainsi, même si l’habit ne fait pas le moine, moi je me laisse facilement séduire par les robes des filles. Celle-ci, avec sa graphie verte : L’Originel  m’accroche et la chute DE GRENELLE me scotche. Comme j’ai mauvais esprit j’me dis : « beau coup marketing les gars de Monop ! » en effet la roteuse, qu’est un Crémant de Loire, arbore une grande collerette AB avec un commentaire de dégustation très dans la tendance actuelle. Donc : Grenelle = Vert, élémentaire mon cher Watson me dis-je. Tiens y’a un www.louisdegrenelle.com J’hésite. Je pars vers mes œufs frais pondus et, au retour, je chope par le col L’Originel DE GRENELLE à 9,90 euros car je me dis, si en plus ils l’ont appelé Louis, ce de Grenelle, c’est qu’ils son forts.
 











De retour at home je me rue sur mon clavier et je découvre que
«  la Maison Louis de Grenelle élabore des vins de fines bulles : Saumur rosé, Saumur Brut et Crémant de Loire depuis 1859, et qu’elle reste aujourd’hui la dernière maison familiale et indépendante du Saumur Brut » Donc, j’avais tout faux mais j’avais une bouteille de Crémant de Loire Bio et j’avais découvert une « vieille maison » de Saumur qui se met au Vert. Je riais dans ma barbe rase car, comme je suis, ou plutôt j’étais, un bon expert de la carte électorale, si mes souvenirs sont bons, pendant un temps, la bonne ville de Saumur avait élu un Vert comme maire : Jean-Michel Marchand qu’a viré Radical de Gauche pour cause de cumuls des mandats et qui depuis a perdu presque tous ses mandats. Tiens, à propos de Verts, un fidèle lecteur du Sud m’a fait parvenir un texte de 4 pages « Agir avec l’Europe pour une viticulture écologiquement et socialement responsable » Si ça vous dit, pour vous informer – je suis très à l’aise puisque je ne crèche pas à la Maison Verte, même si toujours eu un faible pour Dany le rouge qu'est devenu vert, pour souligner ce bel effort –, lisez-le vin_europ...doc (92,3 Ko)

Digression berthomesque close je reviens à la maison Louis de Grenelle qui gagne à être connue. Alors, comme ailleurs « on ne vous dit pas tout » chers lecteurs, ici, à Vin&Cie, je vous dis tout sur la maison Louis de Grenelle, même lorsque je me suis lamentablement planté avec mes suppositions à la con… Dernière précision : je n'ai pas encore ouvert L’Originel DE GRENELLE car je n'en ai pas eu l'occasion, alors vous dire s'il est bon est une bonne question...

Considérant qu’il ne s’agit pas uniquement de produire bio pour l’être, nous avons entrepris une démarche respectueuse de notre environnement.

La première étape fut dès janvier 2006 de réduire les consommables directs tels que : fournitures de bureau, produits d’hygiène et d’entretien, par une meilleure utilisation.

En effet, les simples gestes tels que :

  • copier recto verso ou utiliser des imprimés verso (fax publicitaires et autres) pour l’ensemble des documents administratifs liés à la norme (iso 22000) nous a permis en deux ans de diminuer de près de moitié notre consommation de papier.
  • Avoir le réflexe anodin d’une énergie utile aboutit aujourd’hui à une baisse significative de 11% de consommation d’électricité. (-22548 KWH)
  • Potentialiser la consommation d’eau  par l’installation d’outils adaptés (-10% comparaison mensuelle 2007/2008).

La seconde étape a été, courant 1er Trimestre 2008, le tri sélectif des déchets produits.

Des partenariats ont ainsi été créés avec :

l’entreprise Performance environnement (http://www.recyclage-environnement.com) permettant un recyclage aisé des déchets et du fait, la valorisation de certains d’entre eux (cartons, capsules, film plastiques..).

Ce sont ainsi 2,4 tonnes de cartons ; 1,5 tonne de capsules ; 1 tonne de films plastiques ainsi qu’une tonne de verre, qui ont été triés sur le 2ème trimestre 2008.

L’Association Ligérienne d’Insertion Sociale par l’Emploi (http://www.alise-ateliers.fr) au travers du projet éco-liège : Une fois collectés, les bouchons de liège non-conformes ou usagés sont ensuite triés, broyés et conditionnés dans leurs ateliers. Le broyat obtenu est revendu aux entreprises ou particuliers comme isolant naturel pour construction.

Les objectifs à venir sont :

  • Bien entendu de maintenir ce niveau de conscience que chacun a, une  «éco-responsabilité» au sein de l’entreprise, à quelque niveau que ce soit.
  • De matérialiser une réflexion aujourd’hui en cours pour la gestion propre des effluents que nous rejetons et par la même pour le recyclage des eaux de rinçage.
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 00:04

Marguerite est, en ce début de 21ième siècle un prénom gentiment désuet, la question, elle, sous son apparente naïveté, garde tout son pesant d’actualité. Alors, moi qui ne suis qu’un effeuilleur patenté de marguerites de bords des chemins vicinaux, ceux qui mènent d’Embres&Castelmaure à Nouillorc sur la grande Toile : je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… je trouve la réponse du père de Marguerite : « Non, chère petite, il se fait presque tout seul… » d’une belle et charmante fraîcheur.

Qu’est-ce à dire ?
« Marguerite a été obéissante, elle a bien appris sa leçon toute seule ; aussi son papa, pour la récompenser, l’a emmenée en vendanges. »
Étrange, ne trouvez-vous pas ?
J’en conviens, sans doute que Marguerite et son père sont membres d’une peuplade lointaine, arriérée, à jamais disparue. Pour vous instruire je poursuis l’histoire :
« La petite était contente, car elle voyait dans les vignes beaucoup de gens qui riaient et chantaient en travaillant. On est très gai en vendanges. Les femmes coupaient des raisins ; les hommes, munis de hottes, emportaient ces raisins à la cuve… »
Là nous tombons dans la vision bucolique, saint-sulpicienne, des travailleurs de la terre. Sans vouloir ironiser ça fleure bon le « que c’était beau avant ? » Mais comme ce n’est pas le genre de la maison, et comme c’est à ce moment de l’histoire que Marguerite pose sa question et que son père y répond, je continue.

« Au bout de quelques jours, quand les raisins ont été pressés ou foulés, que le jus est sorti des grains et qu’il a fermenté, le vin est fait ; il est clair et n’est plus doux. On le met alors dans des fûts, qu’on descend à la cave, et on le laisse vieillir, car plus il est vieux, meilleur il est. Quand les raisins ont ainsi donné leur premier jus, on les arrose avec une certaine quantité d’eau et on les comprime de nouveau avec le pressoir. De ce marc il sort encore du vin, mais il n’est pas aussi bon, aussi clair que le premier. Pour que le vin de conserve plus longtemps et ne perde pas de sa qualité, on le met dans des bouteilles, que l’on bouche avec des bouchons de liège… »

Tout ça est bien simplet m’objecterez-vous.
De nouveau j’en conviens mais, placé dans Le Deuxième Livre des Petites Filles de Clarisse Juranville à la Librairie Larousse, à la page 16, chapitre 4 – Les Boissons, c’est une leçon de choses qui avait le mérite d’exister. En 1900, décrire comme se faisait le vin aux petites filles, comme aux petits garçons d’ailleurs, n’était pas péché mortel.
De nos jours la prévention commence dès la maternelle : nos chères têtes blondes se doivent d’être préservées de toute allusion à ce diabolique « jus fermenté du raisin » qui pourrait les inciter, l’adolescence venue, à la transgression. Bien sûr, rien ne les empêche d’aller sur le Net pour y trouver des recettes plus explosives. J’exagère à peine, la mode du binge drinking chez les jeunes s’est propagée, via la Toile, en provenance des pays nordiques. Bref, sans en revenir au temps de ma grand-mère, l’initiation au bien boire devrait faire parti de l’apprentissage, de l’éducation car, comme l’écrit l’historien sociologue suisse, Gabriel Bender, « on a tendance à oublier qu’en matière de vin et d’ivresse, l’homme bénéficie de quelques 2000 ans d’apprentissage. »

Sauf à vouloir interdire ou à diaboliser « le premier verre de vin», à promouvoir le « ni touchez jamais », à suggérer une prohibition qui ne dit pas son nom les tenants du nouvel hygiénisme font fausse route lorsqu’ils s’opposent aux rites d’initiation. Certes ceux-ci, comportent leur part de risques, mais ils font parti – je devrais sans doute écrire faisait parti – des apprentissages collectifs qui mènent à l’âge adulte. Les proscrire, au prétexte qu’ils constitueraient des incitations, débouche sur des pratiques individualisées, en groupe ou en solitaire, qui n’ont d’autres buts que de se charger au maximum.
L’adage : « il faut que jeunesse se passe » n’est en rien obsolète mais, si le contrôle social  permettant de baliser les excès n’est dicté que par des interdits venant d’en haut, des messages sanitaires généraux, des campagnes de communication, il est inopérant. Bien au contraire l’attrait de l’interdit, la transgression, le border line stimulent bien plus qu’ils ne dissuadent. De plus, cette forme de délégation à la puissance publique, au travers de la loi, de régulations qui devraient relever de la sphère privée déresponsabilise. Affronter, sans avoir peur des mots, de la réalité, le rituel de boire en société, fait parti de notre héritage culturel : celui qui a généré une forme de vivre ensemble qui vaut largement celle que nous préparent les tenants de la médicalisation de nos sociétés.

Je sais, elle est bien loin notre petite Marguerite du tout début du 20ième siècle, obéissante, instruite par son papa, disparue à jamais… Nos loustics qui surfent sur le Net sont bien loin des leçons de choses.
En êtes-vous si sûr que cela ?
Que faisons-nous pour renouveler le genre de madame Clarisse Juranville ? Pas grand-chose alors que la Toile nous est grande ouverte, espace de liberté où nous pourrions, hors tout esprit mercanti, nous adresser à eux sous les formes qui sont les leurs.
Alors, comme je ne suis pas avare de propositions, et que certains peuvent se dire : «  à quoi ça sert l’Amicale du Bien Vivre ? », j’en fais à nouveau une avec le seul risque qu’elle fasse un petit plouf discret avant de disparaître dans les abimes de l’indifférence générale.


Formons un groupe de préfiguration d’un blog – ça ne coûte rien – que je baptise provisoirement
www.apprendraboire.com ou www.levindantousesetats.com  et attelons-nous, en n'étant pas  «chiant», pontifiant, hors tout «pédagogisme» ou «dire d’experts», à cette tâche difficile mais passionnante. Entre-nous ce serait plus positif et plus payant que de nous lamenter ou de pester contre les « ennemis du vin ».


Marguerite pourrait dire alors à son père : « est-ce qu’un blog sur le vin est difficile à faire ? »

« Non, chère petite, il se fait presque tout seul… » lui répondrait-il.

Mais, comme dire simplement les choses semble de nos jours hors de notre portée nous continuerons de regarder passer les trains comme des...

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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 00:07


De Gaulle qui avait l'art du racourci délivra, à propos de l'homme qui avait fait "don" de sa personne à la France cette sentence sans appel : "La vieillesse est un naufrage". Même le port de lunettes rouges ne peut sauver le vieux bouffon de la bouffe du naufrage. Pathétique ! Grotesque ! Dans ma résidence je suis cerné par la campagne de Leader Price : indigestion de Coffe ! Mais, comme je n'ai aucune envie de tirer sur une aussi lamentable ambulance, ce matin ma chronique abordera le sujet du discount, qu'il soit hard ou soft, par le versant d'une analyse argumentée des "bienfaits" du modèle développé par le leader de cette discipline : le discounter US Walmart.

En ce temps de récession, donc de chômage partiel, de perte d’emplois, de non accès massif des jeunes à l’emploi, l’accélération de l’appauvrissement d’une partie de la population devrait nous inciter à réfléchir sur les effets économiques et sociaux du modèle de distribution discount, c’est-à-dire la recherche continuelle et obsessionnelle du prix bas. Ne serait-ce pas une fuite en avant, une spirale mortifère qui fabrique des pauvres en prétendant leur apporter une réponse à la faiblesse de leur pouvoir d’achat ? L’examen du cas Wal-Mart, la plus grande entreprise de distribution du monde me semble du plus grand intérêt.

 

Qui est Wal-Mart ?

« Créée il y a moins de 50 ans par Sam Walton et son frère Bud, cette compagnie originaire de Bentonville, Arkansas, est aujourd’hui l’entreprise du monde la plus rentable. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 300 milliards de dollars par an, Wal-Mart a des revenus plus élevés que ceux de la Suisse. Elle a ouvert plus de 6000 énormes supermarchés dans le monde, dont 80% sur le seul territoire américain. Dans le domaine de la Grande Distribution, Wal-Mart n’a pas de rival sérieux […] Elle fait travailler plus de 1,9 million de personnes dans le monde, et est le plus grand employeur privé du Mexique, du Canada et des Etats-Unis. Elle importe plus de produits manufacturés chinois que le Royaume-Uni ou la Russie. Elle a prévu que son chiffre d’affaires augmenterait s’un milliard de dollars par an au cours de la prochaine décennie […]

 

La Philosophie de Wal-Mart

 

Wal-Mart prétend « que la pression qu’il exerce sur les prix contribue à l’élévation du niveau de vie de toute la population américaine, faisant économiser chaque année 100 milliards de dollars aux consommateurs, quelque chose comme 600 dollars par an pour une famille moyenne »

« Ces économies sont vitales pour des millions de familles aux revenus faibles ou moyens qui ont du mal à boucler les fins de mois » affirme le PDG de Wal-Mart H. Lee Scott. » Concrètement, c’est comme si elles recevaient de l’argent chaque fois qu’elles viennent faire leurs courses chez nous. »

 

Air connu, chanté chez nous par les laudateurs des prix bas. Démonstration tirée d’un petit ouvrage : WAL-MART L’ENTREPRISE MONDE Nelson Lichtenstein&Susan Strasser (universitaires américains) éditions les Prairies Ordinaires datant de 2006 et publié en France en mars 2009.

 

Wal-Mart un géant de la production

 

« Wal-Mart n’est donc pas seulement un énorme détaillant, mais aussi, et de plus en plus, un géant de la production qui en a toutes les caractéristiques sauf le nom.

La firme a installé son proconsul asiatique à Shenzhen, épicentre chinois de l’exportation de produits manufacturés. Une «équipe de 400 personnes y coordonne l’achat de quelques 20 milliards  de dollars de produits fabriqués en Asie du Sud. Grâce à sa connaissance intime du processus de production et à son immense pouvoir d’achat et de négociation, Wal-Mart a transformé ses 3000 fournisseurs chinois en simples « preneurs de prix » (price takers), plutôt qu’en partenaires, en vendeurs ou en décisionnaires oligopolistiques. Bien que la majorité de ces fournisseurs restent petits et sous-capitalisés, un nombre croissant d’entre eux président aux destinées d’entreprises d’une taille prodigieuse. Par exemple, Tue Yen Industrial, un fabricant de chaussures basé à Hong-Kong, emploie plus de 150 000 personnes à travers le monde, la dans des usines fabricant des produits bon marché dans le sud de la Chine. À Dongguan, le complexe industriel regroupe plus de 40 000 ouvriers, et l’usine géante de Huyen Binh Chanh, au Vietnam, en fait travailler 65 000, ce qui en fera bientôt le plus grand lieu de rassemblement de travailleurs au monde. »

 

Wal-Mart créateur de pauvres

 

« Le marché du discount repose sur une attention continuelle et quasi-obsessionnelle aux salaires et au coût du travail. Les discounters doivent avoir un turnover deux ou trois fois supérieur à celui des enseignes traditionnelles […] pour atteindre un profit équivalent. Quant à la vitesse de rotation des stocks, elle s’explique par des marges étroites, lesquelles exigent en retour que la part du coût de la main-d’œuvre ne dépasse pas 15% du total des ventes ; c’est-à-dire environ la moitié de ce que ce coût représente dans les supermarchés traditionnels. Et c’est Wal-Mart qui est aux avant-postes de ce marché du discount, avec des dépenses  liées aux ventes et à l’administration générale – principalement des salaires – environ 25% moins élevées que (les autres géants de la distribution). En 1958, quand les emplois industriels étaient trois fois plus nombreux que ceux de la distribution, l’impact de cette pression à la baisse sur les salaires serait sans doute resté limité. Aujourd’hui, alors que le nombre d’employés de la grande distribution dépasse celui des travailleurs de l’industrie, ce sont des dizaines de millions de salariés qui sont touchés par la baisse des revenus. »

Ma chronique s'adresse tout autant au consommateur citoyen qu'aux "hérauts" de la Grande Distribution dont l'un des plus médiatiques est soudainement devenu muet : le blog de MEL ne produit plus rien depuis plusieurs mois ! Qu'est-ce à dire ? Pour le Mammouth endormi il n'entend rien, c'est pire... Quand à l'ex pourfendeur de "c'est de la merde !" laissons-le dans sa triste et lamentable position...

Et pour ceux qui le souhaitent les photos du 4ième Anniversaire de Vin&Cie en Wine News N°54 http://www.berthomeau.com/article-31964278.html

 

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 00:09

Mon petit blog Vin&Cie, qui vient tout juste d'avoir 4 ans, se veut depuis l'origine un espace de liberté. De prime abord prétendre ouvrir sur la Toile, où tout est possible ou presque, un espace dit de liberté, peut apparaître vain et prétentieux. Aux temps héroïques de Radio Caroline, les années 60, tailler une brèche dans le monopole gris des radios d'Etat pour l'amour du rock avait bien sûr beaucoup plus d'allure et de panache. L'histoire de cette radio émettant depuis un navire ancré dans les eaux internationales, reprise avec jubilation dans le film Good Morning England de Richard Curtis, constitue pour moi la plus belle démonstration d'un combat gratuit pour la liberté d'expression. Nous sommes aujourd'hui, avec l'Internet, à front renversé par rapport à cette période de béton, l'instantanéité, l'impatience, l'approximation, la manipulation parfois, l'anonymat, la violence aussi, règnent sur la Toile. Y ouvrir un espace de liberté c'est tenter, sous la responsabilité de celui qui l'occuppe, recréer des liens, réintroduire de l'échange, de la convivialité, de la sérénité dans le débat, j'ose l'écrire de l'intelligence, du bien-vivre... C'est mon ambition.

Comme nous sommes un jour férié sauvé des eaux - nous les gens du vin ne raillons pas les jours de repos car ce sont ceux où nos consommateurs sont les plus actifs - et que vous avez du temps à perdre (lire ou relire 3 Questions à Etienne Klein http://www.berthomeau.com/article-31584483.html) je vous offre de la lecture ci-dessous et l'écoute de 3 grands moments de rock :


- The Troggs : With a girl like you
- The Kinks Sunny afternoon
- Procol Harum : A whiter sade of pale

Bonjour à tous,

Pour tous ceux qui comme nous ont aimé le film Good Morning England, voici le lien vers l'article que RadioActu a consacré en 2004 au 40ème anniversaire de Radio Caroline.

http://www.radioactu.com/actualites-rad … en-europe/

Bonne lecture à tous,

Thibault Leroi


Rédacteur en Chef



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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 00:08

Comme je ne sais pas dire non aux jolies filles, et comme la perspective d’une paternité tardive ne troublait en rien ma sérénité retrouvée, les termes du contrat passé avec Jasmine dans le fond du taxi tenaient en une phrase très révélatrice de mon personnage « c’est oui mais c’est toi qui décide de tout… » Après avoir déposé nos bagages dans son appartement, après lui avoir fait l’amour avec une tendresse de vieux caïman fécondant une frêle tourterelle, après l’abime d’une petite mort qui me précipitait dans un état proche de l’attrition, nous étions allé fêter ça au bar Hemingway du Ritz. Face à moi une Jasmine transfigurée, rayonnante, aspirait à la paille un cocktail de fruits pressés en me déclarant qu’elle allait maintenant faire de vraie nuit, se nourrir sainement, proscrire les substances aériennes, marcher, faire même du vélo mais pas trop parce que ça pourrait être dangereux pour la graine fécondée, nager, respirer, couver. J’opinais en descendant un flacon de vin de pays de Champagne millésimé. Nos voisins, des gominés du Sentier, parlaient haut du président comme si c’était un de leurs potes, avec une familiarité désarmante. Depuis notre retour tout le monde parlait du président, même le chauffeur de taxi un grand Malien placide. Manifestement Nicolas Sarkozy occupait l’intégralité de l’espace médiatique. Moi, tout juste sorti de mon éprouvette des premières années du septennat écourté du Président Pompe ça me défrisait. Ils me saoulaient avec leur parler gros, leurs phrases standards, leur manie de ponctuer tout et rien de « y’a pas de souci… ». Ils me gonflaient avec les sonneries à la con de leur flopée de téléphones cellulaires en tout genre.  Imperméable à leur cinoche Jasmine abordait par la face Nord un sujet redoutable : le prénom du petit.

Pour Jasmine, aucun doute n’était permis, la graine fécondée par mes soins une petite poignée d’heures plus tôt – même si j’objectais faiblement que le déclin, la rareté, l’indolence de mes vieux spermatozoïdes rendaient l’opération très aléatoire –, allait lui donner un beau garçon joufflu avec de beaux cheveux bouclés. Avec un sourire désarmant elle me retoquait « Tu es plus frais qu’un mec de quarante ans mon tout beau. Tes petits machins qui vibrionnent je suis sûr qu’ils vont monter à l’assaut de mes trompes de Fallope comme des morts de faim. Comprends-les ces malheureux, tu ne leur as donné aucune perspective, ils piaffent d’impatience mon superbe géniteur.» Pour me gratifier de ce qualificatif elle avait légèrement élevée la voix en caressant de ses longues mains, à hauteur de son visage, une croupe imaginaire. À nos côtés les lustrés à Ray Ban et Rolex tiquaient, leurs neurones se connectaient, ils découvraient notre existence. Consciente de son avantage Jasmine contre-attaquait « Comment as-tu pu un seul instant croire que j’allais te laisser filer à l’anglaise. Sous tes airs de vieux matou revenu de tout se cache un grand gamin qui dit aimer les filles mais qui n’a jamais vraiment compris ce qu’elles sont les filles. Elles calculent tout les filles. De vraies manipulatrices, ce qu’elles veulent elles l’ont, comme moi avec mes airs d’évaporée j’ai toujours su qu’un jour tu nicherais un petit dans mon ventre. J’aurais pu faire ça en loucedé, sans te prévenir mais ça aurait été moche et puis je n’aurais pas connu l’instant magique où j’ai senti la fusion de ta semence se projeter en moi. Ta délicatesse, cette inimitable façon que tu as eu de me faire cet enfant avec profondeur et douceur. Ce ne sont pas les gros cons d’à côté qui peuvent s’élever à une telle hauteur… »

Je vous épargne l’échange un peu vif qui s’ensuivit. J’y fus, entre autres qualificatifs, traité de vieux saligaud et Jasmine de petite salope alors que je me contentais de m’étonner de l’absence de belles à leur table. Lorsque le barman, Edward, un compagnon de nuit blanche, vint me demander si tout allait bien ils battirent en retraite. Ce signe, marquant mon importance, témoignant de ma position eut-on dit autrefois impressionnait ces petits rouleurs respectueux des puissants. Jasmine qui après avoir allumé la mèche s’était abstenue de souffler sur les braises embrayait comme si de rien n’était « et si je l’appelais Louis comme ton grand-père ? » Edward, incrédule, me contemplait en quêtant une explication. Face à mon mutisme il se risquait à poser une question embarrassée « vous… je veux dire elle… elle attend…pourtant elle est plus fine qu’un haricot vert… vous… elle va avoir un enfant de… de toi c’est ça ? » Résigné je haussai les épaules tout en entendant Jasmine rétorquer à Edward, sans minauder, comme si ça relevait de l’évidence « c’est cela nous venons de lui donner la vie juste avant de venir ici… » Comme je lui avais demandé de décider de tout je dis oui à tout ou presque. Ma seule exigence, car je n’avais plus envie de vivre seul, fut que nous habitions sous le même toit. Pas ensemble mais tout près l’un de l’autre, dans une grande maison à Paris avec de l’herbe et des arbres. Jasmine pleurait en silence.

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 00:02

Vous étiez prévenus, c'est pour moi un beau jour que ce jour anniversaire de mon petit espace de liberté : Vin&Cie né dans le petit bureau, 232 rue de Rivoli, où j'ai écrit mon fichu rapport. L'enfant se porte bien, le père aussi, quand à la mère elle pourrait se prénommer Marie - pour ceux qui lisent mon petit roman dominical - et vous, chers lecteurs, qu'en pensez-vous ? En vous attendant je lève mon verre, ma coupe, ma flute : à vous, à nous, au vin de toutes les couleurs avec ou sans bulles !

Le gâteau d’anniversaire :
de chez Laurent Duchêne 2 rue Wurtz 75013 Paris

 

La bouteille qui va avec, offerte par l'ami Erwan Thill :

Champagne Prin Père&Fils Blanc de Noirs 100% Pinot Noir millésime 1995
www.champagneprin.fr/


 
























Les chiffres :

-         370 000 visiteurs depuis l’origine

-         1 306 000 pages lues depuis l’origine

-         Sur les 12 derniers mois 132 000 visiteurs

-         Sur les 12 derniers mois 391 260 pages lues

 

La gestation : 23/05/2005

L'aventure a commencé chez un premier hébergeur, pour continuer de faire dans l'imagerie du vivant : mon blog fut conçu dans le silence le 23 mai 2005 avant de voir définitivement le jour le 30 mai 2005 sur overblog. 7 jours de gestation c'est court mais ça n'a pas empêché l'enfant de croître en âge et en impertinence...

Naissance

C'est jour de naissance : un petit bouchon qui saute pour « Vin&Cie » gage d'une longue et belle vie !

A bientôt sur mon « espace de liberté »

Jacques BERTHOMEAU


Ma toute première chronique : 25/05/2005

Dans les années 80, les frères Jolivet contaient l'histoire des désastronautes, c'était drôle... Ce matin, sur mon vélo, avec un soleil de fin de mois de mai à la hauteur de mes espérances, je me disais que les viticulteurs qui vont battre le pavé de Nîmes pour manifester contre la mévente de leurs vins devraient, sur leurs banderoles, demander des comptes à leurs « désastronautes »...

4 années d'inertie, de bras ballants, de non-décision, de leurres, de slogans éculés; bien sûr il est plus facile d'envoyer de braves gens badigeonner les murs des caves de "non à Cap 2010", que de se colleter à la réalité... J'avoue que dans le cas présent je ne trouve pas l'histoire des « désastronautes de notre viticulture » très drôle car ce qui est en cause c'est le travail et la vie de milliers de viticulteurs...

La viticulture française n'est pas en crise, pas encore, certains de ses navires doivent changer de cap pour retrouver les vents portants, et le bon sens me souffle qu'à la barre de ces navires il vaudrait mieux avoir des hommes lucides, déterminés, qui savent là où ils veulent aller, plutôt que des adeptes de l'immobilisme...

Moi je vote oui car le plombier polonais, à Varsovie bien sûr, boira des canons de vin français à l'avenir d'une Europe de paix. Si les Polonais sont si épris de « libéralisme » c'est que, contrairement à Marie-Georges Buffet, ils ne trouvaient pas globalement positif, la vie dans une démocratie populaire...

Mon Premier slogan :

« si vous n'avez pas peur des mots : lisez le blog Berthomeau ! »

Et c'est toujours signé :  Berthomeau

 

 


 

 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 00:07

 

Le très récent emballement médiatique lié aux annonces tonitruantes « sur les effets dévastateurs du premier verre de vin… » http://www.berthomeau.com/article-28144386.html de la triplette : Maraninchi, Houssin, Martel, suivi de près de l’interview du Président de L’INCA, très « je te sers la soupe », de la complaisante Sandrine Blanchard du Monde « Le vin est un alcool, donc cancérigène » http://www.berthomeau.com/article-30304997.html , comme la très récente Conférence de Presse cornaquée par l’ANPAA pour faire barrage à l’amendement INTERNET« Mobilisons-nous face à une risque sanitaire et social majeur » http://www.berthomeau.com/article-31508788.html , et dans une moindre mesure le mode de traitement, exclusivement à charge, de l’affaire dites du « rosé pur » par certains journalistes de la presse nationale : JJ Chiquelin du Nouvel Observateur ou Philippe Reltien grand reporter de France Inter entre autres, montrent à l’évidence que beaucoup de journalistes français ne relatent pas des faits mais expriment leurs opinions violant ainsi la première règle du journalisme : « la séparation sans équivoque des faits et des opinions. »

 

Entendons-nous bien, les journalistes ont aussi le droit de donner leur opinion mais qu’ils disent clairement que c’est la leur. Alors, et ce n’est pas moi qui pose la question, mais un jeune homme bien sous tous les rapports : François Dufour éditeur de quotidiens pour la jeunesse (Le Petit Quotidien, Mon quotidien, l’Actu…) et co-président des Etats Généraux de la Presse convoqués par le Président de la République, « Les journalistes français sont-ils si mauvais ? ». Tel est le titre de son livre publié chez Larousse dans la collection à dire vrai dirigé par le fonctionnaire multicartes de l’Education Nationale (c’est un fait avéré), le très bavard (c’est mon opinion) Jacques Marseille.

 

Dans son « Pour conclure » François Dufour répond clairement à la Question :

« Les journalistes français séparent-ils faits et opinions ? Très peu, surtout dans la presse écrite. Séparent-ils information et publicité ? Mal, surtout dans les magazines ou les parties plus « magazines » des quotidiens. Respectent-ils les règles du métier ? Insuffisamment, quel que soit le média. Ecrivent-ils pour leur public ? Très, très peu, notamment dans les quotidiens »

 

C’est sans appel même si cette formule ne veut pas dire grand-chose dans le cas d’espèce où il ne s’agit pas d’instruire un procès mais de regretter un état de fait. J’ai découvert ce livre dans les pages du Nouvel Observateur qui, jamais à une hypocrisie bien-pensante près (c’est mon opinion d’abonné), dans un 3 Questions à François Dufour, met en lumière ses propres dérives. Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer la lecture de la 1ière Question et la réponse de François Dufour.

 

Le NO : Dans votre ouvrage, vous instruisez le procès des journalistes français. Quels sont, selon vous, les principaux chefs d’inculpation ?

 

François Dufour : Notre principal défaut consiste à confondre information et commentaire. Les journalistes français sont très souvent des « opinionistes » qui préfèrent livrer leur point de vue plutôt que de se contenter de restituer les faits avec le plus de précisons possible. Ce travers, renforcé par les blogs d’opinion (je souligne), explique, à mon sens, la méfiance du public à l’égard de la profession. Ensuite, de nombreux journalistes français oublient le b.a.-ba du métier : la vérification de l’info. Quand j’entends un journaliste parler au conditionnel, je sors mon révolver ! Mais il y aurait beaucoup à dire sur le non-respect de la vie privée et les fautes de français. J’ajoute que les journalistes préfèrent souvent écrire pour les élites que pour le grand public. Ce travers consiste à faire le journal que l’on aimerait lire plutôt que celui que les lecteurs voudraient acheter. Le dernier grief, c’est le franchissement du « mur » entre les intérêts publicitaires et l’information. Des titres prestigieux sont dirigés par des patrons qui confondent allègrement les fonctions de directeur de la publicité et de la rédaction. Or on ne peut pas diriger à la fois une équipe de journalistes et une régie publicitaire : les conflits d’intérêts sont alors inévitables…

 

Sur ce dernier point, dans son livre, François Dufour, donne des noms – je n’ai pas écrit livre car c’est une information non une délation – « Le laxisme français s’exprime quand le directeur de la rédaction devient aussi directeur de la publicité d’un journal : Eric Fottorino au Monde, Laurent Joffrin à Libération, Franz-Olivier Giesbert au Point, Denis Olivennes au Nouvel Obs., Edwy Plenel à Médiapart, Bruno Frappat à la Croix, François-Régis Hutin à Ouest-France… » et « Pire : comme l’avoue candidement Laurent Joffrin, à propos de son journal Libération, dans son livre Média-paranoïa, en 2009, « on accroît certaines rubriques, comme la mode ou la consommation, dans l’espoir d’amadouer les pourvoyeurs de budgets publicitaires. » Le Nouvel Obs. ne s’en prive pas avec ses rubriques : Styles 4 pleines pages, Air du temps 6 pleines pages, Voyages 4 à 6 pleines pages… ce modèle économique restreint à la portion congrue le droit d’exigence du cochon de payant qu’est l’abonné…

 

Enfin, pour clore cette chronique et en revenir au lobby blanc prohibitionniste, champion toute catégorie de la Com auprès de l’opinion publique – théorisée par Claude Got La stratégie du Go de Claude GOT http://www.berthomeau.com/article-18021256.html – je cite encore François Dufour : « La formule est connue : « La com. progresse, l’info régresse. » D’un côté, les services de communication deviennent de plus en plus professionnels. De l’autre, les rédactions, de moins en moins professionnelles (moins spécialisées, avec moins de personnel, moins rigoureuses, moins riches…), s’appuient davantage sur les services communication des organisations, des partis, des associations, des entreprises, etc. Les attachés de presse fournissent toujours plus d’infos directement recopiables : des interviews, des photos, des idées de reportage, etc. Ces outils de travail, efficaces pour journalistes  rigoureux, se transforment vite en « copiés-collés » pour journalistes paresseux (voire corrompus !) Les experts en com. mettent en scène (ce qu’on appelle le « storytelling ») les déclarations de leurs « clients », à commencer par les stars de la politique, pour que les médias « accrochent » et accorde leur espace »

 

Ayant pratiqué au-delà du miroir il m’est arrivé d’écrire des articles sur des sujets très pointus (les sujets agricoles européens par exemple) pour le compte de journalistes et lorsque je relisais ma prose, comme je suis d’un incommensurable orgueil, je ne pouvais m’empêcher de penser : voilà un bon papier coco…

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