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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 00:09

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Pour sûr que Catalogne, qui rime avec Bourgogne, sonne mieux que les PO mais moi qui ai traîné mes sabots dans les PO, entre Banyuls et Maury, couchant à Saint-Jean Lasseille dans la résidence secondaire du Conseil Général, voyageant dans la 305 pourrie du dit Conseil, j’en suis resté à la dénomination départementale : les Pyrénées-Orientales. Donc, très chers lecteurs, quand vous êtes soumis comme moi à de multiples sollicitations et que vous recevez un petit mot et une invitation de la plus belle encre, qu’est-ce que vous auriez fait ? Comme moi vous y seriez allé. Comme moi vous auriez été enchanté. Comme moi vous vous seriez senti fécondé pour pondre une chronique. Donc je ponds ! A vous de couver !

 

Le MOT

Cher ami du Clos des Fées, cher Jacques,

 

Peut-être allez-vous vous rendre cette année à Vinexpo.

 

Le lundi 20, l'envie d'une pause se fera sentir et nous avons pensé que vous pourriez apprécier de nous retrouver chez Michel Portos, à deux pas de Vinexpo, pour déguster nos vins et casser une petite croûte niveau 2* Michelin plutôt que d'avaler un sandwich sur Vinexpo.

 

Et pour le faire en bonne compagnie, nous avons décidé de convier quelques confrères, du Roussillon et d'ailleurs, de grande qualité et tous forts sympathiques, à nous accompagner.

 

L'invitation en p.j. vous donne toutes les informations pour accéder à l'évènement, à 10 mn par la Rocade de Vinexpo et le fichier (format) Excel regroupe toutes les coordonnées de nos invités, ce qui vous invitera de vous surcharger un peu plus de cartes de visite.

 

Nous goûterons 2008, à la vente, le nouveau millésime 2009, à peine en bouteille dont la sortie est prévue en septembre, les 2010 en bouteilles disponibles (Sorcières, De Battre mon Cœur, Vieilles Vignes blanc, le Faune, Images Dérisoires) et surtout, nous l'espérons, nous passerons un agréable moment loin du bruit et de la cohue.

 

Pour tous ceux qui ne seront pas à Vinexpo, à bientôt !

 

Très amicalement, Hervé et Claudine Bizeul

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L’INVITATION

« Roussillon & amis » vous invitent à une journée dégustation et de rencontre, sous l’aile généreuse et créative de Michel Portos, dans le cadre enchanteur du restaurant Le Saint-James, le lundi 20 juin, de 11h à 17h.

18 vignerons passionnés pour un moment privilégié, un voyage au cœur des terroirs, l’occasion d’une pause gourmande, un moment de convivialité, de découverte et de partage, loin de la frénésie de Vinexpo.

 

LA CHRONIQUE

Donc, lundi 20 sur le coup de midi, sous un soleil d’enfer, en un petit coup d’auto le cap est mis sur le Saint-James sis sur la commune de Bouliac. Le site domine la Garonne et sur une belle terrasse ombragée sont alignées les saintes tables bien pourvues en divins flacons. Passage en revue tel un général sur le front de ses troupes avant l’attaque : beaucoup d’amis ! Détail d’importance suite à cette prise de pouls : l’ami Michel WS, dit Carignan-story, muni d’un couvre-chef élégant et seyant, déguste. L’animal dégustatif qu’il est a un tel flair que je souligne à ma cour – je ne sors plus jamais sans – que le lieu est bien famé et que je ne l'ai pas entraînée dans un off de Vinexpo de seconde zône.

 

Je ne vais point vous conter la dégustation, je pense que notre Michel WS dit 1sur 5 du Vin fera le taf avec beaucoup plus de talent que moi (suivez-le sur les 5 du Vin), mais vous dire tout le bien de ce off haut de gamme sans pour autant tomber dans le prout-prout ma chère. D’ailleurs nous n’y avons point croisé l’homme aux souliers bien cirés mais peut-être a-t-il attendu notre départ pour se faire annoncer. Sans vouloir ramener ma pauvre petite science je me permets de signaler à l’immense directeur de Vinexpo, l’impérial Robert Beynat, qu’entre son offre in situ à Vinexpo et la qualité du buffet du catalan Michel Portos y’a pas photo ! Un set sec, battu à plates coutures. Même en l’absence de tables nous avons fait cercle autour de Michel WS, dit tonton Carignan, et grâce à son immense entregent nous avons arrosé notre déjeuner des breuvages qu’il fallait pour sublimer les mets. Vous donner le menu serait verser dans la vulgarité mais tout de même monsieur le vendeur de stands à Vinexpo faudrait tout de même qu’un jour vous condescendiez à vous intéresser, non au populo, mais à des initiatives comme celle de mes amis des PO. Je vous l’assure ça redresserait l’image un peu vieillotte de Vinexpo : un peu d’élégance, de décontraction ne nuisent jamais dans un monde qui fait le commerce d’un produit dont l’utilité sociale est la convivialité.

 

Merci à mes amis Hervé, Marc Parcé, Piquemal, Vaquer, Calvet, Deiss de m’avoir convié à leur superbe et réussie dégustation au Saint-James. Si j’étais le président de South of France, qui connaît si bien les PO, je leur accorderais une subvention rétroactive pour saluer et soutenir l’initiative qui donne de sa belle région une image qui n’a rien à envier à celle qu’aime tant cultiver nos amis bordelais.  Désolé mais je n’ai pas eu le temps de compter les couverts et les verres comme mon collègue spécialisé dans la restauration collective je me contente de ramer dans mon petit bateau pour que ceux qui font du bon, du beau, soient reconnus à leur juste place : celle du haut... Pour les photos je les ai prise juste avant notre départ et notre Michel WS, dit l'exilé Perpignanais, s'était esbigné...

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DOMAINES & VIGNERONS

 

ALSACE

DOMAINE MARCEL DEISS

 

BORDEAUX

CHÂTEAU HAUT CARLES

 

BOURGOGNE

ANNE GROS & JP TOLLOT

 

CATALOGNE

 

MAS ESTELA

TERRA REMOTA

LOIRE

CHARLES JOGUET

RHONEP

IERRE JEAN VILLA

ROUSSILLON

CHÂTEAU ST-­ROCH

COUME DEL MAS

DOMAINE DE LA RECTOIRE

DOMAINE DU CLOS DES FEES

DOMAINE GARDIES

DOMAINE LAFAGE

DOMAINE MODAT

DOMAINE PIQUEMAL

DOMAINE POUDEROUX

DOMAINE VAQUER

MAS AMIEL

THUNEVIN-­CALVET

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 00:08

Quand vient l’heure de la fermeture des pavillons de Vinexpo, fourbus, ivres de mots, imbibés de flaveurs, les arpenteurs d’allées comme leurs hôtes se ruent vers leur hôtel, affrontant le remarquable plan de circulation du Parc des Expositions de Bordeaux symbole du génie français seul capable de fabriquer de beaux bouchons là où on n’en a nul besoin. Cette hâte est compréhensible car il leur faut se rafraîchir, se pomponner, s’habiller avant de reprendre la route pour se rendre à la réception du soir, le plus souvent dans un beau château. C’est à qui rivalisera de grandeur et de magnificence et je propose à l’avenir qu’il y ai une notation style Parker des pinces-fesses post Vinexpo afin que chaque invité puisse évaluer son degré d’importance. Le client est roi, alors qu’on le bichonnât, qu’on le gâtât, je trouve cela en phase avec le buiseness. Mes propos ne s’adresseront donc pas à tous ceux qui, venus de loin comme de tout prêt, exercent à Vinexpo l’un des métiers du vin. En effet, n’en déplaise à M. Beynat, Vinexpo est une Foire Expositions, prestigieuse certes, mais composée de stands, grands, moyens, petits. À noter l’amaigrissement de certains stands et la disparition de certains autres, qu’il est loin le faste d’antan, mais tel n’est pas mon propos de ce matin.

 

En effet face à une offre diversifiée mais sélective il en est qui collectionnent les dîners comme d’autres les mignonettes. Ils les hantent, sortes de stakhanovistes de la fourchette qui comptent les convives, répertorient les vins, se tapent des discours interminables et des voisins insupportables, rêvent un brin de remonter dans la hiérarchie des tables pour un soir accéder à la Sainte Table d’Honneur. J’avoue que je trouve ce travail de nuit méritant car affronter ainsi l’horreur ordinaire de la masse, subir de l’évènementiel bien formaté à la chaîne, relève d’une forme d’héroïsme que je salue. Vu mon grand âge et une longue pratique de la représentation, donc des tables d’Honneur au voisinage officiel, je m’abstiens d’affronter ce lourd labeur. D’ailleurs qu’irais-je faire dans ces belles galères ? Rien qui puisse, je pense, nourrir mes chroniques sauf à répertorier les permanentes de certaines dames ou l’embonpoint de messieurs rubiconds. Je laisse donc aux jeunes hommes fringants, bien élevés, à la plume digne, ce calvaire. Laissant donc de côté les charmes ordinaires et répétitifs des dîners au château je préfère me tourner vers les privilégiés, ceux qui n’empruntent pas les autoroutes bien balisées, ceux qui leur préfèrent les chemins de traverse.

 

Ils ne sont plus qu’une poignée, des survivants d’un état aristocratique perdu, des femmes et des hommes, de tous âges, de toutes origines, qui chérissent l’art de la conversation autour d’une belle table loin du bruit et de la fureur des dîners suscités. Et c’est là que Berthomeau, parigot tête de veau pointe le museau de sa tronche de cake, flanqué de ses 2 gardes du corps Magalie et Nathalie, jeunes et jolies, dans bien sûr l’Envers du Décor. Normal, lorsqu’on fuit le devant de la scène, lorsqu’on n’est plus qu’un acteur sur le déclin évitant les sunlights, que l’auteur d’un rapport fripé à force d’avoir été lu et cité, d’être estampillé simple chroniqueur non patenté, trouver refuge dans l’antre de François à Saint-Émilion, à 23 heures passées le jour du Solstice d’été s’imposait. Ce fut grand ! Ce fut immense ! Ce fut beau comme le plaisir de se retrouver. Ce fut un grand bonheur de découvrir la famille de François. Ce fut merveilleux de voir les yeux de mes protectrices s’illuminer. Ce fut d’abord une longue conversation bordée de bouteilles comme nulle part ailleurs. Ce fut François merveilleux conteur : la soutane du curé de Saint-Émilion tirait des Oh et des Ah de l’assemblée. Et ce n’est pas tous les jours qu’un tel tour de table se tenait sous l’arbre de l’Envers du Décor, une forme ludique du CAC 40 de l’esprit, de la plume, du crayon (moi exclus bien sûr). La magie du lieu, rencontre de vieux murs suintant à la fois l’Amour de Dieu et celui plus charnel des hommes, déliait plus encore les langues, ouvrait grandes les vannes de nos cœurs et de nos âmes.

 

N’attendez pas pour autant que je vous révélasse l’identité des comploteurs de cette nuit du solstice où nous avons allègrement sauté dans le nouveau jour pendant que ma chronique se mettait en ligne sous la main anonyme d’un robot froid. Seules des photos pas très nettes témoigneront de ce Banquet. Je vous assure que nous n’avions pas envie de nous quitter. Le temps nous semblait hors du temps, impalpable, voluptueux, nous levions nos verres, le ballet des desserts faisait chavirer Nathalie dans l’extase, la femme de François et sa fille relançaient nos mots et nos rires. Stoïque j’affrontais le bonheur en lui laissant toute la place. Un détail d’intendance : nous n’étions point invités, nous avons fait irruption en plein repas : « mon Dieu ça ne se fait pas ! », nous avons été accueilli dans un flot de sympathie, nous ne nous y sommes pas noyé nous y avons tiré des bords pour rejoindre des rivages inconnus. Privilège absolu qu’aucune nuit du 4 août ne pourra abolir. Et pourtant nous avons du rompre l’enchantement, avant de partir nous avons laissé planer au-dessus de nos têtes les 700 années des voûtes de la chapelle. Nous nous sommes embrassés. Dans Saint-Émilion endormi, indemne de toute trace de musique, nos pas sonnaient sur les pavés et je pensais « Sous les pavés, la plage... » Mes anges gardiens veillaient sur moi.

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 00:09

Rome !

 

Chez RAP, c’était en fin de journée, je venais de prendre une vraie saucée sur mon vélo, pluie joyeuse et bénéfique, lorsque j’entrais un peu dégoulinant, le premier sourire que j’ai capté c’est celui de Lucia Ceracchi. Sans tomber dans les clichés faciles, l’image des escapades sur la Vespa, petite guêpe agile, d’Audrey Hepburn et de Gregory Peck dans Vacances Romaines (1953) puis de Nanni Moretti dans Journal Intime (1993) me venait à l’esprit. J’étais en terres italiennes pour découvrir les vins de Matteo Ceracchi, jeune vigneron passionné, du domaine Piana Dei Castelli, à Velletri au sud-est de Rome, dans le Latium, dans un terroir volcanique.

 

Rome donc, l’Italie Centrale, la capitale politique du pays, et dans ma mémoire, en dehors de mes références cinématographiques, le souvenir des écrits d’Alexis Lichine « Les vins des Castelli Romani comptent parmi les meilleurs d’Italie. Ce sont surtout des blancs secs, presque toujours délicieux quand on les consomme sur place. Le Frascati est le plus connu. Nombre de ces vins supportent les rigueurs des voyages océaniques. Blanc, sec ou demi-doux, l’Est ! Est !! Est !!! de Montefiascone est celui qui fait l’objet de la plus belle légende italienne au sujet du vin. » (Est ! Est !! Est !!! Chronique du 15/08/2007 link

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Les Ceracchi sont implantés, enracinés dans ce terroir de Velletri depuis 2 siècles mais pour Matteo, formé à l’œnologie à San Michele in Alto Adige (le Trentin), la barre n’était pas placée assez haut. Avec Lucia sa sœur qui le soutient, il veut tirer la quintessence de son terroir, pour l’amour du beau vin. Pour ce faire il va acquérir des vignes abandonnées, une trentaine d’hectares pour bâtir son domaine Piana Dei Castelli. La conversation chez RAP entre Matteo et moi se fait par l’entremise de Lucia, résidente à Paris depuis 6 mois et qui pratique le français beaucoup mieux que moi l’italien. Elle souligne en riant « les vignes appartenaient à la banque ». Il a donc fallu de l’énergie, travailler dur, être en osmose avec son vignoble pour que les vins arrivent jusqu'à nous.

 

Je n’ai pas bien sûr arpenté le vignoble mais j'ai noté qu'un commentateur italien insistait sur le soin, la méticulosité de Matteo. Son aventure il l'a mène sans le soutien de sa famille, si importante en Italie, en effet le nouvel état d’esprit de la génération de Matteo et de Lucia s’affronte au scepticisme du père. Mais, à force de travail, de soins, la reconnaissance arrive. Matteo il les aiment ses vins, il les bichonne comme des enfants, il les défend avec fougue, il m’explique sans que je puisse tout à fait tout comprendre. Mais Lucia m'éclaire, avec son frère ils ont un défi à relever : celui de l’excellence. Voilà une très belle affirmation de jeunes passionnés, chacun dans son registre pour Matteo l'homme de l'art : c'est son terroir, ses vignes et ses vins ; pour Lucia, comédienne et scénariste, ce sont ses mots, son histoire. Mais en définitive la même passion les unit : celle de ces vins qui leur ressemblent.   

 

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Leurs vins, les vins de Piana Dei Castelli je les ai dégustés sans me disperser, concentré sur mon sujet : les blancs d’abord. Ils sont vraiment grands, tous, sans exception. Et croyez-moi je n’écris pas cela pour les beaux yeux de Lucia mais parce sur mon petit carnet vert, tout fripé, j’ai pris des notes. C’est si rare chez moi. En revanche ne comptez pas sur moi pour les noter car l’émotion esthétique ne peut s’accorder avec la vulgarité sèche d’un chiffre. Les grands blancs de Matteo sont droits, expressifs, d’une fraîcheur, d’une vivacité qui, comme l’écrit un commentateur italien, donnent le sentiment d’entendre le minéral de la roche-mère volcanique. Ces vins sont tous des IGT Lazio. Pour les rouges, les vins de Matteo sont en devenir, il leur faut prendre de l’âge pour exprimer un très beau potentiel. Le problème dans une telle dégustation c’est qu’après avoir frôlé les sommets avec les blancs l’approche que l’on a ensuite des rouges est un peu biaisée. C’est très injuste pour eux car on sent aussi sur eux la patte du vigneron et ils sont aussi d’une très belle expression. C’est un peu comme lorsqu’on effeuille la marguerite entre le je t’aime beaucoup et le je t’aime passionnément il n’y a qu’une seule marche.

follia.jpgChoisir est toujours une douleur mais j’ai retenu dans ma dégustation les 2 Follia en blanc c’est un Sauvignon 2010 et en rouge c’est un 100% sangiovese. Je ne puis encore vous dire à quel prix ils seront commercialisés à l’épicerie de RAP mais, dès que je le saurai, je ferai passer le message. Enfin, cerise sur le gâteau j’ai adoré le Grigio, un petit extraterrestre charmeur qui doit faire briller les yeux des filles. De cette dégustation chez RAP des vins de Piana Dei Castelli de Matteo je retiens que dans nos vieux pays de vins, l’Italie, la France et quelques autres des jeunes pousses arrivent à maturité et frappent à la porte de la notoriété. Les situations acquises, confortables, sans grand génie, de certains vont être bousculées. Bien sûr on me rétorquera que c’est le lot de la jeunesse de ruer dans les brancards, de secouer la routine mais dans ce mouvement actuel je trouve un supplément d’âme qui va bien au-delà de la pure technique. Ces jeunes vignerons passionnés savent mais ils mettent leur savoir au service d’une réelle recherche d’authenticité. Chemin difficile certes mais à nous ensuite de les aider à trouver un juste retour des efforts qu'ils ont consentis. Alors, les suivre, les encourager, les faire découvrir voilà un beau passage de témoin qui me plaît beaucoup. 

Matteo

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 00:09

photomorillon.jpgDimanche, flânant dans le quartier des Abbesses en voie de « boboïfiction » je suis entré chez un caviste pour lécher, non pas sa vitrine, mais ses rayonnages fort bordéliques. En dépit du capharnaüm mon œil acéré a su repérer le Morillon Blanc by Jeff Carrel 2008. Qu’est-ce donc que ce vin ? Serait-ce un de ces vins « nature » dont raffolent les parisiens migrateurs ? Moi je n’en savais fichtre rien – la suite de mon histoire vous montrera tout le sel de ma supposition – mais ce que je savais en revanche c’est le Jeff Carrel en question ne pouvait être que l’Eclectic Winemaker qui, dernièrement : le 25 mai à 8 heures 29 pétantes, a déboulé sur mon Espace de Liberté pour tacler mes propos de parigot tête de veau à propos de l’histoire de l’érection de Grand Cru dans le Languedoc.

 

Tout ce que je savais grâce à Facebook, mais je suis si ignorant, c’est que ce Jeff Carrel était né le 19 janvier 1969, mais je ne saurais vous dire où exactement.

imagesCAVV5TJ0Donc, après avoir dit bonjour, notre Eclectic Winemaker annonçait sa surface professionnelle « mes différentes activités me font circuler dans la vignoble languedocien » pour placer son tacle assassin « et fort est de constater que cette question de GC n’agite que la toile, comme les miettes à la fin d’un repas. » En clair, une tempête dans un verre d’eau de la part des bobos de la Toile. Sa conclusion « Il est mieux de faire que de décider » me plongeait dans un abîme de perplexité. Selon ma mauvaise habitude je faisais l’âne pour avoir du foin en m’étonnant de tant de mépris pour nous autres cochons de payants. La réponse du sieur Carrel fut très pète-sec « comme je crois qu’il faut vous mettre les points sur les I » (c’est mieux que casse-toi pauvre con, mais tout juste poli) et puis le Jeff étalait de nouveau son immense surface « je soulignais simplement que les acteurs que je rencontre tous les jours vignerons (coop et particuliers, négociants, distributeurs et autres cavistes » pour confier que cette majorité silencieuse « ne lui avait pas parlé un seul instant de ce classement et que oui cela ne les préoccupait pas plus que les miettes sur la table après un repas » J’étais rassuré : les miettes ce n’était pas nous. Quand au « Il est mieux de faire que de décider » c’était une pierre dans le jardin du CIVL. Ouf, j’étais de nouveau rassuré et je ne pouvais qu’approuver le « c’est par l’exemple que nous réussiront » 

 

J’ai donc fait en ce beau dimanche de Pentecôte l’acquisition pour 9,50€ d’une bouteille de Morillon Blanc by Jeff Carrel 2008. Sur la contre-étiquette j’ai lu :

 

« Durum patienta frango »

 

« Avec patience tu fendras la pierre » : cette devise au frontispice du Domaine Saint Roch, propriété de Jacqueline de Ginestous de la Liquisse trouve dans cette cuvée toute son expression. Issue d’une parcelle spéciale de la propriété « garde miel », exposée nord-ouest, c’est l’humidité du matin et le soleil du soir qui mûrie le raisin de façon si particulière. Ce sont ces raisins qu’a choisi de vinifier et d’élever Jeff Carrel pour élaborer sa cuvée « Morillon Blanc »

 

Comme je risque de nouveau me faire avoiner par notre Eclectic Winemaker exigeant et intransigeant je n’ose avouer que ce laïus ne me disait pas grand-chose à propos du nectar que contenait la bouteille. J’aurais pu demander au caviste mais je n’avais pas envie de demander quoi que ce soit au caviste : « on a sa fierté bordel ! » Donc, comme je ne possède pas la surface professionnelle de Jeff Carrel et comme je ne fréquente ni ne connaît grand monde dans ce beau Languedoc, sitôt rentré at home je me suis rué sur mon clavier. Résultat de mes recherches :

 

1- sur www.blakeneys.com   

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Jeff Carrel, Morillon 2008

Vin de Pays de l’Aude.

8.50 € (equiv 11.33€/Ltr)

14.0% Alc/Vol

« Ce vin est remarquable, il laissera une impression sur votre mémoire.  Il est vin modern avec un nom de la moyenne age – Morillon a utilisé pendent cet époque pour Chardonnay.  Ce vin est 100% Chardonnay de vignobles sud de Carcassonne.  L’arôme est frappant, fruité avec un soupçonne de caramel.  La bouche est ronde, concentrée avec écorce d’orange.  C’est un vin énorme. »   

 

2- sur fr.bootledb.com

 

« Une fois encore "monsieur" ne veut pas finir sa fermentation malolactique...

Pour les personnes qui ne connaissent pas ce vin, Morillon est un Chardonnay en provenance de Leuc entre Carcassonne et Limoux. Le but de cette cuvée n'est pas de valoriser la typicité du cépage mais plutôt d'expérimenter une "recette de cuisine" œnologique comme Jeff Carrel en a le secret. Morillon est élaboré à base de baies botrytisées vinifiées en sec d'où un degré alcoolique assez élevé (14°). 80% des baies sont colonisées par le botrytis mais la vendange se déclenche avant le travail de concentration de celui-ci pour éviter un degré alcoolique explosif pour une vinification en sec. Après égrappage, les raisins sont pressurés. Suit une fermentation en levure indigène sans contrôle des températures (22-28°). A l'achèvement de cette dernière, entonnage pour que le vin effectue sa « malo » en fût et élevage pendant 11 mois sur lies jusqu'à ce que le vin prenne le goût « Morillon », légèrement oxydatif, constitué d'arômes de raisins secs, de pâte de coing, de caramel, d'écorces d'orange avec un équilibre sur le fil du rasoir sans tomber dans la mollesse. D'une robe déjà ambrée, il tendra vers le safran au vieillissement et ne craint pas un bon carafage. »

 

Ma juste curiosité étant enfin rassasiée j’eus pu m’en tenir là mais en relisant les 2 commentaires bien sentis du sieur Carrel je me suis aperçu que notre Eclectic Winemaker possédait un blog sur lequel je me suis rué tel un mort de faim. Bonne pioche, je n’ai pas été déçu du voyage : un de ses post Quand LE nature dénature du 13 avril 2011 valait son pesant de grenailles. Pire qu’à Gravelotte ! Je prends la liberté, sans demander l’autorisation à l’auteur donc, de le copier-coller pour que vous le lisiez. C’est chaud bouillant ! L’homme a du caractère, il n’envoie pas dire ce qu’il a envie de dire. Moi j’aime assez les charges ça donne du souffle à la controverse. Bonne lecture. Dernier point je n’ai pas encore pu goûter le Morillon Blanc by Jeff Carrel. En suis-je digne ? Affaire à suivre, j'angoisse : qu'est-ce que je vais prendre dans les gencives après ma petite chronique d'ignorant chronique...

 

Quand LE nature dénature

Une poignée de truc’iste, bidouill’iste et machin’iste nous explique depuis quelques années, poussée en avant par des Bruno Q. et Marc S. et autres gourous, qu’il faut s’effacer devant Dame Nature.

D’abord limité à un microcosme qui se bornait au 8ème arrondissement parisien, ce laisser faire plutôt que le savoir faire c’est répandu, porté d’abord par un « les vins natures c’est bon pour la biture : chéri(e), avec ces vins je n’ai jamais mal à la tête » ; Des défauts gustatifs se sont proclamés «  styles », justifiant :  colle scotch( acétate), suint de cheval, gouache (Brett), pomme blette, foin mouillé (oxydation), couleurs en vrille (casses en tout genre: protéique,férique cuivrique,oxydasique), moisis (il y a tout un panel), tartre sec, ciment (vieux contenants en tout genre), joint silicone de baignoire (acétique, vinaigre) et en plus de cela en dévoyant la pensée d’un scientifique de renom Mr Jules Chauvet, comme les intégristes la Bible ou le Coran, car trop presser de les assener comme vérité plutôt que de les comprendre, en ont-ils les moyens ?

Quand certains s’acharnent tout au long de leur vie de vigneron, vinificateur et autres acteurs  à préserver le fruit originel : ces aromes primaires du raisin mur que l’on goute avant vendange, les aromes secondaires de macération et de fermentation cher à Mr Jules, à porter au pinacle tout cela par un élevage soigné garant d’une belle évolution et d’une révélation des aromes tertiaires marqueurs des terroirs, ces gens là osent tout, et comme disait Audiard…

J’ai un profond respect pour ceux qui à force de travail, d’expertise, d’écoute, d’échange enfin de tout ce qui fait le bonheur de faire ce métier, partent d’un terroir pour en faire un vin. Lundi dernier à Bordeaux lors de la présentation des primeurs, j’ai eu l’occasion de déguster quelques 2010 dans un salon Biodyvin , là, pas de vins « stylés » (voir plus haut). Par respect pour tous ces gens, SVP, arrêté de consommer des vins dont les défauts font la qualité.

Comme trop de bois, comme trop de techno, LE nature dénature.

 

Posté par jeff carrel à 15:17 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 00:09

J'étais hier à Rodez pour m'occuper des vaches laitières. L’emploi du temps d’une vache qui s’en soucie, sans aucun doute deux hommes : Christian Valette et André Valadier, deux hommes issus du même terroir : l’Aubrac, deux hommes unis par le même dessein : que vive leur pays natal ! Vivre et non survivre, loin de la formule passéiste de certains ruralistes du « maintien des agriculteurs » en nos belles campagnes et des images d’Epinal de ceux qui reverdissent l’Histoire de nos parents et regrettent le temps passé « adieu vaches, cochons, couvée... »

L1010359.JPGJ’ai connu le second au temps du 78 rue de Varenne « l’homme du renouveau du Laguiole et président de la coopérative laitière « Jeune Montagne ». Souriant, pondéré, passionné de son pays, de ses Aubrac*, cultivé, lorsque vint le moment de nommer le nouveau Président du Comité produits laitiers de l’INAO que nous venions de réformer en 1990, je n’eux aucun mal à convaincre mon Ministre de le nommer. L’homme était Conseiller Régional centriste, donc opposant de Martin Malvy président de la région et grand ami de Louis Mermaz. Normal me direz-vous, oui mais pas forcément la règle dans notre belle République. Bien plus tard, un week-end, en toute discrétion nous sommes allés, à quelques-uns, avec lui, manger chez Germaine à Aubrac. C’est moins chic que chez Michel Bras mais j’y fus fait chevalier de l’aligot. » (Extrait de la chronique Le commissaire européen, le président de la FNSEA, les burons, l’aligot et le Marcillac du 27/08/2009. * qui sont des Simmental (photo ci-dessus).

 

Pour ce qui concerne Christian Valette c’est ma dernière mission sur « Quelle stratégie pour la viande bovine française ? » qui m’a permis de faire sa connaissance. Depuis fort longtemps je connaissais la Maison de l’Aubrac rue Marbeuf dotée d’une belle carte où les beaux vins du Languedoc sont à l’honneur. Et puis, dans mes recherches sur les voies nouvelles d’élevage on me cita la filière « bleu, blanc, cœur » et je me rendis à une conférence. J’y croisai Christian Valette. Son approche de l’élevage en prise directe avec le consommateur : la viande de bœuf de la Maison de l’Aubrac vient de sa Ferme des Vialars à Laguiole m’intéressait. Bref, lorsqu’on me proposa d’aller passer les 2 jours du week-end à Laguiole et sur le plateau de l’Aubrac où se fêtait la transhumance, réfrénant mon peu de goût pour les voyages organisés, j’ai répondu présent. Je ne le regrette pas car l’accueil fut simple, familial, sans chichis. Dès notre arrivée le ton était donné avec un déjeuner dans le village natal de Christian Valette au restaurant « Chez Colette » où nous eûmes droit pendant l’apéritif à une démonstration magistrale par René Pastissier de l’emploi d’une boîte à mouches pour la pêche du même nom. Rien de folklorique, de la vraie convivialité et même que la maman de Christian m’entendait dire mon amour pour la fouace.

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Et puis il y eu les 120 vaches Aubrac à la ferme des Vialars où la priorité est donnée au confort et à l’alimentation des animaux. Christian explique « Le choix de la stabulation libre, du brossage mécanique, de la brumisation et la poursuite des traditions séculaires telles que la transhumance offrent à nos animaux les meilleures conditions de vie possibles. Nos efforts se sont parallèlement portés sur l’alimentation saine et équilibrée des vaches. En produisant nous-mêmes les aliments fournis à ces dernières, nous nous portons garants de leur programme alimentaire et assurons la complète traçabilité de notre filière. L’année 2010 a marqué notre première récolte céréalière à Saint-Jean-du-Bouzet. Cette culture du blé, de l’orge, du colza, du tournesol et surtout du lin nous la voulons sans OGM et œuvrons à la convertir en agriculture biologique. Un autre travail est parallèlement réalisé sur l’eau afin de garantir la conservation de ses propriétés anti-oxydantes naturelles. » Faire de la bonne viande mais aussi faire que l’exploitation soit respectueuse de l’environnement : l’ensemble des bâtiments (7500 m2), suite à l’extension de l’exploitation, a été recouvert de toits en photovoltaïque. Ce projet environnemental va bien plus loin ainsi des ruches et des vergers seront sous peu installés au sein de l’exploitation afin de promouvoir la biodiversité. Enfin, en bon enfant de l’Aubrac, Christian Valette veut que ce projet soit fédérateur en à associant l’ensemble de ses amis et voisins éleveurs sur la route de l’élevage durable, « à savoir respectueux de l’environnement et du cadre de vie des bêtes, dans une optique de « Nutrition santé » pour les consommateurs et économiquement profitable pour les éleveurs qui nous auront suivis. »

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Nous sommes là au centre d’une démarche de création de valeur et de recherche de responsabilité : la main accompagne les discours, on passe à l’acte et le slogan « de la fourche à la fourchette » prend toute sa valeur, sa saveur. Bien plus qu’une traçabilité bureaucratique le choix de la filière lin Bleu-Blanc-Coeur, reconnue dans le cadre du Programme National Nutrition Santé permet aux consommateurs de consommer une nourriture saine et équilibrée en privilégiant les graisses polyinsaturées et les acides gras Oméga-3. C’est un réel engagement au travers de cette filière, c’est une obligation de résultats et non de moyens. Enfin, parallèlement, insiste Christian Valette  « nous sommes favorables à un usage contrôlé des antibiotiques dans l’élevage. L’antibio-résistance est un enjeu majeur de santé publique et il nous concerne tous. Les filières d’élevage le sont d’autant plus car en partie responsables de certaines dérives qui mettent en péril la santé des Hommes. Nous limitons donc, à ce titre, l’usage de traitements antibiotiques préventifs privilégiant au maximum les traitements curatifs avec mise en quarantaine de l’animal malade concerné. »

 

La démarche de Christian Valette m’intéresse car elle met en connexion un mode de production à la fois respectueux de l’environnement et des animaux, et le souci de répondre aux attentes des consommateurs. Certes on m’objectera que cette viande de qualité n’est pas à la portée de tous les porte-monnaie. J’en conviens mais elle porte en elle beaucoup d’éléments pour réconcilier beaucoup de consommateurs avec la viande rouge. De plus, son enracinement dans un territoire : l’Aubrac, avec une race adaptée, des hommes impliqués, a valeur d’exemple pour des productions à l’herbe qui devraient être le fleuron de notre élevage bovin et permettre aux éleveurs d’en vivre. Tel n’est pas le cas aujourd’hui nous négligeons beaucoup trop cette valorisation, ce couple animaux-territoire. Et à ce stade de ma chronique je reviens à un combat beaucoup plus ancien pour la même : celui du fromage de Laguiole. Dans les années 50 ce fromage a été a deux doigts d’être rayé de la carte face à la montée de l’agriculture dite moderne : 55 producteurs pour 25 tonnes de fromage. Partir ou se battre ? Une poignée de producteurs, avec à leur tête André Valadier, 25 ans à cette époque, vont se prendre en mains, dépasser l’individualisme des burons pour travailler ensemble et fonder la coopérative « Jeune Montagne ». En 2010 600 tonnes fabriquées et 702 tonnes commercialisées. 76 producteurs de lait. Je consacrerai une chronique au Laguiole pour raconter par le menu cette histoire.

L1010364.JPG                  Christian Valette et Championne née le 15/01/2007 de Poumel&Louvette 

 

Le dimanche matin, sous un beau soleil, nous partions vers Aubrac où la Transhumance tenait le plateau. Les vaches et leurs veaux se prélassaient dans les prés et je me souvenais que la race Aubrac était une cousine germaine des Parthenaises de mon grand-père : des vaches de travail. Ici la race a été sélectionnée pour la viande tout en restant rustique et Dieu qu’elles ont des regards doux et langoureux. Sur le plateau de la brume et la foule, pas vraiment ma tasse de thé mais sur le podium, le toujours jeune André Valadier prêchait la bonne parole aux cohortes de touristes venus en camping-car. Il viendra transmettre sa passion à la poignée de journalistes qui sont de notre voyage. Pour retrouver notre petit car nous empruntions quelques-uns une draille, loin de la foule, des tapis de fleurs partout. Et puis, aux confins de la Lozère, du Cantal et de l’Aveyron, nous rejoignons le Buron Chez Bastide tout près du Lac de Born. Au menu, de la charcuterie bien sûr, de la viande d’Aubrac accompagnée d’Aligot et de truffade arrosés de Marcillac. Sous le soleil face à un paysage sans limite la fourchette et le couteau de Laguiole ne se font pas prier : même un végétarien aurait succombé à cette viande fondante et succulante. Quand à nos gosiers ils ont carburé tout au long de ces 2 jours au Marcillac.

L1010352.JPG                                           Le toujours jeune André Valadier

 

Pour finir cette longue chronique – mais quand on aime on ne compte pas, on conte – je vous propose ce texte sur les beautés de l’Aubrac.

 

« L’Aubrac, c’est un plateau de basalte et de granite, chevauchant l’Aveyron, la Lozère et le Cantal, à une altitude moyenne de 1000 mètres. Un plateau aride, presque austère au premier abord, sur une superficie de 40 km sur 20. Pourtant, son sol est riche de mille plantes, sa surface ondulée et légèrement escarpée se modifie tel un tableau selon les saisons. Sa faune prolifique. Lorsque l’Aubrac s’offre à vous en se mélangeant à un ciel instable, il est le lieu de l’évasion, du recueillement, d’un sentiment de plénitude, certains diront d’une sorte de félicité. Il suffit de suivre les « drailles », ces barrières rocailleuses qui le sillonnent, pour en humer l’ambiance.

Vous croiserez sur cette route les reines du lieu : les vaches brunes aux yeux étranges. Vous vous arrêterez dans un « buron », ces granges dans lesquelles on confectionnait le fromage, et où l’on sert le fameux aligot. Vous ferez un crochet par le lac des Picades, par le dôme d’Aubrac, ce « lieu élevé », cet « alto braco » comme l’avaient surnommé les moines, pionniers des lieux, vous pourrez alors planter votre couteau dans ces entrailles là, où « s’élève la lame »photocouteau-copie-1.jpgComme je n’en finis pas de finir un dernier mot pour les parisiens, les franciliens et tous ceux qui font escale dans notre belle capitale, dur la MAISON de L’AUBRAC rue Marbeuf. Un peu d’histoire : en 1977 les parents de Christian VALETTE, Pierre et Pierrette, acquièrent Le Petit Berry, rue Marbeuf. Tandis que son père reprend l’exploitation agricole en 1979, sa mère s’occupe de la gestion du café. En 1997, Christian et son épouse Elisabeth reprennent le flambeau pour faire de la Maison de l’Aubrac un must. J’y allais avant de connaître Christian Vallette et mon conseil est lié au fait que vous y mangerai de la bonne viande accompagnée d’excellents vins. En juillet 2009 c’est l’ouverture toujours rue Marbeuf d’Aubrac Corner, concept de restauration rapide s’adressant aux jeunes, et d’une épicerie de produits de l’Aubrac terroir et d’une cave à vins.

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 00:09

Que le grand cric me croque et que le Grand Conseil de la Modération m’accorde l’absolution : l’emploi de l’appellation « À pied, à cheval et en voiture », film nanar culte (1957)  avec Denise Grey, Noël-Noël et Darry Cowl, est passé dans le langage populaire  pour signifier « en tous lieux et en toutes circonstances » mais, jamais au grand jamais, je n’inciterais qui que ce soit à boire au volant. Bref, ce sont un peu mes amis d’Embres&Castelmaure : le grand président Patrick Hoÿm de Marien, le vinificateur-éleveur-directeur Bernard Pueyo et le sieur Pousson grand grapheur qui m’y ont poussé avec leur vavavoum ! Les petites cylindrées ça me connaît : j’ai commencé ma carrière d’automobiliste au volant d’une 2CV acheté au curé-doyen de la  Mothe-Achard pour 3000F, j’ai sillonné le Constantinois et le Sud Algérien avec une 4L et c’est avec une Twingo, certes Initiale, que je roule, très peu, en ce moment. L1010547.JPG

Comme vous le savez je suis tout sauf modeste donc j’apprécie à sa juste valeur le panache immodeste de mes 3 amis lorsqu’ils affirment tranquilles « Nous sommes là depuis si longtemps et nous serons là dans tant de temps que nous savons bien qu’il ne faut jamais rouler des mécaniques, même quand on nous porte aux nues. Ça ne rend pas le vin meilleur, juste plus couteux. » Et puis l’arrière-fond de l’étiquette de faut pas rouler des mécaniques évoque, avec la marque Massey-Ferguson : fusion de Massey-Harris et de Ferguson (le rouge et le gris), les tracteurs de ma jeunesse. Arsène Berthomeau mon père exerçait le métier d’ETAB : entrepreneur de Travaux Agricoles et de Battages, et je suis donc très branché tracteur :  30/01/2006 Société Française de Vierzon link « Perrette et le tracteur » : le paysan éternel n’existe pas…et le vigneron n'est pas un paysan…link. J’ai donc conduit un tracteur, mais je n’ai jamais su labourer, j’ai conduit une petite moissonneuse-batteuse Class et j’ai appris à conduire sur les chemins de traverse du bocage avec la 2 CV de mon père. L1010543.JPG

Tout ça pour vous dire que je suis un ignare total en mécanique. Tout comme en vin susurrerait un de mes grands supporters dont le nom sonne en un ! J’en conviens, je n’ai jamais été, initié, adoubé, tasteviné ; je ne suis pourvu d’aucun CAP et je n’écris pas dans les revues spécialisées. Je me contente d’aimer. J’ai un cœur d’artichaut, je tombe amoureux à chaque coin de rue. Pour une belle je suis capable de sauter dans le premier cargo-mixte en partance pour Aden Arabie. Et pourtant je suis d’une fidélité à toute épreuve : pour preuve celle que je voue aux vins de mes amis d’Embres&Castelmaure. Aucune contradiction : en amour ce qui compte c’est le retour, aimer et être aimé voilà le secret. À la question : « pourquoi j’aime leurs vins ? » la réponse je la place dans la bouche d’Adriana Karembeu (elle n’a jamais été l’égérie de l’Oréal) « Parce qu’ils le valent bien ». Et que les mauvais coucheurs ne viennent pas m’accuser de favoritisme, de délit d’initié, de copinage, sinon je sors ma sulfateuse. Qu’ils se rassurent ces pisse-vinaigre : si à un quelconque moment « ils venaient à me manquer » mon désamour serait terrible !

L1010536.JPGL1010545.JPGComme je suis très consumériste, et pour faire plaisir à Denis Boireau qui veut m’éviter les travers des journalistes patentés, sachez très chers lecteurs que :

 

1°  c’est départ cave 5,15 € TTC pour Vavavoum, et 7,20 € TTC pour Faut pas rouler les mécaniques !

 

2° la liste des lieux où vous pourrez le trouver à Paris : prière de m’en faire la demande je vous communiquerai l’adresse du caviste le plus proche de votre domicile (je ne prends aucune commission)

 

3° n’attendez pas que je les note car comme Roger Scruton (philosophe et Anglais, il y tient) dans un livre « Je bois, donc je suis » sur lequel je vais pondre une chronique dans les jours qui viennent « Nous ne pouvons éprouver que mépris envers la nouvelle habitude, contractée par les critiques de vin américains comme Robert Parker, qui consiste à distribuer des points à chaque bouteille comme dans une compétition sportive. Distribuer des points à un corbières de la classe de l’Esprit du Vent 2010 * revient à distribuer des points à des symphonies, comme si la Septième de Beethoven, la Sixième de Tchaïkovski, le Trente-neuvième de Mozart et la Huitième de Bruckner tournaient toutes au tour de 90 ou 95 »

* en rouge j’ai odieusement remplacé bordeaux par corbières de la classe de l’Esprit du Vent 2010 mais retenant ma plume je ne suis pas allé piocher dans le répertoire rock de l’ami Pousson afin de ne pas choquer plus encore ce digne et très conservateur citoyen de sa Gracieuse Majesté qui est un vrai amourux du vin.

 

4° faites-moi confiance, c’est « bu et approuvé »

 

5° si vous me demandez comment ces deux flacons sont arrivés at home en avant-première ma réponse est toute trouvée : ce sont les cigognes qui les ont déposés dans mon potager. Chez nous, les beaux enfants naissent toujours dans les choux.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 00:08

Face à la grande détresse de Denis Boireau et de son Black&Berry, aux interrogations du Sieur Pousson sur le QR code, aux envies de modernité d’Irène Tolleret, à l’indifférence remarquée de Sylvie Cadio et rien que pour narguer Luc Charlier qui voue aux gémonies tout ce qui pourrait nuire à son rétropédalage exquis, je vous propose les applications à télécharger pour flasher les QR-code avec n’importe quel smartphone.

telecharger le lecteur de flashcode

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 00:09

À l’heure où Jean-Louis Borloo tente de ressusciter le Parti Radical dit Valoisien il me semble important que les jeunes générations sachent que les notables de ce vieux parti pilier de la IIIe République furent les prototypes des élus sachant boire et manger lors des banquets républicains ou ceux des comices agricoles. Afin de ne point tacher leur linge enveloppant leur bedaine ils glissaient d’imposantes serviettes sous leur col de chemise et la déployaient largement.

 

« Mettre quelqu’un à toutes les sauces » traduit bien dans la langue populaire le goût immodéré des Français pour les sauces. Depuis que Marie-Antoine Carême, le premier véritable grand-chef et codificateur de la cuisine française, le chef des rois et le roi des chefs, imagina une classification des sauces en les divisant en quatre catégories, chacune ayant pour base une « sauce mère » : la sauce allemande (jaune d’œuf et jus de citron), la béchamel (farine et lait), la sauce espagnole (bouillon de viande ou de poisson et roux brun et mirepoix), le velouté (bouillon clair de viande ou de poisson et roux blanc) ces 4 sauces ont constituées la base toutes les autres mais aussi la base de la cuisine française.

rodolphe-trouilleux-palais-royal-demi-siecle--L-8.jpgL'enseigne du magasin Corcellet (Musée Carnavalet) Au Gourmand Louis Philibert Debucourt

 

Lorsque Dodin-Bouffant subit sa première attaque de goutte et que Bourboude son médecin lui intime un « Pas de Viande ! »  celui-ci explique à Adèle que « Viande n’est pas chair, et le poisson léger, facile à digérer, ne m’est pas interdit. Je n’en abuserai pourtant pas. »

« Et le régime de Dodin se balança désormais entre des aillolis et des fonds d’artichauts farcis, des triples consommés aux quenelles onctueuse et d’incomparables fricassées d’oignons, des cardons sous toutes les formes et des champignons variés, à tous les accommodements, des truffes abondantes et des gratins au fromage, des fondues épaisses et des croustades de laitance. Les céleris et les endives préparées richement, les coulis d’écrevisses, les escargots à la Provençale, les œufs de vanneau à la Du Barry, les quiches et les ramequins, les omelettes aux pointes d’asperges ou au thon, les œufs à la Bressane, aux anchois ou à la Béarnaise, les macaronis au lard, à la Demidoff ou à la sauce Madère, les pommes de terre en pâte, en galette, à la crème, à la barigoule, les risottos, les salades à la Lorraine, à l’Impératrice, à la Lucifer et au Prince de Galles, les concombres à la Poulette, les épinards frits glacés, les aubergines à la Palikare, occupaient dès sept heures la table de Dodin-Bouffant. Il y coula des flots de sauce Bordelaise et Gaillarde, Grand-Veneur et Indienne, Mirepoix et Rouennaise, Sainte-Menehould et à la Sultane... »   La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant, gourmet Marcel Rouff édition Sillage   

 

Dans une édition de 1952 d’un ouvrage Le Monde à table de Doré Ogrizek les sauces sont classées :

1-     en Sauces Blanches

2-    en Sauces Brunes

3-    en Sauces  Émulsionnées

4-    en Sauces et Apprêts divers

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Cuisine riche symbolisée par Fernand Point, héritier d’Escoffier, le triple étoilés (1933) de La Pyramide à Vienne « Du beurre ! Donnez-moi du beurre ! Toujours du beurre » Le grand tournant c’est les 10 commandements de Gault&Millau de 1973 : le 7 et le 8 donnent un coup d’arrêt à la richesse de la chère : « Tu élimineras les sauces riches » et « Tu n’ignoreras pas la diététique ». Si le commandement 7 est explicite pour les sauces le 8 est plus sournois car il met en branle la déification de la forme qui s’attaque bien sûr à une consommation appuyée de vin au déjeuner d’affaires par exemple. Mon affirmation en titre « Le lent déclin de la sauce française accompagne la haute consommation de vin au restaurant » n’est pas un effet de manche mais une réalité. Du côté addition la légèreté dans les assiettes et dans les verres s’est traduite par un alourdissement des douloureuses comme le soulignait avec ironie la critique gastronomique anglaise Elizabeth David « La nouvelle cuisine, hier comme aujourd’hui, désigne une cuisine légère, moins abondante et plus coûteuse. »

 

Bien évidemment je ne fais pas parti de ceux qui regrettent la cuisine lourde, grasse, baignant dans la sauce, mais je ne suis pas non plus de ceux qui s’esbaudissent face aux préparations chichiteuses en assiette qui une fois ingurgitées vous laissent sur votre faim. J’aime manger à ma faim sans me bâfrer. Je déteste sortir d’un repas avec la sensation de faim. J’ai besoin d’un minimum de lest et de sucres lents. Pire encore que cette histoire « qu’on mangerait aussi avec les yeux » c’est l’horreur absolue de devoir écouter, souvent être même obligé d’interrompre une conversation, pour subir de la part du serveur ou du maître d’hôtel la description du plat qui vient de vous être servi. C’est prétentieux. C’est impoli. C’est chiant. Pour moi la bonne cuisine n’a pas besoin de ce type de VRP. Elle se suffit à elle-même. Si les clients sont demandeurs je n’ai rien contre qu’on les satisfasse mais pour les autres : de grâce silence radio ! La vraie, la grande, la bonne cuisine c’est lorsque les choses ont le goût de ce qu’elles sont (je crois que la maxime est de Curnonsky). J’ai trop de respect pour ce que fait la main, celle du chef et de sa brigade, pour subir ce type de mise en scène vaniteuse. En revanche, pouvoir exprimer sa satisfaction à qui de droit, sans être sollicité m’est toujours apparu comme la moindre des politesses.

 

Du côté des vins je vais oser une vacherie qui va me mettre à dos les Grands Sommeliers des Restaurants de Haute Gastronomie : j’ai comme le sentiment, qu’à l’image de certains chefs, certains d’entre eux sont plus attentifs à leur renommée médiatique, qu’au service des vins. Comme s’ils étaient là, bardés de leurs médailles comme les hiérarques de l’ex-Armée Rouge, pour justifier l’outrageux coefficient multiplicateur des vins. Bien sûr ma remarque souffre de nombreuses exceptions dont je me ferai un plaisir de souligner l’existence dans de futures chroniques. Si je frappe un peu fort c’est que je déplore trop souvent dans la restauration française en général,  quel que soit son statut, que le traitement du vin est à la fois la cinquième roue du carrosse et la vache à lait. Air connu me direz-vous. Oui, mais si ces messieurs les critiques gastronomiques patentés voulaient bien s’intéresser aussi à la carte des vins, au lieu de ne blablater que sur la tortore, les rideaux, la mini-jupe de la serveuse, l’humeur du patron ou le parcours professionnel du chef, je pourrais ne pas psalmodier en boucle les mêmes ritournelles. Vu le poids dans l’addition du vin ils pourraient peut-être s’intéresser un peu aux cochons de payants que nous sommes. Sans faudra-t-il que sur la Toile nous pallions à leur carence !

 

Sorry, j’allais oublier dans les causes de la chute de la consommation de vins au restaurant le ballon ! Pour ma part je pratique hors la ville « conduit celui qui ne boit pas » (souvent la madame qui ne boit qu’un verre) ou en ville transport en commun ou, ne le dites pas à la maréchaussée : mon vélo.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 00:09

Ne voulant pas être en reste avec Bernard Arnault et François Pinault, grands collectionneurs d’œuvres d’art contemporain et châtelains bordelais, le premier étant aussi, comme vous le savez, grand « producteur » de boissons alcoolisées festives : Champagne et Cognac, nos amis de l’ANPAA ont commandité auprès de l’artiste Pierrick Sorin une œuvre baptisée : Binge Drinking.

 

Pour mes lecteurs récents afin de mieux connaître le pedigree de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie ils peuvent se reporter à de saines lectures :   

 

- 21/11/2008 Une petite bordée de questions à nos "amis" l’ANPAA… link

 

 - 11/06/2009 Les dirigeants de l’ANPAA vus de profil : instructif ! link

 

- 30/10/2009 Matricule 17044 : au rapport ! L’argent de l’ANPAA est aussi le vôtre link

 

Je vous joins aussi  leur MESSAGE IDENTITAIRE (sic) voir ci-dessous.

 

Si vous souhaitez voir les comptes de l’ANPAA allez sur son site www.anpaa.asso.fr moi j’ai renoncé à faire œuvre utile puisque tous les journalistes qui m’avaient dit vouloir enquêter sur cette Association, qui vit essentiellement de fonds publics, soit y ont renoncé, soit leur rédaction n’a pas jugé opportun de publier leurs investigations. Quand aux parlementaires, si soucieux de l’argent public, rien de rien...

 

Le Binge Drinking ayant été l’un des premiers à le dénoncer : 15 janvier 2007 (voir chronique Se déchirer grave link ) je me sens donc très à l’aise pour porter un regard ironique sur cette initiative très « je surfe sur la tendance chic » de nos beaux esprits moralisateurs de l’ANPAA. En effet : c’est beau comme un vernissage chez Templon sauf que le 3 mai dernier, lorsque le Dr Rigaud, président de l’ANPAA, a prononcé de fortes paroles (lire ci-dessous) les invités ont carburés au jus d’orange importé de Floride ou au Coca Cola je suppose.

 

Comme je suis beau joueur, et défenseur du mécénat (voir mon autre chronique du jour link  ), moi je lève mon verre de vin tranquille ou effervescent, de la couleur que vous souhaitez, à la santé de l’artiste Pierrick Sorin. La commande publique (voir les financeurs) c’est bon pour le moral de nos artistes ! Cependant, sans être vulgairement grossier : pourrait-on me donner le montant total du budget consacré au financement de cette œuvre ? Oui, comme je suppose que l’INPES en est le principal financeur c’est un peu moi et nous tous qui avons mis notre main au portefeuille, ce serait bien de nous informer. Ce n’est pas un secret d’Etat je pense, vous n’allez pas m’opposer le Secret Défense j’espère !

 

Hormis ces détails bassement matériels permettez-moi de douter du caractère pédagogique du transport de cette installation multimédia (vidéo, son, théâtre optique) dans nos Grandes Ecoles et Universités. Franchement à qui allez-vous faire avaler que nos jeunes pousses têtes d’œufs puissent être dissuadés de se pochetroner grave après avoir contemplé l’œuvre de Pierrick Sorin. Le truc Paul sur le chemin de Damas quoi : « le burlesque a apprivoisé mon angoisse, je ne suis plus dans le déni Marie, plus de TGV, la défonce c’est fini, je ne finirai plus mes nuits le nez dans le caniveau, je ne carburerai plus qu’à l’eau... de vie ! » Vous vous foutez vraiment de la gueule du monde les alcoologues réunis. Plutôt que de jouer les salonards vous feriez mieux d’essayer de comprendre les ressorts profonds de cette pratique du binge drinking. Projet innovant dites-vous ! Fuite en avant d’obsédés de la communication dont l’efficacité tend vers la nullité absolue.

 

Bien évidemment vous êtes contre tout programme « éducalcool » puisqu’en bons prohibitionnistes masqués  vous êtes contre tout premier verre. « Pas touche car tu vas être un alcoolique en puissance ! » Ridicule ! Néfaste ! Sans attache avec la réalité de la vie, vous êtes dramatiquement en retard en toutes choses vous qui dites innover. Vous vivez dans le déni de réalité arquebouté que vous êtes sur votre vieux fond de commerce que vous essayez d’étendre en captant toutes les nouvelles addictions que notre société permissive jette en pâture sur le Net. C’est vrai que jouer nuit gravement à la santé des porte-monnaie surtout ceux des moins riches. Je vais m’en tenir là car je vous trouve lamentables messieurs les cooptés de l’ANPAA. Vous sentez la naphtaline et le moisi : ouvrez les fenêtres et affrontez la vraie vie bordel ça vous fera le plus grand bien !

 

A bientôt sur mes lignes messieurs les mécènes aux petits pieds, les nôtres, de vigne bien sûr...

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 00:09

Face à ce titre mon correcteur automatique d’orthographe, comme la cohorte des obsédés de l’accord du participe passé et autres joyeusetés orthographiques, sont bien sûr déjà en transes. Ils frisent l’apoplexie, me vouent aux gémonies. Désolé mais je ne manie ici que des noms propres, des marques déposées de cuvées du domaine Robert Sérol, alors ne venez pas me chercher des poux dans la tête, détendez-vous, soyez beaux joueurs accordez moi l’absolution pour mes fautes passées et à venir.

 

La fricassée, dans ma Vendée profonde et bocagère, consistait à saisir dans du beurre salé chauffé, juste grésillant, dans une grande poêle bien culottée, surtout des petits poissons : sardines sablaises, céteaux, éperlans ou des coquillages : moules, coques, pétoncles. Bien sûr nous fricassions aussi des champignons, de la grenaille de patates, des abats mais, dans mon souvenir, ce qui me ravissait c’était les fricassées de petits poissons car mémé Marie sauçait la poêle avec un beau bout de pain de 4 livres. La mie du pain se gorgeait du beurre frit. « Attention c’est chaud ! ». Je humais le parfum puis je glissais la bouchée confite (en patois la bechaille) entre mes lèvres bien mieux qu’une hostie, le suc embeurré au goût de mer s’épandait, tapissait ma bouche. Je fermais les yeux. Extase ! Le beurre de sardines link Bienheureux ce temps où les nutritionnistes étaient dans les limbes et j’étais mince et long comme une asperge.

 

Alors, chers lecteurs, puisque vient l’été adonnez-vous à la fricassée de ce vous voudrez mais osez la fricassée de sardines en premier puis, pour surprendre et étonner vos amis tentez la fricassée de céteaux et, cerise sur le gâteau offrez-vous une fricassée de tellines.

Attention le seul ingrédient autorisé est le beurre salé qui n’a rien à voir avec le beurre demi-sel. Achetez-le en motte chez votre crémier qui vous l’enveloppera dans du papier sulfurisé.

 

- Pour la Fricassée de sardines : seule la petite sardine fraîche sablaise peut vous procurer le vrai plaisir. Vous pouvez la commander via Denis Boireau ou aller l’acheter aux Halles des Sables d’Olonne.

 

- Pour la fricassée prière de vous reporter à ma chronique Fricassée de céteaux au beurre de pot   link on trouve le céteau d'avril en septembre dans les bonnes poissonneries mais vous pouvez vous adresser à Denis Boireau car le céteau estpêché entre les Sables d'Olonne et Arcachon.

 

- Pour la fricassée de Tellines vous reporter à ma chronique Patagos à la crème link Les patagos sont des coquillages rares qu’on peut encore trouver à L’Île d’Yeu (voir Denis Boireau) alors que vous trouverez plus facilement des Tellines chez votre poissonnier (Telline de Camargue)

 

Mais comme mes fricassées donnent soif alors passons de mes souvenirs gouteux à des vins qui ne se prennent pas au sérieux. Tout a commencé par une dégustation en mai 2009   Une ligne de rosés pour faire briller les yeux des filles et émoustiller les garçons… link. L’une des révélations fut sans contestation Le Cabochard du Domaine Robert Sérol www.domaine-serol.com le mieux noté, plébiscité.

 

Donc pour accompagner mes fricassées j’ai fait tester 4 cuvées du domaine Sérol par deux blocs de jeunes dégustateurs majoritairement féminins : Magalie, Nathalie, Naime, Eva... À noter que dans les deux cas ce fut une dégustation accompagnant un petit miam. Ce furent donc des vins bus et j’ai noté que tous les flacons furent descendus jusqu’à la dernière goutte.

 

- Cabochard Côte Roannaise 2010 pur Gamay 12% vol : toujours aussi craquant de fruit, acidulé, un très beau rosé d’été. Toujours au top !

 

- de Butte en blanc Viognier 2010 Vin de Pays d’Urfé 12% vol : une belle matière, généreux, de beaux aromes, belle finale, a fait l’unanimité. Antonin a beaucoup apprécié de découvrir un nouveau vin de pays.

 

- (L’) Incorruptible Côte Roannaise 2010 100% Gamay 12% vol vinifié naturellement sans ajout. Vin de pure gourmandise qui se boit par belles lampées car il désoiffe et qui sera aussi un beau compagnon pour mes petits poissons fricassés.

 

- Turbullent Gamay effervescent, fermentation naturelle en bouteille, 8,5% vol a fait se pâmer Magalie. Elle en veut de suite une caisse même si elle n’est pas très fan de l’étiquette (moi aussi) Il a tout pour lui ce coquin, ce turbulent avec 2 L : vif, fin, malin, il fait briller les yeux des filles et émoustille les garçons.

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Suivez-moi les yeux fermés ! C’est que du bon et, croyez-moi, le doux grésillement du beurre salée dans la poêle, les petites sardines ou les céteaux qui se dorent, je puis vous assurer que ça ne sent pas la poiscaille, ça sent le beurre roussi. Et puis, si vous voulez me faire plaisir en plus de mes fricassées citées vous pouvez vous faire une belle poêlée de pétoncles. Pour ceux qui l’ignoreraient, le pétoncle, est une coquille Saint-Jacques miniature (j’y reviendrai dans une chronique). Et dire que, lorsque je jouais au basket à la Vaillante Mothaise, de Roanne je ne connaissais que la Chorale avec Alain Gilles qui passera ensuite à l’AS Villeurbanne. Maintenant, avec Jean Sérol, Robert Sérol, Stéphane Sérol et les autres … je mets leurs beaux vins de la Côte roannaise sur ma carte de vins. Un grand merci à Carine pour son accueil aimable au téléphone.

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« Propriété familiale depuis le XVIII ème siècle, le domaine s’est transmis de père en fils depuis 5 générations, et chacun a apporté sa pierre en s’adaptant à son époque. Aujourd’hui cette belle histoire de famille continue

Robert SEROL a repris l’exploitation familiale de polyculture en 1964, avec 2 ha de vignes à un moment où le vignoble était en perdition. Persévérant et passionné, il a tout de même choisi la viticulture. Accompagné de son épouse Marie-Thérèse, ils ont fait grandir le domaine et ont obtenu le classement AOC de la Côte Roannaise.

Stéphane SEROL a repris le flambeau en 2000. Respectueux de son terroir et amoureux du vin, il agrandit le domaine, élargit la gamme de rouges, plante du Viognier et propose de nouveaux rosés. Après avoir modernisé l’exploitation, avec Carine, sa compagne, ils mettent l’accent sur l’environnement et la sélection des terroirs.

Aujourd’hui les 24 hectares de vignes certifiés Terra Vitis, viticulture durable, produisent toute une gamme de rouges et 3 rosés qui révèlent tous une personnalité différente du Gamay et donnent des vins frais et gouleyants. Depuis 2010, un blanc à partir de Viognier vient en complément.

 3 à 5 personnes travaillent au quotidien dans les vignes et Aline vous accueille au caveau en semaine. »

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