Lundi 10 septembre 2012 1 10 /09 /Sep /2012 00:09

boite-a-gamay-copie-1.jpg

Sel, sucre, farine, poivre, riz, pâtesles boîtes en tôle émaillée à damiers rouges… alignées sur le rebord de la cheminée tout près de la grosse cuisinière au Bourg Pailler… gardent toujours pour moi un parfum d’enfance… au petit matin, les yeux encore plein de sommeil, lorsque je prenais mon cacao avec des tartines beurrées avant de partir à l’école elles étaient comme des sentinelles impeccables montant imperturbablement la garde pour me protéger.  Même si ça peut vous faire sourire, comme en ma Vendée reculée, on nous racontait tant d’histoires étranges, auxquelles je croyais, tout ce qui concourrait à me rassurer était le bienvenu.


Lorsque je me suis installé pour un temps dans ma grande maison dans les bois, c’était tout au début de ce qu’on appelait les vides-greniers qui ont bien vite viré à des foires à tout sans intérêt, et je me suis mis à chiner pour la meubler, la décorer, et petit à petit je me suis constitué une véritable batterie de cuisine, casseroles, faitouts, plats, couvercles et bien sûr boîtes en tôle émaillée à damiers rouges absolument superbe. Je ne suis pas un collectionneur mais un fieffé rêveur qui disposait dans sa grande cuisine de toute une armée totalement inutile rien que pour le plaisir des yeux. Lorsqu’il m’a fallu revenir à Paris, où l’espace est bien plus mesuré, j’ai dû me défaire à contrecœur de  mon infanterie en bandes molletières. L’acquéreur, qui a dû l’exporter aux States, a fait une bonne affaire mais qu’importe j’avais joui un temps de ces beaux objets qui avaient traversé le temps sans se faner. J’ai sauvé de ce désastre 5 pots et la boîte à allumettes que vous pouvez voir en photo ci-dessous. (J’ai sans doute des photos papier de mon armée mais elles sont enfouies dans des boîtes)


photopots2.JPG

Pour les amateurs d’histoire, au XVIIIe siècle, les industriels ont cherché des procédés pour émailler les récipients en fonte afin de les protéger de la rouille, en vain.  Le premier succès a eu lieu vers le milieu du XIXe siècle avec l’apparition d’ustensiles solides, colorés et résistants à l’eau qui ont séduit nos grands-mères. Bien évidement l’inconvénient de l’émail c’est qu’il éclate s’il subit un choc et, comme les ustensiles de cuisines, par définition servaient à faire la cuisine, trouver comme je l’avais fait des pièces en excellent état relevait d’une réelle baraka : le hasard adore les rêveurs. Les pots sont eux, en général, en bon état. Attention, les boutiques de déco, qui adorent le rétro, font fabriquer à la chaîne des boîtes clinquantes qui n’ont aucun charme.

boite-a-gamay.jpg

Maintenant vous comprendrez donc aisément que lorsque ma copine Isabelle la cathodique a exhibé, en la tenant dans sa main aux ongles carminés, sur son mur Face de Bouc, la boîte à Gamay, j’ai immédiatement exigé d’elle : le nom, l’adresse, la profession de son érecteur. La réponse a tardée mais elle venue sous la forme d’un message estival venant tout droit de sa montagne : le domaine de Thulon in the Beaujolais la patrie du Gamay. C’est ICI link Pour l’heure je n’ai pas eu le plaisir de tenir dans mes mains cette boîte à Gamay mais mon informatrice, qui est un fin palais, m’a assuré que c’est du bon. Dès qu’elle me fera livraison d’un flacon je vous ferai rapport…

boite-a-gamay2.jpg

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

Liste complète

Derniers Commentaires

Archives

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés