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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, la petite bergerie de Nico en Corse à 34 200 euros la semaine, son pote « Jacques Séguéla est-il un con ? »

Paris au mois d’août, faire face à une épreuve redoutée : son absence. Je ne sais sur quel pied danser entre profiter de ce moment de solitude pour m’immerger dans l’écriture ou partir, tracer la route pour éviter le manque d’elle. J’ai décidé de ne rien décider, de me laisser porter par les circonstances en inscrivant, en grand au-dessus de mon écran, « L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime. » Et, comme je l’aime tendrement, cette petite poignée de jours, ce gros paquet de kilomètres, ne pourront faire écran entre nous. Ce qui est formidable avec elle c’est qu’à chaque fois qu’elle lève pour moi le voile d’une parcelle de sa vie d’avant, ce balcon londonien, cet espace de tendresse, ce beau moment, beau souvenir, mon amour pour elle enfle tel une voile sous le vent. C’est extraordinaire, les mots pour le dire sont trop intimes, si puissants, que je ne peux les déflorer, ce serait trahir, alors je les garde en moi pour les savourer, les chérir, en apprécier le suc. Le pays de son corps, sa peau douce, la chute de ses reins, la gorge de ses seins, sa nudité… le contempler ce pays… l’effleurer du regard… l’imaginer aussi lorsque monte la houle du plaisir. Apaisé, serein, ma quête d’elle n’est pas possession mais contemplation. « Le contemplateur verse de l’eau sur le sable sans espoir d’y créer une flaque, juste pour la voir scintiller avant de disparaître. » Existe-t-il une plus belle preuve d’amour que cet extrême besoin d’elle dépourvu des grilles, des griffes de la possession? S’abandonner…

 

Si tout désir n'est pas amour, tout amour est bien désir… L'amour écrit Platon, « aime ce dont il manque, et qu'il ne possède pas ». Le manque est son essence ; la passion amoureuse, son sommet. Un manque satisfait disparaît en tant que manque : la passion ne saurait survivre longtemps au bonheur, ni le bonheur, sans doute à la passion. « Aime-moi tant que tu le désires, mon amour ; mais ne nous oublie pas. »

 

Et si je m’embarquais sur un cargo-mixte en partance pour DjiboutiAden ArabiePaul NizanJules Supervielle et ses palmiers de zinc…

 

Il fait à Djibouti si chaud,

Si métallique, âpre, inhumain,

Qu’on planta des palmiers de zinc

Les autres mourant aussitôt.

 

Quand on s’assied sous la ferraille

Crissante au souffle du désert,

Il vous tombe de la limaille,

Bientôt vous en êtes couvert.

 

Mais vous possédez l’avantage,

Sous la palme au fracas de train,

D’imaginer d’autres voyages

Qui vous mènent beaucoup plus loin.

 

Extrait de Débarcadères, 1922

 

Je lis le mot de Jean-Claude Guillebaud dans Le 1 :

 

« À Djibouti, j’aime par-dessus tout le port de Tadjourah. J’y retourne depuis 1973 ! Or ce sultanat de légende a changé. L’ancien exotisme qui en était la marque s’est comme évanoui dans l’histoire. Aujourd’hui, la réalité offre moins de prise aux clichés. Tadjourah – goutte de silence et de paix à deux pas des carnages de l’Érythrée – invite aux réajustements du regard. Les réfugiés y affluent, mais aussi la modernité. Cette petite fille qui surveille les chèvres à l’ombre d’un épineux est-elle encore une image « immémoriale » ? Plus vraiment. Dans ses écouteurs passe Michaël Jackson au format MP3. Quant aux caravanes de dromadaires qui partent toujours pour l’Abyssinie, comme il y a mille ans, elles transportent sous leurs chiffons et leur marmaille les produits dernier cri de l’électronique japonaise ou coréenne. Même à Djibouti, le vieux monde s’éloigne. »

 

Et pendant ce temps-là notre Sarkozy offre à Carla pour les vacances « un petit coin de paradis », dans une résidence de 2500 hectares entre Sartène et Bonifacio, en Corse pour la coquette somme de 34 200 euros pour la première semaine du mois d'août. C’est le Canard Enchaîné qui l’écrit. Mais lui « a raconté à ses proches que le proprio allait lui faire un prix d’ami : il n’est plus habitué à payer les villégiatures qu’il veut bien honorer de sa présence. »

 

Le poprio, Paul Canarelli, est un pote à lui. Notre ex n’y croisera pas un ex-habitué du lieu : Richard Casanova, pilier du gang de la brise de mer et ami de Canarelli, tombé sous les balles ennemies le 23 avril 2008. Ce brave Paulo est par ailleurs, dans le collimateur des gendarmes et du ministère de l'Environnement. Encore une vengeance de la Ségo qui n’a toujours pas digéré leur débat télé de mai 2007. En cause: un permis de construire d'une de ses bergeries comme le révélait Le Monde en 2011, des plages rendues inaccessibles, mais pas seulement. Les inspecteurs de l'Environnement souhaitent vérifier que ce dernier ne puise pas trop dans les réserves d'eau pour « entretenir le green de son golf »,

 

À lire absolument : Les bergeries de la Sarkozie 

Le Monde | 26.08.2011

 

:"Je en regrette pas de l'avoir dit, mais surtout je voulais dire que la vie est un rêve, qu’il faut rêver de tout. La Rolex est un symbole et j’aurais pu dire une Ferrari, j'aurais pu dire un stylo Bic, peu importe, un objet culte dont on a envie. Il n’y a pas de raison de dire aux gens : 'Vous êtes condamnés à ne jamais vous faire le plaisir de votre vie.' Même si on est clochard, on peut arriver à mettre de côté 1 500 € ! On a le droit de rêver, nom de Dieu !" 

 

« Jacques Séguéla est-il un con ? » se demandait déjà Pierre Desproges en 1982

La question posée et développée un 25 octobre 1982, n'a pas pris une ride : « De deux choses l’une, ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m’étonnerait tout de même un peu, ou bien Jacques Séguéla n’est pas un con, et ça m’étonnerait quand même beaucoup. » Et l'humoriste disparu de conclure : « Merci majesté Séguéla, roi incontesté et solitaire de la réclame, merci à toi qui, seul de tous tes confrères, a réussi à nous convaincre, une fois pour toute, qu'une société sans publicité c'est aussi inconcevable qu'un poisson sans bicyclette. »

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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 07:00
Portrait de Charles Baudelaire par Franz Kupka

Portrait de Charles Baudelaire par Franz Kupka

À mon éveil, entre limbes et réalité, je n’avais nulle envie de la quitter, elle qui avait occupé ma tête toute la nuit, peuplé mes rêves, mis en images mes rêves les plus fous. Sauvé par la matinale de France Inter, par Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, qui parlait de Charles Baudelaire avec des mots justes, des mots qui me touchaient. Baudelaire homme de tous les paradoxes, moderne et antimoderne, dandy et original, anarchiste de gauche et de droite, le poète du spleen, de la mélancolie, mais aussi du rire et du vin avec du Vin et du hachisch 

 

« Baudelaire résistait à la modernité, tout en étant son meilleur et tout premier observateur »

 

«Nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main.»

 

Mais surtout un Baudelaire chantant les femmes, l’amour, un Baudelaire, qu’en ce matin empli du bonheur de l’avoir effleuré en rêve, se faisait mon interprète, par la voix de Gainsbourg, pour lui dire mon amour.

Que j'aime voir chère indolente,

De ton corps si beau,

Comme une étoffe vacillante,

Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde

Aux âcres parfums,

Mer odorante et vagabonde

Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille

Au vent du matin,

Mon âme rêveuse appareille

Pour un ciel lointain

Tes yeux où rien ne se révèle

De doux ni d'amer,

Sont deux bijoux froids où se mêlent

L'or avec le fer

À te voir marcher en cadence

Belle d'abandon

On dirait un serpent qui danse

Au bout d'un bâton

Sous le fardeau de ta paresse

Ta tête d'enfant

Se balance avec la mollesse

D'un jeune éléphant

Et ton corps se penche et s'allonge

Comme un fin vaisseau

Qui roule bord sur bord et plonge

Ces vergues dans l'eau

Comme un flot grossi par la fonte

Des glaciers grondants

Quand l'eau de ta bouche remonte

Au bord de tes dents

Je crois boire un vin de Bohème,

Amer et vainqueur

Un ciel liquide qui parsème

D'étoiles mon cœur !

 

Ce matin-là j’aurais écrit sur le post-it collé au dos du livre de Camilleri « j’aime tes nouvelles Knickers et tes ongles carminés… »

 

Le soir sur la terrasse, elle préparerait nos Spritz frappés, avec amour… La contempler…

 

Grâce à elle, par elle, j’écris.

 

Ma maîtresse, l’écriture, s’incarne en elle, j’ai besoin d’elle, de sa présence, de sa distance, de sa résistance…

 

Dans l’océan de solitude où le mois d’août, qui pointe son nez, va me plonger, sur mon radeau sans elle, j’affronterai la page blanche. M’accrocherai.

 

Pour résister au spleen, cher à Baudelaire, j’ai choisi de m’immerger dans ce que je connais le mieux pour l’avoir vécu de l’intérieur : LE POUVOIR.

 

Les gens de pouvoir, soudain confrontés à la peopolisation dit-on, au flux ininterrompu des réseaux sociaux, au jeu du miroir dans lequel ils se mirent, s’admirent, tout en dénonçant hypocritement cette intrusion, comme le fait Longueurs&Pointes, la fumeuse de clopes en loucedé sur les quais, l’incomparable Nathalie Kosciusko-Morizet dans Closer, une référence en la matière.

 

« Je suis contre la peopolisation de la vie politique. Je suis pour le respect de la vie privée, d'autant que c'est aussi le respect de la vie privée du conjoint. C'est déjà dur pour lui d'être avec quelqu'un dans la lumière », explique celle qui évoque d'elle-même dès la deuxième question un SMS de son mari qu'elle vient de recevoir.

 

« Seules les informations porteuses de sens politique doivent être publiées", ajoute-t-elle juste après avoir confié que « le créneau 19h00-20h30 est une forteresse dédiée à (s)es enfants ». « Je repasse toujours chez moi pour qu'ils me racontent leur journée et les embrasser avant de ressortir », raconte aussi cette opposante féroce au « déballage intime ».

 

« Les politiques ne peuvent réclamer aucun privilège particulier. Je suis favorable à la publication de toute information qui éclaire le choix des citoyens. A contrario, je réprouve toute atteinte à la vie privée, ce qui a pourtant tendance à devenir la norme. A chaque fois, il faut se demander : cette information est-elle utile pour le choix des citoyens, fait-elle sens, dénonce-t-elle un mensonge, révèle-t-elle une vérité utile au choix démocratique ? ».

 

Mais face à NKM il y a la 5e internationale des socialistes qui est l’internationale des petits pères des peoples, de Montebourg à Varoufakis.

 

Celle-ci va s’assembler dans les prés verts de Frangy-en-Bresse le village le plus enclavé de France, auquel on accède par une petite route de campagne qui ne permet pas à deux voitures de se croiser de front sans une importante prise de risque. Initié en 1973 par Pierre Joxe, ce rendez-vous dans un village bourguignon de 600 âmes est l'occasion chaque année de mettre à l'honneur un nouvel invité. Yanis Varoufakis, le trublion grec, l’homme à la moto sera l’invité du tandem Montebourg/Filippetti.

 

Succès médiatique garanti « On y dira du mal, de l’Europe, du FMI, de la BCE, de Merkel, des Allemands, de Jean Quatremer et d’Arnaud Le Parmentier et surtout de François Hollande. Les propos de Montebourg et Varoufakis seront retransmis en direct sur toutes les chaines d’info. Et ainsi s’écrira un (petit) chapitre supplémentaire dans la saga des Monte-Cristo du hollandisme. »

 

« L’opposant people à François Hollande est ainsi fait. De la vengeance avant toute chose, tel est son credo. De ce point de vue, le cas d’Arnaud Montebourg est assez révélateur de cette révolution politique de l’époque. Un pied chez Habitat, un autre à Frangy, l’ancien ministre ne dispose aujourd’hui d’aucune force politique organisée qui serait de nature à le camper en aspirant à la candidature présidentielle d’ici 2022. Le décalage est immense entre la réalité politique Montebourg, et sa capacité à générer du bruit médiatique. »

 

L’essentiel de l’activité du couple d’enfer formé par Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg n’a qu’un seul but : fomenter « leur vengeance contre François Hollande»

 

Au fond, quel objectif vise l’opposant people ? La réponse tient en un mot : la vengeance.

 

L’opposant people sait jouer de la viralité de l’information à l’ère des réseaux sociaux.

 

« Quand Valérie Trierweiler reprend un tweet mettant en relief l’expression «sans-dents», entrée dans le vocabulaire grâce au succès de son livre, Merci pour ce moment, elle sait qu’elle suscitera nécessairement l’engouement de sites d’actualités qui ont pour spécialité le buzz, engouement déclenchant aussitôt celui des sites plus généralistes. »

 

La COUR, la basse-cour, la cour de récréation, offre son minable spectacle aux yeux d’un peuple nourri au lait d’un Dallas revu et corrigé par Secret story. Avec la complicité des journalistes…

 

Montebourg, l’homme des fidélités successives, Montebourg qui sait détruire, mais qui ne sait pas construire. « Tout ce qui relève du travail de longue haleine, qui exige ténacité et volonté l’ennuie aussitôt. Ce qui le tient encore aujourd’hui en politique, c’est la détestation de François Hollande, qu’il cultive depuis 2002 avec un soin tout particulier. En cela, l’ancien ministre du Redressement productif ressemble à l’ancienne « Première dame » du début du quinquennat. Toute son action publique se résume à la volonté de se venger de François Hollande, ni plus, ni moins. Convenons que dans le genre, il se montre plutôt doué. »

 

Sur le petit sac en papier kraft qui enveloppait le basilic que j’ai pilé pour notre Pesto de Genovese j’ai écrit au crayon de papier

 

« L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime. »

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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 07:00
Jean Lacouture, en 1991, quai de l'Horloge, à Paris. (Photo Robert Doisneau. Gamma-Rapho)

Jean Lacouture, en 1991, quai de l'Horloge, à Paris. (Photo Robert Doisneau. Gamma-Rapho)

Ce dimanche, sur cette terrasse ensoleillée, à déjeuner, face à elle, si belle, tout comme Paul Nizan dans Aden Arabie … je ne laisserais personne dire que mes 20 ans furent le plus bel âge de ma vie… Celui-ci, sans préavis, m’est tombé dessus le jour où je l’ai vu gravir, de son pas léger, des marches… qui était-elle… mon cœur déjà prisonnier allait rendre sans combattre les armes… embrasement… ne serait-il que passager ? Allait-il durer et allais-je tenir le choc de ce grand bonheur impossible ? Pourquoi venait-elle si tard ? Lui dire je t’aime relevait du rêve inaccessible. Alors l’aimer au fil des jours, tout simplement. Bonheur à chaque fois renouvelé que de la voir arriver, s’asseoir face à moi et de me glisser avec un plaisir non dissimulé dans mes habits de profiteur de bonheur. Élixir d’éternelle jeunesse, ce temps que je n’espérais plus me ravive, me fait vivre, et si elle prénommait son fils Arsène ? Ou pourquoi pas Andrea ? Mon imagination sans limite se nourrit d’elle mais, comme j’ai appris la patience, en flirtant un temps avec la jalousie, je garde mes mots, je les freine, les refreine, c’est si neuf, si éblouissant. Prendre les choses comme elles viennent, laisser le temps suspendre son vol, goûter, savourer, se laisser transporter par la musique en ce cabaret sauvage où elle est une reine que j’aime. Et si, au-delà de mes rêves, j’érigeais au bord de la mer, tout au bout de la dune, une grande maison pleine de lumière, offerte aux embruns, avec sa longue plage de sable fin où elle irait courir le matin… La voir aller et venir, vivre, sans crainte, sans contraintes, simple témoin ravi, toujours ébloui, au milieu de mes livres. Je capterais sa lumière, m’en infuserais. J’écrirais sans crainte.

 

Un post-it sur la porte du réfrigérateur « je t’aime… »

 

« Je me rappelle, étudiant, lorsque je lisais Polyeucte, je me disais : c’est de l’histoire ancienne, l’acte insensé d’un délirant, d’un possédé, un écho lointain des temps obscurs. Des gestes aussi extrêmes seraient inconcevables aujourd’hui au XXe siècle. Nous vivons dans des temps éclairés et modernes. Autour de moi – j’étais encore jeune –, toutes les voix me le garantissaient. Nous sommes toujours assurés, quel que soit notre siècle, de ne pas « retomber dans les erreurs d’autrefois ». Dans les années 1950, après les abominations de la guerre, nous redessinions le monde, dont nous ne doutions pas qu’il serait meilleur.

 

Et mes illusions d’étudiant se sont enfuies, une après l’autre. J’ai vu tomber les tours de Manhattan. J’ai vu un cameraman se faire sauter, avec son complice, pour assassiner le commandant Massoud, en Afghanistan. J’ai vu des attentats à Madrid, à Paris, à Londres, à Boston, à Gaza, à Mumbai, à Bagdad, à Alep, à Jérusalem, à Damas, à Beyrouth, à Tunis, à Paris encore, la tragédie au coin de chaque rue. Je sais qu’on fabrique, ici et là, des bombes portatives pour attentats-suicides, et qu’on les attache, parfois, à la ceinture des enfants, qu’il est ainsi possible de faire sauter à distance.

 

Je sais aussi qu’on ouvre parfois la cuisse d’un adolescent pour y introduire un explosif, et qu’on l’envoie marcher, en boitant, vers sa mort promise.

 

J’ai vu, l’année dernière encore, l’image de deux jeunes filles, dans l’État d’Uttar Pradesh, en Inde, pendues par une justice villageoise, parce qu’elles avaient été violées, ce qui les rendaient impures aux yeux ces indouistes intransigeants. Double et horrible peine.

 

Et d’autres abominations, un peu partout. Nous sommes toujours autrefois.

 

Et, quoi qu’on nous dise, qu’on nous parle de traditions millénaires, de relativité culturelle et de religions normatives, nous ne pouvons plus l’accepter. Ce n’est pas parce que les Aztèques pratiquaient les sacrifices humains que nous allons les remettre en faveur dans les environs de Mexico. »

 

Jean-Claude Carrière écrit, bien mieux que je puisse le faire, ce que furent mes espoirs de jeunesse et mon profond désappointement face à la pente de ce monde encore et toujours barbare. « À se demander si la violence – celle qui bâillonne, qui emprisonne et qui châtie, celle qui incendie (…) – n’est pas la preuve même de l’irréalité, de la fausseté d’un discours ; et même la seule preuve indiscutable (…). Nous pourrions dire avec certitude : celui qui, pour amener l’autre à sa croyance, à sa théorie, à sa vision des choses, utilise force et douleur est nécessairement dans l’erreur. Nous tenons là un critère qui ne souffre, peut-être dans l’histoire de notre monde, aucune exception. Il n’est pas possible d’imposer une vérité par la souffrance, à plus forte raison d’établir « la » vérité malgré elle. Aucune technique de cruauté n’y a réussi, n’y réussira. Pour la raison très simple que toute vérité qu’on impose, par le fait même qu’on l’impose, n’est pas, ne peut pas être une vérité. La raison du plus fort serait ainsi la pire. »

 

Glisser un signet dans son livre « tu es belle… »

 

Jean Lacouture est mort.

 

« Pour les journalistes, il était l’aîné de Gascogne. Il n’avait plus l’âge des cadets mais il en gardait la pétulance, le panache, le sens de l’amitié et une plume qui était comme la rapière de d’Artagnan, aussi rapide qu’acérée. Pour la gauche, il était une référence, dans ses convictions comme dans ses errements, qu’il rachetait par une sincérité pleine d’élégance. En tirant sa révérence vendredi, Jean Lacouture entraîne avec lui un pan de l’histoire de France, celle de la décolonisation, du gaullisme honni et respecté, du mitterrandisme ambigu, des grands hommes du XXe siècle et des journaux admirables de ces années-là, le Monde ou l’Obs, engagés et parfois pontifiants, boussoles faillibles mais aussi pièces d’orfèvre. »

 

« Avec De Gaulle, les Français « suivaient le grand druide dans la forêt pour aller couper le gui avec lui ». Avec Pompidou, « nous avons un conseil d’administration qui nous annonce le cours des valeurs mobilières »

.

« Son style d’écriture imagé, sensible à l’émotion et au détail, parfois emporté par son talent, exaspère les sobres. Ses scrupules humanistes énervent les tiers-mondistes. Son parti pris incommode les défenseurs de la neutralité, notion qu’il juge « absurde », car « toute enquête part d’un point de vue ». Pour autant, il a toujours nié être un journaliste militant et souligné que le reportage est par essence une menace « pour les idées qu’on s’était faites auparavant »…

 

Il confessera cependant avoir « à trois ou quatre reprises (…) tu certaines choses pour ne pas nuire à un certain camp », et notamment avoir minimisé les divergences au sein du FLN algérien, pour ne pas faire le jeu des adversaires de l’indépendance : « Une faute professionnelle », insistera-t-il. Sur la Révolution culturelle — imposée par Mao Zedong de 1966 à 1976 —, il fut banalement aveugle, déclarant : « Il me semble qu’à long terme, ce sera une action positive. » Cécité également très partagée à l’époque, il salue en 1975 l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges cambodgiens, puis tarde à constater leur dérive génocidaire, pour lui inimaginable venant d’intellectuels qu’il avait côtoyés. Reconnaissant dès 1976 ses torts sur le sujet, il s’efforce de les réparer… »

 

« J’ai pratiqué une information sélective en dissimulant le caractère stalinien du régime nord-vietnamien. Je pensais que le conflit contre l’impérialisme américain était profondément juste et qu’il serait toujours temps, après la guerre, de s’interroger sur la nature véritable du régime. Au Cambodge, j’ai péché par ignorance et par naïveté. Je n’avais aucun moyen de contrôler mes informations. J’avais un peu connu certains dirigeants actuels des Khmers rouges, mais rien ne permettait de jeter une ombre sur leur avenir et leur programme. Ils se réclamaient du marxisme sans que j’aie pu déceler en eux les racines du totalitarisme. J’avoue que j’ai manqué de pénétration politique.» Difficile d’être plus sincère.

 

Et pendant ce temps-là nos petits médiocres s’épanchent, s’étalent sur les pages de nos journaux d’été « Les policiers qui me rejoignent en août s'entraînent en juillet. Sinon, même sportifs, ils auraient du mal à grimper. Et je ne les attendrais pas, ce n'est pas dans mon tempérament ! »

 

Qu’est-ce qui vous fait vibrer ?

 

« La souffrance, la compétition, la beauté. J’aime la montagne. A vélo, je ne fais pas de sorties en plaine. Je m’ennuie sur le plat, il faut que ça grimpe. Je monte assis sur ma selle, en force, alors que je préfère les coureurs qui grimpent en danseuse, comme Contador. Quand je suis en vacances dans le Haut-Var, tous les matins, je fais 60 kilomètres et je franchis deux ou trois cols. J’aime les paysages, mes vélos, le bruit du boyau sur la route. Mon fils Jean vient parfois avec moi. C’est le seul de mes enfants qui m’accompagne ; les autres trouvent qu’il est trop dur de me suivre ! »

 

« Hollande?

 

Bayrou le voit dépourvu de ces attributs moraux qui vous posent le grand chef d’Etat : « Sur l'Europe, c'est criminel de (sa) part cette absence complète de virilité ». Attention ! Bayrou ne fait pas dans le Zemmour. S’il dénonce le manque de virilité de Hollande, c’est à la fois pour jouer de l’image d’un président dont les soucis du corps privé ont fini par attenter au corps public et dénoncer le fait que chez Hollande, l’apparence d’un accord conclu sur la Grèce vaut plus que la réalité de l’accord lui-même.

 

Bayrou dénonce en Hollande l’homme des plasticités successives, ce coussin politique qui prend la forme des événements plutôt que de les inspirer. Hollande est l’homme des accommodations plus que des ambitions. En cela, il manque de virilité. Peut-on dire que c’est mal jugé?

 

Sarkozy ?

 

Bayrou lui reconnait de la virilité : « Nous appartenons tous les deux à la race des grandes fauves. Indécourageables ». Mais Bayrou démonte le Sarkozy acculturé, ce qui rend ces indécourageables irréconciliables : « J'ai lu dans la presse qu'il disait lire beaucoup de livres. J'ai aussi lu qu'il regardait beaucoup de films. Ce que je sais c'est qu'on ne peut pas faire les deux en même temps ».

 

Hollande manque de virilité. Sarkozy manque de culture. Et Alain Juppé dans tout cela?

 

Parce qu’après tout, voilà des mois que dans les déjeuners en ville on évoque le rapprochement que les deux hommes auraient opéré depuis de longs mois, soudés par la volonté d’évacuer Nicolas Sarkozy du paysage politique français. »

 

Un petit bristol glissé dans sa boîte aux lettres « … nous nous retrouvons le 25 juillet pour déjeuner… »

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Touche pas à mon église» entaille le papier avec autant de légèreté que le soc de la charrue sillonne la terre. On est dans le lourd, dans tous les sens du terme.

« Oublier Palerme… »

 

Au plus vite rendre les armes, confiné chez moi par la canicule je vivais, sans doute possible, l’une des semaines les plus noires de mon existence, forme concentrée d’annus horribilis, furieux contre moi-même, brassant des idées noires, laissant vagabonder, errer mon imagination, je fabriquais les pires images tout en guettant ses messages qui n’arrivaient jamais. Je suis injuste il y en eut, mais il me fallait recevoir d’elle une volée de bois vert. Elle vint. Libération, et puis, comme après l’une de mes affreuses migraines qui me clouaient sur place, le calme revint, un grand blanc, la plénitude, elle était là face à moi à Saint-Germain des Prés. Je me sentais penaud, vidé et heureux. La fureur de l’orage avait nettoyé notre ciel sans déchirer la trame de notre relation, bien au contraire celle-ci s’en trouvait renforcée et je pouvais m’embarquer, l’esprit libéré, dans ce que je savais mieux faire, aider à recoller les morceaux d’une vaisselle que les excités des deux bords s’étaient ingéniés à briser.

 

Je reçus un coup fil du château. Avec quelques précautions de langage, je n’ai pas que des amis dans la maison, mon correspondant me demandait de rappliquer dare à dare à un rendez-vous dans un petit rade du haut du boulevard Saint-Michel. Le café était exécrable, le type aussi. Je le laissai s’enfoncer dans sa suffisance et, alors que je me levais, tout bêtement pour aller pisser, il changeait soudain de registre. Du fiel au miel, ce qui ne m’empêchait pas d’aller vider ma vessie. Là-haut mon action en faveur du déplumé de Bordeaux déplaisait. J’en convenais aisément. Le type souriait jaune. Je l’enfonçai en lui assénant ma façon de penser sur la conduite du quinquennat. Mais, l’urgence aidant, je lui donnai mon accord pour monter dans l’heure sa petite affaire. Enlever une épine du pied de notre cher Président me plaisait à double titre, ça ne pouvait que faire chier l’ignoble Iznogoud et mettre du plomb dans l’aile de ce va-de-la-gueule de Mélanchon.

 

Les détails de l’opération sont bien évidemment à classer « secret d’État »

 

Seul le résultat compte, et il était là :

 

« Selon nos informations, des hauts fonctionnaires de la direction du Trésor et de la délégation française à Bruxelles ont planché discrètement aux côtés des négociateurs grecs, sous haute surveillance de l’Elysée. « Des fonctionnaires se sont mis à disposition de la Grèce pour donner un coup de main, dès le début de la phase aiguë de la crise, concède un conseiller ministériel. Ce sont les Grecs qui tiennent la plume, mais ils se servent de nous comme d’un sparring-partner. »

 

« L’idée n’est pas de dicter aux Grecs ce qu’ils doivent écrire, mais de leur donner des conseils pour faire des propositions de réformes qui soient acceptables par le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission européenne, confirme un autre responsable proche du dossier. Cela revient à leur dire par exemple : attention, telle proposition sur la TVA ou les retraites ne pourra pas passer, telle autre oui. » Avec un objectif : que le plan présenté par M. Tsipras ne soit pas rejeté comme précédemment.

 

Si elle n’est pas endossée par l’Elysée, cette coopération est d’autant moins tenue secrète qu’elle constitue une pièce de plus dans le tableau que François Hollande entend brosser de lui depuis le début de cette crise grecque : celui d’un facilitateur prêt à tout pour rapprocher des protagonistes irréconciliables. « Le président a fait un choix stratégique : tout faire pour obtenir un accord, rappelle un de ses proches. Au-delà du travail de facilitation qui a permis à l’hypothèse d’un accord de redevenir envisageable, on a fait le choix d’agir en coulisse pour aboutir à des propositions crédibles et susceptibles d’être acceptées. On aide beaucoup à ne pas commettre d’impair symbolique. »

 

En clair : apporter une assistance technique aux négociateurs grecs pour les aider à progresser en terrain hostile face à Berlin et au FMI. Le rôle joué par la France est d’ailleurs un secret de Polichinelle à Bruxelles. Depuis le début des négociations en juin, des observateurs de la Commission ont constaté à plusieurs reprises que des documents présentés par Athènes lors de réunions de travail étaient en plusieurs points similaires à ceux présentés par Paris. »

 

Très bonne communication relevée par Le Monde

 

« Ce n’est pas de l’ingérence, c’est normal que la France aide la Grèce puisque la France ne veut pas que la Grèce sorte de la zone euro, explique une source française proche des négociations. C’est bien pour les Grecs parce que ça leur apporte une expertise qu’ils n’ont pas forcément, et c’est bien pour la France parce que cela montre qu’elle est au centre du jeu. »

 

L’obstination présidentielle en la matière semble d’ailleurs n’avoir plus de limites. M. Hollande ne s’occupe plus que de cela, il a encore eu M. Tsipras et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, jeudi 9 juillet, au téléphone. « Il passe des heures avec les uns et les autres pour tisser des fils. Je n’ai jamais vu la France aussi impliquée dans un deal qu’à l’heure actuelle », glisse-t-on à l’Elysée, certain que « ce qui était devenu impossible, aujourd’hui redevient possible».

 

Sous les charmilles d’une terrasse proche de la place de la Réunion, en sirotant un Casanis avec Émilie, je savoure avec délectation le retournement de la situation. Mon âme de médiateur exulte et attise mon ironie à l’endroit de mes amis de la gauche de la Gauche qui marchent en rasant les murs, la queue entre les jambes. Pour rajouter une couche à leur désappointement je vais leur servir sur un plateau d’argent l’interview d’Emmanuel Macron, « L’imparfait en politique » à l’hebdomadaire N°1. Ils vont baver, éructer, me couvrir d’injures. C’est leur façon d’être, la vindicte plus que l’intelligence.

 

Comme l’écrit le graphomane BRP 

 

« … il y avait bien longtemps que l’on n'avait lu, avec intérêt et gourmandise, les propos d’un responsable politique de premier plan délivrant sa part d’intellectuel authentiquement français. Ni diatribe, ni slogan. Ni éléments de langage, ni communication. Dans Le 1, Emmanuel Macron délivre une vision de la France, des Français, du pouvoir et de la politique qui tranche avec les buzz qui nous sont infligés chaque jour. Macron, ce n’est pas du Morano ou du Wauquiez.

 

Lire Macron dans Le 1, on le dit ici parce qu’on le pense, c’est renouer avec la tradition de l’intellectuel engagé en politique, propre au socialisme français. Retour à la tradition de Jaurès, Blum, et Mitterrand.

 

Tel Mitterrand dans La Paille et le grain, Macron parle politique. Il pèse le tout au regard des processus qui règlent notre vie publique. Politique. Démocratique. Médiatique. Enfin, un politique donne le sentiment de penser ! Macron est certes moins intuitif et charnel que Mitterrand contemplant la France vue de la roche de Solutré, « D’ici, j’observe ce qui va, vient et surtout, ne bouge pas ». L’ancien président était un littéraire, Macron est un philosophe. Mais comme son prédécesseur, il s’efforce de comprendre la France, de savoir d’où elle vient, et où il convient de l’emmener.

 

« … Macron plaide implicitement pour le retour à l’homme politique auquel oblige la Ve République. Le De Gaulle ou le Mitterrand. Le souverain charnel et spirituel.

 

L’homme pensant et l’homme d’action. L’homme qui entend incarner la figure du roi qui, effectivement, fait défaut à la France quand celui qui la guide méprise ou ignore l’essence même de son pouvoir.

 

En creux, Macron accable Nicolas Sarkozy, premier président de la Ve République à rompre avec la figure du roi. Mais aussi son successeur, son propre président et ami, François Hollande, le président normal qui se mue désormais en Twittos aventureux et moderne. »

 

Je savoure.

 

Toujours avec ce foutu BRP je me délecte de l’appel « Touche pas à mon église » lancé dans Valeurs actuelles par Denis Tillinac. Une pétition qu’ont signés Charles Beigbeder, André Bercoff, Jeannette Bougrab, Alain Finkielkraut, Gilles-William Goldnadel, Basile de Koch, le Père Alain Maillard de La Morandais, Élisabeth Lévy, Sophie de Menthon, Jean Raspail, Ivan Rioufol, Nicolas Sarkozy, Jean Sévillia, Philippe de Villiers, Éric Zemmour. 

 

« Mais que diable Nicolas Sarkozy est-il allé faire dans cette galère identitaire ?

 

Il faut lire l’appel rédigé par Tillinac, qui entaille le papier avec autant de légèreté que le soc de la charrue sillonne la terre. On est dans le lourd, dans tous les sens du terme. Tillinac est à Barrès ce que Zemmour est à Déon. A droite, l’époque n’est plus au hussard, insolent et indolent, mais plutôt au vieux grenadier de la bien-pensance réactionnaire. C’est le règne des stylistes de sous-préfecture, à Causeur et Valeurs, de Camille Pascal à Elisabeth Lévy. Si on était de droite, c’est bien simple, on aurait honte de signer l’appel de Tillinac, traître à une certaine idée de la littérature à droite.

 

De grâce ! Rendez-nous Nimier et faites vite grandir Consigny. Communiez autant que vous voulez à la désespérance de Drieu mais par pitié, cessez de ranimer le style puceau vengeur de Brasillach. Méditez, encore et encore, Céline, qui disait : « C'est rare, un style. Ce qui m'intéresse, c'est le style. Moi, je suis lyrique... » et ajoutait : « La seule vraie inspiratrice, c’est la mort ».

 

François Hollande en coach politique

 

En quelques jours, Hollande est devenu une sorte de grand frère européen de Tsípras. Voire de coach politique. «Je le lui ai dit dès mardi qu’il ne fallait pas qu’il essaie de chercher une majorité au sein du conseil européen, mais un consensus», a confié Hollande à l’un de ses conseillers. Pour le Français, le Premier ministre grec aura commis au moins une lourde bévue : avoir méprisé les institutions européennes et notamment le président de la Commission Jean-Claude Juncker. La faute à «une certaine inexpérience», souffle un proche du chef de l’Etat.

 

Dès mercredi, Hollande comprend que la liste de réformes structurelles que Tsípras va devoir présenter sera «plus douloureuse» que celles contenues dans le texte de compromis présenté par Juncker une semaine auparavant.«Mais en défendant un plan à moyen terme, Tsípras a quand même la possibilité de parler de dette, d’investissement, et de financement, note-t-on à l’Elysée, et donc de donner un peu de lisibilité à son pays».

 

Grèce : Tsípras a-t-il vraiment capitulé ?

 

«Capitulation», «reddition»… : ce vendredi matin, le concert triomphaliste de tous ceux qui, avec une jubilation parfois suspecte, commentaient les dernières propositions grecques du Premier ministre Aléxis Tsípras, faisait parfois penser au fameux dicton : «Quand le sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt.»

CHAP.15 opération Chartrons, «Touche pas à mon église» entaille le papier avec autant de légèreté que le soc de la charrue sillonne la terre. On est dans le lourd, dans tous les sens du terme.
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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 07:00
« Les paysans s’en foutent, les transports sont désorganisés, les fonctionnaires paresseux et incompétents… », Gorbatchev à Tchernenko le 21 juin 1984 devant Mitterrand

 

Je dédie d’un même mouvement cette chronique à nos chers communistes et à leurs fervents compagnons de route ainsi qu’aux petits génies de Face de Bouc qui refont la crise grecque au vue de leur incommensurable compétence.

 

« Si les gens savaient par quels petits hommes ils sont gouvernés, ils se révolteraient vite. » Talleyrand

 

C’était un expert : Louis-Philippe à son chevet l’entendit lui souffler

 

  • Sire, je souffre comme un damné.

  • Déjà !

Nous sommes gouvernés par ceux que, majoritairement nous avons élus, même si tel n’était pas l’orientation de notre vote, flanqués de leurs technocrates, et la somme de ces majorités souvent contradictoires dans l’Union Européenne devrait amener les redresseurs de torts français de tout poil, de toute obédience à être un peu plus modeste dans leur soi-disant analyse et à bannir l’invective qui souvent leur tient lieu d’argument. Mais il est plus simple d’instruire des procès simplistes que de rechercher un bon compromis.

 

Le tous pourris est le symptôme le plus grave et le plus pernicieux de l’état de déliquescence de notre système démocratique.

 

Nous avons les dirigeants que nous méritons. Ils sont à notre image.

 

Dans ma vie professionnelle j’ai eu l’occasion de travailler au contact de certains grands de ce monde accompagnés de leur suite souvent courtisane : ha les sherpas ! Attali, Lauvergeon… Ce ne sont que des humains avec leurs grandeurs et leurs faiblesses, n’en faisons pas des faiseurs de miracles, des gens qui ne sont pas comme nous.

 

Puisant dans le livre de Philip Short, un anglais, François Mitterrand le portrait d’un ambigu, je vous rapporte quelques anecdotes.

 

Mitterrand à Reagan Washington 22 mars 1984 (archives) à propos du complexe d’encerclement des Soviétiques

« Les paysans s’en foutent, les transports sont désorganisés, les fonctionnaires paresseux et incompétents… », Gorbatchev à Tchernenko le 21 juin 1984 devant Mitterrand

« Pour l’expliquer, il faut avoir recours à la psychanalyse. Celle-ci nous a enseigné que nous pouvons être marqués par ce qui est arrivé à notre mère à partir du troisième mois de la conception. Eh bien, eux continuent de vivre leur pays au travers de ses trois premières années […]

 

Permettez-moi de vous raconter une histoire : je sais que vous les appréciez.

 

Un homme fou croit qu’il est un grain de blé. Pour le guérir de cette grave affection, il faut l’hospitaliser et, après un long séjour et des soins intensifs, il est guéri. Il y a même une petite fête pour sa sortie. Tout le monde est très satisfait. Il sort et, à quelques distances de là, il rencontre une poule. Le fou, terrifié, recule et revient en courant à l’hôpital. « Mais enfin ; lui dit le médecin, vous êtes guéri. Vous savez bien que vous n’êtes pas un grain de blé ! » Et le fou de répondre : « Moi, je le sais bien, mais la poule, elle, est-elle au courant ? »

 

La blague de Reagan à la fin du même entretien

 

« Un jour, une femme russe va à la rencontre de Brejnev. Elle lui rappelle qu’ils ont autrefois couché ensemble, et, en souvenir de cet épisode, elle lui demande d’aider son fils à obtenir une place à l’Université. « Ah bon, je ne me rappelle pas, mais, au fond, peut-être. [Mais] dis-moi, où et quand avons-nous couché ensemble ? » « C’était au dernier congrès du Parti Communiste, répond-elle. Nous étions assis côte à côté, et pendant le discours d’un orateur, nous avons dormi ensemble. »

 

Entretien de Mitterrand avec Konstantin Tchernenko le 21 juin 1984 (Verbatim Attali Vol. I)

 

« Un communiste français qui faisait partie de la délégation fit remarquer que Tchernenko « avait l’air d’un cadavre ». Pour briser la glace Mitterrand demanda à Gorbatchev, qui venait d’arriver et était assis à la gauche de Tchernenko, pourquoi il n’avait pas fait partie de la délégation lors de la réunion plénière du matin. « Cela ne dépend pas de moi, Monsieur le Président », répond Gorbatchev. À la question de Tchernenko, qui demanda pourquoi il était en retard, il expliqua qu’il venait d’une réunion sur la production agricole. « Tout le monde dit toujours que [notre agriculture] va bien, continua-t-il, mais c’est faux, ça n’a jamais marché. » Déconcerté, Tchernenko lui demanda ce qu’il voulait dire. « Les paysans s’en foutent, les transports sont désorganisés, les fonctionnaires paresseux et incompétents… », commença Gorbatchev. « Depuis quand ? » l’interrompit Tchernenko. La réponse fusa : « Depuis 1917 » L’interprète russe, comprenant soudain l’énormité de ce qui venait de se dire, s’arrêta au milieu de la phrase. »

« Les paysans s’en foutent, les transports sont désorganisés, les fonctionnaires paresseux et incompétents… », Gorbatchev à Tchernenko le 21 juin 1984 devant Mitterrand

Le courtisan mitterrandien par Laure Adler, conseillère culturelle à l l’Élysée, l’Année des adieux 1995

 

« Le courtisan mitterrandien […] dit « Monsieur le Président » au moins une fois par phrase, […] s’exclame au moindre de ces mots en éclatant d’un rire hors de propos, précède ses désirs […]. François Mitterrand, parce que Président, vit à l’Élysée comme dans une bulle. […] le pouvoir, c’est d’abord et peut-être uniquement le pouvoir sur les hommes. François Mitterrand le sait, en use et quelquefois en abuse au palais. Il rend otages […] ceux qui l’entourent de l’affection qu’il leur prodigue. […] Pour combler cet espace entre une vie privée qu’il ne peut plus avoir […] et une vie officielle qui le corsète et l’empêche d’être naturel, il s’est créé ou il a créé une cour [qui] est pourtant, par essence, inégale. Lui seul peut demander. Généralement, il obtient et quand, par exception, il n’obtient pas, […] il ne comprend pas. »

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, « le SAC c’était le bon dieu sans les curés» Pasqua était vice-président. La Garantie Foncière refuge des rentiers de la France qui avait tant aimé le Maréchal

J’ai toujours détesté les préavis, les départs programmés, lorsque la routine pointe son nez je me casse, je me tire. Nul besoin de déballer les tenants et les aboutissants de mon départ, je n’aime pas les mouchoirs, seule l’urgence de me mettre à nouveau en danger primait. Nul regret, une mue radicale, le minimum syndical en baluchon, la tête libre, le cœur en fête, bientôt je serais accoudé au bastingage du ferry qui traverserait le détroit de Messine. Mettre de la distance avec les médiocres, écrire…

 

Pour autant je ne rompais pas toutes les amarres, ma fine équipe restait opérationnelle et, avec mes instructions, je leur laissais un mémento historique pour fortifier leur capacité à voir un peu plus loin que le bout de leur nez.

 

Qui se souvient de la tuerie d’Auriol ? 

 

1981, l’élection de Mitterrand est en passe de devenir une réalité, on annonce des communistes au gouvernement. Alors que la droite la plus radicale redoute de voir arriver les chars soviétiques, le SAC est aux abois et se prépare à une guerre civile. Aussi ridicules que puissent paraître ces craintes aujourd’hui, elles sont réelles à l’époque et expliquent la forte tension qui règne en France. Les membres de l'officine droitière font alors campagne contre Giscard, avec le raisonnement suivant, d'une piètre lucidité : si les socialo-communistes gagnent, ce sera le chaos et les gaullistes reviendront vite au pouvoir...

 

Le SAC (Service d’Action Civique) voit le jour le 4 janvier 1960, date de son enregistrement à la préfecture de Paris, son but officiel est d'apporter un soutien inconditionnel à la politique du général de Gaulle. Dirigée par Pierre Debizet, l’officine barbouzarde est au service de Jacques Foccart, l’homme de l’ombre de De Gaulle. « Les membres sont chargés d’assurer la sécurité des personnalités du RPF, mais également le service d’ordre des manifestations ou le collage des affiches. Très polyvalents, les membres du Sac sont occasionnellement briseurs de grève et assurent plus largement toutes les basses œuvres du régime gaulliste. Largement composé d’anciens résistants, on sait bien que ces héros de 1940 ne sont pas tous des saints, le SAC recrute parmi les militants gaullistes mais aussi dans le milieu, dans la police, la gendarmerie. Parmi ses fondateurs, on trouve Alexandre Sanguinetti, Charles Pasqua qui en devient vice-président, ainsi que son ami Étienne Leandri. Des criminels de l'époque ont possédé une carte du SAC, à l'instar de Jo Attia ou de Christian David (dit « Le Beau Serge ») ; certains éléments de la pègre avaient en effet conservé des liens avec le gaullisme en raison de leur passé de résistant ou de déporté durant la Seconde Guerre mondiale, on compte aussi des truands comme Georges Boucheseiche, anciennement membres de la Gestapo de la rue Lauriston, désirant être proche du pouvoir politique pour profiter de la protection de ce dernier. »

 

Et qui se souvient de la « Garantie Foncière » ?

 

Les fondateurs de la Garantie Foncière : Robert et Nicole Frenkel pour séduire les rentiers de la France profonde, celle qui avait tant aimé Vichy et le Maréchal, de façon caricaturale offrait un échantillon représentatif de cette France éternelle qui osait de nouveau affirmer son attachement aux valeurs du bon monsieur Guizot. Ces petits bourgeois, boutiquiers ou notaires, maquignons ou petits patrons, ralliés bon gré mal gré au grand escogriffe de Colombey, qui après tout, en dépit de son reniement algérien et de ses fantaisies d’indépendance nationale, avait ramené la stabilité et l’ordre, trouvaient en Pompidou un bon syndic de succession. Après la grande peur de mai l’heure était de nouveau au recyclage des bas de laine et des lessiveuses dans la pierre pour les accédants à la propriété.

 

Robert Frenkel, qui se présentait comme le simple directeur financier de la Garantie Foncière, animait des tables rondes, où certains journalistes stipendiés de la presse financière lui servaient la soupe moyennant bakchich. Face aux hésitants, le petit homme rondouillard ne lésinait pas sur le calibre des arguments choc « Nous avons parmi nos actionnaires un lauréat du Nobel. Nous avons en portefeuille des décisions de juges des tutelles qui ont autorisé le placement de biens de mineurs à la Garantie Foncière… ». Le Figaro, qui en ce temps-là honorait sa devise, leva le lièvre dès septembre 1969 : « S’il l’on en croyait certaines publicités tapageuses, il existerait, pour reprendre l’expression d’un analyste-financier, des sociétés-miracles. Elles permettraient des rendements nets si élevés – plus de 10% pour certaines d’entre elles – qu’on voit mal comment ils pourraient être effectivement obtenus. On le voit d’autant moins que la gérance prélève le plus souvent une partie des fonds versés par le souscripteur et une partie également des loyers versés par elle. Pour donner du 10%, cela supposerait une rentabilité des capitaux investis de l’ordre de 14 à 15%, bien peu probable, surtout pour des locaux commerciaux d’acquisition trop récente pour qu’une indexation ait pu déjà jouer ; quant aux locaux d’habitation, cela apparaît à peu près impossible. »

 

Le groin du Prince Poniatowski fouissait déjà la fange, où se vautraient quelques compagnons des gaullistes, pour le compte de son mentor Giscard tenu par la solidarité gouvernementale en tant que Ministre des Finances. En janvier, à la suite d’une lettre du jeune déplumé de Chamalières, le procureur général de Paris avait ouvert une information judiciaire contre X à l’encontre de la Garantie Foncière visant des délits d’ « abus de biens sociaux, abus de confiance et autres infractions à la législation ». Le grand public l’ignorait mais pas nous qui attendions notre heure pour précipiter le processus de décomposition et faire que l’explosion de la bulle éclabousse au maximum le régime. Quand j’écris ces lignes je ne peux m’empêcher de penser que l’adage populaire, selon lequel l’histoire est un éternel recommencement, s’applique toujours à merveille à celle des escrocs financiers. Plus c’est simple, plus c’est gros, plus ça passe comme une lettre à la poste.

 

« Il connaissait tous les secrets de la République. Il n’en révéla aucun pour se défendre lorsqu’il fut attaqué. Question d’honneur, énonce Guaino des sanglots dans la voix. On l’accusait de “diplomatie parallèle” et d’être peu regardant sur les moyens. Il l’était, en effet, quand il s’agissait de sauver une vie ou de défendre l’honneur de la France. Mais personne ne l’a jamais vu accomplir un acte dont la France put avoir honte. » Puis il rappelle « l’écho des colères homériques et des immenses éclats de rire de Charles Pasqua et de Philippe Seguin résonnent encore dans les têtes de beaucoup d’entre nous. »

 

Derrière l’épouse et les petits-fils du défunt, des secrétaires et des collaborateurs étouffent un sanglot. Un chœur de voix d’hommes s’élève alors, chantant en corse le Dio vi salve Regina : « Voi dei nemici nostri/A noi date vittoria/E poi l’Eterna gloria/In Paradiso » (« Sur nos ennemis, donnez-nous la victoire et puis l’Eternelle gloire au Paradis… »).

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, pantouflage et magouillage sont les deux mamelles de la haute-fonction publique sous la Ve République… François Pérol l’Écureuil et les Populaires

« En souffrance » la dénomination me convenait bien car elle me permettrait de nommer et de compacter, en un lieu circonscrit et impénétrable, un recoin de mon ordinateur, tout ce qui venait de me tomber dessus en si peu de jours. Le risque d’un total effondrement me guettait, j’étais à deux pas d’être submergé, de perdre pied. Afin d’éviter l’effet de propagation j’appliquais la théorie des dominos à mes soucis. En priorité, confiner la jalousie qui me minait. Mes craintes se révélaient fondées. Comment pouvait-elle se laisser séduire par lui ? Lui ou un autre, je n'avais rien à dire même si pour moi elle méritait beaucoup mieux. Me taire. Fuir ce déjeuner. Mais elle était si belle, si rayonnante, si aérienne, et comme mon corps me lâchait ma lutte se portait sur un autre terrain. En fait, je réalisais que je n’étais pas jaloux au sens habituel du terme, mon désir ne puisait pas sa source dans la possession de son corps, bien sûr la sentir, l’embrasser, la déshabiller, lui faire l’amour, en d’autres temps m’aurait obsédé, mais dans mon souci de la voir aimée par quelqu’un à sa hauteur. Il n’y avait aucune trace d’amour-propre dans ma déception de la voir en compagnie de ce garçon mais une forme de rage, l’impuissance de la vieillesse. De l’orgueil sans doute, à croire que, si la donne du temps m’avait donné une chance, moi seul était capable de la rendre heureuse. C’était une certitude qui me rendait fort. L’important c’était elle, mon Emilie. Alors pour elle, il fallait que je me batte contre un ennemi intérieur, bien plus redoutable, dont je savais depuis des années qu’il guettait le bon moment pour se ruer sur mes défenses affaiblies et me terrasser. Du courage elle m’en infusait, loin des petits frelons sans importance je m’accrochais.

 

« Il n’y a d’amour éternel que contrarié… »

 

L’amour paisible est un leurre dont il faut se méfier, c’est quand c’est difficile, tout le temps difficile, que l’amour reste vivace, ne s’éteint pas. Le mien, si tardif, unique, entrait dans ce cercle restreint, alors pour m’aider à survivre j’allais le cultiver avec passion, avec soin, loin des petits prédateurs. La distance est mon seul talent.

 

« Anne était vive, intelligente, passionnée d’art. C’était une mince brunette pétillante aux yeux verts, très gaie et au sourire enchanteur. Elle le captivait. Il la charmait. « Il était intéressant, se souviendrait-elle. Il y a tant de gens qui ne sont pas intéressants. Vraiment pas ! Les gens supérieurs… vous multiplient la vie par leur savoir. »

 

« Mais Anne lui offrait ce renouveau – une « régénération », dira-t-elle – que peut connaître un homme plein de vigueur à l’approche de la cinquantaine quand son existence se trouve soudain bouleversée par une passion dévorante et réciproque pour une fille qui a la moitié de son âge. »

 

Le François de Jarnac avec qui je n’ai jamais eu d’affinités retrouvait au travers de cet amour romantique une épaisseur humaine, charnelle…

 

Quel champ me restait-il alors à couvrir entre ma bataille vitale et mon désir de la voir s’épanouir ?

 

En clair, devais-je abandonner toute activité ?

 

Les petits jeux intérieurs sont si minables, si misérables, si mesquins, alors que tout autour de nous, au plus près de nous, la barbarie, l’ignorance, la bêtise, s’étalaient, s’épandent, me désespèrent. Est-ce monde là que je vais quitter ? Est-ce monde là dans lequel ceux que j’aime vont vivre ? Je n’arrivais pas à m’y faire, à accepter l’impuissance, le renoncement. Alors, même si je n’en avais plus très envie, je m’accrochais aux manchons de la charrue et je suivais le sillon.

 

L’entrisme chez les Républicains s’imposait, je renouvelais ma carte au nouveau parti accompagné de l’ensemble de ma fine équipe. L’heure s’y prêtait car l’essentiel se jouait en interne.

 

« Janus aurait adoré la vie de Nicolas Sarkozy. Deux visages pour un même homme, l’un concentré sur le présent, l’autre tourné vers l’avenir. Un même corps, un même esprit, tendus vers deux horizons : la présidence du parti, un épisode qui n’est pas fait pour durer. Une sorte de présent imparfait. Le futur ? Une candidature à la primaire qui montre déjà son nez. Et pour l’heure un impossible choix puisque l’ex chef de l’Etat se doit d’être les deux. Président de tous et candidat d’une partie. Les vies de Nicolas Sarkozy ne sont décidément pas simples à conjuguer.

 

Certes la fonction de "big boss" des Républicains lui apporte pas mal d’avantages. C’est, en effet, à lui que revient la tâche d’organiser l’épreuve finale, lui qui en fixe les règles et les contours. Certes, les pressions sont fortes de la part de ses concurrents mais au final c’est bien lui qui tranche et part donc avec un léger avantage. Son job de président de parti lui donne aussi une surface médiatique bien supérieure à celle de ses concurrents. Le chef de l’opposition c’est lui. Rien que lui. Il est maitre des débats et du calendrier. En revanche, certains de ces avantages peuvent se révéler à double tranchant. »

 

Le maillon faible de la stratégie de Sarkozy c’est l’UDI, alors nous n’allions pas nous priver de faire feux de tout bois sur le plus con de la bande : Hervé Morin. Je rappelais à mes troupiers un petit épisode au temps où je m’étais infiltré dans les rangs de l’UMP.

 

 

« Alors, à la grande surprise de la pouponnière sarkozyste j’attaquais en rase campagne « Comment notre président a-t-il pu confier le portefeuille de la Défense à un Hervé Morin ? Moi qui suis un héritier de la pensée du Général, pensez-donc j’ai défilé sur les Champs en 68 pour protester contre la chienlit et renvoyer la racaille gauchiste à ses débats fumeux, je ne comprends pas ce choix. Les centristes sont des couilles molles et ce Morin un j’en foutre ! » Mes interlocuteurs étaient médusés et tétanisés. Que me répondre ? Aller dans mon sens c’était d’une certaine manière mettre en doute l’infaillibilité de Nicolas 1er. Nul n’osait s’aventurer sur ce terrain mouvant. Le mime agitait ses petites mains mais restait coi. Et c’est alors qu’une petite voix flutée s’élevait « Comme le dit mon père : Morin est aussi con que ses bourrins ! » J’approuvais bruyamment la petite blonde, car c’était elle qui venait de faire cette saillie, en qualifiant de plus le maire d’Epaignes de traître. Mes interlocuteurs approuvaient. L’agité-bis, stupéfait de la prise de parole de sa dulcinée, se dandinait d’une fesse sur l’autre, avant de proférer une grossièreté « Jeanne-Marie, ne t’en déplaise, ton père est aussi un sombre con... »

 

Pantouflage et magouillage sont les deux mamelles de la haute-fonction publique sous la Ve République…

 

« En cet hiver 2009, les pouvoirs publics désespèrent de trouver une solution au problème de gouvernance des Banques populaires et de l’Ecureuil. Les groupes, en très grande difficulté, vont fusionner, mais leurs patrons ne s’entendent pas sur un nom de dirigeant. Ces « chamailleries » exaspèrent les pouvoirs publics et le seul moyen d’y mettre un terme est de désigner une personne « neutre ». Encore faut-il la trouver. A Paris, les candidats disponibles ne sont pas légion. Quelques noms circulent, mais les banquiers buttent sur la solution. Or le temps presse. Et « c’est ce qui fait au final que le président de la République a demandé à François Pérol » de prendre la tête du futur groupe, explique Claude Guéant.

 

« Le président de la République lui-même a beaucoup hésité, poursuit-il. François Pérol était pour lui un collaborateur extrêmement précieux. Mais il fallait sauver les deux établissements bancaires. »

 

Le président du tribunal veut être certain d’avoir bien compris : « Donc c’était une idée du président de la République ? » « Oui », répond Claude Guéant.

 

A ce moment, il y a comme un flottement dans la salle. Non pas que Claude Guéant vienne de faire une révélation fracassante. A l’aune de ce que fut le quinquennat de Nicolas Sarkozy, en ces années d’hyperprésidence, ce « oui » n’étonne personne. Mais, au regard des débats de la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où M. Pérol comparaît pour « prise illégale d’intérêts », il prend en revanche une tout autre épaisseur. »

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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, l’énigmatique nuit de Julie Gayet à Cheval Blanc et les 2 chieuses de Sarko le nouveau plombier polonais incontinent…

« Au réveil vers 7 heures, je m’accorde toujours dix minutes d’émerveillement, c’est un temps que je prolonge par un temps de méditation. Ensuite, je pratique un exercice de douche énergétique qui me permet d’énergiser mon corps, en passant en revue les organes intérieurs et extérieurs. Je sens et savoure que je suis vivant, entouré et aimé de mes proches. Tout cela est de nature à me faire sentir le présent au double sens du terme y compris comme un cadeau de la vie (…) je modèle mon temps selon l’énergie de mon désir. Cela me permet d’effectuer d’autant mieux ce que j’ai à faire.

 

Quel est votre moment de la journée préférée ?

 

« Les temps où l’on peut éprouver pleinement l’énergie de l’amour, de la sensualité, de l’amitié, de la tendresse. »

 

Quelle serait pour vous la journée idéale ?

 

« La journée idéale n’est pas pour moi celle que l’on maîtrise. Je préfère rester en situation de surprise, d’accueil des cadeaux de la vie, y compris les plus surprenants, et ne pas être dans le contrôle. »

 

C’est de la plume de Patrick Viveret, un ancien du PSU, croisé dans les fourgons de Michel Rocard, et c’est la nouvelle philosophie de ma vie.

 

Je suis accueillant à tout ce qui me surprend, ouvert, aimant.

 

Elle, je l’aime très fort, je tiens à elle bien plus qu’à la prunelle de mes yeux et avec elle j’ai enfin découvert la jalousie. Vocation tardive qui me laisse serein car, depuis l’origine, je sais que l’accomplissement de cet amour est impossible. Ça n’enlève pas une parcelle de mon désir mais celui-ci est tendre, apaisé. Souvent j’ai envie de lui dire « Donne-moi, une seule raison de ne pas t’aimer ? » pour démonter une à une ses défenses. Offensif et contemplatif, je sais maintenant que « la jalousie fait autant souffrir de ce qu'elle suppose que de ce qui est. » C’est du La Rochefoucauld. Le virus de la jalousie elle me l’a inoculé au fond d’une nuit chez Zagros, la voir dans les bras d’un autre me crucifia. D’un seul coup d’un seul je découvrais l’étendue de mon attachement.

 

Enfin, dans ma vie, sur le tard comme aimait à le dire ma grand-mère, j’accueillais cette compagne comme un réel cadeau de la vie. À chaque occasion qui se présentait nous vivions des jours simples et heureux, elle se pacifiait, elle rayonnait, elle s’émerveillait ça suffisait largement à mon bonheur.

 

Nous pique-niquions sur une pelouse du parc de Belleville, l’air était tendre, de beaux nuages de gaze moutonnaient dans un ciel azur, la belle vie.

 

Mon ami François de Saint-Emilion me téléphonait. Pierre Luton était furax contre la RVF reconvertie en Closer s’interrogeait hypocritement « Le président et son amie l'actrice auraient-ils profité de leur agenda girondin pour se retrouver et, si oui, où auraient-ils bien pu passer la nuit de samedi à dimanche ? Il n'en a pas fallu plus pour laisser se répandre la folle rumeur selon laquelle le couple aurait passé la soirée ensemble au château Cheval Blanc à Saint-Émilion, où logeait l'actrice. »

 

« Selon le protocole le président aurait dû coucher dans la résidence du Préfet de Gironde, le très bel hôtel de Nesmond, au coeur de Bordeaux. Mais dans le quartier personne n'a remarqué d'agitation cette nuit-là »

 

Comme chacun le sait dans le Landerneau du vin ils ont du nez les fins limiers de la RVF qui, bien sûr, ont mené l'enquête pour savoir où se trouvait le chef de l'Etat.

 

Se trouvait-il à l'hôtel Mercure de l'aéroport de Mérignac pour plus de simplicité ?

 

Eh bien non. Pour ce week-end end dans l'une des plus belles régions de France, François Hollande et Julie Gayet ont choisi un cadre beaucoup plus chic et romantique... « Le couple s'est effectivement retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche, mais sur les rives de la Dordogne, dans un prestigieux premier cru classé de Saint-Émilion. »

 

« Pour cette nuit loin des ors et des tracas de l'Elysée, le couple a posé ses valises au château Cheval Blanc, la propriété du milliardaire et première fortune de France Bernard Arnault, président du groupe LVMH et actionnaire de la société de production Rouge Production de l'actrice. Si peu de détails ont fuité quant au déroulement de la soirée et sur une possible dégustation de grand cru dans les chais, le couple a été logé dans « l'une des très belles chambres du château donnant sur le vignoble et sur le spectaculaire chai » conçu par l'architecte Christian de Portzamparc.»

 

Tout faux, mauvaise pioche « En fait, Julie Gayet est venue déjeuner seule au château Cheval Blanc, samedi midi, puis elle est revenue dormir seule le soir après le dîner de la Jurade » a déclaré Pierre Lurton, le gérant de la propriété appartenant à Bernard Arnault, le président du groupe LVMH. Quant à François Hollande, il serait arrivé seulement dimanche matin de Paris.

 

Mais jusqu’où iront-ils pour draguer un lectorat peau de chagrin ?

 

Et pendant ce temps-là le pauvre Nico, le nouveau bateleur des estrades de foire, le néo-plombier polonais, est aux prises avec deux créatures, deux fortes têtes qui, quand elles ne se font pas la guerre, se retournent contre leur patron.

 

Longueurs&Pointes d’abord, qu’il ne supporte plus.

 

Incontrôlable, pas de discipline, ultra-perso, pauvre Nico a pourtant été contraint de la reconduire dans ses fonctions de numéro 2 de LR, alors qu’elle conteste ouvertement la ligne du parti, multipliant les appels du pied vers l’électorat de Juppé ou de Fillon.

 

Furax il tempête « En la nommant numéro 2, je pensais qu’elle me ramènerait les modérés. Que dalle ! Elle ne me ramène que des emmerdes. Je n’en peux plus. Si elle veut dégager, qu’elle dégage ! » rapporte Le Canard enchaîné

 

NKM ne cache plus son intention de participer à la primaire :

 

« Cette femme est folle, elle est détestée dans le parti ! Je la tiens à bout de bras et, pour me remercier, elle m’emmerde et me provoque ! Elle déconne à pleins tubes !», aurait lâché en l’apprenant, le 30 mai dernier, le déboucheur d’évier, le Destop des demandeurs d’asile, qui ne lui prédit que « 3 % des voix, pas plus ».

 

En aparté, la folle parie sur la défaite de Sarko qui sera « empêché » par ses ennuis judiciaires », proclame-t-elle à qui veut bien l’entendre. Il se murmure que lorsque l’employé des eaux hésitait à la reconduire à la direction du parti, Longueurs&Pointes n’avait pas tardé à signaler à Frédéric Péchenard et à Pierre Giacometti « qu’elle connaissait Sarkozy depuis longtemps, qu’elle pourrait raconter des choses. »

 

Rachida Dati, ensuite, qui a tout fait pour intégrer l’exécutif de la nouvelle formation, en vain, et qui, dépitée, n’en finit pas de se venger.

 

« Politiquement, elles pèsent, alors pauvre Nico est obligé de faire avec… »

 

« Aujourd'hui, de l'aube à la nuit, de l'aurore au crépuscule, à chaque seconde que nous accorde la Providence, un micro se tend, une caméra s'allume, un selfie se prépare, un smartphone se branche ; il n'est même plus besoin de poser des questions : le politique, ravi de la crèche, transfiguré par les projecteurs, parle parce qu'il existe. Existe parce qu'il parle. Je cause, donc je suis. Pour le reste, l'avenir y pourvoira. »

 

André Bercoff

 

Migrants : Nicolas Sarkozy, plombier incontinent 

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 08:00

Ma vie, enfin un long fleuve tranquille, je la goûtais avec délice, sans hâte, à petites gorgées, les yeux fermés, en me laissant porter par elle, « L’Intraitable », fier cuirassé en rade de Brest, me disais-je d’elle. En ce samedi d’après canicule l’air était vif nous marchions dans le parc des Buttes-Chaumont. Assis sur un banc au soleil à son côté mon imagination prenait le pouvoir, intrigante dame en noir, cheveux platinés, femme fatale à la Kay Lake, l’héroïne du Dahlia Noir d’Ellroy, l’auteur à tous les pouvoirs et il ne se prive pas de les utiliser, transgresser, abattre l’invisible cloison qui sépare fiction et réalité. Que du bonheur ! Même plus peur des petits frelons qui lui tournent autour, je les piège, ils ne sont pas à sa hauteur. J’en arrivais à aimer le cheval de frise qu’elle place autour d’elle pour me tenir à la bonne distance, c’est si différent, si excitant, ça attise mon imagination. Tout ce temps d’elle me ravissait, me conférait un statut privilégié. Elle était à moi, rien qu’à moi. Déjeuner quasi provincial, le calme d’une petite place, comme si la ville s’était retirée loin, très loin. Plus tard, en une fureur extrême, cette même ville, devint folle, au bord de la catharsis, des envies de meurtre face à l’indécence et l’impudeur. Elle flamboyait, regard noir, quelle était belle, lionne indomptable !

 

De retour dans la fraîcheur de ma cellule de moine, je lisais :

 

« La vie y était austère. Il n’y avait pas de chauffage dans les dortoirs où s’alignaient des rangées de lits en fer. Lorsque les enfants se réveillaient à 5 h 45 du matin, dans l’obscurité hivernale, il y avait de la glace dans le grand lavabo qui courait le long du mur du fond telle une mangeoire à chevaux. Ils se lavaient rapidement à l’eau froide qui coulait des robinets en cuivre à l’ancienne, puis ils se rendaient à la chapelle pendant l’angélus. La classe prenait huit heures par jour, cinq ou six jours par semaine, auxquelles il fallait ajouter deux heures pour les devoirs et, si le temps était mauvais, des heures supplémentaires d’étude le dimanche. Le déjeuner se déroulait en silence, pendant qu’un prêtre lisait un texte édifiant ou quelques pages des Saintes Écritures. Ce n’est qu’une fois la lecture achevée que les enfants étaient autorisés à parler. La journée se terminait comme elle avait commencé, en prière. Tous les trimestres, trois jours durant, les élèves partaient en retraite pour se consacrer à la méditation et à l’étude de la Bible »

 

Ce fut la vie du jeune François de Jarnac pensionnaire au collège Saint-Paul d’Angoulême.

 

De cette rude et libre jeunesse, que je connus moi-même, je tire un enseignement imparable, elle a fait de nous d’impétueux et fougueux amoureux… Nous aimons ! Ce fut, c’est toujours pour moi, notre raison de vivre même si nous affichions, et que j’affiche toujours, le contraire sous nos grands airs.

 

« Je vois une blonde qui me tourne le dos. Elle se tourne vers moi. Je suis resté les pieds rivés au sol… Puis je l’ai invité à danser. J’étais fou d’elle. »

 

« François était fou d’amour pour elle et il ne lui cachait pas. »

 

« Ce fut la première des quelques deux mille lettres d’amour qu’il lui enverrait au cours des trois ans et demi qui allait suivre. »

 

« François se languissait d’amour et se montrait suppliant mais il n’était pas l’homme de ses rêves. Elle le tenait à bonne distance – « assez loin pour se sentir libre, assez proche pour qu’il ne se décourage pas » – ne répondant pas ou peu à ses déclarations ardentes. Ils étaient comme les personnages d’un roman du XIXe siècle : « Il avance d’un pas, elle avance avec lui, il avance d’un deuxième, elle prend peur. »

 

« Mais au fond d’elle-même elle continuait de rêver d’un homme qui enflammerait son cœur. François était sensé, charmant, tout ce dont une fille pouvait rêver. Dans ses lettres, il se répandait en déclarations : « Comment m’as-tu lié si étroitement à toi ? Je me croyais insaisissable, je me croyais maître de mes sentiments […] J’étais indépendant, rebelle, je le suis toujours à l’égard de tout ce qui n’est pas toi. […] Mesures-tu ta puissance ? […] jr t’aime, je t’aime, je t’aime. » D’un côté, c’était ce qu’elle désirait entendre, de l’autre, c’était exactement ce qu’il n’aurait pas dû dire. »

 

Elle c’était Marie-Louise Terrasse, la future Catherine Langeais la présentatrice de télé la plus populaire auprès des français, et elle avait 16 ans.

 

Mon bonheur ne dépend que de toi, et je ne suis pas malheureux de constater ma dépendance.

CHAP.15 opération Chartrons, Nathalie vient de lire le livre. Il faut tout arrêter, sinon elle divorce !  C'est déjà trop ! Nicolas Sarkozy n'aime pas du tout les intellectuels et il n'a pas d'humour.

Quel beau couple, je ne parle pas ni de François et de son inaccessible Marie-Louise, encore moins d’elle et de moi, même si nous le sommes effectivement, beaux, mais des 2 hébétés, Arnaud Montebourg dit Nono la belle gueule, et Mathieu Pigasse le banquier rock-and-roll, les nouveaux Vallès de la classe ouvrière française en déréliction qui lorgne du côté de chez la fille du borgne, se penchent sur les pauvres :

 

« Des familles ouvrières contraintes de limiter encore leurs dépenses pour faire face à leurs impôts augmentés ».

 

« Là un petit retraité devenu imposable incapable de retenir ses larmes devant le fonctionnaire de la trésorerie ne pouvant lui accorder assez de délai ».

 

La « vraie gauche » quoi !

 

La populaire tendance populiste incarnée par ce couple inassorti, le Johnny de la politique qui revient tous les 2 mois faire la morale à Flamby et le banquier Lazard, vieux pote de DSK, l’inventeur du « socialisme de l’offre », qui lui fait le grand écart à se faire péter la sous-ventrière.

 

Style toc, et le fond surtout. « Les deux phrases citées plus haut montrent immédiatement la contradiction : les auteurs veulent dénoncer l’austérité mais les exemples choisis portent sur des pauvres assommés par… les impôts. Les salaires n’ont pas baissé en France, si le pouvoir d’achat a reculé c’est à cause des taxes et des alourdissements fiscaux. Quel aveu ! L’austérité en France ne vient pas des revenus, elle met hors de cause la responsabilité des chefs d’entreprises. Elle vient des impôts et désigne le gouvernement comme coupable. Le gouvernement auquel a participé Arnaud Montebourg a fait l’erreur tragique d’augmenter les impôts. Il visait les riches, il a atteint non pas les pauvres en vérité, puisque la moitié des ménages français ne paient pas l’impôt sur le revenu, mais la classe moyenne. L’austérité vient des impôts. L’ex-ministre nous avoue là penser comme Manuel Valls : la faute de la gauche est d’avoir utilisé la méthode fiscale. »

 

Le propos des deux auteurs est vide sur le fond. Ils réclament ce qui est. Ils sont hors réalité et leur texte n’a pas de sens. Alors comment les comprendre ? »

 

La hauteur du déficit n’est pas leur affaire, la conduite concrète d’un gouvernement plongé dans l’Europe réelle ne les concerne pas. »

 

Pure posture à la Mélanchon de 2 yaka, 2 vrais cons, 1 ministre raté et 1 banquier enrichi qui nous interpellent au nom des pauvres avec un texte écrit sur un coin de table. Pure ambition personnelle, si dévorante, qu’elle leur fait épouser les thèses du populisme de la plus dangereuse espèce.

 

Et pendant ce temps-là j’imaginais le chef des REPS’, en train de compter et de recompter les sièges vides sous la tente du congrès fondateur des Républicains, de calculer le nombre de militants manquant à l’appel, de pester sur les mauvais chiffres d’audience de son 20 heures, il s’inquiète, il rumine et fait les cents pas dans son bureau, il cherche comment il pourrait échapper à ces foutues primaires en pestant contre Jean-François Copé et François Fillon qui en ont validé le principe lors de la signature de leur traité de paix en mai 2013. Chiffon de papier, l’envie irrépressible de les rayer, purement et simplement, de son calendrier le reprend, plus violente que jamais, « depuis qu’il a constaté que les militants, ses militants, ceux à qui, le soir de sa défaite, il lançait : « je vous aime », prenaient leur distance. Il comptait sur eux pourtant, sur leur fougue, sur leur ferveur, pour écraser Juppé et tous les autres. Las, ils se déballonnent. Un autre signe l’inquiète, le nombre d’adhérents. Il espérait le voir bondir sous l’effet de son retour mais rien ne s’est produit. La poisse. Et de refaire ses calculs, encore et encore…. Des calculs qui le rapprochent toujours plus de son concurrent bordelais. »

 

« Or l’idée que la victoire ne soit pas assurée le ronge. Pas question de remettre en question son statut de leader, il répète donc, à tous ceux qui entrent dans son bureau depuis des semaines : « les primaires n’auront pas lieu. Je ferai tout pour les éviter. Elles vont diviser durablement notre famille ». Et de tenter d’en repousser la mise en place aux calendes grecques au prétexte qu’on ne peut pas prendre le risque de voir débuter les hostilités avant les régionales. »

 

« Même s’il donne des gages de bonne volonté, Nicolas Sarkozy est donc toujours bien décidé à éviter d’affronter son ancien ministre des affaires étrangères et tous les autres quitte à faire un beau cadeau à François Hollande qui ne rêve que du combat retour. Ça tombe bien, Nicolas Sarkozy en rêve aussi. »

 

Quel beau couple ! Je ne parle pas de François et de Nicolas mais de Nathalie, notre Longueurs&Pointes à éclipse du XIVe, et de Jean-Pierre. « Pour JPP, ça ne déménage jamais assez. Dans son esprit, chaque réunion est faite pour retourner la table. Jean-Pierre la tornade impose une règle tacite : une idée par quinzaine. Et jamais de relâche. En face, la phrase qu'on entend le plus souvent dans la bouche de Nathalie commence par : « T'es gentil, mais... »

 

« Régulièrement, elle le renvoie à son rôle de conjoint. Qu'on envisage une intervention de la candidate tel jour, à tel endroit, et la voilà qui se tourne vers lui : « OK, à ce moment-là, je partirai plus tard en Normandie, tu prendras les enfants et je vous rejoindrai. » JPP reste de marbre. Autour de la table, la directrice de campagne, les conseillers politiques ou de com' coincent aussi. Tout le monde comprend rapidement que ce mélange des genres ne peut pas durer.

 

« Désormais, ils gèrent leur couple politique de manière très professionnelle, explique un proche dans un vocabulaire qui fait un peu froid dans le dos. Le 'comité exécutif' du couple se réunit parfois pour parler des grandes orientations, mais ils ne rentrent pas dans le détail. »

 

J’adore !

 

Pauvre JPP, toujours dans l’ombre lui qui aime tant la lumière… Il a laissé un souvenir impérissable au 78 rue de Varenne dans l’ombre de son mentor Louis Mermaz…

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons «Le bègue, je vais le crever» « C’est une phrase d’une très grande élégance, sympathie, distinction et finesse et qui contribue à tirer vers le haut le débat politique français. »

Mes mèches blanches, sous les larges coups de ciseaux de ma coiffeuse, tombaient drus comme des flocons sur le large sarrau noir qui m’enveloppait, glissaient sur la pente lisse et formaient des petits tas sur le plancher. Le climatiseur pulsait des frigories qui nous faisaient ignorer la canicule qui tombait sur Paris. Je n’étais entouré que de femmes, mes pensées vagabondaient, se dispersaient avant de revenir, têtues, s’accumuler toujours sur le même rocher, elle, telles des moules. Quitte à prendre une gamelle, un râteau comme on dit, mon penchant naturel me portait vers l’assaut de la forteresse. Et si ses murailles n’étaient là que pour me contraindre à aller au-delà de ma vaine attente. Ma peur de la perdre. Je l’imaginais cédant aux godelureaux qui tournaient autour d’elle. Leurs mains sur elle. Leur plaisir. Son plaisir. Je censurais mes pensées. L’une des clientes refusait le shampoing. S’ensuivait une discussion confuse sur la nature, les produits naturels. Et moi je pensais à la sente de ses cuisses. Lui dire. Non taire. « Je tourne en rond, je tourne en rond… » Le balai assemblait les restes de ma toison argentée en un petit tas dérisoire. La bousculer, la renverser, l’aimer sans concession ni rémission, la fournaise me happait à la sortie. Ne rien lâcher. Je descendais la rue de Belleville pour aller déjeuner au Baratin avec quelques membres de ma petite équipe.

 

En sirotant un Poulsard de Philippe Bornard à bonne température nous nous laissons aller à une certaine forme de découragement teintée de résignation : le débat politique vole de plus en plus bas sous l’impulsion du chef d’escadrille Sarkozy. Même Dati l’étrille « On a tellement critiqué ceux qui ont affaibli les institutions, la fonction présidentielle... Quand on est candidat à la fonction suprême, on n'est pas là pour faire des sketches » Elle est vénère la Rachida, Longueurs&Pointes, son ex-rivale aux municipales à Paris, était annoncée sur le départ de la direction des Républicains, et son Nicolas chéri a finalement choisi de garder sa numéro 2. « Il avait annoncé urbi et orbi ne pas vouloir la reconduire dans ses fonctions. Mais il l’a maintenue. Ce revirement ne m’a pas surpris. Il n’a pas changé ». Jamais en manque d’opportunisme, la maire du VIIe, sans doute en hommage à Edouard Frédéric Dupont le député des concierges, non contente de dire ses quatre vérités à son ex protecteur, Rachida Dati pousse désormais la fronde jusqu'à distribuer des bons points aux candidats déclarés ou pressentis à la primaire. Dans une courte interview au Parisien, la maire du 7e arrondissement a trouvé le moyen de caser trois fois le nom d'Alain Juppé pour souligner à chaque fois leur convergence de vue sur des sujets stratégiques. Mais, la mâtine ne met pas tous ses œufs dans le même panier : il y a moins d'un mois, elle se fendait de deux tweets pour soutenir avec enthousiasme Bruno Le Maire dans sa croisade contre la réforme du collège. A ses yeux, l'ancien challenger de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP et probable troisième homme de la primaire de 2016, est désormais une « valeur sûre pour la droite ».

 

« Le bègue, je vais le crever » formule assassine digne des « Tontons flingueurs », mais comme pour l’ainé des Volfoni, alias Bernard Blier, promettant « y va voir qui c’est Raoul » au "Gugusse de Montauban », la rodomontade du nabot en talonnettes pourrait bien revenir en boomerang dans la gueule de son auteur. « Une formule spontanée qui ressemble à Sarkozy, puisqu’il s’agit de lui, il joue au voyou avec beaucoup de naturel quand il laisse parler à haute voix sa rancune à l’égard de François Bayrou. Comme devant le public acquis des meetings des Républicains, il a fait son numéro de gros bras devant les ralliés de l’UDI, déjà prêts à se coucher devant le nouveau maître de la droite… forte. La détestation entre centristes aidant, comme un petit vin traître, il s’est laissé aller, en confiance, à la saveur acide de son désir de vengeance. La question n’est même pas de douter de la véracité du propos rapporté par « Le Canard Enchaîné ». Le président des Républicains l’a bien tenu, et devant témoins. On peut parier qu’il n’en éprouve aucun regret : la formule est tellement spontanée, impulsive et brute de fonderie, qu’elle lui ressemble bien. »

 

L’agressé ne s’y est pas trompé « Il ne supporte pas qu’on n’ait pas peur de lui et il se trouve que je n’ai pas, que je n’ai jamais eu et je crois qu’à vue humaine il n’y aura pas d’hypothèse où j’aurais peur de lui » Sur France Inter, François Bayrou affirmait ironiquement : « C’est une phrase d’une très grande élégance, sympathie, distinction et finesse et qui contribue à tirer vers le haut le débat politique français. » Quant au caractère authentique de l’attaque de Nicolas Sarkozy, il complétait sur LCP : «Loin de moi l’idée que Le Canard enchaîné puisse écrire des choses éloignées de la réalité». En notant au passage que « ces phrases se multiplient » et a dénoncé la « violence » et l' « agressivité » du président du parti Les Républicains. Pour nous c’est du tout bon car ça fortifie l’axe Juppé-Bayrou.

 

Et pendant ce temps-là « Plutôt Sarkozy que Juppé en 2017 : l'intrigant calcul de Hollande ? »

 

« En Hollandie, la joie demeure. « François a de bonnes chances d’être réélu « dit l’un, brillant député. « Face à Sarkozy et Le Pen, les Français préféreront François » dit l’autre, qui se présente comme un hollandais historique, « Des 3% et même moins »… Et ils ne sont pas les seuls. La victoire, qui paraissait encore impossible il y a quelques semaines encore, est désormais considérée comme probable. Et les uns et les autres de réécrire l’analyse des Départementales, « Le PS et ses alliés ont bien mieux tenu qu’on ne le dit », et le retour de Sarkozy est un échec sans nom, tant « il est à côté de la plaque ».

 

Bref, une petite reprise, une petite baisse du chômage, un petit effort de redistribution en faveur des classes moyennes et populaires, et c’est tout juste si l’élection présidentielle de 2017 ne relèvera pas de la formalité.

 

Depuis l’été dernier, la communication Hollande ressemble à ce que fut celle de Jacques Chirac à la fin de sa cohabitation avec Lionel Jospin. Retour du « Président sympa », tout en proximité, empathie et sympathie. Quand le président honore le soldat inconnu, le 11 novembre, il en profite pour parcourir la place de l’Etoile, de part en part, pour y serrer la main des vraies gens. Quand le président est confronté à des lycéens sympathisants « dieudonnistes » sur le plateau de Canal plus, il en profite pour se montrer bienveillant et avenant, pédagogue, disert, et ne s’énerve pas quand une lycéenne considère que la colonisation en Algérie était un « génocide ». Quand le président fait entrer, en solennité, quatre Résistants au Panthéon, il en profite pour se livrer à un nouveau bain de foule, aux quatre coins de la place du Panthéon, serrant encore et encore des mains. Et quand le président remet la Coupe de France aux joueurs du PSG, il claque la bise à Ibrahimovic, vedette incontournable du football français, comme Mitterrand l’avait laissé faire à Jean-Pierre Papin en 1989… Et la télévision d’enregistrer les images du président sympa, et les réseaux sociaux de les diffuser à l’infini… »

 

« Pour le moment, un seul nom effraye la Hollandie : « Alain Juppé ». Alain Juppé est aux yeux des partisans du président sympa, l’équivalent du crucifix pour le Vampire émergeant de son tombeau. Alain Juppé, terreur du Hollandais revenu d’entre les morts. Alain Juppé qui plait aux électeurs des centres, et pourrait même se payer le luxe, au cas où il serait candidat à la présidentielle, de ramener à lui les électeurs des classes moyennes et populaires égarés dans le vote FN et allergiques au vote Sarkozy. Alain Juppé est le cauchemar de la Hollandie… »

 

Ça nous plaît tout ça même que dans le camp d’en face, l’inconsistant Baroin, le fils de son père la carrure en moins, revendique l'héritage politique de Jacques Chirac, en reprenant une célèbre citation de ce dernier. « Juppé n'est pas le meilleur d'entre nous, c'est le préféré d'entre nous ». Le sénateur-maire de Troyes poursuit l'attaque. Dressant un portrait d'un homme froid et dénué d'empathie, il montre bien que l'attachement commun à l'héritage chiraquien n'est pas synonyme d'amitié. « Juppé n'a pas changé. Il souffre d'un autocentrisme total. Si Bernadette lui en veut, c'est qu'elle a des raisons. Avec Sarkozy, il n'y a pas de coups tordus. C'est clair et direct. Vous verrez que s'il est candidat face à Juppé, la moitié des chiraquiens le soutiendront ».

 

Nous adorons !

 

« Il y a du Poutine chez cet homme-là : il assume un comportement dont il sait parfaitement qu’il choque. Ses propos (outranciers jusqu’à la caricature) sur les socialistes qui mépriseraient la République, il refuse de les juger excessifs. Et quand il affirme « je respecte l’ensemble de mes adversaires », c’est pour ajouter dans la foulée : « Quand je dis qu’ils sont médiocres, je suis même un peu indulgent. »

 

Nicolas Sarkozy a des méthodes de caïd. Il n’a pas d’état d’âme et estime n’avoir aucun compte à rendre ni à personne. Une question de tempérament mais surtout de stratégie. Il a l’aplomb du tueur qui retombe sur ses pieds. On lui passe des images de Juppé copieusement hué par ses partisans, il sourit et ramène l’incident à un « il y a eu quelques sifflets ». Et rappelle qu’il en fut lui-même l’objet au RPR, dans la période 1995-1997, quand les Balladuriens, et lui en particulier, étaient honnis et ciblés… par les Chiraquiens.

 

Ils s’aiment… Sarko veut balladuriser Juppé, tant mieux…

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