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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 00:09
Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat
Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Je suis droitier mais ambidextre sur le clavier, ne pratique jamais le ni-ni en politique, ai toujours pensé que le centrisme était un simple cache-sexe pour les mous et comme le soutenait, à contre-courant, dès 1954 dans son livre La Droite en France, René Rémond, je crois toujours que la dualité gauche/droite structure la vie politique française, que la droite comme la gauche est plurielle, que la droite est composée de trois familles nées de la Révolution : le légitimisme droite contre-révolutionnaire, l’orléanisme droite libérale et le bonapartisme droite césarienne. La gauche, depuis la scission du Congrès de Tours, pendant très longtemps se scindait en communiste et non-communiste, cette dernière, après un long temps d’émiettement, s’assemblait autour du PS avant que l’émergence des extrêmes menace son leadership. Le même phénomène menace la droite traditionnelle, avec la renaissance et la montée en puissance du FN héritier du nationalisme et populisme qui avait pris corps, dès 1882, dans le mouvement antisémite, xénophobe, antidreyfusard. Rien de nouveau sous le soleil d’Austerlitz !

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Tout ça pour vous causer des poissons plats droitiers et gauchers.

 

Dans les océans et les mers, comme en Angleterre et sur le continent, il est des poissons qui conduisent à gauche et d’autres à droite. Je plaisante à peine, en effet si l’on observe attentivement certains d’entre eux, on voit que les soles donnent toujours l’impression de regarder à droite, tandis que d’autres, semblent regarder à gauche.

 

Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que leurs yeux changent de place.

 

« Ces poissons naissent comme les autres, avec une symétrie bilatérale verticale et donc un œil de chaque côté de la tête. Mais quand le jeune poisson plat atteint de 1 à 2 cm de long, l’un de ses yeux se met à migrer par-dessus sa tête pour se rapprocher de l’autre, et il doit alors nager sur le côté pour maintenir les deux yeux vers le haut.

 

Ensuite, la forme du poisson s’aplatit progressivement et ses nageoires se structurent tout autour du corps, de sorte que ses flancs droit et gauche – à la naissance – deviennent sa face « dorsale », qui porte les yeux, et sa face « ventrale », qui est devenue aveugle.

 

En outre, la pigmentation du poisson se différencie : elle prend une teinte foncée, souvent bariolée ou tachetée au-dessus, et claire et unie au-dessous, ce qui assure au poisson un bon camouflage, aussi bien sur les fonds marins, que lorsqu’il est vu du dessous, nageant sur le fond clair du ciel. »

 

Le mystère c’est que ce basculement du corps au cours de la croissance se fait, d’un côté ou de l’autre selon les familles : les Scophthalmidés (environ 8 espèces) le turbot, la barbue et la cardine qui regardent à gauche, et les Soléidés (environ 130 espèces) la sole, le céteau, les Pleuronectiformes (60 espèces environ) la limande, la limande-sole, la plie, le carrelet, le flet, le flétan, qui regardent à gauche.

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Toute ma science je la tire de la somme d’Henriette Walter et Pierre Avenas « la fabuleuse histoire du nom des poissons » chez Robert Laffont

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Ce phénomène est vraiment extraordinaire.

 

« Cette perte du plan de symétrie de la naissance chez les poissons plats est un phénomène unique, non seulement parmi les poissons, mais aussi parmi les vertébrés : on ne connaît pas de cas semblables, ni chez les mammifères, ni chez les oiseaux, ni non plus chez les reptiliens et les amphibiens. »

 

Mon goût va vers les poissons droitiers : sole et céteau mais j’aime aussi le turbot et la barbue

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat

Table le restaurant où le produit est roi propose une magnifique sole de roche de l’Ile d’Yeu.

 

J’y mange de temps à autre à midi au bar pour 25€ entrée + plat + dessert

 

Buvez avec ça un vin de Paul Reder par exemple Grigri : vin postmoderne

Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat
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Le donneur de recettes adore les poissons droitiers comme les poissons gauchers et il n’en fait pas tout un plat
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 00:09
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

« On ne peut pas ne pas raconter la scène où la mère de Pier Giorgio a ouvert fièrement un placard dans la cuisine de son enfance. C’était un nécessaire à piadina, une sorte de galette réalisée à base de farine de froment, de saindoux, de sel et d’eau, spécialité d’Émilie-Romagne. Elle se façonne traditionnellement sur une plaque de pierre. On l’a goûté quelques heures plus tard dans une petite échoppe de Rimini. Elle était fourrée d’épinard, de mozzarella et de chair à saucisse, une nourriture rassurante, un délice. L’une des nombreuses madeleines du cuisinier. »

 

La piadina, pida en dialecte romagnol, est un aliment lié à la tradition étrusque connu depuis le XVIème siècle. On raconte qu’en 1839, une bande de voleurs s’étant introduit de nuit dans une maison et n’ayant trouvé rien de valeur, se consolèrent en mangeant de la piadina qu’ils trouvèrent dans la cuisine. C'est l'ancêtre de la focaccia. Contrairement à la pizza qui a fait le tour du monde, la piadina est restée en Italie. Pendant longtemps elle a été le pain des pauvres de cette région car elle avait l'avantage de coûter peu, de cuire rapidement et surtout de couper la faim.

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

Nous sommes en Emilia-Romagna région alliant deux provinces historiques l'Émilie au nord et la Romagne la Romagne comprise dans le delta du Pô, de Bologne à Rimini, patrie des belles italiennes avec plein de chevaux sous le capot : Ferrari à Maranello, Maserati à Bologne et Modène, Lamborghini à Sant'Agata Bolognese. C’est l’une des régions les plus fertiles d’Europe située entre l’Apennin ligure et toscan et la rive gauche du Pô : elle est bordée à l’est de la mer Adriatique, à l’ouest du Piémont et de la Ligurie, au nord de la Vénétie et de la Lombardie, au sud de la Toscane, des Marches et de la République de Saint Marin. Bologne est la ville-capitale.

 

C’est un annuaire de grands cinéastes : Michelangelo Antonioni, Marco Bellocchio, Bernardo Bertolucci, Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini y sont nés.

 

C’est aussi une superbe brochette du bel canto Arturo Toscanini, Giuseppe Verdi, Renata Tebaldi, Luciano Pavarotti y sont nés.

 

Certes, il y a aussi Benito Mussolini né à Dovia di Predappio dans la province de Forlì-Cesena.

 

C’est Ferrare qui resta sous la domination de la famille d'Este jusqu'à la fin du XVIe siècle. Elle fut une grande ville d'art sous les Este, réputée dans toute l'Europe dès le bas moyen-âge et pendant la renaissance. A la fin du XVe siècle, elle connaît un des plus grands projets urbains de l'Europe moderne, entrepris par son duc Hercule Ier d'Este, et le premier de planification raisonnée des espaces citadins. Son enceinte et sa belle forteresse médiévale sont très bien conservées et de nombreux édifices et palais datant de la Renaissance sont particulièrement intéressants. Ce patrimoine lui a valu d'être inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco pour d'une part son centre historique et en outre pour son delta sur le Pô.

 

C’est Bologne dont les origines remontent au moins à un millénaire avant Jésus-Christ. Elle a toujours été un important centre urbain, d'abord sous les Étrusques (Felsina), ensuite sous les Romains (Bononia), puis au Moyen-âge, en tant que une importante commune indépendante (pendant un siècle elle fut la cinquième ville européenne par sa population). Très ancienne ville universitaire célèbre pour ses tours et ses portiques en arches (plus de 38 Km dans le centre historique), dont le plus long au monde (Portique de San Luca, 3.500 m pour 666 arches), elle possède le centre historique médiéval le plus grand d'Europe après celui de Venise. La sauce bolognaise massacrée par les mauvais fabricants de pizzas et de conserves y trouve son origine.

 

C’est aussi un superbe garde-manger de luxe :

 

  • Le Parmigiano-Reggiano DOP (Dénomination d’origine protégée), appelé « Parmesan » dans le langage courant français.

  • Le Jambon de Parme, Prosciutto di Parma Appellation d’Origine Protégée, exclusivement élaboré dans le sud de la province de Parme; 5 kms au sud de l’antique via Emilia, entre les rivières Enza et Stirone, dans les collines - les Apennins - à 900 mètres d’altitude maximum.

  • Le vinaigre balsamique produit en Italie, dans les provinces de Modène et de Reggio d’Emilie.

 

​Mais revenons un instant à Pier Giorgio Parini, l’ami Bruno Verjus, le 22 mai 2010 nous demandait « Connaissez-vous la tomate de Pier Giorgio Parini ? » et s’exclamait Tomatissime !

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust

« Ouh là, là, quelle découverte ce Pier Giorgio. Un véritable talent pour un plat déjà emblématique, sa tomate.

 

Imaginez, des tomates italiennes séchées tendrement au four durant 6 heures. Pendant ce temps l'on confectionne un bouillon de viandes et d'herbes aromatique. Corsé à ce point que les arômes tambourinent au palais. Et puis ? L'on réhydrate les tomates dans ce jus de baptême. Elles reprennent forme et paressent en miroir.

 

Une crème onctueuse de fromage de frais et de citron comme un lac apaisant pour contenir toute leur vie incandescente. Une poudre d'agrume (comme un Niac de Michel bras) pour seul fard et voilà la belle rouge sans autre artifice. »

 

Je sais, vous m’attendez au tournant : et les vins d’Emilia-Romania ils sont où ?

 

Réponse L’Emilie Romagne a 1 DOCG l’Albana di Romagna, 19 DOCS dont le célèbre Lambrusco sous 3 dénominations et 10 IGT.

 

« En Emilie, le vin principal est donc le Lambrusco, tout en nuances mousseuses du pourpre au rosé, fait à partir de raisins élevés dans de hautes treilles, essentiellement dans les plaines au sud du Pô. Les vins de Romagne sont surtout issus de Sangiovese, Trebbiano et Albana, le cépage qui contribue à la première DOCG de blanc d’Italie.

 

Le Lambrusco est produit en volume dans les quatre zones DOCs autour de Modène et de Reggio. La majeure partie du Lambrusco expédié à l’étranger est demi-doux (amabile) ou doux alors que ce qui est consommé sur place est sec, et pas toujours issu d’une DOC. En effet, le sec authentique est considéré comme l’accord parfait avec la riche cuisine régionale, mais il faut noter que bien peu d’amateurs à l’étranger ont eu l’occasion de goûter ce vin dans ce style. »

 

Vous me connaissez je ne suis pas très amateur de grosses bombasses fardées alors je suis allé puiser chez mon ami Alessandra une petite IGT Emilia produit dans l’Azienda Agricola Al di là del Fiume Dagamó rosso 2013

 

  • Vin de culture biodynamique
  • 100% Barbera
  • Macération sur peaux en amphores en terre de Toscane de 8 hl pendant 3 à 4 mois
  • Gabriele aime la terre, Danila aime les gens, ensemble, ils ont décidé de changer leur vie :

« Créer des liens?

Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

Saint-Exupéry 

La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
La piadina de la mama de Pier Giorgio Parini Osteria Del Povero Diavolo à Torriana Émilie-Romagne :  sa madeleine de Proust
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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 00:09
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Manger, boire et baiser est, selon eux, leur seule Trinité. Forts de leur virilité aiguisée par la bonne chère ils ne ratent jamais une occasion de défourailler des mots qui font mâle, bien troussés, avec ce qu’il faut de gras, de salacité – ne pas confondre avec la sapidité – et, bien entendu, de supériorité. Le doute n’est pas permis, ils en ont, ils sont bons, et si Bob Parker les notait ce serait à tout coup du 100/100.

 

Des as, des cracks, des Phoenix de ces bois, quoi !

 

Comme le notait avec justesse Pierre Desproges « L’amour… il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font. À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire. » Fonds de tiroir Seuil

 

« On devrait porter le sexe autour du cou comme une relique, en médaillon sur les barettes. N’est-ce pas l’artère qui alimente le fleuve des humains, l’ambroisie qui calme la soif du monde depuis l’origine des temps. »

 

L’Arétin 1492-1556

 

Jean Feixas et Emmanuel Pierrat dans leur petit lexique littéraire et poétique  du sexe masculin : « Les mots qui font mâle »

 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Pour vous présenter cet opus, à mettre absolument entre les mains de nos vinolâtres en manque de mots, je préfère m’en remettre à une spécialiste de la chose Agnès Viard du blog Les 400 Culs

 

Plus près de toi, mon pieu

 

« Qu’il soit nommé «pieu» ou «épine», «gourdin» ou «asticot», «anguille» ou «nouille», le pénis met toujours les lexicographes en joie. En témoigne un livre répertoriant plusieurs centaines de citations et de mots d’esprit : «Les Mots qui font mâle», aux éditions Hoebecke. Florilège…

 

Dans un ouvrage tout entier consacré aux «Mots qui font mâle», Jean Feixas et Emmanuel Pierrat répertorient les manières les plus inventives de défendre son cas. Il y a ceux qui vantent la taille de leurs attributs. Certains désignent leur sexe en usant d’unités de mesures équivalentes à 25 centimètres : le chibre, par exemple, serait – à l’origine – l’équivalent d’un empan, c’est-à-dire la distance séparant l’extrémité du pouce et celle du petit doigt. Vantardise. »

 

La suite ICI 

Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »

Le vin de bagnole (Antonin Iommi-Amunategui/Rue89)

 

 

De mon côté en hommage à un vin-culte « On s’en bat les couilles » de Pascal Simonutti je ne puis que me préoccuper de La malédiction des couilles.

 

« Par rapport au pénis qui n’a jamais souffert d’un symbole dévalorisant, les couilles, lestées, c’est vrai, de la vertu du courage (en avoir ou pas), sont davantage ballotés dans leur honneur et prennent souvent, sous leur dérivé de couillon ou couillonnade (coïon et coïonnade, en vieux français, proviendraient de l’italien coglione, testicule), un tour franchement péjoratif.

 

Mais même en restant couilles, elles ne sont pas flatteuses : « Tu n’es qu’une couille » signifie qu’on est un imbécile. Un peu comme le con féminin et son dérivé de connasse. Et ce ne sont pas les burettes, ces ridicules petites fioles, les balloches (méprisantes), les dépendances ou les sonnettes qui peuvent remonter le niveau, pas plus que les bibelots ou la bimbeloterie, qui font bazar.

 

Restent les burnes, qui ne manquent pas, phonétiquement, d’allure. Les génitoires, qui font sérieux, et les billes, qui font pimpantes. »

 

En tant qu’ancien enfant de chœur j’ai un faible pour les burettes :

 

« Il s’y ajoutait le plaisir de couillonner les femelles : si elles savaient qu’on se décharge les burettes entre copains, elles en feraient une gueule ! »

 

Jean Genet, Querelle de Brest Gallimard 1953

 

  • Pour Denis qui aime les contrepèteries
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »
  • Et celle-ci pour le ruban vert
Sur Face de Bouc des vinolâtres errent la bite et le couteau en bandoulière : « les mots qui font mâles »
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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 10:06
« Le Journalisme de promenade » le plaidoyer pro domo de Michel Bettane pour sa « petite entreprise »

Dans sa dernière livraison my bettane + desseauve le magazine du vin Michel Bettane face à l’attaque des ON, l’anonymat de combat, contre-attaque, et, sous un titre très Macron-Valls « Entrepreneur, ce gros mot », prononce un plaidoyer pro-domo en faveur de sa petite entreprise qui, selon lui, ne connaît pas la crise.

 

C’est son droit d’actionnaire, et n’attendez pas de moi ni une analyse pointilleuse, ni une critique en règle des propos de Michel Bettane même si je serais très à l’aise dans la mesure où je ne fais pas partie des ON et ne pratique pas l’anonymat : je signe, je nomme et n’hésite pas à cibler le cireur de pompes patenté qui bave sur le « journalisme d’investigation » qui déplaît tant à ses amis.

 

Si je vous soumets ce texte c’est qu’il est révélateur d’une forme de malaise latent de « la presse du vin », sous toutes ses  formes, face à la suspicion qu’elle inspire à certains, disons pour faire court, d’amateurs de vin, sans frontière de génération.

 

La presse, les médias en général, n’ont pas « bonne presse » auprès de l’opinion publique et le métier de journaliste est tout autant vilipendé par le « bon peuple » que les élus de ce même « bon peuple ». Le capital de confiance a fondu comme neige au soleil depuis le temps d’Albert Camus qui exerça le métier de journaliste à l’Alger républicain, au Soir républicain, à Combat et à L’Express et qui considérait les journalistes comme des «historiens au jour le jour, dont le premier souci est la vérité» et le journalisme comme « le plus beau métier du monde » en justifiant son affirmation «parce qu'il vous force à vous juger vous-même »

 

Dans le vin, le journaliste est à la fois critique et se veut parfois aussi reporter mais comme je l’ai écrit hier le publi-reportage est souvent au bout du chemin avec plus ou moins de subtilité dans la présentation. Alors l’indépendance est un territoire extrêmement difficile à baliser pour les nouveaux journalistes « entrepreneurs ». Michel Bettane écrit « L’indépendance est certainement un concept sacré pour la presse, mais pas forcément dans le domaine que l’on croit. Elle n’a pas grand-chose à voir avec les pressions économiques dont on peut toujours se libérer par la démission. Elle commence et finit dans la sphère de l’éthique individuelle et certainement pas collective. L’indépendance véritable nait chez le journaliste d’une ascèse qui repose sur deux grandes bases :

 

  • La première est le savoir…
  • La seconde est peut être encore plus importante, c’est un travail sur soi…

 

Je m’arrête là et vous laisse le soin de penser ce que bon vous semble tout en soulignant que la critique du vin touche une infime proportion des consommateurs de vin et que ce débat à un petit goût de « cabine téléphonique » concept cher aux railleurs des radicaux cassoulets. Lorsque la presse généraliste s’empare du sujet ça donne ça 

 

La parole est à Michel Bettane :

 

« Décidément dans un pays fantasmé aussi pourri que le royaume du Danemark, bien entendu entretenu dans son immoralité par une presse tout aussi contaminée, il n’y a que les citoyens libres, quand ils assument avec fierté leur liberté d’expression sous un anonymat de combat, pour défendre les vraies valeurs de la République.

 

Les Lumières ?

 

Vous plaisantez.

 

Le Savoir Libérateur n’est plus de mode. Au contraire point trop n’en faut, l’authenticité de l’approximation, voire de l’erreur et du dogme sont bien plus respectables. L’enquête devient même suspecte chez les journalistes, de même que l’information de première main pour les experts.

 

Notre travail, chez Bettane et Desseauve, a récemment été qualifié de journalisme de promenade, formule désormais immortelle dont il était facile pour nous de nous moquer sans la même méchanceté, d’ailleurs. Mais voilà qu’on dénonce avec nostalgie dans les mêmes cercles la disparition du journalisme à l’ancienne (et on oublie toutes les suspicions passées). Les mêmes laissent entendre que les nouveaux journalistes « entrepreneurs » sont bien moins indépendants, prisonniers du conflit d’intérêt et d’annonceurs manipulateurs ou vaches à lait, au choix, à moins que les deux réunis ne soient la base du Grand Complot. Quelques esprits influençables peuvent évidemment mordre à la rhétorique de mots dont ils ne connaissent parfois pas la définition exacte, ce qui me conduit ici à rappeler quelques faits et les principes qui ont présidé au développement actuel de notre « petite entreprise ». Celle-ci, j’en profite pour rassurer nos détracteurs, ne connait pas la crise.

 

La suite ICI 

 

Pro Domo : se dit du plaidoyer d'une personne qui se fait l'avocat de sa propre cause, qui plaide pour soi-même.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 00:09
J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

En France, et surtout dans le South of France, on est toujours impressionné par les hectos : « 11 caves coopératives et 60 domaines, 17 000 ha de vignes, 3 millions d’hectolitres commercialisés : le 3ème producteur négociant français, derrière Castel et Grands Chais de France, est un géant discret du nom de Val d’Orbieu. »

 

Sans vouloir ramener ma science je ne suis pas sûr que le Val d’Orbieu soit sur le podium des plus 3 grands négociants de France avec ses 280 millions de CA, l’encore plus discret groupe du bourguignon Jean-Claude Boisset me semble dépasser les 300 millions après l’acquisition d’Henri Maire (à vérifier).

 

En revanche, une quasi-certitude y’a pas photo pour la profitabilité, détail qui n’intéresse guère le Publi-reporter de Terre de Vins « Le groupe affiche en 2014 une insolente santé financière et commerciale… Et revient de loin. Après des années de difficultés (…) Val d’Orbieu avait réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 170 millions d’euros. En 2014, ce chiffre est monté à 280 millions. Le groupe doit cette progression à ses achats autant qu’à la progression de ses ventes… »

 

J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

Un petit coup d’encensoir pour Bertrand Girard recruté en 2010 pour « diriger une réforme drastique et mettre en œuvre un plan ambitieux de retour à la croissance. Manager visionnaire, spécialiste des marchés asiatiques, Bertrand Girard n’est pas issu de la coopération et est fort d’un parcours international, dans la promotion et le commerce de produits agroalimentaires chez Danone, puis à la Sopexa. »

 

Faut dire que le groupe avait bien besoin d’une remise en ordre, mais où est donc passé Cordier-Mestrezat ? Son président serait-il toujours un audois ? Lire ICI le publi-reportage de Terre de Vins.

 

Je note avec satisfaction que « Bertrand Girard revendique le statut de Val d’Orbieu : producteur marketeur de vins du Languedoc, et plus largement du sud de la France, première winery de France, avec une équipe technique capable de produire des vins de marques comme des cuvées parcellaires de caractère, en travaillant notamment avec des domaines particuliers. » mais en terme de lisibilité commerciale ça me semble rester au stade conceptuel. « La marque emblématique du groupe reste la Cuvée Mythique en IGP Pays d’Oc et La Mythique Languedoc en AOP Languedoc. » ne peut guère se targuer d’un vrai statut de marque. Son niveau de bruit médiatique relève du bas bruit qui font d’elle une parmi d’autres dans les rayons de la GD.

 

J’adore les publi-reportage de Terre de Vins : « Val d’Orbieu : portait d’un géant du vin »

Mon bon ami, Olivier Dauga, « Le faiseur de vins » http://www.olivierdauga.com/ , l’œnologue qui n’est pas allé à l’école… « ce créatif pur jus, doublé d’un aventurier » de glisser 50 nuances de monnaie dans le beau portrait de l’ancienne maison d’Yves Barsalou. Mais comme au départ notre tonitruant homme, aux chemises à la Antoine, a fait de la danse classique, je suis prêt à le suivre lorsqu’il vient élargir sa palette avec l’extraordinaire variété des terroirs du Languedoc, aux expressions si marquées. Mais, mon cher 2e ligne le marketing c’est du pognon, des ronds derrière chaque col et les sous il faut d’abord en gagner pour les investir dans une marque internationale.

 

L’expérience malheureuse de Chamarré, marque qui se voulait internationale, dans laquelle le Val d’Orbieu était partie prenante, est là pour prouver qu’on ne peut mettre la charrue avant les bœufs.

 

Lisez-moi bien je ne donne de leçons à qui que ce soit et je comprends fort bien que les ambitions de Bertrand Girard pour le groupe qu’il dirige se traduisent par une communication aux petits oignons, l’affichage de belles ambitions, la mise en œuvre de plein de chantiers : le développement de l’œnotourisme, auprès des caves comme des domaines, par exemple, et qu’il veuille tirer avantage de sa taille et de la variété inouïe de ses terroirs.

 

C'est son job de boss d'un groupe, à lui de mettre en face de ses ambitions les moyens pour les concrétiser.

 

Le problème pour moi c’est que Terre de Vins se contente de relayer le message avec une fidélité sans faille. L’information ça se collecte, ça se traite, ça s’analyse, ça se met en perspective, ça n’est pas la pure compilation de la communication d’entreprise.

 

Faut faire le job, la crédibilité de la presse du vin est à ce prix…

 

Les Echos de ce jour :

 

Boisset emploie 740 personnes, dont 300 en Bourgogne et 160 aux Etats-Unis et estime son chiffre d'affaires consolidé à 250 millions d'euros (65 millions à l'export) pour 2014, pour un résultat net de 6 millions d'euros.

 

La vérification est faite, simplement j'aimerais que l'on fasse le podium de la profitabilité :-)
 

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 00:09
La RVF me veut vraiment : 55% de réduction + le guide rouge des bonnes affaires du vin + 6 verres Reveal’Up Soft : 61€ seulement pour 1 an : racolage !

Cher Denis  Saverot et toute l’équipe de la RVF,

 

Je dois vous l’avouer : je suis vraiment très ému de votre extrême sollicitude à mon égard, bouleversé même. Pensez-donc, chers lecteurs, moi qui sais encore faire des additions, des soustractions et des pourcentages (je me vante) je n’en croyais pas mes yeux face à l’énormité du cadeau qui vous m’avez proposé :

 

84,20 € + 16 € + 53,40€ = 153,60€ c’est de total du prix du lot sur le marché (certes ce n’est pas le prix de gros)

 

Et là-dessus vous ne me demandez que 61€ ce qui nous donne une réduction de 92,60€ en cadeau soit 55% de réduction selon votre coupon.

 

Un peu éberlué j’ai refait le calcul 92,60€ x 100 : 153,60€ pour moi ça fait 60,2% de réduction sauf si je ne sais plus faire des pourcentages.

 

Mon cher Saverot, c’est trop !

 

En plus, cerise sur le gâteau, vous m’offrez une invitation pour 2 personnes au Salon de la RVF qui se tiendra les 5 et 6 juin au Palais Brongniart à Paris. Y’a longtemps que vous ne m’invitiez plus à votre pince-fesses. Suis touché par votre délicate attention. Je pourrais même y amener une fiancée.

 

Les comptes fait, vous le savez, un tel cadeau somptuaire est contraire à ma déontologie de blogueur, je ne voudrais pas que votre PDG, le Lubot notre ami commun avec Pierre Jancou, vienne vous reprocher de m’avoir invité et m’accuser d’avoir profité de vos largesses.

 

Et puis, je dois vous faire un aveu mon cher Denis je n’ai pas besoin de guide car je ne m’en sers jamais ; quant à vos 6 verres c’est gentil de me les fourguer mais à mon âge on n’en est plus à se constituer une liste de mariage.

 

Bref, sans vouloir être mauvaise langue, vos petits cadeaux sont un peu là pour faire gonfler la note, faire péter le pourcentage, alors qu’en fait vous me proposez de payer 61€ pour 12 numéros de la RVF soit 5€ le numéro ce qui vaudrait 84,20€ chez mon kiosquier soit 7€ le numéro.

 

 

 

La RVF me veut vraiment : 55% de réduction + le guide rouge des bonnes affaires du vin + 6 verres Reveal’Up Soft : 61€ seulement pour 1 an : racolage !

Avouez qu’ainsi c’est un peu plus riquiqui comme solde.

 

Si vous m’aviez proposé une caisse du nectar d’Hubert de Boüard de Laforest classé A + les œuvres complètes du blogueur de l’année Antonin Iommi-Amunategui + le portrait de Laurent Fabius dédicacé, je suis sûr que j’aurais craqué.

 

Je me serais alors vautré dans la dégustation chic et choc et ainsi je serais entré de plain-pied dans le cercle très étroit des amateurs éclairés. J’aurais enfin pu me débarrasser de ma couche d’ignorance crasse, tenir le crachoir à des petites louves et des petits loups émerveillés par mon bagage, être invité dans tous les nouveaux chais haut comme des cathédrales, accueilli par des hôtesses en mini-jupe à ma descente d’hélicoptère, m’abonner à l’académie des vins vieux de François Audouze, aligner des grosses notes sur 1OO comme Bob Parker, rivaliser avec Bettane, vanner plus encore JM Quarin, faire blêmir de rage plus encore le de Rouyn, colloquer avec le Pr Pitte, donner des cours dans les écoles de commerce, courir le monde sur les traces toutes fraîches de Stéphane Derenoncourt, devenir conseil comme Hubert, peut-être même m’installer dans un garage à la manière d’un Jean-Luc Thunevin, postuler à la présidence de l’INAO, pour enfin commettre un brûlot à la manière d’Isabelle Saporta titré MOI.

 

Voilà ce à quoi vous avez échappé mon cher Denis en voulant m’appâter avec votre bimbeloterie, vous voilà donc maintenant rasséréné et apaisé.

 

Un petit détail mon cher Denis Saverot : il est très malséant d’écorcher le nom d’un personnage tel que moi, dont la surface médiatique est immense, en effet mon patronyme c’est BERTHOMEAU avec M comme Marcel et non BERTHOREAU avec un R comme Robert.

 

J’attends de votre part Denis SAVEMOT pardon SAVEROT de plates excuses par écrit.

 

Par avance merci !

 

Avec mon meilleur souvenir et des bises aux quelques rédacteurs de la RVF que j’aime bien…

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 00:09
Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans sa postface au livre d’Emmanuel Le Roy Ladurie Les Paysans Français d’Ancien Régime, Jean-Marc Moriceau écrit : « À l’heure où l’on s’interroge sur la place de l’agriculture en Europe et où le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, voté en septembre 2014, peine à préciser l’identité des « agriculteurs »,  un regard rétrospectif sur les « paysans » dans notre histoire nationale est le bienvenu. Un regard ouvert, et détaché de tout dogmatisme. Ce parti est d’autant plus sain qu’il peut s’appuyer sur une définition très large des paysans français. »

 

Les penseurs du Think tank Groupe saint-Germain cher au cœur de Stéphane Le Foll dans leur ouvrage collectif L’intelligence est dans le pré abordent la même question en partant de l’Angélus de Millet : « Une fois entré dans le tableau nous le voulons humble, les yeux baissés sur la terre et la parole rare. L’image devenue cliché, chacun est prisonnier de l’album photographique et la figure du paysan comme travailleur, comme personne agissant dans la modernité passe au second plan. »

 

Le métier a changé disent-ils, erreur ce sont maintenant des métiers qui vont du quasi-salarié fournisseur de minerai pour l’agro-alimentaire à l’agro businessman en passant par celui de producteur-transformateur en vente directe, de serriste hors-sol, de petit producteur de…,  avec des approches radicalement différentes de leur relation à la terre ou à leurs animaux ou de l’élaboration de leur produit : le cas du vin étant très emblématique.

 

Le couplet sur les années 60, l’autosuffisance alimentaire, la révolution verte et silencieuse, la mécanisation, l’intensification, la dépendance vis-à-vis de l’aval tant des IAA que de la GD, le pétrole vert, l’ouverture au grand large, la fin des politiques communes protectrices, la pression des contraintes environnementales, l’isolement de plus en plus grand des paysans, font que toute tentative de dresser le portrait-type du paysan est voué à l’échec.

 

Personne n’échappe à une vision caricaturale des paysans : pour certains ils ne sont aimables que s’ils sont petits, accrochés à leur terre, soucieux de leur terroir, de leur produit, pour d’autres ils se doivent d’être dans l’hyper modernité : OGM, robot de traite, carburant vert, chimie verte, marché à terme, tour de séchage pour lait infantile exporté en Chine… Et les petits franciliens, eux, iront s’esbaudir Porte de Versailles sur la plus grande ferme de France devant des animaux carrossés comme des prototypes et lorsqu’ils rentreront ils demanderont à leurs parents un bon yaourt La Laitière avec un « Vermeer » sur l’étiquette…

 

Cette diversité a toujours existée même si elle s’est amplifiée avec la modernité et occuper le 78 rue de Varenne n’est, n’a jamais été, une sinécure. La FNSEA joue sur du velours, avec la droite au pouvoir elle est en phase : Bruno Le Maire dans son livre ne dit rien d’autre qu’il était au service de la Profession agricole ; avec la gauche gouvernementale elle souffle le chaud et le froid pour mieux imposer sa loi. Je lisais sur Twitter qu’un jeune loulou était vénère que le gouvernement donna des gages à la FNSEA. Que faire alors ? Changer de modèle clame les Verts ! Certes, mais on ne manœuvre pas un porte-avion comme une goélette : rappelons-nous la détresse des salariés bretons face à la désintégration de la filière avicole intensive et la crise des abattoirs de porcs. Le virage ne peut être que progressif, pragmatique, accompagné d’une réelle évolution de notre modèle alimentaire qui passe prioritairement par des achats en GD. Nous sommes aussi le système, les radicalités sont des aiguillons nécessaires mais surmonter nos propres contradictions, ne pas tout demander aux autres, permettra une réelle et salutaire inflexion. Le temps long cher à mon vieux mentor facétieux Michel Rocard.

 

Transition toute trouvée avec la postface du livre de Le Roy Ladurie : « dans ce théâtre d’ombres, les rôles sont variés, mais où est donc le « véritable » paysan ? En fait ce sont surtout les notables ruraux qui alternent sur le devant de la scène. Le curé Berthier et son cheptel bovin avec ses 24 vaches et 714 moutons baillés à cheptel en Bourgogne grâce à son inventaire de 1377. Les intermédiaires entre seigneurs et rustres comme Masenx, gros fermier languedocien vers 1530, porte-parole des « bayles » du Languedoc., ou ce Pierre Hersant, fermier laboureur à la Norville en 1456, héraut des gros fermiers-receveurs de l’Île-de-France qui « triompheront » au siècle des Lumières avant d’acquérir de « beaux lots » lors des ventes de biens nationaux. Notables ces curés, clercs ou maîtres d’écoles qui défilent au fil du texte. Notables aussi ces grandes communautés familiales qui marquent l’histoire des provinces du centre de la France comme les Quittard-Pinon près  de Thiers et les Jault près de Nevers. Notables toujours ces quelques femmes à poigne qui s’intéressent à leurs biens ruraux, comme la demoiselle Poignant qui surveille ses vignes d’Athis-sur-Orge en 1495, la « veuve Couet, vigneronne et herbagère » aux portes de Paris dans les années 1550, et, bien sûr, en Tonnerrois, Jeanne de Chalon, cette « petite grande dame » en « semi-déconfiture » qui parvient quand même à force d’économies et d’une stratégie de « grippe-sou systématique » à transmettre à ses héritiers « quelques brimborions du patrimoine ». Notables enfin ces grandes figures de l’ethnographie historique à laquelle l’auteur s’est attelé à toute époque depuis le curé Clergue, de Montaillou, autour de 1300 : Gouberville – Jacques Picot, écuyer, au Mesnil au Val –, qui offre certes le regard d’un « quasi-paysan » au milieu du XVIe siècle ; Rétif de la Bretonne, dont le père Edme et l’aïeul Pierre incarnent le pouvoir au village deux siècles plus tard au nord de la Bourgogne. Le sieur de Gouberville entretient dans son manoir toute une micro-société bocagère avec ses domestiques comme comparses. Chez les Rétif aussi, les petites gens ne sont pas loin : autour de La Bretonne, on rencontre plus modestes qu’eux comme les « suitiers » de Bourgogne qui s’associent pour faire charrue complète, des maçons et vignerons, des tisserands et journaliers qui annoncent, comme l’a bien vu Emmanuel Le Roy Ladurie, les premiers chapitres des Cahiers du capitaine Coignet, lui aussi originaire des lieux tout comme cet extraordinaire Valentin Jameray-Duval, témoin oculaire, dans son enfance, de la misère du règne de Louis XIV.

 

Pourtant rares sont les historiens à avoir fourni au scénariste les seconds rôles, hormis peut-être Jean Jacquart dont les « petits » laboureurs du Hurepoix, au sud de Paris, étaient accompagnés de nombreux manouvriers avant qu’ils ne les rejoignent eux-mêmes, au lendemain de la crise de 1661-1662, au terme d’un tragique « déclassement ». Les petites gens de la terre sont donc encore à l’arrière-plan. La voix des humbles demeure peu audible. C’est là l’un des chantiers posibles pour l’avenir. L’Association d’histoire des sociétés rurales, qui vient de se pencher du 8 au 10 octobre 2014 sur les « petites gens de la terre du néolithique à nos jours » dans un colloque international, en est bien consciente. »

 

Mais où est donc le véritable paysan ? De Le Roy Ladurie avec Les Paysans Français d’Ancien Régime à ceux de l’intelligence est dans le pré…

Dans Slate : Surréaliste Salon de l’Agriculture

 

« Comment s’étonner du divorce croissant entre les agriculteurs et l’opinion publique quand le Salon de l’agriculture s’emploie chaque année à ne surtout pas parler des techniques agricoles modernes? Il serait temps que les agriculteurs cessent de cacher leur moissonneuse-batteuse dernier cri derrière les animaux du concours général agricole... »

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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 00:09
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.

Pas sûr que ce chef soit dans les petits papiers de Pousson, vu qu’il a des étoiles dans la vieille bible rouge et qu’il pratique une cuisine pour « bobos niais », mais peu me chaut car c’est du Txakoli dont je veux vous parler aujourd’hui. Bernard Burtschy qui sait tout nous dit d'où vient le mot "txakoli" ?

 

« Le terme est clairement d'origine basque, mais son origine est mystérieuse. L'autre désignation, txakolin, est claire par son suffixe, les liquides se terminant toujours par in. Le mot se prononce phonétiquement tchakoli. En espagnol, il s'écrit chacoli et on lit fréquemment el txakoli de Bizkaia pour la variété de Biscaye par exemple. »

 

Les journalistes d’ « Itinéraires d’une cuisine contemporaine » Sophie Cornibert & Hugo Hivernat, avant d’aller rendre visite à ce jeune chef très tendance, notaient « un peu d’identité basque, un poil de jeunisme, l’architecture flamboyante de son restaurant Azurmendi, agrémentée d’un beau discours sur le développement durable pour faire bonne mesure ; la ficelle marketing nous avait paru un peu grosse, le scepticisme nous avait gagné. »

 

Et puis, dans la région de Txorierri, à une quinzaine de kilomètres de Bilbao, arrivés au sommet d’une colline dominant un magnifique paysage de vignes, ils ont commencé leur visite par la vigne en ce site exceptionnel, où tout respire la culture basque…

 

C’est « le domaine de l’oncle d’Eneko, où depuis neuf ans il améliore le modèle de ce vin fabriqué avec des raisins verts, qui donne pas mal d’acidité et peu d’alcool. 300 000 bouteilles aujourd’hui, un million à terme, mais pourquoi une telle ambition ? Eneko, nous donne quelques clefs. « L’ensemble de ce que vous voyez ici peut être qualifié de complexe œno-gastronomique où l’on a à cœur de travailler notre identité. Le txakoli est un vin uniquement produit en Pays Basque et il aurait disparu si on s’était reposé sur ses pieds de vigne très anciens. On le préserve, le renouvelle et on travaille pour en faire un vin de meilleure qualité que l’on continuera à ne produire qu’ici »

 

Laissons de nouveau la parole à Bernard Burtschy qui répond à  neuf questions, en voici quelques-unes :

 

Comment est-il élaboré ?

 

Ce vin blanc, très rarement rosé ou rouge, a longtemps été élaboré dans un cadre familial, surtout dans les fermes, à partir de raisins verts pour garder la fraîcheur. Il n'était ni filtré, ni clarifié, d'où le service avec la bouteille en hauteur et en petite quantité pour repérer la partie la plus claire du liquide. Son taux d'alcool se situe entre 10 et 12° et il est légèrement effervescent, perlant.

 

Quelle est sa zone de production ?

 

Artisanalement, l'espace de production est très vaste et s'étend dans tout le nord de l'Espagne, Rioja, Navarre. Mais seul le Pays basque en a fait une appellation d'origine contrôlée (DO, denominacion de origen) et il est produit dans les trois provinces de la région autonome. L'essentiel de la production se concentre le long du golfe de Gascogne côté espagnol, dans une zone de forte pluie. En dehors du Pays basque, la province de Burgos fait renaître sa vieille tradition locale pour obtenir son appellation d'origine.

 

Y a-t-il plusieurs types de txakoli ?

Actuellement, il existe trois appellations d'origine. Le txakoli de Getaria a été le premier à recevoir son appellation en 1989, mais il reste le plus petit en surface. Le txakoli de Biscaye a obtenu son appellation en 1994 et il comprend plusieurs centaines de producteurs. Enfin, le txakoli d'Alava est le plus récent (2001) et se reconnaît par sa couleur jaune et son vin très acide. Très en vogue au XIXe siècle, il a failli disparaître mais est en pleine renaissance.

 

Va s’en dire que je n’ai jamais bu une goutte de txakoli car, que je sache, nul n’en vend à Paris. Sait-on jamais ou bien si mon vieux complice Jean-Louis Vallet passait au-delà des Pyrénées peut-être pourrait-il me rapporter un flacon pour dégustation.

 

Question au sieur Burtschy : tu manges quoi avec ton txakoli ?

 

Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
Le « Txakoli » de l’oncle d’Eneko Atxa le chef du restaurant Azurmendi près de Bilbao Txorierri province de Biscaye.
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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 00:09
L’INAO objet juridique non identifié vu par Jean Pinchon en 1983  puis par le Taulier en 2007… la messe est dite le vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire !

Dans chaque Français s’intéressant au sport, le cul sur son canapé, il y a un sélectionneur de foot ou de rugby qui s’ignore ; le choix de la discipline par monsieur tout le monde dépend de la place de son cul : au nord ou sud de la Loire.

 

De même, dans chaque fonctionnaire sorti des Grandes Écoles il y a un juriste qui s’ignore ce qui permet aux juridictions administratives de retoquer beaucoup de textes réglementaires : les sans-chais de Pomerol en étant un brillant exemple.

 

Alors pour l’INAO je ne vous dit pas les vertes et les pas mûres que j’ai lues ou entendues !

 

En effet l’INAO est un établissement public sui generis qui, lorsque j’ai pris le dossier en mains était doté d'un personnel sous statut Gaillard (du nom de Félix, l'autre charentais, le plus jeune président du Conseil de la 4ième République).

 

En 2007, j’avais commis une petite chronique sur l’INAO des origines :

 

L'INAO, en ce temps-là, avait quelque chose d'exotique : un étrange cocktail d'autogestion professionnelle et de gestion publique qui m'a fait le qualifier d'objet juridique non identifié, ce qui pour moi était un compliment. Avec une telle approche, face au goût immodéré des anglo-saxons pour le droit non écrit donnant aux tribunaux et aux lawyers des espaces infinis, nous dressions une muraille immatérielle qui s'opposait à l'uniformisation du monde.

 

Une grande part de la réussite incontestable de l'AOC tenait à ce mariage heureux du droit privé et du droit public. Les professionnels français pilotaient une multitude de chouettes conduites intérieures, gentiment désuètes, indémodables, inimitables et, par une forme prononcée de suffisance, d'inconséquence, ils se sont engouffrés dans des cars pour voyages organisés.

 

Jean Pinchon dans son livre de Mémoires, avec la pertinence d’un vieux routier ayant commencé sa carrière à la FNSEA du sénateur Blondelle, fait part de son étonnement lorsqu’il est nommé par Rocard à l’INAO :

 

« Je découvre alors véritablement la réalité du système des AOC, et je me rend compte qu’il s’agit d’un principe très intelligent, instauré par un décret-loi de 1935 (…) l’État délègue, aux organisations professionnelles, le droit de conférer les appellations ; le Ministre de l’Agriculture entérine la décision des viticulteurs sans pouvoir la remettre en cause, sous peine d’être attaqué par le Conseil d’État. Il s’agit d’une véritable délégation de service public, suivant un peu le principe de subsidiarité cher à la théologie médiévale et qui sera repris par le Traité de Rome : on n’impose pas à une profession – ou à une Nation, en ce qui concerne les institutions européennes – de renoncer à la spécificité et aux traditions qu’elle a  définies elle-même (…)

 

Je comprends alors, de façon très forte, qu’à côté d’une agriculture productiviste pour laquelle je me suis toujours battu, vit une autre agriculture où les gens « élèvent » les des produits de très grande qualité suivant des règlements qu’ils se fixent eux-mêmes, en concertation avec le ministère de l’Agriculture, et qui concernent une délimitation territoriale précise, des normes strictes d’élaboration, et une production individualisée, puisque l’agriculteur signe lui-même sa récolte, en indiquant son nom sur une bouteille, ce que ne font évidemment pas les betteraviers… Durant trop longtemps cependant, les grandes organisations professionnelles agricoles ne mesurent pas assez l’intérêt et l’importance de ce mode de production, et c’est pourquoi, jusqu’à une époque récente, le monde viticole a vécu un peu à part ; moi-même, quand je suis à la FNSEA, je n’ai pas toujours assez mesuré la spécificité de la viticulture… »

 

EN 1988 « Grâce à l’action de l’INAO, et à la ténacité d’Henri Nallet, la Communauté européenne admet le principe que les appellations seront nationales, avec l’obligation de dépôt à Bruxelles, afin que soient évitées toute concurrence abusive et tromperie quant à l’origine effective et aux modes de production. Hélas, ces sages dispositions, quelques années plus tard, seront abolies sous la pression des lobbies industriels… »

 

Paroles qui ne manquent pas de sel venant de l’ancien Président de Roquefort Société qui a milité pour son rachat par le groupe Besnier aujourd’hui Lactalis.

 

Toujours en 2007 je notais :

 

« À partir de là, on ne savait plus qui faisait quoi, ou si, plus exactement, les fonctionnaires se piquaient de faire dans le stratégique, ils pensaient, et les professionnels du Comité National, tout en poussant des cris d'orfraies sur l'insupportable mainmise publique, s'occupaient de l'intendance du quotidien qui plaisait tant à la base et le Ministre disait amen (le mien y compris). Certains ont tenté de ruer dans les brancards, de proposer, de choisir. On leur demanda d'aller exercer leurs talents ailleurs.

 

Face à cette dérive, les nouveaux entrants : produits laitiers et autres, suite à la réforme de 1990, que j'ai défendu au Conseil d'Etat, après un temps d'observation, constatant la cécité des représentants du vin et ne se laissant pas éblouir par leurs faux-semblants, petit à petit ont pris le pouvoir, puis, profitant de leur entregent dans les allées du Pouvoir ils ont fait prévaloir une conception normative de l'AOC.

 

En clair, face à une production agro-alimentaire de masse, formatée, incolore, inodore et sans saveur, l'AOC devient la pointe de la pyramide des signes de qualité. Le tour est joué. On se noie dans les logos : rouge, vert et je ne sais quelles autres couleurs. On érige le contrôle extérieur en principe fondateur. Le directeur du CIVB a raison de confier à Jacques Dupont dans le Point : « c'est en quelque sorte une OPA amicale mais ferme, qui donne le sentiment que tout continue comme avant, alors qu'il n'en est rien » Est-ce pour autant une nationalisation de l'INAO ? Une mainmise de la machine étatique sur le secteur ? La réponse est clairement non. Il s'agit tout bêtement de la pure insertion du vin dans le grand Meccano de l'agro-alimentaire.»

 

Voilà, la messe est dites, la dilution des AOC dans la grande mare de l’agro-alimentaire les ont précipités dans le productivisme et leur ont fait rater le grand rendez-vous de l’authenticité lié au respect de l’environnement et d’une réelle prise en compte de l’essence même de l’élaboration du vin : le jus fermenté du raisin…

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 00:09
Comment nomme-t-on un Président de l’INAO ? Le fait du Prince !

L’INAO par ci, l’INAO par là, sur les réseaux sociaux on cause, on cause, mais très souvent on ignore de quoi on cause. Résultat, on raconte n’importe quoi.

 

Mon titre n’a rien de provocateur, il est le strict reflet de la réalité, le Président de l’INAO, tout comme les membres du Comité National Vins et eaux-de-vie (les membres des 2 autres Comités aussi) sont nommés par le Ministre de l’Agriculture, avec l’accord de celui du Budget. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait discrétionnaire pour les membres qui sont issus des Comités Régionaux, eux-mêmes choisis par les pouvoirs publics, il est tenu compte, autant que faire se peut, de la représentativité des personnalités nommées. Cependant, le lieu d’élection du Ministre peut influer sur certaines nominations : ainsi le Cognac fut richement doté sous Dominique Bussereau.

 

Pour le Président, c’est une tradition non écrite, le Ministre nomme qui il veut sans avoir à motiver sa décision. Bien sûr, nous sommes sous la Ve République et l’Elysée tout comme Matignon peuvent y mettre leur grain de sel.

 

La nomination de Jean Pinchon en 1983, par Michel Rocard, en apporte la preuve. Il la raconte dans son livre Mémoire d’un paysan publié chez L’Harmattan. Je n’étais pas encore arrivé au cabinet du Ministre mais j’ai vécu d’autres nominations, celle de René Renou et, d’une façon plus étrange et non racontable, celle de l’actuel Président de l'INAO par Bruno Le Maire. Je puis vous assurer que rien n’a changé sous les ors de la République.

 

Voilà ce qu’écrit Jean Pinchon qui deviendra Président de l’INAO à 57 ans et abandonnera ses fonctions à 73 ans.

 

« … En 1983, je suis devenu président de l’INAO dans des circonstances, comme cela est souvent le cas, un peu cocasses. Jusqu’à une époque tardive, j’ignorais pratiquement tout des AOC, et je restais même un peu méfiant à l’égard d’une procédure qui avait été mis en place « sous Vichy » (…) en 1982, j’entre à l’INAO, au titre du BNICE, et pour y représenter notre calvados. Au printemps 1983, Michel Rocard – que je connais grâce à son directeur de cabinet Jean-Paul Huchon – m’appelle et me prie de venir le rencontrer au ministère de l’Agriculture. Je me rends rue de Varenne, curieux de ce que l’on va me demander, mais sans réticences car je demeure toujours très attaché à cette maison que j’ai pratiquement dirigée durant trois ans. Michel Rocard, brillant et expéditif, vient au fait, dès le début de la conversation :

 

« Ecoutez, cher Monsieur Pinchon, j’ai un service à vous demander : je souhaite que vous deveniez le président de l’INAO ?

 

- Je vous remercie, Monsieur le ministre, mais je ne suis pas viticulteur, or l’INAO, même si les choses peuvent évoluer et elles le doivent, se préoccupe principalement du vin, à l’heure qu’il est…

- Certes, Monsieur Pinchon, mais vous faites un excellent calvados et vous connaissez de façon précise les problèmes de l’agriculture française, et comme vous le dites, l’INAO, va évoluer. Vous êtes donc mon candidat. »

 

La conversation se poursuit et je crois comprendre qu’une petite divergence existe entre le nouveau ministre de l’Agriculture et le Président de la République : François Mitterrand, dans un premier temps, voulait que soit nommé, à la tête de l’INAO, le directeur d’une cave coopérative de côtes du Rhône*, socialiste naturellement et qu’il connaît bien parce qu’il savoure fréquemment avec lui, quand il se rend dans le Midi, de délicieuses omelettes aux truffes… Or Michel Rocard a fait observer au Président que nommer un socialiste à la tête de l’INAO n’est peut-être pas très opportun, car, parmi les 80 000 viticulteurs français, il n’y a pas, à proprement parler, une majorité de socialistes. Le ministre a donc proposé mon nom au Président de la République et celui-ci a répondu :

 

« Ah, Jean Pinchon, l’ancien directeur de cabinet d’Edgar Faure ? S’il est d’accord ça me va. »

 

Michel Rocard conclut :

 

« Vous voyez bien : vous ne pouvez pas refuser ; tout le monde est d’accord, et je n’ai pas envie de reparler de cette affaire avec le Président !

 

« Encore une fois, je vous remercie, Monsieur le Ministre, mais j’appartiens à la société Louis-Dreyfus, et vous savez que je suis un homme fidèle.

 

Eh bien, demandez l’accord de Gérard-Louis Dreyfus : il vous le donnera d’autant plus volontiers que vous ne serez pris que par trois réunions annuelles. »

 

Voilà, il en fut ainsi et il en est toujours ainsi…

 

La cave coopérative dont il s’agit était celle de Sainte-Cécile-les-Vignes dont le maire était un certain Guy Penne proche de François Mitterrand, il est son conseiller pour les affaires africaines de 1981 à 1986…

 

à suivre une autre chronique sur l’INAO vu par Jean Pinchon.

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