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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:00
Les vins les + Bordeaux selon Saint Jacques Dupont le médocain : le grand retour de la tension !

Dans les années 70 il y eut le Monsieur + de Bhalsen. C’est Daniel Robert, un grand publicitaire, l’inventeur de Bison Futé et auteur de slogans cultes qui l'a inventé :

 

  • « Un verre ça va, trois verres, bonjour les dégâts ! »,

  • « Tu t'es vu, quand t'as bu ? »

  • « SNCF, c'est possible ! ».

  • « Au secours la droite revient ! »

 

Devrait l’embaucher à Vin&Société rien que pour faire plaisir au Jacques du Point qui, après 5 semaines passées à déguster, visiter, questionner, dans tout le bordelais ; avoir tenu son journal ; sonne l’heure des premiers bilans du millésime 2014.

 

Dieu que c’est triste et sec un bilan : actif – passif, et les comptables ne sont guère de joyeux lurons leveurs de coude. J’attends avec impatience le compte pertes&profits !

 

Trêve de plaisanterie sinon je vais me faire gronder par Mr Farge…

 

Que dit notre grand arpenteur-chroniqueur dans son 12e opus ?

 

« C'est du côté du Médoc qu'il faut aller chercher les expressions les plus intéressantes du millésime 2014. Ailleurs, on trouve de jolis vins et, de temps à autre, quelques exceptionnels, mais c'est sur la rive gauche, au royaume du cabernet-sauvignon, que l'on trouve les vins les plus toniques, les plus racés, les plus Bordeaux dans la version inimitable, originale, digeste, fraîche, tendue, gastronomique que ce qualificatif signifie. »

 

Je dois vous avouer qu’en lisant cette entame j’ai atteint l’extase, même l’épectase chère à feu le cardinal Daniélou, au vu du grand retour du tendu dans la bouche de Jacques !

 

Oui, mes biens chers frères, mes biens chères sœurs, dès 2009 je détectais de sa part une grande propension pour la tension et je commis un article La « tension » du vin selon Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble en dégustation à Bordeaux qui eut un grand retentissement dans le Landerneau du vin. 

 

En effet j’écrivais :

 

« Comme je suis plutôt un gouteur de mots qu’un gouteur de vins je me suis donc plongé dans une lecture attentive, attentionnée même, du guide de Jacques Dupont « Bordeaux le millésime 2008 ». Qu’en dire me suis-je dit chemin faisant ? Commenter les commentaires ? Ridicule ! Dresser un florilège des propos, forts intéressants, des gens du vin de châteaux rapporté par Jacques ? Risqué ! Que faire alors ? Lire avec mon compagnon habituel : un crayon de papier taillé pointu. Et comme souvent, ma main, mue par je ne sais quelle pulsion, s’est mise en mouvement sans que je sache très bien où elle voulait me conduire. Avec mon crayon je dessinais des bulles autour de mots et d’expressions. Comme j’adore les bulles et que je suis un bulleur, rien d’étonnant mais, très vite, passant de l’état gazeux à l’état solide je ne pouvais que constater une forme de scansion de mes notations « bullesques » : tendue au féminin pour la bouche et tendu au masculin pour le vin. »

 

Les résultats statistiques ICI

 

Revenons au Médoc pour nous demander avec le Jacques si ce retour des Bordeaux à ce qui faisait leur charme est :

 

  • 1 Clin d'œil du destin, l'arrêt des notes du célèbre dégustateur américain coïncide avec ce millésime où la vivacité, l'élégance, le tonus l'emportent sur la largeur, la richesse, la densité ?

  • Le triomphe modeste d'une certaine vision du vin et de la vinification, celle incarnée par l'œnologue Éric Boissenot dans une certaine continuité familiale.

 

Pour éclairer votre lanterne sur la méthode Boissenot lisez

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 06:00
Nostradamus avait-il prédit l’avènement du vin nature en nous donnant sa recette du vin cuit ?

Ce matin je suis d’humeur taquine pour plein de raisons, des bonnes et des mauvaises aussi, et bien sûr je ne vous en citerai aucune. J’aurais pu être colère contre quelqu’un qui n’a pas le courage de confronter ses opinions à la contradiction et qui se contente de balancer des horions par voie privée. Comme me l’écrit mon ami Olivier « Les insultes sont toujours à éviter. La rugosité dans le monde paysan est quotidienne. La franchise était aussi une valeur paysanne. Elle disparait. »

 

Aborder le vin par Nostradamus c’est un peu mettre celui-ci en compétition avec Elisabeth Tessier dont la plastique était plus enviable que ses prédictions.

 

En écrivant ceci je suis aussi sérieux qu’un Pape, en effet, dans un livre écrit en 1980 Jean-Charles de Fontbrune, éminent spécialiste de ce personnage visionnaire du XVIème siècle, écrivait que Nostradamus avait prédit la victoire de la gauche aux élections de 1981…

 

« Oui, le retour de la rose. D’ailleurs, à cette époque, les sondages donnaient Giscard d’Estaing en tête et Elisabeth Tessier prédisait sa victoire. Mitterrand en a fait son astrologue personnelle malgré son erreur car les gens de pouvoir aiment qu’on les flatte. Or, Nostradamus n’est pas un flatteur. »

 

Jean-Charles de Fontbrune, qui était Nostradamus, personnage que l’on connaît mal finalement ?

 

« C’est la question la plus importante car on ne le connaît que par des déformations colportées par les médias ou par des parapsychologues, des ésotéristes, des occultistes et autres faiseurs de miracles ! Dès 1545, soit 10 ans avant ses premières prophéties, Nostradamus est célèbre dans le royaume de France car il arrête les épidémies de peste. Après avoir obtenu son diplôme de médecin et d’apothicaire à Montpellier, il va vivre un drame en perdant sa femme et ses deux enfants de maladie. Il se lance alors dans des recherches et découvre les méthodes aseptiques 4 siècles avant Pasteur. Il parcourt la France et traite les gens : là où il passe, les épidémies de peste trépassent ! Mais Nostradamus ne va pas pouvoir parler de ses découvertes scientifiques par peur de l’Inquisition, car la peste était considérée à l’époque comme une malédiction divine. La Cour de France va l’appeler comme meilleur médecin de France et il va en profiter pour faire connaître ses premières prophéties. »

 

En 1555 il publie à Lyon en 1555 chez Antoine Volant (1 première édition en 1552 a été faite à Lyon par Jean Pullon de Trin) Excellent et moult utile Opuscule à touts necessaire, qui desirent auoir cognoissance de plusieurs exquises Receptes, diuisé en deux parties.

 

La premiere traicte de diuerses façons de Fardemens et Senteurs pour illustrer et embellir la face.

 

La seconde nous monstre la façon et maniere, de faire confitures de plusieurs sortes, tant en miel, que succre, et vin cuict,

 

« Ce livre de poche de format 123x75x20 mm, est imprimé sur une seule colonne, en caractères roman et italique, avec seulement 4 lettrines. Le nom de l'auteur et de l'éditeur est indiqué en début de livre et les pages sont numérotées avec des chiffres arabes, comme dans les livres modernes.

 

Entre 1505 et 1615, Lyon est un centre important d'imprimerie des livres, au même titre que Paris. En plus de la publication du Platine en Français et du livre de Nostradamus, on remarque qu'une quinzaine d'éditeurs lyonnais ont imprimé les grands classiques de la littérature culinaire médiévale : 9 éditions du Viandier de Taillevent entre 1534 et 1615, 5 éditions de Fleur de toute cuysine entre 1567 et 1604, 2 éditions du Livre de cuysine tres utile et proufitable en 1542 et 1555, Pratique de faire toutes confitures en 1558, De re cibaria en 1560, le Thresor de santé en 1607. Seuls un exemplaire original du Platine en Français et du Excellent et moult utile Opuscule … de Nostradamus ont été conservés à Lyon. »

Nostradamus avait-il prédit l’avènement du vin nature en nous donnant sa recette du vin cuit ?

Le traité des confitures a été adapté en français moderne et présenté par Jean-François Kosta-Théfaine, chercheur associé au Centre d'Etudes des textes médiévaux de l'Université de Rennes II, éditions Imago, 2010

 

« Pour faire le vin cuit (vin cuict) prenez au temps des vendanges du moût de quelque vieille vigne et des raisins bien mûrs le plus qu’ils pourront l’être, et prenez dudit moût la quantité que vous voudrez, et faites-le bouillir dans une grande marmite, et incontinent qu’il commencera de bouillir ou faire son écume, ôtez l’écume avec une cuillère percée ou une écumoire […]

 

Du côté du moût de vieille vigne ça commence bien, mais prendre des raisins bien mûrs ça fait très Bordeaux versus Peynaud, et puis faire bouillir le tout ça ne va pas du tout.

 

La suite c’est ce que Marcus Varro (Varron ou Marcus Terentius Varro 116-27 av. J.-C.) nomme defrutum, pour faire des confitures en forme liquide…

 

« Et pour confire des noix avec ce vin cuit, prenez des noix vertes, et plumez-les jusqu’à la quantité que vous voudrez ; et quand elles seront bien plumées, vous les ferez faire tremper en l’eau pendant une durée de neuf jours, leur renouvelant chaque jour d’eau ; et au bout de neuf jours vous les ferez bouillir jusqu’à ce qu’elles soient mollettes et que vous pourrez les percer facilement avec une épingle, et quand elles auront bouilli comme elles doivent, vous les ôterez du feu et les mettrez dans un beau linge blanc ; et quand elles seront à demi essuyées vous mettrez à chacune un tronçon de cannelle et deux clous de girofle, ou plus ou moins, que si plus vous en mettez, vous les rendrez meilleures ; et quand vos noix seront bien farcies de cannelle, vous les mettrez dans un vase ou de verre ou bien de terre ; et puis vous prendrez votre vin cuit et en remplirez le vase, ou le pot, là où sont les noix, et les laisserez trois jours ; au bout de trois jours vous verserez le vin cuit qui est dedans le vase, et le ferez cuire dans une poêle jusqu’à ce qu’il soit comme auparavant quand vous le lui avez mis, car l’humidité qui était aux noix a décuit le vin cuit, ce que Marco Varro appelait « defrutum », et quand vous aurez ainsi cuit par deux ou trois fois votre defrutum, vous le laisserez un peu vert. Avec cette façon vous ferez toute confiture avec ce defrutum ou vin cuit, lequel sert en plusieurs autres condiments ou sauces que l’on fait journellement dans les maisons mais il ne peut se faire qu’une fois l’année. […]

 

Les confitures, dragées, bonbons, le sirop et le sucre sont des bases de médicaments importants de la pharmacopée arabo-andalouse et de la médecine médiévale européenne. Ces produits sont aussi des confiseries bonnes à manger.

 

Le sucre a été introduit en France à l’époque où Nostradamus a publié Le Traité des fardements ainsi que son Traité des confitures

 

Sans doute prédisait-il la future chaptalisation chère aux adeptes du fard dans le vin… je plaisante bien sûr !

 

Livre des confitures de Nostradamus 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 06:00
À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux,

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux,

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan,

Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps,

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier

Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières

Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends !

 

Les vieux, dont je suis, pour faire genre on dit seniors, vont de plus en plus se ramasser à la pelle et beaucoup vont se retrouver, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, massivement parqués dans des maisons de retraite plus ou moins médicalisés…

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

1 personne sur 3 aura plus de 60 ans en 2060

 

« Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la France métropolitaine comptera 73,6 millions d'habitants au 1er janvier 2060, soit 11,8 millions de plus qu'en 2007. Le nombre de personnes de 60 ans ou plus augmentera, à lui seul, de 10,4 millions entre 2007 et 2060, si bien qu'une personne sur trois aura ainsi plus de 60 ans. Jusqu'en 2035, la proportion de personnes âgées de 60 ans ou plus progressera fortement. Cette forte augmentation est transitoire et correspond au passage à ces âges des générations du baby-boom. Après 2035, la part des 60 ans ou plus devrait continuer à croître, mais à un rythme plus sensible aux différentes hypothèses, notamment sur les gains d'espérance de vie. Quant aux centenaires, la France pourrait en compter 200 000 dans cinquante ans. »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Les 60 ans et plus sont, de façon certaine, une génération montante.

 

« À eux le pouvoir d’achat : les dettes sont remboursées, la retraite encore à peu près assurée et par conséquent, les revenus sont disponibles. À eux également, les voyages et les loisirs : ils lisent, regardent la télé et utilisent internet. Côté alimentation, ils dépensent en moyenne 25% de plus que les moins de 50 ans et avalent à eux seuls la moitié du marché alimentaire. Il eut donc été fort étonnant que les industries agro-alimentaires et le marketing délaissent le marché des seniors. Les spots publicitaires hésitent toutefois à mettre en scène les personnes âgées. Allez, encore un effort messieurs les publicitaires, dites-le avec des vieux, ce sera moins hypocrite ! »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

Oui mais quand on les « parque » dans les maisons de retraite l’alimentation des seniors laisse beaucoup à désirer

 

Il ne s'agit pas d'un sentiment mais d'un constat dressé par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir dans le numéro d'avril de sa revue. Un constat documenté puisqu'il qui résulte de l'enquête sur l’alimentation dans les Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) menée par une diététicienne spécialiste de restauration collective. Analyse menée sur 20 jours consécutifs, auprès d’établissements de 48 départements, entre novembre 2014 et janvier 2015.

 

Après avoir analysé les menus de 88 établissements, elle conclut à la prévalence de la dénutrition.

 

Celle-ci « est évaluée à plus d'un tiers »

 

Le magazine déplore que les multiples recommandations sur ce thème publiées depuis plusieurs années tardent à se faire sentir. Or, « lutter contre la dénutrition qui touche entre 450.000 et 700.000 personnes âgées en France, est un axe de prévention majeur 

 

« Il est aussi regrettable, relève Que Choisir, que plus d’1 établissement sur 5 serve des plats du type nuggets ou burgers, sans rapport avec les traditions culinaires des générations concernées. Dans 1 établissement sur4, aucune alternative n'est par ailleurs proposée si le plat principal ne plaît pas. Cela ne risque pas d'aiguiser l'appétit des seniors, souvent déjà altéré par les pathologies du grand âge, les médicaments, les troubles de la déglutition et de la mastication, le déclin cognitif ou encore la dépression plus ou moins latente »

 

Certes, « les résultats sont hétérogènes », pointe que Choisir, mais le constat d’ensemble reste peu ragoûtant : « pas assez de poisson, de viande non hachée, trop rare dans la moitié des Ehpad, ni de fruits crus en dessert »

 

Les horaires du personnel priment sur la bonne alimentation des seniors.

« Les résidents de 43 Ehpad soulignent les dîners servis trop tôt (18h25 en moyenne), non seulement par rapport au goûter, mais aussi au regard du long jeûne nocturne qui suit, augmentant les risques d’hypoglycémie. Et puis, pour le journal Notre Temps, il y a aussi le manque de temps pour manger, surtout lorsqu’on a des difficultés de mastication ou d’autonomie, les plats servis trop froids, l’impossibilité de choisir sa place à table, voire des petits déjeuners servis en chambre ce qui ne favorise pas la convivialité... »

À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…
À 18h à la maison de retraite c’est buffet froid pour les vieux et pourtant les seniors c’est la poule aux vieux d’or…

La Poule aux vieux d’or : quand le marketing mise sur les papy-boomers et les ménagères de plus de 50 ans

 

1 interview de Stéphane Gouin enseignant-chercheur à Rennes au département d’économie rurale et de gestion de l’agrocampus ouest par Valérie Péan mission Agrobiosciences

 

Valérie Péan : À première vue, il paraît difficile de mettre dans le même panier les personnes de 50 ans qui font partie des jeunes seniors avec celles de 70, 80 voire 90 ans. D’ailleurs, nous distinguions encore il y a peu 3ème et 4ème âge. Qu’en est-il aujourd’hui ? Existe-t-il encore de telles formes de distinction ?

 

Stéphane Gouin : Effectivement, il y a plusieurs moyens de caractériser les seniors, des « jeunes » seniors aux « grands » seniors. Parmi les différentes typologies existantes, l’une d’elles distingue les seniors par tranche d’âge d’une dizaine d’années, les séparant ainsi en quatre groupes.

 

En premier lieu, nous trouvons les 50-60 ans, baptisés les « hédoniques ». Ces derniers sont sensibles à l’authenticité des produits, aux nouveaux services et à la publicité. Le second groupe, celui des 60-70, est qualifié de « vigilants » parce qu’ils sont un petit peu plus attentifs à la qualité des produits et aux marques. Ils se caractérisent également par une forme de méfiance vis-à-vis des arguments marketing mis en avant. Viennent ensuite les personnes âgées de 70-80 ans. Ces « traditionnels », comme nous les qualifions, sont davantage tournés vers les produits de services ou faciles à utiliser. En outre, ils portent leur attention sur des critères de consommation plus classiques où les questions environnementales, sociétales voire d’éthique priment. Enfin, le dernier groupe concerne les plus de 80 ans, que nous désignons sous le terme d’ « ascètes ». Ces derniers consomment des produits dits de sécurité, à usage simplifié et, pourrait-on dire, davantage physiologiques.

 

V.P. : Vous nous avez donc présenté une approche par décennie. Existe-t-il d’autres typologies concernant les personnes âgées ?

 

S.G. : Oui, il existe des dizaines de tentatives de découpage de cette population. Mais ce qu’il est intéressant de remarquer est que la quasi-totalité de ces typologies convergent pour distinguer les jeunes seniors, les seniors qu’on appelle du reste seulement seniors, et les grand-seniors. Une autre approche propose un découpage non pas fondé sur l’âge mais selon leur comportement alimentaire et leur sensibilité à la communication.

 

En définitive, retenons que beaucoup s’intéressent à ces futurs consommateurs qui, comme vous l’avez dit, représenteront un consommateur sur deux en 2025. Aujourd’hui, cette frange de population est extrêmement importante. Pour vous donner quelques petits repères, un senior naît toutes les 37 secondes Une personne fête ses 50 ans toutes les 37 secondes et une femme fête ses 50 ans toutes les minutes dans le monde. Par conséquent, les industriels sont tentés de s’intéresser à ces seniors qui représenteront un milliard de consommateurs dans le monde d’ici une quinzaine d’années.

 

V.P. : Paradoxalement, nous constatons que très peu de publicités mettent en avant les seniors. On a l’impression qu’il y a une forme de communication et de marketing qui ne veut pas dire le nom de son public-cible.

 

S.G. : Votre remarque est très juste puisque actuellement, seulement 1% des spots publicitaires mettent en scène les seniors. Il s’agit à la fois d’une question d’éthique, pourrait-on dire, et d’image. Ainsi, les seniors sont un peu moins « sexy » ; ils renvoient à des images quelque peu galvaudées. On le constate au travers des produits dont la connotation est plutôt traditionnelle et qui donc répondent mieux à ces personnes-là. L’image du senior n’est, par ailleurs, pas toujours transposable chez les plus jeunes. Enfin, il y a encore peu de marques entièrement dédiées aux seniors et, de fait, de marketing direct.

 

V.P. : Peut-on néanmoins dire qu’il y a une évolution progressive ? La ménagère de moins de 50 ans est au cœur de toutes les discussions mais pourtant, depuis les années 70, les cibles vieillissent peu à peu.

 

S.G. : Je serais effectivement tenté de dire que les cibles vieillissent. Les seniors d’hier, des années 70, 80 et 90, sont bien évidemment différents de ceux d’aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que ces seniors-là ont connu les guerres, les époques de disette et de privation, et par conséquent, les époques où l’on ne consommait que ce qu’on pouvait payer. Tandis que de nos jours, avec les facilités d’emprunt, les individus peuvent facilement entrer dans une démarche d’’hyperconsommation. Mais ces "anciennes" générations, puisque tel est leur nom, refusent ce comportement. Ainsi, une typologie très intéressante du CREDOC montre que les personnes qui ont connu la Seconde Guerre mondiale, génération nommée robot-électrique du fait du progrès technique, sont attentifs à ce qu’ils consomment mais d’une façon plus ascétique, plus simple, disons plus physiologique. En revanche, les jeunes seniors, ceux qui ont une cinquantaine d’années, sont entrés dans cette société de consommation au moment de la fin des Trente Glorieuses. Ces individus ont connu, comme beaucoup, le chômage et les périodes d’incertitude. Nous sommes passés d’un modèle de privation à un modèle de consommation de satiété caractérisé par des individus repus. Or ces derniers cherchent surtout des moyens d’éviter de prendre des kilos ou des façons de rester en "bonne" la santé, de bien vieillir. Et ces générations se bousculent un petit peu entre-elles.

 

La suite ICI 

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 06:00
L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Pierre Jancou est sans concession « Le ragù mérite une thèse. La thèse d’une vie. Les gestes, la patience… Il faut sentir, comprendre ce plat « patrimoine », avant même oser en parler ! »

 

Dans son livre « Le coup de feu » Bill Buford raconte que lorsque Gianni Valdirisi s’était marié avec Betta « il avait été horrifié de s’apercevoir que, dans la précipitation, il avait omis de goûter à son ragù. Celui-ci qu’elle avait appris auprès de sa tante, avait été transmis par des générations de femmes de sa famille et serait forcément différent du ragù que Gianni avait mangé à la table de ses parents, à savoir celui de sa propre mère, dont la saveur profonde et complexe le touchait tout au fond de l’âme. »

 

 

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

« Un ragù, affirmait-il, était une chose très personnelle. Aussi imaginez son bonheur quand, goûtant pour la première fois au ragù de Betta, il s’aperçut que, en effet, il était différent de celui de sa mère… et meilleur. »

 

Et le ragù, prévient Pierre Jancou « n’a rien à voir avec cette sauce pseudo-bolognaise à la française qui, ironie du sort n’existe pas là-bas. » C’est ce que retient une pâte de la catégorie « sorties » comme les orecchiette : « une minuscule larme de sauce dans leur pavillon » note Buford.

 

Ce fameux ragù comprend au moins deux viandes, bœuf et porc pour Buford, bœuf et veau pour Pierre Jancou qui ajoute du lard de colonnata. Les variations régionales vont à l’infini selon Buford « … le chapon, la dinde ou des foies de poulet… et 3 liquides : vin, lait et bouillon… parfois de la tomate si votre famille est moderne… parfois pas de tomate si la recette date d’avant Christophe Colomb… plus de la noix de muscade, quelquefois de la cannelle, bref tout ce qu’en matière d’aromates votre arrière-arrière-arrière-grand-mère jugeait indispensable.

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Pierre Jancou, lors de ses longs séjours à Modène, s’est régalé de ce plat de mamme, jusqu’à s’en faire son idée et de conclure que c’est « certainement la chose dont je suis le plus fier dans ma cuisine… »

 

Buford conclut lui « Quel que soit le mode de préparation, le résultat possède une consistance caractéristique à tous les ragù : tout à la fois visqueuse et grenue, ni solide, ni liquide, plus sèche que mouillée, un condiment plus qu’une sauce… »

 

Il lui faut du temps à ce ragù « Cuis ton ragù au coin du feu. Sur de la braise ou, au pire, sur ton plus petit feu. Mais à chaleur minimale. Longtemps. Plusieurs heures. Laisse confire. » souligne Pierre Jancou qui, en général, le prépare la veille.

 

Alors vous comprendrez mieux mon titre lorsque Gianni évoque « l’érotique d’un nouveau ragù sur le fourneau, quand il parfume la maison d’un arôme qui éveille votre appétit et le maintien en haleine jusqu’à l’heure du dîner. « Mi da libidine » (ça me fait bander) » disait-il

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou

Les plats al ragù servi dans le restaurant Babbo de Mario Battali restaurant de Manhattan :

 

  • Gnocchis avec un ragù de queue de bœuf
  • Les lettres d’amour avec un ragù de saucisson d’agneau
  • Les orecchiette avec un ragù à la saucisse de porc.

Dans le livre La Table vivante Pierre Jancou propose des Tagliatelle al Ragù et Baies Pourpres 2011 de Didier Mouton voir la vidéo ICI 

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 06:00
« Trente nuances de gros rouge » : « Le premier qui bouge, j’le sulfite ! »

Ce petit livre rouge j’l’ai lu en soirée d’un trait à la terrasse d’un bar culte de Montparnasse accompagné d’un tartare et d’une Pilsen Urquell.

 

« Les tempes cendrées, le cheveu rare, un léger relâchement de la sangle abdominale – l’embonpoint en appui sur la ceinture – le geste à peine plus lent… » … des qui ont en leur jeunesse soixante-huitarde été de « sacrés rebelles qui se permettaient de parler à table sans y être invités, qui disaient « vachement » à tout bout de champs… »… des qui ont eu « des cheveux longs et gras, des jeans moulants, des chemises fleuries »… des qui ont eu une 4L version TL… des qui ont eu une tente labellisée étanche et inviolable au système de fermeture à base d’épingles à linge, estampillée « Goulague »

 

Bande de mâles ripailleurs patentés, soiffards tendance plutôt naturiste, adeptes de virées, présentement représenté dans ces menus récits par Philippe Quesnot.

 

Qu’en dire ?

 

Que j’ai goûté tout le piquant et la saveur du compliment du mec qui sert à Nicolas de Almeida, leur hôte, un « Monsieur – vraiment – merci beaucoup pour ce repas exceptionnel que vous nous avez offert, surtout quand je pense à la somme que nous aurions dû débourser dans un restaurant ! »

 

Que pour la séquence pneu percé et maréchaussée je me suis franchement bidonné : « Jacques me signalait, à toutes fins utiles, qu’une certaine Mano, prostituée de profession, entretenait des rapports forts douteux et même sodomites, me semble-t-il, avec une ribambelle d’ouvriers de l’usine Peugeot. Il ne précisait pas si cela était valable pour l’ensemble des sites de production de la marque au lion, ou applicable uniquement au siège social de Sochaux… »

 

Itou pour la traversée de Paris en Vélib direction 13e en sortant du Verre Volé « je sentais poindre en moi l’esprit de Christophe Colomb, une forme d’espoir désespéré face à cette aventure totale, ce saut dans l’insondable nuit parisienne. Reverrions-nous un jour nos êtres aimés ? Existe-t-il une vie au-delà du treizième arrondissement ? »

 

Et ce couple venu se coller à eux lors d’une halte au cours d’une escalade initiatique, qui, après les avoir vu s’enfiler « un petit en-cas diététique » : terrines de pâté, rillettes, saucisson… arrosé d’un « Rosé d’un jour 2001 de Mark Angeli en apéro, le blanc d’Hervé Souhait 2000 pour garder la bouche fraîche et Briand 99 de Gérald Oustric en dessert. » qui leur lançait « des SOS désespérés du regard » les suppliants « de déverser par mégarde dans leurs gobelets en plastique quelques gouttes de notre breuvage en lieu et place de cet horrible liquide inodore et sans saveur qui occupait tout l’espace de leur gourde, guettant, tels deux piafs affamés, le morceau de pain que nous abandonnerions chargé de sa strate de rillettes. »

 

La vengeance est un plat qui se mange froid arrosé de « flacons douteux, voire exécrables », que l’auteur « traque sans relâche » en se renseignant « sur les millésimes les plus pauvres des vignerons les plus incompétents » dans les foires aux vins des grandes surfaces en repérant ici et là la pépite qu’il ouvrira lors de petits repas et qu’il leur présentera de façon ostentatoire.

 

L’art et la manière de la formule percutante pour prôner le magnum comme unité de mesure « 75 cl, même chez les Quakers c’est peu, alors pour une tablée de 10, c’est une gourde pour un troupeau de dromadaires au sortir du Ténéré. »

 

Ou cet « autre atteignant instantanément la transe du derviche-tourneur à la simple vue d’un magnum de Selosse. »

 

Finir par le mythique Château Moulin Pey Labrie 1961

 

«L’immense souvenir que je garde de cette soirée, c’est précisément ce vin que Grégoire avait trouvé dans la cave de son domaine au moment de son achat, la saveur incomparable du perdreau, sa peau craquante aux légers aromes de brûlé caramélisé, cédant pour une chair juteuse et chaude à la cuisson à peine rosée qui m’envahissait la bouche, le sucré de l’oignon s’opposant au calciné amer, l’amalgame en bouche des trois composants soutenus par le velours du merlot dans toute sa splendeur. Si je n’étais point mécréant, ces instants proches de la jouissance et attestés du sceau de la gourmandise m’auraient immédiatement portés à réserver ma place pour une confession en place publique, suivie d’une séance de flagellation mortifère. Mais au lieu de cela, j’en repris deux fois et sauçai le plat, sans plus penser au salut de mon âme. »

« Trente nuances de gros rouge » : « Le premier qui bouge, j’le sulfite ! »
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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 07:00
Arme de séduction massive des filles du bord de mer par le pêcheur à pied : les voluptueuses et délicieuses palourdes bleues

Pêcher, pécher… vaste programme… comme je ne puis me laisser aller sur cet espace de liberté à vous confier les secrets de mon cœur de pécheur invétéré je laisse ce soin à Arno qui sait si bien chanter ces filles du bord de mer, au teint si clair, à l'âme hospitalière qui voulaient pratiquer le sport pour garder une belle ligne de corps…

Coquillage fouisseur, les palourdes sauvages se pêchent, du début du printemps à la fin de l'automne, à marée basse dans les fonds sableux avec une « fourchette » dans le Bassin d'Arcachon, en rade de Brest, dans le Golfe du Morbihan, dans le Traict du Croisic, sur le gois de Noirmoutier….

 

« On dit généralement que la palourde perce mieux à marée montante, autrement dit les trous dans le sable laissés par la palourde sont plus visibles lorsque la marée monte. Il est donc plus facile de la pêcher à ce moment-là.

 

Pour trouver vos palourdes, vous devez savoir que celles-ci s'enfoncent dans un sol sableux à environ 10 ou 12cm de profondeur. Elles laissent alors apparaître à la surface de petits trous. Les palourdes mâles laissent à la surface 2 petits trous qui leur permettent de respirer tandis que les palourdes femelles laissent un trou en forme de 8 beaucoup plus visible.

A gauche, la palourde "mâle", très trillée et plus grosse que la palourde "femelle" à droite
A gauche, la palourde "mâle", très trillée et plus grosse que la palourde "femelle" à droite
A gauche, la palourde "mâle", très trillée et plus grosse que la palourde "femelle" à droite

A gauche, la palourde "mâle", très trillée et plus grosse que la palourde "femelle" à droite

 

Une fois que vous les avez repérés, il vous reste à creuser légèrement et à ramasser votre prise.

Comme pour tous les coquillages, il est nécessaire de s’assurer de la fraicheur des palourdes avant de les consommer. Elles doivent être fermées, si elles sont légèrement ouvertes frapper sur la coquille qui devrait se refermer, sinon les éliminer sans vergogne. Il faut les laver à grande eau ou les mettre à tremper dans de l’eau salée pour éliminer le sable qu’elles pourraient contenir. »

 

On n'est autorisé à pêcher la palourde qu'à certaines périodes de l'année et à une fin uniquement personnelle. Pour cela, une quantité limitée a été mise en place. Pour en savoir plus sur la législation, il est nécessaire de se renseigner auprès des services maritimes de sa région. Vous pouvez cependant pêcher sans crainte au printemps et en été. 

 

Un peu d’histoire

 

« Dans la France et l’Angleterre des XVIe et XVIIe siècles, les villageois attendaient le retour des pêcheurs munis de « chaudières » pour recevoir leur quote-part de la manne marine, que les femmes cuisinaient ensuite sous la forme d’énormes «chaudrées». D’où le nom de ce plat culte et de son équivalent anglais «chowder». Les colons immigrés en Amérique du Nord perpétueront la tradition et le « clam chowder» deviendra un incontournable de la cuisine de la Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis et des régions côtières de l’est du Canada. »

 

Un peu d’économie 

 

« La palourde en France est l’espèce « Tapes decussatus », tandis que celle des côtes américaines est « Tapes philippinarum ». Cette dernière a été introduite en France dans les années 70, dans le but d’élevage (vénériculture) car sa croissance est plus rapide. La demande pour la palourde ne cessant de croître cette culture est prospère. »

 

Un peu de diététique

 

« Outre son contenu remarquable en fer, la palourde constitue une excellente source de minéraux, dont le sélénium, le manganèse, le cuivre, le zinc et le phosphore. Ces caractéristiques combinées à son contenu élevé en protéines et pauvre en lipides devraient lui faire une place de choix dans notre alimentation. N’oublions pas sa bonne teneur en omega3, en vitamines A, B12, B2, B3et en iode. »

Un peu de gastronomie

 

« Comment les apprêter : les plus grosses sont destinées à la «chaudrée» ou «chowder» car leur chair est coriace. Les moyennes sont délicieuses farcies au beurre d’escargot ou cuites sur le gril. Plus tendres les petites (moins de 4cm) sont dégustées crues comme les huitres avec un sip de citron ou bien rapidement cuites en marinière, à la vapeur, en persillade elles sont ajoutées avec leur coquille dans des plats de pâtes ( à la vongole), de paella (aux fruits de mer ) ... La cuisine japonaise les prépare dans un bouillon dashi et avec des algues wakamé. »

Arme de séduction massive des filles du bord de mer par le pêcheur à pied : les voluptueuses et délicieuses palourdes bleues

Que boire avec ça

 

Catavela : un blanc de macération du domaine Denavolo (Situé en Emilie Romagne, parcelles Situées Entre 500 et 600 mètres d'altitude)

 

Giulio Armani Travaille Avec des cépages blancs UNIQUEMENT, il produit des vins en Utilisant des raisins Entiers, érafles. Une méthode très ancienne ne versez pas dire Qu'elle Remonte aux premiers ministres moments de la vinification. Les vins Sont d'une belle couleur orangée, ici tanniques Grâce à la malvoisie di Candia Aromatica, cépage rustique, très aromatique Ayant Une pellicule Assez Epaisse.

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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 07:00
Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

Scandaleux !

 

Censurez !

 

« Comme La Religieuse de Jacques Rivette « le séminariste de l’athéisme» :

 

« Rares sont les films qui, avant d'être terminés, provoquent déjà un scandale national. C'est notamment le cas de La Religieuse de Jacques Rivette. Avant même le tournage, la commission de contrôle émet quelques réserves sur l'adaptation par Rivette de la nouvelle sulfureuse de Diderot. Les religieuses de France, les associations de parents protestent déjà publiquement. Le film est tourné et les passions sont loin d'être calmées. Sous la pression des associations religieuses et des politiques, le film est totalement interdit de diffusion en France. Après de multiples contestations de la part des intellectuels, le film finit par sortir en salles en 1967, assorti d'une interdiction aux moins de 18 ans. »

 

« Plus de quarante ans après, on a du mal à comprendre le scandale que provoqua ce film, interdit par la Ve République gaulliste ! Après une projection à Cannes, il sortit sous le titre de Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot, un carton au prégénérique insistant sur le fait que les mœurs religieuses qu'il décrit sont d'un autre temps. Ouf ! Toutes ces précautions étant prises, on peut parler du film et répéter qu'il n'a rien d'un pamphlet antireligieux. Le second degré sarcastique du texte a disparu au profit d'une illustration d'un classicisme surprenant de la part d'un des papes de la Nouvelle Vague. L'héroïne est une chrétienne sincère, qui a la foi... mais pas la vocation.

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

Sacrifiée par sa famille, elle se bat jusqu'à l'épuisement contre la toute-puissance d'un système inhumain. Au bout du compte, elle est la seule à faire preuve d'un rayonnement spirituel (avec l'abbesse jouée par Micheline Presle). Rivette choisit le dépouillement : peu d'extérieurs, des grilles, des murs en à-plats gris. Plus discutable : la deuxième partie, où s'étire l'épisode du couvent mondain au pittoresque facile. Mais, en martyre de la liberté, Anna Karina est magnifique. » Télérama.

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

Ma religieuse à moi est au chocolat ou au café, comme celle inventée en 1856 par le pâtissier parisien Frascati taulier du Café Frascati, très à la mode, installé boulevard Montmartre.

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

Frascati, d’un empire à l’autre

 

« Au Premier Empire, l'établissement Frascati, éponyme d'un fameux glacier à Naples, est un des lieux les plus couru de la capitale. C'est tout d'abord un jardin, orné des bustes des plus grands poètes français et anglais, et éclairé la nuit. Une tonnelle de glycine et de vigne vierge, appelée l'ermitage, donne un air charmant à l'ensemble.

 

La maison tient du café et du salon de pâtisserie. Elle offre au rez-de-chaussée des rafraîchissements et les meilleures glaces de Paris, et des salles de bal. Au premier étage, se trouvent des salons de jeux.

 

La meilleure société parisienne s'y presse et y passe les belles nuits d'été. Elle y cherche l'amour et la fortune, et peut à loisir, s'observer.

 

La maison Frascati ferme ses portes à la Restauration, suite à la loi sur la fin des salles de jeu.

 

En 1833, un nouveau Frascati est bâti et rapidement l'établissement redevient à la mode. Au Second Empire, il réunit le tout Paris littéraire et mondain.

 

Une dernière anecdote, en 1856, le gâteau appelé « religieuse » (choux fourrés de crème pâtissière, dressés les uns contre les autres y fut inventé. »

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?
Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

« La couleur de son glaçage rappelle celle de l’habit des nonnes, et sa forme celle de leur silhouette, conférant ainsi au gâteau le nom de religieuse. À l’époque sortent aussi de chez Frascati des religieuses à la vanille. En outre, la religieuse est alors constituée d’un carré de pâte à choux fourré de crème pâtissière et surmonté de crème fouettée. Un peu plus tard, elle prend la forme qu’on lui connaît aujourd’hui grâce au pâtissier Chiboust, l’inventeur du saint-honoré. La crème Chiboust est la même dont on agrémente la religieuse. »

 

« … Curieusement, ce n’est pas la religieuse qui fit la renommée du café Frascati à l’époque, mais la littérature classique, qui l’évoque à travers les œuvres d’Alexandre Dumas (dans Georges : c'est le lieu où le riche mulâtre vient jouer des sommes folles, éblouir le Tout-Paris et braver le racisme.) ou d’Honoré de Balzac.(Dans La Fausse Maîtresse, il est dépeint comme un endroit où il faut se montrer ; dans Illusions perdues, c'est un enfer de jeu et de débauche, mais aussi un haut lieu de gastronomie où la lorette Florine vient commander des mets pour ses grands repas. On le retrouve encore dans La Fille aux yeux d'or, Les Employés ou la Femme supérieure, Splendeurs et misères des courtisanes.)

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?
Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?

« Si la région du Latium est reconnue mondialement, c’est beaucoup plus pour Rome, sa capitale, que pour ses vins. On produit ici surtout du blanc simple et léger que consomment en grande partie les hordes de touristes peu regardants de la Ville éternelle. Sans typicité apparente, les vins de la DOC Frascati remportent néanmoins un franc succès sur le marché international. N’empêche, comparativement au Soave de la Vénétie ou du Chianti toscan, la plupart des 27 DOC et 3 DOCG du Latium sont loin d’avoir réussies à mousser leur image en dehors de leurs frontières, à part peut-être la DOC Est! Est!! Est!!! di Montefiascone dont le nom est cependant bien plus original que ses vins. La majorité des blancs du Latium sont faits à base de différents clones de Trebbiano et de Malvasia. Les 9 DOC des Colli Romani situées sur les collines albaines au sud de Rome représentent à elles seules plus de 80 pour cent de la production totale des vins DOC de la région. Le Latium ne possède aucun cépage rouge autochtone. On y cultive plutôt différentes variétés empruntées aux régions voisines tel le Sangiovese de Toscane, le Montepulciano des Abruzzes, l’Aglianico de la Campanie ainsi que des cépages internationaux comme le Merlot et le Cabernet Sauvignon. Sauf en de rares exceptions, les vins du Latium se prêtent plutôt à une consommation courante. Sans prétention, ils accompagnent toutefois divinement les classiques de la cuisine romaine tels les spaghetti alla carbonara ou les fritti misti(un mélange de fritures à base de légumes, de fruits de mer et de viandes). Bien que la plupart des restaurants et osterie de la capitale servent des vins locaux bon marché, Rome compte de nombreux bars à vins et œnothèques qui n’hésitent pas à mettre en vedette les meilleurs caves de la région. »

Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?
Est-ce bien convenable de se faire une religieuse en sifflant un verre de Frascati ?
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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 07:00
Jean-Yves Bizot, vigneron à Vosne-Romanée, suite à l’échange entre Olivier de Moor et Michel Bettane, interroge ce dernier.

C’est très simple Olivier de Moor et Jean-Yves Bizot, tous deux vignerons, sont des amis, nous échangeons souvent entre nous, par courriel, sans que pour autant je publie nos courriers. Aujourd’hui, je prolonge la chronique du 8 avril « Dans les AOC on n’est pas là pour rigoler. On endosse un uniforme. Échange épistolaire entre Olivier de Moor et Michel Bettane » en vous proposant les réflexions et les questions que Jean-Yves Bizot transmet à Michel Bettane car elles me paraissent dignes d’intérêt.

 

Bonjour Michel,

 

Olivier de Moor, un ami, m’a transmis vos réponses du 22 mars à ses mails.

 

Vous ne devez pas être sans vous douter, du fait de votre position, que vos réflexions ne peuvent que circuler. Même si elles ne sont qu’une réponse rapide, peut-être trop rapide – et c’est pour ça que ces messages sont révélateurs- elles contiennent en filigrane des éléments inquiétants. Ils ont généré chez moi un grand malaise, et continuent à le faire.

 

Malaise intellectuel, déjà, avec ce que sous-tendent vos propos. Malaise aussi presque physique d’enfermement, d’étouffement. Ce qui devrait être paradoxal, puisque vous invoquez la sacrosainte liberté d’expression, que vous revendiquez. C’est la raison pour laquelle j’interviens pour essayer de mieux comprendre vos idées.

 

Je reprends les points en suivant votre présentation.

 

- L’objectif de votre guide : jusque-là rien à dire si ce n’est que… en 2005 lors d’une dégustation à l’IPNC à Mcminnvill, vous nous avez expliqué que le critique n’était pas libre, contrairement à l’amateur. Vous justifiiez par cet argument votre jugement négatif sur un vin, jugement non partagé par l’assistance. Jugement qui était certainement étayé mais dont les fondements lui (nous) échappaient. Propos qui m’ont interpellé à l’époque : si la critique n’est pas libre, qui l’est alors ? Sous une autre forme, Pierre Antoine Rovani m’avait dit sensiblement la même chose : « nous devons respecter nos lecteurs ». Autrement dit, « nos clients ». Ce n’est absolument pas un jugement, simplement un constat, qui réduit la liberté d’expression à un avatar assez souffreteux de la liberté de pensée. Mais qui nous réunit aussi, puisque lorsque l’on fait du vin, malgré ce qui pourrait sembler des libertés peut être abusives, en face, il y a des clients.

 

- La dégustation à l’aveugle comme moyen le plus loyal de juger les vins ? Il doit certainement en y avoir d’autres, et j’ai du mal à considérer l’ignorance comme un moyen d’accéder à l’objectivité. Sauf à considérer à la toute fin que le vin n’est qu’un produit. Ce que vous semblez d’ailleurs agréer, surtout lorsqu’ils sont d’appellation, semble –t-il. J’y reviens un peu plus loin.

 

- « Les vôtres ne sont pas des vins d’auteur… que de nombreux producteurs ont tendance à oublier » : nous sommes dans le cœur du problème. Déjà, cette simple phrase sue le mépris, la condescendance à la limite du supportable. Mais passons sur ce jugement un tantinet supérieur pour aller plus avant. D’autant que sur votre blog, un article intitulé «Critique du Journalisme de Promenade» vous étranglez cette idée que le vin soit une œuvre d’art. Avis que je partage entièrement.

 

Il y a deux aspects dans votre propos :

 

- Le premier, c’est que vous ne répondez finalement pas à la question d’Olivier : il se place dans à un échelon supérieur, bien en amont de l’appellation et du cahier des charges. Or la question est un problème fondamental, sur lequel nous devons tous nous interroger, presse comprise : peut-on continuer à produire avec les méthodes actuelles ? Ce n’est pas qu’une vision idyllique de la nature sans pollution, sans risque, mais déjà un problème de société. C’est donc une question qui dépasse largement le cadre réduit de l’appellation ou du cahier des charges, mais qui engage là, véritablement puisque vous l’invoquez, la Nation : politiques, citoyens, producteurs, journalistes. Question sur laquelle nous achoppons tous.

 

- Le deuxième, c’est cette notion de vins d’auteur – puisque finalement, il semblerait qu’il en existe – qui n’appartiendraient pas à l’appellation. Au nom d’un argument souverain : l’appartenance à la Nation. Nation donc coercitive, castratrice, inhibitrice ? Qu’est-ce que c’est que cette nation ? « Liberté » est le premier mot de la devise de la Nation. Cette distorsion de la notion de liberté se retrouverait aussi dans vos propos sur la manière de faire du vin : pour en faire en somme, il suffit de respecter le Cahier des Charges ? En substance, donc pour être un bon écrivain, je ne dis même pas un auteur, il faut respecter la grammaire, l’orthographe, et les règles de typographie. C’est suffisant. Je ne pense pas que vous soyez assez naïf pour croire à de telles choses ? L’appellation, en dépit de son cahier des charges, est nécessairement un espace de liberté. C’est cet espace de liberté que protège aussi le cahier des charges. Comme la liberté d’expression protège la liberté de pensée. Sinon, l’AOC est morte. Si c’est l’inverse qu’il protège – le conformisme, le grégarisme, la médiocrité au sens premier - il transforme le vin en article : celui-ci devient juste alors le résultat d’une suite d’opérations obligatoires, pas forcément cohérentes. Vous connaissant un peu, je ne crois pas que ce soit ce que vous défendiez. D’autant que poussé à l’extrême, cette orientation rendrait votre métier caduc.

 

- « Tout chablis en revanche doit être comparable » : c’est exactement le problème d’Olivier. Que comparez-vous ? Un même cahier des charges, respecté. Olivier s’inscrit dans celui-ci, à 100 %. Oui, ça marche. À ce niveau, c’est comparable. Mais qu’y a-t-il en amont ? Est-ce comparable ? Ce qu’il y a au-delà de l’appellation… C’est là-dessus que j’aurais aimé avoir votre avis.

 

Vous avez écrit il y a quelques années un article intitulé «les bio-cons». Quelques années auparavant, jeune loup solitaire, vous publiiez un article qui a fait date sur le niveau des vins et l’état du vignoble en Bourgogne. Ce que nous avons vécu techniquement comme transformation ces 25-30 dernières années, on le lui doit, en grande partie. Entre les deux, toute une histoire. J’aimerais croire que ce ne soit pas celle d’un enfermement.

 

Sincères salutations,

 

Jean-Yves Bizot

 

Domaine Bizot

9 rue de la Grand’Velle

21700 Vosne-Romanée

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 07:00
Le cracking moléculaire : casse ton lait cru pour faire un max pognon !

C’est l’anti-Perette au pot-au-lait et l’anti-monte lait chers au mère faisant bouillir leur lait cru acheté à la ferme.

 

199O Roquefort Société est mise en vente par son actionnaire historique, Michel Besnier tapis dans l’ombre guette sa proie fort de ses alliés dans la place : Yves Barsalou alors Président du CA et Jean Pinchon PDG de la Société des Caves. Nous cherchons des contrefeux. Dans mon bureau du 78 rue de Varenne, Jean-François Dehecq, l’héritier de Jean-René Sautier créateur au sein ELF Aquitaine de Sanofi, et grand architecte de ce groupe hygiène-santé encore société nationale.

 

Pour les petits loups qui savent tout mais ne connaissent rien, à cette époque Sanofi est propriétaire d’Entremont le « roi » de l’emmenthal breton vendu sous emballage individuel en GD. Je m’étonne de cette présence au sein d’un groupe hygiène-santé. Dehecq pur produit d’ELF, me rétorque : le lait c’est un produit blanc donc de santé et c’est un produit craquable comme le pétrole. Et de me faire la démonstration.

 

Il avait raison sur toute la ligne même si par la suite, internationalisation, recentrage sur la pharmacie et recherche de hauts profits, lui ont fait abandonner les vaches et leurs éleveurs turbulents. J’ai retenu la leçon et elle m’a beaucoup servi pour comprendre les stratégies des grands groupes laitiers : Nestlé, Lactalis, Danone, Bongrain, et les grandes coopératives du Nord de l’Europe.

 

Michel Besnier croquera La Société des Caves où il retrouvera face à lui le turbulent José Bové éleveur de brebis, mais pas encore démonteur du Mac Do de Millau, via Jean Pinchon bien sûr maintenu à son poste de PDG non opérationnel.

 

Alors, lorsque je veux faire mon effet auprès des petites louves qui ingurgitent des Danone bio alicaments je leur explique qu’ils sont fabriqués à partir de lait reconstitué. Ça jette un froid et un grand blanc.

 

Retour au José devenu eurodéputé vert, soi-dit en passant c’était son truc la politique bien plus que le syndicalisme agricole et je concède qu’il se bonifie en vieillissant. Avec Gilles Luneau, un excellent journaliste très au fait des réalités du secteur agro-alimentaire, il vient d’écrire un excellent ouvrage : L’alimentation en otage quand les multinationales contrôlent nos assiettes chez autrement.

 

Et nos deux auteurs de nous livrer une brillante démonstration sur les « mérites » du craquage du lait pour les pauvres multinationales bien sûr…

 

C’est quoi au juste le cracking moléculaire initié par l’industrie pétrolière?

 

« Grâce à différents procédés chimiques (catalyse) ou mécaniques (chaleur, membranes), le craquage casse une molécule organique en plusieurs éléments ayant une valeur commerciale importante. La somme de ces éléments rapportant plus que la molécule entière. »

 

C’est Danone qui dans les années 70 a ouvert la voie au craquage du lait.

 

« Le lait – liquide nourricier caractéristique des mammifères – est d’une complexité que le quidam ne soupçonne pas et dont nous n’avons pas encore exploré toutes les qualités… »

 

87% d’eau

 

Dans les 13% restant du lactose de 4,8 à 5%, des lipides de 3,4 à 4,4%, des protéines de 3,2 à 3,5% et des minéraux de 0,8 à 0,9%.

 

Les composants du lait sont partout :

 

« … on a découvert des protéines qui libèrent lentement des acides aminés dopant la formation des muscles et d’autres qui le font rapidement pour aider les muscles à récupérer après un effort. La médecine sportive en inonde aujourd’hui le marché. »

 

« La valeur nutritionnelle, les qualités texturantes, émulsifiantes, organoleptiques de ces protéines laitières leur ont ouvert les portes de toutes les industries agroalimentaires. »

 

En résumé : lait, produits laitiers, nutrition infantile, et « quasiment tout ce qui se fait en d’alimentaire en usine : biscuiterie, charcuterie, chocolaterie, sauces, crèmes glacées, restauration industrielle et plats cuisinés, boissons énergétiques aliments hypo ou hypercaloriques, mais aussi en pharmacie et en cosmétique. »

 

Quelques chiffres : 70% du lait collecté en France est transformé par seulement une dizaine de grands groupes privés ou coopératifs.

 

Note du taulier : la collecte est mutualisée pour en diminuer le coût, donc le lait d’un éleveur Lactalis peut se retrouver chez Yoplait… On s’entend comme larrons en foire… De plus il existe, comme pour le pétrole, un marché spot du lait où les industriels en manque de lait l’achètent à ceux en surplus au prix du jour.

 

23,7 milliards de litres collectés en France pour un CA de 25,3 milliards d’euros.

 

Le fromage bientôt sous-produit du lactosérum

 

36,8% de la collecte font des fromages dont seulement 15% au lait cru. « Le reste est fait d’assemblages d’ingrédients pour créer croûtes et textures « au goût du client » à qui on n’a jamais demandé son avis, mais chez lequel on fait naître une pulsion d’achat du dit fromage à grand renfort de spots télévisés. »

 

Note du taulier : sans cette fichue loi Evin c’est ce qui pourrait se faire dans le vin.

 

Quand on fabrique du fromage il reste le petit lait qu’on ne donne plus aux cochons mais on le craque car le lactosérum est une mine de molécules monnayables « au point que le jour approche où le fromage ne sera plus qu’un sous-produit du lactosérum. »

 

19,5% transformés en beurre et matières grasses

 

13,8% en poudre de lait (le nouvel eldorado chinois sous forme de poudre pour alimentation infantile)

 

7,2% en yaourts

 

7% en crèmes.

 

Le reste c’est le lait liquide conditionné 10,4% de la collecte

 

Et là c’est le royaume de l’ambigüité et du marketing car le lait entier c’est légalement 3,6% alors qu’au pis de la vache ça varie de 3,5 à 4,6% selon la race de la vache, son alimentation, du stade de lactation. Pour le ½ écrémé, 80 % de la conso, c’est encore plus juteux. Le surplus c’est tout bénef !

 

Mais ce n’est pas tout la France patrie de Pasteur est la championne du monde de la pasteurisation et du lait UHT. Ça fait du lait qui voyage, donc tout bénef pour la GD qui s’approvisionne à bas coûts. De plus, en l’aromatisant ou en y ajoutant des vitamines, des fibres, des minéraux, on dope le prix conso avec du marketing « complément alimentaire », « alicament »…

 

Sus au lait frais et au lait cru !

 

Les Français sont des veaux à qui l’ont fait sucer des laits pour sportifs en manque, pour femme active en stress, pour étudiant en examen, pour hypocondriaque en souffrance et ado en lutte contre son acné…

 

Bref, d’un produit naturel, complexe, le lait cru on fait une belle source de profits en le fractionnant sans se soucier des retombées sur la santé de ce craquage : les allergies alimentaires notamment.

 

Dernier point, la fin des quotas laitiers va certes permettre aux éleveurs français d’aller se mesurer via nos grands groupes au grand export de produits craqués mais comme ceux-ci savent compter il ne faudra pas compter sur eux pour aller ramasser le lait dans les confins du territoire de la France profonde. Le lait minerai sera produit au plus près des ports dans l’arc allant du sud de la Picardie à la Vendée.

 

Dans les années qui viennent nous allons assister à un grand déménagement du territoire mais de ça, à ce jour, tout le monde se fout. Marre de prêcher dans le désert depuis trop longtemps !

 

Le livre du couple Bové-Luneau est de salubrité publique pour le citoyen-consommateur espèce en voie de disparition.

 

4ième de couverture

« Dans l'ombre de la finance et du profit à court terme, une poignée de multinationales aux pouvoirs tentaculaires ont mis la main sur tous les échelons du système agroalimentaire mondial. De la graine plantée en terre à la grande distribution, des OGM à la sélection génétique animale, du négoce à la transformation, rien ne leur échappe. Les ressources s'épuisent, les inégalités se creusent, le paysan est dépossédé de son métier, le consommateur berné. Une seule réponse possible face à la superpuissance industrielle mondialisée : exercer chacun et ensemble, en toute conscience, le droit de choisir ce que nous mangeons. »

 

Le Monde.fr | 

Par Christian Rémésy, nutritionniste et directeur de recherche INRA
 

Pour continuer à manger des bons produits laitiers en quantité modérée, pour épargner aux éleveurs la conduite infernale des futures usines à lait, pour maintenir sur tout le territoire des élevages écologiques de vache laitière, il est temps de changer de paradigme, d’écrire la charte d’une production laitière écologique et durable, de la mettre en application et de stopper la course au rendement laitier. C’est en maîtrisant le volume de ses productions que la viticulture a réussi à maintenir ses revenus. C’est en consommant moins de produits laitiers dont on connaîtra la qualité et l’origine que la santé humaine sera mieux gérée et l’avenir de l’élevage mieux assuré. Mais que font nos politiques, n’ont-ils qu’une compréhension à court terme des conséquences de leur décision, nos éleveurs auraient-ils perdu leurs liens avec la nature et les consommateurs tout sens critique ? Les industriels nous auraient-ils transformés en veaux ?

 

Le cracking moléculaire : casse ton lait cru pour faire un max pognon !
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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 00:07
Dans les AOC on n’est pas là pour rigoler. On endosse un uniforme. Échange épistolaire entre Olivier de Moor et Michel Bettane

Le grand débat ouvert dans les années 2000 par un rapport iconoclaste et un nouveau président de l’INAO tout aussi iconoclaste est-il définitivement clos ? La messe est-elle dite ? Amen !  Plus précisément l’encre des cahiers des charges, la partition, est sèche, et l'interprétation semble bien codifiée.

 

Tout va très bien dans le meilleur des mondes des AOC-IGP, circulez y’a rien à voir les  gardiens du temple, contrôleurs extérieurs ou intérieurs, veillent sur le bel édifice où sont logés les signes de qualité.

 

Vive la norme ! Bien sèche, bien rigide, haro sur les espaces de liberté et les va-nu-pieds qui les ont créés. Je ne veux voir qu’une seule tête ! Tout le monde doit avoir un air de famille, la même identité ! Dilution : sur le lisse tout glisse !

 

Ça rassure la masse, ça conforte le pouvoir des chefs, ça exonère la puissance publique de sa mission de gardienne de l’intérêt général qui n’est pas la somme des intérêts particuliers, mais ça ne tient pas debout car tout cela ne peut pas tenir car les murs trop rigides finissent par se lézarder avant de s'écrouler sous les coups de boutoir des nouveaux barbares.

 

Nous courons vaille que vaille derrière les nouveaux barbares, en nous délestant bêtement de nos armes et de nos bagages, ce qui a fait notre force, notre originalité, notre authenticité, mais croyez-moi nous ne les rattraperons pas car ils n’ont pas, eux, de fers aux pieds.

 

Dans le grand barnum mondial formaté ouvrir des espaces de liberté, de créativité, c’est redonner corps et âme à ce que furent à l’origine les AOC, des lieux où les faits, les pratiques ont précédé le droit. S’exonérer des bonnes questions, y compris techniques, matériel végétal, moyens de protection du vignoble, et des moyens d'exploitation (ce dernier terme est un gros mot, mais révélateur quand même), c’est pratiquer la politique de l’autruche.

 

Tout figer c’est momifier !

 

Reste que ceux qui furent et sont encore des novateurs, des créateurs, sont bien isolés, bien dispersés pour faire entendre leur voix. Ils résistent au croskill niveleur, mais pour combien de temps encore ?

 

 

L’échange qui suit entre Olivier de Moor  vigneron à Courgis et Michel Bettane, avec la permission de celui-ci : « Mais bien entendu il vous est tout loisible de faire reprendre ce court échange. Je vous saurais gré de m'envoyer le contenu de cette reprise quand même! » me semble bien refléter le fossé d’incompréhension qui se creuse entre deux mondes…

 

Je reproduis les courriels in-extenso :

 

1-Olivier de Moor à Guillaume Puzo de chez B&D

 

Bonjour Monsieur Puzo,

 

J'ai été flatté de pouvoir figurer dans le guide Bettane et Dessauve suite à votre venue l'an passé. Après 20 ans de travail à notre propre compte. J'ai apprécié le temps consacré comme la précision que vous mettiez à écouter la façon que nous avons choisi pour faire nos vins.

 

 Cette année, je viens de lire que votre travail change et que faute de temps, ce que je comprends, vous réalisez votre dégustation, et votre sélection, après échantillonnage et collecte des bouteilles du 2013 au BIVB de Chablis.

 

 Je ne donnerai pas de bouteilles au BIVB de Chablis, comme l'an passé je n'ai pas donné de bouteilles au BIVB pour le nouveau dégustateur du Wine Advocate en charge de la région, M. Neil Martin pour une dégustation similaire.

 

On peut considérer en effet que le vin parle par lui-même, et qu'il reflète le travail qui lui a donné naissance. Cette idée je l'espère. Mais elle reste à relativiser. Le vin au-delà de toute l'envie que nous lui transmettons demeure dans notre cas un produit vivant. Dépendant de sa propre humeur.

 

Plus important encore, je peux intégrer  ces variations, et son évolution normale que j'accepte en faisant déguster au domaine, en salon, mais je n'accepte plus de voir comparés nos vins à d'autres qui n'aient pas été fait dans la même éthique, et la même honnêteté. Vous pouvez considérer cette revendication comme incongrue; malheureusement elle ne l'est pas compte tenu des questions surtout environnementales.

 

 Je me permets de considérer que le vin doit autant être jugé sur son résultat que sur celui qui a conduit à le faire.

 

Je sais que M. Bettane aime beaucoup les Chablis. J'aime autant ma région que je maudis certaines pratiques. Je ne peux pas en conséquence, mettre nos vins au milieu d'une « compétition » à l'aveugle, sans règle du jeu. Je pense que cela avilie l'ensemble et finalement par mon choix je veux donner une chance à des pratiques plus vertueuses.

 

 Comptant sur votre compréhension.

Cordialement

Olivier de Moor

 

2-Réponse de Michel Bettane

 

Cher Monsieur,

 

 Merci de la franchise de ce petit mot dont je comprends parfaitement certaines causes. Notre guide est au service à la fois du consommateur et du producteur aidant l'un à être informé et l'autre connu, reconnu. Je ne connais pas de plus loyal moyen d'évaluer les vins d'une même appellation qu'une dégustation comparative à l'aveugle sur place. Les vôtres ne sont pas des vins d'auteurs et ils se revendiquent d'une appellation qui appartient à la nation ce que de nombreux producteurs ont tendance à oublier.  Je regrette donc cette décision qui vous isole plus qu'elle ne vous sert mais évidemment la respecte. Je suis sûr que Guillaume pense comme moi.

 

Cordialement

Michel Bettane.

 

3-Réponse d’Olivier de Moor à Michel Bettane,

 

Sur les vins d'auteurs, cela m'éveille le souvenir de Francine Legrand. "Les vins d'auteurs" restaient dans le cadre des appellations alors que Francine développait cette idée.

 

Je ne sais pas si je suis un auteur. Nous voulons simplement faire notre travail en essayant d'être logiques. Point d'intégrisme, mais  essayer de comprendre ce qui motive et limite nos voisins. Tout comme nous. L'appellation est aussi un aménagement social d'un territoire.

 

Sur le fait qu'une appellation appartienne à la nation, il est évident que je ne comprends pas le sens de chaque mot. A l'origine,  certes l'Etat, donc par raccourci la Nation a protégé l'"AOC". L'origine surtout, je pense.

 

Si ce rôle reste chapeauté par l'INAQ, dans le fonctionnement ce n'est plus l'état et la nation qui a la fois possédant les Appellations et leur contrôle. Et l'air de rien c'est au final une conséquence de ceci qui me fait ne pas vouloir une dégustation faite ainsi; les règlements actuels sont des propositions particulières, privées, qui n'ont rien à voir avec État et Nation.  C'est un abandon de la gestion des aco par l'État. Les règlements des appellations sont scellés et je dois avouer avoir grand peine à y trouver une logique pratique, commerciale et économique dans de trop nombreux cas. Cependant vous pouvez compter sur moi pour que lorsque je revendique une appellation, j'obéisse à son règlement. Quand nous franchissons les limites, nous ne revendiquons plus les susdites AOC. Mais vous savez sans doute que le cadre hors AOC fait qu'ici en Bourgogne, vous perdez toute possibilité de nouvelle plantation. Mis à part un tout petit contingent de l'ordre de 10 Ha en Vin de France pour le quart Nord-est de la France.

 

Tout cela représente les mêmes facettes d'un blocage où l’AOC est ici, un chemin obligatoire, avec ses règlements actuels.  Et nous passons à côté je pense d'une stimulation de l'ensemble. Voire même de créations d'emplois. L’AOC revigorée par un système "libéralisé" autour.

 

Je comprends aussi votre point de vue de dégustateur: quel meilleur moyen que de goûter tout les vins d'une même AOC, d'une même année, en un même lieu pour en avoir une idée d'ensemble. Ressentir les tendances, les évolutions.  Mais comment les hiérarchiser ensuite ? Selon quel critère ?

 

Cordialement

Olivier de Moor

 

4-Réponse de Michel Bettane

 

C’est mon métier, comme le vôtre de faire le vin que vous pensez le plus fidèle à vos convictions. Mais vous le faites dans le cadre d’une appellation d’origine protégée possédant son cahier des charges et donc aux yeux du législateur des règles à respecter. Et le consommateur achète aussi cette appellation. Je comprendrais davantage votre point de vue si vous commercialisiez sous votre signature et avec vos propres normes un vin de table. Tout Chablis en revanche doit être comparable, ce qui est loin d’être équivalent à identique,   en quelque lieu que ce soit, à quelque moment que ce soit,  la vérité étant dans le verre, avec évidemment toute la liberté de jugement qu’une société policée  et libre autorise.

 

 Cordialement.

 Michel Bettane

 

 

Paroles et traduction de «Chocolate Jesus»

Chocolate Jesus (Jésus En Chocolat)

Don't go to church on Sunday
Je ne vais pas à l'église le dimanche
Don't get on my knees to pray
Je ne me mets pas à genoux pour prier
Don't memorize the books of the Bible
Je n'ai pas la bible graver dans l'esprit
I got my own special way
Je suis mon propre et particulier chemin
I know Jesus loves me
Je sais que Jésus m'aime
Maybe just a little bit more
Peut être même un peu plus

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