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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 00:06
Pascal_Renaudat-copie-1.JPGL'homme est un séducteur, sous ma plume c'est un compliment, dérangeant, pugnace, le voilà qui, un beau jour, débarque sans crier gare dans le petit monde du vin avec de fortes convictions qu'il défend avec talent et brio. Le projet de Pascal Renaudat séduit les pouvoirs publics et convainc des coopératives : Chamarré, la marque, naît de cette volonté de faire autrement. Tout naturellement j'ai suivi avec attention OVS devenu Chamarré. Vin&Cie a déjà consacré deux chroniques au petit dernier venu dans la cour des marques : "Le David du vin contre les Goliath étrangers"
http://www.berthomeau.com/article-13833907.html et "vignerons coopérateurs connectez-vous sur Euronext"
http://www.berthomeau.com/article-13850819.html 
Ce matin j'ai tendu mon micro à Pascal Renaudat pour qu'il nous dise où il en est de sa belle aventure. Je l'en remercie sincèrement. 

1ière Question : Pascal Renaudat, Chamarré ça fait jaser dans le Landerneau du vin. Tout le monde en cause, en bien, en mal, ça fait de la notoriété mais c’est qui ? C’est quoi ? Une marque, une entreprise, la belle au bois dormant, le bon coup du siècle, une bonne idée qui n’a pas tout à fait les moyens de ses ambitions… dites-nous Pascal Renaudat !
 
Réponse de Pascal Renaudat :

Chamarré est né de la volonté d’une équipe de professionnels issue du monde du vin pour qui la perte de part de marché des vins français à l’export n’était pas une fatalité.
 
Nous sommes obligés de constater que ces dernières années le marché du vin à terriblement évolué dans des domaines tels que les modes de consommation, la concentration des circuits d’importation, le renforcement de la grande distribution, la montée en puissance des marques commerciales.
Fort de ce constat les opérateurs français  se doivent de réagir et de trouver des solutions innovantes et adaptées au marché international.
 
A ce titre, l’analyse et les conclusions de votre rapport confortait notre stratégie en partant des mêmes constats. La France a besoin de locomotives pour reconquérir des parts de marché à l’export et pour séduire les nouveaux consommateurs.

Si Chamarré fait jaser dans le Landernau, nous sommes souvent perçus comme le renouveau des vins français à l’export.

La presse internationale a largement salué Chamarré en s’interrogeant sur les raisons tardives d’une telle initiative.

Chamarré est aujourd’hui une entreprise cotée en bourse qui a pour ambition de construire une grande marque de vin français. Mais Chamarré c’est avant tout à travers son actionnariat plus de 13000 viticulteurs, 50 000 hectares de vigne répartis sur l’ensemble du terroir français, une capacité de production de plus de 300 millions de bouteilles.
 
 2ième Question : Chamarré collectionne les médailles, The Beverage Group vient de vous décerner le « Growth Brand Award 2008 » dans la catégorie des marques de vin, pour sa croissance la plus rapide sur le marché américain en 2007. Les politiques ont coutume de dire qu’à défaut de satisfaire une demande on donne à l’intéressé une médaille… » Pour un nouvel arrivant sur le marché une telle progression paraît dans l’ordre des choses. Combien de cols ça fait Pascal Renaudat ? Votre ambition de vous imposer comme la 2ième marque de vins français en Amérique du Nord c’est à quel horizon ? Avec quels moyens ?
 
Réponse de Pascal Renaudat :

Arrêtons de dévaloriser les succès commerciaux que connaissent les vins français à l’étranger. Soyons collectivement heureux qu’une jeune marque française reçoive cette distinction.
Chamarré connaît une progression importante au Etats-Unis. Nous subissons dans ce pays qui va devenir le premier consommateur de vins, une concurrence agressive  et le « growth award » qui n’avait jamais été jusqu’à présent décerné à une marque de vins français, prouve que nous sommes sur la bonne voie. 
De plus, 80% de la gamme Chamarré  est actuellement médaillée.
Ces récompenses donnent l’opportunité aux consommateurs américains de se procurer un vin français d’excellente qualité, à moins de 10 dollars.
Notre offre simple et claire correspond parfaitement aux attentes des consommateurs.

Nos vins sont distribués actuellement dans 25 états et nos objectifs devraient être atteints en mois de 5 ans.
 
 3ième Question : Dans sa réponse à Vin&Cie, Patrick Ricard reste dubitatif sur la capacité du modèle économique français, de part la non maîtrise du raisin par les « faiseurs » de vin, à enclencher le cercle vertueux qui génère les marques mondiales. Comment, vous, Pascal Renaudat, même si Chamarré vient de lever des fonds importants sur le 2d Marché, allez-vous pouvoir soutenir votre marque pour la porter sur le podium ? N’auriez-vous pas intérêt à vous adosser sur un grand groupe ou faire entrer dans votre capital un fonds d’investissement pour avoir les moyens de vos ambitions ? Au-delà de Chamarré c’est la crédibilité d’une démarche – celle que j’ai prôné en 2001 - qui est en question, alors votre réponse est attendue.
 
Réponse de Pascal Renaudat :

La force et l’originalité de notre projet est d’avoir fédéré plus de 6,5% de la production Française et de pouvoir aujourd’hui s’approvisionner dans toutes les grandes régions viticoles françaises. La catégorie Vin de Pays Vignobles de France offre une nouvelle dimension à notre structure en nous libérant de quelques carcans réglementaires. Cette liberté d’assemblage nous permet de garantir une constance qualitative, d’adapter le style de nos vins aux plus proches des gouts des consommateurs étrangers et de proposer un niveau qualitatif très satisfaisant. 
La qualité est une priorité absolue pour la marque Chamarré qui s’appuie sur la formidable richesse de terroirs et de cépages que nous offre la France.
 
Vous avez raison de dire que la création d’une marque commerciale internationale nécessite de gros moyens. De toute évidence, la puissance de frappe d’un groupe multinational permettrait de gagner du temps et accélèrerait considérablement le processus de développement de la marque à condition que ce soit une vraie priorité et non pas une opportunité.
 
Aujourd’hui les grands groupes internationaux, possèdent de nombreuses marques  provenant principalement des pays producteurs de vin du nouveau monde. La France y est malheureusement sous représentée. C’est pourquoi la viticulture française a besoin de locomotives capables de reconquérir des parts de marchés. Pour cela, tous les acteurs de la filière doivent soutenir et mettre en place un modèle économique favorisant leur émergence et leur développement. Chamarré en est, je l’espère, un exemple.
Syrah-Cinsault-Grenache-RR1-FR.jpg

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Rocky 05/03/2008 11:23

Je suppose que pour vendre des vins sur les grands marchés internationaux, il faut des marques. En France, je me le demande. En ce qui me concerne en tout cas, j'évite systématiquement les marques, lorsque j'achète un vin. Et je ne pense pas être seul dans ce cas.

alain laufenburger 04/03/2008 17:28

Bel effet que cette interview, bravo. Il faut en effet que toute la filière suive de près ce que devient Chamarré. Pour ma part, comme je l'ai déjà dit ici et ailleurs, je ne suis toujours pas convaincu ni par les réponses d'aujourd'hui ni par les résultats. Je reste sur mon impression de dégustation à Vinexpo 2007, celle d'un "non-vin". Mais laissons du temps au temps, il est effectivement impératif que Chamarré réussisse.

François Gugenheim 03/03/2008 09:55

les 20 et 26 novembre dernier, commentant votre article "Le David du vin français contre les Goliaths étrangers", j'invitais Pascal Renaudat et Patrick Ricard à entamer un dialogue en vue d'un rapprochement. Aujourd'hui, vous tendez la perche à Pascal Renaudat qui vous répond sans vraiment répondre ... Espérons que les deux compères ressentiront "une vraie priorité et non pas une opportunité" ... En tout cas,  encore Merci Jacques Berthomeau d'être notre agitateur d'idées ...François Gugenheim

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