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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:45
Les sauternes sont-ils trop… bon marché pour être dilués dans l’eau de Perrier ?

Voilà la bonne question qu’il fallait se poser à propos de la tempête soulevée dans un verre de So Sauternes par sa dilution dans l’eau de la source de Vergèze. Ça fait un bail que Perrier n’est plus fou que dans la pub. 

 

L’ancien copropriétaire de Château d’Yquem, Alexandre de Lur Saluces, aux commandes du château familial de Fargues, évoquait il y a peu, dans une lettre au négoce de Bordeaux, la situation dramatique des crus du Sauternais et répondait OUI.

 

« Nous sommes revenus aux prix obtenus il y a quinze ans. Nous allons vers un suicide collectif pour toute la filière viticole, pour la propriété condamnée à abâtardir sa production, pour l’appellation sauternes et pour le négoce lui-même, qui perdra une large part de sa crédibilité dans l’abandon d’un pan entier du classement de 1855 et d’une AOC exceptionnelle dans le cénacle des grands vins girondins. » Le concepteur de l’Yquem moderne, qui a passé trente ans à peaufiner ce vin d’or - « de la lumière bue » a écrit Frédéric Dard - n’y va pas de main morte. « Veut-on pousser ce terroir enviable à concurrencer l’océan des vins sucrés ou bien encore à trouver son avenir dans la production d’un blanc sec ? C’est comme si les premiers crus du Médoc étaient condamnés à se reconvertir dans la production de vins rosés. »

 

Bordeaux : les vins de sauternes peuvent-ils disparaître ? 

 

Sauternes-Perrier, le cocktail iconoclaste se défend 

 

« Moitié Sauternes, moitié Perrier, un zeste d'agrume et des glaçons : peu l'ont goûté et nombreux semblent déjà dégoutés par cette robe de cocktail iconoclaste. A écouter la sommelière Laura Vidal, c'est pourtant « un Spritz très chic et revisité sans trop d'amertume ». Certes il y a « dilution, mais qui renforce les arômes et conserve l'ADN du Sauternes. Ce n'est pas une blague, c'est bon ! » appuie Michel Garat, le directeur du château Bastor-Lamontagne*, à l'origine de ce Sauternes à l'eau pétillante. Preuve du sérieux de la démarche, la cuvée dédiée à ce cocktail est produite avec les châteaux Guiraud et Rayne Vigneau, sous la marque commune So Sauternes. Et cette cuvée « a du sens techniquement, c'est une gamme pour ne pas miser que sur les dernières tries. Ici on est au stade pourri plein, avec un style allégé sur la tension. Et on retrouve avec le cocktail l'effervescence qui plait au grand public lors des visites de nos chais » se défend Michel Garat, qui espère que ce partenariat inédit avec les eaux gazeuses Perrier profitera à l'ensemble de l'appellation girondine. »

Les sauternes sont-ils trop… bon marché pour être dilués dans l’eau de Perrier ?
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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 00:09
Ce vin nu me trouble beaucoup car il ne vit pas à la colle… du lait, du sang frais, du blanc d’œuf et de la colle de poisson et ron et ron petit patapon

Le bruit de la chaîne au fond de la barrique, évoqué dans ma chronique sur le Bercy englouti, a éveillé en moi un autre souvenir celui d’une expression du pépé Louis, vinificateur improbable de cépages à numéros, tels le 54/55, « va falloir que je soutire mon vin… » Avec mécher, c’est-à-dire, faire brûler une petite plaque de soufre dans ses barriques, soutirer fut pour un long moment mon seul bagage technique dans le domaine du vin.

 

Le pépé Louis était, à sa manière, naturiste, car peu interventionniste, il ne collait ni ne filtrait son vin qui je dois à la vérité était une gentille piquette qui se couvrait de fleurettes. Comme madame Cathiard avec son So Sauternes nous la coupions d’eau et, l’un de mes musts, était de la mélanger avec de l’eau de Vichy. Le breuvage prenait alors une superbe couleur violette et, comme j’étais esthète, ça me plaisait énormément. Mon goût de la transgression prenait forme.

 

Mais ce n’est pas tout : savez-vous ce qu’était un « Jaune d’œuf » ?

 

Pourquoi cet imparfait, vous prendrais-je pour des demeurés : un jaune d’œuf est un jaune d’œuf !

 

Certes, même si beaucoup les achètent en bidons…

 

Le « jaune d’œuf » était un personnage familier des entrepôts de Bercy. Il ramassait les jaunes d’œufs, les blancs étant utilisés pour le collage des vins, pour les revendre aux pâtissiers du quartier.

 

 

Ce vin nu me trouble beaucoup car il ne vit pas à la colle… du lait, du sang frais, du blanc d’œuf et de la colle de poisson et ron et ron petit patapon

Coller les vins qu’est-ce à dire ?

 

Pourquoi certains vignerons inscrivent-ils sur leurs flacons « Ce vin n’a été ni collé, ni filtré. » ?

 

Soutirage, collage et filtration furent longtemps les 3 mamelles du beau vin au sens d’un vin sans trouble…

 

La limpidité érigée au rang de vin de signe de qualité ?

 

Séparer le bon vin de l’ivraie : les particules en suspension qui se déposent au fond de la cuve, faire du vin « propre » ?

 

Mais soutirer, coller, filtrer c’est ôter, le risque est donc grand de voir le vin perdre de sa fraîcheur aromatique, se décharner, à l’appauvrir, à simplifier sa texture. Le collage, le filtrage sont des opérations non sélectives et elles éliminent à la fois des particules « mortes » et inutiles mais aussi des éléments qui participent positivement à la texture en bouche et au goût du vin.

 

Revirement de jurisprudence : la mention « ni collé, ni filtré » serait donc plutôt un signe qualitatif…

 

Comme de bien entendu je n’y connais rien je laisse la parole à une œnologue, une vraie, diplômée, Marie-Madeleine CAILLET, responsable de la Commission technique de l’Union des Œnologues de France :

 

« Le lait, le sang frais, le blanc d’œuf et la colle de poisson ont été les premiers auxiliaires de collage des vins.

 

Ces produits, cités dans des ouvrages du XVIIe siècle, deviennent d’utilisation plus répandue au XVIIIe siècle mais seulement pour les vins de qualité. Le tanisage se développe au XIXème siècle pour combattre la graisse. On incorpore également du tanin extrait de la noix de galle d’Alep ou de chêne d’Asie mineure.

 

Enfin, on trouve même une pratique courante « pour faire des vins prompts à boire » qui est de se servir des râpés de copeaux.

 

Un moyen de rendre buvables les vins verts ou de prolonger de quelques mois la vie des vins qui ne vieillissent pas élégamment

 

(M. Lachiver, Vins Vignes et Vignerons, Histoire du vignoble français).

 

La pratique du collage va devenir quasi-systématique dès la fin du XIXème siècle avec l’explosion de la monoculture de la vigne en Languedoc après la crise du phylloxera.

 

Dès le milieu du XIXème siècle, des volumes de vins de plus en plus importants sont vendus très rapidement après vinification, aux négociants de Paris et du Nord.

 

Ces vins arrivent à Bercy « brut de cuve » après avoir séjournés dans des cuves mal affranchies, en ciment. Ils sont riches en fer, cuivre et leurs tanins sont souvent râpeux et verts.

 

Les collages sont alors des moyens énergiques et curatifs. La poudre de sang et les gélatines sont les colles les plus utilisées, le plus souvent avec une addition préalable de tanins.

 

Jusque dans les années 1975-1980, il n’était pas rare de trouver des vins rouges contenant 25 mg/L de fer, voire plus, et des vins blancs en contenant 15-20 mg/L. Le meilleur traitement pour les vins rouges était alors un collage « tanin-gélatine » précédé d’une aération. Après traitement, la teneur en fer tombait à 10-12 mg/L et le vin était stable, prêt à l’embouteillage.

 

A partir des années 1980, le développement des techniques de vinification et le conseil des œnologues, au niveau des petites et grandes caves, a permis d’aborder la pratique du collage avec plus de doigté dans une logique de prévention et de préservation des caractéristiques organoleptiques et visuelles des vins Le négociant a pris l’habitude d’acheter des vins « prêts à la mise » et de laisser la responsabilité de la stabilisation physicochimique et colloïdale aux producteurs.

 

Dès lors, le collage se pratique sur de plus petits volumes, chez le producteur, avec des colles plus différenciées : par exemple des gélatines plus ou moins hydrolysées par voie enzymatique. Depuis les années 1990, les difficultés à vendre les vins ont conduit le producteur à attendre la vente pour préparer son vin.

 

L’élevage des vins est devenu courant, il repousse l’échéance du collage. En revanche, la réactivité est devenue le mot d’ordre même pour les colles. Le producteur attend souvent le moment de le vendre pour vérifier s’il est limpide et stable.

 

La préparation d’un vin pour la mise en bouteille ne doit pas se faire en 48 heures, les meilleures colles en termes de rapidité demandent un minimum de 48 heures pour floculer et sédimenter. Les filtrations successives remplacent alors le collage et amènent rapidement le vin au niveau de limpidité souhaité, mais pour combien de temps ? Puisque la stabilité dans le temps n’est pas acquise. »

 

Crédit photo ICI

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 00:09
Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

Au tout début de ma carrière, les Finances, le gratin des hauts-fonctionnaires c’était Rivoli, mais en dépit de la résistance de Balladur celui-ci fut « déporté » à Bercy dans un navire-amiral de style post-soviétique, œuvre de Paul Chemetov.

 

Aujourd’hui Bercy c’est tout à la fois un Palais des Sports où l’on chante aussi et la grande cabane abritant ce qui se veut encore la fine fleur de l’Administration Française…

 

Si je vous parle de Bercy c’est parce qu’André Deyrieux, l’homme qui est fou d’œnotourisme, m’a mis la puce à l’oreille en écrivant ceci « La vraie entrecôte Bercy, servie aux négociants en vin du quartier, était à l’origine une viande chevaline grillée accompagnée d’une sauce à base de vin blanc, d’échalotes et de citron, et servie avec du persil et du cresson. Mais le plus indispensable, c’est le feu de bois… fait avec des tonneaux non réparables ! Et regardez bien, écoutez bien… dans chaque verre de vin, il y a une histoire… » 

 

Lire à propos de la viande de cheval « Pourquoi l’interdiction de l’hippophagie a-t-elle été aussi tenace jusqu’en 1866 ? » 

 

Ce Bercy a commencé de s’engloutir, d’être rayé de la carte « En septembre 1979, les bulldozers font une irruption brutale dans la tranquille cités des vins… Quelques coups de butoirs et les chais Joninon et Saillard sont à terre ; puis c’est la maison Badoc, cour Canonge… si caractéristique avec son mur peint en jaune ; puis les chais Chamard, rue de Nuits… les rues sont dépavées, les poutres brûlées, triste spectacle que cette agonie, vision désolante que ces rues qui disparaissent […]

 

« … Seules les cuves en ciment armé offrent quelque résistance, véritables monuments érigés à la gloire du vin, phares symboliques qui se dressent dans une mer de ruines…»

 

C’est la plume de Lionel Mouraux dans son livre Bercy qui, après avoir retracé l’histoire de ce lieu du vin dans la capitale, nous décrit le début de son agonie. Lorsque j’ai travaillé à la SVF nous avions encore à Bercy un chai plein de vieilles bouteilles poussiéreuses et dépourvues d’étiquettes, des tirés-bouchées comme on le dit dans la profession. Les anciens de Bercy me racontaient des anecdotes savoureuses de ce lieu étrange où l’ensemble du monde du vin se côtoyait dans une confraternité qu’il ne retrouvera jamais.

 

Afin d’éclairer la lanterne de ceux qui pensent que le monde du vin a commencé avec eux, qui ne prennent même pas la peine de comprendre le passé, je vous propose quelques extraits de ce livre de mémoire.

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

« À peine a-t-on franchi l’ancienne barrière de la Râpée, qu’on aperçoit de tous côtés sur le quai qui manque de largeur, de longues files de tonneaux symétriquement rangés sur les berges ou voiturés sur des haquets ou autres véhicules.

 

Il faut avoir été témoin de l’animation qui règne en semaine sur ce quai, pour pouvoir s’en faire une idée. Ce ne sont que négociants, courtiers, commis, allant, venant, munis de leurs inséparables outils, tasses d’argent, pince et foret, occupés ceux-ci à faire charger le liquide, ceux-là à les faire goûter aux clients, qui, en leur qualité d’acheteurs, affectent de toujours trouver le prix de la marchandise trop élevé. »

 

« En 1820, selon un rapport du maire, M. Gallois, 3000 bateaux par an déchargeaient leur cargaison dans le port […] En 1847, la voie publique du quai fut pavée. Le nouveau pont Louis Philippe, qui fut inauguré en 1832, donna au port une grande importance.

 

La berge sur laquelle étaient entreposée les marchandises (en particuliers les tonneaux) constituait une zone franche, c’est-à-dire exempte de droits. Le négociant destinataire devait, bien entendu, payer aux postes de l’octroi, installés sur le quai, un droit afin de disposer de sa marchandise. »

 

« Représentez-vous un mouvement perpétuel de voitures, deux lignes de petits bureaux, d’innombrables fûts pleins ou vides de toutes contenances, dispersés çà et là, et gerbés en bouquets. Les travailleurs sont à l’heure, avec la grande blouse, la cotte et le grand tablier de forte toile ou de cuir. Ils remplissent et préparent les pièces que les voituriers vont charger… rincent les futailles en faisant rouler dans le ventre des douves une chaîne de fer, introduisant la mèche de soufre devant leur ôter le mauvais goût, et collent les vins pour les clarifier. Et puis, c’est le maillet des tonneliers qui retentit sur les futailles…

 

… Comme sur le port, les marchands et les courtiers sont occupés à faire goûter le vin aux clients… le courtier, c’est là sa science principale, a rempli plusieurs fois sa tasse d’argent à divers fûts, il a mêlé le tout dans un pichet. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !... » Alfred Sabatier

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !

« Revenons au port et à la berge qui, non seulement est une terre d’accueil pour le vin acheminé par voie d’eau, mais aussi un havre des plus agréable pour négociants et clients, ouvriers, canotiers ou artistes, bref pour le Paris populaire et mondain. C’est en cet endroit que se concentrent cafés, restaurants, auberges et guinguettes. La population de ce quartier suffisait déjà à leur assurer une clientèle nombreuse…mais leur développement n’aurait certainement pas été aussi grand, sans l’existence de cette position hors barrière, qui faisait consommer ici le vin moins cher. Ainsi tout le « Paris de la Soif » se précipitait en ces lieux hospitaliers, pour sacrifier son penchant à la « dive bouteille ».

 

« Si Bercy avait la réputation d’être, pour tout un public parisien l’un des endroits les plus gais de la capitale, il n’en demeurait pas moins, en particulier sur le port, un lieu de transactions entre professionnels et clients. Aucun marché digne de ce nom ne se traitait en dehors de la table… De deux choses l’une, ou bien « l’affaire » se révélait modeste, on goûtait alors la cuvée de quelques vins nouveaux au-dessus des futailles et l’on invitait le client à sa table, sans façon… ou bien il s’agissait d’une grosse affaire qui méritait une discussion dans la chaude ambiance du « Rocher de Cancale » ou des « Marronniers ». Et dans ces « lieux saints », l’affaire se concluait bien souvent avant le pousse-café. »

 

Bercy, son entrecôte, ses marchands de vin, le « Paris de la Soif » à jamais englouti…. Est-ce là le goût, la couleur qu’il vous faut, ô ! Cher Client !
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 00:09
J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

« Quand un Français est con, on dit :

« Quel sale con ! »

Quand un Juif est con, on dit :

« Quel sale Juif ! »

Je revendique pour les Juifs,

le droit d’être cons ! »

 

Pierre Dac

 

La rue Daguerre est un repaire de marchands de vins, 5 sur 630 mètres, 3 dans la portion piétonne pas les meilleurs, 2 sur la partie avec autos avec la célébrissime cave des Papilles. Paradoxalement les cafés, eux, sont pas plus nombreux et ils sont presque tous accoumussés sur le secteur piétonnier. J’y fais parfois mes courses car il y a de bons commerces de bouche. Je ne m’aventure guère au-delà de la cave des vins nus sauf un beau dimanche un peu frisquet, pas le dernier qui fut très ensoleillé, où je l’ai remonté à pied pour aller repérer un nouveau restaurant La Cantine du Troquet Daguerre, de Christian Etchebest et Nicolas Gras.

 

Et je suis tombé nez à nez avec une devanture un peu rétro tout de jaune vêtue et affichant en bandeau « Les éditions du Léopard démasqué ». La maison n’avait rien de compassée, elle affichait au contraire des titres déjantés, parodies de Tintin « Le 13 heures Réclame le Rouge » et autres opus aux titres évocateurs « Le père Denoël est-il une ordure ? » tous signés par un auteur unique signant Gordon Zola.

 

Petite photo, retour at home et dès le lundi j’ai poussé l’huis de ce qui est aussi une librairie pour faire l’emplette de quelques bouquins. Ensuite je suis allé manger en face à la Cantine du Troquet tout à côté d’un couple d’huissiers dont la conversation valait son pesant de propos réactionnaires. Du côté assiette, honnête sans plus, vins sans grand intérêt. Ce ne sera pas ma cantine.

J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

Retour at home, j’ai feuilleté les 4 bouquins achetés du dénommé Gordon Zola. Je dois avouer que ses parodies de Tintin me sont un peu tombées des mains car y’a du lourd, du lourdingue même, des calembours par charretée, des jeux de mots comme s’il en pleuvait, ça lasse un peu. Cependant, dans ses romans historico-déconnant lorsqu’il abandonne son penchant déconnant, par trop répétitif, l’auteur s’appuie sur fond historique très bien documenté. L’homme pond beaucoup, il commet 5 à 7 romans par an, mais l’ensemble est assez bien ficelé.

 

Je me suis donc attelé à la lecture de celui qui m’apparaissait le plus abouti J’Écluse dans lequel Émile Bonplaisir*, Inspecteur de la sûreté nationale, pochtron limite délirium « très mince » en parodiant le parodieur, addict à l’absinthe, va se retrouver impliqué malgré lui dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus. Au cours de son enquête imbibée, chez son pote Clopin le bistroquet il croisera des gens illustres tels Edmond Rostand, l’autre Zola, Félix Faure, Louise Michel, Gustave Eiffel, Theodor Herzl, le capitaine Esterhazy et bien sûr l’ignoble Édouard Drumont. « Drumont le sauvage ! […] le fondateur de la Ligue nationale antisémitique […] le déboucheur de saloperies […] l’homme de « la France aux Français ! »

 

« Il existe chez l’énorme majorité des militaires un sentiment de répulsion instinctive contre les fils d’Israël. On reconnaît en ceux-ci l’usurier qui consomme la ruine de l’officier endetté, le fournisseur qui spécule sur l’estomac du soldat, l’espion qui trafique sans pudeur des secrets de la défense nationale. Partout et toujours, en paix comme en guerre, l’armée a vu le Juif se dresser contre elle, contre ses devoirs, contre son bien-être, contre son bonheur. »

 

La Libre Parole de Drumont

 

Tout d’abord un petit focus sur le héros :

 

« Pourtant, l’Émile, il en avait eu du flair avant que son tarin se fleurisse et s’épate aux mille vins sucrés des bistroquet (…) Aujourd’hui, plus bon qu’à démusquer un coteau prometteur, à dénicher une bonne poire… »

 

« - T'as aucune poésie, Clopin ! T'as l'esprit turgescent, voilà ce que t'as ! L'esprit pleurnicheur et turgescent d'un mémorialiste aigri et salace ! Tu te dilates dans la médiocrité ! Je te parle magie éthylique, caressage de goulot, passion viticole, tu me réponds Mauricette, Gertrude ou Nana ... Tu sais pourtant que l'alcool et l'alcôve ne font pas bon ménage ! Tu as l'âme du petit ... Troquet étriqué !

- Je vends du vin, j'fais pas des vers !

- Justement, tu devrais ! Oui, tu devrais servir des vers de vin ! »

 

« Les petites orphelines que tu nous débouches tous les matins, c’est du réel, du palpable ! C’est aussi doux, aussi frais que les petites fringuettes de chez madame Léonce… Mieux, peut-être ! Moins vachardes, moins perverses… plus attentives à nos misères, à nos désirs ! »

 

Ensuite un petit florilège des sévices textuels de Gordon Zola la bête humaine de l'humour

 

«… des tripes à l’air à la mode des chefs de camp… Tous ces destins grêles… »

 

L’inspecteur Louis Javert-Héson

 

« … cet acerbe à cerveau croate ? »

 

« … Je parie le tonneau de rhum d’un saint-bernard contre un haut-marc thermidor qu’il s’agit d’un stylet ! »

 

« …les absinthes ont toujours tort »

 

« … fluctuat sex vergeture, comme dit si mal la fumeuse locution latrine… »

 

« … Ramassis d’âmes rassis… »

 

« Le commerce de spiritueux du père Pouillot qui fait l’angle (de deux rues) était ouvert aux quatre vins… »

 

« Tout travail malhonnête ne mérite-t-il pas sale air ? »

 

« - Oui, mais pas à la fausse Commune ! »

 

« … l’évidence, elle en voulait plus à sa vie qu’à son vit ! »

 

« 25 novembre 1892 – entre 1 heure moins le kir et 2 heures Ricard »

 

« En Israël, tout finit par des Samson ! »

 

« Chez lui, le vin n’était pas vérité comme le disait le vieil adage latin, mais vers il était. In Vino vers et tasse ! »

 

« L’Opération bouc à misères »

 

Enfin, un zeste de la face de Gordon Zola que je préfère

 

A propos de Sainte-Pélagie « prison des intellectuels, des dissidents, des endettés aussi… les plus nombreux. »

 

« Courbet, le peintre qui n’avait jamais voulu se plier aux diktats des Académies, celui qui n’avait pas eu peur d’appeler un chat une chatte… »

 

« Il arriva rapidement au carrefour du « Puits d’Amour ». Nom charmant… Autrefois, lorsque la vanité des hommes ne les poussait pas encore à attacher leurs noms aux rues de leurs villes, on pouvait comprendre l’histoire des lieux… Rue de la Grande-Truanderie, rue des Petites-Boucheries, ruelle Casse-Cul, rue Joli-Cœur, impasse de la Putte, rue du Chat-qui-Pêche, rue des Femmes-Fraîches… Que des choses qui fleuraient bon la vie. »

J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus
J’Écluse de Gordon Zola : un inspecteur de la sûreté nationale, amateur de vers de vin, embringué dans un complot historique à l’origine de l’Affaire Dreyfus

« Notre choix s’est porté sur un certain Alfred Dreyfus. Une transparence… Capitaine stagiaire dans les différents services du Deuxième bureau. Type intelligent, officier brillant, bien marié, petite fortune personnelle du côté de sa femme. Voix désagréable, plutôt arrogant, peu apprécié de ses collègues… »

 

Correspondance entre le colonel Schwartzkoppen attaché militaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris au major Panizzardi son homologue à l’ambassade d’Italie :

 

« Mon gros artilleur,

 

Quel souvenir que ce fût brûlant où mon obus s’est bien éclaté ! Tu as pu, de ton côté, constater que mon frein n’était pas qu’hydraulique… Aux prochaines grandes manœuvres, je te ferai découvrir un nouveau canon qui tire à boulets rouges.

 

Avec toi, c’est de la bourre, toujours de la bourre… »

 

Alexandrine

 

Gordon Zola a du talent, sa verve sait se faire impitoyable lorsqu’elle se débarrasse de la facilité, l’homme est cultivé, bien documenté, il sait pourfendre « les vérités admises et les lieux communs en une fantaisie jubilatoire (comme le dira un jour Patrick Besson) ! Quand l'Histoire nous prouve qu'elle sait être burlesque ! »

 

En APÉRITIF de J’Écluse il prévient le lecteur :

 

« Ce n'est pas, à proprement dit, l'affaire Dreyfus que vous verrez exposée dans cet ouvrage de facture policière, cette affaire mille fois exposée et commentée, mais la mécanique implacable qui porta un innocent à être sacrifié sur l'autel de... Enfin, vous verrez bien !

 

Mais attention, il va falloir vous accrocher au pinceau de la fantaisie parce que nous allons enlever l'échelle du raisonnable ! Nous ouvrons là des portes dangereuses, désoclons des certitudes, violons des préjugés...

 

Aux détracteurs qui se demanderont une fois de plus si on peut rire de tout, je répondrai comme mon ami Grégoire Lacroix : «Oui, si c'est drôle !»

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 00:09
Mais où sont passés les mécènes d’antan : les interprofessions aux abonnés absents de la Culture pour soutenir le «Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes» de Pierre Galet

Touche pas à mon vin produit de culture et de civilisation !

 

Face aux hordes ignorantes, aux vieux chevaux de retour de l’ANPAA, aux actuels et futurs dirigeants de la France venus caresser le cul des vaches et trinquer à l’occasion, le fleuron, l’élite dirigeante de la vigne France et de ses vins, pourfend Evin au nom de la Culture.

 

Mais, comme le chantait avec son accent inimitable Dalida : paroles, paroles, paroles… lorsqu’il s’agit d’entrouvrir leur gousset empli par le pognon des cotisations des vignerons ils sont abonnés absents. Faut pas gâcher dirait le Guy Roux du chablis ! Les picaillons c’est pour étaler de belles affiches dans les couloirs du métro pour conquérir le populo. À quoi bon mettre 3 francs six sous dans le «Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes» de Pierre Gallet, pour quel revenant bon ? Que voulez-vous ma bonne dame le Culture ça ne rapporte pas gros, c’est pour les intellos.

 

Vous allez me dire que j’exagère, que tout ce beau monde se voue corps et âme à la défense de la culture et de la civilisation du vin, qu’ils joignent le geste à la parole lorsqu’il s’agit de mécénat pour soutenir une publication qui permettra aux générations futures de s’instruire.

 

Eh bien non, je n’exagère pas, le 5 décembre 2014 j’ai pris ma plume pour commettre une Lettre aux présidents des Interprofessions du Vin : faites œuvre de mécène aidez à la réédition du Dictionnaire encyclopédique des cépages de Pierre Galet, en pure perte !

 

Que l’on ne me réponde pas à moi ça ne me vexe pas. En revanche que pas un seul Président ne prenne la peine, même via son directeur ou je ne sais qui de leur maison, de solliciter l’éditeur Jean-Paul Barriolade les éditions Libre & Solidaire dont j’avais pris le soin de mentionner toutes les coordonnées dans ma lettre libre.solidaire@gmail.com j’en suis resté estomaqué.

 

Oui, j’espérais un minimum d’attention de la part de certains d’entre eux pour soutenir la pugnacité et le risque pris par un tout petit éditeur mais à l’évidence je ne suis pas allé frapper à la bonne porte. Et pourtant, c’est dans le monde du vin c’est dans les interprofessions qu’il y a le plus de pognon. En mettre une pincée serait ni le gaspiller, ni le détourner de son objet.

 

Mais il ne faut jamais lâcher, s’accrocher et rappeler aux discoureurs que leur crédibilité passe par des actes concrets. Alors Jean-Paul Barriolade, nous en avions discuté à l’époque, a recours au crowdfunding sur la plate-forme Fundovino.

 

 

Au jour où j’écris cette chronique, à J – 44, la bouteille est un peu plus qu’à moitié pleine 57% des 20 000 € sollicités. Nous sommes donc au milieu du gué et la bouteille est encore à moitié vide. Il est temps de donner un coup de rein, un coup de mains, en diffusant l’information autour de vous, y compris pour les vignerons auprès de leurs Interprofessions.

 

Les ouvriers de la 25e heure seront accueillis à bras ouverts, nul ne demandera aux présidents de se couvrir la tête de cendres, de se battre la coulpe, l’important c’est de remplir le contrat pour bien montrer que la Culture du vin passe encore par les livres, des livres telle que la Somme de Pierre Gallet.

 

Merci de votre attention et de votre aide

Mais où sont passés les mécènes d’antan : les interprofessions aux abonnés absents de la Culture pour soutenir le «Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes» de Pierre Galet
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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 00:09
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !

I love Macron. J’ai été à deux doigts de l’inscrire sur l’enveloppe qui contenait une simple procuration : + de 100g, paraphage sur toutes les pages, bon pour pouvoir, avec la énième copie de ma carte d’identité, posté à l’attention d’un cabinet de notaires de Sommières. Vous me direz que c’est la règle sauf que je venais juste d’en poster une, la semaine d’avant, avec les mêmes mentions sauf les fameux paraphes des pages et la copie de CI. Cerise sur le gâteau celle de mes chers notaires était antidatée vu qu’ils devaient avoir omis de me la demander à l’époque. Bravo pour des officiers ministériels ça vaut d’être souligné. J’ai retenu ma main vengeresse par égard pour ma chère vigneronne. J’espère au moins qu’ils ne passeront pas mon courrier au broyeur comme c’est la coutume dans cette étude.

 

Mon petit couplet poussé j’en viens à l’essentiel : mon héritage…

 

Je soumets à votre sagacité 2 problèmes algébriques :

 

Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !
Je viens d’hériter d’un pré, de vignes et d’un tonneau : aidez-moi je suis noyé sous la paperasse de mon notaire !

Désolé de vous avoir dérangé mais je viens de m'apercevoir que j'ai les réponses à la fin du fascicule mais je ne suis pas le seul à proclamer I love Macron car Macron s’envole dans le dernier sondage IFOP-Paris-Match : + 6 points... Le FOLL fait mieux : + 8pts mais là je ne dis rien c'est encore mon patron...

 

Si ça vous dit vous pouvez faire tourner vos neurones et m'envoyer vos réponses. J'en doute mais bon l'espoir fait vivre...

 

 

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 00:09
Envie de fille, un soir pluvieux et venteux, de la brandade de morue héritière de la branlade de Nîmes de Charles Durand le cuisinier de l’évêque…

Les jeunes filles d’aujourd’hui sont ainsi, elles ne se nourrissent pas que de sushis, de thé vert et de carottes Vichy, quand elles ont une faim d’ogresse, le temps presse, leurs puissantes envies les mènent parfois vers des territoires oubliés. Il en fut ainsi, un soir venteux et pluvieux, pour l’une de mes amies prête à écumer tout Paris pour trouver une brandade de morue. Comme de bien entendu, comme rien ne lui résiste, elle en trouva au coin de sa rue, et elle put ainsi apaiser sa faim, atteindre la satiété tout en haut de son pigeonnier.

 

Comme vous vous en doutez pour faire de la brandade de morue il faut de la morue et, pour ceux qui ne le sauraient pas la morue est du cabillaud séché et salé, il n’y a qu’en France où l'on distingue la morue et le cabillaud.

 

Autrefois populaire et méprisé, ce grand poisson est aujourd'hui présent sur la carte de bien des restaurants pour sa saveur et les mille et une façons de le préparer. Sa chair est particulièrement appréciée car, dépourvue de fines arêtes, elle se détache facilement de l'épine dorsale.

 

La dénomination « cabillaud », d’origine néerlandaise : kabeljauw, apparaît dans la langue française en 1278 Pour les filets de cabillaud (Gadus morhua) séchés à l’air libre c’est le terme d'origine allemande de « stockfish » qui est bien moins usuel.

 

« Le cabillaud est une espèce menacée, non par les phoques comme on le prétend parfois, mais par la surpêche, et de façon plus insidieuse qu'on ne le croit. Ce sont les "pêcheurs" de poisson-fourrage qui font le plus de dégâts. Par poisson-fourrage, on entend des poissons (souvent des harengs, chinchards et autres sprats...) capturés pour nourrir les poissons d'élevage (voire les poulets) ; il faut plus de deux kilos de poisson sauvage (quatre selon Greenpeace) pour faire un kilo de saumon d'élevage; on se demande parfois où la connerie va se nicher, ne cherchez plus... Lorsqu'on sait que les cabillauds juvéniles ont la manie de se balader au milieu de ces bancs de harengs et cousins, on comprend mieux pourquoi l'espèce décline. Bref et tant mieux, la pêche au cabillaud est très réglementée, soumise à quotas. Elle sera probablement interdite un jour, si la gestion des ressources s'arrête au franc-bord des bateaux industriels. »

 

La morue en argot c’est une femme facile, « une fille de joie » comme dirait DSK !

 

« Dis donc, cette morue va nous casser la cabane ! Neutralise-la, Bon Dieu ! Neutralise-la ! « — Michel Audiard, Le cave se rebiffe, 1962.

 

La morue fut découverte sur les côtes d’Islande vers 1850 par des marins basques égarés en poursuivant une baleine.

© Maurice Rougemont, Jean Daniel Sudres

© Maurice Rougemont, Jean Daniel Sudres

Mais d’où vient la brandade ?

 

De Nîmes, comme le denim de nos jeans !

 

L'origine de la brandade de Nîmes viendrait du troc qui se pratiquait avec les pêcheurs de l'Atlantique venus chercher du sel des Salins du Midi.

 

L’invention de la brandade est, elle, attribuée à Charles Durand, cuisinier de l’évêque, natif d’Alès qui, en 1766, utilisa l'idée de la recette de la brandade de morue de monsieur Augier, restaurateur à Nîmes, en mariant la morue salée aux ingrédients régulièrement utilisés dans la cuisine méditerranéenne.

 

Mais le sel de l’histoire c’est que le nom de baptême initial de ce plat fut un détournement du nom avec une connotation paillarde. Il détourne un mot provençal brandado (remuer, secouer) parce que tout l’art de la préparer se trouve « dans un énergique tour de main. »

 

« Sa recette de la « morue à la branlade en pierre à fusil » connaît un vif succès dans son restaurant nîmois. Ses clients chantent, à l’instar du poète provençal Jean-Baptiste Germain :

 

Ce n’est pas tout, il faut de la branlade,

Qui de nous saura remuer le poignet ?

 

Sous le Directoire la branlade de morue apparaît sur les tables parisiennes grâce au restaurant des Frères Provençaux, dont les propriétaires sont deux cuisiniers marseillais installés depuis 1786 dans la capitale. Ils ont apporté la recette de la bouillabaisse et du rouget à la provençale. Lorsqu’ils choisissent de mettre le plat de Charles Durand sur leur carte, ils transforment le mot « branlade » en « brandade ».

 

Monsieur Thiers, Adolphe le « bourgeois orléaniste chimiquement pur » selon Maurice Agulhon, premier président de la IIIe République qui a dit : « la République existe, c’est le gouvernement légal du pays. Vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes » est un grand amateur de brandade. Il considère, lui l’homme du Sud, que la brandade est « un chef d’œuvre du genre humain ». En dépit de l’interdiction de son médecin, il en consomme des pots entiers expédiés de Nîmes, en cachette de sa femme, enfermé dans son bureau avec son ami l’historien Auguste Mignet.

 

 

Alphonse Daudet, l’homme des Lettres de mon moulin, lui, créé à Paris le « dîner des auteurs sifflés » au café Riche où il est question de manger que de la brandade. « Ce cénacle littéraire est fréquenté par Émile Zola, Gustave Flaubert, Edmond de Goncourt ou encore le Russe Tourgueniev. »

 

Citations tirées de L'Histoire de la casserole Henri Pigaillem Folio 5916

 

Foin des références politico-littéraires, la confection de la brandade passe d’abord par le dessalage de la morue qui consiste à la mettre dans une grande bassine d'eau pendant 48 heures, la peau au-dessus, pour qu'elle ne retienne pas le sel au fur et à mesure qu'il fond. Le poisson ne doit pas reposer au fond de la bassine, où va se déposer le sel, alors on le surélève avec ce qu'on peut. L'eau doit être renouvelée plusieurs fois. L'idéal, c'est le filet d'eau courante, donc si vous avez une source dans votre jardin...

 

Lorsque la morue est pochée, on la met dans de l'eau froide avec le thym et le laurier, puis on chauffe jusqu'à frémissement. Elle cuit ainsi pendant huit minutes. On l'égoutte, et on la dépouille et l'effeuille avant qu'elle ne refroidisse.

 

Pas de patates dans la branlade !

 

Ce ne serait alors qu’un vulgaire Parmentier.

 

Donc pour monter la branlade, pardon la brandade il faut trois casseroles, une grande à fond épais, une moyenne pour tiédir l'huile d'olive et une petite pour tiédir le lait.

 

- Mettre 20 cl d'huile à tiédir dans la casserole 2, ajouter la morue effeuillée, et la travailler jusqu'à en faire une fine purée. Pas facile mais jouable !

 

- Monter sur feu doux la brandade dans la casserole à fond épais en ajoutant alternativement de l'huile et du lait tièdes, jusqu'à la consistance et la saveur recherchée.

 

Mettre au four pour la colorer un peu, puis la servir avec une salade mêlé de roquette et de frisée relevée d'une pointe d'ail. Des rondelles de pain grillé avec des gousses d'ail à frotter dessus, et du piment d'Espelette pour ceux qui en veulent.

 

Si vous êtes pressés vous pouvez acheter de la brandade de morue de Nîmes en boîte  ou chez un traiteur…

Envie de fille, un soir pluvieux et venteux, de la brandade de morue héritière de la branlade de Nîmes de Charles Durand le cuisinier de l’évêque…

Que boire avec la brandade de morue ?

 

Surtout pas des Costières de Nîmes ce serait céder à la facilité d’une appellation sans grande originalité.

 

Un seul vin gardois s’impose : l’Anglore d’Eric Pfifferling

Envie de fille, un soir pluvieux et venteux, de la brandade de morue héritière de la branlade de Nîmes de Charles Durand le cuisinier de l’évêque…
Envie de fille, un soir pluvieux et venteux, de la brandade de morue héritière de la branlade de Nîmes de Charles Durand le cuisinier de l’évêque…
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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:43
La culture c’est comme la confiture moins on en a plus on l’étale : Robert Parker : « Le vin est une boisson culturelle, la France l'a oublié » en collaboration avec Michel Rolland

Le duo a du charme, le mano a mano dans le Figaro du riant Michel Rolland, qui ne manque jamais d’oxygène, et de Robert Parker, le verre-étalon de l’expert déposé au Pavillon de Sèvres, a de quoi vraiment réjouir : ils ne prennent pas de gants pour parfaire leur belle image de gourous du vin. Ce sont de vrais artistes à la mode d’un certain art contemporain où la cote se bâtit, se cultive, pour le plus grand triomphe des mercantis. Nos deux larrons ont inventé l’or rouge, le fleuve rouge qui s’écoule entre les 2 rives de l’estuaire. Qu’ils s’en congratulassent avec gourmandise, rouerie, espièglerie quoi de plus compréhensible, je les vois mal se battre la coulpe et se flageller pour expier les fautes qu’ils auraient commises contre le « bon goût ».

 

Leur jouissance me plaît, elle a un petit côté strauss-khanien, une forme de lubricité hautaine, de libertinage sympathique, qui leur permet de se congratuler, de briller tels les gros bijoux de la place Vendôme, d’exhiber tel l’ostensoir pendant les processions des Rogations : « le goût Parker »

 

Le chiffon rouge, la muleta, la provocation à deux balles pour faire luire leur image de marque. C’est du grand art, des Paganini de l’exécution d’un opéra-bouffe surjoué pour le plus grand plaisir des buveurs d’étiquette.

 

Bravo les « artistes », tout y est, pas une fausse note, et il n’y a plus d’après, non pas à Saint-Germain des Prés mais aux vins « parkérisé»

 

Allez Bob j’accorde un 100/100 à l’échange qui suit où se glisse un troisième larron Jeffrey Davies, négociant à Bordeaux.

 

R. P. - La question est de savoir s’il existe un goût international ? Oui, en principe, car c’est une question de qualité intrinsèque. Bien sûr, l’éducation, la formation sont différentes, mais, quand les consommateurs du monde entier boivent, par exemple, Château Pavie, ils lui trouvent le même goût.

 

M. R. - Il y a tout de même une évolution du goût à travers le temps. Je vais aller un peu plus loin : avant Robert Parker, il y avait le goût anglais !

 

R. P. - Étonnante évolution. Quand j’ai débuté, les vins étaient un peu minces, secs et astringents. Et lorsque j’ai dégusté la première fois avec Michel Rolland, j’ai compris. Voilà un homme qui cherche le fruit et qui n’a pas oublié cette évidence : le vin est un produit issu du fruit. La viticulture est devenue plus soignée, la vinification plus contrôlée. Si davantage de personnes aiment le vin, c’est parce qu’il donne plus de plaisir que dans les années 1950 ou 1960. Quelle est l’explication des grands millésimes comme 1947, 1949, 1959, 1961 ? Une seule : les raisins étaient mûrs.

 

J. D. - Oui, c’est la compréhension de la maturité. Aujourd’hui, les grands vins sont bons à l’écoulage, en barrique, à la mise en bouteille, et longtemps après. La plage de plaisir s’est élargie.

 

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes mondialisé…

 

Pourquoi pas, c’est ce qui a fait la fortune de Coca-Cola ou de Nike, nous sommes dans un autre univers où le process prime sur la main de l’homme, une viticulture soignée au sens pharmaceutique et une vinification maîtrisée et contrôlée par des Diafoirus modernes. Tous cousins germains comme la gueule des bagnoles post-modernes !

 

Bonjour tristesse !

 

« Beauté » sur papier glacé avec Photoshop !

 

Antoine Gerbelle ‏@AGerbelle Twitte il y a 3 minutes Paris, Ile-de-France

 

« Tjrs #LeFigaro hier Itrw auto congratulation de Bob #Parker & M. Rolland par... sa compagne Isabelle Bunisset #cirage »

 

Celle-ci pourtant tente une molle relance : « Puisque tant de défauts ont été corrigés, n’est-il pas plus difficile d’établir une échelle de qualité ? »

 

Les retours sont mollassons, plus exactement lourdingues, on sent que la ventripotence des deux compères prendre le dessus, comme un coup de vieux :

 

R. P. - Le niveau de qualité moyenne est très haut. Les écarts se resserrent. Le grand défi d’aujourd’hui est d’expliquer les nuances entre un bon vin et un très bon vin.

 

M. R. - Les principaux vainqueurs sont les consommateurs, qui n’en ont jamais bu d’aussi bons qu’en ce moment.

 

R. P. - Une génération de consommateurs gâtés ! Je me souviens de la médiocrité des vins en 1966, en 1978. Michel a tout changé. Il a eu la plus grande influence sur la qualité du vin dans le monde, tant auprès des étudiants que des professionnels. Voilà pourquoi il est tant critiqué, comme moi, d’ailleurs.

 

Mais le pire était au tout début lorsque les compères nous ont gratifiés de leur petit numéro culturel à deux balles non remboursé par la Sécurité Sociale.

 

Michel ROLLAND. - La France, pourtant berceau de la production mondiale et référence de qualité, a voté les lois Évin, scélérates et stupides. Voilà la grande différence avec les États-Unis, qui considèrent le vin comme un produit culturel.

 

R. P. - Le vin est une boisson culturelle, une boisson de modération. La France, je pense, l’a oublié.

 

C’est ça Bob, tu sais ce qu’elle te dit la France ?

 

Devine !

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 00:09
Les bas-fonds du baroque : Bacchus dieu de l’ivresse est associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure…

Vous pédalez courbé sous les giclées des giboulées de mars et soudain vous tombez nez à nez avec les bas-fonds de Rome placardés sur les colonnes Morris. Stupéfaction d’y voir deux ivrognes se murger grave. Mais que font nos amis de l’ANPAA ? Sont-ils KO debout après le choc du Salon de l’Agriculture, le « c’est de la bombe ! » du Président qu’aime tant Bernard Farges ? Je ne sais mais ce que je sais : « C’est bien dans une débauche de peintures « ignobles » que se vautrent les visiteurs du Petit Palais, entrainés, à l’occasion d’une nouvelle exposition, dans les bas-fonds de Rome. « Ignobles » au sens propre (si l’on peut dire) : car certains artistes qui séjournèrent dans la cité au début du XVIIe siècle renversèrent les codes et remplacèrent les dieux et les héros par des gueux et des mendigots. Sous l’égide de Bacchus, ils plongèrent dans le monde licencieux des tavernes et dans la misère patibulaire des quartiers mal famés ou des campagnes alentours… »

 

Renverser les codes voilà un beau geste que les hérauts des vins nus devraient méditer« Et puis il y a celui qui « de son pinceau en arriva à peindre truanderies et gueuseries […], nuées d’ivrognes et de scélérats, gitans […], souillons, vauriens, traîne-misère : l’un s’épouille et l’autre se gratte […], un qui pisse, un qui chie […], un musicien ambulant qui joue […], et le peintre aujourd’hui ne pense faire rien de bon s’il ne peint pas un groupe de loqueteux, si sa peinture n’est pas vile. » Salvator Rosa

 

Oui, cher Antonin, tes nuits du vin nu de la rue Saint-Sabin se doivent d’être orgiaques et voluptueuses…

 

Puise à pleines mains dans Baudelaire pour que :

 

« Les tables d’hôte, dont le jeu fait les délices,

S’emplissent de catins et d’escrocs, leurs complices,

Et les voleurs, qui n’ont ni trêve ni merci,

Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi

 

Charles Baudelaire, « Le Crépuscule du soir », Les Fleurs du Mal.

 

« Si le viol, le poison, le poignard, l’incendie,

N’ont pas encore brodé de leurs plaisants dessins

Le canevas banal de nos piteux destins,

C’est que notre âme, hélas ! N’est pas assez hardie. »

 

Charles Baudelaire, « Au lecteur », Les Fleurs du mal.

 

Oui, Antonin, face aux hordes de visages pâles, aux bandes de bien-pensants, aux processions de culs-bénis, à toutes les engeances qui veulent nous passer le licol, opposons les joies de nos corps, mélangeons nous dans les bas-fonds de Paris.

Les bas-fonds du baroque : Bacchus dieu de l’ivresse est associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure…

Tous ensemble, tous ensemble, célébrons « Bartolomeo Manfredi qui peignit Bacchus et un buveur. Dans un jeu de miroir le dieu mythologique et un homme au costume du XVIIe se font face : le mythe et la réalité sont dans la même espace. Peut-être s’agit-il simplement d’une réunion d’artistes déguisés afin de composer un tableau vivant. La pratique était courante chez les Bentvueghels ou les Schildersbent. Ce groupe, qui se forma à Rome autour de 1629 et s’opposa souvent à l’Académie de Saint-Luc, réunit des peintres de différentes origines, hollandais et flamands pour la plupart, représentatifs de plusieurs courants stylistiques, l’une des grandes figures étant Pieter van Laer, il Bamboccio. Ils avaient pour divinité tutélaire Bacchus et se faisaient baptiser dans le vin

Les bas-fonds du baroque : Bacchus dieu de l’ivresse est associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure…
Les bas-fonds du baroque : Bacchus dieu de l’ivresse est associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure…

Mais qui donc est ce Bacchus ?

 

« Fils de Jupiter et de la mortelle Sémélé, Bacchus, poursuivi par la jalousie de Junon, passe son enfance caché dans une grotte dont l’entrée est dissimulée par une vigne. Il y est élevé par des nymphes au caractère espiègle, avant de recevoir l’instruction des Muses et du vieux Silène, un satyre personnifiant l’ivresse.

 

Dieu de la fécondité de la nature, de l’abondance et de l’allégresse, Bacchus passe pour être l’inventeur du vin, et c’est à ce titre qu’il est sollicité par nos artistes. Depuis la Renaissance, dans la continuité des auteurs antiques (Platon, Horace, Aristophane…) les mytholographes et les théoriciens décrivent les effets de l’ivresse bachique comme le fondamentalement ambigus. Si l’ivresse libère en effet l’homme de ses maux, si elle le réconforte et le console, elle peut aussi être à l’origine d’une folie des sens et d’un furor créateur qui s’apparentent à la révélation d’un savoir occulte et à une intensification de la puissance imaginative.

 

Ce pouvoir d’inspiration artistique prêté à Bacchus se distingue de celui que l’on attribue à Apollon, dieu solaire, dieu de la mesure et de l’harmonie mélodieuse qui vit parmi les Muses sur le mont Parnasse. Le dieu de l’ivresse est quant à lui associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure. Il n’est pas étonnant que Caravage, et après lui ses émules et les artistes turbulents de la Bent, se soient placés sous les auspices du dieu de l’inspiration créatrice et représentés sous ses traits ou sous ceux de ses acolytes, satyres, silènes ou Pan. Ces tableaux sont à la croisée de plusieurs genres : autoportraits, portraits mythologiques, allégories de l’excès comme de l’inspiration artistique dionysiaque. Placés sous le signe de Bacchus, ce sont aussi des manifestes, de la part d’artistes exerçant leur art dans la capitale pontificale du Seicento, du lien entre une autre culture antique, une Antiquité païenne, orgiaque et voluptueuse, celle également du théâtre et plus particulièrement de la comédie. »

Les bas-fonds du baroque : Bacchus dieu de l’ivresse est associé à l’obscurité de la nuit et à ses mystères, aux pulsions et à l’extase, aux excès et à la démesure…

Voilà, encore une fois j’ai accompli mon devoir en célébrant le vice bien plus que la vertu et avec le poète je chante :

 

L’esclat des verres seulement,

Plus brillants que le firmament,

Y rendoit la veue esblouye ;

On n’y vomissoit que du vin,

Et rien n’y possedoit l’ouye

Qu’un chant bachique et tout divin.

 

Extrait de Saint-Amant, « la vigne » 1629

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 00:07
À la recherche du temps perdu avec JC. Ribaut : « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure » Château Pavie 2003 12/20 «ridicule, plus proche d’un zinfandel de vendanges tardives que d’un bordeaux.» J. Robinson

De l’intérêt d’envelopper ta vaisselle stockée dans des cartons au fond de ta cave avec des feuilles de journal : dans le cas présent Le Monde. En effet, lorsqu’un jour il te prend d’aller y jeter un coup d’œil pour voir si cette vaisselle ne te serait pas d’une quelconque utilité tu te retrouves nez à nez avec l’actualité d’il y a 10 années.

 

C’est le rouge du dessin qui a attiré mon œil de lynx à lunettes puis le titre barrant toute la page « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure ». Vous avez bien lu, ne vous frottez pas les yeux : toute une page consacrée au vin dans un grand journal généraliste.

 

L’œuvre du sieur Jean-Claude Ribaut.

 

À propos de Pierre Lurton, nommé le 18 mai 2004 par Bernard Arnault en remplacement d’Alexandre de Lur-Saluces à la tête d’Yquem, qui assurait « Je resterai le jardinier du temple… je ne veux pas changer la signature d’Yquem… » il notait « Ici au moins, le regretté Raymond Dumay a été entendu : « Le vin est d’abord fierté. Seul grand produit inutile de la planète, il ne peut survivre qu’adosser à son orgueil. »

 

Retour au mercanti : « La campagne des primeurs 2003 s’est achevée dans la frénésie. La vente en primer, à Bordeaux ne concerne que cinq-cents vignobles environ, qui représentent 5% de la production en volume. Les prix de certains châteaux, parmi les plus prestigieux, se sont envolés, tandis que la hausse est de 30% pour un cinquième des vins présentés.

 

« Dans le même temps, deux-mille vignerons manifestaient, lundi 5 juillet, place des Quinconces, à Bordeaux, contre l’effondrement des cours du tonneau (900 litres) des vins en vrac. La bouteille de Château Cheval Blanc 2003 trouve preneur – en primeur – au prix record de 220€ la bouteille tandis que le tonneau de vin générique en vrac est payé seulement 1,10€ le litre par le négoce. Deux cents fois moins ! »

 

Jean-Claude Ribaut parle de 500 vignobles pour ceux du haut et de 2000 vignerons pour ceux du bas, c’est tout à fait Bordeaux.

 

Critique aussi le Jean-Claude :

 

« Chez beaucoup le manque d’acidité et les premières difficultés de l’élevage ont conseillé la prudence. Les meilleurs vignerons se refusent aux méthodes d’acidification. Le Château Le Pin, minuscule vignoble à Pomerol, ancêtre des « vins de garage » et dont les prix sont toujours élevés, ne produira aucune cuvée en 2003, estimant que les raisins avaient été malmenés par la chaleur estivale. »

 

Et puis une petite bisbille anglo-américaine qui ne manque pas de sel au vue de la nouvelle gloire de classé A du Château Pavie et de son propriétaire depuis 1997 Gérard Perse :

 

« Parker ayant, comme à l’habitude, bien noté le millésime 2003. Jancis Robinson (critique anglaise) n’a accordé qu’un médiocre 12/20 à ce vin « ridicule, plus proche d’un zinfandel [cépage américain] de vendanges tardives que d’un bordeaux. »

 

« Les vins de Gérard Perse, conseillé par l’œnologue Michel Rolland, sont à la pointe de cette évolution (ndlr. extraction-boisé). La main du vinificateur a-t-elle été un peu lourde, au point de dominer et déprécier l’expression du terroir ? »

 

Bonne question Jean-Claude, je n’ai pas la réponse mais ce que je sais c’est que la main des classificateurs des 1er GC de Saint-Émilion, elle, l’a été.

 

Mais Jean-Claude Ribaut, en fine gueule qu’il est, n’avait manqué de faire une halte à l’Hostellerie de Plaisance au cœur de Saint-Émilion, à deux pas de l’Envers du Décor de mon ami François des Ligneris.

À la recherche du temps perdu avec JC. Ribaut : « Bordeaux qui rit, Bordeaux qui pleure » Château Pavie 2003 12/20 «ridicule, plus proche d’un zinfandel de vendanges tardives que d’un bordeaux.» J. Robinson
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