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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 00:09

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Ainsi s’exprimait Rebecca Manzoni dans le Tubes & Co de France-Inter du vendredi 8 novembre 2013. Au début de cette année la voix de notre ami Bernard Maris s’est tue brutalement mais l’image est tellement belle qu’elle est maintenant éternelle.


Depuis fort longtemps je brûlais du désir de faire une petite chronique dominicale sur Adriano Celentano qui, avec Svalutation et I want to know à la fin des années 70, le début des années Giscard en France, alors que l’Italie en terminait avec ses années de plomb, occupait une place toute particulière dans ma discothèque où la chanson italienne ne tenait pas un grand espace.


Ce grand escogriffe, qui avait l’âge de mon frère aîné, Celentano est né en 1938, avec ses incroyables futals à pat’d’eph et ses bottines crème, me bluffait par son sens de la dérision mis au service d’un rock efficace. Celentano ce sont mes 30 ans et, je dois avouer que Rebecca Manzoni parle de lui beaucoup mieux que je ne le ferais.


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Je la cite :

 

« Ah ça ! Ce n’est pas tout le monde qui vous fait un tube avec le mot dévaluation entre 2 wouap dou wouap. Au mitan des années 70, Adriano Celentano réussit donc le tour de force suivant : faire un carton avec des considérations économiques et financières. Il chante l'incompétence du gouvernement italien, les salaires qui permettent de ne se payer qu'un café et cette Italie qui remplit les stades de foot pour oublier.


C'est alors 2 univers qui se télescopent : la crise de 76 chantée sur une musique qui accompagna la croissance économique d'après – guerre, j'ai nommé, le rockabilly fifties. Aussi, les premières notes de Svalutation sonnent – elles comme un hommage à ce morceau chanté 20 ans plus tôt.


Cela dit, la musique de Svalutation, n'est pas que nostalgie. La chanson de Celentano contient en son cœur une rupture. Un rythme syncopé, sorte de ska seventies, qui accueille des paroles optimistes.


À l'heure où les élites quittent la vieille Europe, cette chanson pourrait être écrite aujourd'hui. Enfin, Svalutation, c'est un peu comme si Ségolène Royale chantait la bravitude en se prenant pour Elvis. Parce qu'Adriano aussi, il invente des mots. En italien dévaluation, ça se dit : svalutazione. Et le truc d'Adriano c'est de nous américaniser l'affaire. Dans cette chanson, tous les mots en « ation » : assassination, lettation, scontration sont des anglicismes à la rital. Des mots inventés, comme un clin d'œil à un tube qu’Adriano chantait 4 ans plus tôt et qui s’intitulait « Prisencolinensinainciusol »


Ce titre est imprononçable et surtout, ça ne veut rien dire. Parce que cette chanson est entièrement écrite en yaourt. Ça veut dire que Celentano a commis un tube rien qu’en chantant du charabia MAIS avec l'accent anglais. Il se moquait ainsi de la fascination de ses compatriotes pour tout ce qui sonnait américain.


Svalutation qui resta dans les hits parades 5 mois durant, en France, en Italie, en Belgique, en Allemagne. Et même en Suisse. À partir de cette chanson là, Celentano se mit à faire de la télé pour parler écologie, morale, et politique.

 


Dans les années 2000, il fit aussi des shows anti – Berlusconi. Lors des élections législatives de Février dernier, il a appelé à voter pour le mouvement 5 Stelle de Beppe Grillo»


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Les Arènes de Vérone, en plein air, les 8 et 9 octobre 2012, Adriano Celentano, après dix-huit ans d'absence, à 72 ans remonte sur scène pour deux concerts historiques Rock Economy.


Exceptionnel, je vous invite à visionner la vidéo, presque 2 heures mais ça vaut le coup je vous l’assure, les superbes images de Vérone, des arènes, de la communion du public avec Adriano, c’est un grand et beau moment. J’aurais aimé y être.


Afin que le spectacle soit accessible au plus grand nombre de spectateurs (chômeurs, étudiants, retraités, etc.), Celentano avait insisté pour mettre, à chaque représentation, 6 000 places au prix symbolique d'un euro.



Prisencolinensinainciusol - YouTube par lolabonchien

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 00:09

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Du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera près de 200 chefs d'Etat et de gouvernement pour la 21e conférence sur le climat. L’objectif étant d’aboutir à un accord international visant à contenir en deçà de 2 degrés le réchauffement climatique d'ici à la fin du siècle.


Pour mieux comprendre les enjeux cruciaux pour notre avenir, celui de notre planète, L’Express entreprend la publication d’une une série de grands entretiens sur cette question en commençant par avec Emmanuel Le Roy Ladurie, professeur honoraire au Collège de France et l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire du climat.


Votre Taulier toujours curieux avait en novembre 2011 chroniqué sur « Les fluctuations du climat de l’an Mil à nos jours au travers des dates de vendanges et la qualité du millésime : du Le Roy Ladurie» link


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L’Express l’interroge d’emblée sur l’intérêt qu’il portait à ce sujet :

 

« Dès 1967, vous avez publié une Histoire du climat depuis l'an mil. La question du réchauffement vous tracassait-elle déjà? »

 

Sa réponse est claire :


Non, c'était plutôt dû à mes origines. Agriculteur en Normandie et député, mon père ne cessait de pester contre les pluies qui gâtaient les récoltes et endettaient les paysans. Plus tard, j'ai été nommé professeur dans le Languedoc, où la météo n'avait plus rien à voir. J'ai alors mesuré l'influence majeure du climat sur le blé, la vigne, et ses conséquences sur la vie des hommes. En me penchant ensuite sur l'histoire rurale, j'ai aussi découvert l'importance des crises de subsistance, qui, autrefois, pouvaient décimer des millions de gens. Elles étaient en grande partie liées au climat, or personne ou presque ne s'était vraiment penché sur la question. 


Du coup, je me suis lancé. Mes collègues ne prenaient pas ce sujet au sérieux, car ils postulaient que l'homme tout-puissant ne pouvait être soumis au déterminisme des aléas climatiques. Ils doutaient aussi qu'il y eût des sources fiables. Or les outils existaient bel et bien, et il a vite été confirmé que les historiens étaient même mieux armés que les climatologues pour remonter dans le passé météorologique, en particulier parce qu'ils maîtrisent le latin, langue indispensable pour avoir accès aux témoignages anciens. Ces travaux m'ont permis d'établir que les famines et les événements politiques, économiques ou sociaux qui les ont parfois accompagnées étaient souvent dus à la combinaison de guerres et de mauvaises récoltes. Oui, le climat peut bousculer nos destins.


La suite de cette interview est passionnante, je vous invite à la lire ICI link

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 14:16
Mon hébergeur Overblog passe en force et m'impose de la publicité

Bonjour chers lecteurs,

 

Sous le prétexte d’un changement de plate-forme mon hébergeur sans me demander mon avis m’impose depuis ce matin des bannières publicitaires incongrues. Je viens de leur demander de les supprimer sous peine d’une plainte auprès de la CNIL.

 

En attendant, je vous prie de bien vouloir m’excuser de ce désagrément qui, je l’espère, ne sera que momentané.

 

Bonne journée.

 

Jacques Berthomeau un Taulier en colère

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 00:09

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Par moment j’ai des illuminations subites, de là à en conclure que suis un illuminé il y a un pas que certains de mes « amis » de la LPV franchiront tout en pensant que je ne suis pas une lumière de goûteur de vin.


Il en fut ainsi pour le Pilchard !


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« Sur les étagères s’alignaient des boîtes de petit pois, des paquets de pâtes Lustucru et de biscottes Luc, les pains d’épice Gringoire, les bouteilles d’huile Lesieur, les pilchards le Pompon-Rouge, les sachets roses de la levure Alsa et les sachets bleus de sels lithinés qui désaltéraient si bien les moissonneurs, toutes choses qui imprégnaient la boutique de cette senteur mélangée si particulière aux épiceries d’antan… »


Mémoires de femmes par Gérard Boutet


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À la Mothe-Achard, l’épicerie Proust se situait au premier étage d’une grosse bâtisse, sur le flanc droit des Halles, pour y accéder il fallait emprunter un large escalier extérieur en pierre avec une rambarde de fer. La porte du magasin était une porte ordinaire qui, dès qu’on la poussait, déclenchait une sonnette. Il faisait sombre à l’intérieur. Ça sentait la réglisse et une multitude de fragrances herbacées, sur le mur de gauche de hautes étagères pourvues d’un escabeau afin d’atteindre les étages supérieurs, de grands tiroirs où étaient stockés les produits secs, pâtes, riz… les coupelles brillantes, des hauts pots de verre emplis de bonbons, à droite de grands sacs posés sur les tablettes pour les légumes secs vendus en vrac, dans des boites ouvertes les caramels à deux sous, les sucettes sur des présentoirs Pierrot Gourmand, et puis les rangées de boîtes de conserve tout au fond, derrière le grand comptoir avec la balance blanche, mais pas de caisse enregistreuse, rien qu’un simple tiroir. Louise Proust faisait aussi de la mercerie et, comme maman était couturière, je l’accompagnais pour acheter des bobines de fil ou des boutons mais nous faisions nos courses de conserves à l’épicerie Houiller tout à côté en vertu de la règle « il faut faire plaisir à tout le monde » qui  souffrait d’une exception : nous achetions notre pain que chez Remaud.


Bref, tout comme les enfants d’aujourd’hui, qui pensent que le poisson arrive tout droit en bâtonnet pané de chez Findus j’ai longtemps pensé que le Pilchard c’était la boîte de fer blanc Pompon Rouge et non une espèce de poisson.


Mais qu’est-ce donc que le Pilchard ?

Pilchard (1)

 

« Cette espèce est plus petite que le hareng commun, dont elle diffère principalement, en ce que son corps est épais et arrondi ; le museau est à proportion moins long et recourbé vers le dessus, et la mâchoire inférieure est plus courte ; le dos est plus élevé, et le ventre moins effilé ; ses écailles tiennent fortement à la peau, tandis que celle du hareng commun tombent facilement ; enfin la nageoire dorsale du pilchard est placée si bas, que si on l’y suspend la tête fait bascule, tandis que si l’on tient le hareng commun par cette nageoire, il reste en équilibre.


Vers la mi-juillet, les pilchards paroissent en grandes troupes sur les côtes de Cornouailles. Ils y séjournent jusqu’à la fin octobre, où il paroît  qu’ils se retirent à quelques distances du rivage dans les profondeurs, pour y passer l’hiver. Il y a cinquante ans qu’ils ne disparoissient qu’à Noël ; ce changement dans l’époque du départ est un fait très singulier, qui a été constaté par le docteur Maton. On a prétendu, mais sans raison, qu’à l’instar du hareng ils retournent alors dans les régions polaires. Car s’ils entreprenoient quelque émigration vers le nord, on sauroit en Angleterre s’il en a été vu ou pris à leur passage ; mais on en n’a aucun exemple authentique. Ils sont surtout en grand nombre près de l’île de Wight, dans la Manche, et près d’Ilfracomb, dans le canal de Bristol.


Le docteur Borlase fait de la pêche du pilchard le récit suivant : « Elle occupe un grand nombre d’hommes sur la mer et sur terre ; les femmes et les enfants sont employés à nettoyer, à éventrer et à saler les pilchards. Depuis 1747 jusqu’e 1756, inclusivement, les divers ports d’Angleterre en exportèrent tous les ans, celui de Fowy mille sept cent trente-deux muids ; Falmouth quatorze mille six cent trente-un, plus deux tiers ; Pensanze et Mounts-Bay douze mille quarante-neuf, plus un tiers ; Saint-Ives  douze cent quatre-vingt-quatre-vingt-huit ; ce qui fait en tout près de trente mille muids, à raison de 1 livre sterling 13 shilling 3 pence le muid, en adoptant un prix moyen ; de manière que l’esportation du pilchard rapportoit tous les ans près de 50 000 livres sterling »


Le docteur Maton, dans le premier volume de ses Observations sur les comtes de l’Ouest, raconte que lui et un de ses amis louèrent une chaloupe pour assister à la pêche au pilchard, à Fowy, près de Looe, dans les Cornouailles. « Les bateaux destinés à cette pêche, dit-il, dont le nombre est très grand, sont ordinairement stationnés à des endroits où l’eau a dix brasses de profondeur, et où il n’y a aucun brisant. De petites nacelles sont placées à quelque distance devant ces bateaux pour avertir  les pêcheurs de l’approche d’une troupe de pilchards. Souvent on établit aussi des hommes sur les rochers voisins pour observer la marche du poisson ; on les appelle huers, ou crieurs, des cris par lesquels ils avertissent les pêcheurs. Les filets, qui sont des sortes de seine, ont souvent deux cents brasses et au-delà de circonférence, et environ dix-huit de profondeur. On dit que quelque-uns de ces filets peuvent contenir deux cent muids, à raison d’environ trente mille hogs-heads dans une seule saison, si la pêche n’est que passablement productive ; mais il arrive aussi de temps à autre qu’elle manque totalement. » Dix ans environ avant que notre auteur eût visité ces lieux, les pêcheurs se virent forcés de vivre avec leurs familles de patelles, et d’autres coquillages, dont ils n’auroient pas voulu manger pour tout au monde dans tout autre temps.


Les requins sont les grands ennemis des pilchards ; ils en dévorent souvent des quantités immenses. »


Le Cabinet Du Jeune Naturaliste Ou Tableaux Intéressans De L'histoire Des Animaux ... de Thomas Smith 1818


 « Le pilchard est un poisson utile à l'agriculture maritime ; c'est lui qui dévore l'excédent de plancton qui risquerait d'entraver la libre respiration des océans.


Deux pilchards qui se rencontrent s'accueillent non par le banal « Comment vas-tu ? » mais par « Où se plancton aujourd'hui ? ». link


Il est possible de trouver du Pilchard dans le commerce sous la désignation Pilchard-sardines ou Pilchard-harengs, il est préparé à la tomate et à l’huile dans des boîtes ovale de 367g. Si vous n’en trouvez pas près de chez vous allez sur la Toile. Ce n’est pas cher 1,70€ la boîte en moyenne.


La recette : Rougaille de Poisson Pilchard à la tomate link


1 boîte de pilchard (hareng) à la tomate

1 oignon

1 tomate

Une cuillère à soupe d’ail et de gingembre écrasés.

Thym-Persil

Sel-poivre


Émincez l’oignon pour le faire revenir dans l’huile chaude avec l’ail et le gingembre écrasés. Ajoutez la purée de tomate de la boîte de pilchard  et la tomate coupée en dés. Bien mélanger le tout et laissez roussir. Ajoutez les pilchards. Salez et poivrez selon votre goût. Saupoudrez de persil émincé.


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Là-dessus vous pouvez vous offrir un canon de vin blanc bien sec, bien droit, moi j’opte pour 1 Clos Massotte Corail d’automne


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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 00:09

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Tout le monde y va de sa petite cuvée, de son petit coffret, de son gros magnum spécial, de sa  petite étiquette avec des cœurs pour fêter un saint, Valentin, dont on dit qu’il est le patron des amoureux. Comme je ne suis pas Peynet mais que je tombe amoureux en permanence j’ai décidé ce matin de vous offrir, non de l’élixir du parfait amour, mais 3 histoires où l’on parle d’amour.


1-      L’amour  est aveugle


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Avec ses manières de macho Diego, un petit voyou de Vera Cruz, avait fait pleurer plus d’une amoureuse.


Jusqu’au jour où il tenta en vain d’attirer l’attention d’une demoiselle attablée dans une cantina.


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Vexé, il  s’invita à sa table et lui dit : « Je vous ai saluée trois fois et vous n’avez pas pris la peine de me répondre ». Elle répondit : « C’est sans doute parce que je suis aveugle ».


Honteux, il lui fit ses excuses. Marisol lui dit alors : « Rendez-vous utile, raccompagnez-moi ! »


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Sans doute pour la première fois de sa vie, Diego se sentit responsable de quelqu’un d’autre que lui.

Devant sa porte, il lui demanda s’ils pouvaient se revoir. Elle dit : « Mon chien est mort hier, le prochain n’arrive que dans un mois. D’ici là, vous pouvez me guider dans les rues ».


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Chaque jour, il la conduisait là où elle le désirait.

Un mois plus tard, il n’était plus question d’aller chercher le chien.


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Ils se marièrent et passèrent leur nuit de noce sur son territoire à elle : dans le noir complet.

Plus jamais ils ne se quittèrent. L’un était le guide, l’autre était sa lumière.


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Et si parfois, il lui arrivait de la regarder avec ses yeux…

… Marisol ne le vit jamais qu’avec son cœur.


2-      Pour le meilleur et pour le pire


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Giulia et Remo s’étaient unis pour le meilleur et pour le pire. Et malgré les années, jamais ils ne connurent le pire.


Ils tenaient un hôtel de charme, au sud de Florence, en plein cœur d’une forêt de Toscane. Ils se disputaient peu, s’entendaient sur tout, à tel point que leur entourage trouvait suspecte une telle harmonie.

 

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Giulia n’avait aucun secret pour Remo, mais Remo lui, avait son tiroir…

Tard le soir, après le service, Remo s’enfermait dans son bureau, où, sans que Giulia n’en sache rien, il tenait son journal intime.


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Les années passaient, paisibles, heureuses, mais jamais Remo n’oubliait son rendez-vous nocturne avec le tiroir.

Après la mort de Remo, Giulia n’avait eu ni la force ni l’envie de s’occuper seule de leur affaire, et la mit en vente. Le jour du déménagement, elle pénétra dans le bureau de Remo, fit emballer les meubles, et tomba sur ce tiroir…


 

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… Quelle fut bien obligée de forcer puisque personne n’en avait la clé.

Elle hésita un instant devant cet étrange volume mais saisie d’un pressentiment, s’interdit de l’ouvrir.


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Elle s’en débarrassa au plus vite pour s’éviter les affres de la tentation.


Si elle l’avait ouvert, elle aurait lu plusieurs centaines de pages, dont elle était le sujet unique.


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Les années qui suivirent, quand il lui arrivait de penser à ce curieux ouvrage, Giulia se disait qu’elle avait pris la bonne décision en le détruisant.


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usqu’à son dernier soupir, elle garda en mémoire le souvenir de Remo tel qu’il était vraiment, un homme aimant, toujours émerveillé dès qu’il posait les yeux sur elle, qui jamais ne lui avait fait le moindre reproche et qui savait contenir ses démons sans les lâcher sur des innocents.


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3-      Faire l’amour


Bernadette racontait à Helyett :


-          L’autre jour, y avait un film de cul à la télé. Y’m’dit : « Ça m’excite, on tirerait bien un p’tit coup. » Bof, moi, j’avais plus ou moins envie. Là-dessus on va au lit et, comme ça, juste avant qu’il me pénètre, j’arrêtais pas de gamberger à tous mes soucis, et on en a, et j’lui dis : « Dis, on n’a pas payé l’électricité ce mois-ci, faut payer car si on nous coupe, avec les gosses, on va pas être dans la merde… » C’est lui qu’en a été tout coupé, dis-donc ! Y’m’répond : « Ah oui ! Merde, j’y pensais plus », et il s’est mis à débander et plus moyen. Maintenant, quand y’m’fait chier pour me grimper dessus, j’lui dis c’qu’on n’a pas payé. Ça marche à tous les coups !


Elle rit et, avec un regard complice :


-          Après tout, baiser, c’est toujours la même chose, c’est lassant, y sont pénibles, les bonhommes, hein ?


 

(1)    Les 2 premières histoires sont tirées de l’album de Loustal & Benacquista Les amours insolentes 17 variations sur le couple chez  Casterman.


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(2)    La dernière est un extrait du livre de Roger Knobelspiess Le roman des Écameaux


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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 00:09

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Y’a des jours où, en me levant, je me dis dans ma petite Ford d’intérieur, tu n’es qu’un pauvre niais, t’as raté ta vie, tu es à côté de la plaque, t’aurais dû faire organisateur de spectacle pour grands amateurs. Ça t’aurais fait voyager au sens propre comme au sens figuré. T’aurais ainsi rencontré plein de gens cultivés. T’aurais appris à faire des moyennes sur 20, à classer, à écrire des beaux commentaires du style « Couleur rouge sombre, d'intensité moyenne. Nez fin, fruité, subtil. La présence de cèdre annonce le début d'un bouquet. Bouche soyeuse, très savoureuse, à la note fumée et grillée et aux tannins fins. Densité normale. Persistance légèrement vive, mais savoureuse et distinguée. A perdu son excès de bois. On peut commencer à l'ouvrir et avant 2030. »


 

 

Trop tard pour te reconvertir les bonnes places sont déjà prises mais tu peux quand même te fendre de quelques conseils pour aider tes chers lecteurs à organiser, comme JM Quarin, une petite dégustation à 19000€ de 7 millésimes des 4 grands de Saint-Émilion classés A conservés en Suisse.


Ha ! Les bulletins de JM Quarin, à chaque livraison électronique je suis excité comme une puce, une guêpe au-dessus d’un bocal de confiture. D’avance je me pourlèche les babines. Je me hâte. Je me jette comme un mort de faim dans leur lecture. Ils sont à déguster sans modération, pas à l’aveugle bien sûr, mais dans les règles de l’art. Surtout ne jamais les laisser en carafe. J’avoue sans honte que très souvent j’atteins l’extase : je jouis en solitaire !


Comme je suis partageux, hors du sérail, je ne puis m’empêcher de vous faire profiter des lumières de JMQ qui, je l’espère, donneront de l’éclat aux dégustations que vous allez vous empresser d’organiser avec vos amis.


Bonne dégustation comme nous le serinent les sommeliers en habit de croque-mort 

 

1-      Avoir envie de réunir quelques amis autour des millésimes : 2009, 2008, 2006, 2005, 2004, 2003 et 1998  des 4 premiers grands crus classés A de Saint-Emilion : les 2 anciens Ausone et Cheval Blanc et les 2 nouveaux Angélus et Pavie.


 

2-      Disposer de vins achetés en primeurs, conservés en Suisse, à 850 km de Bordeaux afin de faire la démonstration aux ignorants qui « croient que les vins s'abiment parce qu'ils voyagent loin. »


 

3-      S’assurer que vos quelques amis veuillent allonger sur la paillasse environ 19 000 euros

 

 

4-      Pour les convaincre du bien-fondé de leur exercice dégustatif mettre en avant 2 questions essentielles :

 

-          Les deux crus historiques, Ausone et Cheval Blanc enchanteraient-ils ou décevraient-ils ?

 

-          Comment vont se comporter les deux nouveaux entrants : Angélus et Pavie ?


 

5-      Afin d’avoir un sujet de discussion après la dégustation demander à vos quelques amis assemblés de lire l'arrêté du 6 juin 2011 relatif au règlement concernant le classement des «premiers grands crus classés» et des «grands crus classés» de l'appellation d'origine contrôlée «Saint-Emilion grand cru» signé par Bruno Le Maire et Frédéric Lefèvre. link


 

6-      Suite à cette lecture faire semblant de croire, en pointant du doigt les incongruités de ce texte, que la plume de l’arrêté a été tenue par le Ministre et ses affreux fonctionnaires alors que tout le monde sait au village qu’il est le fruit des hautes réflexions de qui vous savez et qu’il a été gravé dans le bronze par les « moutons » du syndicat dit ODG.


 

« En choisissant d'instituer le bon goût d'une des régions viticoles les plus connues au monde à travers un règlement où la note sur le goût ne compte que pour 30 %, on peut se demander quelle mouche a piqué le législateur ? » 


 

7-      Disposer du petit matériel indispensable à toute bonne dégustation tire-bouchons pro, carafes bien rincées, verres propres, crachoirs ad hoc, blocs et crayons pour commentaires et notations.


 

8-      Se payer un préposé pour réaliser les opérations matérielles afin qu’aucun biais ne s’introduise dans l’exercice dit à l’aveugle.


 

9-      Indiquer à vos quelques amis, avant qu’ils mettent leur nez dans leurs verres, que la domination se jouera au ½ point près tout comme le niveau des 4 grands.


 

« Les deux premiers crus historiques (chacun 3 fois premier) dominent la dégustation. Un éclat gustatif et aromatique les caractérise. Ce référentiel aromatique, de parfums, de goût et de texture distingue aussi le classement des crus bourguignons. Je dirai même qu'il est le dénominateur commun des plus grands vins du monde. Dans sa courte histoire depuis l'introduction de la barrique dans ses chais en 1985, Angélus se remarque aussi pour sa capacité à offrir un goût éclatant, mais moins souvent. Pavie y échoue fréquemment. Il apparaît donc à travers ma dégustation l'idée que ces quatre premiers grands crus classés A de Saint-Emilion ne sont pas exactement au même niveau. »

 

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La chronique de JMQ link

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 00:09

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Comme chacun le sait, et le sieur Dupont Jacques ne cesse de le chanter sur tous les tons, non avec le chœur des vierges mais avec les confréries vêtues de longues robes, le vin est un produit de Haute culture. Culture avec un grand C, ce qui fait, qu’avant d’aborder un sujet très sérieux, je me permets de vous parler de cul avec un petit c, ça fera plaisir à Pousson qui adore les gros nichons.


L’expression « Donner, payer des verges pour se faire fouetter, pour se faire battre », signifie «fournir à l’adversaire des arguments, des armes contre soi-même».


« Une verge est une baguette de bois, longue et flexible. Elle servait à frapper, à corriger, à infliger une punition corporelle.


« Dans les livres d’images qui ont amusé mes premières années, on voyait passer le père Fouettard avec son paquet de verges sous le bras ; mais ce n’était à mes yeux qu’une métaphore (…) Jamais je déliai ma pensée en ce paquet de verges ; jamais je n’en tirai quelque baguette d’osier assouplie par l’eau, propre à couper du premier coup la peau délicate d’un enfant. »


« Propos » d’ALAIN (1921)


Mais, comme nous sommes à Bordeaux, le Bordeaux des châteaux, le Bordeaux des Grands Culs, pardon Crus, je ne dois de faire bon poids en mettant en avant les « Les Onze Mille Verges ou les Amours d'un Hospodar » de Guillaume Apollinaire.


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« Arrivé devant la porte du vice consulat de Serbie, Mony pissa longuement contre la façade, puis il sonna. Un Albanais vêtu d'une fustanelle blanche vint lui ouvrir. Rapidement, le prince Vibescu monta au premier étage. Le vice-consul Brandi Fornoski était tout nu dans son salon. Couché sur un sofa moelleux, il bandait ferme ; près de lui se tenait Mira, une brune monténégrine qui lui chatouillait les couilles. Elle était nue également et, comme elle était penchée, sa position faisait ressortir un beau cul bien rebondi, brun et duveté, dont la fine peau était tendue à craquer. Entre les deux fesses s'allongeait la raie bien fendue et poilue de brun, on apercevait le trou prohibé rond comme une pastille. Au-dessous, les deux cuisses, nerveuses et longues, s'allongeaient, et comme sa position forçait Mira à les écarter, on pouvait voir le con, gras, épais, bien fendu et ombragé d'une épaisse crinière toute noire. Elle ne se dérangea pas lorsqu’entra Mony. Dans un autre coin, sur une chaise longue, deux jolies filles au gros cul se gougnottaient en poussant des petits "Ah" de volupté. Mony se débarrassa rapidement de ses vêtements, puis le vit en l'air, bien bandant, il se précipita sur les deux gougnottes en essayant de les séparer. Mais ses mains glissaient sur leurs corps moites et polis qui se lovaient comme des serpents. Alors voyant qu'elles écumaient de volupté, et furieux de ne pouvoir la partager, il se mit à claquer de sa main ouverte le gros cul blanc qui se tenait à sa portée. Comme cela semblait exciter considérablement la porteuse de ce gros cul, il se mit à taper de toutes ses forces, si bien que la douleur l'emportant sur la volupté, la jolie fille dont il avait rendu rose le joli cul blanc, se releva en colère en disant :


- Salop, prince des enculés, ne nous dérange pas, nous ne voulons pas de ton gros vit. Va donner ce sucre d'orge à Mira. Laisse nous nous aimer, N'est-ce pas Zulmé ?


- Oui ! Toné! répondit l'autre jeune fille.


Le prince brandit son énorme vit en criant:


- Comment, jeunes salaudes, encore et toujours à vous passer la main dans le derrière ! Puis saisissant l'une d'entre elles, il voulut l'embrasser sur la bouche. C'était Toné, une jolie brune dont le corps tout blanc avait aux bons endroits, de jolis grains de beauté qui en rehaussaient la blancheur ; son visage était blanc également, et un grain de beauté sur la joue gauche rendait très piquante la mine de cette gracieuse fille. Sa poitrine était ornée de deux superbes tétons durs comme du marbre, cernés de bleu, surmontés de fraises rose tendre et dont celui de droite était joliment taché d'un grain de beauté placé là comme une mouche, une mouche assassine. »


Tout ce qui précède est à porter au débit, ou presque, de Jacques Dupont qui a osé titrer « Foire aux vins : la décrue des grands crus ! » et qui pourra être accusé par la place bordelaise d’ajouter quelques hectolitres – mesure caractérisant le Languedoc adepte du degré hecto – à l’affreux bashing dont sont l’objet les vins de Bordeaux.


Mais comme la défense de l’honneur des GCC est très efficacement assurée au Comité National des Vins et eaux-de-vie de l’INAO, par le très cher Hubert de Boüard de Laforest, l’homme au mille talents (pas 11000) je ne suis pas dans l’ardente obligation de plaider en défense pour contrecarrer l’injuste bastonnade dont fait l’objet les vins de Bordeaux.


De plus ça ferait double emploi avec l’autre Jacques qui I love Bordeaux puisqu’il est l’auteur du guide de référence des Vins de Bordeaux.


Comme je suis très malin, ça me dédouane (c'est excellent pour l'export), je cite la conclusion de son article :


« Les grands crus de Bordeaux en perte de vitesse dans les foires aux vins disparaissent peu à peu des cartes de vins des restaurants et de l'offre des cavistes. Cela ne semble pas pour le moment affecté les châteaux, tout comme la fin de l'eldorado chinois. Le millésime 2014 qui sera proposé à la dégustation dans quelques semaines en "primeur" ne devrait pas connaître une baisse importante qui pourrait influencer favorablement le marché (on s'attend même à l'inverse) et quelque peu modifier l'image "d'arrogance" de ces crus. L'annonce par quelques-uns, relayée dans la presse anglo-saxonne, qu'ils ne seront pas présents dans les dégustations de l'Union des grands crus, mais que les acheteurs éventuels devront venir au château s'ils veulent les goûter, risque fort même d'accentuer ce sentiment. L'explication pseudo technique qui accompagne toujours ces décisions ne suffira certainement pas à optimiser le jugement de l'un des participants qui nous confiait : « Peut-être qu'à l'avenir nous devrons aussi, pour les déguster, mettre un genou à terre ou faire la révérence ? »


Allons,  allons, cher Jacques, ce ne sont là que des propos de médisants qui n’ont pas d’hélico pour aller se poser sur les beaux parkings des châteaux, tu sais ceux qui donnent des points pour le classement de seins t'em mais qui donnent de l’urticaire aux architectes de nos beaux bâtiments nationaux qui sont d’affreux fonctionnaires qui font tout pour embêter les érecteurs de chais de GCC.

 

Les illustrations sont le choix du Taulier et non de Jacques Dupont, celle de son article étant bien plus " indécente", je vous propose sa prose entière ICI  link

 

 

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 00:09

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Tu te trouves accoudé à un bar et tu lis. Le lieu est magique, et ce que tu bois t’égaie le cœur et envoie ton âme en des lieux qu’elle seule peut visiter. Tu es loin de tout, dans un ailleurs qui est inaccessible à ceux qui ne sont pas des glaneurs de rêves.


Me voilà encerclé par les bras de Patti Smith, je m’abandonne, je crayonne, je glane et ma gerbe, enserrée par le fil de mes propres rêves, dresse un portrait qui lui doit tout.


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Ce sont ses mots, ses phrases réassemblés au gré de mon vagabondage, qui deviennent miennes.


« Rédigé en 1991, pendant une dépression, Glaneurs de rêves est la célébration, vibrante et merveilleuse, d’une acuité poétique née au cours de ses jeunes années. »


Patti Smith invoque un âge […] où les limites du réel, encore mouvantes, engendrent des visions irréelles. De ces « vérités sauvages et nébuleuses », elle tire un mystérieux flux poétique au sein duquel des lieux et des figures inquiétantes se déploient … » Emily Barnett les Inrocks


À tous ceux qui ne savent ni ne veulent se laisser entraîner dans l’entrelac de rêves partagés je conseille de passer leur chemin.


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Ma seule ambition est de vous donner envie de lire le n° 45 7,5x10 cm publié par Hanuman Books Woolgathering 1992, en français Glaneurs de rêves chez Gallimard 10€   


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photo Edward Mapplethorpe

 

« Parfois, je me laissais tomber dans le lit de verdure et je contemplais le ciel.


On aurait dit que la carte de toute la création était tracée là-haut et, distraite du rire des autres enfants, je basculais dans une immobilité que j’aspirais à maîtriser. Là, il était possible d’entendre une graine se former, d’entendre l’âme se replier comme une nappe blanche. »


 « … l’esprit d’un enfant est pareil à un baiser sur le front – ouvert et désintéressé. Il virevolte comme virevolte la ballerine au sommet d’un gâteau d’anniversaire avec ses étages de glaçage toxique et sucré… »


« … De l’esprit on ne peut jamais être certain.


Car il virevolte comme virevoltent le chien sauvage, l’amarante, la jante d’une roue… »


« … Comme il est large, le monde. Comme il est haut… »


« … Et là on serait attiré, telles la phalène et la luciole… »


«… Les glaneurs (de rêves) accomplissent leur tâche. Sans salaire, sans contrat, avec une grâce singulière et collective… »


« … ma tâche n’avait rien d’exceptionnel : arracher une pensée fugace, telle une touffe de laine, au peigne du vent… »


« … Des bribes d’esprit humain passées, on ne sait comment, entre les mailles du filet. Prises dans un tablier. Cueillies par une main gantée… »


« … Détendu, sous le ciel, il (le cow-boy) médite sur tout et rien […] le ciel lui-même avec ses masses qui se gonflent si près qu’on pourrait attraper un nuage au lasso pour y poser sa tête ou s’en remplir le ventre. Saucer les haricots et la sauce brune avec un morceau de viande de nuage, et s’allonger pour une petite sieste. Quelle vie ! »


« … Il a accepté la majesté de son sort avec un cœur sans questions et son cadeau repose encore enveloppé devant lui : la liberté, cette satanée liberté… »


« Planté là, il cligne  des yeux dans le soleil ; et tout est si beau, putain, que ça lui serre la gorge. Il examine le terrain, la paume de sa main et ce fléau doré pendant un petit instant de vérité et voilà ce qu’il a trouvé. »


« … mon imperméable vert qui jurait avec le décor de la pièce. C’était une guenille absurde que j’adorais, en taffetas vert pomme caoutchouté, que j’avais dénichée dans un tas de fripes quelconque. Assise dans la lumière changeante au centre de la pièce, j’ai recopié le Notre-Père en araméen, espérant que quelque chose se révélerait dans l’opération. »


« … Tous les hommes sont frères. Si seulement c’était vrai. Et le marin pourrait dormir en paix dans le cratère du désert et le musulman dans les bras d’un vaisseau chrétien… »


« … Au loin, sur l’eau, on voyait des bateaux, des dizaines de petits bateaux en bois avec des voiles impeccables. La flotte d’un énorme enfant, appuyé sur un nuage pour les poser, un par un, délicat comme une aile… »


« … J’avais une migraine terrible. Elle cognait sans cesse dans mon crâne, me précipitant dans ce royaume insensé où la guillotine semble la plus alléchante des issues… »


« L’eau bouillait. J’ai rincé une poignée de menthe et versé. Pour laver tous les maux, les faire aussi insignifiants que des notes de bas de page… »


« … Un gamin vendait des journaux à la criée : DE  LA NEIGE DANS LE DÉSERT… »


« … Soudain, la fatigue m’a prise. Le jukebox passait un mélange de jazz d’ascenseur et de rock garage des sixties. Riot on Sunset Strip était projeté sur le mur du fond et Mimsey Farmer, défoncée, se débattait dans sa minirobe à fleurs tandis qu’une bande de hippies surexcités s’apprêtait à la faire passer à la casserole… »


« … Un gamin vendait des journaux à la criée : EXCLUSIF INONDATION DANS LE DÉSERT… »


« … Rien ne collait, mais tout collait… »


« … J’ai commandé un Pernod avec de l’eau… »


« … J’ai tiré sur les lacets de mes chaussures absentes et j’ai foncé droit dans l’amour… »


« … Mon souffle formait le langage mais aucun son, tandis que le ciel clair se zébrait des traces estompées de prières et de poèmes qui semblaient échappés du moteur de l’avion d’Apollinaire… »


« … Après mes prières, quand tout était calme […] Je continuais ma communion en les guettant – les glaneurs de rêves – grattant les choses disparues pour les retrouver de nouveau, même la lueur la plus anxieuse… »


« … Ces moments étaient à part, uniques. Les silhouettes n’étaient pas si insaisissables, pas si furtives. Non, elles se tenaient côte à côte face à moi, et se préparaient, vêtues des manteaux et coiffes de leur espèce ; tissés d’un fil tremblant. Baignées dans la pâle clarté, elles ressemblaient moins à des êtres humains qu’à des rangées de trembles frissonnants dont les feuilles frémissent au moindre souffle. Elles traçaient, de concert, le mystère de leur ouvrage, conspirant dans leurs mouvements pour nettoyer et magnifier l’existence dans une chanson humaine. On aurait dit qu’elles ne prenaient pas, mais donnaient, et pendant un instant le monde entier semblait béni… »


« … Un serpent dans l’herbe avec des ailes… »

 

Photo de couverture : Patti Smith CM1, 1955, New Jersey

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 00:09

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Hier j’ai acheté, à Terroir d’avenir, des poires de terre cultivées par Bérurier mais, rassurez-vous, je ne suis pas en train de me fiche de votre poire, comme Frédéric Dard, car je suis trop bonne poire pour me fendre la poire à votre détriment.


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Que la langue française est riche d’expressions qui n’ont pas toujours été du goût du pouvoir. Les caricaturistes, déjà, ont été la cible de l’autorité et l’assimilation de la poire au visage vient de là. En 1830, avec l’avènement de Louis-Philippe, l’éditeur Charles Philipon se veut le fer de lance de la résistance au gant de fer royal en débauchant des talents de la pointure de Daumier. La caricature du visage du roi en forme de poire, fruit connu pour pourrir rapidement, enflamma le peuple et les initiales LP, Louis-Philippe, collaient très exactement avec La Poire, et valut à Daumier cinq ans de prison et cinq mille francs d'amende.  Bien avant notre Flamby, le roi de France fut brocardé comme étant « La Poire de la France »


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Mais revenons au sujet du jour : la poire de terre, Polymnia edulis, qui est une plante originaire d'Amérique du Sud, le Pérou, aux tubercules comestibles et charnus. Ces derniers ont une forme qui rappelle la poire et leur peau est rouge tachée de brun. Cette poire a un goût sucré rappelant celui de la poire, tout en restant pauvre en calories mais riche en inuline ce qui lui vaut d’être conseillée aux diabétiques.


Pour les jardiniers du dimanche, du côté culture de la poire de terre sachez qu’elle « apprécie une exposition ensoleillée, un sol meuble et riche. Procurez-lui beaucoup d'espace car elle aime s'épanouir en hauteur comme en largueur (très fort développement aérien, jusque 2m de haut et sous terre). Qui plus est, elle reste longtemps en terre, puisque sa plantation s'effectue après les saints-de-glace, et sa récolte avant les grosses gelées d'hiver. »link Voir la vidéo ci-dessous.


Pour les as de la queue de casserole, sachez quela poire de terre se cuisine comme la pomme de terre : cuite à l’eau ou à la vapeur, mais contrairement à la patate elle peut se consommer crue.


Du côté recette allez consulter le blog de ma consœur : mademoiselle banane cuisine link pour tout savoir sur le gratin de poire de terre qui, selon elle, va bien avec le veau.


Comme vous le voyez, en notre vieux pays grincheux, tout peut finir sur une côte de veau poêlée au gratin de poire de terre…

 

En froid je me suis concocté une petite salade d'endives de pleine terre, fines lamelles de poire de terre et de provolone fumé...


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Et avec tout ça vous prendrez bien un petit coup de poiré !


Et ne me dites pas que tous les Français sont des veaux sinon je vais vous en mettre plein la poire… 


poiré


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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 00:09

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Qu’il est doux d’avoir de  bonnes amies qui vous prêtent des livres, Claire de la cantine d’altitude est de celles-ci. Avant même d'en avoir terminé la lecture, connaissant ma boulimie « Gutenbergienne », elle m’a confié « L’art de l’ivresse » poèmes chinois traduits et présentés par Hervé Collet et Cheng Wing Fun chez Albin Michel.  


Ils écrivent dans leur préface « Pour le poète chinois de jadis, le vin est aussi important que l’encre ou le pinceau. L’ivresse qu’il procure permet de s’accorder au cours naturel des choses (tao), d’entrer en communion avec les circonstances, d’être en phase avec le flux de l’instant éternellement présent. « Hic et nunc », comme dit le latin avec un sens évident de l’onomatopée. On dit souvent que le vin que le vin permet d’oublier. Il permet en effet d’oublier le passé, l’avenir, et de se consacrer entièrement au présent, dans une merveilleuse contemplation du monde. »


C’est le père Rigaud qui va être content, il va peut-être porter l’affaire devant les tribunaux pour incitation à lever le coude. Je compte sur le Jacques Dupont pour plaider la défense de Liu Ling, l’un des 7 sages de la Forêt de bambous, cette joyeuse compagnie de lettrés excentriques d’inspiration taoïste. « Liu Ling reste à jamais gravé dans les mémoires comme le plus grand buveur de l’empire du Milieu. »


Dans les nouveaux Propos et anecdotes du siècle, un recueil du 5e siècle, on rapporte à son sujet : « Liu Ling s’abandonnait souvent au vin. Libre et exubérant il se déshabillait et se promenait nu dans sa maison. À ceux qui lui rendait visite et l’en blâmaient il répondait : « je prends ciel et terre pour maison et ma maison pour pantalon. Qu’avez-vous donc messieurs à entrer ainsi dans mon pantalon ? »


En buvant du vin


dans le jardin à l’est il y a un pin vert


quand la végétation est luxuriante, sa belle allure


          est engloutie


mais lorsqu’il gèle, que tout le reste est flétri,


majestueusement apparaissent alors ses hautes branches


un pin au milieu de le forêt, personne


      ne le remarque


tout seul, il inspire l’admiration


j’emporte une gourde de vin et l’accroche à


      une branche froide


la vie s’écoule au milieu du rêve et de l’illusion


pourquoi rester prisonnier des filets du monde


      de poussière ?


Devant le vin


du vin de raisin dans des coupes en or


une belle de Wu de quinze ans, sur un cheval


     nain


ses sourcils peints d’indigo, ses bottes de brocart


     rouge


elle trébuche sur les mots, mais espiègle chante au banquet raffiné, ivre elle se

 

serre contre moi

 

« derrière la tenture aux nénuphars, je ne saurais te résister »


Inscrit sur le kiosque montagnard de l’ermite Ch’ui (Chan Chi)


un sentier dans les pivoines, la mousse est rouge


     vif

 

une fenêtre en montagne, emplie de bleu


    émeraude

 

je t’envie, ivre au milieu des fleurs,


papillon voltigeant dans le rêve


Inscrit dans ma cave à vin


je suis comme une grue sauvage qui s’est échappée


     de sa cage,


un frêle esquif dérivant au gré du vent


quand je me sens triste, je me rends dans un lieu


     animé


j’ai installé mes vieux jours dans la tranquillité


mon corps, que pourrait-il demander de plus ?


le ciel est généreux envers le vieillard


le vieillard, qu’a-t-il donc fait pour mériter, ainsi,


que sa cave à vin ne soit jamais vide ?


Le banquet vient de se terminer


le petit banquet en quête de fraîcheur vient


    de se terminer


traversant le pont en planches, je rentre


     sous la lune


dans le pavillon, les orgues à bouche


    et les chansons se sont tues


on descend les torches du belvédère


c’est la fin de la chaleur, les cigales semblent


      pressées d’en finir


le nouvel automne ramène les oies sauvages


pour accueillir le sommeil naissant


avant de me coucher je bois une dernière coupe


Quémandant du vin (Yao He)


j’entends dire que tu as du bon vin


il serait avec moi en bonne compagnie


il doit déborder de la jarre, limpide


    comme de l’eau de source,


et coller à la coupe, presque comme de l’huile


non seulement il doit guérir les anciennes


     maladies,


mais aussi susciter de nouveaux poèmes


ce ventre rebondi, au bout du compte,


n’est rien d’autre qu’une jarre qui ne demande


      qu’à être remplie


Au kiosque du sud (Chao Ku)


le kiosque, dissimulé au milieu d’une profusion


     de fleurs, est désert


mélancolique, je réalise qu’il n’y a personne


     avec qui partager l’ivresse


j’écoute se dissiper la cloche du crépuscule, seul,


    assis


au bord de l’eau le vent printanier soulève les pans


    et les manches de mon vêtement


Sur le fleuve, bloqué par le vent


crépuscule de printemps, l’eau et le ciel


     sont sombres, le froid vif


une pluie fine, on ferme l’auvent et la lucarne


     de la barque


j’entends quelqu’un dire que le vin du pêcheur


      est juste mûr


le soir me ravit la tempête qui se lève


Invitation à boire (Li Ching-fang)


de celui qui n’est pas ivre  devant les fleurs,


les fleurs doivent sans doute se moquer


seul m’inquiète la pluie qui ne cesse


    de toute la nuit


un nouveau printemps est sur le point de passer


des affaires quotidiennes je ne vois pas le bout,


cet humble corps a ses limites


s’il n’y avait une coupe de vin,


comment se manifesterait ma nature véritable ?


Je viens de me réveiller (Yong Tao)


dans mon cœur la joie a momentanément


     chassé la tristesse


ivre je m’allonge, le vent frais effleure la natte


      d’automne en bambou


au milieu de la nuit je me réveille, dégrisé


       du vin nouveau


un croissant de lune est arrivé jusqu’à


       mon chevet


Laissant aller mon pinceau


l’hôte de la Pente de l’est, vieillard malade


     et solitaire


barbe blanche clairsemée, pleine de givre


     et de vent


mon fils, heureux de voir que mes joues


      sont encore rouges, se trompe


je ris, il ignore que c’est le vin qui m’empourpre


Le petit kiosque sur le lac


les raisins commencent à s’empourprer, les kakis


     deviennent rouges


accoudé à la balustrade du petit kiosque,


      un vent de dix mille li


il n’est guère étonnant que depuis cette année


      ma capacité en vin ait augmenté


ici je puis atteindre la grand vide

 

Cette anthologie paraît pour la première fois en format poche et c’est un livre indispensable. 8,50 euros


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