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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 08:00

Ha, les Indirectes ! J'en ai additionné des degrés d'alcool pur à partir des 10 ter de mon distillateur ambulant de père. Faire la goutte, contourner l'interdiction de l'extinction du droit de faire sa gnôle, rouler dans la farine les balourds des Indirectes, une époque révolue... Toujours au hasard de mes périgrinations de chineur, samedi dernier, j'ai trouvé un petit livre édité en 1955 par l'Association des Anciens des Indirectes pour, comme le souligne le préfacier, que le bon peuple " se rende compte de l'effort qui a du être fourni pour libérer les Indirectes du complexe d'infériorité et faire que l'administration la plus arriérée, la plus pauvre, la plus mal partagée des finances s'élève par son seul potentiel au niveau des autres et tienne sa place dignement..." De la belle ouvrage syndicale mes amis, il faudrait que leurs présents héritiers se haussent, eux aussi, au niveau des enjeux de notre beau secteur. Une administration moderne quoi, tournée vers le service, l'efficacité...  

Je fus chargé de tenir quelques portatifs, car nous exercions une demi-douzaine de marchand en gros dont le plus important fabriquait de l'absinthe, alors permise. Un jour, M.Trombe me prévint que nous partions chez ce négociant pour procéder à l'inventaire.
Nous traversâmes une partie de la ville portant les registres dans nos serviettes de simili-cuir et nous arrivâmes à la porte de l'entrepôt, juste à temps pour prendre le visa d'un chargement prêt à sortir.
Ce fut une véritable initiation pour moi qui pénétrais pour la première fois dans l'atmosphère humide et noire des caves. Des lampes clignotaient ici et là. Toute la journée se passa en appels et Trombe suivait le chef de chai et tapait de la batte sur les futailles pour s'assurer de leur contenance. Il en marqua quelques-unes que, derrière nous, Cafre jaugea et carnet en mains devait évaluer plus techniquement. Une odeur fade et anisée nous montait à la tête. Cafre s'affairait, se heurtait aux futs et semblait animé d'un zèle extraordinaire. J'écrivais sous la dictée, en compagnie d'un jeune comptable de la maison qui, sournoisement, poussait le train pour avoir l'agrément, ensuite, de m'attendre,car, néophyte, je n'avais pas son entraînement.
Nous passâmes toute la matinée dans ces appels. Trombe suivait toujours et crachottait. Le soir nous fîmes les décomptes et Cafre acheva de jauger. Après quelques rectifications sans importance, la balance fut établie et l'acte rédigé avec les " en bois " et les " autres qu'en bois ". Les manquants apparaissaient normaux, ce qui plut grandement au directeur de l'Etablissement. Il nous offrit l'apéritif que nous acceptâmes sans excès déplacé de dignité.
En nous retrouvant, dans la rue, nous vîmes que Cafre était plus hésitant que jamais dans sa démarche. Il nous quitta bientôt, à la grande satisfaction de Trombe qui me confia : " Cet abruti a probablement dû abuser de la règlementation qui lui permet de pratiquer la dégustation en cas de doute sur la nature des liquides..."

Mémoires d'un rat de cave  Simplex  édité par l'Association des Anciens des Indirectes 10, rue de Solférino Paris 7

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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