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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 11:52

Bouquet-022.JPG

Vincent Pousson est un merveilleux allumeur de mèches et, comme je suis de mèche avec lui, même le dimanche je me laisse entraîner sur ses sentiers non balisés ou sur les chemins vicinaux chers à notre ami commun François des Ligneris. Bref, j’avais lu l’édito de Vitisphère « des blogueurs et des journalistes » link, non signé, mais qui portait la trace évidente de Michel Remondat. Mon sentiment a fort bien été traduit par Ophélie Neiman, la célèbre Miss Glou-Glou, sur le mur Face de Bouc de l’ex SBF Vincent Pousson : « Bon sang qu'est-ce que moche de pondre un édito aussi mauvais dans un journal! C’est bien la preuve qu'un « journaliste » peut rédiger (et publier!) des chroniques plus lamentables que ne le ferait un blogueur: zéro source, zéro info fiable, zéro objectivité, zéro... « Déontologie », pour reprendre un terme lu plus haut. Un texte écrit en 5 min sur un coin de nappe après un repas... et qui en plus pontifie et donne des leçons : pitoyable. L'édito nous parle d'un « drame » (!) probable et à éviter. Mais drame pour qui? Le lecteur? Le consommateur? Le vigneron? ... ou drame pour le pré carré de l'auteur ? »

 

Donc pas la peine de chroniquer me suis-je dit ! Mais c’était sans compter sur notre Ryan O’Connell, qui tire plus vite que son ombre. Dans sa langue maternelle il répondait, point par point, de façon très professionnelle, à l’édito de Michel Remondat.link Sans être mauvaise langue je me suis dit qu’une majorité des habitants de notre beau pays souffrait d’une grave et rédhibitoire allergie à la langue anglaise, tout comme d’ailleurs beaucoup de pratiquants de l’anglais ne savent pas aligner deux mots de français. Donc j’ai demandé à Ryan une version française de son texte. Ensuite je vous livre toute chaude la réponse de Michel Remondat publiée sur le mur du Sieur Pousson l’arpenteur de vin

ryan-barrel-room.jpg 

Les simples consommateurs de vins sont-ils qualifiés pour partager leur opinions?

 

C'était avec un petit choc que j'ai lu l'édito dans le dernier Vitisphère qui termine avec cette petite conclusion:

 

« Enfin, il faudra accepter une certification des acteurs de la critique, de la notation, par une Autorité, sinon les technologies du numérique pourraient imposer la dictature d’une démocratie virtuelle. 

La Dictature d'une Démocratie ? »

 

Mon premier réflexe est de dire que l'édito est un peu ridicule.  Finalement, les consommateurs savent ce qu'ils aiment et ils sont spécialement qualifiés pour être prescripteurs et de décider quoi acheter.  Mais donnons l'édito sa chance pour convaincre.  Quelles sont les pires qualités d'un monde sous la « dictature d'une démocratie virtuelle? »

Je suppose qu'il y a un risque de se trouver dans un monde où les vignerons essaient de faire des vins oubliables et inoffensifs que personne ne déteste (mais que personne n'adore non plus).  Comme je l'ai déjà mentionné sur un autre article du blog de mon Domaine, je ne souhaite pas voir cela!  Et il ne faut pas dire c'est de la paranoïa car des grand volumes de vins sont déjà produits de cette manière. 

 

Et la musique à la radio est sélectionnée d'une manière assez proche ou le monoplage n'est presque jamais la meilleure chanson de l'album.  C'est juste celui qui déplaît le moins tout en étant un peu entraînant (mais pas trop entraînant!)  Cela rappelle des histoires ou les grandes boites de distribution font jouer l'album pour un groupe test et choisissent après le single avec le score le plus moyen au lieu de la chanson que certains adorent et d'autres détestent.

Citons le vote du  « Design a Sam Adams Beer » qui démontre que certaines boissons recherchent d'être littéralement sous une dictature de la démocratie. Et c'est vrai que c'est un peu n'importe quoi. 

 

Par contre cet édito a une sorte de nostalgie pour une période passée où toutes les poches étaient pleines de francs et tous les verres remplis de bon vin.  Mais honnêtement, il y a toujours eu des vrais vignerons et des producteurs qui cherchent à faire des vins de grandes surface (mais pas de grands plaisirs).  Il y a même un moment où j'ai l'impression que l'édito suggère que la baisse en consommation est faute d'un manque de voix d'autorité dans le journalisme du vin:

 

« Et au 3ème et dernier acte, disparition de l’art de la critique du vin… Perdu par la multiplicité des références, des origines, des prix, le consommateur perd confiance et se protège en réduisant ses achats de vins ! »

 

Cela me semble un peu fou. Les gens boivent moins en France à cause d'un manque de confiance dans leur habilité à choisir la bonne bouteille?  J'ai mes doutes. La consommation diminue parce qu’on a peur de souffler dans le ballon. Ou parce que les cocktails gagnent en popularité.  Ou même parce qu'il y a plus de choix autre que le vin (on ne buvait pas de Red Bull il y a 20 ans).  Il y a maintes raisons à une baisse de la consommation de vin. Il n'y a pas de raison de croire que cette baisse de la consommation est liée à un manque de confiance du consommateur. Un manque de confiance qui existe d’ailleurs aussi dans les pays ou la consommation augmente.

 

De plus, je ne suis pas convaincu que la croissance des blogs ou la perte de voix de l'Autorité sur le vin, peuvent faire baisser la confiance du consommateur. Au contraire, j'imagine que la notion que n'importe qui peut publier une opinion sur l'Internet rendrait plus de confiance aux consommateurs qui pourraient être intimidés dans un monde où il existe des voix certifiées dont ils ne trouvent pas toujours le temps de découvrir. Je crois que le consommateur aurait plus de confiance dans un monde où la seule chose qui compte est son opinion personnelle et celles des personnes avec qui il partage sa bouteille.

 

De toute façon, je commence à perdre le fil de cet édito.

 

Mon expérience dans la communication égalitaire

 

Une des meilleures choses qui s’est passé pour mes vins c'est l'interface client de mon importateur au Royaume Uni, Naked Wines.  Les clients qui achètent mes vins peuvent laisser un commentaire sur le site.  C'est aussi simple que ça.  La majorité ne se considère pas comme blogueurs, gourous, ou experts.  Ils font simplement une petite revue pour les amis.  La plupart mettent un simple oui ou non à la question « rachèterez-vous ce vin? », et d'autres écrivent des petits commentaires.

 

Au début de ma jeune carrière comme vigneron je me disais qu'aucun critique ne pouvait influencer ma philosophie de vigneron ou le style de mes vins.  Mais une fois que les clients sont devenus critiques... j'ai un peu changé d'avis. Quand des milliers de gens goûtent mon vin et des centaines d'entre eux me laissent une note honnête et détachée de publicité et sans inquiétudes sur la circulation ou les impressions de leurs écrits, ça fait du bien.  J'aime alors entendre ce qu'ils ont à dire. Bien sûr, il faut toujours faire du vin qu'on aime boire.  Mais je veux bien prendre en compte le fait que des centaines de personnes préfèrent le Trah Lah Lah 2009, un peu moins tannique que le 2008. Cela me donne confiance pour faire dans le futur un assemblage plus raffiné si ça me dit de le faire. 

 

Et bien entendu il faut éviter de fabriquer des vins inoffensifs qui passent pour tout le monde sans vraiment faire plaisir à personne.  Mais en même temps, est-il si terrible de prendre en compte l'opinion de mes clients (qui eux boivent un peu plus de mes vins que la majorité des journalistes)?  Et je suis donc heureux qu'ils peuvent partager leur opinons sur le net, indépendamment de ce que les autorités certifiés veulent dire.

 

Qui donne l’autorité aux autorités?

 

Et la dernière chose que je ne comprends vraiment pas : qui pourrait donner l’Autorité aux critiques? L'édito suggère:

 

« Pour éviter le drame, journalistes et éditeurs, du papier ou du numérique, devraient se réunir pour redonner un sens au journalisme du vin, redéfinir l’art de la critique. »

 

Si tous les journalistes et éditeurs du papier et du numérique se rassemblent pour décider comment on peut écrire sur le vin, cela  inclura tous les blogueurs et réseaux sociaux qui font tant trembler dans le reste de l'édito !

 

Et pourquoi avons-nous cet impératif pour définir l'art de la critique?  Est-ce que c'est véritablement pour donner plus de plaisir aux consommateurs ?  Ou pour donner plus de confiance au consommateur qui doit choisir une bouteille au restaurant?  Honnêtement, l’idée est terrifiante qu'il y a des spécialistes certifiés qui ont des opinions plus valides que celle de chacun de nous a la table.  Je ne veux pas me sentir coupable pour n'avoir pas lu toutes les opinions expertes qui ont été publiées avant d'acheter une bouteille recommandée par un ami.

 

Non, je suis bien à l'aise dans la dictature de la démocratie.  Finalement, on est peut-être bien dans le meilleur des mondes. »

indexRemondat.jpgMichel Remondat

 

Bonjour Vincent

 

Merci de m’avoir invité hier soir. Je suis rentré tard. Il n’y a pas que le vin et le Web dans la vie ! Difficile de répondre à tous ces mots et à toutes ces phrases. Ceci n’est pas une réponse, car je respecte trop les opinions de chacun. Juste quelques explications :

- Je m’intéresse depuis longtemps au vin, plutôt aux vins, mais ce que j’apprécie le plus ce sont les gens du vin.

- Un édito en 10 ou 15 lignes est forcément réducteur. Je regrette d’avoir offensé tes amis. Chaque semaine, Vitisphère essaie d’attirer l’attention des professionnels du vin sur un point, qui pèse ou pourrait peser, changer l’évolution de l’économie du vin. Je défends l’idée que les éditos ne soient pas signés car je préfère le nous au je.

- Le vin est aussi et surtout une activité économique, créatrice de valeurs. C’est précieux. Vitisphère a démarré il y a plus de 10 ans. Nous avons créé 12 emplois, sans subventions, grâce seulement aux efforts de l’équipe. Nous sommes très attentifs à ces notions d’économie, d’indépendance.

- A propos de « journalistes et bloggeurs ». Je ne suis pas journaliste, mais comme tout le monde, je constate les difficultés de la presse du vin. Il serait dommage que ce métier disparaisse. Vitisphère est du côté du numérique, et nous savons très bien qu’il y a du talent, de l’avenir et même de la modestie chez les bloggeurs.

Le vin n’est pas une œuvre d’art (même si certains défendent cette idée) dont la valeur serait corrélée à la force de la critique. C’est un produit qui permet aux vignerons, aux négociants de « gagner leur vie ». C’est un produit commercial avec des contraintes techniques, œnologiques, de marketing et il faut de la formation, de l’apprentissage, de l’expérience pour l’évaluer.

Pour ceux qui croient à l’avis des consommateurs donné sur Internet. C’est vrai ça fonctionne pour l’hôtellerie, pas sûr que ça fonctionne pour le vin !

- Enfin, si j’ai parlé de « certifier les certificateurs », c’est parce que j’ai pensé aux agences de notation et leur AAA. C’était un peu osé et ironique !

- Pour finir : Depuis deux ou trois ans, les attachés de presse des salons de vins se flattent d’organiser un « autobus de bloggeurs ». Autobus et bloggeurs, vous ne trouvez pas ça choquant. C’était le point de départ de l’édito !

 

Michel REMONDAT

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 00:09

u0600753127346.jpg« Mais avec le bagage que vous avez, vous n’allez tout de même pas faire le saltimbanque ». À 11 ans, William Sheller sait qu’il sera musicien. Le piano est son instrument. Son maître de musique, Yves Margat, élève de Gabriel Fauré, le prépare au Prix de Rome et…

 

Nom de scène Sheller, en mélangeant les noms des deux écrivains « Shelley » et « Schiller » William Hand est né le 9 juillet 1946 dans le 17e arrondissement de Paris, d'un père soldat américain et d'une mère française.

 

 «La découverte des Beatles a provoqué un tel séisme en moi que j'ai abandonné mes études de musique contemporaine. Je découvre encore de nouveaux motifs en écoutant Sgt. Pepper's. L'une de mes nouvelles chansons, Tout ira bien, adresse un clin d'œil à la guitare de George Harrison. Les cordes du disque ont été enregistrées à Abbey Road. Sinon, ma famille d'Angleterre élargie s'étend à King Crimson, Procol Harum et Pink Floyd, dont on m'a rapproché au moment de mon album Lux aeterna 1972. »

 

 «J'ai rencontré Barbara pour La Louve 1973, dont j'ai signé les arrangements, et notre relation est très vite devenue affective. Un jour où je lui chantais Marienbad pendant qu'elle se maquillait, elle a claqué son poudrier et m'a lancé : « Tu vas chanter. » Nicoletta m'a donné de précieux conseils pour la scène, notamment que la première chanson était toujours sacrifiée. C'est ainsi que j'ai inscrit à mon répertoire Symphoman et sa longue introduction d'orchestre. Enfin, je partage avec Véronique Sanson la même façon d'écrire par association de mots et la même pulsion dans le jeu... »

 

William Sheller est un des rares à avoir su faire sonner Pop la langue française.

 

Ses arrière-grands-pères : Stravinsky, Chopin, Ravel, Schubert

 

«Ce sont des virtuoses, qui faisaient ressortir l'âme du piano. Grâce à eux, j'ai appris la mélodie, la composition, le toucher, les dissonances. Je me suis rendu compte, après coup, qu'Avatars tenait autant de Pink Floyd que de Stravinsky. »

 

Ses pères : Aznavour, Brel, Ferré, Brassens

 

«Les quatre maîtres de la chanson passaient en boucle à la maison. Musicalement, ils utilisent des formules traditionnelles, mais leur manière de façonner la langue française est incroyable : chaque syllabe est calée sur une note.

 

Pour ceux qui aiment le cheval, le prix d'Amérique : en ligne depuis hier une chronique sur Ourasi, souvenirs, vieille photo : link

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:15

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« Les autres trottaient, lui s’envolait… » Ourasi le cheval du siècle mis un point final à sa carrière sur un exploit inégalé et peut-être inégalable, Il remporte pour la quatrième fois le Prix d’Amérique « en assortissant cette performance monumentale d’un nouveau record de la distance et de l’épreuve » J’y étais le 28 janvier 1990.

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Monarque nonchalant, l’alezan au front marqué d’une étoile blanche, semblait en dehors de la piste de compétition traîner son ennui. J’étais allé le voir s’entrainer sur la piste de Moissy-Cramayel chez Didier Van Techme, là-bas il était couvé par son lad Philippe Renouf sous l’œil de Jean-René Gougeon le Pape de Vincennes. Têtu et hautain il ne supportait pas la promiscuité des autres chevaux qu’il semblait mépriser. À l’entrainement il se contentait du minimum syndical. Un vrai dilettante qui ne se livrait que pour la compétition. Un vrai roi fainéant, et fainéant jusqu’au bout puisque lorsqu’il prendra sa retraite de trotteur, en dépit de l’empressement des juments, Ourasi se révèlera un piètre reproducteur : seules quelques-unes d’entre elles auront un poulain d’Ourasi (90 000 F la saillie).


Mon texte est largement inspiré du site Ourasi le roi fainéant que vous pouvez, si vous souhaitez tout savoir sur ce crack, consulter ICI link  il est très bien fait.


Je poste 1 photo de la remise de la cravate de Commandeur du Mérite agricole à Jean-René Gougeon et à Pierre de Montesson Président de la SECF et copropriétaire d’Ourasi. Le troisième sur la photo est je crois Philippe Renouf le lad d'Ourasi.

photoOurasi.jpg

 

Bien sûr, il y eut autour d’Ourasi, beaucoup de bruits et de fureurs, de sombres histoires d’argent entre ses propriétaires du début le couple Raoul Ostheimer et Rachel Tessier et le syndicat « Ourasi », je me garderai bien de vous la conter car chaque camp détient sa vérité. Moi je ne garde que mes images du roi fainéant qui définitivement retiré de la monte depuis quelques années, « coule des jours heureux au Haras de Gruchy dans le Calvados à quelques kilomètres de Bayeux. Il y est retraité depuis 1990 et il y reçoit de nombreux visiteurs. Ces derniers n'hésitent pas à lui ramener pommes et carottes (coupées en rondelles) qu'Ourasi aime tant mais qu'il doit manger avec grande modération malgré une gourmandise certaine.
Ourasi a fêté le 7 avril 2011 ses 31 ans, l'équivalent de 100 ans chez un être humain. En effet, la durée de vie moyenne d'un cheval de compétition est de 25 ans. Ourasi vit paisiblement auprès de deux vaches qui partagent son « territoire » et il est toujours en forme. Des fans du monde entier viennent toujours saluer le crack. »


La cravate de Commandeur du Mérite Agricole c’était pour lui, les hommes, eux, sont ce qu’ils sont…

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 00:09

Dans le cochon tout est bon, mais la cochonne a des appâts que le cochon n’a pas, et vice-versa. Je me propose donc, en ces temps de frimas, de vous chauffer le corps en vous régalant de tétines de truie préparées selon une recette de Gavius Apicius, accompagnées de macaronis d’Italie, des vrais, tels que les composait Rossini l’auteur de Guillaume Tell. Bien sûr, pour vous faire couler la miette, je ne puis que vous proposer un flacon couillu, un truc d’homme quoi, la boisson des tontons, un Passetougrain du domaine Naudin-Ferrand. Por qué ? Réponse en bas de page !

 

« Faites bouillir des tétines, attachez-les avec des hâtelets de roseau, saupoudrez-les de sel et mettez-les au four ou au gril. Faites griller légèrement. Pilez du poivre, de la livèche, du garum, mouillez de vin pur et de von paillé, liez à la fécule et versez sur les tétines. »

Gavius Apicius L’art culinaire, traduit du latin par Jacques André, Les Belles Lettres 1974.

 

« Apicius est le nom de plusieurs gastronomes romains dont le plus célèbre est Marcus Gavius Apicius. Né en 25 avant J.C., Marcus Gavius Apicius a vécu sous le règne de l'Empereur Tibère et était son cuisinier officiel. Il a surtout fréquenté son fils Drusus dont il est dit qu’il était son mignon. Extravagant, gourmet, débauché, viveur, il a été largement condamné par ses contemporains, en particulier, par les stoïciens mais aussi par les premiers chrétiens qui jugeaient sa cuisine presque comme un acte de barbarie. Trois siècles après sa mort, il avait encore des émules et il reste pour nous celui qui a créé la première codification de la cuisine romaine.

img_5997edit.jpg« Macaroni d’Italie, c’est facile à dire…

Si l’on savait que coulis de viandes, quelle purée de tomates, quelle fleur de parmesan, quelle crème de beurre, quelle finesse de pâte et quel point de cuisson, quelle surveillance active et quels soins minutieux exige ce mets compliqué, on renoncerait à des contrefaçons pitoyables, qui déshonorent la cuisine française, la première cuisine du monde !Il faut tout le génie de Rossini, l’auteur de Guillaume Telle, pour composer un macaroni parfait. On en mangeait d’excellent chez Lablache ; mais le grand artiste en a emporté le secret dans sa tombe, avec bien d’autres secrets. Aucun restaurateur de Paris ne se doute de ce que c’est qu’un macaroni à l’italienne. Il n’y a que Brébant qui ait la vraie recette, - et encore ! »

 

Charles Monselet Gastronomie : récits de table, G. Charpentier, 1874

 

Ces deux textes sont extraits du petit livre de Sandrine Fillipetti Les Mets par le menu Anthologie la petite vermillon 8,50€

 

MACARONI À LA ROSSINI

« Préparer un bœuf braisé avec oignon et beaucoup de tomates fraîches égrenées , mais en conservant leur peau ; ajouter six belles truffes du Piémont épluchées et coupées en quatre ou cinq morceaux , un foie gras , une bouteilles de vin de Xérès vieux et faire braiser le tout ; passer le fond au tamis les truffes comprises , puis à l'étamine ; cette purée doit être liquide , mais d'un bon fumet. En préserver une partie.

D'autre part , choisir des macaronis Zita de Naples( macaroni de gros diamètre ) ; les laisser de toute leur longueur , c'est-à-dire de trente à quarante centimètres ; casser les deux bouts à plat , et à l'aide d'une petite seringue , introduire dans les macaronis le jus ou fumet de bœuf , préparé ; aussitôt que le fumet sort à l'autre extrémité , faire une pression avec la seringue pour bien remplir le macaroni et boucher les extrémité avec un pâte au gluten de pain manié .

Faire cuire les macaronis avec du consommé dans une braisière longue , ayant une grille au fond ( comme une poissonnière ) de façon à pouvoir retirer délicatement les pâtes quand elle sont cuites en levant simplement la grille de façons a ne pas les crever ; les passer un à un dans un fumet froid et les rouler ensuite dans du Parmesan râpé . Les dresser sur un plat en longueur suffisante.

Pour cette opération, Rossini s'était fait faire tout exprès une seringue d'argent .Le jour de cette première dégustation macaronique, il convia toute la fleur des dilletanti , des primedone , sans oublier Alexandre Dumas . »

 

Voir sur le blog de la cuisine d’antan de papy Jacques (oui, oui…) la guerre des macaronis Dumas-Rossinilink 

 

 

Zangs-006.JPGZangs-008.JPG

 

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 00:09

Soyez sûr qu’en posant cette question, à propos d’un Bourguignon bien connu, je ne verse ni dans le sensationnel, ni dans la provocation gratuite, non chers lecteurs je me contente de vous livrer l’une des réponses de PH Gagey à Ingrid Astier qui, dans son bel ouvrage Cuisine Inspirée, a posé une batterie de 25 questions à des esthètes-gourmands. J’en ai retenu 3 trois où elle leur demande de citer : un plat qui a de l’humour, un mets érotique et un plat triste et j’ai sélectionné les réponses les plus inspirées. Pierre-Henri Gagey, homme du vin, a relevé le flambeau avec brio. Une mention spéciale à Jean-Michel Duriez, un nez de parfumeur, qui associe les plats qui ont de l’humour avec le vin. Vous pouvez vous essayer à répondre à ces 3 questions et nous livrer le fruit de vos cogitations.

Cohier-682x1024.jpg Jean-Pierre Cohier ©Maurice Rougemont

 

« L’auteur de ce joli chef d’oeuvre pâtissier?  Jean-Pierre Cohier, boulanger de tradition, réputé pour sa baguette, sa boule au levain, son bâtard, sa ficelle. Mais ce natif du Cotentin arrimé à un coin chic de Paris est aussi un pâtissier classique de haute volée. Ce maître ès tradition ravit avec son mille-feuille, son éclair, sa religieuse, son « divorcé » (un cousin du précédent, mais façon moitié/moitié), ses macarons variés. Son morceau de bravoure: un baba au rhum, version baba bouchon ou savarin rond et ouvert, aux fruits, qu’il sert avec une divine crème mousseline (qui est une crème pâtissière joliment beurré). Il la livre au restaurant du quartier et  la  propose chez lui, en version géante, à la commande. Un monument du genre. »

 

In Les pieds dans le plat le blog de Gilles Pudlowski link

Jean-Pierre Cohier  270-272, rue du Faubourg St Honoré Paris 8eTél. 01 42 27 45 26

 

Bartabas

Un plat qui a de l’humour : Celui qu’on fait avec de la farce 

Un mets érotique : Le croque-madame…

Un plat triste : Un plat raté dégusté seul.

 

Pierre Richard

Un plat qui a de l’humour : Un cochon aux truffes. S’il avait imaginé qu’en les trouvant il contribuait à sa perte !!!

Un mets érotique : Celui d’une femme qui vous l’a mijoté avec une intention précise, et que vous dégustez avec la même intention…

Un plat triste : Un plat réchauffé mais froid, avec des morceaux figés dans une sauce morte… je continue ?

 

Michel Bras

Un plat qui a de l’humour : La gaufrette de pomme de terre que je conseille de manger à l’aide des doigts. Le jaillissement de la crème qui macule les doigts… crée des climats propices à l’échange.

Un mets érotique : Pourquoi un mets, disons un bon repas, même un casse-croûte… partagé avec la Femme de son cœur.

 

Jean-Michel Duriez

Un plat qui a de l’humour : Tous ceux qui sont accompagnés d’un bon vin.

Un mets érotique : Moules frites pour ceux qui aiment… pour moi, ce seront juste quelques frites, mais point trop n’en faut !

Un plat triste : Celui que des milliers de gens mangent seuls à Noël.

 

Pierre Hermé

Un plat qui a de l’humour : À nouveau l’imitation du caviar (Ferrán Adrià)

Un mets érotique : L’Ispahan, à l’appellation prometteuse.

 

Eugène Durif

Un plat qui a de l’humour : La soupe aux choux.

Un mets érotique : Le pet-de-nonne.

Un plat triste : Des raviolis mangés froids à même la boîte ou un Bolino.

 

Chloé Doutre-Roussel

Un mets érotique : L’oursin. Il rappelle à tous égards le sexe d’une femme. Je trouve même inquiétant un homme qui déclare ne pas aimer les oursins…

 

François Pralus

Un plat qui a de l’humour : Le pet-de-nonne

Un mets érotique : La banana slip

Un plat triste : Les carottes râpées. 

 

François-Xavier Delmas

Un plat qui a de l’humour : … la tuile !

Un mets érotique : Le parfum de la truffe a, je trouve, un pouvoir nettement érotique.

 

Michel Troisgros

Un plat qui a de l’humour : Cul et poitrine à la bourgeoise

Un plat triste : La caille en sarcophage du Festin de Babette.

 

Pierre-Henri Gagey

Un plat qui a de l’humour : Le fameux cigare de Michel Trama (Les Loges de l’Aubergade à Puymirol) aux incomparables saveurs de <havane.

Un mets érotique : Le baba au rhum. Pourquoi ?

Un plat triste : Les carottes Vichy : on m’en resservait jusqu’à ce que je finisse mon assiette lorsque j’étais enfant et ce cauchemar est toujours présent dans mon souvenir.

 

Éric Verdier

Un mets érotique : Le poireau façon Alain Passard. C’est un véritable phallus légumier, d’un blanc immaculé – ce poireau qui a pénétré la terre, qui est devenu turgescent en elle, est là, dans notre assiette, prêt à livrer à nos papilles ses suc troublants de suavité, qui mêlent notes fumées, réglissées et soufrées avec et soufrées avec jubilation pour atteindre à l’orgasme des sens.

Un plat triste : Un poussin à l’étouffée. Un plat surgelé acheté dans un supermarché.

 

Frédérick E. Grasser-Hermé

Un mets érotique : Une tarte uniquement avec des croupions de poulet rôti, à manger avec tous les doigts de la main.

 

Bruno Verjus

Un plat qui a de l’humour : Deux œufs au plat avec un strip de bacon en guise de sourire. J’en fabrique quelquefois pour animer des buffets d’hôtels.

Un mets érotique : Celui que l’on partage à deux, blottis l’un contre l’autre sur la banquette d’une belle table. Jusqu’à ce que les fourchettes s’emmêlent.

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 08:23

 

L’info est dans le Monde link : Le Stade Français et le Stade de Reims grugés par Sportys agence se sponsoring sportif portent plainte devant le tribunal de grande instance de Paris pour abus de confiance, banqueroute par détournements d'actifs et escroquerie.

 

« Où est passé cet argent ? Pour les plaignants, en partie dans le financement d'un domaine viticole bourguignon à l'exploitation déficitaire, acquis en août 2008 par Bruno Molinas, originaire de la région. Sans prendre soin, semble-t-il, d'en avertir ses associés. « Je l'ai découvert après coup », indique au Monde Serge Kampf, qui a démissionné de ses fonctions d'administrateur le 7 avril 2011.

 

Selon le directeur financier de Sportys qui devrait être entendu fin janvier par le SRPJ de Reims, «  au rythme de 80 000 à 100 000 euros par mois, l'argent de Sportys remontait dans les comptes de MKMG et redescendait immédiatement après dans les comptes du domaine viticole. MKMG finançait donc le vin avec les sommes versées par les sponsors, que MKMG aurait dû conserver pour ses partenaires ». L'ancien directeur financier estime que la holding aurait siphonné environ «  4,2 millions d'euros » de Sportys pour les années 2009, 2010 et 2011. «  3,2 millions d'euros  auraient été réservés au domaine viticole. »  D'après les informations dont nous disposons, assure Olivier Létang, le directeur du Stade de Reims, MKMG aurait, en fait, ponctionné 9 millions d'euros de cash de Sportys. Et il apparaît que Sportys a signé avec nous uniquement pour prélever de la trésorerie. Le club a servi de vache à lait. »

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 00:09

  

Avis aux amateurs de vin, toujours en quête d’un vocabulaire pour dire, écrire, décrire leurs sensations, lisez cette chronique qui pourra vous sembler baroque. Baroque ! « Vous avez dit  « baroque » ? écrit Philippe Beaussant. Comment rendre sensible au lecteur »la diversité des… couleurs sonores d’un grand orgue français du XVIIIe ? (…) Comment faire entendre sur le papier et à travers les mots cette chose indicible, qui n’est même pas une chose, qui est aussi fluide que l’air dont elle n’est qu’une vibration ? » Comment faire comprendre que les sons d’un instrument ont quelque chose de spécifique, « Une saveur particulière ? »  L’auteur de « Mangez baroque et restez mince » chez Babel 7,50€, avoue « j’avais dit saveur. Je m’étais engouffré, sans y penser, dans la métaphore. »

 

Ça ne vous rappelle rien ? L’emprunt, sans réfléchir, des mots « qui se rapportent à la bouche pour parler de ce qui caresse l’oreille… » Qu’en penses-tu Michel ? Je suis sûr que, comme Philippe Beaussant tu te dis que la « métaphore gustative était plus juste que celle des couleurs, comme s’il y avait plus de proximité de l’oreille au goût que de l’oreille au regard. Comme si la gourmandise des beaux sons était de même nature que celle des bons mets.

 

Et les autres sens : « Quid du toucher ? »

 

« Il y a des sons (comme des vins), qui sont à la fois si charnus et si doux, si caressants, qu’on dit, en croyant les effleurer, qu’ils sont de velours. Il y en a d’autres, plus fins, doués d’une sorte de transparence dans leur douceur flexible et presque impalpable, qui ne peuvent être que soyeux. »

 

« Essayons l’odorat ? »

 

L’auteur se dit que quelqu’un l’avait fait avant lui : Les sons et les parfums montent dans l’air du soir… Baudelaire écrivait qu’ils tournent mais qu’importe ! Il pouvait s’aventurer plus avant « Le fumet, l’arôme, le bouquet, l’effluve, cela concerne à la fois l’odorat et le goût. Les mêmes mots servent pour le nez et le palais. On respire un vin avant de le goûter, et le parfum de la cuisine précède celui de la table. Je pouvais donc parodier le poète :

 

Les sons et les bons mets parfument l’air du soir…

 

Était-ce de très bon goût ? Je ne sais ; » avoue l’auteur tout en continuant de creuser la question. Là il bute aussitôt sur une difficulté inattendue.

 

« Les gourmands ne cessent de se plaindre de leur manque de vocabulaire. Ils travaillent sur des à-peu-près, des équivalences. Ils cherchent, le verre à la main, le regard perdu, et décrètent : « Beaucoup de fruit rouges, un peu de cassis, de la violette… » Ils passent depuis des siècles un temps infini à comparer, mesurer, apprécier, distinguer, spécifier, évaluer les saveurs sans sortir des saveurs, en évoquant ce qui, en effet ressemble à l’arrière saveur d’un fruit rouge ou d’un grain de cassis, à la traînée d’un souvenir râpeux de noix sur la langue.

Ils empruntent un peu au toucher pour interroger le moelleux et la rondeur. Ils se projettent dans le temps pour supputer la longueur et…tiens ! c’est curieux… ils comptent les secondes comme un organiste mesure le temps de réverbération. »

 

L’auteur avoue tourner en rond mais en ajoutant que c’était bon signe. Alors il se lance dans une phrase métaphorique sur l’orgue historique de Saint-Maximin.

 

« La saveur particulière d’un grand orgue français du XVIIIe siècle tient au moelleux des bourdons, au fruité des flûtes, à la force en tanin des cromornes et à l’acidité des nasards. »

 

De la belle ouvrage donc qui le conduit à penser « que cette association n’était pas due au hasard, qu’il était dans la nature des choses que les goûts et les sons s’évoquent les uns les autres, et que, par voie de conséquence (ou de cause à effet) les musiciens soient des gourmands. »

 

L’auteur proclame « J’avais raison. » Rendons-lui cette grâce et suivons-le dans son tour de main final :

 

« C’est ainsi que, peu à peu, s’est précisée l’idée de ce livre. Les musiciens passent leur temps à répandre autour d’eux de beaux sons avec art : mais rien n’est fait pour qu’ils diffusent les effluves de cet autre savoir-faire, aussi raffiné que le premier, mais qu’ils cultivent sans leur sphère privée. Ma décision était prise : j’allais me faire l’imprésario de leur art intime. J’allais me faire l’organisateur de ce festival hors de l’espace et hors du temps : la cuisine des baroqueux. »

 

à suivre en afterwork avec le grand baroqueux Jean-Claude Malgoire et ses spaghettis alla carbonara fleurant bon le vin rouge...

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 00:09

Avant de faire dans le people avec Adele La jeune reine de la soul anglaise, numéro un actuellement en France et aux Etats-Unis, celle qu’on surnomme la nouvelle Amy Winehouse, un petit coup de rétro avec un classique des 4 Barbus du temps de mes culottes courtes avec au refrain le célèbre « car elle est morte Adèle » (l’écoute ci-dessous vous fera revivre la chanson type drame rural).

 

Adele Laurie Blue Adkin la chanteuse britannique née le 5 mai 1988 qui vient de se faire opéré d’un poly vocal se fait tailler « une petite culotte » dans la tradition des critiques de Libé. Pas très élégant, cancanier « on l’a aussi vue se promener avec un chien laid dans un sac et les tabloïds anglais parient qu’elle s’est fait opérer en outre du visage car la star de 23 ans, plutôt rondouillarde, a twitté une photo d’elle passablement aménagée au niveau des pommettes. Incroyable, quand on sait que celle qu’on surnomme la nouvelle Amy Winehouse demande une bouteille de pinard par soirée dans sa loge (contre 12 canettes d’eau plate, cependant). Info garantie Daily Mail. Mais au fait, qui est Adele ? Une chanteuse de soul-vaisselle, numéro 1 partout et dont votre fille de 9 ans, rappelez-vous, vous a demandé d’acheter le dernier single»

 

A Libé on déteste le succès : 11 millions d’albums écoulés dans le monde à ce jour, dont 4 millions aux Etats-Unis, Adele a vendu deux fois plus que Lady Gaga. Mieux elle est en passe de battre le record établi par la bande originale de « Titanic » en 1998 (seize semaines)! En France, l’interprète de « Rolling in the Deep » a dépassé les 500000 albums vendus et se maintient en tête des ventes.

 

Du côté tessiture Adele est une contralto assez sensuelle. Elle décrit son style musical comme de la «soul de cœur brisé» et admet que sa technique vocale est plus développée et captivante que son habileté comme compositrice.

 

Moi je suis bon public. Je préférais Amy mais Adele me plait bien quand j'ai besoin de m'aérer les neurones n’en déplaise aux langues de putes de Libération…

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 00:09

photoBurroughs.jpgBeat Hotel = Hôtel où logèrent des icônes de le Beat Génération. Dans une chronique du 24 octobre 2007 On the road : qui se souvient de Jack Kerouac ? (que je vous invite à lire car elle parle aussi de vin et je trouve qu’elle a bien vieillie) link j’écrivais « Avec ses compères : Allen Ginsberg, Neal Cassidy et William Burroughs, Jack Kerouac sera l'initiateur du mouvement symbolique de cette Amérique des années 1950 et 1960 : la Beat Génération.

 

Au départ, quand ces zonards sont en manque, ou fauché, ou les deux, ils laissent tomber cette expression : "man, I’m beat" - mec, j'suis foutu - Elle sera reprise par Kerouac, un soir en 1948, mais pas dans le sens de "laminée", de "cassée" mais dans un sens plus musical et religieux : une forme de béatitude. Bref, avec la publication, en 1957, de son livre-culte : On the road, Sur la route, Jack Kerouac devient le symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte contre un monde soumis à la consommation. La Beat Génération sera à l'origine de la vague protestataire : mai 68 en sera l'apogée politique et Woodstock le sommet musical. Des beatniks aux hippies, c'est le "cool", le mythe de la route, Bob Dylan, les manifestations pacifiques contre la guerre du Vietnam. Plus proche de nous, Lou Reed, Patti Smith, Alan Vega, Kurt Cobain le chanteur de Nirvana et U2 plongeront les racines de leur inspiration dans la fascination de la Beat Génération. »

 

9 rue Gît-le-Cœur, adresse légendaire comme « l’hôtel Chelsea à New-York ou le Château Marmont à Hollywood : ce sont des adresses de la bohème à travers le monde. Il y en eut d’autres : le Mills Hotel et le Albert à New-York, le Swiss American et l’hôtel Wentley à San-Francisco ou le Tropicana Motel à Hollywood. C’était des endroits où artistes et poètes vivaient, des adresses citées dans des poèmes, entrevues dans d’obscurs films d’avant-garde, utilisées comme titres d’immenses peintures abstraites en dripping, comme adresses de substitution sur les magazines de poésie ronéotypés, ou suggestions de logement griffonnées sur un bout de papier au cas où l’on s’aventurait hors du Royaume-Uni… »

 

« Paris était un endroit exotique à l’époque. Il y avait des bars qui restaient ouverts même après les vingt-deux heurs réglementaires à ce moment-là en Angleterre. Les cigarettes françaises étaient plus fortes et plus parfumées ; il y avait des places de première et de seconde classe dans le métro. On écoutait stupéfaits, la description des toilettes à la turque, des pissotières à ciel ouvert et des dames pipi. Les voyageurs nous parlaient des bistrots d’étudiants et des boîtes de jazz à l’ambiance décontracte ; à Londres il n’y avait qu’une seule boîte de jazz – le Ronnie Scott’s – et les prix y étaient prohibitifs. Ils nous parlaient de sexe facile et des drogues accessibles, et même si nous savions qu’ils exagéraient sûrement, ça semblait bien plus intéressant que la vie en Grande-Bretagne »

 

Ainsi s’exprime Barry Miles, citoyen de sa très gracieuse Majesté, acteur du mouvement hippie, spécialiste de la contre-culture, fondateur d’International Times et de la librairie galerie londonienne Indica, et qui a fait connaissance avec Allen Ginsberg dans les années 60. Il a écrit en 2000 un livre sur le Beat Hôtel qui vient d’être traduit en français et publié par Attitudes dans la collection et le reste.  Il est l’auteur de biographies dont l’une d’un grand buveur Charles Bukowski.

 

« En 1955-56, Allen Ginsberg, Peter Orlowsky, Jack Kerouac et Gregory Corso- mais pas Burroughs – étaient au cœur de ce que l’on a appelé la San Francisco Poetry Renaissance. C’est à cette époque que Ginsberg écrivit « Howl » et en fit la première lecture. En 1957-58, Ginsberg, Orlowsky, Corso et William Burroughs – et pas Kerouac – devinrent des personnalités centrales du Beat Hotel. » Celui-ci est situé « au 9, rue Gît-le-Cœur, une étroite ruelle médiévale qui descendait vers la Seine, reliant la rue Saint-André-des-Arts au Quai des Augustins, dans la partie la plus ancienne du Quartier Latin.. »

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« En 1933, Monsieur et Madame Rachou, un couple de provinciaux venus de Giverny, près de Rouen, achètent le numéro 9 pour en faire un hôtel. Brion Gysin, qui devint amie avec Madame Rachou pendant les années où il vécut à l’hôtel, dit qu’ils n’en avaient que la gérance, ce qui est très probable étant donné le prix d’un tel immeuble. Monsieur Rachou, tenant le rôle du gardien et du groom, était un homme grand et silencieux, lent et patient avec ses clients. Madame était petite et énergique, ses bras courts habituellement croisés sur un peignoir bleu pâle au col rond et froncé comme ceux  que portaient les femmes au XIXe siècle. Elle faisait tourner le petit bistrot au rez-de-chaussée et accueillait les clients. Les Rachou appréciaient la compagnie des artistes et des écrivains et les encourageaient à séjourner dans leur hôtel. Madame Rachou permettait parfois aux artistes de payer avec leurs toiles qu’elle ne gardait pas, n’imaginant pas qu’elles puissent avoir un jour de la valeur. »

Attention, il ne s’agissait pas d’un hôtel de luxe mais « un hôtel de classe 13, la plus basse sur le marché, c’est-à-dire qu’il n’avait qu’à satisfaire au minimum légal des normes de santé et de sécurité et cela suffisait (…) chaque chambre était alimentée par 40watts, juste assez pour alimenter une faible ampoule de 5 watts et une radio ou un tourne-disque(…) Les 42 chambres n’avaient ni tapis, ni téléphones. Certaines étaient très sombres parce que leurs fenêtres donnaient sur la cage d’escalier (…) Chaque palier avait des chiottes à la turque. Des journaux déchirés, accrochés à un clou, servaient de papier toilette (…)  Il y avait une baignoire au rez-de-chaussée mais, pour l’utiliser, il fallait prévenir à l’avance pour que l’eau soit chauffée. Bien entendu, il fallait payer un petit supplément pour ce service. »

 [Peter Orlovsky & Allen Ginsberg, their room at 9 rue Git-le-Coeur, Paris December 1957. c. Harold Chapman]

 

L’hôtel n’avait pas de nom « au-dessus de la porte de gauche il y avait une enseigne « HÔTEL » et au-dessus de la porte en verre à l’entrée du café « CAFÉ VINS LIQUEURS », et cela paraissait suffisant. » Sur la porte de verre « J.B. Rachou, était peint d’une écriture penchée, à l’ancienne… »  Rassurez-vous je ne suis pas en train de sombrer dans une forme de promotion des délices, du parfum d’une bohème parisienne engloutie… Simplement je me dis que l’attractivité d’un pays, d’une capitale, tient à leur capacité à être vivants et Paris est devenu une ville-musée, une ville de boutiques de luxe, de fringues, de chaînes d’hôtels formatés, d’enseignes minables qui pètent plus haut que leurs culs : dès qu’un commerce alimentaire est à portée de main les gros chèques raflent le bail. Dans quelque temps le couvre-feu sera décrété dans certains quartiers réservés pour que les résidents s’endorment paisiblement. Fait chier !

 

Pour calmer mon ire je vais terminer cet afterwork par l’histoire d’ « un Américain qui pisse »

« C’est aussi rue Gît-le-Cœur que la célèbre arrestation de e.e cummings eut lieu. À trois heures du matin, en juillet 1923, John Dos Passos, Gilbert Seldes et cummings se dirigeaient vers la « boîte à calvados de la rue Gît-le-Cœur ». Quand cummings s’arrêta pour uriner contre un mur,  « toute une phalange de gendarmes* » apparut. Il fut arrêté et emmené au commissariat du Quai des Grands Augustins, où on le désigna comme « un Américain qui pisse », et on lui demanda de revenir le lendemain matin pour la lecture de l’acte d’accusation. Seldes téléphona à son ami l’écrivain Paul Morand, ministre des Affaires Étrangères*, qui fit tomber les charges. Ils n’en informèrent pas cummings qui se présenta au commissariat le lendemain. Il fut congédié, et lorsqu’il sortit, il se trouva face à ses amis qui portaient des pancartes sur lesquelles était écrit : « Remise de peine pour le Pisseur Américain ». cummings fut profondément touché par cet élan de solidarité, jusqu’à ce qu’il apprît que leurs protestations n’étaient qu’une vaste plaisanterie. »

  • Des hirondelles plutôt que des gendarmes qui exercent leur talent à la campagne
  • Morand était diplomate et pas Ministre des AF9782360540334.jpg

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 16:00

La Place des Vosges, sous ses arcades, abrite une enfilade de galeries de peinture. Samedi dernier je m’y suis aventuré et, au 24, la galerie Archange link exposait, ce qui est rare, des tableaux de  « nature morte » où le vin tenait une place dominante. Bien sûr j’ai poussé la porte pour m’informer sur l’identité des peintres : Reza Sarrafi un peintre iranien né en 1963 link Patrick Lodwitz un vosgien né en 1953 link et Dmitri Annenkov est né en 1965 à Moscou.

 

Pour ceux qui en ont les moyens, tout particulièrement ceux qui vendent bien leurs vins : les prix des toiles en effet tournent autour de celui d’une caisse de Premier Grand Cru Classé, je vous présente un échantillon de leur production. C’est de l’hyperréalisme et comme le note un site « Tout cela laisse un peu pantois. Au-delà du tour de force technique, on peut s'interroger sur les motivations de l'artiste. » Ce n’est pas mon style de peinture mais, comme tous les goûts sont dans la nature, je fais mon boulot de taulier. Enfin, merci de ne pas venir me dire que « vous ne pouvez pas voir le vin en peinture » réservez cette expression à qui vous savez  qui est fou de moi...

  

Dmitri Annenkov

  

1-   Hommage à Baudelaire  HommageaBaudelaire.jpg

 

2-    Dégustation

  degustation100x65.jpg

 

3-    Composition

 compositionbouteilleannenkov.1260135655.jpg

La suite ici link 

 

Reza Sarrafi

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Patrick Lodwitz

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