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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 00:09

Nous nous sommes rencontrés entre les pages d’un livre Wine Sound System  ils étaient deux  iconoclastes provocateurs et j’ai beaucoup aimé leur côté « dégustateurs de vinyles » et « écouteurs de bulles » et, bien sûr, j’ai chroniqué. link 

 

Puis l’éditrice du bouquin, Chloé Pathé, m’a fait passer une invitation pour aller voir officier l’un des deux larrons, Don Pasta, au centre culturel italien et bien sûr j’y suis allé j’ai beaucoup aimé et bien sûr j’ai chroniqué  link Ce soir-là je ne me suis pas précipité au bas de l’estrade, ce n’est pas dans mes habitudes  de me mettre en avant – oui, oui - , j’ai simplement applaudi puis je suis allé casser une petite graine et prendre un verre avec une copine car le Don Pasta il nous avait donné faim et la pépie.

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En conclusion de ma chronique sur le spectacle de Don Pasta je m’interrogeais : « à quoi ça sert que Donpasta, Toulousain d’adoption, se décarcasse pour le vin et la bonne bouffe si nous nous en restons à nos petits pince-fesses dégustatifs prout-prout ma chère dans des grands hôtels ? » Faire bouger les choses, changer les habitudes, sortir les attachés de presse de leur train-train est pire que bouger une armoire normande pleine de linge. La vie a donc repris son cours le taulier ayant l’habitude de faire des bides auprès des claqueurs de pognon interprofessionnel. Et puis un jour j’ai reçu un message d’un certain Daniele de Michele. C’était la dénomination  de naissance de Don Pasta. Bref, nous avons réussi à nous retrouver un soir autour de verres pour papoter. Daniele le toulousain d’adoption m’a confié qu’ici, en France, tout passait par Paris. Que oui nous sommes jacobins.

 

Comme de bien entendu Daniele s’est soumis à nos us et coutumes et il sera parisien le 28 février chez mes amis de RAP, Alessandra et Giovanni, link Me restait plus, avant ce grand jour qu’a lui poser la trilogie : vin avec son manger et sa musique. Voici la réponse de l’ami Daniele :

 

Ciao jacques…

Merci beaucoup

Je t'escris ça dans la foulée…

Je te prie de corriger... mon spaghetti-français – j’ai gardé t’escris car ça chantait vieux français –

Mon cher ami Jacques, pour présenter ma soirée Wine Sound System a Paris, m'a fait un cadeau empoisonné. Il m'a demandé d’utiliser un vin, une chanson et une recette pour décrire mon travail.

 Je ne sais pas si vous vous rappelez du livre Haute-Fidélité de Nick Hornby. A la demande d'une journaliste sur ses 10 chansons préférées, le mec avait passé la semaine à l'appeler pour changer sa top liste. Je ressens le même sentiment. Merci, donc, cher Jacques.

Voici donc ma synthèse impossible.

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Le vin. Facile, car c'est celui que l’on va boire le 28 et surtout, c'est le vin produit dans ma région. Negroamaro fait par Cantine Menhir. Evidemment c'est une choix fait par mon rapport a des souvenirs de fête, avec beaucoup de gens, de usique. C'est un vin pour des soirées entre copains. Simple et plein de caractère à la fois. Plein de tout le soleil et le vent venu de la mer.

photon-0.jpgEn cuisine, un hommage à Paris. La tête de veau. Je pense que notre identité c'est profondément liée à des pratique anciennes, séculaires. Car dans ces pratiques il y avait le sens de l'équilibre, de la fantaisie, de la modestie. On mange ce que on a, mais avec ce qu'on

a…on se fait plaisir.  imagestdev.jpg

En musique… trop dur pour moi, mais je dirai Nina Simonestrange fruit

 

Ma vie a changé car je l'ai vu en concert a 14 ans. La colère, la tristesse, la révolte qui se transforment en un balade de jazz. Rien à rajouter

 

Buon appetito

www.donpasta.com

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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 00:09

LES_FILS_DE_LA_TERRE_01-copie-2.jpg

 

J’en ai conscience, mais peu m’importe, qu’un type comme moi, bien installé, sans souci d’argent, occupant des fonctions confortables, viennent, tel un témoin de Jéhovah sonnant à votre porte, vous interpeler sur la vie que vivent les paysans d’aujourd’hui, en l’occurrence ici celle d’un producteur de lait du Lot : Sébastien Itar. Je l’ai rencontré dans mon bureau avec ses collègues le matin de la première du documentaire d’Edouard Bergeon, « Les fils de la terre », au Gaumont-Opéra. C’est l’un des 29 producteurs de lait de Cantaveylot (contraction de Cantal, Aveyron, Lot) petit groupe d'éleveurs laitiers qui se sont pris en main et avec qui je travaille dans le cadre de ma mission de médiateur dans le grand Sud-Ouest. Ces 29 producteurs, lorsque le GIE Sud-Lait qui collectait leur lait a dû mettre la clé sous la porte car son principal client Leche-Pascual (entreprise espagnole) n’était plus preneur n'ont pas baissé les bras. Bref, ce petit collectif, qui se bat, qui fait, je vous invite à découvrir son site pour commencer à comprendre que votre lait quotidien, cette brique, ce pack, n’est pas un produit anonyme, mais le fruit d’un labeur quotidien de femmes et d’hommes accrochés à leur

terre. link   LES_FILS_DE_LA_TERRE_04-copie-2.jpg

 

J’étais donc à la première du documentaire le jeudi 2 février sur les Grands Boulevards. La salle était pleine. Jean Puech, ancien Ministre de l’Agriculture, aveyronnais, était présent. Je me suis isolé mais le hasard a voulu que Sébastien Itar vienne se placer devant moi juste avant le début de la projection. Comme il se doit Edouard Bergeon, le réalisateur, flanqué de ses producteurs, s’est présenté à nous et nous a entretenus de la genèse de son documentaire. Du sujet traité je ne savais rien en arrivant dans la salle. Dès ses premiers mots Edouard Bergeon a capté mon attention, ce garçon aime les gens, ça se voit et ça se sent. Il dit simplement, avec pudeur mais sincérité, que c’est un bout de sa vie, de sa jeune vie, qu’il va nous proposer. Le 29 mars 1999, à 4 heures du matin, Christian son père, agriculteur à Jazeneuil dans la Vienne, qui a ingéré des pesticides pour en finir avec un long calvaire, agonise dans ses bras. Edouard n’a que 16 ans. « Je lui ai mis sa tête sur mon épaule. Il m'a dit qu'il ne voulait pas mourir mais c'était trop tard. » Son père, 45 ans, va mourir. Pour Edouard, sa mère et sa sœur c’est une blessure largement ouverte car son père jusqu'au bout s'est battu dans l'indifférence générale. Y compris contre son propre père, un patriarche intransigeant qui lui prédisait l'échec. Cette descente aux enfers, l’accumulation des dettes, le lâchage des banques, le sentiment de ne pas  pouvoir assumer l’héritage d’une longue lignée d’agriculteurs, vont précipiter cet homme joyeux, sociable, dans un enfermement mortifère. 

LES_FILS_DE_LA_TERRE_02-copie-2.jpg

 

« Mon père est toujours en moi  » déclare Edouard, la douleur encore présente, mais ce documentaire, qui pour moi est un film, un vrai, où il va mettre sa caméra dans les pas de Sébastien Itar, nous conter ses deux histoires parallèles mais qui par la cruauté de l’histoire vont se rapprocher, se rejoindre, se croiser, mais sans jamais se mêler dans une forme de lourde démonstration. Tout est pudeur dans ce film. Edouard ne pèse pas, n’insiste pas, ne prend pas parti, il accueille, ne juge pas. Et pourtant le père de Sébastien est dur, intransigeant, il me rappelle mon grand-père, seul le travail compte. Tout le reste  est assimilé à de la fainéantise. « Un bon à rien ! » Toute la sensibilité, qui n’est pas de la sensiblerie, du réalisateur va nous permettre de suivre pendant un an et demi un homme jeune, angoissé, écartelé, de nous conter son histoire, sa déchéance, son rebond, ses espoirs. Le monde paysan, encore aujourd’hui, est dur, d’apparence sans pitié, ce père fier, borné, acharné au travail, loin des clichés des naturistes qui repeignent la campagne en couleur pastel. Tout n’est pas noir, sous le désespoir, la violence des mots, se nichent aussi une énergie vitale. Il y a aussi la mère de Sébastien, toujours présente, aimante, havre de bienveillance, elle aussi indéracinable mais mère courage, cet héroïsme du quotidien des gens de peu.

 

Je vous invite donc fortement à visionner  « Les fils de la terre » qui sera diffusé sur France 2 le 28 février 22h51. C’est un beau film, plein de pudeur et de retenue, qui donne à réfléchir sans tomber dans les habituels clichés d’émotions larmoyantes aussi vite exprimées qu’oubliées.


LES_FILS_DE_LA_TERRE_03-copie-2.jpg

 

Le public a applaudi. Devant moi Sébastien a craqué, il a pleuré. Avant la projection il n’avait pas revu les images, il les a découvertes avec nous, les a revécues, difficile épreuve que cette mise-a-nue publique. J’aurais aimé lui dire je ne sais quoi d’ailleurs mais les mots ici n’avaient pas droit de cité. Mon silence respectait ses larmes et surtout, plus encore qu’avant la projection, je sentais sur mes petites épaules le poids de cette mission qui m’avait été confiée. J’étais un peu colère, une colère contre moi-même mais aussi contre la bonne conscience très abonné à Télérama de ces gens à qui Edouard venait de proclamer pour alléger l’ambiance « Allez, on va boire un coup» qui sonnait comme la voix de son père que nous venions de voir sur l’écran le jour où il avait rassemblé ses voisins chez lui pour les régaler. Bien sûr que nous sommes allés boire un coup, comme l’a dit ou écrit quelqu’un « pour tordre le cou » au désarroi, vaille que vaille… » Pour sûr que j’avais envie de fendre la bonne conscience, monter sur la barrique pour dire à l’assistance : « Que faites-vous au quotidien pour qu’un Sébastien Itar, dans le fin fond de sa vallée du Lot, avec ses vaches, sa solitude, mais aussi se collègues de Cantaveylot, vive, fasse des projets, se projette dans l’avenir. Lors de mes dernières rencontres avec de ses collègues, producteurs de lait dans le Lot&Garonne et la Dordogne, ce besoin de visibilité, de compréhension active, m’a été martelée.

 

Se suffire du « je comprends » m’irrite ! Seul le faire du geste, de l’acte d’achat, du choix d’un produit identifié, qui ne coûte pas beaucoup plus cher que le produit anonyme, premier prix, venu du diable vauvert, est une main tendue Pas de la charité mais tout bêtement ce lien que je vous serine à longueur de chroniques. C’est trop facile de larmoyer, de s’apitoyer sur les malheurs du monde, si loin, et ne pas faire le geste qui permet à son voisin, Sébastien est notre voisin, comme les éleveurs du Forez abandonnés à leur sort, de vivre tout simplement. Cette indifférence est mortifère. Même si certains beaux esprits me raillent, ce dont je me fous comme de ma première paire de pompes, j’écris qu’il ne suffit pas d’en appeler qu’à nos décideurs, se décharger sur eux, mais se mettre en position de peser, à notre petite place, sur le devenir de ces « fils de la terre » comme on peut aussi bien sûr le faire pour tout ce qui touche à cette foutue consommation qui est le moteur de notre croissance. Tout le monde se justifie, se défend, mais en poussant son caddie rien n’interdit d’être citoyen, de faire des choix qui n’entameront pas le pouvoir d’achat même des consommateurs modestes.

 

Donc deux consignesimpératives à respecter :

 

1-      Voir le film d’Edouard Bergeon « Les fils de la terre » qui sera diffusé sur France 2 le 28 février 22h51

2-     Allez sur le site de Cantaveylot link pour repérer leur litre de lait de la vallée du Lot tout plein d’oméga 3 et si vous êtes en position de le trouver (la liste des magasins est sur le site) achetez-le !

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 00:09

Dans ma chronique « Pas de fromages à l'Élysée… » link je vous avais mis sous le nez un somptueux plateau de fromages de saison que m’avait proposé Philippe Alleosse. Les revoici avec leur fiche d’identité et pour deux d’entre-eux un brin d’histoire petite ou grande.

 

Saurez-vous relever le défi des vins à mettre en face ?

 

Le taulier l’espère vivement.

 

Il en va de l’honneur de notre beau pays, rétif et ingouvernable, « Un pays aux 400 fromages ne peut être défait » selon Churchill et de Gaulle s’interrogeant : «Comment gouverner un pays qui produit 400 fromages ?»

 

½ Fougerus : Coulommiers au lait cru affiné sur un lit de fougères

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1 Époisses affiné au marc de Bourgogne link

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 1 part de Vieux Gruyère : plus de 24 mois

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1 part de Shropshire : bleu anglais (voir ci-dessous)

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1 part de Roquefort Vernières le plus fin des Roquefort

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½ Livarot au lait cru Thébault (voir ci-dessous)

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1 part de Corsu Vecchiu tomme de brebis corse

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1 Charollais Clacbitou : fromage de chèvre fermier serré peut aller jusqu’à 12 mois d’affinage.  

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Manquaient sur la photo :

1 Saint-Félicien

1 Parthenais cendré : chèvre crémeux

 

Mon choix n'est pas innocent : l'anglais le Shropshire pour sir Winston et le normand le Livarot pour de Gaulle. le plus drôle dans cette histoire c'est que  mon père adorait le Livarot mais ne prisait guère ni les anglais : Mers-El-Kébir ni le grand Charles : mai 58. 

 

Le Shropshire tire sa couleur orangé du roucou, fruit du rocouyer qui est un colorant alimentaire naturel utilisé comme pigment depuis longtemps par les indiens d'Amérique du Sud. Le fruit n'est pas comestible, c'est la cire qui l'entoure, que l'on récolte après avoir fait sécher le fruit, qui est riche en caroténoïde. Le Shropshire est légèrement crémeux, riche en goût mais doux. Un grand cru anglais, fermier de surcroît.

 

Ce fromage a été créé dans les années 1970 à la laiterie du Château Stuart à Inverness, en Ecosse, par Andy Williamson, un fromager formé à la fabrication du Stilton dans le Nottinghamshire. Connu sous le nom de « Inverness-shire Blue » ou « Blue Stuart », mais a finalement commercialisé en tant que « Shropshire Blue », un nom choisi pour accroître sa popularité, bien qu'il n'ait pas de lien avec le comté de Shropshire. Après la fermeture de la laiterie du Château Stuart en 1980, le fromage a été relancé par Elliot et Hulme Harry Hanlin de Cheshire, mais encore une fois la fabrication a cessé rapidement. Le fromage est aujourd'hui fabriqué par les laiteries de Long Clawson, Leicestershire et Colston Bassett dans le Nottinghamshire. Cependant, ce fromage est maintenant aussi fabriqué dans le comté de Shropshire, dans une petite laiterie de la ville de Newport, appelée Wycherleys Fine Foods.

 

Le Livarot est un fromage du Pays d'Auge, berceau de la tradition fromagère de Basse Normandie. Au XIXème siècle c’était le fromage le plus consommé en Normandie au point d'être baptisé « la viande du pauvre »Fromage à pâte molle, croute lavée il est fait entièrement à partir de lait de vache. Les dernières règles pour faire partie de l’AOP Livarot impliquent aussi le retour à l’utilisation de lait de vache normande exclusivement à partir de 2017, ainsi, il y a un fort désir de revenir à un fromage qui exprime toutela typicité de son terroir !

 

Le livarot est un fromage de caractère à l’arôme fort et au goût puissant, évoquant la charcuterie fumée. On le surnomme le Colonel en raison des 3 à 5 bandelettes qui l’entourent, originellement pour l’empêcher de s’affaisser durant son affinage. Ces bandelettes sont fabriquées à partir de laîches, des roseaux de marécage récoltés dans des lagunes (obligatoirement dans la zone d’appellation depuis 2007), rassemblées en gerbe puis mises à sécher.

 

Enfin le Livarot peut apparaître sous différentes formes :

- Le « Grand Livarot » : diamètre ~20 cm ; poids entre 1,2 et 1,5 kg

- Le « Livarot » : diamètre ~12 cm ; poids net  450g et 500 g,

- Le « 3/4 Livarot » : diamètre ~10 cm ; poids entre 330 et 350 g,

- Le « Petit Livarot » : diamètre ~9 cm ; poids entre 200 et 270 g.

 

La petite histoire d’Alfred Bouchard à propos du Livarot  (l’amant normand vit dangeureusement…)

 

La scène eut lieu dans le pays Normand,

Ce paradis d cidre et du fromage ;

Est-ce à Falaise ? à Bayeux ? à Grandcamp ?

Cherchez, je n’en dirai pas davantage.

Je uis bavard, mais avant tout discret,

Et prise peu ces raconteurs frivoles

Qui vont partout, sous le sceau du secret,

Semer au vent d’imprudentes paroles.

Donc au pays que je ne veux nommer

Se trouvait femme encore jeune et gentille,

Ayant à point tout pour se faire aimer :

Teint frais, œil vif, pied mignon qui frétille,

De vrais cheveux, corsage bien rempli,

Non pas moins par ces appas énormes

Que du corset forçant chaque repli

N’offrent aux yeux deux masses difformes […]

La dame en plus possédait un mari,

Petit, ventru, frisant la cinquantaine,

Fort au piquet, - c’est son jeu favori –

Souvent parti pour la ville prochaine

Où l’appelait la foire ou le marché,

Peut-être bien quelques partie à faire :

Car l’homme aussi court après le péché,

La femme alors demeurait solitaire…

Pas tout-à-fait, puisqu’un clerc amateur

Qui griffonnait dans l’étude voisine

Avait trouvé le chemin de son cœur.

Sans plus parler le reste se devine.

Or, un beau jour, pour mieux dire un beau soir ,

L’amant causait aux genoux de sa belle.

Pour bien causer a-t-on besoin d’y voir ?

On avait donc oublié la chandelle,

Et de plus près l’on causait, mais si bas,*Si bas, si bas, que la plus fine mouche

N’eût rien perçu ; ce n’était pas le cas,

Puisque les mots étaient pris sur la bouche

Et plutôt bus qu’ils n’étaient écoutés.

-         Parler muet mais non pas langue morte :

Sans les entendre on en sent les beautés. –

En plein propos on ferraille à la porte…

-         Ciel !mon mari ! – Ça coupe le discours,

Mais là, tout net ! – Que le diable l’emporte !

Pensa le clerc ; il y va de mes jours !

-         Où me cacher ? – mais là, dans cette armoire

Qui sert d’office et de garde-manger ;

Une heure ou deux n’est pas la mer à boire !

Ne souffle pas ! Garde-toi de bouger !

Sans murmurer l’amant heureux et sage

Dans le placard se blottit prestement,

Le nez placé sur un affreux fromage

De Livarot qui puait noblement. […]

La femme donc saute au cou de l’époux…

-         Bonjour, gros chat ! – Bonjour, ma chère amie !...

Comme il fait noir ; cherche un peu le briquet :

J’aime à te voir au clair de la bougie,

Et nous allons faire un cent de piquet ?

Très volontiers… Voici de la lumière ;

Prends le fauteuil, j’arrange le tapis…

On bat la carte ; on joue une heure entière,

Peut-être deux, comme de bons amis,

Puis le mari dit bonsoir à sa femme,

L’embrasse et sort ; - vite on court au placard…

-         Il est parti ! ne crains rien, ma chère âme !

Sors mon amour !… Mais il est déjà trop tard !!

Le Livarot, sans y mettre de malice,

A ses parfums donnant un libre essor,

Avait si fort empoisonné l’office

Que l’amoureux prisonnier était mort !

 

Le Fromage homicide, histoire véridique et lamentable, impr. De Giroux et Fourey, 1877.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 00:09

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais, par-delà les comptes, l’extrême rigueur des plans d’ajustement, au-delà de la froideur des chiffres, sans porter de jugement sur le pourquoi, le comment ce pays en est arrivé là, je juge l’attitude purement punitive des censeurs, avec à leur tête la chancelière, indigne et mortifère. Que diable, lorsque les temps étaient aux cigales que n’ont-ils pas prévenu les gouvernants grecs, mis en place des signaux préventifs… Non, la Grèce, ses banques, son économie souterraine, ses grandes fortunes non imposées, son marché c’était tout bon pour nos prédateurs. Ils pensaient se goinfrer et ils se sont ramassés des gamelles. Mettre à genoux tout un peuple, surtout le petit peuple, attitude impériale de la grande Allemagne, lâcheté de son allié privilégié, est indigne d’une solidarité bien comprise. Que les gouvernants grecs aient failli, amenant leur pays au fond du gouffre d’un surendettement vertigineux, ne doit pas nous faire oublier, qu’à notre propre échelle, nous ne sommes pas indemnes de tout reproche. Effacer l’ardoise du « mauvais élève » est impératif car ceux qui donnent la leçon ont été de bien piètres professeurs. Rappelons-nous les purges que le FMI voulait imposer à l’Argentine lorsqu’elle était elle aussi en quasi-faillite. Ce pays a résisté et s’est relevé…


Je m’en tiens là et je vous propose d’écouter Angélique Ionatos link et Nena Venetsanou chanter Sappho de Mytilène.
 

« La nature crée ses propres parentés, quelquefois plus puissantes que celles forgées par le sang.

Deux mille cinq cents ans en arrière, à Mytilène, je crois voir Sappho comme une cousine lointaine avec qui je jouais dans les mêmes jardins, autour des mêmes grenadiers, au-dessus des mêmes puits.
A peine plus âgée que moi, brune, avec des fleurs dans les cheveux et un cahier secret plein de poèmes qu’elle ne m’a jamais permis de toucher.
Il est vrai que nous avons vécu sur la même île. Nous avons eu la même sensation du monde naturel, si caractéristique, et qui continue à marquer – inaltérable – depuis ces temps lointains jusqu’à aujourd’hui, les enfants d’Eole.
Mais avant tout, nous avons travaillé – chacun à sa mesure – sur les mêmes notions pour ne pas dire les mêmes mots : le ciel et la mer, le soleil et la lune, les végétaux, les filles, l’amour. Qu’on ne me tienne pas rigueur, alors, si je parle d’elle comme une contemporaine. Dans la poésie, comme dans les rêves, personne ne vieillit. »
 

 

Odysseus Elytis Prix Nobel  de littérature

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 15:36

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Cécile Prudhomme dans le Monde de ce jour signe un article Les entreprises de grande consommation orientent de plus en plus leur communication vers ces acteurs du Web qui vaut son pesant de dégoût.  Bandes de sales petits prédateurs voraces ! Extrait :

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Billet sponsorisé  

 

Les blogueurs ont du pouvoir et certains le commercialisent. Une marque spécialisée dans le petit électroménager, qui souhaite garder l'anonymat, a ainsi organisé au printemps 2011 une conférence de presse pour les blogueurs à l'occasion du lancement d'une série spéciale. Sur un peu plus d'une dizaine d'invités, environ les deux tiers avaient demandé à être payés, certains près de 400 euros, pour leur venue. Au final, des « posts» (articles Web) élogieux sur la société, estampillés comme «article sponsorisé» ou «billet sponsorisé ».

 

L'attachée de presse qui a organisé cette prestation raconte : « Ce sont eux qui fixent le prix, et on voit si cela nous intéresse, en fonction de la fréquentation de leur site », explique-t-elle. « Il y en a même qui demandent 1 000 euros rien que pour assister à un déjeuner, avec un cadeau d'un montant minimal », ajoute-t-elle. « Les billets sponsorisés coûtent environ entre 300 et 1 500 euros », explique un autre conseiller en relations publiques.

 

« La communication en direction des blogueurs ? C'est un peu compliqué, car le milieu des blogs s'est organisé et il y en a qui se font payer, raconte Pascal Beaud, responsable Web marketing et développement du Club Med Gym. Pour l'instant, nous ne sommes pas rentrés dans le système. Nous les invitons à nos conférences de presse s'ils souhaitent venir. Mais la question se pose. »

 

Tous ne se font pas payer, mais bien souvent, ils repartent avec les produits, ou bien participent à des événements - des « expériences blogueurs » comme les appellent les spécialistes en relations publiques - auxquels ils n'auraient pas eu accès gratuitement (comme parfois les journalistes) : cours de cuisine, séances de dégustation alimentaire, tests produits avant leur sortie, soirées VIP... »

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 00:09

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Dire tout le bien que l’on pense d’un autre blogueur dans la blogosphère, vin y compris, relève d’un acte de résistance à l’ironie ambiante, au besoin de se distinguer en affichant un pseudo-humour dont il est difficile de déterminer le degré, à un égotisme qui relève de la concurrence pure et parfaite. Le blogueur se vit comme unique, bien installé dans son pré-carré, cultivant seul ses idées, ses passions, ses aversions, ses obsessions, et avoir des invités lui semble aussi incongru que de sortir en tongs et en bermuda sur la banquise. La pose Chateaubriand est très pratiquée dans notre petit marigot, mais trop souvent sans le style ni la hauteur.

 

Tout ça pour dire que depuis qu’Olivier Borneuf a ouvert un blog link je caressais l’idée de lui ouvrir les portes de mon petit espace de liberté. Tapis comme un matou qui guette pénardement sa proie j’attendais mon heure et elle arriva sous la forme d’un beau titre d’Olivier : «  Propriété  intellectuelle et AOC : défense de copier ! » J’en salivais ! Clic, clac j’allais sans vergogne faire un copié-collé de sa prose, sans le prévenir, et profiter de l’occasion pour dire tout le bien que je pensais de lui. Patatras ! Le clic droit restait muet je ne pouvais accomplir ma « basse besogne » Dépité il ne me restait plus qu’à contre-attaquer.

 

Bonjour Olivier,

 

Je voulais vous faire le coup de copier/coller votre excellente chronique : propriété intellectuelle et AOC : défense de copier pour la publier sur mon blog pour vous faire bénéficier de mon immense notoriété (sic)

Caramba c'est raté !

Vous verrouillez le clic droit ce qui est déjà une clôture à la diffusion.

Bref, comme je n'ai pas pu faire mon coup en loucedé mais que je ne veux pas me faire une chronique rentrée vous serait-il possible jeune roseau pensant du SO exilé sur les terres froides de la Champagne pouilleuse de me faire parvenir le texte et les photos sous un format copiable (Word et jpeg) plus une photo de vous en rocker star.

Merci par avance

Amitiés

Jacques

 

Très vite la réponse tombait dans ma boîte.

 

Bonjour Jacques,

 

Vous avez le phrasé si habile que j'ai dû prendre un mouchoir pour sécher mes larmes de rire ! Je ne savais pas que je bloquais le clic droit (je suis sur Mac, donc adepte du clic unique), je déverrouille tout cela sur le champ.

En attendant une copie de tous les éléments. Merci chaleureusement pour ces compliments.

A+

Olivier

 

Comme vous vous en doutez le Taulier était satisfait de sa perfide manœuvre qui avait fait tomber  dans ses rets la prose d’Olivier et il ne lui restait plus qu’à pondre son châpo et copier-coller ce qui suit.

Merci Olivier

 

L'usage de bonne foi : la boîte de Pandore de nos chères AOC ?

 

« Fair » est un mot d’origine anglaise employé à toutes les sauces pour désigner les initiatives justes, équitables, respectueuses, dans une mondialisation qui semble découvrir avec hypocrisie toutes les injustices du monde. Fair play, fair trade, fair price, etc. Une fois n’est pas coutume, le petit dernier « fair use » s’oppose au principe d’équité et affiche sa préférence pour la notion tout aussi noble de valeur ajoutée

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L’usage raisonnable ou de bonne foi – fair use – est une brèche dans la loi protégeant le droit d’auteur aux États-Unis. Ce principe confère à quiconque – artiste ou autre – le droit de réutiliser une œuvre à certaines fins, en particulier si la nouvelle œuvre « ajoute de la valeur à la précédente ». Un point devenu référence et initié par le juge Pierre N. Leval en 1990.

En mars 2011, la cour fédérale de Manhattan estime que l’artiste Richard Prince utilise sans autorisation les photos du livre sur les rastas du photographe français Patrick Cariou. L’affaire est de taille puisque l’une des photos collage (l’œuvre de Richard Prince) s’est vendu 2,5 millions de dollars…  Artistes et musées – entre autres le MoMA – se rallient alors à la cause de Richard Prince, en prônant la libre circulation créatrice. Ils rappellent en outre une tradition d’appropriation qui remonterait au moins à Picasso. Dans le camp de Patrick Cariou, on se réjouit de ce correctif bienvenu dans un monde de l’art où le droit est en retard par rapport à la musique et la littérature… Ce fait d’actualité reste anecdotique dans le flux d’images et de textes recyclés chaque jour sur Internet. Les avocats spécialistes de l’art reconnaissent la montée en puissance de cette culture de l’emprunt et les galeristes, eux-mêmes, proposent des expositions sur ces performances « participatives » à l’instar de « Free » organisée par le New Museum de New York.

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Si l’espace numérique reste la source de toutes les récupérations, il n’en reste pas moins que ses utilisateurs ont grandi dans cet univers de partage et d’échange. Difficile alors de reprocher quoique ce soit d’idéologique à cette communauté collaborative. Mais la réponse n’est pas si simple, j’en conviens. Comment fixer les limites ? Où placer le curseur entre plagiat et valeur ajoutée ? On pourra toujours juger l’utilité de l’emprunt d’une œuvre pour la société, mais qui sera en mesure de définir la notion de valeur ajoutée ? On frôle la censure, on caresse l’anarchie, mais on ne voit guère le bout du chemin. Pendant ce temps, l'inexorable puissance d’Internet et du tout numérique ne cesse de grandir.

 

Les mutations irréversibles du principe fondamental du droit d’auteur, et par extension, de la propriété intellectuelle invitent à s’interroger sur le principe d’AOC – i.e. Appellation d’Origine Contrôlée. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’authenticité de nos chers produits du terroir mais plutôt la capacité d’autrui à reproduire avec précision les succès nationaux comme le champagne. L’AOC protège l’origine mais elle ne se revendique d’une quelconque assurance qualité du produit estampillé. Cela est d’autant plus vrai pour le champagne qui parle d’une seule et même voix : l’AOC Champagne.* Ce qui a construit sa force pourrait aujourd’hui devenir sa faiblesse. Car la valeur collective « Champagne » implique de lourdes responsabilités individuelles (j’entends celles des producteurs).  Dès lors quiconque produit un vin effervescent dans le style « champagne » agit de la même façon qu’un artiste qui crée une œuvre à l’influence clairement affichée. Certes la matière première, le raisin, est une barrière d’entrée significative – au sein même de la Champagne certaines régions sont plus favorables que d’autres – mais force est de constater que les progrès œnologiques et viticulturaux ont lissé les écarts de qualité entre les vins. Pour preuve la remise en cause de la suprématie de certains grands vins et la forte concurrence sur les vins de consommation courante.

 

Au risque de prendre un trop grand raccourci sur la bonne compréhension des AOC, je pense que la Champagne restera unique si elle devient non reproductible dans son ensemble. Pour atteindre ce but, il faut accepter de se regarder dans un miroir car la seule variable non-reproductible est la variable humaine. En d’autres termes c’est la diversité des productions humaines qui rendra la Champagne insaisissable. Plus les expressions seront nombreuses, diverses et originales plus la Champagne donnera le tournis à la concurrence. Et l’AOC, au milieu de cette effervescence créative, sera la carotte à l’initiative et non le bâton à punir les originaux. Je n’invente rien, je ne fais que dire ce qui a déjà été dit. En témoignent ces quelques vers heureux d’Antoine Houdar de la Motte, bon dimanche. 

 

C'est un grand agrément que la diversité :

Nous sommes bien comme nous sommes.

Donnez le même esprit aux hommes,

Vous ôtez tout le sel de la société.

L'ennui naquit un jour de l'uniformité.

 

Les photos :

la première photo est celle de Monsieur Patrick Cariou

la deuxième est un photo collage de Monsieur Richard Prince

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:00

« @Taulier : Je suis très surpris de ne pas trouver ici de billet sur la mort de Whitney Houston. Non pas qu’elle soit mon idole, mais elle était jolie, avait quand même du talent et a dû pas mal faire bander Kevin Costner. »


Enfant : avancer en âge me disait-on, et en sagesse ajoutait-on, l’âge de raison, puis ce fut l’âge tendre avant l’âge ingrat de la puberté pour vivre le bel âge de ses 20 ans, la fleur de l’âge, atteindre la force de l’âge, s’entendre dire qu’on est d’un certain âge ou entre deux âges, soupirer qu’on a passé l’âge et que ce n’est plus de son âge parce qu’on se sent jeter dans le 3e âge, les seniors puis pour nous consoler affirmer qu’à chaque âge ses plaisirs…
J’avoue que j’étais fier adolescent de m’entendre dire que je faisais plus vieux que mon âge car c’était bon avec les filles et pour aller au cinéma voir des films interdits au moins de 18 ans… À mon âge, plus j’avance en âge moins j’avance en sagesse et plus je me fous de faire mon âge ou plus jeune que mon âge ou l’inverse, ce qui me cause souci, me fait peine c’est de voir partir des gens que j’aime quel que soit leur âge. Certes y’a pas d’âge pour mourir, mais je suis bien plus furieux de voir partir une Amy Winehouse qu’un ou une qui frise avec l’âge canonique.


Comme je tiens chronique tout naturellement j’ai versé dans la chronique nécrologique dès qu’un être connu, acteur-actrice, chanteur-chanteuse, surtout cher à mon cœur passe de vie à trépas. Maintenant que je suis doté d’un petit cancrelat, un IPhone fabriqué par des salariés chinois d’une société taïwanaise Foxconn Technology 1 million de personnes travaillent pour elle dont la moitié à Shenzhen en Chine) qui me balance des alertes dès qu’un célèbre trépasse je suis informé en quasi-direct live. En conséquence j’ai tendance à me ruer sur mon clavier dès que c’est quelqu’un que j’ai beaucoup aimé. Une façon de conjurer la faucheuse de lui faire un bras d’honneur, et en définitive de me rappeler de bons moments des beaux âges de ma vie.


Je ne sais pourquoi en ce moment, les week-ends sont meurtriers et, comme je me dis qu’il ne faut pas trop vous abreuver, vous saouler, avec un flux trop intense de mes chroniques, je retiens ma plume. Tel fut le cas dimanche pour Whitney Houston. Après réflexion je me suis contenté de poster ses albums via Deezeer sur Face de Bouc pour faire de la musique pour mes amis. Mais comme notre Léon se refuse à toute incursion sur les réseaux sociaux, il ne put en profiter. D’où son étonnement.


Ça m’a interpelé et, comme je ne perds jamais une occasion de chroniquer, je me suis dit « Taulier, n’y aurait-il pas une raison plus profonde, que le pur respect de tes abonnés, qui te pousserait à modérer ta plume de chroniqueur nécrologique ? » en dépit de mon âge cette interrogation n’est pas restée sans réponse.


La réponse la voici, elle n’a rien à voir avec celle que j’ai suggéré dans le titre : à savoir que je serais inquiet de savoir qui rédigera la mienne sur cette espace de liberté, en effet le jour où il n’y aurait plus de lumière, que le gaz sera coupé, l’écran vide et le silence tiendront lieu de faire-part. Ne me taxez pas d’idées noires, évoquer sa propre fin n’a rien de déprimant, c’est assumer le seul risque connu et certain de notre vie. Bref, pourquoi cette soudaine retenue de la part d’un chroniqueur chronique ? Tout simplement parce que le risque de la chronique nécrologique c’est de tomber dans l’hagiographie, à verser dans l’éloge funèbre, de se laisser aller à magnifier le disparu, à le transformer en statue, à l’affadir, à faire jolie. Même si ça va vous paraître prétentieux, suffisant, je ressens le besoin de réserver ma plume pour le petit cercle de ceux qui ont vraiment compté pour moi et Whitney Houston n’y entrait pas. Pour autant comme je suis devenu un petit commerçant j’offre à Luc Charlier la voix de la diva disparue.

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 16:00

Oui, je sais c’est le jour où les fleuristes touchent le jackpot, où les vignerons de Saint-Amour dépotent un max de…, alors ça se bouscule au portillon pour ramasser un max de pognon aux z’amoureux. Ça drague sec les minets et les midinettes ! Même les vendeurs de sextoys s’y mettent, amis de la poésie bonsoir. Nos potes les restaurateurs, qui aiment proposer des vins avec d’épais matelas, ne sont pas les derniers à faire dans la dînette aux chandelles. Manquerait plus que le clergé s’y mettent en réclamant un taxe d’usage sur Saint-Valentin pour alimenter le denier du culte – non Léon du cul…te – Bref, comme dirait les Alters : c’est la marchandisation de l’Amour !


Ayant peu de goût pour les célébrations obligatoires je n’envisageais pas de me joindre au troupeau des petits bécots lorsque dimanche je reçus dans ma boîte électronique un billet de Malou Martin dont je vous livre la teneur :


Bonsoir.
 

La saint Valentin approche à grand pas...
Pour cette occasion, le restaurant le Petit Paris met les bouchées doubles...
Dans un premier temps, le chef vous a concocté de nombreux plats.
2 menus seront proposés : un menu à 180 yuans comprenant 3 entrées, 3 plats et 2 desserts et un menu à 360 yuans comprenant 3 entrées, 3 plats et 3 desserts.
Enfin, de nombreux cadeaux surprises vous seront offert (gâteau Honiy, cristaux Swarovski, ...)
Venez nombreux mais n'oubliez pas de réserver avant au 0535-2123535 ou directement par messagerie à mon adresse.
à bientôt.

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Précision d’importance pour ceux qui ignoreraient que le yuan est la monnaie chinoise : le Petit Paris se situe à Yantaï

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Yantai (烟台 ; pinyin : Yāntái) est le port de pêche le plus important de la province chinoise du Shandong. On y parle le dialecte de Yantai du mandarin Jiao Liao. Le nom occidental ancien de Chefoo ou Tchefou est considéré aujourd'hui comme incorrect, car provenant de l’île de Zhifu qui gouverna Yantai autrefois. Yantai est une ville depuis 1950. Dans les environs de Yantai, on trouve un grand nombre de rivières, dont le Wulong (五龍河)
 

 

Séance tenante j’ai décidé de répondre positivement à Malou Martin :
 

 

Les billets d’avion en première 11 880€
 

 

Le 13 février :    AF4402     11:15     Paris (CDG)     05:50
+1 Jour     Guangzhou     durée : 21h20     China Southern    
    CA4898     Guangzhou  départ 12:35 Guangzhou - Yantai 15:35         
 

 

Le 16 février :
CA4851     07:35     Yantaï     08:45     Beijing (PEK)     durée : 17h05         AF125     13:40     Beijing (PEK)     17:40     Paris (CDG)        
 

 

L’ HÔTEL CROWNE PLAZA YANTAI SEA VIEW
Adresse: 299, EAST GANGCHENG STREET, LAISHAN DISTRICT YANTAI, CHINA #264003
-    2 nuits 226€ (sauf si je conclue…)
 

 

-    2 repas au Petit Paris de Yantaï : 360 yuans x 2 = 720 yuans soit 90€
 

 

Soit au total avec les frais annexes : 15 000€ (sponsorisés par Lafite)
 

 

Mon cadeau : le bouquet de fleur de Coluche

 

 

My Private Joke

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 00:09

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« Ce n’est pas une histoire belge » prévient le très sérieux historien Emmanuel Leroy Ladurie, et pourtant associer l’étude des grandes gelées, les gelées extraordinaires, au phénomène dit du réchauffement climatique.


Tous les monuments historiques et physiques tendent à prouver que la terre que nous habitons, d’un état très humide et froid en raison des régions, passe insensiblement, mais très distinctement après une suite de siècles, à l’état opposé de sécheresse et de chaleur, qui ne cessent de gagner le dessus. » Théodore Augustin Mann Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets, 17 avril 1777.
 

 

« En 1792 paraissait à la suite d’une approbation et d’un privilège de l’Académie impériale et royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles un ouvrage Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets ; où l’on essaie de déterminer ce qu’il faut croire de leurs retours périodiques, et de la gradation en plus ou moins du froid de notre globe. » 162 pages in-octavo.


Le signataire « M. l’abbé Mann, chanoine de l’Eglise de N.D. à Courtrai ; membre de la Commission royale des sciences et belles lettres de Bruxelles ; membre de la Société royale de Londres, de l’Académie électorale palatine de Mannheim, des Sociétés de Milan, Liège, Rotterdam, Zélande, etc. »
 

 

Comme le note de Muriel Collart dans sa présentation « On n’insistera pas sur l’analogie que présente, avec la polémique actuelle sur le global warning, un débat où Mann, ainsi que l’écrit P.P.Gossiaux, se signale comme, « l’un des premiers à mettre en évidence le réchauffement climatique ». Reste à voir jusqu’à point la théorie de l’académicien bruxellois anticipe certaines des oppositions qui agitent aujourd’hui la communauté scientifique. Le partage entre la causalité attribuée aux activités humaines et la logique propre des causes naturelles y trouve un écho dont les modalités font l’objet de cette introduction. »
 

 

Bien évidemment je ne vais pas vous imposer la lecture parfois aride du texte de ce précurseur mais me contenter de mettre en avant quelques fragments, extraits de la remarquable introduction de Muriel Collart, qui me semblent intéressants pour vous.
Dans l’introduction au Mémoire sur le changement successif de la température et du terroir des climats, Mann précise « que l’hypothèse d’un réchauffement climatique a déjà été abordé par plusieurs auteurs anciens et modernes  « cependant, à la différence de ses illustres prédécesseurs et contemporains, Mann ne confine pas ce processus de réchauffement à des zones particulières, mais il le généralise à l’échelle mondiale et le rend irréversible » souligne Muriel Collart.
 

« Virgile et Ovide avancent que pendant les hivers danubiens et de la Thrace « on coupait le vin à la hache » (p.53) et qu’on en distribuait des  morceaux. »
 

 

« Si les vins et les huiles français, les vins du Rhin et de l’Autriche, et le Tokay de Hongrie sont aujourd’hui réputés, écrit Mann, les vignes et les oliviers et même les arbres fruitiers ne pouvaient être cultivés qu’à condition de les couvrir de fumier. »
 

 

« Et qu’on ne me dise pas qu’Ovide parle en poète », dit Mann, « car ici comme ailleurs, d’autres auteurs, qui ne sont pas poètes, mais géographes et historiens, confirment positivement ce qu’il dit. »
 

 

« La différence énorme » entre ces descriptions et le climat actuel de ces pays « saute aux yeux » s’exclame Mann
 

 

« Le changement climatique s’observe également au nord et au sud de ses latitudes. » (la Laponie, la Sibérie et le nord de la baie de l’Hudson.
 

 

« mais à l’inverse, le réchauffement a rendu les pays méditerranéens d’Europe arides et moins propres à l’agriculture, là où le sol autrefois riche et fertile « est à présent très pierreux et brûlé par la sécheresse » (p.58). Mann pointe du doigt l’Espagne jadis remplie de sucs nourriciers. Quelle différence entre la Tolède actuelle dégarnie d’arbres et la situation décrite par Martial il y a 1700 ans, temps où les rives du Tage étaient bordées de végétation. »
 

 

« L’histoire agraire représente pour Mann un indicateur de l’évolution climatique – indicateur qu’il juge insuffisamment exploité. Pourquoi faire appel à la physique moderne alors qu’il est facile de dater les étapes du réchauffement d’un pays en observant quand « on a commencé à planter […] des vignes, des olivier, ou telle autre espèce d’arbres fruitiers ou à semer tel grain ou tel légume, que la rigueur du climat n’y souffrait pas auparavant. » (p.60)
 

 

« Vers l’an 14, Strabon atteste, dans la Géographie, l’existence de vignes près du Bosphore de Thrace, mais rapporte qu’on doit les enfouir l’hiver sous de grands amas de terre. Vers 40, Pomponius Mela constate, dans le Livre II de la description de la terre, qu’elles se sont multipliées dans la Thrace, même si les raisins ne parviennent à maturité qu’à condition d’être abrités sous les pampres. Quel modèle de rapide réchauffement, en quelques années ! »
 

 

« Ainsi, au 1e siècle de notre ère, Columelle se plaint dans le traité De l’agriculture, qu’en Gaule les récoltes de raisins soient moindre en temps de paix, en raison de l’assèchement du sol, qu’elles ne l’étaient plusieurs siècles plus tôt en temps de guerre, quand fraîcheur et humidité favorisaient les conditions de production. »
 

 

Si Mann cite l’agronome Columelle « c’est aussi parce que, dès les premières lignes de son ouvrage, celui-ci fait allusion à « plusieurs auteurs estimables » qui dans la lignée de l’astrologue Hipparque, sont persuadés que l’état et la nature de l’atmosphère ont changé au cours du temps. Columelle fait référence au traité sur l’agriculture des Saserna, rédigé deux siècles plus tôt, qui accrédite, écrit Mann, « dans des termes les plus formels, ce changement de terroir et de température des climats, que j’ai cherché jusqu’ici à prouver » (p.62) il y ai dit en effet que le climat a éprouvé des changements tels « que certaines contrées, où la rigueur excessive de l’hiver ne permettait pas autrefois de conserver des plantations d’oliviers et de vignes, sont aujourd’hui très fertiles eb olives et raisins, ce qui fait supposer que le froid qui régnait auparavant dans ces contrées s’est considérablement radouci »
 

 

« Le titre de la seconde du mémoire – « Causes physiques du changement graduel du terroir et de la température des climats » - laisse peu d’ambigüités sur la direction que va prendre le raisonnement de Mann. D’entrée de jeu, l’académicien annonce la couleur : c’est bien du côté des causes naturelles que se trouve l’origine du réchauffement et non des causes humaines. » Là, je laisse aux esprits curieux le soin de lire « Mémoires sur les grandes gelées et leurs effets » chez Hermann 22,50€.
 

 

C’est une mine et je ne résiste pas au plaisir d’y grappiller
 

 

« Seth Calvisius rapporte, que l’an 859 de l’ère chrétienne, le  froid fut si rude pendant l’hiver que la mer adriatique fut glacée au point, que non seulement l’on pouvait aller à pied de la terre ferme à Venise ; mais que les marchands de la côte furent obligés d’y transporter par charroi leurs marchandises. »
 

 

« L’hiver de l’année 1124fut extraordinairement rude, et il tomba en très grande quantité de neige. Anselme de Gembloux, d’où ces circonstances sont tirées, dit, que dans le Brabant les étangs étant gelés jusqu’au fond, les anguilles en sortirent et se réfugièrent dans les meules de foin, où, cependant elles périrent par la gelée. N’aurait-ce pas plutôt été des couleuvres que des anguilles qu’on trouva mortes en ouvrant ces meules ? »
 

 

« L’hiver de 1422, dit M.Messier, dans son Journal de Paris contenu dans son Mémoire pour servir à l’histoire de France et de Bourgogne « L’an 1422, janvier douzième jour, fit le plus aspre froit que l’homme ust veu faire ; car il gela si terriblement, qu’en moins de trois jours, le vinaigre, le verjus, geloient dedans les celliers, et pendoient les glaçons aux voultes des caves. »
 

 

« L’hiver de 1468 fut si violent, qu’en Flandres on fut obligé de rompre, à coup de hache, le vin que l’on distribuait aux soldats ; Philippe de Commynes nous l’atteste… »
 

 

« Galliot parle d’une gelée en 1481, qui ruina les biens de la terre par sa violence et sa durée. Le froid fut si excessif et continua si longtemps qu’il n’y eut ni moisson, ni vendange. »
 

 

« Ce fut le 20 janvier 1608 qu’Henri IV dit que sa moustache s’était gelée au lit. Trois jours après, le pain qu’on lui servit, se trouva gelé, mais le roi ne voulut pas qu’on le dégèle. »
 

 

« En l’an 1608, l’année du grand hiver selon le Mercure de France (…) le froid gela les vignes jusqu’à la racine… »
 

 

« Aubert le Mire dit à cette occasion, que « comme beaucoup de personnes avaient été gelées par le froid de l’hiver précédent, ainsi il y en avait plusieurs qui moururent l’été suivanr (de 1608) par l’excès de la chaleur. »
 

 

« M. l’abbé Papon, dans son Histoire de Provence, rapporte que l’année 1638, l’eau du port de Marseille fut gelée autour des galères… »
 

 

« Au mois de janvier des années 1655 et 1665, le froid fut si violent en Pologne, que les vins les plus forts furent gelés. »
 

 

« Cette grande gelée commença en Angleterre à Noël 1683 et continua avec peu de diminution jusqu’au 16 février 1684 (…) La Tamise à Londres fut si fortement gelée pendant une grande partie de cet intervalle, qu’on y érigea des cabanes et des loges, on y tint une foire qui dura deux semaines, et dès le 9 janvier les voitures la traversèrent et la pratiquèrent dans tous les sens comme sur terre ferme ; on y donna un combat de taureau, une chasse au renard, et sur la glace vis-à-vis de Whitehall on fit rôtir un bœuf entier. »
 

 

Janvier 1789 « quant au vent de bise qui souffla les dits jours (du 26 décembre au 13 janvier), il était froid et piquant au-delà de toute expression ; il soufflait avec une violence qui le rendit presque insupportable au dehors, et il pénétrait partout avec des sifflements aigres, au point qu’il était presque impossible d’échauffer les appartements. C’est c cruel vent qui donnait au peu de légumes qui restaient sur pied dans les jardins, une apparence comme si le feu y était passé ; et comme les terres labourées, par la sécheresse de la saison qui avait précédé la gelée, ainsi que par la force et la durée de celle-ci, étaient devenues très meublées ; ce vent, après avoir enlevé le peu de neige qui les couvrait, enleva de même la terre en forme de poussière, et la répandait sur la ville et les champs, au point que la neige changea partout de couleur et de blanche devint brune. »

 

« Les gazettes de France du 31 décembre marquaient que la Loire était prise à nantes, au point qu’il y était impossible d’y procéder aux acte de transport pour le commerce, les navires se trouvant engagés dans les glaces ; que la Saône était glacée depuis Gray jusqu’à Lyon, et le Rhône depuis le lac de Genève jusqu’à Pont-Saint-Esprit ; qu’une grande partie des noyers, des châtaigneraies, des oliviers et autres arbres fruitiers dans les provinces méridionales de France ont été détruits par cette gelée. Enfin, que toutes les rivières de la Bourgogne étaient taries ou glacées, et tous les moulins condamnés à l’inaction, de sorte qu’au milieu de l’abondance du bled, on manquait de pain pour la nourriture des habitants. »

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 00:04

Ne me demandez pas pourquoi car je ne répondrai pas mais je sature, je sature même grave et pas pour de rire. Dans ces cas-là je prends la tangente, je m’évade et je méprise. Le 3 mai 1968, Georges Marchais, secrétaire du parti communiste, dénonçait dans l’Humanité : « ces groupuscules dirigés par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit » et nous avons scandé, en signe de solidarité avec Dany le Rouge : « Nous sommes tous des juifs allemands ». Plus tard, Cohn-Bendit expliquera : « Georges Marchais qui m’avait traité d’anarchiste allemand faisait jouer la phobie antiboche : les étudiants à Nanterre ont crié ce qu’il n’avait pas osé dire : « juif allemand ». 

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Réveiller les vieux démons ne me plaît pas, alors en vrac je déverse : Klaus Nomi découvert par David Bowie, chanteur d'opéra hors norme par sa tessiture très étendue : voix de baryton-basse mêlée à celle de contre-ténor et artiste de cabaret au look inclassable. Mort du SIDA en 1983, c’était le début de la grande fauche de ce foutus virus ; Nina Hagen ensuite, même si elle ne m'a jamais vraiment ni fasciné, ni même intéressé, mais parce qu’elle parce que sa voix déglinguée partait dans de vrais délires. Elle faisait le spectacle et horripilait les gens que j’adore voir s’exaspérer face aux provocateurs. L’intelligentsia la vénérait : la couverture d'Actuel, celle de Rock & Folk,  de la provoc bien modérée. Qu’importe ! Reste, pour finir sur une note apaisée, la grande Ute Lemper, que j’ai découvert en 1987 lorsqu’elle interprète des chansons du compositeur Kurt Weill link.En 1992, son album Illusions à reçu le Grand prix de l'Académie Charles-Cros. Son duo avec Art Mengo Parlez d’amour sera un grand succès.

 

Mon titre « Allemagne année zéro » est celui d’un film de Roberto Rossellini « Germania anno zero » sorti en 1948 année de ma naissance

 

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