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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 00:09

Miller.jpgÀ ce moment précis, je pense au voisin du Priorat, je crois l’entendre chanter. “Segur que tomba, tomba, tomba, Ben corcada deu ser ja…”. Je pense à cette chapelle de rien perchée au-dessus de Porrera, son village de cœur, là où il est parti replanter la vigne de ses ancêtres, conquérant de la mémoire perdue, gonflé d’un orgueil de sang et d’or. “Sûr qu'il tombe, tombe, tombe, Et nous pourrons nous délivrer”.

Je pense à cet autre vigneron venu du trou du cul du monde, “d’un canton oublié de ses habitants eux-mêmes”, de ce bout de Galice dont l’accent chuinte déjà le Portugais. Je pense à lui, la semaine dernière à Monvinic, parlant les yeux humides de ses vins d’albarello “qui ne sont pas sublimes” mais qui racontent sa terre et sa mère, ses vins pour lesquels il a soigneusement évité d’écouter les conseils avisés des “Maîtres” qui projetaient sûrement de les faire mourir dans des cercueils de chêne.

 

Je pense aussi à la cheminée du Dj chartreux de Gratallops, aux seigneurs de Jerez riches d’une grâce exotique, à la Señorita López de Heredia dont les blancs sont un mystère classique, au pirate médoquin de Cadaquès qui veut bouter l’Américain hors de la péninsule, à César qui fait marcher le vin au pas, au “flayingue ouayeneméqueure” qui évangélise, à Pep le Catalan à l’envers, aux coupeurs andalous dont le travail, humble mais exact, vaut tellement plus que le mépris qu’on leur donne, à Sergi, à Raül, à El Cuñado et à Isabelle qui sait tant, à Marc, Sara, Flequi et Malena, à Josep qui ne s’impatiente jamais, à Ramiro, au Catalan bourguignon, à l’Escocés volante et même à la jolie petite Presen, si appliquée.

 

Si je pense à tous ces gens qui sont chacun un petit morceau du vin d’Espagne, à eux et à tant d’autres, c’est parce qu’à ce moment précis, par-delà leurs différences et leurs contradictions, ils ne méritent pas ça. Ils ne méritent pas cette sale histoire, ce Watergate du vin sur lequel nous avons commencé il y a un mois, ici même, à lever le voile.

 

Pour ceux – rares semble-t-il – qui auraient raté les épisodes précédents, de quoi s’agit-il? Nous est tombé du Ciel (la majuscule est importante car il ne s’agit pas là d’une Espagne dévergondée qui ne croit plus en rien…) un email expédié le 4 octobre 2011 (19h39) à 75 adresses (parfois redondantes) d’entreprises vinicoles de la région de Jumilla, Yecla, Murcia et Cie. Ainsi débuta, sur le blog du père Berthomeau, le Jumillagate, fondé sur la première preuve écrite d’un système soupçonné mais jamais avéré link.

 

Évidemment, les sourcilleux diront que nous avons, que j’ai commis l’erreur, moi, Vincent Pousson, de pousser ce respectable haut commis de l’État jouissant d’une vue imprenable sur le monde agricole qu’est le Taulier à divulguer ce courrier (“privé”, a-t-on dit dans un premier temps, puis, ont-ils dit, se ravisant,  “falsifié”…) qui, avec une certaine fraîcheur, tarifait clairement les (éventuelles) amours à géométrie variable de l’envoyé très spécial d’un grand Guide (là, la majuscule pose problème) américain et surtout de son lazarillo chilien, miraculeusement porté au firmament de l’érudition pinardière par une institution londonienne qui récemment en perdit la voix.

 

Las, une Éminence du Vin d’Espagne (trois majuscules méritées), Victor de la Serna, a confirmé que nous ne souffrions pas de problèmes ophtalmologiques et que les documents que nous avions en main n’étaient en aucun cas des vues de l’esprit — qualité, l’esprit, visiblement épargnée aux protagonistes de cette farce. Versant nord des Pyrénées, Michel Bettane s’est même permis de délaisser une langue qu’il fréquente si bien pour qualifier en anglais “d’idiots” ceux qui payaient pour être jugés tout en portant un regard intrigué sur un autre envoyé spécial du Guide mais en évitant en revanche d’utiliser un épithète pour le Guide lui-même link.

 

Donc, par malheur, les embarras se sont enchaînés. Ce que l’on tenta de mettre sur le compte de propos d’après-boire, de franchouillardises revanchardes, de rumeurs colportées par des fantômes du Web, des trolls, prenait du corps — un peu comme ces vins élégants mais faussement “fluets ”dont les rustres, comme dirait Monsieur le père d’Alix de M,  ne perçoivent pas nécessairement la dimension au premier abord. Oui, pour en revenir à ce dossier pourri, d’après les informations patiemment collectées, recoupées par l’opiniâtre Jim Budd, éminent membre du Club des 5 link , les nouveaux accès des bodegueros de la Péninsule Ibérique au grand Guide seraient mis en coupe réglée par le julot sud-américain, qui, à en croire la chronique, lui non plus n’a pas changé

Jim, le bulldog à chemises fleuries, comme nous plus amoureux du vin que de l’argent mais soucieux de l’avenir des gens qui le produisent, épaulé par le correspondant d’Associated Press, Harold Heckle, vient même d’en remettre un couche, qui prouverait, par des retranscriptions circonstanciées d’échanges épistolaires, l’existence d’un système généralisé de pay-to-play en Espagne, enfin plutôt de pay-for-Jay ou no-pay-no-Jay link. Tout cela, avec moult détails, est parfaitement récapitulé par Hervé Lalau, autre membre des 5 du vin link.

 


Alors, depuis hier, (et d’autant mieux que c’est écrit en anglais), la machine s’emballe à nouveau, les langues se délient, le mundillo du vin bouillonne. Un excellent wine writer britannique y voit même l’aboutissement d’une tragédie grecque link . Tragédie, bof… Pour tout vous dire, nous, en France (et pas qu’en France!), les déboires du Guide, on s’en tape un peu. Certes, je l’avoue, un gros ouvrage bordeaux portant le nom d’une célèbre vis (merci, cher François de L…) a un temps encombré les rayons de ma bibliothèque. C’était il y a si longtemps, à une époque où même Bernard Tapie se prenait pour un crooner!  Ce pavé, compagnon boutonneux de nos premiers émois vinicoles, adolescents et acnéiques, nous fit croire quelques années que nous étions plus finauds que nos pères; que voulez-vous,  c’était l’âge tendre, ne comprenant pas grand-chose au vin, nous crûmes voir la lumière. 

guide parker bordeaux 

Puis, chemin faisant, les uns après les autres, nous nous rendîmes compte qu’en matière de vin comme ailleurs, il fallait apprendre à penser par soi-même. Heureuse découverte qui tout en nous faisant faire des économies nous a permis de détourner nos bouches des épuisantes “pipes à Pinocchio” et autres pâtes de fruits glycérinées à l'américaine, bref, de la mode des années 80. Plus de Bible, plus de Guide, nous nous jetâmes dans le grand bain, ne mesurant plus notre plaisir à l’aide d’un pied à coulisse, fût-il gradué de 0 à 100. Non pas que la critique vineuse soit sans intérêt (cette fois-ci, je prends garde à ne pas jeter le bébé et l’eau du bain, sinon David Cobbold va à nouveau me tomber dessus comme la vérole sur le bas-clergé), mais le diktat du “bon goût”, le culte d’une prétendue perfection finissent toujours par sombrer dans l’ennui. C’est l’artificialité du système de notation, pseudo-scientifique, qui confine au ridicule: vous, vous donnez quelle note, sur 100, à Mozart, Paganini, Bach, Satie ou Malher? À Picasso, Michel-Ange, Dürer, Velázquez, Goya ou Soulages? Ou aux femmes que vous avez aimé, histoire de nous vautrer nous aussi dans la vulgarité qu’a induite cette échelle de mesure factice?

 MikeBrant.jpg

Donc, désolé, nous n’avons aucun compte à régler avec le Guide; ses recommandations bodybuildées, concentrées (qui nous semblent aujourd’hui aussi vintage que les pattes d’éph’ de Mike Brant), furent notre laborieuse Méthode Rose du rouge, comme elle le sont encore un peu parfois pour tous ceux, innocents ou paresseux, qui pensent faire leurs premiers pas dans le vin en y entrant par la grande porte. Par bonheur, nous avons couru et laissé depuis bien longtemps ce vieux Monde derrière nous.

 

“Segur que tomba, tomba, tomba, Ben corcada deu ser ja…”

 ToroRioja.jpg

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 16:00

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Votre taulier s’efforce toujours d’être là où vous ne l’attendez pas. Ce soir il vous propose de visionner une vidéo (12mn) link fort instructive de la remise du Prix La Fondation Bettencourt Schueller pour l’Intelligence de la Main 2011

 

Je trouve cette appellation d’une grande beauté et vous savez que je suis profondément attaché à ce que fait la main


Créé en 1999, le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main récompense, chaque année, l’excellence des professionnels des métiers d’art alliant parfaite maitrise d’un savoir-faire, innovation et recherche esthétique.


Un Prix : deux récompenses


Talents d’exception est destiné à récompenser la réalisation d’une œuvre d’une qualité esthétique incontestable résultant d’une parfaite maîtrise des techniques et savoir-faire d’un métier d’art.

 

Dotation : 50 000 euros.

 

Dialogues met en lumière le travail des artisans d’art en collaboration avec d’autres univers de la création : design, architecture, arts plastiques, décoration...

 

Dotation : 50 000 euros, répartis à parts égales entre l’artisan d’art et le créateur qui l’accompagne.

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Appel à candidature : modalités

 

Le dossier de candidature et le règlement du Prix sont à télécharger sur le site Internet : www.intelligencedelamain.com  ou vous pouvez contacter la Fondation Bettencourt Schueller, au service Mécénat Culturel culture@fondationbs.org .

 

La date limite de réception des dossiers est le lundi 26 mars 2012 à minuit.

 

Et si les gens des métiers du vin se mettaient sur les rangs ?

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:00

En plus c’est au musée de la Chasse ne le dites pas ça nuirait à mon image de marque. Le gentil organisateur de ce pince-fesses de joyeux drilles de la Toile qui souhaitent mettre du beurre dans leurs épinards est Philippe Hugon de l’agence Vinternet. L’an dernier, dans le même lieu, c’était dans un Paris quasiment bloqué par la neige que la première édition s’est déroulée en réunissant 70 professionnels sur le thème «Comprendre le web 2.0 afin de mieux valoriser ses vins et gagner de nouveaux marchés »

 

Philippe Hugon remet ça le 6 Décembre toujours à Paris au Musée de la Chasse et de la Nature.

 

Le thème :

 

« Mobilité, réseaux sociaux et géolocalisation. Comment satisfaire aux nouveaux usages d’Internet? Conquérir des clients mobiles en France et à l'international ? »

 

Les objectifs de cette journée sont de :

 

Cerner les enjeux de ces nouveaux usages pour les professionnels du vin et en débattre avec des professionnels réputés.

Identifier les opportunités nouvelles mais aussi les pièges à éviter à partir d’expériences concrètes.

Assimiler les bonnes pratiques et permettre à chacun de savoir comment les mettre en œuvre.

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Comme vous le constaterez sur le programme ci-dessous je fais tandem avec Philippe Hugon pour l’animation de toutes les tables-rondes sur la base du principe qu’un type compétent, Philippe, flanqué d’un incompétent qui a de la bouteille, moi, ça donne du gaz aux débats !

 

Pour les mauvaises langues comme je ne fais jamais de « ménage » ma future brillante collaboration à Vin 2.0 2011 est gratuite (je soupçonne Philippe de m’avoir engagé que pour ça)

 

Philippe me précise qu’à J-6 de l'événement, il  reste encore des places. Pour ceux que ça intéresserait adressez-vous à Jennifer Manez  jmanez@vinternet.net en vous recommandant du taulier et à vous de jouer !

 

Le programme

 

9h00 – 9h30 : Accueil des participants

9h30 – 10h30 : « Communication du vin et internationalisation»

 

Débat : Dans le contexte d’une communication très réglementée en France et d’une internationalisation des marchés, la question posée est celle des opportunités à saisir mais aussi des pièges à éviter dans les actions de communication en France et à l’export. Peut-on envisager un pilotage global ou faut-il s’adapter à chaque pays?

 

- Intervenants : Thierry Desseauve (Bettane & Desseauve), Olivier Legrand (Inter-Rhône), Laurent Panayoty (Sud de France), James de Roany (CNCCEF)

 

- Animateurs : Jacques Berthomeau (Vin&Cie) et Philippe Hugon (Vinternet)

 

10h30 – 11h00 : Networking break

 

11h00 – 12h00 : « Internet, les nouveaux usages : mobilité, géolocalisation, réseaux sociaux et interfaces tactiles »

 

Débat : Avec la multiplication des dispositifs de consommation de contenu tels que les smartphones (12 millions de mobinautes pour 14 millions de smartphones en France selon une étude menée entre Mars et Mai 2011) et les tablettes tactiles, la mobilité est en train de révolutionner notre consommation du web. 59% des utilisateurs français se connectent tous les jours au web par leurs mobiles. Comment appréhender ces nouveaux modèles de distribution, de navigation et parvenir à les gérer?

 

- Intervenants : Robert Joseph (Consultant), Sylvain Dadé (SoWine), Ryan O’Connell (O’Vineyards), Anne-Victoire Jocteur Monrozier (Vinocamp)

 

- Animateurs : Jacques Berthomeau (Vin&Cie) et Philippe Hugon (Vinternet)

 

12h00 – 12h30 : Live Tasting

12h30 – 14h30 : Networking lunch

 

14h30 – 15h45 : « Dégustation, gastronomie, tourisme : les contenus mobiles  »

 

Atelier : Près de 500 applications sur le vin sur l’AppStore. Plus de 3 milliards de vidéos vues sur Youtube chaque jour. Foursquare compte aujourd’hui plus de 10 millions d’utilisateurs. Cet atelier s’appuiera sur l’intervention de producteurs de contenus et de créateurs d’applications mobiles pour comprendre comment maîtriser les leviers d’audience.

 

- Intervenants : Marc Roisin (Vinogusto), Goncalo Caeiro (Wine-Is), Yann Le Fichant (VoxInZeBox)

- Animateurs : Jacques Berthomeau (Vin&Cie) et Philippe Hugon (Vinternet)

 

15h45 – 16h15 : Networking break

 

16h15-17h30 : « Le M-commerce (e-commerce en mobilité) »

 

Atelier : Le m-commerce, ou commerce sur téléphone mobile, devrait dépasser les 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France en 2015, contre 500 millions d’euros en 2010. Cet atelier s’appuiera sur le témoignage de distributeurs pour mieux appréhender les enjeux réels de ces nouveaux débouchés.

 

- Intervenants : Emmanuel Imbert (Vente-privee.com), Lionel Cuenca (iDealWine), Vincent Deruelle (Bleu Roy)

- Animateurs : Jacques Berthomeau (Vin&Cie) et Philippe Hugon (Vinternet)

 

17h30 – 18h00 : Conclusion

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     La couleur du chech du taulier n'est pas garantie par les organisateurs de Vin 2.0

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 00:09

photoDaumier.jpgCes derniers temps la critique du vin, et par le fait même les critiques du vin, ont été mis sur la sellette par des chroniqueurs de la blogosphère pour mélanges des genres et conflits d’intérêts. Afin, non de jeter de l’huile sur le feu, mais alimenter le débat j’ai acquis un petit opus Éloge de la critique de Diderot à Roland Barthes textes choisis et présentés par Jacqueline Razgonnikoff chez art lys www.artlys.fr 12€.

 

Bien évidemment il s’agit essentiellement de la critique littéraire, artistique, musicale et dramatique mais Jacqueline Razgonnikoff, historienne du théâtre, a inclus dans ses auteurs le père de la critique gastronomique : Alexandre-Balthazar Grimod de la Reynière, grand amateur de théâtre. Il m’est donc ainsi facile d’inclure dans le champ de la critique celle du vin qui, comme la critique gastronomique, fait appel à 3 de nos sens.  

Donc comme l’écrit Jacqueline Razgonnikoff «De Diderot aux journalistes de notre époque, les opinions se répondent, se contredisent, se complètent, se combattent, se confirment. Au détour de leurs phrases, il est passionnant de débusquer la profonde sincérité des uns, la souffrance des autres, l’indulgence de ceux-ci, la cruauté de ceux-là. » Qu’il serait bel et beau que ces rebonds intellectuels soient de règle sur notre blogosphère ! Petite anthologie établie « pour le plaisir » qui veut nous donner « l’occasion de pratiquer (…) l’exercice excitant d’une réflexion que l’invasion de la culture industrielle et la primauté de l’image sur le mot empêchent parfois de s’exercer à bon escient. À l’époque de la « pensée unique », il est encore et plus que jamais utile de réfléchir à « l’esprit critique »

.

Dieu qu’elle a raison et je vous invite, amis lecteurs, à lever le nez de votre verre et à plonger vos yeux sur ces morceaux choisis par moi.

 

Je commence par François Truffaut fondateur des Cahiers du cinéma et critique redouté car je partage son point de vue sur l’exercice de la critique « Si l’exercice de la critique est admissible, c’est à condition de la considérer comme un job provisoire, un stade transitoire. » Pour la critique du cinéma il est radical ce « n’est ni une profession, ni même un métier, tout juste un expédient » Comme beaucoup d’auteur il a la dent dure « on devient critique, par hasard, après avoir échoué dans la littérature, le professorat, la publicité ou la soudure autogène. »

 

Pour autant je partage l’opinion d’Oscar Wilde « Nous devons nous en tenir à la Critique. Et voici ce que je veux mettre en évidence. Une époque qui n’a pas de Critique est une époque où l’art est immobile, sacralisé et confiné à la reproduction de modèles formels, ou c’est une époque qui n’a pas d’art du tout (…) le penchant de la création est de se répéter. C’est à l’instinct critique que nous sommes redevables de chaque nouvelle école qui jaillit, de chaque nouveau moule que l’art trouve à la portée de sa main. »

 

Je comprends la souffrance de Claude Debussy « Ils ont le droit de juger en une heure l’effort, le labeur, la gestation de plusieurs années. » et la colère d’Hector Berlioz « Trop misérables critiques ! Pour eux l’hiver n’a point de feux, l’été n’a point de glaces. Toujours transir, toujours brûler. Toujours écouter, toujours subir. »

 

Si je puis m’exprimer ainsi je m’efforce de me tenir sur la ligne de Denis Diderot « La vérité et la vertu sont les amis des beaux-arts. Voulez-vous être auteur ? Voulez-vous être critique ? commencez par être un homme de bien. » et comme l’écrivait Grimod de La Reynière « Ce que l’on peut faire de mieux de la Critique, c’est d’en profiter avec reconnaissance si elle est juste, et de tâcher de l’oublier, si elle ne l’est pas. Cette maxime, qui devrait être la règle de tout Écrivain, et de tout Écrivain polémique surtout, est cependant rarement pratiquée. »

 

Enfin Charles Baudelaire « Quant à la critique proprement dite, j’espère que les philosophes comprendront ce que je vais dire : pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à une point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons. »

 

Ce ne sont que mes choix si ça vous dit vous savez ce qui vous reste à faire !

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 17:00

Sur le blog du GJE un « anonyme » a posté sous le pseudo Leclubdes5 dit « Les petits roquets de la blogosphère se rebellent, quelle bande d'aigris... » à propos d’une chronique de Michel Smith sur le blog des 5 du Vin.

 

 

Cette façon d’insulter anonymement l’auteur d’une chronique est lâche et veule, et, pis encore ce couard, se permet d’amalgamer les 4 autres contributeurs du blog dans son fiel. Que ce pleutre se rassure je ne me sens pas outragé par ses qualificatifs morveux pour la bonne et simple raison que si je fus l’un des 5 du Vin je ne le suis plus, David Cobbold m’ayant très avantageusement remplacé, mais je ne pouvais laisser passer cette manière de faire minable et sournoise.

 

Qui se planque derrière le pseudo Leclubdes5 ? Seul François Mauss le sait sauf s’il s’agit d’un commentaire vraiment anonyme. J’aurais aimé que dans sa réponse à ce courageux contributeur François Mauss lui fasse remarquer que traiter Michel Smith et ses compères de petits roquets et de bande d’aigris ne contribuait en rien à élever le niveau du débat. Ce silence est déplaisant. Le GJE est composé de gens de bonne compagnie, je crois, alors pourquoi laisser traîner ce type d’agressivité sous un pseudo ?

 

Charbonnier est maître chez lui, François Mauss fait ce que bon lui semble sur son blog mais j’avoue ne pas comprendre ce laisser-faire qui frise la connivence. Que le débat soit vif, outrancier, parfois de mauvaise foi, si les protagonistes le font à visage découvert, sauf à proférer des insultes, des menaces ou tenir des propos douteux, je suis le premier à pratiquer ce sport, François Mauss en sait quelque chose. Mais pourquoi diable nourrir tous ces petits venimeux anonymes qui passent leur temps, ils en ont beaucoup, à déverser leur fiel au bas des chroniques ?

 

Les commentaires sur mon blog ne sont pas filtrés. Quiconque se présente à visage découvert peut me traiter de vieux con, d’incompétent, d’hypocrite, de menteur…j'en passe et des meilleures sans encourir de censure. Tous les commentaires sont publiés mais dorénavant tout commentateur anonyme, qui traficote son e-mail pour se planquer, est systématiquement jeté. Vous ne pouvez pas savoir comme c’est jouissif de voir pester, éructer, me vomir le commentateur anonyme. Normal, ils n’existent que par nos écrits et, en les jetant avec dédain, ils sont renvoyés au néant de leur insignifiance.

 

Balayer devant sa porte est une bonne chose, ça fait du bien et c’est le gage d’une maison bien tenue. Bonne fin de soirée...

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 00:09

Regretter les émissions cultes est une preuve de jeunesse mentale : le Tribunal des Flagrants Délires sur France Inter fut bien plus qu’une bouffée d’oxygène : un vrai grand bonheur. J’ai croisé Inès de la Fressange dimanche soir sur le quai 1 de la superbe gare de Beaune alors que nous attendions l’unique TGV direct pour Paris Gare de Lyon. Elle s’est gentiment extasiée sur mon sac Pan Am. Dans mon livre de chevet Tout Desproges au Seuil 1450 pages, l’éditeur concluait à son propos : « elle a si peu changé en vingt ans qu’on se demande si elle n’est pas en tissu » J’en témoigne…

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J’adore la chute du réquisitoire de Pierre Desproges contre Inès De La Fressange le 18 janvier 1983 au Tribunal des Flagrants Délires (voir vidéo ci-dessous): « Cependant, avant de lui céder la parole (à l’avocat Luis Rego), qu’il me soit permis, vous dévorant de tous mes yeux, de vous resservir, en hommage à votre exquise beauté, la bouleversante déclaration que fit un jour le cardinal de Richelieu à la très belle, très jeune et très pulpeuse comtesse Poli d’Oletta qu’on avait placée à son côté lors d’un dîner d’intimes à la cour de Louis XIII :

Madame si ma robe était de bronze, Vous entendriez sonner le tocsin. » photopan-am.jpgphoto-pan-am1.jpg

  

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 00:09

Dans ma petite auto l’autre soir j’écoutais Oui FM et un auditeur extasié relatait avec des trémolos dans la voix le concert de Patti Smith à l’Olympia. Je me gare. Le boulevard Raspail était plein d’autos comme toujours à cette heure de migration. Au Lutetia le pianiste jouait une sonate en ut majeur de Mozart. Je commandais un Mojito pour me requinquer des émotions de la journée.  Elisa, qui sait reconnaître au premier coup d’œil les légendes vivantes de la musique de mes jeunes années, me dit Patti Smith vient de s’installer derrière nous. Et c’était bien elle, de noir vêtu, blême et hiératique. Normal elle vient de donner deux concerts à Paris les 21 et 22 novembre à l'Olympia.


Lorsque la New-Yorkaise était passée à Salle Pleyel le 22 janvier un journaliste écrivait : « Rise up and save our fucking world ! » Elle a le poing levé et sa Fender hurlante contre le cœur. Son groupe achève une version dantesque du brulot punk des Who, My generation. Les guitares grondent, le larsen monte des amplis en fusion, les murs tremblent. Le parterre est debout, en totale communion. Au premier balcon, un rabat-joie en costume impeccable tente en vain de faire asseoir un groupe de copines qui retrouvent leur 20 ans et dansent, debout, devant lui. Patti Smith fait la révolution à la Salle Pleyel ! 


Patti Smith est une légende on ne peut plus vivante. Et « Horses » est un grand cru qui vieillit magnifiquement. Epaulée par son fidèle guitariste Lenny Kaye, présent à ses côtés depuis 1971, Jay Dee Daugherty, "le seul batteur avec qui j'ai jamais joué" a-t-elle précisé, et de deux jeunes musiciens brillants - alternant basse, guitare et piano - Patti Smith lui a donné à Pleyel une profondeur et une force impressionnantes. Elle l'a joué dans l'ordre et dans la plus pure tradition rock. Sans aucun décorum, juste les amplis et ses musiciens installés près d'elle. Elle longues bottes noires, veste noire, gilet et tee-shirt blanc, recouverts par sa longue et belle crinière grisonnante. »


Paris idolâtre Patti Smith et la New-Yorkaise le lui rend bien. . Punk un jour, punk toujours… »

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 12:00

Je sais qu’il est de bon ton de snober le Grand Tasting de Bettane&Dessauve, c’est tendance grunge je culbute que des quilles de gars en sandalettes plastiques qui ont fait le vœu de pauvreté. Je rigole bien sûr ! Mais vous me connaissez je ne sais pas dire non à mes bonnes copines et Isabelle la cathodique link en est une du Top alors lorsqu’elle m’a fait une proposition honnête :

 

Cher Jacques,

 

Je ne vous apprends rien en vous disant que le Grand Tasting approche à grand coup de tire-bouchon...

Pendant deux jours, comme d'habitude, le salon va être rythmé par différents types d’animations dont les Master Class et les Ecoles des Terroirs.

J’aimerais inviter vos lecteurs à vivre l’expérience Grand Tasting à fond en assistant à certaines de ces animations.

 

Master class :

-          Le génie européen : 11h00 à 11h45 le 2/12

-          Le génie du Riesling : 14h00 à 14h45 le 2/12

-          La Force du Terroir : 17h00 à 17h45 le 2/12

Ecoles des terroirs :

-          Vins du Roussillon : 12h00 à 12h45 le 2/12

-          Riedel : l’importance du verre dans la dégustation : 13h00 à 13h45 le 2/12

-          Cognac de 17h00 à 17h45 le 2/12

-          L’AOC Limoux de 14h00 à 14h45 le 3/12

 

Réponse : pourquoi pas, faut voir !

 

Comme vous le savez je ne suis pas très chaud pour passer les plats mais là ce qui a emporté ma décision positive c’est que dans l’Ecole des Terroirs y’avait l’AOC Limoux. Que voulez-vous j’ai un faible pour les gars et les filles de Limoux.  

coeur de bulles 004Donc si vous souhaitez participer à l'Ecole des Terroirs « L'AOC Limoux » présenté par : Richard Planas, Directeur AOC Limoux vous cliquez sur le lien

link

et vous jouerez avec Isabelle la cathodique qui s’occupera des 3 gagnants qui seront tirés au sort parmi les participants. Elle sera aux petits soins pour eux. Les 3 gagnants se verront offrir une entrée+une place pour l’Ecole des Terroirs « L'AOC Limoux »

 

Au programme donc :

 

La Bulle AOC du Languedoc : Découverte des vins AOC effervescents du Languedoc

Crus présentés par Richard Planas :

    - AOC Blanquette de Limoux

    - AOC Crémant de Limoux

    - AOC Blanquette de Limoux Méthode Ancestrale link 

 

JOUEZ !

 

Pour ceux qui voient le mal partout : je touche comme seule royaltie pour cette opération bettanedessauvienne que le beau sourire d'Isabelle la cathodique...

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 00:08

Lors d’un récent déjeuner celui des courtiers-jurés piqueurs de vin, sur le badge, dont on me dota à l’entrée, les organisateurs avaient inscrit journaliste, ce que je ne suis pas et ne serai jamais. J’en ai fait la remarque gentiment. Pour autant, l’attribution de la carte tricolore de journaliste professionnel ne fait rien d’autre que constater un état. En effet, la loi de 1935, dans son article L 7111-3, indique « est journaliste professionnel toute personne qui a pour activité principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques, ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources ».

CartePresse_3.jpgLa carte de presse qui illustre cette chronique est celle de Jacques Alexandre : il fut détenteur de la première carte de presse de l’après-guerre.


L'article L 7111-4, dès l'origine, a établi une incompatibilité en ce qui concerne les agents de publicité, ce qui ne signifie pas que les journalistes ne puissent occasionnellement et en tout cas minoritairement percevoir des commissions d'ordre publicitaire. En revanche, depuis octobre 1964, par arrêté du Ministre de l'Information, les fonctions de chargé de relations publiques et d'attaché de presse sont totalement incompatibles avec le statut de journaliste professionnel, même si celles-ci sont très accessoires au regard des activités journalistiques.

Enfin, un troisième cas d'incompatibilité a été ajouté en Mai 1986, par un arrêt du Conseil d'Etat qui a estimé que le statut de fonctionnaire ou d'agent public contractuel est exclusif du bénéfice de tout autre statut professionnel.


La Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels (CCIJP) est composée à parité de représentants des éditeurs de journaux et de syndicalistes élus par les journalistes, cette commission est chargée par la loi de délivrer une carte professionnelle aux journalistes qui peuvent y prétendre. Cela signifie concrètement que la Commission est amenée à rechercher, pour chaque demande examinée : s'il s'agit bien d'une occupation principale et régulière (3 mois consécutifs pour une première demande),  si celle-ci procure au postulant l'essentiel de ses ressources soit plus de 50%, si les activités du demandeur s'exercent bien dans le cadre de la profession, ce qui entraîne en réalité deux questions : quelle activité ? Dans quel type d'entreprise ? Naturellement, les fonctions exercées doivent être de nature journalistique. Enfin, l’employeur doit être une entreprise de presse (écrite ou audiovisuelle) ou une agence de presse agréée.

390295_307382085946873_307155859302829_1121327_1072689833_n.jpg     Ma pomme étiqueté journaliste en compagnie de mon ami et fidèle lecteur Robert Tinlot

 

Vous allez me dire pourquoi est-ce que j’aborde ce sujet ? Tout bêtement parce que le sujet agite, le mot est un peu fort, et la blogosphère et Face de Bouc. Face au mélange des genres le statut de journaliste professionnel donnerait aux lecteurs des garanties déontologiques quant à l’indépendance du titulaire de la carte de presse vis-à-vis des « puissances de l’argent ».


Sujet épineux s’il en est mais qui peut se traiter simplement : comme pour les fonctions publiques ou électives, afin d’éviter la corruption, une vraie et solide rémunération permet d’éviter la tentation d’arrondir ses fins de mois ou de profiter de sa situation (ce qui ne signifie pas que la corruption ne s’exerce pas mais elle tombe alors sous le coup de la loi). Les garants de l’indépendance des journalistes sont leurs employeurs qui doivent les mettre à l’abri de toute forme de pression ce qui signifie qu’ils les payent correctement et qu’ils leur assurent par notes de frais le défraiement de tout ce qui touche à l’exercice de leur métier. Tous les accommodements avec cette règle simple font encourir au journaliste professionnel les mêmes risques que n’importe quel porte-plume. Enfin, il est bien évident que le poids des annonceurs dans les budgets des médias peut conditionner plus ou moins la ligne éditoriale du titre et, par ce fait même, peser sur l’indépendance du journaliste professionnel.

 

Attention je ne jette pas la pierre à quiconque et je ne me drape pas dans une quelconque posture morale mais simplement je rappelle que ce n’est pas une carte, même tricolore, qui garantit l’indépendance et la déontologie des journalistes professionnels. Alors me direz-vous comment faire pour assurer le lecteur que les écrits de X ou de Y l’ont été en toute indépendance ? Comment faire qu’il n’y ait pas ou peu de conflits d’intérêt ou de mélange des genres ? Ce n’est pas à moi de répondre à ce genre de questions mais aux patrons de la presse du vin. Simplement étant à la tête d’un microscopique média, à l’influence fort réduite, gratuit de surcroît, dépourvu de toute publicité, donc de toute ressource financière, j’assure mon indépendance en prenant à ma charge tous les frais que j’engage pour le compte de mon blog : déplacements, hébergement et achats de vins, de livres… etc. Comme je l’ai déjà écrit mon cas n’a aucune valeur d’exemple et ne constitue pas un modèle économique mais je cite mon mode de fonctionnement pour souligner que pour assurer l’indépendance intellectuelle d’un journaliste le meilleur rempart reste toujours de lui donner son indépendance économique.

 

Par-delà cette lancinante mise en cause de l’indépendance de certains, de la dénonciation du mélange des genres dans le monde du vin, je pense que le sujet de fond qui doit-être abordé en priorité est l’accès au marché de la foultitude de vignerons indépendants. Comment se faire connaître, être connu et reconnu, se constituer un fonds de clientèle ? Comment l’entretenir ? Bien sûr un tel sujet ne fera de buzz sur Face de Bouc ou ne provoquera pas un déluge de commentaires sur un blog,    mais il est essentiel surtout pour les nouveaux entrants. La religion bien ancré chez beaucoup d’amateurs, vieux ou jeunes, du petisme, comme le dit Jacques Dupont, leur fait oublier ou plutôt méconnaître que c’est un vrai sujet pour les vignerons. Alors il ne faut pas s’étonner de la profusion, de la multiplication, de dégustations, de mini ou grands salons, de vitrines plus ou moins bling-bling, qui se présentent comme autant d’opportunités de montrer le bout de son nez au marché. Enfin, j’avoue avoir beaucoup de mal avec la notion de commerce militant de la part de vignerons, de cavistes ou de nombreux intervenants voulant grappiller sur la distribution. En effet, lorsqu’ils vendent, proposent ou défendent des vins à des niveaux de prix forts conséquents (je n’écris pas qu’ils ne sont pas justifiés) ils s’adressent à une clientèle aisée qui, parfois et même souvent, fait le grand écart entre le discours et la pratique. Bref, le misérabilisme n’est pas une bonne pratique, un argument de vente, chacun fait ce qu’il veut de sa vie : vigneron ou acheteur et je ne vois pas au nom de quoi je m’érigerais en censeur de femmes et d’hommes qui exercent un métier où, par le choix qu’ils ont fait, exige qu’ils vendent par eux-mêmes le produit de leur travail.

 

Moi qui ne suis pas un journaliste professionnel et qui ne le serai jamais mais, par moment, j’exerce ce métier, je ne lave pas plus blanc que blanc, j’essaie simplement de manier la pertinence et l’impertinence, d’intéresser mes lecteurs, d’ouvrir des débats, de faire en sorte de sortir les gens du vin de leur petit marigot. Prétentieux peut-être mais toujours très méfiant face aux purs qui se transforment vite en ayatollahs. Alors  je comprends parfaitement qu’il soit de bon ton sur Face de Bouc, afin de créer le buzz, de lancer un beau sujet  polémique de derrière les fagots ou les tonneaux pour faire couleur vin. Alors se mobilise une poignée d’habitués, souvent les mêmes, des amateurs et des payés pour ça et, eu égard au petit format des messages, le débat ne dépasse rarement le rase-mottes, les plus ou moins bon mots, le yaka fokon. Mais, puisque Face de Bouc est un réseau social, je n’ai rien à redire sur cette forme moderne de conversation. Refaire le monde ça ne mange pas de pain même si les échanges se font comme on dit sur Face de Bouc, en public, sur le mur de l’intéressé. Le soufflé monte plus ou moins, dure le temps que durent les choses sur Face de Bouc, soit une poignée d’heures ou au mieux quelques jours et puis le soufflé s’effondre pour disparaître dans la gorge profonde de Face de Bouc.

 

Reste que le sujet est d’importance et qu’il mériterait de dépasser le huis clos de Face de Bouc ou de nos micro-audiences de Blog pour être traité au fond entre les intéressés. Moi petit chroniqueur je suis preneur d’une vraie rencontre. J’irai en tant chroniqueur non pourvu de la carte tricolore de journaliste professionnel, j’en ai déjà une qui me sert à entrer mon auto dans le parking, à passer le portillon de l’immeuble où est mon bureau et à aller à la cantine…

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 12:00

Pour les Vendredis du Vin # 41 Les bulles de Mariage avant d’oser ce  titre j’ai longtemps hésité mais ce tout petit opus de la collection  les Increvables me narguait depuis tant de temps que je n’ai pas pu m’empêcher de le dégainer. Conférencière, écrivaine, traductrice Voltairine de Cleyre (1866-1912) est une figure emblématique de l’anarchisme américain. Elle est née le 17 novembre dans le Michigan et son père libre-penseur admirait beaucoup Voltaire d’où le choix du prénom de sa fille. Son grand-père maternel défendait des positions abolitionnistes et participait au « chemin de fer souterrain » la filière qui aidait les esclaves à fuir vers le Canada. Des gens bien donc !

arton15880-92108.jpgBon, pour ne pas casser l’ambiance je ne ferai aucune citation de Voltairine. De plus, étant un multirécidiviste du mariage j’aurais mauvaise grâce de vous asséner ses sentences au vitriol. Pour me faire pardonner d’avoir joué au mauvais garçon, qui ne porte pas de cravate et qui raconte des histoires pas possible, je m’empresse de déposer sur la table des époux  un classique de la gourmandise : un Paris-Brest revisité par Philippe Conticini qui « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » Pour les amateurs du péché de gourmandise c’est à se damner. Ouf ! je respire, j’entrevois des sourires et me voilà donc dans une bien meilleure posture que si je continuais de brandir le petit livre de Voltairine.

Genou 6894Ce gâteau alliant la légèreté de la pâte à choux à l’onction d’une crème sucrée j'estime que le recours à des fines bulles vives vous donnera l’élan nécessaire en fin de repas pour le savourer. Mon choix des fines  bulles s’est sans hésitation porté sur le Crémant de Limoux d’un vigneron-ami : Gilles Azam du domaine des Hautes-Terres  www.leshautesterres.fr  et de sa cuvée Joséphine. J'adore c'est de l'or en bulles... Comme on n’est jamais aussi bien servi que par les autres, surtout lorsqu’il s’agit d’un gars compétent, je laisse le soin à ShowViniste de vous le décrire :  Genou 0647

« Joséphine est un assemblage particulier de chardonnay, chenin et mauzac. D’habitude pour le crémant, le chenin est mis de côté. Gilles a un faible pour le chenin.

 

La méthode champenoise demande du temps : 9 mois d’élevage en fût suivi de 24 mois de fermentation en bouteille posée sur des lattes. Plus la fermentation se glisse dans le temps et plus les bulles seront fines. Ce n’est qu’une fois ces deux années achevées, que Gilles dégorge les bouteilles. En d’autres termes, une fois que la fermentation est finie, les lies mortes se sont déposées sur la paroi de verre. Il va alors en quelques jours, basculer les bouteilles, le cul vers le haut, afin de faire descendre les lies dans le goulot. Un mouvement rotatif de la bouteille accélère la glissade des lies, au fur et à mesure qu’elle se redresse à l’envers. Gilles parle alors de « poignettes», réalisées plusieurs fois par jour, à intervalles réguliers, où la bouteille fait à chaque fois 1/6 de tour. Le coup de main du vigneron ! »

 

Je lève mon verre au bonheur des jeunes époux et avec le grand et regretté Bashung je chante  : « Osez Joséphine»

 

Si vous souhaitez déguster la cuvée Joséphine de Gilles Azam vous pouvez vous rendre lundi 28 novembre de 10 à 19 heures à la dégustation Le Vin de mes amis à La Cartonnerie 12 rue Deguerry 75011 Paris M° Goncourt ou Parmentier

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