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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 07:00

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Exceptionnellement il n’y aura pas ce dimanche l’épisode habituel du petit roman du dimanche tenu par le Taulier depuis le 7 novembre 2006 link . Oui, oui, ce n’est qu’une fiction dominicale, je rassure ainsi ceux qui m’ont posé la question de savoir pourquoi j’avais adhéré à l’UMP. La raison de ce petit blanc – admirez l’à-propos – va sans doute vous paraître étrange mais elle est bien dans l’esprit du narrateur de cette histoire. C’est une raison deux en un :


-         En mai 1968 il n’y eut pas un seul mort… et celle d’un gamin de Science-Po anti-facho link  qui aimait les polos Fred Perry sous les coups de poing américain de la vérole d’extrême-droite.


-          Le souvenir de Pierre Mauroy, son veste croisée épaulée, ses bras levés et ses belles mains dans la salle Colbert de l’Assemblée Nationale en mai 81 face à la marée rose des députés évoquant la fermeture inéluctable des Mines du Nord…


20 ans en mai 1968, le plus bel âge de la vie n’en déplaise à Paul Nizan dans Aden Arabie,  et 33, l’âge du Christ en mai 1981…


Mais votre Taulier a été sauvé du blanc par une grande amie à lui la Sandrine Blanchard du Monde  link . En effet, alors qu’il cherchait dans le Monde du jour ce qu’elle allait écrire sur le rapport de Michel  Raynaud à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (chronique de ce matin link ) lorsqu’il est tombé sur Pierre Desproges à Normale-Sup et tout en bas c’était signé Sandrine Blanchard.


Les dieux étaient avec moi quand on connaît le goût de Pierre Desproges pour le bon jaja (1) et, cerise sur le gâteau, pour ceux qui lisent mon fichu petit roman du dimanche Normale Sup et Benny Levy y occupent avec les frelons de la Gauche Prolétarienne une place de choix. link 


(1)   L'amour 14 FÉVRIER : SAINT VALENTIN En amour, on est toujours deux. Un qui s’emmerde et un qui est malheureux. Chroniques de la haine ordinaire

 

« J’étais littéralement fou de cette femme. Pour elle, pour l’étincelance amusée de ses yeux mouillés d’intelligence aiguë, pour sa voix cassée lourde et basse et de luxure assouvie, pour son cul furibond, pour sa culture, pour sa tendresse et pour ses mains, je me sentais jouvenceau fulgurant, prêt à soulever d’impossibles rochers pour y tailler des cathédrales où j’entrerais botté sur un irrésistible alezan fou, lui aussi. (…)

Je l’emmenai déjeuner dans l’antre bordelais d’un truculent saucier qui ne sert que six tables, au fond d’une impasse endormie du XVe où j’ai mes habitudes. Je nous revois, dégustant de moelleux bolets noirs en célébrant l’automne, romantiques et graves, d’une gravité d’amants crépusculaires. Elle me regardait, pâle et sereine comme cette enfant scandinave que j’avais entrevue penchée sur la tombe de Stravinski, par un matin froid de Venise. J’étais au bord de dire des choses à l’eau de rose, quand le sommelier est arrivé. J’avais commandé un Figeac 71, mon saint-émilion préféré. Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil. Profond comme un la mineur de contrebasse. Eclatant en orgasme au soleil. Plus long en bouche qu’un final de Verdi. Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue.

Elle a mis de l’eau dedans. Je ne l’ai plus jamais aimée. »

 

Qu’écrivait donc notre Sandrine ?


« Vingt-cinq ans après sa mort, Pierre Desproges a les honneurs de la faculté. Etonnant, non ? Vendredi 7 juin, à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Paris, des universitaires ont décortiqué le corpus du procureur du « Tribunal des flagrants délires », du chroniqueur de la haine ordinaire et de l'auteur du Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis. Cette "Journée nécessaire de Monsieur Pierre. Aspects de l'humour desprogien", imaginée par les linguistes Florence Leca (université Paris-Sorbonne) et Anne-Marie Paillet (ENS Ulm), entendait "rendre justice intellectuellement et stylistiquement" à ce comique hors pair qui jouait avec le langage.


Universitaires belges et français, spécialistes de l'humour et de l'ironie, ont loué cet « écriveur », ce « grammairien », magicien du lexique et de la syntaxe, «  torpilleur de l'hypocrisie sociale et des clichés langagiers », « déconstructeur de la bien-pensance », « humaniste corrosif ».  suite ICI link


Votre Taulier, un peu vexé de n’avoir pas été invité alors qu’il a largement œuvré à la diffusion de la prose desprogienne « Au Paradis, on est assis à la droite de Dieu : c'est normal, c'est la place du mort. » Pierre Desprogeslink


« Cette journée d’étude, comme son nom l’indique, vise à rendre justice intellectuellement et stylistiquement à l’humoriste Pierre Desproges, dont le comique atypique a suscité encore trop peu d’intérêt universitaire. Il existe toutefois quelques travaux pionniers comme ceux de Bernard Sarrazin (« Le rire et le croire : Devos, Desproges, Dieu » dans Approche du discours comique de J.-M. Fays et L. Rosier, 1999), ou ceux de F. Leca (« Ironie polyphonique et transgression des tabous chez Pierre Desproges », 2010 ; « Étude comparée des manuels de savoir-vivre de P. Louÿs, San-Antonio et P. Desproges », dans San-Antonio et la culture française, 2010). Ces travaux, associés à ceux sur l’humour et l’ironie en général, permettent de dégager les lignes de force de l’approche qui sera explorée ici. Cette journée rassemblera pour la première fois, une série de spécialistes de l’humour et de l’ironie, autour d’un auteur encore peu étudié, alors même que son corpus est riche d’indéniables qualités littéraires dignes d’être exploitées. Tout le corpus desprogien pourra être sollicité, via des approches multiples et croisées (littéraires, intersémiotiques avec l’analyse du posturo-mimo-gestuel et de l’intonation, pragmatiques, stylistiques…).


Quelques pistes d’étude privilégiées :


- La richesse de ses textes, qui se singularisent par leur copia et leur style littéraire (parodique ou non ?) peut faire l’objet d’une analyse stylistique.


- La spécificité de son jeu de scène, de son phrasé en particulier, mériterait une étude spécifique. À cet égard, le témoignage artistique de Christine Murillo, qui a interprété l’hiver dernier avec Dominique Valadié des textes extraits des Chroniques de la haine ordinaire, sera un apport précieux.


- Les aspects polyphoniques de son écriture seront aussi un champ à explorer. De nombreux textes possèdent une dimension intertextuelle (Pastiches persillés de parodies que constituent le Dictionnaire superflu, le Manuel de savoir-vivre, l’Almanach, les Réquisitoires…).


- Pour analyser la spécificité du comique desprogien (du comique de scène en particulier) il pourra être comparé à celui d’autres « amuseurs publics » (pour reprendre le titre du numéro de la revue Humoresques qui leur a été consacré en mars 2011), comme Raymond Devos, Pierre Dac, Pierre Doris, ou des humoristes plus contemporains (voir A.-M. Paillet, « Bourges et beaufs : ironie et « styles de vie » chez les humoristes français », colloque de Cerisy, septembre 2009, « Style, discours, société », organisé par E. Bordas et G. Molinié, à paraître).


Les questionnements partagés :


- Comment caractériser le rire suscité par Desproges ? Y-a-t-il une ironie desprogienne ? Desproges n’atteint-il pas souvent un « au-delà » de l’ironie, non réductible cependant à l’humour noir et au nonsense hérité de son maître Pierre Doris ? (voir « Jeu surréaliste et humour noir, sous la direction de Jacqueline Chénieux-Gendron, 1993 et André Breton et la notion d’humour noir : une révolte supérieure de l’esprit de Christophe Graulle, 2001).


- D’un point de vue pragmatique, on peut poser la question qui fâche : le rire desprogien est-il soluble dans la modernité ? Fait-il toujours rire ? La satire, la parodie, le pastiche sont des formes particulièrement vulnérables au passage du temps et à l’oubli des référents… Là encore, le témoignage de Christine Murillo pourra apporter un éclairage précieux.


À travers le cas des textes de Pierre Desproges, la journée d’étude se propose de réfléchir aux frontières et aux catégorisations très débattues des notions : « humour » / « humour noir » / « ironie ». La notion d’humour est-elle englobante ou excluante ? (voir à ce sujet Patrick Charaudeau, « Des catégories pour l’humour ? », in Questions de communication, 2006). Des théoriciens spécialistes de ces questions comme Laurence Rosier et Pierre Schoentjes apporteront leur contribution à la réflexion.


Ce débat pourra donc s’inscrire dans les réflexions contemporaines sur la notion d’humour et de ses frontières (voir les actes du colloque sur l’humour tenu en février 2012 à Madrid, à paraître prochainement sous le titre Frontières de l’humour, aux Presses Universitaires de Franche-Comté).


Florence Leca et Anne-Marie Paillet link 

 

Bon ça vole très très haut lms cocos, normal à Normale Sup. Votre Taulier qui n’a pu honorer de sa haute stature ces ébats intellectuels va demander si des minutes de cette journée d’études vont être publiées et bien sûr il se fera un plaisir de vous les commenter. 

 

L’expression utilisée dans mon titre « On s’enfarge dans les fleurs du tapis depuis trop longtemps» est de quelle origine ?

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 00:09

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Un rapport de plus me direz-vous, synthèse d’un travail collectif rédigée par le Pr Michel Reynaud de l’hôpital Paul-Brousse, spécialiste des addictions, remis à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Je ne l’ai pas lu car il n’est pas disponible sur le Net. Je vous livre pour l’heure les éléments relayés par les médias traditionnels qui se contentent tous, comme à l’ordinaire, de n’être que des haut-parleurs de la communication officielle. Rien de très nouveau sous le soleil, nos addictologues ne sont guère imaginatifs, ils ressortent la quincaillerie traditionnelle dont nous avons pu, depuis des années, juger la totale inefficacité. Le binge-drinking importé des pays du Nord réputés pour avoir un accès limité à l’alcool, nos grands esprits veulent soi-disant le combattre avec le même type de moyens. Dans quel monde vivent-ils ? Toujours d’illusoires lignes Maginot qui seront contournées et qui prendront en otages les boissons civilisées comme le vin. Les causes messieurs, les causes, mais peut-être le fameux rapport les analyse-t-elles ? J’en accepte l’augure avant de, je l’espère, avoir accès au document.


Je vous livre donc ce dont je dispose pour l’instant.


« L'augmentation des alcoolisations aigües chez les jeunes, la stabilisation à un haut niveau de l'usage du cannabis (...) devraient amener notre société à regarder les choses autrement »


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Selon le Pr Michel Reynaud (hôpital Paul-Brousse), l'alcool et le tabac coûtent trois fois plus à la société qu'ils ne rapportent en taxes et « les autorités publiques seraient donc amplement légitimes à remonter massivement les taxes sur les deux types de produits » Le Pr Reynaud se déclare favorable au relèvement de la fiscalité pour l'alcool avec une taxation en fonction du degré d'alcool dans les boissons tandis que le prix du tabac est lui régulièrement relevé, avec par exemple la hausse prévue de 5% des taxes en juillet.  


Le Pr Reynaud propose aussi de mieux contrôler le marketing sur ces produits en interdisant en particulier toute publicité pour l'alcool sur internet, autorisée à son grand regret malgré la loi Evin de 1991 qui selon lui avait sévèrement restreint le marketing de l'alcool. « Les stratégies marketing des industriels du tabac et de l'alcool sont extrêmement puissantes, parfaitement ciblées et redoutablement efficace »

Il propose aussi une politique de prévention ultra-ciblée en direction des jeunes - qui doivent être une « cible prioritaire » -,  du public féminin, en particulier les femmes enceintes et isolées, et aussi envers les populations précaires.

Le Pr Reynaud propose enfin l'organisation d'Etats généraux des addictions pour aboutir à l'élaboration d'une loi d'orientation et appelle le président François Hollande à faire de cette lutte une priorité.


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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 11:00

La multinationale à visages humains d’Embres&Castelmaure c’est le Consulat sans Bonaparte, les 3 consuls : Patrick Hoÿm de Marien, Bernard Pueyo et Vincent Pousson, même s’ils sont pourvus de couteaux pour casser la croûte, ne passent pas leur temps à préparer des pronunciamientos. Non, le président préside en majesté, le directeur-vinificateur élabore des jus de terroir avec des raisins cueillis à la main, et le consul à plume sans Dieu ni maître nous abreuve de ses saillies et de ses graphies.


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Chaque année, à la mi-juin, souffle sur la capitale culturelle des Corbières : l’Esprit du Vent et ça décoiffe. Ça décoiffe surtout les souverains pontifes, guidés par le grand camerlingue François Audouze, qui ne jurent que par les GCC et les saints et millions. Pousson, en bon admirateur des Hussards littérateurs, sabre « il y a les vins de spéculateurs, ceux des investisseurs, d’autres encore qui se disent d’auteurs. Perdus dans les montagnes des Corbières, entre garigue et maquis, nous nous contentons de produire des vins de paysans. Pas de calculs, de bois ou de poudre de perlimpinpin, juste du terroir et des jolis raisins cueillis à la main, des jus « fabriqués » par la Nature et le millésime  2012 et sa météo « nordique » nous ont d’ailleurs offert de l’atypique, des vins frais mais mûrs, joviaux mais intenses, des « canons » comme disent les Bourguignons, qui nous ramènent à l’essence même du vin, à la boisson, à ce don vivant que le Ciel fait chaque année à l’homme ».


Nul besoin pour cet office amical qu’est la consommation du vin de hanter les palaces et d’écumer les tables étoilées il suffit de lever le coude entre amis à l’ombre des platanes chez Laurette ou au café des Sports. Dans ma jeunesse nous chantions dans la cour de l’école des sœurs « à la ronde, à la ronde, pour amuser tout le monde, les grands comme les petits font pis… » Garder son cœur d’enfant est le meilleur rempart contre la suffisance car nous avons le même destin commun « Adieu Guy… »


Hier « à midi, au cimetière de Montmartre, ils étaient quelque deux cents à être venus saluer une dernière fois l'universitaire, expert du droit constitutionnel, très écouté tant en France qu'à l'étranger. L'ancien Premier ministre, Michel Rocard, dont il était proche -Guy Carcassonne était son conseiller parlementaire à Matignon -, a pris le premier la parole pour décrire son ami et son collaborateur. Puis le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, a prononcé quelques mots. Les trois enfants de Guy Carcassonne se sont exprimés également pour évoquer leur père. »


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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 00:09

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Avec un temps où nous nous caillons sérieux les glaouis à la veille d’un été qui, selon les gens de la météo, risque de passer à l’as, j’imagine qu’il en est un qui doit bicher grave en une forme d’extase c’est notre Mammouth national l’Allègre grand pourfendeur des défenseurs du réchauffement climatique. Avec son sens aigu de la formule provocatrice il balance « Le réchauffement climatique, tout le monde s'en fout » et lorsqu’on lui objecte, en 2012, que « tout de même, le réchauffement climatique est un phénomène qui s'accélère et la fonte de la banquise s'est aggravée cet été... Il rétorque « Mais on est là dans des variations normales. L'année prochaine, ce sera différent. Quand il y a une sécheresse en Europe, on a des inondations en Inde. La température moyenne n'augmente plus. Pour moi, ce n'est plus un problème et tout le monde s'en fout désormais. D'ailleurs, vous avez vu, le sommet de Rio a été un véritable fiasco. Et dans ce domaine, les écologistes ne jouent pas franc jeu. Il existe des techniques pour capturer le C02 et elles ne les intéressent. Mais tout cela est derrière moi désormais »


Votre Taulier lui, plutôt que d’entrer dans la polémique, préfère en ces temps mouillés rendre un hommage appuyé à Albert Simon. Pour ce faire je cite un blogueur de Clermont-Ferrand  « Je me souviens de ces jours de fin de printemps, mai et juin, où à l’affut d’une prédiction de beau temps, nous tendions l’oreille à ses premières paroles dans le poste de radio en espérant que nous aurions l’autorisation de porter nos belles chaussures de sport toutes neuves. Celles qu’on avait attendues et espérées si longtemps avec mon frère, les blanches, en cuir, avec les trois fameuses bandes noires de chaque côté. Je me rappelle la fierté de les enfiler, de les nouer et de partir avec sur le chemin de l’école, savourant à l’avance les exploits de vitesse que nous serions capables d’accomplir une fois dans la cour d’école. Le trajet était court, trop court parfois, tellement nous avions la sensation de voler et de rebondir, surtout lorsque nous rentrions le soir et où il fallait les nettoyer et les ranger avec l’espoir qu’Albert Simon nous dirait encore du beau temps pour le lendemain. » Si vous souhaitez, pour ceux qui l’ont connu réentendre sa voix si particulière  c’est ICI link  

 

Mais revenons au sujet du jour, celui qui occupe une large de nos conversations : le mauvais temps, qui, si l’on en croit la météo, semble bien mieux installé que le fameux anticyclone des Açores.

 

« Alors que le printemps est d’ores et déjà considéré comme l’un des plus frais et des plus maussades de ces 30 dernières années en France, l’actualisation de nos prévisions saisonnières laisse peu d’espoir d’avoir un été digne de ce nom. Le spectre d’une « année sans été » semble plausible sur l’Europe de l’ouest.

Après avoir connu un hiver froid et long, l’Europe de l’ouest s’apprête-t-elle à subir un été frais et humide ? Il semblerait désormais que ce soit un scénario probable à 70%, y compris sur la France, particulièrement défavorisée depuis le début du printemps… »

 

Les explications ICI link

 

Une année sans été ?

 

La conjonction d’un hiver long et tardif ayant entraîné un refroidissement des eaux des mers et une activité solaire devenue bien faible depuis plusieurs mois peut avoir une conséquence directe sur la météo de notre été : certains calculs envisagent une anomalie de –2° à –3° sur la France avec des cumuls pluviométriques deux fois supérieurs à la normale. Ce scénario nous paraît cependant assez extrême : nous optons donc pour un été restant maussade, ponctué de coups de chaleur de peu de durée suivis d’orages violents. L’on pourrait observer néanmoins une certaine amélioration globale avec un retour à la normale en fin de saison (fin août et septembre), avec un gommage progressive de l’anomalie froide.

C’est en septembre et octobre qu’il pourrait donc faire le plus beau et le plus chaud sur notre pays… »

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 00:09

Dans leur bouquin « Vive la malbouffe à bas le bio », catalogue détonnant des joyeusetés qui se retrouvent dans nos assiettes, et dont je vous causerai dans une prochaine chronique,  les 3 larrons, 2 du Point et 1 du Canard, qui tiennent la plume consacre un chapitre à notre nectar, joyeusement intitulé « Des allergènes dans le pinard » où il est question des enzymes œnologiques appelés aussi « accélérateurs de nature »


J’adore !


Comme ma science œnologique est insondable car c’est un abime d’ignorance, je vous livre ce matin en vrac des avis d’experts glanés çà et là par votre Taulier infoutu de comprendre ce qui se passe dans les chais.


1-      à propos de château GUIRAUD by Jean-Marc Quarin  

« Le cru a débuté ses premiers essais d’agriculture biologique en 1996. 100 % du vignoble a été certifié dans cette démarche depuis 2011 : une première dans les crus classés à Sauternes et Barsac. Pour Xavier Planty, ces vins sont devenus au fil de la transformation de son agriculture mieux construits, plus tendus, quasi minéraux et en même temps presque austères. Il a remarqué aussi une plus grande netteté aromatique. « Ils sont moins brouillons » dit-il.  Il explique cette nouvelle définition par une plus grande régulation de l’azote dans la vigne et donc dans les moûts qui n’ont plus besoin d’en être compensés. Il trouve ses vins plus complexes et plus résistants à l'oxydation et souligne la nécessité d’arrêter une agriculture mortifère qui dégrade le caractère patrimonial des crus et compromet leur avenir. Une de ses plus grandes satisfactions est l’absence d’utilisation de produits systémiques dans le cadre de la protection phytosanitaire.  Son observation l’amène à penser qu’ils dérèglent le métabolisme de la vigne et, mine de rien, la rendent plus sensible aux maladies tel l'esca, qui tue tant de ceps et induit  un rajeunissement du vignoble. »


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2-      Peut-on faire des grands vins « sans sulfites » ? link


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3-      Vins sans sulfites by David Lefebvre, œnologue, confrère journaliste, Alsace


L’œnologie additive n’est pas économiquement durable pour la filière des vins d’AOC


« En réponse à l’article sur les « vins sans sulfites, les recettes d’un expert », La vigne n°253, p. 52 - 53, je tenais à vous livrer mon sentiment sur les recettes d’œnologie additive préconisées par M. Immélé pour compenser le soufre.

Il est en effet fait état de conseil d’ajouts d’acide ascorbique (10 g/hl). Si cette pratique de l’œnologie additive raisonnée a bien sûr toute sa raison d’être pour optimiser le goût des vins, les vignerons doivent prendre conscience que les recettes additives sont par définition des solutions reproductibles dans tous les vignobles du monde. D’ailleurs, globalement les vignobles du nouveau monde ne s’en privent pas et sont d’ailleurs moins contraints par leur codex que nos AOC sur ce plan.

Ce n’est donc pas par l’œnologie de recettes additives de composés organiques en tout genre (gomme arabique, tanins, acides organiques, extraits protéiques de levures) que nos vins peuvent se différencier et acquérir une identité telle qu’ils ne seront pas copiables.

Mais c’est bien par une viticulture qui renforce l’expression de la vie des sols dans le vin, par la recherche d’itinéraires de vinification moins axés sur les dimensions organiques et plus axés sur la minéralisation, c’est-à-dire sur la décomposition de la matière organique, en optant pour moins de soufre certes, mais surtout pour des élevages plus longs, avec plus d’oxydation ménagée, que nos vins peuvent échapper à la dure loi économique sur le marché mondial de vins toujours mieux élaborés techniquement, toujours plus précis gustativement, et proposés à des prix toujours plus compétitifs. Des vins qui ont bien sûr leur très bonne raison d’être pour satisfaire le consommateur. »


4 - Agroalimentaire : Ecobiotic veut révolutionner la conservation du vin link 

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 00:09

Je dois vous avouer que la cohorte des Grands ou plus minuscules Professeurs protecteurs autoproclamés de ma santé me saoule et me fatigue. Par trois fois j’ai été pensionnaire de l’hôpital Lariboisière à Paris, dont une dans une unité de rythmologie de haut niveau qui m’a éradiqué mon Wolf-Parkinson-White par fulguration au laser via mon aorte link, j’y ai été excellemment soigné par un corps médical et soignant compétent et humain. Je ne développe donc aucune espèce d’allergie vis-à-vis des blouses blanches, bien au contraire, mais je ne supporte pas que l’on veuille faire mon bonheur à ma place. Ma fameuse santé relève de ma sphère privée déjà fort agressée par une foultitude de risques sur lesquels je n’ai aucune prise pour qu’en plus une médecine prédictive vienne me répéter à coup de messages dit de santé publique que je suis en train de programmer sciemment les causes de ma fin. Qu’en savent-ils ? Rien, ou pas grand-chose, maniant les statistiques comme des scuds pour me culpabiliser, nous culpabiliser.


Communiquez, communiquez, à grand coup de campagnes pour nous indiquer dans quel sens éternuer, que boire, que manger, et que sais-je encore ? Même pas capables de mener une campagne massive de vaccination contre le H1N1 ou de déclassifier des médocs ravageurs ! Et ça vient ramener sa science à tout propos pour nous stigmatiser comme étant les fossoyeurs du trou de la SS ! Et eux, de quoi vivent-ils, si ce n’est de cette belle SS que nous alimentons avec nos cotisations. La santé n’a pas de prix dit-on, eh bien si. Lutter contre le fléau de l’alcoolisme ne passe pas par les rodomontades de madame Hill qui se prend pour une économiste ou la petite guérilla de l’ANPAA qui passe beaucoup de temps à entretenir et à développer son fonds de commerce sur les addictions. Comme toujours en ce domaine nous sommes en retard d’une guerre, sinon de deux, les responsables des politiques de Santé Publique semblent vivre dans un bocal loin des réalités de la misère sociale actuelle. La violence de l’alcoolisation des jeunes est à l’image de la dureté du temps qui fait cohabiter deux mondes irréconciliables.


Cacher la bouteille, blinder les prix, rêver en secret de prohiber : ne touche jamais à un verre sinon ta vie est pourrie pour la vie… ça n’a aucun sens… c’est contre-productif… éduquez… expliquez… ne pas rejeter la convivialité, le plaisir… partager et assumer le risque… se concentrer sur les populations à risque au lieu de balancer des clips à la télé… réinsuffler de la responsabilité individuelle au lieu et place de cette illusoire protection collective qui nous transforme très souvent en inciviques : c’est le cycliste parisien qui vous le dit, la chaussée n’est plus peuplée que de gens, piétons compris, qui se vivent comme des êtres uniques, irresponsables, « débrouillards », brulants les feux, circulant sur les trottoirs, doublant à droite, ne respectant aucune priorité, téléphonant au volant ou en marchant au milieu de la piste cyclable, et je passe sur les insultes ou les menaces des gros culs et des nénettes juchées dans leurs 4x4.


Bref, je bride ma plume pour vous proposer deux textes anciens et « Light My Fire » en Live avec la célèbre intro de Ray Manzarek aux clavierx.

 

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1-      Le risque chronique du 22 novembre 2005 « C'était sur Planète, la chaîne thématique, deux émissions avec Pierre-Gilles de Gennes un de nos Nobel. L'homme est séduisant, plein d'humour et de vitalité mais l'on sent l'intervieweur gêné- il n'apparait pas à l'écran - la cause, on le sent si je puis m'exprimer ainsi, c'est que le cher grand homme de science tire consciencieusement sur un petit cigarillo qui n'a de cesse de s'éteindre.


Au bout d'une dizaine de minutes l'intervieweur n'y tient plus, il se lance sur le thème " ce n'est pas politiquement correct de s'afficher cigarillo au bec " Notre Nobel s'y attendait et sa réponse, elle aussi politiquement incorrecte, est à méditer par ceux qui veillent avec le soin des comptables sur notre santé… » La suite ICIlink


2-      Vivre Tue chronique du 22 octobre 2006 « La vie sociale est un segment de droite avec N pour origine et M pour fin. L'avant et l'après ne la concernent pas. A notre naissance nous entrons dans un univers inconnu sans l'avoir ni voulu, ni souhaité et, sans en maîtriser les conditions spatiales et sociales : " on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas les trottoirs de Manille pour apprendre à marcher..." chante M. Leforestier. Au début de notre vie sociale, nous sommes dépendants, ensuite nous sommes à la barre : vie professionnelle et personnelle, puis... Parcours-type qui peut être interrompu, brisé à tout moment par un évènement sur lequel nous n'avons pas de prise : la mort. Certes on peut s'assurer sur la vie mais ce n'est pas un passeport pour l'immortalité.


Bien sûr il y a des variantes à ce schéma-type mais ce qui me préoccupe ce matin c'est de constater que de nos jours on ne meurt pas que de sa propre mort, on peut être jugé responsable de sa mort parce qu'on  a commis des abus, parce qu'on ne s'est pas conformé aux règles du Code de la Santé Publique. En mourant on est jeté en pâture et on entre dans l'univers impitoyable des statistiques. La suite ICI link

 

ci-dessous « Light My Fire » en Live avec la célèbre intro de Ray Manzarek aux     claviers.



The Doors - Light My Fire ( From "Live In... par EagleRockTV

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 11:00

Aujourd’hui chez le Taulier c’est « Tout pour la Belgique » sur un air de Michel Berger by France Gall et après avoir admonesté ce matin 2 éminents pensionnaires Outre-Quiévrain des 5 du Vin : l’émigré Lalau et le local de l’étape Vanhellemont, et qu’ils n’en ont pas fait tout un fromage, cet après-midi je me repose sur ERIC BOSCHMAN que les 5 ont accueilli le 18/05/2013 pour causer du faux gras qui le gave ICI link et si vous souhaitez lire la version intégrale LE FAUX-GRAS, JE TROUVE ÇA VRAIMENT DÉGEULASSE… publiée 30/12/2012 c’est ICI link. Coïncidence demain je chronique après-midi sur l’huile de palme de Nutella, les grands esprits se rencontrent.


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Peut-être que l’Éric va m’aider à dégoter le nec plus ultra des ettekeis de pure tradition ? Mais tel n’est pas mon dessein, ce qui m’a mis la puce à l’oreille c’est une question posé par le fin limier des belles quilles qu’est BOSCHMAN dans sa chronique du lundi de Pentecôte ICI link que signifie PMG d’après vous ?


Rien à voir avec notre PSG qui ne fait rien que nous embêter !


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La chronique commence comme ça « Besançon est dans le Doubs wab doo wab, et pas loin il y a des montagnes que l’on peut descendre ou monter en bicyclette. La sagesse populaire dit : dans le Doubs abstiens-toi. Arc-et-Senans, en plus d’abriter une construction utopique multiséculaire, une cité magnifique qui ferait aimer la montagne à un marin pêcheur héritiers de douze générations de chalutiers, se trouve dans le Jura, et là aussi il y a des montagnes, mais on y fait pas de vin, juste du sel. C’est à un jet de grain de sel de là, à Arbois, que Louis Pasteur, en plus de bosser sur et avec la rage, mit en lumière le rôle des levures, ce qui, en passant, révolutionna la vinification… »

Le titre de ma chronique est un TWEET d’ERIC BOSCHMAN ‏@zemetre 19 Mai Le vin du dimanche, celui que l'on achète le lundi...quand il n'est pas férié. C'est moche, je sais.

Je profite de cet intermède belge pour vous recommander vivement la chronique de Guillaume Nicolas-Brion « Le cornichon made in France contre la « mondiabanalisation » link 


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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 11:00

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Marcel Mouloudji, Paris, le Paris de Francis Lemarque avec les paroles de l’une des plus belles chansons d’amour… « Comme un petit coquelicot », l’amour impossible, l’amour sans espoir qui fera peut-être sourire les petits louves ou les petits loups comme un produit périmé ayant dépassé sa DLC. M’en fous ! J’assume mon côté fleur bleu de vieil amoureux. Loin du Like de Face de Bouc, bien avant d’ailleurs, avec mes tout petits mots je m’étais essayé à la recette du bonheur, un bonheur plus rieur… Si ça vous dit vous pouvez déguster. Pour s’aimer nul besoin de pièce-montée avec 2 petits mariés au sommet…


Le myosotis et puis la rose/Ce sont des fleurs qui disent que ‘que chose/Mais pour aimer les coquelicots/Et n'aimer qu'ça, faut être idiot/T'as p’tète raison, oui mais voilà/Quand j't'aurai dit tu comprendras/La première fois que je l'ai vue/Elle dormait à moitié nue/Dans la lumière de l'été/Au beau milieu d'un champ de blé/Et sous le corsage blanc/Là où battait son cœur/Le soleil gentiment/Faisait vivre une fleur/Comme un p'tit coquelicot, mon âme/Comme un p'tit coquelicot…

 

                     Recette du bonheur

 

                          Cueillez

                          deux mots

                           abricot

                                et

                            coquelicot

                            Nichez-les

    au cœur d’une fontaine de fleur de farine de blé tendre

                              Versez

               une larme extra-vierge

                             née à l’aurore

     au sommet d’un rameau d’olivier

 

                                 Dénichez

                                 un 9 frais

                                 pondu

       au creux d’un nid de paille blonde

                                   Dressez-le

                                    les pieds dans le plat

                                    Brisez-le

                                    Glissez le jaune dans la bulle du 9

                                     Battez le blanc

                                              Neige

                                              Pétales blancs

 

                                             Effeuillez la marguerite

                                             un peu

                                             beaucoup

                                             passionnément

                                             à la folie

                                              …

                                             Étendez-la

                                              sur un lit de sucre brut

                                              roux

 

                                               Prenez

                                                un moule à manquer

                                                embeurré

 

                                                Abaissez la pâte sans hâte

                                                Cuisez

                                                Doux

 

                                                 Déposez en un panier d’osier

                                                  Prenez le Paris-Brest

                                                  Arrêtez-vous à Pithiviers

                                                  Courrez les prés

                                                   Dansez la tarentelle

                                                   avec des belles

                                                   des infidèles

                                                   des cruelles

                                                    qui ensorcèlent

                                               Nappez le pré

                                                Soyez fou

                                                Ôtez les garde-fous

                                     Déposez des baisers sur la bouche sucrée

                                                     Riez

 

« Quand je l'ai prise dans mes bras

Elle m'a donné son beau sourire

Et puis après sans rien nous dire

Dans la lumière de l'été

On s'est aimé, on s'est aimé

Et j'ai tant appuyé

Mes lèvres sur son cœur

Qu'à la place du baiser

Y'avait comme une fleur…

Comme un p'tit coquelicot mon âme

Comme un p'tit coquelicot… » 


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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 00:09

Mon esprit d’escalier bien connu me fait associer Jean-Pierre Raffarin au lundi de Pentecôte, allez savoir pourquoi ? Alors lorsqu’hier, Guillaume Tabard, laissait échapper un Tweet ‏@GTabard Il y a 39 ans aujourd'hui, Giscard était élu président.  #PointHistoire, je ne pouvais que chroniquer sur « Raff » qui avec « Bubusse » menait les jeunes turcs giscardiens de Génération Sociale et Libérale. Pour les ignorants de la chose parisienne riche en éditorialistes, proportionnellement autant que de petits Chinois, le sieur Tabard est Rédacteur en chef au Figaro et éditorialiste politique au Figaro et sur Radio classique.


« Le 19 mai, la France avait un nouveau président. Ce soir-là, sur le trottoir de l’avenue de Messine, trois d’entre nous* se faisaient épingler par un petit groupe de « maos » ; plus que jamais, bien sûr, ils voulaient casser la baraque au nom du marxisme qui, vite fait, bien fait, les aurait conduits au Goulag dans les pays où il est religion d’État.


Le 27 mai nous regardions V.G.E se rendant à pied à l’Élysée pour la cérémonie solennelle d’investiture. Il faisait très beau, il souriait. « À dater de ce jour, commence une ère nouvelle pour la politique française. »


Dès le 15 juin, Dominique Bussereau nous remettait en piste. « Inspirons le changement, contribuons à lui donner une âme autant que nous en serons capables ; menons le combat pour l’équité, pour les exploités, les exclus, les oubliés, pour affronter les défis lancés à notre génération. Tant pis si certains nous accusent de vouloir aller trop vite !

 

Aujourd’hui nous sommes quarante mille, rats des villes et rats des champs, filles et garçons, d’origines, de professions, de sensibilités aussi dissemblables possible, remuants, mobiles, fonceurs, généreux. Si nous ne le disons pas, qui le dira à notre place ? »


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Ce petit compliment, du Mélanchon soft à la mode 74, est extrait d’un livre « La vie en jaune » relatant l’épopée de 7 jeunes giscardiens, de Génération Sociale et Libérale, emmenés par Dominique Bussereau, en Chine Populaire.


Dans les 7, discret, il y avait notre Jean-Pierre, notre poitevin, qui après force de keimpei lancé en se sifflant de l’alcool de riz, lors de l’étape à Tatsin, à  l’extrême-nord de la Chine, pays de l’or noir, dans le minibus du retour « fredonne quelques mesures d’En passant par la Lorraine. Et notre camarade interprète d’entonner  à tue-tête les paroles de cette vieille mélodie française. Un instant interloqués, nous l’imitons. C’est parti : serrés les uns contre les autres, au fin fond de la Chine, sept Français un peu éméchés accompagnent les accents de camarades locaux capables de tenir une vingtaine de minutes sur les chansons populaires de chez nous. Tout y passera, y compris une tentative bilingue de l’Internationale. Avec quelques fausses notes, quand même ! »


Pour la petite histoire un banquet avec le Comité révolutionnaire de Tatsin attendait nos joyeux drilles et se taper six kempei, tous à l’alcool de riz.


Bref, quelques remarques du Taulier :


1-      En mai 1974 le changement c'est maintenant était déjà à l’ordre du jour « Il faut que tout change pour que rien ne change…


2-      Il faisait très beau le 27 mai jour de l’investiture de VGE


3-      3 extraits pour vous faire comprendre que notre Raffarin est un vrai Mandarin en Chine.


Nos 7 larrons sont arrivés à Shanghai qui, selon l’ambassade de France, « est Marseille, la bouillabaisse en moins… et neuf millions d’habitants en plus ! »  Ils sont logés au Jin-Giang « grande bâtisse rétro d’un luxe victorien qui a de quoi laisser rêveur dans ce pays spartiate.  Rien ne semble avoir bougé depuis 1949… » Accueillis par le camarade Yang Shi-kuang, vice-président du Comité Révolutionnaire de Shanghai ils ont droit :


-          à un petit discours de bienvenu « L’étranger a longtemps écrasé notre malheureuse ville sous son talon de fer. Il était le maître tout-puissant, les lois venues de la capitale valaient moins que rien. Savez-vous ce que vendait le premier commerçant non-Chinois ? De l’opium, camarades ! Puis il est devenu chemist sans le moindre diplôme naturellement, et il a bourré de « médicaments » ceux qu’il n’avait pas complètement empoisonnés. Jusqu’aux bouddhistes, aux lamas, aux catholiques, aux protestants, aux mormons qui se querellaient pour ce qu’ils appelaient « le salut de l’âme des Chinois. »


-          à un déjeuner au dernier étage du Jin-Giang « Enfin nous passons à table où l’on nous servira « à l’ancienne » avec un raffinement anglo-saxon caricatural. Tout de noir vêtu, un butler, visage glabre, nobles bajoues à la Forsythe, les mains derrière le dos, nous regardera dévorer. Ou bien les Anglais, en partant, ont dû l’oublier là, ou bien ils en ont fait cadeau aux Chinois qui l’entretiennent comme un élément de mobilier. Nous allons, pour une fois, faire un déjeuner à la cantonaise du tonnerre : poissons mandarins, langues de canard accompagnées de bourgeons de bambou, oranges confites. »


Plus sérieusement, en novembre 1976, une délégation du patronat français conduite par François Ceyrac  était arrivée à Pékin avant de se rendre à Shanghai. C’était le temps où la « bande des 4 » était vilipendée et honnie, mais nos grands patrons, étonnés, avaient entendus des propos où se glissaient des mots étranges : productivité, commerce extérieur… Dans le livre de la « bande des 7 jeunes giscardiens sociaux et libéraux » je ne sais qui a écrit ce passage, peut-être notre Jean-Pierre ? Mais, je l’avoue il ne manque ni de sel, ni de prescience dans le questionnement mais reste enfermé dans le schéma de l’heure.


« La Chine devra passer son Rubicon. Pourquoi refuse-t-elle la division du travail, qui est le premier élément de tout processus de développement technologique ? Pourquoi les soldats que nous avons vus s’entraînaient-ils autant à fabriquer des chaussures qu’à élever des porcs, l’arme en bandoulière ?

 

C’est que la technologie engendre forcément une classe nouvelle, celle des techniciens, propriétaires nombreux d’un savoir que personne ne peut leur confisquer, propriétaires d’un savoir qui les conduit tout droit et vite au pouvoir. Mao a rejeté la technologie parce qu’il en redoutait les effets sociologiques. Voilà pourquoi il ressassait dix, vingt fois par jour sa citation apparemment anodine, mais qui, en fait, est un mot d’ordre pour 900 millions d’individus : « Compter sur ses propres forces et travailler dur. » En foi de quoi le gouvernement chinois refusera la moindre aide extérieure lors des épouvantables tremblements de terre et s’acharnera à  reconstruire vite, mais mal, ce qui a été détruit.

 

Si Teng revient, aura-t-il avec lui ses chats  de toutes les couleurs ? Et pour attraper quelles souris ?

 

Ces questions, nous nous les sommes posées en regardant travailler Des Chinois. Nous nous les posons toujours, car elles conditionnent pour une large part l’avenir du monde.


Que deviendrait ce monde si la Chine, lasse à la fin de ne pouvoir compter que sur ses propres forces, venait soudainement à s’entendre avec d’autres puissances, elle qui méprise le mot « détente » et perçoit mal celui de « coopération ».


Teng, Deng Xiaoping ou Teng Hiao-Ping ou Teng Hsiao-Ping, 鄧小平, 邓小平, est revenu en 1978 et dirigera la Chine de facto jusqu’en 1992 avec sa célèbre maxime « Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat » (« 不管黑猫白猫,捉到老鼠就是好猫。 » La suite vous la connaissez ou presque…

 

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 00:09

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Yves Legrand, un toujours jeune homme, agitateur d’idées au grand cœur, qui me précède d’une courte encolure sur le versant de l’âge, vend du vin et cultive la vigne en territoire santinien aux Chemins des Vignes. Passeur d’Histoire, fin et cultivé, intarissable sans le bagout lassant du commerçant, Yves a le coffre du marathonien et la tête dans les étoiles. C’est un juste qui s’enflamme comme de l’étoupe lorsqu’une cause lui tient à cœur. Les déboires du Muscadet le désolent, prix en berne et notoriété en charpie. Que cela ne tienne, il monte à l’assaut, ferraille argumente, il convainc ses collègues cavistes de se mobiliser pour la cause du Muscadet mais, patatras, la grande maison des vins de Loire leur claque la porte sur le pif. Tout autre qu’Yves aurait rendu son tablier, baissé les bras pour aller aux champignons avec le maire – fine allusion que seuls les habitués pourront goûter.


Que nenni, le petit père Legrand, casque lourd et bandes molletières, remonte à l’assaut pour vendre son idée : « confronter une sélection de Muscadet à quelques très bons vins blancs d’autres régions de France, dégustés à l’aveugle. » à la fois à ses confrères cavistes et a un jury de journalistes. Comme ce bon Yves persiste à me considérer comme une fine gâchette de la dégustation il m’avait invité le 18 avril  au beau milieu des meilleurs. J’avais eu beau protester de ma nullité j’avais cédé. Mentalement je me préparais au désastre de Sedan mais j’en fus sauvé par une circonstance de la vie indépendante de ma volonté. Je n’y suis donc pas allé et j’avoue que ça m’a chiffonné.  La dégustation portait sur 17 vins blancs, dont 7 Muscadets. David Cobbold écrit « Les vins étaient issu de différents millésimes et tous vendus par Yves dans ses boutiques, sauf 6 des 7 Muscadets. Les prix variaient de 8€ à 100€, avec les 7 Muscadets occupant le créneau bas, entre 8€ et 13,50€. Tous les vins étaient mis en carafe à bonne température identique, numérotés, et les dégustateurs fixés sur deux objectifs : (1) Noter son plaisir sur 20 et (2) Indiquer le prix que nous pensions mettre sur chaque vin dans le commerce. »


David précise « Nous ne savions rien de l’origine des autres vins, et le but, bien souligné par Yves, n’étaient pas de dire que le Muscadet écrase tout, ou bien le contraire, mais simplement de donner sa chance à ces vins dans un univers concurrentiel large et ouvert. On l’a découvert pour certains vins pendant le dégustation, pour d’autres après : cet univers (hors Muscadet) était aussi large sur le plan géographique, allant de L’Alsace au Roussillon en passant par la Bourgogne et la Loire que sur celui des prix (10 à 100 euros) ou même de l’âge des vins (1985 à 2011). » La suite ICI link


Le sieur Legrand compatissant m’a expédié, par coursier électronique, les petits crobars agrégeant les résultats des 2 dégustations. Ils sont très instructifs. Comme les supers pros de la dégustation le Taulier se serait fait piéger par le ressenti sur le prix des vins présentés. Cet exercice me semble être la base même de l’exercice de dégustation professionnelle. Du côté des cavistes de toutes tendances il est évident que l’on sélectionne pour revendre des étiquettes et des prix en fonction de sa clientèle, ce qui est parfaitement logique et normal. Mais, et c’est là où ce coquin d’Yves, avec son sourire enjôleur et ses yeux rieurs derrière ses petites lunettes, a fichtrement raison. Les cavistes sont aussi des prescripteurs de prix, ils peuvent contribuer auprès de leurs clients à faire comprendre que des vins sont sous cotés et c’est le cas du Muscadet. Pour les journalistes critiques de vin c’est aussi un exercice salutaire car il participe à une approche consumériste trop souvent oubliée dans le milieu. Bien évidemment je ne porte aucun jugement de valeur sur qui que ce soit dans la mesure où d’une manière générale il est clair que l’exercice de dégustation, dit à l’aveugle, est révélateur des limites de la dégustation.


Quelques remarques sur les tableaux qui suivent :


1-      Du côté des cavistes : ils surcotent tous les Muscadet présenté et tout particulièrement les 3 affichant les plus petits prix. Ils placent en première position le Muscadet 2005 n°2 Domaine de l’Ecu 15/20 note plaisir et au plus haut niveau des prix ressentis 19,2€ en moyenne. Ils n’apprécient guère le Château de Fieuzal  8/20 et 9,25€ prix ressenti pour un prix réel de 100€ et le Pinot d’Alsace 2005 n°1 9,1/20 en lui attribuant un prix identique à la réalité. En revanche, tous les autres vins en compétition avec le Muscadet sont très nettement sous-cotés en termes de prix.


2-      Du côté des journalistes aucune note plaisir inférieure à 11 et supérieure à 14,6 (prudents les gars). Ils mettent six 14, quatre13, six 12 et un seul 1. Pour les prix la grosse décote, hormis le château Fieuzal, est le n°3 Chablis 1er cru 2007 de Dauvissat coté 9,38€ pour un prix réel de 34€. Leur fourchette de prix ressenti, hormis celui du Chablis, est très ramassée : de 10,13€ à 17,75€ (des prudents je vous dis). Tous les Muscadet sont surcotés,  sauf un le n°13, mais du fait de leur prudence dans une moindre proportion que les cavistes. Ils sous-cotent les autres sauf le n°1 coté à 15,13€ face au 10€ prix public. À nouveau c’est un Muscadet, le n°11, un Sèvres et Maine 1999 Château du Coing 14,635/20 note plaisir et un prix estimé de 16€ juste devant le domaine de l’Hortus 2010 (une IGP) n°8 note plaisir 14,4375 et prix estimé 16,08€. Le château de Fieuzal est mieux traité 14/20 mais à 16,50€ au lieu de 100.


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