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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 00:09

Aujourd’hui faut que je fasse vite car j’ai du lait sur le feu.

Ma chronique je souhaitais la titrer « Si ÉVA m’était COMTÉ : elle raffole de MARCEL PETITE et des Tronches de Vin » mais je me suis dit ils vont comprendre queue de chique.

Et pourtant !

Besançon est la capitale de la FRANCHE-COMTÉ et samedi dernier ÉVA et ses 4 compères y officiait, au lieu-dit les Gourmands Lisent les Tronches de Vin ont fait un tabac : la preuve...

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Puisque vous voulez tout savoir et rien payer sachez que cette nuit-là :

1-               Beaucoup de quilles sont tombées au champ d’honneur.  

2-             Les hommes furent vernis.487686_10151532116784873_1563016138_n.jpg

3-             La femme du boulanger fut honorée.061

4-             La maison de verre fut envahie pour une courte nuit.

Si vous n’avez rien compris : tant pis !

Ce qui compte c’est le COMTÉ qu’ÉVA a acheté dimanche au marché. Du Marcel Petite bien entendu : la preuve en image.

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Le mystère du titre alambiqué étant levé le taulier, qui fut sobre comme un chameau déjanté au cours de cette mémorable soirée, en profite pour éduquer les petites louves et les petits loups des villes sur « les cultivateurs intelligents des environs de Genève et des montagnes du Doubs et du Jura qui se sont réunis en associations »

S’ils se sont réunis c’est que petits éleveurs ne possédant que 2 ou 3 vaches, ils ne pouvaient assurer à eux seuls la fabrication de fromage de Garde.

Les Fruitières, au sens originel du mot fruit, du latin fructus, fruit, « revenu, production » En 1846 elles sont décrites ainsi par l’Encyclopédie Moderne.

« Chaque associé apporte soir et matin son lait à la laiterie commune. Le fruitier le mesure et tient note de la livraison sur un bâton fendu en deux, dont une moitié reste à la fruitière et l’autre emportée par l’associé. À la fin du mesurage de la seconde traite, le fruitier additionne les livraisons de chaque associé. Celui qui a livré le plus de lait a le produit en fromage de la fabrication de ces deux traites. On additionne toutes les livraisons, on soustrait de cette somme le lait de celui qui a eu le produit, et il doit le reste  à la société. Chaque jour le lait qu’il apporte est reçu en déduction de sa dette, et lorsqu’il a payé cette dette, il redevient créancier de la société »

Et elles fonctionnaient ainsi :

« Pour 50 vaches, il y a un maître fruitier, un aide, un premier gamin et un deuxième gamin. Le maître fruitier trait les vaches, fait le fromage, l’emmagasine et le soigne. L’aide trait les vaches, coupe le bois dans la forêt, fait le service et surveille les gamins ? Le premier gamin trait les vaches et les garde ; le deuxième gamin porte le lait dans la chaudière, le passe et fait exactement le service d’un chien de berger. Le maître fruitier reçoit environ 80 francs pour les quatre mois que les vaches passent à la montagne ; il est nourri ainsi que l’aide et les deux gamins. L’aide reçoit 50 francs ; le premier gamin 15, le second 12. La traite à lieu à quatre heures du matin et à quatre heures du soir. Chaque traite dure une heure ; environ quatre minutes par bête. Les vaches donnent en moyenne 8 à 9 litres chaque jour pendant quatre mois ; on leur donne du sel au moment de la traite. Une fruitière produit par jour deux fromages de 15 à 20 kg chacune. »

Enfin, pour ceux qui raillent le terroir qu’ils sachent que toujours selon l’Encyclopédie Moderne « le climat, la nature de pâturages ont une influence incontestable sur la qualité du fromage, et ce qui le prouve, c’est qu’ils varient de qualité dans des lieux de fabrication différents, lors même que la fabrication a été entièrement semblable. »

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 13:00

Avant de faire de la promotion en prime-time à la télé pour Tronches de vin, le guide des vins qu'ont d'la gueule j’ai pensé qu’au moment du Salon du Livre 2013 où nos jeunes et beaux auteurs, Eva, Antonin, Guillaume, seront présents : au Square culinaire sur le stand X 81, Pavillon 1, Parc des Expositions, Porte de Versailles.  (Voir Horaires à la fin de la chronique) je propose pour booster les ventes que :


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1-               Guillaume Nicolas-Brion se tape une dégustation-dédicace avec quelques potes vignerons des vins nus à la Cave de la Grande Epicerie du Bon Marché (succès assuré) ;


2-          Eva qui dit « J'aime bien Mouton-Cadet mais je préfère le vin » se coltine sa « promotion » chez Nicolas pour 12 Tronches de vin, le guide des vins qu'ont d'la gueule achetés un bouteille de Mouton-Cadet offert par Philippine de R (dur, dur mais jouable);


3-             Antonin s’offre une séance de dégustation -dédicace au Clos de Vougeot avec son ami  Patrick Essa (pas simple mais jouissif) ;


4-             Olif se colle à un débat-dégustation au Laurent de vins sans passeport avec son pote Nicolas de Rouyn, dédicace à la fin pour les VIP (un grand moment) ;


5-             Philippe Rapiteau, qu’est un peu vendéen sur les bords, fait déguster des vins nus au Cercle Vendéen dont le président est mon ami Jean-Paul Lubot de Marie-Claire. On pourra demander à la rédaction de la RVF de passer.(on peut faire ça au Lapin Blanc ça plaira à JLP qui adore s’encanailler).


Voilà je sais c’est dur mais c’est la dure loi du marché mes amis : quand faut y aller faut y aller. Pour l’heure vous pouvez vous rendre au Salon du Livre Square culinaire sur le stand X 81, Pavillon 1, Parc des Expositions, Porte de Versailles.


- Vendredi 22 : De 18h à 19h Table ronde


- Samedi 23 : De 14 à 15h Conférence : Tronches de vin, faire du vin autrement. Présentation du guide, des vins naturels. Suivi d'une séance de dédicace

- Dimanche 24 : De 11h à 13h Dédicace au stand de l'épure


De 14h à 15h Table ronde : Que boire avec ? Les accords mets et vins. Autres intervenants Laure Gasparotto (De Monza). Suivi d'une dédicace.


De 18h à 19h Conférence : Déguster des vins différents.

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 13:00

Hier, j’avais coupé le sifflet à Denis dès sa première station chez Bruno et Marie-Françoise Cormerais mais c’était pour vous mettre l’eau à la bouche. Pour les retardataires ils peuvent lire le verset 1 ICI link et pour ceux qui voudraient reprendre le fil je signale que la photo de Michel Smith le chapauté a été rajoutée : quel bel homme, comme aurait dit Jack L... Ce qui suit est une suite de bonnes adresses. Encore merci Denis.


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De Loire-Atlantique –mais toujours inférieure- (blague pour les vieux) il n’y a qu’un saut à faire pour aller voir les Vendéens. Y avait un surfeur (un vrai, un qui surf sur les vagues, pas un geek devant un écran web) qui faisait des trucs sympas sur un tout petit domaine: Aloha. J’apprends qu’il a vendu ses vignes. Dommage.


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 Donc reste l’incontournable Jérémy Mourat. Je ne vous fais pas l’article, le Taulier parle de lui souvent. Notez juste que Jérémy a tous les vins, toutes les gammes, toujours prêt à répondre à la demande. Il est comme ses vins : toujours joyeux et facile d’accès. www.mourat.com


 L’autre star de la Vendée c’est Thierry Michon. Ce sont des vins pour amateurs avertis: moins simples que les vins de J Mourat, ils peuvent même être austères. Et bien plus chers, mais là on confine à l’art, et l’artisanat d’art ça se paye. J’ai adoré son rosé. Sans doute le vin le plus facile à comprendre de sa gamme, et comme je ne suis pas bien fin c’est celui-là que je retiens. www.domainesaintnicolas.com


 Y en un autre à  qui je peux faire une pub éhontée, c’est Henry Marionnet www.henry-marionnet.com Sûr qu’il n’a pas besoin de moi pour faire savoir au monde l’excellence de ses gamay et sauvignon. Insistons néanmoins sur la cuvée 1ère vendange: un gamay vinifié sans aucun intrant. Un vin nature, alors? Ben oui, sauf que c’est fait avec du raisin pas bio du tout. Du coup si vous voulez vous faire jeter d’un salon comme la Dive vous n’avez qu’à parler de Marionnet et de son vin sans soufre.


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Et surtout chez Marionnet je suis toujours impressionné par la série Vinifera: des vins de vignes non greffées, en chenin, sauvignon, gamay, cot. Et même une vieille vigne pré-philloxérique (plus de 150 ans) de romorantin qui n’a pas du tout les amers typiques des romorantins de Cour-Cheverny. Je me demandais si ça venait de l’absence de porte-greffe, ou de l’âge de la vigne, ou de la variation du matériel génétique ces 150 dernières années. Et la réponse est venue de Henry et de son fils Jean-Sébastien: ils ont planté une nouvelle vigne, faite avec des boutures de la très vieille vigne. Depuis 2 ans que cette jeune vigne produit du vin, on peut définitivement conclure qu’elle donne un vin qui ressemble beaucoup plus au romorantin pré-philloxérique qu’aux Cour-Cheverny.


Etonnant, non? Aurait dit Monsieur Cyclopède…

 

Pissqu’on parle de Henry Marionnet, savez-vous que sa femme Marie-Josée est une Penet, sœur de Jean-Marie Penet, qui fait aussi d’excellents vins de Touraine? Le monde de la viticulture est petit…Et justement au SDVL on peut goûter les vins du Domaine JM Penet. C’est le gendre Monsieur Meurgey qui dirige le Domaine désormais, et pour ne pas renier ses origines Bourguignonnes il fait subir à une cuvée de sauvignon un élevage  en fût! Résultat remarquable: Cuvée Victoire que je vous recommande si vous avez l’esprit assez ouvert pour oublier un instant que c’est un sauvignon de Touraine. www.domaine-penet.com


 Au SDVL on revoit chaque année les mêmes stands avec les mêmes vins, juste un nouveau millésime à voir et vous pouvez continuer votre tournée. Sauf sur le stand des IGP du Val de Loire où ça change chaque année, avec plein de trucs sympas. Une visite incontournable pour des vins de plaisir. Demandez Roland Pujol, l’œnologue chargé de ce stand. Cette année il m’a fait découvrir le cépage egiodola, dont le Domaine de la Noé tire un excellent rosé. www.domainedelanoe.fr


Puisqu’on parle cépages rares, le Domaine De Villalin à Quincy relance un cépage qui avait presque disparu: le genouillet. Ça fait un rouge extrêmement fruité, une belle alternative au gamay. A suivre! www.domaine-de-villalin.com


Certains viticulteurs deviennent des amis, c’est le cas de Pierrre Breton dont je vous recommande les Bourgueils et les Chinons www.domainebreton.net . Tout en bio donc des vins sans pesticides.


Il me présente François Pinon qui fait du Vouvray, également bio, à Vernou sur Brenne. Le François en question me drive illico vers son stand pour une dégustation complète de sa gamme. Et à Vouvray il y a de tout: du sec, du moelleux, de l’effervescent. Enfin, de tout en blanc fait avec du chenin. Eh bien tout est bon chez François Pinon; si vous voulez du Vouvray foncez-y. Il est probablement le seul exposant au SDVL à ne pas avoir de site Web. Alors prenez RDV à l’ancienne, par téléphone au 02 47 52 16 59.


 Au SDVL il y a des évènements bien pratiques: par exemple une salle avec presque tous les Savennières. Une super occase de les comparer côte-à-côte. A ce jeu le Clos de la Bergerie 2011de Nicolas Joly et La Mulonière 2008 m’ont le plus impressionné.


J’ai raté la dégustation des Anjou blancs, organisée sur le même principe que les Savennières; je m’en veux.


Vous pouvez par contre allègrement ignorer les soi-disant “Master Class” qui s’adressent à des débutants premier niveau. Les pros du vin sont-ils si ignorants ?


J’avais gardé ma soirée du lundi pour le happening des Coteaux de l’Aubance et Anjou-Brissac ; ben là, mauvaise pioche. L’assemblée est sympa, l’invitation au musée des beaux-arts permet une visite géniale, la bouffe est bien bonne, mais pas moyen de faire une dégustation sérieuse au milieu de la bousculade. Trop de monde pour ce petit espace, pas moyen de bouger, donc on ne goûte que ce qu’on a devant soi.


J’aurai mieux fait de faire la dégustation complète des vins de Anita et Jean-Luc Lebreton – Domaine des Rochelles sur leur stand du salon. J’aime bien ce domaine pour sa belle gamme et ses prix doux.


Un domaine en progrès à suivre an Anjou: Château du Bois Brinçon. La génération précédente ne faisait pas de mise en bouteille et cultivait lourdement chimique. Le Cailleau actuel (Xavier?) fait du bio et ses vins sont de mieux en mieux. Un beau chenin aromatique un peu boisé à 9 € TTC départ cave.


 Mais dans cette appellation Anjou Blanc je reste fidèle à Vincent Ogereau. Il fait aussi d’excellents liquoreux. J’ai plaisir à découvrir le lundi qu’à l’aveugle je lui ai donné une médaille d’or la veille au concours des Ligers pour son Coteaux du Layon Saint-Lambert www.domaineogereau.com .


On a en fait attribué deux médailles d’or à ce jury des Ctx du Layon Villages. L’autre est pour Claude Papin, au Château Pierre-Bise, incontournable producteur du Layon, expert des sols et terroirs, intarissable sur l’ouverture de paysage (vous savez pas ce que c’est? demandez à Claude Papin !), un homme aussi passionné que passionnant.


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 Notez au passage que c’est rassurant pour les jurys de concours: la dégustation a médaillé à l’aveugle deux vins qui sont régulièrement retenus parmi les meilleurs de leur appellation par les critiques et qui sont plébiscités par les consommateurs.


 Autre Domaine  à suivre le Château de Brézé, un vignoble en résurrection à Saumur.


Ceux que je n’ai pas eu le temps de voir cette année, mais que tout honnête homme devrait connaitre :


Patrick Baudouin, dont le Taulier nous parle souvent


Le moustachu Jacky Blot, de la Taille aux Loups

 

Domaine des Ouches: les Bourgueils des fils de Paul Gambier

 

Clos Cristal: un Saumur de référence


Vincent Carême: la génération qui a relancé Vouvray


Union des Vignerons de St-Pourçain: ben oui, je recommande une coopé ! Et à St-Pourcain!  Essayez le blanc de Tresailler et le rouge haut de gamme. Ces gens-là aiment le vin, tout simplement.


Pascal & Nicolas Reverdy pour les Sancerre. Pascal sans Nicolas poursuit l’œuvre de qualité; ils savent aussi faire du rouge!


Domaine de Bablut: belle gamme d’Anjou et Anjou-Brissac


Clos St-Fiacre: le meilleur producteur de vins d’Orléans.


Combier: un liquoriste à taille humaine (sinon dans la région y a aussi Cointreau et Giffard)

Pas eu le temps de passer voir la Distillerie de Thouarcé qui produit une eau de vie de Williams fantastique.


Encore pas pris le temps d’aller goûter le rosé de Pierre-Jacques Druet, qui scella la fondation du blog des Cinq du Vin.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 00:09

Votre Taulier en dépit du genre qu’il veut se donner n’est ni un grand amateur, ni non plus un grand courageux. Ce qu’il adore par-dessus tout c’est de voir d’autres que lui faire le boulot à sa place. Sa devise « moins j’en fais mieux je me porte », prise au pied de la lettre, peut choquer mais elle est le lot de ceux qui, comme moi, se contentent d’écrire sur le labeur des autres. Mémé Marie, pour me rassurer car ma mère voulait faire de moi un curé, me disait toujours qu’il n’y avait pas de sot métier, mais le mien en est-il vraiment un ? Pour faire dans l’actualité je répondais à ma sainte mère que je voulais bien être Pape mais le hic c’était les femmes.


Bref, Denis Boireau, qui ne boit pas que de l’eau, présente pour moi toute une palette d’avantages incontestables : c’est un amateur de vin, un vrai ; c’est un lecteur fidèle, un vrai ; c’est un ami de notre Luc Charlier, dit Léon, et j’y suis pour quelque chose, c’est donc un homme intelligent. Sur  cette brassée, non pas de bois vert, mais de fleurs de notre belle campagne, je lui laisse les manettes pour un exercice où je suis loin d’exceller. Bonne lecture. Merci beaucoup Denis.


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Le Taulier avait repéré que j’allais au SDVLlink et m’avait dit que je pourrais peut-être faire quelque chose pour lui. J’avais proposé de lui servir de chauffeur mais il a préféré se geler les couilles en attendant la navette. On devait se retrouver pour qu’il me précise ce qu’il voulait, mais voilà: il fut accaparé à plein temps par les officiels, donc j’la point vu, donc ch’savions point c’qui voulait.


Puis voilà-t-y pas qu’au détour d’un commentaire de Léon je comprends que le Taulier voulait tout simplement que je raconte un peu ma visite à ce salon.


Drôle d’idée…


Faut vous dire que c’est un salon réservé aux acheteurs professionnels. Tout autre qui pourrait sembler s’intéresser au vin pour autre chose qu’y gagner de l’argent est sévèrement refoulé à l’entrée.


Donc de deux choses l’une: soit on écrit une chronique pour les pros, et là je suis totalement incompétent (en un mot), soit on l’écrit pour les amateurs, mais alors quel intérêt puisqu’ils n’ont pas accès à ce salon?


Petit aparté: moi mon vin je l’achète comme amateur. Je ne suis absolument pas pro de l’achat et encore moins de la vente de vin. Je suis invité au SDVL car j’y participe au jury du concours des Ligers link. Le Taulier n’est pas non plus un commerçant du vin, mais il peut accéder au SDVL comme à Vinexpo ou tout autre salon pro en tant que Haut Fonctionnaire du Ministère de l’Agriculture (il aime pas qu’on le traite de Ht Fonctionnaire! J’y ajoute des majuscules pour faire encore plus lourdingue).


Pourquoi cette entrée en matière provocatrice alors qu’on ne me demande qu’une liste des bons vins à voir / à boire sur le SDVL?


Juste pour vous signaler qu’il y a des salons offs chaque année en parallèle avec le SDVL, qui eux fourmillent de nouveautés, de vins enthousiasmants, et dont deux s’ouvrent (un peu) aux amateurs: le Salon Renaissance des Terroirs, avec les biodynamistes BCBG,  et surtout la Dive Bouteille où on trouve presque toutes les pointures de la mouvance bios / biodynamistes/ naturistes. Et ça dans le cadre impressionnant du Château de Brézé link


Jacques, je m’étonne que tu fisses l’effort d’aller au SDVL sans visiter la Dive. Parles-en à tes petits loups et petites louves, je suis sûr qu’ils connaissent et qu’ils seront enchantés  de t’y accompagner. Sinon fais- moi signe pour l’an prochain, on pourrait aussi y aller entre vieux.

 Allez, ch’suis pas chien, et vous avez été sages, vous m’avez lu jusque-là, donc la v’là, la liste des gens que j’aime bien sur le Salon des Vins de Loire :


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J’arrive au stand de Bruno Cormerais, et là bing, sur qui je tombe, studieux, prenant des notes, avec un petit chapeau? (y a une virgule entre “prenant des notes” et “petit chapeau”, hein! En plus, il avait un crayon). Donc oui, vous l’avez reconnu, c’est bien Michel Smith, celui qui chronique sur le Blog des Cinq link .  A force d’apprécier sa prose j’avais le sentiment que c’était un ami. Il a eu la bonté de se souvenir que je laisse parfois quelques commentaires sur leur blog communautaire, et de bien vouloir partager mon amitié. Alors voilà encore un ami imaginaire qui rejoint le monde réel.


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Avec tout ça je ne vous ai pas parlé de Bruno Cormerais: c’est un numéro! Un excellent Muscadet “Chambaudière” ne suffit pas à son bonheur. Il fait partie du petit groupe qui a revendiqué la nouvelle appellation Clisson pour leurs muscadets sur granite. Et il fait des muscadets encore plus spéciaux avec élevage long, jusqu’à 7 ans sur lies. D’ailleurs je milite pour que ces vins se trouvent un nom du genre Grands Vins de Loire-Atlantique car on ne devrait pas appeler Muscadet un grand vin blanc structuré, avec du gras, avec l’acidité qui se fait discrète derrière une belle minéralité (et venez pas me faire chier avec la minéralité: quand ça donne sur la langue et au goût comme quand on suce un caillou, moi j’appelle ça minéral).


Bon on a parlé de son muscadet, de son Clisson, de ses grands blancs, mais il essaye tout cet homme-là: il a aussi du Gros Plant (le vin anti-Parker par excellence!), il fait aussi du rouge (en plein pays du Muscadet!), et même du rosé (l’a même de l’abouriou, le gars!). Et d’autres trucs encore…pour les non-pros, allez le rencontrer sur les salons des Vignerons Indépendants link Ou chez lui: prenez RDV avec Bruno, ou sa femme Marie-Françoise, ou son fils Maxime link 

 

à suivre demain...

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 00:09

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Jean Gabin « parlait dans ses films comme dans sa vie, et vice versa. Dans les grandes occasions, notamment pour les interviews, il savait retrouver un français châtié exempt de tout phrasé imagé. » note Philippe Durant dans sa Petite Introduction à son « Le Petit Gabin illustré par l’exemple » nouveau monde éditions 14,90€. Les Aficionados d’Audiard, dont le sieur Pousson, se délecteront de l’appréciation de l’acteur qui « estimait devoir son naturel à des dialogues qu’il avait « bien en bouche ». Pascal Jardin déclara Gabin ne parle pas le français, il parle une langue à lui et j’ai appris, par lui et par Audiard, à parler Gabin comme on apprend à parler anglais. »


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La formule titre me va bien car elle ramasse ma présente activité. Jean Moncorgé dit Gabin était propriétaire de vaches laitières en Normandie. Il aimait la terre et il fut traité de cumulard par le syndicalisme agricole. Au-delà du liquide vin ou lait c’est autre liquide qui l’intéressait : il aimait calculer ses cachets de film en têtes de vaches.


Deux formules cultes :


« Le Quai des brumes » avec Michel Morgan.

-        « T’as de beaux yeux, tu sais ;

-        Embrassez-moi.


« La Traversée de Paris » avec Bourvil.

-        « Salauds de pauvres ! »


La première, comble du romantisme, summum de la séduction, « ne fut pas prononcé dans le recueillement, ni la concentration. » a raconté Michèle Morgan. Quant à la seconde « Jean Gabin répugnait à la dire… » et … plus généralement il « n’aimait pas son personnage de Grangil. » La suite à lire dans « Le Petit Gabin illustré par l’exemple »


Enfin dans « Rififi à Paname »


-        On t’a pas sonné, grand-père… Dis-donc, pour l’addition, tu diras à ton taulier qu’on repassera demain. On a deux mots à lui dire.


-        Le taulier c’est moi, alors je t’écoute, comme ça, ça t’évitera de revenir.

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 00:09

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Ce que j’apprécie par-dessus tout chez Jean-Paul Kauffmann c’est sa faculté de dire simplement, sans frapper sur une grosse caisse, des choses fortes. Nul besoin pour lui de manier l’ironie, ce faux détachement qui trop souvent sur la Toile masque la vacuité des idées. JPK dit. Il dit sans le dédain de certains petits marquis. Il n’assène pas. Lorsque je le lis j’ai le sentiment de m’insérer dans sa conversation, de m’asseoir discrètement à la table où il vient de s’installer pour déguster.


Dans sa remontée de la Marne JPK passe par le village d’Aÿ qu’il connaît bien, mais sa manière de l’investir est nouvelle : il le fait à pied en tant  que randonneur ce qui modifie sa perception et celle de ceux qui vont le rencontrer. Il note que « la marche change radicalement la relation à l’espace et au monde ». Je partage son point de vue : dans Paris même la vision de la ville change selon que l’on est piéton ou cycliste ; je m’insère bien mieux dans ses secrets juché sur mon vélo qu’à pied.

 

À Aÿ donc, devant la mairie, JPK et son ami photographe qui s’enthousiasme « On a l’air de deux SDF », souligne « Le sac à dos modifie le regard d’autrui. Autrefois le chemineau était perçu comme un vagabond. Aujourd’hui, le randonneur est considéré comme appartenant à une espèce à part, impossible à classer. Il cache une autre vie. Que fait-il quand il ne marche pas ? Est-il socialement identifiable. L’anorak, le bâton, l’équipement, qui tienne lieu d’uniforme, sont l’effet d’un camouflage. »


Comparaison n’est pas raison mais c’est un peu comme la dégustation avec ou sans « chaussette », c’est-à-dire avec ou non connaissance de l’étiquette. La preuve, une « une vieille connaissance, personnalité respectable et écoutée du monde champenois » que JPK fréquente depuis longtemps, passe devant eux pour regagner son 4x4 et « regarde avec une vague expression de dédain les deux marcheurs fourbus assis sur les escaliers. » Quelques minutes plus tard, dans son char, il se ravisera et, vitre baissée, lancera « Ravi de vous voir, cher ami ! Comment allez-vous ? » avant de redémarrer.


Cette petite digression, si représentative de notre monde de paraître, n’est point si éloignée de notre sujet du jour car, comme le dit l’adage populaire, « l’habit ne fait pas le moine ». Et pourtant, nos petits génies du marketing et des études de marché s’ingénient à faire accroire que boire du Coca-Cola renippé par Jean-Paul Gaultier, c’est se différencier. L’habit ne fait toujours pas le moine mais certains n’hésitent pas à embarquer dans une Montgolfière un évêque pour se faire mousser et nous prendre pour des cloches. Ça fait pleurer les chaisières et les happy few honorés d’y être invités.


« Les puritains du champagne » fut le titre, il y a 30 ans, du premier article de JPK sur le vin effervescent et il avait choisi Aÿ. Le champagne « Symbole de la frivolité et de la fête requiert, chez les Champenois, une forme d’ascèse. Cet aspect janséniste imprègne toujours le comportement des grandes maisons. » JPK avait choisi Bollinger « marque restée aux mains de la même famille depuis sa création en 1829. L’un des champagnes les plus fameux menait ses activités sur les hauteurs d’Aÿ dans un décor digne d’un notaire de province. Pas de nom à l’entrée. Ce mépris des apparences me fit forte impression. »


« Plus c’est voyant, moins c’est bon : À bon vin point d’enseigne ! » note JPK.


« On fait le vin que l’on est. Contrairement aux apparences, le champagne est un vin originellement austère. Les bulles font illusion. Avant l’effervescence, il est marqué par la raideur et l’intransigeance. Seuls les palais particulièrement avertis parviennent à discerner les promesses. Un retournement va s’accomplir par la mousse, mais surtout par l’assemblage. Un vrai champagne n’exhibe pas ses qualités. Sa personnalité ne saurait être envahissante. Il doit se retrancher dans une forme de sobriété pour ce qui est des arômes et des bulles. Ce raffinement le distingue des autres vins pétillants. »


JPK dit bien mieux que moi ce que je tente souvent d’expliquer et qui me vaut de me faire taxer de démagogue car je porte atteinte au concubinage notoire de certains avec ceux qui, au nom d’un faux luxe tapageur, ont propulsé le vin dans l’univers des spéculateurs. J’en termine en citant, une fois encore, JPK à propos de Dom Pérignon le cellérier de l’abbaye de Hautvillers « Était-il un bon janséniste ? On peut le penser, l’éthique du devoir et de l’excellence, ajoutée au sens de l’autonomie, comptant parmi les plus hautes vertus requises par ces Messieurs, comme on les appelait. Ces qualités sont au moins aussi marquantes que le rigorisme et l’austérité prêtés communément à cette doctrine – laquelle prônait aussi la joie opposée à la crainte et le bonheur sur terre. Avant tout, le jansénisme incarne une forme de contestation politique et une modernité. Précurseur dans le domaine de la pédagogie, attentif à l’égalité absolue des élèves, soucieux de l’éducation des filles dont on se désintéressait à l’époque, ce progressisme ne sera pas sans influence dans le déclenchement de la Révolution. « Un janséniste est surtout un catholique qui n’aime pas les jésuites », disait-on alors. »


La meilleure façon de marcher c’est de mettre ses pas dans les lignes de Jean-Paul Kauffmann et de « Remonter la Marne » avec lui, ça rend intelligent !

 

  • Pour les petits louves et loups Pascal, Blaise de son prénom (dont le portrait illustre cette chronique, tiré du désopilant Planète des sages link), est l’auteur des Provinciales, mises à l’Index par Rome, où  il prend la défense de l'augustinisme, fait une apologie de Port-Royal, et où il  se livre à des attaques ironiques à l'encontre des jésuites. Elles sont attendues et recopiées par le peuple, qui rit de la manière dont Pascal tourne les jésuites, casuistes et molinistes en ridicule.

9782213654713-G

 

Philosophes 019

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 00:09

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S’il est un sujet souvent évoqué mais rarement quantifié : c’est l’accès des femmes au statut de chef d’exploitation. « L’agriculture a longtemps été considérée comme un métier d’homme, car difficile voire pénible physiquement. Pourtant, les femmes ont toujours travaillé sur les exploitations, mais leur participation n’était pas visible, car non appréhendée dans les statuts officiels. » Les transformations de la famille et les modifications en profondeur de l’activité agricole ont permis aux femmes d’occuper plus lisiblement leur place : en 2010 plus d’un quart (27%) des exploitations agricoles françaises sont dirigées par des femmes alors qu’elles n’étaient que 8% en 1970.

 

Sur la photo titre c'est Isabelle Perraud dans ses vignes des Côtes de la Molière link


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23% taux de féminisation  en viticulture (moyenne 19%) en troisième position après l’élevage de caprins-ovins et maraîchage horticulture.


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Un double bémol : dans les 27% beaucoup  de femmes sont plus fréquemment coexploitantes que chefs d’exploitation et, parmi les femmes qui sont à la tête d’exploitations agricoles, beaucoup ont en réalité succédé à leur mari au moment du départ à la retraite de celui-ci. Ceci explique que près de 60% des femmes de cette catégorie aient plus de 50 ans, et que l’âge moyen est plus élevé pour les femmes 53,2 ans que pour les hommes 49,2 ans.


La grande majorité des agricultrices accède au métier par le mariage : en 2006 ou 2007 82% des femmes installées étaient des conjointes  du précédent chef d’exploitation et 13% des parentes. Cependant, comme les agriculteurs épousent de plus en plus de femmes qui ne sont pas issues du monde agricole : ¾ des jeunes épouses ne travaillent pas sur l’exploitation de leur mari agriculteur, le mariage ne sera plus la seule porte d’entrée dans le métier.


Le niveau de formation des exploitantes s’est considérablement élevé. Aujourd’hui, les jeunes exploitantes sont plus souvent diplômées du supérieur que leurs homologues masculins. Il est frappant de constater que près de la moitié des exploitantes de moins de 40 ans ne sont pas passées par l’enseignement agricole, ce qui n’est le cas que d’un cinquième des hommes. Les filles sortent maintenant avec des niveaux de formation en moyenne supérieurs à ceux des garçons.


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Les femmes créent plus que les hommes de nouvelles activités : accueil à la ferme, transformation et vente directe des produits. Les femmes sont souvent à l’initiative de marchés de proximité qui les placent directement au contact  des consommateurs. Elles proposent aussi deux fois plus souvent un hébergement touristique que les exploitations masculines.


Les femmes sont plus engagées dans l’agriculture biologique. Parmi les moins de 40 ans, la proportion d’exploitations féminines certifiées « bio »  6,9% est effectivement un peu plus élevée que  celle d’exploitations masculines 5,3%.


Le poids des normes sociales est encore très fort : »même si les femmes interrogées ont eu des velléités d’installation en agriculture au cours de leur adolescence, elles ont souvent été découragées par leurs mères et invitées à s’engager dans des carrières professionnelles qui sont supposées convenir à leur sexe. » Cependant, l’absence de garçon ou  de garçon souhaitant reprendre l’exploitation a favorisé les ambitions des filles et permis la pérennisation de l’exploitation.


L’accès au foncier est un parcours d’obstacles pour les femmes. Selon la tradition, l’homme hérite de ses parents et la femme épouse un agriculteur. Bien que le marché du foncier soit relativement ouvert aux femmes, il reste néanmoins plus accessible aux hommes et la préférence des propriétaires fonciers et des cédants va vers des acquéreurs masculins.

 

L’accès aux prêts bancaires n’est pas non plus chose aisée pour les femmes, d’autant plus qu’elles manquent de ressources propres et que les banquiers émettent souvent des réserves sur la viabilité et la pérennité de leurs projets d’installation. Enfin, les obstacles peuvent être d’ordres culturel ou psychologique. L’accueil est parfois méfiant, on les teste comme par exemple sur leur capacité à conduire un tracteur. La mécanisation n’est pas toujours adaptée à la morphologie des femmes.


Selon le CNASEA ce mouvement va s’amplifier : en 2020 les femmes représenteraient le tiers des chefs d’exploitation. Tous les prévisionnistes ne sont pas d’accord car selon eux c’est plutôt vers une stabilisation que l’on s’oriente du fait de la diminution des transferts entre époux au moment du départ à la retraite et de certaines tendances lourdes de l’agriculture : agrandissement, alourdissement des investissements… Les formes sociétaires, permettant un meilleur équilibre vie professionnelle/vie privée pourront favoriser l’entrée des femmes en agriculture.


Cette chronique est un résumé d’un document du Centre d’Études et de Prospective du Ministère de l’Agriculture n°38 mars 2012.

 

Lire sur le Monde :

Carine, productrice de vin biologique link
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 00:09

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À l’heure où j’écris cette chronique le Président de la République, levé tôt pour assister à la traite, bu un verre de lait juste sorti du pis, flanqué de son Ministre de l’Agriculture, va passer sa journée à arpenter les allées et les stands du Salon de l’Agriculture, vous vous doutez bien que ma question-titre n’est pas innocente. Je ne la pose pas pour y répondre car ce serait outrecuidant. Simplement elle m’est venue après avoir lu cela :


« Bertrand Landrieu détourne la conversation, vante mon action comme ministre de l’Agriculture. Jacques Chirac hoche la tête « Alors ça c’est vrai ! Tu es un excellent ministre de l’Agriculture ! Tout le monde le dit ! » Il ajoute : « Et je m’y connais. » le 18 février 2011 page 153 Jours de Pouvoir Bruno Le Maire.


L’année précédente, alors qu’il espérait une promotion, le jeudi 18 novembre 2010, Bruno Le Maire écrivait « Au conseil de la FNSEA, dans le VIIIe arrondissement (NDLR rue de la Baume), je mesure combien ma reconduction a été appréciée par le monde agricole. Une centaine de représentants de toute la France sont là. Chacun, avant de prendre la parole, se dit soulagé du choix du Président et du Premier ministre, parle de bonne nouvelle puis avance ses questions. Ils sont loin les premiers mois de mon mandat, quand les paysans regardaient avec un mélange de méfiance et de consternation la nomination de ce produit de la haute fonction publique, tombé dans la politique par le jeu des circonstances, sans racines agricoles sinon ses liens familiaux dans le Gers. Maintenant je leur appartiens et ma fierté est de leur appartenir. La politique a le don de vous arracher à votre milieu étroit comme une courette, pour vous implanter ailleurs, parmi des visages, des mots, des mémoires et des regards différents. » pages 24-25


« Xavier Beulin est élu président du syndicat le plus puissant de France, la FNSEA. Depuis des années, la fonction était occupée par un producteur laitier ou un éleveur, tout sauf un céréalier, pour ne pas provoquer de réaction des autres paysans. Par principe, le céréalier est riche et la richesse se porte mal, chez les agriculteurs comme ailleurs. Elle éveille des jalousies ; elle fait pousser des soupirs entendus. Je connais des céréaliers qui ne gagnent pas de quoi finir correctement le mois, mais les fables sont plus fortes que les réalités, et personne ne les croit. Donc, si les céréaliers sont riches, ils ne vont pas en plus détenir le pouvoir, il le laisse aux autres, au moins en apparence. Cette fois la FNSEA a enfreint ce principe. Elle y a été encouragée par les qualités de Xavier Beulin, sa réussite, son contact aisé avec les gens, sa vision claire de l’venir de l’agriculture. Sans surprise, sa première déclaration publique comprend une critique en règle des dernières déclarations du ministre de l’Agriculture sur le revenu agricole : «  Ce que dit le ministre est inacceptable, les paysans ne voient aucune amélioration  de leur revenu. Tous ces chiffres ne veulent rien dire. Je lui recommande de mieux étudier ses statistiques. » Il y a un an j’aurais décroché mon téléphone pour me plaindre ; aujourd’hui, je ne bouge pas un cil. Le jeu de rôles veut que le nouveau président affirme son autonomie en critiquant les pouvoirs publics, et le ministre fait une cible facile. Dans un ou deux jours, il viendra me voir pour me dire que nous nous sommes mal compris, et chacun repartira satisfait. De toute façon j’ai de l’estime pour lui. Seul m’importe le travail que nous pourrons faire en commun. » pages 81-82 le 21 décembre 2010


Le dimanche 19 juin 2011 à Bordeaux après l’inauguration de Vinexpo à Bordeaux, pendant le déjeuner au centre de la ville avec Alain Juppé et son épouse. « Il change ensuite de sujet, me parle du remplacement de Christine Lagarde à Bercy : « Tu  es le meilleur choix, je l’ai dit à Nicolas. Il est d’accord. Mais tu as toujours le même problème : il te trouve excellent à l’Agriculture. Il ne te remplacera pas facilement. Il ne veut pas prendre le risque de perdre à nouveau l’électorat agricole. »

 

Voilà, jugez par vous-même.


Pour ma part deux petites remarques à  l’adresse de Bruno Le Maire :


1-    Il est plus facile d’être ministre de l’Agriculture lorsqu’on est de droite ; ayant participé plus qu’activement à l’élargissement de l’Europe à l’Espagne et au Portugal face à un François Guillaume arrogant, puis à la première réforme de la PAC avec un Raymond Lacombe dépassé par les évènements et un Christian Jacob jouant les muets du sérail, je puis l’attester.


2-  Sa connaissance de l’histoire du syndicalisme agricole reste teintée de naïveté, je comprends aisément qu’il préfère se plonger dans Jünger ou se consacrer à l’écriture de son roman sur Carlos Kleiber.

 

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 14:00

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Être face, en face, faire face à la réalité, comment trouver sa place – on ne visite pas le plus grand camp de réfugiés au monde, on le prend en plein gueule, on le subit – en un lieu désolé, loin de nous, loin de tout, Dadaab qui « accueille quatre cent mille personnes environ, mais on ne sait pas très bien… parce que chaque jour des milliers de réfugiés supplémentaires arrivent de Somalie, chassés par la guerre civile et la famine » où l’on souffre, l’on meurt, ces réfugiés « qui attendent de partir depuis des mois, certains depuis des années, la plupart ne quitteront pas le camp de Dadaab, ils mourront à Dadaab. » Comme je comprends Bruno Le Maire qui, dans l'avion du retour, reste habité par le souvenir des enfants « leurs prunelles interrogatives » lui percent le cerveau. Il a vu. Il a vécu. Ces images ne le quittent pas, l’obsèdent car comme il le confie « Ce n’est pas faute d’avoir ces images d’enfants victimes de la famine en Afrique depuis des années ; mais il y a voir, et vivre. Et tout ce que nous voyons, le plus souvent dans une certaine indifférence, en réalité est insupportable à vivre, à Dadaab ou ailleurs. »


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Le témoignage de Bruno Le Maire est bien plus qu’émouvant, l’émotion est si fugace, il est simple, tout simplement humain. Je propose donc à votre lecture un passage pour que, comme moi et tant d’autres, nous – je ne trouve pas le mot juste – partagions – oui le partage – ces lignes afin d’écailler la gangue de notre indifférence. Certes c’est bien peu mais mieux qu’un aquoibonisme résigné et, surtout, ça relativise nos petits malheurs.


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« De Dadaab, encore une heure de piste pour rejoindre le camp de réfugiés : ce sont des milliers de tentes qui se succèdent sur des kilomètres, certaine neuves, d’autres plus anciennes, renforcées par des planches de bois et de la tôle ondulée, qui font de zones entières non plus des camps provisoires, mais des bidonvilles. Nous nous arrêtons au centre de distribution ; une dizaine de femmes attendant sous un auvent, accroupies dans la terre battue ; elles ne disent rien ; elles ne nous  regardent pas ; elles ont toutes dans le regard la même expression de lassitude et leur corps,  courbé vers le sol, traduit un épuisement total. Un des responsables du centre, membre d’une ONG française, se tient à côté de moi. »Vous pouvez traduire si je leur parle ? – Pas de problème. » Lentement, je me penche et je prends la main d’une femme qui cache entre ses jambes un enfant de trois ans environ : »Vous venez d’où ? » Elle me répond avec un souffle de voix rauque, à peine audible, le regard baissé : «  De Somalie. – Et pourquoi êtes-vous partie ? – Parce qu’il y a rien en Somalie, rien. » Elle garde le regard baissé. Elle ne retire pas sa main, que je tiens toujours dans la mienne, légère et fine comme une brindille. « C’est votre fils ? – Oui. – Et vous avez d’autres enfants ? » Elle lève les yeux vers moi : des yeux noirs, brillants comme une huile de roche, qui reflètent la lumière, sans rien voir. « Deux autres enfants. – Ils sont où ? – Je les ai laissés. – Laissés ? – Sur la route ; je les ai laissés sur la route. » Elle ferme les deux feuilles calcinées de ses paupières. Mon interprète hoche la tête en signe de résignation : « Ici, il y a beaucoup de femmes qui ont fait les 70 kilomètres entre la Somalie et le camp à pied. Elles partent avec deux ou trois enfants, les enfants sont épuisés, elles sont obligées de laisser les plus faibles sur la route. Les familles qui arrivent avec tous les enfants, c’est très rare. En fait, il n’y en a presque pas. 


[…] Notre convoi repart. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons devant le principal centre hospitalier du camp, réservé aux mères et à leurs enfants. Les enfants sont triés à leur arrivée suivant le degré de dénutrition : les cas les plus légers sont traités dans le premier bâtiment, les plus graves dans le dernier : dix lits sont disposés face à face contre les murs, protégés des insectes par une moustiquaire. On entend des gémissements faibles. La plupart des mères sont allongées sur le côté, certaines assises sur leur lit, leur enfant dans les bras, ou la tête posée sur leurs genoux. Elles les caressent machinalement, quand elles les touchent encore, car les plus faibles se désintéressent de leur enfant, voilà ce que nous explique le docteur qui nous accompagne : « Elles se détournent, elles ont perdu toutes leurs forces dans le voyage, vous comprenez ? Leur enfant elles ne le voient plus. »


[…] Un garçon de trois ans est assis en tailleur, une perfusion dans le poignet : on se demande comment la moindre aiguille a pu trouver une veine dans ce bras décharné. Il me fixe obstinément, en me présentant son poignet barré de deux morceaux de Scotch en croix, qui maintiennent la perfusion en place. Sa tête a trois fois le volume de sa poitrine aux côtes saillantes. »Lui, il s’en sortira. Il est arrivé il y a une semaine, il commence à reprendre du poids. » Sur le lit suivant, un enfant est couché, le bas du corps recouvert d’un linge gris, il a un visage de vieillard, il mâche et remâche dans sa bouche une salive épaisse et blanchâtre ; au fond de ses orbites, on distingue deux prunelles bleu nuit. Le docteur écarte le linge gris, prend entre ses doigts sa cheville, qui ne pèse rien. « On ne peut plus rien faire. Il sera mort dans quelques heures, ou demain. » Et comme pour lui donner raison, les prunelles basculent brusquement dans un ivoire sale, avant de se remettre en place, bleu nuit, tremblantes, encore pour quelques instants… »

 

Pages 280-81-82 de « Jours de Pouvoir » Gallimard

 

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  • (Paris, le 18 juillet 2011)

Dans le cadre de la Présidence française du G20, Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire, se rendra au Kenya les 23 et 24 juillet prochains pour rencontrer les autorités kenyanes et les agences internationales et faire un point sur la crise alimentaire et nutritionnelle dans la Corne de l’Afrique.

 

Avec Josette SHEERAN, Directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondial (PAM), le ministre fera un état des lieux précis de la situation sur le terrain.

Bruno LE MAIRE se rendra ensuite à la réunion exceptionnelle de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) consacrée à la crise alimentaire dans la région qui se tiendra à Rome lundi 25 juillet.


Cette réunion fait suite à la lettre d’Alain JUPPÉ, Ministre d’État, Ministre des Affaires étrangères et européennes, de Bruno LE MAIRE et d’Henri de RAINCOURT, Ministre chargé de la Coopération, adressée à Jacques DIOUF, Directeur général de la FAO, le 15 juillet. Bruno LE MAIRE avait d’ailleurs reçu Jacques DIOUF le 13 juillet dernier pour évoquer la situation dans l’Afrique de l’Est.


Les ministres de l’agriculture du G20, réunis à l’initiative de la Présidence française du G20, ont adopté le 23 juin dernier le « Plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture ». Ce plan prévoit une coordination internationale plus forte pour assurer sécurité alimentaire.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 00:09

Comme tout le monde le sait, la France n’a pas de pétrole mais des éditorialistes et un éditorialiste ça doit pondre des éditoriaux qui, pour les plus prolifiques sont journaliers, pour d’autres à la petite semaine. Avec l’irruption de l’info en continu l’éditorialiste parisien court les plateaux de télé pour s’empailler avec la concurrence et faire monter sa cote d’audience comme Christophe Barbier ou ne pas sombrer dans l’oubli comme Philippe Tesson qu’a de la bouteille. Dans notre monde bien peu médiatisé du vin éditorialiser n’est point chose aisée alors mieux vaut se raccrocher aux marronniers, aux mots valises dont raffolent les confrères parigots tête de veaux.


Alors, avec l’arrivée des socialos aux manettes et la publication du rapport Gallois, le mot bien chantourné qui plaît aux éditorialistes c’est la COMPÉTIVITÉ, plus précisément la perte de compétitivité. Comme l’invocation de saint Antoine de Padoue pour la retrouver n’est plus de saison alors les plumitifs se contentent d’encenser le modèle allemand paré de toutes les vertus. Méfie te disent les normands, la vérité d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain : un jour chantre de la rigueur, le lendemain des pleurs sur l’encéphalogramme plat de l’activité. Tout ça pour vous dire qu’il faudrait tout de même que tout ce petit monde lève son nez d’au-dessus de l’actualité. 


Je m’en tiens à la célèbre formule de Mendès-France : GOUVERNER C’EST CHOISIR et si les choix, forcément douloureux, ne sont pas faits au moment où il serait pertinent de les faire, alors arrive le jour où il faut payer l’addition. Alors, lorsque l’éditorialiste de Vitisphère titre : Export : Sous le verni, se cache la perte de compétitivité de la viticulture française alors j’aurais tendance à sortir mon révolver.


Une fois placé le couplet militaire Rafale, qui comme chacun sait est un énorme succès commercial, « Pour la première fois de leur histoire, les exportations de vins et spiritueux français ont dépassé les 11 milliards d'euros. L'équivalent de 150 avions Rafale ! » (Je préférais le couplet AIRBUS nous en avons vendu tout de même un peu plus) et proclamé notre légitime fierté le constat tombe, incontestable :


-        Le milliard d'euros supplémentaire (par rapport à 2011) est à 90% dû aux cognacs, bordeaux, champagnes et bourgognes, en comparaison les vins de France avec cépage n'ont contribué que pour 4 % de ce milliard...


-        Pour les seuls vins : les deux tiers des volumes représentent le tiers de la valeur !


-        « En 10 ans, les exportations de vins ont perdu 10 % en volume et progressé en valeur de 30 % alors que les échanges internationaux de vins ont doublé en l'espace de 30 ans. La France a vu sa part dans ces échanges diminuer de moitié. » Louis-Fabrice LATOUR Président de la FEVS.


-        « Les exportations de notre pays stagnent autour de 13,5 millions d’hl de vin, soit à peine 28% de la production moyenne. Pour maintenir son vignoble (environ 800 000ha), la France devrait exporter 35% à 40% de sa production »


Tombe le diagnostic sans appel, lourd comme un missile balancé d’un Rafale : « À part quelques exceptions, les entreprises viticoles françaises comme leurs consœurs des autres industries, sont en manque de compétitivité. »


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Vous comprendrez aisément que votre Taulier en apprenant une telle nouvelle en fut tout bouleversifié mais, comme vous le connaissez, il s’est tout de suite dit c’est bien beau de constater, de diagnostiquer, il faut soigner le mal « aux grands maux, les grands remèdes ! ». Et c’est là qu’est arrivé notre encore jeune Jérôme Despey, un gars que certains ne connaissent peut-être pas mais qu’est le président du zinzin vin d’un grand bouzin baptisé FranceAgrimer.


Que dit-il à l’agence AGRA notre Jérôme de l’Hérault ?


« Le segment des vins de table risque de ne pas être au rendez-vous cette année. L’absence d’un segment sur un marché est toujours préjudiciable à la constance de la demande. Cette situation est en partie due à la « petite récolte », mais surtout à un manque d’organisation du marché : on n’a jamais pu avoir de vraie politique contractuelle et produire spécifiquement pour ce segment. Le créneau des vins de tables (vins sans Indication Géographique de Provenance) est aléatoire, car il est le résultat des excédents des segments encadrés sur le plan des volumes, des cahiers des charges et des encépagements (AOP et IGP). » Jérôme Despey a appelé à une « réflexion stratégique » de l’ensemble de la filière.


Nous y voilà : faut réfléchir, réfléchir ensemble bien sûr. À quoi : à la compétitivité, à l’organisation, à la contractualisation… etc. ? Moi je n’en sais fichtre rien mais ce que je sais c’est qu’à forcer de botter en touche, de ne pas se situer sur le vrai terrain des opérations, de renvoyer les choix à la définition d’une hypothétique stratégie commune, au mieux on amuse la galerie, au pire on n’a rien compris. Agir plutôt que réagir ! Mais à quoi servent donc les grandes bassines où barbotent les soi-disant acteurs de la filière ? À faire joli ! Qu’est-ce qu’y fichent  les Préfets de région et leurs administrations ? Je ne sais, mais j’attends avec gourmandise les fruits de cette grande réflexion stratégique de l’ensemble de la filière.

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