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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 08:00
De ce jour, les fascistes désertèrent le bordel. Le fréquenter revenait à se proclamer antifasciste.

Si vous n'avez pas lu les 3 épisodes précédents c'est ICI

 

 

Alors, pour la première fois en soixante ans d’existence, le professeur Santino alla au bordel. Ce fut pour supplier Oriana de lui accorder un quart d’heure.

 

Il sut se montrer convaincant, mais pendant ce quart d’heure il ne consomma pas, se limitât à interroger la jeune femme.

 

Il apprit ainsi qu’Oriana, originaire de Bologne, avait travaillé comme ouvrière à dix-huit ans. On l’avait licenciée parce qu’elle était la fille d'un cheminot, qui lui aussi avait été licencié vingt ans plus tôt pour ses idées socialistes. Accusé de complot contre le fascisme, il avait été arrêté.

 

Le travail d’Oriana constituait la seule source de revenus de la famille, parce que sa mère, institutrice, avait perdu son poste quand elle avait refusé de prendre la carte du parti fasciste.

 

Pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses parents, Oriana avait été obligée de mener cette vie. Mais la police politique s’en était mêlée, craignant que dans l’exercice de sa profession Oriana ne répande les idées socialistes. Par conséquent, pas de contacts prolongés avec les clients, durée maximum un quart d’heure.

 

« La haine mortelle qu’elle voue aux fascistes se concentre chez elle en cet endroit, et les envoie au tapis, expliqua le professeur aux membres du club. J’en veux pour preuve que l’aviateur en est sorti indemne. »

 

De ce jour, les fascistes désertèrent le bordel. Le fréquenter revenait à se proclamer antifasciste.

 

La période écoulée, on ne put renouveler la quinzaine, impossible de voyager sous les bombardements et mitraillages alliés. La maison de tolérance fut fermée. Les filles se dispersèrent.

 

En reconnaissance pour ses mérites, Oriana fut embauchée chez maître Guarnaccia, avocat et vieux député socialistes qui lui aussi avait payé cher ses idées.

 

Quand, trois semaines plus tard, les Américains arrivèrent aux portes de la ville, le comité antifasciste qui les accueillit comptait parmi ses membres Oriana, en pleurs, un drapeau rouge au poing.

 

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 08:00
Accompagné d’1 garde rapprochée de 3 chemises noires le federale annonça le regard fier : « Je suis venu sauver l’honneur des fascistes. »

Si vous n'avez pas lu les deux premiers épisodes c'est ICI 

 

 

 

 

Il était plus qu’évident que le vice-federale Pasquinotto avait passé l’arme à gauche parce que c’était une mauviette, comme tous mes fascistes, ajouta une voix, et pas parce que le, disons, poing d’Oriana était doté d’une puissance particulière.

 

Cette nouvelle thèse arriva aux oreilles du federale. Lequel, trois soirs plus tard, dépêcha un de ses sous-fifres à la Pension Ève avec ordre que la clientèle vide les lieux dans la demi-heure. Puis il apparut en uniforme, fit le salut romain devant Madame et annonça le regard fier :

 

« Je suis venu sauver l’honneur des fascistes. »

 

Il était accompagné d’une garde rapprochée de trois chemises noires. Mais le federale était disposé à s’exposer jusqu’à, un certain point. En effet, il ne demanda à Oriana que la demi-heure, et cette dernière, dûment chapitrée par Madame, ne fit pas d’histoires.

 

Trente-cinq minutes plus tard, le federale sortait de la chambre d’Oriana, un sourire aux lèvres. Il se montra à la rambarde devant ses hommes, qui se levèrent d’un bond et se figèrent au garde-à-vous.

 

« Mission accomplie. Saluons le Duce !

 

- A noi ! »

 

Le federale descendit la première des dix marches qui menaient au salon, puis il vacilla, porta une main à son cœur, s’effondra et dégringola les neuf autres, s’arrêtant inerte au pied de l’escalier.

 

Le docteur Sciacchitano réussit à le réanimer, mais ordonna qu’on le conduise dare-dare à l’hôpital.

 

L’incident se sut et acheva de jeter le discrédit sur les fascistes locaux.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 08:00
Une légende circula, à savoir que le commun des mortels ne résistait pas aux talents amoureux d’Oriana qu’un temps limité

Si vous n'avez pas lu le premier épisode c'est ICI

 

 

 

Mais le lendemain surgit un imprévu. Six dignitaires fascistes emmenés par le vice-federale d’Agrigente, Pasquinotto, débarquèrent dans la maison de passe, firent évacuer les clients et prirent leur place. Les fascistes s’engagèrent auprès de la tenancière à occuper ces dames jusqu’à l’heure de la fermeture ou à payer de toute façon l’équivalent de la recette d’une soirée normale.

 

Pasquinotto choisit Oriana, en lui proposant de passer avec lui les quatre heures disponibles.

 

Oriana opposa un refus ferme. Au mieux, considérant qu’il était vice-federale, elle pourrait monter à une demi-heure.

 

Pasquinotto piqua une colère et alla protester auprès de Madame, laquelle prit Oriana à part et fit tant et si bien que, pour cette seule et unique fois, la jeune femme obtempéra.

 

Une petite heure plus tard, Oriana sortit en trombe de sa chambre en poussant de grands cris et courut chercher madame. Celle-ci monta, entra dans la chambre de sa pensionnaire et se mit à crier elle aussi. Les cinq dignitaires accoururent, toutes affaires cessantes, en costume d’Adam.

 

Pasquinotto gisait en travers du lit, bouche déformée, langue pendante, les yeux révulsés. Mort sur le coup.

 

« Infarctus », certifia le docteur Sciacchitano, appelé en grand secret.

 

Ses collègues rhabillèrent le cadavre tant bien que mal, l’installèrent dans la voiture, se firent promettre le silence par les filles et repartirent pour Agrigente.

 

Mais la chose s'ébruita quand même.

 

Aussitôt une légende circula, à savoir que le commun des mortels ne résistait pas aux talents amoureux d’Oriana qu’un temps limité, qui oscillait précisément entre le quart d’heure et la demi-heure. Au-delà, on s’exposait à un risque mortel.

 

« Elle a le c… comme le poing de Primo Carnera expliqua le professeur Santino. On encaisse un coup, voire deux, mais cinq vous envoient ad patres. »

 

Trois soirs plus tard se présenta un as de l’aviation, un lieutenant médaille d’argent, qui avait vu plusieurs fois la mort en face et qui voulait la revoir en passant une heure avec Oriana. Laquelle se fit d’abord prier, mais finit par accepter.

 

Le lieutenant monta l’escalier un bras autour de la taille de la jeune femme et l’autre levé pour répondre aux souhaits de la bonne chance et aux incitations des clients.

 

Il le redescendit indemne et souriant une heure et cinq minutes plus tard, parmi les applaudissements de l’assistance.

 

La thèse du professeur Santino recevait un démenti cinglant.

 

à suivre

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 06:00
Dis papy c’est quoi l’agroécologie ? Leçon de choses en prenant tous les  « chemins à l’envers » pour Martin au domaine de Cadablès

Avec Christine et Bernard Isarn du domaine de Cadablès ça a commencé ainsi 11 septembre 2012 :

 

« Au Bourg-Pailler, la nuit comme le jour, les portes étaient toujours ouvertes, c’est-à-dire jamais fermées à clé. Qu’avions-nous à voler ? Pas grand-chose certes, mais cette attitude reflétait surtout une façon d’être. Seule la tante Valentine pestait sur ce qu’elle considérait comme du laisser-aller. Je dois dire que tout le monde s’en fichait. S’encombrer de clés, se barricader, n’était pas inscrit dans notre ADN de bons campagnards. J’aime toujours les portes ouvertes où l’on frappe et où l’on répond : entrez !

 

Quand j’étais mioche, du fait du métier de mon père : entrepreneur de battages et de travaux agricoles la salle commune était très souvent occupée par des clients qui venaient soi-disant régler leur note mais qui très souvent après avoir éclusé quelques verres repartaient comme si de rien n’était. Cette forme de table ouverte, de maison où l’on entre et l’on sort, le ballet matinal des bonnes qui venaient quérir le lait pour leurs patronnes (tous les ragots venaient à mes oreilles), m’ont marqué à jamais.

 

De plus, mon pays étant un pays d’épais bocage où la clôture de fil de fer n’existait guère : le buisson entourait les prés et les champs et il était toujours possible de sauter les échaliers qui étaient comme des fenêtres sur.

 

Vous comprendrez donc plus aisément tout le plaisir que j’ai à accueillir du monde sur cet espace de liberté. Vigneronnes et vignerons vous êtes donc en permanence les bienvenus ici alors, une fois la vendange engrangée – faites de belles photos pendant – en surveillant le vin qui se fait profitez-en pour laisser libre-court à votre plume. Vous êtes les bienvenus. Aujourd’hui c’est Christine et Bernard Isarn qui s’y collent, merci à eux. »

 

Les revoili les revoilà :

 

 

Aujourd’hui, mieux campés sur nos terres, nous nous sommes ouverts à la culture car le vin est un esprit et l’entourer de beau est essentiel. La soirée d’opéra sous la lune, les amis corses venus chanter ici, les vendanges nocturnes au piano ou à l’orgue de barbarie, les concerts d’été ne nous ont pas fait oublier l’aspect cultural de la chose.

 

Métier éclectique : culturel et cultural. C’est en observant, en reniflant, en touchant qu’une évidence nous ait apparu. Travailler naturellement, aider, souligner, renforcer l’équilibre existant afin de laisser vivre le système pour qu’il nous délivre le meilleur.

Des raisins à l’état optimum, au paroxysme de leur forme, à la maturité complexe, à l’équilibre satisfaisant pour donner des vins fins, des vins différents, peut- être plus profonds, plus digestes, dès vins qui vous apportent un supplément d’âme, un « je ne sais quoi » de différent comme une étincelle de folie dans un monde technologique, standardisé. Une tache rouge dans le gris ambiant. Une tache rouge indélébile.

 

Le Domaine de Cadablès, sis sur un volcan, est principalement composé de terrasses qui s’étagent plein sud, surplombant la plaine. Au pied, le mas traditionnel abrite le chai. Vingt- cinq hectares de bois, de landes, de friches, de champs dont sept de vignes que nous cultivons dans le respect de l’environnement. Depuis longtemps nous travaillons en bio. Depuis cette année nous nous engageons vers un label reconnu, ainsi avons-nous préféré nous « purifier avant de rentrer dans l’église ». Et puis il nous fallait du temps pour absorber, pour ingérer tout ce système administratif et légal si complexe et retors qui use plus qu’on ne le croit. Qui empêche, qui surveille, qui scrute, qui tranche, qui inspecte, qui juge, qui interdit, qui désespère… Mais fi des paperasses, revenons à nos cultures.

 

Très vite, nous nous sommes penchés sur le concept d’agro- écologie, l’intégration de la vigne dans un ensemble afin de trouver une cohérence. Les vignes ceintes de nos terres, nos landes, nos bois poussent dans un espace protégé où nous avons banni tout intrant chimique en utilisant uniquement des traitements et des amendements autorisés en agriculture biologique.

 

C’est avant tout un ensemble que nous gérons et nous favorisons la bio-diversité en plantant de nouvelles essences, en gardant les haies, et, en éradiquant, mécaniquement, la mauvaise herbe uniquement où cela est nécessaire car on le sait, chaque essence favorise une vie intrinsèque qui équilibre le tout. Friches fleurie, eucalyptus, bientôt des fruitiers donnent une allure plus poétique à la chose et le regard au quotidien n’en est que plus flatté. Dans le fond des dizaines de plantes croissent sur la colline. Sauvages ou cultivée elles apportent au paysage senteur, équilibre et beauté… Les points d’eau aménagés ou naturels, rappellent que sous le volcan la nappe phréatique est bien là. Richesse sudiste absolue l’eau du calcaire rejaillit en des endroits secrets où les soirs d’été les croassements font écho aux hululements. Oiseaux, insectes improbables, venus d’on ne sait où, comme preuve tangible d’un équilibre sauvegardé.

 

 

 

 

Le sol : phénomène complexe vivant - pour peu que l’on ne l’ait pas tué – est rempli d’une vie incroyable de micro-organisme, de vers, de bactéries mieux décrite que je ne le fait par des scientifiques bien renseignés sur le sujet… Nous, c’est à la fois à l’instinct, à l’atavisme, en écoutant, en questionnant, en lisant, en étudiant que l’on comprend comment améliorer cette usine à vie, comment réinsuffler cette énergie vitale pour une vigne les pieds sur terre. Retrouver finalement une culture oubliée par une ou deux générations de chimistes inconditionnels. La chance a sourît aux débutants que nous étions, lorsque nous avons acheté Cadablès en 2004, les vignes étaient plus ou moins à l’abandon car l’ancien propriétaire préférait les joies de la bohème à celle du travail et avait toujours cultivé de manière plus ou moins sensible à l’environnement.

 

Ce merveilleux métier est école de patience. Un laisser venir pas un laisser-aller. On observe, on se questionne et les hasards, pourvoyeurs de bonheur, nous font rencontrer, il y a deux ans une jeune femme qui cherche à installer des vaches jersiaises afin de produire des yaourts. Nous lui proposons alors nos champs et, arrive à Cadablès, un troupeau qui paît l’hiver dans les vignes (tondeuse à l’avant épandeur de fumier à l’arrière) et l’été dans les champs. C’est aussi dans l’humain que l’on avance au quotidien, pas à pas, en confiance.

 

Les vaches, les veaux d’un côté, l’âne et les juments de l’autre, les volailles au milieu donnent au tableau une idée de nature vivante. Entretien animal de nos vignes. Il ne manquerait que des moutons et un berger dans le secteur proche. Il y a un potentiel terrible et nous nous chargerions, si tant est qu’un candidat surgisse, de convaincre les édiles panurgiques d’aller dans ce sens. Le sens du positif, le sens de la vie, le sens de l’évidence. Dussions nous allégrement leur mettre la pression L’idée est lancée : avis aux amateurs…

 

C’est avec l’ami Pierre, compagnon fidèle, que nous avons rajouté les abeilles. Féru d’apiculture et initiateur, il nous a installé quelques ruches pollinisatrices au-dessus du nouveau « terret ». Ses visites donnent lieu à des initiations apicoles, à des échanges fructueux sur l’équilibre global, à des dégustations grisantes où l’on revisite l’agriculture version paysanne, environnementale, humaniste, amicale et joyeuse. Le sens de l’humain au travail, le sens de l’intelligence de la main… Et Dieu sait si l’ami Pierre s’y entend.

 

L’ami Jean Louis, dit « l’expert Fouzilhon », jamais très loin, science paysanne locale, toujours debout, nous apporte en dehors de sa joie de vivre, de ses expressions occitanes, une véritable expertise empirique héritée de tant d’année à côtoyer le paysage.

 

Et le clan ? Au plus proche de l’aventure, nos enfants et leurs compagnes si soudés, si solidaires. Quatorze mains assidues toujours promptes à aider, à soutenir. Sept têtes en réflexion. Sept caractères en action pour le dessein global. Enguirlandages récurrents à l’aune de nos feux intérieurs rééquilibrés par l’immense bonheur d’être ensemble pour une cause commune.

 

L’agro écologie commence ici par les gens, les amis, les copains car faute de moyens financiers débordants nous nous sommes toujours tournés vers des richesses parallèles. Chacun vient ici donner, puiser et repart vers sa vie, puis repasse à son gré faire une bise, un salut, prendre des nouvelles. Cadablès, comme une ile, un foyer bien ardant. Le partage, l’entraide, le soutien, le conseil comme antidépresseur systématique.

 

Trombinoscope non exhaustif de notre petit monde créé sur mesure. Pour dire, il y a aussi des Parisiens, un Québécois qui use de sa faconde pour nous commercialiser à « la capitale « et des Suisses, et des Belges, même un Ricain et j’en passe… Le spectre est large. La galerie Cadablésienne s’enrichit chaque année de nouveau membre qui apporte au système, qui y puise aussi à l’instar de Jean Marie notre boulanger paysan local, époux de Miss yaourt, intarissable sur la farine, le pétrin, la boulange.

 

Les quelques têtes décrites ici ne sont qu’une partie d’un ensemble. La partie culturale. Peut-être devrais-je vous présenter aussi la partie des amis artistes plus éthérés venus maintes fois nous encourager dans nos pérégrinations. Mais pour l’heure nous parlons agro écologie, de façon culturale. Il va falloir aussi, un jour ou l’autre, que le Grand Manu, ami et soutien historique inconditionnel de nos balbutiements viniques, nous forme à l’alchimie de la bio-dynamie. Cela viendra peut-être via nos enfants… Cette entreprise : c’est une vie, me disait dernièrement Christophe, collègue châtelain.

 

Devant le temps qui court sans cesse nous mettons en place à Cadablès un système durable et produisons essentiellement du vin in situ. Un peu d’huile d’olive, un potager, des œufs, des volailles destinés seulement à notre consommation…

 

L’aspect cultural dans le but de produire du bon. C’est toujours difficile de dire que ses vins sont bons, on a du mal. C’est un peu comme ses enfants. Une pudeur s’installe lorsqu’on est tant engagé. C’est les autres qui en parlent le mieux. On ne fait que répéter leur avis. Etudiés depuis cette année à l’école hôtelière de Lausanne, adoubés par des chefs de talent, par de grands guides, exportés outre atlantique et en Europe, nos vins nous racontent la satisfaction de leurs buveurs.

 

Nos événements au Domaine nous font rencontrer tout ce monde. Echanges prolixes qui redonnent sans cesse la foi, qui recentre la voie. En définitive il y a toujours au bout du bout un quidam qui boit un verre et y prend du plaisir ou pas. C’est le sens de notre métier : donner du plaisir aux gens et pour cela il faut en prendre en fabriquant. C’est chose faite. Dans le respect, l’éthique, l’humain mais aussi, en prenant tous les « chemins à l’envers ».

 

Tout naturellement…

 

Bavardages incessants de vignerons enflammés capables d’user et d’abuser de la liberté à laquelle nous invite Jacques que nous remercions de son chaleureux accueil. Concluons prosaïques :

 

Pour plus d’infos : ICI et ICI 

 

Et puis, au plaisir.

 

Christine et Bernard Isarn vignerons indépendants

Dis papy c’est quoi l’agroécologie ? Leçon de choses en prenant tous les  « chemins à l’envers » pour Martin au domaine de Cadablès
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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 06:00
Délit d’initié au Mercato des vins nus : Olivier Grosjean dit Olif pressenti par Bettane&Dessauve pour tester et approuver la fine fleur des naturistes…

Dans ma prime jeunesse, sur Radio-Luxembourg – l’actuelle RTL – Geneviève Tabouis (à écouter sur la vidéo ci-dessous) chroniqueuse politique commençait ses billets par « attendez-vous à savoir »

 

 

Ce matin, en abordant la présentation de cette chronique de l’ami Olivier Grosjean, je n’ai pu résister à l’envie irrépressible de faire un remake. En effet, hier l’une des tronches de vin, Guillaume Nicolas-Brion, le plus extrémiste de la bande des licheurs de vin nu, annonçait que le Stéphane Bern de la maison B&D recherchait un goûteur de vins nus pour étoffer leur équipe de rabatteurs.

 

Étonnant non ! Mister B, l’inépuisable pourfendeur des vins qui puent, aurait-il soudain mangé son chapeau, retourné sa veste, serait-il tombé de son cheval sur le chemin de Damas ?

 

Ou alors, est-ce la récente et soudaine conversion du RP. Saverot de la RVF, les lauriers de blogueur 2015 attribués à une autre tronche de vin, Antonin Iommi-Amunategui par le Sacré Collège de la vieille maison, le recrutement de Sylvie Augereau grande-prêtresse de la Dive et de Sébastien Lapaque le « situationniste » du jaja nu, qui aurait poussé le duo à succomber, en dernière extrémité, à recruter.

 

Je ne sais mais ce que je sais c’est qu’attendez-vous à savoir que leur choix s’est porté sur le plus ancien dans le grade le plus élevé des licheurs de vins nu, le Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif.

 

Normal face l’offensive perfide de la RVF il fallait sortir un beau calibre, le nec plus ultra du naturisme, l’alter ego de Michel Bettane versus vin à poils.

 

Comme vous vous en doutez mon chaleureux soutien à Olivier a pesé lourd dans la balance de pharmacien de Michel et Thierry.

 

En fait, tout cela est parti du défi que j’ai lancé le 6 janvier : Supplique au Pontissalien Olivier Grosjean dit Olif : accouche-moi d’un accord vin nu pour mon Morbier au confit d’échalotes !

Délit d’initié au Mercato des vins nus : Olivier Grosjean dit Olif pressenti par Bettane&Dessauve pour tester et approuver la fine fleur des naturistes…

C’est fait !

 

Voici la réponse d’Olivier :

 

Testé et approuvé.

 

Bouteille introuvable, par contre. Mais je donne quelques pistes de remplacement.

 

Pour bien faire, je me suis procuré une tranche de fromage et le magazine susmentionné. Ainsi qu'un confit déjà apprêté, par commodité. Histoire de voir et goûter. Dans la recette initiale, le morbier est donc fourré avec un confit d'échalotes au balsamique truffé d'épices.

 

Ma première idée d'accord fut évidemment régionale: un Macvin rouge. Qu'il faudra d'ailleurs bien tester un jour ou l'autre. Vin de liqueur, muté à l'eau de vie de marc de Franche-Comté exclusivement. D'où son nom: marc-vin. Un seul exemplaire en cave, de couleur rouge, hors AOP et non étiqueté, pas très photogénique. Mais néanmoins excellent, Selim Bassa, du domaine de l'Octavin. Cela aurait pu fonctionner.

 

Mais, brouillons l'écoute. Une raie, un téton, délire d'initié. Vin de table de France, plus spécifiquement du Languedoc, dans sa partie basse, mais pas en dessous de la ceinture. Un nu suffisamment artistique pour ne pas être vulgaire, n'en déplaise à Kevin. Maria Fita, le nom fait tout. Délire d'initié et vin OVNI. Maccabeu passerillé sur souche ramassé le 3 novembre 2001 et élevé pendant 5 ans, non muté, goûtant rancio mais sec. Parfait pour le fromage et le confit. Parfait tout seul, aussi.

 

Merci Olivier pour ta participation à l’extension des vins nus et à la glorification des fromages qui puent de ta belle région.

 

NDLR : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 06:00
Août chez les Berthomeau c’était « Le temps des battages » pas celui des mariages à Pied-sec : « Bue au goulot, la bouteille de noah fait le tour du pailler. »

Le mois d’août chaque année était donc le mois de mon père. Dieu qu’il aimait ses battages. Il était dans son élément au contact des gens. Moi j’allais trainer mes culottes courtes sur les sacs de blé qui étaient tarés à la bascule et surveillés par le maître (le propriétaire) ou son régisseur (nous étions sous le statut du métayage avec partage des fruits et rappelez-vous celui de la Terre qui meurt de René Bazin, guêtré, vêtu de vieux velours à côtes, craint et détesté) et j’étais «le petit gars d’Arsène». Ce qui nous amusait beaucoup avec les autres galopins c’était d’aller nous faire « flageller » face au tuyau qui projetait la balle du blé en un grand tas. Les batteries c’était une vraie fête si bien décrite par mon pays Henri-Pierre Troussicot.

 

Henri-Pierre Troussicot, le fils du grand Alfred de la perception, et le frère de Gervais et de Jack mes copains d’enfance.

 

Henri-Pierre, qui est un excellent peintre et graveur (l’illustration est de sa main), écrit des nouvelles. En voici une « Les batteries à Pied-Sec » extraite de son livre «Ceux des bords de l’Auzance» chroniques vendéennes aux éditions Hérault.

Août chez les Berthomeau c’était « Le temps des battages » pas celui des mariages à Pied-sec : « Bue au goulot, la bouteille de noah fait le tour du pailler. »

Les battages de la moisson avec la tournée des métairies – c’était le temps du métayage – c’est mon enfance dans la trace de papa et de sa batteuse Merlin. « T’es le fils d’Arsène ! » me disaient les gars des sacs. J’opinais. J’étais fier. Henri-Pierre écrit sur le temps de la locomobile, moi je n’ai connu que le Société Française Vierzon,  mais l’ambiance qu’il fait revivre dans sa nouvelle est bien celle que j’ai connue. Temps englouti retrouvé sans nostalgie au fil des lignes.

Août chez les Berthomeau c’était « Le temps des battages » pas celui des mariages à Pied-sec : « Bue au goulot, la bouteille de noah fait le tour du pailler. »

« La nuit venue, un ultime coup de sifflet avait annoncé le dernier sac de la dernière métairie depuis déjà un moment. A vrai dire on ne termine pas si tard, mais pour ne pas avoir à démarrer pour peu de temps on a poussé un peu plus loin ce soir.

 

Il était presque onze heures du soir, lorsque du bas de la Doucerie il a fallu atteler quatre paires de bœufs pour tirer la « vapeur » et autant pour la Mécanique qui est presque aussi lourde et pour hisser tout cela jusqu’au haut de la Marière et mettre en chantier pour le lendemain matin.

 

oooOooo

 

Le soleil n'est pas encore levé ; des reflets violacés teintent l'horizon. Un voile de brume éphémère s'élève encore des prés bas où dort l'Auzance en accrochant aux peupliers et aux fougères la fraîcheur de l'aiguail. L'étang est immobile, rien ne bruit aux alentours, la brise est même trop fragile pour troubler les roseaux et c'est tout juste si, venant de là-bas, en bout de la grande prairie, le couplet des oiseaux qui s'émoustillent dans les taillis du bois de Lézardière nous rappelle que la nature s'éveille...

 

Bonne lecture… la suite ICI

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 06:00
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin

Qu’il est bon d’avoir de fidèles lecteurs que l’on peut taquiner, mettre à contribution à la première occasion. Ne jamais rien lâcher ça fortifie l’amitié. Oui, oui, Patrick Axelroud, ce serait mal me connaître, avec mon air de ne pas y toucher, « à l’image des « petits masques » de la comtesse de Ségur (née Rostopchine ­ l’un ne va pas sans l’autre comme le souligne la Bibliothèque Rose) j’attendais la première occasion pour tomber sur votre râble de pauvre lecteur régulier afin de me procurer de quoi faire relâche.

 

Je passe sur le détail de notre petite passe d’armes à propos du requin de Claire.

 

Il ne vous restait plus cher PAX qu’à obtempérer même si, cédant à une certaine exagération pagnolesque, vous ne risquiez en rien de vous voir interdit de blog.

 

Fine lame vous esquiviez par avance le reproche « Je sais, je sais j’entends d’avance les quolibets : complètement parano le mec ! Tut tut tut s’il vous plait. »

 

« Même les paranos ont de vrais ennemis » disait Roland TOPOR.

 

Bref, avec générosité vous m’offriez pour me faire fête une chronique de derrière les tonneaux :

 

Un CHAPEAU DE PAILLE EN Italie « Chronique d’un voyage d’études dans le TRENTIN »

 

Jeudi 22 Août 1996 – 5h10

 

Le car se met en marche.

 

Miracle ! Aucun retard, aucune impatience.

 

Chacun se replonge dans son activité précédente (sommeil, bavardage, rêverie, angoisse : n’ai­je pas laissé le gaz allumé ?)

 

Voilà un voyage qui démarre sur les chapeaux de roues. Tout cela est de très bon augure.

 

Midi : déjeuner sympathique au GOLDENER ADLER à Innsbruck avec vins étrangers : un Grüner Veltliner en souvenir d’un précédent voyage de l’Académie dans la WACHAU et un Blau Burgunder.

 

Le car poursuit son chemin empruntant une autoroute féerique en raison des superbes ouvrages d’art mis en œuvre pour franchir les vallées.

 

La première visite, en fin d’après-midi, est celle du Domaine HOFFSTETTER à Tramin. Nous nous perdons dans une montagne couverte de vignobles cultivés en pergola, apparemment sans désherbage, ce qui nous sera confirmé.

 

Léonard* (Léonard HUMBRECHT du Domaine ZIND HUMBRECHT aujourd’hui à TURCKHEIM) téléphone. Le car retrouve son chemin, peine, l’embrayage fume mais nous arrivons au Domaine de la Villa PARTHENAU. Accueil sympathique et plein de chaleur.

 

Visite du vignoble : on constate que la culture en pergola présente, vu d’en dessous, d’aussi beaux points de vue qu’au-dessus.

 

Notre hôte nous informe que son vignoble (45 ha en pleine propriété et 25 ha en location) est situé à une altitude allant de 270 à 450 m.

 

La Villa BARTHENAU fait l’unanimité. Elle sert de résidence d’été et présente le drapeau du Sud Tyrol agrémenté d’un flamand rose. De superbes rosiers en tête de rang ajoutent à la séduction des lieux.

 

Diverses informations techniques sont fournies. Des échanges de vues se font concernant l’arrosage : notre hôte présentant une installation performante à ce sujet.

 

Distrait, Léonard évoque ses rendements qui sont faibles et se plaint que s’il coupe, il ne reste rien. Un ami bien intentionné compatit : « Pauvre Léonard, sache que, chez moi, tu pourras toujours compter sur un bol de soupe ! »

 

Le groupe s’empreint de la sérénité qui se dégage du lieu. Nous passons enfin en salle de dégustation après 5 invitations ignorées par le groupe tant les abondantes questions nous ont maintenus à l’extérieur.

 

La dégustation commence par un Pinot Bianco 1995 qualifié de « croquant ». Entre deux présentations s’établit une joute oratoire à propos du Tokay, du Furmint, du Traminer.

 

Notre hôte nous fait la surprise et l’honneur de nous faire déguster la première cuvée d’un vin mono cépage LAGREIN 1993. Il s’agit de sa première vendange. Le Lagrein qui s’écrit aussi bien avec un A qu’avec un E serait un cépage cultivé presque exclusivement dans le TRENTIN­HAUT ADIGE. Ce cépage typiquement local avait été un peu délaissé ; il semble récemment remis au goût du jour.

 

Nous redescendons dans la vallée et prenons possession de nos chambres au LORD HOTEL à SAN MICHEL. Nous nous rendons à pied au restaurant voisin où nous faisons connaissance avec la gastronomie locale et, il faudra nous y faire, l’omni présence des pâtes.

 

Vendredi 23 août 1996

 

Frais et dispos, le groupe, après un petit déjeuner parfois laborieux à obtenir, monte dans le car. A l’annonce du programme et de la visite d’une coopérative, Léonard à le cri du cœur : « Enfin des cuves». Nous nous retrouvons vite dans le vignoble et notre première visite est pour l’INSTITUTO AGRARIO de San Michele all Adige.

 

L’institut a entrepris avec la Cave de La Vis l’établissement d’une carte viticole permettant pour les 800 adhérents de se situer dans la Vallée de la Cembra et de l’Adige. Il s’agit de développer l’adéquation entre les terroirs, les microclimats et les 12 cépages cultivés.

 

Après cette première phase, des expériences sont menées pour affiner l’adéquation évoquée par une conduite appropriée de la vigne, tenant compte des apports, de la taille, et l’optimisation des vendanges. Il ne s’agit pas d’une approche purement théorique ; aux nombreuses questions du groupe, passionné, il est répondu qu’il s’agit d’établir le rapport le plus étroit entre l’attente de la cave et l’évolution qualitative du vignoble.

 

Une dégustation suit l’exposé.

 

La dégustation nous fait percevoir les typicités et arômes pris par des Pinots Gris et des Cabernets Sauvignon en ces terres italiennes ; suis un Lagrein que nous connaissons déjà un peu. Nous découvrons le Teroldego. Il s’agit d’un cépage presqu’exclusivement cultivé dans le Trentin. Il est pauvre en tanin mais riche pour tout le reste. Tel le gamay il n’est vraiment à l’aise que dans une région déterminée.

 

Préalablement à cette dégustation de vins rouges c’est avec un Nosiola qu’ont été sollicitées les papilles du groupe.

 

C’est un cépage secondaire blanc «autochtone » qui lui aussi, nous dit on, ne s’épanouit que dans le Trentin, de préférence sur des coteaux de l’ordre de 300 m d’altitude.

 

Avant le départ : un beau et long discours en italien. L’ami WILLM * rappelle le chroniqueur à l’ordre :

 

« Patrick, tu as bien noté j’espère ! »

 

Déjeuner copieux au restaurant Da Pino (rizotto, macaronis al ariab, salade, vitello, cerf, flan aux fraises, café, grappa !)

 

Après le déjeuner, en route pour le lac de Garde : sieste et conversation.

 

Arrivée : le lac est à peine entrevu, et encore, entre quelques toits ! Arrêt d’un quart d’heure (pipi ?) Le chroniqueur errant prend plus d’un quart d’heure et n’arrive pas, pour toute excuse, à mettre en avant les obligations qui lui ont été confiées.

 

Retour vers une cave : la Cantina di Toblino. Suspens : les cuves seront elles plus cuves que les autres cuves ?

 

Cette cave va révéler à beaucoup, une réelle surprise. Sa spécialité est l’élaboration d’un vin de paille : le Vino Santo. Il s’agit du cépage Nosiola déjà goutté le matin même. Cueilli en sur­maturation puis placé sur des claies. Ils ne peuvent en faire tous les ans.

 

Pour le diner, une somptueuse réception attend le groupe dans l’ancienne résidence d’été des évêques de Trente. La résidence, au bord d’un lac, sert également de musée et d’archives du vignoble. La propriété est complantée de tous les cépages possibles tel un conservatoire.

 

Samedi 24 Août 1996

 

Petit déjeuner de plus en plus laborieux. Avant l'heure, ce n'est pas l'heure.

 

La bonne humeur du groupe n'est en rien entamée, malgré une déception générale à l'idée que dans la journée, une seule cave sera visitée : ainsi le groupe va se voir privé de cuves, de chaînes d'embouteillage, d'ordinateurs, de gyrpalette, etc. !

 

Pour l'instant, le car a pris la route du VAL DI CEMBRA vers les Demoiselles Coiffées. Le car se gare et le groupe, moins le chroniqueur paresseux, s’élance pour une rude marche. Au retour, Gérard LAUGEL * a le cri du cœur : « j'ai connu dans le temps des demoiselles qui m'ont fait transpirer, mais celles-là, aujourd'hui m'ont fait suer ! ».

 

Le car repart et mène le groupe par une route à flan de montagnes, permettant d'admirer des paysages enchanteurs et plus particulièrement des carrières de porphyres. La façon dont ces carrières affectent la montagne évoque pour certains, à très grande échelle, ce que le dentiste fait dans nos dents lorsque l'on est assis sur le fauteuil.

 

La seule cave de la journée sera la cave/distillerie POJER et SANDRI.

 

Cette cave a 20 ans d'existence et produit des vins blancs avec le cépage local Nosiola, le Muller Turgau, le Riesling Renano qui est le synonyme du Welch Riesling et quelques autres cépages plus connus.

 

Une dégustation de classe, tout au moins par le cadre dans laquelle elle s'effectue : sous une tonnelle face à la montagne qui se découpe sur un magnifique ciel bleu.

 

Hasard ou préméditation ! La distillerie de pêche est normalement interdite en raison de l'acide prussique contenu dans l'amande du noyau. Deux bouteilles d'alcool de pêche sont néanmoins offertes et remises à l'ami Christian WILLM, seul distillateur du groupe.

 

Tant bien que mal, on regagne le car, dont le chauffeur fait preuve d'une amabilité digne de tout éloge.

 

Le déjeuner a lieu dans une avenante Ferme­Auberge MASO NELLO à FARDO.

 

Une fois encore, pour nous mettre en appétit, nous apprécions l'amabilité du chauffeur et c'est une alerte marche qui nous mène à l'Auberge où un repas campagnard roboratif et succulent apaise les appétits et renforce la bonne humeur commune.

 

Le repas s'est pris en plein air sous un beau préau ou d'aucun se sont ingénié à poursuivre l'effet maléfique de la climatisation du car par création de courant d'air en ouvrant……les fenêtres !

 

Après déjeuner, visite du Musée des arts et traditions populaires de San Michele.

 

Beau bâtiment à l'architecture hétérogène, mixte : mélange de légèreté (italienne ? méridionale ?) et de massivité (locale, montagnarde, campagnarde).

 

Des escaliers s'élancent derrière des arcades, sous des voûtes massives et trapues. Légèreté du jet de pierres souligné par un garde-corps en fer forgé filigrané ou tout au plus dentelé.

 

Superbe contenu du Musée : ingéniosité des artisans, richesse de l'objet, souci d'une réponse immédiate à un problème essentiellement pratique : ici et maintenant.

 

Dîner au restaurant CHIESA à Trento. Décor sympathique, ambiance mode. Il semble, que pour le moment, ce soit un des grands restaurants de Trente. La chaire se révélera moins bonne que le décor, mais cela est de peu d'importance car il est temps de se rappeler l'amicale et très dévouée présence, tout au long de ces jours, de notre hôte, Monsieur Graziano BACCA qui a su se faire l'interprète et le chantre de sa région, nous permettant ainsi de la pénétrer au plus profond de son âme et de mieux la comprendre que si nous avions été de simples touristes en goguette.

 

Dimanche 25 Août 1996

 

En compagnie de l'inénarrable et de plus en plus aimable chauffeur, chargement des vins dans le car, les achats apparaissent comme plus nombreux qu'on aurait pu le croire.

 

Arrivés à STABIO, accueil très sympathique et visite du vignoble MONTALBANO, cité enchanteur et bucolique à souhait.

 

Après avoir apprécié dans le TRENTIN le savoureux mélange Italie/Autriche, c'est un non moins savoureux mélange Suisse/Autriche avec lequel nous sommes amenés à faire connaissance.

 

L'accueil est généreux, les explications intéressantes, les vins simples et bien faits, apparemment sans grand avenir. Il apparaît à beaucoup que dans une Europe en train de se faire et dans une mondialisation de la production de vins, ces charmants vignobles, aujourd'hui déjà, passablement subventionnés, ne survivront pas, sauf à trouver une autre vocation. De là à imaginer que des vignobles seraient conservés comme des alpages confiés à des agriculteurs de hautes montagnes dont la vocation n'est plus l'élevage, mais la conservation du paysage.

 

Vaste problème, mais cela est une autre histoire.

 

Déjeuner en apothéose au restaurant MADONINA à CANTELLO, de loin la meilleure table rencontrée lors du voyage. Et s'il est à présent relaté avec sérénité, il fut néanmoins fertile en péripétie comme ces très nombreuses traversées de la frontière Italo-suisse, pour, tout d'abord trouver CANTELLO, puis le restaurant et retrouver le chemin du retour.

 

Retour sans encombre avec bonne humeur persistante, détente générale et nombreuses visites des uns et des autres dans le petit salon qui s'est installé au fond du car.

 

A l'arrivée, grande et toujours sympathique effervescence pour se répartir des divers achats de vins qui ont voyagés en soute.

 

Le temps d'une bise toute amicale à Marie­Reine promotrice de cette superbe virée et à Martine notre mentor efficace et précis, le groupe se disperse comme un vol d'hirondelles automnal.

 

Merci à tous.

 

Strasbourg, le 01/10/96

 

* Patron de la Distillerie NUSSBAUMER à 67220 Steige

** Ancienne grande maison de négoce à 67520 Marlenheim. Aujourd’hui dans le giron d’ARTHUR METZ

C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin

« Enclavée entre les Alpes de Rhétie et le massif des Dolomites, aux confins de l’Autriche et de la Suisse, la région du Trentin Haut-Adige est la plus septentrionale d’Italie. Ses rares terres cultivables sont essentiellement vouées à la viticulture qui prospère sur des terrasses abruptes au charme indéniable. Le Trentin Haut-Adige, comme son nom l’indique, se divise en deux zones distinctes : le Trentin, au sud, historiquement italophone, et le Haut-Adige (aussi appelé Südtirol), au nord, officiellement bilingue italien-allemand. La viticulture de la région est toutefois beaucoup plus proche de l’Autriche et de l’Allemagne que de l’Italie méridionale. On y retrouve une trentaine de variétés acceptées dont une série de grands cépages blancs d’origine germanique tels que le Gewurztraminer, le Müller-Thurgau, le Sylvaner et le Riesling qui s’expriment ici avec une rare finesse. La production vinicole est néanmoins dominée par les vins rouges commerciaux à base de Schiava que cultivent massivement les nombreuses coopératives de la région. Le Teroldego Rotaliano dans la zone de Campo Rotaliano près de Mezzacorona, dans le Trentin, et le Lagrein du Alto Adige se classent parmi les grands vins du nord de l’Italie. Dans les deux zones, on rencontre des plantations de plus en plus importantes de Cabernet Sauvignon, de Merlot et de Pinot Noir qui contribuent à rehausser l’extraordinaire potentiel qualitatif de la région. Le Trentin Haut-Adige se spécialise aussi dans la production de mousseux de style champenois fort appréciés sur le marché international. »

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 10:45
Quand sonnera l’Angélus Hubert nous proclamerons que nous t’aimons ding ding dong ! Petit message de bienvenue d’un Saint‐Émilionnais à un Saint‐Émillionnaire

Il y a du Pierre dans notre Hubert, ce Pierre qui avant que le coq ne chanta 3 fois renia. À peine Robert a-t-il enfilé ses pantoufles pour passer la main à Neal Martin pour la dégustation des primeurs 2014 que notre Hubert toujours habillé de l'habit du donneur de leçons magistrales, sachant que le dégustateur anglais n'apprécie pas les vins puissants qu'affectionnait le célèbre dégustateur américain, ne cesse de faire savoir partout que cette année son vin encloché a un style bourguignon qui lui va à merveille. Cela tombe bien: d'une part, Neal Martin aime les vins délicats et élégants et d'autre part, les chinois quittent les vins de Bordeaux pour les vins de Bourgogne… Notre Hubert devrait inviter Jacques Dutronc, celui qui retourna sa veste avant de la jeter pour chanter nu devant le président Pompidou

 

Mais notre entreprenant Hubert le Magnifique va aussi célébrer cette semaine l'ouverture de la nouvelle version de son restaurant la Cadène. Baudouin Havaux qualifie La Cadène de « restaurant le plus ancien et le plus emblématique de Saint-Emilion » (La Libre Belgique le 02/02/2015). C'est le Gérard Perse qui va être content qu'Hubert s'approprie les caractéristiques de son Hostellerie de Plaisance… Amour quand tu nous tiens… amour contrarié… pacte de circonstance pour rejoindre Ausone et Cheval-Blanc brisé… Reste plus qu'à inviter le cireur de pompes patenté de B&D.

 

Dallas ton univers impitoyable… Dallas glorifie la loi du plus fort…

 

« Quand les bornes sont dépassées, il n y a plus de limites » comme le disait le sapeur Camembert

 

Reste pourtant dans cet océan d’arrogance et de suffisance une plume qui n’est pas serve, celle du Taulier de L'Envers du Décor qui a écrit un acrostiche pour souhaiter la bienvenue à Hubert le bourguignon dans l’enclave de Saint-Émilion à quelques mètres de sa délicieuse crèmerie où l’on rit. Passant au-dessus des perfidies du susdit François écrit, la nuit, des alexandrins (13 pieds… Eh oui, tout augmente ma bonne dame!) pour lui dire que tout va bien pour lui…

 

Un petit cadeau (digne-d'un-don…)

 

Petit message de bienvenue d’un Saint‐Emilionnais à un Saint‐Emillionnaire

 

Bien qu’au village sa présence soit vraiment des plus rares,

 

Il défile en tête pour les caméras et les stars

 

En des cortèges aussi éphémères que sa mémoire…

 

Nobliau de province empêtré dans ses déboires,

 

Vous lirez, çà et là, ses mérites illusoires

 

Ecrits, si l’on peut dire, par ses valets provisoires,

 

Nyctalopes de surcroît car ils arrivent à voir

 

Un si pâle esprit au beau milieu de la nuit noire...

 

Et pour être certain que l’on célèbre sa gloire,

 

A force de légendes, il se fabrique une histoire :

 

«Hic est bibendum» s’écria chez lui un beau soir

 

Ubu, le roi tourmenté par la soif du pouvoir,

 

Bien assis sur son cheval à phynances dérisoire…

 

En mil neuf cent douze, pour inaugurer son pressoir,

 

Raspoutine en personne fut envoyé par le Tsar…

 

Tourné dans son vignoble, « Tarzan dans la Préhistoire »

 

Date l’origine du domaine de façon péremptoire…

 

Emile Zola rédigea en ces lieux L’Assommoir,

 

Brossant ainsi le projet des cloches sur le manoir,

 

Occultant qu’un prélat en nacelle, dans le brouillard,

 

Un jour, viendrait les bénir avec ses accessoires…

 

Au banquet qui suivit, les verres furent, pour la plupart,

 

Remplacés pour déguster les vins par des ciboires

 

Démontrant sans aucune précaution oratoire,

 

D’une part, qu’en mise en scène, il mériterait l’Oscar

 

Et que, d’autre part, il avait bien raison Audiard…

 

Le célèbre Pétomane, de vents jamais avare,

 

A préservé une récolte avec son fessard

 

Faisant fuir tous les nuages pour qu’il cesse de pleuvoir…

 

On l’entend parfois dire, à sa table, que Jules César,

 

Revenant fatigué d’une battue au renard,

 

Est allé se reposer en fumant le cigare

 

Sous les grands arbres du parc, légèrement à l’écart…

 

Tôt, le jour suivant, il salua avant son départ,

 

Loua la fraîcheur de l’ombre ainsi qu’un très beau char

 

Et alla sur les hauteurs déguster un nectar…

 

Nombreux témoins virent chez lui de sacrés lascars

 

Oublier les usages pour étaler leurs milliards,

 

Un verre dans chaque main et, sans le moindre savoir,

 

Vidant toutes les bouteilles dans un triste foutoir…

 

Et quand un touriste, arrivé là en autocar,

 

Lui demande «Le terroir, qu’est‐ce?», il arme son regard,

 

Attrape de quoi écrire et lui dessine un tiroir…

 

Une vocation nouvelle advenue sur le tard

 

Berce ses espoirs de hisser plus haut son étendard:

 

En quittant la plaine, il s’élève enfin, c’est notoire,

 

Rejoignant la cité pour y faire manger et boire…

 

Geste théâtral, décorations sur le costard,

 

Il est là, certains l’ont vu, avec ses beaux falzars,

 

Soies précieuses autour du cou, souliers un peu criards,

 

Toujours des bijoux, comme s’il allait à un rancard,

 

Et cet air qui donne envie de changer de trottoir…

 

Pour financer les frais de son passage au prétoire,

 

S’il vous plait, Messieurs‐dames, n’oubliez pas le pourboire…

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:09

hamster-jovial.jpg

 

Et soudain, surgissant du diable vauvert, telle une bise tranchante venue de l’Est, 4 commentaires  du sieur Axelroud s’affichaient sur l’écran noir de mes nuits blanches.


Le joyeux luron de Strasbourg, hamster jovial, assoupi depuis bien des jours, portait l’estoc sur ma chronique à la noix à 7 h 04 précises selon mes services :


« Et le brou Taulier ? Et le brou, quand on se veut exhaustif on n'oublie pas le brou sinon ce n'est plus de chronique à la noix dont on parlera mais de chronique à la gomme ! »


Passing-shot de revers du rédacteur-en-chef « le dénommé PAX est condamné à écrire une chronique sur le Brou de Noix »


À 18 h 28 retour dans le cour :


brou_de_noix_0_640.jpg

 

 

à l'austère devoir, pieusement fidèle.

 

En Brou illamini


L’impair tinance se paye et me voilà con damné.


Le Taulier, en bon responsable de la publication, m’inflige une punition . Méritée ou pas ce n’est pas la question, il faut s’exécuter.


Une chronique sur le Brou de noix !


Pour avoir, père siffleur, glosé sur l’exhaustivité de son premier papier dominical ! Quel regret que la liaison « interlope », pour une fois, ne fut pas Brou illé et que je ne fus pas dans le Brou illard malgré ma lecture des plus matinales pour un jour normalement consacré à la grasse matinée.


Allons-y pour le Brou de noix dont chacun peut, sur le oueb, et plus particulièrement en consultant WIKIPEDIA trouver tout ce qu’il faut savoir.


Qu’il est fait avec des noix vertes ou la bogue enferme la noix dont la coque dure n’est pas encore présence. Attention cela tache tout : vêtements, sols, meubles, mains et comme Lady Macbeth vous aurez beaucoup de mal à les retrouver propres.


Qu’il ne sert à rien de courir la Brou sse pour trouver la matière première.


Qu’il est inutile de vous munir d’une Brou ette pour la récolte : 750 g suffisent à faire une quantité utile sauf à encombrer cagibis placards, et caves : « au cas où !….on ne sait jamais !… et puisqu’on y est ! »


Le Brou grâce à cette fonction colorante est utilisée en ameublement, en teinture, en lavis, en cosmétique.


Attention, la préparation n’est pas la même que pour le vin de noix.


Pour celui-ci il faut cueillir les noix à la saint Jean d’été où leur maturité correspond la mieux à sa destination semble-t-il ; mais cela peut varier d’une région à l’autre. Ce ne sont pas les habitants de Brou en Eure-et-Loire ou près de Bourg en Bresse ni ceux de Brou age en Charente-Maritime qui me contrediront.


Pensée mélancolique en ce dimanche d’automne, pour ce lieux étonnant non dénué de charme ou le jeune Louis XIV appelé à d’autres alliances du rompre avec son amour de jeunesse Marie Mancini, nièce de Mazarin. Cette rupture inspira Racine.


« Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! »

— Bérénice, Acte IV, scène 5


Assez avec le vin de noix, ce n’est pas le propos. Nous nous saoulons déjà assez de mots pour aller au bout de la chronique imposée et ma foi, préférons un coup de Brouilly. On ne se refait pas.


Attention quand même : recourir à des bogues de châtaigne ne donnera pas plus de piquant à votre mixture ! Ce n’est pas par ironie ou taquinerie que le commentaire qui me vaut le présent pensum m’est venu à l’esprit mais des souvenirs d’enfance.


Chez les louveteaux, quand les sizaines se devaient d’aménager leur coin, où la touche finale était donnée par le coup de Brou de noix, produit bien meilleur marché que tout autre.


Souvent les souvenirs, comme les taches de ce colorant, persistent longtemps.


Nous comptons sur l’indulgence du Taulier, à présent coutumière à l’égard de mes écrits et des éventuels lecteurs pour ce papier quelque peu Brou illon.


Il est vrai que je tire à la ligne, comme tout bon feuilletoniste, mais après tout, Balzac, Eugène Sue…


Terminons cependant en beauté, mais si, mais si, en beauté, par une pire ouette car finalement tout cela n’est que Brou tille !


Strasbourg le 9 novembre 2014

 

pax

pax4

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 00:09

Dans un Paris au mois d’août venteux, pisseux, désagréable à souhait, passer du temps devant son écran, être cloué chez soi, favorise ma graphomanie. Et pourtant je suis bien aise lorsqu’une bonne âme me vient en aide, me libère de ma chronique journalière « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », je me permets de citer Flaubert en titre et demain j’irai déposer PAX sur Twitter.


Ici Paris libéré… le taulier est dans ses petits souliers… la saison 3 de Pax est arrivée…

 

Les années de voyages

 

«Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir, un prince dans un livre apprend mal son devoir»

(Pierre CORNEILLE, Cid, I, 3)


Il est bien connu que l’apprentissage, en France, est le parent pauvre de la formation de la jeunesse. Une fois encore regardons outre Rhin ou GOETHE, pour exposer ses théories, réflexions et propositions, écrit « Wilhelm MEISTER » en 2 tomes – « Les Années d’Apprentissage et les Années de Voyage ». Il met autant en évidence qu’il ne reprend cette notion de voyage qui apparaissait comme complément indispensable à toute éducation. Ainsi, en France, le Tour de France du Compagnonnage ou en Angleterre Le Grand Tour, certes réservé à la jeunesse aristocratique.


En route donc !


C’est avec la fine équipe formée autour de Paul BRUNET que nous prîmes goût aux périples.


Les 3 Glorieuses à Beaune avec des rencontres dont la moindre ne fut pas celle de Michel COUVREUR à Bouze-les-Beaunes. Fantasque belge, courtier en vin « ruiné » par la mise en bouteille au domaine, Il avait acquis ( ou fait creuser ?) des grottes taillées dans la roche, par peur de la guerre atomique, Il les faisait visiter avec fierté ainsi que les trésors qu’elles conservaient, avant de nous faire participer à un diner dégustation.


A cette occasion il nous racontait ses « campagnes et ses combats». Nous buvions autant, sinon plus ses paroles que les vins et ouiskis proposés. Michel COUVREUR était certes un original mais ce qu’il faisait et disait était frappé au coin du bon sens et apportait une authenticité non négligeable à ses idées. Il s’était mis à faire du Calvados et vous invitait à le boire frappé car disait-il « C’est un alcool de fruit » J’ai terminé ma dernière bouteille il y a peu la dégustant égoïstement car le produit n’était plus commercialisé.


Calvados.jpg

 

Les 3 Glorieuses étaient devenues, pour la clique, une tradition et nous nous y rendîmes plusieurs fois, avec ses rituels, tel le déjeuner dégustation « Chez Camille » à Arnet-le – Duc qui nous régalait entre autre, d’œufs en meurette d’anthologie et quand il n’en avait pas prévu dans le menu qu’il nous proposait, m’en glissait subrepticement une portion entre deux plats, pour dérider ma mine dépitée devant cette omission.


A l’occasion des 3 Glorieuses, à notre demande, « Lameloise » à Chagny nous composa un menu de près de 10 services avec accord plats et vins. Le nombre de couverts fut définit avec le maître d’hôtel en fonction du nombre de verres contenus dans une bouteille et qui devint l’unité pour ouvrir ou fermer la liste des réservations.


La visite chez Michel COUVREUR entrait dans ce rituel et une certaine complicité s’installa entre nous deux lorsqu’il décida de savoir quelle était la technique la plus adéquate pour élaborer le meilleur Armagnac : la simple ou la double chauffe. Selon son habitude, il descendit dans en Armagnac, vendangea et vinifia lui-même la folle blanche et avec la complicité du brûleur, élabora un Bas Armagnac issu d’une simple chauffe et un autre issu d’une double chauffe. Il en remonta 2 fillettes à Bouze-les Beaunes qu’il laissait vieillir.


Armagnac.jpgarmagnac2.jpg

 

Chaque année nous gouttions pour suivre l’évolution qui selon les périodes rendait l’une des techniques supérieure à l’autre sans qu’un vainqueur ne s’affirme vraiment. Le dimanche midi sur le retour, on terminait notre ballade en dégustant une pochouse au bord de la Saône à St Jean de Losne. Paul Brunet, en Champagne, nous fit également découvrir Paul BARA à Bouzy qui fut une belle surprise pour nous qui ne connaissions que les champagnes de grandes marques. Il devint le champagne préféré de mon père. J’ai regretté de ne pas le trouver dans « Champagne le rêve fragile » de Samuel COGLIATI chez POSSIBILA éditeur. Peut être parce que ce n’est plus l’artisan que j’ai connu, bien que COGLIATI évoque, avec raison, la maison DRAPPIER pourtant récoltant manipulant.


J’ai eu l’occasion de retourner en champagne avec une amicale d’œnologue qui organisait des voyages en y associant des œnophiles et qui a eu le tort de m’accepter comme membre. C’est ainsi que j’ai visité MOET et CHANDON dont les installations ressemblaient à l’univers d’un Docteur NO ou un plateau de tournage de James BOND. Mon mauvais esprit, mon incorrection politique chronique érigée en principe de vie me fit exclure, après quelques années quand même, démontrant mon erreur et illustrant ainsi l’adage de Groucho MARX déclarant qu’il ne ferait jamais partie d’un club capable accueillir un membre tel que lui. J’en ai retenu cependant que cet industriel provoquait systématiquement la fermentation malolactique (ce qui facilite l’identification à l’aveugle de ce champagne).


Hormis les sempiternelles visites de caves ou les cuves étaient plus cuves que dans la cave précédente, les levures plus levures, les voyages furent souvent passionnant grâce à des participants de grande valeurs tant humaine que professionnelle.


Je me souviens du vignoble d’Anjou ou je découvris des piquets de vignes en ardoise et le discours anthroposophique et quelque peu illuminé de Nicolas JOLY.


coulee-de-S.jpg

 

Je me souviens aussi de la Savoie et du Jura que je connaissais déjà, compte tenu de sa proximité avec l’Alsace. Je me souviens encore du vignoble des Côtes du Rhône septentrional qui commençait à être à la mode. Quel étonnement : des vins « soyeux » entre les tanniques bordeaux et les gouleyants bourgognes ; des conditions de cultures acrobatiques sur des microparcelles escarpées interdisant toute mécanisation ou recours même au cheval par exemple.


Nous visitâmes cette incongruité de CHATEAU GRILLET ; AOC à lui tout seul. L’accueil fût comique car vraisemblablement en pleine période de succession .Nous dérangions manifestement notre hôtesse toute dans ses préoccupations de savoir à quelle sauce elle serait mangée. Elle nous laissa à nous-mêmes, n’octroyant l’accès à la cave qu’au compte-goutte (pour ne modifier ni hygrométrie ni température alors que le temps de septembre était sans influence notable sur ce plan. Derrière la porte de cette cave un rideau à lamelles de plastique fort comme dans les réserves climatisées des super- marchés !)Nous pûmes acheter du vin, en cassant, déjà, notre tirelire, à condition qu’une seule personne prenne les commandes et fasse un seul chèque ! Aujourd’hui cette curiosité et tombée dans l’escarcelle de LVMH. Ce bon M.ARNAULT s’empressant de relever les prix, réserve, à présent, ce vin aux buveurs d’étiquettes dont la qualité essentielle est d’être solvable.

 

Note du Taulier : mon cher Pax en juin 2011, c'est François Pinault, le grand ami de bernard Arnault, qui rachète le domaine via sa holding Artémis. Château-Grillet appartenait à la famille Canet, descendant de la famille Neyret-Gachet, depuis 1830.


Un voyage en Provence fut également heureux. Visite enrichissante de 2 maisons aux antipodes l’une de l’autre : le charmant vignoble AOC de BELLET et l’industriel Domaine OTT à la réputation incompréhensible mais figurant, en bonne place, à l’époque sur toute les cartes de vins des restaurant alsaciens !


Avec cette aimable association je découvris également de très intéressants vignobles européens.


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…


Patrick axelroud Strasbourg le15 août 2014

 

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