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4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 06:00
 Philippe Meyer a été fait commandeur de la Légion d'honneur «au nom du président de la République et des pouvoirs qui me sont conférés», selon les termes de Michel Rocard.

Philippe Meyer a été fait commandeur de la Légion d'honneur «au nom du président de la République et des pouvoirs qui me sont conférés», selon les termes de Michel Rocard.

Dans le livre Michel Rocard par… Laure Adler, Jacques Attali, Alain Bauer, Alain Bergounioux, Tony Blair, Jean-Marc Borello, Patrick Bruel, Monique Canto-Sperber, Mireille Delmas-Marty, Michael Doyle, Olivier Duhamel, Olivier Faure, Stéphane Fouks, François Hollande, Jean-Paul Huchon, Alain Juppé, Milan Kučan, Bernard Landry, Philippe Meyer, Edgar Morin, Anne Sinclair, Catherine Tasca, Alain Touraine, Manuel Valls, Patrick Viveret.

 

 

2 lettres seulement m’ont vraiment accroché dans leur totalité, celle d’Anne Sinclair et celle de Philippe Meyer.

 

Je commence par ce dernier, même si ce n’est pas galant, car il est bien troussé, pleine d’humour ; je vous transcrirai la lettre d’Anne Sinclair lors d’une prochaine chronique, elle dit mieux que moi ce qu’était Michel Rocard.

 

Mon cher Georges,

 

Puisque c’est affublé de ce prénom et caché sous le patronyme de Servet, choisi en mémoire d’une victime de l’intolérance de Calvin, que je t’ai rencontré pour la première fois, au mitan des années 1960, alors que tu te préparais à représenter le PSU aux élections législatives dans une circonscription des Yvelines. Tes chances d’y être élu étaient aussi grandes que celle du charcutier de Mur-de-Barrez(Aveyron) de vendre son jambon à l’ayatollah Khomeiny. Tu tenais néanmoins une première réunion à la mairie de Louveciennes, et l’instituteur, M. Even, chargé d’un respect que lui valait son acharnement à conduire le dernier des aliborons au certificat s’études, voire à l’entrée en sixième, avait fait dire à ses anciens qu’ils ne devaient pas la manquer. Pour renforcer sa recommandation, il ajoutait que tu étais le fils spirituel de Pierre Mendès-France. Dans un pays où depuis quelques années tout le monde célèbre PMF et verse sur sa trop brève carrière des larmes de crocodile, on a sans doute du mal à imaginer à quel point cet homme tranchait sur ses camarades de gauche et sur la classe politique. Le procès de Riom, son évasion, son engagement dans la Royal Air Force, son refus des bombardements aveugles sur l’Allemagne, son courage au combat, son choix de la rigueur économique à la Libération, sa politique en Indochine, la détestation que lui vouaient les staliniens, l’incroyable quantité d’imbéciles braillards que son nom seul portait à l’apoplexie, le tout pimenté de relents d’un antisémitisme sans vergogne, tout cela aurait suffi aux yeux des adolescents que nous étions à faire de lui un saint de vitrail, quoique nous lui gardions rancune de nous avoir obligé, à l’école primaire, à avaler un verre de lait quotidien. À quoi ressemblait, me demandais-je, le fils spirituel d’un tel personnage ?

 

Il ressemblait à un petit homme électrique, mince, comme un sandwich SNCF, le cheveu noir et dru, le regard en vrille, l’élocution précipitée de celui qui craint d’ennuyer son auditoire, le corps agité des mouvements d’un incurable timide pareil à ceux que chante Jacques Brel, « une valise dans chaque main ». Georges Servet, obligé à un pseudonyme en raison de ses fonctions de secrétaire général de la Commission des comptes de la nation, comptait quatorze ans chez les scouts protestants. Avec eux, tu avais accueilli les déportés de retour des camps à l’hôtel Lutétia. Chez eux, tu avais pour totem Hamster érudit. Ton camarade de Sciences Po Jacques Chirac était connu sous le nom de Bison égocentrique et tes coreligionnaires Lionel Jospin et Pierre Joxe répondaient à ceux de Langue agile et de Lynx énergique. Au temple de la rue Madame, où tu étais alors assidu, le pasteur André Aeschimann enseignait la nécessité de « professer pour la multitude », c’est-à-dire pour le plus grand nombre, pour le commun des hommes. Je n’ai pas de mal à retrouver les traces de l’expérience du Lutétia dans ton engagement courageux et efficace en Algérie contre les camps de regroupement où les enfants mangeaient des corbeaux. Je n’ai pas de mal à retrouver les traces du pasteur Aeschimann dans ta façon de nous présenter la politique, dans cette salle de mairie où nous étions quinze. Tu ne parlais pas de cuisine électorale ou de trucs de communication pour séduire les électeurs. Tu parlais du jacobinisme, de la méfiance de l’État à l’égard de la société civile, de la nocivité des réformes technocratiques ou autoritaires conçues et appliquées sans le concours des citoyens. Tu évoquais la réforme de l’Université, la question des transports publics, l’aménagement du territoire. Lorsque tu te lançais dans un historique, l’influence des hommes ne comptaient pas moins que le poids des structures. Lorsque tu entamais le chapitre des mutations industrielles, l’ouvrier n’était pas présenté comme une tête de bétail vampirisé par des capitalistes à huit-reflets mais comme un homme empêché d’être l’acteur de son travail.

 

Je te dois cette vision de la politique et cette idée de la gauche à un moment où elle se résumait à des hommes qui « cuisaient leur petite soupe dans leurs petits pots », pour reprendre l’expression du général de Gaulle dont j’étais un admirateur mais dont le mode d’exercice du pouvoir semblait ne pas laisser d’autre alternative que d’être gouverné ou réprouvé.

 

Je te dois aussi cette maison dans l’Aveyron que tu m’as d’abord généreusement prêté. Ce nid de buse et moi étions faits l’un pour l’autre et mon ami Harold Kaplan disait que celui qui n’y a pas séjourné manquera toujours de quelque chose. Un jour, un élu local m’a présenté sans plus de précision comme « le successeur de Michel Rocard ». Dans son équivoque, l’expression me fit rire. S’il avait été plus complètement informé, l’élu aurait plutôt parlé du débiteur de Rocard.

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 06:00
« Destruam et aedificabo » proclamait l’anarchiste Proudhon « Je détruirai et je construirai » : c’est la devise des écrivains qui se sont mis à boire après avoir vidé leur encrier, décidés à plonger au fond du gouffre pour trouver du nouveau.

Portrait de Sébastien Lapaque en 6 questions (L’Express)

 

  • Quel écrivain vous a marqué ?

Georges Bernanos 

 

  • Quel livre ?

En 2008, "l'Homme qui tombe" de Don DeLillo. Le roman contemporain, ce doit être ça. 

 

  • Quel lecteur?

George Steiner commentant "les Antigones".

 

  • Quel événement?

Ma rencontre avec le Brésil.

 

  • Comment écrivez-vous?

Avec un crayon de papier sur un cahier d'écolier.

 

  • Pourquoi écrivez-vous?

Pour les mêmes raisons que Fernando Pessoa : ? Porque a vida não chega?, "Parce que la vie ne suffit pas ".

 

 

« Du sublime au grotesque, du grave au doux, de l’amène au sévère, les ivresses dangereuses des écrivains et des artistes éclairent de manière puissante la situation qui leur est faite dans un monde chargé de misères.

 

Pourquoi les artistes boivent-ils ? Pour oublier ou pour se souvenir ? Pour se retrouver ou pour se perdre ? Pour vivre ou pour mourir ? Heureuses et malheureuses à la fois, solitaires et communautaires, apaisantes et excitantes, comiques et tragiques, leurs ivresses magnifiques et terribles sont l’occasion de tous les questionnements. C’est une expérience étrange de voir un créateur supérieurement qualifié, non commun à la multitude, habité par des rêves, poursuivi par des fantômes, l’intelligence pleine de lumière, décidé à suivre sa soif sans mesure en élargissant les proportions de son gosier aux dimensions de l’univers. On se lamente d’apprendre que le buveur est un grand peintre, un immense poète, un musicien génial ou un romancier prodigue ; on gémit de voir son geste destructeur se révéler constructeur. « Destruam et aedificabo », proclamait l’anarchiste Proudhon, né à Besançon, en Franche-Comté, jolie terre de vins jaunes. « Je détruirai et je construirai » : c’est la devise des écrivains qui se sont mis à boire après avoir vidé leur encrier, décidés à plonger au fond du gouffre pour trouver du nouveau.

 

Charles Baudelaire a magnifiquement évoqué cette immersion dans les « profondes joies du vin ». Dans l’économie intime du poète, l’ivresse permet à l’homme plein de gaieté d’échapper à l’angoisse, de s’élever au-dessus de lui-même pour accéder à la Beauté. Mais chez l’auteur des Paradis artificiels, comme chez Marcel Proust, qui seul a su magnifier les ivresses légères, le dérèglement s’apparente à une discipline, la dépense à une ascèse. L’ivresse baudelairienne n’est jamais une abdication devant la logique ou la détermination rhétorique. Elle en est l’expression la plus haute.

 

Il est peu probable que Charles Baudelaire ait vécu l’ivrognerie aussi brutalement que les saints buveurs dont l’histoire littéraire conserve pieusement les noms. Voyez Edgar Poe, l’auteur du Manuscrit trouvé dans une bouteille, terrassé par une crise de delirium tremens, à Baltimore, le 7 octobre 1849, peu de temps après avoir été incarcéré pour ivresse ; Fernando Pessoa, buveur solitaire de la rue des Douradores à Lisbonne, avigé d’une mélancolie dévastatrice, couché par une cirrhose à l’âge de quarante-sept ans ; Ernest Hemingway, vieille île à la dérive qui ne quitta plus jamais l’Idaho ; Antoine Blondin, devenu un littérateur impuissant après avoir pris l’habitude de s’ivrogner seul dans les bars du VIe arrondissement de Paris.

 

Chanter l’ivresse, voici l’épreuve !

 

L’ivresse n’est pas rassurante. Le désordre régénérateur qu’elle provoque terrorise les fonctionnaires, les magistrats zélés et les gardiens de la paix. Ivresse publique manifeste !… Article R. 3353-1 du Code de la santé publique !… Chez Rimbaud, elle fait peur. « Petite veille d’ivresse, sainte ! quand ce ne serait que pour le masque dont tu nous as gratifié. Nous t’affirmons, méthode ! Nous n’oublions pas que tu as glorifié hier chacun de nos âges. Nous avons foi au poison. Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours. Voici le temps des Assassins. »

 

La suite ICI 

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 14:00
Le pensum de Pax, privé de plage pour rendre sa copie, il mérite un petit canon de Collioure

Gonflé l’Taulier ! M’coller un devoir de vacances en plein été pour parler d’chez moi alors que j’en suis effectivement éloigné de près de 1000 km et plus préoccupé de cette région d’adoption que de celle de mes origines. D’autant plus gonflé qu’il a presque tout dit, me coupant l’herbe sous le pied. Pourtant j’lui n’avons rien fait qu’je sache.

 

La chaleur peut être ? Ça doit être ça.

 

La canicule engendrant un coup d’flemme qui l’empêche de taper « Alsace Bossue » sur Wikipédia ou la rubrique est très complète et les annexes précises.

 

Mais bon, redoutant un sort qui me serait fait c’est à dire me voir rayé de la liste des destinataires des chroniques comme ce con étriqué et inculte de Pain de Sucre (Zuckerberg) et sa Fesse de Bouc, évacue une peinture religieuse de Rubens pour obscénité, j’obtempère, le petit doigt sur la couture du pantalon.

 

Je cite mes sources aussi.

 

Cette fois ce que je redoute c’est le sort réservé à ce pauvre Karl-Theodor Maria Nikolaus Johann Jacob Philipp Franz Joseph Sylvester Freiherr von und zu Guttenberg, jeune et éphémère gloire de la politique allemande obligé de quitter le ministère des armées de « Mutti » Merckel convaincu de plagiat conséquent à l’occasion de la rédaction d’une thèse d’étudiant.

 

Il n’y a plus que chez ces parpaillots de Prussiens qu’on démissionne pour si peu. Chez nos bons catholiques de France ou, grâce à dieu il y a des accommodement avec le ciel, malgré le flagrant délit et la main dans le sac on adopte la devise de Guillaume d’Orange dit le Taciturne et aujourd’hui celle des Pays Bas : « Je maintiendrai ».

 

N’est-ce pas Messieurs Attali, Minc et consorts qui laissent à Cyrano la classe et le panache :

 

« Moi c’est moralement que j’ai mes élégances » ?

 

Comme Eugène qui tirait à la ligne, je sue aussi mais en raison de la très grande chaleur «Ben z’avez ben raison Mme Michu avec tous ces spoutnik qu’ils nous envoient dans le ciel c’est pas étonnant que la météo soit foutue ! » entendait-on sur Radio Luxembourg dans ma jeunesse ou l’on suivait le feuilleton La Famille Duraton.

 

La différence entre catholique et protestant évoquée plus haut sur un autre sujet, me permet de m’acquitter du pensum et d’entrer dans le vif du sujet.

 

En effet c’est la raison historique qui prime sur le pourquoi du comment de cette curieuse dénomination. Les « paroisses » protestantes préférant rejoindre en 1793 un Bas Rhin de même confession plutôt que de rester attachées à une Lorraine catholique.

 

L’Alsace Bossue n’est que la traduction d’une expression utilisant l’adjectif « krumm » qui en allemand veut dire bossue, tordue, tortue, torse, courbe permettant toute les interprétation.

 

Bossue comme la région vallonnée. Mais le Sundgau , autre région au sud de l’Alsace, l’est tout aussi.

 

Krumm c’est aussi ce qui n’est pas droit, ce qui est bancal ou tordu et qualifiant ainsi les habitants de cette région, ni Alsaciens, ni Lorrains.

 

Le dessin formé sur la carte illustre cette situation. Mais ce n’est pas cette configuration qui est à l’origine du terme sauf ce contenter de peu. Chacun peut, à sa guise, préférer l’une ou l’autre des raisons et rêver ou broder ce qu’il lui plait.

 

Pour faire court, si l’on m’autorise cette clause de style  ce nom ne concerne plus que trois cantons. Comme la région ils sont durement frappés par la crise économique. L’Alsace Bossue reste cependant très belle pleine d’attraits et mérite le voyage Au retour, assurément, vous comprendrez l’apostrophe de Bernard Maris qui nous exhortait d’aimer la France.

 

Soyez les premiers. Quand le réchauffement climatique aura transformé le sud du pays en un désert étouffant à fuir, vous aurez, avant tous les moutons, découvert une région qui vaut mieux que sa réputation et où il pleut moins que l’on ne croit.

 

Pour terminer, une anecdote relative aux relations entre Alsaciens et Lorrains. C’est derniers avait promis aide et soutien aux Alsaciens face aux esprits de conquête de divers Princes Électeurs ou autre, de ce côté-ci comme de l’autre du Rhin ou même du Danube.

 

Le moment venu, pas de Lorrains qui acquirent définitivement la réputation de traître sans parole. Ils se virent bien sûr interdit de territoire. Depuis, les Lorrains seraient affublés de grandes oreilles, déformation provenant de leurs mères soulevant leurs gamins par ces appendices pour les hisser au-dessus de la ligne bleue des Vosges en leur r comme une  litanie : Tu vois comme c’est beau là-bas !

 

Je suis lorrain, né à Metz, avec effectivement des oreilles comme on dit. Mon épouse est née native de Strasbourg. Une vie de couple aux périls de l’histoire !

 

Et voilà comment on gâche une belle matinée de plage.

 

Collioure le 31 juillet 2018

 

pax

 

Source : voir sur Wikipédia , à l’article Alsace Bossue, l’intéressante note de Henri Higel

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 06:00
Jean-Claude Ribaut aime les sushis d’Alleno et moi le hôchô, un sabre de samouraï dans la cuisine…

En attendant, non pas Godot, mais que Jean-Claude Ribaut se mette au piano dans la cuisine pour nous préparer sa tête de veau sauce tortue, parlons peu mais parlons sushis avec lui.

 

Mais, comme vous me connaissez, je ne puis avant de lui céder la plume m’empêcher de mettre mon grain de sel dans le bouillon de culture.

 

En effet, le 20 juillet 2012 je pondais une chronique très acérée :

 

Le hôchô, un sabre de samouraï dans la cuisine japonaise

 

« Le hôchô japonais traditionnel est une lame à simple tranchant. La forme triangulaire du hôchô permet d’obtenir des tranches lisses et régulières. C’est cette lame qui permet de couper la chair tendre du sashimi avec autant de précision et des tranches de radis daikon plus fines que du papier.

 

Autrefois les cuisiniers étaient appelés des hôchô-shi : les « maîtres du couteau » et lorsqu’ils quittaient l’établissement ils emportaient leur hôchô avec eux car il était leur propriété. Le hôchô portait la marque de fabrique du forgeron. « Pour un apprenti cuisinier, recevoir le couteau de son instructeur est le plus grand honneur qu’il lui est donné. » L’art de manipuler le hôchô remonte à la période de Heian (794-1192) « À cette époque, les hôtes des banquets exécutaient des démonstrations de leur talents pour le divertissement de leurs invités. Debout devant une planche à découper, un hôchô dans la main droite et de longues baguettes appelées mana-bashi dans la main gauche, l’hôte coupait un poisson et préparait le namasu, l’ancêtre du sashimi. Les baguettes mana-bashi étaient uniquement utilisées pour que le cuisinier puisse couper le poisson ou la volaille en tranches sans toucher la chair avec ses doigts mais elles n’étaient jamais utilisées pour manger. Elles ont perduré jusqu’à l’époque d’Edo dans les grands restaurants mais à partir du XIXe siècle, l’usage de cet ustensile a disparu progressivement. »

 

« Il n’y a vraisemblablement aucun autre pays qui ait  une telle gamme de couteaux de cuisine. Les cuisiniers japonais utilisent des hôchô de différentes formes et de différentes appellations pour la coupe des sashimis, des anguilles, des pastèques, des légumes, des nouilles etc. Cette grande variété date du XVIIIe siècle, époque à laquelle se sont développés les restaurants et, avec eux, les ustensiles de cuisine et tout particulièrement le couteau.

 

À la maison 3 couteaux suffisent : le nakiri-bôchô, le deba-bôchô et le sashimi-bôchô (voir planche titre)

 

Le tout ICI

 

 

Alléno – Okazaki : Cuisines en résonance par Jean-Claude Ribaut

 

« La préparation des sushis obéit à un cérémonial longtemps resté confidentiel, mais que  Yasunari Okazaki accepte de faire comprendre, sinon partager, tant l’exercice est complexe, à une douzaine de convives face au comptoir, les yeux rivés sur ses gestes. Il ne faut en effet pas moins d’une dizaine d’années pour former un maître chef-sushi (sushiya) capable de cuire et d’assaisonner le riz selon l’usage, d’affûter lui-même ses couteaux, de choisir le poisson et de le découper en fines lamelles avant d’assembler le tout avec la dextérité d’un magicien. Car la découpe du poisson cru, ou à peine tiédi, requiert non seulement une attention extrême portée au produit (thon, bar, langoustines, turbot), au fil de sa chair selon qu’il est découpé en darne ou en filet, mais aussi au maniement de l’instrument de découpe, un couteau triangulaire à lame d’airain qu’il faut tenir d’une main ferme, l’index pointé au-delà du manche. L’on observe vite que le sushi n’est pas une recette de poisson mais de riz tant sa préparation et son assaisonnement vinaigré exigent de précautions. Il existe en effet plusieurs variantes de sushi : oshi (pressé), maki (roulé), et bo (en barre), chirashi (méli-mélo). Le nigiri-sushi est la variation la plus récente, imaginée au XIXème siècle à l’époque où Tokyo s’appelait encore Edo, qui consiste en une boulette de riz vinaigré couverte d’abord de poissons salés ou légèrement cuits. « C’est seulement après la seconde guerre mondiale et le développement de la réfrigération, explique Mme Emi Kazuko spécialiste de l’art culinaire du Japon, que l’on a commencé à utiliser du poisson cru. » Encore faut-il manier avec aisance ladite boulette de riz au creux d’une main humide pour lui donner la consistance appropriée. »

 

La chronique intégrale ICI 

 

 

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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 06:00
Les Petits buveurs] : [estampe] / Jean Veber | Gallica

Les Petits buveurs] : [estampe] / Jean Veber | Gallica

« Ivrognerie ou extase mystique, transport amoureux ou fureur criminelle, griserie heureuse ou vertige douloureux… Le terme « ivresse » désigne des expériences très dissemblables. Un point commun les relie, cependant : cette faculté de métamorphoser la présence au monde de celui qui s’enivre, ainsi que l’analyse Véronique Nahoum-Grappe dans ses recherches sur l’« effet d’ivresse ».

 

Elle offre un double visage : festif ou violent, fécond ou destructeur, supérieur ou excessif. Comme le montre Thierry Éloi, dès l’Antiquité romaine s’opposent, au banquet, l’ivresse équilibrée, civilisée du citoyen et l’orgie amollissante du sauvage, incapable d’absorber sans le dévoyer le vin, ce nectar suprême. Ambiguïté qui traverse, souligne José-Luis Diaz, la création poétique : libation divine, la boisson engendre l’inspiration, celle, joyeuse, des bachiques ou celle, sublime, des mystiques ; celle aussi, désespérée, des romantiques, lorsque ivresse et dérèglement des sens deviennent les masques du spleen. Car l’ivresse est de ces états limites où, écrit Michel Delon, génie et folie se côtoient, où la raison s’aiguise au risque de se perdre. Témoignent de cet équilibre dangereux les immersions poético-destructrices des écrivains buveurs que raconte Sébastien Lapaque.

 

Au quotidien, c’est son excès que l’on dénonce. Et encore prête-t-il avant tout à rire. Au Moyen Âge, l’ivresse légère est tolérée, voire encouragée (« Bon vin éloigne le médecin »), nous rappelle Danièle Alexandre-Bidon. La figure de l’ivrogne comique parcourt chansons et fabliaux. Cette tolérance est visible aussi dans les chansons à boire, qu’évoque Pascal Cordereix : l’ivresse joviale, voire paillarde, y a vertu de convivialité, mais aussi d’exutoire, et ses dérapages sont pardonnés. Les illustrés pour la jeunesse n’échappent pas à cette tendance et les enfants eux-mêmes y trinquent volontiers.

 

À la fin du XIXe siècle, les ravages causés notamment par l’absinthe conduisent à la condamnation de l’alcoolisme. Non sans contradictions, car, dans le même temps, champagne et vins fins deviennent des symboles nationaux, nous rappelle Dominique Kalifa. Le rituel de la dégustation se met en place, avec ses gestes et son décorum, dont les étiquettes font partie intégrante, comme l’expose Frédérique Desbuissons.

 

Finalement, c’est associée au petit peuple que l’image du « dangereux alcoolique » fait florès, de longue date : Arlette Farge guette les traces de cette ivresse populaire « criminogène » dans les sources policières du XVIIIe siècle. Anne-Emmanuelle Demartini montre, à la suite de Susanna Barrows, comment ces lieux de sociabilité populaire que sont les tavernes et cafés deviennent, aux yeux du pouvoir, des repaires de rébellion ou de perdition, à surveiller.

 

Car les lieux de l’ivresse sont lieux de mouvement : les cafés sont des « accélérateurs » d’idées, d’échanges, de modernité, rappelle Stéphane Guégan, qui en analyse les représentations dans l’art. Et parfois la ville elle-même en est la métaphore, quand le vertige de l’errance annonce l’étourdissement de la boisson : ainsi des ivresses tokyoïtes que décrit Michaël Ferrier où chaque pas, chaque bar murmure : enivrez-vous ! »

Antoine de Baecque

Historien et critique de cinéma, spécialiste de l’histoire culturelle du xviiie siècle et de la Nouvelle Vague. Il a publié récemment Éric Rohmer. Biographie (Stock, 2014), La Traversée des Alpes. Essai d’histoire marchée (Gallimard, 2014), En d’atroces souffrances. Pour une histoire de la douleur (Alma, 2015) et Les Nuits parisiennes, xviiie-xxie siècle (Seuil, 2015). Il est professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’École normale supérieure.

Et Bérénice Stoll

 

 

 

Le sens de l’ivresse

Entretien avec Véronique Nahoum-Grappe

 

Propos recueillis par Antoine de Baecque ICI c’est 3 euros pour lire.

Mars 2011 - N°33

 

 

Addictions

 

Magazine de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie

Entretien avec Véronique Nahoum-Grappe

 

Quand l’alcool fait vaciller la réalité

 

Anthropologue, Véronique Nahoum-Grappe est une observatrice passionnée des pratiques et rituels du boire dans notre quotidien ICI pages 8-9

 

 

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22 juillet 2018 7 22 /07 /juillet /2018 07:00
Les valets à propos de la bande d’Alexandre Benalla au cabinet du Président de la République

Le texte ci-dessous est un extrait d'un article « Typologie des cabinets » publié dans la revue Pouvoirs en 1986 par Guy Carcassonne.

 

Il s’agit des cabinets des Ministres mais il colle assez bien à la conception qu’a Emmanuel Macron de sa gouvernance verticale.

 

Affaire Benalla : quand la « bande d’Alexandre » suit Macron à l’Elysée ICI  

 

Ce que la polémique sur l’affaire Benalla révèle d’Emmanuel Macron  ICI 

 

L’affaire Benalla, fruit d’un mélange des fonctions pourtant prohibé ICI  

 

Les 2 premiers articles sont du Monde abonnés si vous souhaitez accéder au texte intégral il suffit de me le demander.

 

« Fondamentalement, un ministère se compose du ministre et de ses services. Le cabinet n'est nullement un protagoniste à part entière, ayant en propre sa légitimité, sa compétence et sa fonction. Il n'a que celles que lui octroie le type de relations entre ministre et administrations. Tantôt le premier est assez sensiblement assujetti aux secondes, et les conseillers sont les interprètes plus ou moins fidèles des directions, davantage que les courroies de transmission de la volonté gouvernementale. Tantôt ils impriment effectivement la logique politique, mais alors ils parlent et agissent au nom et pour le compte de leur "patron". Car la fonction de ministre, en fait, n'est jamais individuelle. Il n'est de ministre que collectif : " le titulaire du poste+son cabinet ".

 

Qu'on ne s'y trompe pas : une telle affirmation ne signifie nullement que les membres du Gouvernement seraient des personnes sous influence aux mains d'une équipe qui les manipulerait. Plus prosaïquement, une part considérable du temps qu'un ministre consacre à son activité est dévorée par des fonctions tenant de la représentation, réduisant ainsi à la portion congrue - ou plutôt incongrue - les moments disponibles pour le travail de fond. Aussi, et parce que l'adoubement présidentiel ne suffit pas à conférer l'omniscience, le ministre se démultiplie en autant de parties que son cabinet compte de membres.

 

La question essentielle n'est donc pas de savoir comment l'équipe se situe entre le ministre et ses services - elle est le ministre collectif - mais porte sur la manière dont les membres du Gouvernement utilisent les moyens que leur offre cette démultiplication. En exigent-ils des informations, des conseils, des décisions ? Veulent-ils accaparer ou déléguer ? Toutes les combinaisons, avec tous les dosages, sont possibles entre ces divers éléments. "

 

Les valets

 

   C'est évidemment la forme la moins aguichante, pas obligatoirement la plus rare ni la moins efficiente.

 

    Dans ce système, les recrutements, à une ou deux exceptions près (généralement le chef de cabinet et l'attaché parlementaire), sont laissés à la discrétion du directeur de cabinet.

 

     Celui-ci occupe une place stratégique, non qu'il se substitue au ministre mais parce que ce dernier a décidé de l'avoir comme interlocuteur unique, par lequel tout doit impérativement passer et qui est le véritable responsable de l'équipe.

 

     Les conseillers, réputés techniquement compétents, ne communiquent avec leur patron que par des notes dont ils ont rarement l'occasion de défendre personnellement le bien-fondé. Ils doivent toujours être prêts à exécuter les ordres, adopter une attitude respectueuse à laquelle une certaine obséquiosité ne nuira pas.

 

     Vis-à-vis des services, deux variantes sont possibles. Dans l'une, le ministre entretient des relations plus suivies avec les directeurs qu'avec son propre cabinet. Celui-ci ne peut alors exercer de véritable autorité sur ceux-là et son rôle se borne à veiller à l'application de décisions prises en dehors de lui. Dans l'autre, les responsables de l'administration sont également privés de contacts directs et fréquents avec le ministre, le cabinet regagne alors un peu de son aura dans la mesure où il est l'intermédiaire obligé, mais sans vraiment pouvoir s'imposer car son audience est connue limitée.

 

Dans certains départements ministériels, ceux dont la conduite est la plus politique, cette substitution d'une brigade de valets à des conseillers personnels peut ne pas présenter de grands inconvénients et donner des résultats.

 

     Dans les autres, elle a deux défauts graves. Parce que le ministre ne veut voir personne et que le directeur de cabinet ne peut voir tout le monde, des frustations naissent rapidement, tant chez les membres du cabinet, dont la fonction est trop peu gratifiante pour provoquer la mobilisation souhaitable, que chez les fonctionnaires qui apprécient peu d'être de simples exécutants. En outre - et c'est le second défaut - le sentiment d'un travail d'équipe, et de la solidarité correspondante, est impossible à susciter lorsque chacun ignore non seulement ce qui sera fait de son avis mais aussi ce que font les autres membres du cabinet. 

 

     Il est, enfin, un indice qui ne trompe pas pour déceler cette situation : la plupart des cabinets fonctionnant sur le mode ancillaire tiennent leur réunion hebdomadaire, quand elle existe, le mercredi matin, c'est-à-dire au moment où les obligations gouvernementales interdisent toujours la présence physique du ministre.

 

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 06:00
La Cène avec D-Jésus, le DJ
La Cène avec D-Jésus, le DJ

La Cène avec D-Jésus, le DJ

J’exècre les culs pincés, les grenouilles de bénitier ou de mosquée, toutes les engeances effarouchées par ce qui ne se fait pas, les cachez-moi ce sein que je ne saurais voir, ceux qui se cachent derrière la religion pour enfouir leur frustration.

 

Jésus se démarque radicalement des pratiques de son temps. Alors qu’il demande à ses disciples de renoncer à tout pour le suivre, ce qui est une exigence bien plus radicale que ce qui se pratiquait alors dans le monde moyen-oriental et grec environnant, il n’accorde aucun intérêt aux règles de table en vigueur. Ainsi, tandis que les pharisiens et les membres de la communauté de Qumrân ne mangeaient qu’entre eux, Jésus déjeune avec n’importe qui.

 

La transgression fait scandale :

 

« Les scribes des pharisiens, le voyant manger avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Quoi ? Il mange avec les publicains et les pécheurs ? » (Mc 2, 16). Le pharisien Simon, qui l’avait invité à un repas, en est lui aussi scandalisé. Alors qu’une femme pécheresse s’était introduite dans la salle du banquet et s’était mise à parfumer les pieds de Jésus, Simon maugréait : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche et ce qu’elle est : une pécheresse ! » On le voit, l’attitude de Jésus choque et le discrédite. »

 

À Table avec Jésus Gabriel Peynichou éditions du Petit bout de la lorgnette

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc, chapitre 13, versets 6 à 9

 

Il leur disait encore la parabole que voici :  

 

«Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n’en trouva pas. Il dit alors au vigneron : Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le ; pourquoi donc occupe-t-il la terre pour rien ? Mais celui-ci, répondant, lui dit : Maître, laisse-le cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il des fruits à l’avenir. Sinon, certes, tu le couperas. »

 

Ce que le Christ, dans l’hypothèse où il serait le fils de Dieu, avait oublié, c’est que le figuier qu’il utilise ici comme une métaphore d’Israël avait joué bien longtemps avant, un rôle symbolique encore plus important pour les peuples du Livre.

 

GENESE 3 -1-5

 

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?

 

La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.

 

Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez. 

 

Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point.

 

Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.

 

La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. 

 

Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures. 

 

Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin.

 

Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ? 

 

Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché.

 

Et l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? 

 

L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. 

 

Et l’Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.

 

L’éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. 

 

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.

 

Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. 

 

Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point! Le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie.

 

Il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.

 

C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

 

Figatelli aux figues.   

                          

« Enfin pour clore ce chapitre consacré à la figue, une recette corse.  

 

Je suppose que vous avez toujours pensé que le  figatelli était une sorte de spécialité corse à base de chair à saucisse et de figues ? 

 

Eh bien pas du tout, le  figatelli  est une charcuterie dans laquelle on ajoute du foie de porc. La racine  figa que nous retrouvons ici n’est pas due au hasard. Les Romains, pour fabriquer leur foie gras, gavaient leurs oies, les fameuses oies du Capitole, avec des figues et ainsi figa la figue a donné son nom à notre foie.   Comme quoi l’étymologie nous fait découvrir notre passé aussi sûrement que si l’on creusait le sol dans la région de Pompéi.  

 

En souvenir de cet épisode de l’histoire de Rome où des oies ont sauvé la ville, vous pouvez servir en apéritif des tranches de figatelli passées au four sur des demi-figues fraîches ou sèches suivant la saison.   Et si c’est la fête, remplacez le figatelli par du foie gras. Mais j’ai bien peur que tout cela nous éloigne de Jésus-Christ. »

 

 

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 07:00
Claude Askolovitch aime le Red Star, il écrit une belle chronique sur l'équipe de France qui ne représente qu'elle-même, et c'est déjà beaucoup

Je rappelle que Jules Rimet, le créateur de la Coupe du monde qui n’a jamais atteint un haut-niveau en sport  mais  qui voulait le sortir de la sphère aristocratique a créé, à 24 ans, le Red Star Club, où jeunes employés et ouvriers pratiqueront l’escrime, la course, le vélo, le football, mais aussi la poésie et la littérature, dont il est passionné.

 

Claude Askolovitch, fan du Red Star a écrit le 14 juillet 2018 :

 

La tentation est grande de faire des Bleus les hérauts de quelque valeur. Ce serait une erreur.

 

«Eh bien, vrai, ça me fait plaisir ; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content.»

 

Il me revient à une poignée d’heures de l’extase ce contentement d’un paysan normand, croqué par Maupassant dans son Histoire d’une fille de ferme, découvrant que son épouse avait eu un enfant avant de le connaître et décidant qu’il allait, avec elle, élever le petit.

 

«Eh bien, vrai, ça me fait plaisir; c'est pas pour dire, mais je suis content, je suis bien content», disait le vieux de cet «éfant» d’un autre qu’il allait pourtant faire sien, et ainsi nous autres Français et Françaises nous préparons à recevoir une Coupe du monde, qui n’est pas de nous et qui ne nous doit rien, mais que nous ferons nôtre.

 

Péché mignon

La Coupe du monde de Deschamps et de Lloris sera la Coupe du monde de la France, et plut à Dieu que nous nous contentions d’être contents, bien contents et rien d’autre, plut à la décence que nous n’allions pas croire que nous y sommes pour quelque chose.

 

Le moment va revenir où nous parlerons de la France à propos de football, comme si le jeu devait éclairer notre destin hésitant. J’attends la mélopée de l’optimisme retrouvé, de la concorde au ballon, de la jeunesse radieuse et des vertus d’un peuple éternel et sans cesse renouvelé. J’entends déjà l’hymne au métissage fécond, et en contrepoint les imbéciles qui ne sauront admettre en dépit d’une évidence que le noir Kanté va au teint de Marianne aussi bien que l’albâtre Pavard. »

 

La suite ICI 

 

21 février 1897, bistrot Villiermet, à l'angle de l'avenue de la Bourdonnais et de la rue de Grenelle, quartier du Gros-Caillou, Paris VIIe. Jules Rimet, futur créateur de la Coupe du monde, fonde le Red Star. Un club est né. (L'Equipe

 

« C’est bien plus tard, m’étant plongé dans l’histoire du Red Star, raconte ainsi Didier Braun – mémoire vivante du journal L’équipe dans son dernier livre L’armoire à maillot, que je découvris que ce club à l’étoile rouge, ainsi nommé par pure anglophilie par son fondateur Jules Rimet – qui n’avait rien d’un bolchevik – avait connu la célébrité avec un maillot à larges rayures marines et blanches, avant d’adopter le vert de l’Olympique, lorsque les deux grands rivaux du football parisien des années 1920 avaient uni leurs destinées. »

 

Signalons néanmoins que Jules Rimet, pour l’époque une sorte de « catho de gauche » (l’inverse de Coubertin), était un ancien du Sillon, qu’il inventa la coupe du monde de football, et refusa de cautionner la politique, certes très anti-foot de Vichy. Ce fut en quittant la capitale et ses beaux quartiers au début du XXe siècle et en s’installant au cœur de la cité laborieuse de Saint-Ouen, à deux pas des puces, que le club va changer de destin et d’image. Pierre Laporte, son historien officieux, membre de l’Amicale des anciens joueurs, en détaille les étapes. « Le stade Bauer a été construit sur des anciens jardins ouvriers en 1909 quand le club est venu y jouer. On y accueillera même les premières rencontres de l’ancêtre de l’équipe de France avant la guerre de 1914. Longtemps, il s’appellera simplement Stade de Paris ou Municipal. Son actuel patronyme, il le doit au changement, à la Libération, du nom de la rue où il est domicilié en hommage à un résistant fusillé, et surtout à l’habitude prise par Le Parisien de le nommer ainsi. Comment oublier qu’en 1964, le Red Star, premier en D2, reçoit le Stade de Reims. La rencontre se déroule devant 22 000 entrées payantes quand la veille le Racing de Paris matchait l’OM au Parc des Princes devant à peine 2 200 spectateurs. »

 

C'est Lucien Gamblin, dit «Lulu-les-Gros-Bras», défenseur et capitaine emblématique du Red Star, qui a soulevé les trois Coupes de France consécutives du club de Saint-Ouen en 1921, 1922 et 1923. (L'Equipe)

Claude Askolovitch aime le Red Star, il écrit une belle chronique sur l'équipe de France qui ne représente qu'elle-même, et c'est déjà beaucoup
Claude Askolovitch aime le Red Star, il écrit une belle chronique sur l'équipe de France qui ne représente qu'elle-même, et c'est déjà beaucoup
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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 06:00
Mais qui est ce Jules Rimet qui écrivait et rêvait que par le football pour que « les hommes puissent se rencontrer en toute confiance sans haine dans leurs cœurs et sans insultes sur leurs lèvres ».

Le nom de Jules Rimet est moins connu que celui de Pierre de Coubertin.

 

Et pourtant c’est lui le fondateur de la Coupe du monde de football. Et c’est au cœur de la grande guerre qu’elle prend ses racines.

 

Ce fils d’un marchand-épicier naît en 1873 dans une modeste demeure de Theuley en Haute-Saône. À douze ans, il déménage pour Paris et découvre le football sur l’esplanade des Invalides. Il étudie le droit et s’engage dans le mouvement du catholicisme social, Jules Rimet s'affiche d'abord en militant chrétien proche de Marc Sangnier et du Sillon. Jules Rimet n’a jamais atteint un haut-niveau en sport  mais  il veut le sortir de la sphère aristocratique. Il crée à 24 ans le Red Star Club, où jeunes employés et ouvriers pratiqueront l’escrime, la course, le vélo, le football, mais aussi la poésie et la littérature, dont il est passionné.

 

« Pendant la guerre, Jules Rimet, qui a dépassé les quarante ans, est affecté à un régiment d’infanterie territorial. Il est décoré plusieurs fois pour ses faits d’armes.  Au front, éloigné des terrains, mais pas des dirigeants, il écrit et rêve que par le football, « les hommes puissent se rencontrer en toute confiance sans haine dans leurs cœurs et sans insultes sur leurs lèvres ». En 1919, il prend la tête de la Fédération Française de Football association, et deux ans plus tard de la FIFA, la fédération internationale, qu’il dirigera durant 33 ans ! »

 

« Au sortir de la Première Guerre mondiale, les Anglais refusent que soient maintenues au sein de la F.I.F.A. les puissances vaincues, et exigent la dissolution de l'institution. Sur proposition des Scandinaves, Jules Rimet va jouer les conciliateurs. »

 

« Avec Henri Delaunay, il va œuvrer à la création d'une Coupe du monde. Le 26 mai 1928, lors du congrès d'Amsterdam, Henri Delaunay propose officiellement l'organisation d'un Championnat du monde ; l'idée est définitivement acceptée en 1929 et la première édition de l'épreuve se tient en 1930 en Uruguay. Jules Rimet devra néanmoins user de tout son pouvoir pour persuader la Fédération française – qui hésite à mobiliser des joueurs amateurs durant six semaines – d'envoyer une délégation disputer la compétition. »

 

« Il fait tout pour que l'Uruguay en obtienne l'organisation et de fait, c'est à Montevideo que se jouera la première Coupe du Monde en 1930. L'Uruguay sera à cette occasion le premier pays à accueillir des non-blancs dans son équipe nationale, la Celeste. »

 

« Seules la France, la Belgique, la Roumanie et la Yougoslavie font la périlleuse traversée vers l’Amérique. Mais dès 1934, l’édition en Italie rassemble seize nations. Mussolini en fait malheureusement une vibrante exaltation fasciste. Ce qui coûtera sans doute le prix Nobel de la paix à Jules Rimet en 1955. Peu importe, son rassemblement footballistique de tous les peuples survivra à sa mort et à la seconde guerre mondiale, devenant l’événement planétaire qu’on connaît aujourd’hui. »

 

« C'est à l'occasion de la première Coupe du monde de football organisé en 1930 en Uruguay que le Français Jules Rimet, alors président de la Fédération internationale de football (Fifa), commande au sculpteur Abel Lafleur un trophée qui récompensera le vainqueur de la compétition. Cette première coupe représente Niké, déesse grecque de la victoire. La première équipe à soulever le trophée n'est autre que l'Uruguay, organisateur et vainqueur de la Coupe du monde 1930.

 

 

« Dès lors, Jules Rimet devient une célébrité en Amérique du sud où il est accueilli comme un chef d'État. En 1946, à l'occasion de ses 25 ans de présidence, on décide que la Coupe du Monde porte dorénavant son nom. »

 

« Jules Rimet manifestera encore sa forte personnalité en diverses occasions : en 1942, il se retire de la présidence de la Fédération française pour protester contre les mesures imposées par le Commissariat général à l'Éducation et aux Sports (restriction du professionnalisme, modification de la durée des rencontres) ; en 1949, il démissionne, cette fois définitivement, en raison du refus de la Fédération française d'intégrer les clubs sarrois. Entre-temps, il avait reçu la consécration de ses pairs, qui décidèrent en 1946 de donner son nom au trophée destiné à récompenser le vainqueur de la Coupe du monde. Le 21 juin 1954, Jules Rimet quitte la présidence de la F.I.F.A. et en devient le président honoraire. Il s'éteint le 16 octobre 1956. »

 

Source : Histoires 14-18 : Jules Rimet, père de la coupe du monde de football 

Coupe du monde 2018 : la folle histoire du trophée

Sauvé des griffes des nazis en 1938, volé à Londres en 1966 puis disparu à Rio en 1983, découvrez la surprenante histoire du trophée de la Coupe du monde.

 

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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 06:15
« Boire a été rabaissé à un acte social et économique, provoquant des injonctions hygiéniques dont le but déclaré est la préservation de l’équilibre de la Sécu. Pour le dire clairement, je me fous de la santé publique. Cette santé-là n’est qu’une affaire de statistiques pour laquelle les corps ont la minceur d’unités arithmétiques »

Dans une tribune publiée par le quotidien Le Figaro le vendredi 13 juillet, 64 châteaux et domaines dénoncent « la transformation d'un produit d'excellence distribué dans le monde entier en un bien délictueux à travers l'apposition de pictogrammes mortifères sur les femmes enceintes et les mineurs ».

 

« Comment, pouvez-vous nous demander, Madame la Ministre, de sacrifier tout ce travail et cette réputation en imposant sur nos étiquettes une image de peur, conçue pour faire peur ? »

 

« Ce n'est pas avec des pictogrammes répressifs sur les étiquettes de nos vins que vous résoudrez le problème sérieux de santé que pose la consommation d'alcool de certains mineurs et femmes enceintes »

 

Le pictogramme qui est le plus souvent présent. Mais il est parfois affiché dans des dimensions très réduites. Le volet prévention du plan santé du gouvernement, dévoilé le 26 mars, prévoit d'augmenter « significativement » la taille du pictogramme "interdit aux femmes enceintes" sur les bouteilles d'alcool (vin compris).

 

« Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question » selon Baudelaire.

 

Qui n'est jamais sorti de l'enclos de la sèche sobriété n'a qu'une connaissance étriquée de la vie et de lui-même. Il faut oser les expériences qui nous portent aux limites de la conscience, car l'ivresse est aussi un mode exaltant d'appréhension du Réel, comme l'ont montré jadis les poètes chinois et les mystiques persans, amateurs de poésie et de vin.

 

Le secret en serait-il perdu dans nos sociétés partagées entre l'euphorie artificielle des rave-parties et la prophylaxie maussade des hygiénistes ?

 

« Sans chimères et sans ivresses, la vie ne connaîtrait que des passions tristes » affirme Georges Picard.

 

 

« Du bon usage de l’ivresse »  réhabilite une conception intimiste des ivresses maîtrisées, qu'elles soient ivresses du vin, de la mystique ou de la poésie, ivresse des sens ou ivresse de l'esprit.

 

 « Georges Picard est de ces écrivains qui jouent le sens de leur vie dans la littérature et y sacrifie leur existence sociale. Fils d'ouvrier, employé dans une usine à sardines puis journaliste à «60 millions de consommateurs», Georges Picard est l'auteur de quinze livres à la musique délicate. Il est un peu notre Cioran, l'amertume et le goût du désastre en moins. Comme le génial ­Roumain, il a sacrifié dans sa jeunesse à l'illusion de changer le monde par la violence, avant de devenir athée en politique. Comme lui, il a beaucoup vagabondé à travers la France, à vélo et surtout à pied, pour tenter de trouver un sens à sa vie. Enfin, il a préféré le retrait aux tapages médiatiques et vit comme un anachorète en plein Paris, dans son appartement du XVe arrondissement. »

 

Un extrait de cet opus : le premier chapitre Boire au corps vivant.

 

« Il ne m’est jamais arrivé de croire que l’ivresse soit un moyen de combattre l’ennui pour la raison que je ne m’ennuie guère, très peu souvent et jamais longtemps. Mais que l’ivresse soit plus un moyen qu’une fin n’est pas absolument prouvé. On peut avoir envie de s’enivrer sans véritable raison, ou pour la raison légère de se sentir léger. Boire procure une illusion éphémère qui n’est pas sans agrément. Mais peut-être y-a-t-il quand même autre chose de plus dans ce désir d’étourdissement. Je ne suis pas du genre à rouler sous la table, ni même à picoler très souvent. Trop boire tue la soif et anesthésie les sensations fines.

 

Mauvais chemin. Il faut plutôt se mettre en disposition et s’arrêter très vite en évitant les alcools forts qui abrutissent *. Un verre de bon vin a ma préférence. J’affirme qu’il est d’une grande conséquence de s’enivrer qu’à un moment choisi, après s’être débarrassé de ses soucis car, à les prendre avec soi, on est à peu près sûr de les excéder jusqu’au pessimisme. Mieux vaut s’enivrer quand on est heureux ; la tristesse déteint partout et décolore tout. Le vin triste est une malédiction. L’ivresse permanente aussi, je le soutien contre Baudelaire et son comminatoire : « Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique question ». Certes, il précise qu’on peut s’enivrer « de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise » mais l’ivresse permanente, même l’ivresse de poésie est soûlante à la longue. Je prends le contre-pied de cette curieuse hygiène existentielle, d’un romantisme quelque peu exalté, quoi conduirait, si on pouvait l’appliquer, à une espèce de folie monotone et vite retombante.

 

L’idée serait plutôt de s’enivrer rarement pour conserver de la fraîcheur aux sensations aériennes et colorées que procure une ivresse maîtrisée. Ce n’est pas tout à fait un art, ni même une technique ; c’est presque déjà une esthétique. Peut-être suffirait-il de s’enivrer dix fois dans sa vie, à condition de préparer ces expériences et d’en exploiter ensuite intensément le souvenir. L’époque ne nous y prépare guère qui nous voue au quantitatif, à la répétition boulimique et morose de la consommation répétitive.

 

S’enivrer : vous voulez dire se soûler, se beurrer, se torcher ? Qui croit que se cuiter étanchera jamais une certaine soif peut cuver sans moi. Non que je sois moi-même toujours capable d’une telle économie vitale : je ne peux qu’envier les vrais épicuriens, puristes du plaisir mesuré. Comme la majorité des gens, sans doute, je goûte mal à la vie, faute d’un clair parti pris. Quand on ne peut contraindre ses appétits, au moins devrait-on avoir la ressource de les déchaîner à la façon rabelaisienne, buvant « pour la soif advenir et éternellement ».

 

Au lieu de quoi, nous buvons la plupart du temps sans authenticité ni conscience, rarement à la bonne mesure. Comment tirer philosophie de ce train médiocre ? Si les Dieux n’ont plus soif, c’est que nos libations ne les sollicitent plus. Les dieux antiques s’enivraient pour exalter le lyrisme surnaturel de leur état. En contrepartie, les hommes s’enivraient pour glorifier les dieux et participer à la griserie dionysiaque de la Création. C’était le temps héroïque des ivresses magiques. Dans un monde matérialiste, l’hydromel est un breuvage de dupe. Quant au sang du Seigneur, il y a belle lurette qu’il n’irrigue plus que les esprits complaisants envers un sacré de routine. Même la dive bouteille provoque des aigreurs aux derniers fidèles de Bacchus. Boire a été rabaissé à un acte social et économique, provoquant des injonctions hygiéniques dont le but déclaré est la préservation de l’équilibre de la Sécu. Pour le dire clairement, je me fous de la santé publique. Cette santé-là n’est qu’une affaire de statistiques pour laquelle les corps ont la minceur d’unités arithmétiques. Je préfère boire un corps vivant, chaud, frissonnant, éphémère, singulier. Le sacré, c’est la réalité de ce corps qui passe  si présent et bientôt éternellement absent. Je n’en vois pas d’autre. »

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