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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 09:35

 

Dans le cadre de la réforme de l’ENA, notre Macron pourrait exiger des futurs Inspecteurs des Finances qu’il sache faire cuire un œuf pour décrocher la peau d’âne.

 

Le grand jury de l’oral dirait alors « Va te faire cuire un œuf ! »

 

Vaste programme car « les œufs sont probablement les aliments les plus versatiles. On peut les déguster sous toutes les formes possibles et imaginables : pochés, mollet, sautés, au plat, à la coque, brouillés, cocotte, etc. »

 

Bref, la quadrature du cercle quasiment le dilemme de la poule et de l’œuf !

 

De plus, comme un « professeur de physique quantique a élaboré une équation à priori infaillible pour maîtriser la cuisson de l’œuf, ces futurs experts trouveraient là une beau sujet de glose.  

 

Pour continuer sur un registre sarcastique ceux qui exècrent notre jeune Président pourraient défiler avec des pancartes « Va te faire cuire un œuf ! » tout en balançant sur les forces de l’ordre casquées des œufs punais.

 

Un œuf punais. « Rome laissait encore quelque poésie à son cloaque et l'appelait gémonies; Paris insultait le sien et l'appelait trou punais. »

Victor Hugo, Les Misérables, t. 1, 1862, p. 516).

 

Aller se faire cuire un œuf

Éconduire sans ménagement

 

Origine : Expression française populaire qui se baserait sur sa formulation énergétique pour se débarrasser d’un opportun. Pourtant aucun auteur n’a pu trouver d’explications plausibles quant au rapport qui puisse exister entre le fait de cuire un œuf qui n’a rien de méprisable  au fait de conspuer quelqu’un. Pourtant, selon certaines interprétations, la marque de mépris aurait des connotations sexuelles et masquerait une allusion au chiffre neuf (9). Pour d’autres chercheurs, le fait d’aller se faire cuire un œuf serait le diminutif d’une expression plus longue à savoir « aller se faire cuire un neuf (9) à huit heures ce qui tendrait à exprimer l’impossibilité du phénomène.

 

Exemple d’utilisation : Henri Lefèvre-Pontalis le menace d’en référer à Louis Renault et le vendeur maintient son comportement, tout en conseillant au grand patron « d’aller se faire cuire un œuf » (D. Toussaint : Renault ou l’inconscient d’une entreprise)

 

Expressions françaises synonymes : Aller se faire voir (chez les grecs), aller au diable, lâcher la grappe

 

L'astuce géniale d'un scientifique pour cuire un œuf à la perfection ICI

Les œufs sont probablement les aliments les plus versatiles. On peut les déguster sous toutes les formes possibles et imaginables : pochés, mollet, sautés, au plat, à la coque, brouillés, cocotte, etc. Ils entrent également dans la préparation de bon nombre de recettes, de l'apéritif au dessert. Mais maîtrisons-nous tous leur cuisson ? Certaines cuissons de l'œuf relèvent d'un travail de minutie et d'attention pour obtenir le résultat escompté. Un professeur de physique quantique a élaboré une équation à priori infaillible qui pourrait bien nous simplifier l'existence.

 

Comment savoir combien de temps cuire ses œufs ?

 

En temps normal, on estime à six minutes environ le temps d'ébullition pour un œuf mollet, et à neuf pour qu'il soit dur. Mais même en suivant ces directives, il arrive parfois que l'on se retrouve au bout de 10 minutes avec un œuf au cœur encore coulant.

 

Et pour cause, cuire un œuf n'est pas une science exacte. Ou peut-être que si ?

 

Le physicien Miłosz Panfil a mis en place un système qui permet d'évaluer le nombre exact de minutes nécessaires à la cuisson de votre œuf en fonction de caractéristiques bien précises. Pour lui, à chaque œuf son temps de cuisson selon sa taille, sa température et l’altitude à laquelle vous vous trouvez.

 

Cuire ses œufs avec des maths

 

Si vous n'aimiez pas trop les maths à l'école, c'est peut-être le moment de vous y remettre. Dans ce problème, vous revenez du marché avez un œuf et avez moins d'une heure pour le cuire d'une des différentes façons possibles. Tout cela, à la perfection. Le physicien a élaboré une équation qui sert à déterminer les paramètres idéaux pour la cuisson d'un œuf, la voici :

 

t = m x K x log(rjb * (Tœuf - Teau)/(T - Teau))

 

Comme le rapporte Maxi Sciences, les données utilisées pour réaliser l'équation sont :

 

t = temps

m = masse

K = conductivité thermale de l’œuf

rjb = ratio jaune/blanc

Tœuf = température de l’œuf

Teau = température de l’eau

T = température entre le jaune et le blanc.

 

Lorsqu'un œuf cuit, c'est le blanc qui prend en premier, d'où l'intérêt de calculer la différence de température entre les deux. "Cette dernière doit être maintenue à 77°C maximum pour un œuf dur, afin d’éviter le mélange du sulfure d’hydrogène du blanc avec le fer du jaune", explique le site. Quel intérêt de connaître l'altitude ? Eh bien c'est simple. Plus vous êtes haut, plus la température ambiante est basse, et plus l'eau a du mal à être portée à ébullition. À très haute altitude, elle ne parvient pas à atteindre les 100 degrés (températures à laquelle l'eau bout). Tous ces paramètres entrent donc en considération dans le calcul du temps idéal pour la cuisson parfaite de votre œuf. Si vous êtes curieux de tester l'équation, sortez la balance et le thermomètre. Mais pas de panique, pas besoin d'une calculatrice, un calculateur en ligne est disponible ici pour avoir le résultat à la seconde près.

La poule est apparue avant l’œuf !ICI

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 06:00

 

L’avantage d’avoir fait mes études secondaires dans une école d’agriculture c’est que l’on m’y a enseigné les fondamentaux de l’agronomie, et dans nos travaux pratiques quotidiens, avec le frère Bécot, ce qui faisait que du raisin devienne du vin.

 

Ce n’était ni de l’idéologie, ni l’observance d’une religion, mais de la pratique.

 

La confusion savamment entretenue par la gente journalistique, les antis de tout bord, entre les pratiques dans la vigne et l’élaboration du vin permet d’éviter de se poser les bonnes questions, mais sert à disqualifier le camp d’en face.

 

Dans la vigne, comme dans toutes les cultures, l’émergence du Bio, puis de la biodynamie, est le résultat de l’intransigeance moderniste des sachants, leur cécité, leur surdité, leur absolue résistance face à une culture sous perfusion d’engrais et de pesticides,  confortée par les qui ne s’intéressaient qu’au vin, la presque totalité des amateurs et des critiques. Aller dans les vignes aurait sali leurs belles godasses.

 

Cette opposition frontale a eu pour résultat d’exacerber le goût que nous avons pour les guerres de religion, une forme de radicalisation qui a transformé le bio, et plus encore la biodynamie en des chapelles bien verrouillées par les nouveaux papes de la pureté originelle.

 

Très peu pour moi, ce qui compte, ce qui permet de prendre les bons virages, les bonnes orientations ce ne sont pas les anathèmes, les excommunications, c’est d’affronter la réalité et celle-ci est complexe, elle ne se réduit pas à des croyances.

 

Que des pratiques agronomiques plus soucieuses de l’environnement, de la vie des sols, des désirs des consommateurs, puissent se mettent en œuvre pour un produit non-essentiel, que l’on gargarise au terroir tous les jours que Dieu fait, ne relève pas de l’angélisme mais de l’intelligence économique, sociétale.

 

Pour autant, le vin issu de raisins biologiques ou biodynamiques, n’en déplaise aux détenteurs des tables de la loi, ne recèle pas une supériorité constatable sur celui issu d’une culture dite conventionnelle. Depuis que je m’intéresse à ces questions, je n’ai jamais trouvé d’études sérieuses sur ce sujet. Celles qui existent sont biaisées.

 

En effet, dans le chai, la boîte noire, les pratiques œnologiques modernes, les intrants pilotés par les œnologues et les marchands de poudre, y compris du côté des vins dit bios, sont déterminantes pour le goût du vin. L’affirmation exacte : « il n’y a plus de mauvais vin » à un avers qu’il faut avoir le courage de constater : ils se ressemblent comme des cousins-germains. Une caviste de mes amies m’avouait qu’après dégusté à l’aveugle un nectar du sibérien des PO, elle pensait avoir bu du Bordeaux.

 

Les amateurs de vin qui raillent les boissons alcoolisées ou non, pur produits industriels, reproductibles à l’infini, devraient se poser des questions  au lieu de disserter jusqu’à plus soif sur des différences qui n’existent que dans leur tête, la mémoire dégustative m’a toujours fait sourire.

 

Face à l’unanimité des sachants, les têtes de turc des amateurs et des journalistes furent les vins nu et surtout leurs fans, ceux qui proclamèrent qu’ils allaient faire avec eux la Révolution, prendre le pouvoir, changer le monde. Des rigolos, barbus, chevelus, des pas sérieux.

 

J’aime les vins nu mais je n’ai pas été affilié aux fans de Lénine, sceptique que je suis sur les minorités dites agissantes qui précèdent le bon peuple pour lui indiquer le bon chemin. Je suis un buveur de vin nature mais je suis stupéfait par la vitesse à laquelle, les nouveaux chefs de cette tribu ont transformé leur combat en gestion d’un fonds de commerce. Afin de d’étoffer la petite troupe, voir l’énorme succès du nouveau syndicat des vins fait nature, ils pratiquent l’annexion, le bio, la biodynamie, le nature dans le même sac. Ce qui me met encore plus en joie ce sont les nouveaux grands amateurs de vins nu qui versent dans le même travers que les Butane&Degaz : ils encensent tous les vins de leurs copains.

 

Du côté de la critique, qui se veut « sérieuse », même si elle est profondément conservatrice –je n’écris pas réactionnaire car, après tout le bio fut une réaction contre les excès des marchands de produits merveilleux – réduire les vins nu aux vins vinifiés sans soufre est pratique, ça lui permet de se refaire une virginité à bon compte, de prendre le sens du vent. Désolé mais un vin vinifié sans soufre n’est pas forcément un vin nature. 

 

Non monsieur Abellan (voir plus loin) la mode des vins alternatifs, n’est pas une mode et la culture bio  ou biodynamique ne concerne que le raisin, la confusion est commode mais elle ne traduit qu’un manque de rigueur scientifique.

 

Ambiguïté commode, en sortir, comme le notait Talleyrand, ne se fait qu’au détriment de ceux qui s’y complaisent.

 

Pour le petit monde du vin, bien étroit qui pratique l’entre-soi, je le cite encore « L’inertie est une vertu, l’activité est un vice… »

 

Tout ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux se réduit à un peu de vent dans les sarments des ceps de vigne *provoquant de minuscules tempêtes dans un verre d’eau ou de vin.

 

*« Du vent dans les branches de sassafras » René de Obaldia

 

Dans ma vie agricole j’ai toujours été fasciné par la prétendue supériorité de la viticulture sur toutes les autres formes de culture, élargir la focale, être curieux des autres, a conduit les grands chefs à déconstruire l’AOC, à ignorer l’évolution de nos sociétés, à se complaire dans une vision passéiste du vin. L’addition est au rendez-vous.

 

C’est signé d’un baby-boomer grand soutien à la consommation du vin qui regrette que les vins nu ne lui confèrent l’immortalité et qui a fait son temps, a tourné la page, et ce sera aussi le lot de beaucoup des conseilleurs actuels, qui ne font que gratter du papier, ils ont vécu. Qu’ils ne prennent pas à mal mes gratouillis, l’avenir est à la proximité et la proximité c’est : la ou le caviste indépendant qui déguste tous les vins qu’il vend, se déplace dans les vignes, tente de répondre aux souhaits de ses clients. À la différence des conseilleurs, s’ils se trompent, si ses clients ne la ou le suivent pas, c’est la clé sous la porte.

 

Pour illustrer mes propos iconoclastes : La LPV titre un grand débat de fond : Clap de fin pour le guide Bettane et Desseauve ?§ ICI 

 

Le grand et incomparable « Jérôme Pérez a répondu au sujet : Clap de fin pour le guide Bettane et Desseauve !

 

C'est évident que dans cette nouvelle culture de l'immédiateté, la rédaction devient obsolète.

 

Il faut se battre pour préserver le verbe attaché aux sensations. Bien mieux que des étoiles ou des pouces en l'air.

 

Et s'il y a en effet la paresse du lecteur, il y a en même temps la paresse du rédacteur qui va de concert. C'est bien la lutte de LPV : mais c'est pitié de voir d'anciens rédacteurs de talent se perdre dans les brumes de Facebook ou d'Instagram pour jubiler de leurs trophées photographiés avec ce qu'ils appellent des amis et qui ne viennent plus ici que pour prendre sans donner.

 

Quand Jacques Dupont étudie la biodynamie, ça fait des étincelles

Dimanche 27 décembre 2020 par Alexandre Abellan

 

[Article publié le 6 février 2020] Dans un dossier remarqué (« l’enquête qui pique » le 23 janvier dernier), le journaliste du Point s’est lancé à contre-courant de la mode des vins alternatifs. Revenant à la genèse des vins biodynamiques, il en fait tousser certains dans les allées du salon des vins de Loire et même s’étrangler derrière les stands de la Levée de la Loire ou de Demeter. ICI

 

 

 

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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 06:00

 

Le titre est un chouïa racoleur, je le concède, mais entre le mousseux de champagne de Lidl à 9,99 euros et le Champagne Salon 2008, à 7.500 euros, je ne choisis pas. Mon champagne à moi ne baigne pas dans ses eaux-là (excellente liaison), mais comme  je ne suis pas d’humeur légère en ce temps de couvre-feu je garde le nom de mon chouchou préféré que j’achète chez ma caviste préférée, Pax le sait.

 

 

En ce moment Lidl fait du rentre-dedans à la Télé, à la radio, le hard-discounter fait pattes douces, avec dit-il « le meilleur du moins cher »

 

Bon plan : Ce champagne LIDL à moins de 20 euros est classé parmi les meilleurs.

 

« Dès la fin du mois d'Octobre, vous pourrez retrouver dans les rayons de LIDL un délicieux champagne rosé à un prix défiant toute concurrence. 15.99 euros seulement !

 

Le champagne Comte de Senneval a été dégusté par le jury du guide des vins Hachette et a été retenu parmi les meilleurs.

 

Au total, 12 bouteilles vendues chez LIDL ont été classées dans le guide Hachette des vins. Un gage de qualité non négligeable qui prouve que les meilleures bouteilles ne sont pas nécessairement les plus chères. »

 

 

 

Et pendant ce temps-là, Le Particulier pour BoursoraMag  le 25/12/2020 nous fait le coup des 5 champagnes les plus chers du marché ICI 

 

Des marques bien sûr : 2 de Nanard Krug et Dom Pérignon, 1 de Laurent-Perrier, 1 de Roederer et une petite dernière pour faire joli Armand de Brignac qui plaît à Jay-Z.

Champagne Salon 2008 Blanc

N°1: Champagne Salon 2008, 7.500 euros

 

Salon, propriété de Laurent-Perrier, est un champagne exclusif issu d'un seul cépage (le Chardonnay), d'un seul terroir (Le Mesnil-sur-Oger) et d'une seule année, uniquement un grand millésime. La production de cette petite maison est confidentielle, de l'ordre de 30.000 à 50.000 bouteilles, suivant les années. Et en 2008, elle le fut plus encore qu'à l'habitude.

 

Pour sublimer ce côté exceptionnel, Didier Depond, le président de la maison, a décidé de ne le commercialiser qu'en magnum (1,5 litres). Il en sera produit uniquement 8.000. Mieux, ces flacons hors norme ne sont proposés qu'en caisse œnothèque, où chaque magnum de 2008 est accompagné d'une bouteille de 2004, de 2006 et de 2007.

 

N°2: Krug Clos d'Ambonnay 2002, 2.795 euros

 

La maison Krug fut longtemps familiale avant de tomber en 1999 dans l'escarcelle du groupe LVMH. Elle est connue des amateurs pour sa vinification sous-bois dans des petits fûts de 205 litres issus de chênes de la forêt d'Argonne.

 

En 1995, la maison créa la cuvée du Clos d'Ambonnay, une petite parcelle de 0,68 hectares de pinot noir située en plein cœur du village d'Ambonnay. Cela en fait l'un des vins les plus rares de champagne.

 

Le 2002 (aujourd'hui commercialisé) n'est que le cinquième millésime de cette cuvée. Pour les amateurs, qui préfèrent le blanc de blancs (exclusivement issus de Chardonnay), la maison Krug propose le Clos du Mesnil, un champagne issue d'une parcelle de 1,84 hectares située dans le village du Mesnil-sur-Oger.

 

N°3: Cristal Vinothèque 1999 rosé, 2.000 euros

 

La maison Roederer a créé la cuvée Cristal en 1876 à la demande du Tsar Alexandre II, qui cherchait un champagne exclusif. La légende veut que ce dernier, craignant d'être la victime d'un attentat ou d'un empoisonnement, exigea une bouteille transparente pour que l'on puisse s'assurer que le flacon ne contienne rien d'autre que du champagne, et à fond plat, pour que personne ne puisse y cacher un engin explosif. Il faudra toutefois attendre 1924 pour que cette cuvée soit commercialisée partout dans le monde.

 

Chaque bouteille passe environ 8 ans en cave avant d'être commercialisée. Toutefois, pour satisfaire les amateurs exigeants, Jean-Baptiste Lécaillon, le chef de cave de la maison Roeder, a décidé en 2017 de mettre sur le marché quelques flacons ayant patienté plus de 20 ans dans les crayères de Reims. Ce fut tout d'abord le 1995 qui fut présenté. Cette année, le millésime 1999 est donc à l'honneur, en brut comme en rosé. Bien sûr, l'expérience est exclusive (1.000 euros le Cristal vinothèque brut 1999, 2.000 euros le Cristal vinothèque rosé 1999). Mais c'est le prix de la rareté.

 

Dom Perignon 1995 Rose Plenitude 2 - P2 - Buy Champagne same day 2 hour  delivery

N°4: Dom Pérignon, Plénitude P2 Rosé 1995, 1.670 euros

 

On dit de Dom Pérignon, le plus célèbre des moines bénédictins né en 1638, qu'il fut l'inventeur du champagne. Sa véritable histoire diffère sans doute largement de cette légende, mais ce nom est désormais associé à l'une des cuvées de champagne les plus célèbres au monde.

 

Il fait même un tabac au cinéma. James Bond version Sean Connery en est un grand amateur. Et dans le générique de début du film de science-fiction Star Treck Génération, un vaisseau spatial est baptisé au Dom Pérignon millésime 2265.

 

La maison, propriété du groupe LVMH, fut la première a proposé aux amateurs une petite collection de vins anciens ayant passé plus de temps en cave. Richard Geoffroy, l'ancien chef de cave, avait ainsi remarqué que ses champagnes bénéficiaient de plusieurs périodes de dégustation idéales. Il en identifia trois: la première (plénitude), obtenue après environ 9 ans de cave, qui lui permet de révéler sa jeunesse, la deuxième (P2), qui incarne selon ses dires «l'énergie de la métamorphose» après environ 15 ans de cave, et enfin la troisième (P3), lorsqu'au bout de 25 à 40 ans, le vin n'évolue plus que très lentement.

 

N° 5: Armand de Brignac, Blanc de Blancs, 882 euros

En 2006, dans le clip de la chanson «Show me what you got», on voit le rappeur Jay-Z jouer au poker et refuser dédaigneusement une bouteille de champagne de Cristal, lui préférant un flacon d'Armand de Brignac. La marque est alors inconnue tant du grand public que des amateurs. La séquence dure à peine quelques secondes, mais elle suffit à propulser Armand de Brignac au premier plan. Dès lors, les stars américaines s'arrachent ce champagne.

 

La bouteille est immédiatement reconnaissable: métallisée et flanquée d'une étiquette en étain en forme d'as de pique. «Ace of Spade», sa traduction anglaise, est d'ailleurs devenu son surnom outre-Atlantique». Le vin se décline désormais en plusieurs cuvées (brut, rosé, demi-sec, blanc de blancs et blanc de noirs), le tout dans une petite production d'à peine 100.000 bouteilles. Le vin est élaboré par la maison Cattier, située à Chigny-les-Roses. Depuis 2014, Armand de Brignac est devenu la propriété de Shawn Corey Carter, qui n'est autre que Jay-Z lui-même.

 

 

 

 

Bouteille en or | Bouteille, Vins et spiritueux, Bouteille d alcool

LA FOLLE HISTOIRE D’ARMAND DE BRIGNAC, LE CHAMPAGNE « LE PLUS CHER AU MONDE » ICI

Lancé en 2006, immédiatement adoubé par Jay Z qui rachètera la marque quelques années plus tard, le champagne Armand de Brignac, parfois désigné comme étant « le plus cher au monde » n’en finit plus de faire parler de lui. Nous vous racontons sa folle histoire.
  • Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
    Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
  • Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
    Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
  • Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
    Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
  • Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
    Dans les caves d'Armand de Brignac, à Chigny-les-Roses en Champagne © DR
 
 

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 09:05

 

Le quotidien l’Union a publié le 27/12/2020 un article titré :

 

Bouilleur de cru pendant 47 ans à Corroy, il prend sa retraite

 

A 80 ans, Serge Poncelet prend sa retraite de distillateur d’eau-de-vie, après des décennies de labeur et de passion.

 

BARBONNE-FAYEL (MARNE) CORROY (MARNE)

 

Inexact la preuve ICI 

 

14 janvier 2009

L’art de la goutte : « Ni la tête ni la queue »

 

Mon père, Arsène Berthomeau, possédait un alambic mobile, il était un « bouilleur ambulant », son père, mon grand-père Louis,  propriétaire de quelques ares de vignes, en vertu de ce qu’il qualifiait du « droit de bouillir » ses lies*, une liberté fondamentale à qui les opposants, qui considérait ce droit comme une tolérance, donnait le nom de privilège, le fameux « privilège des bouilleurs de cru ». Louis Berthomeau était donc un « bouilleur de cru ». Mon père installait son alambic dans un atelier public établi en un lieu déclaré aux Indirectes, généralement près d’un point d’eau où l’on déversait les effluents). Donc la « goutte » je connais, les 10 ter, « la volante », les bonbonnes et les baricauts de gnôle issus de droits de défunts (le privilège n’était pas transmissible après les lois Mendès-France) en transit dans le grenier, le petit doigt sous le mince filet translucide, la vapeur de l’alambic dans les petits matins d’hiver, les briquettes de coke dans la gueule rougeoyante de la chaudière, la canadienne de mon père, le casse-croute sur le pouce des hommes…

 

 

 

* (tout propriétaires, fermiers, métayers ou vignerons pouvait distiller des vins, des cidres ou poirés, marcs, lies, cerises, prunes et prunelles provenant exclusivement de leur récolte personnelle à la condition de ne pas se livrer au commerce des alcools)

 

29 mars 2018

 

La canadienne du père Arsène bouilleur ambulant lorsqu’il distillait la goutte avec son alambic mobile ICI

 

 

Précision : Mon père, Arsène Berthomeau, exerçait la profession de bouilleur ambulant, du fait que nous avions des vignes il était aussi bouilleur de cru.

 

 

Le « privilège des bouilleurs de cru » a été supprimé en 1959 et ce droit s'éteint au décès des derniers détenteurs : il ne s'agit donc pas de la fin du bouilleur de cru, mais de la fin de son exonération, un privilège instauré par Napoléon pour ses grognards. Pas à l'individu mais au terrain dont il était propriétaire. Puis son fils, à son tour, et ainsi de suite.

 

 

Pierre Mendès-France, en 1959, a pris la décision par la voie législative, dans le cadre d'un plan national de lutte contre l'alcoolisme, de limiter la quantité d'alcool pur à 1 000 degrés, c'est-à-dire vingt litres d'eau de vie à 50 degrés par client et sans taxe. Une taxe importante était alors appliquée sur les litres supplémentaires. Ce privilège avait été accordé à celles et ceux qui avaient produit de l'eau de vie avant 1959 mais malheureusement n'était plus valable après la mort des ayants droit et non transmissible aux enfants.

 

 

 

Les distillations à domicile sont interdites. Les bouilleurs de cru doivent donc distiller ou faire distiller pour leur compte dans un atelier public ou dans les locaux des associations coopératives de distillation ou chez le bouilleur de profession dans les conditions fixées par l'administration des Douanes et des droits indirects. Les conseils municipaux ou les syndicats agricoles peuvent demander que soit ouvert au moins un atelier public de distillation par commune.

 

Massognes - L'alambic ambulant - Carte postale ancienne et vue d'Hier et  Aujourd'hui - Geneanet

Il était une fois… Le destin de « Bobosse », trafiquant de calva et rêveur au long cours

 

Par Philippe Broussard

Publié le 19 octobre 1994 

ENQUÊTE

 

Trésors du « Monde ». Chaque dimanche, nous exhumons de nos archives un article marquant. Aujourd’hui, le portrait d’un personnage haut en couleur, décédé en 1994 : Honoré Boissière. En Normandie, il vendait de l’alcool artisanal, et bricolait d’improbables rafiots pour voyager.

 

Cet article est paru dans Le Monde du 19 octobre 1994

 

Ses copains le surnommaient « Bobosse ». Ils trouvaient ça moins guindé qu’Honoré, mieux ajusté à la carrure du bonhomme. On ne peut courir le monde, défier la maréchaussée et s’appeler Honoré. Autant s’affubler d’un surnom sur mesure, paré pour l’aventure et l’anticyclone des Açores. Lui, l’ami Boissière, soixante-dix ans et un destin de roman, c’était donc Bobosse, Bobosse d’Ouistreham, trafiquant de « calva », rêveur au long cours, flibustier aux cheveux blancs qui vendait la « goutte » pour bricoler ses rafiots et filer loin, très loin, par-delà le Cotentin.

 

 

Parvenu à bon port dans les mers à 30 °C, il écrivait des cartes postales, des petits bonheurs de bout du monde, avec des filles tout sourire et du soleil entre les lignes. Quand il sortait un thon, il en était si fier, ce vieux brigand, qu’il envoyait une photo de la bête. Mais l’autre matin, à l’heure du premier café, le téléphone a sonné au Coin du port, le bistrot des fidèles, à Ouistreham. A l’hôpital de Fort-de-France, Bobosse venait de lever l’ancre. Triste fin pour un baroudeur qui espérait sombrer par gros temps à la barre de son voilier.

 

 

A sa façon, Honoré Boissière était une gloire locale sur la Côte de nacre. Sa vie, en partie révélée par un long reportage du réalisateur Rémi Mauger pour France 3 Normandie, est de celles qui se content à mots gaillards, entre gens de mer et d’amitié : l’enfance, dans une famille d’ouvriers agricoles ; l’adolescence, avec l’Occupation et le débarquement ; l’armée, en Indochine. Et la suite, surtout la suite : l’usine, le calva, la prison, l’océan.

 

 

« Je ferai le tour du monde »

 

Au départ étaient donc l’usine et ce boulot d’ajusteur-outilleur appris sur le tas, en « fils de prolo », comme il disait. De Saïgon et du Mékong, il causait peu. Une « erreur de jeunesse », à l’entendre. Il préférait d’autres luttes, contre les patrons, pour les ouvriers. Permanent à l’union départementale de la CGT, il fut de toutes les mêlées des années 1960. « A Bobosse, rien d’impossible ! », rigolaient les camarades en le voyant foncer, tête baissée, persuadé que le meilleur chemin d’un point à un autre restait la ligne droite.

 

 

Il avait son caractère, genre fort en gueule et franc du collier. Il adorait déjà les bateaux, des coques de noix qu’il bichonnait à ses heures perdues. Il les baptisait à la faucille : l’Unité, la Fraternité… Mais personne ne le croyait trop quand il promettait : « Je ferai le tour du monde. »

 

 

Et la retraite arriva. 5 500 francs par mois. Une misère pour cet appelé du grand large. Manière de financer ses défis, il se fit donc trafiquant de calvados, un métier à risques, pratiqué par les patriarches du Bocage, le père Lariflette ou encore Edmond, dit « l’Ancêtre ». Fallait avoir ses entrées dans les fermes du « triangle d’or » du calva (Vire-Villedieu-Domfront) et convaincre les producteurs de brader leurs surplus. Comme les autres, il avait ses réseaux, une confrérie de paysans sans façon qui buvaient le coup et ne lésinaient pas sur les degrés. Il repartait le coffre plein, des bidons de 20 litres. 70, 72 degrés. Une boisson d’hommes, pour sûr.

 

 

A la revente aussi, il savait y faire. L’été, il visitait les campings. De bons clients, les vacanciers : 300 à 400 litres en trois heures de temps ! L’hiver, il sillonnait le pays, de Grenoble à Lille, démarchait les comités d’entreprise et les particuliers. A Ouistreham, il ravitaillait les ouvriers, sur les chantiers du port. Avant le premier coup de pioche, il était déjà là, coffre ouvert, verre en main.

 

 

Effluves suspects

 

Bobosse a été arrêté sept fois. Question de malchance ou de maladresse. Un jour, les gendarmes le cueillent au pied du pommier qu’il vient de provoquer. Un autre, il s’enlise en filant à travers champs. Il allume une fusée de détresse et fait flamber sa voiture. Les pandores flairent des effluves suspects, demandent ce que contenaient les bouteilles noircies. « De l’air ! », réplique le corsaire du Bocage. Au total, il a sacrifié ainsi quatre véhicules, des Citroën, « à cause des bonnes suspensions ».

 

 

En mars 1990, il parvient enfin à larguer les amarres. L’Espérance 1, voilier de bric et de broc, brave les interdits de navigation et le mène en Espagne, aux Canaries, au Sénégal. Honoré Boissière voit du pays, engrange des souvenirs pour ces nuits à fond de cale. Mais le périple prend fin le 23 février 1991, sur un récif plus têtu que lui, au large de Belem (Brésil). L’Espérance 1 coule en dix minutes, emportant le journal de bord, les photos, le matériel. Rapatrié en mars 1991, il découvre la prison. Pas bien longtemps : deux mois. Il écrit aux copains : « Me voilà à l’ombre. De la fenêtre, on voit des nanas. » Des « nanas », mais pas la mer.

 

 

L’homme est opiniâtre. A sa sortie, il reprend le chemin des fermes, réactive ses réseaux. Son nouveau bateau s’appellera l’Espérance II. Un autre chalutier sauvé de la casse et transformé en voilier blanc. Bobosse bricole le jour, la nuit, dort dans un camping-car ou chez un ami. Casse-cou, il risque quelques sorties en mer, des escapades à sa façon : droit devant. Le 10 juin 1992, un jour d’inattention, il heurte la coque d’un cargo. L’Espérance II s’en sort avec des égratignures.

 

 

Les « copains d’abord »

 

Quand la « goutte » lui vaut des misères judiciaires, Honoré ose des tirades à la Bobosse : « Vous n’avez pas devant vous un bandit, un assassin ou un voleur, pas même un délinquant. Vous avez devant vous un homme qui a lutté et qui continue de se battre avec ses moyens pour tenter de réaliser un vieux rêve : sillonner les mers. » Car il veut repartir. Oublier les amendes. Revoir les Antilles, ses « potes » des tropiques. Nouvelle traversée, la belle vie, « la tête au soleil, les pieds dans l’eau ».

 

 

Le 23 février 1994, à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, les fidèles d’Ouistreham se cotisent pour lui offrir l’avion. Il passe deux semaines en Normandie, le temps d’embrasser ses petits-enfants et de faire la fête avec ses amis marins, une bande à la Brassens, des « pères peinards » façon Les Copains d’abord. Il leur parle des îles, des poissons, des pirates, de la mouette qu’il a sauvée, mais pas de politique, ni des patrons, parce que ça le met « toujours en rogne ».

 

 

Ce sera son dernier séjour au pays. Hospitalisé après un malaise au Venezuela le 21 septembre, il est ensuite évacué vers Fort-de-France, où il décède le 3 octobre. Quatre jours plus tard, il est enterré à Caen. Son bateau, lui, est toujours amarré là-bas, au terminus des rêveurs.

 

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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 08:00

 

Ceci n’est pas une bibliothèque de notices nécrologiques.

 

En effet, on meurt même la veille de Noël à 98 ans.

 

Mort d’Ivry Gitlis, le violoniste aux semelles de vent. ICI

 

Beau titre  de la notice du Monde

 

Longtemps Ivry Gitlis aura été considéré comme l’une des réincarnations possibles de Paganini. Il en possédait le charisme intense, le jeu extraverti et la virtuosité diabolique : le grand violoniste israélien, qui professait qu’« une belle fausse note d’un grand musicien vaut mille notes justes de n’importe qui », est mort ce 24 décembre à Paris, à l’âge de 98 ans.

 

Son jeu, passionné et fougueux, d’une vitalité vagabonde, ouvrait sur des paysages aux teintes âpres, parfois torturées.

 

Le jour de son premier violon. Jour béni d’avant le commencement des tyrannies. « Le violon et moi, c’est une histoire d’amour que j’ai ressentie comme un despotisme dès que les autres s’en sont emparés », avouait-il sans ambages. Révolté d’emblée.

 

« En sortant à 13 ans du Conservatoire de Paris, j’avais appris tout ce qu’il fallait ne pas apprendre. Jusqu’à 17 ans, je me suis demandé : “Pour qui ? Pour quoi jouer ?”

 

Qu’en penses-tu Jean-Yves ?

 

Artiste atypique, en rupture avec les us du milieu classique – qu’il préfère fréquenter à la marge, nonobstant quelques affinités électives –, il participe avec Yoko Ono au Rock and Roll Circus, concert filmé des Rolling Stones, en 1968. On le voit aux côtés d’Eric Clapton et de John Lennon, mais aussi de Stéphane Grappelli, Dizzy Gillespie, Léo Ferré. Avec sa grande amie Martha Argerich, il a joué jusque dans les années 2010, notamment au festival de Lugano (Suisse), que dirigeait la grande pianiste, où il livra en juin 2006 l’une de ses dernières interprétations de la Sonate de César Franck, la crosse du violon délicatement posée sur le bord du piano de Sergio Tiempo.

 

Il multiplie les occasions de s’adresser aux enfants. « Depuis 1967, je vais tous les ans en Afrique pour faire de la musique avec les griots. Dans la brousse, il n’y a pas de piano, alors je joue du Bach et du Bartok », disait-il avec malice.

 

« Au-delà de l’émotion, je pense qu’il est important de transmettre au public un tel héritage de beauté, en ces temps de manipulation idéologique qui voient s’obscurcir les intelligences, se relever les intolérances et renaître des discours de haine que nous n’avons que trop connus »

 

Décès d'Ivry Gitlis, violoniste virtuose et personnalité attachante du monde classique ICI 

 

 

Il sera resté jusqu'au bout une source d'inspiration pour les jeunes générations, comme pour les amis qu'il côtoyait, de Martha Argerich à Renaud Capuçon. Ces deux derniers lui avaient encore rendu visite il y a deux semaines. «Dès qu'il voyait d'autres musiciens, son regard s'illuminait, témoigne Renaud Capuçon. Et il aura continué à jouer presque jusqu'au bout! On s'est appelé ce matin avec Martha. Pour elle comme pour moi c'est un monde qui disparaît. Outre l'incandescence de son jeu, et le fait qu'il était l'un des seuls dont on pouvait reconnaître le jeu en deux notes, pas trois, il était l'un des tout derniers à avoir traversé le XXe siècle, et nous parlait encore ces derniers jours de Jascha Heifetz avec une précision sidérante.»

A 96 ans, Ivry Gitlis fascine toujours autant

Le grand maître Ivry Gitlis a définitivement rangé son Stradivarius ICI

 

 

 

Sébastien Porte

Publié le 24/12/20

Il était généreux, flamboyant, et n’hésitait pas à casser les codes de la musique classique. Le violoniste est mort à 98 ans ce 24 décembre, après une longue carrière riche en aventures.

 

C’est un immense violoniste qui vient de s’éteindre ce jeudi 24 décembre. Dans la tradition des grands maîtres du XXe siècle. De la trempe d’un Menuhin, d’un Oïstrakh, d’un Enesco. Classique mais jamais conformiste, virtuose mais libre de tout académisme, Ivry Gitlis, à 98 ans, a rangé pour de bon son Stradivarius dans sa boîte, après une longue, intense et aventureuse carrière. Une carrière qui, à l’instar de sa discographie, aura été tout sauf traditionnelle. S’il fut l’invité des ensembles symphoniques les plus prestigieux de la planète, il aimait aussi partager des moments musicaux avec des partenaires aussi éclectiques que le pianiste de jazz Oscar Peterson, le trompettiste Dizzy Gillespie, le mime Marceau ou le chanteur Youssou N’Dour. On l’a vu aussi faire le bœuf avec Eric Clapton, Keith Richards, John Lennon et Yoko Ono dans The Rock and Roll Circus, projet musical des Rolling Stones filmé en 1968, ou encore donner la réplique à Michel Legrand sur Les Moulins de mon cœur.

 

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25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 06:00

 

Alain Souchon chante « On avance, on avance, on avance


C'est une évidence


On a pas assez d'essence


Pour faire la route dans l'autre sens


On avance


On avance, on avance, on avance


Tu vois pas tout ce qu'on dépense On avance


Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense


Il faut qu'on avance

 

Pour le glyphosate round-upien aussi, comme Félicie dans la chanson de Fernandel.

 

1 - SYNTHÈSE DU RAPPORT DE LA MISSION D’INFORMATION COMMUNE SUR LE SUIVI DE LA STRATÉGIE DE SORTIE DU GLYPHOSATE 15 DECEMBRE 2020 MISSION D’INFORMATION COMMUNE SUR LE SUIVI DE LA STRATÉGIE DE SORTIE DU GLYPHOSATE ICI

 

Synthèse Vitisphère ICI 

 

Voir passer le train en Normandie - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de  l'unité normande

 

2- Environnement : la SNCF a enfin trouvé son alternative au glyphosate pour désherber les voies par Sudouest.fr avec AFP

Publié le 18/12/2020 

 

Grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords, la SNCF a enfin trouvé une alternative, un herbicide composé à plus de 95% d’acide pélargonique (produits naturels)

 

"On a trouvé une solution!" Soulagement à la SNCF, qui cherchait depuis plusieurs années une alternative abordable au glyphosate, dont elle est une grande utilisatrice pour désherber ses voies et leurs abords immédiats.

 

35 à 38 tonnes de glyphosate par an

 

Pour SNCF Réseau, désherber constitue un impératif de sécurité: la végétation pourrait retenir l’eau et déformer la plateforme (et donc les rails) de ses 30 000 km de lignes. Les touffes d’herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l’écartement des voies ou perturber les tournées d’inspection des cheminots.

 

Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et le cas échéant évacuer les voyageurs en cas de problème.

 

Pour occire cette végétation indésirable, des "trains désherbeurs" passent au printemps. Ils aspergent les voies et les pistes d’une solution à base de glyphosate, un produit accusé de provoquer des cancers.

 

La SNCF en utilise entre 35 à 38 tonnes par an, ce qui en fait la plus grande utilisatrice de France… avec 0,4% du total.

 

Train Strasbourg Port Bou-Nice. La SNCF fait son mea culpa

 

Généralisation en 2022

 

Le groupe public s’est lancé dans la recherche d’alternatives au glyphosate depuis 2016, dans la perspective d’une interdiction du produit. Et l’annonce de l’arrêt de son utilisation fin 2021 commençait à donner des sueurs froides à ses ingénieurs… et aux comptables, alors que SNCF Réseau manque de moyens pour entretenir le réseau.

 

« On a trouvé une solution qui reste herbicide", explique Jean-Pierre Pujols, responsable de la maîtrise de la végétation chez SNCF Réseau.

 

« On va commencer à utiliser ce nouveau mélange l’année prochaine, et le généraliser en 2022 », ajoute-t-il.

 

Il s’agit d’un produit composé à plus de 95% d’acide pélargonique, un produit de biocontrôle (utilisant des produits naturels) et d’une molécule de synthèse de la famille des sulfonylurées, « puisque l’acide pélargonique seul ne fonctionne pas », détaille-t-il.

 

"Ça donne un mélange qui s’approche du glyphosate sans l’atteindre », ce qui imposera de passer deux fois par an avec des matériels plus précis.

 

Plus cher et plus visqueux la suite ICI 

 

Mon propos à propos du passe-temps des vaches est fondé : Le mélange sera uniquement utilisé sur les voies et les pistes, mais pas sur leurs abords—à plus de 3 mètres, à proximité des habitations—, qu’il faudra faucher, conformément à la récente loi Egalim.

 

À plus long terme, « on essaie de trouver des solutions qui nous permettraient de sortir des produits phytosanitaires de synthèse », note Jean-Pierre Pujols.

 

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24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 06:00

 

Je plaisante à peine « Évidemment, si l’on vous dit qu’il y a de l’ALC-0159 et du phosphate dibasique de sodium déshydraté dans le vaccin contre le coronavirus des laboratoires Pfizer/BioNTech, ça ne va pas beaucoup vous aider. Si l’on vous dit qu’il y a des lipides, un peu de sel, du sucre et de l’eau, ça sera déjà plus clair. Allons donc jeter un œil à l’intérieur d’un petit flacon de vaccin anti-Covid. »

 

Un peu de sel, des matières grasses, du sucre : voici ce que contient le vaccin anti-Covid de Pfizer ICI

Ouest-France Hervé HILLARD. le 16/12/2020 

 

Vous voulez connaître la composition du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech ? C’est très facile : il suffit de deux ou trois clics sur Internet, car tout est en accès libre, par exemple ici, sur le site de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. C’est très facile, mais c’est aussi horriblement compliqué : les noms des ingrédients sont abscons pour le commun des mortels. Si l’on se penche sur leur « traduction » en langage courant, comme l’a fait Futura Sciences , tout devient beaucoup plus clair.

 

Allons donc voir ce qu’il y a dans une petite fiole de vaccin anti-Covid.

 

Le principe actif

 

Et on va bien entendu commencer par le principe actif. Un principe actif, c’est une substance qui possède des propriétés thérapeutiques – elle sert à la « guérison ». Pour un vaccin, c’est un antigène particulier, spécifique au type de virus dont on veut protéger le corps.

 

En l’occurrence, comme on l’a déjà vu, le vaccin Pfizer/BioNTech (comme celui de Moderna) utilise la technique de l’ARN messager (ARNm). Cette technique innovante fait appel à l’acide ribonucléique (ARN), proche de l’ADN. Comment ? Grâce à un « messager » que l’on injecte au patient et qui va transmettre des instructions génétiques à ses cellules. Objectif : que celles-ci fabriquent elles-mêmes un antigène du coronavirus, afin de déclencher une réponse du système immunitaire.

 

Fabriqué en laboratoire, ce messager s’insère donc (pacifiquement) dans la machinerie de nos cellules pour leur faire fabriquer des antigènes spécifiques du coronavirus.

 

Ces antigènes, inoffensifs en eux-mêmes, vont être libérés par nos cellules et livrés au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps. Ces anticorps vont ensuite rester, montant la garde, capables de reconnaître et de neutraliser le coronavirus s’il venait à nous infecter.

Une fois lu, l’ARN messager est rapidement éliminé. En aucun cas il ne peut être « intégré » à l’ADN de nos cellules.

 

Les lipides

 

Seulement voilà, on ne peut pas injecter tel quel un petit code génétique dans l’organisme d’un être humain : il serait immédiatement détruit dans le milieu extracellulaire, indique Futura Sciences. On l’habille donc d’une enveloppe de lipides, de matières grasses, qui favorisent sa pénétration dans nos cellules.

 

La composition de ces particules, d’environ 100 nanomètres de diamètre (un millimètre divisé par 100 millions), est propre à chaque laboratoire.

 

Ce sont ces matières grasses qui donnent au liquide du vaccin un aspect blanc à blanc cassé.

 

Les sels

 

Eh oui, il faut rajouter du sel à la recette. Le vaccin de Pfizer en contient quatre différents, dont l’un n’est autre que du banal sel de cuisine (chlorure de sodium). Pas pour donner du goût, évidemment, mais pour équilibrer le pH (la salinité ou l’alcalinité) de la solution, afin qu’elle se rapproche le plus possible du pH naturel de notre corps.

 

Toujours dans le même but : augmenter l’acceptabilité du vaccin par l’organisme.

 

Le sucre

 

Des lipides, du sel, et maintenant du sucre : on se dit que ce n’est pas vraiment équilibré comme menu. Ici, le saccharose est utilisé pour deux raisons : servir de conservateur (comme le sucre des confitures pour les fruits) et éviter que les nanoparticules du vaccin ne se collent entre elles durant la congélation.

Précisons que les vaccins à ARNm n’ont pas besoin d’adjuvants, contrairement aux vaccins classiques. Toujours ça de gagné.

 

L’eau

 

Enfin, et évidemment, pour lier le tout, il faut de l’eau.

 

Quid des effets secondaires ?     

 

Vu la liste des ingrédients, il apparaît que les effets secondaires sont surtout le fait du principe actif souligne Futura Sciences. Et, vous vous en souvenez peut-être, deux personnes ont fait une grave réaction allergique à l’injection du vaccin de Pfizer au Royaume-Uni. On en ignore encore la cause exacte.

 

Dans la foulée, l’Agence britannique de régulation du médicament a publié une mise en garde déconseillant aux personnes ayant des antécédents de crises allergiques aiguës de se faire vacciner. Le Canada a fait de même.

 

La liste détaillée et publique des ingrédients ne suffira pas à éviter les problèmes qui ne manqueront pas de se poser lors des vaccinations de masse.

 

Image

 

 

SOINS

 

 

 

 

 

Les formulations de Moderna et de Pfizer/BioNTech contiennent chacune des matières grasses, un principe actif, des sels et du sucre. Chaque composé joue un rôle essentiel et est largement accessible au sein de l’industrie ICI 

 

Richard Etienne  

Publié vendredi 18 décembre 2020
 

Un comité consultatif d'experts a recommandé, jeudi, l'autorisation d'urgence aux Etats-Unis du vaccin de la société Moderna. Après cet avis non contraignant, ce sera à l'agence américaine des médicaments (FDA) d'accorder son feu vert, ce qui devrait intervenir très rapidement et ferait de Moderna le deuxième vaccin à être autorisé dans un pays occidental.

 

Les vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech sont à ARN messager (ARNm), une technologie étudiée depuis des décennies mais qui n’avait jamais été mise sur le marché avant le 8 décembre dernier, quand la campagne de vaccination de Pfizer/BioNTech a débuté au Royaume-Uni. Elle consiste à transmettre à des cellules du corps humain un code génétique, l’ARNm, qui permet aux ribosomes de synthétiser une protéine à même de déclencher une réponse immunitaire face au virus.

 

Le vaccin de Moderna contient, en plus d’un principe actif, quatre types de lipides et des additifs comme des sels et du saccharose, un sucre. La liste des ingrédients du vaccin de Pfizer/BioNTech est similaire. Les proportions et les recettes, tenues secrètes, doivent par contre différer.

Nombreux lipides

 

Prenons l’exemple de la formulation de Pfizer/BioNTech. Elle repose sur la construction d’un assemblage supramoléculaire contenant le principe actif (BNT162b2, une séquence d’ARNm) et des lipides. L’architecture de base de cet assemblage se présente sous la forme de particules de dimensions nanoscopiques (de l’ordre d’un dixième de millionième de mètre). L’enveloppe de ces nanoparticules est composée de deux lipides, un phospholipide et du cholestérol et se présente sous forme d’une membrane similaire à celle d’une cellule biologique anodine.

 

 

Bas du formulaire

Un troisième lipide, recensé sous l’abréviation ALC-0315, possède des groupes aminés capables de présenter une charge positive: ces lipides cationiques s’associent à l’ARNm (car il est chargé négativement), ce qui facilite l’incorporation de l’ARNm dans les nanoparticules lipidiques et sa délivrance au sein du cytoplasme cellulaire. Un quatrième lipide (ALC-0159) comporte notamment un polymère hydrophile qui stabilise les nanoparticules.

 

Ces nanoparticules lipidiques (LNP) évoluent dans un milieu aqueux, dit tampon phosphate salin, composé de chlorure de sodium, de dihydrogénophosphate de potassium, d’hydrogénophosphate de sodium et de chlorure de potassium. Ces différents sels permettent de contrôler l’acidité du milieu, à une valeur proche de la neutralité.

 

On y trouve aussi une grosse quantité de saccharose. Ce sucre cryoprotectant permet au vaccin d’être conservé à basse température sans risque qu’il ne se détruise, en particulier lors de sa décongélation. Le vaccin de Pfizer/BioNTech peut ainsi être conservé à -70°C. Le saccharose s’associe aux molécules d’eau et les empêche de former des cristaux de glace. Elles restent dans un état vitreux préservant l’organisation des lipides et de l’ARNm au sein des LNP.

Le rôle des nanoparticules lipidiques

 

Les LNP servent de transporteur non toxique pour l’organisme et de protecteur de la substance active lors de son administration. La substance active (l’ARNm) est ainsi véhiculée jusqu’au compartiment intracellulaire selon un processus dit d’endocytose (inclusion de la nanoparticule entière dans un endosome, sorte de petite poche formée à partir d’un fragment de membrane cellulaire), où elle est libérée sous sa forme intègre et donc active. «Réussir à conditionner cet ARNm au sein d’une formulation contrôlée propice à être captée par les cellules du corps humain sans perte de son activité est la grande plus-value de ces vaccins», estime Sylviane Lesieur, une chimiste spécialisée en lipides au CNRS.

 

Les ingrédients utilisés pour la formulation de ces vaccins figurent parmi les composants déjà identifiés pour la fabrication de dispersions aqueuses de LNP administrables dans l’organisme. La plupart d’entre eux sont aisément accessibles, le verrou technologique reposant surtout sur le conditionnement et le rendement d’incorporation de l’ARNm au sein des LNP tout en préservant la fonctionnalité de ce dernier en tant qu’agent codant.

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 06:00

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Elle : Je suis sûre qu'il pense à une autre femme. Lui : Je me demande ce que la gendarmerie des Vosges va nous proposer dans son prochain tweet.

 

Dans les Vosges, les farces de l’ordre

Le Gendarme de Saint-Tropez : coulisses d'une saga culte | CineComedies

 

Respect du confinement, sécurité routière, feux de forêt… La gendarmerie des Vosges envoie des messages de prévention pleins d’humour sur son compte Twitter. Un comique particulièrement bienvenu en ces temps de crispation avec la population, par Stéphanie Marteau

 

On peut s’habiller en total look bleu marine et avoir le sens de l’humour. C’est ce que démontrent quotidiennement les gendarmes des Vosges, à la tête d’un compte Twitter très remarqué pour ses posts sarcastiques, très éloignés de la communication institutionnelle à laquelle la maréchaussée était jusqu’alors habituée… Un ton très libre qu’ils conservent même en ces temps de très fortes crispations entre forces de l’ordre et population, et alors que le sujet, soulevé par l’article 24 de la loi « sécurité globale », a provoqué une inédite crise politique entre le gouvernement et sa majorité.

 

Chaque jour, le lieutenant-colonel Brice Mangou (42 ans) et deux de ses adjoints, accros aux réseaux sociaux, consacrent leur temps libre à produire deux messages qui allient prévention et humour grinçant, en veillant à se tenir loin des polémiques. Né en 2018, @Gendarmerie088, qui a 22 000 followers, est désormais le premier compte départemental de la gendarmerie. « On est même “likés” par l’ex-présidente du Medef Laurence Parisot, Anne Hidalgo et des parlementaires », s’amuse un gradé.

 

La suite ICI

 

88 - Gendarmerie des Vosges @Gendarmerie088

9 déc.

 

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Par temps froid, les animaux sont attirés par la chaleur des moteurs venant de tourner.

 

Si vous entendez miauler, pensez à soulever le capot de votre véhicule.  Si vous entendez meugler, pensez à... Non, rien.

 

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17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 06:00

 

L’espion qui venait du froid, publié chez Gallimard en 1964, je l’ai lu plus tard étant étudiant, ce fut un choc, nous étions en pleine guerre froide, le rideau de fer, en septembre 68 les chars des pays frères à Prague écrasaient le gouvernement de Dubcek, le mot liberté prenait tout son sens, et comme l’écrit bien mieux que moi Marc Porée dans AOC (voir plus bas), John Le Carré qui avait fait ses classes dans les services secrets britanniques, a élevé le roman d’espionnage, genre dit « mineur », au rang d’art majeur.

 

Sa couleur de prédilection ?

 

Le gris.

 

Un gris terne, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille. Mais un gris fait de diverses nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face. »

 

 

« La plupart des lecteurs pensent que ses inoubliables romans d’espionnage devaient avant tout à sa propre expérience d’espion pour le compte du MI5 et du MI6. Mais pour ce critique britannique, c’est méconnaître l’histoire personnelle du romancier dont la mort a été annoncée dimanche 13 décembre.

 

 

Auteur de plus d’une vingtaine de romans, John le Carré est mort samedi 12 décembre, a annoncé son agent.

 

 

« C’est avec une grande tristesse que je dois annoncer que David Cornwell, connu dans le monde sous le nom de John le Carré, est décédé après une courte maladie (non liée au Covid-19) en Cornouailles samedi soir. Il avait 89 ans. Nos pensées vont à ses quatre fils, à leurs familles et à sa chère épouse, Jane », a indiqué Jonny Geller, PDG du groupe Curtis Brown, agence artistique basée à Londres.

 

 

« Il semble pour ainsi dire indéniable que John Le Carré est le plus grand auteur de romans d’espionnage de tous les temps, mais, de son point de vue, personne n’en comprenait la raison », affirme Jake Kerridge dans The Daily Telegraph. » ICI

 

 

« L’espion qui venait du froid (Gallimard, 1964 pour l’édition française), qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, ne reflétaient que peu la réalité des services secrets britanniques de l’époque, selon le journaliste. Comme l’avait fait valoir Le Carré lui-même lors d’un entretien :

 

 

« L’espion qui venait du froid’ n’aurait jamais été publié s’il avait raconté la réalité, j’étais encore dans les services [à l’époque de la parution]. Mes supérieurs l’ont laissé passer au prétexte qu’il ne reflétait pas la vérité et ne révélait aucun secret. »

 

 

Comme je ne suis pas un spécialiste de John Le Carré, je vous propose quelques hommages : du Monde, du Temps, de Pierre Haski, et bien sûr celui de Marc Porée.

Le romancier britannique John Le Carré, ici en 2017.

Le romancier britannique John Le Carré, ici en 2017. © AFP / DPA / Christian Charisius

Le maître du roman d’espionnage John le Carré est mort à l’âge de 89 ans ICI

 

« L’Espion qui venait du froid » le rendit célèbre dans le monde entier. Après une carrière de diplomate, brièvement espion lui-même, John le Carré s’est consacré à l’écriture et laisse derrière lui plus d’une vingtaine de romans.

Par 

Publié le 13 décembre 2020 

 

John le Carré, infiltré en littérature ICI

 

REVUE DE PRESSE

Happé à Berne par le monde du renseignement, le romancier décédé hier soir a à jamais changé l’image de la guerre froide mais a toujours renouvelé ses combats, le dernier étant celui contre le Brexit. Hommages de la presse

Catherine Frammery Publié lundi 14 décembre 2020

 

Il faudrait citer (presque) tous les journaux du monde ce lundi, tant les hommages sont nombreux, appuyés et généreux pour le romancier britannique décédé hier soir d’une pneumonie à l’âge de 89 ans. Une histoire qui aurait été sans nul doute très différente sans la Suisse. Sans la Suisse, il n’y aurait pas eu John le Carré. Car c’est là que tout a commencé vraiment.

 

Cela en fera rire plus d’une, c’est pour apprendre l’allemand classique que John le Carré, qui s’appelait alors David Cornwell, est venu étudier à Berne en 1949. Son enfance avait été plus que rude entre un père fantasque et voyou et une mère partie lorsqu’il avait 5 ans, il avait 16 ans, et «était lassé du système d’éducation britannique», écrit le Washington Post. «C’était à peu près aussi intelligent qu’apprendre le français classique à La Nouvelle-Orléans», a d’ailleurs reconnu John le Carré lui-même à la Berner Zeitung en 2009, quand l’Université de Berne lui a décerné un doctorat honoris causa.

 

Il n’empêche: «J’y suis resté de 1948 à 1949. Je venais de fuir le système d’éducation britannique avec le sentiment d’être «incomplet». J’avais un besoin urgent de m’inventer. Berne était pour cela un endroit très excitant. Un haut lieu du renseignement», écrira-t-il plus tard dans ses mémoires, Le Tunnel aux pigeonscité dans la nécrologie du Monde. Et c’est à Berne, dans ces années 1948-1949, qu’il est approché pour la première fois par les services secrets britanniques. «L’espionnage, c’est comme les histoires d’amour, tout tient au hasard des rencontres. Un jour que je me sentais particulièrement seul et mélancolique, je m’étais rendu à l’église. Il y avait là un couple étrange qui, me voyant à ce point désemparé, m’a invité à prendre une tasse de thé, puis m’a convaincu que mon pays avait besoin de moi. J’étais trop jeune pour avoir connu la Seconde Guerre mondiale, mais j’étais habité par un fort sentiment de patriotisme. Et surtout, le monde du secret m’attirait. Je dois dire qu’en le pénétrant, j’y ai découvert un refuge!»

 

La suite ICI 

Le Chant de la Mission: Amazon.fr: John le Carré: Livres

Pour comprendre la guerre au Congo, lisez John Le Carré ICI

Par Pierre Haski

Publié le 02 novembre 2016 

 

Chaque jour, je reçois un e-mail de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies à Goma, dans la province congolaise du Nord-Kivu, m’informant de l’état des combats et des populations déplacées dans cette région de l’Est du Congo. Ces e-mails ont commencé à devenir obsédants alors que je terminais la lecture du « Chant de la Mission », le dernier roman de John Le Carré.

 

Les e-mails de l’ONU, c’est-à-dire la réalité, me parlent des combats qui opposent l’armée congolaise aux partisans du général tutsi Laurent Kunda et aux maï-maï, faisant quelque 350 000 personnes déplacées dans la région. Le dernier communiqué fait état de combats « substantiels » dans le district de Masisi, d’un quartier de Goma encerclé et fouillé par l’armée qui a trouvé des armes et arrêté quatre personnes, etc.

 

Le livre de John Le Carré, une fiction donc, me parle de la même chose, revue et corrigée par un romancier, maître du roman d’espionnage au temps de la guerre froide, recyclé dans les conflits de l’après-guerre froide. Un monde dans lequel les guerres du Congo ne sont plus le sous-produit des affrontements Est-Ouest, mais des conflits aux raçines ethniques ancestrales, doublées des appétits que suscitent les richesses du sous-sol.

 

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Cinquante nuances de Le Carré

Par Marc Porée ICI

PROFESSEUR DE LITTÉRATURE ANGLAISE

 

 

John Le Carré est mort samedi. L’écrivain, qui avait fait ses classes dans les services secrets britanniques, a élevé le roman d’espionnage, genre dit « mineur », au rang d’art majeur. Sa couleur de prédilection ? Le gris. Un gris terne, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille. Mais un gris fait de diverses nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face.

 

Un géant des lettres britanniques s’est éteint samedi dernier. Héritier de Charles Dickens et de Joseph Conrad, l’auteur de L’espion qui venait du froid (1963) a élevé un genre mineur, le roman d’espionnage, au rang d’art majeur. Mais, reprenons. Comme à chaque fois qu’un écrivain tire sa révérence, il est bon de réfléchir à la trace qu’il laisse. Aux circonstances qui ont fait de lui l’auteur qu’il est devenu. À ce qui l’aura maintenu en vie, alive and kicking, comme disent les Anglais. Le genre ne change rien à l’affaire. Pas plus que le Zeitgeist.

 

 

C’est son statut, figuré cette fois, d’agent double, qui a fait de l’ancien espion au service du Secret Intelligence Service un véritable écrivain. « Un agent double se met au service de camps apparemment antagonistes, mais il y a trahison et trahison », posait Pierre Mertens au seuil de l’étude consacrée à L’Agent double (1989). Les trahisons qu’évoque Mertens sont celles qu’il prête à Marguerite Duras, Julien Gracq, Milan Kundera, etc. Le Carré n’y figure pas, mais sa place est à leurs côtés, dès lors que tout écrivain conspire, triche, ment, trahit, pour de vrai comme pour de faux. Du reste, les faux monnayeurs que sont les romanciers finissent toujours par « épouser les deux faces d’une même… “cause” », écrit Mertens, mais on comprend « pièce ».

 

 

C’est ainsi que les écrivains qui se sont faits espions, au même titre que les espions qui sont passés, avec armes et bagages, du côté de l’écriture, ne comptent pas pour rien, en tout cas pas chez nos voisins d’en face.

 

 

Christopher Marlowe, ami et rival de Shakespeare, a espionné pour le compte de Francis Walsingham, très proche conseiller de la reine Elisabeth. Daniel Defoe, avant de s’embarquer dans la création de Robinson Crusoe, a tenu un rôle d’agent de liaison auprès du chancelier de l’Échiquier de l’époque. Au tournant du XXe siècle, Rudyard Kipling s’empare d’enjeux hautement stratégiques : au nord du sous-continent indien, là où les tensions entre Afghans, Russes et Britanniques menacent la sécurité des frontières, ainsi que l’avenir des empires, Kim, le personnage caméléon de son roman éponyme de 1901, travaillera à la viabilité géopolitique du « Grand Jeu ». D’origine polonaise, Joseph Conrad crée L’agent secret, l’un des tout premiers romans d’espionnage (et de terrorisme), en 1907, avant de récidiver avec Sous les yeux de l’Occident (1911). Lui emboîte le pas Graham Greene, avec son scénario, Le Troisième homme, devenu roman en 1949. Etc.

 

Sa dette, Le Carré la connaissait, tout comme sa place dans la lignée. Bon sang d’agent double ne saurait mentir. Mais les livres ne sont pas tout. Ses vraies classes, il les fit auprès du SIS, au plus froid de la Guerre du même nom. Les services secrets eurent l’intelligence d’offrir à David John Moore Cornwell ce à quoi il aspirait : la sécurité d’un milieu protecteur, les paroles qui flattent l’égo, le sentiment d’œuvrer pour sa patrie, dans un contexte marqué par le passage à l’Est d’une génération de jeunes et brillants intellectuels, ses contemporains en la personne Kim Philby, Guy Burgess et autre Anthony Blunt. À rebours des marxistes qui avaient investi les universités britanniques, Cornwell embrassa la cause du « monde libre » – sans mesurer de quelles cyniques hypocrisies elle s’entoure, ni de quelles mortelles entorses à la fairness elle se paye.

 

 

Avec la chute du Mur, en 1989, on a prétendu que son inspiration n’y survivrait pas. On se trompait lourdement.

 

 

Secrétaire d’ambassade à Bonn, consul à Hamburg, entre 1959 et 1964, il forgea ses armes dans le renseignement, avant d’être contraint de rompre les ponts. L’espion qui venait du froid (1963) marque, non pas ses débuts littéraires, qui remontent à 1961, avec L’Appel du mort, mais son entrée dans le grand bain. En levant un coin du voile sur la machine à fabriquer les agents secrets, il trahit les « siens » une première fois, mais ce ne sera pas la dernière. On lui fit le reproche de porter sur le devant de la scène des choses qu’on préfèrerait taire. Il n’en avait cure. Tout autres étaient les secrets qu’il traquait, relevant du « misérable petit tas de secrets » que cache l’homme, selon Malraux. Son « grand jeu » à lui fut existentiel, quasi métaphysique, tout autant que moral et politique.

 

 

Sa carte maîtresse ?

 

 

Duplicité et dissimulation. Son personnel romanesque ? Les agents, ceux qu’on retourne, qu’on forme ou dont on lave le cerveau, qui font défection, vous claquent dans les pattes ou se font prendre le doigt dans le pot de confiture (de miel, en anglais).

 

 

Sa couleur de prédilection ?

 

 

Le gris. Un gris indéfinissable, sale, terne, fatigué, exsangue, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille, en somme, à l’image d’une Twilight Zone située à égale distance du blanc et du noir, du bien et du mal. Gris des ambiguïtés morales dont Le Carré s’est fait l’expert. Nuances de gris, à même le textile qui tient lieu de « couverture », à ne plus savoir les compter, plus de cinquante au bas mot, coups tordus et manipulations comprises. Nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face. Avant l’exfiltration finale.

 

 

Avec la chute du Mur, en 1989, on a prétendu que son inspiration n’y survivrait pas. On se trompait lourdement. Le Carré a rebondi ; il s’est renouvelé, a élargi son aire géographique, en se tournant vers des continents (l’Afrique de La Constance du jardinier), des problématiques (les expérimentations hasardeuses auxquelles se livrent certains grands groupes pharmaceutiques) a priori fort différentes. En quittant le pré carré qui était le sien, Le Carré a étendu sa toile à l’ensemble de la planète, ne faisant qu’amplifier son dézingage tous azimuts des institutions par lesquelles nous sommes gouvernés. L’ancien professeur (de français) à Eton, la public school des élites, en savait un rayon sur les soi-disant « piliers » de nos démocraties occidentales. Il n’aura eu de cesse de radiographier ce qui nous tient lieu, à nous Occidentaux, de rempart ou de bouclier. Et qu’on nous cache, au nom de notre sécurité collective.

 

 

L’Histoire, qui est un éternel recommencement, lui a donné raison ; attendant son heure, il assista à celle de la guerre froide rétablie dans ses droits. Tout comme il n’est pas de polar sans « fronts » socio-politiques et criminels, il n’existe pas de roman d’espionnage sans vision du monde un tant soit peu « globale ».

 

 

Il faudra sans doute un jour réécrire de fond en comble les histoires de la littérature anglaise contemporaine. À de rares exceptions près, elles font l’impasse sur l’apport qui fut le sien. On parlait de lui régulièrement, pourtant, pour le Nobel. Ses romans avaient sans doute le tort de se vendre, d’être populaires. Etaient-ils pour autant traditionnels ? Bien qu’écrits dans une veine réaliste et référentielle, ses romans sont le pendant des récits, merveilleux ou fantastiques, comme on voudra, de J. R. R. Tolkien, autre grand cartographe de nos récits de guerre, de nos affrontements mondialisés. L’un et l’autre embrassent large et vivent de cryptage, donnant à déchiffrer, pour l’un les dessous de la paix armée que l’on a sous les yeux, pour l’autre, la bataille qui fait rage en des terres inconnues, mais d’où nous parviennent des échos familiers. Les deux ont à cœur la survie d’un espace européen, aussi solidaire que possible. Tirés de la longue galerie des personnages de Le Carré, deux personnages resteront à tout jamais dans la mémoire collective : George Smiley et Karla.

 

 

Le premier est l’anti James Bond. Chauve, court sur pattes et bedonnant, Smiley abrite son regard de crapaud derrière des verres à triple foyer. En théorie, quand s’ouvre La Taupe, premier volume de la trilogie qui lui est consacrée, il a la cinquantaine bien avancée, mais son départ à la retraite ne pourra empêcher qu’il flotte perpétuellement entre deux âges. Si son vestiaire est catastrophique, sa monstrueuse mémoire, en revanche, fait des miracles. Sa femme le cocufie à répétition, sans qu’il en soit outre mesure meurtri.

 

 

Jusqu’à son dernier souffle, Le Carré aura écrit au plus près du « terrain » (d’opérations), entretenu le mythe d’une « course » éperdue et sans fin contre le temps et la mort.

 

 

Effacé, mais c’est une ruse, se faisant passer pour un doux imbécile, il se tient en retrait, alors que sa position au centre de la toile d’araignée tissée par le « Cirque » (nom de code des services secrets, sis à Cambridge Circus, Londres) fait de lui le plus cultivé, mais aussi le plus implacable des prédateurs. Sans beaucoup bouger, dès lors que tout se trame à distance, il surveille, épluche nuit et jour des rapports, se torture les méninges, car chaque mission est un pari, un risque à prendre, un coup hasardeux à jouer sur l’échiquier du monde. Fondamentalement sceptique et revenu de tout, il passe le plus clair de son temps à ruminer. À ressasser des pensées dont beaucoup sont sombres ou mauvaises.

 

 

Les romans de la saga des Smiley n’ont d’action que le nom. La seule qui vaille est mentale, cérébrale, faite d’introspection et d’examen de conscience – que les Anglais nomment soul-searching. Au final, l’homme qui sourit peu et commet un minimum d’erreurs pour un maximum d’opérations entreprises, endosse l’image du père, un père largement absent, que Le Carré n’aura jamais eu, mais qu’il se sera fabriqué sur le papier.

 

 

Smiley a pour double, au sein des « Mythologies » de Le Carré, Karla, son homologue à l’intérieur de la machine soviétique, dont le hasard a voulu, autrefois, que leurs routes se croisent. Il est peu ou prou à Smiley ce que le Professeur Moriarty est à Sherlock Holmes. Son ennemi (idéologique), mais, en vérité, son frère d’armes – sans doute parce que la littérature anglaise n’en finit pas de rejouer des affrontements millénaires entre frères siamois. Rien de manichéen, ici, pourtant, les vrais adversaires étant souvent, non pas à l’Est, mais at home, dans la place, du « bon » côté du bientôt ex-Rideau de fer. Après un peu moins de trente ans d’absence, en 2017, Smiley reprend du service dans L’Héritage des espions. Rebond, à nouveau, et relance d’un héritage pour lequel n’est envisagée aucune mise au rancart.

 

 

Autre double fictionnel : Rick Pym, père de Magnus Pym, officier de renseignements et protagoniste d’Un parfait espion (1986), sans doute le plus personnel des romans de Le Carré. Haut en couleur, à l’image du père biologique Ronnie Cornwell, tel est Rick, et le livre s’ouvre sur son enterrement. Mais il ne cesse de faire retour, tel un revenant, tel Hamlet senior, à la faveur de mauvais rêves ou de flashs mémoriels. L’escroc international et arnaqueur de première fait honte à son espion de fils. L’abuseur chronique ment comme il respire, et la liste des victimes qu’il aura dupées est longue comme le bras.

 

 

Rétrospectivement, le récit prend des airs de vertigineuse traversée du miroir, les mémoires de Le Carré, parus sous le titre Le Tunnel aux pigeons (2016) venant confirmer, des années plus tard, la véracité du « mentir-vrai » fictionnel. Rick et Ron ont beaucoup, sinon tout, en commun. Cornwell, qui avait coutume de dédicacer en lieu et place de Le Carré, aura vampirisé le fils, lequel commencera par se dépouiller du nom-du-père – où il faut entendre, selon Lacan, les « non-dupes errent ». Avant de devenir délinquant à son tour, un délinquant sous nom d’emprunt et à peine plus respectable, puisque se faisant payer ses livres… en livres sonnantes et trébuchantes… pour prix de ses mensonges plus vrais que nature.

 

 

Agent Running in the Field, paru en 2019, prend le Brexit pour cible, se livrant à un véritable jeu de massacre contre la classe politique dans son ensemble, pouvoir comme opposition, avec, dans le rôle du responsable en chef du désastre annoncé, l’inénarrable Boris Johnson. Misanthropie fielleuse et universelle, avait-on insinué à l’époque, sans voir combien la colère, l’indignation, outre qu’ils constituent de puissants ressorts narratifs, maintiennent à flot l’énergie vitale.

 

 

Les signes et signaux présents dans le titre anglais parlaient pourtant d’eux-mêmes : jusqu’à son dernier souffle, Le Carré aura écrit au plus près du « terrain » (d’opérations), entretenu le mythe d’une « course » éperdue et sans fin contre le temps et la mort, se sera plu à cultiver, aux fins de le lâcher dans la nature, mais aussi sur un court de badminton, un type d’« agent » secret ne ressemblant en rien à 007, alias James Bond, mais portant la marque, désormais à jamais déposée, de Le Carré. À savoir, toujours et encore, le rebond.

 

 

Retiré en Cornouaille, désabusé par la marche d’un monde ne tournant pas très rond, Le Carré s’était mis à dos une bonne partie de l’establishment britannique par ses sorties assassines et délibérément non consensuelles. Salué au lendemain de sa mort comme un grand d’Angleterre, l’Européen convaincu laisse derrière lui une petite England et un royaume bientôt désuni. Sans oublier sa traductrice française, Isabelle Perrin, qui se sera beaucoup mobilisée pour asseoir sa réputation, aujourd’hui inconsolable et comme « orpheline ». Le Carré, lui, court toujours…

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 06:00

Vicky Krieps (Alma) et Daniel Day-Lewis (Reynolds Woodcock) dans « Phantom Thread », réalisé par Paul Thomas Anderson. LAURIE SPARHAM/FOCUS FEATURE

À toute chose malheur est bon, le confinement me fait découvrir des films d’exception que je n’ai pas vu en salle.

 

 

Phantom Thread de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, 2 h 11 est de cette veine.

 

 

 

Daniel Day-Lewis fait partie des derniers grands acteurs, il « a annoncé qu’il tenait là son dernier rôle à l’écran. En attendant de savoir s’il se met à la retraite comme Greta Garbo ou comme Sarah Bernhardt, Phantom Thread donne la mesure du vide que Daniel Day-Lewis laissera. »

 

 

Daniel Day-Lewis, aux extrêmes de l’incarnation

 

L’acteur s’approprie ses personnages par une maîtrise totale de leurs gestes. Un investissement tel qu’il pense à chaque fois raccrocher. Son rôle d’un grand couturier dans « Phantom Thread » pourrait lui valoir un quatrième Oscar.

 

Pour Phantom Thread, il a passé un an auprès d’un maître costumier du New York City Ballet, Marc Happel, à perfectionner la broderie de la boutonnière. « On répète souvent, assure l’acteur, qu’en accomplir une centaine, gansée ou passepoilée, constitue un rite de passage, je m’y suis plié. » Il a également travaillé la technique, plus difficile à ses yeux, du drapé, dessinant des croquis à n’en plus finir. Il a eu des moments d’euphorie.

 

Dans sa manière de tenir les ciseaux, par exemple. Beaucoup s’en emparent avec lourdeur, avec la crainte d’endommager le tissu. Lui, à l’inverse, avait un usage aérien de l’outil pour, à chaque fois, couper avec la précision d’un laser, sur une surface réduite, avec plusieurs épingles dans la bouche.

 

Lire ICI

 

Phantom Thread : Jordan Peele a adoré le film de Paul Thomas Anderson -  CinéSéries

 

« Phantom Thread » : l’amour sous toutes les coutures

par Thomas Sotinel publié le 13 février 2018

 

 

Parmi toutes les gemmes que l’on accumule deux heures durant, en suivant ce « fil fantôme » qui donne son titre au film, il y a cette réplique : « Voyez-vous, l’aimer, lui, fait que la vie n’est plus un grand mystère. » On aimera Phantom Thread comme Alma (Vicky Krieps), l’immigrée d’Europe centrale, aime Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), le couturier londonien. En s’abîmant dans le labyrinthe d’énigmes et d’illusions qui courent sous l’élégante surface du huitième long-métrage de Paul Thomas Anderson comme sous le maintien de gentleman du premier rôle masculin, au risque de réduire les autres films du moment à de simples évidences. Il est impossible d’évaluer le nombre de visions qu’il faudrait pour en épuiser les ressources.

 

Pourtant, rien de plus simple en apparence. Quelques années après la fin du Blitz, Reynolds Woodcock vit et travaille dans une belle maison de l’Ouest londonien. Chaque matin, il prend son breakfast en compagnie de sa ­conquête du moment et de Cyril (Lesley Manville), sa sœur, qu’il appelle affectueusement « my old so and so » (« ma vieille machine »), pendant que les employées de la maison Woodcock gravissent l’escalier de service jusqu’à l’atelier.

 

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Phantom Thread - Critique

 

Télérama

 

Critique par Pierre Murat

 

Dans les années 1950, Reynolds Woodcock est un couturier londonien fêté dont on se demande, tout de même, s’il a du talent, tant ses robes, toutes destinées à des altesses hors du temps, sont aussi glacées et figées qu’elles. Il ne pense qu’à son art et à sa mère, vit avec sa sœur, qui prend un visible plaisir à se débarrasser de ses conquêtes lorsqu’il s’en lasse. Mais la servante d’auberge qu’il choisit pour nouvelle égérie, Alma, diffère de toutes les autres. Woodcock tente bien de la réduire en utilisant ses armes habituelles — la séduction et la muflerie —, mais elle ne se laisse pas faire. Elle résiste, ce qui lui vaut des attitudes et des répliques de plus en plus blessantes…

 

 

Ce film aux sentiments engoncés et aux décors asphyxiants (avec ses escaliers étroits et ses murs resserrés, la maison de couture ressemble à un goulet d’étranglement) est probablement le plus cinglé jamais tourné par Paul Thomas Anderson. Certes, on n’y voit pas pleuvoir des grenouilles, comme dans Magnolia (1999). Mais avec ce couple que l’art réunit et que le quotidien sépare, le cinéaste a l’insolence de célébrer la passion, la démesure, l’amour fou qui se nourrit de tout, même du sadomasochisme, pour exister encore et toujours. Accepter de s’oublier, au risque de se perdre : François Truffaut avait évoqué ces tourments, jadis, dans La Sirène du Mississippi. Paul Thomas Anderson les porte jusqu’à l’incandescence.

 

Unanimité au "Masque" sur "Phantom Thread" de Paul Thomas Anderson : c'est un chef d'oeuvre magnifique ! ICI 

par France Inter publié le 

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