Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 06:00

 

Dans ma dernière moisson de livres j’ai récolté un tout petit livre, 26 pages, d’Amos Oz Jésus et Judas

 

Jesus et Judas, de Amos Oz | Éditions Grasset

Source ICI 

 

Le grand écrivain Amos Oz, récemment disparu, s’est intéressé à la figure du traître toute sa vie – comme son œuvre romanesque en témoigne. Dans un discours prononcé à Berlin en 2017, il a voulu revenir sur le plus célèbre d’entre eux, et réfléchir au rôle qu’a joué la prétendue trahison de Jésus par Judas dans la naissance de l’antisémitisme chrétien. Il se fait conteur en nous présentant une version alternative de l’histoire connue, et en nous interrogeant sur les liens entre les deux grandes religions monothéistes que sont le judaïsme et le christianisme. Sa réflexion est iconoclaste, irrévérencieuse, romanesque, mais toujours nourrie d’une connaissance profonde des textes fondateurs des deux religions.

 

Cet ouvrage, le premier inédit publié depuis le décès d’Amos Oz en décembre 2018, condense une certaine philosophie du dialogue qui était au cœur de l’œuvre et de l’engagement d’Amos Oz. Sa parole demeure d’une actualité brûlante.

 

En préambule, la rabbin Delphine Horvilleur s’adresse directement à l’auteur disparu, dans une émouvante lettre. Elle nous offre un éclairage passionnant de la conférence d’Amos Oz, en nous parlant des prophètes et des traîtres, du rôle de la littérature dans nos vies, et du besoin de dialogue pour surmonter les fanatismes de toute sorte.

 

Amos Oz : « Judas, le seul, le premier et l'unique chrétien » | L'Humanité

Amos Oz : « Judas, le seul, le premier et l’unique chrétien »

Jeudi 27 Octobre 2016

Du maître écrivain israélien Amos Oz, Gallimard publie Judas, un livre qui bouscule des idées reçues et fait grincer des dents ici et là-bas. Entretien.

 

- Ce livre semble autant un roman qu’une parabole. Peut-on utiliser ce mot ?

La suite ICI 

Partager cet article
Repost0
10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 06:00

Noirmoutier : le pays de la Bonnotte ... - Cuisiner... tout Simplement, Le  Blog de cuisine de Nathalie

« J’ai mis cinq heures de Paris.

 

-         Moi une heure et quart de Nantes.

 

-         Tu as pris le pont ou tu as goisé ?

 

-         Le pont, à cause de la marée, et puis il y avait du monde à Bouin alors j’ai bifurqué par St Gervais. Là j’ai pris Saint-Urbain et j’ai filé vers la Barre-de-Monts et enfin l’Océan.

 

-         Je ne sais pas si c’est mieux, mais peu importe, nous sommes là.

 

-         Oui nous y sommes, sur notre chère île de Noirmoutier. »

 

Frédérique Decré, Delphine Boju et Agathe Stefani Goûts du Gois les éditions de l’épure ICI 

 

Goûts du Gois

 

8 mai 2009

Les bonnes adresses de l’Amicale du Bien Vivre : Goûts du Gois et la Bonnotte du 5 mai… ICI 

 

Create your own 'Bonnotte' and charge the Potato Price you want | PotatoPro

 

21 mai 2009

Mesclun de l’Océan aux Bonnottes de Noirmoutier confites et le vin qui va avec… ICI

 

18 juillet 2007

Noirmoutier ICI 

 

Gratin-004.JPG

25 août 2013

Noirmoutier n’est plus une île mais il lui reste son Gois, son mimosa et elle peut toujours faire son cinéma… depuis César et Rosalie ICI 

 

La Bonnotte, la pomme de terre de luxe de Noirmoutier

 

 

LA VENDEE DANS NOS ASSIETTES (1/8) Tout l'été, Les Echos vous emmènent à la découverte des produits locaux vendéens. Premier volet de la série : la pomme de terre Bonnotte, qui a échappé de justesse à la disparition, grâce à des agriculteurs, aidés de l'Inrae et de Monoprix. Elle est aujourd'hui un symbole de l'île de Noirmoutier.

Par Olivia BASSI

Publié le 3 août 2021

 

 

Elle a bien failli disparaître de nos assiettes. Aujourd'hui, la Bonnotte, une pomme de terre ronde, à la peau très fine et au goût iodé, cultivée sur l'île de Noirmoutier, s'exporte jusqu'au Japon ou à Dubaï. Le tubercule n'a dû son salut qu'à la détermination, à la fin des années 1980, d'une coopérative de producteurs, soutenus par l' Inrae et Monoprix. Ensemble, ils décident de sauver cette variété fragile, qui ne peut être plantée et ramassée qu'à la main, rendant la mécanisation de sa culture impossible.

 

La pomme de terre la plus chère du monde ?

 

Sa production reste d'ailleurs limitée à 100 tonnes, qu'il faut vendre vite, la primeur, récoltée entre le 8 et le 20 mai, ne se conservant qu'entre trois et six jours. Pas étonnant dès lors qu'elle a été déclarée pomme de terre la plus chère au monde lors d'une vente à Drouot !

 

A Noirmoutier, la production de pommes de terre ne se limite pas à la Bonnotte. Avec son microclimat, sa terre sablonneuse, nourrie de goémon et naturellement salée par les embruns, l'île offre des conditions idéales - il y gèle rarement - pour obtenir des pommes de terre hâtives et primeur. Récoltées tous les jours, sept variétés se succèdent sur l'île, du 15 mars au 15 juillet : Sirtéma, Lady Christ'l, Zen, Bonnotte, Laurette, Anna lisa, Iodea.

 

Marins patates

 

« La pomme de terre est une tradition à Noirmoutier depuis le XIXe siècle. Aliment complet pour les familles, elle était produite jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale par des « marins patates ». Des Noirmoutrins à la fois pêcheurs, sauniers, éleveurs et agriculteurs selon la saison », explique Nicolas Paille, directeur de la coopérative agricole de Noirmoutier.

 

En 1945, pour s'affranchir de l'intermédiaire des courtiers agricoles, 350 de ces « marins patates » se regroupent en coopérative pour conditionner et vendre en commun leur production. Mais aussi se défendre face à la pomme de terre bretonne, préférée car moins coûteuse, par la grande distribution. Pour faire face, les producteurs décident de se faire connaître et d'investir, à la fin des années 1980, 5 % de leur chiffre d'affaires dans de grandes campagnes de pub. Leur combat paie. La pomme de terre primeur de Noirmoutier est finalement reconnue par un arrêté réglementaire et, en 1996, fait son grand retour sur les étals.

 

Label Rouge et IGP

 

De quoi encourager toute la filière locale, qui poursuit sa montée en gamme et obtient, en 2018, un label rouge obtenu pour quatre des sept variétés, et deux ans plus tard, la précieuse Indication Géographique Protégée (IGP). Sous l'impulsion du cahier des charges de l'IGP, les producteurs sont aujourd'hui engagés dans une démarche d'agriculture durable et zéro pesticide pour une partie de la production. « Limités en termes de périmètre par l'insularité et l'IGP, nous avons trouvé un équilibre économique. Sur 12 tonnes produites, un tiers de la production est réservé aux restaurateurs, aux maraîchers et aux grossistes en fruits et légumes et les deux-tiers vont en grande distribution ». En saison, la coopérative emploie 80 personnes pour le conditionnement et la vente des pommes de terre et 150 en comptant les renforts chez les producteurs.

 

Olivia Bassi

Partager cet article
Repost0
8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 06:00

La Dalmatie, 3 régions en une : un condensé de la CroatieLa Dalmatie, Croatie - Vakance Travel

*secret des délibérations

 

* opinion  partagée par Irène Frain membre du jury

 

J’achète toujours le bouquin du lauréat du Prix « Le Point » du Polar européen, c’est de la bonne came.

 

Cette année, plus encore, bonne pioche.

 

 

 

 

Le cold case, en matière de polar, c'est toujours un peu la même rengaine. Une découverte fortuite, une rencontre hasardeuse et un enquêteur qui, des décennies après un crime, se métamorphose en justicier. Il ouvre des archives poussiéreuses, remonte des généalogies plus torses qu'un chêne pluriséculaire et ne lâchera pas le morceau avant d'avoir coffré celui qui a fait le coup. Avec L'Eau rouge, Jurica Pavicic a choisi d'exploser les codes du genre et il a si bien réussi que, séance tenante, c'est son passé à lui qu'on a envie de fouiller.

 

La suite ICI 

 

Jurica Pavicic, Prix << Le Point >> du Polar europeen

L'Eau rouge, un polar croate de Jurica Pavičić: une quête dévorante sur fond de Yougoslavie déchiré

Le 11 mars 2021 par  Karen Lajon

Jurica Pavičić - La Croatie diverse

 

Septembre 1989. L'année de tous les bouleversements : le dernier automne communiste croate. Le mur de Berlin tombera le 9 novembre et l'équilibre des forces au plan international en sera à jamais modifié. Dans la famille Vela, l'onde de choc n'est pas encore arrivée jusque-là. La vie coule, heureuse, faîte de milles petites habitudes. Le port, le poisson saboté à la cuisson par Jakob mais que Vesna regarde avec un amour apaisé. "Puisque ça lui fait plaisir." Silva a 17 ans, c'est la pin-up indomptable de Misto, un bled sur la Côte dalmate. Elle est la soeur jumelle de Mate, un garçon un peu sans relief pas comme elle, la fille de tous les espoirs, de toutes les audaces.

 

 

Une tragédie familiale

 

Silva est à la fois partout et nulle part dans le roman de Pavicic puisque dès le départ, elle disparaît. C'est le début d'une tragédie familiale qui va courir sur trois générations. Le flic Gorki Sain, la trentaine, venu tout spécialement de la grande ville Split, va s'occuper de ce qui sera dans un premier temps, une histoire de fugue, avant de devenir "la" grande affaire de tous les protagonistes. On est dans la Yougoslavie de Tito, les canons n'ont pas encore pulvérisé la nation communiste rétive au grand frère russe moscovite.

 

La suite ICI 

 

Jurica Pavicic mêle admirablement bien ce drame familial et intime, aux bouleversements d’un pays qui connaitra les turpitudes de l’Histoire, et ses conséquences.

 

De la chute du communisme, à la guerre, en passant par crise économique et un libéralisme à tout crin qui ne manquera pas d’altérer les liens sociaux de cette petite communauté villageoise, l’auteur nous offre une fresque remarquable qui court sur près de trois décennies.

 

C’est beau, c’est triste, c’est poignant, c’est une magnifique littérature que les éditions Agullo nous ramènent de Croatie

Josip Broz Tito image éditorial. Image du yugoslavia - 106735235

La Croatie face à son passé fasciste - La LibertéStream OUSTACHIS by Andreane Detienne | Listen online for free on SoundCloud

Partager cet article
Repost0
5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 06:00

SaccageParis : la proprété de Paris attaquée sur les réseaux sociaux -  Sortiraparis.com

Notre maire, Anne Hidalgo, mal élue mais élue tout de même grâce à la béquille de Verts tendance Khmers des beaux quartiers, qui rêve tout haut d’un destin national pour sauver un PS en lambeaux, est attaqué sauvagement  via les réseaux sociaux, sur son flanc droit par une coalition macrono-droitiste,  autour du hashtag du mot-dièse #saccageParis

 

 

Qu’en est-il vraiment ?

 

OPINION: The real 'trashing' of Paris is not cycle lanes and benches, but gentrification

 

Du côté malpropreté, je persiste et je signe, les matelas pourris, les canettes et autres immondices sur les trottoirs n’y sont pas déposés par madame de le maire mais par les habitants, les de passages, ceux qui dorment dans la rue. Le service des encombrants existe, c’est gratuit, il suffit de les appeler, de déposer les objets munis du numéro fournis, dans ce pays on jette son mégot sur le trottoir, ses épluchures par la fenêtre de sa voiture, on fait chier son chien partout, les propriétaires ramassent de plus en plus les crottes, bref, la civilité n’est pas à l’ordre du jour des obsédés de la liberté individuelle, y’aura toujours quelqu’un derrière eux pour nettoyer. Un point faible de la municipalité, la contenance et le nombre des poubelles vertes et jaunes qui débordent, vomissent leur trop plein sur le trottoir, surtout les week-ends. Un point noir : le manque de pissotières, certaines zones, les piliers du métro aérien par exemple, exhalent des fragrances d’urine  

 

 

Du côté végétalisation, les gens de droite, ceux de l’Ouest de Paris n’aiment pas l’herbe, ils sont très rond-up, béton, macadam, faut que ça brille comme le buffet du salon. Tout n’est pas parfait en ce domaine mais dans mon quartier, en haut du boulevard Saint-Jacques, les résidents la pratique avec bonheur, j’ai même vu une dame tailler le gazon avec  des ciseaux, c’est bien entretenu, pas vandalisé, les néo-cultivateurs ont bien du mérite, il leur faut assurer l’arrosage depuis leur immeuble, pas évident avec la copropriété. Les bourgeois exècrent les composteurs, le terre ment pour eux, les vers de terre sont des barbares, les rats des champs… La municipalité peut mieux faire mais ce n’est pas sur ce plan que le bât blesse.

 

 

Autre point de friction, les nouveaux couloirs de pistes cyclables créés à la hâte pour favoriser les déplacements pendant la crise sanitaire. Les blocs de béton les matérialisant sont moches, je n’en disconviens pas mais le plus grave c’est que la militance anti-autos des Verts n’a rien à voir avec notre confort de cycliste, la rue de Rivoli tout vélo, sauf un couloir taxi-bus, en est l’exemple le plus criant, c’est une vaste zone de non-droit où les néo-cyclistes font n’importe quoi, de plus les services techniques de la ville ont réalisé des tracés aberrants qui nous mettent en danger. Il est urgent, en s’inspirant de l’exemple de nos voisins du Nord de repenser l’ensemble du plan de circulation de Paris, de soigner l’esthétique, le beau n’est pas l’ennemi de l’efficacité, boucher les trous, revoir l’ergonomie des ralentisseurs qui sont pour les cyclistes des facteurs de risque, j’en sais quelque chose, faire respecter le  30 km dans les petites rues… Dernier point, sanctionner les infractions au code de la route des cyclistes et des utilisateurs de trottinettes.

 

 

Image

 

 

Enfin, j’ai gardé pour la bonne bouche, le nouveau mobilier urbain, où je suis à 100% derrière #saccageParis, c’est le royaume des artistes de rond-point qui se prennent pour des futurs Damien Hirst, inventivité, créativité, praticité, beauté, ne sont pas à l’ordre du jour. Je ne suis pas de ceux qui souhaitent que Paris s’en tienne qu’à la conservation du passé, la pyramide de Pei au Louvre en est le plus exemple, mais que diable le contemporain n’est pas synonyme de laideur. Là c’est du zéro pointé !

 

 

Et je ne parle pas du krak du côté de Stalingrad !

 

 

Bien évidemment, nos chers voisins britanniques en font des gorges chaudes, ce n’est pas moi qui vais les en blâmer.  

 

Des poubelles à Paris, le 22 septembre 2019. PHOTO /JACQUES DEMARTHON / AFP

  • Un article d’avant les Municipales

 

 

THE GUARDIAN - LONDRES

Publié le 24/09/2019

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Paris ville la plus sale d’Europe? Larticle du Guardian

 

L’article du quotidien britannique, qui juge sévèrement “l’anarchie” à Paris, a provoqué de nombreuses réactions, notamment à cause de raccourcis maladroits sur les sans-abri. Concernant la propreté, Anne Hidalgo s’est également défendue, rappelant que chaque citoyen devait aussi “prendre soin de la ville”

 

Les Parisiens qui vivent boulevard Saint-Martin ont découvert que les platanes bordant cet axe est-ouest avaient été tagués. Mais ce n’est pas nouveau. Les portes cochères, les devantures des magasins, les jardinières, les bancs et les lampadaires sont couverts de graffitis depuis des semaines, voire des mois.

 

Le long du boulevard – qui a l’air miteux malgré des travaux de rénovation réalisés en 2013 pour un montant de 22,16 millions d’euros –, jusqu’à la place de la République, les SDF somnolent devant l’entrée des immeubles ou sur des bancs, leurs sacs de couchage rabattus sur la tête. Les trottoirs sont jonchés de trottinettes électriques et de vélos, sans parler des crottes de chiens et des mégots. Un homme marchant vers l’ouest ouvre un paquet de cigarettes neuf et jette par terre le film plastique et le papier aluminium.

 

“Tout n’est qu’anarchie”

 

La Ville Lumière, la capitale de l’amour est devenue une vieille ville crasseuse, ou comme les habitants l’appellent, “Paris poubelle”. Samedi [21 septembre], à l’occasion de la Journée mondiale de la propreté, les Parisiens étaient censés ramasser les déchets qu’eux ou des touristes avaient semés. “Paris est de plus en plus crasseux, c’est vrai partout. La ville a besoin d’une politique agressive pour que les rues deviennent plus propres et plus sûres”, fait valoir Matthew Fraser, professeur de communication à l’American University of Paris, qui a vécu à Paris près de 30 ans.

 

Paris est une ville chaotique, poursuit-il. Rien n’est organisé, tout n’est qu’anarchie urbaine. Je ne pense pas que les Parisiens le remarquent, parce que c’est leur énergie chaotique. Mais vu de l’extérieur, depuis une autre culture, la ville est dans un état déplorable.”

 

Un enjeu pour les municipales 2020

 

Les Parisiens n’aiment rien tant que de râler, et aujourd’hui l’état de leur ville est le sujet de mécontentement numéro un. En mars prochain ils vont voter pour un nouveau maire, et la propreté* sera un enjeu majeur de cette élection, tandis que la ville se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de 2024.

 

L’actuelle maire, la socialiste Anne Hidalgo, est donnée favorite, mais six mois sont une longue période en politique. Elle a pour adversaires Benjamin Griveaux, ancien porte-parole de La République en marche, le parti centriste d’Emmanuel Macron, et le mathématicien primé Cédric Villani, député LREM qui a lancé sa campagne.

 

Un problème grandissant

 

Également présidente du réseau mondial de villes C40 [visant à mettre en œuvre les accords de Paris sur le climat], Hidalgo est très appréciée par de nombreux Parisiens — en particulier ceux qui n’ont pas de voiture — pour ses grands projets visant à décourager l’utilisation de l’automobile et à réduire la circulation. Pour ce faire, elle piétonnise de nombreux quartiers et creuse les rues pour créer des voies cyclables. Mais même ses partisans reconnaissent que les déchets sont un problème grandissant.

 

La municipalité dépense 550 millions d’euros par an pour se débarrasser des quelque 16 tonnes de crottes produites par les 200000 chiens parisiens, ainsi que des 350 tonnes de mégots, et aussi pour vider les 30000 corbeilles de rue. Pourtant, Paris poubelle* n’a pas usurpé son surnom. En 2016, des voyagistes japonais, épaulés par Japan Airlines, se sont montrés si inquiets de voir leurs compatriotes déserter Paris qu’ils ont passé plusieurs week-ends dans les jardins du Trocadéro à ramasser mégots, canettes de bières et autres détritus.

 

“Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux”

 

Ruth Grosrichard, professeure de langue et de civilisation arabes [à Sciences Po Paris], vit au nord du boulevard Saint-Martin, dans le Xe arrondissement, près de la vétuste gare du Nord, terminus de l’Eurostar.

 

Ce quartier est l’une des zones à la population la plus dense d’une ville déjà très peuplée. Avec 21067 habitants au kilomètre carré, Paris est la ville d’Europe à la plus forte densité de population. Pour une taille comparable, Manchester compte 4442 habitants au kilomètre carré. Aux problèmes de cet arrondissement vient s’ajouter l’afflux de migrants, qui faute de logements y ont installé des campements.

 

Mme Grosrichard milite au sein de deux collectifs citoyens [Riverains Lariboisière Gare du Nord et Réseau 10-18]. Elle affirme que depuis des années les autorités ont déplacé les problèmes de la ville – trafic de drogue, camps de migrants, SDF – depuis les arrondissements chics vers les quartiers plus modestes du nord-est, créant une ligne de fracture qui passe par la Seine.

 

Je prends le métro depuis l’arrondissement du nord où j’habite pour me rendre dans le VIIe arrondissement où je travaille, et ce sont comme deux pays différents, explique-t-elle. Il y a beaucoup d’incivilités, et le problème est que les dégradations attirent encore plus de dégradations, la saleté plus de saleté. Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux.”

 

Une “brigade des incivilités”

 

La ville a mis en place une “brigade des incivilités” composée d’agents en uniforme habilités à infliger des amendes aux gens qui abandonnent des trottinettes électriques ou des vélos sur les trottoirs (ou qui roulent dessus), qui jettent des ordures ou qui ne ramassent pas les crottes de leurs chiens. Mais les quelques personnes qu’on interroge sur le boulevard Saint-Martin n’ont jamais croisé de tels agents.

 

Je n’ai jamais vu la brigade des incivilités dans notre quartier, pas une seule fois, s’indigne-t-elle. Nous demandons sans cesse à la ville où sont ces agents, mais je n’en ai jamais vu. La municipalité dépense de millions à nettoyer la ville et celle-ci n’a jamais été aussi sale. Ça ne peut plus continuer comme ça, c’est une évidence.”

 

Et d’ajouter : “J’ai voyagé dans de nombreuses autres villes d’Europe et d’ailleurs, et Paris est incontestablement la plus sale.” Quant à Fraser, il estime qu’il s’agit avant tout d’un problème culturel, accusant les Parisiens de manquer de “responsabilité individuelle”.

 

Les Français ont l’habitude que l’État s’occupe de tout, ils sont déresponsabilisés, souligne-t-il. Essayez donc de ne pas ramasser derrière votre chien à Londres et à New York, vous vous ferez remonter les bretelles par un passant. À Paris, les gens ne réagissent même pas”.

 

* En français dans le texte

Kim Willsher

 

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

  • Un article d’actualité

 

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Le vrai saccage de Paris, c’est l’exode de ses habitants

    • 5
    • 6

La Ville Lumière n’est plus qu’une mégapole malpropre et à l’abandon, livrée aux délinquants, à la saleté et aux vandales (parmi lesquels la mairie elle-même). Tel est en tout cas l’acte d’accusation brandi contre Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, dans une campagne lancée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #saccageParis.

 

Début juillet, adoptant un mode de contestation plus conforme aux traditions parisiennes, des centaines de mécontents ont abandonné leurs écrans pour aller manifester sur le pavé de la capitale.

 

Anne Hidalgo, elle, est sortie de son déni (“C’est une campagne orientée politiquement, tous ces problèmes sont temporaires et liés à la conjoncture du Covid) pour reconnaître des erreurs dans sa gestion. Ou pour être plus précis, elle a envoyé son premier adjoint [chargé de l’urbanisme], Emmanuel Grégoire, faire ce mea culpa à sa place. C’est bien à ça que servent les adjoints, non?

 

Le mobilier urbain supprimé ou restauré

 

Emmanuel Grégoire a ainsi annoncé que les nouveaux éléments de mobilier urbain faisant “l’unanimité contre eux” seraient supprimés. Il y a notamment les sièges “champignons” qui, dans certains quartiers de la capitale, ont poussé… comme des champignons, mais aussi ces bancs dits “mikado”, qui ressemblent à des traverses de chemin de fer qu’on aurait oubliées là.

 

Le marquage temporaire, en jaune vif, des “coronapistes”, ces pistes cyclables provisoires réalisées pour faciliter les déplacements en temps de pandémie, a fini par ressembler à la dentition pourrie de quelque dragon, et il sera lui aussi progressivement supprimé ou remplacé par des aménagements permanents plus élégants. À l’inverse, et à l’image de ces bancs en bois à double assise qui ornent les rues de la capitale depuis cent cinquante ans, d’autres éléments de mobilier plus anciens et chers aux Parisiens seront repeints et remis en état.

 

 

 

 

Simple, élégant, à toute épreuve : le banc Davioud - Bigmammy en ligne

Les bancs Davioud, du nom de leur concepteur, sont devenus l’une des mascottes du mouvement #saccageParis. Une cagnotte en ligne a même été collectée pour “sauver” l’un de ces bancs, qui avait été déboulonné et mis aux enchères.

 

Emmanuel Grégoire a reconnu que la mairie n’avait aucune idée du nombre de bancs Davioud encore en place. Il y en a plusieurs centaines, pour certains dans un triste état.

 

Le pouvoir municipal devrait donc mener un inventaire des bancs. C’est une bonne chose. La mairie serait bien avisée aussi de lancer une grande commande (il faudra bien un convoi entier de péniches) de cette peinture vert sombre qui, d’aussi loin que je me souvienne, a toujours orné le mobilier urbain et les portes des immeubles parisiens.

 

Paris, ville sale

 

À l’ordre du jour également, une grande campagne antigraffiti et des opérations de nettoyage de la voirie plus approfondies et plus fréquentes. Pour Anne Hidalgo, la saleté de certaines rues s’explique par l’épidémie de Covid, qui a réduit les effectifs des agents de voirie.

 

Si le problème est certes bien plus ancien, il ne fait aucun doute que la pandémie a aggravé la situation – ce que les tenants de #saccageParis, souvent issus des classes privilégiées, feraient bien de ne pas oublier.

 

Ceux qui exercent les métiers les plus pénibles à Paris vivent en lointaine banlieue. Ils rejoignent la capitale à bord de bus et de RER bondés, et n’ont jamais cessé de le faire, même au plus fort de la pandémie. Certaines régions, comme le département de Seine-Saint-Denis, ont ainsi payé un lourd tribut en matière de contaminations et de décès ces dix-huit derniers mois.

 

Cependant certains griefs du mouvement (les migrants qui dorment dans la rue, le trafic de drogue à ciel ouvert, les regroupements de toxicomanes, comme les “crackés” de la place Stalingrad et d’ailleurs) ne sont pas du ressort de la municipalité.

 

Ce sont des problèmes réels, mais qui doivent être remis dans leur contexte.

 

La violence comparée à l’international

 

Les agressions avec coups et blessures, souvent liées à la drogue, ont augmenté de 46 % entre 2013 et 2019. Mais ces actes de violence sont pour l’essentiel cantonnés aux quartiers les plus défavorisés du nord et de l’est de Paris. Et à en croire les sondages d’opinion, ils sont encore 65 % de Parisiens à juger leur ville sûre.

 

Comparée à d’autres grandes villes du monde, la capitale française est de fait plutôt sûre. Paris affiche un taux d’homicide de 1,2 pour 100000 habitants : c’est un peu moins que Londres, et beaucoup moins que Chicago, à 18,6 pour 100000.

 

Le mouvement #saccageParis est-il une campagne “politique” orchestrée, comme Hidalgo avait commencé par le dénoncer? Pas totalement. Certains des reproches formulés sont justifiés. Tous les participants à cette contestation ne sont pas d’extrême droite, comme elle l’a un temps laissé entendre.

 

Mais le fait est que la campagne bénéficie du soutien bien hypocrite de figures politiques de droite, et qu’elle fait l’impasse sur les améliorations apportées à Paris par Hidalgo et par son prédécesseur et mentor, Bertrand Delanoë – notamment, à certains égards, en matière de propreté.

 

Certaines des critiques à l’encontre de la maire de Paris dénoncent des mesures volontaires, qui font partie de sa politique : la transformation de la capitale en ville sans voitures ou presque est saluée par de nombreux Parisiens, mais abhorrée par d’autres. Il a été mis fin à cette décision absurde, prise dans les années 1960, d’installer des voies rapides sur les berges de la Seine (un “saccage” de Paris que l’on doit à un gouvernement de droite en des temps où la capitale n’avait pas encore de maire).

 

Griefs légitimes et inepties

 

Ce n’est ainsi pas un hasard si le mouvement contre le prétendu saccage de la ville mélange souvent des griefs légitimes avec des inepties sur la piétonnisation des quais ou la diminution des places de parking.

 

À l’ère Delanoë-Hidalgo, l’air à Paris est plus propre. Les rues de la ville présentent par ailleurs un danger de moins – le vieux problème des chiens parisiens (ou plutôt de certains propriétaires de chiens) appartient pour l’essentiel au passé.

 

Paris a aujourd’hui d’autres problèmes, comme celui que symbolise la réincarnation de la Samaritaine, merveille d’excentricité architecturale, en supermarché de marques de luxe doublé d’un hôtel cinq étoiles. Le centre de Paris perd une grande partie de son âme, en même temps que sa population.

 

Avec la perte de 75000 habitants en dix ans, Paris rapetisse, et même les familles aisées partent pour s’installer en banlieue ou en province, tant les loyers ont flambé. Un dépeuplement particulièrement marqué dans les arrondissements du centre qui, quand je suis arrivé à Paris, en 1978, m’avaient ébloui par la diversité de leur population et leur vie de quartier pittoresque.

 

À mes yeux, plus que dans tout ce qu’a pu faire ou ne pas faire la municipalité en place, c’est là qu’est le plus grand saccage*.

 

Mais Madame Hidalgo, s’il vous plaît, arrachez les dents du dragon, débarrassez-nous des pêle-mêle de traverses de chemin de fer et repeignez ces magnifiques bancs verts : tenez vos promesses.

 

*En français dans le texte.

 

John Lichfield

Partager cet article
Repost0
31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 06:00

Amazon.fr - Le Châtiment de l&#39;Ombre jaune (Bob Morane) - VERNES Henri -  Livres

Bob Morane l&#39;Intégrale Tome 17. Les dents du... - Henri Vernes - Livres -  Furet du Nord

Henri Vernes n'est plus.

 

Henri Vernes, créateur de Bob Morane, est décédé

 

De son vrai nom Charles-Henri Dewisme, le créateur de Bob Morane s'est éteint à l'âge de 102 ans ce dimanche 25 juillet.

 

Sous de très nombreux pseudonymes (Cal W. Bogar, Gaston Bogart, Pat Richmond, Ray Stevens, Jacques Seyr ou encore Jacques Colombo), il a signé plus de 230 romans d'aventure et de science-fiction.

 

En 2018, à l'occasion de ses 100 ans, il nous avait reçus pour évoquer son parcours à la longévité exceptionnelle. À l'époque, le temps ne semblait pas avoir de prise sur l'auteur. Certes, Henri Vernes se déplaçait à petits pas dans son appartement, appuyé sur une béquille. Mais, à 100 ans, cet Athois de naissance, qui vécut ensuite à Tournai, s’apprêtait à recevoir la visite des édiles saint-gillois pour son anniversaire. Il n'en revenait pas lui-même.

 

Il n'avait pas manqué pas de planter quelques piques et bons mots à ceux qui devaient l'honorer ce jour-là tant son langage était vert et fleuri. Des mots, il en a commenté une vingtaine avec nous, retraçant son parcours…

 

Avant-Bob

 

« J’ai été renvoyé de toutes les écoles où je suis passé. J’étais un mauvais élève, sauf en français. J’avais quatre amis étrangers, notamment un juif russe qui habitait Shanghai, un Turc d’origine espagnole, un Roumain d’origine persane et un Portugais. Je suis parti fin 1936 en Chine, et revenu en 1937. J’ai repris l’école et en 1938, j’ai rencontré ma fiancée, fille d’un gros diamantaire. Une fois marié, j’ai été diamantaire durant un an. Puis j’ai divorcé. J’ai été espion pour un service secret britannique par l’intermédiaire d’une dame, Alice, puis, à la fin de la guerre, je me suis retrouvé à Paris comme journaliste pour des journaux du Nord et pour une agence de presse, l’Overseas News Agency. De retour en Belgique, j’ai bientôt rencontré Jean-Jacques Schellens. »

 

Les 5 meilleurs livres de Bob Morane - 5livres.fr

 

Naissance

 

« Bob Morane est né de la volonté de Jean-Jacques Schellens, des éditions Marabout, lequel cherchait quelqu’un pour écrire des romans pour la jeunesse et s’en était ouvert à un de mes amis, Bernard Heuvelmans (le père de la cryptozoologie, NdlR). »

 

 

 

Stakhanovisme

 

« Si peu ! Il se fait que le courant est bien passé avec Schellens qui voulait une production soutenue; et je me suis lancé dans l’aventure, à raison d’un livre tous les deux mois, soit six par an, soit encore jusqu’à trente pages d’écriture par nuit. Pour tenir le coup, je prenais un cocktail fait de Coca et d’aspirine; ça secouait. Et je suis toujours là malgré tout ! »

 

Écriture

 

« J’écris comme je respire. Et quelques fois, j’y ai même pris du plaisir. Parfois, vu le rythme effréné des parutions, je me mettais en mode écriture automatique, surtout s’il fallait que je ponde 20 ou 30 pages par nuit. Là, j’étais en état second. Au total, roman plus BD, j’ai dû publier 220 livres. Mais tout n’était pas bon, loin de là. »

 

Originalité

 

« À l’époque, contrairement à ce qui se faisait en matière de bande dessinée et de littérature jeunesse où les héros sans peur et sans reproche ne côtoyaient jamais la gent féminine, je n’ai pas hésité à coller à Bob Morane de belles petites amies. Tout cela restait bien sage dans les pages, au grand désespoir de Bob (rire). En revanche, le lecteur rajoutait les éléments du récit que je ne pouvais pas écrire… J’ai aussi écrit la série DON, pour les adultes (sous le pseudonyme de Jacques Colombo, NdlR)… »

 

Méchant la suite ICI 

 

BOB MORANE] Dino ATTANASIO &amp; Henri VERNES - Bob Morane (Marabout). 10  volumes. [...] | lot 24 | Bandes Dessinées - Cartes Postales, Imagerie,  Affiches, Plans cadastraux, Topographie, Livres, Documents chez Morel de  Westgaver | Auction.fr

l&#39;aventurier - Vinyle | Rakuten

Indochine

 

"Bob Morane a fait beaucoup pour Indochine et Indochine a fait beaucoup pour Bob. Un jour, j’étais dans mon salon, en train de regarder la télé quand ma petite amie haïtienne de l’époque me téléphone pour me dire d’écouter Radio Luxembourg. ‘ Écoute, ils diffusent une chanson sur Bob Morane’, et c’est ainsi que j’ai entendu L’Aventurier. Étant en Belgique, j’ai vite renoncé au procès; au contraire, je me suis dit qu’il valait mieux s’entendre avec les jeunes gens du groupe. Ils ont fait beaucoup pour la notoriété de Bob Morane et aujourd’hui encore, L’Aventurier est leur chanson fétiche."

Bob Morane - L&#39;intégrale Tome 8 - Intégrale Bob Morane nouvelle version -  Vance, Henri Vernes - cartonné - Achat Livre | fnac

(Bruxelles) À 101 ans, Henri Vernes, père de Bob Morane, revient sur la série qui l’a rendu célèbre

 

Publié le 26 avril 2020

Jean-Christophe Laurence

 

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »

 

Bien calé dans le canapé mou de son appart bruxellois, Henri Vernes regarde vers la fenêtre. La voix est rocailleuse, mais à 101 ans, le père de Bob Morane n’a manifestement rien perdu de son esprit… même s’il a perdu la vue il y a un an, après une opération des cataractes qui n’a pas fonctionné.

 

« Je n’ai jamais bu, jamais fumé et j’ai toujours fait du sport » lance-t-il, quand on lui demande le secret de son étonnante condition physique et mentale. « Mais pour une photo, tout de même, je préférerais que vous en preniez une de moi un peu plus jeune… »

 

La suite ICI

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 06:00

 

La bataille fait rage, la mêlée est confuse, on en vient aux mains, des familles se déchirent, les anti-vac., les anti-passe sanitaire, sont dans la rue menés par les Dupont-Aignan, Philippot, Lalanne, Bardot, Binoche, Bigard… même Ruffin… les gilets jaunes reprennent du service…

 

Mais qui compose le gros de la troupe, même si le nombre des manifestants reste modeste au  regard de l’ensemble de la population ?

 

Les réduire à un tas d’abrutis, de fous, d’illuminés, est bien trop simplificateur, dans la liste de mes amis Face de Bouc, certains vignerons biodynamiques sont dans leurs rangs,une étude réalisée en décembre 2020 par deux sociologues et mise en ligne sur MedRxiv ICI  Un Français sur quatre environ serait particulièrement hésitant face à la vaccination.

 

 

Le mouvement anti-vaccin ne date pas d’aujourd’hui, comme en témoigne cette manifestation de 1973 dans les rues de la cité de Pasteur. ICI

 

 

Les plus modestes, les jeunes, et les femmes

 

Les personnes les plus méfiantes face au vaccin sont en réalité celles qui sont souvent les plus exposées, résume l'étude. Il s'agit, par exemple, des catégories sociales les plus modestes qui hésitent à se rendre dans les centres. Or, ce sont elles qui ont travaillé sans relâche pendant les différents confinements et qui occupent souvent des emplois nécessitant beaucoup de contacts humains.

 

Les jeunes sont eux aussi surreprésentés, même s'ils sont plus résistants face au virus. Le virus circule énormément parmi eux, car ils sont souvent moins enclins à respecter les gestes barrières. Les femmes sont également parmi les plus méfiants (27% se disent résolues à se faire vacciner), notamment en raison de la crainte de prendre un risque lors d'une éventuelle grossesse. Cette méfiance semble diminuer à partir de 45 ans.

 

La réflexion de Jacques Rancière dans AOC à propos des partisans de Trump « Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison. » est intéressante.

 

BALLAST | Jacques Rancière : « Le peuple est une construction »

Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump

Par Jacques Rancière

PHILOSOPHE

 

Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

 

Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

 

Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

 

La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

 

La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

 

Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

 

Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

 

Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

 

Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

 

Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

 

Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

 

C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

 

La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

 

De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

 

Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

 

Cet article a été publié pour la première fois le 14 janvier 2021 dans le quotidien AOC.

 

 

 

Jacques Rancière

 

PHILOSOPHE, PROFESSEUR ÉMÉRITE À L'UNIVERSITÉ PARIS VIII​​​​​​​

 

akg-images - The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New  Inoculation!

Le vaccin, le droit et la liberté

Contenue jusqu’alors, la véhémence des anti-vaccins, communément appelés antivax, est montée d’un cran en lendemain de l’intervention du Président de la République, le 12 juillet dernier, quand celui-ci ouvrait la voie à une possible obligation vaccinale à l’endroit de certaines branches professionnelles. Dès lors, nombreuses furent, et sont, les manifestations de contestation à l’égard de la décision présidentielle, manifestants et opposants arguant du fait que cette obligation entravait la liberté individuelle et plus largement les libertés fondamentales Or, les arguments avancés par ces groupes d’opposants, globalement minoritaires dans la population, mettent en évidence deux lignes de forces que le développement de la pandémie, et les conséquences qui l’accompagnent, ont révélé. La première est la crainte, que l’on croyait dans l’ensemble apaisée, voire éradiquée, nourrie à l'endroit de la vaccination. Ainsi, il apparaît que le principe d’une protection immunitaire, via l’injection d’une souche virale à la virulence atténuée pour combattre cette dernière par la production d’anti-corps, n’est pas partagée par tous et que la pédagogie mais aussi l’information sur les bienfaits de cette pratique sont encore à travailler.

La suite ICI 

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 07:00

Sentia: il serait maintenant possible de prendre un coup sans alcool... et  sans lendemain de veille | 24 heures

Nous sommes, là, loin du vin, sang de la terre, de l’univers des amateurs, dégustateurs, licheurs de vin nu, de la sociabilité, pour chaluter dans le caniveau des boissons alcoolisées industrielles, celles ingurgitées, sans retenue, pour se murger, oublier les soucis de la vie, sombrer dans l’ébriété…

 

Le professeur David Nutt, psychopharmacologue de renom, travaille depuis 30 ans à la réduction des risques de l'alcool. « Je dirais que l'alcool est la drogue la plus dommageable pour la société, dit-il. Je ne pense pas qu'il y ait une seule famille sur terre qui n'ait pas été affectée par l'alcool, ou dont l'un des proches n'ait pas été victime de quelqu'un qui a bu. C'est l'une des principales causes évitables d'hypertension artérielle : il y a plus de personnes qui meurent d'hypertension à cause de l'alcool, parce qu'il provoque des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques, que de cirrhose. »

 

« L’alcool a un impact sur différents systèmes de récepteurs dans le cerveau, m’explique Nutt via Zoom. Aux niveaux les plus bas du cerveau, il fonctionne par le biais du système GABA. Nous savons maintenant qu'il existe 15 récepteurs GABA différents dans le cerveau et qu'ils contrôlent différentes choses. Avec Sentia, nous avons décidé de cibler les récepteurs qui contrôlent la sociabilité et la relaxation, qui se trouvent dans les parties avant du cerveau, et nous avons évité les récepteurs qui causent des problèmes, comme l'instabilité, les chutes, l'irritabilité, la colère et la gueule de bois. »

 

Pour créer Sentia, Nutt et l'équipe de GABA Labs ont consulté des milliers de bases de données et « ont trouvé un certain nombre de plantes qui produisent des substances agissant sur le système GABA », ainsi que d'autres plantes qui accélèrent leur absorption. Si ces ingrédients ne tombent pas sous le coup de la loi sur les substances psychoactives, c'est parce qu'ils sont depuis longtemps approuvés comme aliments ou compléments alimentaires.

 

« Nous avons fini par mettre au point ce cocktail : il est constitué de quatre herbes qui produisent des substances similaires au neurotransmetteur GABA, et de trois ou quatre herbes qui les font pénétrer plus rapidement dans le cerveau, explique Nutt. Enfin, nous utilisons la mûre qui, en plus d’être un joli colorant, facilite aussi l'absorption des substances dans le cerveau. »

 

Peut être une image de une personne ou plus et texte qui dit ’SEN TIA’

 

On a envoyé à l’auteur de l’article, Simon Doherty, quelques échantillons à essayer, et je n'ai pu m'empêcher d'être sceptique. Une boisson à base de plantes peut-elle vraiment rendre quelqu’un pompette ?

 

La suite ICI Sentia, la boisson qui « rend pompette sans donner la gueule de bois » 

 

L’inconvénient du Sentia est qu’il n’est pas bon marché. À 35 euros les 50 cl

David Nutt: inventing the alcohol antidote | The Times

Qui est le professeur David Nutt ? ICI 

 

Le prof. David Nutt est l’un des protagonistes les plus compétents, et controversés, du débat sur les drogues psychédéliques et leur rôle en médecine. Très impliqué dans la recherche sur les produits psychédéliques comme le cannabis, le LSD et la psilocybine, c’est également un fier défenseur d’une réforme politique au bénéfice de la science et du savoir.

 

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:00

En ce temps-là Libération dans sa rubrique Idées publiait  REBONDS, j’en découpais certains, dont celui-ci que je classais. Dans mon grand ménage je viens de retrouver : Cuisine et Création par Christian Conticini.

 

 

Le Paris-Brest qui, comme son nom l’indique, s'inspirait d'une très vieille classique de la petite reine : le Paris-Brest-Paris créée en 1891 par Pierre Giffard du Petit Journal (elle défuntera en 1951 faute de participants). Elle avait lieu tous les 10 ans et comptera en tout et pour tout 7 éditions (interruption pendant le 2d conflit mondial, reprise en 48).

 

 

 Le gâteau, créé lui en 1910, est censé représenter une roue de bicyclette avec des rayons en pâte à pain (certains pâtissiers, dit-on, perpétuent la tradition des grands Paris-Brest, si vous en connaissez faites-le savoir). Ceux de maman, fine cuisinière et excellente pâtissière, dans mon souvenir, avaient de 35 à 40 cm de diamètre. Pour faire simple le gâteau consiste en une couronne de pâte à choux garnie d’amandes effilées, garnie d’une crème au beurre ou d’une crème mousseline pralinée.

 

 

Revisité par Conticini « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » (Portion individuelle ou pour 4). Les deux sont, pour les amateurs du péché de gourmandise, à se damner.

 

 

Si vous souhaiter lire mes chroniques sur Conticini, renseigner son nom dans la case en haut à droite du blog : RECHERCHE.

 

 

Si je publie ce point de vue c’est que je viens de terminer la lecture du livre de Bruno Verjus : L’ART de Nourrir, qui lui prône une cuisine de produits. Je tenterai de chroniquer sur ce livre.

 

L&#39;art de nourrir de Bruno Verjus - Editions Flammarion

 

Partager cet article
Repost0
19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 06:00

 

Retour en force du Taulier sur le vin…

 

Au tout début de juin 2006, en une nuit, une belle nuit douce et étoilée, partout en France, dans les villes et villages, sur les chariots d'hyper et de super, même de hard, aux grands carrefours, aux portes des usines et des bureaux, des affichettes et des sticks : La FRANCE en ROSE ? Coup éclair, affichage sauvage, les autorités se taisent. Bien sûr la presse régionale et nationale suppute, les journaux télévisés subodorent un coup médiatique d'une étoile montante de la galaxie politique, les correspondants étrangers alertent leurs rédactions. Tout le monde en parle...

 

Huit jours plus tard même offensive éclair, les affichettes et les sticks proclament : le ROSE est mis ! Dans le même temps, à Londres, une grande campagne d'affichage couvre les murs : sur fond blanc : The ROSE ! La leur, celle qu'ils arborent sur les maillots de leur équipe nationale de rugby. Là, tout le monde des médias s'emberlificote, ne sait plus quoi penser mais ça ne les empêche pas d'écrire ou de causer. Un grand magazine titre : un coup royal ! En voyant une alliance entre le Poitou et Tony Blair. Tout le monde en parle : d'Ouzbékistan aux Iles Vierges...

 

Trois jours après sur les murs de Paris, des grandes villes de France, aux abords des hypers et des supers, des usines et des bureaux, à Londres, une belle affiche : le ROSE est la couleur des Rosés de France. Et dans le même temps dans les cafés, les restaurants, les pubs le ROSE est mis dans de beaux verres sur des ronds de verre et...

 

C'était une campagne initiée par "SANS INTERDIT" qui n'a trouvé aucun écho auprès de ceux qui pourraient s'unir. Ils préfèrent choisir la couleur du papier peint de la salle de réunion, de la taille de la bassine, faire leur petite campagne perso ou prospecter les marchés porteurs du Vietnam ou des Galápagos... Pour ma part, comme l'avait fait Michel Laroche - que je salue car il est abonné - et son équipe à Vinexpo, pour une journée du Rosé, je vais me contenter d'arborer une chemisette type Lacoste ROSE en prenant le risque qu'on me dise que je fasse de la politique. Ainsi va la France mes chers lecteurs, les présidents y sont plus nombreux que les fromages et nous regardons passer les trains. Bon Pont et diffusez l'info... Soyez réactifs !

 

ICI 

 

 

15 avril 2009

Supplément saumon de Vin&Cie sur « l’affaire du rosé pur »

 

Dans ma chronique du 27/03: « On ne nous dit pas tout… », une source bien informée me dit des choses inavouées sur le « mesclun » des rosés ICI je m’efforçais de mettre sur la table des éléments objectifs d’information. Depuis, l’affaire suit son cours normal à la française : On pétitionne pour sauver la pureté du rosé ; On sonde les Français : vive l’opinion publique ! ; On tente d’informer : Bernard Burtschy courageusement s’y colle dans le Figaro ; On tonne : Périco Légasse s’y colle avec sa finesse coutumière…

 

Moi je ne pétitionne jamais ; j’adore les sondages qui ne veulent rien dire sauf ce que les commanditaires veulent leur faire dire ; j’aime les gens courageux qui font leur métier même à contre-courant ; j’ai un « faible » pour la grosse mauvaise foi en béton armé de Périco Légasse.

Enfin, parce que j’adore mettre mon grain de sel dans le potage : tout à la fin je fais une suggestion de valorisation des vrais rosés.

 

ICI

 

La vie en rose

 

« Tout commence en 1945 quand Édith rejoint, à la terrasse d’un café, Marianne Michel, une bonne copine elle aussi chanteuse qui se plaint auprès de son amie de ne pas rencontrer le succès. Marianne n’est pas venue seule. Elle est avec son nouveau fiancé qui tape tout de suite dans l’œil d’Édith. Pour consoler Marianne, Piaf griffonne sur un coin de table : « Quand il me prend dans ses bras/ qu’il me parle tout bas / je vois les choses en rose. » Marianne lui fait remplacer « les choses » par « la vie ». Quelque temps plus tard, Édith lui donne la chanson qu’elle trouve trop mineure pour son répertoire et lui pique son fiancé. Mais Marianne fait un tabac dans les cabarets avec cette Vie en Rose… Vexée de son erreur de jugement, la môme lui reprend son cadeau et l’enregistre le 9 octobre 1946. Quant au fiancé, l’histoire ne dit pas si elle l’a rendu… »

Le rosé est tendance, Brad Pitt, Angelina Jolie, Georges Clooney, Sacha Lichine, John Malkovich, George Lucas, Début 2021, la maison Chanel a fait parler d'elle en achetant un deuxième domaine sur l'île de Porquerolles. En face, le géant du luxe LVMH a acheté en 2019 un des 18 crus classés de Provence, château du Galoupet à La Londe-les-Maures.

 

Sur une carte, Mme Maligne situe quelques-uns des chefs d'entreprise qu'elle a installés: l'horloger de luxe Richard Mille en 2019, le cachemirier Eric Bompard en 2014, le fondateur du prestataire télécoms Itancia Yan Pineau en 2011 ainsi que le milliardaire britannique spécialisé en immobilier de bureaux Mark Dixon.

 

Son confrère a sa propre liste de grands patrons atterris dans le vignoble: l'industriel de la charcuterie Michel Reybier (Cochonou, Aoste et Justin Bridou) qui a repris en 2020 un domaine au magnat américain Tom Bove, le producteur TV Stéphane Courbit en 2019, le roi des chips William Chase (Tyrells Crisps).

 

Dans cette course aux hectares, les professionnels du vin ne sont pas en reste. Les champagnes Bruno Paillard ont ouvert la marche en 1995 à Saint-Antonin-du-Var, avant que ne débarquent des géants du négoce viticole comme Castel, Chapoutier, Mora, Magrez, Béjot, Aegerter, etc. Dans le monde agricole, LVMH inquiète même: « Si demain Bernard Arnault s'étend encore, il va définir le cours du vin », frémit un vigneron qui préfère garder l'anonymat.

Angelina Jolie et Brad Pitt se lancent dans le vin - L&#39;Express Styles

Bref, les murs de la GD sont de plus en plus rosés, et les gens du Monde par l’odeur alléchés ce sont mis à 4 pour proposer une SÉLECTION

 

Des rosés de qualité, alliant légèreté et acuité du goût, des bulles rosées, des pétillants naturels… L'été se prête aux dégustations entre amis. Voici les bouteilles sélectionnées par « M ».

 

Lunettes-001.JPG

 

Je signale aux 4 beaux nez que le Clairet bordelais n’est pas un rosé :

 

28 novembre 2012

 

À Bordeaux le Clairet de château Massereau des Chaigneau fait le miel du Taulier

 

Le taulier est fou du Clairet mais les Bordelais emboitant le pas  à la tendance se sont mis dans la tête de faire du « rosais » comme ces marauds de Provençaux. Grand bien leur fasse mais, tout même, lorsqu’on a le privilège de pouvoir élaborer du Clairet on en fait un must, parole de Taulier. Je sais le Clairet n’est pas du rosé mais pour une fois qu’une ambiguïté linguistique concernant une dénomination d’un de nos vins, à Bordeaux de surcroît, est le fruit de nos amis anglais, si prompt à nous moquer pour les subtilités de nos AOC, je ne résiste pas au plaisir de chroniquer. Claret, clairet, sont des héritages so british, et dans son chapitre 4 Jane Anson conte avec détails et précisions l’histoire des New French Clarets dès les années 1660, « où Arnaud III de Pontac s’était aperçu qu’il ne suffisait pas de faire un grand vin, il fallait le vendre… » et il envoya son fils, François-Auguste, accompagné d’un de ses maître-queux,  à Londres en 1666 à la fin d’une épidémie de peste bubonique et le grand incendie de la ville…

 

ICI 

 

MON CHOIX EST TRÈS CLAIRE ICI MÊME

 

 

 

Vins rosés : la sélection du « Monde »

ICI

 

Isabella Cotier pour M Le magazine du Monde

VINS ROSÉS

 

Beaujolais

 

Maison Jean Loron, Jean, beaujolais, 2020

Dans la famille beaujolais, ce gamay rosé, en pressurage inerte pour éviter toute oxydation et conserver une belle fraîcheur au jus, est bien séduisant. Des petits fruits rouges, groseilles
et framboises, une touche de fleur d’acacia. Simple et efficace pour accompagner l’été, pâtes au pesto, côtes d’agneau au grill, salade
de fruits rouges…7 €. loron.fr

 

Bordeaux

 

Château La Freynelle, bordeaux clairet, 2020

 

Ce clairet conçu par Véronique Barthe est éminemment sympathique, avec sa robe soutenue, un nez puissant et très aromatique. On est loin des typicités provençales souvent marquées par le pamplemousse. Ici, le fruit, fraise et framboise, est bien mûr avec des touches acidulées qui confèrent à l’ensemble une belle fraîcheur. Haute valeur environnementale (HVE). 7 €. vbarthe.com

 

Château Peybonhomme, Rosita Bomba, 2020

 

Voici une des dernières trouvailles de Rachel Hubert, un rosé de pressée, à base de merlot (70 %) et de cabernet franc (30 %). Outre l’étiquette qu’on adore – référence à Anita Bomba, l’héroïne de la BD d’Éric Gratien et de Cromwell –, ce rosé est goûtu, avec un fruit incroyable, des fraises et de la grenadine. C’est un vrai vin charnu et ample. Biodynamie. 12 €. hubert-vigneron.com

 

Clos Dubreuil, Clara, bordeaux clairet, 2019

 

Cette jolie propriété classée grand cru à Saint-Émilion produit un clairet d’une élégance remarquable. Avec la robe rose sombre qui sied à ce type particulier de rosé, un nez intense de framboise et de cerise, il démarre avec beaucoup d’ampleur et de gras en bouche mais s’affine sur la longueur, ce qui évite toute lourdeur au palais. A servir à table. 17 €. closdubreuil.fr

 

Corse

 

Yves Leccia, E Croce, corse patrimonio, 2020

 

Fraîcheur et minéralité caractérisent souvent les blancs et les rosés de patrimonio, AOC sous influence maritime dont les domaines s’épanouissent au pied du cap Corse. C’est le cas de cette cuvée, composée à 80 % de nielluciu et de 20 % de grenache. Légèrement épicé, mais d’une jolie tension, cet E Croce possède une précision qui est souvent la signature des vins d’Yves Leccia. 16 €. Yves-leccia.com

 

Languedoc-Roussillon

 

Domaine Cazes, Le Canon du maréchal, côtes-­catalanes, 2020

 

Véritable institution du Roussillon, possédant le plus grand vignoble en biodynamie de France (220 ha), le Domaine Cazes partage sa production entre vins doux mutés (banyuls, rivesaltes) et vins secs. Plus fruitée, souple et friande que les Clos de Paulilles, la gamme du Canon du maréchal (les vignes ont appartenu au maréchal Joffre) se distingue en particulier en rosé, grâce à une bouche riche en fruits rouges et bonbons anglais. 8 €. Cazes-rivesaltes.com

 

Domaine de la Sapinière, malepère, 2020

 

C’est le genre de rosé qu’il faut boire bien frais, sur la facilité et la légèreté. Couleur saumon très pâle, il est conçu pour être bu rapidement, presque comme pour se désaltérer. Un style estival et décontracté totalement assumé. 10 €. domainedelasapiniere.com

 

Lanye Barrac, Le Cochon lunatique, saint-chinian, 2020

 

Enorme coup de cœur pour ce rosé aussi atypique qu’irrésistible, à la robe d’un rose franc. Au nez, c’est un jus de fruits explosif de fraise gourmande, de framboise, de grenadine. Aucune sucrosité en bouche pourtant, il a la tonicité qu’il faut, et même une petite amertume qui rappelle le pamplemousse et lui donne de l’allant. À base de grenache (60 %) et de cinsault, il n’est ni filtré ni collé, et ne contient qu’une infime dose de soufre. Certifié biodynamie, label Vin méthode nature. 11 €. lanye-barrac.fr

 

Loire

 

Domaine de Lachaux, La Vigne de Nicolas, côtes-d’auvergne-corent, 2020

 

Sur le terroir basaltique de ce petit domaine (6 ha) du Puy-de-Dôme, entre parc naturel des volcans d’Auvergne et du Livradois-Forez, Yolande et Thierry Sciortino produisent, entre autres, du corent, une dénomination n’existant qu’en rosé. D’un exceptionnel rapport qualité-prix, cette bouteille assemblant avec un fruité légèrement poivré gamay (80 %)
et pinot noir (20 %) régalera sur tous les barbecues de l’été. 6,50 €. Tél. : 06-64-18-48-84.

 

Château de Minière, bourgueil, 2020

 

Essentiellement rouge, comme il se doit à Bourgueil, le répertoire de ce domaine cultivé en bio se partage entre cabernets francs charpentés (issus de vignes centenaires) et d’autres plus fruités, à boire dans leur jeunesse. C’est dans ce dernier registre que s’illustre ce rare rosé, friand à souhait, avec ses notes de pêche et d’agrume, s’affirmant à petit prix comme une belle alternative à ses cousins provençaux. 8,50 €. Tél. : 02-47-96-94-30.

 

Château de la Grille, chinon, 2020

 

Cépage roi de bien des rouges de Loire, le cabernet franc produit aussi quelques rosés se prêtant avec une bienveillante légèreté aux jeux estivaux. Tout en fraîcheur et fruits rouges, ce chinon du Château de la Grille, exploité, depuis 2009, par le tandem Baudry-Dutour, sera un idéal compagnon d’apéro en bord de Vienne, avant un dîner mettant en vedette légumes et poisson. 11 €. Chateau-de-la-grille.fr

 

Jean-Michel Sorbe, La Muse, reuilly, 2020

 

A base de pinot gris, ce reuilly dévoile rapidement ses touches délicates et fruitées de pêche de vigne. Les arômes fleuris ne sont pas absents, avec des roses fraîches, des pivoines qui composent un rosé disponible pour tout le repas, salades, charcuteries, mets exotiques… HVE. 12 €. josephmellot.com

 

Henri Bourgeois, Les Bonnes Bouches, sancerre, 2020

 

Dans son fief de Chavignol, la famille Bourgeois fait surtout rayonner le sauvignon dans une gamme multiple de blancs, souvent de haut niveau (La Côte des Mont Damnés, La Bourgeoise…). Mais pour un pique-nique dans les coteaux vallonnés du Sancerrois, ce rosé de pinot noir, tout en gourmandise florale et acidulée, fera merveille avec les charcutailles, un poulet froid, un chavignol pas trop sec et quelques fraises. 16 €. henribourgeois.com

 

Provence

 

Bastide de Blacailloux, Saint-Probace, vin de pays du Var, 2020

 

Pas moins de cinq cépages composent ce rosé franc et gourmand. D’une robe couleur incarnat, il a un goût de cerise, fraise et framboise, mais sans sucrosité. Croquant, équilibré et frais, on l’aime à l’apéritif avec des beignets de crevette. 7,70 €. bastide-de-blacailloux .com

 

Château Beaulieu, Basalte, by Beaulieu, coteaux-d’aix-en-provence, 2020

 

Parce qu’il naît sur le terroir volcanique d’un ancien cratère, ce rosé porte le nom de la typicité de son terroir. Composé de fossiles, son sol contribue à une finesse minérale étonnante. Du coup, ce rosé singulier offre un toucher cristallin, frais, structuré. 8,95 €. chateaubeaulieu.fr

 

Château La Verrerie, côtes-de-provence, 2020

 

Grâce à ses arômes fleuris quasi guillerets, ce rosé inspire l’élan, la joie et le partage. Fond sur une belle matière, née de grenache et de cinsault, il reste classique dans sa texture. Une perle, certifiée bio. 11,50 €. chateau-la-verrerie.com

 

Château de Sannes, 1603, luberon, 2020

 

L’assemblage de cépages rouges (syrah et grenache) et blancs (vermentino et ugni blanc) en fait un rosé clair à l’œil et frais en bouche. Ses saveurs citronnées sont vives et se déploient vers des notes de pamplemousse. Du coup, la cuisine asiatique lui va bien. Un ensemble délicat et équilibré, certifié bio. 12 €. chateaudesannes.fr

 

Domaine de la Navicelle, côtes-de-provence, 2020

 

Le joli domaine sis au Pradet (Var), au pied du massif de la Colle-Noire, profite du littoral et des cépages qui s’y épanouissent. Tels le tibouren et le mourvèdre qui composent, avec le grenache, cette très belle cuvée. Ses notes aromatiques de fruits jaunes, de melon, un peu de fenouil et quelques épices séduiront les amateurs de rosé frais et de gastronomie. Bio. 15 €. domainedelanavicelle.com

 

La Bastide Peyrassol, côtes-de-provence, 2020

 

Ce domaine, qui régale autant les yeux (avec sa stupéfiante collection d’art contemporain) que les papilles, a créé cette nouvelle cuvée, qui exprime clairement son fruité, notamment grâce à sa dominante de grenache. Un nez de fraise des bois, une bouche aérienne, une certaine tendresse en finale. Pour l’apéritif ou pour une cuisine estivale, légère. 15 €. vignobles-austruy.com

 

 

Château Maïme, Héritage, côtes-de-provence, 2020

 

Fidèles de nos rendez-vous estivaux et rosés, les vins de Pierre-Jean Sibran et Jean-Michel Garcia continuent de séduire. Tel cet Héritage (qui se décline aussi en blanc et en rouge), qui propose ses notes gourmandes d’agrumes légèrement acidulés. Disponible pour un agneau (provençal, évidemment), des sushis, une salade de fruits rouges… 15,80 €. chateau-maime.com

 

Jean-André Charial, L’Affectif, les Baux-de-provence, 2020

 

Le nom de cette cuvée si éloquent traduit bien l’identité de ce vin. « Affectif », certes, mais cela n’empêche pas la précision. Ce rosé surprend par son équilibre parfait, sa texture bien enrobée et sa tendresse. Finale sur des notes acidulées de fraise des bois et de groseille. Il est certifié en biodynamie. 16 €. laffectif.com

 

Château Crémade, palette, 2019

 

Cette minuscule appellation d’Aix-en-Provence recèle des trésors. Comme ce rosé enchanteur, né de l’assemblage de 12 cépages locaux, parmi lesquels le durif, le castet, le brun-fourcat, le manosquin, et de vieux muscats noirs. Dans le verre, voici un vin à la couleur saumonée qui se révèle épicé, vineux, à mille lieues des vins stéréotypés de Provence. On le sert à table, sans hésiter, avec par exemple un loup (un bar hors de la région) cuit au four. 16 €. chateaucremade.fr

 

Ultimate Provence, Up, côtes-de-provence, 2020

 

Voici un rosé aux saveurs étonnantes par ses notes de citron mûr qui feraient penser à un vin blanc. Il serait amusant de le goûter dans le noir pour savoir si on pense à un rosé. Toujours est-il que ce sont bien des cépages rouges qui le constituent : syrah, cinsault, grenache, avec néanmoins un peu de rolle, qui est blanc. Ensemble très harmonieux et légèrement épicé. 16,50 €. ultimateprovence.com

 

Château La Gordonne, La Chapelle Gordonne, côtes-de-provence-pierrefeu, 2020

 

Propriété de Vranken Pommery, cet immense domaine (plus de 300 ha), s’étalant sur les coteaux schisteux de Pierrefeu-du-Var, élabore des vins d’une élégante ampleur. À l’instar de cet assemblage de grenache, syrah et cinsault, équilibrant joliment fraîcheur d’agrume et une voluptueuse longueur en bouche, qui fit mouche, l’autre soir, sur des rougets poêlés au beurre d’anchois. 18 €. lagordonne.com

 

Château Romanin, les baux-de-provence, 2020

 

C’est l’un des plus beaux rosés de l’été, qui s’impose toujours par sa densité régulière. Ses nuances se dévoilent peu à peu. Un rosé qui ne dit pas tout dès le premier verre, c’est rare. Salivant, celui-ci délivre ses notes peu à peu, des herbes aromatiques aux fruits exotiques, en passant par des fleurs délicates. Certifié en biodynamie. 18 €. chateauromanin.fr

 

Minuty, Prestige, côtes-de-provence, 2020

 

Château Minuty a lancé, à côté de la production « maison », des vins de marque issus du négoce. Franche réussite avec ce vin, d’une superbe finesse, floral au nez, et qui n’est pourtant pas dénué de longueur. À apprécier très simplement, sous la chaleur de l’été. 18,50 €. minuty.com

 

Château d’Estoublon, les baux-de-provence, 2020

 

Aussi réputé pour ses vins que pour son huile d’olive, ce château, repaire de l’œnotourisme au cœur des Alpilles, propose un rosé (certifié bio, comme tous les vins de l’AOP les baux-de-provence) qui s’épanouit les yeux fermés sur la gamme des spécialités méditerranéennes – des tians de légumes à l’anchoïade, des brochettes d’agneau aux poissons grillés à la plancha… En équilibre parfait entre fraîcheur et complexité. 19,50 €. Estoublon.com

 

Domaine La Courtade, La Courtade, côtes-de-provence, 2020

 

Bercé par les influences de la Méditerranée, puisque le domaine se trouve sur l’île de Porquerolles, ce rosé a profité d’une tempérance (relative) qui lui confère élégance et puissance. L’assemblage de grenache (50 %), de mourvèdre (30 %) et de rolle (20 %) est juste bien dosé et vinifié en barrique de 400 litres pour apporter des touches fines de pêche et de brioché en même temps. Un régal. Bio. 24,50 €. lacourtade.com

 

Château Saint-Maur, Excellence, côtes-de-provence, 2020

 

Pourquoi faire simple quand on peut faire complexe ? L’assemblage de huit cépages procure à ce vin sa puissance, sa longueur en bouche sans compromettre une vivacité et une fraîcheur de bon aloi quand le soleil réchauffe l’atmosphère. Les fruits y composent une véritable symphonie, qu’ils soient agrumes, exotiques, blancs ou rouges. Un plaisir toujours au rendez-vous. 25 €. chateausaintmaur.com

 

Château Léoube, Le Secret de Léoube, côtes-de-provence, 2020

 

Le superbe domaine de Bormes-les-Mimosas propose une gamme fournie : pas moins de quatre rosés et deux effervescents dans cette couleur. Allons plutôt sur Le Secret, qui allie tension et complexité. Discret au nez, il s’ouvre vite sur des arômes minéraux, fruités et floraux. Il faut le laisser venir et sa finale délicate se prolongera longtemps en bouche. 26 €. leoube.com

 

Rhône

 

Château d’Aqueria, tavel, 2020

 

Ce vin est un véritable cocktail aromatique, fruits rouges, blancs, un peu d’épices, le tout dans un bel équilibre. C’est sûrement grâce à l’assemblage de huit cépages, des grenaches, de la clairette et du cinsault pour 80 %, mais aussi de la syrah, du mourvèdre, du bourboulenc et du picpoul. Bravo, donc, pour cette complexité et cette précision. 12,20 €. aqueria.com

 

Domaine de la Mordorée, Reine des bois, tavel, 2020

 

La robe est d’un rose soutenu, les arômes sont complexes, faisant la part belle aux fruits rouges, fraises et framboises. Pas de doute, on est bien à Tavel, la « capitale du rosé », dans le beau domaine tenu par Madeleine Delorme. Le vin est précis, long en bouche et fera honneur à la table. Chaque année, on aime. En biodynamie. 16,90 €. domaine-mordoree.com

 

Sud-Ouest

 

Domaine Le Roc, Ninette, fronton, 2019

 

Il y en a, mais pas seulement : la fameuse négrette, le cépage typiquement frontonais, est bien présente dans cette cuvée. Mais elle est assemblée avec de la syrah, ce qui apporte souplesse et rondeur à l’ensemble. C’est donc un rosé qui possède un vrai caractère, plutôt épicé et persistant, qui peut accompagner des plats consistants. 8 €. leroc-fronton.com

 

Nicolas Carmarans, Minimus, vin de France, 2020

 

Si l’Aveyron est parfois considéré comme le nouveau pays de cocagne des vins naturels, il le doit en particulier à Nicolas Carmarans, ancien bistrotier parisien (le Café de la nouvelle mairie, près du Panthéon) revenu dans son Aubrac familial travailler des vignes dominant la Truyère. Ses rouges domptent avec élégance le rustique fer servadou qui, en rosé non filtré et presque sans soufre, s’écoule en un fluide gouleyant et léger (11,5°). 17 €. Cavistes.

 

BULLES ROSÉES

 

Alsace

 

Wolfberger, crémant d’Alsace, brut, 2019

 

Issues de pinot noir, ses bulles sont légères (même en alcool, avec 11,68°, pour être précis !) et évidentes en été. On apprécie ses notes acidulées très fraîches, et sa gourmandise généreuse. Sa robe soutenue aux reflets framboise prouve que ce crémant s’impose avec aisance et équilibre. Une belle découverte, certifiée bio. 8,50 €. wolfberger.com

 

Bestheim, Grand Prestige, crémant d’Alsace, 2019

 

Ce crémant, un assemblage de rosés de saignée et de pressurage, aux bulles délicates, est d’une grande fraîcheur. Le pinot noir y révèle ses arômes de fruits rouges, cerises et framboises, et l’équilibre entre gourmandise et persistance tanique est parfaitement trouvé. 15 €. bestheim.com

 

Champagne

 

Champagne Alfred Gratien, brut

 

Tout est fin et délicat dans ce champagne à la robe pâle, aussi bien ses bulles que ses saveurs. Issu de chardonnay en majorité (56 %), de pinot noir et de pinot meunier, il exhale des arômes de lilas et de muguet avant d’exprimer en bouche des saveurs d’abricot. On aime sa complexité raffinée et sa finale longue et vive. 37,95 €. alfredgratien.com

 

Champagne Drappier, brut nature

 

Cette « saignée » de pinot noir a forcément une robe d’une forte intensité colorante : son rosé est profond. L’absence de dosage en fait un champagne léger et digeste. Non filtré, non décoloré et non dosé, donc, il offre des saveurs intenses de fraise et de mandarine, relevées d’une pointe élégante de poivre blanc. 41 €. champagne-drappier.com

 

Champagne Billecart-Salmon, Elisabeth Salmon, brut, 2008

 

Le rosé version luxe, le voici avec ces bulles uniques et rares. Billecart-Salmon est l’une des premières maisons de Champagne à avoir produit des bulles rosées. Les siennes sont devenues emblématiques, reconnaissables à leurs nuances chatoyantes. Cette cuvée 2008 est sortie des caves en avril 2021, après une longue garde qui ajoute au raffinement de l’ensemble. Un grand vin complexe, issu de chardonnay et de pinot noir. Finale puissante et pleine d’étoffe. 190 €. champagne-billecart.fr

 

Rhône

 

Jaillance, La Rosé, 2020

 

Idéal compagnon d’un été chaud, cet effervescent, assemblage de muscat à petits grains et de gamay, séduit par sa fraîcheur et ses délicats arômes de litchi et de griotte. L’étiquette qui indique « fruité » ne ment pas, et ce vin conçu par la coopérative Jaillance, sur les contreforts du Vercors, est facile à boire, désaltérant, et très bon marché. 5,95 €. Bio. jaillance.fr

 

PÉTILLANTS NATURELS

 

Maison Crochet, Pet Native, vin de France, 2020

 

À travers ses cuvées plus classiques, ce domaine de Bulligny (dans le Toulois, en Lorraine) nous avait déjà apporté la preuve de la qualité de ses vins. Même si celle-ci semble plus rock’n’roll, avec sa capsule et son étiquette sauvage, elle abrite un pet’ nat’ très droit, fruité mais surtout vif et rafraîchissant. Qui se boit sans même y penser. Majorité de gamay, complété de pinot noir et d’auxerrois. 12 €. maisoncrochet.fr

 

Domaine Philippe Gilbert, L’Emoustillant, vin de France, 2020

 

On aime beaucoup les vins de ce petit domaine, une référence de la biodynamie, sis à Menetou-Salon. Et, dans sa gamme, on goûte bien cette particularité pétillante de pinot noir, gourmand et désaltérant. Et si la bouteille est sous capsule, telle une bière, on a bien affaire à un beau vin bien travaillé. 20 €. domainephilippegilbert.fr

 

Rémi Barroux

 

Stéphane Davet

 

Laure Gasparotto

 

Ophélie Neiman

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2021 6 17 /07 /juillet /2021 06:00

 

 

Dans un document saisissant, Sara Daniel, grand reporter à l’Obs, et le chercheur Benoit Kanabus retracent le calvaire de Marie, chrétienne d’Irak devenue esclave sexuelle des bourreaux de Daech.

 

 

 

 

« Esclave de douze maîtres, vendue et revendue de Qaraqosh en Irak à Raqqa en Syrie, l’histoire de Marie dessine la géographie de l’État islamique. Et sa théologie : tous les péchés des hommes se sont incarnés dans son corps de femme » écrivent les auteurs de La putain du Califat, une enquête terrifiante sur la tragédie d’une jeune chrétienne enlevée comme tant d’autres par les voyous de Daech. Des voyous obsédés et obscènes, drapant leur orgie de sang et de sexe dans le drapeau noir des fous d’Allah. Pornographes de tous âges et de tous pays, ils passent de la pulsion du meurtre à celle du viol, de la décapitation à la fornication, l’une justifiant l’autre on ne sait plus dans quel ordre, mais sans oublier ablutions et prières.

 

 

Marie a des cheveux blond vénitien et des yeux verts. En ce mois d’août 2014, elle se prépare à sa rentrée de professeur d’anglais, en septembre au lycée de Qaraqosh, la plus grande cité chrétienne d’Irak. Ce jour ne viendra jamais. À sa place commence une longue nuit quand Daech se jette sur la ville. Marie rejoint le fleuve des victimes : la mort pour les hommes, l’esclavage sexuel pour les femmes. Mais le viol aussi  a ses hiérarchies. Sur un marché saturé de jeunes yézidies « les chrétiennes sont des perles rares, la part réservée des chefs et des alliés les plus méritants. Marie ne sait pas cela, elle ne sait pas non plus que la couleur de ses cheveux blonds exaspère le désir de ses geôliers : chrétienne, blonde, c’est un joyau. »

 

 

La suite ICI 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents

  • Hubert de Boüard à la barre !
    Philippe Castéja (à g.) et Hubert de Boüard, à l’ouverture du procès, le lundi 20 septembre 2021 à Bordeaux. © Crédit photo : Guillaume Bonnaud / SUD OUEST En raison de l’actualité judiciaire d’Hubert, Ciné Papy du mercredi est repoussé à demain jeudi. Hubert...
  • Parlons peu mais parlons vin, et de quel vin : La Romanée-Conti où Aubert de Vilaine passe la main…
    Le reproche récurrent que me font certains, chroniquer rarement sur le vin, est justifié, en défense ma réponse est simple : j’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question et que perdurer ce serait tourner en rond. Bien sûr, je pourrais à la manière...
  • L’ÉCHALIER
    Henry Pierre Troussicot L’échalier, petite barrière fixe, dans une haie, entre deux champs, permettant d’aller de l’un à l’autre. Combien de gars de ferme ont fait sauter les échaliers aux filles en les empoignant par la taille, pour aller danser ou autres...
  • Un dimanche ordinaire au Bourg-Pailler…
    Le dimanche au Bourg-Pailler c’était les habits du dimanche pour aller à la grand-messe de 10 heures. Au Bourg-Pailler, la tante Valentine, était le maître des horloges, elle rappelait tout le monde à l’ordre avec une injonction ritournelle « ça monte...
  • Je m’insurge l’âne bâté n’est pas stupide…
    Rien ne vaut l’expérience, les grands auteurs cités plus bas, n’ont jamais mené de leur vie un âne bâté, moi si pendant 8 jours dans les Cévennes sur le sentier Stevenson, c’était une ânesse, et je peux affirmer qu’elle était bien plus intelligente, plus...