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11 octobre 2022 2 11 /10 /octobre /2022 07:00

 

Image empruntée à Super Pousson qui estimait en décembre 2020 que 99% des vins « nature » sont pourris ? Sans vouloir l’offenser j’ai toujours trouvé que lui avait un goût de chiottes ICI

Sonia Lopez Calleja, qui n’aime rien tant que d’explorer à fond un dossier et, Florian Demigneux que je ne connais pas, sont allés, pour le compte du LeRouge&leBlanc, en terre alsacienne, à Ostheim, dans le Haut-Rhin (oui Pax j’ai retenu la leçon d’hydrologie du Rhin) rencontrer Xavier Couturier et Pierre Sanchez fondateurs de Duo Œnologie.

 

Eulala, des œnologues, dans le petit monde des vins nu ça équivaut à rencontrer le Diable, des fils de Satan, des adorateurs de Michel Rolland, même avec une longue fourchette c’est prendre le risque de se faire excommunier par les pharisiens des vins nu.

 

Les deux compères se veulent au service du vin « sur mesure », duo œnologie n’est disent-ils pas comme les autres, il ne domine pas les vignerons de son savoir scientifique, il œuvre à leur émancipation. De plus, les deux s’intéressent aux vins « nature » ce qui, convenez-en une forme de rédemption.

 

Amen !

 

Trêves de bondieuseries, revenons au goût de souris.

 

- On  voit également une multiplication des goûts de souris ? Est-ce un phénomène récent ou pas ?

 

Cela a toujours existé et cela fait partie, à notre avis, des goûts liés à la fermentation. Auparavant, il était associé à l’acroléine, la saveur de l’amande amère. Nous n’avions pas de mot spécifique pour désigner cette saveur. Le fait de la nommer la rend plus visible. Dans les années 2000-2010, les Japonais sélectionnaient systématiquement les vins qui avaient développé un goût de souris, c’étaient ceux qu’ils préféraient. La « souris » est aussi un agent de texture prolongeant la sensation en bouche. À partir du moment où cette saveur est qualifiée de défaut, les personnes vont avoir tendance à la rejeter et à oublier le reste du vin. Nous ne disons pas que c’est agréble mais ce n’est pas que mauvais.

 

On va retrouver ces arômes dans tout l’artisanat fermentaire. La molécule responsable de la saveur particulière du riz basmati est la même que celle intervenant dans le goût de souris. Plus le riz basmati va développer un goût de souris plus il sera vendu cher. Avec le vin, c’est plus compliqué parce que c’est un goût qui apparaît en retrait, en fin de bouche.

 

- On associe également le goût de souris à des vinifications sans soufre, est-ce judicieux ?

 

Il est plus fréquent dans les vins sans sulfites. L’utilisation de soufre réduit la quantité de micro-organismes et donc le spectre des métabolismes possibles. Par ailleurs, les difficultés de fermentation ajoutent un risque supplémentaire dans la microflore. En dehors de la façon de vinifier, l’apparition du goût de souris peut être liée à la qualité des raisins et au changement de climat. Nous assistons à un véritable effondrement de la diversité microbiologique locale, qui favorise l’augmentation de la présence de bactéries opportunistes pendant la fermentation. La sécheresse est également un facteur favorisant l’apparition des goûts de souris. À l’inverse, les années pluvieuses réduisent le risque.

 

- Peut-on limiter les risques d’apparition du goût de souris ?

 

Il faut que les fermentations soient les plus rapides et complètes possibles. Si ce problème est récurrent en cave, nous allons réfléchir à un aménagement du milieu qui lui soit moins propice. Les conditions climatiques qui font souffrir la vigne sont un facteur déterminant. Il est donc également nécessaire d’aider le « vivant » par des pratiques viticoles adaptées. Ainsi les vignerons  qui travaillent beaucoup à diminuer le stress hydrique de leurs vignes ont moins de soucis. Nous ne parlons évidemment pas de l’irrigation ; ce n’est pas une solution. Irriguer participerait à la salinisation de sols. En revanche, nous ne connaissons pas, pour l’instant, de technique pour retirer le goût de souris lorsqu’il est déjà présent dans le vin.

 

 

 

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10 octobre 2022 1 10 /10 /octobre /2022 07:00

Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ?Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ?Et si le vin dit de Bordeaux subissait au XXIe siècle le même déclin que le vin de table du Languedoc au XXe siècle ?

Ils sont respectivement, président, vice-président, directeur du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB)

 

De ce grand entretien je ne retiens pas grand-chose de nouveau mais, comme il est préférable de ne pas « tirer sur une ambulance », je fais référence ici à la myopie et l’incurie des dirigeants du CIVB et non à la détresse des vignerons de Bordeaux, je ne rajouterai pas mon grain sel sur une situation prévisible masquée par le soi-disant Bordeaux-bashing. L’évitement, la politique de l’autruche, l’incapacité à sentir les nouvelles tendances, en dépit des moyens importants  du CIVB, ont conduit le « ventre mou » des vins de Bordeaux dans la situation du Languedoc du vin de Table. L’histoire repasse parfois les plats mais pas chez les mêmes.

 

Pas de solution unique à la sortie de crise des vins de Bordeaux ICI 

 

Grand entretien avec les dirigeants du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), faisant le point sur les principaux enjeux d’adaptation du vignoble bordelais aux tendances du marché. Des profils produits à la diversification de la production, en passant par l’arrachage.

Par Alexandre Abellan Le 30 septembre 2022

 

- Quels sont les leviers d’action et de conseil du CIVB auprès de ses opérateurs ? Vous avez réalisé une étude récente sur les profils produits ou une étude sur la vision des cavistes sur les vins de Bordeaux…

 

Allan Sichel (président du CIVB) : Une étude a été faite avec une méthodologie scientifique rigoureuse pour définir 250 vins de Bordeaux prélevés sur les linéaires (prix allant de 5 à 10 €). Ont émergé 20 styles, goûtés par des professionnels et des amateurs. Ce qui est intéressant, c’est que leurs avis convergent : ils ont les mêmes goûts et perceptions, sans utiliser le même vocabulaire. Ces 20 catégories de produits ont été soumis à la dégustation d’un plus grand nombre, professionnels et amateurs. On voit que toutes les catégories ont des notes honorables, autour de 7 sur 10. Tous ces styles de vin ont des amateurs : des gens qui les adorent. Et il y a en aussi qui ne les aiment pas. La difficulté, c’est comment faire en sorte que le consommateur retrouve un vin qu’il aime. À priori, s’il n’a pas goûté un vin, il n’en connaît pas le style.

 

C’est le constat. La bonne nouvelle, c’est que tous les vins de Bordeaux trouvent leurs amateurs. La tendance est aux vins sur le fruit avec moins de tannins, mais on voit qu’il y a des styles boisés et riches qui ont leur public. Au niveau du CIVB, on n’est pas en mesure de dire voici le style de produit qu’il faut faire. Ce que l’on met en avant dans nos actions de promotion et de communication, c’est la diversité de l’offre bordelaise. Et surtout l’élargir sur les produits où Bordeaux n’est pas attendu : les rosés, les crémants, les vins blancs… Mais aussi des vins rouges très légers. On voit des viticulteurs qui produisent avec un certain succès des vins rouges à servir frais. Ce sont des choses à caler avec la grande distribution. L’idée de notre charte de partenariat, publiée au sein de la filière, est d’intensifier la relation entre le viticulteur, le metteur en marché et la chaîne de distribution pour que chaque vin trouve son marché dans un cycle en adéquation avec les attentes des consommateurs.

 

- On entend certains distributeurs préférer rentrer des rosés en IGP Atlantique qu’en Bordeaux, l’appellation serait moins attendue sur cette couleur par les consommateurs. Est-ce un épiphénomène ou une vraie tendance ?

 

Allan Sichel : Bordeaux n’étant pas attendu sur le côté rosé, c’est une bonne raison pour le présenter. Bordeaux est perçu comme un fournisseur de vins rouges, qui représente la moitié des occasions de consommation. Si l’on reste focalisé sur les rouges, Bordeaux n’est même pas considéré sur la moitié des moments de consommation. Montrer que Bordeaux est aussi présent avec des rosés, des blancs frais, des crémants… C’est un axe de développement.

 

Christophe Château (directeur de la communication du CIVB) : Il me semble que les volumes produits en Bordeaux rosé sont très nettement supérieurs à ceux produits en IGP Atlantique. Si c’était une demande très forte, il y aurait un basculement.

 

Bernard Farges (vice-président du CIVB) : On n’a jamais pu vraiment installer l’IGP Atlantique, c’est confidentiel en termes de volumes (à part un opérateur). Mais on regarde d’un bon œil le développement de l’IGP Atlantique. Ça sera une bonne chose. C’est la diversification.

 

La diversification semble justement être le mot sur toutes les lèvres à Bordeaux : crémants, blanc de noirs… Est le mot d’ordre pour que le vignoble bordelais soit plus en phase avec le marché ?

 

Allan Sichel : La diversification des sources de revenus est un axe important de pérennisation et de résilience dans la durée.

 

Bernard Farges : Les chocs climatiques et les chocs commerciaux nous amènent à des niveaux de commercialisation qui sont en dessous de notre capacité de production. Encore que ces trois dernières années les récoltes sont plutôt faibles. Et les commercialisations sont faibles aussi. Le besoin de réduire, de diversifier et de relancer la commercialisation de notre cœur de métier que sont les AOP bordelaises sont les trois voies vers lesquelles nous devons aller. Forcément. Il n’y en a pas une qui va suffire. Dire que l’on va tout diversifier, tout passer en IGP et en rosé, c’est illusoire. Demain, dire que l’on va tout régler par l’arrachage (que l’on n’a pas encore), ce sera illusoire. Dire que par le soutien à la promotion on pourrait remonter à 5 millions hl de commercialisation (d’abord on ne le croirait pas), ce serait illusoire aussi. Il va falloir agir sur tous les leviers. Tous les leviers.

 

- Lors de vos deux dernières assemblées générales en tant que présidents successifs du CIVB, vous avez respectivement appelé à l’arrachage définitif avec l’appui de fonds européens (pour la restructuration et l’investissement) et à la reconversion vertueuse et réversible (en préservant les meilleurs terroirs). S’agit-il de façons différentes de demander la même chose ou de divergences entre production et négoce ?

 

 

Allan Sichel : Il n’y a que Vitisphère et Sud-Ouest qui ont généré la polémique là-dessus. On ne peut pas convertir des terres agricoles pour en faire autre chose sans arracher la vigne. Vous étiez surpris que je ne dise pas le mot arrachage : si je l’avais su avant, je l’aurai facilement exprimé et dit. Nous sommes dans une situation structurelle de surproduction : il faut que l’on réduise le volume de production à Bordeaux. Il faut arracher et il faut trouver des financements pour permettre aux viticulteurs d’entamer cet arrachage. Pour certains c’est la fin de carrière, pour d’autres c’est une conversion vers autre chose. On a des besoin d’utilisation de terrains agricoles (céréales, maraîchage, séquestration carbone, énergies vertes…). Tout ce qu’il faut, c’est que l’on n’arrache pas des vignes pour y mettre des supermarchés : ça serait irréversible.

 

-Poussée par la souffrance, l’impatience est forte dans le vignoble : un arrachage primé est-il envisageable en 2023 ? Que peut-on dire : être rassurant ou rester prudent ?

 

Allan Sichel : Pour moi, c’est très difficile d’être totalement rassurant à ce stade-ci. On a des enjeux d’évolution de réglementation qui sont lourds. Tout ce que je peux garantir, c’est que l’on déploie toute l’énergie pour sensibiliser nos représentants au niveau des ministères et engager des évolutions dont il y a besoin. Ce qui est important, c’est d’avoir une feuille de route, parce que ça concerne Bordeaux. Mais ça ne concerne pas que Bordeaux, le ministère a besoin d’une vision d’ensemble de filière. On travaille aussi pour avoir une ligne de conduite pour toute la filière française.

 

Bernard Farges : Quand en mai, en assemblée générale, on parle d’arrachage, qu’en juillet on en reparle à nouveau (je dis on parce qu’il [Allan Sichel] était au courant de ce que je disais et que j’étais au courant de ce qu’il disait), pourquoi est-ce que l’on n’en parle pas avant ? C’était déjà un sujet l’arrachage, à l’assemblée générale du syndicat des Bordeaux. Jusqu’à présent, on disait qu’il n’y avait pas d’opportunités, que l’on sentait que cela n’allait pas suivre. En mai, on s’est dit que cela suivait ailleurs qu’en Gironde. Peut-être pas pour le faire de suite. Mais ce qui se passe dans la filière viticole française, plutôt bien portante jusqu’en 2018, c’est la succession de chocs : petites récoltes, taxes américaines, fermeture de la Chine, la pandémie, les conséquences de la guerre en Ukraine… Et la déconsommation, très importante en grande distribution.

 

Nous avons les nuages sur la tête depuis un certain temps, d’autres régions les voient arriver clairement : je ne vais pas les citer ici. Il y a une prise de conscience au niveau de la filière viticole et il y aura des propositions de l’ensemble de la filière. Parce que les outils financiers de soutien et réglementaires d’encadrement de la filière n’ont pas bougé depuis, en gros, 2008. Il y a besoin d’adapter les outils urgemment. Sinon, nous aurons été responsables d’avoir tiré la sonnette d’alarme et de ne pas avoir fait de propositions. Il faut trouver des solutions, sociales pour certains : ce n’est pas de gaîté de cœur. Mais c’est indispensable : la filière est à restructurer.

 

Avec des éléments très positifs parfois : en deux mois, on a réussi à bâtir pour la Champagne et la Bourgogne un déplafonnement des rendements butoirs. Lorsque cela a été proposé pour la première fois au mois de mai, certains ont ouvert de grands yeux en disant que ce n’était pas possible de faire péter un dogme. Et bien oui, on fait péter parce que c’est cohérent. Champagne résiste parce qu’ils ont des outils de mise en réserve qui fonctionnent. Ailleurs, ce seront d’autres outils. Bordeaux a travaillé et obtenu un nouvel outil de réserve (le volume régulateur), qui ne sera pas efficace cette année on le sait, mais il sera efficace prochainement, on l’espère. D’autres régions y travaillent, parce que ce sont les outils de régulation dont nous avons besoin. Nous sommes démunis face aux chocs que la filière a subi, subit et subira peut-être (climatiques et commerciaux, comme nous sommes exposés partout).

 

-La vendange 2022 est prometteuse en qualité et réduite en quantité : est-ce un atout pour relancer les ventes et la valorisation ?

 

Allan Sichel : C’est la difficulté entre le cas individuel et le collectif. Collectivement, au niveau de la filière, avec les stocks qu’il y a et les perspectives de commercialisations, on n’a pas besoin d’une grosse récolte. Mais économiquement pour chaque producteur, qu’il y ait une petite récolte, c’est compliqué.

 

Les perspectives sont celles d’un très bon millésime : de la concentration, de la matière... C’est très rassurant sur la manière dont la vigne a pu résister à ces conditions extrêmes. Jamais on n’avait vu ça de manière aussi prolongée, avec une sécheresse aussi forte cumulée à une température aussi élevée. C’est un point encourageant.

 

Fabien Bova (directeur général du CIVB) : La bonne nouvelle, c’est la bonne réputation du millésime 2022 après les difficultés de vente du millésime 2021. L’équilibre entre la production et la capacité de ventes, telles qu’elles ont été démontrées ces dernières années, n’est qu’un équilibre en trompe-l’œil. Puisque les dépenses pour produire si peu sont largement supérieures à une production qui aurait été adaptée à ce volume-là. C’est comme si l’on faisait fonctionner une voiture en permanence dans le mauvais régime. Ce qui nous rassurerait, c’est une revalorisation raisonnable qui permettent de rémunérer d’avantage l’ensemble de la filière en restant dans le marché. Parce que jusqu’ici les petits millésimes ont été suivis d’à-coups sur les cours qui nous ont sortis des marchés. Et nous savons que le temps pour revenir sur les marchés est beaucoup plus long que celui pour en être éjecté et remplacé sur les linéaires.

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Fabien Bova, ingénieur agronome de formation, né en 1958, connaît très bien la Gironde et la filière viticole, en raison des nombreux postes qu’il a occupés dans le département. Il était, depuis 2009, Directeur Général de FranceAgriMer.

 

Il a été notamment directeur de Direction Départementale de l’Agriculture et de la Forêt de la GIRONDE (2001-2004) et de  Direction régionale et départementale de l’agriculture et de la forêt pour l’AQUITAINE et la GIRONDE (2006-2007) avec de faire partie du cabinet du Premier ministre François Fillon en 2007. Il est Chevalier dans l’Ordre National du Mérite (2002) et Chevalier de la Légion d’Honneur (2009).

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9 octobre 2022 7 09 /10 /octobre /2022 07:00

 

Les tomates vont manquer cet hiver (et ce n’est pas plus mal) ICI 

Publié le 16/09/2022 par Konbini

 

La hausse des prix de l’énergie oblige les agriculteurs à changer de stratégie… et les consommateurs devront leur emboîter le pas.

Les légumes cultivés sous serre vont-ils disparaître des étals cet hiver à cause de la crise énergétique ?

Par Eva LERAY

 

Salades, tomates, concombres… Quand ils sont cultivés sous serre, y compris hors saison, ces légumes sont très gourmands en énergie. Face à l’explosion des prix du gaz et de l’électricité, ils pourraient se faire plus rares sur les étals cet hiver. Faut-il craindre une pénurie ?

 

La crise énergétique a un impact aussi sur les producteurs de fruits et légumes. Les plus impactés, logiquement : ceux qui sont cultivés sous des serres, lesquelles fonctionnent « principalement au gaz », nous explique Damien Penguilly, directeur de la station expérimentale Caté à Saint-Pol-de-Léon, (Finistère), site qui cherche des solutions pour faciliter le travail des agriculteurs, et leur permettre de s’adapter au dérèglement climatique. « Je ne vois pas de pénurie pour cet hiver, mais il existe une réelle inquiétude sur les serristes en France, nous dit Laurent Grandin le président de l’Interprofession des fruits et légumes frais (Interfel). 90 % de la production française de tomates et de concombres provient des serres chauffées. » Les factures énergétiques ont déjà augmenté pour les serristes, « surtout pour les producteurs de bananes et les endiviers, gros consommateurs en énergie », précise-t-il. « L’augmentation du prix du gaz met en difficulté les producteurs et pose question », estime Damien Penguilly.

 

La suite ICI 

 

 

 

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7 octobre 2022 5 07 /10 /octobre /2022 07:00

Le propriétaire Emmanuel Reynaud, au milieu des 110 ha de vignes du Château Rayas, à Chateauneuf-du-Pape.

Le propriétaire Emmanuel Reynaud, au milieu des 110 ha de vignes du Château Rayas, à Chateauneuf-du-Pape. 

Passage plaisant plus tard à château Rayas où Emmanuel Raynaud nous reçoit longuement pour nous expliquer son approche des blancs, même si Rayas, comme le château des  Tours à Vacqueyras sont plus célèbres pour leurs rouges mythiques que pour leurs blancs. Nous n’avons pas goûté collectivement Rayas blanc, mais seulement à trois lors d’une dégustation dans un cadre privé, et nous ne pourrons pas le commenter comme les vins du château et du domaine des Tours qui étaient eux, inclus dans notre dégustation collégiale. Nous pouvons toutefois rappeler que, lors de notre article sur les blancs de Châteauneuf-du-Pape (n°108), les Rayas 2005 et 2001 avaient obtenu les deux meilleures notes… Le 2010, goûté donc en mars dernier, nous a semblé un léger cran en-dessous, mais il est probable qu’il aurait fait partie des trois ou quatre meilleurs vins de notre dégustation de février 2022.

 

 

Pour Emmanuel Raynaud, « cette lourdeur saturante et ce manque de fraîcheur des blancs du Rhône sud sont une image un peu facile qui s’est diffusée au fil des ans sans que personne ne s’attelle sérieusement à démontrer que de nombreuses cuvées n’avaient rien à voir avec cette réputation. » Le vigneron ajoute : « Ici on récolte facilement des fruits bien mûrs. Il faut que ce fruit, qu’on croque sur la vigne, se retrouve dans le verre, avec de la fraîcheur, de la finesse et de la longueur, sans que ça fasse mal à la tête, donc en évitant la part inutile du sulfitage. Pour moi, la plus belle association est celle du grenache blanc et de la clairette, comme à Rayas où ces deux cépages sont, bon an mal an, à égalité dans notre cuvée. Au château des Tours le choix a été différent puisque la cuvée domaine des Tours est une pure clairette et Les Tours (ex-château les Tours) est un pur grenache blanc. À mon avis, le grenache blanc, de plus en plus décrié avec le réchauffement, est un cépage qui reste très intéressant, comme une longue ligne droite de matière dont on ne voit jamais la fin. »

 

D’ailleurs, Emmanuel Raynaud ne semble pas trop se plaindre des évolutions climatiques : « Je ne suis pas certain que l’équilibre des vins change fondamentalement avec le climat actuel. Pour moi c’est plus la quantité de lumière qui est plus fondamentale que la chaleur, et ce soleil plus vif très tôt dans la saison accélère la photosynthèse. Depuis une dizaine d’années, je constate qu’on a à la fois plus de feuilles sur la plante et davantage de sucre dans les fruits qui produisent des jus plus épicés, tant en blanc qu’en rouge. Reste enfin la question de l’élevage et surtout de sa durée, que je souhaite longue, mais dans de très vieux bois : nos barriques ont entre soixante et quatre-vingt ans… » Emmanuel Raynaud reste persuadé que dans ses vins, blancs comme rouges, il faut partager avec leurs dégustateurs ce que la nature a offert au vigneron, donc sans contrarier ce qu’elle a envie de donner telle ou telle année.

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30 septembre 2022 5 30 /09 /septembre /2022 06:00

ANDROS 1981 pub avec jeu Tintin - confiture de fraises | Tintin, Confiture  fraise, Pub

Le groupe Andros est une entreprise française dont le siège est basé dans le petit village de Biars-sur-Cère, dans le département du Lot. Il appartient à la famille Gervoson et garde ses traditions de PME provinciale.

 

Novembre 2016

 

 

Dimanche dernier je suis allé déjeuner chez Amarante où mon amie Maréva assure depuis quelques jours le service en salle.

 

Bien installé j’attendais paisiblement. En face de moi sur la droite une table de 4 : 3 jeunes gens et un monsieur que je vois de dos. Je remarque que le vin est aussi invité à cette table. Et puis, alors que ma fraise de veau arrive sur ma table le monsieur de dos se retourne et son visage s’illumine d’un grand  sourire. Il se lève et vient me saluer. Lecteur assidu, c’est un bordelais (d’adoption je m’en apercevrais plus tard) il est à Paris pour le salon des outsiders de JM Quarin. Nous échangeons brièvement et le monsieur se rassied. Je savoure ma fraise de veau lorsque le monsieur se relève et vient m’offrir une bouteille de son château : Larrivet Haut-Brion Pessac-Léognan 2012.

 

Mes lecteurs sont sympas ! Louis & Charlotte Perot L’Ostal – Philippe Gervoson château Larrivet Haut-Brion

 

Confus je remercie chaleureusement mais comme je ne suis pas Jacques Dupont je ne connecte pas le nom du château avec son propriétaire. Pire encore j’omets de regarder la contre-étiquette qui me l’indique. Je suis au-dessous du niveau de la mer mais j’ai l’excuse d’une soirée bien arrosée la veille.

 

Alors, cher Philippe Gervoson sachez que si j’avais pris cette peine mes neurones auraient reconnectés et votre patronyme m’est bien connu puisque dans mes anciennes fonctions j’ai eu l’occasion de rencontrer Frédéric Gervoson pour discuter avec lui de problèmes laitiers normands, mamie NOVA ex-ULN, liés à l’usine flambant neuve d’Auneau en Eure-et-Loir.

 

Bref, des gens forts sympathiques, dont la proximité géographique avec la Corrèze, qui n’est pas le Zambèze mai une terre qui accouchent de présidents de la République, des provinciaux, et le jeune boss d’Andros, Florian Delmas, est dans cette tradition puisque son adresse à notre intention, dont j’ai fait le titre de cette chronique, qui me doit bien peu, se termine par :…et nous regardons ailleurs » paraphrasant Jacques Chirac « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » lors du IVe sommet de la Terre, en 2002.

 

🥩 Stéphane CARRIER 👁👃👁 (@stefcarriere) / Twitter

AGRICULTURE

Florian Delmas, Président de Andros : « Notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, et nous regardons ailleurs » ICI 

par Florian Delmas 27 septembre 2022

 

A l’heure où le conflit en Ukraine positionne la notion de souveraineté alimentaire comme une priorité nationale, 50% des poulets, 40% des légumes et même 60% des fruits que nous consommons sont importés de pays qui ne respectent pas les réglementations qui nous sont imposées. La France, première puissance agricole européenne, est en passe de perdre son indépendance alimentaire. C’est le constat amer que dresse le jeune PDG (âgé de 37 ans) du groupe Andros, qui revient pour StripFood sur les raisons de cet inquiétant naufrage. Selon lui, à l’heure de changements climatiques inéluctables, l’agriculture française doit se réinventer à travers la cohabitation de plusieurs modèles performants. Une prise de parole cash et plutôt rare de la part d’une nouvelle génération de dirigeants qui doit interpeller au plus haut niveau.

 

 

 

Notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, « et nous regardons ailleurs ». Une faillite économique, démographique, écologique, sociologique et idéologique qui plonge la France dans un déclassement inquiétant.

 

 

 

Un peu d’histoire

 

 

Se nourrir correctement est une condition essentielle de stabilité et d’émancipation des sociétés humaines. « Un pays qui ne peut pas se nourrir lui-même n’est pas un grand pays », affirmait le général de Gaulle en 1962. La Politique Agricole Commune qui fut mise en place la même année à l’échelle européenne allait dans ce sens. Elle visait l’autosuffisance alimentaire, une condition essentielle pour garantir la paix. Dix ans plus tard, avec les progrès de la productivité et de l’acheminement des produits agricoles, le pari était réussi : mécanisation, développement du transport des marchandises, recours à la chimie pour les engrais et les pesticides donneront naissance à l’agriculture productiviste, sous la maîtrise de familles paysannes multigénérationnelles. Pendant ce temps, un modèle agro-alimentaire industriel se développait pour produire, conditionner et distribuer une alimentation ainsi préservée, accessible au plus grand nombre.

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la France n’a plus jamais été confrontée à la famine et a renforcé sa souveraineté politique par le levier alimentaire. L’ensemble des maillons de la chaîne ont massivement investi pour construire un modèle compétitif et performant, ayant par ailleurs contribué à une politique d’exportation massive de produits et de savoir-faire (équipementiers, agriculteurs, transformateurs, logisticiens, distributeurs). Un modèle envié par le monde des années 1960 aux années 2010 avec 3 atouts majeurs, à partir desquels il est toujours possible de bâtir une politique forte et prometteuse : un contexte pédoclimatique le plus diversifié au monde, une expertise technologique et sanitaire reconnue, une gastronomie de renom.

 

Un demi-siècle plus tard, notre système agricole et agro-alimentaire français fait faillite, et nous regardons ailleurs.

 

Depuis 2010, l’excédent agroalimentaire français a été divisé par deux (sans les vins et spiritueux, nous serions déjà déficitaires). Selon un rapport du Sénat, la France pourrait connaître son premier déficit agricole depuis la seconde guerre mondiale en 2023.

 

50% des poulets que nous consommons sont importés de pays qui ne respectent pas les réglementations qui nous sont imposées.

 

40% des légumes que nous consommons en France sont importés, 60% des fruits, contre respectivement 28% et 43% en 2000. Là aussi, les normes sociales, fiscales, sanitaires et environnementales sont en défaveur de la France.

 

En 20 ans, la surface des vergers a reculé de 40% et celle des légumes de 13%, non compensé par l’amélioration des rendements. Dans le même temps, elle a augmenté de plus de 50% en Allemagne, 29% en Hollande.

 

¼ des produits porcins sont importés alors que nous élevons plus de porcs que nous en consommons.

 

Au-delà de ces constats, la faillite du système agricole et agro-alimentaire français est plus profonde et mérite qu’on s’y attarde.

 

 

 

Une faillite économique

 

 

La France est la première puissance agricole de l’Union Européen, cumulant un chiffre d’affaires de 73 Milliards d’euros. Avec près de 18% de l’enveloppe globale, la France est aussi le premier pays bénéficiaire du budget de la Politique Agricole Commune (PAC). Cela équivaut à un peu plus de 12 Milliard d’euros versés annuellement aux 420 000 exploitations agricoles employant un peu plus de 600 000 personnes. Le fait le plus marquant, révélé par un récent rapport de l’Inrae, est que les aides de la PAC constituent les 3/4 du résultat courant avant impôts des exploitations agricoles françaises. La dépendance diffère cependant selon le type d’exploitation. Avec 195% d’aides directes dans la formation du revenu, en moyenne nationale sur dix ans, les exploitations de bovins-viande sont les plus dépendantes des aides directes de la PAC. C’est un peu plus de 100% du résultat courant avant impôt des exploitations spécialisées en céréales et oléoprotéagineux et des exploitations de polyculture-élevage.

 

Autrement dit, sans un soutien massif équivalent à près de 400 euros annuels par ménage français, notre système agricole est en faillite, alors même qu’un ménage agricole sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.

 

L’industrie agro-alimentaire est quant à elle le premier secteur industriel français, aussi bien en termes de chiffre d’affaire que d’emplois. A elle seule, elle compte 18 000 entreprises, 200 Mds de CA, 450 000 emplois. La particularité de cette industrie est une interdépendance forte entre les maillons de la chaîne, très territorialisés et donc faisant vivre des écosystèmes économiques locaux majeurs et dynamiques. Pour 1 emploi dans l’industrie agroalimentaire, 4 emplois indirects sont créés.

 

Pourtant, la rentabilité des industries alimentaires française a perdu plus de 10 points en 10 ans, passant en deçà de la rentabilité moyenne des industries manufacturières (de 46% de marge brute à 34% aujourd’hui). Et ce ne sont pas les bénéfices affichés par des multinationales de renom qui doivent servir de base d’étalonnage. La réalité de la majorité des entreprises agro-alimentaire est tout autre.

 

Le retour sur capital employé, déjà inférieur à celui de la grande distribution indépendante, ne cesse de s’effondrer, atteignant 8% en 2020 contre 10% en 2014.

 

Autant de résultats biaisés par le régime fiscal particulier qui exonère d’impôts sur les sociétés la majorité des coopératives agricoles et agro-alimentaires françaises, qui représentent à elle seul 40% du chiffre d’affaires généré par l’industrie agroalimentaire, soit près de 80 Milliards d’euros.

 

Les distorsions de concurrences à l’import, l’inflation des matières premières, la puissance de la grande distribution dopée par la succession de lois favorables à un maintien du pouvoir d’achat par le prix bas en sont les principales causes. S’en suit un cercle vicieux de disqualification de la filière agroalimentaire française par un recul successif de l’investissement en France à l’heure de transformations indispensables : robotisation, automatisation, traçabilité et transition écologique. L’attractivité économique de la filière agro-alimentaire sur le territoire français, dont la démographie et le PIB stagnent, se réduit comme peau de chagrin et n’augure rien de bon.  Sans prise de conscience de la destruction massive de valeur opérée depuis plusieurs décennies ni de réactions sur le rééquilibrage de la répartition de la valeur de l’aval vers l’amont de la filière, la France est en passe de perdre son indépendance alimentaire.

 

 Une faillite écologique

 

 

Les évolutions sociétales du siècle dernier caractérisées par un mouvement de l’ère agricole vers une domination écrasante de l’ère industrielle puis servicielle ont modelé notre système agricole et agro-alimentaire. Si cela a contribué jusqu’à un certain point à de véritables progrès sociaux, il n’en reste pas moins un impact négatif significatif sur notre environnement.

 

Ainsi, l’agriculture couvre 53% du territoire français, rendant la qualité du sol et du sous-sol très dépendante de cette activité. L’usage de produits phytosanitaires et les pollutions résiduelles sont ainsi pointés du doigt. L’agriculture utilise 70% de l’eau consommée en France, ce qui implique une cohérence avec les choix de culture et d’élevage dans leur écosystème. Les émissions de gaz à effet de serre dans l’industrie agroalimentaire et l’agriculture française participent pour environ un cinquième des émissions totales. La production agricole et agroalimentaire serait le secteur économique qui a le plus fort impact négatif sur la biodiversité, contribuant ainsi à la perte totale de biodiversité terrestre de l’ordre de 70%. La contribution positive des emballages à la préservation de nombreux aliments n’en reste pas moins problématique lorsqu’ils ne sont pas recyclables ni recyclés. Enfin, la FAO estime que plus d’un tiers de notre alimentation est gaspillée ou jetée sur l’ensemble de la filière, du champ jusqu’aux poubelles du consommateur.

 

A l’heure de changements climatiques inéluctables, l’agriculture française doit se réinventer. Il apparaît impossible d’avoir un modèle agricole exclusif qui soit susceptible de répondre aux besoins et de satisfaire les intérêts de toutes les parties prenantes : les agriculteurs, les consommateurs, les industriels, les investisseurs, les animaux, l’économie nationale, l’environnement et la planète, la culture et l’identité. C’est pourquoi plusieurs modèles nécessairement performants doivent cohabiter : agriculture régénératrice, agriculture du tout qualité, agriculture d’entreprise, agriculture ultralibérale, agriculture technologique.

 

La quantification des impacts rendue désormais possible constitue le principal levier pour une bifurcation du système agricole et agro-alimentaire réduisant l’impact sur l’environnement, dès lors que le modèle économique génère assez de valeur et rend ainsi viable les investissements nécessaires à la transition pour une agriculture agro-écologique performante et un modèle agro-alimentaire le plus neutre possible sur notre environnement.

 

 

 

Une faillite démographique

 

 

L’exode rural provoqué à l’issue de la seconde guerre mondiale et le développement d’un modèle productiviste auront fortement modifié le paysage agricole français ainsi que sa démographie. On dénombrait près de 2,3 millions d’exploitations agricoles en 1955 contre un peu moins de 490 000 en 2010. Cela s’est naturellement accompagné d’une augmentation significative de la taille des exploitations ainsi que de la productivité de la filière.

 

Aujourd’hui, le secteur agricole est confronté au défi de la démographie et du renouvellement générationnel des exploitants et actifs agricoles. Un tiers des agriculteurs a plus de 60 ans ou atteindra cet âge dans les cinq années à venir, et pourra alors prétendre à partir à la retraite. Plus largement, la proportion des agriculteurs entre 45 et 59 ans équivaut à 51%. A horizon 2025, si les tendances se maintiennent, la France compterait 342 000 exploitations agricoles.

 

La concentration de l’appareil productif agricole se poursuivra donc. Cette réalité inquiète à plusieurs titres et oblige à des choix politiques forts et rapides de sorte à éviter à ce que la concentration ne soit suivie d’une contraction par déficit d’attractivité et de vocations. En effet, au-delà de la baisse du nombre de chefs d’exploitations et même si la mécanisation des taches se poursuit, la filière doit aussi s’assurer de disposer des personnels actifs nécessaires pour assumer le travail agricole encore manuel. Cela passe inévitablement par la revalorisation des métiers agricoles et agro-alimentaires et la promotion de formations indispensables pour la reprise, la création et le développement de nouveau modèle agricoles et agro-alimentaires.

 

 

 

Une faillite idéologique

 

 

Depuis une décennie, un nouveau malaise agricole et agro-alimentaire s’installe en France. L’ensemble de la chaîne alimentaire fait régulièrement l’objet d’attaques, de critiques et d’un dénigrement dans l’espace public. Plus connu sous le terme « agri-bashing » et « food-bashing », il a été mesuré ces dernières années une intensification, un élargissement, une radicalisation et une plus forte visibilité de la contestation des modes de production conventionnels. Ce qui est au cœur de l’agribashing, c’est avant tout l’implication en amont de la production agricole de l’industrie agrochimique et des biotechnologies et, en aval, de l’industrie agroalimentaire, alors même que les consommateurs perçoivent aujourd’hui principalement l’agriculture à travers ce qu’ils ont dans leur assiette.

 

Pour autant, si de nouvelles exigences citoyennes paraissent indispensables pour répondre aux divers enjeux des prochaines décennies, elles ne doivent jamais occulter les bases de tout modèle de développement durable des sociétés humaines, nécessitant avant tout et pour tous, l’autosuffisance alimentaire comme condition essentielle d’émancipation et de garantie de la paix.

 

Aucune démagogie ne peut être permise sur un sujet aussi grave au XXIème siècle, où l’agriculture et l’agroalimentaire sont confrontés à un défi sans précédent : nourrir durablement près de 10 milliards d’individus à l’horizon 2050, en leur assurant un bol alimentaire nutritionnel sûr et sain, grâce à des systèmes respectueux de l’environnement. Il est urgent de reconsidérer la place des activités agricoles et des acteurs de la filière alimentaire pour préserver notre avenir sur le long terme : maintien de l’indépendance alimentaire, préservation de notre environnement et sécurité sanitaire des populations. La chaîne alimentaire n’est pas seulement un fournisseur de produits alimentaires, elle est aussi un acteur essentiel à notre survie, notre santé et à celle de l’environnement.

 

 

 

Une faillite sociologique

 

 

Bien que ce soit de manière souvent banale et largement invisible, l’alimentation est au cœur de la vie quotidienne, et au cœur de problèmes sociaux, économiques et politiques, en particulier ceux relatifs à la santé et à l’environnement. Ne pas manger assez, mais aussi manger mal, constituent le double fardeau de la malnutrition et la France n’est plus épargnée. Les causes sont multifactorielles. En effet, si les inégalités alimentaires rejoignent les inégalités de santé, elles sont également liées aux inégalités de revenu, de diplôme ou encore de logement.

 

A ce titre, et plus particulièrement dans le contexte actuel d’inflation, la fracture sociologique pour l’accès à une alimentation saine, sure et durable ne cesse de s’accroitre en France à tel point que deux catégories d’acheteurs/consommateurs se distinguent désormais : d’un côté, les ménages aux budgets contraints qui font des choix drastiques pour assurer une couverture minimale de leur besoin physiologiques, de l’autre les ménages aux revenus aisés souhaitant accéder à une alimentation plus qualitative, plus saine et avec un impact positif sur l’environnement ou le bien-être animal.

 

Au-delà de cette franche et triste réalité, c’est plus particulièrement « l’épidémie » d’obésité qui inquiète l’Organisation mondiale de la santé, tant sa progression est fulgurante. En France, où l’obésité augmente pour atteindre 17% de la population, c’est désormais une personne sur deux qui est en surpoids. Un problème de santé publique qui pèse aujourd’hui 40 milliards d’euros sur le budget de santé de l’état français, 100 milliards dans 10 ans si rien n’est fait. Cela questionne inévitablement notre modèle agro-alimentaire et se combine avec une baisse de l’activité physique, due à l’amélioration progressive du niveau de vie.

 

Infléchir ces tendances quantitatives et qualitatives relatives à l’alimentation nécessite deschangements sociétaux majeurs, et implique de nouvelles politiques alimentaires devant dépasser lenjeu dune alimentation saine et accessible, en y associant l’éducation à une hygiène de vie également saine.

 

Quelles valeurs et quelle (répartition de la) valeur voulons-nous donner à notre alimentation ? A l’heure où le risque de guerres animales (guerres relatives aux enjeux physiologiques) s’additionne aux guerres spirituelles et économiques, le constat amer de la faillite de notre système agricole et agro-alimentaire oblige à des choix vitaux pour assurer la souveraineté politique de la France. Une souveraineté intimement liée à la compétitivité et à la capacité à exporter de notre modèle et qui ne peut s’envisager autrement qu’à l’échelle européenne et avec un rééquilibrage de la répartition de la valeur plus en amont de la chaîne alimentaire.

 

L’agriculture et l’industrie agro-alimentaire sont à la France ce qu’est l’automobile à l’Allemagne. Elles s’appuient sur des produits de grande qualité, disponibles à proximité, qui auront permis l’émergence de fleurons mondiaux de l’agroalimentaire durant les 30 glorieuses. Si ces dernières nous ont fait croire au mirage de la consommation au travers du « tout service » et du « tout commerce », l’appauvrissement de notre appareil productif agricole et agro-alimentaire qui s’en suit grève sa capacité à se renouveler face aux enjeux nourriciers de notre siècle.

 

 

FLORIAN DELMAS

Florian Delmas, Président de Andros : "Notre système agricole et agro-alimentaire  français fait faillite, et nous regardons ailleurs" - StripFood

Florian Delmas est le Président du groupe Andros. Après avoir obtenu son diplôme d’Ingénieur agro-alimentaire ISARA en 2008 qu’il complétera par un exécutive MBA à HEC 7 ans plus tard, Florian aura exercé plusieurs fonctions au sein d’Andros : Chef de projet BtoB, Directeur du centre R&D, Directeur du sourcing et de l’amont fruitier, Directeur Général Andros France, Directeur Général Groupe Andros. Reconnu dans son domaine d’activité, il a été nommé Young Leader 2021 de la French American Foundation et 4 fois parmi les Leaders Economiques de demain.

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27 septembre 2022 2 27 /09 /septembre /2022 06:00

Les Vins de barbec solidaires d'Eva - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Suis bon prince, je ne lui ai pas donné du Sourdine Rousseau, et pourtant, elle ferait bien de la mettre un peu en sourdine, ses outrances, voulues, lassent, faire le buzz sur les réseaux sociaux à tout prix, proférer plutôt qu’argumenter, c’est de bonne guerre objecteront certaines, il faut bousculer, briser le ronron dominant, pour autant est-ce ainsi que nous ferons bouger les lignes, est-ce avec des effets passagers que nous pourrons faire évoluer les mentalités ? De plus, notre minuscule hexagone noyé dans le vaste Monde ne pèse pas bien lourd dans les combats à mener pour sauver la planète.

 

Bref, revenir à un dossier bien construit, le « parler vrai » du confiné de Monticello, c’est ne pas en rester à la bataille frontale entre les partisans du statuquo ripoliné en vert, type Christiane Lambert de la FNSEA, éleveuse de cochons bodybuildés, et les antispécistes de tous poils qui crèvent les pneus  des camions de lait de la vieille Angleterre.  

 

Je vous soumets le dossier de Bruno Parmentier : Consultant et conférencier sur les questions d’agriculture, alimentation et faim dans le monde. Administrateur d’ONG et de fondations. J'ai 67 ans et j'ai dirigé de 2002 à 2011 le Groupe ESA (École supérieure d'agriculture d'Angers), numériquement, le plus grand Groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural. Ingénieur des mines et économiste, j'avais auparavant consacré l'essentiel de mon activité à la presse et à l'édition. J'ai eu ainsi l'occasion de découvrir à l'âge mûr et depuis un poste d'observation privilégié les enjeux de l'agriculture et de l'alimentation, en France et dans le monde (nous avions 40 nationalités chez les étudiants et 14 chez les profs). Il en est sorti trois livres de synthèse, un sur l'agriculture, sur l'alimentation et sur la faim. Trois livres un peu décalés, qui veulent « sortir le nez du guidon » pour aller aux enjeux essentiels, et volontairement écrits avec des mots simples, non techniques, pour être lisibles par des « honnêtes citoyens ». Ce blog prolonge ces travaux et cette volonté d'échange.

 

 

 

Les polémiques vont bon train actuellement sur l’opportunité de diminuer ou pas notre consommation de viande, en particulier à cause du réchauffement de la planète. Tentons de faire le point sur cette question plus complexe qu’il ne paraît !

 

Portée par des motivations très différentes selon les consommateurs (budget, santé, climat, bien-être animal), sa dé-consommation apparaît chez nous comme désormais inéluctable. Ce n’est en revanche pas vraiment le cas pour de nombreux pays dont la Chine qui a vu sa consommation de viande passer de 14 à 60 kilos dans les 40 dernières années ! Résultat, les experts imaginent un quasi-doublement de la consommation mondiale de viande dans les prochaines décennies.

 

Texte rédigé pour Stripfood le 3 septembre 2022 – Chapitre 1 paru le 12/9/2022

 

La suite ICI

 

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26 septembre 2022 1 26 /09 /septembre /2022 06:00

Un marocain" et "Un maroquin". • J'aime les motsPolitique |

Cette chronique sera déjantée, en effet tout commence au bal, jeune prétentieux en blazer bleu marine, chemise blanche ouverte, pantalon gris clair, mocassins, où, lors d’un slow langoureux, draguant outrageusement celle qui, bien plus tard, deviendra ma première épouse, je lui déclare sur un air faussement décontracté : « Un jour je serai Ministre ! » Plus petit con, tu meurs…

 

Par bonheur, je ne fus jamais doté d’un maroquin ministériel, je ne fus qu’un homme de l’ombre, une « éminence grise »trônant dans le magnifique bureau d’angle au 1er étage de l’hôtel de Villeroy. Jamais donc, le mercredi, je ne me suis rendu à l’Élysée pour le traditionnel Conseil des Ministres présidé en ce temps-là par Tonton. Je n’ai pas connu le destin d’Henri Nallet, conseiller du Prince, propulsé au petit matin Ministre de l’Agriculture.

 

« Tout ça pour en venir où camarade ? » me demanderaient les censeurs implacables de LFI.

 

À la nouvelle TABLE de Macron !

 

Sous laquelle je ne glisserai jamais mes pieds chaussés de VEJA.

 

Journées du patrimoine : à l’Elysée, la table Medulla présentée au public

 

Par Olivier Faye

 

Publié le 14 septembre 2022

 

RÉCIT

 

Ce week-end, les Français pourront découvrir la nouvelle table destinée à accueillir chaque semaine le gouvernement. Une pièce conçue par le Mobilier national, à la demande d’Emmanuel Macron, désireux d’imprimer sa marque dans le monde de la création.

 

 

« Top chrono ! » La voix d’Hervé Lemoine retentit sous la verrière de l’imposante réserve Perret, au siège du Mobilier national, dans le 13e arrondissement parisien, où sont exposés quatre siècles de goût des hommes de pouvoir (rarement des femmes) pour les arts décoratifs, de Louis XIV à nos jours : le lit de Murat, le bureau de Valéry Giscard d’Estaing ou de Vincent Auriol, le fauteuil de Jack Lang… Autant d’objets symboliques de cet établissement, ­héritier républicain du Garde-Meuble de la couronne créé en 1663 par Louis XIV et Colbert, dont le but est de travailler à la conception et à la conservation de dizaines de milliers de pièces de mobilier et d’objets pour les édifices publics.

 

 

En ce 8 septembre, le président du Mobilier national assiste au montage du « patrimoine de demain ». Des ouvriers s’affairent à poser les pieds puis encastrer les modules d’une table de 13,40 mètres de long appelée Medulla, « moelle », en latin. Elle sera le témoin muet d’un des plus célèbres huis clos français : le conseil des ministres. Lieu hebdomadaire de fantasmes, de secrets et souvent ­d’ennui. Elle devait être présentée à Emmanuel Macron, mercredi 14 septembre, à l’Elysée, en amont des Journées du patrimoine, les 17 et 18 septembre, où elle sera visible par le public.

 

 

 

Monté et démonté en 30 minutes

 

Suivant le cahier des charges, le meuble peut être installé ou démonté en moins de trente minutes. Le ballet des réunions et des réceptions au palais suppose une disponibilité maximale des salles. Hervé Lemoine stresse. Medulla a été créée sur son initiative. Au bout de cinq minutes, le pari est remporté : la table tient de tout son long, prête à l’emploi. « Je vais devoir payer le champagne à tout l’atelier… », sourit le haut ­fonctionnaire devant l’aboutissement d’un projet lancé en 2019, un an après son arrivée à la tête de l’institution.

 

 

À l’époque, le président du Mobilier national s’émeut auprès d’Emmanuel Macron de l’allure fruste de la « table juponnée » du conseil des ministres : de simples planches recouvertes d’une nappe, posées sur des tréteaux. Depuis Charles de Gaulle, personne n’a songé à en créer une dédiée. « Ça fait un peu tache », souffle Lemoine. « Je suis d’accord. Le Mobilier national ne m’a jamais proposé mieux », le pique Macron.

 

 

Un concours est lancé auprès de jeunes élèves d’arts appliqués pour imaginer la ­première table du conseil des ministres de l’histoire. Le Mobilier national est un lieu de création, pas seulement un conservatoire ; en 1964, André Malraux, à l’époque ministre de la culture, avait créé en son sein l’Atelier de recherche et de création afin de damer le pion au tout-puissant design italien. Des générations de designers ont participé à l’ameublement des bâtiments publics, à commencer par le designer Pierre Paulin, à ­l’Elysée, à l’époque de Georges Pompidou, puis de François Mitterrand.

 

Un cahier des charges strict

 

L’Elysée dessine un cadre strict au concours. Les matériaux doivent provenir de « circuits courts », manière polie (et légale, au regard du droit de la concurrence) de dire qu’il faut acheter français. La table doit être modulable afin de s’adapter au nombre de ministres présents, avec un maximum de quarante convives. Sachant que le gouvernement d’Elisabeth Borne compte quarante-deux membres, il va falloir se serrer… Emmanuel Macron, néanmoins, n’a pas pour habitude de convoquer les ministres délégués et les secrétaires d’Etat qui ne sont pas concernés par l’ordre du jour.

 

L’objet, précise l’Elysée, doit épouser l’esthétique des pièces où il pourrait être installé. Le salon Murat, bien sûr, lieu traditionnel du conseil des ministres, mais aussi le salon Napoléon III, celui des ambassadeurs ou encore le salon vert, au premier étage, près du bureau du président de la République. En clair, mieux vaut ne pas jurer avec les dorures du « Château ». La table, enfin, doit permettre l’organisation de réunions en visioconférence, avec tout ce que cela suppose de câbles et de prises. Et anticiper les évolutions technologiques des prochaines décennies : à quoi bon prévoir des ports USB si ces derniers disparaissent tels de vulgaires CD-ROM ?

 

Vingt-deux projets, conçus par près de cent soixante étudiants, parviennent au jury composé par le Mobilier national. Certains frappent par leur originalité. Un groupe d’élèves imagine une table gonflable, dérivée de la technique du paddle, cette planche à la fois dure et légère qui sert aux promenades aquatiques des plus de 30 ans. Un autre souhaite la recouvrir d’un cuir irisé, dont la texture changerait de couleur en fonction de la lumière et de l’ambiance de la pièce.

 

Quatre élèves âgés de 22 à 25 ans

 

Ce sont finalement Misia Moreau, Lucille Poous, Julien Roos et Étienne Bordes, quatre élèves de l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art, à Paris, âgés de 22 à 25 ans, qui l’emportent avec le projet Medulla. Un meuble en bois, recouvert de béton taloché, qui dégage une impression de légèreté. Ses liserés en laiton, sur lesquels s’alignent les sous-mains et les porte-noms, répondent aux dorures élyséennes. « Nous ­voulions faire quelque chose de très fonctionnel et en même temps infuser une sémantique : celle de la colonne vertébrale, explique Misia Moreau. Les éléments s’encastrent comme des vertèbres. En s’ajoutant les uns aux autres, ils créent quelque chose de fort. »

 

Tout est symbole en République. Même lorsqu’il s’agit d’accueillir des gouvernements en proie à la zizanie ou en période de cohabitation. Deux petites tables s’ajoutent à l’ensemble – l’une pour le secrétaire général du gouvernement, l’autre pour le secrétaire général de l’Élysée, qui assistent au conseil des ministres –, ainsi que des chaises gaufrées « RF » (pour République française). Des initiales dorées sont réservées aux assises du chef de l’Etat et de la première ministre. Enfin, des casiers sécurisés contre les attaques informatiques ont été créés pour que les membres du gouvernement déposent leurs smartphones et tablettes avant le début du conseil.

 

L’héritage de Georges et Claude Pompidou

 

Le projet, dont le coût ne nous a pas été communiqué, s’inscrit dans la droite ligne de la politique de renouvellement du patrimoine élyséen voulue par Emmanuel Macron. Depuis 2017, des travaux ont été menés dans différentes pièces du palais. Les lourdes tentures rouges de la salle des fêtes ont été abandonnées au profit d’un gris plus neutre. L’artiste Daniel Buren a revu la verrière du jardin d’hiver afin d’y apposer des panneaux bleu, blanc, rouge.

 

Le chef de l’Etat a aussi fait remplacer son bureau Louis XV – utilisé en son temps par le général de Gaulle – par une création en bois noirci signée du designer Thierry Lemaire. Il en a profité pour glisser au-dessous un tapis de Victor Vasarely. Brigitte Macron a quant à elle récupéré un bureau conçu en 2005 par la créatrice Matali Crasset. En la matière, le couple présidentiel revendique l’héritage de Georges et Claude Pompidou, qui, les premiers, firent entrer l’art et le design contemporains sous les lambris de l’Elysée. C’est « la vitrine de la France et on n’y avait plus investi depuis des années », justifiait Emmanuel Macron auprès du Monde, en 2018. « Le président souhaite que l’Elysée soit le reflet de la création contemporaine, même s’il n’a pas de goûts très arrêtés en matière d’arts décoratifs », reconnaît Hervé Lemoine.

 

Déambulant devant les œuvres réunies au Mobilier national, ce dernier philosophe : « La France est sans doute le pays au monde qui a créé le plus de styles distinctifs. Chaque monarque a voulu marquer son règne. » Ce qui reste le plus sûr moyen de laisser une trace.

 

 

 

TABLE

 

Pour clore cette chronique il est une autre TABLE que j’ai inaugurée avec ma copine Isabelle. Je l'ai beaucoup fréquenté. Ainsi le :

 

14 novembre 2013

 

Vendredi soir il pleuvait sur un Paris déserté. Le ballet des essuie-glaces de ma petite auto rythmait mes pensées. J’allais récupérer mon allocation de sponsor de C.B à Coinstot Vino. Je ruminais l’idée d’une chronique sans trop savoir par quel bout j’allais la prendre. Une fois mon précieux paquet récupéré je m’en suis retourné via la place de la Bastille. Tiens si j’allais serrer la pince, en passant par la rue de Prague, à l’ami Bruno Verjus le taulier inspiré du restaurant TABLE. En quelques tours de roues j’y étais. On s’y afférait. Comme un parfum de bonne maison et si j’y dînais à la table d’hôte. L’heure n’étant pas encore parisienne j’ai porté mes pas du côté d’Agrology qui est en amont au 15 rue de Prague. Accueilli par des sourires, c’est agréable, le hasard fit qu’une dégustation impromptue de vins méditerranéens me permit de rejoindre l’heure très agréablement. Bonne maison !

 

De retour à Table emplit d’un chaleureux brouhaha je prenais place en un lieu stratégique où je pouvais observer la geste de ceux qui allaient de leurs mains préparer nos assiettes, Bruno en tête. Je reviendrai sur ce repas dans une toute prochaine chronique. J’aurais pu me laisser distraire par « la trop belle pour moi »* référence au film de Bertrand Blier, Carole Bouquet qui se tenait elle aussi dans ma ligne de mire mais les 5 hommes aux fourneaux occupèrent mes pensées. C’est en observant ma mère cuisiner que j’ai pris le goût à faire le manger.

 

Et puis, petit à petit, les étoiles du petit livre rouge aidant, 2 au compteur, TABLE c’est fini, j’ai dû lui dire adieu, comme l’écrit Stéphane Durand-Souffland in Figaro La très chère cuisine de Bruno Verjus ICI 

 

Chez Table, à Paris, le chef autodidacte met en vedette des produits d’exception, cuisinés avec douceur. Assurément bon, mais astronomiquement facturé.

 

«La façon dont on se nourrit décide du monde dans lequel on vit»: plusieurs autocitations de Bruno Verjus, prolifique fourbisseur d’apophtegmes, ornent la carte de son restaurant, Table (Paris 12e). Le montant auquel on facture la nourriture n’est pas neutre non plus dans l’évolution du monde, étant entendu qu’une addition astronomique en dit autant sur l’estime de soi du chef qui l’émet que sur la naïveté ou le snobisme du client qui accepte de l’acquitter.

 

 

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23 septembre 2022 5 23 /09 /septembre /2022 06:00

Voici l’équation : vous prenez le sieur Jérémie Couston qui « travaille », concept honni par LFI qu’aime tant Jérémie, dans le temple des bien-pensants de gauche, ceux qui, assis sur leur piédestal, exhibent les tables de la loi des révolutionnaires « rive gauche », je vise ici Télérama, anciennement tendance eau bénite, présentement dans le giron de gros capitalistes nichés dans un bunker post-moderne au-dessus des voies de la SNCF, Austerlitz camarade !

 

Vous me prenez, moi, licheur précoce de vins nu qui puent, abonné, plusieurs siècles avant JC, au dit Télérama, 68 hard non révisé gardant fiché au cœur (pas le double de la Vendée du grand cornard de de Villiers) la devise « il est interdit d’interdire », je prends des libertés avec l’injonction stupide : « article réservé aux abonnés ». En effet, lorsque Télérama était télé, radio, cinéma (la spécialité du Couston qui n’était pas né), tout en papier, je pouvais le faire circuler auprès de mes amis sans demander la permission aux curés. En conséquence je vous l’offre.

 

Le résultat de l’équation c’est que Couston qui ne sait pas où fouiner pour se faire remarquer publie ceci : ICI 

 

La Bretagne, le nouvel eldorado du vin ?

 

Siège Groupe Le Monde agence architecture Snohetta Paris 13

LES NOUVELLES ROUTES DU VIN (2/3) –

 

Breton d’adoption, le Bordelais Gérard Alle s’est piqué de connaître l’histoire du vin en Bretagne. Et a découvert que sur ces landes humides, des moines cultivaient autrefois la vigne. Une filière qui se réanime. Surtout en bio.

 

Du vin en Bretagne ? Et pourquoi pas du cidre dans la vallée du Rhône ! On le sait depuis quelques lustres, y’a plus de saisons… et y’a bientôt plus de régions pour le vin. Président de l’Association pour le renouveau des vins de Bretagne (ARVB) de 2006 à 2020, auteur d’un livre et bientôt d’un documentaire sur le sujet, Gérard Alle nous explique pourquoi et comment la Bretagne est le nouvel eldorado des vignerons.

 

  • Comment vous êtes-vous intéressé au vin breton ?

 

À la fin des années 1970, j’habitais en Centre Bretagne, un endroit plutôt froid et humide, pas vraiment le profil d’une région viticole. Mais le père Quéméner, le paysan d’à côté, m’affirmait qu’il y avait eu de la vigne sur la pente sud du Mine Du, la montagnette du coin, 292 mètres d’altitude. Quand on voit l’endroit, on a du mal à l’imaginer. Mais effectivement, il y a une abbaye pas loin et on connaît la propension des moines à s’occuper avec délicatesse du pampre, de la vigne, du raisin. Venant de la région bordelaise, j’ai été éduqué au vin, par le goût plus que par l’ivresse. Quand j’ai fait ma première communion, on m’a versé un fond de vin vieux dans un verre et on m’a dit : « Prends, petit, c’est du fortifiant ! » En écrivant Le Vin des Bretons, je voulais examiner la relation des Bretons avec le vin, à travers les métiers : le vin des ouvriers, le vin des paysans, le vin des curés, et voir comment le vin avait pénétré la Bretagne à travers l’histoire.

 

Il faut savoir que les Bretons ont dominé le négoce du vin à plusieurs périodes de l’histoire, dans des moments assez reculés, aux XVI et XVII siècles, puis plus récemment, pendant la première moitié du XX siècle, où ils géraient le commerce du vin sur le port de Sète et tout le trafic en provenance de l’Algérie. En fouillant dans les archives, je me suis rendu compte que le vin n’était pas absent de la Bretagne, ni dans l’histoire, ni dans la toponymie. Et j’ai surtout eu l’occasion de rencontrer plusieurs personnes qui se remettaient à faire du vin un peu partout en Bretagne. Avec l’aide de Pierre Guigui, nous avons monté une association pour fédérer ces nouveaux vignerons, les aider à progresser et mettre en valeur cet aspect historique.

 

  • “Ce sont donc des raisons juridiques et non climatiques qui ont permis le retour du vin en Bretagne.”

 

Ainsi est née l’Association pour le renouveau des vins de Bretagne (ARVB) en 2006…

 

Les journalistes nous prenaient un peu pour des farfelus à l’époque. Trois ans après, notre doyen, qui devait alors avoir 80 ans, Jean Deniau, qui fait du vin depuis le début des années 1990 en Centre Bretagne, du côté de Loudéac, a reçu un courrier des douanes lui signifiant qu’il n’avait pas le droit de produire du vin ici, avec obligation d’arracher ses vignes et d’envoyer le produit de la vendange à la distillation. L’association est montée au créneau pour le soutenir et les douanes ont fini par renoncer. Il faut savoir que l’Inao (Institut national de l’origine et de la qualité), qui s’occupe de la régularisation de la production du vin sur le territoire français, avait établi une liste de départements viticoles et non viticoles. Et les départements bretons, à l’exception de la Loire-Atlantique où l’on produit le muscadet, étaient considérés comme non viticoles, donc tous les vignerons bretons étaient dans la clandestinité. On était régulièrement attaqués par le lobby viticole, notamment au Sénat, avec l’argument suivant : si les Bretons se mettent à faire du pinard comme les artichauts ou les choux-fleurs, ils n’arriveront jamais à écouler leurs stocks. Heureusement, en 2016, la France s’est mise en conformité avec le droit européen en autorisant la plantation de vignes et le commerce du vin dans les zones considérées comme non viticoles.

 

  • Combien y a-t-il de vignerons bretons ?

 

C’est difficile de donner des chiffres précis. Tous les vignerons bretons ne sont pas adhérents de l’ARVB. Une seconde structure, l’AVPB (Association des vignerons professionnels bretons), s’est créée en 2021 et tente de fédérer la filière viticole. Depuis l’ouverture des droits de plantation en 2016, une cinquantaine de projets ont vu le jour, souvent de petits domaines, en polyculture et en bio, comme le stipule la charte de l’association. Ce sont donc des raisons juridiques et non climatiques qui ont permis le retour du vin en Bretagne. On ne peut pas nier que la hausse des températures soit favorable à la vigne mais le changement climatique a surtout des aspects négatifs : le réchauffement en fin d’hiver a tendance à faire débourrer la vigne trop tôt et il suffit d’une gelée tardive pour flinguer les bourgeons et la future récolte. Sans parler des phénomènes extrêmes : grêle, sécheresse, inondations… Les premières vignes ont été plantées en 2018, il faut attendre quatre années en moyenne avant la première vendange suffisamment productive. Les nouveaux vins bretons seront donc commercialisés en juillet 2023.

 

  • Comment les Bretons accueillent-ils de retour du vin dans leur région ?

 

Il existe un gros projet sur Belle-Île-en-Mer, douze hectares, en agriculture biologique. Belle-Île bénéficie d’un climat quasi méditerranéen, il y pousse des orangers et des avocatiers en pleine terre. Le projet est porté par un homme d’affaires [Christian Latouche, PDG de Fiducial, 39 fortune française, ndlr] et suscite une opposition locale. Une pétition a réuni près de quarante mille signatures, mais pas forcément des gens de Belle-Île, plutôt des propriétaires de résidence secondaire qui veulent que la lande reste de la lande. C’est un peu des riches qui gueulent contre un plus riche qu’eux ! Quand on connaît les problèmes de logement en Bretagne et en particulier à Belle-Île, où les employés municipaux n’ont pas les moyens de se loger, voir des gens se permettre de s’opposer à une activité économique très correcte, c’est navrant. À part à Belle-Île, le renouveau du vin breton est plutôt bien accueilli par la population !

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7 octobre 2014

 

Le port de Lorient fut un grand port pinardier « Les larmes de Bugeaud » la dernière cuvée de vin d’Algérie.

 

 

Lorsque je suis arrivé au siège de la SVF en 1986, à la direction des achats, je découvris avec surprise que nous avions un établissement à Lorient. Bien sûr, comme le note un article que je vais citer, « Pour la petite histoire les vins d'Algérie ont aussi  fait la fortune des négociants de Quimper qui  les commercialisaient sous la marque Sénéclauze... Comme Margnat à  Lorient, ces vins, les moins chers et les plus forts  du marché  (13 °), se diffusaient dans tous les bistrots et les épiceries de la Bretagne en bouteilles étoilées (qui étaient consignées) ...

 

Ils ont largement contribué à l'alcoolisme local ! »

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 06:00

nft tout savoir

Les qui ont du blé :

  • famille Rouzaud (Champagne Roederer, Château Pichon-Comtesse)

 

  • la famille Reybier (Château Cos d’Estournel)

 

  • familles Moueix (Videlot)

 

  • famille Perrin (Château de Beaucastel / Miraval).

 

Les NFT c’est quoi ? Lire ICI 

 

NFT est l’abréviation du terme anglais « Non Fungible Token ». Un token, ou un « jeton » est un actif numérique émis par une blockchain. Dans la même catégorie, on retrouve les bitcoins, ou encore le XRP.

 

Créés sur une plateforme de contrats intelligents, Ethereum, les NFT sont toutefois bien différents des autres crypto-monnaies. En effet, non fongible signifie que chaque unité (jeton) est unique, et ne peut être reproduite. Au contraire des bitcoins qui sont fongibles, ces unités de monnaie particulières sont égales et identiques. Elles peuvent s’apparenter à de la monnaie réelle.

 

Revenons aux NFT, cette propriété dite « non fongible » peut être utilisée pour de nombreuses choses. Mais ce qui suscite littéralement l’engouement derrière ces jetons repose sur l’art numérique et les objets de collection.

 

Logo Winechain

Qui est Winechain ?

 

Première plateforme indépendante de NFTs créée pour les grandes marques de vin, Winechain est une Marketplace ayant vocation à s'adapter aux pratiques d'achat des nouvelles générations de consommateurs à l'échelle mondiale.

 

Lancée en avril 2022 par trois experts du sujet – Xavier Garambois, ex patron d'Amazon Europe - Guillaume Jourdan, CEO de VitaBella à Paris et Nicolas Mendiharat, CEO de Palate Club à San Francisco – l'initiative pourra voir le jour autour du dernier trimestre 2022 avec la sortie du premier wiNeFT (le nom officiel d'un NFT sur Winechain).

 

Tout ça n’est pas ma tasse de thé, de plus je n’ai pas de blé à fourguer à Winechain pour pister les licheurs de vins nu qui puent alors je me contente de vous inviter à lire l’article du Figaro-vin :

 

L'envol des NFT : la startup Winechain lève 6 millions d'euros auprès de grands noms du vin ICI 

 

WINECHAIN, la plateforme de wiNeFT, qui connecte les grands domaines aux nouvelles générations de passionnés de vin à travers le monde, annonce ce jour avoir levé 6 millions d’euros.

Par Alicia Dorey

Publié le 05/09/2022

 

Après avoir initialement récolté plus d’1 million d’euros en 3 semaines auprès de vignerons du monde entier en avril dernier, la levée de fonds de la start-up s’est fortement accélérée durant l'été.

 

Première plateforme indépendante de NFTs créée pour les grandes marques de vin, Winewhain est une marketplace ayant vocation à s'adapter aux pratiques d'achat des nouvelles générations de consommateurs à l'échelle mondiale. Lancée en avril 2022 par trois experts du sujet – Xavier Garambois, ex patron d'Amazon Europe - Guillaume Jourdan, CEO de VitaBella à Paris et Nicolas Mendiharat, CEO de Palate Club à San Francisco – l'initative pourra voir le jour autour du dernier trimestre 2022 avec la sortie du premier wiNeFT (le nom officiel d'un NFT sur Winechain).

 

 

Une levée de fonds qui traduit un marché en pleine croissance

 

Dans le cadre de cette levée de fonds, la Famille Rouzaud (Champagne Roederer, Château Pichon-Comtesse) et la famille Reybier (Château Cos d’Estournel) rejoignent aujourd’hui Winechain aux côtés des familles Moueix (Videlot) et Perrin (Château de Beaucastel / Miraval).

 

Frédéric Rouzaud, président directeur général des champagnes Louis Roederer, affirme dans un communiqué diffusé ce jour : «Cet investissement traduit notre volonté de ne jamais cesser d’innover et d’encourager l’innovation.  Dans le vignoble, au chai, et dans toutes les strates de notre activité, notre Maison est constamment en mouvement, à l’écoute de son temps et d’usages en permanente évolution. Winechain est pour nous un moyen de poursuivre dans cette voie et d’aller plus loin encore dans la proximité et le dialogue avec les amateurs de vins».

 

Michel Reybier, propriétaire du Château Cos d’Estournel, souligne quant à lui que «Si l'esprit du vin passe par le respect de la nature, il ne faut pas en oublier pour autant les nouvelles technologies qui nous aident notamment à mieux le promouvoir auprès des générations futures. S'engager dès aujourd'hui dans la dynamique de la blockchain et des wiNeFT est pour nous un moyen d'écrire notre avenir tout en nous nourrissant du passé. Les outils digitaux proposés par Winechain auront résolument un rôle majeur dans notre ambition de renforcer la dimension internationale de nos vins».

 

Afin d'accélérer ses développements technologiques, la startup Winechain a également accueilli le fonds international FABRIC Ventures aux côtés de tous ces grands noms du vin. Marx Mersch, l'un des partenaires du fonds, semble beaucoup miser sur un secteur en pleine croissance : «Winechain apporte la traçabilité immuable du Web3, la transparence et l'accessibilité au monde du vin, dans le but de l'ouvrir à toute une nouvelle génération d'amateurs de vin. Le marché des amateurs de vin se développe à un rythme qui dépasse rapidement l’offre : les domaines cherchent constamment à trouver des moyens de se connecter directement avec leurs consommateurs finaux, différents de ceux actuellement proposés par de multiples intermédiaires logistiques. En créant directement des NFT pour chaque caisse de vin, les domaines auront un accès transparent à leurs clients, pourront stocker les vins dans des conditions parfaites pendant que ceux-ci pourront éventuellement changer de main et pourront percevoir des royalties sur l'ensemble du marché secondaire. L'équipe de Winechain rassemble toutes les expériences nécessaires, de la viticulture au plus haut niveau à la logistique mondiale chez Amazon et CMA-CGM, et a déjà commencé à attirer les plus grands noms du monde du vin sur sa plateforme avant même son lancement».

 

Une annonce qui, à l'image de la collaboration entre les champagnes Dom Pérignon et la sulfureuse star de la pop Lady Gaga en octobre 2021, risque fort de faire grand bruit.

Petrus

La famille Moueix investit dans les NFT dédiés aux grands vins ICI 

 

Videlot, holding de la famille bordelaise Moueix (maison de négoce Duclot, Petrus, etc.), a annoncé mardi 19 juillet sa prise de participation au capital de Winechain, nouvelle plateforme d'achat de grands vins garantis par des NFT.

 

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 06:00

 

Sans aucune honte ni pudeur de nonne je revendique d’avoir eu souvent raison trop tôt.

 

Étudiant désargenté, dans ma colocation place Victor Richard à Nantes dans les années 68 hard j’avais un petit réduit dans lequel j’avais installé un deux feux gaz branché sur une bouteille de butane (rien à voir avec Butane&Degaz dont j’ignorais alors l’existence).

 

Je me nourrissais de pasta et d’œufs et, pour économiser mon précieux gaz, dès que l’eau se mettait à rebouillir, après avoir plongé les pâtes ou les œufs, je recouvrais la casserole d’un torchon sur lequel je plaçais un couvercle et je coupais le gaz.

 

Je chronométrais le temps idéal de cuisson, une fois celui-ci écoulé j’égouttais mes pâtes ou je retirais mon œuf et je pouvais embeurrer ma pasta al dente et plonger mes mouillettes dans mon œuf mollet.

 

Je vais donc m’y remettre de ce pas…

Sapienza Università di Roma : Giorgio Parisi wins Nobel Prize in Physics  2021 – Actualités – CIVIS - A European Civic University

Le 06/09/2022 17:49

Ce Nobel italien suggère d’adapter la cuisson des pâtes pour économiser l’énergie (et ça ne passe pas)

Giorgio Parisi, prix Nobel de physique, a proposé une astuce pour réduire la consommation d’énergie qui ne convainc pas les Italiens.

Par Le HuffPost

FOOD

 

Prix Nobel de physique 2021, mais pas cuisto. Sacrilège, Giorgio Parisi a osé proposer une alternative à la cuisson des pâtes ! Son astuce, relayée dans un message sur Facebook le 1er septembre, est de baisser voire d’éteindre la plaque de cuisson une fois que l’eau a commencé à bouillir. L’objectif est noble : réaliser des économies dans le cadre de la crise énergétique actuelle. Mais au pays des pâtes, ça a du mal à passer.

 

« Quand les pâtes bouillent, je mets le gaz au minimum, minimum, de manière que ça ne consomme pas trop de gaz. Vous pouvez aussi essayer de le désactiver, comme suggéré par ce post, qui n’est pas le mien mais celui d’Alessandro Busiri Vici que je partage », conseille Giorgio Parisi. Le scientifique de l’université La Sapienza de Rome a même calculé que cela permet d’économiser « au moins huit minutes de consommation d’énergie ».

 

Attention au couvercle, il est essentiel pour préserver cette énergie. « Le plus important, c’est de garder toujours le COUVERCLE, la chaleur se perd beaucoup à cause de l’évaporation », ajoute-t-il.

 

De nombreux amateurs de pâtes ont exprimé leur scepticisme sur les réseaux sociaux. « On peut vraiment dire que Parisi est un physicien théoricien .... », se moque un internaute sur Twitter, pour qui la technique de cuisson n’a visiblement pas fonctionné. Un autre doute, lui aussi, de la fiabilité de la technique. « N’est-il pas plus facile de faire la paix avec la Russie et de relancer les économies de l’UE ? », ironise-t-il. « Allez, si un sacrifice doit être fait, mangeons des pâtes crues directement... », s’énerve encore un journaliste.

 

Certains connaissaient déjà la méthode mais sont heureux de voir qu’elle est relayée par un physicien, comme cette jeune Italienne qui a enfin trouvé du soutien : « Faites cuire les pâtes à feu éteint, afin de consommer (encore) peu de gaz ! Heureusement que Giorgio Parisi le dit maintenant. Ma mère va me croire maintenant. »

 

Le chimiste Dario Bressanini affirme que le système fonctionne. « Ce n’est pas quelque chose de nouveau », a-t-il déclaré à la principale agence de presse en Italie, l’Ansa. « Nous savons depuis 200 ans que ce n’est pas le fait de faire bouillir l’eau, de la voir bouillonner, qui fait la cuisson, mais la température de l’eau, qui transmet la chaleur aux pâtes, au riz ou à un œuf. »

 

Si les Italiens s’en indignent, le débat sur la façon de cuire les pâtes sans gaspiller d’énergie n’est pas nouveau. Il y a quelques mois, l’association Unione Italiana Food, qui représente les fabricants de pâtes, a fait valoir que le fait de garder le couvercle sur la casserole pendant la phase d’ébullition accélère le processus de cuisson et permet d’économiser « jusqu’à 6 % d’énergie et d’émissions de CO2 ».

 

Pour économiser de l’énergie, les Français sont-ils aussi prêts à changer la cuisson de leurs pâtes ?

 

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