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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 06:00
Tout le monde en parle même iDealWine ne reste plus qu’1 immense détracteur des vins nature, je tairai son nom de crainte d’être transformé en statue de sel…

Le défunt Charles Aznavour chantait dans la Mamma : « Ils sont venus

Ils sont tous là 

Dès qu'ils ont entendu ce cri

Elle va mourir, la mamma

Ils sont venus

Ils sont tous là 

Même ceux du sud de l'Italie… »

 

 

Pour les vins nature ils sont loin d’être tous là, ralliés, les grands amateurs continuent de se gausser, mais d’eux on n’en a rien à péter, le grand public les ignore en poussant le caddie et ce ne sont pas les succédanés de Gégé qui vont les attirer, d’ailleurs qui s’intéresse à eux, personne, surtout pas les critiques patentés sur les support papier ou la Toile, mobilisés pour le foirail des vins, soit ils jouent sagement la coexistence pacifique en accueillant gentiment, comme la RVF la fondatrice de la Dive qui cohabite avec le nec plus ultra de ceux qui frisent le nez sur les vins qui puent, soit ils se gardent bien de chatouiller les révolutionnaires du pur jus, c’est du côté des vendeurs que l’on ne crache plus dessus, du moins ceux qui savent prendre le vent, c’est du côté des vendeurs que l’on ne crache plus dessus, du moins ceux qui savent prendre le vent, tel IDealWine. La grosse cavalerie des cavistes indépendants reste toujours scotchée au vieux modèle pour le plus grand bonheur des alternatifs.

 

Reste la statue du Commandeur dressée, outrée, outragée, face à ces hordes de barbares chevelus, barbus, vinificateurs et buveurs de vin qui puent. Il raille, il ferraille, il attend l’ennemi qui ne vient jamais comme dans le Désert des Tartares, alors si même IDealWine s’y met c’est le pire des soufflets. C’est le début de la fin…  

 

Le front se stabilise, la bataille dans la vigne est presque gagnée, même si il faudra bien aller un jour au-delà des normes bios, celle dans les chais reste à mener, c’est la boîte noire, y règne l’omerta. Bref, loin de ceux qui veulent enfermer les vins nature dans des définitions qui seront forcément réductrices, castratrices, je laisse la parole à un nouveau converti, à un ouvrier de la 25e heure.

 

Ne voulant pas polluer votre lecture je me garde de tout commentaire même si cette manie, qui arrange bien les gros faiseurs copieurs, de réduire les vins nature au sans soufre me semble à 100 lieues de ceux qui ont promu et défendu ces vins au plus près de la naturalité, de la définition même du vin.

 

Comprendre le vin nature (ou naturel) : simple mode ou phénomène durable ?

PAR IDEALWINE               24 SEPTEMBRE 2018

 

L’amateur de vin a d’abord entendu parler de vins “bio”. Puis il a constaté qu’on parlait également de plus en plus de vin “en biodynamie”. Enfin, depuis une dizaine d’années, un nouveau concept est apparu, celui de “vin nature”. S’il est aujourd’hui assez simple de comprendre ce qu’il y a derrière les qualificatifs de “bio” ou de “biodynamie”, celui de “nature” est plus difficile à cerner. iDealwine va tenter de vous aider à y voir plus clair.

 

Si cette notion de vin naturel est plus difficile à saisir pour l’amateur que celle de vin bio ou biodynamique, c’est avant tout pour une raison purement technique ou administrative : les premiers sont labellisés par des organismes indépendants (Demeter, Ecococert, Biodyvin, etc.) alors que le vin “nature” ne bénéficie d’aucun label officiel, même s’il existe l’AVN (Association des Vins Naturels) qui a défini un cahier des charges mais qui n’a pas de moyens de contrôle aussi poussés que les organismes certificateurs en bio ou biodynamie.

 

Il faut reconnaître que depuis l’apparition des divers courants écologistes, le mot “nature” est devenu un peu magique, paré de toutes les vertus. Sur leur site ou dans leur communication, de nombreux vignerons pas du tout en bio aiment clamer que leur travail « se fait dans le respect le plus total de la nature ». Ce qui ne veut évidemment rien dire… Mais depuis près d’un demi-siècle, le consommateur en général et l’amateur de vin en particulier a l’impression que ce qu’il mange ou ce qu’il boit est meilleur, au goût ou au moins pour sa santé, quand ces produits sont le plus naturels possible. Les mentions “sans conservateurs” ou “sans colorants” sont censées flatter les envies de naturel des consommateurs. Cette tendance, en se renforçant, a conduit les producteurs à aller encore plus loin en élaborant des produits répondant à des critères bien précis permettant de les qualifier de “bio”. Pour le vin, très schématiquement, cela signifie que les vignes ont été cultivées sans herbicides de synthèse et sans insecticide. Mais sur l’élaboration même du vin, la vinification, les labels bio sont par contre longtemps restés totalement silencieux…

 

Petite parenthèse au passage : par rapport aux autres produits alimentaires préemballés où tout ce qui entre dans leur élaboration est détaillé au millimètre près sur leur emballage, l’étiquette d’une bouteille de vin (ou de bière, de cidre, etc.) est bien muette. On sait qu’il y a tant d’alcool et que le vin contient des sulfites (sans chiffrage…). Pour le reste, silence radio total. Le producteur a-t-il acidifié son vin, a-t-il ajouté des tannins, des copeaux de bois, des enzymes, de la bentonite, du charbon (il y a près de 50 produits potentiellement autorisés dans les vins “conventionnels”), l’a-t-il chaptalisé ? On ne saura rien…

 

C’est donc cette double préoccupation, envie globale d’un retour au naturel et opacité sur ce qui se trouve réellement dans une bouteille de vin, qui a conduit à cette nouvelle tendance du vin “nature”. Car ce dernier s’auto définit essentiellement comme “sans aucun intrant ajouté”. L’étiquette peut alors rester muette, puisqu’elle n’a plus rien à cacher !

 

L’AVN a donc défini un cahier des charges du vin naturel, cahier des charges qu’on peut résumer en quelques lignes :

 

– le but des vignerons de l’AVN est d’élaborer des vins « issus de la vinification naturelle », à savoir sans aucun intrant.

 

– la pratique culturale respecte obligatoirement la démarche de l’agriculture biologique ou biodynamique, labellisée ou certifiée.

 

– les vendanges sont manuelles.

 

– seules les levures indigènes dirigent la vinification.

 

– il n’y a pas de modification volontaire de la constitution originelle du raisin, et donc pas de recours à des techniques physiques brutales et traumatisantes (osmose inverse, filtration tangentielle, flash pasteurisation, thermovinification, etc…).

 

– il n’y a pas d’ajout de sulfites, ni de quelque autre intrant (pour le soufre il est précisé un seuil maximum de 10 mg/l à l’analyse, ce qui correspond au maximum que la fermentation alcoolique peut générer naturellement).

 

Aux yeux des amateurs, c’est souvent cette dernière ligne qui est la plus importante, en particulier le refus du soufre, car, pour le reste, de nombreux domaines qualitatifs ont les mêmes pratiques dans le travail à la vigne, les vendanges, les levures ou l’absence de manipulation brutale du vin au cours de son élaboration.

 

C’est donc la présence du soufre qui est la question centrale et discriminante du vin nature. Et d’ailleurs les amateurs parlent souvent de “vin sans soufre” pour caractériser un vin “nature”.

La suite ICI 

Tout le monde en parle même iDealWine ne reste plus qu’1 immense détracteur des vins nature, je tairai son nom de crainte d’être transformé en statue de sel…

En cadeau Bonux via un vendangeur masqué :

 

Chronologiquement, je vois un peu cela comme ça:

 

Une fugue "Rimbaldienne"

 

 

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

 

 

Et puis Bierce nous ramène à la dure réalité:

 

Commerce n. Sorte de transaction à travers laquelle A dépouille B des biens de C en compensation de laquelle B soulage des poches de D de l'argent de E.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 06:00
« À première vue il peut sembler paradoxal que l’un des vins les plus somptueux du monde, soit le fruit d’une terre cistercienne. » Georges Duby dans la somme de Louis Latour.

Dans le livre troisième : La révolution œnologique des XIIe-XIIIe siècles, pages 287-465, de sa somme Vin de Bourgogne le Parcours de la qualité, essai d’œnologie historique, Louis Latour, s’interroge sur La contradiction cistercienne : peut-elle être résolue ?

 

 

Je verse son texte en contre-point des approximations, de certains qui occupent en ce moment le devant de la scène.

 

« Le problème posé par l’excellence de la viticulture cistercienne domine de très loin celui de la couleur de leurs vins, car après tout, pourquoi voulurent-ils qu’il fût bon ? On ne peut contester les raisons qu’avait le Moyen Âge d’utiliser, dès qu’elle fut mise au point, la couleur pour renforcer la force du message divin, mais on ne peut expliquer pourquoi les Cisterciens, attachés au plus extrême dénuement, voulurent produire un vin de haute qualité qui coûtait fort cher et n’était disponible qu’en infime quantités en raison du faible rendement du bon plant. La doctrine de Saint Bernard, qui exclut tout accommodement avec les plaisir de la Terre, s’applique certainement aussi à l’œnologie. Quoi de plus significatif que cette diatribe contre des agréments sensuels en des termes qui sont aussi un parfait descriptif de l’agrément procuré par les grands crus, alors en voie d’élaboration au Clos Vougeot. « Nous sommes sortis du monde, nous avons quitté toutes choses précieuses et belles pour Jésus Christ… Nous tenons pout de la merde tout ce qui charme pour son éclat, séduit par son harmonie, enivre par son parfum, flatte par son goût, plaît par sa douceur. »

 

Comment concilier cette intransigeance avec les immenses travaux engagés à Vougeot et ailleurs pour faire du bon vin ?

 

Il faut évidemment écarter l’hypothèse d’un bon vin servi aux religieux. Le vin commun et le vin vermeil appartiennent à deux univers œnologiques, situés aux antipodes l’un de l’autre. L’ampleur des possessions viticoles cisterciennes permettait de trouver ailleurs que dans les vignes de la Côte les vins quotidiens servis dans les réfectoires aux hôtes de passage. Nous savons d’ailleurs que, tout près de Cîteaux, existait une parcelle de vigne cultivée au XIIe siècle et dont la récolte était sans aucun doute, destinée à la consommation ordinaire, et c’est sans surprise que le vin du Clos n’était évidemment pas destiné aux moines. Une bonne part de la querelle entre Cîteaux et Cluny porte sur la qualité du vin qui leur est servi. Parmi les nombreuses allusions de saint Bernard au vin, il en est qui concernent la consommation des religieux. Le vin doit être coupé d’eau mais Bernard recommande aussi de servir le meilleur vin à la fin du repas, ce qui est conforme à la parabole des noces de Cana, et démontre aussi que le chevalier bourguignon qu’était Bernard, né à Fontaine-les-Dijon, tenait compte des hiérarchies de la qualité.

 

Quand Georges Duby, confronté lui aussi à ce même dilemme, il ne doute pas de l’inclusion du Clos dans une conception d’ensemble, de l’idéal cistercien. « À première vue il peut sembler paradoxal que l’un des vins les plus somptueux du monde, soit le fruit d’une terre cistercienne. » Puis le grand historien déroule un argumentaire, un peu embarrassé, qui cherche à justifier cette intrusion surprenante de Cîteaux dans les sphères supérieures d’une œnologie immensément coûteuse et compliquée. Bien qu’ils aient « résolument renoncé à tous les plaisirs de la vie charnelle », ajoute-t-il, « parce que la règle bénédictine prescrit l’usage du vin. Ils en buvaient chaque jour… Ils vendaient le surplus de leur production… et le meilleur était proposé aux chalands… et pour séduire ceux-ci, les moines furent conduits à soigner la qualité. » Mais ces motivations ne sont que peu de chose. « C’est par une raison plus profonde que ce chef-d’œuvre, le vin du Clos Vougeot, fut façonné par leurs mains diligentes. Ces Cisterciens se plaçaient au service de Dieu, ils parachevaient son œuvre en domptant la nature, en la contraignant à revêtir les normes les plus parfaites… Ils s’attachaient à mener à la perfection la mise en valeur de leur domaine… s’employant à ce que le produit des ceps soit lui aussi une œuvre d’art… ceci dans un esprit de parfaite abstinence et dans la seule volonté de célébrer superbement la gloire du Tout-Puissant. » Cette conception est celle que révèle un texte de Saint Bernard cité par Benoît Chauvin : « Cette nourriture terrestre doit rester à sa juste place et ne pas être préférée aux nourritures spirituelles et que personne n’oublie jamais que sa consécration fait du vin le sang du Christ. »

 

La contradiction que nous apportons aux affirmations de Georges Duby est de nature purement œnologique et s’appuie sur les réalités de l’économie viticole fine, qui ne dégage aucun surplus. Le terme employé par lui est donc inadapté. Il laisse supposer en effet que les efforts prodigieux faits par les moines du XIIe avaient pour but principal la production de vins hors de prix. Or on sait que cette facilité était honnie par Saint Bernard. Par ailleurs l’ambitieuse création que fut le Clos Vougeot, peut être datée raisonnablement dès le commencement du XIIe siècle, sans doute de 1125, du vivant même du grand saint. Il est absolument impossible que ces colossales dépenses aient eu pour finalité le médiocre objectif d’une domination du marché des grands vins. D’une manière plus générale on appliquera cette observation aux époques ultérieures de la vie cistercienne. La politique foncière parfois brutale de Cîteaux n’a pas eu pendant longtemps pour corollaire la renonciation des moines blancs à la stricte frugalité des anciens jours. Certes Paradin, auteur bourguignon du XVIe siècle, a constaté, quatre siècles après la création du Clos Vougeot, la décadence de l’idéal monastique, mais il s’agit des excès d’une époque beaucoup plus tardive que voulut redresser une réforme luthérienne, indignée par les dérives de l’Église. Les décennies de la fin du XIIe siècle furent presque contemporaines des idéaux primitifs du nouveau monastère, et rien n’indique que la bonne chère ait eu droit de cité dans les « granges » et les réfectoires de Cîteaux. L’œnologue historien éclairé par les seules lumières de sa spécialité ne peut évidemment aller beaucoup plus loin que de constater les efforts colossaux des Bernardins en faveur du vin vermeil, sans comprendre à coup sûr pourquoi ils furent acceptés pendant si longtemps par les hautes autorités de l’ordre, et très probablement par saint Bernard lui-même.

 

En une page superbe, Georges Duby fait appel à une notion qui est, selon lui, caractérise de la plus haute pensée cistercienne, et qui s’exprime par une préférence pour les édifices de forme carrée. Parlant de cloîtres attenants aux églises des monastères, il écrit : « Le cloître se trouve ainsi placé à la croisée orthogonale des axes de l’univers. Appliqué sur la croix des quatre points cardinaux, il devient comme un immense cadran où tous les rythmes du cosmos s’emprisonnent. » Or, l’impressionnante cuverie du Clos est précisément bâtie en carré à l’interaction des quatre points cardinaux, la seule ouverture du bâtiment faisant face à l’orient d’où vient la lumière. Georges Duby ne relie pas expressément le parfait quadrilatère qu’est le cloître à la cuverie du Clos Vougeot à des fins religieuses. Elle n’en est pas moins la traduction parfaite de cet idéal bâtisseur. Certes l’actuelle cuverie, qui date de 1475, est à finalité purement œnologique. Mais « la plus belle cuverie du monde » est à la fois la synthèse parfaite de toutes les exigences d’une vinification réussie, qui furent alors pleinement remplies après une expérience de trois siècles, tout comme celle d’une spiritualité encore vivante au XVe siècle. Il est tentant de voir dans ce bâtiment exceptionnel, modèle de toutes les installations vinaires à venir, la synthèse parfaite d’une tradition cistercienne qui, selon Duby, donne au carré une signification religieuse en même temps qu’elle définit le parcours fonctionnel nécessaire au vin vermeil.

 

Tout aussi révélatrice de la constante proximité des usages religieux du vin, nous relevons que dans ses Mémoires en 1450, Olivier de la Marche, décrit le cérémonial qui règle tous les gestes de la vie de la cour au temps de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Parlant de l’échanson qui, hiérarchiquement occupe le « second état » après le maître d’hôtel, il affirme : « Il faut parler maintenant des échansons. La raison en est que l’échanson sert du vin où est consacré le précieux sang et corps de notre Seigneur Jésus Christ… Il est normal que le service du pain et du vin soit privilégié en toutes choses. » Au XVe siècle la consommation du vin à des fins religieuses apparaissait comme la norme, bien qu’une telle appréciation du vin soit étrangère aux modernes, au point de nous être incompréhensible.

 

Ainsi donc longtemps après la création du nouveau monastère, l’idéal cistercien était encore suffisamment fort pour être mis en application dans une construction qui, si belle soit-elle, n’est plus à nos yeux qu’un simple bâtiment vinaire. Le « chef-d’ordre » des moines blancs était situé à Cîteaux, à proximité immédiate des vignobles de la Côte et du Clos Vougeot, permettant ainsi d’édifier les visiteurs par une « leçon de choses » dont la portée religieuse était sans doute évidente aux hommes de ce temps. »

 

 

Le cellier et la cuverie du Clos de Vougeot (Côte-d'Or) : les apports de la dendrochronologie (XIIe – XVIIIe s.)

Benoît Chauvin et Christophe Perrault

 

La nécessité pour la Confrérie des chevaliers du tastevin de publier un ouvrage à jour sur l'histoire et l'architecture du Clos de Vougeot a impliqué une approche dendrochronologique susceptible de résoudre les problèmes latents de datation concernant le plafond et la charpente du cellier, la charpente et les quatre pressoirs de la cuverie. On sait désormais que, construit entre 1160 et 1190, le cellier a été édifié quand l'abbaye de Cîteaux s'est lancée dans une viticulture ouvertement commerciale. La reprise de son plafond intérieur et la surélévation du bâtiment (pignons, charpente et toiture) ne datent que de 1698. La cuverie a été bâtie en 1477, deux de ses pressoirs montés en 1478 et 1489, traduisant ainsi la reprise généralement constatée après la guerre de Cent ans. Les deux autres pressoirs sont du XVIIIe s. Toutes ces datations s'intègrent parfaitement dans les données chronologiques livrées par les sources écrites. On dispose ainsi d'une connaissance largement renouvelée de ce prestigieux monument.

ICI 

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28 septembre 2018 5 28 /09 /septembre /2018 06:00
Portrait of Gertrude Stein, 1905 by Picasso

Portrait of Gertrude Stein, 1905 by Picasso

« Miss Stein fait la leçon. C’est le titre du second chapitre de Paris est une fête, d’Ernest Hemingway. Il résume bien (un peu trop, même, mais c’est du Hemingway [1]) ce qui reste aujourd’hui de Gertrude Stein : l’image d’une muse-mécène-maître à penser qui, à partir de son arrivée à Paris en 1903, chaperonnera des artistes comme Picasso et des écrivains comme Hemingway. »

 

L'histoire d'amour transatlantique d'une Américaine à Paris.

 

« ... les écrivains doivent avoir deux pays, leur pays d'origine et celui dans lequel ils vivent". C'est ainsi que Gertrude Stein s'établit à Paris en 1907 pour y vivre jusqu'à sa mort en 1946. Elle y tint, aux côtés de sa compagne intime et secrétaire Alice Toklas, « le plus brillant salon de Paris », que côtoyèrent les plus grands artistes et écrivains de l'époque.

 

 

Paris France fut publié en 1940, le jour où Paris tomba aux mains des Allemands. Gertrude Stein y mêle ses souvenirs d'enfance à Paris, ses réflexions sur la France et les Français, la mode, la gastronomie, la guerre, ses caniches et ses amis peintres et musiciens.

 

Gertrude Stein, par Francis Picabia. 1933

 

On y trouve également de petites anecdotes, souvent teintées d'humour et de poésie, sur tout ce qui est français. »

 

La cuisine ainsi que tout le reste en France est logique et mode.

 

Les Français ont raison lorsqu’ils allèguent que la cuisine française est un art et qu’elle fait partie de leur culture, parce qu’elle est fondée sur la cuisine romano-latine et qu’elle a été influencée par l’Italie et l’Espagne. Les croisades n’ont fait que leur apporter de nouveaux ingrédients. Elles n’introduisirent la manière de faire la cuisine et il en résulta fort peu de changement.

 

La cuisine française est traditionnelle. Les Français n’abandonnent ps volontiers le passé. En fait ils ne l’abandonnent jamais. Et lorsqu’ils ont eu des réformes – ainsi appelées au XVIIe siècle et au XIXe siècle – ils ne les acceptent que lorsqu’elles devinrent réellement une mode à Paris. Mais quand ils recueillaient quelque chose de l’extérieur comme le baba polonais apporté par Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, ou le croissant autrichien apporté par Marie-Antoinette, ils l’adoptèrent complètement, si complètement que ces choses devinrent françaises, si complètement françaises qu’elles ne dépendaient plus d’aucune nation. À ce propos, le croissant autrichien fut rapidement créé au siège de Vienne en 1683 par les soldats polonais de Sobieski pour remplacer le pain qui manquait, et ils lui donnèrent le nom de croissant  d’après l’emblème des Turcs qu’ils combattaient.

 

Catherine de Médicis au XVIe siècle amena des cuisiniers avec elle et mit des desserts à la mode, les desserts italiens compliqués. Avant cette époque il n’existait rien de sucré en France sauf les fruits. Ce fut en 1541, à l’occasion d’un bal, qu’elle introduisit ces desserts à Paris.

 

Sous le règne d’Henri IV les Français retournèrent à la nourriture simple, puisque ce souverain se fit appeler roi de Gonesse, lieu où était fabriqué le meilleur pain de France.

 

Les Français, cependant, avaient des conceptions que l’on serait tenté de prendre pour des conceptions américaines ou orientales, tels les canards rôtis à l’orange et les dindes fourrées aux framboises. Sous le règne de Louis XIV les Français mangeaient les dindes jeunes et les salades de noix mélangées de pommes.

 

[…]

 

Les sorbets venant d’Italie étaient des glaces faites à l’eau. Elles étaient molles. Mais les Français, eux, avec cette base, firent un sorbet consistant qu’ils qualifièrent eux-mêmes par la suite de napolitain. Cette manière de faire leur est habituelle.

 

La logique de la cuisine française consiste dans le fait que les Français autrefois utilisaient tous leurs ingrédients de la manière la plus compliquée. Des influences étrangères raffinèrent cette méthode et furent à la mode jusqu’à la mort de Louis XIV. Et sous la Régence il y eut tout à coup affluence de cuisiniers français inspirés, des cuisiniers essentiellement français, de même qu’il eut affluence de cuisine française. Le régent lui-même avait un assortiment de casseroles d’argent. Il faisait sa cuisine avec ses courtisans et l’on disait que les casseroles d’argent ne valaient pas moins que ce que le régent y mettait. Plus de la moitié des plats de la grande cuisine  française d’à présent fut créé par la cour.

 

[…]

 

Les plats qu’ils créaient étaient nommés d’après eux. Il arriva fréquemment, il est vrai, que ce furent leurs cuisiniers qui en réalité les créaient, mais le courtisan, lui, en avait le mérite et les mettaient à la mode.

 

Louis XV faisait son café lui-même, il ne permit jamais à quiconque de faire son café.

 

Ce que les plats de cette époque avaient de particulier, c’était les sauces. Ces plats, tous pour ainsi dire durent leur renom à leurs sauces. La cuisson du plat était importante mais la sauce en était la création. La farce de ces plats était augmentée à cette époque d’une quantité de nouveaux ingrédients.

 

Une autre chose que les Français découvrirent alors, ce fut l’usage des jaunes d’œufs pour lier leurs sauces au lieu  de chapelure. Et cela, comme on le conçoit aisément, révolutionna la manière de faire et la cuisine et les sauces. C’était une invention purement française. »

 

 

Gertrude Stein, l'audacieuse

10/11/2011 MIS À JOUR LE 22/01/2016

Par Hélène Combis-Schlumberger

 

Elle n'aimait rien tant que s'endormir dans les musées pour s'éveiller parmi les tableaux. Gertrude Stein, femme au physique colossal, figure incontournable du monde de l'art de la première moitié du 20e siècle, était à la fois écrivaine, poétesse et esthète...

 

ICI sa VIE 

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27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 06:00
A comme Assad, B comme Bouteflika… Z comme Zemmour…

Pendant quatre ans, il n'a rien dit. Secret-défense oblige. Aujourd'hui, il sort du silence. Patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de 2013 à 2017, Bernard Bajolet était l'invité, lundi 24 septembre, de l’association de la presse diplomatique. Au cours du déjeuner, ce diplomate de carrière, qui publie "Le soleil ne se lève plus à l'est" (Plon), a multiplié les confidences et les anecdotes. Certaines, "off the record", ne peuvent être reproduites. En voici quelques autres.

 

ICI

 

Sur Zemmour un de mes lecteurs m’a fait parvenir des commentaires sur une interview qu’il a donné au POINT. ICI 

 

Sur Bachar al-Assad

 

"Je me suis trompé à son sujet, dit Bernard Bajolet. J’ai retrouvé une note dans mes archives. C’était en 1994, après la mort de Bassel, le frère aîné de Bachar qui était censé succéder un jour à leur père, Hafez. Dans cette note, un de mes collaborateurs écrivait que Bachar pourrait peut-être hériter du pouvoir. 'Je ne crois pas du tout à cette hypothèse', ai-je noté en marge. 'Ce jeune homme réservé ne s’intéresse qu'à la médecine'.

 

Je le connaissais assez bien pour avoir été en poste en Syrie dans les années 1980. Un jour, je lui ai demandé : 'Et toi, la politique ?' Il m’a répondu qu’il ne s’intéressait qu’à la médecine et m’a demandé de lui trouver une place dans une fac française. Son père ne voulait pas qu’il étudie à Paris. J'ai trouvé une inscription à Lyon, mais, en fait, l’interdiction paternelle s’étendait à toute la France. Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme cela qu’il s’est retrouvé à étudier l'ophtalmologie à Londres. Ce que je n'avais pas compris alors, c'est que Bachar avait été contraint par sa famille à étudier la médecine, pour ne pas faire concurrence à son frère.

 

Quand il a été nommé à la tête du pays, je me suis dit qu’il était trop poli, trop gentil, trop bien élevé pour diriger durablement la Syrie. Mais j’ai sous-estimé la volonté acharnée de son clan, les Alaouites, de se maintenir au pouvoir. Ils ne veulent pas redevenir les esclaves des sunnites qu’ils ont été avant le mandat français. D’ailleurs, après le début de la révolution, en 2011-2012, quand il semblait que celle-ci pouvait l’emporter, ils ont pensé qu’ils pouvaient être contraints de retourner dans leurs montagnes et nous nous sommes même demandé comment faire pour éviter un nouveau massacre à la Srebrenica. C’est dire à quel point les choses ont changé !

 

En fait, Bachar a fait la même chose que son père en 1982, quand il a massacré des milliers sunnites à Hama. La cruauté dont il a fait montre est peut-être aussi une forme de revanche sur son frère mort qui était plus brillant, plus sportif que lui. De toute façon, s’il n’avait pas crié aux loups dès le début du soulèvement, il aurait été dévoré par les loups de son clan…"

 

Sur Abdelaziz Bouteflika

 

Bernard Bajolet, qui a aussi été ambassadeur en Algérie, a récemment déclaré que le président algérien "est maintenu artificiellement en vie". Cette déclaration a fait les gros titres à Alger, où certains l’accusent de vouloir achever le chef de l’Etat.

 

"Soyons clair, dit-il, je souhaite longue vie au président Bouteflika : je ne suggère donc pas qu’on le débranche. Mais cette momification du pouvoir algérien sert certains groupes qui, ainsi, se maintiennent au sommet et espèrent continuer à se maintenir et à s’enrichir."

 

Il ajoute :

 

"La dernière fois que le président Bouteflika est venu se faire soigner en France, j’ai demandé à le voir, mais il a refusé. Alors je lui ai fait envoyer un immense panier de chocolats ; en retour, il m’a fait porter un bouquet de fleurs si grand qu’il rentrait à peine dans mon bureau [à la DGSE, NDLR] !"

 

Sur Éric Zemmour

 

Bonjour Jacques,

Je suis effaré du niveau de son discours et encore d'avantage du relais qu'il trouve dans tous les médias, surtout les bien-pensants comme le Point. Martyr de la bien-pensance certes, mais forte complicité de la plupart des médias. 

 

Il tient quelques propos sur Montaigne et ses relations avec la Saint Barthélémy, que celui-ci aurait trouvé inévitable. Pour arriver à justifier un tel acte ou prétendre comprendre un tel événement, il faut être un sombre crétin et un fasciste. Ce n'est pas le cas de Montaigne : il est ni l'un ni l'autre. Zemmour est le deux. Le problème, je connais un peu les Essais et je n'y ai trouvé nulle part trace d'une justification de la Saint Barthélémy. Peut-être suis-je passé à côté ? La lecture d'un tel passage aurait assez bouleversant pour que je le mémorise. Dans ses lettres peut être que je connais moins ? Donc j'explore du côté d'internet et je ne trouve pas grand-chose non plus. Encore une conspiration et une occultation de la vérité par les bobos ? Ou une fake news de cet individu ? Facile : il ne cite pas les sources. Vu le corpus de Montaigne, rares sont ceux qui le connaissent dans sa totalité.

 

On retrouve chez Zemmour les grandes lignes de la pensée réactionnaire française du début du XX : bêtement monarchiste, catholique bornée, étroitesse d'esprit en même temps qu'une rare culture ou prétendu telle, hypocondriaque, antidémocratique et antirépublicaine. Elle se complet dans ses draps souillés et aime les histoires toutes faites, bien émondées. Mais avec 100 ans de retard.  Le Musulman a remplacé le Juif et le Grand Remplacement la conspiration judéo-bolchévique. Je ne comprends pas pourquoi en France n'avait jamais émergé une droite véritablement libérale (au sens sociétal) mais qu'elle se confinait régulièrement dans ses rancœurs. « On ne peut que glorifier la monarchie, car elle a créé la France. »

 

Il oublie peut être un peu vite - en réduisant les causes de sa chute à la seule responsabilité de Louis XVI - que si elle est tombée, c'est bien parce qu'à un moment donné, une  grande majorité n'y trouvait plus son compte.

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 06:00
Non les bobos ne sont pas morts… même qu’en 2018, c’est 1 sociologue qui le dit, la France est « bobo » comme jamais… Alors lisez les 100 mots des bobos !

En France nous n’avons toujours pas de pétrole mais des sociologues, des éditorialistes politiques et de « grands intellectuels » comme Zemmour, Polony, Légasse… alors nous ne sommes pas à la veille de les enterrer.

 

Le 15 mars 2014 j’ai commis une chronique

 

« Je suis bobo et vous emmerde ! » j’achète mes poireaux à des retraités à casquette Place des Fêtes ICI 

 

Le bobo voilà la cause de tous les maux de notre vieux pays gaulois perclus de rhumatismes. Mot valise par excellence il est devenu l’insulte par excellence de la France rance…

 

Philippe Vandel dans La « bobo » parisienne… Même pas mal ! Dresse une liste non limitative des griefs « De tout bord on leur tombe dessus. « Ce n’est pas moi qui ai fait le lit du FN en 2002. Les coupables sont ceux qui se sont détournés des ouvriers, ceux qui s’occupent des bobos et ont laissé tomber le populo », Jean-Pierre Chevènement. « Le mariage homosexuel est un caprice de bobos », Philippe Monnier, député UMP. « Ferme ta gueule ! Moi je parle à tout le monde. Tu n’y connais rien. Tu ne connais que les bobos », Nicolas Sarkozy à Chantal Jouanno, cité par L’Express (30/10/2012). « Les bobos typiques célèbrent le métissage et vivent dans des forteresses », Alain Finkielkraut

 

Ces scuds proviennent du livre de Laure Watrin et Thomas Legrand : La République bobo  chez Stock dont le Taulier vous a déjà causé ICI 

 

Il existe même un blog : www.bobodemerde.com

 

Mais qui sont les bobos ?

 

Quels sont leurs réseaux ?

 

De quoi se nourrissent-ils dans les AMAP (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) ?

 

Comment se déplacent-ils, en surveillant leur empreinte carbone ?

 

Où s’habillent-ils, eux qui détestent les grandes marques franchisées et préfèrent les t-shirts spirituels?

 

Les 100 mots des bobos est un dictionnaire de A comme « allaitement » à Z comme « zazous », en passant par « Hidalgo », Anne Hidalgo, « vins nature », « poule », la poule est le nouvel animal domestique préféré des bobos ou encore « Nutella ». Ce produit est, en soi, un « bobo-drame » car les enfants bobos au prénom "Canaille" adorent ça alors que leurs parents bobos sont consternés par l’huile de palme et la folie calorique du produit.

 

Dans ce petit plaidoyer Thomas Legrand et sa compagne Laure Watrin n’y vont pas de main morte et n’épargnent pas les bobos, qui glorifient “les petits producteurs”, boivent du “vin nature”, habitent Montreuil dans une ancienne usine mais n’hésitent pas à contourner la carte scolaire de leur progéniture pour les mettre dans une “petite école privée” pas élitiste mais à la “pédagogie épanouissante”.

 

B comme Blurring. Cette tendance à effacer la frontière entre vie professionnelle et vie privée, à répondre à ses emails le week-end et prendre ses billets TGV au bureau… Vous vous sentez visée ?

 

M comme Monoprix. “Les bobos n’aiment pas les grandes surfaces. Mais “Monop”, c’est autre chose…”

 

N comme Nutella. “Le casse-tête des parents bobos. Ils ont beau avoir appris à lire les étiquettes pour déjouer les additifs et les conservateurs, savoir que l’huile de palme, c’est mal, et que le Nutella contient plus de 50 % de sucre, ils n’arrivent pas à y renoncer.”

 

T comme Tribu. “La vie familiale des bobos est aussi créative que la vie professionnelle. Ils se marient (quand ils se marient) plusieurs fois. Et si en France, près d’un mariage sur deux se termin par un divorce, les bobos n’hésitent pas à divorcer plusieurs fois.”

 

Les 100 mots des bobos dans la collection Que sais-je ?

 

Rémy Oudghiri Sociologue, Directeur général adjoint de Sociovision le 20/09/2018 affirme lui :

 

En 2018 Malgré la droitisation sensible d'un grand nombre de thèmes du débat politique, la France est devenue, dans une large mesure, une société "bobo".

 

Depuis sa naissance en 2000, le mot "bobo" est autant contesté que répandu. Tout le monde l'utilise, souvent de façon critique, mais les spécialistes peinent à le définir quand ils n'en contestent pas le plus souvent la pertinence. La publication du livre Les 100 mots des Bobospar Thomas Legrand et Laure Watrin permet de revenir sur le phénomène et de tirer un bilan presque vingt ans après. S'il est toujours très difficile d'identifier une classe ou un groupe précis de "bobos", les idées qui sous-tendent cette sensibilité "bobo", elles, ont fait du chemin. Et force est de constater, en 2018, que malgré la droitisation sensible d'un grand nombre de thèmes du débat politique au cours de cette période, la France est devenue, dans une large mesure, une société "bobo".

 

"LES BOBOS": UNE NOUVELLE CULTURE PLUTÔT QU'UNE NOUVELLE CLASSE SOCIALE

 

Petit rappel: le mot "bobo", contraction de "bourgeois bohème" est né en 2000 sous la plume de David Brooks, journaliste au New York Times. Selon lui, les "Bobos" représentaient la nouvelle élite socio-culturelle des Etats-Unis. La particularité de cette élite, pour ne pas dire son étrangeté, résidait dans le fait qu'elle semblait "avoir combiné la contre-culture des années 1960 et la réussite des années 80 en un seul génie social." Les "Bobos" incarnaient, aux yeux de David Brooks, une culture hybride qui, notait-il, "compose l'air que nous respirons tous."

 

Le terme fut repris avec un succès immédiat en France. Au fil des ans, il s'imposa, de ce côté-ci de l'Atlantique, pour désigner une population montante, aux frontières de la classe moyenne et de l'élite. La difficulté à définir avec précision le terme de "bobo" est, depuis le début, partie prenante du phénomène "bobo". Car celui-ci émerge dans une époque –la fin des années 90– où les codes traditionnels de la société moderne sont épuisés. La montée en puissance d'Internet rebat les cartes du jeu social. Les codes anciens n'ont pas disparu, mais de nouveaux codes ont émergé qui coexistent, se mélangent, et hybrident avec eux. De fait, la culture "bobo" est foncièrement une culture hybride: elle associe un usage à haute dose des nouvelles technologies et le désir d'un retour à une vie locale et naturelle, elle combine le culte du passé (par exemple la mode du vintage) et les progrès du présent (le recours aux applis est omniprésent), etc. Ces évolutions traduisent l'émergence et la diffusion d'une nouvelle culture appelée à traverser les milieux sociaux.

 

LES DEUX ASPECTS ESSENTIELS DE LA CULTURE "BOBO": LE DÉCLOISONNEMENT ET LA QUÊTE D'UN MODE DE VIE ALTERNATIF

La suite ICI 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 07:00
De la chasteté du clergé corse dans les temps anciens : l’évêque d’Ajaccio et son amant… l’amant de la petite amie du grand-père, surpris au lit avec lui, se rhabille dare-dare en enfilant sa soutane…

Vœu de célibat ou de chasteté, quelles différences ?

 

ICI 

 

C’est très subtil mais l’heure n’est pas à ratiociner mais à sourire avec Robert Colonna d’Istria dans Une famille Corse 1200 ans de solitude.

 

Je suis comptable de la bonne humeur de Pax pour me racheter du « fiel » (sic) que je déverse sur ce pauvre Michel Bettane… 

 

 

« Nos villages – autre indication – ont conservé le souvenir de curés qui ne semblaient pas tous d’une chasteté exemplaire ; des cas de prêtres avec enfants, de desservants avec famille se sont rencontrés. Dans cette ordre d’idées, le souvenir le plus original est celui d’un évêque, qui avait été polytechnicien, artilleur, avant de devenir prêtre, et qui, nommé à Ajaccio, y avait fait venir son amant ; pour ne pas trop faire jaser, il n’avait pas voulu le nommer directement à l’évêché ou en ville, et l’avait affecté un peu plus loin, précisément à Petreto-Bicchisano – une de nos bases –, à un jet de pierre. Cette paroisse a ainsi, de 1928 à 1934, été administre par Louis Mottin de La Balme, personnage précieux et mondain – il sera un temps curé de Cuttoli, un peu plus près d’Ajaccio, et finira chapelain de l’ordre de Malte –, camérier de Sa Sainteté, qu’on appelait monseigneur Mottin de La Balme : on n’aurait pas rêvé plus chic. »

 

 

« La chronique rapporte incidemment quelques conquêtes à la hussarde, peu glorieuses. Ou bien une caleçonnade, digne du théâtre de boulevard, survenue à mon grand-père – alors étudiant ou jeune médecin, avant qu’il n’aille faire le mariole sur les champs de bataille. Il vivait plus ou moins avec une bonne amie, du moins la fréquentait-il. Personne n’a retenu le nom de cette femme. Elle fait partie de la légende. Un jour il rentre chez lui, et la trouve nue, couchée avec un homme. Enfer et damnation ! Ce n’était absolument pas prévu au programme. Avec l’arrivée de mon grand-père, le brave garçon se rhabille et sort de la chambre en soutane de prêtre… On ignorera tout, à jamais, des échanges entre les deux hommes, et ce que l’accueillante fille, innommée, a pu ce jour-là entendre… Que, du haut des Cieux, elle soit évidemment pardonnée, et si possible bénie ! Et que le galant prêtre – quelle race ! – lui aussi soit pardonné ! Quant à mon grand-mère, si j’ai bien compris, il s’en foutait royalement. »

Témoignages : Les prêtres à l'épreuve du célibat

 

Avec la multiplication des scandales de pédophilie, on est passé, au sujet du vœu de célibat des prêtres, d'une certaine incompréhension à une suspicion croissante. La continence, dans l'Eglise, reconnaît le clergé, réclame " un véritable effort ". Certes, la sexualité, " ce n'est pas la génitalité, plaide Mgr Crepy, l'évêque du Puy-en-Velay, il y a aussi toute une composante relationnelle, vécue dans la chasteté ".

 

Mais les prêtres admettent" être du même bois que le reste de l'humanité " et avoir bien sûr" des désirs et des pulsions ". Reste à résister à la tentation, et c'est un combat quotidien. " Quand j'ai conscience que ma sensibilité m'a joué un petit tour, je me rappelle à la raison ", -explique un vicaire général. Les prêtres confient succomber parfois à la masturbation ; et avoir une aventure féminine ne semble pas être un péché si rare, avoué dans le secret du confessionnal. " On a peut-être enfin compris que c'est un sujet difficile ", reconnaît Mgr Crepy. –

 

Enquête sur un tabou séculaire.

 

  • Confession de prêtres à l'épreuve du célibat

 

Des curés du Puy-en-Velay témoignent de la façon dont ils vivent le renoncement à la vie conjugale et à la sexualité ICI 

 

  • " Je n'ai pas honte de ce que je suis, j'ai décidé de ne plus me cacher "

Gilles Brocard, 53 ans, a vécu une relation clandestine pendant dix-huit ans, avant de quitter l'Eglise

 

ICI

 

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 07:00
Méli-mélo du dimanche : Barcelone quitte Pousson, Michel Bettane dit que ma vieillesse est un naufrage, les vins pour femmes de Sandrine Goeyvaerts « 1 vin qui fait tomber les pénis ou un vin dans lequel on a fait macérer des ovaires?»

Ce dimanche c’est l’automne, l’équinoxe d’automne, sur la contre-allée du boulevard Saint-Jacques, les feuilles des platanes, déjà cramées par la canicule, vont épandre leur tapis marronnasse et les services de la ville vont s’échiner à les ramasser  à la pelle.

 

Évidemment, je pourrais placer à cet endroit de ma chronique les sanglots longs de l’automne… qui riment avec monotone… pour jouer sur la corde nostalgie, ces poésies débitées à 100 à l’heure à l’école primaire, faire plaisir à JM Blanquer,  mais non ce dimanche un peu gris m’inspire le dimanche à Orly…   

 

Je m´en vais l´ dimanche à Orly.

Sur l´aéroport, on voit s´envoler

Des avions pour tous les pays.

Pour l´après-midi... J´ai de quoi rêver.

Je me sens des fourmis dans les idées

 

Moi aussi j’ai des fourmis dans mes idées et je me dis qu’au lieu de céder à la mélancolie je vais les coucher  sur le papier.

 

Pour occuper mon petit espace de liberté je passe la main à des gens qui, eux, savent parler du vin, dans l’ordre Vincent Pousson, Michel Bettane et Sandrine Goeyvaerts (l’ordre est lié à celui de ma lecture).

 

Je ne ferai aucun commentaire, j’ai mieux à faire.

 

Adios.

 

19 septembre

 

« Ne jamais oublier, au risque de se perdre, que sa vie tient dans une valise. Juste une valise. Comme celle-ci, ma bonne vieille Rimowa, remplie à la hâte, de bric et de broc. Et encore, qu'emporterons-nous au jour du dernier verre? Vanitas…

 

Je quitte Barcelone. Je vous devais, chers lecteurs, cette information, vous qui depuis six ans maintenant suivez (notamment) mes tribulations espagnoles. Je quitte Barcelone, à moins que ce ne soit Barcelone qui me quitte, qui m'ait quitté il y a longtemps, m'engluant dans l'ennui et la somnolence, pollutions encore plus virulentes que ses gaz d'échappements hérités d'une impolitesse automobile so vintage. J'aime bien cette tournure du patois catalan: je n'ai pas perdu la force, la force "m'a oublié". »

 

La suite ICI 

 

Bettane

 

« Il suffisait mon pauvre Jacques de demander ta désinscription - ce que je fais ici pour moi sans alerter la planète- au lieu de déverser ton fiel habituel qui perd avec l'âge progressivement sa saveur. mb.

 

Sandrine Goeyvaerts 

 

C'est ma femme qui goûte le vin, désolé Thomas Messias — 20 septembre 2018

 

« Le sexisme ne s'arrête pas aux tables des restaurants. Caviste, mais aussi journaliste et présidente de Women Do Wine (Association internationale de femmes liées par la passion du vin), Sandrine Goeyvaerts voit rarement passer une journée sans avoir lu ou entendu des remarques saugrenues ou carrément déplacées.

 

«On me réclame très souvent “un vin de femme”, ou en me précise en rigolant: “Attention, y aura des nanas”. Sous-entendu: donnez-moi quelque chose de léger, doux, pas trop fort. Le blanc est souvent considéré comme une boison plus légère que le rouge, mais cela n'est qu'une perception, qui repose sur des clichés. On a beaucoup catégorisé les vins en “féminins” et “masculins”, soit “léger, subtil, délicat” et “fort, puissant, charpenté, viril”.»

 

Mais Sandrine Goeyvaerts voit une autre explication à cet empilement de stéréotypes. «On a tendance à proposer aux petites filles plus de bonbons, à valoriser leur appétit du sucre, tout en les éduquant très tôt à faire attention. À l'âge adulte, on continue sur la même lignée: je suis une fille, donc je dois aimer le sucre tout en culpabilisant de peut-être grossir, donc je privilégie des boissons plus “light”, d'où le succès des rosés et des blancs chez les femmes. Chez les hommes, on privilégie les goûts forts, puissants (viande, fromage, gras en général), parce qu'un homme qui se nourrit de protéines est considéré comme viril. De même, l'acide et l'amer sont des saveurs plus associées au masculin: la bière en est un exemple.»

 

En matière de gastronomie comme ailleurs, l'éducation est fondamentale. Ce qui n'empêche pas de manier l'humour, notamment avec les adultes: «Quand un homme me demande un vin “pour femmes”, j'ai tendance à répondre: “Vous voulez dire un vin qui fait tomber les pénis ou un vin dans lequel on a fait macérer des ovaires?”», raconte Sandrine Goeyvaerts.

 

La chronique ICI 

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16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 06:00
Sur les réseaux sociaux clichés, idées reçues, éléments de langage font florès et si nous pensions par nous-même ?

Les politiques et les journalistes sont les plus présents sur les réseaux sociaux, suivent ceux qui sont maqués avec les politiques, les militants, sympathisants, les jamais contents et ceux qui se prennent pour des journalistes scotchés à leur écran tels des mouches vertes sur de la bidoche faisandée.

 

Ça caillasse dur, ça s’insulte grave, à coups de clichés éculés, d’idées reçues toutes faites, d’éléments de langage concoctés dans les alcôves des cabinets, ministériels ou médiatiques.

 

Résultat, le bon peuple, le petit peuple, moutonnier ou indifférent, n’a plus aucune espèce de confiance dans ce petit monde nombriliste, la porte est grande ouverte aux populistes de gauche extrême, rappelez-vous Doriot et Déat, de droite, les suceurs de roue de l’extrême droite.

 

 

 

Alors en ce dimanche, mes biens chers frères, mes biens chers sœurs je vous propose de réfléchir par vous-même après avoir lu cette réflexion salutaire.

 

« Les clichés : voilà pourquoi je nourris une telle méfiance à l’égard des « éléments de langage » et des « mots-clés ». Cet embrigadement langagier est le contraire du politique. Arendt nous demande de comprendre que le politique est une affaire de jugement, et même de goût : il faut pouvoir parler soi-même, sans répéter, les mots des autres, ni les emprunter comme allant de soi. Elle exige qu’on ne renonce jamais à exercer une pensée critique. Or, après tout, cela s’enseigne et s’apprends. C’est même cela qu’on devrait enseigner et apprendre. L’éducation, la culture, est tout autre chose qu’un formatage : être cultivé, c’est peut-être mettre ses mots dans les mots des autres, mais en choisissant comme on choisit ses amis, en les faisant jouer et en les transformants ».

Barbara Cassin

 

Conversation sur la banalité du mal d’Anna Arendt entre Barbara Cassin et Jérôme Ferrari

 

Hannah Arendt : "Pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres" ICI

 

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15 septembre 2018 6 15 /09 /septembre /2018 07:00
Dans la seigneurie d’Istria, au XVIe siècle, Me Morain, dont la corsité est avérée, aurait-il eu droit à la parole ?

À l’origine, le seigneur exerçait sur ses vassaux le pouvoir de justice le plus absolu. C’est dans ce domaine que, partout ailleurs, en Corse, les droits seigneuriaux avaient été le plus nettement réduits au cours du XVIe siècle. Seule la seigneurie d’Istria était parvenue à conserver des privilèges judiciaires importants. Elle était dirigée par des officiers nommés par les seigneurs, aptes à juger tant au civil qu’au criminel et non soumis au contrôle des actes (ce qui s’appelait le syndicamento, exercé par des « syndicateurs »). D’ailleurs les seigneurs d’Istria invoquent-ils fréquemment, et avec succès le plus souvent, le caractère définitif de leurs jugements : ils disposent de ce que l’on nomme en droit romain le merum et mixtum imperium, c’est-à-dire le droit et le pouvoir de l’appliquer, et, en vertu d’anciens privilèges, périodiquement réaffirmés, on ne peut faire appel de leurs sentences (des seigneurs d’Istria et de leurs officiers) que devant la Banca Comune. Cette Banca était une cour d’appel locale, composée de seigneurs et de leurs officiers, qui, au début du XVIIe siècle, se tenait ordinairement à Bicchisano dans la maison de Giovan Maria d’Istria, et à Sollacaro dans celle d’Alessandro, suivant que les appelants étaient vassaux de l’une ou l’autre branche de la seigneurie. Cela illustre que, encore au milieu du XVIe siècle, et au début du siècle suivant, la dépendance de la maison d’Istria à l’égard de l’Office (l’office de Saint Georges* ) ou à l’égard du Sénat de Gênes était nulle ou à peu près, privilège dont ne jouissaient plus les seigneurs de Bozzi et d’Ornano. Ce qui permettra à Jean-Jacques Rousseau, quand, travaillant à un projet de Constitution pour la Corse, il se penchera sur ces curieuses survivances féodales, de constater n’être pas en présence de seigneurs fieffés, mais bel et bien de princes « dont les droits approchaient de la souveraineté même. »

 

Ce qui n’empêchait nullement les seigneurs en question, à l’occasion, de faire de leur droit de justice un usage parfois partial, en tout cas perçu comme tel par leurs justiciables ou leurs administrés. L’impression de mauvais traitements en matière judiciaire donne lieu, au début du XVIIe siècle, à beaucoup de réclamations et de doléances. On reproche en particulier au notaire ajaccien Francesco Bonaparte qui, en 1613, est lieutenant du fief – et apparenté aux seigneurs d’Istria –, d’être à la fois juge et partie dans toutes les affaires qui opposent les habitants des communautés aux feudataires. Il est reproché à ces derniers de s’octroyer des droits qu’ils n’ont pas, comme le droit de grâce, théoriquement réservé au Sénat de Gênes. Ils l’invoquent, par exemple, pour se faire de bandits ou de bergers condamnés des obligés, d’autant plus utiles qu’ils peuvent à l’occasion, en toute impunité, leur procurer des armes à fau… Autre grief adressé à la justice seigneuriale : de nombreux délits – et même des crimes, dit-on – restent impunis, particulièrement les fameux accatti *, strictement interdits par les statuts de l’île et passible des galères. Où la « principauté » prend des airs de quartier aux mains d’une bande, d’un « clan ».

 

[…]

 

Les griefs adressés à la justice seigneuriale – en partie fondés, mais quelle justice est idéale, exempte de critiques ? –sont à rapprocher de ceux qui à l’époque génoise allaient à l’ensemble de la justice exercée en Corse. Un expression est passée en dicton, le « juge génois ». La justice était si mal rendue dans l’île qu’on avait l’impression que Gênes y avait envoyé ses hommes les plus tarés… « Juge génois » est devenu une injure usuelle, qui évoque toutes les formes possibles de turpitudes et de prévarications. Il est juste d’indiquer que, toute humaine qu’elle ait été – donc bourrée de défauts, imparfaite à souhait –, jamais pareil reproche n’a été adressé à la justice féodale des seigneurs d’Istria.

 

*L’accato, il s’agissait d’une sorte de taxe – officiellement, c’était un « don » ; son institution était fondée sur un mécanisme psychologique curieux : les gens sont enchantés de faire des cadeaux aux puissants, pour s’en faire bien voir et obtenir leur protection… –, taxe prélevée par le seigneur en échange d’une protection ; en langage contemporain, on pourrait traduire ce mot par « racket ».

 

Source : Une famille corse 1200 ans de solitude Robert Colonna d’Istria Plon

 

 

*La République de Gênes, en 1453, en confie la gestion à une puissante banque génoise constituant une sorte d'état dans l'état: l'Office de Saint-Georges. Sous couvert de défendre et administrer l'île, il s'emploie en fait essentiellement, pendant plus d'un siècle, à l'exploiter comme une colonie, ce qui accentue le ressentiment des Corses à l'égard de Gênes et la conduit en 1562 à mettre fin à la mission de l'Office. De graves désordres s'ensuivent, mais après l'échec de la tentative d'insurrection générale de Sampieru Corsu, l'île retombe sous la domination de Gênes.

 

 

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13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 07:00
La gueule des chefs sur les emballages de marque : la garantie d’un beau foutage de gueule ?

Gamin j’ai toujours aimé le visuel de la boîte de Vache-qui-rit, vache rouge hilare, grandes cornes, ils les ont raccourcis depuis, boucles d’oreille répliques de la boîte, œuvre de Benjamin Rabier ; et puis, quand on ouvrait la boîte y’avait les petites portions triangulaires dotées de la fameuse tirette rouge pour les ouvrir. Au goûter, en pique-nique, j’en ai enfourné des quantités.

 

 

Faut dire que dans le fin fond de ma Vendée, en dépit du nombre de vaches, les fromages qui puent étaient une denrée rare. La vache-qui-rit présentait « l’avantage » de se conserver à l’air ambiant. En ce temps reculé où, contrairement à ce que pensent certains, tout n’était pas bon et sain, nul ne se préoccupait de la composition de ce fromage fondu (le procédé industriel de fabrication de fromage fondu a été inventé par Fritz Stettler en 1911.).

 

« La vache qui rit est fabriquée à partir de plusieurs types de fromages au lait pasteurisé ou au lait cru et affinés. Ils sont fondus dans des malaxeurs chauffants et la pâte est ainsi mélangée avec des sels de fonte. L'assemblage du fromage est fait à partir de sous-produits de filières agricoles connues, telles que celles de l'emmental, du comté, du gouda, du cheddar auquel est ajouté du lait écrémé, beurre, fromages, protéines de lait, sels de fonte : polyphosphates, citrates, diphosphates et phosphates de sodium, sel. Il ne nécessite pas de conservation au froid. »

 

Tout ça pour dire que lorsque je vois les tronches de « Thibault Sombardier sur un paquet de pâtes farcies, Joël Robuchon sur un parmentier de canard tout prêt, Michel Troisgros sur un foie gras, Marc Veyrat sur un bocal de cornichons, Jean Imbert sur un pot de yaourt au soja, Thierry Marx sur un repas en poudre ou encore Ghislaine Arabian sur un petit pot pour bébé... Il n'est pas nécessaire de se promener longtemps dans les rayons des supermarchés pour voir apparaître leurs visages souriants : les grands chefs cuisiniers s'affichent sur les emballages, loin des restaurants gastronomiques ou des émissions télévisées qui ont fait leur célébrité. On peut les apercevoir jusque dans le TGV, où Michel Sarran propose des "recettes exclusives". Je me méfie.

 

Quand j’écris je me méfie c’est un abus de langage car, 1° je ne fréquente guère la GD, 2° je n’en ai jamais acheté, mais, comme parfois les journalistes s’intéressent à des sujets sérieux, j’ai pu constater que mes craintes étaient fondées (fromage fondu oblige ! Désolé !)

 

Attention, tout n’est pas bon à jeter, mais l’argument des chef (e)s pour justifier leur contribution rémunérée selon lequel ils participent ainsi à l’amélioration de l’alimentation de madame et monsieur Toutlemonde est une plaisanterie de garçons de bain.

 

Sans affliger la GD de tous les maux de la terre, les pousseurs de caddies ont leur part de responsabilité, il est d’une hypocrisie notoire de se présenter comme les hérauts d’une alimentation responsable et collaborer avec des entreprises qui ont contribué, de concert avec l’industrie alimentaire, à l’hégémonie d’une agriculture de minerais, insoucieuse de l’environnement, payant avec un lance-pierre les producteurs. Ajoutons, le gaspillage, les suremballages, des prix gonflés grâce à la tronche de cake des chefs…

 

Voilà, c’est écrit.

 

Pour vous faire une opinion par vous-même lisez ce qui suit.

 

ENQUETE FRANCEINFO. Additifs controversés, arômes obscurs, emballages trompeurs... Pouvez-vous faire confiance aux plats préparés des grands chefs ? ICI

 

 

Thierry Marx, Ghislaine Arabian, Michel Sarran... Voici ce que contiennent vraiment les plats préparés par des grands chefs

ICI

 

 

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