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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 06:00

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3 décembre 2012

 

Les carnets de Sonia 3 « Les Balmes Dauphinoises : richesse ampélographique et renouveau » ICI 

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17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 06:00

Vincent Van Gogh de retour à ArlesLe Botteleur (d'après Millet)", 1889, huile sur toile, de Vincent Van Gogh. (Musée Van Gogh, Amsterdam)

La culture du Foin de Crau

 

MEULES DE FOIN EN PROVENCE, 1888 DE VINCENT VAN GOGH

5 octobre 2010

Gigot d’agneau de Pauillac au foin AOC de la Crau... « Boudie pour les bêtes c'est aussi bon que pour vous le Châteauneuf du Pape ! ICI 

 

FOIN-JONC_BLANC_2010_009.jpg

 

Lorsqu’au temps d’Henri Nallet, Ministre de l’Agriculture, nous décidâmes de mettre le focus de la présidence française de l’UE sur les AOC et que le dépoussiérage des textes législatifs devint une nécessité, nous découvrîmes, sous la houlette de Marie-Hélène Bienaymé de l’INAO,  dans les mille-feuilles de l’ensemble des AO autres que vinicoles des produits aussi exotiques que le foin de la Crau et la porcelaine de Limoges par exemple.

Foin de Crau AOC : 1kg | Truffaut

Foin de Crau 3ème coupe pour les moutons et les chèvres - Douliere Hay  France

Dans la plaine de la Crau, un foin français qui vaut de l’or

SÜDDEUTSCHE ZEITUNG - MUNICH

Publié le 08/08/2021

 

Il n’y a pas que le champagne et Chanel : la France est aussi le pays d’un foin de luxe. Cultivé dans le Sud, destiné aux chevaux de course, il se vend partout sur la planète. Mais plusieurs menaces planent sur cette manne, très consommatrice d’eau.

 

Il va y avoir de la pluie. Les nuages noirs l’annoncent. La pluie est l’ennemie de David Doulière. Elle ruine le foin et le prix auquel il se vend. Si l’herbe fraîchement fauchée à l’odeur si forte et si florale qui repose dans le pré prend l’humidité, comment fera-t-il pour la vendre comme le meilleur foin au monde ?

 

“Ce serait dramatique*”, déclare-t-il. Il jette un coup d’œil au ciel. Dans sa course contre la pluie, il a passé tout l’après-midi sur son chariot élévateur à s’affairer dans les prairies qui entourent le château de Vilpail, une des meilleures adresses pour le foin, ici, à Crau, dans le sud de la France. Frénétique mais routinier, il enfourche une balle après l’autre, les empile sur son camion de 44 tonnes et fonce au grand hangar, vite, rentrer la récolte. Toujours pareil, toujours le même processus, tant que le temps reste sec en cette journée de printemps. Si ça sent le roussi, David Doulière, 59 ans, a beau être marchand, il met la main à la pâte. Ses collaborateurs parcourent les champs alentour en tracteur et font la même chose que lui. Il descend du chariot élévateur et soulève une touffe d’herbe coupée. “Il est d’un beau vert, déclare-t-il, mais il est déjà trop humide !”

 

 

Le territoire - SYMCRAU

 

Pour que le foin atteigne les 14 % d’humidité promis au client, il faudrait qu’il y ait du mistral, ce vent de terre sec qui vient du nord. Or voilà des jours que le vent souffle de la Méditerranée“Si ça continue, l’année 2021 sera une mauvaise année”, confie Doulière. La première coupe, en mai, détermine le prix, ainsi que la deuxième et la troisième, qui ont lieu plus tard. C’est la première qui contient le plus de fibres. Elle est vendue aux propriétaires de chevaux de course de grande classe du monde entier – Allemagne, Grande-Bretagne, Émirats arabes unis ou Sainte-Lucie, une île des Caraïbes.

 

Le foin de Crau est du pur luxe français. Un produit soigneusement fabriqué pour chevaux gourmets et propriétaires connaisseurs. Ce grand cru de l’alimentation animale a droit depuis 1997 à l’appellation d’origine protégée, qui s’applique également aux vins et aux fromages à pâte molle. Il a été le premier produit non destiné à la consommation humaine à recevoir ce label tant convoité. Il se vend actuellement 200 à 250 euros la tonne, aussi cher que le maïs. Beaucoup d’argent pour de l’herbe sèche. Le foin allemand est un tiers meilleur marché. “Il y a le champagne, il y a Chanel et il y a le foin de Crau”, déclare Doulière. Il ne manque pas de confiance en lui.

 

Un oasis de prairies et de haies

 

Son or vert pousse pourtant dans une région plutôt oubliée, méconnue. Toute l’attention va aux paysages de rêve qui l’entourent : à l’ouest, la Camargue, le pays des lagunes étincelant dans le contre-jour et des flamants roses. À l’est, la Provence, ses villages pittoresques et ses célèbres champs de lavande. La plaine de la Crau, toute plate, se trouve juste entre les deux. Elle a deux visages très différents : du côté de la mer, c’est un désert sec, une steppe où l’air vibre et où rien ne pousse à part du thym rabougri. Au nord, en revanche, on trouve une herbe luxuriante : les 2 000 kilomètres de canaux d’irrigation qui apportent de l’eau des Alpes depuis le XVIe siècle font de la Crau humide une oasis de prairies et de haies, qui ressemble plus à un comté anglais qu’à un paysage méditerranéen. C’est là, sur 13 500 hectares, que les producteurs récoltent leur précieuse marchandise.

 

Tout pourrait donc être idyllique. David Doulière et les [près de] 300 autres membres du Comité du foin de Crau, l’association locale du foin, pourraient vaquer tranquillement à leurs activités si le site n’était pas menacé de tous les côtés, par exemple par les cinq oléoducs qui courent sous les prairies ou par les nouvelles autoroutes qui grignotent la plaine. Et si le dérèglement climatique ne faisait pas du foin de luxe lui-même un problème.

 

Accros au foin de Crau - Oui ! Le magazine de la Ruche Qui Dit Oui !

 

Certes, les producteurs n’ont pas besoin de pluie, mais il leur faut tout de même d’énormes quantités d’eau, que les canaux détournent de la Durance : 300 millions de mètres cubes par an, selon Foindecrau, ce qui correspond à 2,5 milliards de baignoires. Or l’eau se fait de plus en plus rare dans le sud de la France.

 

Doulière et ses collègues sont de plus en plus confrontés à des questions critiques : toute cette eau juste pour que la steppe soit bien verdoyante, est-ce défendable ?

 

Un régal pour animaux de luxe peut-il justifier cette consommation ?

 

Ou est-ce décadent ?

 

Le conflit ne fait que commencer. “Il ne faut rien changer à l’irrigation, déclare Doulière. Ce serait dramatique*.” Bien sûr. D’après lui, ce ne sont pas seulement des intérêts économiques et environnementaux qui sont en jeu mais un paysage de près de 500 ans. Vincent Van Gogh avait peint la récolte du foin en 1888 quand il vivait à Arles, à côté.

 

En 2021, la récolte ne se fait plus avec râteaux et chars à bœufs mais avec botteleuses automatiques et chariots élévateurs. Doulière continue à se démener dans les prés. Plus les nuages se font menaçants, plus vite il ramasse les lourdes balles de foin comme si c’étaient des petits cubes en bois. À 19 h 30, tout s’arrête : il pleut comme vache qui pisse. Doulière a rentré un tiers de la première coupe. Le reste va devoir attendre au moins cinq jours sans pluie sur le sol avant de pouvoir être ramassé.

 

Produire du foin, c’est tout un art dans la plaine de la Crau. Des règles précises, le soleil, le mistral et un apport en eau maîtrisé donnent ses lettres de noblesse à ce produit apparemment banal. De mars à septembre, les prairies sont inondées tous les huit à dix jours grâce à de petites écluses. Pendant dix heures, pas plus, sinon l’herbe pourrit. L’eau qui ne s’infiltre pas dans le sol s’écoule par les rigoles. L’eau de la Durance nettoie l’herbe et lui apporte des nutriments, ce qui permet trois récoltes par an. La première va aux chevaux, les deux autres aux vaches et aux moutons, ce sont les prémices de bons fromages français.

 

Le seul engrais, ce sont les déjections des moutons qu’on mène sur les prairies en hiver. Les règles de l’AOP interdisent les pesticides.

 

Fromental : planter et entretenir – Ooreka

Le foin de Crau contient jusqu’à 32 sortes de plantes, d’herbes aromatiques et de fleurs ; cinq d’entre elles doivent obligatoirement y figurer, parmi lesquelles le fromental. Une fois liées, les balles ne doivent pas passer la nuit sur les champs. Les producteurs sont d’ailleurs de véritables pros du marketing en matière de conditionnement : l’authentique foin de Crau est lié avec une ficelle spéciale rouge et blanc, elle aussi protégée.

 

Les autorités chargées de la répression des fraudes enquêtent régulièrement sur des contrefaçons. Un faux foin de Crau venant en fait du Canada a été retiré de la circulation en Irlande. Des imitations ont été repérées en Allemagne.

 

S’il y en a un qui apprécie particulièrement le fourrage français en Allemagne, c’est Klaus Hart, un négociant de Bochum. Il fait partie des rares personnes qui importent du foin de Crau, “pour les chevaux de course de première catégorie”. Il n’achète plus de foin allemand : il contient trop de sucre, est trop humide et trop souvent mêlé de terre. C’est comme comparer le rôti de porc à la salade provençale. “Avec le foin de Crau, les chevaux sont en forme, pas gros. Il contient des sels minéraux et est riche en protéines, s’extasie-t-il. Il est sec mais pas poussiéreux.” Ce qui est important pour les poumons des stars de l’hippodrome : la présence de terre dans le fourrage peut faire la différence entre la victoire et la défaite.

 

Sur le bureau de David Doulière, dans la zone d’activité de Saint-Martin-de-Crau, la capitale du paradis du foin, se trouvent des photos de deux de ses meilleurs clients : Trêve, une jument spécialiste du plat, et Timoko, le champion de trot. Ils ont remporté chacun plusieurs millions d’euros – grâce à son superfoin entre autres, d’après Doulière.

 

“Je fournis de la très haute qualité”, déclare-t-il. Si un client n’est malgré tout pas satisfait, il fait jouer la garantie. Doulière le rembourse ou lui fournit du nouveau foin. Un client suisse a récemment trouvé de la sétaire verte dans son foin. C’est mauvais : la sétaire provoque des inflammations dentaires chez les chevaux. “Notre foin est un produit naturel pas un produit de synthèse, explique Doulière. Ça peut malheureusement arriver.”

 

Défenseurs de la terre

 

C’est aussi ce qu’a découvert l’émir de Dubaï. Mohammed ben Rachid Al-Maktoum a un jour fait venir Doulière spécialement de France par avion, une véritable convocation, car ses palefreniers avaient trouvé de petits os dans le foin de Crau. “Il y avait eu un lièvre dans l’herbe au moment de la récolte, raconte le producteur. Je lui ai expliqué ce qu’était une prairie, qu’il y avait des animaux sauvages qui vivaient dedans.” L’émir, qui avait payé 500 euros par tonne de foin, s’est calmé. Doulière continue à approvisionner la cour.

 

Oui, la prairie vit. Dans sa partie sud, la plaine de la Crau est toujours une steppe couverte de pierres. D’après le poète antique Eschyle, Héraclès s’y retrouva un jour pressé par les Ligures et Zeus fit pleuvoir des pierres pour contraindre ses ennemis à la fuite. Ça, c’est la légende. Du point de vue géologique, ces cailloux sont les vestiges de l’ancien delta de la Durance, qui s’est jetée dans la mer à cet endroit jusqu’au dernier âge de glace. Et cette steppe pierreuse vit aussi.

 

Prionotropis hystrix rhodanica, par exemple, une sauterelle qu’on ne trouve qu’ici, est un aliment vital pour de nombreux oiseaux, par exemple le ganga cata. Tous deux, la sauterelle comme le ganga cata, sont menacés d’extinction. Ces animaux ont été vus pour la dernière fois sur le site d’une piste d’essais automobiles de BMW.

 

L’homme utilise cette étendue de terre pour des choses qu’il n’aime pas avoir à proximité. Par exemple la base aérienne d’Istres, une usine de dynamite, les monceaux d’ordures de Marseille. Et pour les oléoducs. L’éclatement de l’un d’entre eux a pollué 46 000 tonnes de terre en 2009.

 

Là où la plaine de la Crau touche la Méditerranée s’élèvent les cheminées polluantes des raffineries de Fos-sur-Mer. Le foin ne présente cependant pas de taux inquiétant de substances toxiques, à en croire les mesures de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions. Cela tient du miracle.

 

Une petite partie de la plaine de la Crau est réserve naturelle nationale depuis 2001. Cela ne freine pas la menace que les producteurs de foin craignent le plus : les autoroutes se multiplient et les hangars poussent comme des champignons parce que c’est là que se croisent les chemins qui partent du port de Marseille pour aller en Espagne et dans le nord de l’Europe. Or le grignotage des surfaces se fait surtout au détriment des prairies à foin. Doulière et l’association des producteurs de foin se considèrent comme les défenseurs de ces terres. Il est furieux qu’on reproche à leur entretien de ce paysage gourmand en eau d’être antiécologique. “On n’est pas des gaspilleurs.”

 

Un écosystème menacé

 

Annick Mièvre voit les choses différemment. Directrice de la délégation Paca-Corse de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, elle trouve que les producteurs ponctionnent trop d’eau de la Durance. Le fleuve n’alimente pas seulement la plaine de la Crau mais fournit de l’eau potable à 3,5 millions de personnes en tout. “La ressource se raréfie”, déclare-t-elle. L’écosystème du fleuve risque de se retrouver déséquilibré. Les modèles climatiques pour la période allant jusqu’à 2065 prévoient beaucoup moins de neige en hiver et un niveau très faible en été. “La solution, c’est d’économiser l’eau”, conclut-elle. Elle fait pression pour que la production de foin ne prélève dans le fleuve que ce dont elle a vraiment besoin – d’autant qu’une grande partie des volumes destinés à l’irrigation s’écoule sans être utilisée. L’agence a déjà multiplié par deux le prix de l’eau depuis 2012.

 

L’association des producteurs de foin a consenti à ce que la part d’eau qu’elle tire d’un lac de retenue situé sur le cours supérieur de la Durance soit réduite pendant les mois d’été au profit de la production d’électricité. Sinon, elle rappelle que l’eau des prairies s’infiltre dans la nappe phréatique et contribue donc à l’approvisionnement de la population.

 

Eau potable, production d’électricité et arboriculture fruitière – il y a beaucoup d’intérêts opposés au foin pour chevaux de course dans la bataille de l’eau de la Durance. Doulière croit cependant savoir comment son secteur pourra sortir de la défensive : “Nous devons demander à intégrer le patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco. Nous préservons un paysage culturel et la biodiversité.” De plus, d’après ses calculs, 4 000 hectares de prairie à foin retiennent chaque année 65 000 tonnes de CO2. Alors qu’on ne lui parle pas de réchauffemement climatique !

 

En tout cas, son entreprise va continuer à croître. Elle avait quelque peu souffert à cause du coronavirus. Comme il y avait moins de courses de chevaux, certains entraîneurs nourrissaient leurs bêtes avec du foin bon marché. Cependant, la demande repart. Doulière s’est acheté aux États-Unis, et moyennant 2 millions d’euros, une machine qui comprime le foin au maximum et l’assemble en petites balles très denses. “Ça facilite l’exportation”, se réjouit-il.

 

Klaus Hart, l’importateur de la lointaine Bochum, réfléchit lui aussi au moyen de gagner encore davantage avec le foin de Crau. Il s’est mis à en vendre à des propriétaires de cochons d’Inde. Les cochons d’Inde sont eux aussi des animaux sensibles. “Ça marche très bien, confie-t-il. Les gens sont prêts à payer très cher.” Il demande 6 euros pour un kilo de foin de Crau pour cochons d’Inde. Soit 6 000 euros la tonne.

 

* En français dans le texte.

Leo Klimm

 

Les prairies de la Crau Humide à Entressen - © Service Communication ville d'Istres

FOIN DE CRAU ICI

 

 

Le Foin de Crau a obtenu son AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et son AOP (Appellation d’Origine Protégée, équivalent de l’AOC au niveau européen) en 1997 (Règlement CE n°2325/97 et publication au Journal Officiel n°224 du 26 septembre 1999).

 

 

Il s’agit du premier aliment pour animaux à obtenir un tel label de qualité, et encore le seul aujourd’hui. Ce résultat est le fruit d’une reconnaissance et d’une organisation très ancienne qui a débuté à la fin du XIXe siècle et qui se poursuit encore de nos jours.

 

 

La démarche qualité pour le Foin de Crau assure une garantie supplémentaire pour les clients. Ce foin est reconnaissable grâce à sa ficelle rouge et blanche.

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13 août 2021 5 13 /08 /août /2021 06:00

 

Dans ma dernière moisson de livres j’ai récolté un tout petit livre, 26 pages, d’Amos Oz Jésus et Judas

 

Jesus et Judas, de Amos Oz | Éditions Grasset

Source ICI 

 

Le grand écrivain Amos Oz, récemment disparu, s’est intéressé à la figure du traître toute sa vie – comme son œuvre romanesque en témoigne. Dans un discours prononcé à Berlin en 2017, il a voulu revenir sur le plus célèbre d’entre eux, et réfléchir au rôle qu’a joué la prétendue trahison de Jésus par Judas dans la naissance de l’antisémitisme chrétien. Il se fait conteur en nous présentant une version alternative de l’histoire connue, et en nous interrogeant sur les liens entre les deux grandes religions monothéistes que sont le judaïsme et le christianisme. Sa réflexion est iconoclaste, irrévérencieuse, romanesque, mais toujours nourrie d’une connaissance profonde des textes fondateurs des deux religions.

 

Cet ouvrage, le premier inédit publié depuis le décès d’Amos Oz en décembre 2018, condense une certaine philosophie du dialogue qui était au cœur de l’œuvre et de l’engagement d’Amos Oz. Sa parole demeure d’une actualité brûlante.

 

En préambule, la rabbin Delphine Horvilleur s’adresse directement à l’auteur disparu, dans une émouvante lettre. Elle nous offre un éclairage passionnant de la conférence d’Amos Oz, en nous parlant des prophètes et des traîtres, du rôle de la littérature dans nos vies, et du besoin de dialogue pour surmonter les fanatismes de toute sorte.

 

Amos Oz : « Judas, le seul, le premier et l'unique chrétien » | L'Humanité

Amos Oz : « Judas, le seul, le premier et l’unique chrétien »

Jeudi 27 Octobre 2016

Du maître écrivain israélien Amos Oz, Gallimard publie Judas, un livre qui bouscule des idées reçues et fait grincer des dents ici et là-bas. Entretien.

 

- Ce livre semble autant un roman qu’une parabole. Peut-on utiliser ce mot ?

La suite ICI 

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10 août 2021 2 10 /08 /août /2021 06:00

Noirmoutier : le pays de la Bonnotte ... - Cuisiner... tout Simplement, Le  Blog de cuisine de Nathalie

« J’ai mis cinq heures de Paris.

 

-         Moi une heure et quart de Nantes.

 

-         Tu as pris le pont ou tu as goisé ?

 

-         Le pont, à cause de la marée, et puis il y avait du monde à Bouin alors j’ai bifurqué par St Gervais. Là j’ai pris Saint-Urbain et j’ai filé vers la Barre-de-Monts et enfin l’Océan.

 

-         Je ne sais pas si c’est mieux, mais peu importe, nous sommes là.

 

-         Oui nous y sommes, sur notre chère île de Noirmoutier. »

 

Frédérique Decré, Delphine Boju et Agathe Stefani Goûts du Gois les éditions de l’épure ICI 

 

Goûts du Gois

 

8 mai 2009

Les bonnes adresses de l’Amicale du Bien Vivre : Goûts du Gois et la Bonnotte du 5 mai… ICI 

 

Create your own 'Bonnotte' and charge the Potato Price you want | PotatoPro

 

21 mai 2009

Mesclun de l’Océan aux Bonnottes de Noirmoutier confites et le vin qui va avec… ICI

 

18 juillet 2007

Noirmoutier ICI 

 

Gratin-004.JPG

25 août 2013

Noirmoutier n’est plus une île mais il lui reste son Gois, son mimosa et elle peut toujours faire son cinéma… depuis César et Rosalie ICI 

 

La Bonnotte, la pomme de terre de luxe de Noirmoutier

 

 

LA VENDEE DANS NOS ASSIETTES (1/8) Tout l'été, Les Echos vous emmènent à la découverte des produits locaux vendéens. Premier volet de la série : la pomme de terre Bonnotte, qui a échappé de justesse à la disparition, grâce à des agriculteurs, aidés de l'Inrae et de Monoprix. Elle est aujourd'hui un symbole de l'île de Noirmoutier.

Par Olivia BASSI

Publié le 3 août 2021

 

 

Elle a bien failli disparaître de nos assiettes. Aujourd'hui, la Bonnotte, une pomme de terre ronde, à la peau très fine et au goût iodé, cultivée sur l'île de Noirmoutier, s'exporte jusqu'au Japon ou à Dubaï. Le tubercule n'a dû son salut qu'à la détermination, à la fin des années 1980, d'une coopérative de producteurs, soutenus par l' Inrae et Monoprix. Ensemble, ils décident de sauver cette variété fragile, qui ne peut être plantée et ramassée qu'à la main, rendant la mécanisation de sa culture impossible.

 

La pomme de terre la plus chère du monde ?

 

Sa production reste d'ailleurs limitée à 100 tonnes, qu'il faut vendre vite, la primeur, récoltée entre le 8 et le 20 mai, ne se conservant qu'entre trois et six jours. Pas étonnant dès lors qu'elle a été déclarée pomme de terre la plus chère au monde lors d'une vente à Drouot !

 

A Noirmoutier, la production de pommes de terre ne se limite pas à la Bonnotte. Avec son microclimat, sa terre sablonneuse, nourrie de goémon et naturellement salée par les embruns, l'île offre des conditions idéales - il y gèle rarement - pour obtenir des pommes de terre hâtives et primeur. Récoltées tous les jours, sept variétés se succèdent sur l'île, du 15 mars au 15 juillet : Sirtéma, Lady Christ'l, Zen, Bonnotte, Laurette, Anna lisa, Iodea.

 

Marins patates

 

« La pomme de terre est une tradition à Noirmoutier depuis le XIXe siècle. Aliment complet pour les familles, elle était produite jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale par des « marins patates ». Des Noirmoutrins à la fois pêcheurs, sauniers, éleveurs et agriculteurs selon la saison », explique Nicolas Paille, directeur de la coopérative agricole de Noirmoutier.

 

En 1945, pour s'affranchir de l'intermédiaire des courtiers agricoles, 350 de ces « marins patates » se regroupent en coopérative pour conditionner et vendre en commun leur production. Mais aussi se défendre face à la pomme de terre bretonne, préférée car moins coûteuse, par la grande distribution. Pour faire face, les producteurs décident de se faire connaître et d'investir, à la fin des années 1980, 5 % de leur chiffre d'affaires dans de grandes campagnes de pub. Leur combat paie. La pomme de terre primeur de Noirmoutier est finalement reconnue par un arrêté réglementaire et, en 1996, fait son grand retour sur les étals.

 

Label Rouge et IGP

 

De quoi encourager toute la filière locale, qui poursuit sa montée en gamme et obtient, en 2018, un label rouge obtenu pour quatre des sept variétés, et deux ans plus tard, la précieuse Indication Géographique Protégée (IGP). Sous l'impulsion du cahier des charges de l'IGP, les producteurs sont aujourd'hui engagés dans une démarche d'agriculture durable et zéro pesticide pour une partie de la production. « Limités en termes de périmètre par l'insularité et l'IGP, nous avons trouvé un équilibre économique. Sur 12 tonnes produites, un tiers de la production est réservé aux restaurateurs, aux maraîchers et aux grossistes en fruits et légumes et les deux-tiers vont en grande distribution ». En saison, la coopérative emploie 80 personnes pour le conditionnement et la vente des pommes de terre et 150 en comptant les renforts chez les producteurs.

 

Olivia Bassi

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8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 06:00

La Dalmatie, 3 régions en une : un condensé de la CroatieLa Dalmatie, Croatie - Vakance Travel

*secret des délibérations

 

* opinion  partagée par Irène Frain membre du jury

 

J’achète toujours le bouquin du lauréat du Prix « Le Point » du Polar européen, c’est de la bonne came.

 

Cette année, plus encore, bonne pioche.

 

 

 

 

Le cold case, en matière de polar, c'est toujours un peu la même rengaine. Une découverte fortuite, une rencontre hasardeuse et un enquêteur qui, des décennies après un crime, se métamorphose en justicier. Il ouvre des archives poussiéreuses, remonte des généalogies plus torses qu'un chêne pluriséculaire et ne lâchera pas le morceau avant d'avoir coffré celui qui a fait le coup. Avec L'Eau rouge, Jurica Pavicic a choisi d'exploser les codes du genre et il a si bien réussi que, séance tenante, c'est son passé à lui qu'on a envie de fouiller.

 

La suite ICI 

 

Jurica Pavicic, Prix << Le Point >> du Polar europeen

L'Eau rouge, un polar croate de Jurica Pavičić: une quête dévorante sur fond de Yougoslavie déchiré

Le 11 mars 2021 par  Karen Lajon

Jurica Pavičić - La Croatie diverse

 

Septembre 1989. L'année de tous les bouleversements : le dernier automne communiste croate. Le mur de Berlin tombera le 9 novembre et l'équilibre des forces au plan international en sera à jamais modifié. Dans la famille Vela, l'onde de choc n'est pas encore arrivée jusque-là. La vie coule, heureuse, faîte de milles petites habitudes. Le port, le poisson saboté à la cuisson par Jakob mais que Vesna regarde avec un amour apaisé. "Puisque ça lui fait plaisir." Silva a 17 ans, c'est la pin-up indomptable de Misto, un bled sur la Côte dalmate. Elle est la soeur jumelle de Mate, un garçon un peu sans relief pas comme elle, la fille de tous les espoirs, de toutes les audaces.

 

 

Une tragédie familiale

 

Silva est à la fois partout et nulle part dans le roman de Pavicic puisque dès le départ, elle disparaît. C'est le début d'une tragédie familiale qui va courir sur trois générations. Le flic Gorki Sain, la trentaine, venu tout spécialement de la grande ville Split, va s'occuper de ce qui sera dans un premier temps, une histoire de fugue, avant de devenir "la" grande affaire de tous les protagonistes. On est dans la Yougoslavie de Tito, les canons n'ont pas encore pulvérisé la nation communiste rétive au grand frère russe moscovite.

 

La suite ICI 

 

Jurica Pavicic mêle admirablement bien ce drame familial et intime, aux bouleversements d’un pays qui connaitra les turpitudes de l’Histoire, et ses conséquences.

 

De la chute du communisme, à la guerre, en passant par crise économique et un libéralisme à tout crin qui ne manquera pas d’altérer les liens sociaux de cette petite communauté villageoise, l’auteur nous offre une fresque remarquable qui court sur près de trois décennies.

 

C’est beau, c’est triste, c’est poignant, c’est une magnifique littérature que les éditions Agullo nous ramènent de Croatie

Josip Broz Tito image éditorial. Image du yugoslavia - 106735235

La Croatie face à son passé fasciste - La LibertéStream OUSTACHIS by Andreane Detienne | Listen online for free on SoundCloud

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5 août 2021 4 05 /08 /août /2021 06:00

SaccageParis : la proprété de Paris attaquée sur les réseaux sociaux -  Sortiraparis.com

Notre maire, Anne Hidalgo, mal élue mais élue tout de même grâce à la béquille de Verts tendance Khmers des beaux quartiers, qui rêve tout haut d’un destin national pour sauver un PS en lambeaux, est attaqué sauvagement  via les réseaux sociaux, sur son flanc droit par une coalition macrono-droitiste,  autour du hashtag du mot-dièse #saccageParis

 

 

Qu’en est-il vraiment ?

 

OPINION: The real 'trashing' of Paris is not cycle lanes and benches, but gentrification

 

Du côté malpropreté, je persiste et je signe, les matelas pourris, les canettes et autres immondices sur les trottoirs n’y sont pas déposés par madame de le maire mais par les habitants, les de passages, ceux qui dorment dans la rue. Le service des encombrants existe, c’est gratuit, il suffit de les appeler, de déposer les objets munis du numéro fournis, dans ce pays on jette son mégot sur le trottoir, ses épluchures par la fenêtre de sa voiture, on fait chier son chien partout, les propriétaires ramassent de plus en plus les crottes, bref, la civilité n’est pas à l’ordre du jour des obsédés de la liberté individuelle, y’aura toujours quelqu’un derrière eux pour nettoyer. Un point faible de la municipalité, la contenance et le nombre des poubelles vertes et jaunes qui débordent, vomissent leur trop plein sur le trottoir, surtout les week-ends. Un point noir : le manque de pissotières, certaines zones, les piliers du métro aérien par exemple, exhalent des fragrances d’urine  

 

 

Du côté végétalisation, les gens de droite, ceux de l’Ouest de Paris n’aiment pas l’herbe, ils sont très rond-up, béton, macadam, faut que ça brille comme le buffet du salon. Tout n’est pas parfait en ce domaine mais dans mon quartier, en haut du boulevard Saint-Jacques, les résidents la pratique avec bonheur, j’ai même vu une dame tailler le gazon avec  des ciseaux, c’est bien entretenu, pas vandalisé, les néo-cultivateurs ont bien du mérite, il leur faut assurer l’arrosage depuis leur immeuble, pas évident avec la copropriété. Les bourgeois exècrent les composteurs, le terre ment pour eux, les vers de terre sont des barbares, les rats des champs… La municipalité peut mieux faire mais ce n’est pas sur ce plan que le bât blesse.

 

 

Autre point de friction, les nouveaux couloirs de pistes cyclables créés à la hâte pour favoriser les déplacements pendant la crise sanitaire. Les blocs de béton les matérialisant sont moches, je n’en disconviens pas mais le plus grave c’est que la militance anti-autos des Verts n’a rien à voir avec notre confort de cycliste, la rue de Rivoli tout vélo, sauf un couloir taxi-bus, en est l’exemple le plus criant, c’est une vaste zone de non-droit où les néo-cyclistes font n’importe quoi, de plus les services techniques de la ville ont réalisé des tracés aberrants qui nous mettent en danger. Il est urgent, en s’inspirant de l’exemple de nos voisins du Nord de repenser l’ensemble du plan de circulation de Paris, de soigner l’esthétique, le beau n’est pas l’ennemi de l’efficacité, boucher les trous, revoir l’ergonomie des ralentisseurs qui sont pour les cyclistes des facteurs de risque, j’en sais quelque chose, faire respecter le  30 km dans les petites rues… Dernier point, sanctionner les infractions au code de la route des cyclistes et des utilisateurs de trottinettes.

 

 

Image

 

 

Enfin, j’ai gardé pour la bonne bouche, le nouveau mobilier urbain, où je suis à 100% derrière #saccageParis, c’est le royaume des artistes de rond-point qui se prennent pour des futurs Damien Hirst, inventivité, créativité, praticité, beauté, ne sont pas à l’ordre du jour. Je ne suis pas de ceux qui souhaitent que Paris s’en tienne qu’à la conservation du passé, la pyramide de Pei au Louvre en est le plus exemple, mais que diable le contemporain n’est pas synonyme de laideur. Là c’est du zéro pointé !

 

 

Et je ne parle pas du krak du côté de Stalingrad !

 

 

Bien évidemment, nos chers voisins britanniques en font des gorges chaudes, ce n’est pas moi qui vais les en blâmer.  

 

Des poubelles à Paris, le 22 septembre 2019. PHOTO /JACQUES DEMARTHON / AFP

  • Un article d’avant les Municipales

 

 

THE GUARDIAN - LONDRES

Publié le 24/09/2019

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Paris ville la plus sale d’Europe? Larticle du Guardian

 

L’article du quotidien britannique, qui juge sévèrement “l’anarchie” à Paris, a provoqué de nombreuses réactions, notamment à cause de raccourcis maladroits sur les sans-abri. Concernant la propreté, Anne Hidalgo s’est également défendue, rappelant que chaque citoyen devait aussi “prendre soin de la ville”

 

Les Parisiens qui vivent boulevard Saint-Martin ont découvert que les platanes bordant cet axe est-ouest avaient été tagués. Mais ce n’est pas nouveau. Les portes cochères, les devantures des magasins, les jardinières, les bancs et les lampadaires sont couverts de graffitis depuis des semaines, voire des mois.

 

Le long du boulevard – qui a l’air miteux malgré des travaux de rénovation réalisés en 2013 pour un montant de 22,16 millions d’euros –, jusqu’à la place de la République, les SDF somnolent devant l’entrée des immeubles ou sur des bancs, leurs sacs de couchage rabattus sur la tête. Les trottoirs sont jonchés de trottinettes électriques et de vélos, sans parler des crottes de chiens et des mégots. Un homme marchant vers l’ouest ouvre un paquet de cigarettes neuf et jette par terre le film plastique et le papier aluminium.

 

“Tout n’est qu’anarchie”

 

La Ville Lumière, la capitale de l’amour est devenue une vieille ville crasseuse, ou comme les habitants l’appellent, “Paris poubelle”. Samedi [21 septembre], à l’occasion de la Journée mondiale de la propreté, les Parisiens étaient censés ramasser les déchets qu’eux ou des touristes avaient semés. “Paris est de plus en plus crasseux, c’est vrai partout. La ville a besoin d’une politique agressive pour que les rues deviennent plus propres et plus sûres”, fait valoir Matthew Fraser, professeur de communication à l’American University of Paris, qui a vécu à Paris près de 30 ans.

 

Paris est une ville chaotique, poursuit-il. Rien n’est organisé, tout n’est qu’anarchie urbaine. Je ne pense pas que les Parisiens le remarquent, parce que c’est leur énergie chaotique. Mais vu de l’extérieur, depuis une autre culture, la ville est dans un état déplorable.”

 

Un enjeu pour les municipales 2020

 

Les Parisiens n’aiment rien tant que de râler, et aujourd’hui l’état de leur ville est le sujet de mécontentement numéro un. En mars prochain ils vont voter pour un nouveau maire, et la propreté* sera un enjeu majeur de cette élection, tandis que la ville se prépare à accueillir les Jeux Olympiques de 2024.

 

L’actuelle maire, la socialiste Anne Hidalgo, est donnée favorite, mais six mois sont une longue période en politique. Elle a pour adversaires Benjamin Griveaux, ancien porte-parole de La République en marche, le parti centriste d’Emmanuel Macron, et le mathématicien primé Cédric Villani, député LREM qui a lancé sa campagne.

 

Un problème grandissant

 

Également présidente du réseau mondial de villes C40 [visant à mettre en œuvre les accords de Paris sur le climat], Hidalgo est très appréciée par de nombreux Parisiens — en particulier ceux qui n’ont pas de voiture — pour ses grands projets visant à décourager l’utilisation de l’automobile et à réduire la circulation. Pour ce faire, elle piétonnise de nombreux quartiers et creuse les rues pour créer des voies cyclables. Mais même ses partisans reconnaissent que les déchets sont un problème grandissant.

 

La municipalité dépense 550 millions d’euros par an pour se débarrasser des quelque 16 tonnes de crottes produites par les 200000 chiens parisiens, ainsi que des 350 tonnes de mégots, et aussi pour vider les 30000 corbeilles de rue. Pourtant, Paris poubelle* n’a pas usurpé son surnom. En 2016, des voyagistes japonais, épaulés par Japan Airlines, se sont montrés si inquiets de voir leurs compatriotes déserter Paris qu’ils ont passé plusieurs week-ends dans les jardins du Trocadéro à ramasser mégots, canettes de bières et autres détritus.

 

“Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux”

 

Ruth Grosrichard, professeure de langue et de civilisation arabes [à Sciences Po Paris], vit au nord du boulevard Saint-Martin, dans le Xe arrondissement, près de la vétuste gare du Nord, terminus de l’Eurostar.

 

Ce quartier est l’une des zones à la population la plus dense d’une ville déjà très peuplée. Avec 21067 habitants au kilomètre carré, Paris est la ville d’Europe à la plus forte densité de population. Pour une taille comparable, Manchester compte 4442 habitants au kilomètre carré. Aux problèmes de cet arrondissement vient s’ajouter l’afflux de migrants, qui faute de logements y ont installé des campements.

 

Mme Grosrichard milite au sein de deux collectifs citoyens [Riverains Lariboisière Gare du Nord et Réseau 10-18]. Elle affirme que depuis des années les autorités ont déplacé les problèmes de la ville – trafic de drogue, camps de migrants, SDF – depuis les arrondissements chics vers les quartiers plus modestes du nord-est, créant une ligne de fracture qui passe par la Seine.

 

Je prends le métro depuis l’arrondissement du nord où j’habite pour me rendre dans le VIIe arrondissement où je travaille, et ce sont comme deux pays différents, explique-t-elle. Il y a beaucoup d’incivilités, et le problème est que les dégradations attirent encore plus de dégradations, la saleté plus de saleté. Nous avons besoin de propositions pour mettre fin à ce cercle vicieux.”

 

Une “brigade des incivilités”

 

La ville a mis en place une “brigade des incivilités” composée d’agents en uniforme habilités à infliger des amendes aux gens qui abandonnent des trottinettes électriques ou des vélos sur les trottoirs (ou qui roulent dessus), qui jettent des ordures ou qui ne ramassent pas les crottes de leurs chiens. Mais les quelques personnes qu’on interroge sur le boulevard Saint-Martin n’ont jamais croisé de tels agents.

 

Je n’ai jamais vu la brigade des incivilités dans notre quartier, pas une seule fois, s’indigne-t-elle. Nous demandons sans cesse à la ville où sont ces agents, mais je n’en ai jamais vu. La municipalité dépense de millions à nettoyer la ville et celle-ci n’a jamais été aussi sale. Ça ne peut plus continuer comme ça, c’est une évidence.”

 

Et d’ajouter : “J’ai voyagé dans de nombreuses autres villes d’Europe et d’ailleurs, et Paris est incontestablement la plus sale.” Quant à Fraser, il estime qu’il s’agit avant tout d’un problème culturel, accusant les Parisiens de manquer de “responsabilité individuelle”.

 

Les Français ont l’habitude que l’État s’occupe de tout, ils sont déresponsabilisés, souligne-t-il. Essayez donc de ne pas ramasser derrière votre chien à Londres et à New York, vous vous ferez remonter les bretelles par un passant. À Paris, les gens ne réagissent même pas”.

 

* En français dans le texte

Kim Willsher

 

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

Des poubelles prêtes à être collectées dans une rue parisienne, en novembre 2020. PHOTO RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP

  • Un article d’actualité

 

 

Vu du Royaume-Uni.

 

Le vrai saccage de Paris, c’est l’exode de ses habitants

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La Ville Lumière n’est plus qu’une mégapole malpropre et à l’abandon, livrée aux délinquants, à la saleté et aux vandales (parmi lesquels la mairie elle-même). Tel est en tout cas l’acte d’accusation brandi contre Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, dans une campagne lancée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #saccageParis.

 

Début juillet, adoptant un mode de contestation plus conforme aux traditions parisiennes, des centaines de mécontents ont abandonné leurs écrans pour aller manifester sur le pavé de la capitale.

 

Anne Hidalgo, elle, est sortie de son déni (“C’est une campagne orientée politiquement, tous ces problèmes sont temporaires et liés à la conjoncture du Covid) pour reconnaître des erreurs dans sa gestion. Ou pour être plus précis, elle a envoyé son premier adjoint [chargé de l’urbanisme], Emmanuel Grégoire, faire ce mea culpa à sa place. C’est bien à ça que servent les adjoints, non?

 

Le mobilier urbain supprimé ou restauré

 

Emmanuel Grégoire a ainsi annoncé que les nouveaux éléments de mobilier urbain faisant “l’unanimité contre eux” seraient supprimés. Il y a notamment les sièges “champignons” qui, dans certains quartiers de la capitale, ont poussé… comme des champignons, mais aussi ces bancs dits “mikado”, qui ressemblent à des traverses de chemin de fer qu’on aurait oubliées là.

 

Le marquage temporaire, en jaune vif, des “coronapistes”, ces pistes cyclables provisoires réalisées pour faciliter les déplacements en temps de pandémie, a fini par ressembler à la dentition pourrie de quelque dragon, et il sera lui aussi progressivement supprimé ou remplacé par des aménagements permanents plus élégants. À l’inverse, et à l’image de ces bancs en bois à double assise qui ornent les rues de la capitale depuis cent cinquante ans, d’autres éléments de mobilier plus anciens et chers aux Parisiens seront repeints et remis en état.

 

 

 

 

Simple, élégant, à toute épreuve : le banc Davioud - Bigmammy en ligne

Les bancs Davioud, du nom de leur concepteur, sont devenus l’une des mascottes du mouvement #saccageParis. Une cagnotte en ligne a même été collectée pour “sauver” l’un de ces bancs, qui avait été déboulonné et mis aux enchères.

 

Emmanuel Grégoire a reconnu que la mairie n’avait aucune idée du nombre de bancs Davioud encore en place. Il y en a plusieurs centaines, pour certains dans un triste état.

 

Le pouvoir municipal devrait donc mener un inventaire des bancs. C’est une bonne chose. La mairie serait bien avisée aussi de lancer une grande commande (il faudra bien un convoi entier de péniches) de cette peinture vert sombre qui, d’aussi loin que je me souvienne, a toujours orné le mobilier urbain et les portes des immeubles parisiens.

 

Paris, ville sale

 

À l’ordre du jour également, une grande campagne antigraffiti et des opérations de nettoyage de la voirie plus approfondies et plus fréquentes. Pour Anne Hidalgo, la saleté de certaines rues s’explique par l’épidémie de Covid, qui a réduit les effectifs des agents de voirie.

 

Si le problème est certes bien plus ancien, il ne fait aucun doute que la pandémie a aggravé la situation – ce que les tenants de #saccageParis, souvent issus des classes privilégiées, feraient bien de ne pas oublier.

 

Ceux qui exercent les métiers les plus pénibles à Paris vivent en lointaine banlieue. Ils rejoignent la capitale à bord de bus et de RER bondés, et n’ont jamais cessé de le faire, même au plus fort de la pandémie. Certaines régions, comme le département de Seine-Saint-Denis, ont ainsi payé un lourd tribut en matière de contaminations et de décès ces dix-huit derniers mois.

 

Cependant certains griefs du mouvement (les migrants qui dorment dans la rue, le trafic de drogue à ciel ouvert, les regroupements de toxicomanes, comme les “crackés” de la place Stalingrad et d’ailleurs) ne sont pas du ressort de la municipalité.

 

Ce sont des problèmes réels, mais qui doivent être remis dans leur contexte.

 

La violence comparée à l’international

 

Les agressions avec coups et blessures, souvent liées à la drogue, ont augmenté de 46 % entre 2013 et 2019. Mais ces actes de violence sont pour l’essentiel cantonnés aux quartiers les plus défavorisés du nord et de l’est de Paris. Et à en croire les sondages d’opinion, ils sont encore 65 % de Parisiens à juger leur ville sûre.

 

Comparée à d’autres grandes villes du monde, la capitale française est de fait plutôt sûre. Paris affiche un taux d’homicide de 1,2 pour 100000 habitants : c’est un peu moins que Londres, et beaucoup moins que Chicago, à 18,6 pour 100000.

 

Le mouvement #saccageParis est-il une campagne “politique” orchestrée, comme Hidalgo avait commencé par le dénoncer? Pas totalement. Certains des reproches formulés sont justifiés. Tous les participants à cette contestation ne sont pas d’extrême droite, comme elle l’a un temps laissé entendre.

 

Mais le fait est que la campagne bénéficie du soutien bien hypocrite de figures politiques de droite, et qu’elle fait l’impasse sur les améliorations apportées à Paris par Hidalgo et par son prédécesseur et mentor, Bertrand Delanoë – notamment, à certains égards, en matière de propreté.

 

Certaines des critiques à l’encontre de la maire de Paris dénoncent des mesures volontaires, qui font partie de sa politique : la transformation de la capitale en ville sans voitures ou presque est saluée par de nombreux Parisiens, mais abhorrée par d’autres. Il a été mis fin à cette décision absurde, prise dans les années 1960, d’installer des voies rapides sur les berges de la Seine (un “saccage” de Paris que l’on doit à un gouvernement de droite en des temps où la capitale n’avait pas encore de maire).

 

Griefs légitimes et inepties

 

Ce n’est ainsi pas un hasard si le mouvement contre le prétendu saccage de la ville mélange souvent des griefs légitimes avec des inepties sur la piétonnisation des quais ou la diminution des places de parking.

 

À l’ère Delanoë-Hidalgo, l’air à Paris est plus propre. Les rues de la ville présentent par ailleurs un danger de moins – le vieux problème des chiens parisiens (ou plutôt de certains propriétaires de chiens) appartient pour l’essentiel au passé.

 

Paris a aujourd’hui d’autres problèmes, comme celui que symbolise la réincarnation de la Samaritaine, merveille d’excentricité architecturale, en supermarché de marques de luxe doublé d’un hôtel cinq étoiles. Le centre de Paris perd une grande partie de son âme, en même temps que sa population.

 

Avec la perte de 75000 habitants en dix ans, Paris rapetisse, et même les familles aisées partent pour s’installer en banlieue ou en province, tant les loyers ont flambé. Un dépeuplement particulièrement marqué dans les arrondissements du centre qui, quand je suis arrivé à Paris, en 1978, m’avaient ébloui par la diversité de leur population et leur vie de quartier pittoresque.

 

À mes yeux, plus que dans tout ce qu’a pu faire ou ne pas faire la municipalité en place, c’est là qu’est le plus grand saccage*.

 

Mais Madame Hidalgo, s’il vous plaît, arrachez les dents du dragon, débarrassez-nous des pêle-mêle de traverses de chemin de fer et repeignez ces magnifiques bancs verts : tenez vos promesses.

 

*En français dans le texte.

 

John Lichfield

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31 juillet 2021 6 31 /07 /juillet /2021 06:00

Amazon.fr - Le Châtiment de l&#39;Ombre jaune (Bob Morane) - VERNES Henri -  Livres

Bob Morane l&#39;Intégrale Tome 17. Les dents du... - Henri Vernes - Livres -  Furet du Nord

Henri Vernes n'est plus.

 

Henri Vernes, créateur de Bob Morane, est décédé

 

De son vrai nom Charles-Henri Dewisme, le créateur de Bob Morane s'est éteint à l'âge de 102 ans ce dimanche 25 juillet.

 

Sous de très nombreux pseudonymes (Cal W. Bogar, Gaston Bogart, Pat Richmond, Ray Stevens, Jacques Seyr ou encore Jacques Colombo), il a signé plus de 230 romans d'aventure et de science-fiction.

 

En 2018, à l'occasion de ses 100 ans, il nous avait reçus pour évoquer son parcours à la longévité exceptionnelle. À l'époque, le temps ne semblait pas avoir de prise sur l'auteur. Certes, Henri Vernes se déplaçait à petits pas dans son appartement, appuyé sur une béquille. Mais, à 100 ans, cet Athois de naissance, qui vécut ensuite à Tournai, s’apprêtait à recevoir la visite des édiles saint-gillois pour son anniversaire. Il n'en revenait pas lui-même.

 

Il n'avait pas manqué pas de planter quelques piques et bons mots à ceux qui devaient l'honorer ce jour-là tant son langage était vert et fleuri. Des mots, il en a commenté une vingtaine avec nous, retraçant son parcours…

 

Avant-Bob

 

« J’ai été renvoyé de toutes les écoles où je suis passé. J’étais un mauvais élève, sauf en français. J’avais quatre amis étrangers, notamment un juif russe qui habitait Shanghai, un Turc d’origine espagnole, un Roumain d’origine persane et un Portugais. Je suis parti fin 1936 en Chine, et revenu en 1937. J’ai repris l’école et en 1938, j’ai rencontré ma fiancée, fille d’un gros diamantaire. Une fois marié, j’ai été diamantaire durant un an. Puis j’ai divorcé. J’ai été espion pour un service secret britannique par l’intermédiaire d’une dame, Alice, puis, à la fin de la guerre, je me suis retrouvé à Paris comme journaliste pour des journaux du Nord et pour une agence de presse, l’Overseas News Agency. De retour en Belgique, j’ai bientôt rencontré Jean-Jacques Schellens. »

 

Les 5 meilleurs livres de Bob Morane - 5livres.fr

 

Naissance

 

« Bob Morane est né de la volonté de Jean-Jacques Schellens, des éditions Marabout, lequel cherchait quelqu’un pour écrire des romans pour la jeunesse et s’en était ouvert à un de mes amis, Bernard Heuvelmans (le père de la cryptozoologie, NdlR). »

 

 

 

Stakhanovisme

 

« Si peu ! Il se fait que le courant est bien passé avec Schellens qui voulait une production soutenue; et je me suis lancé dans l’aventure, à raison d’un livre tous les deux mois, soit six par an, soit encore jusqu’à trente pages d’écriture par nuit. Pour tenir le coup, je prenais un cocktail fait de Coca et d’aspirine; ça secouait. Et je suis toujours là malgré tout ! »

 

Écriture

 

« J’écris comme je respire. Et quelques fois, j’y ai même pris du plaisir. Parfois, vu le rythme effréné des parutions, je me mettais en mode écriture automatique, surtout s’il fallait que je ponde 20 ou 30 pages par nuit. Là, j’étais en état second. Au total, roman plus BD, j’ai dû publier 220 livres. Mais tout n’était pas bon, loin de là. »

 

Originalité

 

« À l’époque, contrairement à ce qui se faisait en matière de bande dessinée et de littérature jeunesse où les héros sans peur et sans reproche ne côtoyaient jamais la gent féminine, je n’ai pas hésité à coller à Bob Morane de belles petites amies. Tout cela restait bien sage dans les pages, au grand désespoir de Bob (rire). En revanche, le lecteur rajoutait les éléments du récit que je ne pouvais pas écrire… J’ai aussi écrit la série DON, pour les adultes (sous le pseudonyme de Jacques Colombo, NdlR)… »

 

Méchant la suite ICI 

 

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Indochine

 

"Bob Morane a fait beaucoup pour Indochine et Indochine a fait beaucoup pour Bob. Un jour, j’étais dans mon salon, en train de regarder la télé quand ma petite amie haïtienne de l’époque me téléphone pour me dire d’écouter Radio Luxembourg. ‘ Écoute, ils diffusent une chanson sur Bob Morane’, et c’est ainsi que j’ai entendu L’Aventurier. Étant en Belgique, j’ai vite renoncé au procès; au contraire, je me suis dit qu’il valait mieux s’entendre avec les jeunes gens du groupe. Ils ont fait beaucoup pour la notoriété de Bob Morane et aujourd’hui encore, L’Aventurier est leur chanson fétiche."

Bob Morane - L&#39;intégrale Tome 8 - Intégrale Bob Morane nouvelle version -  Vance, Henri Vernes - cartonné - Achat Livre | fnac

(Bruxelles) À 101 ans, Henri Vernes, père de Bob Morane, revient sur la série qui l’a rendu célèbre

 

Publié le 26 avril 2020

Jean-Christophe Laurence

 

« Si j’écrivais un Bob Morane aujourd’hui, je dirais que le coronavirus est une invention de l’Ombre jaune. Et c’est d’ailleurs une invention de l’Ombre jaune, puisque c’est né en Chine ! »

 

Bien calé dans le canapé mou de son appart bruxellois, Henri Vernes regarde vers la fenêtre. La voix est rocailleuse, mais à 101 ans, le père de Bob Morane n’a manifestement rien perdu de son esprit… même s’il a perdu la vue il y a un an, après une opération des cataractes qui n’a pas fonctionné.

 

« Je n’ai jamais bu, jamais fumé et j’ai toujours fait du sport » lance-t-il, quand on lui demande le secret de son étonnante condition physique et mentale. « Mais pour une photo, tout de même, je préférerais que vous en preniez une de moi un peu plus jeune… »

 

La suite ICI

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30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 06:00

 

La bataille fait rage, la mêlée est confuse, on en vient aux mains, des familles se déchirent, les anti-vac., les anti-passe sanitaire, sont dans la rue menés par les Dupont-Aignan, Philippot, Lalanne, Bardot, Binoche, Bigard… même Ruffin… les gilets jaunes reprennent du service…

 

Mais qui compose le gros de la troupe, même si le nombre des manifestants reste modeste au  regard de l’ensemble de la population ?

 

Les réduire à un tas d’abrutis, de fous, d’illuminés, est bien trop simplificateur, dans la liste de mes amis Face de Bouc, certains vignerons biodynamiques sont dans leurs rangs,une étude réalisée en décembre 2020 par deux sociologues et mise en ligne sur MedRxiv ICI  Un Français sur quatre environ serait particulièrement hésitant face à la vaccination.

 

 

Le mouvement anti-vaccin ne date pas d’aujourd’hui, comme en témoigne cette manifestation de 1973 dans les rues de la cité de Pasteur. ICI

 

 

Les plus modestes, les jeunes, et les femmes

 

Les personnes les plus méfiantes face au vaccin sont en réalité celles qui sont souvent les plus exposées, résume l'étude. Il s'agit, par exemple, des catégories sociales les plus modestes qui hésitent à se rendre dans les centres. Or, ce sont elles qui ont travaillé sans relâche pendant les différents confinements et qui occupent souvent des emplois nécessitant beaucoup de contacts humains.

 

Les jeunes sont eux aussi surreprésentés, même s'ils sont plus résistants face au virus. Le virus circule énormément parmi eux, car ils sont souvent moins enclins à respecter les gestes barrières. Les femmes sont également parmi les plus méfiants (27% se disent résolues à se faire vacciner), notamment en raison de la crainte de prendre un risque lors d'une éventuelle grossesse. Cette méfiance semble diminuer à partir de 45 ans.

 

La réflexion de Jacques Rancière dans AOC à propos des partisans de Trump « Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison. » est intéressante.

 

BALLAST | Jacques Rancière : « Le peuple est une construction »

Les fous et les sages – réflexions sur la fin de la présidence Trump

Par Jacques Rancière

PHILOSOPHE

 

Après l’assaut du Capitole, on a pu s’étonner de voir les partisans de Trump s’acharner à nier les faits au point de sombrer dans une violence fanatique. Certains les ont vus comme des esprits crédules trompés par des fake news. Mais comment croire encore à cette fable quand on vit dans un monde où surabondent l’information et les commentaires qui « décryptent » l’information ? En fait, si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Signe d’une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

Il est facile de se moquer des errements de Donald Trump et de s’indigner de la violence de ses fanatiques. Mais le déchaînement de l’irrationalité la plus pure au cœur du processus électoral du pays le mieux formé à gérer les alternances du système représentatif nous pose aussi des questions sur le monde que nous partageons avec lui : un monde que nous pensions être celui de la pensée rationnelle et de la démocratie paisible. Et la première question est bien sûr : comment peut-on mettre tant d’acharnement à ne pas reconnaître les faits les mieux attestés et comment cet acharnement peut-il se trouver aussi largement partagé ou soutenu ?

 

Certains voudraient encore s’accrocher à la vieille planche de salut : ceux qui ne veulent pas reconnaître les faits seraient des ignorants mal informés ou des esprits crédules trompés par des fake news. C’est l’idylle classique d’un bon peuple qui se laisse prendre par simplicité d’esprit et auquel il faudrait seulement apprendre à s’informer sur les faits et à les juger avec un esprit critique. Mais comment croire encore à cette fable de la naïveté populaire quand on vit dans un monde où les moyens d’information, les moyens de vérifier l’information et les commentaires qui « décryptent » toute information abondent et surabondent à la disposition de tous ?

 

Il faut bien alors renverser l’argument : si l’on refuse l’évidence, ce n’est pas parce qu’on est bête, c’est pour montrer qu’on est intelligent. Et l’intelligence, c’est bien connu, consiste à se méfier des faits et à se demander à quoi sert cette énorme masse d’information déversée sur nous chaque jour. À quoi la réponse se propose tout naturellement que c’est bien évidemment pour tromper le monde, car ce qui s’étale à la vue de tous est généralement là pour couvrir la vérité, qu’il faut savoir découvrir cachée sous l’apparence fallacieuse des faits donnés.

 

La force de cette réponse est de satisfaire en même temps les plus fanatiques et les plus sceptiques. Un des traits remarquables de la nouvelle extrême droite, c’est la place qu’y tiennent les théories conspirationnistes et négationnistes. Celles-ci présentent des aspects délirants, comme la théorie du grand complot international des pédophiles. Mais ce délire n’est en dernier ressort que la forme extrême d’un type de rationalité qui est généralement valorisé dans nos sociétés : celui qui commande de voir en tout fait particulier la conséquence d’un ordre global et de le replacer dans l’enchaînement d’ensemble qui l’explique et qui le montre au final bien différent de ce qu’il semblait être d’abord.

 

La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme ». Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On sait que ce principe d’explication de tout fait par l’ensemble de ses connexions se lit aussi à l’envers : il est toujours possible de nier un fait en invoquant l’absence d’un lien dans la chaîne des conditions qui le rendent possible. C’est ainsi, on le sait, que des intellectuels marxistes radicaux ont nié l’existence des chambres à gaz nazies parce qu’il était impossible de déduire leur nécessité de la logique d’ensemble du système capitaliste. Et aujourd’hui encore des intellectuels subtils ont vu dans le coronavirus une fable inventée par nos gouvernements pour mieux nous contrôler.

 

Les théories complotistes et négationnistes relèvent d’une logique qui n’est pas réservée aux esprits simples et aux cerveaux malades. Leurs formes extrêmes témoignent de la part de déraison et de superstition présente au cœur de la forme de rationalité dominante dans nos sociétés et dans les modes de pensée qui en interprètent le fonctionnement. La possibilité de tout nier ne relève pas du « relativisme » mis en cause par les graves esprits qui s’imaginent être les gardiens de l’universalité rationnelle. Elle est une perversion inscrite dans la structure même de notre raison.

 

On dira qu’il ne suffit pas d’avoir les armes intellectuelles qui permettent de tout nier. Il faut encore le vouloir. C’est tout à fait juste. Mais il faut bien voir en quoi consiste cette volonté ou plutôt cet affect qui porte à croire ou à ne pas croire.

 

Il est peu probable que les soixante-quinze millions d’électeurs qui ont apporté leur suffrage à Trump soient autant de cerveaux faibles convaincus par ses discours et par les fausses informations qu’ils véhiculent. Ils ne croient pas au sens où ils tiendraient pour vrai ce qu’il dit. Ils croient au sens où ils sont heureux d’entendre ce qu’ils entendent : un plaisir qui peut, tous les quatre ou cinq ans, s’exprimer par un bulletin de vote, mais qui s’exprime bien plus simplement tous les jours par un simple like. Et ceux qui colportent les fausses informations ne sont ni des naïfs qui les imaginent vraies ni des cyniques qui les savent fausses. Ce sont simplement des gens qui ont envie que ce soit comme ça, envie de voir, de penser, de sentir et de vivre dans la communauté sensible que tissent ces paroles.

 

Comment penser cette communauté et cette envie ? C’est là que guette une autre notion produite par la paresse satisfaite, celle de populisme. Celle-ci n’invoque plus un peuple bon et naïf, mais, à l’inverse, un peuple frustré et envieux, prêt à suivre celui qui sait incarner ses rancœurs et en désigner la cause.

 

Trump, nous dit-on volontiers, est le représentant de tous les petits Blancs en détresse et en colère : les laissés-pour-compte des transformation économiques et sociétales, qui ont perdu leur emploi avec la désindustrialisation et leurs repères identitaires avec les nouvelles formes de vie et de culture, ceux qui se sentent abandonnés par les élites politiques lointaines et méprisés par les élites diplômées. La chanson n’est pas nouvelle : c’est déjà ainsi que le chômage servait dans les années 1930 d’explication au nazisme et ressert indéfiniment pour expliquer toute poussée de l’extrême droite dans nos pays. Mais comment croire sérieusement que les soixante-quinze millions d’électeurs de Trump répondent à ce profil de victimes de la crise, du chômage et du déclassement ? Il faut alors renoncer à la seconde planche de salut du confort intellectuel, la seconde figure du peuple traditionnellement chargée du rôle de l’acteur irrationnel : ce peuple frustré et brutal qui fait pendant au peuple bon et naïf.

 

Il faut, plus profondément, mettre en question cette forme de rationalité pseudo-savante qui s’attache à faire des formes d’expression politiques du sujet-peuple des traits appartenant à telle ou telle couche sociale en ascension ou en déclin. Le peuple politique n’est pas l’expression d’un peuple sociologique qui lui préexisterait. Il est une création spécifique : le produit d’un certain nombre d’institutions, de procédures, de formes d’action, mais aussi de mots, de phrases, d’images et de représentations qui n’expriment pas les sentiments du peuple mais créent un certain peuple, en lui créant un régime spécifique d’affects.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité.

 

Le peuple de Trump n’est pas l’expression de couches sociales en difficulté et à la recherche d’un protecteur. C’est d’abord le peuple produit par une institution spécifique où beaucoup s’entêtent à voir l’expression suprême de la démocratie : celle qui établit un rapport immédiat et réciproque entre un individu censé incarner le pouvoir de tous et un collectif d’individus censé se reconnaître en lui. C’est ensuite le peuple construit par une forme particulière d’adresse, cette adresse personnalisée permise par les technologies nouvelles de la communication, où le leader parle tous les jours à chacun et à tous, à la fois comme homme public et comme homme privé, utilisant les mêmes formes de communication qui permettent à chacun et à tous de dire quotidiennement ce qu’ils ont dans la tête ou sur le cœur.

 

C’est enfin le peuple construit par le système spécifique d’affects que Donald Trump a entretenu à travers ce système de communication : un système d’affects qui n’est destiné à aucune classe particulière et qui ne joue pas sur la frustration mais au contraire sur la satisfaction de sa condition, non pas sur le sentiment de l’inégalité à réparer mais sur celui du privilège à maintenir contre tous ceux qui voudraient y attenter.

 

La passion à laquelle Trump fait appel n’a rien de mystérieux, c’est la passion de l’inégalité, celle qui permet également aux riches et aux pauvres de se trouver une multitude d’inférieurs sur lesquels ils doivent à tout prix conserver leur supériorité. Il y a en effet toujours une supériorité à laquelle on peut participer : supériorité des hommes sur les femmes, des femmes blanches sur les femmes de couleur, des travailleurs sur les chômeurs, de ceux qui travaillent dans les métiers d’avenir sur les autres, de ceux qui ont une bonne assurance sur ceux qui dépendent de la solidarité publique, des autochtones sur les migrants, des nationaux sur les étrangers et des citoyens de la nation-mère de la démocratie sur le reste de l’humanité.

 

La coprésence, dans le Capitole occupé par les nervis trumpistes, du drapeau des treize États fondateurs et du drapeau du Sud esclavagiste illustre assez bien ce singulier montage qui fait de l’égalité une preuve suprême d’inégalité et de la pursuit of happiness un affect haineux. Mais, pas plus qu’à une couche sociale particulière, cette identification du pouvoir de tous à la collection innombrable des supériorités et des haines n’est assimilable à l’ethos d’une nation particulière. Nous savons le rôle qu’a tenu ici l’opposition entre la France travailleuse et la France assistée, entre ceux qui vont de l’avant et ceux qui restent crispés sur les systèmes de protection sociale archaïques, ou entre les citoyens du pays des Lumières et des droits de l’homme et les populations arriérées et fanatiques qui menacent son intégrité. Et nous pouvons voir tous les jours sur Internet la haine de toute forme d’égalité ressassée jusqu’à plus soif par les commentaires des lecteurs de journaux.

 

De même que l’entêtement à nier n’est pas la marque des esprits arriérés mais une variante de la rationalité dominante, la culture de la haine n’est pas le fait de couches sociales déshéritées mais un produit du fonctionnement de nos institutions. Elle est une manière de faire-peuple, une manière de créer un peuple qui appartient à la logique inégalitaire. Il y a près de deux cent ans que le penseur de l’émancipation intellectuelle, Joseph Jacotot, avait montré la façon dont la déraison inégalitaire faisait tourner une société où tout inférieur était à même de se trouver un inférieur et de jouir de sa supériorité sur lui. Il y a seulement un quart de siècle, j’avais, pour mon compte, suggéré que l’identification de la démocratie au consensus produisait, à la place du peuple déclaré archaïque de la division sociale, un peuple bien plus archaïque fondé sur les seuls affects de la haine et de l’exclusion.

 

Plutôt qu’au confort de l’indignation ou de la dérision, les événements qui ont marqué la fin de la présidence de Donald Trump devraient nous inciter à un examen un peu plus approfondi des formes de pensée que nous appelons rationnelles et des formes de communauté que nous appelons démocratiques.

 

Cet article a été publié pour la première fois le 14 janvier 2021 dans le quotidien AOC.

 

 

 

Jacques Rancière

 

PHILOSOPHE, PROFESSEUR ÉMÉRITE À L'UNIVERSITÉ PARIS VIII​​​​​​​

 

akg-images - The Cow-Pock – or – the Wonderful Effects of the New  Inoculation!

Le vaccin, le droit et la liberté

Contenue jusqu’alors, la véhémence des anti-vaccins, communément appelés antivax, est montée d’un cran en lendemain de l’intervention du Président de la République, le 12 juillet dernier, quand celui-ci ouvrait la voie à une possible obligation vaccinale à l’endroit de certaines branches professionnelles. Dès lors, nombreuses furent, et sont, les manifestations de contestation à l’égard de la décision présidentielle, manifestants et opposants arguant du fait que cette obligation entravait la liberté individuelle et plus largement les libertés fondamentales Or, les arguments avancés par ces groupes d’opposants, globalement minoritaires dans la population, mettent en évidence deux lignes de forces que le développement de la pandémie, et les conséquences qui l’accompagnent, ont révélé. La première est la crainte, que l’on croyait dans l’ensemble apaisée, voire éradiquée, nourrie à l'endroit de la vaccination. Ainsi, il apparaît que le principe d’une protection immunitaire, via l’injection d’une souche virale à la virulence atténuée pour combattre cette dernière par la production d’anti-corps, n’est pas partagée par tous et que la pédagogie mais aussi l’information sur les bienfaits de cette pratique sont encore à travailler.

La suite ICI 

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29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 07:00

Sentia: il serait maintenant possible de prendre un coup sans alcool... et  sans lendemain de veille | 24 heures

Nous sommes, là, loin du vin, sang de la terre, de l’univers des amateurs, dégustateurs, licheurs de vin nu, de la sociabilité, pour chaluter dans le caniveau des boissons alcoolisées industrielles, celles ingurgitées, sans retenue, pour se murger, oublier les soucis de la vie, sombrer dans l’ébriété…

 

Le professeur David Nutt, psychopharmacologue de renom, travaille depuis 30 ans à la réduction des risques de l'alcool. « Je dirais que l'alcool est la drogue la plus dommageable pour la société, dit-il. Je ne pense pas qu'il y ait une seule famille sur terre qui n'ait pas été affectée par l'alcool, ou dont l'un des proches n'ait pas été victime de quelqu'un qui a bu. C'est l'une des principales causes évitables d'hypertension artérielle : il y a plus de personnes qui meurent d'hypertension à cause de l'alcool, parce qu'il provoque des accidents vasculaires cérébraux ou des crises cardiaques, que de cirrhose. »

 

« L’alcool a un impact sur différents systèmes de récepteurs dans le cerveau, m’explique Nutt via Zoom. Aux niveaux les plus bas du cerveau, il fonctionne par le biais du système GABA. Nous savons maintenant qu'il existe 15 récepteurs GABA différents dans le cerveau et qu'ils contrôlent différentes choses. Avec Sentia, nous avons décidé de cibler les récepteurs qui contrôlent la sociabilité et la relaxation, qui se trouvent dans les parties avant du cerveau, et nous avons évité les récepteurs qui causent des problèmes, comme l'instabilité, les chutes, l'irritabilité, la colère et la gueule de bois. »

 

Pour créer Sentia, Nutt et l'équipe de GABA Labs ont consulté des milliers de bases de données et « ont trouvé un certain nombre de plantes qui produisent des substances agissant sur le système GABA », ainsi que d'autres plantes qui accélèrent leur absorption. Si ces ingrédients ne tombent pas sous le coup de la loi sur les substances psychoactives, c'est parce qu'ils sont depuis longtemps approuvés comme aliments ou compléments alimentaires.

 

« Nous avons fini par mettre au point ce cocktail : il est constitué de quatre herbes qui produisent des substances similaires au neurotransmetteur GABA, et de trois ou quatre herbes qui les font pénétrer plus rapidement dans le cerveau, explique Nutt. Enfin, nous utilisons la mûre qui, en plus d’être un joli colorant, facilite aussi l'absorption des substances dans le cerveau. »

 

Peut être une image de une personne ou plus et texte qui dit ’SEN TIA’

 

On a envoyé à l’auteur de l’article, Simon Doherty, quelques échantillons à essayer, et je n'ai pu m'empêcher d'être sceptique. Une boisson à base de plantes peut-elle vraiment rendre quelqu’un pompette ?

 

La suite ICI Sentia, la boisson qui « rend pompette sans donner la gueule de bois » 

 

L’inconvénient du Sentia est qu’il n’est pas bon marché. À 35 euros les 50 cl

David Nutt: inventing the alcohol antidote | The Times

Qui est le professeur David Nutt ? ICI 

 

Le prof. David Nutt est l’un des protagonistes les plus compétents, et controversés, du débat sur les drogues psychédéliques et leur rôle en médecine. Très impliqué dans la recherche sur les produits psychédéliques comme le cannabis, le LSD et la psilocybine, c’est également un fier défenseur d’une réforme politique au bénéfice de la science et du savoir.

 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:00

En ce temps-là Libération dans sa rubrique Idées publiait  REBONDS, j’en découpais certains, dont celui-ci que je classais. Dans mon grand ménage je viens de retrouver : Cuisine et Création par Christian Conticini.

 

 

Le Paris-Brest qui, comme son nom l’indique, s'inspirait d'une très vieille classique de la petite reine : le Paris-Brest-Paris créée en 1891 par Pierre Giffard du Petit Journal (elle défuntera en 1951 faute de participants). Elle avait lieu tous les 10 ans et comptera en tout et pour tout 7 éditions (interruption pendant le 2d conflit mondial, reprise en 48).

 

 

 Le gâteau, créé lui en 1910, est censé représenter une roue de bicyclette avec des rayons en pâte à pain (certains pâtissiers, dit-on, perpétuent la tradition des grands Paris-Brest, si vous en connaissez faites-le savoir). Ceux de maman, fine cuisinière et excellente pâtissière, dans mon souvenir, avaient de 35 à 40 cm de diamètre. Pour faire simple le gâteau consiste en une couronne de pâte à choux garnie d’amandes effilées, garnie d’une crème au beurre ou d’une crème mousseline pralinée.

 

 

Revisité par Conticini « affiche les rondeurs de pâte à choux. Une surprise à découvrir : du praliné pur coulant au cœur d’une crème pralinée. 100% addiction... » (Portion individuelle ou pour 4). Les deux sont, pour les amateurs du péché de gourmandise, à se damner.

 

 

Si vous souhaiter lire mes chroniques sur Conticini, renseigner son nom dans la case en haut à droite du blog : RECHERCHE.

 

 

Si je publie ce point de vue c’est que je viens de terminer la lecture du livre de Bruno Verjus : L’ART de Nourrir, qui lui prône une cuisine de produits. Je tenterai de chroniquer sur ce livre.

 

L&#39;art de nourrir de Bruno Verjus - Editions Flammarion

 

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