Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 09:05

 

Le quotidien l’Union a publié le 27/12/2020 un article titré :

 

Bouilleur de cru pendant 47 ans à Corroy, il prend sa retraite

 

A 80 ans, Serge Poncelet prend sa retraite de distillateur d’eau-de-vie, après des décennies de labeur et de passion.

 

BARBONNE-FAYEL (MARNE) CORROY (MARNE)

 

Inexact la preuve ICI 

 

14 janvier 2009

L’art de la goutte : « Ni la tête ni la queue »

 

Mon père, Arsène Berthomeau, possédait un alambic mobile, il était un « bouilleur ambulant », son père, mon grand-père Louis,  propriétaire de quelques ares de vignes, en vertu de ce qu’il qualifiait du « droit de bouillir » ses lies*, une liberté fondamentale à qui les opposants, qui considérait ce droit comme une tolérance, donnait le nom de privilège, le fameux « privilège des bouilleurs de cru ». Louis Berthomeau était donc un « bouilleur de cru ». Mon père installait son alambic dans un atelier public établi en un lieu déclaré aux Indirectes, généralement près d’un point d’eau où l’on déversait les effluents). Donc la « goutte » je connais, les 10 ter, « la volante », les bonbonnes et les baricauts de gnôle issus de droits de défunts (le privilège n’était pas transmissible après les lois Mendès-France) en transit dans le grenier, le petit doigt sous le mince filet translucide, la vapeur de l’alambic dans les petits matins d’hiver, les briquettes de coke dans la gueule rougeoyante de la chaudière, la canadienne de mon père, le casse-croute sur le pouce des hommes…

 

 

 

* (tout propriétaires, fermiers, métayers ou vignerons pouvait distiller des vins, des cidres ou poirés, marcs, lies, cerises, prunes et prunelles provenant exclusivement de leur récolte personnelle à la condition de ne pas se livrer au commerce des alcools)

 

29 mars 2018

 

La canadienne du père Arsène bouilleur ambulant lorsqu’il distillait la goutte avec son alambic mobile ICI

 

 

Précision : Mon père, Arsène Berthomeau, exerçait la profession de bouilleur ambulant, du fait que nous avions des vignes il était aussi bouilleur de cru.

 

 

Le « privilège des bouilleurs de cru » a été supprimé en 1959 et ce droit s'éteint au décès des derniers détenteurs : il ne s'agit donc pas de la fin du bouilleur de cru, mais de la fin de son exonération, un privilège instauré par Napoléon pour ses grognards. Pas à l'individu mais au terrain dont il était propriétaire. Puis son fils, à son tour, et ainsi de suite.

 

 

Pierre Mendès-France, en 1959, a pris la décision par la voie législative, dans le cadre d'un plan national de lutte contre l'alcoolisme, de limiter la quantité d'alcool pur à 1 000 degrés, c'est-à-dire vingt litres d'eau de vie à 50 degrés par client et sans taxe. Une taxe importante était alors appliquée sur les litres supplémentaires. Ce privilège avait été accordé à celles et ceux qui avaient produit de l'eau de vie avant 1959 mais malheureusement n'était plus valable après la mort des ayants droit et non transmissible aux enfants.

 

 

 

Les distillations à domicile sont interdites. Les bouilleurs de cru doivent donc distiller ou faire distiller pour leur compte dans un atelier public ou dans les locaux des associations coopératives de distillation ou chez le bouilleur de profession dans les conditions fixées par l'administration des Douanes et des droits indirects. Les conseils municipaux ou les syndicats agricoles peuvent demander que soit ouvert au moins un atelier public de distillation par commune.

 

Massognes - L'alambic ambulant - Carte postale ancienne et vue d'Hier et  Aujourd'hui - Geneanet

Il était une fois… Le destin de « Bobosse », trafiquant de calva et rêveur au long cours

 

Par Philippe Broussard

Publié le 19 octobre 1994 

ENQUÊTE

 

Trésors du « Monde ». Chaque dimanche, nous exhumons de nos archives un article marquant. Aujourd’hui, le portrait d’un personnage haut en couleur, décédé en 1994 : Honoré Boissière. En Normandie, il vendait de l’alcool artisanal, et bricolait d’improbables rafiots pour voyager.

 

Cet article est paru dans Le Monde du 19 octobre 1994

 

Ses copains le surnommaient « Bobosse ». Ils trouvaient ça moins guindé qu’Honoré, mieux ajusté à la carrure du bonhomme. On ne peut courir le monde, défier la maréchaussée et s’appeler Honoré. Autant s’affubler d’un surnom sur mesure, paré pour l’aventure et l’anticyclone des Açores. Lui, l’ami Boissière, soixante-dix ans et un destin de roman, c’était donc Bobosse, Bobosse d’Ouistreham, trafiquant de « calva », rêveur au long cours, flibustier aux cheveux blancs qui vendait la « goutte » pour bricoler ses rafiots et filer loin, très loin, par-delà le Cotentin.

 

 

Parvenu à bon port dans les mers à 30 °C, il écrivait des cartes postales, des petits bonheurs de bout du monde, avec des filles tout sourire et du soleil entre les lignes. Quand il sortait un thon, il en était si fier, ce vieux brigand, qu’il envoyait une photo de la bête. Mais l’autre matin, à l’heure du premier café, le téléphone a sonné au Coin du port, le bistrot des fidèles, à Ouistreham. A l’hôpital de Fort-de-France, Bobosse venait de lever l’ancre. Triste fin pour un baroudeur qui espérait sombrer par gros temps à la barre de son voilier.

 

 

A sa façon, Honoré Boissière était une gloire locale sur la Côte de nacre. Sa vie, en partie révélée par un long reportage du réalisateur Rémi Mauger pour France 3 Normandie, est de celles qui se content à mots gaillards, entre gens de mer et d’amitié : l’enfance, dans une famille d’ouvriers agricoles ; l’adolescence, avec l’Occupation et le débarquement ; l’armée, en Indochine. Et la suite, surtout la suite : l’usine, le calva, la prison, l’océan.

 

 

« Je ferai le tour du monde »

 

Au départ étaient donc l’usine et ce boulot d’ajusteur-outilleur appris sur le tas, en « fils de prolo », comme il disait. De Saïgon et du Mékong, il causait peu. Une « erreur de jeunesse », à l’entendre. Il préférait d’autres luttes, contre les patrons, pour les ouvriers. Permanent à l’union départementale de la CGT, il fut de toutes les mêlées des années 1960. « A Bobosse, rien d’impossible ! », rigolaient les camarades en le voyant foncer, tête baissée, persuadé que le meilleur chemin d’un point à un autre restait la ligne droite.

 

 

Il avait son caractère, genre fort en gueule et franc du collier. Il adorait déjà les bateaux, des coques de noix qu’il bichonnait à ses heures perdues. Il les baptisait à la faucille : l’Unité, la Fraternité… Mais personne ne le croyait trop quand il promettait : « Je ferai le tour du monde. »

 

 

Et la retraite arriva. 5 500 francs par mois. Une misère pour cet appelé du grand large. Manière de financer ses défis, il se fit donc trafiquant de calvados, un métier à risques, pratiqué par les patriarches du Bocage, le père Lariflette ou encore Edmond, dit « l’Ancêtre ». Fallait avoir ses entrées dans les fermes du « triangle d’or » du calva (Vire-Villedieu-Domfront) et convaincre les producteurs de brader leurs surplus. Comme les autres, il avait ses réseaux, une confrérie de paysans sans façon qui buvaient le coup et ne lésinaient pas sur les degrés. Il repartait le coffre plein, des bidons de 20 litres. 70, 72 degrés. Une boisson d’hommes, pour sûr.

 

 

A la revente aussi, il savait y faire. L’été, il visitait les campings. De bons clients, les vacanciers : 300 à 400 litres en trois heures de temps ! L’hiver, il sillonnait le pays, de Grenoble à Lille, démarchait les comités d’entreprise et les particuliers. A Ouistreham, il ravitaillait les ouvriers, sur les chantiers du port. Avant le premier coup de pioche, il était déjà là, coffre ouvert, verre en main.

 

 

Effluves suspects

 

Bobosse a été arrêté sept fois. Question de malchance ou de maladresse. Un jour, les gendarmes le cueillent au pied du pommier qu’il vient de provoquer. Un autre, il s’enlise en filant à travers champs. Il allume une fusée de détresse et fait flamber sa voiture. Les pandores flairent des effluves suspects, demandent ce que contenaient les bouteilles noircies. « De l’air ! », réplique le corsaire du Bocage. Au total, il a sacrifié ainsi quatre véhicules, des Citroën, « à cause des bonnes suspensions ».

 

 

En mars 1990, il parvient enfin à larguer les amarres. L’Espérance 1, voilier de bric et de broc, brave les interdits de navigation et le mène en Espagne, aux Canaries, au Sénégal. Honoré Boissière voit du pays, engrange des souvenirs pour ces nuits à fond de cale. Mais le périple prend fin le 23 février 1991, sur un récif plus têtu que lui, au large de Belem (Brésil). L’Espérance 1 coule en dix minutes, emportant le journal de bord, les photos, le matériel. Rapatrié en mars 1991, il découvre la prison. Pas bien longtemps : deux mois. Il écrit aux copains : « Me voilà à l’ombre. De la fenêtre, on voit des nanas. » Des « nanas », mais pas la mer.

 

 

L’homme est opiniâtre. A sa sortie, il reprend le chemin des fermes, réactive ses réseaux. Son nouveau bateau s’appellera l’Espérance II. Un autre chalutier sauvé de la casse et transformé en voilier blanc. Bobosse bricole le jour, la nuit, dort dans un camping-car ou chez un ami. Casse-cou, il risque quelques sorties en mer, des escapades à sa façon : droit devant. Le 10 juin 1992, un jour d’inattention, il heurte la coque d’un cargo. L’Espérance II s’en sort avec des égratignures.

 

 

Les « copains d’abord »

 

Quand la « goutte » lui vaut des misères judiciaires, Honoré ose des tirades à la Bobosse : « Vous n’avez pas devant vous un bandit, un assassin ou un voleur, pas même un délinquant. Vous avez devant vous un homme qui a lutté et qui continue de se battre avec ses moyens pour tenter de réaliser un vieux rêve : sillonner les mers. » Car il veut repartir. Oublier les amendes. Revoir les Antilles, ses « potes » des tropiques. Nouvelle traversée, la belle vie, « la tête au soleil, les pieds dans l’eau ».

 

 

Le 23 février 1994, à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, les fidèles d’Ouistreham se cotisent pour lui offrir l’avion. Il passe deux semaines en Normandie, le temps d’embrasser ses petits-enfants et de faire la fête avec ses amis marins, une bande à la Brassens, des « pères peinards » façon Les Copains d’abord. Il leur parle des îles, des poissons, des pirates, de la mouette qu’il a sauvée, mais pas de politique, ni des patrons, parce que ça le met « toujours en rogne ».

 

 

Ce sera son dernier séjour au pays. Hospitalisé après un malaise au Venezuela le 21 septembre, il est ensuite évacué vers Fort-de-France, où il décède le 3 octobre. Quatre jours plus tard, il est enterré à Caen. Son bateau, lui, est toujours amarré là-bas, au terminus des rêveurs.

 

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 08:00

 

Ceci n’est pas une bibliothèque de notices nécrologiques.

 

En effet, on meurt même la veille de Noël à 98 ans.

 

Mort d’Ivry Gitlis, le violoniste aux semelles de vent. ICI

 

Beau titre  de la notice du Monde

 

Longtemps Ivry Gitlis aura été considéré comme l’une des réincarnations possibles de Paganini. Il en possédait le charisme intense, le jeu extraverti et la virtuosité diabolique : le grand violoniste israélien, qui professait qu’« une belle fausse note d’un grand musicien vaut mille notes justes de n’importe qui », est mort ce 24 décembre à Paris, à l’âge de 98 ans.

 

Son jeu, passionné et fougueux, d’une vitalité vagabonde, ouvrait sur des paysages aux teintes âpres, parfois torturées.

 

Le jour de son premier violon. Jour béni d’avant le commencement des tyrannies. « Le violon et moi, c’est une histoire d’amour que j’ai ressentie comme un despotisme dès que les autres s’en sont emparés », avouait-il sans ambages. Révolté d’emblée.

 

« En sortant à 13 ans du Conservatoire de Paris, j’avais appris tout ce qu’il fallait ne pas apprendre. Jusqu’à 17 ans, je me suis demandé : “Pour qui ? Pour quoi jouer ?”

 

Qu’en penses-tu Jean-Yves ?

 

Artiste atypique, en rupture avec les us du milieu classique – qu’il préfère fréquenter à la marge, nonobstant quelques affinités électives –, il participe avec Yoko Ono au Rock and Roll Circus, concert filmé des Rolling Stones, en 1968. On le voit aux côtés d’Eric Clapton et de John Lennon, mais aussi de Stéphane Grappelli, Dizzy Gillespie, Léo Ferré. Avec sa grande amie Martha Argerich, il a joué jusque dans les années 2010, notamment au festival de Lugano (Suisse), que dirigeait la grande pianiste, où il livra en juin 2006 l’une de ses dernières interprétations de la Sonate de César Franck, la crosse du violon délicatement posée sur le bord du piano de Sergio Tiempo.

 

Il multiplie les occasions de s’adresser aux enfants. « Depuis 1967, je vais tous les ans en Afrique pour faire de la musique avec les griots. Dans la brousse, il n’y a pas de piano, alors je joue du Bach et du Bartok », disait-il avec malice.

 

« Au-delà de l’émotion, je pense qu’il est important de transmettre au public un tel héritage de beauté, en ces temps de manipulation idéologique qui voient s’obscurcir les intelligences, se relever les intolérances et renaître des discours de haine que nous n’avons que trop connus »

 

Décès d'Ivry Gitlis, violoniste virtuose et personnalité attachante du monde classique ICI 

 

 

Il sera resté jusqu'au bout une source d'inspiration pour les jeunes générations, comme pour les amis qu'il côtoyait, de Martha Argerich à Renaud Capuçon. Ces deux derniers lui avaient encore rendu visite il y a deux semaines. «Dès qu'il voyait d'autres musiciens, son regard s'illuminait, témoigne Renaud Capuçon. Et il aura continué à jouer presque jusqu'au bout! On s'est appelé ce matin avec Martha. Pour elle comme pour moi c'est un monde qui disparaît. Outre l'incandescence de son jeu, et le fait qu'il était l'un des seuls dont on pouvait reconnaître le jeu en deux notes, pas trois, il était l'un des tout derniers à avoir traversé le XXe siècle, et nous parlait encore ces derniers jours de Jascha Heifetz avec une précision sidérante.»

A 96 ans, Ivry Gitlis fascine toujours autant

Le grand maître Ivry Gitlis a définitivement rangé son Stradivarius ICI

 

 

 

Sébastien Porte

Publié le 24/12/20

Il était généreux, flamboyant, et n’hésitait pas à casser les codes de la musique classique. Le violoniste est mort à 98 ans ce 24 décembre, après une longue carrière riche en aventures.

 

C’est un immense violoniste qui vient de s’éteindre ce jeudi 24 décembre. Dans la tradition des grands maîtres du XXe siècle. De la trempe d’un Menuhin, d’un Oïstrakh, d’un Enesco. Classique mais jamais conformiste, virtuose mais libre de tout académisme, Ivry Gitlis, à 98 ans, a rangé pour de bon son Stradivarius dans sa boîte, après une longue, intense et aventureuse carrière. Une carrière qui, à l’instar de sa discographie, aura été tout sauf traditionnelle. S’il fut l’invité des ensembles symphoniques les plus prestigieux de la planète, il aimait aussi partager des moments musicaux avec des partenaires aussi éclectiques que le pianiste de jazz Oscar Peterson, le trompettiste Dizzy Gillespie, le mime Marceau ou le chanteur Youssou N’Dour. On l’a vu aussi faire le bœuf avec Eric Clapton, Keith Richards, John Lennon et Yoko Ono dans The Rock and Roll Circus, projet musical des Rolling Stones filmé en 1968, ou encore donner la réplique à Michel Legrand sur Les Moulins de mon cœur.

 

Partager cet article
Repost0
25 décembre 2020 5 25 /12 /décembre /2020 06:00

 

Alain Souchon chante « On avance, on avance, on avance


C'est une évidence


On a pas assez d'essence


Pour faire la route dans l'autre sens


On avance


On avance, on avance, on avance


Tu vois pas tout ce qu'on dépense On avance


Faut pas qu'on réfléchisse ni qu'on pense


Il faut qu'on avance

 

Pour le glyphosate round-upien aussi, comme Félicie dans la chanson de Fernandel.

 

1 - SYNTHÈSE DU RAPPORT DE LA MISSION D’INFORMATION COMMUNE SUR LE SUIVI DE LA STRATÉGIE DE SORTIE DU GLYPHOSATE 15 DECEMBRE 2020 MISSION D’INFORMATION COMMUNE SUR LE SUIVI DE LA STRATÉGIE DE SORTIE DU GLYPHOSATE ICI

 

Synthèse Vitisphère ICI 

 

Voir passer le train en Normandie - L'ETOILE de NORMANDIE, le webzine de  l'unité normande

 

2- Environnement : la SNCF a enfin trouvé son alternative au glyphosate pour désherber les voies par Sudouest.fr avec AFP

Publié le 18/12/2020 

 

Grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords, la SNCF a enfin trouvé une alternative, un herbicide composé à plus de 95% d’acide pélargonique (produits naturels)

 

"On a trouvé une solution!" Soulagement à la SNCF, qui cherchait depuis plusieurs années une alternative abordable au glyphosate, dont elle est une grande utilisatrice pour désherber ses voies et leurs abords immédiats.

 

35 à 38 tonnes de glyphosate par an

 

Pour SNCF Réseau, désherber constitue un impératif de sécurité: la végétation pourrait retenir l’eau et déformer la plateforme (et donc les rails) de ses 30 000 km de lignes. Les touffes d’herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l’écartement des voies ou perturber les tournées d’inspection des cheminots.

 

Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et le cas échéant évacuer les voyageurs en cas de problème.

 

Pour occire cette végétation indésirable, des "trains désherbeurs" passent au printemps. Ils aspergent les voies et les pistes d’une solution à base de glyphosate, un produit accusé de provoquer des cancers.

 

La SNCF en utilise entre 35 à 38 tonnes par an, ce qui en fait la plus grande utilisatrice de France… avec 0,4% du total.

 

Train Strasbourg Port Bou-Nice. La SNCF fait son mea culpa

 

Généralisation en 2022

 

Le groupe public s’est lancé dans la recherche d’alternatives au glyphosate depuis 2016, dans la perspective d’une interdiction du produit. Et l’annonce de l’arrêt de son utilisation fin 2021 commençait à donner des sueurs froides à ses ingénieurs… et aux comptables, alors que SNCF Réseau manque de moyens pour entretenir le réseau.

 

« On a trouvé une solution qui reste herbicide", explique Jean-Pierre Pujols, responsable de la maîtrise de la végétation chez SNCF Réseau.

 

« On va commencer à utiliser ce nouveau mélange l’année prochaine, et le généraliser en 2022 », ajoute-t-il.

 

Il s’agit d’un produit composé à plus de 95% d’acide pélargonique, un produit de biocontrôle (utilisant des produits naturels) et d’une molécule de synthèse de la famille des sulfonylurées, « puisque l’acide pélargonique seul ne fonctionne pas », détaille-t-il.

 

"Ça donne un mélange qui s’approche du glyphosate sans l’atteindre », ce qui imposera de passer deux fois par an avec des matériels plus précis.

 

Plus cher et plus visqueux la suite ICI 

 

Mon propos à propos du passe-temps des vaches est fondé : Le mélange sera uniquement utilisé sur les voies et les pistes, mais pas sur leurs abords—à plus de 3 mètres, à proximité des habitations—, qu’il faudra faucher, conformément à la récente loi Egalim.

 

À plus long terme, « on essaie de trouver des solutions qui nous permettraient de sortir des produits phytosanitaires de synthèse », note Jean-Pierre Pujols.

 

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2020 4 24 /12 /décembre /2020 06:00

 

Je plaisante à peine « Évidemment, si l’on vous dit qu’il y a de l’ALC-0159 et du phosphate dibasique de sodium déshydraté dans le vaccin contre le coronavirus des laboratoires Pfizer/BioNTech, ça ne va pas beaucoup vous aider. Si l’on vous dit qu’il y a des lipides, un peu de sel, du sucre et de l’eau, ça sera déjà plus clair. Allons donc jeter un œil à l’intérieur d’un petit flacon de vaccin anti-Covid. »

 

Un peu de sel, des matières grasses, du sucre : voici ce que contient le vaccin anti-Covid de Pfizer ICI

Ouest-France Hervé HILLARD. le 16/12/2020 

 

Vous voulez connaître la composition du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech ? C’est très facile : il suffit de deux ou trois clics sur Internet, car tout est en accès libre, par exemple ici, sur le site de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. C’est très facile, mais c’est aussi horriblement compliqué : les noms des ingrédients sont abscons pour le commun des mortels. Si l’on se penche sur leur « traduction » en langage courant, comme l’a fait Futura Sciences , tout devient beaucoup plus clair.

 

Allons donc voir ce qu’il y a dans une petite fiole de vaccin anti-Covid.

 

Le principe actif

 

Et on va bien entendu commencer par le principe actif. Un principe actif, c’est une substance qui possède des propriétés thérapeutiques – elle sert à la « guérison ». Pour un vaccin, c’est un antigène particulier, spécifique au type de virus dont on veut protéger le corps.

 

En l’occurrence, comme on l’a déjà vu, le vaccin Pfizer/BioNTech (comme celui de Moderna) utilise la technique de l’ARN messager (ARNm). Cette technique innovante fait appel à l’acide ribonucléique (ARN), proche de l’ADN. Comment ? Grâce à un « messager » que l’on injecte au patient et qui va transmettre des instructions génétiques à ses cellules. Objectif : que celles-ci fabriquent elles-mêmes un antigène du coronavirus, afin de déclencher une réponse du système immunitaire.

 

Fabriqué en laboratoire, ce messager s’insère donc (pacifiquement) dans la machinerie de nos cellules pour leur faire fabriquer des antigènes spécifiques du coronavirus.

 

Ces antigènes, inoffensifs en eux-mêmes, vont être libérés par nos cellules et livrés au système immunitaire, qui va alors produire des anticorps. Ces anticorps vont ensuite rester, montant la garde, capables de reconnaître et de neutraliser le coronavirus s’il venait à nous infecter.

Une fois lu, l’ARN messager est rapidement éliminé. En aucun cas il ne peut être « intégré » à l’ADN de nos cellules.

 

Les lipides

 

Seulement voilà, on ne peut pas injecter tel quel un petit code génétique dans l’organisme d’un être humain : il serait immédiatement détruit dans le milieu extracellulaire, indique Futura Sciences. On l’habille donc d’une enveloppe de lipides, de matières grasses, qui favorisent sa pénétration dans nos cellules.

 

La composition de ces particules, d’environ 100 nanomètres de diamètre (un millimètre divisé par 100 millions), est propre à chaque laboratoire.

 

Ce sont ces matières grasses qui donnent au liquide du vaccin un aspect blanc à blanc cassé.

 

Les sels

 

Eh oui, il faut rajouter du sel à la recette. Le vaccin de Pfizer en contient quatre différents, dont l’un n’est autre que du banal sel de cuisine (chlorure de sodium). Pas pour donner du goût, évidemment, mais pour équilibrer le pH (la salinité ou l’alcalinité) de la solution, afin qu’elle se rapproche le plus possible du pH naturel de notre corps.

 

Toujours dans le même but : augmenter l’acceptabilité du vaccin par l’organisme.

 

Le sucre

 

Des lipides, du sel, et maintenant du sucre : on se dit que ce n’est pas vraiment équilibré comme menu. Ici, le saccharose est utilisé pour deux raisons : servir de conservateur (comme le sucre des confitures pour les fruits) et éviter que les nanoparticules du vaccin ne se collent entre elles durant la congélation.

Précisons que les vaccins à ARNm n’ont pas besoin d’adjuvants, contrairement aux vaccins classiques. Toujours ça de gagné.

 

L’eau

 

Enfin, et évidemment, pour lier le tout, il faut de l’eau.

 

Quid des effets secondaires ?     

 

Vu la liste des ingrédients, il apparaît que les effets secondaires sont surtout le fait du principe actif souligne Futura Sciences. Et, vous vous en souvenez peut-être, deux personnes ont fait une grave réaction allergique à l’injection du vaccin de Pfizer au Royaume-Uni. On en ignore encore la cause exacte.

 

Dans la foulée, l’Agence britannique de régulation du médicament a publié une mise en garde déconseillant aux personnes ayant des antécédents de crises allergiques aiguës de se faire vacciner. Le Canada a fait de même.

 

La liste détaillée et publique des ingrédients ne suffira pas à éviter les problèmes qui ne manqueront pas de se poser lors des vaccinations de masse.

 

Image

 

 

SOINS

 

 

 

 

 

Les formulations de Moderna et de Pfizer/BioNTech contiennent chacune des matières grasses, un principe actif, des sels et du sucre. Chaque composé joue un rôle essentiel et est largement accessible au sein de l’industrie ICI 

 

Richard Etienne  

Publié vendredi 18 décembre 2020
 

Un comité consultatif d'experts a recommandé, jeudi, l'autorisation d'urgence aux Etats-Unis du vaccin de la société Moderna. Après cet avis non contraignant, ce sera à l'agence américaine des médicaments (FDA) d'accorder son feu vert, ce qui devrait intervenir très rapidement et ferait de Moderna le deuxième vaccin à être autorisé dans un pays occidental.

 

Les vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech sont à ARN messager (ARNm), une technologie étudiée depuis des décennies mais qui n’avait jamais été mise sur le marché avant le 8 décembre dernier, quand la campagne de vaccination de Pfizer/BioNTech a débuté au Royaume-Uni. Elle consiste à transmettre à des cellules du corps humain un code génétique, l’ARNm, qui permet aux ribosomes de synthétiser une protéine à même de déclencher une réponse immunitaire face au virus.

 

Le vaccin de Moderna contient, en plus d’un principe actif, quatre types de lipides et des additifs comme des sels et du saccharose, un sucre. La liste des ingrédients du vaccin de Pfizer/BioNTech est similaire. Les proportions et les recettes, tenues secrètes, doivent par contre différer.

Nombreux lipides

 

Prenons l’exemple de la formulation de Pfizer/BioNTech. Elle repose sur la construction d’un assemblage supramoléculaire contenant le principe actif (BNT162b2, une séquence d’ARNm) et des lipides. L’architecture de base de cet assemblage se présente sous la forme de particules de dimensions nanoscopiques (de l’ordre d’un dixième de millionième de mètre). L’enveloppe de ces nanoparticules est composée de deux lipides, un phospholipide et du cholestérol et se présente sous forme d’une membrane similaire à celle d’une cellule biologique anodine.

 

 

Bas du formulaire

Un troisième lipide, recensé sous l’abréviation ALC-0315, possède des groupes aminés capables de présenter une charge positive: ces lipides cationiques s’associent à l’ARNm (car il est chargé négativement), ce qui facilite l’incorporation de l’ARNm dans les nanoparticules lipidiques et sa délivrance au sein du cytoplasme cellulaire. Un quatrième lipide (ALC-0159) comporte notamment un polymère hydrophile qui stabilise les nanoparticules.

 

Ces nanoparticules lipidiques (LNP) évoluent dans un milieu aqueux, dit tampon phosphate salin, composé de chlorure de sodium, de dihydrogénophosphate de potassium, d’hydrogénophosphate de sodium et de chlorure de potassium. Ces différents sels permettent de contrôler l’acidité du milieu, à une valeur proche de la neutralité.

 

On y trouve aussi une grosse quantité de saccharose. Ce sucre cryoprotectant permet au vaccin d’être conservé à basse température sans risque qu’il ne se détruise, en particulier lors de sa décongélation. Le vaccin de Pfizer/BioNTech peut ainsi être conservé à -70°C. Le saccharose s’associe aux molécules d’eau et les empêche de former des cristaux de glace. Elles restent dans un état vitreux préservant l’organisation des lipides et de l’ARNm au sein des LNP.

Le rôle des nanoparticules lipidiques

 

Les LNP servent de transporteur non toxique pour l’organisme et de protecteur de la substance active lors de son administration. La substance active (l’ARNm) est ainsi véhiculée jusqu’au compartiment intracellulaire selon un processus dit d’endocytose (inclusion de la nanoparticule entière dans un endosome, sorte de petite poche formée à partir d’un fragment de membrane cellulaire), où elle est libérée sous sa forme intègre et donc active. «Réussir à conditionner cet ARNm au sein d’une formulation contrôlée propice à être captée par les cellules du corps humain sans perte de son activité est la grande plus-value de ces vaccins», estime Sylviane Lesieur, une chimiste spécialisée en lipides au CNRS.

 

Les ingrédients utilisés pour la formulation de ces vaccins figurent parmi les composants déjà identifiés pour la fabrication de dispersions aqueuses de LNP administrables dans l’organisme. La plupart d’entre eux sont aisément accessibles, le verrou technologique reposant surtout sur le conditionnement et le rendement d’incorporation de l’ARNm au sein des LNP tout en préservant la fonctionnalité de ce dernier en tant qu’agent codant.

Partager cet article
Repost0
18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 06:00

Image

 
 
 
Elle : Je suis sûre qu'il pense à une autre femme. Lui : Je me demande ce que la gendarmerie des Vosges va nous proposer dans son prochain tweet.

 

Dans les Vosges, les farces de l’ordre

Le Gendarme de Saint-Tropez : coulisses d'une saga culte | CineComedies

 

Respect du confinement, sécurité routière, feux de forêt… La gendarmerie des Vosges envoie des messages de prévention pleins d’humour sur son compte Twitter. Un comique particulièrement bienvenu en ces temps de crispation avec la population, par Stéphanie Marteau

 

On peut s’habiller en total look bleu marine et avoir le sens de l’humour. C’est ce que démontrent quotidiennement les gendarmes des Vosges, à la tête d’un compte Twitter très remarqué pour ses posts sarcastiques, très éloignés de la communication institutionnelle à laquelle la maréchaussée était jusqu’alors habituée… Un ton très libre qu’ils conservent même en ces temps de très fortes crispations entre forces de l’ordre et population, et alors que le sujet, soulevé par l’article 24 de la loi « sécurité globale », a provoqué une inédite crise politique entre le gouvernement et sa majorité.

 

Chaque jour, le lieutenant-colonel Brice Mangou (42 ans) et deux de ses adjoints, accros aux réseaux sociaux, consacrent leur temps libre à produire deux messages qui allient prévention et humour grinçant, en veillant à se tenir loin des polémiques. Né en 2018, @Gendarmerie088, qui a 22 000 followers, est désormais le premier compte départemental de la gendarmerie. « On est même “likés” par l’ex-présidente du Medef Laurence Parisot, Anne Hidalgo et des parlementaires », s’amuse un gradé.

 

La suite ICI

 

88 - Gendarmerie des Vosges @Gendarmerie088

9 déc.

 

Image

 

Par temps froid, les animaux sont attirés par la chaleur des moteurs venant de tourner.

 

Si vous entendez miauler, pensez à soulever le capot de votre véhicule.  Si vous entendez meugler, pensez à... Non, rien.

 

Partager cet article
Repost0
17 décembre 2020 4 17 /12 /décembre /2020 06:00

 

L’espion qui venait du froid, publié chez Gallimard en 1964, je l’ai lu plus tard étant étudiant, ce fut un choc, nous étions en pleine guerre froide, le rideau de fer, en septembre 68 les chars des pays frères à Prague écrasaient le gouvernement de Dubcek, le mot liberté prenait tout son sens, et comme l’écrit bien mieux que moi Marc Porée dans AOC (voir plus bas), John Le Carré qui avait fait ses classes dans les services secrets britanniques, a élevé le roman d’espionnage, genre dit « mineur », au rang d’art majeur.

 

Sa couleur de prédilection ?

 

Le gris.

 

Un gris terne, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille. Mais un gris fait de diverses nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face. »

 

 

« La plupart des lecteurs pensent que ses inoubliables romans d’espionnage devaient avant tout à sa propre expérience d’espion pour le compte du MI5 et du MI6. Mais pour ce critique britannique, c’est méconnaître l’histoire personnelle du romancier dont la mort a été annoncée dimanche 13 décembre.

 

 

Auteur de plus d’une vingtaine de romans, John le Carré est mort samedi 12 décembre, a annoncé son agent.

 

 

« C’est avec une grande tristesse que je dois annoncer que David Cornwell, connu dans le monde sous le nom de John le Carré, est décédé après une courte maladie (non liée au Covid-19) en Cornouailles samedi soir. Il avait 89 ans. Nos pensées vont à ses quatre fils, à leurs familles et à sa chère épouse, Jane », a indiqué Jonny Geller, PDG du groupe Curtis Brown, agence artistique basée à Londres.

 

 

« Il semble pour ainsi dire indéniable que John Le Carré est le plus grand auteur de romans d’espionnage de tous les temps, mais, de son point de vue, personne n’en comprenait la raison », affirme Jake Kerridge dans The Daily Telegraph. » ICI

 

 

« L’espion qui venait du froid (Gallimard, 1964 pour l’édition française), qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, ne reflétaient que peu la réalité des services secrets britanniques de l’époque, selon le journaliste. Comme l’avait fait valoir Le Carré lui-même lors d’un entretien :

 

 

« L’espion qui venait du froid’ n’aurait jamais été publié s’il avait raconté la réalité, j’étais encore dans les services [à l’époque de la parution]. Mes supérieurs l’ont laissé passer au prétexte qu’il ne reflétait pas la vérité et ne révélait aucun secret. »

 

 

Comme je ne suis pas un spécialiste de John Le Carré, je vous propose quelques hommages : du Monde, du Temps, de Pierre Haski, et bien sûr celui de Marc Porée.

Le romancier britannique John Le Carré, ici en 2017.

Le romancier britannique John Le Carré, ici en 2017. © AFP / DPA / Christian Charisius

Le maître du roman d’espionnage John le Carré est mort à l’âge de 89 ans ICI

 

« L’Espion qui venait du froid » le rendit célèbre dans le monde entier. Après une carrière de diplomate, brièvement espion lui-même, John le Carré s’est consacré à l’écriture et laisse derrière lui plus d’une vingtaine de romans.

Par 

Publié le 13 décembre 2020 

 

John le Carré, infiltré en littérature ICI

 

REVUE DE PRESSE

Happé à Berne par le monde du renseignement, le romancier décédé hier soir a à jamais changé l’image de la guerre froide mais a toujours renouvelé ses combats, le dernier étant celui contre le Brexit. Hommages de la presse

Catherine Frammery Publié lundi 14 décembre 2020

 

Il faudrait citer (presque) tous les journaux du monde ce lundi, tant les hommages sont nombreux, appuyés et généreux pour le romancier britannique décédé hier soir d’une pneumonie à l’âge de 89 ans. Une histoire qui aurait été sans nul doute très différente sans la Suisse. Sans la Suisse, il n’y aurait pas eu John le Carré. Car c’est là que tout a commencé vraiment.

 

Cela en fera rire plus d’une, c’est pour apprendre l’allemand classique que John le Carré, qui s’appelait alors David Cornwell, est venu étudier à Berne en 1949. Son enfance avait été plus que rude entre un père fantasque et voyou et une mère partie lorsqu’il avait 5 ans, il avait 16 ans, et «était lassé du système d’éducation britannique», écrit le Washington Post. «C’était à peu près aussi intelligent qu’apprendre le français classique à La Nouvelle-Orléans», a d’ailleurs reconnu John le Carré lui-même à la Berner Zeitung en 2009, quand l’Université de Berne lui a décerné un doctorat honoris causa.

 

Il n’empêche: «J’y suis resté de 1948 à 1949. Je venais de fuir le système d’éducation britannique avec le sentiment d’être «incomplet». J’avais un besoin urgent de m’inventer. Berne était pour cela un endroit très excitant. Un haut lieu du renseignement», écrira-t-il plus tard dans ses mémoires, Le Tunnel aux pigeonscité dans la nécrologie du Monde. Et c’est à Berne, dans ces années 1948-1949, qu’il est approché pour la première fois par les services secrets britanniques. «L’espionnage, c’est comme les histoires d’amour, tout tient au hasard des rencontres. Un jour que je me sentais particulièrement seul et mélancolique, je m’étais rendu à l’église. Il y avait là un couple étrange qui, me voyant à ce point désemparé, m’a invité à prendre une tasse de thé, puis m’a convaincu que mon pays avait besoin de moi. J’étais trop jeune pour avoir connu la Seconde Guerre mondiale, mais j’étais habité par un fort sentiment de patriotisme. Et surtout, le monde du secret m’attirait. Je dois dire qu’en le pénétrant, j’y ai découvert un refuge!»

 

La suite ICI 

Le Chant de la Mission: Amazon.fr: John le Carré: Livres

Pour comprendre la guerre au Congo, lisez John Le Carré ICI

Par Pierre Haski

Publié le 02 novembre 2016 

 

Chaque jour, je reçois un e-mail de la Coordination des affaires humanitaires des Nations Unies à Goma, dans la province congolaise du Nord-Kivu, m’informant de l’état des combats et des populations déplacées dans cette région de l’Est du Congo. Ces e-mails ont commencé à devenir obsédants alors que je terminais la lecture du « Chant de la Mission », le dernier roman de John Le Carré.

 

Les e-mails de l’ONU, c’est-à-dire la réalité, me parlent des combats qui opposent l’armée congolaise aux partisans du général tutsi Laurent Kunda et aux maï-maï, faisant quelque 350 000 personnes déplacées dans la région. Le dernier communiqué fait état de combats « substantiels » dans le district de Masisi, d’un quartier de Goma encerclé et fouillé par l’armée qui a trouvé des armes et arrêté quatre personnes, etc.

 

Le livre de John Le Carré, une fiction donc, me parle de la même chose, revue et corrigée par un romancier, maître du roman d’espionnage au temps de la guerre froide, recyclé dans les conflits de l’après-guerre froide. Un monde dans lequel les guerres du Congo ne sont plus le sous-produit des affrontements Est-Ouest, mais des conflits aux raçines ethniques ancestrales, doublées des appétits que suscitent les richesses du sous-sol.

 

La suite ICI

 Profil ICI AOC m'offre 3 lectures gratuites, parce que je suis inscrit sur son site, que j'utilise rarement. Je vous offre la lecture en vous évitant la procédure d'inscription. Vous pouvez aussi cliquer sur le lien ci-dessous.

Cinquante nuances de Le Carré

Par Marc Porée ICI

PROFESSEUR DE LITTÉRATURE ANGLAISE

 

 

John Le Carré est mort samedi. L’écrivain, qui avait fait ses classes dans les services secrets britanniques, a élevé le roman d’espionnage, genre dit « mineur », au rang d’art majeur. Sa couleur de prédilection ? Le gris. Un gris terne, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille. Mais un gris fait de diverses nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face.

 

Un géant des lettres britanniques s’est éteint samedi dernier. Héritier de Charles Dickens et de Joseph Conrad, l’auteur de L’espion qui venait du froid (1963) a élevé un genre mineur, le roman d’espionnage, au rang d’art majeur. Mais, reprenons. Comme à chaque fois qu’un écrivain tire sa révérence, il est bon de réfléchir à la trace qu’il laisse. Aux circonstances qui ont fait de lui l’auteur qu’il est devenu. À ce qui l’aura maintenu en vie, alive and kicking, comme disent les Anglais. Le genre ne change rien à l’affaire. Pas plus que le Zeitgeist.

 

 

C’est son statut, figuré cette fois, d’agent double, qui a fait de l’ancien espion au service du Secret Intelligence Service un véritable écrivain. « Un agent double se met au service de camps apparemment antagonistes, mais il y a trahison et trahison », posait Pierre Mertens au seuil de l’étude consacrée à L’Agent double (1989). Les trahisons qu’évoque Mertens sont celles qu’il prête à Marguerite Duras, Julien Gracq, Milan Kundera, etc. Le Carré n’y figure pas, mais sa place est à leurs côtés, dès lors que tout écrivain conspire, triche, ment, trahit, pour de vrai comme pour de faux. Du reste, les faux monnayeurs que sont les romanciers finissent toujours par « épouser les deux faces d’une même… “cause” », écrit Mertens, mais on comprend « pièce ».

 

 

C’est ainsi que les écrivains qui se sont faits espions, au même titre que les espions qui sont passés, avec armes et bagages, du côté de l’écriture, ne comptent pas pour rien, en tout cas pas chez nos voisins d’en face.

 

 

Christopher Marlowe, ami et rival de Shakespeare, a espionné pour le compte de Francis Walsingham, très proche conseiller de la reine Elisabeth. Daniel Defoe, avant de s’embarquer dans la création de Robinson Crusoe, a tenu un rôle d’agent de liaison auprès du chancelier de l’Échiquier de l’époque. Au tournant du XXe siècle, Rudyard Kipling s’empare d’enjeux hautement stratégiques : au nord du sous-continent indien, là où les tensions entre Afghans, Russes et Britanniques menacent la sécurité des frontières, ainsi que l’avenir des empires, Kim, le personnage caméléon de son roman éponyme de 1901, travaillera à la viabilité géopolitique du « Grand Jeu ». D’origine polonaise, Joseph Conrad crée L’agent secret, l’un des tout premiers romans d’espionnage (et de terrorisme), en 1907, avant de récidiver avec Sous les yeux de l’Occident (1911). Lui emboîte le pas Graham Greene, avec son scénario, Le Troisième homme, devenu roman en 1949. Etc.

 

Sa dette, Le Carré la connaissait, tout comme sa place dans la lignée. Bon sang d’agent double ne saurait mentir. Mais les livres ne sont pas tout. Ses vraies classes, il les fit auprès du SIS, au plus froid de la Guerre du même nom. Les services secrets eurent l’intelligence d’offrir à David John Moore Cornwell ce à quoi il aspirait : la sécurité d’un milieu protecteur, les paroles qui flattent l’égo, le sentiment d’œuvrer pour sa patrie, dans un contexte marqué par le passage à l’Est d’une génération de jeunes et brillants intellectuels, ses contemporains en la personne Kim Philby, Guy Burgess et autre Anthony Blunt. À rebours des marxistes qui avaient investi les universités britanniques, Cornwell embrassa la cause du « monde libre » – sans mesurer de quelles cyniques hypocrisies elle s’entoure, ni de quelles mortelles entorses à la fairness elle se paye.

 

 

Avec la chute du Mur, en 1989, on a prétendu que son inspiration n’y survivrait pas. On se trompait lourdement.

 

 

Secrétaire d’ambassade à Bonn, consul à Hamburg, entre 1959 et 1964, il forgea ses armes dans le renseignement, avant d’être contraint de rompre les ponts. L’espion qui venait du froid (1963) marque, non pas ses débuts littéraires, qui remontent à 1961, avec L’Appel du mort, mais son entrée dans le grand bain. En levant un coin du voile sur la machine à fabriquer les agents secrets, il trahit les « siens » une première fois, mais ce ne sera pas la dernière. On lui fit le reproche de porter sur le devant de la scène des choses qu’on préfèrerait taire. Il n’en avait cure. Tout autres étaient les secrets qu’il traquait, relevant du « misérable petit tas de secrets » que cache l’homme, selon Malraux. Son « grand jeu » à lui fut existentiel, quasi métaphysique, tout autant que moral et politique.

 

 

Sa carte maîtresse ?

 

 

Duplicité et dissimulation. Son personnel romanesque ? Les agents, ceux qu’on retourne, qu’on forme ou dont on lave le cerveau, qui font défection, vous claquent dans les pattes ou se font prendre le doigt dans le pot de confiture (de miel, en anglais).

 

 

Sa couleur de prédilection ?

 

 

Le gris. Un gris indéfinissable, sale, terne, fatigué, exsangue, comme l’était le bloc soviétique dans les représentations de l’époque, couleur muraille, en somme, à l’image d’une Twilight Zone située à égale distance du blanc et du noir, du bien et du mal. Gris des ambiguïtés morales dont Le Carré s’est fait l’expert. Nuances de gris, à même le textile qui tient lieu de « couverture », à ne plus savoir les compter, plus de cinquante au bas mot, coups tordus et manipulations comprises. Nuances, car rien, dans le monde des officiers du renseignement, n’est autre que très subtilement infiltré, toujours au bord de se fondre dans le camp d’en face. Avant l’exfiltration finale.

 

 

Avec la chute du Mur, en 1989, on a prétendu que son inspiration n’y survivrait pas. On se trompait lourdement. Le Carré a rebondi ; il s’est renouvelé, a élargi son aire géographique, en se tournant vers des continents (l’Afrique de La Constance du jardinier), des problématiques (les expérimentations hasardeuses auxquelles se livrent certains grands groupes pharmaceutiques) a priori fort différentes. En quittant le pré carré qui était le sien, Le Carré a étendu sa toile à l’ensemble de la planète, ne faisant qu’amplifier son dézingage tous azimuts des institutions par lesquelles nous sommes gouvernés. L’ancien professeur (de français) à Eton, la public school des élites, en savait un rayon sur les soi-disant « piliers » de nos démocraties occidentales. Il n’aura eu de cesse de radiographier ce qui nous tient lieu, à nous Occidentaux, de rempart ou de bouclier. Et qu’on nous cache, au nom de notre sécurité collective.

 

 

L’Histoire, qui est un éternel recommencement, lui a donné raison ; attendant son heure, il assista à celle de la guerre froide rétablie dans ses droits. Tout comme il n’est pas de polar sans « fronts » socio-politiques et criminels, il n’existe pas de roman d’espionnage sans vision du monde un tant soit peu « globale ».

 

 

Il faudra sans doute un jour réécrire de fond en comble les histoires de la littérature anglaise contemporaine. À de rares exceptions près, elles font l’impasse sur l’apport qui fut le sien. On parlait de lui régulièrement, pourtant, pour le Nobel. Ses romans avaient sans doute le tort de se vendre, d’être populaires. Etaient-ils pour autant traditionnels ? Bien qu’écrits dans une veine réaliste et référentielle, ses romans sont le pendant des récits, merveilleux ou fantastiques, comme on voudra, de J. R. R. Tolkien, autre grand cartographe de nos récits de guerre, de nos affrontements mondialisés. L’un et l’autre embrassent large et vivent de cryptage, donnant à déchiffrer, pour l’un les dessous de la paix armée que l’on a sous les yeux, pour l’autre, la bataille qui fait rage en des terres inconnues, mais d’où nous parviennent des échos familiers. Les deux ont à cœur la survie d’un espace européen, aussi solidaire que possible. Tirés de la longue galerie des personnages de Le Carré, deux personnages resteront à tout jamais dans la mémoire collective : George Smiley et Karla.

 

 

Le premier est l’anti James Bond. Chauve, court sur pattes et bedonnant, Smiley abrite son regard de crapaud derrière des verres à triple foyer. En théorie, quand s’ouvre La Taupe, premier volume de la trilogie qui lui est consacrée, il a la cinquantaine bien avancée, mais son départ à la retraite ne pourra empêcher qu’il flotte perpétuellement entre deux âges. Si son vestiaire est catastrophique, sa monstrueuse mémoire, en revanche, fait des miracles. Sa femme le cocufie à répétition, sans qu’il en soit outre mesure meurtri.

 

 

Jusqu’à son dernier souffle, Le Carré aura écrit au plus près du « terrain » (d’opérations), entretenu le mythe d’une « course » éperdue et sans fin contre le temps et la mort.

 

 

Effacé, mais c’est une ruse, se faisant passer pour un doux imbécile, il se tient en retrait, alors que sa position au centre de la toile d’araignée tissée par le « Cirque » (nom de code des services secrets, sis à Cambridge Circus, Londres) fait de lui le plus cultivé, mais aussi le plus implacable des prédateurs. Sans beaucoup bouger, dès lors que tout se trame à distance, il surveille, épluche nuit et jour des rapports, se torture les méninges, car chaque mission est un pari, un risque à prendre, un coup hasardeux à jouer sur l’échiquier du monde. Fondamentalement sceptique et revenu de tout, il passe le plus clair de son temps à ruminer. À ressasser des pensées dont beaucoup sont sombres ou mauvaises.

 

 

Les romans de la saga des Smiley n’ont d’action que le nom. La seule qui vaille est mentale, cérébrale, faite d’introspection et d’examen de conscience – que les Anglais nomment soul-searching. Au final, l’homme qui sourit peu et commet un minimum d’erreurs pour un maximum d’opérations entreprises, endosse l’image du père, un père largement absent, que Le Carré n’aura jamais eu, mais qu’il se sera fabriqué sur le papier.

 

 

Smiley a pour double, au sein des « Mythologies » de Le Carré, Karla, son homologue à l’intérieur de la machine soviétique, dont le hasard a voulu, autrefois, que leurs routes se croisent. Il est peu ou prou à Smiley ce que le Professeur Moriarty est à Sherlock Holmes. Son ennemi (idéologique), mais, en vérité, son frère d’armes – sans doute parce que la littérature anglaise n’en finit pas de rejouer des affrontements millénaires entre frères siamois. Rien de manichéen, ici, pourtant, les vrais adversaires étant souvent, non pas à l’Est, mais at home, dans la place, du « bon » côté du bientôt ex-Rideau de fer. Après un peu moins de trente ans d’absence, en 2017, Smiley reprend du service dans L’Héritage des espions. Rebond, à nouveau, et relance d’un héritage pour lequel n’est envisagée aucune mise au rancart.

 

 

Autre double fictionnel : Rick Pym, père de Magnus Pym, officier de renseignements et protagoniste d’Un parfait espion (1986), sans doute le plus personnel des romans de Le Carré. Haut en couleur, à l’image du père biologique Ronnie Cornwell, tel est Rick, et le livre s’ouvre sur son enterrement. Mais il ne cesse de faire retour, tel un revenant, tel Hamlet senior, à la faveur de mauvais rêves ou de flashs mémoriels. L’escroc international et arnaqueur de première fait honte à son espion de fils. L’abuseur chronique ment comme il respire, et la liste des victimes qu’il aura dupées est longue comme le bras.

 

 

Rétrospectivement, le récit prend des airs de vertigineuse traversée du miroir, les mémoires de Le Carré, parus sous le titre Le Tunnel aux pigeons (2016) venant confirmer, des années plus tard, la véracité du « mentir-vrai » fictionnel. Rick et Ron ont beaucoup, sinon tout, en commun. Cornwell, qui avait coutume de dédicacer en lieu et place de Le Carré, aura vampirisé le fils, lequel commencera par se dépouiller du nom-du-père – où il faut entendre, selon Lacan, les « non-dupes errent ». Avant de devenir délinquant à son tour, un délinquant sous nom d’emprunt et à peine plus respectable, puisque se faisant payer ses livres… en livres sonnantes et trébuchantes… pour prix de ses mensonges plus vrais que nature.

 

 

Agent Running in the Field, paru en 2019, prend le Brexit pour cible, se livrant à un véritable jeu de massacre contre la classe politique dans son ensemble, pouvoir comme opposition, avec, dans le rôle du responsable en chef du désastre annoncé, l’inénarrable Boris Johnson. Misanthropie fielleuse et universelle, avait-on insinué à l’époque, sans voir combien la colère, l’indignation, outre qu’ils constituent de puissants ressorts narratifs, maintiennent à flot l’énergie vitale.

 

 

Les signes et signaux présents dans le titre anglais parlaient pourtant d’eux-mêmes : jusqu’à son dernier souffle, Le Carré aura écrit au plus près du « terrain » (d’opérations), entretenu le mythe d’une « course » éperdue et sans fin contre le temps et la mort, se sera plu à cultiver, aux fins de le lâcher dans la nature, mais aussi sur un court de badminton, un type d’« agent » secret ne ressemblant en rien à 007, alias James Bond, mais portant la marque, désormais à jamais déposée, de Le Carré. À savoir, toujours et encore, le rebond.

 

 

Retiré en Cornouaille, désabusé par la marche d’un monde ne tournant pas très rond, Le Carré s’était mis à dos une bonne partie de l’establishment britannique par ses sorties assassines et délibérément non consensuelles. Salué au lendemain de sa mort comme un grand d’Angleterre, l’Européen convaincu laisse derrière lui une petite England et un royaume bientôt désuni. Sans oublier sa traductrice française, Isabelle Perrin, qui se sera beaucoup mobilisée pour asseoir sa réputation, aujourd’hui inconsolable et comme « orpheline ». Le Carré, lui, court toujours…

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 06:00

Vicky Krieps (Alma) et Daniel Day-Lewis (Reynolds Woodcock) dans « Phantom Thread », réalisé par Paul Thomas Anderson. LAURIE SPARHAM/FOCUS FEATURE

À toute chose malheur est bon, le confinement me fait découvrir des films d’exception que je n’ai pas vu en salle.

 

 

Phantom Thread de Paul Thomas Anderson avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville, 2 h 11 est de cette veine.

 

 

 

Daniel Day-Lewis fait partie des derniers grands acteurs, il « a annoncé qu’il tenait là son dernier rôle à l’écran. En attendant de savoir s’il se met à la retraite comme Greta Garbo ou comme Sarah Bernhardt, Phantom Thread donne la mesure du vide que Daniel Day-Lewis laissera. »

 

 

Daniel Day-Lewis, aux extrêmes de l’incarnation

 

L’acteur s’approprie ses personnages par une maîtrise totale de leurs gestes. Un investissement tel qu’il pense à chaque fois raccrocher. Son rôle d’un grand couturier dans « Phantom Thread » pourrait lui valoir un quatrième Oscar.

 

Pour Phantom Thread, il a passé un an auprès d’un maître costumier du New York City Ballet, Marc Happel, à perfectionner la broderie de la boutonnière. « On répète souvent, assure l’acteur, qu’en accomplir une centaine, gansée ou passepoilée, constitue un rite de passage, je m’y suis plié. » Il a également travaillé la technique, plus difficile à ses yeux, du drapé, dessinant des croquis à n’en plus finir. Il a eu des moments d’euphorie.

 

Dans sa manière de tenir les ciseaux, par exemple. Beaucoup s’en emparent avec lourdeur, avec la crainte d’endommager le tissu. Lui, à l’inverse, avait un usage aérien de l’outil pour, à chaque fois, couper avec la précision d’un laser, sur une surface réduite, avec plusieurs épingles dans la bouche.

 

Lire ICI

 

Phantom Thread : Jordan Peele a adoré le film de Paul Thomas Anderson -  CinéSéries

 

« Phantom Thread » : l’amour sous toutes les coutures

par Thomas Sotinel publié le 13 février 2018

 

 

Parmi toutes les gemmes que l’on accumule deux heures durant, en suivant ce « fil fantôme » qui donne son titre au film, il y a cette réplique : « Voyez-vous, l’aimer, lui, fait que la vie n’est plus un grand mystère. » On aimera Phantom Thread comme Alma (Vicky Krieps), l’immigrée d’Europe centrale, aime Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), le couturier londonien. En s’abîmant dans le labyrinthe d’énigmes et d’illusions qui courent sous l’élégante surface du huitième long-métrage de Paul Thomas Anderson comme sous le maintien de gentleman du premier rôle masculin, au risque de réduire les autres films du moment à de simples évidences. Il est impossible d’évaluer le nombre de visions qu’il faudrait pour en épuiser les ressources.

 

Pourtant, rien de plus simple en apparence. Quelques années après la fin du Blitz, Reynolds Woodcock vit et travaille dans une belle maison de l’Ouest londonien. Chaque matin, il prend son breakfast en compagnie de sa ­conquête du moment et de Cyril (Lesley Manville), sa sœur, qu’il appelle affectueusement « my old so and so » (« ma vieille machine »), pendant que les employées de la maison Woodcock gravissent l’escalier de service jusqu’à l’atelier.

 

La suite ICI 

 

Phantom Thread - Critique

 

Télérama

 

Critique par Pierre Murat

 

Dans les années 1950, Reynolds Woodcock est un couturier londonien fêté dont on se demande, tout de même, s’il a du talent, tant ses robes, toutes destinées à des altesses hors du temps, sont aussi glacées et figées qu’elles. Il ne pense qu’à son art et à sa mère, vit avec sa sœur, qui prend un visible plaisir à se débarrasser de ses conquêtes lorsqu’il s’en lasse. Mais la servante d’auberge qu’il choisit pour nouvelle égérie, Alma, diffère de toutes les autres. Woodcock tente bien de la réduire en utilisant ses armes habituelles — la séduction et la muflerie —, mais elle ne se laisse pas faire. Elle résiste, ce qui lui vaut des attitudes et des répliques de plus en plus blessantes…

 

 

Ce film aux sentiments engoncés et aux décors asphyxiants (avec ses escaliers étroits et ses murs resserrés, la maison de couture ressemble à un goulet d’étranglement) est probablement le plus cinglé jamais tourné par Paul Thomas Anderson. Certes, on n’y voit pas pleuvoir des grenouilles, comme dans Magnolia (1999). Mais avec ce couple que l’art réunit et que le quotidien sépare, le cinéaste a l’insolence de célébrer la passion, la démesure, l’amour fou qui se nourrit de tout, même du sadomasochisme, pour exister encore et toujours. Accepter de s’oublier, au risque de se perdre : François Truffaut avait évoqué ces tourments, jadis, dans La Sirène du Mississippi. Paul Thomas Anderson les porte jusqu’à l’incandescence.

 

Unanimité au "Masque" sur "Phantom Thread" de Paul Thomas Anderson : c'est un chef d'oeuvre magnifique ! ICI 
par France Inter publié le 
Partager cet article
Repost0
12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 08:00

L'Enfer de Dante, illustré par Gustave Doré (1891)

C’est lui qui l’écrit.

 

J’avoue que je suis fasciné par cette forme d’impudeur d’afficher en mots sur les réseaux sociaux ses maux.

 

C’est l’air du temps, et même avec un masque il y flotte des relents d’ego survitaminé.

 

Je vous livre ce que nous révèle son site :

 

 

Après 21 jours de lutte contre le covid, Michel Onfray reprend la plume pour nous envoyer un témoignage digne des enfers de Dante. Et nous annoncer une formidable nouvelle: il en est sorti!

 

Dimanche 6 décembre, 4h16 du matin. Je suis réveillé brutalement par une douleur que je connais bien: c’est celle de l’infarctus. Je me lève, d’un bond, comme si je ne voulais pas mourir allongé, mais debout, foudroyé. C’est le cerveau reptilien qui décide de ces choses-là, aucunement le cortex. J’avise le bout de mon lit, la moquette noire, la porte qui va vers la salle de bain, je pense que je vais tomber-là, tout seul, entre les deux, à mi-chemin de mon petit tas de vêtements posés par terre et de la porte miroir en galandage sur laquelle la nuit fait encore à cette heure-ci des reflets bleus et noirs...

 

L’horloge charnelle ignore les secondes et les minutes. Elle est en noir et blanc. C’est la mort ou la vie. Certes, toute cela se compte sur un cadran. C’est une poignée de secondes. Si je ne suis pas mort c’est que je suis vivant, dit l’animal en moi. Dès lors, le cortex pointe un peu son mufle.

 

Cette douleur n’est pas exactement celle de l’infarctus. A quelques jours près, à l’articulation de novembre et de décembre, l’Avent des catholiques, c’est la date de mon infarctus le 30 novembre 1988, mais aussi celle du décès de mon père dans la nuit… du 30 novembre 2010. Les freudiens y verraient un moment symbolique, les chrétiens aussi - les premiers héritent d’ailleurs plus qu’ils ne le croient des seconds…

 

Vieille douleur présente, l’infarctus du siècle dernier coupait comme une pointe et tallait comme une lame de rasoir. C’était un genre de foret trempé d’acide, brûlant comme un soleil noir, qui entrait à la manière d’une aiguille brûlante dans du beurre et fondait le muscle pour le transformer en douleur. Puis ce point devenait fente comme dans une peinture de Lucio Fontana: une ouverture dans la chair avec ses deux bords éloignés et souffrants.

 

Était-ce cette douleur-là trente-et-un an plus tard ?

 

Pas exactement…

 

La suite ICI 

 

Petit résumé dans Paris-Normandie édition Argentan/

 

Le philosophe d'Argentan (Orne) Michel Onfray est guéri de la Covid-19 après 21 jours de lutte. Dans un témoignage "digne des enfers de Dante", il raconte ses "500 heures d'enfer".

Par Lea Dall’Aglio

Publié le 7 Déc 2020

 

Il s’en est sorti ! Michel Onfray avait contracté la Covid-19 mi-novembre 2020, en rentrant d’Arménie.

 

Le philosophe d’Argentan (Orne) raconte dans le détail sur son site internet les « 500 heures » d’enfer qu’il a vécues.

 

Son ami et co-fondateur de la revue Front populaire Stéphane Simon avait donné de ses nouvelles, qui n’étaient alors « pas bonnes » : grosses fièvres, migraines, douleurs à l’estomac… Il n’était pas épargné.

 

Je sais le jour, l’heure et la qualité de l’air de l’endroit dans lequel je me trouvais quand je suis entré dans le covid - alors que le covid était déjà entré en moi. C’était le lundi 16 novembre 2020 vers 17h00, dans le Haut Karabakh (...).

 

 

Le philosophe nous plonge alors dans l’ambiance de cette région en proie à de violents conflits, où « la mort vient du ciel ».

 

Il raconte que personne n’y porte de masques et que le gel hydroalcoolique est absent.

 

Et qu’à la fin de la journée, il est « frigorifié » : « J’entre seul dans ce monde à part », un monde fait de « lumière blafarde ».

 

 

De retour à Paris, son test Covid effectué à l’aéroport s’avère négatif, mais les symptômes perdurent les jours suivants.

 

Il contacte même le professeur Raoult, qui écarte l’administration d’hydroxychloroquine en raison de son « passé de cardiaque ». Il continue de subir.

 

Je suis extrêmement fatigué, épuisé. J’éteins la lumière à neuf heures le soir dans un immense état d’épuisement, je me réveille douze heures plus tard, plus fatigué que si j’avais fait trois nuits blanches de suite. Je ne sors pas du lit.

 

 

C’est pour lui un cauchemar.

 

« Ce cauchemar est en boucle: mais il n’est pas vraiment racontable car il s’apparente plutôt à des états comateux, à des moments d’hallucinations, à des lambeaux de folie arrachés à mon cerveau. »

 

Mais la « punition la plus infernale » est en réalité pour lui le manque d’écriture.

 

Avec ce texte, écrit d’une traite en quatre heures et demi, il a pris sa revanche.

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 08:00

 

 

Ça ne l’étonne pas, il ne s’attendait pas à des miracles les résultats d’il y a 4 ans sont similaires. Cette étude est un indicateur fiable du niveau des élèves mais il ne révèle pas le gros travail qui a été fait en France. Ils étudient le niveau des élèves de CM& et de 4e. En 25 ans nous avons perdu une année de scolarité en mathématiques : 1995 le niveau des élèves de 5e était celui de nos élèves en 4e. Le primaire est le niveau décisif pour les maths.

 

Cédric Villani, mathématicien et député de l'Essonne, réagit à ces mauvais résultats.

  • La France a-t-elle perdu son excellence en mathématiques ?

 

CÉDRIC VILLANI. Pas au plus haut niveau. La recherche se joue sur un très petit nombre de personnes, et ce socle-là existera toujours. La France a des gens excellents, mais en trop petite quantité pour le bon fonctionnement de la société, à une époque d’une mathématisation de plus en plus importante des métiers. Le niveau des élèves en maths était à son meilleur vers 1990, l’année où j’ai passé mon bac. Depuis c’est une baisse constante.

 

Une lente érosion ?

 

L’érosion n’est pas lente du tout ! On est sur un mouvement de grande ampleur, qui ne peut se redresser qu’en 5 ou 6 ans, au mieux. Et pour cela, la clé principale est la formation des professeurs des écoles et elle est en progression, il faut poursuivre. Un exemple : en Corée, dont les résultats sont excellents, le nombre d’heures de formation des enseignants, toutes matières confondues, est cinq fois plus élevé qu’en France !

 

L'étude TIMSS révèle la chute du niveau des élèves français en maths et en  sciences - Sciences et Avenir

 

L'étude TIMSS révèle le décrochage des élèves français en maths et en sciences

Par Sciences et Avenir le 29.11.2016 à 16h24

Bonnet d'âne pour la France selon l'étude TIMSS : les élèves de CM1 et de terminale S ont des résultats inférieurs à la moyenne européenne.

 

TIMSS. L'étude TIMSS (Trends In Mathematics and Science Study) mesure depuis 1995 les performances des élèves en mathématiques et en sciences par niveau scolaire et s’appuie, pour les évaluer, sur les programmes d’enseignement communs aux pays participants. En 2015, les élèves de CM1 pour la première fois et ceux de terminales S (pour la seconde fois après 1995) ont été évalués dans le cadre de cette étude. Et les résultats semblent alarmants puisqu'ils indiquent que les écoliers français ont obtenu les plus mauvais résultats de l'Union Européenne en maths et sont avant-derniers en sciences. Ils ne sont guère plus brillants à l'échelle internationale parmi les 49 pays qui ont répondu à cette enquête. Les lycéens de terminale S affichent, eux, une très nette chute de niveau mais les comparaisons à ce niveau sont moins évidentes.

 

Les élèves de CM1 affichent un score de 488 points en mathématiques et 487 en sciences, en deçà de la moyenne internationale (500) et de la moyenne européenne (527 en maths, 525 en sciences). La tête du classement en maths est occupée par cinq pays d'Asie de l'Est : Singapour, Hong Kong, Corée du Sud, Taïwan, Japon. Le premier pays de l'Union européenne est l'Irlande du Nord, à la 6e place. Pour la seule Union Européenne, la France est tout en bas, juste après la Slovaquie. L'Irlande du Nord, l'Irlande et l'Angleterre sont sur le podium. En sciences, les cinq pays d'Asie pré-cités sont également en tête, suivis par la Russie. La Finlande, premier pays de l'UE, est au 7e rang. Pour la seule UE, la France est avant-dernière, juste avant Chypre. En France, 13% des élèves en maths et 12% en sciences affichent un score inférieur à 400 : ces jeunes "ne prouvent pas qu'ils possèdent des connaissances élémentaires", relate prudemment la Depp, l'agence des statistiques du ministère de l'Education dans un commentaire publié dans la foulée de cette étude. Au ministère on précise également que : "TIMSS 2015 n’évalue pas les effets de la Refondation de l’École engagée depuis 2012 mais l’analyse de ses résultats conforte un certain nombre de mesures prises depuis deux ans". Les instituteurs français se disent bien moins à l'aise que leurs collègues européens pour "améliorer la compréhension des mathématiques des élèves en difficulté""aider à comprendre l'importance des mathématiques" ou "donner du sens" à cette matière selon des questionnaires remplis par les professeurs dans le cadre de cette enquête. Les écarts sont encore plus marqués en sciences. Plusieurs études ont montré que les professeurs des écoles en France étaient en grande majorité issus de filières non scientifiques et éprouvaient plus de difficultés dans la transmission de ces disciplines.

 

TIMSS 2015 a également fait passer des tests à des élèves en terminale scientifique, en maths et physique. Seuls neuf pays ont participé à cette enquête et les comparaisons entre nations sont à manier avec précaution car les terminales scientifiques représentent 21,5% d'une classe d'âge en France, mais entre 2 et 35% dans les autres pays. En maths, les lycéens français se situent dans la moyenne. Mais si l'on ne prend que les résultats des terminales S à dominante maths (les autres sont en spécialité physique ou biologie) ou qui se destinent à une classe préparatoire, ils sont alors dans le groupe de tête, avec la Russie et le Liban.

(JI avec AFP)

 

Pourquoi les petits Français sont-ils de plus en plus mauvais en maths ? ICI

 

Un nouveau rapport vient confirmer la régression des élèves français en mathématiques. Comment l'expliquer? dans un rapport qu'il a co-rédigé en 2018, Cédric Villani pointait notamment le poids social démesuré des maths sur les élèves.

01 oct. 2020 
Partager cet article
Repost0
11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 06:00

 

Oui je suis docteur c’est certifié par l’Université…

 

J’ai été vacciné sans avoir jamais rien demandé.

 

Vu mon grand âge j’estime avoir le droit de me poser des questions sur la nouvelle vaccination anti-Covid-19.

 

Je n’ai aucune religion en la matière, les croyances ce n’est pas ma tasse de thé.

 

Bref, je m’informe et je vous informe, à chacun de choisir puisqu’on nous laisse le choix.

 

 

Vaccin Pfizer-BioNTech : que nous apprennent les nouvelles données publiées ?

 

Dans un long rapport, Pfizer a dévoilé tous les détails concernant les essais cliniques de son vaccin anti-Covid-19, sa tolérance et son efficacité. Voici, condensées, les données importantes à retenir concernant ce vaccin.

 

Elles étaient attendues depuis la parution des communiqués de presse, les données scientifiques détaillées sur le vaccin Pfizer-BioNTech, BNT162b2, viennent d'être diffusées dans un document de 92 pages. Il synthétise toutes les informations concernant les essais cliniques du vaccin contre la Covid-19, de la phase 1 à la phase 3, ainsi que des éléments précis sur l'efficacité en fonction du profil des patients.

 

Pour rappel, dans un communiqué de presse diffusé le 18 novembre, la firme pharmaceutique américaine et son partenaire allemand ont assuré que leur vaccin est efficace à 95 % sans plus de précision. Alors qu'une personne de 90 ans a reçu la première dose de ce vaccin au Royaume-Uni la veille de la parution de ce document, voyons en détail la tolérance et l'efficacité de BNT162.

 

Le saviez-vous ?

 

Le vaccin BNT162 est un vaccin à ARN messager. La seringue contient une multitude de copies de l’ARNm de la protéine S du SARS-CoV-2 encapsulées dans des microgouttelettes lipidiques. Lorsqu’elles pénètrent les cellules, l’ARNm est traduit en protéine S dans le cytoplasme. Les cellules expriment cet antigène à leur surface, ce qui stimule le système immunitaire.

 

À aucun moment, l’ARNm n’interagit avec le noyau de la cellule et l’ADN. Il est d’ailleurs rapidement dégradé par des enzymes cellulaires sans laisser de trace.

 

 

Le vaccin Pfizer-BioNTech a un profil de tolérance classique

La suite ICI 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents