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15 novembre 2019 5 15 /11 /novembre /2019 06:00

Encore un titre à la con !

 

Mais non, démonstration !

 

  • C’est le temps des pommes : Aux Fermes de Gally, l’histoire de la pomme se raconte depuis plus de trente ans.

 

Sorti de terre en 1987 sur la plaine de Versailles pour fournir la cueillette,  notre premier verger compte aujourd’hui 14 ha de pommiers.

 

D’août à novembre, une vingtaine de variétés précoces ou tardives égrènent la saison pour être cueillies à pleine maturité. Il y en a pour tous les goûts !

 

Et celles qui ne finiront pas dans vos brouettes serviront à élaborer notre jus de pomme ou à compléter la gamme variétale proposée dans nos magasins et dans les paniers d’entreprises des Vergers de Gally. Ces derniers présentent également des pommes locales, venant d’arboriculteurs voisins et amis qui, comme nous, cultivent le goût de la qualité et de la diversité variétale ; un savoir-faire unique transmis par les générations qui nous ont précédés.

 

  • Une Pompe aux pommes

 

Quand une recette de pompe aux pommes raconte le quotidien d’une femme dans la solitude du Haut-Forez à travers un livre magistral.

 

Jacky Durand a « déniché une véritable pépite, une sorte de petit carnet de mémoire intitulé « Pas vu Maurice, chroniques de l’infraordinaire » de Laurence Hugues et Claude Benoit à la Guillaume. C’est publié aux éditions Créaphis.

 

L’histoire de ce livre, c’est un bras d’honneur à l’oubli et une belle leçon de résistance des mots. Imaginez une maison abandonnée derrière la montagne, les genêts, les sapins. Il y a des matelas moisis, un calendrier des Postes de 2002, une dame-jeanne encore pleine de gnôle et, et dans une petite boîte verte en métal, Claude Benoit à la Guillaume, photographe et nouveau propriétaire des lieux découvre une quinzaine de carnets, tenus par Marie, une voix de femme dans la solitude du Haut-Forez. Au fil des jours et des saisons, Marie noircit le papier de son écriture serrée en y consignant les travaux, les visites, les morts qui surviennent. C’est la vie qui va tout à la fois minuscule et prodigieuse car elle raconte la petite musique de l’essentiel. Ecoutez :

 

« Marie, elle, elle perd ses chats et ses hommes, un à un, elle met moins de haricots en bocaux, elle fait des choses qu’avant elle ne faisait pas. Piocher des fraises. Ramener des fagots de genêt. Elle perd ses hommes et son carnet se remplit. Moins elle a à faire plus elle écrit. Heure par heure, certains jours. Enfin, il y a Maurice. Le neveu, pas de son côté, du côté du mari. Il vient tous les jours. Ou presque. Elle écrit : « Vu Maurice. Pas vu Maurice. » Maurice qui bricole, qui dépanne. Maurice qui passe manger. »

 

ICI 

 

Marie note tout ce qu’elle cuisine : soupe aux choux, saucisse, foie de cochon. Les menus varient avec les saisons mais il y a des recettes qui reviennent, quels que soient le temps ou la récolte. Comme la pompe aux pommes que nous raconte Laurence Hugues, unissant sa voix à celle de Marie :

 

« Il y en a qui disent pâté mais ça empâte la bouche alors que dire pompe aux pommes c’est déjà s’en régaler. C’est - un dessert facile à faire à la maison. Pas cher -. De la farine, de l’eau, du beurre, les fruits du jardin. De la pâte dessus dessous, au milieu des pommes compotées. Pas de la compote, des morceaux disposés sur le rectangle de pâte brisée, une grêle de sucre. On dessine à la fourchette sur le drap de pâte qui recouvre les fruits. Ensuite on glisse le rectangle dans le four du poêle à bois. On ne décide pas de la cuisson avec un thermostat et des températures préenregistrées, on calcule la chaleur en nombre de bûches et en type de bois. Flambée rapide ou combustion lente, on dose sans manuel traduit du coréen par un logiciel.

 

En rentrant dans la cuisine, on voit les épluchures sur la toile cirée, on respire le parfum chaud qui monte du poêle. On espère que la pompe est bientôt cuite. Qu’un morceau fumant recouvrira la rose un peu effacée, au milieu de l’assiette en pyrex. »

 

ICI

 

Belle Brutale 2017, cidre,

Pommes, sec

Cidrerie du Vulcain, Jacques Perritaz, Fribourg, Suisse

 

Cidrerie du Vulcain Belle Brutale 2017 75cl.jpg

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 06:00

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- Pax je ne vous ai pas fait le coup du renard : 

 

Et bonjour, Monsieur du Corbeau.

 

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

 

Sans mentir, si votre ramage

 

Se rapporte à votre plumage

 

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.

 

Je ne vous ai même pas affublé du titre moqueur de Phare des P.O, alors pourquoi ce soudain revirement ?

 

- Pax est versatile . Il y a peu je vous avertissais que vous ne gagnerez rien avec la flatterie et que votre souhait d’avoir un papier sur les dernières pérégrinations de la mouche du coche n’était pas assuré. Mais le Taulier est fine mouche. Il connaît son pax par cœur. C’est sûr, il lit en lui comme dans un livre ouvert et comme tel, la flatterie était inutile et les termes employés étaient les plus sincères. Le taulier savait fort bien que solliciter l’impénitent graphomane compulsif à qui il s’adressait, ne résisterait pas à son appel. Eu et  bien eu le pax. Voilà donc le cheminement du furet comme dans la chanson. Il est passé par ici il repassera par là.

 

Nous sommes tout ouïe si je puis m’exprimer ainsi… Je vous remercie cher Pax de m’épargner un jour de dur labeur.

 

- Le début d’année commence par Collioure, « Un p’tit séjour d’un mois » comme chante Charles Trenet. Autour du 22 février anniversaire de la mort d’Antonio Machado à Collioure où il est enterré. Epuisé, il s’y arrêta dans sa fuite de l’Espagne franquiste. Chaque ouiken le plus proche du 22 février, se tient, à Collioure l’AG de la Fondation Antonio Machado avec une journée type congrès lors de laquelle interviennent tous les amateurs et chercheurs travaillant « sur » Antonio Machado qui est, en quelque sorte, le Victor Hugo espagnol. 

 

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Son dernier vers trouvé dans son manteau : « Estos días azules y este sol de la infancia » 

 

Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance.

 

Après ces joutes intellectuelles, vous aussi cher Pax vous deviez être épuisé?


 

- Je vous sens un chouïa railleur Taulier mais sachez que pourtant je regagnai la vallée de la Bruche pour travailler. Il faut bien faire acte de présence si on veut garder encore un peu de clientèle. Heureusement cela ne dure pas.

 

Nouveau départ pour Collioure le 29 avril profitant de ce que le vendredi saint est férié en Alsace Moselle . On quitte à nouveau Collioure pour l’Alsace, quelques jours après la Pentecôte. Il a été établi avec les copropriétaires que l’AG de notre immeuble La rocasse,aurait lieu chaque vendredi de Pentecôte pour permettre à chacun de s’organiser pour être présent.

 

Sans que vous ne preniez la mouche ne me dites pas que vous ne vous préoccupiez pas de vos plaisir de bouche ?

 

- Toujours taquin Taulier, bien sûr au retour étape au Café des Alpes à Châtillon-en-Diois, saluer et dîner chez Pierre Jancou.

 

Re-boulot à Strasbourg mais surtout, petit voyage d’étude avec la fac de théologie Sur les traces de Calvin, en France, Noyon, Orléans entre autres, avec Strasbourg bien sûr. On apprend ainsi l’importance de ce grand réformateur, plus profond que Luther avec un rayonnement culturel bien plus important du point de vue de la foi et de la doctrine. Il existe de très importantes communautés, en Corée du sud, en Afrique du Sud et aux Etats Unis.

 

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Intéressant Pax, la Réforme est un sujet que, bien sûr, dans ma Vendée percluse de bondieuseries, de statues de la Vierge Marie, le clergé et les bons frères n’abordaient jamais.

 

  • Collioure encore du ouiken du 14 juillet jusqu’après celui de la Saint Vincent qui est l’occasion d’un superbe feu d’artifice qui rassemble plusieurs milliers de visiteurs ( 200 000 sur 5 jours ) par cars, trains spéciaux etc.

 

 

Que faire à Collioure pendant tant de semaines et cela depuis près de 20 ans. Du tourisme environnant, découverte et redécouverte des vignerons locaux et surtout, bien sûr , les adeptes des vins au naturel

 

Ce n’est ni une coquetterie , ni un tic de ma part que d’utiliser ce terme. Il ressort d’un ouvrage recommandé par le Taulier dans une chronique pas si ancienne que cela. J’ai été convaincu. Tous les vignerons vous diront qu’il font du vin nature mais vu leurs intrants il ne peuvent dire qu’ils sont au naturel. Les marchands de thon en boite l'ont bien compris qui parlent de Thon «  au naturel » ou de thon à l’huile, à la sauce tomate ou autre.

 

Je me réjouis cher Pax de cette conversion mais il n’y a pas que le vin dans votre vie?

 

- La culture est une grande affaire aussi. Concerts dans les églises avoisinantes comme Elne. Mais aussi tout près comme à Notre Dame des Anges la célèbre église de Collioure avec son clocher qui est au pied de notre immeuble La Rocasse. Il suffit de traverser la rue.

 

Il y a aussi des fêtes de voisin ou nous sommes invités pour diverse raisons .

 

 

Les P.O c’est 66.

 

 

Le Bas Rhin c’est 67. Si cela n’est pas voisin, trouver autre chose s’il vous plaît. Et l’on s’étonne tous en cœur qu’il faille faire mille km pour se rapprocher !

 

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On ne récite plus les départements à l’école, préfecture, sous-préfecture...

 

- Les musées et expositions sont une de nos occupations favorites. A Perpignan, le Musée Hyacinthe Rigaud avec, cette année, une très belle exposition tentant un parallèle entre Rodin et le régional de l’étape Maillol. Idée cruelle. Je raffole de Maillol. Quand Malraux ministre de la culture de de Gaulle sortit quelques pièces des réserves des musées pour les installer aux Tuileries, j’ai sauté sur la première occasion pour aller les admirer. Il y en a plusieurs dans les environs de Collioure et surtout à Banyuls où il possédait une petite métairie lui servant d’atelier. Maillol est assurément un grand sculpteur mais c’est désobligeant au possible que de le confronter à l’ogre que fut ce géant de Rodin. L’exposition ne tient que par le fait que Rodin mit fin à la sculpture «monumentale » (cf. l’affaire du monument en hommage à Balzac), voie qu’empruntât également Maillol.

 

Auguste Rodin - Iris, méssagère des dieux - 1895 Aristide Maillol - Léda 1900

 

Vous le savez Pax j’ai arpenté ce département, en long en large et en travers lorsque j’y fit ma mission de médiateur pour tenter de dénouer la crise des Vins doux naturels...

 

- A Elne, petit village avec un superbe cloître en marbre et un petit musée local dédié à un enfant du pays : Terrus. Le musée a été refait et repensé à neuf pour mettre en valeur cet artiste, non dénué de charme et assez coté dans la région. Vlan, à 24 heure de l’inauguration le commissaire de l’exposition révèle que 70 à 80 % des œuvres sont fausses. Scandale ! on en parle jusque dans les colonnes des gazettes Newyorkaises. Les première investigations mettent à jours un important trafic de faux tableaux concernant à peu près tous les peintres locaux ( Willy Mucha, Hanicotte, Balbino Giner Garcia, Martin Vives),et bien sur avec une certain cote. L’enquête piétine car le juge d’instruction part en congé sabbatique pour un an. Un nouveau juge vient enfin d’être nommé et les affaires reprennent . Il s’agit de clore un dossier évident car les 2 malfaisants sont connus mais curieusement peu de victimes ont porté plaintes. A suivre…

 

Une fausse toile de Terrus.

Elne découvre que son musée contient 60 % de faux tableaux ICI 

 

Passionnant Pax vous avez un petit côté Hercule Poireau dans mort sur le Nil… Fin limier, fin gourmet...

 

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- Le séjour du plein été fut entrecoupé d’un séjour à Châtillon- en-Diois pour la fête «  Art et Vignes » histoire de vivre le village d’un peu plus près, de dîner chez Pierre Jancou et licher et parler des vins aux naturel…

 

Là, je le sens, une petite chronique sur ce séjour vous démange, bienvenue au club des graphomanes cher Pax, à bientôt sur vos lignes...

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 06:00

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« I would prefer not to? » le Bartleby le scribe A story of Wall Street d’Herman Melville

 

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Mal du pays

 

« Pierre a repris un charmant café de village dans la Drôme, sur la route des vacances. Il a quitté les écrans radars, jusqu’à ce qu’on retrouve sa trace à Zurich, en juin. Le temps d’un pop-up dans un de ces lieux bouillonnants comme la ville alémanique en connaît tant. Il confiait alors: «La Suisse me manque. J’ai fait le tour de la folie parisienne: si je trouve un lieu qui m’enchante, un projet où on ferait tout maison, du pain aux fermentations, je serais capable de revenir en Suisse… Et puis, tout reste à faire autour des vins nature, encore trop méconnus.»

Pierre Jancou change de «Crémerie» ICI 

 

Julien Battesti est corse

 

 

« Je connais à peine Julien Battesti. Je le croise de temps en temps au Café Sélect, à Paris. Je sais juste que le livre qu’il écrit à propos de la signification cachée de Bartleby et de son caractère messianique va être un événement ; ses intuitions sont très profondes ; les quelques pages que nous en publions sont d’une grande évidence. Je ne savais rien de Michèle Causse avant d’avoir lu son texte, sinon qu’elle était la traductrice, à mes yeux la meilleure, du Bartleby de Melville.

Le blog de Fabien Ribery

 

 

« … j’ai décidé de me rendre à Zurich afin d’aller voir de mes propres yeux les locaux de l’association Dignitas… ICI 

 

« … je tentais d’imaginer Zurich, une ville dont je ne savais pas grand-chose hormis qu’un de ses cimetières abritait la tombe de James Joyce et  qu’une association philanthropique nommée Dignitas y administrait la mort à qui la demandait, ou presque. »

 

« La première chose que je vis, en entrant dans l’hôtel fut une bouteille de liquide désinfectant posée sur le comptoir de la réception, lequel, par sa petite dimension, donnait à l’objet une importance considérable. »

 

« Ma valise posée et mes trois chemises suspendues, je partis dans la ville à la recherche d’un restaurant. C’est à ce moment-là, en commençant d’arpenter les rues, les placettes et les venelles qui descendent vers les rives de la Limmat, que je pris peu à peu conscience de la place centrale qu’occupait dans la sensibilité zurichoise l’idée de désinfection. Car plus qu’une ville propre, Zurich est bel et bien une ville désinfectée. À observer la netteté du moindre banc public, de la moindre plaque d’égout, on serait d’abord tenté de croire à l’existence d’escadrons de nettoyeurs-désinfecteurs appointés par la mairie et constamment sur la brèche, mais à la réflexion, il paraît plus vraisemblable qu’un simple balayeur resterait condamné à l’incompréhension des passants sur ces trottoirs où il n’y a, de toute évidence, rien à balayer, la poussière elle-même ne trouvant que peu de prise tant le sol et les autres surfaces paraissent lisses et comme tendues. Il faut néanmoins entrer dans une de ces églises devenues « temples » pour toucher au substrat métaphysique de la désinfection zurichoise. Des édifices bâtis avant la Réforme tel que la Fraumünster, par exemple, donnent l’impression d’avoir été victimes d’une véritable aspersion au karcher. À l’intérieur, les murs sont nus, les images ont été retirées, les niches vidées de leurs saints et le mobilier liturgique réduit au plus sévère minimalisme. L’art catholique, tout ce qui faisait de ces églises de gigantesques livres symboliques pour les yeux des plus simples d’esprit, semble avoir été lavé, dissous par le puissant détergeant du protestantisme. Avec leurs rangées de bancs design, elles font maintenant penser à de vieux manoirs reconvertis en centres culturels. »

 

 

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5 novembre 2019 2 05 /11 /novembre /2019 06:00
La consommation du vin rouge pique du nez : l’effet vieux, celle de la bière le relève : l’effet jeune, les féniasses de « fonctionnaires » de FranceAgrimer vous éclairent.

Le phare des PO exècre les fonctionnaires, rien que des féniasses qui sucent le sang des travailleurs, faut les éradiquer comme les doryphores qui ravageaient les patates de mon pépé Louis.

 

Les « chanteuses » de louanges de Vin&Société nous serinent que le vin français est un grand secteur économique, mieux que les Rafales…

 

Mais putain y’a cette foutue loi Évin qui freine le bel élan de nos vins sur le marché domestique et maintenant la Buzyn.

 

Et ce fou de Trump s’y met avec ses taxes.

 

Et les rosbifs nous quittent.

 

Et les Chinois, comme d’habitude, se sont mis à en faire.

 

Et la France petit à petit devient un pays de vieux, salauds de baby-boomers !  

 

Et ses petits cons de jeunes vont là où l’herbe est plus verte et moins onéreuse.

 

Les critiques vin sont largués.

 

La GD commence à compresser ses rayons vins, ses foires lassent.

 

Les chefs de la tribu qui siègent à FranceAgrimer, dont peu ont vendu une seule bouteille de vin, regardent depuis 20 ans, ce sont presque toujours les mêmes, passer les trains.

 

Je suis vache mais y’a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

 

Alors, je vous fiche mon billet qu’ils n’ont même pas lu l’étude sur l’ÉVOLUTION DES ACHATS DE BOISSONS ALCOOLISÉES PAR LES MÉNAGES FRANÇAIS ENTRE 2008 ET 2017 pondu par ces ramiers de fonctionnaires de FranceAgrimer.

 

Je vous propose de lire la Conclusion, et si vous êtes plus courageux qu’eux l’intégrale ICI 

 

L’analyse de l’évolution des achats de boissons alcoolisées par les ménages français pour leur consommation au domicile principal confirme une baisse de la consommation de l’alcool concentrée essentiellement dans le segment du vins tranquilles, et touchant principalement son produit phare, le vin rouge, dont la consommation et le taux de clientèle diminuent systématiquement. Si l’analyse des achats de ménages ne permet pas d’informer sur l’effet de changement de pratiques de consommation, elle met en évidence les logiques de remplacement générationnel à l’œuvre dans ce recul des achats du vin tranquille, concurrencé de manière croissante par la bière. Cette dernière bénéficie d’une dynamique positive sur tous les aspects : le taux de pénétration, les quantités consommées, les sommes dépensées, mais aussi en termes de structure démographique de sa clientèle. Son profil se « démocratise » au sens large du terme, dépassant les frontières de revenu mais aussi d’âge ou de région, et se rapprochant de la structure des ménages français. La bière devient ainsi petit à petit un produit généralisé dans l’ensemble de la population comme l’était le vin autrefois, même si elle reste un alcool de choix des jeunes générations et que les plus âgés restent encore largement attachés à la consommation du vin rouge. Par contraste, le vin tranquille affiche un profil résolument âgé, tant sur le vin rouge que sur le vin rosé, et perd progressivement son aspect populaire avec une certaine désaffection des ménages les plus modestes. Les données des achats de ménages confirment également la montée en gamme du segment de vins tranquilles, et notamment du vin  blanc.

 

Dans le segment des vins effervescents, le profil du champagne se fait de plus en plus sélectif, les vins mousseux le remplaçant chez les ménages jeunes ou à faible revenu. La consommation des spiritueux reste globalement stable malgré les dynamiques négatives affectant le taux de consommateurs des deux lignes phares de ce segment, les whiskys et les anisés. Mais ces difficultés ne semblent pas concerner d’autres produits associés à l’apéritif ou aux autres occasions festives de consommation de l’alcool : les autres spiritueux, notamment des alcools blancs de type téquila/gin/vodka, ainsi que les produits intermédiaires (dont les apéritifs à base de vin, en particulier).

 

Les dynamiques positives sur les produits considérés comme adaptés à une consommation hors repas, dont la bière, et la baisse de la consommation de vin tranquille semble en effet confirmer le déplacement de la consommation d’alcool vers des occasions hors repas, l’alcool quittant progressivement l’univers alimentaire au profit de l’univers de loisirs. Il semble également qu’une des clés de succès de ces boissons réside dans leur attrait relatif auprès de jeunes générations, qui pèsent pourtant peu en termes de consommation de l’alcool comparé aux ménages de 50 ans ou plus. La progression des achats du vin rosé et des vins doux naturels/vins de liqueur, stoppée dans son élan par la difficulté d’attirer de nouveaux consommateurs pour ces produits à profil résolument sénior, est à ce sujet éclairante.

 

Au final, la structure des achats de boissons alcoolisées évolue vers plus d’équilibre entre différents types de produits, le vin tranquille perdant progressivement sa position hégémonique. Si la diversification des profils et de modes de consommation semble contribuer à ce rééquilibrage, seules des enquêtes de pratiques de consommation permettraient de le confirmer.

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3 novembre 2019 7 03 /11 /novembre /2019 07:00
De droite à gauche : le ministre du Travail, Robert Boulin, le ministre de la Justice, Alain Peyrefitte, et le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, le 4 juillet 1978, à Matignon (Paris). (PAVUNIC / AFP)

De droite à gauche : le ministre du Travail, Robert Boulin, le ministre de la Justice, Alain Peyrefitte, et le ministre de l'Intérieur, Christian Bonnet, le 4 juillet 1978, à Matignon (Paris). (PAVUNIC / AFP)

Si je me suis intéressé à Robert Boulin c’est pour 2 raisons :

 

  • Un bref passage, de juillet 1968 à juin 69, au 78 rue de Varenne Ministre de l’Agriculture du Général de Gaulle dans le fantomatique gouvernement Couve de Murville.

 

  • Résistant dès 1941 dans le réseau Navarre dont il deviendra le chef, il est engagé volontaire en 1943 et à la Libération il devient avocat à Bordeaux puis à Libourne. Sa carrière politique débute en 1958 quand il devient député UNR de la Gironde, puis maire de Libourne un an plus tard. Il sera constamment réélu député et maire jusqu'à sa mort.
  •  

Bien évidemment ça beaucoup moins frappé les esprits que sa tragique et énigmatique fin dans un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979.

 

 

 

« La Ve République, avec la déferlante UNR post 58, puis ses technocrates énarques, a érigé le «parachutage» en adoubement des nouveaux barons du régime et de ses jeunes turcs. Venus du «ciel» les nouveaux arrivants se devaient pour survivre de s’enraciner dans le terroir de leur circonscription. Le cas Boulin est intéressant du fait des spécificités du « pays Libournais ». En effet, celui-ci montre « une sensibilité aigue, voire épidermique, face aux autres territoires girondins et à la métropole de Bordeaux » Qu’une petite ville 10 fois moins peuplée que sa voisine soit doté d’une succursale de la Banque de France, d’une Caisse Régionale de Crédit Agricole indépendante de celle de la Gironde (le St-Émilionnais est rattaché à cette dernière), d’une Chambre de Commerce et d’Industrie témoigne d’un « patriotisme de clocher » dont le « parachuté » Boulin doté d’une envergure nationale a dû tenir compte en « jouant le jeu » des spécificités du monde du vin libournais.

 

Plus intéressant encore « il a dû également prendre en compte les rivalités de territoires, entre les appellations, les « bons » terroirs et les terroirs banals, « les gros » et les « petits », nombreux dans un Libournais caractérisé souvent par de petites exploitations dotées d’un relief pentu qui compliquait le travail de la vigne, les concurrences multiples d’images de marque, de caractéristiques vinicoles, les rivalités entre le monde du négoce et celui des coopératives (désormais relativement puissantes quoique, à cette époque, fragmentées). Il a dû aussi respecter le chauvinisme du St-Émilionnais, marqué à la fois par un « petit peuple » de vignerons et certaines appellations moins prestigieuses et par une « bourgeoisie » articulée autour de domaines et appellation renommés et surtout d’un réseau de sociabilité dense (compagnonnage, Crédit Agricole) animé à cette époque par la dynastie Capdemourlin : Jean Capdemourlin présidait le Syndicat viticole de St-Émilion et animait la Jurade (recrée en 1948). »

 

La suite ICI 

 

Et puis hier matin :

 

RÉCIT. « LE CRIME A ÉTÉ MAQUILLÉ EN SUICIDE » : 40 ANS APRÈS LA MORT DU MINISTRE ROBERT BOULIN, LE LONG COMBAT DE SA FILLE POUR LA VÉRITÉ

 

LA VIE D'UN HOMME NE PÈSE PAS FACE À L'AMBITION DU POUVOIR

 

Pour tenter de trouver un sens à cette histoire, il faut se remémorer le contexte politique de la fin des années 1970, mélange des séries Baron noir et House of Cards. Dans ces années-là, la droite se déchire. Le RPR (Rassemblement pour la République) de Jacques Chirac mène une guerre ouverte au gouvernement de Raymond Barre et à l'UDF (Union pour la démocratie française) de Valéry Giscard d'Estaing. Les appétits présidentiels du maire de Paris ne sont pas étrangers à ce conflit. Les ministres RPR, dont Robert Boulin fait partie, deviennent alors un enjeu stratégique. VGE envisage même de faire du maire de Libourne son prochain Premier ministre.

 

Giscard avait eu le nez de sentir que s'il plaçait Boulin à Matignon, il coupait l'herbe sous le pied de Chirac. Éric Burgeat, gendre et collaborateur de Robert Boulin, à franceinfo

 

Dans ce contexte, l'affaire de Ramatuelle arrive sur le bureau des rédactions parisiennes. Trois articles sortent dans Minute, Le Canard enchaîné et Le Monde. Il est reproché au ministre d'avoir acheté en 1974 un terrain dans le Var à un escroc, Henri Tournet, alors même qu'une parcelle de ce terrain avait déjà été vendue à des promoteurs normands. "J'ai acheté en 1974 un terrain dans la presqu'île de Ramatuelle par acte authentique devant notaire… et puis mon affaire est terminée", assure Robert Boulin devant le club de la presse d'Europe 1, le 21 octobre 1979, peu avant sa mort. Le ministre a beau se défendre, le poison du soupçon se répand.

 

La suite ICI

 

La ville de Libourne rend hommage à Robert Boulin 40 ans après sa mort, un décès toujours aussi suspect

Suicide ou assassinat ? 40 ans après la mort du ministre du travail de Valéry Giscard d'Estaing et ancien maire de Libourne, le doute est plus que jamais d'actualité. Ce jeudi, la ville de Libourne organise une cérémonie d'hommage en sa mémoire, ouverte à tous. ICI 

Affaire Robert Boulin : des journalistes écrivent à Macron pour réclamer la vérité, quarante ans après

« Depuis 1979, alors que six présidents de la République se sont succédé, cette affaire empoisonne et déshonore la vie politique et civique de notre pays », écrivent les quatorze signataires de la lettre, dont Elise Lucet. ICI

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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 06:00

La Chauve Souris par Buvée

De tout temps les chauves-souris ont frappé l’imagination de l’homme, suscitant peur et répulsion… Animaux étranges considérés comme des êtres aux pouvoirs magiques et maléfiques. Au Moyen Âge, elles étaient associées au malheur, aux maléfices, aux sinistres, on les disait « suppôts de Satan ». Jadis pour éloigner les sorcières ou les vampires elles étaient clouées sur les portes des granges des campagnes.

 

Souris qui vole dans le Centre !

Rate volande à Saint Amé dans les Vosges !

Rate volage dans le lyonnais !

Plein de noms vernaculaires pour ce petit mammifère.

 

Le nom de chauve lui fut donné car ses ailes ne contiennent aucun poil et aucune plume.

 

On racontait que la chauve-souris lançait des insultes et autres blasphèmes lorsqu’elle était brûlée.

 

De cette manière, les villageois indiquaient combattre le mal, comme le rapporte de Gubernatis dans Mythologie zoologique.

 

 

En Alsace, on accusait la chauve-souris à tort de nombreux maux. Elles auraient eu la faculté de tuer dans l’œuf les petits des cigognes ou de manger le lard des porcs sur le dos des animaux encore vivants.

 

Fariboles !

 

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Dracula peut aller se rhabiller, les chauves-souris sont des insectivores En une nuit, une chauve-souris peut consommer près de la moitié de son poids en insectes variés tels que les moustiques et autres parasites de l'Homme, mais aussi des papillons de nuit dont beaucoup d'espèces se développent aux dépens des cultures, des arbres fruitiers… Les chauves-souris se comportent donc comme d'excellents insecticides naturels, et ceci sans empoisonner le sol et l'eau pour des dizaines d'années. Une pipistrelle mange environ 3000 insectes chaque nuit en été.

 

Batman lui est sympa, il combat les forces du mal…

 

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Et ailleurs ?

 

« En Chine, les chauves-souris sont synonymes de bonheur : le mot chinois « FU » signifie à la fois chauves-souris et bonheur. Lorsqu’un mariage a lieu, il est de coutume d’offrir aux jeunes mariés une assiette représentant 5 chauves-souris (pour les cinq bénédictions de la vie) en guise de porte-bonheur.

 

En Afrique, elles symbolisent l’âme des défunts, tandis qu’en Indonésie et en Amérique du Sud, on les considère comme protectrices des maisons.

 

En Papouasie, les chauves-souris sont les gardiennes de la mort, l’empêchant de se répandre sur la terre. »

 

Source : ICI  

 

« Hormis les calottes polaires, les montagnes de haute altitude, les îles particulièrement isolées ou le centre des plus grands déserts, ces mammifères volants ont conquis tous les milieux de la planète. On les trouve dans un nombre impressionnant de gîtes naturels : milieux souterrains, crevasses et fissures des parois rocheuses, sous les feuillages, derrière les écorces ou dans les cavités des arbres. Depuis que l'Homme s'est fait bâtisseur, elles occupent aussi la majorité des constructions, des charpentes aux caves, en passant par les ponts et les ouvrages militaires.

 

Plusieurs dizaines de millions d'années d'évolution ont fait de ces mammifères nocturnes des merveilles d'adaptation. »

 

Source : ICI 

 

Alors vous comprendrez pourquoi la Science s’intéresse aux pipistrelles :

 

Lancé en 2018, ce projet, baptisé Bat1K, entend disposer d’ici à 2020 des génomes complets d’au moins une espèce parmi les vingt et une familles de chauves-souris (six sont déjà pourvues) ; d’ici à cinq ans, d’un représentant de chacun des 221 genres ; et, enfin, d’ici à dix ans, de la carte d’identité génétique de la totalité des 1 400 espèces de chiroptères, de la minuscule chauve-souris bourdon de Thaïlande (2 g) à l’immense renard volant des Philippines (1,2 kg et 1,5 m d’envergure).

 

Trois cents scientifiques, répartis partout dans le monde, se sont vu délivrer une feuille de route et des consignes précises afin qu’ils transmettent à Dublin et à Dresde (à l’Institut Max-Planck), les deux pôles de séquençage, « des échantillons d’une qualité parfaite », insiste Emma Teeling. « Il a fallu treize ans et 3 milliards de dollars [2,7 milliards d’euros] pour décrypter le génome humain ; en dix ans, et avec 10 millions d’euros, nous allons décrypter le quart des mammifères existants », s’enthousiasme-t-elle.

 

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Emma Teeling agite ses longs cheveux blonds et s’anime encore un peu plus :

 

« Elles volent, chassent par écholocation, présentent une longévité exceptionnelle, une immunité unique, le génome le plus court de tous les mammifères et maîtrisent l’apprentissage vocal, sans compter les services écosystémiques considérables qu’elles rendent aux humains, pollinisation des cultures et lutte contre les insectes. Une seule de ces compétences mériterait un tel programme. Les chiroptères les ont toutes. Tenter d’en percer les bases génétiques est un devoir. »

 

Ce mammifère volant – le seul connu –, capable de chasser dans l’obscurité grâce à l’écholocation, d’une longévité exceptionnelle et d’une résistance aux pathogènes hors du commun, cache en réalité plus de 1 400 espèces, soit un quart de la diversité des mammifères. « Un univers dont la plupart des humains ne soupçonnent même pas l’existence », confie Sébastien Puechmaille, maître de conférences à l’université de Montpellier. Et puis, comme tous finissent par le dire, « c’est le monde de la nuit ».

 

Pourquoi l’étude de la chauve-souris, toujours aussi mystérieuse, passionne les scientifiques

Par Nathaniel Herzberg

Publié le 21 octobre 2019

 

Article remarquable du Monde ICI  

 

Une chauve-souris bourdon de Thaïlande.

La chauve-souris bourdon, plus petit mammifère du monde

Prenez une pièce de 1 centime au creux de la main. Placez une pièce de 1 euro devant vous. Le poids de la première, la taille de la seconde : vous avez une idée approximative des mensurations de la chauve-souris bourdon, le plus petit mammifère du monde. Longtemps, le titre a été détenu par la musaraigne étrusque. Mais avec son 1,9 g et quelque 2,8 cm de la tête aux griffes, le « kitti à nez de porc », son autre nom, a remporté le titre sitôt découvert, dans les années 1970.

Une chauve-souris bourdon de Thaïlande. SEBASTIEN PUECHMAILLE

Il faut dire que l’animal ne fait rien pour se faire voir ou entendre. Installé dans quelques grottes de la zone frontalière entre la Thaïlande et la Birmanie, en plein territoire karen, il se guide en émettant des ultrasons à plus de 70 000 Hz, bien au-delà de ce que notre oreille peut percevoir (20 000 Hz). Une méthode d’une extrême efficacité pour ce chasseur hors pair. Lors du dernier congrès mondial sur les chauves-souris, un chercheur a annoncé avoir détecté dans son estomac les traces de 180 espèces d’insectes.

 

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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 06:00
LE MARCHÉ AUX COCHONS « Nous allons prendre le cochon du bienheureux Antoine ; nous en ferons du saucisson avecque de la couenne. » Guy de Maupassant

Octobre, ça sonne grisaille, je passe la plume à meilleure plume que moi, aujourd’hui Guy de Maupassant qui, avant d’être un auteur reconnu, a  fait publier quelques textes courts sous le pseudonyme de « Guy de Valmont », entre 1876 et 1878. Sa première utilisation répertoriée correspond à la publication d’« En canot, » première version de « Sur l’eau, » paru dans le Bulletin français, le 10 mars 1876.

 

Son Marché aux cochons, paru en 1877, dans la revue Musée universel  est donc l’une des toutes premières œuvres de l’auteur de Bel Ami.

 

Tout petit détail pour émoustiller PAX, à la Mothe-Achard, tous les vendredis de foire se tenait sur la petite place, en face de chez Morisset le fabricant de limonade, la foire aux cochons.

 

 

 

Les bœufs vont sans résistance à l’abattoir. Leur lourd bataillon s’avance paisible, dans la rue ; et sur la houle que font leurs dos, on voit osciller, comme des mâts de navires, leurs grandes cornes recourbées.

 

Les moutons, par régiments, vont à la mort, trottinant l’un derrière l’autre, s’arrêtant un moment quand le premier s’arrête, et repartant à l’appel du berger.

 

Mais les misérables cochons devinent le sort qui les menace, ils crient avec fureur en refusant d’avancer ; leur petit œil rond, plein d’un désespoir obstiné, fait peine ; et tout leur gros corps flasque et graisseux a des frissons d’épouvante.

 

Pour faire marcher une vache paresseuse, un âne rebelle, un chien désobéissant, on leur attache une corde au cou, après quoi l’on tire dessus ; – mais pour un cochon : – non pas. – Leurs conducteurs ont inventé le plus invraisemblable des procédés.

 

Vous la connaissez bien, cette affreuse petite queue en tire-bouchon qui semble une ficelle tordue finissant en mèche de fouet. – Elle est solide comme un câble, et suffit à traîner l’énorme ventre de la bête. L’homme se l’enroule au poignet, cette queue, et, comme elle ne se rompt jamais, l’animal vient à reculons glissant sur ses pattes comme sur des roulettes, et grognant de colère et de douleur.

 

Un jour que je rencontrai un paysan halant de la sorte un cochon monstrueux : « Pourquoi, lui dis-je, le traînez-vous de cette façon ? » L’homme cligna de l’œil d’un air fin, et répondit : « Comme ça, pardine, il ne sait pas où il va. »

 

Le cochon est, en tout, un des animaux les plus calomniés.

 

Ne dit-on pas toujours : « Sale comme un porc ? » Il est sale, c’est vrai, mais parce qu’il ne peut faire autrement.

 

Comme le ciel lui a donné un estomac digérant toute espèce de nourriture, il mange toute espèce de choses. De là cette croyance qu’il se nourrit exclusivement des ordures les plus repoussantes ; de là aussi le proverbe : « On n’engraisse pas les cochons avec de l’eau claire. »

 

Mais je voudrais bien savoir quel est celui des animaux, à commencer par l’homme, qui deviendrait gras s’il n’était nourri que d’eau claire.

 

Le cochon aime la fange non pas par nature, mais par éducation et parce qu’on l’habitue à s’y vautrer.

 

Après tout enfin, s’il mange des ordures, il sait aussi trouver les truffes, ce qui prouve qu’il n’a point encore le goût si dépravé.

 

Il a ses illustrations dans l’histoire tout comme le cheval ou le chien. Il a causé la mort d’un fils de roi. Il possède aussi des ancêtres légendaires.

 

Avant Louis VI, surnommé « le Gros », les cochons paissaient librement dans la ville de Paris. Mais l’un d’eux, par maladresse, ayant fait tomber le cheval de Philippe, fils du roi, et ce prince étant mort de sa chute, l’accès des rues, par édit royal, fut désormais interdit aux frères du coupable.

 

Cependant les bons pères de l’abbaye de Saint-Antoine, à force de prières, et grâce à l’intercession des prélats les plus influents, obtinrent la liberté pour leurs troupeaux, à condition qu’ils porteraient désormais une sonnette attachée au cou.

 

J’ai parlé de l’abbaye de Saint-Antoine. – Le cochon le plus célèbre dont la tradition nous ait légué le souvenir est bien certainement le compagnon du saint qui donna son nom à cette abbaye.

 

On connaît très peu son histoire. La voici :

 

Un roi de Catalogne avait une femme qui était très belle et très bonne. Le diable en fut jaloux et, quittant les enfers, il s’introduisit dans le corps de la reine et lui fit commettre les actes les plus inconséquents. Le pauvre roi fut si désolé de voir sa moitié possédée du diable qu’il appela auprès d’elle les moines les plus vénérés, les anachorètes les plus en renom, les évêques les plus pieux. Ils eurent beau faire, réciter des prières tout le jour et toute la nuit, verser des fleuves d’eau bénite sur le corps habité par Satan, le malin ne voulut pas s’en aller et déjoua tous leurs exorcismes.

 

Mais la renommée apporta aux oreilles du roi le nom d’un pauvre ermite qui s’appelait Antoine, doué d’une telle sainteté et d’une telle puissance, disait-on, qu’il suffisait qu’il entrât dans un pays pour en chasser tous les démons. (Aussi comme ils se sont vengés quand Dieu leur abandonna le saint !)

 

Des ambassadeurs lui furent envoyés qui le ramenèrent dans Barcelone, où il rentra au milieu du peuple accouru à sa rencontre et qui s’agenouillait sur son passage.

 

Les portes du palais étaient grandes ouvertes et il arriva près de la reine possédée. Il se mit immédiatement en prière pour savoir à quel genre de démon il avait affaire et, l’ayant reconnu, le chassa d’un signe de croix. – La reine délivrée embrassa le bon saint. Mais voilà qu’à la stupéfaction des assistants on vit entrer dans la chambre une grosse truie qui déposa aux pieds d’Antoine un pauvre petit cochon qui venait de naître privé de pattes et privé d’yeux. Antoine, sans s’expliquer, sans doute, qui avait pu informer cette bête du miracle qu’il venait d’accomplir, mais comprenant quel service elle attendait de lui, rendit aussitôt la vue au porcelet et, le touchant quatre fois avec l’index, lui fit immédiatement pousser quatre pattes. – Puis, ayant salué le roi, il s’en retourna vers la solitude.

 

Il marchait depuis un jour perdu dans ses prières et sans regarder ce qui l’entourait, quand il sentit qu’on tirait sa robe par derrière.

 

Il se retourna et aperçut le petit cochon qui, par reconnaissance, l’avait suivi et ne le quitta jamais depuis.

 

Voilà pourquoi, si, comme je le crois, la légende est vraie, lorsque le diable, plus tard, persécuta le bon ermite, il s’acharna particulièrement sur son cochon en souvenir de sa délivrance de la reine de Catalogne.

 

 

« Nous allons prendre le cochon

 

« Du bienheureux Antoine ;

 

« Nous en ferons du saucisson

 

« Avecque de la couënne. »

 

 GUY DE VALMONT

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28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 06:00
Tu te souviens de Saïgon au crépuscule ? « Comparé à ça, les romanée conti ou les mouton-rothschild qu’on peut boire dans les restaurants trois étoiles à Paris, c’est du pipi de chèvre… »

L’Indochine, la guerre d’Indochine, c’était loin l’Indochine, lorsque Diên Biên Phu tomba le 7 mai 1954 je n’avais que 6 ans.

 

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Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Donnadieu, est née le 04/04/1914 à Gia Dinh une ville de la banlieue Nord de Saïgon. A l'âge de 5 ans la jeune Marguerite vit toujours à Saïgon lorsque son père Emile meurt, en France. Deux ans plus tard, en 1923, sa mère s'installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong. Marguerite Donnadieu passe toute son enfance au Viêt-Nam. En 1932, alors qu'elle vient d'obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s'installer en France pour poursuivre ses études.

 

L'amant

Couverture du livre l'Amant

œuvre-phare de la bibliographie de Marguerite Duras, l'Amant a été écrit en 1984. Il s'agit d'un livre largement autobiographique reprenant la trame de son enfance en Indochine.

 

La narratrice, c'est l'auteur lorsqu'elle avait 15 ans et demi. Elle raconte un épisode de sa propre vie.

 

Elle est pensionnaire, et à ce titre plutôt laissée seule. Un jour durant lequel elle traverse le fleuve séparant son lycée et sa pension, elle rencontre un banquier chinois, jeune et riche. Ils tombent éperdument amoureux et commencent une relation faite d'amour et d'argent, difficilement qualifiable de relation saine et stable.

 

Elle va durer un an et demi durant lequel ce chinois va régulièrement rencontrer Marguerite, l'amener parfois à sa pension, souvent dans sa garçonnière où elle va découvrir l'amour physique. Durant cette période Marguerite doit faire face à la honte, à la peur, à la jalousie et doit parvenir à trouver sa place au sein d'une famille où il est difficile de s'imposer.

 

Boat people

 

Boat people en mer de Chine, sauvs par le bateau humanitaire franais Ile de lumire

 

Quand la France ouvrait les bras à 120 000 réfugiés sauvés en mer.

 

En 1979, politiques et intellectuels français mettaient leurs désaccords de côté et accueillaient plus de 120 000 réfugiés vietnamiens et cambodgiens. Une union impensable sur la crise en Méditerranée.

ICI 

 

Ce matin c’est la guerre du Viêt-Nam des américains dont l’écrivain japonais Murakami Ryû parle dans son roman Raffles Hotel.

 

Raffles-hotel-Poche

 

Folie ou rêve...

 

« Dans un chassé-croisé entre New-York, Singapour et la Malaisie, Murakami Ryû nous fait plongé dans les pensées intimes de trois personnages. Trois destins croisés qui tournent autour de la figure emblématique du « Raffles Hotel » de Singapour.

 

Tout commence comme une banale histoire d’amour entre un photographe, Toshimichi Kariya, traumatisé par la guerre du Vietnam, et une starlette du cinéma nippon, Moeko Honma. Cette jeune fille révèlera rapidement être totalement schizophrène : hantée par l’idée que la vie n’est qu’un théâtre où nous sommes tous des acteurs plus ou moins doués, elle s’ingénie à faire de ses réactions, et ses relations, un spectacle calculé à l’avance. Manipulatrice et « possédée » par un monde imaginaire qu’elle désespère de rejoindre, elle fait sienne la fameuse réplique de la « Tempête » de Shakespeare : « We are such stuff as dreams are made on, and our little life is rounded with a sleep ». Face à cette femme captivante, d’une beauté extraordinaire mais dangereuse, le héros cherchera d’abord à fuir mais lorsqu’elle ressurgira dans sa vie, il se résignera à un destin qui semble tout tracé… La fin « Lynchéenne », entre rêve et réalité, plongera le lecteur dans le doute… qui était réel et qui ne l’était pas ? Kariya n’en sortira de toute façon pas indemne.

 

Séquence :

 

C’est Klaus, le regard perdu au loin qui parle…

 

« N’importe quel endroit que tu aimais fera l’affaire, le night-club de l’avenue Tu Duk, si tu veux, moi l’endroit que je ne peux oublier c’est le restaurant panoramique au cinquième étage du Majestic, où je buvais de la bière en regardant la rivière de Saigon refléter le soleil couchant après avoir pris une douche, quand je rentrais du front, vivant une fois de plus. Tu te souviens Kariya ?

 

  • Je ne vois pas comment j’aurais pu oublier, ai-je répondu.

 

  • Ton gouffre, moi aussi je l’ai en moi, naturellement, mais moi contrairement à toi, j’ai eu tellement de problèmes depuis mon retour que je n’ai pas trop eu le temps d’y faire attention, mais même maintenant, ce gouffre, enfin, c’est une espèce de black hole en un sens, tu vois je n’arrive pas à y faire attention, parce que mon souci en ce moment c’est plutôt comment faire sortir cette Mexicaine du club de salsa de East Harlem où je l’ai trouvée.

 

  • Black hole ? J’ai penché la tête.

 

  • Oui, un trou noir qui avale tout, Kariya, réfléchis, personne ne nous a forcés à aller au front, on y est allés de notre propre gré, il nous a fallu voir pas mal de spectacles atroces làbas, moi, je ne suis pas Francis Coppola, mais enfin, le front c’est une sorte de carnaval.

 

Je commençais à comprendre ce qu’il voulait dire.

 

  • Enfin, carnaval, je te dis ça, parce que entre nous il n’y a pas de risque de malentendu, mais tu vois, il n’y a que deux sortes d’hommes : ceux qui se sentent plus forts quand ils ont tué un ennemi sur le champ de bataille et ceux qui se sentent plus forts quand ils reviennent vivants et peuvent boire une bière, voilà les deux seules espèces d’hommes qui existent, mais quand on en vient à la vraie guerre, l’armée qui la perd, c’est celle où dominent les types qui ne se sentent pas à leur aise sur le champ de bataille, les Viêtcongs, eux, ils pouvaient régner sur les ténèbres parce qu’ils ne s’accordaient pas le moindre moment de répit, alors que toi ou moi, heureusement ou malheureusement, on se régalait d’une bière au retour du front, une bière comme celle-là, on n’en trouve pas n’importe où, comparé à ça, les romanée conti ou les mouton-rothschild qu’on peut boire dans les restaurants trois étoiles à Paris, c’est du pipi de chèvre, au contraire même, j’en suis sûr que l’art de la fabrication des cocktails, les champagnes, et tous les alcools du monde ont été inventés comme ersatz de cette bière de retour du front.

 

Le souvenir de cette bière au crépuscule, c’est quelque chose d’absolu, d’un niveau complètement différent d’un foyer heureux, d’une bonne partie de jambes en l’air, ou d’un succès professionnel écrasant, en fait, il n’y a rien qui puisse remplacer ça, et nous, il nous faut justement vivre sans être sous la domination du black hole, c’est Kapa ou Sawada, des types comme ça, c’et tout.

Ryû Murakami, l'infréquentable

 

• Ryû Murakami, l'infréquentable

Un Murakami peut en cacher un autre. Deux auteurs d'aujourd'hui, sans liens de parenté. L'un, Haruki, étrange et sophistiqué, sorte de Bunuel soft, de Lynch proustien de la littérature, trouve aisément sa place dans les gares et aéroports. L'autre, Ryû, est une sorte de tsunami émotionnel qui vous laisse essoré, K.O. Capable, dans la même page, de révulser et d'émouvoir.

Comme un mixage au shaker de Cronenberg première manière et de Céline, de Sade et de Bukowski. Dérangeant, provocateur et totalement imprévisible, lire un de ses romans demeure une expérience intense et déstabilisante.

 

Suite ICI 

 

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25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 06:00

 

Je n’en sais rien si vous souhaitez avoir la réponse achetez le livre de de Mathieu Mercuriali et Giulio Zucchini aux éditions de l’Épure ICI 

 

Qui a tué Félix Potin ?

 

Cependant je verse 2 pièces au dossier pour vous éclairer :

 

- Félix Potin, on en revient par Delanglade Sabine, 22/06/1995

 

« Si les «Potin» s'essoufflent, c'est parce qu'ils ne sont plus motivés.

 

De quoi faire se retourner le grand Félix dans sa tombe, ce monument du kitsch à visiter d'urgence, édifié à sa gloire au cimetière du Père-Lachaise. Lui qui vécut l'épicerie comme un combat pour la morale, qui choisit ce métier, dénigré - être né homme et mourir épicier, se moquait-on alors - comme on embrasse une carrière. Car à l'époque - 1844 - où Félix se lance, entrer dans une épicerie c'est comme visiter la forêt de Bondy. Un sou par livre aux domestiques qui fermaient les yeux sur les huit kilos de saindoux payés dix. Les pains de sucre ne pesaient jamais leur poids, le café s'allongeait de chicorée, et le sucre pilé de farine. Bref, Félix, en vendant à «bon poids et bon prix», bâtit vite sa réputation. Sa première échoppe, rue Coquenard, n'était pas terrible: «Des chapelets de harengs saurs pendaient aux poutrelles du fond, les objets étaient enveloppés à la hâte dans des feuilles de papier grossier», racontera «Le Temps». Mais Potin ne s'arrête pas là.

 

Ce Boucicaut de l'épicerie ouvre en 1868, sur le boulevard Sébastopol, son premier grand magasin. Avec son usine de la Villette - casserie de sucre, écosseuse automatique de petits pois - il est le premier commerçant à fabriquer ses produits. Son usine à vapeur chaque jour crache 20 tonnes de sucre, 7 de chocolat. Sans compter le pruneau cultivé à Miramont, ou le champagne vinifié à Epernay (le «malakoff»). En Tunisie, Potinville s'étend sur 3 000 hectares, dont 450 de vignobles. Mais la vraie gloire, Félix la rencontre durant le siège de Paris. Dès novembre 1870, les marmites dégagent des fumets de chien et de chat, et on se contente de «rat goût de mouton». Les épiciers cachent leurs stocks et font valser les étiquettes. Pas Félix, qui maintient des prix sages mais organise un rationnement aux portes de ses magasins.

 

«Le premier épicier de Paris», encensé par les journaux, achète pour 27 000 francs Castor, un des deux éléphants du Jardin d'Acclimatation, et le débite en tranches dans ses magasins. A sa mort, en 1871, il est riche et célèbre. «M. Potin laisse 6 millions de fortune. Ne plus dire la corne, mais le cornet d'abondance», ironise «Le Charivari». Ses héritiers perpétuent son oeuvre sans faiblir, car tous les jours il faut se battre contre deux jeunes qui montent: Julien Damoy et Ernest Olida. Alors, ils inventent tout. Le prix d'appel: on vend le sucre à prix coûtant. La livraison à domicile: 650 chevaux piaffent à la porte des magasins. La franchise: aux commis qui épousent des caissières on confie des concessions en province. Le rayon traiteur: cela s'appelle «service de cuisine pour la ville» et comprend même «les cuivres et les tapis».

 

Les cinq grands magasins parisiens sont de véritables «caravansérails», selon l'expression de l'historien Jean-Philippe Camborde. Celui de la rue de Rennes, inauguré en 1904 (qui abrite le magasin Tati et le journal «Le Point»), est un monument. Dix étages, celui de la boucherie, de la poissonnerie, de la charcuterie, marbres, sculptures, vitraux, tapis roulant, salon de thé, 400 commis en rang d'oignons, devant la porte, on donne dans le grandiose et les Potin font fortune.

 

Jacques Potin, aujourd'hui, n'en finit pas de s'étendre sur les fastes passés. Sur cette propriété magnifique à Bagatelle, qui sera vendue, en 1930, 28 millions de l'époque, pour boucher le trou creusé par un directeur indélicat. Restaient tout de même château, hôtel particulier avenue Foch - «Je rencontrais Gaston Doumergue en sortant le matin» - yacht, etc.

 

Entre les deux guerres, le groupe change d'aspect, car le goût revient, pour l'alimentation, au commerce de proximité. Potin essaime donc ses boutiques dans Paris et doit se battre contre les magasins à prix unique qui viennent de naître. Mais Félix n'est plus là et Potin n'a plus la baraka. Lorsque Jean Potin meurt après la guerre, sa femme reprend la direction. Un peu dépassée, elle s'intéresse surtout à la carrière de son protégé, le patineur Alain Calmat : pour fêter sa victoire aux championnats du monde, elle lui offre une Maserati, et un manteau de vison pour sa mère. «Lorsque par hasard je me suis aperçu - ma mère ne buvait que de la Badoit - qu'elle ne sélectionnait pour les magasins que les vins qui se mariaient bien avec cette eau minérale, j'ai compris que c'était fini», raconte aujourd'hui Jacques Potin.

 

Résultat: en 1958, l'entreprise est cédée pour une misère, 5 millions de francs. Une quarantaine de petits magasins qui ne valent plus grand-chose. Mais les grands immeubles - boulevard Sébastopol, rue de Rennes, boulevard Malesherbes, rue du Faubourg-Saint-Antoine - les grands caravansérails du passé font de cette vente une excellente affaire pour l'acheteur, André Mentzelopoulos.

 

Celui-ci, d'ailleurs, scinde l'activité: commerce d'un côté, immobilier de l'autre. Certes, il s'efforce de les faire progresser tous deux. Côté commerce, Primistères, La Parisienne, Paris Médoc, Radar rejoindront tour à tour Félix Potin, qui, au début des années 80, compte plus de 1 000 magasins. «Le chiffre d'affaires était de 4,5 milliards, mais l'arrivée des grandes surfaces a tué la rentabilité», note Jacques Vincent, qui présidait alors la société.

 

Après la mort de Mentzelopoulos, les magasins seront donc vendus par ses héritiers, qui conservent les pépites du groupe: les vignobles de Château-Margaux et le patrimoine immobilier hérité de Potin, mais plus que décuplé par Mentzelopoulos. Tous les samedis, il sillonnait Paris en taxi et il flairait: «Il avait le génie des bons emplacements», s'extasie le promoteur Claude Heurteux. En revanche, pour l'épicerie, c'est la dégringolade.

 

Peu à peu dépecée par ses repreneurs successifs, l'homme d'affaires marocain Daniel Amar, Gaith Pharaon, qui sera impliqué dans le scandale de la BCCI, Castel, le propriétaire de Nicolas, et enfin depuis 1992 Louis et Fabien Saier. Les deux hommes d'affaires vont porter l'estocade alors que déjà il ne reste plus que 600 magasins, la plupart petits et mal entretenus. «Comment en deux ans casser cent cinquante ans de savoir-faire», ironise le comité d'entreprise. Les Saier roulent en Rolls, se montrent à Deauville, habitent Neuilly et possèdent des vignobles de renom. Mais leur situation financière semble moins brillante que leur train de vie. La vente de 200 magasins entre 1992 et 1994 n'a pas permis, tant s'en faut, d'effacer une dette de plusieurs centaines de millions. Et la situation ne cesse de s'aggraver. Plus de 30 millions de pertes en 1994. «Pour se payer sur la bête, les Saier ont fait valser les étiquettes. Exactement ce qu'il ne faut pas faire», remarque un grand de la distribution. Potin était cher, il est devenu hors de prix. Les ventes ont plongé. Les gérants, qui sont payés au pourcentage, ont baissé le rideau pendant près de trois semaines. Les fournisseurs non payés ont refusé de livrer - «On a passé les fêtes de Noël sans champagne en rayon» - et les Saier, quand ils venaient à Longjumeau, siège de l'entreprise, étaient entourés de gardes du corps. «Entre des smicards poujadistes et des patrons qui ne comprennent rien au secteur, note un bon connaisseur de l'affaire, le mélange était explosif.» Et il a explosé. Aujourd'hui, Daniel Lebard, un consultant appelé à la rescousse par la BNP, tente de remettre de l'ordre. La tâche est rude. Pour faire 1 milliard de chiffre d'affaires, Potin emploie 1 200 personnes dans 400 magasins. C'est ce que réalise un seul hypermarché avec 200 salariés. «Je n'ai jamais vu une affaire aussi merdique faire autant parler d'elle!» s'exclame d'ailleurs un financier. Beaucoup de potin pour rien. Félix, reviens !

 

23 novembre 2015

En 1990 j’ai fait mon petit Macron : les Agnelli voulaient mettre la main sur le groupe Perrier et château Margaux…

 

Le Forum de l’Expansion animé par Jean Boissonnat était dans les années 70-80 une institution médiatique, accueillant à la Porte Maillot, à l'hôtel Méridien, les Premiers Ministres Barre, Chirac…, les stars de la politique, même Georges Marchais, et bien sûr la fine fleur des dirigeants de groupes français et étrangers.

 

Et voilà que votre serviteur, fin 1990, tout juste propulsé à la tête du cabinet d’un Ministre qui n’aimait guère aller se frotter aux milieux économiques se retrouve sur la scène pour le représenter à une table ronde. J’étais dans mes petits souliers. Parfait inconnu dans ce beau parterre mon principal souci était de passer aux travers des gouttes. Sauf que, lors de la séance des questions un journaliste, à ma grande surprise, m’interpelle : « Allez-vous laisser filer l’un des fleurons* de l’agro-alimentaire français à l’étranger, en l’occurrence en Italie, dans les mains de la famille Agnelli ?»

 

Patriotisme économique bien sûr, je réponds, avec une pointe d’ironie, que je connais bien l’Italie pour avoir épaulé Michel Rocard, dans les négociations sur le vin… et je m’en tire au mieux en ne prenant pas parti dans ce dossier épineux. Jean Boissonnat est satisfait. Bref, je me dis que j’ai évité le pire.

 

Sauf que, même si le buzz des réseaux sociaux était dans les limbes, dès le lendemain je dû faire front. Tony Dreyfus, compagnon de route de Rocard alors 1er Ministre, et vaguement Secrétaire d’État à l’économie sociale, me demande de recevoir les Agnelli et le cabinet du 1er Ministre, JP Huchon*, me demande de recevoir Jacques Vincent, PDG de Perrier et d’Exor

 

*JP Huchon, après avoir été viré de la CNCA, a travaillé comme Directeur général adjoint du groupe agro-alimentaire Exor, de 1987 à 1988.

 

Donc je m’exécutai. L’entrevue avec les Agnelli et leurs conseils fut un grand moment de séduction à l’italienne. La gente féminine de l’hôtel de Villeroy se rinça l’œil, la mode de Milan : la classe !

 

Pour Jacques Vincent, je parvins à le faire recevoir par mon Ministre qui n’entravait toujours rien à mes histoires de participations croisées (pas simples certes, voir ci-dessous) et qui, au beau milieu du rendez-vous, demanda à ce cher homme, très vieille France, en historien qu’il était, de lui conter l’histoire de Félix Potin. Celui-ci s’exécuta avec courtoisie en dépit de son réel étonnement. À Matignon l’anecdote renforça le « crédit » de mon Ministre.

 

25 ans après la suite fait partie maintenant de l’Histoire, mon interlocuteur à Bercy était un certain François Villeroy de Galhau. Les Agnelli n’ont pas pris le contrôle du groupe Perrier mais mis la main sur 75% de château Margaux. La source Perrier sera vendue en 1992 à Nestlé et la Société des Caves de Roquefort à l’entreprise Besnier, aujourd’hui Lactalis.

 

La suite ICI 

 

A la fin du XIXe siècle, Félix Potin décide de fabriquer ses propres produits et d’y apposer sa marque. Il achète alors des terrains dans le quartier de la Villette, situé entre la rue de Flandres et la rue Curial, dans la portion comprise entre les rues de Crimée et de l’Ourcq. Les usines comprennent une chocolaterie, une confiserie et une confiturerie.

 

Aujourd’hui, il subsiste uniquement le bâtiment situé à l’angle de la rue Archereau et de la rue de l’Ourcq. Il abritait une conserverie et une usine de charcuterie. Construit par Charles Le Maresquier, cet édifice présente de simples façades de meulière, égayées par des faïences décoratives en gré flammé au niveau des allèges des fenêtres, et par des bandeaux horizontaux en carreaux de porcelaine. Rénové en 1986, le bâtiment accueille aujourd’hui un centre de formation.

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 06:00

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Vieilles charrues, vieilles canailles..., les vieilles ont la cote auprès des jeunes pousses.

 

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Lorsque je suis arrivé à l’Office National des Vins de Table, en 1978, j’y ai découvert une division Bois&plants de vigne fleuron de l’ex-IVCC (Institut des vins de consommation courante), tous nos cadres blanchis sous la terreur de la crise phylloxérique adoraient disserter sur les clones, les greffons… et les deux syndicats de pépiniéristes, Sud et Nord qui se bouffaient le nez, se poussaient du col.

 

Le nouveau directeur, un énarque du 3e type, PML, leur fit comprendre qu’il n’en avait rien à péter de leurs histoires de bouts de bois, l’heure était aux grandes manœuvres pour pacifier le Midi Rouge qui entamait sa descente aux enfers. Par ailleurs, en dépit de ses outrances, ce bordelais qui détestait la gentry du vin de Bordeaux défendait, à juste raison, que le marché du vin à la production était unique, que la frontière entre les vins de table et ceux d’appellation n’était qu’une passoire. Le grand basculement était en marche : les AOP-IGP allaient emplir tout l’espace entretenant l’illusion que le marché domestique du vin est un eldorado qui met du beurre dans les épinards de tous les vignerons.

 

Et moi dans tout ça, sans doute en souvenir du frère Bécot et de sa croisade pour les hybrides, même si ma passion pour les questions techniques s’est toujours manifestée à bas bruit, je pris sous mon aile ces vieilles branches. Ce que je compris alors c’est que les fameux pépiniéristes, dont les politiques ignoraient l’existence, occupaient une place clé dans le devenir du vignoble français.

Ma conclusion : la technique est éminemment politique !

 

Alors, lorsque ma Catherine Bernard me dit qu’elle va adhérer à l’association Vieilles branches : réhabilitation des vignes franc-de-pied de Marc Birebent je me dis que je vais y mettre mon nez.

 

Qui c’est celui-là ?

 

                Marc Birebent

Directeur

 

Sur les traces du père...

 

Bercé par plusieurs générations de rimes vigneronnes, Marc reprend les rênes du domaine viticole familial en Corse, après des études de Droit à l'Université d'Aix-en-Provence, où il obtient une Licence en Droit International et une Maîtrise en Droit Public, avant de se spécialiser en Droit de la Vigne et du Vin (DESS), à l'Université du Vin de Suze-la-Rousse (Drôme).

Il réalise ses premières greffes dès 1991, et assure différentes missions pour la Worldwide Vineyards, jusqu'à son intégration définitive en 1996.

 

A la tête de l'entreprise depuis 1997, Marc consacre sa vie à sa passion de la vigne et du vin. Il est le porte-drapeau des techniques modernes de surgreffages, et a fait de Worldwide Vineyards, la référence mondiale en ce domaine.

 

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Et son projet associatif « Les Vieilles Branches » ?

 

A la fin du XIXe siècle, le monde viticole a subi un cataclysme, la "crise phylloxérique". Cet euphémisme cache en fait une véritable guerre avec une Occupation étrangère qui dure depuis cent cinquante ans.

 

Les conséquences pour la viticulture ont été dramatiques. La totalité du vignoble a du être reconstitué, un tiers des superficies s'est perdu. La France a abandonné sa suprématie mondiale et de nombreux vignerons ont fui en Algérie et en Amérique du Sud. Les vignobles qualitatifs des montagnes ont été abandonnés. Les villages ont été désertifiés par l'exode vers les plaines, où la production intensive, assistée des engrais azotés, de la chimie et de la mécanisation, ont définitivement révolutionné la viticulture. Elle est passée d'intensive à extensive, devenant polluante, industrielle et chimique.

 

Tout ceci à cause du dépaysement d'un seul insecte, mais surtout parce qu'au lieu d'affronter ce puceron, ou laisser la Nature s'en accommoder, il a été décidé de modifier l'entièreté des plants de vignes par greffage sur des porte-greffes américains. Cette décision funeste impacte encore aujourd'hui le monde viticole, ainsi que l'avaient pronostiqué les adversaires du greffage systématique : perte de la qualité du vin, diminution de l'espérance de vie des nouvelles vignes, augmentation des traitements chimiques, et perte de la biodiversité. Depuis plus de cent ans, nous vivons sous ce régime d'Occupation par le Phylloxéra, et collaborons en acceptant ces fléaux, pour le profit des grands groupes industriels et chimiques, et au détriment de l'intérêt des vignerons, mais aussi et de la population.

 

Or, les connaissances scientifiques modernes, et les progrès encourageants des modes de production écologiques, devraient pouvoir nous permettre aujourd'hui, d'aider la vigne à s'affranchir de son tuteur américain, et retrouver de sa biodiversité.

 

Notre projet sous forme associative, suivrait deux axes. Dans un premier temps, il s'agirait de récupérer du matériel végétal (vieilles vignes) qui a résisté naturellement au puceron, et serait ainsi immunisé. Il s'agit donc de constituer un Conservatoire, pour la reconstitution future de nos vignobles à "l'ancienne", en préservant la biodiversité variétale et intra-variétale. Le second axe serait, avec le soutien de vignerons et sympathisants, ou dès que nos moyens budgétaires le permettraient, de travailler méthodiquement à des méthodes de luttes biologiques contre l'insecte. Plusieurs pistes existent de très longue date, et méritent prioritairement d'être réhabilitées.

 

Le projet associatif "Les Vieilles Branches" n'a aucune ambition égoïste, puisqu'elle serait initiée dans le but de satisfaire la communauté dans son ensemble. Nous sommes d'autant plus libre de parler de cette conviction, qu'elle va dans un intérêt contraire à notre activité professionnelle, qui est  le greffage de la vigne en prestations de services. En effet, l'objectif prioritaire est justement de parvenir à produire des plants de vignes franc-de-pieds, c'est-à-dire exempts de greffages.

 

L'idée de constituer une association gérante témoigne de ce désintérêt. L'acquisition d'une terre agricole non viticole empêchera légalement de produire un vin commercialisable.

 

Notre investissement immobilier et humain est totalement bénévole, pour initier le fonctionnement de l'association. Le concours des agriculteurs adhérents permettra, nous l'espérons de financer l'ensemble des projets de conservatoire et de lutte biologique contre le Phylloxéra, dans l'intérêt des générations futures. L'adhésion de vignerons solidaires du monde entier et de plus en plus nombreux, nous semble une évidence.

 

Dans un second temps, la conversion de l'Association en Fondation, écartera toute velléité de récupération privative des résultats produits.

 

Aujourd'hui, pour un projet d'intérêt général qui devrait recevoir le soutien des pouvoirs publics, nous nous trouvons dans l'obligation d'une réalisation dans un cadre strictement privé, car nous nous heurtons à l'opposition hautaine des institutions. Mais nous espérons bien inverser cette tendance, dès lors que nos premiers résultats seront présentables.

 

LIRE ICI 

 

Voilà, je pose ça là, à vous de vous faire une opinion mais déjà s’il y a des vignes franches de pied les autres sont-elles… sournoises… chafouines… fourbes… cachottières… voir la longue liste des Antonymes de franc ICI 

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