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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 06:00
Qui veut la peau du petit Bordeaux ? Bordeaux n’est pas entré dans ce siècle !

Paris au mois d’août, sans être vide, retrouve un petit air de ville où il fait bon circuler à vélo sans se faire agresser par les gros culs des 2 sexes assis, sur ou dans des engins thermiques pétaradant, klaxonnant, et, comme il fait chaud, je n’ai pas envie de travailler.

 

Mon écran reste éteint.

 

Et puis, mon petit criquet me prévient qu’un message est arrivé, signé Marc Miannay ICI 

 

Je le lis.

 

C’est bien documenté, sensé, je publie.

 

C’est une information qui, en première analyse, devrait réjouir le consommateur. Confrontée à une mévente de ses vins l’interprofession bordelaise va tenter l’édition en caisse de tickets incitatifs.

 

À l’identique des opérations champenoises « deux bouteilles pour le prix d’une », les propositions devraient pousser le consommateur à acquérir des vins en perte de vitesse dans leur commercialisation.

 

Il n’est désormais plus possible de masquer la vérité, les chais de la plupart des « petits Bordeaux » sont pleins, les cours très faibles et les sorties quasi nulles, à l’exception notable des vins sous signes de qualité (bio, HVE, biodynamie, Terra Vitis, etc...) avec même des perspectives radieuses pour les vins biologiques (La Vigne N° 320).

 

Bordeaux n’est pas entré dans ce siècle !

 

Quelques critiques et observateurs se sont exprimés sur une situation qui ne doit rien au hasard et résulte de l’impasse dans laquelle les différents décideurs de la filière se sont enfermés. Au départ le projet était ficelé, il fallait pousser plus avant la « modernisation » du vignoble.

 

La Grande Distribution, fidèle à son créneau, réclamait des prix toujours plus bas sans s‘interroger si le vignoble pouvait s’adapter sans nuire à la typicité du produit, si l’organisation du métier pouvait supporter la nouvelle donne, si la nature déjà bien malmenée par de précédentes décisions pouvait essuyer une nouvelle volée de produits.

 

Les coopératives et négociants, formatés depuis des décennies à s’adapter aux volontés du client ont eu de plus en plus recours à des techniques destructives : thermo-vinification, flash-détente, additifs et copeaux. Le raisin devenu « minerai » n’avait plus aucune typicité…

 

L’INAO, dernier acteur du trio infernal, se mettait alors au travail pour détricoter les cahiers des charges en les rendant permissifs aux nouvelles techniques.

 

Redoutablement efficace depuis un demi-siècle, ce fonctionnement n’avait pas sur le tableur Excell des décideurs, de raison d’inclure la notion même de doute. C’était sans compter sur le consommateur, sur ses exigences nouvelles en termes d’écologie et de respect de la nature.

 

Une première grosse alerte était apparue à l’occasion des foires aux vins de l’automne 2018, avec un recul de près de 19 % des ventes pour Bordeaux, dans un contexte général de recul de ces événements il est vrai (voir encadré).

 

Le consommateur veut des vins faisant sens...

 

« Si nous n’avons pas une majorité de vins bios, nous ne vendrons plus une bouteille de vin » et, déjà, les acheteurs de la Grande Distribution avaient anticipé avec des approches discrètes vers les vignerons sous label bio ou biodynamie, essuyant des refus polis sur des volumes inexistants et déjà réservés sur des circuits qualitatifs.

 

Dans un article édifiant, Michèle Trévous, dans la revue «la Vigne», décrit les perspectives radieuses pour les vins biologiques et ce chiffre étonnant : + 16,8 % par an en volume pour la période 2012-2017 et cela malgré le déficit de disponibilité.

 

Dans ce même article, Benoît Soury, Directeur du Marché bio chez Carrefour, décrit ce nouveau contexte « Les consommateurs veulent une origine France pour les vins bio. C’est une très grande chance pour les producteurs car le rapport de force est inversé, vu les faiblesses de l’offre française ».

 

Évidemment il faut répondre à la question « Le consommateur ne va-t-il pas trouver que le vin est trop cher ? ».

 

Fabrice Chaudrier, conseiller et formateur en commerce, marketing et stratégie du vin apporte un élément de réponse dans Réussir Vigne de Juillet-Août : « Le vin est un produit occasionnel. Quand on est proche du consommateur, on se rend compte qu’il cherche des vins de cœur de gamme. En grandes surfaces, on voit des queues de promotion de vins pas chers qui ne se vendent pas. Mais le consommateur doit comprendre ce qu’il achète, à quel moment de consommation le vin va correspondre. S’il ne comprend pas pourquoi la bouteille vaut ce prix, il achètera autre chose, par exemple une bière artisanale locale. »

 

… et le démontrant au-delà du label

 

Devant la profusion de labels, le consommateur risque d’être désorienté. Le Ministère de l’Agriculture engage la profession vers le label « Haute Valeur Environnementale » dont les différents niveaux démontrent la dispersion des démarches, souvent inférieures à des sigles existants comme Terra Vitis et Agri-Confiance. Un colloque sur ce sujet vient d’être organisé par un député de l’Hérault.

 

Un vigneron peut se revendiquer bio ou biodynamie et être un « négrier » avec ses employés, ou maltraiter son raisin au chai. Il est fort probable qu’un label ne suffise pas pour rassurer le consommateur. « Pour justifier du delta de prix entre bio et conventionnel, il faut plus de transparence. Il faut passer d’une obligation de moyens, à un discours par la preuve » affirme Benoît Soury.

 

Ce sont toutes ces exigences sociétales que l’Interprofession Bordelaise continue d’ignorer dans ce qui ressemble de plus en plus à un suicide collectif en-dehors des crus à haute valeur ajoutée.

 

Le rouge « trinque »

 

Les prix et les échanges des vins rouges sont en recul dans toutes les régions. Entre 2008 et 2018, les ventes de vins rouges en GD sont passées de 5,6 à 4,3 millions d’hectolitres soit une baisse de 23 % en volume alors que les ventes totales des vins n’ont reculé que de 4 % (La Vigne N° 321).

 

La chute globale touche toutes les régions : Bordeaux (- 14 %), Languedoc (- 13 %), Sud-Ouest (- 13 %). Ces baisses de volumes s’accompagnent d’une valorisation généralisée des prix moyens par col. 

      

-- envoyé par Marc Miannay

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 06:00

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« Ce qui est nouveau pour nous français, c’est que nous allons subir la première crise des vins dit de qualité qui ne trouveront plus preneurs car ils ne correspondront plus aux demandes du marché » octobre 2003

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Suite à sa chronique « Comment Bordeaux a perdu la guerre du goût » Jacques Dupont tend la plume à Xavier Planty  qui, selon lui, « est un personnage important à Bordeaux, vinificateur puis copropriétaire du premier grand cru classé de sauternes Château Guiraud, il a très vite installé dans ce domaine des pratiques écologiques et une agriculture bio.

 

Cette tribune, c'est le point de vue de Xavier Planty et non du Point, même si nous partageons la plupart des idées avancées ici. C'est l'occasion de rappeler que le site Le Point vin est ouvert à ceux qui souhaitent participer aux débats et échanges sur le vin dans le respect des opinions de chacun. Il convient d'ajouter que l'analyse de Xavier Planty concerne le vignoble dans lequel il est impliqué, Bordeaux qui est loin d'être le seul concerné par ces questions et qu'à ce titre il ne doit pas faire figure de victime expiatoire ni d'arbre qui cache la forêt. »

 

Prudent le Jacques, désolé mais Bordeaux n’est pas une victime expiatoire, la victimisation est très tendance, Bordeaux récolte ce qu’il a planté (voir plus loin) je note tout de même que le Point vin est ouvert à ceux qui souhaitent participer aux débats, j’avions jamais été sollicité pour y accéder (je déconne bien sûr, suis plus dans la course !)

 

Je vous lire les écrits de Xavier Planty sans faire de commentaires, il est très intéressant et bien documenté, mais…

 

Simplement, et pour Jacques Dupont, et pour Xavier Planty, je souhaite rappeler un fait statistique que beaucoup semble oublier : à l’époque où j’étais sous les ors de la République Bordeaux à beaucoup planté à grands coups de droits de plantation récupérés chez ceux qui arrachaient, c’étaient la grande période Hubert Bouteiller ICI , qui prônait à l’INAO une extension victorieuse du vignoble bordelais.

 

Je notais dans mon rapport la montée en puissance de l’ensemble des VQPRD intervient à partir des années 90 où le potentiel est de l’ordre de 420 000 ha. Il va doubler en 10 ans.

 

Bordeaux c’est 69 000 ha en 1975,

 100 000 en 1990,

 117 000 en 2000

 

Le vignoble bordelais s’étend aujourd’hui sur 123 000 hectares pour 270 000 hectares de terres agricoles.

 

N’y aurait-il pas à Bordeaux trop de petits Bordeaux, trop de petits châteaux, trop de vins qui ne correspondent à rien jusqu’ici plus écoulés que commercialisés ?

 

Xavier Planty, directeur du Chateau Guiraud,1er grand cru classe Sauternes.

 

Seule une agroécologie puissante et soutenue sauvera Bordeaux

 

Sur les marchés mondiaux, Bordeaux a perdu cette année 1,5 million d'hectolitres de ventes. C'est le plus mauvais résultat de toutes les régions productrices. Les vins de Bordeaux sont englués dans une communication défensive qui ne rend pas nos vins excitants. Stigmatisation sur les pesticides, affaires de fraudes répétées dans des officines qui pensent être négociants, dépassements de volumes en cave sans traçabilité, usage de molécules sans intérêt, pratiques de vinifications industrielles, trop d'éléments qui cachent nos fondamentaux et rendent Bordeaux illisible.

 

Que faire ?

 

  1. D'abord reprendre la réflexion et le bon sens paysan au niveau de la vigne.
  2.  

Il faut aider les viticulteurs à se désintoxiquer des pesticides. Il n'y a pas de fatalité à rester captif des multinationales qui empoisonnent notre vigne, nos sols et nous-mêmes. L'exemple du glyphosate est caricatural. Cette molécule a été absente de nos vignes pendant des millénaires et depuis trente ans, elle serait incontournable ! Il parait que c'est un progrès… et pourtant quels dégâts et quel coût ! Persuadés des bienfaits de son utilisation, les viticulteurs subissent une quadruple peine :

 

  • Ils achètent le conseil auprès des techniciens de leur coopérative.

 

  • Ils achètent le produit, la taxe qui va avec et payent pour le recyclage du bidon.

 

  • Ils tuent l'herbe, perdant par la même 20 à 30 % de l'énergie solaire qu'elle seule est capable de stocker durant la morte-saison.

 

  • Et pour compenser l'absence de matière organique qui en résulte, ils achètent des engrais.

 

Ainsi, ils tuent leurs sols et l'expression de leurs vins.

 

Comment dire à ces viticulteurs dépendants qu'il n'existe pas de mauvaise herbe ? Chaque herbe qui pousse exprime une situation du sol, explore un volume de sol par ses racines, le fissure, le fractionne et organise autour de ses racines une biodiversité intense. Seule l'herbe est capable de fixer l'énergie solaire, une énergie gratuite (première économie). D'octobre à avril, la vigne n'a plus de feuilles capables de fixer l'énergie solaire. Six mois d'énergie gratuite que le viticulteur qui désherbe ou laboure trop refuse de récupérer. Bizarre comme efficacité ! Un sol enherbé, c'est six tonnes de matière organique brute par an et par hectare (deuxième économie).

 

Par son action sur le sol et le sous-sol, l'herbe permet de stocker l'eau hivernale, 60 % de plus qu'un sol nu (troisième économie). À l'heure où l'on entend parler d'irrigation en zone d'AOC, il faut se poser la question de l'alimentation en eau de la vigne et de nos pratiques. Autour de l'herbe se crée une biodiversité constituée de levures, de bactéries, de protozoaires, de champignons, etc., biodiversité visible par chacun d'entre nous par la présence du ver de terre, par la richesse botanique et par la structure du sol.

 

Avec un sol vivant, la vigne se nourrit facilement et dépense moins d'énergie

La suite ICI 

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 07:00

Télérama à un bon fonds – je n’évoque pas ici l’expression « avoir bon fond » Être quelqu'un de bien, être bon et honnête malgré les apparences. Bien que…  – d’archives, car fut un temps où la maison, affiliée à la bonne presse, ruait dans les brancards de la bien-pensance qui nous étouffait dans les années post-68.

 

Catherine Ribeiro la « pasionaria rouge » des années 70, tout comme Colette Magny, Anne Sylvestre,  avait disparue des ondes, des écrans, et voilà-t’y pas qu’une vidéo tourne sur le Net. Tous les droits sont dans la nature, par Catherine Ribeiro et le groupe Alpes.

 

Valérie Lehoux  le 30/07/2019 dans Télérama

 

« 15 septembre 1979. Sur le plateau d’une émission de télé, une brune sublime, habit noir, écharpe rouge sang, chante d’une voix puissante et saisissante. Elle fait d’ailleurs plus que chanter. Elle vit, vibre, affirme. Ouvre les bras, renverse la tête. Sans pourtant trop en faire, elle est incandescente. La femme a quelque chose de l’égérie révolutionnaire. Et de la figure sacrificielle. Entre chanson à texte et rock progressif, elle clame un viscéral besoin de liberté. Rien qu’à la voir et à l’entendre, on la devine réfractaire à toute concession.

 

Aujourd’hui, la vidéo tourne sur le Net. Tous les droits sont dans la nature, par Catherine Ribeiro et le groupe Alpes. On s’étonne encore que dans la France giscardienne, la télévision (publique, forcément) ait osé s’ouvrir à tant de radicalité. Onze ans plus tôt, les barricades de Mai 68 affolaient la majorité silencieuse. Ribeiro était-elle dans la rue ? Elle aurait pu. Mais non. Elle était loin, menant un combat autrement plus vital. Elle se remettait d’une tentative de suicide – quatre-vingts cachets de Gardenal, un miracle qu’elle n’ait pas succombé. La rage au cœur. A 27 ans, sa renaissance sera aussi l’éclosion de son destin : elle est en train de tourner le dos à la carrière gentiment populaire qui s’ouvrait devant elle, pour se tracer un chemin en dehors de la ligne droite — trop étroite, comme elle le chantera plus tard (1).

 

Qui avait senti venir la révolte ?

 

 Elle fermentait depuis longtemps, sans encore s’exprimer vraiment. Ado, cette fille d’immigrés portugais, née à Lyon en 1941, trouva les premiers jalons de l’émancipation dans la littérature et la poésie. Echappée classique — aujourd’hui encore, elle cite abondamment René Char sur sa page Facebook. Devenue parisienne en entrant dans l’âge adulte, elle se distingue comme actrice, dans Les Carabiniers, de Godard — où elle partage l’affiche avec Patrice Moullet, futur compagnon de vie et de musique —, avant d’intégrer la très en vogue écurie Barclay.

 

Elle enregistre des chansons dans l’air du temps, inoffensives, qu’elle n’écrit pas, et reprend quelques Dylan, en français, comme il est alors de coutume. La culture yéyé explose, la jeunesse danse dans l’insouciance. En 1966, Catherine figure sur la fameuse photo du siècle de Jean-Marie Périer, publiée par Salut les copains. Elle est la 5 et pose aux côtés de Sylvie, Johnny, Eddy, France Gall, Sheila, Claude François… Mais sur l’image, elle ne sourit pas. »

 

 

L’ensemble ICI (réservé aux abonnés de Télérama) 

Aucune description de photo disponible.

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 06:00
Auguste Escoffier avec Maggi, Bocuse, Guérard, Robuchon and Co se pacsèrent avec l’industrie agroalimentaire…

Nos grands chefs étoilés, tout comme nos célèbres winemakers type Hubert de Boüard ne sont guère économes de notre précieux carbone, ils passent plus de temps dans les hubs des aéroports que dans leurs cuisines ou leurs chais.

 

L’article qui suit démonte le système médiatique : Enquête

 

Le business juteux des chefs médiatiques

 

Combien gagne une pointure de la gastronomie dans un hôtel de luxe ? Qui touche un contrat à six chiffres lorsqu’il signe une carte de restaurant ? À l’heure où les grands cuisiniers et pâtissiers n’ont jamais été aussi visibles, acclamés et sollicités, Ezéchiel Zerah s'est penché sur les deals de ces nouvelles stars.

 

Publié le MERCREDI, 17 JUILLET 2019

 

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155 millions d’euros. C'est la fortune de Pierre Hermé et de son associé estimée par le magazine Challenges, qui vient tout juste de dévoiler son palmarès annuel des 500 plus grands patrimoines français. Alain Ducasse y avait lui fait son entrée en 2015, avec 82 millions d’euros. Au XIXe siècle, un autre illustre chef devait lui aussi avoir le portefeuille épais : Auguste Escoffier. Inventeur du modèle toujours actuel de brigade de cuisine, codificateur des recettes françaises à travers un livre devenu bible dans les écoles hôtelières, l’intéressé fut également pionnier en matière de collaboration avec l’industrie agroalimentaire, en l’occurrence Maggi, au début des années 20. Un demi-siècle plus tard, Paul Bocuse industrialisait la pratique en s'associant avec les eaux gazeuses Vichy Celestins mais aussi avec les vins Georges Duboeuf, les cocottes Staub, le robot Cuisinart et les marques agroalimentaires William Saurin et Marie. Autre grand acteur du genre : Michel Guérard, trois étoiles Michelin et consultant pour Nestlé dès 1976 (il travaillera près de trois décennies pour le groupe et notamment Findus avec qui il mettra au point une gamme à son nom). Sans oublier Joël Robuchon, qui roula pour Fleury Michon à partir de la fin des années 80 et qui fut gratifié en retour de nombreuses actions en bourse de l’industriel vendéen.

 

La suite ICI 

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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 06:00
Le Jean-Claude Ribaut est passé du Monde à SINÉ mensuel la carotte ensablée de Créances menacée...

Comme je viens de taper à bras raccourci sur les critiques gastronomiques de l’époque post-modernes je me suis dit, « mon petit gars faut que tu ressortes les cadors de la plume gastronomique, alors suis allé fouiller les plis et les replis de la Toile.

 

Bonne pioche : j’ai retrouvé le Ribaut du Monde qui crèche maintenant chez Siné mensuel.

 

LA CAROTTE ENSABLÉE

Par Jean-Claude Ribaut, juin 2019

 

Pour Jules Renard – l’auteur de Poil de Carotte –, « la médecine n’avait de certain que les espoirs trompeurs qu’elle nous donne », tandis que les carabins en salle de garde blâmaient la pauvre Charlotte pour l’usage maladroit qu’elle faisait de ladite carotte. La carotte cultivée dans le sable des grèves (mielles) du Cotentin a aussi assuré la fortune de Créances (Manche).

 

Elle doit son renom à son goût subtilement iodé et à l’absence de corps fibreux résultant du sol sablonneux, du vent du large et des embruns, ainsi que du varech, engrais végétal naturel. Elle bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) depuis 1960. Cette suprématie n’a été obtenue que parce qu’un parasite – le nématode – a été jugulé dans les années 1950, à l’époque de l’agrochimie triomphante, par l’utilisation d’un pesticide miracle, le dichloropropène, qui détruit le petit vers ravageur et permet une production de masse. Auparavant, on retournait le sable chaque année, les rendements étaient faibles. Avec la chimie, ils ont explosé.

 

Mais ce pesticide, notoirement cancérigène est interdit depuis 2009, partout en Europe. Chaque année pourtant, grâce à un lobbying efficace, les producteurs de Créances obtenaient une dérogation. Cette année, alerté par un nouveau rapport alarmant des agences sanitaires, le préfet a dit non, malgré les quelques tonnes de carottes et de fumier déversés devant la préfecture de Saint-Lô le 29 avril. Alors, passer à l’agriculture biologique avec une bactérie naturelle ? Certains l’ont essayé, mais les rendements sont moindres. Évidemment.

 

Mon gâteau de carottes est un souvenir d’enfance rurale. Faire fondre quelques carottes du jardin et un oignon en julienne ; réaliser une béchamel de bonne consistance ; y ajouter les carottes fondues, deux œufs entiers, un peu de muscade, sel, poivre. Bien mélanger et placer dans un moule à manqué. Cuire 45 minutes à four moyen (170 °C). Inratable. Servir avec une sauce tomate maison.

 

LIRE AUSSI

 

TARTARIN, LA CALOTTE ET L’OIGNON

Par Jean-Claude Ribaut, avril 2019 ICI 

 

L’ÉPINE-VINETTE

Par Jean-Claude Ribaut, mars 2019 ICI 

Les carottes de Créances menacées par l'interdiction définitive d'un pesticide

Va-t-on vers la fin de la production des carottes de Créances ? La question est posée après la décision de L'Etat d'interdire un pesticide qui lutte contre le ver qui décime les légumes. Sur le terrain, la filière commence à souffrir : elle connaît ses premiers licenciements. 

 

ICI 

En utilisant des solutions alternatives au dichloropropène, les rendements ont été divisés par trois  - Radio France

Carottes de Créances : 1000 emplois menacés après l'interdiction d'un pesticide

 - 
Par , France Bleu Cotentin
 
 
Après l'interdiction l'été dernier d'un pesticide utilisé contre la prolifération d'un ver, la filière de la carotte des sables est dans l'impasse. Les producteurs de la côte ouest de la Manche rencontrent le président de région Hervé Morin mercredi en mairie de Créances.
 
ICI 

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 06:00

William_Orpen_Le_Chef_Hotel_Chatham_Paris.jpg William Orpen (1878-1931), Le Chef de l'Hôtel Chatham, Paris [E. ‘Chester’ Grossriether], 1921, h./t., 127 x 102,5 cm, Royal Academy of Arts, Londres

Les chefs de cuisine médiatiques ont des attaché (e)s de presse, même des agents comme les acteurs, ils se préoccupent de leur image, sont sur Twitter, Instagramisent, créés le buzz en jetant leurs étoiles aux orties ou au contraire comme ce pauvre Veyrat crient au scandale parce que le guide du pneu a jeté leur troisième étoile à la poubelle.

 

Certains même philosophent sur France-Culture, c’est chic.

 

Thierry Marx : 2 étoiles Michelin « Le discours sur le bio me casse les oreilles »

 

Bref, ces messieurs, mais y’ aussi une dame, madame Pic, sont le plus souvent en complet veston de PDG qu’en blouse et toque de chef au piano.

 

Mais d’où vient cette fichue toque en voie de disparition ?

 

En 1823, après l’expédition d’Espagne, les bérets et les toques firent fureur parmi les élégantes. Un soir à l’heure du service, Carême vit, à l’ambassade d’Autriche, entrer dans la cuisine une jolie petite fille, familière de la maison, coiffée d’une toque blanche qui lui allait à ravir. 3Si nous changions notre vilain bonnet de coton qui nous fait ressembler à de malades, contre cette mignonette et légère casquette ? » Et le lendemain, Carême coiffa  a toque qui, depuis a fait le tour du monde. »

Pierre Lacam Journal des confiseurs début 1883

 

C’est une légende, trop belle pour être vraie.

 

« Pourtant, à y regarder de plus près et à éplucher les écrits personnels de Carême, la légende de la toque n’est… pas tout à fait fausse ! Mais l’invention de la toque suit une tout autre généalogie : ce n’est pas le spectacle incongru d’une petite fille adorable qui détermine Carême, mais tout simplement la haute idée qu’il se fait de son art. Comment distinguer un chef : en lui offrant un couvre-chef…

 

C’est ainsi, au détour d’un écrit personnel, Le Maître d’hôtel français, que Carême rend compte de ce haussement du statut du chapeau de cuisinier : « Lorsque j’eus l’idée de porter mon bonnet garni d’un rond de carton, que l’on pourrait faire octogone, ce qui donne plus  de hauteur et de grâce au couvre-chef, je me trouvais à Vienne dans mon premier voyage de 1821. Chaque vers onze heures du matin, je présentais à Son excellence lord Stewart [ambassadeur d’Angleterre], le menu du dîner. L’ambassadeur me regarda, me sourit et me dit : « Cette nouvelle coiffure convient mieux à un cuisinier tel que vous. » J’observai à Son Excellence qu’un cuisinier devait annoncer l’homme en bonne santé, tandis que notre bonnet ordinaire nous rapprochait beaucoup trop de l’état de convalescence. » Ce n’est pas par excentricité que Carême invente la toque, mais pour se distinguer du malade. »

 

La France gastronome Antoine de Baecque

 

La France gastronome ; comment le restaurant est entré dans notre histoire

HISTOIRE

 

La toque à travers les âgesUn couvre-chef pour symboliser toute une corporation

 

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 06:00

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Dans le débat violent sur le glyphosate et l’utilisation intensive des pesticides dans certaines cultures, dont la vigne, l’exposition de ceux, salariés ou viticulteurs, qui les épandent, et celle des riverains, bien plus que le % de résidus dans les aliments, devraient être au centre des préoccupations sanitaires.

 

J’ose écrire que les autorités politiques comme sanitaires, pour des raisons souvent bassement économiques, temporisent, bottent en touche, s’abritent derrière des arguments du type de celui-ci-dessous.

 

On peut le dire autrement: il reste encore bien du chemin à parcourir pour évaluer l'ampleur réelle et les innombrables conséquences du scandale de l'amiante en France. De ce point de vue, la décision de non-lieu dans l'affaire Eternit est édifiante.

 

Dans leur ordonnance datée du 10 juillet, les juges d'instruction écrivent que «compte tenu de l'impossibilité de dater l'intoxication des plaignants, il apparaît impossible de déterminer qui était aux responsabilités au sein de l'entreprise [...] et quelles réglementations s'imposaient à cette date inconnue. [...] En tout état de cause, les investigations menées au cours de l'instruction ont démontré qu'aucune faute de nature pénale ne pouvait être imputée à une ou à plusieurs personnes physiques ou morales en lien avec la société Eternit»

 

Santé

Le scandale de l'amiante est une bombe à retardement

Jean-Yves Nau — 19 juillet 2019

 

Responsable d'un cancer de la plèvre, l'amiante est interdite en France depuis 1997. Deux décennies plus tard, 1.100 nouveaux cas de la maladie surviennent encore chaque année. ICI

 

L’industrie la plus florissante de la Corse dans les années 60 : l’usine d’amiante de Canari au Cap Corse… l’enfer blanc…

 

2 septembre 2016

L’industrie la plus florissante de la Corse dans les années 60 : l’usine d’amiante de Canari au Cap Corse… l’enfer blanc…

ICI

 

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« Le roman d’Alberto Prunetti, Amianto une histoire ouvrière a eu peu d’écho en France. Et pourtant. Il est vrai que la littérature sur les ouvriers ne passionne pas. Elle a mauvaise réputation entre misérabilisme et instrumentalisation politique.

 

Ce livre publié en Italie en 2012 et 2014 conte l’histoire d’un homme, d’un ouvrier qualifié, le père de l’auteur, qui meurt de l’amiante et des produits chimiques respirés et ingérés pendant des décennies d’activité professionnelle. Mais pas seulement, c’est aussi l’histoire des relations entre ce père et ce fils dans une famille aimante des années 1950 à l’aube des années 2000. Un fils qui fera des études, qui sortira de la classe ouvrière pour entrer dans le monde des intellectuels précaires. Un livre qui décrit aussi la fin d’un monde, celui des grandes entreprises métallurgiques et chimiques, la fin aussi du syndicalisme triomphant à l’ombre du Parti communiste italien qui sombrera à son tour ; Sans nostalgie ni critique stérile, une belle écriture mise au service d’un hommage et d’une description d’une époque où se mêlent musique, football, cinéma américain et conditions de travail inhumaines et où l’on passe de l’espoir à un présent sans avenir.

 

Le projet littéraire inspiré de la fascination d’un fils pour les compétences d’un père redouble le propos politique et historique : « le récit devrait tenir comme un raccord de beaucoup de tubes de toutes sortes. Lui le disait toujours : « mets de la filasse, ça tient mieux que le téflon. Fais seulement attention à respecter le sens du filetage et lie le tout au doigt avec du mastic vert. Ensuite, serre avec force, mais sans méchanceté. Il ne doit pas fuir » J’ai fait comme ça, avec le stylo. J’ai essayé de respecter le filetage de l’histoire, sans aller plus vite que les événements, sans étranglements. J’ai utilisé le mastic de l’imagination et j’ai serré sans méchanceté, mais avec décision, l’ordre du discours. Il ne suinte pas : j’ai mis un carton dessous et les larmes ont séché. C’est comme ça qu’il fallait les souder, l’équipement hydraulique des grandes installations et la mémoire des hommes qui ont uni des kilomètres de tubes et d’acier pendant toute une vie. Pour amener la pression du sang dans les canaux de l’existence, pour la pomper dans les réservoirs de la mémoire et la voir couler jour après jour, goutte à goutte, pour fertiliser une page ».

 

Pour qui a participé à des manifestations de victimes de l’amiante, où les veuves et les malades crient leur colère de l’inaction des pouvoirs publics et du jeu trouble des propriétaires des entreprises coupables, ce livre est un miroir. Il doit être aussi un coup de poing pour tous ses lecteurs.

 

Frédérick Genevée ICI 

 

Alberto Prunetti, Amianto, Une histoire ouvrière, traduit par Serge Quadruppani, éditions Agone, 2019, 142 p. 12 euros.

 

Autres critiques :

19 Avril 2019 ICI

 

Tombeau pour un ouvrier  Critiqué par Cyclo, le 21 juin 2019  ICI 

 

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 06:00
Le grand Antonin Carême, cuisinier et gastronome, rive le clou aux critiques gastronomique et de Rugy n’est point Talleyrand…

Où allons-nous dîner ce soir ?

 

À une belle table ou dans un bouclard ?

 

Il fut un temps où, face à cette interrogation, certains sortaient le guide rouge, ou le Gault et Millau, d’autres se référaient à la critique dans la presse ; de nos jours ça reste encore vrai pour le guide du pneu qui garde des adeptes même si ses ventes papier sont en chute libre, du côté de la presse, qui tire le diable par la queue, c’est la Bérézina, la critique gastronomique est en perdition, elle est cornaquée par les attachées de presse des chefs étoilés, et elle débite des chroniques à la chaîne comme les saucisses de chez Fleury-Michon.

 

Reste pour les adorés de Pousson, qui n’écrit plus mais tortore, les entrechats du fooding ou d’omnivore et la nouvelle croisade de François-Régis Gaudry pour la bonne bouffe dans On va déguster

 

Des noms, des noms, me direz-vous, ma réponse est non et non… ce serait dérisoire…

 

Il n'y a qu'une seule morale qui vaille dans cette histoire, une seule donnée essentielle : nous ne sommes que de dérisoires étincelles au regard de l'univers. Puissions-nous avoir la sagesse de ne pas l'oublier.

La plus belle histoire du monde - Hubert Reeves

 

L’écrivain-cuisinier

 

« Carême est unanimement respecté parce qu’il est le seul à être à la fois cuisinier et gastronome, et à l’être absolument. Grimod de La Reynière est un amphitryon sublime qui ne sait pas faire une sauce au beurre ; Beauvilliers est un restaurateur qui sait parler de sa cuisine, a compilé ses principales recettes en un recueil précédé d’un mémoire justificatif, l’Art du cuisinier, mais son texte n’a pas la portée philosophique ni même physiologique d’un écrit gastronome.

 

Carême au contraire, revendique un savoir que seul confère le faire, dont les hommes de lettres, aussi gastronomes soient-ils, ne peuvent se prévaloir. Il est même sévère contre les « théoriciens » - « Les arts et les métiers ont un langage propre et l’homme qui écrit sur une matière qu’il ignore se donne un extrême ridicule aux yeux des praticiens » -, notamment Grimod, qu’il respecte tout en exposant ses limites : « Ill a sans doute opéré quelque bien pour la science culinaire, mais ne fut pour rien dans les rapides progrès de l’art. C’est aux grands dîners donnés par le prince de Talleyrand lors de son ministère aux Affaires étrangères qu’est dû l’accroissement de la cuisine moderne et non à l’auteur de l’Almanach des gourmands. »

La France gastronomique Antoine de Baecque

 

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«Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier».

 

 

Talleyrand a trois passions : la politique, les femmes et la nourriture. Selon lui, l’essentiel est de donner d’excellents repas et être galant avec les dames.

 

« Durant son ministère, le fidèle collaborateur de Talleyrand, le cuisinier Antonin Carême, fut continuellement présent et sera chargé de l’organisation de banquets somptueux ; certains comprennent des « extraordinaires », voire de « grands extraordinaires ». Ce sont en fait des pièces « montées, salées et sucrées, conçues comme des ensembles architecturaux », où l’œil est aussi sollicité que le goût. Antonin Carême avait comme consigne de flatter à la fois les yeux et les palais des convives et l’histoire a retenu le raffinement des plats, des présentations et des menus. Cela fonctionnait pour les repas intimes et pour les banquets. Communication politique avant l’heure, ces instructions — et le budget associé — venaient de Talleyrand qui gardait à l’esprit deux facteurs.

 

La suite ICI 

30 août 2018

Le soir Talleyrand aimait « savourer des choses lourdes en compagnie de femmes légères » « Sire, j'ai plus besoin de casseroles que d'instructions. Laissez-moi faire et comptez sur Carême. »

 

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Antonin Carême (1784 - 1833)

Roi des cuisiniers, cuisinier des Rois

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le futur roi des cuisiniers et empereur des fourneaux n'est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche.

Il est issu d'une famille extrêmement pauvre. Son père est tâcheron, payé à la journée en fonction des besognes qu'on lui confie, et peut à peine nourrir sa nombreuse progéniture - pas moins de 14 enfants à charge.

Enfant abandonné

Le petit Marie-Antoine vient au monde en 1784 dans un chantier de la rue du Bac à Paris et grandit au milieu des baraquements et des échafaudages.

Lorsqu'il atteint ses huit ans, son père se résout à l'abandonner, jugeant que c'est le seul de la fratrie qui pourra s'en sortir par ses facultés. Antonin est malin, curieux, travailleur : alors que tonne la Révolution française, il est vite embauché dans une gargote contre le gîte et le couvert et apprend les rudiments du métier.

À 13 ans, la chance lui sourit : il entre comme apprenti chez le pâtissier Sylvain Bailly, l'une des meilleures maisons de Paris. On est sous le Directoire et les riches Parisiens aspirent à jouir de la vie après les affres de la Terreur.

Antonin apprend vite, devient premier tourtier et se lance dans ce qui fera sa gloire : des pièces montées tarabiscotées, de splendides et compliquées compositions en pâte d'amande, nougatine, pâtisserie.

Puis il entre au service du ministre Charles-Maurice de Talleyrand qui a table ouvert dans le quartier Saint-Germain, à Paris. Entre le diplomate et le cuisinier se noue une vraie complicité. Talleyrand incite Carême à développer une nourriture raffinée, à base de légumes et de produits de saison.

La suite ICI

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25 juillet 2019 4 25 /07 /juillet /2019 06:00
Avant le frigidus, Frigidaire® comment les romains conservaient-ils leurs denrées ? bouchons percés en liège pour fermer les amphores de vin…

Avec la canicule qui sévit sur notre doulce France il fait un temps à se foutre la tête dans le Frigidaire.

 

Frigidaire revient un nom devenu commun dans notre pays, Lancée par General Motors, reprise par Electrolux en 1986, la marque revient avec trois réfrigérateurs en vente dans quelques jours ...

 

Frigidaire, cent ans à peu près

 

En France, la marque est toujours très connue malgré une absence dans les rayons de plus de 20 ans. Sa notoriété est due au passage de la marque dans les noms communs, à l'instar de Sopalin ou Mobylette.

 

Alors, pour ses 101 ans, Electrolux a décidé de faire revivre la marque avec 3 références "vintage" inspirées de l'esthétique imaginée par Raymond Loewy, célèbre designer ayant collaboré avec Frigidaire.

ICI 

Nostalgie : Electrolux fait revivre la marque Frigidaire en France

 

Le « garde-manger » des Romains Columelle, au livre XII de son ouvrage, en fixe les contraintes :

 

« Quemadmodum tractare debeat penora sibe cellaria. »

« Comment la métayère doit traiter les provisions ou les celliers… »

 

« Nihil enim magis curandum est quam praeparare, ubi quidque reponatur, ut, quum opus sit, promatur. Ea loca qualia esse debeabt, […] iam dicta sunt. »

« On ne doit en effet veiller à rien d’autre que de préparer les endroits où chaque chose doit se trouver pour être ôtée au besoin. Ce que doivent être ces endroits, […] on l’a déjà dit. »

 

Columelle, plus loin, évoque la nécessité de choisir le lieu, sec, frais, où installer les conserves pour qu’elles ne moisissent pas. Froment, fèves, on a retrouvé trace de ces aliments dans les greniers. Le choix du récipient, vase en terre ou en verre, est important : il leur faut une ouverture large, de même diamètre en haut et en bas, ainsi, lorsqu’on se sert facilement, le reste redescend au fond du récipient, et tout baigne dans la saumure. Dans un tonneau, ce ne serait pas possible, à cause du ventre aux dimensions inégales.

 

Les récipients garde-manger sont des dolia, grandes jarres contenant 1 200 à 2 500 litres d’huile, céréales, vin. On ne les transporte pas, elles sont enfoncées dans la terre à demeure, et gardent frais.

 

Plus petite, plus malléable et transportable, l’amphore nommée ainsi à cause de ses deux anses. […] entre l’amphore à vin et l’amphore à garum, on peut se faire une idée de son volume avec l’amphore « du milieu » : 30 kg à vide, remplie de 70 l d’huile pèse à plein 100 kg.

 

Le musée d’Alba-la-Romaine en Ardèche ICI  

 

... Des amphores trouées qui contiennent des denrées. Elles deviennent boîte à sardines, bocal à farine mola ou farine d’épeautre far.

 

Je dis ajouter qu’une récente visite au musée de Lattes  ICI m’a permis d’observer deux types de bouchons en liège pour fermer les amphores de vin : celles en provenance de Tarroconaise, par exemple, montrent des bouchons percés en leur centre « pour laisser s’évacuer les gaz générés par la fermentation de l’alcool qui continue pendant le transport. On les retrouve également, non percés sur les amphores gauloises, africaines ou lusitaniennes. Sur les amphores italiques, le bouchon de liège est rendu étanche par l’adjonction d’un mortier de pouzzolane ou cendre volcanique ».

 

Saumure, salaison, fumage, séchage, putréfaction contrôlée aussi, il fallait bien sauvegarder les denrées périssables : les exemples abondent pour toutes ces techniques de conservation vielles comme le monde. Columelle fait référence à cette façon de plonger un aliment dans un bain de saumure et de vinaigre. J’ai déniché au musée de Lattes déjà mentionné, au milieu de tant d’objets de la vie quotidienne, un « pot de fermentation », récipient du 1ier siècle avant J.-C. qui a probablement servi à faire fermenter des fruits ou des légumes.

 

Olives vertes en saumure, salaisons de jambons, dont Caton donne le protocole, viandes ou poissons fumés, fromage fumé aussi, on l’a déjà mentionné, fromage que l’on va saler, épicer, en utilisant du sel facitum (de roche) ou du sel navitum (de mer). Le sel encore pour conserver les œufs.

 

Le miel enfin permettra de garder les fruits de l’été pour l’hiver, on l’a dit, outre Apicius, Columelle recommande ce procédé qui, d’après lui, convient à tous les fruits et s’avère indispensable pour la santé dans toutes les maisons, pour peu que l’on prenne la précaution d’aligner les fruits de chaque espèce séparément, de peur que, mélangés, chaque espèce n’altère l’autre.

 

Céréales, garum, huile, miel, salaisons, sel, voici donc la base de tout garde-manger.

 

Martine Quinot Muracciole Rome côté cuisine Les Belles Lettres

 

Rome côté cuisines

 

L’auteur

Martine Quinot Muracciole est professeur de lettres classiques à Nîmes et préside l’association Carpefeuch ( association partie du collège Feuchères à Nîmes qui s’ouvre à TOUS ceux qui s’intéressent à la couleur romaine dans la région nîmoise. L’association organise des rencontres, visites, conférences, ateliers autour de la romanité, et au nom de la convivialité antique et de son fameux « Carpe diem ! » )

 

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 06:00
Paul Claudel rencontra Dieu à N-D de Paris moi, plus modestement, j’ai croisé sur 1 trottoir de Paris Pierre Lamalattie et je lui ai demandé de  m’éclairer sur la restauration de Notre-Dame.

Avec un titre de cet acabit a-t-il encore toute sa tête ?

 

Bonne question !

 

La réponse est oui.

 

  1. La conversion de Paul Claudel au catholicisme s’est produite le 25 décembre 1886 en la cathédrale Notre Dame de Paris. ICI

 

« En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, de l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. »

 

  1. J’ai bien croisé Pierre Lamalattie sur un trottoir de Paris.

 

Je n’attendais pas Godot, je faisais le pied de grue sur un trottoir lorsque je vis apparaître, s’appuyant sur une canne de dandy Pierre Lamalattie. Allait-il me reconnaître ? Mon ego allait être soumis à une minute de vérité. Je plantai mon regard dans le sien mais il parut indifférent à mon insistance, puis après avoir parcouru  quelques mètres il se retourna, hésita, revint vers moi.

 

Nous nous saluâmes, nous engageâmes la conversation, j’étais en forme alors je fis dans l’ironie : « Alors vous chroniquez toujours dans Causeur ? » Et puis de fil en aiguille Pierre Lamalattie en vint à me parler de la restauration de Notre-Dame de Paris. Conservateur, ce cher homme, ça tombait bien moi aussi.

 

Mon sang de chroniqueur n’a fait qu’un tour : et si je lui demandais un papier ? Je me retins, trop de hâte pouvait tuer dans l’œuf mon projet. Homme d’écrit je lui ferais une demande écrite. Ce que je fis et il répondit oui.

 

Mais qui est  Pierre Lamalattie ?

 

Tout commence par une enveloppe, adresse manuscrite, déposée dans mon casier rue de Vaugirard, l’annexe du Ministère de l’Agriculture où séjournent les vieux « hauts serviteurs » de l’Etat – le gagatorium en langue ordinaire.  Le courrier électronique m’a tué devrait être le nouveau slogan de la Poste, je passe donc très rarement dans le local prévu pour cette antiquité.

 

Intrigué par la tronche de cette lettre, qui n’a rien d’administrative, je la décachette avec fébrilité.

 

Nouvel étonnement, le feuillet est manuscrit, à la plume et à l’encre bleue, à la manière d’une ordonnance médicale. Il me faut décrypter.

 

photo401.JPG

 

Mon correspondant m’indique en entame qu’il est tombé par hasard sur internet sur des sites faisant état de mon activité dans le domaine du vin avant d’indiquer que cela lui a rappelé de … (je ne décrypte pas) moments rue de Varenne.

 

Je fronce les sourcils, le patronyme de l’auteur de la lettre, qui n’est pas son patronyme d’auteur, me dit quelque chose mais, en dépit d’une plongée dans ma mémoire, je ne le resitue pas.

 

Est joint à la lettre un carton d’invitation pour le 1ier octobre dès 19 heures à une rencontre-dédicace à la librairie L’Écume des Pages à l’occasion de la parution de son second roman. « Précipitation en milieu acide »

 

La suite de ma chronique du 22 octobre 2013

 

« Les bouteilles de bordeaux ont les fesses tristes je préfère les bouteilles de bourgogne. C’est sensuel. C’est doux, ça s’arrondit, ça s’évase, ça se développe. » Pierre Lamalattie

ICI 

Aucune description de photo disponible.

 

Après les flammes, l’inculture ?

 

L’incompréhension persistante à l’encontre du XIX e  siècle et de Viollet-le-Duc pourrait mettre en danger la restauration de Notre-Dame.

 

Le 15 mars dernier, le monde apprend avec stupeur l’incendie qui ravage Notre-Dame de Paris. Alors que les flammes se propagent s’impose une évidence : restaurer la cathédrale. Une évidence, certes, mais qui très vite part dans tous les sens. Fleurissent, en effet, des opinions et des projets extraordinairement variés, contradictoires et parfois saugrenus.

 

On peut les classer grosso modo en trois grandes catégories. Il y a d’abord ceux qui souhaitent profiter de la situation pour donner au bâtiment un visage plus contemporain. C’est le cas, semble-t-il, du président de la République qui appelle à reconstruire la cathédrale « plus belle encore », suivi de son ministre de la Culture ouvrant un concours « aux meilleurs talents de la planète » pour y envisager « un geste architectural ». Évidemment, un certain nombre d’agences d’architecture leur emboîtent le pas. Les propositions de toits transparents et autres parcours de sensibilisation écologique se multiplient.

 

Il y a, en deuxième lieu, ceux qui militent pour une « dérestauration », c’est-à-dire pour en revenir à un état nettement antérieur, apparemment plus fruste, mais jugé plus authentique. La dérestauration a déjà sévi sur des monuments importants en France. C’est notamment le cas de la basilique Saint-Sernin, à Toulouse, dont la nef a été désastreusement ramenée à son état de grange primitive. Se rattache à ce courant Jacques Attali qui préconise un retour à la période sans flèche, au motif que la vocation véritable d’une flèche est de porter une horloge et qu’à l’âge où on regarde l’heure sur son smartphone, ce ne serait pas un choix « moderne ».

 

Enfin, un troisième parti réunit ceux qui exigent une restauration à l’identique, à la réserve près d’une adaptation possible des matériaux.

 

C’est l’opinion majoritaire des conservateurs et des historiens de l’art.

 

C’est aussi ce que commande sans ambiguïté la Charte de Venise (art. 11), traité international adopté par la France. C’est, en ce qui me concerne, la perspective que je soutiens. Le ralliement tardif, mais bien réel, de nombreux hommes politiques (notamment la maire de Paris, Anne Hidalgo) renforce cette hypothèse. Cependant, rien n’est encore officiellement décidé.

 

On pourrait penser que ce foisonnement d’idées reflète un débat particulièrement riche et créatif dont il faudrait se féliciter. Ce serait probablement être trop optimiste. D’abord, comment ne pas avoir froid dans le dos quand on constate que tant de gens, et parmi les plus éminents, se réjouiraient d’une restauration loufoque, voire tocarde.

 

Ensuite, et c’est là le plus grave, on a le sentiment qu’un grand nombre de relais d’opinion et de décideurs pâtissent d’une inculture persistante en ce qui concerne le XIXe  siècle, période déterminante pour le bâtiment.

 

En effet, à la lumière de ce qui s’est dit ou écrit, on a l’impression que presque tout le monde tient fermement à admirer cette cathédrale en tant qu’œuvre du XIIIe. On s’enthousiasme pour la charpente, ignorée jusque-là, mais révélée à titre posthume. Pensez ! des chênes coupés il y a huit siècles et peut-être plantés au temps de Charlemagne ! La flèche est généralement le seul élément du XIX e qui soit identifié. On y fustige une inopportune excroissance du mauvais goût de nos aïeux, un médiocre pastiche à oublier. Notons cependant que cette vision partagée jusqu’au sommet de l’État est surtout le fait de ce que j’appellerais (par facilité) les « élites ». La population, quant à elle, manifeste un attachement de cœur très émouvant à sa cathédrale. Elle n’imagine même pas qu’on pourrait « lui » construire autre chose à la place.

 

La première chose à dire est que voir dans Notre-Dame seulement un héritage du XIIIe  siècle est une erreur totale. Elle est à la fois une cathédrale médiévale et une cathédrale du XIX e  siècle. L’apport de Viollet-le-Duc (et de Lassus) est beaucoup plus important qu’on ne le croit généralement et d’une très grande qualité artistique. Au début du XIXe, Notre-Dame est, en effet, tout sauf séduisante. La Révolution a ravagé à peu près toutes les statues, n’épargnant que des reliefs de petite taille. Ceci s’ajoute à des pertes considérables sous l’Ancien Régime : suppression de vitraux, dépose du clocher, percement du porche central pour permettre les processions, bouchage ou transformation de fenêtres, etc. Le Moyen Âge lui-même a laissé, comme souvent, un monument dramatiquement inachevé. Les tours robustes, calibrées pour porter des flèches qui auraient doublé la hauteur totale, paraissent très massives dans leur état inabouti. Les arcs-boutants s’appuient sur des maçonneries grossières. En fin de compte, les contemporains perçoivent la cathédrale comme une grosse grange assez moche. On ne peut pas leur donner tout à fait tort. Il est même envisagé de la détruire. Cependant, dans une période d’affirmation du sentiment national, le XIX e voit dans le gothique un art spécifiquement français, car porté à son plus haut niveau avant l’influence italienne. Victor Hugo publie son roman qui sensibilise la population. Trois régimes se succèdent de 1845 à 1864 pour soutenir la restauration confiée à Viollet-le-Duc. Contrairement à ceux de notre temps qui s’en remettent à un pilotage unilatéral par l’exécutif (par ordonnances), les parlements de l’époque discutent de près les propositions de l’architecte.

 

Viollet-le-Duc produit un programme complet de sculptures et gargouilles qu’il dessine et contrôle lui-même. Il recrée une bonne part du trésor. Il restitue des fenêtres hautes et les nombreux vitraux manquants (en partie remplacés par des verreries cubistes jugées « plus gaies » durant la période Malraux). Il orne le faîtage d’une dentelle métallique. Il magnifie les arcs-boutants avec d’importants pinacles qui ceinturent la cathédrale, la rendant particulièrement élégante vue de côté ou de derrière (chevet).

 

Il érige aussi et surtout une nouvelle flèche en bois (protégée par du minium et du plomb) qui tire profit de l’expérience de celles de Rouen (d’Alavoine, en fonte) et de la Sainte-Chapelle (de Lassus, en bois).

 

Mûrement réfléchie, la flèche de Notre-Dame bénéficie d’un dessin particulièrement équilibré. Elle fait écho à la quarantaine de petites flèches et de pinacles en les fédérant en une même élévation d’ensemble. Elle allège dans la foulée la lourdeur des tours inachevées.

 

C’est dire combien elle a un rôle clé dans la cohérence générale du bâtiment.

 

Viollet-le-Duc n’est nullement un catholique fervent. Franc-maçon et opposé au parti dévot, il est avant tout un artiste. Il s’inscrit dans la continuité des maîtres maçons du Moyen Âge. Il conçoit sa cathédrale comme une sorte de demeure spirituelle du peuple de Paris. Le bestiaire qu’il déploie n’est pas étranger à l’idée grouillante et magnifique qu’il s’en fait. Ajoutons, pour ceux qui s’imaginent le bâtiment sans signataire et fruit d’une autogestion populaire fantasmée : il place sa statue contre la flèche avec la dédicace à double sens : « Au Grand Architecte de l’Univers ».

 

Viollet-le-Duc a un profil original. Il ne passe pas par la case Beaux-Arts, viatique prestigieux et presque indispensable pour un architecte de cette époque. Il se forme en autodidacte en parcourant la France et en dessinant des églises, des châteaux et toutes sortes de bâtiments remarquables. Il est avant tout un merveilleux dessinateur. À force de familiarité avec le gothique, il accède à une compréhension en profondeur de cet art. Il l’intériorise au point de dépasser le stade de la simple copie et de devenir lui-même un créateur gothique (ou néogothique) à fois original et inscrit dans une solide filiation. Il écrit même des ouvrages ayant valeur de théorie a posteriori.

 

Viollet-le-Duc n’est pas qu’un restaurateur, il est aussi un immense architecte, exempt de toute nostalgie et à l’avant-garde de son époque. Avec la référence gothique, il installe en France une culture décalée qui bouscule les conceptions académiques marquées par l’héritage classique. Il s’oppose à l’urbanisme répétitif du préfet Haussmann et préconise davantage de liberté, notamment grâce à l’usage de la brique, du métal et de la céramique. Ses décors, en particulier ses polychromies, riches en linéaments et en formes stylisées, influencent l’art nouveau ainsi que Gaudí. Enfin, dans un registre presque inverse, il aime que l’architecture s’exprime sans mensonges en montrant sa structure. On comprend bien cette idée en regardant, par exemple, les arcs-boutants du chevet de Notre-Dame qui visualisent des poussées, comme c’est le cas pour divers bâtiments conçus par cet architecte. Ce souci de cohésion entre l’apparence et la structure fait de lui une des racines du rationalisme.

 

Pourquoi donc envisager de détruire l’œuvre majeure d’un des plus grands architectes français ? Pourquoi s’affranchir de la Charte de Venise, traité international qui commande clairement une reconstruction à l’identique, laissant seulement une marge d’appréciation pour les matériaux ? Pourquoi aller à l’encontre du sentiment populaire et de l’élan des donateurs ?

 

La réponse est évidente comme la poutre qu’on ne voit pas dans son œil. La modernité, durant tout le XXe  siècle, s’est appliquée à dénigrer et occulter les apports du siècle précédent, à l’exception des artistes éligibles au titre de précurseurs. Il fallait que les mouvements nouveaux se justifient et trouvent leur place. À force, il en a cependant résulté un mélange persistant d’inculture et de préjugés à l’encontre de l’art du XIXe.

 

Cela concerne particulièrement les « élites », justement en raison de leur sensibilisation plus poussée à l’art moderne. Toutefois, la modernité a eu lieu. Elle n’est pas menacée. Elle a ses musées et ses beaux livres. Elle n’a plus besoin d’être justifiée ni défendue. Elle ne requiert pas une mise à l’index des artistes relevant d’autres options. Nombreux sont ceux qui invoquent la Querelle des Anciens et des Modernes pour demander un « geste architectural » se substituant à l’œuvre de Viollet-le-Duc. C’est un contresens total, car les Modernes n’ont jamais voulu faire disparaître quoi que ce soit, mais seulement créer eux-mêmes sans entraves. Certains prétendent que, si Viollet-le-Duc a pris des libertés, nous pouvons en prendre à notre tour et même davantage. L’argument se retourne complètement : c’est justement parce qu’il a usé de libertés qu’il a réalisé une œuvre artistique véritable et que nous devons la conserver.

 

On saisit facilement l’intérêt de bibliothèques où trouver des livres de toutes époques, et spécialement des auteurs qui ne pensent pas comme nous. Détruire des livres ou les occulter, ce n’est pas bien ! Tout le monde comprend cela. Eh bien ! en art, ce devrait être la même chose : rien n’est plus utile que de conserver les œuvres d’autres périodes. Elles nous procurent du plaisir, mais surtout, elles apportent un matériau à notre sensibilité et à notre réflexion. La conservation ne limite pas la création, elle la nourrit.

 

Restaurons donc Notre-Dame conformément à la Charte de Venise et progressons un peu dans la compréhension de nos héritages du XIXe  !

 

Merci à Pierre Lamalattie... 

Aucune description de photo disponible.

 

Notre-Dame : ils ont dit…

 

Emmanuel Macron : « Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore. »

 

Benjamin Grivaux (candidat LaRem à la Mairie de Paris) : « On va la rebâtir pierre par pierre, poutre par poutre, ardoise par ardoise* ! »

 

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur) : « Ce que je sais, c’est que Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale, c’est notre rassemblement, c’est notre force, c’est notre histoire. »

 

Audrey Azoulay (directrice générale de l’UNESCO) : « La cathédrale est considérée comme le plus bel exemple de l’architecture gothique française, avec une utilisation novatrice de la voûte en côte et des contreforts, des rosaces en verre teinté et des décorations sculpturales. La construction de l’église a commencé en 1160 et s’est poursuivie pendant un siècle**. »

 

Mme Cathy Racon-Bouzon (députée LaRem, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation) : « En 1864***, Eugène Viollet-le-Duc remportait le concours lancé pour la réhabilitation de Notre-Dame. Ce sanctuaire de l’épopée nationale, il en a respecté l’ADN, mais il en a modifié certaines des formes […].  [Restaurer] c’est aussi faire triompher l’innovation sur l’obscurantisme. […] Notre-Dame traverse les âges pour raconter l’histoire de France et pas seulement l’histoire de ses origines. »

 

* La couverture est en plomb.

 

** En réalité, sept siècles.

 

*** Date correspondant à la fin des travaux.

Viollet-le-Duc : les visions d’un architecte – par Lilie Fauriac ICI

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