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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 06:00

Aucune description de photo disponible.

« La critique d'art est aussi imbécile que l'espéranto. »

 

Blaise CENDRAS

 

Le Mooc (de l'anglais Massive Open Online Course), aussi appelé « cours en ligne ouvert à tous », est un outil de formation à distance via Internet.

 

« Il y a des livres pour être lus et des livres pour être là » disait Jean Cocteau dont la phrase exacte ne visait pas ce qu’on qualifiait alors les beaux livres et qui allait devenir ce que les Anglais allaient bientôt, devant l’inflation des parutions, appeler « les livres de table de salon » Ceux que l’on place ostensiblement pour impressionner les invités.

 

Aujourd’hui, ces livres d’art pullulent, au point qu’on en trouve beaucoup dans les solderies.

 

Dans mon  enfance, il y en avait un à la maison. C’était un cadeau d’entreprise reçu par mon père pour les fêtes de fin d’année. Il appelait cela, peut-être improprement « une perruque». Peut-être se sentait-il mal à l’aise et redoutait-il de commettre un abus de bien social puisqu’il l’avait reçu « au bureau ».

 

Ce livre me plaisait beaucoup et j’étais le seul des quatre enfants à montrer ce plaisir. Le jeudi après-midi j’avais accès au salon. Je pouvais m’asseoir dans le grand fauteuil de mon père. Il était tout à côté du grand poste de radio en bois vernis où l’écran affichait les noms de stations qui laissaient rêveur tel Radio SOTTENS. Il avait aussi un oeil vert fluo permettait de affiner la réception.

 

Le livre sur les genoux je feuilletais l’ouvrage en prenant bien soin de n’attaquer la page à tourner que par l’angle en haut à droite comme si ma grand-mère maternelle m’observait par-dessus mon épaule prompte à me rappeler sèchement à l’ordre de sa voix glaciale et autoritaire

 

C’était un livre de peintures composé d’une reproduction d’un tableau en plein page de droite et d’une légende au format carte postale centrée sur la page de gauche en vis à vis.

 

Seule une reproduction me captivait et retenait mon attention.

 

Je jetais au passage un coup d’œil sur un portrait qui me rappelait l’actrice Geneviève Page. Ce portrait précédait « La ronde de nuit de Rembrandt » qui me mettait en bouche car la peinture suivante n’était autre que « L’homme au casque d’or » du même Rembrandt.

 

L'Homme au casque d'or — Wikipédia

 

Je passais alors des heures à observer, contempler, détailler le tableau. A imaginer aussi l’artiste au travail et le voyage pour aller le contempler.

 

Puis la famille a éclaté. Je ne sais où est passé l’ouvrage.

 

L’adolescence m’est tombée dessus comme une maladie dont j’ai mis des années à me remettre. Mais « L’homme au casque d’or » restait caché dans ma mémoire, mon musée personnel. Il se rappelait à moi de temps de temps en temps. A chaque fois, comme le presbytère et le jardin du «Mystère de la chambre jaune » il n’avait jamais perdu de son charme ni de son éclat.

 

Autour de la quarantaine, bien que d’éducation catholique je suivais des cours à la faculté de théologie protestante. C’est au hasard de la fermeture du secrétariat de la faculté de théologie catholique que je me suis inscrit chez « ceux d’en face », trop paresseux pour revenir faire la queue et remplir les formalités nécessaires.

 

A la même époque je me suis séparé de la mère de mon ainé .Perturbé par cette pénible péripétie, j’ai quelque peu séché les cours. Un après-midi le téléphone sonne : c’est mon professeur de théologie qui s’inquiète de ne plus me voir. Je lui donne quelques explications moroses et désabusées. Il me recommande de ne pas les oublier et m’invite à partir en voyage d’étude sur les traces des Huguenots émigrés à Berlin suite à la révocation de l’Edit de Nantes. Ce sera préférable plutôt que de  vous morfondre, voir vous complaire dans une solitude stérile, ajoute-t-il.

 

Berlin ! Bien sûr que je vais y aller. D’ordinaire je n’aime pas les voyages. L’expérience a montré que je suis incapable de choisir une destination parmi toutes celles qui me tentent. Je justifie cette aboulie par une boutade du genre : Les pyramides ou les chutes du Niagara n’ont pas besoin de moi pour être admirées. Mais un voyage avec un groupe partageant en commun quelques centres d’intérêts, pourquoi pas. Et Berlin avec son mur, plutôt deux fois oui.

 

Et même trois fois oui, car à Berlin, au musée de Dahlem, se trouve « L’homme au casque d’or »

 

 

Voyage traditionnel et pittoresque en train militaire : les rideaux seront maintenus baissés une fois franchie la frontière de la RDA. Visite intéressante et conforme aux attentes. Au premier temps libre usuellement octroyé dans ce genre de déplacement je file à Dahlem à la Gemäldegalerie.

 

Je ne me souviens pas de l’aspect du bâtiment dont l’entretien indiquait clairement  qu’à ce moment-là, les priorités de Berlin-Ouest  étaient toutes autres. A peine si je garde en mémoire les allées boisées aux couleurs d’automne, le hall d’accueil lugubre et un gardien somnolant. Il me récite néanmoins le contenu des étages et l’itinéraire de visite recommandée.

 

Je lui demande ou est exposé « L’homme au casque d’or »Je me précipite dans la salle indiquée en ignorant les salles traversée quelque soient les autre chefs d’œuvres de la collection du musée.

 

A l’époque les salles d’exposition de ce musée sont des salles d’apparat que l’on dit commandées car on y accède l’une après l’autre franchissant des doubles portes du côté du mur de façade comme cela se pratiquait avant l’invention du couloir. C’est le type de disposition que l’on voit dans les palais et châteaux jusqu’au 18ième siècle et début du 19ième

 

Une fois dans la salle indiquée, pas de tableau j’étais déjà surpris d’être pratiquement le seul visiteur. Un tableau tel que « L’homme au casque » aurait dû avoir une foule de visiteur semblable à la cohue entourant  la Joconde au Louvre. Un musée ayant la bonne fortune d’abriter un tel chef d’œuvre se devait de lui assurer une présentation équivalente.

 

Rien, pas de Casque d’Or. Pas d’homme, pas de tableau. Pas de place vide non plus avec une éventuelle information sur le sort du tableau. Prêté à un autre musée. En déplacement pour une rétrospective Rembrandt sur un autre continent. Les organisateurs de manifestations culturelles devaient  s’arracher une telle pièce. Rien.

 

Je retourne à l’accueil, dans mon excitation j’ai peut-être mal mémorisé le numéro de la salle. Le gardien confirme sa première information. J’y retourne : c’est la bonne salle, celle que j’ai déjà visité. Avec soin je fais un à un, le tour des tableaux exposés. Le tableau est peut-être moins grand que la taille que lui prête mon imagination et mon admiration. Rien.

 

Me voilà encore une fois à l’accueil .J’avoue piteusement n’avoir rien trouvé et ce n’est pas une question de langue. Mon allemand parfois approximatif est suffisamment correct pour assure la clarté d’échange aussi simple que nécessite celui que j’ai avec mon gardien de musée même si l’accent berlinois peut désarçonner un allemand apprit dans d’autre région.

 

Le gardien, sans un mot, quitte son comptoir : manière de me faire comprendre qu’il faut le suivre. Il adopte un pas ferme que j’emboite, tout aussi déterminé. Nous arrivons dans la salle concernée. D’un coup d’œil je vois bien que rien n’a changé depuis toute à l’heure. Je me demande, un instant, par quel miracle va apparaître mon tableaux préféré.

 

Le gardien n’est pas réellement entré dans la salle. Resté à hauteur de la porte, il a saisi, comme pour la fermer le battant plaqué contre le mur.

 

La manœuvre révèle mon tableau. Il est piteusement accroché, comme mis au coin, en pénitence pour on ne sait quelle bêtise. Non seulement il n’occupe pas de place royale dans une salle dédiée mais ces gougnafiers de conservateurs, quelque peu  honteux de posséder une telle œuvre la dissimule, dans la salle où ils consentent à l’exposer, derrière un battant de porte, en pied de cimaise. Je le regarde. L’air fatigué qu’aborde le soldat, décrit presque par tout le monde, ses yeux baissés lui donne l’expression penaude du mauvais élève « au coin » que le maitre montre aux parents venus le chercher. Il est loin l’aspect de l’homme dont le casque flamboyait dans ma mémoire.

 

Que s’est-il passé ?

 

Comment ce chef d’œuvre de la peinture occidentale a pu en arriver là ?

 

Peut-être  est-ce moi qui, par un goût dévoyé, a attribué une valeur plus que surfaite à un semblant de chromo ?

 

Je n’en crois rien, je suis sûr de moi, je sais que j’ai l’œil.

 

Que s’est-il donc passé ?

 

Tout simplement que les amateurs d’arts ont été supplantés par des techniciens de toute nature : historiens d’art, critiques, scientifiques. Toute cette engeance qui aujourd’hui occupent le devant de la scène car il est plus facile de parler technique ou d’argent, que d’art.

 

Et c’est ainsi que la suspicion a été jetée sur l’authenticité du tableau.

 

Un travail d’élève ?

 

Peut-être.

 

Un exercice d’atelier ?

 

Il se peut.

 

Mais en tout cas pas un Rembrandt. Les infra-rouge sont formels, les ultras violet catégoriques et le carbone quatorze sans appel. La sentence est tombée en 1986 L’homme au Casque d’Or n’est, définitivement, pas une œuvre de Rembrandt.

 

Mais alors, si j’ai bien compris, seule la signature confère une valeur esthétique à une oeuvre ?

 

Allez y donc Messieurs les gougnafiers, soyez cohérents avec vous-même, jusqu’au bout. Contentez-vous d’exposer des signatures le reste ayant apparemment si peu d’importance. On connaissait déjà les buveurs d’étiquette. Il existe aussi les collectionneurs de signatures

 

Depuis je vis fidèle à ce tableau, J’écoute quelque fois peiné, quelque fois en colère, des polémiques autour de l’authenticité d’une œuvre. Je note qu’il est plus facile de rétrograder une œuvre que de lui conférer une identité authentique. Par exemple la récente polémique autour du « Judith et Holopherne » du Caravage ou des doutes subsistent encore mais qui reste une œuvre intéressante pour qui aime ce type de peinture.

 

Par exemple aussi, à contrario, l’attribution définitive à Leonard de Vinci d’un « Salvator Mundi » pourtant autant si ce n’est plus controversé que le Caravage évoqué plus haut. Il est, soudain, devenu le tableau le plus cher du monde adjugé pour une somme finale de 450,3 millions de 450,3 millions de $ au prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane. Et ne parlons pas  de la qualité esthétique plus que contestable de ce tableau.

 

Ne parlons pas non plus de tous les faux * se trouvant dans tous les musées du monde. Bien sûr, les conservateur refusent de l’admettre, plus soucieux de la renommée de leurs établissements que de la réalité. En effet certains faussaires revendiquant la paternité de telle ou telle œuvre, sont près à révéler publiquement le « signe indien » qu’ils ont placé dans leur création, opération publique, à laquelle se refusent les mêmes conservateurs. Bref, soit on parle de l’art comme d’un plaisir esthétique à éprouver soit on ne s’y intéresse que pour des motifs tout à fait légitimes mais loin de ce plaisir indicible. Ce peut être l’aspect historique qui retiendra la curiosité ou encore technique de conservation et/ou de restauration mais aussi technique picturale ou style. Mais là, on est loin de « la réelle beauté de l’art qui, au sens littérale vous ravit »

 

Soudain, en 2016 paraît chez Gallimard un petit livre d’un écrivain haut en couleur et un peu Brindezingue.

 

C’est Pef. Dans son « Petit éloge de la lecture » Il raconte, son dépit, sa colère et son refus de faire sienne cette désatribution. Il raconte sa rencontre, enfant, avec l’œuvre. Il finit par croire que Rembrandt l’a réalisée pour lui. La suite vaut son pesant d’or. Pour moi du moins car je ne suis plus seul. A présent nous sommes au moins deux. Et tant pis si c’est insuffisant pour constituer une minorité.

 

* Selon les services de police spécialisés en œuvre d’art et les experts sérieux (!) de France, de Grande Bretagne et d’Allemagne quelque 80 % des œuvres sur le marché sont des faux.

 

Il y a 400 commissaires-priseurs en France. Deux sont en prison soit 5%. Ne parlons pas de ceux qui sont suspendus ou interdis pour diverses durées.

 

Lutzelhouse Janvier 2019

DYNAMITAGE RADIO SOTTENS REND L'ÂME EN 15 SECONDES ICI 
La bonne vieille antenne qui arrosait les Romands a volé hier en éclats. Séquence émotion autour de 180 tonnes de ferraille.
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 06:00

Un confinement de vigneron, de Felice Casaroti avec L'uomo delle botti via  Alice Olivier de Moor

Soyons positif, pour le passé laissons de côté les procureurs aux mains propres, ils n’ont pas de mains, pour le futur ne perdons pas notre temps avec les augures modernes qui n’ont rien vu venir, hier n’est plus que poussière, évitons de la glisser sous le tapis, demain sera demain, il sera toujours temps de nous confronter à la réalité sans réécrire l’Histoire de cette pandémie, le confinement a du bon, il remet au goût du jour, la conversation, l’échange, la correspondance.

 

Ainsi, suite à ma chronique dominicale du 5 avril 2020 qui n’a éveillé bizarrement aucun commentaire de la mouche du coche sans doute trop occupé, telle la reine d’une ruche, à pondre des chroniques pour votre serviteur.

 

Le 2 en 1 du confiné : relire ou lire le Guépard de Giuseppe Tomasi Di Lampedusa et revoir ou voir le Guépard de Le Guépard de Luchino Visconti ICI 

 

 

Vous me connaissez, je lui ai de suite proposé de la publier sur mon espace de liberté.

 

En retour j’ai reçu son imprimatur.

 

Nino Rota, Il Gattopardo, Feauture Film by Luchino Visconti, 1963 ...

 

Bonjour Jacques,

 

Indiscutablement, je fais partie des « Gattopardeschi ».  Je ne crois pas plus que cela dans la vérité de ce que raconte le Guépard, mais je crois en la vérité de ce qu'il présente. En fait, l'histoire, on le sait depuis longtemps, est écrite par les vainqueurs, mais les vaincus ne sont pas forcément les dindons de la farce.

 

Le Guépard est déjà est avant tout un grand livre politique, comme le sont Guerre et paix, pas plus vrai historiquement, ou le début du Rouge et le noir, ou son pendant chronologique, les Mémoires d'Hadrien. Je n'arrive pas à les dissocier, d'ailleurs. Peu d'illusion de part et d'autre. Ces romans décrivent une vision de l'histoire écrite a posteriori. Rien de bien vrai factuellement ; tout est vrai dans la suite et les conséquences. Calvino analyse le roman ;  Leonardo Sciascia aussi : l'Histoire de la Sicile aurait été différente si... les tenants du pouvoir  au moment de l'invasion du pays par Garibaldi avaient agi autrement. Mais ils ont joué leur partie pour perdre le moins possible. Personne ne veut croire que ce Gueux puisse faire tomber la monarchie. Mais ce gueux a l'audace de le faire. Tout un chacun cite " il faut que tout change pour que rien ne bouge"  oubliant la grande réflexion politique qui précède : jusqu'à quand pourra-t-on dissocier le Pouvoir de celui qui l'exerce, ou le contraire. Et le roi de Naples, à l'époque est un fantoche, une ombre, comme bien des aristocrates siciliens. Ce qui renvoie à leur nullité les monarchistes, bonapartistes ou tous ceux qui attendent le Sauveur.

Une fois le roi tombé, c'est le chacun pour soi. Corbera joue sa partie, et il a des cartes.

 

Don Corbera, prince de Salina, est un cynique et qui le reste jusqu'au bout. Il utilise son neveu, son ancien métayer Sedara devenu plus riche que lui, la fille de celui-ci et les sentiments (que sont-ils d'ailleurs exactement ? sinon peut être un cuissage qui aurait "mal tourné" en mariage) de son neveu (Falconerie, pas un aigle, juste un faucon) pour Angélique. Au final, tout le monde est dupe d'une partie dont les règles lui échappent, Salina comme les autres. Sedara a soif, soif que lui donne le sel des Salina, le sel, soif de cette aristocratie et de cette supériorité que l'autre finit par lui concéder. L'onomastique ici, dans ce roman prend toute sa dimension ! Angélique est-elle si angélique, si pure et innocente qu'elle le prétend ? Quel jeu jour Tancrède, sinon celui de l'argent ? la prime est belle et riche, mais tellement décevante : le mariage est un échec, et les meilleurs moments correspondent aux frustrations de leur étreintes prénuptiales. La descendance du Prince est du même niveau : le fils est marchand de diamants (cela brille) et disparaît ; quant aux 3 filles, elles restent vieilles filles, confites en dévoltions, en reliques, imaginant un monde éternel répliquant leur monde terrestre : des aristocrates pour la fin des temps.

 

Lampedusa était sans illusion. Pas plus que Visconti. A la première lecture, le livre est lisse : une histoire d'amour imbriquée dans l'Histoire. En fait, l'histoire d'amour n'est que l'adaptation d'une classe aux contraintes du moment, et encore une fois, Corbera (entendre peut être "corbeau" ?) joue sa famille contre les faits ; sa fille, amoureuse de Tancrède, le seul amour possible socialement du niveau de Tancrède, est détournée pour une pimbêche, très belle, mais très riche, qui représente le futur, un futur très court. L'action du Guépard n'a qu'un impact limité dans le temps : une génération, deux au maximum. Il refuse de voir plus loin : cela ne sert à rien. Cynique. Le film donne le même sentiment. En fait, il est obsédé par la fin et la mort. UN très grand film politique aussi.

 

Lorsque cette crise est arrivée, j'ai tout de suite pensé au Guépard.

 

Et je l'évoquais encore hier.

 

“You came here to teach us good maneers, but you won't succeed, because we are Gods".

 

Cette phrase m'est venue en tête immédiatement. Nous sommes des Dieux, et nous n'apprenons rien. Le réveil - Lampedusa craint que celui-ci ne survienne jamais en Sicile - sera douloureux.

 

Cette période des années 50  est sans illusion sur le pouvoir. Nous en avons un peu plus. La meilleure preuve en est tous les textes qui disent ce qu'il aurait dû faire ou pu faire: beaucoup d'entre nous croient au politique

 

Pas Lampedusa. Yourcenar guère plus. Les Mémoires d’Hadrien précèdent le Guépard de 6 ans. Yourcenar croit en un homme providentiel, mais de loin en loin. Hadrien écrit son Histoire. Il se présente comme providentiel. L'est-il vraiment. Je ne sais pas. Mais ce roman, qui m'a marqué, qui a marqué Claire, nous a donné le nom de notre premier enfant.

 

Image illustrative de l’article Mémoires d'Hadrien

 

Le Guépard serre Sedara dans ses bras. Il en en costume violet, Sedara habillé en noir. Ce dernier est comparé à un bourdon qui féconde un iris. Tout est dit.

Il Gattopardo: riassunto e commento

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 06:00

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Pierre Lamalattie pour mon espace de liberté a écrit ICI Après les flammes, l’inculture ?

 

Pax à son tour s’enflamme : Notre Dame de Paris flambe. 

 

Image illustrative de l’article Notre-Dame de Paris (roman)

Première page du manuscrit de Notre-Dame de Paris (BNF)

 

La France, fille aînée de l’Eglise, interdite, pleure devant « l’épreuve » selon les propos d’un ancien ministre de la culture.

 

Sauf les crèves la faim, les laissés pour comptes…

 

L’Europe incrédule s’émeut de voir atteint le symbole de ses origines chrétiennes.

 

Sauf les crèves la faim, les laissés pour compte, les empêcheurs de pleurer en rond…

 

Le monde étonné s’associe à ce tsunami occidental.

 

Sauf les crèves la faim, les laissés pour compte, ces analphabètes incapables de se rendre compte de l’enjeu, ce qui explique pourquoi ils en sont ou ils en sont et que c’est bien fait pour eux et qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent.

 

La fille ainée de l’Eglise et ceux revendiquant, soudainement, leurs origines chrétiennes ne s’en souviennent qu’en raison de cet événement. Elle est bien mal en point la fille ainée. Rachitique, anémique, rabougrie avec ces 65 % de la population se déclarant catholique mais dont 7 % seulement vont à la messe !

 

Soyons sérieux, il n’y a pas mort d’homme et le pape ne s’y est pas trompé qui laisse l’événement à sa juste place et ne pipe mot devant ce qui apparaît comme un veau d’or temporaire comme se plaisent à en créer de temps en temps nos société du spectacle en direct et en continu. 

 

Les vieilles pierres ça nous connaît. On a su reconstruire Reims ruinée lors de la 1ére guerre mondiale, et le parlement de Bretagne à Rennes et le Château de Stanislas à Lunéville. 

 

On sait faire.

 

Réparer, on sait faire, mais prévenir, ça non ! 

 

À part Reims, à chaque fois, le sinistre a pris de l’ampleur en raison des impérities de gestion, du j’m’en foutisme, du n’importe quoi, du manque de moyen. Et, à aucun moment cela n’a servi de leçon. 

 

Pour Notre Dame, déjà les insuffisances et les négligences dans le dispositif de surveillance incendie sont montrées du doigt. Et les arguments probants s’accumulent. Aucune excuse.

 

Pleurez à présent les jeanfoutres.

 

Rien de bien original dans les commentaires en boucle des chaines et radio d’info en continu.

 

C’était le moment ou jamais d’évoquer, sujet en or, les documents et signe maçonniques cachés dans la flèche et/ou dans le coq selon Roger Peyrefitte dans les Fils de la Lumière.

 

Inculture d’un côté et oubli de l’autre. Dommage, cela nous aurait divertis de tant de vacuités réitérées à longueur de journée.

 

Jusqu’à quand va-t-on parler de l’événement ?

 

Le p’tit gribouille qui joue au Président et se mêle de tout et son contraire fait ce qu’il faut pour maintenir le feu sous la soupière par ses caprices à vouloir tout régler et dans les délais je vous prie.

 

Cinq ans pour reconstruire !

 

Et pourquoi cinq ? C’est aussi stupide et non fondé que les 3 % de déficit autorisé par le traité de Maastricht.

 

Le bienvenu Coronavirus permet de mettre toute la poussière sous le tapis. Mais bien avant son arrivée cela faisait un bail que Notre Dame n’était plus un sujet porteur pour les journaleux. à part le Canard Enchainé qui nous faisait suivre toutes les incartades, jugulaire-jugulaire, du général Georgelin, rien à l’horizon. La Croix est le seul journal qui traite le sujet autrement que par un entrefilet, évoque la phase actuelle du chantier : le difficile et passionnant démontage de l’échafaudage ruiné par le feu.

 

Lutzelhouse le 15 avril 2019 – Collioure le 19 mars 2020

 

 

 

L’acclamation fut unanime. On se précipita vers la chapelle. On en fit sortir en triomphe le bienheureux pape des fous. Mais c’est alors que la surprise et l’admiration furent à leur comble. La grimace était son visage. Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissée de cheveux roux ; entre les deux épaules une bosse énorme dont le contrecoup se faisait sentir par-devant ; un système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyées (3) qu’elles ne pouvaient se toucher que par les genoux, et, vues de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueuses ; et, avec toute cette difformité, je ne sais quelle allure redoutable de vigueur, d’agilité et de courage ; étrange exception à la règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l’harmonie. Tel était le pape que les fous venaient de se donner.

 

On eût dit un géant brisé et mal ressoudé.

 

Quand cette espèce de cyclope parut sur le seuil de la chapelle, immobile, trapu, et presque aussi large que haut ; carré par la base, comme dit un grand homme ; à son surtout mi-parti rouge et violet, semé de campaniles d’argent, et surtout à la perfection de sa laideur, la populace le reconnut sur-le-champ et s’écria d’une voix :

 

« C’est Quasimodo, le sonneur de cloches ! C’est Quasimodo, le bossu de Notre-Dame ! Quasimodo le borgne ! Quasimodo le bancale ! »

 

notre-dame-32

Esmeralda donnant à boire à Quasimodo sur le pilori.

 

Comme je suis un mécréant j’inflige à PAX : Notre Dame de Paris Le Temps des Cathédrales

 

Notre-Dame de Paris est une comédie musicale, dont la première fut jouée le 16 septembre 1998 à Paris au Palais des congrès. Cette comédie musicale s'inspire du roman de Victor Hugo. Le parolier en est Luc Plamondon et le compositeur, Richard Cocciante, avec une mise en scène (1998) de Gilles Maheu.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 06:00

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En ce temps de confinement, d’isolement, cette distanciation sociale conseillée, loin des remugles des réseaux sociaux caniveaux, des moulins à paroles des télés en continu, des aigreurs de nos politiques qui, sans vergogne, cherchent à profiter de l’urgence sanitaire pour espérer ce fameux pouvoir qui leur est refusé par les électeurs, l’enlisement de la pauvre pensée de nos travailleurs à plumes, l’inexorable dérive des journalistes et de leur support, retrouver le plaisir de la correspondance entre ami est une excellente thérapie pour ne pas sombrer dans la morosité, le dégoût, une misanthropie stérile.

 

Alors, au téléphone, Catherine m’ayant appelé pour prendre des nouvelles du confiné, parler du fameux projet jardin des merveilles, sachant son talent de plume, je lui ai demandé, dans la plus grande liberté du choix du sujet, de m’écrire.

 

Ce qu’elle fit samedi.

 

Merci à toi chère Catherine.

 

Cher Jacques,

 

Tu me demandes des nouvelles des vignes en ces temps de confinement. La terre répondant à l’appel du printemps, les vignerons ne sont pas physiquement confinés. Je suis donc dans les vignes. Je taille. Cette année, davantage encore que les précédentes, à cause de l’absence d’hiver, je m’en suis strictement tenue au dicton populaire : « Taille tôt, taille tard, rien ne vaut taille de mars ». Je taille donc, et j’entends dans le « crunch » du coup de sécateur la sève déjà montée dans les bois. Ce n’est plus le son sec et net de la dormance, mais celui tendre et hachuré du réveil. Tailler tard est devenu un luxe. Oui, un luxe, celui d’avoir un vignoble à taille humaine qui autorise à vivre les gestes du métier, à divagabonder tandis que les mains sont occupées.

 

Les vignes m’ont appris à vivre avec l’incertitude, voire les contradictions. Je fonde mes gestes sur quelques bases acquises pendant ma formation, dans la lecture d’Olivier de Serres ou d’Hésiode, l’observation, et l’intuition. Mon intuition me dit que la sève montante aide la vigne à cicatriser les plaies de taille, nos coups de sécateurs étant pour beaucoup dans les maladies du bois, et qu’en taillant tard, je retarde le « débourrement », donc le risque de gel. J’espère aussi raccourcir le cycle végétatif pour permettre à la vigne d’encaisser des étés de plus en plus chauds, de plus en plus secs, de plus en plus longs. Note bien que je ne suis sûre de rien, ni ne puis affirmer être dans le vrai. C’est comme avec le virus qui nous confine, l’important est de faire ce que nous pensons juste de faire au moment où nous le faisons.

 

Les vignes alentours taillées à l’automne dernier ou au début de l’hiver commencent à étaler leurs feuilles, croyant le printemps arrivé ou n’ayant hiverné que d’un œil. On ne sait plus. Météo France annonce un épisode de froid avec des températures négatives mêlées de pluie. Voici donc venu le spectre de la « goutte noire », ou du gel, lesquels brûlent aussi sûrement que le Sirocco et le soleil de l’été. Ce sens dessus-dessous du climat devient un classique. On ne sait plus littéralement à quel saint se vouer, Vincent ? Mamert, Pancrace, Servais ?

 

 

 

Je taille, les pieds dans l’herbe haute, les féveroles et les pois en fleurs, la vesce s’enroulant autour, le trèfle s’étalant. Le vent y fait des vagues vertes ondoyantes, saluant la fertilité du sol. Je retarde le moment d’enfouir cette matière ou de la coucher, et monte en moi une pensée de l’ordre de la prière, « si seulement il pouvait rester au cœur de l’été un peu de cette verdeur».  Taillées, les vignes de mes voisins sont déjà aussi désherbées. Le glyphosate laisse les sols nus. A la charnière des saisons, les vignes ressemblent au désert, un désert  ponctué de squelettes de souches, de piquets et de fils. La désolation du contre-nature. A vingt ans, je lisais Théodore Monod et je voulais traverser le désert avec une caravane de chameaux. Depuis le 28 juin, où le Sirocco et des températures record ont brûlé les feuilles et les grappes des coteaux, le désert me terrifie. Je n’y vois plus le grand silence, le grand vide, le rien auquel j’aspirais à vingt ans, sans doute pour ne plus entendre les injonctions sociales qui me terrassaient. J’y vois l’absence de la vie, pour ne pas dire la mort.

 

les vignes des voisins de la Carbonnelle

 

Il me semble que d’année en année, le calendrier des travaux viticoles se décale, grignote de l’avance, vide de sa substance le dicton, « taille tôt, taille tard, rien ne vaut taille de mars ». À la fin du mois de février, la quasi-totalité des vignes sont taillées. En mars, on attache, on désherbe, on épand la trilogie chimique gagnante NPK (Azote, Phosphore, Potassium). Bientôt, dans quelques semaines, les vignes seront perfusées au goutte-à-goutte avec de l’eau du Rhône. Car l’eau manque. Deux cent vingt-deux millimètres depuis octobre dernier. Ce que les urbains nous envient parfois et qu’ils résument par « vivre au grand air », en réalité, nous l’avons perdu. Les travaux n’épousent plus strictement le temps qu’il fait, mais obéissent à un impératif économique, à une anticipation de l’objectif. Prenons l’exemple du stress hydrique qui caractérise le vignoble languedocien. Tant qu’il ne porte pas atteinte à la pérennité de la vigne, et considérant qu’il y a aussi des années pluvieuses, on pourrait le prendre comme la marque du millésime, lequel différencie précisément le vin des autres alcools,  en fait une boisson sociale où l’homme se reconnaît homme. Mais non, on compense avec l’eau du fleuve ce que le ciel n’a pas donné, comme si l’eau du fleuve était elle-même inépuisable.

 

Jacques, je te le demande, que compense-t-on en vérité ?

 

J’ai pris l’exemple du stress hydrique, mais j’aurais aussi pu prendre celui de la mécanisation avec ses promesses de puissance, de vitesse, comme si la tâche, ce vieux mot qui ne s’entend plus qu’assorti du qualificatif pénible, nous brûlait les doigts. Vois-tu Jacques, les vignerons ne sont pas davantage épargnés par l’accélération du temps, le time is money. Je l’écris en Anglais, car cela s’entend nettement mieux que dans la langue de Montaigne. Tout comme les citadins ils sont pris dans la vitesse de sa roue. Ils répondent à des ambitions, de goût, de quantité, de vente, de rentabilité, alors même qu’à travers le vin, l’on nous suppose symboliquement garants du temps qui passe et du temps qu’il fait. Quel malentendu ! Dans cette fuite du temps, nous voulons du nouveau, mais nous n’acceptons plus l’aléatoire, comme ce virus dont on ne sait ce qu’il nous réserve, ou le climat qui se dérègle. Mais l’aléatoire n’est-il pas justement la voie qui déploie l’imagination, contraint à explorer, et in fine, à produire du vrai nouveau et pas la métonymie du nouveau ?

 

Le monde du vin se réfère souvent à Epicure. Je m’en vais maintenant relire sa lettre à Ménécée. J’en ai souligné des passages, fort utiles, notamment celui-ci, mais c’est la lettre en son entier qui mériterait d’être soulignée : « Ce n’est pas une suite ininterrompue de jours passés à boire et à manger, ce n’est pas la jouissance des jeunes garçons et des femmes, ce n’est pas la saveur des poissons et des autres mets que porte une table somptueuse, ce n’est pas tout cela qui engendre la vie heureuse, mais c’est le raisonnement vigilant, capable de trouver en toute circonstance les motifs de ce qu’il faut choisir et de ce qu’il faut éviter, et de rejeter les vaines opinions d’où provient le plus grand trouble des âmes ».

 

Déconfinons la pensée. Voilà, cher Jacques, ce que le confinement m’inspire.

 

Bien à toi

 

Catherine

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 06:00

Municipales ; banlieue naufragée

Redonner le réel et construire le sens, c’est la mission qu’il assigne au roman. L'écrivain Didier Daeninckx, pour qui l’écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans 3 livres :

 

  • un "Tract" Gallimard intitulé Municipales : Banlieue naufragée (2020),

 

  • un recueil de nouvelles avec Le roman noir de l'Histoire (Verdier, 2019)

  • et un roman paru en mars en folio Gallimard, Artana ! Artana !

Artana ! Artana ! par Daeninckx

À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son "Tract" Gallimard sur son déménagement, il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s’installer dans le Val de Marne (94).

 

Porteur de la mémoire de ces espaces (« J’ai toujours vécu dans l’espace prolétaire qu’arpentait le bagnard et le réprouvé. »), il revient sur les bénéfices que les mairies et les associations communistes ont apportés à Aubervilliers, Saint-Denis, et plus généralement dans toutes les banlieues rouges. Ces municipalités ouvrières virent en effet en quelques années le nombre d’écoles, de rénovations urbaines, d’offices de sport et de culture, de cantines, puis de théâtres, de salles de cinéma ou de salles de spectacle s’accroître fortement.

 

Des avancées qui sont à remettre dans le contexte des Trente Glorieuses, mais qui témoignent d’un volontarisme, d’un engagement des politiques locales et partisanes tournées principalement vers l’amélioration de "la situation matérielle et morale des classes ouvrières".

 

Une date très importante pour moi est 1968, pas le mois de mai mais le mois d’août, quand le socialisme de la liberté a été écrasé par les chars soviétiques. Pour moi, c’était la fin de l’Histoire, tout ce que j’avais porté jusqu’à mes 20 ans se délitait.           

Didier Daeninckx

 

Selon lui, en Seine-Saint-Denis, le politique ne joue plus à l’échelle locale son rôle de structure. Les taux d’inscriptions sur les listes électorales sont tellement faibles et l’abstention tellement importante que, pour 90 000 habitants à Aubervilliers, environ 5 000 personnes iront voter, et la victoire ne se jouera qu’à quelques centaines de voix près.

 

En 2014, j’ai vu arriver la catastrophe [à Aubervilliers] : quand un pouvoir qui ne représente pratiquement plus rien s’adresse  à des communautés de voyous ou à des communautés spirituelles pour acheter des voix.         

Didier Daeninckx

 

On comprend alors aisément l’importance d’une pratique clientéliste de la politique locale et municipale, promettant à chacun ce qu’ils désirent, fragmentant davantage au lieu de réunir derrière un projet commun. Un système qui conduit à placer dans des mairies des personnes qui n’ont pas les compétences politiques nécessaires et à créer des liens de dépendances pervers entre des caïds et des élus.

 

À côté, d’autres villes où des élus prennent en compte la misère sociale […] comme Montreuil ou Fontenay sous-bois, des villes ouvrières où règne cette conscience que faire peuple, ce n’est pas transformer les gens en clients mais en citoyens exigeants.         

Didier Daeninckx

 

De même, Didier Daeninckx s’inspire de la réalité, créant une frontière fine entre fiction et réel. Il place au centre de ses polars les perdants et les oubliés de l’histoire, se sert de l’écriture pour lutter contre l’oubli. L’écriture est, de fait, un acte politique, engagé. Il y a dans son travail cette idée de mémoire, il s’agit de revisiter un événement historique à travers le prisme d’un individu oublié pour décentrer nos points de vue formatés par l’Histoire officielle.

 

J'essaye de chercher les gens qui font le lien entre Spartacus et Mandela. Entre ces deux personnalités, il y a un million d’individus qui méritent qu’on regarde leur parcours.         

Didier Daeninckx

 

Ainsi, Le roman noir de l'Histoire évoque ces oubliés de la grande Histoire. Par la fiction documentée, il retrace plus d’un siècle et demi d’histoire contemporaine française en se centrant, non pas sur les personnages que les manuels ont retenus, mais sur le autres : « Manifestant mulhousien de 1912, déserteur de 1917, sportif de 1936, contrebandier espagnol de 1938, boxeur juif de 1941, Gitan belge en exode, môme analphabète indigène, Kanak rejeté, prostituée aveuglée, sidérurgiste bafoué, prolote amnésique, vendeuse de roses meurtrière, réfugié calaisien, ils ne sont rien. Et comme dit la chanson, ils sont tout. »

 

 

MUNICIPALES ; BANLIEUE NAUFRAGÉE

Didier Daeninckx

Gallimard Tracts N° 13 13 février 2020

 

« Mon ombre sur les murs se superpose à toutes celles, amies, dont le soleil a projeté l'histoire. Et pourtant je pars sans regarder derrière moi, non pas soulagé mais comme désentravé. Je ne déserte pas ce territoire, où pendant quarante années j'ai écrit la totalité des dix mille pages publiées, parce que j'ai fini par comprendre que c'était lui qui m'avait quitté, abandonné. » Didier Daeninckx. Il ne fait plus bon vivre dans certains territoires de la République, où le clientélisme, la corruption et le communautarisme semblent tenir lieu de politique municipale sur un tissu social atteint jusqu'à la trame. À l'échelon de la plus grande proximité supposée entre l'élu et le citoyen ne restent que des valeurs bafouées, des mots qui masquent l'inadmissible, le mépris pour tout destin collectif. Didier Daeninckx, qui naquit et vécut en ces lieux avant de se résoudre aujourd'hui à les quitter, ferme ici une porte sur la plus grande partie de sa vie, non sans avoir donné l'alerte sur la dérive en cours et le sursaut de justice qu'elle appelle.

 

Le Roman noir de l’Histoire Collection jaune

Préface de Patrick Boucheron

832 p.

 

Écrites au cours des quarante dernières années, les 76 nouvelles qui composent Le Roman noir de l’Histoire retracent, par la fiction documentée, les soubresauts de plus d’un siècle et demi d’histoire contemporaine française.

 

Classées selon l’ordre chronologique de l’action, de 1855 à 2030, elles décrivent une trajectoire surprenante prenant naissance sur l’île anglo-normande d’exil d’un poète, pour s’achever sur une orbite interstellaire encombrée des déchets de la conquête spatiale.

 

Les onze chapitres qui rythment le recueil épousent les grands mouvements du temps, les utopies de la Commune, le fracas de la chute des empires, les refus d’obéir, les solidarités, la soif de justice, l’espoir toujours recommencé mais aussi les enfermements, les trahisons, les rêves foudroyés, les mots qui ne parviennent plus à dire ce qui est…

 

Les personnages qui peuplent cette histoire ne sont pas ceux dont les manuels ont retenu le nom, ceux dont les statues attirent les pigeons sur nos places.

 

Manifestant mulhousien de 1912, déserteur de 1917, sportif de 1936, contrebandier espagnol de 1938, boxeur juif de 1941, Gitan belge en exode, môme analphabète indigène, Kanak rejeté, pros­­­tituée aveuglée, sidérurgiste bafoué, prolote amnésique, vendeuse de roses meurtrière, réfugié calaisien, ils ne sont rien.

 

Et comme dit la chanson, ils sont tout.

 

Artana Artana

 

Erik Ketezer est vétérinaire en Normandie, mais il a passé sa jeunesse à Courvilliers, un ancien fief communiste de la périphérie parisienne. De retour dans sa cité natale pour enquêter sur le décès du frère d’une de ses amies, il découvre l’état de déliquescence de la ville. L’économie est dominée par le trafic de drogue, qui s’organise au sein même de l’équipe municipale : on a découvert des centaines de kilos de cannabis dans le centre technique de la mairie, dirigé par un délinquant notoire. Une impunité inexplicable règne, couvrant les actes de népotisme, les faux emplois, les pots-de-vin, les abus de biens sociaux en tout genre. Pendant ce temps, la ville part à vau-l’eau, les équipements municipaux sont détériorés, les ascenseurs ne fonctionnent pas plus que le ramassage des poubelles, les rats pullulent, le maire a été élu grâce au travail efficace des dealers et des islamistes qui ont labouré le terrain en distribuant menaces et récompenses…

 

Ce nouveau roman de Didier Daeninckx est mené tambour battant. Son écriture efficace, directe, est mise au service d’un tableau accablant des territoires oubliés de la République.

 

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 06:00

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Dilemme : tu tombes sur un excellent article dans le journal Le Monde  réservé aux abonnés Le «pata negra», ce petit miracle gustatif

 

En se gavant de glands le porc ibérique à patte noire donne à sa chair un goût inimitable aux saveurs de noisette et au gras ultra fondant. Reportage dans le sud-ouest de l’Espagne, entre prairie et forêt, au cœur de l’écosystème qui le rend possible

 

Par Stéphane Davet Publié le 12 mars

 

  • Soit tu postes un lien ICI et tu indiques à tes propres abonnés que tu peux leur envoyer l’intégralité par email

 

  • Soit tu en découpes des fines tranches pour tes abonnés.

 

J’ai choisi la seconde branche de l’alternative :

 

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  • Il a de l’allure ce cerdo ibérico, avec son dos droit, son long groin, ses oreilles tombantes lissées de poils noirs, sa cuisse plus allongée que celle de ses cousins roses parqués dans une poignée de mètres carrés. Quand il marche, il le fait sur la pointe de ses sabots, comme s’il était chaussé de hauts talons noirs. Même sa façon de manger a de la classe, quand, entre deux petits grognements, il recrache soigneusement l’écorce des glands en forme d’ogive, après les avoir pelés.

 

  • la montanera s’achève début mars. Tradition millénaire, disparue dans la plupart des pays d’Europe, la glandée (montanera en castillan) a été préservée dans le sud-ouest de la péninsule

 

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  • Cette pratique qui, à l’approche de l’hiver, consiste à laisser les bêtes paître en liberté pour qu’elles s’engraissent de glands – bellota en espagnol –, permet en effet au porc ibérique à patte noire, le fameux pata negra, de fournir d’incomparables jambons et charcuteries, transcendés par l’art de l’affinage.

 

  • l’Espagne doit ce petit miracle gustatif à un écosystème, la dehesa. C’est ainsi qu’on désigne ce « pâturage », entre prairie et forêt, s’étendant sur des dizaines de milliers d’hectares au sud-ouest de la péninsule. Façonnée depuis l’époque romaine, pour éclaircir des bois dont la densité pouvait servir d’abri à des ennemis potentiels, cette forêt clairsemée (une trentaine d’arbres en moyenne par hectare) typiquement méditerranéenne se tient en parfait équilibre entre présence de l’homme, de la faune et de la flore.

 

  • En quelques mois, la montanera et les quelque 700 kg de glands dévorés par tête (chaque animal disposant ici de 2 hectares de terrain) auront fait passer ces cochons âgés d’un peu plus d’un an, d’environ 90 à plus de 160 kg.

 

  • Un gavage qui fait qualifier ces gorets d’« olivier sur pattes », leur graisse étant composée majoritairement de l’acide oléique contenu dans les glands, comparable à celui fourni par les olives. Un gras (non saturé) d’autant plus délectable qu’il pénètre profondément les fibres musculaires de l’animal. Une question de génétique et de mode de vie. Car ce « glandeur » n’en est pas moins sportif, avec ses 14 km de marche quotidienne à la recherche de ses bellota.

 

  • Avec celles de l’Estrémadure, de Guijuelo, dans la province de Salamanque, et de la vallée Pedroches, près de Cordoue, Huelva est l’une des quatre appellations d’origine contrôlée du pata negra ibérique.

 

 

 

 

  • N’auront droit d’être appelés pata negra bellota que les cochons issus de père et de mère 100 % ibériques, élevés en liberté et nourris de glands et d’herbe pendant au moins deux mois. Un décret royal de 2014 permet à leurs jambons d’être sertis d’une inviolable étiquette noire. Ce décret classe l’appellation « ibérique » en trois autres catégories.

 

Étiquette noire:

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C’est celle que portent les jambons  Jamón de Bellota de cochons 100% ibériques nourris au gland, connue sous le nom de “Pata Negra -Sabot noir”.

 

Étiquette rouge:

 

Elle est portée par des porcs d’une pureté de race de 50% et qui ont été nourris avec des glands   pendant la saison montanera.

 

Étiquette verte:

 

Portée par les porcs “de campo” d’une pureté raciale de 50%.

 

Étiquette blanche:

 

C’est le signe distinctif des cochons ibériques avec un seul géniteur ibérique nourri à base d’aliments pour animaux et de céréales.

 

  • Représentant 10 % des quelque six millions de jambons ibériques produits chaque année, l’étiquette noire est considérée comme un produit de luxe et le nec plus ultra de l’appellation (au minimum quatre fois plus cher que l’entrée de gamme)

Le jambon pata negra est découpé selon des sens précis à l'aide d'un cuchillo, une lame spéciale.

Eric Flogny pour L'Express Styles

  • Loin de la rondeur massive des jambons de Parme ou de San Daniele, l’ibérique se présente sous la forme d’un V d’autant plus fuselé que le jambon s’étire jusqu’au bout de la patte noire. Les couteaux experts du maître découpeur (le cortador) en décollent d’abord l’écorce de couenne, de graisse et de muscle assombris par l’affinage, pour révéler, parallèlement à l’os, une chair bordeaux, striée d’ivoire, sur laquelle une longue lame fine et aiguisée prélève de courtes tranches, translucides et brillantes.

 

  • À maturité, le pata negra se sculpte en quatre parties: la maza (l'intérieur de la cuisse), zone qui contient le plus de viande, très savoureuse; la contremaza (le haut), moins grasse et plus affinée; la babilla (l'avant), moins charnue et peu grasse; et la punta (la pointe), plus salée, plus épicée et qui concentre la saveur du cochon pendu. "C'est ici que se trouve la vérité du jambon", selon Alberto. Chez Fogón, sa table ibérisante, quai des Grands-Augustins (Paris, VIe),

 

 

  • Entre le pouce et l’index, le gras d’un jambon de qualité fond presque instantanément. On respire d’abord le parfum envoûtant de cette friandise, avant de la laisser libérer en bouche des saveurs allant de la noisette à l’oxydation délicate du rancio, en passant par le voluptueux umami, cher aux Japonais. Plat vedette des tapas, il se déguste idéalement à une température comprise entre 20° C et 24° C pour en apprécier tout le fondant.

Aux Grands d'Espagne, les jambons sont exposés comme des oeuvres d'art.

Aux Grands d'Espagne, les jambons sont exposés comme des œuvres d'art. Eric Flogny pour L'Express Styles 47, passage des Panoramas Paris (IIe), 09-51-55-66-47, et 36, rue des Martyrs, Paris (IXe), 09-84-49-20-12, www.lesgrandsdespagne.fr  210 euros/kg

Notre coup de cœur va au Fogon Ultramarinos (38 rue de Verneuil, Paris 7e), petite épicerie-traiteur ouverte, il y a un an, par Alberto et Vanina Herraiz. Pendant plus de dix ans, ce chef créatif de la Mancha et son épouse argentine avaient fait du Fogon originel, le meilleur restaurant espagnol de Paris. En quête d’un autre rythme de vie, ils proposent aujourd’hui une sélection de produits hispaniques (vins, riz bomba, pimenton de la vera, vinaigre de Jerez, rarissime perdrix en escabèche…) et une magnifique vitrine de plats végétariens (et desserts) à emporter ou à découvrir sur une table d’hôte.

 

Auteur de Le jambon ibérique, dix façons de le préparer (Les Editions de l’Epure, 2007), Alberto Herraiz a même créé un petit coffret pour accueillir « l’aventure gustative » incarnant, selon lui, la dégustation d’un pur bellota. L’objet (55 €) recueille ainsi 150 g, coupés dans l’instant, de ce qu’il considère comme les cinq parties du jambon. Goût intense de la grasse punta (plus proche de la hanche) et de la contra maza, texture plus ferme de la babilla (la sous-noix), harmonie fondante de la maza (la noix), saveur sucrée du jarrete (jarret), coupé en petits dés. Surtout ne pas mettre ces délices au frigo avant de les laisser fondre en bouche. Accompagnés d’un verre de fino ou de manzanilla.

La vidéo est  très intéressante pour tout connaître sur le jambon

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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 06:00

Jo Farrell  Les pieds de Su Xi Rong

Comme ces temps-ci il fait gris sur Paris je lis.

 

De tout, mais en ce moment un polar d’un ancien des forces spéciales au Vietnam, Kent Anderson, qui s’est ensuite engagé dans la police de l’Oregon puis de Californie, avant finalement  de devenir écrivain et professeur de littérature.

 

 

Ça vaut tous les laïus verbeux de la cotriade de sociologues gaulois tétant au sein du budget de l’État. Si vous voulez connaître les ressorts des States du sieur Trump  lisez Un soleil sans espoir de Kent Anderson. Son héros, Hanson, simple flic dans la ville black d’Oakland, près de San Francisco, son double romanesque.

 

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« On retrouve dans Un soleil sans espoir tout ce que l’on aime chez Kent Anderson : la précision de chaque phrase, la poésie de la violence, ces moments troubles dont on ne sait pas plus qu’Hanson s’ils sont réels où seulement des constructions de son imagination vérolée à jamais par les traumatismes de la guerre. »

 

« Tout cela a la beauté d’un désespoir qui se fait ici vacillant face à la possibilité d’une autre vie et, peut-être d’une échappatoire. C’est souvent violent, toujours d’une trouble poésie que l’on ne trouve que chez ceux qui se livrent totalement sans chercher à apitoyer, fait autant de moments de grâce que de chutes violentes et d’un humour absurde que seule la vraie vie peut offrir. C’est encore une fois, sous la plume d’Anderson, un texte sublime. » ICI 

 

Vous allez me dire alors pourquoi chroniquer sur les pieds bandés des femmes chinoises ?

 

La réponse est dans le roman de Kent Anderson.

 

Hanson fréquente la librairie Walden Pond Books de Bernie, la cinquantaine, un juif newyorkais progressiste à l’ancienne.

 

Son lieu de prédilection c’est le rayon des ouvrages sérieux, datant de vingt, trente ou quarante ans.

 

« Certains ouvrages avaient un contenu sombre, ou trop honnête, ou trop dérangeant, ou trop évident pour survivre au-delà d’une première édition limitée. Les critiques ne s’y sont jamais intéressés et on les a rarement lus. Mais, jour après jour, tous attendaient que quelqu’un les tire des rayonnages, les ouvre et entame leur lecture, les ramène à la vie. »

 

Oui, tirer un livre de sa bibliothèque c’est le ramener à la vie. Les collectionneurs de vieilles reliures sont des croque-morts.

 

Un jour l’agent Hanson consulte la section érotique : Sade Justine, l’intégrale, Histoire d’O, plusieurs éditions du Kâma-Sûtra, il choisit « Chinese Foot Binding. The History of a Curious Erotic » et commence à le feuilleter.

 

 

 

« L’auteur, un Britannique du XIXe siècle, considérait que le bandage des pieds était un exemple d’inventivité humaine dans l’art du plaisir : les pieds enflés d’une femme, sa démarche hésitante, sa sensibilité recrue à la douleur, le plaisir intensifié pour l’homme quand ses mains retiennent captives les délicieuses petites chaussures en soie qui gainent les pieds endoloris pour positionner la femme docile, craintive et pourtant excitée, avant de la pénétrer. »

 

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Alors j’ai fait une recherche :

 

La pratique du bandage de pieds aurait commencé durant le règne de Li Yu (ou Li Houzhu), le troisième et dernier empereur de la dynastie des Tang du Sud (937 – 975), d’abord réservée à l’aristocratie chinoise. Symbole de séduction mais aussi marque du néoconfucianisme ambiant, pour maître Kong (Confucius), la femme est un être fondamentalement inférieur à l’homme : « Une femme ne doit jamais être entendue hors de sa maison ». Alors que la société se réorganise, la pyramide des rôles laisse la femme en retrait, le bandage des pieds va alors contribuer à la cloîtrer chez elle, définitivement prisonnière du cadre, maîtresse de l’intérieur. Elle restera soumise à son mari toute sa vie durant, et à son fils aîné si l’époux a le malheur de disparaître.

 

Elle a été interdite en 1911.

 

Au-delà de toutes les femmes qui ont souffert, il y a toutes celles qui se sont  battues pour l’abolition de cette pratique mutilante. L’influence des concessions étrangères fut un premier pas vers une prise de conscience des femmes chinoises. Ces Européennes qui ne se bandaient pas les pieds représentaient de par leur élégance un attrait certain sur les rares femmes de l’empire qui pouvaient fréquenter ce monde. A la fin du 19e siècle, l’Anglaise Archibald Little mène une campagne active pour l’abolition définitive de cette pratique dégradante. Cette féministe soutenue par les derniers hauts-fonctionnaires Qing fut même approuvée par Cixi, fameuse impératrice, qui, en tant que Mandchou, avait les pieds normaux. Nombre de femmes chinoises continuèrent son combat. A l’âge de 6 ans, la future écrivaine Xie Bingying arrache ses bandelettes ; la femme du poète Su Shi échappe aussi à une mutilation qu’elle dénonçait. La chute de la dernière dynastie (1911), les manifestations étudiantes du 4 mai 1919 prenant en grippe les relents féodaux confucéens achèvent de sonner la fin d’une coutume devenue dépassée, qui s’effacera toutefois un peu plus lentement dans les provinces les plus éloignées, à l’image du Yunnan, mais cela, c’est une autre histoire…

 

Lire ICI Les pieds bandés en Chine et ICI 

 

 19 photos des dernières femmes chinoises aux pieds bandés ICI 

femme chinoise aux pieds bandés (photo ancienne)
 
Les pieds bandés avaient une forte connotation sexuelle en Chine

 

L'historien Jason Wordie, installé à Hong Kong, a récemment dépoussiéré le mythe pour révéler que cette pratique sexiste n'était ni plus ni moins à connotation sexuelle.

 

La croyance populaire voulait en effet que la position des doigts de pieds repliés vers la voûte plantaire permette de rendre les muscles des cuisses et du plancher pelvien (muscles vaginaux) plus tendus et serrés, augmentant le plaisir sexuel des hommes qui les possédaient.

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 06:00

Tom-7324.JPG Tom-7325.JPG

Le 6 avril 2009 j’ironisais : ICI  

 

« Aux yeux du monde, les vins de Bordeaux sont avant tout des vins de « châteaux ». L’existence de quelque cinq milliers d’exploitations utilisant aujourd’hui ce terme le confirme d’une façon éclatante. Le fait est là : près d’un viticulteur sur trois vend son vin sous le nom de « château ». Cette particularité bordelaise – il n’est pas ou peu de « châteaux » dans les autres vignobles du monde, sinon par imitation – mérite une analyse d’autant plus serrée que le terme est ambigu. » C’est ainsi que les auteurs de « Bordeaux vignoble millénaire » entament leur réflexion à propos du chapitre : Vins de Bordeaux vins de châteaux.

 

Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel RocardRachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité).

 

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Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux. En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Quelques chroniques de derrière les fagots pour éviter à PAX de surfer sur la Toile :

 

17 mai 2007

Acheter en primeur, c'est smart ICI  

 

9 avril 2010

Le défilé des élégances : deux jours passés au bord des podiums « rive gauche » des primeurs ICI  

 

7 mai 2010

Entretien à bâtons rompus, sans détour, avec Stéphane Toutoundji sur la cérémonie des Primeurs 2009 de Bordeaux ICI  

 

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Notre Dupont est d’abord badin

 

 

Les jonquilles sont déjà là, les violettes jalousent les primevères, Jean-Pierre Pernaut évoquera bientôt dans son journal de 13 heures le retour des crocus ou les premières asperges. Et à Bordeaux, c'est devenu un rite, on prépare la fameuse semaine des primeurs. Traditionnellement, toutes les nationalités ou presque intéressées par le vin défilent dans les chais ou patientent dans les cours des grands châteaux en attendant leur tour et la possibilité de mettre le nez dans un beau verre Riedel afin de humer les arômes du nouveau millésime toujours meilleur que le précédent.

 

Sauf que, cette année, avec le masque du Silence des agneaux sur le pif, l'affaire s'annonce coriace. Du moins pour les valeureux qui auront osé affronter le spectre du coronavirus lequel abreuve nos sillons à marche forcée. La Bourgogne a renoncé à ses « Grands Jours », mais, en terre d'Aquitaine qui vit rougir les épées de du Guesclin et du Prince noir, on maintient, malgré une rumeur infondée qui circula fin février bien vite démentie par les autorités compétentes. Reste à estimer, si elle a effectivement lieu, le succès de l'opération. À moins que l'Union des grands crus, l'organisatrice de la semaine, ne fasse appel à Philippe Martinez pour le comptage des participants, il serait vraiment étonnant que cette manifestation connaisse l'apogée de sa réussite.

 

Puis il pose le doigt là où ça fait mal : La mauvaise passe du vin français mais il tempère ce pessimisme Le vin haut de gamme s'oriente à la baisse<

La suite ICI 

 

Sans trahir de secret d’État, entre le sieur Dupont et le sieur Magrez ce n’est pas le grand amour mais comme disent les scribouilleurs de face de bouc : le Bernard il est incontournable…

 

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Le Figaro lui a tendu son micro :

 

À l’approche de la Semaine des primeurs, le propriétaire de 42 domaines dans le monde livre sa vision des problèmes rencontrés par Bordeaux. Et évoque les solutions.

 

Vins surtaxés aux États-Unis et baisse des ventes, Brexit, coronavirus... Le secteur vitivinicole souffre de la situation internationale. Mais rien ne semble inéluctable pour Bernard Magrez, propriétaire de plusieurs dizaines de domaines en France et à l’étranger, dont quatre grands crus classés à Bordeaux. L’homme d’affaires explique les solutions adoptées par son entreprise pour rester compétitive dans une conjoncture difficile et un secteur où la concurrence des autres régions du monde se révèle plus soutenue que jamais.

 

LE FIGARO.- À l’approche de la Semaine des primeurs, durant laquelle les châteaux de Bordeaux vont présenter le millésime 2019 au monde du vin, le climat est-il tendu ?

 

Bernard MAGREZ.- Le climat est très tendu. Les négociants disent que la situation leur rappelle 2008 au moment de la grande cassure bancaire. Ils sont unanimes pour affirmer qu’ils rencontrent des difficultés de distribution et les mêmes incertitudes que nous avions connues au moment de la chute de la banque Lehman Brothers. Mais, en 2008, nous n’avions pas cette potentielle épidémie et la psychose générale qui l’accompagne.

 

LE FIGARO. - Dans un contexte mondial incertain, pouvez-vous cependant nous donner de bonnes nouvelles du marché bordelais ?

 

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En revanche entre le Jacques et Bernard Farges c’est au beau fixe depuis ce fameux dimanche matin où il l’a interviewé sur son petit tracteur

 

Les vins de Bordeaux perdent du terrain en France face à la bière ICI 

Leur commercialisation est tombée en 2019 à son plus bas niveau depuis vingt ans. Malgré leurs succès à l’exportation, ces vins s’écoulent encore à 56 % dans l’Hexagone, et ce sont souvent les plus jeunes qui optent pour une pinte.

Par  Publié le 10 mars 2020

Primeurs : l’Union des Grands Crus suspend ses événements à Bordeaux ICI
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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 12:35

L’image contient peut-être : boisson, nourriture et intérieur

L’anti-virus maison la rhum-raisins

 

 

Vu mon grand âge la puissance publique m’ordonne de rester confiné chez moi afin d’échapper au fameux virus mais demain à la première heure j’irai voter à pied.

 

Ça ne me dérange pas vu qu’à mon 9ième étage je peux vivre au grand air et que, pour faire mes courses, je n’ai nul besoin de la RATP, vu que je fais du vélo.

 

L’image contient peut-être : nourriture

 

Quand je parle de mes courses, il s’agit du pain et des denrées périssables, comme je suis amateur de pasta mes placards regorgent de tout ce qui se fait en la matière, nul besoin donc de dévaliser l’épicier du coin.

 

Les écoles ferment, les rassemblements s'annulent, les quarantaines sont appliquées. Les Français sont pourtant attendus nombreux pour voter aux élections municipales les dimanches 15 et 22 mars 2020. Entre autres mesures pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, pas de gants, mais des mains propres et un stylo personnel, recommande notamment le gouvernement dans une circulaire le 10 mars 2020. Des mesures globales seront ainsi prises aussi bien en termes d'aménagement pur des bureaux de vote que de comportements jugés plus hygiéniques.

 

homme avec masque chirurgical et cartes d'électeur

 

Objectif : « garantir la tenue du scrutin et d'assurer la protection sanitaire des électeurs comme des responsables des opérations électorales au sein des bureaux de vote. » ICI

 

Parisien je SUIS je vais donc vous parler du scrutin à PARIS :

 

Rue Daguerre avec passants © Studio TTG

 

  1. Élections municipales à Paris: les arrondissements clés du scrutin

 

À Paris, comme à Marseille et Lyon, il faudra surveiller de près les résultats dans plusieurs arrondissements.

 

Ceux qui pourraient basculer, ceux où la droite se divise, le regroupement pour la première fois des 1e, 2e, 3e et 4e arrondissements...

 

Surprise, surprise les sondeurs ne se sont pas risqués à aller tâter le pouls des électeurs dans les arrondissements

 

  • 12e et 14: sur le point de basculer ?

 

Les 12e et 14e arrondissements, avec chacun 10 conseillers de Paris élus, sont décisifs pour les élections municipales. Ces deux secteurs devront rester aux mains de la gauche pour qu'Anne Hidalgo puisse espérer conserver l'Hôtel de Ville.

 

Outre la dimension politique, s'ajoute dans ce secteur une dimension humaine: dans le 12e, Emmanuel Grégoire, qui défend les couleurs de la liste d'Anne Hidalgo, devra affronter l'ancienne candidate socialiste dont il était directeur de campagne en 2014, Sandrine Mazetier, recrutée par la macronie à la dernière minute, en décembre. Depuis ce départ, les deux candidats prennent soin de garder leurs distances lorsqu'ils se croisent.

 

Dans le 14e, où je vote plusieurs questions se posent:

 

  • le mathématicien Cédric Villani parviendrat-il à atteindre les 10% pour maintenir sa liste au second tour ?

 

  • Avec qui la liste LREM, menée par Eric Azière (UDI) et Marlène Schiappa, fusionnera-t-elle pour le second tour, si elle le fait, après que la secrétaire d'Etat a refusé de s'allier à Rachida Dati?

 

  • Dans ce secteur, si Cédric Villani se maintient, une quadrangulaire est à attendre.

 

  •  15e, 16e et 17e: la droite divisée

 

Dans le 15e, qui fournit le plus gros bataillon de conseillers de Paris (18), où Anne Hidalgo ne se présente plus, rien ne va plus entre la candidate à la mairie de Paris, la LR Rachida Dati, et le maire LR sortant Philippe Goujon qui a refusé de la soutenir publiquement. Un refus qui a valu au candidat d'avoir une liste officielle estampillée LR en face de lui.

 

Dans le 16e (13 conseillers de Paris), 3 listes de droite s'affrontent (celle de Francis Szpiner soutenue par LR, de la maire sortante Danièle Giazzi et celle de Céline Boulay-Espéronnier, toutes deux dissidentes) au premier tour, laissant LREM espérer profiter de la division.

 

Dans le 17e, si le problème du premier tour a été réglé, reste celui du second: que fera Geoffroy Boulard, maire d'arrondissement sortant, qui s'est déchiré un temps à l'automne avec Rachida Dati, qu'il refusait de soutenir publiquement.

 

  • Fusionnera-t-il avec la liste conduite par la LREM Agnès Buzyn, candidate à la mairie de Paris?

 

  • Ou maintiendrat-il sa liste LR ?

 

  • 11e, 18e, 19e et 20e: EELV affiche ses ambitions

 

Forts d'un sondage qu'ils ont commandé dans le 20e, les écologistes visent en priorité cet arrondissement comme ses voisins, les 18e et 19e, mais aussi... le 11e.

 

Le 11e  est le plus dense de Paris, celui dans lequel les écologistes se sont beaucoup mobilisés notamment contre le projet du TEP Ménilmontant", avance un proche du candidat EELV David Belliard. Mais il y a un hic: c'est dans le 11e que s'affrontent deux candidats alliés dans la majorité sortante: Anne Hidalgo (deuxième sur la liste "Paris en commun") et David Belliard (premier sur la liste EELV).

 

  • 1er, 2e, 3e et 4e: le nouveau « superarrondissement »

 

C'est le secteur né de la fusion entre les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, après l'adoption du nouveau statut de Paris. Jusqu'à présent ces mairies étaient aux mains, respectivement, de la droite LR, d'EELV, et du PS pour les deux derniers. Ils envoient au total 8 conseillers de Paris.

 

Rachida Dati, candidate LR aux &eacute;lections municipales parisiennes de 2020. | Jo&euml;l Saget / AFP Rachida Dati, candidate LR aux élections municipales parisiennes de 2020. | Joël Saget / AFP

 

  1. Municipales : pourquoi Rachida Dati a peu de chances de gagner Paris

 

Le POINT dans une longue vidéo épingle méchamment la carrière politique de Rachida, ça vaut son pesant de dérives...

 

Puis  Hugo Domenach explique qu’elle a peu de chances de devenir maire de Paris.

 

Si Rachida Dati a permis à la droite de relever la tête dans la capitale, il faudrait un miracle, ou un trou de souris, comme dirait François Hollande, pour qu'elle s'assoie dans le fauteuil d'Anne Hidalgo à l'issue du scrutin. Certes, les sondages donnent la candidate du parti Les Républicains devant la maire de Paris. Mais la plupart sont réalisés à l'échelle de la ville, solution la moins coûteuse pour ceux qui les commandent. Or, la course à l'Hôtel de Ville n'est pas un concours de popularité. Pour l'emporter, il faut d'abord gagner des mairies d'arrondissement. Et ce sont les listes victorieuses à l'issue des deux tours qui enverront le plus grand nombre d'élus au Conseil de Paris. Autant de grands électeurs qui voteront à l'issue d'un troisième tour pour le maire de la capitale.

 

La suite ICI 

 

  1. J’ai un faible pour Villani et sa coéquipière dans le 14e vous allez savoir pourquoi…

 

Parce que je ne suis pas sérieux, les réponses de Villani sur le foot sont des bijoux, quant à sa coéquipière allez donc demander à Hubert ce qu’il pense de sa pugnacité ?

 

Dans le QG du candidat, un appartement situé à deux pas de Notre-Dame, sa jeune équipe offre finalement un café, la discussion, et une accroche toute faite : « On est l'équipe qui s'y connaît le plus en football pour le candidat qui s'y connaît le moins. »

 

Question : pourquoi alors avoir longtemps feint l'inverse ?

 

Réponse : parce que Villani, et c'est une surprise, ne calcule pas tout très bien.

 

CÉDRIC VILLANI : « FACE À RIBÉRY, J'AURAIS L’AIR D’UN CRÉTIN ABSOLU »

 

Il s'est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu'on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d'en parler pendant une heure, on a foncé.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR THÉO DENMAT VENDREDI 13 MARS

 

- On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.

 

- Vous présumez bien.

 

 

- Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.

 

 

-Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons... Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.

 

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- Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?

 

- On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.

 

 

Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.

 

 

La suite ICI 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 06:00

Louis-Ferdinand Céline - Semmelweis - Thèse de médecine 1924

 

Loïc Monjour Ancien professeur de médecine tropicale à la Pitié-Salpêtrière Paris dans une tribune du 13 février 2020 ICI 

 

L’hygiène des mains est une mesure très efficace et peu coûteuse pour éliminer les germes, microbes et virus, les empêcher de disséminer les infections, et, par voie de conséquence, diminuer le recours aux antibiotiques devenant, peu à peu, inactifs. Les mains sont un monde peu connu, peuplé de millions de germes : les uns résident en permanence sur la peau et forment une barrière de protection contre les infections ; les autres, étrangers, dits « transitoires », sont récupérés dans l’environnement et peuvent se révéler pathogènes à tout moment.

 

Environ 80 % de ces micro-organismes se transmettent par les mains.

 

Chiffre plus inquiétant : 92 % des mobiles sont tapissés de bactéries et sur 16 % sont identifiés des bactéries fécales

 

Certains germes peuvent survivre pendant soixante minutes : ils ont donc bien le temps de se préparer à commettre des infections, selon leur envie et leur spécificité. D’autant que chaque humain porte les mains à la bouche au moins deux fois par heure. Naissent ainsi grippes, rhumes, bronchites, surtout gastro-entérites, car le lavage insuffisant des mains est à l’origine de plus de 50 % des infections d’origine alimentaire.

 

Sur 63 nations, la France se trouve en 50e position en ce qui concerne l’hygiène des mains

 

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) concluait en 2012 que seulement

 

  • 67 % des Français se lavent les mains avant de cuisiner,

 

  • 60 % avant de manger et à peine 31 % après un voyage en transport en commun.

 

  • Dans les toilettes publiques 14,6 % des hommes et 7,1 % des femmes négligent ce geste de propreté élémentaire.

 

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Nous sommes en 1924 ; Louis Ferdinand Destouches, qui deviendra l’écrivain Louis Ferdinand Céline, vient de soutenir sa thèse de médecine. Le sujet en est : « La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818–1865) ».

 

Semmelweis avait été rejeté par ses pairs alors qu’il avait mis en évidence une cause essentielle des infections puerpérales de l’époque, souvent mortelles, et le moyen de les éviter.

 

Destouches propose à La Presse Médicale, cette même année, une version synthétique de cette thèse intitulée : « Les derniers jours de Semmelweis » [1]

 

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Soutenu comme thèse de médecine de la Faculté de Paris, La Vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865) du Dr. Louis Destouches est publié à compte d’auteur en décembre 1924 à Rennes, mais nullement diffusé hors du cercle académique.(3) Le sujet de cette thèse aurait été inspiré par le professeur Athanase Follet, beau-père de Destouches et lui-même membre du jury : il s’agissait de récapituler le parcours scientifique du médecin hongrois, promoteur malheureux de l’asepsie. Semmelweis eut en effet l’intuition des causes microbiennes de la fièvre puerpérale, mortelle jusqu’à la révolution pasteurienne, mais il ne put faire reconnaître la pertinence de son travail de son vivant et mourut prématurément, dans une grande détresse. L’ouvrage de Destouches fait l’objet d’une contraction à l’usage des pairs, « Les derniers jours de Semmelweis », dans La Presse médicale. L’auteur le propose en juillet 1928 aux éditions de la NRF qui le refusent. Le 28 décembre 1936, Denoël l’édite à peine retouché, sous le titre abrégé de La Vie et l’œuvre de Semmelweis, à la suite de Mea culpa. Publié cette fois sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, annexé et désormais intégré à l’œuvre littéraire déjà reconnue, cet essai biographique renforce la posture que Céline a imposée dès 1932 au public, celle du médecin-qui-écrit. Réédité en 1952 par Gallimard dans la collection blanche sous le titre encore abrégé de Semmelweis (1818-1865), il fait désormais pleinement partie de l’œuvre littéraire et se voit donc inclus dans les Œuvres préparées par Jean A. Ducourneau en 1966.(4) En 1977, le troisième volume des « Cahiers Céline » en redonne le texte et le titre original à l’usage des spécialistes, avec une annotation d’Henri Godard et Jean-Pierre Dauphin. Enfin, le texte annoté de cette édition accède en 1999 à la collection de poche « L’Imaginaire », sous le titre désormais dépouillé de Semmelweis, avec une préface de l’écrivain Philippe Sollers. Rachetant soixante-dix ans plus tard le refus initial des éditions de la NRF, celui-ci relit sur un mode littéraire « cette drôle de “ Thèse ” dans le style épique » comme l’acte de naissance d’un écrivain (Jean A. Ducourneau ne disait pas autre chose en 1966). (5)

 

Toute sa vie, Céline a pratiqué la médecine, sous différentes formes : successivement médecin hygiéniste à la fondation Rockefeller puis à la SDN de Genève, médecin de dispensaire, puis installé en médecine libérale. Il a repris une activité médicale après son incarcération pour collaboration après la deuxième guerre mondiale. Il s’est toujours revendiqué médecin autant qu’écrivain. Les observations qu’il a pu faire au cours de son exercice médical lui ont servi pour les descriptions littéraires des maladies, en particulier dans « voyage au bout de la nuit »

 

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Le nom d’Ignace Philippe Semmelweis, né à Budapest en 1816, est peu connu. Pourtant, depuis deux siècles, la plupart des femmes à travers le monde, de toutes conditions sociales, bénéficient de sa perspicacité et de ses travaux… Ce génie médical a aboli la tragédie des fièvres puerpérales (après l’accouchement) dans son service de la maternité de Vienne et découvert l’importance de l’asepsie avant le grand Pasteur.

Ses étudiants en médecine pratiquaient des autopsies avant de se rendre à la maternité pour effectuer des examens de femmes en travail ou procéder à des accouchements. La mortalité des parturientes était considérable, et Semmelweis, après une véritable enquête épidémiologique, imposa aux étudiants de se laver les mains avant toute intervention obstétricale, non pas avec du savon, mais avec une solution de chlorure de chaux, une initiative inconnue à l’époque.

 
 
Semmelweis, ce "génie" incompris qui avait découvert avant Pasteur les bienfaits de l'asepsie ICI

 

 

Louis-Ferdinand Céline : Semmelweis, thèse médiocre ou roman prometteur ? (2008)

 

Thèse médiocre ou roman prometteur ?
L.-F. Céline en historien de la médecine (1)
par Jérôme MEIZOZ

ICI

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