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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 06:00

Le Mont Ararat - circuit en petit groupe | Dijon Travel

Thierry Jacquillat l’ardéchois, je ne sais pourquoi, m’aimait bien, bien longtemps après mon départ du groupe pour la cause rocardienne, alors que pour m’occuper je m’étais « installé » comme indépendant, un jour il me proposa de mettre à son service ma belle plume (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même). J’acceptai. Le contrat était simple, à tout moment, Thierry Jacquillat était un impatient, il me demandait de pondre une note, d’écrire une lettre ou de répondre à un politique. J’adorais cette exigence.

 

Bref, un jour, il me demanda de commettre illico presto une bafouille à propos d’Ararat.

 

Le mont Ararat, en turc Ağrı Dağı ; en arménien Արարատ ; en kurde Çiyayê Agirî), appelé Masis par les Arméniens (Մասիս), les Hellènes (Μασίς) et les Hébreux (מעזיז), est le sommet le plus élevé (5 165 mètres d'altitude) de Turquie (auparavant d'Arménie occidentale).

 

Ararat, surplombe la ville arménienne d'Erevan. Cet ancien volcan vénéré par les Améniens, dont la légende explique que l'Arche de Noé s'y serait échoué attire des curieux du monde entier.

 

Ce volcan au sommet recouvert de neiges éternelles se situe sur le haut-plateau arménien, à l'est du pays. Les sommets du Grand Ararat et du Petit Ararat s'élèvent dans la province d'Ağrı mais 35 % du volcan appartiennent à la province d'Iğdır.

 

« Le mont Ararat fait partie de notre vie, de ce que nous sommes, nous les Arméniens. C'est la raison pour laquelle pour nous, ce n'est pas seulement une montagne, c'est bien plus que ça », explique Vardan Kyurumyan, randonneur arménien.

 

Où se trouve le mont Ararat sur la carte?

 

En Arménie, le mont fait l'objet d'une véritable passion. Le nom d’Ararat s'écrit partout. Sur le toit des usines, le fronton des hôtels et même les étiquettes des paquets de cigarettes. Mais entre la montagne et ceux qui l'a vénèrent se dresse une frontière fermée à double tour. La Turquie et l'Arménie n'entretiennent aucune relation diplomatique. Pour se rendre au mont Ararat, les Arméniens doivent passer par la Géorgie, un détour de 800 kilomètres alors qu'à vol d'oiseau il n'y en a que cinquante

 

Mais l’ARARAT pour lequel Thierry Jacquillat s’inquiétait était une marque de « Cognac » arménien du portefeuille du groupe. Celui-ci ne vouait guère d’adoration pour les appellations,  son cognac français Bisquit ne chalutait pas dans le  cercle des grands. Le rachat de Martell, qui lui en était, changea la donne et ARARAT se replia sur la dénomination brandy, qui entre parenthèses sonne bien aux oreilles des anglophones.

 

packshot Ararat

 

ARARAT est un véritable brandy arménien produit dans le plus grand respect des traditions et des standards de qualité – une incessante quête de l’excellence depuis 1887. Leader de sa catégorie, ARARAT est exporté dans plus de 30 pays à travers le monde.

 

L’histoire du premier brandy ARARAT est emprunte de générosité, de passion et de savoir-faire. La culture du vin en Arménie est vieille de plusieurs siècles et le brandy célèbre dans le monde entier aujourd’hui est né à la fin du XIXe siècle.

 

La gamme ARARAT scelle l’authentique union du savoir-faire de l’homme et de la générosité de la nature – élaborée exclusivement à partir de raisins arméniens, créée avec la part le plus noble du brandy, élevée dans des fûts de chêne du Caucase vieux de plusieurs siècles, ce brandy artisanal est le fruit du travail passionné de centaines de maîtres de la Yerevan Brandy Company.

 

Voir ICI 

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Barils de “cognac” arménien sur un marché de Erevan, en Arménie, en 2007.  PHOTO / ARTHUR CHAPMAN / FLICKR

Mais voilà, le bras armé de l’Union Européenne a œuvré :

 

Alcool. Le “cognac” arménien prié de changer de nom

COURRIER INTERNATIONAL - PARIS

Publié le 22/04/2021

 

Le “cognac” que l’Arménie produit depuis cent trente ans devra changer d’appellation. L’accord de partenariat avec l’Union européenne, entré en vigueur le 1er mars, l’y oblige. Un groupe d’experts arméniens est face à un défi peu banal : faire connaître, promouvoir et repositionner sur le marché l’eau-de-vie arménienne sous un nouveau nom.

 

 

L’accord de partenariat global et renforcé entre l’Union européenne et l’Arménie, signé en 2017, est entré en vigueur le 1er mars 2021. Il réglementera le dialogue dans tous les domaines entre les signataires.

 

Mais l’accord pourrait nuire à un produit phare arménien, considéré, dans l’Empire russe puis en Union soviétique comme “une ‘carte de visite’ de l’Arménie et un cadeau que l’on se devait de rapporter d’un voyage dans ce pays : le cognac arménien”, écrit le journal russe Argoumenty i Fakty.

 

Exporter vers les pays de l’ancienne Union soviétique

 

Aux termes de l’accord avec l’UE et à la demande insistante de la France, Erevan doit progressivement abandonner le nom “cognac”, appellation d’origine contrôlée (AOC). L’Arménie pourra exporter cette boisson sous cette dénomination jusqu’en 2032, mais uniquement sur le territoire postsoviétique.

 

Puis l’Arménie bénéficiera d’une période transitoire de dix ans, jusqu’en 2043, pour vendre les éventuels stocks restants. Si Erevan ne respecte pas cette condition, il devra en répondre devant l’arbitrage commercial international.

 

Un groupe de spécialistes arméniens a été constitué pour, d’ici à 2026, “trouver un nouveau nom à la boisson et penser le repositionnement de la marque, processus long et coûteux” mais indispensable pour “préserver les parts de marché”, explique le site News Armenia.

 

“L’Arménie peut et doit avoir son produit unique et qui lui sera propre, et le gouvernement arménien n’a qu’à trouver comment utiliser efficacement l’expertise et l’expérience accumulées pendant des siècles”, conseille le spécialiste russe du marché des spiritueux Sergueï Lichtchiouk, cité par le site Sputnik Armenia.

 

Des variétés de raisin venues de la vallée d’Ararat

 

La production de cognac en Arménie a débuté en 1887 grâce à l’énergie de Nersès Taïrian, riche homme d’affaires. L’eau-de-vie de vin était distillée “selon la technologie classique française” et en utilisant des alambics et des tonneaux importés de France, comme le rappelle le site arménien Armedia.

 

Pour faire du cognac arménien, on utilise des variétés endémiques de raisin de la vallée d’Ararat, que l’on trouve notamment dans les villages de Voskéat, Garandmak, Tchilar, Mskhali, Kangoun, Banants, Kakhet, Mekhali.

 

Après la révolution russe de 1917, la production a été nationalisée. La distillerie d’Erevan Ararat, du nom de la montagne sacrée des Arméniens et de la chrétienté, située en Anatolie (dans l’actuelle Turquie), s’est installée à Erevan. Ses caves abritent aujourd’hui des dizaines de millions de litres d’eau-de-vie, dont une partie vieillit là depuis le XIXe siècle.

 

La première demande européenne pour changer le nom du cognac arménien date de 1959, explique le site. À l’exportation, la boisson est commercialisée sous les noms de Naïri, brandy Ararat et Dvin brandy Ararat.

 

La distillerie d’Erevan reprise par Pernod

 

Non seulement la production de la distillerie d’Erevan était “savoureuse et de qualité”, mais aussi “abordable”, se souvient le journal arménien Novoïé Vremia.

 

À l’époque soviétique, “le cognac arménien avait pour lui le marché étranger”, écrit le site russe Life.ru. En 1975, l’Union soviétique a exporté 359 850 litres de cette boisson. En 1998, la distillerie a été reprise par le groupe français Pernod Ricard, “un des rares cas, dans l’histoire de l’Arménie indépendante, où une privatisation a été bénéfique et à l’entreprise et au pays”, remarque Argoumenty i Fakty.

 

La marque a beaucoup investi pour “moderniser la production”, mais “sans s’immiscer dans la technologie traditionnelle créée au fil des décennies par les maîtres arméniens du coupage”, dont le célèbre Markar Sedrakian.

 

Pour n’offenser personne, Pernod Ricard exporte le “cognac”, écrit en cyrillique, vers les pays ex-soviétiques, et le “brandy” vers l’Europe. “Il n’existait aucune possibilité de faire autrement”, avoue Novoïé Vremia. Et il cite un amateur de cognac arménien dépité, qui proposait alors ironiquement de “renommer un village arménien ‘Cognac’ et saluer donc chaleureusement les Français depuis ce Cognac arménien”.

 

Quel que soit son nom, le cognac arménien, véritable patrimoine historique, s’exporte bien (10 millions de litres par an en moyenne) et continue de remporter des prix lors de prestigieuses foires internationales, comme cette médaille d’or obtenue par Ararat Naïri (assemblage crée en 1967 et titulaire de 30 médailles internationales) le 17 mars dernier au IVe London Spirits Competition, “face aux concurrents français, américains, espagnols, irlandais”, s’enorgueillit le site arménien Verelq.

Alda Engoian

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 06:00

Plaque émaillée Michelin | Plaque emaillee, Clermont ferrand, Le 11 novembre

Le sécateur cet obscur objet du désir de puissance…« quand je rentre de mes  vignes, je pense droit… » - Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 
A et O de Moor 
 
 
Bonjour Jacques,


Je viens de t'envoyer un article de MAS très intéressant. Il est extrait
de la revue des oenologues. Il décrit assez bien une impasse actuelle
.

 
Bonne journée,


Olivier

 

 

 

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19 avril 2021 1 19 /04 /avril /2021 06:00

 

Mon impertinence revendiquée me permet d’affirmer, il me le pardonnera, qu’il y a chez Jean Viard un petit côté Carrefour, celui du fameux «quart d'heure d'avance »* et de son célèbre slogan « Avec Carrefour je positive »

 

*« Mais au lieu de prendre les forces de chacun, on a complexifié l'organisation, au siège et dans les filiales. Le résultat, aujourd'hui, en est un fonctionnement trop lourd, trop coûteux et pas assez réactif. Carrefour a perdu son quart d'heure d'avance. Il est temps de remettre les pendules à l'heure. » déclarait le nouveau PDG Lars Olofsson en 2009.

 

Jean Viard ne délivre pas dans ses interviewes un mince filet d’eau tiède, il a des angles vifs, prend des risques, s’expose, «  nous avons choisi de casser l'économie pour "sauver les vieux", pourtant improductifs, ce qui est extraordinaire. », pan sur le bec au petit protégé de la Saporta : Maxime Lledo, représentant auto-proclamé de la génération sacrifiée auditionné par les députés (je ne nie pas les difficultés des étudiants, j’ai des petits-enfants, mais les jeunes ne sont pas un magma indifférencié), il n’est ni dans le camp des contre, ultra-majoritaire sur les  réseaux sociaux,  ni de celui des pour trop souvent dernier carré des militants du Président, il sort des autoroutes de la bien-pensance, ne néglige pas les chemins de traverse qui me sont chers, iconoclaste, provincial : La Tour-d’Aigues, citoyen engagé mais pas verrouillé, « L'avenir va maintenant dépendre de la capacité du politique à accompagner ce mouvement, à créer des tiers-lieux, à assurer partout un excellent équipement numérique, à nous faire basculer dans un monde écologique, plus humaniste, à faire vivre l'Europe, à décentraliser la santé...Nous allons disposer d'une énorme énergie à utiliser ; la question est de savoir si nos dirigeants sauront en faire une énergie créatrice et non destructrice. La réponse n'est pas écrite. »

 

Lisez-le, d’accord ou pas d’accord, qu’importe, ce qui importe c’est de renouer les fils du dialogue citoyen, d’échanger, de s’écouter, de s’entendre au sens de la compréhension, sortir de nos tranchées, de notre immobilisme mortifère, revenir à l’essentiel : ce vivre ensemble si déchiré…

 

"En une année, la société s'est plus autoréformée qu'en vingt ans", Jean Viard

 

Le sociologue en est persuadé : l'après-Covid sera positif et marqué par une "soif de vie" comparable à celle qui a suivi la Libération.

 

- Il y aura selon vous un avant et un après 2020. En quoi ?

 

Jean Viard : Pour la première fois dans l'Histoire, cinq milliards d'humains ont mené un combat contre un ennemi commun. C'est gigantesque ! Ce combat, de surcroît, peut-être à ce jour qualifié de victorieux : avec des millions de morts et de malades, certes, mais sans doute 50 à 100 millions de vies sauvées. Et nous avons choisi de casser l'économie pour "sauver les vieux", pourtant improductifs, ce qui est extraordinaire. On impute généralement à Hitler 50 millions de morts. Ici, on a le même ordre de grandeur, mais inversé !

 

La suite ICI 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 08:00

Première séance de négociation des travaux du sommet de la gauche, le 14 septembre 1977, au siège du Parti socialiste à Paris, sous la présidence de François Mitterrand. ImageForum/AFP

Loin des affres du choix du postulant à Sciences-Po : plan en 2 ou en 3 parties, thèse-antithèse puis conclusion ou thèse-antithèse-synthèse, ma prose de billettiste occupe l’entame, les écrits des autres suivent, aucune conclusion.

 

 

Chroniques du Cinéphile Stakhanoviste: Vincent, François, Paul... et les  autres - Claude Sautet (1974)

Il était beau le temps, que les gens de vingt-ans ne peuvent pas connaître, du trio Mitterrand-Marchais-Fabre, François, Georges, Robert et les autres aurait titré Claude Sautet…

 

Aujourd’hui, du côté gauche, de la sinistra, c’est plutôt plus on est de fous plus on rit, Yannick, Olivier, Anne, Julien, les 2 Éric, Sandrine, Ian, Benoît, Raphaël, 10,ils auraient pu arriver à la douzaine en ajoutant le bel Arnaud (Montebourg) et l’inconnu de Bourg-en-Bresse Guillaume (Lacroix) le chef des radicaux de gauche, mais où sont donc passés les radicaux de gauche, cher au pharmacien de Villefranche-de-Rouergue, sans doute auraient-ils pu prêter aux invités du beau Yannick Jadot leur cabine téléphonique…

 

 

Un hôtel sans fard ni artifices au 68 quai de la Seine dans le 19e arrondissement de Paris

 

Holiday Inn Express Canal de la Villette sur Hôtel à Paris

 

C'est le lieu choisi par l'entourage de Yannick Jadot pour accueillir la réunion des principaux leaders de la gauche samedi à 10 heures, en vue d'une hypothétique alliance pour la présidentielle de 2022.

 

« C'est un lieu qui n'a aucun intérêt particulier et c'est d'ailleurs pour ça que nous l'avons choisi », ironise un lieutenant du candidat écologiste.

 

Bien vu camarade, puisque cette réunion ne présente, à mon sens, aucun intérêt particulier, c’est du mou pour chat, un ensemble vide, de la geste médiatique pour occuper le terrain, d’où mon titre en attendant Jadot

 

 

Jugez-en !

 

Après un propos introductif de Yannick Jadot, à l'initiative de la rencontre, les échanges seront libres. Seule limite : le temps. « Il n'est pas prévu de plateaux repas », précise un proche de l'écologiste, pour qui les débats ne devraient pas dépasser « deux à trois heures », sans accoucher d'une déclaration commune.

 

Autour de la table, une personne par parti ainsi que les candidats déclarés – ou pressentis – à l'élection présidentielle : Olivier Faure et Anne Hidalgo pour le Parti socialiste, Julien Bayou, Yannick Jadot, Éric Piolle et Sandrine Rousseau pour EELV, mais aussi Éric Coquerel (LFI), Ian Brossat (PCF), Benoît Hamon (Génération.s) ou encore Raphaël Gluksmann (Place publique).

 

 

Coquerel, Mister No ?

 

« Laisser croire qu’on va pouvoir s’arranger autour d’une table entre candidats, ce n’est pas crédible… Pour l’instant, il y a de vraies différences de fond qui existent entre les différents mouvements »

 

Une vingtaine de dirigeants et cadres de la gauche, dont Sandrine Rousseau (EELV), Benoit Hamon (Generation.s), Olivier Faure (PS), Anne Hidalgo (PS), Julien Bayou (EELV), Yannick Jadot (EELV), Corinne Lepage (Cap Ecologie) après leur réunion en vue de la présidentielle 2022, le 17 avril 2021, à Paris. — Thomas SAMSON / AFP

La jauge a monté :

 

Ils étaient une vingtaine, même si le MRC cher au coeur de JP Chevènement qui a rallié Montebourg absent n'était pas de la partie... 

Présidentielle 2022 : Les gauches s'entendent pour poursuivre le dialogue ICI

 

UNION Après trois heures de réunion à huis clos, la plupart de la vingtaine de dirigeants et cadres de gauche affichaient leur satisfaction de voir dialoguer une famille souvent émiettée

B.D. avec AFP
  •  

A gauche, derrière l’unité, un axe social-écologiste se dessine pour 2022 ICI 

Les formations de gauche doivent se réunir samedi 17 avril à Paris, à l’initiative de l’écologiste Yannick Jadot, pour discuter de la présidentielle.

Par Abel Mestre et Sylvia Zappi

 

C’est son moment. Même s’il n’est pas le candidat officiel d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) – le parti doit désigner son représentant à la présidentielle lors d’une primaire en septembre –, Yannick Jadot agit comme s’il l’était déjà. Jeudi 15 avril, il était l’invité principal de « Vous avez la parole », l’émission politique de France 2, où il a débattu avec le ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Un coup de projecteur bénéfique pour le député européen qui réunira, samedi 17 avril dans un hôtel parisien du 19e arrondissement, l’ensemble des forces politiques de gauche et écologistes.

 

Ce rendez-vous fait suite à son appel à l’union lancé le 29 mars sur France Inter. « On doit se parler franchement, clarifier les divergences et se mettre d’accord sur une perspective pour construire un rassemblement, précise aujourd’hui M. Jadot. On doit d’abord travailler sur le fond, les idées. Il faut un pacte de législature. La question d’une candidature commune viendra après. » L’idée est donc de créer les conditions d’une candidature sociale-écologiste commune qui permette à cette famille politique de ne pas partir divisée au premier tour en 2022.

 

Socialistes, écologistes, communistes, « insoumis »… si les principales formations seront représentées samedi – ainsi que des partis de taille plus modeste –, certaines n’y vont pas avec un grand entrain. La France insoumise (LFI) a posé très tôt des conditions à sa participation : que de la rencontre émergent un « pacte de non-agression » et une volonté de « lutte contre l’extrême droite et pour les libertés publiques ».

 

Après des échanges épistolaires, LFI sera finalement présente mais sans son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui est à l’étranger. « Yannick Jadot est l’un de ceux de la gauche d’accommodement qui rompt avec le “tout sauf Mélenchon” », estime toutefois le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. Cependant, pas question de se ranger derrière une bannière commune qui ne serait pas portée par M. Mélenchon. « Au premier tour, il y aura une candidature de la gauche d’accommodement et une candidature de la gauche de rupture, continue M. Coquerel. Mais il ne faut pas oublier le deuxième tour. Nous ne sommes pas des adversaires. » Pas question, donc, d’insulter l’avenir.

 

Accélérer le calendrier

 

Les « insoumis » espèrent même retourner la réunion de samedi à leur avantage : ils sont persuadés que les écologistes sont divisés et veulent les pousser au bout de leurs contradictions, pour récupérer l’aile la plus à gauche. « A EELV, beaucoup sont plus proches de nous que d’Anne Hidalgo [la maire socialiste de Paris]. On peut attirer ceux qui veulent une rupture », veut encore croire M. Coquerel.

 

Du côté des communistes, on estime « qu’il est toujours utile de se parler », résume Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste. Eux aussi demeurent très circonspects quant à l’éventualité d’un candidat commun : ils sont en plein processus de désignation de leur représentant, qui devrait être leur secrétaire national, Fabien Roussel. Prudence, donc. « On doit dire que la clé pour sortir la gauche de la nasse est de renouer avec les classes populaires et leurs préoccupations. C’est-à-dire le pouvoir d’achat, l’emploi, la désindustrialisation. Mais la question présidentielle ne doit pas nous empêcher d’aborder les législatives », précise M. Brossat.

 

Problème pour M. Jadot : la direction de son propre parti ne se montre pas non plus très allante… « On continue d’avancer dans les discussions, mais on se voit tous [les partis de gauche et écologistes] très souvent. Mais au lieu d’être en bilatéral, là, on sera plusieurs », temporise Sandra Regol, numéro 2 d’EELV. Cependant, plusieurs cadres des Verts ont signé un texte pour se féliciter de l’initiative de M. Jadot. Ils demandent par ailleurs d’accélérer le calendrier pour entrer au plus vite dans la bataille.

 

« Un signal clair »

 

Finalement, ceux qui se montrent les plus enthousiastes sont sans doute les socialistes. Le PS, qui sera représenté, notamment, par son premier secrétaire, Olivier Faure, et sa candidate putative Anne Hidalgo, entend que la réunion soit plus qu’une photo de famille. « Il faut envoyer un signal clair. Montrer que nous sommes prêts à conclure, dès cet automne, un contrat de gouvernement, une coalition et un mode de désignation d’un candidat commun. Nous avons l’obligation d’avancer pour les électeurs qui se désespèrent de voir cette division de la gauche dérouler le tapis rouge au duel Macron-Le Pen », plaide M. Faure. Une position qui n’est pas nouvelle pour lui. Il ne cesse de répéter qu’une alliance autour de la social-écologie est vitale et que les divergences ne justifient pas la présentation de candidats différents.

 

Derrière cette belle façade de l’unité, une sorte de « noyau dur » se dessine entre le PS et EELV. Avec un objectif : parvenir à afficher ensemble la volonté d’union et se mettre d’accord sur un calendrier dans la foulée. Les deux partis veulent tirer dans le même sens pour ficeler un agenda précis afin de parvenir à l’automne à un « accord de gouvernement, un contrat législatif et un mode de désignation d’un candidat commun », selon les vocables socialistes.

 

Depuis l’annonce de la proposition de M. Jadot, des rendez-vous de préparation ont été organisés et les téléphones ont chauffé. La maire de Paris a rencontré les trois candidats à la primaire écologiste – Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l’universitaire Sandrine Rousseau –, le secrétaire national d’EELV Julien Bayou, la présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale Valérie Rabault, le sénateur socialiste Patrick Kanner et les anciens ministres socialistes Benoît Hamon et Arnaud Montebourg, pour s’assurer que la réunion déboucherait sur un engagement.

 

La date de la rencontre a même été plusieurs fois repoussée pour y parvenir. Le schéma final a été arrêté, mercredi 14 avril, lors d’une visioconférence entre Olivier Faure, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Julien Bayou. Socialistes et écologistes semblent être tombés d’accord sur le fait que le rapprochement devait se faire autour du socle social-écologiste et donc de leurs deux sphères d’influence. L’unité, oui, mais pas trop.

 

Abel Mestre et Sylvia Zappi

 

Portrait de Yannick Jadot réalisé lors de sa visite aux Sables d'Olonne.

Présidentielle . Yannick Jadot propose à toute la gauche de s’unir autour d’un projet en commun

 

Le chef de file des écologistes a proposé lundi une grande réunion de toute la gauche, allant de Jean-Luc Mélenchon à Anne Hidalgo, pour discuter projet et éviter de partir divisée face Emmanuel Macron lors de la prochaine élection présidentielle.

 

« Je veux lancer un appel à Anne Hidalgo, à Olivier Faure, à Julien Bayou, à Christiane Taubira, à Jean-Luc Mélenchon : il faut que dans les jours qui viennent, on se mette autour d’une table et qu’on se mette d’accord pour construire le grand projet d’espérance dont nous avons besoin pour 2022 », a-t-il plaidé sur France Inter, car « si nous y allons divisés, nous n’avons aucune chance de gagner ».

 

« J’invite depuis Cédric Villani à Fabien Roussel, Delphine Batho, Benoît Hamon, Raphaël Glucksmann. Toutes et tous, aujourd’hui, nous devons avoir la responsabilité historique de nous parler. Peut-être qu’on n’y arrivera pas, mais tentons et puis on verra », a-t-il ajouté pour compléter sa liste d’invitation.

 

Objectif : avoir une candidature unique de la gauche en 2022 ?

 

« On définira ensemble peut-être un processus de désignation pour avoir une candidature unique, mais parlons du fond, construisons cette espérance pour les Françaises et les Français » car « il n’y a pas à se résigner à l’extrême droite dans notre pays, il n’y a pas à se résigner à Emmanuel Macron » qui, selon lui, « n’est ni un rempart à l’extrême droite ni un rempart au dérèglement du climat ».

 

« Ce n’est pas possible que dans ce pays on ne puisse plus trouver des compromis, qu’on ne puisse plus débattre en respectant le concurrent ou le contradicteur », a-t-il déploré à propos des vifs échanges à gauche sur l’Unef et les réunions non-mixtes.

 

« Une primaire qui devient une primaire identitaire, qui n’est pas une primaire qui se tourne vers les Françaises et les Français, mais qui se regarde le nombril pour savoir quelle est l’identité de la gauche ou de l’écologie serait une primaire de la défaite, ce serait une machine à perdre », a-t-il mis en garde. « Ce dont nous avons besoin c’est d’un processus de désignation et d’un projet de conquête », a-t-il ajouté.

 

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18 avril 2021 7 18 /04 /avril /2021 06:00

 

Les Texas Rangers: les gardiens de l'orage (ou l'histoire d'une auteur  amoureuse) | Marie-Pierre Bardou

Les éditions Liana Levi sont la garantie d’un choix d’auteurs étrangers de qualité.

 

Elles publient notamment Milena Agus, Andreï Kourkov et Iain Levison.

 

Liana Levi a fondé sa maison d’édition du même nom en 1982. Cette maison parisienne et indépendante est le fruit de l’envie et du travail de sa fondatrice. Journaliste en France pour des publications italiennes, Liana Levi souhaitait se lancer dans l’édition.ICI  

 

Grâce à elle j’ai découvert Milena Agus (dernier opus, Une saison douce ICI , et Andreï Kourkov

 

J’avais remarqué dès le départ qu’il tenait à la main un livre sur la jaquette duquel trônait une jeune vache pie noire dans un décor de papier vert d’eau très bucolique, « Laitier de nuit » d’Andrei Kourkov. J’avais lu son désopilant best-seller « Le Pingouin » qui racontait l’histoire, à Kiev, de Victor Zolotarev, un journaliste sans emploi et de son pingouin Micha rescapé du zoo de la ville en pleine débine. Tous deux tentaient péniblement de survivre, entre la baignoire et le frigidaire de l'appartement. C’est alors que le patron d'un grand quotidien offrit à Victor d'écrire les nécrologies - les « petites croix » - de personnalités bien portantes. Bien évidemment,  Victor  s’empressait d’accepter ce job tranquille et bien payé. Mais comme à Kiev la vie est loin d’être un long fleuve tranquille, un beau jour, les fameuses « petites croix » se mettaient à passer l’arme à gauche, de plus en plus nombreuses et à une vitesse alarmante. Victor et son pingouin neurasthénique se trouvaient alors plongé dans la tourmente d’un monde impitoyable et sans règles, celui d’une république de l’ancien  empire soviétique.

 

Bluebird, Bbluebird; un vrai polar d'atmosphère qui nous plonge dans  l'Amérique d'aujourd'hui - Baz'art : Des films, des livres...

 

Lors de ma dernière fournée de livres, c’est Attica Locke qu’elle m’a fait découvrir avec Bluebird, Bluebird

 

Attica Locke (auteur de Bluebird, Bluebird) - Babelio

 

Née à Houston (Texas) 1974 Attica Locke est scénariste pour le cinéma et la télévision. Enseignante au Sundance Institute, elle travaille actuellement pour une série de HBO sur le mouvement des droits civiques. Black Water Rising (Marée noire), son premier roman, est nominé pour le Edgar Award 2010. Elle vit à Los Angeles avec son mari et sa fille.

 

East Texas maps, maps of East Texas counties, list of Texas counties

 

Bluebird, Bluebird", le blues d'Attica Locke ICI 

 Le 15 janvier 2021 par Karen Lajon

 

LA VIE EN NOIR - Attica Locke débarque chez Liana Levi. C'est une prise de guerre. Au moment où les éléments les plus radicaux de la frange trumpiste ont pris d'assaut le Capitole à Washington DC, le nouveau livre de la romancière américaine, "Bluebird, Bluebird", pourrait presque avoir l'air d'un vieux disque rayé. Sauf qu'il colle aux événements récents comme jamais.

 

Bluebird, Bluebird a été écrit en 2016, date à laquelle Donald Trump accède à la Maison-Blanche, sous les yeux effarés du monde entier qui pense encore que c'est un clown que l'on va facilement gérer. En réalité, c'est l'Acte 1 d'une nouvelle Amérique. Il faut venir de l'East Texas pour comprendre la portée de de la victoire du milliardaire. Il faut s'appeler Attika Locke. La région appartient à la Bible Belt. Les fondamentalistes chrétiens s'y sont épanouis. Au plus fort de la ségrégation, alors qu'ils avaient servi pour l'Oncle Sam, beaucoup d'anciens soldats noirs ont quitté en masse le Sud pour le Nord afin d'échapper aux lois Jim Crow. Certains, propriétaires de leurs terres, n'ont pas voulu quitter leurs fermes. C'est le cas de la famille de l'auteur. "La terre, ils savaient que c'était le pouvoir", a-t-elle expliqué dans un entretien avec un journal américain. Alors, ce Sud texan, elle le connait, bien, elle l'a vécu dans sa chair.

 

La suite ICI 

 

Précision importante : il est Noir, il boit trop et sa hiérarchie veut le virer. N’empêche que c’est un bon et qu’il va faire surgir une incroyable vérité, sur les crimes d’aujourd’hui et sur ceux oubliés d’hier… Voilà toute l’histoire. Elle est magnifique et complexe, d’une effrayante actualité, peuplée de personnages puissants et plus vrais que nature. Pas étonnant. Attica Locke, qui a produit cette merveille est originaire du Texas. Mais ça ne suffit pas à écrire un polar du niveau de Bluebird, Bluebird, la chanson de John Lee Hooker qui passe régulièrement dans le troquet de Miss Geneva. Il faut du talent. Ce dont Attica Locke est amplement pourvue.

 

Bernard Poirette

 

HISTOIRE DE LA DIVISION DES TEXAS RANGERS. ICI 
Les Texas Rangers, patrouilleurs du Lone Star State
 

Une poignée d’hommes déterminés à protéger la frontière texane.

ICI 

Une poignée d’hommes déterminés à protéger la frontière texane.

 

Sans Dénomination Fixe, ils ne faisaient ni partie de l’armée, ni de la garde nationale ni de la milice, et n’étaient pas une force de police. Qui sont-ils ? Patrouilleurs solitaires, ils sont discrets, mais terriblement efficaces et gardiens de la frontière mexicaine : Ce sont les Texas Rangers, surnommés les « Diables Texans ». Présentation en quelques coups de colt.

 

 

Selon une légende de l’ouest qui circule dans le vent du désert, une émeute a un jour enflammé une petite ville du Texas, submergeant rapidement les autorités locales. Paniqué, le sheriff a alors contacté le gouverneur d’Austin, réclamant un peu d’aide. Un jour plus tard, un Texas Ranger débarquait du premier train, prêt à stabiliser la situation. Au sheriff s’inquiétant qu’il n’y avait qu’un seul Ranger, celui-ci lui rétorqua qu’il n’avait qu’une seule émeute.

 

 

Les premiers Texas Rangers sont apparus en 1823, lorsque le bon samaritain Stephen Fuller a sélectionné une poignée d’hommes forts pour protéger des centaines de familles tout juste arrivées au Texas, en bordure du Mexique. 12 ans plus tard, le corps était officiellement constitué, avec 3 compagnies, dirigées par un Capitaine et 2 Lieutenants.

 

Leur mission ? Protéger la frontière texane des Mexicains, et défendre les familles texanes contre les Cherokees et les Comanches. Leur réputation s’est faite à cette période, lorsqu’ils ne reculaient devant rien pour arriver à leurs fins, et connaissant tellement les régions et les conflits qu’ils servaient même d’éclaireurs et de guides à l’armée fédérale pendant les années de République du Texas (1836 – 1845).

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 06:00

 

J’apprécie beaucoup mes rencontres avec JPK, au détour de pages d’un grand auteur, ici avec David John Moore Cornwell, dit John le Carré, alors que dans la vie mes rencontres avec lui se comptent sur moins des doigts d’une seule main.

 

Dans son livre : Histoires de ma vie, Le tunnel aux pigeons, au chapitre 32 Déjeuner de prisonniers, John le Carré évoque sa rencontre avec JPK au début du nouveau millénaire, chez François Bizot qui « reste le seul Occidental à avoir été fait prisonnier par les Khmers rouges de Pol Pot et à avoir survécu. »

 

Le portail - François Bizot - Babelio

 

Le Carré, note : « Nous étions tous suspendus aux lèvres de Bizot pendant l’exposé de son raisonnement, sauf un convive qui restait étrangement impassible. Il était assis juste en face de moi. C’était un petit homme nerveux au front large dont le regard sombre et vif ne cessait de croiser le mien. On me l’avait présente comme étant l’écrivain Jean-Paul Kauffmann. J’avais lu son dernier livre, La Chambre noire de Longwood, avec un grand plaisir.

 

 

Le Carré, n’ayant pas été prévenu qu’il allait le rencontrer exprima, selon ses dires, sa joie de façon très spontanée, alors « pourquoi diable me regardait-il donc avec une telle sévérité, alors ? Avais-je commis un impair ? Etc.

 

« Je dus lui poser la question, ou bien mon attitude la lui posa indirectement pour moi. Et un soudain renversement des rôles, ce fut à mon tour de le dévisager. »

 

« S’il m’avait dévisagé pendant tout le déjeuner, c’est que, dans l’une de ses caches où il était confiné, il était tombé sur un de mes livres en édition de poche tout abîmé et l’avait dévoré à de nombreuses reprises, l’investissant sans doute d’une plus grande profondeur qu’il n’en avait jamais contenu. Il m’expliqua tout cela de ce ton neutre que j’avais déjà entendu chez d’autres victimes de torture, dont le quotidien inclus à jamais cette expérience indélébile. »

 

La vérité, version John Le Carré

 

Le Carré se replongea, après le déjeuner dans La Chambre noire de Longwood, et a fait le lien qui lui avait échappé à la première lecture « il s’agissait là d’un prisonnier traumatisé qui écrivait sur une autre, peut-être le plus grand de tous les temps. » Il en garda un souvenir marquant même si ils ne revirent jamais ni entretinrent une correspondance.

 

Amazon.fr - La Chambre noire de Longwood. Le Voyage à Sainte-Hélène -  Kauffmann, Jean-Paul - Livres

 

Lorsque le Carré se lance dans l’écriture des Histoires de sa vie, il cherche sur internet comment le contacter. Il obtient son adresse mail assortie d’un avertissement sur le fait qu’il était possible qu’il ne réponde pas.

 

Je ne sais si JPK lit encore mes graffitis mais, pour la première fois, à propos de Napoléon, il n’a pas saisi la perche que je lui avais tendue.

 

« Avec moult précautions, je lui écrivis, et au bout de quelques semaines me parvint la généreuse réponse ci-dessous :

 

Jean-Paul Kauffmann « j'ai toujours aimé l'entre-deux. Tous les mondes que j'ai  visités étaient flottants, situés à la limite.» - Le blog de JACQUES  BERTHOMEAU

 

Pendant ma captivité, j’ai manqué cruellement de livres. Nos geôliers nous en apportaient parfois. L’arrivée d’un livre constituait un bonheur sans nom. J’allais non seulement le lire une fois, deux fois, quarante fois, mais aussi le relire en commençant par la fin ou au milieu. Je prévoyais que ce jeu allait m’accompagner au moins deux mois. Pendant mes trois ans de malheur, j’ai connu d’intenses instants de joie. L’Espion qui venait du froid en fait partie. J’y ai vu un clin d’œil du destin ; nos geôliers apportaient n’importe quoi : des romans bon marché, le deuxième tome de Guerre et Paix de Tolstoï, des traités illisibles. Cette fois un écrivain que j’admirais… J’avais lu tous vos livres dont l’Espion mais dans ma condition ce n’était pas le même livre il n’avait même plus rien à voir avec le souvenir que j’en avais. Tout était changé. Chaque ligne était lourde de sens. Dans une situation comme la mienne, la lecture devenait une affaire grave et même dangereuse car le moindre fait se trouve relié à ce quitte ou double, qui l’existence même de l’otage. La porte de la cellule qui s’ouvre annonçant un responsable du Hezbollah signifie la délivrance ou la mort. Tout signe, toute allusion deviennent présages, symboles ou paraboles. Il y en a beaucoup dans L’espion.

 

Amazon.fr - L'espion qui venait du froid - Le Carré, John - Livres

 

Avec ce livre, j’ai ressenti dans mon être le plus profond ce climat de dissimulation et de manipulation (la taqqiya chiite). Nos ravisseurs étaient des experts en paranoïa : méfiance maladive, interprétation délirante, agressivité systématique, goût névrotique du mensonge. L’univers aride de Leamas, où les vies humaines ne sont que des pions, était le nôtre. Que de fois me suis-je senti comme lui un homme abandonné, désavoué. Et surtout usé. Cet univers de duplicité m’a appris aussi à réfléchir sur mon métier de journaliste. Finalement nous sommes des agents doubles. Ou triples. Il nous faut entrer en empathie pour comprendre et se faire accepter, puis nous trahissons.

 

Votre vision de l’homme est pessimiste. Nous sommes des êtres dérisoires ; individuellement nous ne pesons pas lourd. Heureusement, tout ne se vaut pas (voir le personnage de Liz).

 

J’ai puisé dans ce livre des raisons d’espérer. Le plus important c’est la voix, une présence. La vôtre. La jubilation d’un écrivain qui décrit un monde terne et cruel et se délecte de parvenir à le rendre si gris et désespérant. On le ressent presque physiquement. Quelqu’un vous parle, vous n’êtes plus seul. Dans ma geôle, je n’étais plus abandonné. Un homme entrait dans ma cellule avec ses mots et sa vision du mode. Quelqu’un me communiquait son énergie. J’allais m’en sortir…

 

2015 JPK

 

Le Carré note : « Voilà ce que c’est. Voilà comment fonctionne la mémoire, celle de Kauffmann, la mienne, les deux. J’aurais juré que le livre dont il m‘avait parlé au déjeuner était Les Gens de Smiley, et non L’espion qui venait du froid, et mon épouse en garde le même souvenir. »

 

De mon côté je penche pour la version JPK et ce pour deux raisons :

 

  • L’espion qui venait du froid best-seller devait plus sûrement traîner au Liban que Les Gens de Smiley…

 

  • La mémoire de JPK à propos de sa captivité me semble plus fiable que celle de le Carré, et de madame…
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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:00

 

 

Gelée noire !

 

Ce n’est pas un terme météo mais l’illustration très parlante d’une différence d’intensité entre la gelée blanche moins forte et surtout associées à de l’humidité, ce qui donne cette couleur blanche qui est de la rosée gelée ; la gelée noire est équivalente en force à la gelée d’hiver. L’effet d’une gelée noire en plein printemps est dévastateur sur des végétaux en pleine croissance mais encore très fragiles : Elle brûle les supports des futurs fruits, feuilles et tiges qui sont déjà sortis.

 

Dans mon souvenir, je me rappelle une descente éclair, en 1985, au lendemain d’une gelée noire sur les rives, pourtant réputées pour la douceur de son climat, de la Côte d’Azur, les champs de fleurs carbonisés, les roses des serres froides grillées, mais c’était en janvier et ce n’était que des fleurs me dira-t-on, impressionnant et surtout le désarroi des producteurs face à un tel sinistre.

 

Le 6 janvier 1985, -11°C à Hyères dans le Var. À Cannes, il fait -12°C le 9.

 

Au début de ma carrière, petit contractuel au Ministère, avec mon collègue et ami Claude Sauser, avec un petit ordinateur Wang dressé des cartes de l’intensité de la grande sécheresse de 1976 que nos IGREF ignorèrent avec superbe. Ça m’a aussi beaucoup marqué, Chirac légua à Barre un impôt sécheresse, qui alla dans des poches céréalières guère sinistrées. Par la suite, le Fonds des calamités fut mis à contribution de façon quasi-permanente et devint un fonds sans fonds. Il a été plusieurs fois réformé et fonctionne ainsi ICI 

 

Après un épisode extrême de gel, Jean Castex promet « des enveloppes exceptionnelles » pour aider les agriculteurs

 

Gel: Castex promet "des enveloppes exceptionnelles" à l'agriculture, le  Fonds des calamités "déplafonné" - Nice-Matin

 

Le gel qui a couvert une large partie de la France cette semaine s’annonce comme l’un des pires de ces dernières décennies.

 

Le Monde avec AFP

 

Face à un épisode de gel extrêmement difficile qui a touché cette semaine dix des treize régions métropolitaines, le premier ministre, Jean Castex, a promis, samedi 10 avril, « des enveloppes exceptionnelles » pour aider les agriculteurs, annonçant dans l’immédiat le déplafonnement du régime d’indemnisation des calamités agricoles.

 

Le gouvernement compte également « utiliser tous les moyens dont [il] dispos[e] en pareilles circonstances, notamment par rapport aux charges », pour répondre à cette crise, a ajouté M. Castex après la visite d’une exploitation dans l’Ardèche. Le premier ministre a annoncé qu’il allait à cet effet « réunir les banquiers, les assureurs et l’ensemble des acteurs qui [peuvent] être mobilisés ».

 

De son côté, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a fait part dans un tweet de son « soutien plein et entier » aux agriculteurs

 

La suite ICI 

 

 

Les mains dans le cambouis mais pas un genou à terre 2019 – Hommage à La Canaille signé Valentin Morel vigneron du Jura

 

La métaphore « Les mains dans le cambouis mais pas un genou à terre » s’approprie particulièrement au contexte actuel de dérèglement climatique appliqué à la vigne.

 

Disons-le, « la galère est journalière » pour les vignerons aussi ! Les gels de printemps se répètent et risquent de s’intensifier. En été, les canicules sont plus virulentes allant jusqu’à brûler les vignes. Les raisins, malgré un ensoleillement exceptionnel ne sont pas mûrs puisque la vigne bloque ses mécanismes de maturité pour résister au chaud. Simultanément, le degré de sucre augmente par concentration et desséchement, ce qui entraîne des taux d’alcool plus élevés. Le tout engendrant des vinifications plus complexes.

 

L’exceptionnel va-t-il devenir la règle ?

 

Faut-il en rester au curatif étatique, guère adapté à un produit comme le vin car c’est le futur raisin qui est détruit, ou d’hypothétique assurances, fort coûteuses et elles aussi pas à la hauteur ?

 

Bien sûr que non, en restez-là ne répondra pas aux enjeux présents et futurs, réfléchir, se projeter, mobiliser des fonds importants, investir dans de nouveaux modes de conduite de la vigne, dans son environnement, accepter d’envisager des inflexions pour sortir de la vision purement productiviste, le volume faisant le revenu, et revenir à des pratiques commerciales, le vin est produit stockable qui peut vieillir, qui ne s’en tiennent plus à l’écoulement d’un millésime, rappelons que le secteur du vin d’appellation a distillé massivement en 2020.

 

S‘en tenir à des rustines, certes nécessaires pour panser, d’ailleurs fort mal, les plaies, c’est condamner à terme toute une frange de viticulteurs, mettre à mal un secteur qui depuis deux décennies vit dans le déni de la réalité de son métier.

 

Et, la fameuse opinion publique, sur les fameux réseaux sociaux, n’est pas toujours dans l’empathie, on peut le regretter, mais les appels à la tolérance ne changeront rien à l’affaire, pour beaucoup de nos concitoyens le vin n’est pas un produit essentiel.

  

Je laisse la plume à Catherine :

 

Bernard Catherine | rouergue

 

Le coup de gel, l’indemnisation et l’impunité

 

Chers tous, que je connais et ne connais pas, vignerons et pas vignerons,

 

Vous êtes nombreux à avoir manifesté votre compassion ou votre émoi, souvent les deux à la fois, après le coup de froid qui a gelé les espoirs du printemps, tué dans l’œuf les vendanges de l’année.

 

Il vous a été donné de vivre quasiment en direct la lutte des vignerons contre le gel, et nul n’a pu ignorer les images spectaculaires de milliers de points lumineux dans les nuits d’avril comme un ciel étoilé d’août, tragiquement belles comme peuvent l’être celles des incendies.

 

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Puis, au matin du 8 avril, vous avez appris que le froid, de la Bourgogne à Bordeaux, du Languedoc au Muscadet, a été plus puissant que les vignerons, comme les incendies géants de Californie, d’Australie, du Portugal ont été plus puissants que les pompiers pendant des jours et des semaines, laissant les uns et les autres épuisés, désarmés après des nuits de vain courage. Face aux jeunes rameaux brûlés gelés, les vignerons ont sorti le grand mot, calamité agricole, et l’Etat le grand remède, la reconnaissance, c’est-à-dire l’indemnisation pour perte de récolte.

 

Ce même jeudi 8 avril, à 13 heures, le philosophe italien Roberto Esposito était l’invité de « La grande table idées » sur France Culture à l’occasion de la parution en français de son livre  Immunitas : protection et négation de la vie  paru en Italie en 2002. Notons au passage qu’il a fallu attendre presque vingt ans et probablement le Sars-Cov 2 pour qu’il soit traduit et devienne pour nous d’actualité. J’ai posé ma fourchette et vite pris un stylo pour noter : « Communauté et immunité, puisent à la même racine latine, munus, don, devoir. L’Immunité c’est le mot clé de notre époque ». J’ai immédiatement associé les vignes en feu de la nuit précédente à notre quête d’immunité, contre les virus couronnés, le gel et tous les fichus aléas que la vie nous réserve.

 

Une société du tout-immunisé est-elle souhaitable ?

 

En réalité, à bien regarder ces vues aériennes, on peut aussi voir dans la reproduction terrestre d’une nuit d’août étoilée offerte par les milliers de bougies, l’emprise de la monoculture sur le territoire. Depuis plus d’un siècle, la vigne est seule dans ses parcelles, sans arbres ni arbustes, glyphosatée, dénudée d’adventices, sans culture intercalaire, sans cochons ni poules, bientôt sans oiseaux et sans insectes. Elle a mangé et continue à manger des terres qui avaient, ici vocation à cultiver des céréales, là des légumes, ici et là un troupeau. Nous vignerons sommes tout autant prisonniers de la pensée productiviste que les éleveurs ou les céréaliers. Nous sommes tout autant des bourreaux de la monoculture qui mène à mal les défenses immunitaires de la vigne, et en revers, ses victimes amères. Seule l’auréole du vin nous préserve (encore) de l’agribashing.

 

Dans les baux ruraux, héritage et survivance du Théâtre d’agriculture et ménage des champs d’Olivier de Serre, il est toujours stipulé que le fermier s’engage à conduire la terre « en bon père de famille ». L’expression « mettre tous ses œufs dans le même panier » nous vient d’une vieille prudence paysanne qui, considérant l’aléa comme la règle en agriculture, consiste justement à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.  Que nous reste-t-il de la gestion « en bon père de famille » ? De la sagesse proverbiale qu’il y a à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ?

 

Le 28 juin 2019, un coup de chalumeau avait brûlé les vignes du Midi. Le 8 avril 2021 le gel a touché presque tous les vignobles, conséquence pas tant d’un phénomène exceptionnel, que de journées exceptionnellement chaudes et ensoleillées en mars, l’un et l’autre énièmes symptômes du dérèglement climatique à l’oeuvre. Néanmoins, nous continuons à faire comme si nous pouvions tout, bougies, feux de paille, chaufferettes, hélicoptères, aspersion, tours anti-gel, éoliennes, fils électriques chauffants, et comme si nous n’y étions pour rien, implorant l’indemnisation qui est une forme d’impunité.

 

Hypnotisés par la beauté cruelle des images, pris dans l’étau de l’émotion, nous versons des larmes de crocodile sur ce que nous croyons avoir perdu, mais demeurons aveugles à ce que nous avons réellement perdu. Par exemple, cette scène peinte par Jakob Philipp Hackert que je partage avec vous.

 

 

 

Texte de Valentin Morel publié sut Facebook 

 

Les Pieds sur Terre

Chers clients et amis,

 

C'est avec le cœur lourd que je m'adresse à vous aujourd'hui pour vous faire part de l’état de mes vignes à la suite des trois nuits où un gel intense (et même de la neige !) s'est abattu cette semaine. Je profite également de ce courriel et de la gravité de cette situation pour vous faire part de mes questionnements au sujet de cette belle plante que nous chérissons tant.

 

Les dégâts sont considérables, plus graves qu'en 2017 et 2019, et nous avoisinons sans doute un taux de perte aux alentours de 80%.

 

De toute évidence, ces enchaînements d'intempéries nous questionnent et nous font douter, voire nous découragent parfois. D'un point de vue météorologique, un gel début avril ne semble pas spécialement anormal. Ce qui l'est davantage est plutôt l'anormale douceur de la fin février et un temps estival durant 10 jours fin mars qui ont fait débourrer la vigne bien trop tôt.

 

D'un point de vue plus viticole, une vision un peu critique me conduit de plus en plus à assimiler notre façon de pratiquer notre viticulture comme ce que les soignants appellent un acharnement thérapeutique. Par une ironie mordante dont seule la vie a le secret, j'ai passé une bonne partie de l'hiver à lire des ouvrages et réfléchir à la question de la « dégénérescence de vitis vinifiera », notre famille de vigne européenne si fragile et que nous nous évertuons à faire pousser malgré tous les signes de faiblesse qu'elle nous renvoie. Ce débat anime en effet un certain nombre de vignerons et de chercheurs. Finalement, par une action bassement revancharde, pour adopter un point de vue anthropomorphique décalé et, certes, absurde, cette vigne, en milieu de printemps, nous fait comprendre que "nous n'avions qu'à pas" penser qu'elle était dégénérée et se sacrifie face à une vague de froid venue de l'arctique ! Singulier retour de bâton…

 

Plus sérieusement, notre conduite de la vigne interroge et il suffit de remonter au mitan du XIXe siècle pour s'en rendre compte, époque où l'oïdium est identifié en Europe. Depuis lors, ce champignon dévastateur ne sera combattu qu'au prix de nombreux traitements à base de soufre. Petit bonus de notre époque, l’oïdium semble être de plus en plus virulent ces dernières années caniculaires. Deuxième petit bonus pour nos confrères conventionnels, l'oïdium réussit régulièrement à contourner les nouveaux produits de synthèse de lutte chimique forçant ces confrères à revenir à la bonne vieille lutte biologique au soufre !

 

Ensuite, l'arrivée du phylloxera nous conduit à greffer nos vitis vinifera sur porte greffes américains. Pratique totalement contre-nature mais cruellement nécessaire dont nous ne sommes jamais sortis et qui nous cause de nouveaux ennuis : Fin de la plantation par bouturage surplace, au début greffage de qualité par les vignerons puis industrialisation des pépinières : sélection clonale, traitement à l'eau chaude, greffage, forçage, plantation en pépinières, arrachage, passage en chambre froide, replantation à la vigne... Malgré tous les points de vigilance, les virus se développent tout de même et aujourd'hui la flavescence dorée est une épée de Damoclès planant au-dessus des vignobles.

 

Je passe sur l'arrivée du mildiou, le manque de renouvellement génétique lié à la reproduction par la seule voie végétative, la plantation à 6000 pieds/ ha (voire 12 000 ) d’une plante qui s'épanouissait en poussant sur des arbres dans des forêts alluviales (biotope primaire de vitisvinifera) etc. Malgré tout, et parce que nous aimons tout de même boire du vin, il nous faut encore et toujours nous adapter et chercher de nouvelles pistes. Et de mon point de vue, feu de paille, bougies, hélicoptères, tour antigel, autant de pratiques que je respecte mais qui s’apparentent à un énième acharnement thérapeutique, ne peuvent constituer la panacée. Comme certains d'entre vous le savent, les variétés résistantes ou dites interspécifiques (inexactement appelées hybrides) soulèvent chez moi de nombreux espoirs en même temps qu’elles charrient aussi des questionnements. Outre qu'elles résistent aux principaux champignons (ne nécessitant donc aucun traitement) et virus qui frappent vitis vinifera, les variétés interspécifiques ont aussi l'atout majeur de résister au gel. Plus précisément, elles ne résistent pas au gel car elles gèlent comme vitis vinifera. En revanche, lors de la repousse après un gel, elles sont capables de refaire des fruits, ce dont n'est pas capable vitis vinifera. M'interrogeant sur ces cépages avec quelques confrères, j'ai réalisé récemment à quel point ceux-ci étaient controversés. Étrangement, ils parviennent à unir contre eux du vigneron productiviste le plus conservateur au vigneron biodynamiste pionnier le plus pointu de son domaine. Le productiviste leur reprochant l’atteinte au terroir et aux AOC, et le biodynamiste dénonçant des tripatouillages génétiques (pourtant totalement naturels puisqu’issus de croisement sexuels et non pas de manipulation génétique de type OGM) et le sang américain de cette vigne venue de l’ouest et produisant des breuvages qui ne seraient jamais de grands vins de terroir…

 

Au-delà de ces deux visions caricaturales, se trouvent de nombreux collègues et clients dont vous êtes, curieux et intéressés par cette question. Ces variétés résistantes ont représenté en France des proportions considérables de notre vignoble entre les deux guerres mondiales avant d’être abandonnées. Sans doute que les vins n’étaient pas à la hauteur de ce que pouvait permettre la qualité de ces cépages probablement en raison de la sous maturité mais aussi des mauvaises conditions de vinification de l’époque. Deux problèmes aujourd’hui résolus et qui nous incite à penser qu’il est grand temps de réaccorder à ces variétés, injustement mises sur la touche, la place qu’elles ont eue et qu’elles méritent.

 

Il me paraît important de ne pas reproduire à l’envers la même erreur qu’il y a 80 ans où l’on a imposé l’arrachage des variétés interspécifiques. Ainsi, il serait absurde de se débarrasser définitivement de vitis vinifera, et tous les essais de régénération, de sélection massale, de différentes façons de greffer etc. doivent être précieusement poursuivis et encouragés. Mais, parallèlement, si nous avions tous 25 % d’interspécifiques dans nos parcellaires, cela constituerait une assurance gel/mildiou/oïdium non négligeable. Puis, lors des belles années viticoles, elles offriraient un vin d’entrée de gamme populaire écologique et sain.

 

En outre, la perspective d’une vigne qui ne serait pas « phytodépendante» et, ne nécessiterait absolument aucun traitement, ne peut nous laisser indifférent à une époque où l’on parle tant d’agro écologie et où notre pays demeure l’un des plus gros consommateurs de pesticides.

 

Je sais que la situation est difficile pour nombre d’entre vous en raison du contexte sanitaire et que je vous adresse également tout mon courage et toutes mes pensées chaleureuses.

 

Vivement que reviennent les jours heureux où nous pourrons nous revoir et déguster de bons vins, même issus de vignes « dégénérées » !

 

Chaleureusement,

 

Roberto Esposito - Alchetron, The Free Social Encyclopedia

Une société du tout-immunisé est-elle souhaitable ? ICI 

 

Se protéger oui, mais à quel prix?  Le philosophe italien Roberto Esposito est notre invité à l'occasion de la parution de "Immunitas : protection et négation de la vie" (Seuil, 2021), traduction d'un de ses ouvrages paru en 2002, où il se penche sur le lien entre "communauté" et "immunité".

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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 06:00

Ilya Kabakov (b. 1933) Self-Portrait 1959 Oil paint on canvas 605 x 605 mm Private collection © Ilya & Emilia Kabakov

lya Kabakov (b. 1933)
Self-Portrait
1959
Oil paint on canvas
605 x 605 mm
Private collection
© Ilya & Emilia Kabakov

De tous les artistes que j’ai rencontrés, Ilia Kabakov est le seul qui aurait indubitablement survécu quelles que soient les restrictions qu’on lui imposait et qui s’en serait même délecté. Au fil des ans, il était entré dans les bonnes grâces des officiels soviétiques aussi souvent qu’il en était sorti, au point de devoir signer ses illustrations d’un pseudonyme. Pour avoir accès à son atelier, il fallait s’être montré digne de confiance, il fallait connaître quelqu’un et il fallait suivre un garçon armé d’une lampe torche sur un long gymkhana de planches branlantes posées sur des poutres de plusieurs greniers contigus.

 

Man who flew into space Ilya Kabakov (b. 1933) The Man Who Flew Into Space From His Apartment 1985 Six poster panels with collage Centre Georges Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de Création industrielle. Purchased 1990. © Ilya & Emilia Kabakov

 

Quand enfin on arrivait, on découvrait Kabakov, ermite exubérant et peintre de génie, avec son entourage de femmes et d’admirateurs. Et là, sur la toile, le monde merveilleux de son auto-incarcération, ridiculisée, pardonnée, embellie et rendue universelle par l’œil aimant de son créateur indomptable.

 

John Le Carré lors de son premier voyage en 1987 dans une URSS qui agonisait grâce Mikhaïl Gorbatchev et que tout le monde le savait sauf la CIA.

 

Ilia Kabakov

 

Ilya Kabakov (né en 1933 à Dnepropetrovsk, Ukraine, ex-U.R.S.S) partage son temps, depuis les années 1990, entre Moscou et New York. Depuis 1989, il travaille en collaboration avec son épouse Emilia (née en 1945 à Dnepropetrovsk), diplômée en piano classique de la faculté de musique et ayant étudié la littérature espagnole à l’université de Moscou. Diplômé en illustration en 1957, il commence sa carrière en dessinant près de 150 albums pour enfants. Mais dans les années 1970, alors qu'il vit à Moscou dans un appartement communautaire sous le régime soviétique, il commence à rédiger et peindre des albums inspirés par des personnages imaginaires.

 

Il donne à ses personnages imaginaires un espace à partir des années 1980 lorsqu'il commence à concevoir les intérieurs de ses Dix Personnages (1981-1988), sa première installation d'envergure dans laquelle il utilise des mécanismes littéraires tirés d'ouvrages de Gogol. « Je me vois forcé d'incorporer l'espace environnant dans l'installation. Cela conduit à ce que j'appelle une installation totale. » Kabakov construit alors des pièces d'appartements, des chambres, des cuisines, des ambiances complètes, théâtres d'une vie, entre remémoration et imagination.

 

L'Union soviétique bruisse alors de changements politiques, mais la vie quotidienne de ses habitants évolue peu. Kabakov s'attache à documenter ce quotidien confiné, en créant des espaces détaillés et spirituellement animés. Il y plonge un spectateur manipulé, et victime quasi consentante venue tenter une expérience empathique. Les installations totales de Kabakov ne sont pas des dioramas, ni même des reconstitution d'endroits réels, mais bien des projections mentales qu'il faut parcourir, dont il faut s'imprégner. Pour cela, l'artiste joue de ressorts dramatiques quasi systématiques comme une lumière glauque, un hermétisme spatial, des atmosphères psychologiques lourdes, elliptiques bien que fournies de détails. Pour lui, l'esprit du lieu est primordial : ses œuvres sont comme des pièges, [...]

 

Ilya & Emilia Kabakov - Biography — Ilya & Emilia Kabakov

Entre turbulence et résilience: l’art en question par Ilya et Emilia Kabakov ICI 

 

 

Quel sens donner aujourd’hui à la Russie soviétique et surtout quelle image proposer au moment du centenaire de la Révolution de 1917 ?

 

Peut-on y accoler les mots nostalgie, utopie, monotonie, avant-garde, censure ?

 

Et faut-il y faire référence quand on est un artiste russe qui cherche à s’adresser à un public au-delà de toutes les frontières ?

 

Né en Ukraine (1933), comme Emilia (1945) qui deviendra sa collaboratrice et son épouse à la fin des années 1980, Ilya a toujours créé (peintures, dessins, installations, textes théoriques) dans un contexte de turbulence idéologique même si le couple réside aujourd’hui au calme à Long Island. Alors que le rouleau compresseur du réalisme socialiste a vite mis au pas l’énergie avant-gardiste révolutionnaire, que l’approche subjective et individualiste ne correspond plus à la culture du prolétariat collectiviste, que la perestroïka et les années Poutine ouvrent un futur qui aura vu s’effondrer de nombreuses utopies (communisme, fascisme, capitalisme), Ilya et Emilia Kabakov ont une grande estime pour l’art comme porteur de culture. Dans un monde où règnent en roi la consommation, l’individualisme et le matérialisme, la question de l’utopie reste pertinente pour contrer la pauvreté spirituelle et trop simpliste qui fait de l’œuvre d’art une commodité de marchandage plutôt qu’une proposition d’élévation. Voilà quelques repères pour entrer dans l’univers des Kabakov et penser l’art entre turbulence et résilience. ICI 

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 08:00

 

 

Je me voyais déjà en haut de l’affiche,

En dix fois plus gros que n'importe qui mon nom s'étalait

Je me voyais déjà adulé et riche

Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient

Je me voyais déjà

Sortant de chez Drouant,

Face aux journalistes

Mon premier roman

Journal d’un con fini

Ayant reçu le prix

Et patatras

Les éditeurs submergés

Ont coupé le robinet

Je devrai me contenter

D’en faire des cocottes en papier…

 

Après des reports de parution en cascade à cause des confinements successifs, les apprentis écrivains se bousculent aux portes des maisons d'édition.

AFP

 

LIVRES - De moins en moins de Français lisent, mais ils sont toujours autant de candidats pour être publiés. Et pour Gallimard, c’en est trop: l’éditeur prie les écrivains aspirants d’attendre avant d’envoyer leur prose.

 

“Compte tenu des circonstances exceptionnelles, nous vous demandons de surseoir à l’envoi des manuscrits. Prenez soin de vous toujours et bonnes lectures”, écrit la prestigieuse maison sur son site internet.

 

Ce conseil y est apparu début avril et a été relayé sur le compte Twitter officiel le 2 avril, un vendredi en fin d’après-midi. Pas sûr qu’il soit suivi unanimement, mais pour accroître ses chances, mieux vaut s’y plier. Et patienter.

 

Une situation compliquée pour les débutants

 

Le contexte est assez défavorable aux inconnus qui se rêvent en Michel Houellebecq ou en Amélie Nothomb. La fermeture des librairies à deux reprises en 2020, au printemps et à l’automne, a entraîné des reports de parution, provoquant un embouteillage en 2021. Si se faire publier est toujours difficile pour un débutant, c’est devenu encore plus compliqué.

 

Gallimard n’est pourtant pas avare en premiers romans dans sa fameuse Collection blanche: cinq à la rentrée de janvier, deux en mars, deux en avril... Interrogé par l’AFP sur les raisons de ce message au grand public, l’éditeur a évoqué l’immensité des volumes envoyés.

 

Les 30 manuscrits par jour ouvré reçus rue Gaston-Gallimard sont devenus 50, depuis près d’un an. “Nous tenons à accorder la même attention à tous les manuscrits que nous recevons et nous répondons à tous les envois. C’est un travail considérable qui demande de la minutie et de la disponibilité d’esprit. C’est pour toutes ces raisons que nous avons demandé de suspendre, tout à fait momentanément, l’envoi des manuscrits”, a expliqué Gabrielle Lécrivain, éditrice.

 

 

3500 manuscrits par an au Seuil

 

Certains concurrents avaient donné le même conseil dans un contexte très particulier: lors du premier confinement, au printemps 2020.

 

“Nous et d’autres éditeurs, nous avions mis un message sur le site internet pour demander d’attendre avant d’envoyer un manuscrit. Je m’attendais à un tsunami quand on l’a enlevé pour le déconfinement. Il n’a pas eu lieu, mais il y a un certain rattrapage actuellement”, dit à l’AFP Laure Belloeuvre, du service des manuscrits du Seuil.

 

Cet éditeur reçoit environ 3500 manuscrits par an, concentrés en début et en fin d’année. Entre janvier et mars, 1200 sont parvenus. “C’est beaucoup. Maintenant que tout le monde sait se servir d’un ordinateur pour écrire, nous voyons des gens qui écrivent et dont nous sentons qu’ils ne lisent pas. Ce n’est plus comme au temps où il fallait prendre sa Remington pour taper son manuscrit, ce que faisaient des passionnés de littérature”, raconte l’éditrice.

 

“Nous, on ne coupe pas le robinet”, indique Juliette Joste, éditrice chez Grasset. “On a des programmes ultrachargés, et on ne peut quasiment rien prendre qui vient de la Poste: un ou deux titres par an. Mais j’ai vu ce message de Gallimard avec étonnement”. Grasset, qui avait approché un record de 5.000 manuscrits reçus en 2018, en a déjà reçu plus de 1000 en 2021, à la mi-mars.

 

Un prix littéraire pour les écrivains non publiés

 

Quand les éditions Novice, qui n’avaient encore publié aucun livre, ont créé en janvier 2020 un prix littéraire destiné aux ”écrivains non publiés”, le jury a reçu pas moins de 150 manuscrits. “Je n’avais pas envie qu’on en reçoive un nombre ingérable, donc la fenêtre d’envoi était volontairement très courte, et on a communiqué assez peu”, explique à l’AFP Timothé Guillotin, le fondateur de cette maison.

 

Le nom du lauréat ou de la lauréate (qui sera publié) sera révélé vendredi. “C’est quelqu’un qui a essayé de publier, et qui a reçu pas mal de refus, même si les réponses étaient toujours encourageantes. C’est passé pas très loin chez Flammarion. Et notre jury a compris pourquoi, avec ce très beau roman”, a ajouté Timothé Guillotin.

 

Les éditions de L’Olivier constatent le même engouement. “Plus de 700 manuscrits sur les trois premiers mois, ce qui fait qu’on dépassera 2000 cette année, alors qu’on était à 1500 ou 1600 par an avant le prix Goncourt de Jean-Paul Dubois” en 2019, relève Jeanne Grange, du service des manuscrits.

 

 

“À deux éditrices pour les éplucher, on ne peut pas tout lire en entier, c’est certain. Mais je ne dissuaderais jamais personne. La vitalité d’un éditeur se voit au renouvellement de son catalogue”, ajoute-t-elle.

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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 08:00

Détenant 8 % du capital de Moderna Therapeutics, Stéphane Bancel fait une entrée directement à la 23e place du classement Forbes. (Andrew Harnik/AP/SIPA)

Détenant 8 % du capital de Moderna Therapeutics, le PDG Stéphane Bancel fait son entrée dans le classement. Si le top 10 du classement des milliardaires français reste inchangé, tous ont vu leur fortune augmenter en 2020.

 

Le Monde avec AFP

 

La crise due à la pandémie de Covid-19 n’a pas pénalisé tout le monde. Quatre nouveaux milliardaires français font leur entrée dans le classement Forbes, selon la version française du magazine, qui publiera mercredi 7 avril son palmarès. Le trio de tête reste inchangé : Arnault, Bettencourt Meyers, et Pinault.

 

La France est passée dans le classement Forbes de 39 à 42 milliardaires entre 2019 et 2020 – Olivier Dassault, mort dans un accident d’hélicoptère en mars, étant sorti du classement.

 

Détenant 8 % du capital de Moderna Therapeutics, société américaine en pointe dans la course aux vaccins anti-Covid, son PDG français Stéphane Bancel fait une entrée directement à la 23e place. Sa fortune est estimée à 3,5 milliards d’euros.

 

Société de surveillance, camping-cars, laboratoires d’analyse

 

Deuxième entrée, celle d’Olivier Pomel, à la 34e place avec 1,5 milliard d’euros. Le PDG de la société de surveillance du cloud Datadog détient 6 % des actions qui ont vu leur cours s’envoler de 39 % après le premier jour de cotation au Nasdaq, selon le magazine. La capitalisation boursière de la société qu’il a cofondée et qui est présente dans 24 pays a déjà atteint 10 milliards d’euros.

 

Suit François Feuillet, à la 35e place, avec une fortune d’1,5 milliard d’euros. Le PDG de Trigano détient 58 % des parts de ce groupe leader européen des camping-cars et possède 9,5 hectares de vignes de grands crus, selon Forbes.

 

Enfin, Yves-Loïc Martin entre à la 36e place avec 1,4 milliard d’euros. Il est le frère de Gilles Martin, qui a fondé les laboratoires d’analyse Eurofins Scientific, positionnés dans l’agroalimentaire, la pharmacie, l’environnement et la biologie médicale. Il en est aujourd’hui administrateur et détient 11 % des parts, selon Forbes.

 

Les riches toujours plus riches

 

Si le top 10 du classement des milliardaires français reste inchangé, tous ont vu leur fortune augmenter en 2020.

 

Le président du leader du luxe LVMH, Bernard Arnault, reste en tête avec une fortune estimée par le magazine à 125,2 milliards d’euros, devant Françoise Bettencourt Meyers, héritière de L’Oréal (61,4 milliards), et François Pinault, du groupe de luxe Kering (35,3 milliards).

 

Suivent les frères Alain et Gérard Wertheimer, propriétaires de Chanel (28,8 milliards chacun), Emmanuel Besnier, héritier de Lactalis (15,9 milliards), Patrick Drahi, propriétaire, via Altice, de BFM, Libération et RMC (9,8 milliards), Rodolpe Saadé, de l’armateur français CMA CGM (9 milliards), Xavier Niel, propriétaire notamment d’Iliad-Free et actionnaire à titre individuel du Monde (7,3 milliards), et Alain Mérieux, de l’empire pharmaceutique bioMérieux (6,8 milliards).

 

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