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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 08:00

 

Au pays du vin, gloire nationale dont les escadrilles naguères volaient en Rafale à l’exportation le vieux Monde de Beuve-Méry, qui se la joue jeune, le torpille en le qualifiant d’alcool comme une vulgaire boisson spiritueuse.

 

 

Ces gens-là, la nouvelle gouvernance du journal pudibonde, brosse les bien-pensants dans le sens du poil pour les draguer dans ses filets. Faut pas fâcher !

 

Bien sûr je ne suis pas de ceux qui vivent dans le déni, le vin contient de l’alcool, le degré est inscrit sur l’étiquette depuis toujours : au temps du gros rouge cher à Roland Barthes le populo se lichait du 12 ou du 13° en bouteille étoilée, savant mélange de « bibine » du Midi avec de la couleur venue de l’Oranie puis de l’Italie.

 

De plus je ne suis pas totalement con je sais lire les chiffres de nos exportations où le Cognac occupe une place de choix.

 

Bref, la rigueur journalistique, qui n’est plus à l’ordre du jour au Monde, dont je suis un vieil abonné, exigerait que l’on titre : Vins&spiritueux deux milliards d’euros d’exportation se sont évaporés en 2020.

 

Faudra tout de même que les jeunes louloutes et loulous du Monde  assument tout à la fois l’héritage de leur journal, celui qui entretint dans son sein l’ignoble chroniqueur gastromique Robert J Courtine dit La Reynière ICI l’appel des 77 salauds et salopes  ICI et avec leurs consœurs et confrères de Télérama qu’ils cessent de nous faire la morale, ce n’est pas leur job.

 

Cerise sur le gâteau l’article de Laurence Girard en complément de l’analyse sur la dégringolade de l’alcool français à l’exportation nous avons droit au bulletin de santé du groupe Pernod-Ricard qui certes vend et exporte du cognac Martell et du champagne Mumm et Perrier-Jouet, mais se fait des couilles en or avec le whisky et le gin qui sont, comme chacun le sait des produits typiquement gaulois, alors que les pastis de son patronyme ne sont pas au mieux de leur forme.

 

 

Retour à la croissance attendu en 2021 par Pernod Ricard

 

« Nous nous attendons à une croissance interne sur l’année pleine », affirme Alexandre Ricard, PDG de Pernod Ricard, à l’occasion de la publication de ses résultats semestriels, jeudi 11 février. Déjà sur le second semestre de 2020, ses activités ont renoué avec la croissance en Chine (+ 13 %), sont restées solides aux Etats-Unis (+ 5 %) et ont retrouvé des couleurs en Inde. A contrario, le Covid-19, contraignant bars et restaurants à la fermeture, a fait reculer les ventes de 5 % en Europe. Surtout, avec un transport aérien en berne, le chiffre d’affaires des boutiques d’aéroports s’effondre de 57 %. Globalement, le deuxième groupe de spiritueux mondial affiche un chiffre d’affaires de 4,985 milliards d’euros, en décroissance interne de 3,9 % et de 8,9 % en tenant compte des effets de change négatifs. Le résultat opérationnel recule, lui, de 2,4 %

 

J’attends avec impatience le communiqué cinglant de Vin&Société, l’article saignant de Jacques Dupont dans le Point hebdo de référence de Mélenchon, il le qualifie d’égout, la réaction outrée de Julien Denormandie l’ectoplasmique ministre de l’Agriculture, le communiqué alambiqué du guide de la profession Jérôme Despey, les pleurs du bordeaux-bashing, le démenti de l’Union des œnologues : le vin n’est pas un alcool…

 

Voilà, la messe est dites, lisez ! ICI 

 

 

« La part des anges. » C’est le terme employé dans les caves charentaises pour évoquer l’inéluctable évaporation des précieuses eaux-de-vie en cours de vieillissement. Il pourrait, cette fois, illustrer le bilan des exportations françaises d’alcool en 2020. Elles ont, en effet, subi un brusque phénomène d’évaporation. Selon les chiffres publiés, jeudi 11 février, par la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), près de 2 milliards d’euros sont partis en fumée. Le montant global des ventes de bouteilles hors des frontières a reflué de 13,9 %, à 12,1 milliards d’euros. Mais même moins fringant, ce secteur reste le deuxième contributeur à la balance commerciale française, avec un excédent de 11 milliards d’euros.

 

Début 2020, alors que la FEVS présentait des chiffres 2019 mirobolants – les flux de cognac, champagne et vin dépassant une nouvelle fois des niveaux historiquement hauts –, elle avait déjà alerté. Les nuages commençaient à s’amonceler. Les taxes Trump frappaient les vins français à leur entrée sur le territoire américain depuis octobre 2019. Et le coronavirus avait fait son apparition en Chine. Des événements qui ont profondément bousculé la filière tout au long de l’année.

 

 

« En 2020, nos entreprises ont affronté un environnement particulièrement complexe. D’abord, du fait du conflit commercial avec les Etats-Unis, sans solution à ce jour. Puis est apparue la pandémie de Covid-19, dont les effets se sont propagés progressivement sur tous les continents », explique César Giron, président de la FEVS.

 

« Une baisse en trois tiers entre l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis »

 

La crise sanitaire a surgi en Chine avant le Nouvel An lunaire, temps fort de la consommation. L’annulation des festivités a fait plonger les ventes des précieux flacons de cognac dans l’empire du Milieu. La mise sur pause des transports aériens a fortement réduit les achats en duty free. Les marchés de Hongkong et de Singapour en ont été affectés. Résultat, les exportations de vin et spiritueux vers la Chine ont baissé de 15,2 %, à 809 millions d’euros. En englobant Hongkong et Singapour, le retrait atteint 19,4 %, à 1,9 milliard d’euros.

 

La pandémie de Covid-19 a ensuite gagné l’Europe et l’Amérique, avec son lot de confinements, de fermetures de bars, de restaurants et de discothèques, et d’annulations d’événements. De quoi limiter le flot des commandes. « Globalement, la baisse des exportations se répartit assez équitablement en trois tiers, entre l’Asie, l’Europe et les Etats-Unis », estime M. Giron.

 

 

Dans ces moments où l’esprit n’était pas à la fête – même si, dès que le déconfinement le permettait, les bouchons sautaient à nouveau –, le champagne a souffert. Les exportations mondiales du vin à bulles sont en retrait de 20 %, à 2,46 milliards d’euros. Le reflux est quasi identique pour le cognac, à − 21 %, pour un montant de 2,73 milliards d’euros. Quant aux vins dits « tranquilles », c’est-à-dire sans bulles, qu’ils soient de Bordeaux, de Bourgogne, du Beaujolais ou de la vallée du Rhône, ils forment toujours le plus gros bataillon des exportations. Ils ont totalisé des ventes hors des frontières à 5,4 milliards d’euros, en repli de 7,1 %.

 

Une facture qui s’est alourdie en janvier

 

C’est cette filière viticole qui a été mise en joue par Donald Trump, lorsqu’il a souhaité lancer des représailles dans le conflit Airbus-Boeing qui oppose l’Europe et les Etats-Unis. Depuis octobre 2019, une surtaxe de 25 % sur les bouteilles titrant moins de 14,5° freine les efforts des exportateurs français. « Sur 1,2 milliard d’euros de vins “tranquilles” exportés vers les Etats-Unis en 2018, la filière a perdu 580 millions d’euros sur les ventes de vin en bouteille, mais a compensé à hauteur de 254 millions d’euros avec la vente en vrac non taxée, donc la perte se chiffre à 386 millions d’euros en 2020 », estime M. Giron. Sachant que 57 millions d’euros s’étaient déjà envolés au dernier trimestre 2019.

 

La facture s’est encore alourdie depuis janvier. Juste avant de quitter la Maison Blanche, M. Trump a lancé une nouvelle salve, étendant la sanction tarifaire au vin en vrac, aux rouges titrant plus de 14,5°, mais aussi aux eaux-de-vie, donc au cognac.

 

Diverses aides

 

Depuis fin 2019, la filière viticole demande un fonds de compensation, se disant victime d’un conflit qui la dépasse. Pour l’instant sans succès. Elle a aussi bataillé pour obtenir un plan de soutien afin de faire face à la crise sanitaire qui touche aussi ses activités en France, avec la fermeture des bars et restaurants.

 

Finalement, elle a décroché une enveloppe de 211 millions d’euros pour distiller et transformer en alcool blanc ou pharmaceutique 2,6 millions d’hectolitres de vin invendu. Le Languedoc-Roussillon s’est délesté de 1 million d’hectolitres.

 

Une autre enveloppe de 50 millions d’euros finance une aide au stockage des vins maintenus en cave. « Ces mesures ont permis de gérer les volumes. Les prix n’ont pas dévissé », estime Jean-Marie Fabre, président des Vignerons indépendants. Ce dernier se félicite aussi de la décision prise pour 2021 d’exonérer les acteurs de la filière viticole des charges patronales au prorata de leur activité, et de les faire bénéficier du fonds de solidarité dès 50 % de perte de chiffre d’affaires mensuelle. « Sur l’ensemble de l’année 2020, [celle] des Vignerons indépendants est estimée entre 15 % et 30 % », affirme M. Fabre.

 

Tous les espoirs des viticulteurs reposent désormais sur la reprise des discussions entre l’Europe et la nouvelle administration Biden, en vue de négocier un cessez-le-feu et la levée des taxes.

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 06:00

 

Ma chronique du 4 juillet 2010 ICI  du commençait ainsi « Il est né, le 17 décembre 1931, à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault, dans une famille de viticulteurs, tout ce que touche Jean-Claude Carrière : littérature, cinéma, théâtre, se transforme en « trésor ».

 

Il est mort lundi 8 février, à l’âge de 89 ans.

Jean-Claude Carrière en 2014 PHILIPPE MATSAS OPALE / LEEMAGE

Jean-Claude Carrière, scénariste et écrivain, est mort à l’âge de 89 ans

Le grand complice de Luis Buñuel a mis sa plume féconde au service des plus grands réalisateurs et metteurs en scène. Ce conteur né, passionné par les religions, est mort lundi 8 février.

Par Jean-Luc Douin

Publié le 08 février 2021

 

Il se définissait comme un « encyclopédiste au temps des frères Lumière ». Le scénariste, dramaturge et écrivain Jean-Claude Carrière est mort lundi 8 février à l’âge de 89 ans, a annoncé sa famille à l’Agence France-Presse (AFP).

 

Né le 17 septembre 1931 à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault, dans une famille de viticulteurs habitant une ferme sans eau courante, un milieu sans livres et sans images (il a raconté son enfance dans Le Vin bourru, Plon 2000), ce futur Arcimboldo des bibliothèques, d’instinct touche-à-tout du savoir, parle occitan jusqu’à 13 ans. Puis ses parents ­prennent la gérance d’un café à ­Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), tandis que, boursier, il poursuit des études au lycée ­Voltaire, puis au lycée Lakanal de Sceaux (Hauts-de-Seine),, et à l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, d’où il sort titulaire de maîtrises de lettres et d’histoire.

 

Conteur né, pédagogue surdoué, passeur éclectique, Jean-Claude Carrière aura passé sa vie à rencontrer, explorer, communiquer, partager, rendre ce qu’il a reçu, griot des temps modernes mi-enchanteur mi-iconoclaste doté d’un sens inné de la clarté, voué à « pouvoir tout dire à tout le monde ».

 

Sollicité pour se présenter à l’Académie française, et dans d’autres glorieuses institutions, il a toujours décliné ces invitations, fidèle à son refus de ce type de notoriété.

 

Vivre de sa plume

 

Le rire fut l’une des boussoles de cet homme qui refoulait l’esprit de sérieux et ne voulait « rien de pontifiant ». Après avoir publié un premier roman en 1957, Lézard (l’histoire d’un fainéant), ainsi que quelques romans d’épouvante sous le pseudonyme de Benoît Becker, il fait la connaissance de Jacques Tati, pour lequel il doit écrire une novélisation des Vacances de Monsieur Hulot, puis de Mon oncle.

Griot des temps modernes mi-enchanteur, mi-iconoclaste, il est doté d’un sens inné de la clarté, voué à « pouvoir tout dire à tout le monde »

Devenu acolyte de Pierre Etaix, il cosigne le scénario de ses films, du Soupirant (1963) au Grand Amour (1969), complice de l’ex-assistant de Tati au point de faire le perchman, l’accessoiriste… Auteur de sketchs pour la télévision, plume et histrion des chansonniers Jacques Grello et Robert Rocca, et auteur du commentaire d’un documentaire sur le biologiste Jean Rostand et la vie sexuelle des animaux (Le Bestiaire d’amour, de Gérald Calderon, 1963), il a décidé de vivre de sa plume.

 

Le surréalisme est son dada. L’une de ses grandes complicités aura été celle qu’il entretint avec Luis Buñuel, qui cherchait un scénariste pour adapter Le Journal d’une femme de chambre, d’après Octave Mirbeau (1964). Les deux hommes ne se sépareront plus, jusqu’à Cet Obscur objet du désir (1977), cultivant dix-neuf ans une complicité d’irrévérences, amoureux des blagues, des délires de l’imaginaire, de l’irruption de l’irrationnel, de l’irrévérence et des récits bousculant la dramaturgie traditionnelle.

 

Très courtisé

 

Signant des scripts pour Louis Malle (Viva Maria en 1965, Milou en mai en 1990), Jacques Deray (La Piscine en 1969, Un homme est mort en 1972), Jean-Claude Carrière devient un scénariste très courtisé.

 

Levé très tôt après sept heures de sommeil, il travaille le matin, écrivant debout sur une écritoire, à la main, comme un scribe ; lorsqu’il lit son travail à ses commanditaires, il joue tous les rôles, sans doute attiré par le métier d’acteur, qu’il pratiqua très épisodiquement, dans de brèves figurations ou lorsqu’il interprète lui-même le personnage principal de L’Alliance, de Christian de Chalonge, d’après son propre roman, la production manquant d’argent pour se payer un acteur connu (1971). Ou s’illustrant dans un long plan de six minutes dans Copie conforme, d’Abbas Kiarostami (2010).

 

 

Depuis qu’il avait découvert le théâtre à 16 ans, s’était abonné à la Comédie-Française et au Théâtre Marigny dirigé par Jean-Louis Barrault, Jean-Claude Carrière est un passionné des planches. Il écrit des pièces, parfois hantées par l’absurde, de L’Aide-mémoire joué par Delphine Seyrig en 1968 (énorme succès), à L’Audition en 2010, en passant par La Controverse de Valladolid en 1999, évocation d’un procès du XVIsiècle, opposant un moine dominicain (Las Casas) et un philosophe (Sepulveda) sur la façon de considérer (ou pas) les Indiens d’Amérique comme une race inférieure à coloniser.

 

 

Sans oublier ses adaptations, celle d’Harold et Maude, de Colin Higgins, qui sera jouée tour à tour par Madeleine Renaud, Denise Grey et Danielle Darrieux, ni toutes celles qu’il signa pour Peter Brook durant vingt-cinq ans, dont Timon d’Athènes, de Shakespeare (1974), La Conférence des oiseaux, du Persan Farid Al-Din Attar (1978), La Tragédie de Carmen, d’après Mérimée et Bizet (1983) et Le Mahabharata, longue fresque épique tirée de la mythologie hindoue (« La plus haute montagne que j’aie jamais gravie, pleine de merveilles, de découragements et de pièges »). Un travail de titan, qui fut décliné aussi en film.

 

Une fascination pour les religions, et surtout pour le bouddhisme, conduit cet athée à signer un livre d’entretiens pointus avec le dalaï-lama (La Force du bouddhisme, éd. Robert Laffont, 1994).

 

C’est dans le cinéma que sa plume fut la plus féconde

 

Tout Jean-Claude Carrière est dans cette fausse désinvolture avec laquelle il aborde tant de disciplines, sans avoir l’air d’y toucher mais en prouvant sa compétence, comme lorsque à l’époque où il passait son bac, il militait dans un ciné-club universitaire en tant que « délégué à la propagande » (c’est-à-dire en distribuant des tracts boulevard Saint-Michel). Carrière fit toute sa vie de la propagande éclairée.

 

Il dessine – son Dictionnaire amoureux de l’Inde est illustré par ses propres croquis (Plon, 2001) –, il affiche des passions impures (le bizarre, l’érotisme, la recension des perles de la bêtise et des « petits mots inconvenants »), il écrit des chansons (pour des films, pour Delphine Seyrig, pour Juliette Gréco, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Hanna Schygulla), il décortique Einstein, interroge deux astrophysiciens sur la relativité, la mécanique quantique et les quarks (Conversations sur l’invisible, avec Jean Audouze et Michel Cassé, Belfont, 1988), il philosophe sur la mort (La Vallée du néant, éd. Odile Jacob, 2018).

 

Forman, Godard, Haneke…

 

Mais c’est dans le cinéma que sa plume fut la plus féconde. La liste des cinéastes pour lesquels il a écrit est impressionnante. Outre les susnommés, on y trouve Milos Forman (Taking off, 1971), Marco Ferreri (Liza, 1972), Jean-Luc Godard (Sauve qui peut (la vie), 1980, et Passion, 1982), Carlos Saura (Antonieta, 1982), Nagisa Oshima (Max mon amour, 1985), Michael Haneke (Le Ruban blanc, 2009).

 

Pour illustrer son goût de l’histoire, citons Le Retour de Martin Guerre, de Daniel Vigne (1982), Danton, d’Andrzej Wajda (1983), Les Fantômes de Goya, de Milos Forman (2007). Pour illustrer son goût de la littérature, des adaptations en nombre : Belle de jourd’après Joseph Kessel (Buñuel, 1967), La Chair de l’orchidée, d’après J. H. Chase (Chéreau, 1975), Le Tambour, d’après Gunter Grass (Schlöndorff, 1979), Un amour de Swann, d’après Marcel Proust (Schlöndorff, 1984), L’Insoutenable légèreté de l’êtred’après Milan Kundera (Philip Kaufman 1988), Valmont, d’après Choderlos de Laclos (Forman, 1989), Cyrano de Bergerac, d’après Edmond Rostand (Rappeneau, 1990), Le Roi des aulnes, d’après Michel Tournier (Schlöndorff, 1996), Le Père Goriot, d’après Balzac, pour la télévision (Jean-Daniel Verhaeghe, 2004).

 

L’une des lignes directrices de cette… carrière aura été d’initier le public occidental à des cultures qu’il connaissait mal

 

Adepte du yoga, jamais pris en déficit de vivacité et de curiosité, Jean-Claude Carrière signait encore en 2015 le scénario d’un film sentimental de Philippe Garrel (L’Ombre des femmes), et en 2018, celui d’un film tonique de Louis Garrel (L’Homme fidèle).

 

Trois fois nominé à l’Oscar (pour des films de Luis Buñuel et de Philip Kaufman), célébré par un Oscar d’honneur en 2015, récompensé par un César pour le scénario du Retour de Martin Guerre en 1983 et, en 1969, par un Prix spécial du jury court-métrage au Festival de Cannes pour La Pince à ongles, dont il était l’autoréalisateur (histoire cocasse de la disparition de cet objet capricieux dans une chambre d’hôtel), par un Molière pour l’adaptation de La Tempête de Shakespeare en 1991, celui qui se félicitait d’être resté un « esprit libre » cumula en 2014 un Prix Henri-Langlois et le Grand Prix de la SACD. Il avait par ailleurs participé à la création de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 1969, et de la Fémis en 1986.

 

L’une des lignes directrices de cette… carrière aura été d’initier le public occidental à des cultures qu’il connaissait mal. Le testament de ce sage est peut-être dans ces lignes qu’il signa en 2011, dans L’Esprit libre (Entretiens avec Bernard Cohn, éd. Ecriture, 2011) : « Quand un auteur a eu la chance, comme moi, d’être né avec un certain talent (une certaine disposition, si on préfère, ou un goût), une santé solide, quand il a gagné, avec son seul travail, de quoi vivre, s’il continue à ne penser qu’à lui-même, à alimenter son compte en banque, à passer une autre couche d’or sur sa toute petite statue, il est foutu. Il finira dans la solitude et la dépression. (…) Quand je rencontre un autre, un différent, et même un opposé, voire un ennemi, je ne songe jamais à le ramener à moi, à l’apprécier, à le juger selon mes critères. Au contraire : j’essaie de trouver en lui ce qu’il y a d’intéressant, de rare, de surprenant, de beau. » Et de citer le Bouddha : « Ton ennemi est ton meilleur gourou. »

 

Jean-Claude Carrière en quelques dates

 

Né le 17 septembre 1931 : à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault

1964 : « Le Journal d’une femme de chambre »

1969 : « La Piscine »

1977 : « Cet obscur objet du désir »

1985 : « Le Mahabharata » (théâtre)

1990 : « Milou en mai »

1999 : « La Controverse de Valladolid » (théâtre)

2011 : « L’Esprit libre » (livre d’entretiens, Ecriture)

2015 : Reçoit un Oscar d’honneur

 

Jean-Claude Carrière : mort d’un homme aux multiples talents ICI

 

Pierre Lepape

Publié le 08/02/

 

Écrivain, scénariste pour Luis Buñuel, Louis Malle ou Milos Forman, ou encore acteur pour Jacques Deray et Abbas Kiarostami, Jean-Claude Carrière s’épanouissait avant tout dans les œuvres collectives. Il est mort ce lundi 8 février, à l’âge de 89 ans.

 

Il savait tout faire et il le faisait bien: avec enthousiasme, avec intelligence. Le site de la Bibliothèque nationale de France (BNF), qui recense les œuvres des auteurs, consacre cinq cent quatre-vingt-cinq entrées à Jean-Claude Carrière. Encore ne compte-t-il pas les apparitions de Carrière comme acteur, quand il se plaisait à apporter sa haute silhouette un peu massive et son accent rocailleux aux films de Luis Buñuel, de Philippe de Broca ou de Carlos Saura.

 

Dans la liste interminable de ses œuvres, pour le livre, la scène, les écrans, le disque, la plus belle part est donnée à la collaboration, au travail collectif. Jean-Claude Carrière était un homme généreux: il ne s’épanouissait totalement qu’en se frottant aux talents créatifs des autres. Dans Le Vin bourru (2000), l’autobiographie de sa jeunesse, où il raconte son enfance de fils de viticulteurs, né en 1931 à Colombières-sur-Orb, un village proche de Béziers, il explique cette attirance par l’enchantement où le plongeaient les conteurs lors des soirées familiales: des auteurs qui inventent des histoires à partir d’histoires plus anciennes et qui invitent ceux qui les écoutent à se faire conteurs à leur tour. Les maillons d’une chaîne féerique…

 

Faire l’écrivain

 

Normalien, licencié de lettres, le jeune Carrière va donc très vite quitter le sillon universitaire, moins pour «faire l’écrivain» que pour donner à entendre des voix inconnues. Il a 26 ans, son premier livre s’intitule Lézard (1957) et il est pour l’essentiel composé des récits entendus dans le bistrot que ses parents ont ouvert à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), quelques années auparavant. L’entreprise est assez réussie pour que Pierre Desgraupes invite son auteur sur le plateau de Lectures pour tous. L’humour et la verve du jeune Carrière y font merveille. Au point de séduire immédiatement deux maîtres du cinéma comique français, Pierre Étaix et Jacques Tati.

 

Avec Étaix, c’est un coup de foudre amical. Les deux hommes, qu’une commune passion pour le dessin et le comique visuel réunit, réalisent ensemble deux courts métrages, Rupture et Heureux Anniversaire, cependant que Carrière écrit les scénarios des chefs-d’œuvre d’Étaix: Le Soupirant (1963), Yoyo (1965), Tant qu’on a la santé (1966) et Le Grand Amour (1969). Pierre Étaix, qui avait été l’assistant de Tati pour Mon oncle (et le dessinateur de l’affiche), présente Jean-Claude Carrière au grand Jacques, lequel lui propose un défi: transformer en roman Les Vacances de M. Hulot et Mon oncle. Les deux livres paraissent en 1958 – avec des dessins de Pierre Étaix, évidemment.

 

Entre-temps, Carrière, toujours avide de terres à découvrir, s’était lancé, sous le pseudonyme de Benoît Becker, dans l’exploration du roman gothique et populaire, fabriquant pour la collection Fleuve noir une demi-douzaine de variations autour de Frankenstein puis, par goût des contrastes sans doute, il avait donné ses soins et son érudition de lecteur à une anthologie des plus belles lettres d’amour (1962), laquelle était suivie quelques mois plus tard par une anthologie de l’Humour 1900 (1963).

 

En 1963, la rencontre avec Luis Buñuel va élargir encore la palette de Jean-Claude Carrière. Le réalisateur espagnol, qui revient en France, où il n’a plus tourné depuis L’Âge d’or, en 1930, va trouver chez le scénariste français un véritable complice en invention, en imagination narrative et en dénonciation des mœurs bourgeoises. Cela commence en fanfare avec Le Journal d’une femme de chambre (1964), d’après Octave Mirbeau, cela se poursuit avec Belle de jour (1967), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972), Le Fantôme de la liberté (1974) et Cet obscur objet du désir (1977), la période la plus féconde, sans doute, de la filmographie du cinéaste espagnol.

 

Buñuel ouvre aussi à son ami les portes d’un nouveau monde, celui de la culture espagnole et latino-américaine. Carrière va s’y engouffrer avec la curiosité enthousiaste, le sens de la dramaturgie, l’exigence de réflexion critique et le goût raffiné des mots et des savoirs qui sont ses marques de fabrique. Cela donnera aussi bien le scénario de Viva María ! (1965), de Louis Malle, celui des Fantômes de Goya (2007), de Milos Forman, que la traduction du Clou brûlant, de José Bergamín, l’écriture pour le théâtre puis pour la télévision de La Controverse de Valladolid (1992), ou encore le magnifique Dictionnaire amoureux du Mexique (2009), dans lequel Carrière déclare son amour pour les contrastes violents de «cette terre de la douceur de vivre et de la mort si proche».

 

La découverte de l’Inde

 

Trop gourmand de savoirs et de sensations pour être l’homme d’une seule passion, Jean-Claude Carrière a publié aussi, en 2001, un autre dictionnaire amoureux consacré à l’Inde. C’est une femme, cette fois, qui lui a servi d’initiatrice: son épouse, Nahal Tajadod, écrivaine et poétesse iranienne. La découverte de l’Orient, de l’Inde et des civilisations asiatiques agit sur la pensée et sur l’imagination de Carrière comme un magnifique défi. Ses certitudes mentales basculent, son humanité s’élargit.

 

En 1982, il propose à Peter Brook une adaptation scénique du Mahabharata, l’immense poème épique de l’Inde ancienne. L’auteur et le metteur en scène font ensemble plusieurs voyages en Inde, d’où ils rapporteront un long (neuf heures!), étrange et envoûtant spectacle qui sera l’événement du Festival d’Avignon en 1989. Dès 1978, Carrière avait déjà proposé une version de La Conférence des oiseaux, le grand poème soufi du XIIe siècle. Plus tard, ce seront des traductions des poèmes d’amour de Rûmi, en collaboration avec Nahal Tajadod.

 

Cette révélation de l’Orient entraîne aussi Jean-Claude Carrière à faire retour sur lui-même et à préciser les contours de sa propre identité d’auteur. Pendant trente ans, la diversité de ses talents et son appétit de conteur l’ont fait courir de film en film, de scène en scène, de livre en livre. Il a écrit des chansons pour Delphine Seyrig, il a adapté Shakespeare pour Jean-Louis Barrault, Carmen pour Peter Brook. Ses propres pièces ont été jouées sur les plus grandes scènes, souvent avec succès.

 

Godard, Chéreau, Schlöndorff, Rappeneau…

 

Au cinéma, à la télévision, il a multiplié les scénarios, les adaptations et les dialogues: avec Louis Malle (Le Voleur, Milou en mai), Jacques Deray (Borsalino, Un homme est mort, Un papillon sur l’épaule), Jean-Luc Godard (Sauve qui peut [la vie]), Patrice Chéreau (La Chair de l’orchidée), Volker Schlöndorff (Le Tambour, Un amour de Swann), Daniel Vigne (Le Retour de Martin Guerre), Jean-Paul Rappeneau (Cyrano de Bergerac) ou Andrzej Wajda (Danton). Il a servi Flaubert et Choderlos de Laclos, Balzac et Zweig, Dostoïevski et Kadaré, Françoise Sagan et Gaston Leroux. Mais où se trouve-t-il, lui, dans cette multitude d’apparitions?

 

Jean-Claude Carrière commence à se livrer, prudemment d’abord, et sous le couvert de recueils et d’anthologies, d’histoires racontées par d’autres, de morceaux choisis. Son Dictionnaire de la bêtise et des erreurs de jugement, paru en 1965 et composé de deux mille cinq cents extraits de textes sélectionnés avec Guy Bechtel, se double en 1999 d’un Dictionnaire des révélations historiques et contemporaines, contenant des paradoxes sociaux et politiques, des errata de l’Histoire, des inventions osées, des doutes, des secrets, des prédictions sur le passé comme sur l’avenir, avec des élucubrations, des silences, du faux, de l’entre-deux et, ici et là, quelques balivernes. Les résultats d’une fascination très flaubertienne pour les infinies capacités de l’humanité à fabriquer des erreurs et à y patauger avec délectation.

 

Sagesse et fragilité

Peu à peu, Jean-Claude Carrière consent à se montrer, dans sa recherche d’une certaine sagesse. Cela passe par la publication de poèmes (Chemin faisant, 1982) et, dans les années 1990-2000, par des conversations avec des savants et des philosophes: Conversations sur l’invisible et Regards sur le visible, avec Jean Audouze et Michel Cassé, Entretiens sur la fin des temps, avec Umberto Eco, Jean Delumeau et Stephen Jay Gould; Entretiens sur la multitude du monde, avec Thibault Damour.

 

Sans la moindre parcelle de dogmatisme, persuadé que tout son savoir est ourlé d’ignorance, conscient de sa fragilité – Fragilité est d’ailleurs le titre qu’il donne à un essai publié en 2006 –, Jean-Claude Carrière se retire doucement des combats d’un monde dominé par la divinité de l’argent (L’Argent, sa vie, sa mort, 2014). À la recherche d’une nouvelle utopie qui ne soit pas une nouvelle illusion, un nouveau pieux mensonge, le vieux conteur se fait philosophe pour interroger une espérance universelle : La Paix (2016), dont les flots de réfugiés semblent montrer qu’elle se confond de plus en plus avec la guerre. La soif de comprendre de Jean-Claude Carrière était inépuisable.

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 08:00

 

Au risque de fâcher les écolos je ne suis pas très fan de Nicolas Hulot et de sa fondation, à force de trop vouloir prouver elle s’expose à recevoir une volée de bois vert à propos des chiffres qu’elle vient de publier (voir ci-dessous). Pour autant, les cris d’orfraies du couple Géraldine Woessner&Emma Ducros, me fait sourire, ces deux dames qualifient la fondation de lobby, oui  c’est un lobby, mais je me permets de leur rappeler qu’elles-mêmes sont les « haut-parleurs » d’un autre lobby : la FNSEA. Je connais bien la grande maison du 11 rue de la Baume et la rouerie de Christiane Lambert sa présidente, elle sait y faire dans son combat d’arrière-garde pour freiner l’utilisation des pesticides.

 

La mise en avant de l’indépendance alimentaire de notre vieux pays est un leurre classique, celle-ci est intervenue dès les années 60, nos excédents de blé et de produits laitiers ont permis, via les restitutions, de nourrir les citoyens de l’ex-Union Soviétique, l’élevage hors-sol s’est gavé de PSC américain et de soja brésilien, nous importons des blés de force pour faire notre pain et nos biscuits, nous nous berçons d’illusions sur nos capacités d’exportations face à la productivité débridée des nouveaux arrivants. Les pesticides chers à ces dames polluent nos nappes phréatiques et nos rivières, mais de cela elles n’en parlent pas.

 

Nos voisins allemands, souvent mis en avant par ces dames, anticipent :

 

Agence France-Presse

 

Le gouvernement allemand a présenté aujourd'hui un projet de loi limitant drastiquement l'usage des pesticides autour des cours d'eau et dans les zones naturelles protégées afin d'enrayer le déclin massif des insectes #AFP voir plus bas.

 

Revenons chez les gaulois et gauloises :

 

La bataille fait rage autour des chiffres Le Basic (Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne) a révélé dans son rapport pour la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’Homme (FNH) ce mardi 9 février un chiffre alarmant sur l’utilisation des pesticides dans l’agriculture française. Le recours à ses produits aurait augmenté de 25 % en dix ans (jusqu’en 2018). Peu de temps après la publication du rapport, deux journalistes ont clamé sur Twitter la « malhonnêteté » des calculs et du bilan qui en est fait par la fondation.

 

Ces 2 journalistes Emmanuelle Ducros et Géraldine Woessner, sont régulièrement présentes dans les débats qui agitent le monde agricole, notamment pour des prises de position qui remettent en cause des données ou des études scientifiques, ou qui tentent d’en faire une interprétation différente. Ce fut par exemple le cas pour la réintroduction des néonicotinoïdes mais également pour le débat autour du glyphosate.

 

 

Chiffres de la Fondation Nicolas Hulot sur les pesticides : « c’est totalement politique, cette affaire » ICI 

 

La fondation Nicolas Hulot a publié un rapport sur la hausse de l’utilisation des pesticides ces dernières années. Vrai ou faux ? Emmanuelle Ducros, journaliste à L’Opinion, spécialiste des questions agricoles et technologiques, était interviewée dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 11 février. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

 

 

Pesticides. Les chiffres du rapport de la Fondation Hulot très contestés ICI 

Le récent rapport qui considère la politique française de réduction des pesticides comme un « échec » suscite de vives réactions.

 

Les chiffres du rapport de la Fondation Nicolas Hulot « caricaturent une réalité bien plus complexe qui ne peut s’accommoder d’une série d’affirmations à charge », déplore la FNSEA. | BÉATRICE LE GRAND, OUEST-France

 

Dans son rapport publié à la demande de la Fondation Nicolas Hulot le 9 février, le cabinet d’études Basic estime que, chaque année, seulement 220 millions d’euros, soit 1 % des 23,2 milliards d’euros d’aides publiques (politiques fiscales comprises) dépensées à destination de l’agriculture, ont « un effet positif sur la réduction de l’utilisation des pesticides ».

 

Ce décryptage a suscité de nombreuses réactions. En cause : le cabinet d’études, s’appuyant sur un rapport France Stratégies (institution liée à Matignon), retient uniquement les soutiens à l’agriculture biologique et les Mesures agro-environnementales et climatiques (Maec) « rotation, limon profond, et grandes cultures en zones intermédiaires » ​comme aides aux effets « avérés »​.

 

Les soutiens publics liés à la conditionnalité de la Politique agricole commune (Pac) ou à la redevance pour pollution diffuse n’ont pas été retenus.

 

Le ministre conteste les chiffres

 

Dans ce même rapport, la Fondation Hulot a par ailleurs dénoncé le fait que l’agriculture française a connu « une augmentation de 25 % » de l’usage des pesticides de 2008 à 2018, à contre-courant de l’objectif fixé en 2008 par le Grenelle de l’environnement de réduire de moitié l’usage des pesticides en dix ans.

 

Le ministre de l’Agriculture a vivement contesté ces chiffres. « Arrêtons de faire croire que la transition n’est pas en cours ou que l’agriculture s’y opposerait ! C’est dégradant et c’est faux », a réagi sur Twitter Julien Denormandie, faisant état d’une baisse des volumes de ventes de pesticides de 36 % entre 2009 et 2019.

 

Pour rappel, en 2019, les ventes de pesticides ont été particulièrement faibles, après une année 2018 lors de laquelle elles ont explosé, les agriculteurs ayant eu tendance à stocker des produits phytopharmaceutiques afin d’anticiper la hausse d’une redevance pour pollution diffuse (RPD) appliquée aux pesticides.

 

Arrêtons de faire croire que la transition n’est pas en cours ou que l’agriculture s’y opposerait ! C’est dégradant et c’est faux.



 

Tout en dénonçant également des chiffres qui « caricaturent » la réalité, la FNSEA a prôné « de renforcer les accompagnements publics à la transition agro-écologique de tous les agriculteurs » ainsi qu’une « meilleure valorisation par les prix des bonnes pratiques ».

 

 

Bataille de chiffres pour discréditer le rapport sur les pesticides de la Fondation Nicolas Hulot ICI

10 février 2021

 

Les chiffres dévoilés par la FNH se sont pourtant pas nouveaux. Ils proviennent même d’un rapport d’évaluation gouvernemental du plan EcoPhyto. Par ailleurs, les chiffres 2017-2018 sur l’évolution de la consommation des pesticides de l’agriculture française rendus publics le 7 janvier faisaient déjà état d’une hausse de la consommation de 21 % de ces produits en 2018 par rapport à 2017.

 

Cette bataille des chiffres et ce « doute » qui s’est installé dans le débat public masquent malheureusement les conclusions et les enseignements principaux du rapport de la FNH. La Cour des comptes, début 2020, tirait déjà le même bilan : « Ainsi, l’objectif initial de diminution du recours aux produits phytopharmaceutiques de 50 % en dix ans, reporté en 2016 à l’échéance 2025 et confirmé en avril 2019, assorti d’un objectif intermédiaire de - 25 % en 2020, est loin d’être atteint. »

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 08:00

 

Le prince George prépare le traditionnel Christmas pudding sous les regards amusés du prince William, de la reine Elizabeth II et du prince George.

Dans mes dégoûts d’enfance, la soupe de citrouille occupait la première place, tout en elle m’asirait : sa couleur, son odeur, sa fadeur sucrée, il fallait que ma sainte mère se gendarme pour me faire avaler, cuillérée après cuillérée, cette décoction de cucurbitacées.

 

Je n’en toujours pas très friand, la citrouille étant très tendance, mais j’en mange.

 

 

 

Comble d’ironie à la Mothe-Achard, juste au-dessus du Bourg-Pailler : depuis 1995, au-dessus des Mares, Michel Rialland y a installé son « Potager Extraordinaire » ICI   Tout est parti de la gourde pèlerine qui n’est pas une fille de la Mothe mais une variété  de cucurbitacée bien connus de nos ancêtres Vendéens. Le Jardin des Plantes de Nantes lui avait offert,  « à la condition d’en faire quelque chose de bien » 320 variétés de de graines de cucurbitacées. Bref depuis les Mothais et les Mothaises, et bien sûr tous les amateurs n’en finissent plus de fêter la Citrouille à la Fête de la Citrouille et de concourir aux concours de cucurbitacées.

 

20 octobre 2012

À la Mothe-Achard lieu de naissance du Taulier les cucurbitophiles sont plus nombreux que les œnophiles ICI 

 

Le Courrier des recettes.

Le pudding à la citrouille : salé ou sucré, rien de plus roboratif ICI 

 

Publié le 23/01/2021 – OGONIOK - MOSCOU

 

 

Les Français méprisent ce plat indéfinissable d’origine britannique qu’on ne sait dans quelle catégorie ranger : recette festive ou en-cas du pauvre, comme chez Dickens ? Pour l’auteure de cette chronique gastronomique issue d’un magazine russe, ce plat qui s’adapte à tous les ingrédients est synonyme de spontanéité et de joie. C’est le troisième plat de notre rendez-vous hebdomadaire “Le Courrier des recettes”. 

 

Le mot “pudding” nous transporte immédiatement en Angleterre, en Écosse ou en Irlande, dans les livres pour enfants, l’univers de Dickens et de Walter Scott. Pourtant, les Anglais eux-mêmes ne sauraient expliquer exactement ce qui constitue ce plat. Dans certains livres, il s’agit d’un gâteau de Noël, une recette festive ; dans d’autres, c’est au contraire un plat ordinaire, bon marché, qu’on mange dans la rue et que les plus pauvres peuvent acheter au marché.

 

Dans le court roman de James Greenwood La Véritable Histoire d’un petit va-nu-pieds, qui a eu une seconde vie en Russie, je me rappelle surtout cette phrase du héros : “Ils sont bons les puddings Blinkins, riches en saindoux.” Enfant, j’interrompais toujours ma lecture à ce moment-là pour aller me préparer un impressionnant sandwich que je boulottais en pleurant sur le sort du petit va-nu-pieds affamé.

 

Il mange son morceau de pudding enveloppé dans une feuille de chou, directement dans la rue. On comprend qu’il s’agit donc d’un gâteau salé et non sucré. Même si depuis le mot “pudding” a presque exclusivement été associé à un dessert. Plus personne ne cuisine des puddings à base de saindoux ou de suif de bœuf. Ceux qui perdurent dans les menus traditionnels portent leurs propres noms.

 

Un moelleux incomparable pour une vie heureuse

 

On retrouve l’origine salée du pudding dans son étymologie. Il proviendrait du français “boudin”, saucisson de sang. De toute évidence, le pudding fut autrefois un boudin. Les red pudding, black pudding et white pudding britanniques sont d’ailleurs bien des charcuteries à base de sang et d’abats. Certains puddings contiennent du pain, de la farine, de l’amidon, de la chapelure et Dieu sait quoi encore.

 

Les Français seraient heureux de se débarrasser de cette filiation tant le pudding leur paraît être un amalgame ignoble qui défie les principes de la gastronomie française. Chez Charles Dickens, une jeune héroïne prépare pour la première fois de sa vie un pudding et s’étonne de la consistance de la préparation, entre bouillie et gâteau. Une préparation qui débouchera sur une vie heureuse.

 

La recette est pleine de cette spontanéité et de cette joie dont seul Dickens avait le secret. Si vous êtes curieux de découvrir un pudding traditionnel, relisez Les Grandes Espérances, vous y découvrirez une description aussi précise que dans un livre de cuisine. Ainsi que l’état d’esprit qu’il faut avoir pour préparer ce plat.

 

Mais aujourd’hui, je cuisine un pudding inventé de l’autre côté de l’Atlantique, à partir d’un produit né lui aussi en Amérique, la citrouille. C’est de saison, et j’essaie de ne pas passer à côté de ce que la nature nous offre. La citrouille est l’ingrédient idéal pour un pudding : comme lui, elle se situe quelque part entre le salé et le sucré. Elle donne aussi à ce gâteau un moelleux incomparable.

 

Les épices sont là pour rappeler les origines ancestrales de ce plat : elles entraient déjà dans sa composition au Moyen-Âge. Le pudding à la citrouille peut être servi en dessert, saupoudré de sucre glace comme une perruque sous Louis XIV. Mais il est aussi capable de se transformer en plat de résistance nourrissant. Pour cela, il suffit de remplacer le sucre glace par du parmesan râpé et passer le plat sous le grill en fin de cuisson.

 

 

Pudding à la citrouille

 

  • 1 kg de citrouille
  • 700 ml de lait
  • 3 œufs
  • 200 g de sucre semoule
  • 100 g de miel brun ou de mélasse
  • 60 g de beurre plus un petit morceau pour beurrer le moule
  • 3 c. s. de cidre
  • 500 g de farine
  • 2 c. c. de levure chimique
  • 1/4 de c. c. de gingembre moulu
  • 1/4 de c. c. de noix de muscade
  • 1/4 de c. c. de sel
  • Éventuellement 50 g de parmesan râpé pour la présentation

 

1. Découpez 500 g de citrouille en cubes de 2,5 cm de côté, ce qui fait environ trois verres pleins. Dans une casserole à fond épais, mélangez le lait et les cubes de citrouille. Portez à ébullition et prolongez la cuisson jusqu’à ce que la citrouille soit moelleuse. Elle cuit rapidement, environ dix minutes. Videz le lait et laissez la citrouille quelques minutes dans la passoire pour éliminer tout le liquide, puis réduisez-la en purée et réservez.

 

2. Débitez l’autre moitié de la citrouille en fines lamelles. Puis, dans une grande poêle (on va avoir besoin de place), faites chauffer un demi-verre d’eau et un demi-verre de sucre. À feu moyen sans cesser de remuer. Le sucre fond et commence à dorer. Ajoutez alors progressivement de l’eau. Ce qui représentera en tout un verre et demi. L’eau va bouillir à gros bouillons. Plongez les lamelles de citrouille dans le caramel de sorte qu’elles ne se chevauchent pas. Si elles ne rentrent pas toutes, il vaut mieux répéter l’opération. La citrouille va cuire dans le caramel ; si la poêle devient trop sèche, ajoutez un peu d’eau jusqu’à ce que les lamelles soient moelleuses et caramélisées sur une face. Retournez-les et continuez la cuisson. La cuisson se prolongera environ dix minutes. La citrouille doit être cuite mais en gardant sa tenue, sans se réduire en purée.

 

3. Beurrez une seconde poêle, versez le caramel et déposez les lamelles de citrouille en une seule couche. Laissez reposer et occupez-vous de la pâte. Le succès de la recette va dépendre de la qualité de votre poêle. Choisissez une poêle à fond épais, de préférence en fonte, suffisamment grande et profonde pour y faire tenir toute la préparation.

 

4. Battez au mixeur le beurre et le reste de sucre. Ajoutez la mélasse, le miel ou du sirop d’érable. Lorsque la préparation devient lisse et homogène, incorporez les œufs un à un. Enfin, ajoutez le cidre et la purée de citrouille.

 

5. Mélangez à part la farine, la levure chimique, le gingembre et la noix de muscade et incorporez le tout à la préparation. Versez la pâte dans la poêle sur les lamelles de citrouille en répartissant à l’aide d’une spatule pour qu’elle adhère aux parois et enfournez à 180 °C. Le pudding va cuire pas moins de quarante minutes, piquez-le à l’aide d’un cure-dent pour vérifier la cuisson. Une fois sorti du four, laissez refroidir puis retournez la poêle sur une assiette.

 

Le pudding est prêt, il est recouvert de lamelles caramélisées. Sucre ou fromage, à vous de choisir. Et n’oubliez pas : la bonne humeur est le principal ingrédient d’une vie heureuse.

 

Guélia Delerins ICI

 

 

 

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 08:00

 

Résultat de recherche d'images pour "terroir de Mendoza"

 

 

figure1

En Argentine, l’analyse chimique des vins issus de cépage malbec a montré que le terroir viticole peut être détecté dans différents millésimes.

 

Résultat de recherche d'images pour "mendoza malbec raisin"

Voilà qui réjouira les amateurs de vin sans pour autant les étonner : les vins issus de cépage malbec de différents vignobles argentins ont une signature chimique spécifique que des chercheurs ont pu détecter.

 

Leur analyse, dont les résultats sont présentés le 3 février dans Scientific Reports ICI , valide ainsi le concept de terroir, l’idée selon laquelle la géologie du lieu où poussent les ceps de vignes combinée au climat local et aux pratiques viticoles d’un exploitant donnent aux vins leur goût unique et associé à un endroit précis.

 

figure3

 

Les chercheurs ont utilisé la chromatographie – une méthode physico-chimique qui sert à séparer les différentes substances présentes dans un mélange – sur les vins obtenus à partir de raisins cultivés sur 23 parcelles différentes. Ils y ont cherché la présence de 27 composés différents qui interviennent dans la sensation en bouche et la couleur du liquide. La concentration de plusieurs d’entre eux a pu être reliée à certaines parcelles.

 

Déterminer la signature chimique d’autres cépages

 

Les auteurs de l’étude espèrent que leur travail constituera un point de départ pour mieux définir le terroir pour le malbec argentin mais aussi pour d’autres cépages et régions du monde.

 

« Il est terriblement difficile de déterminer les facteurs qui interviennent dans le terroir et leur importance relative, assure à l’hebdomadaire Alex Maltman, de l’université d’Aberystwyth (Royaume-Uni), qui n’a pas participé à l’étude. Même si je suis un peu étonné qu’ils soient arrivés à trouver ces corrélations malgré tous les caprices des vignobles naturels et de la vinification, ce travail me paraît très intéressant. »

 

De son côté, Charles Spence, de l’université d’Oxford, qui n’a pas non plus été impliqué dans ces travaux, estime qu’ « étant donné le succès très limité de l’analyse chimique pour prédire l’expérience des consommateurs en termes de saveurs, ce [travail] constitue une utilisation pertinente des données de l’analyse chimique », puisqu’il a l’avantage de permettre de relier un vin à un lieu. Il ajoute :

 

Croisons les doigts et espérons que cela mettra fin aux scandales des vins vendus sous de fausses appellations.”

 

figure5Cluster analysis with data from 23 Malbec parcels by using concentrations of PCs from three vintages (2016, 2017, and 2018). The figure was generated using Adobe Illustrator, version 22.1.0 (https://www.adobe.com/products/illustrator.html) and R-package factoextra and R-package factoextra—‘factoextra’.

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10 février 2021 3 10 /02 /février /2021 06:00

 

La Ve, particularité française dans l’UE, c’est un exécutif à deux têtes mais c’est Macron qui représente la France au sommet européen à côté de la chancelière Merkel et les autres chefs de gouvernement .

 

Avec Macron l’exécutif a toujours deux têtes mais celle du Président Jupiter transforme, plus encore, la seconde, Castex, en valet de pied.

 

Sous la Ve le 1er Ministre n’est que le premier des Ministres, alors que sous la IVe, avec un Président inaugurant les chrysanthèmes, c’était le président du Conseil.

 

Du Conseil des Ministres, et sous la Ve il y a toujours un Conseil des Ministres présidé par le Président de la République, le mercredi, salon Murat. Y assiste tout le temps les Ministres de plein exercice. En dépit des promesses électorales le nombre des Ministres va croissant afin de récompenser les fidèles.

Et pourtant, seuls les Ministres dit régaliens, Défense, Justice, Intérieur, Affaires Etrangères, Economie et Finances, et ceux plus politiques, Agriculture, Santé, Culture, Environnement… pèsent et existent, les autres  souvent « dirigent » des coquilles vides.

 

Il serait donc possible, sans risques de perturber la machine administrative, de réduire le nombre des Ministres à 15 maxi.

 

Un Ministre est à la fois, un politique en charge de la mise en œuvre de la politique du gouvernement et le patron d’une administration. Cette seconde fonction n’intéresse guère les politiques c’est le cambouis. Afin, de servir de courroie de transmission avec la haute-administration le Ministre dispose d’un cabinet qui chapeaute les grandes directions. Sous la Ve les politiques de premier plan sont d’anciens hauts-fonctionnaires, la consanguinité entre les patrons des administrations, les membres de cabinet, souvent poussés en avant par ces derniers, permettait, en dépit de cet empilement, une prise de décision et son exécution relativement fluide.

 

Les Ministres passent, la haute-administration reste !

 

La haute-administration est structurellement conservatrice, j’en sais quelque chose celle de l’Agriculture avec ses ingénieurs, ses vétérinaires, n’est pas un modèle d’imagination, elle a besoin d’être prise en main. Les hauts-fonctionnaires, bien commandés, obéissent, il y a peu de rebelles en leur sein.

 

Face à cet immobilisme, 2 éléments nouveaux sont apparus avec le coup de torchon de Macron et la gestion de la crise sanitaire :

 

  • Les nouveaux élus LREM, issus pour la plupart de nulle part, des bleus en politique, sauf quelques poids lourds : Le Maire, Le Drian, Philippe… lorsqu’ils ont été nommés Ministres, sans grande connaissance des us et coutumes de la haute-administration, ont vite été phagocytés par elle. Les techniciennes Buzyn et Pénicaud se sont plantées aussi.

 

  • L’irruption du Conseil de Défense sanitaire a accentué plus encore le côté chambre d’enregistrement du Conseil des Ministres. Celui-ci installé à l’Elysée dans le salon Murat (le lieu habituel du conseil des ministres), ce cénacle rassemble des responsables politiques, des hauts fonctionnaires, des spécialistes… Avec généralement une dizaine ou une vingtaine de participants. Bien moins que le conseil des ministres. En dehors des inamovibles – tels le premier ministre, le ministre des armées ou le ministre de l’intérieur –, d’autres membres du gouvernement peuvent y être conviés pour aborder un sujet précis.

 

Ce que je propose pour simplifier, rendre plus efficace notre machine administrative accusée dans la gestion de la crise sanitaire, à torts ou à raison, de lourdeur, de lenteur, d’absence d’anticipation : masques, tests, vaccins :

  • Que 15 Ministres forment le Conseil des Ministres, ils fonctionnent suivant le système antérieur sous la houlette du valet de pied en chef mais seront en prise directe avec Dieu.

 

  • Pour les autres Ministères, la nomination à leur tête d’un Secrétaire-Général du même type que celui qui, à Matignon, SGG, gère l’interministériel. Ces SG seront placé sous la tutelle du 1er Ministre, un peu moins valet de pied.

 

 

  • Ces SG seraient issus d’un vivier citoyen, ouvert à tous les citoyens, dont les membres volontaires auraient bénéficié d’une longue et lourde formation sur le fonctionnement de l’État, les règles de la haute-administration, ses rouages, ses subtilités, ses arbitrages… Lors de l’élection présidentielle, les membres de ce vivier déclareraient, sous le sceau d’un anonymat préservé, leurs préférences politiques.

 

  • Élu le nouveau Président de la République pratiquerait le spoil system en puisant dans ce vivier citoyen.

 

Notez bien que ma proposition est adaptée à une Constitution constante, je ne suis pas persuadé que la majorité des électeurs soit friands d’une VIe République et de l’instauration de la proportionnelle intégrale.

 

Quelques explications :

 

 

Le grand regret d'Emmanuel Macron 

 

Le président s'en veut. Il se mord les doigts de ne pas avoir pratiqué un vrai « spoil system » à l'américaine lorsqu'il est arrivé aux commandes en 2017. Le « spoil system », c'est le remplacement de toutes les directions d'administration, ou presque, pour bien s'assurer de leur loyauté vis-à-vis du nouveau pouvoir. Macron l'avait annoncé pendant la campagne, mais une fois à l'Elysée, il ne l'a pas fait, ou très partiellement. Aujourd'hui, il le regrette amèrement et le confie parfois, en privé.

 

Par exemple, lors de ce déjeuner au mois de juillet avec tous les présidents de groupe parlementaires de l'Assemblée nationale. A l'époque, le chef de l'Etat s'exaspère, entre autres, du bazar des tests. Il reconnaît, devant des patrons de groupe d'opposition interloqués, qu'il aurait mieux fait de ne pas épargner à l'administration cet électrochoc de début de mandat, le « spoil system ».

 

Sans doute cela aurait-il permis de secouer le cocotier et d'atténuer les réflexes procéduraux qui sont apparus de manière si criarde tout au long de la crise sanitaire. Emmanuel Macron a-t-il été freiné par le fait qu'il est lui-même issu de la haute administration (inspection des finances) ou bien, peut-être aussi parce que son Premier ministre de l'époque, Edouard Philippe, vient du Conseil d'Etat ? Quoi qu'il en soit, il est rare (mais cela arrive) qu'un responsable politique admette un regret.

 

Si Emmanuel Macron y consent c'est parce qu'il sait que l'impression d'inefficacité offre, sur un plateau, du carburant à Marine Le Pen. Il est persuadé que si les Français devaient nourrir le sentiment qu'il n'a pas su efficacement (adverbe-clé) les protéger, alors elle pourra l'emporter en 2022. On comprend, dans ces conditions, qu'il puisse s'en vouloir.

 

Avec Macron, une valse des hauts fonctionnaires modérée

 

Depuis son arrivée à l’Elysée, le président a changé  66 % des directeurs d’administration centrale, soit moins que ses prédécesseurs, selon les données recueillies par « Le Monde ».

Par Benoît Floc'h

Publié le 17 octobre 2019

 

On s’attendait à un grand coup de balai dans la haute administration. Cela fait deux ans que le président de la République Emmanuel Macron répète qu’il veut des directeurs totalement engagés dans la mise en œuvre de sa politique.

 

Pourtant, visiblement, il n’existe pas de spoils system « à la Macron », une pratique, notamment utilisée aux Etats-Unis, qui consiste pour un gouvernement à remplacer les fonctionnaires en place par des fidèles. Du moins si l’on s’en tient aux seuls chiffres. Selon les statistiques inédites recueillies par Le Monde, le chef de l’Etat a en effet changé moins de directeurs d’administration centrale (DAC) que ses prédécesseurs.

 

De mai 2017 à septembre 2019, 128 de ces hauts cadres de l’Etat ont été déplacés. Sur un total de 194, cela représente une proportion de 66 %. Deux tiers, ce n’est pas rien. Mais le mouvement avait été plus ample lors des deux quinquennats précédents. Sur la première moitié de son mandat (2007-2009), Nicolas Sarkozy avait procédé au remplacement de 80 % des DAC – soit 177 sur 221 ; le taux fut de 82 % (160 sur 196) pour François Hollande, entre 2012 et 2014.

 

« Il n’y a pas de renouvellement massif. Parler de spoils system “à la Macron’’, ou sous Macron, me paraît erroné », constate Jean-Marc Sauvé, ancien secrétaire général du gouvernement et ancien vice-président du Conseil d’Etat, tandis qu’un autre haut fonctionnaire suivant ces mouvements de près s’étonne, sous couvert d’anonymat, du profil des directeurs nommés : « Je constate que contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le recrutement de profils classiques, lisses, accommodants, est préféré aux profils disruptifs. »

 

Ne se préoccuper que du fond

 

Ce bilan à mi-mandat est donc étonnant. Début 2017, le candidat Macron avait prévenu : « Je changerai ou confirmerai l’intégralité des postes de direction dans la fonction publique » dès les premiers mois du mandat. Dans son esprit, les DAC doivent en effet « porter la politique du gouvernement ». Tant et si bien que certains s’inquiétaient même de l’édification d’un « Etat Macron », comme furent jadis brocardés « l’Etat-RPR » ou « l’Etat-PS ».

 

En juin de cette année, la porte-parole du gouvernement en remettait d’ailleurs une couche. Soulignant la nécessité que les DAC soient « à l’aise avec la feuille de route des ministres », Sibeth Ndiaye annonçait une nouvelle vague de nominations. « Il y a des endroits où cela ne se passe pas très bien », avait-elle justifié.

 

Des nominations ont eu lieu pendant l’été, mouvements habituels à cette période de l’année. Mais pas au point de mettre le chef de l’Etat à l’étiage de ses prédécesseurs. L’entourage du premier ministre Edouard Philippe rappelle néanmoins qu’« il y a très peu d’organisations qui changent leur top management à hauteur de deux tiers en deux ans ».

 

Pour le reste, Matignon défend une approche nouvelle, dépassionnée. A l’inverse des quinquennats précédents où l’alternance politique a influencé le changement des cadres, la nouvelle majorité gèrerait cette question en ne se préoccupant que du fond. « Nous avons beaucoup de ministres qui viennent de la société civile, poursuit-on. Ils ont à cœur de prendre le temps de travailler avec leurs directeurs avant, éventuellement, de les changer. »

 

Et « notre idée n’était pas de virer tout le monde ! Il a été demandé aux ministres de se poser ces questions : êtes-vous en confiance avec vos directeurs ? Ont-ils l’expertise et la compétence pour mener nos politiques ? Ont-ils toujours l’énergie nécessaire pour le poste ? » Ce qui n’empêche pas le pouvoir de débarquer sans ménagement les cadres considérés comme insuffisants. Plusieurs préfets en ont fait l’expérience.

 

Tension terrible

 

Il ne faut pas confondre « mise sous tension de l’appareil d’Etat », comme Emmanuel Macron l’a promis, et grand ménage. « A chaque conseil des ministres, confie-t-on encore chez Edouard Philippe, il est rappelé qu’il n’est pas seulement important de faire voter des lois, mais qu’il faut également aller voir jusqu’au dernier kilomètre si la réforme se déploie ou pas. »

 

« Il faut des résultats, et l’administration en est comptable », assure le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire. Et Emmanuel Macron veut que les Français voient les réformes dans leur quotidien. Les présidents qui se succèdent depuis le début du siècle ont connu la même urgence, car « ils ont la juste perception que le quinquennat est une machine à perdre l’élection présidentielle », note Jean-Michel Eymeri-Douzans, professeur de sciences politiques à Sciences Po Toulouse.

 

Entre l’installation et la campagne présidentielle de fin du mandat, le « temps utile » est court. Les présidents sont pris dans un vortex où l’impatience des citoyens, la frénésie des chaînes d’info et des réseaux sociaux, l’immanquable impopularité sondagière, les élections en cascade et, dans le même temps, la lenteur de mise en œuvre des réformes créent une tension terrible. « Le rythme politique est devenu hectique, estime M. Eymeri-Douzans. Le président de la République veut être le maître des horloges. Or, celles-ci échappent de plus en plus à sa maîtrise. Cela le pousse à exercer toujours davantage de pression sur son administration. »

 

A sa façon, Emmanuel Macron s’inscrit donc bien dans la tradition française : depuis 1981, en effet, la haute fonction publique est constamment renouvelée. Parfois massivement. En 1981, lorsqu’il accède à l’Elysée, François Mitterrand, premier président socialiste, trouve une administration marquée par vingt-trois années de gaullo-giscardisme. En un an et demi, il changera la moitié des préfets et des DAC.

 

Dilemme

 

Pour autant, malgré la coloration politique parfois évidente de ces mouvements, il est délicat de parler de spoils system. Pour M. Eymeri-Douzans, cela n’a rien à voir avec ce qui se pratique « aux Etats-Unis, ou plus encore en Europe centrale », où des milliers de fonctionnaires changent d’affectation après une alternance.

 

« Le président de la République, note le politologue, veut juste que ça marche, que ça aille vite. Il souhaite que les hauts fonctionnaires soient loyaux aux contenus, aux objectifs de sa politique, et non pas à sa personne. »

 

D’ailleurs, souligne Bruno Le Maire, avec le quinquennat, « je trouve que ce serait extrêmement risqué » de mettre en place un vrai spoils system« Aux Etats-Unis, quand vous avez un nouveau président élu, il a quasiment un an à attendre avant que les directeurs soient changés, que l’administration soit opérationnelle. » Efficacité à court terme ou loyauté à long terme ? Une autre façon de résumer le dilemme de chaque président en début de quinquennat...

 

Benoît Floc'h

 

Covid-19 : le Conseil de défense, où se décide la gestion de crise, est prisé par Emmanuel Macron et décrié par l’opposition

 

Depuis mars, le président a fait de cette vieille instance un lieu-clé dans la prise des décisions. Pour certains, elle illustre le manque de transparence du gouvernement.

Par Alexandre Lemarié et Olivier Faye

Publié le 11 novembre 2020 

 

C’est une vieille instance longtemps restée dans l’ombre qui a émergé de la crise sanitaire. Depuis mars, les arbitrages qui y sont pris rythment la vie des Français. En quelques mois, Emmanuel Macron a fait du Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) le lieu-clé dans les prises de décision les plus sensibles de l’exécutif, son principal outil de gestion de crise, lequel se réunit à un rythme quasi hebdomadaire.

 

Jeudi 12 novembre, une nouvelle réunion de ce type est prévue le matin, autour du chef de l’Etat, afin d’évaluer les options possibles pour freiner l’épidémie de Covid-19 – avant une conférence de presse du premier ministre, Jean Castex, l’après-midi. Un rituel. En l’espace d’un mois, ce sera le cinquième conseil de défense convoqué par le chef de l’Etat. A chaque fois pour décider d’annonces fortes, comme le couvre-feu ou le reconfinement.

 

Installé à l’Elysée dans le salon Murat (le lieu habituel du conseil des ministres), ce cénacle rassemble des responsables politiques, des hauts fonctionnaires, des spécialistes… Avec généralement une dizaine ou une vingtaine de participants. Bien moins que le conseil des ministres. En dehors des inamovibles – tels le premier ministre, le ministre des armées ou le ministre de l’intérieur –, d’autres membres du gouvernement peuvent y être conviés pour aborder un sujet précis.

 

Depuis le début de la crise du Covid-19, le ministre de la santé, Olivier Véran, et le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, y sont présents en permanence. « C’est une ambiance de réunion de travail, explique un participant. Les sujets sont pris les uns après les autres : tests, traçage, mesures de gestion. Le président ou les ministres peuvent poser des questions – parfois précises – aux ministres et aux responsables d’administration. » Avec une constante : à la fin, c’est toujours le chef de l’Etat qui tranche.

 

« On peut tout s’y dire. Et cela ne fuite pas »

 

Ce cadre restreint, à l’abri des regards, est prisé par M. Macron, qui en apprécie le caractère « très opérationnel », selon son entourage. Cela lui permet de prendre des décisions rapides, sans s’embarrasser de la lourdeur des discussions inhérentes au fonctionnement normal d’un gouvernement. « Le Conseil de défense, c’est une organisation efficace dans notre système présidentiel. Tu peux aller sur le fond du fond d’un sujet », défend une source gouvernementale.

 

Le chef de l’Etat en apprécie la confidentialité des échanges ; ses participants étant tenus au secret-défense. « Il y a besoin d’un endroit où l’on puisse tout mettre sur la table », justifie un ministre. « L’avantage, c’est que l’on peut tout s’y dire. Et cela ne fuite pas », complète un autre. D’autant qu’à la différence du conseil des ministres, il n’y a pas de compte rendu.

 

Sauf que le recours croissant à cet organe jugé opaque suscite des critiques au sein de l’opposition. A gauche comme à droite, on dénonce un supposé manque de transparence de l’exécutif. M. Macron « décide seul avec quelques conseillers », s’est indigné l’écologiste Yannick Jadot, en plaidant pour la création d’un « Conseil de sécurité sanitaire » élargi aux « forces vives du pays ».

 

D’autres, comme le sénateur Les Républicains (LR) Philippe Bas, accusent l’exécutif d’avoir détourné le Conseil de défense de son usage en l’utilisant pour trancher des questions de santé publique ou concernant la transition écologique, alors qu’il est à l’origine consacré à la stratégie militaire et à la sécurité. Faux procès, selon les macronistes. « La gestion de la crise implique des prises de décision qui concernent tous les enjeux de sécurité, notamment sanitaires », rétorque un conseiller du chef de l’Etat.

 

Le secret-défense, « cela n’empêche pas les poursuites »

 

Mais le plus virulent est sans nul doute Jean-Luc Mélenchon. Ces derniers jours, le chef de file de La France insoumise a multiplié les attaques, comparant le Conseil de défense à un « comité secret » autour de M. Macron, lequel permettrait à ce dernier de « se protéger judiciairement »« Pourquoi une invention pareille a-t-elle fini par se substituer à quasiment tous les organes constitutionnels de prise de décision ? », a-t-il demandé, en soulignant « le problème grave que soulève la direction du pays » par un organe « tenu au secret-défense »« Autrement dit, [cet organe] ne rend compte à personne et n’informe personne des décisions qu’il a prises », permettant à ceux qui le composent d’être « placés hors de tout recours ».

 

Des accusations sans fondement, aux yeux du constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier. « Le président de la République n’a pas à se servir du Conseil de défense pour se protéger de la justice puisqu’il bénéficie d’une immunité totale dans l’exercice de ses fonctions », corrige-t-il.

 

Quant au secret-défense, « cela n’empêche pas les poursuites, sa levée pouvant être demandée par un juge », rappelle ce professeur de droit public, en soulignant que le précédent premier ministre, Edouard Philippe, ou encore l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn sont aujourd’hui « tenus de rendre des comptes » quant aux décisions prises dans le cadre des conseils de défense tenus au moment de la première vague. « Le code de procédure pénale prévoit des dispositions sur la levée du secret-défense et le Conseil de défense n’en fait pas exception », souligne l’exécutif.

 

Pour les macronistes, présenter le Conseil de défense comme « antidémocratique » serait donc un non-sens. « Ce n’est pas une instance d’exception. Ses décisions impactant les libertés publiques doivent toujours être adoptées par le conseil des ministres, souligne le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal. Quand le président a tranché sur le couvre-feu, par exemple, c’est évidemment le conseil des ministres qui l’a acté par décret. »

 

Le conseil des ministres supplanté

 

Ces dernières années, alors qu’il était président de la République, François Hollande avait régulièrement recours à cette instance pour faire face à la menace terroriste – une habitude reprise par son successeur.

 

Lors du premier conseil de défense organisé après l’attentat contre Samuel Paty, le 18 octobre, chaque ministre présent était invité à venir avec des solutions opérationnelles à proposer. Ce conseil terminé, l’Elysée a ainsi pu annoncer des actes « concrets », comme des visites domiciliaires chez des membres de la mouvance islamiste. Depuis, deux autres conseils de défense ont été organisés sur ce même thème. Ou comment donner à voir à l’opinion l’image d’un pouvoir en pleine action, alors que la défiance grimpe quant à la capacité de M. Macron à répondre au défi terroriste.

 

Peu à peu, le Conseil de défense en vient à supplanter le conseil des ministres, lequel devient de plus en plus souvent une simple chambre d’enregistrement, avec un déroulé très codifié et protocolaire. Lors de sa réunion du 28 octobre, M. Macron n’a ainsi rien laissé filtrer de son choix d’annoncer le soir même aux Français le retour du confinement. Seul comptait à ses yeux le conseil de défense sanitaire organisé quelques heures plus tôt. « Le président sait la confidentialité d’une réunion à quarante personnes, ironise un ministre. Il y avait [la] nécessité de créer un effet de “blast”. »

 

Il est à noter que depuis mars et le début de la crise sanitaire, le fonctionnement normal des conseils des ministres n’a jamais été retrouvé, ces derniers se déroulant toujours en visioconférence pour ce qui est de certains participants. De quoi déclencher un trait d’humour de l’ancien ministre de la santé Xavier Bertrand, qui, lors de son audition du 22 septembre par la commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie, avait lancé : « Le haut Conseil de défense, c’est ce qui est en train de remplacer le conseil des ministres, en ce moment, c’est ça ? »

 

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 08:00

 

La fille coupée en deux de Claude Chabrol - (2007) - Drame, Drame  sentimental

Ce matin en attendant l’annonce du futur confinement resserré je joue avec les mots « La Fille coupée en deux » ICI est un film de Claude Chabrol avec Ludivine Sagnier, François Berléand, Benoît Magimel, que je n’ai pas du tout aimé.

 

 

Une affaire de fille

 

La fille coupée en deux s'inspire d'un fait divers retentissant : l'assassinat du célèbre architecte new-yorkais Stanford White en 1906. Cet homme à (jeunes) femmes a été tué, à l'âge de 52 ans, alors qu'il assistait à un spectacle. Son meurtrier est Harry Thaw, un playboy millionnaire, qui était l'époux de son ex-maîtresse, Evelyn Nesbit, une jolie mannequin et actrice de music-hall, alors
âgée de 22 ans.



Les jurés n'ayant pu se prononcer sur la culpabilité de Thaw au terme du premier procès, un deuxième procès a suivi, et cette fois les jurés ont déclaré le prévenu non-coupable, attribuant son geste à sa "démence".

 

Mon sujet je l’ai puisé en Suisse :

 

 

Il y a un siècle, un magicien sciait une femme en deux pour la première fois ICI

ILLUSIONS

A Londres en janvier 1921, l’illusionniste P.T. Selbit découpait son assistante en deux devant un public ébahi. Un tour devenu mythique, qui connaîtra de multiples revisites et transformera le monde de la magie

Samedi soir, 17 janvier 1921. Le Finsbury Park Empire Theatre, au nord de Londres, est le théâtre d’un spectacle glaçant: sous les yeux du public, la jeune Betty Barker se couche dans une boîte en bois… avant de se faire scier vivante.

 

L’auteur du méfait, nœud papillon et mèches gominées, se nomme P. T. Selbit – et n’est autre que le premier magicien à avoir «coupé une femme en deux», il y a exactement un siècle. Un anniversaire célébré en grande pompe le week-end dernier lors d’un live stream de quatre heures orchestré par le Magic Circle, organisation réunissant les plus grands magiciens internationaux. L’occasion de rendre hommage à ce tour qui, avant de rejoindre le lapin dans le chapeau au rang des grands classiques, a déchaîné les passions et transformé le monde de l’illusion.

 

Des airs de cercueil

 

Découper son assistante en plein milieu: l’idée apparaît à P. T. Selbit, Percy Thomas Tibbles de son vrai nom, en 1920. Connu pour son sens aigu du commerce et du spectacle, le magicien n’aurait toutefois pas inventé le concept de toutes pièces. Le tour figure en effet dans un livre publié soixante ans plus tôt par l’illusionniste français Jean-Eugène Robert-Houdin. Dans Confidences d’un prestidigitateur, il conte les mémoires d’un certain Torrini, saltimbanque italien qui aurait coupé un homme devant le shah d’Iran. «Les deux «moitiés» se seraient transformées en jumeaux avant de chanter un duo, raconte Jim Steinmeyer, illusionniste et auteur américain. Il s’avérera que ces souvenirs étaient fictifs, mais Robert-Houdin était une star, et tous les magiciens du début du XXe l’avaient lu.»

 

P. T. Selbit sera donc le premier à matérialiser ce fantasme furieusement dans l’air du temps: c’est aussi dans les années 1920 que s’implante à Londres le Grand Guignol, théâtre parisien connu pour ses pièces courtes et macabres mettant en scène des tortures et mutilations – un genre populaire de l’après-guerre.

 

La suite ICI

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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 06:00

 

J’ai des lecteurs historiques, fidèles au poste, au premier rang d’entre-eux Jean Pierre Glorieux qui le 3 février m’écrit :

 

Bonjour Jacques

 

En copie ce courriel envoyé à ma Conseillère Régionale (PCF) de Normandie.

 

François Morel a commis une belle chronique Vendredi dernier 29/01

 

Faut -il que débarque sur nos plages une équipe d’Elise Lucet pour qu'on y voie plus clair sur ce projet "à la con" ?

 

Cordialitudes   

         

 Jean pierre Glorieux

 

Nb : Le Pierre M. évoqué est maire d’une commune locale.

 

Lire plus bas

Hervé Morin est un cas, un beau cas comme le disait le vétérinaire du pépé Louis lorsqu’il intervenait sur des 

 

Ce monsieur, fut  maire d’Épaignes, 1598 habitants, dans l’Eure près de Pont-Audemer, juin 1995-juin 2016, Député, Président de la région Normandie réunifiée depuis 2016.

 

Jean Pinchon, président de l’INAO, ancien directeur de cabinet d’Edgard Faure à l’Agriculture, Épaignes, y résidait et me loua au temps de mon mandat de président de l’interprofession des AOC de la pomme, cidres, calvados, poiré… une petite chaumière normande à Selles.

 

 

Ce monsieur, alors inconnu au bataillon, fut administrateur de l’Assemblée Nationale (1987-1993 et 1998) (une catégorie que j’ai côtoyé lors de mon passage 1981-83 à l’hôtel de Lassay, l’une des mieux payée  de la République des fonctionnaires) ce qui ne l’empêcha pas d’être un grand pourfendeur de ces féniasses surpayées.

 

L’homme du Nouveau Centre, lieutenant de François Bayrou, il s'implique fortement dans la campagne électorale du candidat centriste pour la présidentielle en 2007. Pourtant, à l'issue du premier tour, il s'oppose à la stratégie de troisième voie du président de l'UDF et appelle à voter pour Nicolas Sarkozy, entrainant avec lui les trois quarts des députés centristes.

 

Le 18 mai 2007, il est nommé ministre de la Défense dans le gouvernement Fillon.

 

 

J’ai fait dire à l’un de mes personnages dans mon roman du dimanche :

 

« Comment notre président a-t-il pu confier le portefeuille de la Défense à un Hervé Morin ? Moi qui suis un héritier de la pensée du Général, pensez-donc j’ai défilé sur les Champs en 68 pour protester contre la chienlit et renvoyer la racaille gauchiste à ses débats fumeux, je ne comprends pas ce choix. Les centristes sont des couilles molles et ce Morin un j’en foutre ! »

 

Toujours dans ce monument littéraire de la part d’une jeune nana :

 

Comme le dit mon père : Morin est aussi con que ses bourrins ! »

 

Hervé Morin est propriétaire de pur-sang : HERVÉ MORIN : « CHACHNAK PROGRESSE… ET IL VA COURIR L’ARC ! » ICI  

 

Résultat de recherche d'images pour "herve morin et les chevaux"

 

Mais le sommet, le pic de Morin, est contestation possible, sa déclaration de Nice :

 

 

Morin a "vu débarquer les alliés" en 44

Par AFP

Publié le 23/01/2012

 

Le candidat centriste Hervé Morin, 50 ans, s'est emballé dimanche lors d'un déplacement à Nice en affirmant dans un discours avoir vu les alliés débarquer en Normandie... il y a 67 ans. « Vous qui, pour certains d'entre vous, avez les cheveux blancs, vous qui avez vu tout près d'ici le débarquement de Provence », a lancé Hervé Morin en s'adressant aux plus âgés de l'assistance, qui participaient aux vœux du député des Alpes-Maritimes Rudy Salles.

 

« Moi qui ai vu en Normandie le débarquement des alliés, nous avons vécu des épreuves drôlement plus difficiles que celles que nous avons à vivre aujourd'hui », a ajouté dans la foulée le président du Nouveau centre, crédité de 0 à 1% dans les sondages, dont le « dérapage historique » est épinglé par le site Voici.fr, qui note que "pour un homme né en 1961 assister au débarquement allié sur les plages normandes en 1944, c'est fort. Très fort."

Bonjour Madame,

 

Je suis un collègue (retraité) de Pierre Mouraret

 

Ce mail pour connaître votre position relativement à ces rumeurs d'une sorte "d’espace mémoriel d’animation" près des zones de débarquement de 1944.

 

En totale opacité  notre président de région est en contact avec des équipes anglo canado américaines pendant que le maire de Carentan et son conseil préemptent une ferme pour acquérir un espace d’une trentaine d’hectares de terres agricoles (herbages ).

 

Je m’adresse à vous afin que ces plans obscurs soient mis au débat en assemblée (existe -il une commission traitant de la question ?)

 

Dans une déclaration (Manche Libre ?) Hervé Morin déclarait que "ça ne coûterait pas un Kopeck à la région...!

 

Faut-il en conclure que les fonds ne sont pas transparents (Fonds de pension anglo saxons sortis de quelque paradis fiscal ??) ou prêts bancaires avec retour sur investissements.

 

Nombre de maires de communes de la Manche avouent en privé que cette entreprise mémorielle provoquerait des retombées favorables au tourisme et à l’économie locale

 

Certes !

 

Ma démarche est avant tout éthique (je n'ai pas "la fibre écolo") mais jouer à la guerre sur Utah Beach c'est à mes yeux plus grave que l'installation du Futuroscope ou Disneyland.

 

Existent maints lieux de mémoire dans la région, du meilleur au pire , faut-il y ajouter cet affront à la Mémoire des jeunes tombés  là en juin 44 ?

 

J'ai signé hier cet appel et rejoint le comité de défense (PJ)

 

En vous remerciant pour votre attention.

 

Cordialitudes               jean pierre Glorieux  ex éducateur ACSEA

 

Hervé Morin défend le projet D-Day Land

 

Le président de la Région défend le projet de parc-spectacle dédié au Débarquement de Normandie, qui devrait voir le jour en 2024 sur les terres normandes.

 

Trois questions à Hervé Morin, président de la Région Normandie.

 

Le projet du D-Day Land rencontre une première vague d’opposition, des habitants ou de certains maires normands. La comprenez-vous ?

 

Le D-day Land ne sera ni un parc d’attractions, ni un Puy du Fou, contrairement à ce que ses détracteurs l’accusent d’être. Il s’agit d’une évocation historique, portée par des grands acteurs du monde de la production et de la culture. Il repose sur un comité scientifique intégrant les plus grands historiens, qui feront en sorte que cette évocation ne puisse pas faire l’objet d’errements.

 

Certains acteurs politiques et habitants considèrent que ce projet ne respecte pas la mémoire des soldats sacrifiés lors du Débarquement.

 

Je rappelle que j’ai été ministre de la Défense. Est-ce que je porterais un projet qui ne respecte pas la mémoire de soldats ? Non, j’ai suffisamment présidé de cérémonies militaires pour savoir ce que représente le don du sang.

 

Le D-Day Land est porté par des acteurs privés qui respectent la mémoire de nos soldats, mais qui souhaitent donner un nouvel élan au partage de cette période historique.

 

Oui, c’est un projet de développement touristique. Mais toutes les infrastructures déjà en place autour des plages du Débarquement vivent aussi du tourisme de mémoire : du Mémorial, jusqu’aux structures privées. Je pense qu’il y a aussi derrière ces attaques un procès d’intention qui est politique, à huit mois des élections régionales.

 

Quel est l’intérêt d’un nouveau projet touristique autour du Débarquement ?

 

Nous avons besoin de faire évoluer ce tourisme de mémoire. Le Mémorial fait de plus en plus de place à l’audiovisuel, à la présentation de films par exemple. On ne peut pas s’adresser aux nouvelles générations comme on s’adressait aux anciennes : ce projet veut que l’émotion créée permette aux plus jeunes de faire eux aussi cet exercice de mémoire.

 

LE BILLET DE FRANÇOIS MOREL

 

On le croyait annulé. En, fait, dans la torpeur covidesque, il avance en silence. Je parle du fameux projet appelé le D-Day Land !

 

Vous aimiez la Normandie pour son Pont-L’Evêque et son Camembert, son Livarot et son Neufchâtel, son bocage verdoyant, son calvados gouleyant, ses plages, ses pommiers, ses vaches, sa crème et son beurre frais,  vous l’aimerez désormais pour le D-Day Land ! Le 6 juin 1944 comme vous ne l’avez jamais imaginé ! Un parc d’attraction mémoriel pour reconstituer le jour le plus long! 30 hectares pour jouer à la guerre, se prendre pour un GI et faire son propre débarquement sur les plages de Normandie.

 

Se recueillir sur les tombes des américains tués pour avoir combattu le nazisme, marcher sur les plages et profiter du ressac pour laisser son esprit vagabonder en invoquant ses hommes si jeunes, si courageux qui, un matin de printemps 1944, avaient risqué, parfois perdu la vie, pour que d’autres puissent être libres, c’est très gentil mais ça ne rapporte rien ! C’est quand même dommage, tout ce sang versé pour si peu de dividendes ! Pas un euro, pas un dollar, pas un kopeck, rien !

 

 

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées derrière la tête.

 

Ce qu’il faut, coco, c’est retenir le touriste avec un grand machin qui va l’occuper, qui va le distraire. Un truc marrant, sexy, un projet pharaonique  pour raconter les 156 000 hommes engagés dans l’Opération Neptune, les 10 600 tués, les 11 912 tonnes de bombes, les 11 500 avions déployés, les 6 939 navires !

 

Une guerre en virtuelle, une immersion totale, un voyage totalement dépaysant ! Plongeon dans l’univers merveilleux de l’armée américaine, fontaines et spectacles aquatiques, reconstitutions en 3D, parcours d’obstacles inspirés par les stages commandos avec tirs factices qui amuseront petits et grands !

 

Des attractions formidables ! Opération Tonga, accroché à un parachute puis à un planeur au dessus de la mer et des paysages magnifiques de la campagne caennaise telle qu’elle était en 1944, reconstituée par images de synthèses, avec un passage ultra-comique où l’on aura l’impression de rester coincé sur l’église de Sainte-Mère-Eglise, voyages en jeeps, en sous-marins, bombardements aériens, vous aurez l’impression vous tout seul  d’exploser la défense allemande.

 

Et puis repartir du D-Day Land, le cœur léger après avoir acheté à la boutique du D-Day Land les produits du terroir revisités, coca-cola au cidre et chewing-gum au Livarot !

 

Fini la culture, vive l’animation.

 

A l’heure où les pouvoirs publics favorisent le Puy du Fou au détriment du Festival d’Avignon, une mine de travail pour les intermittents du spectacle qui pourront se reconvertir en figurants et crapahuter sur de fausses plages en silicone reconstituant Omaha Beach.

 

Que ça donne des idées à d’autres territoires qui pourraient se servir de leur patrimoine historique afin de valoriser leurs régions. Bientôt un Oradour land pour les amateurs d’émotions fortes, intenses, extrêmes ! Et un Verdunland avec ses reconstitutions de tranchées, de tirs d’obus et de quiches lorraines ! La honte doit être interrégionale !

 

En France, on n’a pas de pétrole mais des idées à la con, ça on n’en manque pas !

D-Day Land, un projet qui ne dit pas son nom

 

En janvier 2020, à l’occasion de la présentation de ses vœux, le président de la Région  Normandie, Hervé Morin, évoquait la possible création d’un parc mémoriel, d’abord connu sous  le nom de « D- Day land » après l’emploi de cette expression par le président du Comité du  Débarquement, Monsieur Lefranc.

 

Si l’année qui s’est écoulée depuis a été riche de très nombreuses communications sur le projet, elle n’a  aucunement permis que soient apportées des réponses sérieuses aux nombreuses critiques. Reprenons : « D-Day land », « Épopée », « Hommage aux héros » : trois manières aussi contestables de  nommer ce projet, l’une marquée par une référence fort déplacée à Disneyland, les autres par  l’évocation racoleuse d’un héroïsme collectif. « Ce n’est pas un projet sur la guerre », disent ses  promoteurs, mais l’héroïsme est évidemment plus « vendeur » que l’hommage aux victimes et plus  propice à la mise en spectacle.

 

« Spectacle », « cinéscénie », « évocation historique », « événement pérenne », « effet waouh », «  documentaire vivant », « théâtre sur rails », « des comédiens, des figurants »… la manière dont est  décrit ce projet reste aujourd’hui confuse, et plus encore, contradictoire. Jugeons-en  simplement en rapprochant les propos du scénariste Serge Denoncourt, qui nous dit le 17 septembre :

 

« En 45 minutes de spectacle, on va apprendre plein de choses… », et ceux de Régis Lefebvre, directeur  de la communication de la société EuropaCorp, le 18 octobre : « Certains disent que notre projet est  un spectacle .... Cela nous choque. » Soit l’équipe porteuse du fameux projet ne sait pas encore ce  qu’elle veut faire, soit, et plus probablement, elle le sait clairement et cherche à jouer avec les mots  pour cacher une intention fondamentalement mercantile dont fait d’ailleurs état le président du  Comité du Débarquement quand il annonce qu’ « une rue principale est également prévue, avec la  mise en valeur des produits régionaux. »

 

De grosses sommes sont en effet en jeu, mais là aussi, le brouillard est tenace : entre 50 et 200 millions  d’Euros ! Comment prendre au sérieux et avoir confiance en un projet chiffré avec une telle  imprécision ? Et surtout, d’où vient le financement, sachant que la Région assure qu’elle ne mettra  pas au pot ? De fonds américains ? De banques françaises qui, en soutenant un projet de ce type,  contribueraient à financer la destruction de terres ? Pour l’heure, et en dépit de la transparence  annoncée, le financement est absolument opaque. Mais si les choses devaient néanmoins se faire, que se passerait-il dans quelque temps si, l’affaire battant de l’aile, la Région Normandie était appelée à la  rescousse ? L’argent public ne serait-il pas alors mis à contribution ?

 

Au registre des approximations, il faut aussi inscrire l’évaluation des superficies, qui évolue au fil  du temps, passant d’une vingtaine d’hectares à 40 ! Quoi qu’il en soit, ce sont autant de  surfaces soustraites à l’agriculture, artificialisées au mépris des préoccupations  environnementales, sans souci des nuisances engendrées par des flux estimés à 600 000 visiteurs  sur les 6 mois d’ouverture annuelle, et à rebours de récentes décisions – conformes aux principes  de la transition écologique ! - qui ont conduit à renoncer à la construction de nouveaux centres  commerciaux et parcs de loisirs.

 

Une autre zone de flou, majeure, concerne l’emploi. Sur ce sujet, contrairement aux surfaces  requises par le projet, les chiffres fondent comme neige au soleil : après l’effet d’annonce, il y a  quelques mois, de 1000 créations de postes, il est désormais question de 100 à 200 emplois. Et comme  le reconnaît un des concepteurs, « donner un chiffre aujourd’hui n’est pas sérieux », d’autant moins  que la plupart de ces emplois seront nécessairement saisonniers, le parc n’étant appelé à fonctionner  que 6 mois par an.

 

Quant à la prétendue dimension éducative, elle est triplement suspecte. Le principe d’un  spectacle et de son « effet waouh », jouant de surcroît fortement sur l’émotion, est intolérable eu égard  aux drames qui se sont déroulés pendant le Débarquement et la bataille de Normandie. L’argument  selon lequel seules les technologies de pointe permettraient de retenir l’attention des nouvelles  générations est aussi révélateur d’un certain mépris de la jeunesse chez qui la visite des musées et des  sites liés au Débarquement ne susciterait ni réflexions ni sentiments. Enfin, l’ambition de faire tenir  toute cette période de l’histoire en 45 minutes est un non–sens pédagogique. En fait, plutôt que la  transmission aux jeunes générations, il semble bien que tout ce projet vise surtout les tour operators,  supposés être en mesure de fournir, par bus entiers, les centaines de visiteurs qui rempliront la tribune  mobile 6 à 10 fois par jour.

 

Si le tourisme mémoriel est d’abord du tourisme, avec tout ce que cela implique sur le plan  commercial et économique, il touche aussi au sacré. Un spectacle qui ne dit pas son nom, mais  qui se sert de la mort de 140 000 soldats et civils pour produire du cash, déshonorerait ses  promoteurs et la Normandie toute entière et traduirait un complet manque de respect pour les  victimes et leurs familles.

 

Il est encore temps d’y renoncer !

 

Contact : comit50480@orange.fr

 

La liste des premiers signataires de cette lettre ouverte comprend les représentants  des comités d’opposition de Bayeux, Carentan, Courseulles-sur-Mer, Sainte-Marie-du Mont et Ver-sur-Mer, des représentants d'associations mémorielles françaises et  étrangères, d’associations d’action citoyenne et de protection de l’environnement, des  élus, des universitaires parmi lesquels de nombreux historiens, et des représentants  de la société civile.

 

Dominique ACHILLE (écrivain public), Bernard ALLAYS, Stéphanie ASTIER (élue municipale de la minorité Bayeux demain ; enseignante), Isabelle ATTARD (directrice de musée, ex-députée du  Calvados), Jacques AUVRAY (retraité), Monique AUVRAY (retraitée), Jean-Pierre  AZEMA(historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale), Jean-Loïc BAGOT (fils aîné  d’André Bagot, officier du Commando Kieffer), Olivier BAGOT (fils d’André Bagot, officier du  Commando Kieffer), Ella BALAERT, Annie BAMAS (retraitée), Grégory BAUDOUIN (président  fondateur du Cercle Jean Moulin), Laurent BEAUVAIS (ancien Président de la Région Basse Normandie), Xavier BEAUVOIS (cinéaste), Thor BERBEN (animateur), Lisa BERTOT (actrice),  Anne-Marie BOUGLÉ (psychologue), Gilles BOULAN (écrivain de théâtre), Mélanie  BOULANGER (maire de Canteleu), Ali BOURIDANE (artisan), Faroud BOURIDANE  (retraitée), Jean-Pierre BOURRY(retraité, membre de l'association du musée America-Gold Beach),  Veronika BOUTINOVA (autrice et enseignante), Jacques BRALEY (rescapé du bombardement de  Saint-Lô), Xavier BRAUD, Lisa BROUTTÉ (candidate aux élections régionales en Normandie),  Michel CAEN, Mireille CANAL (orthophoniste), Belinda CANNONE (universitaire, romancière),  Angie CAPETTA (artisan), Claude CARREY (écrivain), François CHAGNAUD (retraité de la  fonction publique), Françoise CHAPRON (maitresse de conférence en sciences de l’éducation), Grégory CINGAL (historien, auteur), Dominique CLERBOUT (coordinatrice pédagogique), Lorie  COFFEY (Project 71 ; UK), Alain COHEN ADAD (comité d’opposition de Bayeux), Sonia  COMBE (historienne), Sophie CREZE (enseignante), Emmanuel DALL'AGLIO, Guillaume  DAUXAIS, Serge DAVID (libraire), Véro DAHURON (comédienne), Jacques DECLOSMENIL  (militant associatif, politique et syndical), René DEHÉE (comité d’opposition de Courseulles-sur mer), Jean-Marc DELAGNEAU (universitaire, promoteur de partenariats européens), Eric  DELAMOTTE (professeur des universités), Guy DELAMOTTE (metteur en scène), Régine  DELAMOTTE (professeur émérite des universités), Christian DEROSIER (médecin, comité  montois d’opposition), Daniel DEVAUX, Michel DIGEON (éleveur), Ariane DOUBLET (réalisatrice), Louis DUHAUTBOIS (fils de résistant), Fred DUVAL (scénariste), Pierre EFRATAS  (romancier et conteur), Bernard FELLAH (retraité), Jacques FRANÇOIS (universitaire retraité),  Sylvaine FRANCOISE, Agnès FURON (élue municipale à Bayeux et au conseil communautaire de  Bayeux Intercom), Leila GALI (cadre supérieur de santé), Christine de GEMEAUX (professeur  émérite des universités), Olivier GOSSE (auteur & metteur en scène), Nathalie GOULET (sénatrice  de l’Orne ; candidate aux élections régionales en Normandie), Anneke GROOT (guide et  enseignante ; D), Utta GROOT (retraitée, survivante de WWII / NL), Nicolas GROOT (General  Manager of Iberiana Frucht S.A; E), Catherine GUITTON (Attac 14), Françoise HAMEL  (écrivaine), Madeleine HARDY (ancienne responsable du Centre Charles de Gaulle à Bayeux), Bill  HARVEY (fils de Gunner William Harvey du N° 4 Army Commando ; UK), Jean-Marc HELM  (retraité secteur tertiaire), Isabelle HEUDELINE (imprimeur) , Xavier HOUSSIN (écrivain, journaliste), Claudine JOLY (membre association de protection de l'environnement), Michel JOUEN  (enseignant retraité), Nicolas KLOTZ (réalisateur) , Basile KOUROTCHKINE(ancien  combattant), Maxi KRAUSE (universitaire retraitée, comité d’opposition de Ver-sur-Mer, et  présidente de l’association Protection Nature et Patrimoine), Hughes LABRUSSE (enseignant,  écrivain), Claude LAFRAGETTE (médecin), Alain LAMBERT (enseignant retraité, écrivain,  chroniqueur musical), Laurent LAMOUREUX (artiste peintre), Philippe LANE (professeur émérite  des universités), Christian LANGEOIS (auteur), Lydia LEDANOIS (auto-entrepreneur), Bertrand  LEGENDRE (professeur des universités), Marie-Françoise et Peter LEHMEIER (couple franco allemand), Jean-Luc LELEU (historien), Marc LE ROCHAIS (vice-président de Bayeux-Bessin  Demain), Irina LEROUGE (guide), Ide LEROY (enseignante retraitée), Gérard LESEUL (député  de la Seine-Maritime), Jean-Marc LESUEUR (secrétaire de US Memory Grand Ouest ; membre de 

la 49th Division britannique), Marie-Thérèse LETABLIER (sociologue, directrice de recherche au  CNRS), Rudy L'ORPHELIN (conseiller municipal de Caen), Eric LOUVIOT (directeur de théâtre,  metteur en scène et comédien), Ludovic MAULNY (conseiller municipal de Ver-sur-mer), Nicolas  MAYER-ROSSIGNOL (maire de Rouen, président de la Métropole Rouen Normandie), Valérie  MILLOT (fonctionnaire, comité d’opposition de Carentan), Jean-Yves MOLLIER (historien),  George de MONTLAUR (fils du Commando Kieffer Guy de Montlaur), Douglas MOODIE (fils  de vétéran, 9th para battalion/UK), François MOREL (comédien et auteur), David  MYLCHREEST(vétéran de la 43e Wessex Division ; UK), Henri NALLET (ancien Garde des  Sceaux, Président de la Fondation Jean Jaurès), Michel NIQUEUX (professeur émérite), Esther  PAREDES (étudiante ; E), Bernard PEIGNOUX (directeur de banque retraité), Jacqueline  PEIGNOUX (chercheur au CNRS retraitée), Catherine PELTIER (Alternatiba Caen), Elisabeth  PERCEVAL (actrice et scénariste), Gilles PERRAULT (journaliste et écrivain), Véronique  PIANTINO (dramaturge), Dario PIZZUTO (élu « Bayeux demain » au conseil municipal de  Bayeux et au conseil de Bayeux Intercom), Véronique PLANTAGENEST (sage-femme), Martine  POULAIN (conservatrice générale des bibliothèques honoraire), Sophie POULAIN (enseignante),  Noé ROLAND (enseignant et écrivain), Jean-Louis ROUSSEL (maire de Hautot-sur-Seine,  historien), Laetitia SANCHEZ (conseillère régionale écologiste de Normandie), Dominique-Marie  SARGOS GODFARD (écrivain), André SAVARY (bibliothécaire), Hélène SAVARY (travailleuse  sociale), Isabelle SAVARY (opticienne), Alain SCHNAPP (professeur émérite d'archéologie ;  université Paris-I Panthéon-Sorbonne), Angélique SEMRIN (guide conférencière), Jacqueline  SÉNÉCHAL (commerçante), Loïc SERON (photographe), Philippe SIMON (journaliste et auteur),  Jacques TANGUY (historien et guide- conférencier), Céline TANNE (commerçante), Philippe  TANNE (commerçant), Philippe TORRETON (comédien et auteur), Frédric TOUTAIN (adjoint  au maire de Nonant), Gérôme TRUC (sociologue, chargé de recherche au CNRS), Loïc  VADELORGE (professeur d’histoire contemporaine), Clotilde VALTER (ancienne Ministre et  députée du Calvados, Vice-présidente de l'Agglomération de Lisieux), Eric Van GOETHEM (pour  The British 49th West-Riding Infantry Division Association ‘The Polar Bears’), Nathalie  VILLERMET (militante associative, Chevalier de l'Ordre national du Mérite), Olivier  WIEVIORKA (historien, professeur des universités), Alex WILSON (guide conférencier)

 

Des habitants de Ver-sur-Mer rassemblés en collectif dénoncent le projet "D-Day Land" qui pourrait voir le jour en 2024 en Normandie

"D-Day Land" : des Normands se mobilisent contre le projet d'un nouveau site de mémoire autour du Débarquement ICI
« D-Day Land » : le mystérieux projet d’Hervé Morin qui agite la Normandie ICI

Annoncé en début janvier par le président de région Hervé Morin, le projet de parc d’attractions consacré au Débarquement avance en toute discrétion. Un flou qui génère des critiques.

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 08:00

 

Au temps où Pierre Jancou tortorait chez les parigots, au bar d’Heimat, nous lichions des lampées de vin nu en échangeant sur tout et rien, et c’est ainsi que Pierre me conseilla de lire Chaud brûlant de Bill Buford.

 

Ce que je fis.

 

18 avril 2015

L’érotique ragù « Mi da libidine » de Gianni Valdirisi vu par Bill Buford et Pierre Jancou ICI  

 

Pierre Jancou est sans concession « Le ragù mérite une thèse. La thèse d’une vie. Les gestes, la patience… Il faut sentir, comprendre ce plat « patrimoine », avant même oser en parler ! »

 

Dans son livre « Le coup de feu » Bill Buford raconte que lorsque Gianni Valdirisi s’était marié avec Betta « il avait été horrifié de s’apercevoir que, dans la précipitation, il avait omis de goûter à son ragù. Celui-ci qu’elle avait appris auprès de sa tante, avait été transmis par des générations de femmes de sa famille et serait forcément différent du ragù que Gianni avait mangé à la table de ses parents, à savoir celui de sa propre mère, dont la saveur profonde et complexe le touchait tout au fond de l’âme. »

 

« Un ragù, affirmait-il, était une chose très personnelle. Aussi imaginez son bonheur quand, goûtant pour la première fois au ragù de Betta, il s’aperçut que, en effet, il était différent de celui de sa mère… et meilleur. »

 

Et le ragù, prévient Pierre Jancou « n’a rien à voir avec cette sauce pseudo-bolognaise à la française qui, ironie du sort n’existe pas là-bas. » C’est ce que retient une pâte de la catégorie « sorties » comme les orecchiette : « une minuscule larme de sauce dans leur pavillon » note Buford.

 

Photograph: Ashley Gilbertson/New York Times/Redux/eyevine

 

Romans non-traduits, nanars introuvables, bizarreries oubliées… François Forestier dégaine ses livres du second rayon. Cette semaine, toqué de toques.

 

 

Bill Buford, l’Américain qui voulait apprendre la gastronomie française en accéléré ICI

 

Bill Buford est incontestablement un Américain louftingue, probablement crazy, définitivement astap. Dans les années 1980, il pilotait avec talent une revue littéraire géniale, « Granta », et, brusquement, il a décidé de prendre la plume, persuadé que l’écriture (dans la tradition yankee) exigeait de se colleter au monde, donc de voyager, de se bagarrer, de plonger dans le baquet, d’affronter les dacoïts du Middlesex et les ragazzi de la banlieue italienne. Dans son nouveau livre « Dirt », il explique avec entrain son ambition : avoir un tablier de cuisine avec son nom brodé sur la poitrine. En conséquence, à 66 ans, il décide de venir en France, pour apprendre en quelques mois (c’est bien américain, ça, faire speedy) les subtilités de la French Gastronomy. Le sous-titre du livre précise : « Adventures in Lyon as a Chef in Training, Father, and Sleuth Looking for the Secret of French Cooking ». Il va en baver, oui, le new Chef, mais c’est ça qui fait de la littérature (pour lui). Sans sueur, pas de livre.

 

Buford commence par lire le manuel classique d’Ali Bab (1907), apprend à dire « Merde ! » (il ne parle pas français, ce qui complique légèrement les choses quand on lui demande de fraiser la pâte à la main, avant de faire rissoler la crépine), cherche à rencontrer Veyrat, pense que la Bourgogne se situe dans le Nord de la France, vénère Paul Bocuse et demande un visa de travail à l’administration française. Un fonctionnaire l’interviewe en français, et prend les empreintes digitales de ses enfants (tout petits). Buford arrive à Lyon, cherche un appartement, mange de l’andouillette (« qui vous donne l’impression d’habiter dans l’estomac d’une bête »), lit Brillat-Savarin (1825), rencontre Daniel Boulud, passe chez la Mère Brazier, cite Michel Viannay, et comprend (assez vite, pour un Américain) qu’on ne devient pas chef en regardant les émissions culinaires à la télé.

 

La suite ICI 

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 08:00

 

Les agros, les purs, la crème de la crème, les futurs hauts-fonctionnaires du 78 rue de Varenne, pas tous, les futurs IGREF, sortaient non de la cuisse de Jupiter mais de l’INAPG Institut National Agronomique Paris-Grignon.

 

Je les ai côtoyé, j’ose : commandé, j’ai même eu l’outrecuidance de dresser avec le vice-président du corps, le président étant le Ministre qui s’en tamponnait le coquillard, leur tableau d’avancement, atteindre le Graal du grade d’Ingénieur Général.

 

Depuis, les appellations ont changées :

 

  • L’INAPG  a disparu se fondant dans AgroParisTech en fédérant sous sa belle ombrelle : l’institut national agronomique Paris-Grignon, l’école nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF) et l’Ecole nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (ENSIA)

 

  • Le corps des IGREF est devenu celui des IPEF : Ponts, des Eaux et des Forêts, créé en 2009, est issu de la fusion de deux corps d’ingénieurs, celui des ponts et chaussées et celui du génie rural, des eaux et des forêts. Sans être mauvaise langue nos IGREF atteignaient ainsi un nouveau Graal : le sommet des échelles lettres.

 

Dernier acte du drame, celui du décès de l’Agro coupé en deux, les locaux du 16 rue Claude Bernard, le château et le domaine de Thiverval-Grignon vont être vendus.

 

Avant de proposer à votre lecture un article bien documenté, deux anecdotes :

 

  • Lors de l’examen du budget de fonctionnement du Ministre, en épluchant celui de la Direction de l’enseignement et de la recherche je m’étonnai de l’importance des frais de déplacement de celle-ci. Le directeur n’y alla par quatre chemins, il m’expliqua que les professeurs parisiens de l’INAPG bénéficiaient de frais de déplacement lorsqu’ils allaient enseigner à Grignon. France paradis de la bureaucratie, de la paperasserie, des ordres de mission, signés, tamponnés, les dépenses ordonnancées, visées par le contrôleur financier et bien sûr payées…

 

  • Lorsque je fus nommé professeur-associé de l’Université de Nantes pour 3 ans, en accord avec les autorités compétentes il fut convenu que devraient des heures à mon Ministère de rattachement en dispensant des cours à l’INAPG et à l’ENSA de Nantes. Ce que je fis, mais je ne le fis qu’une fois dans chacun de ses établissements. Bien sûr je m’étonnai auprès du Directeur de l’enseignement et de la recherche de l’absence de propositions, celui-ci, un grand courageux, me répondit en se tortillant « Tu comprends, tes interventions ne sont pas du goût du corps professoral… » Traduction, comment un pauvre docteur en droit, même s’il fut directeur du cabinet du Ministre, peut-il avoir la prétention d’aller transmettre son expérience de la prise de décision dans les instances communautaires, à la future crème de la crème des ingénieurs. Heureuse France des corporatismes, celle des enseignants est assez haut placée sur l’échelle de Richter du ne viens pas picorer dans mon écuelle.

 

 

 Thiverval-Grignon, le 20 janvier. Le domaine de 310 ha sur lequel se trouve le château est en vente.

Thiverval-Grignon : la vente du domaine bientôt scellée

Les candidats retenus pour le rachat des locaux que se partagent AgroParisTech et l’Inrae seront connus le 8 février. Parmi ces projets : celui d’un site de recherche agronomique mélangeant tourisme et innovation

 

 

Des logements sortiront-ils de terre sur le domaine historique de Thiverval-Grignon? Si ce n'est clairement pas la volonté des élus locaux, le destin de ce vaste parc de 310 ha est encore incertain. Appartenant à l'Etat, il est officiellement en vente depuis mars 2020. Les étudiants d'AgroParisTech et les chercheurs de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), qui l'occupent depuis 1826, plieront bagage en 2022 pour faire leur rentrée à Paris Saclay (Essonne).

Gérée par le ministère de l'Agriculture et la direction de l'immobilier de l'Etat (DIE, c'est-à-dire Bercy), l'acquisition avait un temps intéressé le PSG en 2016 avant qu'il n'opte finalement pour Poissy. À l'époque, l'annonce avait fait grand bruit et suscité une vive opposition.

« On nous proposait 400 logements, c'est non ! »

Depuis, le processus est tenu confidentiel « afin de garantir une égalité de traitement entre les porteurs de projets », indique le ministère en précisant que « la commune de Thiverval a été régulièrement informée de l'avancement de la procédure de cession ». Pourtant, la maire elle-même révèle ne savoir que très peu de choses « car l'Etat ne dit rien ». Nadine Gohard a bien reçu des promoteurs immobiliers dans son bureau il y a plusieurs mois ; il s'agissait de Nexity et Cogedim qui seraient toujours en lice pour le rachat du domaine. Depuis, plus rien.

Lors de cette rencontre, l'édile est restée ferme : « On nous proposait 400 logements, c'est non ! Ce domaine est dévolu à l'agriculture, c'est l'identité du village. On ne changera pas le fond du plan local d'urbanisme qui le préserve. » Ce PLU, c'est justement la contrainte majeure pour les promoteurs. Sur les 310 ha, 288 se trouvent en « zone naturelle à protéger en raison de la qualité du site ». Sur les 22 ha restants se trouve également le Château de Grignon, classé monument historique. Les possibilités d'aménagements sont donc limitées.

« Faire un mini Davos permanent dédié à l'agriculture »

« Le seul projet d'intérêt général qui respecte le PLU c'est le nôtre », lance Hervé Planchenault, président (DVD) de la communauté de communes Cœur d'Yvelines. La collectivité propose, en partenariat avec l'association Grignon 2000, de préserver les activités de recherche agronomique tout en ouvrant les lieux au public. Un hôtel avec des espaces d'accueil pour des séminaires, un incubateur d'entreprises innovantes et un lieu de recherche regroupant laboratoires privés et publics sont notamment prévus. Les bâtiments, eux, seraient en partie transformés en musées pour valoriser les vestiges de deux siècles d'histoire. « L'idée est de faire un mini Davos permanent dédié à l'agriculture et l'environnement », résume Hervé Lecesne, président de Grignon 2 000.

 

Les étudiants d’AgroParisTech rêvent d’un site consacré à la transition écologique. LP/Julie Ménard
Les étudiants d’AgroParisTech rêvent d’un site consacré à la transition écologique. LP/Julie Ménard  

Les étudiants rêvent d'un haut-lieu de la transition écologique

 

Mais pour les étudiants en 1re année d'AgroParisTech qui occupent le domaine nuit et jour, cette réflexion ne va pas assez loin. « On se coupe trop de la recherche agronomique, si on était cynique on pourrait dire que c'est du green washing », tacle l'un d'eux. « C'est trop partial, développe Boris qui souhaite un projet plus social et scientifique. Grignon pourrait devenir une référence de la transition écologique en créant un centre de permaculture pour alimenter tout le secteur et approfondir les recherches dans ce domaine. » Une position en faveur de la production intensive dans le respect des sols que défendent ces jeunes, conscients d'être « les inventeurs de l'agriculture de demain ».

 

« Tous ceux qui passent à AgroParisTech sont marqués par Grignon, enchaîne Elsa. On voudrait qu'il y ait une gouvernance partagée avec les étudiants, que l'on garde des chambres étudiantes. On a récemment rencontré Grignon 2000 à ce sujet, ils se sont montrés bienveillants et à l'écoute, ça nous rassure. » L'association, en majorité constituée d'anciens élèves d'AgroParisTech (NDLR : les Alumnis), se dit « tout à fait dans la ligne de ce qu'ils proposent là », confirme Hervé Lecesne.

 

Du côté de la communauté de communes en revanche, ces suggestions font plutôt sourire. « Il faut un peu de réalisme… Qui payera le chèque ? », interroge Bertrand Hauet, vice-président à Cœur d'Yvelines, en charge des finances. « Ce site est non viable pour maintenir une activité purement agricole, tranche d'emblée François Moutot, vice-président au développement économique et maire de Thoiry. Le château est dans un état déplorable, il faudrait plus de 20 M€ pour le rénover. Ce n'est pas la permaculture qui permettra ça. »

 

La crainte d'une logique économique

 

Quoi qu'il en soit, élus et étudiants s'accordent sur un point : ils redoutent que seuls les arguments économiques ne scellent la transaction dont la finalité est attendue au second semestre 2021. D'autant que sur les 130,7 M€ d'objectif que l'Etat s'est fixé pour la liquidation des 4 sites franciliens d'AgroParisTech, la somme de 110 M€ a déjà été atteinte avec la seule vente des locaux de la direction à Paris.

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