Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 06:00

 

Je déteste les commémorations, pis encore celles sur le ton des regrets, « si ça avait été lui, nous n’en serions pas là… »

 

Ça n’a pas été lui !

 

Pourquoi ?

 

Je ne sais, ou plus simplement je n’ai pas envie de le dire.

 

Bref, Michel Rocard, est mort le samedi 2 juillet 2016. C'est son fils Francis qui l'a annoncé à l'AFP. Il est décédé vers 18h30, à l'âge de 85 ans, à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, où il avait été admis quelques jours auparavant.

 

Dans l’ambiance étrange qui règne dans la nouvelle Assemblée Nationale, notre Vulcain découvre les joies d’une majorité relative doublée de mise en minorité de circonstances par des alliances de circonstances : NUPES/RN/LR, pour l’heure la censure a montré que le camarade Mélenchon est un bon communicant mais un piètre manœuvrier, des voix se sont élevées pour déplorer que la ligne social-démocrate de Michel fut jetée aux orties.

 

Alors, j’ai pris du champ, répondant à mes amis que Macron n’est pas l’héritier du Rocard militant, d’une fidélité au PS qui lui a fait rater la dernière marche.

 

Et puis, dans mes recherches pour écrire une chronique je suis tombé sur ça :

 

A Paris, en octobre 2008.

 

Jean-Marie Cavada : « Ce n'est pas parce que Rocard avait 86 ans qu'il était vieux ! »

 

L’interview date du 7 juillet 2016

 

Elle m’a plu, je vous la propose :

 

Qui était Michel Rocard pour vous ?

 

Jean-Marie Cavada : Il était un ami personnel de longue date. Attention, pas un ami social. C'était un de mes trois meilleurs amis. Je l'appelais souvent pour lui demander conseil : « Michel, qu'est-ce que tu penses de ça ? » J'ai perdu un grand frère, qui était aussi un maître à penser.

 

Comment l'avez-vous rencontré ?

 

En 1976, je faisais une émission sur Antenne 2 qui s'appelait C'est-à-dire. Michel était le grand témoin. À ce moment-là, le travail manuel faisait débat. Tout le monde en parlait : Giscard, le gouvernement... Je demande à Michel son opinion, et j'ouvre le rideau derrière lequel se trouvait un établi, avec une planche, une scie, une équerre et un crayon. Je lui demande alors de couper la planche en angle droit. Et son angle était parfaitement droit... J'apprendrais plus tard que lorsqu'il était jeune homme, son père, un grand scientifique, voulait qu'il fasse Polytechnique. Michel a tenu tête : il voulait faire Sciences Po. Son père lui a alors coupé les vivres. Et son premier boulot fut... ajusteur de métal au labo scientifique de Normale Sup'. Donc le travail manuel, il connaissait bien, il en faisait sur le fer ! Moi qui voulais le mettre en difficulté...

 

Ensuite, je l'ai vu plus régulièrement en tant que journaliste quand il est entré à Matignon. C'était un remarquable Premier ministre. J'ai été pris de sympathie pour lui quand j'ai commencé l'émission La Marche du siècle. Il a été le premier invité, sur le thème de l'urbanisme de demain. J'avais également organisé en 1992 un débat entre lui et Nicolas Sarkozy.

 

Mais on est devenus très amis seulement au début des années 2000. En 2004, on s'est retrouvés tous les deux au Parlement européen. À Bruxelles, on a passé de longues soirées à boire et à refaire le monde, avec deux œufs et quelques whiskys...

 

On a failli faire un livre tous les deux. Le thème était « Les médias destructeurs de la démocratie ». Cela ne s'est jamais fait.

 

Que représentait-il politiquement ?

 

Pour moi, Rocard incarne la social-démocratie dans ce qu'elle a d'apaisant. C'est une doctrine qui concilie la vivacité du capitalisme avec la nécessité de la répartition des richesses pour les salariés. C'est la doctrine parfaite pour le continent européen.

 

En 2007, je voulais un accord entre Bayrou et Michel. Nous avions eu un dîner dans les Yvelines. L'accord ne s'est pas fait, mais ce n'était pas la faute de Rocard. Si on avait fait le bon accord, on aurait transformé la social-démocratie.

 

Concrètement, comment le voyiez-vous dans l'exercice du pouvoir ?

 

Rocard mettait vraiment la main à la pâte. Il remontait ses manches et mettait les mains dans le cambouis pour négocier les évolutions nécessaires au pays. J'ai admiré sa volonté d'apaisement, et en même temps de changement et de dialogue.

 

Si François Mitterrand ne l'avait pas étouffé et empêché de devenir président, ce pays ne serait pas le même aujourd'hui. Il aurait transformé la France. François Mitterrand, accroché aux sondages, ne regardait que le présent. Il a empêché la France d'avoir un candidat réformateur qui aurait changé le pays. Je pense que Michel cherchait avec lui la référence paternelle. Et Mitterrand l'a senti, en a abusé pour le clouer sur place et l'empêcher en 1988. Mitterrand était un néo conservateur qui avait fait le rapt de la gauche pour s'installer au pouvoir. Michel Rocard incarnait l'expérimentation politique, le modernisme, tout ce que François Mitterrand détestait. Pour le RMI par exemple, plutôt que de conduire une négociation jacobine, il a fait une expérimentation dans le département d'Ille-et-Vilaine. Il a vu que ça marchait, et a donc fait une loi. C'est une attitude pleine de modestie. Ce qui tue le pays aujourd'hui, c'est l'arrogance jacobine. C'était un homme d'une grande modernité. Ce n'est pas parce qu'il avait 86 ans qu'il était vieux !

 

A-t-il des héritiers aujourd'hui ?

 

Je ne crois pas... Beaucoup de gens que j'ai vu ces derniers jours pleurer sur le rocardisme ont en fait aidé François Mitterrand à le massacrer.

 

Vous qui connaissiez Rocard personnellement, quelle était sa personnalité ?

 

C'était un intarissable bavard. Il faisait des phrases composées, longues. Il parlait avec sa pensée, pas pour faire du bruit avec sa bouche. Il était très cultivé. Un de mes derniers souvenirs de lui, c'était pour son anniversaire en octobre dans sa maison des Yvelines. Il était fier de montrer qu'il avait tout un étage pour ranger ses livres et ses archives. C'était touchant. Il avait commencé à structurer ses mémoires et à écrire. Je ne sais pas ce qu'il va en advenir.

 

Il était traversé par la beauté de la mission publique, et était un des seuls hommes publics qui n'avait pas d'égoïsme personnel. Il avait bien sûr l'orgueil de ses idées et de ses positions. Mais je ne l'ai jamais vu égoïste.

 

Enfin, c'était un des derniers intellectuels totalement dédiés à la politique. Sa dernière sortie publique date du 12 avril, lors d'un débat sur le Brexit en face de l'ancien ministre des Affaires étrangères britannique David Owen. Cela se passait Cité de l'industrie place Saint-Germain à l'invitation du Mouvement Européen que je préside. Le public était médusé de voir arriver un monsieur parcheminé, fatigué. Puis, il se lève pour aller au pupitre, et ce n'est plus le même homme : ardent, malicieux, éloquent. Standing ovation à la fin...

 

Aucune description de photo disponible.Michel Rocard - Scoutopedia, l'Encyclopédie scoute !Dossier: la mort de Michel Rocard | MediapartMichel Rocard, un homme moderne – LibérationRapport historique – «Mitterrand et Rocard avaient deux conceptions du  socialisme» | 24 heures

Michel Rocard, figure essentielle de la gauche, est mort ICI 

 

Premier ministre de François Mitterrand de 1988 à 1991, faiseur de paix en Nouvelle-Calédonie, Michel Rocard est mort samedi, à 85 ans.

Par Raphaëlle Bacqué et Jean-Louis Andreani

 

Publié le 3 juillet 2016

 

 

Michel Rocard, mort le samedi 2 juillet à l’âge de 85 ans, avait rêvé d’un destin présidentiel. Il n’y sera jamais parvenu. Mais il y a aujourd’hui, au sein du Parti socialiste, dans les ministères, dans les think tank de la gauche qui rêvent de la refonder, quantité de ses disciples, nourris par cette « deuxième gauche » sociale-démocrate, réaliste et redistributrice qu’il avait fini par incarner.

 

Derrière une apparente simplicité, Michel Rocard, né le 23 août 1930 à Courbevoie, fut un homme politique paradoxal et compliqué. Longtemps l’homme politique le plus populaire de France, il était spontané voire impulsif, sincère voire naïf, maladroit mais volontiers calculateur ; apôtre d’un « parler vrai » parfois dévastateur, mais capable de manier sans broncher la langue « de madrier », selon l’expression d’un de ses anciens conseillers ; orateur parfois obscur, mais, en dehors des tribunes, d’un abord simple et direct. Obsédé par l’idée d’être écouté, reconnu, respecté.

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2022 7 17 /07 /juillet /2022 06:00

Paul Ricard, Robert Murphy | 9781681884462 | Boeken | bol.com

 

Bien évidemment, nous avions détourné le slogan en : « 1 Rocard sinon rien… »

 

10 juillet 2009

Un Rocard sinon rien : l'été sera chaud !

 

Comme pour le célèbre anis de Marseille, cher à mon ami Pierre Pringuet, DG du groupe éponyme, je vous propose ce matin, pour vous rafraîchir les neurones, de noyer une dose d'humour dans plusieurs volumes de sérieux et de déguster le tout sous la tonnelle... Jugez par vous-même.

 

La suite ICI 

 

Le Monde, qui ne recule devant rien, lui aussi, dans ses sagas de l’été titre :

 

LE MONDE PASSE À TABLE

VINS & AUTRES PLAISIRS LIQUIDES

 

L’enivrante aventure de la maison Ricard ICI   

 

Par Michel Guerrin Publié le 10 juillet 2022 à 06h00

 

RÉCIT

 

L’entreprise créée par Paul Ricard en 1932 à Marseille fête ses 90 ans. Et son magistral succès. Cette réussite, impulsée grâce au sens du commerce, du marketing et de la communication du patriarche, n’a fait que se renforcer au fil des années : le groupe familial est aujourd’hui numéro deux des spiritueux dans le monde.

 

J’ai, au temps de la SVF (Société des Vins de France), filiale du groupe Pernod-Ricard, lors d’une convention du groupe, animée par Jean-Marie Cavada (un ménage), côtoyé les « boys » de Ricard, ceux qui avait la foi en « Monsieur Paul », qui y ont aussi laissé leur foie, les « pousseurs », les gars de la pétanque, ils adoraient le roi du pastis. Dans mes relations avec des collègues de cabinet ministériel, l’un d’eux, bossant pour Georgina Dufoix (désolé), était intarissable sur « Monsieur Paul », le mas de Méjanes, les Ambiez…

 

Bref, je connais la maison, et je vais me permettre de placer des réalités pour souligner que, notre chroniqueur, tout à sa volonté de célébrer « Monsieur Paul » fait 2 oublis.

 

Le premier, c’est que le pastis, Ricard, Pastis 51, Pernod, ne fait guère recette auprès  des nouvelles générations, c’est l’apéro des pépères, bob, marcel, pétanque et farniente. La photo titre prise sur un abri bus parisien montre bien la volonté du groupe  de conquérir les bobos, à mon avis en vain.

 

Le marché du pastis continue à perdre du terrain, avec des volumes en recul de - 7,3 % en 2018 versus 2017 et des ventes en valeur en baisse, à - 5,9 %. Néanmoins, il reste un poids lourd, puisqu’il occupe sur le marché global la deuxième place des spiritueux, derrière les whiskeys (23,5 % PDM vol vs 35,5 % PDM vol.) et pèse en CHR 11,7 % du volume des alcools, le plaçant à la 4e place derrière les whiskeys, les rhums et les vodkas.

 

Le moment apéritif reste d’ailleurs très fort en France, avec 26 millions de moments de consommation d’alcool par semaine, mais « l’émergence de la bière et des vins rosés au moment de l’apéritif a impacté le marché des anisés », analyse Marc-Antoine Hornecker, group brand manager du pôle apéritif chez Pernod. Autre raison de ce recul, les anisés souffrent d’une image vieillissante : « Les jeunes adultes n’entrent pas facilement dans la consommation d’alcool par les anisés et le goût plaît peu aux femmes. C’est un alcool typé plutôt masculin et d’une autre génération », renchérit Jean-Louis Denis, directeur commercial hors-domicile de Bardinet La Martiniquaise.

 

Ironie de l’Histoire, le pastis a envoyé les Vins Doux Naturels dans le cimetière des éléphants, Bartissol, Byrrh, Dauré…. Et aujourd’hui, lui aussi se voit détrôné par le vin rosé piscine.

 

 Le second, est que si le socle de Pernod-Ricard fut l’œuvre de « Monsieur Paul », sa deuxième place des spiritueux dans le monde, n’est pas l’œuvre d’n Ricard, mais de deux hommes : Thierry Jacquillat, branche familiale Pernod, directeur-général qui a étendu le groupe vers les whiskies et les vins ( vin australien ); Pierre Pringuet, X-Mines, ancien du cabinet de Michel Rocard, qui a mené tambour battant la diversification dès 2004, il mène en 2005 avec succès l’acquisition d’Allied Domecq, puis son intégration (Martell, Perrier-Jouet, Mumm) . En décembre de la même année, il devient Directeur général délégué du Groupe. En 2008, il conduit l’acquisition de Vin&Sprit (V&S) et de sa marque Absolut qui parachève l’internationalisation de Pernod Ricard.

 

Fais vite, ne traîne pas en route - broché - Thierry Jacquillat, Livre tous  les livres à la Fnac

28 avril 2021

Au temps où j’étais le porte-plume de Thierry Jacquillat le DG de Pernod-Ricard : Ararat son Cognac arménien était menacé aujourd’hui Le « cognac » arménien prié de changer de nom par l’UE. ICI 

 

https://static.lexpress.fr/medias_10178/w_2048,h_890,c_crop,x_0,y_307/w_1000,h_563,c_fill,g_north/v1423667778/pierre-pringuet-2_5211525.jpg

16 décembre 2009

Entretien avec Pierre Pringuet DG du groupe Pernod-Ricard «nous restons dans la Rioja...» ICI 

 

Rencontrer Pierre Pringuet est toujours pour moi un réel plaisir. Notre compagnonnage amical date du cabinet Rocard à l’Agriculture. Depuis l’X Mines qui nous faisait nous élever au-dessus des crises du porc ou de la tomate lors des séminaires du cabinet, qui se tenaient à la MJC de Conflans Ste-Honorine, a fait son chemin puisque, après avoir conduit toute sa carrière privée dans le groupe, le voilà, depuis que Patrick Ricard a pris du recul en présidant le CA, à la tête du co-leader mondial des Vins&spiritueux, un des poids lourds du CAC 40. Le journal La Tribune lui a déjà fait le coup du « de Rocard à Ricard » mais l’image souligne l’un des traits de caractère de Pierre c’est d’être fidèle en amitié.

 

Bandeau du bulletin de l'association MichelRocard.org

Dernier point, Pierre préside : l’Association Michel Rocard.org, ICI ça ne doit pas plaire au leader maximo de la NUPES, ex-député de Marseille.

 

L'enivrante aventure de la maison Ricard

L’enivrante aventure de la maison Ricard

Par Michel Guerrin

Publié le 10 juillet 2022

 

Alexandre Ricard règne sur 19 000 salariés dans le monde et il semble prendre plaisir à diluer son autorité, comme le pastis dans l’eau. Le patron du groupe Pernod Ricard, numéro deux mondial des spiritueux, affiche à 50 ans un visage adolescent, un sourire angélique, une courtoisie extrême, y compris quand une question peut l’agacer. Costume sobre, pas de cravate. Il se fond dans les équipes. Vous n’avez pas rendez-vous dans son bureau, il n’en possède pas. Comme les 1 000 salariés du siège parisien, près de la gare Saint-Lazare, le patron s’installe à une table ­commune dans un open space et range ses affaires en fin de journée dans un casier.

 

Avec un tel nom, on s’attend à autre chose. Il est le petit-fils de Paul Ricard (1909-1997), qui a lancé l’aventure familiale dans le pastis en 1932 à Marseille. Dans son livre de souvenirs, au titre convenu alors que lui ne l’était pas, La Passion de créer (Albin Michel, 1983), le fondateur assène qu’un patron ne doit pas avoir de bureau, que les équipes ont les clés, qu’il faut faire simple et se laisser guider par le bon sens. Troublante ressemblance.

 

Elle s’arrête là. Paul Ricard piquait des colères à faire trembler la Canebière alors qu’il est difficile d’imaginer Alexandre Ricard dans ce registre. Le fondateur, ancré à Marseille, diplômé de l’école de la rue, a fait fortune dans le pastis et incarnait l’apéro anisé avec deux slogans géniaux : « Un Ricard sinon rien » et « Garçon, un Ricard ! ».

 

 

Pendant la guerre, Paul Ricard se replie avec une partie du personnel en son domaine de Méjanes, en Camargue, qu’il transforme en corne d’abondance, produisant du riz, des jus de fruits, du vermouth, une eau, alimentant au passage la Résistance en alcool pour ses voitures.

 

Son petit-fils, diplômé de la réputée université Wharton, aux Etats-Unis, bien de son temps et mondialisé, pilote toujours le pastis, mais ­surtout 240 marques d’alcool, de la vodka au whisky en passant par le cognac. Au gré des acquisitions, le petit jaune rétrograde au rang numéro six dans le chiffre d’affaires de Pernod Ricard. Devant, on trouve la vodka suédoise Absolut, le whisky irlandais Jameson, le whisky écossais Ballantine’s, la liqueur au goût coco Malibu, le rhum cubain Havana Club.

 

Le recul s’explique. Ricard est vendu à 90 % en France alors que les marques de tête sont mondialisées. Si Paul Ricard, génie de la communication, n’a pas réussi à exporter son pastis, c’est que c’est vraiment impossible. Le pourtour ­méditerranéen est imprenable, chaque pays possédant son propre anisé. Ailleurs dans le monde, le goût peut rebuter et l’eau du robinet est ­souvent trop chlorée.

 

Les mille vies de Paul Ricard

Mais, en France, Ricard est la star du pastis, accaparant 51 % du marché ; 51, comme le nom de l’autre célèbre pastis de Marseille, également détenu par le groupe Pernod-Ricard, jolie coïncidence. Ricard vole au-dessus de la mêlée, elle est même, tous produits alimentaires confondus, la marque numéro un en valeur dans les supermarchés. Mieux que Coca-Cola ou Nutella.

 

Et puis l’anisé occupe une place spéciale au sein d’un groupe hanté par son fondateur. Chaque année, aux beaux jours d’avril, de 700 à 800 cadres accourent de 70 pays et se retrouvent pour discuter stratégie sur l’île des Embiez, au large de Toulon, que le fondateur a achetée en 1958. Les retrouvailles ont lieu autour d’un apéro-terrasse. « Chacun déguste ce qu’il veut, ce n’est pas ce qui manque, mais tout le monde ou presque demande un Ricard, même ceux qui n’aiment pas, par plaisir de l’instant et respect pour nos valeurs », explique Alexandre Ricard. Les 19 000 salariés connaissent-ils l’histoire du grand-père ? « Je crois que oui. »

 

Paul Ricard a eu mille vies à côté du pastis. Pendant la guerre, il se replie avec une partie du personnel en son domaine de Méjanes, 600 hectares en Camargue, qu’il transforme en corne d’abondance, produisant du riz, des jus de fruits, du vermouth, une eau (en Ardèche), alimentant au passage la Résistance en alcool pour ses voitures.

 

Les années passant, il construit un aérodrome et un circuit de formule 1 sur un plateau varois. Il aménage deux îles qu’il acquiert (les Embiez pour le tourisme, Bendor pour la culture, les deux pour la famille). Il invente un Institut océanographique dans les années 1960, ferraillant contre les boues rouges rejetées dans la Méditerranée par l’usine Péchiney (son slogan : « La Grande Bleue ne deviendra pas la mer Rouge »). Il lance une fondation d’art et joue les mécènes. Il peint 1 500 tableaux, crée un club taurin, produit des films, dont D’où viens-tu Johnny ? (1963), avec Johnny Hallyday, devient maire du village de Signes.

 

Il endosse, pendant quelques mois, en 1968, l’habit du gardien de chèvres, après avoir claqué la porte de son entreprise, non pas en réaction à la révolte étudiante, mais parce qu’il en a marre de la bureaucratie d’Etat, puis se replie, jusqu’à la fin de ses jours, dans une bastide blanche sur le piton de La Tête de l’Evêque, dans le Var. On en oublie sûrement.

 

L’alchimiste de l’anis

 

Paul Ricard trouve même le temps de faire ­fortune dans le pastis. Cette aventure naît d’une douleur. Nous sommes dans les années 1920. Il veut être peintre. Son père, négociant en vin, balaie le rêve et l’embarque dans ses tournées des bistrots. Il constate alors que les cafetiers servent sous le manteau de l’absinthe, la boisson anisée coupée avec de l’eau, interdite depuis 1915 tant elle fait des ravages.

 

Paul Ricard y voit le signe que l’anis reviendra dans la lumière. « J’ai passé ma vie à répondre aux besoins des autres. » Il a encore en bouche l’anisé exquis que lui avait fait goûter le père Espanet, courtier en vin et braconnier à ses heures perdues. Il veut en retrouver le goût. Il multiplie les essais en son fief familial de Sainte-Marthe, quartier excentré de Marseille – il fait même exploser un jour son laboratoire –, puis les teste auprès de cafetiers avant de les noter dans un cahier.

 

La formule serait gardée secrète dans un coffre, comme une bombe atomique. Un mythe ? « Disons un demi-mythe. Un bon chimiste doit pouvoir la reproduire », sourit Patricia Ricard, petite-fille du fondateur.

 

En 1932, l’alcool anisé est de nouveau autorisé. Paul Ricard est prêt. Il a 23 ans et il commercialise son « vrai pastis de Marseille », alors que cet apéritif se boit partout en France. C’est la première fois que le mot « pastis » est inscrit sur une bouteille. Mais, surtout, il lui donne son nom. On lui dit que c’est une folie, il répond : « Donner son nom est une garantie de qualité. »

 

La recette ne bougera jamais : 45 degrés d’alcool, anis de fenouil de Provence, anis étoilé de Chine, réglisse du Moyen-Orient et une flopée de plantes aromatiques de Provence. « Vous la changez, vous êtes mort », sourit Caroline Casta, qui veille sur les archives de la maison. La formule serait gardée secrète dans un coffre, comme une bombe atomique. Un mythe ? « Disons un demi-mythe. Un bon chimiste doit pouvoir la reproduire », sourit Patricia Ricard, petite-fille du fondateur et présidente de l’institut océanographique. Elle ajoute : « L’essentiel, c’est que la qualité soit immuable. »

 

« Le pastis est le meilleur ami de l’eau. »

 

Quelques chiffres disent le triomphe. La première année, Paul Ricard vend 250 000 bouteilles de son pastis, ce qui est remarquable pour un nouveau-né ; 3,6 millions en 1939, grâce en partie aux congés payés du Front populaire ; 9 millions en 1951 ; 20 millions en 1961 ; 60 millions en 1972 ; 106 millions en 1993 – le record – ; autour de 40 millions ces dernières années, dans un contexte de forte baisse de la consommation de tous les alcools en France.

 

« Personne ne fait un meilleur pastis que le mien », écrit Paul Ricard dans son livre de souvenirs. Les consommateurs font-ils vraiment la différence avec un 51 et une autre marque ? « Moi, je la fais en goûtant à l’aveugle », affirme Patricia Ricard. La réglisse, outre qu’elle génère la légendaire couleur jaune, donne de la gourmandise et de la rondeur à cet anisé, les plantes faisant le reste, indique Cédric Modica Amore, ­responsable marketing de Ricard.

 

Paul Ricard impose une autre révolution : les ­subtilités aromatiques et la fraîcheur de son anisé sont à leur meilleur quand il est fortement dilué. Sept doses d’eau et non cinq. Il a cette formule osée : « Le pastis est le meilleur ami de l’eau. » Le pastis pour se désaltérer… On lui dit qu’il est dingue, qu’il va tuer le marché si une bouteille dure plus longtemps, qu’il s’en vendra moins. Il s’en vendra davantage.

 

L’invention d’un capitalisme populaire

 

Paul Ricard met en place pour son pastis un réseau de commerciaux d’un nouveau genre. Ils doivent faire leur tournée avec l’habit du dimanche, arborer un sourire permanent et multiplier les kilomètres jusqu’à plus soif afin qu’on les appelle « le monsieur de Ricard » et pas par leur nom. Charles Pasqua, avant de devenir une figure droitière de la politique, est un de ces représentants. Lors de son entretien d’embauche, il emporte le morceau en lâchant son ambition : « Aller aussi loin que je pourrai, Monsieur. »

 

Alors qu’il était enfant, Alexandre Ricard se ­souvient d’avoir accompagné son grand-père qui, le mardi, se rendait en Lada au Géant Casino d’Hyères pour prendre la température des ventes. Il était ravi quand le chef du rayon des spiritueux saluait son représentant avant les autres. « Parce qu’ils étaient devenus amis. » Lors d’un voyage de quarante jours aux Etats-Unis, en 1946, Paul Ricard, plus à l’aise avec le provençal que ­l’anglais, comprend ce qu’est une entreprise efficace et le rôle central des équipes. Sa devise devient : « Fais-toi un ami par jour. » Son petit-fils la cite souvent.

 

Un patron paternaliste ?

 

Patricia Ricard cite un ancien employé : « Le paternalisme, c’est comme le camembert. Pour certains, ça pue, mais, pour d’autres, c’est délicieux.»

 

Paul Ricard invente un capitalisme populaire à partir d’un principe : des « collaborateurs » (on ne dit pas « salariés ») heureux travailleront dix fois mieux. Il est pionnier sur les salaires élevés, l’intéressement des employés aux bénéfices, les vacances étirées et les congés payés en des lieux-maisons, à la mer ou à la montagne. Il invente son propre PEL pour que les employés puissent être propriétaires de leur logement. « Les commerciaux avaient une vie rude, il fallait des contreparties », explique Patricia Ricard. Elle ajoute : « J’ai dû attendre mes 12 ans pour comprendre, en vacances, si une personne était salariée de l’entreprise ou membre de ma famille. »

 

Un patron paternaliste ? Patricia Ricard cite un ancien employé : « Le paternalisme, c’est comme le camembert. Pour certains, ça pue, mais, pour d’autres, c’est délicieux. » Il aime l’ordre, l’effort et goûte peu les éducateurs chevelus. A la lutte des classes il préfère la collaboration de classes. Il se tient à distance des organisations patronales et confie un jour : « Les patrons qui ne laissent rien après eux, je les plains. »

 

Michel Braudeau, qui l’a rencontré en 1997 pour Le Monde, dessine un « dictateur bienveillant », qui se sent bien au milieu du peuple. Un train de vie modeste, pas de costume de luxe. Il achète ses blousons en grande surface – comme le pastis. « Il ne possédait pas de yacht mais un chalut dessiné par lui. Pas de chevaux de course, il montait ceux de Camargue. Il ne collectionnait pas de tableaux, il les peignait », raconte Patricia Ricard.

 

Publicitaire hors pair

 

Le fondateur sait qu’un bon produit ne suffit pas, il faut « lui donner une âme ». Susciter le désir. Là, il est champion. Les théories du publicitaire ­britannique David Ogilvy (1911-1999), notamment sur l’imaginaire d’une marque, sont une révélation. Le patron imprime son nom sur tout ce qu’il crée. « Le mot Ricard doit supplanter le mot pastis et devenir un nom commun. » Mégalomanie ? Plutôt un art du marketing : une marque totale sert les intérêts de chaque branche – du pastis à la formule 1.

 

« Paul Ricard est mon père de pub », dira Jacques Séguéla, qui a élaboré l’image de François Mitterrand en 1981. Pour son logo, le Marseillais utilise le bleu pour la mer et le jaune pour le soleil, deux couleurs qui se voient de loin. Il invente ensuite une gamme d’objets associés au petit jaune, dessinant lui-même, en 1935, un broc d’eau couleur « pain brûlé », obtenue après une erreur de cuisson de la céramique. Suivent des verres, des cendriers, des bobs…

 

Ses goûts esthétiques ne sont pas modernes. Sa peinture ne vaut pas un clou – figurative, académique. Michel Braudeau comparait l’architecture touristique des Embiez à des camps de vacances dans l’ex-Yougoslavie. « Il avait le sens du spectacle », rétorque Patricia Ricard. Pour les affiches, se méfiant de la modernité épurée des années 1930, il opte pour des créateurs maison, qu’il peut contrôler, concoctant des images ­efficaces, colorées, à partir de mannequins souriants.

 

Il crée un service de dessin industriel, installe une imprimerie pour les publicités, jusqu’au papier à lettres. Et surtout, il arrose. Dès 1938, il lance une première campagne d’affichage nationale. L’année suivante, rebelote à la radio et dans les journaux. Cendriers et bobs s’invitent dans les manifestations populaires, les plages, les fêtes de village. On raconte encore que le patron a glissé une pièce de monnaie entre le goulot et le bouchon de chaque bouteille pour séduire les cafetiers. En 1948, Ricard devient la première marque partenaire du Tour de France.

 

En bon catholique, Paul Ricard est reçu au Vatican avec trois trains de « ricardiens » auxquels le pape Jean XXIII donne sa bénédiction – à son pastis aussi.

 

Au final, le patron marseillais réussit un tour de force : faire d’un alcool assez basique une boisson culturelle. « Il a mis en bouteille un imaginaire », estime Caroline Casta. Celui de la Provence, du compositeur Vincent Scotto, de l’écrivain Marcel Pagnol, de l’acteur Fernandel, du chanteur Tino Rossi. De Darcelys, surtout, qui vante en chansons le « vrai pastis de Marseille » : Une partie de pétanque, Un pastis bien frais ou C’est le Ricard.

 

La paix entre les deux coqs du pastis

 

Le fondateur de la marque reconnaîtrait-il son entreprise aujourd’hui ? Les bâtiments, non. La direction du groupe a emménagé en 2020 dans un immeuble élégant et lumineux dessiné par l’architecte Jacques Ferrier près de la gare ­Saint-Lazare. Mais il retrouverait accroché dans le hall La Pêche au thon (1967), de Salvador Dalí, l’un des rares tableaux qu’il avait achetés. Le siège de Pernod Ricard France, lui, est toujours à Marseille, mais il a quitté, en 2020, le site historique de Sainte-Marthe pour les Docks, à deux pas du port et de la mer.

 

Ce visage immobilier, l’un marquant l’ancrage marseillais, l’autre l’expansion mondiale, est le résultat d’un moment-clé et d’une évolution. En 1975, d’abord, l’alliance avec Pernod met fin à la guerre sans merci que se livraient les deux coqs du pastis. « C’était un peu comme les O’Timmins et les O’Haara [les deux clans familiaux en conflit dans un album de Lucky Luke] et ça devenait impossible », confie Patricia Ricard. Et puis, au cours des dernières décennies, Pernod Ricard est devenu un géant des spiritueux coté en Bourse. Avec 8,8 milliards de chiffre d’affaires et des bénéfices de 1,3 milliard en 2021, cette stratégie « visant à grandir » par acquisitions de marques continuera, confie Alexandre Ricard.

 

Certaines choses n’ont pas changé. En premier lieu, c’est toujours un Ricard aux manettes. Après son retrait, en 1968, Paul confie les clés à son aîné, Bernard, qu’il vire un peu plus tard, puis au cadet, Patrick, non sans garder un œil sur les comptes. « Toutes les semaines, il surlignait au Stabilo Boss vert ou rouge les ventes en volume et par marque. S’il y avait trop de rouge, il passait un coup de fil… », sourit Alexandre Ricard.

 

Ce dernier, fils de Bernard et neveu de Patrick, pilote le groupe depuis 2015. Il est le guide d’une famille dont une cinquantaine de membres sont réunis au sein de la société anonyme Paul Ricard, qui détient 14,05 % du capital et 20,71 % des droits de vote. Alexandre Ricard a été choisi pour « son talent », répète-t-on, pas sur son nom. Ce dernier insiste : s’appeler Ricard n’est pas un ­critère d’embauche. Et si après lui personne ne s’impose dans la famille, le patron sera recruté en dehors.

 

Une lente érosion des ventes

 

En son sein régnerait un bon esprit. Le contraire serait un peu déplacé, d’autant que les dividendes sont appréciables. « Nous sommes bien conscients d’être des privilégiés », indique Patricia Ricard, qui vient d’intégrer le conseil d’admi­nistration. En 2018, quand le groupe a dû ­affronter l’entrée inamicale au capital du fonds activiste américain Elliott, en appelant à une fusion avec un autre géant des alcools, la famille s’est avérée un atout de stabilité.

 

La tribu familiale veille aussi sur l’héritage du grand-père – elle était quasiment au complet, aux Embiez, pour fêter les 90 ans de la marque. Mais, voilà, le pastis en général subit une lente érosion des ventes en raison de l’attractivité d’autres apéritifs. Pernod Ricard s’en sort le mieux, puisque son anisé gagne des parts de marché, mais la marque a dû supprimer 10 % des effectifs en 2019, au moment de la fusion définitive avec Pernod.

 

Comme son grand-père, Alexandre Ricard veut ancrer son pastis dans les apéritifs tendance à dimension culturelle, notamment auprès des jeunes adultes. La bouteille, relookée en 2011, est un bel objet d’une couleur feuille-morte. La marque se veut aussi à la pointe de l’environnement et de l’écologie, tant au niveau des produits que des sites de production. Les lancements récents d’un anisé issu de plantes fraîches ou de Ricard fruité bio (citron et amande) vont dans ce sens.

 

Le groupe a également ouvert, en 2020, dans les Docks, quatre espaces au design branché, à la gloire de l’anis sous le concept Mx (« M » pour Marseille, « x » pour mélange) : une exposition immersive (8 euros l’entrée tout de même) pour raconter le pastis, une boutique, un bar à cocktails avec cours de pastisologie et un restaurant. C’est un mélange des genres digne du grand-père, l’art de raconter le pastis et de vanter la marque.

 

Pour son anniversaire de 90 ans, la maison a mis le paquet – à se demander ce que ce sera pour les 100 ans. Le slogan franglais « Born à Marseille en 1932 » est décliné par le designer Yorgo Tloupas sur une bouteille en édition limitée, un verre et une carafe. Pour l’occasion, le célèbre cruchon de 1935 a été réédité.

 

Cela fait des années que Pernod Ricard fait appel à des designers (Garouste et Bonetti, le Studio 5.5 ou Marc Newson) avec pour mission de donner un coup de jeune à la bouteille ou au broc. On retrouve le même esprit avec la fondation d’art, installée au pied du siège parisien, réputée pour soutenir les artistes émergents.

 

Alexandre Ricard semble évoquer un fantôme quand il veut « une entreprise humaniste, à la pointe du social et de l’intéressement des équipes ». Comme son grand-père, il est friand d’un apéro Ricard-olives-saucisson. Comme lui, il ne veut pas rater un wagon de la nouveauté – il a beaucoup lu sur le métavers. Il passe ses vacances estivales aux Embiez. Sur l’île, pas loin, Paul Ricard est enterré avec une bouteille à son nom.

 

Michel Guerrin

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2022 1 11 /07 /juillet /2022 06:00

Nallet.jpg

J’ai bien connu et travaillé avec Lalou Bize-Leroy, lorsque Henri Nallet, alors Ministre de l’Agriculture, lui d’ordinaire si taiseux, lorsqu’il était conseiller de Tonton nous l’appelions le Sphinx, se laissa aller à se la jouer « nationaliste »  

 

« La Romanée-Conti, c'est comme une cathédrale selon le Ministre. Il n'est pas question de laisser partir un élément du patrimoine culturel français »

 

Le 29 février 2008 j’écrivais :

Henri Nallet arrête les Japonais en Bourgogne ICI

 

Ce fut l'équivalent de Charles Martel en 732 mais, au lieu d'être dans les livres d'histoire, seule les archives du journal Libération s'en souviennent. C'était le 2 septembre 1988, page 11 (une pleine page avec appel en une).

 

Un événement ?

 

Non, un coup médiatique concocté par les communicants du Ministre. En ce temps, directeur-adjoint du cabinet, je ne suivais pas le dossier de la viticulture, la période était plon-plon dans le South of France. Je découvris donc le scoop dans Libé comme tout le monde. Fis grosse colère. J'ironisai sur le risque de voir la Romanée commercialisée en cubi dans les grandes surfaces japonaises. Je fis aussi remarquer que ce coup de menton, très politique de la canonnière, basé sur rien était du pire effet auprès du gouvernement japonais. On me prit de haut. Puis, face à l'évidence, ce cher Henri me dit, tout sourire « arrange-moi ça... » Ainsi, après une entrevue avec le conseil de Lalou Leroy-Bize, je fis sa connaissance et tout rentra dans l'ordre...

 

Bien d’accord avec Thierry Desseauve, le cycliste qui porte le chapeau de paille :

 

Le domaine Leroy naît en 1988 grâce à l’appui financier du groupe de distribution japonais Takashimaya  qui entre dans le capital de la maison Leroy à hauteur de 33%. L’affaire fit grand bruit à l’époque, le ministre de l’Agriculture Nallet enfourchant le grand air de la défense de l’intérêt national avec ce ton aussi impérieux que ridicule que seuls sont capables de prendre les politiques et les journalistes. Takashimaya est une institution japonaise, un « Galeries Lafayette » en plus luxueux, mais certains n’ont voulu y voir qu’un prédateur inculte. Le représentant en France de Takashimaya, aujourd’hui à la retraite, s’étonne encore des réactions à leur arrivée. Vingt-sept ans plus tard, Takashimaya est toujours là, à la même hauteur, et peu d’actionnaires auront été aussi respectueux du trésor qu’ils auront contribué à bâtir.

 

Oui, discrètement, je fus l’artisan du dégonflage de la baudruche, avec Lalou et sa fille Perrine Fenal (nouvelle co-gérante de la Romanée-Conti  ICI . et, lorsque Lalou acquis, en 1988, le domaine Charles Noellat, je fus convoqué par elle, à venir au petit matin, déguster à la barrique, avec son maître de chais à la moustache en guidon de vélo dont j’ai oublié le nom (Nallet le promut chevalier du Mérite Agricole), ce fut pour moi un grand moment.

 

Par la suite, avec Jean Pinchon, alors président de l’INAO, j’allai déjeuner chez elle, au domaine d’Auvenay, une belle et ancienne ferme sur les hauteurs de Saint-Romain. Je repartis, en remerciement de mes bons et loyaux services de médiateur, avec une caisse de 12 bouteilles Leroy.

 

Bref, je n’irai pas plus avant, il y a dans tout excès de dithyrambe, une part d’ombre, à la fois familiale et nationale, que l’on se garde d’éclairer, notre vieux pays est ainsi fait, et les journalistes, Thierry Desseauve n’en est pas un, comme les hommes politiques, ont l’art et la manière de rendre compte de l’Histoire avec des blancs.

 

 

 

Le réveillon du millénaire chez Pierre Perret avec Alain Decaux, José Artur et Michel Rocard la Romanée-Conti 1900 offerte par Lalou Bize-Leroy…

Le « réveillon du 31 décembre 1999, prolongé jusqu’à pas d’heure de l’année 2000, fut sans aucun doute, le plus original et le plus rare réveillon de ma vie »

 

 

Ce fut lors du réveillon du millénium dans la maison de Pierre Perret à la sortie de Nangis, en Seine-et-Marne, devant laquelle je suis passé si souvent en allant rendre visite à la grand-mère d’Elisa à Villeneuve-les-Bordes.

 

Ce soir-là, raconte Pierre Perret, une épouvantable tempête déracinait un pin qui en tombant libérait une centaine de poulets de leur poulailler. Les trois chiens de la maison, croyant que c’était un nouveau jeu en ont occis une soixantaine en 20 mn.

 

 

Panne d’électricité généralisée, radiateurs glacés, invités grelottants qui réclamaient des pulls, chapons aux truffes en rade faute de four… le changement de millénaire se présentait fort mal. Mais le karma inversa la vapeur, le ying l’emportait sur le yang et le « réveillon du 31 décembre 1999, prolongé jusqu’à pas d’heure de l’année 2000, fut sans aucun doute, le plus original et le plus rare réveillon de ma vie » écrit Pierre Perret.

 

 

Les invités José Artur, Alain et Micheline Decaux, ainsi que « Michel Rocard si heureux et si en verve ce soir-là. »

 

 « De ce réveillon mythique, TOUT, ce soir-là, s’avéra extraordinaire.

 

Alain Decaux avait eu auparavant une alerte de santé, et la perspective de se retrouver en compagnie de tant d’amis avait illuminé ses yeux si rieurs.

 

 

Il avait précisé « Tu demanderas à Pierre si je puis me permettre, pour une fois, d’amener mon vin ? »

 

 

Rébecca, interloquée, lui avait rétorqué en souriant :  

 

- Tu sais bien que tu peux amener ce qu’il te plaît, Alain, mais tu n’as pas oublié tout de même que Pierre a une cave bien pourvue, de ce côté-là. Et que…

 

Alain Decaux lui rétorqua que ce vin-là il ne l’a pas. Avant d’ajouter « si je tiens à partager avec vous c’est qu’elles (ces bouteilles) sont uniques, tout comme l’amitié. Et que la vie est courte. »

 

 

Le Pierrot fait alors une petite erreur sur le maroquin d’Alain Decaux, en lui attribuant la Culture alors qu’il fut Ministre de la Francophonie de Michel Rocard. Donc, à cette période-là, « madame Bize-Leroy elle-même eut la gentillesse de m’offrir trois de ses plus prestigieuses bouteilles de Romanée-Conti 1900. Nous en dégusterons deux ensembles, j’ai réservé la troisième pour notre fils, Jean-Laurent, qui adore le vin. »

 

Grande flambée dans la cheminée, buissons entiers de bougies allumées aux quatre coins de la grande table de la salle à manger « donnaient un petit parfum de XVIIIe siècle ». 

 

Prémices du dîner : « des petits pains grillés sur la braise, abondamment tapissées de foie gras » qui « disparaissaient littéralement sous une épaisse rondelle de truffe fraîche et odorante.

 

Pierre Perret s’interrogeait : « les 2 flacons de Romanée-Conti 1900 – si prestigieux soient-ils (mais cependant centenaires) – auraient bien du mal à s’aligner aux côtés de ces deux prix d’excellence que venaient de remporter nos étonnantes demoiselles Pétrus 1982 qui avaient fait sans peine l’unanimité. »

 

 

L’atmosphère avait baissée d’un ton.

 

 

Le bouchon était en très bon état et le Pierrot, en grand amateur, note que les bouchons des années mythiques de la DRC sont changés tous les 10 ans par le maître de chai.

 

 

Le silence total s’était fait autour de la table, tout le monde admira sa robe pourpre vif pendant que le Pierre carafait la première bouteille dans un beau flacon de cristal puis, « versant trois bons centimètres au fond de mon grand verre ballon, je le fis tournoyer sous mon nez, attentif à la moindre fragrance suspecte. Lui aussi (comme la poularde) exhalait un parfum vanillé et comme truffé à la fois. Tout le monde attendait la sentence. » 

 

 

- Il n’est pas bouchonné, dis-je soulagé. « La finesse de ses arômes égale même son grand panache. » Puis, en dégustant une gorgée que je fis délicatement aller-venir entre mes joues avant de l’avaler, j’ajoutai : 

 

 

« Il a encore du jarret, sans brutalité, et n’a besoin de personne pour vous câliner les muqueuses. Savourez-le bien, les amis, ce vin est tout bonnement unique, ajoutai-je en les servant à tour de rôle. Je n’ai jamais eu de telles saveurs entre les cloisons. » 

 

 

- Oui, renchérit Alain après l’avoir dégusté, j’aimerais bien posséder sa jeunesse jusqu’à mes cent ans. 

 

 

La seconde bouteille, s’avéra encore meilleure que la première, à l’appréciation de tous « Je l’avais carafé tout de suite après la première, elle avait eu le temps de s’oxygéner. Elle dégageait à présent un bouquet plus musqué de champignon et de sous-bois… »

 

 

Pierre Perret en conclusion que s’achève ici le cortège des amis disparus depuis cette mythique soirée de réveillon chez lui à Nangis.

 

 

J’ai gardé pour la bonne bouche ce qu’il écrit sur l’homme qui reposa aujourd’hui sur les hauts de Monticello.

 

 

« Tu étais, Michel, un intarissable bavard sur mille sujets qui ne laissaient jamais personne indifférent. Tu adorais que je t’emmène cueillir les cèpes au bois. Sans être un très grand connaisseur, tu aimais bien le vin… mais tu préférais le whisky ! Je ne répèterai pas ici les généreuses digressions que tu fis ou que tu écrivis, même à propos de certaines de mes chansons, mais elles me touchèrent infiniment. La finesse de tes analyses me fit découvrir l’extrême sensibilité qui t’habitait. »

Lalou Bize-Leroy, le 31 juillet.

Lalou Bize-Leroy, un trésor national vivant ICI

 

par  Thierry Desseauve

 

28 avril 2021

 

Elle a suivi au plus près soixante vendanges en Bourgogne. Elle a acheté, récolté, vinifié, élevé bon nombre des plus sublimes chefs d’œuvre qu’a produit la Bourgogne depuis 1955. Vigneronne éprise de son terroir, Lalou Bize-Leroy a fait de son nom l’une des signatures les plus recherchées – et les plus chères – du monde du vin. Avec des convictions chevillées au corps et un enthousiasme inentamé, elle s’est confiée longuement à Thierry Desseauve pour EN MAGNUM.

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2022 6 09 /07 /juillet /2022 06:00

Achat primeur CHÂTEAU MAUCAILLOU 2015 - wineandco

Il suffit de parcourir les rayons de la Grande Épicerie du Bon Marché, haut lieu de la consommation de luxe versus Bernard Arnault, lors des foires aux vins, pour s’apercevoir que le recours à un nom de château connu pour un vin dont les raisons  viennent d’ailleurs fait florès.

 

On n’attrape des mouches avec du vinaigre !

 

En d’autres termes, certains châteaux veulent « le beurre, l’argent du beurre et la crémière… »

 

L’usage de cette expression de la fin du XIXe siècle.

 

Le bon sens paysan veut qu’on ne puisse pas, honnêtement, vendre le beurre qu’on vient de fabriquer, en garder l’argent, mais garder aussi le beurre, histoire de pouvoir le revendre encore et encore.

 

Vouloir toujours tout garder à soi, vouloir tout gagner sans rien laisser aux autres, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre.

 

Les arguments en défense des châteaux utilisant cette pratique c’est vraiment du style : il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages.

 

Pour l’avocat de Pascal Dourthe, Me Alexandre Novion, « la cour s’est focalisée sur les éléments visuels, du premier regard, comme si cela était impossible pour un consommateur ou que cela constituait un effort incommensurable de retourner la bouteille ». De surcroît, poursuit Me Novion, « le vin de propriété est à plus de 30 euros quand le vin de Maucaillou est à 7 euros. L’écart est suffisamment manifeste entre le vin de propriété et le vin de Maucaillou mettant le consommateur à l’abri de la confusion et du chaos »

 

Quand je pense  que notre Hubert, membre du Comité National de l’INAO, avec ses cloches, joue lui aussi sur le prestige de celle de l’Angélus pour fourguer ce genre de breuvage à deux balles.

 

Claire-2181.jpg

19 décembre 2013

Comment se faire des couilles en or avec une cloche d’argent : les tribulations d’un GCC de Saint-Emilion en Chine. ICI 

 

Pour certains propriétaires de GCC de Bordeaux, l’appellation c’est pour faire joli, il s’en tamponne le coquillard, ce qui compte pour eux c’est leur marque : le nom de leur château, dont ils estiment qu’ils peuvent l’utiliser comme bon leur semble.

 

Pourquoi pas !

 

Cependant, ils doivent se retirer du système des appellations qui leur permet de nous jouer, jusqu’à plus soif, la chanson de l’origine, du terroir et autres fioritures, et de  se contenter d’un bon vieux marketing du style du fameux classement  de Saint-Emilion où l’on privilégie des éléments qui n’ont rien à voir avec le vin du château.

 

Oui, on ne peut pas avoir « le beurre, l’argent du beurre et la crémière… »

 

 

La cour d’appel de Bordeaux confirme la condamnation du négociant en vins Pascal Dourthe pour « pratiques commerciales trompeuses »

 

Pour la première fois, la justice confirmait en appel une condamnation pour une fraude sur des étiquettes de bouteille de vins dans le Bordelais.

 

Par Claire Mayer (Bordeaux, correspondante)

 

En quelques minutes, ce 30 juin, la cour d’appel de Bordeaux a confirmé la condamnation du négociant en vins Pascal Dourthe pour « pratiques commerciales trompeuses » après le jugement prononcé en décembre 2019. Le délibéré a confirmé une amende de 10 000 euros pour M. Dourthe, accompagnée d’une seconde de 150 000 euros – contre 200 000 euros en 2019 – à l’encontre de son entreprise, la société Les Notables de Maucaillou, fondée en 1983. En cause, la commercialisation par ladite société d’un vin, le Bordeaux de Maucaillou, devenu le B par Maucaillou, dont les raisins n’étaient pas issus de cette propriété viticole, mais à 55 % de parcelles rattachées au château de Beau-Rivage, acquis en 2003, et à 45 % de vins achetés par l’entreprise puis élevés dans son chai de Baurech.

 

Si la contre-étiquette située au dos de ces bouteilles indiquait « mis en bouteille pour Les Notables de Maucaillou », l’information délivrée au consommateur n’était pas suffisante selon la cour, et pouvait ainsi lui faire croire qu’il achetait un vin de la propriété de Maucaillou, grand vin de Bordeaux, située dans le Médoc.

 

Selon le jugement établit en 2019, « rien dans l’étiquetage de ces vins ne laisse penser que ceux-ci ne proviennent pas de château Maucaillou et qu’il serait des vins de négoce, de telle sorte que le consommateur normalement informé et raisonnablement attentif et avisé s’attend légitimement à ce que les “Bordeaux de Maucaillou rouge et blanc”, dont les étiquetages reprennent les mêmes codes visuels que ceux des vins “Château Maucaillou”, “numéro 2 de Maucaillou” et le “Haut-Médoc de Maucaillou” soient également issus des vins de l’exploitation Château de Maucaillou, comme le sont ces derniers ».

 

« C’est un problème collectif »

L’enquête, menée par la Dreets Nouvelle-Aquitaine (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, ex-Direccte) à la suite d’un signalement en 2016, a donné lieu à un contrôle des services de l’Etat, suivi d’une injonction à cesser la commercialisation de ces vins. Contestant ces accusations, Pascal Dourthe avait pris le parti de refuser cette décision, et l’affaire a ensuite été menée devant les tribunaux. Plusieurs parties civiles ont pris part à l’instruction : la Confédération paysanne de Gironde, la Fédération des grands vins de Bordeaux et l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO).

 

Dominique Techer, porte-parole de la Confédération paysanne de Gironde, fustige des propriétés viticoles qui « défendent leurs intérêts personnels et sont en train de faire couler une marque collective ». Car, dans le Bordelais, le Château Citran, le Château Larrivet Haut-Brion, le Château Gloria et Château Rollan de By ont également été condamnés en première instance pour les mêmes pratiques considérées comme trompeuses.

 

« Les fraudes, il y en a marre »

 

Le Château Maucaillou est le premier à avoir fait appel. « Ce que je défends » poursuit Dominique Techer « et c’est pour ça qu’on est partie civile, c’est un problème collectif. Le bordeaux bashing n’est pas tombé de nulle part. La profession n’a plus aucune notion de déontologie… Les fraudes, il y en a marre. » « La difficulté, explique maître Julie L’Hospital, avocate de l’INAO, c’est qu’on vient quelque part instrumentaliser une appellation d’origine avec un vin qui n’est pas produit au château, qui n’a pas la même qualité, et dont le prix est semblable à un 3e vin. »

 

Pour l’avocat de Pascal Dourthe, Me Alexandre Novion, « la cour s’est focalisée sur les éléments visuels, du premier regard, comme si cela était impossible pour un consommateur ou que cela constituait un effort incommensurable de retourner la bouteille ». De surcroît, poursuit Me Novion, « le vin de propriété est à plus de 30 euros quand le vin de Maucaillou est à 7 euros. L’écart est suffisamment manifeste entre le vin de propriété et le vin de Maucaillou mettant le consommateur à l’abri de la confusion et du chaos ». L’avocat de M. Dourthe se réservait encore la possibilité d’un pourvoi en cassation.

 

Claire Mayer(Bordeaux, correspondante)

 

 

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2022 4 07 /07 /juillet /2022 06:00

Le vin biologique n'existait pas. L'Europe le fait naitre

La vie n’est pas un long fleuve tranquille dans le Médoc, alors que les petits vins de Bordeaux ne trouvent pas de clients, que le président Farge se démène comme un beau diable pour trouver des sous dans les poches des contribuables afin d’arracher des vignes, voilà t’y qu’un gus, propriétaire-négociant dans le Médoc, en fabrique pour le refiler aux gogos via la GD  dans plusieurs départements grâce à « un réseau de distributeurs officiels et officieux constitué de sociétés, de retraités, d’autoentrepreneurs »

 

Pour mener à bien son escroquerie, le mis en cause a noué des relations avec des contacts espagnols pour se procurer du vin. Les opérations d’embouteillage se sont déroulées la nuit, et les livraisons pendant le week-end.

 

Selon le parquet, l’argent généré par ces ventes illégales a alimenté le train de vie des principaux mis en cause. Ils blanchissaient l’argent en finançant des travaux de rénovation avec de la main-d'œuvre irrégulière.

 

Encore un coup des néo-libéraux, comme diraient les cavistes de la Nupes !

 

Bref, rien de nouveau sous le soleil, de tout temps, le vin a fait l’objet de pratiques douteuses, de trafics, de coupages, certains « négociants » furent pris la main dans le sac, dans le Midi rouge, à Bordeaux et dans d’autres places moins connues. Le pognon de dingue à gagner fut, et est, toujours le moteur de ces escroqueries. Lorsque je fus recruté à l’Office des Vins de Table c’était un dossier chaud.

 

Ne voyez aucune ironie dans mon titre, pour une certaine catégorie de consommateurs traditionnels le Bordeaux reste une référence et, je ne suis pas certain que leur palais fut agressé par les faux Médoc. Ça devrait amener certains à réfléchir sur l’avenir du socle des vins qualifiés eux aussi de traditionnels, et par là même à tirer des conséquences sur leur capacité à rester sur le marché.

 

 

Trafic de vins de Bordeaux : démantèlement d’un réseau de contrefaçon de « grande ampleur »

 

Un vaste trafic de vins de Bordeaux a été démantelé fin juin. Des centaines de milliers de bouteilles seraient concernées par ces fausses étiquettes et la contrefaçon d’alcool. De faux vins repérés en Sarthe ont mis la puce à l’oreille des enquêteurs.

 

Des « centaines de milliers de bouteilles » de vin de contrefaçon auraient transité par le réseau démantelé fin juin.

 

Des « centaines de milliers de bouteilles » auraient transité par un réseau de contrefaçon qui vendait pour du bordeaux du vin bas de gamme. La gendarmerie a mené lundi 27 juin un vaste coup de filet, selon le parquet de Bordeaux ce vendredi 1er juillet.

 

Une vingtaine d’arrestations

 

Une centaine de gendarmes ont interpellé lundi dans le Médoc (Gironde) et dans sept départements une vingtaine de personnes soupçonnées d’avoir pris part à ce trafic de bordeaux contrefaits dont l’ampleur peut être « évaluée à plusieurs centaines de milliers de bouteilles », a souligné la procureure de la République Frédérique Porterie.

 

Trois de ces suspects, dont le « principal instigateur », ont été présentés mercredi devant un juge d’instruction et mis en examen pour « escroquerie en bande organisée et blanchiment », « tromperie sur la marchandise » et « falsification de denrées ».

 

Ils ont été libérés sous contrôle judiciaire avec obligation de verser des cautions de 20 000 à 50 000 euros.

 

Une piste remontée depuis la Sarthe

 

En enquêtant sur un trafic de stupéfiants, les gendarmes sont tombés fortuitement en septembre dernier sur du matériel de contrefaçon, comme de « fausses étiquettes », a détaillé le parquet dans un communiqué.

 

Puis en octobre, des faux bordeaux étaient repérés dans la Sarthe, conduisant les gendarmes à faire le lien avec une contrefaçon signalée des mois plus tôt dans le Médoc.

 

Le parquet a ouvert une enquête en novembre confiée à la section de recherches avec l’appui des gendarmes de la Gironde et du groupe « vins », une cellule spécialisée de la gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine.

 

Les investigations ont révélé « une fraude de grande ampleur organisée par le propriétaire d’un vignoble dans le Médoc », également négociant. Ce dernier se procurait du vin grâce à des « contacts espagnols » et imprimait « un nombre important d’étiquettes » en toute discrétion tandis que des opérations d’embouteillages pouvaient se dérouler de nuit.

 

La France et l’étranger abreuvés

 

Les faux bordeaux étaient ensuite écoulés « par palettes entières » dans plusieurs départements grâce à « un réseau de distributeurs officiels et officieux constitué de sociétés, de retraités, d’autoentrepreneurs », selon le parquet.

 

Des « commandes importantes », soit plusieurs milliers de bouteilles, étaient en outre « destinées à la grande distribution ou à des pays étrangers ».

 

Des Médoc de moyenne gamme

 

Les clients pensaient acheter des châteaux bordelais « dont le nom et l’étiquette inspiraient confiance, à des tarifs défiant parfois toute concurrence » alors que les flacons contenaient des « vins bas de gamme ou provenant de terroirs assez éloignés », a souligné la procureure.

 

Au cours des perquisitions, « une dizaine de véhicules » et « un volume important de vins » ont été saisis.

 

Selon une source proche du dossier, la contrefaçon ciblait des vins du Médoc de moyenne gamme, plus faciles à falsifier que les grands crus.

 

« Si les faits sont avérés, nous espérons que les auteurs seront lourdement condamnés car ces pratiques portent atteinte à l’image des vins de Bordeaux et à l’image de tous ceux qui travaillent bien et respectent les règles », a réagi le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux joint par l’AFP.

 

 

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2022 3 06 /07 /juillet /2022 06:00

Les noces de Cana - Texte de la Bible, Nouveau Testament - Chrétiens  aujourd'hui

Attendu que l’eau est, et va être de plus en plus, une ressource rare.

 

Attendu que le vin, n’en déplaise aux bardes du terroir, n’est pas un produit essentiel pour notre survie.

 

Attendu que, je n’ai aucune espèce de compétence sur le sujet mais que, pour moi, irriguer les vignes afin de pallier les conséquences du changement climatique, n’est pas une solution d’avenir, je confie cette chronique à :

 

  • Sonia Lopez Calleja et Emmanuel Costa Sedille du LeRouge&leBlanc

 

  • Hervé Covès

 

Attendu que LeRouge&leBlanc ne roule pas sur l’or, pour découvrir ce dossier bien documenté je vous invite à vous abonner à cette publication sans publicité.

 

 

Attendu qu’Olivier de Moor est un vigneron qui se pose des questions, et se réfère à Hervé Coves, je suis tranquille comme Baptiste.

DR / Hervé Coves : "Un jour, ça s'est imposé à moi : regarde comme la vie est belle"

Hervé Covès, un franciscain expert de l'agroécologie et de la permaculture ICI

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 06:00

CUISSE GRENOUILLE 500G

Cuisses grenouille crues, 50-60 au kg, Indonésie
Poissons Natures Surgelés - Poissons - Picard

Plusieurs espèces de grenouilles menacées à cause de notre appétit pour leurs cuisses

Grenouille Hoplobatrachus rugulosus. - Flickr / CC BY-NC-SA 2.0 / Thomas H Brown

La réponse est OUI !

 

Savez-vous d’où viennent les cuisses, que vous les dégustez persillées ou aillées, parfois les deux ?

 

D’Asie du Sud-Est et plus précisément d’Indonésie. Le pays est en effet le premier exportateur au monde de grenouilles. Il fournit 80% de ce qui est importé en Europe.

 

Certains fournisseurs ne cachent d’ailleurs pas au grand public l’origine de leurs cuisses, comme Picard, le magasin de surgelés préféré de qui vous savez…

 

Comment l’Indonésie s’est-elle retrouvée au rang de 1er exportateur mondial de grenouilles ?

 

En 1980, alors que l’Hexagone interdit la chasse commerciale, pour parer au risque d’extinction, l’Inde et le Bangladesh prennent le relais… avant d’interdire, eux aussi, la chasse à la grenouille. L’Indonésie, s’engouffre dans la brèche ; la chasse avait déjà lieu dans l’archipel où l’animal est apprécié par une importante minorité indonésienne d’origine chinoise.

 

Les Français sont réputés pour être des consommateurs de grenouilles.

Les Français sont volontiers qualifiés de "Froggies" ("mangeurs de grenouilles") par les anglais. Outre la caricature (assez peu de personnes mangent des cuisses de grenouilles en France), ce sont, au contraire, les anglais qui étaient précurseurs en la matière comme le révèlent des fouilles réalisées en avril 2013 aux environs du célèbre site mégalithique de Stonehenge. Plus de 650 ossements d'animaux y ont été découverts dont des arêtes de poissons, des restes d'auroch - l'ancêtre du bovin - mais aussi des os de cuisses de grenouilles datant de 7 596 à 6 250 avant notre ère !

 

« Ils avaient vraiment des ressources alimentaires riches, ils mangeaient tout ce qui bougeait. Mais nous ne nous attendions pas à des cuisses de grenouilles », a commenté David Jacques, l'un des chercheurs issu de l'université de Buckingham. Celui-ci formule une hypothèse : « Les cuisses de grenouilles sont pleines de protéines et très rapides à cuisiner, c'était un peu l'équivalent du fast-food au Mésolithique. »

 

En France, les cuisses de grenouilles ont commencé à être consommées qu'à partir du XIIe siècle. La demande a fortement augmenté après la seconde guerre mondiale et on continue aujourd'hui de "déguster" des cuisses de grenouilles dans les restaurants dit "gastronomiques".

 

Or, depuis les années 1970, les espèces françaises de grenouilles sont protégées car elles sont menacées d'extinction, comme nombre d'amphibiens qui ont vu leur habitat se réduire dramatiquement et leur chance de survie diminuer significativement avec la fragmentation de leur espace vital par les axes de circulation.

 

C'est pourquoi, les cuisses de grenouilles consommées sont majoritairement issues des espèces tropicales, importées. Et il s'agit d'un commerce important et lucratif puisque chaque année, le premier exportateur mondial, l'Indonésie, vend près de 5 000 tonnes de cuisses de grenouilles principalement à destination de la France (3 000 à 4 000 tonnes) et des Etats-Unis.

 

Notre pays détient en effet la palme, en Europe, de l'importation de grenouilles, avec plus de 30 000 tonnes importées en neuf ans. Les importations viennent principalement de Turquie et d'Indonésie. Environ 98% des grenouilles consommées dans l'Hexagone viennent de l'étranger

 

L'Hexagone est en effet pointé du doigt pour sa consommation élevée de cuisses de grenouilles. Un rapport de l'ONG Robin des Bois indique que le goût pour ce plat serait un peu trop immodéré, avec des conséquences pour la biodiversité.

 

C'est un produit de luxe dont le prix à la revente est assez colossal. Celui-ci s'élève en moyenne à 15 euros le kilo. Or la surexploitation a déjà des conséquences. Il y a plus de 30 ans, la commercialisation de toutes les espèces de grenouilles a été interdite en Inde. En Turquie, les spécialistes alertent sur une probable disparition des grenouilles si le rythme d'exploitation ne change pas.

 

En France, la capture des grenouilles rousses est encadrée. Elles sont prisées de mai à juillet. Plus de deux millions de grenouilles sont capturées légalement tous les ans dans la région de la Franche-Comté.

 

 

Biodiversité. Allemands ou Français : qui est responsable de l’extinction des grenouilles ?

 

« L’Union européenne est responsable de l’extinction en cascade des populations de grenouilles” en Europe de l’Est et dans certains pays d’Asie, ont alerté les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois dans un rapport publié mercredi 22 juin. D’ici à 2032, la grenouille des marais d’Anatolie pourrait avoir disparu de Turquie, à cause d’une surexploitation.

 

La presse britannique revient sur le sujet, mais ne désigne pas les mêmes responsables.

 

« Les coupables sont les Allemands », rapporte le Telegraph, tandis que le Guardian accuse au contraire « l’appétit pour les cuisses de grenouille en France et en Belgique ».

 

« Le penchant de la France pour les “cuisses de grenouille” est célèbre mais l’Hexagone est loin d’être le seul pays européen à apprécier ce mets, souvent servi avec du beurre, du persil et de l’ail”, explique le Telegraph. De fait, les Vingt-Sept n’ont imposé aucune restriction au commerce de grenouilles : quelque 4 070 tonnes de cuisses de grenouille sont importées chaque année dans l’Union, soit l’équivalent de 81 à 200 millions d’amphibiens.

 

« La faim de viande de grenouille semble plus grande en Belgique, destinataire de 70 % des importations, mais selon l’organisation Pro Wildlife, la plus grande partie est ensuite envoyée en France, qui en importe directement 16,7 % », précise le Guardian.

 

Effets dramatiques sur la biodiversité

 

De son côté, le Telegraph assure que « les chiffres montrent qu’en 2020 l’Allemagne a importé plus de cuisses de grenouille que la France et déboursé 73 millions de livres [près de 85 millions d’euros] pour ce plat, contre une addition de 33 millions de livres [38 millions d’euros] côté français »

 

Cependant, Le Temps précise que « les chiffres peuvent varier énormément d’une année à l’autre ». La Suisse a ainsi importé 51 tonnes de cuisses de grenouille en 2019, contre 116 tonnes en 2016.

 

La surconsommation a en tout cas des conséquences dramatiques pour la protection des espèces en Turquie, en Albanie et en Inde, pays qui sont, avec le Bangladesh et l’Indonésie, d’importants exportateurs. Un problème qui va bien au-delà des grenouilles, car ces mangeuses d’insectes jouent un rôle important dans l’écosystème et permettent de limiter l’utilisation de pesticides.

Des grenouilles sur le capot d’un taxi à Bangkok, en septembre 2021 (image d’illustration).

 

Biodiversité. Allemands ou Français : qui est responsable de l’extinction des grenouilles ? ICI

 

« L’Union européenne est responsable de l’extinction en cascade des populations de grenouilles” en Europe de l’Est et dans certains pays d’Asie, ont alerté les ONG Pro Wildlife et Robin des Bois dans un rapport publié mercredi 22 juin. D’ici à 2032, la grenouille des marais d’Anatolie pourrait avoir disparu de Turquie, à cause d’une surexploitation.

 

La presse britannique revient sur le sujet, mais ne désigne pas les mêmes responsables.

 

« Les coupables sont les Allemands », rapporte le Telegraph, tandis que le Guardian accuse au contraire « l’appétit pour les cuisses de grenouille en France et en Belgique ».

 

« Le penchant de la France pour les “cuisses de grenouille” est célèbre mais l’Hexagone est loin d’être le seul pays européen à apprécier ce mets, souvent servi avec du beurre, du persil et de l’ail”, explique le Telegraph. De fait, les Vingt-Sept n’ont imposé aucune restriction au commerce de grenouilles : quelque 4 070 tonnes de cuisses de grenouille sont importées chaque année dans l’Union, soit l’équivalent de 81 à 200 millions d’amphibiens.

 

« La faim de viande de grenouille semble plus grande en Belgique, destinataire de 70 % des importations, mais selon l’organisation Pro Wildlife, la plus grande partie est ensuite envoyée en France, qui en importe directement 16,7 % », précise le Guardian.

 

Les États de l'UE importent environ 4 070 tonnes de cuisses de grenouilles chaque année

 

Effets dramatiques sur la biodiversité

 

De son côté, le Telegraph assure que « les chiffres montrent qu’en 2020 l’Allemagne a importé plus de cuisses de grenouille que la France et déboursé 73 millions de livres [près de 85 millions d’euros] pour ce plat, contre une addition de 33 millions de livres [38 millions d’euros] côté français »

 

Cependant, Le Temps précise que « les chiffres peuvent varier énormément d’une année à l’autre ». La Suisse a ainsi importé 51 tonnes de cuisses de grenouille en 2019, contre 116 tonnes en 2016.

 

La surconsommation a en tout cas des conséquences dramatiques pour la protection des espèces en Turquie, en Albanie et en Inde, pays qui sont, avec le Bangladesh et l’Indonésie, d’importants exportateurs. Un problème qui va bien au-delà des grenouilles, car ces mangeuses d’insectes jouent un rôle important dans l’écosystème et permettent de limiter l’utilisation de pesticides.

 

 

La consommation de cuisses de grenouilles en France menace la biodiversité ICI 

 

Une étude du Muséum d’histoire naturelle s’inquiète des conséquences de la consommation de cuisses de grenouilles d’importation, qui menace les espèces sauvages en Indonésie.

 

Julien Duriez, le 04/04/2017

Partager cet article
Repost0
4 juillet 2022 1 04 /07 /juillet /2022 06:00

Palmer 1961, l'aristocrate médocain Anthocyanes - Yohan Castaing

Je ne sais si JPK lis encore mes pauvres chroniques, où le vin tient si peu de place, mais ce que je sais c’est que je le lis avec toujours le même plaisir, même si je suis devenu un buveur de vin nu.

 

Le sieur Thomas Duroux me poste toujours L’œil de Palmer et, dans le dernier numéro, JPK nous livre sa flamme pour le Palmer 1961.

 

 

Elle explique pourquoi, avec talent et érudition, je n’ai jamais été ni un amateur, ni un dégustateur de vin…

 

Jack Palmer, à la demande des hauts propriétaires des beaux châteaux de  Margaux, fut chargé d'enquêter sur le suc de la terre du château Palmer… -  Le blog de JACQUES BERTHOMEAU

 

Une remarque de lecteur, la mise en page sur les photos d’Olivier Metzger rend la lecture pénible, à trop vouloir s’imposer on indispose.

 

 

« Les millésimes de légende tels que le Palmer 1961 portent la marque d’un malentendu qui en constitue toute la singularité et le mystère. Face à ces vins exceptionnels, on se heurte comme aux murs d’une forteresse. À force d’avoir été commentés et sur-interprétés pour tenter d’en percer le secret, ils ont fini par acquérir une opacité qui en fait des citadelles imprenables. Sans doute peut-on s’en approcher, rôder autour, les investir même, mais il est illusoire de pénétrer au cœur de la place forte. Ces années fabuleuses contiennent un sens qu’il ne cessera de nous échapper. Pour se consoler, on peut toujours affirmer que c’est notre manière de les approcher qui importe. Que la quête compte plus que la conquête, etc. Il n’empêche, cette incapacité à parvenir au point le plus intime du sanctuaire a quelque chose de frustrant.

 

Venons-en au Palmer 1961.

 

Apparemment, il ne saurait y  avoir un  désaccord ou une méprise sur un tel millésime. Tous s’accordent à dire qu’il est extraordinaire. Personnellement, je n’ai jamais dégusté un pareil vin. C’est une  des deux ou trois plus grandes émotions de ma vie d’amateur. On vante sa concentration, son opulence en même temps que sa délicatesse. Cette aptitude à jouer sur des notions contradictoires est l’indice même d’un millésime d’exception. On ne peut n’est-ce pas, tout avoir, la puissance  avec en plus l’élégance. Palmer le peut et résout magistralement ce duel des contraires, conjuguant ce moelleux si caressant et soyeux avec une énergie enthousiasmante. Il y a quelque chose de confondant dans la fraîcheur en bouche qui subsiste encore soixante ans plus tard. On peut certes insister aussi sur le milieu de bouche qui signe les millésimes mythiques : ce moment crucial dans la dégustation, véritable saut dans l’inconnu, l’instant où tout bascule et relance les sensations comme un nouveau commencement.

 

On peut multiplier les superlatifs. Oui, ce Palmer contient tout cela et même plus. C’est précisément la pièce manquante, cet élément intraduisible et irréductible du vin, ce je-ne-sais-quoi dont parle Jankélévitch1, le point que la raison ne peut exprimer. Ce centre silencieux et inentamable est évidemment le plu délectable, le plus voluptueux, mais il est insaisissable.

 

Quand on parcourt le jugement que Robert Parker porte sur le Palmer 1961, on le sent vraiment impressionné, il est laudatif à l’extrême. En même temps, on perçoit une gêne, comme s’il était entravé par les mots. Je crois qu’il a pleinement conscience du malentendu qui est en jeu. Insistons sur la notion de malentendu, inhérente à la dégustation. Sans doute constitue-t-elle un tour de passe-passe, mais cet artifice est nécessaire. Il se révèle même productif car le malentendu dévoile souvent une vérité qu’on veut cacher. Parker lance des mots, il voudrait transmettre les raisons de son enthousiasme, il n’y arrive pas. Il l’avoue à demi quand il écrit : « Bouquet difficile à traduire avec des mots ». Il sait bien que cette difficulté ne concerne pas seulement ce bouquet mais tout le reste,  ce même plus indicible et incommunicable. Rendons grâce au moins à ce remarquable dégustateur d’avoir compris que les grands vins possèdent ce pouvoir de ne pas se laisser enfermer dans un compte-rendu prétendument objectif.

 

Pour se tirer d’embarras, on pourrait invoquer le principe ultime et illimité, l’infini, en fait l’aveu de notre impuissance et de notre ignorance. Ce qui est achevé, total et qui contient en lui-même sa raison d’être relève sans doute d’une forme d’absolu, mais appartient-il au domaine  de l’infini ? Toute entreprise humaine est finie, limitée dans l’espace et dans le temsp. Elle est considérée comme accomplie, conduite à son terme. Il lui a été mis un point final. Affirmer que le caractère extraordinaire d’un vin pourrait se concevoir à la lumière de l’infini me paraît déraisonnable. Einstein déclarait que deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine.

 

Personnellement, je trouve rassurant que, dans le souci d’une perfection à atteindre, le vin appartient à l’univers fini. À l’image de ce que nous sommes, un millésime fut-il le plus n’est-il pas soumis à une limitation ? Le fait que, parmi tant d’autres, une année parvienne à se hisser miraculeusement au sommet en assigne les bornes en même temps qu’elle nous permet d’en tracer le contour. Par nature le sommet est un point qui ne saurait être dépassé.

 

Certes les grands millésimes ne meurent jamais, ils sont assurés d’une permanence et d’une pérennité qui restent gravées dans notre mémoire, mais regardons les choses en face : la finalité concrète d’un vin est de disparaître. Une fois la dégustation terminée, il ne reste rien au-delà de cette « apparition disparaissante », pour reprendre l’expression qu’emploie Jankélévitch dans son livre sur Claude Debussy2. Mais ce rien est tout puisque la vie du souvenir commence. Le vin n’est plus, mais l’émotion que nous avons ressentie et engrammée au moment de la dégustation ne va cesser de nous poursuivre, d’où cette quête éperdue de l’amateur qui veut retrouver dans les autres vins qu’il goûte cette sensation unique. La vie d’un amateur n’est rien d’autre qu’une chasse au souvenir, une tentative de ressusciter quelques millésimes de légende tels que le Palmer 1961. En fit, une histoire de reconnaissance, retrouver dans le présent l’émotion éprouvée dans le passé, équivalente et aussi puissante. Cette poursuite souvent vaine assure à ces vins une forme d’imprescriptibilité que rien ne pourra détruire en même temps qu’une affirmation de leur limite humaine. »

 

  1. Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien  de Vladimir Jankélévitch 3 tomes Points Essais 1980-81
  2. Debussy et le mystère de l’instant Vladimir Jankélévitch Plon 2019

 

Partager cet article
Repost0
2 juillet 2022 6 02 /07 /juillet /2022 06:00

Liberté ou contrôle de l'information : un débat politique - 1ère - Cours  Histoire géographie, géopolitique et sciences politiques - Kartable

Alors que partout ailleurs, sur les réseaux sociaux, sur les chaînes d’info en continu, à l’Assemblée Nationale sans doute lorsque la session sera ouverte, on s’invective, s’insulte, ici le débat est ouvert dans le respect des opinions, des analyses des uns et des autres.

 

Malevolent - Foule haineuse on Twitter: "@CgtTuifrance Il y a 120 ans,  dessin sur l'affaire l'affaire Dreyfus : "ils en ont parlé"  https://t.co/H5l1jEvbkV" / Twitter

Poursuivons le débat sur l’idée d’inscrire un droit à l’IVG dans la Constitution

 

Le texte que j’ai publié le 28 juin sur cette question m’a valu un courrier relativement important et de nombreuses critiques auxquelles je souhaite essayer de répondre ici. Je vais pour cela examiner successivement les principaux arguments des défenseurs de cette réforme constitutionnelle.

 

Premier argument : ce qui compte, ce n’est pas le droit, ce sont les rapports de forces.

 

Ce reproche m'a été adressé par ceux qui ont trouvé mon texte précédent trop juridique, trop loin de la vie et du combat au quotidien pour faire respecter la possibilité pour les femmes qui le souhaitent de pratiquer une IVG.

 

Mais cet argument, ce n'est pas à moi qu'il faut l'adresser mais à ceux qui pensent que tout problème doit trouver sa solution dans une révision de la Constitution. C'est précisément ce que l'on nous explique à propos de l’IVG depuis une dizaine de jours : pour sauver l'IVG il faut une réforme constitutionnelle.

 

À l'inverse, je pense que s’il y a une menace sur la possibilité pour les femmes de recourir à l'IVG elle se trouve dans l'état de l'hôpital public, dans le manque de médecins, de sage-femme, etc. qui rendent difficile et parfois impossible le recours à quelque acte médical que ce soit. Ce qui menace la possibilité de recourir à l'IVG, c'est l'insuffisance des moyens du planning familial, le régime sec auquel le monde associatif a été soumis depuis une dizaine d'années et particulièrement au cours du dernier quinquennat. 

 

La NUPES ferait donc mieux de concentrer ses efforts sur l'augmentation des moyens dont dispose le système de santé français plutôt que de s’engouffrer dans le piège que lui tend le groupe Renaissance, en déposant immédiatement sa propre proposition de loi pour ne pas en laisser l'exclusivité à Aurore Bergé. Les partis de gauche feraient mieux de se battre pour défendre le pouvoir d'achat des ménages, pour un renforcement immédiat et considérable des moyens consacrés à la santé publique, plutôt que de s'engager dans une bagarre sur une réforme constitutionnelle qui prendra des mois et se terminera très certainement dans une impasse pour des raisons que je vais examiner ensuite.

 

Deuxième argument : Le droit à l’IVG est menacé par la présence de l’extrême droite au Parlement et la droitisation de l’opinion publique.

 

Il est contradictoire de dire en même temps que la loi garantissant de droit pour toutes les femmes majeures où mineures à pratiquer une IVG jusqu'à 14 semaines est menacée en raison du nombre de députés du Rassemblement national élus à l'Assemblée nationale et de la fatigue démocratique ressentie par les Français, et qu’il faut réviser la Constitution pour faire de l’IVG un droit constitutionnel.

 

Pourquoi ?

 

La révision de la Constitution obéit à une procédure beaucoup plus rigoureuse que l'adoption d'une loi ordinaire.

 

L’initiative de la révision constitutionnelle (art. 89 de la Constitution), appartient soit au président de la République sur proposition du Premier ministre, soit aux membres du Parlement. Dans les deux cas, le texte de la révision doit être voté en termes identiques par l’Assemblée nationale et par le Sénat. Pour devenir définitive, la révision doit ensuite être obligatoirement approuvée par référendum lorsqu'il s’agit d’une proposition de révision constitutionnelle (à l’initiative des parlementaires), ou par référendum ou la majorité des 3/5e des suffrages exprimés des deux chambres du Parlement réunies en Congrès, s’il s’agit d’une initiative du Président de la République. Je laisse de côté la procédure de l'article 11 de la Constitution qui ne semble pas pouvoir être utilisée dans le cas qui nous occupe.

 

Comment peut-on dire en même temps qu’il existe un risque de remise en cause par le Parlement de la loi permettant l’IVG et qu'une majorité des 3/5 des parlementaires serait prête à voter en faveur de sa protection par la Constitution (dans le cas d'une initiative du Président de la République) ?

 

Comment peut-on dire que le droit à l’IVG est menacé parce que les Français ressentent « une lassitude démocratique » et votent pour la droite et l’extrême droite et envisager de soumettre au peuple français par referendum l’intégration à la constitution du droit à l’IVG ? Que ferions-nous si la majorité des français se déclarait opposée à la reconnaissance de ce droit ?

 

Et puis les mêmes partis hostiles à l’IVG sont généralement favorables à la restauration de la peine de mort. Faut-il pour préserver la loi du 18 septembre 1981 qui abolit la peine de mort, intégrer cette abolition à la constitution ? Quel serait le résultat d’un referendum sur cette question ?

 

La justification d’une révision constitutionnelle par le risque d’une possible mise en cause parlementaire de la loi sur l’IVG est incohérente. Si une majorité du parlement à l’intention de revenir sur les lois en faveur de l’IVG, ce n’est pas cette majorité qui approuvera une réforme constitutionnelle pour le protéger. À l’inverse, si le Parlement actuel peut adopter une telle révision, cela montre que la menace n’existe pas et qu’il s’agit d’une simple opération politique permettant de faire exister l’union nationale.

 

Troisième argument : Le droit à l’IVG sera mieux garanti s’il est intégré à la constitution

 

Le texte actuel de la Constitution de la 5e République n’énumère pas les droits auxquels il confère une valeur constitutionnelle. Il rappelle dans son préambule « l'attachement (du peuple français) aux droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu aux droits et devoirs définis dans la charte de l'environnement de 2004 ».

 

Les textes auxquels renvoie le préambule de la constitution, qui sont de ce fait intégrés au bloc constitutionnel, ne sont jamais aussi précis que ne le serait un article indiquant que « la constitution garantit la liberté de pratiquer une IVG ».

 

Ils consacrent des principes généraux qui faisaient l'objet d'un large consensus dans la société française au moment de leur adoption, qui sont parfois contradictoires entre eux et dont la mise en œuvre reste très imparfaite, précisément parce qu’il s'agit de principes généraux.

 

Par exemple, l'article 3 du préambule de la Constitution de 1946 est ainsi rédigé : « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme ».

 

Peu de personnes ou de groupements politiques, en France, oseraient défendre un point de vue différent (à part Zemmour renvoyé aux oubliettes par les Français malgré la campagne de promotion gratuite dont il a bénéficié). Et pourtant, en dépit de la valeur constitutionnelle de ce principe chacun peut constater que le principe « à travail égal, salaire égal » est loin d'être respecté ; que malgré plusieurs lois sur la parité la position des femmes dans les entreprises les administrations ou les assemblées délibérantes n'est pas égale à celles des hommes ; que la répartition des tâches à la maison est encore loin d'être équitable ; que nous n’en avons pas fini avec la violence masculine contre les femmes...

 

L'article 5 du même texte déclare : « chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances ».

 

76 ans après sa rédaction, la mise en œuvre de ce principe reste très imparfaite.

 

L'idée que chacun a le devoir de travailler n'est plus aussi largement partagée qu’elle ne l’était alors. Par exemple, les propositions consistant à subordonner le versement de minima sociaux à une contribution à l’effort collectif sous forme de travaux d’intérêt général est récusée, au nom de l'idée juste selon laquelle les bénéficiaires des minimas sociaux ne sont pas dans cette situation parce qu'ils l'ont voulu, mais parce que les conditions sociales de leur existence les y ont placés. De plus, l'idée d'un revenu de subsistance universel et inconditionnel a fait son chemin depuis 1946. Elle est aujourd'hui souvent considérée comme une idée de gauche, même si certains libéraux se revendiquant de la droite la défende aussi. Faut-il réviser le préambule de la Constitution de 1958 en indiquant que le peuple français reste attaché au préambule de la Constitution de 1946 sauf pour ce qui concerne l'obligation de travailler prévue à l'article 5 ?

 

Quant au droit au travail, il n'y a pas besoin de faire de longs discours pour dire qu'il est resté une pétition de principe. Le chômage de masse règne depuis le début des années 1980. Et pour ceux qui ont du travail, il y aurait beaucoup à dire sur la qualité de ce travail, sur les souffrances qu'il provoque dans l'existence d'un nombre considérable de personnes exposées à l'absurdité de ce qu'on leur demande de faire, à l'inutilité d'un nombre croissant de « bullshit jobs », cette réalité n'étant pas pour rien dans la crise morale que traverse le pays.

 

Il ne suffit donc pas d'inscrire de justes déclarations de principe dans un texte, quelle que soit sa place dans la hiérarchie des normes juridiques, pour que la réalité en soit modifiée. C'est hélas un mal français de consacrer beaucoup plus de temps à pondre des lois et des décrets qu'à s'intéresser à leur mise en œuvre et à ce qui s'y oppose concrètement.

 

Ma conclusion : Une révision constitutionnelle mettra le droit à l’IVG en péril

 

L'inscription d’un droit à l’IVG dans la Constitution divisera la société française, a toutes les chances de ne pas aboutir et ouvrira le champ à sa remise en cause. 

 

Il est à peu près certain qu'une proposition visant à faire du droit à l'IVG un principe constitutionnel suscitera des propositions adverses, visant à faire du droit à la vie dès la première étape de la conception un droit inviolable devant être garanti par la Constitution.

 

Ici, nous ne sommes plus dans le droit, mais dans le champ des convictions intimes de chacun, manipulées, il est vrai, par des intérêts politiques.

 

La loi Veil était une loi de compromis destinée à protéger les femmes. Elle tirait les leçons des conséquences désastreuses des dizaines de milliers d'avortements clandestins, pratiqués dans des conditions abominables, aussi bien sur le plan médical que psychologique, et fixait le cadre juridique permettant de mettre fin à ce scandale, sans invoquer un droit nouveau.

 

Les plus âgés d’entre nous se souviennent de la violence du débat au Parlement et dans la société, autour de cette loi qui n'imposait rien à personne mais permettait aux femmes se trouvant dans une situation de grossesse non désirée d'y mettre fin dans les meilleures conditions possibles.

 

Notons qu’à l’inverse, peu de gens ont entendu parler du débat qui a précédé la promulgation de la loi du 2 mars 2022, c’était hier, qui porte à 14 semaines (contre 12 semaines précédemment) le délai légal pendant lequel une IVG peut être pratiquée, en plus de toute une série d'autres mesures confortant ce droit. Cela n'a suscité ni grand débat dans la société française, ni affrontements violents au Parlement.

 

Cette absence de polémique confirme que l'agitation actuelle en France autour de cette question, née d’une décision de la Cour suprême américaine qui ne nous concerne en rien, est complètement artificielle. J’espère que les responsables politiques de gauche et de droite auront la sagesse de passer rapidement à autres chose.

 

30 juin 2022

 

JF Collin

 

Partager cet article
Repost0
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 06:00

Cerisier bigarreau Napoléon Prunus avium | cerises rouges & jaunes

 

Sur le chemin de l’école, dans un jardin en contrebas, des cerisiers nous narguaient, nous tentaient, nous invitaient au péché de gourmandise. Ironie de l’affaire, ce jardin était situé face à  la maison bourgeoise de l’instituteur laïc, considéré par les grenouilles de bénitier comme la quintessence du diable.

 

Nous portions en ce temps-là des culottes courtes, de nos jours ce sont les filles, qui exposent en des shorts leurs longs compas au Dieu soleil, et des chaussettes. L’escalade du tronc nous éraflait les cuisses mais le plaisir de la chair juteuse des cerises nous faisait ignorer ces désagréments. L’un d’entre nous se postait en guetteur, nous le rétribuions en nature en remplissant les poches de nos blouses de cerises pour lui. Nous ne nous sommes jamais fait prendre la main dans le sac, si je puis le dire ainsi.

 

Des cerises il y en avait à profusion dans le jardin du pépé Louis, un immense cerisier couvert de petites cerises  rouges acidulées dont je me goinfrais à califourchon sur les immenses branches, et un cerisier de taille plus modeste, plus tardif, produisant de grosses cerises blanches et roses, celles qui aujourd’hui coûtent un bras, que nous nous amusions à offrir aux filles pour qu’elles les portent, par deux, en pendentifs.

 

Le fruit défendu a plus de goût, celui de l’enfer, comment ose-t-on gourmander la pauvre Ève d’avoir cédé à la tentation ?

 

De ce temps révolu, les cerisiers du chemin et du jardin du Bourg-Pailler ont été coupé, je dois me contenter d’en  acheter chez la marchande de 4 saisons – façon de parler parce qu’elle aussi a disparue – j’ai gardé une forte addiction aux cerises. Lorsque j’allais passer des vacances dans le Luberon, du côté d’Apt, je me régalais sur les chemins environnant de cerises sauvages.

 

Enfin pour compléter ce tableau, j’adore le bois de cerisier ou de merisier, et j’ai sauvé de la destruction des années formica, un bel homme debout aux pieds chantournés en cerisier. Pas facile à déménager mais quand on aime on ne compte pas.

 

Homme debout:

 

« À l'origine, l'homme debout était une petite armoire très haute à une seule porte. Selon la légende, ce meuble servait aux insurgés vendéens de cachette pendant la révolution pour échapper aux soldats républicains : un homme debout pouvait y loger ».

 

Depuis, je ne sais pourquoi on l’a baptisée bonnetière.

 

11 mai 2006

Lettre à Monsieur le Ministre

 

ICI 

 

C'était en 1983 je crois, une crise de la cerise de bouche, je suis en charge du dossier au cabinet de Michel Rocard. Un matin un coursier nous porte trois panières emplies de magnifiques cerises en provenance des producteurs de l'Ardèche.

 

Sur chaque panière une lettre épinglée : madame Danièle Mitterrand, madame Delors, madame Michèle Rocard.

 

Nous transmettons aux intéressées et très vite on me confie le pensum d'écrire la réponse de chacune de ces dames aux producteurs de l'Ardèche. La missive de ces derniers est fort bien tournée, émouvante et sympathique.

 

 

Je me prends au jeu et je commets trois réponses différentes en fonction de l'idée que je me fais de la personnalité de ces dames.  

 

Fin de l'épisode à part que le chef de cabinet de Rocard, Yves Colmou, reçoit un coup de fil de Danièle Mitterrand pour remercier et ajouter « pourtant François a fait beaucoup pour la cerise... » au détail près qu'en l'occurrence la cerise dont elle parlait était le bigarreau d'Apt cher au défunt et regretté Henri Michel et à notre ami JL Piton. 

 

 

Cette chronique a vu le jour suite à la lecture d’une chronique de Jacky Durand publiée dans Cuisiner un sentiment chroniques savoureuses  éditions de l’épure ICI 

 

Cuisiner, un sentiment

LE TEMPS DES CERISES

 

« C’est un confetti  de verdure coincé à la verticale du périph. Trois herbes folles, deux chardons en fleur, une vigne courant sur un grillage et un cerisier. Pas un arbrisseau ou un sauvageon. Non, un vrai cerisier avec de beaux fruits formés mais pas encore mûrs, insolent de végétation au milieu de cette gangue de béton. C’est sûr, on y reviendra dans les beaux jours à cette porte de Paris picorer les fruits de cet arbre franc-tireur entre les murs antibruit et les panneaux publicitaires. Car on l’aime  bien le cerisier qui fait un peu figure de rescapé des fortifs, de dernier des Mohicans  dans la friche urbaine. On continue de se demander s’il est arrivé là par la volonté ‘une main verte ou le hasard du noyau d’un mangeur distrait ou d’une fiente de corneille. Et puis, indice supplémentaire de sympathie, bien avant l’accrobranche, il y avait le cerisier. Si, si, souvenez-vous, les cerises étaient encore meilleures quand elles étaient mangées dans l’arbre. Car vous pouvez gauler les pommes ou les noix, mais pour une poignée de burlats ou de griottes, il faut s’exposer au  vertige ascensionnel du maraudeur. C’est une autre caractéristique de ce fruit : on aime grappiller, picorer la cerise plus que la pomme ou la prune. Avec gourmandise pouvant valoir contravention (article 331-2 du code forestier) quand  le cerisier et ses fruits sont propriété d’autrui. C’est dire l’ampleur de la faute en ces temps de loi anticagoule. »

Cerisier Montmorency

Choisir un cerisier ICI 

 

Cerises guignes

Cerises bigarreaux

Cerises griottes

Cerises vraies (ou cerises douces)

 

Le cerisier domestique provient de deux espèces sauvages d’origine incertaine : le merisier ou cerisier des oiseaux (Prunus avium), à feuilles tombantes et à fruits de saveur douce, et Prunus cerasus, à feuilles droites et à fruits acidulés.

 

Du croisement de ces deux espèces, sont nées quatre races principales :

 

Cerises guignes

Cerises bigarreaux

Cerises griottes

Cerises vraies (ou cerises douces)

 

​​​​​​​

Les variétés acidulées sont auto-fertiles, alors que les variétés douces exigent la présence d’un autre arbre à proximité pour assurer la fécondation des fleurs nécessaire à la production de fruits.

   

RONDIN EN BOIS de cerisier échauffé tournage sculpture coutellerie Quartier  N°C2 EUR 5,00 - PicClick FR

Cerisier

 

 

Nom latin: Prunus serotina Ehrh.

Origine: Canada, É-U

Poids moyen (sec): 600 kg/m³

 

Couleur de l'aubier: blanc
 

Couleur du bois de coeur: rouge rosé

Prix: $$$

Cette essence est très utilisée dans l'ameublement haut de gamme et en ébénisterie en général. Son bois fonce avec le temps et sa couleur prend du caractère. Le fruit est utilisé pour parfumer le kirsch et le rhum. Nos voisins Américains le nomment "black cherry". Naturalisé en Europe.



Le cerisier est l’un des bois préférés des ébénistes pour le travail en atelier. L'aubier est mince et les planches larges sont fréquentes. Il est considéré comme un bois franc mi-dur et son grain varie de droit à ondulé. Son prix est relativement élevé quoique moins dispendieux que la plupart des bois exotiques.

 

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents