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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 06:00

Jo Farrell  Les pieds de Su Xi Rong

Comme ces temps-ci il fait gris sur Paris je lis.

 

De tout, mais en ce moment un polar d’un ancien des forces spéciales au Vietnam, Kent Anderson, qui s’est ensuite engagé dans la police de l’Oregon puis de Californie, avant finalement  de devenir écrivain et professeur de littérature.

 

 

Ça vaut tous les laïus verbeux de la cotriade de sociologues gaulois tétant au sein du budget de l’État. Si vous voulez connaître les ressorts des States du sieur Trump  lisez Un soleil sans espoir de Kent Anderson. Son héros, Hanson, simple flic dans la ville black d’Oakland, près de San Francisco, son double romanesque.

 

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« On retrouve dans Un soleil sans espoir tout ce que l’on aime chez Kent Anderson : la précision de chaque phrase, la poésie de la violence, ces moments troubles dont on ne sait pas plus qu’Hanson s’ils sont réels où seulement des constructions de son imagination vérolée à jamais par les traumatismes de la guerre. »

 

« Tout cela a la beauté d’un désespoir qui se fait ici vacillant face à la possibilité d’une autre vie et, peut-être d’une échappatoire. C’est souvent violent, toujours d’une trouble poésie que l’on ne trouve que chez ceux qui se livrent totalement sans chercher à apitoyer, fait autant de moments de grâce que de chutes violentes et d’un humour absurde que seule la vraie vie peut offrir. C’est encore une fois, sous la plume d’Anderson, un texte sublime. » ICI 

 

Vous allez me dire alors pourquoi chroniquer sur les pieds bandés des femmes chinoises ?

 

La réponse est dans le roman de Kent Anderson.

 

Hanson fréquente la librairie Walden Pond Books de Bernie, la cinquantaine, un juif newyorkais progressiste à l’ancienne.

 

Son lieu de prédilection c’est le rayon des ouvrages sérieux, datant de vingt, trente ou quarante ans.

 

« Certains ouvrages avaient un contenu sombre, ou trop honnête, ou trop dérangeant, ou trop évident pour survivre au-delà d’une première édition limitée. Les critiques ne s’y sont jamais intéressés et on les a rarement lus. Mais, jour après jour, tous attendaient que quelqu’un les tire des rayonnages, les ouvre et entame leur lecture, les ramène à la vie. »

 

Oui, tirer un livre de sa bibliothèque c’est le ramener à la vie. Les collectionneurs de vieilles reliures sont des croque-morts.

 

Un jour l’agent Hanson consulte la section érotique : Sade Justine, l’intégrale, Histoire d’O, plusieurs éditions du Kâma-Sûtra, il choisit « Chinese Foot Binding. The History of a Curious Erotic » et commence à le feuilleter.

 

 

 

« L’auteur, un Britannique du XIXe siècle, considérait que le bandage des pieds était un exemple d’inventivité humaine dans l’art du plaisir : les pieds enflés d’une femme, sa démarche hésitante, sa sensibilité recrue à la douleur, le plaisir intensifié pour l’homme quand ses mains retiennent captives les délicieuses petites chaussures en soie qui gainent les pieds endoloris pour positionner la femme docile, craintive et pourtant excitée, avant de la pénétrer. »

 

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Alors j’ai fait une recherche :

 

La pratique du bandage de pieds aurait commencé durant le règne de Li Yu (ou Li Houzhu), le troisième et dernier empereur de la dynastie des Tang du Sud (937 – 975), d’abord réservée à l’aristocratie chinoise. Symbole de séduction mais aussi marque du néoconfucianisme ambiant, pour maître Kong (Confucius), la femme est un être fondamentalement inférieur à l’homme : « Une femme ne doit jamais être entendue hors de sa maison ». Alors que la société se réorganise, la pyramide des rôles laisse la femme en retrait, le bandage des pieds va alors contribuer à la cloîtrer chez elle, définitivement prisonnière du cadre, maîtresse de l’intérieur. Elle restera soumise à son mari toute sa vie durant, et à son fils aîné si l’époux a le malheur de disparaître.

 

Elle a été interdite en 1911.

 

Au-delà de toutes les femmes qui ont souffert, il y a toutes celles qui se sont  battues pour l’abolition de cette pratique mutilante. L’influence des concessions étrangères fut un premier pas vers une prise de conscience des femmes chinoises. Ces Européennes qui ne se bandaient pas les pieds représentaient de par leur élégance un attrait certain sur les rares femmes de l’empire qui pouvaient fréquenter ce monde. A la fin du 19e siècle, l’Anglaise Archibald Little mène une campagne active pour l’abolition définitive de cette pratique dégradante. Cette féministe soutenue par les derniers hauts-fonctionnaires Qing fut même approuvée par Cixi, fameuse impératrice, qui, en tant que Mandchou, avait les pieds normaux. Nombre de femmes chinoises continuèrent son combat. A l’âge de 6 ans, la future écrivaine Xie Bingying arrache ses bandelettes ; la femme du poète Su Shi échappe aussi à une mutilation qu’elle dénonçait. La chute de la dernière dynastie (1911), les manifestations étudiantes du 4 mai 1919 prenant en grippe les relents féodaux confucéens achèvent de sonner la fin d’une coutume devenue dépassée, qui s’effacera toutefois un peu plus lentement dans les provinces les plus éloignées, à l’image du Yunnan, mais cela, c’est une autre histoire…

 

Lire ICI Les pieds bandés en Chine et ICI 

 

 19 photos des dernières femmes chinoises aux pieds bandés ICI 

femme chinoise aux pieds bandés (photo ancienne)

 

Les pieds bandés avaient une forte connotation sexuelle en Chine

ICI

 

L'historien Jason Wordie, installé à Hong Kong, a récemment dépoussiéré le mythe pour révéler que cette pratique sexiste n'était ni plus ni moins à connotation sexuelle.

 

La croyance populaire voulait en effet que la position des doigts de pieds repliés vers la voûte plantaire permette de rendre les muscles des cuisses et du plancher pelvien (muscles vaginaux) plus tendus et serrés, augmentant le plaisir sexuel des hommes qui les possédaient.

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17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 06:00

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Le 6 avril 2009 j’ironisais : ICI  

 

« Aux yeux du monde, les vins de Bordeaux sont avant tout des vins de « châteaux ». L’existence de quelque cinq milliers d’exploitations utilisant aujourd’hui ce terme le confirme d’une façon éclatante. Le fait est là : près d’un viticulteur sur trois vend son vin sous le nom de « château ». Cette particularité bordelaise – il n’est pas ou peu de « châteaux » dans les autres vignobles du monde, sinon par imitation – mérite une analyse d’autant plus serrée que le terme est ambigu. » C’est ainsi que les auteurs de « Bordeaux vignoble millénaire » entament leur réflexion à propos du chapitre : Vins de Bordeaux vins de châteaux.

 

Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel RocardRachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité).

 

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Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux. En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Quelques chroniques de derrière les fagots pour éviter à PAX de surfer sur la Toile :

 

17 mai 2007

Acheter en primeur, c'est smart ICI  

 

9 avril 2010

Le défilé des élégances : deux jours passés au bord des podiums « rive gauche » des primeurs ICI  

 

7 mai 2010

Entretien à bâtons rompus, sans détour, avec Stéphane Toutoundji sur la cérémonie des Primeurs 2009 de Bordeaux ICI  

 

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Notre Dupont est d’abord badin

 

 

Les jonquilles sont déjà là, les violettes jalousent les primevères, Jean-Pierre Pernaut évoquera bientôt dans son journal de 13 heures le retour des crocus ou les premières asperges. Et à Bordeaux, c'est devenu un rite, on prépare la fameuse semaine des primeurs. Traditionnellement, toutes les nationalités ou presque intéressées par le vin défilent dans les chais ou patientent dans les cours des grands châteaux en attendant leur tour et la possibilité de mettre le nez dans un beau verre Riedel afin de humer les arômes du nouveau millésime toujours meilleur que le précédent.

 

Sauf que, cette année, avec le masque du Silence des agneaux sur le pif, l'affaire s'annonce coriace. Du moins pour les valeureux qui auront osé affronter le spectre du coronavirus lequel abreuve nos sillons à marche forcée. La Bourgogne a renoncé à ses « Grands Jours », mais, en terre d'Aquitaine qui vit rougir les épées de du Guesclin et du Prince noir, on maintient, malgré une rumeur infondée qui circula fin février bien vite démentie par les autorités compétentes. Reste à estimer, si elle a effectivement lieu, le succès de l'opération. À moins que l'Union des grands crus, l'organisatrice de la semaine, ne fasse appel à Philippe Martinez pour le comptage des participants, il serait vraiment étonnant que cette manifestation connaisse l'apogée de sa réussite.

 

Puis il pose le doigt là où ça fait mal : La mauvaise passe du vin français mais il tempère ce pessimisme Le vin haut de gamme s'oriente à la baisse<

La suite ICI 

 

Sans trahir de secret d’État, entre le sieur Dupont et le sieur Magrez ce n’est pas le grand amour mais comme disent les scribouilleurs de face de bouc : le Bernard il est incontournable…

 

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Le Figaro lui a tendu son micro :

 

À l’approche de la Semaine des primeurs, le propriétaire de 42 domaines dans le monde livre sa vision des problèmes rencontrés par Bordeaux. Et évoque les solutions.

 

Vins surtaxés aux États-Unis et baisse des ventes, Brexit, coronavirus... Le secteur vitivinicole souffre de la situation internationale. Mais rien ne semble inéluctable pour Bernard Magrez, propriétaire de plusieurs dizaines de domaines en France et à l’étranger, dont quatre grands crus classés à Bordeaux. L’homme d’affaires explique les solutions adoptées par son entreprise pour rester compétitive dans une conjoncture difficile et un secteur où la concurrence des autres régions du monde se révèle plus soutenue que jamais.

 

LE FIGARO.- À l’approche de la Semaine des primeurs, durant laquelle les châteaux de Bordeaux vont présenter le millésime 2019 au monde du vin, le climat est-il tendu ?

 

Bernard MAGREZ.- Le climat est très tendu. Les négociants disent que la situation leur rappelle 2008 au moment de la grande cassure bancaire. Ils sont unanimes pour affirmer qu’ils rencontrent des difficultés de distribution et les mêmes incertitudes que nous avions connues au moment de la chute de la banque Lehman Brothers. Mais, en 2008, nous n’avions pas cette potentielle épidémie et la psychose générale qui l’accompagne.

 

LE FIGARO. - Dans un contexte mondial incertain, pouvez-vous cependant nous donner de bonnes nouvelles du marché bordelais ?

 

La suite ICI 

 

En revanche entre le Jacques et Bernard Farges c’est au beau fixe depuis ce fameux dimanche matin où il l’a interviewé sur son petit tracteur

 

Les vins de Bordeaux perdent du terrain en France face à la bière ICI 

Leur commercialisation est tombée en 2019 à son plus bas niveau depuis vingt ans. Malgré leurs succès à l’exportation, ces vins s’écoulent encore à 56 % dans l’Hexagone, et ce sont souvent les plus jeunes qui optent pour une pinte.

Par  Publié le 10 mars 2020

Primeurs : l’Union des Grands Crus suspend ses événements à Bordeaux ICI

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 12:35

L’image contient peut-être : boisson, nourriture et intérieur

L’anti-virus maison la rhum-raisins

 

 

Vu mon grand âge la puissance publique m’ordonne de rester confiné chez moi afin d’échapper au fameux virus mais demain à la première heure j’irai voter à pied.

 

Ça ne me dérange pas vu qu’à mon 9ième étage je peux vivre au grand air et que, pour faire mes courses, je n’ai nul besoin de la RATP, vu que je fais du vélo.

 

L’image contient peut-être : nourriture

 

Quand je parle de mes courses, il s’agit du pain et des denrées périssables, comme je suis amateur de pasta mes placards regorgent de tout ce qui se fait en la matière, nul besoin donc de dévaliser l’épicier du coin.

 

Les écoles ferment, les rassemblements s'annulent, les quarantaines sont appliquées. Les Français sont pourtant attendus nombreux pour voter aux élections municipales les dimanches 15 et 22 mars 2020. Entre autres mesures pour se protéger de l'épidémie de Covid-19, pas de gants, mais des mains propres et un stylo personnel, recommande notamment le gouvernement dans une circulaire le 10 mars 2020. Des mesures globales seront ainsi prises aussi bien en termes d'aménagement pur des bureaux de vote que de comportements jugés plus hygiéniques.

 

homme avec masque chirurgical et cartes d'électeur

 

Objectif : « garantir la tenue du scrutin et d'assurer la protection sanitaire des électeurs comme des responsables des opérations électorales au sein des bureaux de vote. » ICI

 

Parisien je SUIS je vais donc vous parler du scrutin à PARIS :

 

Rue Daguerre avec passants © Studio TTG

 

  1. Élections municipales à Paris: les arrondissements clés du scrutin

 

À Paris, comme à Marseille et Lyon, il faudra surveiller de près les résultats dans plusieurs arrondissements.

 

Ceux qui pourraient basculer, ceux où la droite se divise, le regroupement pour la première fois des 1e, 2e, 3e et 4e arrondissements...

 

Surprise, surprise les sondeurs ne se sont pas risqués à aller tâter le pouls des électeurs dans les arrondissements

 

  • 12e et 14: sur le point de basculer ?

 

Les 12e et 14e arrondissements, avec chacun 10 conseillers de Paris élus, sont décisifs pour les élections municipales. Ces deux secteurs devront rester aux mains de la gauche pour qu'Anne Hidalgo puisse espérer conserver l'Hôtel de Ville.

 

Outre la dimension politique, s'ajoute dans ce secteur une dimension humaine: dans le 12e, Emmanuel Grégoire, qui défend les couleurs de la liste d'Anne Hidalgo, devra affronter l'ancienne candidate socialiste dont il était directeur de campagne en 2014, Sandrine Mazetier, recrutée par la macronie à la dernière minute, en décembre. Depuis ce départ, les deux candidats prennent soin de garder leurs distances lorsqu'ils se croisent.

 

Dans le 14e, où je vote plusieurs questions se posent:

 

  • le mathématicien Cédric Villani parviendrat-il à atteindre les 10% pour maintenir sa liste au second tour ?

 

  • Avec qui la liste LREM, menée par Eric Azière (UDI) et Marlène Schiappa, fusionnera-t-elle pour le second tour, si elle le fait, après que la secrétaire d'Etat a refusé de s'allier à Rachida Dati?

 

  • Dans ce secteur, si Cédric Villani se maintient, une quadrangulaire est à attendre.

 

  •  15e, 16e et 17e: la droite divisée

 

Dans le 15e, qui fournit le plus gros bataillon de conseillers de Paris (18), où Anne Hidalgo ne se présente plus, rien ne va plus entre la candidate à la mairie de Paris, la LR Rachida Dati, et le maire LR sortant Philippe Goujon qui a refusé de la soutenir publiquement. Un refus qui a valu au candidat d'avoir une liste officielle estampillée LR en face de lui.

 

Dans le 16e (13 conseillers de Paris), 3 listes de droite s'affrontent (celle de Francis Szpiner soutenue par LR, de la maire sortante Danièle Giazzi et celle de Céline Boulay-Espéronnier, toutes deux dissidentes) au premier tour, laissant LREM espérer profiter de la division.

 

Dans le 17e, si le problème du premier tour a été réglé, reste celui du second: que fera Geoffroy Boulard, maire d'arrondissement sortant, qui s'est déchiré un temps à l'automne avec Rachida Dati, qu'il refusait de soutenir publiquement.

 

  • Fusionnera-t-il avec la liste conduite par la LREM Agnès Buzyn, candidate à la mairie de Paris?

 

  • Ou maintiendrat-il sa liste LR ?

 

  • 11e, 18e, 19e et 20e: EELV affiche ses ambitions

 

Forts d'un sondage qu'ils ont commandé dans le 20e, les écologistes visent en priorité cet arrondissement comme ses voisins, les 18e et 19e, mais aussi... le 11e.

 

Le 11e  est le plus dense de Paris, celui dans lequel les écologistes se sont beaucoup mobilisés notamment contre le projet du TEP Ménilmontant", avance un proche du candidat EELV David Belliard. Mais il y a un hic: c'est dans le 11e que s'affrontent deux candidats alliés dans la majorité sortante: Anne Hidalgo (deuxième sur la liste "Paris en commun") et David Belliard (premier sur la liste EELV).

 

  • 1er, 2e, 3e et 4e: le nouveau « superarrondissement »

 

C'est le secteur né de la fusion entre les 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements, après l'adoption du nouveau statut de Paris. Jusqu'à présent ces mairies étaient aux mains, respectivement, de la droite LR, d'EELV, et du PS pour les deux derniers. Ils envoient au total 8 conseillers de Paris.

 

Rachida Dati, candidate LR aux &eacute;lections municipales parisiennes de 2020. | Jo&euml;l Saget / AFP Rachida Dati, candidate LR aux élections municipales parisiennes de 2020. | Joël Saget / AFP

 

  1. Municipales : pourquoi Rachida Dati a peu de chances de gagner Paris

 

Le POINT dans une longue vidéo épingle méchamment la carrière politique de Rachida, ça vaut son pesant de dérives...

 

Puis  Hugo Domenach explique qu’elle a peu de chances de devenir maire de Paris.

 

Si Rachida Dati a permis à la droite de relever la tête dans la capitale, il faudrait un miracle, ou un trou de souris, comme dirait François Hollande, pour qu'elle s'assoie dans le fauteuil d'Anne Hidalgo à l'issue du scrutin. Certes, les sondages donnent la candidate du parti Les Républicains devant la maire de Paris. Mais la plupart sont réalisés à l'échelle de la ville, solution la moins coûteuse pour ceux qui les commandent. Or, la course à l'Hôtel de Ville n'est pas un concours de popularité. Pour l'emporter, il faut d'abord gagner des mairies d'arrondissement. Et ce sont les listes victorieuses à l'issue des deux tours qui enverront le plus grand nombre d'élus au Conseil de Paris. Autant de grands électeurs qui voteront à l'issue d'un troisième tour pour le maire de la capitale.

 

La suite ICI 

 

  1. J’ai un faible pour Villani et sa coéquipière dans le 14e vous allez savoir pourquoi…

 

Parce que je ne suis pas sérieux, les réponses de Villani sur le foot sont des bijoux, quant à sa coéquipière allez donc demander à Hubert ce qu’il pense de sa pugnacité ?

 

Dans le QG du candidat, un appartement situé à deux pas de Notre-Dame, sa jeune équipe offre finalement un café, la discussion, et une accroche toute faite : « On est l'équipe qui s'y connaît le plus en football pour le candidat qui s'y connaît le moins. »

 

Question : pourquoi alors avoir longtemps feint l'inverse ?

 

Réponse : parce que Villani, et c'est une surprise, ne calcule pas tout très bien.

 

CÉDRIC VILLANI : « FACE À RIBÉRY, J'AURAIS L’AIR D’UN CRÉTIN ABSOLU »

 

Il s'est fait piéger une fois. Deux fois. Trois fois. Encore et encore, par des journalistes qui voyaient là une belle occasion de coincer un candidat à la mairie de Paris sur un sujet inconnu pour lui. Qu'on se le dise : Cédric Villani est une pipe en football. Alors, quand il a accepté d'en parler pendant une heure, on a foncé.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR THÉO DENMAT VENDREDI 13 MARS

 

- On peut présumer que vous ne connaissez pas Xavi.

 

- Vous présumez bien.

 

 

- Pourtant, Xavi est le joueur de foot qui se rapproche le plus de vous. Il était surnommé « La petite fille de l’Exorciste » parce qu’il passait son temps sur le terrain à pivoter la tête pour quadriller le terrain visuellement. C’est une forme d’intelligence mathématique.

 

 

-Quand on passe dans le jeu d’équipe, toute l’analyse combinatoire est absolument fascinante. C’est d’une richesse potentielle juste extraordinaire. On peut analyser la façon de configurer, les positions relatives, les combinaisons... Dans le temps, au lancer de disque, l’Israélien Gideon Ariel faisait beaucoup de simulations et de modélisations informatiques pour améliorer ses gestes. Le physicien peut faire des calculs, mais ça n’est pas pour autant qu’il va être avantagé quand il s’agira de tirer un coup franc. L’effet est un produit de la répétition de l’apprentissage. Et les deux approches distinguent deux façons d’aborder le monde, l’une où l’on s’y confronte avec l’expérience et les outils, l’autre dans laquelle on calcule. À très court terme, c’est l’approche expérimentale qui marche le mieux. Mais si on veut avoir une précision centimétrique, évidemment l’approche scientifique sera la meilleure.

 

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- Si vous aviez les jambes de Zidane, pensez-vous que vous auriez également sa tête ?

 

- On sait bien qu’il y a un aller-retour entre le physique et le cerveau, et que la relation de l’un sur l’autre influe sur la coordination. Mais je pense que l’on peut très bien avoir une grande intelligence de jeu et pas de jambes, ou l’inverse, ou la bonne combinaison.

 

 

Son directeur de campagne intervient : Pour avoir suivi la carrière de Zidane et celle de Cédric Villani, je pense que Cédric aurait été Deschamps, pas Zidane. Parce que Zidane il y a la partie intuitive. Deschamps, on est plus dans la raison.

 

 

La suite ICI 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 06:00

Louis-Ferdinand Céline - Semmelweis - Thèse de médecine 1924

 

Loïc Monjour Ancien professeur de médecine tropicale à la Pitié-Salpêtrière Paris dans une tribune du 13 février 2020 ICI 

 

L’hygiène des mains est une mesure très efficace et peu coûteuse pour éliminer les germes, microbes et virus, les empêcher de disséminer les infections, et, par voie de conséquence, diminuer le recours aux antibiotiques devenant, peu à peu, inactifs. Les mains sont un monde peu connu, peuplé de millions de germes : les uns résident en permanence sur la peau et forment une barrière de protection contre les infections ; les autres, étrangers, dits « transitoires », sont récupérés dans l’environnement et peuvent se révéler pathogènes à tout moment.

 

Environ 80 % de ces micro-organismes se transmettent par les mains.

 

Chiffre plus inquiétant : 92 % des mobiles sont tapissés de bactéries et sur 16 % sont identifiés des bactéries fécales

 

Certains germes peuvent survivre pendant soixante minutes : ils ont donc bien le temps de se préparer à commettre des infections, selon leur envie et leur spécificité. D’autant que chaque humain porte les mains à la bouche au moins deux fois par heure. Naissent ainsi grippes, rhumes, bronchites, surtout gastro-entérites, car le lavage insuffisant des mains est à l’origine de plus de 50 % des infections d’origine alimentaire.

 

Sur 63 nations, la France se trouve en 50e position en ce qui concerne l’hygiène des mains

 

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) concluait en 2012 que seulement

 

  • 67 % des Français se lavent les mains avant de cuisiner,

 

  • 60 % avant de manger et à peine 31 % après un voyage en transport en commun.

 

  • Dans les toilettes publiques 14,6 % des hommes et 7,1 % des femmes négligent ce geste de propreté élémentaire.

 

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Nous sommes en 1924 ; Louis Ferdinand Destouches, qui deviendra l’écrivain Louis Ferdinand Céline, vient de soutenir sa thèse de médecine. Le sujet en est : « La vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818–1865) ».

 

Semmelweis avait été rejeté par ses pairs alors qu’il avait mis en évidence une cause essentielle des infections puerpérales de l’époque, souvent mortelles, et le moyen de les éviter.

 

Destouches propose à La Presse Médicale, cette même année, une version synthétique de cette thèse intitulée : « Les derniers jours de Semmelweis » [1]

 

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Soutenu comme thèse de médecine de la Faculté de Paris, La Vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis (1818-1865) du Dr. Louis Destouches est publié à compte d’auteur en décembre 1924 à Rennes, mais nullement diffusé hors du cercle académique.(3) Le sujet de cette thèse aurait été inspiré par le professeur Athanase Follet, beau-père de Destouches et lui-même membre du jury : il s’agissait de récapituler le parcours scientifique du médecin hongrois, promoteur malheureux de l’asepsie. Semmelweis eut en effet l’intuition des causes microbiennes de la fièvre puerpérale, mortelle jusqu’à la révolution pasteurienne, mais il ne put faire reconnaître la pertinence de son travail de son vivant et mourut prématurément, dans une grande détresse. L’ouvrage de Destouches fait l’objet d’une contraction à l’usage des pairs, « Les derniers jours de Semmelweis », dans La Presse médicale. L’auteur le propose en juillet 1928 aux éditions de la NRF qui le refusent. Le 28 décembre 1936, Denoël l’édite à peine retouché, sous le titre abrégé de La Vie et l’œuvre de Semmelweis, à la suite de Mea culpa. Publié cette fois sous le nom de Louis-Ferdinand Céline, annexé et désormais intégré à l’œuvre littéraire déjà reconnue, cet essai biographique renforce la posture que Céline a imposée dès 1932 au public, celle du médecin-qui-écrit. Réédité en 1952 par Gallimard dans la collection blanche sous le titre encore abrégé de Semmelweis (1818-1865), il fait désormais pleinement partie de l’œuvre littéraire et se voit donc inclus dans les Œuvres préparées par Jean A. Ducourneau en 1966.(4) En 1977, le troisième volume des « Cahiers Céline » en redonne le texte et le titre original à l’usage des spécialistes, avec une annotation d’Henri Godard et Jean-Pierre Dauphin. Enfin, le texte annoté de cette édition accède en 1999 à la collection de poche « L’Imaginaire », sous le titre désormais dépouillé de Semmelweis, avec une préface de l’écrivain Philippe Sollers. Rachetant soixante-dix ans plus tard le refus initial des éditions de la NRF, celui-ci relit sur un mode littéraire « cette drôle de “ Thèse ” dans le style épique » comme l’acte de naissance d’un écrivain (Jean A. Ducourneau ne disait pas autre chose en 1966). (5)

 

Toute sa vie, Céline a pratiqué la médecine, sous différentes formes : successivement médecin hygiéniste à la fondation Rockefeller puis à la SDN de Genève, médecin de dispensaire, puis installé en médecine libérale. Il a repris une activité médicale après son incarcération pour collaboration après la deuxième guerre mondiale. Il s’est toujours revendiqué médecin autant qu’écrivain. Les observations qu’il a pu faire au cours de son exercice médical lui ont servi pour les descriptions littéraires des maladies, en particulier dans « voyage au bout de la nuit »

 

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Le nom d’Ignace Philippe Semmelweis, né à Budapest en 1816, est peu connu. Pourtant, depuis deux siècles, la plupart des femmes à travers le monde, de toutes conditions sociales, bénéficient de sa perspicacité et de ses travaux… Ce génie médical a aboli la tragédie des fièvres puerpérales (après l’accouchement) dans son service de la maternité de Vienne et découvert l’importance de l’asepsie avant le grand Pasteur.

Ses étudiants en médecine pratiquaient des autopsies avant de se rendre à la maternité pour effectuer des examens de femmes en travail ou procéder à des accouchements. La mortalité des parturientes était considérable, et Semmelweis, après une véritable enquête épidémiologique, imposa aux étudiants de se laver les mains avant toute intervention obstétricale, non pas avec du savon, mais avec une solution de chlorure de chaux, une initiative inconnue à l’époque.

 

 

Semmelweis, ce "génie" incompris qui avait découvert avant Pasteur les bienfaits de l'asepsie ICI

 

 

Louis-Ferdinand Céline : Semmelweis, thèse médiocre ou roman prometteur ? (2008)

 

Thèse médiocre ou roman prometteur ?

L.-F. Céline en historien de la médecine (1)
par Jérôme MEIZOZ

ICI

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 07:25

Une femme et un homme se tiennent debout dans un champ, une fourche à la main.

12 février 2011

Je viens d’adopter un vieux... Pierre Gagnon de la Belle Province l’a fait sur de belles lignes...

« Je viens d’adopter un vieux...

Il s’appelle Léo, il a quatre-vingt-dix-neuf ans. Je l’ai connu au centre d’hébergement où je visitais ma tante, les dimanches gros. Léo attendait. Il avait bon caractère. Je le sais pour l’avoir mis à l’épreuve plus d’une fois : je lui chipais ses Whippet... Il ne disait rien. Je les lui rendais et aussitôt, il m’en offrait un. »

« Mon vieux et moi » Pierre Gagnon publié chez Autrement ICI 

 

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Paris recèle 38 librairies de langues étrangères dont la librairie du Québec 30, rue Gay Lussac, dans le 6e arrondissement qui, bien sûr publie des ouvrages en français.

 

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J’y passe de temps en temps, c’est sur l’un de mes chemins de retour à vélo, mon itinéraire-bis en cas de manifs, et bien sûr j’achète des livres.

 

Le dernier en date LE NOUVEAU MONDE PAYSAN AU QUÉBEC

 

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Depuis des dizaines d'années, au Québec, des citadins ont choisi une reconversion professionnelle qui les a reconnectés à la terre, qu'ils respectent en revenant à des techniques de production anciennes, mais rentables. Un récit engagé et instructif.

 

Avant de clavarder dessus un peu de linguistique et d’histoire.

 

  • Le français est-il en déclin au Québec ?

 

L’affirmation: «D’abord, le premier mythe : le français est en déclin au Québec. Il y a 94,5 % des Québécois qui sont capables d’avoir une conversation en français. C’est le chiffre le plus élevé jamais vu», a déclaré l’analyste politique de Radio-Canada Michel C. Auger lors de son passage à «Tout le monde en parle», dimanche dernier. Le spin doctor souverainiste Steve E. Fortin lui a répliqué dès le lendemain sur le site du Journal de Montréal, le taxant de «jovialisme linguistique» qui «nuit à la […] pérennité du français au Québec».

 

Alors, est-ce que le français décline dans la Belle Province, oui ou non?

 

La réponse ICI 

 

Si tu parles anglais, tu comprendras sûrement la parlure québécoise mieux que certains Français ! Même si les différences entre le français dit de France et le français québécois sont principalement dans la prononciation, certains mots et expressions québécois sont clairement des anglicismes ou alors des spécialités locales.

 

Le français parlé aujourd'hui au Québec est le résultat d'un mélange de français classique, importé en Amérique du Nord par les colons français au 16ème siècle, et d'influences anglo-américaines et amérindiennes.

 

Achaler – ennuyer, importuner

Ce verbe provient probablement du verbe chaloir qui signifiait approximativement importuner de façon excessive dans un vieux dialecte normand.

 

Un char – une voiture

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce terme ne provient pas de l'anglais car mais fait référence à une voiture romaine à deux roues attelée à des chevaux, de la même racine que charrue, chariot ou encore charrette.

 

Gazer – péter

Il est facile d'imagine l'origine de ce mot puisque l'on dit 'avoir des gaz' en français de France.

 

Les gosses – les couilles

Un autre faux ami qu'il vaut mieux connaître pour éviter des situations très gênantes...

 

  • attendre que le curé se mouche prendre son temps

 

  • avoir la fly à l’air avoir la braguette ouverte

 

  • avoir un pain au four avoir un polichinelle dans le tiroir

 

  • osti de câlisse de ciboire de tabarnak nom de dieu de bordel de merde

 

Lire ICI

 

 

Le général Charles de Gaulle à Montréal le 24 juillet

 

  • « Vive le Québec libre! » Il y a 53 ans, le général de Gaulle mettait le Canada en ébullition

 

Le 24 juillet 1967, de Gaulle, président de la République française, en tenue de général de brigade, lance devant 15.000 personnes sont alors massées sur la place Jacques-Cartier au-dessus de laquelle se dressent des pancartes du RIN (Rassemblement pour l'indépendance nationale) : « Vive Montréal, vive le Québec (ovation), vive le Québec libre (très longue ovation), vive le Canada français, vive la France! (ovation à nouveau) » plongeait le Canada en état de choc et ravissait les indépendantistes

 

Le Canada fédéraliste et anglophone juge ces propos « inacceptables ». « Les Canadiens sont libres, chaque province du Canada est libre. Les Canadiens n'ont pas à être libérés », s'emporte le Premier ministre Lester Pearson.

 

Ce discours fut le paroxysme d'une journée étonnante qui conduisit le général le long de la « Route du Roy », reliant Québec à Montréal par la rive nord du Saint-Laurent.

 

Partout, il est salué comme un libérateur et acclamé par les habitants des villages bordant le fleuve. « Rien ne différenciait ce voyage de ceux qu'il a effectués dans les provinces françaises », note l'AFP.

 

À Donnacona, il lance: « vous êtes un morceau du peuple français qui ne doit dépendre que de lui-même ».

 

À Trois-Rivières, il dit : « nous sommes à l'époque où le Québec redevient maître de son destin ».

 

À Montréal, où il arrive avec retard, Charles de Gaulle monte au balcon de l'hôtel de ville. Il n'est pas prévu qu'il s'adresse à la foule mais il insiste pour s'exprimer et, voyant un micro débranché, il demande de pouvoir s'en servir. Un technicien d'une radio se trouvant sur place lui installe.

 

« Je vais vous confier un secret. Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération » lance-t-il. Une phrase qui, ajoutée au camouflet du « Québec libre », blesse profondément Ottawa.

 

Le 25, imperturbable, il poursuit son voyage officiel dans l'ancienne Nouvelle-France. Il visite le métro de Montréal, construit par la France, fustige ceux qui le critiquent, « tout ce qui grouille, grenouille, gribouille et scribouille », se félicite d'être allé, la veille, "au fond des choses".

 

Le 26, coup de théâtre, le Canada décide de ne pas l'accueillir, selon certains historiens, tandis que pour d'autres, c'est lui qui annule sa visite à Ottawa. Il s'envole pour Paris à bord du DC-8 présidentiel. A l'arrivée, l'attendent des ministres stupéfaits, une opposition déchaînée, une presse exceptionnellement véhémente.

 

Le Monde dénonce ce « tapage, cette hostilité exaspérée contre les anglo-saxons, cette jubilation d'un vieillard expert à provoquer l'acclamation des foules ».

 

« Mégalomanie avancée », titre le journal new-yorkais Daily News. « Triste déclin du général », regrette le Times de Londres en le comparant à un jongleur qui poursuit son numéro, bien que la plupart de ses assiettes soient tombées.

 

« Le général a internationalisé la cause du Québec », résumera en juillet 2007 l'ancien Premier ministre indépendantiste québécois, Bernard Landry, racontant qu'un ministre chinois lui a avoué n'avoir jamais « entendu le mot 'Québec' de sa vie avant juillet 1967 ».

 

La question de la préméditation a été souvent débattue, nombre d'observateurs estimant que le général, fatigué, ému, emporté par la foule en liesse, aurait tenu des propos dépassant sa pensée.

 

« Rien ne permet de penser qu'il s'est laissé gagner par l'enthousiasme populaire », écrit pourtant alors l'AFP. « Vive le Québec libre! ne fut pas plus improvisé que l'Appel du 18 juin » assurera des années plus tard l'ancien ministre Alain Peyrefitte, fin connaisseur de la pensée gaullienne.

 

les Québécois rejetteront l'option indépendantiste à deux reprises, lors des référendums de 1980 et de 1995 (de peu dans ce dernier cas).

 

LE NOUVEAU MONDE PAYSAN AU QUÉBEC

 

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L'histoire :

 

Pigeon Hill, un hameau de la municipalité de Saint-Armand, au Québec, à une heure de Montréal. Christian Marcotte y a acheté une ferme, construite aux alentours de 1870, même si elle a, depuis, grandement évolué. Il possède environ 20 hectares. Après avoir été monteur dans l'industrie du cinéma, il a compris que vers la fin des années 70, l'évolution des technologies et la recherche systématique de performances ne le satisferaient pas. Alors il a choisi de devenir un « pousseux d'ail frais ». Il aurait pu faire pousser autre chose, mais sa fierté, c'est d'avoir sauvé cette terre du maïs. Sa fierté, c'est d'exister au milieu d'un coin bourré d'OGM. Alors il se dit que c'est déjà ça de gagné. Avec l'aide de Paulette Vanier et Pierre Lefrançois, un couple de voisins devenus ses amis, il se forme à l'agriculture biologique. Depuis, il a assuré une production respectueuse de l'environnement, au modèle économique rentable. Il fait partie de ces paysans qui ont tout plaqué pour se retrouver et se consacrer à une activité qui rompt avec les valeurs de l'économie de marché. Rien n'est simple ni idyllique, mais le travail se fait en harmonie avec la nature, et avec ses propres valeurs...

 

Ce qu'on en pense sur la planète BD :

 

Avec Le nouveau monde paysan au Québec, Stéphane Lemardelé signe un récit engagé et instructif. Engagé, car il dresse le portrait, à la façon d'un reportage, d'une poignée de québécois qui ont renoncé à leur vie citadine et industrielle pour se reconnecter à la Terre, via le travail des terres qu'ils ont acquises. L'auteur a donc passé plusieurs mois à leur contact et il a l'art de délivrer le rythme de leur quotidien. Il rend en effet hommage à des travailleurs qui œuvrent bien souvent solidairement et qui servent un intérêt commun : celui d'une agriculture saine, destinée à proposer une alimentation saine. Cette BD est également particulièrement instructive, parce qu'elle nous familiarise avec des techniques de productions qui sont certes une alternative aux pesticides et OGM qui nous empoissonnent au quotidien, mais qui échoient souvent au passé, à la façon dont on a travaillé la terre en la respectant, durant des siècles et des siècles. Attention, n'allez pas croire qu'il s'agit là de décrire une bande de farfelus nostalgiques : si se dispenser de machines agricoles est une chose, établir un écosystème viable et rentable relève souvent du niveau d'ingénieurs agronomes, mais qui mettent toutes leurs forces à ne plus servir une industrie qui empoisonne tout et tout le monde. On en apprend donc beaucoup, y compris du point de vue de l'histoire locale, de ses mœurs actuelles et de la législation qui leur complique bien souvent la tâche. Sans jamais verser dans le rébarbatif intellectuel, l'auteur signe une BD aux frontières de la sociologie et de l'anthropologie. Et comme si ces qualités ne suffisaient pas, elles s'ajoutent à un grand mérite : souligner l'importance qu'ont ces travailleurs qui s'inscrivent dans un monde meilleur et donner de l'espoir au lecteur. La morale ? Les alternatives à l'agriculture polluante existent, pour les producteurs et pour les consommateurs. Alors vive le Québec et son nouveau monde paysan !

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Résultat de recherche d'images pour "le nouveau monde paysan au Québec" Il porte une barbe et un chapeau.

Stéphane Lemardelé, co-concepteur du projet

PHOTO : RADIO-CANADA

 

Un récit graphique pour documenter l’agriculture à petite échelle

Publié le 17 mars 2019

 

Les connaissances agricoles ont beaucoup évolué depuis les célèbres retours à la paysannerie dans les années 1970. L'agriculture est maintenant encore plus appuyée par les nouvelles technologies et la science. Et les petits producteurs en connaissent désormais tous les détails, indique Stéphane Lemardelé, qui vient de publier un documentaire sous forme d'essai graphique : Le nouveau monde paysan au Québec.

 

« Il y a une volonté de ne pas rejeter le système économique, mais de s’inscrire dans [ce] système », explique-t-il à Joël Le Bigot.

 

La démarche documentaire du dessinateur et scénariste s'inspire du roman graphique et de la bande dessinée en proposant de nouvelles formes narratives, « pour ma part assez proches du cinéma », dit-il.

 

« Tout là-dedans est vrai, aussi bien dans les images que les textes », raconte l’illustrateur et documentariste.

 

Pour produire ce livre, il a pris 4 ans et environ 9000 photos, le tout dans un rayon d’environ 50 kilomètres seulement.

 

Dans ma démarche artistique, la société qui m’entoure est très importante; c’est ma matière première. Stéphane Lemardelé, auteur et dessinateur du livre

 

L'artiste explique qu’au cours de sa recherche, il a découvert tout un univers de gens avec une vision d’avenir axée non seulement sur le développement durable, mais aussi sur un nouveau mode de vie où l’entraide, le bon voisinage et le commerce de proximité priment.

 

Ce type de communauté serait aussi de plus en plus commun à de nombreux endroits dans le monde. « Ce microcosme se retrouve partout ailleurs sur la planète », explique Stéphane Lemardelé.

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Le monde paysan de Brome-Missisquoi raconté en bande dessinée ICI

Par Leslie Carbonneau | 17 avril 2019

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 06:00

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Le phénomène n’est pas nouveau, beaucoup de grands chefs sont des ouvriers de la 25e heure, leur engagement pour les paysans-éleveurs soucieux de la terre, de leurs animaux, des produits qu’ils vendent reste trop souvent de la communication pour gogos, leur melon déborde de bonnes intentions, leur porte-monnaie est pingre pour leurs fournisseurs et largement ouvert pour accueillir le pognon de nos additions.

 

Je n’ai jamais considéré les grands chefs comme les meilleurs vecteurs aidant au nécessaire virage du « porte-avions » agriculture France vers des pratiques dites responsables.

 

Leurs clients, ultra-minoritaires eut égard à l’épaisseur de l’addition, tout comme les critiques gastronomiques, petits ou grands, dont Atabula, fréquentant leurs établissements étoilés (j’espère en réglant l’addition) ne poussent guère leur caddie chez Aldi ou dans les allées de la GD.

 

Ce sont ces pousses-caddies (appellation du sieur Pousson) qu’il va falloir convaincre de changer leurs habitudes de consommation. Payer à leur prix les bons produits qui permettent aux paysans-éleveurs de vivre et non de survivre.

 

Ce qui est nouveau c’est la soudaine envie du site Atabula de se faire un lifting dans le style éthique en « dénonçant » sans les citer ces vilains canards noirs de la haute gastronomie.

 

Ça me fait un peu sourire lorsque je lis l’article d’Atabula du 5 février : Impayés, mensonges, gros melon et étoile verte : quand les producteurs remettent les chefs à leur place.

 

J’ai envie de faire le coup du « lycée de Versailles » a son propos (pas celui du rédacteur) mais c’est dimanche et je n’ai pas le temps de me payer la tronche de monsieur Atabula.

 

Je ne suis qu’un vulgaire petit blogueur qui paye ses additions mais qui n’a pas besoin d’un cornet acoustique pour entendre ce qu’on vient me dire sans d’ailleurs que je pose des questions.

 

Bref l’article est en lecture libre ICI 

 

La photo qui illustre l’article est très vision parisienne des travailleurs de la terre, un petit côté carottes des sables, désolé mais j’ai gratté la terre à l’école d’agriculture de la Mothe-Achard et les mains de mon pépé Louis paysan de son fils Arsène, mon père, étaient calleuses mais toujours nickel chrome.

 

Bonne lecture

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 06:00

Voir l'image sur Twitter

Victoire pour le lobby suisse des émojis, parmi les 62 nouveaux émojis de 2020, on retrouve l'émoji fondue en forme de caquelon arborant le drapeau suisse à croix blanche.

 

Réglons de suite la question de l’origine de la fondue :

 

« Qu’il n’en déplaise au savoyard, la fondue est bel et bien un met que l’on doit à nos amis suisses (si vous n’êtes pas convaincu regardez la définition du Larousse *), et plus précisément du canton de Fribourg.

 

Au début du XVIIIe siècle, les paysans des Alpes Fribourgeoise, réutilisaient les restes de fromage et de pain rassis de leur précédents repas. Economique et très nourrissante la recette s’est très vite répandue au reste du pays.

 

L’officialisation de la recette par  Brillat-Savarin, qui a également donné son nom au célèbre fromage, il rédige en 1794, la première recette à base de gruyère œuf et beurre. Le vin apparait dans la recette qu’en 1911.

 

La date qui marque un tournant dans l’histoire de la Fondue est 1940  à l’exposition Universelle de New York, la suisse expose son nouveau modèle de caquelon et fait gouter la fameuse fondue aux visiteurs. Elle crée ainsi son nouvel emblème de fierté Suisse à travers le monde entier.

 

Vous l’aurez compris si vous voulez faire une Fondue « originelle » c’est donc la recette de la fondue Fribourgeoise qu’il faut réaliser, composée exclusivement de vacherin et à consommer avec du pain blanc ou des pommes de terre.  Pratique cette recette peut être réalisée avec seulement une bougie sous le caquelon, le fromage ne se fige pas au froid, c’est donc la fondue idéale à manger en terrasse.

 

Fondue au Vacherin

 

La Fondue dite « savoyarde » est composée de trois fromages, pas tous savoyards, mais tellement bon ! Du comté qui nous vient du Jura, de l'emmental suisse et du beaufort.

 

* « Plat d'origine suisse, composé de lamelles de fromage que l'on fait fondre à la chaleur dans un caquelon avec du vin blanc, jusqu'à consistance de crème, que l'on aromatise de kirsch et que l'on déguste en y trempant des cubes de pain rassis au bout d'une fourchette. (On dit aussi fondue savoyarde.) »

 

Le journal le Temps claironne avec humour : ICI 

 

« Notre plat national entre au panthéon de la pensée simplifiée, qui s’exprime cette fois dans un pictogramme lié à la maïzena. Ça met en joie les gourmets qui savent comment ne pas lâcher leur bout de pain et finir au lac avec des poids aux pieds »

 

Si nous disons «pictogramme utilisé dans les messages électroniques et les pages web japonaises qui s’est ensuite répandu dans le monde entier depuis sa naissance en 1997», les esprits numériquement avisés répondront immédiatement, et pas qu’à moitié-moitié: «émoji».

 

L’occasion de vous souhaiter, en ce vendredi douloureusement marqué par le Brexit enfin arrivé à son acmé et l’urgence déclarée à propos du coronavirus de Wuhan: «En Guete, bon appétit et buon appetito!»

 

Car c’est bien ainsi que s’est aussi exclamé, dans 20 Minuten, Mark Davis, président du Consortium Unicode, chapeauté par les géants de la technologie comme Adobe, Apple, Facebook, Google, Huawei, Microsoft ou encore Netflix.

 

Mais quelle mouche l’a-t-elle donc piqué?

 

Revenons un peu en arrière pour faire les brasses du combattant (en huit) dans le caquelon qui vient d’accéder au panthéon de la pensée simplifiée. Il y a trois ans, les confrères alémaniques de 20 minutes «avaient fait une demande de validation» pour voir un tout nouvel émoji se pavaner sur les écrans de nos smartphones: l’émoji fondue!

 

Eh bien, c’est fait, on peut passer au kirsch pousse-café: le quotidien gratuit romand nous apprend que la tournante 4.0 a officiellement été retenue cette semaine dans la liste des 117 nouvelles émoticônes «à paraître dans la prochaine collection» du susdit consortium:

 

«La procédure n’a pas été de tout repos» pour Stefan Wehrle et Tobias Bolzern, de 20 Minuten. Il a en effet «fallu faire preuve de patience et faire évoluer le graphisme de l’émoji. Il s’agissait aussi d’argumenter et de dire pourquoi la fondue méritait sa place dans cette forme de dictionnaire du langage numérique à vocation universelle. Il s’est notamment avéré que le mot «fondue» était plus fréquemment recherché en ligne à Noël que le hamburger

 

à Gauche, la nouvelle émoji "Fondue". à Droite, ce à quoi elle aurait du ressembler !

Image Image

 

 

La preuve?

Ce «Chillin' by the fire while we eating fondue», parlé-chanté par Justin Bieber en 2012 dès la première strophe de Boyfriend:

 

«Nous ne savons pas quel argument a été le plus décisif chez les gardiens des émojis aux Etats-Unis. Ce qui est certain, c’est qu’ils sont probablement eux-mêmes des amateurs de fromage», relève le duo alémanique. Mais ne cherchez pas encore le petit caquelon rouge à croix blanche dans le prolongement de votre main, il faudra patienter «jusqu’à cet automne» pour le trouver. «Le temps pour Google, Apple et les autres fabricants concernés de l’intégrer dans leur langage informatique.» Va-t-on survivre à cette longue attente après avoir dégainé l’émoji larmes quand on a appris, rappelait Le Monde l’an dernier, qu’on n’aura jamais d’émoticône raclette ?

 

Darius Rochebin

@DariusRochebin

Sans faire le rabat-joie, vive la fondue! Mais se rappeler le puissant attelage qui décide à l’échelon mondial des emojis admis ou non. Le Consortium Unicode incarne la domination impériale des Gafa - tout est cool mais ne pas oublier qui est le patron - :-)

Image

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 07:00

 

En septembre 2017, LSA, la publication de la GD, annonçait la nouvelle :

 

Le viticulteur bordelais Bernard Magrez, star des foires aux vins dans la plupart des enseignes mais également mécène de la Cité du Vin, du monde de la musique, de la recherche médicale, notamment dans la lutte contre le cancer, et d'un orphelinat en Thaïlande, crée son prix littéraire. Un prix présidé par Franz-Olivier Giesbert qui récompensera un auteur pour l’ensemble de son œuvre.

 

« Bernard Magrez, mécène littéraire. Voici qui est nouveau pour le propriétaire d’une quarantaine de domaines viticoles dont quatre grands crus  - Château pape Clément, Château La tout Carnet, Château Fombrauge ainsi que le sauternes Château Haut-Peyraguey –. L'homme d'affaires vient en effet d’annoncer la création du Prix littéraire Château La Tour Carnet. Edifié en 1120, ce château médocain est celui qui, sans nul doute, se prête le mieux à un mécénat littéraire puisqu’il a appartenu à la famille de l’essayiste et philosophe Michel de Montaigne.

 

Allons donc, Bernard Magrez viticulteur, l’homme qui a ses débuts avec ses marques de whisky William Peel, et de Porto  Pitters était snobé par l’establishment de la place de Bordeaux, n’a jamais comme notre cher Hubert de Boüard de Laforest exhibé un quelconque petit sécateur. Il a fait fortune, pas en vendant du jaja Sidi Brahim et son Bordeaux  Malesan mais avec la GD.

 

« Un vin, c’est le ciel, la terre et l’homme. » Et peu lui importe que l’élite des grands crus bordelais le snobe. Lui n’est pas un héritier. Amoureux des concertos de Mozart, il réinvente sa signature : « Bernard Magrez, compositeur de vins rares, les clés de l’excellence », en référence aux armoiries du Pape Clément. Non, la modestie n’est pas sa caractéristique première.

 

Au tournant des années 2000, barre toute il vend ses marques de jaja à Pierre Castel et les spiritueux à Marie Brizard en 2003 et se lance dans l’acquisition de châteaux pour les adjoindre à Pape Clément son vaisseau-amiral. « La connaissance des vins devenait un statut pour le consommateur et s’y connaître flattait l’ego », déclare-t-il. A ses yeux, le temps est venu de céder ses diverses affaires et de se consacrer à l’élite des vignobles : les domaines classés.

 

« Ma plus grande fierté reste la reprise en 2000 de Château La Tour Carnet, un grand cru classé du Médoc. Un vignoble qui fut difficile à remonter. J’ai dû investir dans l’équipement technique et le château lui-même, un édifice très ancien », poursuit-il, unique propriétaire de ce domaine de 116 hectares valant désormais 150 à 200 millions d’euros.

 

Portrait en patchwork

 

Avec toujours ce même devoir d’excellence. Un mot qui claque comme un acte de rébellion : son père ne lui a jamais reconnu le moindre talent. Il avait même accroché au dos de son fils, ce cancre de 11 ans, l’écriteau : « Je suis un fainéant ». « Trois ou quatre fois par an, affublé de cette pancarte en papier, je rasais les murs pour aller à l’école, fou d’humiliation », se souvient l’homme, encore en colère. « Fainéant… je ne sais toujours pas si je l’étais ou si c’était une fixation de mon père sur moi. »

 

Son analyse s’arrête là. Le divan, ce n’est pas son époque. Le père est mort avant l’ascension du fils dans un business qui vaut aujourd’hui 700 millions d’euros. Dommage. Cette blessure, il la garde en lui. Indélébile, profonde, inquiétante, nourrie par les sentiments d’injustice et de trahison, et celui de ne pas avoir été compris. Par le doute qui taraude, aussi. L’écriteau infamant est marqué au fer rouge dans son cœur d’enfant, sur sa peau d’homme mûr. Bernard Magrez ne pardonnera jamais. Mais il a pris le contre-pied. Au fil des ans, la faille s’est muée en un puissant moteur, laissant parfois ses salariés à bout de souffle.

 

Car il faut le suivre, Bernard Magrez. Avec son âme tourmentée, son énergie décuplée, son exigence parfois irrationnelle, son flair hors pair, il malmène son monde pour en tirer le meilleur. C’est sa philosophie : « Tous croient que notre plafond est là, explique-t-il à grand renfort de gestes, avec son accent du Sud-Ouest, l’œil brillant. Moi, le premier. Mais c’est faux ! Mon devoir est d’amener mes collaborateurs au sommet de leurs capacités. Les gens sont plus respectés par leur famille, ils épatent leurs amis par leur évolution, leur personnalité et l’élan qui les porte. Ainsi ils se réalisent pleinement. » S’ils ne tiennent pas le choc, tant pis. Bernard Magrez s’en sépare sans ciller ; il n’a pas une minute à perdre. Et de citer ce garçon boucher, ex-collaborateur, devenu brillant chef d’entreprise, grâce à lui.

 

Il ne s’économise jamais pour promouvoir sa marque. Son assistante confie : « Monsieur Magrez est un adepte des réseaux sociaux et manie Instagram, Facebook et Twitter avec une facilité déconcertante. Toujours connecté, il est dans une adaptation constante. Chaque jour, il lit “Les Echos”, “Le Figaro” et “Le Monde”. » Quand il ne se replonge pas, la nuit, dans une biographie de Napoléon Ier, son modèle. Grâce à son esprit visionnaire, Bernard Magrez a assuré la pérennité de l’entreprise.

 

Magrez ne dort que trois heures « car la nuit est propice au jaillissement des idées ». Son équipe a adopté sa devise : « Ne jamais renoncer ». Ce n’est pas suffisant. Pour tenir, la plupart se sont mis au sport. Discipline et hygiène de vie obligatoires pour cette armée d’environ 300 personnes, qui mène les combats du stratège sans faiblir.

 

J’ai des relations mais pas d’amis, car je ne suis pas facile à vivre. Et puis, qu’est-ce que l’amitié ? » demande-t-il. Si. Depardieu est un ami. Aussi iconoclaste que lui. Il a une photo de lui sur son bureau. Magrez lui a racheté sa vigne quand l’acteur est parti en Russie. Avec une rare douceur, il évoque leur relation : « C’est un homme en qui j’ai trouvé des qualités exceptionnelles. Gérard a une grande facilité à appréhender votre humeur du moment, sensible, il vous dit le mot qu’il faut, avec l’attention, le regard et le ton qu’il faut. Si Gérard est un si grand acteur, c’est parce qu’il comprend immédiatement la situation mentale de l’autre. »

 

« Je n’ai de comptes à rendre à personne. Mais j’ai eu beaucoup de chance. C’est un devoir d’en donner à mon tour à ceux qui le méritent. Je tente de lutter contre ce destin inacceptable : on ne choisit pas d’avoir un cancer ou d’être abandonné ! »

 

Le portrait en totalité ICI 

 

A vrai dire, Bernard Magrez est un collectionneur, mais d’œuvres d’art plutôt contemporaines ou photographiques. Sa rencontre avec Bernard Buffet, à qui il a acheté une trentaine de toiles, a sans doute donné le la à cette autre partie de sa vie. De cette proximité avec les artistes est née l’idée de créer l’Institut culturel Bernard Magrez, une fondation qui promeut la connaissance artistique et prend sous son aile des artistes prometteurs.

 

« J’ai voulu, à mon tour, donner une chance à de jeunes talents, qu’ils soient peintres, sculpteurs, cinéastes ou musiciens », explique-t-il. A la façon de la Villa Médicis, l’Hôtel classé Labottière, propriété du groupe Bernard Magrez Grands Vignobles, héberge les jeunes artistes dans des résidences-ateliers. Dans ces mêmes lieux, l’Institut vient d’ouvrir les portes d’une exposition d’œuvres, entre autres de Picasso et de Giacometti.

 

Pour autant, les vins Bernard Magrez jouent sur ce positionnement artistique et culturel. La marque s’attribue les vertus d’un « compositeur de vins rares ». La signature de Bernard Magrez s’appose au dos de chaque bouteille comme le sceau d’un connaisseur. Business is business.

 

J’ai bien connu et côtoyé Bernard Magrez au temps de mon rapport. J’avais son 06.

 

 Le 5 octobre 2009

Bernard Magrez répond au questionnaire de Proust  ICI 

 

Étonnant !

 

Au risque de vous surprendre Bernard Magrez, sous sa carapace parfois rugueuse d’homme qui s’est fait tout seul, est un grand affectif. Cette sensibilité, bien nichée sous une belle prestance, il la préserve avec un soin jaloux de la suffisance des beaux esprits à la française, des héritiers, de tout ceux qui n’ont rien construit. Lui il fait, car c’est aussi un vrai instinctif qui pressent, qui sait être le premier au bon endroit au bon moment, analyse vite, hume la tendance, sait comme son modèle François Dalle, l’homme qui a fait l’Oréal, que « le lendemain cela se construit hier, et cela se construit le matin à 8 heures aussi »  Comme il va toujours de l’avant, qu’il a toujours une faim primale, qu’il ne remet jamais au lendemain ce qu’il veut faire aujourd’hui, l’homme est exigeant, passionné, dur souvent – c’est lui qui le dit – avec son fils et sa fille, ses collaborateurs.

 

Dans mon petit bureau du 2ième, au 232 rue de Rivoli, Bernard Magrez est venu s’asseoir. Il sort de chez Michel Pons. Nous sommes en 2001, mon rapport fait grand bruit à Bordeaux, les grands chefs m’habillent pour l’hiver, je suis celui par qui le scandale arrive. Ce n’est pas pour déplaire à Bernard Magrez qui n’aime rien tant que bousculer l’establishment. Lui si avare de compliments me dit « que j’ai tout compris. » Moi je sais bien que le petit rapporteur que je suis n’a fait que mettre sous le nez des immobilistes patentés un simple instantané de nos forces et nos faiblesses face aux entreprises du Nouveau Monde. Lui qui, sur le socle de William Pitters, a su faire voisiner  des marques comme Sidi Brahim, Malesan, avec Pape Clément, démontrant ainsi qu’en France tout pouvait être possible si l’on respecte le produit et ceux qui le consomment, l’avait compris depuis fort longtemps. À juste raison il doutait, et de la volonté des décideurs publics de pousser à des choix courageux, et de la capacité des dirigeants professionnels de sortir du déni de réalité.

 

Depuis Bernard Magrez a pris un grand virage, sa quête est celle des terroirs d’exception où il applique son perfectionnisme « pour moi on ne fait jamais assez bien ». Il veut ainsi répondre par une offre diversifiée à l’éclectisme de l’amateur de vin. L’étonner aussi. Depuis toujours Bernard Magrez considère le vin comme un objet de satisfaction et de statut. Il assume sans complexe tous les codes de l’univers du luxe. Pour autant, lui qui considère Michel Rolland comme un génie, le seul avec Parker à avoir à ses yeux un goût infaillible, considère que « le génie du vin c’est le terroir ». Moi j’aime les gens qui dérangent, qui ont des angles, et j’avoue que, même si bien des choses nous séparent, j’ai de l’affection pour Bernard Magrez.

 

 

Le jury du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet a distingué, jeudi 3 octobre 2019, Mario Vargas Llosa pour l'ensemble de son œuvre. Il a déjà couronné Milan Kundera et Michel Houellebecq

 

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Le suspense a fait long feu. Michel Houellebecq accompagné de sa femme Lysis était là, au vu de tous, au milieu du restaurant Zebra, dans le XVIe arrondissement, qui accueillait la deuxième édition du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet, mercredi 10 octobre, à 19 heures.

 

Michel Houellebecq est couronné pour son œuvre annonce Franz-Olivier Giesbert, secrétaire général du prix. Et d'ajouter: «C'est le Balzac du XXIe siècle. On le lit pour comprendre notre époque.» Visiblement les jurés étaient fous de joie à l'idée de lui remettre cette récompense. Ils avaient déjà pensé à lui l'an passé.

 

Patrick Poivre d'Arvor, président de cette édition 2018, rappelle qu'il avait reçu dans son émission littéraire l'écrivain pour son premier roman, Extension du domaine de la lutte, c'était en 1994. «Il m'avait touché», se souvient-il. PPDA affirme, en souriant, qu'après le prix Interallié et le Prix Goncourt, le Prix Bernard Magrez arrive comme une sorte d'apothéose. »

 

C'était ensuite autour du fondateur et mécène de prendre la parole, Bernard Magrez, propriétaire de grands crus internationaux. Il a affirmé son amour pour la littérature et son désir, après avoir fondé un grand groupe, de soutenir l'art et la culture à travers sa fondation. Il n'en a rien dit ce mercredi soir, mais on sait que Bernard Magrez est le mécène de la cité du Vin, et qu'il soutient également le monde de la musique (deux jeunes violonistes ont joué lors de la remise du prix), de la recherche médicale, notamment dans la lutte contre le cancer, et qu'il s'occupe d'un orphelinat de quatre-vingt-dix enfants en Thaïlande.

 

Pourquoi le Prix Château La Tour Carnet?

 

Parce que parmi tous les domaines que possède Bernard Magrez, sans doute ce Château est-il le plus littéraire. Édifié en 1120, le domaine du Médoc a appartenu à la famille de Montaigne, rappelle le propriétaire. On pense que son ami La Boétie y aurait écrit une partie de son chef-d'œuvre Discours de la servitude volontaire.

 

Enfin, Bernard Magrez a remis la récompense. On était dans le hors norme tant la dotation fut extraordinaire: 4 volumes de Scènes de la vie privée dans leur édition d'origine dédicacée par le grand maître Balzac

 

Et le lauréat?

 

Il était visiblement aux anges, tout souriant. «Je me suis marié il n'y a pas longtemps, dit-il debout près de sa femme. C'est difficile de penser à un cadeau de mariage, mais là vous avez été très loin. Je vous remercie infiniment. Moi qui aime le livre et le vin, je suis comblé…»

 

Le jury du Grand Prix littéraire Château La Tour Carnet a distingué, jeudi 3 octobre 2019, Mario Vargas Llosa pour l'ensemble de son œuvre.

 

L'écrivain recevra également une édition originale d'un exemplaire de Madame Bovary, datant de 1867, comportant un envoi autographe signé de Gustave Flaubert à Alfred Guérard.

 

Présidé cette année par Alexis Brezet, le jury est composé de Franz-Olivier Giesbert, secrétaire général, Dominique Bona, Isabelle Bunisset, Françoise Chandernagor, Jean Clair, Teresa Cremisi, Xavier Darcos, Jean-Paul Enthoven, Anne Fulda, Yves Harté, Sébastien Le Fol, Marie-Dominique Lelièvre et Etienne de Montety.

 

Mario Vargas Llosa : « Comme une langue, le vin relie les hommes » ICI

A 83 ans, l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, est une légende de la littérature. Auteur d’une vingtaine de romans, pour la plupart traduits chez Gallimard, il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2010. On lui doit notamment La Ville et les chiens (1966), Conversation à « La Cathédrale » (1973), La Tante Julia et le scribouillard (1980, Prix du meilleur livre étranger), La Fête au bouc (2002). Il est un des rares écrivains publié de son vivant dans « La Pléiade ».

 

Un temps proche du communisme, devenu libéral, voire néoconservateur, Mario Vargas Llosa est sèchement battu en 1990 au second tour de l’élection présidentielle péruvienne. Il quitte alors le Pérou pour s’établir à Madrid, obtenant la nationalité espagnole en 1993.

 

Son dernier roman, Tiempos recios (« temps difficiles », Alfaguara, 2019, non traduit en français), a pour sujet le coup d’Etat au Guatemala en 1954, tout en résonnant avec les tumultes du continent sud-américain, son grand sujet.

 

L’écrivain a reçu, en octobre 2019, à Paris, le prix Château La Tour Carnet, du nom d’un grand cru du Médoc et doté de 20 000 euros. Il lui a été remis par Bernard Magrez, propriétaire de ce domaine et de plusieurs autres châteaux bordelais. Nous l’avions rencontré à cette occasion dans un grand hôtel de la capitale.

 

Le vin a-t-il sa place à votre table ?

 

C’est la seule chose que je boive en dehors de l’eau, et uniquement du rouge. Je ne consomme pas d’alcool fort. Mais je déguste seulement le soir, pas au déjeuner, sinon je suis paralysé et je ne peux pas travailler. J’apprécie beaucoup le vin, essentiellement français et espagnol. Un jour, un médecin m’a recommandé d’arrêter l’alcool pendant un mois. Je lui ai avoué que je ne buvais que du vin. Cela l’a rassuré, et il m’a dit que ce n’était pas de l’alcool ! Je lui ai alors demandé ce qu’était le vin. Il m’a répondu : « C’est la civilisation. »

 

« C’est en France, dans le Paris des années 1960, que j’ai appris à boire »

 

La civilisation ! C’est formidable, non ? Et, comme lui, je crois que la civilisation et le vin sont inséparables. Les pays où l’on boit du vin ont développé une culture riche, diverse, et la littérature s’y est déployée de manière très importante, comme en France, en Italie, en Espagne.

 

En Amérique du Sud, on trouve de bons vins, non ?

 

En Argentine et au Chili oui, c’est une tradition importante dans ces pays. Quant au Pérou, c’est curieux, pendant les années coloniales espagnoles, le pays possédait un vignoble important, mais la viticulture a disparu avec l’arrivée de l’indépendance. Il reste encore quelques vins, mais pas d’une aussi belle qualité qu’en Argentine ou au Chili.

 

Le vin et la politique sont-ils liés ?

 

Le vin est social. Il est lié au repas, à la conversation. On ne peut pas boire un verre de vin tout seul, à la différence d’un whisky ou d’un autre alcool fort, n’est-ce pas ? Le vin encourage l’amitié, la sociabilité. C’est sa spécificité.

 

Vous souvenez-vous de votre premier verre de vin ?

 

Je m’en souviens très bien, oui, car c’était lors de mon premier mariage. J’avais 18 ou 19 ans, et, avec ma future épouse, c’était une espèce de folie. Nous cherchions un petit village pour nous marier, dans le sud du Pérou. Finalement, on a trouvé un maire qui était pêcheur. Il n’avait pas de chaussures, il était très pauvre. Avant de commencer la cérémonie, il nous a demandé où était le vin. Il n’y en avait pas. Nous n’y avions pas pensé. Mais lui s’est entêté et il refusait de nous marier dans ces conditions… Alors, il est sorti de la mairie pour en acheter lui-même. Il est revenu avec une bouteille.

 

« On ne peut pas concevoir la richesse de la littérature occidentale sans le vin »

 

C’était la première fois que j’en buvais. C’était pour moi du vinaigre, sans que je sache si c’est moi qui n’aimais pas, ou si c’est le vin qui était mauvais. Sans doute un peu les deux. Toujours est-il que c’est ma première expérience dans un Pérou où on n’en buvait pas. A l’époque, c’était très rare. Aujourd’hui, c’est différent, la culture du vin s’est enracinée dans toute l’Amérique latine. Quand je me suis marié pour la seconde fois, j’étais habitué au goût du vin. La cérémonie a également eu lieu au Pérou, mais, cette fois, on a fait venir des vins français et italiens.

 

Quand avez-vous ensuite découvert la culture du vin ?

 

C’est en France, dans le Paris des années 1960, que j’ai appris à boire. Je buvais du bourgogne, qui était solide alors en bouche, et puis aussi ce que j’appelle du vin populaire, comme le beaujolais nouveau. Je me souviens de l’apparition du beaujolais nouveau, c’était vraiment quelque chose de différent, de festif, tout un événement. Une bonne chose dont j’ai hérité de mon père, que je n’aimais pourtant pas beaucoup, est une belle résistance à l’alcool, mais, attention, je ne bois pas tous les soirs.

 

Le vin a-t-il une place importante dans la vie littéraire ?

 

Oui, je crois, mais pas forcément dans mes livres. Vous ne pouvez pas penser à Baudelaire sans penser au vin et comment il enrichit son imagination. Plus largement, on ne peut pas concevoir la richesse de la littérature occidentale sans le vin. La poésie espagnole en témoigne.

 

Le religieux castillan Gonzalo de Berceo, qui est le plus vieux poète de langue espagnole que l’on connaisse, au XIIIe siècle, a fait l’apologie du vin dans ses poèmes. On le connaît surtout par ce vers très célèbre, « un vaso de buen vino », et il faut mentionner l’ensemble des mots, car le contexte est intéressant. Berceo écrit : « Je veux faire un récit en langue espagnole, dans laquelle le peuple a l’habitude de parler à son voisin, car je ne suis pas assez lettré pour employer le latin. Cela vaudra bien, je crois, un verre de bon vin. »

 

Il parle si magnifiquement bien des vignes de la Rioja qu’il existe aujourd’hui un vin de cette région qui porte son nom. Et puis, il montre déjà que, comme une langue, le vin relie les hommes. Il a aussi conscience de la hiérarchie des vins, puisqu’il parle d’un « bon » vin et pas du vin en général.

 

Avez-vous votre propre panthéon du vin ?

 

Je n’ai pas d’autorité suffisante pour me risquer à une telle hiérarchie. Je ne suis pas un spécialiste, donc je n’oserai pas. J’aime cette idée de « bon vin ». Puisque je vis en Espagne désormais, les vins espagnols sont ceux que je connais le mieux. Il s’agit souvent de vins populaires, qui sont généralement très bons. Je les apprécie beaucoup, parce qu’ils ne sont pas toxiques, non, et ils passent vite ! Ils sont d’une bonne compagnie pour le repas. Mais, si vous m’obligez à choisir, je dirais que mes vins préférés proviennent de la Rioja, une région où le vignoble est une tradition ancienne, doublée d’une belle diversité.

 

Avez-vous eu à Paris des amis qui vous ont servi de guides ?

 

Paris évoque beaucoup de souvenirs pour moi. Dans les années 1960, j’ai travaillé à la Maison de la radio, à l’époque de l’ORTF. Au début, quand on touchait les murs, on recevait des décharges électriques ! Je suis devenu ami avec l’écrivain et journaliste Jean-François Revel, qui aimait beaucoup le vin, et qui a écrit magnifiquement sur le sujet.

 

J’admirais aussi ce qu’il écrivait sur l’Amérique latine, qu’il connaissait profondément du point de vue politique et social. Il avait vécu au Mexique. Je me souviens de son essai formidable sur l’Argentine, son histoire tragique et riche, et dont la société se trompait systématiquement dans ses choix politiques – on le voit encore avec la catastrophe que vit le pays aujourd’hui.

 

Quels intellectuels avez-vous rencontrés alors à Paris ?

 

Dans les années 1960, les intellectuels étaient très à gauche. Moi aussi, il faut le dire. Mais mon gauchisme avait beaucoup de défaillances. Par exemple, j’achetais discrètement une fois par semaine Le Figaro pour lire les articles de Raymond Aron, qui était très intelligent tout en écrivant contre tout ce que je croyais à l’époque. J’admirais aussi André Malraux, qui était un très grand orateur, mais était détesté par la gauche. C’était une époque passionnante où d’immenses écrivains étaient encore vivants : Sartre, Camus, Malraux.

 

« J’aime le vin comme fidèle compagnon d’un bon repas. Il enrichit la conversation et l’amitié, il permet de nous sortir de nous-mêmes »

 

Grâce au directeur d’une revue qui m’avait remis un prix littéraire, j’ai rencontré Camus dans un théâtre parisien, sur les grands boulevards, un midi, alors qu’il travaillait à la représentation d’une de ses pièces. Il était comme sur les photos, avec son éternel imperméable, et il était surtout accompagné de [l’actrice de cinéma et de théâtre espagnole] Maria Casarès, qui était alors sa maîtresse. Je lui ai parlé dans mon mauvais français et il m’a répondu en espagnol.

 

Ce n’est qu’après que j’ai découvert que sa mère était espagnole. Je lui ai donné une petite revue que nous publiions à Lima. Ah ! La jeunesse ne doute de rien ! Je ne me rendais pas compte. Mais j’avais beaucoup d’admiration. Par la suite, j’ai suivi ses évolutions politiques. Je me souviens même d’un entretien de lui dans Le Monde par Madeleine Chapsal : ça a été ma grande déception, car Camus y disait que les écrivains africains devaient abandonner la littérature pour faire, d’abord, la révolution. C’était une trahison, car, pour moi, la littérature pouvait changer l’histoire.

 

A l’époque, j’étais politiquement plus proche de Sartre que de Camus. Mais, ensuite, c’est Camus qui a gagné, avec cette idée qu’on ne peut pas séparer la morale de la politique, et donc qu’il ne faut pas tomber dans la violence – c’est une idée très valable encore, je crois. Quant à Sartre, je l’ai rencontré à la Mutualité, lorsqu’il s’est rallié à la cause des prisonniers politiques au Pérou. Simone de Beauvoir était là aussi. Pour revenir au vin, le beaujolais en tant que vin nouveau avait sa place dans cette ambiance.

 

Avez-vous une cave ?

 

Non. Pour moi, le vin n’est pas assez essentiel pour que j’aille jusqu’à me constituer une cave. Je dois ajouter que mon épouse ne boit pas du tout. Mais j’insiste, j’aime beaucoup le vin comme fidèle compagnon d’un bon repas. Il enrichit la conversation et l’amitié, il permet de nous sortir de nous-mêmes. Pour finir, je sais bien que, en Espagne et au Pérou, on boit beaucoup, mais je ne suis ni l’Espagne ni le Pérou !

 

Laure Gasparotto

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 06:00

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Olivier de Moor, à sa manière est le pisteur de mon espace de liberté qui n’aime rien tant que j’emprunte la solitude des chemins de traverses, ces lieux que la modernité raye des cartes, les enfouissant sous le macadam des autoroutes et des centres commerciaux, il m’ouvre des voies que je n’aurais pas osé fouler car mon petit bagage ne me permet pas de les explorer.

 

Ainsi, tôt le matin ou tard le soir, il me transmet des signaux de fumée depuis les collines de Courgy.

 

Le jeudi 6 février à 19:22

 

« Mon indépendance qui est ma force induit une solitude qui est ma faiblesse ». C'est de Pasolini. 

 

Ici ce serait presque le contraire. Tout est lié comme le dit ce moine franciscain, agronome et véritablement passionnant.

 

Un peu comme M.A. Selosse*. Avec qui il échange. Jamais seul. Et cet ensemble de personnes, ce réseau nous ouvre de nouvelles pistes.

 

*Je suis en train de lire son dernier ouvrage Les goûts et les couleurs du monde. Une histoire naturelle des tannins, de l’écologie à la santé. Je pondrai une chronique dès que possible mais c’est du lourd, ça ne se lit pas comme un roman de gare.

 

Dans une chronique du 8 janvier 2019 j’évoquais François d’Assise

 

Avant de mourir, François d’Assise, le « Poverello » demanda à revoir celle qu’il nommait frère Jacqueline… son amie Jacomina de Settesoli, née à Rome vers 1192, béatifiée par l’Église catholique et fêtée le 8 février, inhumée non loin de lui, dans la grande basilique d’Assise, connue en France sous le nom de Jacqueline de Septisoles, pour lui demander la fameuse crème d’amande dont elle avait le secret !

 

« Un jour le bienheureux François appela ses compagnons et leur dit : « Vous savez combien dame Jacomina de Settesoli fut toujours et demeure attachée à notre Ordre. Je crois que, si vous l’informiez de mon état, ce serait pour elle une grande délicatesse et une grande consolation. Écrivez-lui de vous envoyer, pour une tunique, de ce drap monastique couleur de cendre, comme celui que fabriquent les Cisterciens dans les pays d’outre-mer. Qu’elle envoie aussi de ce gâteau qu’elle m’a préparé maintes fois quand j’étais à Rome. »

 

« La fin de ma vie est proche. Mets-toi donc aussitôt en route si tu veux me revoir encore. Apporte je te prie de cette bonne chose que tu me donnais quand j’étais malade à Rome ».

 

Mais revenons à notre franciscain. Le texte qui suis est tiré d’une interview à RCF

 

« Ingénieur agronome de formation, Hervé Coves accompagne aujourd'hui ceux qui veulent se former à l'agroécologie et à la permaculture. Son parcours professionnel et spirituel est celui d'un contemplatif. En 2014, à un peu plus de 50 ans il est devenu religieux franciscain, membre de l'ordre fondé par saint François d'Assise.

 

C'est l'amour de la nature qui l'a conduit à devenir ingénieur agronome. Lui, l'enfant de pieds noirs élevé dans une cité HLM de la banlieue de Strasbourg, né en France et éduqué dans l'idée qu'il ne fallait pas trop s'attacher à la terre.

 

À la fin des années 70, il avait déjà un côté militant quand il a commencé à travaille pour une Chambre d'agriculture dans le Limousin.

 

Déjà « les Chambres étaient perçues comme parasitant l'agriculture ». Il se souvient, à ce moment-là, « l'idée c'était vraiment de nourrir le monde ». Et on en est venu à utiliser de la farine animale pour nourrir les troupeaux, « on trouvait ça extraordinaire d'élever des vaches avec de la fiente de poule et de la sciure de bois... »  Nourrir le monde à n'importe quel prix : plus tard on l'a payé cher.

 

La première prise de conscience que quelque chose ne pouvait pas fonctionner dans ce système agricole-là, ce fut lors de la crise de la vache folle. « À partir du moment où un projet sur lequel j'avais travaillé a montré ses limites, je me suis dit 'Hervé tu es en train de tuer des gens'. »

 

Hervé Coves confie avoir « vécu avec cette culpabilité-là pendant longtemps... » Prise de conscience aussi, que, dans ce système où les agriculteurs « ne vivent plus de leur métier » (à part sur de très grandes surfaces de plus de 1.000 hectares) mais « des aides et des subventions », on « ne donne plus une vraie valeur aux choses ». Selon lui, le drame pour un agriculteur c'est que le prix de son effort est décidé arbitrairement depuis Bruxelles.

 

« La campagne ma révélé quelque chose de la beauté du monde. »

 

Il avait 12 ans, quand sa famille a déménagé pour le petit village de Kolbsheim (Bas-Rhin) : là, il a vécu « une renaissance ». « Je vivais en moi cet amour de la terre. » Et le jeune homme peut enfin laisser libre cours à sa passion pour les végétaux. Mais sa conversion, ou plutôt sa « révélation » comme il l'appelle, il l'a vécue des années après, au cours d'un voyage d'étude en Guyane. Une nuit au cœur de la « magnifique » et « effrayante » forêt amazonienne, emplie de bruits tous plus ou moins inquiétants les uns que les autres, Hervé Coves est installé dans un hamac et peine à s'endormir. Quand tout à coup une puis deux, puis trois, puis des centaines de lucioles clignotent et se répondent dans un jeu de lumière « féérique ».

 

« Le monde est un livre extraordinaire dans lequel il y a tant à apprendre », cela il en était déjà convaincu. Mais cette nuit-là en Guyane - Hervé Coves en parle la voix brisée par l'émotion - il comprend que « tous ces insectes, ces singes [qu'il entend] hurler, ces grenouilles qui coassent, ce sont des chants d'amour : je me suis rendu compte à ce moment précis que c'était de ça dont j'avais peur ; ce dont j'avais peur c'était l'amour ».

 

Et ça a « bouleversé » sa vie. « Je me suis détendu dans mon hamac et j'ai vécu une des plus belles nuits de mon existence. » Une « nuit d'amour à communier avec toute cette nature merveilleuse ». Depuis, il a cessé de ronfler et d'être insomniaque, dit-il en souriant. Il en a surtout gardé « la révélation qu'on est dans un monde qui est plein d'amour » et que souvent « les manifestations d'amour nous effraient ».

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 06:00

Je prends des risques face à l’exécration que suscite Emmanuel Macron en soulignant que son approche de certains dossiers internationaux n’est pas à jeter aux orties sans examen.

 

Mais, je suis sans illusion, les dossiers internationaux n’intéressent guère les natifs de l’hexagone, ils préfèrent contempler le nombril et continuer de penser que la France est le centre du monde ;  lorsqu’il s’agit de l’avenir des Balkans, pourtant si proches, ils n’y comprennent goutte.

 

Les Balkans n’existent que par le regard que l’on porte sur eux depuis l’extérieur. Du point de vue des mentalités, tous les aspects péjoratifs que l’Occident a pu accoler à ce terme n’ont pas aidé à la construction d’une identité forte et revendiquée, et on retrouve fréquemment l’idée que « le balkanique, c’est l’autre »

 

« Les Balkans ne commencent pas et ne s’arrêtent pas »

Paul Garde

 

« Si cette région pose de réelles difficultés de définition, c’est parce qu’elle a toujours été à l’intersection de plusieurs mondes. À presque toutes les époques, les Balkans ont été dans une position « d’entre-deux » : entre monde grec et latin, slave et byzantin, chrétien oriental et occidental, ottoman et occidental. Les Balkans sont une région charnière entre l’Orient et l’Occident, et leur histoire mouvementée les a fait basculer tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

 

Alternativement centre ou périphérie selon les moments, région à la fois marginale, physiquement excentrée par rapport aux lieux de pouvoirs des empires dans lesquels elle a été incluse, et marginalisée car souvent laissée de côté par ces mêmes pouvoirs, elle pose un problème de définition. Par-là même, elle remet en question d’autres concepts, à savoir où commence l’Orient et où s’arrête l’Occident, ou si les Balkans sont en Orient ou en Occident. Région charnière mais également région mosaïque, qui présente une grande variété de situation des peuples qui la composent et qui trouble là encore les concepts importés. En effet, pour reprendre l’expression de Violette Rey, c’est aujourd’hui pour cette région une « triste richesse » que d’être celle par qui l’Europe doit reconnaître que le modèle de l’État-nation considéré si fécond à l’Ouest ne peut être un modèle universel, ni même généralisé à l’Europe orientale. »

 

De Gaulle appelait de ses vœux une Europe de l’Atlantique à l’Oural dans un discours à Strasbourg en novembre 1959 : « Oui, c’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe, qui décidera du destin du monde ! »

 

Emmanuel Macron évoque « Un espace commun eurasiatique de sécurité allant de Vladivostok à Lisbonne ».

 

La une de The Economist datée du 7 novembre 2019.

 

À rebours d’une majorité de commentateurs, Ziemowit Szczerek reporter-écrivain polonais spécialiste de l’Europe du Sud-Est estime que, dans son entretien polémique avec The Economist fin 2019, le président français a posé les bonnes questions et a exprimé ouvertement ce que tout le monde pense sans oser le dire.

 

« Dans l’entretien qui a remué le monde, Emmanuel Macron a exposé une approche sans naïveté. À de multiples reprises, il a reproché à la Russie son autoritarisme qui représenterait, avec le fondamentalisme islamique, la plus grande des menaces pour l’Europe et ses valeurs. Il a aussi affirmé que l’entrée de la Russie dans l’orbite d’influence occidentale prendrait au moins une décennie mais qu’elle finirait par advenir, Moscou ne voulant pas être vassalisée par la Chine.

 

Les projets emblématiques de l’Occident

 

Prenons le cas de la Bosnie-Herzégovine, que le président français a qualifiée de « bombe à retardement ». La presse de Sarajevo s’en est offusquée et a rappelé à la France son instabilité sociale dans ses propres frontières, la révolte des gilets jaunes et le terrorisme islamiste plus actif en France que dans les Balkans.

 

Tout cela est vrai, mais à chaque fois que j’entre en Bosnie-Herzégovine, que ce soit par la Serbie ou la Croatie, il y a presque toujours des fonctionnaires, pourtant vêtus de l’uniforme national, pour s’empresser de m’informer joyeusement que cet État n’existe pas.

 

Si l’on va dans l’Herzégovine croate, on n’entendra que des plaintes à propos de ce projet d’État centré sur les musulmans bosniaques et auquel doivent participer les Croates alors qu’ils n’y voient aucune raison. Dans la république serbe de Bosnie, les Serbes disent la même chose, et ce n’est pas la voix de nationalistes, de séparatistes ou de personnes que l’on pourrait qualifier de radicales. C’est un point de vue aussi courant que l’air que l’on respire. Chaque Serbe bosnien, adulte ou pas, sait parfaitement que ce qui le rapproche de Sarajevo n’est guère plus qu’un portrait de Tito à la maison et peut-être de la sympathie pour Bijelo Dugme [groupe de rock yougoslave culte des années 1970-1980]. Voir Goran Bregović plus bas.

 

En dehors de ça, rien, vraiment.

 

Pourtant, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo étaient les projets emblématiques de l’Occident dans les Balkans. On le voit de loin, sur les armoiries et les drapeaux qui reflètent l’esthétique de l’UE (étoiles, fond bleu) : de la même façon, les symboles des républiques soviétiques et des démocraties populaires, avec leur faucille et leur marteau, étaient une expression de l’esthétique socialiste. On y trouvera éventuellement la forme géographique du pays, comme sur l’emblème national du drapeau de la Biélorussie post-soviétique, mais aucun symbole national, aigle ou griffe, auquel les nationalistes pourraient se référer.

 

À vrai dire, ceux-ci n’en ont pas besoin car ils ont leurs propres symboles. Au Kosovo, les Serbes et les Albanais vivent tous sous une aigle à deux têtes – blanche chez les premiers, noire chez les seconds. En Bosnie, seuls les musulmans bosniens s’identifient au drapeau national. Les Croates et les Serbes, qui ont leur propre État national mais n’y vivent pas, utilisent leurs drapeaux respectifs, bien sûr de taille supérieure à celui de la Bosnie-Herzégovine.

 

« Regardez la Bosnie : c’est une vaste blague »

 

La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo devaient être des laboratoires où régneraient l’harmonie européenne et la coexistence des nations. Face à la grande haine, tout cela s’est terminé en jeu de faux-semblants : tout va bien !

 

D’un autre côté, comment ces expériences pouvaient-elles réussir si, dans les deux pays, l’Occident s’est surtout employé à développer l’administration et la bureaucratie plutôt que d’investir dans le développement économique, l’égalité des chances et la construction d’une classe moyenne stable qui aurait pu devenir la base d’une identité commune. Par exemple, le système des trois présidents représentant chacun, à la tête de l’État bosnien, une des trois communautés renforce les clivages ethniques au lieu de les atténuer.

 

Si au moins la Bosnie-Herzégovine ou le Kosovo servaient de vitrine du niveau de vie occidental dans les Balkans, attiraient des travailleurs étrangers, diffusaient le modèle occidental dans la région, comme la Géorgie dans le Caucase. En réalité, c’est le contraire – les habitants de ces pays fuient en flots ininterrompus et sont contraints d’abandonner leurs montagnes pour du pain.

 

Si c’est comme ça, pour qui ces États ont-ils été créés ?

 

Si le but était de témoigner de l’échec du projet occidental dans les Balkans, c’est réussi, car quand on va en Serbie ou que l’on parle à des Macédoniens, on entend souvent : « Peut-être que l’UE n’a pas tant de sens que ça ? Regardez la Bosnie : c’est une vaste blague. »

 

Les Balkans ne peuvent compter ni sur la Russie ni sur l’UE

 

Évidemment, en critiquant la stabilisation bosnienne, il est difficile de ne pas tomber dans le piège tendu dans la région par la Russie. Elle soutient la Serbie, qui serait ravie de reprendre sous son aile les Serbes bosniens et kosovars, sauf qu’elle est liée par le droit international. Même si elle prenait le risque, à qui demanderait-elle de l’aide ? À la Russie ? La Serbie sait très bien qu’elle ne pourrait rien en tirer. La Russie est loin, n’a pas beaucoup d’argent, et Poutine est peut-être un ami cool avec qui faire un selfie, mais dans les affaires sérieuses, c’est un joueur froid et cynique. Les Russes ont d’ailleurs espionné leurs alliés et amis serbes, ce que le président Aleksandar Vucic a dû reconnaître avec réticence. Il s’est ainsi retrouvé dans une position analogue à celle de Volodymyr Zelensky vis-à-vis de Donald Trump.

 

En réalité, la Russie ne peut pas faire grand-chose dans les Balkans, même si la région et la Russie elle-même voudraient qu’il en soit autrement. La droite macédonienne, qui craint la minorité albanaise et a longtemps refusé de s’incliner devant le chantage de la Grèce sur le changement de nom du pays, pourrait peut-être se tourner vers la Russie, mais de quoi cela aurait-il l’air ? Les Russes leur enverraient-ils des soldats ? Les accueilleraient-ils dans leur Union avec la Biélorussie ? Distribueraient-ils des moyens financiers – pourtant déjà de plus en plus rares – pour construire dans les Balkans un genre de royaume du Wakanda, cette puissance technologique et militaire africaine de l’univers de Marvel ?

 

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Rare photo de Poutine contemplant son successeur

 

La Serbie fait face au même dilemme. Elle sent que l’UE la trahit, mais la Russie n’est pas une option. Si c’était le cas, Skopje et Belgrade n’auraient pas longtemps hésité.

 

Si les Balkans ne peuvent donc compter ni sur la Russie ni sur l’UE, qui reste-t-il ? Les communautés musulmanes bosniaques et albanaises pourraient encore songer à la Turquie, mais dans quel cadre ?

 

Emmanuel i Brigitte  Macronowie witają Putina w prezydenckiej rezydencji Fort de Bregancon

Emmanuel i Brigitte Macronowie witają Putina w prezydenckiej rezydencji Fort de Bregancon (Fot. Alexei Druzhinin/AP)

 

L’hégémon de l’UE serait le meilleur

 

En fin de compte, la Macédoine s’est laissée humilier par la Grèce et, dans les Balkans, on se souvient des humiliations. Elle est devenue la Macédoine du Nord, ce que beaucoup de ses habitants considèrent comme une offense. Pendant des années, elle a été le bon élève des réformes systémiques exigées par l’UE, et maintenant Emmanuel Macron bloque l’ouverture des négociations d’adhésion pour elle et son voisin albanais.

Goran Bregović est né le 22 mars 1950, à Sarajevo, d'une mère serbe et d'un père croate. Le père de Goran était officier dans l'Armée populaire yougoslave. Après la séparation de ses parents, il va vivre avec sa mère à Sarajevo. Après quelques années de violon au conservatoire, il fonde son premier groupe à 16 ans : Bijelo dugme (le Bouton blanc). Pour faire plaisir à ses parents il poursuit néanmoins des études de philosophie et de sociologie. Il serait sans doute devenu enseignant si le succès de son premier disque n’en avait décidé autrement.

 

Goran Bregović joue de la guitare et devient une rock-star en Yougoslavie. Avec son groupe Bijelo dugme il produit 13 albums en quinze ans, vendus au total à 6 millions d’exemplaires. Dans les années 1970, il rencontre Emir Kusturica, cinéaste amateur et bassiste dans un groupe punk.

 

À la fin des années 1980, lassé de son statut de rock star, le musicien réalise son rêve d'enfant en achetant une maison sur la côte adriatique. C’est là qu’il compose tranquillement la bande originale du troisième film d’Emir Kusturica, Le Temps des Gitans (1990). Ceci marque le début d’une collaboration réussie. Il signera ainsi les bandes originales d’Arizona Dream (1993) et Underground (1995). Après avoir travaillé, entre autres, pour Patrice Chéreau sur La Reine Margot et Radu Mihaileanu sur Train de vie, Goran Bregović décide de se consacrer principalement à l’interprétation de sa propre musique. Toutefois, il n’abandonne pas totalement la musique de film, puisque son coup de cœur pour Le Lièvre de Vatanen de Marc Rivière l’amène à en composer la bande originale et la chanson du film.

 

Après avoir reformé, en juin 2005, avec succès, son ancien groupe Bijelo dugme pour une série de concerts dans trois capitales de pays issus de l'ex-Yougoslavie, il a repris la route en 2006 avec son Orchestre des mariages et enterrements, avec lequel il sillonne l’Europe depuis le milieu des années 1990.

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