Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 06:00

Rebelles

J’entre en concurrence frontale avec Ciné Papy mais il me donnera sans problème l’absolution puisque dans le trio des 3 nanas y’a sa chouchoute Cécile de France.

 

Achat Rebelles en DVD - AlloCiné

 

Le film  passe le 12 juillet sur Ciné+émotion. ICI 

 

Sandra (Cécile de France) est de retour à Boulogne-sur-Mer. Il s’agit d’un échec qui la voit retourner chez sa mère qui vit dans un mobile-home. Son titre de Miss Nord-Pas-de-Calais (qui date de 2005) lui avait peut-être un peu monté à la tête. Sandra pensait vivre la belle vie sur la Côte d’Azur où elle avait suivi un homme. Le retour à la réalité est difficile à vivre : pas d’autre boulot qu’à la conserverie locale où elle va mettre des maquereaux en boîte à la chaîne.

 

Yolande Moreau et Audrey Lamy complètent avec fraîcheur ce trio de bras cassés, les trois comédiennes jouent une partition parfaite. Les trois filles se lient d'amitié, Marylin et Sandra se connaissant du lycée, et se retrouvent vite fait et malgré elles embarquées dans une histoire de meurtre, drogue et gros sous.

 

Rebelles», le «Boulogne-sur-Mer version Kill Bill», dernier film à voir  gratuitement sur Canal+

 

Moi j’ai aimé, c’est trash, caustique, bien sûr ça ne chalute pas dans la finesse et le bon goût, mais contrairement à ce que pensent les deux critiques féminines du Monde (1) et (2) de Télérama, « les dialogues où fleurissent grossièretés et vulgarités, révélatrices d’un certain laisser-aller dû aux conditions d’existence peu reluisantes. Sous couvert d’une comédie policière, Allan Mauduit livre donc également une fable sociale qui permet de donner quelques pistes de réflexion sur les causes et conséquences de l’état de notre société. »

 

Un des points positifs de ce film est la description du milieu des ouvriers qui survivent tant bien que mal à Boulogne-sur-Mer. Les femmes qui travaillent à la conserverie (dont l’origine remonte à 1959), sont presque des privilégiées, puisqu’elles ont un emploi. Bien-sûr, elles gagnent trois fois rien et elles éprouvent les pires difficultés pour maintenir le ménage à flot, entre maris absents ou sans emploi et enfants en manque de repères à qui elles ne savent pas toujours dire non malgré les difficultés financières (refrain un peu vain « Ça va aller »). Dans ces conditions, une vie familiale équilibrée relève de l’improbable. Le scénario en joue habilement.

 

Mais tout cela va plus loin et explose littéralement avec la découverte par ce trio infernal, d’un beau paquet de billets de banque qui leur tombe du ciel. Un magot qui va jouer les révélateurs et les placer dans des situations dangereuses auxquelles elles feront face avec leurs personnalités (grande gueule, culot, opportunisme, organisation personnelle, etc.). Quand on vit de trois fois rien, comment résister aux perspectives qu’offre une telle somme ? On notera au passage qu’à des degrés divers, la même tentation titille bien d’autres personnages de cette comédie... »

 

(1) ICI 

 

(2) ICI 

 

Source Critique publiée par Electron le 6 mai 2019 ICI

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 06:00

In 1936, Joseph Stalin Created the Proletariat's Very Own 'Champagne' |  VinePair

Les Russes adorent le champagne, ils le sabrent !

 

Les maîtres du champagne, avec leur bras armé qu’est le CIVC, font la chasse aux usurpateurs de l’appellation champagne.

 

Yves Saint Laurent l’a subi à ses dépens :

 

 

Le Tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 28 octobre 1993, annulait la marque "Champagne" et interdisait son utilisation. A la suite d'un appel effectué par la société Yves Saint-Laurent, la Cour d'appel de Paris, dans un arrêt du 15 décembre 1993 confirmait ce jugement de première instance. Selon la Cour, « en adoptant le nom Champagne pour le lancement d'un nouveau parfum de luxe, en choisissant une présentation rappelant le bouchon caractéristique des bouteilles de ce vin et en utilisant dans les arguments promotionnels l'image et les sensations gustatives de joie et de fête qu'il évoque, la société Yves Saint-Laurent a voulu créer un effet attractif emprunté au prestige de l'appellation Champagne ; ... de ce seul fait, elle a, par un procédé d'agissements parasitaires, détourné la notoriété dont seuls les acteurs et négociants en Champagne peuvent se prévaloir pour commercialiser le vin ayant droit à cette appellation ». YSL se pourvoira en Cassation en pure perte.

 

 

Le village suisse de Champagne n'a pas le droit de qualifier son vin de... champagne

 

Vaud - La Suisse n'a pas droit à son Champagne - Le Matin

 

Après des années de combat pour défendre l'utilisation de son nom, cette petite commune du canton de Vaud a dû s'incliner face au comité interprofessionnel des vins de Champagne. ICI

 

Champagne : Poutine lance la guerre des bulles

 

Vladimir Poutine a donné son feu vert, vendredi 2 juillet, à un amendement de la loi sur la réglementation des boissons alcoolisées qui fait réagir en Russie… et en France. Selon ce texte, seuls les producteurs russes auront désormais le droit d’afficher l’appellation « champagne » sur leurs bouteilles. Les vins importés devront, eux, signifier une appellation «vin à bulles». Cet amendement indique clairement que la législation russe ne tiendra pas compte de la protection de l’appellation française « champagne AOC ». (Suite 1)

 

 

Il semblerait que le Tsar Paul Ier soit le premier a avoir tenté d'introduire un vin pétillant en Russie, dans son palais de Soudak en Crimée. On sait que la première école de viticulture ouvre en 1804 et qu'en 1812, plusieurs producteurs ont établis domicile sur la péninsule ukrainienne. En 1840, le Prince Vorontsov, grand amateur de vins, créé le label Ay-Danil, mais l'intégralité des vignes, de l'équipement et du laboratoire d’œnologie sont détruits par les Anglais et les Français pendant la guerre de Crimée (1853-1856).

 

A la fin du 19ème siècle, les vins de Champagne ont si bien conquis les aristocrates que la Russie est devenue un débouché fort intéressant pour les producteurs français. Ceux-ci distribuent même une version plus sucrée, adaptée au "goût russe". En 1876, à la demande d’Alexandre II, Henri Roederer crée la cuvée Cristal pour la consommation exclusive des Tsars de Russie. En 1896, il fonde la Société vinicole de la Russie méridionale. L'usine de vins mousseux d'Odessa produit aujourd'hui 34 types de produits sous les marques Odessika et Henri Roederer.

C'est néanmoins le prince Léon Golitsyne, surnommé le roi du vin russe, qui est le considéré comme le père de la vinification mousseuse à la russe. Il parcourt tout l'empire avant de jeter son dévolu sur la Crimée. En 1878, il crée une cave à champagne où il teste plus de 600 variétés de raisins de différents crus et leur potentiel de production sur la mer Noire. Il sélectionne finalement plusieurs cépages: le Pinot Franc, le Pinot Gris, l'aligoté et le Chardonnay. En 1892, le prince Golitsyne débute sa production sur son domaine de Novy Svet (Nouveau Monde), selon la méthode champenoise classique, mise au point par le moine bénédictin Dom Pérignon au 17e siècle. Ce champagne, qui est nommé Paradisio, est servi au banquet du sacre de Nicolas II en 1896. Quatre ans plus tard, à l’Exposition Universelle de Paris, il est récompensé par le Grand Prix de la Coupe. Il s'agit de la première étape dans l'histoire des vins mousseux russes. ICI 

 

(Suite 1)

 

Gastronomie - Une loi russe met sous pression les livraisons de champagne -  Le Matin

 

En réaction à cette décision, le Français Moët-Hennessy a suspendu, le temps d’un week-end, ses exportations vers la Russie. Dans un courrier destiné à ses clients russes et auquel le quotidien économique Vedomosti a eu accès, la société française a annoncé devoir réaliser une nouvelle certification de ses produits, qui devrait coûter plusieurs millions de roubles.

 

Staline fit créer à la fin des années 1930 un « champagne soviétique » produit en masse, avec l’objectif de le rendre accessible à tous

 

Ayant accepté, dimanche 4 juillet, de se plier aux requêtes russes, elle doit changer ses étiquetages et renommer ses produits dans le respect de la nouvelle législation. Le quotidien russe rappelle que 13 % des 50 millions de litres de mousseux et champagne importés chaque année en Russie viennent de France. Moët-Hennessy représente 2 % de ce marché.

 

Une AOC menacée dans le monde entier

En Russie, cela fait longtemps que le terme « champagne » est utilisé sans complexe et pour toutes sortes de vins à bulles. Staline fit créer à la fin des années 1930 un « champagne soviétique » produit en masse, avec l’objectif de le rendre accessible à tous.

 

 

Au lendemain de la chute de l’URSS, ce « champagne soviétique » est devenu une marque synonyme de mousseux bas de gamme, mais toujours aussi populaire lors des grandes occasions. Un état de fait qui n’a jamais ravi les producteurs champenois, défendus par le comité interprofessionnel du vin de champagne (CIVC), et qui mènent depuis de nombreuses années une bataille destinée à protéger cette appellation contrôlée menacée dans le monde entier.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Comment la Russie de Poutine a fait chuter l’alcoolisme

Avec cet amendement, les autorités russes souhaitent certainement mettre en valeur les producteurs de vins pétillants locaux. Et notamment ceux de Crimée, producteurs ancestraux qui ont connu une deuxième jeunesse à la suite de l’annexion de la péninsule en 2014 et leur pleine ouverture au marché russe. La marque phare du pays, le vin criméen Novy Svet, appartient à un ami du président russe, Iouri Kovaltchouk.

 

Friand de viniculture, Vladimir Poutine avait fait monter l’action d’un autre géant du marché, Abrau-Durso, en janvier, après avoir signifié qu’il se verrait bien travailler dans cette entreprise à l’issue de sa carrière politique.

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 14:03

Havana Club

3 infos pour vous expliquer mon intérêt pour l’affaire Pernod-Ricard/Bacardi à propos du rhum Havana-Club.

 

  • Justice. Pernod Ricard sauve son rhum cubain (1)

 

 

  • Au temps où je bossais pour Thierry Jacquillat le DG de PR, celui-ci adorait me parler de cette prise de guerre qu’il mettait, à juste raison, à son actif.

 

 

  • J’aime le rhum, mais pas Havana Club.
  •  

Havana Club-Bacardi : la guérilla du rhum cubain

 

Histoire :

 

Jusqu'à la révolution de 1959, l'Edificio Bacardi était en effet le siège d'un des empires les plus prospères de Cuba, fondé en 1862 par Facundo Bacardi. Très puissants, les Bacardi ont soutenu le régime de Fidel Castro dans les mois suivant la révolution, «pensant sans doute pouvoir le manipuler», confie un connaisseur de l'île. Vilma, l'épouse de Raul Castro, était la fille de José Espin, l'avocat des Bacardi.

 

 

Ce lien n'a pas suffi à empêcher les Barbudos de confisquer les biens cubains des Bacardi et de les forcer à l'exil à Miami. Depuis, ces derniers ont fait fructifier leur affaire de rhum, à l'époque implantée à Mexico et Porto Rico. Le groupe, basé à la Barbade, fusionné en 1993 avec l'italien Martini, est le huitième acteur des spiritueux au monde, avec les whiskys William Lawson's et Dewar's, la tequila Cazadores, le gin Bombay Sapphire, les vodkas Eristoff et Grey Goose, sans oublier Noilly Prat, Bénédictine et Get 27. Malgré ce succès, les Bacardi n'ont pas digéré leur défaite face aux Castro.

 

Depuis leur exil, des discothèques de La Havane aux hôtels de Varadero en passant par les bars de Trinidad et la Casa de la Trova de Santiago, plus une goutte de Bacardi n'est servie. Même au bar de l'Edificio Bacardi, la boisson phare est Havana Club. En quelques années, ce rhum est même devenu le troisième au monde. Avant la révolution, ce n'était qu'un petit challenger de Bacardi, lancé en 1934 par José Arechabala, un magnat cubain de l'industrie sucrière. Sa société de rhum, qui avait ses bureaux et un bar sur la place de la Cathédrale de La Havane, distribuait Chivas et Dubonnet, deux marques aujourd'hui propriété de Pernod Ricard. Avant la Seconde Guerre mondiale, José Arechabala avait exporté Havana Club aux États-Unis et en Espagne. Mais après la révolution, ses affaires ont, elles aussi, été nationalisées sans contrepartie. Comme les Bacardi, les Arechabala ont quitté Cuba. Mais ils n'ont jamais exploité ­Havana Club ailleurs et n'ont pas redéposé les droits de la marque en Espagne et aux États-Unis.

 

 

Dans les années 1970, la société d'État Cubaron a ressorti Havana Club de l'oubli, la distribuant dans l'île et l'exportant dans les pays frères: URSS, ­Allemagne de l'Est… À l'époque, elle a enregistré la marque Havana Club dans quasiment tous les pays. L'effondrement de l'empire soviétique l'a obligée à changer de stratégie. En 1992, Fidel Castro a conclu avec Patrick Ricard un accord de coentreprise.

 

 

Havana Club International, dirigé depuis Cuba par des expatriés de Pernod Ricard, produit et commercialise désormais la marque dans 124 pays. Le succès de cet attelage communisto-capitaliste est détonant. Depuis que Pernod Ricard a pris en charge sa distribution à Cuba, en 2003, la marque est visible partout, des tee-shirts des guides aux sous-verre des bars de l'île en passant par les coco-taxis qui arpentent le Malecon, à La Havane. Les ventes mondiales sont passées depuis 1992 de 3,6 à 44,4 millions de bouteilles, hissant Havana Club à la troisième place des rhums. Le groupe vise 60 millions de bouteilles d'ici à 2015. Entré en 1998 dans le top 100 des marques de spiritueux, Havana Club est désormais 22e.

 

 

 

Début 2007, les deux partenaires ont ouvert à San José, à 40 kilomètres de La Havane, la plus performante des usines de Pernod Ricard. Le groupe doit s'adapter aux coutumes locales. Lors de l'inauguration, quatre tonneaux avaient été dédicacés par Pierre Pringuet, Patrick Ricard, le premier ministre cubain et son ministre de l'Agriculture. Mais ces deux derniers ont depuis été démis de leur fonction, et leurs signatures effacées des tonneaux…

 

 

Les Bacardi ont vu rouge devant cette nouvelle concurrence. Havana Club est certes loin derrière leur rhum, troisième spiritueux au monde après la vodka Smirnoff et le whisky Johnny Walker. Mais les ventes de Bacardi stagnent. En Allemagne, premier pays à l'export d'Havana Club, le rhum cubain détient plus de 50% du marché… jadis contrôlé à 90% par Bacardi. Havana Club est devenu leader en France et gagne du terrain en Espagne.

 

Le désir de revanche politique et l'agressivité juridique des Bacardi constituent un cocktail ravageur. En 1997, leur groupe a racheté aux héritiers de José Arechabala des titres de propriété de la marque Havana Club, ainsi que la recette originale de ce rhum. Depuis, Bacardi a déposé Havana Club dans quatre pays oubliés par Cuba: Croatie, Kirghizstan, Nicaragua et Tadjikistan. Mais, à chaque fois, il ne l'a pas exploitée, et Pernod Ricard l'a récupérée en justice en 2010 ou 2011.

 

Bacardi mène son principal combat aux États-Unis, premier marché du rhum (40% des ventes mondiales), où il réalise près de la moitié de son activité. Son objectif n'est pas d'y interdire la vente d'Havana Club; pour cela, l'embargo américain suffit. Il cherche à tout prix à empêcher ses ennemis de déposer Havana Club aux États-Unis. Cela leur laisserait un boulevard en cas de levée de l'embargo.

 

Bacardi et Havana Club croisent aussi le fer en Espagne, pays d'origine des Arechabala et des Bacardi, un des principaux marchés de la marque cubaine. Jusqu'ici, toutes les tentatives de Bacardi de déchoir Havana Club de ses droits outre-Pyrénées ont échoué.

 

Aux combats judiciaires s'ajoutent les échauffourées marketing. Depuis que le rhum cubain est devenu à la mode, ­Bacardi a retrouvé l'intérêt de ses racines à Santiago de Cuba, dans l'est de l'île, et indique sur ses bouteilles Fundata in Cuba. Il y a douze ans, La Havane et Pernod Ricard ont rétorqué en instaurant une étiquette verte aux allures de timbre douanier. Collée sur le col des bouteilles d'Havana Club, elle est censée garantir l'authenticité du rhum fabriqué à Cuba. Dans leurs pubs, les rivaux se battent sur leur capacité à faire le meilleur mojito, cocktail inventé sur l'île. Personae non gratae à Cuba, les Bacardi pensent déjà à l'après-Castro. Ils rêvent de récupérer la marque Havana Club lors de la restitution des biens confisqués à la révolution. La chauve-souris Bacardi, qui a inspiré le créateur de Batman, n'est pas près de replier ses ailes.

Havana Club-Bacardi : la guérilla du rhum cubainBacardi, Pernod spar over rights to Havana Club name - News from Havana

(1) Justice. Pernod Ricard sauve son rhum cubain

 

Deuxième négociant de spiritueux au monde, la multinationale française Pernod Ricard a finalement gagné la partie devant la justice américaine. Elle pourra conserver la marque “Havana Club”, qui était revendiquée par la famille de son fondateur, exproprié par Fidel Castro en 1959.

 

La multinationale française des alcools Pernod Ricard a finalement gagné son combat face aux héritiers du rhum Havana Club, l’une des marques stratégiques du groupe à l’international. Mardi 22 juin, une juge fédérale américaine a déclaré non recevable la plainte de ces héritiers d’une célèbre famille cubaine, exilée en Floride après avoir été expropriée comme beaucoup d’autres à la suite de l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, en janvier 1959.

 

 

Le quotidien en espagnol de Miami El Nuevo Herald résume l’histoire :

 

 

“La plainte avait été déposée par des descendants de Fernando Tomas Cueto Sánchez, qui avait fondé la société Coñac Cueto à Cuba avant le triomphe de la Révolution en 1959. Avec l’arrivée de Castro au pouvoir, tous les biens de Cueto Sánchez avaient été nationalisés sans compensation de la part du gouvernement, arguait la famille : Coñac Cueto avait été immédiatement absorbée par la compagnie publique du rhum.”

 

Cette entreprise d’État est finalement devenue “Havana Club international”, au début des années 1990, après un accord de joint-venture passé avec Pernod Ricard.

 

La multinationale française pèse plus de 8,5 milliards de chiffre d’affaires et la marque Havana Club est l’un de ses produits phare, tout comme Ricard évidemment, mais aussi beaucoup d’autres spiritueux mondialement célèbres, du whisky au gin en passant par du champagne dit “de luxe” et une fameuse marque de vodka.

 

Durcissement de l’embargo

 

Pour comprendre la plainte déposée par les héritiers, il faut remonter un peu en arrière, en 1996, à la loi dite Helms-Burton qui durcissait l’embargo américain contre Cuba. À l’époque, le démocrate Bill Clinton était au pouvoir à Washington mais le Congrès était aux mains des Républicains.

 

Un chapitre de cette loi prévoyait la possibilité, pour des entrepreneurs cubains expropriés en 1959, d’engager des recours contre n’importe quelle entreprise mondiale ayant depuis investi à Cuba dans les négoces de ces exilés.

 

Ce chapitre n’a de facto jamais été appliqué. Jusqu’à l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. El Nuevo Herald continue :

 

Sous la présidence de ce dernier est entré en vigueur [en 2019] le chapitre de la loi qui permet à des ressortissants américains d’engager des poursuites contre les individus et les entreprises tirant profit de biens confisqués par le régime cubain.”

 

Mais la juge fédérale de Floride a finalement rejeté la plainte de la famille du “créateur” originel du Havana Club. Plus pour des raisons de forme que de fond :

Pour la magistrate, la justice des États-Unis n’est pas compétente pour juger cette affaire, dans la mesure où Pernod Ricard est une entreprise française et qu’elle commercialise le rhum Havana Club en dehors du territoire américain.”

 

Bacardi, Pernod spar over rights to Havana Club name - News from Havana

Havana Club

L’histoire de la marque Havana Club : aux origines d’un succès détonant ! ICI

 

Partager cet article
Repost0
26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 06:00

 

ICI

Il y a des romans, comme ça, où l’on se dit : « Mais bordel de serpent à queue, comment ai-je pu ne le découvrir que maintenant. » C’est exactement l’effet que me fit la lecture du roman (noir) Le dernier baiser, de James Crumley. Pire. Parce que je me suis également demandé comment j’avais pu passer à côté d’un tel auteur pendant toutes ces années. Bon. Les optimistes me répondront que rien ne sert de s’arracher les cheveux par grosses touffes, l’essentiel étant d’avoir lu Le dernier baiser avant de mourir. Pas faux.

 

Allez ! On se plante une gorgée de whisky au fond du gosier, et on trace directement jusqu’au canapé. Parce qu’avant de décuver, il va se passer un bon petit moment, donc autant être bien installé. ICI 

 

Le Dernier Baiser

 

« Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le cœur d'une superbe journée de printemps. »

 

Caro(z)ine lit : Le dernier baiser - James CRUMLEY

 

Ainsi commence « le dernier baiser » et aux grandes œuvres, une grande première phrase…

 

C’est dire le monument qu’est ce roman noir de Crumley, son troisième livre, et assurément son meilleur.

 

Pages 15-16

 

Le bâtiment en bois décati se dressait à cinquante mètres à l’écart de la route de Petaluma, et la Cadillac rouge décapotable de Trahearne était garée devant. À l’époque où la vieille route était neuve, avant qu’on la remodèle selon un tracé plus efficace, ce bar à bière faisait aussi station-service, t le fantôme fané d’un cheval rouge ailé hantait encore les vieux murs en bardeaux. Une petite harde de voitures abandonnées, dont une vieille Henry J grenat et une Dodge Charger relativement récente mais salement cabossée, paissait plongée jusqu’au jarret dans le sorgho d’Alep et autres herbes folles, orbites énuclées de leurs phares rêvant de Pégase et de pointes de vitesse sur un ruban d’asphalte. L’endroit n’avait pas de nom, juste une enseigne passée qui promettait de la Bière en grinçant sous son portique. les vieilles pompes à essence à réservoir en verre n’étaient plus là depuis longtemps – sans doute parties ouvrir un magasin d’antiquités à Sausalito –, mais les boulons rouillés de leurs embases  sortaient encore du béton en pointant  vers le haut comme des squelettes de mains saillant d’une tombe trop peu profonde.

 

Je me garai à côté de la Caddy de Trahearne, fis quelques pas pour évacuer les kilomètres de mes jambes, puis quittai le soleil printanier pour entrer dans la pénombre poussiéreuse du bar. Les talons de mes bottes oscillèrent doucement sur le parquet voilé et je lâchai un long soupir dans l’atmosphère assombrie. C’était l’endroit parfait. L’endroit où je serais venu moi-même dans une orgie d’errances, l’endroit où je me serais logé comme une bille dans une fente, ce refuge pour Okies’ du Midwest et exilés texans, foyer d’accueil des paysans expropriés de fraîche date, aux yeux si vides de tout espoir qu’ils ne renvoient que le reflet des plaines brûlantes balayées par les vents, des quadrants d’horizon aride quasi bibliques à peine entrecoupés par des armatures de fauteuils à bascule orphelins, et tout au fond, tout au bout, ennuagés de colère, les mirages des orangeraies et des manches de haches. Ce lieu aurait tout aussi bien pu être mon lieu, l’abri où un homme pouvait boire dans l’ennui, se repentir dans la violence et gagner son pardon pour le prix d’une seule bière. »

 

On l’a déjà dit, certes, mais on ne le dira jamais assez, James Crumley est certainement l’un des meilleurs écrivains américains de la seconde moitié du vingtième siècle en général, et de roman noir en particulier. Il est donc heureux que les éditions Gallmeister aient décidé de le faire découvrir à un nouveau public et même redécouvrir à ses anciens lecteurs à travers de nouvelles traductions de ses romans.

 

Car même si Philippe Garnier avait précédemment rendu une copie honorable avec sa version du Dernier baiser, le choix d’une nouvelle traduction par Jacques Mailhos s’avère payant. Plus tourné vers le respect de la musique de la phrase et le souci de choisir des mots et expressions moins datés, le traducteur de Gallmeister offre en effet à l’habitué de Crumley une nouvelle lecture certainement plus marquante que les précédentes, un texte doté de plus de relief et qui rend justice à la poésie de la plume de l’auteur américain autant qu’à son humour désespéré et à la tendresse réelle qu’il porte aux hommes et aux femmes auxquels il donne vie.

 

Amazon.fr - Le dernier baiser - Crumley, James, Mailhos, Jacques - Livres

 

Car c’est bien cela qui fait le sel de Crumley, ses personnages abîmés vomissant la corruption du monde dans lequel ils vivent, cherchant une impossible rédemption que leur haine de soi semble leur interdire mais que l’amour qu’ils portent à certains êtres dont ils croisent la route permet parfois de toucher du doigt, avant qu’elle ne leur échappe encore. ICI

 

Le dernier baiser est ma première rencontre avec l’univers et la plume de James Crumley, un auteur américain issu de « l’école du Montana ». Il a écrit plusieurs romans et nouvelles, des scénarios et deux séries policières mettant en scène des détectives privés: la série Milo Milodragovitch et la série C.W. Sughrue. Le dernier baiser fait partie de cette dernière et est la première aventure de Sughrue.

 

Sughrue est un anti-héros tout ce qu’il y a de plus cliché, du moins seulement en apparence. Ancien militaire, il est porté sur la bouteille et les femmes compliquées. Sauf que Crumley a un don certain pour raconter des scènes complètement loufoques et étranges. Ce qui fait de ce roman un polar au parfum vieillot (il est paru en 1978 en langue originale) teinté d’humour, tant dans les dialogues que dans les événements qu’il raconte. ICI

 

Le dernier baiser une enquête de C. W. Sughrue Une enquete du prive c.w.  sughrue - Poche - James Crumley - Achat Livre | fnac

 

James Crumley, écrivain américain

 

"Crumley sait écrire et il sait boire", disait de lui son collègue James Welsh, laissant entendre par là qu'il peut exister un rapport entre les deux activités auxquelles James Crumley s'est livré avec une constance remarquable. Le romancier américain qui vient de mourir à 68 ans à l'hôpital de Missoula (Montana) était la figure de proue de ces écrivains du Montana, durs à cuire et forts en gueule. Mais ses dehors de plantigrade bourru cachaient une sensibilité à fleur de peau tout comme son univers déjanté et ses personnages à la dérive semblaient une politesse désespérée destinée à masquer la virtuosité de son écriture.

 

Né le 12 octobre 1939 au Texas, dans une famille modeste, il avait commencé à travailler dès l'âge de 12 ans pour financer ses études à l'Institut de technologie de Géorgie. Après son retour de l'armée, où il s'est engagé pour trois ans, il reprend ses études, puis s'installe à Missoula, où il enseigne à l'université. Son premier roman, en 1969, Un pour marquer la cadence, évoque l'amitié, sur fond de guerre du Vietnam, entre un soldat gauchiste et un sergent dur à cuire.

 

C'est dans son deuxième roman, Fausse piste, en 1975 (Ed. Christian Bourgois) qu'apparaît pour la première fois celui qui deviendra un de ses personnages récurrents, Milton Chester Milodragovitch dit "Milo", ancien adjoint du shérif de la ville de Meriwether, dans le Montana, véritable archétype du privé alcoolique et drogué entraîné dans les aventures les plus folles, capables de persuader quiconque que "la vie moderne est une guerre sans fin".

 

Dans Le Dernier Baiser (1978) surgit un deuxième personnage, Chauncey Wayne Sughrue, ancien du Vietnam, lui aussi détective à Meriwether. Le roman prend la forme d'un étonnant pèlerinage d'un bistrot à l'autre, qui est aussi un hommage explicite à l'un des auteurs préférés de Crumley, Raymond Chandler (1888-1959).

 

Dans Les Serpents de la frontière, en 1996, James Crumley imagine la rencontre entre Sughrue et Milo, explosive comme on peut s'en douter. Les deux comparses se retrouvent aux prises avec des trafiquants de drogue à la frontière entre le Mexique et la Californie. Dans Folie douce (2005), véritable feu d'artifice, ce Rabelais du roman noir semble tirer un bouquet final ; il entraîne toute une sarabande de psychopathes transsexuels, de handicapés sadiques et de gorilles sanguinaires, dans une enquête qui débute dans le Montana et finit par impliquer le FBI et la CIA avant de trouver son dénouement en Ecosse, ce qui est somme toute assez logique compte tenu de la quantité de whisky ingurgitée à chaque page.

 

James Crumley se soucie peu de vraisemblance, mais la douzaine de livres qu'il a publiés (essentiellement chez Gallimard en France) donne un portrait saisissant de l'envers de la société américaine. Ils sont d'autant plus attachants qu'ils dévoilent sans ostentation une fragilité déguisée en délire. Evoquant le Montana dans un documentaire de Mathieu Serveau (2002) intitulé L'Esprit de la route, James Crumley déclarait au milieu de sa tournée des bars : "Je me dis qu'on ferait mieux de l'appeler le Grand Vide ou le Pays de la Haute Solitude. L'animal humain y cherche la compagnie de ses congénères, mais aussi des endroits où s'abreuver, (...) et, croyez-moi, le Montana regorge d'abreuvoirs formidables."

 

Pourtant, au terme de toutes ces beuveries festives, l'auteur de La Danse de l'ours concluait que "chacun danse seul sur une musique que lui seul entend".

Partager cet article
Repost0
25 juin 2021 5 25 /06 /juin /2021 06:00

 

Nos amis américains, grands libéraux, adorent les taxes : pour les autres… Les fromages, le Roquefort, les vins&spiritueux, étant leurs cibles favorites. Bref, maintenant qu’un armistice vient d’être signé sur le gel des mesures de rétorsion dans le conflit Boeing/Airbus, revenons au sciaccarellu d’Ajacciu.

 

 

Régionales en Corse : Les nationalistes ne s'accordent pas

 

Unies en 2015, les différentes composantes du mouvement nationaliste Corse n’arrivent pas à s’entendre. Le président autonomiste sortant, Gilles Simeoni, arrivé en tête du premier tour des élections régionales, a écarté lundi soir la possibilité d’une nouvelle coalition nationaliste, semblant poursuivre sa démarche en solo au deuxième tour.

 

Dans un communiqué, Gilles Simeoni a expliqué lundi soir avoir « proposé à l’ensemble des composantes de la majorité territoriale sortante une démarche commune basée sur six principes ». « Ces différents points n’ont pas été validés jusqu’à ce jour par les différents partenaires potentiels » de sa liste, indique Gilles Simeoni, ajoutant qu'« il semble donc difficile que ces questions essentielles, qui n’ont pu faire l’objet d’un accord malgré plusieurs semaines de discussions, puissent être entérinées en quelques heures ».

 

Dimanche, lors du premier tour des territoriales, Gilles Simeoni est arrivé en tête avec 29,2 % des suffrages exprimés, devant la liste unie de droite du maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli (24,9 %), suivie de la liste du maire autonomiste de Porto-Vecchio Jean-Christophe Angelini (13,2 %) et celle, indépendantiste et refusant toute union au 2e tour de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti radical Core in Fronte (8,4 %). Ces quatre listes peuvent se maintenir au second tour. Sans revirement, quatre listes, dont trois nationalistes, s’affronteront au 2e tour.

 

Jean-Christophe Angelini a déposé sa liste en préfecture d'Ajaccio. Le leader du PNC a modifié l'ordre de cette liste puisqu'un accord sur une fusion avec Corsica Libera a été acté. Quatre noms indépendantistes figureront donc à des places éligibles : Josepha Giacometti, Petr'Antò Tomasi, Laura Maria Poli et Jean-Michel Simon. Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée sortant et tête de liste Corsica Libera ne figure pas sur cette nouvelle liste de fusion, tout comme Lionel Mortini. Avant de déposer sa liste, Jean-Christophe Angelini a rendu un hommage appuyé à Jean-Guy Talamoni devant les grilles du palais Lantivy.

 

Désolé de ce long aparté mais nous sommes en Corse…

 

 

Les preuves de la culture de la vigne et du vin dans la région d’Ajaccio se situent au premier siècle de notre ère d’après le professeur agrégé d’histoire associé au CNRS Fabien Gaveau : « dès le premier siècle de notre ère, la ville d’Ajaccio est une ville où l’on produit du vin. » Au bas Moyen Âge, au nord de l’appellation dans le golfe de Sagone, « on y a retrouvé quantité d’installations viticoles, dont des pressoirs liés à un domaine dont tout porte à croire qu’il était dédié largement à la production de vin », précise le chercheur.

 

Mais c’est au XVe siècle, sous l’influence des Génois, que le véritable élan viticole a lieu dans la région. Un siècle plus tard, les vins d’Ajaccio sont déjà renommés dans tout l’environnement proche de la Méditerranée. On les boit à la cour des papes. Dans sa description d la Corse en 1531, l’évêque Guistiniani met en évidence cette renommée : « La pieve de Valle-di-Mezzana fournit les excellents vins rouges, et les plus réputés sont ceux de Sarrola. »

 

À cette même époque, on retrouve aussi des trace écrites d’un cépage : le sciaccarello. Une époque où, hasard ou non, les modes sont aux vins clairs, les clairets. Pour l’historien, en 1740, « la ville d’Ajaccio est baignée entre la ville et la vigne comme on ne peut plus l’imaginer ! ». En 1788, cette même ville compte plus de 500 ha de vignes.

 

Au début du XIXe siècle, sur le port de New-York, les vins de Corse, dont ceux d’Ajaccio, sont soumis à des taxes parfois plus élevées que celles appliquées à des vins du Bordelais, preuve d’une renommée certaine. À partir de 1820, la cité s’agrandit, dévorant progressivement son vignoble qui est pourtant à l’origine de sa fortune. Quand la crise phylloxérique touche le vignoble ajaccien à la fin du XIXe siècle, le fléau représente une aubaine pour accroître l’urbanisation de la ville portuaire.

 

Pour Fabien Gaveau, la Première Guerre mondiale  a surtout acté : « l’abandon de l’idée que la vigne puisse être la base de la cité. C’est dans la tête que cela s’est joué, dans des choix d’orientation ». Toutefois, à contre-courant, de grandes familles tinrent à conserver l’empreinte viticole d’Ajaccio.

 

Dans les années soixante, comme partout en Corse, le vignoble d’Ajaccio subit une nette mutation à la suite du « Plan vigne » instauré par le gouvernement de l’époque, ainsi qu’avec l’arrivée des rapatriés d’Algérie, dont l’article sur Patrimonio (n°134) s’est fait l’écho. À cette époque, deux modèles s’opposent, celui d’une viticulture productiviste et celui d’une viticulture qui souhaite renouer avec son histoire et avec la qualité.

 

Face à ces nouveaux enjeux, le vigneron ajaccien François Mercury, en compagnie d’autres producteurs comme Louis de Poix du domaine Peraldi, Jacques Bianchetti du Clos Capitoro, et Pascal Albertini du Clos d’Alzeto, s’engage à défendre une tradition viticole enracinée dans les siècles, afin de produire des vins de qualité et de mettre en avant le cépage sciaccarello. Le Syndicat de défense des Coteaux d’Ajaccio voit ainsi le jour au milieu des années soixante. S’ensuit la naissance de l’AOC Coteaux d’Ajaccio en 1971 qui devient Ajaccio tout court en 1984.

 

 

Deux portraits à lire :

 

COMMUNOVIN

Sébastien Poly le petit-fils de Jacques Poly président de l’INRA / Domaine U Stiliccionu : des arbres (1000 plantés), des tailles hautes en échalas, un poulailler mobile (une centaine de poules), quatre ânes, une dizaine de ruches.

 

Vin, veau, resto: les frères Abbatucci, success-story de la gastronomie  corse - Le Point

Domaine Abbatucci ses cépages autochtones vendus en Vin de France.

Fabien Gaveau, professeur agrégé d'histoire, chercheur au CNRS.

Fabien Gaveau : "La force de la viticulture insulaire, c'est le nombre incroyable de cépages" ICI 

Par: Propos recueillis par Laurent Casasoprana

Jean-Guy Talamoni siégeait à l'Assemblée de Corse depuis 29 ans.

Régionales en Corse. Quatre listes présentes au second tour, Talamoni absent pour la première fois en 29 ans

Quatre listes, trois nationalistes et une d’union de la droite, s’affronteront dimanche prochain lors des élections régionales en Corse. Victime de la désunion nationaliste, Jean-Guy Talamoni sera le grand absent de ce scrutin, pour la première fois en 29 ans.

 

La désunion nationaliste aux élections territoriales de Corse a été fatale à Jean-Guy Talamoni. Le président sortant de l’Assemblée de Corse ne sera sur aucune liste au second tour dimanche prochain.

 

La liste autonomiste de Gilles Simeoni, arrivée en tête au premier tour (29,2 %), affrontera celle de Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio et chef de file d’une droite unie (24,9 %), celle de Paul-Felix Benedetti, à la tête du parti indépendantiste radical Core in Fronte (8,4 %), et celle d’union PNC-Corsica Libera emmenée par Jean-Christophe Angelini, qui avait obtenu 13,2 % des voix.

 

Quelques minutes avant 18 h, Jean-Christophe Angelini, maire autonomiste de Porto-Vecchio, a déposé une liste fusionnant son Partitu di a Nazione Corsa (PNC) avec les indépendantistes de Corsica Libera en incluant quatre de leurs candidats parmi les 15 premières places mais pas leur tête de liste, Jean-Guy Talamoni, a confirmé à l’AFP Vannina Borromei, colistière de M. Angelini.

 

Jean-Guy Talamoni, 61 ans, quitte ainsi l’Assemblée de Corse où il siégeait depuis 29 ans. Niant que sa candidature ait été refusée - « une telle requête […] n’a jamais été formulée » -, le leader de Corsica Libera a au contraire affirmé dans un communiqué mardi soir avoir lui-même « décidé de ne pas présenter (sa) candidature en cas de fusion ».

 

« Je ne peux être tenté de faire passer ma situation personnelle avant les intérêts supérieurs de la Corse », affirme M. Talamoni dans ce texte : « C’est la raison pour laquelle j’ai demandé […] de ne jamais faire de cette question un élément de blocage », poursuit le dirigeant indépendantiste, qui précise que son « engagement pour la Corse prendra d’autres formes »

 

Ce choix a été qualifié de « courageux » et « de raison » par Jean-Christophe Angelini, qui a salué une démarche prise « sans que cela ne soit demandé politiquement ».

 

La liste Corsica Libera avait obtenu 6,90 % des voix au 1er tour, un résultat en dessous des 7 % requis en Corse pour pouvoir être en ballotage (contre 10 % dans les autres régions) mais suffisant pour fusionner. Lundi soir, Gilles Simeoni avait écarté la possibilité de voir se forger une nouvelle coalition nationaliste dans l’entre-deux-tours avec les listes de MM. Talamoni et Angelini.

 

Aucun accord trouvé

 

Depuis le deuxième tour des territoriales de 2015, le parti de Gilles Simeoni, Femu a Corsica, et celui de Jean-Guy Talamoni, Corsica Libera, étaient associés dans une coalition nationaliste baptisée Pe a Corsica. Cette coalition s’était présentée unie dès le premier tour aux territoriales de 2017 et avait obtenu la majorité absolue au 2e tour.

 

Dans un communiqué de deux pages, Gilles Simeoni a expliqué lundi soir avoir « proposé à l’ensemble des composantes de la majorité territoriale sortante une démarche commune basée sur six principes » qui constitueraient « l’ossature indispensable de tout rapprochement durable et de tout contrat de mandature ».

 

Aucun accord n’ayant pu être obtenu « malgré plusieurs semaines de discussions », Gilles Simeoni a donc jeté l’éponge et décidé de partir seul au second tour : « Il semble difficile que ces questions essentielles […] puissent être entérinées en quelques heures 

 

Partager cet article
Repost0
24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 06:00

 

Nous ne nous sommes pas concertés, sa copie est tombée à 00 H 47 le 23 juin.

 

Avec Jean-François il en a toujours été ainsi, il analyse, argumente, développe, met en lumière les vrais enjeux, avec lui on comprend et l’on se sent intelligent.

 

Le 20 juin, il n’y a eu que des perdants. Un urgent changement de régime politique.

 

Il n’y a pas de vainqueurs des élections départementales et régionales du 20 juin, car nul ne peut se prévaloir d’un résultat obtenu alors que presque 67 % des électeurs n’ont pas voté (69,15% en Île-de-France, 70,38 % dans le Grand Est, 75,78 % en Seine-Saint-Denis…), soit 30 millions sur 47,7 millions d’électeurs inscrits. Mais il y a de nombreux perdants.

 

Les perdants du 20 juin

 

On a beaucoup dit que la démocratie était la première victime de ce scrutin. En vérité, cette défaite est bien antérieure à ce scrutin qui n’a fait que la révéler. Et puis, l’abstention est aussi une forme d’expression politique, nous y reviendrons.

 

Le premier perdant est Emmanuel Macron qui a voulu poursuivre son entreprise de destruction des partis politiques « du vieux monde », comme on disait à LREM, pour imposer son propre mouvement, un mouvement sans ancrage dans le pays, sans histoire et sans programme. Le résultat obtenu dépasse ses espérances puisqu’il a réussi non seulement à accélérer la décomposition des partis traditionnels de droite et de gauche, mais également à infliger une cuisante défaite à son propre mouvement qui n’avait, il est vrai, jamais réussi à exister réellement après l’élection présidentielle de 2017.

 

Il a fait disparaître « en même temps » la droite, la gauche et le centre. En effet, tous les commentaires sur le renforcement après cette élection des Républicains, des Socialistes ou des Écologistes ne reposent que sur l’aveuglement ou la mauvaise foi, car jamais ces partis n’ont représenté une part aussi faible du corps électoral.

 

Il n’est vraiment pas certain que la démocratie en sorte renforcée, mais ce n’était peut-être pas le principal objectif d’E. Macron.

 

L’autre mauvaise nouvelle pour le Président de la République est la mauvaise forme électorale du Rassemblement National qui, malgré des mois de matraquage pour nous convaincre de sa progression inexorable, de ses succès électoraux à venir et de la menace fasciste planant sur le pays, réalise une remarquable contre-performance. C’est ennuyeux pour celui qui déployait tous ses efforts pour que la prochaine élection présidentielle se passe entre lui et Marine Le Pen.

 

Les seconds grands perdants sont les instituts de sondage. Ils se sont trompés une fois de plus, mais cette fois on ne peut même plus parler d’erreurs mais de déroute tant l’écart entre leurs prévisions et la réalité est considérable. Tous donnaient le Rassemblement National largement en tête dans une majorité de régions ; on a vu ce qu’il en était. Les succès annoncés du parti du président dans certaines régions relevaient également de la pure et simple intoxication.

 

Aucun responsable d’institut de sondage n’est venu présenter ses excuses, pas plus qu’il n’a remboursé ses commanditaires.

 

Après avoir rapidement relevé l’importance de l’écart entre la réalité et les pronostics des sondeurs, les commentateurs ne se sont pas appesantis sur leur incompétence, voire sur le rôle très critiquable qu’ils jouent dans la démocratie et dès le lendemain les commentaires autour de… nouveaux sondages ont repris, sans la moindre précaution de langage. C’est ainsi que Le Monde rendait compte longuement dans son édition du 21 juin, d’une analyse sociologique des abstentionnistes réalisée sur la base de… sondages effectués avant les scrutins du 20 juin, en leur accordant un crédit absolu. Il faut bien que les journalistes et les sondeurs continuent à vivre malgré l’adversité.

 

Les éditorialistes et les journalistes parlent depuis dimanche de l’écart entre les sondages et les résultats effectifs des scrutins, non pas pour mettre en cause cet auxiliaire douteux de « la science politique », mais pour essayer d’expliquer l’écart entre les excellents pronostics dont ils disposaient et le mauvais comportement des électeurs.

 

Ainsi se poursuivent, comme si de rien n’était, les bavardages sur les personnalités préférées des Français, selon les sondeurs bien sûr ; voilà qu’apparaît Édouard Philippe à côté de Nicolas Hulot, mais cela n’empêche pas les mêmes sondeurs de penser que Marine Le Pen a encore toutes ses chances.

 

D’ailleurs, toute la vie politique tourne désormais autour de l’élection dans la région PACA dont manifestement dépend le sort du pays, élection qui oppose un transfuge des Républicains, Thierry Mariani qui ne s’est pas remis de n’avoir jamais été nommé ministre par Sarkozy, à Renaud Muselier un grand homme qui a longtemps servi Jean-Claude Gaudin, une référence, avant de se présenter contre lui et d’être battu et de perdre ensuite de nombreuses autres élections.

 

L’abstentionniste voilà l’ennemi

 

Les commentaires les plus entendus depuis le 20 juin déplorent l’abstentionnisme, le manque de mobilisation des électeurs, leur indifférence dangereuse pour la démocratie. Les explications les plus extravagantes sont mobilisées pour expliquer cette abstention : la levée des contraintes grâces à l’amélioration de la situation sanitaire aurait précipité les Français dans des loisirs coupables ; ou à l’inverse la crainte du virus, toujours actif, aurait éloigné les autres des urnes ; les jeunes n’y comprendraient rien et auraient besoin qu’on s’adresse à eux dans un nouveau langage puisque la « grammaire politique » aurait changé, selon E Macron. Les journalistes s’étonnent de l’abstention devant une « offre politique » aussi importante (11 listes en Île-de-France) sans se demander si cette analyse de la vie politique en termes de marché mettant en concurrence des produits très semblables malgré les étiquettes n’était pas une partie du problème.

 

En réalité, il y avait de bonnes raisons pour s’abstenir aux élections départementales et régionales.

 

La réforme des régions de François Hollande

 

François Hollande a procédé en 2014 à une réforme des régions françaises totalement absurde, sans autre justification que la soi-disant nécessité d’avoir de grandes régions pour qu’elles soient compétitives en Europe. Peu importe les moyens dont disposent ces régions pour agir, les compétences réelles qu’elles exercent, la capacité de leurs services administratifs et le soutien dont elles bénéficient ou pas dans la population, ce qui compte c’est la taille ! Les régions françaises doivent pouvoir être comparées aux Länder allemands, pourtant souvent moins étendus et moins peuplés que les régions françaises, ce qui ne les empêche pas de mieux réussir. Le Président de la République d’alors a dessiné hâtivement, sur un coin de table, les frontières des nouvelles régions. Certaines, ont acquis une superficie considérable comme la Nouvelle Aquitaine, mais cette nouvelle géographie administrative ne correspond pas à la réalité économique, historique ou à la vie des Français qui y vivent. En revanche, la Bretagne a été maintenue dans ses limites anciennes parce que le M. Le Drian, ministre hier et aujourd’hui, y a veillé.

 

Bref on voit que tout cela procédait d’un projet mûrement réfléchi et d’une stratégie solide.

 

Je n’ai entendu aucune voix de responsable politique de la majorité s’élever contre cette absurdité lorsqu’elle pouvait encore être évitée.

 

Le résultat de cette réforme a été un grand désordre administratif. Un récent rapport de la Cour des Comptes établit d’ailleurs que loin d’avoir permis des économies, la réforme a coûté de l’argent aux contribuables sans améliorer l’efficacité de l’administration régionale. Les services de l'État, dont les effectifs sont réduits avec constance, sont écartelés sur des territoires trop grands. Leurs responsables passent leur vie en voiture plutôt qu’à travailler. Les régions qui n’étaient déjà que modérément un échelon de proximité sont devenues des autorités presque aussi lointaines que l’État. Les présidentes et présidents de région sont satisfaits de régner sur de vastes territoires qu’en réalité ils ne gouvernent pas. Ils n’ont pas les moyens de leurs compétences en matière de développement économique, ceux-ci restent dans les mains de l’État (pour ce qu’il en reste) et leur autonomie fiscale et budgétaire est strictement encadrée par l’État. La formation professionnelle reste largement contrôlée par l’État, surtout après le vote de la loi de 2018. Les régions financent les bâtiments des lycées mais n’ont rien à dire sur ce qui se passe dans leurs murs. Il n’y a guère que dans le domaine des transports qu’elles disposent d’une influence réelle, même si celle-ci reste partagée. Leurs compétences sont essentiellement déclamatoires et s’expriment par la production d’un grand nombre de documents de planification stratégique parfaitement inconnus du commun des mortels.

 

Le département qui devait disparaître à l’occasion de cette grande réforme des régions voulue par François Hollande ont montré une fois de plus leur capacité de résistance (il y a sûrement de bonnes raisons à cela), même si le mode d’élection des conseillers départementaux a été modifié et rendu lui aussi incompréhensible.

 

Tout cela a été complété par la création des métropoles, une nouvelle catégorie de collectivités territoriales s’ajoutant aux communes, aux communautés de communes, aux agglomérations, aux nombreux syndicats. L’administration du pays est devenue incompréhensible pour beaucoup de nos concitoyens, même assez bien informés.

 

Pourquoi un tel désordre ?

 

Parce que les mesures de décentralisation successives n’ont pas été prises pas pour renforcer la démocratie mais trop souvent pour débarrasser l’État de compétences qu’il ne parvenait plus à assumer. Mais en même temps, l’État veut continuer à contrôler les collectivités territoriales et à brider leur action. Au lieu d’une répartition claire des compétences règne « le partenariat » qui génère la multiplication de « contrats » en tout genre entre l’État et les collectivités, contrats qualifiés depuis longtemps par le juge administratif de « pseudo-contrats », ce qui veut dire en français qu’ils n’engagent à rien. Tout cela crée une irresponsabilité généralisée et une paralysie particulièrement sensible dans les institutions de l’État.

 

Ce tableau trop rapidement dressé, qui n’est hélas pas une caricature, suffirait à justifier l’abstention massive des citoyens en attendant que l’on en revienne à une organisation rationnelle et compréhensible, en un mot démocratique.

 

Une tentative ratée de préparation de l’élection présidentielle

 

Il faut y ajouter le fait que le président de la république, suivi par les commentateurs, a voulu faire de ces scrutins locaux une élection nationale préparant le terrain à l’élection présidentielle.

 

Il a mobilisé nombre de ses ministres pour cela. Plus ils étaient nombreux sur les listes régionales, plus celles-ci ont enregistré de mauvais résultats.

 

Répondant sur le même terrain, un certain nombre de candidats ont fait de l’élection régionale un tour de chauffe pour l’élection présidentielle, comme Xavier Bertrand.

 

Le rassemblement national y a vu l’occasion d’affirmer sa position sur l’échiquier électoral avant l’élection de 2022, d’autant plus que tous les sondages lui prédisaient que cette fois c’était la bonne (c’est un effet bénéfique de ces sondages mystificateurs mais il n’est pas sûr que ce soit délibéré).

 

Tous en ont été pour leurs frais. Les électeurs leur ont tourné le dos ce qui n’est pas forcément une preuve de leur irresponsabilité ou de leur immaturité. Peut-être ont-ils tout simplement voulu dire qu’aucun de ces candidats ne les représentait.

 

Il suffisait d’ailleurs de lire les professions de foi pour constater que sous l’étiquette la marchandise n’était pas si différente à droite et à gauche.

 

La tête de liste « la République en marche » en Île-de-France plaçait en tête de ses propositions « la création d’une police régionale dotée immédiatement de 500 fonctionnaires et des moyens nécessaires ». Peu importe que cela ne soit pas une compétence régionale, que le foisonnement des polices municipales à côté de la police nationale soit déjà un problème. Le reste de son programme était aussi sérieux, il s’agissait pourtant du rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée Nationale. Il a fait un très mauvais score. Mais Valérie Pécresse ne disait pas autre chose en affichant la sécurité comme sa première préoccupation, comme le Rassemblement National, naturellement.

 

À gauche, il s’agissait de s’affirmer comme le candidat le plus écologiste et le plus généreux : transports en commun gratuits (on aimerait déjà qu’ils fonctionnent), promesse de financement de nombreuses dépenses sociales relevant de l’État ou du département. En revanche, aucune proposition pour modifier une situation dans laquelle 80 % des emplois en Île-de-France sont concentrés sur moins de 10 % du territoire, ce qui explique largement les problèmes de transport et en partie la flambée des prix du logement et les mauvaises conditions de vie dans la région.

 

Les citoyens ne sont pas pour autant sans responsabilités

 

Les programmes de la presque totalité des candidats à ces scrutins régionaux témoignaient de l’abaissement de la politique. Ils ne proposent pas un projet, mais une série de mesures censées répondre aux attentes des différents segments de ce qu’ils considèrent comme leur électorat potentiel. Le mot d’ordre est : « Votez pour moi, je m’occupe de tout ! ». La confrontation politique n’est plus celle des idées et des programmes pour rassembler des citoyens, mais un marché sur lequel des vendeurs de solutions tentent de convaincre des acheteurs, le temps d’un scrutin. Ce processus d’infantilisation est engagé depuis longtemps. Il est alimenté par le mythe de l’homme providentiel ranimé à chaque élection présidentielle, pour nous faire croire que de l’élection d’un homme dépend notre bonheur. Mais le problème de la consommation, quel que soit le produit consommé, c’est qu’on finit par être rassasié et même parfois par être pris de nausées. Cela vaut pour la politique comme pour le chocolat. Cette fois, les consommateurs ont massivement refusé de consommer.

 

Dans une démocratie vivante, les responsables politiques ne sont pas là pour régler les problèmes à la place des citoyens, mais pour participer à la vie démocratique, contribuer à l’organisation de la délibération collective, à la prise de décision en faveur de l’intérêt général. Ils n’exercent pas un métier, il y a des fonctionnaires pour cela qui doivent mettre en œuvre leurs directives. Ils remplissent une fonction comme citoyens parmi les citoyens.

 

La démocratie ne peut pas vivre sans partis et syndicats vivants, n’en déplaise à tous ceux qui prêchent depuis des années le dépassement des partis et des clivages politiques. Nous les avons dépassés pour nous trouver dans une impasse.

 

Il faut hâter la réforme profonde de nos institutions, en finir avec le présidentialisme de la Vème République qui a prolongé la survie des partis politiques dits « de gouvernement » avant de les broyer les uns après les autres.

 

Les citoyens ont exprimé leur désapprobation de plusieurs manières ; cette fois-ci par l’abstention. Mais nous irons de mal en pis s’ils ne trouvent pas de nouveaux moyens collectifs leur permettant de s’engager dans la vie publique et de peser sur son cours.

 

Jean-François Collin

22 juin 2021

Partager cet article
Repost0
22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 06:00

MELON CHARENTAIS AUX FLEURS DE SUREAU,

Crème aux fleurs de sureau, melon frais mariné et glace à la vanille de Madagascar.

N’est pas Coluche qui veut… même si l’épisode Coluche ne fut pas très glorieux…

 

Comment sommes-nous descendus aussi bas ?

 

Dans « La tentation du clown », la journaliste Laetitia Krupa explore l’hypothèse d’un candidat hors système à la présidentielle 2022.

 

Mirage ou cas de figure plausible ?

 

Hanouna, Zemmour, Onfray, Raoult…

 

Poussons encore plus bas dans la fange : Bigard, Lalanne…

 

Onfray, l’idole des retraités de l’Educnat, le naufragé de la philo, sans rire, proclame que le peuple le réclame sous ses, « présentez-vous, présentez-vous… » mais que bien sûr qu’il n’y ira pas…

 

L’idéologue d’extrême droite Eric Zemmour, à Paris, le 22 avril 2021.

L’idéologue d’extrême droite Eric Zemmour, à Paris, le 22 avril 2021. 

 

Zemmour, le possible candidat à la présidentielle de 2022 qui inquiète le RN ICI 

 

Le polémiste du « Figaro », qui attire chaque jour près de 1 million de téléspectateurs sur C.News, laisse monter la rumeur d’une participation à l’élection présidentielle et ne décourage en rien ses fidèles.

 

 

Je ne vous ferai pas l’injure de vous dire ce que signifie avoir le melon mais je vais en profiter pour vous parler du melon tout rond qui reste l’un des chouchous des français.

 

 

Le melon ne tourne plus en rond ICI

 

Le melon, madeleine de Proust des estivants, a le parfum des vacances. C’est le complice rafraîchissant des pique-niques familiaux, du régime qu’on se promet de faire durer tout l’été. Et selon une étude commandée par l’Association interprofessionnelle melon, il reste l’un des chouchous des Français. « C’est un produit qui se maintient, il s’en achète toujours environ 8 kg par ménage et par an, précise Marion Mispouillé, animatrice de l’association. En revanche, il est très sensible à la météo. On en produit et on en mange moins lorsqu’il fait mauvais, comme en 2020. »

 

« C’est 90 % d’eau »

 

C’est entre le littoral charentais et le Centre-Val de Loire que se cultivent environ un tiers des 250 000 tonnes de melons produits en France chaque année, le reste poussant dans le Sud, entre l’Aquitaine et la région PACA.

 

« Ici, les melons sont dans tous les potagers, précise Antoine Bertrand. On les accompagne traditionnellement de fleur de sel. Moi, je le taille en cubes que je propose en entrée avec du pineau des Charentes, servi à part dans un verre à shooter afin de ne pas noyer la chair. J’ajoute simplement du pain et du beurre salé pour contrebalancer sa puissance sucrée. Si la saison est belle, je pourrai en proposer jusqu’à fin septembre. »

 

Les grandes civilisations, égyptienne, grecque, romaine, l’ont toutes cultivé. En France, il était réservé, jusqu’au XVIIIe siècle, aux rois et aux grands seigneurs. Mais pendant longtemps, il était assaisonné avec du vinaigre et du poivre ! Cyril Lignac, dans l’une de ses salades, reprend ce mariage aromatique en l’associant à du vinaigre de Xérès, du sel et du poivre.

 

« Quand on travaille le melon, il y a quelques précautions à prendre, c’est vrai, remarque-t-il. Par exemple, quand on le passe sur la planche à découper, il faut bien qu’elle soit propre, car le melon absorberait le parfum de ce qui y a été travaillé. Mais, à partir de là, on peut vraiment s’amuser : ajouter des épices, des poissons légèrement saucés, de l’huile d’olive pure et du poivre torréfié… C’est un produit qu’on croit connaître, mais dont on commence tout juste à évaluer le potentiel ! »

 

Odeur ou pédoncule : comment choisir son melon ?

 

Attention, le sujet divise !

 

« Il faut soupeser les melons et choisir le plus lourd, le plus dense : ce sera le plus chargé en sucre », conseille le chef Adrien Brunet. Son confrère Antoine Bertrand reconnaît pour sa part les choisir à l’odeur – les melons charentais dégagent un parfum typique, d’autant plus fort qu’il est mûr – et vérifie « qu’ils ont le cul craquelé, fendu ». « Le sentir, le peser, c’est du pipeau ! », tranche de son côté Cédric Fargier, producteur des melons des Lonnes sur une quarantaine d’hectares, en Provence, qui fournit le chef Edouard Beaufils. Il n’y a finalement que sur un point que tous les professionnels se retrouvent : le pédoncule, la « queue », doit commencer à se décoller du melon. Il faut aussi garder en tête quelques éléments factuels pour faire son choix. Les premiers melons cultivés sous serre ou en provenance du sud-est arrivent mi-mai sur les étals. Mais la saison pour les melons de pleine terre, les plus goûtus, est juillet-août. Enfin, pour le conserver, emballez-le dans un film plastique et rangez-le dans le bac à légumes du réfrigérateur, mais pas plus d’une semaine. Et si vous voulez mettre de l’été dans votre cuisine d’hiver, vous pouvez conserver des billes de melon dans des sachets hermétiques au congélateur.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 10:30

Image

L’ami Laurent Bazin sur Twitter pose le doigt où il faut :

@laurentbazin

 

C’est tout de même génial de s’interroger en boucle ce matin sur les «motivations des abstentionnistes», comme s’ils avaient cherché à envoyer un message politique… Alors que le sujet c’est, précisément, leur manque de motivation, non?

 

Tant que la régionalisation ne sera qu’un transfert de compétences : transports, routes, lycées… elle n’apporte rien aux citoyens… elle ne fait qu’ajouter une couche d’élus « inutiles », une strate administrative tout aussi inutile, qui se superpose au millefeuille départemental.

 

Si l’on souhaite vraiment que le pouvoir central omniprésent, via son Président, trouve un contrepoids, le seul moyen efficace est l’érection d’un vrai pouvoir régional fort.

 

Le Parlement ne joue plus, depuis fort longtemps, ce rôle, plus encore depuis la mise en place du quinquennat, les godillots du grand Charles ont fait des petits ; quant au Sénat, soi-disant émanation de la France profonde, vu son mode de désignation, n’est qu’une assemblée de notables repus, sans pouvoir réel, de Gaulle avait raison : à la trappe !

 

En m’abstenant je n’ai fait qu’exprimer mon désintérêt pour cette coquille vide, voter blanc ou nul ne sert à rien presque. Ce faisant je ne mets pas en péril la démocratie représentative, foin de grands mots, aux élus de se remettre en questions, de me proposer, de nous proposer une profonde réforme constitutionnelle qui redonne à nos votes un sens.

 

Mais plus encore mon abstention fut un choix très politique pour la raison suivante : je voulais minorer la nationalisation d’un scrutin local par les prétendants à la présidentielle, tout particulièrement, la fille du borgne, Pécresse et Bertrand pour leur primaire chez LR dont ils ne sont plus adhérents, les Verts…

 

Olivier Babeau

@OlivierBabeau

 

Rappel : avec 68% d’abstention, un candidat qui obtient 30% des suffrages exprimés n’est choisi en réalité que par 8% environ des inscrits. Autrement dit les futurs gagnants ne sont pas le premier choix de 92% des électeurs.

 

La seule bonne nouvelle c’est la quasi-claque du RN, nos insondables sondeurs ont surexposé le RN, reste à finir le boulot en PACA avec un front républicain sans faille.

 

La prime est aux sortants, LR et le PS conforteront leur base locale.

 

Attention à ne pas confondre scrutin régional et présidentiel ! L'avertissement

Richard Werly

@LTwerly

@letemps repris par @courrierinter

Merci et à dimanche prochain

 

Vu de l’étranger. Aux régionales, Macron et Le Pen “défaits” par le retour des partis traditionnels

 

Publié le 21/06/2021 - 06:26

 

 

 

Le premier tour des régionales, dimanche 20 juin, en France a été marqué par une abstention record, un net recul du Rassemblement national et une piètre performance du parti présidentiel, au profit de la droite et de la gauche. Pour la presse étrangère, cette dynamique pourrait rebattre les cartes de la présidentielle de 2022.

 

Un Rassemblement national (RN) “très en deçà de ses espoirs”, un parti présidentiel qui “peine plus que jamais à s’implanter localement” et des partis traditionnels, de la droite à la gauche, qui “résistent” : le premier tour des élections régionales a été marqué dimanche par une série de “grosses surprises”, résume la correspondante du Soir à Paris, Joëlle Meskens.

 

La très forte abstention – estimée entre 66,1 et 68,6 %, un record tous scrutins confondus en France – a avant tout profité aux présidents de région sortants, de droite comme de gauche. Les Républicains ont totalisé 34,4 % des voix et les socialistes 28,7 %, selon les estimations de l’Ifop. Les premiers espèrent pouvoir conserver leurs sept régions et les seconds leurs cinq en France métropolitaine.

 

En revanche, la défaite est “écrasante” pour Emmanuel Macron et sa formation, note Politico. Le parti présidentiel ne totalise que 11,5 % des suffrages selon Ipsos, un score qui confirme la faible implantation locale de LREM. “Il ne fait désormais aucun doute que M. Macron sera confronté à un défi” lors de la présidentielle de 2022, estime la BBC.

 

Dans un discours, qualifié de “morose” par l’agence Bloomberg, Marine Le Pen a de son côté reconnu que ses électeurs ne s’étaient “pas déplacés” et a appelé “à un sursaut” pour le second tour. Au niveau national, le RN, initialement donné en tête dans six régions sur treize par les sondages, n’arrive finalement en tête qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). La formation d’extrême droite n’a recueilli que 19,4 % des voix au niveau national, contre 27,7 % en 2015.

 

“Le Pen et Macron ne sont plus seuls au banquet”

 

“La surprise est d’autant plus importante que les spéculations éditoriales et les sondages avaient prédit une explosion de l’extrême droite, et vu la droite et les socialistes passer sous la ligne de flottaison. Mais c’est le contraire qui s’est produit”, remarque Eduardo Febbro, le correspondant à Paris du quotidien argentin Página 12. “Si cette dynamique se maintient ou s’accentue dans les prochains mois, le retour des partis ayant une tradition de gouvernement et de présidence (PS et LR) pourrait saper les fondements de la stratégie macroniste, estime-t-il. Les anciens ennemis sont revenus à la table. Le Pen et Macron ne sont plus seuls au banquet.”

 

Le quotidien espagnol El País voit, lui aussi, dans ces résultats le signe que “la vieille politique refuse de disparaître”. Le scrutin du premier tour remet en cause “le diagnostic de Macron et de Le Pen”, selon lequel “les divisions partisanes qui avaient façonné la politique française depuis l’après-guerre – une alternance entre le centre gauche et le centre droit – n’étaient plus valables”. Dimanche soir, Macron et Le Pen ont été “défaits par le vieux monde”, renchérit Le Soir.

 

Gare aux “conclusions trop hâtives”

 

“L’abstention massive […] empêche” néanmoins de “tirer trop de leçons pour le scrutin présidentiel d’avril-mai 2022”, met en garde le journaliste du Temps Richard Werly, qui se méfie “des conclusions trop hâtives”.

 

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les deux grands partis traditionnels ont bénéficié à plein de la “prime aux sortants”, qui ont été à la manœuvre lors de la crise sanitaire. Selon le journaliste du Temps, il faut aussi “bien comprendre que le découpage de la France métropolitaine en treize grandes régions administratives n’est pas bien accepté, ce qui a pu amener de nombreux Français à bouder les isoloirs pour bien montrer leur désaccord et leur manque de confiance en cet échelon politique”. Cette abstention massive est le reflet d’une “France politique […] démotivée”, note-il. Pour lui, la principale boussole de ce pays centralisé demeure la présidentielle”.

 

Noémie Taylor-Rosner

 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2021 1 21 /06 /juin /2021 06:00

Alessandra Pierini et Sonia Ezgulian, à Lyon le 3 septembre. (Photo Félix Ledru pour Libération)

Le chef italien et chroniqueur culinaire Tommaso Melilli. 

Vous le savez, moins j’en fais mieux je me porte, c’est d’autant plus vrai depuis que je suis sur le flanc, gamelle pour gamelle je préfère celle pleine de pâtes, l’enfant de chœur que j’ai été a manqué écrire : pleine de grâces, alors lorsqu’une italienne de Paris, notre Alessandra Pierini, et un italien de Paris qui fait des va-et-vient entre l’hexagone et la Botte, Tommaso Melilli.

 

Et, spaghetti sur le gâteau, les fourneaux c’est sur France-Culture.

 

Fin de ma contribution.

 

Le 13/06/2021

Pâtes : un petit goût d'Italie ICI 

 

Selon que l’on se trouve au Nord de l'Italie, région des pâtes fraîches, à Rome, ville de la carbonara ou au Sud, où l’on raffole des spaghetti au citron ou à la tomate, on ne déguste pas les pâtes de la même façon. Destination l'Italie, donc, à la découverte des pâtes et des manières infinies de les préparer avec deux gastronomes italiens pour nous guider dans ce périple.

 

Pasta saporita : la recette facile et rapide d'Alessandra Pierini

Les "Pasta saporita" d'Alessandra Pierini

 

Ingrédients pour 4 personnes.

 

Temps de préparation : 15 min

 

Temps de cuisson : 15-20 min

 

Difficulté: facile

 

  • 400 g de penne rigate ou mezze penne
  • 40 olives taggiasche dénoyautées
  • 40 g de câpres à l’huile ou au sel dessalés
  • 6 filets d’anchois
  • 2 gousses d’ail pelées et finement tranchées
  • 400 g de tomates cerises type ciliegino ou datterino (ou conserve de bonne qualité)
  • huile d’olive bien fruitée
  • 1 pincée de piment (en poudre ou haché)
  • quelques branches de persil frais ciselé
  • sel, poivre

 

 

1. Faire revenir les olives, les câpres, les anchois, l’ail et le piment avec 4 cuillerées d’huile dans une grande poêle.

 

2. Ajouter les tomates coupées en deux, saler, poivrer et laisser mijoter à feu moyen pendant 15 minutes.

 

3. Porter à ébullition, pendant ce temps, une grande casserole d’eau salée et faire cuire les pâtes al dente.

 

4. Les égoutter et les plonger dans la poêle de sauce chaude, éventuellement détendue avec 1 ou 2 cuillerées d’eau de cuisson (pensez à la reserver).

 

5. Mélanger, laisser mijoter encore 1 minute et servir bien chaud avec le persil ciselé.

 

6. Variante: à la place des anchois on peut utiliser 150 g de thon à l’huile d’olive.

 

Omelette à la ricotta et à la menthe pour 4 personnes - Recettes Elle à  Table

L'omelette de pâtes de Tommaso Mellili

 

150g de spaghetti

3 œufs 

3 cuillères de parmesan rapé 

50g de jambon cuit en lamelles

100g de provolone ou d'un autre fromage à pâte dure 

Huile d'olive, sel, poivre

 

Je vous propose une version presque individuelle de cette omelette de pâtes napolitaine, si vous voulez en faire une plus grande il faudra garder une proportion de 50g de pâtes par œuf, et multiplier les autres ingrédients en conséquence.

Partager cet article
Repost0
17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 06:00

 

Fleuve Pô, au Nord de l'Italie, région d'Émilie-Romagne, des Alpes italiennes qui bordent la France à la mer Adriatique, de l'Ouest à l'Est

Le plus long fleuve italien ICI

J'aime beaucoup les polars de Valerio Varesi... Chronique dédié à un Crémonais occasionnel... 

Notre ami Soneri est envoyé par son chef caractériel et pas bien malin, surveiller des pêcheurs/braconniers d’origine étrangère (hongrois, russes, ukrainiens …) sur les bords du Pô. Les habitants s’en plaignent, ils pêchent des silures, campent, font du bruit, et puis, ils ne sont pas d’ici. On imagine facilement avec quel zèle Soneri va transformer ça en balade dans le brouillard le long d’un fleuve en crue, avec arrêt dans une bonne auberge.

 

La Maison du commandant

 

« Tu l’aimes, toi, cette société où les arrogants et les malhonnêtes dirigent les gens bien ? où les pires gouvernent les meilleurs ? où la méchanceté est toujours victorieuse ? Tu l’aimes ce monde où tout s’achète ? La justice, la respectabilité, le droit d’être aux commandes ? (…) Tu le sais ou tu le sais pas que tu es payé par ceux qui font les guerres et qui affament les peuples ? »

 

Le ton est donné par cet ami de Soneri qui vit sur une maison flottante et écoute Verdi à plein volume sur le fleuve déchaîné. Un fleuve qui est de nouveau l’un des personnages principaux du roman. Mais un fleuve à l’image du moral de Soneri : gavé de pollution et de saloperies. Un fleuve qui sent la mort, littéralement, et que même une belle grosse crue a du mal à nettoyer.

 

La suite ICI 

 

Valerio Varesi exhume les macabres secrets d’un fleuve indocile ICI 

 

LIVRES

 

Un petit tour sur les berges du Pô, ça vous tente? Valerio Varesi et son commissaire Soneri nous servent de guide dans «La Maison du commandant»

 

Le Pô pue! Par temps de crue, son lit sent la charogne, les déchets innommables, la pourriture et la mort. Des exhalaisons méphitiques qui littéralement empreignent comme un signe du destin l’atmosphère et les pages de La Maison du commandant, le dernier polar traduit en français de Valerio Varesi, un livre qui date de 2008.

 

Fragile et déstabilisé jusque dans son amour pour la pétillante Angela, doutant plus que jamais de la possibilité, voire de la légitimité, de faire appliquer la loi, le commissaire Soneri lui-même s’interroge sur la signification de «ces odeurs qui le persécutaient depuis le début de l’enquête». Rassurez-vous, cela ne l’empêche pas de partager avec vous son amour inconditionnel pour les magiques paysages de brume et d’eau de la Bassa, cette plaine du Pô qu’il connaît par cœur et où il sait, comme personne, dénicher le petit bistrot qui fait à merveille les anolini au bouillon, les tortelli aux blettes ou les tripes. Le tout arrosé d’un bonarda, «un bon vin charpenté qui vous console comme une grosse femme».

 

Pétarade inattendue

 

Tout commence d’ailleurs par une course-poursuite épique et, à sa manière, passablement alcoolisée. «Dans la lumière citrine» d’un début d’après-midi, notre commissaire parmesan enquête mollement sur un trafic d’armes censées circuler parmi des groupes de pêcheurs de silure, des anciens militaires slovaques et hongrois mal vus dans la région. Il n’y croit pas trop et, profitant de la balade, s’achète deux caisses de fortana de la dernière vendange, un vin nerveux qu’il faut ménager.

 

Or voilà que la bande dite «des distributeurs» vient de commettre un nouveau casse dans une agence de la périphérie. Envoyé par son chef sur la trace des voleurs, Soneri en oublie les bouteilles qui, dans son coffre, se mettent «à danser la samba». Après un brusque coup de frein et un zigzag improvisé sur l’asphalte, un premier bouchon saute, suivi de plusieurs autres. On imagine l’angoisse du collègue de Soneri qui suit la traque par téléphone et imagine qu’on vient de tirer sur le commissaire.

 

Fausses pistes à la pelle

 

Après cet épisode d’une indéniable drôlerie, la mort à son tour s’invite dans l’histoire. Deux cadavres sont retrouvés dans le même périmètre: un jeune Hongrois tué d’une balle dans la tête dans une peupleraie et un ancien partisan devenu garde-chasse, le commandant Libero Manotti, décédé de mort naturelle dans sa maison isolée, depuis quelque temps déjà. Y aurait-il un lien entre les deux hommes? Soneri est chargé de l’enquête. Sa tâche sera rude, car les indices sont minces et les fausses pistes nombreuses.

 

Et comme toujours chez Valerio Varesi, mais tout particulièrement dans ce polar-ci, c’est la société tout entière qui est mise en examen. Une comparution dont elle ne ressort pas grandie surtout quand, dans la peau de l’accusateur, se trouve l’intransigeant Nocio, un vieil ami de Soneri qui vit sur le fleuve dans une maison soutenue par deux chalands, et qui écoute La Force du destin de Verdi à plein tube quand les eaux du Pô se déchaînent.

 

La Bassa - Martina Maffini

Roman

Valerio Varesi

La Maison du commandant

Traduit de l’italien par Florence Rigollet

Agullo, 310 p.

 

Home | Varesi ValerioValerio Varesi : que dit le web de cet écrivain ?Les Mains vides - broché - Valerio Varesi, Florence Rigollet - Achat Livre  | fnac

1900 - Bernardo Bertolucci - DVD Zone 2 - Achat & prix | fnac1900 – Les Rouges et les Noirs | In Ciné Veritas

 

Le film se nomme 1900. Mais son titre original, Novecento, « le vingtième siècle », paraît plus juste puisqu'il n'est jamais question ici de l'année 1900. Cette foisonnante saga débute à la mort du compositeur Giuseppe Verdi, le 27 janvier 1901, et s'achève le jour de la libération de l'Italie, le 25 avril 1945. Novecento est une œuvre d'une ambition folle, embrassant un demi-siècle d'histoire italienne, de conflits sociaux et de lutte des classes. Un film-fleuve de 5 h 18 divisé en deux actes (2 h 43 et 2 h 35) où le réalisateur Bernardo Bertolucci, décédé ce lundi 26 novembre, accomplit un tour de force cinématographique. Cette fresque sur l'éclosion du communisme et la montée du fascisme, qui ont déchiré son pays, se hisse au niveau d'une grande œuvre littéraire ou picturale.

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents