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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 06:00

Xl saumon poisson

Sciences : plongée dans la pouponnière de neurones - Le Parisien

Puisque Gabriel Lepousez docteur en dans l’unité perception et mémoire de l’Institut Pasteur se passionne pour les buveurs de champagne, je vous propose une vision très crue des neurosciences par un écrivain polonais Zygmut Miloszewski

 

L'écrivain Zygmunt Miloszewski polonais signe "Inestimable"

 

Saoul comme un Polonais

 

 

Saoul comme un Polonais » - Paris (75000)

 

Un exploit d'un régiment polonais en 1808

 

Si les Polonais ont une solide réputation en matière d'alcool, c'est à cause de Napoléon ! En 1808 pendant la campagne d’Espagne, un assaut final doit être donné à 1.500 mètres d’altitude et c’est un régiment d’élite polonais qui fait la différence grâce à sa détermination et sa puissance. Après l’affrontement, quand les généraux français présentent à l'empereur les valeureux combattants, ils tentent de minimiser leur exploit en soulignant qu’ils avaient bu pour se donner du courage.

 

Mais Napoléon répondit : « alors la prochaine fois, sachez être saouls comme des Polonais ». Selon une autre version de l'histoire, l'empereur aurait dit « il fallait être saoul comme un Polonais pour accomplir cela ».

 

Tout est en Histoire une question de mémoire.

Inestimable

- Mais il continue à oublier, répliqua-t-elle. Comment est-ce possible ?

 

- Nous ne le savons pas, admit le médecin avec tristesse. Quand on lit le supplément scientifique du Newsweek et qu’on y découvre que les américains ont greffé une électrode sur une souris pour la pousser à appuyer sur un bouton rouge dès qu’elle a faim, ou quand on apprend que telle région de notre cerveau est active si on pense au tennis et telle autre si on songe à boire un café,  alors on a l’impression de tout savoir sur les réseaux neuronaux et qu’on est sur le point de télécharger notre conscience sur Internet. Or, nous ne connaissons presque rien sur notre cerveau. Et toutes nos spécialisations neurologiques et psychiatriques se jouent dans ce « presque ». Imaginez un monde où tous les mécaniciens de la planète ne sauraient réparer que la carrosserie des voitures, et pour tout ce qui concernerait le moteur, ils ne feraient qu’émettre des hypothèses. Le cerveau c’est cent milliards de neurones hyperactifs dont les connections électriques changent à la vitesse de la lumière. C’est un peu comme si l’on voulait dessiner la carte d’un monde où les villes, les mers et les continents changent sans cesse de place, puis qu’on voyage à l’aide de cette carte.

 

[…]

 

Vous avez certainement lu des articles sur l’IRMf, commença-t-il. On vous place dans un scanner et on étudie l’activité de votre cerveau. Sur la base des images obtenues, on en déduit qu’ici, c’est la zone dédiée au tennis, là au sexe et encore ailleurs une zone qui s’allume lorsqu’on pense à du chocolat saupoudré de copeaux de noix de coco. Et on annonce en grande pompe qu’on est capable de lire dans les pensées, de communiquer avec des gens plongés dans le coma ou de soigner la démence sénile.

 

 

- Quelqu’un m’a récemment dit qu’on n’y connaissait rien au cerveau.

 

- Une personne bien sage. Nous n’y connaissons rien au cerveau, mais nous n’en connaissons pas plus dans bien d’autres domaines, qu’on parle de biologie humaine, de physique quantique ou de météorologie.

 

L'incroyable histoire du saumon mort qui pensait encore | ECHOSCIENCES -  Grenoble

[…]

 

- Je vais vous raconter l’histoire du saumon mort.

 

[…]

 

- Pour en revenir au saumon mort, des doctorants devaient calibrer leurs appareils et ils ont placé un poisson mort dans un IRMf, puis lui ont posé pour rire les mêmes questions qu’on pose aux humains. Ils lui ont demandé d’imaginer un match de tennis, de stimuler son désir et d’effectuer une prière. Et il s’est révélé que les différentes  régions du cerveau de ce poisson mort s’illuminaient au cours de l’étude. Ils ont donc enregistré son activité et inscrit dans leur rapport que soit nous ne jugeons pas la vie émotionnelle des poissons morts à leur juste valeur, soit il y a un biais sérieux dans notre méthodologie d’étude du cerveau.

 

Zofia en fut sincèrement amusée.

A quoi peut bien penser un saumon mort ?

La seconde vie du saumon mort ICI 

Publié par Laurent Vercueil, le 4 décembre 2017

 

 

en 2009, Craig Bennett et ses collègues présentèrent une communication originale au congrès mondial des spécialistes de l’imagerie cérébrale fonctionnelle. C'est un euphémisme de dire qu'elle a suscité l'intérêt des congressistes. Les chercheurs avaient installé un saumon atlantique dans l’antenne d’une IRM, tout en lui confiant une tâche de cognition sociale. Le principe est de mesurer l’activité cérébrale du salmonidé telle que traduite par les variations du signal BOLD corrélées statistiquement à la présentation de la tâche. Nul n’ignore que le saumon est tout ce qu'il y a de plus mort, et que, même vivant, il eut été improbable que la consigne revêtît une quelconque signification pour lui (mais va savoir, avec le saumon).

 

Cependant, voilà qu'en réalisant le traitement statistique des variations de signaux les chercheurs trouvent une activation localisée dans le cerveau du saumon mort. Lorsque le saumon est censé être engagé dans une tâche de prise de perspective sociale (la personne d'une situation sociale est-elle incluse ou rejetée par les autres protagonistes ?), le cerveau et la moelle épinière du saumon s'activent, si l'on en croit la tâche rouge qui signale la variation statistiquement significative. C’est un saumon mort qui pense encore ! D’où la communication provocatrice des chercheurs facétieux.

 

Le but des auteurs n’était cependant aucunement ésotérique. Le but était d’alerter sur le risque des comparaisons multiples dans le cas de variations d’un signal constitué, en l'occurence, de bruit statistique.  Rechercher une corrélation entre deux évènements (la réalisation d’une tâche et une variation dans un signal) est au principe de l’imagerie fonctionnelle. En IRM, cette corrélation est mesurée avec une résolution qui est définie par le voxel, l’unité spatiale de l’information. Il y a un intérêt évident à traiter un grand nombre d’informations car cela permet de disposer de données précises sur la localisation des structures impliquées ou associées à la tâche étudiée. Mais, plus vous recherchez une association entre deux évènements, plus il existe un risque que l’association que vous constatiez ne soit liée qu’au simple hasard. C’est le problème plus général des comparaisons multiples et du risque de faux positifs. De fait, aussitôt que les chercheurs appliquèrent les facteurs correctifs des comparaisons multiples, le saumon devint silencieux. Comme tout bon saumon mort qui se respecte.

 

 (en passant, ce fameux saumon mort valu un Prix IgNobel aux auteurs de l'étude, ce qui donne un peu une idée des ressources de l'animal dont on aurait tort de croire que la mort a mis fin aux propriétés les plus intéressantes...)

 

 D'ailleurs, voici qu'en 2017, un nouveau saumon mort sort du placard.

 

La suite ICI

Xl saumon poisson

 

A quoi peut bien penser un saumon mort ? ICI 

CHRONIQUE

Pierre Barthélémy - IMPROBABLOLOGIE

Chaque année depuis 1991, la remise des prix Ig Nobel est à la science improbable ce que la palme du plus gros mangeur de saucisses est au camping de Trifouilly-les-Oies : l'occasion d'une consécration.

 

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7 décembre 2021 2 07 /12 /décembre /2021 06:00

https://www.hebdo-ardeche.fr/photos/maxi/11920.jpg

À l'annonce de son décès, ce personnage à l'image modeste et frugale fait pleurer dans les chaumières, la "grande presse" alimentant le cortège des lamentations ...

 

Une amie chère : C.... m'informe de sa peine et, modestement voici ma réponse à son chagrin sincère n'en doutons point !

 

<< Ah! ma chère C.... désolé de ne pas totalement m'associer à ta peine !...

 

Par-delà son aura et ses très bonnes relations avec la presse (cf. PJ) qui le pleure aujourd’hui (et nous incite à faire de même),ce monsieur avait une part d'ombre qu'il valait mieux ne pas évoquer : ICI

 

 

D'un point de vue sociologique on peut noter que son discours (respect de la nature, économie frugale et fable du colibri) a parfaitement fonctionné pour globalement devenir un mythe ; d'où la réceptivité et l'engouement pour ses thèses simples à la portée de chacun.

 

Pour ma part je demeure axé sur celles de feu René Dumont (qui s'était confronté à Pierre R.) et pour lequel j'avais voté en 1974 ... (1,32%)

 

Ce débat de "coupeur de cheveux" n'aura pas lieu sur les grands médias certes...

 

Peu me chaut mais, à notre modeste niveau, je suis tout disposé à poursuivre l'échange malgré son caractère iconoclaste (de l'échange...) et pour te rassurer si ton projet de le faire rencontrer eût abouti, j'y serais allé pour lui poser ces mêmes questions et entendre ses réponses.

 

Aussi aurais-je aimé l'entendre analyser et remettre en question :

 

  • l'organisation de l'Europe agricole et de la PAC favorisant systématiquement les céréaliers

 

  • le syndicalisme de la FNSEA bras armé de l'ultralibéralisme

 

  • soutenir la confédération paysanne

 

  • remettre en question les multinationales de l'agroalimentaire (Nestlé Coca-cola, Mars, Unilever etc...) et de l'agrochimie.

 

  • les conditions de production du sucre, du thé, du cacao et du café dans le tiers monde

 

  • dénoncer l'agro business et les conditions d'élevage et d'abattage des animaux en Europe en Chine et Usa

 

Et le voir soutenir financièrement (cf. feuille d'impôts) les actions en faveur des déshérités d'ici et d'ailleurs ....

 

                     C'est donc avec la plus grande réserve que je compatis à sa disparition et me tiens à bonne distance  du cortège des lamentations ... (et désolé  si je t’ai fait de la peine 😥 )

 

 Débat ouvert sur Le Diplo  suite  >> ICI

 

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Au fond, la question est que son message ne dérangeait pas l'ordre établi et qu'en fait il s'en accommodait comme d'un état de fait à l'inverse d'un René Dumont ou encore, jadis d'un Jack London...

 

Libé a sorti sa nécro  ICIoù l'on  retrouve des phrases issues de Wikipédia et en trois lignes l'allusion à l'enquête du Diplo sans référence au contenu (son parcours de formation idéologique .

 

Voilà, j'arrête ici mon revanchard  monologue…    

 

Pierre Rabhi, enquête sur un prophète, par Sophie des Déserts | Vanity Fair

Pierre Rabhi, enquête sur

 

un

 

prophète ICI

 

 

Pierre Rabhi élevait des chèvres en Ardèche avant de devenir un penseur écolo ultra-médiatique. Aujourd’hui, il publie des best-sellers, donne des conférences dans la France entière, inspire les politiques et les célébrités. Dans le numéro de décembre 2015 de Vanity Fair, Sophie des Déserts dévoile les secrets d’une ascension qui intrigue.

 

PAR SOPHIE DES DÉSERTS

Pierre Rabhi, chez lui en Ardèche, le 5 janvier 2017.

ierre Rabhi, chez lui en Ardèche, le 5 janvier 2017. 

La mort de Pierre Rabhi, pionnier de l’agroécologie ICI

L’écrivain, figure populaire et fondateur de l’association Colibris, appelait à une « insurrection des consciences » et prônait une agriculture permettant la régénération des sols. Il est mort samedi 4 décembre à Lyon, à l’âge de 83 ans.

Par Catherine Vincent

 

Il estimait l’humanité folle, la modernité une imposture, la planète entre des mains inconscientes. Il appelait à l’« insurrection des consciences » pour un monde meilleur dans lequel tout le vivant aurait sa place. Il était, avant tout, l’un des pionniers de l’agroécologie, cette « agriculture du pauvre » qui affranchit le paysan des engrais et des pesticides et permet la régénération des sols. Fondateur, en 2006, de l’association Colibris, auteur de l’ouvrage Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) vendu à plus de 460 000 exemplaires, Pierre Rabhi est mort, samedi 4 décembre, des suites d’une hémorragie cérébrale. Il avait 83 ans.

 

Dès samedi soir, plusieurs personnalités politiques ont réagi à cette disparition. Ségolène Royal, ancienne ministre de l’environnement, a rendu hommage à un « laboureur de la terre et laboureur de conscience ». « Il semblait immortel comme ses idées », a tweeté Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public et ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’écologie. Le candidat EELV à la présidentielle, Yannick Jadot, évoquait « l’un des grands précurseurs de l’agroécologie », tandis que la maire de Paris, Anne Hidalgo, saluait « un penseur et écrivain qui avait à cœur de protéger notre planète ».

 

Dans ce concert de louanges, une musique discordante s’est pourtant fait entendre, dans les termes plus ou moins choisis qui font le sel des sites Internet. « Précurseur incroyable de l’écologie (…), conservateur sur les questions sociétales, l’homosexualité et les femmes », a sobrement résumé la finaliste de la primaire d’EELV, Sandrine Rousseau. Principalement en cause : les propos tenus par l’agroécologiste sur le mariage homosexuel et la procréation médicalement assistée (PMA). « Je considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde », avait-il notamment expliqué dans son livre d’entretiens Pierre Rabhi. Semeur d’espoirs (Actes Sud, 2016). Depuis quelques années, cette phrase, sortie de son contexte, tourne en boucle sur les réseaux sociaux – auxquels il n’attachait guère d’importance.

 

 

Immuablement vêtu d’un pantalon à bretelles en velours côtelé et d’une chemise à carreaux, l’homme qui enchaînait les conférences à guichets fermés, celui en qui le moine bouddhiste Matthieu Ricard voyait un « frère de conscience », s’est également vu reprocher une attitude par trop messianique – d’où le titre d’un article publié en décembre 2015 par Vanity Fair : « Pierre Rabhi, enquête sur un prophète ». Un gourou, vraiment ? Tous ceux qui l’ont approché de près s’insurgent contre cette assertion. Mais la plupart admettent qu’il n’a pas fait grand-chose pour rectifier l’image. Ainsi de Cyril Dion, en deuil d’un « grand frère » qu’il côtoie depuis plus de quinze ans (il fut directeur de Colibris de 2006 à 2013) : « Pierre était suffisamment intelligent pour ne pas complètement démentir ce côté messianique. Et, surtout, il avait tellement besoin qu’on l’aime ! » Un besoin de consolation qui remonte à la petite enfance. A ses 4 ans précisément, âge où le petit garçon, né en 1938 aux portes du Sahara algérien, devient orphelin de sa mère.

 

 « Le chagrin que je porte toujours à 80 ans, c’est de n’avoir aucune image d’elle – il n’y avait pas de photos au village. Quand j’évoque ma mère, c’est presque un ectoplasme », confiait-il au Monde il y a quelques années. Convaincu que « le futur est entre les mains des Européens », son père, forgeron, le confie à un couple de Français du village. A l’adolescence, ses parents adoptifs l’emmènent à Oran, à 650 kilomètres de là. Le jeune garçon aime modérément l’école (il s’arrêtera peu après le certificat d’études), mais découvre les philosophes grecs, la Bible et les Evangiles.

 

Du Christ à Thomas Sankara

 

Le message du Christ agit sur lui comme un catalyseur. Il s’appelait Rabah – « le victorieux » en arabe –, il devient Pierre, du prénom de son apôtre favori. A 18 ans, il se convertit au catholicisme. A 20 ans – on est en 1958, en pleine guerre d’Algérie –, une dispute avec son père adoptif le pousse à prendre un bateau pour Marseille. Le voici à Paris, mais pour bien peu de temps. Celui d’y trouver un travail et d’y rencontrer Michèle, qui deviendra sa femme et la mère de ses cinq enfants. En 1961, tous deux mettent le cap vers le sud de la France. Sur le sol caillouteux du plateau ardéchois, ils montent un élevage de chèvres et parviennent à cultiver cette terre aride. L’aventure de l’agroécologie commence.

 

Deux rencontres sont déterminantes. La première avec Fécondité de la terre, un ouvrage de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer prônant les principes de l’agriculture biodynamique (qui pense la nature comme un ensemble), à la promotion desquels Pierre Rabhi va rapidement consacrer conférences et formations. La seconde, en 1983, avec un tour-opérateur qui monte un campement touristique à Gorom-Gorom, dans le nord du Burkina Faso, et propose à Rabhi d’y développer un centre de formation à l’agroécologie. C’est ainsi que le paysan ardéchois rencontrera le leader révolutionnaire Thomas Sankara, qu’il parviendra à intéresser au bien-fondé de ses méthodes. Mais, en 1987, l’assassinat de Sankara signe la fin de l’aventure, et Pierre Rabhi doit rentrer en France.

 

« Pierre adorait les conditions difficiles. Si les cultures poussaient là où il y avait des pierres, un climat compliqué et pas d’eau, il savait qu’elles pousseraient partout. Dans le Burkina Faso, ce pays emblématique touché par tant de problèmes climatiques et de famines, il voyait la possibilité de montrer que l’agroécologie fonctionnait à l’échelle d’un pays. Avoir dû y renoncer fut un des grands regrets de sa vie », raconte Françoise Vernet-Aubertin, présidente de Terre et Humanisme. Une association créée en Ardèche en 1997, précisément pour poursuivre l’œuvre entamée par Rabhi dans les pays d’Afrique.

 

Candidat à l’élection présidentielle

 

Au tournant des années 2000, l’homme à la frêle silhouette n’est pas encore une icône écolo-médiatique. En 2002, sa tentative d’être candidat à l’élection présidentielle lui assure, certes, une certaine visibilité. Mais l’épisode tourne court. Rabhi n’obtint que 184 parrainages d’élus sur les 500 requis et retourne à sa ferme ardéchoise de Montchamp. Celui pour qui « les hommes politiques se comportent comme dans une cour de maternelle, l’innocence en moins », ne se laissera plus jamais attirer dans cette arène.

 

En 2006, il décide en revanche de concrétiser la mobilisation populaire qui l’avait soutenu en lançant le mouvement Colibris. L’objectif : inspirer et relier les citoyens engagés dans des alternatives concrètes – jardins partagés, fermes pédagogiques, circuits d’approvisionnement courts – au système dominant. En 2010, Actes Sud publie Vers la sobriété heureuse, immense succès de librairie. En 2012, en amont de la présidentielle, Colibris lance une campagne qui fait du bruit. L’année suivante sort le film documentaire Pierre Rabhi, au nom de la terre… La notoriété est en marche. Elle ne cessera plus de croître. Surfant sur la prise de conscience désormais générale de la catastrophe écologique en cours, et charriant avec elle son lot de critiques à l’encontre de la nouvelle star. Et tout d’abord de son apolitisme.

 

A se tenir loin des partis et du militantisme, à prôner le mérite des petits gestes, Pierre Rabhi fut en effet volontiers catalogué comme le promoteur des initiatives individuelles, l’adepte naïf d’une écologie mièvre et bêtifiante. « Alors que c’était tout l’inverse ! C’était quelqu’un qui refusait tellement le monde moderne et la société de consommation qu’il est allé vivre dans une ferme sans électricité et sans eau ! Qui citait déjà Rachel Carson dans les années 1990, que personne ne connaissait à l’époque ! », s’insurge Cyril Dion. Intarissable sur les apports de sa rencontre avec Pierre Rabhi, le réalisateur du film documentaire Demain (2015) ne s’en est pas moins retrouvé lui-même en désaccord avec son mentor, surtout dans les dernières années de sa vie.

 

« L’écologie, je l’applique »

 

« Pierre était extrêmement catégorique sur le fait que le changement de la société passait d’abord par le changement de la conscience humaine, et je ne parvenais pas à le convaincre que cela fonctionne dans les deux sens. Cela ne me paraissait pas très opérant. Et cela avait un côté presque croyant qui me laissait perplexe », raconte-t-il. Dans La Convergence des consciences (Le Passeur, 2016), l’un de ses derniers ouvrages, l’agroécologiste réaffirme cette conviction. Et, plus globalement, la quête spirituelle et la référence à une transcendance sont une constante dans ses interventions et ses écrits.

 

« C’était un homme qui détestait le conflit et le rapport de force. Il remettait donc son espoir dans le fait que la conscience évolue et que tout cela se transforme de façon plus profonde. Malheureusement, cela relève un peu de l’ordre de la pensée magique », poursuit Cyril Dion. « Le credo de Pierre, c’est de dire que chacun de nos actes est politique, tempère Grégory David, membre de Colibris depuis 2008. Y compris pratiquer l’agroécologie, qui, bien plus qu’une somme de principes agricoles, est le moyen pour une communauté de retrouver le lien à la terre, de regagner de la souveraineté et de l’autonomie. Là était sa radicalité. »

 

Le secret de sa célébrité ? A cette question, l’intéressé nous avait lui-même répondu : « Je pense que quelque chose me différencie des autres : l’écologie, je ne fais pas qu’en parler, je l’applique. Je crois beaucoup à la force de la simplicité. » Ceux qui l’ont côtoyé évoquent sa capacité d’écoute, sa disponibilité aux autres, ses discours d’une grande évidence – autant d’ingrédients propices à la personnalisation. Mais gourou, décidément, non. « Pierre était un inspirateur, pas un leader. Oui, il était charismatique, oui il inspirait. Mais, ensuite, il laissait faire », précise Grégory David. « Ce qui me marquait chez Pierre, ajoute Cyril Dion, c’était le décalage entre l’image et celui qu’il était vraiment. Quand on entrait chez lui, on le trouvait avec son vieux bonnet, à gratter son chien dans sa cuisine, où il faisait froid… Et, après, je voyais des gens, dans les stands où on vendait ses ouvrages, qui touchaient les couvertures des livres… Comme pour le toucher, lui, dans une espèce de fétichisme… C’était fou ! » La force de la simplicité.

 

Pierre Rabhi en quelques dates

 

29 mai 1938 Naissance à Kenadsa (Algérie)

 

1958 Arrivée en France

 

1961 Installation à la ferme de Montchamp (Ardèche)

 

1983 Dispense une formation à l’agro­écologie à Gorom-Gorom (Burkina Faso)

 

2006 Création du mouvement Colibris

 

4 décembre 2021 Mort à Lyon

 

 

 

Pierre Rabhi est mort, et cela coupe la France en deux

 

Réécouter Pierre Rabhi est mort, et cela coupe la France en deux ICI

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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 06:00

Lire classique : La Terre d&#39;Emile Zola - Plume parisienne

Ainsi, la Beauce, devant lui, déroula sa verdure, de novembre à juillet, depuis le moment où les pointes vertes se montrent, jusqu’à celui où les hautes tiges jaunissent. Sans sortir de sa maison, il la désirait sous ses yeux, il avait débarricadé la fenêtre de la cuisine, celle de derrière, qui donnait sur la plaine ; et il se plantait là, il voyait dix lieues de pays, la nappe immense, élargie, toute nue, sous la rondeur du ciel. Pas un arbre, rien que les poteaux télégraphiques de la route de Châteaudun à Orléans, filant droit, à perte de vue. D’abord, dans les grands carrés de terre brune, au ras du sol, il n’y eut qu’une ombre verdâtre, à peine sensible. Puis, ce vert tendre s’accentua, des pans de velours vert, d’un ton presque uniforme. Puis, les brins montèrent et s’épaissirent, chaque plante prit sa nuance, il distingua de loin le vert jaune du blé, le vert bleu de l’avoine, le vert gris du seigle, des pièces à l’infini, étalées dans tous les sens, parmi les plaques rouges des trèfles incarnat.

 

C’était l’époque où la Beauce est belle de sa jeunesse, ainsi vêtue de printemps, unie et fraîche à l’œil, en sa monotonie. Les tiges grandirent encore, et ce fut la mer, la mer des céréales, roulante, profonde, sans bornes. Le matin, par les beaux temps, un brouillard rose s’envolait. À mesure que montait le soleil, dans l’air limpide, une brise soufflait par grandes haleines régulières, creusant les champs d’une houle, qui partait de l’horizon, se prolongeait, allait mourir à l’autre bout. Un vacillement pâlissait les teintes, des moires de vieil or couraient le long des blés, les avoines bleuissaient, tandis que les seigles frémissants avaient des reflets violâtres. Continuellement, une ondulation succédait à une autre, l’éternel flux battait sous le vent du large. Quand le soir tombait, des façades lointaines, vivement éclairées, étaient comme des voiles blanches, des clochers émergeant plantaient des mâts, derrière des plis de terrain. Il faisait froid, les ténèbres élargissaient cette sensation humide et murmurante de pleine mer, un bois lointain s’évanouissait, pareil à la tache perdue d’un continent.

 

Émile Zola, La Terre

La Terre (film, 1921) — Wikipédia

 

La Beauce est une région agricole française située au sud-ouest de l’Île de France (Essonne, Yvelines) et au nord-est du Centre-Val de Loire (Eure-et-Loir, Loiret, Loir-et-Cher). Elle s’étend sur environ 575 000 hectares de surface agricole dans 5 départements français dont 203 000 dédiés au blé (90% en blé tendre). Région particulièrement fertile rattachée géologiquement au bassin de l’Île-de-France, elle concentre une part importante de la culture de blé française.

 

Elle est ainsi devenue la première région productrice de céréales en Europe. La part de la population travaillant dans le secteur primaire est d’un peu plus de 7% (France : 2,8%) ; toutefois ce chiffre important cache une diminution du nombre d’exploitations poussée par la mécanisation toujours croissante, le non-renouvellement des générations et l’accroissement de la productivité.

 

Diapositive1

Les rendements céréaliers y sont très bonsde l’ordre de 75 quintaux de blé à l’hectare, grâce à un sol limoneux et la nappe souterraine d’Europe la plus étendue d’Europe (9500 km2). Si le blé est toujours la culture la plus pratiquée dans la Beauce, les oléagineux comme le colza sont en forte progression du fait de la demande constante notamment dans les bio-carburants. Le colza représente actuellement 70 000 hectares.

 

France Soir Johnny Hallyday à prix bas - Neuf et occasion | Rakuten

Souvenirs du blocus de Paris par les gros tracteurs beaucerons ICI

 

Le 23 juin 1992, au moment où la réforme de la politique agricole commune (PAC) est amorcée, c’est en bloquant avec un cortège de tracteurs le réseau autoroutier autour de Paris que la Coordination rurale fait irruption dans le paysage syndical. « Front du refus » réunissant à l’origine des militants de tous bords, ce mouvement ne tardera pas par la suite à s’appuyer sur sa composante la plus à droite, la Fédération française de l’agriculture (FFA), avec laquelle elle fusionnera en juin 1994, pour donner naissance à la Coordination rurale-Union nationale. Quelques années plus tard, le 31 janvier 2007, avec près de 19 % des voix aux élections professionnelles agricoles et en remportant deux présidences de chambres d’agriculture, elle s’affirmera comme l’un des partenaires professionnels majeurs de la scène agricole française…

 

J’étais aux manettes au 78 rue de Varenne, c’était chaud bouillant…

 

Les temps ont changé, le paysage syndical s’est enrichi de deux OPA, l’une plus à droite que la FNSEA : la Coordination Rurale et l’autre à gauche : la Confédération Paysanne.

 

De tout temps, à la FNSEA, de par leur puissance financière, les céréaliers : l’AGPB étaient les faiseurs de roi. Intelligemment ils ne poussaient pas en avant l’un des leurs mais adoubaient un éleveur ambitieux, ce fut le cas de mon camarade Luc Guyau, éleveur laitier en Vendée. Même procédure pour la présidente actuelle, Christiane Lambert, éleveuse de porc en Maine-et-Loire.

 

La fameuse PAC, via l’Organisation Commune des céréales, a été formaté, sous plume française, les hauts fonctionnaires et le président Deleau, en fonction des intérêts des céréaliers qui, excusez-moi de l’expression, se sont fait pendant des décennies des « couilles en or ». La réforme, avec ses aides compensatoires surface, pérennise cet avantage par rapport aux autres productions.

 

240 pèlerinages locaux sont organisés partout en France par l’association Notre-Dame de chrétienté pour son grand pèlerinage de Chartres.

Pentecôte. Le 39e grand pèlerinage de Chartres fait des petits en régions ICI 

 

Les milliers de fidèles du « pélé de Chartres » ne chemineront cette année entre Paris et les plaines de Beauce. Pour sa 39e édition, le pèlerinage de Pentecôte de Notre-Dame de Chrétienté se déconcentre en 240 pèlerinages locaux, organisés partout en France et à l’étranger, afin de respecter les protocoles sanitaires. En Bretagne, ce sera dans le Morbihan, avec une messe célébrée dimanche 23 mai, à 16 h, au sanctuaire de Sainte-Anne d’Auray.

Bref, tout ça pour vous dire :

 

Un céréalier de la Beauce opte pour la viticulture

 

Un céréalier de la Beauce opte pour la viticulture ICI

 

Les faits

 

Désireux de diversifier sa production, Rodolphe Couturier, céréalier de la Beauce de 45 ans, a planté des vignes dans une partie de son domaine de 215 hectares. Les aléas climatiques l’ont poussé vers cette décision qui éveille l’intérêt d’autres agriculteurs d’Eure-et-Loir.

  • Xavier Renard, le 14/11/2021

 

Rodolphe Couturier est le premier vigneron de la Beauce du XXIe siècle. Cet agriculteur spécialisé dans les grandes cultures céréalières et betteravières, issue d’une famille d’exploitants établie à Mérouville (Eure-et-Loir) depuis sept générations, s’est lancé dans la production de vin.

 

Prenant les commandes de l’exploitation en 2010, il comprend rapidement qu’il lui faudra diversifier sa production pour s’adapter aux aléas climatiques fragilisant les récoltes et sa trésorerie. Son souhait de bouleverser ses habitudes prend réellement forme en 2016 « une année très difficile » pour ce domaine qui s’étend sur 215 hectares, très affecté par la baisse des rendements causés par un été trop sec succédant à de fortes précipitations printanières.

Je découvre

Deux ans plus tard, l’organisme public France Agrimer l’autorisait à planter son premier hectare de vignes, un mélange de chardonnay pour le vin blanc et de pinot noir pour le vin rouge, connus pour leur résistance au phylloxéra. L’aventure de la Nouvelle Plaine, le nom de son vignoble, pouvait commencer.

 

La suite ICI

 

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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 09:00

Une veillée de Noël de l’armée de l’air allemande en 1943, à Sablé-sur-Sarthe, en France. 

1941-Louis Eschenauer ICI

Une veillée de Noël de l’armée de l’air allemande en 1943, à Sablé-sur-Sarthe, en France.

 

© Manuel Cohen

Mon parcours dans le monde du vin, tout comme mon intérêt pour la période noire de la collaboration, font que ce livre ne m’a rien appris, rien de nouveau sous le soleil de la collaboration, à côté du négoce du vin, les BOF, les propriétaires de lessiveuses du marché noir ICI , furent de petits amateurs.

Ribbentrop était un importateur de vins, champagnes et spiritueux, Goering un grand amateur de GCC, nos « amis allemands », toujours bien organisés, n’ont pas pillé  les belles bouteilles mais les ont achetés, avec les francs ponctionnés sur le Trésor Public, avec leurs Weinführer, un par grandes régions : Champagne, Bordeaux, Cognac et Bourgogne. Et bien sûr, quoi de plus commode pour acheter, bon prix, que de s’adresser au négoce.

 

Pendant onze mois, le journaliste Antoine Dreyfus a enquêté sur l'histoire de la collaboration d'une partie des vignobles français avec l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il en a tiré un livre, paru chez Flammarion le 8 septembre dernier, intitulé "Les Raisins du Reich".

 

La couverture de l'enquête d'Antoine Dreyfus, "Les raisins du Reich".

 

Dans cet ouvrage, il guide le lecteur au fil de son enquête et de ses rencontres, à la découverte du système d'approvisionnement en vin de l'Allemagne nazie et de ses acteurs de l'époque. « Je n'ai pas voulu faire un travail d'historien, mais de journaliste », souligne-t-il, « pour rendre cette histoire accessible, et écrire un livre à destination du grand public ».

 

Dont act pour les pioupious !

 

Lors de mon passage comme médiateur des VDN j’ai  liquidé le CIVDN et en tant que président du BNIC, j’ai transformé celui-ci en une interprofession classique : l’IDAC. Pour le Calvados il s’agissait de lui épargner de finir comme alcool de combustion, nos « amis allemands » y prirent goût puisque pendant très longtemps le marché allemand fut un débouché important.

 

Création LOI 1 des 4 premiers organismes interprofessionnels sous le régime de Vichy (CIVC, BNIC, BNIA, CIVDN)

 

Bref, attribuer  à Bousquet, alors préfet de la Marne, un rôle déterminant dans la création du CIVC, c’est lui donner plus d’importance qu’il n’en avait.

 

Top 16 des inventions du Régime de Vichy toujours en vigueur ICI  

 

 

16 décembre 2018

Au temps des cépages nazis le Zweigelt en Autriche, le « Dr. Wagnerrebe» dans le IIIe Reich l’ancienne «Cuvée des Dames hospitalières» 51 ares 10 centiares au lieudit les Teurons à Beaune devient «Clos du maréchal Pétain». ICI 

 

« Les Villaine et le Leroy pour le meilleur… »

 

Je n’entre pas dans les détails :


 

-        En 1942, Jacques Chambon, codétenteur de la DRC (la moitié) avec les de Villaine est vendeur et Henri Leroy fait une offre. Edmond Gaudin de Villaine ne peut suivre et le 31 juillet 1942, Leroy devient propriétaire de 50% de DRC.


 

-        Henri Leroy est l’un des plus puissants négociant de Bourgogne et JF Bazin souligne qu’il «  a eu l’intelligence de comprendre avant les autres le capital que pourrait représenter un jour le Domaine de la Romanée-Conti »


 

-        Aubert de Villaine, que l’on ne présente pas, fait remarquer qu’aussi étonnant que cela puisse paraître son grand-père faisait vivre le DRC « grâce aux revenus des fermes qu’il possédait dans l’Allier. Dans ma jeunesse, on considérait qu’on ne pouvait pas vivre en étant viticulteur. La Bourgogne était misérable. »


 

-        Les 2 familles « les Villaine, vieille noblesse normande, et les Leroy, une famille de négociants bourguignons, dont le fondateur François fut élevé par l’Assistance Publique » sont issus de « 2 mondes qui ne fréquentaient pas vraiment » mais  Edmond Gaudin de Villaine, père d’Aubert, et Henri Leroy, père de Lalou « vont former un duo efficace. » en partageant le pouvoir à travers « la cogérance d’une maison dont la forme juridique (société civile) et le mode de gouvernance (2 co-gérants et un conseil de surveillance) n’ont quasiment pas bougé depuis. »


 

-        C’est Edmond Gaudin de Villaine qui tient la barre mais c’est Henri Leroy qui « finance une bonne partie de la modernisation du domaine et, surtout, l’arrachage et la replantation des vignes de la Romanée-Conti et de Richebourg, abîmées par le phylloxéra entre 1945 et 1947. »


 

-        En 1954, « Henri Leroy décide de léguer ses parts en deux moitiés égales à ses deux files : Pauline, mère d’Henri-Frédéric Roch, et Marcelle dite « Lalou » Bize (nom de son ex-mari Marcel Bize) Leroy, mère de Perrine Fenal. »


 

-        18 ans après se partage Lalou reprend les rênes de la maison Leroy et en 1974, « elle est nommée cogérante de la Romanée-Conti aux côtés d’Aubert de Villaine, son cadet de sept ans. »


 

« Aubert de Villaine et Lalou Bize-Leroy pour le pire… » ICI http://www.berthomeau.com/article-mais-qui-est-donc-ce-henry-frederic-roch-dont-le-pousson-de-barcelone-nous-rabat-les-oreilles-114513247.html ICI 

 

Les troupes allemandes défilent sur la Place de la Comédie à Bordeaux.

Bordeaux : "Les raisins du Reich", un livre qui dévoile la collaboration entre les nazis et le monde du vin

Dans un livre-enquête publié par Flammarion, intitulé "Les Raisins du Reich", le journaliste Antoine Dreyfus retrace l'histoire de la collaboration d'une partie des vignobles français avec l'Allemagne nazie. Dans le Bordelais, c'est un passé que l'on aimerait bien oublier...

ICI 

 

Les raisins du Reich, par Éric Morain – ATABULA ICI 

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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 06:00

C’est l’un de mes sujets de prédilection, je fuis les antibiotiques inutiles et je me garde de consommer des viandes de porc et de volailles industrielles (voir plus bas).

 

Petite anecdote : un jour mon cher ministre absentéiste m’a demandé, un lundi matin, d’aller présider l’ouverture de la session de l’O.I.E, lui préférant bichonner ses électeurs de Vienne, et je dus recevoir la délégation iranienne. Celle-ci n’était pas composée de barbus enturbannés mais de jeunes gens sapés Armani, compétents sans être arrogants, charmeurs même, je pus ainsi réviser mes apriori franchouillard.

 

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) ICI 

 

La nécessité de combattre les maladies animales au niveau mondial a conduit à la création de l’Office international des épizooties grâce à l’Accord international signé le 25 janvier 1924. En mai 2003, l’Office est devenu l’Organisation Mondiale de la Santé Animale mais a gardé son acronyme historique OIE.

 

L’OIE est l’organisation intergouvernementale chargée d’améliorer la santé animale dans le monde.

 

Les normes établies par l’Organisation sont reconnues comme références mondiales par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En 2018, l’OIE compte 182 Pays membres, entretient des contacts permanents avec près de 75 autres organisations internationales et régionales et dispose de Représentations Régionales et sous-régionales sur tous les continents.

 

L’Organisation est placée sous l’autorité et le contrôle d’une Assemblée mondiale des délégués composée des Délégués désignés par les Gouvernements de tous les Pays Membres.

 

Le fonctionnement de l’OIE est assuré par son siège mondial situé à Paris (12, rue de Prony 75017) et placé sous la responsabilité d’un Directeur général (Dre Monique Eloit, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé animale) élu par l’Assemblée mondiale des Délégués. Ce siège applique les résolutions du Comité élaborées avec l’appui de Commissions élues par les Délégués:

 

Après l’Italie, la Grèce, la Roumanie, le Portugal et Chypre, la France s’affiche au sixième rang des pays européens les plus affectés par la résistance aux antibiotiques. Traduction en chiffres : 125 000 infections à bactéries multirésistantes et 5 500 décès liés à ces affections.

 

Soignez un rhume, il dure trente jours ; ne le soignez pas, il dure un mois.”

Proverbe québécois.

 

J’ai pris mon rhume en grippe.”

Sacha Guitry

 

J’en parle d’expérience je viens de m’en taper un bien rude, mais pour autant je ne me suis pas précipité chez mon généraliste pour lui réclamer qu’il me gave d’antibiotiques inutiles, il m’a suffi de nettoyer mes sinus avec du sérum, faire des inhalations d’huile essentielle, pulvérisation nasale de cyclamen, grogs au rhum ICI 

 

Cochon - BANKSY Impression d&#39;Art par AUX BEAUX-ARTSCochon - BANKSY

 

Une pilule encore amère

 

En France, en 2018, quelque 728 tonnes d’antibiotiques pour la santé humaine et 471 tonnes pour les animaux (95 % pour l’élevage, majoritairement les porcs et les volailles, et 5 % pour les animaux de compagnie) ont été vendues.

 

Du côté des animaux, avec – 37 % de consommation de ces molécules en cinq ans, le plan français ÉcoAntibio 1 (2012-2016) porte ses fruits. Cette première phase, qui a permis de réglementer l’usage des antibiotiques critiques 8, d’interdire les systèmes de rabais ou de ristourne et de régler la question des conflits d’intérêts avec les laboratoires pharmaceutiques, a été prolongée d’une deuxième étape (2017-2021), davantage axée sur la sensibilisation des acteurs (vétérinaires, éleveurs…). Les résultats seront livrés par l’Anses, en novembre… À suivre. Du côté des humains, après dix ans d’augmentation, la consommation globale d’antibiotiques dans l’Hexagone (2019) baisse enfin mais elle demeure encore supérieure d’environ 30 % à la moyenne européenne.

 

Bref, encore trop d’antibios circulent sur le territoire et dans l’alimentation. Sanction : après l’Italie, la Grèce, la Roumanie, le Portugal et Chypre, la France s’affiche au sixième rang des pays européens les plus affectés par la résistance aux antibiotiques. Traduction en chiffres : 125 000 infections à bactéries multirésistantes et 5 500 décès liés à ces affections.

 

FIAC : le nouvel art bourgeois contemporain - Causeur

*Photo: Wim Delvoye, “cochon tatoué”, Ergonomik/Flickr

 

« Vous connaissez la musique. Citoyens, médecins, vétérinaires, éleveurs, agriculteurs, instances politiques, industriels de la pharma et des phytos, nous sommes tous responsables. À force d’avoir essaimé chez les humains, chez les animaux et dans l’environnement, les bactéries se sont « rebellées », devenant multi, voire toto-résistantes aux traitements antibiotiques. Et puis nous n’avons pas été capables de développer de vaccins pour prévenir les maladies ni d’alternatives pourtant prometteuses, par exemple les fameux virus tueurs de bactéries, les bactériophages, ou encore le microbiote, booster d’immunité.


Dommage car, dans les années 2020, certains pensaient que, à l’épreuve du coronavirus, les esprits se seraient (r)éveillés, que l’on aurait enfin compris que la santé est un bien partagé par tous les êtres vivants, qu’ils soient à peau, à poils, à plumes, à nageoires, plantes sauvages ou cultivées. D’ailleurs, le Congrès mondial de la nature, à Marseille, en septembre 2021, avait laissé présager le pire. Alors que le Covid-19 sévissait depuis près de deux ans, fauchant au passage près de cinq millions d’humains, les experts nous avaient mis en garde, les clignotants viraient au rouge : érosion massive de la biodiversité, demande en protéines animales à nouveau à la hausse, échanges de marchandises à tout va. Comme avant la pandémie, comme s’il ne s’était rien passé… Les conditions se trouvaient de nouveau réunies pour favoriser l’essaimage de pathogènes ou de gènes de résistance. Alors, en cet automne 2021, est-on vraiment en capacité, sur le plan mondial, de tordre le cou à l’ABR ? De la théorie à la pratique, ce ne sera pas simple, nous disent en substance deux vétérinaires très spéciaux : Jean-Luc Angot, auteur de « Antibiorésistance animale : santé globale en péril » (Le Déméter 2021), et Élisabeth Erlacher-Vindel, cheffe du service antibiorésistance et produits vétérinaires à l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). »

 

Lire la suite ICI 

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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 06:00

 

Quelques-uns d’entre vous savent, depuis que je leur en ai parlé, ce que signifie le syndrome MSA ou atrophie multi systématisée (AMS) en français ICI

 

L’atrophie de Multiple-système (MSA) est un état neurologique graduel en lequel les régions du cerveau spécifiques subissent la dégénérescence neurale. Les trois endroits de cerveau principalement affectés par MSA comprennent le tronc cérébral, les noyaux gris centraux, et le cervelet, qui sont des parties du cerveau qui règlent des fonctionnements corporels et le contrôle de moteur.

 

Les estimations récentes proposent que la prévalence du MSA soit environ 5 personnes selon 100.000, la maladie de Parkinson est beaucoup plus courante, affectant environ 200 selon 100.000 personnes au R-U.

 

C’est donc une maladie rare.

 

Où  en  est  la  recherche ?

 

L’objectif  principal  de  la  recherche  est  de  comprendre  ce  qui  déclenche  la  maladie  et  quel est  le  processus  de  dégradation  neuronale.  Tant  que  le  mécanisme  de  la  maladie  ne  sera pas  élucidé,  l’élaboration  d’un  traitement  restera  difficile.  Cependant,  des  stratégies  thérapeutiques  visant  à  protéger  les  neurones  sont  à  l’étude  sur  des  modèles  animaux.  Un  essai  thérapeutique  testant  le  rôle  neuroprotecteur  du  riluzole  (déjà  utilisé  dans  la  sclérose latérale  amyotrophique)  est  en  cours  d’analyse.  Les  premiers  résultats  sur  le  syndrome parkinsonien  sont  décevants,  mais  les  recherches  se  poursuivent  pour  évaluer  les  effets  à long terme de cette molécule sur la maladie. En  outre,  une  nouvelle  méthode  (appelée  test  de  réponse  de  l’hormone  de  croissance  après administration  d’arginine)  vient  de  faire  ses  preuves  pour  aider  à  distinguer  maladie  de Parkinson et AMS. Elle pourrait être utilisée en clinique dans un avenir proche.

 

Lire  L'atrophie multisystématisée – Orphanet

 

Le malheur n’arrivant pas qu’aux autres, tout ce qui touche à la connaissance du cerveau m’intéresse et, chez Gallimard je suis tombé sur une pépite Face à face avec son cerveau, de Stanislas Dehaene (Odile Jacob, 216 p., 23,90 euros)

 

Face à face avec son cerveau

 

« Voir son cerveau est une expérience émouvante et intime.


En trente-cinq ans de recherches, j’ai vu la boîte crânienne rendue transparente, les pensées devenir décodables, les maladies céder à un début de compréhension. J’ai participé à la genèse des premières théories mathématiques qui expliquent comment relier la conscience et son substrat matériel.


C’est cette aventure intellectuelle en plein essor que j’ai voulu raconter ici, en partageant avec vous une centaine d’images spectaculaires de la conquête du cerveau. »


S. D.

Un livre unique.



Stanislas Dehaene est professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, membre de l’Académie des sciences. Il préside le Conseil scientifique de l’Éducation nationale. Il a publié Les Neurones de la lecture, La Bosse des maths, Le Code de la conscience et Apprendre !, qui ont rencontré un très grand succès. 

 

« Face à face avec son cerveau » : l’activité de nos 86 milliards de neurones en images

 

Face à face avec son cerveau - Stanislas Dehaene - Babelio

 

Le neuroscientifique Stanislas Dehaene propose une plongée dans l’univers cérébral pour comprendre, grâce aux techniques d’imagerie, ce qui se joue dans notre boîte crânienne.

Par Elisabeth Berthou

Publié le 11 novembre

 

Livre. Une image-choc s’impose dès l’ouverture du livre de Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au Collège de France et directeur du centre d’imagerie cérébrale NeuroSpin (Saclay) : le cerveau de l’auteur, scanné puis reconstruit en 3 D. Suit une définition de l’écrivain corrosif Ambrose Bierce, en 1906 : « Cerveau, appareil avec lequel nous pensons que nous pensons. » Le ton est donné et le lecteur saisi à la vue des cent extraordinaires représentations du cerveau, chacune accompagnée d’un texte permettant une meilleure compréhension de l’activité des 86 milliards de neurones propres à l’être humain. Au fil des pages, sont déclinés les progrès des techniques d’exploration, notamment de l’imagerie cérébrale, et les avancées qu’elles ont permises dans la connaissance des liens avec l’esprit.

 

Collectées dans différents laboratoires à travers le monde, ces images sont autant de manières de voir le code neural afin que chacun entrevoie ce qui se déroule dans son cerveau. « En trente-cinq ans de recherches, j’ai vu la boîte crânienne rendue transparente, les pensées devenir décodables, les maladies céder à un début de compréhension », écrit Stanislas Dehaene.

 

Tous les grands circuits sont en place à la naissance, mais les neurones se spécialisent à l’apprentissage

 

Le livre est aussi une ode à l’imagerie par résonance magnétique (IRM), comme en témoigne une image émouvante d’un bébé dans les bras de sa mère, chercheuse à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT, Cambridge), placés tous deux dans l’appareil : outre l’anatomie, le cliché montre l’activité cérébrale de l’enfant, âgé de 3 mois. Rebecca Saxe n’a pas hésité à scanner le cerveau de son bébé des dizaines de fois afin de visualiser les circuits de la reconnaissance des lieux et des visages. Dès la naissance, le cortex est actif, on peut le stimuler avec de la parole, explique Stanislas Dehaene, aussi président du conseil scientifique de l’éducation nationale, mais « rien ne sert d’exposer les enfants à la radio ou à la télévision, ce sont les dialogues en tête-à-tête qui comptent ».

 

Plissements uniques

 

Au cours de cette plongée dans l’univers cérébral, à toutes les échelles, le lecteur découvre d’abord le plissement, astuce de l’évolution pour faire rentrer le cerveau dans la boîte crânienne – les plissements sont uniques, à l’instar des empreintes digitales. Ensuite, il rentre dans le cortex, « écorce » de 2-3 mm d’épaisseur, admire les colonnes corticales, les neurones pyramidaux, les arbres dendritiques et leur relation avec les synapses. Il peut voir des coupes de cerveau obtenues grâce à des microscopes optiques à fluorescence, des zooms au niveau de la molécule, visualiser ce qu’une personne a appris, comment certains neurones répondent aux visages, aux lieux, ou encore distinguer une région cérébrale succombant à des fake news visuelles… Tous les grands circuits sont en place à la naissance, mais les neurones se spécialisent à l’apprentissage, utilisant la plasticité cérébrale dont notre espèce dispose, rappelle l’auteur.

 

A la fin de son livre, il aborde la question des origines de la conscience, « nouvelle frontière du cerveau ». Représentations à l’appui, il évoque la théorie d’« un espace neuronal global » responsable de toutes les opérations dont nous avons conscience, qu’il a codéveloppée avec le neurologue Lionel Naccache et le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. Et rappelle les mots de ce dernier : « La conscience, une fonction comparable à la respiration ou à la digestion. »

 

Face à face avec son cerveau, de Stanislas Dehaene (Odile Jacob, 216 p., 23,90 euros)

 

 

Cerveau.

Appareil avec lequel nous pensons que nous pensons. Ce qui distingue l'homme qui se contente d'être quelque chose de celui qui souhaite faire quelque chose.

Ambrose Bierce

Ambrose Bierce

Ambrose Gwinnett Bierce est un écrivain et journaliste américain.

 

Il est essentiellement connu comme l'auteur du Dictionnaire du Diable et de nouvelles d'humour noir, dont la plus célèbre est Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek.

 

Enfant de pionniers et d'origine modeste, il est autodidacte et exerce très tôt divers petits métiers ; il entre dans une école militaire mais n'y reste qu'un an.

 

Il est âgé de 19 ans lorsque la Guerre de Sécession éclate. Il s'engage dans le neuvième régiment de volontaires d'Indiana et devient officier dans le camp des anti-esclavagistes. Il est promu lieutenant en 1863. Blessé à la tête à la bataille de Kennesaw Mountain le 23 juin 1864, il est démobilisé en 1865 à la fin de la guerre. Son expérience des combats et les images de carnages marqueront profondément tous ses futurs écrits.

 

Il émigre alors vers l'Ouest et travaille au News-Letter & California Advertiser de San Francisco où il tient une rubrique satirique. Il acquiert une solide réputation de plume acerbe et devient rédacteur en chef à 26 ans. Il se marie en 1871, et publie sa première nouvelle la même année, puis part chercher fortune en Angleterre. Son séjour frise l'échec, il rentre amer aux États-Unis en 1875 où il exerce divers métiers avant de revenir au journalisme. Il est rédacteur au journal Wasp à partir du 1881 et y publie ses premières définitions qui vont constituer son futur Dictionnaire du Diable qui sera publié en 1906. Il est embauché par William Randolph Hearst, magnat de la presse, en 1887 et débute une longue et fructueuse collaboration. Son activité de nouvelliste l'occupe également beaucoup. Il collige ses écrits dans différents recueils : Histoires de soldats et de civils en 1891, De telles choses sont-elles possibles ? et Histoires négligeables en 1893.

 

Âgé de 70 ans, Bierce quitte Washington pour entreprendre un pèlerinage sur les anciens champs de bataille de la guerre civile. Par la suite, il se rend au Mexique et s'enrôle dans les armées de Pancho Villa en qualité d'observateur. Peu de temps après son entrée dans la ville de CHihuahua, on perd définitivement sa trace. L'énigme de sa disparition reste toujours entière et constitue un des plus grands mystères de l'histoire littéraire américaine.

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 06:00

Consommateur de viandes, consommateur modéré de viandes de haute-qualité, j’ai les moyens, cette chronique respecte les vegans non extrémistes, l’une de mes petites filles l’est, beaucoup de mes amies le sont, j’ai et je garde un grand respect pour ces animaux qu’on élève soit pour leur lait, leurs œufs, soit pour consommer leur chair.

 

Au Bourg-Pailler les animaux étaient bien traités, les vaches normandes donnaient leur lait, les bonnes des bourgeois venaient le chercher avec leur bidon, au matin, alors que je prenais mon petit déjeuner avant de partir à l’école, la tante Valentine barattait la crème salée pour faire du beurre, un beurre moulé dans un moule en bois, avec une petite fleur imprimée dessus, les poules nous donnaient leurs œufs, les poulets, les lapins, les canards étaient sacrifiés par la mémé Marie, sans barbarie, le cochon lui était occis un petit matin d’automne (la viande de porc n’aime pas la chaleur) par un « tueur » professionnel, dépecé, et comme rien ne se perd dans le cochon, jambon, boudin, fressure, pâtés… emplissaient le cellier.

 

J’ai donc enfant assisté à ces sacrifices, bien sûr le cochon braillait comme un cochon, mais l’acte de tuer était effectué avec des gestes qui épargnaient la souffrance à l’animal. Ça faisait partie de notre vie, ça contribuait à notre vie, autoconsommation familiale, au plus près des animaux nourris avec soins. Les animaux de boucherie, vaches de réforme, eux étaient sacrifiés par le boucher dans ce qu’on appelait alors les tueries particulières. L’hygiène n’y était pas forcément au zénith mais la viande de bœuf, comme le montre la maturation à la mode, supportait très bien ce type d’abattage.

 

Et puis, tout a basculé avec l’élevage industriel, le ramassage du lait en camion-citerne, les réglementations diverses et variées imposant l’abattage des animaux dans des structures modernes dont la taille n’a cessé de grandir suite aux concentrations d’entreprises. Les animaux sont donc transportés en camion vers ces abattoirs, du temps de ma jeunesse ils étaient aussi expédiés en wagon à  la Villette, ce qui n’était pas mieux, stressés, apeurés, estourbis certes mais peu respectés par un personnel soumis à des contraintes de productivité.

 

Bref, dans ma vie professionnelle j’ai visité toutes les formes d’abattoirs espèces par espèces, porc, volailles, bovins, je n’ai jamais assisté à l’abattage de chevaux. Ce n’est pas un « spectacle » très facile à supporter, odeurs, tripailles, ça pue, mais peut-on faire autrement si l’on souhaite continuer à consommer de la viande ?

 

La réponse est, dans les conditions actuelles, OUI mais il existe un autre choix possible : l’abattage à la ferme. Celui-ci, a toujours été possible pour le porc à fin de consommation personnelle. Ce n’est pas un rêve de bobo mais le retour des circuits courts dans des conditions économiques  acceptables. Ça ne plaira pas à Bigard et à la GD mais ça revigorera de façon significative le commerce de proximité. Manger moins mais manger mieux répond aussi au souci d’indépendance alimentaire. Bien sûr, on va rétorquer que ce n’est pas à la portée de toutes les bourses mais lorsqu’on analyse le contenu de certains caddies on ne peut qu’être frappé par la prédominance de plats tout préparés, dit bon marché, qui sont des non-sens alimentaires.

 

Je vous épargne mon couplet, mais lorsqu’on voit aussi les menus des cantines de nos enfants, ceux des hôpitaux, la malbouffe est à l’ordre du jour et c’est un désastre sanitaire.

 

Je milite depuis toujours pour l’abattage à la ferme.

L&#39;abattage à la ferme, un mieux pour les animaux et les consommateurs -  SillonBelge.be

Dès mercredi, l'abattage de boeufs deviendra possible à la ferme 

AGRICULTURE

Une viande moins industrielle? Les agriculteurs suisses pourront tuer les boeufs directement à la ferme pour réduire les souffrances de l'animal, selon le Blick am Sonntag ICI 

L'abattage à la ferme veut encourager une consommation de viande plus durable. «Avec notre méthode, nous ne pouvons pas produire des quantités industrielles», ajoute Georg Blunier, l'un des deux paysans grisons au bénéfice d'une autorisation.

 

Le procédé, qui veut placer la qualité au premier rang des priorités, est certes plus durable mais aussi plus coûteux et compliqué, selon le journal. L'agriculteur grison tue uniquement 20 boeufs par an.

 

Le procédé est fortement réglementé. Un représenté de l'administration doit être présent. Une fois mort, l'animal doit être amené dans les 45 minutes à l'abattoir pour y être éviscéré. Selon un représentant de la communauté d'intérêt pour un abattage à la ferme, plus de 100 agriculteurs ont été contactés.

 

Emilie Jeannin a créé le premier abattoir mobile en France.

Avec son abattoir mobile, Émilie Jeannin plaide pour un bœuf éthique

En Côte-d’Or, cette éleveuse vient de lancer le premier abattoir à la ferme en France. Elle témoignera lors des Assises de l’agriculture organisées par Ouest-France à Nantes les 2 et 3 décembre.

 

Naissance et mort à la ferme. Jusqu’au bout cette génisse charolaise aura vu la lumière du jour. Pas de stress inutile, de long trajet en camion, ni de piétinement à la porte de l’abattoir. Un petit coup sur l’arrière-train et elle a suivi quelques secondes un parcours entre des barrières le long des bottes de paille avant de passer par la porte du camion et d’être immobilisée. C’est là que le matador est entré en action. Une opération conduite sous le contrôle d’un vétérinaire.

 

« Des pressions énormes »

 

Ils sont cinq à travailler chaque jour dans ce premier abattoir mobile créé par Émilie Jeannin, une éleveuse de Côte-d’Or« Pour la première fois de ma vie, j’ai pu bénéficier d’une formation », explique un ancien salarié d’abattoir. « Et ça change tout », explique-t-il avec le sourire.

 

« J’ai lancé cette idée lorsque Stéphane Le Foll était encore ministre de l’Agriculture », explique cette grande femme blonde au sourire chaleureux titulaire d’une licence de psychologie.

 

On ne s’est pas bousculé pour la soutenir. Et surtout pas Bigard le numéro 1 du secteur. « J’ai subi des pressions énormes. » L’idée a pourtant fait son son chemin. Aujourd’hui, le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, est même persuadé de l’intérêt de ce projet qui a bénéficié d’un soutien financier dans le cadre du plan de relance. La Banque publique d’investissement (BPI) ainsi qu’un prêt participatif avec la plateforme Miimosa ont complété ce tour de table.

 

Boule au ventre

 

L’agriculture, c’est un monde dur au mal où on ne se fait pas de cadeaux. Quand son père tombe dans le coma à la suite d’un accident de voiture en 2006, Emilie Jeannin travaille à la chambre d’agriculture et attend son premier enfant. Certains de ses voisins lorgnent déjà les 260 hectares qu’ils pourraient se partager. Appels anonymes aux services vétérinaires, ouverture des enclos où se trouvent les charolaises, rien ne lui sera épargné.

 

D’abord seule puis avec son frère venu la rejoindre, elle tient bon, redécouvre la passion d’élever sur cette exploitation en bio. Mais « avec une boule au ventre » en voyant les charolaises prendre la route de l’abattoir. Comment faire autrement ? Aller plus loin que son père, qui avait créé un circuit de vente directe après la vache folle. Un voyage en Suède où elle découvre un abattoir mobile créé par une éleveuse suédoise va la convaincre que d’autres solutions existent.

 

Aller jusqu’au bout

 

« On accepte comme une évidence qu’il faudrait des outils industriels de plus en plus gros parce que c’est la seule façon de dégager un peu de rentabilité. Mais ce système reste très opaque et aboutit à des aberrations. C’est dans les territoires où il y a le plus d’animaux qu’il y a le moins d’abattoirs. »

 

Son entreprise, nommée Le bœuf éthique, est née de cette longue réflexion. « J’ai voulu aller jusqu’au bout. Privilégier la qualité à la quantité. Les travaux des chercheurs de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture) de Clermont-Ferrand ont aussi montré que le stress avait un impact sur la qualité de la viande », ajoute Émilie Jeannin.

 

Un cahier des charges strict

 

Une trentaine d’éleveurs ont déjà contractualisé. Le calendrier est plein jusqu’à Noël. La relation commerciale se fait en prenant en compte les indicateurs des coûts de production de la filière et avec des prix dans une fourchette supérieure de 20 à 30 % au marché.

 

Mais là encore sur une base éthique : bien-traitance animale, lien au sol, préférence pour un engraissement à l’herbe, pas de recours à l’huile de palme et à l’urée. La viande est vendue à des bistros brasseries, un chef étoilé mais aussi dans une cuisine centrale à Dijon.

 

La cinquième édition de ces rencontres organisées par Ouest-France aura lieu jeudi 2 et vendredi 3 décembre 2021 à la Cité des congrès de Nantes (Loire-Atlantique). Outre des débats consacrés à la souveraineté alimentaire, à la notation et au bien-être animal, une master classe est organisée avec des jeunes de lycées agricoles et futurs ingénieurs. Plus d’informations sur le site evenements.ouest-france.fr/assisesdelaterre.

 

 

 

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22 novembre 2021 1 22 /11 /novembre /2021 06:00

CamPresidentTourrainePoitou

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Tout ce qui est Président doit intéresser ce gnome prétentieux, je plaisante à peine, en effet Lactalis, ex-Besnier et sa marque phare Président, avait annoncé en septembre 2020 son intention de racheter les marques de fromages entiers, râpés et en tranches de Kraft Heinz aux Etats-Unis.

 

Après Stonyfield racheté à Danone en 2017, puis le propriétaire américain de la marque islandaise Siggi's avalé en 2018, Lactalis confirme son appétit pour le marché américain. Mardi, le géant français aux 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires a annoncé avoir négocié avec Kraft-Heinz le rachat de ses fromages naturels aux États-Unis pour un montant de 2,7 milliards d'euros. L'opération ne concerne pas l'iconique Philadelphia mais porte sur une dizaine de marques comme Kraft, Cracker Barrel, Breakstone's, Knudsen, Polly-O, Athenos, Hoffman's. Le tout pour un chiffre d'affaires autour d'1,8 milliard de dollars (1,5 milliard d'euros).

 

11 usines aux Etats-Unis

 

Ce rachat permet à Lactalis (Président, Lactel, Galbani…) de doubler de taille sur un marché stratégique pour lui. Une fois l'opération bouclée début 2021, les États-Unis deviendront ainsi le deuxième marché de Lactalis derrière la France (20% de son chiffre d'affaires) et devant l'Italie. Il y disposera de 11 usines.

 

Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis

 

Et le fromager français compte bien développer ces nouvelles marques de fromage dans d'autres pays. «La marque Kraft, plus que centenaire, est emblématique du secteur des fromages outre atlantique. Au-delà d'une consolidation de nos positions dans le secteur des fromages, notre objectif sera de développer l'internationalisation de ces marques dans de nombreuses régions dans le monde en synergie avec nos implantations internationales», a déclaré Emmanuel Besnier, président du Groupe Lactalis dans un communiqué.

 

Pour le commun des mortels, Kraft Heinz c’est bien sûr le tomato ketchup !

 

Kraft Heinz to sell several cheese businesses to Lactalis for $3.2 bln |  Nasdaq

 

 

Mais, le ministère américain de la Justice a annoncé mercredi avoir exigé de Kraft Heinz de se séparer des marques Athenos et Polly-O pour conclure la vente de ses fromages entiers, râpés et en tranches aux Etats-Unis au géant laitier français Lactalis.

 

Sans rabaisser notre penseur  de tréteaux de foire, qui tente de se hausser sur les hauteurs gaulliennes,  le grand Charles n’aimait guère les ricains, sauf sans doute Jacqueline Bouvier-Kennedy, je ne suis pas loin de penser, qu’à ce stade de mes propos, il est déjà largué. D’ailleurs, je ne suis pas certain que ce recalé à l’ENA, maîtrise la langue anglaise.

 

Les autorités ont pris cette décision afin «de préserver la compétition sur les marchés de la feta et de la ricotta», détaille un communiqué. Elles ont proposé officiellement mercredi un accord avec les entreprises, qui doit encore être validé par un juge. Mais les deux entreprises ont déjà pris les devants en organisant les cessions exigées. Lactalis avait annoncé en septembre 2020 son intention de racheter les marques de fromages entiers, râpés et en tranches de Kraft Heinz aux Etats-Unis pour un montant total de 3,2 milliards de dollars. L'accord prévoyait aussi que Lactalis rachète les fromages râpés de Kraft Heinz au Canada et certaines marques du groupe américain ailleurs dans le monde.

 

Or, souligne le ministère de la Justice, Lactalis et Kraft Heinz sont les deux plus importants fournisseurs de feta aux magasins et autres points de vente aux Etats-Unis sous leur marque Président et Athenos. Ils sont aussi les deux plus importants fournisseurs de ricotta dans les zones autour de New York et de quatre grandes villes de Floride sous leur marque Galbani et Polly-O.

 

Une cession prévue «avant la fin de l'année»

 

Les deux groupes ont déjà organisé les ventes de la marque Athenos à Emmi Roth et de la marque Polly-O à BelGioioso Cheese, deux transactions annoncées en septembre. Kraft Heinz s'attend désormais à ce que la cession du reste de ses marques de fromage à Lactalis intervienne «avant la fin de l'année, comme prévu dans les termes initiaux du contrat», a indiqué une porte-parole de l'entreprise. «La division en charge des pratiques anti-concurrentielles s'attache à faire appliquer les lois antitrust sur les marchés qui ont un impact sur la vie quotidienne des Américains», a commenté l'un de ses responsables, Richard Powers, dans le communiqué. Sans la cession de ces marques, l'opération aurait pu mener, selon lui, à des fromages feta et ricotta «plus chers et de moindre qualité».

 

Le ministère de la Justice a durci sa lutte contre les pratiques anticoncurrentielles sous la présidence de Joe Biden, s'opposant par exemple récemment à l'acquisition par la maison d'édition Penguin Random House de sa rivale Simon & Schuster ou au rapprochement les courtiers d'assurance britanniques Aon et Willis Towers Watson.

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21 novembre 2021 7 21 /11 /novembre /2021 06:00

Le Mans par J.BURGARTZ 1891

Gwenaël Lhuissier, éleveur à Mézières-sur-Ponthouin, a reconstitué la race.,

Je sais, je sais, certains vont ironiser sur mon amour des vieilles races de poules, qui ont failli disparaître dans le tsunami de la productivité, vive le poulet prêt à cuire (PAC) sous film plastique élevé vite fait mal fait, adieu les poulets de mémé à qui on avait laissé le temps de se faire de la belle chair, plaisir de vieux bobo bien nourri je vous le concède mais pourquoi diable s’esbaudit-on sur nos dit Grands Vins chers à Michou Bettane et qu’il serait mal venu de s’extasier sur une belle poule ?

 

Bref, les poules font des poulets et j’adore le pilon de poulet rôti accompagné de belles frites.

 

Alors, je  salue la résurrection de la poule noire du Mans chère au cœur de ce pauvre Stéphane Le Foll qui se morfond dans la cabine téléphonique qu’est aujourd’hui son PS.

 

La poule noire du Mans bientôt au château de Versailles - Le Mans .maville.com

 

« Côté prestige, cette volaille, qui était jadis sur la table des rois de France, a en 2015 fait le voyage jusqu’à l’Élysée. Le président François Hollande avait remis la légion d’honneur à Jean-Pierre Coffe, qui avait demandé la présence au menu de cette poule noire du Mans. En février 2018, à l’invitation d’Alain Baraton, jardinier en chef du domaine de Versailles, nombreux spécimens ont rejoint le domaine de Trianon, un retour aux sources.

 

Le Mans 1925

 

C’est en Sarthe, vers 1500, que va naître cette volaille mancelle, et sa réputation ne sera que grandissante au fil du temps. Elle sera servie sur toutes les tables de la noblesse française, reconnue comme une des plus grandes volailles, non seulement par la taille mais aussi par sa renommée et sa qualité gustative.

 

Le Mans -Chasse et pêche- 1888 Belgique

 

Elle sera désignée par plusieurs dénominations : La poularde du Mans, Gélinotte du Mans, ou encore le chapon du Mans. Elle sera surtout appréciée pour son goût et la qualité de sa chair. On la retrouvera sur toutes les tables de la royauté et présidentielle.

 

Confrontée à de nouvelles races plus productives, même si de moins bonne qualité, au XIXe siècle sa renommée décline, pour disparaître au milieu du XXe siècle.

 

Le Mans Roland DAMS

 

Vers les années 80, un vétérinaire, Monsieur Dam’s, réintroduit la poule noire du Mans. Malheureusement il décédera quelques années plus tard. Certains éleveurs se sont attelés à la pérennité de cette volaille, mais beaucoup s’y sont cassé les dents. Mais c’était sans compter sur la ténacité de Gwenaël Lhuissier ICI, qui travaille à l’ancienne pour obtenir des produits de haute qualité destinés aux fins gourmets, et qui va gagner son pari : faire revivre la poule noire du Mans !

La poule le Mans, élevée par Gwenaël Lhuissier

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20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 06:00

 

Portrait de Dante - Botticelli

En fin  de carrière, on se décida, moi qui n’était ni haut, ni fonctionnaire, de me mettre à disposition du CGAER, le cimetière des éléphants des hauts fonctionnaires du Ministère. Le dress-code majoritaire du gagatorium était très majoritairement : costar gris sur chemise blanche ornée d’une cravate de marchand de cravate à la sauvette. Depuis mon départ des ors de la République j’avais remisé mes costars bien coupés, mais chemises anglaises et mes cravates colorées Christian Lacroix, pour adopter des pantalons de toile ou des jeans, lavables à  la machine, et des chemises ouvertes. Lors d’une réunion d’été, nu-pied dans mes mocassins, j’arborais un haut, genre chemise Lacoste, d’un blanc immaculé. Là, un petit énarque, que j’énervais pour d’autres raisons, il se piquait d’être un grand expert du monde du vin et enrageait de la cote que m’avait doté mon rapport, de plus il trainait aussi comme un boulet d’avoir eu quelques soucis avec ses riches émoluments du temps où il pantouflait à la FNSEA, bref, il n’attendait qu’une occasion pour m’allumer. Du haut de sa petite taille il me toisa : « Tu es en vacances ? » Du tac au tac, grand sourire, je lui répondis « Oui mon grand, à la prochaine réunion, je viendrai en bermuda à fleur, en tong, j’espère que ça ne développera pas ton urticaire… » Le reste de ma tirade fut encore moins aimable, je vous l’épargne. Il ne répliqua pas, même que lorsque Flamby succéda à Sarkozy, que le grand Stéphane Le Foll s’installa au 78 rue de Varenne, le dit homme vint me faire des ronds de jambe pour entrer dans les grâces du nouveau Ministre.

 

Bref, tout ça pour introduire cette chronique sur l’apparence.

 

 

Giovanni Scambini, chroniqueur lucquois, dans une nouvelle écrite au XVe siècle rapporte que « la renommée et la sagesse  de Dante s’étant répandue », le nouveau roi de Naples Robert d’Anjou, fils de Charles II, à qui il a succédé en 1309, écrit à cette fin au condottiere Castruccio Castracani, seigneur de Lucques, chez qui Dante réside à cette époque en compagnie d’autres exilés florentins, et une autre lettre à Dante lui-même, pour accueillir le poète à sa cour « pour voir et entendre sa sagesse et sa vertu »

 

Fichier:Italy 1494 AD-fr.svg — Wikipédia

 

Dante accepte l’invitation « quitte Lucques et marche tant et si bien qu’il arrive à Naples. »

 

Dante Alighieri, est célèbre pour son tempérament fougueux et son esprit sarcastique qui l’ont condamné à une longue pérégrination à travers les cours italiennes après avoir été exilé de sa ville natale, Florence.  

 

Le trajet de son voyage vers Naples est compliqué car Dante entretien des rapports orageux avec le parti guelfe (faction qui soutenait la papauté par opposition aux tenants de l’empereur germanique (XIIIe – XIVe) et préfère éviter « la terre où l’Église exerçait son pouvoir ». Au lieu de descendre  vers droit au sud, il traverse les Apennins jusqu’aux Marches, puis retraverse les montagnes en direction de Naples.

 

Il entre à Naples à l’heure du déjeuner et se dépêche de se rendre au palais royal. On l’introduit aussitôt dans la salle du banquet où, « l’eau ayant été donnée aux mains », les invités prennent place à table »

 

PREMIER ACTE : Dante est installé « au bas bout de la table »

 

Scène 1 : Dante est mal fringué

 

Dante est habillé très simplement « comme les poètes avaient coutume de le faire » Massimo Montanari note : de toute évidence, l’image e l’intellectuel bohème n’est pas une invention du XIXe siècle.

 

Le souverain est en train de prendre place « à sa table », avec les barons du royaume. Quand il demande des nouvelles de Dante, on lui répond qu’il est enfin arrivé. Dans la précipitation, les domestiques installent le poète « au bas bout de la table », au fond de la salle, dans un endroit un peu à l’écart et dépourvu de prestige. Une place où la nourriture pouvait être plus modeste, car on ne sert pas les mêmes plats à toutes les tables : la qualité de la nourriture représente visuellement les différences de rang.

 

Scène 2 : la colère de Dante

 

L’irascible Dante s’en offusque, il pense que Robert d’Anjou a manqué à ses devoirs d’hospitalité en faisant preuve d’une telle négligence. Comme il a faim, il  décide de rester « Dante ayant volonté de manger, il mangea. » Mais le repas terminé, il  se lève et prend la route d’Ancône pour rentrer en Toscane.

 

DEUXIÈME ACTE : Les regrets du roi

 

Le roi s’est attardé et bavarde avec ses convives, soudain il se rappelle qu’il a manqué à ses devoirs à l’égard d’un hôte important et demande où est Dante. On lui répond qu’il est reparti. Robert regrette de ne pas lui avoir fait honneur et pense qu’il  s’en est allé parce qu’il était en colère. Il ordonne à un messager, muni d’une lettres d’excuses de le rattraper. Rejoint, Dante lit la lettre et rebrousse chemin.

 

TROISIÈME ACTE : Le retour du poète irascible

 

Scène 1 : Dante est rayonnant au haut bout de la première table

 

Le revoici à  Naples. Cette fois, il passe un « habit magnifique » et se présente au roi très cérémonieusement. L’heure du repas arrive et le roi l’installe « au haut bout de la première table, qui se trouvait à côté de la sienne. » Une place de premier choix, dans la géographie symbolique du banquet. La table à côté de celle du roi est la plus proche du centre du pouvoir, celui qui la préside occupe une place d’honneur, accordée à de rares élus. Dante, entouré de hauts personnages, est rayonnant au beau milieu de la table.

 

Scène 2 : Dante fait son cinéma

 

Le spectacle peut commencer. Les plats et les vins arrivent : « Dante prend la viande et la frotte sur sa poitrine et sur ses vêtements ; et il verse aussi du vin sur ses vêtements. » Ses voisins commencent à murmurer : les intellectuels ont beau être des gens bizarres, là quand même il exagère ! Frotter la viande sur soi, verser « le vin et le bouillon sur ses vêtements » est un comportement pour le moins singulier.

 

Bartolomeo Ricci, humaniste lucquois du XVIe siècle, enrichit cet épisode de détails savoureux : « Au lieu de porter la nourriture à sa bouche, Dante la jetait sur ses vêtements, la versant tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; il mit la viande bouillie sur son bras ; il accrocha des oiseaux entiers sur ses épaules. »

 

« Ce doit être un rustre », commentent ses illustres voisins.

 

Dante les entend, mais il ne pipe mot, so plan fonctionne.

 

Scène 3 : le roi en personne s’adresse à Dante

 

« Dante, que vous ai-je vu faire ? Vous qui êtes si sage, pourquoi vous êtes-vous si mal conduit ? »

 

Scène  4 : la réponse de Dante qui n’attendait que ça

 

« Sainte Couronne, je sais que le grand honneur que vous m’avez fait, vous l’avez fait à mes habits ; et j’ai donc voulu que mes habits savourent les plats servis à table. » Et pour ceux qui n’auraient pas encore compris, il explique : « Je suis le même que l’autre jour, avec toute ma sagesse, quelle qu’elle soit. Mais l’autre jour vous m’avez mis au bas bout de la table, parce que j’étais mal habillé ; aujourd’hui, bien habillé, vous ‘avez mis au haut bout. »

 

DERNIER ACTE : le roi Robert est un grand seigneur

 

Le roi ne se sentit pas insulté par ce reproche, qu’il trouva fait avec esprit et « honnêtement », et surtout qui correspondait à la vérité. Il ordonna qu’on apporte un habit propre à Dante qu’il pria de se changer, après quoi le poète « mangea tout joyeux d’avoir montré au roi sa folie. »

 

Le repas terminé, le souverain se leva de table, prit Dante à paet et s’entretint aimablement avec lui, « pratiquant sa science » et trouvant que c’était une personne encore plus brillante et savante qu’il avait ouï dire. Il le pria de rester encore quelques jours à sa cour, pour le palisir de converser avec lui.

 

Librement adapté et mis en page à partir de « DRESS CODE » Dante à la cour de Robert d’Anjou in Les Contes de la Table Massimo Montanari

Amazon.fr - Les Contes de la table - Montanari, Massimo - Livres

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