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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 06:00
 
26 juillet 
 
 
Banon 2020

Au temps où j’allais, profitant de mes congepés, traîner mes guêtres du côté de Buoux je me rendais de temps en temps à Banon.

 

9 juillet 2011

 

BANON : pourquoi en faire tout un fromage ? Les bleuets, les feuilles de châtaignier et qu’est-ce-que vous boirez avec ça ? ICI 

 

 

Banon est un charmant petit village des Alpes-de-Haute-Provence adossé au plateau d'Albion entre Lure et Ventoux dans les collines chères à Jean Giono. 878 habitants et plus de 100 000 livres à la librairie « Les Bluets » de Joël Gatefossé menuisier originaire de l’Essonne qui raconte avoir « cassé sa vie » à la mort de ses parents en 1990 et être venu s’installer un peu par hasard à Banon. Les débuts sont difficiles puis c’est le décollage et enfin le succès du au bouche à oreille. 

 

250px-Banon.jpg

 

Le banon est un petit fromage français de 6 à 7 cm de diamètre, au lait cru de chèvre d'une centaine de grammes issu d'anciennes recettes des fermes des Alpes-de-Haute-Provence. Les chèvres sont exclusivement de races provençale, rove et alpine et elles doivent paître sur les collines de la région pendant au moins 210 jours par an. Fromage à pâte molle à croûte naturelle, élaboré à partir de la technique du caillé doux et moulé à la louche avant d'être habillé, à la main, dans des feuilles de châtaigniers brunes et liées par un brin de raphia naturel (il est auparavant trempé dans l'alcool pour éviter les moisissures). Le ramassage des feuilles, qui doivent être récoltées brunes, se fait en automne lors de leur chute. Elles sont ramassées par des équipes de saisonniers sur le plateau d'Albion, dans les Cévennes, en Corse et en Ardèche.

 

À la récré, du pain, du banon, un livre, avec 1 petit coup de Bel-Air&Chardy d’Alice et Olivier de Moor : goûtons le silence !

 

17 mars 2017

À la récré, du pain, du banon, un livre, avec 1 petit coup de Bel-Air&Chardy d’Alice et Olivier de Moor : goûtons le silence !  ICI 

 

« À Banon, on ne plaisante pas avec les livres. La preuve avec cette expérience géniale et exemplaire que personne ne semble regretter ! »

 

À Banon si vous vous promenez dans les couloirs du collège après l’heure du déjeuner, vous serez sans doute surpris par un silence complet…

 

Depuis la rentrée de septembre, c’est en effet devenu un rituel : des élèves à la cantinière en passant par le principal et le secrétaire, plus personne ne parle, plus personne ne bouge, plus personne ne travaille… mais tout le monde lit ! Lumière sur une initiative exemplaire qui a l’air de faire énormément de bien à tous !

 

Cette nouvelle habitude pour le moins originale a été prise au collège de Banon (Alpes-de-Haute-Provence). Désormais, entre 13h40 et 14h05, il y est interdit de faire autre chose que de lire. On peut lire n’importe quel livre, n’importe où ET dans n’importe quelle position, mais on est obligé de lire !

 

Je ne sais si ces vieilles chroniques ont donné à Alice et Olivier de Moor l’envie d’aller prendre du repos, goûter de la beauté, dans cette belle région où se situe Banon, mais Olivier m’a fait parvenir un petit mot :

 

Bonsoir Jacques,

 

Nous sommes rentrés: trop tôt. Car la vendange va devoir se faire trop tôt. Par obligation et déjà je sens l'obligation de courir une fois de plus.

 

J'aime beaucoup les "basses alpes". Et la librairie de Banon. Dans l'offre des livres offerte à l'acheteur, je suis tombé sur un livre consacré à la peinture et c'est passionnant.

 

Ha ! les Basses-Alpes...

 

Carte des Basses-Alpes de 1852

 

Souvenir  de mes années où nous récitions les noms des départements, préfecture et sous-préfecture.

 

Le nom de Basses-Alpes était jugé péjoratif, surtout quand on le comparait à celui du département voisin : les Hautes-Alpes. D'autres départements d'ailleurs avaient déjà ouvert la voie : la Charente-Inférieure était devenue en 1941 la Charente-Maritime, la Seine-Inférieure changeait de nom en 1955 pour devenir la Seine-Maritime, la Loire-Inférieure devenait en 1957 la Loire-Atlantique et les Basses-Pyrénées s'appellent depuis 1969 les Pyrénées-Atlantiques. Enfin, les Côtes-du-Nord, qui ne sont pas situées dans le nord de la France mais au nord de la Bretagne, sont devenues les Côtes-d'Armor en 1990.

 

C'est en 1952-1953 que l'idée d'un changement de nom pour les Basses-Alpes fait son chemin, au moment où le tourisme commence à se développer et où la mention de "Provence" veut être mise en avant, comme l'indique sur France Bleu 100% Sud Jean-Christophe Labadie, directeur des Archives Départementales des Alpes-de-Haute-Provence.

 

La suite ICI 

 

Le sauvetage de la librairie "Le Bleuet", qui voulait concurrencer ...

 

Et la librairie de Banon. Dans l'offre des livres offerte à l'acheteur, je suis tombé sur un livre consacré à la peinture et c'est passionnant. C'est un résumé d'émissions que Daniel Arasse a fait avant de décéder. C'est Laure Adler qui lui confia pour France Culture une émision mensuelle sur les arts plastiques et l'histoire de l'art. Un extrait que voici :

 

 

FINALEMENT, La Joconde est un de mes tableaux préférés, il a fallu pour l'aimer beaucoup plus de temps que les cinq ans pris par Léonard de Vinci pour la peindre. Moi il m'a fallu plus de vingt ans pour aimer La Joconde. Je parle de l'aimer vraiment, pas seulement de l’admirer. C'est pour moi aujourd'hui l'un des plus beaux tableaux du monde, même si ce n'est pas nécessairement l'un des plus émouvants, quoique, franchement, c'est l'un des tableaux qui ont eu le plus de commentaires enthousiastes, jusqu'à la folie, de la part des gens qui l’aimaient, et cela montre qu'il touche. Moi, j'étais dans l’état d'esprit d'un spectateur de la deuxième moitié du XXe siècle, c'est-à-dire qu'on avait tellement vu La Joconde, on la connaissait tellement, qu'elle était devenue plus une plaisanterie qu'autre chose, d'autant que, Duchamp l’ayant reproduite avec cette inscription en bas du tableau : « L.H.O.O.Q. », on ne pouvait plus la prendre au sérieux. Il m'a fallu remonter ce handicap duchampien, non pas pour retrouver le regard de Léonard de Vinci ou de l'un de ses contemporains sur ce tableau, mais simplement pour comprendre comment celui-ci, peint dans des circonstances tout à fait particulières, pouvait avoir encore un tel effet, à bientôt cinq cents ans de distance. Cela ne tient pas seulement au délire de Walter Pater ou de Théophile Gautier. Même Kenneth Clark, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, un homme très sérieux et l'un des meilleurs historiens de l’art du milieu du XXe siècle, dans un article, non pas de jeunesse mais de pleine maturité, écrit que La Joconde a l’air d'une déesse sous-marine : cette femme est assise dans une loggia, en hauteur devant un paysage très lointain, et il la voit comme une déesse sous-marine. Que se passe-t-il dans ce tableau pour que des gens sérieux, des responsables de musée et de grand savoir, puissent en dire des choses pareilles ? Ce tableau avait sûrement quelque chose. Personnellement, cela m'intéressait à moitié, mais à partir du moment où je devais écrire un livre sur Léonard de Vinci, je ne pouvais pas évacuer La Joconde, Je devais essayer de comprendre les enjeux de cette œuvre pour ce peintre. Et là, mon travail a été très fructueux. Je me suis demandé comment ce tableau était fait. Je vais en faire la description et vous verrez qu'apparaissent beaucoup de choses qu'on ne voit pas.

 

 

D'abord, la Joconde est assise dans une loggia, c'est-à-dire qu'il y a des colonnes de part et d'autre, sur les bords droit et gauche, jointes par le muret, derrière elle. Elle tourne le dos au paysage, qui est très lointain. Ensuite, elle est assise dans un fauteuil, je le sais uniquement parce que le bras gauche de la figure est appuyé, parallèlement au plan de l’image, sur un accoudoir. Mais cet accoudoir est Punique trace du fauteuil, il n'y a pas de dossier, ce qui est étrange. Et puis le paysage à l'arrière-plan est curieux puisqu'il est composé uniquement de rochers, de terre et d'eau. Il n'y a pas une seule construction humaine, pas un arbre, il y a seulement dans ce paysage quasiment pré-humain un pont, et c'est cela qui m'a posé beaucoup de problèmes d'interprétation. Ce pont enjambe ce qui doit être une rivière, mais qu'on ne distingue pas. Or, comment se fait-il que dans ce paysage des origines il y ait déjà un pont alors que toute présence humaine a disparu ?

 

 

J'ai donc commencé à me rendre compte que ce tableau recelait une méditation de Léonard particulièrement dense. Je ne devais pas m'en étonner puisque Vinci a dit que la peinture est cosa mentale c'est une chose mentale, et que par ailleurs, lorsqu'il a reçu cette commande en 1503 - il avait besoin d'argent et n'avait pas encore en ce temps-là de grandes commandes de la ville de Florence ça précédait de quelques mois la grande commande du palais de la Seigneurie (cf. Bataille d’Anghiari) qui fait qu’il ne livrera jamais le tableau à son commanditaire, Messere Giocondo, et le gardera pour lui toute sa vie. Il a achevé ce portrait pour lui-même. On a la preuve que l’idée de l’arrière-plan est venue très lentement. Il fallait comprendre le rapport qui liait cette figure assise si singulièrement dans ce fauteuil sans dossier et ce paysage : y a-t-il simplement opposition entre d’une part la beauté et le charme de la Joconde et d'autre part l’arrière-plan du paysage, ou bien y a-t-il aussi une relation entre les deux ?

 

 

J’ai essayé de mieux voir comment était peinte cette figure. Si vous la regardez bien, elle a le bras parallèle au plan de l’image, appuyé sur l’accoudoir. Elle est proche de nous, puisqu’on ne voit pas d'espace entre ce bras et une zone plus basse qui inscrirait une distance. En fait, elle est passée devant le parapet qui traditionnellement à l’époque séparait la figure peinte du spectateur, comme dans ces portraits d'origine flamande où le personnage est visible, mais où la base du tableau est faite d'un petit parapet, situé devant lui et devant lequel il place éventuellement sa main. Petit trait de génie de Léonard : mettre la Joconde dans l’espace du spectateur en faisant passer le parapet derrière elle, tandis qu'en même temps son bras fait barrière, bloquant la pénétration. Ensuite, le buste est de trois quarts, elle se tourne donc légèrement vers nous, le visage presque de face, et les yeux, perpendiculaires au plan, nous regardent directement où que nous nous trouvions par rapport à elle. Donc, depuis le bas du tableau jusqu'aux yeux, il y a une torsion de la figure qui fait qu'elle vous fixe. On est sous son regard, ce qui constitue un élément de fascination de ce tableau, tout comme on est un peu sous celui de la Vénus d'Urbin de Titien, le premier grand nu de la peinture occidentale, et ce n'est certainement pas un hasard si l'on est sous le regard de l’archétype du nu occidental. c'est-à-dire que du chaos on passe à la grâce, et de la grâce on repassera au chaos. Il s'agit donc d'une méditation sur une double temporalité, et nous sommes là au cœur du problème du portrait, puisque le portrait est inévitablement une méditation sur le temps qui passe. Montaigne le dit dans ses Essais : « J'ai plusieurs portraits de moi, combien suis-je différent aujourd'hui d'à cette heure. » On passe donc, avec ce sourire éphémère de La Joconde, du temps immémorial du chaos au temps fugitif et présent de la grâce, mais on reviendra à ce temps sans fin du chaos et de l’absence de forme.

 

Restait ce pont, dont je ne comprenais pas la présence jusqu'au moment où j'ai lu Carlo Pedretti, le grand spécialiste de Léonard de Vinci, capable d'écrire comme lui de la main gauche et à l'envers. C'est un homme admirable qui a passé toute sa vie avec Léonard de Vinci. À propos de cette interrogation sur la présence du pont, il dit une chose très simple à laquelle je n'avais pas pensé, à savoir que c'est le symbole du temps qui passe ; s'il y a pont, il y a une rivière, qui est le symbole banal par excellence du temps qui passe. C'est un indice donné au spectateur que l’étrangeté du rapport entre ce paysage chaotique et cette grâce souriante est le temps qui passe. Le thème du tableau c'est le temps. C'est aussi pour cette raison que la figure tourne sur elle-même, car un mouvement se fait dans le temps... Et l'analyse peut repartir à ce moment-là. Le tableau est fascinant parce que sa densité et sa sobriété font qu'il n'arrête pas de renvoyer la réflexion et le regard au regard...

 

 

Cela dit, et je n'en dis pas plus sur La Joconde. ]e ne pense pas que messere Giocondo aurait aimé le tableau s'il l'avait vu. Je pense même qu'il l'aurait refusé parce qu'il ne lui aurait pas plu.

 

Et le fait de faire de l'histoire permet là aussi d'avoir un regard un peu plus neuf sur les choses. Je pense que Francesco del Giocondo n'aurait pas accepté le tableau fini pour une bonne et simple raison : c'est qu'à l'époque, c'est un tableau scandaleux.

 

Aujourd'hui c'est le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre, mais en 1503-1505, c'est un tableau inadmissible.

Pourquoi?

Voilà un bon bourgeois florentin, et pas n'importe qui, qui commande au plus grand peintre du moment le portrait de sa femme parce qu'elle lui a donné des enfants, et ce peintre lui présente, comme portrait, une jeune femme qui sourit, ce qui est incorrect, toute proche de nous, épilée des sourcils et des cheveux - alors qu'on sait très bien qu'à cette époque seules les femmes de mauvaise vie s'épilent - et ensuite il la plante devant un paysage pré- humain affreux, terrible. Or, comment voulez-vous qu'un mari souhaite voir sa femme charmante, aimante, qui lui a donné deux enfants, devant un tel paysage et non pas devant des prairies, des arbres et des petits oiseaux, ce qu'on trouve dans les fonds de portraits de Raphaël contemporains de Léonard. Il n'aurait pas pu comprendre, et je pense que c'est pour Francesco del Giocondo ou pour ce genre de spectateur que Léonard de Vinci a peint le pont, pour leur expliquer qu'il ne faisait pas n'importe quoi, et qu'il y avait effectivement une méditation profonde sur le temps. Mais je crois que ce tableau était trop innovateur il impliquait à l'époque un tel bouleversement des pratiques du portrait qu'il ne pouvait pas être compris immédiatement.

 

On le voit d'ailleurs dans les répliques qui en ont été faites. Raphaël a admiré La Joconde mais quand il fait La Dame à la licorne, il la normalise. La Joconde est à part.

 

 

Ce qui m'a aussi beaucoup frappé quand je travaillais sur La Joconde, c'est que je travaillais en même temps sur tout Léonard de Vinci et donc sur les cartes géographiques qu'il a réalisées à la même époque, et un soir j'ai eu une sorte d'illumination, peut- être une sorte de folie, en regardant ces cartes : j'ai perçu que le paysage de La Joconde en arrière-plan, avec son lac très élevé et son val aquatique et marécageux dans la partie gauche, était pratiquement la prise en vue cavalière d'une carte de la Toscane que Léonard de Vinci réalise aussi en 1503-1504, et l'un des problèmes qu'il se pose dans cette carte est de savoir comment le lac Trasimène a pu jadis, dans un temps immémorial, expliquer les marécages du Val d'Arno, qui se trouve au sud d'Arezzo, en Toscane. On voit sur sa carte qu'il a dessiné un cours d'eau qui n'existe pas dans la réalité, allant du lac Trasimène au Val d'Arno. Ce qui m'a frappé, c'est de voir que la construction de La Joconde s'accordait pleinement à une réflexion cartographique et géologique de Léonard de Vinci, si bien que le paysage représenté derrière elle, c'est la Toscane immémoriale, celle qui existait avant que l’humanité n'y crée la grâce de ce pays, car la Toscane est très belle et c'est La Joconde. Ce cours d'eau qui relie le lac Trasimène au Val dArno, c'est le sourire de la Joconde. On pourrait continuer.

 

 

Par exemple, c'est vrai qu'elle a l'air d'être dans une grotte, et on a un très beau texte de Léonard sur la grotte : comme il se penche pour voir ce qu'il y a dans la grotte, il est attiré et il a peur. Cette attirance et cette peur de Léonard de Vinci par rapport au corps féminin sont bien connues : il est le premier artiste à avoir dessiné un sexe féminin comme une grotte. On peut continuer indéfiniment comme cela. La Joconde condense, je crois, une méditation sur le portrait et le temps qui est fondamentale pour l'art du portrait occidental, et en même temps c'est certainement l'un des tableaux les plus personnels de Léonard, parce qu'il a peint pour lui le portrait de la femme fertile, l’épouse de Francesco del Giocondo.

 

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 06:00

Truman Capote : l'enfant terrible de la littérature américaine ...

Qui n’a pas lu à 50 ans De sang-froid de Truman Capote a raté sa vie !

 

Amazon.fr - Truman Capote - De sang-froid - traduit par Raymond ...

 

Dans le cadre d’un été résolument culturel je vous offre une réflexion sur la vérité romanesque, dans Cercueil sur mesures, Capote a poussé le bouchon un peu loin, mais peu m’importe ça m’est égal car il a atteint un degré de vérité incomparable.

 

Après le succès phénoménal remporté par De sang-froid, Capote avait délaissé le genre romanesque pour revenir à ses premières amours : la nouvelle. Le recueil Musique pour caméléons, publié en 1980, réunit 7 textes, dont un, en particulier… sous-titré Récit véridique non romancé d’un crime américain, Cercueils sur mesures décrit une série de 7 meurtres ayant frappé une petite ville américaine du Midwest, que Capote prétend ne pas pouvoir nommé, pour ne pas interférer avec le processus de la justice.

 

Amazon.fr - Cercueils sur mesure - Capote, Truman - Livres

 

Enquête faite, Capote a produit un faux plus vrai que nature.

 

Truman Capote : «De sang-froid», le livre d'une vie | Télépro

 

Rappelons que Capote, en 1959, voit son attention attirée par le meurtre d’une famille de fermiers du Kansas. Il se rend sur les lieux. Les deux vauriens Dick Hickock et Perry Smith sont rapidement arrêtés et passent aux aveux. Capote conçoit alors le projet d’un livre à mi-chemin entre la réalité et la fiction : la réalité parce qu’il va rencontrer tous les protagonistes de l’affaire ; la fiction parce qu’il devra reconstituer de nombreuses scènes auxquelles il n’a pas assisté. On a parlé pour décrire le résultat de « roman non-roman » ou de « roman-vérité »

 

« A new understanding of the différence between what is true and what it really true. »

 

Dans Cercueils sur mesures, les victimes présentent deux points communs : elles ont siégé au sein d’une commission ayant voté le détournement d’un cours d’eau arrosant le ranch d’un riche fermier du nom de Quinn et elles ont reçu, peu avant leur mort, un cercueil miniature en bois. Les assassinats sont autant d’œuvres d’art : un couple d’avocats périt sous les piqûres de serpents à sonnettes préalablement dopés aux amphétamines qui ont été placé dans leur voiture ; les victimes trois et quatre meurent carbonisées dans leur maison à laquelle on a mis le feu après avoir scellé les issues par des parpaings ; le conducteur d’une décapotable est décapité par un filin invisible tendu à travers de sa route ; un médecin est empoisonné ; une professeure se noie dans de mystérieuses circonstances. Le facteur, se sachant sur la liste, décampe à Hawaii, tandis que le dernier membre de la commission, le seul à avoir voté en faveur du fermier, est épargné. Car il ne fait pas de doute pour personne que Quinn est à l’origine de l’hécatombe. Il ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour démentir la rumeur. Par bravade – à moins que ce ne soit par courtoisie – il accepte de rencontrer Capote. Les entrevues glaçantes entre les deux hommes et leurs parties d’échecs constituent le point d’orgue de la nouvelle.

 

Quel régal que ces nombreuses métaphores : Elle était bâtie comme Poncho Villa et portait des pantalons de cow-boy avec une braguette à glissière … Tempérament aussi bouillant qu'un tamale au poivre rouge … Plus saoul qu'une tribu d'Indiens en train de danser dans les maïs.

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 07:30

 

Jean-François est, contrairement à ma pomme, un garçon sérieux, lorsque nous étions ensemble au cabinet du Ministre de l’Agriculture, dans les années 90, où il tenait le poste de Conseiller Technique chargé des questions internationales, donc communautaires, j’étais tranquille, ses notes au Ministre, synthétiques, précises, argumentées, nous permettaient de faire progresser dans la tête d’un politique pur, Louis Mermaz, la nécessité de réformer en profondeur de la foutue PAC. Ce qui fut fait, je ne sais si ce fut un progrès mais la porte était ouverte sur une autre conception du soutien à l’agriculture communautaire. Depuis, avec les élargissements, le chemin parcouru est bien modeste et le verdissement reste bien pâle.

 

Si je tresse des lauriers mérités à JF c’est qu’en plein mois de juillet il vient de me faire parvenir une note où il évalue l’accord adopté par le Conseil européen de Juillet 2020, pendant que votre serviteur buvait des canons tout jetant un œil distrait sur le fil Twitter pour glaner des informations sur ce sommet qualifié par notre guide élyséen, en pleine mutation, de grande avancée dans la construction européenne. Il a travaillé au corps Angela confie-t-il au très people Paris-Match, j’en suis fort aise mais, contrairement à notre Mélenchon, qui ne bite rien aux questions communautaires, je ne vais pas dézinguer l’œuvre du chef, ou en entonner avec zélotes de notre Emmanuel, « on a gagné, on a gagné… »

 

Pour mémoire, au temps de Rocard Ministre de l’Agriculture, le Conseil Européen de Dublin du 27 février 1985, marqua le grand virage de l’OCM vin essentiellement consacrée au vin de table, en adoptant la distillation obligatoire pour stopper les hauts rendements et l’arrachage des vignes les produisant. Ce qui m’a frappé à ce Conseil c’est que les négociations étaient menées au nom de la France par le Ministre des Affaires Etrangères, Roland Dumas, et le Président de la République, François Mitterrand, pour qui la distillation obligatoire et l’arrachage relevaient d’une autre planète et que nos notes à leur attention, éléments de langage, devaient  se résumer en quelques phrases. Nous étions, et nous sommes toujours, la seule délégation dans cette configuration, c’est tout à fait baroque.

 

Bref, la parole est donnée à Jean-François :

 

Comme toujours après un conseil européen difficile, tous les participants disent qu’ils ont gagné. Cette présentation des négociations européennes comme une guerre entre Etats de laquelle chacun doit revenir avec une victoire sur ses partenaires, en dit long sur la solidarité et l’esprit fédéraliste qui règnent dans cet ensemble fragile. Les médias mettent en valeur le rôle décisif de leurs représentants nationaux et insistent sur le caractère « historique » des décisions prises. Ensuite, les polémiques sont d’autant plus bruyantes que les résultats de la négociation ont été présentés avec emphase et beaucoup d’approximation.

 

Un plan de relance économique et un budget de l’Union Européenne jusqu’en 2027.

 

Le conseil européen de ce mois de juillet 2020 devait se prononcer sur deux sujets intimement liés : un plan de relance de l’économie européenne frappée par la récession consécutive à la pandémie et le budget de l’Union européenne pour la période 2021– 2027.

 

Ces discussions présentaient, en plus de leur caractère budgétaire, une dimension politique puisqu’il s’agissait  d’autoriser la commission européenne a emprunter sur les marchés financiers 750 milliards d’euros (la commission a déjà emprunté mais jamais des sommes aussi importantes) pour financer le plan de relance en lieu et place des Etats membres et de trouver de nouveaux moyens de financement des dépenses européennes.

 

Le plan de relance « Next Generation EU » n’est pas un nouveau cadre budgétaire européen.

 

Le conseil européen a autorisé la commission à emprunter 750 milliards d’euros pour financer le plan de relance.

 

Les fonds empruntés pourront être prêtés aux Etats de l’Union européenne, pour 360 milliards d’euros, ou transférés sous forme de subventions pour financer des dépenses à hauteur de 390 milliards d’euros.

 

La commission remboursera ces emprunts au plus tard le 31 décembre 2058.

 

Les dépenses du plan de relance seront engagées en trois ans : 2021, 2022 et 2023. Le « droit de tirage » des Etats sur ce programme exceptionnel sera proportionnel à leur perte de PIB en 2020 et à leur perte de PIB cumulée en 2020 et 2021. C’est ce qui permettra  à des pays comme l’Espagne, l’Italie ou la France d’être parmi les principaux  bénéficiaires de ces subventions européennes.

 

Pour bénéficier de ces aides, les Etats-membres devront présenter des « plans nationaux de réforme et d’investissement » pour les années 2021–2023, qui seront évalués par la commission européenne et soumis au conseil européen statuant à la majorité qualifiée.

 

Il ne s’agira donc pas d’un chèque en blanc ; les concours financiers ne seront accordés que si les programmes de dépenses présentés sont considérés comme conformes aux orientations de politique économique formulées à l’occasion de l’examen annuel de la situation budgétaire des membres de l’Union par les instances européennes, notamment en matière de « réformes structurelles ». Ce vocable désigne habituellement les mesures de dérégulation de l’économie, de privatisation, d’ouverture à la concurrence et de réduction des dépenses publiques demandées par les instances européennes.

 

La décision du conseil précise que l’effort de relance consacré par le programme « Next Generation EU » (nom officiel du programme de relance européen) est « limité dans le temps parce que le cadre financier pluriannuel (le budget européen) et les règles qui le régissent demeurent le cadre de base pour la planification et l’exécution du budget de l’Union ». « Les fonds supplémentaires générés par les emprunts…seront versés par l’intermédiaire des instrument et des programmes du CFP ».

 

Les 750 Mds€ d’emprunts que la commission est autorisée à souscrire constituent donc bien une mesure exceptionnelle qui n’a pas vocation a être renouvelée. Ce n’est pas un nouveau budget européen, l’embryon d’un budget fédéral comme cela est parfois abusivement présenté. Le financement de l’UE reste assuré par son budget, financé par les contributions des Etats-membres, donc les contribuables des Européens, théoriquement à raison de leur richesse moyenne, sans rupture dans son enveloppe globale avec le budget des sept précédentes années.

 

Un plan exceptionnel financé par les moyens habituels - Beaucoup de mensonges sur la réalité des décisions prises

 

Les dispositions relatives au financement du programme européen de relance et du budget européen pour les années à venir sont peu explicites.

 

Le plafond des ressources propres de l’UE est porté de 1,20% du revenu national brut des Etats membres à 1,40% pour le financement du prochain budget, ce qui pourrait représenter une augmentation de la contribution française annuelle de l’ordre de 4 à 5 Mds€. De plus, le financement du plan de relance serait assuré par un relèvement temporaire de 6 points de pourcentage du plafond de ressources propres affecté au financement des dépenses de l’Union, au-delà de 1,40%.

 

Pour le moment, les dépenses ordinaires de l’UE et le plan exceptionnel seront donc financés par les moyens habituels des contributions des Etats, donc par les impôts des contribuables européens, qu’il s’agisse d’impôts directs ou indirects (fraction de la TVA collectée).

 

Il est mensonger de dire, comme le font MM. Macron et Le Maire, que « le plan européen ne sera financé ni par nos impôts ni par notre dette ».

 

S’agissant de l’avenir, le paragraphe A 29 du compromis est ainsi rédigé : « Au cours des prochaines années, l’Union s’efforcera de réformer le système des ressources propres et d’introduire de nouvelles ressources propres. Une nouvelle ressource propre fondée sur les déchets plastiques non recyclés sera établie et appliquée à partir du 1er janvier 2021. Au cours du premier semestre de 2021, à titre de base pour des ressources propres supplémentaires, la commission présentera des propositions relatives à un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières et à une redevance numérique, en vue de leur introduction au plus tard le 1er janvier 2023. Dans le même esprit, la commission présentera une proposition relative au système révisé d’échange de quotas d’émissions, éventuellement étendu à l’aviation et au transport maritime. Enfin, l’union s’efforcera au cours du prochain cadre financier pluriannuel, de mettre en place d’autres ressources propres, qui pourraient inclure une taxe sur les transactions financières. Le produit des nouvelles ressources propres introduites après 2021 sera utilisé pour le remboursement anticipé des emprunts contractés dans le cadre de « Next Generation EU ».

 

La seule ressource nouvelle présentée comme certaine est donc la taxe sur les plastiques non recyclés, mais elle n’est certainement pas de nature à produire 750 Mds d’euros de rendement. Le reste relève d’une simple déclaration d’intention de s’efforcer de faire évoluer la situation.

 

La capacité des 27 pays de l’Union à décider de la création d’une taxe carbone aux frontières européennes puis de l’imposer à l’Organisation Mondiale du Commerce et à leurs partenaires américains et asiatiques disposant de moyens de rétorsion considérables peut, à tout le moins, susciter un peu de scepticisme.

 

La taxation des GAFA n’est pas un sujet nouveau ; les récentes décisions de la cour de justice européenne annulant les sanctions prises par la commission contre certaines des entreprises concernées a mis en lumière la profonde division des Européens sur le sujet, certain pays comme l’Irlande choisissant d’offrir un paradis fiscal aux grands groupes américains du secteur et défendant leurs intérêts face à la commission européenne.

 

Quant à l’extension de la taxe carbone, du reste très insuffisante pour atteindre la neutralité carbone en 2050, aux compagnies aériennes qui sont déjà à terre, cela ne paraît pas très crédible.

 

Le financement du plan de relance sera donc assuré pour le moment et peut-être pour longtemps par les contributions des Etats a proportion de leur richesse. Il n’y a là aucun changement, aucun pas en avant vers le fédéralisme souhaité par certains, si ce n’est l’affirmation d’une volonté de « s’efforcer » de trouver d’autres ressources. Mais dans ce domaine, c’est l’unanimité des Etats qui prévaut et elle n’a pas prévalu pour négocier le programme de relance. Au contraire, on a vu s’agrandir le fossé entre ceux qui veulent que l’UE ne soit qu’un espace de coordination des disciplines budgétaires imposées aux Etats membres et ceux qui voudraient une Europe plus solidaire.

 

Pire encore, le compromis adopté par le Conseil européen n’a pas rendu plus fédéral ou solidaire le financement de l’Union, il a prolongé les entorses aux règles normales de financement qui prévalent aujourd’hui en prolongeant les « rabais » dont bénéficient certains Etats membres.

 

Les règles de calcul du montant des contributions des Etats-membres devraient être les mêmes pour tous les pays européens. Ce n’est plus le cas depuis que le Royaume-Uni a obtenu un rabais sur le montant de sa contribution (le fameux « I want my money back » de Mme. Thatcher). L’UE a versé au Royaume-Uni, depuis 1984 et jusqu’au Brexit, un chèque représentant 66% de la différence entre sa contribution au budget européen et ce qu’il percevait au titre des dépenses de l’UE en sa faveur. En clair le Royaume-Uni payait plus au budget européen qu’il n’en recevait, il était un des « contributeurs nets » (comme la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède…) et il a obtenu de faire financer par les autres européens les deux tiers de cette contribution nette.

 

Cette entorse très importante au principe de solidarité financière entre les pays de l’Union en a entraîné d’autres. Le cadeau aux Britanniques devait être payé par une augmentation de la contribution nationale des autres pays européens, mais l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche et la Suède ont obtenu de ne payer que 25% de la somme qu’ils auraient dû payer à ce titre. De ce fait, la France est depuis 1984 le principal financeur du cadeau fait aux britanniques.

 

Ces rabais devaient disparaître avec le Brexit. Le conseil européen de juillet a décidé de les prolonger pour les 7 ans qui viennent, sans autre justification que celle de dire que ce n’est pas parce qu’on est riche que l’on doit payer pour les pauvres.

 

Le rabais allemand reste fixé à 3,7 Mds€, tandis que le rabais annuel de l’Autriche sera doublé à 565 M€, celui des Pays-Bas grimpe à 1,92 Md€ contre 1,57 milliard d’euros précédemment, la Suède (1,09 Md€) et le Danemark avec 377 M€ ont aussi obtenu plus que prévu. Au total, c’est une perte de 53 milliards d’euros pour le budget européen entre 2021 et 2027.

 

On voit par là que les soi-disant progrès du fédéralisme sont bien illusoires et l’on pourrait s’étonner que l’Allemagne qui portait le projet de plan de relance avec la France n’ait pas renoncé à son rabais.

 

Bien sûr, la prolongation de ces rabais injustifiés constituera une charge supplémentaire pour ceux qui n’en bénéficient pas, comme la France et beaucoup d’autres pays beaucoup moins riches que nous.

 

 

Des décisions importantes pour l’Union européenne mais un impact économique faible

 

Le budget européen pour la période 2021–2027 sera de 1 074,3 Milliards d’euros, soit 153,4Mds€/an, à comparer au PIB total des 27 membres de l'Union européenne en 2019, soit 13 929 Mds€ ; le budget de l’Union européenne représente donc 1,1% du PIB européen.

 

Avec les 312 Mds€ de subventions adoptées par le conseil européen, qui seront engagées entre 2021 et 2023, le budget annuel de l’UE passera à 257 Mds€/an pendant cette période, soit 1,8% du PIB européen. Si l’on ajoute les 360 Mds€ de prêts auxquels pourront avoir accès les pays qui le souhaitent, le budget annuel de l’UE représentera 2,7% du PIB européen. 

 

Une augmentation de 63% (en prenant en compte les seules subventions) ou de 170% (avec les prêts) du budget de l’UE rapporté au PIB européen n’est pas insignifiante. Elle représente une rupture dans l’univers de l’union européenne marqué par la volonté de maintenir le budget de l’Union à un niveau aussi bas que possible, même si elle ne constitue pas le basculement vers un budget fédéral.

 

Mais ces décisions importantes du point de vue du fonctionnement de l’UE n’auront qu’un impact économique très limité.

 

Prenons le cas de la France, deuxième contributeur au budget européen, derrière l’Allemagne avec 21 Mds€ de contribution en 2019, soit 14% des recettes de l’UE, et 14,5 Mds€ de retour sur le budget européen, dont 9,2 Mds au titre de la politique agricole commune. Sa contribution nette au budget européen en 2029 fut donc de 6,5Mds€.

 

Si La France présente un plan satisfaisant aux instances européennes, elle pourra bénéficier de 13 Mds€ de subventions par an en moyenne de 2021 à 2023, soit 13 % du plan de relance de 100 Mds annoncé par le gouvernement conduit par J Castex. C’est moins que le seul plan de soutien consenti au secteur aéronautique de 15 Mds€.

 

Dans cette logique comptable, il faudrait déduire un certain nombre de chose de ces 40 Mds€ de subventions pour arriver à un compte juste. Les crédits consacrés à la Politique agricole commune généraient jusque-là un retour de 9 Mds€/an à la France. Les moyens accordé à la PAC vont baisser de 10%/an dans le prochain budget communautaire, ce qui devrait entraîner un manque à gagner de l’ordre de 900 M€/an, donc 6,3 Mds€ sur la période 2021/2027. Les fonds structurels vont également diminuer. Notre contribution au budget européen va augmenter relativement à notre PIB pour financer le plan exceptionnel et le prochain budget. Comme on ne voit pas l’intérêt pour la France d’utiliser l’emprunt européen puisqu’elle emprunte sur les marchés financiers à des taux très bas, les subventions constitueront l’essentiel de l’intérêt qu’elle peut trouver à ce plan de relance européen.

 

Le gouvernement commet une erreur en présentant ce plan européen comme une victoire française, ou au mieux franco-allemande, permettant de financer la reprise de notre économie. Si l’on raisonne dans ces termes, l’Europe nous « coûte » chaque année 6 à 7 Mds€, et elle coûtera un peu plus dans les années qui viennent. Elle rapportera 13 Mds€ pendant trois ans avant d’être à nouveau une charge nette pour notre budget et déficitaire sur la durée du prochain budget.

 

Le solde positif de 6 à 7 Mds€ sur la période 2021/2023 représentera 0,002% du PIB français (2 427 Mds€). Ce n’est certainement pas avec cela que nous allons sortir de la crise économique dans laquelle nous nous trouvons. Ces sommes sont sans rapport avec les moyens mis en oeuvre par le budget de l’Etat, 338 Mds€, les collectivités locales, 270 Mds€ ou la sécurité sociale, 450 Mds€.

 

Ce qui est vrai pour la France l’est pour les autres pays européens.

 

On peut craindre par ailleurs que les responsables de l’Union européenne ne doivent se retrouver à nouveau rapidement pour déterminer les moyens de faire face à une nouvelle crise financière en raison du poids des créances irrécouvrables dans le bilan des banques. La crise pourrait d’ailleurs bien venir des soi-disant pays frugaux. 

 

L’un d’entre eux a agit avec la plus forte détermination contre le projet franco-allemand, les Pays-Bas. Ce paradis fiscal affaiblit constamment l’UE. Il favorise l’installation de multinationales européennes à La Haye ou Amsterdam pour payer moins d’impôts, Renault par exemple, bien que l’Etat français en soit actionnaire, privant ainsi les pays d’origine de précieuses recettes fiscales. Ces pertes s’élèveraient à 2,7 Md€ pour la France, 1,5 Md€ pour l’Italie et l’Allemagne et près de 1 Md€ pour l’Espagne, selon l’ONG Tax Justice Network.

 

Par ailleurs si les « frugaux » affichent une dette publique très basse : 33,2 % du produit intérieur brut au Danemark, 35,1 % en Suède, 48,6 % aux Pays-Bas et 59,4 % en Finlande, contre 77,8% en moyenne dans l’UE, la dette privée est très élevée. Les ménages des « frugaux » figurent parmi les plus endettés au monde. Selon l’Organisation de développement et de coopération économiques (OCDE), la dette des ménages représente 280 % du revenu disponible net au Danemark, 240 % aux Pays-Bas, 189 % en Suède et 148 % en Finlande. A côté, les ménages italiens (87 %), grecs (106 %) et espagnols (107 %) sont d’une prudence remarquable.

 

Du coup, les banques néerlandaises sont très exposées au risque immobilier, une fois de plus, car durant la crise de 2008 La Haye a dû nationaliser une partie d’entre elles pour les sauver.

 

Au passage, les donneurs de leçons néerlandais ne sont pas non plus les plus laborieux d’Europe. Ils travaillent en moyenne 1 434 heures par an, selon l’OCDE, avec un poids très important du temps partiel (46,8 % des emplois, en particulier chez les femmes), pendant que les paresseux du Sud travaillent 1 718 heures par an en Italie, 1 719 heures au Portugal ou 1949 heures en Grèce.

 

Un accord qui n’est pas inutile

 

On peut défendre l’utilité de l’accord passé au Conseil européen, même en prenant en compte tout ce qui est écrit ici. En considérant que si l’Union européenne n’avait rien fait, on le lui aurait bien davantage reproché que le compromis auquel elle est parvenue.

 

Il n’est pas exagéré de dire que les pays du Sud, Italie et Espagne en particulier, avaient besoin de cet accord, beaucoup plus que la France ou l’Allemagne. Ils sont frappés beaucoup plus durement que nous par la crise post-pandémie. La chute du PIB espagnol sera l’une des plus importante d’Europe et la sensibilité du chômage à la croissance est plus forte que dans la plupart des pays européens ; on parle d’une remontée du chômage à 20% de la population active comme aux pires moments de la crise de 2008 et après. Les faiblesses intrinsèques des ces économies conduisaient au cours des dernières semaines à une aggravation des différences de coût de l’endettement de l’Italie ou de l’Espagne en comparaison des taux obtenus par la France ou l’Allemagne, ce qui constituait une menace supplémentaire pour l’économie de ces pays.

 

L’immobilisme n’était donc pas une position souhaitable.

 

Avec cette crise et avec cet accord, l’Allemagne a également redécouvert sa dépendance vis à vis de l’Union européenne, alors que se ferment à leurs exportations d’automobiles et d’équipements, le marchés américains et certains marchés asiatiques, ce qui constitue une bonne nouvelle.

 

Mais un accord sans doute payé trop cher

 

L’Allemagne et la France ont beaucoup sacrifié pendant la négociation pour obtenir cet accord. On passera sur la réduction des subventions de 750 Mds€ à 350 Mds€,  mais il a fallu aussi sacrifier le “Fonds de transition juste” qui devait permettre d’aider les pays les plus dépendants des énergies fossiles à passer à une économie moins carbonée ; il passe de 30 Mds€ prévus dans le projet de budget à 10 Mds€.  Le programme de recherche « Horizon 2020 » perd 8 Mds€ des 13,5Mds€ qui lui étaient attribués dans le projet de la Commission, tout comme InvestEU (moins 25 milliards) ou Solvency (moins 26 milliards), programme destiné aux entreprises en grande difficulté qui passe carrément à la trappe, de même que le programme santé, qui passe de 9,4 milliards à rien du tout, ou la politique de défense. Il faut y ajouter la PAC et les fonds structurels, sacrifiés également.

 

Cela finit par faire beaucoup et par donner un résultat qui sacrifie l’avenir au profit de moyens sans doute trop limités pour le présent

 

En raison d’une erreur politique

 

E Macron et A Merkel ont considéré qu’à partir du moment où un accord existait entre eux, l’accord des 25 autres était une formalité. Ils se sont trompés d’époque.

 

E Macron poursuit son projet de renforcement de la construction européenne en dotant la zone euro d’un budget propre et l’union européenne dans son ensemble de capacités budgétaires plus importantes pour améliorer sa résistance aux crises qui se succèdent. Il a pensé que la crise actuelle serait un moment favorable pour imposer ses vues et il s’est trompé. Il paie cher, sur des sujets qui sont normalement sa priorité, un succès qui pourrait rester de façade si les négociations à venir sur les ressources propres n’aboutissent pas et il a d’ores et déjà accepté un budget qui pour 7 ans n’est qu’un budget de reconduction.

 

Les divisions européennes se sont affirmées avec force pendant cette négociation. Il faudra formuler d’autres objectifs que budgétaires pour les surmonter.

 

Il reste maintenant au Parlement européen à approuver ou remettre en cause cet accord qui sur plusieurs points (maintient des rabais, réduction du volume du budget par rapport à l’ambition initiale, priorité à la transition énergétique) ne correspond pas à la volonté qu’il avait exprimée.

 

Jean-François Collin

24 juillet 2020

Page

30 ans de Pays d’Oc : La saga qui changea le visage de la viticulture

ICI 

« Notre production comblait le manque à gagner d’autres productions en chute libre », voire à la débâcle de certaines : « Les accords de Dublin, sous Rocard, lui imposaient de distiller massivement, jusqu’à 12 millions d’hectolitres d’excédents français! » Pour endiguer la crise, l’Europe mis aussi en place des primes à l’arrachage qui fut de masse. Parallèlement, « nous avons engagé un remembrement des vignobles avec les organismes comme la Safer et la chambre d’agriculture à faire en sorte que les exploitations aient toutes le plus possible une taille critique d’au moins 25 hectares chacune. » Les cépages qualitatifs imposés par le label ayant moins de rendement, la surface doit grossir.

 

De la piquette à  l'AOC

 

TIME - NEW YORK

 

Dans la plupart des pays d’Europe du Nord, les deux ingrédients de la révolution industrielle ont été la houille et le minerai de fer. En France, il y en a eu un troisième : le vin rouge bon marché. La plupart venaient du Languedoc, le vignoble le plus vaste du monde. Mais les goûts ont évolué, et les ventes ont chuté après la Seconde Guerre mondiale tandis que, grâce aux subventions agricoles du Marché commun, le pays produisait beaucoup plus qu’il ne pouvait écouler.

 

 

En 1984, l’accord de Dublin a limité les subventions [européennes], et les viticulteurs languedociens se sont trouvés confrontés à un choix difficile : s’adapter ou disparaître. A l’initiative de pionniers, ils ont entrepris de planter des variétés de raisin renommées comme la syrah et le cabernet sauvignon sur des coteaux à moindre rendement. Quinze ans plus tard, la région a oublié son complexe d’infériorité et dispose de plus de 100 000 hectares de vigne.

 

Les ventes internationales ont été le catalyseur du renouveau. A l’époque où le vin de Bordeaux perdait des parts de marché à cause de prix trop élevés, le Languedoc courtisait les consommateurs étrangers en leur offrant des vins de très bonne qualité à des prix abordables. La région offre quelque chose que le Nouveau Monde n’a pas : des vins faits d’un mélange de différentes variétés de raisin, dont le goût complexe reflète les idiosyncrasies du sol sur lequel elles ont mûri.

 

 

Attirés par un fantastique potentiel, les étrangers s’adonnent désormais aux libations languedociennes, comme investisseurs et consommateurs. Mondavi, le géant de la Napa Valley, en Californie, plante actuellement 50 hectares pour produire son propre vin. A une échelle plus modeste, Robert et Kim Cripps, un couple anglo-américain, ont acheté 18 hectares de vignes près de Montpellier. Le domaine du Poujol produit 100 000 bouteilles par an, dont 80 % pour l’exportation.

 

 

Le label Appellation d’origine contrôlée (AOC), qui est censé garantir la qualité du vin, fixe également la quantité de chaque variété qu’il est possible de faire pousser sur une surface déterminée. S’il n’est pas en conformité avec les critères AOC, votre vin sera vendu comme “vin de pays” ou “vin de table”, des étiquettes moins recherchées. Selon Cripps, “c’est un exemple de législation française très restrictive qui ne contrôle pas grand-chose. Si vous voulez vendre en France, il faut être AOC, mais à l’étranger cela n’a aucune importance.” La pression est de plus en plus forte pour une révision des critères AOC, de façon à prendre en compte les caractéristiques du marché actuel.

 

 

Nicholas Le Quesne

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 08:00

 

EL PAÏS

 

DIOS SALVE AL DESAYUNO INGLÉS

MARIA SANAHUJA  09/07/2020

 

Es calórico, sabroso, grasiento, variado y absolutamente maravilloso: ahí va nuestro homenaje a la muy británica combinación de salchichas, huevos, pan y judías en salsa de tomate.

 

Un repas « calorique, savoureux, gras, varié et absolument merveilleux », dont l’histoire est retracée, dans l’article, de l’époque edwardienne jusqu’aux tables de la série télévisée Downton Abbey.

 

« Enfin », jubile Jane Shilling. L’honneur culinaire de la Grande-Bretagne est rétabli. Partiellement, du moins. Après avoir laissé les moqueries prospérer à propos de « sa nourriture horrible », le pays peut désormais relever la tête, assure cette chroniqueuse du Daily Telegraph. Pour preuve, insiste-t-elle, « l’un de nos voisins européens admet que nous excellons dans un domaine, le petit déjeuner » ICI  

 

Il n’en fallait pas plus à Jane Shilling pour s’engouffrer dans la brèche. « Selon l’essayiste Walter Benjamin, le manque d’envie à l’idée de prendre son petit déjeuner est le signe d’une réticence à se plonger dans la journée qui s’annonce. Alors que les bienfaits du petit déjeuner sont universellement reconnus, il est curieux que seuls les Britanniques sachent rompre le jeûne avec style, souligne-t-elle, un brin provocatrice. »

 

Le repas le plus sexy de la journée  ICI 

 

 

La tradition du petit-déjeuner anglais a d’abord commencé avec la Gentry, avant d’être adoptée par les Victoriens qui ont raffiné la tradition en une forme d’art. Puis sont arrivés les Édouardiens qui ont normalisé les ingrédients, nous donnant le petit-déjeuner anglais que nous mangeons la plupart du temps aujourd’hui et, ce faisant, ont créé une véritable tradition nationale du petit déjeuner et une icône de la culture culinaire britannique.

 

Les Splendides Petits Déjeuners de la Gentillesse Anglaise

 

L’idée du petit déjeuner anglais comme plat national remonte au XIIIe siècle et à une institution anglaise appelée la noblesse, qui se considérait comme les gardiens du mode de vie traditionnel de la campagne anglaise et qui se considéraient comme les héritiers culturels des Anglo-Saxons.

 

L’histoire du petit déjeuner anglais commence dans les maisons de campagne de la noblesse anglaise, avec leur notion de ce qui constituait un petit déjeuner anglo-saxon et leur tradition d’hospitalité sociale.

 

La noblesse était considérée comme une classe sociale distincte, composée de ceux qui avaient « un sang noble et distingué », de propriétaires terriens et de familles « distinguées » de longue descendance, cette couche privilégiée de la société comptait également dans ses rangs des membres supérieurs du clergé et des parents de familles titrées.

 

L’english Breakfast, le petit déjeuner anglais ICI

Le petit-déjeuner britannique traditionnel (« full English breakfast ») est typique des pays anglophones. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il permet de « dé-jeûner », c’est-à-dire de rompre le jeûne de la nuit !

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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 06:00

 

Photo Le DL / Angélique SURELto Le

Lettres à Anne

 

Lettres à Anne

 

En 1962, un homme politique français de 46 ans rencontre à Hossegor, chez ses parents, une jeune fille de 19 ans. La première lettre qu'il lui adresse le 19 octobre 1962 sera suivie de mille deux cent dix-sept autres qui se déploieront, sans jamais perdre de leur intensité, jusqu'en 1995, à la veille de sa mort.

 

Anne Pingeot PARLE ENFIN | SFR Presse

 

Les lettres de celui qui fut deux fois président de la République nous dévoilent des aspects totalement inconnus d'un homme profondément secret que chacun croyait connaître.

 

Deux lettres, parmi des centaines, témoignent de la constance de cet amour. 15 novembre 1964 : « Je bénis, ma bien-aimée, ton visage où j'essaie de lire ce que sera ma vie. Je t'ai rencontrée et j'ai tout de suite deviné que j'allais partir pour un grand voyage. Là où je vais je sais au moins que tu seras toujours. Je bénis ce visage, ma lumière. Il n'y aura plus jamais de nuit absolue pour moi. La solitude de la mort sera moins solitude. Anne, mon amour. »

 

Et la correspondance prend fin le 22 septembre 1995 : « Tu m'as toujours apporté plus. Tu as été ma chance de vie. Comment ne pas t'aimer davantage? »

 

 

 

 

Vie clandestine

 

En 1972, il fait construire une maison toute simple, de plain-pied, qui s’ouvre sur la pièce principale, celle où se trouve la cheminée, puis donne dans une grande cuisine et deux petites chambres. Mitterrand apprécie l’anonymat, ce village où tout le monde le regarde mais où personne ne le voit.

 

Il n’y a pas de grille à l’entrée de la propriété – il n’en est pas besoin, entre initiés le silence est une évidence. Personne ne vient l’ennuyer. Les amis des Soudet croisent de temps en temps chez eux, dans le quartier de Fontaine basse, un homme et une jeune femme qui n’est pas celle qui sourit à ses côtés sur les photos des magazines. Ils ont appris à ne rien demander.

 

Ne rien demander et surtout pas pourquoi le nom de Mitterrand ne figure plus sur les titres de propriété. Depuis le 23 octobre 1976, la maison de Gordes appartient en effet à une société civile immobilière, la SCI Lourdanaud, du nom d’un lieu-dit où Mitterrand avait fait l’acquisition d’un deuxième terrain, pas loin de chez les Soudet. Pourtant, malgré le lien, le nom de Mitterrand ne figure pas non plus parmi les détenteurs de la SCI Lourdanaud…

 

« Les petits arrangements avec la vérité qui ont permis à François Mitterrand de tenir cette maison secrète loin des regards – et de ses déclarations de patrimoine – durant près de trente ans ». Les deux journalistes expliquent qu’à la création de la SCI Lourdanaud, en juin 1976, la quasi-totalité des parts sont détenues par un certain François de Grossouvre et son épouse, Claude.

 

La thèse du suicide de François de Grossouvre contestée

 

François de Grossouvre, marquis de son état, fils de banquier, barbiche parfaitement taillée et verres fumés, médecin de formation reconverti dans l’industrie, entretient l’aura du mystère sur ses affaires, pas toujours très claires. Cet ex-correspondant du SDECE, le service de renseignement extérieur français de l’époque, se dévoue depuis plusieurs années pour servir les intérêts de l’ancien ministre de gauche, auquel il voue une amitié exclusive, passionnée. Il est, avec Laurence Soudet, malgré l’inimitié qui les oppose, l’autre pilier de la vie clandestine de François Mitterrand.

 

Fillette aux yeux sombres

 

En juin 1976, au moment où François de Grossouvre entérine, chez lui, dans l’Allier, la création de la SCI Lourdanaud, il en détient 998 parts ; les deux dernières, précisent les statuts, appartiennent à « Mademoiselle Anne Pingeot, conservateur de musée ». Deux parts symboliques, certes, mais qui faciliteront, le jour venu, la transmission discrète d’un patrimoine immobilier ; deux parts qui per­mettront qu’en 2020 l’associée gérante de la SCI Lourdanaud s’appelle… Mazarine Pingeot. « Ma maison », dit d’ailleurs aujourd’hui, lorsqu’elle en parle, la fille de François Mitterrand [elle n’a pas répondu aux sollicitations du Monde].

 

François Mitterrand, un Président loin des clichés

 

A l’été 1976, elle n’a que dix-huit mois. Son père, s’il ne l’a pas encore reconnue, a déjà une adoration pour cette fillette aux yeux sombres qu’il appelle affectueusement Mazaron. Il souhaite assurer son avenir autant qu’il tient à préserver le secret de son ­existence. Or, pour que la fillette n’existe pas, la maison de Gordes, où ils passent désormais des vacances tous les trois, ne doit pas exister non plus.

 

Pour ce faire, l’ensemble de la propriété est vendu le 23 octobre 1976 à la toute jeune SCI Lourdanaud. Son associé majoritaire, ci-devant marquis de Grossouvre, débourse personnellement 185 000 francs (environ 27 820 euros) afin de racheter leur bien à Danielle et François Mitterrand, les deux propriétaires de l’époque. En effet, mariés sans contrat sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, chacun des conjoints est tenu par la loi de donner son accord pour la vente, même si évidemment François Mitterrand ne songeait pas à y venir avec Danielle lorsqu’il a acquis la maison de Gordes.

 

Autrement dit, l’épouse légitime doit se déplacer pour parapher en personne l’acte d’une vente qui cède un endroit qu’elle ne connaît pas à l’amante de son mari ! « Même Mauriac, fin conteur des grands et des petits compromis de la bourgeoisie provinciale, n’aurait osé l’imaginer », s’amusent Ariane Chemin et Géraldine Catalano dans Une famille au secret.

 

Petit à petit, le généreux mécène cède ses parts à « Mademoiselle Anne Pingeot ». Pour que l’illusion persiste, François de Grossouvre en conserve quelques-unes, tandis que l’amie Laurence Soudet en acquiert une poignée ; en quelques mois, la maison n’appartient plus à personne en particulier.

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 06:00

 

Ni le titre de cette chronique, ni son contenu ne me doivent quelque chose.

 

C’est du pur Claude Askolovitch

 

Journaliste, écrivain. Spécialiste de la vie politique et de la société française. Actuellement en charge de la revue de presse dans la matinale de France Inter et chroniqueur dans l'émission 28 minutes sur Arte, Claude Askolovitch a notamment travaillé au Nouvel Observateur, au Point, à Europe 1, au JDD, à Marianne. Il est notamment l'auteur de Comment se dire adieu? Aux éditions JC Lattès.

 

Souvenirs d’avoir souvent croisé Askolovitch à la terrasse de la Brasserie Le Bourbon1, place du Palais Bourbon, haut-lieu des adhérences, certains diront des accointances, connivences, entre nos politiques et nos journalistes. Une image de lui conversant avec une NKM se la jouant déjà grande bourgeoise border line.

 

C’est un excellent connaisseur de la vie politique, il travaille à l’ancienne, argumente longuement, parfois trop, prend des positions courageuses ce qui lui vaut, de la part de certains sur les réseaux sociaux,  de la détestation. C’est le cas de l’aigre Daniel Schneidermann. Il se décrit comme un juif laïc non pratiquant vivant dans une famille ayant différentes religiosités. ICI 

 

Je lis ses chroniques sur Slate.

 

 

13 juillet 2020

Gérald D. et les garçons impatients

 

La nomination de Gérald Darmanin à l'Intérieur illustre bien l'ambition, la soif de conquête, l'accumulation et la tactique qui caractérisent nos hommes de pouvoir contemporains.

 

J'imagine l'impatience de Gérald D. devant une femme possible, dans la force de ses 25 ans, et j'imagine sa même impatience treize ans plus tard devant un ministère à prendre, beau merle de pouvoir de 37 ans: le même homme et cette même impatience, qui nous a souvent dit, nous autres garçons, et dont on nous a trop dit qu'elle était une vertu.

 

Je ne sais pas les circonstances du jeune D., quand une femme d'expérience vint lui solliciter une faveur politique qu'il échangea contre du sexe. Était-il, bambin cravaté, un heureux séducteur, ou un demi-puceau attardé et d'autant plus anxieux de goûter à la chair? Était-il collectionneur de bonnes fortunes ou bien confiné en misère sexuelle et y échappant d'une occasion bienvenue? Quel garçon fut cet homme dont des militantes féministes exigent la démission?

 

Un hussard à Beauvau

 

Au-delà même d'un viol dont je doute, et donc de l'infamie que porte ce mot s'il est mal employé, ce sont des complaisances mâles qui se trouvent éventées. L'escapade de Gérald D. me rappelle de pauvres ruses. Elle m'évoque le début d'un vieux roman de Bernard Frank, cet écrivain qui inventa l'expression «les hussards» pour Nimier et Blondin. La scène est pénible de crudité. Un homme a levé une fille patraque et l'enrobe de mots jusqu'à sa jouissance.

 

«La main de Ponchard fendit doucement les cuisses près du sexe. Il entendit vaguement un “non, non, non”. Il était sur elle. Un “que c'est bon” bredouillait en lui. Il retrouvait avec une infinie gratitude un plaisir qu'il n'aurait jamais dû quitter, un plaisir très chaud, brûlant, exquis, un plaisir qu'il convoitait par-delà les mots inutiles, les villes sans relief, les bals d'un soir, un plaisir qui avait la force bouleversante d'une évidence et pour lequel il aurait donné tous les amis et toute l'intelligence du monde.»

 

La suite ICI 

 

21 juillet 2020

Je ne soutiens pas Monsieur Darmanin, quoi qu'en écrive Monsieur Schneidermann

 

Dans sa dernière chronique, Daniel Schneidermann  ICI me range parmi les soutiens de Gérald Darmanin. Hélas, je n'en suis pas. Je répète: je ne soutiens pas Monsieur Darmanin, quoi qu'en écrive Monsieur Schneidermann. Il s'agit donc d'une erreur factuelle, que je suis contraint de rectifier.

 

La suite ICI 

Caricature animée de Gérard Darmanin, Ministre de l'Intérieur français.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 06:00

Ce que Sartre doit à un cocktail à l'abricot - Le Point

Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. 

Selon une jurisprudence bien installée, dès qu’une idée de chronique maraude dans ma tête j’ai un gros problème : il y a de grandes chances que j’en eusse pondue une sur le sujet…

 

Ainsi je lis dans l’excellent journal Le Temps

L’abricot, cette pomme précoce ICI 

 

 

On l’aime nature, en confiture, pour accompagner une viande, ou encore en eau-de-vie. Mais quoi? L’abricot, évidemment! Originaire de Mandchourie, il est probablement arrivé en Asie mineure et dans nos régions grâce aux Romains qui l’appelaient malus praecox, soit «pomme précoce», parce qu’il fleurit tôt.

 

En Suisse, il constitue bien une spécialité valaisanne: 95% des abricots du pays en proviennent, avec plus de 700 hectares de surface cultivable. La culture des abricots est donc un des piliers de l’agriculture du canton, qui rapporte en moyenne un tiers du revenu brut du secteur des fruits et légumes.

 

Je pioche dans mes Archives et j’y découvre

 

2 août 2015

Que boire à la plage avec un beignet à l’abricot ? ICI 

 

 

La plage des Sables-d’Olonne

 

En attendant l’heure de la baignade, fixée par nos intransigeantes mères à moins 3 heures après la fin de notre déjeuner, nous exercions nos talents de cantonniers, creusant des trous, érigeant des murailles, bâtissant des châteaux de sable… Notre proximité de la pendule nous permettait de contrôler le compte à rebours. Nous ne savions point nager mais nos mères nous laissaient aller au bain sans grande inquiétude, la plage était si plate, la mer si calme, le drapeau était vert et les CRS musclés nous protégeaient. De ces baignades maritimes j’ai gardé le goût de l’eau salée et un grand désintérêt pour celle des piscines.

 

Mais le bain ça donne faim !

Et, bien sûr, suit une tartine sur l’abricotier.

 

Que faire ?

 

Je pioche du côté des écrivains :

 

Le noyau d'abricot et autres contes - broché - Jean Giono - Achat ...

 

  • Au café existentialiste, sirotant un cocktail à l'abricot avec Raymond Aron, JeanPaul Sartre et Simone de Beauvoir.

 

  • Alexandre Soljenitsyne, La Confiture d’abricots et autres récits, Fayard, août 2012, 410 pages, 22 €
  •  

La confiture d'abricots et autres récits - Babelio

 

  • Sérotonine de Michel Houellebecq

Sérotonine

 

Son héros, Florent-Claude, est un ingénieur agronome travaillant comme contractuel au ministère de l'Agriculture. Il produit des notes qui sont censées alimenter les positions françaises au sein de la Commission de Bruxelles où se discute à la fois la PAC (politique agricole commune) et où la direction générale du commerce exerce, au nom des 28 États membres, le mandat de conclure des accords commerciaux avec les pays tiers.

 

Comme dans Extension du domaine de la lutte pour construire son histoire, Michel Houellebecq emprunte quelques éléments à sa propre biographie : il est lui-même passé par l'Institut national agronomique Paris-Grignon et, plus tard, a effectivement travaillé pour le ministère de l'Agriculture, mais après avoir bifurqué vers l'informatique.

 

À la recherche des abricots argentins

 

Voici ce qu'il écrit : « J'étais en effet parti avant d'avoir remis ma note de synthèse sur les producteurs d'abricots du Roussillon, dégoûté par la vanité de ma tâche, dès que les accords de libre-échange actuellement en négociation avec les pays du Mercosur seraient signés, il était évident que les producteurs d'abricots du Roussillon n'auraient plus aucune chance, la protection offerte par l'AOP abricot rouge du Roussillon n'était qu'une farce dérisoire, le déferlement des abricots argentins était inéluctable, on pouvait d'ores et déjà considérer les producteurs d'abricots du Roussillon comme virtuellement morts, il n'en resterait pas un, pas un seul, même pas un survivant pour compter les cadavres. »

 

Ce passage fait référence à la négociation d'un accord de libre-échange en cours entre la Commission européenne et les 4 pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). Mais, petit problème : les Argentins, pas plus que les trois autres pays, ne sont des producteurs d'abricots. L'Amérique du Sud tout entière ne représente pas plus de 2 % des abricots dans le monde, selon les données de 2011. Le bassin méditerranéen est le premier producteur mondial (48 à 50 %) devant l'Asie proche (30 à 34 %).

 

Pan sur la plume de Houellebecq, ancien ingénieur agronome, les abricots argentins, si tant est qu'ils parviennent en nombre jusqu'en Europe, ne sont en aucune façon concurrents des abricots français du Roussillon puisque les cycles saisonniers entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud sont... inversés ! Quand ceux du Roussillon sont mûrs et débarquent sur les marchés, ceux d'Argentine n'ont pas encore poussé, et réciproquement. On ne voit pas comment les abricots argentins pourraient tuer jusqu'au dernier les producteurs du Roussillon puisqu'ils ne seraient éventuellement commercialisés qu'en hiver...

 

Les arguments de mauvaise foi, quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, l'écrivain a publiquement pris position en faveur de la sortie de l'Union européenne, ne servent pas une cause, le bon argument pour rejeter l’importation de fruits de l’hémisphère Sud c’est son coût carboné, mieux vaut consommer local de saison.

ARMÉNIE, LE MEILLEUR ABRICOT DU MONDE ICI

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4. la douceur de l’abricot, c’est aussi la nostalgie du doudouk

 

Lorsque Karen Hakobyan, musicien et fabriquant de flutes, prend son doudouk, un film pourrait s’enclencher. Un paysage mental.  Il y aurait beaucoup de nostalgie, mais surtout de la douceur. Sans doute vient elle du souffle de Karen,  sa mélancolie (de sa jeunesse). Mais aussi du bois d’abricotier dont est fait cette petite flûte au bec de roseau percée de neuf trous.

L’abricot, appelé pomme d’Arménie, est , dit-on, le meilleur au monde. il est partout dans les préparations pâtissières, soupes, pilafs, confits ou sec. Et même dans le drapeau national, où il ne viendrait à personne l’idée de dire que après le rouge et le bleu, la troisième couleur serait orangé (or). Après quelques mélopée, on réalise alors que l’abricot d’Arménie n’aura plus jamais le même goût…

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 06:00

La traversée de la Manchette | nova

Le charme discret de la correspondance privée à jamais disparue, lettres manuscrites ou dactylographiées, doubles sur papier carbone, archivées, conservées par les correspondants, fantastique réservoir des pensées intimes d’un auteur.

 

Lettres du mauvais temps - Vermillon - Table Ronde - Site Gallimard

Lettres du mauvais temps de Manchette 1977-1995

 

C’est un recueil à effeuiller au gré de son humeur, du beau ou du mauvais temps, de l’envie de retrouver l’esprit d’un temps que les jeunes ne peuvent pas connaître…

Viande froide - Pierre Siniac - Babelio

Ainsi ce matin, je vous propose des morceaux choisis de sa correspondance avec Pierre Siniac.

 

Issu d’une famille de modestes artisans – sa mère était couturière et son père, d’origine grecque, “travaillait dans la chaussure“-, il quitte l’école communale à quatorze ans pour suivre une formation professionnelle de “technicien spécialisé dans le chauffage central“. Il connaît des années de galères et d’errances au cours desquelles il consacre ses journées au cinéma, à la lecture, à la flânerie et à l’écriture. Il publie son premier roman "Illégitime défense" en 1958.

 

SOIRÉE SINIAC - invitation Alfred Eibel - YouTube

 

Auteur de romans policiers, Siniac se distingue par un goût pour les histoires criminelles au dénouement surprenant et paradoxal, l'humour rabelaisien et la description d'une vie provinciale inquiétante. Ses descriptions du « milieu » montrent des personnages qui ne sont le plus souvent ni des exemples de bravoure, ni d'intelligence, ni d'honnêteté.

 

ICI 

 

Amazon.fr - LE CINEMA FRANCAIS. Tome 2 - Siclier, Jacques - Livres

 

Moi aussi je me souviens de Jacques Siclier le critique ciné du Monde ICI 

 

Le 20 juillet 1977 à Villers-sur-Mer

 

« Pour le cinoche, je me base personnellement sur les critiques du chrétien Siclier dans Le Monde : aussitôt qu’il dit « Quelle honte, ce cinéaste qui nous avait donné de l’espoir, à présent se prostitue, et fait semblant d’être de gauche, mais nous présente en réalité un tissu de brutalités avilissantes », je sais que je vais passer une excellente soirée. Pendant que j’y pense, je ferme la parenthèse) mais poursuis. C’est la société qui n’a plus de foi en soi-même, mon bon monsieur, voilà ce que je dis. Quand les grands Etats capitalistes se bâtissaient dans la fièvre, ça vous donnait Eisenstein et King Vidor. Maintenant, ils pleurnichent à propos de J.-F. Kennedy et de leurs hémorroïdes. Quelle pitié !

 

Charlie Hebdo - # 457 - 16 Août 1979 - Couverture : Wolinski

 

Chronique de cinéma dans Charlie Hebdo août 1979

 

« Hollywood, c’était le cinéma du capitalisme triomphant […]. Les riches étaient contents d’eux-mêmes et leur cinéma était brillant. À présent ils sont mécontents d’eux-mêmes et […] ils engagent des intellectuels de gauche pour vendre aux cadres ce message qui leur plaît : « Nous avons bien mal au cul, interrogeons-nous sur cette douleur » […] Comme grondait Jouvet dans La Charrette fantôme, quelle pitié ! quelle pitié ! Mais nous n’en aurons pas. »

 

« je ne crois pas qu’il reviendra de grands écrivains dans un siècle, ni jamais, à moins d’un effondrement total de la civilisation et d’un nouveau départ pris de zéro. Je crois tout platement qu’on a vraiment fait le tour des formes. Les gugusses modernistes ne font que réchauffer des restes de Céline, de Joyce, de Dada. De sorte que c’est nous qui pouvons nous permettre d’utiliser et de mélanger les formes pour « raconter nos petites histoires. »

 

Paris le 25 août 1977

 

Cher Siniac-zistait pas il faudrait l’inventer (là, je me défonce vraiment, sapristi !)

 

« … sur Siclier tu m’as mal lu. Ce qui en fait pour moi un bon baromètre, c’est qu’il fait toujours le même type de critique négative sur les films qui me plaisent. À tout coup, il les accuse d’être

 

  1. Bestialement brutaux
  2. Vulgairement racoleurs
  3. Faussement de gauche et en vérité de droite
  4. L’œuvre décevante d’un réalisateur qu’on croyait libéral et qui nous avait donné des espérances, mais qui, là, sombre.

 

Chaque fois qu’une de ses critiques a cette structure, je suis assuré de prendre mon pied en allant voir le film. (C’est à peu près exactement ce qu’il a dit de Marathon Man, et par exemple de Plein la gueule d’Aldrich.)

 

[…]

 

Cher Siniac, je te fais mes cordialités. Dur d’oreille ou non, je maintiens que nous devrions trouver une occasion de grignoter de conserve. Je parlerai par gestes obscènes, et tu me répondras des grognements hideux. Ça peut être vraiment bien. »

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 06:00
L’ami Jean-François Collin prend le contrepied du discours du Pt de la république ce 14 juillet : La Ve République, régime d’instabilité.

Le fondateur de la Ve République, grand pourfendeur de la IVe et de son régime des partis, doit se dire qu’il a réussi : y’a plus de partis !

 

J’exagère à peine : le PS out, LR en voie d’implosion, le PCF disparaît, le RN n’existe que par Marine Le PenEELV est un conglomérat hétéroclite où déjà les clivages entre un mol Jadot qui rêve de la future présidentielle et un Piolle bien ambigüe prenant son contre-pied, ne laisse pas augurer d’une nouvelle mouture de la gauche plurielle.

 

LREM lors des élections municipales a fait la démonstration de son inexistence en tant que parti politique. La start-up Macron sonne le creux.

 

Alors, cher Jean-François, peut-on dynamiter la Constitution de la Ve République sans artificiers ?

 

Qui en prendra l’initiative ?

 

Les partis politiques en voie de marginalisation ?

 

Le peuple dans la rue ?

 

Révolution ?

 

Pourquoi pas mais n’oublions pas que les premiers gilets jaunes protestaient contre la pénalisation de la bagnole, ce peuple gueulard est profondément conservateur, le changement c’est pour les autres, ne pas toucher à mes privilèges, la place est aux Macron, Le Pen, Mélenchon, Jadot déjà dans les starting-blocks, accompagnés d’éventuels figurants : la grenouille Xavier Bertrand, le flou François Baroin… ou d’outsiders sortie du diable-vauvert Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Christiane Taubira, Ruffin… ou bien encore de madame Royal… et pourquoi pas Bigard ou Onfray ?

 

Qui de ceux-là portera la VIe République sur les fonds baptismaux ?

 

La votation future en 2022  enterrera-t-elle la Constitution de 1958 ?

 

J’en doute et, même si un élu de ton cœur vert accédait au trône, je le vois bien comme le Mitterrand du Coup d’Etat permanent s’accommoder du pouvoir personnel que confère cette fichue Constitution.

 

Revenons un instant aux victimes de la personnification de la vie politique : les partis.

 

De l'utilité des partis, malgré tout, par ALAIN BERGOUNIOUX | L'OURS

 

Le petit opus « La fin des partis ? » auquel j’ai déjà fait référence permet, autant que faire de peu, d’éclairer notre lanterne sans pour autant répondre à la question.

 

 « À travers les figures d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon, l’élection présidentielle de 2017 a été le théâtre inédit du lancement d’entreprises politiques personnifiées par un candidat n’incarnant pas seulement une « ligne » ou un « destin », mais offrant sa personne en guise de programme : les composantes de sa personnalité devaient constituer en elles-mêmes un bien politique, à l’image des initiales (EM) désignant tant le leader (Emmanuel Macron) que le mouvement (En Marche !).

 

Ces nouvelles entreprises politiques sont apparues en fin de compte mieux ajustées que les partis établis aux logiques dominant de plus en plus fortement l’élection présidentielle. Indissociablement politiques et « communicationnelles », de telles entreprises ne sont pas de prime abord, sans en évoquer d’autres, notamment Forza Italia, parti qui a accédé au pouvoir l’année même de sa création, après une campagne éclair, en proposant une rupture avec le système politique et partisan en place. »

 

[…]

 

« Certaines prises de position de Jean-Luc Mélenchon et d’Emmanuel Macron – en dépit de leurs oppositions idéologiques évidentes – présentent ainsi des affinités qui tiennent à leurs positions homologues visant à subvertir l’ordre politique institué. Cette logique est d’ailleurs endossée, y compris sur le mode de la provocation (Emmanuel Macron n’a-t-il pas intitulé Révolution le livre manifeste de sa campagne ?), alors que la rhétorique de la modernité et de l’efficacité à l’œuvre – enfin délestée des alliances et des clivages politiques  classiques – oppose le « nouveau monde » à l’ «ancien monde » (celui des partis, du clivage gauche/droite auquel renvoie ses adversaires) dont le candidat était pourtant l’un des représentants quelques mois auparavant, en tant que Ministre de François Hollande (et au  sein duquel il recrute bon nombre de ses plus proches collaborateurs pour la campagne). De ce point de vue, l’invocation du « dégagisme » et l’acceptation du label « populiste » par Jean-Luc Mélenchon en référence aux écrits de Chantal Mouffe constituent un équivalent fonctionnel du « nouveau monde », dans la mesure où il appelle aussi à une redéfinition des clivages politiques, articulée à partir de la « personne » du leader et de la ligne politique qu’il incarne »

 

[…]

 

Des partis en apesanteur sociale ?

 

L’un des facteurs qui a érodé leur légitimité est l’affaiblissement de leur ancrage social.

 

« … les partis sont devenus le lieu d’un entre-soi de professionnels de la politique ou d’aspirants à l’élection, le plus souvent issus des catégories sociales aisées et fortement diplômés. »

 

Appareils dévitalisés, repliés sur leurs jeux et enjeux propres : la conquête des positions de pouvoir, éloignés de la société et peu représentatifs socialement des différentes couches de la population…

 

Ex-hauts fonctionnaires passés par les cabinets ministériels, camarilla d’attachés parlementaires n’ayant jamais touché le monde du travail ordinaire, barons locaux et régionaux agrippés à leurs privilèges, cumulards de mandats et d’indemnités… le financement public des partis… la montée du « tous pourris »… l’abstention massive des quartiers populaires…

 

[…]

 

« La fonction expressive et socialisatrice, longtemps revendiquée par les partis eux-mêmes, s’est à l’évidence affaiblie. Alors qu’ils demeurent des rouages centraux du gouvernement représentatif, les partis parviennent de moins en moins à assumer ce rôle en raison de leur faible réceptivité aux demandes sociales, elle-même liée à leur coupure (partielle) de la société. Cette situation résulte bien sûr aussi des changements qui ont affecté la société contemporaine : qu’y-a-t-il à représenter dans une société, non moins inégalitaire, mais plus fragmentée que par le passé ? Les grands clivages sociaux et idéologiques, qui constituent un des soubassements des partis ont largement perdu de leur pertinence avec le développement de l’Etat-providence, la sécularisation de la société, la disparition de la paysannerie puis des forteresses ouvrières, la tertiarisation de l’économie et la chute du communisme international. Les organisations partisanes sont affectées par cet épuisement des clivages historiques et l’affaiblissement de l’appartenance subjective aux classes sociales, phénomènes auxquels ils ont eux-mêmes largement contribué (particulièrement les partis de gauche). Les « nous » partisans sont ainsi plus difficiles à construire dans un contexte d’individualisation de la société, liée notamment au nouvel esprit du capitalisme. »

 

La parole est maintenant à Jean-François Collin :

 

GOUVERNER AUTREMENT. Tome 4 de Michel Debré - Livre - Decitre

 

La cinquième République, régime d’instabilité.

 

Ce nouveau remaniement qui substitue un inconnu de droite, à un autre homme de droite que l’on commençait à peine à connaître, interroge une nouvelle fois sur l’une des vertus supposées de la cinquième République: la stabilité.

 

Grâce à ces institutions que le monde entier nous envie, la France jouirait d’une stabilité politique lui permettant de traiter les grands problèmes auxquels elle est confrontée. Cette stabilité serait la contrepartie, à défaut d’en être la justification de notre démocratie réduite à la portion congrue, de la mise au pas du Parlement réduit au rôle de chambre d’enregistrement, du contrôle du parquet par l’exécutif, du contrôle de constitutionnalité des lois effectué par une instance peuplée des anciens présidents de la République et de nombreuses autres bizarreries comme l’existence d’un ordre de juridiction propre à l’administration qui est aussi un organe de conseil du gouvernement et dont les magistrats occupent les principaux postes de pouvoir de la République.

 

Pourtant un bref regard en arrière suffit à se convaincre de la profonde instabilité de  notre fonctionnement institutionnel.

 

Entre 2002 et 2020, la France a changé de Premier ministre 8 fois, soit 27 mois d’exercice de cette responsabilité en moyenne.

 

Au cours de la même période, les chefs de gouvernement ont changé 4 fois en Espagne, 6 fois au Royaume-Uni, 2 fois en Allemagne, 8 fois en Italie si l’on compte pour 2 les mandats de Berlusconi interrompus par celui de Romano Prodi de 2006 à 2008.  La Belgique a connu 6 premiers ministres, les Pays-Bas 2 chefs de cabinet et le Portugal 5.

 

C’est donc en France que la durée de vie des premiers ministres est la plus brève et leur changement le plus fréquent. On peut ajouter que c’est aussi le seul pays européen où ils doivent leur existence au seul Président de la République et non à une base parlementaire qui serait la source de leur légitimité et donc de leur autorité, ce qui les rend particulièrement faibles vis à vis des parlementaires auxquels ils ne peuvent s’imposer que par le corset constitutionnel qui leur interdit de jouer leur rôle de législateur et de contrôleur de l’action du gouvernement, mais aussi vulnérables aux sautes d’humeur du Président de la République.

 

Les Premiers ministres ne pèsent pas grand-chose en France, sauf lorsqu’ils décident d’utiliser ce poste pour se lancer dans la seule course qui compte dans notre pays aux institutions atrophiées, l’élection présidentielle.

 

Quant aux ministres dont le premier ministre est flanqué, c’est encore pire. Celui de l’écologie, dont on nous dit qu’il s’agit de la priorité des priorités, a changé 15 fois en 18 ans, celui de l’intérieur 14 fois, ceux de l’économie ou du travail 12 fois, celui de la culture 10 fois, etc. Ceux qui viennent d’être désignés doivent rester lucides sur leur importance dans l’histoire s’ils ne veulent pas souffrir trop de désillusion.

 

Cette faible capacité des exécutifs français à conduire une action dans la durée n’est pas corrigée par l’existence d’un Président de la République élu au suffrage universel et disposant de pouvoirs étendus. S’il est à peu près intouchable pendant son mandat, il n’est pas réélu depuis le second mandat de J. Chirac et la partie « utile » de son mandat est très réduite. Les Présidents de la République obtiennent leur élection sur un malentendu, comme dans le cas d’E Macron qui a bénéficié du vote « utile pour faire barrage au FN devenu RN » pour l’emporter et a interprété ce vote comme une approbation par la population de son programme de réforme du code du travail, des retraites ou de l‘assurance retraite, ce qu’il n’était naturellement pas. Ainsi, faute de pouvoir s’exprimer au Parlement ou dans une politique plus équilibrée du chef de l’Etat, l’opposition s’exprime ensuite dans la rue par de très longues grèves qui ne font pas reculer l’exécutif mais paralysent le pays et laissent de profonds sentiments d’amertume, ou par le mouvement des « Gilets Jaunes » qui a effrayé le pouvoir parce qu’il sortait des cadres habituels et mettait en mouvement le pays dans sas couches habituellement les mois revendicatives. L’action réformatrice du Président de la République a été stoppée jusqu’à la prochaine élection et le même scenario se reproduira la prochaine fois si les candidats au second tour sont les mêmes.

 

Les thuriféraires de la Vème République regardent avec mépris les régimes précédents. Pourtant la troisième République n’a compté qu’une bonne quarantaine de Présidents du conseil différents en 70 ans, les mêmes revenant souvent reprendre la responsabilité des affaires, et elle a construit les fondements de la France républicaine, la protection des libertés individuelles, de la liberté de la presse, des associations, l’école publique, qui sont autant de piliers qui résistent tant bien que mal aux nouveaux « manageurs » de la vie publique. Elle n’était en réalité pas beaucoup plus instable que la Vème République et son œuvre se compare favorablement à cette dernière.

 

L’héritage de la quatrième République qui a mis en œuvre le programme du Conseil national de la résistance, celui des « jours heureux » auxquels faisait allusion E Macron dans un discours récent, vaut également beaucoup plus que le souvenir que le Gaullisme triomphant a voulu en laisser.

 

On aimerait que le nouveau gouvernement réalise le dixième de tout cela, mais il annonce sa volonté de reprendre la réforme des retraites, de l’assurance chômage, bref de finir le travail de destruction de ce qui reste des Républiques précédentes.

 

De ce fait, l’instabilité institutionnelle se conjuguera à nouveau au désordre dans la rue car ce qui a été refusé hier n’a guère de chance d’être mieux accepté aujourd’hui, dans une situation économique catastrophique qui va aggraver le chômage, les inégalités et la pauvreté.

 

JF Collin 6 juillet 2020

Zgur_ on Twitter: "#Jadot et le melon. #EELV… "

Maladie chronique des "Verts"

 

La division, maladie chronique des "Verts". Hulot-Joly, Duflot-Rugy, Jadot-Duflot… La courte existence de la formation écologiste a été minée par les guerres d'égos et de personnalités. "C'est un parti qui fonctionne sur la haine et le ressentiment", analyse tristement Daniel Cohn-Bendit. L'ancien député européen ne se lasse pas de raconter comment son projet de direction bicéphale Jadot-Duflot a volé en éclat en 2010 en raison de l'animosité – très forte – que se vouaient les deux personnages. Dans un parti qui érige la démocratie interne en valeur supérieure, et où les militants ont bien souvent le dernier mot, il n'est pas rare de voir des décisions prises en dépit du bon sens. En 2001, Noël Mamère est battu de 91 voix par Alain Lipietz à la primaire des écologistes avant d'être rappelé en catastrophe quelques mois plus tard pour mener la campagne présidentielle ; en 2011, Eva Joly est préférée à Nicolas Hulot malgré le potentiel électoral de ce dernier ; en 2014, les écologistes choisissent de quitter le gouvernement et le parti implose… A chaque fois, la tentation groupusculaire l'emporte.

 

Cette fois, c'est différent veulent croire les écologistes. "Nous n'avons plus le droit d'offrir ce genre de spectacle", alerte l'ancien candidat à la présidentielle Noël Mamère

 

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 06:00

 

Suis allé à Roland Garros au temps où il y avait encore des stylistes, Ilie Nastase fut l’un d’entre eux, maintenant qu’il n’y a plus que des cogneurs à gros biscotos je n’ai plus envie d’aller porte d’Auteuil. (1)

 

J’aurais pu titrer sur Onfray en utilisant une image de boxe mais je n’ai jamais apprécié le noble art.

 

Bref, la captation et le détournement par Onfray de l’appellation FRONT POPULAIRE, qui attire dans ses filets tout un ramassis de souverainistes aigres, m’oblige à donner la parole à des intellectuels plus compétents que moi afin qu’ils démontent son imposture.

 

Il y a 10 ans, deux historiens français, Elisabeth Roudinesco et Guillaume Mazeau, consacraient deux études critiques aussi dures que documentées au travail de Michel Onfray à partir notamment de ses publications sur la révolution française et sur Sigmund Freud

 

 

Michel Onfray s'est longtemps fait passer pour un représentant des classes populaires. Alors que sa nouvelle revue Front populaire le place sans aucun doute possible à l'extrême droite du spectre politique, deux historiens, qui s'étaient déjà exprimés à son sujet en 2010, dialoguent dans les colonnes du Grand Continent pour défaire les mythes avec lesquels s'est construite cette personnalité médiatique. On y découvre un faussaire et un manipulateur de textes, dont la voix ne porte peut-être déjà plus autant qu'avant.

 

En contraste avec l’image véhiculée par les médias d’un philosophe de gauche, travailleur acharné d’une histoire critique de la philosophie permettant une nouvelle émancipation populaire par la défense de la liberté, ils démontraient un usage superficiel et abondant d’auteurs, d’interprétations et d’imaginaires provenant directement de l’extrême droite, avec des penchants réactionnaires et parfois même antisémites. Dans cette séquence marquée par la parution de la revue Front Populaire et la recomposition politique qu’elle semble préparer, le Grand Continent a souhaité les inviter dans une longue conversation à proposer un aggiornamento de leurs lectures du cas Onfray.

 

La suite ICI

 

ELISABETH ROUDINESCO

 

Sur Freud, on voyait tout de suite, dès la première lecture, qu’il se trompait grossièrement. Historien c’est un métier, c’est un travail dur, laborieux. Comme tout travail, cela demande de respecter des savoir-faire.

 

Chez Onfray, on retrouve les éléments d’un discours antisémite inconscient. Il récuse la lutte des classes au profit de la lutte des origines.

 

Nous ne disons jamais qu’Onfray est antisémite. Nous établissons un fait : il reprend telle quelle la vulgate de l’extrême droite antisémite. Nous souhaitons rester à un niveau d’érudition pour le confronter à son inculture, pour démasquer son ignorance qui le porte à traiter les juifs persécutés de véritables bourreaux ou à traiter Freud de nazi.

 

Dans son incapacité à dialoguer avec les chercheurs de l’Université qui pourraient le prendre en flagrant délit d’anachronisme ou d’affabulation, il y a un aveu d’ignorance et d’incompétence.

 

Voilà bien une chose qui manque à Onfray : zéro talent littéraire, pas d’imaginaire, aucune représentation épique de l’histoire. Lorsqu’il lit la Bible ou le Coran, il ne comprend pas à quel texte il a affaire.

 

Je suis pour ma part plutôt optimiste. Il a fait trop d’erreurs : factuelles d’abord, mais aussi stratégiques, médiatiques, politiques. Son projet ne prendra pas.

 

Les journalistes iront enquêter pour voir si la légende qu’il a construite est vraie. C’est le côté redoutable des médias. Ils érigent des idoles mais quand elles déçoivent, ils les font tomber. Onfray a été plus qu’un intellectuel médiatique, il a été drogué de médias.

 

GUILLAUME MAZEAU

 

En tant qu’historien de la Révolution française, je possédais les outils pour comprendre immédiatement que rien de ce qu’Onfray écrivait ne provenait d’aucune source ni d’aucune archive, mais qu’il avait puisé dans toute la tradition de la contre-révolution catholique et royaliste, surtout la tradition utilisée par l’extrême droite du XXème siècle.

 

Derrière l’usurpation intellectuelle d’Onfray se dessinait dès 2009 un problème politique bien plus vaste. Tout en se disant en rupture avec l’establishment, Onfray occupait déjà un pouvoir, auquel personne ne prêtait trop attention.

 

Si les médias, y compris publics, ont une grave responsabilité dans l’institutionnalisation d’Onfray, c’est aussi le cas d’un certain nombre de responsables politiques, artistiques et culturels locaux, qui n’y ont vu que du feu – avant, souvent, de s’en mordre les doigts.

 

Onfray a su prendre une place laissée vacante : celle des pensées de l’émancipation collective, et s’est imposé comme un porte-parole des classes populaires.

 

Les raisons pour lesquelles nous sommes intervenus il y a une dizaine d’années lorsqu’il était en train de monter comme une sorte de phénomène populaire, ne se sont pas vraiment profondément améliorées.

 

Ilie Nastase : "Mais que fout le tennis aux J.O.?" | GQ France

 

  1. Cette fois, c'est sûr!

​​​​​​​

Au lendemain de l'officialisation de l'organisation de l'US Open à partir du 31 août, mais à huis clos, les dirigeants de la Fédération française de tennis (FFT) ont annoncé que les internationaux de France de Roland-Garros se tiendront cette année du 27 septembre au 11 octobre. Soit une semaine plus tard qu'annoncé dans un premier temps. Une décision prise en « conscience et responsabilité », assure Bernard Giudicelli, le président de la Fédération.

 

Initialement prévu du 18 mai au 7 juin, le célèbre tournoi de la Porte d'Auteuil avait été reprogrammé du 20 septembre au 4 octobre en raison de la pandémie du coronavirus. Les organisateurs n'avaient alors pas jugé utile de prévenir l'ATP et la WTA ou les acteurs du circuit de la nouvelle date. Provoquant une grogne des intéressés. Cette fois le nouveau calendrier s'est effectué « en concertation avec les instances internationales » assure Giudicelli. Le président de la FFT a également expliqué avoir des réunions régulièrement « avec les services de l'Etat » pour permettre la bonne tenue du tournoi.

 

   

Télévision

Ma vie au poste, le blog de Samuel Gontier

 

Éric Zemmour et Michel Onfray unis pour dénoncer l’islamo-gaucho-narco-féminisme des Verts

 

Même diagnostic, mêmes arguments : les chouchous de CNews, Éric Zemmour et Michel Onfray, analysent pareillement le dangereux succès des écolos aux élections municipales. L’occasion aussi de contester l’origine humaine du réchauffement climatique, de dénoncer la complicité de Christophe Castaner avec les casseurs… Et la gauchisation du débat public (!).

 

« Les Verts, on les connaît, assure Michel Onfray. Ils sont plutôt sympathisants de l’antisionisme, ils sont plutôt pro-palestiniens, plutôt sympathisants à l’endroit de l’islamo-gauchisme, ils sont plutôt communautaristes. » « Les Verts sont des multiculturalistes assumés, des immigrationnistes assumés, des sans-frontièristes assumés, confirme Éric Zemmour une demi-heure plus tard. Le vert des Verts correspond, comme par hasard, au vert de l’islam. » Bienvenue sur CNews. Lundi dernier, à une demi-heure d’intervalle, Éric Onfray et Michel Zemmour (ou l’inverse, je ne sais plus) tiennent des discours parfaitement identiques, signe de la cohérence éditoriale de la chaîne de Bolloré.

 

Si la couleur verte est la preuve irréfutable du lien entre écologie et grand-remplacement, je regrette toutefois un oubli historique. Aucun des deux penseurs n’a rappelé les racines de l’islamo-gauchisme français, quand le pays entier reprenait l’hymne des fondamentalistes musulmans entonné dès 1976 dans les tribunes de Geoffroy-Guichard, à Saint-Étienne : « Qui c’est les plus forts ? / Évidemment, c’est les Verts ! […] / On va gagner / Ça, c’est juré ! » Quarante-quatre ans plus tard, la prophétie s’est réalisée. « On joue au football / Et on n’a pas de frontières. » Pas de doute, ces paroles programmatiques annonçaient le « sans-frontièrisme » actuel.

 

« On va avoir droit à du tofu dans les cantines, des trottinettes multipliées, alerte Michel Onfray. Et ça va constituer un horizon indépassable de civilisation. » Les électeurs des Verts, approuve Éric Zemmour, « pensent que l’existence c’est manger bio et rouler à vélo ». Ou en trottinette ? Il faudrait savoir. « Vous faites un peu de caricature évidemment sur les Verts », s’amuse Laurence Ferrari face à Onfray. « Vous les caricaturez », s’amuse Christine Kelly face à Zemmour. « Ils répondent aussi à une vraie aspiration des Français, démocratique, des jeunes notamment », argumente Laurence Ferrari. « Si les Français ont voté pour eux, c’est qu’ils ont une soif de ça », argumente Christine Kelly.

 

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