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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 06:00
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin

Qu’il est bon d’avoir de fidèles lecteurs que l’on peut taquiner, mettre à contribution à la première occasion. Ne jamais rien lâcher ça fortifie l’amitié. Oui, oui, Patrick Axelroud, ce serait mal me connaître, avec mon air de ne pas y toucher, « à l’image des « petits masques » de la comtesse de Ségur (née Rostopchine ­ l’un ne va pas sans l’autre comme le souligne la Bibliothèque Rose) j’attendais la première occasion pour tomber sur votre râble de pauvre lecteur régulier afin de me procurer de quoi faire relâche.

 

Je passe sur le détail de notre petite passe d’armes à propos du requin de Claire.

 

Il ne vous restait plus cher PAX qu’à obtempérer même si, cédant à une certaine exagération pagnolesque, vous ne risquiez en rien de vous voir interdit de blog.

 

Fine lame vous esquiviez par avance le reproche « Je sais, je sais j’entends d’avance les quolibets : complètement parano le mec ! Tut tut tut s’il vous plait. »

 

« Même les paranos ont de vrais ennemis » disait Roland TOPOR.

 

Bref, avec générosité vous m’offriez pour me faire fête une chronique de derrière les tonneaux :

 

Un CHAPEAU DE PAILLE EN Italie « Chronique d’un voyage d’études dans le TRENTIN »

 

Jeudi 22 Août 1996 – 5h10

 

Le car se met en marche.

 

Miracle ! Aucun retard, aucune impatience.

 

Chacun se replonge dans son activité précédente (sommeil, bavardage, rêverie, angoisse : n’ai­je pas laissé le gaz allumé ?)

 

Voilà un voyage qui démarre sur les chapeaux de roues. Tout cela est de très bon augure.

 

Midi : déjeuner sympathique au GOLDENER ADLER à Innsbruck avec vins étrangers : un Grüner Veltliner en souvenir d’un précédent voyage de l’Académie dans la WACHAU et un Blau Burgunder.

 

Le car poursuit son chemin empruntant une autoroute féerique en raison des superbes ouvrages d’art mis en œuvre pour franchir les vallées.

 

La première visite, en fin d’après-midi, est celle du Domaine HOFFSTETTER à Tramin. Nous nous perdons dans une montagne couverte de vignobles cultivés en pergola, apparemment sans désherbage, ce qui nous sera confirmé.

 

Léonard* (Léonard HUMBRECHT du Domaine ZIND HUMBRECHT aujourd’hui à TURCKHEIM) téléphone. Le car retrouve son chemin, peine, l’embrayage fume mais nous arrivons au Domaine de la Villa PARTHENAU. Accueil sympathique et plein de chaleur.

 

Visite du vignoble : on constate que la culture en pergola présente, vu d’en dessous, d’aussi beaux points de vue qu’au-dessus.

 

Notre hôte nous informe que son vignoble (45 ha en pleine propriété et 25 ha en location) est situé à une altitude allant de 270 à 450 m.

 

La Villa BARTHENAU fait l’unanimité. Elle sert de résidence d’été et présente le drapeau du Sud Tyrol agrémenté d’un flamand rose. De superbes rosiers en tête de rang ajoutent à la séduction des lieux.

 

Diverses informations techniques sont fournies. Des échanges de vues se font concernant l’arrosage : notre hôte présentant une installation performante à ce sujet.

 

Distrait, Léonard évoque ses rendements qui sont faibles et se plaint que s’il coupe, il ne reste rien. Un ami bien intentionné compatit : « Pauvre Léonard, sache que, chez moi, tu pourras toujours compter sur un bol de soupe ! »

 

Le groupe s’empreint de la sérénité qui se dégage du lieu. Nous passons enfin en salle de dégustation après 5 invitations ignorées par le groupe tant les abondantes questions nous ont maintenus à l’extérieur.

 

La dégustation commence par un Pinot Bianco 1995 qualifié de « croquant ». Entre deux présentations s’établit une joute oratoire à propos du Tokay, du Furmint, du Traminer.

 

Notre hôte nous fait la surprise et l’honneur de nous faire déguster la première cuvée d’un vin mono cépage LAGREIN 1993. Il s’agit de sa première vendange. Le Lagrein qui s’écrit aussi bien avec un A qu’avec un E serait un cépage cultivé presque exclusivement dans le TRENTIN­HAUT ADIGE. Ce cépage typiquement local avait été un peu délaissé ; il semble récemment remis au goût du jour.

 

Nous redescendons dans la vallée et prenons possession de nos chambres au LORD HOTEL à SAN MICHEL. Nous nous rendons à pied au restaurant voisin où nous faisons connaissance avec la gastronomie locale et, il faudra nous y faire, l’omni présence des pâtes.

 

Vendredi 23 août 1996

 

Frais et dispos, le groupe, après un petit déjeuner parfois laborieux à obtenir, monte dans le car. A l’annonce du programme et de la visite d’une coopérative, Léonard à le cri du cœur : « Enfin des cuves». Nous nous retrouvons vite dans le vignoble et notre première visite est pour l’INSTITUTO AGRARIO de San Michele all Adige.

 

L’institut a entrepris avec la Cave de La Vis l’établissement d’une carte viticole permettant pour les 800 adhérents de se situer dans la Vallée de la Cembra et de l’Adige. Il s’agit de développer l’adéquation entre les terroirs, les microclimats et les 12 cépages cultivés.

 

Après cette première phase, des expériences sont menées pour affiner l’adéquation évoquée par une conduite appropriée de la vigne, tenant compte des apports, de la taille, et l’optimisation des vendanges. Il ne s’agit pas d’une approche purement théorique ; aux nombreuses questions du groupe, passionné, il est répondu qu’il s’agit d’établir le rapport le plus étroit entre l’attente de la cave et l’évolution qualitative du vignoble.

 

Une dégustation suit l’exposé.

 

La dégustation nous fait percevoir les typicités et arômes pris par des Pinots Gris et des Cabernets Sauvignon en ces terres italiennes ; suis un Lagrein que nous connaissons déjà un peu. Nous découvrons le Teroldego. Il s’agit d’un cépage presqu’exclusivement cultivé dans le Trentin. Il est pauvre en tanin mais riche pour tout le reste. Tel le gamay il n’est vraiment à l’aise que dans une région déterminée.

 

Préalablement à cette dégustation de vins rouges c’est avec un Nosiola qu’ont été sollicitées les papilles du groupe.

 

C’est un cépage secondaire blanc «autochtone » qui lui aussi, nous dit on, ne s’épanouit que dans le Trentin, de préférence sur des coteaux de l’ordre de 300 m d’altitude.

 

Avant le départ : un beau et long discours en italien. L’ami WILLM * rappelle le chroniqueur à l’ordre :

 

« Patrick, tu as bien noté j’espère ! »

 

Déjeuner copieux au restaurant Da Pino (rizotto, macaronis al ariab, salade, vitello, cerf, flan aux fraises, café, grappa !)

 

Après le déjeuner, en route pour le lac de Garde : sieste et conversation.

 

Arrivée : le lac est à peine entrevu, et encore, entre quelques toits ! Arrêt d’un quart d’heure (pipi ?) Le chroniqueur errant prend plus d’un quart d’heure et n’arrive pas, pour toute excuse, à mettre en avant les obligations qui lui ont été confiées.

 

Retour vers une cave : la Cantina di Toblino. Suspens : les cuves seront elles plus cuves que les autres cuves ?

 

Cette cave va révéler à beaucoup, une réelle surprise. Sa spécialité est l’élaboration d’un vin de paille : le Vino Santo. Il s’agit du cépage Nosiola déjà goutté le matin même. Cueilli en sur­maturation puis placé sur des claies. Ils ne peuvent en faire tous les ans.

 

Pour le diner, une somptueuse réception attend le groupe dans l’ancienne résidence d’été des évêques de Trente. La résidence, au bord d’un lac, sert également de musée et d’archives du vignoble. La propriété est complantée de tous les cépages possibles tel un conservatoire.

 

Samedi 24 Août 1996

 

Petit déjeuner de plus en plus laborieux. Avant l'heure, ce n'est pas l'heure.

 

La bonne humeur du groupe n'est en rien entamée, malgré une déception générale à l'idée que dans la journée, une seule cave sera visitée : ainsi le groupe va se voir privé de cuves, de chaînes d'embouteillage, d'ordinateurs, de gyrpalette, etc. !

 

Pour l'instant, le car a pris la route du VAL DI CEMBRA vers les Demoiselles Coiffées. Le car se gare et le groupe, moins le chroniqueur paresseux, s’élance pour une rude marche. Au retour, Gérard LAUGEL * a le cri du cœur : « j'ai connu dans le temps des demoiselles qui m'ont fait transpirer, mais celles-là, aujourd'hui m'ont fait suer ! ».

 

Le car repart et mène le groupe par une route à flan de montagnes, permettant d'admirer des paysages enchanteurs et plus particulièrement des carrières de porphyres. La façon dont ces carrières affectent la montagne évoque pour certains, à très grande échelle, ce que le dentiste fait dans nos dents lorsque l'on est assis sur le fauteuil.

 

La seule cave de la journée sera la cave/distillerie POJER et SANDRI.

 

Cette cave a 20 ans d'existence et produit des vins blancs avec le cépage local Nosiola, le Muller Turgau, le Riesling Renano qui est le synonyme du Welch Riesling et quelques autres cépages plus connus.

 

Une dégustation de classe, tout au moins par le cadre dans laquelle elle s'effectue : sous une tonnelle face à la montagne qui se découpe sur un magnifique ciel bleu.

 

Hasard ou préméditation ! La distillerie de pêche est normalement interdite en raison de l'acide prussique contenu dans l'amande du noyau. Deux bouteilles d'alcool de pêche sont néanmoins offertes et remises à l'ami Christian WILLM, seul distillateur du groupe.

 

Tant bien que mal, on regagne le car, dont le chauffeur fait preuve d'une amabilité digne de tout éloge.

 

Le déjeuner a lieu dans une avenante Ferme­Auberge MASO NELLO à FARDO.

 

Une fois encore, pour nous mettre en appétit, nous apprécions l'amabilité du chauffeur et c'est une alerte marche qui nous mène à l'Auberge où un repas campagnard roboratif et succulent apaise les appétits et renforce la bonne humeur commune.

 

Le repas s'est pris en plein air sous un beau préau ou d'aucun se sont ingénié à poursuivre l'effet maléfique de la climatisation du car par création de courant d'air en ouvrant……les fenêtres !

 

Après déjeuner, visite du Musée des arts et traditions populaires de San Michele.

 

Beau bâtiment à l'architecture hétérogène, mixte : mélange de légèreté (italienne ? méridionale ?) et de massivité (locale, montagnarde, campagnarde).

 

Des escaliers s'élancent derrière des arcades, sous des voûtes massives et trapues. Légèreté du jet de pierres souligné par un garde-corps en fer forgé filigrané ou tout au plus dentelé.

 

Superbe contenu du Musée : ingéniosité des artisans, richesse de l'objet, souci d'une réponse immédiate à un problème essentiellement pratique : ici et maintenant.

 

Dîner au restaurant CHIESA à Trento. Décor sympathique, ambiance mode. Il semble, que pour le moment, ce soit un des grands restaurants de Trente. La chaire se révélera moins bonne que le décor, mais cela est de peu d'importance car il est temps de se rappeler l'amicale et très dévouée présence, tout au long de ces jours, de notre hôte, Monsieur Graziano BACCA qui a su se faire l'interprète et le chantre de sa région, nous permettant ainsi de la pénétrer au plus profond de son âme et de mieux la comprendre que si nous avions été de simples touristes en goguette.

 

Dimanche 25 Août 1996

 

En compagnie de l'inénarrable et de plus en plus aimable chauffeur, chargement des vins dans le car, les achats apparaissent comme plus nombreux qu'on aurait pu le croire.

 

Arrivés à STABIO, accueil très sympathique et visite du vignoble MONTALBANO, cité enchanteur et bucolique à souhait.

 

Après avoir apprécié dans le TRENTIN le savoureux mélange Italie/Autriche, c'est un non moins savoureux mélange Suisse/Autriche avec lequel nous sommes amenés à faire connaissance.

 

L'accueil est généreux, les explications intéressantes, les vins simples et bien faits, apparemment sans grand avenir. Il apparaît à beaucoup que dans une Europe en train de se faire et dans une mondialisation de la production de vins, ces charmants vignobles, aujourd'hui déjà, passablement subventionnés, ne survivront pas, sauf à trouver une autre vocation. De là à imaginer que des vignobles seraient conservés comme des alpages confiés à des agriculteurs de hautes montagnes dont la vocation n'est plus l'élevage, mais la conservation du paysage.

 

Vaste problème, mais cela est une autre histoire.

 

Déjeuner en apothéose au restaurant MADONINA à CANTELLO, de loin la meilleure table rencontrée lors du voyage. Et s'il est à présent relaté avec sérénité, il fut néanmoins fertile en péripétie comme ces très nombreuses traversées de la frontière Italo-suisse, pour, tout d'abord trouver CANTELLO, puis le restaurant et retrouver le chemin du retour.

 

Retour sans encombre avec bonne humeur persistante, détente générale et nombreuses visites des uns et des autres dans le petit salon qui s'est installé au fond du car.

 

A l'arrivée, grande et toujours sympathique effervescence pour se répartir des divers achats de vins qui ont voyagés en soute.

 

Le temps d'une bise toute amicale à Marie­Reine promotrice de cette superbe virée et à Martine notre mentor efficace et précis, le groupe se disperse comme un vol d'hirondelles automnal.

 

Merci à tous.

 

Strasbourg, le 01/10/96

 

* Patron de la Distillerie NUSSBAUMER à 67220 Steige

** Ancienne grande maison de négoce à 67520 Marlenheim. Aujourd’hui dans le giron d’ARTHUR METZ

C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin
C’est la Saint-Jacques j’ai taxé PAX qu’a payé cash avec une chronique de derrière les tonneaux du Trentin

« Enclavée entre les Alpes de Rhétie et le massif des Dolomites, aux confins de l’Autriche et de la Suisse, la région du Trentin Haut-Adige est la plus septentrionale d’Italie. Ses rares terres cultivables sont essentiellement vouées à la viticulture qui prospère sur des terrasses abruptes au charme indéniable. Le Trentin Haut-Adige, comme son nom l’indique, se divise en deux zones distinctes : le Trentin, au sud, historiquement italophone, et le Haut-Adige (aussi appelé Südtirol), au nord, officiellement bilingue italien-allemand. La viticulture de la région est toutefois beaucoup plus proche de l’Autriche et de l’Allemagne que de l’Italie méridionale. On y retrouve une trentaine de variétés acceptées dont une série de grands cépages blancs d’origine germanique tels que le Gewurztraminer, le Müller-Thurgau, le Sylvaner et le Riesling qui s’expriment ici avec une rare finesse. La production vinicole est néanmoins dominée par les vins rouges commerciaux à base de Schiava que cultivent massivement les nombreuses coopératives de la région. Le Teroldego Rotaliano dans la zone de Campo Rotaliano près de Mezzacorona, dans le Trentin, et le Lagrein du Alto Adige se classent parmi les grands vins du nord de l’Italie. Dans les deux zones, on rencontre des plantations de plus en plus importantes de Cabernet Sauvignon, de Merlot et de Pinot Noir qui contribuent à rehausser l’extraordinaire potentiel qualitatif de la région. Le Trentin Haut-Adige se spécialise aussi dans la production de mousseux de style champenois fort appréciés sur le marché international. »

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 10:45
Quand sonnera l’Angélus Hubert nous proclamerons que nous t’aimons ding ding dong ! Petit message de bienvenue d’un Saint‐Émilionnais à un Saint‐Émillionnaire

Il y a du Pierre dans notre Hubert, ce Pierre qui avant que le coq ne chanta 3 fois renia. À peine Robert a-t-il enfilé ses pantoufles pour passer la main à Neal Martin pour la dégustation des primeurs 2014 que notre Hubert toujours habillé de l'habit du donneur de leçons magistrales, sachant que le dégustateur anglais n'apprécie pas les vins puissants qu'affectionnait le célèbre dégustateur américain, ne cesse de faire savoir partout que cette année son vin encloché a un style bourguignon qui lui va à merveille. Cela tombe bien: d'une part, Neal Martin aime les vins délicats et élégants et d'autre part, les chinois quittent les vins de Bordeaux pour les vins de Bourgogne… Notre Hubert devrait inviter Jacques Dutronc, celui qui retourna sa veste avant de la jeter pour chanter nu devant le président Pompidou

 

Mais notre entreprenant Hubert le Magnifique va aussi célébrer cette semaine l'ouverture de la nouvelle version de son restaurant la Cadène. Baudouin Havaux qualifie La Cadène de « restaurant le plus ancien et le plus emblématique de Saint-Emilion » (La Libre Belgique le 02/02/2015). C'est le Gérard Perse qui va être content qu'Hubert s'approprie les caractéristiques de son Hostellerie de Plaisance… Amour quand tu nous tiens… amour contrarié… pacte de circonstance pour rejoindre Ausone et Cheval-Blanc brisé… Reste plus qu'à inviter le cireur de pompes patenté de B&D.

 

Dallas ton univers impitoyable… Dallas glorifie la loi du plus fort…

 

« Quand les bornes sont dépassées, il n y a plus de limites » comme le disait le sapeur Camembert

 

Reste pourtant dans cet océan d’arrogance et de suffisance une plume qui n’est pas serve, celle du Taulier de L'Envers du Décor qui a écrit un acrostiche pour souhaiter la bienvenue à Hubert le bourguignon dans l’enclave de Saint-Émilion à quelques mètres de sa délicieuse crèmerie où l’on rit. Passant au-dessus des perfidies du susdit François écrit, la nuit, des alexandrins (13 pieds… Eh oui, tout augmente ma bonne dame!) pour lui dire que tout va bien pour lui…

 

Un petit cadeau (digne-d'un-don…)

 

Petit message de bienvenue d’un Saint‐Emilionnais à un Saint‐Emillionnaire

 

Bien qu’au village sa présence soit vraiment des plus rares,

 

Il défile en tête pour les caméras et les stars

 

En des cortèges aussi éphémères que sa mémoire…

 

Nobliau de province empêtré dans ses déboires,

 

Vous lirez, çà et là, ses mérites illusoires

 

Ecrits, si l’on peut dire, par ses valets provisoires,

 

Nyctalopes de surcroît car ils arrivent à voir

 

Un si pâle esprit au beau milieu de la nuit noire...

 

Et pour être certain que l’on célèbre sa gloire,

 

A force de légendes, il se fabrique une histoire :

 

«Hic est bibendum» s’écria chez lui un beau soir

 

Ubu, le roi tourmenté par la soif du pouvoir,

 

Bien assis sur son cheval à phynances dérisoire…

 

En mil neuf cent douze, pour inaugurer son pressoir,

 

Raspoutine en personne fut envoyé par le Tsar…

 

Tourné dans son vignoble, « Tarzan dans la Préhistoire »

 

Date l’origine du domaine de façon péremptoire…

 

Emile Zola rédigea en ces lieux L’Assommoir,

 

Brossant ainsi le projet des cloches sur le manoir,

 

Occultant qu’un prélat en nacelle, dans le brouillard,

 

Un jour, viendrait les bénir avec ses accessoires…

 

Au banquet qui suivit, les verres furent, pour la plupart,

 

Remplacés pour déguster les vins par des ciboires

 

Démontrant sans aucune précaution oratoire,

 

D’une part, qu’en mise en scène, il mériterait l’Oscar

 

Et que, d’autre part, il avait bien raison Audiard…

 

Le célèbre Pétomane, de vents jamais avare,

 

A préservé une récolte avec son fessard

 

Faisant fuir tous les nuages pour qu’il cesse de pleuvoir…

 

On l’entend parfois dire, à sa table, que Jules César,

 

Revenant fatigué d’une battue au renard,

 

Est allé se reposer en fumant le cigare

 

Sous les grands arbres du parc, légèrement à l’écart…

 

Tôt, le jour suivant, il salua avant son départ,

 

Loua la fraîcheur de l’ombre ainsi qu’un très beau char

 

Et alla sur les hauteurs déguster un nectar…

 

Nombreux témoins virent chez lui de sacrés lascars

 

Oublier les usages pour étaler leurs milliards,

 

Un verre dans chaque main et, sans le moindre savoir,

 

Vidant toutes les bouteilles dans un triste foutoir…

 

Et quand un touriste, arrivé là en autocar,

 

Lui demande «Le terroir, qu’est‐ce?», il arme son regard,

 

Attrape de quoi écrire et lui dessine un tiroir…

 

Une vocation nouvelle advenue sur le tard

 

Berce ses espoirs de hisser plus haut son étendard:

 

En quittant la plaine, il s’élève enfin, c’est notoire,

 

Rejoignant la cité pour y faire manger et boire…

 

Geste théâtral, décorations sur le costard,

 

Il est là, certains l’ont vu, avec ses beaux falzars,

 

Soies précieuses autour du cou, souliers un peu criards,

 

Toujours des bijoux, comme s’il allait à un rancard,

 

Et cet air qui donne envie de changer de trottoir…

 

Pour financer les frais de son passage au prétoire,

 

S’il vous plait, Messieurs‐dames, n’oubliez pas le pourboire…

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 00:09

hamster-jovial.jpg

 

Et soudain, surgissant du diable vauvert, telle une bise tranchante venue de l’Est, 4 commentaires  du sieur Axelroud s’affichaient sur l’écran noir de mes nuits blanches.


Le joyeux luron de Strasbourg, hamster jovial, assoupi depuis bien des jours, portait l’estoc sur ma chronique à la noix à 7 h 04 précises selon mes services :


« Et le brou Taulier ? Et le brou, quand on se veut exhaustif on n'oublie pas le brou sinon ce n'est plus de chronique à la noix dont on parlera mais de chronique à la gomme ! »


Passing-shot de revers du rédacteur-en-chef « le dénommé PAX est condamné à écrire une chronique sur le Brou de Noix »


À 18 h 28 retour dans le cour :


brou_de_noix_0_640.jpg

 

 

à l'austère devoir, pieusement fidèle.

 

En Brou illamini


L’impair tinance se paye et me voilà con damné.


Le Taulier, en bon responsable de la publication, m’inflige une punition . Méritée ou pas ce n’est pas la question, il faut s’exécuter.


Une chronique sur le Brou de noix !


Pour avoir, père siffleur, glosé sur l’exhaustivité de son premier papier dominical ! Quel regret que la liaison « interlope », pour une fois, ne fut pas Brou illé et que je ne fus pas dans le Brou illard malgré ma lecture des plus matinales pour un jour normalement consacré à la grasse matinée.


Allons-y pour le Brou de noix dont chacun peut, sur le oueb, et plus particulièrement en consultant WIKIPEDIA trouver tout ce qu’il faut savoir.


Qu’il est fait avec des noix vertes ou la bogue enferme la noix dont la coque dure n’est pas encore présence. Attention cela tache tout : vêtements, sols, meubles, mains et comme Lady Macbeth vous aurez beaucoup de mal à les retrouver propres.


Qu’il ne sert à rien de courir la Brou sse pour trouver la matière première.


Qu’il est inutile de vous munir d’une Brou ette pour la récolte : 750 g suffisent à faire une quantité utile sauf à encombrer cagibis placards, et caves : « au cas où !….on ne sait jamais !… et puisqu’on y est ! »


Le Brou grâce à cette fonction colorante est utilisée en ameublement, en teinture, en lavis, en cosmétique.


Attention, la préparation n’est pas la même que pour le vin de noix.


Pour celui-ci il faut cueillir les noix à la saint Jean d’été où leur maturité correspond la mieux à sa destination semble-t-il ; mais cela peut varier d’une région à l’autre. Ce ne sont pas les habitants de Brou en Eure-et-Loire ou près de Bourg en Bresse ni ceux de Brou age en Charente-Maritime qui me contrediront.


Pensée mélancolique en ce dimanche d’automne, pour ce lieux étonnant non dénué de charme ou le jeune Louis XIV appelé à d’autres alliances du rompre avec son amour de jeunesse Marie Mancini, nièce de Mazarin. Cette rupture inspira Racine.


« Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez ! »

— Bérénice, Acte IV, scène 5


Assez avec le vin de noix, ce n’est pas le propos. Nous nous saoulons déjà assez de mots pour aller au bout de la chronique imposée et ma foi, préférons un coup de Brouilly. On ne se refait pas.


Attention quand même : recourir à des bogues de châtaigne ne donnera pas plus de piquant à votre mixture ! Ce n’est pas par ironie ou taquinerie que le commentaire qui me vaut le présent pensum m’est venu à l’esprit mais des souvenirs d’enfance.


Chez les louveteaux, quand les sizaines se devaient d’aménager leur coin, où la touche finale était donnée par le coup de Brou de noix, produit bien meilleur marché que tout autre.


Souvent les souvenirs, comme les taches de ce colorant, persistent longtemps.


Nous comptons sur l’indulgence du Taulier, à présent coutumière à l’égard de mes écrits et des éventuels lecteurs pour ce papier quelque peu Brou illon.


Il est vrai que je tire à la ligne, comme tout bon feuilletoniste, mais après tout, Balzac, Eugène Sue…


Terminons cependant en beauté, mais si, mais si, en beauté, par une pire ouette car finalement tout cela n’est que Brou tille !


Strasbourg le 9 novembre 2014

 

pax

pax4

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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 00:09

Dans un Paris au mois d’août venteux, pisseux, désagréable à souhait, passer du temps devant son écran, être cloué chez soi, favorise ma graphomanie. Et pourtant je suis bien aise lorsqu’une bonne âme me vient en aide, me libère de ma chronique journalière « paix sur la terre aux hommes de bonne volonté », je me permets de citer Flaubert en titre et demain j’irai déposer PAX sur Twitter.


Ici Paris libéré… le taulier est dans ses petits souliers… la saison 3 de Pax est arrivée…

 

Les années de voyages

 

«Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir, un prince dans un livre apprend mal son devoir»

(Pierre CORNEILLE, Cid, I, 3)


Il est bien connu que l’apprentissage, en France, est le parent pauvre de la formation de la jeunesse. Une fois encore regardons outre Rhin ou GOETHE, pour exposer ses théories, réflexions et propositions, écrit « Wilhelm MEISTER » en 2 tomes – « Les Années d’Apprentissage et les Années de Voyage ». Il met autant en évidence qu’il ne reprend cette notion de voyage qui apparaissait comme complément indispensable à toute éducation. Ainsi, en France, le Tour de France du Compagnonnage ou en Angleterre Le Grand Tour, certes réservé à la jeunesse aristocratique.


En route donc !


C’est avec la fine équipe formée autour de Paul BRUNET que nous prîmes goût aux périples.


Les 3 Glorieuses à Beaune avec des rencontres dont la moindre ne fut pas celle de Michel COUVREUR à Bouze-les-Beaunes. Fantasque belge, courtier en vin « ruiné » par la mise en bouteille au domaine, Il avait acquis ( ou fait creuser ?) des grottes taillées dans la roche, par peur de la guerre atomique, Il les faisait visiter avec fierté ainsi que les trésors qu’elles conservaient, avant de nous faire participer à un diner dégustation.


A cette occasion il nous racontait ses « campagnes et ses combats». Nous buvions autant, sinon plus ses paroles que les vins et ouiskis proposés. Michel COUVREUR était certes un original mais ce qu’il faisait et disait était frappé au coin du bon sens et apportait une authenticité non négligeable à ses idées. Il s’était mis à faire du Calvados et vous invitait à le boire frappé car disait-il « C’est un alcool de fruit » J’ai terminé ma dernière bouteille il y a peu la dégustant égoïstement car le produit n’était plus commercialisé.


Calvados.jpg

 

Les 3 Glorieuses étaient devenues, pour la clique, une tradition et nous nous y rendîmes plusieurs fois, avec ses rituels, tel le déjeuner dégustation « Chez Camille » à Arnet-le – Duc qui nous régalait entre autre, d’œufs en meurette d’anthologie et quand il n’en avait pas prévu dans le menu qu’il nous proposait, m’en glissait subrepticement une portion entre deux plats, pour dérider ma mine dépitée devant cette omission.


A l’occasion des 3 Glorieuses, à notre demande, « Lameloise » à Chagny nous composa un menu de près de 10 services avec accord plats et vins. Le nombre de couverts fut définit avec le maître d’hôtel en fonction du nombre de verres contenus dans une bouteille et qui devint l’unité pour ouvrir ou fermer la liste des réservations.


La visite chez Michel COUVREUR entrait dans ce rituel et une certaine complicité s’installa entre nous deux lorsqu’il décida de savoir quelle était la technique la plus adéquate pour élaborer le meilleur Armagnac : la simple ou la double chauffe. Selon son habitude, il descendit dans en Armagnac, vendangea et vinifia lui-même la folle blanche et avec la complicité du brûleur, élabora un Bas Armagnac issu d’une simple chauffe et un autre issu d’une double chauffe. Il en remonta 2 fillettes à Bouze-les Beaunes qu’il laissait vieillir.


Armagnac.jpgarmagnac2.jpg

 

Chaque année nous gouttions pour suivre l’évolution qui selon les périodes rendait l’une des techniques supérieure à l’autre sans qu’un vainqueur ne s’affirme vraiment. Le dimanche midi sur le retour, on terminait notre ballade en dégustant une pochouse au bord de la Saône à St Jean de Losne. Paul Brunet, en Champagne, nous fit également découvrir Paul BARA à Bouzy qui fut une belle surprise pour nous qui ne connaissions que les champagnes de grandes marques. Il devint le champagne préféré de mon père. J’ai regretté de ne pas le trouver dans « Champagne le rêve fragile » de Samuel COGLIATI chez POSSIBILA éditeur. Peut être parce que ce n’est plus l’artisan que j’ai connu, bien que COGLIATI évoque, avec raison, la maison DRAPPIER pourtant récoltant manipulant.


J’ai eu l’occasion de retourner en champagne avec une amicale d’œnologue qui organisait des voyages en y associant des œnophiles et qui a eu le tort de m’accepter comme membre. C’est ainsi que j’ai visité MOET et CHANDON dont les installations ressemblaient à l’univers d’un Docteur NO ou un plateau de tournage de James BOND. Mon mauvais esprit, mon incorrection politique chronique érigée en principe de vie me fit exclure, après quelques années quand même, démontrant mon erreur et illustrant ainsi l’adage de Groucho MARX déclarant qu’il ne ferait jamais partie d’un club capable accueillir un membre tel que lui. J’en ai retenu cependant que cet industriel provoquait systématiquement la fermentation malolactique (ce qui facilite l’identification à l’aveugle de ce champagne).


Hormis les sempiternelles visites de caves ou les cuves étaient plus cuves que dans la cave précédente, les levures plus levures, les voyages furent souvent passionnant grâce à des participants de grande valeurs tant humaine que professionnelle.


Je me souviens du vignoble d’Anjou ou je découvris des piquets de vignes en ardoise et le discours anthroposophique et quelque peu illuminé de Nicolas JOLY.


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Je me souviens aussi de la Savoie et du Jura que je connaissais déjà, compte tenu de sa proximité avec l’Alsace. Je me souviens encore du vignoble des Côtes du Rhône septentrional qui commençait à être à la mode. Quel étonnement : des vins « soyeux » entre les tanniques bordeaux et les gouleyants bourgognes ; des conditions de cultures acrobatiques sur des microparcelles escarpées interdisant toute mécanisation ou recours même au cheval par exemple.


Nous visitâmes cette incongruité de CHATEAU GRILLET ; AOC à lui tout seul. L’accueil fût comique car vraisemblablement en pleine période de succession .Nous dérangions manifestement notre hôtesse toute dans ses préoccupations de savoir à quelle sauce elle serait mangée. Elle nous laissa à nous-mêmes, n’octroyant l’accès à la cave qu’au compte-goutte (pour ne modifier ni hygrométrie ni température alors que le temps de septembre était sans influence notable sur ce plan. Derrière la porte de cette cave un rideau à lamelles de plastique fort comme dans les réserves climatisées des super- marchés !)Nous pûmes acheter du vin, en cassant, déjà, notre tirelire, à condition qu’une seule personne prenne les commandes et fasse un seul chèque ! Aujourd’hui cette curiosité et tombée dans l’escarcelle de LVMH. Ce bon M.ARNAULT s’empressant de relever les prix, réserve, à présent, ce vin aux buveurs d’étiquettes dont la qualité essentielle est d’être solvable.

 

Note du Taulier : mon cher Pax en juin 2011, c'est François Pinault, le grand ami de bernard Arnault, qui rachète le domaine via sa holding Artémis. Château-Grillet appartenait à la famille Canet, descendant de la famille Neyret-Gachet, depuis 1830.


Un voyage en Provence fut également heureux. Visite enrichissante de 2 maisons aux antipodes l’une de l’autre : le charmant vignoble AOC de BELLET et l’industriel Domaine OTT à la réputation incompréhensible mais figurant, en bonne place, à l’époque sur toute les cartes de vins des restaurant alsaciens !


Avec cette aimable association je découvris également de très intéressants vignobles européens.


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite….par la suite…


Patrick axelroud Strasbourg le15 août 2014

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 15:20

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Avant la révolution de la chimie, le développement des industries chimiques et l’arrivée massive de produits phytosanitaires, les propriétés des plantes étaient bien mieux connues et utilisées afin de limiter les dégâts de maladies et ravageurs sur les cultures ou simplement les requinquer. Ce savoir empirique extrêmement précieux, s’est éteint au fur et à mesure que ces «agriculteurs savants » disparaissaient. Aujourd’hui, les écrits sur cette utilisation des plantes font cruellement défaut et le retour à ces pratiques redémarre doucement avec extrêmement peu de références sur lesquelles s’appuyer.


Deux axes peuvent être pris, celui de la recherche du ou des principes actifs des plantes qui ont un effet sur la maladie ou le ravageur ciblé et celui de la recherche de préparation(s) à base de plan te(s) regroupant alors tout un ensemble de principes actifs , pouvant entrer en interaction les uns avec les autres.

 

C’est cette deuxième piste de recherche que nous avons donc adopté, faisant alors le pari de l’intérêt de cet ensemble de principes actifs en interaction, sans pouvoir explicitement expliquer pourquoi cela est efficace pour limiter les dégâts de tel ou tel ravageur. C’est effectivement la grande difficulté de travailler à partir du vivant, ici les plantes.

 

La suite ICI link

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 00:09

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Chez le Taulier, comme chez Lavoisier, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme… » en chronique dans son garde-manger de fourmi besogneuse. Ainsi, ayant chanté tout l’été au grand désespoir des peine-à-jouir et des envieux, le Taulier s’en est allé puiser dans ses réserves pour alimenter le fil de ses chroniques estivales. « Garder une poire pour la soif  » dit-on :



« M. de Bargeton qui comptait ne plus rien avoir à dire, fut consterné du silence que gardèrent les deux rivaux en s'examinant ; mais, quand il se trouvait au bout de ses efforts, il avait une question qu'il se réservait comme une poire pour la soif, et il jugea nécessaire de la lâcher (…) »



Honoré de Balzac - Les illusions perdues



Bien évidemment j’anticipe les quolibets des mauvais plaisants en soulignant qu’il serait malséant de faire des allusions déplacées à l’auteur de cette chronique même si son humour est en acier inoxydable.



La poire de notre ami PAX je lui trouve un goût de Beurrée Hardy, qui est une poire d'automne sucrée, juteuse et parfumée mais ce pourrait être aussi une bon chrétien d’hiver, une poire du curé, une Doyenné du comice, une Louise Bonne d’Avranches ou une duchesse d’Angoulême. La poire est un fruit délicat, la poire est le fruit juteux et désaltérant, et ce, sans aucun danger pour la ligne.



De plus avec la poire on fait du poiré de Domfront, je n’oublie jamais mes 5 années passées à la tête de l’Interprofession des AOC de la poire et de la pomme…


logo poire domfront


 

Bref, je laisse le clavier à PAX.


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Les années d’apprentissage



Quand on est citadin, s’aventurer dans le monde du vin, pourquoi pas, mais comment ?



Il y a deux moyens d’apprendre. Celui de l’autodidacte sartrien qui procède à la lecture de tous les ouvrages de la bibliothèque, par ordre alphabétique. Vu la position du v et malgré mon grand âge j’en serais encore loin.

 


L’autre c’est l’école mais à l’âge où je me suis décidé je n’avais plus celui permettant la fréquentation des établissements de l’Education Nationale. Dès lors comment faire ? Je ne sais plus de quel bouche à oreille j’ai su qu’il se passait quelque chose d’intéressant à ANDLAU, belle commune viticole de par cheux nous pas trop éloignée de STRASBOURG.

 


Marc KREIDENWEISS qui n’était pas encore le brillant viticulteur qu’il est devenu mais qui, déjà, montrait qu’il savait où il allait, organisait Trois soirées dégustations : le B.A BA. La première sur la technique de dégustation elle-même, comme expérience sensorielle (inodore, salé, sucré, amer etc.) la deuxième soirée consacrée aux vins blancs et la dernière aux vins rouges.

 


Ce fut réussi et cette mise en bouche creusa mon appétit. Avec quelques participants à ces premières soirées nous passâmes à la vitesse supérieure .Ce fut à l’Ecole Hôtelière de STRASBOURG ou Paul BRUNET, premier « Meilleur Sommelier de France », enseignait le vin et la sommellerie avec beaucoup de succès ; ses élèves trouvant très vite un emploi une fois leur diplôme en poche.

Paul BRUNET avait créé, comme on dit aujourd’hui, « un module » destiné aux non professionnels et qu’il dispensait, en cours du soir sur une durée de 20 semaines à l’intention de ceux qui ne voulait pas boire idiot. Ce fut passionnant. L’enseignant savait se mettre à la portée de son auditoire, être didactique sans être ennuyeux, être passionné sans être exalté, être complet sans être pédant.


Il réussit si bien son coup (et son cours) que cette classe s’organisa et prit l’habitude de mettre très vite en pratique l’enseignement reçu. Un » club de vins » fut formé, appelé, avec l’esprit potache que nous gardions évitant de nous rendre au sérieux, Club des Vains.



Un « stammtisch » mensuel fut organisé ainsi que des voyages dans divers vignobles et des soirées accord mets et vins (chocolats, fromages etc.)

 


Cela ne suffit point à calmer ma soif de connaissance. Une inscription à une unité de valeur du CNAM proposée au lycée agricole de WINTZENHEIM, en plein vignoble haut-rhinois (2 heures aller-retour chaque semaine pendant toute l’année scolaire !) nous appris ce qu’est un réfractomètre et à le manier. Nous essayâmes de ne pas confondre SO2 libre, SO2 total, SO2 combiné. Les levures LSA et Saccharomyces cerevisiae n’eurent plus, à l’époque, de secret pour nous ni les macérations carbonique ou les fermentations malolactiques Idem pour les tailles : gobelet, Guillot simple ou double, en courgée etc. « Monsieur l’inspecteur je sais tout ça par cœur » comme au lycée Papillon.

 


Enfin, moi, pas tout à fait. Je n’ai eu mon U.V qu’avec l’indulgence du jury pour éviter d’organiser une session de rattrapage pour le seul cancre de la classe, définitivement brouillé avec les formules chimiques et les manipulations des TP à reproduire à l’examen (sans oublier la nature du grand sensible et sa phobie des examens – 4 tentatives avant d’avoir le bac dont 2 en candidat libre.)

 


Etudier est une chose, pratiquer en est une autre. Tous les élèves qui ont appris par cœur « The daffodils » de William WORDSWORTH en cours d’anglais au lycée ou « Erlkoenig » de GOETHE en allemand savent que sans pratique, tout se perd.

 


A l’époque, résidant strasbourgeois je m’approvisionnais chez Roger DAHLEN, gentil et efficace caviste à l’angle de la rue du Maréchal FOCH et de la rue du Général De CASTELNAU. En bon professionnel ce caviste organisait des soirées dégustation à thème, le soir à 20h dans une salle de classe du collège voisin de sa boutique. C’est ainsi que l’on a pu goûter des vins rares ou chers, pour nos bourses, comme Château GRILLET cette anomalie  des AOC ou ce qui nous apparaissait comme le top du top d’une appellation comme la Coulée de Serrant de Nicolas JOLY avec les informations et commentaires de cet avisé commerçant.

 


Si ce type de d’enseignement permet d’éviter les devoirs à la maison il n’exclut pas de recourir aux manuels scolaires. A mon premier ouvrage l’indispensable « Guide du Vin » de Raymond DUMAY (Livre de Poche 1985) succéda l’ »Encyclopédie des vins et alcools »d’Alexis LICHINE (Collection Bouquin 1980) Avec le premier j’ai longtemps, en rêve, vagabondé sur le kimméridgien de Chablis. Avec le second j’ai découvert le vin jaune et traquai ce qui était rare ou disons moins représentatif tel le pernand vergelesse blanc ou encore le Meursault rouge que je m’imaginais pouvoir accompagner tout un repas. Servi frais avec l’entrée, il se chambrerait tout doucement pour être à bonne température avec le plat principal, choisi bien sur pour s’accorder avec ce vin.

Les exceptions, les originalités étaient les petits cailloux blancs de mon chemin de petit poucet que je m’efforçais de tracer dans ce nouveau monde. J’étais persuadé que les idées générales, les grandes lignes me seraient données par osmose dans la fréquentation des gens du vin ; il suffirait d’ouvrir ses oreilles. Les pépites, les curiosités, par contre, il fallait les chercher et , par effet de contraste, apprendre ce en quoi elles consistaient m’en dirait pas mal non plus sur le reste.

 


Vinrent ensuite les atlas mondial ou non du vin de des vignobles (Hugh JOHNSON par exemple) ou encore les atlas géologiques des terroirs sans oublier les ampélographies.

 


J’ai beaucoup aimé les guides du couple PEPPERCORN (Guide des vins de Bordeaux – Flammarion 1987) et SUTCLIFFE (Guide des vins de Bourgognes - idem) Dans ce dernier on pouvait remarquer les commentaires de l’auteur, qui relatant qu’elle n’est plus en odeur de sainteté « temporairement interdite de séjour pour dénigrement systématique » au Domaine de la Romanée – Conti, alors qu’elle se portaient sur la seule légitimité d’un tel domaine à commercialiser, aux prix que l’on connaît, tous les millésimes indifféremment même les mauvaises années . Cela était formulé en 1986 et j’en partageais la pertinence, alors que semble-t-il cela commence seulement à entrer timidement dans les usages.


 

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Je dévorais tout ce qui me tombait sous la main, par exemple : « Les bons vins et les autres » SEUIL 1976 de Pierre Marie DOUTRELANT habillement polémique ou de simples mais réjouissants ouvrages comme « Millésimes et campagnes – Les carnets d’un acheteur de vins » (La maison NICOLAS) Pierre BOISSET Robert LAFFONT 1989 ou encore l’exceptionnel « Mes aventures sur les routes du vin »de Kermitt LYNCH PAYOT 2008

 


Mais je m’aperçois que le temps qui m’est imparti est achevé. Alors, au bon plaisir du Taulier, la suite…. par la suite…

 


Patrick Axelroud Strasbourg le18 mai 2014


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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 00:09

Mai, mois de tous les dangers, 3 jours fériés plantés un jeudi, le 1er mai, le 8 mai et l’Ascension le 29 mai ce qui permet de jeter des grands ponts de 4 jours. C’est lourd ! Très lourd, comme moi qui insupporte de plus en plus quelques dévots qui n’aiment pas mon ego, filerais-je un mauvais coton ? Non, je fais le ménage. J’élimine. Je coupe les ponts. Pourquoi, à mon âge, m’embarrasserais-je de gens qui se plaignent de la « violence » de mes mots alors qu’eux tolèrent celle, bien plus redoutable, des maîtres du troupeau. Génuflexion. « Connivence quand tu les tiens tu ne les lâche pas… » Je ne leur dois rien, je ne leur demande rien si ce n’est qu’ils passent leur chemin : nul n’est tenu de s’infliger la lecture de mes chroniques. En mai, je fais ce qui me plaît, le restant de l’année aussi.


Comme c’est férié aujourd’hui je confie mon tablier à un homme de paix : PAX !  


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TOUT FAUX épisode II  ou  Méfions-nous des idées reçues!

 

               

« Il n’est de règles que générales mais seul le particulier existe …»  Aristote

 

 

Quelles leçons tirer de la découverte suivie de la dégustation en 2014 d’un CLOS BEARD Saint-Emilion AOC 1954 ? link

 

 

D’abord se garder des idées toutes faites et proférées par des gourous comme des dogmes hors desquels, point de salut.


 

C’est le moment de rappeler, j’ai l’âge de l’avoir vécu, le tournant pris par les vins de Bordeaux dans les années 1982/83. Avant cette date il était connu que ces vins qualifiés d’austères devaient vieillir de longues années avant d’être « buvables » (on ne parle plus ainsi aujourd’hui !) Ces années 80, celles du tournant économique de François MITTERRAND, ou la finance a commencé à prendre le dessus sur tout le reste, reléguant les valeurs travail et morale au rayon des vieilles lunes, il est apparu comme ni raisonnable ni efficace ou rentable d’avoir des stocks de vins alourdissant les bilans des viticulteurs et grevant leurs trésoreries. Aussi, contre tous les usages constants, loyaux et marchands, se mit on à produire des bordeaux pouvant être bus jeunes ! (Ce qui, naturellement les rendit inaptes à vieillir et nécessita, par la suite, toute les techniques et le savoir-faire des « faiseurs de vins » pour compenser les faiblesses du « produit ».


 

Mon 1954, pourtant petite année pour les Bordeaux rouges, vinifiés avant ce tournant historique, a démontré toute les qualités du savoir-faire des anciens. Soulignons également qu’il ne s’agit que d’un Saint-Emilion générique ce qui devrait permettre de contredire l’adage qui voudrait vous faire « acheter les petites années dans les grandes maisons et les grandes années chez les autre ! »


 

J’ai malheureusement vécu une autre expérience de même nature à la naissance de mon fils aîné en 1973. J’ai fait l’acquisition d’une caisse bois de 6 BRANE CANTENAC de ce millésime et me laissant baratiner par un vendeur : de 6 MARGAUX génériques toujours de 1973. Ces deux caisses, furent stockées côte à côte, dans la même cave, jusqu’au jour prévu pour commencer à les déguster. On attendit, pour se faire, « la communion du gamin ». soit 14/15 ans plus tard. Que croyez-vous qu’il se passa ? Le pauvre BRANE CANTENAC fit piètre figure : passé, lessivé, de l’eau colorée alors que ce brave MARGAUX générique s’en sorti avec les honneurs de la guerre.


 

Il y a aussi beaucoup à dire sur les conditions recommandées de stockage et de conservation du vin, de ce que doit être une cave idéale etc. etc. Le CLOS BEARD, si je dois reconstituer les résidences successives de mon père, a connu cinq caves différentes dont deux dans des immeubles d’après-guerre , une dans un immeuble du 19e siècle en bord de Seine et deux dans des immeubles contemporains, sans compter les longs séjours en appartement au moment de l’inventaire de la cave avant partage ou en attente de nouveaux lieux de remisage.


La cave de bord de Seine était régulièrement inondée tout au long des dix années où il y fut entreposé. A tout cela s’ajoute, les déménagements, qui considèrent le vin comme du mobilier, un point c’est tout !


 

Cela me rappelle l’expérience de MM GAULT et MILLAU, relatée dans leur magazine à l’époque ou ils tenaient le haut du pavé de la gastronomie et de l’œnologie française. Ils avaient chargé le coffre de leur voiture de plusieurs «  caisse bois » de bouteilles réputées bonnes de par leur origine. Elles ont ainsi été trimballées tout au long de leur pérégrination saisonnière à la recherche de bonnes adresses. C’est vous dire les chocs thermiques (parking en plein soleil de midi à l’occasion du déjeuner, fraicheur nocturne de l’étape du soir) et mécaniques, dus aux kilomètres abattus à l’occasion de trajets qui, c’est la loi du genre, vous mènent par monts et par vaux. Que croyez-vous qu’il advint ? Rien : quelques semaines de repos et après dégustation (contradictoire ?vraisemblablement, c’était quand même des pros.)


Les duettistes affirmèrent que, dans l’ensemble, les vins n’avaient pas souffert, le moins du monde, de ce traitement barbare.


 

Ce type de mésaventures, qui n’a rien d’exceptionnel, a le mérite de remettre à leurs justes places les propos et oukases de certains grands prêtres qu’on est tenté de croire par peur de mal faire et hors desquels il n’y aurait qu’hérésie et risque d’ être relégué au rang de rustres incultes si vous y contrevenez.


 

Enfin rappelons qu’il en va du vin, comme de la vie. C’est le moment d’évoquer la superbe réplique de Lino VENTURA dans « La Bonne Année » de Claude LELOUCH. Une idylle nait entre l’antiquaire  très bcbg (la ravissante Françoise FABIAN) et le malfrat (Lino VENTURA, qu’on ne présente plus) Il est invité chez elle pour un diner rassemblant sa ribambelle de copains bobos (dirait-on aujourd’hui). Conversation d’intellectuels autour de la table, devant un Lino muet. Question de l’un des «petits marquis » à Lino : quelle revue lisez-vous ? Réponse : aucune ! Mais alors comment faite vous pour choisir un film ?


Tombe alors, de la bouche de Lino regardant Françoise FABIAN droit dans les yeux, une des plus belle réplique du cinéma français : «  Comme pour les femmes, je prends des risques ! »


 

Strasbourg le 26 avril 2014


 

patrick axelroud

 

* les 2 illustrations sont de la main de PAX preuve s'il en est que votre Taulier n'est pas le seul à développer une forme  de mauvais esprit qui déplaît tant aux dévots.


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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 10:00

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J’ai reçu dans ma messagerie un courrier d’un de mes plus anciens et fidèles lecteurs, Philippe Margot link, pionnier du développement des e-Books à la libre disposition des internautes œnophiles. Je vous livre pour vous permettre de consulter son dernier ouvrage. Merci à lui.


Cher Monsieur,


Retournant régulièrement sur votre blog dans lequel vous parlez très souvent des spécialistes autour du bois de chêne, vous me permettrez de vous présenter le dernier e-Book que je viens de publier :


« Chêne - Merrandier - Tonnelier - Copeaux & Cie. »


Lien : link

 

Ce gros volume est le fruit de mes visites dans les nombreux métiers du bois de chêne, pour mieux comprendre par la suite ses effets sur le mûrissement, l’affinage et bonification du vin en contact pendant son long élevage.


Plus de 300 pages et presque autant de photos permettent de mieux comprendre l’utilité de ces différents et passionnants métiers.


Nous analysons également si les techniques de remplacement de la tonnellerie par des moyens moins onéreux ont des chances de conduire à une substitution de qualité.


Et comme l’a très bien exprimé Jean-Pierre Giraud – Tonnellerie Taransaud : « Le plus beau compliment que l'on puisse faire à une barrique, c'est de ne pas en parler. »


Intéressant pour tous les étudiants en œnologie, comme les intervenants dans les métiers du chêne vinicole.


N.B. : Pour une lecture plus confortable, nous vous recommandons de cliquer la touche carrée "Plein écran" à disposition sur la fenêtre du livre ouvert, en haut à droite.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 00:09

La fête du travail, des bouquets de muguet à tous les coins de rue, des défilés séparés pour nos maigres syndicats de travailleurs, et moi et moi je suis à Bruxelles chez Cantillon pour la «Quintessence brassicole» link


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Afin de ne pas vous infliger une page blanche j’ai passé le manche à l’excellent PAX qui avoue humblement qu’il à « TOUT FAUX »


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Elle avait tout faux cette vénérable bouteille.


Tout faux le flacon vidé jusqu’à l’épaule


Tout faux le dépôt collé au creux de cette épaule


Tout faux la capsule congé boursoufflée et moisie


Tout faux le bouchon rétréci et auréolé de la couleur du vin coulant


Tout faux le bouchon s’émiettant sous la pression du tire-bouchon et qu’il fallut pousser dans la bouteille pour délivrer le breuvage


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Bref une bouteille qui n’aurait pas retenu l’attention d’un expert de salle de vente spécialisée plus d’un bref coup d’œil, le haussement d’épaule n’étant évité que par l’extrême courtoisie généralement affiché dans ces lieux autant pour flatter le chaland fortuné que pour intimider et tenir à distance le curieux désargenté.


Qu’aurait pu lire le probablement dédaigneux personnage dont le millésime 1954 affiché n’aurait même pas piqué, un instant, la curiosité ?

 

                                                 GRAND VIN

                                                CLOS BEARD

                                               SAINT- EMILION

                          APPELATION SAINT-EMILION CONTROLEE

 

Et en bas de l’étiquette, en dessous d’une belle gravure tirée en offset représentant « un groupe de vendangeurs dans la propriété du propriétaire »

                                       PIERRE BORIE Propriétaire


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Descendu dans la cave en ce jour d’élection, pour choisir les bulles à déguster lors de la «  soirée » (Comme dit l’adage  - à moins que ce ne soit le soldat inconnu – Il y a toujours une raison pour boire du champagne : fêter un succès ou se consoler d’une mésaventure !) je m’étais laissé à rêvasser contemplant toutes ses bouteilles que vraisemblablement je ne pourrais plus toutes boires : mais qu’importe, il y a des amis pour aider, comme dit Ophélie NEIMAN dans « Le vin c’est pas sorcier».


 

Tous ceux qui ont une cave un peu riche passent ou passeront par-là : on garde les bouteilles d’exception pour « les grandes occasions » puis, on se rend compte que « les grandes occasions » se font rares. Les enfants fêtent leurs anniversaires entre potes à l’âge ou leurs millésimes deviennent intéressants à boire ; on méconnait ses amis et on sert autre chose à table… Alors, avec l’âge, toute les occasions deviennent grandes et il suffit d’adapter le choix du vin à l’ami et à l’occasion pour, enfin, ne plus se contenter « d’avoir une cave » mais en profiter.


Et c’est comme cela que je suis tombé sur cette bouteille oubliée, avec quelques autres, abandonnées dans un coin. Elles me viennent de mon père qui m’a laissé quelque trésors « en caisse bois » mon cher ! et quelques pièces dépareillées  comme ce clos BEARD.


Débouchée avec le mal qu’on imagine, le vin servi au travers d’un chinois pour éliminer toutes les miettes de liège la surprise fut d’abord étonnante, un nez des plus agréables, franc, net, ni trop puissant ni trop fermé ni évanoui et qui se développait sereinement dans le verre INAO.


En bouche, la surprise continuait. Vite une deuxième gorgée pour s’assurer, comme cela arrive, qu’une fois ouvert le vin de cet âge ne s’évanouisse dans le verre.


Toujours la surprise : un vin rond, une belle attaque en bouche, une ampleur généreuse et une longueur satisfaisante sans compter avec une rétro-olfaction à la hauteur.


En reposant mon verre le seul commentaire me venant à l’esprit : «Encore jeune ! »


Je reprenais là un commentaire mémorable de Paul BRUNET un de mes «professeurs en œnologie ».


Paul BRUNET, enseignant à l’Ecole Hôtelière fut, deux fois, le premier «Premier Sommelier de France». La première fois (le concours concernait le meilleurs Maitre d’hôtel Sommelier de France). Il arriva premier devant Jean Paul JEUNET le chef, étoilé depuis, du restaurant éponyme  à ARBOIS. Edgar FAURE personnalité en place, grand collectionneur de mandats de l’époque et ardent défenseur de la Franche-Comté n’admit pas ce classement de telle sorte que les deux lauréats se retrouvèrent exæquo. Pour sa part Paul BRUNET « revint en deuxième semaine » et devint seul lauréat du concours du meilleur Sommelier de France l’année suivante.


Notre promotion d’œnologues amateurs forma, par la suite, un groupe d’amis curieux des vins. Des voyages furent organisés auquel participait notre maître qui nous faisait profiter de son carnet d’adresses.


C’est ainsi, qu’à l’occasion des « 3 Glorieuses » nous nous retrouvâmes dans les caves de DOUDET NAUDIN à Savigny-lès-Beaune.  Cette maison avait et garde la réputation d’être spécialisée en vieux millésimes entre autre, par les hasards de l’histoire.


Lors de la seconde guerre mondiale le propriétaire mura une grande partie de ses caves pour mettre ses bouteilles à l’abri de l’envahisseur. En 1945 estimant que « les ayant déjà vu deux fois » rien ne pressait pour ouvrir la caverne d’Ali Baba. Dix ans plus tard, vraisemblablement rassuré, il se décida, en présence de « l’administration des contributions indirectes », huissiers, gendarmes, notables et amis proches, sans oublier la presse à exhumer quelques  cinquante-cinq mille bouteilles devenus rares et précieux flacons.

 

En fin d’une déjà belle dégustation une bouteille nous fut proposée « à l’aveugle ». Sous notre puérile pression Paul BRUNET dû faire preuve de ses talents. Avec juste assez de résistance pour préserver sa modestie il se « jeta à l’eau »  et énonça après avoir sacrifié, avant chaque mot, au rituel « verre/nez/bouche » :


                - « CHAMBOLLE MUSIGNY »

                - …

                - « LES AMOUREUSES ».

                - …

                - « 1933 !»

 

Verres en main, pas d’applaudissements possibles mais de retentissants bravos et hourras  fusèrent sous les voutes de la cave.


Le calme revenu le Meilleur Sommelier de France dut commenter le vin dévoilé. En un bref, et éloquent « Encore jeune ! » il résuma parfaitement tout ce qu’il y avait à en dire.


Tout faux ma bouteille de Saint-Emilion 1954 ? Pas si sûr, après dégustation. Comme il est souvent recommandé d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain, il est déconseillé de jeter le vin avec le flacon.


La leçon de cette anecdote ? «La suite au prochain numéro » comme il est dit à propos des feuilletons et s’il plait à notre Taulier.


patrick axelroud


Strasbourg le 25 avril 2014

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 00:09

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« Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l'avenir de l'homme, au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme. »


Louis Aragon - 1897-1982 - Commentaire au Fou d'Elsa - 1963


 

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« Il y a peu l’éclectique Taulier évoquait  le plaisir d’un Jean Pierre MARIELLE fasciné par le spectacle qui s’offre à la vue d’un observateur assis en terrasse de café.


Aussitôt Monsieur MOIJE de revendiquer un pareil plaisir et Monsieur PLUS de surenchérir en s’attribuant la qualité de RETROVOYEUR tout en annonçant au Taulier une éventuelle chronique. Comme je n’ai pas perdu mon permis ni beaucoup de point : la voici.


 

Durée du trajet de Lutzelhouse à Strasbourg pour me rendre à l’agence : ½ de voiture ; tout dépend de l’horaire.


En effet c’est plus souvent ¾ d’heure/1h.


Et me voilà, roulant au pas, comptant le nombre de fois que la voiture de coté m’a dépassé


Et combien de fois je l’ai rattrapé.


Mais pour éviter les carambolages, l’œil surtout fixé sur le rétroviseur (pour la voiture qui me précède  je garde toujours, même au pas, la distance recommandée  - perdre mon bonus pour un froissage de tôle, pas pour moi)


 

Ce rétroviseur, faite l’expérience, devient un écran ou la conductrice de la voiture qui vous suit, s’invite dans votre véhicule.


 

Que le spectacle commence ! Allez Mesdames : toutes en scène !


 

Attention, on ne va pas ironiser à l’aide de lieux communs et recenser les diverses manières de traiter son nez. Non, ces précieuses conductrices nous font trop rêver.


 

Il y a celle qui longuement se coiffe ou se recoiffe.


Celle qui, tout aussi longuement, joue avec ses cheveux.


Celle qui, pratique, fume fenêtre ouverte (on ne va pas enfumer la voiture et remplir un cendrier qu’il faudra vider !)


Celle qui téléphone.


Celle qui téléphone et qui fume. « Pendant ce temps qui tient le volant ? » interrogeait une affiche de la prévention routière allemande.


Celle qui dodeline de la tête avec ou sans écouteurs vissés aux oreilles.


Celle qui finit son maquillage.


Celle qui mange : l’impasse sur un petit déjeuner à rattraper ?


Celle qui porte un chapeau. Ah non, aucune femme ne porte plus de chapeau de nos jours.


Elles sortent « en cheveux » comme disait ma grand-mère. A leurs défenses, les habitacles des voitures modernes sont trop bas et il ne viendrait à l’esprit d’aucun « créatif » de prendre comme argument de vente la hauteur d’un habitacle permettant le port du chapeau !


Il y a encore celle qui marmonne, chantonne ? Allez savoir : peut-être utilise-t-elle un «  kit mains libre » ?


Celle qui affiche une étrange mais sympathique coiffure. Ah non ! C’est l’appui tête sombre qui dépasse de part et d’autre.


Celle qui tripatouille le siège passager vide : un dossier à consulter ?


Celle qui bavarde avec les enfants sur le siège arrière et ne peut s’empêcher de tourner la tête à chaque réplique.


Celle qui parle avec son passager de droite, avec le même tic.


Celles qui font l’un ou l’autre mais sans jamais quitter la route des yeux comme si un torticolis avait bloqué leurs cervicales.


Celle qui disparaît régulièrement derrière le tableau de bord apparemment occupée sur le plancher du véhicule.


Celle qui, quel que soit son âge affiche un comportement de collégienne jusqu'à ce que l’on remarque, au détour d’un  changement de file, un grand A rouge à l’arrière de sa voiture.


Celle qui affiche une tête curieuse comme si elle avait repéré votre manège. Il n’en est rien : un regard vers la voiture qui vous précède vous confirme qu’on ne peut savoir ce que le conducteur fait de son rétroviseur.

 

 

Celle dont le véhicule ne semble pas correspondre à son allure.


Celle qui, comme un mec, vous sert de près et vous fait des appels de phares insistants alors que tout est bloqué devant, sur de km.


Celle qui, désinvolte, tient son volant d’une main décontractée.


Celle qui le tient, comme appris à l’auto-école, « une main à 11h L’autre à 13h »

Celle qui porte de larges lunettes de soleil : non ce n’est pas une star égarée.


Celle qui a tiré le rideau, pardon, qui a baissé son pare soleil vous privant, certes, de spectacle, mais enflamme encore plus votre imagination : un agent secret ? un détective privé ?


Celle qui vous fait un large sourire quand vous la remerciez d’un geste de la main de vous avoir permis de changer de file …et de quitter  l’autoroute et ce spectacle jusqu’au lendemain


 

Strasbourg le 23 mars 2014

 

patrick axelroud

 

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